Dans la souffrance, nous avons besoin du secours de Dieu
Alors que nos gauchistes réclament le droit d’éliminer les personnes âgées ou souffrantes, le pape vient de publier son message à l’occasion de la journée mondiale du malade, dans lequel il développe une réflexion autour de la souffrance, que notre société athée veut éliminer en supprimant le malade :
[…] « L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5), elle nous rend même forts dans les épreuves.
Cette expression est consolante mais elle peut soulever des questions, en particulier chez les personnes qui souffrent. Par exemple, comment rester forts lorsque nous sommes touchés dans notre chair par des maladies graves, invalidantes, qui nécessitent peut-être des soins dont les coûts sont au-dessus de nos moyens ? Comment le rester quand, en plus de notre propre souffrance, nous voyons celle de ceux qui nous aiment et qui, tout en étant proches de nous, se sentent impuissants à nous aider ? Nous ressentons dans ces circonstances le besoin d’un soutien plus grand que nous : nous avons besoin du secours de Dieu, de sa grâce, de sa Providence, de cette force qu’est le don de son Esprit (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1808).
Arrêtons-nous donc un instant pour réfléchir sur la présence de Dieu auprès de ceux qui souffrent, en particulier sous trois aspects qui la caractérisent : la rencontre, le don et le partage.
1. La rencontre. Lorsque Jésus envoie les soixante-douze disciples en mission (cf. Lc 10, 1-9), il les exhorte à dire aux malades : « Le Royaume de Dieu est proche pour vous » (v. 9). Il leur demande, en d’autres termes, de les aider à saisir dans l’infirmité, même si elle est douloureuse et difficile à comprendre, une occasion de rencontrer le Seigneur. Dans la maladie, en effet, si d’une part nous ressentons toute notre fragilité de créatures – physique, psychologique et spirituelle -, nous faisons d’autre part l’expérience de la proximité et de la compassion de Dieu qui, en Jésus, a partagé notre souffrance. Il ne nous abandonne pas et nous surprend souvent par le don d’une ténacité que nous n’aurions jamais cru avoir et que nous n’aurions jamais trouvée par nous-mêmes.
La maladie devient alors l’occasion d’une rencontre qui nous change, la découverte d’un rocher inébranlable auquel nous pouvons nous accrocher pour affronter les tempêtes de la vie. C’est une expérience qui nous rend plus forts même dans le sacrifice parce que nous sommes davantage conscients de ne pas être seuls. C’est pourquoi l’on dit que la douleur porte toujours en elle un mystère de salut : elle nous fait expérimenter la proche et réelle consolation qui vient de Dieu, au point de « connaître la plénitude de l’Évangile avec toutes ses promesses et sa vie » (Saint Jean-Paul II, Discours aux jeunes, Nouvelle-Orléans, 12 septembre 1987).
2. Et cela nous amène à la deuxième piste de réflexion : le don. Jamais comme dans la souffrance nous ne nous rendons davantage compte que toute espérance vient du Seigneur, et qu’elle est avant tout un don à accueillir et à cultiver en restant, selon une belle expression de Madeleine Delbrêl, « fidèles à la fidélité de Dieu » (Cf. Nous autres, gens des rues, Livre de vie, 1966).
De plus, ce n’est que dans la résurrection du Christ que notre destin tout entier trouve sa place, dans l’horizon infini de l’éternité. Seule sa Pâque nous donne la certitude que rien, « ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu » (Rm 8, 38-39). Toutes les sources de lumière qui permettent de surmonter les épreuves et les obstacles de la vie naissent de cette “grande espérance” (cf. Benoît XVI, Lett. enc. Spe salvi, 27.31). De plus, le Ressuscité marche avec nous, il se fait notre compagnon de route, comme pour les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-53). Comme eux, nous pouvons partager avec Lui notre désarroi, nos inquiétudes et nos déceptions, nous pouvons écouter sa Parole qui éclaire et enflamme nos cœurs. Nous pouvons le reconnaître présent dans la fraction du Pain en saisissant, dans le fait qu’il est avec nous même dans les limites du présent, cet “au- delà” qui nous redonne courage et confiance en se faisant proche.
3. Nous en arrivons ainsi au troisième aspect, celui du partage. Les lieux où l’on souffre sont souvent des lieux de partage, où l’on s’enrichit mutuellement. Combien de fois on apprend à espérer au chevet d’un malade ! Combien de fois on apprend à croire en se tenant près de ceux qui souffrent ! Combien de fois on découvre l’amour en se penchant sur ceux qui sont dans le besoin ! En d’autres termes, on se découvre être des “anges” de l’espérance, des messagers de Dieu les uns pour les autres, tous ensemble : malades, médecins, infirmières, membres de la famille, amis, prêtres, religieux et religieuses ; là où l’on se trouve : dans les familles, les cliniques, les centres de soins, les hôpitaux et les dispensaires.
Et il est important de savoir saisir la beauté et la portée de ces rencontres de grâce et d’apprendre à les inscrire dans notre âme pour ne pas les oublier : garder dans le cœur le sourire bienveillant d’un soignant, le regard reconnaissant et confiant d’un patient, le visage compréhensif et attentif d’un médecin ou d’un bénévole, celui, plein d’attente et d’inquiétude, d’un conjoint, d’un enfant, d’un petit-enfant, d’un ami très cher. Ce sont autant de lumières à garder précieusement qui, même dans l’obscurité de l’épreuve, non seulement donnent de la force mais enseignent le vrai goût de la vie, dans l’amour et la proximité (cf. Lc 10, 25-37).
Chers malades, chers frères et sœurs qui portez assistance à ceux qui souffrent, vous avez plus que jamais en ce Jubilé un rôle particulier à jouer. Votre marche avec les autres est un signe pour chacun, « un hymne à la dignité humaine, un chant d’espérance » (Bulle Spes non confundit, n. 11) dont la voix va bien au-delà des chambres et des lits des établissements de soins où vous êtes. Vous stimulez et encouragez dans la charité « l’agir harmonieux de toute la société » (ibid.), dans une symphonie parfois difficile à réaliser mais très douce et forte, précisément pour cette raison, capable d’apporter la lumière et la chaleur là où elle est le plus nécessaire. […]
Montréal (Québec) : L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal vandalisé
Néanmoins hier, le sanctuaire a annoncé que l’orgue Beckerath est intact.
Police politique
Le président du groupe de presse Ebra, propriétaire de neuf quotidiens régionaux, s’est excusé dimanche 26 janvier d’avoir aimé sur Linkedin des publications de personnalités politiquement incorrects :
“Oui, ma pratique rapide des réseaux sociaux a été maladroite. J’en suis désolé. Ce n’est pas ce que je suis en tant qu’homme et dirigeant d’un groupe de presse indépendant“.
L’homme d’affaires avait été épinglé jeudi par Mediapart pour avoir aimé des messages émanant notamment de Sarah Knafo (Reconquête).
Malgré ses excuses il a été viré par le Crédit Mutuel, propriétaire des titres de presse.
Mediapart a aussi dénoncé Paul Godefrood, membre du cabinet de Bruno Retailleau, parce qu’il a publié dans des revues politiquement incorrectes comme Causeur, L’Incorrect et Conflits, entre 2019 et 2024. Dans plusieurs tribunes, il estime ainsi que la France est « otage de ses minorités » et s’inquiète du « lent suicide de l’Occident ». Il dénonce « la prolifération de cités-ghettos dans lesquelles les immigrés extra-européens ont atteint une masse critique qui les rend hermétiques à la culture, aux modes de vie, aux mœurs autochtones ». En septembre 2019, le il estimait que l’association SOS Racisme faisait partie des « assos subventionnées qui se félicitent d’être des censeurs du débat politique ». Et en avril 2022, il estimait que Marine Le Pen était « excellente sur l’immigration » face à Emmanuel Macron, lors du débat télévisé de l’entre-deux-tours de la présidentielle. A priori, il ne s’est pas excusé.
C’est très bien d’être dénoncé par Mediapart. C’est un peu une médaille attribuée par ces résistants à la strème-droâte, qui viennent de quitter X (quel courage).
Frères convers : les gardiens de l’office divin
Marc Jeanson a réalisé un film de 15mn sur l’abbaye bénédictine de Fontgombault et notamment sur les frères convers :
” Loin des écrans et des lumières de la ville, parfois dans le silence de la nuit, une simple cloche révèle qu’il existe une autre manière de vivre et d’être pourtant heureux. La vie monastique se décline, à Fontgombault en deux états de vie complémentaires : les Pères de Chœur et les Frères Convers. Toute vocation n’aboutit pas nécessairement à l’ordination sacerdotale : une consécration plus simple, comportant de larges moments de travail manuel, peut aussi être offerte à Dieu…”
“Soif de spiritualité et révérence sacrée sont les deux principales raisons de la croissance du pèlerinage. Il y a peu de chance que cela se tarisse”
Le conseil d’administration de Notre-Dame de Chrétienté a élu le samedi 18 janvier 2025 Philippe Darantière comme Président lors de l’assemblée générale de l’association, en remplacement de Jean de Tauriers, qui n’a pas souhaité se représenter après 12 années de mandat. Il répond ici aux questions du Salon Beige.
Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs du Salon Beige, dont beaucoup sont de fidèles pèlerins de Chartres ?
Je le fais avec plaisir. J’ai 63 ans, je suis père de famille nombreuse et plusieurs fois grand-père, et je dirige une société de conseil en relations humaines en région parisienne.
Préoccupé par les questions d’éducation, j’ai participé en 2000 à la création à Nantes d’une école indépendante de garçons avec plusieurs autres familles catholiques. Ouverte avec 17 élèves en 2001, l’école en compte aujourd’hui près de 200.
Je m’intéresse aussi à la doctrine sociale de l’Eglise depuis de nombreuses années, et j’ai a publié deux ouvrages de réflexion sur ce thème (Pour une action politique catholique en 2004 et Le Technonihilisme en 2016).
Quelle est votre antériorité au sein du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté ?
J’ai été engagé au service du pèlerinage de Chartres depuis 1989, d’abord comme chef de chapitre à Angers et à Nantes. Arrivé en région parisienne, je me suis investi au sein de la Direction des pèlerins au début des années 1990, où je m’occupais de la formation des chefs de chapitre et participais au service d’ordre. Ensuite, habitant à Nantes, j’ai pris du service à la logistique pour le transport des pèlerins, puis, de retour en Ile-de-France, au ramassage des poubelles et à la propreté.
Vous avez également lancé l’Union Lex Orandi, dont le Salon Beige relaie les communiqués. Quel est le but de cette association ?
En 2021, dans le difficile contexte créé par le motu proprio Traditionis Custodes, j’ai en effet participé à la création de l’Union Lex Orandi, qui regroupe des associations de fidèles attachés à la liturgie traditionnelle. Elles sont de toute taille : certaines ont une audience nationale, d’autre représentent les fidèles en un lieu donné. Toutes, elles œuvrent pour assurer la défense de cette liturgie menacée par une application mesquine de Traditionis Custodes, qui fait plus de mal à l’unité de l’Eglise qu’elle ne sert à la communion. Aujourd’hui, dans plusieurs diocèses, des fidèles se voient refuser le baptême ou la confirmation selon le rite traditionnel, des horaires de messe sont modifiés arbitrairement, des lieux de cultes contingentés ou supprimés, quand ce ne sont les prêtres qui se dévouent auprès des fidèles qui sont expulsés ignominieusement, comme à Quimper l’an dernier. Pour faire face à cela, l’union des associations exprime l’union des fidèles qui veulent faire valoir les droits de leur conscience : nous ne pouvons pas être privés des biens spirituels que nous procure la liturgie traditionnelle par un cléricalisme que le Pape François ne cesse par ailleurs de dénoncer.
Ces dernières années, le pèlerinage n’a cessé de croître en nombre de pèlerins. Pensez-vous que la politique du chiffre soit nécessaire ? Est-ce que Notre-Dame de Chrétienté a besoin de croître indéfiniment ?
Je ne pense pas qu’on puisse accuser Notre-Dame de Chrétienté de faire la politique du chiffre, bien que le nombre des pèlerins, qui est en effet en croissance régulière, puisse susciter des réactions contrastées autour de nous. La question mérite d’être posée autrement : Notre-Dame de Chrétienté peut-elle refuser les pèlerins que le Bon Dieu lui envoie ? Nos contemporains ont une grande soif de spiritualité : dans un monde angoissant, être « pèlerins d’espérance », selon le thème de cette Année Sainte 2025, invite certains à marcher vers Notre-Dame de Chartres, vers la Sainte Vierge, afin qu’elle les mène à Son fils. Cette soif de spiritualité s’exprime aussi dans l’attrait du sacré, que la liturgie traditionnelle manifeste avec tant de profondeur. Soif de spiritualité et révérence sacrée sont les deux principales raisons de la croissance du pèlerinage. Il y a peu de chance que cela se tarisse à court terme.
C’est bien sûr un défi pour les mille deux cent bénévoles qui travaillent à l’organisation et à la sécurité. Nous devons donc agir à la fois avec prudence et avec audace, pour le bien des âmes et l’honneur du Christ Roi.
Et maintenant la question que tous les pèlerins se posent : les messes de départ et d’arrivée pourront-elles être célébrées dans les cathédrales ?
Pour l’instant, il semble difficile d’envisager la messe de départ du pèlerinage ailleurs qu’à l’église Saint Sulpice : Mgr Ulrich est opposé à la célébration de la liturgie traditionnelle à Notre-Dame de Paris. Nous espérons qu’un jour, avec lui ou avec son successeur, une messe de départ pourra être de nouveau célébrée dans ce haut lieu spirituel qui fut dès 1983 le point de départ du pèlerinage. La messe de clôture aura lieu à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, où nous serons accueillis par Monseigneur Christory, qui donnera l’homélie. Il m’a reçu avec une grande bienveillance et m’a confirmé que les pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté pourront franchir une porte sainte édifiée à l’occasion du jubilé du millénaire de la cathédrale et recevoir l’indulgence plénière associée à cette démarche.
Quelles relations entretenez-vous avec les organisateurs du pèlerinage Chartres-Paris ?
Nous entretenons les relations fraternelles qui conviennent aux chrétiens entre eux. J’ai personnellement des relations très cordiales avec le président de Pèlerinage de Tradition et avec leur aumônier général. C’est dans cet esprit que nous pourrons œuvrer, s’il plait à Dieu, à une compréhension mutuelle charitable et véridique entre catholiques pour le bien des âmes, face à la crise dramatique que vit l’Eglise depuis 60 ans. Pour Notre Dame de Chrétienté, cela passe par un témoignage, au sein de l’Eglise catholique, de l’esprit de communion des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle à l’égard du Pape et de la hiérarchie, « à la lumière de la sainte tradition et sur la base du magistère constant de l’Eglise », selon les mots du Pape Jean-Paul II .
D’où vient l’écriture ?
De Marion Duvauchel à propos d’un livre de Jean-François Froger paru en 2013,
Dans la longue histoire de la pensée, le nombre d’ouvrages consacrés à la question des « principes » ne peut manquer d’impressionner : les principes de la philosophie, les principes du droit, ceux de la philosophie du droit, etc…. Pourquoi toute cette littérature ? Mais parce qu’elle est régie par l’idée que tout domaine de la pensée est gouverné par des principes.
Il n’était, semble-t-il, venu à l’idée de personne qu’il puisse y avoir des principes qui gouvernent la pensée elle-même…
C’est pourtant l’ambition de l’Arbre des archétypes.
Le sous-titre donne le ton : « les lettres de l’alphabet hébreu comme figures et nombres ». Voilà qui sent le soufre, pardon, la kabbale… J.F. Froger serait-il un gnostique ? Quiconque a eu entre les mains le livre sur les Gnostiques dans la collection la Pléiade sait de science sûre, de science profonde, qu’il n’en est rien. Mais il y a des intuitions profondes qu’il faut reprendre et redresser, avec un outillage plus sûr et une inspiration plus haute.
L’auteur nous a habitué à la question de l’énigme. Il y a consacré un livre (Énigme de la pensée). Penser est un mystère, et c’est un mystère qui appartient à l’homme et à lui seul. Les vaches ruminent, les lapins détalent, les chiens aboient et les caravanes passent. L’homme pense, depuis le berger corse qui regarde brouter ses moutons jusqu’à l’homme moderne, qui dispose de tout le temps nécessaire dans les transports en commun pour se livrer à la contemplation, puisque le temps des caravanes est révolu.
Le livre des archétypes nous explique cela, plus techniquement et plus sobrement.
J’ai eu à lire dans ma vie déjà longue bien des livres. Pas tous, il n’y a que Mallarmé qui affiche cette prétention et c’est une licence poétique. Quand on a beaucoup lu et pas toujours des romances distrayants, on a dû gober bien des bavardages, érudits, spécieux, habiles…. Bavardages quand même. On apprécie donc la concision. Chez J.F. Froger, elle confine à une forme de virtuosité… Dans son enseignement oral, il est plus disert, on respire à des hauteurs variables, on redescend dans les vallées, même profondes. Dans ses écrits, on vit parfois en apnée mais c’est un entrainement qui en vaut bien un autre. Ne prêtons pas trop attention aux lecteurs qui ronchonnent et goûtons cette concision. Car l’introduction se révèle un modèle d’intelligence sur la question de l’écriture, autrement dit de la « naissance de l’alphabet ».
« La langue parlée n’a pas besoin d’alphabet » – c’est une assertion déjà troublante, même s’il est des langues qui n’ont pas d’écriture. La langue écrite se sert de signes pour transcrire les sons. Jusque-là, nous suivons sans trop de peine. Or, « l’invention de signes pour écrire une langue parlée relève d’une abstraction extraordinaire ». Si on en doutait, le fait même que la phonologie comme discipline n’apparaisse qu’au début du XXe siècle avec le comte Troubetskoy en témoigne…
Dans l’histoire reconstituable de « l’invention de l’écriture » ce sont les choses qui ont servi de figures pour la première écriture, celle des hiéroglyphes. Les lettres sont d’abord des mots désignant des choses, dont on ne retient que le son pour le procédé d’alphabétisation. « Une figure et un phonème unique », c’est par là que commence la grande aventure du « signe écrit ». C’est pourquoi, nous dit-on, il n’y a pas d’alphabet, il y a toujours un syllabaire. Profitant ainsi de l’écriture égyptienne, l’hébreu ancien aurait imaginé une suite de signes primitifs : des lettres à valeur signifiante. Aleph, le taureau ; Beth, la maison ; Guimel, le chameau…
L’usage comme l’ordre de ces lettres n’a rien d’arbitraire : voilà ce que ce livre va montrer. La succession des lettres hébraïques relève d’un sens intelligible indépendant de l’histoire de sa production et de son émergence. Aux oubliettes l’idée d’un dépôt aléatoire « de traditions historiques agrégées successivement » (d’abord l’égyptienne, puis la phénicienne…) et « progressivement fossilisées ». Bien sûr, cela est historiquement invérifiable, c’est ce que l’auteur appelle « un choix axiomatique ». Les lettres de l’alphabet hébreu « ont une spécificité unique » et cela justifie ce livre, qui est une étude sur ce mystère étonnant que chaque lettre a un nom propre et un nombre qui lui sont affectées, et qu’elles sont organisées selon un ordre signifiant, qui « relève de la nécessité de décrire les conditions essentielles de la pensée ». C’est concis, mais les hommes et les femmes de désir trouveront dans Structure de la connaissance des descriptions et explications plus largement déployées.
Quand les linguistes disent que l’alphabet est un ensemble fini qui permet de produire des énoncés indéfinis, ils n’ont pas tort. Dans le monde qui est le nôtre, celui de la chute, cela rend compte de la réalité des bavardages et des conversations insignifiantes. Mais pour l’auteur, « le système des signes de l’alphabet n’est pas seulement un système de transmission de l’information » ; (…) « parler n’est pas simplement donner de l’information, (…) c’est exprimer l’interaction de l’homme avec Dieu et avec les autres hommes ». L’alphabet hébraïque contient un enseignement caché pour l’illumination de l’âme, parce que « l’univers entier est médiation entre les intelligences divines, angéliques et humaines ».
C’est un programme autrement plus enthousiasmant que la linguistique guillaumienne.
Cet alphabet est ainsi construit sur des éléments de langage pertinents (le clou, la main, l’aiguillon…) pour dire un autre ordre de réalité : « les réalités archétypales », en référence à ces objets concrets du monde visible, du monde des choses. Ces réalités archétypales sont précisément des principes nécessaires à la pensée. Les lettres en donnent une idée par les analogies que les objets qu’elles représentent permettent de construire, et ces analogies nous sont exposées dans chacun des vingt-sept chapitres correspondant aux vingt-sept lettres.
L’Aleph et le Beth à eux seuls construisent une anthropologie. Nous ne la déflorerons pas. C’est la troisième lettre, le Guimel, qui inaugure ce patient enseignement impliqué dans l’alphabet hébraïque. Guimel, c’est le chameau, cet animal qui permet cette chose des plus difficiles, la traversée du désert, analogue à l’autre traversée, celle que l’homme doit faire pour entrer dans la Parole. Ce qui requiert une énergie proprement divine. Il s’agit de « transformer la chose en signe afin que le voyage vers le sens ait lieu » (p 21).
On retrouve cette question du langage et des langues avec la lettre « nun », le poisson. Mais il est déconseillé d’y aller directement, il faut suivre l’ordre des lettres, ordre qui conduit aux derniers chapitres : l’explication plus globale de l’ordre de l’alphabet, l’arbre des archétypes, dont la splendide illustration (et c’est à dessein que je ne donne pas la page) comble le regard. Avec un arrêt sur image pour les amoureux des mathématiques et des casse-têtes chinois : un « cube magique » (ou semi-magique).
Pour comprendre cette « exploration du sens », il faut un outillage. Un peu complexe mais qui rend compte d’un fait d’expérience banal : au principe de toute perception, il y a le contraste. Il n’est pas une vue de l’esprit, il est dans la réalité du monde.
Là, il y faut un peu de persévérance, on entre dans la dimension plus technique : l’exposé de la logique quaternaire avec les catégories métaphysiques qui l’accompagnent : l’impossible, le potentiel, le contingent et le nécessaire. Ce ne sont pas des notions récentes mais elles se voient réassumées avec un outillage plus puissant, dans un paradigme résolument nouveau et apte à rendre compte du sens de cette Parole révélée initialement dans une langue donnée. Le nécessaire, (autrement dit la nécessité), la contingence, ce sont de très anciennes catégories de la philosophie qui apparaissent encore dans la Théodicée de Leibnitz et dont on voit le résidu dans L’être et le néant de Sartre. Heidegger redonne à la philosophie son horizon « ontologique », mais dans l’affirmation d’une nature humaine vouée à la mort. L’appauvrissement progressif de la philosophie et l’érosion de la pensée métaphysique à compter du temps des Lumières ont eu raison de l’idée de l’existence d’un monde intelligible, héritage platonicien que l’on maintient encore dans la culture philosophique scolaire.
Au fondement de cette traversée qui figure la vie de l’homme, il y a le signe… Il faut donc s’enfoncer dans les profondeurs des lettres les plus lointaines de l’alphabet, celles qui figurent des principes de plus en plus chargés métaphysiquement. Transgressons l’instruction de l’auteur qui est de suivre l’ordre des lettres et faisons un grand bond et une escale devant le tsadé, (la dix-huitième lettre). Elle représente le harpon, l’objet du monde qui figure la justice en acte. Invitons le lecteur, même le plus grognon, à poursuivre jusqu’à la dernière lettre, le tav.
Le tav, c’est le signe et il nous donne la clé des problématiques liées au symbole, au symbolisme et à la symbolicité (l’un des fondements de la pensée, sa condition de possibilité, l’autre étant la logique). Le tav a une spécificité, et c’est pourquoi il ne peut apparaître qu’à la fin : il ne montre aucun objet concret du monde car « aucun objet ne peut signifier analogiquement le fait que les objets soient des signes ». « Avoir du sens » est symbolisé par le poisson (nun) ; « symboliser » est symbolisé par l’arbre et il n’y a pas de lettres pour l’arbre ; « être vrai » est symbolisé par la pierre, et il n’y a pas de lettres pour la pierre. Mais être un signe relève d’une décision humaine et déclarer que tous les objets sont des signes « est là encore un choix axiomatique », (ce qui signifie que c’est indémontrable). C’est « la fécondité de ce choix qui nous assure qu’il est pertinent » (p. 93).
Pour ceux que déroute l’œuvre plus massive du bibliste, (Le livre de la Création ; La couronne du grand prêtre, Le Livre de la Nature humaine), ce travail constitue la meilleure introduction aux notions clés de son anthropologie : le rituel, la transmission, l’intelligence et la volonté, la vérité. Tout cela est impliqué dans l’alphabet hébraïque et « désimpliqué » au fil de chacun de ces chapitres à l’écriture ramassée.
Pour les chrétiens, L’arbre des archétypes est aussi une fenêtre sur les Psaumes, composés par le roi David. Et pour ceux qui n’ont pas connaissance de cette tradition, ils ont là une fenêtre nouvelle. L’auteur ne se contente pas de dévoiler un « usage poétique » de cette forme de prière, composante de la liturgie quotidienne et dominicale comme du Livre des Heures des contemplatifs et des contemplatives et du bréviaire des séminaristes et des prêtres. À chaque lettre est associé en exergue, un court passage de l’un de ces psaumes comme autant de petites lumières dansantes dans les vallées profondes des lettres hébraïques.
Et puisqu’il est question des exergues, éclairons celle de la première page, puisque le temps du grec et du latin est comme celui des caravanes, un temps révolu : « Ex umbris et imaginibus in veritatem », épitaphe de John Henry Neumann. Épitaphe (je reprends les informations aimablement communiquées par J.F. Froger) qui « reflète le parcours spirituel de John Henry Newman vers la vérité divine et évoque l’idée de quitter les illusions et les apparences (mais aussi les idées reçues) pour atteindre une compréhension plus profonde de la foi chrétienne ». Neuman fait allusion à la création de l’Homme dans la Genèse où Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance ».
Nous partons des images (les formes du monde) comme des données de la création, non pour y échapper, mais comme point de départ et comme appui pour entrer dans le monde des réalités archétypales, (les principes). Et nous le faisons, (ou devons le faire) parce que la Révélation nous y engage, parce qu’elle enseigne à partir de l’analogie des objets du monde et parce qu’elle met ces objets dans les lettres de la langue dans laquelle la Révélation a été exprimée.
Qu’on m’autorise une parenthèse personnelle. Dans une publication déjà ancienne : D’or et de miel, on pouvait voir figurer en dernière page la représentation de cet arbre des archétypes et l’annonce de la publication du livre en préparation. J’ai gardé précieusement et pendant plus de vingt ans ce dessin de sorte de l’avoir sous les yeux le plus souvent possible. Dans un collège amiénois où j’ai assuré le catéchisme, j’ai réalisé avec mes adolescentes un montage de deux mètres de haut sur quatre mètres de large qui représentait cet arbre des archétypes. Les moniales du collège sont restées ébahies quand, avec leur accord, on a exposé dans le hall cette œuvre improbable, encadrée de deux anges asiates au malicieux sourire et au regard complice, le tout découpé dans un rouleau de papier à tapisser… Sans doute m’a-t-on prise pour une dangereuse gnostique car on n’a plus jamais requis mes services de catéchiste.
L’arbre des archétypes est donc un livre de lente et profonde haleine. Je l’ai attendu pendant vingt ans. Comptez plus de dix ans, c’est cohérent – avant d’en faire la recension. Il fera le plus grand bien à ceux qui ont étudié la philosophie comme à ceux qui l’enseignent et à ceux qui sont fâchés avec elle depuis leur classe de terminale. Il comblera tous ceux qui se sont un jour demandé « mais d’où ça vient l’écriture, d’où ça vient le signe écrit ? ». J’ai prolongé cette méditation de mes jeunes années en contemplant depuis l’une des rives du Mékong, une énorme enseigne lumineuse pour la bière Heineken, sur l’autre rive du fleuve (en caractères latins). Et puis les Chinois sont venus et elle a disparu. Mais il me suffit de regarder un enfant tracer laborieusement les premières lettres de l’alphabet pour retrouver l’énigme de mes dix ans, et éprouver de la compassion pour les petits vaillants qui ont pour prénom Népomucène ou Eléonore.
Les choses nous parlent si nous daignons nous déprendre de la fascination qu’elles exercent sur nous pour écouter ce qu’elles nous désignent et entendre leur secrète invitation à entrer dans la grande traversée qui conduit au Royaume. Même une publicité pour une bière batave…
Et puis, L’arbre des archétypes est un beau livre d’art, que l’on peut feuilleter dans les moments où l’on se souvient que « c’est le ciel qui a raison », même si, comme dit le poète, il le prononce à voix si basse que nul ne l’entend jamais. Les plus bougons eux-mêmes ne pourront pas regretter d’avoir ce livre dans leur bibliothèque : des illustrations magnifiques, presque vangoghiennes, celui-là même qui mettait des tourbillons dans sa peinture. La main de Bernadette Main est une main très sûre. Et il convient de souligner la patiente énergie qui a guidé cette main au long de sa plongée dans l’un des plus beaux mystères de la pensée humaine pour en révéler l’intensité profonde, en dégager la puissance et en laisser sourdre dans la matière même de ses dessins, la paradoxale et double lumière : celle des choses cachées et celle des choses révélées…
Education sexuelle à l’école : la place des parents est toujours banalisée
Le docteur Pascale Morinière, Présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques, a écrit une tribune dans le JDD, pour dénoncer la nouvelle version du programme Evars :

Élection du nouveau président de l’association Notre-Dame de Chrétienté
Communiqué de NDC :
Le samedi 18 janvier 2025 se tenait l’assemblée générale de Notre-Dame de Chrétienté, association de laïcs catholiques qui organise chaque année le pèlerinage de Pentecôte, de Paris à Notre-Dame de Chartres. À cette occasion, le conseil d’administration de l’association a élu pour président Philippe Darantière, qui succède ainsi à Jean de Tauriers, qui n’a pas souhaité se représenter après 12 années de mandat.
Philippe Darantière, 63 ans, est père de famille nombreuse et plusieurs fois grand-père. Il dirige une société de conseil en région parisienne.
Engagé au pèlerinage de Chartres depuis 1989, Philippe Darantière a été plusieurs années chef de chapitre et a occupé différents emplois à la direction des pèlerins, mais aussi comme membre du service d’ordre, au transport des pèlerins puis à la propreté.
En complément de ses engagements au service du pèlerinage, Philippe Darantière a participé en 2000 à la création à Nantes d’une école indépendante de garçons avec plusieurs familles catholiques. Ouverte avec 17 élèves en 2001, l’école en compte aujourd’hui près de 200.
Spécialiste de la doctrine sociale de l’Eglise, Philippe Darantière a publié deux ouvrages de réflexion sur ce thème (Pour une action politique catholique en 2004 et Le Technonihilisme en 2016).
Habitant à Angers puis à Nantes avant de rejoindre la région parisienne, Philippe Darantière a été, depuis 1990, administrateur ou président de plusieurs associations de fidèles laïcs attachés à la liturgie traditionnelle. En 2021, il a participé à la création de l’Union Lex Orandi, un collectif d’associations de fidèles qui agissent pour promouvoir la liturgie traditionnelle dans le difficile contexte créé par le motu proprio Traditionis Custodes le 16 juillet 2021.
Le nouveau président de Notre-Dame de Chrétienté se fixe plusieurs objectifs :
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poursuivre le développement de cette œuvre missionnaire pour permettre au plus grand nombre de pèlerins de vivre cette aventure spirituelle de prière, d’ascèse, de formation doctrinale, d’amitié chrétienne et de vie liturgique puisant aux trésors de la tradition de l’Eglise ;
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contribuer à faire briller les lumières de la doctrine et de la liturgie auprès de tous les catholiques français et étrangers pour qui le pèlerinage de Chartres est un signe de ralliement et un lieu de ressourcement spirituel et intellectuel ;
-
témoigner, au sein de l’Eglise catholique, de l’esprit de communion des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle à l’égard du Pape, de la hiérarchie et du Magistère interprété à la lumière de la Tradition ;
-
œuvrer, dans cet esprit, à une compréhension mutuelle charitable et véridique entre catholiques, pour le bien des âmes, face à la crise dramatique que vit l’Eglise depuis 60 ans.
Tours : les murs d’un couvent tagué par des pro-avortements
Chaque année, Alliance Vita organise un cycle de formation bioéthique, destiné à balayer les sujets d’actualité qui touchent à la dignité humaine. Quelques heures avant le lancement de l’Université de la Vie, les murs du couvent de la Grande Bretèche à Tours, des sœurs dominicaines de la Présentation, ont été tagués, avec des messages anti fascistes et pro avortement.
Les murs du couvent de la Grande Bretèche avaient subi le même sort l’an passé.
Remigration : la méthode Trump
La France justifie son faible taux d’expulsions des OQTF par le refus du pays d’origine de délivrer un laisser-passer consulaire. Donald Trump a montré comment il fallait s’y prendre.
Donald Trump a obtenu un accord après avoir menacé Bogota de lourdes sanctions économiques avec notamment une hausse des droits de douane de 25%, s’il n’acceptait pas le rapatriement de migrants illégaux. La Maison Blanche a indiqué dans un communiqué :
“Le gouvernement colombien a accepté toutes les conditions du président Trump, y compris l’acceptation sans restriction de tous les étrangers illégaux de Colombie renvoyés des États-Unis, y compris à bord d’avions militaires américains, sans limitation ni délai”.
“Sur la base de cet accord, les tarifs et sanctions entièrement rédigés seront mis en réserve et ne seront pas signés, à moins que la Colombie n’honore pas cet accord”.
Ce revirement intervient après une escalade entre les deux pays, le président colombien de gauche Gustavo Petro ayant d’abord fait savoir sur X qu'”un migrant n’est pas un criminel et doit être traité avec la dignité qu’un être humain mérite”.
Les sanctions relatives à la délivrance de visas sont, en revanche, maintenues “jusqu’à ce que le premier vol d’expulsés colombiens soit arrivé avec succès”.
“Les événements d’aujourd’hui montrent clairement au monde que l’Amérique est à nouveau respectée”, a-t-elle fait valoir.
“Immigration la plus proche de zéro” : Vivement que Manuel Valls soit Premier ministre…
Interrogé dans Ouest-France à propos de Mayotte, Manuel Valls aborde le problème de l’immigration :
L’immigration « nécrose » Mayotte. C’est un terme qui est dur mais qui reflète la réalité que personne ne peut ignorer et les tensions que vous évoquez. Mayotte plie déjà depuis des années sous le poids de deux fléaux : l’immigration irrégulière et l’habitat illégal. Ils s’autonourrissent. 50 % de la population de Mayotte est étrangère dont une majorité en situation irrégulière. Cela pèse sur tous les aspects de la vie quotidienne de nos compatriotes. Quand il y a eu la tempête Dikeledi après Chido, nous avons réussi à abriter 15 000 personnes, 5 000 l’ont été aussi dans des mosquées qui ont joué leur rôle de solidarité. L’État doit protéger, c’est sa responsabilité, mais nous devons aussi entendre l’inquiétude légitime des élus et de la population face à une situation très pénible.
Mais comment lutter contre l’immigration illégale ?
Cette situation dure depuis longtemps et elle s’est beaucoup dégradée ces dernières années. Pour y répondre, il nous faut avoir un rapport très ferme avec les Comores, il faut un changement d’attitude radical. C’est une étape incontournable et un vrai défi. Il nous faut rétablir nos moyens de détection des entrées illégales, dont une partie a été détruite par le cyclone. Il faut des radars performants. Ces outils vont monter en gamme avec l’objectif de passer de 25 000 à 35 000 reconduites à la frontière.
Donc il n’y a pas besoin de réformer la Constitution pour mettre fin au droit du sol ?
Toute modification du droit du sol doit être abordée avec une grande prudence, car elle touche à des principes essentiels. Il ne me revient pas d’annoncer une réforme de la Constitution. Mais, d’ores et déjà, sans réforme constitutionnelle pour Mayotte, nous pouvons avancer avec les différentes mesures que je viens d’énoncer. […]
Bruno Retailleau a réécrit vendredi « la circulaire Valls », en réduisant les possibilités de régularisation des sans-papiers. Ça vous gêne ?
Pas du tout ! Cette circulaire a été très efficace mais elle date de 2012. Bruno Retailleau a tout mon soutien, n’en doutez pas un seul instant. Il faut changer les politiques en matière d’immigration. Est-ce qu’on a besoin d’immigration nouvelle ? Dans certains secteurs, oui, mais la circulaire modifiée ne l’interdit pas et l’appréciation des cas les plus difficiles est laissée aux préfets. Il faut de l’humanité. Mais je suis favorable à une immigration la plus proche de zéro, à l’instauration des quotas (mais il faut une réforme de la constitution), à ce que l’on expulse efficacement les irréguliers et à une véritable assimilation républicaine. Je l’ai toujours dit.
Taxes et impôts : Véronique Louwagie fait du “en même temps”
Véronique Louwagie, LR, ministre des PME et du Commerce (en vrai elle est “Ministre déléguée chargée du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes entreprises et de l’Économie sociale et solidaire”), a été interrogée dans le JDD. Extraits :
[…] Pour relancer la compétitivité de nos entreprises, il nous faudra à terme réduire les prélèvements fiscaux et sociaux, au prix d’une diminution de la dépense publique. D’ici là, nous agissons sur la simplification : la complexité de la norme a un coût et nous met en difficulté par rapport à nos voisins. Les travaux sur le projet de loi de simplification de la vie économique ont repris et je lancerai une méthode pour agir sur la simplification de la vie des entreprises dans les jours qui viennent. Je vais mettre en place des « tests PME » qui mesurent l’impact des normes. Ce dispositif, qui a été voté au Sénat, a fait ses preuves en Europe. […]
J’ai toujours été opposée aux augmentations d’impôts. Comme députée déjà, je n’étais favorable qu’à des augmentations d’impôts ciblées, exceptionnelles et limitées dans le temps : la surtaxe d’impôt sur les sociétés ne doit s’appliquer que sur une seule année, au lieu de deux dans le précédent projet, cela va dans le bon sens.
Je rappelle qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les ménages : c’est une première réponse. De même, la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu est sur le point d’être adoptée. Enfin, le prix de l’électricité baisse au 1er février. Tout cela est de nature à restaurer la confiance. […]
Bel exercice d’enfumage :
- “il nous faudra à terme réduire les prélèvements fiscaux et sociaux, au prix d’une diminution de la dépense publique. D’ici là, nous agissons sur la simplification“. Bref, on ne réduit ni la dépense publique ni les prélèvements…
- “Je vais mettre en place des « tests PME » qui mesurent l’impact des normes” : c’est l’autre version de la création de commission, sous-commission, haute autorité, rédaction de rapports poussiéreux… qui évitent de remettre les normes en cause
- “J’ai toujours été opposée aux augmentations d’impôts. Comme députée déjà, je n’étais favorable qu’à des augmentations d’impôts ciblées, exceptionnelles et limitées dans le temps” : elle est ‘en même temps’ opposée aux augmentations d’impôts et favorable aux augmentations d’impôts…
Elle devrait s’inspirer de Christelle Morançais, présidente des Pays de la Loire, qui n’a pas hésité à tailler dans le mammouth des dépenses publiques, en décembre, avec le vote d’un plan de 100 millions d’euros d’économies, qui frappe les associations culturelles et sportives de la région. Elle déclare au JDD :
« J’ai agi en responsabilité. Ici, dans la région, nous avons deux responsabilités : gérer le budget de fonctionnement et renforcer l’investissement. Et pour investir davantage, il faut parfois savoir couper dans le reste. » « La culture et le sport ? Cela représente à peine 10 % des économies réalisées. Mais j’ai touché à un tabou. Ces associations ont pris l’habitude des subventions, ce n’est pas un droit acquis à vie ! ».
Admirative du modèle américain, elle ne tarit pas d’éloges sur Elon Musk :
« La France rêverait d’un Musk ! Il incarne le talent et fédère l’Amérique. » « L’Europe d’aujourd’hui, ce sont des règlements, des normes étouffantes. Où est la vision ? Où est la stratégie commune ? »
Lecture de la bible dans les programmes scolaires des écoles primaires dès 2026-2027
Ce n’est pas notre ministre bornée qui aurait cette idée. C’est le ministre italien de l’Éducation Giuseppe Valditara, qui estime :
« La Bible est un grand patrimoine culturel, en connaître certains passages est très important. Comment peut-on comprendre l’art et la littérature italienne sinon ? ».
Le 15 janvier, le ministre a détaillé ses annonces de réforme scolaire. Parmi les grandes mesures, l’introduction de la lecture de la Bible en primaire – non pas dans une dimension catéchétique, mais culturelle –, le retour de l’option latin facultative au collège et une révision des programmes d’histoires, plus centrés sur l’histoire antique italienne que sur la géopolitique actuelle.
La Croix en est outrée et relaie les critiques à ce projet. Chez La Croix, on préfère sans doute l’indispensable éducation sexuelle…
L’ancien chef du service de la conservation régionale des monuments historiques conditionne l’ordre du mérite aux vitraux de Notre-Dame
Antoine-Marie Préaut, ancien chef du service de la conservation régionale des monuments historiques, ayant participé au sauvetage des œuvres de la cathédrale lors de son l’incendie, conditionne la réception de sa distinction dans l’Ordre national du mérite au maintien des baies actuelles dans Notre-Dame de Paris.
Il explique sur Linkedin :
Dimanche, j’ai découvert que mon nom figure parmi ceux des professionnels distingués pour leur contribution à la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Ce mérite, c’est celui de tous ceux qui ont œuvré à la sauvegarde et à la sécurisation de l’insigne monument, avant que ne soit venue l’heure de sa restauration.
Dès la nuit du 15 avril 2019, puis dans les jours et les semaines qui ont suivi, des dizaines de professionnels architectes, conservateurs, techniciens, scientifiques, compagnons, entrepreneurs, agents de la Préfecture, du C2RMF, du LRMH, du Louvre, du Mobilier national, de la DRAC ont accepté de bouleverser leur quotidien et d’associer leurs connaissances tout autant que leurs compétences pour faire en sorte que Notre-Dame ne subisse pas d’autres pertes ou dommages que ceux causés par l’incendie.
Les objets du trésor, le mobilier, les grands décors ou encore la statuaire ont été prioritairement évacués et mis à l’abri.
Mais les désordres provoqués par le sinistre menaçaient aussi l’édifice, dont les maçonneries ont dû être consolidées ou déposées.
Malgré tous les efforts de sécurisation, la stabilité des voûtes du chœur et de la nef, en partie détruites par suite de la chute de la flèche, demeurait incertaine.
Pour éviter que les vitraux, miraculeusement épargnés, ne soient détruits par la chute d’un bois de charpente, le descellement d’une pierre ou la déformation des murs gouttereaux, le choix a été fait de déposer l’ensemble des verrières hautes de la cathédrale, dans l’attente que les conditions de leur réinstallation soient réunies.
Une intervention identique aurait été menée pour les verrières basses des chapelles si leur bonne conservation avait, un seul instant, été un motif d’incertitude.
Cet engagement et cette détermination dans la sauvegarde de ce qui fait l’authenticité de l’édifice protégé, c’est l’essence de l’action du service des monuments historiques sur l’ensemble du territoire national. Telle une obligation qui nous est faite, il nous revient, chacun dans notre rôle, d’identifier les moyens de garder et de transmettre, tels des passeurs, le patrimoine dont nos prédécesseurs ou nos contemporains ont estimé que les qualités d’art et d’histoire rendent la préservation désirable.
Par respect pour l’âpre et invisible tâche de sauvegarde de la cathédrale et l’œuvre exceptionnelle de sa restauration, en soutien au travail parfois sacerdotal de ceux qui, partout en France, ont fait le serment du patrimoine, mais aussi parce que je forme le vœu d’un mérite qui ne soit pas celui du désaveu, je recevrai cette décoration avec humilité mais non sans allégresse lorsque l’incertitude qui pèse sur le devenir des vitraux épargnés de Notre-Dame aura été levée.
Loin d’être immuables, les monuments historiques, témoins de l’excellence, sont un terreau fertile pour la création. L’architecture et l’art contemporain sont pour eux l’assurance d’une pérennité dès lors qu’ils s’ajoutent et non s’y substituent.
Avant Noël, Claire Tabouret a été chargée de créer six grandes baies pour les six chapelles sud de la cathédrale. Son travail remplacera des vitraux créés par Eugène Viollet le Duc, et épargnés par l’incendie. Lorsqu’il était en charge du patrimoine au cabinet de Rima Abdul Malak, entre mars 2023 et janvier 2024, Antoine Marie Préaut faisait partie des opposants discrets au projet présidentiel.
“Afuera (Attention ça dégage)”
Copiant le mandat donné à Elon Musk par Donald Trump, la Commission européenne va appeler à une réduction « sans précédent » de la bureaucratie pour stimuler l’économie de l’Union ces cinq prochaines années, selon une ébauche de la « Boussole pour la compétitivité » de l’exécutif de l’Union européenne.
Le plan, dont la publication a été reportée à mercredi prochain suite à la pneumonie de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, appelle également à une plus grande coordination économique entre les institutions de l’UE, les États membres et les entreprises.
Ce plan vise à rationaliser les réglementations, à réduire les formalités administratives et à accroître la flexibilité. Il propose « un alignement plus étroit entre les secteurs public et privé » pour faire face aux menaces croissantes qui pèsent sur les infrastructures numériques et physiques de l’UE. Le plan prévoit la « préférence européenne » dans les appels d’offres pour les marchés publics dans les secteurs stratégiquement critiques, et une « plateforme » commune de l’UE pour faciliter l’achat conjoint de matières premières critiques.
Selon le plan, la charge réglementaire des entreprises sera allégée par l’introduction par la Commission du « Simplification Omnibus » le 26 février. Est prévue une « simplification de grande envergure » dans une série de domaines, ainsi qu’une réduction des « demandes excessives de rapports » auxquelles sont confrontées les plus petites entreprises. Le document appelle également à un régime « réglementaire adapté » pour les entreprises dites « moyennes ». Les entreprises concernées sont donc plus grandes que les petites et moyennes entreprises (PME), mais plus petites que les grandes multinationales. Le plan inclut également un « 28e régime juridique » spécial pour les entreprises actives dans plusieurs États membres.
Est-ce que cela sera suffisant ? Il est à craindre que non.
Le 22 janvier, la commission des affaires économiques du Sénat auditionnait Florent Menegaux, président de Michelin (durée : 2h20). En novembre 2024, l’entreprise officialisait la fermeture de deux de ses usines, à Vannes et à Cholet, avant 2026. Au total 1254 salariés voient leurs emplois menacés. L’entreprise explique qu’elle résulte de l’effondrement des ventes de pneus destinés aux camions et camionnettes. Ces fermetures interviennent après la fermeture de sites en Allemagne, en Pologne et en Chine à la fin de l’année 2023, et à la Roche-sur-Yon en 2020. Alors que la concurrence chinoise sur les véhicules électriques est très forte, et que l’élection de Donald Trump ouvre une période d’incertitude pour les exportations européennes, le dirigeant livre son analyse sur la situation et pointe la responsabilité de l’Etat et de l’UE.
Après la fermeture de deux usines, le président de Michelin, dans un réquisitoire sans concession, pointe la responsabilité de l’état et de l’UEpic.twitter.com/LsJknDITPc
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) January 25, 2025
Faudra-t-il faire comme Javier Milei et découper les dépenses à la tronçonneuses ?
Les satanistes, en pointe du combat pour l’avortement
Courrier international propose un article traduit de The Economist sur les adeptes du Temple sataniste, avec ses prêtres et ses rites, une communauté qui fait campagne contre l’invasion de la vie publique américaine par le christianisme. Leur truc consiste à demander l’autorisation de faire tout ce que font les chrétiens, et à se plaindre avec véhémence si cela leur est refusé. Ils organisent des réunions hebdomadaires, gèrent des clubs dans des écoles et célèbrent des mariages satanistes.
L’année dernière, le groupe a lancé un service de télémédecine consacré à l’avortement au Nouveau-Mexique, où les interventions sont légales tout au long de la grossesse. Ils l’ont baptisé la “clinique sataniste pour avortements de la maman de Samuel Alito”, du nom du juge conservateur de la Cour suprême auteur de l’opinion majoritaire dans l’affaire Dobbs vs Jackson. La clinique prescrit des pilules à des femmes au Nouveau-Mexique, même à celles qui viennent d’États où l’avortement est interdit. Avant d’ingérer les pilules, il leur est demandé de réciter les préceptes du Temple sataniste (“Le corps d’une personne est inviolable, soumis à sa seule volonté”) et de déclarer : “Par mon corps, mon sang. Par ma volonté, cela est accompli.”
Les satanistes expliquent que ce “rituel d’avortement” a pour objectif de “dissiper les effets d’une persécution injuste”. Le Christian Research Institute, une institution évangélique, a affirmé que les satanistes exploitaient “leur réputation sinistre, et sombre jusqu’à la caricature, pour agiter l’opinion publique et pousser la droite chrétienne à les attaquer en justice”, et les a dépeints comme “les rois des trolls”.
C’est en 2013 que le Temple sataniste a fait les gros titres pour la première fois, quand un homme arborant une paire de cornes de chèvre, accompagné de quatre sbires drapés de noir, a orchestré un rassemblement à Tallahassee, en Floride, contre une loi qui autorisait les élèves à diffuser dans leurs écoles des messages “d’inspiration spirituelle”, dont des prières. Si les écoliers chrétiens avaient le droit de prêcher, alors ledit droit devrait s’appliquer à tout le monde, ont clamé les satanistes.
En 2014, quand l’Oklahoma a fait ériger une gigantesque table de pierre où étaient gravés les Dix Commandements devant le bâtiment du capitole de cet État, le Temple sataniste a annoncé qu’il dresserait son propre monument à peu de distance de là – une grande statue en bronze de Baphomet, hybride d’homme et de bouc associé aux sciences occultes. L’organisation a fait campagne pour que la statue soit placée sur le terrain du capitole, jusqu’à ce qu’un juge décrète que la table des Dix Commandements n’était pas constitutionnelle et qu’elle devait donc être retirée.
SOS Chrétiens d’Orient se réjouit de la création d’un intergroupe « Chrétiens d’Orient » au Parlement européen
Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :
Jeudi dernier, à Strasbourg les députés européens se sont accordés pour créer un intergroupe « Chrétiens d’Orient » au Parlement européen. Celui-ci rassemble déjà une soixantaine de parlementaires, venant d’une dizaine de pays, appartenant à quatre groupes politiques ou députés non-inscrits. Il est présidé par Thierry Mariani et se réunira désormais tous les mois.
« Nous nous réjouissons, bien entendu, de la création de cet intergroupe » explique Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient.
« La question des chrétiens d’Orient est brûlante et urgente et ce d’autant plus qu’elle est moins médiatisée aujourd’hui. Il est bon que l’ensemble des institutions, qu’elles soient nationales ou internationales s’en saisissent. C’était le cas à l’Assemblée nationale et au Sénat français. C’est désormais le cas au Parlement européen ». « Il est réjouissant également de voir que cette question est transpartisane, parce qu’elle le mérite » continue-t-il.
SOS Chrétiens d’Orient remercie l’ensemble des députés qui participent à cette belle initiative.
Joe Biden rejoint la franc-maçonnerie
La loge maçonnique Prince Hall a annoncé que le dimanche 19 janvier 2025, le 46e président des États-Unis d’Amérique Joseph Biden a officiellement rejoint sa loge dans l’État de Caroline du Sud.
Yves Daoudal souligne que, ce qui est curieux, est que cette branche de la franc-maçonnerie nord-américaine est spécifiquement pour les Afro-Américains…
En 1821, Pie VII, dans la Constitution apostolique Ecclesiam a Jesu Christo publiée le 13 septembre, a condamné les sociétés secrètes, les décrivant comme un « cancer et un fléau mortel pour la société ». Dans son encyclique Quo graviora mala, le pape Léon XII a renouvelé la condamnation de la franc-maçonnerie et de la carbonerie. Le 26 novembre 1983, la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié une déclaration sur les associations maçonniques, réaffirmant que :
« Le jugement négatif de l’Église à l’égard des associations maçonniques reste donc inchangé, car leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église et, par conséquent, l’adhésion à ces associations reste interdite. Les fidèles qui appartiennent à des associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion ».
Un an plus tard, l’interdiction a été réitérée et il a été déclaré :
« Seul Jésus-Christ est, en fait, le Maître de la Vérité et c’est seulement en Lui que les chrétiens peuvent trouver la lumière et la force de vivre selon le plan de Dieu, en travaillant pour le vrai bien de leurs frères ».
Le 13 novembre 2023, le Saint-Père François a réaffirmé ce principe en approuvant une lettre adressée à S.E.R. Monseigneur Julito Cortes, évêque de Dumaguete (Philippines) :
« par conséquent, ceux qui sont formellement et consciemment inscrits dans des loges maçonniques et qui ont embrassé les principes maçonniques, tombent sous le coup des dispositions de la Déclaration susmentionnée. Ces mesures s’appliquent également à tous les ecclésiastiques inscrits dans la franc-maçonnerie ».
Nous sommes certains que les quelques évêques de la Conférence Épiscopale Américaine, qui ont soutenu ces dernières années les politiques de Joe Biden, principalement basées sur l’avortement, la moquerie du mariage et l’euthanasie, prendront maintenant fermement position contre cet homme qui s’est toujours dit catholique mais qui n’a fait que promouvoir des politiques de mort.
Les 9 actions pro-vie de Trump au cours de sa première semaine
Liste sans doute non exhaustive :
- Le site Web pro-avortement de Biden a été supprimé
- Ordonnance signée stipulant que la vie humaine commence à la conception
- A gracié 23 Américains pro-vie
- Fin du financement du Planning Familial International
- Amendement Hyde appliqué, interdisant l’utilisation de fonds fédéraux sur l’avortement
- Discours vidéo à la Marche pour la vie
- Mettre fin à la guerre juridique contre les Américains pro-vie
- A approuvé le projet de loi Born Alive pour protéger les survivants de l’avortement
- Signature de la Déclaration de Genève interdisant le droit à l’avortement
Aumôniers militaires, servir la foi et la France
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Abbé Y. LALLEMAND, aumônier militaire
- Frederic Pons, journaliste
- Abbé J-Y. DUCOURNEAU, membre de la Congrégation de la Mission aumônier militaire
Terres de Mission : Un débat passionnant sur la messe traditionnelle
Terres de Mission organise un débat exceptionnel entre Jean-Pierre Maugendre, directeur de Renaissance catholique, et Christophe Geffroy, directeur du mensuel “La Nef”.
Tous deux sont ce que l’on appelle souvent des “traditionalistes”, c’est-à-dire des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle. Mais Christophe Geffroy défend l’idée que défendre la messe traditionnelle ne doit pas s’accompagner d’une critique de la nouvelle messe, tandis que Jean-Pierre Maugendre considère, au contraire, que l’un des arguments en faveur de la messe traditionnelle réside dans le caractère équivoque de la nouvelle.
Un débat passionnant (et courtois) qui touche à la question de l’obéissance dans l’Eglise et de la fidélité à la Tradition et au Magistère.
Le martyr des 14 prêtres réfractaires guillotinés le 21 janvier 1794 à Laval
Dans un numéro consacré aux persécutions, France catholique évoque les 14 prêtres réfractaires guillotinés le 21 janvier 1794 à Laval. Extraits :
Ce 21 janvier 1794 marque le premier anniversaire de « la mort du tyran », l’exécution de Louis XVI. Désireux de se faire apprécier de la Convention, le comité révolutionnaire de Laval cherche l’initiative qui lui permettrait, à cette occasion, de se distinguer. Il n’en est qu’une: faire couler le sang, prouvant ainsi sa participation active à la régénération de la nation… […] « Patience », c’est le couvent des clarisses que les révolutionnaires ont transformé en prison pour les prêtres réfractaires. Leur crime? Être restés fidèles à la foi et à Rome en refusant le serment à la constitution civile du clergé, jugée schismatique par le pape Pie VI. […] Soit, à Laval, 120 prêtres, qui seront transférés à Rambouillet en octobre 1793 pour empêcher les Vendéens de les libérer. Une quinzaine d’entre eux, intransportable, est restée en Mayenne. Ce sont eux, « les scélérats qui mangent du pain pour rien », que l’on enverra « cracher dans le panier » pour célébrer le 21 janvier… […]
La parodie de procès du 21 janvier 1794 fera croire à une procédure légale mais le verdict est dicté d’avance. Fameux pour des condamnations de femmes enceintes et d’enfants, les juges sont des élus locaux d’extrême gauche et deux prêtres apostats, ignorants du droit et s’en targuant, qui enverront plus de 500 personnes à l’échafaud. Le « procès » se borne à un interrogatoire d’identité et une question: « Avez-vous prêté serment à la constitution civile du clergé? » – serment qui n’existe plus à cette date et que certains accusés n’étaient pas tenus de prêter ! En fait, on leur demande d’apostasier, précisant au Père Triquerie: « Le serment que nous exigeons de toi est de ne plus professer aucune religion, ni surtout la catholique qui est sans doute la tienne. » C’est clair et apporte canoniquement la preuve du martyre. « Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu’à mon dernier soupir », rétorque Triquerie. Le Père Gallot renchérit: « Je serai toujours catholique, jamais je ne rougirai de Jésus-Christ! » « Je ne salirai pas ma vieillesse! » crie l’abbé Philippot, totalement sourd, quand il comprend ce qu’on lui demande. Le Père Pellé se fâche: « Mais vous m’embêtez, avec votre satané serment! C’est non, non et non! Je ne le ferai pas ! » On essaie de fléchir l’abbé Ambroise: « Tout le monde sait que tu es janséniste. Jure donc ! » Dignement, il répond être « heureux de laver ses fautes dans son sang ». L’abbé Turpin du Cormier résume l’opinion générale: ils ne prêteront pas un serment « contraire à la loi de Dieu ». C’est la mort pour tous. « Deo gratias », s’écrient-ils.
Les quatorze martyrs se confessent mutuellement et, à la sortie du tribunal, entonnent le Salve Regina et les litanies de la Vierge. Une foule compacte et consternée assiste à la scène, sous un ciel noir zébré de lueurs rouges d’où le soleil jaillit soudain éclairant l’échafaud et faisant dire que « le ciel s’ouvre pour accueillir les martyrs ». En en gravissant le premier les marches, l’abbé Pellé se tourne vers l’assistance: « Nous vous avons appris à vivre. Maintenant apprenez de nous à mourir. » Quand sa tête tombe, Turpin s’écrie: « Il est au Ciel! » et entonne le Te Deum, rappelant qui est le Vainqueur éternel. Les fossoyeurs, pris de scrupules, au lieu de jeter les cadavres dans les fosses communes les inhument dans une tombe particulière facile à repérer ; rendant la sépulture identifiable en 1816 lors de leur translation à la basilique Notre-Dame d’Avesnières.
Pie XII a béatifié les quatorze prêtres martyrs de Laval; ils attendent d’être canonisés puisque leur manque, individuellement, le miracle réclamé par Rome. Encore faudrait-il, pour l’obtenir, penser à les prier !
Troisième dimanche après l’Épiphanie : “Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous sommes maintenant dans le temps après l’Épiphanie qui est le prolongement dans le cycle temporal du temps de Noël. Ce dernier se poursuit d’ailleurs dans le cycle sanctoral jusqu’au 2 février. Ainsi, tout en continuant à contempler et adorer dans la crèche le Sauveur qui vient de naître, nous méditons déjà sur les enseignements de sa vie publique. Ce temps après l’Épiphanie peut comporter entre trois et six dimanches, suivant la date de Pâques, mais les chants du propre de la messe restent les mêmes à partir du troisième dimanche. Certaines années, on les reprend ainsi plusieurs dimanches de suite. Cette année 2025, nous n’aurons que le cinquième dimanche après l’Épiphanie car le quatrième verra la solennité de la Présentation au Temple et que nous arriverons ensuite au Temps de la Septuagésime.
► Introït : Adorate Deum
L‘Introït est tiré du psaume 96 Dominus regnavit : Le Seigneur est Roi, dont nous retrouverons le début à l’Alléluia. Il chante la souveraineté du seul vrai Dieu sur toute la création et sur toutes les divinités et idoles païennes. Comme dans la messe de dimanche dernier, ce sont toutes les créatures de la terre qui sont invitées L’adorer.
Adorate Deum omnes Angeli ejus : audivit et lætata est Sion : et exsultaverunt filiæ Judæ.
Adorez Dieu tous ses anges ; Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Judas ont exulté.
Sion, c’est-à-dire Jérusalem, les filles de Juda, c’est-à-dire toutes les cités d’Israël, c’est le peuple élu, et c’est comme toujours la figure de l’Église. Qu’a-t-elle donc entendu qui la mette ainsi dans la joie ? C’est la proclamation de cette souveraineté universelle de Dieu : ici, dans la liturgie du temps après l’Épiphanie, c’est la manifestation de la divinité et de la royauté du Messie que nous acclamons.
La mélodie commence par un grand élan d’adoration et monte dans les hauteurs pour invoquer les Anges. Puis elle s’apaise et exprime une joie contenue mais bien affirmée. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 96, celui que nous retrouverons dans l’Alléluia.
Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.
► Graduel : Timebunt gentes
De chant du Graduel du troisième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 101, qui est, dans son ensemble, une grande supplication douloureuse du peuple d’Israël en butte aux persécutions des ses ennemis, emmené en captivité loin de la ville sainte de Jérusalem et du temple détruit ; mais il contient aussi une partie pleine d’espérance, prophétisant la victoire du Seigneur sur ses ennemis et la reconstruction du temple.
Timebunt gentes nomen tuum, Domine, et omnes reges terræ gloriam tuam. Quoniam ædificavit Dominus Sion, et videbitur in majestate sua.
Les nations craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre craindront votre gloire, car le Seigneur a rebâti Sion, et Il y paraîtra dans Sa majesté.
On retrouve ici Sion déjà mentionnée à l’Introït, la cité sainte de Jérusalem, une fois encore figure de l’Église dont Isaïe déjà, le jour de l’Épiphanie, avait annoncé le triomphe et la gloire quand tous les peuples et les rois de la terre, qu’ils le veuillent ou non, devront se soumettre au règne du Christ Roi. La mélodie reprend encore des formules connues que nous avons déjà entendues les deux précédents dimanches mais qui s’adaptent parfaitement bien au texte du jour dans une tonalité de joie très affirmée.
► Alléluia : Dominus regnavit, exsultet
Nous retrouvons à l’Alléluia du troisième dimanche après l’Épiphanie le début du psaume 96 qui figurait déjà comme verset de l’Introït.
Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.
C’est donc encore la divinité et la royauté de notre Seigneur qui provoquent la joie de tous les hommes, ceux qui habitent le continent et ceux qui habitent dans les îles, c’est à dire tout l’univers connu.
La mélodie légère, fluide, aux grandes vocalises, exprime à merveille cette joie. C’est encore, comme les deux derniers dimanches, une mélodie type que nous avons déjà entendue, notamment celle-ci à la messe de minuit de Noël.
► Offertoire : Dextera Domini
L‘Offertoire du troisième dimanche après l’Épiphanie est un magnifique chant d’action de grâce.
Dextera Domini fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me : non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
La droite du Seigneur a exercé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé, je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.
On retrouvera ce chant pendant la Semaine sainte où il sera placé alors dans la bouche du Christ. D’ailleurs le psaume 117 d’où il est tiré est par excellence un psaume pascal qui est largement utilisé dans la liturgie de Pâques. C’est un des grands psaumes qui commencent par : » Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle « , comme celui que nous avons trouvé au Graduel de dimanche dernier. Et ici encore c’est l’œuvre de la Rédemption pour laquelle l’âme fidèle remercie et glorifie le Seigneur. Cette action de grâce se termine comme celle de l’Offertoire de dimanche dernier avec le même mot narrabo, je raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour moi : mais la mélodie est très différente de celle de ce dernier qui était tout à fait exceptionnelle par son ampleur et son enthousiasme. Celle-ci est assez solennelle mais dans une ambiance contemplative. Elle exprime admirablement les sentiments du texte. Les mots dextera Domini, qui désignent la main droite du Seigneur symbole de sa puissance, reviennent deux fois, la première fois d’une façon très solennelle, la deuxième fois avec une insistance joyeuse et pleine d’assurance. L’affirmation non moriar : je ne mourrai pas, est lancée avec une inébranlable certitude, tandis que la finale narrabo opera Domini : je raconterai les œuvres du Seigneur, s’épanouit en un épanchement mystique et assez doux.
► Communion : Mirabantur
Le texte de la Communion du troisième dimanche après l’Épiphanie est un passage de l’Évangile, mais il ne s’agit pas de l’Évangile du jour. Il est pris ici en saint Luc au chapitre IV.
Mirabantur omnes de his quæ procedebant de ore Dei.
Tous étaient stupéfaits des paroles qui sortaient de la bouche de Dieu.
Bien entendu saint Luc n’a pas écrit » de la bouche de Dieu » mais simplement » de sa bouche « , celle du fils de Joseph qui venait de prendre la parole pour la première fois dans la synagogue de Nazareth, laissant entendre nettement, après avoir lu un passage d’Isaïe, que le Messie annoncé par le prophète c’était lui. On comprend la stupéfaction des auditeurs. La liturgie a modifié le texte pour affirmer, en ce temps après l’Épiphanie, que nous croyons à la divinité de Jésus. Nous qui savons qu’Il est Dieu, nos sentiments ne sont plus de stupéfaction comme ceux des habitants de Nazareth, mais d’admiration, d’adoration et de louange. C’est ce qu’exprime la mélodie ce cette petite antienne, qui bien que courte, est très ornée et chargée de neumes.
Saint Paul : Conversion et Renaissance (25 janvier)
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
« Puisque le martyre de l’Apôtre des Gentils est commémoré en juin, la célébration d’aujourd’hui offre l’occasion de considérer de près la figure multiforme de l’Apôtre par excellence, qui a écrit de lui-même : “J’ai travaillé plus que tous les autres apôtres”, mais aussi : “Je suis le moindre des apôtres, un avorton, indigne d’être appelé apôtre.” Paul lui-même fournit les preuves qui garantissent son droit d’être considéré comme apôtre : il a vu le Seigneur, le Christ ressuscité, et il est donc témoin de la résurrection ; il a également été envoyé directement par le Christ, comme les Douze. Vision, vocation, mission : trois qualifications qu’il possède, toutes issues de ce miracle de grâce sur la route de Damas, où le Christ l’a contraint à une capitulation inconditionnelle, le poussant à s’écrier : “Seigneur, que veux-tu que je fasse ?” Dans les paroles du Christ se révèle le secret de l’âme de Paul : “Il est dur pour toi de regimber contre l’aiguillon.” Il est vrai que Saul cherchait “dans toutes les synagogues à contraindre les chrétiens, sous la menace, à blasphémer”, mais il le faisait de bonne foi, et lorsque l’on agit par amour de Dieu, tout malentendu ne peut durer longtemps. Surgit alors l’inquiétude, c’est-à-dire “l’aiguillon” de la grâce, l’étincelle de la lumière de la vérité : “Qui es-tu, Seigneur ?” ; “Je suis Jésus, que tu persécutes.” Cette irruption mystique du Christ dans la vie de Paul est le sceau de son apostolat et l’étincelle qui lui révélera la vérité admirable de l’unité indissociable du Christ avec les croyants. »
« Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin qu’il puisse, s’il trouvait des hommes ou des femmes appartenant à la Voie, les amener liés à Jérusalem. Comme il était en chemin et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : “Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?” Il répondit : “Qui es-tu, Seigneur ?” Et il lui dit : “Je suis Jésus, que tu persécutes. Mais lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.” Les hommes qui voyageaient avec lui s’arrêtèrent, muets de stupeur, entendant la voix mais ne voyant personne. Saul se releva de terre, et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main et le conduisirent à Damas. Il resta trois jours sans voir, sans manger ni boire. »
« Je suis crucifié avec le Christ, et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Et cette vie que je vis maintenant dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. »
« Ce qu’est l’homme, combien notre nature est noble et combien cet être pensant est capable de force, cela apparaît de manière tout à fait particulière en Paul. Chaque jour, il montait plus haut, chaque jour il s’élevait avec plus d’ardeur et luttait avec un courage toujours croissant contre les difficultés qu’il rencontrait. En faisant allusion à cela, il disait : “Oubliant ce qui est derrière, je tends vers ce qui est devant” (cf. Ph 3, 13). Voyant que la mort était imminente, il invitait tous à partager sa joie en disant : “Réjouissez-vous et partagez ma joie” (Ph 2, 18). Il se réjouissait également face aux dangers imminents, aux insultes et à toute forme d’injure, et en écrivant aux Corinthiens, il disait : “Je prends plaisir dans les faiblesses, dans les outrages, dans les persécutions” (cf. 2 Co 12, 10). Il ajoutait que celles-ci étaient les armes de la justice et montrait que c’est précisément de là qu’il tirait les plus grands fruits et qu’il triomphait de ses ennemis. Battu de verges partout, frappé d’insultes et d’injures, il se comportait comme s’il célébrait des triomphes glorieux ou élevait des trophées en haut. Il se vantait et rendait grâce à Dieu en disant : “Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher” (cf. 2 Co 2, 14). Pour cette raison, animé par son zèle d’apôtre, il préférait la froideur des autres et les injures à l’honneur, que nous cherchons pourtant avidement. Il préférait la mort à la vie, la pauvreté à la richesse, et désirait bien davantage l’effort que le repos. Une chose seulement, il la détestait et la rejetait : offenser Dieu, à qui il voulait plaire en tout. »
« Dans la prière, se produit la conversion du cœur vers Celui qui est toujours prêt à donner, pourvu que nous soyons capables de recevoir. Dans la conversion, a lieu la purification de l’œil intérieur, quand on exclut les choses qu’on désirait de manière temporelle, afin que la pupille du cœur puisse supporter la lumière simple qui brille sans déclin ni changement ; non seulement la supporter, mais y demeurer ; et y demeurer non seulement sans gêne, mais aussi avec une joie ineffable, qui constitue la vie véritablement et authentiquement bienheureuse. »
« On ne passe pas de l’athéisme à la foi ; on passe de la connaissance naturelle de Dieu à la foi, seulement à travers les praeambula fidei, si l’on cherche le salut et si l’on a la possibilité de comprendre la justesse du message du Christ. »
« Tout comme les yeux d’une chouette sont éblouis par la lumière du soleil, incapables de la voir mais aptes à percevoir les choses faiblement éclairées, ainsi l’intellect humain se comporte-t-il face aux premiers principes, qui sont par nature les plus manifestes de toutes choses. »
Les Belles figures de l’Histoire : saint Vincent de Paul
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le Père Jean-Yves Ducourneau, prêtre de la Congrégation de la Mission :
L’éternel retour du Roi
De L’Inco Hebdo, la lettre hebdomadaire de la revue L’Incorrect :
Ainsi, les gouvernements se succèdent, flamboient un court instant au contact d’un parlementarisme devenu tripartite (certains louent le retour d’une vraie démocratie, et le spectacle visible à l’Assemblée est effectivement très proche de ce qu’on sait être une démocratie : navrant) puis se flétrissent inexorablement, faute de sang neuf, faute de liquidités et à cause de pressions de Bruxelles – cette entité transnationale qui voudrait arbitrer les nations européennes au nom d’une épouvantable coercition bancaire… Le dénommé Emmanuel Macron, grand ordonnateur de ce pays en friche et maître des horloges cassées, semble isolé dans sa tour de verre, comme un Saroumane de pacotille contemplant depuis les hauteurs d’Isengard l’étendue du chaos qu’il a contribué à installer depuis des mois. La presse feuilletonne comme elle peut cette dégringolade par paliers, fait mine à chaque fois de s’emballer pour de nouveaux hommes de paille, comme si les « poids lourds » qui circulent au gouvernement pouvaient changer quoi que ce soir à cet embouteillage massif, alors qu’aux Etats-Unis le trumpisme tout puissant semble bien pouvoir circuler à toute berzingue sur l’autoroute de « l’âge d’or », une voie peuplée de Tesla rutilantes et un brin bornées, comme il se doit. La veille Europe se tasse déjà de frayeur face au monstre américain, cet espère de golem fascinant… pendant que Trump prévoit de bâtir des cathédrales de serveurs pour 500 milliards de dollars : le projet Stargate fait déjà exulter les complotistes, qui y voient l’avènement du « grand projet » de la CIA dont on peine à deviner au juste s’il s’agit de l’ouverture de la porte des enfers où « simplement » d’une sujétion mondiale à coups de vaccins ARN concoctés en série par des IA…
Plus rationnellement, ce qu’on observe finalement avec le trumpisme, c’est bien le retour d’un impensé qui serait celui d’une monarchie, constituée par une sorte de techno-aristocratie, capable de survoler avec un mépris lointain les petits ajustements de la Constitution. Le retour d’un impensé monarchiste dans la plus « grande démocratie du monde » ? Et pourquoi pas. On pourra peut-être écrire sur les murs de nos maisons, criblés par les balles russes, dans quelques années : « Charles Maurras avait raison ». Ce qu’il nous faut, c’est peut-être le retour du Roi. Pas ces roitelets républicains que la Vème autorise et que les banques d’affaires cooptent à coups de pétrodollars. Non, le Roi en personne. Comme le martèlent depuis des années les militants de l’Action Française, ceux qui défilaient encore le week-end dernier pour commémorer l’assassinat de Louis XVI, et qui prônent le retour du Bien Commun contre cet individualisme devenu fou qui est l’apanage de notre modernité tik-tokée, contre les « citoyens », ces créatures prométhéennes créés par le démiurgisme jacobin, condamnées à se détraquer lorsqu’elles n’ont plus eu autre chose à combattre que des fantasmes et des moulins à vent – le fameux retour de la peste brune, toujours attendu, jamais réalisé…
On peut estimer que les monarchistes sont de doux rêveurs, des passéistes un peu originaux, des romantiques. En réalité, ce sont eux les vrais futuristes, car le monarchisme est bien encodé dans l’ADN de toutes les civilisations, et il est sera amené tôt ou tard à revenir lorsqu’il sera guéri de son mal. Le mal du « citoyen », comme l’expliquait Jean de Viguerie, c’est bien cette série de « dissociations » mentales qui se sont mises en branle après l’abandon de l’intelligence thomiste au profit de la pensée cartésienne, et de ce matérialisme ingrat qui a peu à peu transformé l’homme de cœur et d’âme en bête pensante. Oubliant que le foyer de toute civilisation, c’est la monarchie, et qu’un Roi sommeille en nous. C’est l’aspiration à une patrie réelle, fondée sur la Providence, et non cette patrie abstraite fondée sur le retour du sacrifice humain, qui a été forgée par le Droit-de-l’hommisme. Il nous appartiendra de nous en souvenir si l’humanité veut passer le troisième millénaire.
La Religion et les religions
Le père Edouard-Marie Gallez, docteur en théologie et histoire des religions à l’université de Strasbourg, s’est fait connaître par ses découvertes scientifiques autour de la naissance de l’Islam. Il est un des piliers de l’association EEChO, Enjeux de l’Étude du Christianisme des Origines, qui réunit des chercheurs et universitaires d’Orient et d’Occident. Il vient de publier chez Artège Le Christianisme face aux autres religions, Jésus-Christ est le “centre de l’histoire”, dans lequel il souligne qu’il y a un avant et un après la Rédemption, les religions naissant après la venue du Christ se positionnant en fonction du christianisme et non en dehors. Le Père Gallez montre que c’est d’abord à l’intérieur même de l’héritage chrétien qu’apparaissent les post-christianismes, des contrefaçons, des hérésies, qui dénaturent la Révélation. Parmi ces contrefaçons, il y a l’islam qui veut faire croire être une nouvelle religion révélée directement de l’ange Gabriel à Mahomet, alors qu’il s’agit plus vraisemblablement à la base d’une secte hérétique judéo-chrétienne. Ces détournements conduisent les hommes, soit par une démarche messianique et totalitaire, soit par des religiosités qui réduisent Jésus à un simple éveilleur spirituel, à des replis sur soi reniant le Père.
Fort de cette analyse, l’auteur critique les contours du dialogue interreligieux, qui ne s’effectue pas en vérité, mais sur la base de réalités faussées. Dans une note du livre, il écrit aussi que
le Décret sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae, 1965) visait les Etats communistes, en oubliant la réalité des conditionnements humains dans le monde occidental – globalement la socio-ingénierie. Le problème en effet n’est pas d’affirmer un droit objectif à croire ce qu’on veut, mais d’affirmer le droit humain objectif à n’être pas trompé et manipulé, peu importe dans quel système politique – ce qui conduit à réfléchir sur les moyens qui pourraient favoriser un tel droit universel, opposé aux manipulations. Cet oubli de Vatican II paraît bien étrange.
Et parmi les religions post-chrétiennes, on trouve aussi les idéologies séculières :
Indéniablement, le jeu des concepts a fini par englober le christianisme lui-même, devenu l’une des “religions”, de sorte qu’il doit se justifier maintenant d’être une “religion” autre que les autres, et non contraire à la raison. Nous ne parlerons pas de ce vieux (faux) débat entre “Science et Religion”, pour reprendre le titre de la grande revue de propagande soviétique Nauka i religia, où la “science” était instrumentalisée et posée en antireligion : le scientisme est aussi une sorte de religion présumée sauver l’humanité. Et ses adeptes se trouvaient au moins autant parmi les Occidentaux, procommunistes ou non, que dans l’empire soviétique, puis en Chine.
En fin de compte, on peut se demander si le concept de “religions” n’a jamais été autre chose qu’un piège destiné à dissimuler le messianisme de phénomènes qui se prétendent rationnels et en opposition à tout ce qui est religieux, mais qui sont fondamentalement religieux. L’athéisme sous la forme communiste demandait une adhésion de foi à ses adeptes en vue d’un avenir assurant le salut de l’humanité ; les défilés à la gloire du dirigeant semblaient calqués sur les processions religieuses. L’athéisme d’aujourd’hui, davantage subtil et médiatique, y compris dans sa forme transhumaniste, exige tout autant l’édhésion de foi totalitaire : celui qui ose penser est exclu de la vie sociale, il est diabolisé, débancarisé, etc. […]
Le concept des “religions” est donc un piège. Vatican II n’y a pas échappé, et d’autant moins qu’il a cru y trouver un intérêt.
Le gouvernement Trump adhère au Consensus de Genève
La Déclaration de consensus de Genève (GCD) est un « accord international qui stipule que les pays ont le droit et le devoir de défendre la famille et de protéger la vie in utero ». Les Etats-Unis y avaient adhéré avant que Biden les en retire. Donald Trump vient de rallier cet accord international, qui réunit environ 40 Etats.
Valérie Huber, fondatrice et présidente de l’Institute for Women’s Health, Institut pour la santé des femmes, seule organisation de politique de santé des femmes aux États-Unis ayant pour mission de promouvoir la meilleure santé et le meilleur bien-être possibles pour les femmes à chaque étape de leur vie, se réjouit de cette décision :
« Je félicite le président Donald J. Trump d’avoir tenu sa promesse de rejoindre la Déclaration du consensus de Genève (DCG), une coalition mondiale de nations, la première du genre, qui se consacre à l’amélioration de la santé des femmes, au renforcement des familles, à l’affirmation que l’avortement n’est pas un droit de l’homme international et à la défense du droit souverain des nations à gouverner à l’abri du colonialisme idéologique.
Plus tôt dans la journée, la mission des États-Unis auprès des Nations unies a confirmé que les États-Unis avaient officiellement rejoint la Déclaration du consensus de Genève en tant que 40e pays membre. Leur déclaration affirme l’engagement de l’administration Trump « à promouvoir la santé des femmes et la préservation des valeurs familiales que la coalition internationale dans son ensemble, et ses États membres individuels, soutiennent par le biais de politiques et de législations nationales ».
Cette action décisive rétablira le leadership de l’Amérique dans la diplomatie mondiale en matière de santé, en donnant aux nations la possibilité de donner la priorité à la santé des femmes plutôt qu’à des agendas politiques qui les divisent.
Notre institut continue d’être l’un des principaux défenseurs de la DCG, reconnaissant que cet engagement des nations est une base essentielle pour accélérer la santé et le bien-être des femmes et des filles. Nous nous réjouissons de travailler en partenariat avec un nombre encore plus grand de pays pour les aider à mettre en œuvre les principes de la DCG, transformant ainsi les engagements en actions.
Le retrait de l’administration Biden de la DCG a dénaturé et sapé l’engagement de la coalition à faire progresser la santé et l’épanouissement des femmes à tous les stades de la vie. Malgré les efforts incessants des détracteurs pour la démanteler et la discréditer, l’IWH se réjouit que la DCG ait non seulement survécu, mais qu’elle ait prospéré au cours des quatre dernières années, en augmentant le nombre de ses membres et son influence.
En rejoignant le DCG, le président Trump envoie un message audacieux selon lequel les États-Unis se tiennent aux côtés des nations souveraines pour défendre les besoins réels des femmes en matière de santé contre les tactiques coercitives des acteurs du pouvoir mondial. Cela marque le début d’un nouvel effort pour faire progresser les soins de santé authentiques pour les femmes, accélérer l’élan de la DCG et ouvrir la voie à un avenir plus brillant et plus sain pour les femmes du monde entier.
Nous sommes reconnaissants que, dès le début de son administration présidentielle, le président Trump joue à nouveau un rôle de premier plan dans la promotion de la santé et de l’épanouissement des femmes et des filles, tant aux États-Unis que dans le monde entier. »
Favoriser les exploitations à taille humaine
Pierre-Guillaume Mercadal, paysan, a été interrogé dans le Bien commun, à propos de la crise paysanne. Extrait :

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