Grande neuvaine pour l’ordination de 6 diacres
Ils sont 6, engagés, fidèles, membres des Missionnaires de la Miséricorde divine… et ils attendent toujours leur ordination sacerdotale dans le diocèse de Toulon.
Agissons concrètement :
- Rejoignez la Grande Neuvaine
- Partagez-la autour de vous
- Objectif : 10 000 inscrits
Pourquoi 10 000 ?
- Pour montrer notre confiance dans le Ciel
- Pour montrer un soutien visible et sérieux
- Pour rappeler à nos diacres qu’ils ne sont pas seuls
Partagez. Priez. Soutenez. https://grande-neuvaine.web.app/#/
Chers amis et soutiens,
En ce début d’année notre communauté sollicite un grand élan de prière pour éclaircir l’avenir de nos six diacres qui attendent le sacerdoce depuis plus de deux ans. Malgré l’engagement de Mgr Touvet et des progrès dans le dialogue avec les autorités romaines, la situation n’est toujours pas complètement débloquée. Les points de discussion concernent des éléments d’équilibre importants pour nous et prévus par nos statuts.
Nous sommes confiants que le climat de dialogue voulu par Léon XIV permettra l’unité et la paix. En attendant nous sollicitons vos prières pour nos diacres éprouvés.
Dans une attitude d’obéissance et de confiance dans l’Église, nous sommes certains de l’efficacité de la prière et nous vous proposons de participer à une grande neuvaine qui débutera le 25 janvier pour nous amener au 2 février. Pour recevoir le texte de la neuvaine, inscrivez-vous ainsi que les membres de vos familles. Votre prière est précieuse, merci de tout cœur.
Abbé Jean-Raphaël Dubrule et les Missionnaires de la Miséricorde Divine
La Gloire de Dieu : conclusion du canon
Le canon romain présente une certaine symétrie, dont le centre est la consécration. Après la consécration, nous retrouvons donc deux prières d’intercession, le Memento des morts et le Nobis quoque qui font en quelque manière pendant à celles qui précédaient la consécration, Memento des vivants et Communicantes.
1 – Memento des morts
L’allusion à la communion dans la deuxième partie du Supplices fut-elle l’occasion de l’insertion, à cet endroit précis du canon, du Memento des morts ? Ce rapprochement est au moins suggéré par saint Augustin :
La tradition de nos pères et la pratique universelle de l’Église, écrit-il, veulent que l’on prie pour ceux qui sont morts dans la communion du corps et du sang du Christ, lorsque l’on en fait mémoire dans le sacrifice au moment prescrit, et que l’on rappelle que pour eux également on sacrifie{{Saint Augustin, Sermon 172, II, 2 (PL, 38, 936) : « … ut pro eis, qui in corporis et sanguinis Christi communione defuncti sunt, cum ad ipsum sacrificium loco suo commemorantur, oretur, ac pro illis quoque id offerri commemoretur. « Afin que l’on prie pour ceux qui sont morts dans la communion au corps et au sang du Christ, on rappelle au moment même où l’on fait mémoire du sacrifice qu’il est offert aussi pour eux. »}}.
Cela permet de comprendre le lien avec la prière précédente, marqué par l’adverbe « aussi » [etiam] :
[…] si nous sommes, nous, par l’effet du sacrement, remplis “de toute bénédiction céleste”{{Fin de la prière du Supplices, vue précédemment.}}, souvenez-vous aussi de ceux-là qui ne peuvent plus prendre part au sacrement{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 163.}}.
Et, en continuité avec cette idée :
[…] s’il est vrai qu’ils ne peuvent plus manger de ce pain sacré, il reste qu’ils sont passés à l’autre vie avec le sceau de la foi, praecesserunt cum signo fidei{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 163.}}.
Le sceau ou signe de la foi dont il est question ici est une référence directe au baptême{{Cf. {{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 161 : Attention toutefois à ne pas réduire le signum fidei au seul caractère baptismal : il s’agit bien plutôt de l’effet total du baptême, englobant le caractère baptismal et la grâce baptismale.}}, sceau sacramentel de la foi et signe distinctif dont le Christ a marqué les siens, qui garantit l’accès à la vie éternelle pourvu qu’il ait été gardé intact{{Cf. Mc 16, 16 : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé. »}}.
| Meménto étiam, Dómine, famulórum famularúmque tuárum N. et N., qui nos præcessérunt cum signo fídei, et dórmiunt in somno pacis. | Souvenez-vous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes… N. et N. qui sont partis avant nous, marqués du sceau de la foi, et qui dorment du sommeil de la paix. |
Ainsi :
Les morts pour lesquels nous prions ne sont donc de soi, directement, que nos frères chrétiens. Et c’est, de fait, la pratique immémoriale de l’Église de n’offrir le Saint Sacrifice que pour ceux qui étaient [visiblement et manifestement] en communion avec elle et ont ainsi droit à son trésor de grâces. Tout au moins sont-ils seuls à pouvoir y être nommés {{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 164.}}.
Toutefois, après une courte pause durant laquelle le prêtre prie en particulier pour les défunts de son choix ou du choix de celui qui lui a demandé la célébration de la messe à une intention particulière, le cercle s’élargit à « tous ceux qui reposent dans le Christ », le fait demeurant certain qu’aucun parmi les élus n’ait pu trouver son salut ailleurs que dans le Christ :
| Ipsis, Dómine, et ómnibus in Christo quiescéntibus, locum refrigérii, lucis et pacis, ut indúlgeas, deprecámur. Per eúndem Christum Dóminum nostrum. Amen. | À ceux-là, Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui reposent dans le Christ, accordez, nous vous en supplions, le séjour du bonheur, de la lumière et de la paix. Par le Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. |
Quoi qu’il en soit, cette distinction très précise, faite au cœur même du canon, est à remarquer.
Notons également les expressions typiques :
– le « sommeil de la paix » pour désigner la mort des justes, dont ils doivent se relever après une brève attente ;
– la mort « dans le Christ »{{Cf. 1 Th 4, 17 et Ap 14, 13.}} car les justes sont insérés à jamais dans le Corps du Christ ;
– le lieu « du rafraîchissement, de la lumière et de la paix » où nous demandons qu’ils soient admis : le « rafraîchissement » forme une image très suggestive de l’état des bienheureux pour les habitants des brûlantes contrées du Midi, tandis que la lumière est le symbole non seulement de la joie, mais également de la vérité, et renvoie donc à la vision béatifique.
Le mot lumière, symbole naturel pour tous de la joie (comme encore de la vérité et de la vision), s’impose encore plus vivement à des lecteurs de l’Apocalypse (21, 23 et sq ; 22, 5){{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 165.}}.
En prononçant la conclusion – « Per eúndem Christum Dóminum nostrum. Amen. Par le Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. », le prêtre incline la tête, ce qu’il ne fait pas pour les autres conclusions semblables des prières du canon. Dans une perspective allégorique – où chaque rite de la messe est associé à un geste de la vie ou de la passion de Notre-Seigneur – cette inclination de tête du prêtre symbolise le Sauveur qui expire en inclinant la tête.
2 – Nobis quoque
Nobis quoque peccatoribus… « À nous aussi pécheurs… » Le prêtre élève un peu la voix et se frappe la poitrine en prononçant ces mots.
Après avoir demandé pour les morts le séjour de lumière, nous demandons pour nous-mêmes part et société avec les saints du ciel{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 170.}}.
| Nobis quoque peccatóribus fámulis tuis, de multitúdine miseratiónum tuárum sperántibus, partem áliquam et societátem donáre dignéris, cum tuis sanctis Apóstolis et Martýribus :
… intra quorum nos consórtium, non æstimátor mériti, sed véniæ, quǽsumus, largítor admítte. Per Christum, Dóminum nostrum. |
À nous aussi pécheurs, vos serviteurs, qui mettons notre confiance dans votre infinie miséricorde, daignez accorder une place dans la communauté de vos saints Apôtres et Martyrs,
… Pour nous admettre dans leur compagnie, ne pesez pas la valeur de nos actes, mais accordez-nous largement votre pardon. Par le Christ notre Seigneur. |
On remarquera le ton de timide effacement et d’humble aveu que le mot « pécheurs » imprime dès le début à cette prière, et qui en demeure jusqu’au bout la note dominante :
La requête ne se formule qu’en se fiant à l’abondance des miséricordes divines et n’en attend que cette modeste [part]{{« partem aliquam »}} du bonheur céleste ; et cela même, non en rémunération de mérites effectifs, mais à titre de faveur gracieuse{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 179-180.}}.
Semblable en cela au Communicantes, auquel il fait en quelque manière pendant, le Nobis quoque développe une liste de saints. Celle-ci présente quinze noms, répartis en deux septénaires – sept hommes martyrs puis sept femmes martyres – que précède saint Jean (Baptiste) :
| cum Ioánne,
Stéphano, Matthía, Bárnaba, Ignátio, Alexándro, Marcellíno, Petro, Felicitáte, Perpétua, Agatha, Lúcia, Agnéte, Cæcília, Anastásia, et ómnibus Sanctis tuis : |
avec Jean,
Etienne, Matthias, Barnabé, Ignace, Alexandre, Marcellin, Pierre, Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie, et avec tous vos Saints. |
Comme le Communicantes, le Nobis quoque continue un Memento, en établissant un rapport avec les saints du ciel. L’accent, toutefois est différent :
– après le Memento des vivants est rappelée la communion déjà effective avec l’Église triomphante, du fait de l’appartenance à l’unique royaume de Dieu ;
– après le Memento des morts, « la pensée s’élève d’un degré et sollicite la participation définitive à la béatitude des élus »{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 179.}}.
Nous l’avons noté, le prêtre élève légèrement la voix en commençant cette prière. C’est que la fin du canon approche et c’était une manière d’avertir le (et autrefois les) sous-diacre(s) de se redresser et de se rendre à l’autel pour être prêts, dès la conclusion du canon, à aider à la fraction. L’emploi de petites hosties pour la communion des fidèles a rendu superflue l’aide des sous-diacres pour la fraction, mais l’usage d’élever la voix est néanmoins demeuré. On en a parfois proposé une interprétation allégorique : de même que l’inclination de la tête à la fin du Memento des morts évoque celle de Notre-Seigneur au moment de rendre l’esprit, l’élévation de la voix et la percussion de la poitrine au début du Nobis quoque évoquent la profession de foi du centurion au pied de la croix{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 180.}}.
3. Les doxologies finales
Les deux formules conclusives sur lesquelles s’achève le canon « ne sont plus comme les précédentes des prières […] de demande ou d’offrande ; leur tournure est bien plutôt celle d’une affirmation directe de louange et de glorification »{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 182.}}. Dans leur enchaînement, ces deux formules résument en quelque manière l’admirable échange qui vient de se réaliser de nouveau à l’autel :
La première montre que par le Christ descend sur nous le grand courant des bienfaits de Dieu, tandis que la seconde proclame comment ensuite par lui [le Christ] monte de la création vers Dieu tout honneur et toute gloire{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 182.}}.
1 – Per quem haec omnia
| Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctí + ficas, viví + ficas, bene + dícis et præstas nobis. | Par lui, Seigneur, vous ne cessez de créer bonnes toutes ces choses et vous les sancti+fiez, vous leur donnez + vie et vous les béni+ssez pour nous en faire don. |
À quoi fait référence l’expression « toutes ces choses » [haec omnia] ? C’est une trace des bénédictions des fruits de la terre qui se pratiquaient à cet endroit, dont la prière Per quem haec omnia constituait alors la conclusion. Cet usage a disparu, sauf à la messe chrismale, où l’évêque bénit à ce moment l’huile des infirmes. Si l’on inséra des bénédictions à cet endroit, ce fut probablement pour les appuyer, les joindre à la « grande bénédiction ordonnée par le Christ et dans laquelle lui-même […] confère à des offrandes terrestres la suprême consécration et la plénitude de grâce »{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 187.}}.
L’expression « toutes ces choses » renvoyait donc à ces fruits de la terre que l’on bénissait, mais, bien loin d’en être exclues, les offrandes eucharistiques étaient également visées par cette expression, puisque c’est précisément de leur proximité que l’on escomptait l’efficacité de la bénédiction. Ajoutons à cela que, si les mot haec omnia [« toutes ces choses »] semblent perdre de leur ampleur en présence des seules espèces consacrées, le maintien de cette hymne de louange au Créateur traduit « la conviction, […] que les oblats, même consacrés, conservent leur solidarité profonde avec le monde des créatures »{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 187.}}.
Ainsi, faisant pendant à l’épiclèse [Quam oblationem], qui formulait expressément la demande de transsubstantiation, cette prière constitue le remerciement adressé à Dieu et à notre souverain prêtre, le Christ.
2 – Per ipsum
Ayant proclamé que, par le Christ, toute grâce de Dieu descend jusqu’à nous, nous confessons désormais que, par le Christ également, toute louange et toute glorification remonte vers Dieu{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 187.}}.
La doxologie – ou glorification – finale est en quelque sorte, pour le canon, l’équivalent, la forme développée, l’analogue du Gloria Patri qui conclut les psaumes, ou du Per Dominum qui conclut les oraisons :
C’est [en effet] une antique règle de la prière publique de se clore par la louange divine, de revenir ainsi au rôle fondamental de toute prière, qui est d’incliner la créature devant son Créateur{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 187.}}.
| Per ip + sum, et cum ip + so, et in ip + so, est tibi Deo Patri + omnipoténti in unitáte Spíritus + Sancti omnis honor, et glória. | Par + lui, avec + lui, en + lui, vous est donné, + Dieu Père tout-puissant, dans l’unité + du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, |
Remarquons que la louange est à l’indicatif (est tibi, que nous traduisons par « vous est donné »), et non au subjonctif, comme l’on pourrait normalement s’y attendre (sit tibi, que l’on traduirait par « vous soit donné »). En ce lieu, à cet instant, à cet autel où repose la divine victime, alors vraiment Dieu reçoit tout honneur et toute gloire, alors s’accomplit l’oracle de Malachie{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 189-190.}} :
Depuis le lever du soleil jusqu’au couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on sacrifie et l’on offre à mon nom une oblation pure ; car Mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées{{Ml 1, 11 (Traduction Fillion).}}.
Joignant le geste à la parole, le prêtre conclut la doxologie en élevant légèrement l’hostie et le calice : c’est ce que l’on appelle la « petite élévation ». Contrairement à la « grande élévation » qui suit la consécration, elle n’a pas pour but premier de montrer au peuple le Corps et le Sang du Seigneur ; elle est le geste de les présenter à Dieu pour les lui offrir{{Nous avons vu que la « grande élévation » peut assumer également cette finalité.}}, geste essentiellement symbolique auquel suffit par conséquent une amplitude réduite.
Avant d’élever l’hostie, le prêtre effectue cinq signes de croix, qui ont la particularité d’être pratiqués, non pas sur, mais avec l’hostie. Les trois premiers, réalisés au-dessus du calice se situent dans la perspective déjà évoquée du geste indicatif. Ils accompagnent et soulignent le pronom « Lui » [ipse], trois fois répété : parlant de Notre-Seigneur, le prêtre montre qu’il est là présent sur l’autel. Les deux autres signes de croix, réalisés entre le prêtre lui-même et le calice et sa poitrine, sont peut-être le reste d’un rite qui consistait à toucher le côté du calice avec l’hostie afin de manifester « le lien entre les deux espèces sensibles d’un mystère unique »{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 192.}}. Quoi qu’il en soit, ils peuvent également être intégrés à une interprétation symbolique se rapportant à la Passion de Notre-Seigneur : les cinq signes de croix se rapportant aux cinq plaies – ou, mieux, les signes de croix pratiqués à côté du calice évoquant le coup de lance qui transperça le côté de Notre-Seigneur.
[…] en définitive ces signes de croix […] ne visent qu’à souligner la mention du Christ (ipse) en évoquant le mystère de la Croix, seule voie, en fait, par où monte vers Dieu “tout honneur et toute gloire”{{Jungmann, J.A., sj., Missarum sollemnia, explication générique de la messe romaine, Aubier, 1957, t. III, p. 195.}}.
“Aide active à mourir” : le sénat euthanasie la loi
L’article 4 de la loi euthanasie, qui conditionnait l’accès à la légalisation de la mise à mort, a été rejeté hier soir. Ce qui met l’ensemble du texte en situation de quasi mort clinique.
Mercredi, les sénateurs ont rejeté par 144 voix contre 123 l’article 4 de la proposition de loi sur l’aide à mourir, qui entérinait le principe d’une euthanasie et d’un suicide assisté.
Nombre de votants 318
Nombre de suffrages exprimés 267
Pour l’adoption 123
Contre 144
Voici ce que disait cet article 4 désormais supprimé :
Pour accéder à l’aide à mourir, une personne doit répondre à toutes les conditions suivantes :
« 1° Être âgée d’au moins dix-huit ans ;
« 2° Être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France ;
« 3° Être atteinte d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale ;
« 4° Présenter une souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsque celle-ci a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement. Une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir ;
« 5° Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. »
Ils avaient préalablement adopté l’article 1, intégrant une «assistance médicale à mourir» dans le Code de la Santé Publique. Une partie des sénateurs LR et centristes se sont ainsi opposés à cette réforme, rejoints par nombre d’élus de gauche, déçus de ne pas avoir réussi à restaurer le texte de l’Assemblée nationale qui ouvrait le suicide assisté et l’euthanasie aux patients « en phase avancée » de la maladie, avec encore plusieurs mois à vivre.
Après une suspension de séance, les sénateurs se sont interrogés sur la suite à donner à ce vote. «Tout le texte est vidé de sens aujourd’hui car la clé de voûte de ce texte est tombée», a regretté le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (LR). Il a tout de même annoncé que les débats allaient se poursuivre.
Des élus ont mis en cause l’inversion de l’examen des textes, celui sur l’aide à mourir étant examiné avant celui sur les soins palliatifs.
Ce dernier texte sera examiné lundi et mardi prochain.
Le problème de la liturgie et pourquoi la liturgie ne devrait pas être un problème
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Entrisme au sein du Grand-Orient : la méthode maçonnique appliquée contre elle-même…
Le Point a enquêté sur l’entrisme de LFI au sein du Grand-Orient de France. Alors que les franc-maçons masquent leur identité pour mieux infiltrer les réseaux, que ce soit la police, la justice, l’Education nationale ou même l’Eglise, voilà que cette même instance est à son tour victime d’entrisme… Voilà qui est cocasse !
Ce serait inquiétant :
Des militants LFI imposent leurs thèmes dans les loges du Grand Orient. Une stratégie d’entrisme qui divise les francs-maçons et menace l’équilibre de la plus grande obédience française.
N’est-ce pas la stratégie habituelle du GODF, avec l’exemple actuel en faveur de l’euthanasie ?
Dans les rangs des « frères » et « sœurs » qui composent les 1 400 loges, des militants et des élus insoumis profitent de la possibilité d’aborder des sujets sociétaux lors des « tenues » (les réunions, en vocabulaire maçonnique) pour inscrire des thématiques éminemment inflammables à l’ordre du jour. Au menu : islamophobie, flottille pour Gaza et résistance palestinienne.
Que l’exemple de Louis XVI soit une source d’inspiration pour les responsables politiques
À l’occasion du 21 janvier, date anniversaire de la mort du roi Louis XVI, Louis Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou, rend hommage sur Boulevard Voltaire à ce chef d’État qui avait – on l’ignore, bien souvent – une véritable vision stratégique pour la France. En cette année du 400e anniversaire de la Marine, le chef de la maison de Bourbon rappelle la vision stratégique et maritime du roi, fondement de la puissance et de la souveraineté françaises :
Aujourd’hui, nous commémorons l’assassinat de mon ancêtre Louis XVI, décapité le 21 janvier 1793. Il ne s’agit en réalité pas que de faire mémoire de ce roi injustement décapité. Il faut également se souvenir ensemble de ce que les Français ont été capables de faire entre eux afin de tout faire pour ne plus jamais sombrer dans la tragédie de la guerre civile. Puisse le Ciel ne jamais permettre à la France de revivre de tels événements.
De plus, il faut comprendre que la lame qui a tranché le corps du roi en ce jour de janvier a mis fin à l’existence d’un homme d’État profondément attaché à maintenir à son plus haut degré la souveraineté française. Ainsi, cette année particulièrement, alors que nous allons célébrer les 400 ans de notre Marine et les 250 ans de la déclaration d’indépendance américaine, je voudrais insister sur la pertinence de la vision de Louis XVI relative à la place de la France dans le monde. En effet, il convient de rendre hommage à l’action énergique et intelligente de ce monarque en matière navale et maritime. Dès le début de son règne, il a continué patiemment l’œuvre de résurrection de la Marine royale entreprise par son grand-père, le roi Louis XV, suite à la terrible guerre de Sept Ans. Pour cela, il a su s’entourer des plus grands marins et administrateurs de son temps.
Ainsi, Louis XVI a sans doute donné à la France la Marine la plus redoutable qu’elle ait jamais eue. Plus que n’importe quel autre chef d’État, ce roi avait compris l’importance primordiale d’entretenir des escadres de haute mer, capables d’être présentes sur tous les océans. Loin d’enfermer la France dans une seule logique continentale, ce monarque avait compris que, par la mer, la France avait une vocation mondiale. Nos flottes du Ponant et du Levant étaient alors en mesure de se battre avec succès à la fois dans les Caraïbes, en Méditerranée et dans l’océan Indien tout en faisant craindre à l’Angleterre une menace d’invasion. Nos vaisseaux disposaient de points d’appui judicieusement répartis dans le monde, grâce à un réseau d’îles stratégiques et de comptoirs plus facilement défendables qu’un vaste empire colonial.
Aujourd’hui encore, la puissance maritime française repose principalement sur ces mêmes îles et territoires disséminés à travers le monde, même si les régimes qui succédèrent à la monarchie légitime en augmentèrent le nombre. Cependant, ces derniers mois, je constate avec inquiétude que la France semble vouloir se désintéresser de sa vocation maritime. J’en veux pour preuve la marche rapide vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie suite aux accords de Bougival de juillet 2025, ainsi que la controverse autour de la cession des îlots Hunter et Matthew. Alors qu’une partie de l’Histoire du monde s’apprête à s’écrire dans la zone indo-pacifique, le recul de la France dans cette région serait une erreur stratégique majeure et un signe de faiblesse criant qui encouragerait nos ennemis à accroître la pression sur nos possessions. J’invite nos dirigeants à bien mesurer l’importance de leurs décisions concernant ces territoires et à s’instruire des leçons de notre passé. La France ne peut abdiquer si facilement le privilège d’être une puissance maritime.
En faisant mémoire du roi Louis XVI, je souhaite que son exemple soit une source d’inspiration pour les responsables politiques, afin que notre pays ne subisse pas un déclassement honteux. En effet, je désire au contraire que, par une action énergique et ambitieuse, la France puisse continuer à être présente sur toutes les mers, défendant nos intérêts et ceux de nos alliés, comme nous l’avions fait il y a plus de 250 ans avec nos lointains cousins d’Amérique ! Le règne de Louis XVI est plus riche en enseignements que cette seule et terrible journée du 21 janvier. J’ai à cœur, et je suis certain que c’est ce qu’aurait voulu mon ancêtre, que la France puisse s’inspirer de son action et que, grâce à son souvenir, la Royale continue encore pendant longtemps de sillonner les mers, défendant l’honneur et l’intérêt de la France partout où elle se trouve.
Que saint Louis protège notre cher pays !
“Le Président de la République, jupitérien, promettait un « réarmement démographique » : on aurait pu s’attendre à un texte sur l’accueil des enfants. Mais non, la priorité affichée pour 2026, c’est la mort”
Le sénateur LR Dominique de Legge s’étonne :
Je veux dire mon étonnement, ma stupéfaction : n’y a-t-il rien de plus urgent, dans la situation actuelle du pays, que de légiférer sur la mort ? Oubliés, le feuilleton budgétaire, la situation internationale, le Mercosur : il faut, toutes affaires cessantes, mettre une mesure au crédit de ce quinquennat qui n’en finit pas de s’achever.
Le taux de natalité n’a jamais été aussi bas depuis 1945, nous enregistrons davantage de décès que de naissances. Le Président de la République, jupitérien, promettait, il y a un an, un « réarmement démographique » : on aurait pu s’attendre à un texte sur l’accueil des enfants. Mais non, la priorité affichée pour 2026, c’est la mort.
Alors que nos hôpitaux souffrent, que nos Ehpad implosent et que nous attendons toujours une loi Grand Âge, nous légiférons sur la mort. Les soignants sont pourtant majoritairement réservés voire hostiles à cette évolution qui heurte leurs valeurs.
Dans un pays divisé, est-il si urgent d’ouvrir un nouveau front d’inquiétude ? Alors que notre système de retraites est en passe de s’effondrer et que nous peinons à financer nos renoncements, comment ne pas faire le lien avec l’étude de l’Igas qui chiffre le coût de la dernière année de vie à 26 000 euros par personne, soit 6,6 milliards d’euros ? On comprend le ralliement d’un collectif de mutuelles à un pacte progressiste sur la fin de vie…
Le législateur outrepasse ses compétences s’il prétend définir les critères d’une mort légale. Ne judiciarisons pas la mort, au risque de réduire la vie à un article du code civil. Que serait une fraternité qui justifierait que nous aidions à mourir et non à vivre ? Quelle confiance avoir en une société qui prétendrait régenter la fin de vie de ses membres ? Quelle confiance accorder à des établissements de soins où l’on donne la mort comme si elle était un soin ?
“Provoquer la mort est le pire des crimes dans notre code pénal. Nous inversons donc totalement les valeurs sur ce point”
La sénatrice LR Muriel Jourda rappelle des évidences :
Nous exprimerions tous des opinions personnelles sur la mort – la mort administrée, en l’occurrence – parce que nous en avons tous une expérience personnelle dans notre entourage proche. Mais notre vie ne peut servir d’unité de mesure à l’intérêt général ! Gardons-nous de bouleverser les fondements de notre société sur la base d’expériences personnelles.
La liberté de mourir existe en droit : c’est le suicide. Dès lors que vous faites intervenir un tiers qui fournit, prescrit ou injecte un produit létal, vous créez un droit, avec son créancier mais aussi son débiteur. Or provoquer la mort est le pire des crimes dans notre code pénal. Nous inversons donc totalement les valeurs sur ce point.
Il y aurait beaucoup à dire sur la fraternité, dont le Président de la République a parlé. Que souhaitons-nous à nos frères qui souffrent ? Leur tendons-nous la main ou la seringue ?
Il y va de notre vision de la société. Sommes-nous des désirs juxtaposés attendant de l’État qu’il les réalise tous ? Rappelons-nous que la fin ne justifie jamais les moyens politiques et qu’il faut des principes. Notre pays en a, notre civilisation en a. Ne les bouleversons pas pour répondre à la pulsion d’un moment, qui nous mènerait vers une société très éloignée de la fraternité.
“Ce n’est pas une aide à mourir que nos enfants attendent de nous, mais une aide à vivre”
La sénatrice de l’Union Centriste Nadia Sollogoub s’est prononcée contre “l’aide à mourir” à la tribune du Sénat :
« Mourir, c’est éteindre le monde », disait Jules Renard. Comme cela semble simple… Pourtant, quoi de plus complexe que la question de notre propre mort ? Chacun fuit la pensée de ce qui le terrorise : la perspective de souffrir.
Tous blessés par des deuils et des expériences personnelles, nous sommes responsables de nos choix devant les générations futures. Le texte sur le droit à l’aide à mourir doit dire son nom : il pose la question globale du suicide et inscrit dans la loi la possibilité de donner la mort, ce qui marque une modification anthropologique majeure.
Manque d’information du public, de formation des professionnels, de moyens palliatifs : il y a un décalage entre le cadre législatif actuel et la réalité. Dès lors, faut-il changer la loi pour donner suite à une promesse de campagne du Président de la République ? L’origine de la réflexion est la persistance, dans des cas rares, de souffrances extrêmes et réfractaires : face à ces situations dramatiques, n’est-ce pas notre système de soins qui prouve son absence de culture et de moyens palliatifs ? N’est-il pas plus simple de faire disparaître le malade plutôt que la souffrance ?
Ce débat fondamental exige une immense humilité, car chacun est porteur jusqu’à son dernier souffle d’une histoire singulière. Aucune loi ne répondra à la multiplicité des situations individuelles. Par ailleurs, les progrès de la médecine entraînent des situations inédites.
Je suis inquiète que ce texte sensible soit étudié dans une société fracturée où le climat social risque d’influencer irrationnellement des positions éthiques. Le Sénat doit retravailler ce texte. Son rejet pourrait certes entraîner son adoption en l’état, ce qui n’est pas mon souhait, mais c’est un risque.
En Belgique, l’objectif en 2002 était d’apporter une solution à des cas exceptionnels de souffrances inapaisables : vingt ans plus tard, on observe une croissance continue du nombre d’euthanasies. La subjectivité et la non-discrimination conduisent à une normalisation juridique de la mort dans des cas inimaginables au moment du vote de la loi. Au Canada, sur 13 000 personnes ayant bénéficié de l’euthanasie en 2023, 3,5 % n’étaient pas en fin de vie. Aux Pays-Bas, devant l’explosion du nombre d’euthanasies, des voix s’élèvent pour réclamer un allègement du protocole.
Ces constats interpellent : l’euthanasie deviendrait une proposition parmi d’autres dans la planification des soins. Pourtant, depuis la nuit des temps, les médecins prêtent serment avec un interdit de tuer. De plus, ce débat se déroule dans un climat qui met en avant le coût de la prise en charge des personnes âgées. Pourrait-on avoir un jour à se justifier de vouloir rester en vie à n’importe quel prix ?
Vous l’aurez compris, je suis contre cette évolution législative. Je repense à ce que disait le professeur Delfraissy : nous n’aurions peut-être jamais dû légiférer sur la fin de vie et rester dans le dialogue singulier patient-soignant. Avec un certain nombre de mes collègues centristes, je refuse fondamentalement que s’ouvre une voie qui serait sans retour. Ce n’est pas une aide à mourir que nos enfants attendent de nous, mais une aide à vivre.
“Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité”
Intervention du sénateur Stéphane Ravier à la tribune hier :
Dans la France des Lumières, la patrie des droits de l’homme, le pays de la tolérance, de la bienveillance et du vivre-ensemble la vraie compassion consiste à tuer, le vrai accompagnement à abandonner, le vrai soulagement à se suicider… La mort devient un soin ; ce que l’homme considère comme le plus grand malheur, une douceur. Quelle inversion des valeurs !
La légalisation de l’euthanasie nous fait entrer dans l’ère de la souveraineté individuelle absolue. Plus de limites, tout est possible. Le wokisme et les marchands de mort triomphent. Après avoir déboulonné les statues des figures de notre histoire, ils détruisent une pierre angulaire de notre civilisation helléno-chrétienne, du serment d’Hippocrate au « Tu ne tueras point ».
Cette rupture anthropologique aurait pour conséquence la méfiance et la division dans les familles, la défiance envers le corps médical, un coup d’arrêt à la recherche. Ce serait une dévaluation sans précédent de la vie, la porte ouverte aux pulsions morbides – bref, la décivilisation.
Face à ce danger, soit le Sénat fait preuve de la sagesse dont il se réclame, soit il n’a aucune utilité et devient lui-même bon pour l’euthanasie. Dans une étude détaillée, la Fondapol montre que les Français ne souhaitent pas l’euthanasie. Mais tout cela serait fait « en responsabilité »… Je crois les rapporteurs sincères lorsqu’ils parlent de garde-fous et autres lignes rouges. Mais, ces lignes prétendument infranchissables, nous les voyons tomber une à une sur tous les textes bioéthiques ! Elles ont pour seul but d’acter une défaite par avance tout en se lavant les mains de la responsabilité de ce qui est décidé.
La perspective d’un homicide légal laisse présager les pires dérives alors que nous ferons face, dans les années qui viennent, à un mur du vieillissement. Une fois que l’interdit de tuer sera levé, quel garde-fou pourra-t-il tenir ? Demain, nous aurons l’euthanasie pour tous. Y seront éligibles les personnes atteintes d’une maladie mentale, les handicapés, les enfants, les encombrants, avant que l’euthanasie ne soit constitutionnalisée.
Certaines personnes en fin de vie connaissent une souffrance extrême. Ce fut le cas de certains de mes proches. Ce sera peut-être le mien. Nous sommes donc appelés à la plus grande humilité, à la plus grande humanité.
Mais, face à cette détresse, je prône, pour ma part, l’aide à vivre ; je suis favorable à un meilleur accompagnement, pas à l’abandon. Je me suis engagé en politique contre l’esprit de défaite, pour servir l’espérance et être un praticien de la solidarité. Voter ce texte serait trahir ma vocation d’élu.
Notre pays commet l’indignité de ne plus parvenir à soigner sur tout son territoire et a pour ambition de faire mourir dans la dignité. Derrière une immense hypocrisie, c’est un renoncement à la fraternité élémentaire, une inversion du sens de l’action politique. Ce qui nous manque, ce ne sont pas des lois, des mots ou des transgressions, mais des soignants, des moyens et des unités de soins palliatifs – 17 départements n’en comptent encore aucune.
Dans ces conditions, nous ferons inévitablement face à des euthanasies par dépit, certaines personnes n’ayant le choix qu’entre l’angoisse d’un hôpital exsangue ou d’un Ehpad déshumanisant et la crainte d’être un poids pour leurs proches.
Mes chers collègues, je vous en conjure : ne cédez pas au chantage, au ringardisme et à l’euthanasie de la conscience. Faisons échec à la culture de mort ! Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité. C’est donc face à l’histoire de l’humanité que nous devons, en notre âme et conscience, prendre nos responsabilités.
“Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner”
Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Aujourd’hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze. Moi, Louis, XVIème du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. Ainsi soit-il.
le 25 décembre 1792 dans la Prison de la Tour du Temple à Paris

On lui refuse une aide financière : un patient demande l’euthanasie
Comme l’avortement subi sous pression de l’entourage ou des contraintes financières, l’euthanasie ne serai aucunement libre.
En Australie, un patient souffrant de la maladie de Charcot a demandé l’euthanasie parce qu’on lui a refusé une aide financière dont il a besoin en raison de son handicap.
Tony Lewis, un homme du Queensland âgé de 71 ans, avait sollicité le National Disability Insurance Scheme (NDIS). L’aide lui a été refusée en raison de son âge.
Actuellement, il reçoit une allocation qui ne couvre qu’un « petit nombre de services hebdomadaires de base ». Ses besoins vont bien au-delà. Sa femme, Gill, assure un rôle d’aidante, forte de sa formation d’infirmière. Tony Lewis veut « continuer à vivre », mais il affirme que sa situation financière rend cela impossible.
Confronté à la perspective d’une aggravation de son état sans soutien adéquat, il a choisi d’entamer le processus d’« aide à mourir ».
Source : Gènéthique
Loi fin de vie : l’incohérence fatale
Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA, a solennellement pris la parole près du Sénat ce mardi 20 janvier
Le vote solennel ayant lieu le 28 janvier, il est encore temps d’écrire aux sénateurs.
“Tous les sacrements forment un corps complet où chacun d’eux est ordonné à l’Eucharistie”
Dans Res Novae, l’abbé Claude Barthe répond aux critiques formulées par l’abbé Spriet concernant son dernier ouvrage. Extrait :
[…] Je ne prétends pas que tout soit mauvais dans les nouveaux rituels (et notamment je ne conteste nullement leur validité, même si leur malléabilité extrême fait qu’en certains cas on peut se demander si la manière indécente dont ils sont interprétés ne manifeste pas que le célébrant n’a pas l’intention de faire ce que veut l’Église). « La grâce suinte ou ruisselle à travers les décombres de la liturgie détruite », disait Mauriac quelque part dans son Bloc-Notes. Le bouleversement a touché chacun d’eux, à des degrés divers, et tous, comme la nouvelle messe, souffrent d’un amoindrissement de signification. Ainsi, le vice du nouveau missel est-il d’exprimer plus faiblement, en comparaison avec le missel qu’il a prétendu remplacer, le caractère sacrificiel de l’Eucharistie, mais aussi la spécificité du sacerdoce hiérarchique, la transcendance de l’action qui s’y déroule, l’adoration due à la présence réelle. De même, l’ensemble du nouveau rituel du baptême affaiblit-il l’aspect de lutte du Christ contre le démon asservissant l’âme du fait du péché originel qui la souille ; le nouveau rituel de l’onction des malades dévalue le sacramentum extremæ unctionis en une célébration pour personnes âgées. Il y a non pas négation, mais affaiblissement – et cela seul est considérablement dommageable – des arêtes du dogme. Certes, à des degrés divers : le nouveau rituel du mariage verse dans les formules trop bavardes et évacue la grande bénédiction consécratoire de l’épouse ; mais le nouveau rituel de l’ordination appauvrit le symbolisme même de la cérémonie concernant les prêtres et évacue la couronne des ordres mineurs et du sous-diaconat.
La réforme liturgique a été totale, confectionnant, avec des éléments anciens mais à nouveaux frais, la messe, tous les sacrements, tous les sacramentaux. Immense bouleversement opéré en quelques années, dont il faut au minimum convenir qu’il ne fut pas un succès : la nouvelle liturgie n’a pas rempli les églises, ou à tout le moins elle ne les a pas empêchées de se vider. Au contraire, la liturgie ancienne qu’elle voulait remplacer et qui a survécu en maints lieux attire les jeunes fidèles, engendre les vocations, brille par ses pèlerinages. On objectera que ces considérations valent surtout pour l’Occident. Mais c’est à Rome qu’a eu lieu cette grande mutation cultuelle, au sein de cet Occident où l’ultra-libéralisme a triomphé dans les années même où s’est réalisée la grande démolition-reconstruction de la liturgie romaine.
La réforme de Paul VI est ainsi apparue aux analystes critiques et au public des fidèles – « on nous change la messe ! », « on nous change la religion ! » – comme donnant des gages à l’esprit du temps : tonalité plus immanente des cérémonies (face au peuple, emploi de la langue courante, évacuation d’un symbolisme trop traditionnel) ; distinction hiérarchique des ministres du culte et des fidèles laïcs, atténuée ; formes du respect vis-à-vis de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, atrophiées ; rappel des grandes vérités (la mort, le jugement) et dogmes « durs » (la messe comme sacrifice sacramentel, le péché originel empêchant l’accès de l’âme à la vision béatifique), adoucis.
Le rite se voulant immuable étant remplacé par un canevas sur lequel chacun brode selon son charisme, sa piété propre. Désormais, « il revient à la communauté de créer elle-même sa liturgie et non de la recevoir de traditions devenues incompréhensibles : la communauté se représente et se célèbre elle-même », disait le cardinal Ratzinger. L’« esprit » de Vatican II dont procédait ce culte rénové allait dans un sens tout opposé à celui des grandes réformes de l’Église qu’ont été ce qu’on appelle la « réforme grégorienne » ou la contre-réforme tridentine, avec leur restauration exigeante de la discipline, de la piété et de la formation du clergé, de la rigueur de la vie religieuse. Les thèmes des réformateurs de la liturgie d’après le Concile (équilibrer la « table de la Parole » et la « table de l’Eucharistie ; promouvoir la participation active des laïcs ; restaurer la concélébration, la communion à la coupe) étaient en dissonance de style, de spiritualité, de substrat théologique, avec ce qui avait été hérité du passé. Ces mutations ayant un parfum de catholicisme libéral en son dernier avatar, la Nouvelle Théologie que dénonçait Pie XII. Catholicisme libéral qui croit pouvoir faire certaines concessions à la modernité (liberté moderne, effacement des différences entre confessions, adoucissement des croyances qui « passent » mal) en caressant l’espoir – toujours déçu – de se voir reconnaître une place au sein du monde moderne. Les transformations rituelles représentaient ainsi une sorte d’« inculturation », certes modérée, médiocre comme on eût dit au XVIIe siècle. Sauf que la culture dont on se rapprochait était une non-culture.
Ce phénomène d’une réforme que je qualifie de libérale se double d’un autre : un catholicisme libéral subordonné, second par rapport au catholicisme réformateur, qui s’est développé chez certains traditionnels, qu’on pourrait qualifier de tradilibéralisme. La grande inquiétude de l’abbé Spriet – qui me prête assurément beaucoup trop d’influence – est que mon discours « intégraliste » sur la liturgie nouvelle en général et sur les sacrements réformés en particulier, exaspère les autorités ecclésiastiques et leur cache la bonne volonté de certains traditionnels qui, dans l’espoir – toujours déçu – de se voir accorder une certaine reconnaissance, sont prêts à certaines concessions, qu’ils parent de l’expression ratzinguérienne de « réforme de la réforme », qui veut dire pour eux réforme du rite traditionnel, ce que le terme même contredit, comme je le dirai plus loin. […]
Profanation en l’église Saint-Sever de Rouen
Communiqué de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen et de M. l’abbé Anicet Biloa Ewodo, curé de la paroisse Saint-Sever – Saint-Clément de Rouen :
Vendredi 16 janvier 2026, l’église Saint-Sever de Rouen a été victime d’une très grave profanation : les hosties consacrées ont été volées dans le tabernacle de la chapelle du Saint-Sacrement.
L’auteur de ce sacrilège a violé ce qu’il y a de plus saint pour les catholiques.
L’archevêque de Rouen et le curé ainsi que les paroissiens sont meurtris par cet acte. Nous exprimons notre profonde tristesse, devant ce qui porte atteinte au sacrement qui réunit les fidèles chaque dimanche.
Les autorités compétentes sont informées et nous les remercions pour leur rapide réaction. Une plainte est déposée.
Nous appelons les fidèles à s’unir dans la prière, en particulier pour le respect du Saint-Sacrement, pour la conversion des cœurs et pour la protection de nos lieux de culte.
Un acte de réparation sera accompli avant l’office dominical, ce samedi à 18h.
Le procès de la Famille missionnaire de Notre-Dame : un délit flou, prétexte pour juger une religion exigeante ?
Le procès du père Bernard et de la Famille missionnaire de Notre-Dame, dont il est le supérieur général, se tient depuis lundi 19 au tribunal correctionnel de Privas (Ardèche). Le religieux et sa communauté sont accusés « d’abus de faiblesse » sur cinq personnes. Le procès devait se terminer aujourd’hui mercredi, mais il est prolongé jusqu’à jeudi. Lundi, le Salon beige a été évoqué à l’audience… La communauté est défendue par l’excellent Maître Jérôme Triomphe. Par ailleurs, il faut ajouter que parmi les témoins se trouvent deux évêques, l’un pour l’accusation, Mgr Balsa, l’autre pour la défense, Mgr Ginoux !
Cet article décrit la situation avec pertinence :
Depuis plusieurs années, et de manière accélérée récemment, des communautés religieuses se retrouvent poursuivies non pour des faits clairement délictueux, mais pour des notions beaucoup plus floues telles que « l’emprise », la « sujétion psychologique » ou encore « l’abus de faiblesse ». Le procès intenté à la Famille missionnaire de Notre-Dame (FMND), communauté catholique fondée en 1946 et implantée notamment en Ardèche, s’inscrit pleinement dans cette évolution préoccupante du droit pénal appliqué au fait religieux.
À la lecture attentive des articles consacrés à cette affaire, un point frappe immédiatement : les faits reprochés à la FMND ne relèvent ni de violences physiques systématiques, ni d’abus sexuels, ni de détournements financiers avérés. Ce qui est mis en cause, ce sont avant tout un mode de vie religieux jugé extrêmement exigeant, une discipline communautaire stricte, une vision spirituelle radicale et une séparation volontaire d’avec le monde extérieur, vécues par certains anciens membres comme destructrices.
Les plaignants décrivent une vie rythmée par la prière, le travail, l’obéissance aux supérieurs, une pauvreté matérielle assumée et une limitation des contacts avec l’extérieur. Autant d’éléments qui, pris isolément, ne constituent aucune infraction pénale, mais qui sont présentés par l’accusation comme formant, une fois assemblés, un système d’« emprise » susceptible d’altérer le libre arbitre des membres. Cette logique cumulative, qui transforme des choix religieux en indices de délit, pose un problème majeur pour la liberté de religion.
En effet, la vie religieuse, dans toutes les traditions, a toujours été un choix radical. Quitter sa famille, renoncer à une carrière, obéir à une règle commune, accepter une autorité spirituelle, vivre dans la chasteté, la pauvreté ou l’ascèse, sont des constantes historiques du monachisme chrétien, du bouddhisme, de l’hindouisme ou encore du soufisme. Ces engagements ont toujours suscité des vocations ferventes, mais aussi des abandons, parfois douloureux, et des déceptions profondes. Il y a toujours eu ceux à qui cela convenait et ceux pour qui cela devenait insupportable.
L’histoire religieuse montre également que des anciens membres se retournent régulièrement contre leur communauté, parfois pour des raisons légitimes, parfois dans le cadre de conflits personnels, de blessures affectives ou de ruptures mal vécues. Jusqu’à une époque récente, ces situations relevaient principalement du discernement pastoral, du débat interne aux religions ou, le cas échéant, du droit civil. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’intervention croissante du pénal sur le terrain même de la vie spirituelle.
Dans le cas de la FMND, la justice ne reproche pas à la communauté d’avoir contraint physiquement ses membres à rester, ni de les avoir privés de leur statut juridique. Les membres étaient majeurs pour la plupart, libres de partir, et plusieurs l’ont fait. Ce qui est en cause, c’est l’idée que leur consentement aurait été vicié par un climat spirituel intense, une obéissance religieuse forte et une peur morale de mal agir ou de « perdre son âme ».
Or, si ce raisonnement est poussé jusqu’au bout, il devient impossible de distinguer une religion exigeante d’une religion pénalement suspecte. Toute foi sérieuse engage la conscience, mobilise la peur du mal, la crainte de la faute, l’espérance du salut. Toute communauté religieuse structurée propose des normes, des interdits, des pratiques contraignantes et une hiérarchie spirituelle. Si ces éléments deviennent, en eux-mêmes, des preuves d’emprise, alors la liberté religieuse n’est plus qu’une liberté conditionnelle, accordée seulement aux croyances jugées « raisonnables » ou « modérées » par les autorités civiles.
Le danger est d’autant plus grand que les notions de « sujétion psychologique » et d’« emprise » ne reposent pas sur des critères objectifs clairement définis. Elles sont largement interprétatives, dépendantes du ressenti des plaignants, de l’expertise psychologique et du regard culturel porté sur la religion. Ce qui apparaît comme une vocation libre pour les uns peut être requalifié en aliénation pour les autres. La justice se retrouve alors à arbitrer non plus des faits, mais des expériences intérieures et des convictions spirituelles.
En filigrane, c’est une transformation profonde du rapport entre l’État et les religions qui se dessine. La liberté de religion n’est plus conçue comme le droit de croire, de pratiquer et de s’organiser selon ses convictions, mais comme une liberté sous surveillance, subordonnée à une norme implicite de « bonne religion », compatible avec les valeurs dominantes, le confort psychologique et les attentes sociales contemporaines.
Le procès de la FMND, quel qu’en soit l’issue judiciaire, dépasse donc largement le sort d’une communauté particulière. Il pose une question de principe : une société démocratique peut-elle protéger la liberté de religion tout en pénalisant des formes de vie religieuse simplement parce qu’elles sont jugées trop exigeantes, trop séparées du monde ou trop radicales ? La réponse est non, elle ne le peut pas.
La vraie compassion, c’est de tuer!
Le sénateur Stéphane Ravier, comme souvent dans les débats “sociétaux”, sauve l’honneur. Merci à lui!
J’ai connu l’extrême souffrance de certains proches en fin de vie.
Mais nous ne sommes pas d’accord sur la réponse à apporter à cette détresse :
Je prône l’aide à vivre, là où vous mettez de l’aide à mourir.
Si tuer est un crime, alors l’euthanasie est un crime contre l’humanité. pic.twitter.com/dXlNqkn2kg— Stéphane Ravier (@Stephane_Ravier) January 20, 2026
Certains démons ne se chassent que par la prière et la pénitence
Communiqué de Renaissance catholique :
A la veille de l’examen au Sénat du projet de loi sur la fin de vie, près de 10 000 Français, dont un très grand nombre de jeunes, rassemblés place Vauban derrière les Invalides, ont arpenté les rues de la capitale dimanche 18 janvier pour redire leur opposition aux lois de mort qui défigurent notre pays depuis plus de cinquante ans. Pour la première fois, un évêque, Mgr Rey, évêque émérite de Toulon a pris la parole pour rappeler le caractère sacré de la vie et l’absolue nécessité de défendre les plus faibles, de la conception à la mort naturelle.
Parmi les autres interventions, une jeune femme a courageusement pris la parole : ayant dû avoir recours à un avortement, elle a témoigné avec émotion de la pression subie, notamment de la part du corps médical qui était insensible à sa détresse.

Une nouvelle fois, Renaissance Catholique, co-organisateur de la journée, avait appelé les catholiques à venir réparer publiquement par la prière le scandale public que constituent les lois de mort votées année après année par nos parlementaires. En fin de cortège, nous étions nombreux à nous regrouper derrière nos bannières et celles de SOS Tout-petits pour réciter le chapelet médité par le père Argouarc’h de la communauté de la Sainte-Croix de Riaumont, ainsi que l’abbé Rabany de la Fraternité Saint Pierre. Certains démons ne se chassent que par la prière et la pénitence et il est réconfortant que Mgr Rey, au début de la marche, ait médité une dizaine de chapelet avec notre cortège de « priants », dont l’effectif n’a fait que grossir tout au long de l’après-midi.
Le souvenir est l’âme de la fidélité
Les éditions Sainte-Madeleine viennent de publier une correspondance entre Dom Gérard, ses frères, sa mère (et quelques amis, notamment André Charlier). Nous y reviendrons, mais d’ores et déjà signalons que le site helvétique Perspective catholique vient d’en donner une longue recension où nous lisons notamment ceci sur le rôle de la mère de famille chrétienne (l’une des vocations les plus importantes sur cette terre… et l’une des plus méprisées par le monde moderne qui ne comprend décidément rien à la nature humaine!):
Enfin, cette remarque sur la place de la maman Calvet. Le père, terriblement absent, d’un caractère difficile et affecté par la maladie, laisse essentiellement à son épouse la responsabilité de l’éducation des enfants. C’est, une fois encore, l’occasion de rappeler le rôle indépassable de la mère de famille profondément chrétienne. Dans son texte En souvenir de ma mère, Dom Gérard relève «son culte pour la prière du soir, son souci de notre éducation, son estime pour le sacerdoce». La fréquentation, pleine d’admiration, d’estime et d’amitié, d’André Charlier et de son école fut une bénédiction méritée pour toute la famille. L’amour et la piété filiale que lui vouèrent ses enfants transparaissent dans cette correspondance. Nous pensons ainsi à toutes les mamans qui surent transmettre la foi à leurs enfants, telle la maman de Mgr Lefebvre, et bien d’autres.
Le pape a rencontré le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre
Communiqué officiel de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre – Fribourg le 20 janvier 2026 :
À la suite d’une demande présentée par le Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, le Pape Léon XIV a reçu en audience privée au Vatican, le lundi 19 janvier 2026, l’abbé John Berg. Le Supérieur Général était accompagné de l’abbé Josef Bisig, l’un des fondateurs de la Fraternité, ancien Supérieur Général et actuel Recteur du Séminaire Notre-Dame de Guadalupe à Denton (USA).
La rencontre cordiale, d’une demi-heure, a été l’occasion de présenter plus en détail au Saint-Père la fondation et l’histoire de la Fraternité ainsi que les formes variées d’apostolat qu’elle offre aux fidèles depuis bientôt 38 ans. Le droit propre et le charisme qui guident la sanctification de ses membres ont été rappelés.
Cette audience a permis également d’évoquer les incompréhensions et les obstacles que la Fraternité rencontre en certains endroits et de répondre à des questions du Souverain Pontife. À la fin de cet entretien, le Pape Léon XIV a donné sa bénédiction qu’il a étendue à tous les membres de la Fraternité.
La Fraternité Saint-Pierre est reconnaissante au Saint-Père de lui avoir offert cette opportunité de le rencontrer et encourage les fidèles à continuer de prier avec ferveur le trentain de préparation au renouvellement de sa consécration au Cœur Immaculé de Marie, le 11 février prochain.
Il y a 50 ans au Liban : le massacre islamo-progressiste des chrétiens de Damour
Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité
Il y a 50 ans, le 20 janvier 1976, après un siège de 10 jours, les milices islamo-progressistes palestiniennes entrent dans la ville de Damour au Liban pour y perpétrer un massacre au sein de la population chrétienne.
Aux cris d’”Allah w Akbar“, les brigades de l’Armée de Libération de la Palestine, du Fatah, de la Saïqa (sous contrôle de la Syrie d’Hafez el-Assad) vont se livrer, durant des heures, au pillage, au viol, à la torture et au massacre contre les chrétiens (hommes, femmes, vieillards et enfants) de la ville côtière de Damour, au sud de Beyrouth.
Il y eut près de 600 victimes dans ce massacre occulté depuis 50 ans par les élites bien pensantes de gauche politique et médiatique.
“La chute de Damour signifiait la disparition du littoral maronite de la géographie et de l’histoire. Une nouvelle ère s’annonçait, celle des milices relevant de puissances totalitaires et qui venaient remplacer le pays du Cèdre après avoir exterminé sa population.” écrit le chercheur libanais Amine Jules Iskandar.
Le massacre de Damour était donc un acte méticuleusement préparé, orchestré et mis en oeuvre pour ouvrir la route du sud Liban aux milices palestiniennes et à leurs alliés collabos “progressistes” de la gauche libanaise.
50 ans après, cette tragédie résume le calvaire des chrétiens du Liban, agressés par des Palestiniens qu’ils avaient pourtant accueillis les bras ouverts et qui ont finalement retournés leurs armes contre un pays d’accueil dont ils ont voulu faire une patrie de substitution. C’était sans compter l’héroïque résistance chrétienne qui a combattu sans relâche pour sauver le Liban, sous les ordres de Béchir Gemayel.
Ces événements doivent nous inciter à réfléchir sur l’actualité française et sur l’avenir de la France face à la menace islamo-gauchiste qui ne cesse de monter dans notre pays.
NB : Le 17 février prochain, Chrétienté-Solidarité organisera au Centre Charlier une soirée de conférence sur le massacre de Damour.
Il y a 25 ans Gustave Thibon… une voix d’une actualité étonnante
Gustave Thibon est né le 2 septembre 1903 à Saint-Marcel-d’Ardèche et mort le 19 janvier 2001 dans la même commune. Ecrivain et philosophe français, l’ensemble de son œuvre a été récompensé par l’Académie française.
Frédéric Rouvillois, professeur de droit public et Benoît Dumoulin, enseignant en histoire des idées politiques, coorganisent, dans le cadre de l’Institut du Pont-Neuf et en partenariat avec l’association Ichtus, un colloque sur la figure de Gustave Thibon le samedi 14 mars à Paris. Inscriptions sur ichtus.fr ou sur institut-du-pont-neuf.fr
25 ans après sa mort, survenue le 19 janvier 2001, Gustave Thibon reste une voix essentielle pour lutter contre les dérives idéologiques de notre temps, soulignent Frédéric Rouvillois et Benoit Dumoulin dans une tribune du FigaroVox. Ils nous invitent ici à redécouvrir sa pensée ancrée dans le réel et le bon sens :
« Gustave Thibon nous a quittés il y a 25 ans, le 19 janvier 2001, à l’âge de 97 ans. Inclassable, le philosophe-paysan catholique né à Saint-Marcel-d’Ardèche en 1903 n’appartenait à aucune école de pensée ni ne fréquentait le milieu intellectuel parisien, lui préférant sa terre ardéchoise et les relations de proximité qu’il pouvait y nouer.
Retiré de l’école à 13 ans pour relayer aux champs son père appelé à rejoindre les tranchées, il perd sa mère de la grippe espagnole deux ans plus tard. Menant un temps une vie itinérante de fils prodigue, il fait l’expérience du deuil et de la solitude, lui qui fut marié deux fois pour se retrouver deux fois veuf. Bien que généralement considéré comme conservateur, Thibon refusera toujours de se situer sur le clivage droite-gauche qu’il considère comme une rupture artificielle de l’unité organique du bien commun. De même, il était trop indépendant d’esprit pour accepter la francisque que lui proposa en 1941 le régime de Vichy qui, voyant l’importance qu’il accordait à l’enracinement, aurait voulu en faire son philosophe officiel.
Autodidacte, il apprend par lui-même le grec, le latin, l’allemand, l’italien et l’espagnol afin de lire les grands auteurs dans leur langue originelle. Son éclectisme le conduit à se nourrir de la pensée classique (Platon, Thomas d’Aquin) tout en entreprenant un compagnonnage intellectuel avec Nietzsche, ce qui lui permet de déconstruire magistralement, dans Nietzsche ou le déclin de l’esprit (1948), la pensée du philosophe au marteau, tout en tirant profit de sa critique du christianisme pour purifier celui-ci de toute idolâtrie. Il était également un grand lecteur de Sénèque, Cervantès, Pascal, Saint-Jean-de-la-Croix, Mistral, mais aussi de Victor Hugo dont il pouvait réciter des vers à l’infini, servi par sa prodigieuse mémoire et son sens de la déclamation, faisant délicieusement chanter la langue française avec son accent méridional. C’est Gustave Thibon qui fera connaître au grand public les manuscrits que Simone Weil avait laissés avant de partir pour Londres
Originale, son œuvre est à l’opposé du jargon universitaire qui rend parfois inaccessible la pensée d’un auteur. Chez lui, l’expression est claire, limpide et accessible, ramassée sous forme d’aphorismes qui concentrent en un minimum de mots une pensée profonde et poétique qui va directement à l’essentiel. Sur le plan intellectuel, c’est Jacques Maritain qui lui ouvre les colonnes de la Revue Thomiste et contribue à le faire connaître du grand public dans les années trente. Plus tard, il rencontre Jean de Fabrègues, et par son entremise, le philosophe Gabriel Marcel qui préface son premier ouvrage d’envergure, Diagnostics, publié en 1940.
Mais la grande affaire de sa vie fut, en 1941, sa rencontre avec Simone Weil qu’un dominicain de Marseille, le père Perrin, lui demande d’héberger pour l’initier aux travaux des champs. Tout oppose apparemment la normalienne d’extrême-gauche, bourgeoise et citadine, ancienne volontaire des Brigades internationales en Espagne, et le philosophe-paysan royaliste. Pourtant, une grande amitié naît et c’est Gustave Thibon qui fera connaître au grand public les manuscrits que Simone Weil avait laissés avant de partir pour Londres, regroupé et préfacés par ses soins sous le titre La pesanteur et la grâce (1947). On ne saura jamais dans quelle mesure les conversations entre Thibon et Simone Weil auront influencé chez elle l’écriture de son chef-d’œuvre inachevé, L’Enracinement que publiera Albert Camus en 1949 – ou, chez lui, les grands textes qu’il publie après leur rencontre, comme Retour au réel (1943), Notre regard qui manque à la lumière (1955), ou encore Vous serez comme des dieux (1959). Dans cette pièce de théâtre en forme de dystopie, d’une saisissante actualité, Thibon imagine un monde où l’homme réussirait à ne plus mourir. Eprouverait-il toujours le besoin de quitter ce monde pour contempler Dieu dans l’éternité alors qu’il a conquis l’immortalité sur terre ? L’Académie Française le récompensera par deux fois pour son œuvre, en lui donnant le grand prix de littérature en 1964 et le grand prix de philosophie en 2000.
Injustement négligée, la pensée de Thibon reste un phare pour notre temps, car elle constitue le meilleur rempart qui soit contre l’idéologie, c’est-à-dire la déconnexion entre les constructions théoriques et le monde réel. « La plupart des maux qui rongent notre civilisation, explique Gustave Thibon, tiennent à l’hypertrophie de l’intelligence abstraite au détriment du bon sens. Et le salut n’est pas dans la construction de quelque nouvelle idéologie aussi vaine que les autres, mais dans le retour à cette sagesse élémentaire qui sait distinguer la paille des mots du grain des choses ». Car l’idéologie engendre l’idolâtrie : « Devant chaque idole, nous défendons la réalité trahie par l’idolâtrie. Nous sommes pour le social contre le socialisme, pour la communauté contre le communisme, pour la nation contre le nationalisme, pour l’amour contre l’érotisme. Nous sommes pour chaque chose à sa place et dans ses limites. »
LIVERS EN FAMILLE consacre un rayon important à Gustave Thibon, et présente tous les livres qui parlent de ce grand penseur. N’hésitez pas à le consulter :
https://www.livresenfamille.fr/module/ambjolisearch/jolisearch?s=GUSTAVE+THIBON
Lire Thibon aujourd’hui, c’est quitter les idéologies stériles pour revenir au réel qui ouvre la porte à la contemplation, au mystère et à la joie.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Saint Paul, persécuteur devenu apôtre
Emission Les Belles figures de l’Histoire sur CNews samedi 17 janvier :
“Je ne voterai pas pour quelqu’un qui ne proclamerait pas en préalable à son projet de société qu’il veut sortir de Maastricht et de l’OTAN”
Déclaration politique de Michel Onfray :
Quiconque prétend aujourd’hui disposer d’une solution pour sortir la France du trou dans lequel elle croupit sans dire clairement qu’il faut, en matière de politique nationale, sortir de l’Europe maastrichienne, et, en matière de politique internationale, sortir de l’OTAN, rejoue la partition du joueur de flûte de Hambourg qui cherche à attraper des rats.
Voilà vingt-quatre ans que je défend le souverainisme ce qui, dans le paysage médiatique français, équivaut à célébrer Adolf Hitler, défendre le massacre d’Oradour-sur-Glane, bénir les millions de morts de la Shoah, adouber les chambres à gaz, excusez du peu ! À la création de Front Populaire, avant même la parution du premier numéro d’une revue dont on avait seulement dit qu’elle serait souverainiste, BHL n’a-t-il pas écrit dans Le Point que j’étais désormais Marcel Déat, c’est-à-dire un collaborationniste français, créateur d’un parti fasciste ayant porté l’uniforme nazi de la Légion des Volontaires Français sur le front soviétique. Dans la foulée, Jean-François Kahn et Jacques Julliard avaient embouché la même trompette dans Marianne.
La récente signature du traité du Mercosur par l’Europe maastrichienne, malgré l’avis négatif de pure opportunité de politique intérieure d’Emmanuel Macron, montre que, depuis 1992, la France ne peut plus mener la politique que souhaiterait le peuple, ce qui, je le rappelle, définit la démocratie, le régime politique dans lequel le peuple, et non la commission de Bruxelles, est souverain.
De même, je m’étais élevé en son temps, en 2008, contre le choix politique fait par le président Sarkozy de réintégrer la France dans le commandement de l’Otan. C’est le même chef de l’État qui a jeté à la poubelle le référendum de 2005 contre le Traité européen pour l’imposer au peuple avec le Traité de Lisbonne en 2008. Je m’étais également opposé à ces deux faces d’une même pièce antigaulliste : faire voter les représentants du peuple contre le peuple, il y avait là forfaiture susceptible d’un vrai procès en haute trahison, et se donner aux Etas-Unis.
Le récent projet déclaré par Trump d’envahir le Groenland pour de prétendues raisons de sécurité nationale, en fait : pour faire main basse sur les métaux rares qui lui permettraient de reprendre le leadership sur la Chine qui en dispose actuellement, montre que c’est souvent notre meilleur ami qui devient notre plus violent ennemi, leçon donnée par l’observation de la nature humaine.
Voici donc aujourd’hui le principal membre de l’OTAN qui menace d’envahir et d’annexer un pays ami de l’Otan associé à lui via sa relation avec le Royaume du Danemark. Que fait la France ? Elle envoie un peu plus qu’une équipe de football pour dissuader donc menacer les Etats-Unis, première puissance militaire au monde. Si le ridicule devait tuer, nous aurions perdu Emmanuel Macron depuis longtemps.
Je le dis dès à présent car je serai sollicité bien vite : je ne voterai pas pour quelqu’un qui ne proclamerait pas en préalable à son projet de société qu’il veut sortir de l’Europe de Maastricht et sortir de l’OTAN pour contracter des alliances nationales pour le seul bien de la France et des Français.
Le mode d’emploi est simple : lire ou relire le général de Gaulle.
“Ce type de rassemblement peut paraître vain et sans lendemain. Il n’en est rien.”
Editorial d’Olivier Frèrejacques pour Liberté politique :
La Marche pour la vie du 18 janvier a rassemblé une dizaine de milliers de personnes à Paris pour promouvoir une politique pro-vie, donc hostile à l’euthanasie et à l’avortement. À contre-courant, ce type de rassemblement peut paraître vain et sans lendemain. Il n’en est rien. Manifester, se rassembler, exister comme groupe humain cohérent et interagir est vital.
Une voix dans le désert… ou plutôt une voie pour sortir du désert ! La dizaine de milliers de manifestants qui ont participé à la manifestation annuelle de la Marche pour la vie ne changera peut-être pas la donne à court terme, mais elle témoigne d’une réelle capacité de mobilisation et de l’existence de réseaux idéologiquement relativement cohérents. Le combat pour la vie est mal embarqué : la culture de l’avortement qui s’est installée en France en quatre décennies et l’offensive en faveur de l’euthanasie témoignent d’une lame de fond. Et pourtant, dans les ténèbres d’une société discrètement violente et mortifère, voir des milliers de familles capables de marcher à contre-courant est à la fois enthousiasmant et porteur d’espoir.
De la même manière que La Manif Pour Tous a débouché sur une défaite politique conjoncturelle mais a engendré une génération militante et plus radicale, la persévérance dans le combat pro-vie témoigne d’une capacité, pour beaucoup, à tenir bon quoi qu’il en coûte.
Ces rassemblements « militants » sont aussi l’occasion de se rencontrer, de se compter et de former ce que l’écrivain Jean Raspail appelait des « isolats » : des espaces où les autochtones continuent de vivre selon leur culture et, ici, selon leurs principes. Sans tomber dans une dérive qui consisterait en un repli total, un juste équilibre doit être trouvé, permettant de préserver notre intégrité tout en continuant de mener des combats publics qui nous permettent d’essaimer et d’avoir une existence dans le pays.
Sans élus, sans personnalités connues, sans prélats (ou presque), les manifestants de dimanche, ceux qui tiennent bon depuis 40 ans, ceux qui s’investissent dans leurs communautés, auprès des leurs mais aussi des plus faibles et des plus démunis, et qui refusent la fatalité, sont les sentinelles de notre temps.
Quel principe spirituel ?
À l’occasion du bicentenaire du Figaro, François Lecointre, l’ancien chef d’état-major des armées, grand chancelier de la Légion d’honneur, et Luis Fernandez, ancien entraîneur du PSG, ont échangé au Grand Palais sur l’art de commander et de diriger. Extrait :
Luis Fernandez – Quand je suis arrivé en France à l’âge de 5 ans, après la mort de mon père, ma mère nous répétait souvent : « À la maison, vous pouvez parler espagnol, mais dehors, vous parlerez français. Et vous direz merci à la France. »
Le jour où j’ai porté le maillot de l’Équipe de France, j’ai ressenti une immense fierté. En 1984, lors de la finale de l’Euro contre l’Espagne, j’ai subi des critiques très dures, mais je me suis tu et j’ai joué pour la France. J’ai chanté La Marseillaise plus fort que les autres, parce que j’étais fier d’être français.
François Lecointre. – Ce témoignage me touche profondément. Beaucoup de nos soldats sont issus de l’immigration. Ils s’engagent avec un sentiment de « surcitoyenneté », celui de s’inscrire pleinement dans la communauté nationale. Le drapeau, dans l’armée, porte les noms des batailles et le souvenir des sacrifices. Il incarne l’héritage de ceux qui sont morts pour la France.
Cela renvoie à la définition de la nation selon Renan : le souvenir des grandes choses accomplies dans le passé et la volonté d’en accomplir de nouvelles ensemble. La patrie n’est ni une race, ni une langue, ni des frontières, mais un principe spirituel, une aspiration commune à poursuivre et à élever l’héritage reçu. C’est exactement ce que vous exprimez. Cette conception de la nation est profondément française, éminemment politique, et elle reste largement partagée aujourd’hui, y compris par celles et ceux qui viennent d’ailleurs et choisissent de rejoindre notre beau pays.
Covid, une simple aspirine aurait suffi : une étude déconstruit le récit de la pandémie
L’Institut Mario Negri a démontré que le principe actif de l’aspirine modifie la protéine Spike du COVID-19, réduisant ainsi l’inflammation et les lésions pulmonaires. C’est précisément ce qu’avaient prédit les médecins qui ont défié l’injonction de ne pas traiter le virus et qui ont été insultés.
Tout le monde se souvient du triste mantra répété à l’envi pendant la pandémie de Covid : « Il n’y a pas de remède. » Les médecins locaux, en particulier, le martelaient, engorgeant les services d’urgence de patients symptomatiques. Certains hôpitaux ont expérimenté des traitements avec des antiviraux coûteux, sans grand succès.
Les traitements existaient pourtant, ils étaient simples et peu coûteux, à commencer par les anti-inflammatoires. Quiconque osait s’exprimer était insulté et réduit au silence. Aujourd’hui, cependant, l’efficacité de ces médicaments est incontestablement démontrée scientifiquement.
La prestigieuse revue scientifique Frontiers of Immunology a publié les résultats d’une étude menée par l’Institut Mario Negri. L’étude a examiné les mécanismes moléculaires de l’effet de l’aspirine sur la structure de la protéine Spike, la particule désormais bien connue, également produite par les cellules des personnes vaccinées avec des vaccins à ARNm, qui permet au virus de se lier aux cellules hôtes.
Les travaux de Mario Negri ont démontré que l’acide acétylsalicylique, ou aspirine, induit des modifications structurales de la protéine Spike du SARS-CoV-2 , limitant ainsi sa capacité à se lier au récepteur ACE2 des cellules épithéliales. Ces observations ont été réalisées sur des cultures cellulaires et dans des modèles expérimentaux, où l’aspirine s’est avérée réduire les lésions pulmonaires, la fibrose et l’inflammation induites par la protéine Spike du SARS-CoV-2.
L’aspirine, en résumé, constitue une protection efficace contre la Covid-19 ; plus précisément, elle limite la capacité du virus à se fixer aux cellules hôtes et à limiter les lésions pulmonaires. L’étude actuelle de Mario Negri confirme simplement les résultats d’autres recherches menées ces cinq dernières années et publiées dans des revues scientifiques prestigieuses telles que Frontiers in Medicine et The Lancet . C’est La Bussola, en 2021 et 2022 ( ICI et ICI ), qui a été le premier à documenter l’efficacité des anti-inflammatoires, anticipant ainsi la publication d’articles dans des revues scientifiques comme The Lancet et interviewant le professeur Fredy Suter, qui a mené la première étude avec Remuzzi.
En effet, l’Institut Mario Negri, par la voix de son directeur, le professeur Remuzzi, affirmait déjà dès 2020 que les anti-inflammatoires, dont l’aspirine, pouvaient être utiles contre la Covid-19. Malheureusement, le discours du « pas de remède » a prévalu, de même qu’une attitude attentiste, fondée sur l’attente d’un vaccin censé résoudre la pandémie. Ceux qui sont aujourd’hui appelés à juger les événements de l’époque, à l’instar des membres de la Commission d’enquête bicamérale sur la Covid-19, doivent prendre en compte l’énorme perte de vies humaines, qui aurait pu être évitée grâce à des traitements simples et précoces.
Il n’était pas nécessaire d’attendre des recherches scientifiques rigoureuses, qui n’ont fait que confirmer ce que les médecins traitants constataient empiriquement dès le départ, à partir de simples observations cliniques. Le professeur Remuzzi, fort de son autorité, aurait peut-être dû insister davantage sur le fait que l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’aspirine, aux premiers stades de la Covid-19 réduisait la gravité de la maladie et, par conséquent, le besoin d’hospitalisation, peut-être trop tard, lorsque l’état des patients s’était irrémédiablement dégradé.
Sans oublier un autre effet fondamental de l’acide acétylsalicylique : son effet antithrombotique, étant donné que c’était l’une des conséquences les plus redoutées de la maladie Covid.
Enfin, ces résultats, obtenus par l’institut de recherche, pourraient ouvrir des perspectives intéressantes pour le traitement des lésions post-vaccinales. Il serait possible de vérifier si l’action de l’acide acétylsalicylique contre la protéine Spike virale est également efficace contre la protéine Spike dérivée du vaccin, responsable d’inflammations touchant divers tissus et organes.
Elles avortent en raison du coût de la vie
C’est ce qui s’appelle ne pas avoir le choix ? Qu’en pensent les “pro-choix” ?
Les données du gouvernement britannique publiées le 15 janvier indiquent que le nombre d’avortements a atteint un « niveau record » en Angleterre et au Pays de Galles, « en raison du coût de la vie ». Les praticiens évoquent également le manque d’accès à la contraception comme une « autre raison » de l’augmentation de 11% du nombre d’IVG en 2023.
Le taux d’avortement s’est établi à « 23,0 avortements pour 1 000 habitants », ce qui est le taux le plus élevé depuis l’introduction de la loi en 1967.
« Aucune femme ne devrait avoir à interrompre une grossesse qu’elle aurait autrement poursuivie pour des raisons purement financières », s’insurge Katie Saxon, directrice de la communication stratégique au BPAS, l’un des plus grands « prestataires d’avortement » du pays. « Le gouvernement peut faire beaucoup plus pour garantir que les femmes puissent faire le choix qui leur convient », estime-t-elle.
Les pressions économiques et la hausse du coût de la vie conduisent de nombreuses femmes à « retarder leur projet parental » ou à avoir moins d’enfants, pointe le Dr Alison Wright, présidente du Collège royal des obstétriciens et gynécologues.
Le taux d’avortement chez les femmes âgées de 35 ans et plus est passé de 7,1 pour 1000 femmes en 2013, à 12,3 pour 1000 femmes en 2023. Le taux le plus bas, 7,8 pour 1000 femmes, a été enregistré chez les mineures. Les avortements sont le plus fréquents chez les femmes âgées de 20 à 24 ans.
Au cours de la dernière décennie, le pourcentage d’avortements pratiqués avant neuf semaines, est passé de 79% à 89%, tandis que les interruptions de grossesse pratiquées entre 10 et 19 semaines sont en baisse. Le nombre d’avortements pratiqués après 20 semaines est quant à lui resté « stable », entre 1% et 2%. Les IVG après 24 semaines sont autorisées dans certains cas.
Les avortements « à domicile » ont quant à eux représenté 72% de l’ensemble des interruptions de grossesse en 2023. « Une femme sur trois aura recours à l’avortement au cours de sa vie », indique Katie Saxon.
Source : Gènéthique
“Si le but de la loi est de protéger les plus vulnérables, celle-ci représente pour eux une réelle menace”
Xavier Ducrocq, docteur en médecine et spécialiste en neurologie, publie sur Gènéthique une lettre ouverte aux sénateurs :
C’est en tant que médecin que, d’abord et avant tout, je m’adresse à vous. Tous les arguments de raison ont été formulés, répétés, étayés, je ne veux pas les reprendre. Je parle en tant que témoin de terrain, après plus de 40 ans d’exercice de la neurologie, une spécialité particulièrement exposée (maladies neurologiques, dégénératives – Parkinson et maladies apparentées, Alzheimer et autres démences, maladie de Charcot, … – tumeurs cérébrales, AVC, …), en hôpital public.
Je suis témoin de la situation dramatique du système de santé (délais de consultations, accès à un médecin traitant ou à un spécialiste, déserts médicaux, accès à une consultation douleur, pénurie de médicaments, …), situation qui ne cesse de s’aggraver et à laquelle il est urgent de remédier. Faites l’exercice de vous programmer quelques rendez-vous médicaux ou paramédicaux par Doctolib ! La désaffection des professions de santé témoigne de la perte de sens des professionnels en exercice, largement affectés par l’épuisement professionnel et les contraintes d’une gouvernance obsédée par les objectifs économiques, malgré une conscience et un dévouement professionnels dont les citoyens ont été les témoins lors de la crise du COVID.
« Sera-t-il demain plus facile de recourir à une euthanasie ou un suicide assisté qu’à des soins appropriés et légitimes ? »
Sera-t-il demain plus facile de recourir à une euthanasie ou un suicide assisté qu’à des soins appropriés et légitimes ?
La consécration des soins palliatifs par la loi date de 1999, laquelle n’est pas encore appliquée et applicable dans une vingtaine de départements et pour environ 50% des patients éligibles du fait de leur état. Sans compter la difficulté à maintenir les équipes pérennes et à recruter. La menace, depuis de nombreuses années, d’une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté impliquant les professionnels n’y est certainement pas pour rien. C’est une loi de programmation des soins palliatifs qu’il faut voter.
Quant à la proposition de loi relative à l’« aide à mourir » (quel euphémisme ! – digne de la novlangue annoncée par George Orwell dans 1984 – l’expression ne saurait cacher la violence de la réalité), elle signe la mort de la médecine hippocratique, fondée au sein d’une société grecque élitiste, individualiste et eugéniste qui n’est pas sans rappeler l’évolution de notre société occidentale. Une médecine hippocratique fondée sur :
- La confiance ; comment continuer de faire confiance si la main qui soigne peut devenir la main qui tue ? Je suis le témoin de l’évolution d’une confiance acquise (aveugle ?) à un climat de méfiance, voire de défiance, avec des comportements d’agressivité envers les soignants de plus en plus fréquents. Et je crains qu’elle continue de s’aggraver ;
- L’interdit de tuer : « Je ferai tout pour soulager les souffrances, je ne prolongerai pas abusivement les agonies, je ne provoquerai jamais délibérément la mort », affirme le serment médical prononcé lors de l’élévation au grade de Docteur en médecine lors de la soutenance de thèse d’exercice. Cet interdit s’avère hautement protecteur des patients, comme des soignants. Il est le garant du pacte de confiance : pas de médecine sans confiance ;
- La vérité : quelle information objective – laquelle se doit de présenter toutes les alternatives, risques et conséquences possibles – le praticien s’autorisera-t-il à donner à son patient sous la menace d’un délit d’entrave ? Quid de la prévention du suicide ? Que devra faire l’urgentiste devant un patient qu’il serait amené à prendre en charge pour une tentative de suicide : le sauver, ou l’achever ?
« L’interdit nous a rendus intelligents »
Ce que les Français, de bon sens, redoutent légitimement à plus de 90% dans les sondages répétés depuis 30 ans, c’est de mourir dans des souffrances épouvantables. C’est mon expérience, et elle est partagée par l’immense majorité des professionnels qui se tuent à répéter que les demandes d’euthanasie maintenues dans le temps se comptent sur les doigts d’une main, en plus de 40 ans.
L’interdit nous a rendus intelligents. Intelligents dans la recherche de remèdes, notre arsenal thérapeutique et législatif (lois Kouchner et Leonetti) n’a jamais été aussi fourni. Intelligents en humanité pour accompagner les personnes qui demandent avant tout d’être entourées, d’être soulagées, d’être aimées.
Si le but de la loi est de protéger les plus vulnérables, celle-ci représente pour eux une réelle menace, comme j’ai pu le constater en Belgique. Et souvenons-nous de l’affaire Dr Bonnemaison.
Aussi, je vous invite à réfléchir avec la plus grande vigilance aux conséquences humaines, anthropologiques et sociétales d’un tel changement, et à vous prononcer contre cette proposition de loi. C’est à mes yeux une loi de régression, de progregression, pour faire dans la novlangue et le « en même temps ». Une loi qui consacre le droit du plus fort, une loi instituant la « mort sur ordonnance ».
