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Neuvaine à Saint Joseph

L’abbé Billot (IBP) nous demande de publier l’annonce suivante:

Neuvaine à saint Joseph du 9 au 18 mars pour préparer sa fête du 19 mars.
Chaque jour :  une méditation sur la vie de Saint Joseph, une prière  et un conseil pratique pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne avec lui.
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Des objets de culte volés dans l’église de Brassac

Des calices, des ostensoirs ont été volés dans l’église de Brassac (81).

Le curé de la paroisse en appelle à la conscience du voleur.

8 mars – Les féministes parlent des femmes… mais qui les défend vraiment ?

De l’ECLJ :

Le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes. Alors que les « féministes » autoproclamées parlent souvent « des femmes » de manière abstraite, l’ECLJ défend les femmes réelles : celles qui refusent d’être exploitées, celles qui veulent protéger leurs enfants, ou encore celles qui veulent pouvoir devenir mères librement.

En particulier, nous nous battons pour les droits des femmes :

  • À ne pas être exploitées par la prostitution.
  • À ne pas subir les effets d’une société pornifiée qui réifie la femme et banalise la violence sexuelle. Nous avons récemment été auditionnés par la Commission des pétitions du Parlement européen : cette audition sur les défis et solutions en matière de protection des mineurs en ligne nous a permis d’attirer l’attention des députés européens sur les conséquences à grande échelle de la consommation de pornographie.
  • À ne pas être contraintes d’avorter, sous la pression d’un conjoint, d’un médecin, ou d’un environnement social hostile à la maternité.

Souvent, au contraire, celles qui prétendent parler au nom des femmes :

  • Banalisent la prostitution en en parlant comme d’un travail normal sous le vocable de « travail du sexe » ;
  • Appréhendent la pornographie, au moins dans ses formes les moins violentes, comme une sorte d’expression de la liberté sexuelle ;
  • Promeuvent une vision présentant l’avortement comme un choix libre et émancipateur.

Nous l’avons récemment constaté en découvrant les propos particulièrement méprisants qu’a tenus Manon Aubry, députée européenne, à l’égard des femmes dont l’expérience de l’avortement ne leur permet pas de partager cette vision et à l’égard de ceux qui défendent la dignité de celles-ci.

Loin de nous décourager, ce mépris nous conforte dans l’idée qu’il est nécessaire de montrer la vérité de ce qu’est l’avortement, au contraire d’une vision idéologique et biaisée.

Exemple concret de l’action de l’ECLJ pour les droits des femmes, nous avons récemment eu l’honneur de soumettre à Mme Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes et des filles, une contribution écrite destinée à étayer son futur rapport qui portera sur « la violence à l’égard des mères ». Nous lui avons demandé de dénoncer la réalité des femmes enceintes victimes de pressions diverses pour avorter. Il s’agit d’une véritable violence à l’égard des mères, puisqu’elle intervient au cœur de la maternité sur la décision de donner naissance ou non, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître.

Dans ce document, nous analysons cette forme de violence en faisant la lumière sur ces pressions subies par de nombreuses femmes enceintes, en particulier les plus pauvres et isolées : elles sont souvent de nature économique ou sociale, mais aussi médicale ou encore émanant du conjoint. Bien que répandue, cette violence est pourtant largement invisibilisée par la rhétorique «féministe» faisant de l’avortement un choix banal relevant d’un «droit à disposer de son corps», ce qui conduit à évacuer la question de ses causes réelles. Notre contribution, que vous pouvez lire ici, demande que cette triste réalité soit reconnue comme une atteinte aux droits fondamentaux des femmes. Le «droit de ne pas être contrainte d’avorter» devrait être le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation : c’est le message que nous ferons passer lors de la consultation organisée prochainement en complément par la Rapporteuse spéciale Reem Alsalem.

L’ECLJ continuera à défendre les femmes, leur dignité et leur liberté, y compris lorsque cela va à contre-courant des idéologies dominantes.

Un morceau de la tunique de Saint Vincent-de-Paul volé dans l’église du 10e arrondissement

Samedi soir, vers 19 heures, l’un des agents d’entretien de l’église Saint-Vincent-de-Paul, située dans le 10e arrondissement de Paris, a alerté les services de police après s’être aperçu de la disparition d’un médaillon en métal précieux du 17e siècle contenant la relique de Saint Vincent-de-Paul.

Celle-ci, un morceau du tissu de la tunique du saint, se trouvait exposée sur un écrin disposé dans un coffre en verre à la vue du public. Le vol aurait été commis pendant les heures d’ouverture de l’église, entre 8 heures et 18 heures.

Le responsable de l’édifice a déposé plainte. Une enquête a été ouverte dans la foulée du chef de «vol d’un objet mobilier classé ou inscrit».

Euthanasie : Ils ont voté la mort

Eglise universelle : Méditations du Carême

A l’occasion de ce début de carême, le père Jean-François Thomas, jésuite, nous présente l’ouvrage qu’il vient de publier aux éditions Via Romana afin d’aider chacun de ses lecteurs à faire un bon Carême : Méditations du Carême. Un précieux travail à l’école de l’Eglise, à la fois Mère et Maîtresse, douce mais exigeante.

Eglise en France : Légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

Le 24 février, l’Assemblée nationale a voté la proposition de loi la plus permissive au monde légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Roch Mautin, coordinateur général de la Marche Pour la Vie, présente le contenu de cette proposition, le déroulement des débats ainsi que la répartition des votes des divers groupes politiques.

Eglise en Marche : Congrés du Bien commun le 14 mars

Le 14 mars aura lieu à l’espace Athènes, à Paris, le congrès du Bien commun, organisé par Academia Christiana, dont le thème sera “Le monde qui vient : enjeux, périls et motifs d’espérance”. Laurent Godet nous présente l’esprit, les objectifs et le programme de cet événement.

Pour une « réforme de la réforme » qui rétablisse la paix liturgique

C’est l’appel du cardinal Brandmüller :

Pour l’amour de Dieu : « Bas les armes ! » du cardinal Brandmüller

Ce n’est pas à la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium de Vatican II mais bien à la mise en œuvre de la réforme liturgique après le Concile que l’on doit la fracture qui s’est propagée dans de nombreux endroits du monde catholique. Il s’en est suivi un conflit malsain opposant « progressistes » et « rétrogrades ». Faut-il s’en étonner ? Pas le moins du monde. Cela ne fait que démontrer à quel point la liturgie occupe une place centrale dans la vie des fidèles.

Du reste, le soi-disant « conflit liturgique » n’est pas un phénomène qui est apparu avec Vatican II, ni même propre au catholicisme. Quand, dans la Russie orthodoxe de 1667, le patriarche Nikon et le tsar Alexis Ier introduisirent une réforme liturgique, plusieurs communautés ont fait sécession, certaines allant même jusqu’à rejeter le sacerdoce, créant des scissions qui perdurent jusqu’à nos jours.

À l’époque des Lumières, des controverses enflammées ont également déchiré l’Occident catholique et protestant à propos de l’introduction de nouveaux hymnaires. Dans la France catholique, la substitution de l’ancienne liturgie gallicane par le nouveau Missale romanum à la moitié du XIXe siècle a suscité une levée de boucliers féroce.

Bref, il ne s’agissait pas de dogme ni de vérité révélée, comme ce fut le cas pour Arius et Luther. Ces questions faisaient plutôt l’objet de débats dans les milieux intellectuels.

Ce qui touche en revanche la vie de foi quotidienne, ce sont les rites, les usages, les formes concrètes de piété quotidienne. Et c’est là que le conflit s’est enflammé, parfois même sur des détails secondaires, comme la variation des paroles d’une hymne ou d’une prière. La controverse se fait d’autant plus acharnée que le motif de la dispute paraît absurde.

Devant un tel champ de mine, il est impossible de déployer un bulldozer. Dans la plupart des cas, ce n’est pas la doctrine de la foi qui est remise en question mais bien le sentiment religieux, les formules de dévotion, les habitudes. Et les conséquences sont bien plus profondes qu’une formule théologique abstraite, parce que cela impacte l’expérience de vie.

De la même manière, il est tout aussi erroné d’invoquer des slogans tels que « sous les soutanes, un millénaire de relents de moisi » pour exiger la démolition et la rupture avec la tradition, puisque ce serait méconnaître non seulement le propre du christianisme mais également celui de la tradition humaine transmise en héritage. Cela vaut en général pour toute tentative de réforme, d’autant plus quand elle a trait à la pratique religieuse quotidienne, comme la réorganisation des paroisses, par exemple, qui touche directement la vie des fidèles.

Et pourtant, de manière surprenante, on n’a pas assisté à une pareille méfiance ni un tel rejet de la nouveauté quand Pie XII a réformé la Vigile pascale en 1951 et ensuite toute la liturgie de la Semaine Sainte en 1955. J’ai moi-même vécu cela personnellement quand j’étais séminariste et jeune prêtre. Et à part quelques réactions perplexes dans certaines paroisses de campagne, partout où ces réformes ont été mises en œuvre fidèlement, elles ont rencontré une attente joyeuse, pour ne pas dire un certain enthousiasme.

Et pourtant, aujourd’hui, avec le recul, on pourrait se demander pourquoi les réformes de Paul VI ont en revanche provoqué certaines réactions trop bien connues. Dans le premier cas, l’Église a connu un nouvel élan liturgique, et dans le second beaucoup y ont vu une rupture liturgique avec la tradition.

Après le pontificat de Pie XII, dans de nombreux milieux d’Église, l’élection de Jean XXIII a été perçue comme une libération du carcan magistériel. La porte s’ouvrait même au dialogue avec le marxisme, la philosophie existentialiste, l’école de Francfort, Kant et Hegel – et avec eux une manière radicalement différente de concevoir la théologie. L’heure de l’individualisme théologique et des adieux à tout ce que l’on qualifiait alors de « passéiste » avait sonné.

Les conséquences pour la liturgie ont été graves. Arbitraire, prolifération et individualisme débridé aboutirent à de nombreux endroits au remplacement de la messe par des compositions personnelles, souvent compilées dans des cahiers à spirale préparés par les célébrants. Avec comme résultat un chaos liturgique et un exode de l’Église sans précédent qui se poursuit aujourd’hui encore malgré les réformes de Paul VI.

En réponse, on a assisté à la naissance de groupes et des milieux bien décidés à opposer au désordre une fidélité inébranlable au Missale romanum de Pie XII. Plus l’arbitraire et le désordre régnait d’un côté, plus on s’arc-boutait de l’autre en refusant de tout nouveau développement, malgré l’expérience positive des réformes de Pie XII. C’est ainsi que même la réforme du missel de Paul VI – qui n’était pas exemple de défauts – s’est heurtée à bien des critiques et des résistances. Et même quand ces objections étaient motivées, elles n’étaient pas pour autant justifiées. Le Novus ordo avait été promulgué par le pape : en dépit des critiques légitimes, il devait être accueilli dans l’obéissance.

Et pourtant, que s’est-il passé ? Pour certains les réformes n’étaient pas suffisantes : ils ont continué à dire la messe avec leurs cahiers à spirale, fruit de leur créativité personnelle. D’autres, en revanche, ont opposé la fidélité à la « Messe de toujours », en oubliant – ou en ignorant – que le rite de la Sainte Messe s’est déployé et transformé au cours des siècles, en prenant des formes différentes tant en Orient qu’en Occident, en fonction des contextes culturels respectifs. En vérité, la seule « Messe de toujours » se réduit aux paroles de la consécration, qui sont par ailleurs rapportées avec des formulations différentes dans les Évangiles et chez saint Paul. La voilà, la seule, l’unique « Messe de toujours ». Et partout où l’on n’a pas voulu en prendre conscience, des bastions se sont érigés et la lutte s’est poursuivie jusqu’à nos jours.

On ne doit pas oublier que la liturgie authentique, célébrée consciencieusement au nom de l’Église reste en de nombreux endroits une réalité pacifique et quotidienne. Une question demeure donc : comment un conflit à ce point virulent a‑t-il pu se développer ? Un regard sur l’histoire nous révèle quelque chose.

Les batailles menées après le Concile de Trente ne concernaient pas la nature de la Sainte Eucharistie. Le nouveau Missale romanum de Pie V fut introduit graduellement dans les différents pays, et en dernier lieu dans la France de la fin du XIXe siècle, sans causer de conflits, pendant que d’antiques rites locaux, tels que le rite ambrosien à Milan, ou ceux propres aux ordres religieux, se poursuivait sans difficulté.

Ce n’est qu’au début du XXe siècle, dans le contexte du modernisme, que la controverse sur le sacrifice de la messe a refait surface, quoique ne portant pas tant sur le rituel que sur l’essence du sacrifice lui-même. Le déclenchement de la première guerre mondiale, avec ses conséquences tragiques pour l’Europe, a empêché une solution adéquate, laissant cette question irrésolue couver sur la cendre. Et dans les années suivantes, le mouvement liturgique, important dans l’après-guerre, a lui aussi davantage porté – à de rares exceptions près – non pas sur l’essence mais plutôt sur l’exécution de la liturgie, en particulier du sacrifice de la Messe par les communautés des fidèles. L’ascension des dictatures communistes, fascistes et nazies débouchant sur la deuxième guerre mondiale et ses conséquences, ont encore une fois empêché une solution définitive.

Ce fut Pie XII, au beau milieu des problèmes de l’après-guerre et bien conscient des questions irrésolues relatives au saint sacrifice de la messe, qui reprit le sujet dans son encyclique Mediator Dei de 1947 pour réaffirmer et éclaircir le dogme du Concile de Trente et enfin fournir des indications pour une célébration liturgique digne.

Et pourtant, cela n’a pas suffi à apaiser les controverses, bien au contraire : elles reprirent de plus belle, pas tant sur le rite que de nouveau sur la nature du sacrifice eucharistique. L’insistance excessive – allant jusqu’à une véritable absolutisation – sur le caractère convivial de la Sainte Messe a mené, et mène encore, à de graves abus liturgiques, allant parfois jusqu’au blasphème. Des abus issus de malentendus fondamentaux sur le mystère de l’Eucharistie.

À cela s’ajoute que c’est presque toujours au prêtre individuel qu’il revient de décider si Sainte Messe sera célébrée fidèlement au Novus Ordo ou si l’on donnera libre cours aux idées subjectives du célébrant. Les cas où les autorités épiscopales sont intervenues contre les abus ont été plutôt rares. On n’a pas encore suffisamment compris que cette dissolution de l’unité liturgique est causée par l’incertitude voire la perte de la foi authentique et constitue une menace pour l’unité même de la foi.

Il est donc nécessaire – si l’on veut éviter ou guérir des fractures fatales de l’unité ecclésiale – de parvenir à une paix, ou à tout le moins à une trêve, sur le front liturgique. C’est pourquoi cela vaut la peine de reprendre le titre du célèbre roman pacifiste de Bertha von Suttner, publié depuis 1889, réédité à 37 reprises et traduit en 15 langues : « Die Waffen nieder ! » : bas les armes !

Cela signifie qu’il faut avant tout désarmer le langage quand on parle de liturgie. Dans le même temps, il serait opportun d’éviter toute forme d’accusation réciproque. Aucune des deux parties ne devrait mettre en doute le sérieux des intentions de l’autre. Pour le dire plus simplement : il convient de faire preuve de tolérance et d’éviter la polémique. Les deux parties devraient garantir une liturgie respectant scrupuleusement leurs normes respectives. L’expérience montre qu’un tel avertissement vaut non seulement pour les novateurs mais également pour les partisans de l’ « Ancienne messe ».

Les uns comme les autres devraient étudier avec impartialité le chapitre II de la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium pour porter un regard critique sur les développements ultérieurs. Il apparaîtra alors de manière évidente à quel point la pratique postconciliaire s’est éloignée de cette constitution à laquelle, il ne faut pas l’oublier, l’archevêque Marcel Lefebvre lui-même avait adhéré.

Ce n’est que comme cela, dans le silence et en faisant preuve de beaucoup de patience, que l’on pourra travailler à une réforme de la réforme, en mesure de correspondre réellement aux dispositions de Sacrosanctum concilium. Viendra alors le moment où une réforme susceptible d’honorer les exigences légitimes de l’une et l’autre partie pourra être présentée.

Mais en attendant ce jour, encore une fois, pour l’amour de Dieu : « Bas les armes ! »

Troisième dimanche de Carême : “Qui n’est pas pour moi est contre moi”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Jésus, fils de la Vierge Marie (Évangile), est le modèle par excellence de la pureté virginale. L’Évangile le montre luttant d’une façon spéciale contre l’esprit impur. Le démon qu’il chassa en effet par le doigt de Dieu, c’est-à-dire par l’Esprit Saint, du possédé muet était « un démon impur », dit saint Matthieu. Et l’Église chasse des âmes des baptisés le même esprit immonde. L’on sait en effet que le Carême était un temps de préparation au baptême et dans ce sacrement le prêtre souffle par trois fois sur celui qu’il baptise en disant : « Sors de cet enfant, esprit impur, et fais place à l’Esprit Saint ».

« Nul fornicateur ou impudique, dit saint Paul dans l’Épître de ce jour, n’a héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Que la fornication et toute impureté ne soit donc même pas nommée parmi vous ». C’est spécialement  en ce temps de lutte contre Satan que nous devons imiter Jésus.

Introït Oculi

Nous allons retrouver dans l’Introït du troisième dimanche de Carême le psaume 24 qui était déjà celui de l’Introït (ainsi que celui du Graduel) du deuxième dimanche. C’était alors une prière très humble dans laquelle le pécheur prosterné devant Dieu osait à peine lever la tête. Aujourd’hui il s’enhardit en levant les yeux vers le ciel, image que nous retrouverons dans le Trait tiré d’un autre psaume.

Le premier mot de cet Introït Oculi (les yeux) a donné son nom à ce dimanche. On se souvient que, jusqu’à une date récente, les dimanches de Carême étaient indiqués dans tous les calendriers par le premier mot de leur Introït : Reminiscere pour dimanche dernier, Oculpour aujourd’hui et Lætare pour dimanche prochain.

Oculi mei semper ad Dominum, quia ipse evellet de laqueo pedes meos. Respice in me, et miserere mei, quoniam unicus et pauper sum ego.
Mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur, car c’est Lui qui arrachera mes pieds du filet. Jetez les yeux sur moi et ayez pitié de moi, car je suis seul et malheureux.

Unicus et pauper sum : Je suis seul et malheureux, cela veut dire que je ne peux compter ni sur mes relations ni sur mes richesses pour me sauver, mais seulement sur Dieu. Ce texte comprend donc deux parties ; la première est un grand élan de l’âme vers le haut, les yeux levés vers le Seigneur, qui peut seul nous arracher au filet que nous tend l’infernal tentateur. La mélodie exprime cet élan par deux montées assez vives vers l’aigu. La deuxième partie au contraire est une prière qui demande au Seigneur d’abaisser son regard vers nous dans notre humble état de pécheurs ; la mélodie se tient alors modestement dans le grave en une douce supplication.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 24 comme celui du dimanche précédent :

Ad te Domine levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam.
Vers vous Seigneur j’élève mon âme, mon Dieu je mets en vous ma confiance, je n’aurai pas à en rougir.

Graduel : Exsurge Domine

Le texte du Graduel du troisième dimanche de Carême est tiré du psaume 9, que nous avons déjà rencontré il y a quelques semaines, dans le grand Graduel Adjutor de la Septuagésime. C’est un chant de louange et d’action de grâce au Seigneur, défenseur et protecteur des pauvres et des opprimés. La première phrase du Graduel de ce dimanche reprend d’ailleurs la dernière phrase de celui de la Septuagésime. Ce verset est pris à la fin du psaume, alors qu’on trouve au contraire dans la deuxième partie un verset du début :

Exsurge Domine, non prævaleat homo : judicentur gentes in conspectu tuo. In convertendo inimicum meum retrorsum, infirmabuntur, et peribunt a facie tua.
Levez-vous, Seigneur, que l’homme ne l’emporte pas, que les nations païennes soient jugées en votre présence. Vous faites retourner mon ennemi en arrière ; ils seront affaiblis et périront devant votre face.

Nous avons déjà signalé que l’homme, ici, désigne la créature qui s’oppose à son Créateur et refuse d’accomplir sa volonté. Mais en ce temps de Carême ce texte désigne aussi l’ennemi infernal et tous ses auxiliaires, contre lesquels nous avons à lutter ; nous annonçons ainsi la victoire que nous remporterons sur eux à Pâques si nous sommes fidèles.

La mélodie ressemble à celle du Graduel Adjutor de la Septuagésime, mais elle ressemble surtout à celle du Graduel de la Quinquagésime, il y a trois semaines. On retrouve tout à fait les mêmes formules amples et mouvementées avec de grandes vocalises et de longues tenues dans une ambiance de ferveur ardente et mystique.

Trait Ad te levavi

Le texte du Trait du troisième dimanche de Carême est constitué par la plus grande partie du psaume 122, petit psaume assez court ; il ne manque ici que le dernier de ses cinq versets. Ce psaume ressemble au psaume 24 d’où était tiré le chant de l’Introït de cette messe ; d’abord il commence par les mêmes mots Ad te levavi, de plus il développe le thème des yeux levés par lequel débutait l’Introït :

Ad te levavi oculos meos, qui habitas in cælis. Ecce sicut oculi servorum in manibus dominorum suorum : Et sicut oculi ancillæ in manibus dominæ suæ : Ita oculi nostri ad Dominum Deum nostrum, donec misereatur nostri. Miserere nobis domine, miserere nobis.
Vers Vous je lève les yeux, Vous qui habitez aux Cieux. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres et les yeux de la servante sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur Notre Dieu jusqu’à ce qu’Il ait pitié de nous.

On voit qu’au thème des yeux levés s’ajoute la belle image des serviteurs fixant les mains de leurs maîtres. Ainsi devons-nous être les serviteurs de Dieu attentifs à accomplir Sa volonté.

La mélodie, comme celle de tous les Traits, est une psalmodie ornée faite de formules que nous avons déjà rencontrées, assez voisines en particulier de celle du Trait Jubilate de la Quinquagésime. Cependant le premier verset a une mélodie assez originale, où l’on note la grande vocalise qui se tient dans les hauteurs avec de longues tenues sur le mot cælis : les cieux.

Offertoire  Justitiæ

Comme celui du deuxième dimanche, l’Offertoire du troisième dimanche de Carême est une méditation aimante et contemplative sur la loi divine et le bonheur qu’il y a à l’observer :

Justitiæ Domini rectæ, lætificantes corda, et dulciora super mel et favum, nam et servus tuus custodiet ea.
Les préceptes du Seigneur sont justes, ils réjouissent les cœurs et sont plus doux qu’un rayon de miel ; aussi votre serviteur les observe-t-il.

Les mots dulciora et ea qui sont au neutre se rapportent au substantif judicia qui figure dans le psaume, mais qui n’est pas repris dans le texte de l’Offertoire. Il est d’ailleurs à peu près synonyme du premier mot de ce texte justitiæ. On notera aussi à la fin, le passage de la troisième à la deuxième personne que l’on rencontre souvent dans les psaumes.
Ce texte aurait pu être emprunté au psaume 118, la longue méditation sur la volonté de Dieu et ses commandements que l’on rencontre souvent au cours de l’année liturgique et d’où était tiré l’Offertoire de dimanche dernier. En fait, celui-ci est pris dans un autre psaume, le psaume 18, dont la deuxième partie résume au contraire les mêmes thèmes en quelques versets très condensés. La mélodie est très calme, paisible et assurée, tournant toujours autour de la même note sur laquelle elle pose notes longues et cadences. Cependant la conclusion est surprenante : au lieu de se terminer sur cette même note, la mélodie descend un demi-ton plus bas, restant en suspens comme un long regard qui ne veut pas finir.

Communion : Passer

Le texte de la Communion du troisième dimanche de Carême est tiré du psaume 83, prière d’un exilé qui aspire à retrouver la ville sainte de Jérusalem et les cérémonies du temple, et exprime avec de belles images le bonheur qu’il avait à s’y trouver, comme le petit oiseau dans son nid :

Passer invenit sibi domum, et turtur nidum ubi reponat pullos suos. Altaria tua, Domine virtutum, Rex meus et Deus meus ! Beati qui habitant in domo tua, in sæculum sæculi laudabunt te
Le passereau trouve pour lui une demeure et la tourterelle un nid pour déposer ses petits. Vos autels, Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront pour les siècles des siècles.

L’expression Domine virtutum, Seigneur des armées, est analogue à Deus Sabaoth que nous chantons au Sanctus, tiré de la vision d’Isaïe. Il s’agit des armées célestes, les chœurs des anges, qui évoquent ici les Chérubins et les Séraphins représentés au-dessus de l’arche d’Alliance, siège de la présence symbolique de Dieu dans son temple. Jérusalem et le temple, c’est évidemment la figure de l’Église dont nous commençons à entrevoir la naissance au fur et à mesure que notre Carême s’avance. Ce sera le thème de toute la messe du quatrième dimanche, le dimanche de Lætare. C’est aussi la figure du Ciel où nous louerons le Seigneur éternellement.

La mélodie de cette Communion est très originale. D’abord elle est d’une longueur exceptionnelle pour une antienne de Communion. Ensuite elle est d’une grande variété, avec de nombreuses modulations. La première phrase est quelque peu imitative ; on peut y entendre le battement d’ailes des passereaux ou le roucoulement de la tourterelle. La deuxième phrase commence par un grand élan sur l’exclamation altaria tua (vos autels) puis elle redescend dans une effusion pleine de tendresse sur les mots Rex meus et Deus meus que l’on avait déjà trouvés dans la Communion de dimanche dernier avec une expression analogue, bien que dans un contexte assez différent. Enfin la dernière phrase est marquée par un grand crescendo qui monte toute l’octave, avant l’apaisement final exprimant la louange éternelle.

Le développement personnel ou la méditation transcendantale est une contrefaçon spirituelle

Professeur de théologie et prédicateur de retraites, le frère Marie-Ollivier Guillou, dominicain du couvent de Marseille, est l’auteur de plusieurs ouvrages. Il vient de publier Le coeur plein de Dieu: Comment retrouver le goût de la conversion, dans lequel il propose une halte spirituelle dans le tourbillon de notre quotidien, afin de nourrir notre vie intérieure, cette vie chahutée par le monde moderne, qui nous empêche de nous retrouver face à nous-même, à notre conscience, et au Bon Dieu. Entre réflexions essentielles, méditations et anecdotes, portées par la lumière du Christ et l’inspiration des poètes, ce texte nous entraîne pas à pas vers la conversion du coeur pour grandir dans l’intimité de Dieu.

A ce sujet, l’auteur nous met en garde contre les contrefaçons :

Il faut préciser un point pour éviter un contresens. L’intériorité n’est pas l’introspection qui confine souvent à l’obsession de soi-même par un acte réflexe dont l’égocentrisme étouffe la vie intérieure. De ce point de vue, on ne dira jamais assez que le développement personnel ou la méditation transcendantale est une contrefaçon spirituelle. Elle génère une intériorité qui n’est pas évangélique. En régime chrétien, si l’on rentre en soi-même, c’est pour s’unir à Dieu “plus intime à moi-même que moi-même”. C’est que l’intériorité chrétienne n’aboutit pas comme dans la méditation hindo-bouddhique à la confession de soi : “je suis une étincelle de la divinité” ; mais à la confession de foi : “Mon seigneur et mon Dieu”. Ce qui est la définition même de la prière chrétienne. L’enstase (se tenir en soi) se termine à l’extase (se tenir en dehors), sans pour autant déserter son âme.

Voyage en Arabie saoudite, sous les bombes

Première partie de la trilogie journalistique réalisée par Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant :

Je suis arrivé pour la première fois en Arabie saoudite le 20 février 2026. Ce jour-là, l’Iran annonçait une proposition d’accord sur le nucléaire : « dans deux ou trois jours » disaient les mollahs. Donald Trump, de son côté, évoquait des frappes « limitées » sur le pays des lettres persanes. Une semaine après, dans la matinée du samedi 28 février, il donnait le feu vert à son armada étoilée de bombarder, conjointement avec Israël, le pays aux mains d’Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution islamique depuis 1989.

La veille, le 27, alors que je me trouvais à Riyad depuis une semaine pour y écrire mon nouveau livre, je me suis envolé pour Djeddah, plein ouest, à plus de 1 000 km de la capitale. Sans le savoir, je me mettais à l’abri de cette guerre qui frappe tout le Moyen-Orient.

Reportage sur une guerre et un pays, l’Arabie saoudite, qui est trois fois plus grand que la France, et qui est gouverné par Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, que l’on appelle communément MBS. Il est le prince héritier, le fils du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud. Oui, reportage au pays de Thomas Edward Lawrence, le célèbre écrivain-aventurier, figure de la révolte arabe de 1916-1918. Winston Churchill écrivait ceci au sujet de son livre : « En tant que récit de guerre et d’aventure, Les Sept Piliers de la sagesse est un livre inégalable. Il prend place aux côtés des plus grands ouvrages jamais écrits… ».

Mes voyages au Moyen-Orient sont parfumés aux essences orientales qui, de plus en plus, ressemblent à de la cendre, après être passés par le feu et le souffre. Le fameux livre d’Alphonse de Lamartine, Voyage en Orient (1832-1833), exhale, lui, des essences vivifiantes d’ambre, de cèdre, de citron et d’orange, de gingembre, de rose et de romarin.

Alphonse n’a pas mis les pieds en Arabie saoudite. Je ne suis pas sur ses traces, mais je comprends qu’il me précède et qu’il m’accompagne dans l’aventure de mon écriture.

Justement, poursuivre l’écriture des aventures d’Arthur, le petit prince, était, pour moi, un vœu pieux qui a pu se réaliser grâce à un don tombé du ciel. Mais, je n’imaginais pas que cette odyssée pouvait être vécue dans un tel environnement chaotique. Paradoxalement, aucun bruit de bottes annonciateur. Seuls les cris étouffés des dizaines de milliers d’Iraniens tombés sous la barbarie monstrueuse des balles sifflantes des gardiens de la révolution hantaient mes nuits. Maintenant, le Moyen-Orient se voile d’épaisses fumées mortifères des plus sombres, sombres comme des ténèbres. Et, de nouveaux bruits sont apparus : ceux du souffle des missiles avant leur impact… à Riyad. 

Ecrivain-voyageur ?

Certes, ma plume d’auteur avait (re)commencé à virevolter en 2021 en Arménie, quelques jours après la Guerre de 44 jours (sept.-nov. 2020) de l’Azerbaïdjan contre le Haut-Karabakh, la République d’Artsakh (une enclave arménienne dans l’est de l’Azerbaïdjan, à trois jets de pierre de l’Iran, qui était reliée à l’Arménie par le corridor de Latchine) devenue une république nettoyée – nettoyage ethnique – de son peuple contraint à l’exil lors de la guerre de septembre 2023. Encore une. J’étais là-bas…

Au début de l’année 2024, je me rendais en Égypte et au Liban. Puis, ce seront, les Émirats, et, maintenant, l’Arabie saoudite.

Sur l’ensemble de ces pays, il n’y a qu’en Égypte où je n’ai pas vécu dans un environnement de guerre. Je m’interroge, donc, sur une partie de notre civilisation humaine entrée en turbulences (au pluriel) : certains pays ont fait du chaos leur livre de chevet, leur pain quotidien, leur stratégie. Est-ce nouveau ? Et, à quel moment la bascule vers le chaos régional moyen-oriental a-t-il eu lieu ?

Questions difficiles que tous nous devrions nous poser avant qu’elles ne deviennent réalité funeste sur notre propre sol. Ces questions géo-politiques, finalement, réveillent, peut-être, tardivement, trop tardivement, depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, depuis les deux guerres du Golfe en 1990 et en 2003, l’Occident.

Au Moyen-Orient, des guerres sans fin ?

La liste des guerres au Moyen-Orient est longue, trop. Depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a eu une dizaine de guerres dans cette région du monde, véritable berceau de notre humanité. Nous devrions en prendre soin, plus que tout. D’ailleurs, la France et la Grande-Bretagne auraient-elles dû se retirer de cette région ?

En respectant la chronologie, voici la liste exhaustive de ces guerres, liste ténébreuse. Les guerres israélo-arabes en concentrent la majorité, depuis la création de l’Etat d’Israël : celle de 1948-1949, celle de Suez en 1956, celle des Six Jours et celle de la guerre d’usure en 1967, celle du Kippour en 1973, celle du Liban en 1978, 1982, 2006, 2023, et en 2026, celle de Gaza de 2023 à 2026… Il faut, hélas, ajouter les guerres arabo-perses : Irak-Iran, à la suite de la chute du Chah d’Iran en 1979. Mais les deux pays entretenaient, auparavant, de multiples conflits liés au Kurdistan, les Kurdes étant soutenus par l’Iran, par les Perses.

Tout le monde se souvient de cette guerre qui a durée de 1980 à 1988, dite « religieuse », et qui a opposé Chiites iraniens et Sunnites irakiens. Iran-Irak : deux titans ! Mais, il faut ajouter à ces affrontements intra-religieux des questions géo-politiques et des sujets territoriaux.

Enfin, les guerres plus récentes ont vu s’affronter l’Arabie saoudite et ses voisins. L’Arabie saoudite n’est pas belliqueuse en soi. Elle a longtemps vécu en paix depuis son indépendance en 1932. Avec la guerre du Golfe (celle de 1990-91), au début, elle s’implique aux côtés des Etats-Unis. Puis, elle s’investit pour contrer le djihadisme qui commence à pulluler à l’intérieur de ses propres frontières : c’est une lutte religieuse où s’affrontent le wahhabisme au pouvoir et le salafisme djihadiste. Cet affrontement se continue plus ou moins en se déplaçant au Yémen, au sud de l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite : un vieux pays de Bédouins

Ce pays, cette région du monde, que l’on n’apprend pas ou peu à l’école de la République française, qui préfère éduquer nos enfants à certaines idéologies, à certains principes – pas tous nobles – de l’égalitarisme, de la non-discrimination, et du socialisme, pire au « gender » et à la sexualité dès la maternelle, alors qu’il faudrait en priorité leur apprendre la belle langue de Molières, les mathématiques et les sciences, l’histoire – la vraie – et la géographie, les langues et les civilisations, etc. Et, le savoir-vivre… Le savoir-vivre-ensemble !

D’ailleurs, faute de connaissance, et se baignant dans le lit de son ignorance, l’Occident face à l’Orient, face au Moyen-Orient, se comporte toujours comme une sorte d’aîné, de donneur de leçon, de maître, alors qu’il devrait commencer par apprendre, par connaître et par respecter cette civilisation qui a tout à nous apprendre.

Comment, vu de Paris, comprendre un Bédouin ? La question se pose d’autant plus qu’au 18e siècle, Georges-Louis Leclerc de Buffon, appelé plus courtement Buffon et qui a influencé Darwin, puisqu’il était biologiste, cosmologiste, mathématicien, naturaliste, philosophe et écrivain, Buffon, donc, les compare à des Tartares « durs et grossiers ». Heureusement que Lawrence d’Arabie est passé par là et qu’il leur a donné ses lettres de noblesse : « ils sont purs ». En 1911, il écrit même à sa mère ceci : « La vulgarité parfaitement désespérante de l’Arabe à moitié européanisé est effrayante. Plutôt mille fois l’Arabe intact ».

Comment apprécier ces clans, ces familles, ces tribus qui composent, telle une mosaïque, le pays de La Mecque, le pays du Prophète ? Comment apprécier ce vieux pays, dont les origines pré-islamiques remontent à 3 000 ans ? Voire plus, si l’on tient compte des récits biblique et coranique qui évoquent le Déluge et Noé, dont une partie de sa descendance a peuplé la Mésopotamie avant de se diriger vers l’Arabie.

 

L’ère pré-islamique et les premières tribus

Avant d’être un pays, l’Arabie est une péninsule, un territoire grand comme un tiers de l’Europe. Elle est un lieu de rencontre de la lithosphère, avec les plaques tectoniques arabique et africaine qui, en s’affrontant, ont crée à l’ouest la mer Rouge, puis, à l’est en s’entrechoquant avec les plaques eurasiatique et indienne, ont ouvert une nouvelle brèche navigable : celle du golfe arabique (ou persique), objet de toutes les convoitises, et du golfe d’Oman, plein sud, celui golfe d’Aden.

Les premières populations sont mésopotamiennes, en provenance d’Irak, de la vallée du Tigre et de l’Euphrate. Et, là, nous remontons au temps post-déluge. Et, certainement, jusqu’au Mont Ararat, jusqu’en Arménie !

Ainsi, les premiers ports de l’actuelle Arabie saoudite se trouvent sur sa côte ouest. Il faut attendre le 2e et le 1er millénaire avant J.C. pour que les ports de la mer Rouge, comme Djeddah où je me trouve, apparaissent. Les premières tribus portent des noms sortis tout droit de la Bible, du Coran, et du conte des Mille et Une Nuits : Adbeel, Duma, Kedar, Jethur, Quda’a, etc.

Plus tard, au 1er siècle avant J.C., Cicéron pro-consul évoque cette région d’Arabie en raison de sa proximité avec l’Égypte. Il parle des échanges commerciaux. Et, ce qui est certain, c’est qu’avec la Route de la soie maritime, les échanges se développent particulièrement au Moyen-Orient.

Puis, vers le 7e et 8e siècle, Djeddah, en raison de sa proximité avec La Mecque, port privilégié des Égyptiens, des Juifs et des Chrétiens, va devenir celui des Musulmans. C’est la Porte d’entrée de l’Islam…

Seconde partie de la trilogie Voyage en Arabie saoudite, en pleine guerre, à suivre…

De notre envoyé spécial Antoine BORDIER

Copyright des photos et montage A. Bordier, Google map, et Gov.sa

Les personnes affectées par la vaccination sortent du ghetto

Enfin, en Italie, parce qu’en France c’est encore un sujet complotiste.

Cinq ans après, le Parlement italiens accueille des patients infectés par le vaccin. L’audition de la commission « Écoutez-moi » au sein de la commission Covid marque un tournant décisif : le sort des personnes touchées peut et doit être pris en compte afin de garantir leur traitement et l’adoption de nouvelles lois. Le Parti démocrate a présenté ses excuses : « Vous n’êtes pas anti-vaccins. » Était également présent à l’audition le journal Compass, qui a documenté le calvaire de milliers de patients considérés comme des citoyens de seconde zone.

5 ans après la campagne de vaccination de masse, le Comité Ascoltami, qui rassemble de manière organisée le plus grand nombre de personnes ayant subi des effets indésirables liés au vaccin contre la COVID-19, a été reçu par la commission bicamérale chargée d’enquêter sur la pandémie ( vidéo complète ICI ). L’audition s’est tenue au Palazzo San Macuto et a réuni Federica Angelini, fondatrice et présidente du comité, qui lutte pour la reconnaissance des victimes de la campagne de vaccination. La Bussola était également présent, appelé à répondre aux questions des commissaires, suite au travail d’investigation journalistique approfondi menés en collaboration avec la commission afin de rendre justice à cette tragédie, trop longtemps passée sous silence.

L’audience fut intense et, pour la première fois, des mots clairs furent prononcés concernant l’existence de personnes ayant subi des effets indésirables suite à une vaccination. Enfin, la possibilité de parler librement de ce phénomène, longtemps passé sous silence, a brisé le tabou qui considérait ces personnes comme des patients de seconde zone, qualifiées avec mépris d’antivaccins .

C’est précisément à propos de ce terme haineux que la sénatrice du Parti démocrate, Ylenia Zambito, a présenté ses excuses après avoir entendu le témoignage poignant de Federica Angelini, pour avoir auparavant qualifié les personnes concernées d’« anti-vaccins », démontrant ainsi combien le travail accompli par les Frères d’Italie au sein de la Commission, qui a fortement soutenu cette audition, a également été et surtout fructueux pour la prise en compte des victimes d’une campagne de vaccination censée être sans risque.

Angelini, prenant la parole, a décrit les nombreuses maladies dont souffraient les personnes touchées, les tentatives infructueuses pour attirer l’attention des institutions, et a exposé aux parlementaires, qui écoutaient avec intérêt et sans préjugés, les demandes que la commission adresse aux hommes politiques depuis cinq ans : une exemption pour les réactions indésirables suspectées, une révision de la loi 2010/92 régissant l’indemnisation et la création d’une clinique dans chaque région pour les réactions suspectées aux vaccins.

« Au fil des années, le Comité que je représente », a déclaré Angelini, « a mené un travail constant : nous avons recueilli des témoignages et des rapports accablants ; nous avons écouté des centaines de familles ; nous avons fourni des conseils juridiques et humains aux citoyens qui n’étaient pas en mesure de trouver des interlocuteurs ; nous avons soumis des demandes aux autorités compétentes pour garantir que chaque cas soit examiné » (lire le discours complet ICI ).

Elle se souvient de sa réception au Sénat en novembre 2021, lors de laquelle elle a présenté un rapport sur la situation :

« On m’a dit là-bas, et je le répète ici, devant vous, que malheureusement, l’État italien ne nous avait pas pris en compte. C’est exactement ce qu’on m’a dit : “Madame, vous n’êtes pas prise en compte.” Je n’oublierai jamais ces mots. Car quand on est malade et qu’on vous dit que vous n’êtes pas prise en compte, cela signifie que vous n’existez pas. »

S’adressant ensuite à la Commission, il a lancé cet appel :

« Cette Commission a aujourd’hui l’occasion de démontrer que l’État ne tournera plus jamais le dos à ses citoyens. Qu’il peut examiner avec honnêteté même les moments les plus controversés de son histoire récente. Qu’il peut transformer la douleur en prise de conscience et la souffrance en responsabilité. »

Les propos d’Angelini ont été suivis d’un rapport de La Bussola ( ICI ) qui détaillait le travail journalistique d’investigation mené en soutien au Comité et à toutes les personnes concernées. Ce travail, outre le récit implacable des histoires poignantes de citoyens vaccinés devenus handicapés par diverses affections, allant de la neuropathie des petites fibres à la péricardite, en passant par la cécité et bien d’autres, couvrait également les décisions de justice rendues en faveur des personnes touchées, prononcées « au nom du peuple italien ».

Mais aussi en informant la Commission des difficultés que rencontrent actuellement les personnes concernées pour accéder à l’indemnisation prévue par la loi, qui ne fait pourtant pas défaut. Lors de notre audition, nous avons tenté de déconstruire deux idées reçues couramment utilisées pour minimiser la gravité des effets indésirables des vaccins, et que certains commissaires continuent de répéter : « les bénéfices l’emportent sur les risques » et « tous les médicaments ont des effets secondaires ». Il s’agit, en réalité, de formules toutes faites, déconnectées de la réalité et contredites par le fait que, du moins pour les personnes concernées, les risques ont été supérieurs aux bénéfices, et il faut en tenir compte. Personne n’est contraint de prendre un médicament susceptible d’entraîner des effets indésirables, et si quelqu’un le prend, c’est qu’il souffre, au minimum, d’un problème de santé. Des conditions qui ne s’appliquaient pas au vaccin.

Les députés et sénateurs de l’opposition ont exprimé leur profonde sympathie pour les souffrances des personnes touchées, qui ont pour la première fois bénéficié de la dignité et du droit à l’écoute qui leur avaient été refusés par le passé, lorsqu’ils gouvernaient pendant la pandémie, du Parti démocrate au Mouvement Cinq Étoiles.

Les parlementaires du groupe Frères d’Italie étaient satisfaits, et il ne pouvait en être autrement, de ce moment de clarté institutionnelle qui faisait cruellement défaut au débat. Il convient de les remercier, et plus particulièrement le député Alice Buonguerrieri et le président Marco Lisei, pour leur soutien indéfectible à cette audition qui permettra enfin d’obtenir des réponses.

Dans un communiqué, Buonguerrieri a déclaré :

« La campagne de communication institutionnelle sur les vaccins anti-Covid a été un échec. Federica Angelini, présidente du Comité Ascoltami, qui rassemble les personnes affectées par le vaccin, a confirmé aujourd’hui devant la Commission Covid que des citoyens se sont rendus dans les centres de vaccination sous l’influence des pressions exercées par les institutions. Angelini, elle-même victime d’effets indésirables du vaccin, a expliqué que beaucoup se sont fait vacciner par altruisme, convaincus que la vaccination empêcherait la propagation du virus à leurs proches, peut-être plus vulnérables. Or, ce choix, fondé sur des informations trompeuses, leur a été fatal : Angelini a évoqué des milliers de cas graves, dont beaucoup ont entraîné le décès de la personne vaccinée. Il est inacceptable que les institutions rompent la relation de confiance avec les citoyens au nom de raisons politiques déguisées en raisons scientifiques. »

« Nous savons, grâce aux travaux de la commission Covid et aux vidéos des réunions du CTS, que le ministre de la Santé de l’époque, Roberto Speranza, a décidé de poursuivre la campagne de vaccination malgré les doutes exprimés par les experts. Sans les Frères d’Italie, les personnes ayant subi des préjudices graves suite à une vaccination seraient encore ignorées, voire dénigrées aujourd’hui, car des membres de l’opposition s’étaient opposés à l’audition de la commission Ascoltami à la présidence, qualifiant péjorativement ses membres d’« antivaccins ».  Mais l’engagement des Frères d’Italie ne s’arrête pas là : nous ferons tout le nécessaire pour leur apporter notre soutien. »

L’espoir est désormais que les efforts visant à garantir la prise en charge et la mise en place de nouvelles réglementations pour les personnes ayant subi des effets indésirables se poursuivent, comme c’est déjà le cas au sein du parti Frères d’Italie. Une chose est sûre, du moins après aujourd’hui : parler des personnes ayant subi des effets indésirables liés à la vaccination ne saurait plus être tabou, ni considéré comme un sujet marginal dans le débat, ou pire encore, comme dépassé.

Nous sommes heureux de savoir à quoi servent nos impôts

La prėsidente de l’Asssemblée nationale se déplace avec une délégation à New York, du dimanche 8 au mercredi 11 mars :

Les Dimanches, un film ambigu

De Bruno de Seguins Pazzis à propos du film Les Dimanches, succès en Espagne, actuellement au cinéma :

Bilbao. Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond …

Avec : Blanca Soroa (Ainara), Patricia López Arnaiz (Maite, la tante d’Ainara), Miguel Garcés (Iñaki, le père d’Ainara), Juan Minujín (Pablo), Nagore Aranburu (la mère prieure), Mabel Rivera (María Dolores). Scénario : Alauda Ruiz de Azúa. Directeur de la photographie : Bet Rourich.

Récompenses : Coquille d’or du 73e Festival international du film de Saint-Sébastien (2025), meilleur film dramatique, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure actrice, meilleure actrice dans un second rôle et meilleure bande annonce à la 13e cérémonie des prix Feroz (2026).

Le mot qui semble le mieux qualifier Les Dimanches, c’est, ambiguïté. Après s’être fait connaître en signant une mini-série, Querer (2025) qui traite du viol conjugal, la cinéaste basque Alauda Ruiz de Azua s’empare du sujet de la vocation religieuse dans l’Espagne du 21ème siècle. Nous pouvons parler d’ambiguïté, parce que si la cinéaste ne représente pas le point de vue « anti-religieux », principalement incarné par le personnage de Maite, la tante de la jeune Ainara, sous un jour spécialement favorable, on ne peut pas dire qu’elle en fait de même avec la communauté religieuse destinée à accueillir Ainara qui a fait part à sa famille de sa vocation religieuse.

Ainsi, après une mise en place de l’intrigue plutôt réussie, plus le film avance, plus le spectateur, éprouve des difficultés à y voir clair sur le but exact du propos. Critiquer de manière feutrée des mécanismes religieux qui captent des êtres au moment où ils sont fragiles ? En effet, la représentation de la communauté religieuse ne génère pas une empathie bien claire. Jeter un regard tout aussi critique sur une Espagne dont, malgré la sécularisation intervenue après la période franquiste, l’imaginaire collectif resterait trop imprégné d’un catholicisme structurel ? Peut-être… Quoiqu’il en soit, dans cette présentation prétendument équilibrée, en quelque sorte emprunte de laïcité, le spectateur a finalement du mal à croire et comprendre le comportement et les motivations exactes de la jeune femme au point qu’il pourrait même aller jusqu’à supposer qu’Ainara rentre au couvent pour fuir un environnement familial et social pour le moins défectueux. Cette dernière hypothèse était également évoquée dans un film auquel Les Dimanches oblige de penser, Ida (2013) de Pawel Pawilkowski. Mais là où le cinéaste polonais signe une œuvre majeure tant sur le plan esthétique que transcendantal, Alauda Ruiz de Azua ne parvient pas à donner la moindre dimension mystique au personnage d’Ainara et de ce fait la moindre dimension illuminative à son film. Et puis l’Eglise qu’elle donne à voir n’est définitivement pas bien séduisante. Malgré la qualité du jeu, à la fois opaque et lumineux de la débutante Blanca Soroa, comme de celui, à la fois âpre et affectueux, de la plus expérimentée Patricia López Arnaiz dans le rôle de la tante devenue athée et profondément matérialiste, le film ne décolle jamais ou si furtivement au détour d’une scène ou d’une autre, « plombé » par une mise en scène peu fluide et terne comme la photographie qui privilégie une coloration brune et sombre. Un traitement qui reflète sans doute le regard athée de la réalisatrice sur la foi et la vocation et laisse le spectateur dans une ambiguïté inconfortable.

Bruno de Seguins Pazzis

Iran : a-t-on affaire à une guerre juste ?

Philippe de Villiers rappelle les 3 critères de la guerre juste :

Le prêtre qui faisait des millions $$$

Le Père Brottier rêvait de devenir missionnaire, mais il avait une mauvaise santé. La vie l’a conduit sur des missions qu’il n’aurait pas imaginées : sauver des vies, gagner des millions, mourir les poches vides.

Dans cette vidéo, Sébastien Cairn nous raconte tout — et nous lance un défi !
Sébastien Cairn, chauffagiste dans les Alpes, est l’auteur de Petit Guide d’Oraison.

Lien ici :

https://youtu.be/jpeYLaH3pL4

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Soirée Témoignage Natalie Saracco à Saint-Laurent-sur-Sèvre (85)

L’association N’ayez pas peur organise la venue de Natalie Saracco, cinéaste et écrivain, le jeudi 26 mars 2026, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, pour une soirée Témoignage autour de son expérience de mort imminente (NDE) et de sa rencontre avec le Christ.

Cette Franco-italienne brûle la vie comme les planches à 200 à l’heure ! Jusqu’au jour où l’imprévu surgit dans sa vie. Au cours d’un aller-retour entre Paris et la Normandie (où elle s’est installée), elle a un terrible accident de voiture et fait une expérience de mort imminente (NDE). Entre la vie et la mort, elle fait une rencontre. Le genre de rencontre que l’on n’oublie pas : Le sacré-Coeur de Jésus se révèle à elle, l’inondant de Son Amour fou pour elle et pour toutes Ses créatures.

Jeudi 26 mars 2026,
à la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée)
20H – Adoration
20H45 – Témoignage de Natalie Saracco et dédicace de ses livres

L’association N’ayez pas peur, créée à la suite de la venue du Pape Jean-Paul II à Saint-Laurent-sur-Sèvre le 19 septembre 1996, oeuvre pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine historique, culturel et spirituel de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et de saint Jean-Paul II, dans le sanctuaire de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Elle soutient ou organise des événements, projets et initiatives visant à faire rayonner le sanctuaire, en apportant une aide logistique, financière, administrative, technique… ou priante.

contact : [email protected]
Vous pouvez nous suivre sur les réseaux sociaux (nayezpaspeur)

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Reproduction du Saint-Suaire en taille réelle – Une méditation forte pour le carême !

” En plaçant le Saint Suaire au centre des récits de l’ensevelissement de Jésus au soir du Vendredi saint, et de la découverte du tombeau vide au matin de Pâques, les quatre Évangélistes attestent en outre que cette sainte relique, pièce à conviction à l’appui du fait de la Résurrection du Seigneur, a été l’objet de la vénération des fidèles dans la communauté primitive, « comme le linge le plus important et le plus précieux ».”

C’est à ce titre qu’il a été conservé et nous a été transmis de génération en génération à travers des étapes de mieux en mieux connues, grâce à des recherches positives. Le Suaire est imprégné de la « victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine », car si on y voit la mort de Jésus, on y « entrevoit » aussi sa Résurrection. Le Saint-Suaire « parle par le sang », le sang d’un homme flagellé, couronné d’épines et blessé au côté droit », mais, « le sang, c’est la vie », et « chaque trace de sang parle de l’amour et de la vie ». Spécialement la plaie du côté, une tache abondante, signe d’un flux généreux, signe de l’amour fidèle et miséricordieux. Le suaire c’est une parole d’amour, un don total qui appelle à une « vie pleine de foi, d’espérance et de charité ».

Cette reproduction en taille réelle est impressionnante et émouvante. En ouvrant le paquet soigneusement préparé, l’émotion est forte en prenant dans ses mains ce tissu marqué des souffrances et de l’amour de Jésus pour les âmes, pour chacun d’entre nous.

Pour les paroisses, les groupes de catéchismes, ou en famille pour le coin prière, cette relique qui peut s’accrocher facilement nous offre un cadre de médiations fort en ce temps de carême.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/bannieres-drapeaux/30162-reproduction-du-linceul-de-turin-saint-suaire-a-l-echelle-100-sur-tissu-face-et-dos.html?ref=043193205
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Le Président El-Sissi : un chef et un visionnaire !

Un dirigeant se doit d’être un chef et un visionnaire.

Alors que le Proche/Moyen-Orient est en conflit, l’Egypte apparaît comme étant un pays fort, indépendant et en sécurité.

Le Président El-Sissi a montré une fois de plus l’importance d’être un pays souverain, indépendant. Par ceci aucune base militaire étrangère sur le sol égyptien. Des équipements militaires diversifiés (issus de nombreux pays).

Cette indépendance se traduit par une armée la plus puissante de la région, une diplomatie de coopération.

Un chef se doit d’être visionnaire. En refusant toute base militaire étrangère, l’Egypte est un pays de médiateur Par ceci, au cours de ces onze dernières années, la diplomatie égyptienne est forte, et est respectée par le monde entier. L’Egypte a la capacité de parler avec tous les interlocuteurs.

L’Egypte sous la Présidence du Président El-Sissi est une terre de la paix, un pays en sécurité, garante de la sécurité et de la stabilité internationale.

Le Président El-Sissi montre que l’Egypte est un havre de paix, un pays qui est respecté.

L’Egypte est une terre de la paix, de la grandeur, de la sécurité et de la stabilité internationale.

Honneur et respect à Son Excellence le Président Abdel Fattah El-Sissi qui construit la grandeur de l’Egypte moderne (« La Nouvelle République »), garant de la stabilité et de la sécurité internationale.

Source de l’article : https://journallespoir.wordpress.com/2026/03/07/le-president-el-sissi-un-chef-et-un-visionnaire/.

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Au sujet de la CEDH : Une cellule monastique peut-elle avoir statut de domicile personnel ?

Addendum à cet article du 12 novembre que je republie ci-dessous :

Le 5 mars 2026, la Grande chambre de la CEDH a rendu un avis dans l’affaire. Cet avis est excellent et reprend une bonne partie des arguments développés dans l’article ci-dessous. En substance, la CEDH considère qu’un monastère et ses cellules constituent le domicile d’une congrégation religieuse, et non des domiciles personnels indépendants pour chaque membre de la congrégation. L’avis rappelle la jurisprudence européenne sur le principe d’autonomie des organisations religieuses, selon lequel les juridictions civiles sont incompétentes pour juger de tels litiges. C’est maintenant à la Cour suprême ukrainienne de trancher définitivement l’affaire, en tenant compte de cet avis de la Grande chambre de la CEDH. Sauf surprise, le monastère obtiendra gain de cause devant la Cour suprême ukrainienne.

Fin de l’Addendum

À l’occasion d’une affaire opposant une religieuse à son ancienne communauté, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) s’interroge sur la nature juridique d’une cellule monastique : doit-on l’assimiler à un domicile ? Nicolas Bauer, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), qui a émis des observations, analyse dans La Nef :

Sœur Élisabeth a appartenu quelques années à une communauté religieuse relevant de l’Église grecque catholique ukrainienne. En raison d’un conflit, elle a dû quitter le monastère. Aux yeux de son ancienne communauté et de son évêque, sœur Élisabeth n’est plus religieuse et doit être considérée sous son identité civile, Zhanna K. Pourtant, elle demande que le monastère continue de la loger dans sa cellule, et la justice ukrainienne lui a donné raison en 2023. Cette cellule serait son domicile et Zhanna K. aurait le droit de revenir y habiter.

L’affaire est aujourd’hui devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). C’est la Grande chambre, formation la plus solennelle de cette Cour, qui sera amenée à trancher la question : une cellule monastique est-elle vraiment un domicile ? Le monastère et Zhanna K. ont remis leurs observations écrites il y a quelques jours. La CEDH a également autorisé le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), organisation non gouvernementale spécialiste de la liberté de religion, à intervenir dans la procédure.

Cette affaire aura un impact sur la reconnaissance des droits des congrégations religieuses dans toute l’Europe. Derrière la question du domicile se cache celle, plus générale, du régime juridique applicable à de telles communautés. Faut-il les traiter comme de simples associations ou prendre en compte les spécificités de leur fonctionnement interne, fondé sur une doctrine religieuse ? En assimilant une cellule monastique à un domicile personnel, la justice ukrainienne a adopté un regard laïque, au risque de se méprendre sur la réalité monastique.

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Chaos au Liban

SOS Chrétiens d’Orient nous donne quelques nouvelles du Liban :

Commencée samedi 28 février, la guerre continue d’embraser tout le Proche-Orient. Israël et les Etats-Unis poursuivent leurs bombardements sur l’Iran. De son côté, l’Iran poursuit ses frappes de riposte, s’attaquant aux bases américaines dans toute la région. Au Liban, Israël s’est engagé dans une opération d’une ampleur jamais vue contre le Hezbollah.

Chaos total à Beyrouth

Après avoir imposé l’évacuation de tout le sud du pays, y compris de la ville de Tyr (40 000 habitants), Israël a imposé le départ de plusieurs centaines de milliers de Libanais résident de la banlieue sud de Beyrouth. Des milliers de Libanais ont donc quitté précipitamment les quartiers visés. Les routes sont saturées. Beaucoup d’entre eux ne savent pas où se réfugier.

Destructions massives en vue

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich a déclaré que Dahieh, banlieue sud de Beyrouth « pourrait ressembler à Khan Younis », une ville du sud de Gaza quasiment entièrement détruite pendant la guerre. Une déclaration lourde de sens alors que des avis d’évacuation ont été adressés aux centaines de milliers d’habitants de la zone concernée.

Aoun appelle Macron à l’aide

Le président libanais, Joseph Aoun, a demandé à Emmanuel Macron d’intervenir auprès d’Israël pour empêcher le bombardement du sud de Beyrouth, alors que la population de ces quartiers a été contrainte de fuir. Il lui a également demandé « d’œuvrer à un cessez-le-feu dans les plus brefs délais ». Le général Mandon, chef d’Etat major des armées est arrivé à Beyrouth, le jeudi 5 mars, pour « s’informer de la situation au Liban au regard de l’évolution de la situation sécuritaire ». « Tout doit être fait pour empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre » a déclaré Emmanuel Macron. « Les Libanais ont droit à la paix et à la sécurité. »

Le pape et les évêques appellent à la paix

Après le pape Léon XIV, qui, dimanche dernier, depuis Rome, rappelait que « la stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes », c’est au tour de l’Assemblée des patriarches et des évêques catholiques au Liban de prendre la parole pour demander la paix, en appelant à l’unité nationale et à redoubler d’efforts diplomatiques. Les patriarches demandent enfin, « à Dieu d’accorder à notre monde troublé une paix juste et durable, de guider les cœurs vers la réconciliation et de fortifier les pas de notre peuple libanais sur les chemins de la fraternité et de l’harmonie dans un esprit national sincère, par l’intercession de la Vierge Marie, Reine de la Paix».

L’inhumanité

La une de l’Huma le 6 mars 1953, il y a 73 ans.

Avant d’avoir idolâtré le dictateur communiste (responsable de la mort de 10 à 20 millions de personnes selon les historiens), on doit au journal l’Humanité le talent d’avoir été interdit à la diffusion en France après la signature du pacte germano-soviétique de 1939.

Dès le 17 juin 1940 (soit le jour même où Pétain appelle à l’armistice) les dirigeants du PCF se précipitent dans les bureaux parisiens des Nazis pour demander l’autorisation de faire republier L’Humanité.

Pour donner des gages aux Nazis, la Une de l’Huma du 17 juin 1940 est titrée : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Proletarier aller länder, vereinigt euch ! » En français et en allemand, la langue du nouveau maître.

La requête de publication légale de l’Huma sera néanmoins rejetée par Otto Abetz, l’ambassadeur d’Adolf Hitler à Paris depuis le 14 juin.

Le journal sera malgré tout imprimé clandestinement, tout en adoptant (avant le retournement de juin 1941) une attitude de servilité vis-à-vis des Nazis.

L’illusion de la décapitation

Analyse de Conflits sur l’opération militaire contre l’Iran :

La stratégie de décapitation — l’élimination ciblée des centres décisionnels d’un adversaire — n’est pas une invention de l’ère des drones. Elle traverse l’histoire militaire de longue date, mais c’est dans la pensée de Carl von Clausewitz qu’elle trouve sa formulation théorique la plus rigoureuse. Le Vom Kriege pose le principe du Schwerpunkt, le centre de gravité : frapper le point nodal où se concentre la capacité de résistance de l’ennemi. Or, dans la tradition militaire occidentale du XXe siècle, ce centre de gravité a souvent été réduit, par simplification opérationnelle, à la personne même du chef. […]

L’Iran comme régime institutionnel-révolutionnaire

C’est précisément dans cette perspective que la stratégie de décapitation appliquée à l’Iran révèle ses limites profondes. La République islamique est souvent représentée, notamment dans le débat stratégique américain et israélien, comme un régime personnaliste centré sur la figure du Guide suprême. Cette lecture, aussi commode qu’elle soit pour justifier des opérations ciblées, est analytiquement inexacte.

Le système politique iranien constitue en réalité ce que l’on peut appeler un régime institutionnel-révolutionnaire : un régime qui a su encoder son idéologie fondatrice — le velayat-e faqih, la tutelle du juriste-théologien — dans une architecture institutionnelle dense et délibérément redondante. Le pouvoir y est distribué entre le Bureau du Guide, le Conseil de discernement, le Conseil des gardiens, les institutions politiques formelles, et surtout le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), véritable État dans l’État.

Cette architecture n’est pas le fruit du hasard. Elle est le produit d’une réflexion délibérée des architectes de la révolution de 1979, soucieux de ne pas reproduire la vulnérabilité des monarchies personnalistes, précisément la vulnérabilité qui avait emporté le régime du Shah.

Le cas du général Qasem Soleimani, éliminé le 3 janvier 2020 par une frappe américaine à proximité de l’aéroport de Bagdad, constitue la démonstration empirique la plus probante de cette résilience. Soleimani était, à bien des égards, irremplaçable sur le plan personnel. Sa disparition fut un choc politique et symbolique considérable pour Téhéran. Et pourtant : les réseaux du Hachd al-Chaabi en Irak ont continué à opérer, les milices pro-iraniennes en Syrie ont maintenu leurs positions, et son successeur à la tête de la Force Qods s’est installé dans une continuité opérationnelle fonctionnelle. Soleimani était le moteur d’un système ; sa mort n’a pas arrêté le système, parce que le système avait été conçu pour survivre à ses moteurs.

La doctrine israélienne

L’analyse de la stratégie de décapitation contre l’Iran souffre d’une confusion analytique fréquente : celle qui amalgame les logiques américaine et israélienne, pourtant profondément distinctes.

La doctrine américaine en matière de frappes ciblées obéit à une logique contre-terroriste héritée des années 2000 : neutraliser les nœuds opérationnels d’organisations adverses pour dégager des théâtres d’opérations et protéger des forces déployées. Elle vise la désorganisation à court terme davantage que la transformation structurelle.

La doctrine israélienne est d’une autre nature. Israël pratique depuis les années 1970 ce que ses stratèges nomment la mowing the grass (la tonte de la pelouse) : une stratégie de dégradation continue et assumée qui ne prétend pas détruire définitivement ses adversaires, mais les maintenir en état de faiblesse chronique. L’élimination de Mohsen Fakhrizadeh en novembre 2020, père présumé du volet militaire du programme nucléaire, s’inscrit dans cette logique de ralentissement technologique systématique.

L’illusion décapitative

Il est possible de proposer une catégorie analytique qui manque à la littérature stratégique existante : l’illusion décapitative. Par illusion décapitative, on entend la confusion, systématique dans les conflits contemporains à distance, entre l’effet tactique d’une frappe ciblée — réel, mesurable, communicable — et la transformation structurelle du régime adverse. Cette illusion est alimentée par trois biais cognitifs convergents.

Le premier est le biais de personnalisation du pouvoir : la tendance à surestimer le rôle d’individus spécifiques dans le fonctionnement des régimes adverses, et à sous-estimer la robustesse de leurs structures institutionnelles.

Le second est le biais de la supériorité technologique : dans les guerres à distance permises par les drones et les missiles de précision, la démonstration de capacités techniques tend à être confondue avec l’obtention d’effets stratégiques. Frapper précisément est une chose, frapper utilement en est une autre.

Le troisième est le biais de l’effet visible : les éliminations ciblées produisent des effets immédiatement mesurables et communicables ; les structures institutionnelles adverses, elles, ne sont pas directement observables.

C’est précisément dans ce cadre que la confrontation avec l’Iran doit être repensée. La vulnérabilité véritable de la République islamique réside dans les tensions qui traversent ses structures : les contradictions entre légitimité révolutionnaire et aspiration populaire à la normalisation, les fractures générationnelles, les pressions économiques qui érodent la base sociale du régime. Ces tensions ne se règlent pas par des frappes ciblées.

L’histoire stratégique est instruite par une loi d’airain : les régimes meurent rarement de leurs têtes coupées. Ils meurent de leurs contradictions internes, de leur incapacité à se reproduire socialement, de la perte de légitimité qui ronge les institutions plus sûrement que les missiles.

La multiplication des opérations ciblées contre les élites iraniennes révèle moins une stratégie de transformation politique qu’une réponse à la frustration de puissances qui, faute de vouloir assumer les coûts d’une confrontation directe, cherchent dans la précision technologique un substitut à la vision stratégique. C’est là la tentation permanente des démocraties en guerre : remplacer la profondeur stratégique par l’efficacité tactique, et confondre la gêne infligée à l’adversaire avec sa défaite.

La République islamique d’Iran est, à ce jour, l’un des régimes les mieux structurés du Moyen-Orient, non parce qu’il est populaire ou légitime aux yeux de sa propre population, mais parce qu’il a su institutionnaliser sa révolution avec une rigueur que ses adversaires ont systématiquement sous-estimée.

L’illusion décapitative est, en dernière analyse, le symptôme d’une époque où la guerre à distance a dissocié la puissance de feu de la pensée stratégique. Réarmer conceptuellement, c’est accepter que la transformation d’un régime est affaire de structures, de temps et de contradictions internes — non d’éliminations, si précises soient-elles.

Ni de droite, ni de gauche

Un lecteur du Salon Beige a laissé un commentaire particulièrement instructif sous mon dernier article concernant le collectif Némésis. *

Dans ce commentaire, il s’interrogeait sur le clivage droite-gauche en matière de politique. Pour lui, il se résumerait à une opposition entre catholicisme et marxisme :

« D’un côté, le marxisme rejette Dieu et tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi. À l’opposé, le catholicisme accepte et cherche l’unique vérité qui est Dieu, et où l’homme est créature de Dieu.

Nous pourrions donc très simplement définir la droite comme étant ce qui relève d’une idéologie catholique sans toute fois être obligé d’être baptisé, mais en adhérant simplement à ces principes philosophiques. Et la gauche comme étant ce qui se construit sur le marxisme. »

Toujours selon ce partage de la société actuelle, Emmanuel Macron se situerait à l’extrême gauche :
« Macron se retrouve à l’extrême gauche, la définition de la gauche n’étant ici pas attachée à un système économique en particulier. Il s’est en effet lui-même déclaré comme étant un « humaniste », réclamant toujours plus « d’humanisme » lors de son meeting à la présidentielle 2022. Or l’humanisme est un fondement du marxisme en tant que philosophie plaçant l’homme au centre et au-dessus de tout. »

Comme pour confirmer ces propos, Emmanuel Macron vient justement de se réjouir ce mercredi 25 février du vote de l’Assemblée Nationale en faveur de l’aide à mourir. Il a salué des débats respectueux et un vote allant dans le sens d’un modèle humaniste !

Cette approche de la rivalité entre humanisme et catholicisme n’est pas sans rappeler la vision de Hugh Benson dont j’ai eu l’occasion de parler dans un précédent article. * *

Dans son roman d’anticipation paru en 1906, ce prêtre remarquablement inspiré présentait la fin des temps comme un futur conflit entre catholiques et humanistes !

Tout cela nous ramène à un texte biblique particulièrement étrange remontant aux origines de l’humanité :

« Adam connu Eve sa femme et elle enfanta Caïn. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel était berger et Caïn laboureur. Au bout de quelques temps, Caïn fit à l’Eternel une offrande des fruits de la terre, et Abel de son côté en fit une des premiers nés de son troupeau. L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et son offrande, mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et son offrande. Caïn fut très irrité et son visage fut abattu.

Comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur Abel et le tua ! »

Lue comme cela, cette histoire peut paraître difficile à entendre. Certains même y trouveront une situation profondément injuste : pourquoi Dieu accepterait l’offrande d’Abel plutôt que celle de Caïn ?

A présent, si on lit ce récit comme un texte prophétique, il devient immédiatement beaucoup plus compréhensible, on se retrouve alors face à notre fameuse opposition entre catholiques et humanistes !
Caïn s’approche de Dieu avec le fruit de ses efforts. Il préfigure toutes ces personnes qui comptent sur leurs propres forces pour établir un monde plus humain, un monde respectant la déclaration des droits de l’homme. De son côté, Abel se contente d’apporter un agneau de son troupeau. Il s’en remet à Dieu pour faire les bons choix : il offre un agneau nouveau né préfigurant sans le savoir le sacrifice de Christ. Même s’il ne comprend pas forcément la portée de son geste, il a confiance en Dieu et choisit d’écouter sa parole. Ainsi, ces deux frères ennemis symbolisent une lutte éternelle entre humanistes et croyants, entre ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et ceux qui mettent leur confiance en leur Créateur. Et pour finir, les premiers cherchent toujours à éliminer les seconds par pure jalousie. Dire que ce récit transmit de générations en générations depuis des milliers d’années éclaire aujourd’hui les aléas de notre société, donnant même du sens au meurtre de Quentin !

* https://www.breizh-info.com/2023/04/17/218681/politique-le-clivage-gauche-droite-a-t-il-un-sens/

* * Le Maître de la Terre. – (12 Février)

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Allahïcité : campagne électorale dans les mosquées

Mercredi 4 mars, un colistier du Printemps marseillais, Karim Touche, a publié sur le compte WhatsApp de son téléphone professionnel un extrait du compte-rendu d’une réunion qui s’était tenue la veille, dans le 13/14, où il est candidat derrière Tina Biard-Sansonetti.

Sur un fond violet, le document authentifié par l’équipe de campagne de Benoît Payan propose un “rapide retour” sur la réunion de la veille. Il fait le point sur les actions prévues les jours suivants dans le secteur, dans le cadre de la campagne de la liste : “Tractage à la sortie des mosquées après Talaouir [tarawih, la prière spécifique organisée tout au long du ramadan.

Le document prévoit d’inciter les responsables de mosquées à appeler à voter pour la candidate Tina Biard ou à faire “barrage au RN“.

Mais l’islamo-gauchisme est un mythe…

Chine : enregistré comme le demande Rome, ce prêtre voit ses ennuis s’accroître

Dans Témoins de l’Espérance, À la rencontre des Apôtres de notre temps, Benoît de Blanpré, qui dirige l’Aide à l’Église en Détresse, principale association d’aide aux chrétiens persécutés, et Thomas Oswald, journaliste et auteur, au service information de l’AED, et que nous avions interrogé, écrivent à propos d’un prêtre en Chine :

Issu d’une famille catholique qui a connu les années terribles de l’ère Mao, il n’a naturellement aucune symptahie pour le Parti communiste chinois. Pourtant, il a accepté d’être enregistré auprès du parti, appartenant de fait à “l’Eglise patriotique”.

Les fonctionnaires de l’Etat chinois qui le surveillaient savaient bien qu’il était prêtre – ils savent pratiquement tout – et ils lui mettaient une pression continue pour qu’il accepte d’être enregistré. Ils affirmaient en particulier que sa hiérarchie elle-même le lui demandait, que les accords entre la Chine et le Vatican imposaient à tous les prêtres de s’enregistrer auprès du parti.

En fin de compte, cet argument l’emporta et il décida de signer son enregistrement. Mais ce n’était que le début de ses ennuis. Une fois enregistré, le prêtre devait accepter que des livres marxistes soient disponibles dans son église. Il pouvait être interrompu lors de l’un de ses sermons par un agent du gouvernement qui jugeait son discours incorrect. Il devait aussi assister à des séances de doctrine patriotique, dans le but de le réformer intellectuellement. Il s’agit de longues conférences qui vantent les mérites du parti, auxquelles le clergé enregistré est tenu d’assister.

Le plus douloureux fut de constater que ses paroissiens se détournaient de lui. A leurs yeux, il avait pactisé avec les communistes.

Joseph et Joséphine, un petit frère est né : un joli livre sur le baptême pour les tout-petits

Le deuxième tome de Joseph et Joséphine, Un petit frère est né, est disponible dès à présent sur le site des Editions de l’Espérance. Cette jolie collection de Marie Vigneaud destinée aux enfants dès l’âge de 3 ans est déjà très bien reçue des familles, qui aiment y reconnaître leur quotidien. Les jumeaux Joseph et Joséphine qui en sont les héros ne sont ni d’éblouissants aventuriers, ni de formidables explorateurs, mais bien des enfants ordinaires. Bibiche, ou Martine avant eux, mais dans un univers profane, avaient enchanté des générations de petits lecteurs.

Chez Joseph et Joséphine, une tendre surprise se prépare. Un bébé arrivera bientôt ! Dans ce nouveau tome, l’auteur dépeint l’annonce de la venue d’un petit frère, son attente joyeuse, la visite à la maternité, puis les préparatifs et la cérémonie du baptême, sans oublier l’envoi des faire-part et le choix des dragées.
On y trouve de charmantes scènes qui aideront les enfants à vivre chrétiennement ces événements, comme le chapelet récité dans la forêt avec les grands-parents à l’intention de la maman et du bébé ou l’explication que la marraine fait de la robe blanche du petit baptisé.

Ce ravissant petit livre illustré avec douceur par by.bm permet d’expliquer aux plus jeunes les principaux rites et symboles du baptême. Excellent cadeau de naissance, il peut aussi être offert aux petits enfants qui se préparent à recevoir le sacrement de baptême.

Commandez-le dès maintenant sur le site des Editions de l’Espérance :
https://www.editionsdelesperance.com/albums-tout-petits/54-joseph-et-josephine-un-petit-frere-est-ne.html

Et en ce mois de mars dédié à saint Joseph, saint patron de nos petits Joseph et Joséphine, nous vous offrons 10 % de réduction sur cette collection avec le code JOSEPH

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Guerre contre l’Iran, dissuasion nucléaire : la bénédiction médiatique

Guerre en Iran : agression ou frappes ? Le double standard permanent

Totalement dépendants des images fournies par le Pentagone et Israël, nos “généraux de plateau” commentent en boucle les informations officielles sans le moindre recul critique. Résultat : un scandaleux double standard médiatique s’impose. Quand la Russie intervient en Ukraine, c’est une “violation du droit international” mais quand les Etats-Unis et Israël frappent l’Iran, ce sont des “opérations légitimes”. Le narratif néoconservateur s’impose sans partage, jusqu’au choix du mot “frappes” soigneusement sélectionné pour éviter celui, plus juste, de “guerre”.

Macron et la dissuasion nucléaire avancée  

Le chef de l’État a livré un discours contradictoire, tiraillé entre l’affirmation de la souveraineté française et une dérive vers l'”européanisation” de notre dissuasion. La création d’un groupe de pilotage nucléaire franco-allemand interroge légitimement : assiste-t-on à un partage discret de notre outil de frappe ? Pendant ce temps, les médias tentent désespérément de présenter cette évolution comme “rassurante”.

Les César de l’entre-soi et du malaise bourgeois

L’hommage à Brigitte Bardot lors de la 51ème cérémonie des César a été sali par des huées et des sifflets. Une illustration parfaite du mépris de la caste médiatique et culturelle pour les icônes populaires. Même Paris Match dénonce un “scandale”, tandis que Camille Cottin vante une “exception culturelle française” qui finance des films comme “L’Histoire de Souleymane” grâce aux recettes de blockbusters étrangers. La préférence nationale aurait-elle du bon ? Analyse.

Les pastilles de l’info :
– L’indécence commerciale : “L’Abandon”, le film sur le meurtre de Samuel Paty
– Commission d’enquête parlementaire : Le rapport risque-t-il d’être enterré ?
– Libération campe dans son rôle d’arbitre et de juge

Portrait piquant :

Pierre Plottu (Libération), le spécialiste autoproclamé de l’extrême droite

Bâtisseur de cathédrale et pèlerin de chrétienté !

De Rémi Fontaine :

Te rappelles-tu l’apologue des trois compagnons rencontrés sur un même chantier au Moyen Âge (1) ?

— Que faites-vous ? leur demande à chacun un passant.

— Je gagne mon pain en cassant des pierres, répond simplement le premier un peu usé ou amer.

— Je fais mon métier : tailleur de pierres, renchérit plus sereinement le second.

— Je bâtis une cathédrale, surenchérit joyeusement le troisième.

Imagine maintenant un badaud sur le bord de la route, interrogeant à son tour trois pèlerins se dirigeant vers Chartres à la Pentecôte :

— Que faîtes-vous ?

— Je marche de Paris à Chartres, réplique le premier se contentantde sa performance sportive.

— Je prie avec mes pieds pour ma conversion personnelle, rétorque le second plus profondément.

— Je fais un pèlerinage de chrétienté pour établir le règne du Christ dans toute ma vie et dans le monde qui m’entoure, répond enrayonnant le troisième qui est scout.

Dans les deux cas de figure, nos trois protagonistes accomplissent matériellement le même geste, la même démarche, le même fait, mais ils lui attribuent formellement une signification différente. Chaque degré ou palier possède sa légitimité propre, y compris le premier (gagner sa vie, faire un effort physique) mais seul le troisième donne à la même action toute sa plénitude et permet à son auteur de s’accomplir parfaitement, en acte, comme on dit en philosophie. De la même manière que seul l’amour spirituel peut bien assumer les amours inférieurs (instinctif, imaginaire) tout aussi légitimes dans leur ordre humain mais qui demeurentsubordonnés à une fin supérieure (2).

Assurément il est plus épanouissant d’exercer un vrai métier que de gagner seulement son pain à la sueur

de son front. Comme il est préférable de marcher pour Dieu afin dese convertir et convertir les autres que pour le seul plaisir de crapahuter jusqu’à Chartres. Car l’homme ne vit pas seulement de pain et de pas ! Et on ne travaille ni ne se sauve tout seul ! « La grandeur d’un métier est avant tout d’unir les hommes. Il nest quun luxe véritable et cest celui des relations humaines » (Saint-Exupéry).

Dans la communion des saints, la grandeur d’un pèlerinage est ausside pouvoir réunir ses pèlerins en vue du Royaume et donc du salut des âmes des pauvres pécheurs que nous sommes tous, sur leur route et alentour, jusqu’aux confins de toutes les périphéries, « aux extrémités de la terre » s’il le faut. Le principe du pèlerinage de chrétienté rejoint ici celui des cathédrales : « J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main que ce même peuple avait taillé ses cathédrales… Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement parfaite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales» (Péguy)

Pour qui et pourquoi travaille cet humble sculpteur dont personne, peut-être, ne verra jamais le chef d’œuvre caché derrière tel contrefort de cathédrale, sur tel chapiteau à cent pieds sur terre ? Pour qui et pourquoi marche cet humble pèlerin de chrétienté dont personne ne peut voir, en son for interne, son combat intérieur et son cœur à Cœur avec son Sauveur ?

Pour l’amour de Dieu et de son prochain, chacun à son rang et dans son ordre attribue à son geste la valeur que Mère Teresa attribuait à chacune de ses bonnes actions : une simple goutte d’eaucertes mais qui, sans elle, manquerait à la mer ! Et au journaliste qui lui demandait ce qu’il fallait d’abord changer dans l’glise et la cité, la sainte missionnaire répondait : — Vous, moi ! On ne casse pas les cailloux de la même manière quand on a une cathédrale dans la tête, écrin de la Présence réelle ! Comme on ne sert pas les pauvres et les malades de la même manière quand on voit en eux l’image même du Christ. Et on ne marche pas de la même façon vers le sanctuaire quand on a l’hôtel-Dieu, la cité de Dieu dans l’âme, notre sanctuaire intérieur ! Pour changer ? Commencer par soi : s’engager comme un scout sur son honneur et avec la grâce de Dieu !

Sans prétention idéaliste, chacun agit simplement dans cette attitude morale et réaliste fait à la fois d’engagement et d’effacement, que requiert son devoir d’état (de bâtisseur ou de marcheur de Dieu) : bien faire ce qui dépend de soi, à sa place, en adéquation et ensolidarité avec un Bien commun transcendant qui nous dépasse. Àl’image de cette association de croyants qui ont construit les cathédrales selon leur cœur, dans une hiérarchie géniale des tâches,toutes parfaitement remplies, un pèlerinage de chrétienté est une coopération surnaturelle au service de cette réalité mystérieuse qu’est la communion des saints : une cathédrale de pierres vivantes dont le Christ est la “pierre d’angle”. Le ciment qui unit ces pierres s’appelle la grâce.

À la vérité, il n’est pas forcément besoin d’être physiquement sur un chantier d’église ou sur un chemin de Beauce pour être bâtisseur d’éternité ou pèlerin de chrétienté, même si cela y contribue très fortement bien sûr. Et l’on comprend alors que c’est la foi, l’espérance et la charité qui nous habitent et nous animent qui permet à chacun de bien marcher à l’étoile comme baroudeur du Christ. Et de soulever des cathédrales ou de relever des calvaires (3) comme on déplace les montagnes ! Même si c’est dans l’humilité d’une toute “petite voie” à l’instar de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Car « il est aussi beau de peler des pommes de terre  pour l’amour du bon Dieu que de bâtir des cathédrales », nous enseigne Guy de Larigaudie. Le “routier légendaire” reprend à son insu la spiritualité d’un humble frère laïc, Frère Laurent, carme dans un monastère parisien au XVIIème siècle. Surnommé Frère omelette, ses tâches pour la communauté étaient la réparation des sandales et la cuisine. « Seigneur, j’épluche ces pommes de terre par amour pour toi. », livre-t-il dans un modeste recueil de lettres, conversations et maximes intitulé La pratique de la présence de Dieu. Faire tout, dans l’instant présent, par amour pour Lui dans « une conversation constante et simple avec Dieu » (4).  Léon XIV lui-même a dévoilé combien ce petit livre de méditations, analogue à toile au grand large, avait marqué sa vie !

Quelles que soient nos actions, petites ou grandes, faisons donc en sorte de les élever, de les “surnaturaliser” en répondant toujours comme le troisième compagnon et le troisième pèlerin. Que faîtes-vous ? Je bâtis ma cathédrale intérieure, ici et maintenant, dans une intimité avec Jésus, tourné vers le Père dans l’Esprit-Saint ! Pour mieux bâtir cette cathédrale communautaire et fraternelle, cet espace de lumière repoussant les ténèbres qu’on appelle la chrétienté ou la civilisation de l’amour. Où, même si le péché empêche que sa royauté sociale soit “tout en tous”, Il puisse régnerpar les bienfaits de sa présence sur la terre comme au ciel ! Et je marche en ce sens, récitant toujours et partout la prière du cœur du pèlerin russe :  « Seigneur, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi pécheur » !

Hermine (Rémi Fontaine)

(1) Cf. Le sens des cathédrales dans Parole de scout, éditions Sainte-Madeleine, p. 109.
(2) Cf. Tentation dans Parole de scout, p. 165.
(4) Cf. Frère Laurent de La Résurrection : le cordonnier de Dieu, par Denis Sureau, aux éditions Artège.

Réponse à Vaccins obligatoires vs loi sur l’euthanasie

Je souhaiterais répondre à l’article du 5 mars 2026:

Vaccins obligatoires vs loi sur l’euthanasie

Je suis médecin biologiste, ancien chercheur en immunologie à l’INSERM et ancien cadre de recherche durant 35 ans dans le domaine du diagnostic en microbiologie.

Je suis, comme vous le savez, totalement opposé à la proposition de loi sur la fin de vie/euthanasie.

Cependant je voudrais préciser qu’il est absolument nécessaire de rendre obligatoire un certain nombre de vaccins pour des raisons évidentes de santé publique, largement prouvées par de nombreuses études scientifiques.

J’apprécie beaucoup Le Salon Beige, vous remercie d’accorder de l’intérêt aux publications que je vous soumets, et ne souhaite pas polémiquer sur ce sujet.
Je vous propose d’écouter cette interview réalisé avec le professeur Nathan Peiffer-Smadja, spécialiste du sujet:

CE QU’iL FAUT FAIRE l’HIVER ! Comment bien se faire vacciner et éviter les infections graves ? ​

https://www.youtube.com/watch?v=Osyp0ImvBsc

J’espère que ce message sera utile à tous, et suis à votre disposition pour tout complément d’informations .
Bien cordialement,
Dr Sergyl Lafont.

Addendum : le lecteur auteur de la tribune précédente souligne que sa réflexion n’était pas contre les vaccins. Mais bien de souligner l’absurdité de la loi sur l’euthanasie pour un Etat dont le rôle est de protéger le citoyen (notamment avec les vaccins).

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Quand les Africains colonisaient l’Afrique ! – Le “dernier Lugan “

Faut-il encore présenter Bernard Lugan ? Auteur de plus de trente ouvrages consacrés à l’Afrique, universitaire et expert auprès du TPIR (ONU), il fut professeur à l’Ecole de Guerre et aux Ecoles de Saint-Cyr-Coëtquidan. Président-fondateur de l’Association pour le rétablissement du duel en matière de presse (ARDMP), Bernard Lugan dirige la revue L’Afrique réelle. Il nous livre ici une étude approfondie et claire sur ce continent, ses mythes et ses légendes, remettant l’histoire à l’endroit ; un livre d’histoire qui se lit comme un roman.

La colonisation de l’Afrique n’a pas débuté avec les Européens. Avant le Congrès de Berlin, durant plusieurs millénaires, des Africains ont en effet colonisé d’autres Africains. Ce phénomène fut bloqué puis remplacé par la colonisation européenne, une entreprise à la fois tardive et brève :
– Tardive car, à l’exception du comptoir du Cap (XVIIe siècle), et de l’Algérie (à partir de 1830), la colonisation du continent africain par sept nations européennes (France, Grande-Bretagne, Portugal, Belgique, Espagne, Italie et Allemagne), ne se fit qu’à partir de la dernière décennie du XIXe siècle.
– Brève également car le mouvement de décolonisation débuta dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour s’achever durant la décennie 1960. La durée de la colonisation européenne de l’Afrique fut donc celle d’une vie humaine, une parenthèse chronologique insignifiante à l’échelle de l’histoire pluri-millénaire du continent.

Phénomène unique dans l’histoire mondiale des colonisations, la tardive et brève colonisation européenne n’eut pas pour résultat le remplacement des populations locales par des colons envahisseurs. En 1939 – à l’apogée du système colonial européen –, dans toute l’immense Afrique coloniale française, AOF et AEF plus Madagascar, soit environ 9 millions de km2, vivaient en effet 100 000 « colons » pour plus de 55 millions d’« indigènes » selon le vocabulaire de l’époque.

Bien différentes furent les colonisations internes à l’Afrique puisqu’elles eurent deux grandes caractéristiques fondamentalement différentes de la parenthèse coloniale européenne :
– Elles furent anciennes car elles débutèrent avec le Néolithique ;
– Elles aboutirent à de multiples « grands remplacements », les primo occupants africains étant soit éliminés, assujettis, réduits en esclavage ou chassés par ceux des Africains qui s’emparaient de leurs terres.

Loin des reconstructions artificielles aussi idylliques qu’idéologiques opérées par les courants afrocentristes et décoloniaux (Lugan, 2021), la réalité est que, avant sa colonisation par les Européens, l’Afrique connaissait, du Sahel au nord, jusqu’au cap de Bonne-Espérance au sud, et du Sénégal à l’ouest jusqu’à la Somalie à l’est, de multiples et diverses colonisations. Partout, les peuples les plus forts colonisaient, soumettaient ou détruisaient les plus faibles. Dans les immensités sahéliennes se déroulaient ainsi les colonisations opérées par divers émirats peul ou apparentés, cependant que la cuvette du Congo et les plateaux de l’est africain étaient dévastés par la colonisation zanzibarite. Quant au sud du continent, les Shona, les Sotho et les Damara y étaient réduits en esclavage ou chassés de leurs terres par les Zulu, les Ndebele ou les Herero.

Au sud du Sahara, la réalité – totalement occultée aujourd’hui par la chape de plomb de « l’historiquement correct » – est que la colonisation européenne libéra les populations africaines alors colonisées par d’autres Africains. Pour les peuples dominés, l’arrivée des Européens ne fut donc pas ressentie comme une conquête, mais tout au contraire comme une libération. Une libération des raids esclavagistes, de la mise en servitude, des diverses formes d’oppression et de massacres.

Dans cet ouvrage, Bernard Lugan s’appuie sur des exemples variés et documentés : colonisation des Sahariens noirs par les Berbères, expansion des peuples bantuphones, colonisation des Berbères par les Arabes, conquêtes des Peul au Sahel, empire esclavagiste de Rabah, impérialisme tutsi au Rwanda, double colonisation de Madagascar par des Indonésiens et des Africains, dévastation de la cuvette du Congo et des plateaux de l’est africain par la colonisation zanzibarite. Quant au sud du continent, les Shona, les Sotho et les Damara y étaient réduits en esclavage ou chassés de leurs terres par les Zulu, les Ndebele ou les Herero.

En remettant en lumière ces dynamiques internes à l’Afrique, l’auteur entend rééquilibrer le récit historique monopolisé par la seule colonisation européenne. Il en ressort une histoire complexe, traversée de conflits, de grands remplacements, d’esclavages endogènes et de royaumes oubliés.

Plus d’informations – sommaire détaillé, et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/histoire-du-monde/30054-quand-les-africains-colonisaient-l-afrique.html?ref=043193205

Quand les Africains colonisaient l’Afrique, Bernard Lugan, Editions du Rocher, février 2026, 240 pages, 19.90 €

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’importance du vote religieux

Dans son ouvrage Vote religieux, un tabou français(Éditions de l’Observatoire), le journaliste politique Lucas Jakubowicz analyse le rôle que la religion joue dans la stratégie électorale. Extrait de son entretien dans France catholique :

[…]

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon met-il tout en œuvre pour gagner le vote des électeurs musulmans 

D’abord, un constat. En 2019, aux européennes, la liste de La France insoumise a recueilli 6,31 % des suffrages exprimés – environ 1,5 million de voix – ce qui lui a permis d’envoyer six élus au Parlement européen. En 2024, elle a frôlé les 10 % – près de 2,5 millions de voix – et trois députés européens de plus, dont Rima Hassan. Qu’est-ce qui a permis à LFI de gagner 1 million d’électeurs ? En 2019, l’accent était mis sur le social avec, en position éligible, l’aide-soignante Anne-Sophie Pelletier. En 2024, il était mis sur la situation à Gaza, avec Rima Hassan pour égérie.

Pourquoi ce changement ?

En 2017, il a manqué 600 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour de l’élection présidentielle. Le chef de La France insoumise a constaté que la colère des Gilets jaunes profitait à Marine Le Pen. Il a donc misé sur une carte du communautarisme et l’investissement a été payant : entre la présidentielle de 2017 et celle de 2022, il est passé de 37 % à 69 % chez les électeurs de confession musulmane. À Roubaix, il obtient 52 % des suffrages au premier tour de la dernière présidentielle. LFI est en position de conquérir la ville lors des municipales. Ce serait sans doute sa plus grosse prise.

Dans votre ouvrage, vous analysez aussi le vote juif et vous évoquez la « grande droitisation » de cet électorat. Pour quelles raisons ?

La population française d’origine juive représente au sens large 1,6 % de la population, soit 700 000 personnes. Elle est donc minoritaire dans le corps électoral. Elle a longtemps voté pour la gauche qui, en son temps, avait pris la défense du capitaine Dreyfus et menait le combat contre l’antisémitisme. Mais, de nos jours, l’antisémitisme vient de l’extrême gauche et les Juifs de France se sont peu à peu détachés du PS depuis 2002, date de la Seconde Intifada correspondant à la première flambée des actes antisémites en France. Jugeant la gauche aveugle et responsable, ils ont majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007. Depuis son arrivée à la tête du FN, devenu RN, Marine Le Pen ne cesse de dire que le Rassemblement national est le meilleur bouclier pour les Français de confession juive. Elle a accéléré la stratégie depuis le 7-Octobre. Cela lui a permis une certaine neutralité de la part de la communauté juive. Mais les données de mon livre établissent que les électeurs juifs continuent de sous-voter en faveur du RN. Lorsqu’ils basculent vers l’extrême droite, c’est Reconquête qui a leur préférence.

Le vote catholique est-il de plus en plus pris en compte par les candidats ?

Il faut distinguer les « catholiques pratiquants » [allant à la messe une fois par mois, selon les sondages, NDLR] des catholiques non pratiquants. Les pratiquants ont été ouvertement sollicités par Christine Boutin en 2002, par Philippe de Villiers en 2007 et par Éric Zemmour en 2022 qui, durant sa campagne, n’hésitait pas à parler de la France comme de « la fille aînée de l’Église ». Mais les catholiques pratiquants n’aiment pas être essentialisés pour leur vote. Dans les urnes, ils se sont longtemps portés sur un candidat de centre-droit. Ainsi en 2017, 55 % d’entre eux choisissent François Fillon, tandis qu’Emmanuel Macron récolte 19 % de leurs voix. La présidentielle de 2022 marque une petite rupture. Valérie Pécresse, la candidate de la droite traditionnelle, perd beaucoup de poids chez les pratiquants : elle obtient 8 % de leurs suffrages. Mais Emmanuel Macron ne capitalise pas vraiment sur ce vote : 29 %. Marine Le Pen en tire profit en recueillant 25 % du vote des pratiquants, contre seulement 15 % lors de sa première élection présidentielle, en 2012. Attention toutefois, les pratiquants ne sont qu’une fraction des catholiques. Les plus nombreux, les non-pratiquants, sont plus « volatils » : beaucoup ont voté François Hollande en 2012 ; ils peuvent désormais voter RN depuis que ce parti a abandonné l’idée d’un « frexit » et que ses députés ont gagné en respectabilité. Les catholiques non pratiquants sont allergiques au populisme et au culte de la personnalité. Ils restent pro-européens. Je les considère comme des « faiseurs de rois » pour les prochaines élections.

Des élus comme Bruno Retailleau, François-Xavier Bellamy ou Marion Maréchal, ne cachent pas leur foi. Peuvent-ils insuffler une dynamique en faveur des catholiques pour les prochaines élections ?

Il y a beaucoup de catholiques pratiquants à l’intérieur du parti Les Républicains : des députés, des assistants parlementaires, sans compter de jeunes militants. Cependant, si le parti s’affichait comme catholique, il ne gagnerait pas plus de voix pour accéder au pouvoir. Aux élections européennes de 2024, la liste de François-Xavier Bellamy a obtenu 7,25 % des suffrages, et celle de Marion Maréchal 5,47 %. Le RN, en caracolant en tête avec plus de 31 % des voix, s’est montré très rusé. Ses candidats catholiques – il y en a – ne s’affichent pas comme tels car, dans une logique de conquête du pouvoir, il faut pouvoir rassembler largement. Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella laisse aux Républicains le soin de mettre en avant les valeurs catholiques. Il tient déjà pour presque acquis le vote des catholiques non pratiquants. Aura-t-il besoin du vote des catholiques pratiquants pour l’emporter au second tour de l’élection présidentielle ? Ils viendront spontanément en cas de duel RN-LFI. Si un autre candidat que LFI devait rester en lice, il sera toujours temps, pour le RN, d’être force de proposition pour rassurer l’électorat catholique.

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