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Dégénérés

Encore des déséquilibrés :

Victoire en demi-teinte pour les Républicains aux Etats-Unis

Ces élections de mi-mandat sont cruciales pour Joe Biden et Donald Trump. Le président démocrate risque de perdre le contrôle du Congrès, ce qui limiterait grandement ses marges de manœuvre pour la fin de son mandat. Son rival républicain a adoubé de nombreux candidats, en prévision d’une nouvelle candidature à la Maison Blanche en 2024. Les électeurs étaient appelés à renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu’un tiers du Sénat, soit 35 sièges. Les Américains ont également élu certains de leurs gouverneurs ou de leurs procureurs.

Depuis 2020, la Chambre était acquise à Joe Biden, les démocrates y comptant 220 élus pour 212 républicains. Sans surprise, les Républicains remportent la Chambre. Avec 199 sièges déjà obtenus, selon les résultats connus, contre 168 pour les démocrates, le camp conservateur confirme sa longueur d’avance.

Les Américains étaient également appelés à élire 36 gouverneurs. Selon les premiers résultats, 16 candidats républicains et 14 démocrates ont été élus. Le républicain Ron DeSantis a été réélu gouverneur de Floride, tout comme Brian Kemp en Géorgie. DeSantis est l’un des plus sérieux futurs prétendants républicains à la présidence. Tout comme Greg Abbott qui a, lui aussi, gagné son élection au poste de gouverneur de Texas. Les démocrates conservent le siège disputé de gouverneur de l’Etat de New York, avec la victoire de la sortante Kathy Hochul. Les électeurs du Massachusetts ont aussi élu le premier gouverneur ouvertement lesbienne aux Etats-Unis, avec la victoire de Maura Healey.

Au Sénat, les résultats sont serrés, avec un léger avantage pour les démocrates, qui ont obtenu 48 sièges contre 47 sièges pour les républicainsAvant ces élections de mi-mandat, les démocrates disposaient d’une très fine majorité au Sénat, avec 50 sièges (dont deux indépendants) et la voix de la vice-présidente des Etats-Unis, Kamala Harris, pour faire pencher la balance du côté démocrate.

Le démocrate John Fetterman a arraché aux républicains l’un des sièges les plus disputés de ce scrutin, le poste de sénateur de Pennsylvanie, face à un candidat adoubé par Donald Trump. Dans l’Ohio, J.D. Vance, l’un des poulains de Donald Trump, a décroché le poste très convoité de sénateur.

Les résultats de quatre élections sénatoriales se font encore désirer.

  • Dans l’Arizona, le sénateur démocrate Mark Kelly devance pour l’instant avec 52,1% des voix son rival républicain Blake Masters. Environ 67% des bulletins ont été dépouillés.
  • En Géorgie, le sénateur sortant démocrate Raphael Warnock devance également son rival républicain Herschel Walker, avec 49,2% des voix contre 48,7%. 96% des bulletins ont été dépouillés.
  • Dans le Nevada, c’est cette fois le sénateur républicain Adam Laxalt qui est donné gagnant face à la sénatrice démocrate sortante Catherine Cortez Masto. 80% des bulletins ont été dépouillés.
  • Enfin, dans le Wisconsin, c’est également le candidat républicain qui l’emporte pour l’instant. Ron Johnson est donné vainqueur contre Mandela Barnes, avec 98% des bulletins dépouillés.

Les contre-performances du GOP portent les traces de Donald Trump, alors que, à côté, De Santis réalise un score historique, comme Kemp, cible récurrente de Trump. La leçon, ce n’est pas seulement que Trump pourrait ne pas être inévitable à une primaire GOP pour 2024, mais que les électeurs trumpiens sont prêts à voter pour des candidats dénigrés par Trump. Un GOP qui gagnerait contre Trump à la primaire pourrait donc n’être pas condamné d’avance à perdre.

Corollaire: la demi-victoire des Démocrates rend plus probable que Biden se représente, puisqu’elle affaiblit le mouvement contre sa réélection au sein des Démocrates. Ainsi les résultats d’hier ont rendu plus probable un duel Biden-De Santis en 2024.

Plusieurs États ont voté en faveur de l’avortement. C’est le cas en Californie, où le “oui” à un amendement de la Constitution californienne. Le Michigan a fait le même choix, en permettant d’inscrire le droit à l’avortement dans sa constitution, tout comme le Vermont.

Relativisme tranquille

Rappel du Catéchisme de l’Eglise catholique :

2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que ” les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ” (CDF, décl. ” Persona humana ” 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

Cela ne semble pas gêner le diocèse d’Evry, qui, à l’occasion du synode sur la synodalité, a diffusé une vidéo dans laquelle (vers la 6e minute) un certain Bruno, “marié” à Nicolas, et père d’une jeune fille, explique tranquillement que, dans le cadre de ses fonctions dans l’enseignement catholique, il s’occupe des jeunes, et notamment des trans et autres LGBT…

Et dans la séquence suivante, une divorcée-remariée souligne que sa situation ne pose aucun souci.

Tout ce petit monde est sans doute “en communion” avec l’Eglise…

La Plus belle histoire

Les éditions Clovis viennent de rééditer la bande dessinée de 1947 des éditions Fleurus La Plus belle histoire. En 52 pages, avec 4 illustrations légendées par page, ce petit livre raconte La plus belle histoire de tous les temps, celle de Notre-Seigneur.

S’il y a dans l’Église de nombreux saints, à l’origine de ces exemples admirables, une vie, plus belle encore, mérite en effet d’être découverte : celle de Jésus, Dieu lui-même qui s’est fait homme, afin d’offrir sa vie en sacrifice et de mourir pour les pécheurs. Il a partagé notre vie sur la terre afin qu’un jour nous partagions son bonheur dans le Ciel. L’un de ses noms, d’ailleurs, annoncé par l’ange Gabriel avant sa naissance, Emmanuel, ne signifie-t-il pas, en hébreu, “Dieu parmi nous” ? Notre-Seigneur Jésus-Christ a transformé le monde. L’Histoire, désormais, se divise en deux parties : avant lui ; après lui.

Cette vie de Jésus, nous la connaissons par les Évangiles. Cet album est en quelque sorte un Évangile illustré.

La posture de l’indignation est le ressort de la vie démocratique

D’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine :

Les 49-3 vont se succéder à vive allure au cours du mois de novembre comme ce fut le cas fin octobre. Il paraît que c’est un événement. Des démocrates sourcilleux font mine de s’indigner. La posture de l’indignation est le ressort de la vie démocratique : le discours vertueux fait exister le politicien. Animée d’un même souffle, Élisabeth Borne escaladera la tribune de l’Assemblée nationale d’une jambe alerte pour jouer la petite dame de fer, ce qui lui va comme un gant. Le ton sera toujours à la hauteur de la situation pour dénoncer l’obstruction et la collusion des extrêmes ! Chacun est dans son rôle. C’est le sublime de la rhétorique qui règne dans les enceintes sacrées de la République : quels échanges et pour quel débat !

Les motions de censure de la Nupes et du RN n’ont pas abouti, ce qui était prévu, même si le RN par la voix de Marine Le Pen a décidé d’apporter ses voix à la motion de la Nupes. Les éditorialistes n’en revenaient pas ! Mais il aurait fallu que LR s’y joignît pour emporter la majorité et renverser le gouvernement ; ce qu’elle s’est bien gardée de faire, Sarkozy œuvrant publiquement, depuis déjà longtemps, pour le rapprochement avec Macron, ce qui n’a rien d’étonnant tant il est facile d’en supputer les raisons, et les députés redoutant une dissolution qui risquerait de leur être fatale. Ces combinaisons témoignent d’un système qui ne travaille plus que pour lui-même. Le zèle démocratique a des raisons que la raison ne connaît pas.

l n’empêche qu’il faut bien que soient adoptées définitivement pour 2023, aussi bien sur les dépenses que sur les recettes, la loi de finances de l’État et la loi de financement de la sécurité sociale. Il faudrait plutôt s’indigner qu’il s’agisse encore de deux monstres. D’année en année – et depuis des décennies – de plus en plus monstrueux, malgré les annonces lénifiantes et rassurantes du ministre en exercice, en l’occurrence cette année encore d’un Bruno Le Maire, toujours content de lui-même et qui brigue en secret le FMI pour s’exfiltrer du bateau ivre. Sa suffisance, comme à chaque fois, se perd dans ses chiffres, assénés pourtant avec autorité, et se trompe dans ses calculs, imaginant des recettes inexistantes sur des points de croissance qui s’effondrent, et prédisant des améliorations de déficits et de niveau d’endettement qui vont au rebours des décisions prises par le gouvernement et donc par lui-même. De l’utilité d’un ministre de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ! La vigie de la France.

Quelle souveraineté au juste quand Paris s’aligne sur Bruxelles pour toutes les décisions les plus stratégiques, et quand la dette frise les 3000 milliards ? Que signifie une croissance estimée à 1 %, une inflation à 4,3 %, un déficit à 135 milliards, qu’on prétend donc ramener à 5,5 % du PIB, avant de le réduire – promis, juré – dans les années suivantes à 3 %… selon les sacro-saints critères européens qui servent de mantras. […]

Donnez du sens à votre épargne en investissant au profit de La Dame de Pierre

Le 15 avril 2019, Notre-Dame en feu sidère le monde entier.

Sous le choc des images, la violence des flammes et la flèche qui s’écroule, chacun se sent impuissant. Que devient notre patrimoine ? Que faisons-nous pour le protéger ? Alors, devant ces images insoutenables, un jeune artiste se fait une promesse : rebâtir Notre-Dame dans le cœur de chacun.

Notre-Dame de Paris est un incroyable symbole d’unité. La Dame de Pierre veut incarner et mettre en scène tout ce qui en fait l’essence. Le spectacle porte une dimension spirituelle forte, car Notre-Dame de Paris n’est pas juste un monument de pierre. À travers la beauté de l’architecture et de l’histoire de la cathédrale, la Vierge touche les cœurs.

La Dame de Pierre est un spectacle historique grandiose, interprété par 120 artistes bénévoles. Pendant une heure et demie, grâce à vingt tableaux immersifs, les spectateurs traversent les siècles et découvrent les grandes heures de Notre-Dame de Paris : du chantier de la cathédrale au vœu de Louis XIII, de la conversion de Paul Claudel un soir de Noël, jusqu’au Te Deum de la Libération, toute notre histoire est là, sous la voûte.

La Dame de Pierre sera jouée dès juin 2023 au Palais des Congrès, à Paris, avant de partir en tournée dans toute la France.

Cette œuvre culturelle est réalisée et produite par l’Association Symphonia Productions. Depuis 2018, Symphonia a démontré sa capacité à créer de grands spectacles pour faire découvrir et aimer notre culture et notre histoire. L’auteur et le metteur en scène du spectacle, Corentin Stemler, est engagé bénévolement au Puy du Fou depuis 2008. Il y a découvert l’amour de la scène et la passion pour les créations artistiques au service de grandes causes.

Afin de financer la pré-production du spectacle (décors, costumes, répétitions, communication, logistique, …), la troupe bénévole doit réunir 500 000 euros. Déjà plus de 100 000 € a été levés auprès d’investisseurs privés dans le cadre d’une campagne en cours organisée par CredoLending.

Souhaitez-vous également contribuer au lancement de La Dame de Pierre en donnant du sens à votre épargne et participer à cette belle aventure pour Notre-Dame ?

Pour toute information et permettre la réalisation de cette œuvre culturelle, cliquez ici : https://www.credofunding.fr/fr/dame-de-pierre

Josip Broz Tito, un modèle pour les partisans de la constitutionnalisation de l’avortement ?

Une proposition de loi visent à insérer un droit à l’avortement dans la Constitution française est débattue le 9 novembre en commission des lois à l’Assemblée nationale. Nicolas Bauer, chercheur associé au European Centre for Law and Justice (ECLJ), revient dans Valeurs Actuelles sur ces tentatives de constitutionnaliser l’avortement.

La gauche réussira-t-elle à insérer l’IVG dans la Constitution ?

Le Sénat a rejeté en octobre la proposition de loi de Mélanie Vogel. Il est majoritairement de droite, et les sénateurs Les Républicains (LR) ont massivement voté contre ce texte. À l’Assemblée nationale, en revanche, le rapport de force est différent. Les groupes Renaissance et Nupes disposent ensemble de la majorité absolue. Les parlementaires LR sont beaucoup moins nombreux. Quant au Rassemblement national (RN), le “clan Hénin-Beaumont” a jeté en pâture quelques “cathos tradis”, puis le groupe a fini par interdire à ses députés de déposer des amendements.

À l’Assemblée nationale, deux propositions de loi constitutionnelle ont été déposées. Concernant la première, c’est Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance, qui en a été nommée rapporteur. Pour cette cause, elle a déjà montré son acharnement dans l’Hémicycle, jusqu’à témoigner personnellement sur l’IVG. Elle s’est dite prête à revenir défendre son texte moins d’un mois après avoir donné naissance à une petite fille. La deuxième proposition de loi sera portée par Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise-Nupes. Cette députée ne milite pas uniquement pour la constitutionnalisation de l’IVG mais aussi pour la suppression de la clause de conscience spécifique à l’avortement.

S’il est probable que l’Assemblée nationale adopte l’une de ces deux propositions de loi, cela ne suffira pas pour inscrire l’IVG dans la Constitution. Le texte devrait en effet être voté dans les mêmes termes par le Sénat, puis être approuvé par référendum. Du fait de l’opposition de la majorité des sénateurs en octobre, la Nupes et Renaissance ne devraient pas parvenir à ce résultat. Ils savent aussi qu’un référendum est risqué. Le seul référendum au monde incluant la constitutionnalisation de l’IVG a été rejeté en septembre au Chili, par 62 % de la population, malgré les sondages précédents très favorables. Gabriel Boric, président chilien adulé par la Nupes, ne s’attendait pas à un tel échec.

La consécration d’un “droit à l’IVG” n’est-elle pas uniquement symbolique ?

La visée symbolique de ces propositions de loi a été dénoncée par des juristes éminents. C’est une opération d’« agit-prop » pour Jean-Éric Schoettl, un « coup d’éclat symbolique » pour Anne Levade. En l’insérant dans la Constitution, la gauche veut sacraliser l’IVG, comme une valeur au cœur du “contrat social”. De crime, l’avortement est devenu un acte médical parmi d’autres, et la gauche veut maintenant l’ériger au-dessus de tout, comme droit fondamental. La formulation des propositions de lois place même l’IVG au-dessus des autres droits fondamentaux, en en faisant un droit absolu, auquel “nul ne peut porter atteinte” et dont “nul ne peut être privé”.

Quelle que soit l’intention de ses promoteurs, la constitutionnalisation de l’IVG entraînerait des conséquences juridiques désastreuses. Lorsqu’un droit fondamental est absolu, cela signifie qu’il ne peut pas être limité, ni par les droits ou besoins d’autrui ni par l’intérêt général. Les droits absolus sont très peu nombreux et sont en lien direct avec la dignité humaine. Ainsi, il existe un droit absolu de ne pas être soumis à la torture. Si un “droit à l’IVG” absolu est intégré à la Constitution, il écrasera tout sur son passage. Par exemple, le maintien d’un délai légal ainsi que la clause de conscience deviendraient inconstitutionnels.

D’après Aurore Bergé, une constitutionnalisation pallierait la « fragilité » de l’IVG, face à des « associations » qui s’y attaquent. En réalité, si l’IVG est “fragile”, ce n’est pas en raison des associations pro-vie, mais parce qu’elle repose sur la négation d’une réalité, celle de la vie d’un enfant à naître. L’IVG est “fragilisée” à chaque fois que cette réalité se rappelle à nous. En particulier, au moment des premières semaines d’une grossesse désirée, des parents voient leur enfant par échographie et se posent des questions sur leurs IVG passées. Même Mme Bergé a dû y songer. Il est fréquent que ce soit à une telle occasion que des femmes contactent des associations pro-vie, pour se reconstruire.

Le débat sur l’IVG dans la Constitution est-il importé des États-Unis ?

De fait, le déclencheur du débat actuel en France a été la décision Dobbs vs Jackson de la Cour suprême des États-Unis, en juin 2022. Cette décision a renversé la jurisprudence Roe vs Wade, qui avait en 1973 constitutionnalisé l’IVG aux États-Unis. Cela dit, la stratégie de la Nupes et de Renaissance pour constitutionnaliser l’IVG n’est pas calquée sur le modèle américain de Roe. Leur idée n’est pas d’interpréter la Constitution comme incluant un “droit à l’IVG”, mais d’insérer explicitement un tel droit dans la Constitution. Un seul pays l’a déjà fait : l’ex-Yougoslavie socialiste de Tito, en 1974. Il a influencé l’actuel président chilien Boric.

La méthode n’est pas libérale mais gauchiste : rallonger la Constitution pour y inclure toutes les “valeurs” de gauche. Alors que la Constitution française compte 89 articles, l’IVG était à l’article 191 sur 406 dans la Constitution yougoslave et à l’article 253.16 sur 499 dans le projet initial de Constitution chilienne. Pendant les débats sur la constitutionnalisation de l’IVG au Sénat, un article de la Voix du Nord a appelé la France à suivre le modèle socialiste yougoslave. Il a été retweeté notamment par la sénatrice Mélanie Vogel et “liké” par l’ex-ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Élisabeth Moreno.

La reprise de cette référence socialiste pour défendre l’IVG est choquante. C’est par une même réforme constitutionnelle que l’ex-Yougoslavie avait ajouté un droit à l’IVG et proclamé Tito président à vie. Le régime de Tito s’était fondé sur des massacres et torturait ses prisonniers politiques. Ce dictateur assumait par ailleurs fièrement avoir dû “dompter” ses cinq (très) jeunes compagnes, dont la première avait 13-14 ans. La Nupes et Renaissance pourraient trouver des inspirations plus démocratiques et féministes.

Armées : Il faut stopper le règne de la technostructure. On doit partir du modèle d’armée que l’on veut

L’ancien chef d’état-major des armées françaises (CEMA), publie son quatrième livre en cinq ans, des « lettres à la jeunesse » intitulées « Paroles d’honneur ». Interrogé dans Le Parisien, il déclare :

[…] La mort revient au-dessus de nos têtes. Elle avait déjà fait son retour avec la pandémie. On peut en tirer un sursaut de cohésion nationale, un sursaut politique pour comprendre que ce monde est dangereux. Il faut tout faire pour que cette guerre, devenue une espèce de conflit entre la Russie et l’Occident, ne dégénère pas.

Vous croyez possible le recours de Poutine au nucléaire ?

Bien sûr. Parce qu’un dictateur ne recule jamais dans un tunnel. Poutine, qui est en situation d’échec militaire, d’échec stratégique, cherchera à utiliser de nouveaux moyens. La doctrine d’emploi du nucléaire tactique en Russie n’est pas la nôtre. Nous n’avons plus de composante nucléaire tactique en France. Chez eux, cela fait partie des moyens d’emploi classiques, conventionnels. Personne ne peut dire avec certitude qu’il ne l’utilisera pas dans les mois qui viennent.

En cas de telle attaque, comment devraient réagir l’Otan et la France ? Emmanuel Macron ne s’est-il pas trop avancé en laissant comprendre que la France ne riposterait pas sur le même plan en cas de bombardement nucléaire en Ukraine ?

Je ne commente pas les déclarations de nos responsables. Je dis simplement qu’une telle attaque est possible, je fais confiance aux responsables actuels pour travailler tous ces scénarios. Je souhaite qu’apparaisse clairement une vision pour l’effet final recherché, qui ne peut être que la paix.

L’armée française serait-elle capable de résister à une guerre de haute intensité ?

C’est une vraie question. L’Ukraine doit nous forcer à une réadaptation de notre modèle. Il faut l’adapter non pas à ce que nous faisons depuis des dizaines d’années, des opérations de guerre, mais à gagner une guerre. Il faut compter avec sa durabilité, donc être capable de tenir, et avec la dureté de la guerre. Comme l’a montré un rapport parlementaire en février dernier, les armées françaises n’ont pas aujourd’hui les moyens de cette haute intensité. Il faut accroître les crédits budgétaires. Je note avec satisfaction les + 1,7 milliard d’euros par an depuis 2017 – peut-être y ai-je modestement contribué – et même 3 milliards d’euros pour 2023.

Ce n’est pas suffisant ?

Non, il va falloir aller bien au-delà des 3 milliards. Il va y avoir le renouvellement de la composante océanique stratégique – les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins -. Il faut poursuivre la modernisation de nos forces, le remplacement des vieux matériels dans les trois armées (terre, air, marine), et il va y avoir la réadaptation. Sur les flux de munitions ou de pièces de rechange, où on est loin du compte. Tout l’aspect logistique est à revoir. Troisième point, l’accélération des calendriers, la montée en puissance de notre appareil industriel. Comment se fait-il que depuis le 24 février (date de l’invasion russe de l’Ukraine), on n’en soit toujours qu’aux travaux préparatoires de la prochaine Loi de programmation militaire ?

Qu’attendez-vous du discours sur la défense du chef de l’État mercredi à Toulon ?

J’attends la réponse à cet accroissement des crédits, à ce besoin de vision. Ça ne va pas assez vite. Il faut stopper le règne de la technostructure, changer la façon dont fonctionne la réévaluation de notre défense, avec la puissance de Bercy. On doit partir du modèle d’armée que l’on veut, et ensuite on chiffre. Et pas d’abord on chiffre, ensuite, on fait rentrer l’édredon du modèle dans la valise financière !

Peut-il vraiment y avoir des crédits supplémentaires ?

Le quoi qu’il en coûte (lié au Covid) représente plusieurs centaines de milliards d’euros, le bouclier carburant plusieurs dizaines de milliards d’euros. Là, on est à + 3 milliards, je dis qu’il faut beaucoup plus, et de manière urgente, il en va de la protection de la France et des Français. […]

Sans transition

Le ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher est lié à une société familiale créée par son père, en 2016, pour le compte de ses enfants mineurs. Baptisée Arjunem, elle a plus de 1 million d’€ dans des paradis fiscaux et partage des intérêts avec le n°2 du pétrole en France, Perenco.

Malgré le risque de conflit d’intérêts, le ministre de la transition énergétique n’a jamais rendu publique son existence. Elle a pourtant eu par deux fois l’occasion d’en informer la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), lors de son arrivée au ministère de l’économie en 2018, puis à celui de l’industrie en 2020. Or, ses déclarations d’intérêts et de patrimoine ne font aucune mention de cette affaire d’héritage.

La loi sur la transparence de la vie publique l’oblige seulement à déclarer ses participations directes dans des sociétés, ainsi que celles de son conjoint. Les biens des enfants mineurs n’ont pas à être communiqués. Une aubaine. Car, selon les statuts constitutifs de la société, ce sont ses trois enfants – âgés de 13 ans, 10 ans et 5 ans en 2016 – et un de leurs cousins qui sont actionnaires aux côtés de leur grand-père, Jean-Michel Runacher.

Béatrice Guillemont, directrice générale d’anticor, estime :

« Cela ne fait aucun doute que la ministre est dans une situation de conflit d’intérêts ». « Elle aurait dû déclarer la société préventivement dans la catégorie observations dès sa nomination en 2018 »

Sobriété énergétique…

Après avoir interdit l’instruction en famille…

La France ce pays du Tiers-monde.

Il y a d’autres voies que la prétendue « douce mort » et le suicide assisté

Extrait du discours de clôture de la Conférence des évêques de France, par Mgr de Moulins-Beaufort :

Alors que notre pays s’apprête à un nouveau grand débat sur la fin de vie, il nous a paru nécessaire de puiser dans notre tradition et dans la réflexion théologique de quoi vous aider, frères et sœurs, chères auditrices et chers auditeurs, à regarder la mort avec des yeux de chrétiens. Nous avons écrit une lettre pastorale dont nous espérons qu’elle sera, peu à peu, lue et travaillée par beaucoup. Car nous avons tous à mourir et nous vivons dans un monde qui vit la mort comme un échec et qui s’effraie de ses approches, les remettant entre les mains des soignants. Il appartient à notre grandeur d’hommes et de femmes, créés à l’image de Dieu, a fortiori de baptisés morts au péché dans le Christ et ressuscités pour vivre en lui, de nous préparer sérieusement au jour de notre mort. Nous le disons à chaque fois que nous prions le « Je vous salue Marie ». A notre société nous voulons dire qu’il est possible de nous entraider, non pas à mourir mais à vivre jusqu’au bout. Nous vous appelons à prier avec instance aussi pour que notre pays continue à indiquer aux sociétés occidentales qu’il y a d’autres voies que la prétendue « douce mort » et le suicide assisté. Dans une société qui vieillit, il faut consacrer des moyens aux soins palliatifs et à l’accompagnement à domicile, il faut que des hommes et des femmes s’y engagent, il convient que chacun de nous se prépare aussi à accompagner tel ou tel de ses proches jusqu’au bout. Sans juger personne, sans mépriser ni condamner, nous avons, nous catholiques, avec nos frères et sœurs chrétiens mais aussi avec beaucoup d’autres, à éclairer nos concitoyens sur les choix qui se dessinent et à orienter nos vies, parfois à contre-courant, pour témoigner d’autres chemins de vie, plus dignes de l’être humain, plus humbles et plus forts, des chemins que nous aurons peut-être, à Dieu ne plaise, à porter ou à parcourir un peu seuls.

Lisier

Le lisier fonctionne pour toutes les catégories de nuisibles à deux pattes :

Samedi 5 novembre, un agriculteur d’Avessac, près de Redon (Ille-et-Vilaine), signale aux gendarmes qu’une free party est potentiellement en train de s’installer dans un de ses champs. Il est alors 21 h 30. À leur arrivée, les militaires constatent que plusieurs collègues de l’agriculteur sont venus l’aider à déverser du lisier dans le champ afin de dissuader les teufeurs de s’installer. Face à cette détermination, les teufeurs ont finalement quitté les lieux vers 23 h 30 et ont sorti leurs véhicules qui s’étaient embourbés, notamment celui contenant le matériel de sonorisation.

« Je n’attends plus rien de bon du prochain synode »

A son tour, Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire émérite du diocèse de Coire, en Suisse, dit son opposition motivée au Synode sur la synodalité :

« L’Eglise n’a pas fait fausse route pendant 2000 ans pour être éclairée et détrompée au 21e siècle, par un processus synodal. Pour cela, nous n’avons besoin ni de Vatican III, ni d’une manifestation de remplacement allégée appelée Synode sur la synodalité. Je pensais, comme le titre l’indique, que le thème à traiter serait la “synodalité” comme prétendu nouveau modus operandi de l’Eglise. »

« Au lieu de cela, il s’agit des mêmes rengaines réchauffées pour la énième fois depuis les années 70 : démocratie, participation, participation au pouvoir, femmes à tous les postes et diaconat ou sacerdoce des femmes ; révision de la morale sexuelle en ce qui concerne les relations sexuelles hors mariage, le remariage et l’homosexualité, abandon de la centralité des prêtres dans la liturgie, etc.

« Nous connaissons tout cela. Les postulats, répétés à maintes reprises, sont mis dans de nouvelles bouteilles sur lesquelles sont collées les étiquettes “Ecoute”, “Inclusivité”, “Accueil”, “Diversité”, “Egalité”, dans une sorte de campagne de marketing qui vend ce qui était hier comme ce qui est aujourd’hui et le présente gentiment à l’homme ou à la femme.

« Ce sont des termes qui sonnent bien et qui ont une connotation émotionnelle positive, mais ce sont des formules vides par rapport à la vérité. Pour le vol et la colère, nous sommes aussi exclusifs. En outre, dans la bouche de Jésus l’“exclusivité” se trouve nettement exprimée. Des gens restent exclus de la salle des noces ou en sont chassés là où sont les pleurs et les grincements de dents. »

« Dieu nous est vendu comme l’amour universel inclusif, qui approuve et bénit tout ce que font les hommes, parce que tous sont des enfants de Dieu. Un tel Dieu cesse d’être vérité et justice, qui excluent l’erreur et le péché, ainsi que ceux qui ne renoncent pas à ces derniers. C’est du moins ce que dit Jésus-Christ. Mais ils ne s’arrêtent pas non plus devant Lui.

« Cela n’a rien à voir avec un processus de réforme fondé sur l’Esprit. Ce n’est rien d’autre que la politisation intra-ecclésiale de questions en opposition au vrai discernement, qui n’est pas entrepris, ou qui est déjà réglé, comme la question du sacerdoce féminin. Il serait nécessaire de rejeter et de cesser de promouvoir des positions qui contredisent l’enseignement et la tradition de l’Eglise. »

« Le discernement, cependant, n’a lieu qu’en apparence, parce que les plans ont été fixés dès le début (cf. le Chemin synodal en Allemagne et ses mauvaises copies dans d’autres pays comme la Suisse) : il y a maintenant un désir d’aller de l’avant de manière universelle.

« Tout enfant peut le voir. L’hypocrisie est sans limites. Pendant 60 ans, je n’ai vécu et entendu que la même vieille histoire, ad nauseam. Parce que les choses ne deviennent pas meilleures ou plus convaincantes par la répétition. Ce qui a été perfectionné, ce sont les sophismes et la sémantique. Mgr Bätzing est allé particulièrement loin dans ce domaine.

« Le roc de Pierre est une dune mouvante qui suit (synodos) avec peine ou hésitation, sans apporter la clarté que ses prédécesseurs et les conciles œcuméniques ont créée, et qui n’est plus acceptée. On fait comme s’il s’agissait toujours de questions ouvertes du point de vue du magistère. »

« Nous avons oublié que l’Eglise est une Eglise “enseignante” (ecclesia docens), une “mater et magistra”, “mère et maîtresse” de la vérité, de la morale et de la foi, et non un voyageur rêveur que l’esprit du temps conduit par la main. Elle a toujours été guidée par l’Esprit Saint et ne se contredit pas dans son enseignement, par exemple, dans le jugement de l’homosexualité : un grand mal du clergé de ces 50 dernières années, couvert avec succès, même dans les hautes sphères. (…)

« On détourne le regard et, au contraire, on essaie, avec la société séculière, d’établir et d’approuver l’homosexualité au sein de l’Eglise comme une variante de la création voulue par Dieu. Ce n’est pas non plus en plaçant davantage de femmes à des postes de direction dans l’Eglise que l’on y parviendra.

« Elles ne sont pas plus des êtres innocents que les hommes (cf. la doctrine du péché originel) et ne devraient pas se considérer comme le remède à tous les maux de l’Eglise ou être présentées comme telles, uniquement pour abolir la prêtrise réservée aux hommes et promettre une Eglise prétendument purifiée du cléricalisme, une illusion pure et simple.

« L’enseignement de l’Eglise est immuable parce qu’il est vrai, par exemple sur le mariage sacramentel entre un homme et une femme. Il ne peut pas être bouleversé par la tricherie d’une note de bas de page. [Allusion à Amoris laetitia et à la fameuse note 351. NDLR]

« Il ne faut pas s’attendre à des innovations dans la doctrine, mais bien dans la transmission de la foi. De telles innovations dans la foi sont des hérésies qui ont conduit à des divisions. Il en va de même aujourd’hui. Des conciles importants ont veillé à la clarté, comme le concile de Trente, alors que de nos jours, des processus synodaux servent de vecteurs pour transporter les substances nocives ou l’hérésie, et sont eux-mêmes toxiques. »

« Venez, Esprit-Saint ! Je n’attends plus rien de bon du prochain synode, appelé à tort “sur la synodalité”. Je ne lui fais plus confiance. La confusion, déjà instillée par les synodes depuis 2014, est indéniable et me rend pessimiste quant au discernement de l’Esprit dans ces événements.

« Les esprits invoqués sont, comme on peut le voir en Allemagne, aussi difficiles à apprivoiser qu’un crocodile peut être transformé en animal de compagnie. Pourquoi ? Parce qu’ils ne viennent pas de Dieu.

« Utiliser le Saint-Esprit, a fortiori dans sa propre bouche, et le revendiquer pour soi, n’est rien d’autre que de la propagande et de l’(auto) illusion, et fondamentalement une instrumentalisation de Dieu. Je ne le fais pas, je donne simplement mon avis ici. »

Il est encore possible de remplir en ligne le questionnaire sur la synodalité.

« Journée internationale de l’écrivain Africain »

Le père Danziec a lu le cardinal Sarah :

30 ans, ça se fête ! Au regard de la vie du Christ, il s’agit de l’âge apostolique par essence. En 1992, l’Association Panafricaine des Ecrivains décidait de créer une journée internationale de… l’écrivain Africain. Sans nul doute, encore aujourd’hui, l’ancien Président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor reste pour le grand public la figure emblématique de l’homme de lettre africain. Elu en 1983 au fauteuil n°16 de l’Académie Française, l’auteur d’Ethiopiques devint alors le premier africain « Immortel » et le… 666ème membre de l’Académie.

Depuis, et au-delà de ce que peut laisser entendre ce fameux chiffre de la bête, une personnalité africaine singulière a su empiler les succès éditoriaux ces dernières années. Au point même de faire la Une de Paris Match l’été passé. Cette journée internationale de l’écrivain Africain, nous donne l’occasion, en ce lundi 7 novembre 2022, de revenir sur ces ouvrages majeurs du cardinal guinéen Robert Sarah.

Le plus personnel : Dieu ou rien, entretien sur la Foi, Cardinal Robert Sarah (Fayard, 2015, 424 p.)

A 70 ans, le cardinal Sarah revient sur sa vie hors des sentiers battus, de la brousse africaine qui l’a vu naître à la Ville éternelle où le pape Benoît XVI lui a remis la barrette rouge. Confidences intimistes où se dévoilent une liberté de ton inhabituelle pour un homme d’Eglise de son rang.

Le titre seul « Dieu ou rien » est évocateur d’une savoureuse radicalité évangélique qui manque tant à l’esprit missionnaire dans l’Eglise. Quant au sous-titre « entretien sur la Foi », il s’agit d’une référence explicite au cardinal Ratzinger dont le livre éponyme « Entretien sur la Foi », publié en 1985, avait fait grand bruit. Dans cet ouvrage, celui qui était alors le plus proche collaborateur du Pape Jean-Paul II jetait un premier pavé dans la marre de l’autosatisfaction des années post Vatican II.

Le plus antimoderne : La force du silence, contre la dictature du bruit, Cardinal Robert Sarah (Fayard, 2016, 347 p.)

Un an après le succès de Dieu ou rien, le cardinal guinéen s’attaque à la face la plus pernicieuse du monde moderne : sa conspiration implacable contre toute espèce de vie intérieure pour reprendre Bernanos dans La France contre les robots (1947).

Alors que des hommes d’Eglise s’inquiètent de la montée des populismes, cherchent à modifier le contenu même du dépôt révélé ou se font les apôtres des énergies renouvelables pour sauver la planète, le cardinal Sarah se penche sur la racine du mal être occidental, un cancer intérieur qui ne dit pas son nom : la dictature du bruit et de l’immédiateté.

Le plus prophétique : Le soir approche et déjà le jour baisse, Cardinal Robert Sarah (Fayard, 2019, 448 p.)

Profitant résolument de son aura grandissante, le cardinal reprend sa plume à l’image d’un lanceur d’alerte. Crise de la Foi, confusion dans l’Eglise, déclin de l’Occident, trahison des élites, consommation débridée, montée de l’islamisme : notre monde serait-il aux portes de la barbarie ?

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Le pape François et l’Ordre de Malte, pourquoi une réforme ?

Dans le magazine Cardinalis, consultable en ligneAndrea Gagliarducci livre son analyse de la réforme de l’Ordre de Malte :

En Italie, il existe un dicton, tiré d’un roman populaire sur le Risorgimento, Le Guépard : Changez tout pour que rien ne change“. Dans le cas de l’Ordre de Malte, cependant, c’est le contraire qui semble s’appliquer : Ne rien changer pour tout changer”.

Bien sûr, cela ne semble pas être le cas si l’on examine les faits. Car la dernière décision du pape François, approuvant la nouvelle constitution de l’Ordre sans qu’elle soit rendue publique, réajustant la direction pour imposer de nouvelles dispositions transitoires et convoquant un chapitre général pour approuver la réforme elle-même, est arrivée rapidement, mais pas d’un seul coup.

En pratique, le pape a utilisé toutes ses forces pour imposer une réforme à l’Ordre de Malte. D’autre part, il était évident depuis un certain temps que le pape voulait contourner toute résistance et réaliser la réforme de l’Ordre esquissée par les hommes qu’il avait appelés à la fonction.

Dans le même temps, la décision du pape François ne peut être décrite comme une victoire du domaine religieux de l’ordre sur le domaine séculier, représenté par l’Allemagne. La question a été présentée de cette manière dans les médias, et cette présentation avait un certain charme et aussi un fond de vérité.

En général, les deux pôles ont été décrits comme suit. D’une part, un pôle allemand de l’Ordre de Malte, moins spirituel, plus lié aux œuvres, qui était représenté comme un partisan du chancelier Boeslager, démis de ses fonctions par le Grand Maître de l’époque, Fra’ Matthew Festing. D’autre part, un pôle plus noble et d’inspiration européenne, qui se serait préoccupé de la réforme spirituelle de l’ordre.

Ce pôle était représenté par Riccardo Paternò, président de l’Association italienne de l’Ordre de Malte, qui avait assisté le 25 janvier à la réunion du groupe de travail élargi chargé de définir la réforme de l’Ordre. Ou encore par Fra Alessandro de Franciscis, chef du bureau médical de Lourdes, qui fait également partie du groupe de travail élargi et se considère comme représentatif de cette nouvelle vague” au sein de l’Ordre de Malte.

Cependant, à l’examen des faits, il n’y a pas de dichotomie aussi précise, mais plusieurs nuances. À la fin de l’histoire, Boeslager est parmi ceux qui ont le plus défendu la souveraineté de l’Ordre. Les présidents des associations, à commencer par Marwan Senahoui, ont défendu la réforme de l’Ordre de Malte et en particulier celle des profès, mais ont essayé de maintenir ses caractéristiques et aussi sa modernité, qui est due à la grande responsabilité donnée aux membres qui ne sont pas chevaliers de première classe.

Le pape François a profité de cette obéissance pour prendre le contrôle de facto de l’Ordre de Malte. État sans territoire, ayant des relations diplomatiques avec 114 pays dans le monde, l’Ordre de Malte voit ainsi sa souveraineté remise en question, son gouvernement ayant été pratiquement annulé par une intervention extérieure. Il est vrai que la souveraineté particulière de l’Ordre de Malte avait été garantie par un pape, Paschal II. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le pape n’est finalement pas appelé à agir en tant que chef d’un État étranger. Et ce faisant, il semble avoir réduit l’Ordre de Malte à une simple organisation religieuse.

Cependant, pour comprendre la situation, il faut remonter aux origines de la crise.

Confrontations au sein de l’Ordre

En 2014, le Chapitre de l’Ordre de Malte a décidé de ne pas réélire Jean-Pierre Mazery au poste de Grand Chancelier de l’Ordre de Malte. A sa place fut élu Albrecht Boeseager, qui avait été Grand Hospitalier. Les élections ont également marqué une rupture substantielle avec le passé, puisqu’aucun des Italiens qui occupaient précédemment des postes critiques n’a été réélu.

Ce changement d’équilibre n’a pas été sans conséquences.

En 2016, le Grand Maître Fra’ Matthew Festing a demandé à Boeslager de démissionner en présence du cardinal patron de l’Ordre, le cardinal Raymund Leo Burke. Le Cardinal Patronus est le représentant du Pape dans l’Ordre de Malte. La demande concernait la distribution présumée de préservatifs par Malteser International à des esclaves sexuels au Myanmar. Suite au refus de Boeselager, Fra’ Festing le relève de ses fonctions et Fra’ John Edward Critien est nommé Grand Chancelier ad interim.

Cependant, plusieurs chevaliers ont fait appel de la décision, expliquant que la situation au Myanmar avait déjà été résolue et qu’au moment des faits incriminés, Boeselager n’était même pas un Grand Hospitalier.

Le pape François a mis en place une commission chargée d’enquêter sur cette affaire. Les membres de la commission étaient alors l’archevêque Silvano Maria Tomasi, Marwan Sehnaoui, le père Gianfranco Ghirlanda en tant que canoniste, Jacques de Liedekerke, ancien grand chancelier de l’Ordre, et Marc Odendall, qui siégeait également à l’époque au conseil d’administration de l’Autorité de renseignement financier du Vatican.

La commission a entendu tous les hauts fonctionnaires et les présidents des associations les plus importantes, et a produit un rapport final contenant des suggestions. Parmi elles, la proposition de demander au frère Festing de démissionner de son poste de Grand Maître de l’Ordre, non pas en tant que chef d’État, mais en tant que chef des religieux. Festing avait en effet demandé à Boeslager de démissionner en vertu de sa promesse d’obéissance et l’avait licencié parce qu’il avait refusé de le faire, sans passer par le Souverain Conseil, et avait ainsi rompu ses obligations religieuses.

Le frère Festing a démissionné le 28 janvier 2017. Et depuis lors, le pape François a pris les choses en main. Tout d’abord, il a nommé un délégué chargé de poursuivre cette réforme en la personne du cardinal Angelo Becciu (au moment de la nomination, archevêque et “substitut” de la Secrétairerie d’État). En outre, l’Ordre de Malte a élu Fra’ Giacomo Dalla Torre del Tempio di Sanguineto comme Lieutenant en 2017 et Grand Maître en 2018.

Depuis les négociations sur la réforme de l’Ordre, Fra’ Dalla Torre a également promu des ateliers et une large consultation parmi les chevaliers afin de recueillir des propositions pour la réforme de la Constitution.

Mais le 29 avril 2020, Fra’ Dalla Torre est mort. Par conséquent, Fra’ Marco Luzzago a été élu Lieutenant Grand Maître en novembre 2020. Le mandat dure un an, il doit donc y avoir une nouvelle élection, qui peut confirmer le mandat ou élire le Grand Maître.

Entre-temps, le pape François a remplacé le cardinal Becciu, discrédité, par le cardinal Tomasi en tant que délégué de l’Ordre. Dans une lettre envoyée au délégué en novembre, le pape lui-même confirme le frère Luzzago comme lieutenant et accorde au cardinal Tomasi le droit de réformer toute la constitution, et pas seulement la partie religieuse.

Un groupe de travail a également été créé pour superviser et mettre en œuvre la réforme. Il était composé du cardinal Tomasi, du père Ghirlanda, de Monseigneur Brian Ferme (également secrétaire du Conseil pour l’économie), de Maurizio Tagliaferri, de Federico Marti et de Gualtiero Ventura.

Le groupe a ensuite été élargi à des membres de l’Ordre, mais les propositions de ce groupe élargi, mené par le président de la dynamique association libanaise Marwan Senahoui, n’ont pas été prises en compte. Au final, deux visions du monde se sont affrontées.

Suite au décès soudain du frère Luzzago en juin 2022, le pape a personnellement nommé un Grand Maître adjoint en la personne du frère John Dunlap. Avec lui, et avec le père Gianfranco Ghirlanda dans l’équipe des délégués, cette dernière réforme a été portée, forçant son approbation sans débat. En fait, il y a eu des moments de tension, avec la nomination d’un autre comité de réforme, mais ensuite l’apport de ce comité aussi a été réduit à néant.

À la veille de la décision finale du pape, un groupe d’associations représentant environ 90 % des activités de l’Ordre de Malte a envoyé un appel public au pape, suscitant également le ressentiment du Lieutenant Grand Maître, qui a plutôt demandé l’obéissance au pape.

La réforme dans les intentions du Pape 

Dès le début, le Pape François a voulu que la réforme ait comme première caractéristique la définition de l’Ordre de Malte comme ordre religieux, et comme seconde et prioritaire celle du service aux pauvres. Le père Gianfranco Ghirlanda, créé cardinal par le pape François lors du consistoire du 27 août 2022, entendait donc exalter l’Ordre de Malte en tant qu’institution religieuse, directement liée au pape.

L’Ordre de Malte se compose de trois classes de chevaliers, mais seule la première classe – les chevaliers de la justice – prononce les vœux religieux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ils sont religieux, mais ne sont pas obligés de vivre dans une communauté. Ils sont appelés frères”. La deuxième classe est composée de chevaliers et de dames d’obédience, qui promettent de s’engager à la perfection chrétienne dans l’esprit de l’OrdreLa troisième classe comprend les membres laïcs qui ne prononcent pas de vœux ou de promesses, mais qui s’engagent à vivre une vie pleinement catholique selon les principes de l’Ordre.

La structure comprend ensuite des prieurs, des sous-prieurés et 48 associations liées à l’Ordre.

Le père Ghirlanda fait dériver l’autorité des chevaliers de la consécration religieuse. Toutefois, cela ne vaut que si l’on considère l’Ordre de Malte comme un simple corps religieux. Le discours est différent si l’on élargit son regard au gouvernement” de l’Ordre de Malte.

Bien que sa souveraineté découle d’une concession du Saint-Siège, l’Ordre de Malte est constitué comme un État sans territoire. En vertu de cette personnalité internationale, elle entretient des relations diplomatiques avec les autres États et sa souveraineté lui permet de poursuivre son action en faveur des pauvres.

En mettant l’accent sur le rôle religieux” de l’Ordre, celui-ci risque de perdre une partie de sa souveraineté, avec le risque de donner aux chevaliers de deuxième et troisième classe le sentiment de ne pas être pleinement à leur place.

Une position presque paradoxale, si l’on considère que la réforme de la curie romaine, également supervisée par le cardinal Ghirlanda, va dans le sens de donner plus d’autorité aux laïcs. Mais, et c’est là le point central, cette autorité des laïcs est donnée par la mission “canonique”, et la mission canonique est conférée directement par le pape. Par conséquent, tant dans la réforme de la curie que dans celle de l’Ordre de Malte, c’est toujours le pape qui est au centre des décisions.

La nouvelle constitution

Qu’est-ce qui a changé avec la nouvelle Constitution de l’Ordre ?

Tout d’abord, il y a la présence omniprésente du Saint-Siège et du Pape en particulier. Ce dernier, selon les articles 6 et 14, est corégent, de sorte que tous les membres de l’Ordre de Malte lui sont directement soumis. Ce n’était pas le cas sous l’ancienne constitution, où les membres de l’Ordre de Malte jouissaient d’une certaine autonomie.

Mais une différence cruciale peut être observée dans le paragraphe sur le serment du Grand Maître. L’ancienne Constitution, en vigueur jusqu’au 4 septembre, soulignait que celui qui serait élu Grand Maître prêterait serment après avoir informé le Saint-Père de son élection”.

Le projet de constitution approuvé par le pape François précise toutefois que la confirmation de l’élection par le Saint-Père est nécessaire”.

Les exigences nobiliaires pour devenir chevalier profès disparaissent également, mais un chemin très précis est requis, qui est celui de la formation spirituelle.

Dans le Grand Magistère, tous les organes sont dominés par les profès. Il en va de même pour le Chapitre général. Les profès, selon l’article 49, sont le “noyau essentiel de l’Ordre”. Le Grand Maître devient le seul souverain : son autorité, selon l’article 15, s’étend à tous les membres, personnes morales et biens de l’Ordre ; l’article 184 du code précise que le Grand Maître dirige les travaux des associations ; il admet également les membres de troisième classe et peut suspendre le président d’une association.

Les membres de la troisième classe changent également. Auparavant, ils étaient tenus de coopérer efficacement aux œuvres hospitalières et sociales de l’Ordre” (article 116 de l’ancienne Constitution). Ils sont désormais des fidèles attachés à l’Ordre” (article 82 du Code) et peuvent être nommés personnellement par le Grand Maître (article 87 du Code). Auparavant, ils étaient présentés par le Grand Maître.

Le rôle des partenariats

La véritable révolution concerne les associations rattachées à l’Ordre de Malte. Autrefois, elles étaient établies par décret du Grand Maître et leurs statuts étaient rédigés en tenant compte de la législation interne des États dans lesquels elles ont leur siège. Maintenant, d’autre part, ils sont une sorte d‘”unité de droit canonique” et sont obligés de se conformer non seulement aux lois des États, mais aussi au droit canonique. L’article 196 impose au président des associations de soumettre un état des comptes au Grand Maître. Selon l’article 49 de la nouvelle constitution, toutes les fonctions des associations, y compris le Conseil, doivent être exercées essentiellement par profession ou par obéissance.

Le Conseil des Associations passera d’un organe de direction élu par les membres à un groupe sous l’influence directe du Grand Maître, qui doit confirmer tous les membres du Conseil et d’une association, et qui peut même diriger une association par l’intermédiaire d’un commissaire ; le Grand Hospitalier supervise le travail des associations et par là même l’exécution des directives pastorales émises par le Conseil des Enseignants ; le Trésorier du Grand Maître supervise tout le travail des associations et établit un budget consolidé.

Sont également nouveaux les trois conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance établis par le code, qui sont destinés à évaluer la vie religieuse.

Réforme spirituelle ou souveraineté diluée ?

L’idée générale des réformes est donc de rendre l’Ordre de Malte plus spirituel, et c’est pourquoi de nombreux paragraphes sont insérés qui rappellent ceux de la vie religieuse. Le Grand Maître est presque l’équivalent d’un supérieur de la congrégation, et le pape se réfère aux chevaliers comme s’ils étaient des frères.

À première vue, il semble que l’option religieuse l’ait emporté sur l’option laïque. Il faut toutefois garder à l’esprit que l’Ordre de Malte est également un institut séculier, un État sans territoire.

Fra’ Marco Luzzago, le lieutenant du Grand Maître décédé subitement en 2022, avait tiré la sonnette d’alarme sur une éventuelle dilution de la souveraineté dans son discours au corps diplomatique accrédité auprès de l’Ordre de Malte le 11 janvier 2022. À cette occasion, il a déclaré qu’il n’y aurait un Chapitre Général extraordinaire que lorsqu’il y aurait le plus grand consensus possible sur les questions principales.

Ainsi, malgré les pouvoirs spéciaux accordés au cardinal Tomasi, il semblait y avoir une volonté d’aller de l’avant. Mais à terme, le pape a décidé de mettre fin à toute résistance possible.

La réforme des chevaliers profès 

En fait, tout découle d’une question principale, celle de la réforme tant discutée des chevaliers profès. Quant à l’Ordre de Malte, on a parlé, à tort ou à raison, de problèmes de corruption et de gestion financière, ce qui a été imputé à un renouveau de l’esprit séculier. Il est donc nécessaire de revenir à une vision spirituelle, en brisant les blocs de pouvoir existants et en recréant un style plus “religieux” dans les œuvres de l’Ordre.

La réforme concernait tout d’abord le vœu de pauvreté, pour lequel il y avait un sursis, également parce que les chevaliers devaient subvenir à leurs besoins et que ce n’était plus l’époque où leurs familles nobles pouvaient se permettre de gagner leur vie.

Ainsi, afin de maintenir le vœu de pauvreté, il était nécessaire pour l’Ordre de mettre les profès dans une position où ils pouvaient se consacrer entièrement aux pauvres et aux malades dans le cadre du charisme de l’Ordre. Le frère Dalla Torre a proposé de faire des profès une sorte d‘”employés de l’Ordre”, afin qu’ils puissent avoir un revenu à transmettre au supérieur, qui le donnerait en fonction des fonds. Il y aurait également un fonds de réserve qui fournirait des moyens supplémentaires en cas de besoin.

Une source au sein de l’Ordre a souligné que ce scénario serait perçu comme une menace pour tous les riches avocats, architectes et professeurs qui font profession de pauvreté, mais continuent à percevoir des revenus élevés”.

Si tels sont les motifs de la décision du pape, il faut considérer qu’une réforme des chevaliers profès était nécessaire, mais qu’elle ne touchait pas nécessairement aux prérogatives souveraines de l’Ordre. Et pas seulement ça. En réorientant tout vers le charisme religieux, le pape a quelque peu négligé le rôle des laïcs de l’Ordre de Malte, qui en étaient la partie la plus active. Ainsi, avec l’idée d’essayer de maintenir les caractéristiques de l’Ordre, et de laisser les équilibres tels qu’ils étaient, nous nous retrouvons avec une réforme substantielle de la nature même de l’Ordre.

La réforme du pape comme fin de toute réforme ?

La question n’est plus la qualité de la réforme, mais de savoir si les actions du pape constituent ou non un abus. Mais la réforme soulève également d’autres questions.

Quel intérêt un État qui a déjà des relations bilatérales avec le Saint-Siège aura-t-il à maintenir des relations avec l’Ordre de Malte ?

Et sera-t-il possible de dépasser l’ingérence du pape dans les affaires du gouvernement de l’Ordre, ou l’autonomie de l’Ordre sera-t-elle à jamais affectée ?

Mais les questions sont également différentes. Le cardinal Ghirlanda a résolu toutes les questions ouvertes en plaçant tout sous l’égide du droit canonique. Le nouvel ordre sera-t-il réellement représentatif de tous les corps, y compris les corps associatifs, ou restera-t-il une organisation purement religieuse, aux mains de quelques profès ?

À ce stade, il est évident que la situation de l’ordre ne peut être considérée comme une lutte entre l’aile religieuse et l’aile laïque, et qu’il y a beaucoup plus à considérer.

Il ne semble pas y avoir d’autres discussions sur la constitution. Le 25 janvier, le Chapitre général doit prendre acte et élire le nouveau Souverain Conseil. Dès lors, tous les bureaux de l’Ordre seront reconstitués. Mais le risque est celui d’un schisme des associations de l’Ordre, tandis que les États pourraient commencer à remettre en question les relations diplomatiques avec l’Ordre de Malte lui-même. L’Ordre de Malte deviendra-t-elle une congrégation religieuse comme les autres ?

Pour soutenir Cardinalis.

Un style de gouvernement qui consiste à simultanément abdiquer et enjoindre

De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :

D’un côté ceux qui gouvernent constatent le mal, se rendent compte qu’ils sont impuissants, abdiquent en fait toute volonté d’action ; de l’autre ils réclament que le peuple s’ajuste au nouvel état qu’ils n’entendent pas corriger et font porter tous leurs efforts non sur la disparition des maux mais sur leur acceptation – et, là, la puissance de l’État s’affirme ; il est vrai qu’il ne s’agit plus de réformer mais de conformer, et la République a toujours été plus habile à mettre au pas les citoyens qu’à leur garantir un avenir heureux. Voilà trois ans que Macron et sa clique nous parlent de résilience : opération Résilience lancée en mars 2020 contre l’épidémie de Covid-19, loi Climat et résilience de 2021, mission parlementaire sur la résilience nationale, avec son admirable rapport « Renforcer notre résilience pour une France libre, unie et prospère dans un monde incertain » (sic).

Quand Macron et ses pitoyables ministres nous parlent de sobriété, ils nous disent : nous avons été nuls sur la politique énergétique de la France, et nous n’avons ni les moyens financiers ni la volonté politique de changer le cours des choses. Vous devez apprendre à avoir faim et froid et vous devez considérer que notre incapacité à vous garantir ce que nous vous promettions à travers la promotion du marché et de l’Union européenne est en fait l’occasion de vous mobiliser : les désastres étant inéluctables puisque nous avons décidé que nous ne pouvions rien faire, il est désormais de votre responsabilité, et non plus de la nôtre, de gérer les risques. Mieux, nous allons désormais vous expliquer que c’est une vertu ! Nous allons vous gourmander sur vos appétits, que nous avions encouragés, et vos habitudes, que nous avons formées.

Nous refusons de nous attaquer aux causes des maux, quels qu’ils soient. L’Union européenne est un frein à notre politique énergétique ? Soyez sobres, soyez résilients, mais nous ne quitterons pas l’Union ni ne lui imposerons les intérêts français. L’immigration musulmane menace, dans les faits, nos institutions, votre sécurité, notre culture ? Nous ne ferons pratiquement rien pour la diminuer. Le progrès technologique ruine l’environnement, laisse la France à la traîne du reste du monde et isole chacun ? Nous continuerons à vanter l’électrification et la numérisation massives de l’appareil industriel, des transports et de l’organisation sociale. Et tout à l’avenant : l’État nous force à nous adapter en nous faisant sentir coupables d’une situation qu’il nous a imposée.

Non pas que la sobriété ne soit en soi une bonne chose : le consumérisme détruit, surtout dans une France qui a fait le choix de détruire son industrie et son agriculture. Mais la sobriété à laquelle on nous enjoint est un leurre : nous devons consentir, en fait, à ce que le marché continue d’imposer sa loi. La résilience, c’est la prolongation de toutes les conditions désastreuses qui ont conduit aux impasses actuelles. […]

Nouvelle-Zélande : un an après son entrée en vigueur, déjà une évolution de la loi sur l’euthanasie ?

La loi autorisant l’euthanasie en Nouvelle-Zélande est entrée en vigueur il y a un an. 214 personnes ont déjà été tuées en vertu de cette loi, sur un total de 596 demandes.

Le promoteur de cette loi, David Seymour, réclame donc des évolutions, voulant passer outre l’exigence pour y recourir selon laquelle un patient n’a que six mois à vivre. Il avoue avoir accepté l’exigence des six mois afin d’obtenir le soutien d’un autre parti, dans le but de faire adopter le projet de loi. Initialement le texte se contentait d’évoquer des « affections graves et irrémédiables ». Une formulation jugée « trop large » par certaines formations politiques, inquiètes qu’elle puisse conduire à autoriser l’euthanasie de personnes handicapées ou de patients souffrant de troubles mentaux. Maintenant que la loi est passée, les partisans de la culture de mort appliquent leur méthode habituelle : élargir les possibilités en supprimant les aspects restrictifs de cette loi.

Un examen de la loi est prévu en 2024.

Urgence pédiatrique : “la situation est absolument catastrophique. Je n’ai jamais vu ça, c’est un désastre”

Le gouvernement préfère allouer des fonds à l’avortement plutôt qu’à la médecine. Responsable du Smur pédiatrique à l’hôpital Hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP), le Dr Laurent Dupic participe aussi à la régulation régionale pédiatrique au sein du centre de réception et de régulation des appels (CRRA) 75. Il alerte sur les « mises en danger d’enfants ».

Nous sommes dans une position de tour de contrôle et de vigie. Nous avons lancé l’alerte il y a quinze jours, quand on a commencé à transférer des enfants en province. Nous en sommes aujourd’hui à 38 transferts de patients graves en réanimation, à plus de 200/250 km de leur domicile. Et ce sont les seuls transferts comptabilisés. Je n’ai pas de visibilité sur les transferts hors Île-de-France de patients peu gravement malades. Mais je sais que certains patients ne trouvent pas de place en pédiatrie générale ou en unité de surveillance continue, car le niveau de saturation du système touche chacune des couches du système hospitalier.

Ces transferts provoquent-ils des pertes de chance, des mises en danger ?

Il y a bien des mises en danger d’enfants, même si ces transferts sont faits par des équipes médicalisées. On génère des conditions de transfert avec un maximum de sécurité, dans la mesure de ce que l’on peut faire. Mais, comme la bronchiolite nécessite un support respiratoire, le transport représente une phase d’instabilité. […]

Est-ce que cette crise de la pédiatrie était prévisible ?

Oui, nous avons tiré la sirène d’alarme il y a plusieurs mois. Nous savions que nous ne serions pas en capacité de faire face à une augmentation du nombre de patients car nous avons entre 20 et 25 % des lits fermés. Aujourd’hui, nous adaptons notre organisation au détriment des autres enfants : déprogrammations, fermeture de blocs pour pouvoir transposer les personnels dans les « réas » et ouvrir des lits, etc. Certains soignants ne trouvent plus aucun sens à leur métier, ils vont sans doute partir.

[…]

Comment voyez-vous les semaines à venir ?

Je suis au front, je continuerai à l’être jusqu’au bout. Mais la situation est absolument catastrophique. Je n’ai jamais vu ça, c’est un désastre.

Sans suite

Une dépêche ministérielle du 31 mai dernier, révélée ces jours-ci, incite les magistrats à classer sans suite les affaires jugées trop anciennes ou pour lesquelles aucune enquête n’a été menée. Béatrice Brugère, magistrats, secrétaire générale syndicat Unité Magistrats SMM-FO, explique :

“Cette circulaire interministérielle n’est pas une pratique nouvelle. Il faut savoir que cela a déjà existé, cette forme d’apurement des stocks. Ponctuellement, il arrive parfois que les procureurs se déplacent dans les commissariats pour regarder un peu les procédures anciennes.

“Ils privilégient celles qui sont les plus importantes et les plus pertinentes. Ce qui est intéressant dans cette dépêche, c’est qu’elle systématise ce genre de pratiques pour les rendre habituelles. Pourquoi ? Nous sommes en très grande difficulté, la justice fonctionne mal. Ce n’est pas que la justice, ce sont les enquêtes. À la fois, on nous demande de classer des dossiers anciens et des enquêtes qui ne sont pas faites.”

“Il existe des milliers d’enquêtes et de spectacles qui ne sont pas traités. En fait, c’est toute la chaîne pénale qui ne fonctionne plus”.

“Ce qui est intéressant et affolant, c’est que sous cette directive, sous l’étiquette bonnes pratiques, on a des fiches techniques pour les parquets, les magistrats qui font les enquêtes avec les services de police, afin d’avoir des délais relativement courts avec des critères assez simples. Telle enquête, vous laissez tomber. Telle enquête, vous classez.”

“Cela pose quand même un problème d’égalité entre les citoyens.”

“Il y a des effets pervers. Soit au bout de plusieurs mois, c’est classé. Pour les victimes qui ont plus de moyens, elles vont aller déposer plainte devant les juges d’instruction pour avoir une vraie enquête, ce qui va faire un embouteillage. C’est surtout une faillite qui ne dit pas son nom, à mettre en parallèle avec la réforme de la police judiciaire. Toute la chaîne, police, gendarmerie et justice sont à l’arrêt. Ce sont des milliers de dossiers qui n’auront jamais d’issue. Vous avez eu la même chose en décembre dernier sur les mineurs.”

Un exemple parmi d’autres : le député RN de la Somme Yaël Menache avait été agressé et le procureur d’Amiens a classé sans suite ce dossier. Yaël Menache indique pourtant que les auteurs sont connus :

La fin de l’abondance…

C’est gratuit c’est l’Etat qui paie.

Et pendant ce temps, la France rouvre une centrale à charbon …à Saint-Avold.

Philippe Vardon rejoint Reconquête

Le conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur l’annonce dans Le Figaro :

C’est une décision guidée par la volonté de clarté, de cohérence, et – c’est central pour moi – d’efficacité. Dans mon engagement, j’ai toujours cherché à être là où j’avais le sentiment de pouvoir être le plus utile à ce que je pense juste. Ces quelques mois aux côtés des dirigeants et militants de Reconquête! comme «compagnon de route», et notamment l’Université d’été qui m’a beaucoup impressionné, m’ont convaincu que c’était là ma place.

Avec 7% à la présidentielle et aucun élu aux législatives, est-il pertinent de rejoindre aujourd’hui un parti dont l’avenir à court terme semble difficile ?

Je n’ai jamais envisagé l’action politique sur le «court terme». Je crois tout au contraire que c’est l’école de la patience, de l’endurance, même. À la manière du vieux soldat de Péguy, « j’ai tant vu de défaites qui arrivaient après des victoires, et j’ai tant vu, aussi, de victoires qui arrivaient après des défaites, que je ne crois plus jamais que c’est fini ». Éric Zemmour a rassemblé 2,5 millions d’électeurs lors de la présidentielle, arrivant largement devant la candidate des Républicains. Reconquête! réunit 131.000 adhérents : c’est davantage que le RN et LR cumulés ! Le parti a, à sa tête, une équipe de grande qualité, et, dans ses rangs, une jeunesse dynamique. Il peut s’appuyer sur un tissu d’élus locaux, issu de la quête des parrainages. Nous pouvons bâtir une force nouvelle et originale, pivot de la vie politique de notre pays. […]

Avec un RN qui revendique la place de premier opposant, quel espace reste-t-il aujourd’hui pour «Reconquête!» ?

Qui a lancé la campagne «Protégeons nos enfants», devançant l’offensive islamique dans nos écoles ? Qui se mobilise à Callac, pour refuser l’implantation de migrants dans ce petit village breton devenu symbole ? Qui a souligné la pertinence de l’union des droites après la victoire de Giorgia Meloni en Italie ? Qui, avec Sébastien Meurant, a fait rejeter le budget immigration du gouvernement en commission au Sénat ? Reconquête!, Reconquête!, et encore Reconquête!. Ce sont aussi ses dirigeants qui participent à l’animation du débat intellectuel avec les conférences d’Éric Zemmour ou encore la mise en avant du concept de droite civilisationnelle que porte Reconquête! et dans lequel je me retrouve. Non seulement l’action de Reconquête! est utile, mais elle est nécessaire. […]

Femme voilée dans un calendrier des Armées : ce n’est pas une intox

Damien Rieu a dénoncé hier soir la présence d’une femme voilée sur un calendrier du Ministère des Armées :

Le ministère des Armées a crié à la «fake news» :

«Une photographie d’un calendrier du ministère des Armées circule sur les réseaux sociaux. Ceci est un photomontage. Soyez vigilants, ne relayez pas de fausses informations».

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a retweeté ce démenti.

Mais Damien Rieu maintient son information :

Le ministère finit par supprimer son démenti

Puis communique sur le fait qu’il s’agit d’un calendrier édité et distribué par le commissariat des Armées, un service interarmées placé sous les ordres du chef d’État-Major Armées :

Puis finit par justifier :

L’idée derrière ce choix de photo visait à valoriser le personnel civil de recrutement local qui contribue de manière essentielle aux missions de nos armées sur le terrain.

Valoriser l’islam aussi, non ?

Jusqu’à la lie

Déclaration de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la Conférence des évêques de France, à Lourdes, le lundi 7 novembre :

Soyez remerciés d’avoir accepté de nous rejoindre aujourd’hui, pour cette conférence de presse qui n’avait pas été prévue jusqu’ici, sans attendre le discours final de notre Assemblée plénière et la conférence de presse qui le suivra.

Avant de vous faire part de la nouvelle qui motive ce bouleversement de notre emploi du temps, je voudrais vous faire part de l’avancée de nos travaux concernant ce que certains appellent « l’affaire Michel Santier ».

En ouvrant cette Assemblée, j’avais souligné combien nous nous réunissions avec des sentiments mêlés et combien surtout nous sentions colère et lassitude chez les personnes victimes de violences et d’abus dans l’Église, en particulier chez ceux et celles qui avaient décidé l’an passé de nous faire confiance et aussi chez les fidèles catholiques, surtout les plus engagés, qui avaient exprimé avant notre assemblée et ont continué à exprimer pendant celle-ci leurs doutes, leur découragement, leur difficulté à assumer l’image désastreuse de l’Église donnée par le traitement des faits reprochés par Mgr Santier.

Une partie de notre travail a donc consisté à rendre clair entre nous ce qui s’était passé. Une chronologie précise des différentes actions menées depuis qu’une personne victime est allée voir son évêque, puis l’archevêque de Paris, alors Mgr Aupetit, a été établie. Elle a aidé à repérer ce qui avait été fait, ce qui n’avait pas été fait, ce qui a été fait insuffisamment et les dysfonctionnements à constater. Nous avons travaillé entre nous, à huis-clos, ce qui nous a permis d’aller aussi loin que possible dans les échanges, mais aussi avec des experts : un avocat, un canoniste et l’official français du Dicastère de la doctrine de la foi. Je les remercie encore de leur disponibilité et de leurs apports précieux.

Permettez-moi d’insister sur quatre points :

Les personnes victimes qui ont parlé, une première puis une seconde amenée par la première, ont été écoutées, prises au sérieux, crues. Malgré l’estime générale dont jouissait Mgr Santier, Mgr Aupetit a su recevoir ce que ces personnes lui ont dit et il a enclenché les procédures canoniques prévues. Celles-ci ont conduit Mgr Santier à présenter sa démission en donnant au Pape les motifs de cette demande et cette démission à être acceptée sans délai. Mgr Santier a ensuite fait l’objet de mesures de restrictions de ministère qui le mettent à l’écart de toute possibilité de commettre à nouveau de tels faits ;

Il avait été prévu que la démission de Mgr Santier prendrait effet le 30 juin 2020. Un tel acte est normalement annoncé par le Saint-Siège, mais il l’a fait lui-même, dès le 6 juin, en invoquant un motif de santé. Ce dernier était d’autant plus crédible qu’il avait passé quelques semaines à l’hôpital, en pleine crise sanitaire et confinement, dans un état très grave. La mention qu’il avait faite alors « d’autres raisons » est passée inaperçue ;

A part l’archevêque de Paris et le Nonce apostolique, les évêques ne savaient rien de ce qu’a commis Michel Santier. Le droit canonique ne prévoit pas que le Président de la Conférence des évêques participe à ces procédures. Il se trouve que j’ai été mis au courant mais ce fut, en quelque sorte, selon la bonne volonté de chacun. Lorsque Mgr Blanchet, en décembre 2020, apprend que le Pape l’a nommé évêque de Créteil, il ne sait rien de la situation exacte de Mgr Santier. Il l’a appris plus tard, au cours d’entretiens préalables à sa prise de fonction. Il a donc dû porter seul ce qu’il avait appris et veiller seul à limiter les adieux et les hommages que les diocésains de Créteil voulaient rendre à celui qui avait été leur évêque pendant 13 ans. J’ai été témoin de ses efforts et de la délicatesse et de la force dont Mgr Blanchet faisait preuve pour contenir au maximum la présence de Mgr Santier sans avoir l’air aux yeux de ses nouveaux diocésains de le mépriser ou de le maltraiter ;

Lorsque Mgr Santier, à l’arrivée de Mgr Blanchet, est allé s’installer dans la Manche, sa région d’origine, Mgr Le Boulc’h, évêque de Coutances, ne sait pas quelle est sa situation exacte, ni les raisons véritables de sa démission. Il l’apprend plus tard, parce qu’une des deux personnes victimes s’inquiète de ce qu’elle entend dire des missions qui pourraient lui être confiées. Mgr Le Boulc’h, à son tour, reçoit cette personne, la prend au sérieux et impose à Mgr Santier d’autres conditions de vie et de ministère. Les religieuses chez qui il est envoyé sont prévenues et accueillent Mgr Santier en connaissance de cause, comme un service à rendre à un homme qui s’est rendu coupable d’actes graves mais qui reste un être humain et doit vivre quelque part.

Cela étant dit, des insuffisances graves et des dysfonctionnements à tous les niveaux apparaissent clairement à la relecture de cette histoire. Ce constat nous permet aujourd’hui d’envisager des mesures claires et précises pour éviter qu’une telle situation se reproduise :

Mgr Santier a été cru lorsqu’il a reconnu les faits rapportés par les deux personnes victimes. Il peut paraître évident, rétrospectivement, qu’on ne doit pas compter sur la personne coupable pour établir la vérité de ses actes. Cette naïveté fait ressortir que les évêques, pas plus que les prêtres, ne sont faits pour traiter des crimes et des délits. Nous ne sommes ni des magistrats ni des policiers et nous n’avons pas à le devenir. Il nous faut être conscients de cette incompétence et recourir résolument à l’aide de tiers compétents ;

Le parquet n’a pas été saisi, vraisemblablement parce que les faits avaient été commis sur des personnes alors majeures, jeunes adultes mais adultes, et que ces personnes ne voulaient pas à ce moment-là avoir à être interrogées davantage, le temps ayant passé, leur vie s’étant construite ;

La Congrégation pour la doctrine de la foi, en mai 2020, a demandé à l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, d’ouvrir une « enquête préalable » canonique. Cela n’a pas été fait. La définition dans le code de droit canonique de l’enquête préalable n’est pas claire : elle est faite pour établir la vraisemblance des faits. Or, en l’occurrence, cette vraisemblance était établie puisque le mis en cause les avait reconnus. De plus, sa démission était déjà acceptée. Mais dans ces conditions, quand et par ailleurs comment une véritable enquête est-elle menée, pour établir l’ensemble des faits qu’aurait pu commettre le mis en cause et le juger en conséquence ?

J’ai souligné déjà le défaut d’information adéquate de Mgr Blanchet et de Mgr Le Boulc’h. Le point est ici de savoir qui aurait dû le faire et à quel moment du processus de nomination il aurait fallu le faire ;

Lorsque les mesures disciplinaires imposées à Mgr Santier ont été prises et communiquées, elles ont paru à ceux qui avaient la charge de veiller à leur application : le Nonce apostolique, l’évêque de Coutances, l’archevêque de Rouen, l’évêque de Créteil, modérées et compliquées à mettre en œuvre. Mais la détermination de ces sanctions ne leur appartenait pas, pas plus que leur publication. A l’instar du droit français par exemple, la publication des sanctions est une peine complémentaire. La réaction des fidèles à cette affaire doit nous conduire à rendre clair qu’un évêque étant un personnage public et revendiquant de l’être, des sanctions le concernant devraient toujours être publiées, sauf si une raison proportionnée conduisait à une autre décision. La même réflexion peut valoir pour les prêtres.

Quant à la modération relative des sanctions, elle vient, d’après ce que nous avons compris, entre autres raisons, de ce que les faits étaient anciens et sans doute prescrits en droit canonique. Le droit canonique connaît une prescription, tout comme notre droit français et celui de toutes les nations qui se considèrent comme des États de droit. La prescription empêche le juge de connaître des faits passés. Elle marque la volonté du droit non seulement de sanctionner un acte délictueux ou criminel et de réparer autant qu’il est possible ce qu’ont subi les personnes victimes mais aussi de rendre possible la réhabilitation du coupable, sa réinsertion dans la société. Toutefois, à la relecture, il apparaît que la procédure prévoit toujours un « votum », une recommandation de celui qui mène l’enquête canonique, qu’il soit l’archevêque ou le nonce ou une autre personne. Il nous faut travailler à exprimer des « votum » plus argumentés et explicités, tenant compte de deux caractéristiques de l’état du peuple de Dieu en France : d’une part qu’il est difficilement compréhensible à ce peuple de Dieu qu’un prêtre ayant abusé d’une personne à l’occasion d’un sacrement puisse continuer à célébrer la messe même en privé, d’autre part que le peuple de Dieu a la maturité nécessaire pour supporter d’apprendre les fautes commises par un de ses pasteurs. Nous l’avons beaucoup dit l’an passé et nous le croyons : « La vérité vous rendra libres » ;

Comme Président de la Conférence des évêques, ayant été mis au courant de la situation de Mgr Santier, même si ces situations ne relèvent pas de mon autorité et de mes pouvoirs, je reconnais volontiers les insuffisances suivantes : j’aurais pu et dû, lorsque Mgr Aupetit m’a prévenu des faits qu’il avait appris, insister davantage pour qu’une enquête approfondie soit menée ; ensuite j’aurais pu et dû m’inquiéter davantage de voir Mgr Santier être maintenu en place, alors même que sa démission avait été acceptée. Mais je le redis : la Conférence des évêques n’est pas partie prenante de la procédure, je n’ai qu’été informé de certaines des décisions prises, et non pas consulté pour recueillir mon avis. En novembre 2021, pendant l’assemblée, j’informe les évêques de ce que des mesures disciplinaires avaient été prises contre Mgr Santier, mais sans donner d’indication sur les faits qu’il avait commis. La Congrégation pour la doctrine de la foi m’avait demandé de prévenir les évêques si je le jugeais utile, autant que possible par oral. J’ai jugé nécessaire de le faire, après un échange avec le Nonce, pour aider Mgr Santier à tenir les règles qui lui étaient imposées et éviter que des évêques ne l’invitent à prêcher des retraites ou présider des pèlerinages. Assurément, une meilleure conscience des responsabilités de chacun est nécessaire, ainsi qu’une meilleure coordination entre toutes les parties prenantes, qu’elles le soient en raison du droit ou de fait.

Vous voyez donc qu’il y a du travail devant nous pour améliorer les procédures et les rendre plus effectives et compréhensibles de tous. Je ne crois pas juste de nous accuser d’avoir voulu cacher l’affaire Santier, en tout cas pas au sens où Mgr Santier aurait échappé à toute sanction ou serait demeuré un risque pour quiconque. Malheureusement, il est aujourd’hui clair qu’il a pu faire dans le passé d’autres victimes que les deux personnes connues jusque-là et peut-être des faits d’une autre nature. Puisqu’un signalement a été fait par l’archevêque du lieu, l’enquête judiciaire permettra de le savoir, nous l’espérons, et, à défaut ou par complément, l’enquête canonique. Mais deux questions demeurent :

De quels moyens concrets disposons-nous pour mener une enquête ?

Comment peut-on encourager les personnes victimes à parler, créer le climat qui le leur rend possible si elles le souhaitaient ? Au printemps 2019, lorsque deux personnes victimes parlent, les cellules d’écoute existent, l’existence de la CIASE est connue du grand public, il peut sembler qu’une personne qui aurait quelque chose à dire de grave peut le faire et qu’elle peut même savoir qu’elle serait reçue et écoutée. Pourtant, cela n’a pas suffi, l’histoire le prouve, mais seulement le vaste écho médiatique donné au silence, une fois celui-ci rompu.

En même temps que nous nous clarifions, autant qu’il est possible, l’affaire Santier, la Présidence et le Conseil permanent ont travaillé sur les autres cas d’évêques mis en cause devant la justice de notre pays ou devant la justice canonique. Je peux vous dire aujourd’hui ce que nous savons, ce que je sais, dans la limite de ce qu’il me revient. Mais il me faut auparavant vous faire connaître ce que nous avons reçu hier, de manière inattendue. La démarche qui va vous être maintenant partagée à la demande de celui qui la fait est inédite.

Cet aveu du cardinal Ricard a été hier accueilli par nous, évêques, comme un choc. Vous pouvez vous représenter l’estime dans laquelle il est tenu par nous qui l’avons élu deux fois comme notre président et qui avons été les témoins de son épiscopat à Grenoble, à Montpellier, à Bordeaux. Nous imaginons la stupeur des diocésains et de tous les catholiques de France. Je dois préciser que le fait dont il parle, même ancien, a fait l’objet d’un signalement auprès du procureur, puisque la jeune fille était mineure au moment des faits, et d’un signalement auprès du Dicastère pour la doctrine de la foi.

J’ajoute donc, comme je commençais à le faire, qu’il y a aujourd’hui six cas d’évêques qui ont été mis en cause devant la justice de notre pays ou devant la justice canonique et qui sont connus de vous, à qui s’ajoutent désormais Mgr Santier et Mgr Ricard[1]. Deux autres, qui ne sont plus en fonction, font l’objet d’enquêtes aujourd’hui de la part de la justice de notre pays après des signalements faits par un évêque et d’une procédure canonique ; un troisième fait l’objet d’un signalement au Procureur auquel aucune réponse n’a été donnée à ce jour et a reçu du Saint-Siège des mesures de restriction de son ministère. A l’occasion de cette Assemblée, la Présidence et le Conseil permanent ont pu vérifier avec les responsables concernés, l’état des procédures et de la situation concrète de chacun de ces évêques. Il ne m’appartient pas d’en dire davantage.

Permettez-moi d’insister sur la grande diversité des situations, des faits commis ou reprochés. Vous voyez que la justice canonique peut agir avec rigueur et systématiquement, parfois au-delà de celle de notre pays, notamment pour des faits qui sont prescrits ou non sanctionnés en droit français. Malgré ses limites, cette justice canonique tient compte de l’exigence de droiture et de cohérence attendue d’un prêtre et de la confiance que beaucoup sont prêts à faire à un prêtre, a fortiori à un évêque, au risque parfois de se laisser tomber, voire de se laisser entraîner dans ce qu’on ne voudrait pas, ce qu’ont vécu les personnes qui ont été victimes de Mgr Santier.

Je ne sais pas grand-chose de plus concernant le cardinal Ricard que ce qu’il a choisi de dire et de rendre public. Notre Assemblée n’est pas achevée. Nous avons à travailler encore, sur le fondement de l’analyse précise de cas que nous avons pu faire. Vous savez que, ce matin, nous avons rencontré les pilotes et un autre membre de chacun des groupes de travail dont nous avions décidé la mise en place lors de l’Assemblée de novembre 2021. Le point d’étape fait aujourd’hui 7 novembre 2022 nous indique déjà les évolutions ou les transformations que nous devrons initier et mettre en œuvre en tant qu’Église pour être davantage, au milieu de ce monde, l’Église du Christ Jésus. Si l’Église est faite de pécheurs, elle doit veiller à ce que ces pécheurs n’usent pas de leur statut ecclésial pour faire du mal et atteindre particulièrement des personnes fragiles ou vulnérables ou rendues vulnérables. Elle doit accompagner les éventuels coupables avec miséricorde, mais elle doit aussi et surtout commencer par protéger les jeunes et les moins jeunes et soutenir celles et ceux qui auraient été victimes en son sein.

Je voudrais vous remercier pour votre attention et pour votre travail. Dans ce temps douloureux où nous sommes, il aide à ce que la vérité se fasse. Je vous assure de la détermination des évêques : nous voulons poursuivre le travail de transformation amorcé l’an passé et que le processus synodal encourage, pour que l’Église réponde à sa mission.

[1] Précision : sur ces six évêques, un est aujourd’hui décédé. Au final, dix anciens évêques hors fonction : huit actuellement mis en cause pour abus (dont Mgr Santier et le cardinal Ricard) et deux mis en cause pour non-dénonciation (un condamné en 2018, un relaxé en 2020).

Une certaine idée de De Gaulle

Jean-Baptiste Geffroy, professeur émérite de la Faculté de droit de l’Université de Poitiers, un collaborateur régulier des revues Lecture et Tradition et Lectures Françaises, vient publier un portrait de Charles de Gaulle, Une Tragédie française en 3 tableaux, une centaine de pages éditées en deux livrets. Ces deux livrets (pourquoi deux, un seul ouvrage aurait été plus pratique) dressent un portrait sans concession du fondateur de la Ve République : l’ambitieux, le factieux et le tyran. Le ton est donné :

On sait que Charles de Gaulle s’est toujours fait une certaine idée de la France, et que cette idée de la France épousait étroitement une certaine idée de lui-même. À Chiré, et à Lectures françaises, nous nous sommes toujours fait une certaine idée de De Gaulle. Une idée sans doute iconoclaste par rapport à la vision agenouillée qu’impose le conformisme historique selon lequel le général est entré depuis longtemps dans le domaine de l’intangible, de l’incontestable, dans le domaine du dogme. Une vision qui expose tout contestataire aux anathèmes des gardiens de l’histoire officielle, parfois même aux rigueurs de la loi et de la justice.

Aujourd’hui, plus que jamais, s’impose la dénonciation de l’ère gaullienne. Dans le désert intellectuel qui est aujourd’hui celui du monde politique, notamment celui de la droite, de cette droite niaise, abêtie par soixante ans de Ve République, le gaullisme a été – et reste à bien des égards – une cause d’aveuglement politique et moral. Le gaullisme a été, et reste ce que Gérard Bedel a fort bien qualifié de « maladie sénile de la droite ».

L’auteur évoque la formation et la carrière avant de raconter ses tentatives pour s’opposer au Maréchal Pétain puis la terrible épuration qui lui a permis d’annihiler toute opposition, avant de revenir sur son retour peu glorieux en 1958, qui donneront lieu aux massacres de milliers de Français et de harkis.

Sans de Gaulle, Darlan n’aurait pas été assassiné, ni Giraud écarté, ni les communistes propulsés premier parti de France. Il n’y aurait pas eu d’Epuration ou elle aurait été moins meurtrière, ni de guerre civile. Sans de Gaulle, le lâchage de l’Algérie n’aurait pas été cette meurtrière et honteuse déroute.

Cette lecture d’une histoire dramatique, celle de la France, qui rappelle l’ouvrage publié par Roger Holeindre il y a quelques années, L’homme qui faisait se battre les Français entre eux, épais d’environ 700 pages, retraçant l’histoire du Général depuis la Première guerre mondiale jusqu’à mai 1968 où il a pactisé avec l’URSS.

Une introduction à la messe traditionnelle

Après la mort de son mari, Kristine cherche refuge dans le catholicisme traditionnel. Une introduction à la messe traditionnelle en latin avec des images étonnantes et une musique originale. Voici la seconde partie du documentaire américain sur la messe traditionnelle, long d’une quarantaine de minutes (le premier, à revoir ici, est une bonne introduction à la messe traditionnelle). Déroulé :

00:00 Comment nous pouvons atteindre des millions de catholiques
01:03 Générique d’ouverture
01:36 Rencontrez Kristine Mauss
04:51 quand le catholicisme culturel échoue
09:36 Découvrez la messe en latin
11:50 Mauvaises premières impressions de la messe latine
12:56 qu’est-ce qui rend la messe en latin unique ?
16:45 quand les prêtres apprennent la messe en latin
21:05 comment la messe latine enseigne la révérence et l’humilité
22:09 Lex Orandi, Lex Credendi, la loi de la prière est la loi de la croyance
22:45 la Messe des morts, une Messe de Requiem
25:15 la mort de Michel
28:34 “La tradition est un autre mot pour dire “fondement solide””.
30:46 Fulton Sheen sur le moment du jugement
32:30 Grand-messe avec la Missa Papae Marcelli de Palestrina : Kyrie
34:32 le meilleur cadre pour le mystère de l’Eucharistie
37:00 pourquoi la messe en latin ?
38:56 Pourquoi la plupart des catholiques ne croient-ils pas à la présence réelle de Jésus ? Une tempête parfaite.
39:19 Générique de fin

Normalement le sous-titrage apparaît, sinon il est possible de l’ajouter en allant dans les paramètres (en bas à droite) :

“Dieu n’est pas présent dans ce processus synodal accablant”

Mgr Rob Mutsaerts, évêque auxiliaire de Bois-le-Duc (Pays-Bas), a dénoncé sans langue de buis le synode sur la synodalité. Extraits :

[…] Les contours du processus synodal sont de plus en plus clairs. Il fournit un mégaphone pour les opinions non religieuses. […] Ce que le document de travail semble suggérer, c’est que nous établissions une liste de plaintes et que nous en débattions ensuite. La mission de l’Église est différente. Ce n’est pas : examiner toutes les opinions et ensuite arriver à un accord. Jésus nous a commandé autre chose : annoncer la vérité ; c’est la vérité qui vous rendra libres. […]

Jusqu’à présent, le processus synodal ressemble davantage à une expérience sociologique et n’a pas grand-chose à voir avec l’Esprit Saint censé résonner à travers tous les bruits. On peut presque dire que c’est un blasphème. Ce qui apparaît de plus en plus clairement, c’est que le processus synodal va être utilisé pour modifier un certain nombre de positions de l’Église, le Saint-Esprit étant alors également jeté dans la mêlée en tant que défenseur, même si le Saint-Esprit a réellement insufflé quelque chose de contre-intuitif au cours des siècles. Ce que l’on peut surtout retenir des séances d’écoute, c’est une foi évaporée, qui n’est plus pratiquée et qui n’accepte pas les positions de l’Eglise. Les gens se plaignent que l’Église n’accepte pas leurs points de vue. D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait vrai. Les évêques flamands et allemands vont loin avec eux, ce qui est en fait beaucoup plus tragique. Ils ne veulent plus appeler le péché péché. Ainsi, la conversion et la repentance ne sont plus discutées. […]

En politique, tout est ouvert à la discussion et au débat. Ce n’est pas le cas dans l’Église. Il existe une chose telle que la doctrine de l’Église qui n’est pas soumise au temps et au lieu. Mais le document de travail semble vraiment tout remettre en question. […]

Apparemment, la fonction d’évêque est réduite à la simple mise en œuvre de ce qui est finalement le plus grand dénominateur commun comme résultat d’un tirage au sort d’opinions. L’éventuelle phase finale du processus synodal ne peut que ressembler à une journée champêtre. Comme on pouvait s’y attendre, tous ceux qui n’obtiennent pas ce qu’ils veulent diront qu’ils sont exclus. À l’avance, c’est une recette pour le désastre. Si tout le monde obtient ce qu’il veut – ce qui n’est pas vraiment possible – le désastre est complet. L’Église se sera alors reniée et aura dilapidé son identité. […]

Jésus a adopté une approche différente. Il a écouté les deux disciples déçus sur le chemin d’Emmaüs. Mais à un moment donné, il a pris la parole et leur a fait comprendre qu’ils s’égaraient. Cela les a amenés à faire demi-tour et à retourner à Jérusalem. Si nous ne faisons pas demi-tour, nous nous retrouverons à Emmaüs et serons encore plus loin de chez nous que nous ne le sommes déjà.

Une chose est claire pour moi. Dieu n’est pas présent dans ce processus synodal accablant. Le Saint-Esprit n’a absolument rien à voir avec cela. Parmi les protagonistes de ce processus, on trouve à mon sens un peu trop de défenseurs du mariage homosexuel, des gens qui ne pensent pas vraiment que l’avortement est un problème et ne se montrent jamais vraiment défenseurs du riche credo de l’église, voulant avant tout être aimés par leur entourage laïc. Quel manque de pastorale, quel manque d’amour. Les gens veulent des réponses sincères. Ils ne veulent pas rentrer chez eux avec plus de questions. Vous éloignez les gens du salut. J’ai depuis abandonné le processus synodal.

Un syndicat doit pouvoir subvenir seul à ses besoins en se finançant grâce à l’adhésion qu’il suscite

Critiquant l’attitude de blocage de la CGT, Marion Maréchal propose une réforme du syndicalisme :

[…] les syndicats de salariés ne sont que très minoritairement financés par les cotisations de leurs adhérents, la plupart de leur fonds provenant des subventions publiques massives et des contributions obligatoires payées par les entreprises ; c’est d’ailleurs bien là qu’est le scandale. En 2020, ce sont plus de 81,5 millions d’euros qui leur ont ainsi été versés par ce biais. De cette manne financière colossale, la seule CGT a reçu 18,1 millions d’euros. Ce modèle de financement massif des syndicats par le contribuable et les contributions des entreprises est une exception française en Europe. En effet, là où les adhésions représentent près de 80% des ressources des syndicats dans certains pays, en France elles ne pèsent que pour moins d’un tiers  du financement des organisations syndicales comme la CGT ou FO. Et c’est sans compter sur la manne issue de la gestion de la formation professionnelle, dont l’attribution est particulièrement opaque et qui pourrait représenter 10% du budget des grandes centrales syndicales.

Ce déséquilibre et cette opacité budgétaire, mis en lumière par le rapport Perruchot en 2011, en font des rentiers, plutôt que des outils au service de l’intérêt collectif des salariés, à qui ils n’estiment la plupart du temps n’avoir aucun compte à rendre.

L’intérêt des salariés est donc de moins en moins le moteur de l’action syndicale, mais un prétexte, un marche pied, pour défendre un agenda politique et non syndical. On peine en ce sens à comprendre l’hommage rendu par Philippe Martinez, Président de la CGT, à Yasser Arafat ces dernières semaines. Quel est le rapport avec le syndicalisme ? Les salariés français ont-ils voté pour cela ?

Dès lors, l’objectif le plus immédiat est de réduire drastiquement les sources de financement hors adhésions aux syndicats. Un syndicat doit pouvoir subvenir seul à ses besoins en se finançant grâce à l’adhésion qu’il suscite chez ceux qu’il aspire à représenter. L’indépendance est aussi à ce prix.

En outre, une réforme syndicale digne de ce nom doit rechercher davantage de pluralisme afin de ne plus laisser la place principale à quelques bastions ultra-politisés, une autre regrettable spécificité française.

Pour cela, il faut revenir sur le monopole dont disposent les syndicats représentatifs au premier tour des élections professionnelles. En l’absence de candidats syndiqués, c’est uniquement au second tour que les salariés retrouvent une véritable liberté de choix, avec la possibilité pour des salariés non syndiqués de se déclarer candidat. Dans nombres d’entreprises, la mise en concurrence avec de nouvelles listes permettra une émulation salutaire, une meilleure prise en compte des besoins du terrain, voire l’apparition de nouveaux syndicats plus représentatifs.

Nous devons également obliger les responsables syndicaux à maintenir une activité de salarié, pour éviter la multiplication des apparatchiks syndicaux et afin qu’ils conservent le contact avec le terrain. Il pourrait être envisagé en ce sens de diminuer les heures de délégations dans certaines situations, d’élargir le non-cumul des mandats et de limiter les mandats successifs à deux pour une même personne.

Enfin, pour compenser la perte de la manne non issue des adhésions, la généralisation du chèque syndical au-delà d’un certain seuil d’effectif pourrait être une piste. Il s‘agit d’une somme qu’une entreprise alloue chaque année à ses salariés pour qu’ils puissent avoir le choix d’adhérer ou pas à un syndicat et qui, si elle n’est pas utilisée, retourne dans les caisses de l’entreprise.

Toujours dans l’esprit d’inciter davantage les salariés à s’impliquer dans le dialogue social, il pourrait être imaginé d’importer un modèle pratiqué dans certains pays étrangers : à savoir, que les décisions obtenues à l’issue des négociations ne s’appliquent qu’aux salariés syndiqués et non à l’ensemble des salariés. De cette façon, les syndicats seront incités à négocier des accords gagnant-gagnant, plutôt que d’adopter des postures idéologiques et de faire le choix du blocage par principe. En outre, les salariés trouveraient un véritable intérêt à adhérer.

Une économie ne peut fonctionner sans un dialogue social constructif. Trop souvent en France, les syndicats contribuent à jouer sur les oppositions : employés contre chefs d’entreprise, ou encore actionnaires contre salariés. Pourtant, ces catégories n’ont pas  vocation à s’opposer mais ont, au contraire, un intérêt commun à ce que l’entreprise réussisse.

Pour briser la culture syndicale contestataire et contre-productive, il est impératif que les travailleurs français réinvestissent le champ syndical dans un système réformé, indépendant et pluraliste.

Non, le nombre d’ordinations n’est pas en chute libre!

De l’essayiste Roland Hureaux:

Il est habituel d’entendre que le nombre de prêtres en France (comme dans le reste de l’Europe) est en chute libre.

Ce constat cache une donnée tout aussi fondamentale : le maintien du nombre de vocations – et donc d’ordinations – depuis 1975, avec des hauts et des bas certes, mais un flux d’entrées dans les ordres qui est de 100 à 150 par an, avec quelques pics récents : 179 en 2014. Abstraction faite des fluctuations annuelles, la pente serait même légèrement ascendante depuis 1980.  Cette année, on en recense 126.

Ce maintien du flux  n’est d’ailleurs pas une nouvelle puisque la situation est la même depuis 45 ans, bien que personne n’en parle : dans et hors de l’Eglise, les lamentations déclinistes ont plus de succès.

Ceux qui ignorent tout des statistiques et de la démographie, et ils sont nombreux, confondent le « flux » d’entrée, constant, avec l’évolution du nombre de prêtres (appelé fâcheusement « stock » par les statisticiens), en baisse continue puisque le nombre d’ordinations annuelle était après la guerre d’environ 500 et que donc pendant presque deux générations, les sortants ont été d’environ  500  et les entrants  100-150 par an.  Ce déficit disparaitra assez vite, d’ici cinq ans, quand les prêtres prenant leur retraite ou décédant viendront des classes moins  nombreuses  des années 1975 et suivantes.

Immédiatement après la deuxième guerre mondiale, on trouve un nombre de nouveaux prêtres important :  1028 en 1951 (qui correspond à la sortie des séminaires de tous ceux qui n’avaient pu y entrer pendant la guerre), 595 en 1960, 285 en 1970, puis la chute se précipite de 1970 à 1975 (161) pour déboucher sur une stabilisation qui perdure encore de nos jours au niveau que nous avons indiqué.

Ces chiffres sont débattus. Il est difficile de dire ce qu’ils incluent. Les prêtres diocésains bien sûr mais aussi toute une série de communautés apparues dans la période récente : l’Emmanuel, la Communauté Saint-Martin, l’Institut du Christ-Roi  et d’autres. Faut-il y inclure aussi les prêtres de la Fraternité saint Pie X (une dizaine  par an sur une trentaine  qui pratiquent « rite extraordinaire ») ?  Il nous semble que oui :  même si certains jugent leur spiritualité dévoyée, leurs séminaristes veulent être des prêtres selon la définition de l’Eglise de toujours et témoignent donc, eux aussi, de la fécondité spirituelle de l’Eglise de France ; la division de l’Eglise est une autre question. Faut-il inclure les religieux (moines en particulier) ordonnés ? Certes le peuple chrétien ne les verra pas beaucoup mais ce sont de vrais prêtres, disponibles en particulier pour l’administration des sacrements.  Même question pour les missionnaires, devenus il est vrai très rares.  Une nouvelle catégorie : de jeunes prêtres étrangers ordonnés en France pour servir à l’étranger, ne doit cependant pas être comptée.

Pour des raisons à déterminer, les prêtres proprement diocésains sont en baisse, spécialement ces deux dernières années mais pas dans tous les diocèses. Cette baisse reflète plutôt un transfert vers d’autres formes de sacerdoce qu’un recul absolu. Pourquoi les séminaires diocésains sont-ils moins attractifs ?  Cela reste à voir.

On dira que 100-150 nouveaux prêtres par an, c’est bien moins que sous la IIIe et même la IVe République. Mais ce chiffre n’est pas négligeable : c’est à peu près celui des énarques recrutés annuellement. Le flux actuel qui sur une carrière de 40 ans en moyenne (sauf les départs devenus moins nombreux) correspond à une population de 5-6000 prêtres français, permet d’encadrer convenablement  l’Eglise.

Savoir si la chute brutale de 1970-75 a quelque chose à voir avec le Concile Vatican II ou Mai 68, – ou tout simplement l’évolution des mœurs – n’est pas dans nos compétences.  La même période a vu un nombre important de défections : 2500 de 1960 à 1980, ce qui montre que beaucoup de vocations à l’ancienne, effet de la pression sociologique, n’étaient pas très solides.

L’évolution des chiffres témoigne aussi d’une mutation sociologique importante. Le recrutement paysan et petit-bourgeois de province s’est entièrement tari.  D’où la pénurie grave de certains diocèses ruraux . Ne reste qu’un recrutement bourgeois ou aristocratique ( petite noblesse généralement), urbain,  qui existait avant 1975 mais qui ne s’est pas, lui, tari et qui est entretenu par l’existence de familles nombreuses dans les milieux concernés.  28  % des nouveaux prêtres viennent de Paris et Versailles.  Le même milieu fournit l’essentiel des promotions de l’Ecole de Saint-Cyr et donc l’ossature, jugée excellente à l’international,  de nos armées. N’oublions pas enfin 20 % environ de séminaristes sans racines sociologiques précises, pouvant venir de   milieux déchristianisés et qui se maintiennent année après année : effet de la grâce  !  Sans doute l’Eglise de France a-t-elle changé de visage. Elle n’a plus les  moyens  d’un encadrement étroit des populations, qu’elle n’assurait d’ailleurs que dans certaines régions, difficile de toutes les façons dans les grandes villes. Mais l’efficacité d’un prêtre variant bien plus que de 1 à 10, si ces prêtres sont saints, la chute de 1975 n’interdit pas que se maintienne une certaine   vitalité spirituelle dans notre pays.

Islamo-gauchisme : le député LFI Carlos Martens Bilongo, un militant islamiste décomplexé

Des images du député LFI Carlos Martens Bilongo le montrent en compagnie de Nabil Koskossy, l’organisateur de la manifestation qui a dégénéré en émeute antisémite à Sarcelles en juillet 2014. Dimanche 20 juillet 2014, la ville dans laquelle vit une importante communauté juive, avait été le théâtre de scènes de pogroms. Des entreprises appartenant à des Juifs avaient été attaquées et pillées par des “jeunes” armés de barres de métal et de gourdins en bois.

En juillet dernier, il participe à l’Aïd, en écharpe tricolore, à la mosquée de Villiers-le-Bel.

Le député Bilongo s’est également affiché avec la Confédération islamique Millî Görüş néo-ottomane et pro-Erdogan, le 23 octobre 2022 à Villiers-le-Bel. :

Un militant islamiste décomplexé :

L’arabe en voie de disparition

Que les extrémistes de LFI et autres désinformateurs médiatiques ne s’arrêtent pas au titre, il s’agit d’une information de The Economist sur le recul de la langue arabe dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient, menacé par l’anglais, plus adapté à la modernité :

Sur le papier, l’arabe est l’un des idiomes les plus parlés au monde. Il compte plus de 400 millions de locuteurs. Mais les Arabes s’expriment dans une pléthore de dialectes. Le faible niveau d’instruction en arabe sape la pureté de la langue, tandis que l’anglais se répand. De nombreux élèves d’école primaire bavardent dans un sabir d’anglais et d’arabe. “D’ici un siècle, ce sera peut-être une langue morte”, déplore un ancien diplomate britannique, spécialiste de l’arabe.

Le recul de cette langue est lié à l’histoire récente. Des millions de gens ont été chassés des établissements d’enseignement à cause de guerres civiles. Bagdad et Damas, qui furent des bastions du nationalisme et de la culture arabes, ont été ravagés par la violence. […] En 2017, l’Enquête sur la jeunesse arabe, réalisée par un institut de sondages de Dubaï, a révélé que les Arabes du Golfe le [l’anglais] parlaient davantage que leur propre langue. L’Arabie saoudite vient de décider à son tour d’enseigner l’anglais aux élèves dès la première classe de primaire. Pour une importante minorité d’enfants qui fréquentent les écoles privées du Golfe, l’anglais est la première langue d’enseignement. La diffusion de l’anglais est irrésistible, si l’on en croit Mme Al-Ketbi. D’après une étude de la Banque mondiale publiée l’année dernière, de nombreux enfants arabes, même en quatrième année d’école primaire, ont du mal à rédiger une phrase cohérente en arabe. […]

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