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La déclaration épiscopale sur l’immigration face à Jean-Paul II

La déclaration de Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis et président de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise, et Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard et responsable de la Pastorale des migrants, a de quoi laisser perplexe. Gérard Gachet note qu’elle s’oppose à ce que disait Jean-Paul II :

"les bornes sont franchies lorsque les deux évêques signataires de ce texte écrivent : "Les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d’autres sans papier" ! Autrement dit, nos éminences, en mettant sur le même plan immigrés légaux et clandestins, se moquent comme de leur premier missel du respect des lois républicaines, et cautionnent, même sans le dire ouvertement, les actes de "désobéissance civile" tant prisés par les associations d’aide aux sans-papiers.

Ce faisant, ils vont directement à l’encontre des instructions du Vatican sur le sujet. Dans un message publié en 2004 à l’occasion de la 90ème Journée Mondiale du Migrant, le Pape Jean Paul II invitait certes au dialogue et à la solidarité entre nations riches et immigrés, mais il rappelait à ces derniers qu’ils devaient "respecter l’identité culturelle et les lois des pays d’accueil" ; une position réaffirmée peu après par Mgr Agostini Marchetto, Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en déplacement. Or, parmi ces lois, les premières à respecter sont évidemment celles qui régissent l’entrée et le séjour sur le territoire des étrangers concernés."

Ajoutons que Jean-Paul II, dans son encyclique Laborem Exercens en 1981, écrivait :

"L’émigration est sous certains aspects un mal qui peut être en des circonstances particulières un mal nécessaire" [n°23].

Un mal nécessaire en cas d’asile politique notamment. En 1985, le pape dit aussi "qu’on ne peut pas, a priori, considérer toute émigration comme un fait positif, à rechercher ou à promouvoir". C’est à ce titre que la dernière déclaration épiscopale française nous laisse perplexe.

Michel Janva

Sainte Thérèse, patronne des missions

Aujourd’hui est publiée la lettre de Benoît XVI au Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, à l’occasion de la fête de sainte Thérèse, patronne des missions. Il y rappelle que "le pèlerinage de Lisieux et les services de la coopération missionnaire de la Conférence épiscopale française ont souhaité que 2007 soit une Année de la mission à Lisieux". Le Pape dit que c’est la raison pour laquelle tous les fidèles

"doivent avoir sans cesse le souci de la mission, afin que le Christ soit partout connu et aimé. C’est dans cet esprit qu’il y a cinquante ans, Pie XII donnait à l’Eglise l’encyclique Fidei Donum [invitant] les chrétiens à une attention renouvelée pour les missions jusqu’aux extrémités de la terre, affirmant aussi qu’il fallait le concours de toute l’Eglise pour la diffusion de l’Evangile".

"Dans cet esprit, connaissant le souci des services missionnaires de l’Èglise en France, je souhaite à mon tour que des vocations missionnaires de prêtres, de personnes consacrées et de laïcs continuent à se développer, dans la lignée de toutes les personnes qui se sont engagées sur tous les continents au cours du siècle écoulé. Puisse le Seigneur mettre au cour de nombreux jeunes européens le désir de se dépenser sans compter pour annoncer le salut apporté par le Christ, notamment en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie, en Océanie".

Il rappelle ensuite que Thérèse de Lisieux,

"sans jamais être sortie de son Carmel…a vécu, à sa manière, un authentique esprit missionnaire…donnant au monde une nouvelle voie spirituelle qui lui obtint le titre de Docteur de l’Eglise, il y a tout juste dix ans. Depuis Pie XI jusqu’à nos jours, les Papes n’ont pas manqué de rappeler le lien entre prière, charité et action dans la mission de l’Eglise. Je souhaite donc que les célébrations qui ont lieu à Lisieux en cette Année de la Mission affermissent chez tous les baptisés leur sens missionnaire, par la prière, le témoignage de vie et l’engagement chrétien sous toutes ses formes, pour que tout fidèle soit missionnaire là où il demeure".

Michel Janva

Mgr Marini remplace… Mgr Marini

Le pape Benoît XVI a nommé lundi un nouveau maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Guido Marini. Il succède ainsi à Mgr Piero Marini, qui était l’organisateur des cérémonies pontificales depuis 1987.

Mgr Guido Marini, né le 31 janvier 1965 à Gênes, a été secrétaire particulier des trois derniers cardinaux archevêques de Gênes. Ordonné prêtre en 1989, le nouveau maître des célébrations est diplômé en "psychologie de la communication" de l’université pontificale salésienne de Rome. Depuis 1992, il enseigne le droit canon à la faculté de théologie de Gênes et la théologie des Mystères à l’Institut supérieur de sciences religieuses.

Michel Janva

Un manuel pour célébrer la forme extraordinaire du rite romain

Suite à la parution du Motu Proprio, un prêtre français a réalisé avec l’aide et le soutien de l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault un manuel (version papier uniquement) pour apprendre la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. Ce manuel est d’abord destiné aux prêtres et aux séminaristes qui désirent apprendre la célébration de la messe de St Pie V selon les normes liturgiques en vigueur en 1962. Les laïcs peuvent toujours acheter cet ouvrage par curiosité et, pourquoi pas, l’offrir au prêtre de leur paroisse. Ce manuel, imprimé au format A4, est composé de plus de 70 pages couleurs. Commander (19€).

Michel Janva

David Martinon a le don d’ubiquité

Yves Daoudal relève cette prouesse du porte-parole de l’Elysée qui va s’"investir à fond à Neuilly pendant les mois qui viennent" tout en restant à l’Elysée. On peut penser que l’éloquence de Nicolas Sarkozy rend le poste de porte-parole superflu, il n’empêche que s’engager "à fond" à Neuilly tout en restant physiquement à l’Elysée, relève du don d’ubiquité.

MJ

Les évêques doivent être comme des anges

Benoît XVI a consacré samedi de nouveaux évêques : 5 italiens et 1 polonais. Alors que l’Eglise célébrait samedi la fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël, Benoît XVI a rappelé que dans l’Eglise antique les évêques étaient « qualifiés comme des anges » car leur service exige la même nature que ces créatures célestes.

"Ce sont des messagers de Dieu. Ils portent Dieu aux hommes, ouvrent le ciel et ainsi ouvrent la terre. Précisément parce qu’ils sont auprès de Dieu, ils peuvent aussi être très proches de l’homme. Dieu est en effet plus proche de chacun de nous que nous le sommes nous-mêmes. Les anges parlent à l’homme de ce qui constitue son être véritable, de ce qui dans sa vie est si souvent couvert et enseveli. Ils l’appellent à rentrer en lui-même, en le touchant de la part de Dieu. En ce sens, nous devrions nous aussi, êtres humains, devenir toujours à nouveau des anges les uns pour les autres, des anges qui nous détournent de voies mauvaises et nous orientent toujours à nouveau vers Dieu. L’évêque doit être une personne qui prie, qui intercède pour les hommes auprès de Dieu. Plus il le fait, plus il comprend aussi les personnes qui lui sont confiées et peut devenir pour eux un ange, un messager de Dieu, qui les aide à trouver leur nature véritable, elles-mêmes, et à vivre l’idée que Dieu a d’elles."

MJ

Octobre, le mois du Très Saint Rosaire

La Fête du très saint Rosaire a été instituée pour honorer les mystères de la vie de Notre-Seigneur et de sa très sainte Mère et pour remercier Dieu des victoires remportées grâce à la protection de Marie. La fête du saint Rosaire a eu pour origine la victoire de Lépante, remportée par la flotte chrétienne sur la flotte turque, le 7 octobre 1571, au moment où les pieuses confréries de Notre-Dame du Rosaire faisaient, selon la coutume, les prières et les processions prescrites par leurs règlements. Saint Pie V, qui avait sollicité des fidèles la récitation du rosaire pour le triomphe des armées chrétiennes, connut la victoire par révélation. Il ordonna que chaque année on en ferait mémoire en ce jour, sous le nom de Sainte-Marie de la Victoire. En 1573, le pape Grégoire XIII prescrivit de célébrer la fête du saint Rosaire, le 1er dimanche d’octobre, dans toutes les églises qui possédaient une chapelle ou un autel sous l’invocation de Notre-Dame du Rosaire.

Deux nouvelles victoires sur les Turcs, dues à l’intercession de Notre-Dame du Saint Rosaire, l’une sous les murs de Vienne, en 1683, et l’autre devant Belgrade, en 1716, déterminèrent Clément XI à étendre la fête du saint Rosaire à l’église universelle.

Léon XIII (après avoir, dans l’encyclique Supremi Apostolatus Officio, aux fidèles la pratique fréquente du Rosaire, surtout pendant le mois d’octobre), a élevé cette fête au rite double de seconde classe, avec Office et Messe propres où sont mentionnés, dans des hymnes et des antiennes, les quinze mystères du rosaire. Enfin, Pie X l’a fixée au 7 octobre et sa solennité au 1er dimanche de ce mois.

On lira avec intérêt l’enseignement des Papes (jusqu’à Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae) sur le Rosaire. Pour réciter le rosaire, voici une aide.

Michel Janva

L’UE contre la Pologne

Cette fois, ce sont les directives sur la pêche qui provoquent l’ire de Bruxelles :

"La Commission européenne a menacé hier d’ouvrir une procédure en infraction contre la Pologne, éventuellement assortie d’une demande de mesures conservatoires auprès de la Cour européenne de Justice, si le gouvernement polonais ne fait pas en sorte de faire respecter l’interdiction de la pêche au cabillaud dans la Baltique, les pêcheurs polonais ayant épuisé leurs quotas. […]

Et la Pologne contre-attaque. Le porte-parole du ministère a fait savoir que le ministre allait rencontrer ses homologues d’autres pays de la Baltique , notamment suédois, et que « s’il y a une entente aucune sanction ne sera nécessaire ». « La question n’est pas de violer les règlements mais de les remplacer par un système plus raisonnable », dit-il. D’autant que les méthodes de l’UE, selon lui, sont absurdes : les inspecteurs ont contrôlé seulement quatre bateaux, pour extrapoler ensuite ces résultats sur toute la flotte de pêche polonaise, qui comporte 430 chalutiers."

MJ

Roselyne Bachelot ouvre la porte à l’euthanasie

Interrogée sur le cas de la comédienne Maïa Simon, qui a bénéficié d’un suicide médicalement assisté en Suisse, le ministre de la Santé Roselyne Bachelot a rappelé sur RTL que la loi Leonetti avait été votée en juin 2005 et qu’il fallait "avant toute mesure nouvelle en faire le bilan".

"Il faudra faire un bilan de cette loi et pourquoi pas une évolution, je ne ferme pas la porte".

Michel Janva

Nouvel incendie de bus

… à Chalon-sur-Saône. Criminel.

MJ

La vérité sur la loi Leonetti

…est révélée par un médecin pro-euthanasie, le professeur Didier Dreyfuss, chef du service de réanimation à l’hôpital Louis Mourier de Colombes. Il rappelle dans Le Monde, qu’en France : 

"grâce à la loi Leonetti sur la fin de vie, on peut proposer au patient de le sédater profondément par des médicaments, d’enlever le respirateur artificiel et d’arrêter les soins actifs, y compris l’alimentation et l’hydratation".

Ni l’alimentation ni l’hydratation ne sont des soins médicaux… L’ambiguïté de cette loi avait été mise en lumière par Jeanne Smits en mai dernier.

Michel Janva

Addendum : Pierre-Olivier Arduin analyse justement cette loi au regard de la dernière instruction de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

La Pologne en ligne de mire de l’UE

Alors que la Pologne avait refusé la journée européenne contre la peine de mort, lui préférant une journée pour la vie (contre toutes les peines de mort : avortement compris), le Conseil de l’Europe, qui décide à la majorité des votants, vient de décréter que le 10 octobre sera la journée européenne contre la peine de mort. Les ambassadeurs ont exprimé «l’espoir que l’Union européenne se joigne dès que possible à cette initiative ».

L’UE, vexée de la résistance polonaise, a appelé ses membres a se joindre à cette journée et a demandé «au futur gouvernement polonais de soutenir pleinement cette initiative». Imaginons un instant que Nicolas Sarkozy bloque effectivement (et non oralement) les négociations avec la Turquie, l’UE demanderait-elle "au futur gouvernement français" de soutenir la candidature de la Turquie dans l’UE ? Bien heureusement, Nicolas Sarkozy est plus docile que les frères Kaczynski…

Michel Janva

Le président de la République française et le ramadan

Lundi, Nicolas Sarkozy participera à 19h30 à la rupture du jeûne du Ramadan à la Grande mosquée de Paris.

Son agenda ne précise pas (encore) s’il s’unira aux catholiques lors du prochain jeûne du mercredi des Cendres.

MJ

L’UE demande plus d’immigration

Lu dans Présent (article en accès libre) :

"Le Parlement européen a adopté mercredi deux rapports demandant que les pays membres de l’UE, victime à la fois d’une importante immigration clandestine et du vieillissement démographique, revoient leur politique d’immigration légale afin d’augmenter le nombre des nouveaux arrivants des pays tiers. Il en faudrait, souligne le service de presse du Parlement européen, pas moins de 20 millions pour répondre aux besoins et aux « pénuries spécifiques »."

MJ

Le Protocole de Londres a été adopté

…par l’Assemblée :

"L’UMP et le PS ayant décidé de voter en faveur de la ratification du protocole (approuvé par le gouvernement le 24 août dernier), l’issue du vote ne faisait aucun doute. Il est étrange, dès lors, que pas moins de trois membres du gouvernement soient venus à l’Assemblée nationale défendre le texte. C’était sans doute histoire de souligner que le gouvernement tient énormément à accomplir ce forfait contre la langue française. Il y avait là Hervé Novelli, Jean-Pierre Jouyet, et Valérie Pécresse, celle-ci n’hésitant pas à en appeler à « l’esprit des Lumières », qui « doit être rallumé », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient qu’à l’époque des Lumières toute l’Europe intellectuelle s’exprimait en français…"

MJ

Propagande cathophobe pour l’euthanasie

Encore une fois, Le Figaro ne sort pas grandit d’un article de Hervé Yannou, qui se fait l’écho de la polémique sur la fin de vie du Pape Jean-Paul II :

"La longue agonie de Jean-Paul II, de février à avril 2005, ne cesse en effet de poser des questions, alimentées par la version officielle des soins qui lui furent alors apportés. C’est sur ces informations délivrées par le Vatican que s’est appuyée Lina Pavanelli pour démontrer que le Pape était mort d’un manque volontaire d’alimentation. Selon elle, si le patient avait été correctement nourri, il aurait pu survivre plusieurs années. […] Ses médecins le savaient, mais n’ont rien fait. Pourquoi ? Fut-ce une forme d’«euthanasie par omission» dénoncée par le Vatican, ou obéirent-ils à leur patient ?"

Et voilà que le lobby de l’euthanasie dénonce le double langage de l’Eglise qui refuse d’autoriser dans sa doctrine ce qu’elle applique concrètement pour son chef… On est plus proche du Da Vinci Code que d’un discours rationnel : l’Eglise distingue à juste titre l’acharnement thérapeutique, condamné comme l’euthanasie. Le Pape n’a pas cessé d’être alimenté mais les médecins ne se sont pas acharnés de soins pour le maintenir en vie. Et il n’a pas été euthanasié.

Michel Janva

A quand un courant distributiste français ?

Philippe Maxence poursuit son exposé sur le courant distributiste anglo-saxon en regrettant que ce dernier ignore la pensée française en la matière (les catholiques sociaux du XIXe, mais aussi, plus proche de nous, Jean Ousset et Louis Salleron). Un lecteur nous fait part de sa réflexion sur l’absence de ce courant en France :

"En ce sens, sous l’influence de l’école autrichienne de Hayek, très marquée par les catholiques sociaux allemands du XIXème, le libéralisme économique américain a su donner forme à des revendications allant dans le sens de la DSE, comme de remettre l’enseignement aux parents, de lutter contre l’étatisation de nombreux secteurs de la vie sociale pour les laisser à l’initiative individuelle, etc. : c’est de l’union et de la fusion au sein du parti républicain, sur l’inspiration de Reagan, entre ce libéralisme et le courant chrétien conservateur que la droite américaine a eu la possibilité de renverser le gauchisme socialisant qui avait conquis les élites américaines après 1968.

Cette union ne s’est pas faite en France, parce que la droite nationale ‘’ignore’’ ou combat le libéralisme, par ignorance ou contresens, que le libéralisme politique en France s’est mis au service caricatural du MEDEF, et que le courant conservateur chrétien, essentiellement catholique, a été étouffé par la structure épiscopale, essentiellement ralliée au progressisme marxisant, tiers mondiste puis altermondialiste depuis les années 1970. C’est l’absence de rencontre entre ces deux courants qui les a empêché d’émerger politiquement. Ce qui fait que la gauche française, même si elle perd les élections, garde le pouvoir des idées, rendant ‘’logique’’ et ‘’indispensable’’ que ce soient ses idées et certains de ses représentants auxquels N. Sarkozy se réfère pour se donner une image d’intelligence, mais aussi de générosité : la droite française ignore le sens de la compassion parce qu’elle croit au tout Etat, celui  de la pseudo justice sociale, comme la gauche étatique et redistributrice.

Il y a donc urgence pour les catholiques à reprendre une réflexion sociale et économique, et lui donner des objectifs politiques concrets."

D’où l’intérêt du sujet abordé sur Caelum et Terra.

Michel Janva

Le distributisme catholique n’est plus inconnu

…grâce aux explications de Philippe Maxence (lire ici, ici et ici). Le distributisme catholique est né de l’encyclique de Léon XIII, Rerum novarum et a été développé par des catholiques anglo-saxons, dont la principale revendication était la distribution de la propriété privée. Les distributistes ont une vision organique de la société. Il s’agit d’un autre projet de société, opposé aussi bien au capitalisme moderne qu’aux divers socialismes, qui, tous deux, soumettent l’homme, au profit ou à l’assistanat.

Avant d’être une doctrine inspirée du catholicisme social des encycliques, le distributisme repose sur une vision du monde, utopique dans la mesure où elle s’inspire de l’ordre social chrétien médiéval, et prophétique dans sa prise en compte d’éléments qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour : mise en cause de la société de consommation, prise en compte des limites face à une économie fondée sur la croissance illimitée, défense de la création, revalorisation de la vie rurale, de modes de vie plus simple, opposition au globalisme, valorisation des entités (de l’entreprise à la nation) à taille humaine… Cette défense de la petitesse en économie n’est pas qu’un slogan. C’est la traduction imagée du principe de subsidiarité, qui est au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise :

"De même qu’on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social, que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes. L’objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber" (Pie XI, Quadragesimo anno)

"À la subsidiarité comprise dans un sens positif, comme aide économique, institutionnelle, législative offerte aux entités sociales plus petites, correspond une série d’implications dans un sens négatif, qui imposent à l’État de s’abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l’espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. Leur initiative, leur liberté et leur responsabilité ne doivent pas être supplantées." (Compendium de la DSE §186)

Les petites villes ou les petits commerces ne sont pas seulement plus humains parce que l’autre est identifiable et que l’on vit avec lui en permanence. Ils sont plus humains aussi parce que l’on prend des décisions dans des domaines qui sont les nôtres, pour lesquels notre responsabilité est directement engagée.

Michel Janva

Le Pape et la Slovaquie

Lahire nous a rapporté le courageux geste pro-vie que vient d’effectuer la Slovaquie. Yves Daoudal nous apprend que le Pape Benoît XVI est loin d’être étranger à cette mesure du gouvernement.

MJ

Bernard Kouchner refuse de voir son homologue syrien

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a dit avoir annulé une rencontre prévue avec son homologue syrien, car trop "choqué" par l’assassinat la semaine dernière du député libanais anti-syrien Antoine Ghanem. Selon la mission française auprès de l’ONU, Bernard Kouchner a fait savoir à des journalistes français qu’il ne recontrerait donc pas son homologue Walid Mouallem à New York.

MJ

Pas de Don Quichotte au gouvernement

Augustin Legrand a décliné la proposition de Christine Boutin.

MJ

Les Scouts d’Europe et Summorum Pontificum

Le Commissaire fédéral de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe a fait savoir que

"l’UIGSE, en tant qu’association privée de fidèles laïcs, n’a pas à "prendre position" sur des textes du magistère, mais à les recevoir filialement et, pour autant qu’ils concernent notre mission éducative, à les mettre en pratique de la manière la plus appropriée. […] [S]’agissant de questions liturgiques, est légitime tout rite dûment approuvé par le Siège apostolique ; il convient de veiller à ce que les enfants et les jeunes qui nous sont confiés bénéficient, dans les cérémonies auxquelles ils participent lors des activités scoutes, de liturgies conformes aux textes approuvés par les pasteurs de l’Eglise, dignes, priantes et conformes à la tradition et au rite dans lesquels les parents, premiers éducateurs de nos scouts, ont choisi de les élever. […]

"[L]es cérémonies liturgiques organisées par l’UIGSE à l’occasion de rassemblements internationaux sont normalement célébrées dans la forme "ordinaire" du rite romain, en langue latine, selon les recommandations du paragraphe n° 62 de l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis."

Michel Janva

Plaidoyer contre l’euthanasie

Dans Le Monde (et oui !) :

"Quelles sont donc les motivations de ceux qui demandent aujourd’hui la légalisation de l’euthanasie ? Peut-on admettre que la société assigne aux médecins la tâche de tuer un patient et que soit prévue, par la loi, l’administration de la mort ?

La première question porte sur la place des médecins. Non seulement l’acte de tuer est incompatible avec le devoir de ne pas nuire, mais en plus le fait de l’associer aux soins saperait la confiance des familles envers les soignants. Cette confiance, qui se nourrit de la résolution des praticiens à ne jamais abandonner leur malade, est importante dans le cas d’une décision d’arrêt des traitements.

Deuxièmement, comment peut-on concilier les efforts qui sont faits, en France, pour intégrer ceux que la maladie, l’âge ou la différence excluent de la vie sociale et une revendication qui revient à considérer que la solution à la souffrance est la mort ? Cette solution consiste à se débarrasser du problème en se débarrassant du malade.

Le troisième argument concerne la dimension symbolique de cette ouverture d’un droit au suicide assisté et à l’euthanasie. Leur légalisation impliquerait la reconnaissance par la société que le suicide est une réponse légitime et naturelle à la souffrance. Cette banalisation du suicide va à l’encontre du courage et des valeurs de solidarité que nous transmettons à l’école et au sein des familles.

Le quatrième point renvoie à un conflit d’interprétation : l’autonomie équivaut-elle au droit de faire tout ce que nous voulons à n’importe quel prix, c’est-à-dire en obligeant les médecins et la société à reconnaître un acte contraire à leurs valeurs ? On peut reprendre l’argument de Hume et dire qu’un homme n’est pas obligé, en continuant à vivre, de se faire du mal pour le bien de la société, mais cette reconnaissance du suicide comme acte individuel n’implique pas que la société en général et les médecins en particulier doivent se faire du mal pour le bien d’un individu. Une telle interprétation n’est pas fidèle aux droits de l’homme."

Michel Janva

La CEDH condamne la Pologne pour refus d’avortement

En mars dernier, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait rendu un arrêt condamnant la Pologne pour ne pas avoir accédé à la demande d’avortement formulée par une femme qui considérait que sa grossesse représentait un danger pour sa santé. La Pologne avait fait appel de cette décision mais l’appel vient d’être rejeté. Les motivations de la décision ne sont pas rendues publiques. Les juges peuvent rejeter une demande d’appel dès lors que les violations des droits de l’homme semblent établies et la jurisprudence de la Cour suffisamment claire en la matière.

Gènéthique remarque que cette décision pose la question de l’indépendance des Etats européens en matière de législation dans les domaines où ils sont reconnus souverains.

Michel Janva

Le protocole de Londres

… est examiné par l’Assemblée nationale. Sur son site, Christian Vanneste déclare que

"ce texte renonce à l’exigence de traduction en français des brevets européens rédigés en anglais ou en allemand. Cet amendement constitue donc une véritable catastrophe pour la langue française ! Il est directement contraire aux intérêts des entreprises françaises et à notre position constante en matière de protection de notre langue. Le parlementaire gaulliste que je suis ne peut accepter cela. C’est pourquoi, je suis membre du Comité contre le protocole de Londres initié par le professeur Claude HAGEGE. Par ailleurs, vous pouvez retrouver d’autres arguments hostiles à cette ratification sur le site de la Compagnie nationale des Conseils en Propriété industrielle."

MJ

Eloge de l’égoïsme

Suite au suicide d’André Gorz et de son épouse, Libération publie ce qu’on peut appeler un plaidoyer pour l’égoïsme, allant même jusqu’au suicide, qu’on appelle pudiquement euthanasie. Les mots sont choisi à dessein pour faire passer cet égoïsme pour de l’amour ! :

"A 84 ans, André Gorz a choisi de partir avec Dorine, 83 ans, sa femme. «Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous ­avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.» […] Au soir d’une carrière bien remplie de philosophe et de journaliste, André Gorz ne pensait qu’à elle, seulement à elle, qui l’avait soutenu toutes ces années dans l’ombre. […]

Il avait abordé Dorine, anglaise d’origine, un soir neigeux, le 23 octobre 1947, pour l’inviter à aller danser et ne l’a plus jamais quittée. Elle était atteinte d’une affection évolutive depuis de nombreuses années. Ils avaient choisi de ne pas avoir d’enfants. André Gorz disait à Libération, en septembre 2006 :

"A mon avis, les bons pères sont ceux qui ont eu besoin de père dans leur enfance. Moi, je n’avais pas envie d’avoir de père parce que je n’aimais pas mon père. […] Tous les deux, on n’a pas de continuité, ni rien à transmettre. Nous n’avions pas de famille à fonder pour transmettre quoi que ce soit, puisque nous ­n’avions jamais eu de famille nous-mêmes. Si nous avions eu des enfants, j’aurais été jaloux de Dorine. Je préférais l’avoir pour moi tout seul."

Glauque. Mais l’article indique qu’André Gorz fut un disciple de Sartre. Ceci explique cela.

Michel Janva

Pour un nouveau modèle social

Benoît XVI a poursuivi lors de l’audience générale sa catéchèse sur saint Jean Chrysostome :

"En vrai pasteur, il traitait tout le monde avec cordialité…et avait une attention particulière à la femme, au mariage et à la famille".

"On a dit que Dieu avait manifesté en Jean Chrysostome un second Paul, un docteur universel… Sa hauteur intellectuelle se dégage clairement dans son commentaire de la Genèse où il médite sur les huit oeuvres accomplies par Dieu en six jours, conduisant ensuite les fidèles de la Création au Créateur…, le Dieu de la condescendance…qui s’adressa à l’homme déchu et pécheur par l’Ecriture".

"A ce Dieu visible à travers sa création, à ce Dieu qui nous parle dans l’Ecriture, à ce Dieu devenu l’un de nous, s’ajoute un quatrième aspect : dans la vie et les actions du chrétien, le principe vital et dynamique est l’Esprit qui se manifeste concrètement dans le monde. Ainsi Dieu entre dans nos vies…et nous transforme de l’intérieur".

Dans son commentaire des Actes des apôtres, Jean Chrysostome propose le

"modèle de l’Eglise primitive comme modèle de société, en développant le principe d’utopie sociale, d’une cité idéale qui donnerait une âme et un visage chrétien à la société. Il voulait faire comprendre que la charité ne suffit pas, qu’aider les pauvres individuellement ne suffit pas, mais qu’il faut créer une nouvelle architecture, un nouveau modèle social…fondé sur le message évangélique. Pour tout cela, on peut le considérer comme un des Pères de la doctrine sociale de l’Eglise".

Il "soutenu le primat de la personne, esclaves et pauvres compris", en opposition à la société du temps dans laquelle "de vastes catégories étaient exclues de la citoyenneté…alors que la communauté chrétienne reconnaît les mêmes droits à tous, frères et soeurs".

Michel Janva

Missel du Bx Jean XXIII : étrange décision à Marseille

Tandis que le Cardinal Ricard, président de la conférence des évêques de France, assistait à l’ordination de 5 prêtres de l’Institut du Bon Pasteur dans le rite traditionnel, Mgr Pontier, vice-président de la CEF et archévêque de Marseille, a pris une étrange décision à l’égard des fidèles de ce même missel.

L’église de la Trinité (La Palud) à Marseille accueillait jusqu’ici les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain. L’abbé Laurent Grégoire y célébrait selon les deux formes. Confronté à des problèmes de santé, il a été aidé par un prêtre diocésain en janvier, puis, cet été, par un prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, avec autorisation de l’évêque. Dimanche dernier, s’appuyant sur les ennuis de santé de l’abbé Grégoire, le vicaire général est venu annoncer le déplacement du lieu de messe à l’église Saint-Charles. La communauté de fidèles sera désormais sous l’autorité du recteur de la Basilique et la messe sera célébrée chaque dimanche par un prêtre de passage, ce qui implique –comme à Niafles– l’abandon de toute la vie paroissiale. Quant à l’église de la Trinité, on n’y compte plus qu’une messe, le samedi soir. Pourquoi ne pas avoir simplement laissé à l’abbé Grégoire -dont on ne sait ce qu’il va devenir- l’aide d’un prêtre assistant ?

Michel Janva

MISSA, l’entraide entre catholiques

MISSA (mouvement d’information structuré pour servir et annoncer) est un groupe visant à resserrer les liens entre les catholiques notamment grâce à internet. Les domaines sont très divers : professionnel, commercial, associatif, information, petites annonces et bien sûr religieux. Présent désormais dans chaque région de France, MISSA est gratuit et local, indépendant de toute structure officielle.

Refusant les querelles de chapelle et la fatalité des divisions, MISSA veut appliquer la parole de Saint Paul, qui nous demande de "faire du bien à tout le monde, mais d’abord à vos frères dans la Foi" (Galates 6-10). MISSA est donc un outil, pour mieux faire circuler l’information, se connaître, s’entraider. Par exemple, il peut permettre le rapprochement de familles attachées à la forme extraordinaire du rite romain souhaitant créer un groupe stable.

Pour s’inscrire, il suffit de cliquer ici. Ensuite, vous recevrez un courriel d’annonces hebdomadaires. Il est probable que, pour chacun, sur 10 annonces, il y en ait 2 qui vous intéressent vraiment, 1 qui vous choque et 7 qui vous indiffèrent. Mais la simplicité du système incite à penser que le jeu en vaut la chandelle.

Michel Janva