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Jeannette Bougrab : L’Islam et la France

Face à Tribune Chrétienne, Jeannette Bougrab répond sans réserve aux questions sur l’Islam, le voile islamique, la laïcité en France et le reniement des valeurs chrétiennes dans notre pays. C’est avec une parole juste et posée qu’elle revendique sa liberté de ton. Beaucoup de personnalités politiques mais également religieuses devraient s’inspirer de ce courage… C’est à la fois le signe d’une grande honnêteté intellectuelle et la force d’une pensée éclairée.

Deux concerts profanatoires annulés en quelques semaines

D’Olivier Frèrejacques sur Liberté Politique :

Après l’annulation de la représentation du travesti Bilal Hassani dans une église mosellane au début du mois d’avril, c’est un concert de rap et de techno qui a fait les frais d’une mobilisation.
À Lyon, c’est sur le toit de la basilique de Fourvière que devait avoir lieu le concert avec des invités assez peu compatibles avec la nature de l’édifice. Point intéressant : dans la capitale des Gaules, c’est avec la collaboration d’ecclésiastiques que l’évènement était organisé. À Metz comme à Strasbourg, c’est la mobilisation de la base catholique et de militants politiques qui a permis ces annulations, fait notable à l’heure où l’Eglise catholique vante les mérites de la participation des laïcs.

[…] Ces batailles remportées sont mineures mais encourageantes. Dix ans après la défaite de la Manif Pour Tous face à la loi Taubira, cela rappelle néanmoins que des victoires sont envisageables. Partout en France, des réseaux se sont tissés, des associations se sont renforcées ou se sont créées, des médias alternatifs ont vu le jour, participant ainsi de l’éclosion d’un écosystème favorable.

Entretenir ces structures et faire perdurer les projets solides inscrits dans la durée (aide sociale à travers des maraudes, écoles hors contrat, valorisation du patrimoine…) permet de s’engager dans le temps long. Car c’est bien sur le long terme que le combat s’engage. L’appareil judiciaire français a montré récemment, en maintenant un tableau pédopornographique au Palais de Tokyo, que les lignes peuvent prendre du temps à bouger et que les héritiers des pédocrates de Libé dans les années 70 et 80 (et de certains ministres) sont encore nombreux.

La période est trouble mais aussi pleine d’opportunités. Les institutions (républicaines, religieuses) semblent agonisantes, peu sûres de leur fait, tandis que les groupes constitués de manière communautaire ou à travers la fameuse « société civile » apparaissent pleins de certitudes et prêts à prendre leur part dans les combats du temps !

C’est pourquoi Le Salon beige vous encourage à annoncer vos évènements en ligne, ce qui permet de tisser du réseau, indispensable pour la suite des évènements.

Concernant le concert à Lyon, bravo à Aliette Espieux, porte-parole de La Marche pour la vie, pour sa mobilisation fructueuse :

Activisme transgenre à l’école: ne pas se taire, ne plus subir

De Laurence Trochu, présidente du Mouvement Conservateur, parue dans Causeur :

En écrivant sur ce délicat sujet, je sais d’emblée les risques que j’encours : les accusations infondées de transphobie vont pleuvoir et les associations ad hoc, à grands renforts de financements publics, vont telles des Robin des Bois vouloir faire justice.

Est-ce une raison pour se taire ? Je ne le crois pas et je ne le veux pas. Féministe ou fémelliste, Secrétaire général de l’Enseignement catholique, Présidente de parti politique, tous nous subissons la censure, les pressions et intimidations à coups de mises en examen, de bannissement des réseaux sociaux et de hargne médiatique. Je pourrais faire le choix de réponses argumentées, précises et détaillées pour affirmer que le rôle de l’école est d’instruire et non d’ouvrir ses portes à des lobbys motivés par des fins militantes et idéologiques. Mais ce n’est pas mon propos. Il faut ici comprendre pourquoi personne ne réussit à refaire de l’école un sanctuaire au sein duquel tous les élèves peuvent apprendre à lire, écrire, compter, raisonner, malgré un budget 2023 de 59 milliards d’euros qui est le premier poste de dépense de l’Etat. La feuille de route de Pap Ndiaye déclinée ces derniers jours est claire : quotas de mixité sociale dans l’enseignement privé, attention particulière aux « élèves LGBT » accrue dès le mois de mai, redéfinition de la laïcité dont l’objet visera le racisme ou l’égalité homme-femme. Il s’appuie pour cela sur des minorités qui tirent leur puissance de la crainte qu’elles génèrent chez leurs potentiels opposants.

Les lobbys trans, une stratégie de propagande envers la jeunesse

A la mode en ce moment, les lobbys transaffirmatifs se chargent eux-mêmes d’expliciter leur stratégie de propagande. L’association transactiviste IGLYO (fédération européenne d’associations transaffirmatives), en partenariat avec la fondation Thomson Reuters (spécialiste médias) et Dentons (cabinet d’avocats international) a publié en 2019 un rapport on ne peut plus clair mettant en lumière que l’approche d’autodétermination diffusée dans les écoles par les programmes scolaires et par la venue des associations en est un point central. Je salue l’excellent travail de SOS Education qui offre un décryptage très éclairant sur les méthodes, les arguments, les pratiques militantes grâce auxquels la pression est mise sur le système scolaire et le droit français. Tout cela se pare bien évidemment de la vertu, puisqu’y est réaffirmé que c’est pour le bien des jeunes. L’extrait ci-dessous offre un aperçu des mesures les plus emblématiques : « Cibler les jeunes politiciens, démédicaliser la campagne, utiliser des études de cas de personnes réelles, prendre de l’avance sur l’ordre du jour du gouvernement et sur l’histoire des médias, utiliser les droits de l’homme comme argument de campagne, lier votre campagne à une réforme plus populaire … »

Je pourrais développer les mises en garde d’ordre médical que nous adresse la Suède, premier pays au monde à avoir reconnu dès 1972 le droit des transgenres et qui désormais ne délivre plus de traitements hormonaux aux adolescents. Véritable électrochoc dans ce pays où les parents réticents étaient signalés aux services sociaux pour transphobie, les médecins voient aujourd’hui l’augmentation de risques de cancer, maladies cardiovasculaires et thromboses. Et les patients mutilés se découvrent cobayes sur lesquels ont été menées des expériences sans base scientifique et sans diagnostic fiable. Ils sont confortés par des médecins reconnaissant que des problèmes d’ordre psychique étaient en réalité la cause du mal-être chez des jeunes en quête d’identité.

Dire le réel, un acte subversif

Je ne ferai rien de tout cela. Je me bats pour qu’on puisse affirmer librement et sans être inquiété que deux et deux font quatre et que la pluie mouille. Ce qui se joue est de cet ordre et la référence à Orwell est ici inévitable :

« Le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuader chacun de son impuissance à rétablir la vérité autour de soi et de l’inutilité de toute tentative de s’opposer à la diffusion du mensonge. Le but de la propagande est d’obtenir des individus qu’ils renoncent à la contredire, qu’ils n’y songent même plus. »

Argumenter en faveur de l’évidence biologique qu’un homme et une femme sont différents serait accepter que les idéologues progressistes qui font profession de détruire les repères de la société ont déjà gagné. Ce serait reconnaître que nous avons l’obligation de voir le monde à travers les lunettes déformantes qu’ils portent. Ce serait admettre de la rationalité dans leurs propos dépourvus de fondements scientifiques. Ce serait affirmer que le réel n’existe pas. Voici donc pourquoi la peur de leurs représailles ne peut et ne doit nous guider. Voici pourquoi il est absolument nécessaire d’enseigner et transmettre des savoirs académiques avec des méthodes éprouvées qui permettent la structuration de la pensée et le développement du jugement critique. C’est en donnant aux élèves les outils pour comprendre le réel que nous les protégerons des idéologies dans « une époque de supercherie universelle où dire la vérité est un acte révolutionnaire. » 

Mississippi pro-vie

Le 19 avril, le gouverneur du Mississippi, Tate Reeves, a signé plusieurs lois sur la « culture de la vie » pour offrir aux femmes enceintes des alternatives à l’avortement.

Dans cet objectif, le projet de loi 1671 vise à augmenter le crédit d’impôt pour les centres de ressources pour la grossesse de 3,5 millions de dollars à 10 millions de dollars.

Le projet 1318 autorise la mise en place de « boîtes à bébés sécurisées dans tout le Mississippi » et « augmente l’âge auquel les enfants peuvent être déposés dans ces boîtes ».

Les autres projets mettent en place différentes mesures telles que

  • la création d’un groupe de travail chargé d’améliorer le système d’adoption et de placement familial,
  • l’augmentation du budget du département des services de protection de l’enfance
  • la mise en place d’une déclaration des droits des parents d’accueil.

Dakota pro-vie

Le 24 avril, le gouverneur du Dakota du Nord, Doug Burgum, a signé une loi visant à interdire l’avortement dès la conception, avec des exceptions jusqu’à six semaines de grossesse en cas de viol ou d’inceste. Une exception est également prévue en cas de danger pour la mère telle qu’une grossesse extra-utérine. En cas de violation de cette législation, les contrevenants risquent une peine maximale de 5 ans de prison et une amende d’un maximum de 10.000 $.

Le 19 avril, le gouverneur Burgum a également signé une loi qui interdit toute mutilation de “changement de genre” chez les mineurs, ainsi que les bloqueurs de puberté.

Le gouvernement eschiappara-t-il au scandale ?

Claude Raynal, président de la commission des Finances et sénateur de Haute-Garonne, a annoncé son intention de proposer la création d’une commission d’enquête sur le fonds Marianne.

Marlène Schiappa martèle qu’elle n’a été associée ni de près ni de loin à la sélection des dossiers.

Selon le sénateur, sur les six membres du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), qui ont attribué les subventions, trois font partie du cabinet de la secrétaire d’État en charge de l’Économie sociale et solidaire et de la Vie associative. L’un est conseiller spécial, un autre est conseiller et le dernier est son directeur de cabinet. Pour aucune des dix-sept subventions versées dans le cadre du fonds Marianne la décision n’est motivée.

Ce fonds Marianne, doté de 2 millions d’euros et destiné à « promouvoir les valeurs républicaines et combattre les discours séparatistes » après l’assassinat de Samuel Paty, aurait bénéficié essentiellement à quelques associations, proches de la majorité, et produisant des contenus sans réel lien avec la laïcité.

4 associations se partagent 1,3 million d’euros, avec chacune un montant individuel compris entre 292 000 et 355 000 euros. L’USEPPM a perçu un montant de 355 000 euros. Il s’agit de la dotation la plus importante du fonds Marianne. Or, d’après le sénateur, l’objet de cette association « n’apparaît pas en lien évident avec les objectifs du fonds », et l’USEPPM « ne fait pas état, dans son dossier de candidature, d’expérience dans la lutte contre la radicalisation ».

Quant à l’autre association mise en cause, Reconstruire le commun, elle a touché 330 000 euros. Cette association a été créée six mois avant le début de l’appel à projets du fonds Marianne.

Retournements de veste : chez LR aussi

Il n’y a pas que des élus RN qui regrettent l’opposition du parti à la dénaturation du mariage. Valeurs Actuelles évoque les élus LR :

[…] Dans les colonnes du Figaro, le président des Républicains Eric Ciotti l’assure : « Je n’aurais plus la même attitude à propos du mariage pour tous. » Le maire de Meaux Jean-François Copé lui emboîte le pas, jugeant que ce vote constitue « le seul grand regret de [sa] vie politique ». De son côté, le maire de Nice Christian Estrosi voit le texte « comme une avancée ». Dès 2014, déjà, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse jurait qu’elle avait « changé d’avis » sur la question. Et puis, il y a les ex-UMP convertis au macronisme. Nombre d’entre eux, au plus haute sphère de l’Etat, demandent aujourd’hui l’absolution. Du côté du ministre de la Transition écologique Christophe Béchu ou du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, même tonalité : « Si c’était à refaire, je voterais le texte du mariage pour tous. »

Pourquoi tant de reniements soudains ? Par peur, un peu, de se mettre à dos une opinion publique favorable à 65 % à la loi Taubira selon l’IFOP. Par calcul politique, beaucoup. Car en Macronie, mieux vaut ne pas être un dissident concernant les sujets sociétaux. Catherine Vautrin, pressentie à Matignon en juin 2022 avant d’être rattrapée par son opposition à la loi Taubira, en a fait les frais. « Tout le monde sait que les réseaux favorables au mariage pour tous ont empêché Catherine Vautrin d’être Première ministre », confie anonymement un député Républicain. Une dizaine de mois plus tard, la députée a compris la leçon. « Anticiper les attentes de la société, c’est majeur en politique. Il y a dix ans, en ne votant pas le mariage pour tous, j’ai raté ce rendez-vous qui est aujourd’hui devenu une évidence », rétropédale-t-elle mi-avril. « Elle essaye de se rattraper comme elle peut maintenant, mais c’est trop tard. Et c’est ce qui fait peur à un Gérald Darmanin : qu’on l’empêche de briguer Matignon en raison de ses positions passées », souffle un député.

Désormais, chez LR, rares sont ceux qui continuent d’assumer leur position de 2013. Le député européen François-Xavier Bellamy en fait partie. « Quand je relis ce que j’ai pu écrire ou dire à cette occasion-là, je constate que tout ce que nous disions s’est réalisé. […] Ce qui était en jeu, c’était un modèle de société qui incluait l’extension de la PMA et la gestation pour autrui », déclare-t-il sur Radio J. Tout comme le vice-président des Républicains Julien Aubert. « A l’origine, les renégats étaient sûrement défavorables politiquement au mariage pour tous, mais pas forcément sur le fond. Ils avaient peut-être l’impression qu’à l’époque il était obligatoire d’être contre. Avec l’affaire Caroline Cayeux [ancienne Ministre accusée d’avoir tenu des propos homophobes et contrainte à la démission] et le psychodrame Vautrin, ils ont rétropédalé car ils ont vu que ce pouvait être un frein à leur carrière et notamment dans la course à Matignon », analyse-t-il. […]

« La messe à l’envers »

Paix Liturgique est revenu sur le colloque du Centre International d’Études Liturgiques (CIEL) qui s’est tenu en février à Rome. Lors de ce colloque, l’abbé Claude Barthe a évoqué l’histoire de la célébration versus populum au XXe siècle, montrant que ce mode de célébration s’est imposé de manière quasi universelle dans le rite romain sans qu’il y ait jamais de législation pour le rendre obligatoire :

L’idée d’une célébration « à la romaine », c’est-à-dire pour imiter les messes solennelles du pape, elles-mêmes censées être le dernier témoin d’un antique usage, s’est assurément retrouvée dans l’aménagement de certaines cérémonies pontificales. Ainsi, en 1927, Mgr Harscouet, évêque de Chartres, très favorable au Mouvement liturgique, obtint un indult lui permettant de célébrer pontificalement, lors de certaines fêtes solennelles, à la croisée du transept, versus populum.

Il faut mentionner aussi la messe pontificale célébrée par le nonce Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, à Notre-Dame de Paris, le 24 avril 1948, pour célébrer la récente canonisation de sainte Catherine Labouré. Le nonce décrivait l’aménagement dans ses souvenirs : « Trône au fond de l’autel comme à Rome. Autel face au peuple » (Journal de France I 1945-1948, Cerf 2006, p. 494). On peut supposer qu’on avait voulu ainsi offrir une sorte de messe papale au nonce, plus que sacrifier à une nouveauté archéologisante, sachant que le chapitre et les cérémonies à Notre-Dame étaient des plus traditionnels.

En revanche, la messe pontificale versus populum célébrée le 20 août 1953 par Mgr Haas, évêque de Grand Rapids, État de Michigan, aux États-Unis, au Civic Auditorium, à l’occasion de la Conférence Liturgique Nationale, est assurément de style Mouvement liturgique : l’autel est placé sur la scène de l’auditorium face au peuple, le trône de l’évêque est derrière, mais à quelques mètres seulement de l’autel, du fait de l’étroitesse du lieu.

Les traces, dans les articles et conférences relevant de la mouvance, par ailleurs assez complexe, de ce Mouvement liturgique, sur l’aspiration à une célébration versus populum sont relativement rares. Cependant, un article important du chanoine Maurice Michaud, professeur aux facultés catholiques de Lyon, est publié dans le deuxième numéro de la revue La Maison-Dieu, organe du Centre de Pastorale liturgique, un article sur « La célébration de la messe face au peuple » (La Maison-Dieu, 1945 – 2), qui rapporte l’idée commune à l’époque que la célébration versus populum était majoritaire jusqu’au VIe siècle.

Retour à l’antique, donc. « Entre les années 1930 et le Concile, remarquait le cardinal Jean-Marie Lustiger, les spécialistes de la liturgie ont généralement donné en modèle la liturgie basilicale de la belle époque, entre le IVe et le Ve siècle : c’était l’idéal qu’il fallait reconstituer ! Et on a fait de la reconstitution » (Le choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Le Livre de Poche, 1987, p. 429. Dans les séminaires de France, un texte a joué, à cet égard, un grand rôle : la glose de l’Ordo romanus primus donnée par Dom Henri Leclercq, dans le Dictionnaire d’Archéologie chrétienne et de Liturgie, reprise ensuite dans L’Église en prière, manuel composé sous la direction d’Aimé-Georges. Martimort (Desclée, 1961), extrêmement répandu dans les séminaires. L’Ordo primus décrivait, à l’usage des pays francs, une messe stationnale du pape, celle du matin de Pâques à Sainte-Marie-Majeure, vers la fin du VIIe siècle, qui témoignait, avec des retouches franques, du rite romain en son état antique. La glose de Dom Leclercq fournissait ainsi une sorte de rituel que les clercs du XXe siècle rêvaient naïvement de reproduire, non pas dans la splendeur écrasante du culte des basiliques antiques, mais passé au filtre du goût religieux des années trente et cinquante. Au détail près cependant : le texte de l’Ordo primus, parce qu’adapté aux besoins francs, ne décrit pas une célébration versus populum, mais « vers le Seigneur »…

On vit ainsi se développer des expériences de « face au peuple » dès avant la seconde guerre mondiale, spécialement en Belgique, en Allemagne et en France, qui se fondaient sur le désir de reproduire la messe papale antique et, juridiquement, sur la mention de la célébration versus populum existant dans le Ritus servandus. « C’est à l’évêque seul qu’appartient dans son diocèse la direction et le contrôle d’un mouvement tendant à la célébration face au peuple », affirmait, sans autre explication, Maurice Michaud. Mais les évêques y étaient généralement peu favorables. Certains prêtres demandaient pourtant avec insistance des permissions, ou célébraient ainsi en omettant de les demander.

Parce que la célébration face au peuple nécessitait la mise en place d’un autel détaché du mur, les expériences eurent surtout lieu dans le cadre de messes célébrées sur un autel aménagé pour la circonstance, dans les haltes de pèlerinages, dans les activités champêtres des mouvements de jeunesse, spécialement au sein du scoutisme, ou encore, à partir des années 50, dans de nouvelles églises où l’autel était détaché du mur de l’abside de telle sorte que soit possible  – assez souvent, mais pas toujours – cette forme de célébration.

La recherche d’une « participation active »

Maurice Michaud, dans l’article précité, intégrait aussi ce type de célébration versus populum dans l’ensemble des mesures destinées « à rendre vie dans l’esprit de nos “chrétiens moyens” à la sainte messe. » Il liait ainsi le développement possible de la messe face au peuple à celui de la messe dialoguée : « Actuellement, la tendance est de faire participer plus activement les fidèles à la “messe basse”. C’est la messe dite “dialoguée”. Ce genre de messe achemine plutôt à la célébration face au peuple, si certaines conditions sont réalisées. »

Pour la mise en œuvre pratique de cette forme de célébration, Maurice Michaud insistait sur la plus grande prudence à adopter, car « aux yeux des fidèles, eu égard à l’usage quasi universel de l’autel disposé pour la célébration dos au peuple, le retour à la discipline antique a l’aspect d’une innovation. » On connaît à ce propos la réaction de Paul Claudel, dans un article célèbre du Figaro littéraire, le 29 janvier 1955 : « La messe à l’envers ». Il protestait contre « l’usage qui se répand en France de plus en plus de dire la messe face au public », et dont la paroisse Saint-Séverin, à Paris, donnait l’exemple.

En outre, dans les nouvelles églises dont la revue L’Ars sacré diffusait les photos, on faisait en sorte de « revenir » à l’autel unique (ou presque : elles comportaient généralement, un maître-autel et un autel du Saint-Sacrement pour des messes de semaine), aménagement dont on pensait qu’il avait été de règle avant l’époque de la multiplication des messes privées. L’autel permettant la célébration face au peuple, sans gradin supportant les chandeliers et la croix, s’harmonisait aussi tout naturellement avec la concélébration. Ainsi furent conçues des églises emblématiques comme celle d’Aron en Mayenne (1955), du Plateau d’Assy (1946), de Lyon-Vaise (1955), etc.

Lors de grands rassemblements, comme celui de la JAC, en 1950, au Parc des Princes, réunissant 70.000 participants, on prit l’habitude de placer l’autel au centre de l’assemblée. De même, dans la basilique souterraine Saint-Pie-X à Lourdes, conçue par Pierre Pinsart, qui fut achevée et dédicacée en 1958, l’autel avait été édifié au milieu de la nef, ce qui instaurait nécessairement une célébration face au peuple pour une partie de l’assistance. En outre, la nouvelle basilique ne comportait que deux autels, l’autel central et un autel dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Conjointement, on assistait à des tentatives dans le sens de la concélébration qui supposaient. un autel face au peuple, ou même au milieu du peuple. Ainsi, furent célébrées des messes synchronisées, par exemple au cours de pèlerinages ou de grandes réunions d’Action catholique : pèlerinage des prisonniers et déportés, à Lourdes, le 8 septembre 1946 ; pèlerinage de la ligue féminine d’action catholique, à Lourdes, en août 1952 ; pèlerinage étudiant à Chartres, à partir de 1945 ; rassemblements à l’occasion de la pérégrination de la statue de Notre-Dame de Boulogne à Colombes et à Rouen, en 1946. Dans ces messes synchronisées, un certain nombre de prêtres disaient individuellement la messe sur divers autels rassemblés in unum, ou en tout cas très proches, en « synchronisant » leurs gestes avec ceux du célébrant principal, en position centrale. Mais cette pratique fut interdite par l’instruction De Musica sacra du 3 septembre 1958.

Le face au peuple s’impose dès l’ouverture de la réforme liturgique

De la mort de Pie XII, en 1958, au début de la réforme liturgique, en 1964, les célébrations face au peuple devinrent extrêmement nombreuses. J’ai assisté, pour ma part, à une première messe célébrée face au peuple dans un bourg du diocèse d’Auch, en octobre 1958. En suite du décès du pape, un immense catafalque avait été dressé dans le sanctuaire, qui masquait l’autel majeur. Un autre autel provisoire avait alors été dressé à la hauteur de table de communion, où les célébrations, durant le deuil, furent versus populum.

Lors du couronnement de Paul VI, le 30 juin 1963, pour la première fois, la messe a été célébrée sur le parvis de Saint-Pierre (jusque-là, la messe était célébrée dans la basilique, suivie du couronnement proprement dit à la loggia). La configuration interne de la basilique avait été reproduite à l’extérieur, avec le trône sur le haut des marches d’entrée de la basilique et l’autel face au peuple plus bas.

Pour continuer à relater mon expérience propre, entré en 1964, c’est-à-dire un an avant la fin du Concile, au séminaire Pie XI attaché à l’Institut catholique de Toulouse, j’y ai connu en 1964, la messe face au peuple tous les jours de semaine, la messe solennelle dominicale, avec diacre et sous-diacre, se déroulant encore au maître-autel, le célébrant tourné vers l’abside. Puis, en 1965, l’autel fut placé au centre du chœur des séminaristes.

La réforme conciliaire n’aura de ce fait même pas à traiter du versus populum, la célébration face au peuple s’étant imposée au sein même du mouvement de transition vers la nouvelle liturgie.

L’instruction Inter œcumenici du 25 septembre 1964 porte en son n. 91 : « II est bien de construire l’autel majeur séparé du mur, pour qu’on puisse en faire facilement le tour et qu’on puisse y célébrer vers le peuple ». Ce que reprendra la Présentation générale du Missel romain :

« Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer face au peuple » (n. 262 dans l’édition typique 1970 du nouveau missel, n. 299 dans l’édition typique de 2002).

L’engouement fut tel, que certains évêques tentèrent – bien inutilement – de le réfréner. Ainsi Mgr Garrone, un des artisans majeurs de Vatican II, mettait en garde ses prêtres dans La Semaine catholique de Toulouse du 28 février 1965 : Il apparaît clairement, d’après ces articles [les nn. 91 et 95 d’Inter œcumenici], que la célébration de la messe face au peuple n’est pas cependant requise. Il peut en effet se présenter des cas où la disposition matérielle du chœur et l’architecture la déconseillent expressément. » Et de citer Mgr Jenny, évêque auxiliaire de Cambrai et membre du Consilium pour l’application de la Constitution conciliaire sur la liturgie : « Le prêtre se tourne maintenant délibérément vers les fidèles au cours des lectures et des appels qu’il leur adresse : il n’est pas sans intérêt qu’il soit à l’occasion tourné comme eux vers le Seigneur que l’on adore et que l’on prie ».

De même, la Commission diocésaine d’art sacré du diocèse de Paris, dans un document du 20 juillet 1965 émettait cette remarque : « Si le prêtre doit pouvoir célébrer face au peuple, il n’est pas indispensable qu’il le fasse tous les jours. Quand il célèbre, en semaine, sans assemblée il peut légitimement souhaiter célébrer sans avoir sous les yeux une nef vide. Aussi convient-il de prévoir des deux côtés de l’autel un marchepied assez vaste pour qu’on puisse célébrer dans les deux positions. »

Certains ont même cru pouvoir défendre que les indications de la Présentation généralepouvaient s’interpréter comme considérant le versus populum comme une exception. Mais en fait, au total, on est ainsi arrivé à une situation règle/exception inversée par rapport à l’ancienne législation : alors que le ritus servandus ancien évoquait la messe face au peuple comme une possibilité, l’instruction Inter œcumenici du 25 septembre 1964 et la Présentation générale du Missel romain du 3 avril 1969 supposent comme une possibilité la célébration face au Seigneur.

La procession du Catenacciu

VA+ a réalisé un reportage sur la belle procession pénitentielle du Catenacciu en Corse, avec Charlotte d’Ornellas.

Durant cette procession, un pénitent anonyme et en recherche réelle de contrition, va déambuler dans les ruelles escarpées de Sartène comme le Christ lors de son chemin de croix à Jérusalem. Cette tradition très célèbre en Corse est suivie de près par le peuple de Sartène qui entend perpétuer longtemps cette “tradition vivante”.

Un beau morceau de catholicisme enraciné et solide :

Chronique des cinglés

C’est le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra (né en Arabie saoudite), qui a diffusé cette vidéo, en expliquant :

« La violence à l’égard des femmes est encore répandue dans notre société. “Espoir en talons hauts” est un événement qui sensibilise à la violence contre les femmes tout en encourageant les hommes et les garçons à faire partie de la solution. Nous avons porté leurs talons roses emblématiques pour soutenir cette cause importante. »

Les associations de handicapés veulent boycotter une sauterie élyséenne

Lu dans Politico:

La Conférence nationale du handicap (CNH) qui se tient cet après-midi à l’Elysée va-t-elle tourner au fiasco ? Ce grand raout, qui rassemble les acteurs du secteur, n’a lieu qu’une fois tous les trois ans. Or, le collectif Handicaps, qui regroupe tout de même 52 organisations nationales représentatives des personnes en situation de handicap, a indiqué hier soir à mon collègue Antoine Comte qu’il comptait boycotter l’événement.

Il faut avouer qu’il est assez difficile à un gouvernement qui annonce son intention d’éliminer les “improductifs” par l’euthanasie  de discuter sereinement avec les associations représentant les handicapés…

S comme Séparatisme

Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:

Le 1er février, M. Darmanin, ministre de l’Intérieur, ouvrait à l’Assemblée nationale le débat sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République . Et il pérorait: « Notre pays est malade. Il est malade d’un séparatisme dont le premier, le séparatisme islamiste, gangrène l’unité nationale. Après s’être attaqué au terrorisme, le Président de la République a souhaité diriger l’action de l’État et des pouvoirs publics contre ce qui en est le terreau. Quand on est malade, il faut savoir nommer sa maladie, identifier ses caractéristiques et étudier ses variants… » Une exigence de clairvoyance et de vérité en quelque sorte. Parfait. Il faut reconnaître que notre état d’esprit était pourtant légèrement dubitatif. Nous nous rappelions son fameux : « Au regard de l’histoire, s’il y a une religion qui a moins de difficulté à travailler avec la République, c’est l’islam… un dialogue plus facile, une discussion plus spontanée qu’avec les autres cultes » énoncé devant d’éminentes personnalités musulmanes à la Grande mosquée de Paris le 18 septembre 2020. Et voilà M. Darmanin qui twitte trois jours après son superbe exorde du 1er février: « L’islamisme que nous combattons n’a ni frontière, ni identité, ni religion. »

(Extrait de “Islam et islamisme : Darmanin pérore et Moussa ment” – Le 12 février 2021)

Islam et islamisation dans une France macronisée

 

Les martyrs de la Commune de Paris

Hier, dans l’émission En Quête d’esprit, Véronique Jacquier a reçu

  • Père Stéphane Mayor, curé de la Paroisse Notre-Dame à Paris
  • Anne Bernet, spécialiste de l’histoire religieuse et auteur
  • Père Philippe Mura, curé de Notre-Dame de La Salette à Paris

Un témoignage saisissant de prêtres qui ont donné leur vie aux Parisiens, y compris à ceux qui allaient devenir leurs bourreaux !

 

Dénaturation du mariage : quel RN êtes-vous ?

Florilège de réactions aux 10e anniversaire de la dénaturation du mariage et de la destruction de la filiation :

Ceux-là ont quitté le parti :

 

Corentin Clerc : Von der Leyen ne défend pas l’Arménie, au contraire

Un blocus continue de paralyser l’enclave arménienne du Haut-Karabakh. Cela fait maintenant plus de 130 jours que l’Azerbaïdjan bloque tout contact entre l’Arménie et le Haut Karabakh (Artsakh). Un drame qui se joue à 3 500 km de Paris !

Malgré les appels à la communauté internationale et les rodomontades du président Macron, 120 000 Arméniens sont privés de biens de première nécessité. L’Arménie subit une guerre qui ne dit pas son nom. Et pendant ce temps, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne, négocie les contrats de fourniture de gaz avec les autorités de Bakou (Azerbaïdjan). En poursuivant cette politique, von der Leyen affaiblit l’Union européenne et renforce le régime dictatorial d’Ilham Aliev.

Pour évoquer l’ensemble de cette situation dramatique, TVL a fait appel à Corentin Clerc, chef de mission de l’association humanitaire SOS Chrétiens d’Orient en Arménie. Aidé de dizaines de volontaires, SOS Chrétiens d’Orient est venue en aide à plus de 15 000 bénéficiaires en soutenant des projets de reconstruction mais aussi des projets médicaux et en distribuant des vivres aux populations du Haut-Karabakh, malgré le blocus.

Pour Corentin Clerc : “Par-delà les paysages, les monastères millénaires et l’accueil des Arméniens, je suis impressionné par l’unité et la cohésion de ce peuple. L’Arménie chrétienne devrait être un pays modèle pour l’Occident car elle possède de vraies convictions”. Un témoignage important d’un engagement par l’action pour apporter aide et espoir.

Certains chrétiens imaginent qu’il y aurait à choisir entre la patrie terrestre et la patrie céleste

Laurent Dandrieu a été interrogé dans le nouveau numéro de l’Appel de Chartres, à propos de son ouvrage sur Rome ou Babel. Extrait :

Laurent Dandrieu, vous avez publié récemment Rome ou Babel, pour un christianisme universaliste et enraciné. A l’heure actuelle, ces deux mots semblent presque contradictoires, comment concilie-t-on l’universalisme et l’enracinement ?

Dans son Traité du libre arbitre, Bossuet écrit que le génie du christianisme consiste à tenir ensemble deux vérités qui semblent antagonistes, mais qu’il faut bien pourtant concilier puisqu’elles sont l’une et l’autre des vérités, comme les deux bouts d’une même chaîne, reliés par des maillons que nous ne savons plus voir. Le faux antagonisme entre universalisme et enracinement me semble un cas d’école particulièrement net de cette métaphore. Comme le disait la philosophe Simone Weil, l’enracinement est « un besoin vital de l’âme » : c’est de nos communautés naturelles que nous recevons la quasi-totalité de nos ressources intellectuelles, morales, spirituelles, et cette culture qui nous humanise. Ce sont elles qui nous permettent de mener une vie vraiment humaine, d’être incarné et doté d’une culture qui nous donne notre particularité. Sans enracinement, il n’y a pas de culture, donc pas de civilisation possible. C’est pour cela que le mondialisme est un antihumanisme, une anti-civilisation, le chemin le plus sûr vers la barbarie. L’universalisme chrétien, c’est le contraire du mondialisme. Ce n’est pas une construction socio-politique qui se bâtit sur le saccage des diversités humaines, c’est la conscience que cette diversité des cultures humaines est transcendée par une destinée spirituelle commune, née de notre commune dignité d’enfants de Dieu. Non seulement cet universalisme respecte la diversité  des cultures humaines, mais il en a besoin : c’est par le truchement de sa culture particulière que chacun d’entre nous peut parvenir à l’universalité de la grâce. C’est, disait Jean-Paul II, la leçon de l’incarnation de Jésus dans le peuple d’Israël : le mystère de l’Incarnation passe aussi par l’incarnation de l’Évangile dans les cultures particulières.

Votre titre : Rome ou Babel est-il une interrogation  face à un état de fait ou renvoie-il aux deux possibilités d’un choix qu’il faudrait poser ? Si oui dans quels termes se poserait ce choix pour les chrétiens ?

Certains chrétiens imaginent qu’il y aurait à choisir entre la patrie terrestre et la patrie céleste, qu’on ne pourrait être fidèle à la seconde sans sacrifier la première. C’est en réalité un faux choix : être chrétien, c’est d’abord être membre d’une Église locale, pour nous l’Église de France, qui n’a pas la même identité ni la même tonalité que l’allemande, l’italienne ou la bolivienne. C’est aussi se mettre fidèlement au service de sa patrie, comme nous le commande le Catéchisme de l’Église catholique : « L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et du service de la charité. » Les chrétiens doivent s’extraire de ce faux choix pour tenir ensemble les deux bouts de la chaîne. Choisir Rome, c’est tourner le dos à la tentation de Babel, c’est-à-dire au mondialisme, qui est le contraire de l’incarnation. Malheureusement, l’Église elle-même cède parfois à cette tentation de Babel et confond son universalisme avec un mondialisme ou un  “sans-frontiérisme”. Or il nous appartient de ne pas caricaturer l’unité spirituelle dont le christianisme est porteur avec une uniformité négatrice des diversités. […]

Grand remplacement, la preuve par l’Aïd

Le Figaro constate que l’absentéisme à l’école a bondi pendant l’Aïd.

Vendredi, jour de rupture du ramadan, certaines écoles d’Île-de-France étaient presque désertes.

Presque désertes… Il y a encore quelques non-musulmans…

Suite à nos photos de Versailles, les élus du groupe d’opposition municipale En Avant Versailles réagit :

Nous avons été sollicités par des riverains du gymnase Remilly, qui a accueilli vendredi dernier une manifestation religieuse de la communauté musulmane. Ce gymnase public payé avec l’impôt des Versaillais a vu affluer des milliers de participants sans lien apparent avec la ville de Versailles, dans le désordre : contrôle de l’accès par des vigiles inconnus, absence d’encadrement de la police, fillettes voilées, etc.

Le conseil municipal, organe délibératif de la ville, n’a pas été informé de cet événement. Il n’est pas inutile de rappeler que le gymnase Remilly est “une installation sportive réservée aux clubs sportifs et établissements scolaires après accord et selon un planning établi par le service des sports de la ville de Versailles”.

Les élus du groupe En avant ! Versailles demandent au maire de communiquer au conseil municipal les documents de mise à disposition du gymnase Remilly au service d’un groupe apparemment étranger à la ville.

Arménie : le génocide se poursuit dans le Haut-Karabagh / Artsakh

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :

Depuis cent trente-trois jours, soit plus de quatre mois, le Haut-Karabagh (Artsakh) est totalement isolé du monde extérieur. Exclusivement peuplée d’Arméniens cette région est enclavée dans le territoire de l’Azerbaïdjan en raison des aléas de l’histoire soviétique.

Le 12 décembre dernier, violant sept articles sur neuf du cessez-le-feu signé en 2020, l’Azerbaïdjan a déployé un blocus armé dans le corridor de Latchine, unique voie reliant le Haut-Karabagh à l’Arménie. Ce blocus isole ainsi le Haut-Karabagh de sa seule source d’approvisionnement en alimentation, en médicaments et en énergie. Depuis plus de quatre mois maintenant, le Haut-Karabagh est plongé dans une situation de pénurie de produits de première nécessité (nourriture, produits d’hygiène, médicaments, carburants et électricité). Aujourd’hui, 20 000 élèves ne sont plus scolarisés dans le Haut-Karabagh et 860 entreprises locales ont suspendu leurs activités économiques. Les 120 000 Arméniens qui peuplent la région sont soumis à de grandes privations.

Par ses prises de parole et par ses actions, le gouvernement de Bakou a manifesté un esprit qui n’est pas sans rappeler celui des acteurs du génocide arménien de 1915. Avec ce blocus, l’Azerbaïdjan entend vider toute la population arménienne du Haut-Karabagh en l’asphyxiant.

Le 15 novembre 2022 déjà, le Sénat français votait à la quasi-unanimité une résolution demandant le retrait des troupes azerbaïdjanaises qui maintenaient une présence dans le corridor de Latchine.

Dès le 12 décembre, L’Œuvre d’Orient a fermement condamné ce blocus armé inacceptable. Les actions de l’Azerbaïdjan dans le corridor de Latchine bafouent les droits humains les plus fondamentaux.

Ces quatre derniers mois, de nombreuses instances gouvernementales et non-gouvernementales se sont jointes à cette condamnation. Le 19 janvier 2023, le Parlement européen a adopté une résolution sur les conséquences humanitaires du blocus dans le Haut-Karabakh, appelant l’Azerbaïdjan à ouvrir immédiatement le corridor. La Cour internationale de justice a rendu un arrêt le 22 février 2023 pour les Nations unies, demandant à l’Azerbaïdjan d’ouvrir immédiatement le corridor. Amnesty international a également fait part de ses préoccupations et appelé à lever le blocus sans plus attendre pour mettre fin à la crise humanitaire.

Face à cette situation dont l’urgence ne cesse de s’amplifier, L’Œuvre d’Orient en appelle à toutes les instances nationales, européennes et internationale. Laisser l’Azerbaïdjan vider en toute impunité le Haut-Karabagh de sa population ouvrirait la voie à toutes les pires transgressions des droits de l’Homme à l’avenir. Avec le blocus du corridor de Latchine, c’est le génocide arménien qui se poursuit. Les Arméniens ont acquis par leur sang le droit de vivre en paix.

L’Œuvre d’Orient lance une pétition pour la réouverture du corridor de Latchine et la libre circulation des hommes et des biens. Vous la trouverez ici.

Terres de Mission: Charles Maurras et sa lente conversion à la foi de son enfance

Terres de Mission reçoit Thomas Belleil, jeune missionnaire laïc, pour son dernier livre : “Prêts, feu, aimez !”.

Puis, l’abbé Michel Viot, du diocèse de Paris, évoque le sujet de l’euthanasie et le fait qu’il n’y a pas de place dans l’Eglise pour une quelconque complicité avec cet acte, quoi qu’en pensent certains théologiens relativistes !

Enfin, Christian Franchet d’Esperey présente la correspondance entre Charles Maurras et les carmélites de Lisieux qui vient d’être éditée et dont il a rédigé l’avant-propos.

Censure (suite)

Comme l’avait imaginé George Orwell dans 1984, la réécriture des romans n’est désormais plus une invention de romancier.

Les traductions françaises d’Agatha Christie vont faire l’objet de “révisions”, notamment la suppression de termes jugés offensants sur le physique ou l’origine de personnages.

Par exemple dans Mort sur le Nil (1937), où le personnage de Mrs Allerton se plaignait d’un groupe d’enfants et se moquait de leur nez, ou dans La Mystérieuse Affaire de Styles (1920), dans lequel Hercule Poirot soulignait qu’un autre personnage était “un Juif, bien sûr”.

En 2020, le roman policier les Dix petits nègres, un des plus lus et vendus au monde, avait été rebaptisé Ils étaient dix et l’appellation , citée 74 fois dans la version originale, avait été ôtée de la nouvelle édition.

24 avril : commémoration du génocide arménien

Communiqué de L’Oeuvre d’Orient :

Ce 24 avril a lieu la journée de commémoration du génocide arménien. Perpétré durant la Première Guerre mondiale par l’Empire ottoman contre les Arméniens de son territoire, ce génocide a fait plus d’un million de victimes. Cette année, les commémorations du génocide prennent une teinte particulière, marquées par le blocus organisé par l’Azerbaïdjan contre les Arméniens du Haut-Karabagh depuis plus de 4 mois maintenant.

L’Œuvre d’Orient s’unit à cette journée de commémoration et réaffirme tout son soutien au peuple arménien. Elle proteste vivement contre le blocus en cours dans le Haut-Karabagh.

  • EN ARMENIE :

Monsieur Jean-Yves Tolot, Président du conseil d’administration de L’Œuvre d’Orient, sera en Arménie ce weekend du 24 avril, accompagné d’une délégation. Il se rendra notamment à l’entrée du corridor de Latchine, côté arménien, pour manifester le soutien de L’Œuvre d’Orient aux Arméniens du Haut-Karabagh. Le lendemain, la délégation sera conviée aux commémorations du génocide arménien à Erevan.

  • EN FRANCE :
    • L’Œuvre d’Orient participera notamment à la Divine Liturgie célébrée en mémoire du génocide en l’église de la Madeleine, le 23 avril à 15h30. La messe sera présidée par Mgr Élie Yéghiayan, évêque pour les Arméniens catholiques de France, en présence de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris et ordinaire pour les catholiques orientaux de France.
    • Le Service Jeunes de L’Œuvre d’Orient sera présent à la veillée organisée par les jeunes de la diaspora arménienne, le 23 avril de 17h à 22h, place Baudoyer (Paris 4e).
    • Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient sera présent au rassemblement organisé par le Comité de Coordination des Arméniens de France lundi 24 avril à 18h, Place du Canada (Paris 8e).
  • EN EUROPE :

À travers le réseau de ses associations sœurs, L’Œuvre d’Orient organise des rassemblements dans toute l’Europe : en Pologne, en Autriche, en Belgique, en Suisse …, une déclaration sera lue suivie d’une prière pour le peuple arménien et une bougie sera allumée aux couleurs de l’Arménie pour perpétuer le souvenir du génocide.

  • PRIERE pour le peuple arménien :

« Seigneur, en ce jour de commémoration du génocide arménien, nous te confions tous les Arméniens, d’Arménie et du monde. Qu’ils aient à cœur d’entretenir la mémoire de leur peuple, et qu’ils continuent d’enrichir l’Orient et l’Occident de leur héritage. Nous te prions tout particulièrement pour les 120 000 Arméniens du Haut-Karabagh victimes du blocus. Donne-leur l’espérance et la persévérance face à cette épreuve, et inspire les cœurs des dirigeants internationaux pour qu’ils contribuent au rétablissement de la paix dans le Haut-Karabagh. »

31ème université d’été – Crises et renouveaux dans l’Eglise

La 31ème université d’été de Renaissance Catholique se déroulera au Château des Termelles à Abilly (37), sur le thème Crises et renouveaux dans l’Eglise.

Programme prévisionnel des conférences

  • L’Église catholique : du mystère au miracle – Père Danziec
  • « L’univers gémissant fut étonné de se réveiller arien » – Côme de Prévigny
  • Mettre en œuvre un concile : l’exemple du concile de Trente – Guillaume Bergerot
  • Le redressement de l’Église de France au XIXe siècle
  • Des catholiques privés de sacrements par l’Église : la condamnation de l’Action Française – Stéphane Blanchonnet
  • Histoire du concile Vatican II – Roberto de Mattei
  • L’Église conciliaire et la révolution sexuelle – Patrick Buisson
  • Le magistère selon le pape François – Abbé Guillaume de Tanouärn
  • L’obéissance dans l’Église : aveugle ou clairvoyante ? – Jean-Pierre Maugendre
  • De l’Église et du pape – Philippe Maxence
  • Où en est l’herméneutique de réforme dans la continuité ? – Abbé Claude Barthe

Quand ?

L’Université d’été commence le 13 juillet 2023 avec un accueil prévu à partir de 11h00. Apéritif et déjeuner à 12h. Elle s’achève le 16 juillet après le déjeuner.

Où ?

Dans le cadre verdoyant du Château des Termelles à Abilly (37)  avec salle de conférences, repas et quelques logements sur place.

Inscriptions

R comme Responsabilité

Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:

Nous recommandons de se reporter à un très bel article d’Aurélien Marq, paru dans Causeur le 16 septembre 2020 et intitulé « En France, on peut choisir de croire (ou pas) ».  Face au padamalgam, il ose poser la question de la responsabilité du musulman face au contenu de sa religion, en partant du principe qu’ « il y a dans cette volonté de déresponsabilisation des musulmans un terrible mépris. Comme s’ils étaient ontologiquement incapables d’exercer leur liberté de conscience, incapables de choisir une religion, seulement bons à se plier passivement à celle qu’ils ont héritée de leurs parents ».

…Et de rappeler aussi que « Être musulman, choisir d’être musulman, c’est donc choisir consciemment d’adhérer à la seule religion au monde au nom de laquelle l’apostasie, l’athéisme, le blasphème et l’homosexualité soient légalement punis de mort. Être musulman en France, c’est choisir en toute connaissance de cause d’adhérer à la seule religion au nom de laquelle une de nos concitoyennes est soumise à des dizaines de milliers de menaces de viol et de mort. Interroger ce choix, critiquer ce choix et critiquer ceux qui le font ne doivent pas être des tabous. » Il en appelle donc aux musulmans et leur rappelle que « Faire aujourd’hui le choix de l’islam oblige au minimum à lutter contre tout ce qui dans cette religion en fait un danger pour le reste du monde: poison de la tentation théocratique et totalitaire, mais aussi poison plus insidieux de cette autre tentation que sont la fuite et le déni. Le “cépaçalislam” qui, mêlé à une forme de solidarité clanique, permet si facilement aux fanatiques de s’abriter au sein de l’Oumma. Dans la situation actuelle, le silence de la majorité silencieuse est un silence complice, et ce n’est plus acceptable.»

(Extrait de “Saint-Étienne-du-Rouvray, Conflans-Sainte-Honorine, Nice : abattages hallal ?” – Le 12 novembre 2020)

Islam et islamisation dans une France macronisée

 

Deuxième dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les sept semaines du temps pascal, jusqu’à la Pentecôte inclusivement, sont consacrées à la joie et à l’action de grâces pour le grand bienfait de la Rédemption, joie qui se traduit principalement dans la liturgie par le mot Alléluia revenant sans cesse dans tous les chants. Cependant en ce deuxième dimanche après Pâques l’expression de cette joie se fait moins extérieure et plus contemplative. Ce dimanche est appelé ” Dimanche du Bon Pasteur ” en raison de l’Évangile qui est lu en ce jour, et nous allons trouver deux fois dans les chants de cette messe la phrase centrale de cet Évangile ” je suis le bon pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent “.

La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau.

L’architecture de la messe est d’une belle unité comme vous allez le constater…

Introït : Misericordia Domini

Le texte réunit deux versets du psaume 32 Exsultate justi. Ce psaume est un chant de louange et d’action de grâces à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Le premier verset se rapporte à la terre, c’est-à-dire toute la création visible, qui chante la magnificence et l’amour infini du Créateur ; le deuxième se rapporte au ciel, c’est-à-dire tout l’univers invisible qui nous entoure, œuvre également de la parole créatrice.

Misericordia Domini plena est terra ; verbo Dei cæli firmati sunt.
La terre est pleine de la miséricorde du Seigneur, et les cieux ont été créés par la parole de Dieu.

La mélodie donne à ce chant d’action de grâces un caractère de joie douce et intime. Le point culminant de cette œuvre d’amour divin est la Rédemption dans laquelle le Bon Pasteur a donné sa vie pour nous, nous accordant la grâce de le connaître et de l’aimer à notre tour, et c’est principalement pour cette grâce que nous exprimons ici notre reconnaissance. Bien entendu cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 32 suivi du Gloria Patri.

Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes, exultez pour le Seigneur car la louange convient aux cœurs droits.

Alléluia : Cognoverunt

Comme pour tous les dimanches du Temps pascal, il n’y a pas aujourd’hui de Graduel, mais deux Alléluias, et comme c’est souvent le cas à cette époque de l’année, les versets de ces deux Alléluias sont tirés de l’Évangile. Celui du premier Alléluia est pris dans l’Évangile des pèlerins d’Emmaüs, à la fin du passage qui a été lu à la messe du lundi de Pâques, lorsque les deux disciples, revenus à Jérusalem, racontent aux apôtres leur rencontre :

Cognoverunt discipuli Dominum Jesum in fractione panis.
Les disciples ont reconnu le Seigneur Jésus à la fraction du pain.

En quoi a consisté exactement cette fraction du pain ? Notre Seigneur a-t-il prononcé les paroles sacrées du Jeudi saint ? Ou bien l’évangéliste a-t-il voulu dire seulement que c’est au moment où ils ont partagé le pain que les yeux des deux disciples s’ouvrirent et qu’ils reconnurent  leur compagnon ? On ne peut le savoir avec certitude, mais ce qui compte ici c’est que les disciples ont reconnu le Seigneur, et c’est volontairement que cette phrase a été rapprochée de celle de l’évangile du Bon Pasteur qui sera chantée au deuxième Alléluia :
Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

On retrouve dans les deux cas le même verbe ” connaître “. Nous avons la grâce de connaître le Christ notre rédempteur et nous l’en remercions : c’est le thème principal de ce dimanche. La mélodie exprime cette reconnaissance avec un enthousiasme vibrant ; par trois fois, dans l’Alléluia et dans chacune des deux phrases du verset, elle part du grave et s’élance vers l’aigu en un grand élan, et elle s’y tient joyeusement avant de redescendre doucement vers une cadence mystique et contemplative.

Alléluia : Ego sum pastor

Dans le deuxième Alléluia du deuxième dimanche après Pâques, nous trouvons la phrase de l’Évangile du jour que nous avons déjà citée :

Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

Ici ce ne sont plus les disciples, ce ne sont plus les brebis qui expriment leur reconnaissance, c’est le Bon Pasteur qui parle, et sa voix est douce et pleine de tendresse. On remarquera que la mélodie de l’Alléluia se répète deux fois dans le verset, une fois sur et cognosco oves meas et une fois sur et cognoscunt me meæ, les deux verbes cognosco et cognoscunt se reproduisant identiquement.

Offertoire : Deus, Deus meus

Le chant de l’Offertoire du deuxième dimanche après Pâques est composé de deux versets du psaume 62, qui est la prière d’un exilé. Jour et nuit il veille en pensant à Dieu et à son temple, qu’il espère revoir, et où il aspire à offrir sa prière en levant les mains au ciel.

Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo, et in nomine tuo levabo manus meas.

Dieu, mon Dieu je vous cherche dès l’aurore. En votre nom je lèverai les mains.

En ce dimanche cette prière exprime notre désir de connaître toujours davantage le Bon Pasteur qui est venu nous sauver. La mélodie, comme nous l’avons souvent remarqué pour les Offertoires, est une méditation intérieure et contemplative avec un faible développement et des notes longues très calmes.

Communion : Ego sum pastor

Nous retrouvons dans la Communion du deuxième dimanche après Pâques la phrase centrale de l’Évangile du Bon Pasteur qui formait déjà le texte du deuxième Alléluia.

Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

C’est donc toujours le Bon Pasteur qui parle et sa voix est toujours douce. Mais ici la mélodie est moins développée que dans l’Alléluia ; elle est plus syllabique et suit davantage le texte dont elle souligne toutes les inflexions. Par ailleurs elle possède un caractère plus mystique et contemplatif.

Les leçons de l’affaire Hugo Clément

De Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, revient sur la polémique qui a entouré la venue d’Hugo Clément au grand débat des Valeurs :

Il se tient juste à côté de la scène du palais des sports. Légèrement en retrait, déjà absorbé par ce qu’il écoute – à cette heure de la soirée, c’est Tugdual Denis qui prononce son discours (un sketch, plus exactement) d’introduction. Ses bras sont croisés mais il n’a pas l’air fermé.

Je ne connais pas Hugo Clément. Je sais juste qu’il est un journaliste et militant écolo radical, qu’il pratique le name and shame, du nom de cette pratique horrible visant à salir la réputation de quelqu’un pour faire avancer sa cause, et que certains de mes amis ont été victimes de ses cabales. Ce n’est pas pour rien que nous l’avions attaqué il y a quelques années en couverture de Valeurs actuelles; ce n’est pas pour rien non plus que nous l’avons invité ce soir. Il est aussi un puissant influenceur et un des visages les plus connus de la mouvance écolo, c’est notre Greta Thunberg à nous. Un adversaire idéologique pour un débat qui s’annonce musclé avec Jordan Bardella.

Je m’approche et le salue. Il est d’abord sympathique, nous parlons un peu de l’émission de Léa Salamé sur France 2, dont il est le producteur, de deux ou trois autres choses. Je le remercie d’être là: sans contradicteurs, il n’y a pas de débat et le palais des sports serait bien triste ce soir. C’est Tugdual qui l’a convaincu de venir ce soir. Sur scène, il s’avèrera malin et plus ouvert d’esprit que je pensais. Après la soirée, tout le monde en parle, et quelques spectateurs m’avoueront avoir été intéressés par certains de ses arguments.

Jonathan Moadab, le journaliste de VA plus qu’il l’interroge à côté de la scène, lui demande s’il est surpris par la polémique causée sur sa venue. « Ah bon, y’a une polémique? » s’étonne-t-il en riant presque. Attends la suite, camarade…

Trois jours plus tard, il ne peut plus se gausser. Polémique il y a, polémique nationale, même. La gauche (merci Aurélien Taché), les écologistes (merci Sandrine Rousseau), l’extrême gauche (merci Sandrine Rousseau), les médias (merci Libération), s’indignent en chœur. Et posent des questions aussi pertinentes, courageuses et audacieuses que : faut-il débattre avec l’extrême droite ? Peut-on parler au Front National (c’est signe de résistance que de continuer à appeler ce parti par son ancien nom car ni oubli ni pardon) sans le légitimer ? Le service public organise un débat sur le débat.

Hugo Clément assume. Si c’était à refaire, il le referait, assure-t-il. Il porte sa croix. Avec des arguments qui, pardonnez-moi, sonnent juste: au nom de quoi faudrait-il renoncer à convaincre 41% de l’électorat français ? Si on croit à ses idées, et qu’on ne se renie pas, pourquoi renoncer à les porter face à une contradiction, fut-elle radicale ? J’ajoute pour lui que, ce faisant, Hugo Clément a fait mentir Valeurs actuelles et s’est révélé, même s’il a des convictions plus que contestables, beaucoup moins sectaire que prévu.

De rares pisse-froid venus de la droite ont dit qu’il était indigne qu’on se mette à ce point à plat ventre devant un adversaire politique. Il me semble plutôt qu’en invitant des gens avec qui on n’est pas d’accord, on prouve que le sectarisme existe surtout à gauche et que c’est la droite qui permet a l’air du temps de rester vaguement respirable. Et je n’ai pas l’impression qu’inviter un adversaire et ne l’insultant pas à la tribune et en lui reconnaissant du talent ne revient pas à valider ses thèses. Pour preuve : une semaine à passé depuis le 13 avril et j’ai toujours envie de défendre les chasseurs, les éleveurs d’animaux sauvages, la hiérarchie entre l’homme et l’animal et je n’ai pas prévu de me mettre tout de suite au régime quinoa.

Reste un constat, un peu triste : la gauche politique, médiatique et intellectuelle est en train d’orchestrer la mort du débat en France. Elle ne supporte plus l’idée de la contradiction, préfère ostraciser, ignorer, accabler. Elle censure les intellectuels qui l’ont quitté en leur interdisant l’accès aux universités. Elle ne pratique plus le pluralisme dans ses médias. Elle n’argumente plus, mais invective. Je dis la gauche car rien de tel ne peut être observé sur l’autre rive. L’été dernier, Rachida Dati était invitée à la tribune de l’université d’été de la France insoumise et il ne s’est trouvé personne à droite, Dieu merci, pour s’en offusquer. Personne.

Nous voulions prouver en organisant ce grand débat des valeurs, volume 2, que cette défaite de la pensée trouve quelques opposants sur son chemin. Nous continuerons donc: rendez-vous très vite pour un grand débat des valeurs, volume 3.

Euthanasie : Des raisons d’espérer et donc de redoubler dans notre mobilisation

Communiqué de Tout mais pas ça :

Tout d’abord, des responsables politiques de poids ont pris récemment position contre les projets de changement de législation sur la fin de vie.

François Braun, Ministre de la Santé, s’est dit réservé sur une loi sur «l’aide active à mourir». Gérard Larcher se dit “extrêmement réservé” sur la question de l’euthanasie et du suicide assisté. François Bayrou plus nettement encore : “J’ai passé des dizaines d’heures avec les soignants des soins palliatifs. Aucun n’a dit ‘il faut changer la loi’. Tous disent : ‘si on nous obligeait à donner la mort, on partirait’”, “Appliquons la loi”. Olivier Marleix, Président du Groupe Les Républicains à l’Assemblée a publié une tribune très forte « Et si le modèle français” pour la fin de vie était celui d’une société fraternelle ? ».

Ensuite, la multiplication des sujets pourrait-elle encombrer l’agenda politique au point de retarder les sombres perspectives sur l’euthanasie ?

Le “modèle français de la fin de vie” souhaité par Emmanuel Macron aura-t-il une place dans la feuille de route pour les 100 prochains jours que présentera Elisabeth Borne la semaine prochaine ? On peut en douter. Qu’en sera-t-il au-delà, après un printemps politique très dense alors que le projet de loi sur la fin de vie était annoncé “d’ici la fin de l’été” ?

Autant de raisons de continuer à convaincre et mobiliser autour de vous !

Je souhaite
(Indiquer le numéro - pour l'outre-mer: 97 - pour l'étranger: 99)

Petite précision à propos de la disparition du « patriarcat » décrite par M.Patrick Buisson

Le nouveau livre de M.Buisson, DECADANSE (Albin Michel, 2023), qui décrit la révolte individualiste au nom de l’hédonisme des soixante dernières années, de même que les multiples interventions dans les médias de son auteur, soulignent à l’envi ce qui est appelé « la disparition du patriarcat ».

Pour une bonne compréhension des choses et du monde, il nous semble nécessaire de rappeler simplement que ce patriarcat disparu était celui de la culture chrétienne.

En effet, et au-delà du nombre toujours croissant de femmes en France portant voile islamique et pantalon fasseyant gracieusement sur des baskets blanches, nous avons aussi à l’esprit ces propos d’un jeune (28 ans) imam M.Mohamed Nadhir, qui a fait partie en 2020 des 50 étudiants sélectionnés par l’Union des mosquées de France pour suivre un enseignement tous frais payés d’imamat au Maroc (ah, cet islam marocain modéré… !), imam parfaitement intégré à la société française (c’est-à-dire parfaitement apte à en utiliser tous les avantages pour travailler à son islamisation), maîtrisant également parfaitement toutes les technologies des réseaux sociaux permettant un meilleur impact sur le web. Ces propos récents (septembre 2022 pour le premier extrait, décembre 2021 pour le deuxième) décrivent assez bien quelques présupposés du patriarcat à la mode musulmane (nous n’avons pas l’intention d’en faire un exposé exhaustif) :

  • En réponse à la question « Pourquoi une femme ne peut pas diriger la salat [la prière]» [et rappelons qu’il n’y a pas de clergé en islam], M.Nadhir répond :

« Ne réussira pas un peuple qui a chargé des affaires à une femme et les affaires, ça concerne les affaires de l’Etat ou les affaires de la salat. La femme ne peut pas diriger la salat, parce qu’elle ne peut pas diriger tout court. Ni un état, ni une province, ni une ville, ni la prière, ni rien du tout, sauf une association caritative, quelque chose [petit sourire un peu méprisant de l’imam sur son enregistrement video] où y a pas de grande envergure politico-religieuse ».

  • En réponse à la question : « Est-ce vrai que la femme musulmane ne peut pas se marier avec un homme non-musulman ? », M.Nadhir répond :

« L’homme peut se marier avec une chrétienne ou une juive pieuse. Et la femme, non. Il lui est strictement interdit de se marier avec un autre qu’un musulman. Tout simplement parce que la société islamique est une société patriarcale où la prédominance dans le foyer est donnée à l’homme. Et à partir du moment où on donne la prédominance à un homme, si on donne la prédominance à un non-musulman, ça veut dire que le foyer sera géré par un non-musulman. Et le son de cloche de ce foyer, ce sera la mécréance ».

Voilà, voilà….

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