Le Sénat “contre” la Commission européenne
Le Sénat dénonce un texte transposant des directives européennes. Le rapporteur du texte, Muguette Dini (Union centriste-UDF, Rhône) a appelé ses collègues à «ne pas fermer les yeux sur le contenu du texte» qui risque de «nous entraîner sur le chemin du communautarisme». La définition des discriminations défendue par Bruxelles et entérinée par le projet de loi est la suivante : constitue une discrimination tout cas où une personne "est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne le serait dans une situation comparable». Pour le sénateur, cette définition
"incite à la mise en exergue des identités particulières"
Elle abolit un principe essentiel du droit français :
"Toute différence de traitement ne constitue pas nécessairement une discrimination et certaines d’entre elles sont légales.»
Le président de la commission des affaires sociales du Sénat, Nicolas About (Union centriste-UDF, Yvelines), a jugé lui aussi «très regrettable» que les gouvernements français successifs n’aient pas défendu «la conception républicaine de l’égalité» lors de la négociation des directives. Le Sénat a retranché de la définition des discriminations les phrases rédigées au conditionnel, qui
"ouvrent la porte à des procès d’intention [et] aboutiraient à des condamnations fondées sur de simples suppositions et des hypothèses invérifiables".
Peine perdue d’avance : le gouvernement espère obtenir la suppression de ces amendements lors de la commission mixte paritaire qui se réunira le 13 mai. Nadine Morano explique :
"La Commission européenne nous a demandé très explicitement de reprendre sa définition des discriminations. Si le Parlement retient une autre définition, la Commission n’hésitera pas à saisir la Cour de justice européenne, qui lui donne raison dans 95 % des cas."
Deux remarques :
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Ces sénateurs auraient du y réfléchir avant de voter le Traité de Lisbonne ainsi que les traités antérieurs : les directives de l’UE s’imposent désormais à eux. Ils ne leur reste comme pouvoir que celui des les enregistrer. C’est un peu grossier d’accuser les gouvernements successifs d’avoir mal négocié…
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Si l’on en croit Mme Morano, le gouvernement, qui ne semble pas en désaccord avec les sénateurs, est à genoux devant la Commission de Bruxelles…
Qu’est-ce donc que ce cinéma ? Un bal d’hypocrites.
Un Préfet contre la justice
En cause : le repos dominical. La justice a interdit le 22 avril à 12 enseignes à Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône) d’ouvrir le dimanche, sous peine de payer 50.000 euros. Parmi elles, deux sont restées fermées dimanche, les 10 autres choisissant de passer outre à l’interdiction.
Plus de 130 dérogations préfectorales signées par le préfet à l’été 2007 pour autoriser des enseignes à ouvrir le dimanche avaient en outre été annulées en janvier par la justice administrative, une décision que le préfet "ne digère pas" et qui fait l’objet d’un appel. Le Préfet a souhaité lundi qu’une loi élargissant le travail dominical dans les zones commerciales soit votée rapidement.
En France, tout est bon pour outrepasser la justice. Et pour des raisons matérialistes. Lesquelles ne résoudront en rien les problèmes de pouvoir d’achat ou d’emplois.
Les Travaillistes ont perdu Londres
Le conservateur Boris Johnson a été élu maire de Londres (1.168.738 votes contre 1.028.966), battant le maire sortant travailliste Ken Livingstone qui briguait jeudi un troisième mandat à la tête de la capitale britannique.
MJ
Les clandestins contre la CGT
Ils affirment que la CGT les a menés en bateau.
«La CGT a pris en otage le mouvement. Nous, on prend en otage la Bourse du travail ! Je suis rage de colère».
«Nous avons eu quatre rendez-vous avec la CGT car on voulait nous aussi faire des occupations de lieux de travail. Mais ils nous ont baladés, en nous disant qu’il fallait attendre que Sarkozy s’exprime. Et quand ils ont eu un rendez-vous avec le cabinet du ministère de l’Immigration, ils ne nous ont même pas prévenus.»
"La CGT ne s’occupe que des sans-papiers qui ont leur carte dans leur syndicat."
Exploités les sans-papiers ? Après les patrons-négriers, le syndicat-négrier.
La culture de l’internet et la communication des catholiques
Le rapport entre Internet et l’Eglise était au centre des travaux du Comité exécutif de la commission épiscopale européenne pour les médias. Les participants ont développé le thème de la prochaine assemblée plénière, «L’Eglise et la culture d’Internet», qui réunira en mars 2009 les évêques présidents des commissions épiscopales pour les communications sociales des Conférences épiscopales d’Europe :
"les évêques d’Europe responsables des médias essaieront d’analyser les effets de la culture de l’Internet dans et sur la société, et dans et sur l’Eglise ; et s’interrogeront sur la façon dont les chrétiens peuvent interagir avec cette culture et sur la contribution qu’Internet peut apporter aux communautés chrétiennes dans le domaine du dialogue œcuménique et interreligieux ».
Le président du Conseil pontifical pour les communications sociales, Mgr Claudio Maria Celli, a présenté les activités de son dicastère.
"[L’Eglise est appelée à] repenser et à revoir sa stratégie de communication de façon à mieux coordonner ses ressources".
Le Conseil encourage "l’ouverture à de nouvelles formes de présence audiovisuelle, dont le rayonnement serait plus international".
"Les médias catholiques doivent être une présence, une compagnie constante, une proposition pour ces personnes en quête de Dieu. Nous devons éviter de tomber dans le repli-sur-soi et de ne parler qu’entre catholiques, oubliant les personnes qui ne font pas partie de nos communautés et qui sont en quête".
Résolution pro-mort de l’APCE : réaction d’évêques
Les évêques polonais ont protesté contre la récente résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qui appelle ses Etats membres à dépénaliser l’avortement.
"Le Conseil permanent de l’épiscopat polonais réuni à Jasna Gora en présence des évêques diocésains, exprime sa vive protestation contre cette résolution. Les évêques expriment leur ferme opposition face à la tentative d’imposer, par voie administrative, des principes opposés à la sensibilité fondamentale de la conscience humaine".
Travaillistes : claque confirmée
Le parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown a subi sa plus sévère défaite depuis 40 ans lors des élections locales de jeudi en Angleterre et au Pays de Galles, perdant 331 sièges.
MJ
Rue89 et la “réacosphère”
Revenant sur la polémique autour de l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim, Rue89 cite les blogs de la "réacosphère" parmi lesquels
Un blog catholique, "le salon beige"
C’est bien de lire ce blog, mais on ne voit pas où Pascal Riché y a lu un "échange stérile de noms d’oiseaux". Mais bon, c’est intellectuellement plus facile de ranger tout le monde dans le même sac. D’où le terme "réacosphère".
L’UMP découvre la caractère partisan de l’AFP
L’un des porte-parole de l’UMP a écrit jeudi au PDG de l’AFP pour se plaindre que l’agence n’ait pas traité un communiqué dans lequel il attaquait le PS et Ségolène Royal. Dans sa lettre, Frédéric Lefebvre évoque une
"attitude engagée (qui) n’est pas acceptable […] s’il s’était agi d’un autre candidat à la présidentielle le traitement de l’information n’aurait pas été le même".
M. Lefebvre revenait sur la condamnation en appel de Ségolène Royal dans un procès intenté par deux ex-collaboratrices, s’étonnant qu’elle "ne se soit toujours pas exprimé sur sa condamnation" et demandant au PS "d’annoncer les sanctions qu’il n’a pas pu ne pas prendre" contre elle. L’AFP s’est défendue :
"L’affaire de la condamnation de Mme Royal a été largement traitée sur les fils de l’AFP, qui ne saurait par ailleurs répercuter systématiquement les très nombreux communiqués qu’elle reçoit. Le choix de traiter ou pas un communiqué dépend de sa valeur informative".
Déchéance de nationalité
Nous en parlions ce matin. L’homosexuel a eu la garantie qu’il recouvrera la nationalité française en 2009. C’est toujours ça de moins pour la Halde.
MJ
Le Dakota du Sud relance la campagne contre l’avortement
"Les électeurs du Dakota du Sud devraient se prononcer, en novembre prochain, sur une loi interdisant l’avortement, excepté en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la santé physique de la mère. Rappelons qu’en 2006, ces mêmes électeurs avaient rejeté, à 55% des voix, une loi visant à interdire totalement l’avortement. Chaque année, cet Etat enregistre 800 avortements."
L’échec de 2006 semble lié au fait qu’il ait alors été demandé une interdiction totale de l’avortement. Ce référendum sur une interdiction partielle devrait avoir plus de chance d’aboutir, ce qui confirmerait alors la stratégie de la politique des petits pas. On voit aussi que, malgré les échecs, le milieu pro-vie ne désarme pas et se montre particulièrement actif.
Subsidiarité et solidarité en vue du bien commun
A midi a été présentée la XIV Assemblée plénière de l’Académie pontificale de sciences sociales : "A la recherche du bien commun. Solidarité et subsidiarité ensemble". Le texte de présentation souligne qu’il s’agit
"de donner un sens nouveau et une efficacité nouvelle au concept de bien commun en cette phase de globalisation qui voit s’accroître inégalités et injustices sociales dans certains domaines, une lacération du tissu social ou sa fragmentation, ce qui revient à mettre en péril le bien commun de par le monde […] à l’inverse des accommodements entre socialisme et libéralisme, la solidarité et la subsidiarité mobilisent des forces socio-économiques et culturelles de la société."
Le programme prévoit
"un examen approfondi des mutations en cours sous l’éclairage des principes de la doctrine sociale de l’Eglise qui sont la dignité de la personne, le bien commun, la solidarité et la subsidiarité, de manière à évaluer leur degré d’application, et afin de d’avancer de nouvelles solutions là où ils sont méconnus, mal interprétés, oubliés ou déformés… Souvent, ces principes sont interprétés au point de ne plus correspondre au contenu que leur donne la doctrine sociale. On arrive à identifier son bien avec ce qu’elle possède. La subsidiarité et la solidarité familiales, avec leurs liens d’amour, sont abandonnées au profit d’une définition de famille libre à chacun!".
"Ayant constaté les grandes faiblesses de la modernité…il convient d’évaluer les moyens de les éliminer par une démarche nouvelle de la subsidiarité qui en fasse un principe de développement, et pas seulement de protection. Une nouvelle interaction entre solidarité et subsidiarité doit devenir la clef d’accès à des circuits sociaux nouveaux dont dépendront le bien commun. Ainsi la globalisation sera-t-elle transformée en civilisation du bien commun".
Les mots de la doctrine sociale de l’Eglise ont un sens et il convient de le connaître. Prenons par exemple celui de démocratie que l’on trouve à toutes les sauces (sauf dans l’extrait cité ci-dessus…) et voici ce qu’en dit la DSE :
"Une démocratie authentique n’est pas seulement le résultat d’un respect formel de règles, mais le fruit de l’acceptation convaincue des valeurs qui inspirent les procédures démocratiques: la dignité de chaque personne humaine, le respect des droits de l’homme, le « bien commun » comme fin et critère de régulation de la vie politique. S’il n’existe pas de consensus général sur de telles valeurs, la signification de la démocratie se perd et sa stabilité est compromise. [407]
Et ceci :
"L’information figure parmi les principaux instruments de participation démocratique. Aucune participation n’est pensable sans la connaissance des problèmes de la communauté politique, des données de fait et des diverses propositions de solution. Il faut assurer un pluralisme réel dans ce secteur délicat de la vie sociale, en garantissant une multiplicité de formes et d’instruments dans le domaine de l’information et de la communication et en facilitant les conditions d’égalité dans la possession et l’utilisation de ces instruments grâce à des lois appropriées. Parmi les obstacles qui entravent la pleine réalisation du droit à l’objectivité dans l’information, le phénomène des concentrations médiatiques dans les secteurs de la publication et de la télévision mérite une attention particulière. Ses effets s’avèrent dangereux pour l’ensemble du système démocratique quand ce phénomène s’accompagne de liens toujours plus étroits entre l’activité gouvernementale, les pouvoirs financiers et l’information. [414]
Jean-Robert Pitte à l’Académie des sciences morales et politiques
Jean-Robert Pitte, qui fut président de l’université Paris IV Sorbonne de 2003 à 2008, a été élu à l’Académie des sciences morales et politiques au siège de membre titulaire dans la section histoire et géographie. M. Pitte, battu par Georges Molinié à la présidence de Paris IV aux élections de mars, remplace à l’Académie des sciences morales et politiques Pierre George, décédé en 2006.
On relira avec plaisir ses propos sans langue de bois lors des émeutes du CPE.
La perpétuité n’existe pas
En 2007, 16 condamnés à perpétuité (sur plus de 500) ont bénéficié d’une libération conditionnelle. La loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté rend plus difficile l’obtention d’une libération conditionnelle pour ces condamnés. Lucien Léger, qui a été le plus ancien détenu de France, est venu plaider la cause des peines de perpétuité devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à Strasbourg, mercredi 30 avril. Agé de 71 ans, il a été condamné en 1966 à la réclusion perpétuelle pour le meurtre d’un garçon de 11 ans, qu’il a reconnu avant de se rétracter. Il a attaqué l’Etat français devant la Cour en 2002, pour "traitement inhumain et dégradant et détention arbitraire", en violation de l’article 3 de la Convention européenne. Après de nombreuses demandes infructueuses, il a bénéficié d’une libération conditionnelle en 2005, après 41 ans de détention. Le gouvernement français souligne que la libération de M. Léger montre qu’une peine à perpétuité n’est pas incompressible dans les faits.
Pour la CEDH, une réclusion perpétuelle ne constitue pas un traitement inhumain si le condamné n’est pas privé de tout espoir d’obtenir un aménagement de sa peine. 2 juges avaient cependant émis une "opinion dissidente", parmi lesquels l’actuel président de la Cour, le Français Jean-Paul Costa. La CEDH a accepté de réexaminer l’affaire en grande chambre, sa plus haute formation.
Famine : les institutions internationales sont inexcusables
Olivier de Schutter, professeur de droit belge, secrétaire général depuis 2004 de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme a été nommé, le 26 mars, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation par le Conseil des droits de l’homme. Il déclare que la communauté internationale a été prise de court par les émeutes de la faim et elle est inexcusable :
"Beaucoup criaient dans le désert depuis des années pour qu’on soutienne l’agriculture dans les pays en développement. Rien n’a été fait contre la spéculation sur les matières premières, prévisible, depuis qu’avec la chute de la bourse, les investisseurs se repliaient sur ces marchés. On paye vingt années d’erreurs. Avec l’augmentation de la demande alimentaire, l’offre ne suit plus. […]
Oui. Pendant vingt ans, [les institutions financières internationales] ont gravement sous-estimé la nécessité d’investir dans l’agriculture – la Banque mondiale l’a reconnu fin 2007. Et les plans d’ajustement structurel du Fonds monétaire international ont poussé les pays les plus endettés, notamment dans l’Afrique subsaharienne, à développer des cultures d’exportation et à importer la nourriture qu’ils consommaient. Cette libéralisation les a rendus vulnérables à la volatilité des prix. […] Le danger serait de mettre des pansements, en distribuant de l’aide alimentaire, sans travailler aux causes profondes derrière les réactions de panique des Etats. […]
L’ère de la nourriture bon marché est derrière nous."
Benoît XVI en Australie
Benoît XVI prendra quelques jours de vacances dans un endroit tenu secret en Australie avant les journées mondiales de la jeunesse de Sydney en juillet. L’archevêque de Sydney George Pell a précisé que le pape arrivera en Australie le 13 juillet et repartira le 21 juillet, prenant trois jours de repos avant d’être officiellement accueilli à Sydney le 17 juillet. Les organisateurs ont déclaré que Benoît XVI
"a décidé de consacrer plusieurs jours à la préparation de sa rencontre avec les jeunes. Le voyage en Australie sera le plus long jamais effectué par le Saint-Père […]
[L’endroit choisi était] magnifique et approprié pour le chef des catholiques dans le monde. Nous ne pouvons bien sûr pas révéler la position de cet endroit ; c’est un chef d’Etat qui aspire à du temps pour lui et il a demandé à ce que son intimité soit respectée".
Le Pape absent des personnalités influentes du Time
Time a publié comme chaque année une liste de 100 personnalités qu’il juge les plus influentes dans le monde en 2008. Contrairement à 2007, le pape Benoît XVI est absent de la liste où figurent le dalaï lama et le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier. George W. Bush ainsi que les 3 candidats à la présidentielle américaine Barack Obama, Hillary Clinton et John McCain et l’ex-président russe Vladimir Poutine côtoient Shigeru Miyamoto, créateur du héros de jeux vidéo Mario, les acteurs Angelina Jolie et Brad Pitt ou encore Miley Cyrus, la jeune interprète de la série télévisée Hannah Montana.
Le porte-parole du Vatican Federico Lombardi a déclaré :
"Je suis content de cette absence au regard de la liste dont la composition est plutôt bizarre et hétéroclite".
Le porte-parole a relevé que les critères apparemment retenus par l’hebdomadaire américain pour composer la liste des personnalités les plus influentes du monde ne tenaient pas compte de l’autorité spirituelle et morale du pape.
Le blanc et Ségolène Royal
Chronique sur l’ex-candidate à la présidentielle de la Chine à la Martinique racontée par e-deo.
La faille de la loi Leonetti : l’alimentation vue comme un traitement
Extrait de l’article de Pierre-Olivier Arduin sur Liberté Politique :
"Le diable se cache bien souvent dans des détails. En matière de législation sur la fin de vie, il y en est un qui pourrait se révéler désastreux en se retournant contre la loi Léonetti dont l’équilibre précaire serait une nouvelle fois remis en question. […] Le dispositif législatif n’ouvre aucun droit à la mort médicalement provoquée en maintenant fermement l’interdit fondateur du meurtre incompatible avec nos valeurs démocratiques. […] la loi française introduit une modification regrettable dans le code de la santé publique dont plusieurs observateurs ont montré à l’époque qu’il s’agissait d’une bombe à retardement. […]
La loi du 22 avril 2005 accorde effectivement au patient, qu’il soit ou non en fin de vie, la liberté de refuser n’importe quel traitement ainsi que le stipule le nouvel article L. 1111-4 du CSP dans lequel les termes « un traitement » sont remplacés par « tout traitement ». Selon certains, c’est ce tout petit mot qui fait la différence car il justifie pour eux l’arrêt de l’alimentation artificielle. […]Si la procédure relève en effet initialement de la technique médicale, son but est de répondre à un besoin élémentaire de nourriture qui permet en définitive la dispensation d’un soin de base. […] L’intention de laisser advenir une mort par inanition contre laquelle on pourrait lutter avec la perspective d’un succès durable au plan du maintien de la vie, et donc ne pas vouloir l’empêcher alors qu’on le pourrait, n’est ni plus ni moins qu’une euthanasie. […]
La question brûlante du retrait de l’alimentation médicale est depuis longtemps une ressource stratégique pour aboutir à une dépénalisation de l’euthanasie. Dès septembre 1984, l’australienne Helga Kube, au cours de la Ve Conférence mondiale des associations pour le droit de mourir dans la dignité, dévoile publiquement le plan de bataille à observer pour légaliser l’euthanasie dans des pays culturellement réfractaires : « Si nous pouvons obtenir des gens qu’ils acceptent le retrait de tout traitement et soin, spécialement l’arrêt de toute nutrition, ils verront quel chemin douloureux c’est de mourir et accepteront alors, pour le bien du malade, l’injection létale ». On ne s’étonnera pas aujourd’hui que l’ADMD fasse main basse sur ce « détail » de la loi française. […]
La stratégie des militants pro-euthanasie vise ici à dénoncer l’ambiguïté de la loi pour faire le choix mortel de l’euthanasie légale sensée y remédier. Le législateur se retrouve pris au piège d’approximations qui font le jeu de ses adversaires. […] Peut-on espérer que la nouvelle mission d’évaluation qui vient de débuter ses consultations remette sur la table des discussions cet aspect controversé de la loi ? Jean Leonetti vient de déclarer […] : « Maintenir durant plusieurs années une nutrition artificielle chez une personne en état végétatif prolongé, est-ce un traitement disproportionné ? À mon sens, oui… »"
Le Mont-Saint-Michel symbole de l’Ascension
Hier, lors de la messe d’ouverture du 13e centenaire du Mont-Saint-Michel, le cardinal Vingt-Trois a dit dans son homélie :
"pourrions-nous avoir une meilleure image que celle du Mont-Saint-Michel pour nous aider à comprendre ce qui se passe dans l’Ascension du Christ, qui concerne le Christ lui-même et qui, à travers lui, concerne la vie de tous les hommes ? […] Regardez cette image à partir de la base : à la fois harmonieuse mais large, solide dans son grès, plantée en terre et en mer, résistante au flux et au reflux, profondément enracinée, comme scellée au sol lui-même.
Image de notre existence elle-même, plongée tout entière et comme collée aux contraintes, aux espérances et aux souffrances de cette vie.Quand nos yeux s’élèvent, nous voyons peu à peu se rétrécir ce monticule pour devenir une simple flèche dressée dans le ciel dans l’élégance de sa dentelle architecturale, comme si peu à peu, de cette expérience humaine, s’était dressée comme l’essence d’une réalité moins visible à la base et qui se dégage peu à peu vers le sommet pour donner la vision de la dynamique de l’élan de l’être vers la puissance de Dieu. […]
Oui, l’homme dans son existence quotidienne est enraciné dans les contraintes de chaque jour et il ne peut ni les éviter ni se détourner d’elles en restant les yeux levés vers le ciel ainsi que les hommes en vêtements blancs le disent aux Apôtres de la part de Jésus d’après le récit des Actes des Apôtres : ils étaient les yeux fixés vers le ciel et ils les ont renvoyés sur la terre. […]
Il serait possible, il serait facile, il est parfois trop facile de vouloir échapper à ce conditionnement de l’existence humaine, comme s’il était une tare ou un malheur que l’homme vive sur la terre, comme si la rencontre de Dieu ne pouvait se réaliser qu’en coupant la flèche du sommet du Mont de sa base et en effaçant le chemin et les marches par lesquelles nous sommes monté, pour ne garder, mais suspendue à quoi ?, que la légèreté de l’être mais qui n’aurait plus la réalité de l’existence. Etre des hommes et des femmes selon la vocation que Dieu nous a donnée, ce n’est pas échapper aux conditions de ce monde, pas même pour la prière et la contemplation, mais c’est au contraire accepter de porter dans notre chair la lourdeur de cette terre et de la porter avec persévérance jusqu’à la rencontre d’amour où la liberté devient tout entière légèreté et souplesse. L’Ascension du Christ, ça n’est pas seulement sa disparition de ce monde, c’est d’abord sa promesse d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps, et donc de continuer mystérieusement sa présence à l’activité et à l’histoire des hommes."
Pro-avortement et communion
Lors de la visite du Pape, des politiques pro-avortements sont allés communier. Ce scandale a provoqué une polémique Outre-Atlantique, qui a fait réagir le cardinal de New York, Edward Egan :
“L’Eglise catholique enseigne clairement que l’avortement est une grave offense à la volonté de Dieu. Quand j’étais archevêque de New York, j’ai répété cet enseignement dans mes sermons, mes articles, mes discours et mes interviews, sans aucune hésitation ni compromis. Pour cette raison, lorsque je suis devenu archevêque de New York et que Rudolph Giuliani était maire de New York, nous avons convenu qu’il ne recevrait pas l’eucharistie à cause de ses positions pro avortement bien connues. Je regrette profondément que Rudolph Giuliani ait reçu l’eucharistie pendant la visite du pape à New York. Je vais essayer de le rencontrer pour l’inviter à continuer de respecter notre accord“.
Pour l’occasion, chiesa rediffuse une note du Cardinal Ratzinger datant de 2004 et très explicite sur cette question. Extraits :
"1. Se présenter pour recevoir la sainte communion devrait être une décision réfléchie, fondée sur un jugement raisonné permettant de savoir si l’on est digne de communier selon les critères objectifs de l’Eglise. Il faut se poser des questions comme “Suis-je en pleine communion avec l’Eglise catholique? Suis-je coupable d’un péché grave? […]
2. L’Eglise enseigne que l’avortement ou l’euthanasie sont des péchés graves. […]
3. Les questions morales n’ont pas toutes le même poids moral que l’avortement ou l’euthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint-Père sur l’application de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas considéré pour cette raison comme indigne de se présenter pour recevoir la sainte communion. […] Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie.
4. […] le ministre de la sainte communion peut se trouver dans une situation où il doit refuser de distribuer la sainte communion à quelqu’un, comme dans les cas d’excommunication déclarée, d’interdit déclaré ou de persistance obstinée dans un péché grave manifeste (cf. can. 915).
5. Concernant les péchés graves d’avortement ou d’euthanasie, lorsque la coopération formelle d’une personne devient manifeste […], son pasteur devrait le rencontrer, lui expliquer l’enseignement de l’Eglise, l’informer qu’il ne doit pas se présenter à la sainte communion tant qu’il n’aura pas mis fin à sa situation objective de péché, sans quoi l’eucharistie lui sera refusée.
6. Au cas où […] la personne en question, faisant preuve d’obstination, se présente malgré tout pour recevoir la sainte eucharistie, “le ministre de la sainte communion doit refuser de la lui donner […]. Cette décision n’est à proprement parler ni une sanction ni une peine. […]
[N.B. Un catholique serait coupable de coopération formelle au mal – et donc indigne de se présenter à la sainte communion – s’il votait délibérément pour un candidat en raison même des positions permissives de celui-ci sur l’avortement et/ou l’euthanasie. Quand un catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement et/ou de l’euthanasie mais vote pour lui pour d’autres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons convenables.]
Pour défendre le repos dominical
Un blog chrétien a été créé. Tenu par une petite équipe de laîcs, le but est d’apporter un regard de Chrétiens sur la suppression envisagée du repos dominical. Il ne s’agit pas seulement de religion : le choix du dimanche est crucial pour toute la vie sociale. Nous voulons apporter ici la vision de cette question, éclairée par les quelques deux millénaires de réflexions chrétiennes. On y trouvera, outre l’actualité en la matière, la Lettre Apostolique Dies Domini du Pape Jean-Paul II et une pétition.
Dialogue islamo-chrétien : Foi et Raison
Les participants chrétiens et musulmans au colloque «Foi et raison dans le christianisme et dans l’islam», organisé cette semaine à Rome, ont affirmé que «la foi et la raison sont intrinsèquement non-violentes». A l’issue de l’audience générale de mercredi, Benoît XVI a rencontré les participants.
À l’issue des travaux qui se sont déroulés à Rome du 28 au 30 avril, sous la présidence du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et de Mahdi Mostafavi, président de l’Organisation musulmane iranienne, les participants ont publié un communiqué qui dit que :
- foi et raison sont deux dons de Dieu à l’humanité [qui] ne se contredisent pas
- la foi peut être au-dessus de la raison, mais jamais contre elle
- La foi et la raison sont intrinsèquement non-violentes
La France ne reconnaît pas le “mariage homosexuel”
Un Français vient d’en faire les frais. Il a été déchu de la nationalité française après son mariage célébré aux Pays-Bas avec un Néerlandais. Marié à une femme, il aurait pu bénéficier de la double nationalité. La France ne reconnaît pas les unions homosexuelles contractées à l’étranger et qui peuvent impliquer l’un de ses ressortissants. Selon une convention, signée entre la France et les Pays-Bas, en vigueur depuis 1985, tout ressortissant d’un des pays acquérant la nationalité de l’autre perd sa nationalité d’origine… sauf si cette personne est mariée et fait part de sa volonté expresse de conserver sa nationalité. Et pour l’Etat français, il est célibataire. Son "mariage" homosexuel est nul et non avenu. D’où la tempête médiatique que tente de créer le lobby gay.
Travaillistes : de la défaite à la déconfiture
Le parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown se dirigerait vers une humiliante défaite aux élections locales, subissant son pire score depuis une quarantaine d’années. Le Labour se classe en 3e position, avec 24% des voix, derrière les libéraux-démocrates (25%) et les conservateurs (44%).
Sur les 4.102 sièges, le Labour en perd déjà 146, tandis que les conservateurs en gagnent 143 et les libéraux-démocrates 10. Les résultats encore attendus pourraient creuser encore davantage les pertes du Labour.
Les conservateurs pourraient également confirmer leur victoire en ravissant au Labour la mairie de Londres.
L’influence de Benoît XVI
Daniel Hamiche nous fait part d’un sondage effectué après la visite du Saint-Père aux Etats-Unis et qui montre que Benoît XVI a transformé les Américains.
Plus généralement, à partir du cas de frère Roger, fondateur de Taizé, l’abbé de Tanoüarn relève la puissante attraction exercée par le Pape :
"le protestant George Bush, mettant un genou en terre en venant chercher le pape à l’aéroport. Tout un symbole. Je crois qu’on n’a pas fini d’en voir, si Dieu veut. René Girard me disait récemment la puissance de séduction qu’exerce le pape Outre Atlantique, en particulier sur les protestants. […] Le titre de "Pasteur universel" que Jean Paul II a exhumé, traduit bien cette espèce de monopole de fait quant à la puissance de l’Esprit qu’exerce l’homme en blanc dans notre monde matérialisé."
L’église Saint-Paul de Nanterre toujours occupée
…depuis lundi. Et 4 immigrés illégaux ont été emmenés à l’hôpital après avoir fait des malaises.
MJ
George Bush plaide pour une journée de prière
George W. Bush a dit avoir trouvé le réconfort dans la foi au cours de ses 7 années de présidence :
"Je pense qu’il est raisonnable d’espérer qu’il y ait un jour une journée internationale de la prière. Ce sera l’occasion pour les gens qui croient à travers le monde de marquer une pause au même moment pour louer un tout-puissant. Notre pays a été confronté à de nombreuses épreuves au cours des sept dernières années. Et nous, nous sommes toujours tournés vers la prière et nous y avons trouvé force et fermeté".
MJ
Jean-Marie Le Pen défend sa “liberté d’expression”
Aujourd’hui, après le traditionnel défilé du Front National, Jean-Marie Le Pen a prononcé son discours, au cours duquel il a déclaré :
"Oui, depuis 35 ans, nous vivons sous une insupportable chape de plomb, qui prétend consacrer comme vérités officielles les points de vue de l’antiracisme militant. La religion antiraciste transforme certaines opinions en véritables blasphèmes, et ce qu’il faut bien appeler l’idéologie officielle, impitoyable et totalitaire, asservit le peuple français et consacre un véritable recul de civilisation. Non, mesdames et messieurs, la France n’est plus un pays libre, ni d’ailleurs un pays d’hommes libres. Tout le monde se couche, tout le monde s’écrase, tout le monde se tait, pour ne pas offenser les puissants, pour ne pas encourir leurs foudres.
Je me fais une autre idée de l’homme, et une autre idée de ma fonction de tribun du peuple. Non, je ne plierai pas face aux oukases de l’orthodoxie officielle. Non, je ne cracherai pas à la figure de la liberté et de la vérité. Je ne fuirai pas. Je ferai face, conformément à ce que j’ai toujours été, conformément à ce que je crois juste, conformément à ce que je suis.
L’homme n’est homme qu’au travers des principes qu’il se donne et des disciplines auxquelles il s’astreint. "
Actualité du combat pro-vie
On me signale la création d’un site, avortementivg, sur l’actualité du combat contre l’avortement :
- Hier à Grenoble, des nervis du Planning familial s’en sont pris à des militants pro-vie
- Hier, la Floride et le Kansas ont échoué de peu dans l’avancée pro-vie
- En Inde, le Premier ministre s’inquiète de l’eugénisme abortif
Bienvenue dans la blogosphère pro-vie.



