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Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un état de nécessité ?

Second article de l’abbé Spriet. Le premier est à lire ici.

Dans cette petite tribune je vais m’en tenir à la situation de la France : celle que nous connaissons tous.

L’état de nécessité : argument fondamental de la FSSPX

L’abbé Gleize qui semble être “le” théologien de la FSSPX nous dit que : l’ « argumentation fondamentale » [de la FSSPX] “repose sur la réalité de l’état de nécessité, réalité notablement aggravée depuis l’été 1988, et qui réclame, une fois encore, la consécration de nouveaux évêques pleinement catholiques pour le salut des âmes” (…) “l’état de nécessité, la situation de crise généralisée dont l’Eglise est loin d’être sortie et où les détenteurs de l’autorité suprême abusent de leur pouvoir au grand et grave préjudice du salut des âmes”.

L’abbé Gleize rêve-t-il d’une Eglise qui ne serait pas composée d’ivraie et de bon grain (cf. Mt 13, 24-30). C’est une utopie. Veut-il une Eglise de “purs” seulement ? Cela n’a jamais existé (même pas pendant le pontificat de saint Pie X par exemple). Faut-il désobéir au successeur de Pierre en matière grave pour être fidèle à l’Eglise et répondre aux difficultés présentes du moment ? L’abbé Gleize répondra sans doute “oui” alors que la réponse catholique est “non”. La FSSPX ferait mieux de venir combattre “de l’intérieur” et non de s’obstiner à critiquer “de l’extérieur”. Peut-être a-t-elle peur de perdre sa liberté (puisqu’elle s’installe là où elle veut sans mission canonique d’évêques en communion avec le successeur de Pierre) ? Ne choisit-elle pas la solution de facilité ? Est-ce un manque de courage de sa part ? Elle dira sans doute que c’est un acte de prudence. Or il n’est pas prudent de quitter “Pierre” et de désobéir à “Pierre” en matière grave (1). 

Qui se trouve dans un grave état de nécessité ?  

Est-ce l’Eglise “officielle” (2) “conciliaire” (comme disait parfois malheureusement Mgr Lefebvre) ou la FSSPX ? 

La FSSPX estime se trouver dans un certain état de nécessité de procéder à ces ordinations épiscopales, même sans mandat pontifical, parce qu’elle n’a plus que deux évêques en son sein. Ils ne sont pas très âgés mais la FSSPX a considérémotu proprio, que le temps était venu de procéder à de nouvelles ordinations épiscopales. 

Dans sa logique la FSSPX a non seulement le droit mais le devoir de procéder à ces ordinations. Il en va de la survie de la Tradition puisque les personnes fidèles à la Tradition “de toujours” ce sont les membres de la FSSPX et ce n’est pas la “Rome moderniste” de Léon XIV (et de ses prédécesseurs, depuis Vatican II). 

L’état de nécessité existe-t-il vraiment ? 

Est-il vrai de dire que les fidèles laïcs ne trouvent plus les moyens de salut dans les paroisses de France ? Non. Ce n’est objectivement pas vrai. C’est outrancier. Il n’y a pas de crise de l’Eglise mais il y a certes une crise dans l’Eglise (il y en a toujours eu et il y en aura jusqu’au retour de notre Seigneur dans la gloire). Il est possible de dénoncer les difficultés, voire les scandales actuels, mais il faut le faire dans l’Eglise de façon juste (cf. canon 212 (3)) à la manière du cardinal Robert Sarah dans son livre 2050 par exemple ou encore à la manière indiquée dans lprotocle d’accord du 5 mai 1988 entre Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger. Les fidèles peuvent se confesser, les Messes sont valides, la catéchèse et la prédication (si elle est fidèle au Catéchisme de l’Eglise Catholique par exemple) sont nourrissantes, vraies et justes. A moins de s’ériger en juge du Magistère (ce qui a une saveur protestante). 

Evidemment, selon la FSSPX, les fidèles n’ont pas accès “au pur Magistère de toujours” puisque Vatican II et le magistère postconciliaire sont mauvais, les sacrements sont parfois invalides (en raison de l’intention peut-être douteuse des ministres). Le cercle est bouclé. La FSSPX s’enferme dans son raisonnement parce qu’elle se permet de juger le Magistère selon ses vues, et le danger c’est le péché de schisme voire l’hérésie (tôt ou tard). 

Comment la FSSPX peut-elle en arriver à tenir une affirmation aussi outrancière et étrangère à la réalité en soutenant que les âmes n’ont plus de quoi se sauver dans l’Eglise dite “conciliaire” ? Je fais deux hypothèses. La première c’est que les prêtres de la FSSPX se sont tellement isolés depuis des années qu’ils ne voient pas ce qui se vit dans les églises de France notamment. Ils croient, de bonne foi ou non, que nous en sommes encore aux années 70, voire que la situation a encore empiré. La seconde c’est que trop de fidèles de l’Eglise catholique romaine (en particulier les clercs) les ont laissés s’isoler dans leur coin et dans leur rhétorique. 

Nous pouvons relire ce que le pape Benoit XVI écrivait dans sa lettre accompagnant le Motu proprio Summorum Pontificum : “En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Eglise n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité; on a l’impression que les omissions dans l’Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau”. C’est l’objectif que je me donne dans ces petites tribunes aimablement publiées par le Salon Beige. 

Citons enfin le Conseil Pontifical pour l’Interprétation des Textes Législatifs, en 1997 qui déclarait avec autorité : « En ce qui concerne l’état de nécessité dans lequel Mgr. Lefebvre pensait se trouver, il faut garder à l’esprit qu’un tel état doit être vérifié objectivement, et il n’est jamais nécessaire d’ordonner des évêques contrairement à la volonté du Pontife romain, chef du Collège des évêques. Cela impliquerait en effet la possibilité de « servir » l’Église par une atteinte à son unité dans un domaine lié aux fondements mêmes de cette unité ». Le fondement de l’unité de l’Eglise c’est “Pierre” et c’est “la foi de Pierre” (cf. Mt 16, 1-18). Pas une autre foi. 

Quel gâchis !

(1) J’aurai l’occasion de montrer dans un prochain article qu’une ordination épiscopale sans mandat pontifical et contre la volonté du pape est un acte intrinsèquement mauvais (de droit divin et non de droit purement ecclésiastique).

(2) Mgr Lefebvre dit le 13 octobre 1985 à Nantes, cf. Fideliter, n°48 (nov-déc 1985), p 28 : « Apparemment, nous sommes en marge de l’Église officielle, mais en fait, je vous l’assure, c’est vous qui êtes l’Église. Ce sont nos prêtres et moi-même qui continuons l’Église”. Ou encore “Où est l’Eglise visible ? L’Eglise visible se reconnaît aux signes qu’elle a toujours donnés pour sa visibilité : elle est une, sainte, catholique et apostolique. Je vous demande : où sont les véritables marques de l’Eglise ? Sont-elles davantage dans l’Eglise officielle (il ne s’agit pas de l’Eglise visible, il s’agit de l’Eglise officielle) ou chez nous, en ce que nous représentons, ce que nous sommes. Il est clair que c’est nous qui gardons l’unité de la foi, qui a disparu de l’Eglise officielle. Tout cela montre que c’est nous qui avons les marques de l’Eglise visible (…) Ces signes ne se trouvent plus chez les autres” conférence du 9 septembre 1988, La visibilité de l’Eglise et sa situation actuelle, publication intégrale dans le Bulletin officiel du district de France de la Fraternité Saint-Pie-X, et publication partielle dans Fideliter, n° 66 (nov-déc 1988) p 27-28.

(3) Canon 212 §1. Les fidèles conscients de leur propre responsabilité sont tenus d’adhérer par obéissance chrétienne à ce que les Pasteurs sacrés, comme représentants du Christ, déclarent en tant que maîtres de la foi ou décident en tant que chefs de l’Église. §2. Les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits. §3. Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes.

Abbé Laurent Spriet

Es-tu non-binaire, fille ou garçon? OK, maintenant tu peux jouer au foot !

Communiqué de presse de Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance déplore la décision rendue par la Cour administrative de Nantes le 27 mars 2026 (24NT02788) et rejetant le recours introduit par l’Association et d’autres requérants contre une délibération de la Ville de Rennes du 18 septembre 2023, relative aux critères d’attribution des subventions aux associations sportives rennaises.

En effet, cette délibération indexe les subventions attribuées par la Ville aux clubs sportifs sur la déclaration de leurs effectifs en plusieurs catégories : femme majeure, femme mineure, homme majeur, homme mineur, non-binaire majeur, non-binaire mineur. Le coefficient prévu par la délibération étant de 20 pour une femme majeure, de 40 pour une femme mineure, de 10 pour un homme majeur, de 30 pour un homme mineur, de 20 pour un adhérent non-binaire majeur et, enfin, de 40 pour un adhérent non-binaire mineur.

Juristes pour l’enfance conteste la légalité de cette délibération car la mise en œuvre de ce critère exige que les clubs sportifs interrogent leurs membres, et notamment des mineurs, sur le fait de savoir s’ils sont “homme”, “femme” ou “non binaire”.

Ce questionnement de tous, y compris les enfants, et même les petits enfants, est incontournable dès lors que la question inclut la possibilité d’être non binaire: la question ne concerne en effet pas le sexe, qui est binaire, mais l’identité de genre, qui ne se confond pas avec le sexe et qui relève du ressenti de chacun  (voir Laurence Vanceunebrock à l’Assemblée nationale le 5 octobre 2021 : l’identité de genre est “le sentiment d’appartenance à une identité féminine, masculine, non binaire ou autre”, “l’identité de genre est l’identité que l’on ressent au fond de soi” ICI).

Atteinte à la vie privée

Dès lors que la déclaration des effectifs en “homme”, “femme” et “non-binaire” oblige à se situer sur le terrain de l’identité de genre, le club de sport ne peut s’en tenir au seul donné du sexe tel qu’il figure à l’état civil. Il doit s’informer sur le ressenti de l’intéressé, qui est seul en mesure de déterminer son identité de genre.

La mise en œuvre de la délibération exige ainsi d’interroger les personnes venues pratiquer un sport sur leur identité de genre : êtes-vous homme, femme ou non-binaire ? Es-tu garçon, fille ou non-binaire ?  

Solliciter les personnes pour qu’elles se rattachent à une catégorie relevant de leur ressenti intime constitue une atteinte à leur vie privée : la délibération contestée ne peut pas être mise en œuvre sans que chaque pratiquant d’un sport soit sollicité pour exprimer son ressenti de genre, ce qui est intrusif et invasif. La délibération est donc illégale pour atteinte à la vie privée.

Mise en danger des enfants

Un club sportif ne saurait décréter l’identité de genre de l’enfant sans lui demander s’il est “non-binaire”, “fille” ou “garçon”. Les parents eux-mêmes ne sauraient répondre à la place de l’enfant.

Le club, les parents, peuvent uniquement constater le sexe de l’enfant. Mais, dès lors que la question se situe sur le terrain de l’ « identité de genre », nul ne peut y répondre de l’extérieur, sans s’enquérir du ressenti intime de l’enfant sur lui-même. C’est bien l’enfant qui devra s’interroger sur son identité de genre et s’identifier lui-même comme garçon, fille ou non-binaire.

L’atteinte à la vie privée et à l’intimité est caractérisée pour tous mais elle est encore plus problématique s’agissant des enfants car interroger des enfants sur le point de savoir s’ils sont garçon, fille ou non-binaire, revient à leur suggérer une problématique qui peut être particulièrement perturbante.

La nécessité pour les clubs de répertorier les enfants en 3 catégories garçons, filles et non-binaires, est une forme de violence bien réelle car une telle interrogation est de nature à susciter confusion, doutes, inquiétudes et perte de repère. L’enjeu est loin d’être théorique en ce qui concerne l’atteinte à la santé des mineurs susceptible de résulter d’une telle confusion, en raison du manque de maturité propre à l’âge des enfants et adolescents ainsi sollicités.

“Lorsque des parents inscrivent leur enfant au foot, c’est pour qu’il joue au foot et non pour qu’il soit interpellé sur son ressenti de genre et plongé dans un contexte de confusion” résume Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance. “Les enfants ont besoin de sécurité et de stabilité pour grandir et non des sables mouvants des idéologies”, ajoute-t-elle.

A ce titre, il convient de rappeler de quelle manière le ministère de l’Éducation nationale avait immédiatement rectifié un questionnaire diffusé en 2022 aux collégiens dans le cadre du brevet , à l’occasion d’un test d’anglais intitulé Ev@lang collège, qui invitait les collégiens à s’identifier à l’une des trois réponses proposées : “homme”, “femme”, “autre”. Monsieur Richard SENGHOR, Conseiller d’État mis à la disposition du Ministre de l’éducation nationale, avait qualifié la présence de cette mention “autre” de “regrettable incident” et demandé au prestataire “d’y mettre un terme immédiatement” (voir ICI).

La lutte contre les discriminations ne saurait justifier n’importe quelle pratique

La mairie de Rennes invoque la lutte contre les discriminations pour justifier la déclaration des effectifs des clubs sur ce critère de l’identité de genre, mais cet argument ne saurait valider une pratique invasive et attentatoire à la vie privé : l’objectif de protéger les personnes qui se déclarent non binaires contre les discriminations ne saurait justifier d’interroger toute une population sur son identité de genre.

De même que la lutte contre l’homophobie ne saurait justifier d’interroger les sportifs sur leur orientation sexuelle et de les répertorier en fonction, aucune cause si bonne soit-elle ne justifie d’interroger les membres des clubs sportifs sur leur identité de genre.

Si la mairie de Rennes veut promouvoir le sport des personnes non-binaires, il lui faut trouver un autre moyen que cette délibération qui impose de porter atteinte à la vie privée de tous et met en danger les enfants.

Saisine du Conseil d’État

C’est pourquoi Juristes pour l’enfance envisage de saisir le Conseil d’État, afin de faire cesser cette mesure idéologique, invasive dans la vie privée des sportifs et en outre dangereuse s’agissant des enfants.

L’armée israélienne souligne que la conduite de ce soldat est totalement incompatible avec les valeurs attendues de ses troupes

L’armée israélienne a enquêté sur l’authenticité d’une image montrant sur les réseaux sociaux un soldat qui frappe une statue de Jésus-Christ avec une masse dans le sud du Liban. Tsahal a confirmé qu’il s’agissait bel et bien d’un soldat de l’armée israélienne.

“À l’issue d’un premier examen (…) il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban”.

“Des mesures appropriées seront prises à l’encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l’enquête”.

Dix ans d’Amoris laetitia : toujours la pagaille

Source :https://fsspx.news/fr/news/dix-ans-damoris-laetitia-toujours-la-pagaille-58592

Une décennie a passé depuis la publication de l’exhortation apostolique Amoris laetitia. François voulait un souffle de « miséricorde », mais dans les faits c’est une source de grave préoccupation doctrinale. Dix ans après, le constat est là : sous couvert de « discernement », c’est trop souvent la confusion qui s’est installée dans les diocèses, fragilisant le dogme de l’indissolubilité du mariage.

Une pastorale de l’ambiguïté

En France, la réception du chapitre VIII d’Amoris laetitia a créé une fracture silencieuse. Dans de nombreux diocèses, comme à Paris ou Lyon, la mise en place de « parcours de discernement » a conduit, de fait, à un accès de plus en plus fréquent à la sainte communion pour les personnes engagées dans une nouvelle union civile.

Pour les défenseurs de la Tradition, cette évolution pose un problème de conscience majeur. Comment concilier les paroles du Christ sur l’adultère avec une pratique qui semble mettre entre parenthèses l’état de grâce requis pour recevoir l’Eucharistie ? Le « cas par cas » semble être devenu la norme, au risque de transformer le sacrement en un simple rite d’intégration sociale.

Des disparités diocésaines révélatrices

La situation variée se fait selon l’orientation des évêques ou des curés locaux, créant une Église à plusieurs vitesses :

– Certains diocèses maintiennent plus fermement la pratique traditionnelle, réitérée par le pape Jean-Paul II dans l’encyclique Familiaris Consortio (1981). L’accompagnement des divorcés-remariés existe, mais il appelle à la « continence parfaite » pour ceux qui souhaitent accéder aux sacrements, respectant ainsi la parole sacramentelle donnée lors du premier mariage.

– À l’opposé, des structures comme les équipes « Reliance » ou certains « pôles missionnaires » urbains – qui semblent surtout démissionnaires au regard de la foi – privilégient une « intégration pleine » sans exiger de changement de vie concret, s’appuyant sur une interprétation subjective de la conscience.

Le spectre du relativisme moral

Dix ans après, la crainte d’un « schisme feutré » ou d’un relativisme moral n’a pas disparu. Pour beaucoup de prêtres de terrain, la pression est forte. « On nous demande d’accompagner sans juger, mais accompagner, c’est aussi éclairer la vérité des actes », confie un jeune vicaire.

La publication de Fiducia Supplicans en 2023 n’a fait qu’accentuer ce sentiment d’un glissement doctrinal où la pastorale finit par effacer le dogme au nom d’une miséricorde mal comprise. Pour s’en convaincre, un témoignage direct a pu être reçu par FSSPX.Actualités : Isabelle et Pierre (les prénoms ont été modifiés) forment un couple « divorcé-remarié » dans un diocèse breton.

Isabelle assiste à la messe dans une paroisse confiée à une communauté nouvelle où le prêtre l’encourage à communier sacramentellement, alors qu’elle reconnait ne pas remplir les conditions d’admission à la sainte communion. Son compagnon pratique quant à lui dans une paroisse traditionnelle où il se limite scrupuleusement à la communion spirituelle. Cet exemple est loin d’être isolé.

Si l’exhortation Amoris laetitia a ouvert sans discernement le banc de communion aux couples qui s’en étaient éloignés à cause de leur état moralement répréhensible, elle a de ce fait semé le doute sur la pérennité de l’engagement chrétien.

Le bilan est celui d’une « charité sans vérité » qui, loin de guérir les âmes, tend à les confirmer dans un état objectif de faute. Elle fait croire que la « miséricorde » nouvellement promue – qui n’est qu’une caricature de la véritable – peut annuler la loi divine et donc sa justice. Permettant ensuite de passer à Fiducia supplicans, qui fait croire que Dieu bénit ces situations qu’il condamne.

Une telle falsification d’une volonté divine clairement énoncée dans l’Évangile par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, est l’un des signes les plus tangibles pour les fidèles – et pour les membres du clergé qui ont encore une théologie et une conscience – de l’état de nécessité dans lequel se trouve l’Église aujourd’hui : nécessité d’une réforme vigoureuse qui rectifie les erreurs qui perdent les âmes.

État de nécessité qui explique aussi la décision des sacres dans la Fraternité Saint-Pie X, pour préserver la pureté de la foi et de la morale dans l’attente de cette réforme qui – l’espérance dans la bonté de son Fondateur nous le commande – ne manquera pas de se réaliser à l’heure qu’il aura choisie.

(Source : La Croix – FSSPX.Actualités)

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Il faut toujours veiller sur ces formes de religiosité traditionnelle”

Extrait de l’homélie du pape dimanche en Angola :

[…] Nous faisons l’expérience de la compagnie du Seigneur surtout dans notre relation avec Lui, dans la prière, dans l’écoute de sa Parole qui fait brûler nos cœurs comme celui des deux disciples, et surtout dans la célébration de l’Eucharistie. C’est ici que nous rencontrons Dieu. C’est pourquoi il faut toujours veiller sur ces formes de religiosité traditionnelle qui appartiennent certes aux racines de votre culture, mais en même temps risquent de confondre et de mélanger des éléments magiques et superstitieux qui n’aident pas dans le chemin spirituel. Restez fidèles à ce que l’Église enseigne, ayez confiance en vos pasteurs et gardez le regard fixé sur Jésus qui se révèle en particulier dans la Parole et dans l’Eucharistie. Dans les deux, nous faisons l’expérience que le Seigneur ressuscité marche à nos côtés et, unis à lui, nous aussi, nous vainquons les morts qui nous assiègent et nous vivons comme des ressuscités.

À cette certitude de ne pas être seuls sur le chemin s’ajoute également un engagement généreux, capable d’apaiser les blessures et de raviver l’espoir. En effet, si les deux disciples d’Emmaüs reconnaissent Jésus lorsqu’il rompt le pain pour eux, cela signifie que nous devons nous aussi le reconnaître ainsi : non seulement dans l’Eucharistie, mais partout où une vie se fait pain rompu, partout où quelqu’un se fait don de compassion à l’instar de Lui.

“La liturgie traditionnelle est en elle-même missionnaire”

Philippe Darantière, président de l’association Notre-Dame de Chrétienté, présente dans L’Homme nouveau le 44e pèlerinage de Chartres, autour du thème de la mission. Extraits :

L’association « Notre-Dame de Chrétienté » repose effectivement sur trois piliers : Tradition-Chrétienté-Mission. L’an dernier, nous avons traité de la chrétienté avec la doctrine du Christ-Roi, et nous avons aussi eu l’occasion de méditer régulièrement sur la Tradition. Le thème de la mission était moins exploré jusqu’alors et il nous a donc semblé que c’était une manière de répondre à l’appel à une « nouvelle ère missionnaire dans l’histoire de l’Église » lancé par le Pape le 5 octobre 2025. Cette formule est particulièrement forte : il s’agit d’un appel à la mission dans lequel nous devions nous inscrire. Aujourd’hui, nombreux sont les catéchumènes, convertis et recommençants, qui frappent à la porte de l’Église. Nous avons à répondre à leur désir d’être accueillis, à leur soif de formation doctrinale pour vivre pleinement leur foi au sein de l’Église. Il nous faut mettre au service de la mission les vérités de la foi que notre pèlerinage délivre dans ses enseignements.

C’est notamment par ces enseignements que votre pèlerinage est missionnaire…

Plusieurs dimensions de notre pèlerinage lui permettent d’être missionnaire : d’abord la tradition de l’Église qui nous a été transmise pour être propagée, comme le dit saint Paul : « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu » (1 Co 15, 3). Ensuite, la liturgie traditionnelle, qui est en elle-même missionnaire car elle nous met en présence de celui que nous annonçons par le renouvellement non sanglant du sacrifice de Jésus sur la Croix. Enfin, la troisième dimension missionnaire de notre pèlerinage est le témoignage public que nous donnons quand nous traversons les villes, mais aussi la charité vécue entre pèlerins pendant ces trois jours. Notre pèlerinage aspire à être une chrétienté en marche. La mission, pour nous, est inséparable du règne social du Christ qui nous a laissé ce message à destination de nos concitoyens : « Allez, de toutes les nations faites des disciples ». […]

Outre ces trois jours, comment « Notre-Dame de Chrétienté » propose-t-elle à ses pèlerins de vivre concrètement la mission au quotidien ? Que veut dire « mettre notre pèlerinage en ordre de mission » ?

Afin d’être tournés vers ceux qui ne connaissent pas le Christ, il faut prolonger ce que nous vivons pendant ces trois jours, où nous recevons ce qui est nécessaire pour le transmettre à notre tour. « Notre-Dame de Chrétienté » invite donc tous les chapitres à réfléchir à la mission en actes concrets. Le lundi de Pentecôte, l’association distribuera une dizaine de milliers de brochures d’apologétique, une synthèse du livre de Matthieu Lavagna Soyez rationnel, devenez catholiques, afin de donner aux pèlerins des arguments rigoureux pour défendre leur foi. Nous avons aussi produit un tract sur la foi catholique que les pèlerins pourront emporter pour le distribuer ou le déposer dans des lieux de passage. Enfin, nous invitons tous les chapitres à prendre des initiatives missionnaires pour prolonger notre pèlerinage. […]


Il reste encore quelques places pour s’inscrire au 44e pèlerinage de Chrétienté, à la fois au sein des chapitres adultes, mais aussi au sein des équipes soutiens (ramassage des sacs, montage des tentes, mise en place des lavabos, sécurité des bivouacs, kinésithérapeutes… Ecrire à [email protected])

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, les progressistes ont engagé une guerre pour détruire la société et la civilisation européenne traditionnelles 

Dans une chronique, le Paysan savoyard évoque la guerre civile sur notre sol et la guerre d’invasion :

[…] L’immigration, tout d’abord, ne fait nullement courir un « risque de guerre civile », pour deux raisons. La première est qu’une guerre civile oppose par définition les fractions d’un même peuple. Rien de tel ici, puisque les immigrés et la population de souche européenne appartiennent à des peuples et à des civilisations différents.

Il n’y a pas de risque de guerre civile avec les immigrés pour une seconde raison, tout aussi décisive : la guerre a commencé depuis longtemps et c’est une guerre d’invasion. […]

Pas de guerre civile avec les immigrés donc, mais guerre fratricide sur notre sol pourtant : elle oppose, depuis plus de deux siècles, les progressistes à la société traditionnelle et aux Français qui lui restent attachés.

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, les progressistes ont engagé une guerre pour détruire la société et la civilisation européenne traditionnelles : ils entendent en effet instaurer « un monde nouveau », conforme à leur idéologie humaniste. Cette guerre, depuis lors, est continue. Les progressistes ont d’abord entrepris de détruire la société d’ordres et l’aristocratie. Ils se sont également attelés à l’anéantissement du catholicisme. Ils ont initié dès la révolution française une lutte contre les traditions et les mœurs communes : ce combat libertaire est plus virulent que jamais.

La guerre civile franco-française est tantôt ouverte (Révolution, génocide vendéen, révolutions du XIXe siècle…), tantôt froide ou tiède, comme aujourd’hui : elle prend alors la forme d’une lutte institutionnelle et légale. Les progressistes sont au pouvoir depuis plus de deux siècles : toutes les politiques suivies sont dès lors progressistes, qu’il s’agisse des mœurs, de la justice pénale, de la confiscation fiscale des Français moyens, des multiples politiques égalitaristes en vigueur, du libre échange mondial, de la construction européenne sans-frontiériste, et bien sûr de l’immigration. Pour parvenir à leurs fins, les progressistes recourent sans répit à des procédés de nature totalitaire, tels que le harcèlement légal et judiciaire des opposants et la limitation de leurs possibilités d’expression.

Il faut ici apporter cette précision d’importance : la guerre ne consiste pas seulement à brandir des fusils. Elle se définit avant tout par ses objectifs : l’élimination de l’ennemi. Or c’est bien l’entreprise qui est à l’œuvre dans nos sociétés : les progressistes, depuis deux siècles et demi, veulent éradiquer par tout moyen la société française traditionnelle et mettre définitivement hors jeu les Français qui adhèrent encore à ses principales caractéristiques ; il en est de même à l’échelle de l’Europe et de l’Occident. […]

Face aux résistances, les progressistes ont trouvé désormais le moyen radical d’éliminer une fois pour toutes la société traditionnelle honnie : l’invasion migratoire. L’immigration va permettre de faire advenir le monde nouveau dont les progressistes rêvent, sans frontières, ni commerciales ni physiques : le monde des citoyens du monde. Par là-même, c’est l’homme Blanc qu’il s’agit également de remplacer, en lui substituant « l’Homme nouveau », l’homme universel, sans race, sans Histoire ni territoire, sans genre, sans appartenance, sans identité.

Et si saint Joseph nous réapprenait à sanctifier notre travail ?

Le travail occupe une place immense dans nos vies. Il peut être source de joie, d’accomplissement, de service… mais aussi de lassitude, de tensions, de solitude ou d’inquiétude.

À l’approche du 1er mai, fête de saint Joseph travailleur, Hozana propose une grande neuvaine en ligne pour aider chacun à retrouver le sens profond de son travail : non pas seulement produire ou réussir, mais se sanctifier au quotidien.

Intitulée « Confier son travail à saint Joseph et grandir en sainteté »cette retraite spirituelle de neuf jours, animée par le père Père Benoît Pouzin, invite les fidèles à déposer devant Dieu leurs difficultés professionnelles, leurs recherches d’emploi, leurs responsabilités ou leurs fatigues quotidiennes.

Saint Joseph est sans doute le saint le plus apte à nous accompagner sur ce chemin. Lui qui a vécu caché, dans la fidélité du quotidien, sans bruit, sans gloire humaine, nous rappelle que la sainteté ne se vit pas seulement dans les moments extraordinaires, mais dans la persévérance humble des jours ordinaires.

Dans le silence de l’atelier de Nazareth, Joseph a sanctifié son labeur par l’amour, la présence à Dieu, le service de sa famille. C’est cette école intérieure que propose cette neuvaine :

  • apprendre à remettre son stress au Seigneur ;
  • prier pour ceux qui souffrent au travail ;
  • demander la grâce d’une juste place ;
  • retrouver la paix dans les responsabilités ;
  • transformer son métier en offrande.

Dans un monde où le travail devient souvent une idole ou un fardeau, saint Joseph nous rappelle qu’il peut redevenir une vocation : celle de collaborer humblement à l’œuvre de Dieu.

Une invitation précieuse pour tous ceux qui veulent remettre le Christ au cœur de leur quotidien.

La neuvaine se déroule du 23 avril au 1er mai : rejoindre la neuvaine ici

Olivier Nora, ce PDG de Grasset, payé 1M€ pour une société dont le chiffre ne s’élève plus qu’à 12M€

115 écrivains parus chez Grasset ont annoncé mercredi soir quitter cette maison d’édition pour dénoncer le licenciement de son PDG Olivier Nora, “une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale” dont ils tiennent Vincent Bolloré pour responsable. Parmi ces écrivains, citons Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder, Anne Sinclair, Laure Adler, Caroline Fourest, Pascal Bruckner ou Vanessa Springora. On ne les regrettera pas.

Olivier Nora est d’abord un héritier avant d’être le génie vanté par une certaine gauche. Son père Simon Nora était directeur du groupe Hachette, tandis que son oncle Pierre Nora était chez Gallimard. Son frère Fabrice Nora a été nommé en 2002 à la tête du groupe Le Monde, sa soeur Judith Nora a eu deux enfants avec l’actuel président du directoire du journal, Louis Dreyfus (aujourd’hui compagnon de Camille Kouchner), son autre soeur Constance Nora, directrice de la communication au Club Med, Dominique Nora, journaliste à Libé, puis directrice de la rédaction de L’Obs. La plupart des Nora ont été des membres du club Le Siècle.

Vincent Bolloré répond dans le JDD à cette petite caste bobo :

Bien que n’ayant aucune fonction chez Hachette mais étant qualifié par certains, responsable d’un « séisme », il me paraît intéressant de résumer ce que j’ai appris sur ce sujet. Le 6 juin prochain, la maison Grasset aura la joie et l’honneur de sortir le nouveau livre de Boualem Sansal qui débarquera en librairie à cette date. Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l’année – ce qui était contraire à la volonté de la direction Hachette, qui est le réel propriétaire de Grasset. En entreprise comme en démocratie, la majorité décide in fine

Ce différend a eu lieu sur fond de performances économiques de la Maison Grasset très décevantes : le chiffre d’affaires, qui était de 16,5 millions d’euros en 2024, est descendu à 12 millions en 2025 et le résultat opérationnel, qui était de 1,2 million d’euros en 2024, a diminué de moitié pour ne représenter plus que 0,6 million en 2025. Pendant ce même temps, la rémunération annuelle d’Olivier Nora est passée de 830 000 euros à 1,017 million d’euros, et cette rémunération payée par Hachette n’a été facturée que pour moitié à Grasset, améliorant ainsi les charges apparentes de Grasset et donc son résultat ainsi présenté.

Pourtant, le départ d’Olivier Nora qui dirigeait Grasset et ses 38 salariés (sur 33 000 que compte le groupe Lagardère…) provoque un bruit médiatique extraordinaire, un « séisme » affirment certains médias. Comment est-ce possible ? Alors que la situation financière et sociale de millions de Français est, elle, actuellement réellement préoccupante, comment cette affaire peut-elle faire tant de vacarme ?

Simplement parce que cela touche une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient, et qui, grâce à sa capacité de fracas médiatique, fait peur à beaucoup. Cela n’empêchera pas, heureusement, les dirigeants de Hachette de prendre les mesures de gestion normales et de bon sens !

N’ayons pas peur ! Grasset continuera et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés, promus, reconnus et appréciés. J’aime depuis mon enfance et grâce à ma famille profondément la littérature et suis attaché à aider ses auteurs à pouvoir être diffusés. Quant aux attaques concernant mon « idéologie », je le rappelle une fois de plus : je suis chrétien démocrate et les dirigeants de Hachette continueront à publier tous les auteurs qui le souhaitent.

Mère Yvonne-Aimée, une religieuse d’exception

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐃𝐨𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐏𝐚𝐭𝐫𝐢𝐜𝐤 𝐌𝐀𝐇𝐄́𝐎, médecin
  • 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐨𝐞̈𝐥 𝐆𝐔𝐈𝐁𝐄𝐑𝐓, prêtre du diocèse de Nantes et auteur de “Vivre en Dieu à l’école de mère Yvonne-Aimée de Malestroit”
  • 𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐚𝐮𝐦𝐞 𝐙𝐄𝐋𝐋𝐄𝐑, journaliste et historien

In memoriam : Le Frère Ange Rodriguez, un exorciste face au « blackout spirituel » de notre temps

Le Frère Ange Rodriguez, fils de saint Dominique, rappelé à Dieu le 23 mai 2022 à l’âge de 85 ans, nous laisse une œuvre d’une brûlante actualité. Ayant eu la grâce de compter parmi ses amis proches et d’avoir tant reçu de lui, je souhaite aujourd’hui rendre hommage à ce religieux à la verve lyonnaise inimitable. Sa vie fut un pont jeté entre la métaphysique la plus haute et la miséricorde la plus concrète.

L’urgence d’un message : briser l’ensorcellement spirituel de la France

Le paradoxe de notre époque est frappant : au moment même où nos sociétés affirment l’inutilité de Dieu, elles se trouvent submergées par un imaginaire démoniaque omniprésent, la banalisation des pratiques spirites et un attrait croissant pour l’occultisme, notamment chez les jeunes générations en quête d’irrationnel.

Le Frère Ange alertait avec force contre ce qu’il appelait un véritable « blackout spirituel ». Ce diagnostic éclaire de manière saisissante la situation actuelle de notre pays. De l’inscription de l’avortement dans la Constitution aux débats sur l’euthanasie, la GPA ou encore le programme EVARS à l’école, il voyait les signes d’une désorientation profonde des consciences et d’un affaiblissement inquiétant des repères spirituels.

Selon lui, la ruse la plus efficace de l’Adversaire consiste à se faire oublier pour mieux agir dans la confusion et le désespoir. Dans ce contexte, connaître la réalité du combat spirituel et l’existence des anges déchus n’est pas un thème marginal : c’est une nécessité pour discerner les forces à l’œuvre derrière la dissolution progressive de notre civilisation.

Un pasteur formé à l’école de la miséricorde

Ancien exorciste du diocèse de Lyon de 2003 à 2013, le Frère Ange ne se considérait pas comme un « chasseur de fantômes », mais comme un ministre de la libération.
S’appuyant notamment sur l’enseignement de saint Alphonse-Marie de Liguori, il rappelait souvent que pour sauver les âmes, un prêtre a besoin d’un « océan de compassion » bien davantage que d’un simple savoir théorique.

Derrière son apparence sereine se cachait une sensibilité profonde. Il transfigurait ses propres souffrances et sa solitude en action de grâce permanente, dans une déclaration d’amour fidèle à Dieu jusque dans l’épreuve :
« Dans le désert affectif, dans le froid de l’indifférence, je t’aime… »
Cette fidélité intérieure donnait à son ministère une autorité spirituelle particulière.

Un héritage pour le combat spirituel d’aujourd’hui

Toute sa vie fut une préparation à la rencontre avec le Christ, dans une confiance simple et profonde envers son ange gardien. Son œuvre demeure un guide précieux pour comprendre la nature du combat spirituel auquel les chrétiens sont aujourd’hui confrontés.

Parmi ses principaux ouvrages :

Aux Éditions du Cerf :
https://www.editionsducerf.fr/contributeur/ange-rodriguez/
• Quelqu’un vient : une méditation majeure sur l’Incarnation, montrant comment toute la création est récapitulée dans le Christ
• Expert en diablerie : le combat d’un exorciste : témoignage sur ses années de ministère face aux manifestations du mal
• Enquête sur l’au-delà : une pédagogie lumineuse sur le mystère de la vie éternelle

Aux Éditions de la Licorne :
https://www.editionsdelalicorne.com/spiritualit2/chiens
• Des miettes pour les petits chiens : une source directe de son zèle apostolique puisé dans une amitié simple et profonde avec le Christ

“J’ai vu le diable dans ses œuvres”
Revue des deux mondes – juin 2018.
Texte intégral :
https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2018/05/Jai-vu-le-diable-dans-ses-oeuvres.pdf

Le Frère Ange nous laisse finalement cette conviction simple et exigeante : le démon ne possède que le pouvoir que nous lui cédons par notre oubli.
Dans une époque marquée par la confusion spirituelle et la fragilisation des consciences, son témoignage demeure une invitation pressante à retrouver la souveraineté de la raison éclairée par la foi et la puissance de la louange.

Accéder aux ressources :
• La Conférence : Retranscription intégrale sur le blog de Sergyl Lafont : Anges déchus.
https://lafontsergyl.com/2026/04/15/anges-dechus/

• Vidéo : Visionner l’intervention du 2 mars 2016 sur les anges déchus : Lien YouTube.
https://www.youtube.com/watch?v=MMlM71Cmxto

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le sang français coule à nouveau au Liban

Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité

Un sous-officier français du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban a été tué et trois autres soldats français blessés (dont deux grièvement) ce samedi, dans le Sud du Liban, lors d’une embuscade contre des casques bleus de la FINUL attribuée au Hezbollah.

Chrétienté-Solidarité adresse ses plus sincères condoléances à la famille du sergent-chef Florian Montorio ainsi qu’à ses camarades du 17e RGP.

Le Président de la République a communiqué à ce sujet, il a condamné, il a enjoint l’État libanais à agir et à retrouver les coupables.

Comme à son habitude, Emmanuel Macron gesticule, multiplie les déclarations médiatiques mais, au final, il ne fait rien. Comme lors de sa mascarade de Beyrouth, quelques jours après l’explosion du 4 août 2020, ses paroles ne sont suivies d’aucun effet. Il abandonne le Liban et les Libanais comme il le fait pour la France et les Français.

Avant le déclenchement de la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran, nous avions alerté concernant le danger qui pesait sur les militaires français présents au Moyen-Orient et plus particulièrement au Liban.

Aucune mesure n’avait été prise pour renforcer leurs moyens et leur protection en cas de conflit. Nous en sommes au deuxième tué.

Emmanuel Macron porte une lourde responsabilité dans cette situation. Nos soldats se font tuer alors que la France est désespérément inefficace et absente, notamment pour soutenir le Liban, son État et son armée, désormais engagés dans un processus de recouvrement de leur souveraineté.

Nombreuses sont les voix, civiles et militaires, françaises comme libanaises, qui demandent à la France et à son armée d’agir aux côtés de l’armée libanaise, hors du cadre de la FINUL et selon nos propres règles d’engagement.

Emmanuel Macron reste sourd à ces appels. Pendant ce temps, le Liban résiste avec ses faibles moyens, nos soldats se font attaquer et tuer sous les couleurs ternies de l’ONU.

Notre histoire et notre honneur commandent de nous tenir au côté du Liban. Le sang de nos soldats tués au pays du cèdre nous oblige.

Emmanuel Macron doit maintenant prendre ses responsabilités.

Bernard Antony raconte… Poussez la porte de ce grand livre, vous y découvrirez un monde : le nôtre !

Formidable initiative que celle de Bernard Antony d’avoir voulu (à un moment où il est sage de regarder un peu – un homme se pencher sur son passé – dans le rétroviseur) rédiger ses Mémoires. On dit parfois d’un homme dont la vie a été un tourbillon d’événements extraordinaires (au sens propre du terme) : « Quel roman que cette vie ! » Cela colle parfaitement à Bernard Antony. Sauf que ce qu’il a vécu – et suscité parfois – ne relève pas du roman, mais de la réalité.

On a souvent eu à lire les Mémoires de vieux birbes ennuyeux au possible, sentencieux, convenus et convenables jusqu’à la caricature. Les Mémoires de Bernard Antony sont aux antipodes de ces pensums circonstanciés. Ce sont les souvenirs d’un homme d’action, d’un patriote de l’espèce amoureuse, que l’on va retrouver en première ligne dans les combats pour la France, mais aussi aux quatre coins du monde, en Pologne, au Liban, au Honduras et au Nicaragua, en Lituanie, en Croatie, etc. Et l’on aurait tort de croire – et ces Mémoires le montrent à l’évidence – que ces opex (comme disent les militaires) ne sont pas aussi (et sans doute d’abord), des combats pour la France.

Avec un souci de l’anecdote permanent (qui est ce petit « plus » qui fait la différence) et une écriture percutante, Bernard Antony entraîne le lecteur dans l’aventure formatrice de la résistance Algérie française, dans l’espérance portée par Tixier-Vignancour, dans les explications musclées avec les Rouges dans les facs, dans Mai-68. Il dit aussi la rencontre avec ce grand monsieur que fut Pierre Fabre et la suite, la création du mensuel Présent, la mise en marche du Centre Henri et André Charlier le boycott des Jeux olympiques en URSS, les manifs pour l’Ecole libre, le pèlerinage de Chartres réinventé, la célébration du Millénaire capétien, le compagnonnage avec des personnages remarquables, et tant d’autres choses qui, pour quelques-unes d’entre elles, ont infléchi, voire ralenti, le douloureux déclin de notre pays. Et puis, bien sûr, un engagement politique sans failles.

Et puis… Et puis cent aventures encore que le lecteur découvrira au fil de pages qui font défiler des histoires de chez nous, c’est-à-dire, la saga de notre Histoire nationale. Poussez la porte de ce grand livre. Vous y découvrirez un monde : le nôtre.

Préface de Pierre Henri.
Mémoires, Bernard Antony, Editions Godefroy de Bouillon, 338 pages, 35 €

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/30412-memoires-bernard-antony-raconte.html

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De saint Louis à Macron, l’effondrement

Le 19 avril, Terres de mission reçoit le colonel François-Régis Legrier, auteur de “Saint Louis modèle des chefs d’Etat” (Via Romana), occasion de réfléchir à l’actualité du gouvernement de ce grand roi.

Puis, Nicolas Bauer, chercheur à l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), évoque la situation du combat pro-vie au niveau européen.

La journée du chrétien

Né en 1957, l’abbé Jean-Pierre Putois (FSSPX) s’est spécialisé dans la redécouverte des catéchismes diocésains, sur lesquels il a déjà publié plusieurs ouvrages. Il vient de publier La journée du chrétien, petit guide de vie et de prières à la portée de tous.

Il puise son inspiration dans le trésor de doctrine et de sagesse des catéchismes diocésains d’antan, mais aussi dans le « rosaire vivant » préconisé par Ignace de Loyola dans ses célèbres Exercices spirituels, pour être unis jour et nuit au Christ et à la Vierge Marie. L’auteur ajoute à cet itinéraire de grâce L’ABC des simples gens du grand théologien Jean Gerson (1363-1429) dont la « voie du Seigneur » illumine notre ascension terrestre vers la Jérusalem céleste.

Cet ouvrage constitue un réel outil pratique quotidien pour le chrétien, auquel est vivement conseillé d’établir un règlement de vie.

La journée du chrétien doit être :

  • une journée chrétienne (non païenne), c’est-à-dire une journée passée saintement, comme le veut notre Seigneur Jésus-Christ,

  • une journée qui compte pour le Ciel (et non pour l’Enfer ou pour le Purgatoire). Il faut que toutes nos actions, du lever au coucher, soient agréables à Dieu.

D’un corps à l’autre – Apparitions, bilocations, E.M.I, résurrection : le corps spirituel mis en lumière

Recension de l’ouvrage du père Jean-Claude Hanus, Éditions Grégoriennes, 2023, par Marion Duvauchel pour Le Salon beige :

Un gros livre est un grand malheur disait le philosophe allemand Schelling. D’un corps à l’autre est peut-être un « gros livre », mais c’est surtout un « grand » livre, traversé par un projet inédit, audacieux, et même pour tout dire, un projet qui fait rêver, celui « que l’on n’arrive pas au ciel dépaysé ».

Question d’autant plus saugrenue en apparence qu’elle n’intéresse plus les chrétiens. Un prêtre qui a eu l’idée d’interroger ses paroissiens sur leur désir du ciel, a scandalisé non seulement ses ouailles, mais aussi la hiérarchie catholique. Le père J.-C. Hanus le dit gentiment, mais enfin il le dit, l’Église recueille aujourd’hui les fruits d’un cadre de réflexion vermoulu, celui de l’âme et du corps. Un corps corruptible et une âme immortelle, celui-là partant pourrir dans le tombeau ou brûler dans l’incinérateur, celle-ci partant pour le royaume des cieux pour y entrer selon son état : directement pour les grands saints, après une session de purification de durée variable pour la plupart, et pour les têtus qui auront refusé jusqu’au bout l’amour et le pardon divin, ce qu’on appelle l’enfer, concept (et réalité) dont on a réussi à se débarrasser presque complètement.

D’où la question du ciel : comment arriver là-haut en sachant où l’on se trouve et par conséquent en étant capable de se comporter comme il se doit, avec le vêtement adéquat, la robe blanche de la parabole de l’Évangile. Dit comme ça, ça a l’air d’une bande dessinée pour enfant, mais l’affaire est très sérieuse : « reporter à la fin des temps – autrement dit, à peu de choses près, sine die – la récupération d’un corps entraîne des doutes sur Dieu et sur ses desseins » (p. 256). Et des doutes sérieux.

La Résurrection est un dogme, impossible donc pour le chrétien de le rejeter. Il a été pendant des siècles développé dans la topique duelle – la séparabilité – de l’âme et du corps et dans celle, paulinienne de l’âme, du corps et de l’esprit. Cette « approche conceptuelle » de la résurrection, qualifiée par le grand théologien Romano Guardini « d’expédient » qui « fait violence à la vie ». Car celle-ci, le dit encore avec force Guardini, est, dans son essence, bipolaire : « Il s’agit d’une réelle unité, si étroite et si forte, qu’aucun de ses côtés ne peut être, ni être pensé, sans sa contrepartie. » (La polarité, p. 144). Le père Jean-Claude le dit gentiment mais clairement : « l’Église est en partie responsable de ce désastre » qu’est la désaffection des chrétiens, et il en donne une raison qu’il juge essentielle : « (la) relégation du recouvrement du corps à la fin du monde en le plaçant hors de vue, hors de notre champ opératoire, a sans doute agi à bas bruit depuis des siècles ». C’est la question des « âmes séparées », qui attendent dans la vision béatifique qu’arrive enfin le dernier élu, celui qui signe la fin de l’Histoire et le basculement définitif dans l’Amour.

L’auteur commence donc par présenter les « cadres » de son travail d’exploration – cadres qui mobilisent la théologie et l’anthropologie – et exploration qui conduit au cœur théologique (et mystique) de ce désir du ciel : la Résurrection. Celle du Christ d’abord ; la mienne et la vôtre ensuite. Enfin, la question que tout chrétien ne peut manquer de se poser, « la résurrection et après » ?

Faut-il jeter à la corbeille la traditionnelle topique de l’âme et du corps ? Non, il s’agit de réinterroger, en l’élargissant, la conception du corps qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui. Ainsi au long de trois chapitres successifs, l’auteur revoit la plupart des thématiques théologiques mais aussi catéchétiques véhiculées par ce dogme essentiel de la Résurrection. Nous n’en retiendrons que deux : la question des « âmes séparées », et celle du Jugement (avec ses deux volets, le jugement individuel et celui qu’on appelle « dernier », celui qui fait couler à gogo l’encre millénariste). À la traditionnelle définition de Thomas d’Aquin, l’âme est la forme du corps, il préfère (sans que cela s’y substitue) l’idée d’un « cœur de l’âme » en étroite connexion, d’un côté avec l’Esprit de Dieu (le sanctuaire, la fine fleur de l’âme, ce for intérieur où le démon ne peut accéder : c’est le lieu où Dieu parle) et de l’autre avec le corps. Car – et c’est là un axiome – « Toutes les choses vont par deux, en vis-à-vis, et Dieu n’a rien fait de déficient. Une chose souligne l’excellence de l’autre, qui pourrait se lasser de contempler sa gloire ? » (Si 42, 24-25)

La Résurrection, c’est aussi la question de la vie divine et donc de la divinisation de l’homme. La théologie classique déduit « les propriétés habituelles (du corps ressuscité) de l’Écriture et non d’une physique. (…) Elle ne peut donc accorder au corps de résurrection qu’un statut surnaturel, quasi transcendant. » (p. 374)

L’auteur le dit avec un aplomb tranquille : « la résurrection est naturelle », puisque tout le monde ressuscite (« Si les morts ne ressuscitent pas alors le Christ n’est pas ressuscité. » 1Co 15, 16). Mais il faut faire l’hypothèse de l’existence d’un « corps spirituel » donné dès la conception sous forme de « germe », une semence d’incorruptibilité appelée à croître et à se développer, à se manifester sous différentes formes jusqu’à la glorieuse. Comment dès cette terre, tisser le corps de résurrection, – la vie résurrective » – corps appelé à la divinisation par grâce ? Au demeurant, le raisonnement a quelque chose d’imparable : si le corps de l’homme est un temple, alors on comprend mal comment son âme devrait attendre dans le ciel, privée de toute possibilité d’agir (il y faut un corps), un temps indéterminé. Selon la théologie classique, jusqu’à la Parousie.

Il suffit de réfléchir : « la vision béatifique » des saints dans le ciel requiert au moins une paire d’yeux. De ce corps terrestre, il ne nous resterait donc que le regard ? Comme si dans le ciel, ne régnait que la pulsion scopique ! Mais non, rappelle l’auteur, les saints agissent, ils ne font pas que prier avec leur âme immortelle. Et de rappeler – c’est un homme de foi – l’apport décisif de la petite sainte de Lisieux sur cette question : elle a voulu, et d’un grand désir, passer son ciel à faire du bien sur la terre. Que voilà un grand Boddhisattva ! De plus elle est apparue dans son corps de gloire à plusieurs personnes dès sa mort. En leur prodiguant gestes de tendresse et même billets de banque (Gallipoli, 1910). Voilà qui ouvre des portes à une saine approche de ce qu’on appelle la vie mystique. L’entrée dans le royaume signifie la béatitude et « le corps doit y participer pleinement ». Oui, mais quel corps, puisque le substrat matériel visible est voué à la désagrégation ?

Mais le corps spirituel, bien sûr.  Voilà qui sort la pensée catholique de bien des ornières.

Les « actes du gouvernement divin ont quelque chose de surprenant » ; devant l’oubli du ciel de bien des chrétiens, devant l’impéritie de la pensée théologique, le père fait preuve d’une indéniable intrépidité quand il interprète tout un ensemble de phénomènes mystiques ou de type paranormal. Il se pourrait bien « que le Seigneur s’y prenne autrement pour rappeler aux affairés qu’on ne peut pas escamoter le problème de la mort et de ses conséquences ». Ce serait le sens de ces expériences troublantes auxquelles il consacre tout un long chapitre – et il n’a pas lésiné : apparitions, bilocations, expérience de mort imminente, tous phénomènes dont il est impossible de « rendre compte à partir des catégories élaborées en ce monde » et auxquels au mieux, on répond que l’homme est fait d’un corps et d’une âme » (p. 385).  Il a raison de dire qu’il ne faut pas demander à l’expérience ce qu’elle ne peut donner et qu’« il est impensable d’aboutir à une théorie des EMI (expériences de mort imminente) à partir de l’expérience (…). Mais on peut partir de la physique actuelle pour comprendre ce qui s’y manifeste sensiblement ; et partir des Écritures pour comprendre ce qu’elles signifient – ou à quoi elles renvoient spirituellement (p. 388) » ? Parce que nous sommes dans une période cruciale de l’Histoire – qui oserait le contredire (la folie du transhumanisme, la théorie du genre, l’éviction du père, et donc du fils, l’avortement et l’euthanasie, la remise en cause du sens du mariage…) – il voit la massivité des EMI comme un acte puissant de miséricorde dans un monde d’orgueil et d’ultra matérialisme.

Sa mise en garde est à prendre très au sérieux contre « la tentation, pour beaucoup, de reprendre pied dans les anciens paradigmes, pour ne pas avoir à capituler humblement, et réaborder ces questions à nouveaux frais, tant au niveau théologique que scientifique » (p. 435). Elle s’adresse au monde chrétien dans son ensemble, et sans doute aussi, discrètement, aux cercles ecclésiastiques les plus crispés et les plus dogmatiques.

Bien sûr, entre le corps spirituel et son mode glorieux, il reste bien des questions. Ce livre ouvre des perspectives, on ne saurait le lui en faire reproche, bien au contraire. Il dégage – enfin – l’horizon de la pensée fermé par une théologie abstraite et sans renouvellement.

« Comment ne pas arriver au ciel dépaysé » ? Autrement dit, comment arriver au ciel dûment préparé ? Mais avec un corps spirituel arrivé à maturité bien sûr. Fait de quoi ? Mais de toute une « vie résurrective ». Pour certains, une vie cachée en Dieu, mais qui se donne parfois à voir, à travers ces phénomènes qu’on appelle « mystiques ». Pour d’autres, une plus grande visibilité parce qu’on ne met pas la lumière sous le boisseau. Pour tous ceux qui ont choisi la Vie, une vie qui se tisse et se file dans et avec le temps des hommes, dans un corps souvent malheureux, parfois maltraité, diminué par l’âge, la maladie, le handicap, mais qui est la condition nécessaire (et non suffisante) d’une existence de bonté, de charité, d’exigence de vérité et de justice, de pardons donnés et reçus, ce qu’on appelle « servir » et qui n’a de sens pour un chrétien que dans l’amour de son Seigneur. Nous aurons toutes chances alors d’arriver dans le ciel comme un enfant, sans appréhension, corps et âme unis car les deux forment un couple insécable. Corps spirituel prêt et apte à la divinisation et âme totalement spiritualisée, avec l’espoir de nous y voir accueilli en fils ou en fille, en ami et en amie, et de connaître enfin ces modalités relationnelles auxquelles nous aspirons tous. Le ciel, c’est une vie divine, libre, la vie même de Dieu, en son Fils et dans son Esprit, une vie de relations en plénitude dans la bienheureuse et parfaite transparence des intelligences droites, des consciences pures et des cœurs aimants. Tout cela fort bien décrit par un homme de foi, n’ayant pas oublié que Joseph Ratzinger, en 1968, encourageait philosophes et théologiens à prendre exemple sur les physiciens qui, avec la mécanique quantique, avaient courageusement changé de paradigme et d’outils pour « y comprendre quelque chose »…

On salue, on rend grâce, rompez.

Deuxième dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les sept semaines du temps pascal, jusqu’à la Pentecôte inclusivement, sont consacrées à la joie et à l’action de grâces pour le grand bienfait de la Rédemption, joie qui se traduit principalement dans la liturgie par le mot Alléluia revenant sans cesse dans tous les chants. Cependant en ce deuxième dimanche après Pâques l’expression de cette joie se fait moins extérieure et plus contemplative. Ce dimanche est appelé ” Dimanche du Bon Pasteur ” en raison de l’Évangile qui est lu en ce jour, et nous allons trouver deux fois dans les chants de cette messe la phrase centrale de cet Évangile ” je suis le bon pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent “.

La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau.

L’architecture de la messe est d’une belle unité comme vous allez le constater…

Introït Misericordia Domini

Le texte réunit deux versets du psaume 32 Exsultate justi. Ce psaume est un chant de louange et d’action de grâces à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Le premier verset se rapporte à la terre, c’est-à-dire toute la création visible, qui chante la magnificence et l’amour infini du Créateur ; le deuxième se rapporte au ciel, c’est-à-dire tout l’univers invisible qui nous entoure, œuvre également de la parole créatrice.

Misericordia Domini plena est terra ; verbo Dei cæli firmati sunt.
La terre est pleine de la miséricorde du Seigneur, et les cieux ont été créés par la parole de Dieu.

La mélodie donne à ce chant d’action de grâces un caractère de joie douce et intime. Le point culminant de cette œuvre d’amour divin est la Rédemption dans laquelle le Bon Pasteur a donné sa vie pour nous, nous accordant la grâce de le connaître et de l’aimer à notre tour, et c’est principalement pour cette grâce que nous exprimons ici notre reconnaissance. Bien entendu cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 32 suivi du Gloria Patri.

Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes, exultez pour le Seigneur car la louange convient aux cœurs droits.

Alléluia Cognoverunt

Comme pour tous les dimanches du Temps pascal, il n’y a pas aujourd’hui de Graduel, mais deux Alléluias, et comme c’est souvent le cas à cette époque de l’année, les versets de ces deux Alléluias sont tirés de l’Évangile. Celui du premier Alléluia est pris dans l’Évangile des pèlerins d’Emmaüs, à la fin du passage qui a été lu à la messe du lundi de Pâques, lorsque les deux disciples, revenus à Jérusalem, racontent aux apôtres leur rencontre :

Cognoverunt discipuli Dominum Jesum in fractione panis.
Les disciples ont reconnu le Seigneur Jésus à la fraction du pain.

En quoi a consisté exactement cette fraction du pain ? Notre Seigneur a-t-il prononcé les paroles sacrées du Jeudi saint ? Ou bien l’évangéliste a-t-il voulu dire seulement que c’est au moment où ils ont partagé le pain que les yeux des deux disciples s’ouvrirent et qu’ils reconnurent  leur compagnon ? On ne peut le savoir avec certitude, mais ce qui compte ici c’est que les disciples ont reconnu le Seigneur, et c’est volontairement que cette phrase a été rapprochée de celle de l’évangile du Bon Pasteur qui sera chantée au deuxième Alléluia :

Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

On retrouve dans les deux cas le même verbe ” connaître “. Nous avons la grâce de connaître le Christ notre rédempteur et nous l’en remercions : c’est le thème principal de ce dimanche. La mélodie exprime cette reconnaissance avec un enthousiasme vibrant ; par trois fois, dans l’Alléluia et dans chacune des deux phrases du verset, elle part du grave et s’élance vers l’aigu en un grand élan, et elle s’y tient joyeusement avant de redescendre doucement vers une cadence mystique et contemplative.

Alléluia Ego sum pastor

Dans le deuxième Alléluia du deuxième dimanche après Pâques, nous trouvons la phrase de l’Évangile du jour que nous avons déjà citée :

Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

Ici ce ne sont plus les disciples, ce ne sont plus les brebis qui expriment leur reconnaissance, c’est le Bon Pasteur qui parle, et sa voix est douce et pleine de tendresse. On remarquera que la mélodie de l’Alléluia se répète deux fois dans le verset, une fois sur et cognosco oves meas et une fois sur et cognoscunt me meæ, les deux verbes cognosco et cognoscunt se reproduisant identiquement.

Offertoire Deus, Deus meus

Le chant de l’Offertoire du deuxième dimanche après Pâques est composé de deux versets du psaume 62, qui est la prière d’un exilé. Jour et nuit il veille en pensant à Dieu et à son temple, qu’il espère revoir, et où il aspire à offrir sa prière en levant les mains au ciel.

Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo, et in nomine tuo levabo manus meas.
Dieu, mon Dieu je vous cherche dès l’aurore. En votre nom je lèverai les mains.

En ce dimanche cette prière exprime notre désir de connaître toujours davantage le Bon Pasteur qui est venu nous sauver. La mélodie, comme nous l’avons souvent remarqué pour les Offertoires, est une méditation intérieure et contemplative avec un faible développement et des notes longues très calmes.

Communion : Ego sum pastor

Nous retrouvons dans la Communion du deuxième dimanche après Pâques la phrase centrale de l’Évangile du Bon Pasteur qui formait déjà le texte du deuxième Alléluia.

Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

C’est donc toujours le Bon Pasteur qui parle et sa voix est toujours douce. Mais ici la mélodie est moins développée que dans l’Alléluia ; elle est plus syllabique et suit davantage le texte dont elle souligne toutes les inflexions. Par ailleurs elle possède un caractère plus mystique et contemplatif.

Le sergent-chef Florian Montorio est mort pour la France, RIP

Message du Chef d’Etat-Major des Armées :

Aujourd’hui, le sergent-chef Florian Montorio est mort pour la France dans le cadre de l’opération DAMAN, engagement français au sein de la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban.

Pris à partie par des tirs, avec sa patrouille au cours d’une mission d’ouverture d’itinéraire pour ravitailler un poste isolé de casques bleus, et malgré la prise en charge immédiate par ses camarades et les équipes médicales spécialisées, il n’a pas pu être sauvé.

Au nom des armées françaises, j’adresse mes condoléances à sa famille, ses proches et ses frères d’armes du 17e Régiment du Génie Parachutiste.

J’ai également une pensée pour ses camarades blessés au cours de cette action qui ont fait preuve d’une grande bravoure.

Communiqué de L’Œuvre d’Orient :

L’Œuvre d’Orient présente toute ses condoléances à la famille du Sergent-Chef Florian Montorio, casque bleu français de la FINUL.

Depuis le début de la guerre après le 7 octobre 2023, L’Œuvre d’Orient a réalisé plusieurs actions conjointes avec le contingent français de la FINUL au profit des villages chrétiens du Sud Liban.

Le 7 avril dernier, ce sont les casques bleus français qui avaient escorté un convoi humanitaire dirigé par le nonce apostolique du Liban, Mgr Paolo Borgia, accompagné du Directeur général de l’Œuvre d’Orient, Mgr Hugues de Woillemont, à destination du village chrétien de Débel.

Bloqué à quelques kilomètres du village par les combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne, le convoi n’avait pas pu arriver à destination.

L’Œuvre d’Orient souhaite rendre hommage au courage et au dévouement des soldats de la Finul en faveur des populations civiles du Sud Liban et à l’action qu’ils permettent pour acheminer des convois humanitaires.

Grâce à la protection de la FINUL, six camions acheminés avec l’équipe locale ont transporté 70 tonnes de produits de première nécessité, achetés par L’Œuvre d’Orient à des villages isolés.

Face à cette tendance – compréhensible – à vouloir émigrer, je vous invite avant tout à répondre par un désir ardent de servir votre pays

Au Cameroun, le pape a rencontré le milieu universitaire, auquel il a déclaré :

[…] Alors que beaucoup dans le monde semblent perdre leurs repères spirituels et éthiques, se retrouvant prisonniers de l’individualisme, de l’apparence et de l’hypocrisie, l’Université est, par excellence, un lieu d’amitié, de coopération, mais aussi d’intériorité et de réflexion. À ses origines, au Moyen Âge, ses fondateurs lui ont donné pour objectif la Vérité. Aujourd’hui encore, professeurs et étudiants sont appelés à se donner comme idéal et, en même temps, comme mode de vie, la recherche commune de la vérité. En effet, comme l’a écrit saint John Henry Newman, « tous les principes vrais regorgent de Dieu, tous les phénomènes conduisent à Lui ».

D’autre part, ce que Newman appelait la “douce lumière”, c’est-à-dire « la lumière de la foi, dans la mesure où elle est unie à la vérité de l’amour, n’est pas étrangère au monde matériel, car l’amour se vit toujours corps et âme. La lumière de la foi est une lumière incarnée, qui procède de la vie lumineuse de Jésus. Elle éclaire aussi la matière, fait confiance à son ordre, reconnaît qu’en elle s’ouvre un chemin d’harmonie et de compréhension toujours plus large. Le regard de la science tire ainsi profit de la foi. Celle-ci invite le chercheur à rester ouvert à la réalité, dans toute sa richesse inépuisable. La foi réveille le sens critique dans la mesure où elle empêche la recherche de se complaire dans ses formules et l’aide à comprendre que la nature est toujours plus grande. En invitant à s’émerveiller devant le mystère du créé, la foi élargit les horizons de la raison pour mieux éclairer le monde qui s’ouvre à la recherche scientifique » (François, Lumen fidei, n. 34).

Chers amis, l’Afrique peut contribuer de manière fondamentale à élargir les horizons trop étroits d’une humanité qui a du mal à espérer. Sur votre magnifique continent, la recherche est particulièrement mise au défi de s’ouvrir à des perspectives interdisciplinaires, internationales et interculturelles. Et aujourd’hui, nous avons un besoin urgent de repenser la foi au sein des réalités culturelles et des défis actuels, afin d’en faire ressortir la beauté et la crédibilité dans les différents contextes, en particulier ceux qui sont le plus marqués par les injustices, les inégalités, les conflits, la dégradation matérielle et spirituelle.

La grandeur d’une nation ne peut se mesurer uniquement en fonction de l’abondance de ses ressources naturelles, ou de la richesse matérielle de ses institutions. En effet, aucune société ne peut prospérer si elle ne repose sur des consciences droites, éduquées à la vérité. En ce sens, la devise de votre Université, “Au service de la vérité et de la justice”, vous rappelle que la conscience humaine, comprise comme sanctuaire intérieur où les hommes et les femmes se découvrent interpellés par la voix de Dieu, est le terrain sur lequel il convient de poser les bases solides et durables de toute société. Former des consciences libres et saintement inquiètes est une condition pour que la foi chrétienne apparaisse comme une proposition pleinement humaine, capable de transformer la vie des individus et de la société, de susciter des changements prophétiques face aux drames et à la pauvreté de notre temps, et d’encourager une recherche de Dieu toujours plus profonde, jamais assouvie.

C’est en effet dans la conscience que s’élabore le discernement moral, grâce auquel est librement recherché ce qui est vrai et honnête. Lorsque la conscience prend soin d’être éclairée et droite, elle devient la source d’une action cohérente, orientée vers le bien, la justice et la paix.

Dans les sociétés contemporaines, et donc également au Cameroun, on observe une érosion des repères moraux qui guidaient autrefois la vie collective. Il en résulte que l’on a tendance aujourd’hui à approuver de manière superficielle certaines pratiques autrefois considérées comme inacceptables. Cette dynamique s’explique en partie par les changements sociaux, les contraintes économiques et les dynamiques politiques qui influencent les comportements individuels et collectifs. Les chrétiens, et tout particulièrement les jeunes catholiques africains, ne doivent pas avoir peur des “choses nouvelles”. En particulier, votre Université peut former les pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique dont le continent africain connaît bien, non seulement les aspects séduisants, mais aussi la face cachée des ravages environnementaux et sociaux causés par la course effrénée aux matières premières et aux terres rares. Ne détournez pas le regard : c’est un service rendu à la vérité et à l’humanité tout entière. Sans cet effort éducatif, l’adaptation passive aux logiques dominantes sera considérée comme une compétence, et la perte de liberté comme un progrès.

Cela vaut d’autant plus face à la généralisation des systèmes d’intelligence artificielle, qui organisent de manière toujours plus omniprésente nos milieux mentaux et sociaux. Comme toute grande transformation historique, celle-ci exige non seulement des compétences techniques, mais aussi une formation humaniste capable de mettre en lumière les logiques économiques, les préjugés intégrés et les formes de pouvoir qui façonnent la perception du réel. Le défi que posent ces systèmes est plus profond qu’il n’y paraît : il ne concerne pas seulement l’utilisation de nouvelles technologies, mais le remplacement progressif de la réalité par sa simulation. Dans les environnements numériques, structurés pour persuader, l’interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue. L’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et la relation réduite à une réponse fonctionnelle. Chers amis, vous, en revanche, vous êtes des personnes réelles ! La création elle-même a un corps, un souffle, une vie qui doit être écoutée et à préservée. « Elle gémit et souffre » (cf. Rm 8, 22) comme chacun de nous.

Lorsque la simulation devient la norme, la capacité humaine de discernement est diminuée et nos liens sociaux s’enferment dans des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus au réel. Nous vivons alors comme dans des bulles imperméables les unes aux autres, nous nous sentons menacés par quiconque est différent et nous nous déshabituons à la rencontre et au dialogue. C’est ainsi que se propagent la polarisation, les conflits, les peurs et la violence. Ce n’est pas un simple risque d’erreur qui est en jeu, mais une transformation du rapport même à la vérité. Sans résistance à la persuasion de ces systèmes et sans exposition physique et spirituelle à l’autre en chair et en os, la réalité devient facultative et l’humain gouvernable par des systèmes invisibles, imperceptibles à la conscience.

C’est précisément dans ce domaine que l’Université catholique a le devoir d’assumer une responsabilité de premier plan. En effet, elle ne se limite pas à transmettre des connaissances spécialisées, mais forme des esprits capables de discerner et des cœurs disposés à l’amour et au service. Elle prépare surtout les futurs dirigeants, les fonctionnaires publics, les professionnels et autres acteurs sociaux de demain à accomplir avec droiture les missions qui leur seront confiées ; à exercer leurs responsabilités avec probité ; à inscrire leur action dans une éthique au service du bien commun.

Chers fils et filles du Cameroun, chers étudiants, face à cette tendance – compréhensible – à vouloir émigrer, qui peut laisser croire que l’on trouvera facilement ailleurs un avenir meilleur, je vous invite avant tout à répondre par un désir ardent de servir votre pays, et de mettre au service de vos concitoyens les connaissances que vous êtes en train d’acquérir ici. Telle est la raison d’être de votre Université, fondée il y a 35 ans pour former des pasteurs d’âmes et des laïcs engagés dans la société : ce sont eux les témoins de sagesse et d’équité dont le continent africain a besoin.

À ce propos, je voudrais rappeler une expression de saint Jean-Paul II : l’Université catholique est « née du cœur de l’Église » et participe à sa mission d’annoncer la vérité qui libère. Cette affirmation renvoie avant tout à une exigence intellectuelle et spirituelle : rechercher la vérité dans toutes ses dimensions, avec la conviction que la foi et la raison ne s’opposent pas mais se soutiennent mutuellement. En outre, elle rappelle que les enseignants et les étudiants de l’université sont associés à la tâche de l’Église qui consiste à « annoncer la bonne nouvelle du Christ à tous, en dialoguant avec les différentes sciences au service d’une pénétration toujours plus profonde et d’une mise en œuvre de la vérité dans la vie personnelle et sociale ». […]

Le christianisme doit être viril, un christianisme qui ne craint pas l’affrontement, qui réclame un engagement, un christianisme lumineux comme un phare

Franz Stock est surtout connu pour avoir été l’aumônier de prison qui a accompagné durant l’occupation allemande les résistants parisiens condamnés à mort. De nombreux livres relatent l’héroïsme de ce prêtre de la « fraternité universelle » descendu « en enfer »‚ mais fidèle à la béatitude qui le caractérise – « heureux les doux ».

Pour autant, qui sait que l’abbé Stock a aussi été le supérieur d’un séminaire pas comme les autres ? C’est ce que raconte Alexis Neviaski, conservateur général du patrimoine, actuellement en poste au ministère de la Culture au sein d’une direction régionale des Affaires culturelles, docteur en histoire, dans cet ouvrage sur Le Séminaire des barbelés.

Alors que l’Allemagne est en déroute, les prisonniers de guerre sont nombreux sur le sol français, parmi lesquels des séminaristes allemands, engagés de force dans la Whermacht. Avant même la fin des combats, l’abbé Stock est désigné par le clergé français pour créer et diriger un séminaire de prisonniers de guerre allemands‚ regroupés d’abord à Orléans puis à Chartres.

Alliance entre le sabre et le goupillon soutenue par le nonce apostolique en France, Mgr Roncalli, le futur saint pape Jean XXIII, qui viendra plusieurs fois visiter ce séminaire peu ordinaire, cette initiative audacieuse doit permettre la reconstruction d’un clergé catholique d’outre-Rhin, qui soit porteur de réconciliation entre nos deux peuples. Entre 1945 et 1947, date de la fermeture de ce camp particulier, 950 séminaristes, dont 630 futurs prêtres y furent formés.

Le 23 décembre 1945, 10 mois après l’ouverture de ce séminaire spécial, un séminariste allemand a été ordonné prêtre dans ce camp, par Mgr Harscouët, évêque de Chartres, avec l’aval des autorités militaires françaises, de qui dépend ce camp de prisonniers de guerre.

Les séminaristes ont alors conscience  qu'”il n’y a qu’une Eglise, sainte, catholique et apostolique ! Comme,nt tout cela peut-il être si beau ? C’est à peine si les coeurs endurcis peuvent contenir leur joie”.

Ce livre relate l’incroyable histoire de l’unique séminaire installé dans un camp de prisonniers ; et celle de l’abbé Franz Stock, figure rayonnante de la réconciliation franco-allemande, qui décède peu après en février 1948. Lors du second anniversaire du séminaire, l’abbé Stock a prononcé une allocution, le 26 avril 1947, quelques semaines avant sa fermeture définitive. Extrait :

[D]ans la crise actuelle des structures à laquelle l’homme d’occident est aujourd’hui confronté, le théologien et le jeune prêtre – à la différence d’autrefois – affronte sans détours et sans s’esquiver les questionnements de notre temps, l’esprit lucide et le cœur grand ouvert, il se trouve sur le devant de la scène, au cœur même des événements, révélant les dangers, guérissant les blessures, afin d’apporter salut et consolation à ceux qui cherchent et désespèrent.

Notre monde a changé et vous serez effrayés à la vue des bouleversements que cette guerre a provoqués dans les âmes et dans les esprits des hommes. La preuve devra alors être apportée que la protection et l’isolement du séminaire ne vous ont pas éloignés du monde, mais au contraire, vous ont formés de telle façon que l’élan et l’optimisme de votre jeunesse puissent résister aux assauts. C’est alors que nous pourrons vérifier si au fil des années écoulées nous avons pris les choses au sérieux et si c’était juste.

Quand un tremblement de terre ébranle une ville, les clochers s’écroulent en même temps que les monuments et les maisons. Quand une crise économique et sociale bouleverse le monde, les institutions et la vie de l’Église ne restent pas indemnes, car elle ne peut exister à l’écart de l’histoire générale.

Plus la crise est profonde, plus elle met sens dessus dessous les valeurs fondamentales de l’existence humaine, plus violente aussi est la secousse qui ébranle le corps de l’Église. Beaucoup de choses aujourd’hui sont sur le point de s’effondrer, d’éclater ; autour de nous, plus rien n’est stable, plus rien n’est sûr. Les convictions héritées du passé, telles des valeurs de bienheureuse mémoire, s’estompent, et les hypothèses les plus incongrues trouvent des adeptes.

Dans de telles circonstances, il serait surprenant que l’Église incarnée et humaine restât une oasis de calme en marge de la dissolution universelle. Ce qui en elle relève du divin et de l’éternel, reste immuable, mais l’homme, quant à lui, est emporté dans le tourbillon d’une danse endiablée à la manière de la sarabande espagnole.

La civilisation moderne, poussée toujours plus loin par le progrès technique, qui en l’espace de cent cinquante ans a bouleversé la vie sociale, évolue à une vitesse vertigineuse. Une nouvelle civilisation se fraye un chemin, se présentant dans un premier temps sous les traits d’une barbarie mécanisée. L’humanité, arrivée à la croisée des chemins, peut alors se tromper de direction et choisir la termitière humaine ou le suicide atomique, au lieu de s’orienter vers le progrès authentique, celui qui consiste à maîtriser par l’esprit les réalisations de la science et de la technique afin de les mettre au service de l’homme. Dans ce nouveau moyen âge, l’Église peut assumer le rôle qu’elle joua au seuil du grand moyen âge :  en tant que messagère du surnaturel, elle peut sauver la nature ; mandataire de Dieu, elle peut libérer l’homme.

Notre civilisation est lassée de l’individualisme, elle se tourne vers des institutions communautaires. Mais elle les cherche là où elles ne peuvent s’épanouir : au sein d’un parti politique ou dans l’État. L’Église se doit de lui servir de modèle parfait d’une communauté, car précisément, elle fonde ses communautés terrestres sur la participation à la communauté suprême, celle du Corps mystique du Christ.

Notre époque parle toujours des masses humaines et nous savons bien que les masses humaines d’aujourd’hui sont plus éloignées du christianisme que ne le furent les païens des terres inexplorées. Le temps des grandes persécutions peut resurgir de nouveau où les chrétiens seront déclarés ennemis par excellence de l’humanité. Cette proximité du paganisme exige de nous de trouver de nouveaux moyens efficaces. La possibilité du martyre réclame de nous un retour aux sources, à l’esprit du temps où le sang des martyrs se mêlait quotidiennement au vin de l’Eucharistie. Face à une époque paganisée, l’Église redevient missionnaire. Mais vouloir être missionnaire, cela ne se traduit pas seulement par des méthodes, mais s’exprime par l’esprit qui doit guider tout le clergé et tout le peuple fidèle.

Tétanisés par l’existence de ces masses humaines, certains semblent devoir croire que l’idéal du chrétien des temps modernes consiste à s’effacer dans la masse comme une goutte de pluie se dissout dans l’océan. Mais même dans la masse humaine, le chrétien doit se faire remarquer, doit déranger, doit heurter, car c’est précisément par ce scandale qui choque que commence l’apostolat. Et ce christianisme doit être viril, un christianisme de présence affirmée, qui ne craint pas l’affrontement, qui réclame un engagement, un christianisme lumineux comme un phare pour éclairer les ténèbres, un christianisme d’acier pour un siècle de fer, un christianisme flamboyant pour notre temps de l’énergie nucléaire. Notre siècle est activiste, agité, il est érotique, confond le spirituel et le temporel. Notre siècle voit triompher les haines, il est anarchique, révolutionnaire, voit s’enchaîner les catastrophes, il entasse ruines sur ruines, dans les villes comme dans les âmes.

Notre siècle atomisé, divisé en nationalismes aussi ridicules qu’un costume de zouave suranné.

Ainsi, notre siècle a deux pôles, l’un nous pousse vers l’apostasie, l’autre vers la sainteté, l’un rejette l’Église, l’autre l’attire. Il importe, tout en étant enfant de notre siècle, de réconcilier Église et monde moderne.

Le nombre de saints voulus par Dieu suffit à sauver une époque. Des saints qui se vouent à cette vocation et qui transforment en vertus les agissements de notre temps.

Des saints qui renoncent aux amours humaines et qui savent à quoi ils renoncent, qui par le spectacle et l’exemple de leur vie poursuivent le chemin de l’ordre humain.

Des saints qui n’ont pas peur des catastrophes ni des révolutions, mais qui savent profiter de toute occasion et orientent tout leur être vers le second avènement du Sauveur.

Des saints qui réconcilient l’attachement à leur patrie charnelle et l’amour pour l’humanité, par delà les frontières des nations, des empires, des races et de classes.

C’est la Providence qui nous lance cet appel à la sainteté par la voix de l’histoire, et nous devons le suivre pour apporter au monde le message de liberté et de paix, de salut et d’amour. […]

Décès du philosophe André de Muralt

De Guilhem Golfin pour Le Salon beige :

C’est une voix discrète mais vigoureuse de la pensée catholique qui vient de nous quitter : le philosophe André de Muralt, né en 1931 d’une grande famille helvétique, est décédé ce lundi 13 avril 2026.

Fort d’une pensée inscrite dans la tradition aristotélicienne et thomiste, à rebours de la majorité des philosophes de sa génération, il est resté assez peu connu en France, où le monde académique, tous bords confondus, ne lui a pas fait grand accueil. Il avait pourtant commencé ses travaux par une thèse intitulée L’idée de la phénoménologie, l’exemplarisme husserlien, soutenue à l’Université de Lausanne, et dans l’édition de laquelle il remerciait Paul Ricœur et Pierre-Maxime Schuhl avec lesquels il avait été en contact étroit. Ce travail, traduit successivement en espagnol et en anglais, fait autorité chez les spécialistes de Husserl. Peu après, il publiait un ouvrage sur le criticisme kantien. Ces premiers travaux l’ont conduit à rechercher les origines de la pensée moderne en étudiant les métaphysiques médiévales, en elles-mêmes et dans leurs fondements antiques. Ayant notamment occupé de 1981 à 1996 la chaire ordinaire de philosophie médiévale de l’Université de Genève, il a été défini académiquement comme médiéviste. Mais il était convaincu qu’un philosophe se doit de connaître l’ensemble de la tradition philosophique, tant il est vrai que la philosophie comme recherche d’une sagesse humaine n’est pas l’histoire et doit être abordée comme un tout. De fait, ses travaux, qui se présentent principalement sous la forme d’articles académiques, renouvellent de manière très incisive aussi bien la compréhension des aspects majeurs de la métaphysique, comme l’être et l’analogie, que celle de la connaissance humaine. L’étude de ces thèmes lui a permis de mettre en évidence la logique qui anime la pensée occidentale, sur un plan théorique comme pratique, et il a ainsi pu montrer comment la modernité met en œuvre certaines structures de pensée univoques qui en assurent la cohérence au-delà des oppositions internes qui la travaillent, et dont l’aristotélisme constitue la seule réelle alternative. Son apport à l’intelligence critique des errements de notre temps, en vue de les dépasser, est par suite très précieuse.

Un premier colloque pour faire connaître sa pensée avait été organisé à la Sorbonne en 2023, dont les actes sont à paraître chez Hora Decima (André de Muralt : hommage au philosophe suisse  – L’Homme Nouveau). D’autres travaux d’étude sont à venir, ainsi que la publication des parties complémentaires de son œuvre, en vue de lui donner toute la place qu’il mérite de la grande famille aristotélicienne et thomiste.

Pour en savoir plus sur le philosophe et son œuvre, on peut consulter : https://www.andredemuralt.ch/avm

Par ailleurs l’Université de Genève a mis en ligne un grand nombre d’enregistrements de ses cours : https://mediaserver.unige.ch/search2?q=Muralt

Guilhem Golfin

Conseil d’État socialiste

Élue sur une liste RN, une magistrate est poussée à la démission par le Conseil d’État. Dominique Bonmati, magistrate honoraire et membre du collège de déontologie depuis 2022, est invitée à démissionner après son élection comme conseillère municipale d’opposition à La Ciotat. La situation a été examinée par le Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel, qui attend « une position responsable » de l’intéressée.

Stéphane Ravier rappelle que le vice-président du Conseil d’Etat est socialiste. Il a été membre du cabinet des ministres socialistes Aubry, Evin et Kouchner !

Abus de pouvoir

En 2023, Éric Dupond-Moretti a obtenu la levée de l’immunité parlementaire de Nicolas Bay afin que la justice française le poursuive pour « incitation à la haine ». Trois ans plus tard, il n’a jamais été convoqué et il apprend que la procédure est éteinte :

moretti

Ordinations épiscopales de la FSSPX : quel gâchis !

Si les ordinations épiscopales annoncées (sans mandat pontifical, et même contre la volonté explicite du pape) ont lieu, et donc si l’excommunication tombe : quel gâchis ! 

C’est le cri du cœur qui synthétise ma pensée à la perspective des ordinations épiscopales du 1er juillet à Ecône. Je voudrais m’en expliquer dans une série d’articles que le Salon Beige a la gentillesse de bien vouloir publier. Je l’en remercie.

Remarques préalables 

Bien évidemment, mes futurs articles s’inscrivent dans un contexte historique. En ce sens, ils sont datés. N’ayant pas le charisme de prophétie, je ne peux pas vous dire ce qui va advenir dans les prochains mois. En fonction des décisions romaines et celles de la FSSPX, je continuerai, ou non, à écrire de petites tribunes. Je le ferai aussi en fonction de mon devoir d’état, et du temps que je pourrai ou non consacrer à leur rédaction... 

Mon intention 

Qui suis-je pour intervenir et pour quoi intervenir ? Je ne suis qu’un prêtre diocésain, Recteur d’une communauté de fidèles, licencié en droit canonique, avocat auprès de l’Officialité de LyonJe ne suis pas Docteur en théologieNéanmoins, je souhaite essayer d’éclairer les consciences des fidèles laïcs, en particulier de ceux qui sont proches de la FSSPX. Je ne prétends pas infléchir les volontés de mes confrères prêtres de la FSSPX (même si jaimerais pouvoir le faire). Mon intention est uniquement bienveillante. Moi aussi, je me soucie du salut des âmes en vertu de ces deux affirmations toujours actuelles de saint Cyprien de Cartage : “Pas de salut en dehors de l’Eglise1 (cf. Epistola 4, 4 et 73, 21), ou encore “celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, se donne l’illusion de rester dans l’Eglise” (cf. L’unité de l’Eglise catholique, 4). 

Pourquoi parler d’un gâchis ? 

Essentiellement en raison du bien que fait la FSSPX. Combien de bons prêtres en son sein ? Beaucoup. Combien de belles œuvres faites jour après jour dans les Prieurés et dans les écoles desservies par la Fraternité Beaucoup. Combien de fidèles laïcs de bonne volonté, de bons pères et mères de famille ? Beaucoup. Alors, face à la situation actuelle, peut-on se résigner en s’enfermant dans le mutisme, ou pire, dans l’indifférence ? Peut-on fermer les yeux sur le danger spirituel encouru par les âmes ? Non. Le silence n’est pas possible. 

Je suis contre les sacres et j’aurai, si Dieu le veut, l’occasion de m’en expliquer ici, mais je m’inscris dans le sillage de Mgr di Noia2 qui, en 2009, écrivait : “Je suis favorable à la Fraternité”. Et il ajoutait, bien entendu : “mais la solution n’est pas la rupture d’avec l’Église” : sous-entendu avec l’Eglise fondée sur Pierre et gouvernée hic et nunc par le successeur de Pierre actuel qui est Léon XIV. 

Abbé Laurent SPRIET

  1. (1) “Salus extra ecclesiam non est” : n’oublions que cette affirmation visait les catholiques qui quittaient l’Eglise et non les non-catholiques nés tels. 

  1. (2) Vice-Président de la Commission Pontificale Ecclesia Dei. 

La Chine intensifie la pression sur les membres de l’Église « souterraine » pour les contraindre à rejoindre l’Église officielle 

Selon Human Rights Watch, la Chine intensifie la pression sur les membres de l’Église dite « souterraine » pour les contraindre à rejoindre l’Église officielle contrôlée par l’État. Huit ans après l’accord entre Pékin et le Vatican, des témoignages évoquent une répression accrue : arrestations, disparitions forcées et restrictions administratives visant le clergé.

Certains prêtres libérés restent soumis à un contrôle strict, privés de moyens de subsistance. L’accord de 2018 aurait, selon l’ONG, facilité ces pressions en structurant le contrôle des autorités. Des voix appellent le pape à revoir cet accord et à défendre plus fermement la liberté religieuse en Chine.

Relations officielles entre le Saint-Siège et le Vietnam

Le 11 avril, le président de l’Assemblée nationale à Hanoï a remis au pape une lettre du président vietnamien To Lam. Le cardinal Parolin devrait se rendre prochainement au Vietnam afin d’établir des relations diplomatiques officielles. Une visite de Léon XIV en 2027 est également envisagée, la même année que les JMJ de Séoul. Ce sont les désaccords internes concernant l’équilibre des pouvoirs politiques locaux qui ont ralenti les préparatifs de la visite du pape, si attendue par la communauté catholique.

Des sources officielles à Hanoï ont révélé à la presse vietnamienne que la lettre de To Lam contenait une invitation au pape Léon XIV à se rendre au Vietnam. Ce détail est significatif car une invitation avait déjà été adressée au pape François par les autorités en décembre 2023. Cette première invitation intervenait quelques mois après la signature, en juillet de la même année, de l’Accord qui, après des années de négociations, avait ouvert la voie à la présence d’un représentant permanent du Saint-Siège à Hanoï.

Cependant, cette initiative et cette invitation venaient du président de l’époque, Vo Van Thuong, contraint à la démission quelques mois plus tard dans le cadre de la campagne anticorruption.

En janvier 2024 a eu lieu la visite historique au Vietnam du Secrétaire pour les relations avec les États, Mgr Paul Gallagher. Une délégation du gouvernement vietnamien a assisté aux funérailles du pape François et à la cérémonie d’intronisation du pape Léon XIV.

D’après des sources vietnamiennes, le président de l’Assemblée nationale, Tran Thanh Man, a déclaré en marge des entretiens au Vatican que « la 13e réunion du Groupe de travail conjoint (entre le Vietnam et le Vatican) contribuera à l’établissement de relations diplomatiques complètes ». Il a également affirmé que « le Parti et l’État œuvrent constamment à créer des conditions favorables pour que la communauté catholique puisse pratiquer sa foi tout en contribuant à la nation, conformément au principe directeur de ‘vivre l’Évangile au cœur de la nation’ », et s’est félicité de l’élection de plusieurs catholiques comme députés à la 16e Assemblée nationale et aux Conseils populaires pour le mandat 2026-2031.

Jean-Paul II avait déjà exprimé le souhait de se rendre à Hanoï, et des contacts avaient même été établis en ce sens. Le pape François avait évoqué explicitement un possible voyage à Hanoï en septembre 2023, à son retour de Mongolie. Interrogé à ce sujet, il avait déclaré : « Si je n’y vais pas, Jean XXIV ira certainement… », faisant allusion à son successeur. Ce souhait pourrait donc se réaliser prochainement, peut-être en 2027, année où Léon XIV est attendu en Asie en août pour les Journées mondiales de la jeunesse, prévues à Séoul.

Le 19 mars, les deux cloches de la cathédrale Notre-Dame de Saïgon (aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Ville, dans le sud du Vietnam) ont été installées après plusieurs années de rénovation. Les deux croix de 3,7 m ont été hissées au sommet des deux clochers de 57 m de haut. Lors de l’installation, Mgr Marek Zalewski, représentant pontifical résident au Vietnam, a évoqué « un signe de foi placé au cœur de la ville ». L’an dernier, plus de 200 églises, bâtiments ecclésiastiques et autres édifices liés au ministère pastoral ont été construits à travers le pays.

Près de 150 se trouvaient dans les diocèses du nord, où de nombreux biens ecclésiastiques ont été longtemps négligés après la migration de nombreux catholiques vers le sud en 1954, suite à l’arrivée au pouvoir du gouvernement communiste dans le Nord. De plus, de nouvelles églises apparaissent également dans les zones urbaines en expansion à mesure que les migrants s’installent dans les villes et fondent de nouvelles paroisses.

Certains de ces projets peuvent paraître colossaux par leur taille et leur coût, nécessitant jusqu’à dix ans de travaux et des investissements de plusieurs millions de dollars. L’église de Lang Van, dans la province septentrionale de Ninh Binh, en est un exemple frappant. Inaugurée en décembre dernier après dix ans de construction et un coût de 200 000 dollars, elle a été financée par un riche homme d’affaires catholique local. L’édifice de style gothique – « le plus grand d’Asie du Sud-Est », selon les médias locaux – peut accueillir environ 5 000 personnes, avec une salle souterraine de 800 places supplémentaires. Son clocher culmine à 110 mètres. La nouvelle construction a remplacé une ancienne église devenue trop petite pour accueillir les quelque 4 000 membres de cette paroisse vieille de 140 ans.

“Ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus” Ac 5, 41

Ce passage de l’Ecriture me rappelle toujours le docteur Xavier Dor.

Il était le président et fondateur de l’association Sos Tout Petits qui organise mensuellement en région parisienne des prières de réparation en raison des avortements volontaires :

Je l’avais accompagné au tribunal, le jour où il a été condamné à payer 5 000 € d’amende. Il avait eu la bonté de donner à une personne croisée au planning familial une médaille miraculeuse de la Vierge Marie ainsi que des chaussons de bébé tricotés à la main. Juste après le verdict, voici un cliché de lui avec l’arme du crime. Je pense que vous pouvez le voir sur la photo, mais je vous le dis quand même : il jubilait de joie.

Son action continue avec des rosaires publics, la prochaine date à Paris est :

Samedi 30 mai 2026 à 14h30, à l’angle nord-ouest du croisement du Boulevard Montparnasse et de l’Avenue de l’Observatoire ( près de la statue du Maréchal Ney ) à proximité de la Maternité Port-Royal – Baudelocque ( RER B – Port-Royal )

Un membre de Sos Tout Petits

La baisse de la natalité découle de choix idéologiques dévalorisant la famille et le mariage

Ainsi que l’analyse Ludovine de La Rochère dans Le Nouveau Conservateur :

Vous pouvez commander ou vous abonner au Nouveau Conservateur ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

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