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Incendie à la cathédrale de Rouen

Un incendie s’est déclenché au niveau de la flèche de la cathédrale de Rouen. 70 pompiers sont intervenus sur place, aucun blessé n’est à déplorer.

Le feu a commencé à se propager peu après 12 heures. Il a été circonscrit aux alentours de 14 heures.

L’origine du sinistre est encore inconnue. 70 pompiers sont intervenus. Le feu a pris au niveau du chantier de la flèche.

Cette affaire nous donne l’occasion de parler de la christianophobie qui se manifeste sans complexe actuellement. Nous voyons ainsi sur cette affiche aux symboles sataniques deux cathédrales en feu :

I-Média : La victoire du parti des médias ?

Cette semaine dans “I-Média”, Michel Geoffroy et Lucas Chancerelle reviennent dans l’image de la semaine sur le lancement de la fusée Ariane 6 depuis la Guyane.

Le dossier du jour est consacré aux résultats des élections législatives avec la victoire surprise du Nouveau Front Populaire et le rôle joué par les médias pour préserver le système.

Les pastilles de l’info abordent :

1) En Grande-Bretagne aussi, c’est le grand dégagisme !
2) Diabolisation des initiatives de paix de Viktor Orban
3) Trop de blanc dans le Nouveau Front Populaire selon Rokhaya Diallo

Pour conclure, le portrait piquant du jour en partenariat avec l’OJIM est consacré à Edwy Plenel.

Dominique Reynié : “Le RN représente désormais près de 80 % des votes de droite. Autant dire que le RN, c’est la droite”

Extraits de l’analyse de Dominique Reynié dans le Figaro dont devrait s’imprégner Marine Le Pen s’il elle veut que le RN gagne un jour le deuxième tour d’un scrutin majeur national :

La campagne de l’entre-deux-tours n’a pas eu d’autre objet, pas d’autre projet que de dissuader le vote RN. Tous les regards ont été focalisés sur le parti, observé à la loupe (…)

Mais il demeure problématique de songer qu’entre le premier et le second tour, nous avons assisté à un refoulement forcé de l’expression démocratique. Il est sans doute plus facile de bloquer l’ascension d’un parti dont le succès est ancré dans l’insatisfaction en matière de sécurité et d’immigration que de régler de tels problèmes, mais autant renoncer alors à la politique démocratique (…)

En réalité, la gauche a remporté, comme souvent, une victoire médiatique, celle de l’interprétation des résultats, mais électoralement, elle a subi un échec important. Si, au second tour, on additionne les scores des partis du NFP avec ceux de toutes les gauches, on obtient laborieusement 27,28 % des suffrages exprimés… soit 17 % des électeurs inscrits. Les gauches reculent même par rapport aux élections européennes du 9 juin, où ce total de toutes les gauches dépassait 33,7 % des suffrages exprimés (…)

Le pays ne bascule pas à gauche (…) Le total des suffrages exprimés en faveur des candidats du NFP au terme du second tour n’est que de 25,7 % ; si nous ajoutons tous les votes de gauche, nous atteignons laborieusement 27,3 %, soit 17,1 % des électeurs inscrits… Il est impossible d’y voir une victoire. De l’autre côté, le RN et ses alliés réunissent 37 % des suffrages exprimés ; l’ensemble des suffrages de droite représentent 46,6 % des suffrages. Au soir du second tour, les votes de droite dépassent de 20 points les votes des gauches.

C’est dans ces conditions que la politique du « barrage » devient périlleuse et donc problématique. En effet, le RN a remporté ces élections législatives, certes sans parvenir au pouvoir. Mais il atteint des niveaux électoraux sans précédent dans son histoire. Le nombre de députés RN à l’Assemblée nationale va encore augmenter fortement (+ 58 %) après avoir été multiplié par 12 ou 13 entre juin 2017 et juin 2022. Le RN représente désormais près de 80 % des votes de droite. Autant dire que le RN, c’est la droite. Mais alors, le « barrage républicain » devient un « barrage » contre la droite, un barrage orchestré par une gauche qui n’a jamais été aussi faible sous la Ve République.

Enfin, compte tenu de la sociologie du vote RN et compte tenu du nombre croissant de ses électeurs, le « barrage républicain » est non seulement en train de fabriquer une équivalence entre le RN et la droite, mais aussi entre le RN et le « peuple », le RN et le monde du travail ; puis entre le RN et les élites, le « barrage républicain » mobilisant plus fortement une France plus favorisée, plus instruite, mieux connectée ; pour finalement aboutir à l’ultime retournement d’une équivalence entre le RN et la démocratie.

Il est donc grand temps que la principale intéressée, Marine Le Pen, s’en rende compte et abandonne définitivement ce triste et inefficace ni droite, ni gauche. 3% des électeurs du Nouveau Front Populaire ont voté RN lorsqu’ils avaient le choix entre le RN et un autre candidat au 2ème tour. C’est une véritable chimère que de continuer à croire qu’il existe des patriotes de gauche raisonnables…De même, la dédiabolisation à outrance ne sert visiblement à rien… Il faut jeter tout cela aux orties !

Le RN doit profiter de l’examen de conscience promis par Jordan Bardella pour aller au-delà du simple changement de directeur général. Valeurs actuelles montre les limites de la stratégie du RN :

Les équipes du Rassemblement national sortent de ces quatre dernières semaines éreintantes avec un goût amer en bouche. « On a foiré notre dernière ligne droite, comme d’habitude. On a été en permanence sur la défensive », reconnaît un stratège du mouvement (…) Mais quand une gauche plus fracturée que jamais parvient à un accord d’union en moins de vingt-quatre heures, le RN patine dans sa construction d’une grande coalition patriote.

Côté Reconquête !, les discussions entamées avec Marion Maréchal provoquent la discorde en interne, avec moult cadres qui s’inquiètent ouvertement des conséquences néfastes que représenterait selon eux une alliance électorale avec Éric Zemmour. Trois députés proches de l’ancienne figure frontiste (Thibaut Monnier, Anne Sicard et Eddy Casterman) ont finalement été élus sous l’étiquette RN à l’issue d’un accord trouvé in extremis avec l’ancienne vice-présidente de Reconquête !. Mais l’épisode n’aura pas entraîné de dynamique particulièrement notable.

​​Côté Les Républicains (LR), l’affaire se présente d’abord comme un coup politique fameux comme Marine Le Pen en a le secret (…) Les premières tractations avec Éric Ciotti se présentent sous les meilleurs auspices. Le président des Républicains pense pouvoir provoquer la scission tant de fois prophétisée et emmener une partie considérable des cadres et des sympathisants de son parti. ​L’interminable psychodrame chez les Républicains et le refus net de la quasi-intégralité de l’état-major du parti gaulliste de soutenir l’initiative d’Éric Ciotti auront considérablement miné l’allant d’une coalition inédite (…) « Ciotti nous a promis des cadors par dizaines, on se retrouve avec des gars qu’on aurait pu récupérer sans lui » , peste un mariniste. Dix-sept députés ont été élus sous la bannière des Amis d’Éric Ciotti.

Après une parenthèse relativement calme, la polémique autour des propositions du Rassemblement national sur la binationalité relance une machine médiatique ravie d’assister à un exercice d’autosabotage.Remis sur la table sur une simple erreur de Sébastien Chenu sur le plateau de Cyril Hanouna (il y évoque la suppression de la double nationalité, mesure à laquelle Marine Le Pen a renoncé), le dossier s’invite sur tous les plateaux télévisés. ​Les troupes de Jordan Bardella perdent le contrôle sur une question somme toute anecdotique (…)

Le président du Rassemblement national ne pensait pas non plus consacrer une partie significative de sa semaine d’entre-deux-tours à devoir se justifier de la sélection parfois hasardeuse des candidats RN. Sous curatelle renforcée, condamnation pour une prise d’otage, épinglés pour des propos racistes, antisémites ou négationnistes… des dizaines de profils problématiques fleurissent dans la presse en plein sprint final de la campagne. Le plan Matignon du Rassemblement national vole en éclats au pire moment. « On nous a promis le plan Matignon, on se retrouve avec le plan Maréchal-Pétain », siffle un historique désabusé (…)

Plutôt que de dire que la victoire est différée en 2027 ou avant alors que les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets, seule l’affirmation par le RN qu’il est une composante majeure de la droite lui permettra de gagner enfin une élection à deux tours et seulement à condition d’avoir des alliés solides à droite dans lesquels le RN acceptera des compromis programmatiques dans le cadre d’un programme commun de la droite (voir notre article ici).

Sans cela, la prédiction d’Eric Zemmour se vérifiera encore lors des prochaines présidentielles et législatives…

Le père Yannick Lallemand est élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur.

Voici une promotion dont on peut se réjouir :

 

L’abbé John Berg élu supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre

Réuni actuellement au séminaire de Danton au Nebraska, aux Etats-Unis, le chapitre général de la FSSP a élu l’abbé John Berg nouveau supérieur général pour 6 ans. Né en 1970, ordonné prêtre en 1997, l’abbé Berg fut déjà supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre de 2006 à 2018.

Successeur de l’abbé Komorowski, l’abbé Berg parle anglais, français et italien couramment. Il était est curé de l’église Sainte-Marie de Providence, en Nouvelle-Angleterre.

Communiqué de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre :

Le Chapitre Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), réuni du 3 au 18 juillet 2024 au Séminaire International Notre-Dame de Guadalupe, Denton, USA, a élu en session plénière l’abbé John Berg comme Supérieur Général pour six ans. Cette élection, à laquelle ont pris part les 32 capitulants, s’est déroulée le mardi 9 juillet. En succédant à l’abbé Andrzej Komorowski, l’abbé John Berg entend poursuivre le travail entrepris ces six dernières années au service de la Fraternité.

L’élection des Assistants et des Conseillers devrait suivre dans les prochains jours.

19-20-21 juillet : Concert spirituel des petits chanteurs de Fra Angelico

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Finissant leur camp d’été artistique et musical, les petits chanteurs de Fra Angelico seront heureux de vous présenter les œuvres musicales apprises au cours du séjour.
Au programme de ces trois concerts, des morceaux classiques et baroques sur le thème de “Saint François-Xavier, le missionnaire au zèle de feu”.

Vendredi 19 juillet 17h en la cathédrale Notre-Dame de Luçon;
Samedi 20 juillet 18h30 en la basilique saint Louis-Marie Grignion de Montfort, à Saint-Laurent-sur-Sèvre;
Dimanche 21 juillet 16h30 en l’église Notre-Dame de Bon-Port, aux Sables-d’Olonne.

La colonie Fra Angelico est un camp d’été organisé et encadré par des séminaristes du séminaire Saint-Pierre de Wigratzbad (Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre) et des bénévoles. Elle accueille chaque été 60 jeunes filles et jeunes garçons de 12 à 17 ans.

La meilleure chance de la gauche, ce n’est pas le RN, c’est les LR comme Bellamy qui refusent l’union des droites

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, François-Xavier Bellamy pratique l’inversion accusatoire. C’est trop facile.

«Les élections législatives ont montré que le RN reste la meilleure chance de la gauche»

Après avoir critiqué et abandonné Eric Ciotti, c’est un peu fort de café de dénoncer que les choix du RN

“en ont fait un parti incapable de rassembler au second tour, quand bien même son programme correspondrait à des aspirations majoritaires dans l’électorat. Ce n’est pas par un défaut conjoncturel ou par l’adversité de ses opposants, mais par l’identité politique que cette formation s’est choisie.”

La République n’aime pas la France

De Philippe Mesnard dans Politique Magazine à propos du “front républicain” :

[…] La République est ce qui arrache la nation à ses enfants. Ce n’est pas le moment d’en disserter mais comment s’étonner que cette marâtre haïssant une part considérable des Français soit celle qui a constitutionnalisé l’avortement et s’apprête à remettre en route la pire des législations euthanasiques ? La République hait et détruit, et les menaces de mort des partisans politiques ne sont que l’écho des lois mortifères dont notre Constitution s’enorgueillit.

Cette République s’est donné un chef qui est parfaitement républicain : il n’aime pas la France, il la méprise, en gros et en détail, il travaille à lui nuire, il lui nuit effectivement, minutieusement, et s’en vante régulièrement. Évidemment, n’aimant pas la France, il se prise lui-même au plus haut point, le Jupin républicain, il se vénère, il s’adore. Il se consulte lui-même, il s’avise, il délibère en son for intérieur et, ravi de ses trouvailles, il les lâche en place publique comme le pétomane lâchait ses gaz sur scène. Qualis artifex !

Les valets qui l’entourent le craignaient mais, bons républicains eux-mêmes, les voilà qui s’égaillent et l’aigle doit une fois de plus tourner toute son ambition à de basses cuisines parlementaires, ô combien républicaines. Il paraît que les Français ne goûtent ni le spectacle ni ce qui en sort. El Clarificator passe pour un crétin – républicain, certes, petite consolation. Et face à ce spectacle, face à cette désolation, face à cette République qui sème la haine et d’abord la haine de la France, une seule question surgit, une seule question vaut la peine d’être posée : où est l’arbitre qui cherche la paix, la concorde et la tranquillité de ses sujets ? Où est celui qui ne vise que le bien commun de ses peuples en sa nation ? Oui, où est le roi, le souverain ? Et même, avant lui, où est le prince ?

“Oui, une fois de plus, le peuple a été berné”

Réaction d’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine, suite aux élections :

[…] Oui, une fois de plus, le peuple a été berné. C’est son sort en République. C’est la loi du régime. Depuis l’origine ! Rien ne change ni n’a changé. Impossible qu’une réaction nationale puisse aboutir dans ce cadre institutionnel, façonné pour précisément l’empêcher d’aboutir.

La Grande Peur

Et donc, répétons-le, le résultat était prévisible. Mais il était nécessaire d’agiter la « Grande Peur ». Et tout le monde y contribue dans un pareil cas, même à leur manière et sans le vouloir – c’est la force du système – ceux qui devront en pâtir, tout simplement parce qu’ils existent et que leur existence la favorise et la légitime. Comme en 1789, cette fausse « Grande Peur » où « l’aristocrate » devenait l’ennemi commun, comme en 1793 où la République était en danger, comme en Fructidor An IV et en Vendémiaire An V quand les royalistes pouvaient s’emparer de la République et où tuer et éliminer ne gênaient pas les hommes au pouvoir, républicains corrompus et corrupteurs, le seul coup d’État permis étant le coup d’État républicain, ce qui arriva deux ans plus tard, puis comme en 1830, comme en 1848 et 1850, pour effrayer les provinces conservatrices, comme en 1877 pour abattre la réaction catholique et royaliste, comme en 1905 pour casser définitivement l’Église et les rébellions populaires, comme en 1924 et en 1926 pour mieux empêcher l’Action française de poursuivre son œuvre, en mettant astucieusement l’Église ralliée dans le coup pour mieux abattre cet adversaire par une condamnation religieuse, comme en 1934 où la République employa les armes contre le peuple révolté par les scandales, comme en 1956, comme en 1958 où les Mollet et Pflimlin refilèrent la République à De Gaulle, comme en 1968, comme en 1984, comme en 2002 où la République fit semblant de se faire peur mais avec quelle fureur, comme en 2012, comme en 2017 qui fut une farce, comme en 2022 où gauche et droite furent menées en bateau par Macron, finalement comme en 2024. La chose est récurrente, c’est répétitif. Le mécanisme se met en place automatiquement, sans même besoin de vrai complot. Ce qui n’empêche qu’il en est qui savent se servir du phénomène à leur profit ; et c’est toujours pour faire progresser les forces de destruction et de dissolution, car rien n’est plus facile au milieu de la trouille provoquée et généralisée que d’avantager ainsi la révolution en marche et de permettre à l’aventurier, tel Macron, peut-être demain Mélenchon, qui veut ramasser la mise électorale, de conquérir le pouvoir. Car il s’agit de situations où le pouvoir est à prendre et à reprendre. La tentation est trop grande.

La réalité d’aujourd’hui

Voilà donc le Rassemblement national réduit à compter ses députés. Malgré ses presque 11 millions de voix et alors qu’il manquait toutes celles qui, en raison des circonstances, n’avaient pu s’exprimer, représentant presque le double du Nouveau Front populaire et plus encore d’Ensemble, il sera le moins représenté à l’Assemblée nationale. C’est le génie des mathématiques républicaines. Il a suffit que les deux larrons de la République s’entendent au deuxième tour pour arracher tout espoir de victoire à la droite nationale. Bien joué ! Mais, comme il a été dit au début de l’article, pourquoi s’étonner, c’était inscrit d’avance.

Il était impossible de croire à un gouvernement Bardella. Et, au fond, il vaut mieux. S’il avait franchi l’obstacle, imagine-t-on ce qu’aurait concocté la Bête républicaine pour le faire capoter, et, cette fois-ci, définitivement. Politiquement, financièrement, juridiquement, constitutionnellement… Tout aurait été bon. Et il aurait essuyé l’ardoise invraisemblable de la faillite financière et économique qui menace la France, avec l’impossibilité d’appliquer quelque programme que ce soit.

Maintenant la crise est là, la vraie, aux multiples ingrédients. Un pouvoir exécutif désarçonné, se contentant d’un Premier ministre en instance de démission, aux ordres d’un Président qui est condamné à la magouille sans fin, tout en prétendant remplir un rôle international où plus personne ne le prend au sérieux. Un pouvoir législatif qui n’est plus qu’une assemblée d’idéologues, d’où tout pragmatisme est exclu, et où la démagogie va couler à flots. Une autorité judiciaire totalement faussée qui ne défendra plus le droit des Français. La République va appartenir de plus en plus à la rue, comme elle n’a que trop tendance. Les Jeux olympiques passés, personne ne contrôlera la situation. Les Attal, Le Maire, Philippe, Darmanin ne pensent déjà plus qu’aux élections présidentielles.

Le plan de Macron continue cependant. Ce transgresseur qui jouit de ses transgressions, s’amuse de ses décisions comme un gamin de ses bêtises. Mais ceux qui l’ont mis en avant, font savoir qu’ils se rétractent devant l’effroyable désordre qui s’annonce. Les Attali, les Minc, les Schwab, la finance internationale le lâchent. Il rigole, car il croit encore à son génie. Mais ses conseillers eux-mêmes ne le suivent plus. En réalité, il est sans solution. L’Europe même, en qui il a placé tout son espoir, risque fort de se dérober. C’est de ce côté qu’il va pourtant se tourner, en achevant son œuvre de dissolution de la souveraineté française, sans aucune compensation du côté des partenaires. L’Allemagne ne suivra pas. Reste la guerre pour jouer au chef. Le désastre est total. Et sur tous les plans. Une présidentielle anticipée ? […]

Torture du père Olszewski, prisonnier politique dans la Pologne de Tusk

Arrêté par des agents cagoulés, laissé pendant 60 heures sans manger, privé de la possibilité d’aller aux toilettes et réveillé à toute heure de la nuit, le père Michal Olszewski a subi une procédure réservée aux pires criminels et ordonnée par le parquet national. Malgré sa réputation irréprochable, le père Michal est en prison depuis trois mois et demi, traité comme un grand criminel, bien qu’il n’y ait à ce jour aucune charge spécifique contre lui.

Ces derniers jours, l’hebdomadaire conservateur polonais Sieci a publié un récit terrifiant des tortures subies par le prêtre au cours des 60 heures qui ont suivi son arrestation. Des méthodes indignes d’un État de droit, qui rappellent à de nombreux Polonais les heures les plus sombres de la persécution du clergé sous le régime communiste. Et tout cela se passe dans la Pologne du “pro-européen” Donald Tusk, qui rétablit, selon lui, l’État de droit.

Il s’agit d’un récit fidèle des événements, écrit par les proches du prêtre, à qui, lors de leurs visites, le père Olszewski a raconté en détail ce qui lui est arrivé pendant sa détention. Il s’agit d’une description choquante du calvaire subi par le père Michal, un traitement inhumain orchestré par le bureau du procureur national dirigé par le ministre “de la justice” Adam Bodnar et soigneusement dissimulé par l’agence de sécurité intérieure.

Le père Olszewski se souvient du moment de son arrestation : il a été réveillé par un groupe de personnes cagoulées qui frappaient à la porte. Les policiers, mandatés par le bureau du procureur, ont ensuite humilié le prêtre pour lui briser le moral. C’est une femme qui a ouvert la voie à ce harcèlement. Pendant le transport vers Varsovie, le père Michal a demandé à s’arrêter sur le parking où se trouvaient les toilettes, mais les fonctionnaires ont intentionnellement préféré s’arrêter dans une grande station-service. Le père Michal écrit :

“Le convoi est entré dans la station Orlen toutes sirènes hurlantes […]. J’ai été emmené menotté aux toilettes de la station et, après avoir quitté les toilettes, les agents ont commandé des hot-dogs pour eux, tandis que je restais menotté au milieu du magasin de la station. Les gens prenaient des photos de moi et des agents cagoulés. Je leur ai également demandé d’acheter quelque chose à manger (douze heures s’étaient déjà écoulées depuis mon arrestation), mais ils m’ont répondu qu’ils “n’achetaient pas”. J’ai eu mon premier repas après 60 heures, lorsque mon avocat m’a apporté un paquet de mon frère au tribunal ! Je n’ai eu mon premier contact avec l’avocat que 20 heures après mon arrestation”.

Le père Olszewski a noté que les policiers étaient très heureux de voir que la nouvelle de son arrestation était largement diffusée dans les médias ; il a alors compris qu’ils voulaient faire de son cas une grande opération médiatique.

Lorsqu’il a été placé en cellule, les officiers lui ont dit qu'”à cette heure-ci, il n’y a pas de repas et pas d’eau”. Il a fini par supplier les agents de lui donner de l’eau du robinet : ils lui ont apporté de l’eau du robinet dans la bouteille qui se trouvait dans la cellule. Le matin, lorsqu’il a demandé à être emmené aux toilettes, on lui a dit : “Pisse dans la bouteille”.

Le prêtre a été traité selon une procédure spéciale réservée aux criminels les plus dangereux, tels que les terroristes. Le père Michal explique :

“Lorsque je suis retourné dans ma cellule, j’ai nettoyé la place du locataire précédent et je me suis couché, mort de fatigue. Mais un peu plus tard, la lumière s’est soudain allumée. J’ai alors découvert que j’étais sous ‘surveillance spéciale’. Il y avait donc la caméra, les menottes, même pour la récréation, l’isolement des autres […], le réveil avec la lumière toute la nuit, toutes les heures ! Cela s’est passé dans les deux premières semaines”.

Au cours des heures qui ont suivi son arrestation, le père Olszewski a été traité de manière tellement brutale que l’on pouvait comprendre que tels étaient les ordres de leurs supérieurs, jusqu’au sommet de l’État. Le prêtre poursuit :

“Ensuite, j’ai vu tout ce cirque médiatique et toute cette arrogance. […]. Quand ils m’ont emmené, il y avait beaucoup d’officiers et de “spectateurs” à la porte de détention. J’avais l’impression d’être un singe dans un cirque. L’un d’eux m’a dit : “Bienvenue en enfer” […]. Je trouve toujours difficile de devoir me déshabiller à chaque inspection qu’ils me font subir lorsque je change de service (par exemple, lorsque je vais à la chapelle). Je n’ai pas beaucoup dormi ces dernières nuits, le stress a eu raison de moi, j’ai pratiquement l’impression de regarder un film avec ma participation”.

Comme le dit Krzysztof Wasowski, l’avocat du prêtre, les agents de l’administration pénitentiaire ne comprennent pas pourquoi son client a été soumis à des arrestations et à des restrictions aussi sévères. Ils affirment que cela a été fait à la demande de l’organe chargé de l’affaire, le bureau du procureur national. Selon l’avocat, ces actions ont pour but évident de “ramollir” son client. Ils voulaient le briser, le forcer à avouer “quelque chose”. Les agents ont convaincu mon client que cela se passait sur ordre explicite du procureur. Si vous témoignez, le procureur vous laissera rentrer chez vous”, ne cessait-on de répéter à mon client”, a ajouté l’avocat.

Un autre exemple de harcèlement à l’encontre du prêtre concerne le colis contenant des produits d’hygiène envoyé par ses proches. Le procureur a malicieusement refusé de faire livrer ce colis au père Olszewski, qui a dû se débrouiller comme il a pu.

L’avocat, après trois mois d’arrestation, a fait une demande de libération du père Olszewski, mais en vain. Cela signifie que le prêtre restera derrière les barreaux au moins jusqu’à la mi-septembre. La décision a été prise par la juge Anna Kuzaj, membre de Iustitia, une association de juges politiquement engagés qui, sous le précédent gouvernement, dirigé par le parti conservateur PiS (Droit et Justice), a pris des positions ouvertement antigouvernementales.

Directeur de la station de radio Profeto, le père Olszewski serait accusé de détournement de fonds. La station a été fermée par le régime.

Une loi pro-vie en Italie ?

Lu ici :

Malgré les sanctions occidentales, les députés ghanéens criminalisent à l’unanimité la pratique de l’homosexualité et la promotion LGBT

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le 28 février, les 275 députés ghanéens approuvaient, non pas à la majorité, mais bien à l’unanimité une loi intitulée « Droits sexuels humains et valeurs familiales », punissant de prison les personnes ayant pratiqué l’homosexualité, ou celles ayant participé ou soutenu des campagnes LGBT notamment celles à destination des enfants. La Cour suprême ghanéenne, saisie, devrait donner sa première décision le 27 juillet.

Il est intéressant de noter que les députés aient approuvé la loi à l’unanimité, et ce malgré les menaces de sanctions occidentales. En effet, en 2014, la Banque mondiale avait suspendu ses versements à l’Ouganda pour sanctionner une loi condamnant l’homosexualité. Le gouvernement Ougandais avait alors plié, mais a récidivé en 2023 sans plier malgré la nouvelle suspension. Pour le Ghana, c’est l’annulation d’un prêt de 3,8 milliards de dollars (ca. 5% du PIB ghanéen) de la Banque mondiale qui est en jeu, sans compter les autres partenaires comme le FMI et son prêt de 3 milliards. Le Ghana irait alors démarcher d’autres partenaires comme la Chine ou les pays arabes, renforçant ainsi l’indépendance des pays du Sud vis-à-vis de ce qu’ils considèrent être des ingérences occidentales contraires à leurs valeurs.

Le Ghana est un pays à majorité chrétien. Les évêques ghanéens ont publié le 11 décembre 2023 (une semaine avant Fiducia Supplicans) un communiqué en faveur de cette loi qu’ils considèrent aller dans le bon sens. Ils rappelaient toutefois que l’Eglise ne condamne pas les personnes pour ce qu’elles sont, mais qu’elle condamne les actes homosexuels (péché grave) qu’elles peuvent poser, et souhaitaient que l’Etat ghanéen puisse être en cohérence avec cela avec ses prérogatives propres. Les choses étant posées ainsi, l’accusation d’homophobie ne tient pas puisque le concept d’homophobie assimile la personne à son acte, alors que la position catholique distingue la personne (créature aimée du Bon Dieu) de son acte homosexuel éventuel (péché grave).

Plus généralement, si l’Afrique de l’Ouest est conservatrice sur le plan sociétal comme la réaction à Fiducia Supplicans l’a mis en lumière, l’Eglise dans ces pays est beaucoup moins unanime sur d’autres sujets. On peut lister en vrac le rôle du prêtre, la définition de la messe, la liturgie, la simonie, la pauvreté très relative du clergé et des religieux par rapport au laïcat, … etc. Le cardinal Sarah s’était élevé en décembre 2023 à Dakar contre des liturgies « trop bruyantes » et « trop africaines ». Les « théologies » africaines pseudo-chrétiennes ont leur part de responsabilité dans tout cela, ainsi que la forte concurrence des évangéliques de tous ordres, et les restes des missionnaires français des années 70. Enfin il faut noter que la messe traditionnelle y est très peu présente. Par exemple, les deux pays francophones les plus importants de la région (Côte d’Ivoire et Sénégal) n’ont malheureusement aucun lieu de célébration de la messe tridentine.

Christianophobie au sein du New York Times

Le New York Times a publié le 4 juillet un article de Pamela Paul intitulé “Vos valeurs religieuses ne sont pas des valeurs américaines”, qui diffame le christianisme et la Bible et présente une image sacrilège de la Sainte Vierge Marie.

Chaque fois qu’un homme politique cite les “valeurs judéo-chrétiennes”, je trouve que c’est généralement suivi de quelque chose de troublant”, a déclaré Pamela Paul, chroniqueuse au New York Times.

Elle a été rédactrice en chef du New York Times Book Review de 2013 à 2022 et supervisait auparavant toute la couverture livresque du New York Times, reflétant le parti pris généralisé contre le christianisme au sein du Times, y compris parmi son personnel de haut niveau.

Elle a déploré une nouvelle loi de la Louisiane exigeant que les Dix Commandements soient affichés dans les salles de classe des écoles publiques, qui a été approuvée par le président Donald Trump, ainsi que l’annonce du surintendant de l’instruction publique de l’Oklahoma, Ryan Walters, selon laquelle les écoles publiques de l’État enseigneront la Bible de la cinquième à la douzième année.

Elle a qualifié ces initiatives de “deux exemples flagrants” de promotion des valeurs chrétiennes, affirmant que

“les fonctionnaires républicains ont introduit des lois d’État qui formalisent les préceptes du mouvement nationaliste chrétien”.

Pourtant, depuis la période coloniale, l’enseignement public en Amérique comprend une instruction religieuse. Les Pères fondateurs, dont les présidents George Washington, John Adams et James Madison, ont publiquement encouragé le christianisme et proclamé des journées d’action de grâce et de prière, tout comme le Congrès.

Mme Paul s’est néanmoins plainte que les mesures prises par la Louisiane et l’Oklahoma sont “offensantes pour beaucoup”, y compris pour les “rationalistes” comme elle.

“Beaucoup d’entre nous, rationalistes, ont la foi, mais c’est en la science ou en l’humanité, aussi décevante que puisse être l’humanité”.

Les Américains se sont toujours massivement identifiés comme chrétiens, et environ 80 % ou plus des habitants de la Louisiane et de l’Oklahoma sont chrétiens, selon le Pew Research Center.

Mme Paul a indiqué qu’elle soutenait l’interdiction du meurtre contenue dans les dix commandements, mais elle n’a rien dit au sujet des condamnations de l’adultère et du mensonge, par exemple.

“Pour moi, l’intérêt premier de la Bible réside dans son influence historique et littéraire, un ouvrage dont les histoires et les métaphores ont imprégné la littérature. Mais c’est aussi un ouvrage qui, tout au long de l’histoire, a inspiré et encouragé bon nombre des guerres les plus violentes et les plus meurtrières du monde”.

En réalité, les régimes les plus meurtriers et les plus génocidaires du monde ont été en grande partie athées et matérialistes, notamment l’Allemagne nazie, l’Union soviétique, la Chine communiste, la Corée du Nord, les Khmers rouges et d’autres gouvernements communistes, qui ont été responsables de plus de 100 millions de morts. L’Église catholique, en particulier, a longtemps servi de rempart essentiel contre ces régimes tyranniques.

Quelques pistes pour des économies faciles

Au lendemain des élections législatives, le Conseil de l’UE propose de constater l’excessif déficit de la dette française :

Face à cette situation, Sandrine Rousseau (LFI) propose de ponctionner l’épargne des Français.

Il existe pourtant une façon assez simple de réaliser des économies :

Etre à la hauteur ? Chiche ?

Emmanuel Macron écrit aux Français (vous avez de la chance, il n’y a qu’une page) :

Le président appelle à “être à la hauteur” et à “travailler ensemble” (“De travailler ensemble” n’est pas une phrase, on ne sait pas trop quel ignare a proposé cette expression – comme “en confiance“). Mais s’il cite “l’extrême-droite”, il ne parle pas de “l’extrême-gauche”… Il appelle à dépasser les partis… sauf un visiblement, qui ne représenterait pas une force républicaine. Le président est-il à la hauteur ? Il est permis d’en douter. Emmanuel Macron refuse de reconnaître la défaite de son mouvement et refuse de placer la France au-dessus d’un parti qui ne serait pas républicain.

Le député réélu Jean-Philippe Tanguy annonce que le RN voterait la motion de censure si une alliance Ensemble – LR venait à se former pour un futur gouvernement

“Ils n’ont pas de légitimité particulière ! Il n’y a aucune raison de les laisser gouverner !”

Du côté du centre-mou, les députés ont choisi Laurent Wauquiez comme chef de file de «La Droite Républicaine». S’il exclut le scénario d’une alliance gouvernementale avec les macronistes, il propose un «pacte législatif» autour de quelques propositions de loi. Ces ex-LR permettront une coalition PS-ENS de gouverner avec le 49.3 sans rien demander en échange. Ils auraient pu marchander des ministères. C’est l’opposition rêvée pour n’importe quel parti au pouvoir.

Chez les macronistes, c’est l’implosion : sur 100 députés élus le 7 juillet, 40 ont signé le rattachement au groupe Renaissance !  Certains penchent pour un rapprochement exclusivement avec Les Républicains. Edouard Philippe, chef de file du parti Horizons, a plaidé pour « un accord technique » allant « de LR à Renaissance », avec « un premier ministre qui soit de droite ». La proposition suscite l’approbation des députés Renaissance des Yvelines Charles Rodwell et Aurore Bergé.

Comme l’écrit Jordan Bardella :

Emmanuel Macron organise la paralysie du pays en positionnant l’extrême gauche aux portes du pouvoir, après d’indignes arrangements. Et son message est désormais : débrouillez-vous.

Derrière les législatives, deux élections majeures ont eu lieu en Europe

Dans la matinale de Radio Courtoisie, Liselotte Dutreuil a animé une « table ronde » sur l’actualité des institutions européennes, avec Alexandre Varaut, avocat et député européen RN, Thibaud Gibelin, politologue spécialiste de la Hongrie, et Nicolas Bauer, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). Ils ont notamment commenté la nouvelle alliance entre le RN et le Fidesz hongrois (parti de Viktor Orbán).

 

Europe 1 réalise la plus forte progression sur le marché de la radio

Selon Le Monde :

Intégrer des émissions d’opinion avec des vedettes de CNews (les animateurs Pascal Praud, Laurence Ferrari, ou encore Sonia Mabrouk) qui ne cachent leur antipathie pour la gauche peut rapporter gros en matière d’audiences radio. Europe 1 a gagné 396 000 auditeurs sur un an, pour atteindre 2,359 millions d’auditeurs quotidiens, selon les chiffres de Médiamétrie annoncés mercredi 10 juillet sur la vague avril-juin.

Europe 1 − qui fait partie de Vivendi (Canal+, CNews, etc.) et dont le premier actionnaire est le milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré − a gagné 0,7 point en l’espace d’un an, passant de 3,5 % d’audience cumulée à 4,2 %. Sa progression est tout aussi importante en part d’audience (+ 0,7 point), à 3,9 %. La durée d’écoute de la station a, elle aussi, augmenté de six minutes, atteignant cent cinq minutes quotidiennes. « Notre ligne éditoriale populaire, qui va parfois à l’encontre du politiquement correct et qui se rapproche du Figaro, explique notre succès », estime Constance Benqué, directrice générale de Lagardère Radio et présidente de Lagardère News (Journal du dimanche).

Vite, il faut que l’Arcom punisse la station.

Nouvelle amende contre CNews

L’Arcom a annoncé mercredi sanctionner CNews d’amendes de 60.000 et 20.000 euros pour «manquements» à ses obligations, la première dans le cadre d’un débat consacré au projet de loi immigration où des invités ont déclaré «l’immigration tue» sans réaction de l’animateur.

« Il ressort du compte rendu de visionnage de l’émission La Matinale Week-End diffusée le 10 décembre 2023 que dans le cadre d’un débat consacré au projet de loi immigration, puis d’une séquence relative au Rassemblement National, deux invités ont déclaré l’immigration tue, sans aucune réaction de l’animateur ou des autres personnes présentes en plateau ».

« L’emploi par deux invités de la formule l’immigration tue est de nature à représenter les personnes d’origine immigrée, dans leur ensemble, comme un facteur de risque mortifère. Une telle stigmatisation, qui réduit les immigrés au rang de personnes dangereuses (…), est susceptible d’inciter à la haine à leur égard en raison de leur race, leur nationalité ou leur origine ethnique et d’encourager à des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur race, leur nationalité ou leur origine ».

L’autre séquence mise en cause concerne l’émission « Punchline Eté » consacrée à l’information, rapportant que le mois de juillet 2023 avait été le mois le plus chaud jamais enregistré. Au cours de cette séquence, l’un des intervenants a contesté l’influence humaine sur le réchauffement climatique en déclarant notamment :

« Le réchauffement climatique anthropique est un mensonge, une escroquerie, à un moment il va falloir poser les choses scientifiquement ».

Sachez-le : pour l’Arcom, il est interdit de critiquer la théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique, ni de déclarer que l’immigration est un danger, malgré le nombre impressionnant d’étrangers impliqués dans des affaires de meurtres et de viols.

Ces sanctions surviennent dans un contexte délicat pour CNews, alors que sa fréquence, comme 14 autres de la TNT, est remise en jeu pour 2025. L’audition de la chaîne se tiendra lundi.

“Comment être une Église synodale en mission ?”

C’est à partir de cette question que commence lInstrumentum Laboris (l’instrument de travail) de la prochaine session du Synode des évêques, prévue du 2 au 27 octobre 2024, la deuxième de la XVIe Assemblée générale ordinaire, après celle de 2023.

L’instrument de travail publié ce mardi 9 juillet, et présenté en salle de presse du Saint-Siège, n’offre pas de «réponses préfabriquées», mais plutôt des «indications et des propositions» sur la manière dont l’Église, dans son ensemble, peut et pourra répondre «à l’exigence d’être synodale dans la mission», c’est-à-dire une Église plus proche des personnes, moins bureaucratique, qui soit la maison et la famille de Dieu, dans laquelle tous les baptisés sont coresponsables et participent à sa vie dans la distinction de leurs différents ministères et rôles. C’est un véritable pavé avec des formules parfois à la limite du pipotron… Pour un synode qui veut lutter contre la bureaucratie ecclésiale, il y a comme un goût de ratage.

Les cinq parties du document

Le document est structuré en cinq parties:

  • introduction,
  • les bases
  • les trois parties

Les bases accordent une large place (n.13-18) à la réflexion sur le rôle des femmes dans toutes les sphères de la vie de l’Église. En ce qui concerne l’admission des femmes au ministère diaconal, l’instrument de travail du synode signale qu’elle est demandée par «quelques Églises locales», tandis que d’autres «réitèrent leur opposition» (n. 17). Le sujet «ne fera pas l’objet des travaux» d’octobre prochain et il est donc bon que «la réflexion théologique se poursuive».

Partie I – Les relations avec Dieu, entre frères et entre Églises

Après l’introduction et les bases, l’IL s’attarde sur les relations (n° 22-50) qui permettent à l’Église d’être synodale dans la mission. Des Églises locales émerge aussi la voix des jeunes qui demandent une Église non pas de structures, ni de bureaucratie, mais fondée sur des relations qui suscitent et vivent des dynamiques et des cheminements. Dans cette perspective, l’Assemblée d’octobre pourra analyser la proposition de donner vie à de nouveaux ministères, comme celui de «l’écoute et de l’accompagnement». Sic.

Partie II – Parcours de formation et discernement communautaire 

Ces relations doivent ensuite être développées chrétiennement sur des parcours adéquats et contextualisés (n. 51-79), car «il n’y a pas de mission sans contexte, il n’y a pas d’Église sans enracinement dans un lieu précis» (n. 53).

L’importance de la responsabilité

Mais parmi les voies à suivre, il y a aussi celles qui permettent à ceux qui ont des responsabilités ecclésiales de rendre compte de manière transparente de leurs actions pour le bien et la mission de l’Église. «Une Église synodale a besoin d’une culture et d’une pratique de la transparence et de la responsabilité», «qui sont indispensables pour favoriser la confiance mutuelle nécessaire pour marcher ensemble et exercer la coresponsabilité de la mission commune» (n. 73).

Une Église crédible exige transparence et responsabilité

Rappelant ensuite que «l’obligation de rendre compte de son ministère à la communauté appartient à la tradition la plus ancienne, qui remonte à l’Église apostolique» (n. 74), le document de travail souligne qu’aujourd’hui «l’exigence de transparence et de responsabilité dans et par l’Église est devenue nécessaire en raison de la perte de crédibilité due aux scandales financiers et surtout aux abus sexuels et autres à l’encontre de mineurs et de personnes vulnérables». Le manque de transparence et de responsabilité «alimente le cléricalisme» (n. 75), qui repose à tort sur l’hypothèse que les ministres ordonnés ne sont responsables devant personne de l’exercice de leur autorité.

Des structures d’évaluation sont nécessaires

La responsabilité et la transparence, insiste l’IL, concernent tous les niveaux de l’Église. Ils ne se limitent pas au domaine des abus sexuels et financiers, mais touchent également «les plans pastoraux, les méthodes d’évangélisation et la manière dont l’Église respecte la dignité de la personne humaine, par exemple en ce qui concerne les conditions de travail au sein de ses institutions» (n. 76). Certains diocèses pourraient-ils ainsi rendre des compte sur leur absence de vocation depuis trop longtemps ?

Partie III – Les lieux du dialogue œcuménique et interreligieux 

L’Instrumentum Laboris analyse ensuite les lieux (n. 80-108) où les relations et les chemins prennent forme. Des lieux à comprendre non pas simplement comme des espaces, mais plutôt comme des contextes concrets, caractérisés par des cultures et des dynamismes de la condition humaine. Nous invitant à dépasser une vision statique et une image pyramidale des relations et des expériences ecclésiales, le document de travail reconnaît plutôt leur variété et leur pluralité, qui permettent à l’Église -une et universelle- de vivre dans une circularité dynamique «dans les lieux et à partir des lieux», sans tomber ni dans le particularisme ni dans l’aplatissement. Si vous avez compris quelque chose, vous êtes très fort.

Pèlerins de l’espérance

Le document rappelle enfin que chacune des questions qu’il contient se veut un service à l’Église et une occasion de guérir les blessures les plus profondes de notre temps (les blessures liturgiques, relativistes ?…). L’Instrumentum Laboris se termine donc par une invitation à poursuivre le chemin en tant que «pèlerins de l’espérance», également dans la perspective du Jubilé de 2025 (n. 112).

Le malaise d’Yann Raison du Cleuziou face au mépris de la France d’en haut

Le sociologue Yann Raison du Cleuziou évoque dans La Croix son malaise face aux prises de position intellectuelles contre le RN. Il n’a pas signé l’appel des 1 000 historiens contre le RN dans Le Monde, ni l’appel des 200 philosophes dans Libération. Il n’a pas voté au second tour des législatives, car sa circonscription a élu son député Front populaire dès le premier tour. Il décrit la fracture sociale entre le peuple qui vote RN et les “élites” mondialisées :

[…] Aux européennes, la liste de Jordan Bardella arrive en tête dans 94 % des communes de France. Un autre monde. Mais c’est aussi mon monde et c’est pourquoi un sourd malaise m’accable. Au premier tour des législatives, 37,2% dans le village rural de mon enfance, 47,39 % dans la commune de mon école primaire, 30,16 % de mon lycée, 69,94 % où je passe mes vacances. Un monde peuplé de ruraux, d’ouvriers, d’employés, de chômeurs. Un monde décrit comme celui des peu diplômés. Le profil des électeurs du RN me renvoie à ma différence.

Un monde que j’ai quitté par les études, les choix résidentiels et pour le dire avec Bourdieu, l’accumulation du capital : économique, social, culturel. Un monde dont j’ai été exfiltré sans l’avoir recherché, quasi mécaniquement, par cette possibilité de choisir qu’offrent les études. J’ai quitté mon village de 700 habitants pour le département le plus riche de France : les Hauts-de Seine. J’habite dans la région qui bénéficie des plus hauts budgets culturels par habitant : l’Île-de-France. Je bénéficie d’un des plus denses réseaux de transport en commun au monde. La voiture n’est que l’accessoire de mes vacances. De partout, les TGV peuvent me ramener chez moi.

Leur histoire n’est pas mon histoire

Cela fait déjà longtemps que leur histoire n’est pas mon histoire et ce n’est pas un titre de gloire. La série devient compromettante : confiné du bon côté pendant la pandémie de covid-19 ; loin des manifs des gilets jaunes, moi qui vis dans la ville du « quart d’heure », le métro dans ma rue. Me confiner une fois de plus dans la bonne pétition ? Proclamer avec ma corporation que nous avons raison, que nous exerçons mieux la raison ? Refermer les portes de l’université derrière moi ?

Je ne peux m’abstraire du sentiment que notre unanimité n’indique pas la solution du problème, mais fait partie du problème. Et qu’il y a de l’arrogance à dire quel doit être le sens de l’histoire quand on est du bon côté de cette histoire. Je suis gêné de tant de concentration de titres universitaires quand, dans le même moment, il n’y a plus ni médecin, ni instit, ni notable, ni curé dans tant de communes, sauf pendant la pause estivale. Ça n’a rien à voir me direz-vous, j’aimerais partager cette certitude mais je n’y parviens pas. Je crois à la vocation populaire de l’université, le profil de l’électorat RN me donne un sentiment d’échec.

Une liberté volée

Je crains que cette liberté même dont je jouis n’ait été volée à d’autres. Que si bien des Français veulent renverser la table, c’est parce qu’ils ne pouvaient pas s’y asseoir. Qu’ils étaient assignés à écouter notre conversation sans pouvoir la rejoindre. Parce que le bénéfice de la tolérance que l’on craint de voir disparaître leur était déjà refusé. Qu’ils n’avaient pas le droit de dire que leur monde changeait d’une manière qu’ils estiment indésirable. Que nous n’osions dire que leurs opinions sur le rythme du changement social et ses priorités pouvaient être respectables. Nous craignons la fin du pluralisme mais l’avons-nous suffisamment fait vivre ?

Je crains que s’arroger la défense de l’héritage de « 1789 » ne soit un abus de privilège. Que l’on a sans doute trop présenté des micro-conquêtes sociétales comme des révolutions au moment même où l’Etat se retirait de territoires entiers, fermant écoles, tribunaux et maternités. Qu’il n’était pas nécessaire de jeter systématiquement le soupçon sur l’idée de nation, sauf à prendre le risque que son usage devienne exclusif à ceux qui en font une ressource d’exclusion.

Le képi du Maréchal

Je crains qu’en jetant sans cesse le képi du maréchal Pétain à la figure des Français qui votent mal, nous manquions de courage. Celui de reconnaître ceux que nous avons quittés comme des concitoyens. Non les miliciens d’un passé qui ne passe pas mais nos contemporains abîmés par le coût social, environnemental, économique, toujours plus exorbitant de notre confort.

Nous avons trop souvent revendiqué savoir qu’ils croyaient, pris avec des pincettes d’anatomiste leurs « infox », « fantasmes » et « peurs ». Mon pressentiment est qu’il faut s’attaquer à des révisions radicales et accepter que nous croyons savoir. Qu’il faut admettre que lorsque l’idée de progrès s’effondre, la recherche d’émancipation prend des nouvelles voies qui ont peut-être plus à voir avec le conservatisme qu’avec le progressisme. Notre éloignement social est trop fort pour que nous puissions encore prétendre décider seuls des bonnes questions et des bonnes réponses.

Je n’ai aucune prétention à représenter quoi que ce soit ou à être représentatif de quiconque. Juste le besoin de partager mes interrogations d’enseignant-chercheur attaché au service public, mon sentiment que les trajectoires géographiques et les ascensions sociales ne devraient pas nous condamner à une telle étrangeté sociale et qu’il nous faut reconquérir un ancrage parmi ceux que nous ne reconnaissons plus. Si nous ne parvenons pas à retrouver les conditions d’existence qui renouent la conversation et le destin commun, c’est l’idée même d’université qui se trouvera évidée. La surabondance des pétitions signées n’effacera pas cet échec.

Euro 2024 : le “No Pasaran” se mue en “Frexit”…

Hier, la Une du journal l’Équipe titrait avec le slogan antifa espagnol “No pasarán”. Certains joueurs ont applaudi le barrage au RN. Mais en fin de soirée, défaits par les Espagnols, les Bleus sortent de l’Euro.

De nombreux supporters estiment qu’ils aurait dû  moins s’investir dans la campagne des législatives, les joueurs ayant appelé à “faire barrage” et plus se concentrer sur leur jeu…

Les néo-fascistes prêts à en découdre

Il y a comme un air de Marche sur Rome dans ce tweet d’Adrien Quatennens :

L’élection de nombreux députés NFP a libéré la parole raciste :

 

L’extrême-gauche se laisse aller à des ratonnades :

“En dehors des élus du RN, la plupart des députés de cette nouvelle Assemblée nationale doivent leur élection aux voix de leurs adversaires”

L’avocat Jean-Baptiste Soufron, qui plaide “Pour un régime de cohabitation de coalition“, évoque “une méthode de fonctionnement commune qui permette de rassembler des majorités dont il faut pouvoir envisager qu’elles aillent peut-être des députés de La France Insoumise à ceux de Ensemble.” Et il ajoute :

Sur le seul plan moral de toute façon, c’est la seule option qui réponde véritablement au message de ce scrutin. En effet, en dehors des élus du Rassemblement national, la plupart des députés de cette nouvelle Assemblée nationale doivent leur élection aux voix de leurs adversaires. Dès lors, le mandat que confère un tel vote de barrage républicain est celui d’un gouvernement républicain.

 

La gauche a remporté une victoire médiatique, mais électoralement, elle a subi un échec important

Interrogé dans Le Figaro, Dominique Reynié analyse les législatives :

[…] Ce que les commentaires ont nettement minoré est la forte progression du vote RN, non seulement par rapport aux législatives de 2022 mais aussi par rapport au premier tour du 30 juin 2024. En nombre d’électeurs comme en nombre de députés, le RN est le premier parti de France, ce que les élections européennes avaient établi.

La campagne de l’entre-deux-tours n’a pas eu d’autre objet, pas d’autre projet que de dissuader le vote RN. Tous les regards ont été focalisés sur le parti, observé à la loupe. Simultanément, il a été dit et répété que le Nouveau Front populaire (NFP) n’avait aucune chance de gagner. Finalement convaincus que l’extrême gauche n’avait aucune chance de gagner tandis que l’extrême droite pouvait devenir majoritaire, de nombreux électeurs ont pensé que le barrage allait sanctionner les deux extrêmes, faisant surgir une majorité centrale, forcément centriste.

Mais il demeure problématique de songer qu’entre le premier et le second tour, nous avons assisté à un refoulement forcé de l’expression démocratique. Si la plupart des Français ont le sentiment que la situation n’est pas satisfaisante en matière d’immigration et de sécurité, puisque ce sont les points forts prêtés au RN, il ne faudrait pas que le « barrage républicain » soit le nom donné par tous ceux qui ont échoué à régler ces deux problèmes majeurs pour bloquer l’accès au pouvoir de ceux qui proposent de faire mieux. Il est sans doute plus facile de bloquer l’ascension d’un parti dont le succès est ancré dans l’insatisfaction en matière de sécurité et d’immigration que de régler de tels problèmes, mais autant renoncer alors à la politique démocratique.

Cependant, le « barrage » n’explique qu’une partie de l’échec du RN. Ce parti a été confronté à ses propres erreurs et limites. Son programme n’est pas sérieux, ses candidats ne sont pas prêts ; ils n’ont pas été sélectionnés avec soin, ils n’ont pas été suffisamment formés, au point que de nombreuses invitations à débattre lancées par des médias ont été refusées par des candidats RN incapables de faire face ou craignant de ne pas y parvenir. C’est le prix d’un parti depuis toujours dans l’opposition ; c’est aussi la conséquence de sa sociologie, le RN est plus que jamais le parti des ouvriers et des employés, des moins diplômés, des plus modestes, etc. La dissolution aura eu le mérite de mettre en évidence son impréparation et la nécessaire mue qu’il lui faudra opérer s’il veut l’emporter et gouverner en 2027.

Le Nouveau Front populaire, dont on disait qu’il ne pouvait pas gagner, est arrivé en tête des élections législatives. Que révèle ce résultat ? Comment l’expliquez-vous ?

On ne peut établir un verdict de « victoire » pour personne. Gagner les élections législatives, dans notre République, suppose qu’une force politique, un parti ou une coalition, obtienne au moins 289 députés et, s’il s’agit d’une coalition, qu’elle soit capable de durer. À gauche, aujourd’hui, aucun parti, aucune coalition ne satisfait ces deux critères. On ne peut donc pas dire qu’il y a un vainqueur. C’est le résultat le plus marquant et le plus préoccupant de ce scrutin pourtant décidé pour faire émerger une nouvelle majorité. De ce point de vue, au contraire, la situation est plus dégradée au terme de la dissolution.

En réalité, la gauche a remporté, comme souvent, une victoire médiatique, celle de l’interprétation des résultats, mais électoralement, elle a subi un échec important. Si, au second tour, on additionne les scores des partis du NFP avec ceux de toutes les gauches, on obtient laborieusement 27,28 % des suffrages exprimés… soit 17 % des électeurs inscrits. Les gauches reculent même par rapport aux élections européennes du 9 juin, où ce total de toutes les gauches dépassait 33,7 % des suffrages exprimés. […]

Hélas, il n’y a pas de clarté au terme de cette séquence électorale provoquée par la dissolution. Le débat n’a jamais porté sur les programmes de gouvernement ou sur les défis que le pays doit relever. Le scrutin n’engendre aucune majorité et il ne peut y avoir une nouvelle dissolution avant un an, ce qui veut dire, en pratique que des élections législatives sont impossibles avant l’automne 2025 , si l’on ne veut pas les organiser en juillet-août 2025.

À gauche, le NFP est un artifice électoral. Bricolé dans la hâte, il ne résistera pas. Électoralement plus faible que jamais, la gauche est en miettes tandis que ses idées économiques et sociales sont incompatibles avec la réalité de notre situation. Le centre est exposé à l’érosion programmée du macronisme, tandis que la droite reste tiraillée entre ce centre en déclin et le RN, en pleine ascension. Nos institutions, notre système représentatif et de gouvernement semblent désormais complètement déréglés.

Le pays, dont on dit souvent qu’il est plus à droite que jamais, bascule donc à gauche. Ce décalage va-t-il aggraver la fracture entre les élites et le peuple ? Au-delà de cette dissolution ratée, comment en est-on arrivé là ?

Le pays ne bascule pas à gauche. Depuis dimanche soir, le commentaire fait fausse route. Il s’est égaré en suivant le premier orateur de la soirée, Jean-Luc Mélenchon, occupé à semer le trouble dans les esprits sur l’interprétation du vote. Or, voyez plutôt : le total des suffrages exprimés en faveur des candidats du NFP au terme second tour n’est que de 25,7 % ; si nous ajoutons tous les votes de gauche, nous atteignons laborieusement 27,3 %, soit 17,1 % des électeurs inscrits… Il est impossible d’y voir une victoire. De l’autre côté, le RN et ses alliés réunissent 37 % des suffrages exprimés ; l’ensemble des suffrages de droite représentent 46,6 % des suffrages. Au soir du second tour, les votes de droite dépassent de 20 points les votes des gauches.

C’est dans ces conditions que la politique du « barrage » devient périlleuse et donc problématique. En effet, le RN a remporté ces élections législatives, certes sans parvenir au pouvoir. Mais il atteint des niveaux électoraux sans précédent dans son histoire. Le nombre de députés RN à l’Assemblée nationale va encore augmenter fortement (+ 58 %) après avoir été multiplié par 12 ou 13 entre juin 2017 et juin 2022. Le RN représente désormais près de 80 % des votes de droite. Autant dire que le RN, c’est la droite. Mais alors, le « barrage républicain » devient un « barrage » contre la droite, un barrage orchestré par une gauche qui n’a jamais été aussi faible sous la Ve République.

Enfin, compte tenu de la sociologie du vote RN et compte tenu du nombre croissant de ses électeurs, le « barrage républicain » est non seulement en train de fabriquer une équivalence entre le RN et la droite, mais aussi entre le RN et le « peuple », le RN et le monde du travail ; puis entre le RN et les élites, le « barrage républicain » mobilisant plus fortement une France plus favorisée, plus instruite, mieux connectée ; pour finalement aboutir à l’ultime retournement d’une équivalence entre le RN et la démocratie.

La situation politique française est-elle spécifique ou s’inscrit-elle dans un processus de décomposition/recomposition qui touche toutes les démocraties occidentales ?

Ce que l’on peut observer et documenter à l’échelle de l’Union européenne est un phénomène de droitisation accompagné d’une poussée des droites populistes. Au terme des élections européennes des 6-9 juin 2024, pour la première fois dans l’histoire du Parlement européen, le nombre des élus de droite, toutes droites confondues, et sans compter les élus du centre (Renew) , représente 52 % des eurodéputés. Le chiffre était de 45 % en 2019. De même, si l’on considère, par hypothèse, que tous les élus populistes de droite appartiennent à un même groupe, ils formeraient alors un groupe proche des 200 élus, soit un poids équivalent au PPE, le groupe de la droite modérée.

On notera que les trois groupes nécessaires depuis 2019 pour former une majorité au Parlement européen, associant la droite modérée (PPE), les sociaux-démocrates (S&D) et les centristes (Renew), tentent en ce moment même de contenir le nouveau glissement à droite provoqué par les dernières élections européennes. Il n’est pas certain que le PPE y résiste longtemps. […]

Futures élections : bras de fer avec la « droite lâche », notamment les Sénateurs

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le Salon Beige a publié cette excellente analyse des chiffres de la dernière élection.

Contrairement au résultat en nombre de députés, les votes montrent que le RN a fait une bonne campagne, en motivant les électeurs. C’est encourageant.

Certes, l’union des Droites était incomplète, sans Reconquête. La leçon sera-t-elle retenue de part et d’autre ?

Mais surtout, l’échec vient d’un autre facteur : la « lâcheté » d’une grande partie de LR.

Le mouvement courageux initié par Ciotti s’est heurté au mastodonte des (lâches et/ou traîtres) Sénateurs LR. Ensuite, (presque) toutes les personnalités LR ont suivi, y compris ceux qui commençaient à parler dans le sens de Ciotti : notamment les députés européens Céline Imart, Laurent Castillo et le général Gomart, et dans une certaine mesure FX Bellamy. On peut relire avec profit ceci. Ces LR tentés par l’union des Droites ont fini par se taire, pour la plupart.

La faute à qui ? La faute en particulier aux Sénateurs LR, en premier lieu Gérard Larcher. Un combat doit donc être mené sur ce terrain.

Aujourd’hui, il n’y a quasiment aucun RN parmi les 348 Sénateurs. Avec environ 33% des votants, le RN-Ciotti devrait avoir plus d’une centaine de Sénateurs. Peut-être plus encore, puisque le milieu rural est sur-représenté au Sénat, et que le RN fait de bons scores dans ce milieu rural. Quand il y aura 100 – 120 Sénateurs RN, Gérard Larcher et ses lâches comparses ne représenteront plus grand-chose.

Comment obtenir ces Sénateurs ?

Rappel : tous les 3 ans, les élections sénatoriales renouvellent la moitié des sièges. Donc 174 nouveaux Sénateurs en septembre 2026. Ils sont élus par des “grands électeurs” : sénateurs, députés, conseillers régionaux, départementaux, et surtout les plus nombreux : les délégués des conseillers municipaux.

Conseillers municipaux ? Les élections municipales devraient avoir lieu vers avril 2026. Donc AVANT les élections sénatoriales.

L’enjeu est donc le suivant : le bloc RN-Ciotti doit conquérir le maximum de municipalités, de toutes tailles. Cela semble possible, puisque le rejet de l’union des Droites vient plutôt des LR « bobo – grandes villes ».

Cela signifie également que nous devons nous investir dans ce combat : il y a des places à prendre, en milieu rural (maire, adjoint, conseiller municipal).

L’année 2026, c’est à la fois loin et proche.

Pour les députés français et européens, le « grand remplacement » des LR lâches par l’union des Droites est bien entamé. Il faut désormais aboutir au même résultat pour le Sénat. Ce n’est qu’à ce prix que certains LR peu courageux oseront rejoindre l’union des Droites.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]

Sept considérations sur les élections législatives

De Bernard Antony, président de l’AGRIF, directeur de la revue Reconquête ; Yann Baly, président de Chrétienté-Solidarité, délégué général de l’AGRIF :

  1. Après la victoire des gauches et de l’ultra-gauche, il n’y a pas eu de « manifestations-émeutes » de droite, comme il y en aurait eu massivement de gauche dans le cas d’une victoire du Rassemblement National. C’est la preuve une fois de plus que l’actuel système politique français n’est pas celui d’une démocratie authentique mais un système confisqué de manipulation.
  2. Dès l’annonce à 20 heures de l’estimation des pourcentages de voix respectivement obtenus d’une part par le RN, de l’autre par les deux blocs des partis de la Macronie et les partis de gauche, on assista à l’apparition triomphale sur tous les écrans avec une évidente complicité médiatique du camarade Mélenchon. Ce dernier était dans toute sa splendeur de sans-culotte trotsko-bolchevique, triomphateur orgueilleux, sûr de lui, dominateur.
  3. Certes, sous le couvre-chef du « Nouveau Front populaire », c’est toute une diversité d’ultra-gauche, d’islamo-gauchisme et de gauche néo-socialiste qui l’a emporté avec ses pro-Hamas antisémites et pro-Poutine jusqu’à la gauche de la tambouille hollando-macronienne, avec un Glucksman anti-Poutine. Point n’est besoin d’être prophète pour prédire sous peu leur inéluctable affrontement.
  4. Évidence, aussi, que le système macronien de terrorisation des électeurs a fonctionné. Macron, nul dans son gouvernement, est habile dans la manipulation et la guerre psychologique.
  5. Quoi que n’atteignant pas les résultats sondagièrement prévus, le Rassemblement National est désormais numériquement le premier parti à l’Assemblée nationale.
  6. Il n’est hélas pas celui d’une authentique droite de conviction défendant les valeurs du respect de la vie. On entendit notamment ce dernier mercredi monsieur Jordan Bardella exprimer dans un parfait alignement sur Marine Le Pen son absolu soutien à la « constitutionnalisation-sacralisation » de l’avortement, parfaite anti-valeur de la culture de mort. Mais il est vrai qu’on ne saurait exiger de politiciens ce que ne défendent pas aujourd’hui avec force la majorité des religieux catholiques, juifs ou protestants.
  7. Tous les ingrédients de féroces désaccords sont dès maintenant en place entre les partis des deux blocs de la Macronie et du néo-Front populaire. Mais dès hier au soir, François Hollande n’annonçait-il pas qu’il pouvait y avoir des accords, par exemple très prochainement par le vote de la loi en préparation sur la fin de vie ? Ne serait-ce que pour cela, l’AGRIF ne peut qu’être opposée à tout le spectre de la macromélenchonnerie.

Source

La nouvelle Assemblée et l’euthanasie

Genethique a fait un premier état des lieux du nouveau rapport de forces sur l’euthanasie à l’Assemblée:

Gabriel Attal ne s’en était pas caché lors de la campagne législative : l’« aide à mourir » reste une priorité pour le camp présidentiel (cf. Législatives : l’« aide à mourir » reste une priorité pour le camp présidentiel). Hier, il a reçu le soutien de l’ancien président de la République, et désormais député, François Hollande (PS – Nouveau Front Populaire). Pour le nouvel élu, « il n’y a pas de temps à perdre » sur ce sujet. « Cela peut être possible dès les prochains jours », a-t-il même avancé lors de son allocution.

Si le prochain Gouvernement tardait à soumettre un projet de loi sur le sujet, il fait peu de doutes que plusieurs députés seraient en première ligne pour proposer un texte. Olivier Falorni (Divers gauche), fervent promoteur de l’euthanasie et rapporteur du projet de loi, a en effet été réélu. Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), auteur du texte, également. Cette fois, ils devront toutefois compter sans Caroline Fiat (LFI) qui a, elle, été battue.

Face à eux, différents députés qui se sont opposés avec vigueur au texte ont également été réélus, comme les Républicains Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Annie Genevard, ou Xavier Breton. Corentin Le Fur succède quant à lui à son père. Du côté du Rassemblement national, Jocelyn Dessigny, Julien Odoul, Hervé de Lépinau, Christophe Bentz ou encore Sandrine Dogor-Such seront aussi bien présents. En revanche, Pierre Dharréville (PCF) ne pourra plus faire entendre la voix des plus fragiles depuis les bancs de l’hémicycle (cf. La dissolution de l’Assemblée dissoudra-t-elle aussi le projet de loi sur la fin de vie ?).

Les vitraux de Notre-Dame

De Serge Nouailhat, maître verrier et créateur de vitraux:

Après la polémique autour d’un “geste architectural”, qui n’aurait eu d’impact que sur l’extérieur de Notre Dame, est venue celle toujours vive autour de la commande de 6 nouveaux vitraux dans le collatéral sud, dont l’effet dans l’édifice millénaire sera cette fois beaucoup plus fort. En effet, une intervention artistique sur ces  verrières aura une grande incidence sur la lumière et la perception de l’espace intérieur de Notre Dame, et donc celle du lieu de culte lui-même. Un équilibre de couleurs doit être recherché : un dosage de lumière qui ne serait pas juste dans la nef et le chœur de Notre Dame où se déroule l’essentiel de la liturgie, viendrait déséquilibrer la perception, en attirant excessivement le regard vers ces nouveaux vitraux. Or c’est le contraire qui doit être visé: Accompagner et orienter le regard vers le chœur et l’autel où se célèbre l’Eucharistie.
La bonne échelle des motifs est également très importante, afin que l’intégration des vitraux dans le paysage de pierre soit le plus naturel possible.
Le choix de l’artiste qui se fait en ce moment est donc primordial pour préserver l’unité formelle, et aussi spirituelle de Notre Dame. Loin d’être une simple “décoration”, la création de nouveaux vitraux aura une portée sur la liturgie elle-même, les vitraux étant une forme de para-liturgie, comme  le partageait Henri Guérin, peintre verrier de renom qui fut un ami. En effet, les vitraux ont pour vocation d’accompagner la liturgie au même titre que l’orgue, les chants, l’encens, tout ce qui s’adresse aux sens, et qui concourt à ouvrir les cœurs et les esprit à la transcendance. Les vitraux célèbrent à leur façon les mystères auxquels les fidèles participent.
La proposition de remplacer les 6 vitraux dessinés par Viollet-le-Duc (des compositions simples de style géométrique) par une “Allée de la Pentecôte” est une intuition qui va dans le sens d’une vraie catéchèse, que l’on retrouve dans nos cathédrales.
Chaque vitrail de cette “Allée de la Pentecôte” proposée dans le cahier des charges développera une thématique propre en lien avec une figure d’un Saint : Saint Joseph, Saint Thomas d’Aquin, Sainte Clothilde, Saint Vincent de Paul, Sainte Geneviève, Saint Denys, Saint Paul Chen, associé à un don ou à une œuvre de l’Esprit Saint. Les 6 baies à créer feront partie d’un même ensemble cohérent autour du vitrail de l’arbre de Jessé, déjà en place dans la chapelle Saint Thomas d’Aquin.
Il est important de marquer cette étape de la reconstruction après le drame de l’incendie, mais seulement dans la mesure où il s’agit de manifester une espérance chrétienne explicite, tel que le thème d’une “Allée de Pentecôte” l’impose dans ce lieu emblématique. Loin de moi cependant l’idée d’imaginer des vitraux néo quoique-que-ce-soit : je parle d’une œuvre manifestement d’aujourd’hui, mais inspirée par la richesse de notre tradition spirituelle, et qui puise ses racines dans l’Espérance.
Or, si l’on se réfère à des commandes d’État récentes dans les cathédrales et autres lieux financés par le denier public, nous avons souvent assisté au “coup de com” médiatique, au clin d’œil aux avant-gardes consensuelles des milieux culturels institués, plutôt qu’au choix guidé par cette conviction que le vitrail, dans une cathédrale, est un art passeur d’une lumière plus vaste qu’elle-même, animé par la foi, et pas un simple moyen d’expression, certes sublime, pour artistes cotés.
Dans la liste des candidats en lice pour les nouveaux vitraux de Notre Dame et qui sont mentionnés, on constate en effet la participation de quelques grandes têtes d’affiche de l’AC (l’Art Contemporain people) Les “grands noms” de l’art sont donc en compétition ; il fallait s’y attendre, m’ont dit certains proches qui se demandaient pourquoi, dans ce contexte, poser sa candidature. Et elle rejoint celle d’autres artistes habités comme moi par une sincère et brûlante nécessité intérieure de témoigner de leur vie spirituelle, et même chrétienne ; oui, il y a des artistes chrétiens et nous avons besoin de l’Église pour vivre !

PS: Ma note d’intention qui accompagne ma candidature pour la réalisation des vitraux de Notre Dame est a lire ici .

Pourquoi la liturgie traditionnelle attire-t-elle les jeunes ?

Un lecteur nous adresse ce texte:

1 – Une surprise pour beaucoup

De nombreuses observateurs se montrent surpris, d’ailleurs parfois très favorablement, par l’intérêt des jeunes pour la forme traditionnelle de la liturgie catholique ainsi que par la forte proportion de jeunes parmi les fidèles attachés à cette liturgie. Cette surprise s’explique probablement par l’impact d’une idée reçue typique de notre époque et typique des anciennes générations (en particulier celles qui furent jeunes avant le pontificat de St Jean-Paul II !) : les jeunes aimeraient le progrès, rechercheraient systématiquement la nouveauté et aspireraient à une rupture radicale avec un passé dont ils ne voudraient plus entendre parler. Ils devraient donc automatiquement rejeter la liturgie traditionnelle et adhérer, non moins automatiquement, à la réforme de St Paul VI. Cette analyse était sans doute très présente chez les réformateurs ecclésiastiques des années 1960. Ceux-ci pensaient rendre la liturgie plus attrayante et l’Église plus attirante en préconisant, par exemple,  des formes musicales non seulement plus variée mais aussi et surtout plus modernes (à commencer par l’accompagnement par la guitare), l’usage de la langue vernaculaire (et la marginalisation, voire la suppression du latin), le rejet des attitudes contraignantes (comme l’agenouillement ou communion sur les lèvres) et la mise en scène de gestes simples à comprendre (comme le signe de la paix ou la position du célébrant face aux fidèles). Si cette analyse pouvait être exacte pour la période considérée, est-elle encore adaptée à l’époque contemporaine ? Les jeunes des années 20 du XXIè siècle partagent ils les idées des jeunes des années 60 du XXe ?

2 – Y aurait-il des raisons liées au contexte?

Un premier élément de réponse serait une sorte d’application à l’Eglise de “l’effet Streisand”. Rappelons que cette formule désigne le phénomène suivant : ce qui est interdit susciterait (au moins dans les sociétés occidentales contemporaines) non pas le rejet mais la curiosité – entre nous, c’est dire l’étendue du discrédit de l’autorité dans nos opinions publiques et la force du libre arbitre… L’ancienne liturgie présenterait donc, sinon le goût de l’interdit, du moins un côté un peu piquant par les restrictions qui lui sont infligées et qui pourrait justement conduire des jeunes à venir voir – au moins pour se faire une idée… Pourquoi pas ? mais est-ce décisif ? On peut aussi penser que les jeunes catholiques (qui pourtant ne lisent pas La Croix) ont très bien compris la situation minoritaire qui est la leur (en France au moins) et portent donc sur les rites de leur propre Eglise, un regard différent qui prend en compte la connaissance qu’ils ont des coutumes des autres cultes. Ils auront aisément pu noter l’extrême intérêt des intellectuels, des enseignants et des journalistes pour d’autres cultures et d’autres religions – aux rites très éloignés du missel de Paul VI – et qui sont restées très attachées à des formules liturgiques anciennes, voire archaïques (impliquant par exemple l’usage d’une langue cultuelle non vernaculaire ou des prosternations spectaculaires). Dès lors, l’apparente immutabilité des cérémonies musulmanes ou juives tend à devenir une quasi référence. On pourrait aussi élargir le propos en observant l’effet un peu paradoxal de la meilleure connaissance que nous, catholiques de 2024, avons désormais des autres religions monothéistes que nous fréquentons aujourd’hui quasi quotidiennement. Celles-ci s’enracinent consciemment dans des références largement étrangères à notre culture nationale (et donc plus ouvertes à l’universel ?) et cherchent même à se situer en dehors du temps contemporain (et donc plus ouvertes à l’éternel ?). Au contraire, depuis 1970, l’Eglise demande aux catholiques d’utiliser une liturgie qui se présente consciemment comme contemporaines (même si on peut estimer qu’elle est surtout typique de la France des années 60-70 et donc déjà un peu démodée…) et les  prive du droit d’accéder aux formes pratiqués par leurs parents, leurs grands-parents et leurs aïeux depuis probablement plus d’un millénaire. En notant cela, je ne me permets pas de critiquer les liturgies de St Paul VI qui sont fondées sur un missel à la validité incontestable sur le fond, dont on peut trouver aisément des exemples de célébrations tout à fait dignes et priantes, notamment lorsqu’elles sont célébrées par le pape ou un évêque. Je note simplement que l’idée d’une liturgie adoptée à la mentalité contemporaine est étrangère à la plupart des autres religions. En outre, l’exaltation des traditions culturelles les plus diverses (que ce soit dans les pays en voie de développement ou dans les régions périphériques des États-nations) a finalement légitimé une approche du présent fondée sur le respect et l’amour des racines – même lorsque celles-ci peuvent paraître étrangères et difficiles à comprendre. On y ajoutera également que les autres religions souvent donnent un exemple d’enracinement communautaire régulièrement loué par les médias. Là où le catholicisme officiel a fait le choix de se définir comme une religion d’élection que l’on doit choisir indépendamment de ses parents, de ses frères, de sa famille ou de ses amis. Ces phénomènes culturels et psychologiques expliquent peut-être largement l’intérêt des jeunes pour la forme traditionnelle, mais je ne crois pas que ce soit là l’essentiel. Ce sont plutôt des facteurs secondaires et convergents qui facilitent la mise en œuvre d’autres considérations beaucoup plus fondamentales.

3 – Un nouveau regard sur le passé

Cette situation ne suffit pas, à mon sens, à épuiser le sujet mais crée simplement un contexte favorable à la découverte de la Tradition par les jeunes. Je pense qu’il faut aller plus loin et nous interroger sur le sens profond de la messe et sur la mission de l’Eglise. C’est certainement ce sens profond que recherchent les jeunes catholiques à Chartres ou ailleurs. Je crois que les jeunes catholiques ont changé depuis les années 2000 et ne ressemblent plus à leurs parents ou grands-parents, imprégnés des idées qui ont accompagné le Concile. En effet, comprendre ce qu’est la Messe n’était probablement pas la préoccupation prioritaire des jeunes catholiques des années 1945-1990. Exposés à l’époque à l’influence de pensées marxiste ou freudienne qui dominaient la scène intellectuelle française, mobilisés sur les grands enjeux politiques, économiques et sociaux d’un temps de changement et de multiples remises en cause, les jeunes d’alors vivaient certainement plus leur foi comme un engagement fraternel, l’action primant sur la spiritualité. Et si les interrogations spirituelles n’étaient pas absentes, elles s’exprimaient plus sous la forme de débats ou de discussions ouvertes que sous celle d’un recueillement solennel et silencieux. En outre, le passé et tout ce qui y était associé faisait l’objet d’un rejet général et profond. L’aspiration à la Révolution – même non violente – des intellectuels et des jeunes les conduisaient à condamner le passé, qu’il soit féodal, bourgeois ou fasciste. Par voie de conséquence les fidèles étaient conduits à éprouver un sentiment de malaise, voire d’hostilité, l’égard de gestes dont la légitimité venait, pour une part au moins, de leur ancienneté. Cette attitude s’est effacée progressivement avec cette génération qui est en train de passer et dont on peut dire qu’elle est largement restée fidèle aux idéaux de sa jeunesse mais n’est guère parvenue à transmettre sa foi à ses propres enfants. Pour commencer, j’ai l’impression que la société contemporaine (en France du moins) est en train de procéder à une redéfinition du concept de religion. Là où le jeune catholique des années 50, 60, et 70 se préoccupait de la condition ouvrière, de la lutte contre la faim dans le monde ou de la promotion de la paix entre les nations, le jeune catholique du XXIe siècle est invité à retrouver ce qui fait la base d’une religion (la foi et la morale). Reconnaissons à ces catholiques des circonstances atténuantes en observant les thèmes mis en avant par les encycliques pontificales depuis 1891  et  Rerum novarum : Quadragesimo anno de Pie XI en 1931 ; Mater et Magistra en 1961 ; Pacem in terris en 1963 ; Populorum progressio en 1967 ; Octogesima adveniens en 1971 ; Laborens exercens en 1981 ; Sollicitudo Rei Socialis en 1987 ; Centesimus annus en 1991 ; Caritas in veritate en 2009 ; Laudato si en 2015 …Bref, l’Eucharistie était vraiment vécu par les Fidèles comme la source et le sommet de la vie chrétienne comme l’ont proclamé le Concile Vatican II (LG n°11) et Jean-Paul II (Ecclesia de Eucharistia en 2003).

4 – Retrouver le sens de la Messe ?

J’ai le sentiment que le jeune catholique est aujourd’hui parvenu à beaucoup mieux connaître et comprendre les bases de sa foi que ne pouvaient le faire ses parents ou grands-parents plongés par l’Action catholique dans une ambiance beaucoup plus concrète, sociale, voire économique ou politique. Cela résulte sans doute de l’effort de formation engagé à l’initiative des papes saint Jean-Paul II et Benoît XVI. Cela étant, l’approfondissement de la foi catholique amène nécessairement à s’interroger sur l’Eucharistie et à en comprendre la définition exacte, qui est très éloignée, par exemple, de celle de nos compatriotes calvinistes. Il n’est pas besoin d’être un grand expert pour constater que la liturgie traditionnelle coïncide beaucoup plus visiblement avec la définition catholique de l’Eucharistie que certaines célébrations qui, certes, ont reçu de St Paul VI  un texte dont la rectitude théologique est  incontestable (par exemple en employant explicitement le terme de sacrifice) mais qui, par leur forme souvent joyeuse et fraternelle, ressembleraient plus à un repas amical qu’à l’ « actualisation » du sacrifice du Christ. C’est cela qu’expriment les gestes liés à la liturgie traditionnelle. Le silence : ouverture au mystère et priorité à la prière d’adoration et d’action de grâce. L’agenouillement signe d’humilité devant le Roi du monde réellement présent dans l’hostie. La position du prêtre qui regarde vers l’Orient, lieu du levée du soleil, tel un berger marchant à la tête de son troupeau. L’autel, inspiré de celui du Temple de Jerusalem avec les deux chérubins) qui est le lieu du sacrifice renouvelé sous une forme sacramentelle. La communion reçue sur les lèvres et à genoux autre manifestation de la foi dans la présence réelle. La langue latine, forme tangible de l’universalité et l’intemporalité assumées par cette liturgie… Bref la messe serait désormais plus clairement appréhendée par le fidèle comme un moment d’union à Dieu et non un rassemblement d’amis (avec la présence discrète et spirituelle du Christ) aussi sympathique soit-il, ni une conférence à finalité culturelle voire sociale …il faudrait au moins se poser la question : serait-cette coïncidence de la forme et du fond qui attirerait tant de jeunes vers les messes traditionnelles ?

Histoire belge

Le Soir nous apprend à constituer une coalition, un sport national en Belgique, mais inconnu dans notre pays jacobin, adepte du tout ou rien (avec le risque d’avoir une coalition qui s’accorde sur quelques sujets parmi lesquels l’euthanasie) :

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