La rédaction de France info va-t-elle céder aux oukases de la France insoumise ?
Marc Eynaud, journaliste de Valeurs Actuelles, intervient depuis deux ans sur France Info. Mais en cette rentrée, les bolchéviques de Mélenchon souhaitent réaliser une purge :

Marc Eynaud a répondu :
Bonjour Manuel Bompard,
Il est de coutume, lorsque naît une telle polémique, de ne pas répondre. D’abord parce que, on ne va pas faire semblant, j’ai bien compris que celle-ci ne me concerne pas dans le fond. Ce que vous et vos militants faites, en réalité, n’est qu’une manœuvre d’intimidation à l’encontre du service public.
Après avoir milité pour fermer une chaîne de télévision, vous voilà déterminé à ce qu’aucune prise de parole hostile à votre ligne n’ait l’outrecuidance de s’exprimer sur un service public que vous considérez, paradoxe intéressant, comme intellectuellement privatisé à votre profit.
Vous ne discutez pas mes propos : vous interpellez les rédactions du service public afin qu’elles cessent de m’y donner la parole. Cela porte un nom assez simple : une tentative d’intimidation.
Pour revenir à France Info, j’ai pu lire çà et là que j’étais invité à titre « d’éditorialiste » à partir de la rentrée. En réalité, cela fait deux ans que j’interviens régulièrement sur cette antenne en tant que journaliste politique. Et c’est à ce titre de journaliste politique que j’ai évoqué sur France Info les conséquences politiques de la position sur le voile tenue par le Rassemblement national.
Je ne vous rappelle pas la position de Mélenchon à ce sujet il n’y a pas si longtemps… Vous la connaissez très bien. Je ne quantifierai pas non plus la somme de vos renoncements à gauche. Charlie Hebdo et d’autres le font très bien.
Sur le fond, même si je sais bien que vous vous en moquez, j’ai déclaré qu’il ne pouvait y avoir d’équivalence entre le voile et les autres signes comme la croix et la kippa. Parce que le premier est utilisé depuis des décennies comme un instrument de conquête par des groupes islamistes comme les Frères musulmans.
Je vais laisser ce grand militant décolonial qu’est Nasser vous expliquer.dailymotion.com/video/x4682jt
Ensuite, à moins qu’un pan entier de notre histoire contemporaine m’ait échappé, je n’ai vu naître en France aucun projet séparatiste se réclamant du Christ ou de Yahvé, pas davantage d’attentats sanglants commis en leur nom. J’observe en revanche que les juifs et les chrétiens ont été des cibles privilégiées du terrorisme islamiste que vous avez tant de mal à nommer.
Vous avez également évoqué la condamnation judiciaire de Valeurs actuelles. Elle existe. Mais soyons exhaustifs, si vous le voulez bien. Car je n’oublie pas, et les Français non plus, que La France insoumise a, au mieux, excusé, au pire, encouragé pendant des jours entiers les émeutes qui ont ravagé la France autour de la mort du jeune Nahel. Avez-vous présenté vos excuses ?
Je n’oublie pas non plus que deux collaborateurs ou anciens collaborateurs de votre député de Vaucluse ont été mis en examen dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque. Tous deux étaient liés à la Jeune Garde, organisation dont Raphaël Arnault fut l’un des fondateurs et le porte-parole pendant plusieurs années. Une cause en lien avec sa condamnation à de la prison avec sursis avant son investiture par votre parti.
Je pourrais aussi évoquer Adrien Quatennens, Sébastien Delogu, Andy Kerbrat, Jean-Luc Mélenchon… Bref, si vous voulez entrer dans le débat judiciaire, prenez des bottes. La boue, ça colle.
On a bien compris votre jeu et l’effet de meute. On a bien compris votre stratégie. C’est d’ailleurs tout à votre honneur : elle est limpide.
Vous n’ignorez pas que les accusations d’islamophobie et de fascisme sont des cibles. Vous savez qu’elles ont conduit à la mort de Samuel Paty et de Quentin Deranque. Mais tout est bon pour gratter quelques dizaines de milliers de voix de plus.
Il y aurait tant de débats à avoir. Sur le voile, certes, mais aussi sur le social, l’éducation, l’Histoire et les idées. Sur nos modèles de société antagonistes. Sur nos références. Sur les différentes émanations du trotskisme. Sur le totalitarisme. Sur la révolution et la contre-révolution. Alors on débattra. Avec vous idéalement. Malgré vous s’il le faut. Parce que j’ai une bien plus haute idée du journalisme que celle que vous avez visiblement de la politique.
L’UE prise au piège de sa crise énergétique
Raphaëlle Auclert, docteur en études russes et enseignante-chercheuse à l’ICES, a traduit un article de Nikola Jović, enseignant-chercheur en sciences politiques et relations internationales à l’université de Belgrade et membre du think tank Sovereignty (https://sovereignty.com.br):

L’Union européenne est passée d’une crise à une autre. De manière irréfléchie, elle a désigné pour ennemi stratégique son principal fournisseur d’énergie. La détérioration de ses relations avec la Russie a contraint l’UE à faire des économies d’énergie, à recourir temporairement au charbon, à diversifier ses approvisionnements en gaz, en pétrole et en GNL, et à payer des prix nettement plus élevés. Parallèlement, elle est devenue de plus en plus dépendante de fournisseurs dont elle ne pourra sans doute pas se désolidariser aussi facilement qu’elle ne l’a fait avec la Russie, notamment les États-Unis.
Ces développements sont pour beaucoup une conséquence de la guerre en Ukraine qui, depuis 2014, a régulièrement alimenté les craintes d’une confrontation plus large, compte tenu du nombre d’acteurs qui y sont impliqués, directement ou indirectement. À mesure que le conflit s’est intensifié, l’UE a redoublé d’efforts pour rompre ses liens économiques et politiques avec la Russie. La coopération énergétique était alors le cœur de cette relation.
Bien que l’arrangement ait profité aux deux parties, le déséquilibre était évident dès le départ : l’UE avait davantage besoin de l’énergie russe que la Russie n’avait besoin du marché européen. Les dernières années ont confirmé ce constat :La Russie a mieux réussi à trouver des marchés alternatifs pour ses exportations d’énergie que l’UE à remplacer les approvisionnements russes.
La Russie conquiert de nouveaux marchés
Le changement le plus significatif s’est produit dans le secteur pétrolier. En 2020, l’Europe absorbait 51 % des exportations russes de pétrole brut et de condensats ; en 2024, sa part était tombée à 12 %. Sur la même période, l’Asie et l’Océanie ont vu leur part des exportations russes passer de 41 % à 81 %.[1]
Les produits dérivés du pétrole (notamment le gazole, le fioul, le naphta, l’essence et autres produits de raffinage) ont été réorientés différemment du pétrole brut. Dans cette catégorie, c’est la Turquie qui s’est imposée comme le principal acheteur.
La répartition des exportations russes de produits dérivés du pétrole est la suivante : la Turquie représentait 25 %, la Chine 12 %, le Brésil 11 % et les autres acheteurs les 52 % restants. Les données de la CREA (Center for Research on Energy and clean Air) couvrant la période allant jusqu’à la fin 2024 montrent que la Turquie, à elle seule, a acheté environ un quart des exportations russes de produits dérivés du pétrole, tandis que la Chine et le Brésil sont devenus les deux marchés suivants les plus importants.[2]
Cette question est également cruciale pour l’UE. Une partie du pétrole brut russe est raffinée en Inde, en Turquie et dans d’autres pays tiers. Une fois transformés, ces produits peuvent légalement entrer sur le marché européen s’ils ne sont plus considérés comme d’origine russe. Cela ne signifie pas nécessairement que l’UE achète directement du diesel russe. Toutefois, cela illustre comment les circuits mondiaux de raffinage et de commerce modifient indirectement les flux d’approvisionnement. En pratique, de nombreux éléments indiquent que le pétrole brut d’origine russe continue d’être acheminé vers les consommateurs européens via un traitement dans des pays tiers, souvent à un prix plus élevé.[3]
Concernant le charbon, l’UE a interdit les importations de charbon russe en août 2022. La plupart des exportations concernées ont été réorientées vers l’Asie et la Turquie. La répartition des exportations de charbon russe est la suivante : la Chine représente 46 %, l’Inde 17 %, la Turquie 10 %, la Corée du Sud 10 %, Taïwan 5 % et les autres acheteurs 12 %. Ces chiffres sont cumulatifs du 5 décembre 2022 à fin 2024. Les statistiques indépendantes de l’EIA (US Energy Information Administration) pour 2024 confirment cette tendance : la Chine a reçu un peu plus de la moitié des exportations de charbon russe, tandis que l’Europe n’en a reçu que 13 %, presque intégralement à destination de la Turquie, pays hors UE.[4]
La Chine est ainsi devenue le principal substitut au marché européen, tandis que l’Inde, la Corée du Sud et la Turquie constituent un second groupe d’acheteurs importants.
Sur le GNL, une position ambiguë
La question du gaz naturel illustre particulièrement bien la position contradictoire de l’UE. Tout en limitant les importations de plusieurs produits énergétiques russes, l’UE a continué – quoique dans une moindre mesure – d’importer du GNL russe.
En 2024, l’Europe est restée la première destination du GNL russe. L’Europe a représenté 52 % des exportations, l’Asie 45 %, la Turquie environ 1 % et les destinations inconnues ou autres environ 1 %. La Russie a exporté un volume record de 33,6 millions de tonnes de GNL en 2024. L’Europe en a acheté environ 17,4 millions de tonnes, tandis que l’Asie en a acheté environ 15,2 millions de tonnes. En Asie, les principaux acheteurs étaient la Chine, avec environ 7 millions de tonnes, et le Japon, avec environ 5,7 millions de tonnes.[5]
Concernant les livraisons par gazoduc, la Chine est devenue le principal moteur de croissance. Les livraisons russes à la Chine sont passées de 0,34 milliard de pieds cubes par jour en 2020 à 2,99 milliards de pieds cubes par jour en 2024.
Toutefois, cela ne compense pas intégralement la perte du marché ouest-européen, que ce soit en termes de volume ou d’infrastructures. La Turquie, quant à elle, a reçu environ 2,03 milliards de pieds cubes par jour de gazoduc russe en 2024.
En résumé, la Russie a largement réorienté ses exportations de pétrole et de charbon vers l’Asie, principalement vers la Chine et l’Inde. Sur le marché des produits pétroliers, la Turquie est devenue la destination centrale. Concernant le gaz, en revanche, cette réorientation reste limitée : l’UE demeure un acheteur important de GNL russe et de gazoduc résiduel, tandis que la Chine, bien que son marché soit en croissance, n’a pas encore totalement remplacé l’Europe.
Les nouveaux fournisseurs de l’UE
Dans quelle mesure l’UE s’est-elle adaptée à la situation engendrée par ses sanctions contre la Russie ? La réponse dépend des critères retenus. L’UE a diversifié ses voies d’approvisionnement et réduit sa dépendance directe à l’égard de la Russie, mais à un coût économique considérable.
Jusqu’en 2021, la Russie était le principal fournisseur d’énergie extérieur de l’Union europénne :
– Gaz naturel : La Russie représentait 45 % des importations de gaz de l’UE, soit environ 152 milliards de mètres cubes en 2021. La majeure partie des approvisionnements arrivait par gazoduc, et la dépendance était particulièrement forte en Europe centrale et orientale.
– Pétrole brut : La Russie fournissait 27 % des importations de pétrole brut de l’UE début 2022. D’importants volumes arrivaient par voie maritime et par l’oléoduc Droujba.
– Charbon : La Russie était un fournisseur important jusqu’en 2022, bien que le charbon soit plus facilement remplaçable sur le marché mondial que le gazoduc.[6]
Ce modèle était économiquement viable. Il reposait sur des infrastructures de gazoducs existantes, des contrats à long terme et un gaz russe relativement bon marché. Cependant, il engendrait un risque de concentration : une perturbation impliquant un seul fournisseur majeur pouvait affecter l’ensemble du système énergétique européen. C’est précisément ce qui s’est produit après 2022. Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, à l’imposition de sanctions, aux perturbations des approvisionnements et à la baisse des livraisons russes, l’UE a mis en œuvre la stratégie REPowerEU. Celle-ci privilégiait les économies d’énergie, l’accélération du développement des énergies renouvelables, le remplissage des installations de stockage de gaz et la diversification des importations d’énergie. Les conséquences ont été importantes :
Les importations de gaz russe ont chuté de 152 milliards de mètres cubes en 2021 à environ 52 milliards de mètres cubes en 2024, réduisant ainsi la part de la Russie de 45 % à 19 % des importations totales de gaz de l’UE.[7] Selon les dernières estimations de la Commission, les importations de gaz russe devraient encore diminuer pour atteindre 36 milliards de mètres cubes en 2025, soit 12 % des importations totales. Les approvisionnements russes en gazoduc ont chuté de 137 milliards de mètres cubes (Gmc) en 2021 à 18 Gmc en 2025.[8]
Les importations russes de pétrole ont diminué, passant de 27 % à environ 3 % en 2024, puis à 2 % en 2025. Les flux restants se sont concentrés sur un petit nombre de pays et des itinéraires spécifiques.[9]
Le charbon russe a été de facto exclu du mix énergétique de l’UE suite à l’embargo sur les importations instauré en 2022.[10]
Nouvelles sources et structures
Le gaz russe n’a pas été remplacé par un seul fournisseur, mais par un portefeuille de sources plus diversifié.
La Norvège est devenue le principal fournisseur de gaz par gazoduc de l’UE, représentant 45,6 % des importations de gaz naturel de l’UE en 2024. L’Algérie se classe deuxième, avec 19,3 %.
Les États-Unis sont devenus un fournisseur clé de GNL. En 2024, ils représentaient 45,3 % des importations de GNL de l’UE.[11]
La Russie est cependant restée le deuxième fournisseur de GNL de l’UE en 2024, avec une part de marché de 17,5 %. Cela démontre que la réduction de la dépendance au gaz par gazoduc russe n’a pas entraîné automatiquement la disparition immédiate du GNL russe du marché européen.
Dans le secteur pétrolier, les barils russes ont été remplacés par une augmentation des importations en provenance des États-Unis, de Norvège, du Kazakhstan, du Moyen-Orient et d’Afrique de l’Ouest. Le pétrole est plus facile à réorienter que le gaz car il peut être transporté par voie maritime et commercialisé sur un marché mondial. La diversification était donc techniquement plus simple, même si elle s’est souvent avérée plus coûteuse.
Analyse d’impact
L’UE a renforcé sa sécurité énergétique en réduisant sa dépendance à un fournisseur unique et en position dominante. Cependant, cela a engendré une autre forme de vulnérabilité : une plus grande dépendance au marché mondial du GNL, aux terminaux d’importation, aux routes maritimes et à la volatilité des prix internationaux. Ces marchés sont généralement moins prévisibles que les contrats de transport par gazoduc à long terme.
La conséquence la plus immédiate a été le choc des prix de 2022-2023, qui a exercé une pression considérable sur les ménages et les industries énergivores. À plus long terme, l’UE vise non seulement à remplacer le gaz russe par des importations alternatives, mais aussi à réduire la consommation totale de gaz fossile grâce à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables, à l’électrification et au biométhane.
Et après ? inquiétudes à l’approche de l’hiver
L’UE s’est engagée juridiquement à supprimer progressivement et totalement ses importations de gaz russe. Le GNL russe devrait être éliminé d’ici fin 2026, tandis que les importations restantes de gazoduc devraient cesser au plus tard à l’automne 2027. L’UE vise également à éliminer les dernières importations de pétrole russe d’ici fin 2027, exigeant des pays importateurs qu’ils élaborent des plans de diversification.
Cependant, alors que l’été – particulièrement chaud cette année – touche à sa fin et que l’hiver approche, des inquiétudes refont surface quant à la suffisance des réserves énergétiques de l’UE pour les mois les plus froids. Muriel Motte, journaliste au service économique, déclarait à ce propos : « Selon les données de Data Gaz, le taux de remplissage des installations de stockage de gaz françaises est d’environ 64,5 %, et de 61,6 % dans l’Union européenne. C’est un niveau historiquement bas pour cette période de l’année. Le taux de remplissage à la même date l’an dernier était de 74 % au niveau européen et de 81,7 % en France. Même en 2021, lorsque Gazprom avait volontairement omis de remplir ses installations de stockage, le taux était plus élevé (les installations européennes étaient remplies à 63 % le 19 août 2021, contre 61,6 % cette année). Les opérateurs ont jusqu’à fin octobre pour remplir leurs installations. Théoriquement, nous sommes dans la période la plus active pour le faire. Or, ce n’est pas le cas. »[12]
Malgré ces chiffres peu rassurants, l’UE affiche un optimisme ostentatoire. Selon la porte-parole de la Commission européenne, Eva Hrcinová, « tout se passe bien ». Mais tous les États membres ne partagent pas sa confiance.[13]
Conclusion et recommandations
En définitive, la politique de réduction des liens énergétiques avec la Russie a peut-être produit des résultats géopolitiques immédiats, mais ses conséquences à long terme pour l’UE restent incertaines. Les ressources énergétiques russes et l’infrastructure de gazoducs existante sont toujours là, dans l’attente d’un éventuel changement politique qui rouvrirait la perspective d’une coopération énergétique.
L’UE est passée d’un modèle où le gaz russe constituait la base de son système énergétique à un modèle reposant sur de multiples fournisseurs, le GNL et une consommation de gaz réduite. Ce modèle est plus résilient sur le plan géopolitique, mais il est en moyenne moins efficace commercialement et bien plus coûteux que le système antérieur à 2022.
Un tel changement peut se comprendre dans le contexte actuel. Cependant, des changements peuvent toujours arriver. L’UE et la Russie pourraient, en principe, redevenir des partenaires économiques, comme par le passé; même pendant la guerre froide, où les tensions politiques étaient souvent plus vives qu’aujourd’hui, il existait des échanges. À cette époque, la coopération énergétique reposait fréquemment sur une formule simple : énergie russe contre technologie européenne.
La question est de savoir ce qui fait obstacle à la reprise de telles relations. Une explication réside dans le rôle stratégique des États-Unis, qui ont peu d’intérêt à voir se développer un partenariat politique et économique étroit entre l’UE et la Russie. Dans cette perspective, un alignement durable UE-Russie pourrait affaiblir le rôle des États-Unis en tant que garant de la sécurité de l’Europe et marginaliser l’influence de Washington sur la politique européenne.
Les partisans de cette thèse affirment que les États-Unis ont intérêt à ce que l’Europe demeure stratégiquement dépendante de Washington et politiquement éloignée de Moscou. Quitte à ce que l’Europe se retrouve dans une situation des plus défavorables : confrontée à la Russie tout en devenant plus dépendante des États-Unis pour son énergie et sa sécurité.
La Russie a trouvé des moyens d’atténuer les effets des sanctions en réorientant ses exportations d’énergie et en développant ses relations commerciales avec les principales économies non occidentales. Parallèlement, les États-Unis ont continué de défendre leurs propres intérêts vis-à-vis de la Russie. Mais l’UE a en revanche supporté un lourd coût économique de cette confrontation.
La question centrale est de savoir si les pays européens trouveront la force politique et le leadership nécessaires pour éviter de devenir économiquement exsangues dans cette confrontation par procuration avec Moscou. De la réponse à cette question dépend rien de moins que la survie de l’Europe.
[1] https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=65885
[2] https://energyandcleanair.org/december-2024-monthly-analysis-of-russian-fossil-fuel-exports-and-sanctions/
[3] https://www.politico.eu/article/eu-vladimir-putin-russia-fuel-imports-india-war-in-ukraine-price-cap-sanction/
[4] https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=66044
[5]https://meduza.io/en/news/2025/01/28/russia-s-lng-exports-hit-record-high-in-2024-with-over-half-going-to-europe
[6] https://energy.ec.europa.eu/strategy/repowereu-phase-out-russian-energy-imports/repowereu-4-years_en
[7]https://energy.ec.europa.eu/news/repowereu-3-years-commission-takes-stock-progress-phase-out-russian-fossil-fuels-2025-05-16_en
[8] https://energy.ec.europa.eu/strategy/repowereu-phase-out-russian-energy-imports/repowereu-4-years_en
[9] Ibid.
[10] Ibid.
[11]https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=EU_imports_of_energy_products_-_latest_developments
[12]https://www.lopinion.fr/economie/il-ne-faut-pas-craindre-une-penurie-de-gaz-mais-une-hausse-des-prix?utm_medium=reload2
[13] https://audiovisual.ec.europa.eu/en/media/video/I-293457
Calomnies
Un jugement de la Cour supérieure du Québec, au Canada, établit que le cardinal Ouellet a été «faussement accusé» d’agression sexuelle dans le cadre d’un recours collectif contre l’archidiocèse de Québec. Il recevra 100 000 dollars de dommages et intérêts, somme qui sera reversée à des organisations luttant contre les abus sexuels subis par les populations autochtones.
«Victime de diffamation et de calomnie», le cardinal canadien Marc Ouellet, préfet émérite du Dicastère pour les évêques, remporte son procès contre Paméla Groleau, la femme qui l’avait «faussement accusé d’agression sexuelle dans le cadre d’un recours collectif contre l’archidiocèse de Québec». Le juge Martin Castonguay a conclu que ces accusations étaient sans fondement et a condamné la plaignante à verser au cardinal la totalité de la somme qu’il avait réclamée. Une somme que, comme l’indique Mgr Ouellet lui-même dans un communiqué publié ces dernières heures, il s’engage à reverser «à des organisations qui luttent contre les abus sexuels subis par les populations autochtones au Canada».
Dans ce même document, le cardinal affirme prendre acte «avec gratitude que la justice civile de mon pays a reconnu que les accusations d’agression sexuelle portées contre moi étaient fausses et formulées avec “une imprudence extrême, équivalant à de la malveillance”, et que la personne en question est tenue pour responsable des “affirmations diffamatoires” et calomnieuses dirigées contre moi et largement diffusées à l’échelle mondiale» .
L’affaire remonte au mois d’août 2022. Paméla Groleau, ancienne assistante pastorale laïque, avait accusé le cardinal d’actes commis entre 2008 et 2010. Dans le jugement rendu hier – issu du procès qui s’est tenu à Montréal en mars 2026 –, le tribunal a relevé des incohérences dans la version des faits fournie par Mme Groleau et en a mis en doute la crédibilité et la fiabilité. Dans ce même dispositif, il est souligné que «le cœur de l’action collective repose sur le vécu de sept enfants victimes de religieux pédophiles, durant une période sombre de l’histoire du Québec, lorsque les religieux contrôlaient le système éducatif». «Il s’agit – peut-on lire – d’une infamie dont se plaint le cardinal Ouellet, à savoir celle d’avoir été associé à des pédophiles dans le cadre des procédures relatives à l’action collective».
Cette information fera-t-elle autant de bruit médiatique que l’accusation initiale?
CEDH : la Turquie pourrait ouvrir le bal d’un bouleversement politique majeur
La semaine dernière, la Cour européenne des droits de l’homme a de nouveau condamné la Turquie, réclamant la libération immédiate du philanthrope Osman Kavala, emprisonné depuis 2017. Ankara a fait fi des arrêts rendus précédemment dans cette affaire.
L’entourage du président Erdoğan envisage un retrait du pays de la Convention européenne des droits de l’homme.
Sainte Douceline, patronne de Hyères
L’Église de Provence fait mémoire aujourd’hui, 1er septembre, de sainte Douceline, morte à Marseille en 1274. C’est à Hyères, au bord du Roubaud, qu’elle avait rassemblé vers 1240 les premières béguines de Provence. Elle est la patronne des Hyérois — et elle sortait cet été du bloc, dans la cour de l’atelier.
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Il n’existait d’elle aucune représentation sculptée. Le travail n’a donc pas été de lui inventer un visage, mais de lui trouver un caractère : la douceur qui lui a donné son nom, et la fermeté d’une femme qui rassemblait ses filles sans autre règle que la charité. Elle tient la croix d’une main, la corbeille des pauvres de l’autre, sous le voile des béguines et la cordelière franciscaine.
C’est un travail que l’atelier aime entre tous. Beaucoup de saints n’ont plus d’image : le patron d’une paroisse, le fondateur d’une communauté, celui dont on porte le nom sans jamais avoir vu son visage. Leur rendre une figure et la tailler dans la pierre, c’est rendre à un lieu, ou à une famille, ce qui n’appartient qu’à eux.
| → Découvrir les réalisations de l’atelier |
Si un saint vous tient à cœur et attend encore son image, mon ciseau est à son service.
Pour supprimer l’école libre, les franc-maçons devront trouver quelques milliards
Tandis que le Grand-Orient de France menace l’école libre, la Fondation pour l’école rappelle que l’Etat économise chaque année 10,7 milliards d’€ grâce à l’école privée (sous contrat et hors contrat).

Le budget de l’Education nationale aurait du mal à l’absorber : c’est déjà le premier budget de l’Etat avec 89.6 millions d’euros – dont 28% sont affectés au seul versement des retraites ! L’école privée, elle, qui scolarise plus de 17% des élèves, ne représente que 9.9% de ce budget. Sans compter que le coût annuel d’un élève pour l’Etat y est plus faible, voire inexistant dans le cas du privé hors contrat !
Mais la question du coût de l’école n’est pas le seul sujet urgent qui attende le futur Président en 2027. En effet, les dossiers sont nombreux :
- Rupture de confiance entre les Français et leur école : périscolaire, harcèlement, réformes qui n’aboutissent pas… 2 Français sur 3 attendent une meilleure communication entre les parents et l’école, sur ces sujets et sur les autres.
- Fracture territoriale entre les banlieues et la ruralité : les fermetures de classe viennent accentuer la désertification scolaire dans les zones rurales, tandis que les milliards dépenses en banlieue peinent à produire les effets escomptés.
- Baisse démographique et essor des écoles libres : malgré la baisse démographique, les écoles libres continuent elles de se développer, mais sont strictement contrôlées par l’administration qui les perçoit avec méfiance. 4878 classes sont fermées en cette rentrée dans les écoles publiques et sous contrat. Face à cela, 51 écoles libres ou 358 classes ont ouvertes en 2026.
Plutôt que d’entrer en guerre scolaire, la Fondation pour l’école fait 15 propositions :

Numérique et protection des mineurs : appel de Juristes pour l’enfance à une régulation de l’accès aux objets connectés
Communiqué de Juristes pour l’enfance :
Le 14 août dernier, le Conseil Constitutionnel a censuré la majeure partie des dispositions de la loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux.
Fruit d’âpres négociations entre les deux chambres, la proposition de loi avait reçu le feu vert de Bruxelles au mois de juillet avant son adoption par les deux chambres le 21 juillet 2026.
Juristes pour l’enfance avait fait part de ses réserves sur la proposition de loi à plusieurs reprises ; auprès de la députée Laure Miller, auprès de la ministre déléguée à l’intelligence artificielle et au numérique Madame Anne Le Henanff ainsi qu’auprès des membres de la Commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat.
Ce jour, nous avons réitéré par courrier auprès du Premier Ministre, de la Ministre déléguée à l’intelligence artificielle et au numérique, ainsi qu’auprès de Madame Laure Miller, la proposition que nous développons pour la protection des mineurs.
Juristes pour l’enfance préconise que ce soit l’accès aux smartphones et autres objets connectés, qui soit en priorité encadré s’agissant des mineurs, en réglementant la vente, l’offre et la cession de smartphones et autres objets connectés. Plus précisément nous préconisons l’interdiction de la vente, offre et cession pour les mineurs de 16 ans (c’est-à-dire de moins de 16 ans).
Les avantages de cette proposition sont nombreux :
1. Une composante majeure de la problématique « enfants et numérique » réside dans le fait qu’ils aient sur eux un objet leur permettant d’être en permanence connectés à internet, que ce soit par le moyen aujourd’hui d’un smartphone, d’une montre connectée, ou demain par d’autres outils (collier IA Friend etc.). L’interdiction de vente, offre et cession de smartphones et autres objets connectés aux mineurs de 16 ans limiterait grandement les risques et méfaits pour leur santé physique et mentale, en rendant impossible pendant une partie de la journée l’utilisation des offres liées à l’accès à internet ;
2. Pour autant, elle ne porterait pas atteinte à leur liberté d’expression et de communication, non plus qu’à l’autorité parentale puisque les mineurs pourraient bénéficier des services offerts par internet à leur domicile sur un ordinateur « classique » ;
3. Cette interdiction est juridiquement possible comme le sont les interdictions de vente ou d’offre gratuite d’autres biens (alcool, tabac, jeux d’argent…) à des mineurs ;
4. Elle ne porterait aucune atteinte aux droits des personnes non concernées (mineurs de 16 et 17 ans et personnes majeures) ;
5. Elle répondrait durablement et efficacement aux enjeux d’une utilisation raisonnée du numérique dans le cadre scolaire ;
6. Elle permettrait le respect de nombreux droits des mineurs ;
7. Les fabricants de téléphone pourraient développer et commercialiser des offres alternatives pour les mineurs de 16 ans qui, sans connexion à internet, pourraient néanmoins intégrer des fonctionnalités répondant à leurs besoins et à leurs attentes ;
8. Les acteurs du numérique resteraient entièrement responsables de se conformer aux exigences posées notamment par le Digital Services Act (DSA) européen pour protéger l’ensemble des mineurs.
La proposition de Juristes pour l’enfance est la plus à même de concilier l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant, de sa santé et de sa sécurité, avec la protection de la liberté d’expression et de communication, le respect de l’autorité parentale et le respect de la vie privée de l’ensemble des citoyens français.
Egalement elle respecte le champ de compétences de l’Union européenne.
Alors que l’extension de l’interdiction de l’utilisation des portables au lycée en cette rentrée de septembre 2026 montre à tous qu’il est impératif de préserver, pour les enfants, des temps et des espaces sans écran, nous appelons les décideurs publics à s’emparer de notre proposition pour protéger réellement les plus jeunes d’entre nous.
Incendies et destruction des talus
Du Dr Luc Siohan dans Les 4 Vérités :
Des incendies gigantesques ont ravagé plusieurs régions de France au mois de juillet. Selon les « experts », toutes les conditions étaient réunies pour que ce drame se produise. Ils les appellent les « Trois Trente »:
- Température supérieure à 30 degrés,
- Vitesse du vent supérieure à 30 km/h,
- Hygrométrie de la végétation inférieure à 30.
Dans l’état actuel de nos connaissances, nous sommes dans l’incapacité de maîtriser la température et la vitesse du vent. En revanche, nous pouvons agir pour maintenir toute l’année une hygrométrie élevée des sols et de la végétation, qui empêcherait les départs d’incendies, ou les ralentirait s’ils se déclenchent. Le moyen est simple; j’en ai longuement parlé dans les « 4 Vérités » (n° 1433 du 23 février 2024 et n° 1508 du 22 août 2025): les talus.
Les talus sont le SEUL moyen efficace pour réguler l’écoulement des eaux de pluie et neige. Ils maintiennent l’eau et la terre arable dans les champs. Ils empêchent donc la désertification des sols, et conservent la terre arable et la végétation humide toute l’année. Ils sont LA solution pour prévenir ou modérer les inondations et les incendies.
Avant le XXe siècle, plusieurs générations de nos ancêtres ont bâti sur le territoire de France plus de 700000 km de talus, avec seulement des pioches et des pelles. Ils ne l’ont pas fait pour le plaisir de se « tuer » à la tâche, mais pour maîtriser les caprices, parfois violents, de la nature. Dans les années 1950 et 1960, des idéologues « fous » ont mis en place une politique agricole insensée, visant à une production et un élevage intensifs. Ils n’ont pas pensé un seul instant que l’agriculture française ne pourrait pas très longtemps concurrencer l’Ukraine, la Chine ou le Brésil. Pour produire intensivement, ils ont fait abattre plus de 700 000 km de talus sur le territoire de France.
Ce fut un massacre écologique sans précédent:
- Plusieurs dizaines ou centaines de milliards de petits animaux qui trouvaient refuge dans cet extraordinaire écosystème des talus, ont été sacrifiés ;
- Les eaux de pluie n’étant plus retenues, ont emporté la terre arable, et provoqué des crues et inondations dévastatrices ;
- Les sols se sont érodés ;
- Les nappes phréatiques se sont asséchées ;
- Puis les sols et la végétation se sont desséchés, préparant les conditions favorables à des incendies destructeurs.
Le bilan annuel du cycle de l’eau en France fait apparaître que:
- 500 milliards de m3 d’eau sont apportés par la pluie et la neige;
- Plus de 300 milliards de m3 d’eau s’évaporent;
- Plus de 170 milliards de m3 d’eau s’écoulent vers la mer.
À l’évidence, la priorité est donc de tout faire pour maintenir dans les champs la plus grande part possible de ces 170 milliards de m3 d’eau. Et le seul moyen d’y parvenir, c’est de rebâtir des talus, intelligemment, en privilégiant les talus perpendiculaires à la pente des champs. En quelques années, les talus régleront tous les problèmes : la terre arable, l’eau, les inondations, les incendies…
Les évêques de Fréjus et le respect du dimanche
Le site des archives du diocèse de Fréjus publie des lettres d’anciens évêques sur le repot dominical
Perpétuation christianisée de l’antique Sabbat, le dimanche, voué au repos et au culte divin, est une institution que les autorités publiques et les employeurs se doivent de respecter (cf. Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise, n° 284-286). Ce rempart de la société chrétienne contre l’athéisme et le matérialisme n’en demeure pas moins attaqué sous prétexte de liberté et de productivité. Comme dans bien d’autres diocèses, les évêques de Fréjus furent très tôt conscients de cette menace et exhortèrent régulièrement leurs fidèles à respecter le Jour du Seigneur.
Les Archives diocésaines publient ci-dessous les principaux enseignements épiscopaux sur ce thème. Cette liste sera actualisée au fur et à mesure des dépouillements.
- Mgr Wicart (075) – 14 novembre 1854 – Lettre pastorale : du dimanche
- Mgr Wicart (078) – 3 avril 1855 – Lettre circulaire : indulgences accordées aux membres de l’Association pour le respect du Dimanche
- Mgr Oury (006) – 06 février 1888 – Lettre pastorale et Mandement : de la profanation du dimanche
- Mgr Oury (014) – 06 février 1889 – Lettre pastorale et Mandement : du repos dominical
- Mgr Oury (019) – 20 janvier 1890 – Lettre pastorale et Mandement : importance du dimanche au point de vue de l’enseignement religieux
Etats-Unis : l’évêque de Richmond en Virginie appelle à voter non un amendement libéralisant l’avortement
Lettre de Monseigneur Barry C. Knestout, évêque de Richmond aux Etats-Unis, datée du 6 juillet, envoyée aux fidèles de son diocèse, à propos d’un amendement sur le droit à la liberté de reproduction en Virginie, qui sera soumis au vote à l’automne. Cet amendement inscrirait le droit à l’avortement, quasiment illimité, dans la constitution de cet État.
Chers frères et sœurs en Christ,
En tant que citoyens investis des responsabilités liées à la démocratie, nous sommes appelés à former notre conscience selon la vérité révélée par Dieu et enseignée par son Église. Parmi les nombreux enjeux auxquels sont confrontés les électeurs, aucun ne concerne un droit humain plus fondamental que la protection de la vie humaine innocente. C’est pourquoi j’écris pour réfléchir à la gravité morale de l’avortement et aux responsabilités qui découlent de notre foi et des Écritures.
Cet automne, nous, Virginiens, serons confrontés à un choix moral crucial. L’Assemblée générale de Virginie a approuvé un amendement constitutionnel extrême sur l’avortement (« Amendement sur le droit à la liberté de reproduction en Virginie ») qui sera soumis au vote le 3 novembre 2026, le vote anticipé débutant le 18 septembre. Cela signifie que nous, électeurs, devrons décider d’inscrire ou non dans la constitution de notre État un droit à l’avortement pratiquement sans restriction et illimité, à tout moment de la grossesse, même jusqu’à la naissance.
L’Église catholique a toujours enseigné que l’avortement direct – le meurtre intentionnel d’un enfant à naître – est un grave mal moral. Le Catéchisme de l’Église catholique affirme : « La vie humaine doit être respectée et protégée absolument dès le moment de sa conception » (CEC 2270). Cet enseignement ne repose pas uniquement sur un sentiment religieux ou une préférence politique. Il découle de la loi morale naturelle, accessible à la raison humaine, et de la révélation divine. Le commandement « Tu ne tueras point » (Ex 20, 13) protège la vie humaine innocente et s’applique à l’enfant à naître au même titre qu’à tout autre membre de la famille humaine.
En tant qu’électeurs, nous devons reconnaître que les lois façonnent la culture et influencent la protection des droits humains. Une société qui ne défend pas ses membres les plus vulnérables sape les fondements mêmes de la justice. Comme l’écrivait saint Jean-Paul II dans Christifideles Laici :
« Le cri général, justement élevé en faveur des droits humains – par exemple, le droit à la santé, au logement, au travail, à la famille, à la culture – est vain et illusoire si le droit à la vie , droit fondamental et essentiel, condition de tous les autres droits de la personne, n’est pas défendu avec la plus grande détermination » (n° 38).
Dans sa première encyclique, Magnifica Humanitas , le pape Léon XIV intitule le deuxième chapitre « Fondements et principes de la doctrine sociale de l’Église ». Parmi ces fondements, explique-t-il, figure la dignité de la personne, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il affirme également que « la dignité fondamentale de chaque personne ne s’acquiert ni ne se mérite, et elle n’a pas besoin d’être justifiée » (n° 53). Un autre fondement de la doctrine sociale de l’Église est l’inviolabilité des droits de l’homme, dont le premier est « le droit à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle » ( Compendium de la doctrine sociale de l’Église , n° 155).
Cela ne signifie pas que les catholiques soient indifférents à la pauvreté, à l’immigration, à la santé, à l’éducation, à la justice raciale ou à d’autres enjeux importants. L’Évangile nous appelle à prendre soin de la personne humaine dans son intégralité et à œuvrer pour le bien commun. Or, le droit à la vie est fondamental, car aucun autre droit ne peut s’exercer sans lui.
Dans le même temps, nous devons aborder cette question avec vérité et charité. Nombre de femmes et d’hommes portent de profondes blessures liées à des avortements passés. L’Église proclame non seulement le caractère sacré de la vie, mais aussi la miséricorde infinie de Dieu. Jésus n’est pas venu « condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 17). Par la repentance, la réconciliation et la grâce guérissante du Christ, le pardon et la restauration sont toujours possibles.
Par conséquent, j’exhorte les électeurs catholiques du diocèse de Richmond à :
- Formez leur conscience par la prière, l’Écriture et les enseignements de l’Église.
- Défendre la dignité de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle.
- Soutenir les lois et les politiques publiques qui protègent les enfants à naître et aident les mères, les pères et les familles dans le besoin.
- Œuvrer à la construction d’une culture de vie empreinte de compassion, de solidarité et de soutien concret pour les femmes confrontées à des grossesses difficiles.
- Priez pour les dirigeants élus, les professionnels de la santé, les parents et tous ceux dont les décisions affectent la vie des enfants à naître.
L’ amendement de Virginie relatif au droit à la liberté de reproduction est formulé de manière vague afin de dissimuler son véritable sens. Il prétend aider les femmes, mais en réalité, il produit l’effet inverse : il leur nuit. Il menace de supprimer les réglementations sanitaires qui protègent les femmes dans nos communautés et expose les femmes vulnérables au risque d’être contraintes d’avorter.
L’adoption de cet amendement radical pourrait priver les parents de leur droit de participer aux soins de santé de leur enfant. Elle pourrait faire de l’avortement la seule intervention médicale invasive qu’une mineure pourrait subir sans l’autorisation de ses parents. Elle met en danger les adolescentes, tout en renforçant le pouvoir des prédateurs et des trafiquants d’êtres humains.
Cet amendement extrême permettrait même à un bébé de mourir après une tentative d’avortement, bafouant ainsi un droit fondamental aux soins médicaux auquel tout être humain a droit. Il autoriserait également des personnes non médecins à pratiquer des avortements au cours des deuxième et troisième trimestres, exposant ainsi les femmes à des risques accrus. Cet amendement n’est pas une question de liberté de procréation. Il n’est pas une question de compassion. Il s’agit plutôt d’une grave injustice qui causerait un tort considérable aux sœurs, aux filles et aux amies de nos communautés. Pour en savoir plus sur les dangers de cet amendement mortel, consultez la page web de la Conférence catholique de Virginie consacrée à l’amendement sur l’avortement.
Toute vie est sacrée. L’Église a toujours enseigné que l’avortement est un mal intrinsèque. Il ôte l’un des plus grands dons de Dieu : une vie humaine. Aucune loi ne peut corriger ce qui est intrinsèquement mauvais. Prions pour avoir le courage d’affronter ce mal qui menace de détruire la vie, d’être persévérants et compatissants dans notre plaidoyer, et de voter pour défendre le bien que Dieu nous a donné. Engageons-nous à défendre ceux qui ne peuvent se faire entendre et à témoigner de l’Évangile de la Vie par nos paroles et nos actes.
En tant que catholiques et citoyens fidèles, je vous demande de voter NON à cet amendement extrême. Renouvelons notre engagement à soutenir les femmes en situation de crise, à protéger les innocents et à défendre les plus vulnérables. Nous devons choisir la vie : « Choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix et en te tenant fermement à lui. » (Dt 30, 19-20).
Que la Bienheureuse Vierge Marie, qui a porté le Sauveur en son sein et a dit « oui » au don de la vie offert par Dieu, intercède pour nous et pour tous ceux qui cherchent à bâtir une civilisation d’amour.
Sincèrement en Christ,
Monseigneur Barry C. Knestout,
évêque de Richmond
Un rapport accablant du ministère de la Justice dénonce une note du FBI adressée à Biden et ciblant les catholiques traditionalistes
Le ministère américain de la Justice (DOJ) a publié un rapport sur le ciblage et l’enquête visant les catholiques traditionalistes en tant que menace pour la sécurité nationale sous l’administration Biden.
Ce document de 230 pages retrace comment un seul agent travaillant au FBI à Richmond a concocté une note de service qui jetait le soupçon sur de nombreux catholiques de la messe traditionnelle latine (TLM) en les qualifiant d’extrémistes radicaux, avec l’intention d’instrumentaliser les forces de l’ordre américaines contre eux.
« Le 20 janvier 2025, le président Trump a signé le décret 14147 visant à mettre fin à l’instrumentalisation politique des agences fédérales », indique un communiqué du ministère de la Justice. « Pour de nombreux Américains, l’affaire de Richmond est devenue le symbole de l’abus et de la manipulation du pouvoir gouvernemental. »
La note du FBI se concentrait sur ce qu’elle appelait les « catholiques traditionalistes radicaux » (CTR) pour identifier son groupe cible choisi.
Selon le rapport du ministère de la Justice, la thèse de la note de service de Richmond Catholic établissait un lien entre « l’intérêt des extrémistes violents à motivation raciale ou ethnique » et l’idéologie catholique « radicale-traditionaliste ». « Pour étayer cette note, le FBI devait donc définir le terme “catholique radical-traditionaliste”. Le FBI a finalement “caractérisé” ce terme dans la note de bas de page (a) de la note, en déclarant :
Les RTC se caractérisent généralement par le rejet du concile Vatican II en tant que concile ecclésiastique valide ; le mépris pour la plupart des papes élus depuis Vatican II, en particulier le pape François et le pape Jean-Paul II ; et l’adhésion fréquente à une idéologie antisémite, anti-immigrés, anti-LGBTQ et suprémaciste blanche.
La note affirmait en outre que « les catholiques radicaux-traditionalistes constituent une petite minorité parmi l’ensemble des catholiques romains et sont distincts des « catholiques traditionalistes » qui préfèrent la messe traditionnelle en latin et les enseignements et traditions d’avant Vatican II, mais sans les croyances idéologiques plus extrémistes ni la rhétorique violente. »
« Pour parvenir à cette généralisation hâtive – empreinte de considérations politiques et religieuses –, le FBI a consacré du temps à étudier et même à élaborer une présentation intitulée « Aperçu du catholicisme traditionaliste » », explique le rapport du ministère de la Justice. Cette présentation comprenait des diapositives que le bureau local considérait comme reflétant les croyances fondamentales de ces catholiques potentiellement dangereux.
Une diapositive intitulée « Idéologie et croyances fondamentales » mentionne le soutien à :
- Messe traditionnelle en latin (également appelée rite tridentin), pratiques
- valeurs/rôles familiaux conservateurs
- Rejet de la modernité
- « Discontinuité et rupture »
- Tendance à l’isolationnisme
Une diapositive intitulée « Sur la terre comme au ciel » mentionne :
- La croyance en la création d’une nation catholique totalitaire et antipluraliste, un « État confessionnel »
- Rejet de la neutralité religieuse et du droit à la liberté religieuse
- Subordination de l’État aux principes catholiques
La diapositive affirmait également, de manière choquante, que le « catholicisme traditionaliste » était « comparable à l’idéologie islamiste ».
Lors de la discussion sur les soi-disant RTC — y compris une discussion spécifique sur la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) et ses ramifications — les diapositives se concentraient sur les questions doctrinales et politiques.
Intitulée de façon inquiétante « Un pas de plus », l’une des diapositives affirmait que les RTC
- Ils estiment que « le catholicisme moderne est illégitime ».
- Adopter des « positions intransigeantes sur l’avortement, les questions LGBTQ et le dialogue interreligieux »
- Afficher des « connotations eschatologiques/apocalyptiques »
- Adhérer à un « fondamentalisme rigide »
- Présenter un « sous-texte d’antisémitisme »
Une diapositive définissait la FSSPX en référence à sa relation avec le Vatican (c’est-à-dire qu’elle n’était ni « totalement séparée ni en pleine communion ») et soulignait qu’elle portait le nom du pape Pie X, qui avait rejeté le « modernisme », selon le rapport du ministère de la Justice.
Une autre diapositive évoquait un groupe de prêtres dissidents de la FSSPX, connu sous le nom de « Mouvement de résistance de la FSSPX », décrivant ce groupe comme ayant une « acceptation véhémente des théories du complot ».
« L’histoire retiendra à juste titre que la note de service relative à l’Église catholique de Richmond constitue un grave manquement du bureau du FBI de Richmond à ses responsabilités », conclut le long rapport du ministère de la Justice. « Les agents du FBI impliqués dans la rédaction de cette note ont été licenciés. »
« Le ministère de la Justice ne tolérera pas une bureaucratie instrumentalisée qui entrave l’exercice du Premier Amendement », a déclaré le procureur général Todd Blanche.
« Les personnes à l’origine du projet Richmond Domain Perspective ne travaillent plus au sein du ministère, et les travaux de notre groupe de travail visant à enquêter sur l’instrumentalisation de la liberté d’expression sous l’administration précédente se poursuivront. »
« L’instrumentalisation de la violence ne sera jamais tolérée au sein du FBI », a déclaré le directeur du FBI, Kash Patel. « Même si les responsables de la rédaction inacceptable du mémorandum sur l’école catholique de Richmond sous l’administration précédente ont été tenus de rendre des comptes, la divulgation d’informations au public sur ce qui s’est passé sous le régime précédent constitue une étape importante du processus. »
Edouard Balladur, RIP
L’ancien premier ministre Édouard Balladur est mort à l’âge de 97 ans.
Voici un article du Salon beige suite à un entretien qu’il avait accordé à l’émission Zemmour & Naulleau sur Paris Première en 2019 :
Edouard Balladur, secrétaire général de l’Elysée lors de la présidence Pompidou, ancien Premier ministre, ne nous rajeunit guère : il a deux fois l’âge du télé-évangéliste de l’Elysée. Il était l’invité, le 10 avril 2019, de l’émission hebdomadaire Zemmour & Naulleau sur Paris Première.
A l’écouter, on se demande si l’on a vraiment eu raison de basculer dans le nouveau monde : c’est sûr, c’est chouette, on est tous heureux (si, si…) d’avoir Marlène, d’avoir Attal, d’avoir Sibeth, d’avoir Brune et d’avoir Wargon comme d’avoir eu le petit Benjamin Griveaux. Que du bonheur, comme disent les modernes.
Mais Edouard, finalement, c’est d’une autre facture.
Deux moments de son intervention.
Le premier à propos de l’impuissance européenne à décider et sa suggestion d’évolution :
« L’Europe est encore un continent riche et peuplé. Elle est l’objet d’attaques de tous les côtés, du côté des américains, des russes, des chinois et dans une certaine mesure du côté du monde islamique qui constitue tout de même une menace pour son avenir. Ce qui me préoccupe, c’est l’incapacité qu’a l’Europe à décider. La protection des populations, comme la protection des activités, ça requiert un pouvoir qui soit capable de décider. La France seule le pourrait-elle ? Ma réponse est non. Nous n’avons plus la taille qu’il faudrait pour ça. Donc l’Europe est essentielle à la France.
L’Europe a le plus grand mal à prendre une décision. Pourquoi ? Parce qu’elle a de mauvaises institutions. Peut-on changer les institutions de l’Europe ? La réponse est non. Il faut changer d’horizon, ne pas poursuivre une réforme des institutions que nous n’obtiendrons pas. Je vous donne un exemple : 5 Millions de baltes et 3 Etats baltes : 3 commissaires européens. Il y a 150 Millions de personnes en Allemagne et en France : deux commissaires européens. Un autre exemple : on parle d’intégrer la Serbie. Les Etats issus de l’ex-Yougoslavie, ça en ferait 6. Il y aurait 6 commissaires européens. La France, 1. Une seule issue : qu’on se libère de la nécessité de décider tous ensemble quand on ne le peut pas et créer des cercles de coopération renforcée ».
Et sa conclusion à la fin de son intervention, faisant référence à la situation actuelle de la France :
« Le grand débat était peut-être nécessaire. Mais c’est du débat pour l’instant, ce n’est pas autre chose. Et maintenant le moment de la décision est arrivé. Et c’est très difficile parce que se mêlent des arguments rationnels et des arguments qui ne le sont pas. Mais c’est ça la politique après tout.
Il faut donner le sentiment à tous les Français qu’ils sont concernés par le destin de leur pays et que leur destin à eux ne se bâtira pas contre l’intérêt et le destin de leur pays ».
Malheur à toi, pays dont le roi n’est qu’un enfant (Eccl. X -16)
Le droit du sol détourné au profit de la GPA
Lu sur Gènéthique :
La police espagnole enquête actuellement sur une série d’accouchements pris en charge à l’hôpital universitaire de Burgos. Entre début mai et fin juin 2026, une trentaine de femmes brésiliennes en fin de grossesse, voire sur le point d’accoucher, sont venues de Belgique pour donner naissance à un enfant dans cet hôpital. Ces femmes donnaient quasiment toutes les deux mêmes adresses de résidence, et elles étaient la plupart du temps accompagnées par le même homme. Face à cette situation suspecte, l’hôpital a fait un signalement à la police locale qui enquête sur la présence d’éventuelles infractions pénales.
Contrairement à la Belgique, l’Espagne accorde une exception au droit du sang aux enfants nés de parents brésiliens
Tout en privilégiant le droit du sang d’une manière générale, l’Espagne a la particularité d’octroyer la nationalité espagnole aux enfants nés sur son territoire de parents brésiliens, dans le but de les protéger d’un statut d’apatride qui résulterait des dispositions de la législation brésilienne sur les enfants nés à l’étranger.
Comme la Belgique au contraire applique un régime du droit du sang strict, il est préférable, pour qu’un enfant obtienne la citoyenneté européenne, qu’il voie le jour en Espagne. Une fois arrivé en Belgique, un enfant de nationalité espagnole devient résident sans problème sur le territoire belge et ses parents peuvent obtenir un titre de séjour permanent en vertu du regroupement familial.
Malgré sa législation sur la « GPA altruiste », la Belgique pourrait attirer des réseaux criminels de GPA
Ce contournement de la loi à des fins migratoires est connu des autorités belges. Toutefois, dans le cas de ces femmes qui viennent accoucher à Burgos, il pourrait s’agir d’un réseau organisé de GPA à destination de clients belges.
La Belgique fait partie des pays qui ont légalisé une « GPA altruiste » avec l’interdiction de rémunérer les mères porteuses. Il semblerait que cette contrainte n’empêche pas le recours à des réseaux internationaux
« Il nous faut de nouveaux Lyautey ! » La biographie de référence
« Il nous faut de nouveaux Lyautey ! »
Cette phrase fut lancée par Christian Malis, directeur des études stratégiques au sein du groupe Thalès, spécialisé dans la Défense, en 2016. C’est toujours d’une certaine actualité !
Les éditions Edilys ont eu la bonne idée de rééditer ce mois-ci, le livre devenu introuvable de Charles Bugnet. Détaillé, précis, d’une grande rigueur historique, ce livre vient combler un trou dans nos bibliothèques ! Et pour les esprits grincheux j’ajouterai «la légende du dernier des créateurs d’empires n’a de miraculeux que sa vérité. »
Hubert Lyautey fut le bâtisseur d’empire par excellence, un cavalier lorrain au destin providentiel qui offrit à la République la grandeur d’un protectorat rayonnant.
Né à Nancy le 17 novembre 1854, fils d’un ingénieur polytechnicien et issu d’une illustre lignée d’officiers de l’Empire et de la noblesse normande, ce royaliste visionnaire surmonta une grave blessure d’enfance à la colonne vertébrale pour embrasser le métier des armes. Initié aux confins de l’Algérie par Galliéni, ce génie esthète et homme de lettres fut élu à l’Académie française dès 1912, avant d’y être solennellement reçu en 1920. Résident Général de France au Maroc de 1912 à 1925, il y déploya sa méthode de la « tache d’huile », imposant le respect absolu des traditions locales et dessinant lui-même les plans des villes nouvelles pour préserver les médinas ancestrales. Homme d’État d’une envergure hors norme, il fut appelé comme Ministre de la Guerre entre décembre 1916 et mars 1917, avant d’être élevé à la suprême dignité de Maréchal de France en 1921.
Ce chef infatigable au charisme légendaire arborant avec une fierté légitime ses insignes de Grand-Croix dans l’Ordre de la Légion d’Honneur et de Grand-Croix dans l’Ordre marocain du Ouissam Alaouite, témoignages de sa double action. Vénéré par les populations comme un pacificateur, sa destitution lors de la guerre du Rif ne fit qu’élever son sacrifice au rang de mythe, qu’il couronna comme Commissaire Général de l’Exposition Coloniale de 1931.
Preuve de l’indéfectible intérêt qu’il portait à la jeunesse et à l’avenir, il devint en 1928 le Président d’honneur de toutes les fédérations du Scoutisme français.
Rappelé à Dieu le 27 juillet 1934 à Thorey, ses cendres reposèrent d’abord selon ses vœux à Rabat, dans un mausolée au cœur de la Résidence. Rabat : … » Après une dernière Marseillaise, et un dernier salut du Sultan, en présence de la Maréchale Lyautey, de S.M. chérifienne Sidi Mohammed ben Youssef, le Résident général, les ministres Marin et Piétri se déroula la fastueuse parade des troupes du Maroc, vibrant hommage de reconnaissance. L’absoute fut donnée par Mgr Vielle, vicaire apostolique de Rabat… Puis ses cendres furent solennellement et triomphalement transférées en 1961 sous le Dôme des Invalides à Paris, ancrant pour toujours son panache immortel, son audace et son patriotisme dans la mémoire de la Nation.
Un livre passionnant pour les grands adolescents – vérité historique et force morale… On pourra lire aussi son célèbre « Le rôle social de l’officier » : » « Aux officiers de demain, dites que, s’ils ont placé leur idéal dans une carrière de guerres et d’aventures, ce n’est pas chez nous qu’il faut poursuivre ; ils ne l’y trouveront plus : arrachez-leur cette illusion avant les déceptions tardives. Mais donnez-leur cette conception féconde du rôle moderne de l’officier devenu l’éducateur de la nation entière. » Ainsi s’exprime Lyautey dans le célèbre article paru en 1891 dans la Revue des Deux Mondes. Aussitôt connues, ces pages obtiennent un écho considérable. Les principes d’action présentés sont toujours d’actualité. Pour Lyautey, c’est la finalité qui doit subordonner les moyens aux buts. Il faut élever les âmes, former les caractères, éduquer les hommes, capter et susciter leur confiance.
Voilà de belles lectures qui forgeront les volontés et tremperont les âmes !
PLUS D’INFORMATIONS ET COMMANDES SUR LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/epoque-contemporaine-xviii-xx/30902-le-marechal-lyautey.html
– Le Maréchal Lyautey, Lt Colonel Charles Bugnet, Editions Edilys, 292 pages, 23 €.
– Le rôle social de l’officier, Mal. Lyautey, deux éditions :
https://www.livresenfamille.fr/3629_lyautey
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La France, fille aînée ou fille rebelle de l’Église ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
📌 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒, jésuite et auteur de « Méditations quotidiennes : été »
📌 𝐅𝐫𝐞́𝐝𝐞́𝐫𝐢𝐜 𝐇𝐄𝐑𝐌𝐄𝐋, journaliste
📌 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐁𝐚𝐩𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐍𝐎𝐄́, spécialiste de la diplomatie du Vatican
Et vive le Christ Roi !
Lu sur le blog d’Yves Daoudal :
Un juge a ordonné au nouveau président colombien Abelardo de la Espriella de présenter des excuses pour avoir « porté atteinte à la neutralité religieuse de l’Etat », parce que lors de son investiture, le 7 août dernier, un rabbin, un prêtre catholique et un pasteur évangélique étaient intervenus pendant la cérémonie, qui avait inclus des chants religieux et des prières.
Abelardo de la Espriella s’est exécuté. A la fin de son allocution de 25 minutes, hier soir, il a déclaré :
« Bien que je me considère comme croyant – je suis catholique – je respecte la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et dans le cadre de mes fonctions je garantirai les libertés et les droits de tous les Colombiens sans distinction, y compris la liberté de professer n’importe quelle religion, ou de n’en professer aucune, tout comme la Constitution protège mon droit de professer librement ma foi, tant en public qu’en privé. Si cet acte a pu générer un malaise ou s’il a offensé quelqu’un, je tiens, en ma qualité de chef de l’État, à leur présenter mes excuses. Je tiens à dire au peuple colombien que son président, aujourd’hui plus que jamais, défend fermement la patrie. Et vive le Christ Roi, que Dieu bénisse la Colombie ! Bonne nuit ! »
Marie corédemptrice : un débat ouvert
Guy Barrey, qui dirige le site internet pelerinagesdefrance.fr, vient de publier un ouvrage, préfacé par Mgr Schneider, pour contribuer au débat actuel sur le titre de corédemption attribuée à la Sainte Vierge Marie. Marie, la servante du Seigneur, est la première à avoir cru, la première à coopérer à la rédemption, la première adoratrice du Dieu fait homme. En sa triple maternité, mère de Dieu, mère de l’Église, mère de tous les hommes, la Vierge Marie coopère de manière spécifique, unique et privilégiée, à l’œuvre rédemptrice de son divin Fils.
L’auteur cite abondamment les Écritures, le magistère de l’Église, les saints et théologiens, autant que le sensus fidei dans la vie de l’Église. Il n’est pas certain que l’accumulation de citations parvienne à convaincre les plus sceptiques et on pourra se demander quelle différence l’auteur opère entre le titre de corédemptrice et ceux de médiatrice et avocate, associés dans le titre du livre. Néanmoins, pendant plusieurs siècles de nombreux théologiens et des saints n’ont pas adhéré au dogme de l’Immaculée Conception, qui n’avait pas encore été défini. Mais, comme dans tout débat interne à l’Eglise, doit prévaloir cette maxime de saint Augustin, « Dans l’essentiel l’unité, dans le secondaire la liberté, et en tout la charité ».
L’auteur évoque notamment le « minimalisme doctrinal du concile de Vatican II » :
Il faut y revenir à fin de clarification, le concile de Vatican II s’en est tenu à une conception minimaliste, loin des propos des papes saint Pie X et Pie XI. Certes il a consacré de beaux développements à la Vierge Marie, notamment dans le chapitre 8 de la constitution dogmatique Lumen gentiuem, mais sans user du terme de corédemptrice, s’en tenant à celui d’associée, voisin de celui de coopératrice, de cooperatio, terme ayant déjà un fondement biblique, Marie, coopérant à l’oeuvre du salut, « généreusement associée » à l’oeuvre du Christ, « l’unique Médiateur ». L’on a ainsi surtout voulu mettre en évidence « le rôle subordonné de Marie » dans sa coopération à la Rédemption.
Menace sur l’approvisionnement alimentaire mondial
Suite à la chaleur de l’été, le niveau des fleuves recule, des rochers réapparaissent à la surface de l’Elbe, du Danube ou encore du Rhin. Comme l’indique Le Monde diplomatique, ils révèlent parfois des dates, gravées lors de précédentes sécheresses sévères : 1616, 1746, 1842… Des épisodes caractérisés par des récoltes catastrophiques, une flambée des prix et des pénuries.
La Tamise ainsi que le Pô affichaient les débits les plus faibles « pour un mois de juillet en trente-quatre ans de mesures », selon l’observatoire européen du changement climatique Copernicus. En France, une Seine « sous perfusion » doit désormais « la moitié de son débit » aux lacs-réservoirs installés en amont du fleuve et de ses affluents, en Champagne et en Bourgogne. Quarante pour cent des petits cours d’eau surveillés subissent des ruptures d’écoulement et 92 départements ont édicté des restrictions sur l’usage de l’« or bleu ». Son cycle est perturbé par l’artificialisation des sols et des pratiques agricoles qui favorisent le ruissellement et compliquent le rechargement des nappes phréatiques. L’impact sur les cultures s’avère d’ores et déjà dramatique. Le service des statistiques du ministère de l’agriculture français chiffre la baisse de la récolte de maïs à 35% en 2026, soit le volume le plus bas enregistré depuis 1980. «Il y a un risque de pénurie dans les rayons de certaines espèces, explique M. Cyril Pogu, coprésident de la fédération Légumes de France. On a des pertes très importantes qui vont jusqu’à 100% sur les salades, brocolis, poireaux ou encore les choux et les radis… » En Belgique, « on parle facilement de 10 à 30% de baisse de rendement» dans les céréales, estime M. Guillaume Van Binst, secrétaire général de la Fédération des jeunes agricuteurs. Même constat chez les cultivateurs britanniques.
Ce tableau vient noircir un horizon déjà assombri par le conflit russo-ukrainien : l’Ukraine fournissait avant la guerre près de la moitié des céréales et un quart de la volaille importés en Europe. Ensemble, la Russie et l’Ukraine comptaient pour 30 % des exportations de blé et environ le même pourcentage des exportations d’orge. Or Moscou frappe les navires ukrainiens et impose un blocus de ses ports en mer Noire, par où transitaient 90 % de ses exportations agricoles. Kiev n’est pas en reste, attaquant les ports russes et leurs silos à grains. Les flux de céréales en sont gravement perturbés.
A cela s’ajoute le conflit américano-iranien. Outre l’urée, engrais azoté dont l’Iran, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et Bahreïn fournissent collectivement plus d’un tiers des exportations mondiales, la région du Golfe assure près de la moitié du commerce international de soufre. The Mosaic Company, un géant agricole américain, a récemment cité la flambée des coûts de cette dernière ressource comme la principale raison de sa décision de réduire la production d’engrais phosphatés dans ses usines aux États-Unis et au Brésil. La fermeture du détroit d’Ormuz ne constitue « pas uniquement un choc énergétique, mais un choc systémique qui affecte l’ensemble du tissu agricole mondial».
L’ensemble de ces dysfonctionnements économiques ne manquera pas de se répercuter sur les rendements agricoles, notamment celui des céréales exigeantes en engrais.
Les politiciens engagés dans la campagne qui s’annonce sont-ils conscients du drame qui arrive ?
« En réclamant l’expulsion d’une journaliste pour délit d’opinion, les médias traditionnels démontrent qu’ils ont raté le grand tournant de la décennie »
Intéressante prise de position du Monde diplomatique, qui tranche avec la meute :
Du temps du roi Louis-Philippe et de l’empereur Napoléon III, un journaliste s’honorait d’un séjour à la prison Sainte-Pélagie lorsqu’il commettait un article que le pouvoir jugeait trop caustique – Armand Carrel, Henri Rochefort, Jules Vallès y furent incarcérés. Sous M. Emmanuel Macron, un reporter monte en grade s’il sait indiquer aux autorités qui enfermer, censurer ou expulser «pour atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et «menace grave à l’ordre public».
C’est en effet pour ces motifs que le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez a ordonné le 29 juillet dernier l’expulsion de Xenia Fedorova, journaliste de CNews, chroniqueuse du JDNews et ancienne directrice de la chaîne prorusse RT France, elle-même interdite par la Commission européenne en 2022. La sanction a ceci d’original qu’elle couronne une intense campagne de presse menée depuis mai dernier par des médias – Le Monde, France Inter, Libération – alignés sur la politique européenne et atlantiste de M. Macron. À lui seul, le quotidien vespéral publie entre le 26 mai et le 20 août 2026 une vingtaine d’articles contre « la plus influente propagandiste du Kremlin en France », proche de surcroît du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré. Sur France Inter, Patrick Cohen consacre lui aussi sa chronique politique matinale à « la plus influente propagandiste d’un pays désormais hostile à la France » (28 mai), cependant que les intervieweurs tentent de convaincre l’invité du jour, M. Édouard Philippe, de réclamer à son encontre « une OQTF » – obligation de quitter le territoire français.
Quatre jours plus tard, toujours sur France Inter, c’est M. Nuñez que Benjamin Duhamel somme d’expulser la journaliste russe (1er juin). Mediapart entre également dans la danse. Puis Reporters sans frontières, dont le directeur général s’indigne qu’une étrangère puisse se consacrer sans vergogne au «dénigrement de la France et de ses dirigeants » (Le Monde, 6 juin). Fin juillet, le gouvernement cède aux sommations médiatiques et ordonne l’expulsion de la chroniqueuse qui fait trembler la septième puissance mondiale. Le Monde applaudit dans un éditorial « une salutaire clarification » (31 juillet). Et publie la nouvelle doctrine du ministre des affaires étrangères en matière d’information : le journalisme d’état-major. Contre les « adversaires de la démocratie » et les « professionnels de la subversion », explique M. Jean-Noël Barrot, « comprendre ne suffit plus : il faut riposter et dissuader » (20 août).
Lorsqu’il s’agit de la Russie et de la guerre en Ukraine, la symbiose du pouvoir et du contre-pouvoir est totale, et le débat public inexistant (1). Les responsables politiques tremblent d’être taxés de prorusses ou de munichois s’ils ne s’alignent pas sur les positions jusqu’au-boutistes défendues de Mediapart au Figaro, en passant par les médias du bloc central. Xenia Fedorova est-elle si talentueuse qu’elle pourrait à elle seule annuler l’impact des choix éditoriaux de presque toute la presse française, que relaient les décisions prises – ou entérinées en silence – par la plupart des responsables politiques? En réclamant l’expulsion d’une journaliste pour délit d’opinion, les médias traditionnels démontrent qu’ils ont raté le grand tournant de la décennie. Ils continuent d’agir comme si leur rôle consistait à soustraire une population immature à des points de vue susceptibles de la déstabiliser. Un peu à la manière de ces catéchèses qui canalisaient les jeunes ouailles pour le compte du clergé, ils servent d’auxiliaires à l’État pour corseter le débat public et délimiter l’espace de la dissidence. Ce paternalisme repose sur l’illusion d’une presse professionnelle détentrice du monopole de l’information, alors même que chacun peut accéder en quelques clics à des contenus russes facilement traduisibles en ligne et découvrir des points de vue jugés «subversifs » par le pouvoir. Ou se tourner vers des titres étrangers, y compris américains, pour entendre un autre son de cloche que la communication de Kiev servie en France depuis quatre ans. Cela aussi, faudra-t-il le proscrire?
Xenia Fedorova offrait aux hallebardiers de l’atlantisme une cible facile : seuls les médias de M. Bolloré et quelques personnalités marginales lui ont manifesté leur soutien. Impatient d’expulser à tour de bras, le Rassemblement national (RN) n’a pas pris sa défense. S’il arrive au pouvoir, il saura se prévaloir d’une définition de la liberté d’expression inspirée de celle de M. Barrot. Et s’élever à son tour contre les «professionnels de la subversion» pour révoquer les visas des journalistes étrangers que les médias d’extrême droite désigneront comme ennemis de la France.
« Afin de retrouver le chemin de la civilisation, nous devons impérativement renouveler les élites dirigeantes »
Conclusion d’un article de Valérie Bugault sur le droit naturel :
En guise de conclusion, je voudrais revenir sur une leçon de l’Histoire, que nous devons considérer comme étant une Loi naturelle. Afin de retrouver le chemin de la civilisation, nous devons impérativement renouveler les élites dirigeantes de façon radicale en portant collectivement au pouvoir des gens :
1°) Ayant démontré leurs compétences par leurs actes et actions passées,
2°) Qui soient informés et respectueux des Lois naturelles entendues au sens classique du terme c’est-à-dire dans un cadre réaliste, par opposition à la philosophie nominaliste. Sur le modèle thomiste, ces lois naturelles garantissent à la fois d’une part la protection et l’intégrité de la personne humaine (et plus généralement du vivant) et, d’autre part, celle du groupe constitué en Nation politique, au moyen de la réhabilitation de la notion de «bien commun».
3°) Sans expérience antérieure du pouvoir dynastique.
Enfin, pour finir, il faudra garantir que nos institutions futures placent les dirigeants à l’abri des affres dynastiques, qui dégénèrent toujours en consanguinité, en garantissant l’élection au suffrage universel direct des ministres et du Chef de l’État.
Toutes ces conditions de réorganisation sociale – et bien d’autres encore – sont garanties par le renouvellement politique en forme de changement de paradigme porté par le projet «Révoludroit».
Trumpisation de la vie politique française ?
Elle est déjà pénible cette campagne électorale…
🍟 À Tourcoing, Édouard Philippe enfile le tablier et sert des frites aux côtés de Gérald Darmanin
Le maire du Havre a participé à la traditionnelle rentrée politique de Gérald Darmanin à Tourcoing, organisée pour la quatrième année consécutive. Un rendez-vous marqué, comme… pic.twitter.com/8ckRDPloYl
— TF1Info (@TF1Info) August 30, 2026

La loi n’est plus qu’un instrument de pouvoir entre les mains des plus habiles
Extrait d’un article d’Anne-Emmanuelle Lejeune sur le dévoiement du droit :
[…] L’Union européenne, minée par les dissensions internes et confrontée à la pression migratoire, aux pressions économiques et aux tensions géopolitiques, offre un terrain d’observation privilégié de ce divorce entre technique juridique et finalité humaine. La motion de censure contre von der Leyen n’a pas abouti, mais elle révèle une faille : la gouvernance ne peut plus se contenter de réponses gestionnaires pour apaiser des peuples en quête de sens.
L’affaire Jacques Baud pousse cette logique jusqu’à son point de rupture. Ancien colonel suisse, expert reconnu auprès de l’ONU et collaborateur de l’OTAN, cet analyste s’est vu frappé de sanctions financières et d’une interdiction de territoire par l’Union européenne, non pour des actes criminels, mais pour ses analyses divergentes sur le conflit ukrainien. Nulle procédure judiciaire, nulle audience, nul juge, nulle défense véritable : une simple décision administrative a suffi à le priver de ses revenus et de ses droits fondamentaux. Le droit à être entendu, la présomption d’innocence, le recours effectif sont bafoués d’un trait de plume bureaucratique. Plus grave encore : la Suisse, dont la tradition juridique repose sur des droits jugés inaliénables et une méfiance historique envers les autorités centrales, observe un silence prudent. Ce mutisme n’est pas neutre. Il révèle qu’un État qui n’ose plus défendre ses citoyens par crainte d’un partenaire économique a déjà cédé une part essentielle de sa souveraineté. Lorsque la pensée stratégique indépendante devient tabou politique, lorsque la question n’est plus « Est-ce vrai ? », mais « Est-ce conforme à la ligne ? », le droit cesse de servir la justice pour devenir instrument de pouvoir.
Il ne s’agit pas de restaurer un âge d’or mythifié, et chacun sait que la cohérence scolastique n’a jamais empêché l’instrumentalisation du pouvoir par les élites dominantes. Mais la force d’un ordre juridique réside dans sa capacité à articuler la légalité et la légitimité, la règle et sa finalité. Sans cet ancrage, la loi n’est plus qu’un instrument de pouvoir entre les mains des plus habiles. Revenir à une conception du droit inspirée de la téléologie thomiste n’implique pas de nier les acquis de la modernité, mais de refuser que la liberté soit réduite à une variable d’ajustement, soumise aux fluctuations de marchés ou aux calculs électoraux.
RETROUVER LA FINALITÉ : UN IMPÉRATIF POUR NOS SOCIÉTÉS
Si la question de la liberté ne se résume plus à garantir la circulation des marchandises et des individus ni à satisfaire la mécanique d’un vote majoritaire, elle doit se réinscrire dans une réflexion substantielle sur le bien commun. L’enjeu n’est pas mineur : il conditionne la survie de nos institutions et la confiance des peuples envers ceux qui les dirigent. La crise de finalité qui traverse la gouvernance européenne est celle de nos démocraties tout entières, happées par la tentation du droit sans horizon. Je persiste à croire que la réconciliation entre technique juridique et finalité humaine est possible. Elle suppose un courage politique qui rende à la liberté sa dignité de principe ordonnateur, et non de slogan creux. C’est à ce prix seulement que le droit cessera d’être une mécanique froide pour redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un rempart contre l’arbitraire et une boussole pour la communauté humaine.
Si c’était à refaire, François Fillon n’appellerait certainement pas à voter pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen
Lu dans Le Parisien :
François Fillon conserve un regard très critique à l’égard des deux quinquennats d’Emmanuel Macron, qui « restera dans l’histoire comme quelqu’un qui a beaucoup abîmé le pays », en ayant « accru la dette », sans effort sur la dépense publique, et pour avoir « affaibli l’image de la France à l’extérieur ». « Il a accéléré de façon brutale la chute du pays », poursuit l’ex-hôte de Matignon, qui « ne voit pas comment quelqu’un qui a été associé de façon importante aux deux quinquennats peut être élu président de la République demain ». Une critique à l’attention d’Édouard Philippe, une autre pour Gabriel Attal. Proche de Bruno Retailleau, qu’il lui arrive encore de conseiller parfois, François Fillon défend « un projet de droite fort, en rupture complète avec ce que le président a fait » depuis dix ans.
En 2017, il avait pourtant appelé à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour, car il lui semblait que l’ex-ministre de François Hollande était « de droite » et prenait la bonne direction. Si c’était à refaire, aujourd’hui ? « Je n’appellerais certainement pas à voter pour Emmanuel Macron après le constat que le pays s’enfonce dans la crise », répond François Fillon, sans jamais dire qu’il n’appellerait pas non plus à voter Marine Le Pen. Un choix qui, « à l’époque (en 2017), me paraissait impossible ». Et aujourd’hui ? L’intéressé se garde de répondre, laissant de fait la porte entrouverte.
A l’époque, en appelant à voter Macron, il pensait attirer la clémence de la justice sur ses affaires. Il s’est fait rouler dans la farine, comme toute victime du système. Il en tire donc les conséquences.
De Jérusalem à la Chine : Saint Thomas, apôtre de l’Orient
Marc Alibert, né en 1945, architecte des Bâtiments de France, aquarelliste primé — Prix Renaissance des Arts en 1999 — et chevalier de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre, a tiré de ses nombreux voyages au Proche-Orient plusieurs ouvrages sur la Terre Sainte. Conjuguant l’œil de l’architecte, la main du peintre et la patience du chercheur, il restitue avec une précision documentée les paysages, les cités et les routes du premier siècle, et fait du relevé savant une véritable géographie sensible de l’aventure apostolique. Il se penche cette fois sur une histoire oubliée : l’évangélisation de l’Asie dès le premier siècle, sur les traces de saint Thomas, de Jérusalem à la Chine des Han, dans un album illustré d’aquarelles originales.
L’apôtre qui douta fut aussi celui qui osa le plus loin. De Jérusalem aux rivages de l’Inde, jusqu’aux ports de la Chine des Han, Thomas et ses compagnons portèrent l’Évangile aux confins du « monde connu », bien avant que l’Europe ne soit chrétienne. Ils suivirent les comptoirs de la diaspora juive et la langue araméenne des marchands, le long des routes qui reliaient déjà l’Occident aux empires d’Orient.
Cette histoire longtemps oubliée, des découvertes récentes viennent aujourd’hui la réveiller : la frise sculptée de Kong Wang Shan, les vestiges de Lianyungang, les colloques de Kochi et de Rome. Page après page, le faisceau d’indices se resserre et redonne corps à une expansion chrétienne dont l’Asie garde encore la trace.
Marc Alibert fait ce que nul relevé archéologique ne permet : il rend la couleur et le souffle à ces paysages disparus. Ses pinceaux relèvent les murs d’Antioche, les caravanes de Mésopotamie, les toits du Cénacle sous la pleine lune. Marc Alibert ne se contente pas de restituer une géographie : il en fait surgir la vie. Page après page, le voyage apostolique devient visible, et le lecteur chemine avec l’apôtre du Cénacle aux portes de la Chine.
Cet ouvrage révèle une histoire largement oubliée : l’expansion chrétienne vers l’Asie dès le premier siècle, sur les traces de l’apôtre Thomas, de Jérusalem aux ports de la Chine. Il unit la rigueur de l’enquête historique à la beauté de l’aquarelle. Un album savant et lumineux, fruit de décennies de recherches pluridisciplinaires, à garder à portée de main comme un nouveau « Devisement du monde » — du nom que Marco Polo donna au récit de ses voyages en Orient —, celui du premier siècle.
Ce qui reste quand on reste – Quand l’attente devient présence
Illustration : Paysage avec oiseaux jaunes (1923), Paul Klee
« Je ne sais pas si l’oiseau attendait quelqu’un. Mais je sais désormais que l’attente n’est pas toujours un vide. »
1. L’île et la surface
— Pourquoi il bouge pas ? Il est mort ?
Léo avait neuf ans. Assis à côté de moi sur le banc du square, il pointait du doigt un oiseau immobile sur un toit, trois maisons plus loin. J’ai hésité. Non parce que je cherchais une belle réponse, mais parce que je ne savais pas si l’oiseau était mort, justement.
Cette incertitude m’a paru, sur le moment, plus vraie que toutes les métaphores du monde.
— Je ne sais pas, mon chéri.
— Moi, je crois qu’il attend quelqu’un.
Il a posé sa tête contre mon bras. L’oiseau s’est envolé.
Des années plus tard, je repense encore à cette scène. Pas comme à un souvenir attendrissant. Comme à une petite brûlure. Léo n’avait pas cherché à me consoler. Il avait posé sa question, puis posé sa tête contre mon bras. C’était tout.
La rainure sous l’index
Quelques années auparavant, une autre question m’aurait attendu à la maison — muette, obstinée, comme un chat qu’on n’a pas nourri.
Ce soir-là, ma femme dormait déjà. Je me suis assis dans le salon, dans le noir. Non par mélancolie, mais par simple épuisement d’avoir tenu un rôle toute la journée. Les chaussures me serraient encore — ces chaussures trop étroites que j’avais gardées par obstination, ou peut-être par peur d’admettre qu’elles n’étaient plus à ma taille.
Le froid du carrelage montait à travers mes chaussettes, et j’ai posé mes mains à plat sur la table. Le bois était gras, sa surface familière sous mes doigts. Sous mon index, j’ai retrouvé une petite rainure, celle que j’avais faite un soir en épluchant des oranges, des années auparavant, sans même y penser.
J’ai respiré.
J’avais passé la journée à lire des chiffres, à vérifier des résultats, à traquer des écarts qui ne devaient pas exister. J’avais appris à me méfier de l’à-peu-près. Cette discipline m’avait donné la rigueur, la patience, le goût de la preuve.
Mais elle avait aussi laissé en moi un pli secret : vouloir comprendre avant de consentir, vérifier avant de faire confiance, tenir le réel à distance pour mieux l’observer.
Cette nuit-là, j’ai compris que ce pli était devenu une armure. Et que les armures, à force, finissent par peser plus lourd que ce qu’elles protègent.
Je me suis senti comme une île. Pas une île de carte postale. Une roche battue par les vagues, sans port, sans phare, avec juste cette fatigue dans les pieds et cette rainure sous l’index.
La brèche
Ce qui m’a arrêté, je ne l’ai trouvé ni dans un livre ni dans une technique de communication apprise en séminaire. Je l’ai trouvé dans une église froide, un mardi, un jour sans importance.
J’y étais entré parce qu’il pleuvait et que j’avais vingt minutes à tuer. Je gardais mon manteau, parce que le chauffage ne marchait pas. Une vieille femme toussait dans un coin. Le prêtre avait une voix fatiguée, presque excédée. Une messe s’achevait, presque déserte.
Sans réfléchir, j’ai suivi la petite file qui se formait vers l’autel. On m’a tendu l’hostie. Pas d’émotion particulière. Pas de musique intérieure. Juste un peu de farine sur mes doigts, une bribe de pain qui se délitait et l’odeur de la cire qui coulait sur les bougies.
Mais en posant cette parcelle sur ma langue, j’ai senti quelque chose d’étrange : la sensation, sans preuve ni raison, de ne plus être seul. Pas une voix céleste. Pas une illumination. Quelque chose comme une main posée sur une épaule qu’on croyait vide.
La farine s’est collée à mon palais. Je l’ai gardée un instant sans avaler. Ce pain rompu, je ne l’ai pas compris. Je l’ai senti se défaire sur ma langue, et avec lui quelque chose en moi qui se défaisait aussi — une coquille, peut-être, dont je n’avais pas su qu’elle m’enfermait.
La foi, je ne saurais toujours pas la définir. Ce jour-là, elle est passée par la farine sèche et la cire bon marché — comme si le sensible avait su, avant moi, ce que je ne pouvais pas encore croire.
Cette brèche ne m’a pas rendu plus fort. Elle m’a seulement appris à ne pas détourner les yeux quand la vie devenait irrespirable.
2. Le carton et le dépouillement
Quand il n’y a plus rien à réparer
Je revois une autre nuit. La chambre d’hôpital sentait le désinfectant et l’urine. Un ami agonisait. Sa respiration de scie rouillée, ses mains de papier de soie sur lesquelles j’avais posé les miennes.
Sa femme était sortie fumer, le dos voûté, les épaules rentrées comme si elle portait le toit sur elle. Je n’ai rien su dire. Les mots que je préparais mentalement — des phrases réconfortantes, des promesses vagues — claquaient dans ma tête comme de faux billets.
Alors j’ai tout lâché. J’ai cessé de chercher à réparer. J’ai simplement laissé ma main sur la sienne et compté ses expirations. La sixième s’est arrêtée un peu plus longtemps. La douzième a hésité.
Je n’ai rien dit.
Dans ce silence de néon, quelque chose s’est assis à côté de moi. Pas un ange. Pas une voix. Juste une épaisseur, une chaleur contre mon épaule, comme si quelqu’un s’était posé là sans faire de bruit.
Peut-être que c’était lui, l’ami, qui m’atteignait malgré ce souffle qui ne retenait plus l’air. Peut-être que c’était autre chose. Je n’ai pas cherché à savoir. J’ai simplement tenu bon.
Le carton
Quelques années plus tard, ce fut mon tour de perdre mes appuis.
Le jour où j’ai quitté mon dernier bureau, on m’a tendu un carton de déménagement marron avec des anses découpées. Je suis sorti par la porte de service — pas par fierté, simplement parce que je ne savais pas comment faire autrement.
Je me suis assis sur un banc, devant la rue indifférente, le carton entre les jambes. Dedans, un presse-papiers en verre, un vieux mug taché de café, une photo de promotion, un vieux ticket de métro jauni et trois stylos secs.
Le vertige m’a saisi.
Pas celui des hauteurs. Celui des trous.
Qui suis-je sans le mot « Monsieur » ? Sans cette petite couronne de papier qu’on prête aux chefs ? Sans le regard des autres qui vous assigne une place dans la salle de réunion ?
J’ai pensé à mon père, qui avait pris sa retraite trente ans plus tôt et s’était éteint en six mois. Il n’était pas seulement tombé malade. J’avais toujours eu le sentiment qu’il avait cessé de se lever pour quelqu’un.
Je me suis dit : c’est mon tour.
Le jeune homme
C’est peu après ce carton posé entre mes jambes que Mme Dufour, sans le savoir, m’a tendu une autre réponse.
La réponse est venue d’un café trop sucré chez Mme Dufour, notre voisine du troisième, une veuve de soixante-dix ans qui avait renversé la moitié du sucre sur la nappe en plastique.
Elle a passé un long moment à le ramasser du bout des doigts, en racontant son mari, ses derniers jours, la façon dont il serrait son oreiller. Je suis reparti avec du sucre sous les ongles et une étrange légèreté.
Elle ne m’avait pas donné de leçon de vie. Elle m’avait simplement permis d’être là, sans titre, sans utilité, sans rôle à jouer. Elle ne savait même pas que j’avais été cadre dans une grande entreprise. Elle m’appelait « le jeune homme ». J’avais cinquante-huit ans.
Dans ces gestes minuscules — un silence partagé, une main posée sur une nappe —, les fidélités se déposent sans bruit, nous laissant le temps de n’être plus rien d’autre que nous-mêmes.
On devient nécessaire parfois par accident, par habitude, ou simplement parce qu’un jour quelqu’un vous trouve là. L’amour ne se mérite pas. Il s’échoue sur nous comme une marée, et nous sommes simplement là pour ne pas nous dérober.
3. La voix fine
L’oiseau s’est envolé. Léo a retiré sa tête de mon bras pour courir après un chat.
Je suis resté seul sur le banc, avec sa question qui tournait en boucle :
— Et toi, t’attends qui ?
Je n’ai pas eu le temps de lui répondre. Peut-être parce que je ne savais pas encore.
Aujourd’hui, je crois que j’attends quelqu’un qui est déjà là. Quelqu’un qui se tient à côté de moi dans le silence de la cuisine et que je prends pour du vide.
Cette présence ne supprime ni les matins gris ni les nuits où l’on tourne dans l’appartement en se demandant à quoi tout cela rime. Elle ouvre seulement un espace minuscule : une rainure sous l’index, une place laissée libre au bord du silence.
Peut-être est-ce cela que j’ai mis tant d’années à apprendre : il existe des choses que l’on ne rencontre qu’à condition de cesser de vouloir les saisir. Une fidélité qui ne se mesure pas. Un amour qui n’attend pas que nous soyons devenus dignes de lui.
Rester
Alors je repense à Léo, à l’oiseau immobile sur le toit, à l’ami dont je comptais les respirations, au carton posé entre mes jambes, au sucre resté sous mes ongles, à cette vieille femme dans l’église froide et à la farine collée sur mon palais.
Tout cela tient peut-être dans le même geste : rester.
Rester auprès de celui qui souffre quand on ne peut rien réparer.
Rester quand un métier s’achève et que le nom qu’on portait avec lui disparaît.
Rester devant une question dont on ne possède pas la réponse.
Rester, c’est peut-être ne plus avoir besoin d’armure pour tenir.
Je ne sais pas si l’oiseau attendait quelqu’un. Mais je sais désormais que l’attente n’est pas toujours un vide.
Dans la cuisine silencieuse, je pose la main sur le bois. Mon index retrouve la rainure.
Et cette vieille question d’enfant, après tant d’années, n’a toujours pas fini de me chercher.
— Et toi, t’attends qui ?
Je ne réponds pas. J’écoute.
Mes mains restent ouvertes.
La question n’est plus pour moi une interrogation. Elle est devenue une adresse, une manière de tendre l’oreille vers ce qui ne parle pas.
Et, quelque part en moi, le pain continue de se rompre.
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24 septembre 2026 : Béatification de Mgr Fulton Sheen
Un très bel exemple pour les influenceurs et les jeunes d’aujourd’hui
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Le Concile voulait juste que les lectures soient dites en français
(à partir de 10mn55 )
On est très éloigné de l’ampleur de la réforme liturgique venue après le concile Vatican II et qui a tout changé avec le Missel de St Paul VI !!
D’ailleurs le Missel de 1965 réalisait les petits changements réellement souhaités par le Concile !
Il est donc faux de dire que la Messe et le calendrier actuels sont issus directement du Concile.
Rappel de l’opinion de Mgr Lefebvre sur le missel de 1965
…devons-nous conclure qu’il fallait garder toutes ces choses [les éléments du missel de 1962 modifiés par le missel de 1965] sans changement ? Le Concile avec mesure et prudence a répondu par la négative. Quelque chose était à réformer et à retrouver.
Il est clair que la première partie de la messe faite pour enseigner les fidèles et leur faire exprimer leur foi avait besoin d’atteindre ces fins d’une manière plus nette et dans une certaine mesure plus intelligible. À mon humble avis deux réformes dans ce sens semblaient utiles : premièrement les rites de cette première partie et quelques traductions en langue vernaculaire.
Faire en sorte que le prêtre s’approche des fidèles, communique avec eux, prie et chante avec eux, se tienne donc à l’ambon, dise en leur langue la prière de l’oraison, les lectures de l’Épître et de l’Évangile ; que le prêtre chante dans les divines mélodies traditionnelles le Kyrie, le Gloria et le Credo avec les fidèles. Autant d’heureuses réformes qui font retrouver à cette partie de la messe son véritable but. Que l’ordonnance de cette partie enseignante se fasse d’abord en fonction des messes chantées du dimanche, de telle manière que cette messe soit le modèle suivant lequel les rites des autres messes seront adaptés, autant d’aspects de renouvellement qui apparaissent excellents. Ajoutons surtout les directives nécessaires à une prédication vraie simple, émouvante, forte dans sa foi et déterminante dans les résolutions. C’est là un des points les plus importants à obtenir dans le renouveau liturgique de cette partie de la messe.
Pour les sacrements et les sacramentaux, l’usage de la langue des fidèles semble encore plus nécessaire, puisqu’ils les concernent plus directement et plus personnellement.
Article du 6 juin 1965, paru dans Itinéraire
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Touraine : les objets d’une église cambriolée ont été retrouvés
Porte-cierges, bénitiers, croix de procession, calices, vases, crucifix… La soixantaine d’objets liturgiques dérobés au sein de l’église de Chambray-lès-Tours a été restituée.
Ils avaient été volés lors d’un cambriolage perpétré dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 août. Un homme était parvenu à revendre la marchandise auprès d’une entreprise de ferraillerie, qui avait donné l’alerte aux gendarmes.
L’enquête est toujours en cours. Elle n’a donné lieu à aucune interpellation à ce stade.
L’Islande vote non à l’Union européenne
Appelés samedi aux urnes pour se prononcer sur la reprise des négociations avec l’Union européenne, les Islandais se sont déplacés massivement.
Le «non» l’a emporté avec 52,8% des voix, contre 47,2% au «oui».
Toute discussion sur une adhésion de la riche île de l’Atlantique Nord est désormais gelée au moins jusqu’en 2028. Et puis ensuite on leur demandera de revoter…
Notre argent se perd, détruit par la bureaucratie, l’idéologie, le gaspillage, les gabegies
Alors que Sarah Knafo publie «Le Casse du siècle» chez Fayard, elle est interrogée dans le JDD. Extrait :
[…] Ce livre a un personnage principal. Il s’appelle Nicolas. C’est un salarié au salaire médian : il gagne 2 079 euros net par mois, et la moitié des Français gagne moins que lui. Son employeur lui verse 3 922 euros. Entre les deux, la moitié a disparu avant que Nicolas ait vu la couleur de son argent. Sur une carrière, un salarié à 2 000 euros net donne plus d’un million d’euros à l’administration. Vous avez bien lu. Et c’est sans compter la TVA sur tous ses achats, ses taxes locales, l’accise sur son carburant, l’alcool, le tabac. Plus d’un million d’euros ! De quoi acheter une maison comptant, au bord de la mer. Au lieu de cela, en échange de son million d’euros, il obtient un État qui se fait pirater ses données fiscales, n’équipe pas ses hôpitaux en climatisation, ne parvient plus à éteindre ses feux de forêt, ne tient plus ses frontières… Je peux continuer longtemps.
Vous avez été magistrate à la Cour des comptes. Quel chiffre résume, à lui seul, l’ampleur du « casse » ?
Savez-vous que nous dépensons aujourd’hui 234 milliards d’euros de plus qu’en 2020, l’année du Covid et du « quoi qu’il en coûte » ? Sans crise sanitaire, sans confinement, sans chômage partiel. Le plus stupéfiant : le total de ce que nous avons gaspillé depuis des années, et qui se chiffre en milliers de milliards d’euros, n’existe dans aucun bilan comptable de l’État.
Dire qu’il est incalculable n’est pas une image, il n’a jamais été calculé par personne. C’est le crime parfait, celui dont l’étendue est un mystère pour les coupables eux-mêmes. Ce n’est d’ailleurs pas la seule chose que nous ne sachions pas calculer. Saviez-vous que même Bercy est incapable de dire combien la France compte d’impôts ? Le gouvernement l’a écrit noir sur blanc en réponse à un sénateur : il n’existe aucun dénombrement centralisé et exhaustif des impôts et taxes en vigueur. Un pays qui ne sait même plus combien il a d’impôts en a forcément trop.
Où cet argent se perd-il concrètement ?
Ils le détruisent ! J’ai suivi l’argent poste par poste, dans la santé, dans la police, à l’école. Je montre comment il se perd en route, détruit par la bureaucratie, l’idéologie, le gaspillage, les gabegies, que je chiffre une à une. Je définis un principe simple : si l’État trouve les moyens de dépenser votre argent là où vous ne recevez aucun service, à l’étranger par exemple, c’est que vous payez trop d’impôts.
Que dire du nombre de fonctionnaires ?
La fonction publique comptait 4,6 millions d’agents en 1997, elle en compte 5,9 millions aujourd’hui : 1,3 million de plus en trente ans, quand la population n’a augmenté que de 15 %. Vos services publics se sont-ils améliorés ? Non, bien au contraire. Le nombre de fonctionnaires a souvent augmenté sans le moindre rapport avec le service rendu. Depuis 1980, le nombre d’agriculteurs a été divisé par trois pendant que les effectifs du ministère de l’Agriculture doublaient. L’industrie est passée de 22 % de la richesse française en 1980 à moins de 10 % aujourd’hui, mais nous avons augmenté le nombre d’inspecteurs du travail de 50 %. La liste est encore longue. Je m’engage à ce qu’aucun lecteur n’en sorte sans avoir appris quelque chose de fondamental, mais aussi sans savoir comment nous en sortir. […]
Vous critiquez le RN sur l’immigration comme sur l’économie. Sur quoi la rupture est-elle la plus profonde ?
Ils sont tout de même contre l’immigration négative, peu vigoureux sur la lutte contre l’islamisation du pays, sur la protection des libertés numériques, et le programme de Marine Le Pen prévoit d’octroyer des aides aux étrangers au bout de cinq ans sur notre sol. Au RN, la préférence nationale expire au bout de cinq ans ! Quant à l’économie, regardons ce qu’ils votent : 34 milliards d’euros d’imposition votés lors du dernier budget, de nouvelles taxes créées main dans la main avec La France insoumise, contre les Français de l’étranger, les détenteurs d’actions ou de contrats d’assurance vie. Bref, tout ce qui bouge, on le taxe ! Et la retraite à 60 ans, confirmée cette semaine devant le Medef. C’était la proposition n° 82 du programme de François Mitterrand en 1981 ! Le programme économique du RN, nous l’avons déjà essayé. Non merci, ça fait même quarante-cinq ans qu’on essaie ! Et je le dis avec du regret : je préférerais que ces débats nous opposent à la gauche. Mais nous ne sommes même pas encore au début de la campagne : nous ne pouvons pas nous contenter de « mieux que rien ». Notre peuple mérite ce qu’il y a de meilleur. […]
