11ème nuit : premier bilan
"Au moins 839" véhicules brûlés. Mais surtout, "plus de 30 policiers" blessés.
Les incidents les plus graves ont été signalés à Grigny dans le département de l’Essonne (sud de Paris). En début de nuit, environ 200 émeutiers, dont certains étaient armés, ont tiré sur des policiers à coups de fusils à pompe.
Une dizaine d’agents ont été blessés et deux ont été hospitalisés après avoir reçu du plomb à la gorge et aux jambes.
Le syndicat CFTC de la police appelle au couvre-feu :
Dans un communiqué, il a demandé au premier ministre Dominique de Villepin le renfort de l’armée dans les banlieues ainsi que l’instauration d’un couvre-feu nocturne après les tirs survenus contre des agents.
«Rien ne semble plus pouvoir enrayer la guerre civile qui s’étend chaque jour un peu plus à l’ensemble du territoire national. Les événements que nous vivons actuellement sont sans précédent depuis la fin de la IIe Guerre mondiale», lit-on dans le communiqué du syndicat.
Un fait frappant, lors de cette nouvelle nuit, est que les cibles ne sont plus seulement "institutionnelles" : de premières cibles spécifiquement "idéologiques" sont touchées.
– Hier soir, la permanence du député israëlite UMP "droitiste" Pierre Lellouche à Paris.
– Dans la nuit, deux églises ont été attaquées avec des engins incendiaires, à Lens dans le Pas-de-Calais et à Sète dans l’Hérault. Soit des agressions anti-catholiques bien plus graves qu’une bombe lacrymogène tombant à proximité d’une salle de prière musulmane…
Où s’informer ?
Pour avoir un point des événements au cours de la nuit à venir, un des sites les plus réactifs est sans doute le Fil News de TF1. Et la soirée semble commencer fort, en effet…
Chute brutale de la confiance dans l’Union européenne
Depuis 1975, la Commission de l’UE commande une annuelle, l’Eurobaromètre, réalisé auprès de 30.000 ressortissants des pays membres pour jauger leur opinion sur les questions communautaires. Ce sondage surévalue traditionnellement le soutien à l’UE : lors d’études précédentes, il prétentait ainsi qu’une majorité de Britanniques étaient en faveur de la Constitution de l’UE, tout comme 60% des Français contre 28 et 53% des Néerlandais contre 38.
Alors, quand cette enquête réputée complaisante ne peut dissimuler une chute brutale de la confiance dans l’UE, il y a de quoi s’inquiéter à Bruxelles. Or c’est le cas de sa dernière livraison : la confiance dans la Commission serait passée, dans l’ensemble des pays membres, de 52 à 46 %.
La confiance dans l’Union européenne (UE) est en chute libre dans presque tous les états membres, d’après le sondage de l’UE elle-même. […]
Les conséquences des récentes campagnes référendaires française et néerlandaise sur la constitution de l’UE ont entraîné une remaise en cause fondamentale de l’avenir de Bruxelles à travers l’Europe, et une majorité des européens pensent que le budget de la commission devrait être gelé.
La cascade d’évolutions négatives que révèle est la plus prononcée depuis 1975, d’après Taylor Nelson Sofres, la société qui a réalisé le sondage. […]
Sur les 25 membres, seulement 10 ont une majorité avec une "image positive" de l’UE. […] Leendert de Voogd, le directeur exécutif de Taylor Nelson Sofres Opinion & Social, a déclaré qu’il était frappé par la brusque chute de la confiance : "C’est très inhabituel de constater un changement si abrupt". "Egalement, quand on demande aux gens si leur pays tire un bénéfice de son appartenance à l’UE, on constate une tendance négative claire."
Est-ce que c’est l’adhésion à marche forcée de la Turquie qui va réconcilier les peuples avec l’UE ? Ce n’est pas très probable : d’après l’enquête, l’opposition à l’adhésion est de 55 % contre 32.
Journal de 20h
Témoignage d’un pompier attaqué la nuit dernière dans son quartier : "c’est la guerre".
Pour répondre à la crise, Villepin a évoqué les mesures prises lors du conseil de sécurité intérieure : accélération des procédures de justice, renforcement des dispositifs de sécurité sur tout le territoire. Il a appelé à la responsabilité de tous.
La moitié des gardés à vue depuis 10 jours seraient mineurs, non connus des services de police. 20 ont déjà été condamnés à de la prison ferme.
A part ça, le journal de 20h nous vante le mérite du sport comme activité d’intégration sociale, le chômage comme cause de la violence, l’importance de la police de proximité, l’urbanisation massive. L’islam n’est pas évoqué. Bref, les immigrés n’ont pas réussi à s’intégrer. C’est donc de notre faute. Sans blague ! Ils auraient pu faire un effort.
Newsweek, sous le titre « Est-ce que les émeutes vont accroître les rangs des djihadistes en Europe ? »
Newsweek :
"C’est Bagdad ici", criaient les émeutiers. Nuit après nuit la semaine dernière, la rage s’est répandue à travers les ghettos qui encerclent Paris, puis à tous les coins de France. Quand une bombre lacrymogène a explosé près d’une mosquée à Clichy-sous-Bois lors de la quatrième soirée de violences, un nouveau cri s’est élevé. "Maintenant c’est la guerre", a crié un des vandales. D’autres criaient "djihad." […]
A Clichy-sous-Bois, où tout a commencé, le calme a été ramené après la quatrième nuit par des jeunes gens de la mosquée locale. Le gouvernement était reconnaissant et espère que des mesures similaires peuvent fonctionner ailleurs. Mais certains analystes s’inquiètent. Pour Dounia Bouzar, auteur de plusieurs livres sur les musulmans français, s’en remettre aux mosquées pour rétablir l’ordre "valide le postulat que l’Islam est la réponse à tout".
Le Roi parle
"La priorité absolue, c’est le rétablissement de la sécurité et de l’ordre public", déclare le président Jacques Chirac. "Le dernier mot doit revenir à la loi".
Le Roi a parlé : on rétablit la sécurité et après on dialogue. Reste à connaître les mesures proposées pour rétablir l’ordre public. Villepin en parlera demain soir sur TFI.
Chirac a donné la priorité à la sécurité : appréhension des fauteurs de troubles et leur jugement. Chirac a ajouté un petit couplet sur le respect de chacun, la justice et l’égalité des chances…
MJ
Hollande prend la parlote pour un acte !
Interviewé sur le journal de France 3 ce soir, François Hollande demande l’arrêt des discours et le passage aux actes du gouvernement. Quels actes ? Il demande un débat parlementaire…
Paroles, paroles, paroles…
Néron sort du silence
Chirac parlera à l’issue du Conseil de sécurité intérieure qui se tient actuellement à l’Elysée.
En son temps, Néron avait accusé les chrétiens d’avoir incendié Rome. Espérons que notre Néron national désignera les vrais coupables…
Témoignage de policier
"Nous avons eu à faire face à des gens qui nous ont attaqués avec des pioches, des boules de pétanque, de multiples jets de cocktails molotov", a raconté le directeur départemental de la sécurité publique de l’Eure. Selon ce policier, ces actes sont le fait "de groupes préparés et structurés, armés". "C‘est la première fois que nous nous trouvons confrontés à des gens qui en veulent à l’intégrité physique des fonctionnaires intervenants".
Paroles de jeunes
Voici quelques propos de ‘jeunes’ des banlieues, recueillis par Libération. Révélateur :
Youssef, 20 ans, éducateur à Bondy, revient sur la grenade lacrymogène lancée dans une mosquée, acte que les barbares veulent venger : «Les jeunes ne sont pas tous pratiquants, mais tous croyants.» Croyants musulmans, cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant puisque les médias n’osent pas le dire…
Un autre, à peine 16 ans, bonnet enfoncé sur la tête : «Il faut que Sarko ferme sa bouche, qu’il s’excuse ou qu’il démissionne au lieu de venir foutre la merde en banlieue comme Bush en Irak.» La banlieue comparée à l’Irak, pays indépendant. La venue d’un ministre français et de forces de l’ordre françaises sont assimilées à l’invasion d’une puissance étrangère sur le sol des "cités musulmanes"…
Julien, 22 ans, vendeur, est pour le moins inquiet. "Les jeunes ont le sentiment d’être en croisade."
Emeutes : les services sont débordés
Selon un officier de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris (BSPP), les pompiers sont actuellement débordés et ne peuvent intervenir systématiquement. Les services de police ne sont là que pour assurer leur sécurité et tant que celle-ci n’est pas assurée, les pompiers n’interviennent pas. C’est le cas dans le 93 (Seine-Saint-Denis), où tout porteur d’uniforme est pris à parti (les barbares n’hésitent pas à s’attaquer aux voitures de pompiers et à en sortir les occupants…). Déjà des pompiers de province (notamment des brigades de Saumur) sont venus prêter main forte à leurs collègues parisiens. Mais les services ne sont plus en mesure d’intervenir sur un événement exceptionnel (type attentat).
Mais le plus scandaleux, c’est que les services de police n’ont toujours pas reçu l’ordre d’intervenir ! (ne serait-ce que pas l’utilisation des canons à eau anti-manifs). La fermeté affichée par le médiatique Sarkozy n’entre toujours pas en acte. La police a juste pour mission de contenir le désordre et de permettre aux pompiers d’intervenir. Ce qui explique le faible nombre d’interpellations (350 la nuit dernière), c’est que la police ne vient pas pour ça.
Le nouveau gouvernement polonais
[Marek nous transmet une présentation du nouveau gouvernement polonais. Ce qui frappe, c’est la qualité des membres de ce gouvernement, alors que nos médias se plaisant à présenter le PiS comme un parti "provincial" pas très brillant. Cette expérience politique catholique a une importance qui déborde des frontières de la Pologne : dans le délitement actuel du modèle culturel et social européen, le succès de ce gouvernement servirait de balise au versant politique de la nécessaire "nouvelle évangélisation" HV]
En Pologne, le parti des frères Kaczynski (PiS) n’a pu s’entendre sur la constitution d’une coalition avec son allié de droite la Plate-forme Civique (PO). Le premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz et son gouvernement, composé de 17 ministres issus en majorité du parti Droit et Justice (PiS) (mais aussi de tendance plus centriste pour 6 d’entre eux), ont été nommés lundi dernier par le Président Kwasniewski ( Source ).
Parmi ces ministres: Ludwik Dorn (Ministre de l’intérieur et de l’administration. Homme de lettres primé pour un de ses poèmes pour enfants); Zbigniew Ziobro (Ministre de la Justice. 35 ans, Procureur); Zbigniew Wassermann (Ministre des Services Spéciaux. Anti-communiste convaincu, procureur, qui s’est distingué dans une commission d’enquête sur la mafia du pétrole); Radoslaw Sikorski (Ministre de la Défense Nationale. Philosophe, politicien, économiste et écrivain); Zbigniew Religa (Ministre de la santé. Cardio-chirurgien très réputé, il s’était présenté à la Présidentielle 2005 avant de se retirer au profit de … Donald Tusk); Stefan Meller (Ministre des Affaires étrangères et Chef du Comité pour l’intégration européenne. Historien spécialiste de la Révolution française, polyglotte, Ambassadeur polonais en France (1996-2001) et à Moscou (à partir de 2002), il reçut en 1995 les Palmes académiques françaises.
Le nouveau gouvernement est déterminé à défendre les valeurs nationales de la Pologne et à refermer définitivement la page sombre du Communisme en l’éradiquant à tout jamais. Un de ses premiers objectifs est le remplacement de l’organe d’espionnage militaire hérité du Communisme ainsi que le limogeage systématique de tout officier de police ou de l’armée ayant eu un lien avec les services communistes (d’aprés les statistiques 10 % des officiers supérieurs de Police auraient été des agents des services secrets communistes)…
Donald Tusk a ordonné au parlementaires de la Plate-forme civique de ne pas voter la confiance au gouvernement Marcinkiewicz. La décommunisation a été une raison primordiale de l’échec des négociations avec le PO, qui exigeait le portefeuille stratégique de l’Intérieur. En 1992, Donald Tusk s’était opposé avec Lech Walesa à la décommunisation du pays.
Le PO avait également exigé que le parti des frères Kaczynski rompe définitivement avec Andrzej Lepper afin de rendre indispensable une coalition PO-PiS en se mettant à dos le chef de Samoobrona. Le PO serait alors devenu la force dirigeante, le PiS ne pouvant compter sur les voix d’Andrzej Lepper. Au grand dam des libéraux, le parti des frères Kaczynski s’est rélévé particulièrement pragmatique sur la question, si bien que le nouveau gouvernement a de grandes chances d’être approuvé par le parlement et il pourra ainsi mettre en place sa politique de réforme. Kazimierz Marcinkiewicz devrait en effet pouvoir compter sur le parti d’Andrzej Lepper Samoobrona, la Ligue des familles polonaises (LPR) et le parti paysan (PSL). Ces derniers ont certes posé leurs conditions mais le nouveau premier ministre entend bien s’y conformer. Il en va de la survie du gouvernement.
Marek
[Une remarque sur le ministre de la Défense : "Radek" Sikorski a été chercheur au think tank néoconservateur américain AEI, et a écrit depuis 1988 dans National Review. Marek indique qu’il a la double nationalité polono-britannique. Sa nomination est en tout cas un signe d’atlantisme on ne peut plus clair… HV]
Le traitement médiatique ‘a minima’ des émeutes est volontaire
On avait parlé ici de la sémantique et de la problématique décalées utilisées par les médias. J’étais aussi intrigué par le fait que, davantage à la radio qu’à la télévision d’ailleurs, le temps consacré aux événements est limité au minimum décent : au bout de quelques minutes d’un journal, l’attention est attirée sur toutes sortes de nouvelles "dérivatives", en premier lieu les résultats sportifs.
Là encore, je n’avais pas rêvé : les médias appellent cela être partagés "entre souci d’informer et désir d’apaiser"… On pourrait aussi appeler cela "prendre le public pour des benêts". Les journalistes de France 2 visent ouvertement à "faire ressortir les aspects économiques et sociaux de ce qui se passe", au détriment des aspects moins politiquement corrects.
Au premier rang de cette manipulation, Paul Nahon : "Nous montrons le strict minimum." Paul Nahon s’y connaît d’ailleurs en désinformation : on se souvient du reportage anti-catholique d’anthologie Les Croisés de l’Ordre Moral qu’il avait diffusé sur Envoyé Spécial il y a dix ans presque jour pour jour. On y voyait démontré, à grand renfort de musiques de films d’horreur et de vues en contre-plongée, que les AFC, le Vatican, le Dr Dor, le Prof Lejeune, l’Opus Dei (etc) participaient à un immense complot dont le but était… la négation des chambres à gaz !
Les jours de l’impunité, pour ces pratiques médiatiques, sont sans doute comptés : grâce à l’internet à haut débit, les gens ont maintenant le choix de chercher ailleurs leurs informations, comme le montre la sélection quotidienne multimédia de Bafweb. Du temps de la RDA, on disait que les Allemands de l’Est fuyant à l’Ouest "votaient avec leurs pieds". Les médias audiovisuels vont vite constater, comme le constate déjà la presse écrite, que leur public peut maintenant "voter avec sa souris" et se passer d’eux.
L’émeute s’organise
Un atelier de confection de bouteilles incendiaires a été découvert samedi soir dans un local désaffecté à Evry dans l’Essonne, en banlieue sud de Paris, et six mineurs ont été interpellés. Cent-cinquante bouteilles préparées pour être des cocktails Molotov, dont 50 déjà prêts à l’usage, des dizaines de litres d’essence et des cagoules ont été découvertes dans un ancien local désaffecté. Cette découverte signifie que ce ne sont pas des gamins qui improvisent ça dans leurs salles de bains…
Le directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, Jean-Marie Huet, a affirmé dimanche qu’on pouvait parler "d’organisation" dans les violences urbaines qui touchent plusieurs villes de France, mais il a toutefois jugé "prématuré" de parler de véritable coordination des émeutes : "On peut parler d’organisation quand on voit des usages de téléphones portables, d’Internet, des choses comme ça, ça c’est certain". "Après, tomber dans une espèce de schéma en disant ‘il y a les islamistes qui sont derrière, qui commandent tout’, je n’ai pas d’éléments, au jour d’aujourd’hui, qui me permettent de le dire. Ce serait tout à fait prématuré". Prématuré, mais pas impossible…
De l’organisation à la coordination : c’est cela que la police doit empêcher si elle veut éviter une guerre civile.
Il ne manquait plus que… Kadhafi
Le dictateur libyen s’est entretenu au téléphone avec Jacques Chirac hier. Il aurait "proposé son aide" pour faire revenir le calme…
Les barbares islamistes attaquent la capitale !
Sur les 918 véhicules incendiés, 373 l’ont été en Ile de France et 545 en province, a précisé la cellule spéciale de la Direction générale de la police nationale (DGPN) mise en place au ministère. Pour la première fois, la capitale a été touchée avec 28 véhicules incendiés. Ces chiffres sont encore provisoires (on parle déjà de 1300 voitures brûlées, mais peu importe les chiffres : le fait est que tout le pays est touché, y compris Paris !).
Les violences ont gagné Paris intra-muros, notamment près de la place de la République (3e arrondissement) ainsi que dans les 13e, 19e, et 20e arrondissements. Dans le quartier de la République à Paris, trois voitures ont été endommagées suite à un lancer de cocktail molotov. L’état-major des sapeurs-pompiers a confirmé que des interventions étaient en cours dans la capitale sur des véhicules incendiés, sans donner plus de précisions.
La répression s’impose plus que jamais. L’Etat doit décréter l’état d’urgence, des mesures exceptionnelles, le couvre-feu dès 18h et donner les pleins pouvoirs à la police !
Maurice G. Dantec et la « guerre civile »
Je livre une transcription partielle de l’interview de l‘écrivain "tradi-trash", exilé volontaire au Québec, par Benoît Dutrizac, sur le plateau de TQS, la deuxième chaîne de télévision du Québec, et dont a parlé hier soir Lahire.
Extraits :
MD: Là, ce qui est en train de se passer, c’est ce qu’on appelle un prolégomène à la future guerre civile française.
BD: Alors, parlez-moi français, par exemple…
MD: Ben c’est un prologue à la future guerre civile française, qui est en gestation depuis des années…
BD: Guerre civile française ?
MD: Guerre civile française, je répète mes mots. C’ta dire que là, visiblement, ce qu’on appelle les forces de l’ordre républicaines sont dépassées par les événements. […] [Des armes de guerre] sont planquées dans les caves, elles n’attendent que le moment opportun pour sortir. Quel va être le moment opportun ? Le moment où l’Etat républicain n’aura plus les moyens d’assurer l’ordre public […] On en est très proches. […]
Hier, quand des policiers en sont à deux doigts de demander l’intervention de l’armée…
BD: La loi martiale ?
MD: … si ça ne s’appelle pas un prologue à une guerre civile, bon ben je sais pas moi, je me mets à faire de la BD demain, d’accord…
Les événements actuels ne sont pas la "guerre civile", et vont sans doute s’atténuer progressivement. Je m’aventure à supposer que le samedi soir après la fin du ramadan aura marqué l’apogée du mouvement – on sera fixé dans 24 heures : si le nombre de voiture brûlées la nuit prochaine est supérieur à celui de la nuit dernière, je ferai amende honorable !
Mais jamais le terme de "guerre civile" n’aura été si largement employé, y compris par un député UMP dans le Figaro. Ce que révèlent ces troubles, c’est que la saturation des moyens de maintien de l’ordre public n’est pas inimaginable.
Le risque pour les cathos serait de simplement se ranger, apeurés, dans le camp d’un "parti de l’ordre" républicain et laïc. Je renvoie aux "4 scénarios" de George Weigel dans son dernier livre : l’ "utopie laïciste", même si elle devait prendre une forme autoritaire du type "Jacques Myard", est vouée à l’échec. Les trois scénarios restants sont : l’Eurabie; la partition en enclaves après une guerre civile; ou une nouvelle évangélisation de notre continent…
Violences organisées
C’est le procureur général de Paris,Yves Bot, qui a lancé cette idée : "la manière d’agir est organisée, elle répond à une stratégie, c’est quelque chose qui s’inspire d’actions qui incluent une véritable tactique mobile", a-t-il déclaré sur Europe 1. Le modus operandi est toujours le même : "Ça se fait par des unités mobiles, des jeunes (…) qui arrivent sur des scooters, balancent une bouteille enflammée sur un véhicule et puis repartent. Il est incontestable que cela se fait de manière qui donne toute l’apparence de la coordination entre elles". Certaines actions seraient orchestrées via internet. "On peut lire des sortes de blog qui incitent les autres villes à se joindre au mouvement de la région parisienne, on a d’ailleurs observé cela cette nuit".
Pour l’UMP Eric Raoult, les violences, spontanées les premiers jours, sont aujourd’hui programmées. "Ce ne sont plus des mêmes qui mettent le feu pour rigoler, mais des groupes organisés pour déstabiliser", estime le député-maire de Raincy dans Le Parisien.
Un prologue de guerre civile.
La France à feu
La dixième nuit de violence anti-française a commencé !
Les plus graves incidents étaient signalés à 21h00 dans l’Essonne, où les services de police enregistraient déjà 23 voitures détruites par des incendies. Dans la commune de Grigny, deux écoles ont été incendiées. Un important feu ravage également une usine de recyclage de papier. Une autre école est touchée à Vigneux, alors que la police fait état de 35 véhicules incendiés sur tout le département peu avant 22h. En Seine–Saint–Denis, la police fait état de nombreux véhicules incendiés. Un important feu était également signalé dans un gymnase de Noisy–le–Grand. En Seine–et–Marne, un poids-lourd est en feu en face du lycée professionnel de Savigny–le–Temple, où les pompiers sont pris pour cibles par des lanceurs de pierres.
En province, des incidents se multiplient dans des villes jusqu’à présent relativement calmes. La plupart du temps il s’agit d’incendies de quelques voitures à l’aide de cocktail Molotov par des bandes de jeunes, comme à Avignon (Vaucluse), Saint–Dizier (Haute-Marne), Soissons (Aisne), Nantes (Loire-Atlantique), Montauban (Tarn-et-Garonne) ou dans le Loir-et-Cher. C’est dans le Nord que ces actes de vandalisme sont plus nombreux. Outre des incendies de voiture à Lille, Roubaix, Tourcoing, Mons–en–Baroeuil, les pompiers signalent un incendie de poids-lourd à Lille et un incendie d’autobus à Auby.
Dans le sud, à Marseille (Bouches-du-Rhone) les services de police enregistraient à 21h00 trois incendies de voitures. Dans les Alpes-Maritimes, plusieurs véhicules ont également été incendiés à Cannes et Nice. Dans cette dernière ville, les pompiers ont essuyés des jets de pierres en intervenant sur un de ces feux. A Toulouse (Haute-Garonne) une demi-douzaine de voitures avait déjà flambé peu avant 21h00.
Devoirs de l’immigré
En cette période d’émeutes, les médias irresponsables veulent responsabiliser les Français, qui sont depuis des dizaines d’années, victimes d’une politique immigrationniste incapable. Ainsi, c’est le chômage et la précarité qui seraient les causes du désordre. Le racisme aussi (pas l’anti-français évidemment…). Les propos du ministre de l’Intérieur, qui devrait cesser d’être choquant et devrait agir… en léchant les baskets des voyous.
Les Français ne sont pas dupes, mais ils sont impuissants. Une des légimités de l’Etat étant le maintien de l’ordre public -la sécurité- en y renonçant, l’Etat renonce à sa légitimité. L’étape ultérieure se nomme guerre civile : chaque citoyen se charge de sa propre sécurité…
La politique immigrationniste de nos gouvernements successifs est en cause. Les immigrés, et leurs progénitures dont ils ont la charge, sont débiteurs envers l’Etat, c’est-à-dire envers le peuple français. Le catéchisme de l’Eglise catholique est clair sur ce sujet : "Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges."
Soyons honnêtes : la situation est grave. Les nuits de violence ne pourront continuer sans réaction des honnêtes français, exaspérés de l’inaptitude du gouvernement à ramener la sécurité. Les politiques sociales, de la ville ou du dialogue ont échoué car elles ont toujours été déconnectées de la réalité banlieusarde et musulmane. Aujourd’hui, il est trop tard pour dialoguer. Il faut d’abord ramener l’ordre et ensuite discuter. Il faut donc décréter l’état d’urgence et réprimer les barbares sans relâche.
Concours de catéchisme : J-2
Un mourant peut-il communier sans être en état de grâce ? Dans l’expression « Magistère ordinaire et universel », le mot universel signifie-t-il l’universalité dans le temps ? Y a-t-il des gens en Enfer sans que ce soit entièrement de leur faute ?
Ce ne sont que trois des 80 questions du Concours de catéchisme du Forum catholique… autant dire que pour y répondre avant la date limite d’envoi des réponses, lundi soir, il faut se mettre au travail dès maintenant !
Mais, demandera-t-on, est-ce que c’est vraiment le moment, avec tout ce qui se passe, de se préoccuper de catéchisme ? Plus que jamais, rappelle le règlement du concours : « L’ignorance des choses divines est la principale cause de la dépression actuelle, de la débilité des âmes et des maux très graves qui s’ensuivent » (Saint Pie X)
Premières indications des réactions des Français
Un sondage du Parisien semble indiquer que la tentative de faire porter à Nicolas Sarkozy la responsabilité des émeutes de cette semaine n’a pas trouvé beaucoup d’écho chez les Français.
Le site TF1.fr est le reflet, certes peu scientifique, de réactions très éloignées de celles des médias : comme le remarque le site anti-islamique Occidentalis (via BW), le forum de la chaîne a dû être fermé, sans doute débordé par le nombre et la virulence des commentaires. Et un sondage en ligne de TF1 (ici, colonne de gauche) demande à 85 % "plus de répression" à l’heure où j’écris.
Dalil Boubakeur fait la leçon au gouvernement
Au sortir de sa rencontre avec Dominque de Villepin, Dalil Boubakeur a demandé à Nicolas Sarkozy "des paroles apaisantes". Le recteur a pris garde de ne pas légitimer les violences, mais il sous-entend que ce sont d’autres paroles, moins apaisantes, du ministre de l’Intérieur qui portent la responsabilité des événements.
Un lecteur, commentant ce post, renvoie d’ailleurs à un intéressant éclairage de Daniel Schneidermann sur les circonstances dans lesquelles M. Sarkozy a employé le mot "racaille", et au rôle trouble de France 2 dans l’écho qui lui a été donné.
Traitement des émeutes par les médias : on n’avait pas rêvé
L’inestimable Bafweb indique un article intéressant de l’important portail évangélique américain WorldNet : son auteur a lui aussi la nette impression que la presse française s’autocensure jusqu’à l’absurde dans la description des émeutes. Sous le titre "la protection des émeutiers musulmans par les médias", il commente un article du Figaro du 3 novembre (qui n’est plus en ligne) :
Dans le Figaro, toutes [les] descriptions des violences sont écrites au mode passif. Il faut avoir lu les deux cents premiers mots de l’article pour apprendre qu’il y a effectivement des émeutiers qui causent le problème. […]
La première référence à des "musulmans" les présente non comme les auteurs des violences, mais comme des victimes. L’article raconte comment l’explosion d’une grenade lacrymogène devant une mosquée a exacerbé les tensions.
Le Livre blanc sur l’avortement
Le collectif "30 ans ça suffit" l’avait promis et annoncé le 23 janvier 2005 à l’occasion de la grande manifestation nationale contre la légalisation de l’avortement.
Le Livre blanc sur l’avortement est prêt et devrait être disponible dès le 20 novembre. Les responsables des associations pour la famille et le respect de la vie du collectif (Choisir la Vie, le Centre International pour la Vie, TransVie, la Coordination pour la Vie de Saône et Loire (03 85 82 02 94), la Trêve de Dieu, Laissez-les-vivre-SOS futures mères, Rivage, l’ ACPERVIE, Renaissance catholique, Jeunes Catholiques Nantais, l’Association pour la Protection de la Vie et de la Santé, l’ Association des médecins pour le respect de la Vie) y exposent publiquement et collectivement un bilan de ces trente années et leur volonté d’une véritable politique familiale.
Ces associations rèunies à nouveau au sein du collectif "30 ans ça suffit" donnent rendez-vous à tous les défenseurs de la Vie à la grande manifestation nationale qui aura lieu le dimanche 22 janvier 2006 à Paris au départ de la place de la République.
Le Salon Beige ne manquera pas de vous communiquer le moyen de commander au plus vite le Livre blanc sur l’avortement et tous les détails pratiques pour la manifestation.
Emeutes : plus personne n’est épargné !
La neuvième nuit de violences montre que tant la banlieue, riche ou pauvre, que la province sont touchées. Plus de 900 véhicules ont été incendiés (dont le quart en province) et 258 personnes ont été interpellées dans toute la France. Chaque nuit ces chiffres augmentent… jusqu’à quand ?
En province, les principaux départements touchés ont été le Nord (Lille et Calais), l’Ille-et-Vilaine (Rennes), le Bas-Rhin (Strasbourg), les Alpes-Maritime (Nice), la Gironde (Bordeaux) et la Haute-Garonne (Toulouse).
La préfecture des Yvelines a fait état d’affrontements aux Mureaux entre une cinquantaine de jeunes et une soixantaine de CRS. Selon la directrice de cabinet du préfet Nathalie Colin, trois policiers ont été légèrement blessés et une personne a été interpellée. A Achères, une école maternelle a été incendiée, ainsi que quelques voitures, alors que la ville n’avait pas connu de tels débordements récemment. A Suresnes (Hauts-de-Seine), un parking couvert a été incendié vers 00H00, brûlant 44 voitures. Environ 100 pompiers sont intervenus sur le sinistre.
En Seine-Saint-Denis, les actes de violences s’étaient multipliés dans la soirée, un premier bilan faisant état de 33 voitures incendiées. Un bus vandalisé a essuyé des tirs à balles réelles à Sarcelles, un magasin "Franprix" a été attaqué à Montmagny, et un parking souterrain à Persan, et un entrepôt à Aubervilliers ont été incendiés. A Pierrefitte, l’incendie d’une voiture a provoqué une coupure d’électricité dans une partie du village. Une soixantaine de personnes sont allés se réfugier sur la place de l’église. au calme. A Torcy (77), l’espace culturel "Mosaïque", mitoyen du collège Jean-Monnet, a été incendié, mais les flammes ne se sont pas propagées à l’établissement scolaire.
A Cléon, dans la banlieue d’Elbeuf, à une trentaine de kilomètres de Rouen (Seine-Maritime), un bus a été incendié. Plusieurs individus sont montés à bord et ont jeté des bouteilles incendiaires qui se sont immédiatement enflammées. Il n’y a pas eu de blessés. Les passagers avaient eu le temps de s’extraire du bus, mais ce dernier a été totalement ravagé par les flammes.
Ce n’est plus une révolte, Sire, c’est une Révolution !
Face aux émeutes, le discours public est dominé par des problématiques décalées
Tandis que des émeutes ethniques et confessionnelles embrasent les banlieues, le discours public est englué dans des problématiques qui légitiment implicitement le comportement insurrectionnel :
– L’inévitable "il faut plus d’argent", mais aussi…
– "Les morts de Clichy étaient-ils poursuivis ?" Non, pour l‘Express (sous-entendu : "s’ils l’avaient été, il aurait été légitime de caillasser la police" ?). Comme le remarquait Ivan Rioufol : "Qu’a-t-on vu, ces jours-ci ? Une police obligée de se défendre d’avoir voulu pourchasser deux «jeunes» qui, fuyant un contrôle d’identité, se sont tués en pénétrant dans un transformateur EDF."
– Sarkozy va-t-il s’excuser, ou démissionner ?
– Mais pourquoi les "jeunes" s’en prennent-ils à d’autres pauvres – au lieu de s’en prendre aux riches ?
"Le problème, c’est qu’ils touchent des gens qui sont comme eux. Qu’ils aillent cramer là où il y a de l’argent", lance Caroline Bourré, qui habite un quartier pauvre. (AFP)
Frédéric, lui, n’en démord pas : «Les incendiaires savaient ce qu’ils faisaient puisqu’ils sont arrivés juste après le départ des derniers employés. Mais ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que leurs parents travaillant ici, seront les premières victimes de ce geste absurde.» (Le Figaro)
Mourad comprend en partie [les émeutiers] : «Mais au lieu de tout niquer, ils feraient mieux de manifester ou d’aller casser sur Paris. Le soir, je suis obligé de tourner avec la voiture pour la mettre à l’abri.» (Libération)


