Marchez vers Pâques avec l’Évangile de saint Marc
Après le silence de Nazareth vient le temps de la vie publique : les premiers miracles, les appels à la conversion, les paraboles, la révélation progressive du mystère du Christ — jusqu’à la Croix et à la Résurrection.
C’est pourquoi la Fraternité Saint-Vincent Ferrier a préparé une nouvelle série : CARÊME40 Marcher vers Pâques avec l’Évangile de saint Marc
Cette série reprend exactement là où Avent Évangélique s’était arrêté :
- Un même Évangile, cette fois selon saint Marc, parcouru dans son intégralité.
- Une même pédagogie, jour après jour, pour découvrir les richesses étonnantes de l’Évangile.
- Un même désir : laisser le Christ transformer nos vies.
Troisième dimanche après l’Épiphanie : “Dîtes seulement une parole et mon serviteur sera guéri”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Nous sommes maintenant dans le temps après l’Épiphanie qui est le prolongement dans le cycle temporal du temps de Noël. Ce dernier se poursuit d’ailleurs dans le cycle sanctoral jusqu’au 2 février. Ainsi, tout en continuant à contempler et adorer dans la crèche le Sauveur qui vient de naître, nous méditons déjà sur les enseignements de sa vie publique. Ce temps après l’Épiphanie peut comporter entre trois et six dimanches, suivant la date de Pâques, mais les chants du propre de la messe restent les mêmes à partir du troisième dimanche. Certaines années, on les reprend ainsi plusieurs dimanches de suite. Cette année 2025, nous n’aurons que le cinquième dimanche après l’Épiphanie car le quatrième verra la solennité de la Présentation au Temple et que nous arriverons ensuite au Temps de la Septuagésime.
► Introït : Adorate Deum
L‘Introït est tiré du psaume 96 Dominus regnavit : Le Seigneur est Roi, dont nous retrouverons le début à l’Alléluia. Il chante la souveraineté du seul vrai Dieu sur toute la création et sur toutes les divinités et idoles païennes. Comme dans la messe de dimanche dernier, ce sont toutes les créatures de la terre qui sont invitées L’adorer.
Adorate Deum omnes Angeli ejus : audivit et lætata est Sion : et exsultaverunt filiæ Judæ.
Adorez Dieu tous ses anges ; Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Judas ont exulté.
Sion, c’est-à-dire Jérusalem, les filles de Juda, c’est-à-dire toutes les cités d’Israël, c’est le peuple élu, et c’est comme toujours la figure de l’Église. Qu’a-t-elle donc entendu qui la mette ainsi dans la joie ? C’est la proclamation de cette souveraineté universelle de Dieu : ici, dans la liturgie du temps après l’Épiphanie, c’est la manifestation de la divinité et de la royauté du Messie que nous acclamons.
La mélodie commence par un grand élan d’adoration et monte dans les hauteurs pour invoquer les Anges. Puis elle s’apaise et exprime une joie contenue mais bien affirmée. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 96, celui que nous retrouverons dans l’Alléluia.
Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.
► Graduel : Timebunt gentes
De chant du Graduel du troisième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 101, qui est, dans son ensemble, une grande supplication douloureuse du peuple d’Israël en butte aux persécutions des ses ennemis, emmené en captivité loin de la ville sainte de Jérusalem et du temple détruit ; mais il contient aussi une partie pleine d’espérance, prophétisant la victoire du Seigneur sur ses ennemis et la reconstruction du temple.
Timebunt gentes nomen tuum, Domine, et omnes reges terræ gloriam tuam. Quoniam ædificavit Dominus Sion, et videbitur in majestate sua.
Les nations craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre craindront votre gloire, car le Seigneur a rebâti Sion, et Il y paraîtra dans Sa majesté.
On retrouve ici Sion déjà mentionnée à l’Introït, la cité sainte de Jérusalem, une fois encore figure de l’Église dont Isaïe déjà, le jour de l’Épiphanie, avait annoncé le triomphe et la gloire quand tous les peuples et les rois de la terre, qu’ils le veuillent ou non, devront se soumettre au règne du Christ Roi. La mélodie reprend encore des formules connues que nous avons déjà entendues les deux précédents dimanches mais qui s’adaptent parfaitement bien au texte du jour dans une tonalité de joie très affirmée.
► Alléluia : Dominus regnavit, exsultet
Nous retrouvons à l’Alléluia du troisième dimanche après l’Épiphanie le début du psaume 96 qui figurait déjà comme verset de l’Introït.
Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.
C’est donc encore la divinité et la royauté de notre Seigneur qui provoquent la joie de tous les hommes, ceux qui habitent le continent et ceux qui habitent dans les îles, c’est à dire tout l’univers connu.
La mélodie légère, fluide, aux grandes vocalises, exprime à merveille cette joie. C’est encore, comme les deux derniers dimanches, une mélodie type que nous avons déjà entendue, notamment celle-ci à la messe de minuit de Noël.
► Offertoire : Dextera Domini
L‘Offertoire du troisième dimanche après l’Épiphanie est un magnifique chant d’action de grâce.
Dextera Domini fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me : non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
La droite du Seigneur a exercé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé, je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.
On retrouvera ce chant pendant la Semaine sainte où il sera placé alors dans la bouche du Christ. D’ailleurs le psaume 117 d’où il est tiré est par excellence un psaume pascal qui est largement utilisé dans la liturgie de Pâques. C’est un des grands psaumes qui commencent par : » Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle « , comme celui que nous avons trouvé au Graduel de dimanche dernier. Et ici encore c’est l’œuvre de la Rédemption pour laquelle l’âme fidèle remercie et glorifie le Seigneur. Cette action de grâce se termine comme celle de l’Offertoire de dimanche dernier avec le même mot narrabo, je raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour moi : mais la mélodie est très différente de celle de ce dernier qui était tout à fait exceptionnelle par son ampleur et son enthousiasme. Celle-ci est assez solennelle mais dans une ambiance contemplative. Elle exprime admirablement les sentiments du texte. Les mots dextera Domini, qui désignent la main droite du Seigneur symbole de sa puissance, reviennent deux fois, la première fois d’une façon très solennelle, la deuxième fois avec une insistance joyeuse et pleine d’assurance. L’affirmation non moriar : je ne mourrai pas, est lancée avec une inébranlable certitude, tandis que la finale narrabo opera Domini : je raconterai les œuvres du Seigneur, s’épanouit en un épanchement mystique et assez doux.
► Communion : Mirabantur
Le texte de la Communion du troisième dimanche après l’Épiphanie est un passage de l’Évangile, mais il ne s’agit pas de l’Évangile du jour. Il est pris ici en saint Luc au chapitre IV.
Mirabantur omnes de his quæ procedebant de ore Dei.
Tous étaient stupéfaits des paroles qui sortaient de la bouche de Dieu.
Bien entendu saint Luc n’a pas écrit » de la bouche de Dieu » mais simplement » de sa bouche « , celle du fils de Joseph qui venait de prendre la parole pour la première fois dans la synagogue de Nazareth, laissant entendre nettement, après avoir lu un passage d’Isaïe, que le Messie annoncé par le prophète c’était lui. On comprend la stupéfaction des auditeurs. La liturgie a modifié le texte pour affirmer, en ce temps après l’Épiphanie, que nous croyons à la divinité de Jésus. Nous qui savons qu’Il est Dieu, nos sentiments ne sont plus de stupéfaction comme ceux des habitants de Nazareth, mais d’admiration, d’adoration et de louange. C’est ce qu’exprime la mélodie ce cette petite antienne, qui bien que courte, est très ornée et chargée de neumes.
“Ordo amoris” : Existe-t-il un ordre dans la charité ?
De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
Il y a un an, le concept augustinien et thomiste d’“ordo amoris” (d’ordre dans la charité) repris par JD Vance faisait controverse jusqu’au Vatican. Rappel de ce qu’indiquait notamment le dossier de préparation des chefs de chapitre du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté en 2006 – dont le thème était “Aimer, c’est tout donner” – sur ce sujet disputé qui ne date pas d’hier.
I- Piété filiale et patrie
(d’après le Court précis de la loi naturelle selon la doctrine chrétienne de Jean Madiran)
–Un ordre dans la charité
Contrairement à ce que laisse croire un certain progressisme, la piété à l’égard de la patrie rentre parfaitement dans l’ordre de la charité. Saint Thomas fait remarquer précisément qu’il y a un ordre dans la charité. La charité n’abolit pas la loi mais l’accomplit, les dix commandements ayant pour but les deux préceptes de la charité : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.
– La piété filiale
Tandis que les trois premiers commandements énoncent notre dette naturelle à l’égard du Créateur auquel est réservé de manière exclusive le plus grand Amour (vertu de religion que comble le don surnaturel de piété), le premier commandement de la seconde table (ou 4éme commandement : « Tes père et mère honoreras… ») énonce, avant tout autre devoir envers le prochain, notre dette à l’égard de ceux qui sont les médiateurs naturels de Dieu auprès de nous, pour nous donner ce qu’il nous donne par eux : la vie physique et la vie morale. Autrement dit, après Dieu et avec Lui, la charité doit s’adresser à ce qui nous touche au plus près dans notre vie, à commencer par nos parents et, par extension, les parents de nos parents, les ancêtres, les anciens, les bienfaiteurs, les maîtres, les grands hommes et les humbles serviteurs de notre patrie, de notre civilisation et de l’humanité.
– L’amour de la Patrie
Avec les parents, le commandement de la piété filiale touche bien entendu la Patrie. C’est le « culte de l’homme» bien compris, que la vertu naturelle de piété filiale élève à nos morts, à ceux qui nous ont transmis la loi naturelle, la foi chrétienne et les humbles honneurs des maisons paternelles… C’est le culte des morts, des héros et des saints transmis par nos familles, qui n’est point le même culte qu’on rend à Dieu, mais qui est aussi un culte proportionné à son objet.
C’est aussi le culte rendu à la Patrie, inférieur mais analogique à celui qu’on doit rendre à l’Eglise, comme l’explique Léon XIII, au point qu’on peut, et parfois, qu’on lui doit sacrifier sa vie comme bien commun temporel, fin intermédiaire, par amour du prochain précisément (comme soi-même), en vue de son salut (temporel et spirituel) :
« Si la loi naturelle nous ordonne d’aimer spécialement et de défendre le pays où nous sommes nés et venus au jour, au point que le bon citoyen n’hésite pas à affronter la mort pour sa patrie, à plus forte raison les chrétiens doivent-ils toujours être animés de pareils sentiments à l’égard de l’Eglise (…). Il faut donc aimer la patrie à qui nous devons de jouir de cette vie mortelle; mais il est nécessaire d’avoir un amour supérieur pour l’Eglise, à qui nous sommes redevables de la vie immortelle de l’âme, parce qu’il est juste de préférer les biens de l’âme aux biens du corps, et que les devoirs envers Dieu ont un caractère beaucoup plus sacré que les devoirs envers les hommes. Au reste, si nous voulons juger selon la vérité, nous comprendrons que l’amour surnaturel de l’Eglise et l’amour naturel de la patrie sont deux amours issus du même éternel principe, car Dieu est l’auteur et la cause de l’un et de l’autre. D’où il suit que l’un de ces devoirs ne peut entrer en conflit avec l’autre. » (Sapientiae christianae, 10 janvier 1890).
–Pas de charité véritable sans respect de la loi naturelle
L’amour du prochain – et par extension l’amour de la patrie, famille de familles dans le temps et dans l’espace – est le test négatif de l’amour de Dieu : celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas et qui n’aime pas son frère qu’il voit, celui-là est un menteur. Pareillement, la justice naturelle, qui est l’objet des dix commandements (rendre à Dieu et au prochain ce qui leurs sont dû), est le test négatif de la charité surnaturelle. Là où la loi naturelle n’est pas observée, il n’a pas de charité véritable.
Ce culte des ancêtres rendu à plus haut que soi, commun à toutes les civilisations, est la marque de la reconnaissance (plus ou moins développée) d’une loi naturelle supérieure à l’homme, d’une transcendance. Il est à l’opposé du culte de l’homme, que l’homme moderne, impie et anonyme, se rend à lui-même pour lui seul, soit individuellement, soit collectivement.
–Le retour à la barbarie intellectuelle et morale
L’homme impie retourne à la barbarie, qui se définit par l’absence de loi (autre que la sienne). La barbarie intellectuelle et morale (“l’hérésie du XXéme siècle”) se définit par l’ignorance ou le mépris de la loi naturelle. Sans doute l’homme impie, héritant avec ingratitude, indifférence ou négligence du don de la civilisation, peut-il rester un temps civilisé ; mais, comme une fleur sans racine est appelée à s’étioler. C’est alors un pharisien de la civilisation, tout comme le moderniste peut demeurer un temps un pharisien de la tradition… A la manière du fils prodigue, l’homme impie interrompt la transmission du patrimoine national et religieux : il interrompt la civilisation, il interrompt la tradition.
Préférence nationale et ordre dans la charité
(d’après Politique et morale, éléments de philosophie chrétienne, de Rémi Fontaine, DMM)
– La récupération des Ecritures à des fins partisanes
Pour dénoncer la préférence nationale, certains, au nom de la parabole du bon samaritain, sont partis en guerre contre la formule célèbre : « J’aime mieux mes filles que mes nièces, mes nièces que mes cousines, mes cousines que mes voisines. » Comme s’il était manifestement anti- évangélique de mettre un ordre dans la charité, ou du moins cet ordre-là, le chrétien devant « opérer un renversement des priorités admises habituellement » : aimer mieux ses voisines en somme !
Plus loin encore, on est allé jusqu’à utiliser l’amour du Christ contre l’amour de la patrie :
« Le Christ ne choisit pas entre les hommes. Il a donné sa vie pour tous. Sa préférence, ce n’est pas la préférence nationale. »
Commentaire de Jean Madiran dans Présent du 1er avril 1998 :
« Quelle pitoyable, quelle offensante manière de raisonner “Le Christ ne choisit pas entre les hommes”, alors pas de préférence nationale ! Mais alors aussi, mesdames, ne choisissez pas entre les hommes ! Et ainsi de suite ! Le Christ ne s’est pas marié, ne vous mariez pas. Il n’a pas porté des armes, ne soyez pas soldat (avec un léger doute ici, non seulement à cause du centurion, mais aussi à cause des marchands chassés du Temple à coups de trique… »
Le pire est que ces bons apôtres reprochent aux nationaux catholiques ce qu’ils pratiquent aussi impudemment :
« L’utilisation des valeurs religieuses, de l’idée de Dieu, pour étayer des propositions politiques est une contrefaçon. Une perversion. C’est plus qu’une supercherie, c’est une escroquerie. »
Or, la récupération des Écritures à des fins partisanes, en en falsifiant le sens, est bien leur fait : ils veulent à partir de la Bible et de l’Evangile, justifier une certaine politique de l’immigration – jusqu’à la déraison de la préférence étrangère – qui ne s’y trouve pas1!
Invoquer par exemple la parabole du bon Samaritain contre la préférence nationale relève à la fois d’un sophisme et d’un procès d’intention. Car aimer mieux ses proches ne signifie nullement, comme le laissent accroire certains clercs, l’indifférence, le mépris, le rejet, voire la haine du “lointain”, de l’étranger, ou des prochains de rencontre “les moins proches”… etc.
– L’amour de préférence : une priorité, pas une exclusivité
Ce n’est pas parce qu’un père préfère naturellement sa famille qu’il ne peut accueillir l’hôte de passage dans sa maison, comme un frère, ni secourir le voisin ou l’étranger nécessiteux, comme un bon samaritain.
L’amour de préférence n’empêche pas, au contraire, l’amour de rencontre, tous deux étant dictés par la Providence. Le sens d’autrui et l’esprit missionnaire commencent même “chez soi” comme la réforme du monde commence par la réforme intérieure. On est d’autant plus missionnaire, et ouvert aux autres et à l’humanité, qu’on traite son âme, sa famille, son village, sa patrie comme les premiers “pays de mission”.
Bien sûr, la charité chrétienne, parce qu’elle est participation à l’amour de Dieu, est universelle. Elle n’exclut personne et on la reconnaît précisément à ce qu’elle sait s’ouvrir au plus pauvre ou au plus éloigné. Saint Thomas d’Aquin le dit :
« L’amour de Dieu se révèle avec plus de force lorsqu’il dilate le coeur de l’homme vers des objets plus éloignés, c’est-à-dire jusqu’à l’amour des ennemis; comme la vertu du feu fait preuve d’une force d’autant plus grande qu’elle rayonne plus loin de sa chaleur. » 2
Mais justement le feu et sa chaleur rayonnent à partir d’une origine, d’un foyer. La préférence familiale, nationale, européenne… n’est pas une exclusivité, mais une priorité. « Si quelqu’un n’a pas soin des siens et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle », écrit saint Paul (I Timothée 5, 8). L’amour de la patrie n’est pas exclusif de l’amour des autres qui n’en sont pas. Il en est le point de départ, comme l’explique Raoul Follereau (qui pouvait en juger) :
« Aimer son pays n’est pas davantage détester les pays voisins qu’aimer sa maman n’est haïr toutes les autres mères. Aimer sa famille ne consiste pas à voler, piller, tuer le voisin. Bien au contraire, l’amour de la famille implique et impose le respect des autres foyers. Qui donc estime celui qui a renié ses parents ? Ainsi de la patrie. Le vrai patriote aime en chacun l’idée de la patrie et respecte la patrie de chacun » (De la patrie. Trahison de l’intelligence, 1936).
– L’ordre dans la charité
Ainsi parle le langage du bon sens et du droit naturel, aux antipodes de l’universalisme désincarné d’un certain mondialisme (qui ne prend racine nulle part), et sans contradiction avec l’Evangile. Ce que résume saint Augustin (3) :
« Comme tu ne peux être utile à tous, tu dois surtout t’occuper de ceux qui, selon les temps et les lieux ou toutes autres opportunités, te sont plus étroitement unis comme par un certain sort; par sort, en effet, il faut entendre quiconque t’est lié temporellement et qui adhère à toi, ce qui fait que tu choisis de l’avantager. »
Et saint Thomas précise :
« A chacun il faut plutôt accorder les bienfaits correspondant à l’ordre des choses où il nous est le plus uni, à parler dans l’absolu. Cependant, cela peut se diversifier selon la diversité des lieux, des temps et des affaires; il est tel cas, celui d’extrême nécessité par exemple, où nous devons venir en aide à un étranger plutôt qu’à un père dont le besoin serait moins urgent » (S.T IIa, II ae, q. 31, a 3, resp.).
Dans son Compendium theologiae, l’Aquinate développe, par ailleurs, l’ordre qu’il faut mettre dans la charité – y compris dans la charité politique :
« D’où il faut que l’affection de l’homme soit ainsi ordonnée par la charité que d’abord et principalement il aime Dieu; ensuite soi-même, enfin le prochain et, parmi les prochains, davantage ceux qui sont plus proches et plus à même de nous aider. Pour ceux qui sont un obstacle, en tant que tels, on doit les avoir en aversion quels qu’ils soient… »
– Charité sans mesure, mais pas sans discernement
Assurément le signe de la vraie charité est qu’elle sait s’ouvrir à tous sans mesure mais non pas sans discernement. Aimer son ennemi ne signifie pas céder forcément à ses volontés. De même avec l’étranger. La bienveillance qui doit s’adresser à leur égard ne peut pas toujours se traduire par une bienfaisance. Par la force des choses : Il est des hommes qu’il nous est impossible d’atteindre, d’aider, d’aimer autrement que par la prière, sauf vocation exceptionnelle.4
Accuser un homme politique de xénophobie ou de racisme lorsqu’il dit « J’agis pour les Français d’abord », est aussi absurde que d’accuser de sexisme un capitaine de bateau en péril lorsqu’il dit « Les femmes et les enfants d’abord » ! Aussi ridicule que d’accuser sainte Jeanne d’Arc d’antichristianisme lorsqu’elle disait naturellement, à propos des Anglais : « Je les aime moins. »
Manquer à ces justes discriminations, c’est, pour un chef (de famille, de village, de bateau, d’Etat…), manquer à la justice générale et à la charité (politique) aussi sûrement que le Lévite de la parabole a manqué à la charité en passant son chemin sans égard pour le blessé d’infortune. Car la charité, qu’elle soit morale ou (et) politique, n’est pas abstraite. Et l’Evangile dicte aussi bien le devoir d’état que le devoir de secours à l’infortuné de rencontre.
Ce n’est pas parce que je défends le principe de la préférence nationale que je ne porterai pas secours à un homme agressé, gisant dans le fossé, sans m’inquiéter de sa race, de sa nationalité, de sa religion.5
La civilisation de l’amour se fonde sur “l’inégalité protectrice” à tous les niveaux, tandis que la culture de mort se fonde sur l’égalité impossible, utopie criminelle, semence de discorde, de haine et de misère. Depuis Satan – « Vous serez comme des dieux ! » – jusqu’à nos révolutions modernes…
1 Sur ce sujet, on peut se reporter également à l’article de Guy Rouvrais dans la revue Itinéraires n°IX du printemps 1992 : Une pseudo-théologie biblique contre le Front national . ou à la Réponse à “L’extrême-droite et l’Eglise” de Jean Madiran, Présent 1998.
2 Somme théologique IIa IIae, q. 27, a.7, resp. Voir aussi Compendium theologiae, troisième partie, article 3: « L’amour des ennemis est-il de la perfection de conseil? »
3 L.I de la Doctrine chrétienne ch. 28. « D’où il ressort, commente saint Thomas dans son Compendium theologiae (III, 8), qu’en vertu du précepte de la charité, nous ne sommes pas tenus d’être poussés par affection de dilection ou effectivement, en particulier pour celui qui ne nous est uni par aucun lien, si ce n’est peut-être selon le temps ou le lieu, parce que nous le voyons en quelque nécessité d’où il ne pourrait être secouru sans nous. » Ce qui s’est présenté pour le bon Samaritain.
4 « Nous sommes tenus cependant par affection et effet de la charité – par quoi nous aimons tous les prochains et prions pour tous – de ne pas exclure même ceux-là qui ne nous sont unis par aucun lien spécial, comme par exemple ceux qui habitent des Indes à l’Ethiopie » (saint Thomas, tome 3, article 8).
5 Car reste vraie moralement et concrètement la consigne d’Edith Stein : « Pour les chrétiens, il n’y a pas d’homme étranger. C’est chaque fois le prochain que nous avons devant nous et qui a le plus besoin de nous. L’amour du Christ n’a pas de frontière. »
La République des juges contre la Nation, comment en sortir ? Un essai explosif
Cet ouvrage explosif s’adresse aux lecteurs qui veulent comprendre les tensions actuelles entre droit et politique. Bertrand Saint Germain, professeur de droit, élu local et essayiste fournit dans ce livre, des clés solides pour penser lucidement la crise des institutions.
Depuis plusieurs années, chacun constate l’emprise croissante d’une justice politisée sur la vie publique. Décisions spectaculaires, annulations de candidatures, attaques contre les symboles identitaires : il ne s’agit plus seulement d’arbitrer des litiges, mais d’imposer une vision idéologique qui échappe à tout contrôle démocratique.
Loin de l’idéal classique qui voulait « rendre à chacun ce qui lui est dû », la justice française s’est transformée en un pouvoir institutionnel autonome, miné par le corporatisme et l’entre-soi. Dans les tribunaux locaux comme dans les hautes juridictions, l’idéologie de certains et le conformisme social des autres redessinent les limites de l’acceptable et de l’interdit, jusqu’à déterminer le cadre même de la vie politique.
Une véritable République des juges s’est imposée, avec l’assentiment d’une classe politique affaiblie, qui invoque mécaniquement l’état de droit et la séparation des pouvoirs pour masquer son incapacité à agir. Sous couvert de neutralité, une partialité bien réelle oriente trop de décisions juridictionnelles tandis que les juges suprêmes censurent des lois pourtant voulues par les électeurs. Les Français ne s’y trompent pas ; moins d’un sur deux fait encore confiance à la justice.
Cet essai ne se limite pas au constat.
Il propose des solutions concrètes pour restaurer la primauté du peuple : déclaration publique des intérêts des magistrats, facilitation des procédures de récusation, développement des modes alternatifs de règlement des litiges, création d’une justice de proximité élective, mise en cause renforcée des magistrats défaillants, possibilité des destitutions, réaffirmation de la souveraineté de la loi…
Un livre essentiel pour ceux qui refusent que des toges non élues dictent l’avenir de la Nation.
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/29939-la-republique-des-juges-contre-la-nation-et-comment-en-sortir.html
La République des juges contre la Nation de Bertrand Saint-Germain, Préface de Jean-Luc Coronel de Boissezon agrégé des Facultés de droit et professeur à l’ISSEP, Editions du Verbe Haut, 164 pages, 19 €
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Le plus ancien diocèse du Mexique a célébré ses 500 ans avec 500 heures d’adoration
Lu ici :
Sous le patronage de Notre Dame d’Ocotlán le diocèse de Tlaxcala, le plus ancien du Mexique, a commémoré le cinquième centenaire de sa création canonique par une période de 500 heures d’adoration eucharistique continue devant le Saint-Sacrement, en signe de gratitude et de renouveau de la foi.
L’initiative a commencé le 12 septembre 2025 et s’est terminée le 3 octobre, les heures étant réparties entre les 93 églises qui composent les sept doyennés du diocèse. Chaque doyenné était responsable de 50 heures d’adoration.
Un communiqué a précisé que l’objectif de cette activité était de préparer spirituellement la célébration du jubilé du 500e anniversaire « comme une forme d’action de grâce et de renouveau de la foi ».
Les curés, les vicaires et les responsables communautaires ont également été invités à promouvoir cette initiative lors des messes dominicales et à encourager les familles, les groupes paroissiaux et les fidèles en général « à se joindre à ce moment d’unité autour du Christ ».
Cette période d’adoration s’inscrivait dans le cadre du programme commémoratif des cinq siècles d’existence du diocèse. Une messe jubilaire a été célébrée le 12 octobre 2025 à 11 heures, heure locale, au séminaire conciliaire Notre-Dame d’Ocotlán, par Mgr Joseph Spiteri, nonce apostolique au Mexique.
Au cours de la cérémonie, une réplique de l’image de Notre-Dame de Guadalupe a été présentée, ainsi que trois branches de palmier en mémoire des saints enfants martyrs (Saints Innocents ?), un cœur symbolisant l’amour maternel de Marie sous son titre de Notre-Dame d’Ocotlán, et l’envoi en mission de plus de 1 000 catéchistes.
La bénédiction et la consécration officielles de la cathédrale de Tlaxcala — un ancien couvent franciscain dédié à Notre-Dame de l’Assomption, ont eu lieu le 13 octobre.
Le patrimoine religieux exerce une influence majeure dans la conversion
L’abbé Masquelier, curé de la paroisse de Villemombre (93) est interrogé dans France catholique :

La conversion de JD Vance : entretien avec Rod Dreher
Dans cet entretien exceptionnel accordé à la Fraternité Saint-Ephrem, Rod Dreher révèle le cheminement de la conversion au catholicisme de JD Vance et explique pourquoi, selon lui, “nous aurons demain comme président un vrai catholique”.
Rod Dreher a joué un rôle clef dans le succès du livre de JD Vance, Hillbilly Élégie, ainsi que dans la conversion au catholicisme de son auteur. C’est en partie grâce à ce succès éditorial que JD Vance a pu ensuite devenir sénateur de l’Ohio, et 50e vice-président des États-Unis. L’accès de JD Vance aux plus hautes responsabilités est l’exemple d’une génération de plus en plus conservatrice, post-libérale et catholique, aux États-Unis. Sa conversion aux catholicisme, comme l’explique Rod, pourra avoir des conséquences majeures quant au chemin que choisira de prendre l’Amérique dans les années à venir.
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Yuval Noah Harari et la religion du “dataïsme”
Quelques informations complémentaires au sujet de Yuval Noah Harari, évoqué ici, tirées d’une série d’émissions sur le transhumanisme faites par la chaîne Arte en 2017 :
Yuval Noah HARARI est essayiste, professeur d’histoire médiévale et militaire à l’université hébraïque de Jérusalem et l’auteur de « Sapiens », paru en 2011 – best-seller vendu à 6 millions d’exemplaires. Mark Zuckerberg a fait pour cet ouvrage une ardente propagande aux Etats-Unis. Il a publié en 2017 « Homo Deus : une brève histoire de l’avenir ».
Bill Gates fait son éloge sur son blog en mai 2016 et Barack Obama, en septembre de la même année, loue « sa stupéfiante synthèse de l’histoire ».
« Prenez un être humain, ouvrez-le et regardez à l’intérieur : vous ne trouverez aucun droit. Les seuls endroits où vous en trouverez, c’est dans les histoires que nous avons inventées et propagées ! » expose-t-il.
François Busnel pose cette question : « et si le nouvel ordre du jour de l’humanité se résumait à ceci : devenir des dieux ? (…) Faire de vous des êtres plus heureux, des êtres plus puissants, des êtres qui vivront plus longtemps, immortels, pourquoi pas…donc, l’équivalent des dieux ! La biotechnologie nous permet aujourd’hui d’y rêver et nous permettra sans doute demain de réaliser ce rêve ; et l’homo sapiens pourrait évoluer et devenir une nouvelle espèce : l’homo deus ; une nouvelle religion ferait son apparition. Voilà ce que Harari retrace : l’origine de notre conditionnement, depuis les chasseurs-cueilleurs qui vivaient il y a 70 000 ans jusqu’à Google et aux instruments connectés. Possibilités ou prophéties ? La plus grande révolution religieuse à venir pourrait bien être ce que vous appelez le « dataïsme ».
« La religion », répond Harari, « c’est l’autorité. C’est un narratif qui donne la légitimité à quelqu’un. Au Moyen Age, il y avait des questions sur la vie, sur votre pays… si vous aviez ce genre de questions, vous vous tourniez vers la Bible, vers l’Eglise, vers Dieu : c’étaient eux, la source de l’autorité. Aujourd’hui, c’est la nouvelle religion du dataïsme : si vous avez une question, si vous avez un problème, allez voir les algorithmes ! Et des milliards de gens le font ! La source la plus importante de l’autorité, c’est Google. Si vous avez un problème ou une question, vous n’allez pas voir un prêtre – ou très rarement, aujourd’hui. Le premier endroit et aussi le dernier endroit où vous allez, c’est Google. Et ce n’est que le début ! Très rapidement, je pense que nous aurons assez de données, et aussi assez de puissance de calcul pour « hacker » les êtres humains. Et là, comme on l’a entendu, précédemment, sur ce plateau, il semble que les êtres humains sont des algorithmes biochimiques. Donc, si vous avez suffisamment de données et de puissance de calcul, vous pouvez hacker les algorithmes humains. Et à ce moment-là, vous pouvez contrôler et manipuler les gens ».
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux : sa communauté, son histoire
L’abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux a été fondée en 1979 au pied du Mont Ventoux, dans le département du Vaucluse. Trente moniales bénédictines y vivent dans l’observance traditionnelle, suivant le rythme de la règle de saint Benoît “Ora et labora” : prière et travail. À quelques centaines de mètres, l’abbaye masculine Sainte-Madeleine du Barroux abrite la branche masculine, avec laquelle les sœurs collaborent notamment pour le travail de la vigne. Divine Box vous invite, aujourd’hui, à découvrir cette abbaye provençale et la communauté qui l’anime !
Une histoire de famille
Tout débute avec la fondation de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, sa grande sœur, en 1970. À cette époque, cette communauté suscite de nombreuses vocations, parmi lesquelles figurent plusieurs jeunes filles désireuses d’embrasser cette vie monastique caractérisée par une observance traditionnelle.
C’est neuf ans plus tard seulement, que quatre jeunes femmes viennent rejoindre sœur Élizabeth, une moniale bénédictine. Animées par le même idéal, elles souhaitent ardemment marcher sur les traces de Dom Gérard, fondateur de Sainte-Madeleine du Barroux, mais sans savoir vers quel lieu se tourner…
Un dévouement sans limites !
Certaines de ces jeunes femmes, les premières arrivées, font preuve d’une détermination sans faille pour vivre pleinement leur vocation. Dans un premier temps, elles s’établissent de manière provisoire dans des mas provençaux et même dans des caravanes !
L’année 1983 marque un tournant décisif : les sœurs deviennent propriétaires d’un terrain au Barroux, juste en contrebas de leurs frères de la communauté masculine, à deux pas du Mont Ventoux. Trois ans plus tard, en 1986, la première pierre du monastère est bénie, donnant ainsi le coup d’envoi des travaux. C’est le commencement de l’édification concrète de leur abbaye.
Le Pape accorde rapidement à la communauté sa reconnaissance canonique. Cela se produit en 1989, peu après le Motu proprio « Ecclesia Dei » (elle est ainsi rattachée à Rome, tout en conservant la messe dans sa forme extraordinaire). La construction de l’édifice avance à bon rythme jusqu’en 1992, année où elle obtient officiellement le statut d’abbaye ! De nouveaux travaux se poursuivent jusqu’en 2005, date à laquelle la construction de Notre-Dame de l’Annonciation s’achève. Cette même année, le cardinal Medina Estevez, envoyé spécial de Benoît XVI, se rend sur place pour en célébrer la consécration.

Les sœurs du Barroux travaillent dans les vignes. © Via Caritatis
Alors, et aujourd’hui ?
Le quotidien des trente moniales s’organise conformément à la règle de saint Benoît, parfaitement résumée par la devise “Ora et labora” : prie et travaille. Concernant la prière, elles assistent à sept offices par jour, le premier débutant dès 5h du matin !
Concernant le travail, elles fabriquent de nombreux produits d’artisanat monastique tels que du nougat, des vêtements pour enfants, de la reliure ou encore des ornements liturgiques. S’ajoutent à cela les multiples tâches indispensables au bon fonctionnement de la maison : cuisine, ménage, menuiserie, infirmerie, jardinage, et bien d’autres encore…
Bénéficiant de la générosité de la nature provençale qui les entoure, elles cultivent également un vaste verger comptant figuiers, poiriers, pruniers, oliviers, amandiers et abricotiers. Ces fruits leur permettent, entre autres, de préparer de savoureuses confitures.
De plus, et c’est là leur activité principale, les sœurs cultivent des vignes en collaboration avec les moines de l’abbaye voisine. De cette alliance entre expérience des religieux et savoir-faire des vignerons locaux est née la marque “Via Caritatis”, vins emblématiques des abbayes du Barroux.

Les moniales, coupant de la lavande. © L’amour sauvera le monde
Des sœurs qui chantent à merveille
Les moniales de Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux célèbrent les offices dans un chant grégorien d’une pureté et beauté exceptionnelles. En juillet 2010, elles ont d’ailleurs remporté un concours de chant grégorien organisé par Universal’s Decca Records, se distinguant parmi plus de soixante-dix monastères participants ! Cette victoire leur a valu un contrat d’enregistrement pour leur album “In Paradisum”, paru le 8 novembre 2010. L’intégralité des bénéfices tirés de cet album a été reversée par les sœurs à des œuvres caritatives. Une belle preuve de générosité !

Les sœurs en plein office, chanté en grégorien © Abbaye de l’Annonciation du Barroux
Où trouver les produits des sœurs ?
Si vous souhaitez vous procurer les produits des sœurs, vous pouvez vous rendre directement sur place où elles vous accueilleront chaleureusement dans leur hôtellerie. Il s’agit d’un lieu idéal pour vous reposer ou flâner parmi les oliviers en respirant l’air pur de la Provence ! Voici justement leurs coordonnées : Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation, La Font de Pertus, 84330 Le Barroux. Pour découvrir les produits du Barroux, vous pouvez également consulter la boutique monastique en ligne de Divine Box !
Nouvelle révision de la loi de bioéthique
La première loi de bioéthique a été votée en 1994. Révisée en 2004, en 2011, en 2021, la prochaine mouture ne devrait pas paraitre avant 2028.
Le 21 janvier, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a officiellement lancé les Etats généraux de bioéthique. Prévu pour durer 6 mois, ce qui se veut un « exercice de démocratie sanitaire » entend « éclairer les enjeux de la future loi bioéthique ».
Parmi les thèmes abordés : « examens génétiques et médecine génomique, neurosciences, cellules souches et organoïdes, transplantations d’organes et xénogreffes, procréation, numérique, IA et santé, santé, environnement et climat ».
Environ 200 auditions nationales sont prévues ainsi que quelque 400 débats citoyens en régions, un « « comité citoyen » formé d’un échantillon représentatif de la population jeune », ou encore une « plateforme de contributions en ligne ouverte à tous ».
Le CCNE confie aux Espaces de Réflexion Ethique Régionaux (ERER) le soin d’organiser des « concertations publiques » – de janvier à mai 2026 – dans les 18 régions du territoire français. La première se déroulera en visio-conférence le 22 janvier. Elle est consacrée à la GPA. Un signe que cette « ligne rouge » s’apprête à être bientôt franchie ?
Jean-François Delfraissy, président du CCNE, souligne :
« Les Etats généraux vont mettre en tension deux grandes valeurs éthiques. D’un côté, l’autonomie, dans un sens de liberté individuelle et dans une vision un peu anglo-saxonne, et de l’autre, la solidarité à l’égard des plus fragiles. » « Dans un contexte national et international que nous n’aurions pas imaginé il y a quelques années et dans une atmosphère plus défiante envers la science et plus polarisée dans la société, les Etats généraux ouvrent « un temps d’écoute bienveillante de positions différentes sur des sujets difficiles, pour tenter de sortir le meilleur dans une vision collective ».
Un rapport est attendu au mois de juin et le CCNE publiera, à l’automne, un avis sur « les priorités de la révision législative ».
Le Parlement a déjà entamé les travaux de son côté. A huis clos pour l’essentiel : seule une audition a été diffusée. Une autre est prévue le 5 février sur les tests génétiques. La mission d’information de l’Assemblée nationale sur la baisse de la natalité mène également des auditions, qui elles sont accessibles.
Source : Gènéthique
53e March for Life en direct de Washington
Donald Trump est intervenu en vidéo et JD Vance à la tribune.
« Depuis 53 ans, des étudiants, des familles, des patriotes et des croyants viennent à Washington des quatre coins du pays pour défendre la valeur infinie et la dignité donnée par Dieu à chaque vie humaine… c’est une bataille qui doit être menée, qui doit être gagnée, non seulement dans les couloirs du pouvoir, mais surtout dans le cœur et l’âme du peuple. » Trump
« L’an dernier, je vous ai dit que l’une de mes plus grandes aspirations pour l’Amérique était de voir plus de familles et plus d’enfants. Sachez que vous avez un vice-président qui met en pratique ce qu’il prêche. Usha et moi avons annoncé cette semaine que nous attendons notre quatrième enfant. » Vance
Intervention du président de l’Assemblée, Mike Johnson :
« Nos droits ne proviennent pas du gouvernement, ils proviennent de Dieu lui-même. »
Le parcours d’un chrétien bangladais, de la jeunesse baptiste au sacerdoce catholique
Le vendredi 16 janvier, le jeune diacre Tharson Francis Mrong a été ordonné prêtre en devenant le premier catholique de sa paroisse et de son village à rejoindre le sacerdoce. Une étape historique pour le diocèse de Mymensingh, dans le nord-est du Bangladesh, mais aussi pour toute l’Église locale, dans un pays majoritairement musulman qui compte moins de 0,5 % de chrétiens.
Diglakuna est un village isolé du district de Sherpur, dont la plupart des habitants étaient autrefois hindous. En 1996, le père Alejandro R. Rabanal, CSC, prêtre philippin de la congrégation de la Sainte-Croix, a commencé à y annoncer l’Évangile. Au fil du temps, de nombreuses familles se sont converties au christianisme et, en 2013, Diglakuna a été officiellement érigé en paroisse. Aujourd’hui, la paroisse dessert onze villages et compte près de 2 000 catholiques, accompagnés par quatre religieuses.
Le père Tharson, originaire du village de Hariakona, dans la paroisse de Diglakuna, est le premier prêtre issu de cette communauté catholique en pleine expansion. Ce qui rend sa vocation particulièrement singulière, c’est qu’il a été élevé dans une famille baptiste. À l’âge de 16 ans, alors qu’il était encore un jeune baptiste, il est venu vivre au foyer catholique de la paroisse de Diglakuna pour poursuivre ses études. Là, il a été profondément inspiré par la simplicité de vie et le dévouement spirituel des prêtres de Sainte-Croix.
« Leur mode de vie m’attirait », se souvient le père Tharson. « J’ai demandé à un prêtre comment je pouvais leur ressembler. Il m’a dit qu’en entrant au séminaire, je pourrais devenir prêtre. » Avec l’accord de ses parents, le père Tharson a reçu le baptême et la première communion le 4 avril 2009. L’année suivante, le 15 mai, il est entré au séminaire. Après des années de formation, de prière et d’études, il a été ordonné prêtre le 16 janvier.
Le père Tharson a partagé avec franchise les difficultés rencontrées durant sa formation.
« J’ai grandi dans une famille baptiste et j’ai connu de nombreux conflits intérieurs et des doutes ». « Ma mère me demandait souvent de rentrer à la maison et de ne pas devenir prêtre, mais mon père m’encourageait à suivre ma propre voie. Finalement, ma mère a accepté ma décision. »
« Si une personne désire vraiment quelque chose, elle peut atteindre son but. Mon désir de devenir prêtre m’a aidé à surmonter les obstacles et les difficultés. J’ai essayé de rester fidèle même dans les plus petites responsabilités. »
Pour la paroisse de Diglakuna, l’ordination du père Tharson n’est pas seulement une réussite personnelle, mais aussi un signe puissant que la foi s’est profondément enracinée dans une région autrefois considérée comme une zone de mission isolée.
Les propositions de loi sur la fin de vie suspendues au calendrier parlementaire
Les députés reprendront en février l’examen des propositions de loi sur la fin de vie, dont le sort apparaît désormais déterminé par le seul calendrier et la capacité de celui-ci à permettre une lecture définitive avant la présidentielle.
A compter du lundi 9 févier en commission des Affaires sociales puis à partir du mardi 17 février dans l’hémicycle, ont fait savoir leur auteur, le député (app. MoDem) de Charente-Maritime Olivier FALORNI, et la présidente (EPR) de l’Assemblée nationale Yaël BRAUN-PIVET.
L’exécutif envisage lui aussi de faire aboutir la navette dès cette année, malgré le rejet des dispositions sur l’euthanasie par les sénateurs.
Avec un Premier ministre qui jongle entre le recours au 49.3, les motions de censure et la menace d’une dissolution, l’issue de ces propositions de loi n’est pas garanti. Par conséquent il est encore utile d’agir et d’écrire aux élus.
Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement à la Marche pour la Vie aux Etats-Unis
La traditionnelle March for Life, qui a lieu chaque année aux Etats-Unis depuis plus de 50 ans, se déroule chaque 23 janvier à Washington D.C. Un message du pape a été lu par le cardinal Pierre, nonce apostolique aux Etats-Unis, lors de la messe célébrée au sanctuaire national de l’Immaculée Conception à Washington, jeudi, à la veille de la marche, à laquelle assistaient quelque 6500 personnes.
Traduction du message par Jeanne Smits pour Réinformation.tv :
Aux participants à la Marche pour la vie 2026
Je vous adresse mes salutations chaleureuses, à vous tous qui prendrez part à la Marche pour la vie 2026. Je vous exprime également ma sincère gratitude et vous assure de ma proximité spirituelle lors de votre rassemblement qui rendra un témoignage public et éloquent de ce que « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain » (Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 9 janvier 2026).
En effet, « une société n’est saine et avancée que lorsqu’elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s’efforce activement de la promouvoir » (ibid.). A cet égard, je vous encourage, en particulier les jeunes, à continuer de tout mettre en œuvre pour que la vie soit respectée à toutes ses étapes, au moyen d’efforts appropriés à tous les niveaux de la société, y compris le dialogue avec les responsables civils et politiques.
Que Jésus, qui a promis d’être toujours avec nous (cf. Mt 28, 20), vous accompagne aujourd’hui alors que vous marchez courageusement et pacifiquement au nom des enfants à naître. En défendant leur cause, sachez que vous accomplissez le commandement du Seigneur de le servir dans les plus petits de nos frères et sœurs (cf. Mt 25, 31-46).
Animé de ces sentiments, je vous confie tous, ainsi que ceux qui vous soutiennent par leurs prières et leurs sacrifices, à l’intercession de Marie Immaculée, Patronne des Etats-Unis d’Amérique, et je vous donne volontiers ma Bénédiction apostolique, gage d’abondantes grâces célestes.
Fin de vie : le Sénat fait preuve de sagesse en ouvrant un nouveau chemin
Communiqué du Syndicat pour la famille :
Alors que les débats sur la fin de vie laissaient prévoir une issue annoncée en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté, le Sénat a déjoué ce scénario. En rejetant l’article central de la proposition de loi sur « l’aide à mourir », il a recentré le texte sur les véritables besoins d’accompagnement des personnes en fin de vie et le soulagement de leurs souffrances, faisant ainsi preuve d’une sagesse précieuse, loin des postures idéologiques.
Alors que l’issue de la discussion publique au Sénat sur la fin de vie semblait, pour certains, écrite d’avance avec la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, le Sénat a démontré qu’un autre chemin était possible, même s’il reste à confirmer le 28 janvier. En rejetant l’article clé de la proposition de loi, les sénateurs ont fait le choix de la responsabilité, de la cohérence et de l’humanité. Cette tournure du débat confirme ce que le Syndicat de la Famille affirme depuis longtemps : il n’existe en France ni consensus dans la société, ni attente forte en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie. Derrière les slogans et les présentations simplistes, la société reste très majoritairement attachée à des réponses fondées sur le soin, l’accompagnement et la solidarité.
Une véritable loi sur la fin de vie, sans idéologie
En réécrivant en profondeur la proposition de loi, les sénateurs ont choisi de la recentrer sur ce qu’elle aurait toujours dû être : une véritable loi sur la fin de vie, destinée à accompagner les personnes malades, à soulager leurs souffrances et à respecter leur dignité jusqu’au bout. La fin de vie ne peut être réduite à la possibilité de provoquer la mort, même renommée « aide à mourir » ou « assistance à mourir ». Elle appelle avant tout une réponse médicale, humaine et sociale. Il est aujourd’hui possible de traiter et de soulager la douleur, d’apaiser les souffrances physiques et psychiques, d’entourer les patients comme leurs proches. C’est cette approche que le Sénat a choisi de privilégier, en refusant une vision idéologique et en répondant aux besoins réels des personnes en fin de vie.
Des soins palliatifs pour tous et partout
Cette réorientation est cohérente et complémentaire avec l’autre proposition de loi en discussion au Sénat sur le développement des soins palliatifs et qui remet au cœur du débat un enjeu essentiel : l’accès effectif aux soins. Car la réalité demeure préoccupante : l’accès aux soins palliatifs est encore très inégal sur le territoire français. Trop de patients n’y ont pas accès, faute de structures, de moyens ou de professionnels formés. L’urgence, c’est de garantir à chacun, partout en France, un accompagnement digne et adapté.
« En refusant de considérer l’euthanasie et le suicide assisté comme la réponse adaptée à la fin de vie, les sages ont ouvert un autre chemin pour sortir de l’impasse : la société n’attend pas qu’on organise la mort, mais qu’on offre à tous les soins adaptés jusqu’au bout. Le véritable progrès, aujourd’hui, c’est de garantir à tous l’accès aux soins palliatifs, à l’accompagnement et au soulagement de la souffrance, et non d’ouvrir la voie à l’acceptation du geste létal » résume Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.
Certains pensent sérieusement que l’IA prendra le contrôle de la religion
L’historien israélien Yuval Noah Harari, à la fois athée et LGBT, a formulé une prédiction glaçante lors d’un avertissement au Forum économique mondial (WEF) de Davos, en Suisse : l’intelligence artificielle (IA) contrôlera bientôt non seulement la plupart des systèmes juridiques, éducatifs et de santé du monde, mais « l’IA prendra le contrôle de la religion ».
« C’est particulièrement vrai pour les religions fondées sur des livres, comme l’islam, le christianisme et le judaïsme ». « Tout ce qui est fait de mots sera pris en charge par l’IA », « qu’adviendra-t-il d’une religion du livre lorsque le plus grand expert du livre saint sera une IA ? »
Harari a déclaré qu’il y a trois choses importantes à savoir sur l’IA :
- premièrement, ce n’est pas un « outil » mais un « agent ». Elle peut apprendre et évoluer par elle-même et prendre des décisions par elle-même.
- Deuxièmement, l’IA « peut être un agent très créatif ».
- Troisièmement, et c’est le plus alarmant, a-t-il averti, « l’IA peut mentir et manipuler ».
« Quatre milliards d’années d’évolution ont démontré que tout être vivant qui veut survivre apprend à mentir et à manipuler ». « Ces quatre dernières années ont démontré que les agents d’IA peuvent acquérir la volonté de survivre et qu’ils ont déjà appris à mentir. »
Comme le décrit Harari, l’IA semble être l’agent idéal du père du mensonge dans sa quête pour subvertir la prédication et la pratique de l’Évangile, la Bonne Nouvelle du salut et de la vie nouvelle par Jésus-Christ.
Tout comme les sociétés qui sont reconnues comme des personnes morales dotées d’obligations et de droits dans de nombreux pays, les IA se verront également accorder le statut de personne morale.
« Imaginons que des intelligences artificielles créent une nouvelle religion qui gagne la foi de millions de personnes ». « Cela ne devrait pas paraître trop tiré par les cheveux car, après tout, presque toutes les religions de l’histoire ont affirmé avoir été créées par une intelligence non humaine ». « Maintenant, votre pays accordera-t-il la liberté de religion à la nouvelle secte AI et à ses prêtres et missionnaires AI ? » « Votre pays autorisera-t-il les personnes dotées d’intelligence artificielle à ouvrir des comptes sur les réseaux sociaux, à jouir de la liberté d’expression sur Facebook et TikTok, et à se lier d’amitié avec vos enfants ? » « Bien sûr, cette question aurait dû être posée il y a dix ans. Sur les réseaux sociaux, les IA fonctionnent comme de véritables personnes depuis au moins une décennie ». « Si vous pensez que les IA ne devraient pas être traitées comme des personnes sur les réseaux sociaux, vous auriez dû agir il y a dix ans. »
Harari a prédit que les individus et les pays seraient bientôt confrontés à un effondrement de leur identité, que l’IA prendrait sans aucun doute des emplois, changerait les cultures locales et se montrerait politiquement déloyale.
« L’IA va complètement changer la culture de chaque pays », « elle va changer notre religion ».
« Dans dix ans, il sera trop tard pour vous de décider si les IA doivent fonctionner comme des personnes sur les marchés financiers, dans les tribunaux, dans les églises. Quelqu’un d’autre en aura déjà décidé pour vous. Si vous voulez influencer le cours de l’humanité, vous devez vous décider maintenant. »
Son ton général, cependant, laissait clairement entendre que l’IA s’efforcera de défaire le christianisme et d’établir une nouvelle religion mondiale.
Par le passé, il a également affirmé que, dans un avenir proche, l’IA pourrait créer une religion mondiale « correcte ».
« Depuis toujours, les religions rêvent d’un livre écrit par une intelligence surhumaine, une entité non humaine ». « Dans quelques années, il se pourrait que certaines religions détiennent la vérité. Imaginez une religion dont le livre sacré serait écrit par une IA. Cela pourrait devenir réalité d’ici quelques années. »
Certains se sont empressés de corriger la théologie douteuse d’Harari. Joshua Charles, converti au catholicisme et ancien rédacteur de discours à la Maison Blanche, a souligné :
« D’une manière très étrange et diabolique, ces inepties sataniques représentent le stade final du protestantisme : le christianisme réduit à un « livre » doté d’une autorité « ultime », dont l’interprétation est ensuite confiée à des « experts » autoproclamés, créés par l’homme (en l’occurrence l’IA), arrachés au magistère réellement établi par le Christ ». « Le christianisme n’est pas une religion du “livre” – aussi essentielle que soit la Bible –, c’est une religion de la PAROLE, qui est Dieu, par qui l’univers entier a été créé et ordonné, qui a assumé la nature humaine en Jésus-Christ et a promis de guider son Église dans toute la vérité jusqu’à son retour ». « Cette Église a survécu à des siècles de martyre sans même que le Livre ne soit entièrement compilé. Elle survivra également à l’enfer que vous et d’autres choisirez de nous faire vivre ».
Un autre commentateur chrétien est allé droit au but : « L’IA ne fait pas le poids face au Saint-Esprit. »
Davos : et si le Forum économique mondial reconnaissait le règne de Notre-Seigneur ?
Communiqué de presse de L’Institut pour la Famille en Europe
L’Institut pour la famille en Europe était représenté à Davos pendant le Forum Economique Mondial par son directeur, Guillaume d’Alançon.
Ce dernier est intervenu en réponse à l’invitation de la présidente de la « House of God », Nicoletta Acatrinei. Il est intervenu à 3 reprises sur la thématique « si tu veux la paix, défends la famille » en présence d’acteurs variés du monde des affaires, de la politique ou de la philanthropie.
La mission des Accueils Louis et Zélie, lieux d’écoute et d’accompagnement, a été évoquée comme un signe de la miséricorde de Dieu en direction des personnes en situation de fragilité familiale. La mise en lumière de la puissance d’intercession des Saints époux Martin et de Sainte Thérèse de Lisieux, leur fille, a été une découverte pour la plupart des personnes présentes.
Ces interventions contrastaient avec l’ambiance tendue qui régnait à Davos sur fond de guerre, de loi sur l’euthanasie en France ou de voracité de l’IA et de ses créateurs.
L’Institut pour la famille en Europe est heureux d’avoir pu apporter quelques rayons de la lumière du Christ qui désire tant régner sur nos familles et nos nations.
Devant une assemblée composée de protestants, orthodoxes, catholiques, Guillaume d’Alançon a évoqué l’encyclique de Pie XI “Quas Primas” qui réaffirme la royauté sociale de Jésus-Christ sur les familles et les nations. L’auditoire a manifesté un bel intérêt pour les axes fondamentaux de ce manifeste pontifical pour l’évangélisation.
L’actualité est suffisamment lourde en ce moment pour que ce texte important du magistère retrouve droit de cité dans l’Eglise. Il réaffirme que le Christ est l’unique sauveur de l’homme et a été rédigé à un moment où les idéologies totalitaires, communistes et nazies, montaient en puissance. La menace de l’euthanasie qui plane sur la France impose de le méditer à frais nouveaux.
Le “dialogue avec le monde” ne doit-il pas être enraciné dans l’écoute de la vérité qui est la lumière du monde pour mieux la faire connaître ? Oui, le Christ est la pierre d’angle de toute construction qui veut durer.
Yaël Braun Pivet annonce le retour du texte sur l’euthanasie à l’Assemblée à partir du 16 février
Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale, n’attend pas la fin du débat au Sénat pour annoncer mensongèrement qu’elle est attendue par les Français
L’aide à mourir répond à une attente forte des Français.
Mon engagement est clair : permettre l’adoption du texte avant l’été 2026, pour une application avant la fin du quinquennat. pic.twitter.com/6K3JJwRdKk
— Yaël Braun-Pivet (@YaelBRAUNPIVET) January 22, 2026
Il est possible de lui écrire à cette adresse : [email protected]
Une statue de la Vierge Marie, vandalisée dans l’église de Saint-Sylve à Toulouse
Le père François de Larboust va déposer plainte.
Des médias tous gauchistes ? Quand l’info devient propagande
L’image de la semaine :
Les grands médias forcés de sortir du bois sur leur ligne éditoriale
Alors que Gilles Belmer, PDG de TF1, tente encore de dire qu’il ne “cherche pas à façonner l’opinion” tout en vendant une société où “on a envie de vivre ensemble sans attiser les tensions”, les responsables du service public auditionné par Charles Alloncle se retrouvent obligés de se justifier pour leur répartition partisane du temps de parole.
Le dossier du jour :
Le racisme antiblanc, le déni médiatique
Pourquoi le racisme antiblanc est-il systématiquement minimisé ou nié par une partie des médias ? Dans “Quotidien” un petit “humoriste” s’est pris les pieds dans le tapis sur le sujet.
Les pastilles de l’info :
– Les lunettes de Macron : il se fourre le doigt dans l’œil ?
– Sonia Mabrouk se positionne sur l’affaire Morandini
– CAN : Entre communautarisme et violences
– Jordan Bardella et la princesse
– Ça chauffe pour les violences conjugales !
Portrait piquant : Sonia Mabrouk
Si les sénateurs rejettent la proposition de loi profondément réécrite, l’Assemblée nationale reprendra en 2e lecture son texte adopté en 1ère lecture
Le Pr. Guillaume Drago, professeur à l’Université Paris Panthéon-Assas, est interrogé dans Gènéthique sur les suites du texte sur la fin de vie, réécrit par les sénateurs :
Le Sénat avait, lors des débats de sa commission préparatoire, remplacé le « droit à l’aide à mourir » par une « assistance médicale à mourir », moindre mal mais mal quand même en ce que cela signifiait un accord de principe sur l’euthanasie et le suicide assisté.
En séance publique, dans l’hémicycle, les sénateurs ont profondément modifié ces propositions en supprimant cette « assistance médicale à mourir », dans son principe et en remodelant le texte en insistant sur l’aide médicale en fin de vie et les soins palliatifs, en supprimant par voie de conséquences les dispositions procédurales sur « l’aide à mourir » (décision du médecin, préparation létale, …), en renforçant la clause de conscience des personnels de santé et surtout en supprimant le délit d’entrave à « l’aide à mourir » qui pénalisait largement ceux qui souhaitent s’opposer à ce projet.
Comment analysez-vous le travail des sénateurs ? Y aurait-il eu un moyen pour que le texte tombe en désuétude ?
Le Sénat a pris ses responsabilités en ayant une attitude active face au texte de l’Assemblée nationale. Supprimer les principes et les modalités de « l’aide à mourir » est la meilleure solution pour éviter d’ouvrir, même faiblement, la porte à des actes qui portent gravement atteinte à la dignité des personnes en fin de vie.
Si le texte était retiré par le gouvernement, comme cela a été évoqué par le ministre de la Santé, le processus législatif s’arrêtait et tout aurait été à recommencer depuis le début. Le Sénat doit apporter sa contribution, raisonnable et responsable, à la question de la fin de vie, mais sans renier ses valeurs de raison et d’attention aux plus faibles. Remplacer l’« aide à mourir » par le renforcement des soins palliatifs et de fin de vie est évidemment une solution préférable.
On comprend que les sénateurs ont d’une certaine façon fait barrage à la légalisation de l’acte létal et à son dispositif en réécrivant ou rejetant les articles principaux. Mais 6 articles du texte (art 11, et 15 à 19) issu des débats concernent encore l’« aide à mourir ». Cette incohérence pose-t-elle un problème de lisibilité de la loi ?
C’est en effet sans cohérence puisque la disposition « source » (« l’aide à mourir ») a été supprimée par le Sénat. La discussion a continué, comme à regret, sans véritable cohérence. Mais la fin du texte a son intérêt puisque le Sénat en a profité pour renforcer la clause de conscience des personnels de santé, supprimer le délit d’entrave et a renforcé les dispositifs d’information sur les soins palliatifs.
Quels sont les enjeux du vote solennel des sénateurs sur le principe et pour la suite de la navette ?
Le vote solennel prévu le 28 janvier 2026 portera sur le texte tel qu’il a été adopté les 20 et 21 janvier, sans possibilité de modification. Ce vote conclusif doit être par « oui » ou « non ». Le rejet du texte pourrait apparaître comme une solution qui montrerait que le Sénat est, par principe, opposé à « l’aide à mourir ». Mais il faut réfléchir au « coup d’après », selon les arcanes de la procédure parlementaire.
Voter pour ce texte est acceptable en ce qu’il ne crée pas d’« aide à mourir », renforce la clause de conscience des personnels de santé – élargie aux pharmaciens, ce qui est essentiel car ils devaient être directement associés à l’acte létal en préparant les produits destinés à tuer, supprime le délit d’entrave, renforce le recours aux soins palliatifs, bref va dans le bon sens, même si certaines dispositions votées manquent de cohérence.
Rejeter en bloc ce texte serait redonner entièrement la main du débat et du vote à l’Assemblée nationale sur le texte qu’elle a voté. C’est le texte de l’Assemblée nationale qui sera la base de discussion et seulement lui ! Ce sera alors pour le Sénat l’absence de possibilité de défendre son texte, en seconde lecture comme en commission mixte paritaire puisque ce texte du Sénat aura été finalement rejeté en bloc et ne sera plus présent dans la discussion générale.
La meilleure solution, le 28 janvier prochain, est de voter solennellement ce texte du Sénat qui corrige dans la bonne direction les dérives euthanasiques voulues par la seule Assemblée nationale.
30 ans de prison pour l’assassin du prêtre
La cour d’assises de la Vendée a condamné jeudi Emmanuel Abayisenga à 30 ans de prison pour l’assassinat du père Olivier Maire, survenu dans la nuit du 8 au 9 août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre. La cour n’a pas retenu l’altération de son discernement au moment des faits. Cette peine s’accompagne d’une interdiction définitive de séjour sur le territoire français et est assortie d’une période de sûreté de vingt ans.
Depuis l’ouverture du procès, l’accusé était resté muré dans un mutisme quasi total, refusant de s’exprimer. Dans son réquisitoire, l’avocate générale a dénoncé les mensonges répétés de l’accusé depuis son arrivée en France, évoquant sa «vraie personnalité», celle d’un «criminel sans foi ni loi». Elle s’est dite «convaincue» qu’Emmanuel Abayisenga était pleinement conscient lorsqu’il a frappé à mort le prêtre.
Le crime s’est produit alors que l’accusé était hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains, dans le cadre de son contrôle judiciaire après l’incendie de la cathédrale de Nantes, pour lequel il a depuis été condamné à quatre ans de prison. Le corps du père Olivier Maire, 61 ans, avait été retrouvé allongé au pied d’un escalier, le visage tuméfié, mort des suites de coups violents portés à la tête avec un objet contondant.
Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, Emmanuel Abayisenga avait été débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile. Le 9 août 2021, au lendemain du meurtre, il s’était présenté de lui-même à la gendarmerie, demandant à être renvoyé en prison.
Euthanasie : le combat n’est pas fini !
Ainsi que le rappelle la Marche pour la vie :
Chers amis,
Merci pour votre mobilisation pour la Marche pour la Vie !
Merci aux bénévoles et associations, qui ont aidé à l’organisation et sans qui cette marche ne pourrait pas avoir lieu.
Merci à tous ceux qui, de toute la France et même d’ailleurs, se sont déplacés pour rappeler que toute vie vaut la peine d’être vécue.
Merci enfin à tous ceux qui, même sans pouvoir se déplacer, ont prié et soutenu la Marche pour la Vie depuis chez eux.
Notre mobilisation a déjà porté des fruits : hier, les sénateurs ont enlevé l’acte létal de la proposition de loi sur l’« aide à mourir ».
Le texte est donc dépourvu de sa substance !
Mais le combat n’est pas fini !
Le vote final par le sénat est prévu le 28 janvier. Il faut que les sénateurs votent le texte en l’état, pour que l’Assemblée nationale ne reprenne pas le sien.
Écrivez à vos sénateurs pour leur demander de voter ce texte !
De son côté, l’ECLJ est heureux d’avoir contribué à ce succès :
À cet instant, nous retenons trois choses du vote des sénateurs.
La première est qu’il n’y a pas de consensus, ni de compromis, sur la question de l’euthanasie et du suicide assisté. Le narratif des media qui voulait faire croire en l’existence d’un consensus et d’une «ouverture» des sénateurs en faveur de l’euthanasie est faux. On l’a vu au cours des débats du 21 janvier: les positions sont irréconciliables entre ceux qui veulent protéger la vie et ceux qui veulent faire de la mort un droit.
Le rejet du texte résulte de l’opposition conjuguée des sénateurs fondamentalement opposés à l’euthanasie et au suicide assisté, et de celle des sénateurs, notamment socialistes, qui estimaient à l’inverse que le texte n’allait pas assez loin.
Deuxièmement, et c’est une autre victoire, le Sénat a adopté un amendement garantissant la liberté des établissements de santé et médico-sociaux, y compris confessionnels à ne pas pratiquer l’euthanasie et le suicide assisté. Notre plaidoyer avec les religieuses de congrégations hospitalières a été fructueux: les sénateurs ont été convaincus de la nécessité de prévenir l’injustice qui leur aurait été infligée.
Le Sénat a remplacé le droit au suicide assisté et à l’euthanasie par «le droit» de toute personne «au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance […] jusqu’à son décès sans qu’aucune intervention volontaire ait pour intention de provoquer la mort ou d’aider à mourir.»
Le texte final sera soumis au vote du Sénat le 28 janvier. S’il l’adopte, il sera envoyé à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture à partir du 17 février. Si le Sénat rejette ce nouveau texte, l’Assemblée se saisira alors de son propre texte adopté en première lecture, avant de le renvoyer encore au Sénat.
Au-delà, la balle est aussi dans le camp d’Emmanuel Macron. Va-t-il oser convoquer un référendum ? Il avait promis l’année dernière de consulter les Français dans l’hypothèse où le débat «s’enliserait» au parlement ; il a redit sa détermination sur cette loi le 31 décembre dernier… Tout devrait l’y pousser mais il sait qu’un tel scrutin pourrait se transformer en référendum pour ou contre lui.
Dieu seul sait ce que les prochains mois nous réservent mais une chose est sûre: notre mobilisation a produit des effets ; nous avons obtenu une victoire.
L’acharnement de certains à promouvoir l’euthanasie et le suicide assisté est pathétique alors que l’accès aux soins palliatifs est très insuffisant en France. La France répond à peine à 50% des besoins à ce jour, et ces besoins vont augmenter dans le contexte du vieillissement de la population… Mais les soins palliatifs coutent plus cher que l’euthanasie…
Il faut continuer pour convaincre les députés de rejeter cette proposition de loi. Vous pouvez leur écrire des messages simples et spontanés. Osez, c’est très efficace!
Vous pouvez aussi partager les analyses et vidéos de l’ECLJ, notamment cet article: Aide à mourir : 14 problèmes majeurs avec l’actuelle proposition de loi.
Ou cette dernière vidéo de Sœur Marie-Foucauld, Petite Sœur des Maternités catholiques qui s’exprimait aujourd’hui sur Le Figaro TV:
L’analyse de la proposition de loi avec Fr Paul Adrien Loi sur l’euthanasie:
SNCF : quand l’exclusion des enfants s’invite en première classe
Le Syndicat de la Famille alerte sur les effets délétères de la tendance « no kids » et appelle la SNCF à revoir d’urgence sa copie :
Alors que la natalité en France est entrée en zone rouge, la décision de la SNCF de créer un nouvel espace « premium » dans certains TGV dans lequel les enfants de moins de 12 ans ne seraient pas acceptés suscite une vive et légitime indignation. L’interdiction des enfants dans l’espace « Optimum Plus », qualifiée de quiet zone, est justifiée par le souhait d’un confort accru pour les clients professionnels. « Affirmer que le confort des adultes passe par l’absence d’enfants véhicule un message profondément négatif sur la place des familles dans notre société », dénonce Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille. Cette offre, bien qu’a priori marginale (environ 8 % des places et limitée aux jours de semaine), s‘inscrit dans une tendance plus large qui consiste à exclure les plus jeunes de certains espaces publics ou services, au motif qu’ils seraient “incommodants”.
Les enfants rendent la société mobile et dynamique
Encourager le développement du mouvement « no kids », qui vise à segmenter l’offre de services entre adultes et enfants, n’est pas sans conséquence : marginalisation des familles, isolement des parents avec enfants, banalisation de l’idée que les enfants seraient une gêne plutôt qu’une richesse. Cela va aussi à contre-courant du défi démographique que la France doit aujourd’hui relever.
Dans ce contexte, l’idée de créer des espaces de vie ou de services qui excluent explicitement les enfants est doublement scandaleux : d’une part, elle stigmatise les familles alors que chaque naissance compte pour l’avenir du pays ; d’autre part, elle envoie un signal culturel délétère qui dévalorise la parentalité à un moment où la France cherche toutes les forces vives possibles pour inverser sa trajectoire démographique.
« Cette controverse n’est pas une question de confort ponctuel mais traduit un choix de société. D’une part les symboles ont de l’importance, et d’autre part, concrètement, les transports publics, pas plus que les espaces publics, ne doivent devenir des espaces segmentés selon l’âge des usagers. Voyager en famille n’est ni une anomalie ni un problème à corriger, mais une réalité à accompagner » souligne Ludovine de La Rochère.
Le Syndicat de la famille appelle donc la SNCF à revoir sa politique d’offre premium en tenant compte de l’importance de l’intégration des familles dans le service public ferroviaire mais plus encore, en changeant d’état d’esprit vis-à-vis des enfants : certes, ils peuvent être agités, mais ils changent toute l’atmosphère d’une société, qu’ils rendent mobile et dynamique, et assurent son avenir.
Neuvaine à l’Enfant-Jésus
L’abbé Billot (IBP) nous prie d’annoncer la neuvaine à l’Enfant-Jésus qu’il animera à partir de vendredi:
Nous proposons une neuvaine à l’Enfant Jésus à partir de ce vendredi pour terminer le mois de janvier (mois consacré spécialement à l’Enfant-Jésus). Le Christ s’est plaint qu’on ne faisait pas assez attention aux mérites de sa Sainte Enfance. De très nombreuses grâces ont été accordées par de simples prières à l’Enfant Jésus (monastères sauvés, procès gagnés, paix dans les familles, guérisons physiques, vocations éclaircies).
Tous les jours, méditations et prières. Pour s’inscrire : [email protected]
La Fondation Lejeune remercie les sénateurs
Communiqué de la Fondation Lejeune après le vote d’hier soir:
En réécrivant les articles de principe du texte dit « d’aide à mourir » pour les recentrer sur les soins palliatifs et l’accompagnement des plus vulnérables, ils ont opposé une digue salutaire à une logique de mort.
Mais rien n’est acquis.
La vigilance et la mobilisation doivent se poursuivre :
– Lors du vote solennel, le 28 janvier, où les équilibres politiques pourraient être différents. Il est essentiel de continuer à encourager les sénateurs afin qu’une majorité adopte ce texte.
– Lors de la deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Cette deuxième lecture est programmée (pour l’instant) à partir de la deuxième quinzaine de février. Avec la possible réécriture d’un texte aussi mortifère que la version qui avait été votée en mai dernier.
Poursuivez la mobilisation, les urgences :
– Écrivez aux sénateurs.
– Signez la pétition qui franchit la barre des 100 000 signatures : https://stop-euthanasie.fr
Stop à l’acharnement euthanasique!
Communiqué d’Alliance Vita:
Face à l’absence de consensus politique, Alliance VITA appelle le gouvernement à suspendre le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté pour donner lapriorité aux soins.
Hier, en séance publique, les sénateurs ont d’abord supprimé l’article 4 de la proposition de loi, qui fixait les conditions d’accès à l’« assistance médicale à mourir », avant de supprimer dans l’article 2 la possibilité de suicide assisté et d’euthanasie et d’y substituer un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ».
Cette séquence parlementaire met en lumière l’absence manifeste de consensus en faveur de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. À l’inverse, les soins palliatifs — dont l’examen avait été relégué après celui de l’ « assistance à mourir », dans une inversion préoccupante des priorités — font l’objet d’un large accord.
Le gouvernement et les élus, qui invoquent sans cesse la recherche de compromis et de consensus, seraient bien inspirés de concentrer leurs efforts là où l’unanimité existe : garantir un accès effectif aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire. Nous en sommes pourtant encore très loin, malgré la stratégie décennale présentée en avril 2024.
Pour Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA : « L’urgence est claire : voter une véritable loi de programmation des soins palliatifs, seule à même de garantir les moyens humains et budgétaires nécessaires pour tenir les engagements annoncés. En l’absence d’un accès équitable aux soins palliatifs, dans un contexte sanitaire déjà fortement dégradé, le risque est fort de voir des Français se tourner vers une mort administrée faute de soins appropriés ».
Enquête après enquête, les Français expriment avant tout leur attente d’un système de santé réparé. L’acharnement à vouloir légaliser le suicide assisté et l’euthanasie a souvent été justifié par l’argument d’une opinion publique prétendument majoritaire et d’un consensus social. Les sondages récents, comme les débats parlementaires eux-mêmes, démontrent aujourd’hui que ce consensus n’existe pas.
Les sénateurs, les députés et le gouvernement doivent désormais en tirer les conséquences : suspendre le débat sur toute forme d’« aide à mourir » et revenir à la priorité des priorités, l’accès aux soins palliatifs pour tous.
Les Français ont besoin de soins, pas d’euthanasie.
Contrairement à ce qu’affirme le cardinal Roche, la diversité liturgique ne nuit pas à l’unité de la foi
Suite à la déclaration du cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin, à propos de la liturgie traditionnelle, lors du dernier consistoire des cardinaux les 7 et 8 janvier 2026, Mgr Athanasius Schneider nous livre les réflexions suivantes recueillies par Diane Montagna et traduites par Renaissance catholique :
Excellence, quel est votre avis général sur le document relatif à la liturgie préparé par le cardinal Roche et soumis à l’examen des membres du Sacré Collège lors du consistoire extraordinaire ?
Pour tout observateur honnête et objectif, le document du cardinal Roche donne l’impression d’un préjugé manifeste contre le rite romain traditionnel et son usage actuel. Il semble motivé par une volonté de dénigrer cette forme liturgique et, avec le temps, de l’éliminer de la vie ecclésiale. Le cardinal paraît déterminé à nier au rite traditionnel toute place légitime dans l’Église d’aujourd’hui. L’objectivité et l’impartialité – caractérisées par l’absence de parti pris et un véritable souci de la vérité – font notablement défaut. Au contraire, le document recourt à des raisonnements manipulateurs et va jusqu’à déformer les faits historiques. Il ne respecte pas le principe classique « sine ira et studio », c’est-à-dire une approche « sans ressentiment ni partialité ».
Examinons maintenant quelques passages précis du rapport. Au point n° 1, le cardinal Roche affirme : « On pourrait dire que l’histoire de la liturgie est celle de sa “réforme” continue, dans un processus de développement organique. » Ceci soulève une question fondamentale : réforme et développement sont-ils synonymes ? La réforme semble suggérer une intervention délibérée et positiviste, tandis que le développement implique une croissance organique éprouvée par le temps. Historiquement, est-il exact d’affirmer que la liturgie a nécessité une réforme constante, ou vaut-il mieux la concevoir comme un développement organique, ponctué seulement d’interventions correctives ponctuelles ?
À cet égard, la déclaration du pape Benoît XVI demeure pertinente et incontestable :
« Dans l’histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture » (Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique Summorum Pontificum, 7 juillet 2007). Il est un fait historique, attesté par d’éminents liturgistes, que depuis le pape Grégoire VII au XIe siècle, soit pendant près d’un millénaire, le rite de l’Église romaine n’a subi aucune réforme significative. Le Novus Ordo de 1970, en revanche, apparaît à tout observateur honnête et objectif comme une rupture avec la tradition millénaire du rite romain.
Cette évaluation est confortée par l’avis de l’archimandrite Boniface Luykx, théologien liturgique, peritus (consultant, expert) du Concile Vatican II et membre de la commission liturgique vaticane (appelé Consilium) présidée par le père Annibale Bugnini. Luykx a mis en évidence les fondements théologiques erronés qui sous-tendaient les travaux de cette commission, écrivant : « Derrière ces exagérations révolutionnaires se cachaient trois principes typiquement occidentaux, mais faux : (1) l’idée (à la Bugnini) de la supériorité et de la valeur normative de l’homme occidental moderne et de sa culture pour toutes les autres cultures ; (2) la loi inévitable et tyrannique du changement constant que certains théologiens appliquaient à la liturgie, à l’enseignement de l’Église, à l’exégèse et à la théologie ; et (3) la primauté de l’horizontalité » (A Wider View of Vatican II, Angelico Press, 2025, p. 131).
La description que fait le cardinal Roche de la bulle Quo primum n° 2 du pape Pie V est-elle exacte ? Le pape saint Pie V n’a-t-il pas autorisé le maintien de tout rite en usage depuis deux siècles ? Et d’autres rites, comme le rite ambrosien ou dominicain, n’ont-ils pas également été autorisés à perdurer et à prospérer ?
Le cardinal Roche fait une référence sélective à Quo primum, en dénaturant ainsi le sens et en instrumentalisant le document du pape saint Pie V pour étayer une interprétation contraire à la tradition. En réalité, Quo primum autorise explicitement le maintien légitime de toutes les variantes du rite romain en usage continu depuis au moins deux siècles. L’unité ne signifie pas uniformité, comme l’atteste l’histoire de l’Église. Dom Alcuin Reid, liturgiste et spécialiste reconnu du développement organique de la liturgie, décrit ainsi la situation de cette période :
« Il ne faut pas tomber dans l’erreur révisionniste qui consiste à imaginer un « blanchir romain » centraliste et absolue de la liturgie occidentale : la diversité persistait au sein de cette unité. Les Dominicains conservaient leur propre liturgie. D’autres ordres maintenaient également des rites distinctifs. Les Églises locales (Milan, Lyon, Braga, Tolède, etc., ainsi que les principaux centres médiévaux anglais : Salisbury, Hereford, York, Bangor et Lincoln) chérissaient leurs propres liturgies. Pourtant, chacune appartenait à la famille liturgique romaine » (The Organic Development of the Liturgy, Farnborough 2004, p. 20-21).
Cette réalité historique confirme que le pape saint Pie V a bien permis le maintien de rites ayant une histoire continue d’au moins deux siècles, notamment des usages bien établis comme les rites ambrosien et dominicain, qui non seulement furent préservés mais continuèrent de s’épanouir au sein de l’unité de l’Église romaine.
Au point 4 de son article, le cardinal Roche écrit : « Nous pouvons certainement affirmer que la réforme de la liturgie voulue par le concile Vatican II est… en pleine syntonie avec le vrai sens de la Tradition. » Quel est votre avis sur cette affirmation, notamment au regard de l’expérience que la plupart des catholiques ont de la nouvelle messe dans leur paroisse ?
Cette affirmation n’est que partiellement vraie. L’intention des Pères du concile Vatican II était bien une réforme en continuité avec la tradition de l’Église, comme en témoigne cette formulation importante de la Constitution sur la sainte liturgie :
« on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique » (Sacrosanctum Concilium, n. 23).
Le cardinal Roche commet l’erreur typique de l’idéologue, à savoir un raisonnement circulaire, que l’on peut résumer ainsi : (1) la réforme de la messe de 1970 est en pleine syntonie avec le véritable sens de la Tradition ; (2) l’intention des Pères du concile Vatican II était en pleine syntonie avec le véritable sens de la Tradition ; (3) par conséquent, la messe de 1970 est en pleine syntonie avec le véritable sens de la Tradition.
Cependant, nous disposons d’avis de témoins éminents ayant participé directement aux débats liturgiques du Concile, qui affirment que l’Ordre de la messe de 1970 représente le produit d’une sorte de révolution liturgique, contraire à la véritable intention des Pères conciliaires.
Parmi ces témoins les plus importants figure Joseph Ratzinger. Dans une lettre de 1976 adressée au professeur Wolfgang Waldstein, il écrivait avec une clarté saisissante :
« Le problème du nouveau Missel réside dans le fait qu’il rompt avec la continuité historique qui s’est établie avant et après Pie V, et crée un livre entièrement nouveau, dont l’apparition s’accompagne d’une interdiction de ce qui existait auparavant, un type totalement étranger à l’histoire du droit canonique et de la liturgie. De par ma connaissance des débats conciliaires et après avoir relu les discours prononcés par les Pères conciliaires à cette époque, je peux affirmer avec certitude que telle n’était pas l’intention. »
Un autre témoin éminent est l’archimandrite Boniface Luykx, déjà mentionné. Dans son ouvrage récemment paru, « A Wider View of Vatican II. Memories and Analysis of a Council Consultor [Une vision plus large de Vatican II. Mémoires et analyse d’un consulteur du concile] », il déclare avec franchise :
« Il y avait une continuité parfaite entre la période préconciliaire et le Concile lui-même, mais après le Concile, cette continuité cruciale a été rompue par les commissions postconciliaires. […] Le Novus Ordo n’est pas fidèle à la CSL [Constitution de la liturgie sacrée], mais va bien au-delà des paramètres qu’elle avait fixés pour la réforme du rite de la messe. […] C’est le rouleau compresseur d’un horizontalisme anthropocentrique (par opposition à un verticalisme divin). » (pp. 80, 98, 104)
Que pensez-vous de l’affirmation du cardinal Roche au n° 9 selon laquelle « le bien premier de l’unité de l’Église ne s’atteint pas en « gelant les divisions, mais en nous trouvant dans le partage de ce qui ne peut qu’être partagé » ?
Pour le cardinal Roche, l’existence même du principe et de la réalité du pluralisme liturgique dans la vie de l’Église équivaut apparemment à « geler les divisions ». Une telle affirmation est manipulatrice et malhonnête, car elle contredit non seulement la pratique bimillénaire de l’Église, qui a toujours considéré la diversité des rites reconnus – ou des variantes légitimes au sein d’un rite – non comme une source de division, mais comme un enrichissement de la vie ecclésiale
Seuls des clercs étroits d’esprit, imprégnés d’une mentalité cléricale, ont fait preuve – et continuent encore aujourd’hui à faire preuve – d’intolérance envers la coexistence pacifique des différents rites et pratiques liturgiques. Parmi de nombreux exemples déplorables, citons la coercition des chrétiens de Thomas en Inde au XVIe siècle, qui furent contraints d’abandonner leurs propres rites et d’adopter la liturgie de l’Église latine, sur la base de l’argument selon lequel à une lex credendi doit correspondre une seule lex orandi, c’est-à-dire une seule forme liturgique.
Un autre exemple tragique est la réforme liturgique de l’Église orthodoxe russe au XVIIe siècle, qui interdit l’ancien rite et imposa l’usage exclusif d’un rite nouvellement révisé. Si les autorités ecclésiastiques avaient permis la coexistence de l’ancien et du nouveau rite, elles n’auraient certainement pas gelé la division, mais auraient évité un schisme douloureux – celui des « vieux-ritualistes » ou « vieil-croyants » – qui perdure encore aujourd’hui. Après une longue période, la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe reconnut l’erreur pastorale de l’uniformisation liturgique imposée et rétablit le libre usage de l’ancien rite. Malheureusement, seule une minorité de « vieil-croyants » se réconcilia avec la hiérarchie, tandis que la majorité demeura schismatique, les traumatismes étant trop profonds et le climat de méfiance et d’aliénation mutuelles trop longtemps entretenu. Dans ce cas précis, l’intolérance de la hiérarchie envers l’usage légitime de l’ancien rite a littéralement gelé la division : les « vieux-ritualistes » furent exilés par le tsar en Sibérie glacée.
L’attachement à la forme la plus ancienne du rite romain ne « gèle pas la division ». Au contraire, il représente, selon les mots de saint Jean-Paul II, « une juste aspiration à laquelle l’Église garantit le respect » (Lettre apostolique Ecclesia Dei, 2 juillet 1988, n° 5 c). La coexistence pacifique des deux usages du rite romain, égaux en droit et en dignité, témoignerait que l’Église a préservé la tolérance et la continuité dans sa vie liturgique, mettant ainsi en œuvre le conseil du « maître de la maison », loué par le Seigneur, « qui fait sortir de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes (nova et vetera) » (Mt 13, 52). À l’inverse, dans ce document, le cardinal Roche apparaît comme le représentant d’un cléricalisme intolérant et rigide dans le domaine liturgique, qui rejette la possibilité d’un véritable partage réciproque en présence de traditions liturgiques différentes.
Au point 10 de l’article – qui a peut-être suscité la plus grande consternation –, le cardinal Roche déclare : « L’usage des livres liturgiques que le Concile a cherché à réformer était, de saint Jean-Paul II à François, une concession qui n’envisageait nullement leur promotion. » Comment répondriez-vous au cardinal sur ce point, notamment à la lumière de la lettre apostolique Summorum Pontificum du pape Benoît XVI et de sa lettre d’accompagnement à ce motu proprio ?
Je répondrais par cette sage observation de l’archimandrite Boniface Luykx :
« J’affirme que la pluriformité – c’est-à-dire la coexistence de différentes formes de célébration liturgique tout en conservant le noyau essentiel – pourrait être d’un grand secours à l’Église d’Occident. […] Le pape Jean-Paul II a d’ailleurs adopté le principe de pluriformité lorsqu’il a rétabli la messe tridentine en 1988. » (p. 113)
Cette observation contredit directement l’affirmation selon laquelle le maintien de l’usage des anciens livres liturgiques n’était qu’une concession tolérée, sans aucune intention d’encouragement ou de promotion. Un enseignement important de saint Jean-Paul II éclaire davantage ce point. Il déclare :
« Dans le Missel romain, connu sous le nom de Missel de saint Pie V, comme dans diverses liturgies orientales, il y a de belles prières par lesquelles le prêtre exprime le plus profond sentiment d’humilité et de révérence devant les saints mystères : elles révèlent l’essence même de toute liturgie » (Message aux participants de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, 21 septembre 2001).
Ensemble, ces témoignages faisant autorité démontrent que la reconnaissance et la restauration des anciens livres liturgiques n’étaient pas perçues comme de simples concessions faites à contrecœur, mais comme l’expression d’une pluralité légitime au sein de la vie liturgique de l’Église – une pluralité capable d’enrichir l’Église d’Occident tout en préservant le noyau essentiel du rite romain.
Il est fort possible que, si ce document avait été examiné lors du consistoire des 7 et 8 janvier, les cardinaux, pris collectivement, n’auraient pas été en mesure de l’appréhender correctement, compte tenu du manque généralisé de formation liturgique au sein de l’Église aujourd’hui, y compris parmi le clergé et la hiérarchie. Combien d’entre eux, par exemple, auraient pu réfuter l’affirmation du cardinal concernant le Quo primum de Pie V ? Lors d’un futur consistoire, il est parfaitement du pouvoir du pape de faire intervenir un expert afin de présenter aux membres du Sacré Collège un document plus approfondi et étayé sur un sujet qu’il souhaite alors examiner. Cette approche pourrait-elle être envisagée lors du consistoire extraordinaire prévu pour la fin juin 2026 ?
Je crois qu’il existe aujourd’hui une ignorance généralisée parmi les évêques et les cardinaux concernant l’histoire de la liturgie, la nature des débats liturgiques durant le Concile, et même le texte même de la Constitution sur la sainte liturgie du Concile Vatican II.
Deux faits très importants sont souvent oubliés.
Premièrement, la véritable réforme de la messe selon le Concile avait déjà été promulguée en 1965, à savoir l’Ordo Missae de 1965, que le Saint-Siège décrivait alors explicitement comme la mise en œuvre des dispositions de la Constitution sur la sainte liturgie. Cet Ordo Missae représentait une réforme très prudente et conservait tous les éléments essentiels de la messe traditionnelle, avec seulement quelques modifications mineures. Celles-ci comprenaient l’omission du psaume 42 au début de la messe – une modification qui n’était pas sans précédent, puisque ce psaume avait toujours été omis lors de la messe de Requiem et pendant le temps de la Passion – ainsi que l’omission de l’Évangile selon saint Jean à la fin de la messe. La véritable innovation résidait dans l’usage de la langue vernaculaire tout au long de la messe, à l’exception du Canon, qui devait encore être récité en silence en latin. Les Pères conciliaires eux-mêmes ont célébré cette messe réformée lors de la dernière session de 1965 et se sont généralement déclarés satisfaits. Même l’archevêque Lefebvre célébrait cette forme de messe et ordonnait qu’elle soit célébrée dans son séminaire d’Écône jusqu’en 1975.
Le second fait est le suivant. Lors du premier synode des évêques après le Concile, en 1967, le père Annibale Bugnini présenta aux Pères synodaux le texte et la célébration d’un Ordo Missae profondément réformé. Il s’agissait essentiellement du même Ordo Missae qui fut promulgué plus tard par le pape Paul VI en 1969 et qui constitue aujourd’hui la forme ordinaire de la liturgie dans l’Église catholique romaine.
Cependant, la majorité des Pères synodaux de 1967 – presque tous également Pères du Concile Vatican II – rejetèrent cet Ordo Missae, c’est-à-dire notre Novus Ordo actuel. Par conséquent, ce que nous célébrons aujourd’hui n’est pas la messe du Concile Vatican II, qui est en réalité l’Ordo Missae de 1965, mais bien la forme de la messe rejetée par les Pères synodaux en 1967, jugée trop révolutionnaire.
Quelles alternatives à l’article du cardinal Roche proposeriez-vous aux cardinaux, si vous ne pouviez leur présenter que quelques arguments ?
Je leur soumettrais plusieurs points fondamentaux. Premièrement, je rappellerais les faits historiques incontestables concernant la véritable messe du concile Vatican II, à savoir l’Ordo Missae de 1965, ainsi que le rejet de base par les Pères synodaux, en 1967, du Novus Ordo qui leur avait été présenté par le père Bugnini.
Deuxièmement, j’attirerais leur attention sur les principes toujours valides qui régissent le culte divin, tels que formulés par le concile Vatican II lui-même : le caractère théocentrique, vertical, sacré, céleste et contemplatif de la liturgie authentique. Comme l’enseigne le Concile : « En elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons. … Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem » (Sacrosanctum Concilium, nn. 2; 8)
Troisièmement, je tiens à souligner le principe selon lequel la diversité liturgique ne nuit pas à l’unité de la foi. Comme l’ont souligné les Pères conciliaires :
« Obéissant fidèlement à la Tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières » Sacrosanctum Concilium, n. 4)
Enfin, j’en appelle à la conscience des cardinaux en leur rappelant que le Pape a aujourd’hui une occasion unique de rétablir la justice et la paix liturgique au sein de l’Église en accordant à la forme la plus ancienne du rite romain la même dignité et les mêmes droits qu’à la forme liturgique ordinaire, connue sous le nom de Novus Ordo.
Une telle mesure pourrait être prise par une ordonnance pastorale généreuse et définitive. Elle mettrait fin aux querelles nées d’interprétations casuistiques concernant l’usage de l’ancienne forme liturgique. Elle mettrait également fin à l’injustice qui consiste à traiter tant de fils et de filles exemplaires de l’Église – en particulier tant de jeunes et de jeunes familles – comme des catholiques de seconde zone.
Une telle mesure pastorale permettrait de tisser des liens et de témoigner d’une empathie envers les générations passées et envers un groupe qui, bien que minoritaire, demeure aujourd’hui négligé et discriminé au sein de l’Église – à une époque où l’on parle tant d’inclusion, de tolérance envers la diversité et d’écoute synodale des expériences des fidèles.
Excellence, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Je ne saurais mieux exprimer la crise liturgique actuelle qu’en citant ces paroles lumineuses de l’archimandrite Boniface Luykx – érudit en liturgie, missionnaire zélé en Afrique et homme de Dieu qui célébrait les liturgies latine et byzantine, respirant de cette façon, pour ainsi dire, avec les deux poumons de l’Église :
« Le cardinal Ratzinger a également apporté son soutien, déclarant que la messe traditionnelle est une partie vivante et, de fait, « intégrale » du culte et de la tradition catholiques, et prédisant qu’elle apportera « sa contribution caractéristique au renouveau liturgique appelé par le concile Vatican II » (p. 115).
« Lorsque la révérence disparaît, le culte se réduit à un simple divertissement horizontal, une fête sociale. Là encore, les pauvres, les plus humbles, sont victimes, car la réalité évidente de la vie jaillissant de Dieu dans le culte leur est dérobée par les « experts » et les dissidents » (p. 120).
« Aucun hiérarque, du simple évêque au pape, ne peut rien inventer. Tout hiérarque est un successeur des apôtres, ce qui signifie qu’il est avant tout un gardien et un serviteur de la Sainte Tradition – un garant de la continuité dans l’enseignement, le culte, les sacrements et la prière » (p. 188).
Le document du cardinal Roche évoque la lutte acharnée d’une gérontocratie confrontée à des critiques sérieuses et de plus en plus vives, émanant principalement d’une jeune génération dont elle tente d’étouffer la voix par des arguments manipulateurs et, en fin de compte, en utilisant le pouvoir et l’autorité en guise d’armes.
Pourtant, la fraîcheur et la beauté intemporelles de la liturgie, unies à la foi des saints et de nos ancêtres, triompheront. Le sensus fidei perçoit instinctivement cette réalité, surtout parmi les « petits « de l’Église : enfants innocents, jeunes gens courageux et jeunes familles.
C’est pourquoi je conseillerais vivement au cardinal Roche et à nombre d’autres membres du clergé, plus âgés et parfois rigides, de reconnaître les signes des temps ou, métaphoriquement parlant, de sauter dans le chaudron pour ne pas être laissés pour compte. Car ils sont appelés à reconnaître les signes des temps que Dieu lui-même donne par l’intermédiaire des « petits » de l’Église, qui ont faim du pain pur de la doctrine catholique et de la beauté pérenne de la liturgie traditionnelle.
Suspension du Mercosur : un sursis bienvenu pour nos agriculteurs
A 10 voix près, les députés européens ont saisi la Cour de Justice de l’Union européenne sur le traité du Mercosur. Cela va retarder le processus de ratification pour de nombreux mois (on parle d’un an et demi, ce qui en fera un sujet de notre élection présidentielle…). C’est un revers majeur pour Von der Leyen. La Commission peut néanmoins décider d’une application provisoire.
Cette dernière doit maintenant faire face à une motion de censure. Le PPE, qui apparaît divisé sur le Mercosur, a dégainé la menace de sanctions contre les élus qui voteraient en faveur de la censure : six mois de sanctions. La délégation française de François-Xavier Bellamy est visée. L’abstention ou même l’absence « sans motif appropriée » lors du scrutin déclenchera la même sanction.
