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Mgr François Durand, nouvel évêque de Valence

Le pape François a nommé ce jour Monseigneur François Durand évêque de Valence. Il était jusque-là vicaire général du diocèse de Mende.

Huit mois après le départ de Monseigneur Pierre-Yves Michel dans le diocèse de Nancy et Toul, le pape François a nommé ce vendredi 5 janvier le 93e évêque du diocèse de Valence. Âgé de 50 ans, le Père François Durand sera ordonné évêque le 10 mars à Valence.

Ordonné prêtre en 2002 dans le diocèse de Mende, il est vicaire général de ce même diocèse depuis dix ans avec un intermède d’une année en tant qu’administrateur diocésain de 2018 à 2019.

La Drôme a une place particulière dans le ministère de ce natif du Puy-en-Velay puisque c’est à l’abbaye d’Aiguebelle qu’il a vécu la retraite précédant son ordination sacerdotale.

« Cette terre ne m’est pas complètement inconnue, tant par ses paysages que par plusieurs visages. Croyez bien que c’est dans une large et généreuse confiance que je viens vers vous, pour vous aimer et vous servir. A vous tous, je dis ma proximité et ma communion.  « Qu’ils soient un pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Cette prière, adressée par Jésus à son Père au cœur même de sa Pâque, sera ma devise épiscopale. Elle nous exhorte tous à la mission, la mission qui favorise le dynamisme de la communion ».

Mgr Durand est diplômé de l’INSA, à Lyon, ingénieur en Physique des Matériaux. Il possède aussi un doctorat de théologie à l’université catholique de Lyon. Il a été professeur à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon et formateur pour les candidats au diaconat permanent.

Le ministre de la Santé visite l’Institut Lejeune et découvre la haine des militants pro-mort

Ayant visité l’Institut Jérôme Lejeune, Agnès Firmin Le Bodo a vu, sous son tweet, un déferlement de haine :

 

Elle a du se justifier et rappeler ses positions en faveur de cette culture de mort :

Mais ce n’est pas suffisant et elle doit en rajouter :

Un pays ne peut pas promouvoir à la fois l’avortement et la natalité

Alors que le gouvernement veut constitutionnaliser l’avortement, le nombre de naissances a reculé de 6,8% en France entre janvier et novembre 2023 par rapport à la même période l’année précédente, selon des statistiques de l’Insee publiées jeudi, et pourrait ainsi atteindre un nouveau plus bas historique sur l’ensemble de l’année.

On compte ainsi 45 000 naissances de moins sur cette période par rapport à 2022, portant le nombre de naissances sur les onze premiers mois 2023 à 621 691.

Sur l’ensemble de 2023, le nombre de naissances devrait atteindre un nouveau plus bas historique. L’année 2022 avait vu la naissance de 726 000 bébés en France, un nombre en recul de 2,2% par rapport à 2021. Il s’agissait déjà du nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Sur le seul mois de novembre 2023, 56 297 bébés ont vu le jour, soit 5,1% de moins qu’un an plus tôt. Il s’agit du 17e mois consécutif de recul, lorsqu’on compare mois par mois à la même période de l’année précédente.

Cette baisse des naissances sur onze mois entre 2022 et 2023 s’observe dans toutes les régions, sans exception.

« C’est la foi que portait en lui Arnaud Beltrame qui m’a amenée à trouver Dieu»

Arnaud Beltrame est mort il y a cinq ans, à Trèbes, face à un terroriste islamiste, en échangeant sa vie avec celle d’une caissière. Celle-ci s’est confiée au Figaro. Extrait :

[…] Au lendemain de l’attentat, Julie demande à voir le corps d’Arnaud Beltrame. Elle découvre un visage « marqué par les luttes qu’il a menées pour rester en vie». Julie pose sa main sur sa poitrine et fait une promesse.

« Dans mes tripes, je sens une rage qui me tenaille, la colère d’avoir perdu une vie si précieuse pour l’humanité, d’avoir perdu un homme si honorable. Je lui dis que j’essayerai de me montrer digne de la vie qu’il a protégée en risquant la sienne ».

Quelques jours plus tard, Julie reçoit une lettre de Marielle Beltrame, l’épouse d’Arnaud Beltrame. « Marielle…», soupire-t-elle aujourd’hui, triturant avec agitation sa médaille miraculeuse. Son visage se crispe, sa bouche se tord. La douleur est là, intacte. « Marielle est une femme pour laquelle j’ai beaucoup de respect. Je n’ose même pas imaginer ce qu’elle ressent…Nous avons un lien… particulier», poursuit-elle, tentant de reprendre ses esprits.

« Dans sa lettre, elle me disait que je ne devais pas me sentir coupable. Que c’était le métier d’Arnaud de faire face à ce type de risques. Qu’il avait toujours été très attaché à la notion du devoir».

Durant un an, Julie n’a pas su comment répondre à cette lettre.

Les mois qui suivirent l’attentat, Julie fut sur le qui-vive. En état d’alerte permanent. Elle élabore des stratégies pour éviter d’être de nouveau la cible d’un terroriste. Elle porte des habits passe-partout. Des chaussures qui accrochent bien le sol. Elle préfère les marchés et les magasins bio aux grandes surfaces.

Julie n’est plus vraiment Julie. Elle est désormais « la caissière de Trèbes». Ou « l’otage du Super U », c’est selon. Enfermée dans ce statut, condamnée à vivre avec cette étiquette qui lui colle à la peau et qu’elle aimerait bien arracher. « Parfois j’ai l’impression qu’on me pointe du doigt et qu’on me dit : “oh, regarde, un otage!” », dit-elle mimant un enfant qui pointerait du doigt un singe dans un zoo.

Mais dans ce quotidien rempli de peurs et d’angoisses, une lumière apparaît. Celle de la foi. Avant, Julie était « une athée dure-dure», assure-t-elle, le sourire aux lèvres. « Dieu est arrivé dans ma vie comme les cailloux du petit Poucet, de manière discrète», rapporte-t-elle, lumineuse tout à coup. Des amis qui se convertissent, une médaille miraculeuse de la rue du Bac qu’on lui offre, une rencontre avec un prêtre, une messe à l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse…

« C’est la foi que portait en lui Arnaud Beltrame qui m’a amenée à trouver Dieu , explique Julie, je me suis dit que, si cet homme d’exception croyait en Dieu, alors il fallait que j’aille voir ce qu’il en était».

Julie se met à fréquenter une paroisse. Elle participe à des dîners, des échanges, des prières. Elle y rencontre son futur mari, Jacques. Un homme costaud qui arbore une large moustache blanche à la Tarass Boulba. Un homme qui la protège mais qui, derrière son allure de colosse, cache un bon vivant jovial, d’une bonhomie désarmante.

Julie s’est ensuite engagée dans le catéchuménat pour se préparer au baptême. Elle est baptisée en avril 2023, à Pâques. « Il n’y a pas eu de miracle radical, pas de guérison aussi spectaculaire que subite. Je ne fais pas partie de ces miraculés subitement guéris», souligne-t-elle. Car depuis l’attentat, sa vie est un chaos. Il y a les médicaments, les injonctions des uns et des autres à aller mieux, sa séparation avec son premier mari « qui n’a pas supporté que je me laisse aller», la mort de son père, atteint d’un cancer, le marathon des psychologues et psychiatres, le traitement « scandaleux» par le Fonds de garantie des victimes, la paperasse, les démarches…

Un matin, à la messe, Julie décide de lâcher prise. « Je prie comme je n’ai jamais prié auparavant. Je convoque Arnaud, mon père, mes ancêtres… Seule dans ma petite barque. Je dépose armes et rames, rapporte-t-elle dans son livre, Je me disais :“Mais ce n’est pas possible, Arnaud ne m’a pas sauvée pour que je m’écroule quatre ans après, pour que je vive cet enfer” ». Alors Julie s’est relevée.

« J’ai une dette envers lui. Je me dois de donner tout ce que j’ai comme amour. C’est pour cela que je prie. La prière me ramène vers la lumière».

[…]

Grand remplacement : en Bretagne aussi

Pour son premier numéro de l’année 2024, le Peuple breton, magazine mensuel qui fête ses 60 ans d’existence, a choisi de mettre en couverture un gamin habillé d’une veste traditionnelle bretonne en tenant à la main un drapeau breton aussi grand que lui. Le cliché est accompagné de la manchette «Un peuple vivant». Et à l’intérieur du journal :

« Nuit calme » : c’est le “Tout va très bien Madame la Marquise” de Darmanin

« Nuit calme », c’était une tisane pour grand-mère, c’est désormais la formule pour décrire une nuit avec plus de 700 voitures brûlées, des attaques aux couteaux dans l’Oise, l’Isère ou à Paris. Des automobilistes agressés dans la rue à Limoges. Un magasin détruit à Honfleur.”

 

“Les commandements du Seigneur sont justes, ils réjouissent le cœur ; les commandements du Seigneur sont clairs, ils éclairent les yeux”

La situation étant explosive, le dicastère pour la doctrine de la foi publie un « communiqué de presse pour aider à clarifier la réception de Fiducia supplicans », avec notamment notamment un exemple de prière de bénédiction… en dix ou quinze secondes. La confusion s’ajoute à la confusion. Pour Jean-Marie Guénois, c’est un recul du pape, qui fait suite à la levée de boucliers puisqu’il laisse la liberté aux évêques de ne pas appliquer cette note.

Selon Luisella Scrosati dans La Nuova Bussola, Fiducia supplicans ne fait que couronner la soi-disant “via caritatis”, qui s’illusionne en croyant sauver le pécheur en excusant le péché. Une vieille erreur déjà dénoncée par Pascal.

La bénédiction des couples “irréguliers” et des concubins homosexuels constitue le couronnement de la démarche d’une grande partie de la théologie morale, depuis plusieurs décennies, ainsi que la trame, même pas trop cachée, d’Amoris Lætitia (AL). FS, à y regarder de plus près, n’est rien d’autre qu’une extension de ce qu’AL, dans l’interprétation “authentique” qu’en donne le pape dans sa lettre aux évêques de Buenos Aires (et de qui d’autre ?), permettait déjà : l’accès à la vie sacramentelle pour les couples vivant ensemble more uxorio. A la base de cette permission, ce que le pape François a baptisé la “via caritatis” (cf. AL 306), qui n’est en réalité qu’une sorte de “plan B” à mettre en œuvre “face à ceux qui ont des difficultés à vivre pleinement la loi divine”. C’est la voie des “manières possibles de répondre à Dieu” (AL 305), de l’archaïque et dévastateur “bien possible” (AL 308).

Mais qu’est-ce que cette “via caritatis” ? Ce n’est rien d’autre que la vieille morale jésuite (du jésuitisme décadent) qui écœurait Blaise Pascal et que ce brillant esprit, dans la sixième des dix-huit “Lettres provinciales”, avait si bien résumée : “on ne pèche plus, tandis qu’auparavant on péchait : iam non peccant, licet ante peccaverint”. Un nouveau “miracle” (médiocre) qui ne convertit pas le pécheur, mais le péché, et qui implique une conception de la loi de Dieu comme un obstacle rigide à éviter, un lourd fardeau à alléger, une pilule amère à adoucir. En somme, le bon Dieu nous a ménagés, mais c’est nous, plus miséricordieux que lui, qui nous occupons de cette faille dans sa loi.

Rien n’échappe à notre prévoyance”, s’exclame l’interlocuteur jésuite de la lettre, convaincu que cet adoucissement progressif de la morale est nécessaire en raison de la corruption généralisée des “hommes d’aujourd’hui” (cette catégorie idéale intemporelle de toute subversion !), qui, “ne pouvant les faire venir à nous, doivent aller à leur rencontre ; sinon ils nous abandonneraient ; pire encore, ils se laisseraient complètement aller”. Le berger prévoyant, bon et miséricordieux est plus concret et efficace que la grâce divine qui, après tout, ne se révèle pas toujours si prompte à venir en aide à l’homme. Ainsi, “sans toutefois heurter la vérité”, tient à souligner le jésuite dans sa lettre, il faut trouver une voie plus douce et moins rude que celle empruntée par les amoureux de l’intégrité de la loi. “Le projet fondamental de notre Compagnie [de la Compagnie de Jésus, ndlr] pour le bien de la religion est de ne rejeter personne pour ne pas désespérer”, conclut le jésuite avec bonhomie.

“Rien n’échappe à notre miséricorde”, a rétorqué aujourd’hui le pape François. Tout le monde, tout le monde” doit entrer dans l’Eglise ; “l’homme d’aujourd’hui” est accablé par des circonstances qui constituent des circonstances atténuantes de la responsabilité personnelle comme “l’immaturité affective, la force des habitudes contractées, l’état d’angoisse ou d’autres facteurs psychiques ou sociaux” (AL 302). Des circonstances tellement atténuantes qu’elles vident le commandement divin de son sens concret. Malheur au pasteur, insiste François, qui se sent “satisfait d’appliquer les lois morales à ceux qui vivent dans des situations “irrégulières”, comme s’il s’agissait de pierres jetées sur la vie des gens” (AL 305), devenant ainsi la cause de l’éloignement des gens et de leur désespoir. FS bénit – littéralement – cette approche et la sanctionne universellement, à travers l’acte sacerdotal le plus simple et le plus répandu. Qui, malgré le refrain rassurant qu’on ne change pas de doctrine – “sans toutefois heurter la vérité” ! – réalise plastiquement la grande maxime dénoncée par Pascal : “on ne pèche plus, alors qu’avant on péchait”. Précisément parce qu’on bénit aujourd’hui ce qu’on ne pouvait pas bénir avant.

Car, il faut bien le dire, malgré la tentative du pape François de tirer Pascal de son côté avec la lettre apostolique de l’an dernier, la critique du génie français va droit au cœur de ce pontificat. Celui-ci réinterprète la justification du pécheur à sa manière : de “rendre le pécheur juste”, par l’œuvre de la grâce divine, à le justifier, en dissolvant son imputabilité. Pour la théologie catholique, la grâce rend juste parce qu’elle guérit en profondeur, redonne vigueur à la pénitence, nourrit les vertus ; pour la nouvelle morale en action, il s’agit de laisser le pécheur dans la fange, de l’illusionner pour couvrir le mal réel par un bien possible, d’apaiser par une belle bénédiction, voire par l’admission à la vie sacramentelle, une conscience qui a plutôt besoin d’être ébranlée.

Le pécheur est ainsi “justifié” par le changement des mots, par la recherche d’excuses infinies, par des sophismes qui n’ont d’autre but que d’adoucir une prétendue rigidité de la loi. Un renversement brutal de la manière dont la foi chrétienne, enracinée dans l’ancienne alliance, a toujours compris et vécu la loi de Dieu : un joug qui libère, un fardeau qui soulève, une nourriture amère qui guérit. La Règle de saint Benoît, qui a forgé la chrétienté latine, exprime avec une profonde sagesse la dynamique de la loi de Dieu qui guide vers le salut : “Si (…) quelque chose d’un peu plus rigoureux (paululum restrictius) est introduit, ne te laisse pas immédiatement saisir par la peur et ne t’écarte pas du chemin du salut, un chemin qui ne peut qu’être étroit au début. Si tu avances (…) ton cœur se dilatera et tu courras sur le chemin des commandements de Dieu avec une indicible douceur d’amour” (RB, Prologue, 47-49).

En effet, lorsqu’on persévère à implorer le Seigneur pour qu’il vienne à notre secours, afin que nous l’aimions en accomplissant ses commandements, la grâce arrive, entre dans les recoins étroits de notre cœur rétréci et le guérit, jusqu’à ce qu’il s’élargisse démesurément. Alors, vraiment, “on ne pèche plus, alors qu’avant on péchait”, parce que l’homme est guéri. C’est la via veritatis et la via orationis et pœnitentiæ qui conduisent à l’authentique via caritatis, et non les artifices, ajustements jésuites médiocres et présomptueux.

Non pas ces artifices, mais les commandements de Dieu et sa grâce dont l’homme a besoin. Car c’est seulement de cela que parle l’Apocalypse : “La loi du Seigneur est parfaite, elle rafraîchit l’âme (…). Les commandements du Seigneur sont justes, ils réjouissent le cœur ; les commandements du Seigneur sont clairs, ils éclairent les yeux” (Ps 19,8-9).

Décevant Michel Onfray

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Cher Monsieur Onfray,

Je me permets de vous adresser une lettre ouverte que vous ne lirez probablement jamais !

Car vous m’avez déçu !

Vous avez d’une façon générale un côté flamboyant dans vos écrits et vos interventions publiques, ce qui vous a valu en son temps, moins maintenant, l’honneur des gazettes. Non pas tant dans la forme, mais surtout dans le fond. Vous pourfendez les bien-pensants avec une plume et un verbe que d’aucuns vous envient. En l’état je ne juge pas de vos idées, vous défendez une certaine vision du monde et avez le mérite de la constance. Là où les politiciens ne sont que girouettes suivant le sens du vent populaire sous prétexte de démocratie, vous, vous ne déviez pas de votre vérité. Cette posture qui vous honore vous vaut aujourd’hui d’être voué aux gémonies par vos camarades d’hier ! Ces gens, qui se pensent de gauche, ont cru en vous, mais ils n’ont pas compris votre exigence intellectuelle appelant à la conversion. Ils attendaient un combattant, un nouveau Jules Ferry, et finalement ils vous ont vu avancer sur un chemin bien trop rigoureux pour eux… Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Vous m’avez déçu, car si je connais votre athéisme militant, je lui reconnaissais bien volontiers une certaine assise philosophique, et pas certains aspects un raisonnement qui appelait discussion. Sur le principe de la disputatio tel que pratiqué par la scolastique médiévale dans les universités, un temps probablement plus intellectuel que le nôtre. En effet, j’ai trouvé votre dernier ouvrage « Théorie de Jésus », bien pauvre ! Vous militez pour le camp de la cause mythiste contre toute évidence, grand bien vous fasse. Mais au moins, tâchez de le faire sur des bases solides et opposables. Là, vous extrapolez, vous faites preuve de mauvaise foi, et surtout vous usez de votre intelligence pour tordre des concepts afin d’amener le lecteur là où vous le souhaitez. Est-ce bien de votre niveau ?

Ma lettre n’a pas pour but de vous faire changer d’avis, d’une part je n’en ai cure, et d’autre part s’Il vous en juge digne, celui que vous cherchez vous fera signe quand Il le jugera opportun… Je n’irai donc pas argumenter point à point votre pensée, c’est inutile. Nonobstant cette position, je souhaite tout de même, afin de mettre en lumière une malhonnêteté intellectuelle en la matière, parler du début de votre premier chapitre, où vous comparez Jésus de Nazareth, au père Noël. Voilà donc comment vous ouvrez le feu, par un argumentaire digne d’un collégien ! Je suis déçu… Si Saint-Nicolas a bien existé, le père Noël rouge, blanc, et débonnaire, est une invention marketing d’un géant agroalimentaire dans les années 1950. Vous ne pouvez l’ignorer, tout comme vous ne pouvez nier l’existence de l’évêque Nicolas né au début du troisième siècle. Quoique visiblement, cela vous est possible. Bref, parler d’un personnage de fiction comme biais de comparaison avec le Jésus historique est pour le moins incongru, et relève du sophisme. Je suis déçu de cette introduction qui en fait résume assez bien l’ensemble de votre ouvrage. Car par la suite, vous nous emmenez sur le chemin du « codage », dit autrement, vous faites du récit de la vie du Christ une métaphore. Une gigantesque métaphore où rien n’est vrai, mais tout n’est que message… Et sur quoi fondez-vous ces assertions ? Sur votre ressenti, votre imagination. Dès lors une dichotomie se fait jour : la vie monastique vous attire, mais vous croyez en Jésus comme idée. Ainsi, comme vous l’écrivez, Lucrèce remplacera Jésus. A défaut d’épouser la théologie, la philosophie deviendra votre maîtresse. Mais, ces deux femmes ne sont-elles pas les deux faces d’une même pièce ?

Quand mes contemporains me demandent des preuves de l’existence de Dieu (donc de Jésus), bien que prétendant disposer d’un peu de savoir apologétique, je sais que cette question relève d’un appel à l’aide dans une quête spirituelle. Aussi, je me contente de demander alors à mon interlocuteur de me prouver qu’Il n’existe pas. Aussi, cher monsieur Onfray, j’attends, nous attendons, de votre part, de votre intelligence, des sources factuelles et opposables à la non-existence du personnage historique Jésus. En l’état, je suis déçu de votre argumentaire, il ne peut que convaincre les athées. En toute modestie, et en qualité de lecteur, je vous demande de bien vouloir remettre votre ouvrage sur la table !

Croyants et non-croyants, nous sommes tous en quête. En quête du Royaume pour les premiers, et de la vérité pour les seconds. Mais, nier l’existence d’un fait n’a jamais permis d’apporter une réponse à cette quête. Dieu vous a manifestement déçu, aussi, il vous semble plus simple de le comparer au père Noël, car on ne peut être déçu par ce qui n’existe pas. Ainsi rassuré, ce dossier pourra être soigneusement rangé dans le tiroir des mythes, en compagnie de Zeus, Râ et Enki. Jusqu’à ce que, dans un moment de doute, vous ne le ressortiez, afin d’écrire un nième livre sur la non-existence de Jésus. N’est-il pas étrange que vous vous intéressiez ainsi autant à un être qui selon vous n’a pas de réalité ? Qui doit être convaincu, vous, ou votre public ?

Croyez bien que ma charité toute chrétienne vous accompagne dans votre quête, je vous porte régulièrement dans mes prières.

Bien à vous.

Jacques Laurentie

Ouvrages parus:

Un autre son de cloche
Face aux miracles
Climat de peur

L’année commence bien sur le front de la lutte contre la pornographie

Selon l’ECLJ :

Vous le savez, l’ECLJ s’est engagé dans la lutte contre le fléau de la pornographie. À ce titre, nous avons milité pour que la Commission européenne soumette les grands sites pornographiques au contrôle renforcé prévu par le Règlement européen sur les services numériques. C’est maintenant chose faite concernant trois grandes plateformes pornographiques ! L’ECLJ s’en réjouit et s’en félicite, mais va militer pour étendre ce contrôle renforcé à d’autres de ces sites.

Adopté en octobre 2022, ce Règlement sur les services numériques a pour objectif de « garantir un environnement en ligne sûr et responsable » et de « mettre en pratique le principe selon lequel ce qui est illégal hors ligne est illégal en ligne ». Il prévoit que les sites internet ayant au moins 45 millions d’utilisateurs par mois dans l’Union européenne puissent être soumis à des obligations et un contrôle renforcés. La liste de ces « très grandes plateformes en ligne » est dressée et mise à jour régulièrement par la Commission européenne. La première liste, publiée le 25 avril 2023, comptait des sites tels que Amazon, Facebook, Google ou YouTube.

C’est dans le cadre d’une première mise à jour que la Commission vient d’ajouter trois plateformes pornographiques majeures à cette liste.

D’une manière générale, ce Règlement doit permettre de faire retirer massivement et rapidement des contenus illicites, en particulier lorsque ces derniers sont signalés par des « signaleurs de confiance ». Il fait aussi obligation aux sites de désigner un représentant légal dans l’Union européenne, ce qui devrait permettre d’engager plus facilement la responsabilité d’acteurs malfaisants qui se cachent actuellement derrière des structures opaques.

Le Règlement oblige en outre les « très grandes plateformes en ligne » à, entre autres, évaluer chaque année les risques systémiques causés par leurs activités. Parmi ces risques figurent « la diffusion de contenus illicites », « tout effet négatif réel ou prévisible pour l’exercice des droits fondamentaux […] relatifs aux droits de l’enfant », ou encore « tout effet négatif réel ou prévisible lié aux violences sexistes et à la protection de la santé publique et des mineurs et les conséquences négatives graves sur le bien-être physique et mental des personnes ». Le Règlement fait aussi obligation aux sites d’adopter en conséquence des « mesures d’atténuation raisonnables, proportionnées et efficaces, adaptées aux risques systémiques spécifiques ». Cela peut inclure notamment « j) l’adoption de mesures ciblées visant à protéger les droits de l’enfant, y compris la vérification de l’âge et des outils de contrôle parental […] ». En cas d’infraction au Règlement, les sanctions et obligations ne sont pas négligeables.

Ainsi, alors que l’accès des mineurs à la pornographie est interdit dans le monde réel, l’application de ce Règlement aux sites pornographiques devrait permettre de protéger davantage les enfants contre l’exposition aux contenus de cette nature sur internet. De plus en plus d’enfants en sont actuellement victimes, de manière de plus en plus précoce et au prix de graves conséquences psychiques et comportementales.

L’inscription de trois grandes plateformes pornographiques parmi les sites soumis aux obligations renforcées prévues par cette règlementation européenne est une première victoire.

Puisse l’année 2024 qui commence en compter de nombreuses autres !

Fiducia supplicans : les évêques de l’Ouest plaident pour une bénédiction individuelle

Dans une note en 4 points, les évêques de l’Ouest (Rennes,Vannes, Angers, Quimper, Luçon, Saint-Brieuc, Nantes, Le Mans, Laval) écrivent notamment :

Dans notre société où le mariage a été banalisé en devenant une notion de droit civil qui ignore la spécificité fondatrice de la différence sexuelle, nous avons la mission d’affirmer de façon prophétique, « avec douceur et respect » (1 P 3,16), la grande beauté du dessein de Dieu qui créa l’être humain, homme et femme, et que le Christ a rappelé. Dans ce contexte, il est donc juste, comme le souligne la Déclaration, de ne pas contribuer à créer de la « confusion » (n. 4, 5, 30, 31, 39) ou du « scandale » (n. 30, 39). C’est pourquoi, il est opportun de bénir de façon spontanée, individuellement, chacune des deux personnes formant un couple, quelle que soit leur orientation sexuelle, qui demandent la bénédiction de Dieu avec humilité et dans le désir de se conformer de plus en plus à sa sainte volonté.

Les papes et la France : 2ème tentative de reconstitution de l’Empire romain d’occident

Voici le cinquième épisode de la saga du Père Viot sur la papes et la France. Le Xième siècle est ici balayé, avec la constitution du Saint Empire romain Germanique en pleine réforme grégorienne. On y rappelle les relations souvent houleuses entre les différents empereurs et les papes dans la querelle des investitures.

Les différentes étapes de la vie monastique

Peut-être avez-vous déjà remarqué que certaines soeurs contemplatives sont habillées en civil, d’autres avec un voile blanc et d’autres encore avec un voile noir… Comme vous vous en doutez, cela symbolise leur parcours dans la vie monastique : la tenue change à chaque étape de la vie religieuse ! Loin de parler dress-code, dans cet article, Divine Box vous redonne les grandes lignes des étapes de la vie monastique. Que celui qui a des oreilles, qu’il entende !

Les différentes étapes de la vie religieuse : de postulante à professe solennelle © Matthieu Devred, pour l’abbaye de Boulaur

La première étape : aspirant [plusieurs mois]

Pour répondre à un appel à la vie monastique, un candidat est d’abord “aspirant”. Pour découvrir la réalité de la vie religieuse et discerner sa vocation, la personne peut alors faire une ou plusieurs retraites dans le monastère.

Ensuite, la logique appelle à faire des “stages” au sein de la communauté, en général d’un mois. Véritablement au sein de la communauté, la personne vit donc un premier temps d’observation un poil plus concret, guidée par la maîtresse des novices !

D’aspirant à postulant [1 an]

Après un ou plusieurs stage(s), si l’aspirante (ou regardante) s’en sent appelée, elle peut solliciter son entrée dans la communauté en tant que postulante ! La durée est libre, mais grosso modo, comptez un an.

Pour préparer un potentiel engagement total, on quitte alors son travail, ses occupations et ses proches. Sur place, la postulante porte généralement un signe distinctif qui montre qu’elle chemine : un voile bleu chez certaines bénédictines, une jupe longue bleu marine chez certaines cisterciennes etc…

Ici au postulat, la formation monastique commence, c’est du sérieux ! Cela peut être sur la règle de saint Benoît, sur l’organisation de la communauté, sur la Bible etc… Avec l’accompagnement bienveillant de la maîtresse des novices, qui aide à la formation et au discernement !

Une postulante à l’abbaye d’Échourgnac © Abbaye d’Échourgnac

Le noviciat : apprendre à vivre comme un chercheur de Dieu [2 ans]

Après le temps du postulat, on peut rentrer au noviciat ! Cette étape est marquée par l’émouvante cérémonie de “vêture”, où la future moniale reçoit l’habit de la communauté, de la main de la mère abbesse. Cet habit est provisoire : par exemple, chez les cisterciennes, la novice aura un voile blanc (et non pas noir) et un scapulaire blanc (et non pas noir).

Habituellement, cette étape est aussi marquée par le choix du prénom (qui peut varier du prénom de baptême, mais ce n’est pas obligatoire), et l’ajout du préfixe « soeur ».

Ensuite, pendant environ deux ans (durée du noviciat canonique), la novice chemine vers ses voeux temporaires. Pour cela, s’intensifient la formation spirituelle, la vie de prière et de travail, et la vie communautaire !

Cérémonie de prise d’habit où une novice revêt un voile blanc © Monastère de Thiais

Le profès temporaire : une première promesse [3 à 6 ans]

Dans la vie monastique, un « novice » devient « profès temporaire » dès qu’il a prononcé ses vœux temporaires. Il s’engage alors à vivre pleinement dans la communauté pour une durée de trois à six ans.

Habituellement les vœux religieux sont : pauvreté, chasteté, et obéissance à son supérieur. Il y a de nombreux cas particulier selon les congrégations, mais pour ceux qui suivent la règle de saint Benoît (bénédictins, cisterciens et trappistes), la formulation est la suivante :

  • voeu de conversion des mœurs, qui incluent les vœux de pauvreté et de chasteté
  • voeu d’obéissance à son supérieur
  • voeu de stabilité dans le même monastère

A cette étape, la professe temporaire est aussi plus investie dans la vie du monastère avec certaines responsabilités comme travailler à la cuisine ou dans un atelier. Certains signes distinctifs marquent cette étape : chez certaines cisterciennes par exemple, la professe reçoit  la ceinture de cuir et le scapulaire noir !

Cérémonie de profès temporaire chez les Soeurs Apostoliques de Saint Jean © Soeurs Apostoliques de Saint Jean

Le profès solennel : la consécration de sa vie à Dieu [9+ ans dans la communauté]

Après la profession temporaire, place à la profession solennelle : le frère ou la sœur renouvelle alors ses vœux monastiques pour toute sa vie ! Cette cérémonie est évidemment fêtée en grande pompe avec les amis, la famille et souvent même un prélat (évêque ou père abbé).

La professe solennelle reçoit enfin l’habit de la communauté au complet. Chez les cisterciennes par exemple, la soeur reçoit alors le voile noir (sur la tête), ainsi que la coule, ce grand vêtement liturgique ample.

Par la même occasion, elle reçoit une charge fixe comme par exemple sœur portière, qui pourra évoluer avec le temps. Et, faisant désormais partie intégrante de la communauté, elle aura voix au chapitre !

Profession solennelle de soeur M.-T., abbaye dominicaine du New Jersey © Slate Fr

Conclusion

Et voilà, vous savez désormais quelles sont les étapes pour devenir un moine ou une moniale, si vous en ressentez l’appel ! Pour en savoir plus, et maîtriser toutes les nuances, cliquez ici pour tout savoir sur les étapes de la vie monastique.

Et si vous voulez commencer par découvrir les abbayes grâce au fruit de leur travail, faites un tour du côté de Divine Box, le spécialiste des produits monastiques et des bières trappistes !

Il est rare dans l’histoire de l’Église qu’un texte approuvé par l’autorité suprême suscite une telle opposition

De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :

Comme l’ont observé nos amis de l’Entente catholique de Bretagne il faut convenir que les humoristes de la curie romaine manient l’ironie avec une remarquable dextérité. Quand un texte s’attaque à la Tradition de l’Église ils l’intitulent Traditionis custodes, gardiens de la tradition, quand un autre document érode la confiance que l’on peut avoir en l’Église romaine et dans le magistère pontifical ils l’intitulent Fiducia, la confiance.

De multiples protestations

Ainsi donc le 18 décembre 2023 le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié, sous la signature du cardinal Victor Manuel Fernandez, une déclaration, Fiducia supplicans, approuvée par le pape François. Ce document prévoit essentiellement que les couples homosexuels ou en situation irrégulière puissent bénéficier, dans certaines circonstances, d’une bénédiction « non ritualisée et spontanée ». Ce texte a déclenché de très nombreuses protestations de cardinaux, d’évêques, de conférences épiscopales. Citons le cardinal Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi et à ce titre prédécesseur de Mgr Fernandez, qualifiant ce texte de « blasphème », NNSS Peta et Schneider de l’archidiocèse d’Astana au Kazakhstan affirmant, quant à eux, que « le pape François (…) ne marche pas droit selon la vérité de l’Évangile », de nombreuses conférences épiscopales en Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Zambie, Kenya, Malawi, etc.) et en Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, Ukraine) notifiant qu’elles n’appliqueraient pas ce texte. En France la seule réaction connue à ce jour est celle de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar, Oloron qui, dans un communiqué, a précisé qu’il interdisait les bénédictions de couples mais autorisait les bénédictions personnelles des personnes concernées. Il est rare dans l’histoire de l’Église qu’un texte approuvé par l’autorité suprême suscite une telle opposition. Le seul précédent est sans doute la bronca provoquée par la publication de l’encyclique Humanae Vitae (25 juillet 1968) de Paul VI sur la régulation des naissances. Le pape fut d’ailleurs à ce point traumatisé qu’après avoir publié sept encycliques en quatre années (1964-1968) il n’en publia plus une seule durant les dix années suivantes de son pontificat jusqu’à sa mort en 1978. Le pape François aura-t-il cette sagesse ? Rien n’est moins sûr car il apparaît que les qualités d’habile « politique » que chacun s’accordait à lui reconnaître ont été là totalement prises en défaut. L’ampleur et la vigueur des protestations sont très importantes en particulier dans l’épiscopat africain. Or l’Afrique est le continent qui porte la croissance numérique du nombre de catholiques dans le monde. On peut penser que lors du prochain conclave les papabili qui se recommanderont du pape François ou apparaîtront dans sa filiation intellectuelle et spirituelle partiront avec le handicap d’avoir contre eux les 19 cardinaux africains sur 132 électeurs. Ironie de l’histoire, le pape des « périphéries » risque de voir son héritage mis à mal par les représentants des « périphéries » en question.

Des objections de fond

Sur le fond, les objections à ce texte sont nombreuses et de nature diverse.

Notons tout d’abord que toute « nouveauté » dans l’Église doit, par nature, être accueillie avec une extrême circonspection. Il s’agit de l’Église du Christ et non celle de Pierre, Paul ou Jacques. La révélation se clôt à la mort du dernier apôtre et on a peine à croire que pendant 2 000 ans l’Église aurait méconnu des pratiques pastorales particulièrement fécondes et porteuses de grâces.

Ensuite, mettre sur le même plan des unions certes irrégulières mais conformes à la nature et des unions contre-nature est une incongruité doctrinale et pastorale.

Bénir des couples et non des personnes sans prétendre pourtant donner aucune légitimité à ces couples, c’est nous prendre pour des zozos. Cela rappelle les subtilités de la réunion d’Assise : ne pas confondre prier ensemble et être ensemble pour prier !

Quelle est la crédibilité d’une institution qui déclarait le 15 mars 2021, il y a un peu moins de trois ans, par la voix du cardinal Ladaria, prédécesseur du cardinal Fernandez : « Il n’est pas licite de donner une bénédiction aux unions de personnes du même sexe », et qui professe aujourd’hui la position contraire ?

Enfin on peut s’interroger sur la nature du message envoyé aux personnes qui s’efforcent de vivre leurs tendances homosexuelles dans la chasteté ou de rester intégralement fidèles à leur unique conjoint dans le respect des saintes lois du mariage.

Quant aux personnes bénéficiant de cette bénédiction n’est-ce pas une tromperie d’une rare gravité que de ne pas les inciter, par cette bénédiction même, à sortir d’une situation qui objectivement met en péril leur salut éternel ? N’est-ce pas, d’ailleurs, l’acte le plus grave contre la charité que de ne pas rappeler au pécheur qu’il met ainsi, par sa pertinacité dans le péché, son âme en danger de mort éternelle ?

Juger l’arbre à ses fruits

Comme toujours, conformément aux paroles de l’Écriture, il convient de juger l’arbre à ses fruits. Le pape François a fait le choix de négliger, voire mépriser ceux que Joseph Malègue qualifiait de « classes moyennes du salut ». C’est-à-dire les chrétiens médiocres que nous sommes qui s’efforcent, bon an mal an, de respecter les commandements de Dieu et de l’Église, tombent mais se relèvent sans prétendre au statut iconique de pécheurs publics portés par les courants dominants des valeurs du monde. Qui niera d’ailleurs qu’à l’heure du triomphe du polyamour et à celle de l’omnipotence du lobby LGBT ce texte pontifical semble bien en phase avec les valeurs fondatrices de la société moderne ? Les médias partisans de ce que Jean-Paul II appelait la culture de mort s’en sont d’ailleurs réjouis. Dis-moi qui te loue, je te dirai qui tu es ! Après dix années de pontificat il semble d’autre part légitime de s’interroger sur les résultats concrets de cette nouvelle orientation pastorale. Les fruits n’en apparaissent pas évidents.

Enfin nous livrerons au Saint-Père cette réflexion un peu désabusée de l’historien Alain Besançon, ancien membre du Parti Communiste français et revenu au catholicisme, décédé le 8 juillet dernier : « Il a pu paraître beau et même sublime de se proclamer « évêque des autres ». « Evêque des siens » pour être moins sublime et plus humble, est un éloge qui vaut la peine d’être recherché ».

La publication d’un rapport de la Cour des Comptes retardée pour éviter toute interférence avec la loi Darmanin

Maintenant que la loi Darmanin est votée, et contestée devant le Conseil constitutionnel, le rapport de la Cour des Comptes peut donc être publié (lire la synthèse). Il dévoile que le coût annuel de la politique de lutte contre l’immigration irrégulière en France s’élève à 1,8 milliard d’euros. Une politique portée à 80% par le ministère de l’Intérieur.

Pierre Moscovici, le premier président de la Cour, a déclaré ce jeudi qu’il assumait ce choix personnel de retarder la publication du document.

«Je ne souhaitais que cette publication puisse interférer en quoi que ce soit avec le débat politique».

Les magistrats livrent le nombre de 439 000 bénéficiaires de l’aide médicale d’État (AME) en juin 2023, mais que cette estimation «présente de nombreuses limites». Autrement dit, le nombre de clandestins est sans doute bien supérieur. Le ministre de l’Intérieur avait évoqué, lui, devant le Sénat, une fourchette «entre 600 000 et 900 000» personnes.

Les administrations et juridictions chargées de ce contentieux sont «saturées». Le nombre des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) a augmenté de 60% en quelques années. La Cour parle de 447 257 OQTF prononcées entre 2019 et 2022.

La Cour constate que le cadre législatif de la lutte contre l’immigration irrégulière est particulièrement mouvant : il a connu 133 modifications en moins de dix ans. Les services administratifs et les juridictions chargés de la gestion des étrangers en situation irrégulière peinent à remplir leurs missions, du fait de leur manque de moyens.

Il semble bien y avoir un lien entre toutes ces affaires…

Cette déclaration a été erronée dans la forme et dans le fond

Mgr Munilla évêque d’Orihuela-Alicante (Espagne) souligne que

“le mauvais accueil qu’a reçu le document sur les bénédictions du Vatican, avec tant de réactions critiques, est impressionnant. Nous n’avons jamais rien vu de tel au sein de l’Église. Il y a pratiquement vingt conférences épiscopales qui se sont déjà prononcées contre cette déclaration, à un degré plus ou moins important, beaucoup d’entre elles africaines, mais aussi certaines d’Europe de l’Est et d’Amérique”.

“En outre, de nombreux cardinaux et évêques, dont moi-même, se sont exprimés de manière critique. C’est déjà très frappant, nous n’étions pas habitués à une telle chose au sein de l’Église”.

Monseigneur José Ignacio Munilla affirme ouvertement qu’une telle réception ne peut s’expliquer que parce qu’il s’agit d’une erreur. Cette déclaration a été erronée dans la forme et dans le fond.

Mgr Marc Aillet, ciblé par le lobby LGBT

La longue note de Mgr Marc Aillet à propos de la déclaration Fiducia supplicans a provoqué l’ire du lobby LGBT, lequel  n’a, à ma connaisance, pas réagi aux nombreuses déclarations d’évêques africains… Appeler à la conversion choque le lobby LGBT, qui estime que l’homosexualité est une fatalité dont l’homme ne peut pas se libérer…

L’association SOS Homophobie estime que la déclaration de l’évêque de Bayonne légitime les «thérapies de conversion ». Ces pratiques, pénalisées depuis 2022, visent à guérir les personnes homosexuelles par des interventions de toutes sortes, physiques, psychologiques ou psychanalytiques.

«C’est une forme d’injonction à modifier son orientation sexuelle comme si c’était un choix».

Le lobby LGBT, en niant la liberté des personnes, les enferme dans cette catégorie. Au lieu d’être des hommes ou des femmes, ils deviennent ainsi des “homosexuels”, comme si cela était marqué de façon indélébile dans leur ADN. Il est dommage d’ailleurs que certains catholiques reprennent cette terminologie viciée, refusant ainsi la grâce divine ou posant des limite à l’efficacité de la grâce. Le procès intenté pour “homophobie” par ce lobby au Salon beige entre dans cette stratégie de harcèlement visant à faire taire toute opposition sur ce sujet et, même, à obliger l’Eglise à modifier son enseignement.

Mgr Aillet écrivait simplement :

je les invite, si les personnes le demandent, à leur donner une bénédiction, à condition que ce soit à chaque personne individuellement, en les appelant à la conversion et en les invitant à demander le secours de la grâce que le Seigneur accorde à tous ceux qui le lui demandent pour conformer leur vie à la Volonté de Dieu ».

Interrogé sur la réaction de SOS Homophobie, le diocèse a simplement expliqué qu’il s’agissait «d’un appel à la conversion de Jésus dans l’Évangile», en référence à l’Évangile selon Saint (1,15) : «Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.» Joint par La Croix, Mgr Marc Aillet dénonce une interprétation erronée de ses propos. « Il n’est en aucun cas question d’appeler à la mise en oeuvre de thérapies de conversion ». Il rappelle que sa recommandation s’adresse d’ailleurs aux couples de même sexe comme aux couples en situation irrégulière.

« L’Église appelle forcément la personne à la conversion mais pas en ce qui concerne son orientation sexuelle. Il s’agit de la conversion à la foi, un appel que le Seigneur adresse à tous, à conformer sa vie à la Parole de Dieu. »

Mgr Aillet explique :

« Tout chrétien qui veut suivre le Christ doit essayer de conformer sa vie à l’Évangile et d’être à son écoute le mieux possible. J’invite donc à un dialogue pastoral pour essayer d’éclairer avec ce que l’Église nous enseigne de l’amour et de la sexualité. Elle dit à toute personne qui ne s’inscrit pas dans le sacrement du mariage, qu’elle est invitée à la chasteté (ce qui ne concerne donc pas uniquement les personnes homosexuelles). Mais il ne s’agit pas de contrôler la vie des gens ou d’employer des méthodes de coercition pour forcer les personnes à changer leur orientation. Il ne s’agit pas de juger mais de proposer un chemin de vie chrétienne. »

« Les personnes qui s’adonnent aux pratiques homosexuelles, sont appelées à la conversion»

La Conférence épiscopale du Bénin a publié une déclaration dimanche 31 décembre, en réaction à la Déclaration du Dicastère de la Doctrine de la Foi Fiducia Supplicans :

« L’homosexualité est contraire au dessein de Dieu et représente un acte désordonné et intrinsèquement mauvais ». « La Parole de Dieu et, par conséquent, l’Eglise, n’autorisent ni l’homosexualité ni l’union entre deux personnes de même sexe ».

« Les personnes qui s’adonnent aux pratiques homosexuelles, sont appelées à la conversion. Pour cette cause, elles doivent être aidées et accompagnées ».

A travers une déclaration dimanche 31 décembre 2023, les évêques du Bénin ont exhorté les prêtres, qu’ils relèvent d’un diocèse ou de passage au Bénin, à

« s’abstenir de toute forme de bénédiction aux couples de même sexe et aux couples en situation irrégulière ».

Persécution de l’Eglise catholique au Nicaragua

Au moins 14 prêtres catholiques ont été arrêtés au Nicaragua depuis le 20 décembre dans le cadre d’une vague d’interpellations d’ecclésiastiques. Le premier de cette série, arrêté le 20 décembre, est l’évêque de Siuna, Mgr Isidoro Mora. C’est le second évêque emprisonné, avec Monseigneur Rolando Alvarez, détenu depuis août 2022. Il a été condamné en février à 26 ans de prison pour trahison. Il a préféré la prison à l’exil, refusant de partir pour les États-Unis avec 222 prisonniers politiques expulsés et déchus de leur nationalité nicaraguayenne.

Le pape François a dit lundi place Saint-Pierre suivre “avec une profonde préoccupation ce qui se passe au Nicaragua, où des évêques et des prêtres ont été privés de leur liberté”.

Au Nicaragua, près de la moitié des 6,3 millions d’habitants sont catholiques.

Le président Daniel Ortega, un ancien guérillero au pouvoir depuis 2007, est en conflit avec l’Église catholique. Le Vatican a fermé en mars son ambassade et le pape François a qualifié de “dictature grossière” le gouvernement d’Ortega.

Euthanasie : la France comme Cuba ?

Le 22 décembre, Cuba a légalisé l’euthanasie. La mesure a été adoptée par l’Assemblée nationale du pays dans le cadre d’une loi mettant à jour le « cadre juridique du système de santé universel et gratuit de la nation ». La version finale du texte indique que

« le droit des personnes à une mort digne est reconnu dans les décisions de fin de vie, qui peuvent inclure la limitation de l’effort thérapeutique, les soins continus ou palliatifs, et les procédures qui mettent fin à la vie ».

Source : Gènéthique

Fiducia supplicans “porte atteinte à la communion de l’Église”

Monseigneur Rafael Escudero López Brea, évêque espagnol de la prélature de Moyobamba au Pérou, a écrit une lettre sur la déclaration Fiducia supplicans :

“Face à la confusion sans précédent provoquée par la déclaration Fiducia supplicans parmi le clergé et de nombreux fidèles de cette prélature et dans de nombreuses régions du monde catholique, j’ai pris quelques jours de prière et de réflexion pour répondre avec calme et sérénité”.

Mgr Escudero López maintient que “la Déclaration permet de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe” et, de manière très confuse, insiste sur le fait que ces bénédictions sont faites “sans valider officiellement leur statut ni modifier de quelque manière que ce soit l’enseignement pérenne de l’Église sur le mariage”, précisant que le mariage est l’union stable d’un homme et d’une femme bénis par le sacrement”.

En termes très clairs, l’évêque déclare que

“ce document porte atteinte à la communion de l’Église, puisque de telles bénédictions contredisent directement et gravement la Révélation divine et la doctrine et la pratique ininterrompues de l’Église catholique, y compris le magistère récent du pape François, ce qui explique pourquoi il n’y a aucune citation dans l’ensemble de la déclaration qui s’appuie sur le magistère antérieur”.

“Bénir des couples en situation irrégulière et des couples de même sexe est un grave abus du Très Saint Nom de Dieu, qui est invoqué sur une union objectivement pécheresse de fornication, d’adultère, ou pire encore d’activité homosexuelle”.

“De plus, dans ce dernier cas, il faut souligner que “les actes homosexuels sont désordonnés et surtout contraires à la loi naturelle” (Catéchisme de l’Église catholique n. 2357). Dieu ne bénit jamais le péché. Dieu ne se contredit pas. Dieu ne nous ment pas. Dieu, qui aime toujours inconditionnellement le pécheur, cherche donc son repentir, sa conversion et sa vie. Dieu veut le bien de tous”.

Mgr Rafael Escudero López Brea explique que

“la présente Déclaration fait une distinction entre les bénédictions liturgiques et les bénédictions pastorales et permet aux couples, mais pas aux unions, d’être bénis avec des “bénédictions pastorales””. “Cette distinction nous laisse perplexes et confus, car l’acte de bénédiction, qu’il soit accompli dans une assemblée liturgique ou en privé, donné par un ministre, est toujours une bénédiction, de même nature. Bénir un couple, c’est bénir l’union qui existe entre eux, il n’y a pas de façon logique et réelle de séparer l’un de l’autre, sinon pourquoi demanderaient-ils une bénédiction ensemble et pas deux séparément ? Bien que le Dicastère pour la doctrine de la foi insiste sur le fait qu’il s’agit d’une déclaration “claire”, la vérité est qu’elle continue à générer une énorme confusion non seulement parmi les fidèles mais aussi parmi de plus en plus d’évêques à travers le monde.

“Le problème sous-jacent est beaucoup plus grave, et quelques frères dans l’épiscopat et des prêtres, contrevenant à la moralité objective de l’Écriture Sainte et de la Tradition Sacrée, ont depuis longtemps confondu le peuple de Dieu avec la bénédiction indiscriminée de ces unions objectivement désordonnées et donc pécheresses, commettant ainsi un horrible sacrilège”.

Dans sa lettre, Mgr López Escudero insiste sur “le manque de clarté du document” et c’est pourquoi il encourage à

“suivre la pratique ininterrompue de l’Église jusqu’à présent, qui consiste à bénir toute personne qui demande une bénédiction, et non les couples de même sexe ou les personnes en situation irrégulière”.

“L’Église bénit les pécheurs, mais jamais leur péché ou leur relation pécheresse”, explique l’évêque originaire de Tolède. En ce sens, il souligne que

“notre charité pastorale envers ceux qui sont en situation de péché nous oblige à les appeler à la conversion. Tout pécheur sincèrement repenti et ayant la ferme intention de cesser de pécher et de mettre fin à sa situation publique de péché (comme, par exemple, la cohabitation en dehors d’un mariage canoniquement valide ou l’union homosexuelle), peut recevoir une bénédiction et, mieux encore, l’absolution sacramentelle et la Sainte Communion”.

Avec beaucoup de clarté et de force, l’évêque demande aux prêtres et aux fidèles laïcs

“de ne pas minimiser les conséquences destructrices et profondes résultant de cet effort de certains hiérarques de l’Église pour légitimer de telles bénédictions, dans certains cas avec de bonnes intentions et dans d’autres, comme beaucoup l’ont démontré, avec l’intention de détruire le dépôt sacré de la tradition de l’Église”.

“Le jour de mon ordination épiscopale, j’ai juré solennellement de “préserver le dépôt de la foi dans sa pureté et son intégrité, conformément à la Tradition toujours et partout observée dans l’Église depuis le temps des Apôtres”.

Pour toutes ces raisons, l’évêque a interdit aux prêtres de la prélature de Moyobamba de bénir des couples en situation irrégulière ou des couples de même sexe. Mgr López Escudero recommande à

“ceux qui se sentent attirés par le même sexe ou qui vivent dans une union homosexuelle ou irrégulière de s’approcher du Christ par la prière, l’écoute de la Parole, le jeûne, la pénitence et l’aide de la Vierge Marie en vue de leur conversion et de profiter de l’opportunité de conversion que Dieu leur offre pour une vie plus heureuse et l’obtention de la vie éternelle”.

Le prélat conclut sa lettre en demandant aux prêtres et aux fidèles de la prélature de continuer à cultiver

“leur union filiale avec l’actuel Pontife de la Sainte Église de Dieu, le Pape François, ceux qui l’ont précédé et ceux qui viendront. C’est cette communion qui me pousse à souscrire ces lettres”.

Lettre à Michel Onfray

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Lettre à Michel Onfray sur l’existence de Jésus

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants,
et à Michel Onfray, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25-27)

Monsieur Onfray,

Vous me faites de la peine. Alors que je viens de finir votre formidable numéro hors-série sur le général de Gaulle, je tombe à la renverse en lisant que vous réfutez l’existence de Jésus-Christ. Quelle prétention, quel orgueil ! Et quelle mouche vous a piqué ?

Est-ce que votre grand De Gaulle serait un naïf ? Savez-vous que c’est sa grande foi en Jésus-Christ, autant qu’en la France, qui lui a permis de réaliser l’impossible ? Et Jeanne d’Arc, c’est du roman ? Tous les documents de son procès sont là.

Nous avons plus de preuves et de documents sur l’existence de Jésus que sur n’importe quel grand empereur et n’importe quel grand personnage de l’histoire. Même la science et les archéologues confirment régulièrement la véracité de ce que nous apprennent les Écritures bibliques.

Mon grand-père, plein de bon sens, me disait : « Méfie-toi des gens trop intelligents ». Et Jésus déclarait déjà : « Vous me demandez des signes, des preuves, mais si vous ne voulez pas croire, vous ne croirez pas ».

Rien de nouveau, donc, sur cette Terre. Lors de l’Ascension du Christ, le saviez-vous, un témoin aurait finalement refusé de l’avoir vu.
Alors, Michel Onfray, est-ce que votre ascension dans la connaissance vous a fait exploser le cerveau en vol ? Attention, n’allez pas trop haut, vous risquez de manquer d’oxygène. Faites dégonfler votre tête ou vos chevilles et redescendez vite de votre piédestal, rabaissez-vous, comme disait aussi le Christ. « Et vous serez élevé ».

Et si vous commenciez par lire les grands spécialistes de la question, comme Jean-Christian Petitfils. Ou Jean-Marie Salamito. Ou tant d’autres. Est-ce que des génies de la science comme Blaise Pascal ou Léonard de Vinci étaient en même temps des crédules ? Ce dernier a inventé l’avion 5 siècles avant son existence.

« Contradiction entre les Évangiles », dites-vous ! Installez juste ces évangélistes autour d’un pot de fleurs. Ils vont tous avoir une vue différente et pourtant ils voient le même pot. Ce qui confirme la complémentarité logique des Évangiles.

La prochaine fois, merci de nous expliquer les dizaines et les centaines de miracles et de guérisons que la science n’explique pas, comme la bilocation ou les stigmates des plaies du Christ crucifié. Le Padre Pio a été vu par de nombreux témoins à des endroits différents à la fois (phénomène de la bilocation). Ces faits analysés et vérifiés démontrent tout simplement que Jésus n’a pas seulement existé mais qu’il existe toujours !

Et si vous en faisiez un livre pour répondre point par point à Jean-Christophe Petitfils ou Didier van Cauwelaert. Lisez donc « L’insolence des miracles » ! Vous y verrez encore comment De Gaulle, encore lui, a décoré en 1945 l’extraordinaire soeur Yvonne-Aimée pour ses actions bienfaitrices surnaturelles. On est pressé de vous lire.

Isidore

Le pape semble préparer les esprits à l’abrogation de Traditionis Custodes…

Je ne vois pas comment interpréter autrement l’intention de prière du Souverain pontife pour le mois de janvier :

Pour le don de la diversité au sein de l’Église
Prions pour que l’Esprit nous aide à reconnaître les divers charismes dans la communauté chrétienne et à découvrir la richesse des différentes traditions rituelles au sein de l’Église catholique.

Un réveillon “sans incident majeur”

Les personnes poignardées cette nuit-là sont heureuses d’apprendre qu’il n’y a pas eu d’incident majeur…

C’est un suicide démocratique auquel nous assistons : avortement, mariage homosexuel et demain, bien sûr, euthanasie

Renaissance catholique diffuse le texte de la dernière conférence de Patrick Buisson, lors de la fête du Livre, début décembre :

Chers amis,

Il y a un moment où, quoiqu’il nous en coûte, il faut savoir s’incliner devant les miracles du progrès. Deux siècles d’émancipation, deux siècles pendant lesquels on aura appris à l’homme à ne plus disposer de lui-même pour autre chose que lui-même. Deux siècles de Lumières ont débouché sur cette bonne nouvelle : l’humanité a enfin acquis les moyens techniques d’un suicide collectif.

Les moyens d’un suicide collectif

Ces moyens sont au nombre de trois :

  • Primo, les effets de l’activité humaine sur l’environnement qui pourraient, nous dit-on, aboutir à une situation telle que la vie sur terre risque de devenir impossible.
  • Deuzio, depuis la découverte de l’énergie nucléaire, l’humanité s’est dotée de la capacité de s’anéantir par une guerre atomique.
  • Tertio, avec la mise en circulation massive des techniques contraceptives puis abortives modernes, chaque génération est désormais en situation de décider s’il y aura une génération suivante ou non.

Je sais bien qu’il est de bon ton dans certains milieux – les nôtres par exemple – d’opposer une élite corrompue et pervertie à un peuple opprimé et innocent, à un peuple exonéré de toute responsabilité dans ce qui lui arrive. C’est ce que j’appellerai l’un de ces produits manufacturés de la non pensée populiste. Comme si les peuples n’avaient pas les élites qu’ils méritent ! Renan disait dans sa célèbre conférence de la Sorbonne en 1882 : « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours ». Les résultats de ces plébiscites sont aujourd’hui implacables : c’est un suicide démocratique auquel nous assistons.

Depuis le milieu des années 60, les Français ont fait progressivement le choix d’arrêter la reprogrammation de la vie. Comme l’a observé le grand historien Pierre Chaunu, le crach de la foi a été l’élément psychologique central du collapsus démographique. Tous les anthropologues vous le diront, la foi est la célébration de la fertilité, l’exaltation du génératif. Il y a là une corrélation absolue : la crise de la reproduction de la vie aura été la conséquence de la crise de la reproduction des systèmes de sens qui lui donnaient une signification, les grands systèmes qu’ils soient spirituels ou politiques. « La descente du religieux par l’ascenseur, écrit Chaunu, a entraîné une descente de la vie d’abord par l’escalier puis la tête la première par la fenêtre. » Dans les années qui ont immédiatement suivi le Concile, les Français, comme l’indiquent toutes les enquêtes de l’opinion, ont cessé non seulement de pratiquer mais aussi de croire dans un au-delà après la mort. Ils sont majoritairement devenus des sociétaires du néant, des sans-abris transcendantaux. En désertant l’espérance chrétienne, ils ont également rejeté la vie. En effet, brusquement, les années 1964-1965 mettent fin à la prodigieuse dynamique du baby-boom amorcée dès 1942. Un cycle s’achève alors dans la fermentation de changements majeurs : prééminence de l’affectif sur le collectif, primat du socio-culturel sur le biologique, dissolution du sens de la continuité historique qui laisse place à l’impérialisme du moi. « Je prends mes désirs pour la réalité car je crois en la réalité de mes désirs ». Tel était le slogan de mai 1968. Ce fut l’instant du malheur.

Avec la loi Neuwirth et la loi Veil, la machine s’emballe. En moins de 10 ans, le taux de fécondité par femme dégringole de 2,9 à 1,9. Jusque-là, les couples obtenaient à peu près le nombre d’enfant qu’ils désiraient. A partir de la fin des années 70, ils ne parviennent plus à réaliser leur désir profond de descendance. 1,9 enfants obtenus pour 2,5 enfants désirés. L’implacable mécanisme du plébiscite à l’envers dont je parlais tout à l’heure s’enclenche. Le taux de fécondité passe en-dessous du seuil de renouvellement des générations, à partir de 1975.

Délivré de toute finalité collective, de tout destin communautaire, l’enfant n’est plus cet investissement sur le temps visant à une reprogrammation de l’héritage, il n’est plus cette quête d’une surdurée, cette quête d’un au-delà qui transcendait les destinées individuelles, mais au mieux un enfant-objet, le signe d’une vie de couple réussie. Tout est prêt pour le grand remplacement. Le mot n’existe pas encore, mais la menace d’un effondrement démographique de la nation française, couplée à un transfert de fécondité vers les populations immigrées aura été la référence commune de nombreux députés gaullistes qui interviendront à la tribune de l’Assemblée lors du débat sur la loi Veil.

Ce spectre du grand remplacement culturel et ethnique, qui ferait, selon le mot De Gaulle, de Colombey-les-Deux-Eglises “Colombey-les-Deux-Mosquées”, est le fil rouge qu’on retrouve tout au long des débats. Par exemple avec Michel Debré, qui dénonce avec la loi Veil une erreur historique, monumentale : « Cette loi expose la France au risque de diminuer et de vieillir alors que d’autres peuples à nos portes croissent et rajeunissent. » (Assemblée Nationale, deuxième séance du 27 novembre 1974). Avec la prophétie d’Hector Rolland, un député gaulliste : « La France a décolonisé. Elle est en train de se donner, avec cette loi, les moyens de se faire coloniser » en empêchant la perpétuation de la race. (Assemblée Nationale, troisième séance du 27 novembre 1974). En écho au Camp des Saints, célèbre fiction de Jean Raspail qui paraît à la même époque, l’économiste Alfred Sauvy, qui à l’époque est titulaire de la chaire de démographique sociale au Collège de France écrit : « Le pays qui recourrait systématiquement à l’immigration risquerait non seulement une révolte de ces mercenaires en situation inférieure mais probablement une sorte de décomposition par perte du sens de la vie. » (Automne 1973) Nous y sommes !

Suprême ironie de l’histoire, c’est ce même Sauvy qui en annonçant une submersion de l’Europe en 1974, notait que la pilule, conçue pour arrêter la prolifération des peuples pauvres du Tiers-monde aura eu pour conséquence d’entraîner la stérilité volontaire des pays riches. Car telle est bien l’histoire ! La conclusion qui s’impose à lui comme elle doit aujourd’hui s’imposer à nous : un peuple qui sous-traite la fabrication d’enfants aux populations immigrées et n’a plus la volonté de se reproduire et de reprogrammer la vie est un peuple qui consent à être remplacé et à sortir de l’histoire. Il en porte, quelque soient ses excuses par ailleurs, la responsabilité historique.

L’Islam n’est pas la cause de nos malheurs

L’urgence commande de cesser de nous mentir. Non ce n’est pas la faute de l’Islam si nos églises se sont vidées, non ce n’est pas la faute de l’Islam si les Français ont cessé de se reproduire. Tout indique que ce pays réel, ce pays fantasmé dont nous aimions à célébrer hier le plébiscite quotidien en faveur de la nation, ce pays-là n’existe plus ! Et il ne peut renaître que s’il prend conscience des causes profondes de sa décomposition. Je lisais cette semaine dans la presse que 90% des Français, selon un sondage Harris Interactive, se déclarent aujourd’hui favorables à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution. Et savez-vous dans quel électorat le score d’adhésion à cette idée est le plus élevé ? Celui de la France Insoumise ? Non. Celui du Rassemblement National ! 91% à l’unisson de Marine Le Pen adhérent à cette idée, confirmant d’ailleurs la métamorphose sociologique et idéologique de cet électorat, qui passe du statut de “peuple-nation” à celui de “peuple-classe”, selon une conception purement et exclusivement matérialiste. Ainsi donc, la France s’apprête à inscrire dans la loi suprême ce qui est à l’origine de son déclin. Nous nous apprêtons à faire de notre sortie de l’histoire un principe de vie commune.

Les lois Neuwirth et Veil sur la pilule, car il y a eu une loi Veil sur la pilule qui remboursait cette dernière, en 1974, votées officiellement pour être un remède à l’avortement, se sont révélées être en réalité leur avant-propos. La loi Veil qui voulait que l’IVG reste une exception, un ultime recours, a ouvert la voie comme le prophétisait Jean Foyer en 1974, à l’avortement de masse, à l’avortement sans limite. Jamais politique publique n’aura connu un aussi cinglant échec par rapport à ses objectifs initiaux. Jamais un tel fiasco n’aura été aussi bruyamment louangé, vous l’entendez de toute part. En sacralisant ce nouvel ordre moral, nous avons sacralisé la triade de notre suicide collectif : avortement, mariage homosexuel et demain, bien sûr, euthanasie.

Ce plébiscite n’est ni plus ni moins un non à l’avenir, un refus de la vie et de la continuité historique, la consécration d’une culture de mort, le droit à une mort autodéterminée. Voilà donc le stade terminal de l’émancipation promise ! L’homme non plus seulement émancipé de la nature mais aussi émancipé de la vie. Viva la muerte ! Tel est l’aboutissement des Lumières, tel est le cri de ralliement que nous propose la modernité, telle est notre nouvelle signature civilisationnelle.

Dans ces conditions, il est parfaitement abusif de parler, comme vous l’entendez dès que vous ouvrez aujourd’hui le moindre média audiovisuel, de guerre de civilisation à propos de la situation que nous vivons. Ce qu’on nous propose de défendre face à l’Islam, ce n’est plus la civilisation traditionnelle de l’Occident, c’est une non-civilisation, une décivilisation, pour macronner, pour parler comme Macron. La religion, ce sont les murs porteurs d’une civilisation : retirez-les et tout l’édifice s’effondre. La part de sacré que contient le nouvel Islam en France nous est devenue complètement étrangère, si bien qu’il y a dans une certaine détestation de l’Islam, il faut bien le reconnaître, un violent rejet de vertus dont ce dernier s’est fait le conservatoire et que nous avons perdues en cours de route : abnégation, sacrifice de soi, sens de la communauté.

Une civilisation n’est forte que de ses martyrs

D’une certaine manière, l’Islam est le miroir de notre déclin, de notre apostasie générale. Il nous renvoie l’image de ce que nous ne sommes plus. Ceux qui ne sont pas capables de croire trouvent toujours incompréhensible et déraisonnable la religion des autres. Une civilisation n’est forte que de ses martyrs, de ceux qui acceptent à un moment de se sacrifier pour elle. Pour le comprendre, il suffit de relire Sénèque : « Quiconque néglige sa vie est maître de la vôtre ». Ben Laden ne disait pas autre chose lorsqu’il proclamait : « Nous vaincrons l’Occident car nous aimons autant la mort que vous aimez la vie ».

Qu’avons-nous à opposer à l’Islam dans cette soi-disant guerre de civilisation ? Qu’avons-nous à opposer à la nuit islamiste hormis l’obscénité marchande, la laïcité et le droit au blasphème, le gauchisme culturel et l’idéologie du genre ? Ceux qui vaticinent et semblent en appeler à un scénario de guerre civile sont des inconscients et des irresponsables. Qui voudra mourir demain pour le drapeau arc-en-ciel ? Car notez-le, la République, qui reconnaît le droit au blasphème quand il s’agit de Dieu, a créé un nouveau périmètre du sacré, une sorte de religion civile pour tout ce qui concerne les droits des minorités. Là, non seulement le blasphème est interdit mais il est sévèrement sanctionné à travers tout l’arsenal dispositif que le législateur a institué à l’encontre des blasphèmes attentatoires aux valeurs de la République. Ces chères valeurs de la République ! A ces soi-disant valeurs, il accordé une protection qu’il refuse aux religions monothéistes. Cela s’appelle la loi Pleven, la loi Gayssot, la loi Taubira sur la traite des noirs et l’esclavage, la loi Raffarin sur l’homophobie, j’en passe et des meilleures.

C’est donc ça le nouveau sacré qu’on nous propose de défendre ?! Chers amis, soyez-en persuadés : si nous n’avons que le string à opposer au voile, alors nous sommes perdus. Si nous n’avons que Houellebecq à opposer à l’Islam, alors nous sommes moribonds. Si nous n’avons que Mila à opposer au tchador, alors nous sommes finis. Si nous n’avons que le nihilisme à opposer au salafisme, alors nous sommes morts.

La pandémie a eu au moins un mérite : elle est venue nous rappeler, à travers la panique qui s’est emparée de la société civile, que le besoin irrépressible des hommes ne tient ni à la demande d’ordre, ni à la demande de justice, mais à la demande de signification, à la demande de sens. Les hommes veulent qu’on les ravitaille en espérance ou en utopie, en raisons de vivre et ce qui est plus difficile encore, en raisons de mourir.

La sortie de la religion

Depuis les travaux de Marcel Gauchet, adoptés dans l’enthousiasme par l’ensemble de la doxa, la sortie de la religion, entendue non comme la fin des croyances individuelles mais comme la fin de la capacité du religieux à structurer la société et la politique ; tout le monde est d’accord là-dessus. Or ce point de vue me paraît devoir être tempéré par quelque chose dont on ne parle jamais, à savoir, ce qui est finalement le pendant de la sortie de la religion et notamment du catholicisme, la crise de l’athéisme. Personne n’en parle, mais la déchristianisation s’accompagne d’une crise profonde de la France laïque qui était jusqu’à présent par l’existence du catholicisme comme religion dominante préservé de la question ultime. A partir des années 90 émerge effectivement le problème fondamental de l’incroyance qu’on peut résumer en une phrase : l’inexistence de Dieu ne résout pas le problème des fins dernières de l’existence humaine. L’athéisme ne débouche que sur un monde dépourvu de sens et une espèce humaine sans projet. Pour la première fois, la France laïque doit vivre dans l’absolu d’un monde sans Dieu, privée qu’elle est de la ressource morale et psychologique que constituait le catholicisme. Il n’y a plus d’ennemi en face. En d’autres termes, l’athéisme se trouve face à lui-même, c’est-à-dire confronté au vide. Longtemps, on a pu croire que les idéologies politiques modernes allaient pouvoir se substituer durablement aux croyances religieuses. Ce n’est pas ce qui est arrivé : on a vu, dans la France des années 1970 que la chute du parti communiste a suivi celle de la pratique religieuse.

Quand Bernanos peu avant sa mort en 1948, disait que ce n’était pas tant l’Etat que la société qui se dissolvait, et que pour refaire la France, il fallait d’abord refaire des Français, il voyait bien que la politique n’était qu’un instrument de redressement illusoire. N’en déplaisent aux adeptes de la sortie du religieux, l’humanité a toujours eu deux cordes à son arc. Lorsque les idéologiques politiques n’ont plus rien de religieux, lorsqu’elles ne sont plus capables de fournir autre chose qu’un opium frelaté, un opium de mauvaise qualité, ce sont les croyances religieuses qui se repolitisent.

Pas de société sans un sacré partagé

On le voit aujourd’hui avec l’Islam qui nous démontre chaque jour qu’on ne fait pas société, on ne fait pas communauté, sans un sacré partagé. C’est Régis Debray qui dans un de ses derniers livres écrivait : « Les croyances religieuses d’hier supposaient l’autorité du passé, parce que le Sauveur, le Messie, le Prophète sont dernière nous, tandis que les croyances politiques transfèrent l’autorité au futur où nous attendent bonheur, liberté et justice » – l’âge d’or.

Avez-vous remarqué, chers amis, que c’est l’espérance qui mobilise, qui galvanise ? C’est toujours un passé à faire revenir. Pour les catholiques, c’est le retour du Christ ; pour les musulmans, c’est l’Islam de Médine ; pour les communistes, c’est le communisme primitif.

Simone Weil avait fait elle aussi ce constat : « D’où nous viendra la renaissance, à nous qui avons souillé et vidé tout le globe terrestre ? Du passé seul, si nous l’aimons. » (La Pesanteur et la Grâce, 1942). Non le passé comme nostalgie stérile mais comme énergie accumulée, ressource de l’imaginaire, matériau de création ; non le passé comme lieu de repentance et de culpabilité, mais comme bouclier de protection contre tout ce que cette époque sans limite charrie de hideux, d’inhumain et de déraisonnable.

Regardez, écoutez autour de vous : pandémie, retour de la guerre, retour du tragique, fin de la société d’abondance. Jamais l’histoire qu’on disait achevée n’aura autant frappé à nos portes que ces dernières années. De ce retour de l’histoire, nous pouvons légitiment espérer un retour de notre histoire. Une histoire vécue ne se ressasse pas. Elle est une réserve de sagesse, une certitude exemplaire, une action génératrice d’actions. Dans les hautes civilisations, l’histoire a toujours été souveraine remembrance. Elle s’établit non sur ce qui se passe ou sur ce qui sera, mais sur l’éternité. N’en doutez pas, face à l’Islam, il ne peut y avoir de résistance temporelle victorieuse sans résistance spirituelle. Le préfixe « arché » nous le dit et comme l’indique un philologue, il signifie étymologiquement « ce qui commence et ce qui commande ». L’archaïsme ne désigne pas une chose en allée, mais une chose en attente ; non le dépassé mais le refoulé, non l’enseveli, mais le guetteur ; non l’endormi, mais le veilleur.

Chers amis, n’en doutons pas, notre salut, notre chance de renaissance est suspendue à l’intelligence de ce que nous avons été et que nous ne sommes plus.

Immigration : beaucoup de bruit pour rien

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Nous ne sommes pas encore sortis du feuilleton à rebondissements produit par Gérald Darmanin sur le projet de loi immigration – puisque le Conseil constitutionnel doit encore donner son avis (et la plupart des commentateurs s’attendent à ce qu’il censure certaines dispositions dites « fermes »).

Mais, d’ores et déjà, nous pouvons tirer un premier bilan de cette tragi-comédie.

Le premier élément de ce bilan est que la majorité est bel et bien minoritaire au parlement. Nous le savions, mais les oppositions n’ayant pas souvent réussi à se mettre d’accord pour le manifester, cela n’avait eu jusqu’ici que peu de conséquences.

Qu’en déduira Emmanuel Macron ? Nous n’en savons rien.

Si une nouvelle humiliation analogue à cette motion de rejet advenait, il est en tout cas possible qu’il envisage sérieusement la dissolution.

Auquel cas deux possibilités pourraient se dessiner. La première consisterait à imposer une cohabitation qui rendrait la nouvelle majorité comptable du bilan pour le moins terne de la Macronie. La seconde consisterait à créer une majorité élargie. Il n’est pas certain que cela soit possible ; il est moins certain encore que cette coalition emporte la majorité ; mais il est sûr que l’on ne pourrait pas faire de plus beau cadeau à LFI et au RN, probablement les seuls partis exclus de cette coalition.

Le deuxième élément de ce bilan est que la caste jacassante a un talent exceptionnel pour dramatiser des événements assez médiocres. Il faut beaucoup d’imagination pour supposer que cette loi, même si elle n’était pas censurée, changerait grand-chose à la politique (ou plutôt l’absence de politique) migratoire de la France.

Le numéro de la gauche appelant à la désobéissance civile peut éventuellement convaincre les journalistes complaisants que cette loi est, dixit M. Darmanin, « la plus ferme depuis des décennies », mais pas occulter la réalité : cette loi change peu les conditions d’immigration. Elle n’empêchera pas l’entrée annuelle de près de 500 000 immigrés dans notre pays ni la France de demeurer le plus attractif des pays développés pour l’immigration d’assistanat.

Je suis d’ailleurs fasciné de voir que tout le monde parle de l’importance de l’immigration pour notre économie, sans noter que nous avons des millions de chômeurs et que le taux de chômage des immigrés présents sur notre sol est deux fois supérieur à celui des Français !

On voit mal comment accueillir toujours plus d’immigrés pourrait apporter quoi que ce soit à l’économie française.

Mais le plus étonnant dans ce bilan est l’unanimité avec laquelle chacun s’est félicité de sa victoire.

Jean-Frédéric Poisson, le courageux président de Via, a écrit que tout le monde (à droite) avait perdu au vote de cette loi. Cela me semble plus proche de la réalité que les cocoricos entendus sur bon nombre de travées de l’hémicycle.

La majorité macroniste a explosé. Les LR ont eu bien du mal à se dégager une ligne commune et, bien que le texte final leur doive beaucoup, leurs électeurs se départiront difficilement d’une impression de « Tout ça pour ça ! ». Quant au RN, à supposer qu’il ait effectivement emporté une « victoire idéologique » comme il s’en est félicité, il a surtout subi l’inquiétant précédent d’être exclu de la représentation nationale par les comptes d’apothicaire d’Emmanuel Macron – montrant ainsi les limites de la « dédiabolisation ».

Au final, la société française est plus fracturée que jamais et ses dirigeants moins préoccupés que jamais par le sort du peuple français.

Ezéchiel et les exilés de la maison d’Israël

Michael D. O’Brien, né en 1948, un écrivain catholique à succès, artiste, essayiste et conférencier, vit à Ontario, au Canada, et est marié et père de six enfants. Ses romans, comme Une île au coeur du monde (2011), L’odyssée du père (2013), Étrangers et de passage (2017) ou Le phare (2021), tont été traduits dans une dizaine de langues. Le plus célèbre, Père Elijah : une apocalypse, a également été adapté en bande dessinée.

Dans cette fresque historique, dont le titre est tiré du psaume 136, Au bord des fleuves de Babylone (nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion), l’auteur livre un récit émouvant sur la mystérieuse figure du prophète Ézékiel, de son enfance à son service dans le Temple jusqu’à la captivité babylonienne, qui dura plus de 70 ans. Maçon, garçon simple et timide, Ézékiel n’est pas encore prêtre et ses visions n’ont pas commencé. Il s’affermit au milieu des exilés juifs qui luttent pour construire leur propre ville, pour rester fidèles à l’alliance de Dieu sans le Temple ni holocauste, et pour discerner les forces qui menacent de les diviser et d’éroder leur foi. Sa mission consistera à rallier son peuple à Dieu afin de le sauver, avant tout, de la destruction intérieure. O’Brien révèle un pan méconnu de l’histoire antique, mais aussi le lien profond qui unit la destinée du peuple d’Israël réduit en esclavage et celle des chrétiens d’aujourd’hui. Au bord des fleuves de Babylone, la puissance de la vie et de la foi transcende les ténèbres du monde. Le roman s’achève avec le début de la vision du prophète, racontée dans le début du Livre d’Ezéchiel.

En exil, les juifs, privés des rouleaux de la Torah, récitent de mémoire la Sainte Ecriture et les anciens enseignent la loi de Moïse aux exilés. Mais il se trouve des hérétiques pour réinterpréter la loi sacrée et certaines pages du roman présentent une actualité certaine :

C’est la voie d’une nouvelle compréhension, que nous offrons. C’est une nouvelle révélation. Nous ne nions pas les vérités du passé, mais nous voyons les limites de notre peuple qui vivait à cette époque. Ils ont vu des signe inhabituels et lésons interprétés du mieux qu’ils ont pu.

Et le mont Sinaï ? La voix du Seigneur y a transmis les dix commandements à Moïse et les tables ont été gravées par le doigt de Dieu.

C’est Moïse qui a écrit les tables.

Quoi ? murmure Siméon. Secoué, il recule.

“Je ne veux pas vous offenser, Siméon, mais essayez de comprendre qu’il s’agit d’un symbole, ce doigt de Dieu, une figure de style que Moïse a utilisée pour raconter ce qui lui est venu à l’esprit, une inspiration, si l’on veut.”

Les anciens sont tellement abasourdis que sur le coup, aucun d’entre eux n’est capable de prendre la parole.

“Les commandements doivent être compris sous un jour nouveau, poursuit le professeur avec douceur. Les jours où la vie est régie par les “doit” et les “ne doit pas” sont révolus. Aujourd’hui commence une nouvelle ère où tous les hommes seront libres de décider comment utiliser leur amour et leurs énergies.”

C’est là une pensée étrange; Qu’entend-il par “libre de décider” ? Que nous-mêmes pouvons juger ce qui est péché et ce qui ne l’est pas ? Puis il me vient à l’esprit que c’est peut-être cela même qui pousse ces enseignants à la distorsion.

Damnatio memoriae du pontificat de Joseph Ratzinger

Un an après la mort de Benoît XVI, il a été demandé au maître des célébrations liturgiques papales et au personnel de la sacristie papale : “Enlevez les armoiries de Benoît XVI des chasubles”.

C’est ainsi que les chasubles (des quatre couleurs liturgiques) ont été envoyées chez le tailleur pour remplacer les armoiries du défunt pontife.

Pourtant, tous les autres vêtements portant les armoiries de saint Paul VI, saint Jean XXIII ou saint Jean-Paul II se trouvent tous dans la sacristie pontificale et personne n’a jamais osé y toucher.

D’un point de vue économique, il s’agit aussi d’une dépense insensée. Il aurait été moins coûteux d’acheter des chasubles sans armoiries ou avec les armoiries du souverain pontife. Pourquoi donc procéder encore à cette damnatio memoriae du pontificat de Joseph Ratzinger ?

Le « Noël noir » nigérian

Le Point s’inquiète pour les chrétiens du Nigéria et d’ailleurs :

Le massacre de près de 200 chrétiens les 24 et 25 décembre au Nigeria a ému peu de monde en dehors des communautés décimées. Et pourtant, le « Noël noir » nigérian n’était pas un événement isolé, mais, au contraire, un signe des temps. Il a marqué le sinistre point culminant d’une année 2023 où les discriminations, les persécutions et les violences frappant ceux qui se réclament du Christ ont atteint un niveau inédit dans le monde.

Pays le plus peuplé d’Afrique avec 215 millions d’habitants, puissance pétrolière, démocratie imparfaite, le Nigeria est aussi une mosaïque ethnico-religieuse. Une insurrection djihadiste dans le Nord-Est, orchestrée par les terroristes de Boko Haram et de l’État islamique, a fait, depuis quinze ans, au moins 40 000 tués, musulmans modérés, chrétiens et animistes. L’insécurité s’étend peu à peu dans d’autres régions, notamment dans l’État du Plateau (centre), où des miliciens peuls ont perpétré la tuerie de Noël.

Les motivations djihadistes et antichrétiennes des bourreaux font peu de doute. La rivalité pour la terre entre éleveurs de bétail peuls et villageois chrétiens, aiguisée par le changement climatique qui accélère la désertification, a sans doute contribué à alimenter les tensions – cependant, elle ne les excuse en rien. Les victimes du dernier massacre n’ont pas été tuées à cause du réchauffement, mais bien parce qu’elles étaient chrétiennes.

Dans les années 1960, la ségrégation dont souffraient les chrétiens Ibos les avait conduits à proclamer l’indépendance de l’État du Biafra, dans le sud-ouest du Nigeria, avec le soutien de la France du général de Gaulle. La guerre abominable qui avait suivi avait causé 1 million de morts au bas mot, jusqu’à la défaite des sécessionnistes. Depuis lors, la cohabitation est tendue entre les fidèles des deux religions. Mais ces dernières années, à mesure que les djihadistes étendaient leur funeste influence, les incidents antichrétiens se multipliaient comme jamais. L’ONG nigériane InterSociety chiffre à quelque 4 500 le nombre de chrétiens tués en 2023 dans le pays. Les exemples sont légion, comme ce séminariste catholique, Na’aman Danlami, brûlé vif par des miliciens peuls le 7 septembre dernier. […]

“Un signe d’espérance au sein de l’immense déréliction d’un troupeau des fidèles qui a souvent l’impression d’être sans pasteurs”

De l’abbé Claude Barthe, dans Res Novae :

Du mal, Dieu peut providentiellement faire surgir un plus grand bien. La déclaration Fiducia supplicans du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, affirmant dans son n. 31 qu’« il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe » a créé une situation nouvelle : un nombre important d’évêques dans le monde, parfois des épiscopats entiers, ont fait savoir qu’ils ne recevaient pas cet enseignement officiel en rupture avec l’enseignement pérenne de l’Église et ont interdit à leurs prêtres de procéder à de telles bénédictions. C’est un signe d’espérance au sein de l’immense déréliction d’un troupeau des fidèles qui a souvent l’impression d’être sans pasteurs.

Deux remarques s’imposent :

1°/ On note que beaucoup de réactions épiscopales interdisent seulement à leur prêtres de bénir des couples homosexuels.

Cependant, il faut prendre garde au fait que refuser la bénédiction des couples de même sexe – qui causent assurément un très grand scandale – sans s’exprimer sur la bénédiction des couples irréguliers, tend à légitimer de facto ces « remariages ». Or, la demande de cette bénédiction, ou d’une prière, est de très loin la plus fréquente dans les paroisses. C’est à elle surtout que sont confrontés les curés. Un nombre non négligeable d’entre eux acceptent de bénir les couples irréguliers dans un cadre familial ou même à l’église sans être condamnés ni même rappelés à l’ordre. Il faut donc saluer les réactions épiscopales, comme celle de l’épiscopat de Hongrie, qui visent tant les bénédictions de couples du même sexe que celles des couples non mariés validement.

2°/ On constate ainsi, à l’occasion de ces déclarations épiscopales, que les atteintes à la doctrine morale de l’Église provoquent plus aisément de salutaires réactions que d’autres infléchissements doctrinaux, comme ceux qu’on a pu noter à l’occasion du concile Vatican II et qui ont été confirmés par l’enseignement postérieur.

Pourtant, les bouleversements de l’ecclésiologie, tels que la doctrine de la liberté religieuse ou celle de l’œcuménisme, ont été de bien plus grande conséquence du point de vue de la compréhension que l’Église a d’elle-même et de sa mission que la déclaration Fiducia supplicans ou que l’exhortation Amoris lætitia.

Ce sont d’ailleurs ces inflexions ecclésiologiques majeures qui ont permis ensuite, comme une deuxième étape, celles concernant la morale, dans la mesure où elles ont ouvert la possibilité d’un enseignement officiel qui ne s’estime pas obligé à une cohérence rigoureuse avec le magistère antérieur.

Ces deux points précisés, il faut saluer dans l’action de grâces le fait que, pour la première fois depuis Vatican II, des cardinaux et des évêques en exercice ont publiquement protesté contre un enseignement officiel qui n’est pas en adéquation avec la transmission ininterrompue de la Révélation par le magistère de l’Église

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