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Tribune libre

La grâce est-elle gratuite ? Un débat théologique.

La grâce est-elle gratuite ? Un débat théologique.

La “Nouvelle Théologie” encore à la mode !

La double thèse de Mère Marie de l’Assomption (O.P.) s’inscrit dans un climat intellectuel marqué par la relecture lubacienne du rapport entre nature et grâce. Sa thèse, accompagnée de publications dans la revue thomiste, a suscité certains débats, dont une recension critique dans la revue Sedes sapientiae des dominicains de Chémeré (E. Vadillo Romero, “La nature et la grâce chez saint Thomas d’Aquin : un débat aux graves enjeux”, dans le n° 175 de Mars 2026, que l’on peut trouver ici : https://revuesedes.fr/).

L’idée centrale du père de Lubac est que l’homme porterait en lui une ouverture au surnaturel si profonde qu’il deviendrait difficile de maintenir nettement la gratuité absolue de l’ordre de la grâce : la nature humaine en devient comme ordonnée à une fin surnaturelle, au point que la frontière entre désir naturel de Dieu et appel surnaturel se trouve fortement accentuée, voire brouillée.

C’est précisément ce type de perspective que les deux thèses de Mère Marie de l’Assomption laissent apparaître, en posant de manière très vive la question d’une inclination naturelle de l’homme vers la vision de Dieu et d’une capacité intrinsèque du naturel à se tendre vers le surnaturel. Cette thèse abstraite n’est pas sans conséquences pratiques. Si l’homme est naturellement ordonné à Dieu, les limbes n’existent plus. En poussant le raisonnement encore plus loin, on justifie la liberté religieuse et l’œcuménisme.

Le dossier du numéro 135 (https://www.seldelaterre.fr/articles/sdt135/la-disparition-du-surnaturel.-a-propos-d%E2%80%99une-double-th%C3%A8se) qui vient de paraître, répond à cette difficulté de fond. Il ne s’agit pas d’une simple controverse secondaire, mais d’un véritable enjeu doctrinal : si l’on confond nature et grâce, on finit par affaiblir la gratuité du salut et par rendre obscur le caractère entièrement donateur de la vocation surnaturelle. Le premier article, celui du Frère Pierre-Marie O.P. sur « la disparition du surnaturel », montre comment certaines formulations modernes ont peu à peu conduit à dissoudre la distinction classique entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, au point de rendre difficile une théologie vraiment fidèle à saint Thomas.

Les articles qui suivent servent d’annexes et d’appuis à l’article du Frère Pierre-Marie pour préciser le débat au niveau le plus proprement thomiste, textes que la dominicaine exclue, puisque selon elle toute la tradition thomiste s’est fourvoyée et seul Henri de Lubac a su faire preuve d’une « extraordinaire lucidité » !

Une étude du Père Jean-Louis Cazelais de 1953 étudie le désir de voir Dieu chez saint Thomas d’Aquin en donnant la réponse de Cajetan, un des plus grands commentateurs thomistes. Il rappelle que l’homme est bien ordonné à Dieu par sa nature rationnelle, sans que cela signifie pour autant une exigence naturelle de la vision béatifique.

Le Sel propose ensuite la lecture de la solution de Jean de Saint-Thomas O.P. Celui-ci reprend la question de l’inclination naturelle à la vision de Dieu en cherchant à distinguer soigneusement l’élan de la nature vers son principe et la fin surnaturelle qui demeure absolument gratuite. Enfin, un article du Frère Ambroise Gardeil O.P. (1859-1931) examine l’idée d’une inclination naturelle innée vers le surnaturel et contribue à refermer la porte à toute lecture qui ferait du don surnaturel une sorte d’achèvement nécessaire de la nature.

L’ensemble du dossier forme ainsi une réponse doctrinale très nette à l’erreur de fond que laisse apparaître la double thèse de Mère Marie de l’Assomption : il réaffirme que l’homme est certes créé pour Dieu, mais non pour posséder par nature ce que seule la grâce peut lui donner. C’est cette distinction, capitale pour toute la théologie catholique, que le numéro entend défendre avec vigueur et précision.

La place est trop brève ici pour donner un juste aperçu de la réponse du Sel de la Terre dans cette controverse philosophique et théologique. Nous encourageons le lecteur intéressé à acheter l’article ou à se procurer le Sel de la Terre 135 :

Acheter cet article : https://www.seldelaterre.fr/articles/sdt135/la-disparition-du-surnaturel.-a-propos-d%E2%80%99une-double-th%C3%A8se

Sel de la Terre 135 : https://www.seldelaterre.fr/numeros/sdt135

S’abonner : https://www.seldelaterre.fr/abonnements

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