L’aspect symbolique de la monarchie et la permanence de la nation
Après les extraits de Guillaume Tabard sur le fonds monarchiste enfoui dans le coeur des Français, un lecteur nous signale cet article paru voici plusieurs années sur Herodote.net, où on lit notamment ces quelques lignes sur la monarchie et la permanence de la nation:
En marge de l’aspect politique, ne sous-estimons pas l’aspect symbolique de la monarchie. Le souverain représente l’État, à l’étranger comme dans toutes les manifestations protocolaires. C’est très pratique pour le chef du gouvernement qui est ainsi déchargé de ces corvées… comme doit se le dire avec regret le président des États-Unis, lequel est mobilisé la moitié de son temps par les obligations protocolaires en sa double qualité de chef du gouvernement et chef de l’État !
Plus sérieusement, la personne royale et sa lignée portent témoignage de la continuité de l’État. Elles manifestent l’unité de la Nation et sa survivance à travers les siècles. Elles contribuent aussi à la cohésion nationale, ce qui est d’une grande importance à l’heure du multiculturalisme.
La fidélité à la couronne et à la personne du souverain est plus facile à admettre de la part des citoyens, quelle que soit leur origine ethnique ou religieuse, que la référence à une « identité nationale » et des « valeurs républicaines » dont on est bien en peine de définir l’essence… Il est ainsi plus naturel à un immigrant africain ou asiatique d’exprimer son attachement et son affection à la reine Elizabeth II qu’à la Constitution de la Ve République française !
Accessoirement, le souverain a appris dès son plus jeune âge à se maîtriser et rester poli vis-à-vis de ses sujets. Il est la référence en matière de civilité (même si les écarts ne sont pas rares), ce que ne peuvent être les politiciens professionnels, voués à des combats sans merci et souvent peu soucieux de bonnes manières.
D’autre part, en sacrifiant ses ambitions et ses goûts personnels à l’obligation de conserver et transmettre la couronne, il témoigne de ce que chacun, en tant qu’individu, doit se soumettre à des valeurs supérieures et assumer humblement sa place dans la longue chaîne des générations. C’est un pied-de-nez au sacro-saint individualisme contemporain (« Je veux ça et pas autre chose »). Difficile de faire plus archaïque… et plus humain.
Détail financier : en dépit des apparences, le décorum monarchique et les dotations dont bénéficient les familles royales pèsent relativement peu sur les finances publiques si on les compare au coût des élections présidentielles en France et surtout aux États-Unis ; elles sont par ailleurs source de profits touristiques (c’est particulièrement vrai au Royaume-Uni).
Un seul voyage de la reine fait plus pour l’Angleterre que le travail de nos ambassadeurs pendant toute une année.
Une rentrée pleine d’allant avec saint Matthieu
Le 21 septembre, nous fêtons saint Matthieu, apôtre et évangéliste.
Matthieu, avant de répondre à l’appel de Jésus, est Lévy, collecteur d’impôts pour les romains. Il quitte son confort, sa vie bien organisée pour vivre l’aventure du Christ et annoncer la Bonne Nouvelle.
Matthieu accueille ce qui s’offre à lui et se met en chemin avec audace et confiance.
Alors commencer une nouvelle année, avec ses challenges et ses défis, avec saint Matthieu ne peut être que de bon augure !
Voici 4 beaux passages de l’évangile de Matthieu pour booster notre rentrée, en prenant conscience :
- Que Jésus est venu nous sauver, nous guérir, nous libérer de toutes nos chaînes
“Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.”(Matthieu 8, 2-3) - Que le Père a mis en chacun de nous des talents qu’il nous invite à faire fructifier, à la mesure de ce qui nous a été donné
“ Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” (Matthieu 25, 22-23) - Que le Seigneur a besoin de nous pour son Royaume
“ Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.” (Matthieu 4,19-20) - Qu’en acceptant de suivre Jésus, nous pouvons avancer sans crainte
“ Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine”. (Matthieu 6, 33-34)
Bonne rentrée !
Quinzième dimanche après la Pentecôte
L’Évangile nous relate l’épisode touchant de la résurrection du fils de la veuve de Naïm et donne son nom à ce Quinzième dimanche après la Pentecôte.
L’Introït nous présente la forme des prières que nous devons adresser au Seigneur dans tous nos besoins. L’Homme-Dieu a promis, dimanche dernier, d’y pourvoir toujours, à la condition d’être servi par nous fidèlement dans la recherche de son royaume. En lui adressant nos supplications, montrons-nous confiants dans sa parole, comme il est juste de l’être, et nous serons exaucés.
Introït : Inclina Domine
Comme les dimanches précédents, les chants du propre de la messe du quinzième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes sauf la Communion, et ils expriment les sentiments de supplication, de confiance, de louange et d’action de grâces qui doivent animer les chrétiens durant leur séjour sur la terre. Mais ils présentent aujourd’hui une particularité qui les oppose à ceux des dimanches précédents. Les alléluias des dix derniers dimanches, du cinquième au quatorzième après la Pentecôte, avaient tous pour texte le premier verset d’un psaume. Mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci ; ce seront au contraire les autres pièces, Introït, Graduel et Offertoire, qui auront pour texte le premier verset d’un psaume.
Le texte de l’Introït est le début du psaume 85, un des nombreux psaumes où David, qui se sent humainement perdu devant la puissance de ses ennemis, lance un appel suppliant vers Dieu pour qu’Il le délivre.
Inclina, Domine, aurem tuam ad me, et exaudi me : salvum fac servum tuum, Deus meus, sperantem in te : miserere mihi, Domine, quoniam ad te clamavi tota die.
Seigneur, tendez l’oreille vers moi, écoutez-moi, sauvez votre serviteur qui espère en vous, mon Dieu ; ayez pitié de moi, Seigneur, car je crie vers vous tout le jour.
Chacun de nous peut faire sienne cette prière dans les épreuves et les tentations au milieu desquelles nous nous débattons. La mélodie est une des plus belles et des plus expressives du répertoire. Elle commence par une intonation qui s’élève en un grand élan, franchissant d’un bon toute l’octave pour culminer sur le mot Domine ; puis elle redescend et la phrase s’achève dans le grave sur exaudi me, prière plus humble mais tout aussi suppliante. La deuxième phrase, celle de l’espérance, est plus assurée, les mots Deus meus sont vraiment pleins de confiance. On retrouve dans la troisième phrase une supplication presque angoissée, s’enfonçant dans le grave puis se reprenant pour remonter sur le mot clamavi, qui est vraiment un cri lancé du fond de notre misère. Si les mots de profundis ne sont pas dans le texte, ils sont dans la mélodie. On entendra ensuite comme verset psalmodié la suite du psaume.
Lætifica animam servi tui : quoniam ad te, Domine, animam meam levavi.
Donnez la joie à l’âme de votre serviteur car j’élève vers vous mon âme Seigneur.
Graduel : Bonum est confiteri
Comme celui de l’Introït le texte du Graduel du quinzième dimanche après la Pentecôte est formé du début d’un psaume, cette fois le psaume 91. Après la supplication du fond de notre misère, voici la louange à Dieu pour sa justice et sa bonté infinie, et ces premiers versets chantent le bonheur que nous procure cette louange qui ne doit jamais cesser. On notera le passage de la deuxième à la troisième personne qui est assez fréquent dans les psaumes.
Bonum est confiteri Domino : et psallere nomini tuo, Altissime. Ad annuntiandum mane misericordiam tuam, et veritatem tuam per noctem.
Qu’il est bon de louer le Seigneur et de chanter un psaume à votre nom ô Très-Haut, pour annoncer dès le matin votre miséricorde et votre vérité durant la nuit.
Ce Graduel commence par les mêmes mots que celui de dimanche dernier Bonum est, et avec la même intonation, mais la suite est totalement différente. Après une courte cadence au grave, la mélodie s’élève soudain dans l’aigu avec hardiesse et enthousiasme, et elle s’y tiendra jusqu’à la fin, revenant sans cesse sur la même note avec une insistance que rien ne semble lasser. On retrouvera dans la deuxième partie de grandes vocalises déjà souvent rencontrées, puis la finale reprend exactement la même mélodie que celle de la première partie.
Alléluia : Quoniam Deus
Contrairement aux autres chants de cette messe et contrairement aux Alléluias des dimanches précédents, le texte de l’Alléluia du quinzième dimanche après la Pentecôte n’est pas le premier verset d’un psaume, mais c’est tout simplement la suite de celui de dimanche dernier, au début du psaume 94, qui disait :
Venite exsultemus Domino : jubilemus Deo salutari nostro.
Venez exultons pour le Seigneur, poussons des cris de joie pour Dieu notre Sauveur.
Et nous continuons aujourd’hui :
Quoniam Deus magnus Dominus et rex magnus super omnem terram.
Car le Seigneur est un grand Dieu et un grand roi au-dessus de toute la terre.
Il y a bien un verset entre les deux qui a été sauté, mais il dit la même chose que le précédent. C’est l’acclamation de la majesté divine qui continue, et la mélodie ressemble aussi à celle de dimanche dernier ainsi qu’à celle de tous les Alléluias de louange et d’action de grâces des dimanches précédents. Elle est très développée avec de grandes vocalises éclatantes, surtout dans le verset.
Offertoire : Exspectans exspectavi
Nous retrouvons dans le chant de l’Offertoire du quinzième dimanche après la Pentecôte le début d’un psaume, le psaume 39.
Après la supplication, la louange et l’acclamation, voici l’action de grâces et de reconnaissance pour les bienfaits reçus.
Exspectans exspectavi Dominum, et respexit me : et exaudivit deprecationem meam, et immisit in os meum canticum novum, hymnum Deo nostro.
D’un grand espoir j’ai espéré dans le Seigneur et il a jeté les yeux sur moi et a exaucé ma prière. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une hymne à notre Dieu.
Un verset de psaume a été sauté entre les deux phrases, dans lequel David, auquel le psaume est attribué, précisait : il m’a arraché à la mort. Ce psaume est ainsi considéré comme messianique et David, figure du Christ, y prophétise la résurrection. C’est donc pour le grand bienfait de la Rédemption et toutes les grâces qui en ont découlé pour nous que nous chantons ce cantique nouveau mis en notre bouche par l’Église. Ces paroles s’appliquent, plus qu’à tout autre, au chant grégorien.
La mélodie exprime notre reconnaissance pour ces grâces espérées et reçues, d’une manière calme et douce, peu développée, se tenant toujours sur les mêmes notes dans le climat de vie intérieure et de contemplation qui est habituellement celui des Offertoires. Cependant la cadence finale surprend, venant se poser au grave sur une note qu’on n’avait jamais entendue auparavant, comme s’il ne s’agissait que d’une déposition passagère dont la suite se perd dans le silence.
Communion : Panis quem ego
Comme celle du dimanche précédent, la Communion du quinzième dimanche après la Pentecôte est tirée de l’Évangile, mais il ne s’agit pas cette fois de l’Évangile du jour. C’est un passage du discours sur le pain de vie, au chapitre VI de l’Évangile de saint Jean, dont nous avions entendu un autre extrait à la Communion du neuvième dimanche :
Panis quem ego dedero caro mea est pro sæculi vita.
Le pain que je donnerai c’est ma chair pour la vie du monde.
Ces paroles, qui ont tellement scandalisé les auditeurs de Notre Seigneur, nous sont maintenant familières. Elles conviennent particulièrement bien au moment de la communion, alors que nous recevons ce pain devenu la chair du Christ. C’est Lui qui parle ici d’une voix très douce avec de belles vocalises mélodieuses et expressives.
Une riche actualité judiciaire… qui me remplit d’espoir pour les combats à venir!
Chers amis,
Si j’en crois ma récente actualité judiciaire, nos adversaires sont un tantinet fébriles – ce qui augure bien des batailles pro-vie qui vont nous occuper durant les prochains mois (car, comme disait le peu regretté président Mao, « être attaqué par l’ennemi est une bonne chose et non une mauvaise chose » !).
A la fin de l’été, j’ai appris que le Grand Orient faisait appel de notre victoire dans ce procès absurde qu’ils m’ont intenté. Après l’excellente plaidoirie de l’ami Jérôme Triomphe, le tribunal avait, à juste titre, considéré que s’opposer à l’avortement, même par le détournement potache, relevait du libre débat et avait donc débouté l’Eglise officielle du régime de sa plainte.
Manifestement peu satisfaite par le jugement, ladite Eglise officielle a donc fait appel. Mais, à ma grande surprise, j’ai récemment découvert tout récemment que le Grand Orient s’était finalement désisté (sans considérer comme normal de me prévenir, ni de prévenir mon avocat) – ce qui, si je comprends bien, signifie que j’ai finalement gagné. La chose reste à confirmer. En tout cas, merci de vos prières : je ne doute pas qu’elles soient pour beaucoup dans ma victoire en première instance et dans ce nouveau rebondissement.
En attendant – sans doute pour nous apprendre à nous confier davantage à la Providence ! –, j’ai appris, comme vous le disait Michel Janva, qu’une plainte contre le Salon beige pour « injure et provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre » (ouf !) avait été déposée. D’après ce que me dit la police judiciaire, le plaignant serait l’association LGBTXYZW Mousse qui avait annoncé sa plainte voici près d’un an sans que, pour ma part, j’en entende parler. J’ignore pour le moment si SOS Homophobie, un temps annoncée, en sera également. Je n’ai pas encore eu la plainte entre les mains, donc wait and see… Ce qui est sûr, c’est que l’article incriminé est celui-ci.
Ces braves gens se présentent comme des parangons de « tolérance » mais ils n’admettent pas que l’on pense différemment d’eux. Et ils trouvent odieusement « homophobe » qu’un prêtre invite une personne ayant des tendances homosexuelles à la chasteté. Sans doute doit-on en déduire les fiançailles sont une pratique « hétérophobe » ! Je rappelle tout de même à ces sourcilleux censeurs qui semblent tout ignorer de la foi et de la morale catholiques que l’invitation à la chasteté vaut pour tout le monde, comme l’invitation à la sainteté est pour tous : dans l’anthropologie biblique, dans la loi naturelle, la chasteté est simplement l’ordination de la sexualité à sa fin qui, ultimement, comme pour tous les actes humains, est la gloire de Dieu et la vision béatifique (et, dans cette logique d’ordination, le corps se soumet à l’âme comme l’âme se soumet à Dieu). Que ce soit difficile pour tout le monde, en raison du péché originel, est un fait ; mais ce n’est pas une raison pour ne pas tendre vers le but.
Bref, je continue à considérer – et j’ai bien l’intention de le dire au tribunal car ce n’est pas ma petite personne qui compte dans cette affaire – que les prêtres ont la mission de nous inviter tous à la chasteté (y compris les personnes ayant des penchants homosexuels qui, que je sache, ne cessent pas pour autant d’être des êtres humains appelés à la sainteté). Et je continue à considérer que le courageux apostolat d’associations comme Courage n’est pas, comme les associations LGBT l’en accusent absurdement, un acte de « torture » contre les personnes homosexuelles ! Il me semble fondamental que l’Eglise puisse continuer à parler et à agir librement pour nous inviter tous à la sainteté et nous conduire au Ciel.
Nous verrons ce que donnera ce nouveau procès – et d’abord de quoi je suis accusé et par qui. Mais, là aussi, vos prières seront bienvenues.
En tout cas, si les attaques se multiplient ainsi, c’est que les sectes de la culture de mort se sentent menacées. Comment ne pas s’en réjouir et comment ne pas en espérer le meilleur pour les combats à venir ?
Alors, même si cela les enquiquine (je n’ose pas dire: surtout si ça les enquiquine, mais j’avoue que cela me démange!), Viva Cristo Rey !
Guillaume de Thieulloy
La chasse aux prêtres étrangers est ouverte!
Naguère, l’extrême gauche était prolétarienne. Mais elle n’aimait guère les ouvriers en chair et en os : trop conservateurs ou trop réactionnaires ! Désormais, l’extrême gauche est immigrationniste, mais elle n’a guère changé de tropisme idéologique : elle continue à détester les étrangers réels. C’est ainsi que le journal pseudo-catho « Golias » vient de publier, sous la plume d’un certain Alexandre Ballario (qui semble être l’un des secrétaires de rédaction), un article à charge contre la « communauté intégriste chilienne de Saint Joseph le Gardien » qui dessert les paroisses de La Londe les Maures et Bormes les Mimosas dans le diocèse de Toulon.
Passons sur le fait que ladite communauté s’appelle en réalité « Fraternité saint Joseph Gardien », ce qu’un coup d’œil distrait au site du diocèse aurait permis de constater – et ce qui montre le sérieux de « l’enquête ».
Passons aussi sur le qualificatif d’« intégriste ». Je sais bien qu’on est toujours l’intégriste de quelqu’un – et qu’il n’est pas bien difficile de l’être par rapport aux rédacteurs de « Golias » – mais il est assez curieux de parler d’« intégrisme » pour des prêtres qui célèbrent quotidiennement la messe paroissiale selon le rite de Paul VI et en français. En réalité, et là aussi un coup d’œil rapide à internet aurait évité de dire n’importe quoi, cette communauté est biritualiste. De façon générale, il faut se méfier de ces étiquettes supposées infamantes employées à tort à et à travers. En l’occurrence, cela n’a simplement aucun sens.
Tout le reste de l’article est à l’avenant.
On y apprend que les prêtres parlent de l’enfer et du « pêché » (sic : à force de ne jamais en parler, « Golias » ignore comment ça s’écrit !). La belle affaire ! Les pauvres prêtres chiliens n’ont pas été informés que cela n’existait plus et ils croyaient bêtement que le Christ n’était pas mort pour rien. Mais figurez-vous que cette terrible dérive « intégriste » est assez répandue. Il se trouve même qu’elle est répandue jusque dans le Catéchisme de l’Eglise catholique – bible intégriste bien connue. Plus sérieusement, il suffit d’avoir assisté deux ou trois fois à la messe à La Londe ou à Bormes (ce qui est mon cas, figurez-vous, cher confrère : peut-être devriez-vous ajouter cet élément à charge dans votre réquisitoire !) pour constater à l’évidence que les sermons y parlent de bien des choses – d’enfer et de péché sans doute, mais aussi de bien d’autres sujets, du salut, du ciel, de la vertu et des mille choses qui font la vie chrétienne.
On découvre aussi que les femmes sont invitées à ne pas communier. Alors, celle-ci est assez mignonne ! Je serais fort intéressé de lire la monition paroissiale interdisant la communion aux femmes. Peut-être qu’à « Golias », on croit vraiment au bobard sur le concile de Mâcon qui aurait débattu de l’existence de l’âme chez les femmes (naguère un Premier ministre socialiste avait témoigné de sa remarquable culture religieuse en évoquant ce bobard comme un fait historique!). En tout cas, je n’ai jamais vu ça nulle part et je doute fort qu’il y ait la moindre parcelle de vérité dans cette accusation fantaisiste. On a l’impression que l’auteur de l’article s’est créé un intégriste imaginaire et fait porter à ces prêtres bien réels tous les travers inventés par sa fertile imagination. Je suppose que Saint-Nicolas du Chardonnet correspond davantage que la Fraternité Saint Joseph Gardien aux canons de l’intégrisme fantasmé par M. Ballario ; eh bien, je n’ai pas l’impression que les bancs de communion y soient interdits aux femmes ! Il serait en tout cas amusant d’avoir des détails sur cette invention loufoque… Au demeurant, si nos confrères avaient posé deux ou trois questions de vérification, ils auraient pu constater que, à l’exception d’un prêtre de la paroisse, toutes les personnes qui s’occupent de l’aumônerie de la maison de retraite locale, pour ne citer qu’un exemple, sont des femmes : croit-on vraiment que, si nos pauvres Chiliens demeurés doutaient de l’existence de l’âme chez les femmes, ils laisseraient ces dernières exercer des missions pastorales ?
Tout ça n’a vraiment aucun sens.
En général, je ne vois pas bien l’intérêt de répondre aux articles de « Golias » : la vérité n’est pas leur affaire et le débat ne peut donc servir à rien. Mais, en l’occurrence, je trouve assez scandaleux d’insulter des prêtres que l’immense majorité de leurs paroissiens apprécient (y compris les pratiquants très irréguliers – je peux en témoigner ayant accompagné à l’occasion tel de ces prêtres au bistrot local) et, avec eux, les sœurs qui nous accueillent avec tant de gentillesse au séminaire de la Castille. En réalité, la seule chose que ne digèrent pas nos excellents confrères, c’est qu’il s’agit d’étrangers comme on rêverait d’en accueillir davantage sur le sol de France : pieux, dévoués et attachés autant à leur patrie d’adoption qu’à leur patrie d’origine. Si on ne peut même plus compter sur les immigrés pour détruire la civilisation occidentale, tout est foutu, n’est-ce pas ? Il est vrai que, ces derniers jours, le Chili a apporté de bien mauvaises nouvelles à l’extrême gauche internationale en refusant, à une écrasante majorité, la réforme constitutionnelle de guerre civile que voulait imposer l’actuel gouvernement (et en rejetant, par la même occasion, la réforme qui aurait aggravé la culture de mort en faisant de l’avortement un « droit » constitutionnel). On comprend alors que taper sur des Chiliens puisse « soulager » un idéologue post-marxiste, quitte à taper complètement à côté de la cible.
En attendant, on constatera l’élégance du procédé : le diocèse de Toulon est endeuillé par le moratoire sur les ordinations, son évêque en est légitimement meurtri, de même que les séminaristes et les ordinands et c’est le moment que choisit « Golias » pour glisser cet article venimeux (et à la lisière de la diffamation au plan pénal). C’est vrai que ce diocèse qui avait l’incroyable audace d’avoir l’un des séminaires les plus féconds de France aurait pu faire des émules : c’est ce que les syndics de faillite veulent à tout prix éviter. Mais, dans cette histoire, ils font fausse route : ce qui rend cette communauté chilienne insupportable à leurs yeux est précisément ce qui la rend aimable pour l’immense majorité des catholiques. Des prêtres qui ne se croient pas investis de la mission de détruire la foi catholique, on peut comprendre que cela désespère les fossoyeurs, mais il n’est pas difficile non plus de comprendre pourquoi les églises de La Londe et de Bormes sont pleines !
Guillaume de Thieulloy
Huit tracts apologétiques publiés par les dominicains d’Avrillé
Les dominicains d’Avrillé nous prient d’annoncer la publication de 8 tracts apologétiques (pour discerner la vraie religion) téléchargeables sur le site des dominicains d’Avrillé :
Tract 1 : Dieu ? La raison dit oui !
Tract 2 : Jésus-Christ prophétisé : la clé du mystère des Juifs
Tract 3 : Jésus ressuscité
Tract 4 : La charité : la vraie religion discernée à ses fruits
Tract 5 : Les Témoins de Jéhovah : vrais ou faux témoins ?
Tract 7 : Qui ?
Tract 8 : Laïcité – Islam : complices ?
Tract 9 : Martin Luther : l’anti-saint
Pour y accéder directement :
http://www.dominicainsavrille.
Marches pour la vie à Zürich en Suisse et à Berlin en Allemagne
Suisse
#MPLVSuisse à Zurich . Monika Hoffman nouvelle directrice de la Marche pic.twitter.com/1gWbuBEqUB
— Choisir la Vie Fr (@ChoisirlaVie_Fr) September 17, 2022
En direct #MPLVSuisse pic.twitter.com/kWmDPZiA8s
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Le cortège de la #MPLVSuisse @MarschFuerLeben pic.twitter.com/yD53YprUKc
— Choisir la Vie Fr (@ChoisirlaVie_Fr) September 17, 2022
Allemagne :
Presque personne n’est au courant : En Allemagne, 400 enfants en moyenne sont avortés par jour ouvrable.
Kaum jemandem bewusst:
In Deutschland werden an einem Arbeitstag durchschnittlich 400 Kinder abgetrieben. #MarschfürdasLeben pic.twitter.com/JS2JMXWM2W— Martin C. T. Kohler (@MartinCTKohler) September 17, 2022
#MarschfürDasLeben ist gestartet pic.twitter.com/5niUGToQVZ
— Lukas Steinwandter (@LSteinwandter) September 17, 2022
#marschfürdasleben pic.twitter.com/b1SJRrEfxK
— Lukas Steinwandter (@LSteinwandter) September 17, 2022
Hubert Hüppe et Sylvia Pantel, membres de la CDU, opposants à l’avortement :
Wie erwartet sind CDU-FunktionärInnen heute mit von der Partie beim #MarschfürdasLeben. Hubert Hüppe und Sylvia Pantel gehören mit zu den lautesten AbtreibungsgegnerInnen in der Union. #b1709 pic.twitter.com/KkeR1Dn5YT
— Lina Dahm (@_LinaDahm_) September 17, 2022
In Berlin läuft gerade die wichtigste Zukunftsdemo: Die für das grundlegendste Menschenrecht. #Lebensrecht #Lebensschutz #Abtreibung #MarschfuerdasLeben pic.twitter.com/nfirKoHizz
— Philip Kiril Preußen (@PhilipKiril) September 17, 2022
Auf der Bühne spricht jetzt eine Atheistin aus Kalifornien, die den „Democrats for Live“ vorsitzt. Sie kämpft gegen die Abtreibungsindustrie. #prolife #marschfürdasleben pic.twitter.com/8uwBNahozU
— Lukas Steinwandter (@LSteinwandter) September 17, 2022
Le mépris d’une foi enracinée dans les rites et les sacrements et celui d’une foi enracinée dans une culture nationale vont de pair
Laurent Dandrieu vient de publier Rome ou Babel, pour un christianisme universaliste et enraciné, dans lequel il montre comment l’attachement à nos petites et grandes patries concourt au bien commun et nous détache de nos égoïsmes. L’universalisme chrétien, le catholicisme, n’est pas un mondialisme. L’Eglise catholique, c’est-à-dire universelle, est la religion de l’incarnation. Mais c’est l’écrivain qui parle le mieux de son ouvrage, dans Valeurs Actuelles :
Depuis une soixantaine d’années, il y a dans l’Église une tendance à la désincarnation qui s’est traduite, dans les années 1960, par une traque de tout ce qui avait trait à la piété populaire : processions, ex-voto, culte des reliques, dévotions mariales, etc., censés relever d’une religiosité archaïque et superstitieuse. Dès cette époque, le père Serge Bonnet, sociologue dominicain pas particulièrement conservateur, avertissait que cette destruction du catholicisme populaire aboutirait à un catholicisme apatride. Or, c’est précisément ce que l’on est en train de vivre. Le mépris d’une foi enracinée dans les rites et les sacrements et celui d’une foi enracinée dans une culture nationale vont de pair.
Faire de la foi un phénomène purement spirituel, penser que la relation avec Dieu rend le culte et le rite secondaires, et la culture catholique accessoire, c’est une trahison du catholicisme. Et c’est une erreur fondamentale, à la fois parce que la foi personnelle a besoin d’être étayée par une culture sous peine de risquer l’asphyxie, et parce que cette culture catholique constitue un lien très fort avec ceux qui n’ont pas la foi : c’est un terreau formidable d’évangélisation, en particulier des classes populaires qui, même inconsciemment, restent imprégnées de catholicisme.
En réalité, ce débat qui semble extérieur à mon sujet en est au cœur : c’est l’une des formes d’un affrontement entre une vision enracinée du catholicisme et une vision désincarnée, hors-sol. Cela rejoint le sujet fondamental de mon livre, le duel entre l’universalisme catholique et le mondialisme.
Votre livre place le catholicisme sous le signe d’un choix entre Rome et Babel : pourquoi cela ?
Pour certains, le catholicisme semble être devenu un autre nom du mondialisme. La question est de savoir si l’universalisme chrétien, qui affirme que tous les habitants de la Terre sont membres d’une commune famille humaine par la paternité divine, nous appelle à dépasser les nations, les patries, les communautés naturelles et à abolir les frontières pour parvenir à l’unité politique du genre humain. Ou si, au contraire, on peut être catholique et attaché à son identité, à sa culture, à sa patrie. Je soutiens que non seulement on le peut, mais on le doit.
La tentation mondialiste, qui s’exprime dans le mythe de Babel, c’est l’utopie d’une humanité uniformisée, partageant une même langue, une même culture, un même gouvernement. L’universalisme chrétien en est l’exact contraire. Il connaît sa première manifestation concrète à la Pentecôte : saisis par l’Esprit saint, les apôtres s’adressent aux représentants de peuples divers et chacun les entend dans sa propre langue. C’est le premier acte de cette inculturation que Pie XII va appeler « l’étoile directrice de l’apostolat universel ». Jean-Paul II la définira ainsi : « L’incarnation de l’Évangile dans les cultures autochtones, et en même temps l’introduction de ces cultures dans la vie de l’Église. » Dès l’origine, l’évangélisation s’est faite en s’enracinant dans les cultures des différents peuples. L’inculturation, c’est la traduction dans les faits de la doctrine de saint Thomas d’Aquin selon qui « la grâce ne détruit pas la nature mais la couronne ». Le catholicisme, à la suite d’Aristote perfectionné par saint Thomas, reconnaît que la nature humaine présuppose que l’homme, pour accomplir pleinement son humanité, a besoin d’être enraciné dans une culture, une histoire, une tradition. L’Église va donc s’étendre sur toute la Terre en respectant et en valorisant l’identité des peuples qu’elle va évangéliser.
L’universalisme chrétien, ce n’est pas la dissolution des identités particulières dans une identité commune, c’est la communion de ces identités différentes dans une destinée spirituelle commune, qui respecte leur diversité et leur charisme propres. C’est par la singularité de chaque culture que l’homme atteint l’universalité de la grâce. L’uniformisation que prône le mondialisme, c’est l’exact contraire de cela.
C’est pour cela que l’Église a toujours loué l’amour de la patrie comme un acte de piété filiale, et comme un acte de charité, parce qu’il concourt au bien commun. « Si le catholicisme était ennemi de la patrie, il ne serait plus une religion divine », dit saint Pie X. Cet amour de la patrie n’éloigne pas de l’universel ; au contraire, il y conduit en nous détachant de nos égoïsmes immédiats par la solidarité à une communauté plus large. […]
L’esprit de Babel a gagné une partie des chrétiens et même de la hiérarchie de l’Église, à cause d’un appauvrissement de la pensée théologique, qui notamment n’intègre plus de réflexion sur le bien commun. Il y a aussi, chez certains, un opportunisme, l’idée qu’il ne faudrait pas rater le train de l’histoire, qui irait inéluctablement vers une unité du genre humain. Vers les années 1960, l’unité du genre humain s’est ainsi mise à dériver du plan eschatologique au plan politique, de l’espérance vers la “militance”. Cette contamination de l’esprit de la Pentecôte par l’esprit de Babel a été favorisée par l’espoir qu’en se convertissant à « la religion de l’humanité », comme le dit Pierre Manent, l’Église garderait l’oreille du monde. On voit alors apparaître dans certains textes pontificaux l’appel à une gouvernance mondiale pour résoudre des problèmes devenus planétaires. Cette contamination de l’universalisme chrétien par le mondialisme est la matrice des positions à courte vue de l’Église sur l’immigration. Dans ces positions, il y a d’abord une dissolution de la notion de bien commun dans les droits de l’individu ; mais surtout, il y a une sorte de messianisme humanitaire qui considère que l’immigration de masse est un moyen providentiel pour progresser vers l’unité concrète de la famille humaine. Le migrant devient ainsi, en tant que migrant, une sorte de rédempteur grâce auquel le genre humain va enfin atteindre à l’unité.
Ce qui est à la fois fascinant et inquiétant, c’est qu’en se laissant ainsi contaminer par le mondialisme, l’Église prête la main à une idéologie qui est son pire ennemi, puisqu’elle veut arracher l’homme à tous ses ancrages, naturels, humains, mais aussi religieux. Si elle veut échapper à son déclin, l’Église doit au contraire de toute urgence redécouvrir que la voie du salut universel passe par une civilisation chrétienne enracinée.
Euthanasie, suicide assisté : un droit à la mort ?
L’analyse de Guillaume Bernard à l’occasion du colloque de l’Institut catholique de Toulouse, le 22 avril 2022; sur le thème “Le religion, le droit et la mort” :
Explications sur le nouveau décret hongrois sur l’avortement
Un nouveau décret hongrois oblige les femmes à écouter le cœur de l’enfant qu’elle porte avant de décider si elles souhaitent avorter ou non. Explications :
Le pèlerinage de Chrétienté fête ses 40 ans
Pour l’occasion, une messe sera célébrée à Paris, en l’église Saint-Roch, le samedi 8 octobre à 10h30, par le père abbé du Barroux, Dom Louis-Marie.
La cérémonie sera suivie d’un buffet.

Entrées au séminaire : progression générale et importante dans les communautés traditionalistes
De Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique :
Depuis une année trois documents romains ont mené des attaques, convergentes et complémentaires, contre la liberté de célébration de la messe romaine traditionnelle. Citons, le 16 juillet 2021, le motu proprio du pape François Traditionis custodes. La réponse, le 4 août, de Mgr Roche, Préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, aux questions posées par le cardinal Nichols, archevêque de Westminster. Enfin, le 29 juin 2022, la lettre apostolique Desidero desideravi sur la formation liturgique du peuple de Dieu.
Un monde traditionnel en développement
En France ces documents ont eu un impact médiatique important mais une influence modeste sur le nombre de messes traditionnelles célébrées avec l’accord de l’évêque. Le site Ad majorem dei gloriam note cependant la suppression de 14 lieux de culte sur un total initial de 241, soit une diminution de 6%. Si ce chiffre n’est pas très élevé c’est la première fois que s’observe une diminution du nombre de messes traditionnelles célébrées en application de Summorum Pontificum. Qu’en est-il de l’impact de ces documents sur les entrées dans les séminaires, et donc, à terme sur l’évolution du nombre de prêtres en France et leurs pratiques liturgiques ? Notons d’abord qu’en 2022 il a été ordonné, selon le site de la Conférence des Évêques de France, 77 prêtres séculiers français, c’est-à-dire destinés à être prêtres diocésains, auxquels il faut adjoindre 12 autres Français : 3 pour l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP), 3 pour la Fraternité Saint Pierre (FSSP) et 6 pour la Fraternité Saint Pie X (FSSPX). Ces 12 prêtres français ordonnés pour la messe traditionnelle représentent ainsi 14 % du total des ordinations de prêtres séculiers français. Sans prendre en compte les 4 ordinations prévues au diocèse de Toulon et reportées sine die on notera que ces ordinations se concentrent essentiellement sur quelques diocèses et communautés : communauté Saint Martin : 14, Paris : 10, Vannes : 5, Versailles :3. Ces chiffres sont à rapprocher d’un âge médian des prêtres de 75 ans et d’un nombre de décès annuel compris entre 600 et 800.
La réalité face à l’idéologie
En ce mois de septembre 2022 quel a été l’impact des décisions romaines sur les entrées dans les séminaires ? Les chiffres sont éloquents. Les communautés où se célèbre la messe traditionnelle (ICRSP, FSSP, FSSPX, IBP -Institut du Bon Pasteur- et MMD- Missionnaires de la Miséricorde Divine-ont bénéficié de 95 rentrées au regard de 69 en 2021, dont 38 français alors qu’ils étaient 20 en 2021. Cette progression est générale et importante pour toutes les communautés. Un double mouvement, que l’on pourrait qualifier politiquement de dextrogyre, semble ainsi s’opérer à partir du fait que de nombreux séminaristes, même diocésains, sont, en fait, depuis des années déjà, plus ou moins familiers de la messe traditionnelle dans leurs familles ou lors de leur itinéraire personnel (cf le témoignage de Dom Geoffroy Kemlin, nouvel abbé de Solesmes dans La Nef No 350). Par le motu proprio Traditionis custodes le pape François a rendu quasiment impossible à un nouveau prêtre diocésain la célébration de la liturgie traditionnelle. Il faut en demander l’autorisation à Rome, laquelle est toujours refusée ! Face à cette situation un certain nombre de jeunes aspirants au sacerdoce, et qui espéraient pouvoir vivre dans les diocèses une forme de biritualisme, semblent avoir fait le choix des communautés ex Ecclesia Dei pour se préparer à la prêtrise. Il est d’autre part certain que plane sur les communautés ex Ecclesia Dei la menace de visites canoniques dont l’objet serait de leur imposer les « bienfaits » de la réforme liturgique et de « tout ce qui va avec ». Rejoindre les séminaires de la FSSPX est un moyen, radical, de se mettre à l’abri de telles menaces. Enfin les vocations étant un mystère peut-être est-ce là, tout simplement, la réponse divine à la volonté pontificale de couper l’Église romaine de sa tradition liturgique ?
En regard de cette situation, encourageante, dans les communautés attachées à la messe traditionnelle la situation de l’Église que le cardinal Benelli qualifiait de « conciliaire » apparaît pathétique. En 2019 les séminaires de Bordeaux et de Lille ont fermé par manque d’effectifs. La Conférence des Évêques de France n’a pas encore communiqué officiellement sur les entrées en propédeutique en 2022 mais les chiffres ne seront certainement pas bons, un évêque déclarant pudiquement il y a quelques jours : « Les entrées au séminaire marquent le pas ».
Ne tirent leur épingle du jeu que les communautés les plus traditionnelles même si elles ont adopté les réformes conciliaires. Citons la communauté Saint Martin avec 24 ordinations en 2021 et 14 en 2022, 24 entrées en propédeutique en 2022 et 19 en 2021. Les dominicains de Toulouse thomistes et conservateurs, qui sont des religieux, bénéficient de 11 entrées en 2022 alors qu’il n’y en a qu’une, en propédeutique, au séminaire de la ville rose où Mgr de Kérimel s’est fait remarquer en fustigeant les séminaristes qui portaient la soutane. Quant au diocèse de Toulon, réputé pour le nombre de ses ordinations, l’unique candidat en propédeutique est envoyé à Aix et cette année est fermée au séminaire de La Castille. De plus il ne suffit pas de rentrer, encore faut-il persévérer. Sur les 6 entrées en propédeutique au séminaire de Paris en 2021, uniquement 2 étudiants passent en première année de philosophie, les autres ayant pris une autre voie, lassés de se voir imposer la communion dans la main.
Se poser les bonnes questions
Face à cette situation bien peu d’évêques semblent se poser la question : « Peut-être avons-nous longtemps fait fausse route ? » et son corollaire « Pourquoi n’essayerions-nous pas ces méthodes traditionnelles qui semblent avoir fait leurs preuves et qui s’avèrent toujours efficaces ? » Au contraire la solution, pour beaucoup, serait l’avènement d’une Église sans prêtre, les diacres mariés en faisant plus ou moins office, en attendant l’ordination d’hommes mariés, voire de femmes. Un évêque récemment nommé à la tête d’un diocèse du Sud de la France n’annonçait-il pas à son presbyterium, il y a quelques mois : « Il y a encore 50 % de prêtres en trop dans ce diocèse ». Mais une Église sans prêtres serait-elle encore l’Église catholique ?

Renaissance catholique organise un colloque le samedi 24 septembre de 10 h à 18 h à la Maison de la chimie à Paris :
9h 30 Accueil
10 h La Messe traditionnelle nourriture de nos âmes – Chanoine Alban Denis
10 h 30 Histoire de la messe interdite (1969-2022) Cyril Farret d’Astiés et Victoire De Jaeghere
11 h 30 La situation de la messe dans les diocèses (Grenoble, Le Mans, Tours, Bordeaux, Versailles, Paris etc.) Philippe Darantière (Lex Orandi)
12 h 30 Déjeuner, stands, rencontres
14 h Le traditionalisme : Une fidélité. Une résistance. Des souffrances – Jean-Pierre Maugendre (Renaissance Catholique)
14 h 45 L’obéissance dans l’Église : aveugle ou clairvoyante ? Cyrille Dounot et Jeanne Smits
15 h 30 Visite des stands et de la librairie
16 h15 Table ronde : Un demi siècle de réformes liturgiques.
Bilan et perspectives : Luc Perrin, abbé Grégoire Celier, abbé Barthe. Coordination Laurent Dandrieu
17 h 15 Conclusion Jean de Tauriers (Notre-Dame de chrétienté)
À quoi servent les cardinaux ?
Pourquoi le pape a-t-il créé de nouveaux cardinaux ? Quelles conséquences pour la réforme de la curie ? Pourquoi les cardinaux Kasper et Ouellet s’opposent-ils à cette réforme ? Le Club des Hommes en noir composé des abbés Célier, Barthe et Guelfucci, ainsi que de Guillaume de Thieulloy, sous la direction de Philippe Maxence, s’attelle à nous apporter quelques réponses dans ce premier épisode de la saison 2022-2023.
Mais oui : pourquoi ?
Pourquoi a-t-on le nom de tous les religieux, scientifiques, philosophes, médecins… auditionnés par le CCNE sur l'euthanasie, mais pas ceux des personnalités appartenant aux trois loges maçonniques qui ont également été consultées par le comité ? https://t.co/CZTPYKprNu pic.twitter.com/skBAgU0a5L
— Paul Sugy (@PaulSugy) September 16, 2022
Sables d’Olonne : la Cour administrative d’appel de Nantes confirme le retrait de la statue de Saint-Michel
Installée en octobre 2018 place Saint-Michel aux Sables d’Olonne, devant l’église Saint-Michel. Dans son arrêt la juridiction administrative d’appel de Nantes estime que l’installation d’un emblème religieux
“sur un emplacement public est interdite par l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l’Eglise et de l’Etat”.
Elle confirme le jugement en première instance du tribunal administratif du 16 décembre 2021.
Le maire de la commune Yannick Moreau a réagi vendredi matin dans un communiqué :
“La ville déplore cette décision et regrette que le caractère patrimonial, culturel, artistique et historique de cette œuvre n’ait pas été reconnu par la Cour administrative d’appel”. “C’est pourquoi la collectivité va saisir le Conseil d’État et tout faire pour convaincre la plus haute juridiction administrative que cette statue a toute sa place au cœur du quartier Saint-Michel dont elle est l’emblème”.
En mars dernier, le maire avait organisé une votation pour recueillir l’avis des habitants. Une très grande majorité des votants (94,51%) s’était dite favorable au maintien de la statue.
Ce dimanche 18 septembre, l’association pour la sauvegarde de la statue, Reconquête et Génération Z appellent à une manifestation place Saint-Michel à 14 heures.
Comment le gouvernement justifie devant la CEDH la censure de CNews et de Zemmour
Nicolas Bauer, chercheur associé au European Centre for Law and Justice (ECLJ), dévoile dans Valeurs Actuelles les dessous d’une affaire qui oppose Cnews au gouvernement français, à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). L’ECLJ a pu consulter le dossier de l’affaire, contenant les arguments du Gouvernement contre la chaîne de télévision :
Pendant la campagne présidentielle de 2022, le gouvernement avait dû se justifier devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) d’avoir censuré Éric Zemmour dans l’émission C à vous, sur France 5. L’éditorialiste avait en effet été condamné en 2017 pour certains propos hostiles à l’immigration et à l’islam. C’est l’affaire Zemmour contre la France, qui n’est pas encore jugée par la CEDH. Les juges européens devront trancher entre Éric Zemmour, qui invoque sa liberté d’expression, et le gouvernement français, qui promeut la censure des « discours de haine ».
En parallèle, une autre affaire similaire est devant la CEDH. Cette fois, c’est CNews qui invoque sa liberté d’expression et attaque le gouvernement devant les juges européens. La chaîne de télévision s’estime victime de censure, en raison d’une décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) relative à une émission de Face à l’info, en 2019. Dans cette émission, des propos d’Éric Zemmour, alors journaliste chez CNews, avaient été considérés par le CSA comme incitant à la haine et à la violence à l’encontre des musulmans. […] Un débat s’est tenu sur Cnews en octobre 2019 entre François Pupponi, alors député socialiste, et Éric Zemmour. Ce dernier avait déclaré notamment « l’immigration, l’islam et l’islamisme, tout ça c’est le même sujet », tout en évoquant la nécessité de prendre des « mesures radicales » anti-immigration. Il avait poursuivi ainsi :
« Quand on vient en France et que l’on est Français, on doit changer son point de vue et on doit voir l’Histoire en fonction d’intérêts de la France (…). Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer des musulmans et même certains juifs. Moi, je suis aujourd’hui du côté du général Bugeaud, c’est ça être Français ».
Éric Zemmour expliquait s’être assimilé en s’appropriant l’histoire nationale, y compris les événements qui déshonorent pourtant la France. Il avait choisi un exemple qui le concernait directement, étant issu d’une famille de juifs d’Algérie. Par une décision de novembre 2019, le CSA a toutefois considéré que c’était un discours de haine et incitant à la violence, que Cnews n’aurait pas dû laisser passer. Le CSA a reproché à Christine Kelly, l’animatrice de Face à l’info, « un défaut de maîtrise de l’antenne », et a mis en demeure Cnews de s’assurer qu’il n’y ait plus, à l’avenir, « aucune incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de race, de sexe, de mœurs, de religion ou de nationalité ». C’est cette décision du CSA, validée par le Conseil d’État en juin 2021, qui est attaquée par Cnews devant la CEDH.
C’est en juin 2022 que le Gouvernement intervient dans l’affaire en envoyant ses arguments à la CEDH, pour défendre la décision du CSA. Selon le gouvernement, Cnews « n’est pas fondée à se dédouaner de sa responsabilité », d’autant que « la télévision a un impact particulièrement puissant sur la formation de l’opinion des citoyens ». Christine Kelly aurait dû au moins apporter une « nuance ou contradiction », ou « demand[er] à M. Zemmour de préciser ses propos ». Le Gouvernement invite la CEDH à considérer que les propos tenus ont
« été diffusés à un horaire susceptible d’attirer de larges audiences, par un personnage médiatique dont l’arrivée sur CNEWS a stimulé les audiences de la chaîne sur la tranche horaire de l’émission Face à l’info.»
Sur le fond du sujet, le gouvernement a indiqué à la CEDH que
« la portée de cette séquence doit être appréciée à l’aune de l’ensemble des interventions du chroniqueur [Zemmour] durant cette émission. Il a en effet tenu à plusieurs reprises des propos stigmatisants à l’encontre des musulmans, associant les problèmes engendrés par l’immigration à l’islam, entretenant la confusion entre islam et islamisme ou islam « radical », et présentant ainsi en substance les musulmans comme des personnes dangereuses dans leur ensemble. »
Le gouvernement ajoute par ailleurs que Zemmour
« défend, comme condition de l’intégration à la communauté nationale, le fait d’assumer des massacres commis à l’encontre des personnes de cette confession [musulmane] ».
D’autres arguments du Gouvernement contre CNEWS sont moins substantiels et relèvent d’une logorrhée habituelle, dénonçant par exemple un
« amalgame susceptible de véhiculer des stéréotypes religieux, de nature à stigmatiser ».
Dans une lettre adressée au gouvernement français, la CEDH a prévenu le gouvernement du fait que son litige avec Cnews « pourrait constituer une affaire à impact ». Autrement dit, le futur jugement de la CEDH dans l’affaire Cnews contre la France pourrait donner des orientations d’ordre général, à destination de la France mais aussi des 45 autres États membres du Conseil de l’Europe. La CEDH pourrait ainsi, à l’occasion de ce jugement, approfondir sa jurisprudence sur la liberté d’expression dans les médias. Le Gouvernement prend donc cette affaire au sérieux.
À la CEDH, certaines affaires touchant à la politique se jouent en partie en coulisse. Le journaliste Bastien Lejeune, dans une enquête pour Valeurs actuelles, sous-entendait que c’était le cas de l’affaire Zemmour contre la France. Il évoquait les « accointances entre Emmanuel Macron et les dirigeants de [la CEDH] », en particulier « une affinité personnelle avec l’homme qui compte à la CEDH : l’influent chef de cabinet de son président, Patrick Titiun ». Interrogé à ce sujet par la députée Emmanuelle Ménard, le gouvernement n’a pas nié ce lien particulier. En octobre 2021, Macron a d’ailleurs offert une réception à l’Élysée en l’honneur de Titiun, pour le promouvoir au grade d’officier de la légion d’honneur. Cette cérémonie a eu lieu en présence du Président de la CEDH et du juge français.
[…] Au-delà de cette affaire, que la CEDH devrait juger dans les deux prochaines années, les arguments du Gouvernement témoignent de son inquiétude face au succès de Cnews et de Zemmour dans les débuts de Face à l’info. Il note ainsi que
« le lancement de l’émission (…) s’est traduit par une progression forte de l’audience de la chaîne » et que « cette émission trouve par ailleurs un relais important sur les réseaux sociaux et dans le débat public compte tenu de la notoriété du chroniqueur ».
Et le Gouvernement ajoute :
« Notoriété telle que ce chroniqueur est par la suite devenu candidat à l’élection à la présidence de la République française. »
40e anniversaire de l’assassinat de Bachir Gemayel – hommage de Chrétienté-Solidarité
Communique de Yann Baly, Président de Chretienté-Solidarité :
Le 14 septembre 2022 à Beyrouth-Achrafieh, aux côtés de Solange, Nadim et Youmna Gemayel, pour l’honneur de la France, Yann Baly, président de Chrétienté Solidarité, a déposé une couronne de fleurs sur les lieux du martyr du président Bachir Gemayel et de ses 23 compagnons, assassinés il y a 40 ans. Avec Emmanuel Pezé, président de l’Association des anciens volontaires français au Liban et mebre du comité de rédaction de la revue Reconquête, ils étaient, hélas, les seuls à représenter la France. La république oublie, le pays réel se souvient.
Bachir Hay Fina ! (Bachir continue de vivre en nous).
Lex Orandi et la situation de la messe traditionnelle dans les diocèses français
L’Union Lex Orandi, réunissant un certain nombre de fidèles et de groupes de fidèles attachés à la messe traditionnelle, participera au colloque du 24 septembre sur l’avenir de la messe traditionnelle. Ses porte-parole ont bien voulu répondre au Salon beige:
Le 24 septembre prochain se tient un colloque sur l’avenir de la messe traditionnelle à la Maison de la Chimie à Paris. L’Union Lex Orandi doit y présenter la situation de la messe dans les diocèses de France. Quelle sont les sources de votre intervention ?
Lex Orandi : Il s’agit, pour nous, de donner la parole à des représentants d’associations regroupant les fidèles attachés à la messe traditionnelle dans différents diocèses. Nous aurons autour de la table des représentants d’associations des diocèses de Nantes, Grenoble, Bordeaux, Paris, Versailles ou encore du Mans. Le tour d’horizon de la situation en France que nous proposerons ce jour-là sera avant tout un témoignage d’acteurs de terrain, dans des diocèses qui connaissent des situations très contrastées.
Le choix des intervenants à votre table ronde veut donc être représentatif de la situation en France : comment la voyez-vous évoluer ?
Lex Orandi : Nous souhaitons évoquer, de manière équilibrée, aussi bien la situation des diocèses où une forme de répression de la Tradition a été engagée, que la situation des diocèses où l’Evêque a choisi de ne rien changer aux relations existantes. Nous percevons quatre types d’évolutions : quelques cas rares où l’Evêque a pris des mesures ouvertement restrictives en voulant priver les fidèles de la liturgie traditionnelle ; des cas, encore peu fréquents, où l’application de Traditionis Custodes se traduit par des suppressions de messe, une mise à l’écart de certains prêtres, souvent diocésains, qui célèbrent la messe traditionnelle, etc. ; quelques cas, rares mais à souligner, où la situation s’améliore; et enfin le cas le plus fréquent où rien n’a changé depuis Traditionis Custodes. Le panorama de la situation en France est donc nécessairement nuancé. Toutefois, la vigilance reste de mise car de nombreuses nominations d’Evêques sont en cours et tout peut évoluer, dans un sens ou un autre.
L’Union Lex Orandi est un nouveau venu dans le paysage des associations engagées dans la défense de la tradition liturgique. Comment se développe-t-elle ?
Lex Orandi : L’Union Lex Orandi s’est constituée au lendemain du Motu Proprio Traditionis Custodes de manière informelle, puis s’est établie de manière officielle après les Responsa de décembre 2021. Très rapidement, des associations de fidèles implantées dans des territoires variés se sont affiliées, mais aussi d’importantes associations nationales. Il est à noter que nous avons aussi reçu beaucoup de demandes d’affiliations individuelles, ce qui n’est malheureusement pas possible puisque nous sommes une union d’associations. Des prêtres nous ont également contactés. La préparation de ce colloque a été l’occasion de nouer des contacts dans des diocèses où il n’existe aucune structure regroupant les fidèles. Or il nous semble essentiel que les laïcs s’engagent directement dans la défense des biens spirituels aujourd’hui menacés. L’action des instituts pour préserver leurs droits propres est indispensable, mais elle ne dispense pas les fidèles de s’organiser eux-mêmes, pour faire prévaloir leurs intérêts spirituels à bénéficier de la messe, de la confession, du catéchisme, des baptêmes, confirmations, mariages et sépultures selon le rite tridentin.
Quelle mobilisation espérez-vous pour ce colloque ?
Lex Orandi : Nous espérons la plus grande mobilisation des fidèles possible. Il est essentiel que ceux de la région parisienne viennent en grand nombre, mais il est aussi primordial que les fidèles des provinces soient présents. Ce colloque, et le taux de présence des fidèles qui y viendront, sera un indicateur de notre détermination à défendre la tradition liturgique. Cet indicateur sera très observé, n’en doutons pas. Une forte mobilisation signifiera la volonté des fidèles de faire respecter l’expression de leur foi, et elle fera réfléchir ceux qui voudraient nous en faire changer.
Pour participer au colloque, renseignements et inscriptions : www.renaissancecatholique.fr
“L’IVG médicamenteuse”…
L’ANSM rappelle l’importance de la consultation de contrôle, concernant “l’IVG médicamenteuse”, notamment pour “vérifier l’absence de complications pour la femme“. Tiens ? C’est étonnant… On n’en parle jamais…
Par ailleurs, lorsque le bébé survit à la tentative d’IVG médicamenteuse, des femmes souhaitent finalement garder leur enfant. Or, après avoir été exposé à l’IVG médicamenteuse, il y a des risques pour l’enfant, selon l’ANSM :
L’exposition prénatale au misoprostol ou à la mifépristone a été associée à une augmentation du risque malformatif multipliée par trois par rapport aux enfants dont les mères n’ont pas été exposées à l’une de ces molécules pendant la grossesse.
La consultation médicale de contrôle est indispensable et obligatoire après une interruption volontaire de grossesse (IVG), rappelle l’Agence du médicament (ANSM) dans un communiqué. Si cette consultation est prévue par la procédure, elle n’est pas toujours réalisée. Or, elle est essentielle « pour confirmer l’efficacité de l’IVG et vérifier l’absence de complications pour la femme ».
« Les saignements qui apparaissent après la prise des comprimés ne témoignent pas systématiquement de l’expulsion totale de l’embryon ; ils ne doivent donc pas être perçus comme une preuve absolue de réussite de la procédure d’interruption de grossesse ».
La guerre en Ukraine sera-t-elle le seuil d’un grand basculement géopolitique ?
D’Antoine de Lacoste sur Politique Magazine :
Il y a des guerres qui confirment des tendances, d’autres qui clôturent des cycles, certaines enfin qui en ouvrent. La guerre en Ukraine pourrait bien être tout cela à la fois.
Assurément elle confirme une tendance, celle du refus par la Russie de continuer à subir l’encerclement de son territoire par les Américains via l’OTAN.
Les Russes, Poutine en tête, se souviennent avec amertume des années Eltsine (1991-2000) qui ont vu les Américains organiser l’affaiblissement de leur ennemi vaincu, les futurs oligarques achevant le travail par un pillage éhonté des richesses naturelles du pays. Entouré de conseillers ultra-libéraux, souvent formés par les Anglo-saxons, Eltsine laissa l’économie russe péricliter tandis qu’une petite caste s’enrichissait dans des proportions indécentes.
Ce n’était guère mieux sur le plan politique. Une fois le calme revenu après les différentes tentatives de coups de force fomentées par les communistes tant à la Douma que dans l’armée, la popularité d’Eltsine s’effondra rapidement. Le Président distribuait les cadeaux et naviguait à vue. Son alcoolisme était bien connu. Une image fit le tour du monde : Eltsine prenant la parole en état d’ébriété et à côté de lui, Bill Clinton, le président américain, pris d’un fou rire inarrêtable.
Toute la Russie fut consternée par ce spectacle lamentable et n’aspira plus qu’à une chose : l’arrivée au pouvoir d’un homme qui lui rendra sa fierté. Cet orgueil national, que l’on peut aussi qualifier d’amour de la patrie, est une donnée intrinsèque à ce pays si différent au fond de l’occident. Le Russe peut souffrir, supporter bien des choses, sauf une : que sa patrie soit envahie ou même humiliée. C’est un état d’esprit bien éloigné des préoccupations occidentales actuelles, françaises en particulier, et qui explique bien des choses.
La popularité d’Eltsine était si basse que le communiste Ziouganov est donné gagnant à l’élection présidentielle de 1996. L’occident s’affole : Kohl, Juppé se rendent à Moscou pour aider le sortant. Clinton manifeste un bruyant soutien et le FMI consent un prêt à sa demande (sur son ordre en réalité). Eltsine réussit à inverser la tendance et est réélu mais de lourds soupçons planent encore sur l’honnêteté du résultat.
L’occident est soulagé mais le défaut de paiement de la dette russe en 1998 fait comprendre à tous que la situation n’est plus tenable. Les premiers ministres se succèdent en vain et le dernier d’entre eux, Vladimir Poutine, nommé en 1999 à l’instigation des oligarques, va tout changer au grand dam de ceux-ci. La stratégie du Guépard « il faut que tout change pour que rien ne change » n’a pas fonctionné : tout a changé.
L’OTAN n’est pas restée inactive pendant tout ce temps. Elle aurait pu s’autodissoudre comme le Pacte de Varsovie mais que nenni, l’occasion était trop belle d’étendre l’hégémonie de l’Empire américain.
C’est ainsi que l’OTAN accueille de nouveaux membres pour la première fois depuis 1982 (Espagne) : la Hongrie, la Pologne et la République tchèque y font leur entrée en 1999, année de la nomination de Poutine au poste de premier ministre. Comme un symbole.
D’autres vagues suivront, inexorables : 2004 avec la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ; puis 2009 avec l’Albanie et la Croatie, 2017 pour le Monténégro et 2020 pour la Macédoine. La Suède et la Finlande, rompant avec une longue tradition de neutralité finalisent leur adhésion. A quand le Kosovo ?
Les promesses de non-extension à l’est sont balayées et la Russie ne réagit pourtant oralement qu’en 2007, Poutine ayant longtemps espéré une bonne entente avec l’Europe. Mais cette dernière a préféré la tutelle américaine. Dans son célèbre discours de Munich il a fustigé cet encerclement et prévenu : « L’OTAN rapproche ses forces avancées de nos frontières tandis que nous ne réagissons pas ».
Il n’a fallu attendre que l’année suivante pour assister à la première contre-attaque russe. C’était d’ailleurs un cadeau offert par le président géorgien Saakachvili qui envahit soudainement l’Ossétie du sud, cette petite enclave autonome protégée par la Russie. On n’a jamais su si le fantasque (pour être poli) ami des Américains avait eu leur feu vert pour cette opération vouée à l’échec, mais la réaction russe fut foudroyante et, en cinq jours balaya la petite armée géorgienne, pourtant préparée par l’ami américain.
Encore soucieux de préserver ses relations avec l’occident, Poutine n’alla pas jusqu’à Tbilissi et l’armée se retira tout en renforçant la protection de l’Ossétie du sud. Saakachvili, poursuivi pour corruption, se réfugia en Ukraine où il fut promptement naturalisé puis nommé gouverneur d’Odessa. Comme le monde est petit. Il est depuis retourné en Géorgie pensant être accueilli en triomphateur mais a été arrêté et dort actuellement en prison.
Après cette promenade militaire géorgienne, les tensions s’apaisèrent en apparence mais les Américains n’avaient pas renoncé à leur grande ambition : mettre la main sur l’Ukraine.
C’est ainsi qu’arriva le coup d’Etat de Maïdan. Le président Ianoukovitch fut renversé et déchu par un vote du Parlement après des semaines de manifestations orchestrées par les Américains : Victoria Nuland, un des piliers des néos-conservateurs, tout comme John Mc Caine, y furent présents et très actifs. En plus des néoconservateurs américains, Soros (pour le financement), BHL (pour les médias et sa promotion personnelle) et tant d’autres, passèrent quelques heures ou quelques jours. Être à Maïdan était du dernier chic.
Ce coup d’Etat réussit et la guerre actuelle en est une des conséquences directes.
La Russie réagit en organisant le retour par referendum de la Crimée dans le giron russe (et non en l’annexant) et soutint les séparatistes du Donbass qui refusaient l’ukrainisation forcée de leur territoire. Compte tenu des évènements ultérieurs, on peut légitimement se demander pourquoi Poutine n’a pas alors voulu pousser l’avantage et déclencher l’opération militaire qu’il ordonna en 2022 ? C’est un mystère auquel l’Histoire apportera peut-être une réponse un jour.
Peut-être espérait-il encore obtenir par la diplomatie ce qu’il n’a ensuite cessé de réclamer pendant huit ans : la neutralisation de l’Ukraine et l’organisation d’une nouvelle architecture de défense en Europe.
N’ayant rien obtenu et assistant à « l’otanisation » progressive de l’Ukraine, il a estimé que la sécurité de la Russie était menacée et a ordonné l’opération que l’on connaît.
Peu d’observateurs pensaient que Poutine irait jusqu’au bout de sa logique compte tenu des risques considérables que cette guerre comporte et nul ne peut dire si la Russie en sortira renforcée ou affaiblie. Ce qui est certain c’est qu’elle n’est que l’aboutissement somme toute logique de vingt ans d’histoire.
Cet aboutissement marque clairement la fin d’une époque : celle où la Russie était seule face à l’armada otanesque. Impuissante devant les agressions contre la Serbie (1999) et l’Irak (2003), elle entreprit patiemment de reconstruire un pays et une armée. La seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000) puis les opérations en Géorgie (2008) et surtout en Syrie (2015), marquèrent le retour de la Russie en tant que puissance que les Américains ne pouvaient plus mépriser. Certes, dans l’intervalle (2011), il y eut l’attaque franco-anglo-américaine contre la Libye où les Russes se firent berner. Onze après, l’absurdité de cette opération laisse encore rêveur et, accessoirement, Poutine comprit ce que valait la parole occidentale.
Mais c’est bien sûr l’intervention en Syrie, parfaitement réussie, qui mit Russie et Amérique presque face à face. Saoudiens et Qataris comptaient beaucoup sur le renversement du régime alaouite impie non seulement pour le transport terrestre de leur gaz et leur pétrole, mais aussi pour faire du Proche-Orient un monde sunnite où l’Iran chiite serait isolé. Les gouvernements occidentaux et leurs services secrets, CIA en tête, furent très actifs pour faire réussir ce joli plan mais l’intervention russe détruisit ces glorieuses perspectives.
Sans être tout à fait seule (de nombreux pays africains furent ulcérés par l’affaire libyenne), la Russie ne pouvait compter que sur elle-même pour rompre son encerclement et contrecarrer l’hégémonie américaine.
L’invasion de l’Ukraine semble clôturer cette période pour en ouvrir une autre : l’apparition, enfin, d’un monde multipolaire.
Aujourd’hui, il est de bon ton de se gausser de la stratégie de Poutine. D’obscurs galonnés en retraite se succèdent sur les chaines d’infos pour nous expliquer avec jubilation que l’invasion russe (il faut dire agression sinon on n’est plus invité) aboutit au résultat inverse de celui recherché : elle a soudé l’Ukraine et réveillé l’OTAN.
C’est un prisme, mais on peut en avoir un autre : la Russie reconquiert la partie russophone d’un pays qui, au fond, n’a jamais existé car issu de deux mondes trop différents, voire hostiles, et qui n’ont ni la même histoire, ni la même langue, ni la même religion. Par ailleurs, l’OTAN est une machine de guerre exclusivement américaine et l’Europe a encore perdu une belle occasion d’être autre chose que le larbin de Washington.
Mais au-delà de ces analyses divergentes auxquelles seul l’avenir apportera une réponse sûre, il faut observer avec attention l’attitude du reste du monde, hors de l’autosatisfaction occidentale. Trente-cinq pays ont refusé de voter la condamnation de l’invasion et douze n’ont pas pris part au vote. De nombreux autres l’ont votée du bout des lèvres mais comptent bien ne pas se mêler d’un conflit européen qui ne les concerne pas.
Les continents rétifs sont essentiellement l’Afrique et l’Asie. Le même phénomène s’était produit en 2014. Mais il y a cette fois des éléments nouveaux.
Concernant l’Afrique tout d’abord. Depuis dix ans, Russes, Chinois et Turcs ont considérablement augmenté leurs implantations tant économiques que militaires. Pendant ce temps, les Américains n’ont jamais été aussi absents (ils n’ont de toute façon à peu près rien compris à l’Afrique) et les Français sont en perte de vitesse. L’échec de l’opération Barkhane (car il faut bien parler d’échec), va coûter cher.
De plus, les Africains en ont assez des leçons de morale occidentales sur les droits de l’homme, concept à géométrie extrêmement variable qui n’émeut plus personne quand il s’agit de parler affaires avec l’Arabie Saoudite ou le Qatar. Quant aux leçons sur la corruption elles n’ont plus aucun sens après l’aide massive à l’Ukraine…
Ce n’est guère mieux en Asie : le Proche-Orient se sent moins protégé par le parapluie américain et contre qui finalement ? L’Arabie Saoudite parle beaucoup avec la Russie (qui n’évoque jamais l’assassinat de l’opposant Khashoggi) et le Qatar ne s’entend pas si mal avec l’Iran avec qui il partage un immense gisement de gaz. Les Emirats Arabes Unis, de leur côté, ont leur propre diplomatie, très indépendante de Washington.
Ce n’est guère mieux dans le reste de l’Asie si l’on met à part le Japon et la Corée du sud, indéfectibles alliés des Etats-Unis.
Mais l’évènement le plus important concerne la montée en puissance des BRICS. Cette alliance encore perfectible regroupant le Brésil, la Russie, l’Inde la Chine et l’Afrique du Sud, a elle aussi connu un coup de fouet comme l’a confirmé le sommet du mois de juin organisé en Chine. La Russie renforce ses exportations de gaz et de pétrole pour contourner les sanctions et surtout l’axe Moscou-Pékin y prend une consistance inédite. Certes le Brésil est un maillon faible avec un Bolsonaro très pro-américain, surtout depuis qu’il est devenu évangélique pour se faire élire, reniant ainsi sa foi catholique.
Mais l’Iran frappe à la porte tout comme l’Algérie. A terme, les BRICS pourraient devenir le pendant du G7 occidental, c’est en tout cas son ambition. Mais pour cela, il doit accomplir une tâche immense, clé de voûte d’un éventuel succès : la dédollarisation de ses échanges. L’objectif est là, il faut maintenant le concrétiser. Une transaction de gaz entre l’Iran et la Chine a été récemment payé en yuan, et c’est une première.
C’est ainsi que d’un monde unilatéralement dominé par l’Amérique depuis la chute du Mur, il sera peut-être possible de passer à un monde plus équilibré, peut-être multipolaire mais peut-être pas finalement : en face de Washington et ses alliés, un axe Pékin-Moscou peut s’enraciner et entraîner beaucoup de pays. Un monde bipolaire donc, inédit celui-là.
Rapatriés ? Que non !
Bernard Antony, président de l’Agrif communique
Une fois encore, on se moque des Français et notamment des rapatriés d’Algérie et d’ailleurs en osant titrer, comme ce jour dans le Figaro : « La veuve d’un terroriste du Bataclan a été rapatriée de Syrie ». Non la dame Kahina Samy Aminour, veuve du tueur du Bataclan Samy Aminour n’a pas été « rapatriée » !
Sa patrie n’a jamais été la France ! Et leur ignoble appartenance a été dans l’Etat islamique dit « Daesh ».
C’est en Syrie où elle a été complice des pires atrocités que cette Kahina doit être jugée.
Dans une prison française, elle sera considérée comme une héroïne par la faune islamiste qui peuple nos prisons et tôt ou tard, elle sortira, sans doute ivre de vengeance, prête à être à nouveau complice de quelque terroriste ou de tuer elle-même.
N’a-t-elle pas déclaré : « J’ai encouragé mon mari à partir pour terroriser le peuple français qui a tant de sang sur les mains.» (sic)
La vérité, c’est que ce sont les gouvernants qui font entrer en France de pareilles criminelles qui ont du sang sur les mains.
“Nous prions beaucoup pour le Pape.”
A l’occasion du voyage apostolique du Pape François, la chaîne KTO a pu échanger avec Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana.
334 victimes par jour dans les transports commis par une majorité d’étrangers
Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, les vols et violence dans les transports ont augmenté de 4% en 2021 et près de six mis en cause sur dix sont identifiés comme étant étrangers.
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), rattaché à Gérald Darmanin, rapporte que cette hausse de 4% des vols et violences dans les bus, trains, tramways, métros et autres RER représente plus de 122 000 victimes en un an, soit un rythme moyen de 334 victimes par jour, uniquement pour ces types d’infractions.
La très grande majorité des mis en cause impliqués dans des vols ou des violences dans les transports en commun sont des hommes (88 %), soit autant que tous lieux confondus (87 %). En outre, 36 % sont identifiés comme mineurs et plus de la moitié sont enregistrés comme étrangers (56 %), deux phénomènes spécifiques aux transports en commun. Tous lieux confondus, ces proportions sont respectivement de 16 % de mineurs et 19 % d’étrangers. La surreprésentation des mineurs et des étrangers parmi les mis en cause dans les transports en commun est particulièrement importante pour les vols sans violence, en lien avec l’existence de filières de criminalité organisée exploitant notamment des mineurs isolés.
L’Etat va-t-il lutter contre le divorce ?
En Conseil des ministres, mercredi, le ministre des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées, Jean-Christophe Combe, a présenté une communication relative aux mesures en faveur des familles monoparentales :
Le nombre de familles monoparentales n’a cessé d’augmenter au cours des trente dernières années, jusqu’à représenter aujourd’hui un quart des familles. Elles sont particulièrement exposées à un risque de précarité puisque 41 % des enfants qui vivent avec un parent isolé sont pauvres, contre 21 % pour l’ensemble des enfants. Elles sont enfin au cœur des enjeux en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, puisque dans 80 % des cas, le parent isolé est une femme.
C’est pour l’ensemble de ces raisons que, sous l’impulsion du Président de la République, l’accompagnement des familles monoparentales a été une priorité du précédent quinquennat et l’est encore plus pour celui qui s’ouvre.
En effet, la précédente mandature a vu la réalisation d’avancées majeures en leur faveur : augmentation de 30 % des aides à la garde individuelle d’enfant, encouragement au développement des crèches à vocation d’insertion professionnelle, qui permettent à davantage de mères de s’inscrire durablement dans l’emploi et sécurisation du revenu des mères isolées grâce au service public des pensions alimentaires.
Parce qu’entre 30 et 40 % des pensions sont impayées, de nombreuses mères seules vivent avec une véritable épée de Damoclès au-dessus de leur tête et ressentent au quotidien une injustice sociale majeure. Le service public des pensions alimentaires a vocation à changer cette situation : non seulement en corrigeant les impayés le plus vite possible, mais surtout en les prévenant, grâce à la Caisse d’allocations familiales qui joue le rôle d’intermédiaire entre les deux parents, et peut engager immédiatement les démarches pour récupérer la pension en cas de difficulté. Aujourd’hui, plus de 136 000 demandes d’intermédiation financière ont été reçues depuis octobre 2020. A partir du 1er janvier 2023, ce dispositif sera mis en place automatiquement pour toutes les séparations, sauf opposition des deux parents, dès qu’une pension alimentaire sera fixée.
Conformément à l’engagement présidentiel de soutenir ces mères seules, le soutien de la collectivité à ces parents isolés sera poursuivi et amplifié dès cet automne par l’augmentation de 50 % de l’allocation de soutien familial (ASF). L’ASF est une aide essentielle au bénéfice des familles les plus fragiles car elle correspond à la pension alimentaire minimale. Pour autant, son montant est inférieur à celui de la pension alimentaire moyenne (170 euros), ce qui conduit à un accroissement des inégalités sociales entre ces familles, souvent ces femmes, et le reste de la population.
C’est pourquoi 900 millions d’euros seront désormais investis chaque année pour relever le montant de cette prestation, qui touche 1,313 million d’enfants et 815 000 foyers, de 123 euros à 184 euros par enfant et par mois. Ce supplément d’ASF ne sera pas pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active et de la prime d’activité, pour éviter que cette revalorisation ne soit neutralisée par une baisse symétrique de ces allocations. La mesure s’appliquera dès l’ASF due au titre du mois de novembre 2022, et permettra d’abaisser le taux de pauvreté des familles monoparentales de 2,2 points, et donc de lutter contre une précarité qui touche très majoritairement des femmes.
Seront par ailleurs prochainement concrétisés deux autres projets particulièrement à même de faciliter la vie des mères seules, à savoir le service public de la petite enfance d’une part, l’extension des aides à la garde d’enfant jusqu’à l’entrée au collège d’autre part. Ces deux évolutions seront majeures pour l’égalité entre les femmes et les hommes, car elles offriront des solutions adaptées (horaires atypiques par exemple) permettant davantage à ces mères isolées de travailler. Elles permettront aussi une meilleure organisation de la vie familiale, un accès au marché de l’emploi facilité, ainsi que le dégagement de temps de repos et de répit.
Enfin, le volet « prévention » des politiques d’accompagnement des familles devra être renforcé, notamment la prévention des conflits intrafamiliaux et des ruptures des liens familiaux. C’est un sujet d’intérêt pour les enfants, pour les parents – notamment pour les femmes – ainsi pour la collectivité dans son ensemble.
“Prévention des ruptures des liens familiaux” ? Une restriction au divorce ?
Mgr Müller “dans le collimateur des machinations et des mensonges de ceux qui abusent du concept de réforme de l’Église en faveur de leur programme anti-catholique.”
Entretien avec le cardinal Müller, 26 août 2022
Avec l’aimable autorisation de la Correspondance Una Voce, kath.net publie cette interview initialement parue dans Una Voce. (Traduction d’une religieuse pour Le Salon beige)
Martin Lohmann : Éminence, on rapporte qu’au cours des derniers mois, vous avez accepté l’invitation de deux communautés de droit pontifical à effectuer des ordinations dans le rite traditionnel. Vous étiez à l’abbaye bénédictine du Barroux dans le midi de la France et à l’Institut du Bon Pasteur près de Chartres. Était-ce votre première expérience de l’ancienne liturgie en tant que célébrant ?
Cardinal Gerhard Müller : J’ai accepté l’invitation à conférer les ordinations, non pas à cause de la liturgie dite ancienne, mais à cause du mandat du Christ aux apôtres et à leurs successeurs d’établir des évêques, des prêtres et des diacres comme ministres de l’Église. Au sujet de la mission et de l’autorité des évêques dans la succession apostolique, nous pouvons tous relire [les assertions qui figurent] déjà dans la première lettre de saint Clément, 42-44, ou dans Hippolyte de Rome, Tradition Apostolique 2 ; 7 ; 8.
Mais c’était aussi la première fois que je célébrais la liturgie dans la forme universellement utilisée dans l’Église latine jusqu’en 1967, qui a été établie par Benoît XVI comme rite extraordinaire et peut encore aujourd’hui être valablement et licitement célébrée sous certaines conditions. Je ne suis donc pas passé dans un quelconque camp liturgique, car je refuse, en tant que catholique, évêque et théologien, une logique partisane, laquelle est d’entrée de jeu absolument anti-catholique.
Je ratifie avec une pleine conviction les principes de la « Liturgie renouvelée » selon les normes données par la Constitution liturgique de Vatican II, avant tout la participation pleine, consciente, active et pieuse de tous les fidèles au culte de Dieu et à la médiation de la grâce, selon « Sacrosanctum Concilium » 2, 14. Mais même François, malgré la restriction de la célébration de la sainte messe selon le rite antérieur, a pointé les abus dévastateurs de ceux qui transforment la Divine Liturgie en divertissement fantaisiste et en autoportrait.
Lohmann : Le pape Benoît XVI avait, par son motu proprio « Summorum Pontificum » du 7 juillet 2007, clairement fait voir qu’il ne pouvait y avoir de conflit entre les liturgies. Et, en tant que bâtisseur de ponts, il avait clairement fait voir que la liturgie dite ancienne devait être tout aussi normale que la nouvelle liturgie, célébrée dignement. Les deux ordinations que vous venez d’accomplir ont eu lieu après que François eut publié le motu proprio « Traditionis Custodes ». Pour le dire poliment, celui-ci entretient bien une certaine tension par rapport à « Summorum pontificum ». Qu’est-ce que cela signifie pour vous en tant que célébrant ? Et : Comment faut-il interpréter authentiquement « Traditionis custodes » ? Les deux ne sont guère possibles ensemble. Dans notre entretien en vue du livre « La vérité, l’ADN de l’Église » de 2020, vous avez honoré la sagesse du pape Benoît ainsi que sa capacité d’être un bâtisseur de ponts particulièrement dans ces questions tellement essentielles.
Cardinal Müller : Avec son puissant jugement théologique et sa formation humaniste complète, le pape Benoît a fait la sage distinction entre le rite ordinaire et le rite extraordinaire. Il a ainsi sauvé pour le présent toute la richesse spirituelle et la profondeur de l’histoire liturgique latine. Par contre, chaque fois que l’on se laisse guider par des préjugés et des ressentiments, des décisions sont prises qui ont des conséquences négatives pour la communauté ecclésiale, son unité et le service de la foi. La forme liturgique extérieure – au-delà de la forme et de la matière immuables remontant au Christ et aux Apôtres – est modifiable, et elle s’est acquis une riche expression culturelle dans les nombreux rites légitimes de l’unique Église catholique (« Sacrosanctum Concilium » 2). Je pense que les conseillers qui ont poussé le pape François à [publier] « Traditionis Custodes » étaient davantage guidés par un fanatisme idéologique que par une vision plus profonde de la doctrine catholique des sacrements et de la théologie dogmatique catholique en général. [L’argument d’un] lien entre la préférence pour l’ancienne forme de la liturgie, préférence manifestée par un groupe important de catholiques – en particulier des jeunes – et un rejet de Vatican II, n’est pas crédible. En effet, à Rome, du côté des responsables, on laisse subsister les hérésies du chemin synodal allemand [tracé par] les fonctionnaires laïcs et des évêques, hérésies qui contredisent diamétralement, dans son ensemble et dans le détail, l’enseignement de Vatican II sur la sacramentalité de l’Église, le sacerdoce, le mariage et la morale sexuelle.
Ici, on voit davantage la paille dans l’œil du frère, et on ne remarque pas la poutre dans son propre œil. En cette heure dramatique de l’Église universelle, mon conseil serait de se soucier de l’essentiel de la foi et de ne pas se disperser dans des questions d’ordres variables. Et de créer la réconciliation au lieu de susciter encore et encore de nouveaux troubles. Car « l’évêque de Rome, en tant que successeur de Pierre, est le principe et le fondement permanent et visible de l’unité de la multitude des évêques et des croyants » (« Lumen Gentium » 18, 23).
Lohmann : Il est vrai que vous avez clairement critiqué « Traditionis Custodes », très rapidement après sa publication. Vous êtes considéré, si l’on peut dire, davantage comme un homme de la raison, comme un « penseur à froid » et moins comme un homme « d’émotions ». Puis-je vous demander si, après avoir célébré cette liturgie, vous comprenez plus facilement pourquoi tant de catholiques sont de tout cœur attachés à cette « forme » de célébration de la messe ? On me rapporte régulièrement que surtout des jeunes trouvent accès à la foi à travers cette liturgie. Ce n’est donc probablement pas une question de nostalgie.
Cardinal Müller : Ce qui importe toujours, c’est l’accord entre la pensée, le sentiment et l’action. L’opposition se trouve plutôt entre une idéologie politisante produite par l’homme, qui conduit à l’intolérance, et la théologie, qui n’est rien d’autre qu’une démarche pour comprendre la foi révélée avec la raison, sans soumettre la foi à notre raison limitée et sans enfermer l’inépuisable mystère de Dieu dans nos catégories selon la devise : Dieu ne peut faire que ce que je peux imaginer. Je célèbre moi-même la liturgie avec conviction sous la nouvelle forme ; mais je comprends aussi que face aux abus absurdes et à l’auto-sécularisation des prêtres dits progressistes, il y a le désir d’une liturgie digne et de prêtres pieux et croyants – spécialement chez les jeunes, qui ne veulent pas appartenir superficiellement à une Église de fonctionnaires, mais dans un profond amour pour le Christ veulent appartenir à l’Église comprise comme Maison de Dieu, Corps du Christ et Temple du Saint-Esprit. La mesure de la liturgie est l’adoration de Dieu, le sacrifice et le don de soi, et non pas la popularité auprès des fidèles comme celle d’une vedette auprès de son public.
Lohmann : Les deux communautés que vous avez visitées étaient à l’origine étroitement liées à Mgr Lefebvre. Pendant le temps où vous étiez évêque de Ratisbonne, vous aviez le séminaire de Zaitzkofen pratiquement à votre porte, et comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, vous vous êtes occupé du « dossier ». Les ordinations récentes étaient-elles des contributions à la construction de ponts ? Et après ? Comment les choses peuvent-elles continuer dans une Église qui doit se préoccuper de la confession du Fils de Dieu ressuscité et qui célèbre dans sa liturgie le noyau le plus sacré de son existence ? Dans notre conversation pour le livre, vous avez dit : la liturgie est quelque chose de sacré, la rencontre avec le Dieu saint qui nous fait participer à sa vie. On pourrait dire que toute la vie de l’Église se concentre et culmine ici. Pour l’Église, tout provient de là. D’où ma question : Comment cela peut-il, comment cela doit-il, comment cela devrait-il continuer ? Quelle est l’importance de la construction de ponts liturgiques ?
Cardinal Müller : La séparation d’avec la pleine unité de l’Église des personnes autour de Mgr Lefebvre est enveloppée dans le nuage de la tragédie. L’ordination de quatre évêques sans la permission de Rome et même contre l’interdiction expresse ne peut être acceptée en aucun cas, étant la violation la plus grave possible de l’unité des évêques cum et sub Petro (avec et sous le pape romain). Mais d’autre part, il ne peut être exigé par Rome plus d’obéissance qu’il n’en découle de la vérité de l’évangile et [des exigences] de la communion visible de l’Église. Il ne faut absolument pas que tous se laissent assermenter sur une « nouvelle ligne » lorsqu’il y a un changement de pape. Nous ne sommes pas un parti politique et [notre] vision du monde n’est certainement pas totalitaire.
Ceux qui se revendiquent eux-mêmes comme des progressistes, qui ont lutté avec véhémence contre Jean-Paul II et Benoît XVI jusqu’à mettre hérétiquement en question l’institution divine de la papauté, voient maintenant en François « l’un d’entre nous », comme ils disent. Ce serait maintenant l’occasion de donner à leur fraction le pouvoir exclusif dans l’Église, en contraignant les « traditionalistes » et les « catholiques fondamentalistes » à l’obéissance, avec l’aide de la plénitude de la puissance pontificale rendue absolue, jusqu’au refus des vérités révélées de la foi contenues dans l’Écriture Sainte, [dans] la Tradition apostolique et [dans] les dogmes définis par le Magistère. C’est aussi l’arrière-fond de l’opinion, entièrement non-catholique, que le pape François pourrait introduire des réformes irréversibles du droit purement ecclésiastique. Sont irréversibles uniquement les décisions du Magistère, qui touchent à la foi révélée et à la constitution sacramentelle, de droit divin, de l’Église. L’astuce ici est qu’ils divisent les catholiques selon leur goût en amis et en ennemis du pape. Et ils définisssent, comme dans les états totalitaires, l’appartenance au bon camp, et liquident en toute légitimité les ennemis du système. Mais un chrétien libre n’a pas à se laisser intimider par les puissants de ce monde.
Lohmann : Jusqu’à présent, la critique du Novus Ordo – comme ce journal la pratique depuis des années – a été comprise par la plupart des évêques comme une critique du Magistère. Cependant, la critique de la liturgie préconciliaire n’a jamais été interprétée de cette manière. En tant que théologien, à quoi doit-on faire attention avant tout dans une relecture du problème des réformes liturgiques ?
Cardinal Müller : On ne peut jamais, en tant que catholique, critiquer la substance des sacrements, ou leur forme et matière, instituées directement par le Christ ou indirectement par les apôtres. Par exemple, nous ne pouvons remplacer l’eau dans le baptême ou le pain et le vin dans l’Eucharistie par d’autres signes matériels. Et nous ne pouvons pas transformer les sacrements, qui sont des moyens et des signes de la grâce sanctifiante, en symboles religieux pour une simple édification intérieure subjective. D’autre part, il ne serait pas correct d’absolutiser une forme développée de la liturgie et ses signes interprétatifs, ou, au contraire, de la reconstruire de manière rationaliste à partir du bureau du liturgiste sans tenir compte du développement de sa forme. L’alternative n’est pas ici entre un retour total à l’ancienne liturgie ou une absolutisation du Novus Ordo, qui peut également être modifié dans des éléments liturgiques particuliers. Il faut se méfier aussi bien du rubricisme tout extérieur que d’une manière superficielle [qui s’assimile à] du divertissement.
Lohmann : Vous avez inventé le terme « synodalité allemande ». Qu’est-ce qui s’est mal passé dans l’Église en Allemagne, pour que nous vivions aujourd’hui des situations comme en 1517 : la pré-réforme ! Et quel est le rôle de la liturgie dans ce contexte ? Ce n’est certainement pas un hasard si parmi les personnes attachées à la tradition on ne trouve aucun adepte de la voie dite synodale.
Cardinal Müller : Le parallèle [entre 1517 et maintenant] n’est pas dans le sérieux religieux qui a inspiré les « réformateurs » et également leurs critiques catholiques, mais dans le manque de formation théologique et dans le manque d’un esprit véritablement catholique de l’épiscopat d’alors et d’aujourd’hui. La motivation première des pasteurs de l’Église à cette époque n’était pas la vérité de l’évangile et la détermination de proclamer la parole de Dieu – qu’elle arrange ou non – mais plutôt la préservation de leur bénéfice épiscopal. A cette mentalité mesquine correspond aujourd’hui le désir de bien paraître dans les médias et dans l’opinion publique. Celui qui relativise la Parole de Dieu dans les Saintes Écritures, dans la liturgie et dans l’enseignement de l’Église, et qui fait de ce qu’on appelle la « réalité de la vie » et des thèses pseudo-scientifiques sur le caractère invivable et nocif de l’éthique sexuelle catholique la mesure de son action épiscopale, celui-ci devrait se laisser interroger par l’apôtre Paul qui dit : « Est-ce que je cherche l’approbation des hommes, ou est-ce que je cherche Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je voulais encore plaire aux hommes, je ne serais pas un serviteur du Christ. » (Gal 1, 10)
Lohmann : Beaucoup ne parlent plus du tout de l’Église [catholique] en Allemagne, mais – ce qui est théologiquement erroné – de l’Église Allemande. Cela, disiez-vous, serait ou est un nationalisme hérétique. Vous parlez de provincialisme et de germanisme. On dirait parfois qu’il y a une nouvelle mentalité dominante au sein de l’Église en Allemagne. Est-ce vrai ?
Cardinal Müller : Vous avez raison : on parle à répétition – et même les évêques le font – de l’Église allemande. Pour une oreille théologiquement formée, cela sonne comme une frappe de marteau lors d’une retraite silencieuse. De fait, il serait correct de parler de l’Église catholique – aux États-Unis, en Pologne ou en Allemagne. C’est l’Église, une, universelle et catholique, présente « dans » un pays particulier. Si l’on parle consciemment de « l’Église allemande », alors c’est bien du germanisme. C’est une sorte d’arrogance nationaliste, comme si toute la foi chrétienne, la constitution de l’Église et toute la mission du Christ devaient passer par une germanité métaphysiquement chargée.
Lohmann : Mais ce serait une pure hérésie, n’est-ce pas ? Serait-ce hérétique ?
Cardinal Müller : C’est primaire et hérétique, et c’est aussi totalement provincial. Je trouve effrayant quand précisément les Allemands revendiquent d’une manière ou d’une autre la direction de l’Église universelle tout entière. Par quels [arguments] cela pourrait-il être justifié ? Par les gros porte-monnaies de notre Église en Allemagne ? Tout ce qui cultiverait un complexe de supériorité allemand devrait vraiment être évité. Sinon, ce serait de la plus niaise mesquinerie déguisée en mégalomanie. Nous n’avons pas besoin d’une arrogance allemande. Cela ne sert à rien.
Lohmann : Derrière cela se cache une image insuffisante, une fausse image de l’Église ?
Cardinal Müller : Oui. certes, on ne nie pas que l’Église soit en quelque sorte le sacrement originaire, mais on se comporte tout autrement dans la vie de tous les jours. Pensez aux Journées [des] Catholiques. Ce sont surtout les politiciens de certains partis qui jouent ici un rôle. Il y a un pré-filtrage conforme au courant dominant. Et lorsqu’un ancien président américain déclare lors d’un congrès eccésial que toutes les religions sont égales et que personne ne peut prétendre à la vérité, il reçoit un tonnerre d’applaudissements. Des chrétiens applaudissent à de telles affirmations et ils se relativisent eux-mêmes, ils renient le Christ et la vérité de Dieu révélée par Lui. Qu’on s’imagine : les chrétiens nient que le Christ est le seul médiateur entre Dieu et l’homme. Visiblement, beaucoup même parmi les chrétiens ne savent plus que le Christ ne peut pas être réduit au rôle d’un fondateur de religion parmi beaucoup d’autres, ou d’un homme religieux impressionnant qui a su donner une impulsion.
Lohmann : Vous avez dit un jour que c’était un gigantesque complexe d’infériorité chrétien.
Cardinal Müller : Juste. Et je répète volontiers : Quiconque se réfère au Christ et croit vraiment en lui n’a vraiment aucune raison d’avoir [ce complexe]. En tant que chrétiens, nous ne sommes assurément pas seulement une des parties prenantes d’un conflit politique. En fin de compte, c’est une forme d’autodiminution qui ne rend vraiment pas justice à Jésus-Christ.
Croire en lui, ce n’est pas faire du lobbying pour sa propre communauté, mais [la foi] nous conduit à la pro-existence, à l’être-pour-les-autres. Notre christianisme n’est pas une revendication de supériorité satisfaite, mais un service aux personnes dans leur recherche de la vérité et de la justice, que nous devons à notre foi en Dieu, [foi] que nous devons transmettre. Partout où les droits humains sont blessés, nous devons intervenir en paroles et en actes.
Lohmann : Vous avertissez à répétition du danger d’une perte de foi au sein également de l’Église. Ce danger est-il vraiment grand et est-il concrètement reconnaissable ? Peut-être par une adaptation au monde à trop bon compte ?
Cardinal Müller : Évidemment. La chose la plus importante serait de proclamer la foi et de donner aux gens le pain de l’évangile au lieu des pierres de l’adaptation. La sécularisation et la politisation ne rendent précisément pas plus attractif ‒ pour employer ce terme qui cependant ne convient pas à la réalité ecclésiale. L’Église ne devient pas plus attrayante quand elle dit ce que le monde sait déjà sans cela. Elle est là pour le monde, mais elle n’est pas du monde.
Lohmann : Nous sommes face à un synode sur la synodalité. Bien que ce terme soit sur toutes les lèvres, très peu de catholiques pourront en faire quoi que ce soit. À quoi s’attendre ? N’y a-t-il pas le danger d’un malentendu complet, comme pour beaucoup de termes après Vatican II ? A la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, vous aviez œuvré pour limiter les dégâts.
Cardinal Müller : La synodalité est une abstraction tirée de l’autorité de tout l’épiscopat réuni dans un synode, un concile, afin de délimiter le véritable enseignement révélé par rapport à l’hérésie. Maintenant, nous assistons à une inflation de ce terme [qui devient] un passe-partout pour se confondre avec une idée fausse du « sensus fidei fidelium » (« Lumen gentium » 12). Il ne s’agit pas du renouvellement de l’Église dans le Christ. Mais du remplacement de la vérité qui vient d’en haut, de l’autorité de Dieu qui se révèle, par la sagesse qui vient du peuple, la voix du peuple, l’esprit du peuple au sens romantique du terme – au moyen d’une démocratie guidée, guidée par la direction du synode, qui a déjà infiltré les résultats dans les discussions. Au final, il en sortira ce qui a été mis dedans.
Même si l’on est en contradiction avec la Parole de Dieu, le tout sera rendu inattaquable et irréversible par la référence au Saint-Esprit, référence en soi étrangère au système. Car ici, Jésus n’est plus la Parole du Père, qui s’est révélée définitivement comme la vérité. Il n’est que celui qui a donné une impulsion, il y a bien longtemps, et qui ne pouvait pas dépasser son horizon. Mais aujourd’hui, nous avons une conscience supérieure qui comprend mieux et de façon plus définitive la vérité sur Dieu et sur l’homme, suivant les inspirateurs universitaires des évêques à la manière catholique allemande. Après Jésus, les nouveaux prophètes parmi les professeurs de théologie progressistes, les évêques « prêts à la réforme » et les fonctionnaires du ZdK[1] ouvrent la voie à l’avenir d’une Église de catholiques qui se sont libérés de la tutelle de Dieu, du Christ et du magistère des apôtres, et qui s’admirent et s’adorent eux-même dans la certitude inébranlable et arrogante de l’autonomie de [leur] conscience.
Lohmann : Au cours des derniers mois, d’éminents ex-ecclésiastiques sont passés à l’« Église vieille catholique ». Depuis sa fondation, celle-ci a servi de bassin de rétention pour les prêtres ayant des problèmes de célibat. Un ancien vicaire général semble utiliser le fait de son célibat brisé pour promouvoir son livre de manière très médiatisée. Certains pensent qu’un [ancien] schisme est ici instrumentalisé afin de favoriser une autre scission. Est-ce de ce côté-là qu’on prépare le schisme ? Ou, autrement dit : Avons-nous depuis longtemps un schisme dans les faits, qui n’a plus « qu’à » être officiellement prononcé ?
Cardinal Müller : Une mise en scène médiatique réussie fondée sur la formule « Arrêtez le voleur ». L’art subtil de se styliser soi-même comme victime de [ce qui n’est que] sa propre hypocrisie [vécue pendant] de longues années, cet art apporte des applaudissements tonitruants et de riches profits. Derrière le masque de la réforme se cache bien l’apostasie de la foi catholique [et le rejet] du Dieu Trinité, de sa présence dans le Christ [grâce à] l’Incarnation et de sa médiation [à travers] l’Église et les sacrements. C’est la foi, reçue comme un don de la grâce, que nous avons professée au baptême et si souvent renouvelée dans la liturgie.
Lohmann : Revenons à la liturgie, accomplissement spécifique de l’essence de l’Église : Que conseillez-vous aux personnes, parfois découragées, qui sont attachées à la forme traditionnelle de la messe, et qui, après « Traditionis Custodes », tombent dans des détresses existentielles du point de vue liturgique ? Et que conseillez-vous à ceux des catholiques qui, dans leurs « paroisses Novus Ordo », souffrent de plus en plus des atrocités liturgiques et des caprices synodaux de leurs curés – ou du moins sous leur surveillance – mais qui, selon « Traditionis Custodes », n’ont aucune perspective d’ouverture de nouveaux lieux où soit célébrée l’ancienne messe ?
Cardinal Müller : Il ne s’agit pas d’une alternative entre l’ancienne et la nouvelle forme de la liturgie du rite romain, mais de la vérité de la foi, de l’adoration de Dieu et de la médiation de la grâce, qui doivent être déterminantes pour les deux formes. Tout croyant a le droit et le devoir de vivre la foi catholique et d’en témoigner. En situation de détresse, il peut et doit signaler à son évêque ou à son curé les hérésies ou les abus dans la liturgie ou les abus du pouvoir spirituel. Il peut aussi aller là où il n’y a pas d’apostasie.
Nous savons que les catholiques pseudo-réformateurs autoproclamés, faute d’arguments, agissent de manière autoritaire et méprisante envers les gens, et que les évêques et leurs agents abusent du pouvoir clérical. Ils se rendent gravement coupables devant Dieu et devant l’Église lorsqu’ils contraignent les prêtres au blasphème et à la tromperie de la bénédiction [des unions] homosexuelles, lorsqu’ils exigent [d’eux] de donner la sainte communion aux non-catholiques, et bien plus encore.
Être objet d’hostilités, c’est le lot de ceux qui tiennent au Christ également là où il ne trouve pas les applaudissements des masses. Celles-ci rugissent aujourd’hui leurs Hosannas et le lendemain leur Crucifige à travers les larges rues. La foule ne s’arrête même pas devant un homme d’Église aussi pieux et cultivé que Benoît XVI. Il n’y a pas d’endroit sûr, comme saint Paul le savait déjà, face aux persécutions de l’extérieur et aux hostilités à l’intérieur de l’Église. Je peux le dire moi-même dans ma position d’évêque et de cardinal, qui depuis vingt ans se trouve dans le collimateur des machinations et des mensonges de ceux qui abusent du concept de réforme de l’Église en faveur de leur programme anti-catholique.
Ceux qui ont besoin de réconfort et ceux qui réconfortent jouent désormais un rôle interchangeable. Devant l’écharde dans la chair du Christ, que l’Apôtre ressent douloureusement également dans sa propre chair à travers toutes les persécutions à cause du Christ, l’Apôtre entend uniquement la réponse de Dieu : « Ma grâce te suffit ; car la force s’accomplit dans la faiblesse. » Je me glorifierai bien plus volontiers de ma faiblesse, afin que la puissance du Christ vienne sur moi. C’est pourquoi j’accepte mon impuissance, toutes les vexations et les détresses, les persécutions et les craintes que j’endure pour le Christ ; car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. (2 Co 12, 9s).
Lohmann : Monsieur le cardinal, merci beaucoup pour cet entretien.
Le journaliste MARTIN LOHMANN, né en 1957 à Bonn, a étudié l’histoire, la théologie catholique, la philosophie et les sciences de l’éducation. Il était directeur adjoint de l’association des « Entrepreneurs catholiques » (Cologne), dirigeait la rubrique « Le chrétien et le monde » de l’hebdomadaire « Rheinischer Merkur », dont il fut à la fin le rédacteur en chef adjoint, et il dirigeait en tant que rédacteur en chef la « Rhein-Zeitung » (Coblence). Plus tard, il fut rédacteur en chef de la chaîne K-TV. Il appartient au « Nouveau cercle des étudiants de Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI ». Il a publié de nombreux livres sur l’Église et la société. En qualité de modérateur, il a animé une centaine de fois l’émission en direct « MünchenerRunde » de la Télévision Bavaroise. Lohmann est entre autres Chevalier pontifical du Saint-Sépulcre de Jérusalem ainsi que Chevalier Marial de la Vierge Noire de Jasna Gora à Czestochowa et membre de la Fraternité romaine Santa Maria dell’Anima. Pendant de nombreuses années, il a dirigé, à titre de président (bénévole), l’association « Droit à la Vie ». Il est le directeur de l’Académie pour la Vie de Bonn.
[1] « Zentralkomitee der deutschen Katholiken » (Comité central des catholiques allemands), organisme laïc, chargé, avec la Conférence des évêques, d’encadrer le Chemin synodal.
Ne dites plus “grand remplacement”
Dites
meilleure répartition des étrangers accueillis sur le territoire, notamment dans les espaces ruraux, qui eux sont en train de perdre de la population
Un projet de loi sur l’asile sera déposé début 2023, a annoncé le président Emmanuel Macron.
“Nous devons réformer nos procédures pour pouvoir aller beaucoup plus vite et c’est indispensable”.
“Notre politique, aujourd’hui est absurde” car elle “consiste à mettre des femmes et des hommes qui arrivent, qui sont dans la plus grande misère” dans les quartiers les plus pauvres.
Cette politique “est tout à la fois inefficace et inhumaine, inefficace parce que nous nous retrouvons avec plus d’étrangers en situation irrégulière que nombre de nos voisins, inhumaine parce que cette pression fait qu’on les accueille trop souvent mal”. “Nous devons réformer nos procédures pour pouvoir aller beaucoup plus vite et c’est indispensable. Il faut préserver les droits fondamentaux de toute personne mais il faut pouvoir aller beaucoup plus vite, avant toute chose, pour lutter contre toutes les pratiques dilatoires”.
Il faut “différencier les procédures”, “accélérer leur instruction” et “intégrer beaucoup plus vite et beaucoup mieux celles et ceux qui ont même un titre provisoire par la langue et par le travail”, a relevé le chef de l’Etat.
Il a plaidé pour une meilleure répartition des étrangers accueillis sur le territoire, notamment dans les “espaces ruraux, qui eux sont en train de perdre de la population”.
Des immigrés pour aller diversifier les quartiers démocrates
Ron DeSantis, gouverneur républicain de Floride, est facétieux. Il a envoyé deux avions d’immigrés vers une île huppée du nord-est des Etats-Unis, qui a voté Biden à 80%. Un groupe d’une cinquantaine de migrants vénézuéliens, dont des enfants, est arrivé mercredi à Martha’s Vineyard, lieu de villégiature pour les plus fortunés ayant accueilli les Kennedy, les Clinton ou les Obama.
« Des migrants sont en train d’être débarqués à Martha’s Vineyard par des vols affrétés depuis le Texas. Beaucoup ne savent pas où ils sont. Ils disent qu’on leur a dit qu’ils recevraient un logement et un emploi », a tweeté mercredi soir un élu démocrate local, Dylan Fernandes.
« Notre île s’est mobilisée » en fournissant lits, repas et soins, a-t-il ajouté, précisant que les habitants n’avaient pas été prévenus à l’avance de cette arrivée.
Ron DeSantis, qui a assumé la responsabilité de ce transport, rejoint ainsi un mouvement lancé par les gouverneurs républicains du Texas et de l’Arizona, déterminés à envoyer des migrants vers les villes démocrates du nord et de l’est, dans un geste très politique destiné à leurs électeurs.
Ron DeSantis est en pleine campagne pour sa réélection en novembre. Il est également vu comme un potentiel rival pour l’ancien président Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche en 2024. « Les résidents de Martha’s Vineyard devraient être ravis », a ironisé mercredi sur Twitter Christina Pushaw, de l’équipe de communication du gouverneur de Floride.
« Les migrants illégaux rendront la ville plus diversifiée, ce qui est une force. Non ? »
Le gouverneur du Texas envoie des bus de #migrants à la résidence de la vice-présidente Kamala Harris qui prétend que la frontière sud est "sécurisée" : géniale initiative qu'on devrait appliquer en France…
Src : FoxNews pic.twitter.com/MXPqbjFjwR— Gilbert Collard (@GilbertCollard) September 15, 2022
L’Ordre des médecins hostile à l’euthanasie
Le président du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), François Arnault, a déclaré :
« Si une assistance au suicide était acceptée, nous serons très attentifs : doit-il être accompagnateur ? Sûrement. Effectuer ? Je ne crois pas. Ce n’est pas son rôle ». « Et l’Ordre n’est pas favorable à l’euthanasie ». « Il faut que la loi protège le médecin dans l’accompagnement qu’il serait amené à faire ».
« Cela doit passer par une clause de conscience, à l’instar de celle qui existe pour l’interruption volontaire de grossesse, avec le devoir de réorienter le patient vers un médecin qui accepte de le prendre en charge ».
Plus largement, le président du Conseil de l’Ordre a jugé la France « très en retard » sur la fin de vie. Selon lui,
« il faut lutter contre ces inégalités d’accès aux soins palliatifs, par la formation, et déjà par l’application de la loi Claeys-Leonetti ».
Et il faut aussi protéger les personnes qui ne souhaitent pas être liquidées :
Un petit rappel fondamental aux sage du #CCNE
L'être humain est encore en vie en fin de vie. Avec mon handicap,ma souffrance je suis témoin que le désir de l'homme est de VIVRE sans souffrance. Sachons l'écouter sans lui mentir. Oui aux soins palliatifs,a mort l'euthanasie . pic.twitter.com/z6ORcoDMmz— Marc-Henri d'ALES (@dALES15) September 15, 2022
Ce qui adviendra après la loi “Fin de vie” :
1. Reportages pour saluer “l'acte d'amour” de ceux qui libèrent un lit dans un "hôpital sous tension”.
2. Débat : “la société doit-elle payer pour les moribonds qui refusent de partir ?”.
3. Déremboursement des soins palliatifs.— Xavier Van Lierde (@LierdeXavier) September 14, 2022
Indiana : une loi pro-vie entre en vigueur
Adoptée début août par les législateurs républicains de l’Indiana, une loi interdisant la plupart des avortements est entrée en vigueur le 15 septembre. Elle pose des exceptions pour le viol et l’inceste jusqu’à la dixième semaine de grossesse, et pour protéger la vie et la “santé physique” de la mère.
Cette loi n’autorise la pratique des avortements que dans les hôpitaux et les centres de consultation appartenant aux hôpitaux. Par conséquent, les cliniques d’avortement perdront leur licence. De plus, un médecin qui pratique de manière illégale l’avortement risque de perdre autorisation d’exercer et peut « faire face à des accusations de crime passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à six ans de prison ».
Cependant, deux recours ont été déposés par l’American civil liberties union of Indiana. L’audience est fixée au 19 septembre.
Entrée en vigueur d’un décret pro-vie en Hongrie
Les femmes hongroises souhaitant avorter seront obligées d’écouter les battements de cœur du fœtus avant de pouvoir accéder à la procédure, selon un nouveau décret publié par le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban. La nouvelle réglementation est entrée en vigueur jeudi 15 septembre.
« Près des deux tiers des Hongrois associent le début de la vie d’un enfant au premier battement de cœur », a déclaré le ministère de l’Intérieur, lundi.
La législation hongroise sur l’avortement n’a pas été modifiée depuis 1992. Selon la législation actuelle, les avortements peuvent être pratiqués au cours des 12 premières semaines de la grossesse pour des raisons médicales.
