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France : Politique en France

Réforme de la majoration de retraite : un manque à gagner pour les familles

Réforme de la majoration de retraite : un manque à gagner pour les familles

Communiqué du Syndicat de la famille :

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a annoncé le 1er septembre vouloir réformer, dans le PLFSS 2027, la majoration de pension accordée aux parents ayant élevé trois enfants ou plus. Le rapport IGF-IGAS « Revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales », publié en juin, proposait un forfait individuel de 125€ par mois. 

Aujourd’hui, la majoration de pension représente généralement 10 % de celle-ci. Les pensions des pères étant en moyenne supérieures, ils reçoivent mécaniquement des majorations plus importantes que les mères. Cette idée d’un forfait raisonne donc essentiellement par individu : homme/femme et niveaux de pension.

Ainsi, 125 € correspondent à 10% d’une pension de 1 250€. Très schématiquement, un bénéficiaire actuellement majoré de 10 % gagnerait donc au forfait si sa pension est inférieure à 1 250€ et perdrait au-delà. Les simulations DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) montrent effectivement une redistribution très nette vers les petites pensions et davantage de pertes chez les hommes.

Mais une famille constitue aussi une unité économique.

Actuellement, si un père gagne 2 500€ et la mère 600€, leurs majorations sont respectivement de 250 et 60€, soit 310€ pour le ménage. Avec deux forfaits de 125€, la mère gagne individuellement mais le ménage tombe à 250€ : une perte de 60€ par mois, soit 720 € par an. L’inégalité statistique homme-femme diminue peut-être mais le revenu familial également.

Le cas des mères au foyer est également sensible. En ayant interrompu leur carrière, toutes n’ont pas acquis de droits suffisants via l’AVPF (l’Assurance vieillesse des parents au foyer) parce qu’elle est soumise aux ressources du ménage. Elles pourraient donc ne recevoir qu’un faible bénéfice de la réforme, voire n’accéder à aucun forfait si elles n’ont pas de pension personnelle, tandis que leur conjoint perdrait une partie importante de sa majoration. Une perte qui impacterait aussi la pension de réversion de ces mères.

« Les inégalités de retraite entre les hommes et les femmes ne se corrigeront pas par une forfaitisation qui ignore la réalité des familles et l’évolution des couples, aujourd’hui très majoritairement biactifs. En partant d’une vision passéiste des rôles du père et de la mère, ce projet remplacerait une véritable politique familiale par une logique individualiste. À l’heure où la natalité s’effondre, la priorité devrait être, au contraire, de reconnaître l’investissement complémentaire des parents, de respecter leur liberté d’organisation et de soutenir les familles, notamment celles des classes moyennes.” déclare Ludovine de la Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.

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