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Euthanasie : 53 personnalités interpellent les sénateurs

Dans Le Figaro :

Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Lors de ses vœux pour l’année 2026, le président de la République a déclaré que cette année serait, dans dix ans, regardée comme « utile au pays », en raison notamment de la légalisation de la mort provoquée. En faisant de ce choix un marqueur d’utilité nationale, il n’a pas formulé une simple orientation politique : il a engagé une conception de la dignité humaine, du soin et de la solidarité nationale. Il vous revient aujourd’hui d’en mesurer pleinement la portée morale et les conséquences irréversibles.

Vous aurez en effet à vous prononcer dans quelques jours sur une proposition de loi instaurant un « droit à l’aide à mourir ». Il ne s’agit pas seulement d’options philosophiques ou de choix techniques, mais d’un basculement éthique majeur. Le législateur serait conduit à décider que l’accès à la mort médicalisée constitue une dérogation assumée à l’interdit de donner la mort à autrui, désormais reconnue comme un droit au nom des principes invoqués de liberté, d’égalité et de fraternité.

Notre nation traverse pourtant une période de fragilisation profonde. Les tensions sociales, la crise du système de santé, l’isolement croissant des plus vulnérables et l’érosion de la confiance démocratique imposent un devoir supérieur de responsabilité et de lucidité. Dans un tel contexte, admettre que la réponse sociale à l’expression de souffrances humaines profondes puisse être l’organisation légale de la mort constitue une injure faite à une conception digne et responsable des valeurs de la République.

La liberté fondamentale n’est pas de se voir proposer la mort comme un horizon souhaitable, mais de pouvoir décider en conscience des recours à une véritable assistance médicale.

Admettre qu’un concitoyen puisse solliciter un soignant afin qu’il le fasse mourir, c’est faire croire que la mort constitue une réponse sociale acceptable à des souffrances qui méritent mieux que cette compassion terminale. Les personnes en fin de vie, atteintes de maladies graves, chroniques ou évolutives, aspirent d’abord à bénéficier, sur l’ensemble du territoire, d’un environnement humain présent et bienveillant, de soins compétents pour prévenir et contrôler leurs douleurs, apaiser leurs souffrances et les accompagner fraternellement jusqu’au dernier instant.

Leur liberté fondamentale n’est pas de se voir proposer la mort comme un horizon souhaitable, mais de pouvoir décider en conscience des recours à une véritable assistance médicale, respectueuse de leur dignité, y compris dans les situations complexes qui justifient une approche personnalisée irréductible à un texte de loi. Elles n’ont pas à intégrer comme une norme sociale nouvelle que la règle serait désormais de ne pas prolonger indûment une existence soumise à des critères de recevabilité, y compris lorsque s’y mêlent des considérations économiques.

Admettre que la mort provoquée relève d’une autonomie individuelle exercée par l’intermédiaire d’un tiers procède d’une conception attentatoire aux droits et à la dignité de la personne vulnérable, qu’il s’agisse de maladie chronique physique ou psychique, de handicap ou de perte d’autonomie. Une approche digne nous engage au contraire à identifier et à comprendre ses besoins fondamentaux et à y apporter les réponses attendues.

Ne pas reconnaître que certaines demandes de mort anticipée sont la conséquence directe d’un déni de reconnaissance des droits de la personne, dont celui d’être intégrée à la vie sociale, est un reniement que nous ne pouvons plus tolérer. Quand l’un de nos concitoyens a perdu toute confiance en lui-même et en une société qui renonce à lui témoigner des solidarités de vie, sa demande de mourir dénonce d’abord notre propre trahison et notre abandon collectifs.

Admettre que la mort provoquée ne concernerait que l’individu, en ignorant la famille, les proches et les aidants présents parfois durant des années, constitue une atteinte supplémentaire. C’est abolir la signification de l’espace affectif et relationnel de la personne malade, et la condamner à la solitude d’une décision parfois envisagée pour ne plus être perçue comme un « fardeau ».

Instituer une mission médicale consistant à donner la mort constituerait une rupture supplémentaire avec les principes de dignité, de bienveillance, de rigueur et de justice qui fondent l’engagement soignant.

Admettre enfin que les professionnels de santé devraient intégrer dans leur déontologie un acte à finalité létale revient à pervertir le sens même du soin. Dans un contexte déjà marqué par des carences structurelles, l’acte de soigner est devenu pour beaucoup un acte de résistance éthique. Instituer une mission médicale consistant à donner la mort constituerait une rupture supplémentaire avec les principes de dignité, de bienveillance, de rigueur et de justice qui fondent l’engagement soignant.

Mesdames, Messieurs les Sénateurs, la proposition de loi visant à garantir l’accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs fait l’unanimité et s’impose sans tarder, à condition de disposer de moyens effectifs pour sa mise en œuvre. La proposition de loi relative à l’aide à mourir, en revanche, justifie un sursaut éthique et politique.

La France ne sera pas jugée, demain, sur sa capacité à avoir fait de la mort une « année utile ». Elle le sera sur la manière dont elle aura su demeurer fidèle à ses principes, protéger les plus vulnérables et affirmer que, dans son parcours de vie jusqu’à sa mort, la personne malade mérite mieux de notre nation qu’un droit à la mort provoquée.


*La tribune est signée par les membres du collectif Démocratie, éthique et solidarités :

Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI)

Nicolas Bauer, docteur en droit, Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ)

Sadek Beloucif, chef de service d’anesthésie-réanimation, Hôpital Avicenne, AP-HP 

Louis Bouffard, conférencier

François Braun, ancien ministre de la Santé

Alexis Burnod, médecin urgentiste et soins palliatifs

Agnès Certain, pharmacien praticien hospitalier, AP-HP

Françoise Chastang, praticien hospitalier, psychiatre, CHU de Caen Normandie

Aline Cheynet de Beaupré, professeur de droit privé, université d’Orléans

Raymond Dartevelle, historien, directeur scientifique de la chaire Assurance et Société à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Xavier Deau, médecin généraliste, ancien président de l’Association médicale mondiale, et vice-président du Conseil national de l’ordre des médecins

Vincent des Portes, médecin neuropédiatre, professeur, Université Lyon 1

Laëtitia Dosne, directrice générale, Helebor

Pierre-Henri Duée, directeur honoraire de recherche de l’Inrae, ancien président de la section technique du CCNE

Jean-Marie Faroudja, ancien président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’ordre des médecins

Pascale Favre, médecin, doctorante en éthique médicale

Michaël Finaud, médecin interniste et gériatre

Laurent Frémont, juriste, enseignant à Sciences-Po, Paris

Gilles Freyer, chef de service d’oncologie médicale, Hospices civils de Lyon, CHU de Saint-Étienne

Bruno Front, médecin généraliste

Sylvie Froucht-Hirsch, médecin anesthésiste-réanimateur

François Genin, co-fondateur de Voisins et Soins

Jean-Marie Gomas, gériatre, médecin de la douleur et de soins palliatifs

Raphaël Gourevitch, psychiatre, délégué de la société médico-psychologique

Didier Guérin, juriste

Marie de Hennezel, psychologue et écrivain

Emmanuel Hirsch, professeur émérite d’éthique, Université Paris-Saclay

Élisabeth Hubert, ancienne ministre

Vincent Hurstel, vétérinaire

Cyrille Jeanteur, ingénieur polytechnicien (X85) retraité, Locked In Syndrom (1997)

Magali Jeanteur, médecin et épouse-aidante

Olivier Joël, ancien universitaire à l’Université Paris-Dauphine

Clémence Joly, médecin de soins palliatifs

Jean Lacau Saint Guilly, professeur émérite, Sorbonne Université, cancérologue, ORL, Hôpital Fondation Rotschild

Véronique Lefebvre des Noëttes, psychiatre et gériatre, Hôpital Emile-Roux, AP-HP

Damien Le Guay, philosophe, maître de conférences, HEC

Jean Leonetti, ancien ministre

Marc Levêque, neurochirurgien, algologue

Sylvie Manouvrier, professeur honoraire de génétique médicale, Université de Lille

Philippe Marre, président honoraire de l’Académie nationale de chirurgie

Thibauld Massé, fonctionnaire civil

Catherine de Metz, juriste, maire adjointe Santé, senior, handicap, Gien

Israël Nisand, gynécologue obstétricien, président honoraire du Forum Européen de Bioéthique

Cécile Omnes, psychiatre hospitalier, centre hospitalier Plaisir

Hélène Paradis, expert-comptable, commissaire aux comptes

Didier Payen, professeur émérite de réanimation, Université Paris Cité Sorbonne, consultant recherche, département de maladies infectieuses, CHU de Nice

Il était une femme, qui mourut deux fois

Le matin mit un temps infini à apparaître. Un matin sans élan, sans promesse, qui s’avançait à pas comptés, retenu par ce qu’il allait accueillir.

À Noirmoutier, tout était figé. La mer demeurait muette. Le ciel, bas et plombé, pesait sur les choses. Le temps n’avançait plus ; il s’étirait, lourd, presque immobile. Une respiration trop longue.

Dans une chambre étroite, Maurice d’Elbée était là.
Son corps ne reposait pas vraiment : il attendait. Brisé, immobilisé, réduit à la lenteur douloureuse de chaque souffle. Chaque inspiration prenait son temps, comme si l’air lui-même hésitait à entrer.

Et près de lui, elle.

Elle était assise depuis si longtemps que la chaise semblait l’avoir adoptée. Sa main ne quittait pas la sienne. Elle veillait sans mouvement, sans plainte, comme on veille une flamme fragile dans une pièce sans vent. Elle n’avait pas quitté ce chevet. Ni la nuit. Ni le jour. Le monde extérieur s’était dissous.

Puis des pas.
Lents. Calculés.

Les hommes parlèrent doucement. Trop doucement. Ils évoquèrent un avocat, une défense possible, un espoir, un mensonge, un instant d’attente hors de la chambre. Un instant seulement. Le mot glissa, trompeur, presque rassurant.

Elle refusa d’abord.
Puis elle hésita.

L’espérance pesa plus lourd que la peur. Alors elle se leva. Elle lâcha sa main. Et le temps se fendit.

Elle attendit.
Debout.
Assise.
Puis debout encore.

Les minutes s’allongèrent. Une heure entière passa, épaisse, muette. Aucun pas. Aucun visage. Le silence devint trop dense pour être supporté. Elle comprit. Elle comprit avant même de comprendre.

Quand elle sortit, la place était déjà prête :
Les soldats.
L’alignement.
Le fauteuil.

Tout était en place depuis longtemps.

Elle cria. Elle appela.
Il tenta de sourire — un sourire faible, presque absent, mais chargé de tout ce qu’un homme peut dire quand il n’a plus de futur.
Elle voulut traverser cet espace trop vaste, mourir avec lui, ne pas rester.

Des bras la retinrent. On la repoussa. Elle se débattit. Le monde était devenu solide, infranchissable.

Puis le commandement.
Bref. Définitif.
La salve éclata.

Et d’elle jaillit un cri qui n’était plus une voix. Quelque chose se détacha, se rompit, s’éleva. Ce n’était plus de la douleur seulement : c’était un arrachement, un départ.

Le corps de Maurice d’Elbée s’affaissa.
Elle resta là, vide, immobile, réduite d’une part d’elle-même partie avec lui.
Le temps reprit son cours.

Quelques jours plus tard, ils la fusillèrent à son tour.
Ils ne reposent toujours pas ensemble.
Ils n’ont ni tombe commune, ni mémoire fidèle.

Mais ce matin-là, à Noirmoutier, le temps s’était arrêté assez longtemps pour que deux âmes s’éloignent presque en même temps, l’une sous les balles, l’autre dans un cri trop long pour appartenir aux vivants.

C’était le 6 janvier 1794. Et le 6 janvier 2026, le silence était toujours aussi épais.

Vive la République.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Euthanasie : les sénateurs mécontentent tout le monde

D’un côté, le lobby de l’euthanasie, l’ADMD, se plaint qu’en commission des affaires sociales au Sénat, la droite a réécrit la proposition de loi sur l’aide à mourir… 

De l’autre, Louis Bouffard souligne que les sénateurs de la commission des affaires sociales viennent d’acter la possibilité de provoquer la mort d’un patient dont le pronostic vital est engagé à court terme. Certes, la notion de « phase avancée » est écartée. Mais c’est déjà le pied dans la porte. C’est une rupture éthique majeure, un renoncement au courage politique et à la responsabilité du législateur.

En ouvrant cette brèche, le Sénat laisse la porte grande ouverte aux dérives à venir — qui surviendront tôt ou tard, dès la seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Le document américain de Stratégie de sécurité nationale : un basculement géopolitique majeur

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Le document américain de Stratégie de sécurité nationale, diffusé début décembre, constitue un véritable basculement géopolitique, exprimé dans les termes les plus clairs. Lire et analyser ce document est essentiel pour qui veut comprendre quelle sera la politique américaine des prochaines années.

Certes, de nombreux points sont déjà connus et appliqués par Donald Trump et ses équipes. Mais de nouveaux concepts sont développés et surtout, c’est la première fois que la vision du monde trumpienne est théorisée et synthétisée dans un document très accessible d’une petite trentaine de pages. De plus, cette vision corrobore celle que J.D. Vance avait développée à Munich le 14 février dernier, devant un parterre de dirigeants européens médusés. Il ne s’agit donc plus des idées personnelles d’un vice-président jugé extrémiste par nos sages démocrates, ni des habituelles foucades d’un président sanguin qu’il suffira de réussir à amadouer un jour. Il s’agit de la nouvelle doctrine américaine des relations internationales.

C’est Donald Trump lui-même qui nous gratifie d’une courte introduction. Ce n’est pas le plus intéressant : il a sauvé du gouffre l’Amérique et le monde, et mis fin à huit conflits. Parfait. La suite est plus instructive.

Tout d’abord, l’objectif général de la stratégie américaine semble demeurer immuable : les Etats-Unis doivent rester « le pays le plus fort, le plus riche, le plus puissant et le plus prospère du monde ». Rien de changé donc, mis à part, et ce n’est pas rien, le moyen d’y parvenir. Le document regrette très clairement que depuis la fin de la guerre froide, les élites américaines se sont convaincues « que la domination permanente des Etats-Unis sur le monde entier était de l’intérêt supérieur de notre pays. Pourtant, les affaires des autres pays ne nous concernent que si leurs activités menacent directement nos intérêts ».

Avec un raisonnement pareil, Bill Clinton n’aurait pas bombardé la Serbie, George Bush junior n’aurait pas détruit l’Irak et Barack Obama n’aurait pas donné le coup de main décisif à Nicolas Sarkozy pour anéantir la Libye. De plus, au-delà du principe, cette politique de domination permanente a un coût gigantesque que l’Amérique n’a plus les moyens de financer.

Bien sûr, ne rêvons pas, il faut rester la première armée du monde et la puissance financière américaine, même en déclin, peut encore permettre cela. Mais cet outil doit dorénavant s’insérer dans une nouvelle définition de l’intérêt national, moins large qu’auparavant. Il faut maintenant parler, dit le document, de « prédisposition au non-interventionnisme », ce qui, en soi, constitue une vraie révolution. Cette prédisposition « devrait fixer des critères élevés pour déterminer ce qui constitue une intervention justifiée ». Cela reste assez vague bien sûr, mais c’est mieux que les mensonges sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein ou sur le pseudo génocide serbe au Kosovo. La conclusion sur ce sujet est plus nette : « Les Etats-Unis rejettent le concept malheureux de domination mondiale pour elle-même », « l’époque où les Etats-Unis soutenaient à eux seuls l’ordre mondial comme Atlas est révolue ».

La suite va à rebours de ce que font les dirigeants européens : « L’unité politique fondamentale du monde est et restera l’Etat-nation. » Le mondialisme est enterré, tout le monde l’a compris, sauf Emmanuel Macron et ses amis.

La conclusion est logique : il faut mettre un terme à l’immigration de masse, et rejeter « les idéologies désastreuses du « changement climatique » et du « zéro net » qui ont tant nui à l’Europe, menacent les Etats-Unis et subventionnent nos adversaires ». L’adversaire en question étant bien sûr la Chine, qui inonde le monde entier de ses panneaux photovoltaïques sous les applaudissements béats des consternantes COP successives.

Remettre le concept d’Etat-nation au cœur des relations internationale est peut-être ce qu’il y a de plus intéressant dans cet exposé stratégique. Les grandes organisations internationales, type ONU, OMS, Unesco et autres, n’intéressent plus l’Amérique qui préconise maintenant l’unilatéralisme à la place du multilatéralisme. C’est d’ailleurs ainsi que fonctionnent des pays comme l’Inde, la Chine, le Japon ou l’Indonésie avec la réussite que l’on sait. Seule l’Europe s’obstine sur ses vieux schémas et tente de marcher vers une organisation fédérale dont les peuples ne veulent pas.

Une fois ces principes posés, chaque région du monde est ensuite passée au crible. Tout d’abord l’Amérique du sud, appelée l’hémisphère occidental. La doctrine Monroe y est rappelée et adjointe d’un « corollaire Trump ». Le président James Monroe (1817-1825) avait indiqué que l’ensemble du continent américain se situait dans la sphère d’influence des Etats-Unis et que les Européens devaient définitivement s’en éloigner. Le document y rajoute la Chine, sans toutefois la menacer bien sûr. Mais il est dit que « des concurrents non hémisphériques ont fait des percées importantes dans notre hémisphère ». Il y a en effet bien longtemps que la Chine a noué des relations stratégiques avec le Chili, la Bolivie ou le Pérou dont les sous-sols sont riches en métaux rares. L’Amérique lance donc l’offensive contre cette implantation jugée dangereuse. Une première concrétisation spectaculaire vient de se produire au Vénézuéla. Trump n’en restera pas là.

En Asie, il faut gagner l’avenir économique et prévenir les affrontements militaires. Les quatre dernières administrations américaines (Biden, Obama, Bush, Clinton) ont favorisé l’ascension de la Chine. Il faut maintenant rééquilibrer la relation et, pour cela, renforcer la dissuasion militaire en s’appuyant sur le Japon, l’Australie et surtout l’Inde, pivot de ce « Quad », alliance à quatre censée tenir la Chine en respect. Ce n’est d’ailleurs pas gagné avec l’Inde qui n’a pas du tout apprécié que Donald Trump lui ordonne d’arrêter d’acheter du gaz et du pétrole à la Russie. Les vieux réflexes hégémoniques sont encore présents…

Lucide, l’administration américaine reconnaît que, contrairement à la Chine, elle ne s’est pas occupée du « Sud global ». Puis vient, bien sûr, le dossier Taïwan. Là aussi, le ton a changé. Pas de menaces, pas de risque de guerre évoqué, un simple rappel : « Nous maintiendrons notre politique à propos de Taïwan, ce qui signifie que les Etats-Unis ne soutiennent aucun changement unilatéral du statu quo dans le détroit de Taïwan ». Il n’est donc fait état d’aucun engagement précis en faveur de la souveraineté de l’île, convoitée par la Chine. Nul doute qu’à Pékin, on a dû lire cela avec intérêt.

L’Europe est le morceau de choix de ce catalogue géopolitique. Le document prend tout d’abord acte du déclin économique du vieux continent, 25% du PIB mondial en 1990, 14% aujourd’hui, et incrimine l’excès de réglementation européenne qui sape « la créativité et l’ardeur au travail ». Mais le plus grave est son déclin civilisationnel dû à sa politique migratoire laxiste, à l’effondrement de sa natalité, à la perte des identités nationales. Il va plus loin encore en s’inquiétant de la dérive des institutions européennes vers la censure, la répression des oppositions, les atteintes à la liberté d’expression, pour affirmer ensuite : « Le continent sera méconnaissable d’ici vingt ans ». On a envie de lui répondre que c’est malheureusement déjà le cas.

La conclusion de ce passage laisse pantois : « Nous voulons que l’Europe reste européenne ». Un propos qui, en France ou en Allemagne pourrait envoyer son auteur devant le tribunal.

Il faut donc « un renouveau spirituel », « cultiver la résistance » et de rappeler que les Européens veulent la paix mais que ce sont « des gouvernements minoritaires instables » qui ne la veulent pas et bafouent les démocraties. Une phrase attire l’attention : « L’influence croissante des partis patriotiques européens est source d’un grand optimisme ». En lisant cela, les dirigeants européens peuvent légitimement s’inquiéter sur la pérennité de leur alliance avec leur suzerain qui ne souhaite qu’une chose : leur départ.

Le document termine son tour d’horizon avec le Moyen-Orient « qui ne doit plus dominer la politique étrangère américaine » (voilà une bonne nouvelle après des décennies d’interventions désastreuses), et l’Afrique où « pendant trop longtemps, la politique américaine s’est concentrée sur la diffusion puis l’expansion de l’idéologie libérale. »

Tout cela n’est bien sûr que théorique à ce stade et les vieux démons peuvent ressurgir à tout instant comme l’a montré le récent bombardement de l’Iran à propos duquel aucune preuve n’a été fournie sur l’imminence d’une bombe atomique iranienne.

Malgré tout, c’est l’annonce d’un tournant géopolitique majeur qui s’inscrira peut-être dans la durée.

Antoine de Lacoste

La consécration, sommet de la messe (épisode 17/23)

1. Récit de l’institution ou consécration ?

Le récit de l’institution dans lequel sont enchâssées les paroles de la consécration s’enchaîne immédiatement à la conclusion de la prière Quam oblationem, par un simple pronom relatif :

 … dilectíssimi Fílii tui Dómini nostri Iesu Christi. Qui prídie quam paterétur accépit panem in sanctas ac venerábiles manus suas…

… votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ. Qui, la veille de sa Passion prit du pain dans ses mains saintes et adorables… »

Ne nous y trompons pas cependant. Il y a bien un récit, car le texte reprend minutieusement les gestes que le Seigneur accomplit lors de la dernière cène. Mais il n’y a pas qu’un récit. Les paroles consécratoires transcendent ce récit et réalisent ce qu’elles signifient, à savoir la présence réelle du Corps et du Sang de Notre-Seigneur sous les espèces du pain et du vin, et conjointement le renouvellement sacramentel du sacrifice de la Croix. Tel est le « mystère de la foi »[1], à la manifestation duquel est ordonné l’ensemble des rites qui entourent la consécration.

La transcendance des paroles de la consécration par rapport au récit de l’institution est particulièrement mise en évidence par la ponctuation et la disposition typographique adoptées dans le missel romain, qui signale le passage d’un discours de style narratif – le récit de l’institution – à un discours de style intimatif, propre à l’action sacramentelle – les paroles de la consécration. Elles sont en effet séparées par un point à la ligne des formules qui les précèdent. De plus, les paroles de la consécration sont imprimées en caractères typographiques plus grands, au centre de la page[2].

Qui prídie quam paterétur, accépit panem in sanctas ac venerábiles manus suas, et elevátis óculis in cælum ad te Deum Patrem suum omnipoténtem, tibi grátias agens, bene + díxit, fregit, dedítque discípulis suis, dicens : Accípite, et manducáte ex hoc omnes. Celui-ci, la veille de sa Passion, prit du pain dans ses mains saintes et adorables et les yeux levés au ciel vers vous, Dieu, son Père tout-puissant, vous rendant grâces, il bé+nit ce pain, le rompît et le donna à ses disciples en disant : Prenez et mangez-en tous.
HOC EST ENIM CORPUS MEUM CAR CECI EST MON CORPS
Simili modo póstquam cenátum est, accípiens et hunc præclárum cálicem in sanctas ac venerábiles manus suas : tibi grátias agens, bene + díxit, dedítque discípulis suis, dicens : Accípite, et bíbite ex eo omnes. De même, après le repas, il prit ce précieux calice dans ses mains saintes et adorables, vous rendit grâces encore, le bé+nit et le donna à ses disciples en disant : Prenez et buvez-en tous.
HIC EST ENIM CALIX SÁNGUINIS MEI, NOVI ET ÆTÉRNI TESTAMÉNTI : MYSTÉRIUM FIDEI : QUI PRO VOBIS ET PRO MULTIS EFFUNDÉTUR IN REMISSIÓNEM PECCATÓRUM. CAR CECI EST LE CALICE DE MON SANG, LE SANG DE L’ALLIANCE NOUVELLE ET ÉTERNELLE : LE MYSTÈRE DE LA FOI : QUI SERA VERSÉ POUR VOUS ET POUR BEAUCOUP EN REMISSION DES PÉCHÉS.
Hæc quotiescúmque fecéritis, in mei memóriam faciétis. Toutes les fois que vous ferez cela, vous le ferez en mémoire de moi.

L’attitude du prêtre marque également ce passage d’un style à l’autre. Tandis qu’il se tient droit en prononçant les paroles correspondant au style narratif, le prêtre s’incline sur l’autel, y posant ses coudes, au moment de proférer les paroles consécratoires.

Nous touchons ici un point capital de la théologie de la messe. Les paroles de la consécration sont, certes, prononcées à l’occasion d’un récit, mais saint Thomas d’Aquin exprime très clairement que si elles étaient proférées exclusivement par mode de récit (recitative), le sacrement ne serait pas réalisé[3]. Cette détermination du Docteur angélique fut reprise à son compte par le magistère suprême en la personne du pape Benoît XII[4].

Ainsi, bien que l’expression « récit de l’institution » pour désigner le rite central de la messe soit largement employée, elle demeure ambiguë. On lui préfère donc l’expression traditionnelle de « consécration ».

2. Le texte lui-même

Penchons-nous maintenant sur le texte lui-même du formulaire de la consécration[5].

Origine et histoire du texte

Quatre passages du Nouveau Testament rapportent l’institution de l’eucharistie. Ils se trouvent dans les évangiles de saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc, ainsi que dans la première épître aux Corinthiens. On est cependant frappé de constater que le récit de l’institution et les paroles consécratoires qui figurent dans le missel ne reproduisent pas purement et simplement l’un de ces textes de l’Écriture. Et pour cause : ils se rattachent probablement à une tradition antérieure au Nouveau Testament lui-même[6]. C’est une conséquence du fait que la messe fut célébrée par les premiers chrétiens bien avant que les évangélistes ou saint Paul aient pris la plume.

Ajoutons à cela que le texte figurant dans le missel romain se retrouve identique, à quelques détails mineurs près, dans les plus anciens livres liturgiques parvenus jusqu’à nous[7].

L’origine et l’histoire du formulaire de la consécration du missel romain nous mettent donc vraisemblablement en présence d’un monument de la tradition liturgique.

Deux points particuliers

Dans ce texte deux détails pourraient surprendre au premier abord.

D’une part, il y a une dissymétrie importante entre les deux consécrations, la formule employée pour le pain est nettement plus brève que celle qui est employée pour le vin et, surtout, on n’y trouve pas l’équivalent du quod pro vobis et pro multis effundetur [« qui sera versé pour vous et pour beaucoup »].

D’autre part, la formule pour la consécration du vin contient une incise qui semble perturber le rythme naturel de la phrase : Mysterium fidei [« mystère de la foi »].

Dissymétrie des deux formules

La dissymétrie des deux formules consécratoires nous fait toucher un point important de la théologie de la messe, à savoir que la double consécration est requise pour la réalisation sacramentelle du sacrifice. En effet, saint Thomas d’Aquin explique que la double consécration « sert à représenter la passion du Christ, dans laquelle son sang fut séparé de son corps »[8]. C’est une doctrine que Pie XII a développée dans son encyclique Mediator Dei. Le pape rappelle d’abord la nature sacrificielle de la messe :

 Le saint sacrifice de l’autel n’est donc pas une pure et simple commémoration des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, mais un vrai sacrifice, au sens propre, dans lequel, par une immolation non sanglante, le Souverain Prêtre fait ce qu’il a fait sur la croix, en s’offrant lui-même au Père éternel comme une hostie très agréable. “La victime est la même ; celui qui maintenant offre par le ministère des prêtres est celui qui s’offrit alors sur la croix ; seule la manière d’offrir diffère[9][10]

Puis Pie XII explique précisément le rôle de la double consécration :

 […] la divine sagesse a trouvé un moyen admirable de rendre manifeste le sacrifice de notre Rédempteur par des signes extérieurs, symboles de mort. En effet, par le moyen de la transsubstantiation du pain au corps et du vin au sang du Christ, son corps se trouve réellement présent, de même que son sang, et les espèces eucharistiques, sous lesquelles il se trouve, symbolisent la séparation violente du corps et du sang. Ainsi le souvenir de sa mort réelle sur le Calvaire est renouvelé dans tout sacrifice de l’autel, car la séparation des symboles indique clairement que Jésus-Christ est en état de victime[11].

C’est, d’après saint Thomas, ce qui explique la dissymétrie des deux formules consécratoires :

Puisque le sang consacré à part représente explicitement [expresse] la passion du Christ, c’est dans la consécration du sang qu’on fait mention de l’effet de la passion du Christ, plutôt que dans la consécration du corps qui est le sujet de la passion[12].

Ainsi, ce qui aurait pu paraître comme une anomalie dans le formulaire de la consécration s’avère en réalité particulièrement expressif d’un aspect central de la doctrine de la messe.

Mysterium fidei

Quant à l’expression Mysterium fidei – « Mystère de la foi » – que comporte la formule de consécration du vin, son origine demeure incertaine. Est-elle une réminiscence de la première lettre de saint Paul à Timothée[13] ? Était-elle originellement une exclamation du diacre ? Quand fut-elle introduite dans la formule de consécration ? Autant de questions non résolues par les liturgistes. Rappelons cependant que cette expression est tout à fait antique, puisqu’elle figure dans les plus anciens sacramentaires[14] et, quelque fut son histoire, elle constitue bien une déclaration de la transsubstantiation opérée par les paroles de la consécration[15].

Saint Thomas nous en explique les termes :

 On parle ici de “mystère” non pas pour exclure la vérité mais pour signaler qu’elle est cachée. Car le sang du Christ, précisément, se trouve dans ce sacrement d’une façon cachée[16]

« On appelle [le sacrement de l’eucharistie] “mystère de foi” au sens d’objet de foi. Effectivement, que le sang du Christ se trouve réellement dans ce sacrement, la foi seule nous le garantit. En outre, la passion du Christ elle-même nous justifie par la foi[17].

3. Les gestes et attitudes du prêtre

Ces mots que prononce le prêtre – qu’il s’agisse du récit ou des paroles consécratoires – sont accompagnés de gestes très précis et d’attitude déterminées qui participent également de la manifestation du « mystère de la foi ».

Reproduction des gestes Notre-Seigneur

Nous avons déjà évoqué le fait que le prêtre s’incline et s’appuie sur l’autel au moment de prononcer les paroles de la consécration. Auparavant, « en même temps qu’il relate un à un les gestes de Notre-Seigneur, le prêtre les reproduit lui-même en une imitation dramatique »[18]. Ainsi :

– le prêtre prend entre ses mains le pain et également le calice, « il les prend pour les présenter à Dieu »[19], comme on présente une oblation ;

– il élève son regard vers le ciel et sa prière vers le ciel, vers le Père tout-puissant, attitude qui se rattache également à l’idée d’oblation ;

– à gratias agens [« en rendant grâces »], il s’incline, exactement comme lorsqu’il rendait hommage lui-même en disant plutôt dans la messe : gratias agamus [« rendons grâces »] ;

– à benedixit [« il bénit »], il effectue un signe de croix.

C’est que le prêtre principal est Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont le prêtre est à l’autel l’instrument :

Nulle part la personnalité du prêtre ne s’efface, nulle part sa solidarité avec le Christ lui-même ne s’affirme autant que dans le rite consécratoire[20].

En effet, explique saint Thomas :

 Le prêtre porte l’image du Christ, en la personne et la vertu duquel il prononce les paroles de la consécration[21].

Génuflexions

Dès qu’il a proféré sur l’hostie les paroles de la consécration, le prêtre adore le Christ réellement présent sous les espèces du pain en faisant une génuflexion, avant même d’élever l’hostie consacrée. Ayant élevé l’hostie, il fait une nouvelle génuflexion. Il observe les mêmes règles pour la consécration du calice. Si le geste lui-même de la génuflexion est relativement récent – il remonte XVe siècle[22] –, la pratique d’effectuer un geste d’adoration existait déjà auparavant. Ainsi, une fois les paroles de la consécration prononcées, le prêtre s’inclinait devant le Corps du Seigneur avant de l’élever, et de même pour le précieux Sang[23]. Cette immédiateté marque bien que c’est par la force des paroles consécratoires que la Présence réelle advient, et non en vertu d’une approbation des fidèles à qui l’on montre l’hostie ou le calice.

Élévation

Au sujet de l’élévation, mentionnons l’apparition de ce rite au XIIIe siècle, pour l’hostie, puis au XIVe siècle, pour le calice, témoigne de l’approfondissement de la piété eucharistique au cours du Moyen-Âge, qu’il faut probablement rattacher à l’approfondissement théologique de la doctrine de la présence réelle, notamment en réaction à l’hérésie de Béranger de Tours.

Les théologiens ayant réaffirmé et défendu à nouveaux frais la doctrine catholique au sujet de la présence réelle, le besoin se fit sentir chez les fidèles de voir l’hostie consacrée, de contempler le corps du Seigneur. D’où l’introduction du rite de l’élévation au moment de la consécration, par lequel l’hostie est offerte à l’adoration des fidèles.

On peut également envisager élévation comme « signe expressif du sacrifice », en particulier de sa dimension impétratoire [dimension d’intercession] :

 Quelques soient les détails […] de l’origine historique [des gestes d’élévation de la victime], leur signification profonde est la suivante.

En élevant ainsi le Christ immolé et glorifié, pour le présenter à son Père plus encore que pour l’offrir à l’adoration des fidèles, le prêtre s’identifie au Christ Souverain Prêtre, il le rejoint, et tout l’Église avec lui, dans l’acte par lequel il se tient éternellement devant son Père, avec la puissance de son sang répandu, pour intercéder en notre faveur[24].

Ainsi, les deux intentions, adoration et intercession, ne font qu’une, car en adorant le Christ, les fidèles s’associent eux-mêmes à son offrande et présentent sa propre “eucharistie” à Dieu[25].

Doigts joints

Un dernier geste doit retenir notre attention. À partir de la consécration de l’hostie, le prêtre ne disjoint plus les pouces et les index, si ce n’est lorsqu’il doit toucher ou manier une hostie consacrée, jusqu’à l’ablution des doigts après la communion. Apparu à la même époque que l’élévation, ce geste témoigne particulièrement de la foi que nous avons en la présence réelle de Notre-Seigneur sous les espèces du pain, même s’agissant des petites parcelles qui pourraient se détacher de l’hostie, et que l’on veut donc pas perdre.

Il s’agit par le fait même d’un geste de foi dans le réalisme eucharistique, et plus largement de respect envers Notre-Seigneur, qui s’inscrit dans le mouvement général de la liturgie, tendant à inspirer une profonde révérence, avec l’usage des cloches, l’emploi d’expressions choisies – « ses mains saintes et vénérables » [sanctas ac venerabiles manus suas], « ce calice précieux » [hunc praeclarum calicem] – ou encore ce geste du diacre soulevant le bord de la chasuble du prêtre, rappelant celui de la femme malade qui effleura la frange du vêtement de Note-Seigneur et s’en trouva guérie.

4. Conclusion

Concluons en remarquant que l’ordre du Seigneur – « vous ferez cela en mémoire de moi » – est bien répété par le prêtre, mais n’appartient pas aux paroles mêmes de la consécration. La formule employée souligne d’ailleurs qu’il ne s’agit pas seulement de « faire mémoire », mais de reproduire, d’accomplir, ce que Notre-Seigneur a fait :

Hæc quotiescúmque fecéritis, in mei memóriam faciétisToutes les fois que vous ferez celavous le ferez en mémoire de moi.

« Cela » c’est la double consécration, c’est la transsubstantiation et simultanément le renouvellement sacramentel du sacrifice du Christ.

Arizona : Un projet de loi pour punir les prêtres qui refusent de violer le secret de la confession

Un nouveau projet de loi en Arizona menacerait les prêtres catholiques d’amendes massives et jusqu’à deux ans de prison s’ils refusent de rompre le secret sacré de la confession.

Cette loi est la dernière tentative de la démocrate Stacey Travers. Travers avait proposé une loi similaire en 2023, qui n’avait finalement pas aboutie.

Le projet de loi 2309 oblige les prêtres à signaler tout cas d’abus ou même de menace d’abus au confessionnal dont ils auraient connaissance. Tout manquement à cette obligation est passible d’une peine criminelle de catégorie 6, pouvant atteindre 150 000 dollars d’amende et deux ans d’emprisonnement. Cette peine ne concerne toutefois qu’une première infraction. Les prêtres qui persistent à enfreindre cette loi, pourtant exigée par le droit canonique et l’Église catholique, s’exposent à des peines d’emprisonnement de plusieurs années.

Lundi, LifeSiteNews a contacté le bureau de la députée Travers par téléphone et par courriel afin de recueillir des informations sur le projet de loi. LifeSiteNews a demandé si un expert en liberté religieuse avait examiné la proposition, notamment au regard d’une loi similaire en vigueur dans l’État de Washington, depuis abrogée suite à une décision fédérale. Mme Travers n’a pas répondu à cette question, ni aux autres concernant ses tentatives de prise de contact avec les responsables catholiques.

LifeSiteNews a également interrogé Travers sur d’autres difficultés juridiques potentielles liées au projet de loi, compte tenu des récentes décisions de la Cour suprême en faveur de la liberté religieuse, comme par exemple une décision de juin 2025 qui protégeait le droit des parents de refuser les programmes scolaires à caractère sexuel.

Un responsable catholique a critiqué la loi, affirmant qu’elle était vouée à l’échec juridique si elle était adoptée. 

« Le caractère sacré du secret de la confession – connu en droit civil sous le nom de privilège du prêtre et du pénitent – ​​est reconnu par le droit américain depuis l’arrêt People v. Philips en 1813 », a déclaré Doyle, directeur exécutif de la Ligue d’action catholique, à LifeSiteNews dans un courriel. Cette affaire, portée devant les tribunaux de New York, a confirmé que les prêtres catholiques ne peuvent être contraints de témoigner de ce qu’ils entendent en confession.

Doyle a déclaré que cette loi ressemblait à une « manœuvre politique ». Il a déclaré que les motivations de Travers étaient claires, étant donné qu’elle avait reçu le soutien de groupes pro-avortement et pro-LGBT.

Doyle a fait remarquer :

Elle a coparrainé des projets de loi visant à abroger l’ancienne interdiction de l’avortement après 15 semaines de grossesse dans l’État ; à supprimer l’obligation de déclarer les avortements ; à ratifier l’amendement sur l’égalité des droits ; à supprimer la protection de l’objection de conscience pour les professionnels de la santé dans la fourniture de contraceptifs ; à interdire les thérapies de conversion ; à légaliser le suicide assisté ; et à établir le mariage homosexuel comme un droit en vertu de la Constitution de l’Arizona.

« Pour Travers et d’autres démocrates de gauche, l’Église catholique est un adversaire idéologique qu’on peut vilipender et discréditer en la présentant comme indifférente aux abus sexuels », a-t-il déclaré. « Leurs motivations sont cyniques, malveillantes et punitives. »

Le directeur exécutif de la Ligue d’action catholique a appelé ses coreligionnaires catholiques à s’opposer à cette proposition.

« Les catholiques doivent clairement faire savoir que toute tentative de violation du sceau sera considérée comme une tentative de criminaliser le catholicisme, à laquelle nous nous opposerons par tous les moyens appropriés », a déclaré Doyle à LifeSiteNews.

L’Oeuvre d’Orient face aux violences en Syrie

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient:

La ville d’Alep a de nouveau été le théâtre d’affrontements meurtriers dans la nuit du 6 au 7 janvier. Selon nos partenaires sur place, ces violences ont fait au moins neuf morts, constituant l’un des épisodes les plus graves observés depuis plusieurs mois.

Présente à Alep depuis de très nombreuses années, L’Œuvre d’Orient continue d’accompagner la population locale, qu’elle a soutenue sans interruption durant toute la guerre. La ville abrite une communauté chrétienne ancienne et nombreuse, durement éprouvée par le conflit, à l’instar de l’ensemble des habitants d’Alep.

Situation actuelle sur le terrain :

– Écoles et administrations sont fermées

– Des habitants ont été contraints de se déplacer, afin de s’éloigner des zones proches de la ligne de front

– Les besoins humanitaires augmentent rapidement, notamment pour l’accueil des personnes déplacées et les soins aux civils

L’Œuvre d’Orient appelle l’ensemble des parties prenantes à faire cesser les combats.

Sur place, l’ensemble des partenaires de l’Œuvre d’Orient ainsi que son collaborateur présent à Alep sont pleinement mobilisés pour venir en aide aux populations déplacées et assurer le soutien médical et humanitaire nécessaire aux civils.

Victoire décisive de la Maison d’éducation Pauline Jaricot devant le Conseil d’Etat

De Thérèse Madi, Présidente de l’association Maison d’Éducation Pauline-Marie Jaricot :

Le 2 janvier 2026, le Conseil d’État a rendu une décision majeure en faveur de la Maison d’Éducation Pauline-Marie Jaricot, mettant un terme à une procédure administrative lourde et éprouvante. Par cette ordonnance, la plus haute juridiction administrative a reconnu le bien-fondé de notre démarche et a sanctionné des décisions qui portaient une atteinte injustifiée à notre fonctionnement et à notre projet éducatif.

Cette victoire dépasse largement le cadre de notre seul établissement. Elle constitue un précédent important pour toutes les écoles libres, rappelant que la liberté de l’enseignement n’est pas une tolérance accordée, mais un droit fondamental qui doit être respecté par l’administration. Elle affirme que les projets éducatifs indépendants, lorsqu’ils sont sérieux, rigoureux et respectueux du droit, sont pleinement légitimes.

Depuis plus d’un an, notre école a dû faire face à un harcèlement administratif coûteux en énergie, en temps et en moyens financiers. Nous avons choisi de nous défendre, non par esprit de confrontation, mais pour rester fidèles à notre mission éducative et pour ne pas laisser fragiliser, par le silence ou la résignation, l’ensemble de l’enseignement libre.

Ce combat a été mené au prix de frais d’avocat importants, que notre association doit aujourd’hui assumer. Or, en défendant notre école, c’est bien l’intérêt général des écoles libres que nous avons servi.

C’est pourquoi nous lançons un appel au soutien et à la solidarité.

Par votre don, vous contribuez concrètement à :

  • Soutenir une école qui a tenu bon,
  • Défendre la liberté de choix éducatif des familles,
  • Permettre aux écoles libres de ne pas céder face à des pressions injustes.

Chaque aide, même modeste, est un acte de résistance pacifique au service de l’éducation, de la liberté et de l’avenir de nos enfants.

Pour nous aider :

https://www.helloasso.com/associations/maison-d-education-pauline-marie-jaricot/formulaires/1

Aider aujourd’hui, c’est protéger demain la liberté d’enseigner.

Ce combat gagné est un combat pour tous.

Merci de nous aider à le porter jusqu’au bout.

Thérèse Madi

Présidente de l’association

Maison d’Éducation Pauline-Marie Jaricot

Extrait de la décision du Conseil d’Etat :

Euthanasie : la commission des lois du Sénat estime que les articles litigieux ne peuvent pas être adoptés

Dans son rapport sur la proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale le 27 mai 2025, relative au droit à l’aide à mourir, la commission des lois du Sénat souligne que

Les articles 2 et 4 de la proposition de loi instaurent un droit à une aide à mourir, conditionné au respect de cinq critères cumulatifs. Cette aide à mourir prendrait la forme d’une assistance au suicide ou, si le patient n’est pas en mesure de s’administrer lui-même la substance létale, d’une euthanasie.

Ces articles introduisent ainsi une double rupture par rapport à l’état du droit, qui n’autorise qu’une sédation profonde et continue, associée à une analgésie, maintenue jusqu’au décès.

En premier lieu, ils inscrivent la fin de vie dans un horizon temporel plus large que la sédation profonde et continue jusqu’au décès, qui n’est plus celui de la mort imminente.

En second lieu, ils autorisent, pour la première fois, un acte létal per se, le décès ne pouvant plus être considéré comme naturel.

L’article 17 crée, sur le modèle du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, un délit d’entrave à l’aide à mourir, qui pourrait être puni d’une peine de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Sur proposition de son rapporteur, Agnès Canayer, la commission a considéré que ces articles ne pouvaient pas être adoptés dans l’état issu des travaux de l’Assemblée nationale. Elle a émis un avis de sagesse au bénéfice d’une réécriture du texte qui sera portée par les rapporteurs de la commission des affaires sociales, saisie au fond.

La commission s’est prononcée sur les trois articles en s’appuyant sur des considérations principalement juridiques. Tout d’abord, les travaux du rapporteur ont démontré l’absence d’unanimité autour du principe d’ouverture d’une aide à mourir, voire la vive inquiétude exprimée par un nombre significatif de professionnels de la santé, d’une part, mais aussi par de nombreux intervenants extérieurs au domaine de la santé, d’autre part.

Sur le plan juridique, l’adoption du texte représenterait une profonde rupture quant au rapport de notre société à la mort.

L’instauration d’une aide à mourir créerait une incitation à la mort qu’aucun intervenant n’a niée, y compris ceux en faveur du texte, la seule existence de cette procédure conduisant nécessairement les personnes en fin de vie à s’interroger sur l’éventualité ou non de s’en saisir. Il est à craindre que l’accompagnement de la fin de vie, en particulier par le biais des soins palliatifs, et le soulagement de la souffrance ne soient délaissés au profit d’une accélération de la fin de vie, à mesure que les chances de rémission s’amenuiseraient.

Plusieurs des critères fixés par le texte pour accéder à une aide à mourir relèvent de l’appréciation difficilement objectivable, malgré tous les progrès de la médecine, du médecin ou du patient, notamment sur le caractère insupportable des souffrances. Le domaine d’application de la loi paraît donc extensible, et dépendra notamment de la pratique individuelle de chaque médecin. Les expériences étrangères ont en outre démontré qu’autant la jurisprudence que la législation ont rapidement étendu le périmètre des aides à mourir, une fois que le principe en a été adopté : le législateur de 2026 doit donc avoir en tête le risque que ce texte serve de « pied dans la porte » vers une extension future du champ couvert par ce droit à mourir, malgré toutes les garanties mises en avant par les promoteurs du texte.

Les garanties établies par le texte paraissent d’ailleurs insuffisantes au regard du public particulièrement vulnérable auquel le texte s’adresse. Outre le « flou » des critères d’accès à l’aide à mourir, dénoncé par de nombreuses personnes auditionnées, la volonté explicite de mise à l’écart du juge, avec l’ouverture du droit au recours au seul demandeur de l’aide à mourir, laisse craindre, dans l’intimité des familles, des situations difficiles, autant pour le patient qui risque de faire l’objet d’abus de faiblesse, que pour les proches qui estimeraient que les critères ne sont pas remplis, et n’auraient d’autres moyens d’accès au juge qu’une plainte pour homicide ou tentative d’homicide, dont les délais d’examen seraient incompatibles avec la temporalité d’une demande d’aide à mourir.

Au-delà de l’opportunité ou non d’ouvrir une aide à mourir, il est non seulement juridiquement inutile mais surtout dommageable pour les patients de consacrer cette aide à mourir en « droit ». Surtout, le terme de droit à l’aide à mourir constituerait un premier pas sémantique vers un droit inconditionnel à choisir sa mort, auquel la commission s’est opposée.

Enfin, la reprise presque identique à l’article 17 du dispositif du délit d’entrave à l’IVG pour l’aide à mourir soulève certaines fragilités juridiques qui soulignent son absence d’utilité sociale.

L’ensemble de ces considérations a conduit le rapporteur à écarter la proposition d’émission d’un avis favorable au texte transmis par l’Assemblée nationale, autant en opportunité qu’au regard des nombreuses lacunes juridiques qu’il contient.

Le texte sera examiné en séance publique à compter du mardi 20 janvier.

Un anniversaire hallucinant

Il y a tout juste quatre ans, Jean Castex alors premier ministre annonçait au journal de « TF1 » avec un sérieux sans égal :

« Pour freiner la progression fulgurante du variant Omicron, à compter du 3 janvier 2022, la consommation dans les bars et les cafés ne pourra plus se faire debout mais seulement de manière assise. »

En relisant cette déclaration, on peut se demander comment un peuple a supporté une telle absurdité sans réagir !

Aucun humoriste, pas même Raymond Devos dans ses pires délires n’aurait osé interpréter un sketch aussi absurde. Malheureusement pour nous, nous sommes de plus en plus confrontés à ce genre de consignes aussi délirantes que contradictoires.

Ainsi le port du masque considéré comme inutile au début de l’épidémie de Covid-19 était rapidement devenu obligatoire. Ensuite était apparu le vaccin anti-Covid qui empêchait la transmission, puis ne l’empêchait plus mais évitait les formes graves de la maladie avant d’entraîner des effets secondaires parfois mortels. En réalité, nous n’avons guère été épargnés ces dernières années par l’incohérence apparente de nos dirigeants. Je parle à leur égard « d’incohérence apparente », car une technique bien connue de manipulation des foules consiste à les maintenir dans un climat de peur et de confusion. Une fois que les gens sont totalement déboussolés, vous leur apportez la solution que vous teniez en réserve, et tels des moutons effrayés, ils se précipitent dans le piège préalablement tendu !

Tout récemment, on a eu l’exemple de la « Dermatose Nodulaire ». Au début, la maladie touchant les bovins n’étaient pas dangereuse mais par précaution nécessitait l’abattage des bêtes malades. Puis un jour, le ministère de l’Agriculture a imposé la destruction de tout le troupeau » aux premiers signes d’infection. Une fois les éleveurs terrorisés par la menace qui planait au-dessus de leur bétail, on leur a promis un vaccin sensé protéger les animaux et éviter leur mise à mort. Immédiatement, même les plus récalcitrants à la vaccination ont réclamé le traitement miracle sans même prendre le temps d’en connaître les effets secondaires !

Si la peur est mauvaise conseillère pour chacun d’entre nous, elle demeure un merveilleux outil de manipulation pour nos dirigeants !

Quel contraste avec ce passage des Evangiles :

« Vers le soir, Jésus demanda à ses disciples de passer sur l’autre bord du lac. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans leur barque. Il s’éleva alors une grande tempête et les flots se jetaient dans la barque au point qu’elle se remplissait. Lui, il dormait à la poupe du bateau sur un coussin. Ils le réveillèrent et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ?
S’étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer de s’apaiser, et il y eu un grand calme. Puis il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, n’avez-vous point de foi ? »

Alors que nos dirigeants ont choisi de gouverner par la crainte, Jésus préfère apporter la paix. Il ne joue pas avec la peur, au contraire il nous aide à la surmonter pour devenir des hommes et des femmes confiants et non du bétail apeuré. Et à ce propos, en décembre dernier, lors de l’abattage de 208 vaches à la ferme des Bordes sur Arize en Ariège, de nombreux manifestants ont résisté aux CRS qui tentaient de passer en force pour détruire les animaux. Malgré les menaces et le gaz lacrymogène, quelques paysans se sont agenouillés courageusement face aux forces de l’ordre pendant que Pierre Guillaume Mercadal tentait de les convaincre d’abandonner leur sinistre projet. Il s’est adressé à eux sans crainte, sans haine, et il a su cette fois-ci trouver les mots justes pour toucher leur cœur. * *

Pendant qu’il parlait, plusieurs gendarmes émus par la situation ont relevé leur casque et comme dans une scène des Evangiles, on a pu assister à un dialogue amical entre CRS et paysans !
N’est-ce pas là, la meilleure forme de résistance face à de la violence injustifiée ?

* * Journal d’un croyant de 2025 – La fin de la paysannerie

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

2026, une année de reconquête française et chrétienne

Communiqué de l’AGRIF :

Le bureau de l’AGRIF souhaite à ses adhérents, amis et bienfaiteurs une belle et heureuse année 2026.

Une année dont nous voulons qu’elle soit de reconquête française et chrétienne.

L’AGRIF va maintenir une pression maximale et multiplier les actions contre ceux qui salissent notre pays et notre foi.

Plusieurs rendez-vous judiciaires sont d’ores et déjà programmés. Le premier sera d’importance puisque, dans l’affaire de Crépol, grâce à notre persévérance, le racisme anti-français et anti-blanc devra à nouveau être jugé par la Cour d’appel de Grenoble le mardi 13 janvier prochain.

Nous engageons également des poursuites contre l’influenceuse algérienne Sofia Belemmane qui s’est répandue en propos de haine anti-française en fin d’année 2025.

Par ailleurs notre plainte contre la « journaliste » Nassira Al Moadem a enfin été reçue. Elle avait qualifié la France de « pays de racistes dégénérés ».

De nombreuses autres affaires sont également en cours dont nous vous tiendrons, bien évidemment, informés des avancées.

Pour ce travail de longue haleine, nous avons, aujourd’hui plus que jamais, besoin de votre aide. N’oubliez pas votre réadhésion 2026. Si vous n’êtes pas encore adhérent, c’est le moment de nous rejoindre. Vous pouvez également aller plus loin dans votre soutien en faisant un don (défiscalisé à 66%) à l’AGRIF. https://www.lagrif.fr/nous-soutenir/

N’hésitez pas à faire connaître l’AGRIF autour de vous, partagez nos publications imprimées ou en ligne (X, Facebook, Instagram…).

Pour ceux qui le peuvent, venez nous rencontrer à l’occasion de notre traditionnelle galette des rois qui se tiendra le jeudi 22 janvier (ET NON LE 18 comme indiqué par erreur il y a quelques jours) à Paris. Inscriptions à [email protected]

Merci par avance pour votre précieux et essentiel soutien !

Yann BALY, Président

Bernard ANTONY, Président-fondateur émérite

La réforme post-conciliaire des sept sacrements : une critique irrecevable ?

L’abbé Laurent Spriet, prêtre du diocèse de Lyon et attaché à la messe traditionnelle, est revenu sur le livre publié par l’abbé Barthe sur la réforme post-conciliaire des sept sacrements (que l’abbé Barthe avait présenté ici), dans une vidéo, retranscrite dans La Nef. Il juge ce livre irrecevable, s’inscrivant dans le sillage de « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture » :

Dans Politique Magazine, Richard de Seze, soulignait que l’abbé Barthe “dénonce l’irénisme de rituels qui gomment toutes difficultés, écartent toute hiérarchie, affadissent le sacré, coulent le mystère dans les moules de la conversation et des usages de la politesse, presque, puisqu’il ne s’agit que de vivre-ensemble et de s’intégrer à la communauté”.

A quand un débat entre ces deux prêtres ?

Les graves abus de l’État contre l’enseignement catholique

L’Incorrect publie les 14 pages du rapport établi par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC), qui montre l’agressivité de l’appareil d’État lors des inspections : fouille des cartables, questions intrusives, retrait des croix ou effacement des références chrétiennes.

Suite à l’affaire Bétharram, Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, avait annoncé 1 000 contrôles dans les écoles privées avant la fin de l’année. L’actuel ministre, Édouard Geffray, a indiqué fin octobre que plus de 850 contrôles avaient déjà été menés et que l’objectif serait effectivement atteint.

Auditionné le mardi 2 décembre par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, le secrétaire général de l’enseignement catholique Guillaume Prévost avait alerté de « graves abus d’autorité » lors de certaines inspections « une trahison profonde de la confiance des familles et un dévoiement grave de l’autorité dont nous avions la charge ».

Le rapport établi par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC) recense les témoignages de très nombreux directeurs d’établissement et fait état de « trop nombreux abus d’autorité », qui montrent que « sous couvert de protection des enfants, l’administration s’est surtout attachée à défendre des intérêts corporatistes au détriment de la liberté des familles et de l’engagement des personnes ». Sous prétexte de lutte contre les « violences », les inspecteurs s’en prennent ouvertement, sur la forme et la fond, à l’enseignement catholique en tant qu’il est catholique, bafouant ainsi toute forme de liberté pédagogique.

« Les inspecteurs sont entrés dans les classes en interrompant les cours pour regarder les cahiers, sans même se présenter et ont fouillé dans les cartables des élèves. »

« Les contrôleurs coupent la parole des enseignants, s’emparent des cahiers et des affaires des jeunes, ce qui perturbe les séances »

« le classeur personnel d’une enseignante lui est pris sans pouvoir contester ; le cours est interrompu. Le casier d’un élève est vidé sur la table pour en examiner tout le contenu. »

  • De très jeunes enfants sont interrogés seul à seul ;
  • les comptes-rendus d’entretiens ne peuvent pas être relus par les interviewés ;
  • des inspecteurs cherchent même à accéder aux messageries privées des professeurs.

Des questions intrusives ou orientées sont posées, comme

  • « N’êtes-vous pas choqué par la tenue vestimentaire identique de vos élèves ? Pensez-vous qu’ils sont libres de s’habiller comme ils veulent ? »,
  • « Allez-vous aux offices religieux ? »,
  •  « Vos élèves ont-ils une vision genrée de la société ? »
  •  « Pourquoi accordez-vous les excellences à un élève qui a 17 sur 20 et pas à celui qui fait des efforts ? ».
  • « Les 2 IPR ont orienté les entretiens avec les enseignants, les élèves et les parents vers le caractère propre, le projet pastoral et la liberté de conscience. Ils ont cherché sur quel point ils pouvaient nous piéger. »

Le rapport révèle des atteintes manifestes au caractère catholique des établissements, notamment de leurs libertés concernant l’organisation du temps scolaire, l’organisation pédagogique et le règlement intérieur. Certains inspecteurs recommandent de ne plus parler de « Création » ou de phrase tirée de la Bible, de supprimer les croix, icônes et coin-prière dans les classes, reprochent même à un établissement de vouloir « développer la vie intérieure ». Il serait interdit d’afficher le Notre Père et le Je vous salue Marie dans les classes. Ailleurs, « invitation de la part de l’inspectrice à voiler le caractère propre de l’établissement au profit de la mission publique de service d’enseignement qui doit prévaloir, selon elle sur le charisme de notre tutelle congréganiste ».

Mgr Marco Agostini, démis de ses fonctions de cérémoniaire du pape

Le 1er janvier, Monseigneur Marco Agostini, prêtre italien qui occupait depuis plus de seize ans la fonction de maître des cérémonies pontificales, a été démis de ses fonctions au Vatican suite à la publication par le blog italien Silere Non Possum d’un extrait audio, tiré d’une vidéo de Vatican News, dans lequel une phrase chuchotée, attribuée à Agostini, était présentée comme faisant référence aux cardinaux. Le Saint-Siège n’a fourni aucune explication officielle quant à cette destitution.

On peut entendre la phrase « [ Sono ] culattoni, tutti insieme » (« ce sont tous des pédés ») vers la fin de l’extrait contesté, faisant prétendument référence aux cardinaux présents à la cérémonie.

La polémique a débuté avec un article publié par Silere Non Possum. Cet article intégrait un court extrait audio tiré d’une vidéo de Vatican News, accessible au public, montrant une célébration liturgique. Dans cet extrait, une voix indistincte, près d’un micro ouvert, profère des propos dénigrants sur l’homosexualité d’une personne, sans qu’il soit clair si ces propos visaient les cardinaux présents. L’enregistrement audio n’était accompagné d’aucune vérification technique, d’aucune clarification contextuelle, ni d’aucune confirmation indépendante de l’identité de l’orateur. La vidéo elle-même, produite et diffusée par Vatican News, n’identifiait pas la source des paroles murmurées et ne fournissait aucune preuve visuelle reliant cette phrase à Agostini. Pourtant, l’article de blog associait explicitement ces paroles à ce dernier.

Peu après la diffusion de l’article, la vidéo originale de Vatican News sur YouTube a été modifiée. Le segment initial contenant l’ambiance sonore a apparemment été supprimé, et la vidéo commence désormais directement par la formule liturgique « Surgant omnes », prononcée à haute voix par Agostini à l’entrée du pape.

Les renvois de ce type au Vatican se font généralement sans déclaration publique, mais le moment choisi pour cette décision a suscité l’attention des observateurs du Vatican. InfoVaticana a évoqué la possibilité que ce renvoi soit lié à la publication de l’enregistrement audio, tout en précisant qu’aucune connexion officielle n’a été confirmée par les autorités vaticanes.

Marco Felipe Perfetti, fondateur et propriétaire du blog italien Silere Non Possum, a déjà publié des articles sur l’homosexualité au sein de l’Église catholique. Par exemple, dans un épisode de son podcast Pensieri e Parole intitulé « Chiesa e omosessualità » (« Église et homosexualité »), diffusé le 27 avril 2022, Perfetti a déploré que la position de l’Église sur l’homosexualité n’ait « malheureusement » pas évolué sous le pontificat du pape François.

Mgr Agostini n’a fait aucune déclaration publique en réponse aux accusations portées contre lui ni à sa destitution jusqu’à aujourd’hui. De plus, selon une source proche du Vatican consultée par LifeSiteNews, de sérieux doutes subsistent quant à l’identité de la voix enregistrée : est-elle bien celle d’Agostini ?

« Agostini est issu du Secrétariat d’État, où il occupe toujours un poste. Son limogeage en tant que maître de cérémonie coïncide cependant avec l’expiration naturelle du dernier d’une série de mandats de cinq ans, qui avait déjà eu lieu en octobre ou novembre 2025. Il est donc difficile de voir un lien nécessaire entre l’enregistrement audio et la fin de son service liturgique », a déclaré la source interne.

Mgr Agostini a été ordonné prêtre en Italie. Le 13 juin 2009, sous le pontificat de Benoît XVI, il a été nommé maître des cérémonies pontificales, une fonction qui l’a placé au cœur des liturgies papales et des célébrations officielles. À ce titre, il a servi sous les papes Benoît XVI, François et Léon XIV, supervisant les canonisations, les consistoires, les voyages apostoliques et les principaux événements liturgiques.

Durant toute sa carrière, Agostini est resté largement inconnu du grand public et était considéré au Vatican comme un fonctionnaire discret et techniquement fiable. Son maintien en poste sous trois pontificats a été cité par les observateurs comme une preuve de la confiance institutionnelle en son travail.

Ces dernières années, Mgr Agostini s’est fait connaître dans certains milieux catholiques pour avoir célébré la messe selon le rite romain traditionnel, notamment dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, et pour sa participation à des événements liés à la pratique liturgique traditionnelle, comme par exemple à Covadonga, en Espagne. Mgr Agostini a toujours célébré au Vatican avec l’autorisation expresse du pape François.

Euthanasie : la clause de conscience des pharmaciens de nouveau à l’étude

Un pays ne peut avoir à la fois une politique de mort (avortements, euthanasie, …) et une politique de vie (médecins, hôpitaux, médicaments, …).

Les sénateurs ont déposé leurs amendements sur le texte de loi encadrant la fin de vie, en vue d’une discussion en séance publique à partir du 20 janvier. Plusieurs d’entre eux rétablissent une clause de conscience pour les pharmaciens.

Trois amendements demandent le rétablissement d’une clause de conscience pour les pharmaciens. « La préparation et la délivrance d’une substance magistrale létale n’ont rien d’actes purement techniques : elles engagent au contraire la responsabilité éthique et professionnelle des pharmaciens », écrivent Mme Bonfanti-Dossat et M. Milon, rapporteurs du texte. Ces derniers estiment « indispensable d’ouvrir aux pharmaciens le bénéfice de la clause de conscience spécifique pour l’assistance médicale à mourir ». Leur amendement souhaite aussi ouvrir cette clause aux préparateurs en pharmacie.

Rappelons que la loi prévoit pour le moment que cette préparation soit réalisée en pharmacie hospitalière, avant d’être transmise à l’officine désignée pour la délivrer au médecin ou à l’infirmier prenant en charge le patient. Là encore, les discussions pourraient rendre ce dernier amendement caduc. En effet, pas moins de quatre amendements visant à ce que la substance létale soit une spécialité pharmaceutique et non une préparation magistrale ont été déposés. À propos d’une éventuelle préparation magistrale, donc, les Sages notent dans ces amendements qu’un « tel dispositif ralentit la procédure de production et ajoute une responsabilité lourde aux pharmaciens. C’est pourquoi leurs représentants ont sollicité une modification de cette disposition en faveur d’une spécialité pharmaceutique, c’est-à-dire un médicament préparé à l’avance, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination spéciale ». Enfin, un amendement des rapporteurs prévoit que les conditions « de préparation, de livraison, de traçabilité, de délivrance et de retour de la substance létale » soient définies par décret en Conseil d’État. Des précisions qui étaient demandées par les représentants des pharmaciens, afin de sécuriser la procédure.

La sénatrice (PS) de Paris Marie-Pierre de LA GONTRIE a déploré sur X les “dizaines d’amendements” déposés par les rapporteurs pour “vider de ses effets” la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Au total, 75 des 163 amendements sont signés des sénateurs (LR) du Lot-et-Garonne Christine BONFANTI-DOSSAT et du Vaucluse Alain MILON. La commission des Affaires sociales examinera ce texte à partir de mercredi, ainsi que la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Les rapporteurs de ce second texte, les sénatrices (UC) de l’Essonne Jocelyne GUIDEZ et (LR) de Gironde Florence LASSARADE, ont signé la moitié des amendements.

Des villageois reconstruisent leur église

Les habitants d’un petit hameau de montagne niché à plus de 1300 m d’altitude dans le département des Alpes-de-Haute-Provence (04), Saint-Barthélémy, sis sur le territoire de la commune d’Ongles, ont restauré en dix-huit mois leur église médiévale qui était complètement ruinée.

L’église romane (XIe et XIIe siècles) Saint-Barthélemy a été dévastée durant les guerres de religion. Restaurée au début du XVIIe siècle, elle fut définitivement ruinée et abandonnée au XIXe siècle (1835).

En mai 2024, les fidèles ont décidé de restaurer entièrement l’église. Ils ont demandé à un architecte de réaliser un projet de reconstruction et se sont mis au travail. Après déblaiement, ils ont installé un autel dans l’ancienne abside, et ont reconstruit les murs et les arcs en pierre, le toit en poutres de bois recouvert de tuiles ainsi que le clocher muni de sa cloche ; un petit vitrail est venu orner le tout. Après un an et demi de travaux, l’ouvrage est pratiquement terminé, comme l’a annoncé Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque du diocèse de Digne, Riez et Sisteron, dont dépend Saint-Barthélemy. L’évêque a noté dans un message que la dernière visite pontificale datait de… 1080 !

Le prélat s’est rendu au village pour visiter les travaux, et a exprimé son émotion et sa gratitude devant la restauration d’une église abandonnée depuis bientôt 200 ans. Le nouvel édifice sera consacré par l’évêque du lieu le 24 août 2026, en la fête de saint Barthélemy, patron de l’église.

L’utopie du droit international

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Le 24 décembre, le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé que cinq Européens impliqués dans la lutte contre les « discours de haine » seraient désormais interdits de séjour sur le territoire américain: le Français Thierry Breton, ancien commissaire européen, les Allemandes Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, dirgeantes de l’association Hate Aid, et les Britanniques Imran Ahmed, dirigeant le Centre for Countering Digital Hate, et Clare Melford, dirigeant le Global Disinformation Index. Ces cinq personnes ont été particulièrement engagées dans l’élaboration du Digital Service Act (DSA) qui limite sévèrement la liberté d’expression sur internet pour les Européens. Les États-Unis considérant que la défense de la liberté d’expression partout dans le monde est un pilier de leur stratégie en tirent les conséquences.

Aussitôt, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont protesté, déclarant à la fois que ces mesures étaient injustifiées (le DSA respectant, selon eux, la liberté d’expression) et que l’UE revendiquait son droit à une régulation autonome. Las, ces deux réponses tombent à plat.

D’une part, les États-Unis et l’Union européenne n’ont clairement pas la même vision de la liberté d’expression (par conséquent, dire que le DSA répond à la vision bruxelloise de cette dernière n’a aucun intérêt pour les autorités américaines).

D’autre part, une régulation internationale a logiquement des conséquences internationales : dire que, puisque nous sommes en Europe, nous choisissons nos règles indépendamment des Américains n’a aucun sens ici puisque ces règles européennes ont manifestement des conséquences pour les entreprises américaines : le réseau social X, dirigé par Elon Musk, a d’ailleurs été condamné à une lourde amende de 120 millions d’euros au titre du DSA quelques jours avant ces sanctions.

Naturellement, ces dernières ont quelque chose de comique – les européistes sont un peu « l’arroseur arrosé ». Quand on sanctionne tout le monde pour montrer à quel point on est vertueux, il faut s’attendre en effet à être sanctionné à son tour.

Mais le plus intéressant réside dans la démonstration que le droit international n’est pas vraiment contraignant, ni donc vraiment un droit. Car ce qui frappe dans notre actualité, c’est l’incohérence des dirigeants : l’Occident a bombardé la Serbie pour imposer l’indépendance du Kosovo, mais s’indigne que Poutine ne respecte pas les frontières de 1945. De son côté, ce dernier dénonce l’opération américaine au Venezuela au motif qu’elle violerait l’intégrité d’un État souverain, alors même qu’il piétine plus brutalement encore la souveraineté ukrainienne. En un mot, nos chers dirigeants disent tout et le contraire de tout et s’étonnent de notre défiance! Ici, cette incohérence est encore aggravée par le fait qu’il n’existe pas d’autorité susceptible de faire respecter les souverainetés.

Tout le monde fait mine de s’indigner du règne de la loi du plus fort. Mais, depuis la fin de la chrétienté médiévale (où le pontife romain était à la fois indépendant de tous les princes temporels et disposait d’un arsenal de sanctions susceptibles de menacer la légitimité et l’autorité de ces princes), plus aucune autorité (et l’ONU pas davantage que la SDN ou que quiconque) n’est capable de faire respecter une doctrine que l’on pourrait appeler « droit international » et qui serait reconnue par tous. Il est dès lors assez logique que les plus puissants imposent leur loi. Mais il est clair que cette loi de la jungle n’est guère compatible avec la civilisation!

Boris III de Bulgarie, un roi méconnu

Jean-Paul Besse, docteur d’État en histoire, spécialiste de l’Europe centrale et orientale, primé par l’Académie française, enseignant à l’Institut universitaire Saint-Pie X, vient e publier une biographie sur le roi Boris III de Bulgarie, le tsar gentilhomme, qui régna de 1918 à 1943, malgré un étau politique et militaire, entre la Russie nouvellement soviétique et l’Allemagne nazie. Il s’efforça de garantir le bien de ses sujets et la neutralité de la Bulgarie.

Né à Sofia en 1894, baptisé catholique et orthodoxe, il monte sur le trône en 1918 après l’abdication de son père Ferdinand Ier, compromis dans la Première Guerre mondiale. Proche de son peuple et monarque passionné de sciences et techniques, il tente de promouvoir des réformes mais les tensions politiques le conduisent à suspendre la constitution parlementaire. De son mariage avec la princesse Jeanne de Savoie, fille du roi d’Italie Victor-Emmanuel III, il a une fille, Marie-Louise, puis Siméon, prince héritier, le 16 juin 1937.

Le 1er mars 1941, la Bulgarie renonce à sa neutralité et adhère au pacte tripartite. Ses frontières doivent s’ouvrir aux troupes allemandes. Le 12 décembre 1942, Boris III déclare la guerre à la Grande-Bretagne et aux USA mais maintient sa relation avec l’URSS. Menant double jeu, il noue des contacts avec les Alliés, s’efforce d’épargner la minorité juive et refuse d’engager son armée sur le front de l’Est. Il meurt le 28 août 1943 dans des circonstances mal élucidées, au retour d’une visite à Hitler à Rastenburg.

Crans-Montana : L’écoute d’un drame au plan humain et spirituel

“L’écoute d’un drame au plan humain et spirituel” avec l’abbé Pico, curé de Lens (secteur de Crans-Montana). Organisé par les Accueils Louis et Zélie le vendredi 9 janvier de 20:30 à 22:30.

L’abbé Pico a accompagné les familles et les victimes pendant les journées et les nuits qui ont suivi le drame de Crans-Montana.

En outre, l’abbé Pico animera une session “Marie qui guérit les couples” au monastère de Géronde (CH) le 14 février 2026. Inscriptions via www.mariequigueritlescouples.com

Se connecter avec Google Meet: https://meet.google.com/ixp-eopp-afj

Alfred Sursock : un juste qui a marqué de son empreinte Beyrouth, le Levant et la Francophonie

De notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, consultant et journaliste :

Dans cette deuxième partie de notre trilogie journalistique qui clôture 2025 et ouvre l’année 2026 sur le Levant et le Moyen-Orient, avec son petit-fils, Roderick Sursock Cochrane, l’actuel gardien du palais, le Conte merveilleux des Sursock continue. Cette fois-ci, nous nous immergeons un peu plus dans les parfums de la vie de cette famille haute en couleur, dont les illustres personnages défient l’espace, l’histoire et le temps. Il y a dans la vie de rares moments où la rencontre avec des personnalités hors-du-commun embrasse le merveilleux. Dans sa chambre secrète où sont enfermées, tel un vieux trésor, ses archives familiales, le petit-fils continue à se passionner pour son grand-père, un véritable bâtisseur-bienfaiteur. Immersion dans le monde merveilleux des Sursock.

A l’énoncé de son prénom, les yeux du petit-fils se mettent à briller : Alfred Sursock, un génie ? Ce qui est certain c’est qu’il était un bâtisseur. « Oui, c’était un génie. On lui doit la résidence des Pins, à Beyrouth, entre autres. Il était un gentleman, raffiné, découvreur du monde, et travailleur. A l’origine, il voulait faire de cette résidence… un casino ! » Roderick connaît l’histoire par cœur, il la cultive comme les semis de son jardin d’Eden, un jardin aux espèces orientales essentielles et rares. A Beyrouth, dans le quartier emblématique d’Achrafieh, dans la rue qui porte son nom se situe son palais familial des Mille et une Nuits. Là, dans la chambre secrète de ses archives, il feuillette des livres, ouvre de vieilles boîtes en carton et montre quelques photos d’un autre âge, en noir et blanc. Il dépoussière l’histoire, l’histoire familiale qui se mêle à celle du pays du Cèdre, dont les racines poussent les plaques tectoniques du monde, d’un monde qui entre dans la tragédie. Nous sommes en 1914 et les bruits de guerre entre les vieux empires tonnent de nouveau.

Au Levant, le Liban est, toujours, aux mains des Ottomans. Ils ont conquis ce petit territoire grand comme le département de la Gironde dès 1516. Ils y resteront jusqu’en 1918. Les chrétiens y sont persécutés.

Le Liban victime

La Première Guerre mondiale commence. Terrible. L’Empire ottoman se range du côté de l’Empire allemand et de l’Autriche-Hongrie. Les bruits de bottes sont bien réels et se multiplient partout en Europe et dans tout l’Empire ottoman. Un empire qui vit son dernier souffle, mais il ne le sait pas encore. Une tragédie mondiale est en marche forcée. L’attentat de Sarajevo s’est éloigné, mais il laisse derrière-lui une guerre mondiale qui fera près de 10 millions de morts. Il a suffi d’un seul attentat pour que le monde prenne feu et vacille. L’incendie couvait depuis longtemps et la haine se multipliait comme de la mauvaise herbe. Cet attentat : celui du 28 juin 1914 où l’on voit Gavrilo, le jeune nationaliste serbe à peine sorti de l’adolescence, assassiner le couple héritier de la couronne austro-hongroise. Le sang coule dans le carrosse et se répand dans le monde entier, comme une traînée de poudre.

Au Liban, « le gouverneur ottoman est sanguinaire », explique Roderick. Homme de pouvoir à la poigne de fer et au cœur desséché, barbare et haineux, Djemal Pacha (ou Jamel Pacha) voue une haine indescriptible pour tout ce qui n’est pas Turc. Le nationalisme et le panturquisme sont à la mode. Selon un ami de Roderick qu’il aime citer, historien et essayiste, Yousssef Mouawad, « Djemal Pacha le sanguinaire, curieusement, fréquente la bourgeoisie beyrouthine avec laquelle il aime converser en français étant lui-même francophone ». Ce mondain sanguinaire était plutôt panislamiste. Il aimait quand des Arméniens et des chrétiens déportés apostasiaient. L’homme est double et trouble. Car outre les pendaisons et les affres de ses horribles exécutions, de ses pendaisons, il a, aussi, sauvé des Arméniens du génocide. Mais, selon Roderick, « c’est lui qui est principalement responsable de la famine au Liban. Certes, il y avait le blocus militaire maritime des Alliés, mais à l’intérieur des terres, il a exercé son propre blocus ».

« Je veux embellir Beyrouth »

Face à cette réalité des plus désespérantes, celle des exécutions sommaires, de la famine et des spoliations, Alfred Sursock, son grand-père, ne peut rester sans rien faire. Il se rend chez le wali de Beyrouth, Azmi Bey, et lui expose ses projets qui ressemblent à une lueur d’espoir inimaginable dans un environnement des plus mortifères. Comme s’il éclairait de sa petite bougie le plus sombre des trous noirs. « Je veux embellir Beyrouth. J’aimerais que vous me cédiez 600 000 m2 de terres, au sud de Beyrouth. » Il le surprend encore plus quand il met son doigt sur la carte. « Vous voyez cette forêt des Pins, eh bien, je veux l’embellir, la transformer. Je veux en faire un hippodrome et je veux construire un casino ! »

Sir Alfred Sursock n’est pas n’importe qui. Avec ses amis entrepreneurs qui composent sa fine équipe, il est pris très au sérieux, malgré la terrible famine qui frappe déjà aux portes des familles. Cette famine va emporter 1/3 des Libanais, soit plus ou moins 150 000 personnes.

Oui, Alfred est déterminé, plus que jamais. « Son projet était motivé par le fait qu’il voulait sauver de la famine les ouvriers qu’il allait employer pour transformer ces 60 ha. Il a permis, aussi, de dispenser les hommes du service militaire obligatoire et de l’enrôlement forcée dans l’armée ottomane. »

Un juste au cœur d’or

Alfred Sursock a reçu le feu vert. Il va réussir à sauver de la mort des milliers de personnes. Ses employés et ses ouvriers sont nourris et reçoivent en plus un petit pécule. Entre 1915 et 1920, la forêt des pins se transforme : y poussent, notamment, un hippodrome et une résidence ottomane. Finalement, le projet du casino ne verra jamais le jour, l’armée ottomane ayant transformé le nouveau palais en hôpital.

Il faut le voir ce quartier de Beyrouth, remplaçant sa pinède par une route qui mène à l’hippodrome, qui deviendra l’un des plus importants au monde. En cette fin de guerre, la résidence des Pins va bientôt devenir le siège des autorités françaises mandatées pour gouverner et mener à l’indépendance le futur Liban. Nous sommes en 1920, et c’est là que le 1er septembre, sur les marches élégantes du perron de la résidence, s’ouvrant sur une galerie majestueuse en enfilade, où l’œil et l’émotion ne cessent de s’émerveiller, contemplant la beauté arabesque de ses grandes colonnes en marbre, avec ses chapiteaux finement taillés en dentelle. Oui, ce 1er septembre, donc, le général Henri Gouraud, le haut-commissaire de la France au Levant, signe en présence des autorités locales, le mandat qui engage la France et qui crée le Grand-Liban. En haut des marches, le vieux guerrier prend la pose avec le grand mufti de Beyrouth, Cheik Moustafa Naja, et le patriarche maronite Elias Pierre Hoayek. Le moment est historique et solennel. La photo va faire le tour du monde…

Parmi les invités, Alfred Sursock est là, mais il reste à l’ombre de son palais, revendu quelques mois auparavant. Quelle histoire ! Ce que ne dit pas Roderick c’est que son grand-père s’est ruiné en distribuant une partie de sa fortune. Un juste au cœur d’or !

Résidence des Pins en 1918 (en haut) et en 2023 (en bas et à droite) devenue résidence de l’ambassadeur de France

Un Francophone et un peintre

Plongeons-nous un peu plus dans ce personnage incroyable : Alfred Bey Sursock, de son vrai nom. Les archives familiales et la mémoire vive de son petit-fils nous apprennent qu’Alfred a vécu près de trente ans en France, dont vingt-cinq à Paris. Cet amoureux des arts, ce bienfaiteur du Liban est, également, un politique et un fin diplomate. Il devient le consul général de l’Empire ottoman à Paris pendant une quinzaine d’années, jusqu’à son retour au Liban, au moment de la Première Guerre mondiale. C’est sans doute pour cela, qu’il est l’un des hommes-clefs des pourparlers qui formèrent le nouveau visage du Levant, après 1918. Un homme-clef dans l’ombre des puissants !

Il meurt en 1924, laissant à sa fille unique, au prénom bien français d’Yvonne, le soin d’achever ses nombreux projets comme le Musée national, l’Aéro-club destiné à la formation des jeunes pilotes. Artiste lui-même, comment pouvait-il ne pas l’être quand on contemple son palais de rêve ? Artiste, il laisse un certain nombre de toiles restées inédites, mais reconnues comme l’œuvre d’un peintre de talent. Oui, Alfred était un peintre de talent.

Une descendance européenne unique !

Il fallait à cet aristocrate libanais un mariage et une descendance dignes de ce nom. C’est ainsi qu’il se maria en 1921 avec Donna Maria Teresa Serra di Cassano, fille de Francesco Serra, 7e duc de Cassano, en Italie. Lady Yvonne Cochrane Sursock est leur fille unique. Née en 1922, elle devient orpheline de père deux ans plus tard. A son tour, elle épouse une noblesse européenne en la personne de Sir Desmond Cochrane, premier ambassadeur d’Irlande au Moyen-Orient. Le Levant attire et fait tourner la tête de cette noblesse européenne, qui comme les grands auteurs français, les académiciens à l’instar de Lamartine, s’y rendent pour y trouver l’inspiration et pour y vivre leurs rêves en grand. Le Levant est un parchemin d’écrivains et de poètes.

Les Sursock ont du sang mêlé de la noblesse de robe et d’épée. Leur seule arme ? L’épée de la charité, du don de soi, des projets hors-du-commun de la bienfaisance et de la survie, de la sur-humanité. Ils sont des amoureux des arts, des femmes et des hommes, des lettres et des palais. Ils sont des Cendrillon, de génération en génération… Ils sont amoureux de la France.

Le grand escalier et les salons de la résidence des Pins, dans le style ottoman

Une explosion !

Roderick vient de sortir de sa chambre secrète aux archives familiales. Impossible pour lui d’y passer plus de temps, car il doit s’occuper des travaux de reconstruction. Il traverse son palais qui est en plein chantier, à la suite de la double explosion du 4 août 2020. Comme si le Liban, comme si les Libanais n’avaient pas assez payé le lourd tribut, depuis leur indépendance en 1943. Feu sa maman, Lady Cochrane Sursock, en sait quelque chose, elle qui a vécu de plein fouet ce blast qui telle une bombe nucléaire souffle tout sur son passage et transforme en fissures et ruines son palais merveilleux, faisant des centaines de morts, des milliers de blessés et dizaines de milliers de déplacés. Blessée, sa maman ne verra pas le mois de septembre 2020. La vive émotion, la folle tragédie et ce traumatisme de trop l’auront emportée.

Elle aussi était une femme des plus merveilleuses, d’une élégance inouïe, féérique, qui transforme la vie ordinaire en un conte merveilleux où fleurit l’Espérance avec un e majuscule. Un conte où scintille l’étoile du Liban.

Avec Lamartine, pour finir

Ces deux hommes : Alfred Bey Sursock et Alphonse de Lamartine auraient, très certainement, aimé se rencontrer. Ils seraient, sans nul doute, devenus les meilleurs amis du monde. Ensemble, ils auraient évoqué la « sainte alliance de la civilisation ». Les Libanais ont donné le nom de l’écrivain-poète à la célèbre vallée qui entoure le village montagnard de Hammana.

Finissons, ainsi, cette seconde partie, en nous immergeant dans la vie poétique du voyageur Lamartine.

Extrait de ses carnets de Voyage en Orient :

« Le 7 septembre 1832.

J’ai passé la journée entière à parcourir les environs de Bayruth, et à chercher un lieu de repos pour y établir une maison.

J’ai loué cinq maisons qui forment un groupe, et que je réunirai par des escaliers de bois, des galeries et des ouvertures. Chaque maison ici n’est guère composée que d’un souterrain qui sert de cuisine, et d’une chambre où couche toute la famille, quelque nombreuse qu’elle soit. Dans un tel climat, la vraie maison, c’est le toit construit en terrasse. C’est là que les femmes et les enfants passent les journées et souvent les nuits. Devant les maisons, entre les troncs de quelques mûriers ou de quelques oliviers, l’Arabe construit un foyer avec trois pierres, et c’est là que sa femme lui prépare à manger. On jette une natte de paille sur un bâton qui va du mur aux branches de l’arbre. Sous cet abri se fait tout le ménage. Les femmes et les filles y sont tout le jour accroupies, occupées à peigner leurs longs cheveux, à les tresser, à blanchir leurs voiles, à tisser leurs soies, à nourrir leurs poules, ou à jouer et à causer entre elles, comme dans nos villages du midi de la France, le dimanche matin, les filles se rassemblent sur les portes des chaumières. »

Troisième et dernière partie du Conte merveilleux des Sursock à suivre…

Première partie à lire ici : https://lesalonbeige.fr/au-liban-le-conte-merveilleux-des-sursock-est-en-train-de-revivre/

Seconde partie de la trilogie journalistique réalisée par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier

Interdire les réseaux sociaux pour les mineurs ?

Communiqué des Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance participe mardi 6 janvier 2025 à une table ronde organisée à l’Assemblée nationale par la députée Laure Millerrapporteure de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux.

➡️Juristes pour l’enfance partage la préoccupation relative aux risques encourus par les mineurs du fait de l’utilisation des réseaux sociaux.

Elle souligne cependant que la question doit être élargie et que les dangers d’internet pour les mineurs dont plus de 50% passent de 3 à plus de 5 heures par jour devant un écranne sont pas limités aux réseaux sociaux :

  • sites aux contenus nocifs ou illicites pour les mineurs,
  • escroqueries et exposition à des prédateurs en ligne,
  • remise en cause du processus d’apprentissage et de développement du raisonnement et de la réflexion des collégiens et lycéens par la généralisation de l’utilisation de l’IA,
  • jeux vidéos qui « esthétisent les violences psychopathiques »,
  • messageries facilitant ou aggravant la commission d’infractions par des mineurs ou sur des mineurs…

C’est l’accès aux écrans, et plus spécifiquement aux smartphones et autres objets connectés, qui doit être questionné. Juristes pour l’enfance préconise l’interdiction de la vente de smartphones et autres objets connectés à des mineurs en dessous d’un seuil d’âge à définir.

➡️Juristes pour l’enfance attire ensuite l’attention sur l’emploi inopportun du syntagme « majorité numérique ».

En effet, si l’enfant était « majeur numériquement », cela signifierait qu’il prendrait seul les décisions relatives à sa présence et son activité sur les réseaux sociaux, mais aussi qu’il en assumerait seul les conséquences. Or, tel n’est pas le cas. Ainsi, si un mineur doté d’une « majorité numérique » commettait un dommage civil ou une infraction pénale via le numérique, les titulaires de l’autorité parentale seraient solidairement responsables civilement du dommage causé et devraient indemniser les victimes du dommage civil ou de l’infraction pénale. Alors qu’un individu de 18 ans, parce qu’il est majeur, est seul civilement responsable de ses actes.

Il n’y a donc pas en réalité de « majorité numérique » et l’emploi de ce terme entraîne une confusion néfaste.

➡️Juristes pour l’enfance préconise de renforcer l’information, la sensibilisation et l’aide éducative aux parents plutôt que d’inscrire dans la loi de nouvelles mesures répressives à leur encontre.

Alors qu’un tiers des parents estiment ne pouvoir compter sur personne pour contribuer à leurs côtés à l’éducation de leurs enfants, ils doivent être encouragés et promus, notamment par les collectivités territoriales et les établissements scolaires, les mouvements et initiatives permettant aux parents d’être sensibilisés aux effets pervers des écrans, et d’être guidés pour résister à la pression du marché.

➡️Enfin, Juristes pour l’enfance rappelle que le respect du statut de minorité implique qu’il appartient aux adultes de protéger les enfants des dangers du numérique et non pas d’abord aux enfants de se protéger eux-mêmes. A cet effet, elle demande à l’Education nationale de sortir de l’injonction paradoxale consistant à mettre en garde contre la dépendance et les dangers du numérique d’un côté tout en incitant à cet usage de l’autre côté, et à mettre en place des mesures efficaces pour limiter les contraintes numériques pesant sur les élèves.

Faire venir le pape en France à l’occasion des célébrations du 6e centenaire de sainte Jeanne d’Arc entre 2029 et 2031

En ce jour anniversaire de sainte Jeanne d’Arc, née il y a 614 ans, le jour de la fête de l’épiphanie 1412, l’association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc annonce de nombreux projets, à la suite du pèlerinage pour le 6e centenaire des apparitions de saint Michel à Jeanne en septembre dernier.

Parmi eux, faire venir le pape en France à l’occasion des célébrations du 6e centenaire entre 2029 et 2031, ou redonner le nom de Jeanne à un bâtiment de la Marine nationale, ou encore restaurer partout en France des statues de Jeanne en partenariat avec SOS Calvaires !

Découvrez tous ces projets sur le nouveau site internet.

Le chanoine Roussel contre “L’Eglise des pauvres”

Dans la revue Una Voce, Eric Doutrebente revient sur la figure du chanoine Roussel, dont nous avons fêté le 40e anniversaire du rappel à Dieu (lire l’homélie du chanoine Guitard)

Vous pouvez commander ou vous abonner à Una Voce ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

“L’Union européenne est allemande, le courage est belge, la tactique est italienne, et la bêtise est française”

Editorial de Richard de Seze dans Politique Magazine :

Thierry Breton, le mois dernier, le 19 décembre, expliquait qu’Ursula von der Leyen avait tenté un coup de force pendant le Conseil européen du 18 décembre qui devait entériner l’accord sur le Mercosur. « C’est-à-dire qu’aujourd’hui, ce qui est clair, c’est qu’il y a eu un coup de force qui a été tenté au cours de ce conseil. »

Atteint d’une brusque crise de franchise dont il paraissait lui-même le premier surpris, l’ancien commissaire européen a aussi expliqué que les Allemands défendaient leurs propres intérêts, que le traité avait été très mal négocié : « [Ursula von der Leyen] a mal négocié ? – Mais bien entendu qu’elle a mal négocié. La Commission a très mal négocié. Si jamais ce n’était pas le cas, nous n’en serions pas à ce psychodrame encore hier soir, bien entendu. Mais parce qu’elle est très poussée – je suis également un fervent militant de l’axe franco-allemand – mais il faut dire les choses comme elles sont… – Les Allemands ont imposé leurs intérêts ? – Mais bien entendu, tout le monde le sait. »

Il a ajouté, pour faire bon poids, que les clauses miroirs ne serviraient à rien : « Les clauses miroirs existent pratiquement dans tous les accords. Mais elles sont très compliquées à mettre en œuvre. Nous les avons appliquées deux fois seulement depuis 2019. » J’avoue avoir considéré cela comme un cadeau de Noël : un ancien commissaire européen reconnaissant que l’Union européenne est aux mains des Allemands et que les mécanismes prétendument protecteurs ne protègent rien.

Évidemment, en France, tout le monde a expliqué que cette victoire était celle d’Emmanuel Macron. En Italie, tout le monde s’accordait à y voir celle de Giorgia Meloni, en Italie comme dans le reste du monde. De même, on a salué le Premier ministre belge Bart De Wever, qui a résisté à la pression allemande visant à confisquer les avoirs russes détenus en Belgique. « Même pendant la Seconde Guerre mondiale, on n’a pas confisqué l’argent de l’Allemagne », a-t-il rappelé.

Le point commun entre Meloni et De Wever ? Ils sont eurosceptiques, patriotes et réalistes. Ils savent partager ponctuellement les positions françaises, mais ils savent surtout être intraitables avec le nouveau Reich et ne pas sacrifier l’intérêt national à la construction européenne. Contrairement à la France, qui déteste se retrouver seule, même lorsqu’elle a raison, et choisit toujours l’Union européenne contre elle-même.

Vous me pardonnerez d’écrire « France » là où il faudrait écrire « Macron ». Lorsqu’il adopte une position conforme aux intérêts français, il y a toujours lieu de se méfier ou de considérer qu’il y est contraint. Ainsi lorsqu’il déclare qu’il redeviendrait utile de parler à Vladimir Poutine : s’il le pense, c’est parce qu’il a constaté que d’autres parlent déjà à Poutine, et qu’il devient saugrenu de se taire quand tout le monde cause.

Il lui arrive cependant de ne rien dire. La France était absente lorsque dix-neuf pays européens ont demandé à la Commission de financer des « hubs de retour », c’est-à-dire des structures pour renvoyer les immigrés chez eux ou dans des pays tiers. L’immigration n’est manifestement pas un problème français. Le vrai problème serait la radicalisation des catholiques en prison, selon certaines chroniques médiatiques, et le terrorisme de l’ultra-droite, selon LFI. Voilà donc : l’Union européenne est allemande, le courage est belge, la tactique est italienne, et la bêtise est française.

Consistoire : une lettre aux cardinaux en faveur d’une solution pour la messe traditionnelle

Alors que la liturgie figure à l’ordre du jour du consistoire extraordinaire des cardinaux convoqué cette semaine par le pape Léon XIV, le Père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, a adressé aux membres du Sacré Collège une lettre proposant une nouvelle voie pour l’ancien rite romain dans l’Église catholique.

Publiée exclusivement par Diane Montagna en français et en traduction anglaise, cette lettre datée du 24 décembre vise à ouvrir un dialogue constructif et à fournir un cadre pastoral stable aux communautés et aux fidèles attachés à la liturgie romaine traditionnelle.

Cette lettre fut envoyée par courrier à quinze cardinaux reconnus pour leur attachement à la liturgie traditionnelle, et par courriel à une centaine d’autresElle propose notamment la création d’une juridiction ecclésiastique – inspirée du modèle des ordinariats militaires – dédiée au vetus ordo, offrant une structure canonique respectueuse de la tradition et de la communion avec le Saint-Siège.

Le père de Blignières, âgé de 76 ans, est largement reconnu pour son autorité morale considérable et sa vaste expérience au sein du mouvement traditionalisteEn 1988, suite aux consécrations épiscopales illicites de l’archevêque Marcel Lefebvre, il figurait parmi les membres du clergé qui ont dialogué avec le pape Jean-Paul II, contribuant aux discussions qui ont abouti à la création de la Commission pontificale Ecclesia Dei, chargéede réconcilier les groupes attachés au rite traditionnel. Il a été prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier depuis sa fondation en 1979 jusqu’en 2011, puis de nouveau de 2017 à 2023, dirigeant la communauté pendant plus de trois décennies sur deux mandats.

L’idée d’une juridiction ecclésiastique dédiée au rite ancien n’est pas nouvelle et fait l’objet de discussions depuis une dizaine d’années, notamment au sein des communautés traditionalistes françaises. Ces débats ont toutefois été largement mis en suspens après le motu proprio Traditionis Custodes.

La « réforme de la réforme », prônée par Joseph Ratzinger, est déjà en marche

Lors du prochain consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier, la liturgie sera également abordée, et les pensées se tournent instinctivement vers Benoît XVI. Un héritage vivant et une proposition – celle de la « réforme de la réforme » – toujours d’actualité car fondée sur la redécouverte du sacré dans les cœurs qui reconnaissent la primauté de Dieu, explique Mgr Nicola Bux, théologien et ancien consultant de la Congrégation pour le Culte Divin sous le pontificat de Ratzinger, au journal La Bussola :

Pour Mgr Bux, lorsqu’on parle de Benoît XVI, il est presque inévitable d’évoquer la liturgie. Pourquoi occupe-t-elle une place si centrale dans son œuvre et sa spiritualité ?

Certains liturgistes, peu soucieux du fondement dogmatique de la liturgie, n’ont pas reconnu l’expertise de Ratzinger en la matière. Pourtant, ses écrits révèlent que sa critique de la liturgie moderne repose sur une théologie fondamentale et dogmatique réfléchie et cohérente, incluant l’ecclésiologie et l’œcuménisme. Le problème est que ces critiques sont compromises par la conviction, pas toujours exprimée, que la liturgie est le domaine exclusif de l’homme. Devenu pape, avec le motu proprio Summorum Pontificum et l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, il a démontré la nécessité de repenser la liturgie comme l’acte qui exprime la primauté à rendre à Dieu. Une de ses affirmations clés : « Dans l’histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous aussi… » est un avertissement aux deux camps : il est temps de retrouver l’équilibre. Benoît XVI avait constaté que la forme extraordinaire du rite romain suscitait des vocations et des énergies vives ; c’est pourquoi il s’est attaché à démontrer sa valeur historique, théologique et pastorale pour la paix et l’unité de l’Église. Voici le premier signe de la sainteté de Joseph Ratzinger.

Comment pouvons-nous (du moins pour l’instant) comprendre cette sainteté ?

Sanctus, en latin, signifie « séparé du monde », non soumis à la mentalité du siècle présent, comme le rappelle l’Apôtre. Et Benoît XVI n’a pas craint, de son vivant, ceux qui l’accusaient d’avoir été progressiste puis restaurationniste : sa pensée était attentive à la vérité et indépendante des modes, jusqu’à dénoncer la dictature du relativisme. Sa mort a entraîné un durcissement et une accélération d’un certain « agenda » au sein de l’Église, qui aurait impliqué l’interdiction de la liturgie selon le Vetus Ordo . Mais les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes : ils sont impuissants face à une œuvre divine. Il arrive que de nombreux prêtres, à travers le monde, malgré les restrictions, célèbrent la messe selon le Vetus Ordo. Apprenez à célébrer la messe ordinaire avec dévotion et rigueur. Ainsi, la « réforme de la réforme », prônée par Joseph Ratzinger, est déjà en marche.

Dès lors, la proposition de Ratzinger pour une « réforme de la réforme » n’est-elle pas abandonnée ?

La démission de Benoît XVI a amené beaucoup à se demander si cette « réforme de la réforme » n’a pas, à présent, perdu de son élan. En réalité, la publication du volume 11 de son Opera Omnia – Théologie de la liturgie – ne clôt pas le débat sur la réforme liturgique et son application, mais l’élargit irréversiblement. En tant que théologien et cardinal, il avait qualifié les liturgies actuelles de « vaine danse autour du veau d’or que nous sommes ». Il a réitéré cette idée lors de sa méditation sur le Chemin de Croix pendant la Semaine sainte 2005. Trois semaines plus tard, il était élu pape. Un signe ! Mais, sur ce point, il s’était déjà exprimé : « Je suis convaincu que la crise ecclésiale que nous traversons aujourd’hui est largement due à l’effondrement de la liturgie, parfois même conçue comme un abandon de Dieu : comme si la présence de Dieu en elle, sa parole et son écoute n’avaient plus d’importance » ( Ma Vie ). En tant que pape, il ne semble pas avoir été en mesure ou disposé à innover radicalement ; de plus, il n’avait pas caché sa conviction que les changements constants, même ceux qui ramènent à la tradition, peuvent être véritablement destructeurs.

En pratique, une redécouverte patiente plutôt qu’une nouvelle révolution ?

Joseph Ratzinger participa au mouvement liturgique, tel que Guardini et nombre de penseurs de sa génération l’entendaient, mais, en tant qu’expert au Concile, il déplorait la rhétorique de l’impatience et du discrédit qui mettait davantage en lumière les problèmes de la liturgie que ses réussites. Il ne visait donc pas un changement fondamental, mais une restauration attentive. Il se trouva alors confronté à une révolution liturgique qui abolissait le latin, et avec lui mille ans de musique liturgique. D’autres changements suivirent, qui lui apparurent comme une incompréhension fondamentale de la nature de la liturgie : notamment, les formules de prière improvisées et la position du prêtre « face au peuple » pendant la messe, tout sauf une introduction au Mystère.

La liturgie figure également parmi les sujets à l’ordre du jour du consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier. Dans quelle mesure l’héritage de Joseph Ratzinger permettra-t-il de recentrer le débat et de dépasser les clivages humains ?

L’héritage de Benoît XVI réside dans le fait que le quatrième point de l’ordre du jour du consistoire (« Réflexion historique, théologique et pastorale sur la liturgie pour préserver la saine tradition tout en ouvrant la voie à un progrès légitime ») ne peut ignorer la nature même de la liturgie, qui relève de la relation à Dieu, du sacré, lequel renaît sans cesse dans les cœurs, donnant l’impulsion à une « réforme dans la continuité de l’unique sujet, l’Église », comme il l’a déclaré le 22 décembre 2005 dans son célèbre discours à la Curie romaine. Avec Summorum Pontificum , Benoît XVI ne voulait pas seulement résoudre la question juridique de l’ancien Missel romain, mais aussi soulever la question de l’essence même de la liturgie et de sa place dans l’Église. Ce qui est en jeu, c’est la primauté de Dieu, et donc la foi : le véritable renouveau de la liturgie en dépend, lequel est la condition fondamentale du renouveau de l’Église.

Dès lors, peut-on parler de réforme authentique sans conversion ?

Interrogé sur le point de départ de la « réforme de la réforme », Ratzinger répondit : « Par la présence du sacré dans les cœurs, par la liturgie et son mystère. Car nous sommes toujours confrontés à l’excès de mystère : “La liturgie qui a perdu son caractère de mystère et sa dimension cosmique finit par engendrer non pas une réforme, mais une déformation de la liturgie.” Il affirma que « au milieu de toutes les controverses, un profond désaccord est apparu quant à l’essence de la célébration liturgique (…). Les concepts dominants de la nouvelle vision de la liturgie peuvent se résumer aux mots clés “créativité”, “liberté”, “célébration”, “communauté”. » Dans cette perspective, les notions de « rite », d’« obligation », d’« intériorité » et d’« ordonnance de l’Église universelle » apparaissent comme des concepts négatifs, décrivant la situation qu’il faut dépasser dans l’« ancienne » liturgie. Ainsi, il rappelle saint Cyprien, qui affirmait : « Les paroles et la posture de la prière s’accompagnent d’une discipline qui inclut un respect calme et profond. Nous devons nous souvenir que nous sommes sous le regard de Dieu. »

Nouvelles restrictions pour France Télévisions

Le groupe audiovisuel public a annoncé une réduction de ses dépenses d’environ 60 millions d’euros, une mesure qui concernera l’ensemble des secteurs, sport compris. Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et des programmes et numéro deux du groupe, explique :

“Nous allons réduire nos dépenses d’environ 60 millions d’euros. Tous les genres seront touchés sans exception”.

Plusieurs tournages de téléfilms et de séries ont déjà été mis en pause, dans l’attente de décisions définitives ou de réaménagements financiers.

Certaines émissions ont déjà disparu de la grille, comme Cuisine ouverte, dont l’arrêt avait été évoqué précédemment.

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