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La Manif Pour Tous devient Le Syndicat de la famille

A l’occasion des 10 ans de La Manif pour Tous, en ce 24 mars, Ludovine de La Rochère annonce la mutation de La Manif Pour Tous en syndicat pour défendre la famille.

Communiqué :

10 ans jour pour jour après la manifestation historique du 24 mars 2013 où 1,4 million de personnes s’étaient mobilisées à Paris pour défendre le mariage et les droits de l’enfant, La Manif Pour Tous affiche de nouvelles ambitions avec détermination et enthousiasme. Devant un millier de cadres du mouvement réunis sur le roof top du Parc des Expositions de Paris, et en présence de nombreux leaders d’opinion, Ludovine de La Rochère et Albéric Dumont, Présidente et Vice-Président, ont annoncé que La Manif Pour Tous franchit une nouvelle étape en devenant Le Syndicat de la Famille.

On a tous besoin de la famille

La famille est plébiscitée par l’immense majorité des Français et ce, quel que soit leur âge ou leur situation personnelle. Mobilisé par la défense du mariage, de la filiation, des droits de l’enfant et de la famille, le mouvement social s’est construit au fil d’une décennie marquée par des victoires et des défaites, un éveil des consciences et une impatience. Convaincu de la nécessité de s’engager sur le temps long pour voir grand, il trouve aujourd’hui sa pleine légitimité comme Syndicat de la Famille, c’est-à-dire celui du premier corps intermédiaire. Plus qu’un tournant, c’est un tremplin au service de ce qui unit et fonde une société.

Alerter, mobiliser, influencer

La feuille de route du Syndicat de la Famille est aussi claire qu’ambitieuse et entend poursuivre et étendre l’action initiée il y a 10 ans. Législative, réglementaire, scientifique, médiatique : la veille est une clé pour identifier le plus en amont possible toutes les menaces et attaques contre la famille, la filiation et les besoins de l’enfant, et alerter le cas échéant. La mobilisation, sous toutes ses formes, est au cœur de son action. Elle se traduit aussi bien dans la rue que dans la réflexion et la formulation de propositions concrètes. L’objectif est donc d’influencer la prise de décision, notamment politique, en faisant de la famille et des enjeux qui la concernent un pilier du débat public. De la natalité à la santé, de l’éducation à l’emploi, du mariage au logement, de l’attractivité des territoires à la justice, la famille est un maillon essentiel. Et s’il s’est malheureusement défait au fil des années, la situation n’a rien d’inéluctable.

Cap sur l’avenir

Fort de son expérience et du réseau tissé et enrichi depuis dix ans, Le Syndicat de la Famille est d’ores et déjà pleinement opérationnel. Les sections syndicales et les équipes centrales sont mobilisées et animées d’une nouvelle ambition. Parce que la famille est un trésor fragile à protéger, Le Syndicat de la Famille s’appuie sur la force d’un mouvement intergénérationnel et présent partout sur le territoire. En ligne de mire, il y a notamment les prochaines échéances majeures, 2027 et 2032, où le Syndicat entend bien voir ses propositions reprises et mises en œuvre. Le combat continue, plus que jamais !

24 mars 2013 : il y a 10 ans, La Manif Pour Tous mobilisait plus d’un million de personnes pour défendre le mariage

À cette occasion, une annonce d’une importance particulière sera diffusée ce soir.

Juristes pour l’enfance au tribunal pour le retrait de la toile pédo-pornographique « Fuck Abstraction »

L’audience est prévue lundi 27 mars à 14h devant le juge administratif des référés. L’association Juristes pour l’enfance a saisi la justice pour faire retirer le tableau intitulé « Fuck abstraction » de Miriam Cahn de l’exposition en cours au Palais de Tokyo à Paris. Ce tableau représente en effet un homme nu imposant une fellation à un enfant lui aussi nu et ligoté, les mains liées dans le dos.

L’action vise à faire cesser l’atteinte à la liberté fondamentale que constitue l’intérêt supérieur de l’enfant résultant de l’exposition de ce tableau prévue jusqu’au 14 mai. L’exposition en cause accueille tout public, notamment le public scolaire : des mineurs sont confrontés de manière effective à cette représentation (enfants visitant cette salle d’exposition). Un jeu sur place est remis aux enfants, entretenant une grande confusion, ce jeu incitant l’enfant « se construire un corps à soi » en évoquant les sensations, l’amour, à découvrir à travers cette exposition.

Juristes pour l’enfance porte plainte, par ailleurs, en raison des infractions caractérisées ici.

  • L’article 227-23 du code pénal punit de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique (al. 1er).

La représentation du mineur vise les images et films de synthèse ou virtuelles telles que les bandes dessinées, les mangas japonais et autres lorsque ces représentations sont pornographiques. La jurisprudence considère comme tels des dessins ou images d’un mineur imaginaire ayant des relations sexuelles avec des femmes adultes.

L’article 227-23 du code pénal précise en outre que l’infraction est également constituée en cas d’images pornographiques d’une personne dont l’aspect physique est celui d’un mineur, sauf s’il est établi que cette personne était âgée de dix-huit ans au jour de la fixation ou de l’enregistrement de son image. En l’espèce, le tableau représente le dessin d’un homme maintenant la tête d’une silhouette présentant incontestablement les caractéristiques d’un jeune enfant : silhouette frêle, petite taille par rapport à l’adulte qui lui impose la fellation, absence de signes morphologiques laissant supposer qu’il pourrait s’agir d’un adulte. Les allégations ou même les intentions de l’artiste quant au fait que la personne représentée ne serait pas un enfant n’ont pas d’incidence : la loi précise bien qu’il suffit que l’aspect physique soit celui d’un mineur.

Le Palais de Tokyo invoque l’intention de l’artiste de dénoncer les horreurs de la guerre : en vain, car une intention, réelle ou supposée, ne saurait légitimer la diffusion d’une représentation pédo pornographique. En outre, dans le cas présent, il n’y a aucun message sur le tableau en question qui dénonce ce qui y est représenté : le tableau pourrait parfaitement être utilisé pour faire l’apologie et la publicité de la pédo pornographie.

Au contraire, le jeu remis sur place aux enfants pour suivre l’itinéraire de l’exposition conforte et incite l’enfant à découvrir les sensations de son corps, l’amour : « tu vas donc construire une enveloppe corporelle comprenant les couches d’émotions, de ressentis, d’événements marquants, de rencontres, de manques, de désirs qui te constituent. Comme si tu assemblais les différents fragments de toi. Et cette enveloppe tu pourras choisir de l’envoyer, de la partager. Pour confier à quelqu’un un peu de ton intimité, ce qu’on t’a toujours demandé de camoufler et de garder pour toi. » ou « pour te construire un ton corps à toi, commence à te promener dans les expositions » ou encore « essaie de représenter les sensations à l’intérieur de ton corps ».

On est loin de la dénonciation de quoi que ce soit.

  • Atteinte à l’article 227-24 du code pénal

L’article 227-24 du code pénal énonce que : « Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique, y compris des images pornographiques impliquant un ou plusieurs animaux, ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à des jeux les mettant physiquement en danger, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur. »

En l’espèce, LE PALAIS DE TOKYO effectue la diffusion d’une image à caractère pornographique sans en limiter l’accès aux majeurs et soumet ainsi les mineurs à des images pornographiques.

JPE n’entend rien d’autre dans cette affaire que faire respecter la loi qui préserve l’enfance : en urgence devant le juge des référés du tribunal administratif, et au pénal par le dépôt d’une plainte.

« La manière dont il a été traité parfois serait inadmissible dans une entreprise »

Tandis que les loups modernistes s’acharnent sans aucune décence contre le père Gordien, décédé d’un cancer, le père Luc de Bellescize revient sur son testament spirituel :

[…] Cyril était un passionné de Dieu. Un excessif qui ne prenait quasiment jamais de repos, entièrement livré à son ministère. Il s’oubliait. Trop sans doute… Je le considérais comme beaucoup plus saint que moi, même si cela ne veut pas dire grand-chose tant nous ne sommes pas juges de notre propre cœur. S’il avait une limite — la sainteté est le déploiement de la puissance de Dieu dans nos pauvres limites — je dirais qu’il était dépourvu de sens tactique et politique, par une forme d’innocence, presque d’ingénuité. Je l’avertissais souvent qu’avant de passer le pont soutane au vent, il valait mieux regarder où étaient planqués les snipers et où l’ennemi avait placé ses mines. Il était sans doute plus pur que moi, d’un seul bloc. Imprudent parfois… Il ne mesurait pas le danger. Il prenait son risque, pour sauver les âmes, avec ce panache inconscient de monter au front désarmé. Mais l’amour est toujours désarmé. Cela lui a coûté très cher. Il a subi de nombreuses persécutions. Je le voyais à chaque fois plus maigre, plus affaibli. À la dernière attaque d’une petite meute de mécontents, épuisé de fatigue, il avait fini par consulter, mais il était trop tard déjà. Cela faisait des semaines qu’il avait mal au ventre. Son père, lui aussi mort bien jeune, était un chirurgien renommé, fervent défenseur de la vie, qui n’avait pas résisté à une violente cabale menée contre lui. Bis repetita…

« Dans le mystère de sa résurrection, chacun de nous est déjà ressuscité », dit la préface de la liturgie pascale. Cyril était libre de cette liberté profonde que donne l’espérance. Un prêtre est déjà mort et déjà ressuscité. Comme tout chrétien. « Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur » (Rm 14, 8). Son testament, que j’ai reçu comme beaucoup de fidèles, est d’une beauté douloureuse, comme une lumière sanglante. Je voudrais dire un mot sur ses paroles, avec le plus de délicatesse possible, sans édulcorer la blessure de ce qui est vrai. « La lucidité est une blessure, écrit René Char, mais elle est la blessure la plus proche du soleil. » Il l’a rédigé dans les dernières semaines de sa vie, en s’y plongeant souvent, minutieusement. Il évoque en passant, à plusieurs reprises, sa grande peine d’avoir souffert de la part de l’Église. Il aurait pu en dire bien davantage, mais il a su déposer au pied de la Croix la violence des injustices subies. Il serait triste de voir ces propos d’un grand souffrant comme l’expression diffuse d’un règlement de compte. Il savait que Dieu seul est juge. Il s’en remettait à la justice du Ciel et priait pour ceux qui l’avaient persécuté. « Même si c’est difficile », me confiait-t-il. Ses paroles toucheront les cœurs de beaucoup. D’innombrables témoignages sont à recueillir déjà. Elles laisseront à d’autres un goût d’amertume. À ceux qui trouvent, et ils ont bien le droit de le penser, qu’il aurait mieux fait de taire certains points. À ceux qui n’ont pas la conscience tranquille aussi. « Celui qui fait la vérité vient à la lumière… » (Jn 3, 21).

Des mots à prendre au sérieux

Ces mots d’un prêtre « au cœur de la souffrance » doivent en tout cas être pris au sérieux et invitent l’Église à examiner la manière dont elle prend soin des prêtres. Cyril exprime la parole d’un pasteur de la génération Jean Paul II qui a choisi de servir loyalement un diocèse, et non d’entrer dans une communauté qui aurait été plus proche de sa sensibilité. La manière dont il a été traité parfois serait inadmissible dans une entreprise où les salariés bénéficient de la protection du droit. Ce qui serait qualifié de harcèlement semble tout à fait acceptable dès qu’il s’agit d’un prêtre. Alors que l’unité de l’Église se disloque et que des pans entiers de la catholicité s’effondrent en quittant avec arrogance l’obéissance de la foi, l’obsession incantatrice du « cléricalisme » perçu comme la racine de tous les maux, dont on nous sert la rengaine depuis des années comme un plat mal réchauffé, a fini par jeter une ombre systématique sur tout prêtre, particulièrement s’il est attaché à des formes classiques dans son habit ou sa manière de célébrer. Et plus largement sur tout prêtre qui enseigne clairement l’entièreté de la doctrine catholique… Car la puissance des lobbies et des compromissions avec l’esprit du monde fait qu’il devient simplement inaudible aujourd’hui d’évoquer l’enseignement de l’Église concernant de larges domaines de la morale sexuelle, de l’anthropologie chrétienne ou du respect inconditionnel de la vie. Ajoutons à cela le poids des crimes dont seule une petite minorité de clercs s’est rendue coupable et nous aurons une idée de ce qui pèse sur les épaules d’un prêtre aujourd’hui.

Les mots de l’abbé Gordien invitent aussi les fidèles à un examen de conscience. À l’archevêché, où j’ai travaillé trois ans, ce qui m’a donné une connaissance des grâces et des faiblesses de l’Église, nous recevions régulièrement des lettres de dénonciation, anonymes parfois, collectives souvent, contre tel ou tel pasteur. La critique peut être nécessaire et les scandales les plus odieux nous ont rendus sensibles au risque de couvrir d’une chape de silence des problèmes graves. Mais un désaccord liturgique ou doctrinal, un souci de gouvernement ne constituent pas un crime. Combien seraient remplis de confusion s’il leur fallait relire aujourd’hui ce qu’ils avaient écrit autrefois dans le feu de l’indignation, entraînés par la violence mimétique et l’effet du collectif, qui déresponsabilise la personne. Nous recevions trop souvent des lettres dégoulinantes d’affectivité et d’idéologie, quand elles n’étaient pas outrancières ou d’une grossièreté scandaleuse. Notre époque larmoyante façonne, comme l’écrit justement Eugénie Bastié, « toute une génération d’individus perpétuellement offensés, qui voient dans les mots des blessures et dans les idées des outrages. Qui désapprennent la pensée pour la plainte ».

Il faudrait cesser de s’indigner d’un rien et garder en toutes choses la noble horreur de la vulgarité. La courtoisie est l’élégance du cœur. Il faudrait aussi rendre grâce d’avoir encore des prêtres, particulièrement quand l’un d’eux monte l’adoration permanente et ne ménage pas sa peine pour prendre soin des âmes. Savoir se réjouir de ce qui est, plutôt que de revendiquer ce qui n’est pas. Ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à entrer au séminaire ou prier pour la vocation de leur enfant… Un prêtre a remis sa vie à l’Église et a placé ses mains dans les mains de son évêque. Il peut très bien ne pas avoir la même vision que lui, ni partager les mêmes options pastorales, mais il le considérera toujours comme un père. Capable de le corriger, sans doute, mais surtout de le consoler, de l’encourager, de le visiter quand il va mourir et de ne pas prêter une oreille excessive à ceux qui s’emploient à le détruire, fussent-ils affublés fallacieusement de « l’esprit du pape François » ou de la « carte joker » d’une Église plus « synodale ». 

Son dernier sourire

L’Église est toute la vie d’un prêtre. Il n’a pas d’autre rempart. Un homme marié a sa femme et ses enfants. S’il subit des attaques et des brimades dans son travail, son épouse peut le rassurer, ses enfants demeurent le signe d’une fécondité tangible. Mais un prêtre affecté par des violences et des attaques dans l’exercice de son ministère subira un impact direct sur sa vie intérieure, un retentissement intime beaucoup plus important. Le célibat est un trésor de disponibilité et d’offrande radicale de soi. Mais il entraîne aussi une vulnérabilité plus grande. Les évêques doivent avoir un cœur de père. Ce devrait être le premier critère de l’appel à l’ordination épiscopale. Merci à ceux, nombreux, qui le manifestent. Mais les fidèles sont aussi responsables de leurs prêtres. Pourvu qu’ils ne l’oublient jamais. Combien l’ont manifesté lors des obsèques de l’abbé. Là était le saint peuple de Dieu, conscient qu’il élevait vers le Ciel un grain de blé semé en terre, qui portera beaucoup de fruits. […]

Charles III empêché de venir en France par les supporters anglais ?

Moins d’un an après « le fiasco sécuritaire qui a gâché la finale de la Ligue des champions entre le Real Madrid et Liverpool, le 28 mai au Stade de France, à Paris », où Darmanin avait menti en accusant les supporters anglais, alors qu’il savait que les troubles avaient été causés par les racailles du 93, c‘est une nouvelle claque mondiale pour Macron, à un an des JO Paris 2024.

Pourtant, ce matin même, Darmanin assurait le contraire. Mais comme d’habitude, à chaque déclaration gouvernementale, il faut comprendre l’inverse.

S’exprimant ce matin sur Cnews, Gérald Darmanin avait pourtant affirmé que «nous serons prêts à accueillir dans d’excellentes conditions» le souverain britannique.

Le souverain britannique devait se rendre à Paris dimanche pour sa première visite d’État à l’étranger, alors que l’opposition à la réforme des retraites donne lieu à des scènes de violences depuis plusieurs jours dans le pays. L’Élysée a annoncé le report de la visite de Charles III à Paris, en raison des tensions.

“Pendant le Ramadan, la seule vraie charité est l’annonce du Christ. Le reste n’est que gloire personnelle”

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“Pendant le Ramadan, la seule vraie charité est l’annonce du Christ. Le reste n’est que gloire personnelle.” Voici la conclusion d’un échange avec un Chrétien “issu de la diversité”. Un Chrétien qui vient de l’islam, nous l’appellerons Joseph. Nous sommes dans l’est de la banlieue francilienne.

“J’ai fait une petite analyse sur les Chrétiens qui apportent leur aide à des Musulmans, et qui en font la publicité. Un homme très engagé dans la vie paroissiale a pris la parole en public dans un cercle de prière pour nous rappeler que c’était le début du Ramadan. Terriblement choquant pour moi qui me suis échappé de l’islam et de sa férule. J’ai choisi le joug du Christ et des Chrétiens me rappellent le joug de l’islam. Ce style de rappel à l’ordre, et d’assignation à résidence de la part de Chrétiens. Ce sont des Chrétiens qui ne connaissent pas le Carême, qui passent leur temps à tout relativiser, à dire que le plus important ce n’est pas la nourriture ou les interdits. Pourtant ce sont les premiers à faire la promotion du ramadan.”

Joseph ajoute :

“Apporter de l’aide à un Chrétien n’apporte aucune gloire personnelle. Ils ont peur d’être vus comme des fascistes, alors pour s’en défendre, ils trouvent l’occasion d’aider des Musulmans. Ça fait bien, ça fait ouvert. J’ai envie de leur dire qu’ils font le jeu des tortionnaires. Ils crachent à la figure de ceux qui meurent pour leur foi Chrétienne, à cause de laquelle des gens comme moi ont du fuir mon pays et tout laisser derrière moi. Il n’y aura bientôt plus personne pour défendre les Chrétiens, comme au Moyen-Orient. Tout le monde les abandonne. Les Chrétiens mal formés qui font le jeu de l’islam ne comprennent pas qu’ils se tirent une balle dans le pied.”

On descelle ici les derniers feux de la pensée post-soixante-huitarde, ses analyses parcellaires et une interprétation douteuse des textes publiés à la suite de Vatican II, mal compris. On observe une révérence extrême pour Nostra Aetate, mais pas pour d’autres textes comme “Ad Gentes” ou “Lumen Gentium”. Le choix est-il conscient ?

À l’occasion du Ramadan, et du Carême , Comme eux, nous aussi, convertissons nous à Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme !

Le suaire d’Oviedo

Extrait d’un article de Claves :

Les récits de la résurrection mentionnent plusieurs types de linges funéraires demeurés dans le tombeau au matin de Pâques, parmi lesquels le sindon (linceul), mais aussi le sudarium (voile) et l’othonion (toile ou tissu). Saint Jean écrit ainsi : « il entra dans le tombeau; et il voit les linges, gisant à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit » (Jn 20, 6-7). Une paraphrase du cinquième siècle précise que ce suaire était une « ceinture de la tête, » pour presser et serrer les cheveux. Plusieurs œuvres des premiers chrétiens font de saint Pierre le propriétaire de ce sudarium. Les traces historiques de la relique font cependant défaut durant les six premiers siècles de notre ère. Probablement cachée, elle ne refit surface qu’au début du VIIe : on mentionne en effet son transfert à Alexandrie en 614, quand les Perses envahirent Jérusalem. Lorsqu’Alexandrie fut menacée à son tour, le suaire fut emmené par mer jusqu’à Carthage, en Espagne, d’où il prit la route de Tolède. Lors de l’invasion musulmane du début du VIIIe siècle, les chrétiens s’enfuirent vers le nord de la Péninsule Ibérique, emportant avec eux leurs trésors les plus précieux. Un coffre contenant de précieuses reliques fut enterré au pied du pic de Monsacro (le « Mont Sacré ») dans les Asturies. On l’en exhuma en 761 pour le porter dans la cathédrale de la région : Oviedo.

[…]

Nos experts en criminologie se retrouvent donc face à une étoffe de lin froissée et tâchée, mesurant 85 centimètres sur 53. Aucune image n’y est visible à part des tâches de sang symétriques par rapport aux plis du voile. Une première comparaison effectuée dans les années 1960 par un sinologue italien avait permis de conclure à la concordance des tâches de sang du suaire d’Oviedo avec celles du linceul de Turin. La technique de filage du lin (en Z), permet de faire remonter la fabrication du tissu entre le IVe siècle avant et le Ve siècle après J.-C. Les pollens et autres éléments végétaux présents sur le tissu sont endémiques du bassin méditerranéen, correspondant au chemin que la relique aurait dû suivre, de Jérusalem à Oviedo. Trois espèces en particulier dont les traces ont été retrouvées sur le sudarium sont typiques de Palestine : le pistachier térébinthe, une variété de tamaris et un chêne particulier ; trois espèces présentes ensemble dans un rayon de 20 kilomètres autour de Jérusalem, et précisément en fleurs au début du printemps. On trouve encore sur le tissu des traces de myrrhe et d’aloès, substances utilisées dans les rituels d’embaumement, et précisément celles qu’aurait apporté Nicodème au témoignage de saint Jean (Jn 19, 39). La conclusion des analyses criminologiques est que le suaire a bien enveloppé la tête d’un homme adulte, barbu, les cheveux noués par derrière, qui était déjà mort lorsqu’on le lui appliqua. Les tâches de sang qu’on y relève sont symétriques, suggérant que le linge ait été plié en deux avant d’être enroulé autour de la tête, qui était alors encore en position verticale (en croix), inclinée en avant et légèrement vers la droite.

Le sang et les marques corporelles du suaire

Le sang qui a maculé le linge semble provenir de deux sources : un écoulement abondant et subit, post-mortem, conséquence d’un pneumothorax (présence d’air comprimant les poumons) typique de l’asphyxie qui causait la mort des crucifiés ; des marques multiples de sang vivant, semblant provenir de blessures superficielles autour du crâne, suivant le dessein de la couronne d’épines tel qu’on peut le relever grâce au linceul de Turin.

Le déplacement des marques corporelles du suaire permet de suivre la suite des événements de la descente de croix : le défunt aurait d’abord été étendu horizontalement, sur le dos. Le suaire aurait été enlevé une première fois – il avait été déposé hâtivement sur le corps en croix – puis complètement déroulé et appliqué à la manière d’une capuche recouvrant intégralement le visage. L’homme aurait alors été retourné sur la face, le visage étant soutenu par la main gauche d’une personne, durant 5 à 10 minutes, puis mis sur le flanc. Il semble alors qu’on ait enlevé le linge, qui ne couvrait pas la tête lorsque le corps fut mis au tombeau. Une des étapes de l’opération (peut-être le fait de forcer les bras, déjà rigidifiés, à se ramener le long des hanches) a causé l’épanchement massif de fluide par le nez, qui constitue la principale tâche du linge, sur lequel on discerne la trace de doigts qui auraient tenté de juguler l’écoulement du précieux sang. […]

Aux fous

Le Ramadan approchant, on s’attendait bien à une salve de messages bienveillants, inclusifs et surtout islamiquement conformes, publiés par des évêques ou des délégués épiscopaux aux relations avec les musulmans. Comme celui publié ce 23 mars 2023 par le Père Feroldi, ancien responsable du service national de ces mêmes relations :

On est habitué (déjà).

Le tweet ci-après du site officiel de l’Eglise catholique est plus inattendu. Il interpelle, pour ne pas dire qu’il heurte.

Heurtés par l’idée d’une assimilation entre Carême et Ramadan (même si le tweet pointe sur un article « Carême et Ramadan, ou comment revenir à Dieu » qui indique vouloir « revenir à la signification propre de ces deux temps de jeûne pour en saisir toute la différence et se recentrer sur le cœur de ces démarches ») ; par l’affirmation apparemment identiquement partageable que Dieu (le Dieu des catholiques comme le Dieu des musulmans) « veut des croyants » ; par sa conclusion (Carême et Ramadan, qu’est-ce qui nous rassemble ?) qui laisse sans voix.

Parce qu’enfin, sans méconnaître pendant le Ramadan l’expérience spirituelle intérieure de certains, sans méconnaître l’effort difficile, quotidien, renouvelé ; sans méconnaître l’occasion de retrouvailles joyeuses de fin de journée, il nous semble que comparer le Carême et le Ramadan, surtout pour un des organes de communication officielle de l’Eglise catholique, et sur la base d’aspects techniques évidents (la notion de jeûne, une durée qui se compte en semaines et, depuis cette année et pour une poignée d’autres un recouvrement dans l’année), c’est à peu près aussi légitime que de comparer un défilé de majorettes et un défilé des troupes soviétiques dans Budapest en 1956 au prétexte qu’il y a, dans les deux, des personnes bien alignées, habillées avec le même uniforme et peut-être même de la jolie musique.

Autrement dit, il nous paraît insensé de comparer des techniques sans faire référence non pas même à leur mise en forme (comme c’est fait d’ailleurs dans l’article) mais à ce qu’elles sont censées servir.

Or, le Ramadan est une période de particulière soumission, suivie par des musulmans obéissants et exigée par un Dieu qui donne des ordres. Parmi les ordres que donne ce Dieu des musulmans, certains sont sans doute à rappeler :

  • « Tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés ; l’association [NDLR : cela concerne en particulier les chrétiens]… Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association [NDLR : donc plus de chrétiens en particulier] et que la religion soit entièrement à Allah seul » (Sourate 2, versets 191 et 193).
  • « La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre [NDLR : tous ceux qui oeuvrent de telle sorte que le monde qui devrait être entièrement musulman ne l’est pas, donc les chrétiens en particulier], c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas » (Sourate 5, verset 33).
  • « Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs [NDLR : toujours en particulier les chrétiens] où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade» (Sourate 9, verset 5).

Tous ces ordres étant donnés, donc, par celui que le Père Feroldi appelle dans son tweet « le Dieu de Toute Miséricorde » (avec majuscules intégrées).

M. Roux (Jean-Paul Roux Les Ordres d’Allah 2006 p.17) rappelait qu’il y a dans le Coran « quelque deux cent cinquante versets sur la guerre sainte ». Seulement… ! Et pour les musulmans, les versets du Coran sont intemporels. Au demeurant, il suffit de comparer une carte de l’index des persécutions subies par les Chrétiens dans le monde et une autre des pays de l’Organisation de coopération islamique pour s’apercevoir que tout cela n’est pas que lettre morte.

De plus, si le Ramadan est l’occasion d’une sociabilité visible, c’est en même temps un excellent outil de contrôle social. Tellement efficace qu’il commence à peser en France même dans certains établissements scolaires et dans certains quartiers, sur les jeunes en particulier soumis à des pressions diverses pour intégrer la cohorte des obéissants.

Si un tel contrôle social existe en France, imaginez un peu ce qu’il doit être pour les Chrétiens (et les autres non-musulmans) dans ces pays où ils sont déjà persécutés. Alors, imaginez encore ce que ces Chrétiens ressentiraient devant un article produit par une instance officielle de l’Eglise catholique et s’interrogeant gravement sur le fait que « Dieu demande des croyants » par le Ramadan aussi et sur ce qui pourraient les rassembler avec eux ! Ces Chrétiens nous prendraient-ils pour des fous ? Auraient-ils entièrement tort ?

D’autant plus que, si l’on peut apparemment dans l’Eglise catholique vanter les mérites comparés du Carême et du Ramadan et réfléchir à ce qui nous rassemble, il semblerait, aux dernières informations, que pour ce qui est de la célébration de la Messe en rite ordinaire d’une part et en rite extraordinaire d’autre part, ce ne soit plus tout à fait autorisé… Amalgame allez-vous dire ? Peut-être. Mais pas sûr.

Numérique, ChatGPT, Ecole, où va-t-on ?

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Les outils numériques ont tendance à envahir l’école. Les textes officiels de l’Education Nationale insistent désormais sur la nécessité d’enseigner avec le numérique, d’apprendre avec le numérique, d’initier au codage tous les collégiens dès la 5°, etc.

La possibilité d’utilisation à grande échelle du logiciel d’intelligence artificielle ChatGPT sème le trouble. Par exemple, on sait que sur les sujets de société les réponses apportées par ce logiciel sont un chef-d’œuvre de discours idéologiquement biaisé (Voir le dossier établi par l’Hebdomadaire Valeurs Actuelles du 16 mars). Mais faut-il incriminer le logiciel en tant que tel ? En fait, ce n’est pas l’algorithme procédant à la rédaction qui est en cause, mais les paramètres conditionnant l’accès à la gigantesque base de données associée – c’est à dire l’ensemble de tous les textes disponibles sur toutes les pages web accessibles jusqu’à une certaine date –. Or ces paramètres ont été déterminés par un logiciel de notations fonctionnant selon les spécifications faites par son programmeur (en l’occurrence on subodore que dans ces spécifications, il y a la prise en compte des indexations fournies par un outil de fact-checking tel que Decodex). Bref, il convient de se méfier de ChatGPT dès que sont abordés des sujets de société, mais il ne faut pas se tromper d’arguments : ce sont des hommes qui sont derrière le logiciel et ce sont eux qui l’orientent !

De nombreux autres points d’attention concernent l’impact du numérique dans le domaine éducatif. Par exemple, quelles sont les conséquences des sollicitations incessantes dont les outils numériques abreuvent les adolescents ? La transmission des connaissances se fait grâce à un médiateur ; comment l’intermédiation du numérique va-t-elle impacter ce processus de transmission ?

Par ailleurs, l’apprentissage de la véritable informatique va-t-il être favorisé par une utilisation massive de la bureautique ? (car il convient de distinguer ce domaine de l’informatique). On le voit, pour toutes ces questions éducatives, il faut réfléchir à l’impact du numérique.

C’est ce que l’on se propose de faire lors du colloque du samedi 25 mars organisé par l’Association des Scientifiques Chrétiens au Collège des Bernardins sur le thème « L’Ecole et la transmission face au défi du tout numérique ». Pour les possibilités d’inscription, aller le site scientifiques-chretiens.com.

L’informatique française doit être promue et soutenue, il ne faut pas la laisser s’embourber dans une utilisation aveugle des outils numériques.

Rémi Sentis (président de l’Association des Scientifiques Chrétiens)

Le projet de loi sur les Jeux Olympiques permet d’instaurer un système de surveillance similaire à la Chine

L’article 7 du projet de loi sur les Jeux olympiques a été adopté par l’Assemblée, actant l’entrée formelle de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) dans le droit français, jusqu’en décembre 2024. Ceci à titre expérimental à l’occasion des JO… Mais on sait ce que deviennent les lois d’urgence temporaires… A l’occasion du tumulte occasionné par la réforme des retraites, le gouvernement a réussi à faire accepter une des technologies les plus intrusives.

Selon La Quadrature du net, le gouvernement a fait preuve de mensonges :

  • Le mensonge de la biométrie : le gouvernement a répété et inscrit dans la loi que la VSA ne relevait pas de la surveillance biométrique. C’est totalement faux. Cette technologie identifie, analyse, classe en permanence les corps, les attributs physiques, les gestes, les silhouettes, les démarches, qui sont incontestablement des données biométriques. Nous n’avons cessé de l’expliquer (voir notre note et notre video), de le rabâcher aux rapporteurs du Sénat et de l’Assemblée ainsi qu’aux députés, comme l’ont également fait 38 organisations internationales et une quarantaine d’eurodéputés qui ont récemment interpellé le gouvernement. Mais celui-ci a continué de s’enfoncer dans ce mensonge à la fois technique et juridique. Ainsi la France viole à nouveau le droit de l’Union européenne et consacre sa place de championne européenne de la surveillance.
  • Le mensonge de l’utilité : le gouvernement a utilisé les Jeux olympiques comme prétexte pour atteindre plus vite l’objectif, fixé depuis des années, de légaliser ces technologies, s’inscrivant par là dans la « tradition », observée partout ailleurs et consistant à instrumentaliser de façon très opportuniste les méga-évènements internationaux. Le gouvernement a réussi à faire croire à une nécessité, fabriquée de toute pièce, pour « repérer les colis suspects » ou « prévenir les mouvements de foule ». Ces évènements sont soudainement devenus la nouvelle priorité du ministère de l’Intérieur et des députés zélés, qui n’ont cessé de résumer la sécurité des JO à ces situations, rarement identifiées comme prioritaires en temps normal, et dont nous démontrions ici que la résolution dépend davantage de maîtrise humaine que de technologie. Ainsi, la VSA a été acceptée sur le seul fondement d’un mythe bien ancré selon lequel la technologie permettrait d’assurer magiquement la sécurité, sans qu’aucune évaluation ni démonstration de l’utilité ou de la proportionnalité de ces technologies très opaques n’ait jamais été honnêtement réalisée.
  • Le mensonge technique : l’application principale de la VSA consiste à identifier des comportements que la police aura préalablement définis comme « suspects ». Arbitraire et dangereux par essence, le fonctionnement de ces algorithmes n’a jamais été expliqué par le gouvernement : et pour cause, il n’est sans doute pas compris par la majorité des décideurs… Incompétence inexcusable ou volonté assumée de noyer le poisson, dans tous les cas, cela a ramené les débats parlementaires à un niveau extrêmement bas, qui n’est pas à la hauteur des enjeux gravissimes soulevés par ces technologies biométriques. Grâce à l’aide des rapporteurs Renaissance Guillaume Vuilletet et Sacha Houlié (le remplaçant) et de quelques députés, ce sont les rhétoriques de minimisation tirées des arguments de vente des entreprises de la VSA, les mensonges et les inepties techniques qui ont prédominé. Ce qui en ressort, c’est l’incapacité patente du Parlement à discuter de questions techniques, mais surtout la crainte légitime que la société doit avoir pour le futur, au vu de l’incompétence des représentants à appréhender les contours et les dangers des prochaines technologies qui émergeront.

Suite au rapport de l’ECLJ, la CEDH modifie son règlement pour plus de transparence

Le Rapport de l’ECLJ sur les relations entre plusieurs juges de la Cour européenne des droits de l’homme et des ONG continue de porter des fruits :

Ce 20 mars 2023, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a publié une version révisée de son Règlement, auquel elle a annexé une nouvelle «Instruction pratique» sur les tierces interventions. Dans une cinquantaine d’articles, la Cour précise à présent les finalités, modalités et conditions des tierces interventions.

L’ECLJ se félicite que la Cour européenne ait adopté certaines de ses recommandations formulées dans son rapport Les ONG et les Juges de la CEDH. Déjà en 2021, la Cour avait modifié sa résolution sur l’éthique judiciaire suite au rapport de l’ECLJ (voir nos explications ici).

Les tierces interventions sont des observations que la Cour accepte de recevoir « dans l’intérêt de la justice », dans une affaire dont elle est saisie, de la part d’États, d’organisations ou de personnes qui ne sont pas parties à l’affaire. Il s’agit du mode d’action privilégié des ONG auprès de la Cour. Cette procédure est très bénéfique, même si la neutralité et l’extériorité des intervenants ne sont souvent que de façade. En intervenant dans une affaire, l’objectif des ONG est d’éclairer la Cour et, ce faisant, de la convaincre d’adopter sa propre position. Il s’agit ainsi de contribuer à l’élaboration de sa jurisprudence, et à travers elle, à celle du droit européen. L’ECLJ est ainsi intervenu dans plus de soixante affaires depuis 15 ans.

Jusqu’à présent, cette procédure de tierce intervention était faiblement encadrée à la CEDH, ce qui a permis le développement de pratiques abusives de la part de quelques ONG. Dans son rapport sur les ONG et les juges de la CEDH (2020), l’ECLJ a exposé certaines de ces pratiques, en particulier les « fausses tierces interventions ». Celles-ci peuvent prendre plusieurs formes.

Il s’agit le plus souvent de « tierces » interventions soumises à la Cour par des ONG à la demande de l’une des parties principales, et parfois même rédigées par celle-ci.

Une autre pratique abusive consiste pour une ONG à introduire une affaire de façon officieuse, afin de pouvoir demander simultanément à y intervenir comme tierce partie, pour soutenir ainsi sa propre cause d’un point de vue prétendument neutre et extérieur.

Il est même arrivé qu’une ONG agisse simultanément et ouvertement comme représentant du requérant et comme tiers-intervenant dans la même affaire. C’est le cas par exemple du Comité Helsinki de Bulgarie dans l’affaire Neshkov et autres contre Bulgarie[1]. La Cour a accordé des dépens au Comité Bulgare en tant que représentant du requérant, alors même qu’il intervenait aussi comme tierce partie. Ce Comité Helsinki de Bulgarie a été fondé par l’actuel juge bulgare à la CEDH, Yonko Grozev.

Enfin, les ONG agissent souvent en groupe et de façon concertée, multipliant les tierces interventions sous la direction de l’ONG représentant le requérant. Dans ce cas encore, l’extériorité des tierces interventions est purement fictive et place le Gouvernement défendeur en situation de devoir se défendre non pas contre un requérant, mais une coalition, ce qui constitue un détournement de la procédure.

Face à ces pratiques, dans son rapport de 2020, l’ECLJ recommandait à la Cour :

« [d’] établir un formulaire de demande d’intervention dans lequel la personne physique ou morale demandant à intervenir devrait déclarer ses intérêts, l’origine de ses financements ainsi que ses liens éventuels avec les parties, notamment s’ils agissent en concertation. Le but n’est pas d’empêcher toute tierce intervention partisane, mais d’en améliorer la transparence, suivant en cela l’exemple du « registre de transparence » en usage au Parlement européen. »

Dans sa nouvelle «Instruction pratique», la Cour exige à présent, significativement, que toute demande de tierce intervention contienne « suffisamment d’informations sur : a) l’intervenant potentiel ; b) tout lien existant entre cet intervenant potentiel et les parties à la procédure ; c) les raisons pour lesquelles l’intervenant potentiel souhaite intervenir ».

L’ECLJ se réjouit de la publication de cette instruction pratique, mais constate que d’autres problèmes demeurent. Ainsi, il faudrait que la Cour impose l’obligation d’informer les tiers intéressés à une affaire portée devant elle, et leur assure le droit d’y intervenir. Il peut s’agir, par exemple, de « l’adversaire du requérant dans la procédure civile interne à l’origine de la requête individuelle introduite devant la Cour ou [de] l’autre parent dans les affaires de garde d’enfants[2]. » Les droits et intérêts de ces personnes peuvent en effet être directement affectés par le jugement de la Cour ; et il serait juste qu’ils soient associés à la procédure. Dans son Instruction pratique, la Cour reconnaît que, pour ces tiers intéressés, « ‘l’intérêt de la justice’ peut exiger qu’ils soient entendus avant que la Cour ne statue sur une question susceptible d’affecter leurs droits, même indirectement. » Mais encore faudrait-il que ces tiers intéressés soient informés de l’existence du recours. Or, tel n’est pas le cas à ce jour. Dès lors, bien souvent, la Cour statue sans entendre les arguments de ces personnes, sans leur permettre de se défendre. C’est là un défaut structurel de la procédure à la CEDH qui mérite d’être corrigé, même si cela occasionne une petite charge supplémentaire de travail pour la Cour.

Secondairement, la procédure de tierce intervention serait moins arbitraire si la Cour s’était imposé l’obligation de justifier ses décisions de rejet des demandes d’intervention.

L’ECLJ continuera de suivre avec attention le processus de réforme de la Cour afin que son indépendance et impartialité soient les plus exemplaires possibles. Vous pouvez nous y aider en soutenant notre rapport et les procédures institutionnelles qui ont été initiées à sa suite.

____________

[1] CEDH, Neshkov et autres c. Bulgarie, nos 36925/10, 21487/12, 72893/12, 73196/12, 77718/12 et 9717/13, 27 janvier 2015.

[2] La Cour évoque ainsi ces tiers intéressés dans l’Instruction pratique.

«Je ne voulais pas que ma fille soit la seule blanche de sa classe»

Il n’y a pas de grand remplacement, mais les bobos parisiens sont confrontés à un dilemme : choisir entre un ghetto de riches et un ghetto de pauvres. Certains d’entre eux, très attachés à la laïcité, ne peuvent se résoudre à envoyer leurs enfants dans l’enseignement privé catholique.

Néanmoins, certains parents jouent avec les règles de la sectorisation que l’école publique leur impose pour concilier réussite de leurs enfants et convictions politiques. La carte scolaire affecte chaque élève dans une école proche de son domicile, sauf dérogation. Pour Amandine, qui habite la Goutte d’Or, dans le 18e arrondissement, y scolariser sa fille était inenvisageable : «Je n’avais pas envie que ma fille régresse». Elle aurait pu choisir une école privée. Elle a préféré tricher pour que sa fille soit dans un bon public. Elle a demandé à un ami de lui faire une attestation d’hébergement dans un quartier plus huppé.

Julien Grenet, chercheur à l’École d’économie de Paris, souligne :

«Pour certains parents, il y a un véritable déchirement entre convictions politiques et réussite de leurs enfants. Certains d’entre eux, très attachés à la laïcité, ne peuvent se résoudre à envoyer leurs enfants dans l’enseignement privé catholique. L’État leur propose de choisir entre un ghetto de riches et un ghetto de pauvres, alors ils se retrouvent à trouver des moyens de contournement».

La composition ethnique des collèges est aussi un facteur de fuite. Si Amandine a donné une fausse adresse, c’était aussi pour éviter son école de secteur, essentiellement fréquentée par une minorité ethnique. «Je ne voulais pas que ma fille soit la seule blanche de sa classe». Julien Grenet explique :

«La ségrégation ethnique est une réalité, surtout à Paris. Il suffit de se rendre à une sortie de classe dans une école du 18e arrondissement pour s’en rendre compte. À Barbès, on a le collège du coin avec 50% d’élèves défavorisés, tous noirs, et dans le collège plus prisé à 150 mètres, on y voit que des blancs. C’est un apartheid qui est une claque aux valeurs de la République».

Aucun droit à la PMA post-mortem

Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ, analyse sur Gènéthique les dernières décisions de la CEDH en matière de PMA « post-mortem » :

Valérie Dalleau avait déposé en 2018 une requête à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) demandant le droit de faire un enfant avec son compagnon décédé. Une telle procréation médicalement assistée (PMA) est dite « post-mortem », c’est-à-dire après le décès de l’un des deux parents.

Mme Dalleau contestait le refus des autorités françaises de transférer des spermatozoïdes congelés de son compagnon vers une clinique espagnole où elle pourrait procéder à une insémination post mortem. La loi française impose en effet que les deux membres du couple désireux de recourir à une PMA soient « vivants » et qu’il soit mis fin à la conservation des gamètes en cas de décès de la personne.

Mme Dalleau invoquait l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, protégeant le droit au respect de sa vie privée et familiale.

La CEDH valide l’interdiction de la PMA « post-mortem »

Par une décision publiée le 9 février 2023, la CEDH a rayé du rôle l’affaire Valérie Dalleau contre France. Cela signifie que l’affaire est clôturée. Cette radiation du rôle a été sollicitée par Mme Dalleau elle-même, qui a informé la Cour le 2 décembre 2022 de son souhait de ne pas maintenir sa requête. Les raisons de ce choix ne sont pas connues.

Ce qui est certain, à la lumière d’un autre jugement rendu quelques jours plus tard, c’est que si Mme Dalleau avait maintenu sa requête, celle-ci aurait été rejetée par la CEDH. En effet, le 8 décembre 2022, la Cour a validé l’interdiction de la PMA « post-mortem » dans son arrêt Pejřilová contre République Tchèque. Dans cette affaire tchèque, une veuve demandait à être inséminée avec les gamètes de son mari décédé (cf. CEDH : l’accès à la PMA post-mortem relève du droit national). Elle aussi invoquait l’article 8 de la Convention européenne.

Le droit de connaître ses parents et d’être élevés par eux

L’ECLJ a été autorisé par la Cour à intervenir dans ces procédures en tant que tierce-partie. L’issue de ces affaires est une victoire pour l’organisation : le jugement Pejřilová confirme qu’il n’existe aucun droit de faire un enfant avec un mort.

Ce jugement rassure les Etats qui, comme la France et la République tchèque, interdisent la PMA « post-mortem ». C’est le cas de 39 des 46 Etats du Conseil de l’Europe [2]. Le jugement Pejřilová découragera également les nombreuses personnes qui multiplient les requêtes à la CEDH pour revendiquer le droit à des bricolages procréatifs parfois farfelus, sans considération de l’intérêt des enfants.

Cela dit, l’importance donnée par la CEDH à l’absence de « consensus européen » est dangereuse [3]. Même si, un jour, la majorité des Etats venaient à légaliser la PMA « post-mortem », la raison fondamentale de ne pas proclamer un tel droit sera toujours la même. Concevoir ainsi un enfant viole le droit de cet enfant de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Ce droit est reconnu à l’article 7 §1 dans la Convention internationale des droits de l’enfant (1989). Ce droit est fondamental, qu’il y ait ou non un « consensus européen » sur le sujet.

La Cour distingue (maladroitement) entre embryon et gamète 

Dans son jugement Pejřilová, la CEDH précise :

« le problème dénoncé en l’espèce ne concerne pas l’utilisation d’embryons congelés, auxquels la Cour a reconnu un certain “potentiel de vie”, mais la possibilité d’utiliser le sperme cryoconservé d’une personne décédée. Cela soulève plutôt une question éthique qui implique des considérations d’intérêt public pouvant se rattacher, entre autres, à la situation des enfants à naître » [4].

La formulation de la Cour est maladroite, mais reconnaît qu’un embryon a une nature différente de celle d’un gamète. Dans la réflexion sur le devenir d’un embryon, la CEDH indique que son « potentiel de vie » doit être pris en compte. Au contraire, lorsqu’il s’agit de gamètes, l’unique question qui se pose est l’opportunité de les féconder in vitro, c’est-à-dire de concevoir délibérément un embryon par un moyen artificiel.

Il est nécessaire d’expliciter cette distinction de nature, qui fonde – ou devrait fonder – une distinction juridique. En réalité, un embryon est un petit homme. Il n’a pas un simple « potentiel de vie », mais il est pleinement vivant et humain. Un embryon devrait avoir un droit absolu au respect de sa vie. C’est son premier droit. Au contraire, un gamète n’est pas un être humain mais l’une des cellules d’un être humain. Un gamète n’a donc aucun droit et ne doit pas être utilisé pour concevoir délibérément un enfant dans une situation précaire.

Encore une église vandalisée

Mardi 21 mars, des actes de vandalisme ont été commis dans l’église Saint-Pierre située à Charenton-le-Pont (94). Plusieurs statues, dont une de la vierge Marie datant du 19ᵉ siècle, ont été fracassées au sol.

L’auteur serait également derrière les dégradations de plusieurs autres édifices religieux à Paris en début de mois. Il a de nouveau été arrêté. Il s’était échappé d’un hôpital psychiatrique situé à Saint-Maurice.

L’obéissance

Méditation de carême du père Réginald-Marie, de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, dans le cadre de Carême40 :

« L’obéissance a une nourrice qui sans cesse l’alimente, et qui est la vraie humilité. On n’est obéissant qu’autant qu’on est humble, et l’on ne saurait être humble si l’on n’est obéissant. Cette vertu d’humilité n’est-elle pas mère nourricière de la charité ? Comment s’étonner, dès lors, qu’elle nourrisse de son même lait la vertu d’obéissance. Le vêtement dont la couvre cette bonne nourrice, c’est le mépris de soi-même, c’est le désir des opprobres, qui porte l’âme à se contrarier en tout pour me plaire. Où trouver cette vertu ? Dans le doux Christ Jésus, mon Fils unique. Qui donc plus que lui s’est abaissé ! Il s’est abreuvé d’opprobres, de moqueries et d’affronts : il s’est renoncé soi-même en donnant sa vie corporelle pour me plaire. Et patient, qui le fut plus que lui ? Pas une plainte, pas un murmure, mais une patience douce aux injures, qui lui faisait accomplir, avec élan d’amour, l’obéissance que je lui avais imposée, moi, son Père éternel.
C’est donc en lui que vous trouverez l’obéissance parfaite. Il vous en a fourni la règle ; il vous en a laissé la doctrine, en commençant par l’observer lui-même, et cette doctrine vous donne la vie, parce qu’elle est la voie droite. C’est lui-même qui est la voie ; aussi a-t-il dit qu’il était la voie, la vérité et la vie. Qui suit cette voie est dans la lumière, et celui qui marche dans la lumière ne peut heurter, ni être heurté, sans s’en apercevoir ; il s’est sorti des ténèbres de l’amour-propre qui le faisait tomber dans la désobéissance. Je te l’ai dit, en effet, l’obéissance a pour compagne inséparable l’humilité, elle procède de l’humilité. En conséquence, la désobéissance est un fruit de l’orgueil, qui a sa source dans l’amour-propre, destructeur de l’humilité. »

Sainte Catherine de Sienne, Dialogue.

H comme Hollande

Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:

Les terroristes qui ont agi pendant son quinquennat ont au moins un point commun (et c’est peut-être le seul): être musulman. Croire en Allah et en Mahomet son prophète. Être adepte des lectures coraniques et des prières à la mosquée. C’est quand même significatif. Pour F.Hollande, pas tellement. Ces terroristes sont qualifiés d’assassins, de tueurs, de fanatiques, de barbares même. De musulmans? Jamais…

Un bel exemple est cette description de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice: « J’apprends qu’un camion [sic] a écrasé dans une course folle [resic] des dizaines de personnes massées sur la promenade des Anglais à Nice pour regarder le feu d’artifice… Le conducteur du camion a été tué. On ne détecte aucun complice ni aucune autre action en cours. Il s’avérera qu’il a agi seul, sans qu’aucun signe avant-coureur de sa radicalisation ait pu être décelé »…

…  M. Hollande utilise cependant le terme de musulman à l’occasion du récit de l’attentat contre Charlie Hebdo : « J’arrive au milieu d’un attroupement boulevard Richard Lenoir… Les assassins sont partis, ils ont froidement exécuté un policier à terre dans la rue. Ahmed Merabet était de confession musulmane ». On ne saura rien des croyances des journalistes assassinés; on ne saura d’ailleurs jamais rien de la foi des victimes des attentats (sauf bien évidemment celle du Père Hamel et pour cause); mais F.Hollande veut nous dire que le policier était musulman. Pourquoi donc cette précision largement incongrue ?

(Extrait de « Quand Flanby écrivait à propos des attentats terroristes » – Le 25 février 2022)

Islam et islamisation dans une France macronisée

 

Dissolution : à défaut de l’Assemblée, c’est chez LR

Après les jeunes LR du Morbihan, ce sont ceux d’Ille-et-Vilaine qui votent la dissolution :

Obligation d’avorter d’un bébé porteur de la trisomie 21 ?

Lu sur Gènéthique :

Après avoir informé Natalie O’Rourke que son bébé est porteur de trisomie 21, les médecins lui ont programmé un rendez-vous pour un avortement dès le lendemain, et sans son autorisation.

En effectuant un examen de routine pour connaître le stade de sa grossesse « non planifiée », la jeune femme est informée que son bébé « a un problème ». Aussitôt, le médecin lui indique, sans explication, qu’elle doit se rendre à l’hôpital Queen’s Charlotte, dans le centre de Londres.

C’est au téléphone qu’elle apprend que son enfant est porteur de trisomie 21 et que l’hôpital lui a déjà planifié un rendez-vous pour une IVG le lendemain. Chose qu’elle refuse fermement. Pourtant l’hôpital refuse d’annuler le rendez-vous au cas où elle changerait d’avis. Les médecins lui donnant alors l’impression que son fils Woody, âgé aujourd’hui de 10 ans, serait « un fardeau pour la société », témoigne-t-elle.

Nouvelle décision pro-vie de la Cour suprême des Etats-Unis

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

La Cour suprême des Etats-Unis a annulé, par 8 voix contre 1, une décision de la cour d’appel du 8e circuit selon laquelle les mineures pouvaient avorter sans avertir leurs parents.

Une adolescente du Missouri avait saisi un tribunal pour qu’on lui donne le droit d’avorter à l’insu de ses parents. Le tribunal avait refusé. Elle était allée avorter dans l’Illinois et quand elle est revenue elle a intenté un procès pour atteinte à son droit constitutionnel.

Aujourd’hui l’avortement est interdit dans le Missouri.

Athlétisme : Le président de la fédération internationale annonce que les transgenres seront bannis des compétitions féminines

Cela évitera désormais d’avoir de laborieux sportifs se mettre à remporter des titres après avoir changé de sexe, comme “Valentina” Petrillo, qui a remporté la course féminine des plus de 50 ans à Ancône. Quand il s’appelait Fabrizio il était toujours à la traîne, mais depuis qu’il s’appelle Valentina il en est à son huitième titre dans un championnat féminin.

Les étranges virements chinois perçus par la famille Biden

Alors que la presse évoquait la possible inculpation de Donald Trump, les révélations s’enchaînent sur la famille Biden. Les agissements de son fils Hunter avaient été étouffés par les médias soutenant les démocrates, et censuré par les réseaux sociaux. Le FBI avait même soutenu la thèse – réfutée après 2 ans d’enquête – d’une manipulation russe.

La victoire des Républicains à la Chambre des Représentants, lors des élections du « mid-term » en novembre, fait bouger les choses. Une enquête, menée par le « oversight committee » de la Chambre (« comité de surveillance et de responsabilité »), porte ses fruits. Une sommation à la Bank Of America a permis de dévoiler les détails d’un versement de 3 millions de dollars venant d’une entreprise chinoise par l’intermédiaire d’une société (la « Robinson Walker LLC. » du nom de son gérant, collaborateur d’Hunter Biden) – dont un tiers a été partagé entre plusieurs membres de la famille Biden. Hunter Biden et son oncle Jim – frère du Président – ont reçu la part du lion. Mais Hallie Biden, la veuve du fils aîné Beau qui s’est ensuite consolée dans les bras d’Hunter, a reçu 35 000 dollars. Un autre tiers a été versé à James Gilliar, associé d’Hunter et ancien membre des forces spéciales britanniques.

La pression s’accentue sur Joe Biden visé par le comité de surveillance de la Chambre. Les enquêteurs estiment que ces 3 millions de dollars ne sont qu’une partie d’un pot estimé à 11 millions… La Maison Blanche reconnait que ces paiements ont bien eu lieu, en justifiant qu’il s’agissait d’une rémunération d’un travail de conseil (non défini).

L’écologisme, cette religion

L’université d’Helsinki a décerné à Greta Thunberg un doctorat honorifique en théologie, elle qui a abandonné ses études pour devenir une activiste du changement climatique.

L’université d’Helsinki est censée être une institution sérieuse. Elle n’envoie pas de diplômes dans des pochettes surprises, c’est la plus ancienne et la plus grande université de Finlande.

Ceux qui ont obtenu un doctorat de théologie après un travail sérieux doivent comprendre que leur diplôme vient d’être dévalorisé.

I-Média – Macron : ses médias le lâchent ?

Cette semaine dans I-Média, Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin reviennent sur l’entretien d’Emmanuel Macron de mercredi et ses retombées médiatiques dans la presse française et internationale. Une interview avec Marie-Sophie Lacarrau et Julian Bugier à 13h, un créneau “rassurant” pour parler à ses électeurs : les retraités. Un discours et des petites phrases qui ont inspiré les unes des journaux qui passent désormais du léchage au lynchage.

Dans la revue de presse, I-Média revient sur la future visite royale de Charles à Versailles et sur les Champs-Élysées dans un contexte risqué et plus que tendu, avec une rediffusion de « Secrets d’histoire » bien à propos le 15 mars dernier sur la fuite à Varennes, en plein 49.3.

Au programme également, l’événement géopolitique majeur de la semaine : le bouleversement géopolitique russo-chinois. Mais aussi Julien Bellver, le journaliste de Quotidien, militant qui déclare faire “ce qu’il veut”, le « Journal météo climat » ou la piqûre de propagande climatique de France Télévisions, l’association des journalistes antiracistes racisés et les photos de campagne de candidates du parti « Égalité Europe Ecologie », plus que retouchées pour des législatives partielles à venir.

Enfin pour conclure, un coup de chapeau à l’essayiste Christophe Guilluy sur Europe 1 qui parle de la diabolisation pouvant même toucher le Dalaï-lama, c’est dire !

Le soutien des anglo-américains aux Allemands durant l’entre deux guerres

Le Point évoque le livre Nous étions seuls de l’ancien diplomate Gérard Araud sur les conséquences du traité de Versailles, qu’il considère non pas comme un diktat mais comme « le seul texte qu’il est possible d’agréer après le carnage ». Gérard Araud fut ambassadeur en Israël (2003-2006), représentant permanent de la France au Conseil de sécurité et auprès des Nations unies à New York (2009-2014) puis ambassadeur de France aux États-Unis (2014-2019) où il se fit remarquer par son hostilité publique à Donald Trump, comme au Brexit et à Marine Le Pen. Homosexuel revendiqué, il fut conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle de 2017.

Selon lui, l’Allemagne n’a pas été écrasée par ses vainqueurs, au contraire. Dans les vingt ans qui ont suivi, elle est parvenue à imposer son hégémonie sur l’Europe centrale et orientale, « sans tirer un coup de fusil ».

« Si Hitler était mort en 1939, il aurait été exalté – au-delà même de Bismarck – comme le plus grand Allemand de l’histoire récente, son antisémitisme étant probablement signalé en fin de chapitre comme un aspect déplaisant du personnage à une époque où ce préjugé est largement partagé. »

L’auteur souligne qu’en 1919, le pays d’Europe isolé et dénigré est la France.

En cause, la francophobie des dirigeants anglais, influencés par l’un des génies du XXe siècle, John Maynard Keynes. Son essai Les Conséquences économiques de la paix dénonce la prétendue paix carthaginoise imposée par Paris et met en garde contre un effondrement de l’Allemagne. Peu importe que ses prévisions soient fausses : l’oeuvre de l’économiste, à qui Araud prête une relation amoureuse avec un membre de la délégation allemande, est un succès mondial. « La réputation du traité de Versailles ne s’en est jamais relevée », observe l’auteur. La démonstration brillante mais erronée de Keynes éclipse celle d’un autre Britannique malheureusement oublié, le diplomate Robert Gilbert Vansittart, qui dirigea le Foreign Office dans les années 1930. Selon Gérard Araud, on lui doit la vision la plus lucide sur la diplomatie britannique de l’entre-deux-guerres. « Pendant vingt ans, nous avons pris les Français pour des Allemands et les Allemands pour des Français. »

L’Amérique se montre même plus intransigeante sur le règlement des dettes interalliées que sur le paiement des réparations allemandes.

Le diplomate rappelle un axiome des relations internationales : il n’y a pas de politique étrangère sans un horizon de recours à la force. Et il ajoute une mise en garde qu’il tient de Jacques Chirac lors de la reprise des essais nucléaires par la France, en 1995 : lorsque le danger vient, on est souvent seul.

Les accusations contre Jean-Paul II manquent de sérieux

Dans le Visegrad Post, Olivier Bault revient sur les accusations récentes contre Jean-Paul II. Extrait :

[…] Les doutes soulevés par les « preuves » du fait que l’archevêque de Cracovie Karol Wojtyła aurait caché des affaires de pédophilie et protégé des prêtres pédophiles sont nombreux, et on n’en citera ici que quelques-uns parmi les plus importants.

Gutowski expose dans son documentaire l’activité de trois prêtres accusés d’avoir agressé sexuellement des mineurs. La pièce centrale censée prouver, pour la première fois, que Mgr Wojtyła fait partie de ces évêques de l’Église catholique qui ont couvert et protégé des prêtres pédophiles, c’est une lettre qu’il a adressée en 1972 à l’archevêque de Vienne, Mgr König, pour lui recommander l’abbé Bolesław Saduś, un prêtre présenté comme ami de Wojtyła qui s’en serait pris à de jeunes garçons. Mais qu’entend-on ici par « jeunes garçons » ? Même pour la police secrète communiste, la SB (pour Służba Bezpieczeństwa – Service de sécurité) qui surveillait chaque prêtre catholique de près et qui avait fait de Saduś un « collaborateur confidentiel » (tajny współpracownik, TW), c’est-à-dire un informateur, en le faisant chanter sur la base de ses frasques, il n’était question que de relations homosexuelles, pas d’agressions sexuelles sur des mineurs. Et jamais le reporter de TVN et ses interlocuteurs ne précisent l’âge des victimes, ne serait-ce que de manière approximative, y compris quand Gutowski interroge le frère d’une victime présumée qui avait, à l’époque, porté lui-même plainte à la milice contre Saduś.

Après avoir vu l’ensemble du documentaire de Gutowski où il est lui-même interrogé dans certaines séquences, le journaliste du quotidien Rzeczpospolita (que l’on pourrait qualifier en Pologne de journal centriste, ou de journal de l’opposition modérée au PiS) Tomasz Krzyżak, qui, avec son collègue Piotr Litka avait été le premier à enquêter sur l’attitude de Karol Wojtyła face aux prêtres pédophiles quand il était à la tête du diocèse de Cracovie, est allé vérifier le dossier de Bolesław Saduś à l’IPN. Voici ce qu’il en disait il y a quelques jours :

« Nous n’avions pas étudié ces documents auparavant et nous avons décidé de vérifier. La conclusion est sans équivoque : à partir des documents sur lesquels aussi bien Marcin Gutowski qu’Ekke Overbeek ont appuyé leurs conclusions, on ne peut pas avancer la thèse que le cardinal Karol Wojtyła a envoyé l’abbé Saduś en Autriche pour cacher le fait qu’il agressait sexuellement des enfants. (…) Il n’y a même aucune certitude quant au fait que l’abbé Saduś ait commis des actes pédophiles. Les documents disent uniquement qu’il avait des  penchants homosexuels. La police secrète le savait et c’est entre autres ce qui a permis de le lier plus étroitement à la police secrète, même s’il était un informateur, avec une courte pause, depuis 1949 et l’est resté y compris après être parti de Pologne à la fin de l’année 1972 ».

Le journaliste a bien vu la mention d’un mineur dans les documents, mais cette mention figure dans une note dressée au début de l’année 1979 (Jean-Paul II était pape depuis octobre 1978), soit plus de six ans après le départ de Saduś en Autriche, un pays où Gutowski n’a d’ailleurs pas trouvé trace d’un quelconque scandale pédophile ou même sexuel lié à ce Saduś. En outre, la note dressée par un officier de la SB en 1979 l’a été à la demande du colonel Zenon Płatek, chef du département du ministère de l’Intérieur en charge des opérations de désintégration de l’Église catholique. Tomasz Krzyżak :

« C’est sur ordre de Płatek, six ans après le départ de l’abbé Saduś et deux mois et demi après que Karol Wojtyła fut devenu pape qu’a été dressée une note dans laquelle on peut lire que l’abbé Saduś « dépravait des garçons mineurs » et que le cardinal Wojtyła lui aurait permis de prendre rapidement la fuite pour l’étranger. (…) Je ne sais pas pourquoi les auteurs [Gutowski et Overbeek] n’ont pas remarqué le nom de Płatek et n’ont pas fait le lien entre les dates. J’aimerais croire que c’est juste par ignorance de l’histoire. »

Krzyżak a par ailleurs pu établir que la décision relative au départ de Saduś à l’étranger n’avait pas été brutale, contrairement à la thèse avancée par Gutowski et Overbeek, puisqu’il « il avait parlé de son départ à l’étranger à son officier responsable [chargé de recueillir les informations qu’il livrait à la SB] en décembre 1971 ».

Des sanctions trop légères contre les prêtres pédophiles

Or l’accusation des auteurs concernant Saduś est centrale, car pour les deux autres prêtres mentionnés qui, eux, étaient réellement pédophiles, ils n’ont pas trouvé de preuve aussi irréfutable que celle qu’ils prétendent avoir pour Saduś comme quoi le futur Jean-Paul II aurait cherché à couvrir leurs crimes. Tout au plus peut-on lui reprocher de ne pas avoir pris de sanctions suffisamment sévères : l’un des deux autres prêtres, qui avait été détaché par le diocèse de Lubaczów, y a été renvoyé avec une lettre de Wojtyła à l’évêque du lieu pour l’informer des motifs du renvoi du prêtre. Ce dernier a malheureusement été ensuite autorisé à exercer jusqu’à sa mort en 2008 et a fait d’autres victimes, mais la responsabilité personnelle de Karol Wojtyła est ici très discutable. L’autre prêtre pédophile a été condamné par la justice civile et a été envoyé par Wojtyła dans un couvent à sa libération avec interdiction d’avoir des contacts avec des enfants.

Dans son cas on peut reprocher une certaine lenteur de la réaction et une trop grande légèreté des sanctions, le prêtre ayant malgré tout été laissé libre de ses mouvements et ayant été autorisé quelques années plus tard à retourner travailler dans une paroisse avec seulement l’interdiction d’enseigner le catéchisme, mais cela s’inscrit malheureusement dans les standards de l’époque où même les peines infligées par les tribunaux communistes pour ce type d’actes étaient excessivement légères (le prêtre en question a passé à peine plus d’un an en prison). C’était l’époque où en France, par exemple, des journaux de gauche de premier plan comme Le Monde et Libération appelaient ouvertement à la légalisation de la pédophilie et où, en Allemagne, les Verts promouvaient ouvertement la pédophilie – et la pratiquaient sans honte pour certains – tandis que l’ILGA, l’organisation internationale du lobby homosexuel, comptait en son sein des organisations faisant du lobbying pour la légalisation de la pédophilie.

Le contexte de la dictature communiste

Pour comprendre le contexte particulier de la dictature communiste en Pologne, où la police secrète créait parfois des accusations artificielles d’actes pédophiles contre des prêtres dans le cadre de sa lutte contre l’Église, ce qui rendait la tâche des évêques encore plus compliquée face à de telles accusations, on citera ici le témoignage publié le 12 mars dernier par le père Jerzy Smyk, séminariste dans le diocèse de Cracovie à l’époque où le futur Jean-Paul II en était l’archevêque :

« Ils m’ont fiché alors que j’étais adolescent. J’avais 19 ans et je venais d’entrer au séminaire théologique supérieur de Silésie (WŚSD) à Cracovie. Ils ont commencé à me suivre. Il y a deux ans, l’IPN m’a inscrit au « catalogue des personnes ayant été sous surveillance ». Ils avaient recueilli des informations sur moi. La police secrète a rendu des visites au directeur de mon école secondaire qui était aussi mon professeur de polonais. J’étais lauréat d’un concours (concours de polonais, 2e en Silésie, 6e en Pologne), alors ils ont persécuté tous ceux qu’ils soupçonnaient d’avoir aidé à mon tournant religieux. C’était malheureux, j’avais dérapé, ils voulaient me récupérer. Pendant le premier semestre de mes études au WŚSD, le parti et la police secrète ont rétrogradé mon père, qui était le chef du département du travail et de la paye à la mine de charbon Anna. Ils lui ont dit qu’avec sa mauvaise éducation, il avait conduit son fils au séminaire, mais qu’il avait encore une chance, qu’il pouvait me faire sortir de là et qu’ils feraient en sorte que j’étudie à Leningrad ou à Moscou. Mon père a répondu que dans notre famille, après l’âge de 18 ans, chacun choisit sa propre voie. Ils ont brisé sa carrière, ainsi que sa santé, et notre famille a été durement touchée financièrement. Mais j’ai alors compris qui était mon père. Au séminaire de Cracovie, ils essayaient de placer un agent dans chaque année d’étude. Nous savions qu’ils étaient parmi nous, mais nous ne savions pas qui. En fait, ils étaient démasqués par nos supérieurs, mais je ne sais pas si l’un d’entre eux a été ordonné prêtre. J’espère que non. Un agent de ma promotion est resté avec nous pendant cinq semestres, deux ans et demi. Nous l’aidions à préparer ses examens, nous pensions qu’il était simplement plus faible intellectuellement. Ils organisaient des actions avec des vols, de l’alcool, des photos avec des filles, etc. Pendant toute la durée de mes études (1972-1979), Wojtyła était le centre de la résistance à Cracovie contre tous les démons du communisme. Je me souviens de ses sermons incroyablement courageux devant les autels dressés pour la Fête-Dieu à Cracovie, non pas dans l’église mais dans l’espace ouvert de la ville. Il était l’objet d’une haine particulière de leur part, nous avions peur pour lui. Après mon ordination, dans les années 1980, j’ai eu des agents dans les groupes de pastorale des jeunes, des ouvriers et des membres de l’intelligentsia que je dirigeais. C’était à Chorzów-Batory. Ils menaient des actions de sabotage, surveillaient, dénonçaient, desserraient les boulons dans les roues de ma Fiat 126. C’était l’époque des assassinats de prêtres (Popiełuszko et autres). Voilà ce que j’aurais à dire sur les attaques massives actuelles, c’est-à-dire sur les dénonciations des agents de la police secrète communiste contre Wojtyła. »

[…]

Redécouvrir le rapport chrétien au temps

Ambroise Tournyol du Clos a été interrogé dans France catholique, à propos de son ouvrage Rien n’échappe à l’Histoire. Extrait :

D’où vient l’expression « avoir voix au chapitre » ?

Vous connaissez peut-être l’expression « avoir voix au chapitre »… Mais que veut-elle vraiment dire ? Et surtout : d’où vient-elle ? Si la réponse rapide est “l’expression « avoir voix au chapitre » vient de la vie monastique”, Divine Box vous détaille ça ici dans un court article !

Le « chapitre »

Remontons en 529, date à laquelle la « Règle de saint Benoît » a été écrite, pour que la vie monastique en communauté soit organisée avec précision. Au chapitre trois notamment, saint Benoît insiste sur la nécessité pour le père abbé de prendre l’avis des frères de la communauté, et de « convoquer la communauté tout entière pour traiter d’une affaire importante ».

C’est pourquoi le chapitre désigne à la fois l’assemblée des moines, mais aussi la grande salle (appelée salle capitulaire ou salle du chapitre) dans laquelle ils se rassemblent chaque jour, le matin après le premier office généralement.

Quel est le rôle de ce “chapitre” ?

En fonction des besoins et des aléas de la vie quotidienne monastique, le chapitre pouvait se réunir pour différentes raisons. Voici les plus importantes :

  • lectures et commentaires de la règle de saint Benoît, par le père abbé
  • répartition du travail de la journée entre les moines
  • discussions sur l’organisation de la vie quotidienne, les problèmes de discipline ou encore les affaires courantes
  • partages des petites nouvelles des autres abbayes
  • élection des abbés
  • confessions publiques des fautes où il faut « battre sa coulpe » (eh oui, une autre expression monastique, vous la connaissez ?)

La « voix » au chapitre

Au début, tous les moines étaient appelés au chapitre, mais tous n’avaient pas la permission de prendre la parole. En effet, seuls les moines ayant prononcé leurs vœux définitifs avaient une voix au chapitre, comme une sorte de droit de vote. On disait alors qu’ils avaient « voix au chapitre ».

Mais au XVe siècle, les habitudes changent ! L’expression « avoir voix au chapitre » se répand finalement au-delà du cadre monastique. Aujourd’hui, on entend plus fréquemment l’expression « avoir droit au chapitre », mais le sens reste le même : il s’agit d’avoir du poids dans la prise d’une décision et de pouvoir exprimer son opinion.

Finalement…

Ça y est, vous voilà incollables ! Maintenant, vous avez voix au chapitre pour le partager autour de vous. Et pour donner du boulot aux abbayes, pensez à (vous) offrir des produits monastiques !

Périphéries

Du père Danziec dans L’Homme Nouveau :

[…] Abraham marié à Sarah la stérile et finalement appelé à devenir le père d’une multitude, la fronde chétive du petit David atomisant le formidable Goliath, jusqu’à la venue du Messie tant attendu réalisée dans le secret d’une mangeoire et le dénuement d’une crèche ouverte aux quatre vents : toujours, Dieu se plaît à confondre les orgueilleux et les superbes. Jamais il ne se lasse de battre en brèche nos plans et nos logiques terrestres.

Mais cette façon divine de faire n’a pas tant pour objet de nous dérouter et nous troubler que de nous remettre sur la bonne voie et nous apaiser. Elle nous conduit précisément à rentrer dans l’esprit de Dieu, dont la cohérence échappe souvent, au premier abord, à nos intelligences fragiles. « Ne crains pas, petit troupeau » (Lc 12, 32), « j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

Dans l’Histoire de France, deux figures témoignent avec éclat de cette pédagogie si caractéristique du Très-Haut : Jeanne la Lorraine et Bernadette la Lourdaise.

En parcourant les pages du procès de Jeanne d’Arc, comment ne pas s’émerveiller devant la simplicité céleste d’une jeune fille illettrée tenant la dragée haute à l’aréopage de théologiens de la Sorbonne ?

Nous connaissons tous la réponse de la pucelle d’Orléans à ses juges lui demandant si elle se trouve en état de grâce – « Si j’y suis que Dieu m’y garde, si je n’y suis pas que Dieu m’y mette » – mais avons-nous conscience qu’un tel aplomb dans la formulation et une telle précision dans la doctrine tiennent du miracle ?

Avec raison, Robert Brasillach pourra écrire dans sa préface à la réédition du Procès de Jeanne d’Arc : « Le plus émouvant et le plus pur chef-d’œuvre de la langue française n’a pas été écrit par un homme de lettres. Il est né de la collaboration abominable et douloureuse d’une jeune fille de dix-neuf ans, visitée par les anges, et de quelques prêtres mués, pour l’occasion, en tortionnaires. »

Plus proche de nous, lorsque le curé Peyramale mit en doute le message de la petite Soubirous, à savoir de venir à la grotte en procession et d’y bâtir une chapelle, la voyante ne se démonte pas : « Je ne suis pas chargée de vous en convaincre, je suis chargée de vous le dire ». Plus tard, lors de l’enquête canonique sur les apparitions, théologiens et prélats s’étonnèrent auprès d’elle que la Sainte Vierge ait pu lui demander de manger de l’herbe ; Bernadette répondit du tac au tac : « On mange bien de la salade ! » Jeu, set et match.

Oui, la Providence divine se plaît à nous présenter la Vérité, la Voie et la Vie, le bonheur en somme, là où on ne l’attend pas. Une touche de bon sens permet en effet de percevoir de quel côté se trouve l’authenticité des êtres, des événements et des choses. « Que celui qui a des oreilles entende » (Mt 13, 9).

À cet égard, ces derniers mois, les apôtres les plus décomplexés de la grandeur de l’Église (en dépit de ses misères) et de la noblesse de son message (en dépit de ses caricatures) ne se trouvent pas dans les maisons diocésaines ou les presbytères. Une fois encore, une leçon nous est donnée.

Sonia Mabrouk, pourtant de culture musulmane, alerte la conscience occidentale sur la perte du sacré dans la liturgie catholique et n’hésite pas à dire son amour de la messe en latin. Pascal Praud affirme sans fard que « le phénomène le plus considérable depuis 1945, c’est la déchristianisation ».

Michel Onfray, peu suspect de zèle ecclésial, fait l’éloge de la soutane, Jean-Marie Rouart, franc-maçon notoire, regrette le temps des prédications en chaire, Alain Finkielkraut s’interroge quant à lui sur la naïveté pastorale des clercs. Et si les périphéries ne se trouvaient pas, elles non plus, où on les attend ?

Le Carême, période d’ascèse et de recul, nous invite, comme chacun sait, au recueillement. Mais, s’il s’agit de faire silence, l’objectif avoué consiste à mieux professer Dieu après. Autrement dit, nous taire pour mieux l’ouvrir ensuite. Se mettre à l’école d’un Dieu, qui se trouve rarement là où on l’attend, pour occuper la place où, lui, nous attend. Oui, décidément, Dieu est surprenant.

A propos de l’épuration d’oeuvres littéraires

Guillaume Bernard est interrogé dans L’Homme Nouveau à propos de la réécriture d’oeuvres littéraires, afin de les rendre politiquement correctes :

[…] Il s’agit d’une censure qui ne s’assume pas comme telle, en violant tous les principes du droit pénal qui régit les principes de la liberté d’expression. Le droit n’est pas rétroactif. Or, cette censure est rétroactive sur des ouvrages publiés avant que ne se soit imposée l’idéologie indifférentiste. Il s’agit d’une réécriture de l’histoire, d’une négation de ce qu’a été la production intellectuelle et littéraire. C’est un nihilisme complet, extrêmement dangereux.

Quels sont les critères de lectures de ces « lecteurs sensibles » ?

Il faut plutôt parler de mécanismes intellectuels. J’en distinguerai deux. D’abord, le masochisme culturel qui conduit à une forme d’indifférentisme par lequel il se justifie. Il faut niveler, faire disparaître les aspérités et les différences culturelles, surtout dans les sociétés occidentales. Le deuxième mécanisme peut être, en fonction des protagonistes, soit du terrorisme intellectuel assumé, soit de l’indigence intellectuelle qui les emmène vers une forme de nihilisme.

Quelle idéologie se cache derrière ces mécanismes ?

C’est l’idéologie du déracinement.

Fondamentalement, au-delà de la cancel culture ou du wokisme qui n’en sont que les manifestations actuelles, ce phénomène s’inscrit dans la volonté de déraciner les gens, de réduire leur identité à néant, ou à ce qui est commun à l’ensemble de l’humanité.

Nous voyons les manifestations médiatiques d’une idéologie plus profonde : l’artificialisation. C’est une conception purement artificielle de la société (contractualisme social) et de l’être humain (théorie du genre). L’homme se construit lui-même et prétend construire un monde idéal. Ce sont les ressorts du totalitarisme. Cette idéologie ne s’en rend même pas compte (et sauterait au plafond si on l’en accusait), mais ce sont les mêmes ressorts idéologiques : non policiers mais étatiques. C’est un totalitarisme mou, supposé venir de la société elle-même. Ce sont les lobbies qui agissent.

Hannah Arendt avait identifié la désolation comme le moteur du totalitarisme. Le déracinement des individus, de sorte que l’unique lien qui leur reste soit celui qui les lie à la puissance publique. Avant l’idéologie, pour qu’un État puisse contrôler les individus, il faut d’abord les déraciner. Grâce à la puissance publique, les individus ont un sentiment d’appartenance, ensuite, l’idéologie s’impose, comme en Chine.

Si nous revenons au sujet qui nous occupe : l’épuration des livres conduit à un déracinement identitaire. C’est du pain béni pour un régime qui voudrait être totalitaire. Les autochtones ne savent plus que la France est chrétienne, les immigrés n’ont plus aucun idéal : le déracinement est généralisé.

Quel est le danger d’une telle idéologie ? Jusqu’où peut-elle aller ?

Les hommes sont capables de tout, même de s’auto-détruire. Il est clair que cette idéologie fonctionne aujourd’hui car nous sommes dans une société où les populations occidentales ont admis une restriction de leur liberté collective au nom de la sécurité (comme on l’a vu avec la crise du Covid), en échange de plus de libertés individualistes (et non individuelles), autocentrées sur la vision narcissique que chacun a de lui.

Cela se traduit par cette capacité transgressive en matière sexuelle ou culturelle. L’individu pourrait se former et se reformer à condition d’être dans un cadre délimité. C’est ainsi que la censure peut être acceptée par l’opinion publique, malgré l’atteinte à la liberté d’expression sacro-sainte dans notre société.

On nous apporte la sécurité de manière collective, ainsi que des libertés nombrilistes. On revient au totalitarisme mou.

Nous sommes dans la situation ubuesque d’une société fiscalement étatisée mais où le champ du contrat libéral est étendu à des aspects qui normalement échappent au marché, une société de plus en plus individualisée du point de vue des libertés individuelles et de plus en plus collectivisée du point de vue des libertés collectives.

Cette situation n’était pas vraiment envisageable il y a 30 ans, lorsque s’affrontaient le modèle occidental et le modèle soviétique. […]