Le mythe d’une UE “bloquée”
C’est l’argument principal derrière la suppression des vétos au Conseil européen, qu’évoquait Michel : depuis l’élargissement de l’UE, et avec les règles actuelles, il ne serait plus possible de prendre des décisions et "faire avancer l’Europe" .
Mais ce constat est faux, rapportait The Economist du 14 avril :
Une étude publiée par Sciences Po Paris affirme qu’au total l’UE a adopté de nouvelles règles et réglementations 25% plus vite depuis l’élargissement.
Attendons-nous pourtant à voir les protagonistes du débat télévisé de ce soir rivaliser d’idées pour résoudre un problème qui n’existe pas.
Un grand-maître condamné
"Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France […] a été condamné pour “usage de faux” par le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire de gestion interne de la loge."
MJ
S’attaquer au Pape, c’est du terrorisme
Andrea Rivera, l’un des présentateurs du traditionnel concert rock du 1er mai à Rome, qui était retransmis en direct à la télévision italienne, a raillé devant un public de quelque 400000 personnes le refus de l’Eglise catholique d’accorder des obsèques religieuses à Piergiorgio Welby, l’Italien atteint d’une maladie incurable et débranché par son médecin du respirateur artificiel qui le maintenait en vie.
"Le pape a dit qu’il ne croyait pas à la théorie de l’évolution. Je suis d’accord, l’Eglise n’a jamais évolué".
L’Osservatore Romano a réagit, en reliant ces critiques aux récentes menaces contre le chef de l’Eglise italienne Angelo Bagnasco :
"Lancer des attaques contre l’Eglise, c’est du terrorisme. Alimenter les fureurs aveugles et irrationnelles contre celui qui parle toujours au nom de l’amour, c’est du terrorisme. Il est vil et terroriste de jeter cette fois ces pierres directement contre le pape, en se sentant protégé par les cris d’approbation d’une foule facilement excitable. Les déclarations de l’animateur sont d’une superficialité déconcertantes mais leur dangerosité n’est pas superficielle".
Abstention : “repli politique” ?
Toujours dans FC, le cardinal Barbarin répond à la question suivante :
"En voulant rester pur, ne prend-t-on pas le risque de se couper de la vie politique ?
Dans La Cité de Dieu, saint Augustin explique que la chute de l’Empire romain a été un véritable cataclysme. Rome était, en effet, la capitale du monde, et le point de départ du développement et de l’organisation de l’Eglise catholique. L’Empire romain a disparu, alors qu’il se croyait éternel, Roma aeterna ! Saint Augustin nous a appris à distinguer les deux cités : celle de Dieu et celle des hommes. Si la société occidentale vient à s’effondrer, je ne m’en réjouirai pas certes, mais je ne vais pas perdre pour autant mon espérance.
Le 6 mai prochain n’est pas le seul et dernier moment pour agir. […] Notre échéance majeure dans la foi, ce n’est pas celle du second tour de l’élection présidentielle, ni celle d’un « grand soir », mais celle de la venue du Christ. «Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts», et c’est en fonction de cet horizon essentiel qu’un chrétien doit faire son choix à chaque échéance électorale."
Le Cal Barbarin dans Famille chrétienne
Interrogé dans Famille chrétienne, le cardinal Barbarin estime que le vote est un acte humain comme les autres, c’est-à-dire qu’il peut être jugé, en fonction de l’intention donnée :
"Pour nous, tout acte humain doit avoir sa dimension spirituelle, être éclairé par la foi: l’acte politique du vote comme les autres engagements de notre vie. (…) Lorsqu’un chrétien vote, il pose un acte devant Dieu. Lorsque le Christ nous jugera au dernier jour, il nous demandera des comptes. Pourquoi as-tu voté pour tel ou tel candidat ? As-tu vraiment fait ton choix devant Dieu ou en fonction de tes petits intérêts personnels ?".
"Un électeur chrétien ne doit pas favoriser l’avortement ou l’euthanasie, le mariage homosexuel, l’injustice dans la répartition des biens ou le rejet des immigrés. C’est pourquoi je veux dire clairement aux candidats que sur ces points et d’autres, nous serons très vigilants et ils le savent. Je veux leur dire que l’on prie pour eux. Ce n’est pas seulement une formule, c’est un devoir. Dans la grande prière universelle du Vendredi saint, il y a une intention pour les chefs d’Etat et pour ceux qui nous gouvernent".
2e tour : le cardinal Barbarin précise sa pensée
Lu sur Genethique.org (via le FC):
Le journal La Croix revient sur le vote des chrétiens. Pour ces derniers, les choix bioéthiques des 2 candidats ne laissent pas indifférent. On sent une nouvelle prise de conscience des chrétiens sur ces sujets, notamment la question de l’objection de conscience qui est de plus en plus présente au cœur de leur réflexion.
Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon rappelle qu’"un électeur chrétien ne doit pas favoriser l’avortement ou l’euthanasie, le mariage homosexuel, l’injustice dans la répartition des biens ou le rejet des immigrés". Sur la question de l’objection de conscience, le cardinal Barbarin reconnaît qu’"une telle situation peut se présenter ou s’imposer à la conscience d’un électeur". "Il pose alors l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc" explique-t-il "Mais il faut qu’il sache que de toute façon, l’un des 2 candidats sera élu".
Il conclut "faire le choix de l’objection de conscience, c’est encore une part de responsabilité et estimer que les 2 candidats sont également et gravement inadéquats à cette responsabilité, ce qui est à bien réfléchir".
UE : vers l’abrogation du droit de veto
Le président du Conseil italien Romano Prodi s’est dit favorable à la suppression du droit de veto sur des questions importantes de l’Union européenne, ce qui permettrait à des Etats-membres d’avancer sur le projet de constitution.
"Pour progresser, nous devons nous débarrasser du droit de veto. Pour que l’Union se développe et se renforce, nous devons étendre le vote à la majorité".
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont également favorables à cette proposition. Le jour où la question de l’adhésion de la Turquie sera mise aux voix, si le non est minoritaire, elle intégrera l’UE.
Offensive contre le célibat des prêtres
Deux faits médiatisés laissent penser que la nouvelle offensive contre le célibat des prêtres semble coordonnée :
- La médiatisation de la réaction de "paroissiens" suite à la décision de l’évêque de Bayonne de décharger de ses fonctions de prêtre Léon Laclau à cause d’un "comportement public et affirmé qui ne coïncidait pas avec ses propres engagements". Léon Laclau, curé de la paroisse Notre-Dame du Piémont, à Asson, dans les Pyrénées-Atlantiques, vivait ouvertement en concubinage.
- La publication, par le Monde des religions, quelques jours après, d’une lettre posthume de l’abbé Pierre, destinée au Pape et réclamant… l’autorisation de l’ordination de prêtres mariés. L’abbé avait écrit cette lettre le 1er novembre 2005 et demandé qu’elle ne soit rendue publique qu’après sa mort, indique le rédacteur en chef du magazine, Frédéric Lenoir, à qui l’abbé avait confié ce document. On se demande pourquoi cette lettre n’a pas été publiée juste après le décès de l’abbé en janvier.
Faut-il rapprocher ces deux événements quasi-simultanés de la publication, le 13 mars, par Benoît XVI de l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, dans laquelle on peut lire (§24) :
"il convient de rappeler le sens profond du célibat sacerdotal, justement considéré comme une richesse inestimable et confirmé aussi dans la pratique orientale pour les candidats à l’épiscopat. […] Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l’éternité, ait vécu sa mission jusqu’au Sacrifice de la croix dans l’état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l’Église latine sur cette question. Il n’est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même. Ce choix est avant tout sponsal; il est identification au cœur du Christ Époux, qui donne sa vie pour son Épouse. […] [J]e redis la beauté et l’importance d’une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l’Église et au Règne de Dieu, et j’en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine. Le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très grande bénédiction pour l’Église et pour la société elle-même."
Un institut américain vient d’effectuer une étude pour classer les métiers selon l’intérêt intellectuel que procure le travail et sur le plaisir qu’il procure. Arrive en tête de ces deux indices : le "métier" de prêtre.
Addendum : La fameuse lettre de l’Abbé Pierre peut être lue (pdf). On y trouve une étrange coquille, dans une citation de l’Evangile : "Paix mes agneaux Paix mes brebis"…
Plunkett : “tous kantiens !”
Patrice de Plunkett n’est pas impressionné par les "postures d’avant-scrutin" des candidats.
"Aimons-nous les uns les autres", a crié Ségolène Royal hier à Charléty : allusion subliminale à l’évangile, clin d’œil aux chrétiens. De son côté, Nicolas Sarkozy a fait plusieurs clins d’œil aux catholiques patrimoniaux, avec ses évocations de hauts lieux du passé. Ce sont des « bonnes manières » de candidats à des segments d’électorat. Elles n’engagent à rien.
Il cite longuement un texte de Claude Tresmontant, qui explique pourquoi presque tous les hommes politiques – ceux qui sont "pour" ou la religion comme ceux qui sont "contre" – partagent la même erreur.
Nos hommes politiques, pour la plupart, depuis plusieurs générations, ont été formés dans la matrice kantienne […]. Il est donc évident à leurs yeux que la foi est une conception subjective, mais non une connaissance certaine objective ; que la foi et la raison, la foi et la connaissance, sont des choses différentes ; que la foi est personnelle mais ne peut pas être communiquée ; et qu’en conséquence la foi doit rester dans le domaine privé et ne doit jouer aucun rôle en politique.
Peut-on rapprocher l’abstention de Le Pen de l’objection de conscience de certains catholiques ?
Comme le rapporte Michel, Jean Madiran juge que oui – mais Le Conservateur estime que non.
HV
Emeutes contre les représentants de l’ordre
3 policiers ont été blessés, dont un sérieusement, mardi à Choisy-le-Roi lors d’un contrôle routier qui a dégénéré en «mini–émeute». Alors qu’ils effectuaient le contrôle de l’utilisateur d’un deux-roues, les fonctionnaires ont été pris à partie par une trentaine de personnes, âgées entre 30 et 40 ans. Deux des agresseurs ont été arrêtés…
Même scénario à Draveil où 3 policiers, qui contrôlaient deux hommes circulant sans casque sur un scooter ont été pris à partie par une quarantaine de personnes et blessés, dont l’un sérieusement d’un coup de couteau au cou. L’affaire a dégénéré en échauffourée nécessitant le renfort d’autres policiers. Aucune interpellation…
Une bagarre a éclaté lundi après-midi dans une salle d’audience du tribunal de grande instance de Créteil où les juges examinaient le dossier d’un homme accusé d’avoir donné en avril des coups de couteau à un autre. La bagarre, qui a débuté lorsque la famille de la victime s’en est prise à celle du prévenu, s’est poursuivie dans la salle des pas perdus où des renforts de police ont dû intervenir pour y mettre un terme.
Michel Janva (via Présent)
Nicolas Sarkozy et mai 68
Dans Présent, Rémi Fontaine estime :
"que le candidat dit de «droite» a montré une nouvelle fois en cette occasion un double visage, qui surpasse celui (déjà légendaire) de Chirac-Janus ! […] Dominique Strauss-Kahn ripostait […] saluant au contraire […] les réformes entreprises après ces événements [mai 68, NDMJ], notamment par des «personnes de droite comme Simone Veil» : «Le remboursement de l’IVG, c’est le produit de 68.» «La seule liberté que Sarkozy aime, c’est la liberté économique, la liberté du plus fort qui écrase le plus faible», a ajouté DSK, sans s’apercevoir qu’il donnait précisément la définition de l’«IVG» : interruption d’un vie gênante.
Réponse de Sarkozy le 1er mai : «La loi sur la contraception a été votée en 1967 par Lucien Neuwirth. On ne peut quand même pas dire qu’une loi votée en 1967 est arrivée grâce aux événements de 1968. C’est quand même incontestable… Et l’interruption volontaire de grossesse, c’est 1974.» […]
[O]n voit comment Sarkozy joue allégrement avec le principe de non-contradiction, conciliant les inconciliables dans une schizophrénie morale des plus inquiétantes, transgressant sans complexe les interdits suprêmement non négociables («il est interdit d’interdire»), les désignant même comme des «carcans qui étouffaient la société française». Bref, il se révèle intrinsèquement, au plan de la morale politique, comme un homme de gauche, un héritier de Mai 68. La société Royal-Sarko, qui ne se réfère plus à aucune transcendance, admet sans problème la solution finale et le tri eugénique pour les embryons (voire les handicapés et les séniles) de «trop», mais elle vote solennellement l’abolition universelle de la peine capitale pour les plus coupables. Nous n’avons pas les mêmes valeurs."
Bilan plutôt positif pour le Teknival de Toul-Rosières
C’est l’avis du préfet de Meurthe-et-Moselle Claude Baland. Jugez plutôt :
"830 « teufeurs » sont passés dans les différents postes de secours, dont 75% pour des traumatismes divers (coupures, foulures…) et 25% pour des malaises. Une cinquantaine ont été dirigés vers des hôpitaux par suite notamment d’intoxications par stupéfiants, bouffées délirantes et malaises. Deux véhicules ont été brûlés et deux autres retournés à la suite d’une bagarre. Près de 6 000 contrôles ont été réalisés aboutissant à 276 procédures de police et 150 de gendarmerie en relation avec la possession plus ou moins importante de produits stupéfiants."
Faudrait-t-il des morts pour estimer qu’un bilan est négatif ?
Michel Janva (via Présent)
Jean Madiran et l’abstention
Dans Présent, Jean Madiran commente l’appel à l’abstention lancé par Jean-Marie Le Pen :
"L’«invitation» de Le Pen est un acte que l’on pourrait dire «prophétique» au sens, désormais courant (et atténué) de ce mot, désignant une vue prospective ou un geste précurseur. Cette décision va en effet, pour d’impérieux motifs politiques, à la rencontre de l’abstention envisagée par Benoît XVI pour d’impérieux motifs moraux, quand il s’agit de l’un des trois points «non négociables» qu’il a énoncés. […] Savoir s’il faut recommander l’«abstention» ou bien plutôt le «vote blanc» est une question subsidiaire qui peut-être ne se posera même pas, si l’on en vient à considérer que l’une et l’autre ont la même signification.
La signification de l’abstention est de mettre en cause dans son ensemble tout un système où il devient de moins en moins possible d’exister politiquement si l’on exprime une opposition résolue à l’«IVG», à la promotion de l’homophilie, à la montée de l’islam, à l’immigration illimitée, à la préférence étrangère (etc.). Le principal inconvénient du vote blanc ou de l’abstention, nous l’avons signalé ici vendredi dernier, c’est qu’«il lui manque aujourd’hui, disions-nous, d‘être revendiqué, représenté, assumé par une autorité morale, politique ou religieuse qui ferait valoir sa signification». Cet inconvénient va disparaître si l’exemple que donne maintenant Le Pen est compris et suivi […]
Les catholiques devraient clarifier et propager la notion bien oubliée ou méconnue de loi (morale) naturelle. Non point pour dire qu’elle est reconnue par tout homme de bonne volonté. Certes, elle est inscrite dans le cœur de tout être humain. Mais l’inscription y est plus ou moins brouillée par le péché originel et par les habitudes intellectuelles contre nature qui viennent renforcer le caractère quasiment invincible de l’arrogante ignorance répandue par l’audiovisuel de masse. Seule une attitude explicite et résolue sur les points «non négociables» est susceptible de réveiller les consciences."
L’Elysée, perquisitionné ?
C’est ce qu’ont tenté jeudi dernier les magistrats Fabienne Pous et Michèle Ganascia, accompagnés d’experts et de policiers. Les magistrats ont requis l’autorité militaire pour se voir accorder l’accès aux locaux de la cellule africaine, l’Elysée étant considérée comme zone militaire. Elles n’ont pas pu pénétrer dans les locaux.
Les 19 et 20 avril dernier, malgré l’opposition explicite de la gendarmerie, les magistrats avaient déjà perquisitionné le Quai d’Orsay et le ministère de la Justice dans la même affaire, emportant de nombreux documents. Cette affaire vise de supposées "pressions sur la justice" de la part du pouvoir politique en marge de l’enquête sur la mort du magistrat français Bernard Borrel à Djibouti en 1995.
Violence payante et filmée
Récit d’un événement qui a eu lieu juste avant le premier tour :
La scène s’est déroulée le 19 avril dernier, juste à côté d’un lycée très chic du sixième arrondissement de Lyon. Une quarantaine d’élèves, ainsi que des jeunes venus d’autres établissements, ont assisté à une sorte de "combat" entre deux collégiens âgés de 15 ans, dans un immeuble voisin de l’établissement. L’affrontement, qui faisait suite à un différend verbal survenu quelques jours plus tôt, a été délibérément "organisé". Certains des "spectateurs" ont payé pour assister au combat, tandis qu’un élève du collège a filmé la scène. Lors de cette bagarre, l’un des deux élèves impliqués eu la mâchoire brisée.
Regard de Bernard Antony sur Nicolas Sarkozy
"Je ne reproche pas pour ma part à Nicolas Sarkozy d’avoir pris nos positions à des fins électoralistes ! Bien au contraire hélas, il réaffirme notamment son attachement à l’actuelle construction européenne, il défend la loi Giscard- Chirac- Veil sur l’avortement, il ne revient pas sur la loi totalitaire interdisant aux parents l’exercice du droit naturel de faire l’école à leurs enfants, il ne remet pas en cause sa politique vis-à-vis de l’implantation islamique dans notre pays. Il continue semble-t-il à croire, il n’est pas hélas le seul, que l’islam n’est qu’une religion alors qu’il s’agit d’une idéologie totalitaire conquérante."
MJ
L’avortement est un progrès
Nicolas Sarkozy était l’invité de France Inter ce matin. Un auditeur lui demande s’il va supprimer le droit à l’avortement. Réponse (à 29’25”) :
"C’est absurde. J’ai même dans mon discours du 14 janvier Porte de Versailles rendu hommage à Simone Veil qui me soutient avec beaucoup de force. Naturellement la loi de 1974 sur l’interruption volontaire de grossesse est un progrès."
Le Jésus de Nazareth de Benoît XVI : plus d’un million d’exemplaires vendus
… en deux semaines : autour de 500.000 en Italie, 500.000 en Allemagne, 100.000 en Pologne… et les éditions française et anglaise ne sont pas encore sorties !
HV
Mai 68
Les citiques formulées par Nicolas Sarkozy contre mai 68 ont suscité de nombreuses réactions au sein de la gauche. Notamment de la part de Ségolène Royal, non sans humour, au stade Charléty mardi soir :
"[L]e Palais de Bercy, ce n’est pas la remontée des Champs Elysées, Malraux, ce n’est pas Doc Gynéco, François Mauriac, ce n’est pas Bernard Tapie, et Nicolas Sarkozy, ce n’est pas le général de Gaulle."
En marge de ce meeting, plusieurs centaines de femmes et d’hommes se sont rassemblés mardi place de la Bastille à Paris à l’appel d’un collectif d’associations pour les "droits des femmes", pour soutenir la candidature de Ségolène Royal à l’Elysée. Ainsi Thérèse Clerc, ancienne militante du Mouvement de libération de l’avortement et de la contraception (MLAC) s’est étonnée :
"Comment peut-on renier Mai 68, cela a été un énorme élan populaire et pour les femmes une avancée fabuleuse ! Peut-être monsieur Sarkozy est-il génétiquement mysogine"
Eh bien cette militante se trompe. Les avancées fabuleuses pour les femmes, ce fut avant et après mai 68…selon Nicolas Sarkozy :
"[L]a loi sur la contraception a été votée [sic] en 1967 par Lucien Neuwirth. On ne peut quand même pas dire qu’une loi votée en 1967 est arrivée grâce aux événements de 1968. C’est quand même incontestable. Et l’interruption volontaire de grossesse, c’est 1974 !"
Si M. Sarkozy voulait pousser les catholiques à faire usage de leur objection de conscience au 2e tour, il ne s’y prendrait pas autrement…
Mais quitte à évoquer ces années, nous préférerons recommander la lecture de l’encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI parue… le 25 juillet 1968.
Crise en Turquie
Saisie par l’opposition, la Cour constitutionnelle turque a annulé le scrutin présidentiel en cours au Parlement, ouvrant la voie à d’éventuelles élections législatives anticipées. Le premier tour de scrutin, vendredi, a été boycotté par l’opposition, qui refuse de voir élu le candidat du parti de la Justice et du développpement (AKP), Abdallah Gul. Le deuxième tour devait se tenir mercredi. Dimanche, une manifestation géante a rassemblé à Istanbul un million de personnes pour dénoncer le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recept Tayyip Erdogan.
Aujourd’hui, la police turque a arrêté près de 600 personnes qui tentaient de manifester dans Istanbul à l’occasion du 1er mai, date marquant le 30e anniversaire d’une fusillade sur la place Taksim en 1977, lorsque des assaillants non identifiés avaient tiré sur la foule et tué 34 personnes.
Pierre Manent et l’UE : la disparition des nations
Le philosophe Pierre Manent a été interrogé dans La Nef. Extrait retranscrit par Patrice de Plunkett. Il n’y a pas de construction de l’Europe, mais
"la dénationalisation des nations européennes sous la férule d’une idéologie intolérante qui nous interdit de reconnaître ce que nous fûmes et de défendre ce que nous sommes encore… La religion du semblable, de la contagion démocratique et de l’unification de l’humanité, elle est propre et exclusive à l’Europe. Nous sommes les seuls à croire de toute notre âme à la mondialisation. Nous sommes les seuls à vouloir disparaître…"
Jamais les classes politiques européennes
"n’auraient eu l’idée de faire entrer la Turquie en Europe, si leur perspective était simplement celle, rationnelle et politique, de construire l’Europe… C’est précisément parce que tout indique que la Turquie n’est pas compatible avec l’Europe, qu’il faut l’y introduire : ainsi prouvera-t-on le dogme sur lequel repose la religion de l’humanité, à savoir qu’aucune différence entre les groupes humains n’est significative, qu’aucune différence entre les groupes humains ne peut être légitimement prise en compte…"
Ordinations en hausse
… aux Etats-Unis. En augmentation sensible (+10 %) par rapport à l’année dernière où l’on ne compta que 431 ordinations sacerdotales, 2007 devrait voir 475 nouveaux prêtres ordonnés aux États-Unis. 6% des nouveaux prêtres sont des convertis de différentes dénominations protestantes. La moyenne d’âge des prêtres américains est d’environ 60 ans (68 ans en France) et que les États-Unis comptaient en 2006, 41 794 prêtres (28 299 diocésains, et 13 495 réguliers).
Est-il tactiquement opportun de s’abstenir ?
Dans leur post "Que faire au 2e tour ?" (qu’on me pardonne de le citer), vos blogueurs ont distingué deux questions :
- …la question de principe (peut-on voter pour un candidat qui fait campagne sur le mépris d’un ou plusieurs points non négociables ?)
- …et la question tactique (si l’on considère que la question de principe reste ouverte, est-il plus opportun de voter pour ce candidat, ou de ne pas le faire ?).
Se situant sur ce plan tactique, un commentaire d’un lecteur du blog Le Conservateur plaidait pour l’abstention (ou, on présume, le vote blanc/nul) :
Si demain Sarkozy loupe l’Elysée de 2% et qu’il sait que ce manque vient du milieu pro-vie, croyez bien qu’il fera tout en 2012 pour gagner cet électorat qui lui aura fait défaut.
Le Conservateur lui répond :
[R]ien n’assure que l’abstention soit comprise et interprêtée correctement. Rappelez-vous le référendum sur le projet de constitution européenne. Les raisons fondatrices du non ont été si nombreuses que les messages ont été brouillés. Les médias, et donc le microcosme, n’ont retenu que l’exigence sociale.
Jean-Marie Le Pen a lancé la campagne
… pour les législatives, ce matin, lors de son discours place de l’Opéra, suite au défilé en l’honneur de Jeanne d’Arc. Après avoir proné l’abstention :
"Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix du 6 mai. Il serait illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du hold-up réalisé sur notre programme par Nicolas Sarkozy. Soutenue par l’extrême gauche révolutionnaire, on sait qu’elle veut entre autres régulariser les clandestins. Mais il serait aussi insensé d’apporter notre suffrage à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes et de refuser de permettre par la proportionnelle à nos millions d’électeurs d’être représentés à l’assemblée nationale, qui, comme la gauche, refuse de nous considérer comme des républicains."
"J’invite expressément [les électeurs] à s’abstenir massivement, se réservant pour le premier tour des élections législatives les 10 et 17 juin prochains".
Désormais, "il faudra faire vivre l’espoir raisonné que j’ai dans les élections législatives".
A noter la présence de Bruno Mégret dans le cortège.
Sarkozy et Royal sur l’euthanasie
Le magazine Pèlerin a interrogé les deux candidats, et la presse relaie la substance de leurs réponses – déjà connues pour l’essentiel.
La candidate socialiste promet une loi légalisant l’euthanasie :
"Un projet de loi sera soumis au Parlement pour permettre, dans des conditions strictes de respect de la volonté du patient et d’accompagnement, d’apporter une réponse aux situations dramatiques que nous connaissons aujourd’hui et d’abréger des souffrances intolérables"
Nicolas Sarkozy
…estime en revanche que la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Leonetti, "a donné aux médecins le cadre juridique pour éviter un acharnement thérapeutique déraisonnable".
Le candidat de l’UMP à la présidentielle dit vouloir "en priorité" développer les soins palliatifs pour les malades en fin de vie. […]
"Pour le reste, cela ne relève pas, à mon sens, de la loi", estime-t-il.
La dernière phrase est encore une fois un peu ambiguë. Mais l’euthanasie est bien, comme nous l’indiquons dans notre réflexion "Que faire au second tour ?", un des domaines "non négociables" où une différence palpable existe entre les deux candidats.
Turquie : la France devrait condamner les assassinats
Le président de la Conférence des Eglises européennes (fondée en 1959, communauté de 125 Eglises de tradition orthodoxe, protestante, anglicane et vieille-catholique de tous les pays d’Europe), le pasteur Jean-Arnold de Clermont a demandé au gouvernement français d’intervenir pour qu’Ankara protège ses minorités, suite au meurtre de trois chrétiens le 18 avril. Dans un courrier adressé au président Jacques Chirac le 27 avril, le président de la KEK veut que Paris demande à Ankara
"d’adopter une attitude nouvelle envers les minorités religieuses qui, jusqu’à ce jour, ne bénéficient pas d’un statut juridique assurant leur liberté".
Le pasteur Jean-Arnold de Clermont souhaite également que le gouvernement exprime "avec la plus grande fermeté au gouvernement turc sa condamnation" des meurtres, après tortures, de deux chrétiens turcs et d’un allemand.
Soutiens envers Mgr Bagnasco
Benoît XVI a téléphoné lundi matin à Mgr Angelo Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne, pour lui exprimer sa solidarité après les menaces dont il a fait l’objet.
Le président de la République Giorgio Napolitano a évoqué un "grave épisode d’intolérance à l’encontre de l’Eglise catholique", assurant au secrétaire d’Etat du Vatican, Tarcisio Bertone, que "l’Italie ne laissera pas seul Mgr Angelo Bagnasco face à des menaces viles et inadmissibles" :
"Il faut garantir de la façon la plus sereine l’exercice de la mission pastorale du président de la Conférence épiscopale italienne et un dialogue le plus respectueux et constructif possible entre l’Eglise catholique, la politique et la société civile".
Le président du Conseil Romano Prodi avait téléphoné dès dimanche à Mgr Bagnasco pour lui exprimer sa "solidarité".
Denis Sureau ne votera pas
Le directeur de l’Homme Nouveau, de Transmettre et de Chrétiens dans la Cité s’en explique sur son blog :
"Les électeurs catholiques sont invités à choisir le 6 mai entre deux candidats qui, par-delà des différences de style évidentes, partagent un même refus des "valeurs non négociables" défendues par l’Eglise. C’est ainsi que M. Sarkozy entend favoriser l’accès à l’avortement et à la contraception, multiplie les déclarations floues sur l’euthanasie, soutient la recherche sur les embryons humains et envisage en matière d’homoparentalité un "statut de beau-parent". […] Dans ces conditions, l’abstention ou le vote blanc sont les seules options éthiques acceptables."
MJ

