Laurent Dandrieu : pape et migrants, “une forme d’irresponsabilité”
Alors que le pape François quitte Marseille après une messe au stade Vélodrome et une dénonciation de “l’indifférence” des dirigeants européens face aux migrants, Laurent Dandrieu, auteur de “Eglise et immigration, le grand malaise“, aux presses de la Renaissance, décrypte pour Boulevard Voltaire cette position du Saint Père dans un pays frappé par une immigration massive.
“Le pape est dans son rôle quand il considère les migrants comme des personnes, explique Laurent Dandrieu, mais c’est problématique quand il cultive une cécité volontaire sur la dimension collective du phénomène et s’interdit d’en analyser les conséquences économiques, culturelles, sociales et religieuses”.
Appel au rassemblement pour le Haut-Karabagh, jeudi 28 septembre
De Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient :
“Ce qui se passe au Haut-Karabagh est d’une extrême gravité. Des solutions pouvaient être trouvées par le dialogue, par une négociation, par le respect des personnes, le respect du peuple arménien qui a tant souffert au long de son histoire, qui a subi des massacres et un terrible génocide. Et voici que de nouveau la violence se déchaine contre lui, rompant toute possibilité de dialogue, ignorant les appels internationaux à la paix et au respect des peuples.
Ce qui se passe est d’une gravité inouïe pour le peuple arménien bien sûr, en particulier pour ceux qui habitent au Haut-Karabagh, mais c’est d’une gravité pour la civilisation dans laquelle nous sommes, pour notre siècle. Nous ne pouvons pas rester silencieux devant ce drame.
Certes nous n’avons pas beaucoup de moyens, nous n’avons pas une armée à lancer pour les protéger, nous n’avons que nos mains, vides.
J’invite tous les Arméniens, tous les amis de l’Arménie, tous les hommes et les femmes de bonne volonté à se retrouver ce jeudi à 18h au Trocadéro, sur ce parvis des Droits de l’Homme pour un temps de mémoire, un temps de communion avec les Arméniens du Haut-Karabagh”.
Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient
Jeudi 28 septembre 2023 à 18h
Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro
🔴« Nous ne pouvons pas rester silencieux devant ce drame »
Mgr Gollnisch, directeur de L'@OeuvredOrient, invite tous les Arméniens et les amis de l'#Arménie à se retrouver ce jeudi à 18h au #Trocadéro pour un temps de «mémoire et de communion avec les Arméniens du #HautKarabakh» pic.twitter.com/R0tqFUTgdW— KTOTV (@KTOTV) September 23, 2023
L’évêque n’est pas un quelconque haut-fonctionnaire de l’institution, qui n’aurait plus de vision et de responsabilité ecclésiale
Antoine Bordier a interrogé Marc Fromager, à propos de la situation dans le diocèse de Toulon :
Rappelez-nous ce qu’il se passe dans ce diocèse voisin de la cité phocéenne, à quelques jours de la visite du pape à Marseille, où se rendra Mgr Dominique Rey, l’évêque du diocèse concerné.
Le diocèse de Fréjus-Toulon est un des plus dynamiques de France, notamment, en termes d’initiatives missionnaires, de vision ecclésiale, de vocations sacerdotales et religieuses. L’année dernière pour la première fois, quelques jours avant les ordinations prévues comme d’habitude partout dans l’Eglise, fin juin, tout a été bloqué par le Vatican dans ce diocèse du Var. Cette année encore, il n’y a pas eu d’ordinations, ce qui signifie que les futurs ordinands attendent maintenant depuis deux ans une ordination qui ne vient, toujours, pas et pour laquelle ils sont laissés, ainsi que leurs familles et l’ensemble du diocèse, dans le plus grand désarroi.
C’est un scandale ?
Non, on ne peut pas le dire ainsi. Mais, c’est un sujet important et urgent. Très.
Avant d’entrer davantage dans le sujet, présentez-vous. Qui êtes-vous et pourquoi cette défense des séminaristes, de l’Eglise, vous tient-elle à coeur ?
J’ai toujours travaillé dans et pour l’Eglise. Tout d’abord à la Délégation catholique pour la Coopération, ensuite à la Communauté des Béatitudes, au diocèse de Nîmes, et, puis, j’ai dirigé longtemps l’Aide à l’Eglise en Détresse. Récemment, j’ai lancé la Mission Ismérie. Et, maintenant, je suis chez SOS Chrétiens d’Orient. Cela fait 32 ans que j’ai le privilège de servir l’Eglise.
Presqu’une vie entière, en somme, consacrée à l’Eglise ?
Oui, c’est vrai. Ce n’est pas courant de nos jours. C’est pour cela que j’aime profondément l’Eglise et que je la connais bien. Je rajouterai que, pour parler du sujet plus largement, et sans faire de cléricalisme, tout le monde peut aisément comprendre que la qualité des communautés paroissiales dépend en grande partie de la qualité de service (de la sainteté) des prêtres. Celle-ci ne s’apprend pas, mais on peut imaginer qu’elle soit facilitée et soutenue par une formation de haut vol. Sans les séminaristes, l’avenir de l’Eglise n’existe pas ou difficilement. Les séminaristes concentrent ainsi une partie presque visible de l’avenir de l’Eglise. Cette jeunesse, c’est le trésor le plus précieux de l’Eglise. Nous l’avons vue lors des JMJ de Lisbonne cet été. Cette jeunesse qui se donne à Dieu et aux hommes est belle ! Elle est héroïque, c’est la raison pour laquelle il faut lui apporter le plus grand soin, particulièrement sans doute dans les contrées comme les nôtres où les vocations se sont faites de plus en plus rares.
L’Eglise de France est touchée de plein fouet par la crise des vocations. Les chiffres sont affolants : entre 1945 et 2020, le nombre de prêtres a été divisé par 10. Ils sont, aujourd’hui, plus ou moins 5 000, de moins de 60 ans. Les pratiquants réguliers, eux aussi, sont en berne. Ils ne représentent plus que 2% à 3% de la population française. Est-ce inquiétant ?
Oui, c’est très inquiétant pour notre société qui a été construit sur des fondations chrétiennes. On le constate tous les jours. Notre société perd ses valeurs. Elle perd pied. A commencer par les valeurs familiales. L’Eglise a un rôle important à jouer sur le sujet. Les vocations naissent dans les familles.
Quels sont vos liens avec Mgr Dominique Rey, l’évêque de ce diocèse, qui subit une telle interdiction inédite dans l’histoire de l’Eglise ?
Je connais Mgr Rey depuis un certain nombre d’années. J’ai déjà participé avec lui à quelques voyages au Brésil, lors de la rencontre de communautés dites charismatiques. En Colombie, nous avons rencontré des communautés plutôt traditionnelles. Et au Proche-Orient, pour manifester notre proximité avec nos frères chrétiens d’Orient en grande souffrance, car ils persécutés. Nous avons beaucoup œuvré à leurs côtés. Et, nous continuons à le faire. J’ai, également, eu l’occasion de le rencontrer lors des différents évènements ecclésiaux : comme la Nuit des Témoins, un évènement annuel en soutien des chrétiens persécutés, la French Riviera Institute, etc.
L’année dernière, dans notre enquête publiée le 29 juin, nous faisions référence au communiqué que Mgr Rey publiait : « Dans l’attente des suites de ces échanges en cours avec les dicastères romains, il a été demandé de surseoir aux ordinations diaconales et sacerdotales prévues fin juin. » Combien de temps cette situation pourrait-elle, encore, durer ?
J’aimerais bien le savoir ! Et, je ne suis pas le seul. Tous, nous aimerions le savoir. Le prolongement inédit de cette apparente sanction et l’opacité dans laquelle nous sommes maintenus, quant au dénouement de cette surprenante incrimination, deviennent pesants. Nous ne sommes pas des moutons de panurge. La plupart des laïcs sont impliqués dans l’Eglise, nous finançons l’Eglise. Nous avons droit à des explications.
Certes, il faut croire que le Vatican a ses raisons, qui n’ont pas forcément à être toutes communiquées, mais à l’heure de l’inclusion, de la tolérance et de la charité fraternelle promue universellement par l’Eglise elle-même, un minimum de considération serait le bienvenu pour les fidèles, les séminaristes, les ordinands et leurs familles. N’oublions pas l’évêque qui souffre de cette situation, comme un père de famille qui ne pourrait plus offrir un avenir à ses enfants. Il est tout de même le successeur des apôtres, comme les autres évêques et cardinaux. Il n’est pas un quelconque haut-fonctionnaire de l’institution, qui n’aurait plus de vision et de responsabilité ecclésiale.
Que lui reproche-t-on, finalement, à Mgr Rey, selon vous ?
Aucune idée ! Il faudrait poser la question au saint Père. Certains ont évoqué le trop grand nombre d’ordinations – un comble. Mais on aimerait savoir d’où cela serait-il devenu une infraction ? D’autres avancent le trop grand nombre de vocations étrangères, le manque de discernement. Mais il n’y a pratiquement plus une seule paroisse en France qui n’accueille pas un ou plusieurs prêtres étrangers, la plupart venus d’Afrique. Certains, enfin, allèguent une trop grande bienveillance pour les milieux traditionnels, mais là encore, est-ce contraire au droit Canon ? Ou cela est-il devenu déplacé, voire déplaisant en haut lieu ? Mgr Rey aime l’Eglise et a consacré sa vie à la servir. Ses méthodes sont directes ? Il va très – trop – vite ? Seul celui qui ne fait rien ne fait pas d’erreurs, et encore ! In fine, que lui reproche-t-on ? De mettre en lumière par sa débordante énergie l’immobilisme de beaucoup de ses pairs ? Cela correspond bien à notre époque qui consacre l’éloge de la médiocrité : surtout, ne jamais faire de vagues !
Toujours lors de notre enquête, nous avions interrogé le célèbre Odon Vallet, l’expert-historien des religions. Il nous avait dit : « Quand l’Eglise parle de “ visite fraternelle ”, en réalité il faut comprendre une vraie mésentente entre Rome et Toulon. Mésentente qui peut paraître contradictoire au moment où le pape appelle à l’ouverture, et, à se rendre aux périphéries. Ce que semble faire Mgr Rey. Le pape est pressé de prendre ce genre de décisions, durant les probables derniers mois de son pontificat. » Qu’en pensez-vous ?
Je n’ai pas plus d’informations. Cela étant, si une visite qualifiée de « fraternelle » crée un tel désordre, je ne suis pas certain d’avoir tout compris dans Fratelli Tutti. Autrefois, on disait : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Parfois, on a l’impression, aujourd’hui, d’une injonction à la fraternité pour les autres mais pas pour notre prochain, que ce soit d’ailleurs au niveau religieux ou politique.
A quelques jours de la venue du pape François, quelles seraient vos raisons d’espérer en une fin de l’histoire qui se termine bien ? Le pape François, le cardinal Aveline et la Conférence des Evêques de France vont-ils prendre le risque de fermer le séminaire et de pousser à la démission Mgr Rey ? Il y a quelques semaines, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, à Lisbonne, devant 1,5 million de jeunes, le pape ouvrait les bras à tous les jeunes en disant : « Il y a de la place pour tous dans l’Eglise ». Va-t-il les rouvrir pour les jeunes du séminaire ?
On peut l’espérer ! Quoiqu’il en soit, une décision doit être prise. On ne peut pas rester indéfiniment dans ce flou qui ne semble pas très évangélique. « Que votre oui soit oui et que votre non soit non » a-t-on envie de dire.
Cela étant, il est peu probable que le sujet soit à l’ordre du jour lors de la visite du pape. Le saint Père a en effet répété avec insistance qu’il venait à Marseille et pas en France, ce qui semble exclure même les voisins les plus proches.
[Note du rédacteur] Information de dernière minute : selon Odon Vallet, « un entre-deux serait, finalement, trouvé. Et, Mgr Rey ne serait plus poussé à la démission. Un évêque co-adjuteur (NDLR : un adjoint-successeur) serait nommé à ses côtés. » Alors que Mgr Rey fêtera ses 71 ans, le 21 septembre, et qu’il devrait prendre sa retraite dans moins de 4 (pour ses 75 ans), l’obliger de démission serait, effectivement, la plus inopportune des solutions. Admettons, enfin, que les pensées de Dieu sont « impénétrables ». Celles du pape également !
Interview réalisée par Antoine Bordier
Avoir un discours très virulent envers l’immigration ne suffit pas : l’exemple de Meloni en Italie
Analyse d’
[…] Cependant, la position de Meloni a connu une inflexion de plus en plus notable depuis la fin de l’hiver dernier, en adoptant une position beaucoup plus compatible avec les attentes de la Commission européenne. Fin février, elle adoptait par exemple une loi facilitant l’immigration légale dans son pays, poussée par son patronat dénonçant un manque de main d’œuvre. Au printemps, elle soutenait le Pacte asile et immigration proposé de longue date par la Commission, dont la disposition principale consiste en un mécanisme de solidarité des pays européens envers ceux d’entre eux qui sont en première ligne de la vague, avec l’établissement de quotas de migrants à accueillir pour tous. Un tel système soulagerait en effet l’Italie mais crée des frictions au sein des droites nationales européennes, celles de pays intérieurs ne voulant évidemment pas se voir imposer des migrants par l’UE. C’est ainsi que Marine Le Pen s’est montrée particulièrement critique envers son alliée transalpine à cette occasion, dénonçant la mainmise de la Commission sur la Botte, notamment du fait des difficultés économiques de l’Italie qui attend un plan de relance de cent milliards de la part de l’Union.
Enfin, aux côtés de la présidente de la commission Ursula von der Leyen, Meloni a pris la tête d’un plan de négociation avec les pays d’Afrique du Nord et en premier lieu avec la Tunisie. Annoncé en juin et finalisé mi-juillet, le « partenariat global » entre l’Union et la Tunisie prévoit un plan d’aide d’un milliard sur plusieurs années, dont cent millions immédiatement. Le pays nord-africain recevra aussi des aides en nature comme des navires et des radars pour lutter plus efficacement contre l’immigration à ses frontières. En contrepartie, il doit accueillir les migrants refoulés vers ses côtes, même s’ils ne sont pas tunisiens. Quelques jours plus tard, la présidente du Conseil italien a cherché à élargir son initiative en invitant à Rome une batterie de chefs d’État et de responsables comme de nouveau le président de la Tunisie ainsi que ceux des Émirats arabes unis et de la Mauritanie pour étendre ce principe de coopération dans la lutte contre l’immigration illégale. Pompeusement nommée processus de Rome, cette stratégie qui n’a rien de révolutionnaire a le mérite de faire entrer la résolution du problème migratoire dans une perspective d’ensemble qui associe pays du Nord et du Sud.
Résultats marginaux
Ceci étant dit, on peut déplorer que ces négociations négligent l’essentiel. Si s’associer à la Commission peut paraître utile sur le court terme, elle reste le gendarme de l’Union européenne, toujours prête à sanctionner les pays qu’elle juge trop rudes dans leur lutte contre l’immigration. L’architecture intellectuelle de l’UE, fondée sur la centralité des droits humains et non sur la défense et le rayonnement d’une civilisation, interdit toute lutte vigoureuse donc efficace contre le phénomène migratoire. Dans l’impossibilité de changer la philosophie d’ensemble de l’Union, dont la CEDH énonce parfaitement les principes, le meilleur moyen de lutte contre l’immigration illégale semble pour les États de récupérer leur pleine souveraineté en la matière, c’est-à-dire de sortir de facto de l’espace Schengen, avec ou sans révision des traités. Sans prendre le risque de rompre avec Bruxelles, les dirigeants même les plus nationalistes seront condamnés à n’obtenir que des résultats marginaux.
Adveniat : former les intelligences pour aider à la reconstruction de la cité

Animés par le désir d’œuvrer à la Royauté Sociale du Christ, notre objectif est de transmettre la doctrine catholique. Nous voulons former les intelligences pour aider à la reconstruction de la cité.
Pour la 3ième année consécutive, nous lançons donc des cellules de formation à l’action catholique.
Ouverte à tous, cette formation permet d’allier travail de fond et convivialité.
Elle est centrée sur la doctrine du Christ Roi, doctrine énoncée dans l’encyclique Quas Primas par Pie XI en 1925, et merveilleusement explicitée par Jean Ousset dans son ouvrage à destination des laïcs catholiques « Pour qu’Il Règne ».
https://adveniatformation.wordpress.com/home/formation/notre-programme/
Dix-septième dimanche après la Pentecôte, Dimanche de l’amour de Dieu
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous célébrons, en ce dimanche 24 septembre, le dix-septième dimanche après la Pentecôte. Il est toutefois possible de chanter la messe de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dont la solennité, facultative, peut se faire en ce dernier dimanche de septembre. Allez ICI pour en écouter les chants et les commentaires.
► Introït : Justus es
Nous abordons avec le dix-septième dimanche après la Pentecôte la dernière partie de ce temps liturgique ; rappelons qu’il représente dans l’année la longue marche de l’Église depuis les Apôtres jusqu’à la fin des temps, et en ces derniers dimanches la pensée de l’Église se tourne de plus en plus vers le retour glorieux du Seigneur et le jugement dernier ; on en avait déjà eu un écho dans le Graduel du seizième dimanche, où une phrase annonçait qu’il paraîtrait dans sa majesté.
Un des thèmes que nous allons retrouver le plus souvent durant cette période, lié à la perspective du Jugement dernier, est celui de la justice et de la miséricorde, les deux attributs divins. C’est précisément le thème de l’Introït de ce dimanche, qui réunit deux versets du psaume 118, la longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté, que nous avons souvent rencontré, et qui reviendra à plusieurs reprises en ces derniers dimanches après la Pentecôte. Ces deux versets, très courts, ne se suivent pas dans le psaume et ont été ici rapprochés intentionnellement :
Justus es, Domine, et rectum judicium tuum; fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam.
Vous êtes juste, Seigneur, et votre jugement est droit ; traitez votre serviteur selon votre miséricorde.
La justice et la miséricorde semblent à première vue s’opposer : la justice nous condamne, la miséricorde nous sauve ; nous affirmons la première : justus es…, nous implorons la seconde : fac cum servo tuo… Mais en Dieu la justice et la miséricorde ne font qu’un, l’une ne va pas sans l’autre ; c’est ce qu’exprime la mélodie de cet Introït, très ramassée, qui fait de ces deux phrases littéraires une seule phrase musicale, avec une grande montée qui part en plein élan dès l’intonation et s’élève jusqu’au sommet sur les mots servo tuo, suivie d’une descente calme et progressive.
Le verset de cet Introït est bien entendu le premier du psaume 118 :
Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux qui s’avancent sans tache dans la voie de la loi du Seigneur.
► Graduel : Beata gens
Comme l’Introït, le Graduel du dix-septième dimanche après la Pentecôte est formé de deux versets de psaume qui ne se suivent pas dans le texte original et ont été ici rapprochés intentionnellement. Il s’agit cette fois du psaume 32, cantique de louange à la bonté et à la toute puissance du créateur, par lequel les Israélites célébraient le bonheur de faire partie du peuple élu :
Beata gens cujus est Dominus Deus eorum, populus, quem elegit in hereditatem sibi. Verbo Domini cæli firmati sunt, et spiritu oris ejus omnis virtus eorum.
Heureuse la nation dont le Seigneur est le Dieu, le peuple qu’il s’est choisi pour héritage. Par la parole du Seigneur les cieux ont été affermis, et par le souffle de sa bouche toute leur puissance.
Il faut entendre ici les cieux au sens cosmique : c’est tout l’univers qui chante son créateur, la parole verbum qui lui donne la vie, et le souffle spiritus qui lui donne la cohésion ; nous reconnaissons ce que le psalmiste annonçait sans le savoir, les trois personnes divines, le créateur, le verbe et l’esprit, et leur toute puissance agissante. Le peuple de Dieu, qui est maintenant l’Église, est également leur œuvre.
Ce Graduel, comme celui du septième dimanche après la Pentecôte, était déjà chanté le mercredi de la quatrième semaine de Carême, appelé férie des grands scrutins, car c’était le jour où l’on désignait dans l’église primitive les catéchumènes qui allaient recevoir le baptême à la Vigile pascale. « Le peuple que Dieu s’est choisi «, c’était eux, aujourd’hui ce sont tous les baptisés : heureux sommes nous d’en faire partie. Mais on ne peut s’empêcher en chantant ces mots de penser à la France, qui est actuellement si infidèle à sa vocation…
La mélodie exprime bien ce bonheur, cette reconnaissance et cette louange. Si elle ne comporte pas de grandes vocalises, elle est ample et développée, avec des montées pleines d’ardeur et des descentes très calmes. La première partie culmine sur le mot populus, très affirmé ; dans la deuxième partie, la première phrase bondit dès le départ et se tient dans les hauteurs, culminant sur le mot cæli, puis on retrouve les montées et descentes pleines de ferveur.
► Alléluia : Domine exaudi
Le texte de l’Alléluia du dix-septième dimanche après la Pentecôte est encore le premier verset d’un psaume ; il s’agit du psaume 101, auquel le Graduel du dimanche précédent était déjà emprunté. Mais il s’agissait alors d’un passage pris dans la dernière partie du psaume, chant d’espérance du peuple d’Israël exilé, alors que le début est un appel angoissé à l’aide divine :
Domine exaudi orationem meam et clamor meus ad te veniat.
Seigneur exaucez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
Ce verset est bien connu ; il revient continuellement dans la liturgie, en particulier avant certaines oraisons. Il s’agit d’un appel suppliant comme on en rencontre sans cesse, et il tranche sur les Alléluias des semaines précédentes, acclamations de louange à la majesté et à la toute puissance divine. Comme nous l’avons déjà constaté, un Alléluia n’est pas toujours joyeux.
Cependant la vocalise du mot alléluia, assez courte mais franchissant toute l’octave en une belle courbe élégante, pourrait se prêter à une expression joyeuse. Mais le verset est une supplication intense, culminant sur les deux mots exaudi et meus en deux montées très expressives.
► Offertoire : Oravi
Nous retrouvons dans l’Offertoire du dix-septième dimanche après la Pentecôte un des grands Offertoires de ce temps liturgique qui ne sont pas tirés des psaumes mais d’autres livres de l’Ancien Testament, comme nous en avons déjà trouvé au septième et au douzième dimanche, et nous retrouverons de plus en plus de textes analogues dans les chants du propre de ces derniers dimanches, Offertoires mais aussi Introïts. Ce sont souvent des prières du peuple d’Israël reconnaissant humblement qu’il a mérité par ses péchés les châtiments qui se sont abattus sur lui, et suppliant le Seigneur de le délivrer ; c’est toujours le thème de la justice et de la miséricorde que présentait l’Introït de cette messe.
L’Offertoire de ce dimanche est tiré du livre de Daniel ; nous avions déjà rencontré au septième dimanche la belle prière des trois jeunes Hébreux dans la fournaise, que nous retrouverons à l’Introït du vingtième. Ici c’est Daniel lui-même qui s’adresse au Seigneur en des circonstances analogues ; mais le texte de cet Offertoire ne reprend pas dans cette prière la partie d’humble reconnaissance des péchés, gardant seulement la partie suppliante :
Oravi Deum meum ego Daniel, dicens : Exaudi, Domine, preces servi tui ; illumina faciem tuam super sanctuarium tuum : et propitius intende populum istum, super quem invocatum est nomen tuum, Deus.
Moi, Daniel, j’ai prié mon Dieu en disant : Seigneur, exaucez les prières de votre serviteur ; faites briller votre visage sur votre sanctuaire, et tournez-vous avec bienveillance vers ce peuple sur lequel est invoqué votre nom, O Dieu !
L’expression « faites briller votre visage « que l’on rencontre assez souvent dans la Bible (voir la Communion du dimanche de la Septuagésime) signifie : montrez-vous favorable. De plus le texte de Daniel précise : sur votre sanctuaire dévasté, mot qui n’a pas été conservé dans l’Offertoire ; il s’agit donc du temple de Jérusalem abandonné et ruiné, que le peuple hébreu captif aspire à retrouver. Aujourd’hui le « sanctuaire dévasté « pour lequel nous prions c’est l’Église en proie à une crise douloureuse, et comme au Graduel nous ne pouvons nous empêcher de penser aussi à la France…
La mélodie de cet Offertoire est très mouvementée. La première phrase, qui n’est qu’un récit introductif, se tient dans le grave, exprimant l’humble attitude de Daniel devant Dieu. La prière proprement dite comporte trois phrases, qui commencent chacune par un grand élan vers l’aigu, plus développé dans la deuxième. La troisième est beaucoup plus longue que les deux autres, et, après l’élan initial à l’aigu, elle revient humblement dans le grave, enveloppant pour finir le nom divin d’une longue vocalise douce et contemplative.
► Communion : Vovete
Le texte de la Communion du dix-septième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 75, cantique d’action de grâces au Seigneur après une grande victoire remportée par le peuple d’Israël sur les rois et les puissants de ce monde qui refusaient de reconnaître le vrai Dieu ; tout le peuple était invité en une grande procession triomphale à venir apporter ses offrandes autour de l’autel en reconnaissance au Dieu tout puissant :
Vovete, et reddite Domino Deo vestro, omnes qui in circuitu ejus affertis munera ; terribili, et ei qui aufert spiritum principum : terribili apud omnes reges terræ.
Faites des vœux et acquittez-les au Seigneur votre Dieu, vous qui l’entourez en apportant vos présents, à ce Dieu redoutable, lui qui enlève la vie aux puissants, redoutable devant tous les rois de la terre.
Au moment de la communion, nous venons aussi en procession nous offrir au Christ qui a emporté la victoire sur Satan et qui nous soutient dans notre combat. La mélodie, solennelle et pleine de mouvement, est vraiment celle d’une procession triomphale. On notera le contraste entre les deux terribili : le premier s’élance hardiment dans l’aigu, où toute la phrase se tient ensuite avec une joyeuse assurance ; le second au contraire amorce une descente de la mélodie dans le grave, pleine d’autorité, avant qu’elle ne remonte avec force pour la cadence finale.
La France, l’Europe ont besoin de la grâce d’un nouveau tressaillement de foi
Homélie du pape à Marseille, ce jour à Marseille :
On raconte dans les Écritures que le roi David, ayant établi son royaume, décida de transporter l’Arche d’Alliance à Jérusalem. Après avoir convoqué le peuple, il se leva et partit pour aller la prendre. Sur le trajet, il dansait devant elle avec le peuple, exultant de joie à la présence du Seigneur (2 S 6, 1-15). C’est avec cette scène en arrière-plan que l’évangéliste Luc nous raconte la visite de Marie à sa cousine Élisabeth : Marie elle aussi se lève et part vers la région de Jérusalem et, lorsqu’elle entre dans la maison d’Élisabeth, l’enfant que celle-ci porte en son sein, tressaille de joie en reconnaissant l’arrivée du Messie, se met à danser comme le fit David devant l’Arche (cf. Lc 1, 39-45).
Marie est donc présentée comme la véritable Arche d’Alliance qui introduit le Seigneur incarné dans le monde. Elle est la jeune Vierge qui va à la rencontre de la vieille femme stérile et, en portant Jésus, elle devient le signe de la visite de Dieu vainqueur de toute stérilité. Elle est la Mère qui monte vers les montagnes de Juda pour nous dire que Dieu se met en route vers nous, pour nous chercher avec son amour et nous faire exulter de joie. C’est Dieu qui se met en route.
Chez ces deux femmes, Marie et Élisabeth, la visite de Dieu se dévoile à l’humanité : l’une est jeune et l’autre âgée, l’une est vierge et l’autre stérile, et pourtant elles sont toutes deux enceintes alors que c’est “impossible”. Telle est l’œuvre de Dieu dans notre vie : Il rend possible même ce qui semble impossible, Il engendre la vie, même dans la stérilité.
Frères et sœurs, demandons-nous avec sincérité de cœur : croyons-nous que Dieu est à l’œuvre dans notre vie ? Croyons-nous que le Seigneur, de manière cachée et souvent imprévisible, agit dans l’histoire, accomplit des merveilles et est à l’œuvre également dans nos sociétés marquées par le sécularisme mondain et par une certaine indifférence religieuse ?
Il y a un moyen de discerner si nous avons cette confiance dans le Seigneur. Quel est ce moyen ? L’Évangile dit que « lorsqu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle » (v.41). Voilà le signe : tressaillir. Celui qui croit, qui prie, qui accueille le Seigneur tressaille dans l’Esprit, sent que quelque chose bouge à l’intérieur, il “danse” de joie. Et je voudrais m’arrêter sur cela : le tressaillement de la foi.
L’expérience de foi provoque avant tout un tressaillement devant la vie. Tressaillir c’est être “touché à l’intérieur”, avoir un frémissement intérieur, sentir que quelque chose bouge dans notre cœur. C’est le contraire d’un cœur plat, froid, installé dans la vie tranquille, qui se blinde dans l’indifférence et devient imperméable, qui s’endurcit, insensible à toute chose et à tout le monde, même au tragique rejet de la vie humaine qui est aujourd’hui refusée à nombre de personnes qui émigrent, à nombre d’enfants qui ne sont pas encore nés, et à nombre de personnes âgées abandonnées. Un cœur froid et plat traîne la vie de manière mécanique, sans passion, sans élan, sans désir. Et on peut tomber malade de tout cela dans notre société européenne : le cynisme, le désenchantement, la résignation, l’incertitude, un sentiment général de tristesse – tout à la fois : la tristesse, cette tristesse dissimulée dans les cœurs -. Quelqu’un les a appelées “passions tristes” : c’est une vie sans tressaillement.
Celui qui est né à la foi, en revanche, reconnaît la présence du Seigneur, comme l’enfant dans le sein d’Élisabeth. Il reconnaît son œuvre dans le fleurissement des jours et il reçoit un regard nouveau pour voir la réalité. Même au milieu des difficultés, des problèmes et des souffrances, il perçoit quotidiennement la visite de Dieu et se sent accompagné et soutenu par Lui. Face au mystère de la vie personnelle et aux défis de la société, celui qui croit connaît un tressaillement, une passion, un rêve à cultiver, un intérêt qui pousse à s’engager personnellement. Maintenant, chacun d’entre nous peut se demander : est-ce que je ressens ces choses ? Est-ce que j’ai ces choses ? Celui qui est ainsi sait que le Seigneur est présent en toute chose, qu’il appelle, qu’il invite à témoigner de l’Évangile pour édifier avec douceur, à travers les dons et les charismes reçus, un monde nouveau.
L’expérience de la foi, en plus d’un tressaillement devant la vie, provoque aussi un tressaillement devant le prochain. Dans le mystère de la Visitation, en effet, nous voyons que la visite de Dieu n’a pas lieu à travers des événements célestes extraordinaires, mais dans la simplicité d’une rencontre. Dieu vient sur le seuil d’une maison de famille, dans la tendre étreinte entre deux femmes, dans le croisement de deux grossesses pleines d’émerveillement et d’espérance. Et, dans cette rencontre, il y a la sollicitude de Marie, l’émerveillement d’Élisabeth, la joie du partage.
Rappelons-le toujours, même dans l’Église : Dieu est relation et souvent il nous rend visite à travers des rencontres humaines, quand nous savons nous ouvrir à l’autre, quand il y a un tressaillement pour la vie de ceux qui passent chaque jour à nos côtés et quand notre cœur ne reste pas impassible et insensible devant les blessures de ceux qui sont les plus fragiles. Nos villes métropolitaines, et tant de pays européens comme la France où coexistent des cultures et des religions différentes, sont en ce sens un grand défi contre les exacerbations de l’individualisme, contre les égoïsmes et les fermetures qui produisent solitudes et souffrances. Apprenons de Jésus à éprouver des frémissements pour ceux qui vivent à nos côtés, apprenons de Lui qui, devant les foules fatiguées et épuisées, ressent de la compassion et s’émeut (cf. Mc 6, 34), tressaille de miséricorde devant la chair blessée de ceux qu’il rencontre. Comme l’affirme votre grand saint, Vincent de Paul, « il faut tâcher d’attendrir nos cœurs et de les rendre susceptibles des souffrances et des misères du prochain, et prier Dieu qu’il nous donne le véritable esprit de miséricorde, qui est le propre esprit de Dieu », jusqu’à reconnaître que les pauvres sont « nos seigneurs et maîtres » (Correspondance, entretiens, documents,Paris 1920-25, p. 341 ; pp. 392-393).
Frères, sœurs, je pense aux nombreux “tressaillements” qu’a connus la France, à son histoire riche de sainteté, de culture, d’artistes et de penseurs qui ont passionné tant de générations. Aujourd’hui encore, notre vie, la vie de l’Église, la France, l’Europe ont besoin de cela : de la grâce d’un tressaillement, d’un nouveau tressaillement de foi, de charité et d’espérance. Nous avons besoin de retrouver passion et enthousiasme, de redécouvrir le goût de l’engagement pour la fraternité, d’oser encore le risque de l’amour dans les familles et envers les plus faibles, et de retrouver dans l’Évangile une grâce qui transforme et rend belle la vie.
Regardons Marie qui se dérange en se mettant en route et qui nous enseigne que Dieu est précisément come cela : il nous dérange, il nous met en mouvement, il nous fait “tressaillir”, comme avec Élisabeth. Et nous voulons être des chrétiens qui rencontrent Dieu par la prière et nos frères par l’amour, des chrétiens qui tressaillent, vibrent, accueillent le feu de l’Esprit pour se laisser brûler par les questions d’aujourd’hui, par les défis de la Méditerranée, par le cri des pauvres, par les “saintes utopies” de fraternité et de paix qui attendent d’être réalisées.
Frères et sœurs, avec vous, je prie la Vierge, Notre-Dame de la Garde, de veiller sur votre vie, de garder la France, de garder toute l’Europe, et de nous faire tressaillir dans l’Esprit. Et je voudrais le faire avec les paroles de Paul Claudel :
« Je vois l’église ouverte. […]
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela :
Que je suis votre fils et que vous êtes là. […]
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes […]
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée ! »
(« La Vierge à midi », Poèmes de Guerre 1914-1916, Paris, 1922).
Immigration : à propos de la visite de François à Marseille en France
Bernard Antony, président de l’AGRIF, fondateur de Chrétienté-Solidarité, directeur de la revue Reconquête, communique :
Les plus indulgents des fidèles catholiques de Provence et de France peuvent certes penser qu’en usant de la formule selon laquelle il ne venait « pas en France mais à Marseille », le pape François a tout simplement voulu exprimer sa reconnaissance de la spécificité historique de notre grande ville française du midi.
Mais, devant son insistance un peu appuyée à distinguer la ville de la nation, d’autres ont pu y voir un trait de cette rouerie dont il s’attribua lui-même la marque (« un poco furbo ») au début de son pontificat.
En l’occurrence, une rouerie à but idéologique un peu regrettable pour considérer Marseille en dehors de son appartenance et de son apport à l’identité française ?
François n’aimerait-il pas la France ainsi que certains l’écrivent ? On veut espérer que ce n’est pas le cas.
Mais fallait-il attendre de ce pontife, marqué par une pensée politique tiers-mondiste non sans empreinte marxiste, qu’il saluerait en la capitale de la Provence la fille de la civilisation dont les phares furent Athènes, Rome et Jérusalem et plus tard, Paris ?
François, on le sait, est venu à Marseille pour exprimer la doctrine de la charité chrétienne sur l’immigration.
Mais la Providence fait que sa venue coïncide avec les affrontements sanglants qui, une fois de plus, secouent le Liban dans le plus grand de ses camps palestiniens que nous connaissons bien, celui d’Aïn el-Héloué, au sud de Beyrouth.
Or, comment ne pas rappeler que le Liban, depuis plus d’un demi-siècle, n’a cessé de payer au prix de dizaines de milliers de victimes son accueil, trop peu contrôlé, de centaines de milliers de réfugiés palestiniens, dont beaucoup se comportèrent ensuite comme d’impitoyables conquérants ?
La charité en politique, très Saint-Père, ne consiste-t-elle pas aussi et d’abord à veiller à ne pas imposer à nos peuples des conditions semblables à celles qui en ont ensanglanté d’autres ?
Comment en particulier ne pas considérer les menaces de l’islamisme terroriste progressant sous le couvert de l’islam ? Cet islam tour à tour « patte blanche » et « mains rouges ».
Ne serait-ce pas le fait d’une gravissime inversion de l’esprit de charité que de ne pas s’inquiéter de ce que peut causer de massacres et de désastres l’acceptation d’immigrations non choisies ?
François, pour sa part, ne s’est-il pas contenté de ramener à Rome (au Vatican ?) quelques immigrés dûment choisis ?
L’Egypte interdit le niqab à l’école
Le débat sur l’habillement des jeunes filles et des femmes musulmanes ne se limite pas à la France ou aux pays européens. La semaine dernière, le ministère égyptien de l’éducation a interdit le port du niqab (le voile qui couvre également le visage, ne laissant que les yeux découverts) dans les écoles publiques et les établissements d’enseignement de l’Azhar. Cette interdiction concerne les étudiantes, mais pas les enseignantes.
Le journal gouvernemental égyptien al-Ahram a tenté de justifier cette décision ministérielle en retraçant brièvement les étapes qui ont conduit à cette décision. En effet, ce n’est pas la première fois que la question du niqab est soulevée en Egypte. Dans les années 1990, le même ministère avait tenté, sans succès, de bannir le voile intégral en l’interdisant à la fois aux enseignants et aux étudiantes, au motif que la dissimulation du visage empêche la communication entre les deux parties. En 2009, le niqab avait également été critiqué par le grand imam de la mosquée al-Azhar de l’époque, Shaykh Sayyid Tantawi, qui avait expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un vêtement imposé par la religion islamique. Cette prise de position lui avait valu d’être accusé de soutenir l’ancien président français Nicolas Sarkozy, qui avait entre-temps déclaré la guerre au niqab en France. Aujourd’hui comme hier, la décision du ministère d’abolir le niqab dans les écoles a été applaudie par certaines personnalités de l’Azhar, dont Ahmed Karima, professeur de jurisprudence comparée, pour qui le voile intégral n’est pas obligatoire mais relève d’un libre choix personnel. Jusqu’à présent, cependant, il n’y a pas eu de réaction de la part du Grand Imam Ahmad al-Tayyib.
Outre l’interdiction du niqab pour les étudiantes, la règle ministérielle réglemente également le port du hijab, le voile qui couvre les cheveux mais laisse le visage découvert. Selon cette disposition, une étudiante peut porter le hijab à condition qu’elle le fasse de son plein gré et que son tuteur en ait été informé.
Pour al-‘Arab, quotidien proche des Emiratis et hostile à l’islamisme, l’interdiction du niqab dans les écoles “est le premier pas dans l’opposition aux salafistes”. L’ancien parlementaire égyptien Muhammad Abu Hamid en appelle aux institutions religieuses officielles, qui devraient jouer leur rôle dans la bataille contre le voile intégral car “le gouvernement ne peut pas mener une bataille sur une question jurisprudentielle sans avoir une couverture religieuse pour la soutenir en apportant des preuves et des indices confirmant l’absence de relation entre le niqab, la pudeur et la charia”. Et il accuse Al-Azhar d’aborder la question du niqab avec “deux poids, deux mesures” : d’une part, il nie l’existence d’une relation entre ce vêtement et la charia et le considère comme une coutume, mais d’autre part, il en autorise le port dans ses facultés.
L’article publié par al-Quds al-Arabi va dans le sens contraire. L’objectif du gouvernement était de s’en prendre aux salafistes. Al-Nur, le principal parti salafiste égyptien, a annoncé qu’il ferait appel à la justice et au parlement égyptiens car la décision “viole la Constitution et la référence à la charia islamique dans l’article 2, ainsi que les articles établissant le devoir de préserver la liberté personnelle”. La décision ministérielle contredit “beaucoup de preuves claires” (adilla), explique un représentant d’al-Nur ; les oulémas sont d’accord pour dire que ce vêtement est licite ; ils sont même divisés sur la question de savoir si le niqab est obligatoire ou non. Cette disposition, explique-t-il, est la dernière d’une série d’attaques, y compris la décision de supprimer les versets coraniques et les hadiths, les récits des prophètes, des messagers et des compagnons du Prophète, des manuels scolaires.
“Dans les pas de la laïcité française”, titrait plutôt al-Jazeera. Le journaliste égyptien Muhammad ‘Abd al-Shakur se moque du ministre de l’éducation, qui pense résoudre les problèmes du système scolaire égyptien en interdisant aux étudiantes de porter le niqab. Se lançant dans une diatribe, le journaliste note que cette décision intervient quelques jours seulement après la décision française d’interdire l’abaya dans les écoles. La France considère que l’État est laïque et que le hijab, le niqab et l’abaya sont contraires à la laïcité ; le ministre égyptien de l’éducation de l’État islamique d’Égypte, ainsi que le pays d’al-Azhar, considèrent-ils que l’Égypte est également laïque au point d’interdire le niqab ? demande al-Shakur avec sarcasme, ajoutant que les problèmes qui affectent les écoles depuis des années demeurent cependant : la surcharge des classes, le manque d’enseignants, la faible qualité de l’enseignement, le problème des leçons privées auxquelles ont recours ceux qui en ont les moyens, et le prix prohibitif des textes étrangers.
“La perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer”
Extrait du discours du pape François, lors de la session conclusive des rencontres méditerranéennes :
Qui écoute les gémissements des personnes âgées isolées qui, au lieu d’être valorisées, sont parquées dans la perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer ? Qui pense aux enfants à naître, rejetés au nom d’un faux droit au progrès, qui est au contraire une régression de l’individu ? Aujourd’hui, nous avons le drame de confondre les enfants avec les petits chiens. Mon secrétaire me disait qu’en passant par la place Saint-Pierre, il avait vu des femmes qui portaient des enfants dans des poussettes… mais ce n’étaient pas des enfants, c’étaient des petits chiens ! Cette confusion nous dit quelque chose de mauvais. Qui regarde avec compassion au-delà de ses frontières pour entendre les cris de douleur qui montent d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Combien de personnes vivent plongées dans les violences et souffrent de situations d’injustice et de persécution ! Et je pense à tant de chrétiens, souvent contraints de quitter leur terre ou d’y vivre sans que leurs droits soient reconnus, sans qu’ils jouissent d’une citoyenneté à part entière. S’il vous plaît, engageons-nous pour que ceux qui font partie de la société puissent en devenir les citoyens de plein droit.
Propagande : France Télévision a déjà programmé 2 soirées pro-euthanasie
De l’équipe de Tout mais pas ça :
Le temps de la rentrée est achevé, chacun a dû retrouver les rails de son quotidien, une nouvelle phase du débat sur la fin de vie en France s’amorce.
L’essentiel est connu : le président de la République Emmanuel Macron et deux ministres du gouvernement Borne (Aurélien Rousseau nouveau ministre de la santé, et Agnès Firmin Le Bodo ministre déléguée aux professionnels de santé, chargée du projet) finalisent ces jours-ci la rédaction du texte légalisant l’euthanasie ou le suicide assisté en France.
On connait aussi deux soirées sur France Télévision qui vont être consacrées à promouvoir cette légalisation : mardi prochain 26 septembre (diffusion d’un documentaire sur France 5) et mardi 11 octobre (émission sur France 2). En prime time.
Seule réelle inconnue au moment où ces lignes sont écrites : à quelle date sera inscrite le projet de loi à l’ordre du jour du Parlement, après sa présentation en Conseil des ministres ?
Quel que soit le calendrier (certains pensent que le débat parlementaire est envisagé pour début 2024), notre mobilisation Tout Mais Pas ça ! continue.
Une nouvelle modalité d’engagement citoyen vous sera proposée : une sensibilisation dans la rue, dans les semaines à venir.
L’urgence est à l’organisation.
Jacques Attali découvre les frontières
Jacques Attali a fustigé mercredi soir sur le plateau de C ce soir
«l’idéologie ultralibérale de la concurrence qui a interdit à l’Europe d’avoir une politique industrielle».
En ce sens, il a regretté que l’Europe soit devenue «une passoire» notamment «aux investissements et aux produits étrangers».
«La question des frontières est essentielle. Dans l’idéologie européenne depuis 1958, on a tout fait pour détruire les frontières internes, très bien, mais aussi externes».
Jeudi, il a publié une note sur son blog dénonçant les «lacunes majeures» du projet européen et évoquant «le refus obstiné des pères fondateurs de définir des frontières, et de se donner les moyens de les faire respecter». Face aux accusations d’incohérence, Jacques Attali s’est fendu d’un tweet.
«Si vous faisiez l’effort de me lire, vous sauriez que j’ai toujours défendu l’idée de frontières externes de l’Europe et d’une politique industrielle commune».
Pourtant, comme le relève Marianne , l’écrivain écrivait dans les colonnes du Monde en 1992 plaidait :
«Pour que la démocratie ne soit pas un frein au développement, elle doit être sans frontières sinon on aura la frontière sans la démocratie. Telle est la nouvelle utopie, le nouveau projet de civilisation, démocratie sans frontières, où les institutions n’exigent ni État fort ni frontière limitative.»
En 2015, en pleine crise migratoire, Jacques Attali s’opposait à la renégociation des accords de Schengen en déclarant notamment :
«Quand il s’agit d’avancer, il faut d’abord ne pas reculer dans la réinstallation des frontières, là où on a réussi à les faire disparaître.»
“Y’a des gens qui sont là depuis 1000 ans et qui ont envie d’être là encore 1000 ans, et qui n’ont pas envie d’être métissés. Ils n’ont pas envie d’êtres submergés. Ils n’ont pas envie d’êtres remplacés.” Éric #Zemmour pic.twitter.com/VdilD2lNvT
— Claudy2 🇫🇷 ✝ ⚜️ (@ClaudyT2) March 17, 2019
Défense de l’abaya à l’ONU : les experts de l’ONU reçoivent de plus en plus d’argent d’origine islamique
Le 19 septembre, le Secrétaire général des Nations unies, António Gutterres, s’est opposé à l’interdiction de l’abaya à l’école. Le juriste Nicolas Bauer, expert au European Centre for Law and Justice (ECLJ), Nréagit dans Le Figaro :
Devant des représentants des États du monde entier, le Secrétaire général des Nations unies (ONU) a fustigé l’interdiction de l’abaya dans les écoles publiques. António Guterres, Portugais, s’est exprimé en français en ciblant implicitement la France. Il a déclaré:
« Dans certains pays, les femmes et les filles sont punies parce qu’elles portent trop de vêtements. Dans d’autres, parce qu’elles n’en portent pas assez ».
M. Guterres aurait pu préciser que la «punition» pour port de l’abaya dans une école française est disciplinaire, après une phase de «dialogue» avec l’élève, alors qu’une femme non voilée dans une rue iranienne s’expose à dix années de prison.
Le plus haut fonctionnaire de l’ONU a terminé son allocution sur l’abaya par un appel à la révolte, au nom des « droits des femmes»:
« les filles et les femmes défient le patriarcat et triomphent. Je suis à leurs côtés ».
Par ce discours, le Secrétaire général de l’ONU a préféré les formules grandiloquentes à la réalité. Il est factuellement et juridiquement faux d’affirmer qu’en France « les femmes et les filles sont punies parce qu’elles portent trop de vêtements ». Ce n’est le sens ni de la loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques, ni de la récente «note de service» du ministre de l’Éducation nationale sur l’application de cette loi.
Les écolières, les collégiennes et les lycéennes peuvent tout à fait porter des jupes ou des robes longues. La vertu de pudeur peut être exercée librement, par les modes vestimentaires existant en Europe depuis des siècles. Les jeunes filles françaises n’ont pas attendu l’importation de l’abaya pour préserver leur corps et leurs formes.
Il n’est pas non plus question de sanctionner une femme qui porterait «trop de vêtements». La loi n’interdit pas de porter des pulls en laine ou un bonnet dans la cour de récréation.
La question posée par l’abaya n’est pas celle de la longueur de la robe ou de la quantité de vêtements. C’est celle de l’instrumentalisation d’une mode arabe pour promouvoir l’islam au sein des écoles publiques. Le choix vestimentaire de l’abaya est devenu, depuis un peu plus d’un an, une provocation culturelle et religieuse.
C’est à ce phénomène que le gouvernement a voulu répondre en interdisant l’abaya en milieu scolaire. Cette décision n’a rien à voir avec le «patriarcat» que le Secrétaire général de l’ONU appelle à «défier». Il s’agit de mettre un frein à l’islamisation des écoles françaises.
D’autres représentants ou instances de l’ONU avaient déjà critiqué la France pour ses restrictions en matière de vêtements religieux. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a classé ces restrictions parmi ses «principaux sujets de préoccupation et recommandations». Il a aussi donné raison à des femmes portant le niqab dans l’espace public et contestant la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage.
Les experts de l’ONU, qui collectent leurs propres fonds, reçoivent de plus en plus d’argent d’origine islamique, notamment du Qatar. Ces financements dits «extrabudgétaires» influencent le travail de ces experts, comme l’a montré le rapport de l’ECLJ sur «Le financement des experts de l’ONU» (2021).
L’expert mandaté par l’ONU pour promouvoir la liberté de religion, Ahmed Shaheed, avait considéré que les lois françaises sur les vêtements religieux étaient « islamophobes ». Son rapport sur le sujet, intitulé «Combattre l’islamophobie» (2021), reprenait à son compte le «Programme d’action» de la puissante Organisation de la coopération islamique (OCI). M. Shaheed est d’ailleurs l’un des rares experts de l’ONU à refuser de déclarer l’origine de ses financements.
L’OCI, qui regroupe 57 États musulmans, a encore obtenu une victoire politique à l’ONU en juillet 2023. Alors qu’un réfugié irakien avait brûlé un coran en Suède, l’OCI a proposé la tenue d’un débat d’urgence sur « la profanation récurrente du Saint Coran ». Ce débat a abouti au vote d’une résolution du Conseil des droits de l’homme appelant à la sanction de la « profanation du Saint Coran», soit l’équivalent d’un délit de blasphème contre l’islam.
Antonio Gutterres n’est donc pas le premier représentant de l’ONU à relayer la propagande islamiste. Mais en incitant les jeunes filles à résister à l’interdiction de l’abaya, il monte d’un cran. Le gouvernement a le devoir de réagir publiquement à cette attaque.
Une nouvelle retraite, pour mères de famille
Proposée par l’Œuvre des retraites (FSSP) du 27 au 31 octobre, il s’agit des retraites « mater laetitiae », destinées aux mères de famille ayant encore des enfants à élever, les enseignements étant axés sur la sanctification dans et par leur état d’épouse et de maman.
Ces retraites durent 4 petits jours, du vendredi soir au mardi en fin de matinée et sont prêchées par l’abbé Vernier qui organise régulièrement depuis son ordination des récollections pour femmes.
Ces retraites sont conçues comme un temps de ressourcement tant spirituel que physique, d’où un rythme allégé comparé à beaucoup d’autres propositions du même type.
Au programme, chaque jour: Trois enseignements de 55 minutes, messe, temps d’entretien personnel avec le prêtre, table ronde guidée sur des thèmes en lien avec le couple, la famille ou l’éducation.
Inscriptions et plus d’informations pour cette première édition, du 27 au 31 octobre, ici
Le député Caron scolarise son enfant à Versailles et se plaint des fermetures de classes à Paris
Le député Nupes Aymeric Caron, élu du 18e arrondissement de Paris, s’était plaint en février de la fermeture de classes à Paris :

On apprend cette semaine que c’est un peu de sa faute, puisqu’il scolarise son enfant à Versailles, où il se fait remarquer :
Pour la troisième fois depuis le début de l’année, le député de la 18e circonscription de Paris, Aymeric Caron s’est introduit de force dans l’école maternelle de son fils à Versailles pour y déposer son fils en retard. Malgré les injonctions de la directrice, l’élu s’est directement rendu dans la classe de son enfant, une pratique pourtant interdite par le règlement de l’école. Il s’agit du troisième incident de ce type depuis le début de l’année scolaire concernant l’élu Insoumis. Contactée par la directrice de l’école maternelle, la police s’est rendue dans l’école, mais le député avait déjà quitté les lieux. Le personnel déplore une pratique courante de la part du député LFI. L’année dernière déjà, Aymeric Caron s’était à plusieurs reprises introduit de force et illégalement dans l’école.
Secret pontifical : une tentative de contrôle du Synode ?
Nouvelle saison des émissions du Club des Hommes en noir :
Discrimination LGBT à Rennes
La municipalité de Rennes veut « simplifier » les attributions de subventions aux associations sportives… et elle a révisé ses calculs en pratiquant la discrimination LGBT :
« En ce qui concerne le critère des effectifs des pratiquants, la catégorie sexe a laissé place à une catégorie genre qui propose des cases « non-binaire majeur » et « non binaire mineur » en sus des traditionnelles « femme majeur », « femme mineur », « homme majeur » et « homme mineur ». Certains coefficients ont également été revus à la hausse permettant notamment d’attribuer des subventions plus conséquentes aux clubs qui inscriront des filles et des mineurs non binaire »
Les clubs qui déclareront des enfants « non binaires » bénéficieront de plus de subventions que ceux qui déclareront simplement des garçons ou des filles. Il s’agit donc d’une incitation à dire aux enfants de se déclarer « non binaire » et à leur rentrer dans le crâne qu’ils ne sont ni filles ni garçons dès leur plus tendre et innocente enfance.
Voici ce que déclare le conseiller municipal délégué aux sports Frédéric Bourcier :
« La non binarité est une réalité dans notre société, que est minoritaire, mais nous ne devons pas l’invisibiliser. Nous avons été interpellés par des représentants d’associations sur cette problématique, on sait qu’au niveau national, ça concerne environ 5 % de la population. Je vous propose d‘assumer dans la tranquillité cette discrimination positive sur des enfants. On ne fait pas ce choix par idéologie, on le fait par cohérence. Ça permettra aux structures de pouvoir mieux accueillir ces personnes. Il y aura adaptation des clubs en fonction de ce déclaratif. On se base globalement avec les clubs sur une relation de confiance. »
Les émeutes SRU : la loi Solidarité et renouvellement urbain est fondamentale pour comprendre la diffusion et l’implantation des émeutes
Conflits livre une analyse des émeutes de l’été 2023 :
Les émeutes de 2023 divergent de celles de 2005 sur au moins trois points : elles durèrent moins longtemps, mais furent beaucoup plus violentes ; elles furent le reflet des évolutions migratoires et des conséquences directes de la loi SRU ; elles trouvèrent, pour la première fois, un relais politique à l’Assemblée nationale (LFI) en s’insérant dans une cartographie du clientélisme électoral.
Conflits a décidé d’entreprendre une recherche approfondie sur les causes, le déroulement et les conséquences de cet épisode. Dans ce cadre, nous propose ici quelques réflexions préliminaires sur la base de données factuelles, ainsi que des hypothèses qui seront explorées dans un proche avenir.
Nanterre : un secteur de métropole globale épicentre des émeutes
Pour analyser les émeutes qui se sont produites en France entre le 27 juin (mort de Nahel Merzouk à Nanterre après un refus d’obtempérer) et la première semaine de juillet 2023, il a paru nécessaire de commencer les recherches en se concentrant, par une sorte d’effet de zoom, sur le lieu initial des violences.
Lieu du départ des émeutes et ville principale des affrontements initiaux, Nanterre n’est pas vraiment, aujourd’hui, une ville de banlieue au sens de territoire périphérique et déshérité. Bien au contraire. Située à 7 km de Paris et 10 mn en voiture (hors embouteillage), Nanterre est la préfecture des Hauts-de-Seine (92), département le plus riche de France avec Paris, et voit s’installer sur son territoire de nombreux bureaux et zones d’activités de l’économie mondialisée. C’est un fief du Parti communiste, la mairie étant tenu par le PCF depuis 1944 (le maire actuel, Patrick Jarry, communiste historique, est désormais classé divers gauche). Aux présidentielles de 2022, les résultats électoraux ont été marqués par une très forte abstention qui coïncide avec une très forte adhésion à Jean-Luc Mélenchon. C’est cette situation géographique, économique, sociale et politique qu’il faut avoir à l’esprit pour mieux comprendre le processus des émeutes de juin/juillet 2023.
La cité d’où sont parties les émeutes a été construite par Émile Aillaud entre 1973 et 1981. Elle est aujourd’hui classée comme « Architecture contemporaine remarquable ». Nommée cité Picasso en raison de la rue qui la traverse (par son histoire communiste Nanterre est aussi traversée par l’avenue Lénine et la rue Maurice Thorez), c’est un ensemble de tours disposées dans un espace vert, avec des jeux pour enfants et des terrains de sport. La cité jouxte le parc André Malraux, 25 hectares de verdure, d’espaces herbeux et forestiers, avec de nombreux oiseaux qui en font une réserve ornithologique. Nous sommes donc très loin d’un lieu déshérité et abandonné. Les tours Aillaud sont situées à 500 m à vol d’oiseaux du quartier d’affaires de La Défense, premier quartier d’affaires en Europe. Le Cnit[2] et l’Arena[3] sont accessibles à pied. À quoi s’ajoutent trois gares de RER, trois gares de train et deux stations de métro, qui relient ce quartier à Paris et à l’ouest de l’Île-de-France. D’autant que le quartier de la Défense connait depuis une dizaine d’années une extension vers le sud, si bien que Nanterre est désormais partie intégrante de celui-ci. La nationale qui borde la cité Picasso comprend des immeubles de bureaux et d’habitation, où sont présents de grands groupes internationaux. C’est là aussi que la ville de Puteaux a lancé le réaménagement du quartier des Bergères : les pavillons des années 1930 ont été rasés pour laisser place à des immeubles modernes, spacieux, ouverts, répondant aux dernières normes environnementales. Pour un investissement de 153 millions€.
La ville de Nanterre a annoncé, en février 2023, un réaménagement de la cité Aillaud pour un montant de 230 millions €, soit 70 000 € par appartement. En face d’elle, un théâtre et un complexe culturel sont en train d’être bâtis, pour une somme de 50 millions €. Parler de quartier déshérité ou défavorisé est donc contraire à la réalité de cet espace.
Les émeutes SRU
Peu connue du grand public, la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain, 2000) est pourtant fondamentale pour comprendre la diffusion et l’implantation des émeutes. Petit retour en arrière.
Nous sommes en l’an 2000, sous le gouvernement de Lionel Jospin. Le communiste Jean-Claude Gayssot est alors ministre de l’Équipement et du Logement. C’est lui qui fait écrire et qui défend la loi SRU, adoptée le 14 décembre 2000. Sous des couverts de solidarité et de mixité sociale, cette loi vise d’abord un objectif politique : s’assurer une masse critique d’électeurs dans des communes où la bascule gauche / droite est possible. La « gauche plurielle » (du nom de la coalition électorale de l’époque) est en effet convaincue que les populations des logements sociaux votent pour elle. Imposer 20% de logements sociaux aux communes de plus de 1 500 habitants en Île-de-France et de plus de 3 500 habitants en province, c’est imposer une population qui vote essentiellement pour la coalition au pouvoir. C’est donc garantir une réserve électorale indispensable pour gagner des communes qui sont tangentes. La loi est adoptée en 2000, avec son fameux article 55 qui impose 20% de logements sociaux. Les communes contrevenantes s’exposant à des amendes, au prorata du nombre de logements manquants. Conscients des enjeux démographiques pour l’équilibre politique de leur commune, beaucoup de maires décident de ne pas respecter ces contraintes urbanistiques, estimant qu’il est préférable de payer l’amende plutôt que de supporter les coûts sociaux et financiers d’un grand nombre de logements sociaux. En 2013, l’écologiste Cécile Duflot, alors ministre du Logement de François Hollande, modifie cette loi pour porter le nombre de logements sociaux à 25% du nombre de logements communaux. Elle modifie également les sanctions : les amendes sont relevées, devenant exorbitantes pour les communes et le pouvoir d’urbanisme est retiré aux maires pour être dévolu aux préfets, qui sont alors chargés des constructions. C’est ainsi supprimer une prérogative fondamentale des maires pour l’attribuer aux préfets et donc déroger au suffrage universel et à la volonté des citoyens des communes concernées, qui ne sont plus souverains sur leur urbanisme.
Cette loi pose plusieurs problèmes. Dans un grand nombre de communes, il est impossible de construire de nouveaux logements par manque de foncier disponible, à moins de raser des forêts ou de transformer des pavillons en immeubles. Pour beaucoup de villes situées en régions déprimées, des logements sociaux sont construits, pour répondre au critère des 25%, mais ils ne sont pas habités, ce qui crée un grand stock de logements vacants. Dans les zones tendues, le manque à gagner des logements sociaux est déporté vers les logements classiques, contribuant à amplifier la hausse des prix de l’immobilier, les propriétaires des logements non sociaux payant la location à perte des logements sociaux. La loi SRU est l’une des causes de la très forte inflation des prix du logement dans les métropoles, notamment à Paris et à Lyon. Cette loi est enfin décorrélée de la demande : en Île-de-France, 80% de la population est éligible au logement social. La loi SRU déséquilibre le marché du logement, détruit le micro-climat des communes, modifie le visage des centres-villes.
En parallèle de cette loi, les lois Borloo (2003 et 2004) prévoient notamment la destruction de grands ensembles, avec relogement des populations. Les personnes délogées sont relogées ailleurs, c’est-à-dire essentiellement dans les immeubles SRU construits dans les villes moyennes de la proche région parisienne. On assiste ainsi à une diffusion des populations dites « sensibles », qui quittent les banlieues de l’Île-de-France pour rejoindre les villes moyennes de province. Ces dispositions satisfont pourtant de nombreux maires. Confrontées à la désindustrialisation, ces villes voient leur population diminuer. L’arrivée des populations SRU est une aubaine car elle permet de maintenir le nombre d’habitants, ce qui conditionne les indemnités des élus, et assure aussi les subventions étatiques et les investissements publics. Raison pour laquelle très peu de maires s’y sont opposés. Cette diffusion spatiale des populations explique pourquoi ces émeutes ont touché des villes jusqu’à présent épargnées : Montargis, Laval, Auxerre, Maubeuge, Beauvais, etc. Une répartition spatiale que le Président Macron a dit vouloir poursuivre, estimant que cela était la solution pour déconcentrer les populations (essentiellement issues de l’immigration) et ainsi parvenir à leur « meilleure » répartition. Ce qui devrait faciliter, selon la pensée présidentielle, leur intégration. Répondant à la fois à un opportunisme politique et à un clientélisme électoral, la loi SRU est l’une des causes et des explications de ces émeutes qui ont ébranlé la France.
Les mortiers : l’arme prisée de 2023
C’est au mortier d’artifice que policiers et pompiers ont été accueillis par les émeutiers. Ce qui suppose que des stocks importants ont été constitués avant les émeutes, ce qui implique aussi des moyens financiers pour acquérir les pièces, des lieux pour les stocker, des réseaux pour s’approvisionner. Le mortier d’artifice n’est pas uniquement une arme par destination, il est aussi l’indication de réseaux et d’infrastructures rodés capables d’être mobilisés pour déstabiliser l’ordre légitime. Leur usage systématique suppose également un entraînement et une coordination qui sont extrêmement révélateurs d’un climat pré-insurrectionnel.
Entre le 28 juin et le 11 juillet, ce sont ainsi 4 tonnes de mortiers illégaux qui ont été saisies par la police, dans des magasins du 93, dont 2,7 tonnes saisies à Guichen près de Rennes et 54 000 pièces à Besançon. Les cartons viennent de Chine et d’Europe centrale et transitent par la Belgique pour des coûts de revente non négligeables : 500 € pour 10 mortiers pouvant tirer 380 coups et 100 € pour 10 mortiers pouvant tirer 8 coups. L’argent de la drogue est ici mobilisé pour s’équiper en armement.
Le nombre de saisies a d’ailleurs explosé : 146 kg en 2020 ; 354 kg en 2021 ; 1,5 tonne en 2022 ; 4 tonnes au 15 juillet 2023.
L’épuisement des stocks est l’une des causes de l’arrêt des violences. Les émeutiers n’ont pas basculé dans l’usage d’armes plus dangereuses : fusils à pompe et kalachnikovs, certes présents en grand nombre, mais qui ne sont pas encore utilisés de façon systématique dans les attaques des policiers et des pompiers. Jusqu’à quand ? Cette question est d’autant plus pertinente qu’une composante de « répétition générale » est probablement présente dans cet épisode.
Ces données permettent donc d’entamer une démarche indispensable, consistant à caractériser ces émeutes. Car à côté de la composante principalement criminelle de nombreux actes (pillages, dégradations diverses), un certain nombre d’actions revêtent un caractère évidement politique (attaques aux forces de l’ordre, incendies de mairies et de commissariats de police, etc.). Il est donc aussi capital de comprendre ces évènements dans une logique séquentielle qui partant de phénomènes anomiques (de l’ordre de la criminalité) tend à s’inscrire dans un processus insurrectionnel appelé sans doute à gagner en intensité au cours des prochaines années.
Les recherches que la rédaction de Conflits a engagées sur cet ensemble de faits, n’a donc pas un intérêt exclusivement théorique. Car c’est seulement en comprenant mieux la nature et la diffusion des récentes émeutes que l’on se mettra en état d’évaluer la menace concrète qui pèse sur la paix civile en France dans un avenir plus ou moins proche.
Jean Madiran, militant de la doctrine sociale authentique de l’Eglise
Notre ami Olivier Debesse, lui aussi infatigable militant de la doctrine sociale de l’Eglise, a rédigé sur ce sujet un article d’hommage à Jean Madiran à l’occasion des dix ans de la mort de ce dernier.
A l’occasion des dix ans de la disparition de Jean Madiran survenue le 31 juillet 2013, il est conforme à la piété filiale de lui rendre grâce pour son apport intellectuel et ses combats pour la défense de la culture et de la civilisation chrétienne dont nous sommes les héritiers. La culture ne peut se transmettre et la civilisation perdurer sans la société, sans des personnes qui agissent et s’organisent pour cela, quelles que soient leurs responsabilités individuelles et collectives, et à tous niveaux. Pas seulement au niveau politique, mais aussi dans tout groupe social (famille, école, association, entreprise, syndicat, paroisse, …). Encore faut-il avoir une idée juste de la vie sociale souhaitable, une idée juste d’une doctrine sociale authentique qui puisse servir de boussole. C’est tout le travail et l’immense mérite de Jean Madiran que d’avoir, à temps et à contre temps, rappelé les grands principes de ce que l’on appelle communément la doctrine sociale de l’Eglise.
Idéologie, enseignement social, doctrine sociale ou doctrine politique ?
Qu’est-ce qu’une idéologie ? Pour le pape Jean XXIII : « Les idéologies ne considèrent de l’homme que certains aspects » [1]. En pratique, une idéologie est un discours qui sert un intérêt.
Qu’est-ce qu’une doctrine ? Pour Jean Ousset : « Une doctrine est l’ensemble ordonné des notions, des principes généraux (universels) qui demeurent au-dessus des événements, quels qu’ils soient » [2].
Qu’est-ce que la doctrine sociale de l’Eglise ? Pour le pape Pie XII : « La doctrine sociale de l’Eglise [est celle] dont les points principaux sont contenus dans les documents du Saint-Siège, c’est-à-dire dans les encycliques, les allocutions et les lettres pontificales » [3].
Contrairement à « l’Enseignement social de l’Eglise » qui peut varier selon les lieux, les époques, les modes, pour Jean Madiran : « La Doctrine authentique de l’Eglise est une norme qui a vocation à rectifier cet enseignement s’il y a lieu » [4].
Il ajoute : « Même un ermite, qui n’a (presque) aucune relation sociale, a besoin lui aussi des points principaux de la doctrine sociale : il en a besoin pour la justesse du regard contemplatif qu’il porte sur la Création et pour la santé de sa vie intérieure, qui seraient débilitées ou ravagées par des idées fausses. C’est pourquoi la doctrine sociale fait partie des connaissances nécessaires au salut » 4 en citant Pie XII : « L’enseignement de la Doctrine Sociale de l’Eglise est claire en tous ses aspects, elle est obligatoire : nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi et l’ordre moral » [5].
Cette doctrine sociale ne se réduit pas à quelques recettes pour « vivre ensemble » : elle a pour but l’instauration sur la terre, comme au ciel, de la royauté sociale du Christ. Cela se trouve affirmé dans l’évangile de St Jean lors du dialogue avec Pilate où le Christ déclare sa Royauté : « Tu le dis, je suis roi » tout en affirmant « mon royaume n’est pas de ce monde ».
Cette affirmation : « mon royaume n’est pas de ce monde » veut dire que le royaume du Christ ne provient pasde ce monde, mais ne veut pas dire qu’il ne doit pas s’exercer sur ce monde. La royauté du Christ est affirmée dans le Notre Père : « Que votre règne arrive, que votre volonté soit faite, sur la terre comme au ciel » et dans ce qu’il dit aux apôtres au moment de l’Ascension : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé » (St Matthieu 28 18-19).
Une société n’est pas faite d’individus mais de familles, une bonne doctrine sociale doit donc considérer que la famille est la base de toute société et non l’individu. Jean Madiran, précise que : « si la société temporelle est une société de familles, l’Eglise, qui est une société spirituelle est une société de personnes. De ce fait, on ne peut pas organiser la société politique sur la forme et selon les normes de la société ecclésiastique car se serait méconnaître les nécessités naturelles qui fondent la société politique sans lesquelles celles-ci se décompose » [6].
La doctrine « sociale » de l’Eglise est aussi « politique ». « Elle ne se limite pas aux “questions sociales”, ainsi dénommées par distinction d’avec “la politique” ; elle est carrément politique, puisqu’elle traite de questions telles que le bien commun temporel, l’Etat, la communauté internationale, les droits de l’homme, le principe de subsidiarité (etc.). Mais elle a été nommée simplement “sociale” sans doute pour ne pas avoir l’air d’une provocation au regard du langage courant qui considère que l’Eglise ne doit pas “faire de la politique” » [7].
Il en résulte que l’action des laïcs chrétiens est spécifique et ne doit pas se limiter à la vie de la paroisse. Pour cela, les laïcs doivent être formés pour agir dans la société avec la boussole qu’est la doctrine sociale de l’Eglise.
La doctrine sociale de l’Eglise n’est plus enseignée
En 1977, un étudiant d’André Piettre [8] chargé d’un exposé sur le catholicisme social eut l’idée, pour sa documentation, d’aller frapper à la porte de l’archevêché de Paris, il lui fut répondu : « La doctrine sociale de l’Église ? Ça n’existe pas » [9].
Il y a une quinzaine d’années, lors d’un exposé de mon action syndicale à un groupe de parents chrétiens, j’avais parlé du principe de subsidiarité. Le prêtre qui accompagnait ce groupe m’avait répliqué que la « subsidiarité ne fait pas partie de la phraséologie de l’Eglise ».
Jean Madiran explique que l’Eglise catholique (du moins en France et au moment où il écrit), a renié sa doctrine sociale, qu’elle l’a ignorée pour devenir moderne. Il nous dit : « La preuve définitive que les encycliques sociales ne furent ni comprises ni vécues par les évêques, malgré tout le verbiage épiscopal sur ces questions, réside en ce fait constatable : ils ne les ont jamais appliquées à ce qui dépendait d’eux directement, leurs écoles, leurs journaux, leurs propriétés, leurs finances, leurs salariés » [10] expliquant qu’au lieu d’appliquer la doctrine sociale de l’Eglise, les évêques préféraient s’approprier la pensée moderne qui est une pensée antichrétienne par rejet de la loi naturelle (les dix commandements).
Le cas emblématique de l’encyclique Divini Redemptoris de Pie XI (1937)
Dans l’introduction de sa traduction de l’encyclique Divini Redemptoris, Jean Madiran dit qu’elle a été présentée par l’Episcopat français lors de sa parution en 1937 comme étant : « l’encyclique qui a condamné le communisme » [11]. Ce qui a eu pour effet que les catholiques ne l’ont pas lu au moment de sa publication puisqu’ils savaient déjà que l’Eglise condamnait le communisme.
Heureusement que l’Eglise n’avait pas attendu 1937 – 20 ans après la Révolution d’Octobre et 90 ans après le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels publié en 1848 – pour condamner le communisme. C’est pourquoi, l’encyclique commence par rappeler les condamnations antérieures dont la première date de 1846.
Et depuis la chute du mur de Berlin en 1989, beaucoup se disent que le communisme étant mort, la lecture de l’encyclique n’est plus d’actualité. Encore aujourd’hui, elle est souvent présentée comme celle ayant condamné le communisme, chose entendue lors d’une retraite spirituelle en 2018.
Divini Redemptoris conserve toute son actualité. Après le rappel de ce qu’est le communisme, l’encyclique expose en termes précis la doctrine chrétienne de la société. Pie XI : « La société ne doit pas être entendue à la manière des libéraux qui, en raison de leur doctrine individualiste, mettent la communauté au service de profits sans mesure pour les hommes pris isolément ».
Le bien commun
Cette notion majeure de la doctrine sociale de l’Eglise qu’est le bien commun revient souvent chez Jean Madiran. Trop souvent, le bien commun est présenté comme étant : « Cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’un façon plus totale et plus aisées » [12].
J’ai entendu une personnalité politique dire en 2019 à des chrétiens : « Souvent, les cathos ont une vision idéologique du bien commun. C’est quoi le Bien commun ? C’est l’ensemble des situations où l’homme peut faire son bonheur. Il n’y a pas de bien commun idéal : il est le meilleur bien possible ».
J’ai rarement entendu la définition donnée par Aristote : le bien commun est la cause finale d’une société, de tout groupe social, et pas seulement de la société civile. C’est le mérite de Jean Madiran de le rappeler : « Il y a le bien commun d’une famille, le bien commun d’une ville, le bien commun d’une entreprise, d’un métier, d’une école, d’une armée. A chacun de ces niveaux, le bien commun est le meilleur bien de la personne individuelle (meilleur pour elle que son bien particulier). Quand on dit le “bien commun” sans autre précision, il s’agit du bien commun dont l’Etat a la charge, le bien commun de la France qui, dans sa tradition capétienne, est un Etat-nation. Son bien commun est le but de la politique » [13].
L’action militante des personnes en faveur du bien commun de la société ou de tout groupe social, doit être restaurée, et ceci quel que soit son périmètre.
Le pape François l’a rappelé : « La politique tant dénigrée, est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun » [14].
Comme dirait Jean Madiran, le bien commun dont il s’agit ici, comme cela n’est pas précisé, est celui de la Cité dont l’Etat à la charge. Qu’en est-il des biens communs de la profession, du métier, de l’entreprise ? Quelle institution peut les prendre en charge ? A condition qu’il soit restauré dans ses prérogatives, le syndicat peut prendre en charge ces trois corps économiques et au moins en avoir soin, exerçant lui aussi « une des formes les plus précieuses de la charité ».
Le syndicalisme chrétien
Pour cette évocation de l’œuvre de Jean Madiran, comment ne pas mentionner son intérêt pour le syndicalisme chrétien. En tant que directeur du quotidien Présent, il publie en mars 1984 un article de Claude Harmel intitulé : « De la CFTC à la CFDT, pourquoi et comment fut supprimé le mot chrétien » [15].
Voici ce que Jean Madiran avait écrit pour introduire cet article :
« Claude Harmel est généralement reconnu comme l’un des meilleurs historiens du syndicalisme. Je dirais volontiers le meilleur. Venu de la gauche (dont il n’est, sentimentalement, peut-être pas tout à fait détaché), il est un analyste rigoureux des affaires dites sociales et un spécialiste compétent des questions communistes. Il fut et il demeure l’un des principaux animateurs du bulletin Est et Ouest, ancienne et nouvelle série.
L’importante mise au point qu’il nous envoie montre – entre autres choses – que l’actuel effondrement doctrinal de l’épiscopat français et de ses organismes mandatés a été précédé depuis longtemps par une sournoise dérive de son noyau dirigeant : et cette dérive était déjà d’inspiration maçonnique ».
Deux points méritent d’être précisés :
- Au moment de la « scission » du congrès de 1964, les délégués porteurs des mandats majoritaires changent le titre de CFTC en CFDT et gomment dans l’article premier des statuts la référence à la morale sociale chrétienne pour que cette confédération syndicale devienne : « humaniste et démocratique ». Les minoritaires décidèrent de maintenir la CFTC. L’épiscopat français, relayé dans les paroisses, soutint la CFDT et nullement la « CFTC maintenue ».
- Il ne suffit pas à un syndicat, une confédération ou toute autre personne morale pour être chrétien, que le mot chrétien soit dans le titre, ce qui serait du nominalisme [16]. Surtout si les principes de la doctrine chrétienne ne sont pas appliqués en interne de l’organisation. De même qu’il ne suffit pas à une personne physique d’être baptisée pour être sauvée si l’agir n’est pas conforme à la doctrine (avec la nuance que la foi chrétienne n’est pas une loi).
Connaître la doctrine sociale de l’Eglise, notre boussole pour bien agir
Cela ne sert à rien d’avoir une boussole si on reste chez soi. De même, cela ne sert à rien de former les citoyens à la doctrine sociale de l’Eglise, si comme aurait dit Jean Madiran, cela se réduit à former des formateurs qui formeront d’autres formateurs. La doctrine sociale de l’Eglise doit être enseignée pour former les laïcs à bien agir dans leurs lieux de vie. C’est ce que dit Jean Madiran : « On retiendra peut-être de tout cela que les laïcs ont une vocation évidente à s’occuper du bien commun naturel, mais qu’ils ont besoin que le clergé se consacre plutôt à leur en rappeler la finalité surnaturelle » [17]. Pour accompagner les laïcs, le clergé doit comme eux connaître la doctrine sociale de l’Eglise et s’intéresser aux batailles qu’ils mènent dans le temporel pour leur rappeler la finalité surnaturelle.
Cela rejoint le message du pape François lorsqu’il a appelé les chrétiens à s’engager dans la cité :
« Nous sommes souvent tombés dans la tentation de penser que le laïc engagé est celui qui travaille dans les œuvres de l’Église et/ou dans les choses de la paroisse ou du diocèse, nous avons peu réfléchi sur la façon d’accompagner un baptisé dans sa vie publique et quotidienne ; sur la façon pour lui, dans son activité quotidienne, avec les responsabilités qu’il a, de s’engager comme chrétien dans la vie publique. Sans nous en rendre compte, nous avons généré une élite laïcarde en croyant que seuls ceux qui travaillent dans « les choses des prêtres » sont des laïcs engagés, nous avons oublié, en le négligeant, le croyant qui souvent brûle son espérance dans la lutte quotidienne pour vivre la foi » [18].
Dans les batailles que nous avons à mener, comment ne pas citer Charles Péguy que Jean Madiran aimait tant ? Ce sera ma conclusion.
« Celui qui fait jouer la prière et le sacrement pour se dispenser de travailler et d’agir, c’est-à-dire en temps de guerre pour se dispenser de se battre rompt l’ordre de Dieu même […] Autant il est permis […] de demander dans la prière le couronnement de fortune et ce sort des batailles qui ne réside que dans l’événement, autant il est stupide, et il est de désobéissance de vouloir que le bon Dieu travaille à notre place, et d’avoir le toupet de le lui demander. Demander la victoire et n’avoir pas envie de se battre, je trouve que c’est mal élevé » [19].
Eclairés par la doctrine sociale authentique de l’Eglise, redevenons militants !
[1] Jean XXIII, encyclique Mater et Magistra, 1961
[2] Jean Ousset, Fondements de la Cité, Club du livre civique, page 80, 1963
[3] Pie XII, 17 octobre 1953
[4] Quotidien Présent N° 6008, 21 janvier 2006
[5] Pie XII, 29 avril 1945
[6] Jean Madiran, Une civilisation blessée au cœur, Editions Sainte-Madeleine, page 38, 2002
[7] Quotidien Présent N° 6006, 19 janvier 2006
[8] André Piettre, 1907 – 1996, économiste français et écrivain catholique
[9] Le Monde, 28 juillet 1977
[10] Jean Madiran, L’hérésie du XXe siècle, Nouvelles Editions Latines, page 18, 1968 et 1987
[11] Jean Madiran, Divini Redemptoris l’encyclique sur le communisme de Pie XI, Nouvelles Editions Latines, 1986
[12] Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise $164, Editions du Cerf 2005, Gaudium et Spes N°26, 1965
[13] Quotidien Présent N° 7672, 25 août 2012
[14] Pape François, élu 13 mars 2013, Evangelii Gaudium §205, 24 novembre 2013
[15] Quotidien Présent, N° 538 et N° 539 du 1er et 2 mars 1984
[16] Selon le nominalisme, les idées générales ou les concepts n’ont d’existence que dans les mots servant à les exprimer
[17] Quotidien Présent, N° 7672 du 25 août 2012
[18] Pape François, lors d’une rencontre d’hommes politiques catholiques à Bogota, les 1er – 3 décembre 2017
[19] L’Argent suite (1913) in Œuvres en prose complètes, t. III, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de La Pléiade », 1992, p. 927 sq.
Aux sources du wokisme et du transhumanisme…
Basile Athanase est le pseudonyme d’un prêtre catholique qui vient de publier un passionnant petit essai sur lees idéologies contemporaines: Sagesse et Progrès. Nous l’avons interrogé:
Vous venez de publier un livre Sagesse et Progrès. Pourquoi ?
Ce qui m’a initialement incité à écrire cet essai a été le nouveau programme du baccalauréat de la spécialité intitulée « HLP ou Humanités, Littérature et Philosophie », en classe de Terminale. Après une lecture attentive de manuels scolaires, j’ai pu constater, avec un certain effroi, que ces ouvrages proposaient un condensé des principales formes idéologiques du progressisme. Tout y passe, de l’avenir radieux que suscitent les progrès techniques, tout en évoquant ses déboires au lendemain de la Seconde Guerre mondiale aux théories les plus en vue actuellement (théorie du genre, appelée « pudiquement » dans les manuels scolaires la « dysphorie du moi » au transhumanisme). L’apparent « débat d’idées », expression très à la mode dans nos sociétés démocratiques, présuppose toujours le dogme fondateur du « Progrès » : l’évolution.
Il m’a donc semblé important de proposer une réflexion philosophique sous la houlette de la pensée sapientiale traditionnelle, encouragée par l’enseignement de l’Église. Je profite, d’ailleurs, de cet entretien pour mentionner le travail perspicace, dans un esprit catholique, effectué par le Cours privé Saint Dominique Savio et Sainte Maria Goretti.
Il y a également un second motif, d’ordre plus général. Nous pouvons constater que, malgré de nombreux essais qui mettent en garde contre les idéologies progressistes, les travaux, fort intéressants, limitent généralement leurs approches à une analyse descriptive. Celles-ci sont souvent historiques, sociologiques et/ou psychologiques. Sans nier la valeur d’une telle analyse, il m’a semblé qu’il demeurait, dans ce type d’approches, un écueil.
En effet, depuis une cinquantaine d’années, la parcellisation et la spécialisation des savoirs autour des sciences humaines et sociales semblent omettre ce regard général et profond que porte la science philosophique, plus précisément la métaphysique traditionnelle. Or, seule la métaphysique est en mesure de définir les éléments fondateurs des idéologies actuelles comme celle du wokisme, du transhumanisme et autres. Au moyen de cette approche, il est plus aisé de mettre en lumière le mode de fonctionnement du principe « fondateur » et commun des idéologies actuelles qui affectent et empoisonnent l’Occident : le progressisme. C’est ce que notre essai aborde, de manière progressive, afin de ne pas rendre la lecture trop fastidieuse. D’ailleurs, il est urgent de rappeler, en dépit de l’idée contemporaine et fausse qu’il n’y a que des vérités subjectives, qu’il incombe, encore plus aujourd’hui, que les catholiques apprennent à décrypter la réalité objective en prenant un peu d’hauteur pour ne pas être emportés par le relativisme ambiant. Cela est d’autant plus vrai que les perspectives progressistes du « synode de la synodalité » nous laissent perplexes…
Enfin, aux dires des premiers retours de lectures de l’ouvrage, il en ressort que notre essai est avant tout une réflexion préparatoire d’ordre apologétique, une défense à la fois des capacités de l’intelligence naturelle à saisir la réalité et de celle de la foi catholique.
Ainsi, le fil conducteur de notre essai est de conduire le lecteur à comprendre et à se prémunir des dangers du progressisme, sous toutes ses formes, au moyen de la sagesse naturelle, salvatrice, à condition qu’elle soit sous le joug de la Sagesse chrétienne…
La sagesse traditionnelle vous semble-t-elle encore pertinente dans le monde contemporain qui semble reposer sur des principes radicalement opposés à ceux d’Aristote ou saint Thomas ?
En réalité, et c’est une autre ligne directrice de notre essai, la multiplicité des sagesses que développe la pensée humaine à travers le temps, initialement dans la littérature antique puis en philosophie vont être unifiées, épurées et assimilées par la Sagesse chrétienne. Saint Thomas d’Aquin considéra, à juste titre, mais non exclusivement, qu’Aristote s’inscrit dans la tradition sapientiale, dans la continuité d’une sagesse commune qu’il s’agissait d’épurer de la mythologie. Le génie d’Aristote a été de poser les principes fondamentaux anthropologiques que l’intelligence naturelle était en mesure de découvrir par elle-même. Toute l’œuvre philosophique et théologique du Docteur angélique (saint Thomas) repose sur ce principe clef selon lequel la philosophie (sagesse naturelle) est la servante de la théologie (Sagesse par excellence). C’est cette unité, ce continuum entre le naturel et le surnaturel qui fonde la sagesse authentique, traditionnelle, et permet l’épanouissement de la personne humaine tant à titre individuel que collectif, indépendamment de l’époque.
Or, le monde contemporain rejette tout enracinement spirituel et même charnel et ceci au nom de l’évolutionnisme progressiste.
La quête de la vérité, celle qui fait la grandeur, notamment de la sagesse dite socratique (Socrate, Platon et Aristote), est une exigence inhérente à notre nature dans l’ordre de la création, et ceci depuis la nuit des temps. Cette recherche est intimement liée à la question philosophique : « qui suis-je ? » Dans cette optique, la sagesse philosophique traditionnelle mène inéluctablement à la réponse révélée : l’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu.
A contrario, la déconstruction progressiste, entamée à la fin du Moyen-âge avec le nominalisme, se refuse à tout enracinement et continuité. Ennemie de la sagesse, elle est une insatiable course au changement et à la « nouveauté ». L’Homme contemporain et les sociétés artificielles dans lesquelles il est censé s’épanouir est victime de cette « fuite » en avant que promeuvent les idéologies progressistes, épuisant les êtres, annihilant toutes perspectives qui viendraient nuire à la satisfaction de « besoins » artificiels, produits du progressisme.
De la mondialisation au projet mondialiste, il est de plus en plus évident que L’Homme moderne s’apparente à un être déraciné, en quête de sens, pour lequel le mot même de « sagesse » se réduit, dans le meilleur des cas, à un idéal considéré comme dépassé par la société moderne.
Enfin, nous abordons également le principal fruit pourri du progressisme qu’est le relativisme. Celui-ci infecte, notamment par le biais du droit positif, notre société et ceci au nom du Progrès. Ainsi, constatons-nous que le mot même de « moral » se substitue et se confond, avec celui de « légal », mû non pas par la loi naturelle, expression élémentaire de la sagesse traditionnelle, mais par le progressisme ayant, nous le disions, comme moteur l’évolutionnisme.
Le progressisme semble avoir “du plomb dans l’aile” depuis l’effondrement des totalitarismes et la découverte que la science et la technique pouvaient être utilisées pour détruire l’homme. Y a-t-il encore un sens à le combattre ?
Nous nous efforçons de montrer dans notre essai qu’en réalité le principe progressiste est celui des « ruptures » puisqu’il y a un rejet de tout enracinement et donc de Tradition.
L’idée d’évolution avait été suggérée par les Anglo-saxons au XVIIIe siècle, en particulier par le philosophe Spencer pour qui le genre humain est appelé à une sorte d’évolution perpétuelle qui inclut une transformation. Ce principe, d’abord philosophique, sera ensuite théorisé par Darwin qui l’appliqua à sa théorie de l’évolution biologique de l’espèce humaine (je vous invite à lire les excellentes études de Dominique Tassot, philosophe). Au « dogme » progressiste d’évolution, s’ajoute le projet de René Descartes pour qui les hommes sont appelés à se « rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ».
Or, les progrès techniques des XIX et XXe siècles ont montré, particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale, combien la course à la performance technique pouvait être destructrice quand celle-ci servait une idéologie. Rappelons aux lecteurs que le communisme, comme le nazisme, avait comme idéal commun (ce n’est pas le seul) que les progrès des sciences expérimentales étaient en mesure de garantir le bonheur de l’humanité…
Pour autant, est-il vrai de dire que l’expérience des totalitarismes du XXe siècle montre les limites de l’idéologie progressiste ?
Nous démontrons dans notre essai que celle-ci n’est pas morte, mais est, au contraire, au cœur des évolutions sociétales contemporaines.
En sens inverse, la sagesse traditionnelle partageait avec la modernité un certain principe de réalité qui semble s’évaporer, pour ainsi dire, dans la postmodernité (même quelque chose d’aussi évident que la différence sexuelle semble désormais une convention arbitraire). Cette postmodernité n’est-elle pas plus agressive encore contre la sagesse traditionnelle que la modernité ?
En fait, la « postmodernité » s’inscrit dans une continuité plus logique que chronologique de la modernité. De la même manière que nous distinguons le fond de la forme pour un écrit, la postmodernité use de nouvelles formes, mais demeure fidèle au principe immuable du progressisme évolutionniste. D’ailleurs, au point de vue sémantique, le mot « Progrès » prend le nom, de plus en plus usuel, de « déconstruction ».
Pour résumer le mouvement d’ensemble qui permet de distinguer uniquement les formes du progressisme, au point de vue idéologique, nous pouvons différencier trois périodes parfaitement liées les unes aux autres. Chacune est marquée par des ruptures définies comme des rejets successifs et progressifs de la sagesse traditionnelle :
La première, que j’appelle avec le philosophe Rémi Brague la « pré-modernité » débute à la fin du XIVesiècle avec le nominalisme. Celle-ci s’organise, les siècles suivants, autour de l’idée d’humanisme. Le mouvement d’ensemble au point de vue philosophique consiste d’abord à séparer le monde naturel du monde surnaturel pour progressivement mieux nier le surnaturel au profit du naturel. Au cœur de la réflexion intellectuelle de cette époque se place l’Homme, c’est l’anthropocentrisme, prémisse d’une révolte de la créature à l’endroit du Créateur. Au XVIIe siècle, un second renversement anthropologique s’opère au point de vue psychologique avec le philosophe français René Descartes qui sépare le corps de l’âme humaine. L’unité anthropologique est rompue. Cela conduit irrémédiablement au matérialisme et au contractualisme (les hommes vivent en société au moyen d’un « contrat » et non en raison de leur nature) des Lumières.
La seconde est la « modernité » à proprement parler. Elle partage l’optimisme des Lumières, croit que l’Homme est naturellement bon, que Dieu est un sentiment (romantisme), que les progrès scientifiques révéleront la toute-puissance de l’Homme. C’est par excellence l’ère dite de la rationalité qui rejette toute métaphysique, toute unité du naturel et du surnaturel réduisant et ramenant l’Homme à lui-même.
La dernière est la « postmodernité ». Tout en s’appuyant sur l’idée partagée avec la modernité de la toute-puissance de l’Homme par la technologie, elle projette un dépassement de l’ordre naturel par l’artificialisation. C’est ici que peut être introduit le substantif de « posthumanisme ». Il s’agit pour cela de dépasser la Nature et ses lois, de « créer » une nouvelle humanité « co-responsable » (écologisme). La déconstruction entamée à la modernité doit s’ouvrir à un Nouveau Monde « meilleur » dépassant l’ancien qu’il s’agit de juger et de falsifier (wokisme)…
Si notre essai n’aborde que partiellement ces trois « mouvements » tout en dégageant le principe commun, c’est parce qu’il nous a semblé pertinent de poser les fondements métaphysiques du progressisme avant d’aborder ces questions dans une prochaine publication…
En fait, si la postmodernité est plus agressive que la période précédente c’est tout simplement parce qu’elle bénéficie du travail de déconstruction de la modernité. Livré à lui-même, l’Homme postmoderne, « sans Dieu », travaille à artificialiser à la fois les êtres et les sociétés et espère, un jour, peut-être, maîtriser les défauts et les insuffisances de la nature humaine. Cette chimère est une reprise du rêve prométhéen, de cette démesure qui affecte le « Nouveau Monde ». Elle est ce mal commun, dénommé par la doctrine catholique sous le vocable du Péché originel.
Nous savons, si nous voulons le voir, que la seule issue du cauchemar progressiste est l’illusion d’un bonheur prochain, toujours plus désincarné et individualiste qui conduit l’humanité à la mort. Seul un retour à la Source de tout bien peut nous faire sortir de cette perspective mortifère…
Sagesse et Progrès: Nature et fondements des idéologies contemporaines
Fin de vie : les médecins n’ont pas une opinion mais une compétence, ignorée par le gouvernement
Le projet de loi sur la fin de vie devrait être présenté au président de la République d’ici quelques jours. Les derniers arbitrages restent à faire, mais on sait déjà que le texte s’articulera en trois parties :
- accès aux soins palliatifs,
- « aide active à mourir »
- droits des patients.
Les soignants déplorent les conditions dans lesquelles a eu lieu le débat et continuent de s’opposer à ce texte.
Mardi, le collectif de treize sociétés savantes et organisations de professionnels de santé opposées à l’euthanasie s’est réuni à Paris, à l’hôpital Saint-Anne. Plusieurs députés, Astrid Panosyan (Renaissance), Yannick Neuder (LR), Dominique Potier (PS), Pierre Dharréville (PCF), et l’ancien ministre Jean Leonetti étaient aussi présents. Bruno Dallaporta, médecin à la Fondation santé des étudiants de France, souligne :
« Au départ, il se disait que ce débat allait être comme le “Mariage pour tous”, avec une mobilisation des catholiques. Mais ce sont les soignants qui se sont exprimés. Le gouvernement nous a baladés car il redoutait cette parole des soignants. Les professionnels de santé portent les valeurs du soin, de la démocratie. Des valeurs fortes. Ce qui nous importe, c’est notre responsabilité à l’égard de la vulnérabilité ». « Dans ce débat, les médecins n’ont pas une opinion mais une compétence ».
Les professionnels de santé dénoncent la façon dont les consultations ont été menées par Agnès Firmin Le Bodo. Ségolène Perruchio, vice-présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), déplore :
« Nous avons souvent été invités par le gouvernement, c’est vrai, mais toujours pour des auditions, jamais pour des échanges ». « Nous n’avons jamais avancé dans la discussion car nous n’avons jamais eu de retour sur nos interventions. On est très loin de la co-construction ». « Dans ces réunions, il n’y a pas d’ordre du jour. On ne sait pas qui est invité et à quel titre. Les intervenants ne se présentent pas tous »
Olivier Falorni, député MoDem, reconnait lui-même qu’on ne peut pas parler de « co-construction ». « La “co-construction” se fera au Parlement ! » selon lui. « Il ne s’agissait pas d’un échange mais uniquement d’une information descendante », note de son côté le député LR Philippe Juvin. « Nous avons écouté des exposés techniques à rallonge permettant d’éluder le débat de fond. Il n’y avait aucune volonté de trouver un point de convergence ». D’autres reproches sont aussi relevés : longues présentations « qui limitent les prises de paroles », ajout d’intervenants en faveur de l’euthanasie mais ne représentant aucun Ordre, échanges abrégés sur le fond du texte, …
Les deux derniers rendez-vous des soignants avec Franck Chauvin, en charge du plan décennal sur les soins palliatifs, et le cabinet d’Agnès Firmin Le Bodo n’ont pas apaisé la situation alors qu’ils portaient sur les soins palliatifs. « On enfonce des portes ouvertes sur notre réalité et on nous fait des propositions hors sol, comme le développement de l’activité physique adaptée » s’exaspère Sophie Chrétien, membre de l’Association des infirmiers en pratique avancée (Anfipa).
François Bertin-Hugault, membre du Conseil national professionnel de gériatrie, déclare :
« Porter ce projet de loi dans le contexte actuel des établissements de santé est assez scandaleux. La première chose à faire est que la qualité du soin permette de faire un choix réellement libre sur la fin de vie ».
Les soignants dénoncent une « manœuvre politique », un « enfumage » du Gouvernement. Ségolène Perruchio s’inquiète :
« Comment des députés pourraient voter contre ce magnifique projet de développer des soins palliatifs dans lequel on a glissé aussi le sujet moins consensuel de l’aide active à mourir ? » « On n’a pas besoin d’une loi sur les soins palliatifs, on a besoin de moyens, de formation ».
Source : Gènéthique
L’Australie-Occidentale élargit l’avortement jusqu’à 23 semaines de grossesse
Le 20 septembre, avec 25 voix contre 6, le Parlement d’Australie-Occidentale a rejeté le projet de loi sur l’avortement « Babies Born Alive » et adopté de nouvelles mesures afin d’aligner sa législation sur celles des autres Etats australiens.
L’avortement est désormais dépénalisé même si le fait pour une « personne non qualifiée » de pratiquer ou d’aider un avortement restera un délit. Par ailleurs, les femmes qui souhaitent avorter ne seront plus obligées de se référer à l’avis d’un médecin avant d’y avoir recours. De plus, l’exigence d’un conseil obligatoire et d’une approbation ministérielle et collégiale pour les avortements tardifs a été abolie. Dans ces cas, l’avortement sera possible jusqu’à 23 semaines de grossesse contre 20 auparavant.
Enfin les nouvelles mesures autorisent les médecins à faire valoir leur clause de conscience pour refuser de pratiquer un avortement. Dans ce cas, ils sont tenus de transférer le dossier de la patiente vers un autre praticien ou de l’orienter vers un lieu où elle pourra recourir à l’avortement.
Source : Gènéthique
“La démarche du pèlerin est celle de l’éternité”
Henri d’Anselme a été interrogé dans le dernier numéro de l’Appel de Chartres. Extraits :
Henri vous avez commencé en mars dernier à faire le tour des cathédrales de France à pied. Racontez-nous comment est née cette démarche ?
Il s’agit d’un rêve depuis le lycée. J’ai en quelque sorte grandi à l’ombre de la cathédrale de Chartres, puisque j’y allais tous les ans avec le pèlerinage. Ses vitraux me fascinaient, et j’avais envie de découvrir toutes les autres merveilles de pierre et de verre à travers la France. Au-delà d’une démarche certaine de foi, il y a aussi un besoin d’aventure, comme une sorte de rite initiatique à la sortie des études. D’ailleurs je ne suis pas le seul, beaucoup d’amis partent un ou deux ans dans des projets fous avant de s’installer dans un travail. Il y eut surtout l’incendie de Notre Dame de Paris à l’origine de ce tour de France. Je me sentais comme un devoir de rendre hommage à toutes nos cathédrales, mais surtout montrer qu’il y en a beaucoup, toutes très belles, et qui souffrent ! Toutes ne profitent pas du même budget d’entretien et de restauration que Notre Dame de Paris. Le patrimoine religieux est le premier patrimoine menacé de France. En allant visiter les cathédrales, qui en sont l’emblème et le symbole, je cherche à attirer l’intérêt des gens sur ce patrimoine, et à l’entretenir en lui rendant d’abord sa vocation ! […]
Vous n’en êtes pas à votre premier pèlerinage et vous connaissez bien celui de Notre-Dame de Chrétienté, depuis combien de temps le faites-vous ? Dans quelle région avez-vous été chef de chapitre ?
Depuis que j’ai 7 ou 8 ans je pense ! Depuis suffisamment longtemps pour que je ne m’en rappelle plus. J’ai commencé avec les chapitres enfants, puis famille, et enfin adulte. J’ai eu aussi la chance de diriger quelques années de suite le chapitre Missio dans la région Paris Nord. Mais j’ai hâte de pouvoir revenir au pèlerinage et de relancer le chapitre Sainte Elisabeth dans les Yvelines, plus beau chapitre du monde ! Je me souviens aussi avoir rendu service une année dans la logistique avec les routiers. Le pélé, ça me connaît ! […]
Un message pour les pèlerins de Chartres ?
Ne rechignez jamais à venir sur les chemins de campagne en direction de Notre Dame de Chartres. Tous les ans, cette aventure marque un peu plus ceux qui la vivent et ceux qui la regardent. La démarche du pèlerin est celle de l’éternité. Nous sortons du temps et de l’utile pour venir d’abord nous nourrir l’âme. C’est le prémisse de toute action féconde dans le monde.
Que le président rende à Dieu ce qui appartient à Dieu
D’Aymeric Pourbaix dans France Catholique :

La messe traditionnelle est missionnaire
Témoignage d’une convertie qui interviendra lors du colloque samedi :
Édouard Philippe a évoqué l’idée d’une «forme de concordat» pour l’islam
Dans son dernier livre, « Des lieux qui disent », Edouard Philippe écrit qu’il faudra peut-être prévoir « un droit et une organisation spécifique aux musulmans ». Interrogé sur France-Inter le 13 septembre, il indique que la loi de 1905 « n’est peut-être pas en mesure de traiter la spécificité de l’islam ». Il pense qu’un jour cette question d’une organisation spécifique, « avec des obligations particulières imposées aux fidèles et aux responsables des communautés musulmanes », sera posée. Ainsi il se dit certain que l’idée de proposer une forme de concordat reviendra sur la table.
Ces gens pensent l’islam comme une religion comparable au catholicisme, avec son catéchisme, son culte, sa hiérarchie… alors qu’il n’en est rien. L’islam est avant tout politique, ainsi que l’avait compris Charles Maurras, lors de la construction de la grande mosquée de Paris :
la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. J’aperçois, de-ci de-là, tel sourire supérieur. J’entends, je lis telles déclarations sur l’égalité des cultes et des races. On sera sage de ne pas les laisser propager trop loin d’ici par des haut-parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère. Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse.
Et Charles de Foucauld allait plus loin :
Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?
Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s’y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l’un, celui du mehdi, il n’y en a pas ; tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu’à l’approche du jugement dernier le mehdi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l’islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve ; « l’oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s ’il se tient tranquille, il se retrouve intact le jour de la libération », disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu’aux Allemands, parce qu’ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d’honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècle : mais d’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du mehdi, en lequel ils soumettront la France.
De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d’un peuple étranger qu’on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d’apostasie, un renoncement à la foi du mehdi (…)
Le bac hors-contrat ouvre grand les portes de l’enseignement supérieur
Selon une enquête de la Fondation pour l’école :
L’augmentation du nombre d’écoles libres hors contrat est un phénomène reconnu aujourd’hui.
Mais ses détracteurs, perplexes ou envieux de ce succès, reprochent à ces écoles trop d’amateurisme, pas assez de rigueur, trop de liberté vis-à-vis des programmes officiels… Autant de critiques qui méritent de se pencher sur la réalité plutôt que les préjugés : que deviennent les lycéens qui sortent d’un lycée libre hors contrat avec leur bac en poche ? Qu’en est-il réellement ?
Afin de lever ces critiques et ces doutes, la Fondation pour l’école a enquêté auprès des directeurs des 400 lycées hors contrat de France qui présentent chaque année pas moins de 4000 élèves au baccalauréat. Nous leur avons demandé quel parcours ceux-ci suivaient dans l’enseignement supérieur.
Les résultats sont surprenants et éloquents : Sur les réponses obtenues, 99% des bacheliers trouvent une place dans un établissement d’enseignement supérieur et choisissent des cursus très variés.
- 24% sont admis dans les classes préparatoires aux grandes écoles ;
- 31% s’inscrivent en licence ;
- 15% entrent en BTS ou en BUT ;
- 10% font une école de commerce ou d’ingénieur postbac ;
- 10% choisissent médecine ou d’autres métiers de la santé ;
- Les 9% restant se répartissent dans divers métiers tels que ceux d’architecture, hôtellerie, petite enfance, musique, art, etc.
En résumé, les lycées libres hors contrat permettent à leurs élèves de trouver leur voie, quels que soient leur niveau et leurs aptitudes. Bien plus, le pourcentage des lycéens admis en classe préparatoire aux grandes écoles – CPGE – est très largement supérieur à la moyenne nationale, les meilleurs élèves intégrant, par ailleurs, les meilleures « prépas ».
Finalement, les parents qui hésitent parfois à y inscrire leurs enfants, craignant que les portes de l’enseignement supérieur ne se ferment, n’ont pas d’inquiétude à avoir.
Le baccalauréat imposé aux lycéens du hors-contrat, sans bénéfice du contrôle continu, semble finalement tourner à leur avantage. En effet, l’obligation pour ces élèves de passer toutes les épreuves du bac est logiquement considérée par les établissements d’enseignement supérieur comme un gage de sérieux et de réussite pour la suite de leurs études.
Si l’écart continue de se creuser avec le public, le bac du hors-contrat deviendra sans aucun doute le bac de référence.
En plébiscitant les 2600 écoles libres hors contrat, ses 120 000 élèves et leurs familles ne s’y trompent pas : les établissements libres hors contrat, loin d’être un second choix, permettent, au contraire, aux lycéens d’assurer avec sérénité et succès leur avenir dans l’enseignement supérieur et la vie professionnelle.
Natalité : même François Bayrou s’inquiète
Ce brave homme, après avoir soutenu la culture de mort, s’y prend un peu tard pour s’inquiéter :
“L’effondrement de la natalité que nous sommes en train de vivre (…) est probablement la plus mauvaise nouvelle que notre peuple pouvait recevoir de lui-même”. “Ce n’est pas dans l’immigration que la solution se trouve”. “Tous les autres pays dans le monde peuvent accepter une baisse de la natalité (…) parce qu'(ils) vivent selon la règle du ‘chacun pour soi'”. En France, “nous vivons selon la règle du ‘tous pour un'”. “Si tous ceux qui cotisent, apportent des ressources à notre système social (…) deviennent de moins en moins nombreux, alors notre contrat social est insoutenable”.
Encore un prix pour Le Puy du Fou
Nos gauchistes vont en faire un malaise. Le Mime et l’Étoile, nouveauté 2023 du Puy du Fou, a été récompensé du « Meilleur spectacle 2023 » aux Golden Ticket Awards par Amusement Today, un mensuel américain dédié au monde des parcs d’attractions. La revue remet chaque année, depuis 1998, des prix dans vingt-trois catégories à des parcs du monde entier.
« Les Golden Ticket Awards sont le résultat direct de votes exprimés partout dans le monde, indique le média sur sa page internet. Plus de 500 voyageurs expérimentés, répartis à parts égales entre le pays et l’international, ont reçu des bulletins de vote. Depuis 2019, les journalistes du secteur et les fournisseurs de manèges disposent également de catégories consacrées à des sujets professionnels. »
Le spectacle raconte le rêve d’un réalisateur. Le récit du Mime et l’Étoile se déroule à la Belle Époque. Le Puy du Fou y a investi plus de 20 millions d’euros et met en scène 120 rôles. La construction d’un théâtre dédié à cette création a nécessité 140 tonnes de décors.
🎬Le nouveau spectacle du Puy du Fou : Le Mime et l’Étoile vient d’être récompensé aux Golden Ticket Awards par @amusementtoday du “Meilleur spectacle 2023” le 9 septembre à Dollywood !#PuyduFou #Awards #LeMimeetlEtoile #Récompense pic.twitter.com/47tMshMbO5
— Puy du Fou (@PuyduFou) September 20, 2023


