La Pologne dans le collimateur de l’UE
La menace brandie par le gouvernement polonais de déchoir Bronislaw Geremek de son mandat de député européen en raison de son refus de se conformer à la nouvelle loi de "lustration" sur la décommunisation du pays a provoqué un tollé en Europe. L’ancien dirigeant du syndicat Solidarnosc, qui fut ministre des Affaires étrangères de son pays et l’artisan de l’adhésion de la Pologne à l’UE, a annoncé qu’il refusait de répéter une déclaration qu’il avait faite en 2004 disant s’il a ou non collaboré avec la police politique de l’ancien régime.
"Quand je me suis présenté aux élections (européennes) il y a trois ans, j’ai rempli toutes les conditions de la loi électorale, notamment en certifiant dans une déclaration que je n’avais jamais collaboré avec la police secrète".
Voulue par le gouvernement Kaczynski, la nouvelle loi de "lustration", qui durcit un texte de 1997, contraint les hauts fonctionnaires et d’autres corps de métier à déclarer s’ils ont collaboré ou non avec la police politique communiste.
Geremek, qui siège parmi les libéraux-démocrates, a voulu attirer l’attention sur ce texte critiqué en Europe.
"Cette loi viole les règles morales, menace la liberté d’expression, celle des médias et l’autonomie des universités".
Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, est sorti de sa réserve :
"Nous examinerons toutes les possibilités juridiques pour qu’il puisse poursuivre son travail."
Le président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a exhorté ses collègues à défendre Geremek "contre des méthodes staliniennes ou fascistes" ! Le chef du groupe socialiste, Martin Schulz, a estimé des sanctions devraient être prises si le gouvernement polonais venait à persister dans cette voie. Les articles 6 et 7 du traité de Nice prévoient en effet la possibilité de priver de droit de vote au Conseil des ministres un pays qui violerait les droits de l’homme. Or, pour les socialistes, la loi de "lustration" ne serait pas la seule raison d’enclencher cette procédure. Les mesures prises contre les homosexuels et la suppression des retraites des Polonais qui ont combattu dans les rangs des Brigades internationales envoyées en Espagne en 1936 contre Franco sont également dans le collimateur de la gauche. Pour Martin Schulz,
"L’Europe doit se dresser contre la négation flagrante des valeurs européennes par le gouvernement polonais."
Addendum : je renvoie les lecteurs à l’analyse d’Yves Daoudal. Extraits :
"Geremek est le type même du personnage qui devrait déclarer ce qu’ont été exactement ses relations avec le parti communiste polonais. Il le doit déjà en tant qu’historien. Car voilà un curieux historien qui refuse de témoigner de sa propre histoire… Mais surtout, avant d’être un européiste libéral, Bronislaw Geremek a été un militant communiste. Ayant été convaincu de la vérité du marxisme au cours de ses études, il a adhéré en 1950 au parti communiste polonais, dont il a été un militant actif pendant 18 ans. […]
En 1956-57, il a étudié à Paris […] il rejoint le courant dit révisionniste du Parti communiste français. […] Après la chute du communisme, il va devenir libéral et européiste, tout en restant ancré à gauche. Il est membre du comité d’orientation scientifique de l’association À gauche en Europe, fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn, et depuis l’an dernier il préside la Fondation Jean-Monnet pour l’Europe."
Villiers appelle à voter Sarkozy (suite)
Les raisons qu’il donne sont tout à fait respectables :
"Je ne ferai pas la politique du pire car je refuse depuis toujours les alliances électorales contre-nature et parce que je me suis toujours opposé à la gauche et à l’extrême gauche" [le communiqué complet en commentaire de ce post]
Mais voilà : Vox Galliae rappelle cette déclaration de Guillaume Peltier en février 2006 :
Le MPF est une force alternative au système. Il incarne la rupture avec le communautarisme à la Sarkozy et le socialisme à la Royal. Il n’y aura pas une voix pour le système UMPS au deuxième tour de l’élection présidentielle.
Mauvais score de Le Pen : analyses
- …D’Alex Corvus sur Vox Galliae
- … d’Olivier Pichon (via VG)
HV
Pour “Catholiques en campagne” : ni Sarkozy, ni Royal
Dans un communiqué, le collectif regroupant des associations de laïcs proches, pour la plupart, de la Fraternité Saint Pie X
… constate avec tristesse et regrette que [les deux candidats restant en lice] s’éloignent dangereusement de la doctrine sociale de l’Eglise que ce soit dans leur programme comme dans leurs prises de position personnelles.
Cette divergence, ou plus exactement cette opposition […], est suffisamment grave et bien établie pour interdire aux catholiques de leur appporter leur suffrage, à l’un comme à l’autre.
Le collectif annonce qu’il continuera son action "pour faire entendre sa voix pendant la campagne des législatives."
Liberté politique analyse le vote des catholiques au 1er tour
Extraits :
Première surprise, l’échec du démocrate-chrétien François Bayrou à attirer les catholiques pratiquants dans sa voie centriste, qui ne recueille que 20 % d’entre eux (à peine mieux que les 18,5 % de l’ensemble des Français). Le souvenir de son opposition à la mise en berne des drapeaux sur les bâtiments officiels après la mort de Jean Paul II a dû laisser des traces […].
Deuxième surprise, le recul très net de Jean-Marie Le Pen qui perd 11 points par rapport à son score de 2002. […] Les déclarations troublantes du président du Front national sur l’euthanasie, sa proposition de référendum sur la légalisation de l’avortement [non, sur une loi pro-vie, NDHV] ou sa relative complaisance pour l’homosexualité ont incontestablement éloigné une partie de son électorat catholique traditionnel.
Troisième surprise, ajoutera-t-on : seuls 15% des catholiques "pratiquants" auraient voté pour un candidat pro-vie (Le Pen ou Villiers), contre 25% en 2002 (Le Pen, Boutin ou Mégret).
Sarkozy sur Jeanne d’Arc et la nation
Il faut lire à titre de document le discours du candidat de l’UMP hier.
Voici quelques extraits :
Comment être à Rouen et ne pas penser à Jeanne sur son bûcher, criant le nom de Jésus au milieu des flammes tandis que, selon les témoins du temps, « dix mille hommes pleuraient »…
Comment être à Rouen et ne pas penser à Jeanne d’Arc qui prit les armes pour sauver la France lorsqu’elle sût « la pitié qu’il y avait au royaume de France » ? […]Comment être à Rouen et ne pas penser à ce que Barrès disait de Jeanne : « Etes-vous catholique ? C’est une martyre et une sainte que l’Eglise met sur les autels. Etes-vous royaliste ? C’est l’héroïne qui a fait consacrer le fils de Saint Louis par le sacrement de Reims. Pour les républicains, c’est l’enfant du peuple. Enfin, pour les socialistes, ils ne peuvent oublier qu’elle disait : « J’ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux. » […]
Si l’on [n’] en parlait plus de Jeanne d’Arc c’est parce qu’il était devenu presque impossible de parler de la France. Ou peut-être parce que l’on avait pris tellement l’habitude de la dénigrer qu’il était devenu impossible d’évoquer celle qui lui avait donné son plus beau visage, qui était un visage de pureté et d’innocence. […]
La France, c’est un art, c’est une culture, c’est une manière d’être et de penser.
La France, c’est la pensée claire, c’est la raison, c’est l’esprit des Lumières.C’est aussi 2000 ans de christianisme, 2000 ans de civilisation chrétienne. Je n’ai pas l’intention de renier cet héritage chrétien dans l’histoire de France. Je sais, cela ne se fait pas. Trop tard, c’est fait.
La France, c’est Saint Denis, c’est Reims, c’est Domrémy, c’est le Mont Saint-Michel.
La France, c’est Dieu sorti de la pénombre du sanctuaire où l’art roman l’avait enfermé pour être offert à la lumière des cathédrales. Cathédrales qui font la fierté des villes.La France, c’est la morale laïque qui incorpore 2000 ans de valeurs chrétiennes.
La France, c’est le respect de toutes les religions. C’est l’universalisme et c’est l’humanisme.
Pour seul commentaire, rappelons ce paradoxe : aucun candidat de "droite" à la présidentielle (pas M. Giscard, pas M. Chirac) n’était jamais allé aussi loin que M. Sarkozy dans le soutien explicite à l’avortement légal et aux unions "gays". Tout le dilemme des catholiques entre ces deux tours est résumé par la juxtaposition de ces faits avec ces paroles.
Le Salon Beige sur Radio Courtoisie
C’est aujourd’hui à partir de 18h00 dans le Libre Journal de Serge de Beketch animé ce soir par Daniel Hamiche. Pour écouter.
MJ
Act Up condamné
Act Up Paris a été condamnée par le tribunal de grande instance de Paris à verser un euro de dommages-intérêts au recteur de Notre-Dame à la suite de l’organisation d’un mariage homosexuel symbolique au sein de la cathédrale.
Le 5 juin 2005, une vingtaine de militants de l’association s’étaient introduits dans la cathédrale pour procéder à un "mariage". Déguisé en prêtre, un membre d’Act Up avait "marié" deux femmes, tandis que les manifestants scandaient : "Benoît XVI, homophobe, complice du sida". Le recteur avait ensuite été agressé.
Dans son jugement, la 1re chambre du TGI a considéré que l’action organisée par l’association portait atteinte à la liberté de religion et au libre exercice du culte qui "constituent des libertés fondamentales protégées par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme".
"Les faits se sont déroulés sans l’autorisation du recteur de la cathédrale et même contre sa volonté et malgré son opposition expressément manifestée. Ils constituent à l’évidence une atteinte directe aux principes fondamentaux qui ont été rappelés".
François Bayrou ne donne pas de consigne de vote
Le troisième homme a renvoyé Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal dos à dos, critiquant sévèrement leurs programmes. Interrogé sur son propre vote, il a répondu: "Je ne sais pas ce que je ferai". Le leader de l’UDF a indiqué qu’il acceptait la proposition de Ségolène Royal d’un débat avec elle. Il a annoncé la fondation d’un nouveau parti centriste, le Parti démocrate.
La réaction de Bruno Gollnisch
Bruno Gollnisch est interrogé dans Le Monde. Extraits :
"La légitime dédiabolisation a peut-être été perçue comme un recentrage. Ce n’était pas dans les intentions de Jean-Marie Le Pen, mais cela a peut-être été compris comme cela par une partie de son électorat. […] Quand on essaie de diversifier le message, on vous fait des reproches. Et si on reste sur les mêmes thèmes, on vous dit que vous ne savez dire que cela, que vous attisez les peurs. […]
Que devrait faire M. Sarkozy pour que vous décidiez de voter pour lui ? Instaurer la proportionnelle pour les législatives ?
Ce n’est pas aujourd’hui, en faisant des promesses tardives, mineures et misérables, que nous allons abandonner notre droit d’aînesse pour un plat de lentilles. […] Le FN doit être lui-même, imperturbablement. Il incarne un phénomène unique de la vie politique française par la fermeté et par la clarté de ses positions. Nous n’avons pas à nous soucier d’alliances ou de tractations avec des gens qui n’ont pas fait la preuve de leur fiabilité."
Les européistes repartent à l’attaque
Galvanisé par l’énorme score réalisé par les candidats du ‘oui’ à la présidentielle, le président de la commission européenne José Manuel Barroso organise les 12 et 13 mai prochain (une semaine après le second tour !) des discussions à huis clos au Portugal avec des dirigeants de l’UE sur la Constitution européenne.
La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE, devrait proposer une solution lors du Conseil européen de juin prochain. 12 questions ont été adressées aux Etats membres pour servir de base aux discussions sur l’avenir du traité constitutionnel. Le Conseil européen de juin définira les grandes lignes d’une nouvelle version du traité constitutionnel. Une conférence intergouvernementale se tiendra ensuite. L’objectif est d’aboutir avant les élections européennes de 2009. La présidence allemande interroge notamment ses interlocuteurs sur la suppression de l’article qui affirme la primauté du droit européen.
Les débats de l’entre-deux tours
Machines électroniques et élections
Les machines électroniques n’ont pas fait l’unanimité.
4 maires renoncent à les utiliser pour le second tour.
Emeutes : la fin de l’omerta ?
Le premier tour est passé, un coin du voile se lève… :
"51 automobiles et 9 scooters ont été incendiés dans l’est et le nord de Paris les 21 et 22 avril […]. Ces dégradations ont été commises dans les 10e, 11e, 12e, 18e, 19ème et 20e arrondissements.
Durant la nuit du 21 au 22 avril, quatre mineurs ont été interpellés en possession de liquide inflammable. "Ils sont ressortis libres à l’issue de leur audition", précise la préfecture de police."
Les marcheurs de Dieu
Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté :
"Au moment où la question du rite traditionnel de St Pie V est en discussion et alors que les fondements de la société française sont ébranlés et redéfinis, l’association Notre-Dame de Chrétienté s’apprête à célébrer les 25 ans du Pèlerinage de la Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres. C’est l’un des plus grands pèlerinages d’Europe : 100 km à pied de Notre Dame de Paris à Notre Dame de Chartres. A la messe de clôture, 10 000 pèlerins sont rassemblés dans la cathédrale et débordent sur le parvis. […]
Encadrés par des laïcs spécialement préparés, les pèlerins vont, cette année les 26, 27 et 28 mai 2007, méditer sur le thème « les marcheurs de Dieu », décliné avec les trois piliers de l’association : Chrétienté, Tradition, Mission. Chrétienté, car le devoir du chrétien est de bâtir, dès ici bas, une cité préparant la voie de la Cité Céleste. Tradition, pour rappeler les richesses de l’Eglise à transmettre de génération en génération. Mission, pour répondre à l’appel du Christ, qui engage tout baptisé à être apôtre à son tour. […]
Plus que jamais, ce premier jubilé, préparé avec une attention spéciale pour marquer dignement cet évènement, est l’occasion de mobiliser largement. Venez nombreux, en famille, entre amis, invitez vos proches."
Addendum jeudi 26 avril On me demande préciser que :
"Notre Dame de Chrétienté rappelle à ses cadres et aux pèlerins qu’une préparation à la consécration mariale (ou son renouvellement) pour le pèlerinage de Pentecôte a déja commencé. Il reste jusqu’à dimanche 29 avril pour rejoindre les 450 inscrits." Une fois inscrit, on reçoit un mail quotidien de méditations pendant les 33 jours qui précèdent le pèlerinage, afin de se consacrer le dimanche soir au bivouac de Gas.
En outre, on peut s’incrire en ligne au pèlerinage à tarif réduit jusqu’au 1er mai.
Jean-Marie Le Pen ne compte pas passer la main
La question fait débat dans toute la presse. Présent, lui, nous informe :
"[C]e dernier est catégorique. Tel un Delon parlant de Delon, le président du FN a déclaré que «Le Pen n’est pas parti et n’est pas disposé à partir (…). Pour m’expulser, il faudra des costauds !» Le GIGN ? Pour Le Pen, donc, «il n’y a pas de problème de succession». […] Pas question non plus d’aborder cette question lors du prochain congrès du mouvement national qui doit avoir lieu au plus tard en avril 2008. Congrès au cours duquel Jean-Marie Le Pen sera non pas «élu» mais «réélu».
A propos de son résultat de dimanche, le président du mouvement national estime qu’il s’agit là d’«un accident de parcours». Et de rappeler qu’«aux européennes de 1999, j’ai fait 5%, en 2002, 17%. […] Persuadé que le Front national remontera vite si Nicolas Sarkozy est élu, Jean-Marie Le Pen a déclaré qu’il «n’a qu‘à attendre cent jours» pour que le FN se ragaillardisse et retrouve sa place de vrai leader de parti d’opposition."
Deux proches du MPF rejoignent Nicolas Sarkozy
"deux proches de Philippe de Villiers ont rejoint Nicolas Sarkozy. Il s’agit du député UMP Jérôme Rivière, qui fut, durant cette campagne élyséenne, président du comité de soutien du candidat MPF, et du sénateur vendéen Philippe Darniche."
MJ
Appel aux candidats pour refonder l’école
Laurent Lafforgue et Marc Le Bris dressent un tableau de l’école particulièrement sombre. Ils ont initié un «appel à la refondation de l’école» signé par dix mille personnes, dont Jean-Paul Brighelli, Robert Redeker, Marc Fumaroli, Jacqueline de Romilly mais aussi Jean-Pierre Chevènement.
Les signataires proposent un pacte au futur président de la République dans lequel les fondements de l’école primaire (lire, écrire, compter) seraient retrouvés. Ils demandent aussi une refonte des programmes qui devront être «courts et compréhensibles par tous». Les horaires prévus en français et mathématiques, qui ont fortement diminué depuis des années, devraient être revus à la hausse. Ils prônent le retour d’un examen d’entrée en 6e, «fondé sur des épreuves comportant au moins dictée, rédaction, questions et problèmes d’arithmétique». Pour les élèves en difficulté, en fin de CM2, ils préconisent l’instauration d’un CM3, «structure intermédiaire entre l’école primaire et le collège» qui pourrait ramener les élèves vers le second cycle ou au contraire les orienter vers une voie professionnelle débutant à la fin de la cinquième.
L’utilisation de la religion
Le journaliste israélien Yossi Bar, ancien président de l’Association de la presse étrangère en Italie est intervenu lors d’une journée d’études organisée à l’Université pontificale grégorienne sur «La religion dans la presse. Catholicisme et autres religions dans les quotidiens laïcs et confessionnaux».
"Très souvent, les hommes politiques et les affairistes utilisent leur dévotion religieuse pour servir leurs propres intérêts personnels, conquérir des votes, vendre leurs produits, en utilisant cette image de la religion dans laquelle les personnes mettent leur confiance. Aujourd’hui, nous vivons un équilibre très délicat où les journaux et les journalistes doivent réfléchir plusieurs fois avant de publier des nouvelles pouvant nuire aux intérêts des politiciens qui représentent ou se travestissent en serviteurs de Dieu.
Nous voyons bien comment les terroristes, en brisant la vie humaine de tant d’innocents, utilisent la religion pour justifier leurs actes criminels. Ce lien entre religion et politique est un lien dangereux, car il risque de faire de la religion un instrument de propagande pour promouvoir des idées qui n’ont rien à voir avec la foi. Des valeurs spirituelles authentiques et profondes ne peuvent être confondues avec les intérêts politiques et financiers."
A l’étranger, la France ne fait plus rêver
Sur son blog, Ludovic Monnerat est sans illusion :
"Je vois mal, en effet, un avenir radieux à la France – et ce n’est pas faute de le vouloir. Le chômage élevé et durable, les déficits abyssaux et parfois cachés, la productivité artificiellement affaiblie, l’exode croissant des cerveaux, la subventionnite à tous les niveaux, les «troisièmes tours» sociaux à gogo, la légitimité limitée des institutions, la calcification de la classe politique, la multiplication des zones de non droit, la décadence profonde de l’autorité, les tabous sur l’identité nationale, la pratique d’une immigration incontrôlée, le dévoiement de la politique étrangère, le poids du politiquement correct – voilà autant de raisons qui me font douter de la France. […] J’aime la France, j’aime y aller, j’aime la découvrir et apprendre à la connaître, mais la France ne me fait pas rêver, et pour rien au monde ne souhaiterais-je y vivre."
La déchristianisation se lit-elle dans les cartes électorales ?
La géographie religieuse de la France s’est longtemps retrouvée dan
s les cartes des résultats électoraux : la corrélation entre l’imprégnation culturelle catholique et le vote de "droite" est patente dans les cartes jointes (à gauche en noir et blanc, la pratique religieuse en 1955 – le blanc indique la plus forte; à droite, les votes Giscard et Mitterrand au 2e tour de 1981).
Cette corrélation va-t-elle se retrouver lors du scrutin du 6 mai ? Rien n’est moins sûr : la carte des résultats du 1er tour (ici) semble indiquer qu’elle s’estompe de plus en plus, notamment dans l’Ouest. Les catholiques "pratiquants" votent toujours très majoritairement à "droite", mais les régions historiquement les plus catholiques se distinguent maintenant surtout par… leur soutien au fédéralisme européen !(carte de gauche : le "oui" au TCE). D’une eschatologie à une autre…
Le vote musulman a été massivement socialiste
64% des musulmans auraient voté Royal, d’après une enquête, contre 19% Bayrou et 1% Sarkozy (via Vox Galliae).
Ce phénomène touche aussi nos voisins. Le journaliste conservateur belge Paul Belien en analysait l’impact dans un article du Washington Times (v.o.), le 11 avril dernier.
[E]n septembre 2002, lors des élections législatives allemandes, c’est avec une marge d’à peine 8.864 voix que le socialiste Gerhard Schroeder a battu Edmund Stoiber, son adversaire conservateur. L’Allemagne compte plus de 700.000 électeurs Turc-Allemands – et près de 3 millions d’immigrés turcs qui ne votent pas (encore). Les musulmans ont voté en très grande majorité pour M. Schroeder.
Ils ont fait de même en 2005 mais à cette occasion, le vote des Alemands de souche (ou vote "allemand-allemand") s’est reporté à droite à un tel degré que la candidate du CDU Angela Merkel l’a emporté de justesse. Mais les années passant, il va devenir de plus en plus difficile de contrer le vote du bloc musulman.
L’année dernière, le vote musulman a fait pencher la balance à gauche dans les élections locales aux Pays-Bas comme en Belgique. L’Institut d’étude des migrations et des phénomènes ethniques de l’Université d’Amsterdam a rapporté que 84% des immigrés turcs aux Pays Bas ont voté à gauche, ainsi que 90% des Marocains. [via novopress]
Sur son blog, Paul Belien donnait plus de détails de ce vote musulman aux Pays-Bas aux élections municipales de mars 2006 : 84% des Turcs, et 81% des Surinamiens/Antillais, avaient voté pour le seul Parti Travailliste. Le parti chrétien-démocrate CDA n’avait remporté que 3% du vote immigré.
La constante est que le vote musulman paraît monolithique, et faire fi des questions de société : plus des trois quarts des électeurs musulmans français ont ainsi voté pour des candidats ouvertement favorables au "mariage" entre personnes de même sexe.
L’échec du “gaucho-lepénisme”
Minute analyse les raisons du recul de Jean-Marie Le Pen :
"[Lionel Jospin] avait commis trois erreurs majeures. La première fut de laisser s’exprimer des candidatures […]. Jean-Marie Le Pen a lancé son union patriotique, acceptée par Bruno Mégret mais pas par Philippe de Villiers. Le score […] cumulé […] n’aurait certes pas changé l’ordre d’arrivée du premier tour. Si l’on s’en tient à la mathématique pure. La politique […] est aussi, et d’abord, affaire de dynamique. Or non seulement Philippe de Villiers a mordu partiellement sur l’électorat de Le Pen […], mais il n’a eu de cesse, sous l’influence d’un conseiller ayant des comptes à régler avec son ancien parti, de cogner sur Le Pen […]. Quant à l’union patriotique […], elle n’a jamais été effective et a été source de différends constants au sein du Front national, créant de nouveaux clivages […] [S]i Le Pen avait souhaité faire alliance avec lui, c’est sans doute qu’il […] pensait qu’outre l’apport électoral, il y avait la possibilité de créer une dynamique unitaire. Pourquoi alors tant d’oppositions ? […] Mégret risquait, selon ses détracteurs, d’ancrer Jean-Marie Le Pen trop à droite, alors que la stratégie voulait qu’il aille chercher ses voix à gauche […] sur une sorte de gaucho-lepénisme […] On ne saura jamais l’effet qu’aurait produit un grand meeting national réunissant, à une même tribune, Jean-Marie Le Pen, Philippe de Villiers, Bruno Mégret, Marine Le Pen, Bruno Gollnisch. […]
La deuxième erreur commise en 2002 par Lionel Jospin fut de laisser croire […] que sa campagne n’était «pas socialiste» […]. [I]l a été tout à fait extraordinaire de voir qu’au moment même où les trois autres principaux candidats n’avaient plus que le mot France à la bouche, […] [Le Pen] a axé ses propos […] non plus sur la France mais sur la République et sur ses «valeurs». […] Il cherchait par là tout à la fois à prendre à revers le discours diabolisateur qui l’excluait de la sphère dite «républicain » et à capter un électorat de gauche vis-à-vis duquel il voulait apparaître comme le meilleur défenseur des valeurs en question. […] Jean-Marie Le Pen, lui, a vu son électorat de 2002 fondre de plus de six points (et près d’un million de voix) […] sous l’effet d’une double hémorragie : en direction de François Bayrou, à la fois pour les mêmes motivations anti-Sarko d’une partie de l’électorat lepéniste […] et vers Nicolas Sarkozy qui a réussi, lui, à faire croire que, s’il était élu, il mettrait en oeuvre ce que réclament depuis plusieurs décennies les Français qui votent pour Jean-Marie Le Pen. […]
En 2002, et c’était là la troisième erreur du candidat socialiste, Lionel Jospin avait cru pouvoir faire campagne sur son bilan, oubliant qu’une campagne présidentielle […] ne se gagne que sur un projet. Jean-Marie Le Pen a également eu une approche semblable […] sur son aptitude […] à avoir annoncé aux Français les maux dont ils allaient être victimes […]. Il a aussi cru que, par un effet symétrique, opposer son bilan prédictif positif aux bilans prédictifs négatifs de ses concurrents suffirait à convaincre les Français qu’il était le seul à même de répondre à leurs attentes.[…]
Quand, en fin de cette campagne […] Jean-Marie Le Pen, qui n’avait pas cru jusque-là aux vases communicants entre son électorat et celui de Nicolas Sarkozy, [en] a pris conscience […], il était trop tard, et la méthode utilisée a peut-être bien coûté encore plus qu’elle n’a rapporté, tant il a pu sembler incongru qu’il aille un jour expliquer aux Français d’origine extra-européenne qu’ils étaient des Français comme les autres pour, quelques jours plus tard, choisir comme angle d’attaque contre Nicolas Sarkozy ses origines grecque et hongroise. […] Il tentait, avancions-nous, un «coup de poker qui fait fi de toutes les règles du jeu politique»."
François Bayrou soutiendra-t-il Nicolas Sarkozy ?
Lu dans Minute (à paraître demain) :
"Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les dirigeants de l’UMP […] étaient soucieux : « C’est tout l’équilibre de la campagne qui tombe à l’eau car il va falloir composer avec les centristes… » En effet, Nicolas Sarkozy […] a bâti un programme nettement plus à droite que son prédécesseur […].
Il y a encore une dizaine d’années, on aurait pu légitimement penser que les trois quarts des électeurs de François Bayrou iraient porter leurs suffrages en faveur de Nicolas Sarkozy. Or, la structure de l’électorat UDF a changé entre temps et […] seulement un tiers des électeurs de François Bayrou sont sûrs de voter pour Sarkozy au second tour. Nicolas Sarkozy peut-il poursuivre sa campagne avec le même programme que celui qu’il a défendu avant le premier tour ? Pour tenir cette ligne politique entre les deux tours,il aurait fallu que Jean-Marie Le Pen soit le troisième homme […]
Nicolas Sarkozy a demandé lundi matin à Jean-Pierre Raffarin et à Gilles de Robien d’engager des négociations avec François Bayrou pour étudier les conditions de son ralliement. Selon certaines indiscrétions, […] le candidat UDF aurait placé la barre très haut : un gouvernement composé à parité UMP-UDF, la révision du programme économique de Nicolas Sarkozy dans un sens plus social et l’abandon du projet de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Pour les élections législatives, l’UDF va même jusqu’à demander à l’UMP de se retirer de la moitié des circonscriptions…"
Le lobby gay à Saint-Etienne
E-deo nous apprend que le festival "Autrement Gay" se déroulera à Saint-Etienne les 1er, 2 et 3 juin, jours pendant lesquels les Stéphanois vont devoir supporter la culture gay : cinéma, expositions, spectacles, lectures, moments festifs sans oublier les débats. Le public est invité à venir à la rencontre d’artistes, d’auteurs, de représentants de la vie associative et de la classe politique qui ont choisi d’évoquer dans leur travail, leur créativité, leur engagement le thème de l’homosexualité. Selon Novopress Lyon,
"les édiles stéphanois souhaitent que cette tournure “gay” de l’ancienne ville minière leur apportera de bons points dans la course au titre de Capitale Européenne de la Culture en 2013".
Les édiles stéphanoises en question, soutiens de l’événement, sont UMP. Avec notamment Pascal Clément.
Addendum : Rectificatif du Conseil général de la Loire :
"Pascal Clément ne soutient nullement les manifestations gay sur Saint-Etienne. Il se trouve qu’un conseiller général socialiste (Régis Juanico) subventionne un festival sur l’enveloppe qui lui est réservée. D’où la confusion. A notre insu, les organisateurs avaient même mis notre logo. Je m’en étais déjà expliqué avec le président des AFC de la Loire."
La déclaration de Philippe de Villiers
… de dimanche soir est en ligne :
"Le renouveau de notre pays passe par trois urgences absolues :
- la reconquête de nos pouvoirs perdus. […] L’européisme est une idéologie mortelle, une voie sans issue.
- le renouveau de nos repères civiques et moraux, pour que la société soit à nouveau tournée vers la vie, vers la famille, vers l’esprit d’entreprise et non vers l’avortement de masse, l’eugénisme, l’euthanasie et le socialisme et le laxisme.
- affirmer l’autorité de l’Etat face aux communautarismes."
2 religieuses assassinées
Deux nonnes orthodoxes ont été retrouvées assassinées dans un monastère d’Arcadie, au sud-est du Péloponnèse, où elles vivaient seules. Les deux victimes, âgées de 86 ans et 63 ans, qui gisaient en chemise de nuit dans leur chambre, ont probablement été étouffées ou étranglées.
Dans l’immédiat, la police privilégie la piste d’un vol commun ayant mal tourné. Une autre raison eut été étonnante…
L’UE met son doigt partout
Le Parlement européen a dénoncé un programme croate d’éducation sexuelle qui devrait être enseigné dans les écoles à partir de la prochaine rentrée scolaire. Les députés du PE, membres du Groupe de travail sur la Santé reproductive, expriment leur "inquiétude en raison de la possible introduction (dans les écoles) du programme d’éducation sanitaire et sexuelle" :
"Ce programme (…) propose des informations médicalement inexactes et incomplètes sur la santé reproductive et sexuelle (…) et sur des méthodes accessibles et légales de contraception".
Ils estiment que ce programme donne des "opinions négatives sur l’homosexualité et contredit les lois croates qui interdisent la discrimination".
Victoire idéologique de Jean-Marie Le Pen
C’est l’avis de Me Trémolet de Villers :
"Jamais, depuis 1958 – presque 50 ans – la nation – la France – n’avait été autant au centre des débats. Ce n’est pas la doctrine économique, le partage des réactions, et encore moins l’Internationale, qui inspire les propos. C’est l’identité nationale. […]
Que, dans ces circonstances, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers aient obtenu, à eux deux, 13% des voix manifeste aussi cette progression des idées du mouvement national. D’autant que la présence de François Bayrou, un candidat «anti-système» ressemblait furieusement à l’opération Lecanuet de 1965, qui en faisant un score très semblable, avait réduit à 5,5% le fonds électoral de Jean-Louis Tixier-Vignancour. Quarante deux ans plus tard, ce fonds irréductible a plus que doublé, et les idées qu’il défend se sont répandues, de façon plus diluée et plus incertaine, mais d’une façon visible, dans le discours majoritaire. […]
L’important, maintenant, c’est d’assurer, dans le nouveau paysage politique français, la continuité du mouvement national. Les déceptions électorales entraînent des divisions, des rancœurs, des excommunications réciproques. […] C’est seulement dans le combat des idées – dans la définition du projet dont la France a besoin – que réside, une fois encore, le renouvellement de notre espérance. C’est sur ce plan-là que nous avons commencé à entamer un redressement. C’est sur ce plan-là que nous sommes forts. C’est sur ce plan-là que doit être poursuivi notre effort. […] Les temps ont changé. Les générations aussi. Le temps de la domination marxiste est passé. Pour l’avenir de l’intelligence française, tout est ouvert."


