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Revenir au magistère

De l’abbé Claude Barthe sur Res Novae :

Humanæ vitæ, en 1968, avait représenté un événement insolite au milieu du climat libéral établi par Vatican II. Il souleva d’ailleurs une contestation intense. Alors que ce concile, présidé par Paul VI, avait ouvert l’ecclésiologie au catholicisme libéral (œcuménisme, liberté religieuse, dialogue avec les religions), le même Paul VI, à l’étonnement général, s’était refusé à libéraliser la doctrine du mariage et avait condamné la contraception. Ce qu’on a appelé la « restauration » des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, selon le terme employé par Joseph Ratzinger dans son Entretien sur la foi, qui était une tentative d’interprétation modérée du Concile, s’est ainsi cristallisée sur cette relative résistance de l’enseignement moral (Veritatis splendor en 1993). Résistance fragile, qui se croyait obligée de lâcher du lest (la théologie du corps de Jean-Paul II) et surtout qui se refusait à s’appuyer sur le magistère infaillible : malgré des requêtes répétées, jamais l’enseignement d’Humanæ vitæ n’a été donné comme définitif, l’horizon « pastoral » du Concile restant indépassable.

Quoi qu’il en soit, Amoris lætitia, en 2016, a fait sauter ce barrage moral et s’est ouverte une nouvelle phase du post-Concile. Ce qui comporte d’ailleurs un aspect positif : le temps des demi-mesures est passé.

Le chapitre VIII d’Amoris lætitia

Avec Amoris lætitia, du 19 mars 2016, le pape Bergoglio a en quelque sorte dépénalisé l’adultère, les relations propres au mariage avec un autre que son conjoint, sous certaines conditions. Le VIIIème chapitre de l’exhortation apostolique, « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité », traite concrètement de la « fragilité » de ceux qui brisent le lien matrimonial et contractent un second mariage. Le pape François y procédait en trois étapes :

  • Il invitait à une pastorale d’« accompagnement » des divorcés remariés fondée sur la gradualité, distinguant l’idéal que représente la norme morale et ce que peuvent concrètement accomplir nombre de chrétiens et qu’il faut prendre en charge par un itinéraire d’accompagnement et de discernement qui « oriente ces fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu » [1]. Cet accompagnement se met en place par un « colloque avec le prêtre, dans le for interne, [qui] concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d’une participation plus entière à la vie de l’Église et sur les étapes à accomplir pour la favoriser et la faire grandir » (n. 300).
  • Le pape François exposait ensuite sa proposition doctrinale nouvelle : « Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme” ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute » (n. 301). C’est le cœur de la nouvelle doctrine morale, qui s’oppose frontalement à l’adage de saint Augustin (Confessions, l. X, c. 29) qu’avait repris le concile de Trente (Dz 1536) : « Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il t’invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas », adage qui signifie que Dieu donne toujours la grâce nécessaire pour accomplir ce qu’il demande, en l’espèce la fidélité dans le mariage.
  • Le pape François tirait les conséquences de cette affirmation en ce qui concerne la pratique sacramentelle : la fameuse communion accordée aux divorcés remariés, objet de toutes les pressions de la gauche théologique. « À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église » (n. 305).

Sur quoi une note (la note 351) précise que, tout en restant dans l’adultère, on peut éventuellement recevoir l’absolution sacramentelle et l’Eucharistie : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, “aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur” (Evangelii gaudium, n. 44). Je souligne également que l’Eucharistie “n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles” (ibid., n. 47). »

Questions de foi sans réponse  

Quatre cardinaux – Raymond L. Burke, Walter Brandmüller, Carlo Caffara et Joachim Meisner[2] – ont alors présenté au pape François cinq dubia, des questions adressées aux autorités romaines, jadis rédigées de telle sorte qu’elles aient à répondre par oui ou par non, positive ou negative – « que votre oui soit oui et votre non soit non » (Matthieu 5, 37) – quitte à donner une explication sur la réponse. Le principal dubium des cardinaux était : « Après Amoris lætitia n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ? »

La Déclaration du Conseil pour les Textes législatifs visée par les cardinaux disait en effet : « Recevoir le Corps du Christ en étant publiquement indigne constitue un dommage objectif pour la communion ecclésiale ; c’est un comportement qui attente aux droits de l’Église et de tous les fidèles à vivre en cohérence avec les exigences de cette communion. Dans le cas concret de l’admission à la sainte communion des fidèles divorcés remariés, le scandale, entendu comme une action qui pousse les autres vers le mal, concerne à la fois le sacrement de l’Eucharistie et l’indissolubilité du mariage. […] Le ministre de la distribution de la communion doit se refuser de la donner à qui en est publiquement indigne. »

Auparavant, alors que le pontificat bergoglien avait commencé et que se dessinait un retournement doctrinal, nous avions posé la même question, mais concernant le sacrement de pénitence, à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Un confesseur peut-il donner l’absolution à un pénitent qui, ayant été marié religieusement, a contracté une seconde union après divorce ? » Il s’agissait de permettre à la Congrégation (dont le Préfet était le cardinal Müller et le Secrétaire Mgr Ladaria) d’affirmer que l’enseignement de Familiaris consortio, que nous citerons plus bas, était toujours valable. La Congrégation nous avait répondu le 22 octobre 2014 : « On ne peut absoudre validement un divorcé remarié qui ne prend pas la ferme résolution de ne plus “pécher à l’avenir” et donc de s’abstenir des actes propres aux conjoints, et en faisant dans ce sens tout ce qui est en son pouvoir. »

Mais après Amoris lætitia, ni le pape, ni la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’ont jugé utile de répondre aux interrogations des cardinaux concernant le retournement opéré.

Une occasion de poser à nouveau la question va se présenter. Le 19 mars 2026, dixième anniversaire de l’exhortation apostolique, le pape Léon XIV a tenu à célébrer le « message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial » constitué par l’exhortation apostolique, et à « rendre grâce au Seigneur pour l’élan donné à l’étude et à la conversion pastorale de l’Église » apporté par elle, lui demandant « le courage de poursuivre le chemin, en accueillant toujours à nouveau l’Évangile. » Et il a annoncé qu’il allait réunir du 7 au 14 octobre les Présidents des Conférences épiscopales du monde entier « afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris lætitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales. »

Pour préparer les travaux de l’assemblée, un parcours thématique a été publié le 6 juillet dernier par le Secrétariat du Synode et le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie dont le quatrième point (« Face aux difficultés de la vie : accompagner et soutenir ; cheminer avec les familles dans des situations complexes ») recoupe le sujet du chapitre VIII d’Amoris lætitia. Selon toutes les apparences il avalise le changement doctrinal opéré par l’Exhortation: « Une attention particulière est portée aux couples et aux familles qui rencontrent, à toutes les étapes de la vie conjugale, des situations de difficulté relationnelle, sociale ou spirituelle […]. Quelles démarches ont été entreprises pour soutenir ceux qui vivent des situations de fragilité ou de difficulté ? Quelles résistances apparaissent ? Comment bâtir des communautés chrétiennes où ceux qui ont fait l’expérience de la souffrance, de l’abandon, de la séparation et du divorce puissent se sentir réellement écoutés, pleinement intégrés et coresponsables ? Quelles expériences concrètes révèlent, dès aujourd’hui, le visage d’une Église toujours plus capable de proximité, de discernement, d’accompagnement et de valorisation, aidant les personnes et les familles à retrouver confiance, à se reconnaître membres de la communauté et à faire l’expérience de la miséricorde de Dieu ? »

Le texte aussi peu limpide que possible évoque bien ceux « qui ont fait l’expérience du divorce », qui doivent « se sentir réellement écoutés » dans une Église « plus capable » d’aider à « faire l’expérience de la miséricorde ».  On remarquera qu’il est question par euphémisme de « situations de fragilité » pour éviter le mot péché (comme le fait d’ailleurs l’encyclique Magnifica humanitas).

Une thèse irrecevable

On s’apprête assurément à une reconduction de la nouvelle doctrine, en insistant sur l’accueil dans l’Église des personnes divorcées remariées, accueil qui, au reste, n’a jamais été remis en cause : on a toujours dit qu’un pécheur faisait toujours partie de l’Église, mais qui dans la pastorale nouvelle devient un accueil sacramentel.

Cette réunion pourrait cependant être une occasion providentielle pour un certain nombre de pasteurs courageux de faire souligner le dommage considérable causé par l’exhortation apostolique à la morale naturelle et catholique, et par le fait au salut des âmes. Il est au reste plus facile de contester Amoris lætitia que tel ou tel texte problématique du Concile.

  • D’une part, en effet, on peut en effet s’appuyer ici sur l’enseignement d’un pape postconciliaire, Jean-Paul II, qui a maintenu sur ce point la doctrine pérenne :
    • Sur la pénitence : « La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage (Familiaris consortio, n. 84).
    • Sur la communion : « L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. » (ibid.)

À moins que les personnes en cette situation irrégulière « prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux[3] », et tout scandale étant écarté auprès de ceux qui les voient communier.

  • D’autre part, les ruptures dans l’enseignement moral sont plus aisément appréhendables par tous que celles intervenues dans l’ecclésiologie. En l’espèce, le retournement opéré par Amoris lætitia est saisissant. Aux termes du n. 301, des « conditions concrètes » (un nouveau « mariage », l’existence d’enfants de cette nouvelle union) feraient que la rupture de cette nouvelle union – se séparer de ce conjoint illégitime ou vivre avec lui comme frère et sœur – pourrait être « une nouvelle faute », on suppose en raison du dommage causé à la seconde épouse, et aux éventuels enfants de la seconde union. (Bien entendu, il n’est pas contestable que les conséquences de l’adultère doivent être assumées, notamment en ce qui concerne les enfants nés de cette union illégitime, mais sans préjudice de ce qui doit être rendu en justice à l’épouse légitime et aux enfants de l’union légitime, que l’Exhortation n’envisage pas). Ainsi le raisonnement d’Amoris lætitia va jusqu’au bout de sa logique : dans le cas où rester dans l’adultère public n’est pas pécher, quitter cette situation devient une faute. Il est des cas, selon Amoris lætitia où l’adultère est méritoire !

La théologie et le magistère aimaient jadis condenser leurs propos en thèses ou en propositions claires et ramassées, notamment quand il s’agissait de les condamner (les 85 propositions issues du synode de Pistoie, condamnées par la bulle Auctorem fidei de Pie VI en 1794). La thèse irrecevable d’Amoris lætitia pourrait ainsi se formuler : Certains de ceux qui vivent dans l’adultère public, alors même qu’ils connaissent la norme qu’ils transgressent, peuvent n’être pas considérés comme étant en état de péché mortel. Cette proposition est-elle ou non condamnable au regard de la foi catholique ? Ou inversement, le fait de tenir cette thèse pour irrecevable est-il condamnable ?

Fermer la parenthèse de l’enseignement « pastoral »

Il est de la fonction du pape et des évêques de répondre à des questions sur la foi et les mœurs que se posent et leur posent les fidèles du Christ. Leur rôle premier est de dire la foi, de transmettre le message l’Évangile. « Les évêques, rappelle Lumen Gentium (n. 25), sont, en effet, les hérauts de la foi, amenant au Christ de nouveaux disciples, et les docteurs authentiques, c’est-à-dire pourvus de l’autorité du Christ, prêchant au peuple qui leur est confié la foi qui doit régler leur pensée et leur conduite, faisant rayonner cette foi sous la lumière de l’Esprit Saint, dégageant du trésor de la Révélation le neuf et l’ancien (cf. Mt 13, 52), faisant fructifier la foi, attentifs à écarter toutes les erreurs qui menacent leur troupeau (cf. 2 Tm 4, 1-4). »

Quant au pontife romain, il est d’abord le suprême docteur de la foi. Il se distingue des autres évêques non par un pouvoir sacramentel supérieur mais par une juridiction plénière et souveraine sur toute l’Église, d’abord en ce qui touche l’enseignement de la foi et des mœurs (Vatican I, Pastor Æternus, Dz 3064).

Ce que l’Église attend donc aujourd’hui de ses pasteurs, c’est qu’ils sortent du « pastoral » au sens nouveau donné à ce terme, celui d’un enseignement de seconde qualité déconnecté du rapport à la tradition, pour revenir au pastoral au sens évangélique, au soin que les pasteurs doivent déployer pour conduire au salut les âmes des brebis, en premier lieu par l’annonce de la vérité.

En l’espèce, l’Église attend qu’ils rappellent le commandement : « Tu ne commettras point d’adultère » (Exode 20, 14 ; Deutéronome 5, 18 ; Matthieu 5, 27), qu’ils prêchent avec patience la pénitence aux pécheurs en les guidant dans la voie du repentir envers Dieu et de la réparation envers l’époux ou l’épouse trahi, et envers les enfants profondément malmenés, sans oublier bien sûr d’assumer les conséquences de la faute commise, notamment vis-à-vis des enfants de la seconde union.

Au fond, l’Église attend un retour au magistère comme tel ou comme référence directe de son discours.

L’abbé Claude Barthe

L’AFD, un parti « ouvertement néo-nazi » ? Fake news

Natacha Polony estime que l’AfD « assume son positionnement néo-nazi », Bruno Le Maire que c’est un parti « ouvertement néo-nazi », Valérie Hayer la qualifie d’«extrême droite nostalgique du IIIe Reich » et Jean-Noël Barrot souligne que son programme consiste au « placement des étrangers dans des camps ». Sic.

Dans son éditorial pour Liberté Politique, Olivier Frèrejacques remet les pendules à l’heure :

Qu’est-ce que l’AfD ? Que propose ce parti ?

Le parti nationaliste AfD est avant tout libéral, ce qui le différencie du NSDAP, qui était foncièrement hybride, empruntant au socialisme comme au libéralisme dans une doctrine économique finalement assez opportuniste.

La patronne de ce parti est une femme lesbienne, ancienne de Goldman Sachs, en couple avec une Sri-Lankaise ; elle est pacifique là où la droite allemande « classique » entend remilitariser le pays (ce qui peut se défendre d’un point de vue allemand).

Le parti est par ailleurs largement philosémite, dispose d’une organisation juive interne et soutient l’État d’Israël. Mais s’il faut chercher la raison des levées de boucliers contre l’AfD, c’est plutôt du côté de sa russophilie assumée, qui pourrait être susceptible de bousculer les équilibres existants en cas de succès électoral « total », si l’on peut se permettre l’expression.

L’AfD est un parti qui défend en outre une sortie de l’UE et le retour au Deutsche Mark ou, à défaut, une fracturation de la zone euro en blocs, ce qui inquiète certains de ses voisins sans être hautement révolutionnaire. […]

La grande mosquée de Metz proche des Frères musulmans

Alors que le Pape vient à Metz ces prochains jours pour aborder spécifiquement le dialogue inter-religieux et la (dé)construction européenne, il est éclairant de savoir qui sont les responsables musulmans locaux qui seront probablement dans l’auditoire. Décryptage du Centre méditerranéen de recherche sur l’islamisme :

[…] L’Union des associations cultuelles et culturelles des musulmans de Metz (UACM) a gagné son pari. Son projet de grande mosquée va enfin pouvoir se concrétiser sur un terrain municipal de 12 000m2 loué pour seulement 15 euros par an. Le maire socialiste Dominique Gros, soutenu à l’époque par l’UMP, s’était pleinement engagé en 2013 avec la réalisation de ce bail qui est un énorme cadeau à l’association. Aussi, une dérogation spéciale de la mairie permet au minaret de culminer à 35 mètres malgré un plan d’urbanisme ne permettant pas de dépasser 17 mètres. Un budget colossal de 15 millions d’euros, grâce à des donateurs étrangers dont les identités n’ont pas été dévoilées. D’autant que les frais de fonctionnement annuels couteront 1,5 million.

Le Républicain Lorrain du 10 février 2018 présente la grandiloquence du lieu :

« Le projet se décompose en trois pôles. Le pôle cultuel et ses annexes avec sa grande salle de prière ; le pôle éducatif avec une salle de cours et de formation (350 élèves pourront être accueillis simultanément pour, entre autres, un apprentissage de l’arabe, du soutien scolaire ou des cours de calligraphie), une bibliothèque et un musée ; un pôle service avec restaurant et hammam. « Les deux derniers pôles ont pour but d’aider à l’autofinancement du projet », explique Raymond Beller, président. « Nous voulons organiser des conférences, événements, kermesses, fêtes religieuses, colloques à caractères variés. Par exemple, comme toutes les religions, nous avons des réponses à apporter sur certaines questions sociétales. Nous pourrions faire venir des chercheurs, dans tous les domaines, pour faciliter le dialogue, rompre les méconnaissances, s’informer. »

L’UACM est une fédération d’ associations créée spécialement pour mettre sur pied ce projet de grande mosquée, regroupant cinq associations islamiques de la ville, dont deux sont turques, l’une L’Amicale turc et français dépendant du DITIB, ministère islamique de la Turquie, l’autre, le Millî Görüs, mouvement islamiste partenaire des Frères Musulmans sur la scène mondiale, œuvrant aussi pour un califat politique. D’ailleurs, sur la page officielle Facebook de la grande mosquée, celle-ci remercie le Millî Görüs (CIMG) pour avoir aidé à l’organisation de sa kermesse de l’été 2019. […]

L’ex imâm de la mosquée, Mohamed Hicham-Joudat organisait ses séminaires dans la mosquée UOIF de Woippy en attendant la fin des travaux[1]. Il souhaite l’extension du concordat d’Alsace-Moselle à l’islam afin d’obtenir les mêmes avantages que les autres confessions : professeurs d’islam dans les écoles publiques payés par les contribuables, mosquées construites sur fonds publics et imâms rémunérés de la même façon[2]. Mohamed Hicham-Joudat a fondé en parallèle le Conseil Lorrain des Imâms, aumôniers et prédicateurs, dont les séminaires sont présentés[3]par les Frères Musulmans Ahmed Miktar de la mosquée UOIF de Villeneuve d’Ascq et Azzedine Gaci de Villeurbanne.

Les liens sont d’autant plus clairs avec les Frères que l’UACM avait son stand au salon annuel du Bourget de l’UOIF (rebaptisé Musulmans de France) en 2017. Salon où nos confrères de l’Observatoire de l’islamisation avaient constaté l’abondante littérature djihadiste des Frères Musulmans.

L’UACM participe aussi activement dans la déclinaison régionale du salon islamiste à Mulhouse, comme lors du 26 novembre 2017 où on retrouvait en conférencier Ahmed Jaballah (ex président de l’UOIF) et Hassan Iquioussen. […]

10 000 militants pro-vie dans les rues de Londres et 15 évêques

Alors qu’en France, les évêques sont les grands absents des Marche pour la vie, Londres a vu la participation record de 15 évêques catholiques pour accompagner les 10 000 militants pro-vie qui ont défilé samedi dans les rues de Londres pour la Marche pour la vie annuelle.

Défilant dans les rues de Londres, de l’Emmanuel Centre à Parliament Square, la Marche pour la Vie 2026 au Royaume-Uni a rassemblé des personnes de tous âges et de tous horizons. Les images témoignent du sentiment général des participants : une présence joyeuse et pacifique des militants pro-vie dans la capitale. 

Des participants venus de tout le pays ont manifesté leur soutien public à la cause pro-vie.

« Nous voulons affirmer aujourd’hui que la vie humaine compte, que chaque vie compte, des premiers instants de la conception à la mort naturelle, et nous le faisons avec joie, une grande confiance et un grand amour », a déclaré l’archevêque de Southwark, John Wilson.

Comme toujours, la journée a débuté par un grand rassemblement au Centre Emmanuel, avec des conférences et des ateliers pour tous les âges, notamment des forums consacrés à l’idéologie pro-avortement du point de vue des mères et des pères. Un premier Sommet de la jeunesse s’est également tenu avant la Marche, attirant de nombreux jeunes pour leur première Marche pour la Vie. Sara Spencer, chargée de communication de la Marche pour la Vie, a déclaré au Catholic Herald :

« Ils m’ont confié avoir récemment pris conscience de l’humanité de l’enfant à naître et s’être passionnés pour la cause pro-vie. »

La foi occupait également une place centrale lors de la Marche. Pour les participants protestants, une célébration a eu lieu à l’église St Andrew’s Holborn pour débuter la journée, tandis qu’à la cathédrale de Westminster, l’archevêque Richard Moth concélébrait la messe avec quatorze autres évêques catholiques. Le nombre record d’évêques présents cette année témoignait du dynamisme qui anime la Marche, un sentiment partagé par de nombreux participants. Plusieurs évêques diocésains de rite latin se sont joints à Richard Moth, ainsi que l’évêque des Forces armées, Mgr David Waller de l’Ordinariat, et Mgr Kenneth Nowakowski de l’éparchie catholique ukrainienne. Le pape Léon XIV a également adressé un message de soutien et d’encouragement à la Marche, lu sur la place Westminster par Mgr John Keenan, évêque du diocèse de Paisley.

« Il y a ici des grands-parents, des jeunes, des parents, des membres du clergé, des religieuses, des personnes de tous horizons », a déclaré l’archevêque Wilson. « Nombreux sont ceux qui partagent ma foi, d’autres non, mais nous sommes unis par une conviction : la dignité de la vie humaine est primordiale. Sans une approche respectueuse de la dignité humaine, sur quel fondement peut-on fonder une société civilisée ? »

Pour l’équipe de médias catholiques écossaise familiale Sancta Familia Media, c’était une première participation à la Marche pour la Vie. Ils ont été impressionnés par l’organisation logistique et l’ambiance. « Cela donne à réfléchir », a déclaré John Mallon, cofondateur de Sancta, qui a souligné l’atmosphère joyeuse et empreinte de recueillement qui régnait sur place.

« Si nous voulons inverser la culture de mort, nous devons témoigner de la vie et rappeler que ce débat est loin d’être clos. »

« L’objectif de la Marche pour la Vie a été pleinement atteint », a déclaré Spencer. « Nous avons défilé à 10 000 dans le calme et la prière pour protester contre l’injustice de l’avortement. Nous avons rappelé au public britannique l’ampleur et la force du mouvement pro-vie au Royaume-Uni, et nous nous sommes rappelés les uns aux autres que nous ne sommes pas seuls dans ce combat. »

Compte tenu de son ampleur et de son importance, la Marche pour la Vie attire désormais régulièrement des contre-manifestations de la part de partisans du droit à l’avortement. Des membres d’un groupe transgenre pro-avortement ont fait irruption dans la cathédrale de Westminster pour perturber la messe du matin, brandissant des banderoles devant l’édifice et scandant des slogans avant d’être escortés hors des lieux par la sécurité. Les images de leur manifestation à l’intérieur de la cathédrale sont rapidement devenues virales et ont suscité de vives inquiétudes quant à l’application incohérente de la loi par la police. « Si ces manifestants ne sont pas inculpés, alors la Grande-Bretagne vit bel et bien dans un système à deux vitesses », ont écrit les organisateurs de la Marche pour la vie, qui ont fermement condamné publiquement les actions des contre-manifestants tout au long de la journée.

Des manifestants pro-avortement étaient également actifs à l’arrivée de la marche, sur Westminster Square, et ont eu recours à des échauffourées et à des actes de violence lors de leurs affrontements avec certains participants.  

Hope Spencer a déclaré au Herald que le contraste entre les deux groupes était « vraiment saisissant ». « Alors que la Marche pour la Vie était rythmée par des chants et des échanges, la contre-manifestation était un vacarme incessant de klaxons, de sifflets, de sirènes et de cris », a-t-elle expliqué. L’objectif des contre-manifestants semblait être de « perturber et de déstabiliser », tandis que la Marche pour la Vie emplissait les rues de « chants, de rires, de prières et de chaleur humaine ».

Lorsque certains participants à la marche ont tenté d’engager le dialogue avec les manifestants anti-avortement,

« ils ont été accueillis à plusieurs reprises par des cris, des sifflets et des mégaphones hurlants. Les journalistes indépendants qui couvraient la marche se sont vu brandir des parapluies et des pancartes de protestation sous le nez et ont parfois été victimes de violence. »

Revenant sur la marche, Eden McCourt – fondatrice du groupe pro-vie Abortion Resistance – a déclaré au Herald :

« S’il y a une chose que ce week-end m’a fait comprendre, c’est que nous devons être plus bruyants, plus audacieux et plus actifs que jamais dans notre refus de nous soumettre à une société qui considère la vie humaine à naître comme jetable. »  

Les lois du pays sur l’avortement sont « barbares » et « archaïques », a-t-elle déclaré, et être « pro-avortement, c’est être contre l’égalité. Et cette idéologie n’a pas sa place dans une société civilisée. »

McCourt a exhorté les jeunes, en particulier, à s’engager dans le militantisme anti-avortement : « Il ne suffit plus d’être passivement pro-vie, nous devons être activement anti-avortement et œuvrer pour la promotion de la culture de vie au quotidien. » Elle les a encouragés à contacter Abortion Resistance pour obtenir de l’aide, soulignant que la culture de l’avortement a « manipulé des femmes rationnelles et les a rejetées comme négationnistes de la science et adversaires de l’égalité ».

L’archevêque Wilson a souligné l’importance du témoignage public pour les catholiques, faisant remarquer que

« témoigner de la vie, c’est témoigner du Christ, car Jésus a dit : “Je suis le chemin, la vérité et la vie”. Il est venu nous apporter la vie par sa résurrection. Nous sommes donc le peuple de la vie, car Jésus est ressuscité des morts et nous a fait le don précieux de la vie, que nous voulons vivre pleinement. »

Bien que les manifestants pro-avortement isolés attirent probablement l’attention des médias, ces éléments n’ont constitué qu’un aspect mineur de la journée. Les organisateurs de la Marche pour la Vie ont salué l’événement comme « une marche spéciale où de nombreuses personnes ont témoigné et se sont mobilisées pour le droit à la vie et la protection de l’enfant à naître ».

« L’Affaire Epstein » : le livre explosif pour comprendre, pour réclamer la vérité et la justice !

La véritable affaire Epstein commence bien plus tôt, dans l’univers des services de renseignement…

Trop de gens croient connaître « l’Affaire Epsein » en imaginant qu’elle se réduit à un scandale de « ballets roses » organisés par un riche homme d’affaires appelé Jeffrey Epstein. Certes cette affaire contient un important dossier « mœurs », aspect très médiatisé. Mais l’Affaire est à multiples facettes. Vous avez ici toutes les clés pour comprendre qui nous gouverne et comment nous sommes gouvernés à travers le récit complet de l’Affaire Epstein sous toutes ses profils et sur tous les continents.

Cette affaire relie des rois, des princesses, des sultans, des émirs, des présidents, des ministres, des diplomates, des banquiers, des scientifiques, des vedettes du cinéma et de la chanson. Cette affaire concerne des histoires abominables de trafic sexuel et de pédo-satanisme mais aussi de spéculation financière, des méthodes de services de renseignement, la préparation de pandémies et de vaccins, des projets fous transhumanistes et eugénistes, de l’influence géopolitique au service d’Israël, du chantage et même les cryptomonnaies.

L’affaire Epstein a fait au bas mot, des milliers de victimes, la plupart inconnues. Les dossiers Epstein contiennent des milliers de noms de personnalités qui fréquentaient Jeffrey Epstein. Bien entendu, toutes n’ont pas commis de crime, mais combien ont au moins fait l’objet d’une enquête ? A l’heure où l’auteur terminait la rédaction de ce livre, il n’y a, hormis Ghislaine Maxwell, toujours aucune personne condamnée dans cette affaire, ni même aucune inculpée, sauf une poignée d’individus qui ne le sont que « corruption aggravée ». Plusieurs personnalités du premier plan ont simplement démissionné de leurs fonctions ou pris leur retraite.

L’exemple français est symptomatique. Rien ne bouge depuis la perquisition faire en septembre 2019 dans l’appartement d’Epstein avenue Foch à Paris. C’est seulement en 2026 que la presse a signalé qu’Epstein et Maxwell avaient d’ailleurs d’autres propriétés en France.
« D’autres exemples : les Etats-Unis protègent Peter Mandelson.
– Au Royaume-Uni, l’enquête criminelle visant la transmission par Peter Mandelson d’informations confidentielles du gouvernement à Jeffrey Epstein risque de s’effondrer. La raison ? Le département américain de la Justice (DoJ) refuse de remettre aux enquêteurs britanniques de Scotland Yard la copie des dossiers Epstein non expurgés nécessaires pour inculper l’ancien ministre travailliste du délit d’inconduite dans la fonction publique. Selon les enquêteurs britanniques, ni le DoJ ni le FBI n’ont daigné répondre à la demande de la Police métropolitaine faite dans le cadre d’un accord informel de partage d’informations entre les forces de l’ordre.
Pour protéger surtout Donald Trump : selon le journal britannique Telegraph, cette impasse est la conséquence du fait que l’administration américaine ne souhaite pas publier des dossiers susceptibles de nuire à la réputation de Donald Trump et de créer un précédent pour d’autres affaires qui pourraient relancer le scandale de l’Affaire Epstein. Il faut bien comprendre que les dossiers Epstein originaux – et donc non expurgés- sont considérés comme cruciaux pour toute poursuite, car les avocats de Lord Mandelson pourraient faire valoir que les courriels partiellement expurgés publiés en ligne par le ministère de la Justice sont dépourvus de contexte et ne racontent pas toute l’histoire.
Peter Mandelson a été limogé de son poste d’ambassadeur aux États-Unis l’année dernière en raison de sa relation continue avec Jeffrey Epstein. Mandelson a démissionné du Parti travailliste et a quitté la Chambre des Lords en février lorsqu’il est apparu qu’il avait divulgué des informations à Epstein alors qu’il était ministre sous Gordon Brown.
AUCUNE ENQUÊTE N’ABOUTIT : comme d’autres liées à l’Affaire Epstein, cette enquête visant un délit précis de Peter Mandelson risque donc d’être bientôt entièrement abandonnée. »

Une bombe à retardement ou à fragmentation plutôt ! Cela va éclater – il le faut- et ce sera mortel. Ce livre n’est pas censuré et contient des documents jamais publiés. C’est le résultat d’un travail titanesque de recherches et sélections, parmi des millions de courriers électroniques, textos, photos, vidéos, et document divers mis en ligne sur le site du ministère de la justice des Etats Unis. Une investigation inédite, informée, intégrale.
Il est de notre devoir de ne pas laisser » l’affaire Epstein » finir aux oubliettes de l’Histoire. Réclamons la vérité et la justice !

Plus d’informations, recensions sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/franc-maconnerie-forces-occultes/30882-l-affaire-epstein-du-mossad-a-satan.html
L’Affaire Epstein, Alan Escada, The Book Editions, 336 pages, 25€

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

250 000 avortements chaque année, cela ne leur suffit pas

Selon nos avortueurs, il y a encore trop de bébés qui naissent en France.

Le 7 septembre, le ministère de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées a rendu publique sa feuille de route en matière de santé sexuelle, qui propose « 22 actions pour renforcer la prévention et l’accès aux droits et aux soins ».

Alors que l’avortement est désormais inscrit dans la Constitution française, il figure parmi les 5 « grandes priorités » et est concerné par plusieurs des 22 actions listées.

Le gouvernement entend

  • « lutter contre la désinformation en santé sexuelle » et prévoit à cette fin une « campagne nationale d’information ».
  • « améliorer l’accès à l’IVG ». Les délais ont pourtant été plusieurs fois repoussés, le délai de réflexion supprimé et les sages-femmes sont désormais autorisées à pratiquer des avortements.
  • « assouplir les conditions de conventionnement requis pour l’activité d’IVG hors établissements de santé autorisés à la gynécologie obstétrique ou à la chirurgie »,
  • « assouplir la prise en charge des complications d’une IVG médicamenteuse réalisée à domicile en permettant à tout établissement autorisé en gynécologie-obstétrique ou en chirurgie d’intervenir, sans obligation pour la patiente de se rendre dans l’établissement signataire de la convention »,
  • « engager les travaux de modernisation des forfaits afférents à l’IVG »
  • « soutenir la montée en charge des centres de santé dans le champ de l’IVG instrumentale ».
  • « engager les travaux permettant la prescription des médicaments abortifs pour une délivrance directe en officine en dehors du seul cadre de la téléconsultation »
  • « supprimer le délai de carence en cas d’arrêt de travail lié à une IVG »
  • « permettre la prise en charge des transports lorsqu’il n’existe pas de structure de proximité réalisant la méthode d’IVG choisie par la patiente ».
  • « outiller les établissements de santé pour l’établissement de protocoles / procédures facilitant la prise en charge des profils particuliers de femme (femmes approchant la fin de délai légal de recours, mineures, femmes sans droits ouverts, femmes éloignées de l’offre, etc.) ».

L’Exécutif veut aussi faire évoluer la loi :

« Malgré sa constitutionnalisation en 2024, l’IVG est encore marquée par une stigmatisation persistante, nourrie notamment par l’existence d’une clause de conscience spécifique et par des délais d’accès plus restrictifs que dans plusieurs pays européens (Pays Bas, Espagne, Royaume-Uni) ».

Ainsi, que les médecins exercent leur liberté de conscience serait « stigmatiser » les femmes. Et il faudrait s’aligner sur les délais en vigueur chez certains de nos voisins européens.

« La réévaluation du cadre légal apparaît nécessaire pour garantir pleinement l’effectivité du droit à l’IVG, notamment concernant les délais de recours et la clause de conscience spécifique »

Le ministère de la Santé prévoit, à l’horizon 2027-2028, de saisir le Conseil national consultatif d’éthique et de

« proposer au législateur l’extension du délai légal d’accès à l’IVG et la suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG au regard de la constitutionnalisation récente de la liberté de recourir à l’IVG et en vue d’harmoniser la législation française avec celle des voisins européens »

Récemment, on homme a été condamné pour avoir forcé sa compagne à avorter. Que prévoit le ministère pour garantir une vraie liberté d’accueillir un enfant ?

Source : Gènéthique

« Les évêques sont des pasteurs des âmes », pas des gardiens de la démocratie

Suite à la victoire de l’AFD, les principales Églises chrétiennes d’Allemagne ont publié une déclaration commune, signée par la présidente du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne, Mgr Heiner Wilmer, président de la Conférence des évêques allemands, et Christopher Easthill, président de l’ACK, l’instance œcuménique qui rassemble les Églises chrétiennes du pays. Dans leur déclaration, les responsables religieux reconnaissent le résultat des élections et affirment qu’il doit être respecté. Ils ajoutent que le succès de l’AfD confirme leurs « très sérieuses inquiétudes » et appellent les vainqueurs à défendre sans réserve la Constitution de Saxe-Anhalt, la Loi fondamentale de l’Allemagne et la dignité de chaque personne, quelles que soient son origine, sa religion, son mode de vie ou sa situation sociale.

Ils affirment également qu’elles examineront de près les actions du prochain gouvernement de l’État et prendront la parole publiquement si la dignité humaine, l’ordre démocratique ou l’état de droit sont menacés.

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a remis en question les interventions de certains évêques allemands concernant le vote en faveur de Alternative pour l’Allemagne (AfD) et a défendu que l’autorité spirituelle des pasteurs ne peut être utilisée pour favoriser ou nuire à un parti politique.

Dans un article publié ce lundi par Kath.net sous le titre Exhortation à la neutralité politique, le cardinal Müller écrit que

Certaines déclarations étranges faites par des évêques allemands à l’occasion des élections fédérales, régionales et locales nécessitent des éclaircissements d’un point de vue théologique.

Il est important de se rappeler que les apôtres et leurs successeurs aux fonctions épiscopales et sacerdotales ont été désignés par Jésus pour proclamer l’Évangile de la volonté universelle de Dieu de sauver tous les hommes par la puissance du Saint-Esprit, pour appeler les pécheurs à la conversion et pour leur communiquer une vie nouvelle dans la grâce de Dieu par le baptême et les autres sacrements. 

Ils ne doivent donc en aucun cas utiliser leur autorité spirituelle dans la lutte légitime pour obtenir la majorité des voix dans un État démocratique et constitutionnel, tel que l’est incontestablement la République fédérale d’Allemagne selon sa constitution, en faveur ou contre un parti politique en particulier. 

Ce serait un abus d’autorité spirituelle à des fins politiques. 

Historiquement, l’influence politique des évêques, au détriment de leur autorité spirituelle, a toujours occulté la véritable mission de l’Église : le salut éternel et l’accès de chaque personne à une communion personnelle et directe avec Dieu. L’Église ne se préoccupe pas du pouvoir politique, mais de la grâce et de la vérité de Dieu, comme le démontre indéniablement la scène du jugement de Jésus par Pilate. 

Il convient de distinguer l’ingérence illégitime dans la campagne électorale de l’application nécessaire des principes moraux à la politique, fondée sur la vérité fondamentale que l’État existe pour les citoyens et non l’inverse. Avant tout, les évêques et les prêtres, mais aussi tous les chrétiens, sont appelés par leur conscience à défendre les droits humains fondamentaux contre les idéologies athées et antihumanistes et les abus de pouvoir de dirigeants fanatiques. 

L’Église est aussi défenseur des intérêts de l’humanité qui dépassent la raison d’État (paix, justice sociale, dignité humaine). Elle doit affirmer clairement que l’humanité forme une seule famille de nations et que chaque personne est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, ou, comme l’a dit Emmanuel Kant, que l’humanité est toujours une fin en soi et ne doit jamais être instrumentalisée au service d’autres peuples ou d’un collectif.

Par conséquent, se fondant sur la révélation divine en Jésus-Christ, l’Église rejette fondamentalement toute classification des personnes en ordres, classes, castes et races, qu’elle soit basée sur une supériorité ou une infériorité. Toutefois, accuser un parti et ses électeurs d’entretenir une idéologie raciste est une allégation non fondée. Il est difficile, voire impossible, de concevoir que des millions de nos concitoyens allemands aient pu adhérer à une idéologie aussi pernicieuse, qui viole de façon flagrante la loi morale naturelle et la conception chrétienne de l’humanité. 

Si cela était vrai, ce serait également une accusation contre l’Église (dans les familles, les paroisses et l’enseignement religieux) qu’elle aurait gravement failli à sa mission spirituelle de former les consciences.

Un évêque catholique, qui doit non seulement connaître les enseignements de l’Église mais aussi être capable de les présenter correctement, ne doit donc en aucun cas accepter la « perte des électeurs de l’AfD » qui, du fait de ses suppositions purement hypothétiques, se sentiraient incompris, trahis et repoussés par l’Église, qui est leur mère dans la foi. 

L’Église est la communauté de ceux qui croient en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui s’est fait homme pour nous tous et qui, par sa mort sur la croix et sa résurrection, nous a unis pour toujours au Dieu trinitaire de vérité et d’amour. On devient chrétien par la foi en Jésus-Christ et par le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Par le baptême, nous sommes incorporés au Corps du Christ, qui est l’Église, Peuple de Dieu et Temple du Saint-Esprit. 

L’Église catholique, dans son magistère, a assurément le droit et le devoir d’avertir un croyant qu’il met en péril son salut s’il renie des vérités essentielles de la foi révélée ou s’il enfreint gravement les commandements de Dieu. (Il en serait de même si des étrangers, même ceux en situation irrégulière, étaient traités illégalement et inhumainement.) 

Cette autorité spirituelle ne s’étend cependant pas au comportement électoral des citoyens catholiques qui s’écartent simplement des préférences politiques d’un autre catholique qui, bien qu’évêque et prêtre dans la fonction spirituelle, est son berger et son pasteur, mais qui est un citoyen égal en politique et lors d’élections libres.

Lors d’une élection démocratique, chaque catholique a le droit de voter pour le parti qu’il juge le plus apte à résoudre les problèmes du pays, à condition que le gouvernement démocratiquement élu ne recoure pas à des moyens immoraux ni ne flirte avec ces derniers. 

Un évêque de l’Église catholique se doit d’être un bon pasteur, soucieux que les fidèles confiés à sa charge atteignent le salut éternel par une vie à l’exemple du Christ. Il doit laisser aux électeurs le soin de décider du parti majoritaire et aux autorités étatiques compétentes la responsabilité de protéger la démocratie. 

La Cour constitutionnelle fédérale est la gardienne de la démocratie au nom du peuple, tandis que les évêques, au nom du Christ, sont les pasteurs des âmes et des exemples pour le troupeau de Dieu (cf. 1 Pierre 2, 25 ; 5, 2-5). Il leur incombe également d’exhorter les parties adverses à ne pas se considérer comme des ennemis, mais à se respecter mutuellement comme des êtres humains, afin que le consensus fondamental de la société démocratique ne soit pas compromis. 

Afin de préserver le pouvoir d’un gouvernement élu pour un mandat limité ou les prétentions de pouvoir des partis et des alliances de partis, un évêque ne doit jamais mettre en péril le salut éternel des catholiques qui ne votent pas comme il le souhaiterait. 

Il est profondément agaçant de voir des évêques et des prêtres, des associations et des institutions catholiques, apparaître ou même être mentionnés au même titre que des agitateurs politico-idéologiques, car l’Église se présente alors comme un acteur politique et trahit ainsi sa mission d’être le sacrement de la volonté universelle de Dieu pour le salut. 

Le Concile Vatican II a donc adressé cet avertissement aux évêques et aux associations ecclésiastiques engagés politiquement :

« Ainsi, l’Église, bien qu’ayant besoin de moyens humains pour accomplir sa mission, n’a pas été fondée pour rechercher la gloire terrestre (c’est-à-dire le pouvoir politique), mais pour répandre l’humilité et le renoncement à soi-même, notamment par son exemple. Le Christ a été envoyé par le Père « pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, pour guérir les cœurs affligés » (Lc 4, 18), « pour rechercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). De même, l’Église entoure de son amour tous ceux qui sont affligés par la faiblesse humaine ; en effet, dans les pauvres et les souffrants, elle reconnaît l’image de celui qui l’a fondée et qui fut lui-même pauvre et souffrant. Elle s’efforce de soulager leur détresse et cherche à servir le Christ en eux. » (Constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium », 8).

Simone de Beauvoir, icône de l’émancipation féminine : derrière la légende, un abus de pouvoir moral et sexuel implacable

Trouvé sur Linkedin :

La mère du féminisme moderne utilisait son autorité de professeur pour séduire ses jeunes élèves et les livrer à Jean-Paul Sartre.

L’Histoire a fait de Simone de Beauvoir l’icône absolue de l’émancipation féminine. La philosophe qui a appris aux femmes à se libérer de la domination des hommes.

Mais derrière la légende se cache un abus de pouvoir moral et sexuel implacable.

Dans les années 1930, Beauvoir enseigne la philosophie. Elle cible notamment Bianca Bienenfeld, une élève âgée de seulement 16 ans. Elle entame une relation intime avec l’adolescente, l’isole psychologiquement, puis l’introduit dans le lit de son compagnon, Jean-Paul Sartre.

La mécanique est destructrice : Beauvoir séduit, Sartre consomme.

Dans leurs correspondances privées publiées à titre posthume en 1990, le cynisme du couple donne la nausée. Les jeunes filles y sont déshumanisées, affublées de pseudonymes comme Louise Védrine pour Bianca.

Beauvoir écrit noir sur blanc la gestion clinique de ses lycéennes. Elle raconte à Sartre les nuits passées avec elles, décrivant la naïveté et la soumission de ses élèves avec la froideur d’un entomologiste.

Dans ses lettres, elle s’amuse ouvertement de l’emprise totale qu’elle exerce. Elle décrit ses proies en larmes, sanglotant de jalousie ou d’angoisse, tout en coordonnant l’emploi du temps avec Sartre pour se les repasser sans que l’une ne croise l’autre.

Sartre lui répond sur le même ton glacial, réclamant des détails intimes ou se plaignant du fardeau émotionnel que ces jeunes filles leur imposent. Le couple mythique gère la vie intime de ses élèves comme un contrat logistique, réduisant ces adolescentes à l’état de jouets jetables.

L’impunité vacille avec le cas de Nathalie Sorokine. En décembre 1941, la mère de la jeune fille dépose une plainte officielle contre Beauvoir pour détournement et corruption de mineure.

L’enquête administrative confirme le comportement manipulateur de la philosophe. En juin 1943, l’Éducation nationale relève Beauvoir de ses fonctions pour conduite incompatible avec le métier d’enseignante.

Ses défenseurs utilisent systématiquement le contexte de l’Occupation pour réduire cette affaire à une simple persécution politique menée par le régime de Vichy. Beauvoir sera d’ailleurs formellement réintégrée à la Libération en juillet 1945, bien qu’elle ne remettra plus jamais les pieds dans un lycée.

Mais le paravent politique de Vichy ne tient pas.

Les preuves les plus accablantes ne viennent pas des archives pétainistes. Elles viennent de l’encre même de Simone de Beauvoir et des mémoires publiés en 1993 par Bianca Bienenfeld, qui décrira cette emprise comme un traumatisme absolu.

Le mythe s’effondre. L’icône du progressisme a consciemment utilisé son prestige intellectuel pour manipuler et détruire de très jeunes femmes au seul profit de son couple.

Plusieurs organisations s’inquiètent des pistes d’économies sur les politiques familiales proposées dans un rapport commandé par le gouvernement

Plusieurs organisations familiales s’inquiètent des pistes d’économies sur les politiques familiales proposées dans un rapport commandé par le gouvernement, estimant qu’elles pénaliseraient les familles, notamment de classes moyennes, dans un contexte de recul persistant de la natalité. Ces propositions interviennent alors que la branche Famille de la Sécurité sociale a dégagé un excédent de 1,2 milliard d’euros en 2025, son cinquième exercice excédentaire consécutif.

Parmi les mesures, le remplacement de la majoration de retraite de 10% accordée aux parents d’au moins trois enfants par un forfait de 125 euros, permettrait une économie de 1,1 milliard d’euros.

Les Associations familiales catholiques (AFC) ont souligné :

« Le gouvernement a malheureusement des idées fantastiques pour faire les poches des familles alors que les naissances ont chuté de 24% depuis 2010 ». « Cette mesure pénalise lourdement les familles nombreuses de la classe moyenne, qui ont sacrifié une partie de leur carrière et de leur pouvoir d’achat pour élever trois enfants ou plus ».

Le rapport préconise également

  • la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans l’enseignement secondaire et supérieur que touchent 2,4 millions de ménages. Une mesure qui générerait 450 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires.
  • la prise en compte les revenus des parents dans le calcul des aides personnalisées au logement (APL) des étudiants, quand ils restent rattachés au foyer fiscal. La mesure réduirait les APL pour « 310.000 foyers (soit 44%), dont 200.000 (soit 29%) » en seraient totalement privés, selon le rapport.
  • La réduction des allocations familiales « de 20% les seuils d’accès aux deuxième et troisième tranches ». Pour les 591.000 ménages affectés, cette mesure se traduirait par une perte mensuelle moyenne de 75 euros.

La fédération nationale Familles de France estime que ces mesures toucheraient particulièrement les familles nombreuses et les classes moyennes.

« Un revenu de 2.500 ou 3.000 euros par mois ne représente pas le même niveau de vie selon que l’on a un, deux, trois ou quatre enfants à charge ».

Au-delà des mesures, les organisations familiales contestent la philosophie générale de cette « revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales ». Elles accusent ses auteurs de privilégier une logique de « redistribution verticale », des plus aisés vers les plus modestes, au détriment de la « redistribution horizontale », destinée à compenser le coût des enfants pour l’ensemble des familles.

« Réduire les politiques familiales à un filet de sécurité sociale réservé aux plus pauvres, c’est transformer une politique universelle en politique caritative ».

« La politique familiale a vocation à accompagner toutes les familles, et non uniquement les plus pauvres. Élever un enfant représente une charge et un investissement collectif pour les retraites de demain, pour la vitalité du pays que la société doit reconnaître quel que soit le niveau de vie des parents ».

« La famille est indispensable à la survie du modèle social français, qui repose sur l’équilibre démographique. Moins d’enfants aujourd’hui, c’est moins de pensions de retraite et de remboursements de santé demain ».

Diplômes universitaires : une quête sans avenir professionnel ?

Depuis son ouverture au grand public en 2022, les capacités des intelligences artificielles génératives n’ont cessé de croître. Tandis que des illuminés prédisaient sans cesse un mur de performance toujours plus proche, celui-ci se faisait de plus en plus incertain.

Quelles qu’aient été nos opinions passées, nous devons l’admettre aujourd’hui, et moi le premier ; nous sommes dépassés. Et ce sont précisément ceux qui se croyaient protégés par leurs diplômes que cette obsolescence va atteindre en premier.

Cet été, le modèle Fable 5 a mis fin à un débat mathématique vieux de plus d’un demi-siècle autour de la conjecture jacobienne. En 5 lignes de démonstration. Efficace.¹

De grands mathématiciens qui travaillent des années sur des problèmes insolubles voient des chatbots trouver la réponse en quelques minutes. Jared Lichtman a travaillé 7 ans sur le Problème d’Erdős n°1196, puis, un lundi matin, un jeune de 23 ans a copié-collé l’énoncé du problème dans ChatGPT 5.4 Pro. 80 minutes plus tard, le modèle avait trouvé la solution.³

The model spent approximately 80 minutes reasoning through the problem… I call it possibly the first AI “Book proof” for an Erdős problem.

(« Le modèle a passé environ 80 minutes à raisonner sur le problème… Je qualifie cela de première “preuve issue du Livre” générée par une IA pour un problème d’Erdős.² »)

Les IA sont intelligentes. C’est un fait. Il faut pour cela comprendre que l’intelligence est la faculté d’abstraction, qui permet notamment la découverte de nouveaux patterns logiques (ce que mesurent les tests de QI avec des suites de formes ou chiffres). Chez l’humain se place par-dessus une couche de conscience. Ce que l’humain nomme intuition, c’est l’apparition brutale d’une conclusion formidable dont le processus de recherche a échappé à la conscience. L’IA, elle, reste perpétuellement dans ce niveau d’intuition, dans ce niveau de réflexe inconscient.

L’IA n’est qu’un tas de probabilités, oui. Mais nos synapses aussi fonctionnent sur ce principe. Les LLM sont directement inspirés du cerveau humain sur la base de la computation, bien que de nombreuses choses divergent.

Mais passons, si l’IA est techniquement à même de remplacer toutes les tâches cognitives, que va-t-il en être réellement dans les entreprises ?

Il faut nous plonger dans la théorie des jeux. Formalisée en 1944 par John von Neumann et Oskar Morgenstern, cette discipline modélise les interactions entre agents rationnels. Son postulat est froid : dans un système concurrentiel, chaque acteur est contraint d’optimiser sa position pour assurer sa survie sociale ou économique. Ce n’est pas une question de cupidité, mais de mécanique : celui qui ne s’adapte pas à la vitesse du groupe est marginalisé, voire exclu.

On l’observe très bien avec l’évolution de la guerre en Ukraine. Les rapports techniques montrent une compression brutale du temps de décision.⁴ En 2022, la boucle « capteur-tireur » — le temps entre la détection d’une cible et la frappe — prenait encore 15 à 20 minutes, le temps de valider l’information humainement.

Aujourd’hui, grâce à l’intégration de l’IA dans des systèmes comme Delta, cette même boucle s’exécute en moins de 60 secondes. L’IA ne se contente pas d’aider : elle impose son rythme. Un commandant qui tenterait de garder un processus de validation purement humain serait mathématiquement éliminé avant même d’avoir fini sa phrase. C’est une accélération subie, une course aux armements où la lenteur est synonyme de mort. Ce qui se joue sur un champ de bataille se rejoue, à une autre échelle, dans chaque entreprise. Et ceux qui en paieront le prix ne sont pas ceux qu’on croit.

Or, l’économie capitaliste repose sur l’équilibre de Nash, du fait du système basé sur la concurrence. Si dans un ensemble Ω d’entreprises travaillant dans un même secteur, une entreprise B décide d’utiliser une innovation que les autres se refusaient d’utiliser jusqu’ici, celle-ci va se démarquer trop nettement des autres, et va absorber leurs parts du marché, les réduisant à néant s’ils n’avaient aucune réaction de leur part. Il n’y a alors pas d’autre choix pour les entreprises, si elles veulent assurer leur survie, que d’adopter ladite innovation amorale.

« Now, here, you see, it takes all the running you can do, to keep in the same place. If you want to get somewhere else, you must run at least twice as fast as that! »

(Ici, voyez-vous, il faut courir aussi vite que possible pour rester à la même place. Si vous voulez aller ailleurs, il vous faut courir au moins deux fois plus vite !)

Lewis Carroll, extrait de De l’autre côté du miroir (chapitre 2)

Or, aujourd’hui, la question ce n’est pas « va-t-on utiliser l’IA dans l’entreprise », mais « va-t-on remettre l’entreprise dans les mains de l’IA sans supervision humaine bloquante ? »

Ce n’est pas de la fiction, le 9 juin 2026, Stripe a confié à Claude Fable 5 (modèle d’Anthropic) une base de code Ruby⁵ de 50 millions de lignes, et lui a fait exécuter une migration à l’échelle de tout le codebase. Laissé 24 h sur le serveur, Claude a effectué le travail de 10 semaines pour une équipe d’ingénieurs. Sans fautes, sans supervision.⁶

Car la plus grande force des entreprises a toujours été l’organisation et la division du travail, la plus grande force de l’IA, ce sont les systèmes multi-agents (agentic-workflow). Oui, une IA conversationnelle classique ne pourrait pas gérer une entreprise. Mais un système d’agents coordonnés ?

Le principe est simple : vous envoyez votre requête à un agent général — le « PDG » du système — qui la décompose en sous-tâches. Celui-ci lance des sous-agents spécialisés (juridique, technique, client, finance) qui analysent la demande, identifient les besoins implicites, et coordonnent leurs actions. Chaque agent peut lui-même déléguer à d’autres agents, créant une hiérarchie fluide et auto-organisante.

Là où un agent conversationnel seul demanderait un humain pour guider tout le long de la réalisation, on se contente d’une demande classique. Ce n’est plus de l’automatisation de tâches : c’est l’automatisation de l’organisation elle-même.

Anthropic a révélé que ses ingénieurs livrent désormais 8 fois plus de code par trimestre qu’au cours de leur période de référence (2021-2025).⁷ Pourtant, les études indépendantes, telles que le rapport DX (Developer Experience, 2026), démontrent un gain n’excédant pas les 10 %.⁸

Coup de marketing ? Pas seulement. Ce qu’ont également relevé ces études, c’est que les développeurs ayant peu de gain de temps — voire des pertes pour certains — arrêtent l’IA trop tôt et reprennent le code pour corriger eux-mêmes les erreurs. Ils traitent l’IA comme un générateur de premier jet, là où les ingénieurs d’Anthropic la laissent itérer en boucle autonome, affiner, tester, et corriger ses propres sorties avant toute intervention humaine.

Ainsi, dès lors qu’une entreprise décidera de dire « chiche » à la sécurité, aux problèmes de responsabilité, et à la supervision humaine, les lois immuables de l’économie sociale ne laisseront qu’un seul choix aux autres : franchir le pas à leur tour, ou couler.

Ce n’est plus une question d’éthique, mais de physique économique : nous bâtissons une machine capable de fonctionner en vase clos, où l’humain n’est plus le moteur, mais une friction.

La machine est lancée. Qu’il le veuille ou non, l’humain perd mécaniquement sa place centrale dans ce système, par la seule force de ses règles internes. L’économie capitaliste n’est pas conçue pour l’humain, mais pour la performance.

Tout cela converge donc vers le futur vers un revenu universel de base ou équivalent, de manière mécanique, et non pas décisionnelle. Mais revenons aux étudiants.

Le système d’étude actuel mesure et valorise une chose principale : la capacité à mémoriser et à appliquer des règles. Le système est peu centré sur la capacité d’apprentissage. En sortie d’étude, le diplôme est la certification « ce bonhomme a su apprendre et maîtriser x quantité et complexité de connaissances dans x domaine ». Ensuite, à l’entreprise de le former sur sa spécificité.

Ce modèle est mort. Les chiffres de 2026 ne laissent place à aucune ambiguïté :

Droit : au Royaume-Uni, les offres d’emploi de paralegal ont chuté de plus de 60 % depuis 2023 (-21 % sur la seule dernière année), et celles de legal secretary de 41 % sur la même période — une contraction environ trois fois plus rapide que l’ensemble du marché de l’emploi britannique.⁹

Marketing : un responsable marketing sur trois déclare que son organisation réduit actuellement ses embauches de niveau débutant.¹⁰

Audit & Finance : chez les Big Four britanniques, les offres d’emploi liées à l’IA dépassent désormais celles liées à l’audit (7 % contre 3 % des annonces en 2025, contre moins de 2 % pour l’IA en 2022) ; le ratio candidatures/offres a par ailleurs doublé en deux ans pour les diplômés visant la finance, le conseil et la tech.¹¹

Développement informatique : au Royaume-Uni, les offres d’emploi tech pour jeunes diplômés ont chuté de 46 % en 2024, avec un nouveau recul de 53 % anticipé pour 2026 ; aux États-Unis, l’emploi des développeurs de 22 à 25 ans se situe désormais 19 % en dessous de la trajectoire qu’il aurait dû suivre s’il avait progressé au même rythme que celui des travailleurs plus expérimentés — un écart concentré presque entièrement sur les embauches, pas sur les licenciements.¹²

L’échelon d’entrée a disparu. Pas progressivement. Pas doucement. Il a été rasé.

Pourquoi une entreprise paierait-elle un jeune diplômé 2 000 € par mois pour rédiger des rapports, nettoyer du code ou analyser des contrats, quand un système multi-agents le fait pour 50 € avec une qualité supérieure, sans congés payés, sans formation, et sans jamais se plaindre ?

La réponse est simple : elle ne le fera plus. Posez devant vous le CV d’un jeune ingénieur diplômé, et à côté le benchmark d’un modèle d’IA frontier. L’un réclame 3000 € par mois, pas plus de 40 h par semaine, 2 jours de congés, et en plus il écrit et pense à moins de 50 tokens par seconde. L’autre abat en 24 h le travail qui aurait demandé un trimestre à une équipe entière d’ingénieurs, soit moins de 10 000 € de tokens, non imposables… Si on ajoute à cela la vitesse de progression exponentielle des performances de l’IA, le choix est vite fait.

Faut-il pour autant abandonner les études ? Non. Mais il faut cesser de les voir comme un investissement de carrière. Dans le monde qui vient, la majorité des diplômés subiront une précarisation de leur condition. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une conséquence mécanique de ce que nous venons de démontrer. Tous ne deviendront pas entrepreneurs, tous ne trouveront pas refuge dans l’artisanat. Le marché du travail intellectuel va se contracter, et la compétition pour les rares postes restants sera féroce.

Cependant, il reste un intérêt rationnel — et même vital — à continuer à se former. Mais cet intérêt n’a plus rien à voir avec l’employabilité. Il s’agit de ne pas devenir dépendant de l’outil au point de ne plus savoir juger sans lui.

Continuer à étudier les mathématiques, le droit, la philosophie ou les sciences, ce n’est plus accumuler des savoirs que l’IA possède déjà. C’est muscler sa capacité de jugement. C’est s’entraîner à résoudre des problèmes complexes sans aide extérieure, pour développer cette souveraineté cognitive qui vous permettra de dire : « Je comprends ce que l’IA me propose, et je décide si c’est pertinent. »

Mais pour cela, il faut adapter le système éducatif. Certes, le système actuel ne forme pas des idiots. Il forme des exécutants cognitifs de haut niveau, capables d’appliquer des protocoles complexes avec une rigueur exemplaire dans des environnements stables. C’était l’excellence d’hier.

Le problème, c’est que cette excellence est désormais automatisable. L’éducation traditionnelle forme pour un métier, c’est-à-dire pour l’application répétée de savoirs validés. Elle ne forme pas des hommes réfléchis capables de penser par eux-mêmes face à l’inédit.

J’entends bien « penser par soi-même » non pas comme une vague aspiration humaniste, mais comme une nécessité de survie cognitive : la capacité à ne pas se choisir un maître à suivre peinardement. Car dans un monde saturé de réponses générées par l’IA, le plus grand risque n’est pas l’ignorance, mais la soumission intellectuelle. Si vous n’avez pas développé votre propre boussole intérieure, votre propre capacité à juger sans filet, vous ne ferez que déléguer vos choix — professionnels, éthiques, existentiels — à l’algorithme qui vous semblera le plus convaincant. D’ailleurs, le problème n’est pas tant l’algorithme que la filiation aveugle à n’importe quelle source de conseils et d’information, IA ou non.

L’école doit cesser de former des bibliothèques vivantes pour former des architectes du jugement. Il ne s’agit plus de savoir quoi penser, mais de savoir comment rester libre de sa pensée quand tout autour de vous est optimisé pour vous dicter la réponse.

Si c’était déjà vrai hier, cela l’est encore plus aujourd’hui pour ne pas sombrer dans une pensée unique qui résulterait d’une confiance aveugle en la génération de l’IA. Trop de gens tombent actuellement dans le mirage peut-être égoïste de vouloir conserver leur savoir-faire professionnel manuel face à l’IA. Quelle liberté gagne-t-on à s’échiner à faire une tâche automatisable plutôt que de concentrer nos capacités cognitives dans la compréhension et l’anticipation du monde dans la globalité, avec les enjeux moraux qui y sont liés ? Lorsqu’on est pressé par une concurrence automatisée, il n’est plus possible de faire les deux.

Ils subiront la vague de reconversion massive des métiers intellectuels. L’artisanat n’a, en réalité, ni la taille ni la vitesse pour jouer ce rôle de refuge qu’on lui prête complaisamment.

Faisons les comptes, puisque c’est la seule chose qui compte ici. Le travail manuel véritablement qualifié en France — celui qui exige un jugement technique et non un geste répété, du BTP à l’usinage en passant par l’artisanat indépendant — représente entre 4,4 et 6,5 millions de personnes, soit 15 à 23 % des actifs occupés. En face, la population à dominante cognitive, cadres et professions intermédiaires confondus, pèse environ 14 millions de personnes. Le rapport de force est déjà défavorable, de un pour deux à un pour trois. Mais peu importe la taille du stock : personne ne va libérer plusieurs millions de postes manuels d’un coup. La vraie contrainte, c’est le flux — le nombre de postes qui se vident réellement chaque année, par les départs en retraite et les créations nettes. Et ce flux, malgré une pénurie déjà chronique, ne dépasse pas 150 000 à 250 000 postes non pourvus par an dans l’ensemble du secteur manuel qualifié, BTP et industrie confondus. Rapporté aux 14 millions de travailleurs intellectuels, ce chiffre représente à peine 1 à 2 % de cette population, chaque année.

On ne forme pas un maçon, un chaudronnier ou un plombier-chauffagiste qualifié en un trimestre de reconversion : il faut, selon les métiers, entre trois et sept ans d’apprentissage pour atteindre le niveau qui distingue précisément le travail manuel complexe du geste automatisable. Un cadre licencié à trente-cinq ans qui se tourne vers l’artisanat n’entre pas dans un poste vacant, il entre dans une file d’attente de plusieurs années, pour un nombre de places qui ne croît pas avec la demande. L’artisanat ne sera donc pas la soupape de sécurité qu’on imagine : au mieux une sortie de secours pour quelques dizaines de milliers d’entre eux chaque année, pendant que les autres devront se rendre à l’évidence — dans ce monde qui vient, la seule ressource qui reste vraiment rare, ce n’est plus le savoir-faire, manuel ou intellectuel. C’est le jugement lui-même.

Le fait que cet engrenage existe à cause du capitalisme ne vous a sans doute pas échappé. Cependant, ne sautons pas à la conclusion hâtive que le communisme (façon URSS) nous préserverait de tous ces maux. Car rappelons-le, l’équilibre de Nash s’applique dès que plusieurs organisations agissant de manière rationnelle entrent en concurrence. Pour nous préserver de cette mécanique économique avec le communisme, il faudrait soit une hégémonie communiste mondiale, ayant autant de pouvoir de régulation que l’URSS, soit qu’un pays communiste accepte de vivre en parfaite autarcie, tout en observant le monde avancer technologiquement sans lui. Si sur le plan mécanique le communisme résout ce problème, il faudrait encore avoir la capacité de mettre en place un tel régime — et n’oublions pas que régler le problème de cette manière apporterait d’autres problèmes intrinsèques au communisme. D’ailleurs, supprimer la concurrence supprime la pression mécanique à adopter l’IA par nécessité économique, mais pas l’intérêt d’un tel régime à l’adopter pour d’autres raisons — contrôle social, surveillance, projection de puissance militaire. Un pouvoir disposant d’une capacité de régulation aussi totale que l’URSS aurait au contraire tout intérêt à déployer cette technologie à ces fins, sans avoir besoin de concurrence pour cela.


Notes

  1. En juillet 2026, le chercheur Anthropic Levent Alpöge a utilisé Fable 5 pour produire un contre-exemple à la conjecture jacobienne, un problème vieux de 87 ans, vérifié indépendamment par des mathématiciens du monde entier en quelques heures. Source : Finance BigGo — Scholze confirme la percée sur la conjecture jacobienne.

  2. Paul Erdős, mathématicien hongrois légendaire, avait pour coutume de dire que Dieu possédait un « Livre » contenant les preuves mathématiques les plus élégantes et parfaites. Une « preuve issue du Livre » désigne une démonstration d’une simplicité et d’une beauté telles qu’elle semble évidente et inévitable, sans artifice inutile. Qualifier la solution de l’IA de « Book proof » signifie qu’elle a atteint ce niveau d’élégance mathématique.

  3. Liam Price, 23 ans, sans formation mathématique avancée, a soumis le problème à ChatGPT et obtenu une solution en environ 80 minutes, sur un problème que le mathématicien d’Oxford Jared Lichtman avait tenté sans succès pendant sept ans. Source : BuildFastWithAI — GPT-5.4 solved a 60-year math problem.

  4. Le RAND Corporation rapporte que le cycle moyen capteur-tireur pour les frappes d’artillerie est passé de 30 minutes en 2022 à moins d’une minute en 2024, et jusqu’à 30 secondes pour les frappes assistées par drones FPV. Source : Ashley Ruiz, « The Future of War: Kill-Chain Supremacy and Ukraine’s Lessons », Journal of Strategic Security, vol. 18, n° 4 (2025), p. 53-63, University of South Florida — Digital Commons ; voir aussi Weekly Report AI — The AI Arsenal.

  5. Le code Ruby de Stripe cumule deux difficultés pour un système d’IA. D’une part, c’est un langage à typage dynamique fortement porté sur la métaprogrammation — method_missing, define_method, monkey-patching, DSL internes — ce qui complique considérablement l’analyse statique et le suivi des dépendances par rapport à un langage typé comme Java ou TypeScript. D’autre part, Ruby reste nettement sous-représenté dans les corpus d’entraînement des grands modèles par rapport à Python ou JavaScript, ce qui limite d’ordinaire l’exposition du modèle à ses idiomes. C’est la combinaison de ces deux facteurs qui rend la performance de Fable 5 sur cette migration particulièrement significative.

  6. Stripe a utilisé Fable 5 pour migrer une base de code Ruby de 50 millions de lignes en une journée, un travail estimé à plus de deux mois pour une équipe d’ingénieurs. Source : ClaudeAINews — Stripe Ran a Two-Month Migration in a Single Day.

  7. Citation directe d’Anthropic : « Anthropic engineers on average ship 8x as much code per quarter as they did compared to 2021-2025. » Source : VentureBeat — Anthropic says 80% of its new production code is now authored by Claude.

  8. Le rapport DX mesure une hausse de l’usage de l’IA de 65 % pour seulement 7,76 % de gain de débit de livraison (pull requests), la plupart des organisations se situant entre 5 et 15 % de gain réel. Source : DX — AI productivity gains are 10%, not 10x.

  9. Analyse des offres d’emploi Adzuna, Reed et LinkedIn par la lawtech GenieAI. Source : The Global Recruiter — AI Reduces Entry-Level Legal Hiring.

  10. Enquête Content Marketing Institute, perspectives de carrière 2026. Source : Content Marketing Institute — The Missing Generation: How AI Is Reshaping Content and Marketing Roles.

  11. Analyse du Financial Times portant sur plus de 50 000 offres d’emploi chez Deloitte, EY, KPMG et PwC dans les pays anglophones (2020-2026) ; le doublement du ratio candidatures/offres pour la finance, le conseil et la tech provient du rapport Handshake Campus to Career 2026. Sources : The Irish Times / Financial Times — Big Four firms post more job ads for AI specialists than auditors ; Handshake — 2026 Campus to Career Report.

  12. La baisse de 46 % des offres tech pour diplômés britanniques (avec 53 % de recul supplémentaire anticipé pour 2026) provient d’un rapport de l’Institute of Student Employers relayé par la presse. L’écart de 19 % sur l’emploi des développeurs américains de 22-25 ans provient de l’étude Brynjolfsson, Chandar & Chen, Canaries in the Coal Mine? Six Facts about the Recent Employment Effects of Artificial Intelligence, Stanford Digital Economy Lab. Sources : TechRadar — Tech industry stalling as AI takes over ; Stanford Digital Economy Lab.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Bayrou s’inquiète du port du voile… catholique

Interrogé sur CNews/Europe 1, François Bayrou (ancien Premier ministre) est contre l’interdiction du port du voile islamique dans l’espace public français tout en affirmant qu’il y a une résurgence du « port du voile catholique ».

Mathieu Bock-Côté n’en croit pas ses oreilles « vous êtes vraiment sérieux ?!»

Election régionale en Saxe-Anhalt : l’AFD obtient 44%

Dans ce Land d’ex-RDA, le parti créé en 2013 était crédité de plus de 40% dans les sondages. Selon de premières estimations, il aurait obtenu 43,8% des voix.

Avant que Merkel n’ouvre grand les vannes de l’immigration en 2015, l’AfD plafonnait entre 4 et 7 %. À l’époque, France Télévisions louait cette ouverture. Dix ans plus tard, les mêmes s’indignent de la poussée de l’AfD…

À l’issue d’une journée marquée par un taux de participation très élevé, l’AFD obtiendrait 43,8% des voix, les conservateurs de la CDU 17,2%, l’extrême gauche die Linke 9,3%, les Verts 8,6%, les sociaux-démocrates du SPD 9,3%. Le BSW, parti issu de la gauche radicale, obtient 5,3%, ce qui lui permet d’être représenté au Parlement régional.

En l’absence d’une majorité absolue, l’AfD pourrait ne pas pouvoir gouverner la Saxe-Anhalt. Seule la formation de gauche radicale BSW a laissé la porte ouverte à une alliance, sans formaliser un soutien. Le reste des partis a exclu de s’allier avec les troupes d’Ulrich Siegmund. 

En France, réaction d’Eric Zemmour :

 

De son côté, le RN avait rompu avec l’AFD. Jean-Philippe Tanguy (RN), député de la Somme, a rappelé que le Rassemblement national a rompu avec l’AfD, disant « prend[re] acte d’un vote populaire de ras-le-bol face à des partis du système qui ne gèrent pas l’immigration, l’économie, les prix de l’énergie ».

Succès de la Marche pour la vie à Londres

Samedi 5 septembre avait lieu la Marche pour la vie à Londres. Le thème de cette année, « Les droits humains pour tous les êtres humains », souligne combien de droits sont affectés par la légalisation de l’avortement, notamment ceux de l’enfant à naître, de la mère, des professionnels de santé et même de ceux qui adhèrent ou expriment des convictions pro-vie.

La journée a débuté par le « LifeFest » au Centre Emmanuel, qui comprenait :

  • Un sommet pro-vie sur les droits humains
  • Des stands d’un large éventail d’organisations pro-vie
  • Séances pour enfants de tous âges

Une marche à travers le centre de Londres dans l’après-midi.

Parmi les principaux intervenants de l’événement figuraient :

  • Carla Lockhart, député – membre du Parlement et fervent défenseur des enfants à naître.
  • Sara Spencer – Une mère de quatre enfants et étudiante sage-femme écossaise qui a été suspendue de sa formation après avoir exprimé des convictions pro-vie dans un groupe Facebook privé.
  • Isabel Vaughan-Spruce – Fait actuellement l’objet d’une troisième enquête pour avoir prié en silence près d’un centre d’avortement.
  • Josiah Presley – Un survivant d’une tentative d’avortement chirurgical.

La marche a vu également la participation d’un large éventail de dirigeants chrétiens, notamment :

    • Sept évêques catholiques
    • Deux évêques anglicans
    • Prêtres de l’Église orthodoxe
    • Des dirigeants évangéliques, dont Glen Scrivener, PDG de  Speak Life , et Andrea Williams, PDG de  Christian Concern, ont exprimé leur soutien à cette cause.

Ben Thatcher, codirecteur de March for Life UK, a commenté :

« Cette année a été cruciale pour le mouvement pro-vie, marquée par la pression en faveur de la légalisation de l’avortement jusqu’à la naissance et la censure de nombreux militants pro-vie pour leurs prières silencieuses ou leurs propositions de dialogue consensuel. Il est plus important que jamais de nous unir pour défendre toutes les personnes touchées par la grave injustice de l’avortement. »

Aupravant une messe s’était tenue en la cathédrale de Westminster :

 

Des militants pro-avortement ont tenté de perturber la messe mais leur voix a été couverte par l’organiste :

Voici la foule qui défile surenviron une demi-heure :

La correction fraternelle

A midi lors de l’Angelus, le pape Léon XIV a évoqué la correction fraternelle :

C’est un art délicat et trop souvent oublié, qui exige franchise et progressivité. Se parler sincèrement – d’abord en tête-à-tête, puis si nécessaire à deux ou à trois, et enfin, quand il le faut, avec toute la communauté – c’est affronter la réalité et transformer les problèmes et les conflits en étapes de croissance. Les plaintes et les médisances sont faciles, mais elles ne mènent à rien et paralysent bien des situations. L’Évangile, en revanche, nous éduque à la liberté, dans la charité.

 

Pour tout comprendre de la devise du voyage de Léon XIV en France : « pour que le monde ait la vie »

À l’approche du voyage de Léon XIV en France, En quête d’esprit s’intéresse à l’étape de Lourdes, qui devrait constituer le cœur spirituel de cette visite. L’émission interroge le sens chrétien de la vie, de la guérison et de l’espérance avec

    • l’abbé Henri Lefer, chapelain au Sanctuaire de Lourdes et prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre,
    • Grégor Puppinck, juriste et directeur général du Centre européen pour le droit et la justice,
    • Petite Sœur Marie-Foucauld Dufouleur, médecin généraliste et religieuse des Petites Sœurs des Maternités Catholiques

EVARS: un bilan globalement négatif

Le 6 septembre, Terres de mission reçoit Louis Stagire, président de l’association Renaissance Famille, Education, pour tirer un premier bilan du programme EVARS (devenu obligatoire l’année dernière).

Puis Christophe Foltzenlogel, chercheur au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), présente le livre collectif des Juristes pour l’enfance auquel il a participé: « Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants? » (Artège).

Enfin, Guillaume de Thieulloy présente brièvement quelques piste de lectures: « Léon XIV » d’Elise Anne Allen (Artège); « La foi chrétienne pour les curieux et les débutants » (Artège) – livre collectif d’apologétique – et « Saint Ambroise » d’Anne Bernet (Clovis).

Est-il encore possible d’être favorable à la peine capitale ?

C’est une oeuvre salutaire que réalise Matthieu Lavagna en étudiant Ce qu’enseigne vraiment l’Église sur la peine de mort, suite à la réécriture du Catéchisme de l’Eglise catholique sur ce sujet sous le pape François.

La peine de mort demeure l’un des points les plus sensibles du débat moral actuel, y compris dans le monde catholique. Certains estiment qu’elle est inconciliable avec l’Évangile. D’autres rappellent qu’elle fut longtemps tenue pour moralement possible, selon des circonstances précises.

Dans cette analyse rigoureuse et sans a priori de l’enseignement bimillénaire de l’Église sur la peine capitale, l’auteur reprend l’ensemble de la Tradition sur cette question : Écriture sainte, Pères de l’Église, théologiens, papes, aucun n’a condamné la peine de mort.

Alors comment concilier l’ancien § 2267 du Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC)

« L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiés, le recours à la peine de mort »

avec le nouveau :

2267 Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.

Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.

C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » [François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017.] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.

Le pape François a même ajouté dans ses discours que la peine de mort est en soi un péché, la comparant même à l’euthanasie et à l’avortement, ce qui est encore en contradiction avec ce que déclarait le cardinal Ratzinger, lequel, bien que personnellement défavorable à la peine de mort, rappelait la légitime diversité des opinions des catholiques en matière de peine capitale, soulignant :

Tous les problèmes moraux n’ont pas le même poids que l’avortement ou l’euthanasie. Par exemple, si un catholique venait à être en opposition avec le Saint Père sur la peine capital ou sur une décision de mener une guerre, il ne serait pas, pour cette raison, considéré comme indigne de se présenter à la Sainte Communion. Bien que l’Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et d’user avec discrétion et pitié dans l’application de la peine capitale aux criminels, il reste néanmoins possible de prendre les armes pour repousser un agresseur et d’avoir recours à la peine capitale. Il peut y avoir une légitime diversité d’opinion parmi les catholique sur l’opportunité de mener une guerre ou de recourir à la peine capitale mais pas sur l’avortement et l’euthanasie.

Dans la postface de ce livre, Mgr Christophe J. Kruijen, docteur en théologie dogmatique, ancien collaborateur de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2008-2016), fait remarquer que la modification du CEC en 2018 fut décidée par un simple rescrit pontifical, dont on relève le caractère autoréférentiel puisque la seule source citée est un discours du pape François. Alors que le projet de rédaction du CEC fit l’objet d’une vaste consultation de tous les évêques. Mgr Kruijen souligne l’imprécision théologique du terme « inadmissible », le caractère disruptif de ce néo-Magistère pontifical, qui fragilise la crédibilité et la cohérence de tout le Magistère. Ce qui permet de conclure que ce passage du CEC ne fait pas partie du Magistère infaillible.

Matthieu Lavagna répond également à un certain nombre d’objections, notamment croire qu’il serait incohérent d’être hostile à l’avortement et à l’euthanasie tout en étant favorable à la peine de mort, ce qui rejoint l’article récent de Guillaume de Thieulloy ; l’objection selon laquelle seul Dieu est maître de la vie et de la mort ; ou encore celle du père Basile Valuet, moine au Barroux, qui considère qu’il n’y a pas de contradiction entre l’ancienne et la nouvelle rédaction, le pape François enseignant que la peine de mort est inadmissible aujourd’hui, compte tenu des circonstances actuelles, et non qu’elle est immorale en tous temps et en tous lieux. Le père Basile n’a visiblement pas bien lu le pape François, qui a approuvé la déclaration de la Doctrine de la foi dans Dignitas infinita :

 la peine de mort, elle aussi, viole la dignité de tout être humain, inaliénable en toutes circonstances.

Il est même hostile à la prison à perpétuité :

La prison à perpétuité est une peine de mort cachée [Fratelli Tutti n°268]

Au regard de l’enseignement historique de l’Eglise, Matthieu Lavagna interroge :

Doit-on vraiment croire que notre Eglise indéfectible a approuvé une sorte de meurtre contraire au 5e commandement pendant presque deux mille ans jusqu’à ce que la lumière de la vérité illumine enfin l’intellect de François pour rectifier l’affaire ? Non, une telle hypothèse n’est pas crédible et remettrait d’ailleurs en cause l’indéfectibilité de l’Eglise dans son enseignement moral.

Le recours à la peine de mort demeure une question d’ordre prudentielle, légitime, à laquelle il est possible pour un chrétien d’être favorable. A titre personnel, je suis défavorable à sa légalisation dans la France d’aujourd’hui, compte tenu des circonstances politiques, ne voulant pas mettre cet outil judiciaire entre les mains d’un ministre mélenchoniste ou de juges gauchistes, parfois plus sévères avec les honnêtes citoyens en situation de légitime défense qu’avec les criminels.

12 septembre : Pèlerinage pour les vocations à Chalon-sur-Saône (Bourgogne)

De l’abbé Jean-Antoine Kegelin :

Nous marcherons et prierons tout particulièrement pour nos prêtres, qui nous donnent les sacrements au quotidien, et pour l’éclosion de saintes vocations sacerdotales.

Le pape Benoît XVI nous rappelait avec tant de justesse la beauté de cette mission :

« « Là où l’on prie pour les vocations, elles fleurissent. […] Le prêtre n’est pas simplement quelqu’un qui détient une fonction […]. Il fait ce qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom de Christ la parole d’absolution de nos péchés, il change ainsi l’état de notre vie. »

Venir à ce pèlerinage, c’est offrir un soutien spirituel concret à nos pasteurs et ouvrir les cœurs des jeunes générations à l’appel du Seigneur.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Luc 10, 2)

 

Informations pratiques :

Samedi 12 septembre, fête du saint Nom de Marie

Dépose des voitures jusqu’à 9h30.

Messe solennelle chantée par le séminaire saint-Pierre dans la cathédrale restaurée de Chalon-sur-Saône à 10h

15km de marche praticables en poussette

Repas tiré du sac

16h : Vêpres solennelles

Inscription nécessaire sur le site fssp-saone-et-loire.com (lien direct vers la page d’inscription : https://www.fssp-saone-et-loire.com/pelerinage-de-rentree-2026/

Quinzième dimanche après la Pentecôte : la résurrection du fils de la veuve de Naïm

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

L’Évangile nous relate l’épisode touchant de la résurrection du fils de la veuve de Naïm et donne son nom à ce Quinzième dimanche après la Pentecôte. La scène est reproduite ci-dessus dans une œuvre de Pierre Bouillon (1776-1831) que l’on peut admirer au Musée de Tessé au Mans.
Nous remercions le musée manceau de nous avoir autorisés à illustrer cette page de ce beau tableau.

L’épisode si touchant de la veuve de Naïm donne aujourd’hui son nom au quinzième dimanche après la Pentecôte. L’Introït nous présente la forme des prières que nous devons adresser au Seigneur dans tous nos besoins. L’Homme-Dieu a promis, dimanche dernier, d’y pourvoir toujours, à la condition d’être servi par nous fidèlement dans la recherche de son royaume. En lui adressant nos supplications, montrons-nous confiants dans sa parole, comme il est juste de l’être, et nous serons exaucés.
Dom Guéranger L’Année Liturgique

► Introït : Inclina Domine

Comme les dimanches précédents, les chants du propre de la messe du quinzième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes sauf la Communion, et ils expriment les sentiments de supplication, de confiance, de louange et d’action de grâces qui doivent animer les chrétiens durant leur séjour sur la terre. Mais ils présentent aujourd’hui une particularité qui les oppose à ceux des dimanches précédents. Les alléluias des dix derniers dimanches, du cinquième au quatorzième après la Pentecôte, avaient tous pour texte le premier verset d’un psaume. Mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci ; ce seront au contraire les autres pièces, Introït, Graduel et Offertoire, qui auront pour texte le premier verset d’un psaume.
Le texte de l’Introït est le début du psaume 85, un des nombreux psaumes où David, qui se sent humainement perdu devant la puissance de ses ennemis, lance un appel suppliant vers Dieu pour qu’Il le délivre.

Inclina, Domine, aurem tuam ad me, et exaudi me : salvum fac servum tuum, Deus meus, sperantem in te : miserere mihi, Domine, quoniam ad te clamavi tota die.
Seigneur, tendez l’oreille vers moi, écoutez-moi, sauvez votre serviteur qui espère en vous, mon Dieu ; ayez pitié de moi, Seigneur, car je crie vers vous tout le jour.

Chacun de nous peut faire sienne cette prière dans les épreuves et les tentations au milieu desquelles nous nous débattons. La mélodie est une des plus belles et des plus expressives du répertoire. Elle commence par une intonation qui s’élève en un grand élan, franchissant d’un bon toute l’octave pour culminer sur le mot Domine ; puis elle redescend et la phrase s’achève dans le grave sur exaudi me, prière plus humble mais tout aussi suppliante. La deuxième phrase, celle de l’espérance, est plus assurée, les mots Deus meus sont vraiment pleins de confiance. On retrouve dans la troisième phrase une supplication presque angoissée, s’enfonçant dans le grave puis se reprenant pour remonter sur le mot clamavi, qui est vraiment un cri lancé du fond de notre misère. Si les mots de profundis ne sont pas dans le texte, ils sont dans la mélodie. On entendra ensuite comme verset psalmodié la suite du psaume.

Lætifica animam servi tui : quoniam ad te, Domine, animam meam levavi.
Donnez la joie à l’âme de votre serviteur car j’élève vers vous mon âme Seigneur.

► Graduel : Bonum est confiteri

Comme celui de l’Introït le texte du Graduel du quinzième dimanche après la Pentecôte est formé du début d’un psaume, cette fois le psaume 91. Après la supplication du fond de notre misère, voici la louange à Dieu pour sa justice et sa bonté infinie, et ces premiers versets chantent le bonheur que nous procure cette louange qui ne doit jamais cesser. On notera le passage de la deuxième à la troisième personne qui est assez fréquent dans les psaumes.

Bonum est confiteri Domino : et psallere nomini tuo, Altissime. Ad annuntiandum mane misericordiam tuam, et veritatem tuam per noctem.
Qu’il est bon de louer le Seigneur et de chanter un psaume à votre nom ô Très-Haut, pour annoncer dès le matin votre miséricorde et votre vérité durant la nuit.

Ce Graduel commence par les mêmes mots que celui de dimanche dernier Bonum est, et avec la même intonation, mais la suite est totalement différente. Après une courte cadence au grave, la mélodie s’élève soudain dans l’aigu avec hardiesse et enthousiasme, et elle s’y tiendra jusqu’à la fin, revenant sans cesse sur la même note avec une insistance que rien ne semble lasser. On retrouvera dans la deuxième partie de grandes vocalises déjà souvent rencontrées, puis la finale reprend exactement la même mélodie que celle de la première partie.

► Alléluia : Quoniam Deus

Contrairement aux autres chants de cette messe et contrairement aux Alléluias des dimanches précédents, le texte de l’Alléluia du quinzième dimanche après la Pentecôte n’est pas le premier verset d’un psaume, mais c’est tout simplement la suite de celui de dimanche dernier, au début du psaume 94, qui disait :

Venite exsultemus Domino : jubilemus Deo salutari nostro.
Venez exultons pour le Seigneur, poussons des cris de joie pour Dieu notre Sauveur.

Et nous continuons aujourd’hui :

Quoniam Deus magnus Dominus et rex magnus super omnem terram.
Car le Seigneur est un grand Dieu et un grand roi au-dessus de toute la terre.

Il y a bien un verset entre les deux qui a été sauté, mais il dit la même chose que le précédent. C’est l’acclamation de la majesté divine qui continue, et la mélodie ressemble aussi à celle de dimanche dernier ainsi qu’à celle de tous les Alléluias de louange et d’action de grâces des dimanches précédents. Elle est très développée avec de grandes vocalises éclatantes, surtout dans le verset.

► Offertoire : Exspectans exspectavi

Cous retrouvons dans le chant de l’Offertoire du quinzième dimanche après la Pentecôte le début d’un psaume, le psaume 39.
Après la supplication, la louange et l’acclamation, voici l’action de grâces et de reconnaissance pour les bienfaits reçus.

Exspectans exspectavi Dominum, et respexit me : et exaudivit deprecationem meam, et immisit in os meum canticum novum, hymnum Deo nostro.

D’un grand espoir j’ai espéré dans le Seigneur et il a jeté les yeux sur moi et a exaucé ma prière. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une hymne à notre Dieu.

Un verset de psaume a été sauté entre les deux phrases, dans lequel David, auquel le psaume est attribué, précisait : il m’a arraché à la mort. Ce psaume est ainsi considéré comme messianique et David, figure du Christ, y prophétise la résurrection. C’est donc pour le grand bienfait de la Rédemption et toutes les grâces qui en ont découlé pour nous que nous chantons ce cantique nouveau mis en notre bouche par l’Église. Ces paroles s’appliquent, plus qu’à tout autre, au chant grégorien.
La mélodie exprime notre reconnaissance pour ces grâces espérées et reçues, d’une manière calme et douce, peu développée, se tenant toujours sur les mêmes notes dans le climat de vie intérieure et de contemplation qui est habituellement celui des Offertoires. Cependant la cadence finale surprend, venant se poser au grave sur une note qu’on n’avait jamais entendue auparavant, comme s’il ne s’agissait que d’une déposition passagère dont la suite se perd dans le silence.

► Communion : Panis quem ego

Comme celle du dimanche précédent, la Communion du quinzième dimanche après la Pentecôte est tirée de l’Évangile, mais il ne s’agit pas cette fois de l’Évangile du jour. C’est un passage du discours sur le pain de vie, au chapitre VI de l’Évangile de saint Jean, dont nous avions entendu un autre extrait à la Communion du neuvième dimanche :

Panis quem ego dedero caro mea est pro sæculi vita.
Le pain que je donnerai c’est ma chair pour la vie du monde.

Ces paroles, qui ont tellement scandalisé les auditeurs de Notre Seigneur, nous sont maintenant familières. Elles conviennent particulièrement bien au moment de la communion, alors que nous recevons ce pain devenu la chair du Christ. C’est Lui qui parle ici d’une voix très douce avec de belles vocalises mélodieuses et expressives.

Pie VI, le pape martyr de la Révolution dite française

Dans l’émission Les Belles figures de l’Histoire, désormais animée par Véronique Jacquier, le père Jean-François Thomas évoque le martyr du pape Pie VI :

https://www.dailymotion.com/video/xb20y2y

 

Le cardinal Joseph Zen perd son procès en appel

Le 3 septembre, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong-Kong, a perdu son appel visant à faire annuler la condamnation qu’il a reçue en 2022 pour ne pas avoir enregistré le Fonds d’aide humanitaire 612, créé pour couvrir les frais médicaux et juridiques des personnes détenues lors des manifestations antigouvernementales de 2019.

La Cour d’appel de Hong-Kong a rejeté le recours présenté par le cardinal Zen, âgé de 94 ans, et quatre autres anciens administrateurs du fonds, maintenant ainsi les condamnations prononcées il y a quatre ans.

La défense a annoncé qu’elle porterait désormais l’affaire devant la Cour de dernière instance, plus haute juridiction du territoire.

Par ailleurs, le 2 septembre, le militant hongkongais prodémocratie Joshua Wong a plaidé coupable face aux nouveau chefs d’accusation auxquels il faisait face en vertu de la loi sur la sécurité nationale. Il risque la prison à vie. Il est notamment accusé d’avoir conspiré avec des forces étrangères.

La conférence des évêques allemands sombre dans le blasphème

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Le site katholish.de, site officiel de la conférence des évêques allemands, publie un article qui résume une interview parue dans le supplément religieux de Die Zeit sur un livre paru en mai dernier en Allemagne : « Entre délire et sagesse ». Livre et interview du couple de « théologiens catholiques » Simone et Claudia Paganini.

Les auteurs passent les personnages bibliques au crible du diagnostic psychiatrique. « D’Adam et Ève dans la Genèse jusqu’au visionnaire de l’Apocalypse, chaque livre contient des figures qui manifestent des signes de trouble psychologique », disent-ils. Par exemple, Moïse souffre de dépression. Job manifeste des symptômes de trouble obsessionnel compulsif. Mais le clou du spectacle psychiatrique est évidemment Jésus :

La Bible décrit Jésus comme ayant un penchant pour l’alcool. Sa réaction face aux marchands de bétail dans le Temple suggère un trouble du contrôle des impulsions. Simone Paganini fait remarquer : « Jésus est celui qui dit : « Si quelqu’un te frappe, tends l’autre joue. » Et puis, il entre dans le Temple, s’irrite de la présence des marchands de bétail et… boum, tout éclate. »

Ainsi s’exprime un « théologien catholique », sur le site officiel de l’Eglise catholique en Allemagne, sans autre réserve que de mettre un point d’interrogation à la fin du sur-titre : « Jésus avait-il un penchant pour l’alcool et un trouble du contrôle des impulsions? »

Peine de mort et défense de la vie

Je ne suis pas avec beaucoup d’attention les réseaux sociaux, mais on vient de me signaler que la Marche pour la vie s’est récemment fait attaquer sur Instagram au motif que « [son] président [votre serviteur donc] s’est dit favorable à la peine de mort » et l’interlocuteur de faire mine s’interroger rhétoriquement: « La défense de la vie s’arrête à la naissance? »

L’attaque vient d’un compte intitulé « lecrimedia », qui semble s’être donné pour mission la « chasse aux fachos » dans l’Eglise. Et, manifestement, je figure en bonne place parmi ces « fachos ». Je serais tenté de répondre que le fascisme est un cocktail à base de nationalisme révolutionnaire et de socialisme et que je ne suis ni révolutionnaire ni socialiste – et que je suis donc bien pire que ce que pensent de moi ces braves gens. J’ajoute qu’en parcourant un peu leurs publications, j’ai constaté qu’ils parlaient beaucoup de catholiques sociaux; ils doivent ignorer que l’immense majorité de ces derniers étaient contre-révolutionnaires (et que je suis certainement plus proche de La Tour du Pin ou de Villeneuve-Bargemont que la plupart des « cathos de gauche »), mais laissons cela de côté…

Passons aussi sur le fait que nous avons suffisamment lutté contre l’euthanasie pour qu’il soit assez clair que, pour nous, la défense de la vie ne s’arrête pas à la naissance.

La première remarque qui me vient à l’esprit est que dire que la Marche pour la vie est pour la peine de mort au motif que je le serais est très exactement ce que l’on appelle un amalgame – vous savez, ce que l’on reproche systématiquement aux odieux « cathos réacs ». C’est une pétition de principe aussi idiote que de dire que tous les partisans de l’euthanasie sont francs-maçons au motif qu’Henri Caillavet, grand militant de cette cause, l’était, ou qu’ils sont tous nazis, au motif qu’Adolf Hitler l’était également. Nous ne nous abaissons pas à ce genre « d’arguments »; nous pourrions espérer que nos contradicteurs nous en préservent également et qu’ils aient le minimum de confiance dans la raison nécessaire pour un débat digne de ce nom – mais il semble que ce soit trop demander. Donc, bien sûr, cela va sans dire, mais manifestement mieux en le disant, ce n’est pas parce que Guillaume de Thieulloy est « pour la peine de mort » que toute la Marche la vie l’est.

Mais ne nous contentons pas de cette évidence solaire et répondons sur le fond à des personnes qui semblent se moquer éperdument du fond. Que signifie le fait que je sois « pour la peine de mort »? Tout simplement que je constate que la lutte contre la récidive ne paraît pas, dans les conditions actuelles de vie en France, correctement menée avec la peine de prison à perpétuité au sommet de hiérarchie des peines – d’autant que cette perpétuité est très rarement appliquée. Je ne demande pas mieux que de me laisser convaincre du contraire. Je ne suis pas un inconditionnel de la peine de mort et, comme, je pense, la plupart de ceux qui y sont réputés « favorables », je ne la vois que comme un choix prudentiel qui pourrait fort bien être invalidé demain.

J’ai donc effectivement écrit que je pensais que l’opposition inconditionnelle (elle!) à la peine de mort posait de sérieux problèmes pour les victimes – et donc, si l’on veut, que j’étais « pour » la peine de mort. Au passage, je note que c’est un argument qui n’a rien d’original: si l’on veut sérieusement s’opposer à la peine de mort, il est nécessaire de montrer qu’elle est inutile (et, selon moi, la démonstration est loin d’être faite pour le cas particulier de la France contemporaine).

Ici, l’argument de mon contradicteur a sans doute tous les atours de l’évidence: la défense de la vie par Thieulloy est incohérente puisqu’il défend la peine de mort. J’avoue que je suis toujours éberlué de découvrir que certains croient sérieusement nous mettre en difficulté avec un sophisme aussi grossier. Il n’y a aucune contradiction entre défendre la vie pour les innocents et envisager la peine de mort pour les coupables. C’est l’inverse qui est absurde: ces gens qui défendent l’avortement en refusant la peine de mort défendent donc la mise à mort des innocents tout en la refusant pour les coupables. Je serais curieux que l’on m’explique cette dernière position.

Allons encore un peu plus loin. Il ne me viendrait pas à l’idée de dire que mes prises de position prudentielles dans l’ordre politique devraient s’imposer à tous dans l’Eglise, mais je trouve assez singulier que des personnes qui n’ont, que je sache, aucun mandat pour cela, excommunient gaiement saint Paul, saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin – qui n’étaient pas précisément des abolitionnistes. C’est peut-être cela la différence principale entre « cathos de droite » et « cathos de gauche », pour reprendre cette dialectique qu’ils affectionnent et qui me semble tout à fait inadéquate: nous savons bien, nous, que nous sommes des fidèles du bout du rang et nous n’avons aucune prétention d’enseigner quiconque, hors nos enfants; eux, ils sont assurés d’être dans le « camp du bien » et peuvent anathémiser quiconque leur déplaît. Pour être franc, je tiens trop à ma liberté pour les jalouser!

Guillaume de Thieulloy

Le pape va célébrer la messe sur la place où furent guillotinées 1 119 personnes

Du père Jean-François Thomas dans France catholique :

[…] Parmi les différentes étapes de la visite de Léon XIV en France, un des moments essentiels sera la messe célébrée en plein air place de la Concorde à Paris, tandis que les fidèles occuperont une partie des Champs-Élysées. Le lieu est sans doute choisi pour des raisons pratiques mais il est toujours possible de relever à quel point il est symbolique, la divine Providence se révélant également dans les moindres détails. […]

La Révolution prit naissance ici, le 12 juillet 1789, lorsque les bustes de Jacques Necker et de Philippe d’Orléans y furent portés en triomphe, provoquant la charge des dragons du prince de Lambesc. Le lendemain, la populace pilla les armes déposées au Garde-Meuble de la Couronne, actuel hôtel de la Marine, avant de s’attaquer à la Bastille le 14. La « place de la Concorde » est donc, géographiquement, le centre de la fièvre révolutionnaire et elle le sera d’autant plus lorsque la guillotine y sera dressée à plusieurs reprises, d’abord ponctuellement, comme en octobre 1792 ou le 21 janvier 1793 pour l’exécution de Louis XVI, avant de s’y installer définitivement jusqu’à la fin de la Terreur.

En tout, sur cette place, 1 119 têtes tombèrent dans le panier du bourreau, celles des victimes de la Révolution, à commencer par le roi et par la reine, Charlotte Corday, Madame Rolland, Olympe de Gouges, Madame du Barry, Malesherbes, Lavoisier, mais aussi des acteurs de cette Révolution qui mangea ses enfants : Danton, Philippe d’Orléans, Camille Desmoulins, Saint-Just, les Girondins, pour finir avec le grand ordonnateur de la Terreur, Robespierre, et ses amis. Bain de sang dont, jusqu’à ce jour, il n’est fait nulle part mention sur cette place, alors que le « devoir de mémoire » s’impose souvent de façon désordonnée. Pour que la concorde règne, encore faut-il se pencher sur les divisions afin de les surmonter et d’arriver au pardon. […]

Peut-être, de manière fort providentielle, la célébration de la Sainte Messe par le Souverain pontife, au lieu même de ce déchirement que fut pour la France chrétienne la décapitation de son roi, sera-t-elle un sacrifice efficace pour recoudre la tunique déchirée de notre pays. Louis XVI, du haut de l’échafaud, avait adressé à la foule ces ultimes paroles, couvertes par le battement des tambours : « Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » À peine le couteau tombé, « un citoyen monta sur la guillotine, rapporte Prudhomme, journaliste révolutionnaire, dans Les Révolutions de Paris, n° 185, et plongeant son bras nu dans le sang de Capet qui s’était amassé en grande abondance, il en prit des caillots plein la main et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient au pied de l’échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front : « Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes ; eh bien ! qu’il y retombe. » »

Ces terribles mots, résonnant encore sur cette place, peuvent être retournés et effacés par les mots sacrés de la célébration pontificale, le sacrifice du Christ, de nouveau sur l’autel, donnant sens au sacrifice de toutes les victimes de notre tragédie nationale. Ainsi la concorde pourra-t-elle être réelle et non point seulement un mot sur une plaque d’émail.

Événement littéraire : le chef-d’œuvre de Lucien Bodard sur l’Indochine republié en version intégrale. Magistral !

« La Guerre d’Indochine » de Lucien Bodard pour la première fois en un volume !

Au-delà d’un récit aux mille facettes, l’histoire de la guerre d’Indochine des Français est aussi celle d’une passion désordonnée où notre innocence s’est perdue. Cette passion est au cœur des trois livres mythiques de Lucien Bodard : – L’enlisement, – L’humiliation, – L’aventure, qui sont ici réunis intégralement dans ce volume pour la première fois.

Mettant son fabuleux talent de conteur au service de l’Histoire, Lucien Bodard, parce qu’il a croisé les acteurs de cette guerre, les fait revivre : Giap, De Lattre, Bao Daï et les autres, les sans-grade. Les lieux sont là aussi, héroïques comme Cao Bang, Dien Bien Phu, la RC4, ou pittoresques, amers et drôles comme la Saïgon du trafic de piastres, des jeux, de la drogue et des étreintes faciles. Lucien Bodard balaie en près de mille deux cents pages quinze années tragiques où se mêlent l’espoir et les larmes.

C’est le récit d’un auteur qui a vécu son sujet, qui sait les dangers de la jungle, la fraîcheur des hauts plateaux. Et il y a ces lieux, oubliés parfois, Dien Bien Phu, bien sûr, mais aussi Vinh Yen, Lang Son, Cao Bang, la R.C.4… Lieux amers et drôles. Qui se souvient du Saïgon des bandits, des piastres et des jeux, cité de jouissance célèbre dans tout l’Orient ?

De l’aventure à l’humiliation, des jours tendres aux pluies cruelles, voici l’histoire d’une guerre, l’histoire de deux pays, passion désordonnée et proche où notre innocence s’est perdue.

« Quand j’arrive à Saïgon correspondant de guerre en 1948, je découvre une Indochine installée dans le Moyen Âge à mitraillettes et à piastres, sous l’étiquette de l’Union française… C’est l’enlisement. Sur la frontière, dans les montagnes au nord du Tonkin se poursuit la vraie guerre contre les réguliers d’Ho Chi Minh. Elle est loin de tout, et on n’en parle pas. Partout ailleurs, on fait la « guerre heureuse » contre la Résistance. C’est la guérilla, bien plus cruelle que les batailles qui se déroulent sur les confins de la Chine. Mais en même temps, c’est la « bonne vie » et la prospérité pour tout le monde.
L’existence quotidienne, c’est le sang, la mort, la volupté, la fatigue, la paresse, la grande vie. Les combattants se sentent des « seigneurs » et les hommes d’affaires nagent dans l’abondance. Les deux camps compressent et tuent la population selon les techniques de la « persuasion ». Les nhaqués sont l’enjeu essentiel. Mais quand ils ne sont pas suppliciés, ils s’épanouissent, ils profitent de tout…
L’Indochine de 1948 c’est un échiquier aux pions innombrables mais presque immobiles. On ne devine pas encore qu’elle deviendra le théâtre où tous ces éléments vont se nouer dans une action aussi tendue et dépouillée qu’une tragédie grecque : le rideau tombera quelques années plus tard sur Dien Bien Phu. »

Après ce ne sera plus l’Indochine mais le Vietnam. Les Américains auront remplacé les Français et une autre tragédie se jouera dans ces mêmes décors. Indochine, guerre, ces deux mots restent indissolublement liés dans la mémoire collective. Associés à des images de violence et de tragédie, à des clichés figés par les interprétations, ils recèlent une réalité autrement plus complexe, souvent insaisissable. S’Il y a eu la guerre française avec ses visages, Leclerc, Ho Chi Minh, d’Argenlieu, Giap, de Lattre, ses noms de bataille, sa paix de Genève, il y a eu aussi la guerre américaine avec les siens, Diem, Kennedy, Minh, Westmoreland, Johnson, Thieu, Nixon, Kissinger, Khe Sanh. Il y a eu la piste Ho Chi Minh, la paix de Paris, et encore la guerre des deux Vietnam, l’agonie de Saigon, la réunification dans le sang.

Il y a eu surtout tous ces visages anonymes d’un peuple écartelé, si semblables dans leurs différences, ceux des soldats sacrifiés, français, américains, sudistes ou révolutionnaires, ces foules innocentes et hagardes, emportées par une tourmente…

Qui est Lucien Bodard ? Né en Chine en 1914 et mort à Paris en 1998, Lucien Bodard s’est vite imposé comme un des plus grands reporters de classe internationale. Ses articles ont fait partout sensation. De son expérience du continent asiatique, il a tiré des ouvrages fondamentaux : La Chine de la douceur, La Chine du cauchemar, Mao, et cette trilogie consacrée à la guerre d’Indochine. Il est également l’auteur d’un bouleversant témoignage : Le massacre des Indiens. Monsieur le Consul est le premier roman de Lucien Bodard qui, d’emblée, a rallié les suffrages de la critique et du public. La qualité saisissante de cette oeuvre a valu à son auteur le Prix Interallié 1973 décerné à l’unanimité, et le Prix Goncourt pour Anne-Marie.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/indochine-histoire-guerres/30920-la-guerre-d-indochine-l-enlisement-l-humiliation-l-aventure.html
La guerre d’Indochine, L’enlisement, L’humiliation, L’aventure, Texte intégral, Lucien Bodard, Aux éditions Grasset, 1176 pages, 35€

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La Vie Chrétienne Victorieuse — Croire en Dieu, ou croire Dieu ?

Il existe une différence profonde entre croire en Dieu et croire Dieu. Beaucoup disent croire en Dieu, comme on admet l’existence d’une réalité lointaine, d’une transcendance, d’un principe supérieur au-dessus du monde. Mais croire Dieu, c’est autre chose : c’est recevoir Sa Parole comme vraie, se soumettre à Son témoignage, marcher dans la confiance et l’obéissance. La première attitude peut rester une simple idée ; la seconde engage la vie entière.

L’Écriture ne nous laisse pas dans le vague. Elle ne parle pas d’un Dieu abstrait et impalpable, mais du Dieu vivant, qui parle, qui appelle, qui promet, qui juge, qui sauve. Croire en Dieu, au sens biblique, ce n’est pas simplement reconnaître qu’Il existe ; c’est se confier à Lui parce qu’Il a parlé.

Ils croient… et tremblent
Jacques écrit avec une sobriété pénétrante : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu ? Tu fais bien ; les démons aussi le croient, et ils tremblent » (Jacques 2.19). Voilà une parole qui dérange. Les démons ne sont évidemment pas athées : ils savent que Dieu existe, ils connaissent Sa puissance, ils reconnaissent même qui est Jésus-Christ. Mais cette connaissance ne les change pas. Elle ne produit en eux ni amour, ni repentance, ni soumission. Ils croient, et pourtant ils restent rebelles.
Il faut donc se garder d’une fausse sécurité. On peut posséder une orthodoxie de vocabulaire et rester étranger à la foi vivante ; on peut parler du Ciel sans jamais se livrer au Seigneur du Ciel. La foi véritable n’est pas seulement de l’information religieuse ; elle est confiance, abandon et fidélité.

La religion du flou
Notre époque parle volontiers de « spiritualité ». Beaucoup déclarent croire en une force supérieure, en une présence mystérieuse, en un Dieu quelque part au-dessus de nous. Une telle croyance peut émouvoir l’âme, mais elle ne l’engage à rien : un Dieu lointain et indéterminé, que chacun imagine à sa manière, ne demande rien à la conscience. On peut penser qu’Il existe tout en vivant comme si Il n’existait pas.

Or le Dieu de la Bible parle. Il a parlé par les prophètes, dans les Écritures, et « la Parole a été faite chair » (Jean 1.14) : Il s’est révélé dans une Personne, Jésus-Christ. La question n’est donc plus seulement : « Croyons-nous qu’il y a un Dieu ? », mais : « Que faisons-nous de ce que Dieu a dit concernant Son Fils ? » Il n’existe pas de position neutre devant l’Évangile.

Croire Dieu : prendre Sa Parole au sérieux
Toute la Bible nous présente des hommes et des femmes qui ont cru Dieu avant même de voir l’accomplissement de Ses promesses.
Abraham en est le grand témoin : Dieu lui donne une promesse humainement impossible, et « il crut à l’Éternel, qui le lui imputa à justice » (Genèse 15.6). Il ne possédait pas encore ce qui lui était promis ; il partit néanmoins, « sans savoir où il allait » (Hébreux 11.8) – une foi qui devient marche et obéissance.
Noé, « divinement averti des choses qu’on ne voyait pas encore », agit avec crainte et construit l’arche face à un jugement qu’aucune apparence ne laissait deviner (Hébreux 11.7). Moïse « estima l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte » (Hébreux 11.26), choisissant la fidélité à la promesse plutôt que les avantages immédiats. Rahab, malgré son passé compliqué, crut au Dieu d’Israël (Josué 2.11), et cette foi la sauva, elle et sa famille. Marie répond à l’annonce impossible par un abandon sans réserve : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1.38). Le centurion reconnaît que l’autorité de Jésus suffit : « dis seulement une parole ».
La foi ne dit pas : « il n’y a pas de difficulté. » Elle dit : « il y a une difficulté, mais Dieu a parlé. » C’est toute la différence entre croire que Dieu existe et croire Dieu Lui-même.

Une foi qui produit l’obéissance
La foi véritable a toujours des conséquences : elle produit l’écoute, l’obéissance, la persévérance, la paix. Cela ne signifie pas qu’elle rend parfait du premier coup – Abraham a connu des moments de faiblesse, Pierre a renié son Seigneur, David est tombé gravement – mais elle ne peut demeurer stérile. Elle ramène sans cesse le croyant vers Dieu et lui apprend à dépendre de Lui.
C’est pourquoi Jacques peut écrire que la foi sans les œuvres est morte (Jacques 2.17). Les œuvres ne sont pas le prix du salut : nous sommes sauvés par grâce, au moyen de la foi, « et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éphésiens 2.8). Mais la foi authentique agit, précisément parce qu’elle croit.

Ceux qui ne connaissent pas Dieu
À l’inverse, l’apôtre Paul parle avec gravité de ceux qui « ne connaissent pas Dieu et n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ », lorsque le Seigneur sera révélé « au milieu d’une flamme de feu » (2 Thessaloniciens 1.7-8). Ce texte ne décrit pas une simple ignorance intellectuelle, mais l’absence de relation et de soumission : ne pas obéir à l’Évangile, c’est refuser la lumière venue de Dieu en Jésus-Christ.
L’Écriture en donne des illustrations sombres. Pharaon savait qui était l’Éternel – sa question « Qui est l’Éternel ? » (Exode 5.2) était une provocation, non une ignorance sincère -, mais il endurcit son cœur. Le riche de la parabole connaissait Moïse et les prophètes (Luc 16.29-31), mais son cœur restait attaché à ses biens. Judas a marché trois ans aux côtés de Jésus, mais sa connaissance fut sans amour, et « le diable avait déjà mis dans son cœur » de Le trahir (Jean 13.2).
Le problème de l’homme n’est donc pas seulement un manque d’informations ; c’est un cœur qui résiste à Dieu. Nous préférons souvent un dieu qui nous laisse tranquilles à un Dieu qui nous appelle à la repentance ; une spiritualité qui nous rassure à la sainteté qui nous juge. Mais lorsque Dieu dit : « Repens-toi, crois en Mon Fils, suis-Le », la question devient personnelle, et le châtiment ultime n’est pas seulement une souffrance, c’est l’éloignement de la face du Seigneur (2 Thessaloniciens 1.9).

L’Évangile de Jean : croire au Fils
C’est ici que l’Évangile selon Jean devient particulièrement lumineux. Il ne présente pas Jésus comme un simple maître religieux, mais comme la Parole éternelle, auprès de Dieu et Dieu Lui-même, venue dans le monde. Et tout au long du récit revient un même appel : croire.
« À tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu » (Jean 1.12).
À Nicodème, Jésus révèle la nécessité de la nouvelle naissance, puis vient la déclaration centrale :
« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3.16). L’Évangile ne dit pas « croyez qu’un Dieu existe » ; il dit : croyez au Fils.
« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3.36).
Le contraste est absolu : la vie éternelle d’un côté, la colère de Dieu de l’autre ; l’accueil du Fils, ou Son rejet. On ne peut réduire l’Évangile à une invitation à « être un peu plus spirituel » : Dieu place devant nous Son Fils, et croire en Lui, c’est recevoir la vie.
Croire Dieu, c’est finalement venir à Christ. On ne peut dire : « nous croyons en Dieu, mais nous ne savons que penser de Jésus », car Dieu s’est révélé précisément dans Son Fils : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14.9). Croire Dieu, c’est donc croire Son témoignage au sujet du Fils : reconnaître son propre péché, cesser de se justifier soi-même, recevoir le pardon offert, et Lui faire confiance pour aujourd’hui et pour l’éternité.

Comprenons bien
Il existe une différence immense entre croire en Dieu et croire Dieu. Croire en Dieu peut rester de l’ordre de l’intellect, voire du simple héritage culturel. Mais la foi qui sauve reçoit le témoignage de Dieu et vient à Jésus-Christ ; elle ne dit pas seulement « nous pensons que cela est vrai », mais « Seigneur, nous nous confions en Toi ».
Il faut donc poser la question avec simplicité et gravité : croyons-nous seulement en Dieu, ou croyons-nous Dieu ? Avons-nous seulement une idée du divin, ou avons-nous entendu la voix du Seigneur Jésus-Christ ? Le croyant véritable se repent, se confie, obéit et adore.
Que Dieu nous accorde une foi droite, vivante et humble – non pas une religion de surface, mais la confiance du cœur ; non pas une adhésion lointaine, mais une réponse personnelle ; non pas un Dieu imaginaire, mais le Dieu vivant, révélé dans l’Évangile de Son Fils.
Alors la foi cessera d’être un simple concept ou une simple notion : elle deviendra une marche avec Dieu.
« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3.36).

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Continuité ou discontinuité de l’enseignement romain ?

De Jean-Pierre Maugendre :

Les sacres épiscopaux du 1er juillet 2026, puis la déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 2 juillet ont remis sous les feux de l’actualité la manière de recevoir, dans l’Eglise, certains textes conciliaires. Dans ce document, il est demandé aux prêtres et aux fidèles qui renoueraient avec la « pleine communion de l’Eglise », en quittant la Fraternité Saint-Pie X, une attitude positive d’étude des textes litigieux et de se soumettre à l’interprétation du Magistère, dans la fidélité à la Tradition de l’Église. Le sujet n’est pas nouveau. Dans le très officiel : « Textes doctrinaux du magistère de l’Église sur La Foi catholique » (Editions de l’Orante, 1984) l’auteur Gervais Dumeige notait : « Le lecteur remarquera aussi, en lisant les documents empruntés au IIème concile du Vatican, que la problématique, l’expression, les perspectives qui sont les leurs sont assez nettement différentes de ce que l’Église avait dit au cours des âges ».

Depuis plusieurs décennies, l’enseignement romain s’est régulièrement attaché à démontrer la continuité entre le magistère ante et post conciliaire. C’est la célèbre « herméneutique de la réforme dans la continuité » chère au pape Benoît XVI (discours à la curie du 22 décembre 2005). Plusieurs textes conciliaires ayant fait l’objet de compromis plus ou moins boiteux entre « conservateurs » et « progressistes » apparaissent matériellement ambigus. Chacune des deux parties s’étant, en réalité, réservé la possibilité ultérieure d’interpréter les textes selon son orientation propre (voir Vatican II, l’histoire qu’il fallait écrire, Roberto de Mattei, Contretemps). Il en est ainsi de la déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis Humanae (7 décembre 1965) ou de la déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes Nostra aetate (28 octobre 1965). Des tentatives de clarifications de ces textes ont ensuite été menées, en particulier par le cardinal Ratzinger. Pensons à la déclaration Dominus Jesus du 6 août 2000 rappelant l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Église. Traditionnellement, les écrits des papes et des conciles précisaient le dogme et donnaient la juste interprétation des textes, aujourd’hui de nombreux documents pontificaux ou conciliaires demandent à être, postérieurement, interprétés et précisés. Le changement de perspective est saisissant !

Il n’en reste pas moins, objectivement, difficile de concilier entre elles certaines affirmations du magistère. Ainsi l’affirmation du pape François affirmant dans le document sur la Fraternité universelle, dit déclaration d’Abou Dhabi du 4 février 2019 cosignée avec l’imam Al Tayeb grand imam de l’université d’Al Azhar : « Le pluralisme et la diversité des religions, de couleur, de sexe, de race, de langues sont une sage volonté divine » semble peu compatible avec le magistère constant de l’Église sur la nécessité d’appartenir à l’Église catholique pour être sauvé ; enseignement rappelé, par exemple, par Pie XII dans l’encyclique Humani generis (12 août 1950) « Quelques-uns réduisent à une formule vaine la nécessité d’appartenir à la véritable Église pour obtenir le salut éternel ».

Confronté à la mise en regard de textes dont les affirmations semblent, littéralement, peu compatibles entre elles, le monde traditionnel, au sens des prêtres et des fidèles attachés, avec des degrés d’exclusivité variables, à la liturgie romaine traditionnelle, réagit de manières sensiblement différentes.

Les uns notent que certains textes sont littéralement incompatibles entre eux et font publiquement savoir leur rejet des nouveautés : Dieu ne peut pas vouloir la diversité des religions, s’il n’existe qu’une religion en dehors de laquelle il est impossible de se sauver. Ceux-ci font publiquement part à l’autorité de leurs réserves et de leur incompréhension, dénonçant les « erreurs modernes ». Certains font le même constat, mais estiment que la situation de l’Église étant ce qu’elle est, il est vain et stérile de chercher à démontrer à l’autorité la rupture que certaines de ses déclarations et pratiques introduisent dans la vie de l’Église. Il suffit alors d’en rester, tranquillement, à ce que l’Église a « toujours et partout cru » sans s’épuiser en diatribes contre certaines nouveautés.

D’autres estiment que cette rupture de sens ne saurait être qu’apparente. L’indéfectibilité de l’Église rendrait impossible toute contradiction entre ce qu’elle a enseigné hier et ce qu’elle enseigne aujourd’hui. Même si notre intelligence semble nous permettre de déceler une contradiction ou, a minima, une sérieuse inflexion entre deux textes, ce doit être un acte de soumission à l’Église et de la volonté que d’affirmer publiquement que ces deux textes ne sont pas contradictoires. Il s’agirait alors tout au plus d’un « approfondissement pastoral » néanmoins inscrit « dans une continuité doctrinale ». Exercice parfois ardu par exemple dans la possibilité, difficilement conciliable avec la Tradition de l’Église, de bénir des couples homosexuels (Fiducia supplicans) ou de permettre l’accès à la communion de divorcés remariés (Amoris laetitia). L’herméneutique de la continuité n’est plus, alors, une démonstration à faire mais un dogme à respecter : il s’agit toujours, dans les Actes du Magistère, sous la mouvance du Saint-Esprit, d’un approfondissement dans la continuité.

D’autres encore croient avec Benoît XVI que « La Tradition n’est pas une transmission de choses ou de paroles, une collection de choses mortes ; la Tradition est le fleuve vivant qui nous relie aux origines, le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes. Le grand fleuve qui nous conduit aux portes de l’éternité… » (allocution du 26 avril 2006). La Tradition n’est plus un dépôt intangible dont l’Église a la charge et la garde et auquel elle ne peut rien ajouter ni retrancher, elle est une réalité vivante et évolutive comme le cours du fleuve s’adapte au relief des contrées qu’il parcourt.

Ces différences d’appréciation et de comportements sont une réalité. Il est légitime et normal que chacun défende sa position aux confins du doctrinal et du pastoral, du dogmatique et du prudentiel. Il n’est cependant pas obligatoirement nécessaire que chacun voue les autres familles traditionnelles aux gémonies, surtout dans le contexte actuel de défaillance de l’autorité et de prolifération des erreurs et des scandales de tous ordres. Louis Salleron l’observait déjà en 1977 : « Les querelles entre voisins sont souvent plus vives qu’entre adversaires » (Ce qu’est le mystère à l’intelligence). S’il est certain que le respect est dû aux personnes et à l’autorité, il est non moins certain que ce respect ne doit jamais suspendre l’intelligence et donc le débat. Peut-être, néanmoins, serait-il conforme au bien commun et au salut des âmes que les uns et les autres concentrent leur verve purificatrice et intégraliste sur les mises en cause publiques de la foi et de la morale catholiques (Amoris Laetitia, Fiducia Supplicans, réception de madame Mullaly au Vatican) plutôt que sur ceux qui partagent le même Credo, vivent de la même morale et sont vivifiés par les mêmes sacrements.

Quant à croire que taper sur son voisin serait un moyen de bénéficier de la bienveillance des autorités supérieures, l’indignité de ce raisonnement n’est surpassée que par son inanité. En définitive qui fait encore sien la belle exhortation de Louis Veuillot : « Tout ce qui est catholique est nôtre » ?

Jean-Pierre Maugendre

Arménie : Le procès du Catholicos n’avance pas

Et de trois ! Un troisième juge arménien a refusé d’engager le procès du catholicos Garéguine II, saisissant la juridiction supérieure sur des sujets de compétence du tribunal. Deux premiers juges avaient également refusé, pour différents motifs, de commencer le procès du chef de l’Eglise apostolique arménienne.

Rappelons que le catholicos Garéguine et six autres prélats sont accusés d’« obstruction délibérée à l’exécution d’une décision de justice en abusant de leur position officielle », sur fond de conflit ouvert entre l’Etat et l’Eglise.

De son côté, Vladimir Poutine veut, lui aussi, tourner la page de l’Artsakh

Alors que les Arméniens d’Artsakh vont commémorer, dans les prochains jours, le troisième anniversaire de la fin de leur république autoproclamée, le président russe, Vladimir Poutine a estimé qu’il y avait « des aspects positifs » dans le fait que les dirigeants arméniens aient décidé de reconnaitre l’Artsakh comme territoire azerbaïdjanais. « Cette situation permet de tourner la page et d’aller de l’avant sans aucun conflit, d’installer les populations dans de nouveaux lieux de résidence, de débloquer les infrastructures, de prendre un nouveau départ sur le plan économique, d’ouvrir les frontières aux investissements, etc. En fait, il y a pas mal d’aspects positifs ».

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Syrie : Les Forces kurdes ont annoncé leur dissolution

Le 25 août dernier, Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes, émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (le PKK), annonçait la dissolution de cette armée de l’administration autonome kurde, qui contrôlait tout le nord-est de la Syrie.

Tout un symbole, cette annonce a été faite depuis le palais présidentiel de Damas.

Cette dissolution fait suite à l’intégration des institutions kurdes civiles, militaires, administratives et sécuritaires au sein du nouvel Etat syrien.

Source : SOS Chrétiens d’Orient