Le grand écart de Nicolas Sarkozy
Interrogé sur les racines chrétiennes de l’Europe, Nicolas Sarkozy affirme :
"La question de savoir si Dieu doit être dans la Constitution européenne ne se pose plus puisqu’il n’y a pas de Constitution. Donc, on ne va pas se battre là-dessus."
Pourtant, on peut lire en point 6 de son programme :
"J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. La question de la réécriture d’un texte plus global, scellant la dimension fondamentalement politique de l’Europe, se posera dans un second temps."
Le traité simplifié serait adopté par le Parlement avant la fin de l’année. Comment peut-il affirmer que cette question ne se pose plus ?
Les boîtes à bébés
Dans une allée boisée de Berlin, on peut trouver une « boîte à bébés », ultime recours pour de jeunes mères en détresse qui peuvent y déposer leur nouveau-né dans l’anonymat absolu. Encastré dans un mur de l’hôpital Saint-Joseph, on voit un rectangle de métal poli muni d’une poignée. Dedans, un minuscule lit à la couette fleurie et une lettre sous enveloppe, libellée «à emporter», en allemand, turc, polonais et russe.
«Le message indique aux jeunes mères désespérées quel sort attend leurs enfants et comment faire pour les reprendre si elles changent d’avis», explique soeur Chiara, de la direction de l’hôpital. Une caméra est branchée sur le petit habitacle, de manière à ne filmer que l’enfant «sans identifier la personne qui le dépose». Au bout d’une minute, de quoi permettre un départ discret, une sonnerie retentit dans la maternité pour alerter le personnel de la présence du bébé. Les naissances sont signalées à l’état civil et aux administrations responsables des adoptions. La mère a huit semaines pour revenir sur sa décision, voire jusqu’à un an pour faire valoir ses droits.
L’abandon d’enfant n’est pas le propre des temps modernes. «Songez à Moïse», sourit la religieuse de la Congrégation des soeurs de Sainte-Elisabeth. La «boîte à bébés» non plus : un tourniquet tout à fait comparable avait été créé par le pape Innocent III, au XIIe siècle. Le principe était le même pour le «tour» instauré par saint Vincent-de-Paul.
L’Allemagne a réintroduit le mécanisme en avril 2000, à la suite de la découverte d’un cadavre de bébé dans une benne à ordures. Depuis, il en existe plus de 80 à travers le pays.
“Que peut-il sortir des urnes ?”
C’est le titre du dernier numéro de Permanences (sommaire détaillé). Nicole Buron développe dans l’éditorial (repris sur E-Deo) la thèse suivante :
La politique est l’art du meilleur possible ; avec pour conséquence jusqu’à une époque pas si lointaine, la possibilité pour les laïcs catholiques de considérer, en conscience, qu’il était possible de choisir le moindre mal à défaut du plus grand bien, dans la mesure où l’Etat et ses institutions respectaient dans ses grandes lignes le droit naturel […].
Ce n’est plus le cas à présent ! Le relativisme philosophique et moral, déferlant depuis mai 68, a submergé nos institutions et le fonctionnement de la vie politique, et par le fait même placé les catholiques français en état de dissidence.
Le numéro propose également un utile passage du programme et des déclarations des candidats au tamis des points non négociables – à lire en complément de celui que nous proposons* dans notre colonne de gauche.
* L’article de Permanences fait notamment plus de cas que nous de déclarations ambiguës de M. Le Pen sur l’euthanasie, mais ne les contrebalance pas par une référence au programme du candidat (ici, N°6); et indique de manière erronnée que le programme officiel de M. de Villiers ne comporte pas de mesures pro-vie "concrètes" (ici, mesures 121 et suivantes).
Add 19h10 : l’auteur de l’article nous précise dans un mel :
"[J]e tenais à vous signaler que les mesures concrètes de Villiers, notamment sur le droit à la vie, ont été très récemment publiées et que l’article a été écrit avant cette publication. […]. Et ce n’est que pour cette raison qu’elles ne sont pas mentionnées dans l’article."
“A quelques jours du scrutin, Nicolas Sarkozy se drape de christianisme”
… titre Le Monde, mentionnant notamment l’interview du président de l’UMP dans Famille chrétienne qu’évoquait hier Lahire :
Après avoir cité le pape Jean Paul II lors d’un passage télévisé lundi, Nicolas Sarkozy est resté dans la même thématique, mardi 17 avril, estimant, dans deux interviews, que la part du christianisme dans l’identité nationale est "déterminante" et que les "racines chrétiennes" de l’Europe sont incontestables.
Dans un entretien à paraître dans l’hebdomadaire Famille chrétienne du 21 avril, le candidat UMP déclare que "le christianisme a vu naître notre nation".
Mais respecter Jean-Paul II et le christianisme, ce qui est bien, devrait amener à respecter les points non négociables…
La France, innocente de tout génocide ?
Lors d’un meeting à Nice le 30 mars, Nicolas Sarkozy avait déclaré :
"je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide."
Le Conservateur dément cette affirmation. Une proposition de loi aussi.
MJ
Exemple de manipulation médiatique
…raconté par Paul-Marie Couteaux :
"Il y a quelques jours le service public offrit un saisissant exemple de manipulation en interrogeant Mme Dominique de Villiers assistant à la grande réunion publique de Nantes. Tandis que celle-ci expliquait qu’elle partageait les opinions de son mari, on vit à l’image une main qui pouvait passer pour être la sienne ornée d’une bague de belle importance où ressortait une fleur de lys. Après vérification, il apparut que ce n’était nullement la main et la bague de Mme de Villiers mais une image incrustée dans le reportage qui se glissait là d’elle-même pour ainsi dire par hasard : manipulation typique dont s’excusa plus tard le directeur de l’information de France 2 sans nullement en tirer de conclusion ni proposer réparation. J’ai cité dans un précédent carnet l’affaire "Audrey Pulvar", tout aussi consternante. Le 5 mars, cette journaliste de France 3 interrompit par deux fois Philippe de Villiers pour le contredire et affirmer que les sans-papiers n’étaient nullement bénéficiaires de l’AME (Aide Médicale d’Etat) ; or non seulement elle interrompait l’un de ses invités, ce qu’elle n’aurait sans doute fait pour aucun autre, mais en plus elle avait tort sur le fond de la question, ce que Marie-Laure Augry, médiatrice de la chaîne, finit par reconnaître sans nullement s’excuser ni proposer de rectification publique. […]
Et passons sur la kyrielle de mensonges dont nous sommes abreuvés tous les jours – exemple entre cent, cet article du Monde daté du 12 avril où la correspondante de ce journal à Bruxelles affirmait que l’Allemagne avait ratifié la Constitution européenne, ce qui est strictement faux attendu qu’elle en est empêchée par le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe."
L’identité nationale dans la campagne électorale ?
Une "auberge espagnole", constate Laurent Dandrieu.
De moins en moins d’avorteurs
…en Grande-Bretagne : de plus en plus de médecins refusent d’être impliqués et usent de l’objection de conscience.
MJ
“Jésus de Nazareth”, de Benoît XVI
"Jésus de Nazareth. Du baptême au Jourdain à la Transfiguration" : le livre de Joseph Ratzinger-Benoît XVI a pour dessein, explique le pape dans sa préface, de favoriser "l’amitié avec Jésus", de faire connaître Jésus dans sa relation au Père.
Présenté au Vatican le 13 avril le livre est sorti aujourd’hui en librairie en Italie, où les éditions Rizzoli l’on tiré à 350 000 exemplaires. Il sera publié en France début mai chez Flammarion. Une publication qui correspond volontairement à l’anniversaire du pape. Les traductions sont prévues en une trentaine de langues.
Le pape avoue avoir travaillé à ce livre "après un long chemin intérieur". Sait-on vraiment quelque chose de sur l’"homme de Galilée" ?, s’interroge le pape après des décennies de doutes critiques. Selon le cardinal Schönborn :
"Les innombrables images fantaisistes de Jésus comme un révolutionnaire, un mythe révolutionnaire social, comme l’amant secret de Marie de Magdala, etc. … peuvent être tranquillement déposées dans l’ossuaire de l’histoire. Mais la grande question permanente demeure cependant toujours : Jésus en lui-même est-il cohérent ? La compréhension qu’il a de lui-même de son identité, n’est-elle pas une erreur énorme que le christianisme suit depuis 2000 ans ? Le judaïsme et l’islam se scandalisent justement de cette prétention. Lui donner une réponse, tel est le véritable défi qui se pose aujourd’hui au Successeur de Pierre (et de Paul) dans l’aréopage du public d’aujourd’hui".
Un livre qui sera complété par un second volume traitant de l’Enfance de Jésus, de la Passion et de la Résurrection.
Marseille doit résilier le bail promis à la mosquée
On m’informe que :
"le Tribunal administratif de Marseille, ce mardi 17 avril, a annulé la délibération de la commune de Marseille octroyant à bail un terrain pour la mosquée de Marseille et a enjoint à la ville de résilier le contrat de bail conclu avec l’association pour la mosquée de Marseille".
Michel Janva (merci à L.F.)
La guerre culturelle est déjà gagnée
Sous la plume de Me Trémolet de Villers, dans Présent :
"Ces choses commencent le 10 mai 1981, par l’élection à la présidence de la République de François Mitterrand. Cette élection constituait un fait nouveau, «le fait nouveau du socialisme au pouvoir», disions-nous à l’époque. Car c’était la première fois, dans notre histoire, que l’idéologie socialiste, qui avait culturellement explosé en mai 68, trouvait un levier politique aussi fort. Ni Léon Blum, sous la IIIe République, ni Guy Mollet et la SFIO, sous la IVe République n’avaient bénéficié d’institutions aussi fortes. […] Effectivement, pendant quatorze ans – et après – sous des ministres différents, un seul ministère continua dans le même esprit, celui de Jack Lang, la Culture. Cette «culture» que Charles de Gaulle en 1961, avait «laissé à la gauche comme un os à ronger» prenait le pouvoir, et était bien décidée à le garder. Dans l’éducation nationale, dans les médias, dans la magistrature, c’était le triomphe social et institutionnel […] des révolutionnaires en peau de lapin de Mai 68 qui deviendront, les bourgeois-bohêmes (bobos) du Paris d’aujourd’hui.
[…] Il n’est pas certain que Jacques Chirac, qui est moins bête qu’il n’y paraît, n’ait pas senti qu’au point où se trouvait la domination idéologique de la Gauche en France, il ne pouvait que se couler dans ce système s’il voulait être élu. Il se rallia donc à une stratégie de droite molle et complaisante à la gauche ou, plutôt, il manifesta que son seul ennemi était le Front national. […]
[A]ujourd’hui, les cadres de cette gauche arrivée au pouvoir en 1981 ont considérablement vieilli. […] Leurs successeurs ne parlent plus de «jouir sans entrave», ni de chercher «sous les pavés, la plage», mais «d’ordre juste», «d’intégration sociale», de «chance au travail». […] Le successeur de Jacques Chirac reprend les thèmes de Jean-Marie Le Pen pour essayer de lui prendre ses voix et Ségolène Royal ne veut pas être en reste avec la nation, la France, la famille et le travail qui sont, rappelle-t-elle, des valeurs de la gauche. Et, comme pour signer ce renversement, elle retire à Jack Lang la charge du programme sur la Culture.
Le fait nouveau, évident, massif, de cette campagne est dans ce changement du discours. La France et son identité sont revenues au centre des propos. Celui qui donne le ton, ce n’est plus Cohn-Bendit, c’est Jean-Marie Le Pen. Il se peut que sa victoire ne soit pas électorale, directement. Mais ce changement-là durera, car il n’est que la transcription politique d’un autre mouvement, beaucoup plus profond et qui finira par être, même en France, irrésistible, le mouvement de renaissance ouvert dans l’Eglise de notre temps, par le Pape Jean-Paul II, à son avènement, le 22 septembre 1978 : «N’ayez pas peur ! Ouvrez toutes grandes au Christ les portes de vos systèmes politiques, économiques et sociaux.»"
Intrusion informatique au FN
Suite à la plainte déposée par Jean-Marie Le Pen, l’affaire a été classée sans suite par le parquet de Nanterre.
MJ (via Présent)
L’exemplarité de la famille de Jeanne-Marie
"C’est la première fois depuis des siècles devant une cour d’assises que l’on entend parler comme ça. […] Les témoins de l’audience n’auront pas manqué d‘être frappés par l‘évocation de la piété de cette enfant de dix ans. «Elle était plus digne du ciel que de la terre», témoigne sa maman, Marie-Martine. «C‘était une petite fille comme les autres, raconte Louis-Marie, mais elle avait compris l’exigence universelle à la sainteté. Elle avait une vie de prière intense.» […]
«Nous avons peu à peu appris ce que Jeanne-Marie a subi. On n’a rien pu faire pour elle, livrée à la méchanceté des hommes», déclare le père, Dominique Kegelin, qui se dit «fier de son enfant qui a lutté jusqu‘à son dernier souffle face à ses bourreaux».
A plusieurs reprises, la famille de Jeanne-Marie s’adressera au tueur présumé et à ses complices sur le banc des accusés, leur demandant d’avouer la vérité. «Le tribunal de Dieu est une justice implacable, alors réfléchissez !» La famille Kegelin devant une assistance frappée et émue, a invoqué le pardon pour les assassins de Jeanne-Marie. « La haine est un poison, dira Marie-Martine Kegelin, je ne veux pas distiller ce poison dans les veines de mes enfants. Je dois vivre pour mes autres enfants. (…) Je n’en veux pas à Dieu, déclare-t-elle encore à la barre, j’en veux à tous nos dirigeants de laisser se développer une pornographie ambiante. Nos jeunes deviennent pervers et les pervers deviennent les tueurs de demain. »"
On peut accompagner les parents par la prière.
La propagande de Nicolas Sarkozy en banlieue
…décryptée par John Paul Lepers :
"Avec ce reportage intitulé "Rencontre en banlieue dans le quartier Beauval de Meaux", nous sommes, je suis obligé de le dire, dans la grande tradition de la télévision soviétique des pires années Brejnev, ou de la télé de Nicolae Ceausescu. Pas de son direct, juste une image prétexte avec un commentaire dictée par le service de propagande."
La comparaison entre le reportage réalisé par NSTV (Nicolas Sarkozy sans le son, accompagné par une voix off) et celui de telelibre.fr (Nicolas Sarkozy en direct, dans un débat fortement animé avec des musulmans) est édifiante.
Michel Janva (via VoxGalliae)
Quand le clocher devient minaret
Avec ses 14 500 habitants, son château normand et son église fondée en 1122, Clitheroe se niche dans le nord du comté du Lancashire. Les gens du coin aimaient à se voir comme le dernier rempart contre les mosquées, devenues incontournables dans le paysage des villes industrielles voisines. Mais cet hiver, le conseil municipal a voté à une étroite majorité la reconversion d’une église chrétienne en mosquée. Ce vote a marqué la fin d’une âpre bataille, celle de la minuscule communauté musulmane, désireuse de se doter d’un lieu de culte : une mosquée va donc s’installer dans l’imposant édifice de pierre de l’Eglise méthodiste, reconvertie en usine depuis la raréfaction de ses ouailles, il y a 40 ans.
Dans quelques dizaines d’années, à en croire une étude récente de Christian Survey, un groupe spécialisé dans l’analyse de la situation des chrétiens en Grande-Bretagne, les musulmans pratiquants seront vraisemblablement plus nombreux que les chrétiens.
Sheraz Arshad, 31 ans, leader de la communauté musulmane locale, est ravi :
"C’est parfait que ce soit une église : l’image est très symbolique d’un rapprochement des religions."
Mais le combat est loin d’être terminé. Car les résultats du vote officiel cachent la grande rancœur de tous ceux qui, ici, craignent d’être gagnés par l’évolution générale de la Grande-Bretagne. Signe de ces tensions, l’un des vitraux de l’église a été brisé.
Michel Janva (merci à B. L-V.)
Philippe de Villiers ne croit pas Nicolas Sarkozy capable de gouverner
Philippe de Villiers a estimé que
"la pente naturelle de Sarkozy une fois installé à l’Élysée sera d’éluder toutes les réformes courageuses".
Il en voit un indice dans
"le double langage permanent du président de l’UMP l’un pour ses électeurs naturels à droite, l’autre pour ses électeurs convoités à gauche. Cette duplicité promet des lendemains qui déchantent".
Pour preuve l’ambiguïté de la position de Nicolas Sarkozy sur la question du droit de vote des étrangers aux élections municipales. Cette proposition ne figure pas en définitive dans le programme de l’UMP, mais l’ancien locataire de la Place Beauvau «en reste partisan à titre personnel». Or, «un président nouvellement élu n’est pas lié par le programme d’un parti. Le chef de l’État est libre et accomplit les réformes qu’il juge souhaitables».
La suite est plus confuse :
"seul un score important de ma candidature contraindra Sarkozy à tenir ses promesses, car j’aurais alors les moyens d’y veiller".
On se demande bien comment.
Frédéric Nihous, pro-mort et anti-famille
"Dans un portrait récent du quotidien Libération, le candidat de CPNT ne se dit choqué ni par l’avortement ni par le "mariage" homo."
MJ
Le scandale du président de la fédération MPF de l’Hérault ?
"Les 7 et 8 avril, le samedi saint et le jour de Pâques, s’est tenu "Eropolis" – un "salon de l’érotisme" (ou plutôt de la pornographie la plus débridée) – au Parc des expositions de Béziers. Dont le président n’est autre que Jean-François Corbière [voir ici]. Qui est aussi… président de la fédération du MPF (Villiers) de l’Hérault !"
MJ
Addendum 19h00 : voici la réponse de J-F. Corbière :
"Le salon auquel vous faites allusion a bien eu lieu au parc des expositions de Béziers. Les dates étaient arrêtées en Juillet 2006, avant toute parution de calendrier et donc de dates de Pâques. Par ailleurs il s’agit d’une organisation privée. Cette société, dûment inscrite au RC et titulaire d’un Kbis a loué le parc des expositions de Béziers. Ni moi, ni la CCI de Béziers ne sommes intervenus dans l’organisation. Ce salon se tient tous les ans dans plusieurs villes de France et fait l’objet de tous les contrôles prévus concernant sa légalité et le respect des règles de probité et de salubrité publique".
“le droit à l’avortement”
… est une valeur française ! C’est ce que déclare Nicolas Sarkozy dans l’un de ses clips de campagne (ici, à 14mn25).
Pour le primat du Portugal, l’avortement est une loi injuste
Le président de la Conférence épiscopale, Mgr Jorge Ortiga, a déclaré (v.o.) que la loi sur la dépénalisation de l’avortement, promulguée mardi dernier au Portugal, est "injuste" et l’Eglise continuera de lutter pour limiter le plus possible sa pratique. L’Eglise restera vigilante pour éviter la "banalisation" de l’avortement et veillera notamment à ce que soit respectée "l’objection de conscience" des professionnels de la santé.
"La loi ne se borne pas à dépénaliser l’avortement mais en fait un droit, une conduite légale, [le devoir de l’Eglise est de] continuer à insister sur la valeur de la vie […] La conscience de tous les chrétiens et des personnes qui donnent priorité à la vie ne pourra jamais se résigner à accepter cette loi injuste".
Il a regretté que la loi n’ait pas prévu l’obligation pour la femme de passer devant un organisme de conseil avant un avortement qui "sans limiter sa liberté de choix" aurait pu "servir d’élément dissuasif".
Vers la création d’un parti démocrate
François Bayrou a confirmé son intention de créer un parti démocrate après la présidentielle. Le candidat UDF a souligné qu’"il y a trois grands courants dans le monde", les deux premiers étant "les courants conservateur et socialiste".
MJ
Poutine et Merkel saluent Benoît XVI
Le président russe Vladimir Poutine a loué le pape Benoît XVI à l’occasion du 80 anniversaire du souverain pontife :
"Votre grande autorité dans le monde, vos efforts altruistes servent la noble cause du renforcement des valeurs spirituelles et morales, des fondements de la famille et des valeurs chrétiennes dans la vie de la société contemporaine".
La chancelière allemande Angela Merkel, protestante, a loué la "force de rayonnement théologique" et la "conviction personnelle" de Benoît XVI. Participant hier à une messe à Berlin célébrée en l’honneur du pape allemand, souligne la "force profonde de (sa) foi" :
"Vous façonnez depuis des décennies l’Eglise catholique et la société. Cela vous vaut une grande reconnaissance et un grand respect". "La clarté du témoignage chrétien est au centre de votre vie".
Le combat pour la vie de la Pologne aux Etats-Unis
En Pologne, suite à l’échec de la révision constitutionnelle, l’épiscopat a dénoncé "la simple arithmétique parlementaire qui a pris le dessus sur le droit fondamental à la vie de tout être humain". Il a exprimé sa gratitude à tous les députés qui ont voté en faveur des amendements pour garantir "une meilleure protection de la vie humaine" et s’est engagé à leur accorder son soutien dans leurs futurs efforts.
Un dossier du Times a fait le point sur les moyens mis en œuvre aux Etats-Unis par les centres de grossesse dont l’objectif est de rendre plus facile le choix de la vie plutôt que celui de l’avortement, en touchant les femmes une par une. Les conseillères des centres de grossesse sont formées pour écouter et éclairer des femmes désemparées face à une grossesse non prévue, notamment pour leur éviter de prendre une décision irréversible sans y avoir réfléchi ni mesurer les conséquences physiques, psychologiques et émotionnelles. Ces conseillères sont ainsi chargées de délivrer une information complète sur le développement de l’embryon et du fœtus, les différentes options offertes (garder l’enfant, le faire adopter ou l’avorter), les conséquences de l’avortement et d’apporter un soutien matériel – du logement aux problèmes administratifs en passant par les vêtements – pendant et après la grossesse.
Les centres de grossesse sont des organisations chrétiennes affiliées à un des trois groupes nationaux Care Net, HeartBeat International et The National Institute of Family and Life Advocate. Inconnus et non fédérés il y a quelques décennies, ces centres sont aujourd’hui plus nombreux que les cliniques d’avortements (2300 centres de grossesse répertoriés contre 1819 cliniques d’avortement). Le nombre d’avortements aux Etats-Unis est passé de 1.61 million en 1990 à 1.28 million en 2003. Il est aujourd’hui à son taux le plus bas.
Le nonce apostolique en Israël et Pie XII
On se souvient que le nonce avait refusé de participer aux commémorations de la Shoah au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem au nom de la défense de la mémoire du pape Pie XII. La légende d’une photographie présente Pie XII parmi ceux "dont on devrait avoir honte pour ce qu’ils ont fait contre les juifs".
Mgr Franco, a finalement assisté, hier soir, à la cérémonie d’ouverture des commémorations de la Shoah à Yad Vashem. Selon Radio Vatican,
"il est revenu sur sa décision après une lettre du président du Mémorial qui promet de reconsidérer la manière dont Pie XII est présenté au Mémorial".
Grave division des ministres de l’UE…
Les ministres européens de l’Agriculture, réunis à Luxembourg, ont échoué à s’entendre ce matin sur un plan de sauvegarde des anguilles. Pourtant, sur la Turquie, tout le monde semble être d’accord. On devrait interdire aux anguilles d’intégrer l’UE…
François Bayrou et les Francs-maçons
Invité de la loge Dialogue et Démocratie, le candidat de l’UDF a prononcé un discours. Extraits :
"Je pourrais encore aller un peu plus loin mais, devant vous, j’hésite à le faire, tant vous êtes familiers de cette idée : «Nous sommes collectivement et personnellement responsables de la construction de l’homme». Je ne crois pas que l’homme soit naturellement institué. Je pense que c’est notre travail en commun, personnel et démocratique, qui d’une certaine manière institue l’homme en l’homme. Ceci est un bon sujet pour les sociétés que nous avons à vivre et à bâtir ensemble.
Notre principal travail comme femme ou comme homme et notre principal travail comme citoyen c’est de réfléchir au meilleur chemin pour instituer cet homme dans l’enfant dont nous avons la charge comme citoyen et comme membre responsable de la société à laquelle nous appartenons."
Profanation en Lorraine
Lu sur le blog de Bernard Antony :
"A Dommartin-lès-Remiremont en Lorraine, le racisme et le fanatisme antichrétien viennent encore de se manifester, comme désormais hélas, un peu partout en France, par des actes criminels. Plusieurs sépultures ont été saccagées au cimetière, sept vitres de la sacristie de l’église ont été brisées, un cocktail molotov a été lancé. On a enfin essayé d’enfoncer à coup de hache la lourde porte de l’église, qui a tenu. Enfin, on a peint sur un mur une étoile à cinq branches, ce qui, en l’état actuel de l’information, ne signifie rien. L’Agrif désignera sans tarder l’avocat chargé de suivre l’affaire. Elle se portera bien sûr partie civile."
Henri Tincq décrypté par Le Choc du Mois
Extrait de l’analyse au vitriol du "sacristain du Monde", "Bossuet de l’allusion perfide", "de la charité enfouraillée", "joyeux croque-mort de la transcendance enracinée" :
"Dès le résultat du Conclave, qui stupéfie douloureusement le journaliste, Benoît XVI est donc mis sous surveillance. Tincq, dans les colonnes du Monde, lui adresse illico un programme en plusieurs points, véritable délire d’infatuation, dictant au pape les lignes de son action pour les dix ans à venir. Mais l’injonction tincquienne fait pschit. Et malheureusement pour le Savonarole du progressisme mou, la suite va justifier toutes ses appréhensions, lui démontrant qu’il s’exagère à la fois la prééminence de son magistère journalistique, et l’importance des bataillons qui tentent de perpétuer les délires néo-liturgiques […]
Face à cette série de défaites, Henri Tincq, dont les articles se contentaient jusqu’à présent de suer l’ennui, va se mettre à suinter la haine, incapable de retenir les bouffées délirantes que lui inspirent les succès des traditionnalistes. […] Depuis, Henri Tincq se déconsidère chaque semaine un peu plus, dans un combat partial, nostalgique et dépassé."
