La lecture comme antidote à la dictature de la pensée unique
Comment ignorer sa présence et sa faconde, son militantisme et ses engagements ? Ancien élève de l’École navale et ancien président du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, Jean-Pierre Maugendre est directeur de l’association Renaissance catholique et intervenant régulier au sein du Club des Hommes en noir. Homme de conviction, il a fait paraître récemment un petit livre consacré à l’importance de la lecture, pour bien penser et pour lutter contre les tentations de la pensée unique.
Jean-Pierre Maugendre est l’Invité du Club des Hommes en noir. Au micro de Philippe Maxence, il explique pourquoi il s’est intéressé à ce sujet de la lecture mais aussi les pièges à éviter et les bons moyens à prendre pour (re)trouver le goût et la passion de la lecture.
Cette émission est aussi le moyen de découvrir une personnalité riche, sans fard, fière de ses engagements, admirateur de saint Dominique dont il cultive le goût pour la vérité, la controverse et la mission. Il y a aussi du saint Paul chez cet homme qui ne cache rien et qui met sa peau au bout de sa foi.
Notre-Dame de Chrétienté recrute ses bénévoles
En prévision du 44e pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, l’association Notre-Dame de Chrétienté recrute ses bénévoles.
L’association a besoin en particulier :
- de médecins
- de kinésithérapeutes
- de chauffeurs Poids Lourds (C)
- de chauffeurs avec un permis remorque (BE)
Par ailleurs, pour intégrer les équipes Soutiens, il est nécessaire d’être majeur et en bonne santé.
Contact : [email protected]
Dunkerque : Sébastien Chenu fait le choix de Macron contre les patriotes
Communiqué de l’Action française :
Alors que c’est en toute transparence que notre camarade et porte-parole de l’Action française Antoine la Scola a rejoint, depuis plusieurs mois, la liste aux municipales qu’a formée Adrien Nave pour Dunkerque, c’est avec la plus grande surprise que nous apprenons que Sébastien Chenu, vice-président du RN, a retiré à cette liste l’investiture du parti à la flamme en raison de la présence d’un membre de l’Action française en position éligible. De plus, Adrien Nave, comme s’il avait commis une faute grave, est convoqué par les instances du RN en vue de son exclusion du parti.
Ainsi, au moment où la France subit le contrecoup d’une violence politique imputable à l’extrême-gauche avec la complicité morale de la gauche et de la macronie dans le cadre de l’arc républicain, au moment où tous les patriotes sincères devraient se rassembler pour former un front uni contre le délitement de la France, à la veille d’un discours où Macron annoncera peut-être son intention de livrer aux Allemands notre arme nucléaire, Sébastien Chenu a décidé de diviser les patriotes et fait le choix délibéré de laisser de nouveau Dunkerque au macronien de gauche Patrice Vergriete, sa liste pour les élections municipales des 15 et 22 mars allant du Parti communiste français aux Républicains, en passant par les différentes nuances de la gauche et du centre ! C’est là une véritable trahison des patriotes et des Dunkerquois que commet Sébastien Chenu.
Est-ce la vengeance personnelle et mesquine d’un salonnard parisien à l’encontre d’un Dunkerquois implanté dans sa région et au contact permanent du pays réel ? En tout cas, les Dunkerquois ne seront pas dupes de la qualification insultante de l’Action française comme « mouvement d’ultra-droite », qui dénote surtout, de la part de Sébastien Chenu, soit une ignorance crasse de notre école de pensée et de notre mouvement, soit une rare malhonnêteté intellectuelle. Est-ce à l’enterrement d’un dirigeant d’ultra-droite que se rendit Marine Le Pen en 2007, en assistant aux obsèques de Pierre Pujo, en l’église de la Madeleine à Paris ? Est-ce à un hebdomadaire d’ultra-droite, L’Action française 2000, qu’elle a accordé des entretiens ? Chantal Delsol, Pierre Manent, Marcel Gauchet ou Michel Houellebecq, entre autres invités nombreux, sont-ils suffisamment stupides pour venir dialoguer avec des nervis d’ultra-droite dans le cadre du Cercle de Flore ?
Nous ignorons si Sébastien Chenu a, en l’occurrence, parlé au nom du RN. En effet, ancien giscardien, ancien chiraquien, ancien collaborateur de Christine Lagarde, ancien sarkozyste, ancien copéiste, ancien brunolemairiste, un moment proche de Nathalie Kosciusko-Morizet puis d’Anne Hidalgo, c’est à la suite d’un long parcours politicien qui donnerait presque le tournis que Sébastien Chenu a fini (?) par rejoindre le Rassemblement Bleu Marine en 2014, avant de devenir en 2017 le porte-parole du Front national — devenu Rassemblement national l’année suivante. Peu importe. L’Action française s’honore d’avoir toujours pratiqué le compromis nationaliste dans le seul intérêt du pays. C’est ainsi qu’en 2002 elle appela à voter pour Jean-Pierre Chevènement, puis pour Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen au moins au second tour des élections présidentielles suivantes. C’est ainsi qu’elle accepte aujourd’hui de concourir aux côtés de patriotes républicains à des listes municipales quand il s’agit de participer à la victoire de valeurs communes. Face à la trahison de Sébastien Chenu au profit de la gauche macronienne, mondialiste et européiste, les Dunkerquois seront d’autant plus nombreux à se mobiliser pour la liste patriote.
Changement de régime en Iran ? Pas si simple
Analyse lue dans Conflits :
Depuis plusieurs mois, une idée gagne du terrain dans certains cercles occidentaux et israéliens : la chute de la République islamique pourrait ouvrir la voie au retour politique de Reza Pahlavi, fils du dernier shah. Le raisonnement est séduisant. Un prince en exil, laïc, pro-occidental, hostile aux mollahs, parlant parfaitement le langage diplomatique de l’Occident. Le candidat idéal pour incarner un « Iran normalisé ».
Mais ce scénario repose sur une triple illusion : celle du poids réel de la diaspora, celle d’un Iran socialement prêt à restaurer la monarchie, et celle d’une transition politique qui pourrait se produire sans fracture majeure de l’État.
Et c’est précisément pour cette raison que le pari stratégique sur Pahlavi pourrait se retourner contre ceux qui l’encouragent.
L’illusion politique de la diaspora
La diaspora iranienne est visible, active, influente dans certains milieux médiatiques et universitaires. Elle produit des tribunes, organise des conférences, mobilise des réseaux politiques à Washington, Paris ou Berlin. Elle donne l’impression d’une opposition structurée.
Mais une diaspora n’est pas un appareil politique.
Elle ne contrôle ni territoire, ni forces armées, ni structures clandestines capables d’opérer durablement à l’intérieur du pays. Elle ne dispose pas non plus d’un réseau social profond comparable à celui que la République islamique a construit pendant plus de quarante ans.
Or, toute transition politique repose sur ces infrastructures invisibles : relais locaux, capacité d’organisation, loyautés bureaucratiques, contrôle des forces armées. Sans cela, un leader peut incarner un symbole. Il ne peut pas gouverner.
La popularité médiatique d’un opposant en exil n’est pas un indicateur de sa capacité à prendre le pouvoir. C’est une confusion que l’Occident a déjà payée très cher en Irak, en Libye ou en Afghanistan.
La République islamique : un système enraciné
L’erreur la plus fréquente consiste à réduire la République islamique à une simple oligarchie religieuse. En réalité, le régime iranien est devenu au fil du temps un écosystème politique, militaire et social.
Les Gardiens de la Révolution ne sont pas seulement une force armée. Ils constituent un complexe politico-économique qui irrigue une grande partie de l’économie du pays. Les fondations religieuses contrôlent des ressources considérables. Les milices paramilitaires structurent un réseau de loyautés locales.
Ce système n’est pas majoritaire dans la société iranienne. Mais il est suffisamment organisé pour survivre à une crise politique majeure.
Imaginer que cet appareil disparaîtra mécaniquement avec la chute du sommet relève d’un simplisme dangereux. Dans l’histoire contemporaine, l’effondrement brutal d’un régime fortement militarisé produit rarement une transition démocratique rapide. Il produit plus souvent une fragmentation de l’État.
L’Iran n’est pas un bloc homogène
L’un des angles morts les plus préoccupants du discours monarchiste concerne la question nationale.
L’Iran est un pays multiethnique : Kurdes, Azéris, Arabes du Khuzestan, Baloutches, Turkmènes. Ces populations représentent une part significative du pays et certaines disposent déjà de partis politiques structurés ou de capacités armées.
La question centrale n’est donc pas seulement celle du régime. Elle est constitutionnelle.
Quel type d’État pour l’Iran post-islamique ? Un État centralisé persan ? Un État fédéral ?Une autonomie régionale élargie ?
Reporter ces questions au « lendemain de la révolution » est la meilleure manière de transformer la transition en conflit ouvert. L’expérience irakienne et syrienne l’a montré : lorsque l’État central s’affaiblit, les identités politiques longtemps contenues réapparaissent avec une intensité explosive.
Un projet politique qui ne répond pas clairement à ces questions prépare moins une transition qu’une crise de succession.
Un homme providentiel pour un pays de 85 millions d’habitants ?
Le scénario Pahlavi repose aussi sur une logique classique du Moyen-Orient : celle de l’homme providentiel.
Un visage, une dynastie, une nostalgie impériale.
Mais l’Iran de 2026 n’est plus celui de 1979. La société a profondément changé. Les jeunes générations n’ont aucune mémoire directe de la monarchie. Pour beaucoup d’Iraniens, le shah appartient à une histoire lointaine, associée autant à la modernisation qu’à la répression.
La nostalgie monarchiste existe. Mais elle reste fragmentée et sociologiquement limitée.
Surtout, elle se heurte à une question que Reza Pahlavi n’a jamais réellement tranchée : la reconnaissance claire de la nature autoritaire du régime de son père. Sans cette clarification, toute tentative de restauration monarchique porte en elle le risque d’un retour à un pouvoir centralisé et vertical — exactement ce que beaucoup d’Iraniens rejettent.
Le calcul israélien
Pour Israël, la tentation est compréhensible.
Depuis quarante-cinq ans, la République islamique a construit une architecture régionale de confrontation : Hezbollah au Liban, milices chiites en Irak, soutien au Hamas et aux Houthis. Face à cet adversaire stratégique, toute perspective d’un Iran moins hostile apparaît comme une opportunité.
Reza Pahlavi offre une image rassurante : un interlocuteur pro-occidental, hostile au clergé, favorable à une normalisation régionale.
Mais miser sur un individu plutôt que sur une dynamique politique interne est toujours risqué.
Car si la transition iranienne devait se transformer en fragmentation de l’État, Israël se retrouverait face à une réalité bien plus instable qu’aujourd’hui :milices incontrôlées, rivalités régionales, interventions turques, infiltration de groupes djihadistes dans les zones périphériques.
Autrement dit, un nouveau théâtre de chaos aux portes du Moyen-Orient.
L’Iran ne deviendra pas une démocratie libérale du jour au lendemain
L’erreur la plus profonde, partagée par une partie des oppositions en exil et de leurs soutiens occidentaux, est d’imaginer que la chute de la République islamique ouvrirait mécaniquement la voie à une démocratie libérale.
Les transitions politiques dans des États fortement idéologisés et militarisés sont presque toujours longues, conflictuelles et incertaines.
L’Iran n’échappera pas à cette règle.
Le véritable enjeu n’est donc pas de trouver un visage acceptable pour l’Occident, mais de savoir si une coalition politique capable de gérer la transition existe réellement à l’intérieur du pays.
Pour l’instant, la réponse reste incertaine.
Le risque d’un mirage stratégique
Les grandes puissances commettent souvent la même erreur : elles confondent désir et réalité.
L’Occident a voulu croire qu’Ahmad Chalabi pouvait refonder l’Irak. Il a cru que les printemps arabes produiraient spontanément des démocraties libérales. Il a pensé que la chute rapide d’un régime autoritaire suffirait à stabiliser une région.
L’Iran pourrait devenir la prochaine illustration de ce mirage.
Car la chute des mollahs — si elle survient — ne résoudra pas automatiquement les fractures profondes de la société iranienne. Elle les révélera.
Et dans ce moment critique, les selfies diplomatiques de la diaspora pèseront beaucoup moins que les rapports de force sur le terrain.
Les élections législatives en Hongrie : un duel entre patriotisme et soumission aux mondialistes
Les élections législatives en Hongrie sont prévues le 12 avril, et sont désormais lancées. Tous les quatre ans, les électeurs hongrois sont appelés à renouveler les 199 sièges du Parlement. Une élection à laquelle les électeurs auront le choix entre le patriotisme et la soumission aux mondialistes.
Bien qu’il y ait une dizaine de partis qui concourront à cette élection, seuls deux principaux partis sont d’actualité : le Fidesz-KDNP (de Monsieur Viktor Orbán) et Tisza (de Peter Magyar et des mondialistes).
Peter Magyar : le serviteur des mondialistes.
Son nom de famille « Magyar » qui signifie « Hongrois » pourrait indiquer un certain degré de patriotisme. Mais, c’est bien le contraire. Peter Magyar est un ami de Von der Leyen et de Weber. Sur un plat de lentilles, Magyar est prêt à vendre la Hongrie au profit de l’UE, des mondialistes, des wokistes. Un de ses conseillers a dit en août dernier « Nous ne pouvons pas dévoiler un ensemble de mesures, de peur de perdre l’élection ». Magyar est chouchouté par l’Union européenne et les mondialistes. Il promet qu’il n’y aura pas de migrants alors qu’il siège auprès du PPE au Parlement européen (le parti de Von der Leyen et de Weber). Peter Magyar sera alors contraint d’accueillir des migrants mettant fin à la sécurité de la Hongrie.
D’une certaine manière, au vu de son style (politique ainsi que le traitement des médias occidentaux qui le chouchoutent) cela ressemble à Macron (je vous suggère de boire un bon verre d’eau et d’analyser en effectuant des recherches).
Avant de vous moquer de mes écrits et de voter sans réfléchir pour Peter Magyar et sa liste des mondialistes, faites un petit tour en Europe de l’Ouest, en France, et vous verrez (Actuellement en France : Insécurité, déclassement de la France, dette de plus de 3 500 milliards d’euros, diplomatie française en berne, décision uniquement à la Commission de Bruxelles (donc pas d’indépendance), prix de l’électricité en augmentation, et j’en passe).
Peter Magyar conduira la Hongrie dans la situation de la France actuelle.
Réfléchissez à deux fois avant de voter pour cette personne télégraphiée par Bruxelles et ses amis les mondialistes.
Viktor Orbán : le choix de l’indépendance et de la grandeur.
Seize ans au pouvoir couronnés de succès ! Viktor Orbán a réussi à bâtir la Hongrie, tant d’un point de vue culturel avec l’affirmation des racines chrétiennes, l’indépendance à prendre des décisions sans être influencé par une institution, un pays préservé des mondialistes et des wokistes.
En inscrivant les racines chrétiennes dans la Loi Fondamentale, la Hongrie affirme son identité chrétienne. L’Etat hongrois accorde une place importante de la foi par l’enseignement, des aides pour la rénovation d’églises. Le Premier Ministre évoque à plusieurs reprises l’importance de la foi pour le bien de la Hongrie. Lors de la Fête Nationale hongroise le 20 août, une prière pour la Hongrie est dite lors du défilé militaire, ainsi que la représentation de la Sainte-Croix lors des feux d’artifices le soir du 20 août.
Un pays qui dispose d’une capacité à promouvoir une diplomatie de paix : Alors que l’ensemble des ministères des affaires étrangères membres de l’Union Européennes suivent sans réfléchir aux agendas de l’UE et de Soros, la Hongrie fait partie des rares pays de l’UE à adopter une diplomatie de la réalité par le ministre Péter Szijjártó.
Un pays pro-famille : Contrairement aux pays de l’Europe de l’Ouest, Viktor Orbán a adopté des mesures afin de relancer la natalité, des réductions voire des exonérations d’impôts pour les mères de famille dès de deux enfants, des aides pour le logement, une voiture grande espace, des crédits avec un taux d’intérêt très avantageux, un programme d’accession à la propriété pour les jeunes.
Un pays où le taux de chômage est passé de de près de 12% en 2012 à 4,50% en 2025.
Monsieur Orbán consulte le peuple hongrois à travers des consultations (pétitions), des référendums. (À titre d’idée, cela fait plus de vingt ans qu’il n’y a pas eu de référendum en France, et encore moins des consultations).
La lutte contre l’immigration illégale : En 2015, lors de la crise migratoire en Europe, alors que la France et l’Allemagne accueillent à bras ouvert les migrants sans réfléchir aux conséquences, la Hongrie a préféré de protéger son identité en construisant une barrière frontalière entre la Hongrie et la Serbie afin que la Hongrie soit protégée des migrants qui veulent déconstruire l’identité du pays (la population hongroise est d’environ 9 millions). Par la barrière frontalière, il y a zéro migrant illégal en Hongrie, l’identité nationale et l’unité du pays sont protégées, la sécurité est bien présente.
Bien que la Hongrie soit contrainte de payer une absurde amende de l’Union Européenne (1 million d’euros par jour), la Hongrie est un pays sûr, préservé de tout maux possibles de l’immigration. Lors du congrès du groupe Patriots of Europe, le Premier Ministre Orbán a dit « En Hongrie, il y a zéro migrant illégale ».
La politique contre l’immigration illégale en Hongrie menée par Viktor Orbán est un succès !
Il est évident que des défis subsistent, mais retenez-ceci : la construction d’un pays prend du temps, en particulier si son dirigeant est indépendant lors des prises de décisions.
Ainsi, voter Viktor Orbán et le Fidesz-KDNP est le choix de l’indépendance, de la sécurité, de la grandeur.
Le destin de la France se joue aussi en Hongrie, la réélection de Viktor Orbán sera une bonne nouvelle, permettant ainsi d’espérer d’avoir cette même politique en France en 2027, si Dieu le veut.
Ainsi, Hongroises, Hongrois, le 12 avril prochain, votez pour Son Excellence Monsieur Viktor Orbán et la liste Fidesz-KDNP !
Csak a Fidesz-KDNP !
Hajrá Orbán Viktor !
Hajrá Magyarország !
Source de l’article : https://journallespoir.wordpress.com/2026/03/02/lelection-legislative-en-hongrie-un-duel-entre-patriotisme-et-soumission-aux-mondialistes/
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Signez la pétition contre l’euthanasie sur le site de l’Assemblée
Une lectrice du Salon beige nous rappelle qu’il existe une pétition déposée à l’Assemblée nationale contre le projet de loi actuel sur l’aide à mourir. Elle n’est, à ce jour (dimanche 1er mars 2026) qu’à 46 049 signatures.
Que penser du vote à l’Assemblée Nationale ?
Communiqué de la Marche pour la vie :
Vous le savez certainement, l’Assemblée Nationale a voté pour la loi relative aux soins palliatifs et à l’euthanasie. Cependant, la loi n’est pas encore adoptée. Le texte va maintenant passer en deuxième lecture au Sénat à partir du 1er avril puis de nouveau à l’Assemblée. En cas de désaccord persistant entre l’Assemblée et le Sénat, une Commission mixte paritaire (CMP), rassemblant sept députés et sept sénateurs, sera chargée de trouver un compromis.
Les dernières semaines ont montré que ce combat n’est pas perdu d’avance, comme beaucoup pourraient le penser. Le Sénat a voulu enlever l’acte létal de la loi. À l’Assembléee, le texte n’a été adopté qu’à 53% des voix et 33 députés de plus ont voté contre par rapport à la première lecture. En cela, ce vote est une première victoire qui nous montre que notre action et la radicalisation du texte proposé freinent sa popularité.
C’est le moment de continuer à agir. Nous vous invitons à écrire à vos sénateurs avant la deuxième lecture :
Le mépris de Manon Aubry contre les femmes
Le député français au Parlement européen Manon Aubry s’est exprimé lors d’une table-ronde «l’IVG au centre des résistances féministes» organisée par “l’Institut La Boétie”, contre les initiatives de l’ECLJ qui a rassemblé des témoignages de femmes qui regrettent d’avoir avorté.
Par ces propos contre ces nombreuses femmes, elle illustre un profond mépris contre celles-ci qui racontent pourtant qu’elles n’ont pas eu le choix d’avoir un avortement, qui ont été forcées ou contraintes de mettre fin à leur grossesse. Ce discours de femmes qui ont eu recours à l’avortement devrait interpeller une personne de bonne foi sur cette question.
L’évêque de Luçon commémore les victimes vendéennes des Lucs-sur-Boulogne
D’Henry Renoul pour Le Salon beige :
Comme chaque année, autour du 28 février, la Vendée se recueille dans la chapelle du Petit-Luc, en mémoire des victimes, dont une centaine d’enfants, massacrés par la colonne infernale républicaine dirigée par le sinistre Cordelier.
Les paroissiens étaient rassemblés dans cette église quand les soldats ont organisé le massacre le 28 février 1794 sur ordre de la Convention, qui avait décidé l’extermination du peuple de la Vendée Militaire. Il avait osé se soulever en masse contre elle aux motifs principalement religieux puisque les prêtres réfractaires au serment constitutionnel étaient pourchassés. Douze colonnes infernales étaient chargées de cette besogne. Toute la Vendée départementale, le Bressuirais, Cholet et les Mauges, le Pays de Retz et le vignoble du Loroux-Bottereau subirent le même sort, et Le Loroux-Bottereau par cette même colonne menée par Cordelier, quelques jours après.
Cette commémoration, suivie par deux cents personnes et organisée par le Souvenir Vendéen s’honorait cette année de la présence de Monseigneur Renaud de Dinechin, nouvel évêque de Vendée qui a découvert la réalité de la Guerre de Vendée et sa cruelle répression sanguinaire. Sa précédente charge épiscopale l’avait conduit dans le diocèse de l’Aisne qui avait vu la naissance de quatre conventionnels très actifs pendant la Révolution, un exact contraire de la Vendée Militaire.
Alain Leboeuf, président de la Vendée, Roger Gaboriau, maire des Lucs et Olivier du Boucheron, président du Souvenir Vendéen ont chacun évoqué cette terrible période tandis que Jacques Raveleau-Duparc entonnait dans la chapelle le magnifique Kyrie qu’il a composé ainsi que le Requiem pour les victimes. Patrice Martineau a chanté son « Scapulaire sur son cœur » composée à l’occasion du bicentenaire du soulèvement vendéen. Alain Gérard, historien et Dominique Souchet, l’ambassadeur à l’origine avec Philippe de Villiers de la venue de Soljenitsyne le 25 septembre 1993 pour l’inauguration du Mémorial, assistaient à cette émouvante commémoration et entouraient Monseigneur Renaud de Dinechin pour sa découverte et sa compréhension de cette répression totalitaire de la Vendée militaire. Un martyr encore parfois ignoré voire nié, et jamais reconnu par les autorités temporelles.
Plus de 200 Vendéens étaient présents et s’honorent aujourd’hui encore de se souvenir et de transmettre cette mémoire auprès de tous, notamment des plus jeunes.
Henry Renoul

Ce sont des enfants qui ont déposé les gerbes de fleurs.

Dominique Souchet, Olivier du Boucheron, Roger Gaboriau, Alain Leboeuf et Monseigneur Renaud de Dinechin devant l’autel de la chapelle.
Saint François d’Assise
Véronique Jacquier reçoit :
📌𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐂𝐥𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐁𝐎𝐍𝐎𝐔, prêtre de la famille des Frères Franciscains de l’Immaculée
📌𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒, prêtre jésuite et auteur de « Méditations du Carême » (Éditions Romana)
📌𝐀𝐥𝐛𝐚𝐧 𝐝𝐞 𝐖𝐀𝐑𝐑𝐄𝐍, ingénieur attaché à la figure de saint François
Fin de vie : Quand le calcul politique de LFI l’emporte sur l’éthique.
Mercredi dernier, l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture la loi sur l’aide à mourir. Un scrutin serré qui révèle une réalité politique majeure : un soutien massif du groupe La France Insoumise (LFI)
📊 L’arithmétique d’un vote décisif
Au sein du groupe LFI, la mobilisation a été quasi totale : 62 voix pour et seulement 1 voix contre.
🔍 Une contradiction absolue avec les valeurs « Insoumises »
Ce soutien massif interroge sur la cohérence d’un mouvement qui se veut le bouclier des plus fragiles. Comment concilier ce vote avec la défense historique des services publics et de la dignité sociale ?
🤔 Le soin sacrifié sur l’autel de l’économie : LFI dénonce sans relâche l’austérité à l’hôpital. Pourtant, voter pour l’aide à mourir sans garantie d’un « droit opposable » aux soins palliatifs (supprimé des débats), c’est accepter que la mort devienne une solution par défaut face à la pénurie de moyens. Proposer la mort quand on ne garantit pas le soin, c’est un abandon de l’État.
🤔 La menace sur les « vies précaires » : Le programme « L’Avenir en Commun » prône la protection des seniors. En instaurant cette loi, on expose les plus démunis — ceux qui n’ont pas accès aux réseaux de soins les plus performants — à une pression sociale insidieuse : celle de ne plus être un « poids » pour la collectivité ou leur famille.
🤔 Le risque du validisme : En ouvrant cette brèche, on fragilise la position des personnes en situation de handicap. On suggère implicitement qu’il existe des vies « moins dignes » d’être vécues, au lieu d’exiger une solidarité nationale inconditionnelle et un accompagnement humain sans faille.
🤔 Un « progrès » qui exclut les plus vulnérables
Peut-on parler de « liberté de choix » quand l’État démissionne de sa mission de soin ? LFI ne vote pas pour une émancipation, mais pour une gestion utilitariste de la fin de vie.
La véritable radicalité sociale consisterait à exiger que personne ne se sente obligé de demander la mort par manque de présence, de dignité matérielle ou de soulagement de la douleur.
———————————–
🤔 Euthanasie : la fausse liberté d’une société qui renonce à la solidarité
Tribune – 22 février 2026
https://www.humanite.fr/en-debat/acces-aux-soins/euthanasie-la-fausse-liberte-dune-societe-qui-renonce-a-la-solidarite
L’Humanité
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Nous avons besoin d’une nouvelle chevalerie
Le 1er mars, Terres de mission reçoit le philosophe Guilhem Golfin qui présente un ouvrage inédit de son père, Jean Golfin, excellent connaisseur à la fois de la philosophie occidentale classique et de l’Extrême-Orient: “Confucius et Aristote” (Hora Decima) – une réflexion profonde sur les différences entre deux civilisations éloignées et les points communs liés à la commune nature humaine.
Puis l’abbé Bernard Pellabeuf expose la thèse de son petit ouvrage: “Histoire et actualité de la spiritualité chevaleresque” (DMM). Il défend en particulier énergiquement l’idée que les laïcs chrétiens ont besoin du sacramental de l’adoubement pour leur difficile combat temporel.
Les 17 députés RN qui ont voté pour l’euthanasie
Après le vote favorable à la Constitutionnalisation de l’avortement, 17 députés R.N ont voté favorablement la loi autorisant l’euthanasie…
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/5729
Pour accéder au pouvoir, certains sont prêts à tout…
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Royauté sociale du Christ et laïcité : un livre pour rendre la grandeur de la Foi et de la France
C’est le livre de l’année ! Précis, bien sourcé avec en preuve l’actualité, le dernier livre de Philippe Pellet paru aux éditions Saint-Léger mérite d’être lu avec la plus grande attention.
Avec une plume sans censure, Monsieur Pellet explique l’importance de relire Quas Primas et la fête du Christ-Roi. La France connaît une augmentation, un retour à la Foi. Philippe Pellet explique qu’il est essentiel de consacrer la France à Dieu, au Christ, à son Sacré-Cœur, car un pays doit se baser sur ses racines qui sont la Foi.
Un pays qui se consacre à Dieu est un pays protégé de tout mal. Au cours du livre, Philippe Pellet explique la constitution française et l’incompréhension d’inscrire les racines chrétiennes de la France. De tout temps, dans chaque pays, la religion dominante a toujours défini l’Histoire et la culture du pays.
Monsieur Pellet met en avant les derniers événements que traverse la France (tant juridique, institutionnelle et constitutionnelle) montrant ainsi que le lien rompu entre Dieu et la France depuis 1789 a eu des graves conséquences.
L’auteur termine par une ouverture sur l’espérance avec des exemples tels que le bienheureux Charles de Habsbourg, tout en avertissant les lecteurs.
Après un premier essai expliquant l’ordre moral renversé en Europe de l’Ouest, ce nouveau livre est une explication, mais aussi une alerte.
Un livre plus que jamais d’actualité ! Un livre que je vous recommande.
Royauté sociale du Christ et laïcité: Relire Quas primas cent ans après
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Témoignage d’une résistante catholique à l’occupation japonaise en Malaisie
Sans une once de miséricorde de Sybil Kathigasu sera publié le 11 mars. Rédigées lors de l’occupation japonaise en Malaisie entre 1941 et 1945, ces chroniques constituent le témoignage autobiographique d’une résistante, infirmière et sage-femme malaisienne. Pour la première fois traduit en français, ce texte retrace quatre années de la vie de cette Eurasienne catholique durant le conflit opposant les forces japonaises aux Britanniques sur le territoire malaisien. À travers ce récit personnel, Sybil Kathigasu livre un témoignage unique sur les réseaux de résistance antijaponaise, son arrestation et les tortures subies en détention.
Engagée contre l’ultranationalisme et le militarisme japonais, elle devient une figure emblématique de la résistance. Dénoncée en 1943, arrêtée puis emprisonnée, elle consacre la seconde partie de son journal à décrire son incarcération et les sévices endurés. Libérée après la capitulation du Japon le 15 août 1945, elle est reconnue blessée de guerre et reçoit du roi d’Angleterre la George Medal, distinction honorant les actes de bravoure civile accomplis en temps de guerre. Sybil Kathigasu, née aux Indes néerlandaises en 1899, mourut en 1948 des suites des tortures subies.
En juillet 2024, le Vatican a ouvert son procès en béatification.
Tandis que l’attaque de Pearl Harbor et les bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki sont passés à la postérité, la dimension civile de l’occupation japonaise en Asie du Sud Est constitue un pan de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale largement ignoré en Europe.
L’ouvrage est précédé d’une introduction signée Elsa Lafaye de Micheaux, professeur d’économie politique à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et spécialiste de la Malaisie. Nous l’avons interrogé :
Elsa Lafaye de Micheaux vous remercie de votre intérêt pour Sans une once de miséricorde, de Sybil Kathigasu. Voici ses réponses à vos questions :
Face à la brutalité japonaise, comment Sybil Kathigasu a-t-elle puisée sa force de résistance ?
Sybil Kathigasu a puisé sa force de résistance dans son éducation, sa force morale et ses convictions. Sa foi catholique l’a-t-elle aidée à résister à l’occupation japonaise ? Oui clairement.
Pour quelle raison l’Eglise a-t-elle ouvert son procès en béatification en juillet 2024 ?
Je ne sais plus la raison l’Eglise a ouvert son procès en béatification en juillet 2024. Néanmoins, le livre en malais : « In his welcome address at the book launch, Bishop of Penang, Cardinal Datuk Seri Sebastian Francis said Sybil’s witness reminds us that our shared humanity is always stronger than our challenges and trials. Her courage and service extended to all » [Dans son discours de bienvenue lors du lancement du livre, l’évêque de Penang, le cardinal Datuk Seri Sebastian Francis, a déclaré que le témoignage de Sybil nous rappelle que notre humanité commune est toujours plus forte que nos défis et nos épreuves. Son courage et son dévouement s’étendaient à tous] est paru en juillet dernier.
Que représentait l’Eglise catholique en Malaisie à l’époque ?
L’Eglise catholique en Malaisie avait une place très minoritaire à l’époque. Sa place demeure minoritaire aujourd’hui.
“Dans le christianisme, on ne peut pas inventer une liturgie”
Dans le n°388, février 2026, du mensuel La Nef, le chanoine Christian Gouyaud, prêtre du diocèse de Strasbourg et docteur en théologie, se livre à une critique vigoureuse, sous le titre : « Critique d’un « bref examen »… », du livre de l’abbé Barthe : Les sept sacrements d’hier à aujourd’hui.
Le père Bernard Rulleau, de la communauté Skita Patrum, un monastère bénédictin traditionnel installé dans le Cantal, qui a été pendant 15 ans professeur de théologie à Ecône, réagit à cette critique.
Un Nouvel Ordo impossible
Le chanoine Gouyaud note certains usages liturgiques incongrus considérés comme ‘traditionnels’ ; et on pourrait allonger la liste ; par-là, il met le doigt sur une certaine vision ou pratique formaliste de la liturgie traditionnelle, mais l’essentiel n’est pas là. Plus profondément cette critique met en évidence un défaut du Bref Examen Critique de la Nouvelle messe des cardinaux Ottaviani et Bacci1. Il procède de manière abstraite, par analyse interne du nouveau rite, par des arguments qui ne sont pas tous de même pertinence et il n’explicite pas le plus important : la Tradition. C’est qu’il n’y a jamais eu de Nouvel Ordo dans l’Église ! La messe dite « de saint Pie V », qu’on ferait mieux d’appeler messe de saint Grégoire le Grand, est une restauration « ad normam sanctorum Patrum ». Rien n’interdit a priori que cette restauration puisse être reprise, améliorée, amplifiée, mais la messe de Paul VI est un bouleversement, une révolution, du jamais vu. Certaines innovations ne constituent pas, de soi, des signes d’hétérodoxie, mais sont tout simplement étrangères à la Tradition de l’Église romaine [par exemple, saint Grégoire le Grand réserve le chant du Pater au seul célébrant], et ceci suffit pour rejeter cette révolution ; on ne touche pas à ce qui est plus que millénaire. Le Pape a pour mission de conserver la Tradition, pas celle d’inventer à l’aide d’une commission d’experts (!?). Si un missel ou un rituel, dépourvu des défauts internes relevés par les “brefs examens”, mais entièrement nouveau, était promulgué, il ne pourrait pas être reçu par l’Église : il lui manquerait son caractère traditionnel.
Dans le christianisme, on ne peut pas inventer une liturgie. S’il est un point dogmatique dans le motu proprio Summorum Pontificum (07/07/2007) de Benoît XVI, c’est bien l’affirmation que la messe traditionnelle n’a jamais été interdite et ne peut pas l’être. Le choix du missel de 1962, en revanche, ne l’est pas. Il indique simplement une base sûre et minimale permettant de renouer avec la Tradition. Loin d’affirmer que les livres de Jean XXIII sont parfaits et irréformables, loin d’édifier une idéologie autour d’un stade archéologique de la Liturgie, il s’agit de développer les virtualités toujours fécondes de celle-ci et non de leur substituer des formes inventées, sous prétexte d’adaptation moderne ou d’antiquité imaginaire. La Liturgie parfaite existe : c’est celle du Ciel. Les formes liturgiques de la terre en sont les participations. Le moyen d’empêcher la Liturgie traditionnelle de s’améliorer, de se développer, consiste précisément dans un confinement sévère à quelques réserves zoologiques…
Par ailleurs, le chanoine Gouyaud manifeste son incompréhension de la Liturgie. Il ne comprend pas le caractère latreutique des chants ; il semble ignorer que les lectures liturgiques, que ce soit à la messe ou à l’office divin (vigiles ou matines) ne sont pas un cours d’Écriture sainte, ni un cours de patrologie. L’Église nous a transmis un ordre de lectures sélectionnées, qui implique, dans le temporal comme dans le sanctoral, la répétition des textes les plus fondamentaux dans un but pédagogique à long terme. Une modification est possible ; il y en a en toujours eu ; un développement peut être nécessaire, pas une révolution !
Un mystère de foi
Pour conclure, cette critique a le mérite de poser le vrai problème ou plutôt d’énoncer le mystère auquel nous sommes confrontés : un demi-siècle de révolution, conduite par la plus haute autorité, qui aboutit maintenant à la transformation de l’Église en ONG humanitaire, à la bénédiction des unions contre-nature et à la dissolution de l’autorité des évêques. Cette révolution, dont l’excellent ouvrage de Roberto de Mattei (Vatican II. L’histoire qu’il fallait écrire) donne la base historique, semble mettre en cause l’indéfectibilité de l’Église. S’il est vrai que l’Église a connu des époques sombres, cette situation est vraiment nouvelle. Ce n’est pas une raison pour s’aveugler. L’indéfectibilité de l’Église apparaît précisément dans la résistance dite ‘traditionaliste’, sans qu’il faille réduire l’Église à ce mouvement dont la diversité et même les divergences montrent précisément qu’il n’est pas une secte.
Sans amertume ni anxiété, dans la paix et l’adoration des desseins divins nous acceptons les voies par lesquelles Dieu conduit son Église.
P. Bernard Rulleau (23/02/2026)
2e dimanche de carême : la Transfiguration
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La messe célébrée ce dimanche est celle du IIe dimanche de Carême. Notre Seigneur avant d’entrer dans la douloureuse épreuve de sa Passion nous laisse paraître, dans l’Évangile de ce dimanche la splendeur de sa gloire par la Transfiguration devant trois de ses disciples.
Cet état de béatitude auquel nous sommes également appelés ne se réalisera que par l’infinie miséricorde de Dieu que tous les chants de cette messe réclament…
| Reminíscere miseratiónum tuárum, Dómine, et misericórdiæ túæ, quæ a sæculo súnt // ne únquam dominéntur nóbis inimíci nóstri // líbera nos, Déus Israel, ex ómnibus angústiis nóstris. | Souvenez-vous Seigneur de votre bonté et de votre miséricorde qui sont de toujours // Que nos ennemis ne l’emportent pas sur nous // Délivrez-nous, Dieu d’Israël, de toutes nos angoisses. |
Le verset de cet introït est bien entendu le début du psaume 24 que nous avons souvent entendu au temps de l’Avent.
| Ad te Dómine levávi ánimam méam : Déus méus in te confído, non erubéscam. | Vers vous, Seigneur, j’élève mon âme, mon Dieu c’est en vous que je mets ma confiance et je n’aurai pas à en rougir. |
******
Le texte du graduel de ce IIe dimanche de Carême qui suit l’introït provient également du psaume 24.
C’est une humble prière de l’âme repentante bien placée après l’épître qui vient de nous donner divers moyens de mortification.
| Tribulatiónes córdis méi dilatátæ sunt : de necessitátibus méis éripe me, Dómine. Et voici le verset :
Víde humilitátem méam, et labórem méum ; et dimítte ómnia peccáta méa. |
Les angoisses de mon cœur se sont multipliées. Arrachez-moi à mes tourments.
Voyez mon humiliation et ma peine et remettez tous mes péchés. |
Le contexte du psaume replace ces paroles dans un climat de confiance en la miséricorde divine.
M. Yves Gire qui avait publié son maître-ouvrage « L’Année Grégorienne », n’avait jamais voulu aborder l’aspect technique ni dans ce livre, ni dans l’émission « Chant grégorien du jour » qu’il avait créée en 1987. C’est pourquoi il avait écrit ses « Compléments techniques » à l’adresse des choristes, chefs de chœur et spécialistes.
Voici ce qu’il écrivait sur ce graduel du IIedimanche de Carême :
On retrouve (comme à celui de la messe du jour de Noël par exemple) un 5e mode sans partie grave empruntée au 6e mode, avec les trois notes importantes Fa-La-Do énoncées dès le départ. Dans la première partie il y a peu de grandes vocalises, seulement sur Dómine ; dans la deuxième partie, il y a surtout celle de Labórem, typique des graduels du 5e mode ; à noter dans cette vocalise, à la fin de la deuxième incise, l’épisème sur le Sol qui n’indique qu’un petit soulèvement de la note au levé avant de retomber sur la longue, le léger élargissement correspondant devant commencer sur le losange qui précède. Sur ómniaon trouve une formule de graduel du 2e mode (en La), ce qui est assez fréquent, les deux modes ayant la même dominante.
Le Trait du IIe dimanche de Carême Confitémini Dómino comporte quatre versets qui sont les premiers du psaume 105, psaume de louange à la miséricorde divine en laquelle nous autres pécheurs nous mettons notre confiance. La suite du psaume raconte longuement toutes les infidélités dont le peuple d’Israël s’est rendu coupable au cours de son histoire, et comment, à chaque fois, le Seigneur en a eu pitié et lui a pardonné, ce qui justifie cette louange et cette confiance.
Voici la traduction de ce texte :
Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde est éternelle. Qui racontera tous les hauts faits du Seigneur, qui fera entendre toutes ses louanges ? Heureux ceux qui gardent ses commandements et qui accomplissent sa volonté en tout temps. Souvenez-vous, Seigneur, de votre peuple dans votre bienveillance, visitez-nous pour nous sauver.
La mélodie, comme celle de tous les Traits, est une psalmodie très ornée avec des formules qui reviennent aux différentes cadences du texte. Elle s’apparente beaucoup à celle du Trait Dómine non secúndum du mercredi des Cendres. On y retrouve en particulier la même progression d’un verset à l’autre depuis le grave vers l’aigu.
Deux versets du long psaume 118, le psaume de la fidélité à la Loi divine, fournissent le texte de l’offertoire.
| Meditábor in mandátis túis quæ diléxi válde, et levábo mánus méas ad mandáta túa quæ diléxi. | Je méditerai sur vos commandements car je les aime de tout mon cœur, et je lèverai les mains vers vos commandements que j’aime. |
L’expression levábo mánus méas = je lèverai les mains exprime la prière de l’âme vers son Créateur.
La mélodie correspond tout à fait à cette atmosphère méditative, avec son faible développement et ses longues tenues. [On remarquera comme est souligné le mot diléxi = j’aime qui revient deux fois, d’abord par une simple accentuation, puis par une grande vocalise très expressive].
******
L’antienne de communion du IIe dimanche de Carême est encore une prière personnelle, suppliante mais pleine de confiance, avec un grand élan d’amour et d’adoration. Elle est tirée du psaume 5, une des nombreuses prières de David en butte aux persécutions de ses ennemis et qui s’en remet à la protection divine :
| Intéllige clamórem méum, inténde vóci oratiónis meæ, Réx méus, et Déus méus : quóniam ad te orábo, Dómine. | Entendez mon appel, soyez attentif à la voix de ma prière, mon Roi et mon Dieu, car c’est vous, Seigneur que je supplie. |
On remarquera dans la mélodie les grands élans de Intéllige au début et orábo à la fin, ainsi que la douceur pleine de tendresse sur l’invocation Réx méus, et Déus méus (mon Roi et mon Dieu).
Un timbre pour les 170 ans de L’Œuvre d’Orient
Le 13 avril 2026, La Poste émettra un timbre sur L’Œuvre d’Orient pour célébrer les 170 ans d’engagement de l’association aux côtés des chrétiens d’Orient.
L’Œuvre d’Orient voit le jour en 1856 dans un contexte historique majeur : la fin de la guerre de Crimée et la signature du traité de Paris qui reconnaît à la France un rôle de protection des chrétiens de l’Empire ottoman. Alors appelée Œuvre des écoles d’Orient, elle est créée à l’initiative de laïcs professeurs en Sorbonne réunis autour du baron Cauchy, pour soutenir la création d’écoles au Liban, convaincus que l’éducation est un levier essentiel pour l’avenir de toute société. En 1860, après les massacres de chrétiens par les Druzes, l’abbé Charles Lavigerie, premier directeur, recommande d’élargir son champ d’action. Ce sera le début d’une grande histoire de solidarité.
Ainsi, dès 1895, Mgr Félix Charmetant, directeur, fut l’un des personnages les plus actifs en France pour dénoncer les massacres et les crimes que subissent les Arméniens et collecter des fonds pour les aider.
Depuis, L’Œuvre n’a cessé d’accompagner les chrétiens d’Orient dans les moments les plus dramatiques de leur histoire, catastrophes naturelles, guerres, grandes famines, déplacements…
En 2026, L’Œuvre d’Orient, association française apolitique, fête ses 170 ans. Présente dans 23 pays, du Moyen-Orient à l’Europe orientale, de la Corne de l’Afrique au sud de l’Inde, elle soutient les communautés chrétiennes qui agissent sur le terrain, au quotidien, auprès de tous par l’éducation, les soins, l’aide sociale et humanitaire, la culture et le patrimoine.
Parce que l’Épiphanie se confond avec Noël pour les chrétiens orientaux, L’Œuvre d’Orient a placé son anniversaire sous le signe de La célébration de l’Épiphanie ou l’Adoration des rois mages, tableau d’Augustin Frison-Roche, symbole de la richesse spirituelle orientale et de l’universalité du message qu’elle porte depuis sa fondation.
Les infos techniques
Création : Augustin FRISON-ROCHE
Une dorure sublime le titre du timbre “L’Œuvre d’Orient 170 ans” ainsi que le titre de la feuille ” L’Œuvre d’Orient au service des chrétiens d’Orient depuis 1856″.
Impression : héliogravure Format du timbre : 52 x 40,85 mm
Présentation : 9 timbres à la feuille Tirage : 630 000 exemplaires
Valeur faciale : 1,52 € Lettre Verte
Conception graphique timbre à date : mis en page par Sandrine Chimbaud d’après le logo des 170 ans de l’oeuvre d’Orient
Mentions obligatoires : création Augustin Frison-Roche et mise en page Sandrine Chimbaud.
Les infos pratiques…
Le timbre sera vendu en avant-première les vendredi 10 et samedi 11 avril à :
▪ PARIS (75009)
Le Carré d’Encre, de 10h à 19h, 13 bis rue des Mathurins (oblitération jusqu’à 17h).
Dédicace de l’artiste Augustin Frison-Roche, le vendredi 10 avril de 10h30 à 12h30 et en présence de Jean-Yves Tolot, Président de L’Œuvre d’Orient.
▪ AIX-EN-PROVENCE (13)
Bureau de poste Aix La Rotonde le vendredi 10 avril de 9h à 18h et le samedi 11 avril de 9h à 12h, 2 rue Lapierre 13100 AIX-EN-PROVENCE
Le timbre sera vendu en avant-première uniquement le vendredi 10 avril à :
▪ MOULINS (03)
Centre Diocésain Saint Paul de 9h à 17h, 20 rue Colombeau 03000 MOULINS
▪ PÉRIGUEUX (24)
Hall du Théâtre l’Odyssée de 9h30 à 17h, Esplanade Robert Badinter 24000 PERIGUEUX
▪ TOULOUSE (31)
Bureau de Poste Toulouse Capitole de 9h à 18h, 9 rue Lafayette 31000 TOULOUSE
▪ METZ (57)
Bureau de Poste Metz de 10h à 17h, 8 rue du Petit Paris 57000 METZ
▪ VALENCIENNES (59)
Bureau de Poste VALENCIENNES Hotel de Ville de 9h à 12h30 et 13h30 à 17h30, 4 Place du Marché aux Herbes 59300 VALENCIENNES
L’euthanasie : une religion d’Etat qui ne dit pas son nom
Si l’Etat est partisan de l’euthanasie, ce n’est pas pour donner un nouveau droit mais pour imposer « sa religion » : après la mort, il n’y a rien et notre corps est notre objet. C’est la thèse que défend Laurent Stalla-Bourdillon son dernier ouvrage, L’euthanasie une religion d’Etat qui ne dit pas son nom, paru aux éditions Téqui. Entretien sur Gènéthique :
Dans votre dernier ouvrage, vous considérez que les débats parlementaires sur l’euthanasie sont le signe de déplacements majeurs de notre manière de percevoir le corps. De quels déplacements s’agit‑il ?
Notre rapport au corps a en réalité connu une double révolution, à la fois individualiste et technico‑scientifique, qui bouleverse en profondeur notre anthropologie. D’un côté, l’individualisme libéral a produit une individualisation du sens : l’homme contemporain ne se reçoit plus d’une histoire, d’une filiation, d’une tradition, il entend se fonder lui‑même et décider seul de ce que signifie sa vie. Son corps devient alors la matière première de cette auto‑construction, qu’il s’agit de singulariser, de maîtriser, de transformer, jusqu’à revendiquer demain le droit de le supprimer lui‑même, comme ultime geste d’auto‑génération.
De l’autre côté, le triomphe du paradigme informationnel a réduit le corps à un agrégat de données, un mécanisme impersonnel, résultat d’interactions de molécules, que l’on peut décrire, quantifier, optimiser et, au besoin, interrompre. Le langage scientifique et technique, matérialiste par nature, tend dès lors à effacer le langage philosophique et spirituel : nous ne parlons plus du corps comme du lieu d’une destinée, mais comme d’un système à gérer. Entre un individu qui prétend disposer absolument de son corps, et une technique qui traite ce corps comme un objet d’information, l’idée même que le corps soit le signe d’une vocation, d’un accomplissement jusque dans la mort, se trouve marginalisée. C’est dans ce contexte que la dépénalisation de l’euthanasie apparaît non comme une simple réforme juridique, mais comme l’aboutissement logique d’une révolution silencieuse où le corps humain n’est plus le lieu d’un mystère, mais un simple matériau disponible dont on peut programmer la fin.
Vous affirmez que l’euthanasie réduit la personne au rang des objets et en détermine la valeur. Cette pratique serait‑elle fondamentalement matérialiste ?
Oui, car la logique qui porte l’euthanasie ne se comprend pleinement que sur fond d’une anthropologie matérialiste intégrale. La loi présuppose en effet que l’être humain se réduit à son corps : ce qui existe vraiment, c’est ce que l’on peut mesurer, peser, observer. L’âme, la dimension spirituelle, la destinée éternelle sont reléguées au rang de croyances privées, sans réelle portée. Dans cette perspective, la mort n’est plus un passage, mais une simple extinction, voire une abolition de la personne. Il devient alors cohérent de proposer la mort comme solution technique à la souffrance. Mais en faisant cela, on sort la vie humaine de la sphère du don gratuit pour l’introduire dans celle de la valeur : certaines existences sont jugées « encore dignes d’être vécues », d’autres non, en fonction de critères de performance, d’autonomie, de coût, de confort. La personne est discrètement assimilée à une chose dont on peut apprécier la rentabilité ou l’absurdité, et que l’on peut éliminer proprement quand elle n’entre plus dans les normes implicites de la qualité de vie. C’est pourquoi les textes rappellent que l’euthanasie fait entrer dans le droit la « culture du déchet » : ce qui ne répond plus aux standards de l’utilité ou de la maîtrise est voué à disparaître. Cette pratique n’est donc pas neutre ; elle institue juridiquement une vision du monde où l’homme n’est plus qu’un organisme biologique, où la souffrance est le mal absolu, et où la mort provoquée devient une solution bonne et une modalité de gestion. C’est l’administration de la mort par la puissance publique. Il faut prendre la mesure de ce que cela va causer.
Vous écrivez que l’euthanasie n’est pas une loi neutre et qu’elle risque d’« enrégimenter la société ». En quoi ?
Parce qu’elle ne se contente pas d’ouvrir un droit individuel de plus. Elle modèle silencieusement notre manière de penser l’homme, la mort et la solidarité. Toute loi sur la vie et la mort emporte une certaine idée de l’être humain. Ici, l’État prend parti pour une anthropologie où il n’existe, en dernière analyse, que le corps, et où la mort n’a plus de signification spirituelle. Sous couvert de laïcité, c’est une véritable religion civile qui s’installe : une foi dans le néant qui marginalise toutes les sagesses affirmant la survie de l’âme et la gravité de l’instant de la mort. Cette loi enrégimente d’abord par le langage : quand une euthanasie est juridiquement qualifiée de « mort naturelle », on ne change pas une nuance, on brouille la frontière entre tuer et laisser mourir, soin et acte létal. La « novlangue » qui rebaptise faire mourir en « aider à mourir » désarme la pensée et affaiblit la conscience morale, car si les mots ne disent plus le réel, il devient difficile de résister à ce qui est présenté comme un progrès. Elle enrégimente aussi par la pression sociale : dans une société où l’euthanasie est normale, la personne très dépendante, handicapée ou âgée intériorise peu à peu l’idée qu’elle est un fardeau, et que le choix « digne » serait peut‑être de s’effacer. Le droit de mourir peut alors se muer en devoir implicite de mourir pour ceux qui coûtent cher ou se sentent de trop. Enfin, l’État, en prenant en main la mort de ses citoyens, s’arroge le pouvoir de « mesurer la vie ». Il sort chaque existence de la gratuité inconditionnelle qui fonde la dignité humaine, pour la soumettre à des critères évolutifs de qualité et d’utilité. Une fois ce seuil franchi, la société tout entière est orientée, enrôlée, formée par une philosophie nihiliste qui ne reconnaît plus dans chaque vie un mystère intouchable, mais une variable que l’on peut, au besoin, supprimer pour maintenir l’illusion d’une maîtrise totale.
Toujours des actes anti-chrétiens en Syrie
Ces dernières semaines, plusieurs évènements graves ont ravivé le climat de peur dans lequel vivent les chrétiens de Syrie, alors que l’Etat syrien a du mal à se reconstruire. Le 20 février, au son des « Allah Akbar », le drapeau du Front al-Nosra a été hissé par un groupe de jeunes hommes sur le rond-point principal de la ville chrétienne de Saydnaya. Plusieurs jeunes chrétiens s’y sont opposés. Le 23, le même drapeau a été hissé sur la place principale de Bloudan, une ville majoritairement chrétienne. Le 23 février, une mère de famille a été tuée à Homs, lors d’une attaque d’un groupe terroriste dans le quartier d’Akrama…
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Lettre intégrale de Mgr Strickland de soutien à la FSSPX
Source : https://fsspx.news/fr/news/une-lettre-mgr-strickland-57460
Mgr Joseph Strickland a donné un texte remarquable sur la crise de l’Église et la situation après l’annonce des sacres, que nous reproduisons en entier.
La Ligne dans le sable
Tout Texan connaît cette histoire : Bien avant de connaître la politique, bien avant de connaître les arguments, bien avant de savoir chipoter sur les détails, nous avons appris à l’école une chose qui nous a façonnés jusqu’à la moelle. À El Alamo, l’heure est venue où il n’y avait plus de lettres à envoyer, plus de renforts à venir, plus de négociation à tenter. L’ennemi était à la porte. Il réclamait notre capitulation. Et tous savaient ce que se rendre signifiait.
Alors le commandant – William Barret Travis – rassembla ses hommes – non pour les inspirer, non pour les motiver, mais pour leur dire la vérité. Il traça une ligne dans la terre. D’un côté de cette ligne c’était la sécurité – du moins pour le moment. De l’autre côté c’était la mort quasi certaine. Et il dit : « choisissez ». Un seul homme recula. Tous les autres s’avancèrent.
Cette ligne dans le sable ne fut pas tracée pour lancer une rébellion. Elle fut tracée pour mettre fin aux illusions.
La franchir ne garantissait pas la victoire – seulement la fidélité. Et que nous le voulions ou non, c’est exactement la position dans laquelle l’Église se trouve aujourd’hui.
L’Église est dans une situation d’urgence. Pas une urgence inventée par les commentateurs, pas un état d’esprit fabriqué par les réseaux sociaux, pas une hystérie.
Une réelle urgence – mesurée non par des sentiments mais par les faits. Une urgence mesurée par le silence là où il devrait y avoir des réponses. Par la tolérance là où il devrait y avoir correction. Par des bergers qui refusent de dénoncer les loups tandis que ceux qui souhaitent simplement garder le troupeau sont traités comme des problèmes.
Je vais être très clair : ce n’est pas une question de personnes. Ce n’est pas une question de préférences. Ce n’est pas une question d’attachement au passé. C’est une question de survie – la survie non pas d’une institution, mais du sacerdoce, des sacrements, et de la Foi catholique telle qu’elle a été reçue, transmise et préservée pendant des siècles.
Lorsque des hommes qui contredisent ouvertement l’enseignement catholique sont tolérés, promus et même encensés, tandis que ceux qui maintiennent la tradition sont interdits, mis de côtés ou ignorés, quelque chose ne va pas.
Lorsque la confusion est accueillie et la fidélité doit mendier le droit d’exister, l’autorité a cessé de faire ce qui est la raison d’être de l’autorité.
Et il arrive un moment où le silence devient lui-même une réponse.
Lorsqu’une crise est avérée, lorsqu’une supplication faite sobrement et respectueusement reçoit pour toute réponse le silence, un retard devient une décision. L’inaction devient un jugement. Le refus d’agir devient une abdication.
Ceci n’est pas une théorie. C’est l’histoire.
L’Église a déjà connu de telles heures – des heures où les hommes furent obligés d’agir non parce qu’ils souhaitaient la confrontation, mais parce que la seule alternative était d’abandonner ce qui leur avait été confié. C’est pourquoi le nom de Monseigneur Lefebvre provoque toujours de telles réactions. Non parce que l’heure fut confortable, mais parce qu’elle fut éclairante.
Personne ne prétend que ces décisions ont été légères. Personne ne prétend qu’elles ont été sans douleur. Mais elles ont été prises avec la conviction que la nécessité était là, qu’attendre encore serait laisser mourir quelque chose d’essentiel.
Et aujourd’hui nous nous trouvons à nouveau dans une heure de nécessité.
Il ne s’agit pas d’un seul groupe. Il ne s’agit pas d’une seule société. Il ne s’agit pas d’un seul évêque, ou d’une lettre, ou d’une demande restée sans réponse. Il s’agit d’une tendance – une tendance qui traite l’orthodoxie comme une menace, la tradition comme suspecte, et la fidélité comme une rigidité tandis que l’erreur est louée comme étant de la sensibilité pastorale.
Il s’agit d’une heure où les choses que l’Église défendait autrefois sans excuses doivent désormais se justifier. Où préserver le sacerdoce est devenu facultatif. Où la formation des prêtres est entravée. Où les moyens ordinaires de continuité apostolique sont discrètement refusés.
Et à ce stade-là, la ligne est déjà tracée. Pas par des agitateurs. Pas par des rebelles. Mais par la réalité elle-même.
À El Alamo, un seul homme a reculé. Il s’appelait Moses Rose. L’histoire ne le méprise pas. Elle prend note simplement de son choix. C’est ce que font les lignes. Elles ne condamnent pas. Elles révèlent. Une ligne ne crée pas le courage ou la lâcheté. Elle l’expose.
Et la ligne face à laquelle l’Église se trouve aujourd’hui ne demande pas qui est en colère, qui fait du bruit, qui est populaire. Elle demande qui veut bien rester fidèle lorsque la fidélité a un prix. Car il y a des choses qui sont pires que la défaite. Il y a pire que d’être écrasé. Il y a pire que la mort.
Il y a la capitulation.
Notre Seigneur ne traça pas Sa ligne dans le sable. Il la traça dans le sang. Il garda le silence devant Pilate non parce que la vérité n’était pas claire mais parce que la vérité ne négocie pas avec le mensonge. Il n’a pas promis la sécurité. Il n’a pas promis le confort. Il n’a pas promis le succès.
Il a promis la Croix.
Et Il a prévenu Ses disciples clairement de tout ce que la fidélité leur coûterait.
Alors en parlant aujourd’hui de tracer des lignes, nous n’inventons rien. Nous nous trouvons là où les chrétiens se sont toujours trouvés lorsque l’obéissance à Dieu et la soumission à la confusion divergent définitivement.
Aujourd’hui je demande qui est honnête. Je ne demande pas qui se sent en sécurité. Je demande qui est fidèle.
Car la ligne est déjà là.
Elle a été tracée par le silence. Elle a été tracée par inversion. Elle a été tracée par le refus d’agir alors que l’action est requise. Et la seule question qui demeure – la seule question honnête – est : sommes-nous prêts à la franchir ? Pas avec triomphalisme. Pas avec rébellion. Avec fidélité.
L’Église survit par ses saints.
Et les saints ont toujours su quoi faire lorsque la ligne apparaît.
Je vais maintenant dire les choses de manière claire, car l’heure de parler avec précaution est révolue.
Certains diront qu’exprimer de telles réalités divise. Ils se trompent. Ce qui divise, c’est de tolérer l’erreur tout en punissant la fidélité. Ce qui divise, c’est d’imposer le silence à ceux qui croient ce que l’Église a toujours enseigné tout en applaudissant ceux qui la contredisent ouvertement. Ce qui divise, c’est d’appeler la confusion « pastorale » et la clarté « dangereuse ».
Et nous voyons cette tendance depuis suffisamment longtemps maintenant pour que prétendre le contraire ne soit plus honnête.
Il y a des prêtres et des évêques qui discréditent ouvertement l’enseignement catholique sur le mariage, la sexualité, l’unicité du Christ, la nécessité du repentir – et il ne se passe rien. Ils sont loués pour leur « accompagnement ». Et on nous dit que c’est de la miséricorde. Mais lorsque des prêtres veulent célébrer la Messe comme elle a été célébrée pendant des siècles, lorsqu’ils veulent être formés selon l’esprit de l’Église qui a produit des saints, lorsqu’ils veulent des évêques pour que le sacerdoce ne s’éteigne pas – on les traite comme des problèmes à gérer.
Cela n’est pas de la miséricorde. C’est de l’inversion.
Et lorsque cette inversion est présentée directement à Rome – calmement, respectueusement, sans menace – et que la seule réponse est le silence, nous n’avons pas affaire à une incompréhension. Nous avons affaire à un refus.
Je parle ici de la Fraternité Saint Pie X.
Ils ne demandent pas de nouveauté. Ils ne demandent pas de pouvoir. Ils demandent des évêques – car sans évêques il n’y a pas de prêtres, et sans prêtres il n’y a pas de sacrements, et sans sacrements l’Église ne survit pas de manière significative.
Ils ont demandé. Ils ont attendu. Ils n’ont reçu aucune réponse qui abordait la réalité.
Je vais le dire clairement : lorsque l’hérésie est tolérée mais la tradition étranglée, quelque chose va terriblement de travers. Lorsque ceux qui rompent avec la doctrine sont les bienvenues et ceux qui y adhèrent sont traités de suspects, l’autorité a trahi sa raison d’être.
Ceci n’est pas la voix de la rébellion. C’est un fait.
Il y a ceux qui diront : « Mais il faut attendre. »
Il y a ceux qui diront : « Mais il faut faire confiance. »
Il y a ceux qui diront : « Mais il faut être patient. »
La patience est une vertu. Mais la patience, ce n’est pas regarder le sacerdoce mourir pendant que les responsables refusent d’agir. La confiance est nécessaire. Mais la confiance, ce n’est pas prétendre que le silence est sagesse quand il ne l’est pas. L’obéissance est sainte. Mais l’obéissance n’a jamais été coopérer à l’érosion de la Foi.
Il arrive un moment où continuer à attendre devient une forme de capitulation.
Et ce moment est arrivé.
Je connais des personnes qui reculeront en entendant cela. Ils diront que ce langage est trop fort. Ils diront qu’il secoue.
Tant mieux.
Car une Église qui n’est jamais secouée par la vérité est déjà endormie.
Notre Seigneur a secoué les gens constamment. Il a renversé les tables. Il a dénoncé l’hypocrisie. Il a averti les bergers qui se nourrissaient à la place de leur troupeau. Il n’a pas parlé doucement à ceux qui déformaient la vérité sous couvert de leur autorité.
Et une paix achetée par le silence ne m’intéresse pas. Une unité qui nous demande de nous mentir ne m’intéresse pas. Une stabilité au prix de l’abandon ne m’intéresse pas.
La ligne a été tracée.
Elle est tracée à chaque fois qu’un prêtre fidèle est puni pour avoir fait ce qu’ont fait les saints. Elle est tracée à chaque fois que l’erreur est tolérée parce que la corriger serait inconfortable. Elle est tracée à chaque fois que Rome choisit le silence alors que la clarté est de rigueur.
Et voici ce qui doit être dit haut et fort : de telles lignes ne sont jamais tracées par ceux qui souhaitent le conflit. Elles sont tracées par le réel lorsque l’autorité refuse d’agir.
À El Alamo, les hommes qui ont franchi la ligne ne pensaient pas qu’ils gagneraient. Ils savaient qu’ils perdraient probablement. Ils l’ont franchie parce que se rendre auraient été renier ce qu’ils étaient et abandonner ce qu’on leur avait demandé de défendre.
Voilà le choix face auquel l’Église se trouve à présent.
Non pas entre victoire et défaite.
Mais entre fidélité et abandon.
Entre vérité et déclin organisé.
Entre saints et administrateurs.
Je n’appelle pas à la rébellion. J’appelle à l’honnêteté. Je n’appelle pas au chaos. J’appelle au courage. Je n’appelle personne à abandonner l’Église. J’appelle l’Église à se rappeler qui elle est.
Car si nous ne voulons pas défendre le sacerdoce, nous ne défendrons pas les sacrements, et si nous ne voulons pas défendre la Foi lorsqu’il nous en coûte, alors nous reculons déjà devant la ligne.
L’histoire prendra note de ce choix aussi.
L’Église n’a pas besoin de plus de silence. Elle n’a pas besoin de plus de retard. Elle n’a pas besoin de plus de phrases précautionneuses qui ne disent rien. Elle a besoin d’hommes pour se lever, parler et si besoin souffrir – sans illusions.
Car la ligne n’est plus théorique.
Elle est là.
Et chacun d’entre nous – évêque, prêtre, laïc – est déjà en train de choisir sa position.
Je vais maintenant arrêter d’expliquer.
Car il arrive un moment où expliquer devient éviter et les paroles deviennent une façon de retarder l’obéissance.
La ligne n’est plus dans les livres d’histoire. Elle n’est plus théorique. Elle n’est plus à débattre dans des conférences ou derrière des portes closes.
Elle est là.
Et elle ne demande pas quelle est votre position ni combien vous suivent ni si vous avez formulé vos phrases avec précaution. Elle demande une seule chose : vous tiendrez-vous du côté de la vérité lorsqu’il vous en coûtera quelque chose ?
Car c’est cela qu’il faut dire en fin de compte sans ornement et sans excuse : une Église qui ne défend pas son sacerdoce ne survivra pas. Une Église qui considère la fidélité comme dangereuse et l’erreur comme pastorale a déjà commencé à capituler. Une Église qui répond aux urgences par le silence choisit la décomposition à la place du courage.
Ceci n’est pas une insulte. Ce n’est pas une menace. C’est un diagnostic. Et le but des diagnostics est de réveiller les gens et les appeler à l’action.
Il n’y a pas de zone neutre. Il n’y a pas de terrain où on peut attendre tranquillement à l’abri en espérant que quelqu’un d’autre agira. Le silence est lui-même une prise de position. Attendre est désormais une décision.
La ligne est tracée à chaque fois que l’on demande à la vérité d’attendre. À chaque fois qu’une excuse est faite à l’erreur. À chaque fois que le courage est puni. À chaque fois qu’un berger se détourne.
Et le plus terrifiant dans de tels moments n’est pas que certains feront le mauvais choix.
C’est que beaucoup choisiront en silence – en se disant qu’ils ne choisissent rien du tout.
L’histoire ne sera pas d’accord avec eux.
Le Christ non plus.
Car Notre Seigneur ne demandera pas si nous étions à l’aise. Il demandera si nous étions fidèles. Il ne demandera pas si nous avons préservé notre rang. Il demandera si nous avons porté notre croix. Il ne demandera pas si nous avons survécu. Il demandera si nous avons aimé la vérité plus que notre propre sécurité.
Je terminerai donc cette lettre comme je le dois.
Non pas avec une stratégie. Ni avec un programme. Ni avec une conversation de plus.
Mais avec un appel à se mettre à genoux.
Si votre cœur est secoué en m’entendant, ne l’anesthésiez pas. Si vous êtes en colère, demandez-vous pourquoi. Si vous avez peur, reconnaissez-le. Puis priez – non pas pour que l’Église devienne plus facile, mais pour qu’elle redevienne sainte.
Priez pour des évêques qui parleront même lorsque parler leur coûte tout ce qu’ils ont. Priez pour des prêtres qui resteront fidèles même lorsqu’ils sont abandonnés. Priez pour Rome – non pas pour qu’elle gère cette crise, mais pour qu’elle y réponde.
Et priez pour vous-mêmes.
Car la ligne est déjà là.
Et lorsque le bruit s’arrêtera et que les chaises auront fini de heurter le sol et qu’il ne restera plus rien derrière lequel se cacher, chacun de nous aura à répondre à la seule question qui vaille :
Où vous êtes-vous tenus ?
Que le Dieu tout-puissant vous bénisse et vous garde, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.
Monseigneur Joseph E. Strickland
Évêque émérite
(Source : Pillars of Faith – FSSPX.Actualités)
Illustration : Pillars of Faith
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Bientôt un nouveau saint pour le Liban
Samedi 21 février, le pape Léon XIV a reconnu un miracle attribué à l’intercession du Vénérable Serviteur de Dieu Béchara Abou-Mourad, un prêtre grec catholique libanais, né en 1853 et décédé en 1930. Ce miracle ouvre la voie à sa béatification. Le président de la République, Joseph Aoun a salué une « étape lumineuse dans l’histoire de l’Église orientale et du Liban. »
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Encore des “économies” sur le dos des familles
La majoration des allocations familiales n’interviendra plus aux 14 ans de l’enfant, mais aux 18 ans, en vertu d’une mesure qui entre en vigueur dimanche 1er mars.
Jusqu’ici, les familles avec deux enfants bénéficiaient d’une augmentation quand le plus jeune atteignait cet âge, et celles avec trois enfants ou plus bénéficiaient de cette majoration pour chaque enfant franchissant cet âge, jusqu’à ses 20 ans. Désormais, la majoration n’interviendra qu’aux 18 ans de l’enfant. Les familles dont l’enfant a eu 14 ans avant le 1er mars continueront toutefois de percevoir l’ancien dispositif.
Selon le gouvernement, la majoration de 14 ans représentait 75,90 euros supplémentaires par mois, au maximum, soit plus de 900 euros par an pour les familles concernées.
Le ministère des Solidarités et des Familles justifie ce décalage par :
“Un enfant de 14 ans ne coûte pas plus cher qu’un enfant de 10 ans. Son coût augmente surtout avec les études supérieures et l’entrée dans la vie active”.
Selon le gouvernement, ce décalage permettra de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis 1,2 milliard par an d’ici à quatre ans.
Elles permettront de financer le congé de naissance qui entrera en vigueur au 1er juillet, et s’ajoutera aux congés maternité et paternité. De deux mois pour chaque parent, il sera rémunéré à 70% du salaire net le premier mois et 60% le second.
Le Conseil de la famille du HCFEA (Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge), qui conseille le gouvernement, est défavorable à cette mesure, qui va “affecter particulièrement les familles nombreuses et modestes” dans un contexte “où la pauvreté infantile augmente”, souligne sa présidente Hélène Périvier. La branche Famille de la Sécurité sociale est “excédentaire et n’a donc pas besoin de raboter les allocations familiales pour financer ce congé de naissance”, relevant que ses excédents sont depuis des années utilisés pour financer des mesures qui relèvent des autres branches de la Sécurité sociale (maladie, vieillesse…).
L’économie réalisée par la suppression de la majoration sera deux fois supérieure au coût du congé de naissance, estimé à 600 millions d’euros à terme, note pour sa part l’Union nationale des associations familiales. Une famille avec un adolescent a besoin de 250 euros de plus par mois qu’avec un enfant en primaire, a calculé l’Unaf.
“Un adolescent mange davantage et plus souvent hors de la maison, on peut plus difficilement le faire partager la chambre d’un autre, il se déplace seul et plus loin. Ses vêtements, ses loisirs, l’équipement téléphonique sont plus coûteux”.
Le conseil d’administration de la Caisse nationale aux allocations familiales (Cnaf), où siègent les associations, s’est prononcé contre le décret décalant la majoration.
Cette mesure intervient de plus dans un contexte de recul historique de la natalité en France.
“La Conférence des évêques de France rappelle avec force que donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain”
Réaction des évêques de France publiée le 27 février suite au vote solennel de l’Assemblée nationale sur les propositions de loi relatives à la fin de vie :
La Conférence des évêques de France prend acte du vote solennel intervenu le 25 février 2026 en faveur des propositions de loi relatives à « l’accompagnement et aux soins palliatifs » ainsi qu’à « l’aide à mourir ».
Elle se réjouit que le renforcement des soins palliatifs, condition indispensable pour garantir le soulagement de la douleur et l’accompagnement digne de toute personne en fin de vie, ait été inscrit dans la loi. Le développement effectif de ces soins sur l’ensemble du territoire demeure une exigence prioritaire et un impératif de justice.
Cependant, la Conférence des évêques de France exprime une nouvelle fois et avec gravité sa profonde opposition à l’adoption d’un dispositif légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Le faible écart de voix ayant permis l’adoption du texte ainsi que l’augmentation constante du nombre de votes s’y opposant, manifestent une importante fracture au sein de la représentation nationale. Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond.
Au cours des débats parlementaires, de nombreuses voix (soignants, juristes, philosophes, représentants de patients, acteurs de terrain, parlementaires) ont formulé des mises en garde précises et argumentées. Beaucoup ont alerté sur les risques d’ambiguïtés juridiques, sur les pressions sociales ou familiales qui pourraient peser sur les personnes vulnérables, sur la transformation radicale de la mission du médecin, appelé désormais non seulement à soigner et soulager, mais à provoquer la mort.
La CEF regrette qu’aucune de ces préoccupations majeures n’ait été prise en compte, notamment pour intégrer une clause d’établissement visant au respect des chartes éthiques propres à certains établissements. Par ailleurs, le maintien du délit d’entrave, outre le fait qu’il s’oppose gravement à la liberté de conscience, comporte un risque réel quant aux actions de prévention contre le suicide.
Sur un sujet d’une telle gravité, le choix de continuer à avancer en l’absence de consensus large est grandement préoccupant. Car légaliser l’aide à mourir ne relève pas d’un simple ajustement technique du droit : il s’agit en réalité d’un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société.
La Conférence des évêques de France rappelle avec force que donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain. Elle compte sur la suite du processus parlementaire pour réaffirmer qu’une société véritablement fraternelle se reconnaît à la manière dont elle entoure les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle accepte de provoquer leur mort.
La France, ce pays de la liberté… de ne rien savoir
La censure se poursuit, au cas où vous auriez l’outrecuidance de consulter les sites russes pour oser vouloir savoir ce que pensent les médias russes :
l’Arcom a mis fin à la diffusion de plusieurs chaînes russes et demandé le déréférencement et le blocage de sites officiels de médias russes soumis à des sanctions européennes, en application de la loi du 30 septembre 1986 et des règlements européens visant, directement ou indirectement, certains médias russes.
Après une mise en demeure adressée aux éditeurs des services, l’Arcom vient dans ce cadre de demander :
- aux fournisseurs d’accès à internet, aux fournisseurs de systèmes de résolution de noms de domaine et aux moteurs de recherche de procéder au blocage et au déréférencement de 35 sites officiels de médias russes soumis à des sanctions.
- aux moteurs de recherche, de procéder au déréférencement des pages de quatre plateformes de streaming permettant d’accéder à des services de télévision et de radio russes sous sanctions.
L’Arcom met en œuvre tous les moyens dont elle dispose pour faire cesser la diffusion en France des médias russes visés par des sanctions européennes, ainsi que la reprise de leurs contenus sur des plateformes en ligne accessibles en France.
Syndicat antifa
Le Syndicat de la Magistrature n’a jamais caché ses accointances avec l’extrême-gauche. A tel point qu’il a diffusé un communiqué intitulé « Quand les digues contre le fascisme cèdent, un silence complice », dans lequel il inverse les responsabilités : bien qu’un catholique identitaire soit massacré par des « antifascistes », il appelle à
dénoncer les compromissions face au danger que représente l’extrême droite
Ainsi désormais, le Garde des Sceaux comme le ministre de l’Intérieur sont complices de la “bête immonde”. Et cela continue ainsi :
Ces récupérations, particulièrement médiatisées, ont préparé le terrain au spectacle sidérant auquel nous avons assisté ce samedi 21 février. Des groupuscules d’extrême-droite, dont certains assument de recourir à la violence pour lutter contre la démocratie, l’État de droit et l’égalité de tous et toutes devant la loi, ont défilé dans les rues de Lyon. Certains membres du cortège auraient tenu des propos racistes et homophobes, des saluts nazis ont été observés. Si la commission de certains délits a été signalée au procureur de la République, force est de constater l’absence de réaction des autorités garantes de nos libertés fondamentales, les mêmes qui contribuaient quelques jours auparavant au vacarme ambiant.
À l’heure du bilan de la semaine passée, nous dressons un constat glaçant : les digues cèdent face à la montée des idées fascistes dans l’indifférence générale.
Le Syndicat de la magistrature continuera de dénoncer les compromissions face au danger que représente l’extrême droite et s’inquiète de l’effacement croissant des garants de la démocratie.
Sic.
Icônes arabes, mystères d’Orient
Icônes arabes, mystères d’Orient, éditions Grégoriennes, 2006.
Recension Marion Duvauchel
Qui ne connait la prestigieuse collection L’univers des formes, éditée chez Gallimard à partir de 1956 jusque 1970 environ, sous la direction d’André Malraux, puis d’André Parrot, lorsque le premier devint ministre de la Culture. Quarante-deux titres constituent ce « Musée sans murs ». L’univers des formes est une histoire universelle de l’art, ou plutôt comme le nom l’indique une histoire des « formes », pivot de l’histoire de l’art d’Elie Faure, dont Malraux fut sans doute le meilleur disciple, en cela qu’il surpassa le maître. En 2006, L’Univers des formes s’est offert une nouvelle jeunesse et a proposé une formule éditoriale renouvelée : nouveau format plus maniable et à un prix accessible à tous.
Quarante-deux volumes !
Mais rien sur l’art arabo-chrétien.
2006, c’est aussi l’année de parution d’un somptueux ouvrage aux éditions Grégoriennes : Icônes arabes, mystères d’Orient, qui fait suite à une exposition organisée en octobre 2002 par le musée d’Icônes de Frankfort. Le succès qu’elle a rencontré a conduit à cette réalisation : un ensemble magnifique (et magnifiquement équilibré) d’œuvres iconographiques de vingt-trois artistes arabo-chrétiens (ainsi qu’une petite poignée d’anonymes), sur une période qui court du Xe (les témoins primitifs) au XVIIIe siècle, en passant par les écoles d’Alep, de Jérusalem et celle de Mikhaïl Polychronis, dont nous ignorons souvent à peu près tout. Ce livre comble donc une lacune.
Cet art arabo-chrétien fait l’objet d’une présentation générale par mère Agnès-Mariam de la Croix qui a pris soin de commenter chaque reproduction. La tradition de ce type d’ouvrage est sourcilleuse sur la cohérence du texte et de l’image. Mère Mariam nous initie sans lourdeur aux aspects techniques, esthétiques, comme aussi aux motifs religieux propres au christianisme oriental. Elle fait découvrir les artistes identifiés qui ont produit ces icônes exceptionnelles, souvent issus d’une lignée d’iconographes (les Musawwir) et elle initie avec grâce à des termes qui ne sont pas nécessairement familiers au lecteur. Elle donne des précisions nécessaires sur cet art « arabo-chrétien », qui de fait est un art « melkite ». Nous connaissons parfois le mot, parfois aussi des représentants de cette église d’Orient, rarement son art.
Toutes ces œuvres, de facture clairement orientale, mais d’esthétiques diverses, représentent des scènes de l’Ancien Testament, des saints représentatifs du monde oriental (les saints guerriers comme Saint Georges et saint Démètre, saint Serge et Bachus, Come et Damien cités dans la prière eucharistique n° 1, qu’on entend rarement) ; on y découvre ou on y redécouvre des pages sanglantes du martyrologe oriental : les quarante martyrs de Sébaste (de Yuhanna Saliba) qu’on fit mourir de froid sur un étang gelé ; saint Démètre (Dimitrius), saint Jacques le Persan qui fut découpé en morceaux ; mais aussi celle que nous connaissons sous le nom de sainte Julita et son fils saint Cyr. On y trouve aussi des scènes du Nouveau Testament qui nous sont familières : la Transfiguration ou le « Doute de Thomas ». Et fait rarissime dans notre art chrétien d’Occident, un artiste a représenté la circoncision de Jésus.
Beaucoup de ces œuvres reflètent la dévotion mariale présente dans toute l’Eglise, orientale ou romaine, mais qui s’exprime artistiquement en Orient selon des canons qui se ressentent parfois de l’iconographie byzantine. Parfois, mais pas toujours… C’est une sorte de catéchèse intégrée, véritable initiation à la piété orientale, aux traditions dont l’Eglise romaine a perdu parfois le souvenir ou qu’elle n’a pas jugé bon de mettre en valeur, comme celle de ces six anges « protoctistes ». Le christianisme oriental a gardé en mémoire une tradition qui veut que chaque jour de la Genèse, un ange sort des mains de Dieu pour veiller sur sa Création. Clément d’Alexandrie y a attaché une importance toute particulière.
Certaines œuvres particulièrement éblouissantes se présentent en format A 3 et se déploient sur deux pages. Ainsi de l’arbre de Jessé, selon une composition inédite qui traduit la dimension mariologique. Au centre la Vierge et l’enfant et de chaque côté, trois prophètes ou patriarches sur deux niveaux, qui tous tiennent un rouleau de papier déployé, avec une inscription en arabe. Tous, à l’exception de Jessé, allongé par terre, qui tient lui aussi un papier, mais dont l’inscription est en grec… Mère Mariam n’a pas commenté cette « incongruité ». La seconde composition en A 3 figure la « lamentation » orientale (le thrène). Non pas une « piéta » mais un ensemble de personnages endeuillés (saint Jean, Joseph d’Arimathie, Marie-Madeleine, Marie femme de Cléophas) qui entourent la figure centrale de Marie.
L’image est évidemment première dans un tel ouvrage, mais le texte compte. Peut-on vraiment croire en une « symbiose intéressante des cultures qui se croisent au Moyen Orient » ? Peut-on vraiment admettre l’existence d’« un monde insoupçonné où d’ans l’arrière- fond abyssal n’existe aucun cloisonnement mais une ouverture aux dimensions du temps et de l’espace ».
Il faut raison garder. « L’Orient matriciel, à la conjonction d’une multitude de cultures », c’est une belle image mais qui n’a aucune consistance historique pas plus que n’existe l’art figuratif monothéiste. Tout simplement parce que l’art figuratif a été frappé d’un interdit dans l’Islam comme dans l’Israël ancien. Ce n’est qu’en transgressant cet interdit que des œuvres d’art ont pu paraître. Dans le monde musulman elles sont issues en général du milieu persan sur lequel l’islam califal s’est adossé pour asseoir sa domination. Il n’y a pas d’art figuratif monothéiste mais il y a un art figuratif chrétien, qui se distribue selon le grand axe de développement du christianisme : Est-Ouest, disons Orient-Occident pour garder des termes complexes mais que tout le monde comprend à peu près. De même, la Mésopotamie, ce creuset des civilisations n’est pas » le berceau des grandes religions monothéistes » mais le foyer d’une grande civilisation urbaine, techniquement développée, qui a vu se lever un jour un groupe d’hommes qu’on a appelé « les Araméens ». Leur langue s’est imposée dans tout cette partie de l’Orient jusqu’à devenir une lingua franca, que les Hébreux en exil finirent par adopter. Les loups de Mahomet, de cet islam des tribus enivré de rapines et de razzias, ces loups venus du désert de l’Arabie repartent avec leur butin d’esclaves et de richesses. Ce n’est qu’au siècle suivant que viendra l’islam califal, greffé sur la haute civilisation de la Perse. Il va imposer la langue arabe, l’islamisation des sociétés sous tutelles et l’organisation des routes de l’esclavage musulman.
L’art de l’icône vient donc de l’Orient chrétien, entre la civilisation de l’empire byzantin et la Perse, sa voisine et rivale et bien sûr les foyers spécifiques du Liban et de la Syrie. Il naît dans et d’un christianisme oriental qui a deux foyers d’expansion aux destinées contrastées : Byzance et la Perse. C’est avec Byzance que cet art va connaître un développement houleux, et des crises que nous connaissons sous le nom d’iconoclasme et qui se sont ressenties dans l’Orient arabisé, celui des chrétiens de l’Orient de Rome.
L’art sacré a-t-il un Orient, comme l’affirme mère Agnès-Mariam de la Croix dans son Avant-Propos ? Le soleil de la beauté se lève partout où des hommes quelque peu doués et inspirés produisent ce qu’on appelle des « œuvres d’art ».« Par-delà les calamités de l’histoire, par-delà leurs conflits politiques ou religieux, les hommes ont parlé un langage commun en façonnant une beauté incomparable ». Hélas non, l’art n’a pas de langage commun. Il nait, meurt, reparaît ailleurs, découvre des techniques qui le révolutionnent et il est parfois décadent ou mourant, hélas en témoigne notre art contemporain. Les quarante-deux volumes de L’histoire des Formes en témoignent qui reflètent l’affolante diversité des productions humaines et leur fabuleuse singularité, à travers des conditionnements divers, (en particulier techniques mais aussi théologiques et aujourd’hui idéologiques) ; à travers les vicissitudes de l’Histoire, périodes sombres ou clémentes, sous des cieux historiques plus ou moins heureusement inspiré. Il y a dans l’histoire des coups d’arrêts désastreux. Quand l’islam arrive en Perse, les traditions rapportent que le fleuve Ctésiphon était noir de l’encre des bibliothèques qu’on y avait jetées. Les œuvres de ces artistes « premiers témoins » – du XIe siècle- témoignent de ces coups d’arrêts qui laissent des trous noirs dans l’Histoire et dans notre connaissance du passé.
Mère Agnès-Mariam est mesurée, trop peut-être : « l’état des recherches ne permet pas de dire si l’islam a influencé la crise iconoclaste ou si elle émane de courants hétérodoxes propres à un judéo-christianisme tardif qui aurait influencé l’islam sans le sens d’une iconophobie ». Dans cet « Orient matriciel », on n’aurait rien produit avant le Xe siècle ? Son savoir même contredit cette assertion, concession sans doute à l’air du temps. La tradition antécédente, primitive, celle qui assure les fondements théologiques de l’art de l’icône est celle du « Mandylion » à la source même de cet art « théologique ». Elle s’enracine dans la croyance selon laquelle saint Luc aurait peint la Vierge. Au VIIIe siècle, l’art de l’icône, – art unique, singulier, pétri dans un ciel historique douloureux-, est sûrement constitué, au moins dans ses composantes techniques et les traditions qui en garantissent « son origine apostolique ».
Les quelques lignes un peu utopiques sur « l’environnement culturel des icônes arabes » n’enlèvent rien à l’exceptionnelle qualité de cet ouvrage, qualité qui se révèle jusque dans les détails qui comptent : une première page « Remerciements », qui établit la liste de tous les propriétaires des collections dans lesquelles ces œuvres ont été puisées ( au Liban et en Syrie) ; un lexique des termes arabes ou grecs ; un index des peintres et une bibliographie qui se distribue en deux parties : Icônes en général et Icônes melkites.
Un ouvrage que n’eût pas désavoué André Malraux et qui eût été digne de figurer dans cette fantastique collection d’une histoire universelle de l’art, dans la multiplicité de ses formes et surtout, de son inspiration.
Ce livre comble une lacune. Peut-être aussi ouvre-t-il des perspectives de recherche nouvelles sur ce mystère oriental qu’est l’art de ces Melkites à la croisée de l’hellénisme byzantin et du christianisme de langue arabe dont les traditions artistiques ont contribué à la survie de la foi chrétienne en terre islamique.
Naissance d’une résidence senior à quelques kilomètres de Fontgombault
En avant première pour les lecteurs du Salon Beige :
Une résidence Senior est en train de voir le jour dans l’esprit de Fontgombault, au coeur d’un village d’exception situé à 15 minutes de l’abbaye.
Nombre de places limité. Présence d’un prêtre sur place, membre de l’Opus Sacerdotale.
Pour toute information vous pouvez écrire ici

Quentin : quand les médias transforment une victime en coupable
Quentin : La presse de gauche se roule dans la fange
Quand Quentin est mort, malgré un casier vierge, il a été criminalisé, et nazifié par des médias qui choisissent leurs mots et leurs experts… 75 % des spécialistes de l’extrême droite” invités dans les médias ont des liens avec LFI ou la Jeune Garde. Ugo Palheta (proche LFI, préfacier du livre de Raphaël Arnault), Isabelle Sommier (financée par l’Agence Nationale de la Recherche, présente aux universités d’été LFI), Nicolas Lebourg (ancien militant antifa), Thierry Vincent (journaliste Blast filmé en train de sniffer de la cocaïne en direct sur twitch)… Une belle brochette de vainqueurs, partout sur vos écrans !
Les pastilles de l’info :
– L’Arcom ouvre la chasse aux influenceurs et aux podcasts : le cas du “Raptor”
– LFI contre la liberté de la presse mais pour les “nouveaux médias” aux ordres
– Jean-Noël Barrot, l’ennemi de la liberté : il veut mettre les réseaux sociaux au pas
– Merz un “Pinocchio” : un retraité poursuivi pour avoir traité le chancelier
– Municipales en roue libre ethniques : opération poulet et Vespa volée
Portrait piquant : Charline Vanhoenacker – l’humoriste de France Inter

