Blogs avec images

Grenoble : des fidèles passent la nuit dans la cathédrale

Des fidèles de Saint André occupent la cathédrale de Grenoble depuis hier soir. Le père Lagadec, administrateur provisoire du diocèse de Grenoble a été alerté. Les fidèles de Saint André entendent rappeler par cette action symbolique, après avoir occupé le clocher de leur église quarante heures, qu’ils sont déterminés à défendre leurs prêtres de la FSSP, leurs messes et à ne pas laisser rayer de la carte près de 500 fidèles à Grenoble et Vienne.

L’association de défense de la messe traditionnelle Juventus traditionis réagit :

Face à l’ignorance et au mépris du diocèse de Grenoble, des familles attachés à la messe traditionnelle ont décidé d’agir une fois de plus. Depuis quelques heures des fidèles de l’AFSAN (Association des fidèles de Saint-André et de Notre-Dame de l’Isle à Vienne) sont entrés dans la cathédrale de Grenoble, il demandent à rencontrer l’administrateur apostolique. Après avoir appelé, envoyé un mail, laissé des messages ils montrent une nouvelle fois leur détermination. Espérons que cette fois le diocèse daignera les écouter !

L’historique des actions de l’AFSAN à Grenoble

En 2018 l’évêque de Grenoble, alors Mgr. de Kerimel, avait conféré à la FSSP la mission de s’occuper des fidèles de la liturgie Tridentine. On peut toujours lire sur le site du diocèse au 21 Mai 2022 que :

Les messes en forme extraordinaire sont ordinairement célébrées par des prêtres de la Fraternité Saint Pierre à la demande de notre évêque Monseigneur de Kerimel (en 2018, ce sont l’Abbé Loddé et l’Abbé Desjars)

Sur le site du diocèse encore lisible le 21 mai 2022

Suite au Motu Proprio Traditionis Custodes l’évêque annonce dans un décret que la messe traditionnelle sera désormais célébrée par un prêtre du diocèse et plus tous les dimanches car mensuellement ce sera une messe de Paul VI en latin pour la communauté de fidèles de Saint-André à Grenoble. Les fidèles interdits devant la violence d’une telle décision demandent à être reçu par l’évêché.

L’évêque alors ne daignera pas écouter ses fidèles. Les fidèles font signer une pétition qui ne sera pas entendue. Ils décide alors de faire la grève de la quête qui n’aura pas d’effet non plus si ce n’est que le diocèse terminera l’année 2021 avec un manque de 430 000€. Les fidèles manifesteront pour la paix liturgique, encore sans effet ! Quand Mgr de Kerimel est installé archevêque à Toulouse, c’est le père Lagadec qui est nommé administrateur apostolique, et il agira de la même façon que Mgr. de Kerimel, il ignore simplement 500 fidèles. Pour montrer leur détermination, les fidèles de Grenoble occuperont alors pendant 40h le clocher de leur Eglise mais n’obtiendront aucune réponse !

Espérons que cette nouvelle action change la donne. Cette situation ne peut durer, et le manque de charité et d’écoute du diocèse est incompréhensible !

Cinquième dimanche après Pâques

De Una Voce :

La liturgie continue à chanter le Christ ressuscité et nous exhorte, en cette semaine des Rogations, à nous unir à sa prière ; cette prière par laquelle il a demandé à Dieu de faire partager à son humanité, par l’Ascension, la gloire qu’il possède de toute éternité comme Dieu (0ff). Cette gloire qu’il a obtenue, nous la posséderons aussi un jour, parce qu’il nous a délivrés du péché par la vertu de son sang (Intr., All., Com.). Aussi faut-il que, contrairement à celui qui se regarde au miroir et oublie aussitôt comment il est, nous ayons le regard attaché sur la loi parfaite de la liberté et la mettions continuellement en pratique » (Ep.). Et puisque le Christ nous a laissé comme consolation à son départ « de pouvoir prier en son nom pour que notre joie soit pleine », demandons à Dieu « par Notre-Seigneur » de ne pas rester sans fruits dans la connaissance de Jésus, afin que croyant « qu’il est sorti de Dieu » (Ev.), nous méritions d’entrer avec lui dans le royaume de son Père. Joann. 16, 23-30.

Alleluia :

Surréxit Christus, et illúxit nobis, quos rédemit sánguine suo

Le Christ est ressuscité, et il a fait lever sa lumière sur nous, qu’il a rachetés de son sang.

Evangile

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. En ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ; car le Père vous aime lui-même, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte de nouveau le monde, et je vais auprès du Père. Ses disciples lui dirent : Voici que, maintenant, vous parlez ouvertement, et vous ne dites plus de parabole. Maintenant nous savons que vous savez toutes choses, et que vous n’avez pas besoin que personne ne vous interroge ; voilà pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu.

Journée Nationale pour la Vie

La fête des mères est l’occasion de fêter la vie, la vie à naître :

Le traditionalisme entre fidélité et résistance ?

Les abbés Celier et Guelfucci avec Jean-Pierre Maugendre sont les invités de Philippe Maxence dans le Club des Hommes en Noir pour aborder l’histoire des traditionalistes. À quand cette sensibilité remonte-t-elle ? Est-elle seulement une question de liturgie ? Les réactions épidermiques qu’elle suscite ne sont-elles pas dues à une méconnaissance ? Pourquoi les 60 dernières années ont-elles été si importantes ?

Mission humanitaire au Donbass

Petit résumé de la mission humanitaire menée par Ouest-Est au Donbass en mai 2022 :

De Paris à Chartres, une leçon de fidélité

Il faut du courage pour faire un pèlerinage, mais pour le faire vingt fois, ce n’est pas du courage qu’il faut, c’est de la fidélité. Témoignage d’un pèlerin de Chartres :

En 2019 lors du pèlerinage de Pentecôte un autre pèlerin m’a demandé un peu avant d’entrer dans Chartres si c’était la première fois que je faisais ce pèlerinage. Je lui ai répondu que c’était mon vingtième. il me dit alors qu’il faut bien du courage pour faire vingt pèlerinages. Alors j’ai ajouté, il faut du courage pour faire un pèlerinage, mais pour le faire vingt fois, ce n’est pas du courage qu’il faut, c’est de la fidélité.

Quelques mètres plus tard c’est un prêtre qui m’a posé des questions similaires et auxquelles j’ai donné les mêmes réponses. C’est étonnant que cette discussion ait eu lieu deux fois le même jour, mais qu’il a fallu vingt ans pour qu’elle advienne.

Il faut du courage pour marcher 100 km, il faut du courage pour marcher encore le troisième jour. Mais c’est la fidélité qui fait refaire cela une vingtième fois.

Je crois que c’est un bonne définition de la fidélité.

Pour faire un premier pèlerinage il faut se justifier de le faire, pour donner trois jours de sa vie, pour s’investir autant physiquement, pour se risquer autant spirituellement, il faut le justifier d’une manière ou d’une autre. […] Mais quand on a fait vingt pèlerinages, le même pèlerinage chaque année pendant vingt ans, c’est l’inverse qui se produit : il faudrait se justifier de ne pas le faire. […]

Et je crois que c’est ça la fidélité : c’est quand il faudrait se justifier de ne pas le faire, quand il faudrait se justifier de ne pas être là, devoir se justifier de ne pas servir, devoir se justifier de ne pas donner, devoir se justifier de ne pas faire l‘effort. […]

Quand on est jeune il est important de s’engager dans des mouvements comme le scoutisme, Missio, et d’autres où l’on apprend le service, où l’on apprend à se donner et à se dépasser. Mais on peut apprendre à se dépasser dans l’instant, et ça c’est le courage, ce courage qui permet d’aller jusqu’au bout d’un pèlerinage par exemple. Mais on peut apprendre ce courage sans apprendre la fidélité. On peut passer à côté de la fidélité. On peut chaque année se dépasser dans une nouvelle présence, mais pour la fidélité il faut des années dans la même présence. […]

Et le pèlerinage d’une certaine manière nous offre l’opportunité de nous exercer à la fidélité. […]

La fidélité c’est d’être courageux tous les jours. […]

L’archevêque de San Francisco refuse la Sainte Communion à Nancy Pelosi

Après de nombreuses tentatives pour parler avec la présidente Pelosi pour l’aider à comprendre le grave mal qu’elle commet, le scandale qu’elle cause, le danger qu’elle risque pour sa propre âme, j’ai décidé qu’elle ne devait pas être admise à la Sainte Communion

Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi se dit catholique et favorable à l’avortement.

«Vous ne devez pas vous présenter pour [recevoir] la Sainte Communion et, si cela devait arriver, vous ne devrez pas être admise pour la Sainte Communion, jusqu’à ce que vous répudiiez publiquement votre défense de la légitimité de l’avortement, et que vous vous confessiez et receviez l’absolution pour ce grave péché».

MgrCordileone indique dans sa lettre rendue publique avoir déjà menacé Nancy Pelosi de cette mesure en avril 2022.

« La destruction de la figure paternelle conduit à la destruction de la patrie »

Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, est intervenu lors de la grande Conférence pour l’action politique conservatrice en Hongrie ces 19 et 20 mai 2022 (CPAC : Conservative Political Action Conference). La CPAC est le plus important rassemblement des conservateurs au monde. Lancée en 1974, la CPAC rassemble des centaines d’organisations conservatrices et des milliers de militants et téléspectateurs.

Alors que ce forum international se déroule habituellement aux États-Unis, il avait lieu pour la première fois sur le continent européen, en Hongrie, pays symbole de la résistance à la culture « woke. » Victor Orban, Premier ministre hongrois fraichement réélu s’est exprimé sous la devise affichée l’événement : « Dieu, Patrie, Famille ». De nombreux orateurs se sont partagé la parole sur deux jours, notamment l’ancien député britannique Nigel Farage, les Américains Rick Santorum, Candace Owens et le célèbre présentateur de Fox News : Tucker Carlson. Deux Français enfin : Jordan Bardella, député européen du RN et Grégor Puppinck. L’ECLJ compte parmi les organisations internationales ayant à cœur de défendre le droit naturel, le bien commun et les libertés fondamentales contre la modernité positiviste, individualiste et de déconstruction de notre civilisation. Voici le discours traduit de l’anglais qu’a prononcé Grégor Puppinck dans le grandiose centre de conférence « Bálna » (baleine) de Budapest :

« Le père est un homme et la mère est une femme »

Oui, je suis bien d’accord ! En tant qu’époux et en tant que père, je peux vous assurer que le père est un homme, et la mère est une femme. Cependant, en plus de cela, l’homme se doit d’être un père. Ce que je souhaite faire comprendre par-là, c’est que l’homme se doit d’être un père, tout du moins de se comporter comme un père, même s’il n’a pas d’enfant. Un père, c’est une personne qui assure la protection et qui montre le chemin, qui fait preuve d’autorité et qui se comporte de façon responsable.

Cependant, de nos jours, malheureusement, trop de jeunes garçons n’ont pas la moindre idée de ce que cela signifie d’être un homme, un mari et un père. Où sont les exemples de tels hommes, lorsque la doxa libérale prétend vouloir « déconstruire » les genres sexuels ? En France, M. Macron incarne parfaitement l’exemple de l’homme déconstruit, affirmant qu’un père n’est pas forcément un homme.

Evidemment, sans paternité, aucune famille solide, ni même aucune forme de « patrie » durable, ne peuvent exister.

La destruction de la paternité mène à celle de la patrie, car c’est grâce à la famille que les individus prennent racine dans une terre, ainsi que dans l’histoire. C’est la famille et la terre natale qui nous permettent de vivre avec une profondeur historique, non pas de dériver au gré des événements actuels.

La famille est l’endroit unique où peuvent se transmettre la famille et la culture.

Dans un monde de plus en plus artificiel et virtuel, la famille nous enracine également profondément dans la nature, la biologie. Les liens de sang, la sexualité ainsi que la procréation sont l’expérience la plus directe et la plus belle de notre contribution à la vie naturelle. Il n’y a rien de plus écologique que la défense de la famille.

Je souhaite également ajouter que la famille est une réalité qui ne peut « s’acheter ». La famille nous rappelle que tout ce qui a le plus d’importance dans la vie n’est pas à vendre. Ce sont vos vertus plus que votre argent qui permettent de fonder une famille.

Cependant, la destruction de la famille ne mène pas seulement à la destruction de la patrie, mais également à la perte de nos véritables et fondamentales libertés.

Nous savons que le point commun de toutes les dictatures est la destruction de la famille. Elles veulent transformer la structure naturelle, organique de la société en une construction artificielle pour supplanter les parents et Dieu afin de contrôler et soumettre la société.

C’était et c’est encore aujourd’hui, la volonté des communistes et de toutes autres sortes de socialistes.

Après la Seconde Guerre mondiale, les rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme ont voulu s’opposer à la dictature en reconstruisant la société sur la base de la famille. La DUDH stipule que c’est la famille, et non pas l’individu, qui « est l’élément naturel et fondamental de la société », c’est-à-dire que la famille ne doit pas son existence à l’État. Depuis lors, de nombreux textes internationaux ont maintenu la compréhension naturelle et organique de la société, qui trouve son origine dans le principe de subsidiarité : l’homme n’est pas un être abstrait et isolé, mais bien une créature vivante et sociale.

Également, les rédacteurs de la Convention européenne des droits de l’homme ont souhaité protéger le droit des parents à éduquer leurs enfants. C’est à travers la famille qu’ils voulaient protéger (je cite) : « la jeunesse contre la menace de la nationalisation, de l’appropriation ou la réquisition par l’État ».

Oui, les familles sont bien un mur, un rempart contre la dictature. Elles sont un bastion de la liberté. Parce que s’est au sein de la famille que tout héritage survit et se transmet : éducation, religion, histoire et amour.

Il est faux de dire que l’individualisme est le seul moyen de contrer le collectivisme et la dictature. Car, comme nous le savons tous, l’individualisme radical mène également à l’aliénation. L’individualisme radical entraîne à une soumission similaire à l’État et aux autres autorités internationales.

À ce titre, l’idéologie postmoderne ne diffère pas des idéologies communistes et socialistes.

La famille est à l’opposé de ce que souhaitent les postmodernistes. C’est la raison pour laquelle ils la détestent tant et pourquoi ils veulent la détruire. Les familles sont attaquées de toutes parts, nous le savons. Les lois et les médias déconstruisent la famille, et les parents de plus en plus dépossédés de leurs droits et devoirs envers leurs enfants.

Aujourd’hui, malheureusement, trop nombreux sont les enfants, garçons et filles, qui ignorent ce qu’est une famille saine. Même la Cour européenne des droits de l’homme a déconstruit la famille : la famille est devenue purement subjective, un simple genre de lien émotionnel entre des individus.

La destruction de la famille se fait au nom de la liberté, de la liberté individuelle. Mais il s’agit d’un chemin vers l’asservissement.

C’est le marché des dupes des postmodernistes. Ces personnes prétendent que l’individu est enfin en train de « s’émanciper ». Pour eux, l’obtention du droit d’être mère par les hommes, ou de se donner la mort au moyen du suicide assisté, ou bien de pratiquer l’avortement, constitue la plus grande avancée de l’Humanité.

En réalité, jamais personne n’a été aussi peu autonome que ne l’est de nos jours l’individu post-moderne, qui est complètement dépendant.

Donc le meilleur moyen de combattre l’étatisme et de renforcer la société, la liberté et la responsabilité est de renforcer les familles.

Si nous souhaitons que nos pays soient forts, survivent et restent indépendants, nous nous devons de renforcer la famille sous tous ses aspects.

C’est pourquoi, en guise de conclusion, je souhaiterais féliciter la Hongrie pour la réussite de sa politique familiale. Cette politique a mené à un plus grand nombre de mariages, à une diminution des divorces et à une augmentation des naissances. Cela devrait être l’objectif de tout politicien qui se respecte.

Je vous remercie beaucoup.

Xavier Moreau : “la blitzkrieg économique que l’Occident prétendait mener contre la Russie a échoué”

Xavier Moreau, homme d’affaires installé en Russie et animateur du blog Stratpol, a été interrogé dans L’Homme Nouveau. Extrait :

[…] Je pense que la blitzkrieg économique que l’Occident prétendait mener contre la Russie a échoué. À court terme, les sanctions contre la Russie n’auront pas d’impact réel, à moyen terme elle a les moyens de rebondir et de les utiliser comme elle l’a fait en 2014 et 2015. Ensuite, la paix ne sera pas construite sur l’humiliation de la Russie simplement parce que, malgré les annonces triomphantes de Kiev, reprises sans aucune nuance par les médias occidentaux, c’est la Russie qui gagne la guerre en ce moment. C’est elle qui a annexé des territoires où désormais sa monnaie a cours (l’équivalent de deux fois la région Paca). Ces espaces ne reviendront jamais à l’Ukraine.

La Russie, quoi qu’il arrive, a déjà agrandi son territoire de quatre régions parmi les plus riches d’Ukraine. Elle va prendre l’accès à la mer. Donc l’humiliation risque de peser sur l’Otan qui s’est beaucoup investie dans cette guerre. Aucun des matériels sophistiqués livrés n’a su véritablement peser sur le déroulement du conflit. […]

Yves Maillard, ancien attaché naval près l’ambassade de France à Moscou, écrit sur Stratpol :

[…] Les Américains en veulent à mort à la Russie, que ce soit celle de Poutine ou celle d’un autre s’il venait à être remplacé, parce que ce pays, depuis une vingtaine d’années, a entrepris de se débarrasser de ses créances d’État en dollars.

Premier pays à l’avoir fait, d’autres, comme la Chine, étant également en train de le faire, elle s’est défaite de l’essentiel de ses bons du trésor américains, une centaine de milliards de dollars. En les remplaçant par de l’or ou d’autres devises jugées plus solides. Également, mais à un moindre degré, pour s’affranchir de l’abusive extra-territorialité de la loi américaine qui prétend s’appliquer à tout détenteur de sa monnaie de par le monde. […]

La Russie a fait cela car il y a largement de quoi mettre en doute la solidité de la dette souveraine américaine, supérieure à 30.000 milliards de dollars, qui continue sans cesse de s’accroître (5 milliards par jour en moyenne), dette qui, matériellement, ne pourra jamais être remboursée en valeur. En face de cette dette, des créanciers qui tôt ou tard à l’échelle de la planète se rendront compte que leur créance sur l’Amérique est douteuse, pour ne pas dire irrécupérable.

Pour l’Amérique la volonté russe d’indépendance vis-à-vis de la monnaie américaine, car il ne s’agit pas d’autre chose, est considérée, non pas comme un geste inamical, mais comme une véritable déclaration de guerre, car c’est toute la suprématie mondiale dont l’Amérique jouit abusivement, par son dollar émis massivement sans contrepartie dont elle inonde la planète, appuyée sur une force militaire écrasante à laquelle personne n’est en mesure de s’opposer, qui est mise en cause.

Cette indépendance monétaire russe a toutes les chances de faire tache d’huile à l’échelle mondiale et pour l’Amérique c’est inacceptable. Elle a énormément à y perdre quand le monde se rendra compte qu’il est floué, abusé, volé par l’Amérique avec son dollar de papier qui ne lui coûte rien mais avec lequel elle achète tout, elle corrompt tout, elle pourrit tout.

Il faut tuer la Russie !

C’est ce que depuis plusieurs années réclament à corps et à cri nombre de personnalités américaines, membres du Congrès, gouverneurs d’État, officiers généraux. Et pas la tuer n’importe comment, mais en bombardant, au besoin, la Russie à l’arme nucléaire, carrément, et en proclamant ouvertement cette volonté dans les médias. Et cela n’émeut personne. Et cela bien avant la guerre en Ukraine. Ce sont eux qui veulent délibérément la guerre.

Trois pays, dans les décennies passées, ont essayé de se débarrasser de leurs créances sur le Trésor américain, pour la même raison, à savoir des doutes sur la solidité du dollar, en voulant simplement consolider durablement, en la convertissant notamment en or, la richesse que leur procurent leurs revenus pétroliers : l’Iran, l’Irak et la Libye. Tous les trois ont été sauvagement écrasés. Comme les Indiens d’Amérique. Face aux États-Unis, ils n’étaient pas en capacité de se défendre.

Avec la Russie, c’est différent, cette capacité, elle l’a .

[…]

Il fallait à l’Amérique trouver un moyen de faire la guerre à la Russie, sans passer pour l’agresseur. Ce moyen, elle croit l’avoir trouvé, en fomentant sur plusieurs années l’affaire ukrainienne.

Poutine est tombé dans le piège que lui a tendu l’Amérique, en agressant un pays au motif, réel, que des populations russes y étaient non seulement maltraitées (des milliers de morts civils en huit ans), mais aussi susceptibles de l’être plus encore à brève échéance (l’armée ukrainienne massée devant les provinces séparatistes sur le point de les attaquer).

On ne va pas “vers un affrontement direct entre la Russie et les États-Unis”. Cet “affrontement direct”, on y est déjà, et ce depuis le début. C’est ça, et pas autre chose, la guerre actuelle en Ukraine.

Il est absurde, ridicule même, de réduire à la personnalité de Poutine la responsabilité de cette guerre. Si Biden décide, si rapidement, de dépenser des sommes si considérables, des dizaines de milliards de dollars, pour mener cette guerre, par Ukrainiens interposés, c’est bien parce que ce qu’il y défend autre chose, inavouable, que le sort de ces pauvres Ukrainiens. On va voir comment Poutine, soutenu par quatre-vingt-dix pour cent de la population russe, va s’en sortir.

[…]

En fait, que la Russie fasse au final la conquête, ou non, des “républiques sécessionnistes” de l’Est de l’Ukraine, ce n’est pas l’essentiel, c’est secondaire, au regard du motif réel de la guerre. Ce motif c’est le nécessaire écrasement, la destruction de la Russie, coupable de s’être attaquée à la suprématie du dollar, outil absolu de la domination hégémonique mondiale de l’Amérique.

Et comme il n’est pas possible de réduire militairement la Russie, l’Amérique a entrepris de la réduire financièrement par cette vague ahurissante de sanctions financières et monétaires draconiennes sans limites, se voulant dévastatrices, qui s’abat sur elle en ce moment, laquelle n’a rien à voir avec la guerre militaire en Ukraine, qui n’a servi que de prétexte pour déclarer cette guerre financière.

Cette guerre financière n’est pas la conséquence de l’agression russe, c’était le but recherché en faisant tout ce qui a été possible de faire pour pousser Poutine à commettre cette agression, comme Davy Croquett, le cow-boy du XIXème siècle héros de notre enfance, excitait les Indiens afin de leur faire commettre des exactions dont ils étaient “punis” en étant tous massacrés.

Comment la Russie va-t-elle faire face à cette guerre financière? […]

La Russie a des finances saines. Elle est peu endettée. Elle n’a pas de déficit budgétaire. Sa balance commerciale est excédentaire. Ce qui n’est pas le cas, et de loin, de tous les pays gravitant autour et sous la domination contrainte du dollar. Elle a dans à peu près tous les domaines la capacité d’être autonome, capacité renforcée au fil du temps par les “sanctions” précédentes. Sa “rupture” avec le monde, voulue par les Américains, elle l’est surtout avec les Occidentaux, eux-mêmes asservis au dollar. Les deux géants que sont la Chine et l’Inde, pour ne parler que d’eux, sont rétifs à ces “sanctions”. La communication de la Russie dans tous les domaines avec le reste du monde passera par eux, certainement, et se poursuivra, certainement aussi.

En septembre 2021, un article paru sur le site de l’Ecole de Guerre Economique pointait la dédollarisation des économies :

[…] Les Etats-Unis, pour conserver leurs avantages stratégiques hégémoniques (politique, militaire, financier, économique et technologique), ont depuis la crise financière de 2008 adopté une stratégie agressive dans le recours à l’arme des sanctions, en utilisant le droit américain comme un véritable glaive au service d’une guerre tous azimuts et notamment économique et financière. […]

Face à ces agressions de la super-puissance américaine, l’impact sur l’utilisation du dollar dans les échanges internationaux se fait de plus en plus sentir devant cette rupture de confiance des équilibres prônés par le libre-échange. En 2021, selon un rapport du Fond Monétaire International (FMI), la part du dollar américain dans les réserves des banques centrales a chuté de 70% à 59%, son plus bas niveau depuis 25 ans, au profit d’autre devises tel que l’euro, le rouble, le yuan (Renminbi) ou même l’or. […]

Depuis quelques années, le billet vert interroge du fait de son utilisation massive dans le cadre des sanctions américaines. En effet, alors un temps outil de Soft Power pendant la Guerre Froide, il est résolument devenu le symbole du Sharp Power américain depuis le début des années 2000.

En effet, depuis la crise financière de 2008 mais aussi auparavant du temps de la présidence de Georges W. Bush (2001-2009), les Etats-Unis se sont engagés dans une stratégie de sanctions afin de punir et de remettre dans le droit chemin les sociétés, personnes ou nations qui ne respecteraient pas les lois américaines et qui, en même temps, utiliseraient des outils économiques américains pour arriver à leurs fins. Le dollar fait justement partie de ces outils. Ce dernier représente aujourd’hui plus de 60% des échanges mondiaux (85% sur les matières premières) et est détenu aux deux tiers par des investisseurs ne résidant pas aux Etats-Unis.

En France notamment mais également en Allemagne, en Chine, en Russie et dans bien d’autres pays, les lois extraterritoriales américaines font débat quant à leur application supranationale et quant à leurs visées géopolitiques comme « arme de destruction économique massive ».

Sans reprendre le détail des différentes affaires depuis ces dernières décennies, des lois à portées extraterritoriales comme le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977, les différents régimes d’embargos ou des sanctions économiques permettent aux Etats-Unis de sanctionner efficacement et de manière dissuasive leurs ennemis tous désignés Rogue States ou bien leurs adversaires économiques comme peuvent l’être la Chine ou certains pays européens. Bien entendu, à chaque adversaire une mesure de rétention systémique est mise en place de manière plus ou moins visible. Dans toutes les lois américaines à portée extraterritoriales, l’utilisation de la devise nationale et de moyens se trouvant sur le sol américain (serveurs emails, VoIP…) ouvrent la porte à une enquête par le Department of Justice (DoJ) ou de la Standard Exchange Commission (SEC).

Le rôle du dollar dans la grande majorité des poursuites intentées par le gouvernement américains contre des gouvernement étrangers, des multinationales et des établissements bancaires, est prédominant : amende records en 2014 de la BNP Paribas de 8,974 milliards de dollars pour violation d’embargos et de régimes de sanctions en ayant autorisés des flux financiers en dollars US par des entités sous sanctions, 772 millions de dollars d’amende pour la société Alstom, également en 2014, dans le cadre de corruption d’agents publics étrangers avec paiements associés en dollars, ayant pour conséquence économique le rachat d’Alstom par son concurrent américain General Electric et l’incarcération honteuse et abusive de Frédéric Pierruci, alors cadre supérieur d’Alstom Power, afin de pousser l’entreprise française au plaider coupable.

[…]

Avec la politisation du dollar, la Russie tombe sous le coup de nombreuses sanctions américaine. Les dernières en date du 15 avril 2021, annoncées par le Président Joe Biden, infligent une nouvelle salve contre les institutions financières russes, avec notamment l’interdiction pour les sociétés américaines d’acquérir des bons émis par la Russie dans le cadre de ses émissions de nouvelle dette.

Suivant une stratégie politique initiée par le Président Vladimir Poutine depuis 2014, ces nouvelles sanctions confortent Moscou dans sa stratégie de dédollarisation de son économie. En effet, à chaque nouvelle série de sanctions, Vladimir Poutine dénonce le fait que Washington se serve du dollar « pour étendre sa juridiction au monde entier ».

Mais pour la Russie, la solution d’une dédollarisation de son économie ne peut se résumer à libeller l’ensemble de ses exportations ou importations en devise nationale. En effet, la volatilité du taux de change étant bien trop importante, cela empêche ainsi toute conclusion de contrat à terme libellé en roubles.

En 2019, lors du Forum économique eurasiatique à Vérone en Italie, le géant de l’énergie Rosneft a annoncé, par la voix de son dirigeant Igor Setchine, que l’ensemble des contrats export de sa société (120 millions de tonnes par an) seraient dorénavant libellés en euros et non plus en dollars. Cette stratégie ayant notamment pu se mettre en place après une année particulièrement profitable pour l’entreprise. Également, selon Bloomberg, les exportations russes libellées en dollar sont passés pour la première fois fin 2020 sous la barre des 50% à 48%, soit une baisse de 13% par rapport à 2019 et de 38% depuis 2013.

A la stratégie de Rosneft s’ajoute également celle du fond souverain russe le National Wellbeing Fund, principalement alimenté par les exportations d’hydrocarbures, qui a pour objectif de supprimer la totalité de ses investissements en dollar pour remplacer cette devise par l’euro, le yuan et l’or. L’objectif annoncé par le ministre russe des Finances Anton Silouanov, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg de juin 2021, est clair : « Nous avons décidé de renoncer complètement aux actifs en dollars au profit de l’euro et de l’or ». Selon le ministre, l’objectif est d’arriver à la répartition suivante : dollar 0%, euro 40%, yuan 30%, or 20%, livre sterling 5% et yen 5%. Les actifs en dollars devant être liquidés d’ici à fin juillet 2021 selon le ministre.

[…]

Face à la politisation du billet vert, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) préparent leur riposte, à l’instar de la Chine qui, devant les enjeux que porte la guerre commerciale avec les Etats-Unis, se décide à accélérer sa politique de dédollarisation. En effet, celle-ci commence à réaliser que dans le cadre d’un regain de tensions économiques avec Washington, l’utilisation de véhicules financiers contrôlés par l’occident ne lui serait pas favorable et augmenterait d’autant plus son exposition face aux sanctions et rétorsions économiques.

Les BRICS s’organisent pour mettre sur pied un système de paiement transnational qui permettra de s’affranchir du système occidental SWIFT afin d’échapper aux yeux de Washington. En effet, depuis les attentats du 11 septembre, ceux-ci ont un acquis auprès de l’institution bruxelloise un droit de regard sur l’ensemble des transactions passant par ce système au nom de la lutte contre le terrorisme.

[…]

Aujourd’hui, Moscou apparaît comme le leader de cette initiative de dédollarisation et joue à couteaux tirés avec Washington. Ayant davantage l’habitude de se battre politiquement que Beijing, c’est aussi pour la Russie un moyen de se dépêtrer des politiques de sanctions infligées depuis l’annexion de la Crimée en 2014.

A Alexey Maslov d’ajouter « La Russie a une position considérablement plus décisive envers les États-Unis [que la Chine ndlr]. La Russie a l’habitude de se battre, elle ne négocie pas. Une façon pour la Russie de rendre la position de la Chine plus décisive, plus disposée à se battre, est de montrer qu’elle soutient Beijing dans le domaine financier. »

[…]

Lors du Forum Economique de Saint Petersburg en 2018, le Président Emmanuel Macron et le Président Vladimir Poutine échangeaient justement sur les problématiques que rencontrent les pays européens vis-à-vis de leur allié américain en matière de sanctions économiques considérables. Le Président Poutine déclarait alors : « il est nécessaire de mettre fin à ces pratiques. C’est inacceptable. […] Cela détruit l’ordre mondial existant. Nous devons convenir avec nos partenaires américains de règles de conduite communes ». Et d’ajouter « La confiance : soit il-y-a de la confiance, soit il n’y en a pas. » […]

Chronique de la décadence

La Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) contestait un non-lieu, confirmé partiellement par la cour d’appel en février 2021, après une information judiciaire ouverte en 2010 concernant des “faits constatés sur quatre sites français à caractère pornographique”. Cette plainte visait notamment des comportements consistant, pour des jeunes femmes, à se livrer, devant une caméra, à des agissements à caractère sexuel, retransmis en direct par un moyen de communication audiovisuelle à des clients qui les sollicitaient et les rémunéraient par un moyen de paiement à distance. Dans le jargon, on appelle cela le “camgirl”, précise la Cour de cassation.

Pour la CNAFC, les responsables de ces sites internet étaient passibles de poursuites pour “proxénétisme aggravé” car les “modèles” du site s’y livreraient à ce qui est qualifié de prostitution.

Mais la Cour de cassation a contredit ce raisonnement et confirmé celui la cour d’appel. Selon elle, tant qu’il n’y a pas de contacts physiques, il n’y a pas de prostitution.

Brigitte Bourguignon, un ministre de la Santé et surtout, surtout de la culture de mort

Le nouveau ministre de la santé était ministre délégué chargé de l’autonomie dans le précédent gouvernement. En février dernier, à propos des avortements réalisés par les sage-femmes, elle déclarait :

L’expérimentation permettant l’exercice des IVG instrumentales par les sages-femmes en établissements de santé, engagée depuis fin 2021, représente un pas important en faveur de l’amélioration de l’accès à l’IVG, laquelle constitue une préoccupation majeure du Gouvernement. Elle permettra de faciliter l’organisation des équipes hospitalières pour répondre à la demande et d’apporter aux femmes un nouvel interlocuteur possible dans leur parcours.

En septembre 2017, elle cosignait une proposition de loi en faveur de l’euthanasie.

Brigitte Bourguignon avait soutenu Marie Humbert, décédée en août 2018, dans son association « Faut qu’on s’active », qui demandait une loi instituant « une exception d’euthanasie ». Elle en a été la secrétaire générale durant quelques années.

Présidente de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, elle avait signé, en février 2018 dans Le Monde, la tribune des 156 députés issus de la majorité appelant « à mieux encadrer les droits et la liberté de mourir des personnes en fin de vie ».

L’ADMD s’est réjoui de cette nomination sans ambiguïté

Les personnes âgées qui ont voté Macron regretteront-elles ?

La famille de nouveau dans l’angle mort du Gouvernement

Communiqué de La Manif Pour Tous :

L’annonce du nouveau Gouvernement confirme l’absence complète d’ambition de l’Exécutif pour la famille qui n’est mentionnée dans aucun portefeuille ministériel. La Manif Pour Tous regrette cette orientation politique qui donne un avant-goût du quinquennat à venir.

Irremplaçable pour accueillir, aimer et éduquer les enfants, premier lieu de solidarité, protectrice des plus vulnérables, moteur de l’économie, la famille est plébiscitée par toutes les enquêtes d’opinion. Pourtant, elle devra une nouvelle fois se contenter de la part du pauvre des politiques publiques puisqu’aucun ministre ne se consacrera aux presque 19 millions de familles que comptent la France : leurs besoins sont pourtant urgents, nombreux et spécifiques.

La déception est d’autant plus importante que les crises qui se sont succédées ont toutes souligné l’importance de la famille. Lors de la crise des gilets jaunes, les cahiers de doléances faisaient écho à la place de la famille pour chacun, en particulier dans la solidarité intergénérationnelle. Celle-ci est bien souvent un passeport pour l’emploi dans de nombreux territoires où des jeunes doivent compter sur le soutien de leurs parents ou grands-parents pour passer leur permis de conduire et s’acheter une première voiture qui leur ouvre les portes du marché du travail. La crise du covid a aussi été un révélateur de l’importance de la famille pour les Français qui se sont confinés, en grande majorité, en famille. La douleur ressentie face à l’impossibilité d’accompagner les derniers instants des proches victimes du covid a ému la France entière autant qu’elle a suscité incompréhension voire colère.

Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour tous, résume :

« L’avenir se construit avec les familles. Les laisser dans l’angle mort du gouvernement est plus qu’une erreur, c’est une faute politique. Alors que le Président de la République, Emmanuel Macron, a fait de la réforme des retraites une priorité, il est inconcevable de ne pas s’appuyer sur la famille pour soutenir la natalité, facteur indispensable pour assurer l’équilibre des retraites à moyen et long terme ».

Eric Zemmour : “Emmanuel Macron avait dit qu’il voulait déconstruire la France. Son ministre de l’éducation va le faire”

Réaction d’Eric Zemmour à l’annonce de la composition du nouveau gouvernement :

 

Thierry Mariani : “La France, présidée par un européiste fanatique, sortira comme la première victime de cette déflagration (ukrainienne)”

Tribune de Thierry Mariani, publiée dans l’Incorrect :

Vous souvenez vous de la stratégie du choc ? C’est une des techniques employées par une partie du complexe militaro industriel américain au lendemain des effroyables attentats du 11 septembre. Après qu’Al Qaeda a envoyé ses kamikazes frapper les États-Unis, Washington, au lieu de s’attaquer directement au groupe terroriste et à ses liens avec l’Arabie Saoudite, avait décidé d’attaquer l’Irak. Finalement, les contrats d’armements des États-Unis avaient explosé, entraînant dans leur course effrénée au profit la déstabilisation définitive du Proche Orient et ses centaines de milliers de morts.

C’est exactement ce qui se produit en Ukraine. L’OTAN, l’Union européenne et Washington accélèrent des agendas idéologiques totalement contraires aux volontés populaires en profitant de l’onde de choc de la guerre en Ukraine et de l’émotion qu’elle suscite.

Listons les propositions de l’Union européenne : augmentation des financements d’armements vers l’Est de l’Europe, propositions à mi-mots d’un impôt de guerre européen, suppression du vote à la majorité absolue dans les questions de souveraineté au Conseil européen, achat en groupe dans le secteur de l’énergie, création de nouvelles ressources propres, investissements communs de 300 milliards d’euros, multiplication des sanctions unilatérales. En agissant de la sorte, l’Union européenne poursuit un agenda qui va au-delà du fédéralisme puisqu’il est devenu carrément étatique. Après l’émission d’une dette collective pendant la période covid, c’est bien vers un super État européen de fait que les amis de monsieur Macron travaillent à rythme soutenu.

Ils répondent régulièrement que la souveraineté européenne est la condition de la souveraineté française. À croire que la Suisse, le Royaume-Uni ou la Norvège ne seraient pas des États indépendants. Au-delà de la mauvaise foi crasse de l’argument, c’est bien sa fausseté qui doit nous inquiéter. L’Union européenne nous entraine de plus en plus vers la guerre avec la Russie aujourd’hui, ou demain avec la Chine. Silvio Berlusconi vient d’ailleurs d’affirmer que nous devenons belligérants à force de nos livraisons d’armes démesurées à destination de monsieur Zelensky. L’intérêt bien compris de la France à travers l’histoire a pourtant toujours été de maintenir une alliance, discrète ou officielle, avec Moscou.

Pendant sept années, l’Union européenne, les États-Unis et Washington ont poussé l’Ukraine au pire. Rien n’a été fait pour que les accords de Minsk, signés en 2015 afin de permettre la paix, soient appliqués. Ils auraient empêché la guerre. La souveraineté européenne est donc tout sauf une garantie contre la guerre. Les Serbes peuvent en témoigner. Elle n’est pas non plus une assurance de prospérité économique. La déstabilisation des marchés monétaires et financiers engendrés par la gestion défaillante de la crise covid guettait déjà. Les effets du déversement de sanctions sur la Russie et le Belarus viennent la couronner. C’est l’intérêt des États-Unis de nous couper des bénéfices mutuels évidents qui surgiraient d’un réchauffement de nos relations avec Moscou.

La crise sociale qui attend notre pays et notre continent est d’une extrême dangerosité. Déjà les prix agricoles explosent, entraînant avec eux des perturbations conséquentes sur tous les autres secteurs sur fond de mondialisation financière et industrielle.

Demain, la stratégie du choc aura fonctionné : des peuples européens appauvris s’en remettront à un super État technocratique, sans assise démocratique. Bruxelles gèrera notre faillite économique et notre vassalisation stratégique au profit de Washington. La guerre en Ukraine sera alors bien loin et tout porte à croire que le sort de ce peuple est le cadet des soucis de nos dirigeants. La France, présidée par un européiste fanatique, sortira comme la première victime de cette déflagration. On se souviendra alors trop tard des leçons de l’invasion américaine de l’Irak.

Eric Zemmour : “Le clivage droite-gauche existe encore : la droite défend la France et son identité, la gauche s’est entièrement soumise à l’islamo-gauchisme”

Eric Zemmour a accordé une grande interview au Figaro pour expliquer le combat politique de reconquête! pour les législatives. Extraits

Quel est le sens des candidatures Reconquête aux législatives? 

Reconquête est un nouveau parti politique, né en quatre mois, qui compte aujourd’hui 125.000 adhérents. Avoir des candidats à toutes les élections, donc aux législatives, répond à une logique politique. Après la phase d’enthousiasme et d’effervescence, vient celle de l’implantation et de l’enracinement (…) Quant à moi, je ne me voyais pas rester derrière, alors que j’envoyais mes soldats au combat.

Ma mystique bonapartiste du pont d’Arcole me poussait et me galvanisait. J’ai hésité car beaucoup de gens m’ont dit que je devais éviter une nouvelle défaite. Finalement, j’ai écouté ma première intention qui était de me présenter. Si j’ai choisi le Var (la 4e circonscription), c’est parce que tout a commencé dans ce département. J’ai fait ma première conférence littéraire à Toulon, j’y ai accueilli Marion Maréchal. Le Var a été à chaque fois une terre de prédilection de ma campagne présidentielle. Je suis un enfant de la Méditerranée, je suis proche du tempérament de ses habitants. C’est une terre profondément de droite, sociologiquement, idéologiquement de droite (…)

Mais quelles sont les perspectives de victoires? 

Cette bataille sera difficile, comme toutes les batailles électorales. Mais je ne réfléchis pas qu’en termes de nombre d’élus. Car tout le monde sait qu’aux législatives, une autre configuration s’installe. Ceux qui ont voté pour moi, qui ont résisté à la pression terrible du vote utile, comme ceux qui n’y ont pas résisté et voulaient voter pour moi, ont des convictions chevillées au corps, rêvent d’avoir enfin des représentants qui ont le courage de défendre leurs convictions. Ils ont l’occasion de mettre du courage dans les urnes, de voter enfin pour leurs convictions, sans considération ni de vote utile, ni de vote tactique (…)

Mais n’y a-t-il pas, dans l’inconscient collectif, une forme de résignation, qui entraîne les Français, dont une grande part considère que vous avez raison, à ne pas voter pour vous? 

C’est une analyse possible. Ce décalage entre ce que les Français pensent de l’avenir de leur pays et leur sentiment d’apathie et d’effarement face à la marche du monde. Je pense qu’ils sont aidés par les médias qui les culpabilisent de ce qu’ils pensent. Avec une efficacité redoutable, que j’avais analysée depuis vingt ans et que j’avais encore sous-estimée. Il n’est pas facile de se dire qu’on va changer la face du monde, prendre son destin en main et qu’on va défendre l’idée qu’on se fait de la France. Les résistants étaient peu nombreux en 1940 (…)

Vous vous faites le chantre de l’union des droites. Est-ce toujours opportun quand les Républicains n’ont fait que 4,7 % à la présidentielle et que le RN n’en veut pas? 

Je sais qu’il est de bon ton de dire, comme Christophe Guilluy, Jérôme Sainte-Marie ou Marine Le Pen, que le clivage droite-gauche n’existe plus. Les lecteurs du  Figaro  se rappelleront que j’en ai moi-même beaucoup parlé il y a bien longtemps. Cette histoire est aussi vieille que le clivage lui-même. Le christianisme social au XIXe siècle, déjà, s’opposait au clivage droite-gauche. Tout comme le fascisme ou le gaullisme. Dans les années 1990, on pouvait rêver d’une alliance des républicains des deux rives. J’étais très favorable à cette alliance entre les partisans du non au traité de Maastricht du côté du RPR, de l’UDF et du PS, personnifiée par Philippe Séguin, Charles Pasqua, Philippe deVilliers et Jean-Pierre Chevènement. Marine Le Pen veut la refaire, alors qu’elle n’a jamais marché d’ailleurs. Mais c’était le temps de sa jeunesse et, comme disait Marcel Proust:  «L’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose.»  Il y a eu beaucoup de changement depuis cette époque. Le clivage droite-gauche existe encore et il se réinvente sans cesse: la droite défend la France et son identité, la gauche s’est entièrement, et désormais officiellement, soumise à l’islamo-gauchisme. Pour faire l’alliance entre la droite patriote et la gauche patriote, encore faut-il qu’il y ait une gauche patriote! Elle n’existe plus. Marine Le Pen a échoué à faire l’alliance de la droite patriote et de la gauche patriote. Sinon elle aurait gagné la présidentielle contre Emmanuel Macron.

Elle a échoué parce que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon «ne l’ont pas calculée», comme disent les jeunes. Son appel à cet électorat a échoué. Parce qu’il n’y a plus de gauche patriote. Jean-Pierre Chevènement a rallié Emmanuel Macron, alors même qu’Emmanuel Macron veut un fédéralisme européen. Arnaud Montebourg, que Mme Le Pen a lourdement supplié de la rejoindre, a rallié Jean-Luc Mélenchon. Manuel Valls a rallié Emmanuel Macron. Le PS s’est soumis à Jean-Luc Mélenchon. Il n’y a plus de gauches irréconciliables. Il y a une gauche soumise à Jean-Luc Mélenchon. La seule gauche aujourd’hui. Cette gauche recouvre deux électorats qui ont voté Mélenchon au premier tour: celui de l’extrême gauche traditionnelle – les étudiants et la jeunesse précarisée – auquel s’est ajouté l’électorat musulman ; 69 % des électeurs musulmans ont voté pour lui au premier tour. Il est majoritaire en voix dans toutes les banlieues françaises.

La campagne de Jean-Luc Mélenchon a accouché d’un peuple islamo-gauchiste. Il voit déjà plus loin quand il parle de «nouveau tiers état» en évoquant ses électeurs. Il connaît son histoire de France et particulièrement celle de la Révolution (…) Le tiers état, à l’époque, c’est le peuple français. Pour Jean-Luc Mélenchon, aujourd’hui, son électorat est un nouveau peuple. Un peuple créolisé… Il assume officiellement le grand remplacement. Marine Le Pen s’aveugle en pensant qu’elle va pouvoir lui arracher des électeurs. À moins qu’elle ne renonce elle-même à défendre l’identité de la France. C’est le sens de son entretien au  Figaro  du 13 mai où elle dit: certes, il y a l’insécurité et l’immigration, mais il y a aussi le social. Moi, j’entends le véritable sens de cette phrase, et j’ai bien suivi sa campagne: pour elle, il y a d’abord le social. Elle met une hiérarchie, en plaçant le social avant l’identitaire. Donc, quand Marine Le Pen dit qu’il y a un véritable désaccord stratégique avec moi, elle a entièrement raison. Moi, je place la nation en premier et la solidarité s’inscrit dans ce cadre. En mettant en priorité le social, elle s’inscrit dans une philosophie politique qui s’appelle le socialisme. 

Marine Le Pen ne tire-t-elle pas simplement les leçons de la présidentielle, qui a démontré que le pouvoir d’achat était le premier sujet de préoccupation des Français? 

Le pouvoir d’achat est un sujet évidemment important, et même urgent puisque nous sommes en période inflationniste. Mais là, je parle du cadre dans lequel on inscrit cette urgence, donc de philosophie politique. Qu’est-ce qui tient le haut de la hiérarchie? Pour moi, c’est la France, sa survie et son identité. Pour Marine Le Pen, c’est le socialisme. En matière sociale, le discours de Marine Le Pen est d’ailleurs le même que celui de Jean-Luc Mélenchon. Que ce soit sur la retraite à 60 ans ou le retour de l’impôt sur la fortune. Mais cela n’a pas empêché Jean-Luc Mélenchon de dire durant l’entre-deux-tours:  «Pas une voix pour Marine Le Pen.» Qu’est-ce que cela signifie? Que même pour lui, il y a quelque chose au-dessus de la question sociale. Une sorte de priorité inavouée. Et c’est la clé de son entente tacite avec Emmanuel Macron. Parce qu’Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont d’accord sur un point fondamental: l’avènement d’un «nouveau peuple» (…)

À vous écouter, votre véritable rival, votre négatif idéologique est Jean-Luc Mélenchon, et non Emmanuel Macron. 

Le débat fondamental de ces dix voire vingt prochaines années est entre moi et Jean-Luc Mélenchon. Entre ma France et la sienne. Il le sait et je le sais: regardez notre débat de septembre. Nous avons entre nous deux véritables visions qui s’opposent. Emmanuel Macron n’est qu’une étape avant le mélenchonisme. Le chef de l’État et le chef de La France insoumise ne sont pas adversaires. Ils sont simplement décalés dans le temps. Emmanuel Macron prépare la France de Jean-Luc Mélenchon. Ils sont tous les deux pour l’avènement de ce «nouveau peuple» créolisé. Seulement, Jean-Luc Mélenchon veut en accoucher par la révolution. Quand Emmanuel Macron veut l’engendrer par attentisme et fatalisme démographique. Il y a une différence de chronologie, mais pas d’idéologie. C’est pour cela que je vais continuer à me battre et à m’opposer et à Emmanuel Macron et à Jean-Luc Mélenchon. Les Français vont rapidement comprendre ce qui se joue. Ils comprendront que les vrais enjeux politiques dépassent de loin ce qu’a été la fin de cette présidentielle.

Mais avec qui souhaitez-vous porter ce combat? Vos propos sur Marine Le Pen tendent à rendre impossible toute alliance.

D’abord avec les Français. Je n’ai pas seulement tendu la main au RN mais également aux LR. Je le répète, il faut un rassemblement de toutes les droites. Pourquoi la gauche serait-elle seule capable de s’unir? Ma volonté d’union des droites trouve une actualité brûlante avec la Nupes. Je n’ai jamais voulu d’un tête-à-tête avec le RN, je ne me reconnais pas dans cette «primaire». J’ai voulu créer une force qui agrégerait une partie de ses électeurs, une partie des LR et une partie des abstentionnistes. Cela ne veut pas dire détruire le RN, mais tenter de faire ce qu’il ne parvenait pas à faire. Un parti tribunitien comme le RN ne pourra jamais gagner l’élection présidentielle. Parce qu’enfermé dans sa logique socialiste, il refuse de parler à plusieurs catégories sociales. Quand on a une logique patriote et pas une logique socialiste, on est obligé d’admettre qu’il faut une alliance avec une partie de la bourgeoisie pour défendre la France et conquérir le pouvoir. C’est une règle immuable à gauche comme à droite. On l’a vu avec François Mitterrand à gauche, et avec la victoire de Donald Trump, de Johnson ou du Brexit à droite. Seul ce rapprochement est susceptible d’empêcher l’évolution funeste de notre pays que j’ai décrite et que nous prépare la gauche qui s’unit. Je crois que ce rapprochement ne pourra passer que par Reconquête. Les électeurs doivent se rendre compte que le parti Les Républicains est macronisé et que le Rassemblement national est socialisé.

Quand, selon vous, la recomposition politique arrivera-t-elle à maturité? Lors des prochaines européennes? 

Tous les phénomènes que j’ai décrits durant la campagne présidentielle vont s’accélérer: la fédéralisation européenne, l’otanisation, l’islamisation… L’Histoire est en train de s’écrire. Les échéances électorales, et les européennes particulièrement, sont importantes pour interrompre ce cours de l’Histoire. C’est l’Histoire qui tranchera nos désaccords politiques. Le vote pour Emmanuel Macron ralentit cette nécessaire recomposition politique: c’est un vote de «boomers» vivant dans les métropoles (…).

Comment exister, qui plus est sans élus, ces cinq prochaines années? 

(…)  Je crois avoir réussi à former une jeunesse dans le sens de mes convictions, de mes idées, et de ce qu’a toujours été la France. Reconquête ne sera pas uniquement un parti qui présentera des candidats aux élections. Ce sera également une école de pensée, un lieu de formation. Cela me correspond parfaitement et j’aurai à mes côtés mes vice-présidents Marion Maréchal, Nicolas Bay et Guillaume Peltier (…) Chez Reconquête, nous pensons non seulement à la prochaine élection, mais à la prochaine génération.

La France est-elle entrée en guerre aux côtés de l’Ukraine ?

Le tweet publié par le Chef d’Etat-Major des Armées françaises (CEMA) est plus que troublant. Si les Français savent que la France livrait de l’armement à l’Ukraine, ils ignoraient que l’armée française était impliquée dans les opérations militaires. Ce genre de publication aussi forte étant rarement le fruit d’une initiative personnelle des militaires, toujours aux ordres des politiques, faut-il chercher du côté d’Emmanuel Macron, chef des armées ? Il serait temps que chacun conserve son calme. Les conseillers de l’Elysée devaient lire Henri Guaino :

 

La situation ukrainienne inquiète Henri Guaino : “Nous marchons vers la guerre comme des somnambules”

Un des rares hommes politiques qui peut se prétendre gaulliste de manière crédible a publié une tribune sur la situation internationale liée à la crise ukrainienne :

Nous marchons vers la guerre comme des somnambules. 

J’emprunte cette image au titre du livre de l’historien australien Christopher Clark sur les causes de la Première Guerre mondiale :  Les Somnambules, été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre.

« Le déclenchement de la guerre de 14-18, écrit-il,  n’est pas un roman d’Agatha Christie  (…)  Il n’y a pas d’arme du crime dans cette histoire, ou plutôt il y a en a une pour chaque personnage principal. Vu sous cet angle, le déclenchement de la guerre n’a pas été un crime, mais une tragédie. » En 1914, aucun dirigeant européen n’était dément, aucun ne voulait une guerre mondiale qui ferait vingt millions de morts mais, tous ensemble, ils l’ont déclenchée. Et au moment du traité de Versailles aucun ne voulait une autre guerre mondiale qui ferait soixante millions de morts mais, tous ensemble, ils ont quand même armé la machine infernale qui allait y conduire.

Dès le 7 septembre 1914, après seulement un mois de guerre, le chef du grand état-major allemand qui avait tant plaidé pour que l’Allemagne attaquât avant d’être attaquée écrivait à sa femme : « Quels torrents de sang ont coulé (…) j’ai l’impression que je suis responsable de toutes ces horreurs et pourtant je ne pouvais agir autrement. »

« Je ne pouvais agir autrement » : tout était dit sur l’engrenage qui mène à la guerre. Engrenage qui est d’abord celui par lequel chaque peuple se met à prêter à l’autre ses propres arrière-pensées, ses desseins inavoués, les sentiments que lui-même éprouve à son égard. C’est bien ce que fait aujourd’hui l’Occident vis-à-vis de la Russie et c’est bien ce que fait la Russie vis-à-vis de l’Occident. L’Occident s’est convaincu que si la Russie gagnait en Ukraine, elle n’aurait plus de limite dans sa volonté de domination. À l’inverse, la Russie s’est convaincue que si l’Occident faisait basculer l’Ukraine dans son camp, ce serait lui qui ne contiendrait plus son ambition hégémonique.

En étendant l’Otan à tous les anciens pays de l’Est jusqu’aux pays Baltes, en transformant l’Alliance atlantique en alliance anti-Russe, en repoussant les frontières de l’Union européenne jusqu’à celles de la Russie, les États-Unis et l’Union européenne ont réveillé chez les Russes le sentiment d’encerclement qui a été à l’origine de tant de guerres européennes. Le soutien occidental à la révolution de Maïdan, en 2014, contre un gouvernement ukrainien prorusse a été la preuve pour les Russes que leurs craintes étaient fondées. L’annexion de la Crimée par la Russie et son soutien aux séparatistes du Donbass ont à leur tour donné à l’Occident le sentiment que la menace russe était réelle et qu’il fallait armer l’Ukraine, ce qui persuada la Russie un peu plus que l’Occident la menaçait. L’accord de partenariat stratégique conclu entre les États-Unis et l’Ukraine le 10 novembre 2021, scellant une alliance des deux pays dirigée explicitement contre la Russie et promettant l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan, a achevé de convaincre la Russie qu’elle devait attaquer avant que l’adversaire supposé soit en mesure de le faire. C’est l’engrenage de 1914 dans toute son effrayante pureté. 

Comme toujours, c’est dans les mentalités, l’imaginaire et la psychologie des peuples, qu’il faut en chercher l’origine. Comment la Pologne, quatre fois démembrée, quatre fois partagée en trois siècles, comment la Lituanie annexée deux siècles durant à la Russie, la Finlande amputée en 1939, comment tous les pays qui ont vécu un demi-siècle sous le joug soviétique ne seraient-ils pas angoissés à la première menace qui pointe à l’Est ? Et de son côté, comment la Russie, qui a dû si souvent se battre pour contenir la poussée de l’Occident vers l’Est et qui est déchirée depuis des siècles entre sa fascination et sa répulsion pour la civilisation occidentale, pourrait-elle ne pas éprouver une angoisse existentielle face à une Ukraine en train de devenir la tête de pont de l’occidentalisation du monde russe ?  « Ce ne sont pas les différences, mais leur perte qui entraîne la rivalité démente, la lutte à outrance entre les hommes » , dit René Girard. Menacer ce par quoi le Russe veut rester russe, n’est-ce pas prendre le risque de cette « rivalité démente » ? L’Occident voit trop la nostalgie de l’URSS et pas assez, le slavophilisme, c’est-à-dire la Russie éternelle telle qu’elle se pense avec ses mythes. Alexandre Koyré a consacré un livre profond (1), à ce courant dont sont nées la grande littérature et la conscience nationale russes au début du XIXe siècle quand  « le nationalisme instinctif aidant, un nationalisme conscient avait fini par voir entre la Russie et l’Occident une opposition d’essence »  . Le slavophilisme, ce sentiment de supériorité spirituelle et morale face à l’Occident, est dans le cri du coeur de Soljenitsyne devant les étudiants de Harvard en 1978 :  « Non, je ne prendrais pas votre socie´te´ comme mode`le pour la transformation de la mienne. » Cette Russie-là ne voit peut-être pas la guerre en Ukraine comme une guerre d’invasion mais comme une guerre de sécession. Sécession du berceau du monde russe, de la terre où s’est joué tant de fois le sort de la Russie, où elle a repoussé les Polonais et les armées de Hitler. Sécession politique, culturelle et même spirituelle depuis qu’en 2018 l’Église orthodoxe ukrainienne s’est affranchie de la tutelle du patriarcat de Moscou. Et les guerres de sécession sont les pires. Une chose en tout cas est certaine : cette guerre est, à travers l’Ukraine martyrisée, une guerre entre l’Occident et la Russie qui peut déboucher sur un affrontement direct par une escalade incontrôlée. La guerre, c’est, depuis toujours, la libération de tout ce qu’il y a dans la nature humaine de sauvagerie et d’instinct meurtrier, une montée aux extrêmes qui finit toujours par emporter malgré eux les combattants comme les dirigeants. Ni Churchill, ni Roosevelt, n’avaient pensé qu’un jour ils ordonneraient de bombarder massivement les villes allemandes pour casser le moral de la population, ni Truman qu’il finirait en 1945 par recourir à la bombe atomique pour casser la résistance japonaise. Kennedy en envoyant quelques centaines de conseillers militaires au Vietnam en 1961 ne pensait pas que huit ans plus tard l’Amérique y engagerait plus d’un demi-million d’hommes, y effectuerait des bombardements massifs au napalm, et serait responsable du massacre de villages entiers.

Si la guerre froide n’a pas débouché sur la troisième guerre mondiale, c’est d’abord parce qu’aucun de ses protagonistes n’a jamais cherché à acculer l’autre. Dans les crises les plus graves, chacun a toujours fait en sorte que l’autre ait une porte de sortie. Aujourd’hui, au contraire, les États-Unis, et leurs alliés, veulent acculer la Russie. 

Quand on agite devant elle la perspective de l’adhésion à l’Otan de la Finlande, de la Suède, de la Moldavie et de la Géorgie en plus de celle de l’Ukraine, quand le secrétaire américain à la Défense déclare que les États-Unis  « souhaitent voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne puisse plus faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine »  , quand le président des États-Unis se laisse aller à traiter le président russe de boucher, à déclarer que  « pour l’amour de Dieu, cet homme ne peut pas rester au pouvoir »  et demande au Congrès 20 milliards de dollars en plus des 3 milliards et demi déjà dépensés par les États-Unis pour fournir en masse des chars, des avions, des missiles, des canons, des drones aux Ukrainiens, on comprend que la stratégie qui vise à acculer la Russie n’a plus de limite. Mais elle sous-estime la résilience du peuple russe, comme les Russes ont sous estimé la résilience des Ukrainiens. Acculer la Russie, c’est la pousser à surenchérir dans la violence. Jusqu’où ? La guerre totale, chimique, nucléaire ? Jusqu’à provoquer une nouvelle guerre froide entre l’Occident et tous ceux qui, dans le monde, se souvenant du Kosovo, de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye, pensent que si la Russie est acculée, ils le seront aussi parce qu’il n’y aura plus de limite à la tentation hégémonique des États-Unis : l’Inde qui ne condamne pas la Russie et qui pense au Cachemire, la Chine qui dénonce violemment « les politiques coercitives » de l’Occident parce qu’elle sait que si la Russie s’effondre elle se retrouvera en première ligne, le Brésil qui, par la voix de Lula, dit  « une guerre n’a jamais un seul responsable »  , et tous les autres en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique qui refusent de sanctionner la Russie. Tout faire pour acculer la Russie, ce n’est pas sauver l’ordre mondial, c’est le dynamiter. Quand la Russie aura été chassée de toutes les instances internationales et que celles-ci se seront désintégrées comme la SDN au début des années 1930, que restera-t-il de l’ordre mondial ?

Trouver un coupable nous conforte dans le bien-fondé de notre attitude, et dans le cas présent, nous en avons un tout désigné, un autocrate impitoyable, incarnation du mal. Mais le bien contre le mal, c’est l’esprit de croisade :  « Tuez-les tous et Dieu reconnaîtra les siens. »  Au lieu de faire entendre sa voix pour éviter cette folie et arrêter les massacres, l’Union européenne emboîte le pas des États-Unis dans l’escalade de leur guerre par procuration. Mais que feront les Européens et les États-Unis au pied du mur de la guerre totale ? Avec les obus nucléaires et les armes nucléaires tactiques de faible puissance, la marche n’est plus si haute. Et après ? Après, tout peut arriver : l’engrenage tragique de la violence mimétique que personne n’aurait voulu mais auquel tout le monde aurait contribué et qui pourrait détruire l’Europe et peut-être l’humanité ou la capitulation munichoise des puissances occidentales qui ne voudrons peut-être pas risquer le pire pour l’Ukraine, ni même peut-être pour les pays Baltes ou la Pologne. Souvenons-nous de l’avertissement du général de Gaulle en 1966 lors de la sortie du commandement intégré de l’Otan :  « La Russie soviétique s’est dotée d’un armement nucléaire capable de frapper directement les États-Unis, ce qui a naturellement rendu pour le moins indéterminées les décisions des Américains, quant à l’emploi éventuel de leur bombe. »

Où est la voix de la France, de ce  « vieux pays, d’un vieux continent qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie » , qui le 14 février 2003 à l’ONU disait non à la guerre en Irak, qui en 2008 sauvait la Géorgie et s’opposait à l’adhésion de celle-ci et de l’Ukraine à l’Otan et qui plaiderait aujourd’hui pour la neutralisation d’une Ukraine qui n’aurait vocation à n’entrer ni dans l’Otan, ni dans l’Union européenne, en écho à l’avertissement lancé en 2014 par Henry Kissinger :  « Si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-poste de l’une des parties contre l’autre. Elle doit être un pont entre elles. L’Occident doit comprendre que pour la Russie l’Ukraine ne pourra jamais être un simple pays étranger. »  C’est par sa neutralisation que la Finlande a pu demeurer libre et souveraine entre les deux blocs pendant la guerre froide. C’est par sa neutralisation que l’Autriche est redevenue en 1955 un pays libre et souverain.

Faire aujourd’hui des concessions à la Russie, c’est se plier à la loi du plus fort. N’en faire aucune, c’est se plier à la loi du plus fou. Tragique dilemme. Un dilemme comme celui-ci, vécu dans la Résistance par le poète René Char (2) :

« J’ai assisté, distant de quelque cent mètres, à l’exécution de B. Je n’avais qu’à presser la détente du fusil-mitrailleur et il pouvait être sauvé ! Nous étions sur les hauteurs de Céreste (…) au moins égaux en nombre aux SS. Eux ignorant que nous étions là. Aux yeux qui imploraient partout autour de moi le signal d’ouvrir le feu, j’ai répondu non de la tête  (…) Je n’ai pas donné le signal parce que ce village devait être épargné à tout prix. Qu’est-ce qu’un village ? Un village pareil à un autre ? »  Et nous, que répondrons-nous aux regards qui nous imploreront d’arrêter le malheur quand nous l’aurons fabriqué ?

Nous marchons vers la guerre comme des somnambules.

(1) « La philosophie et le problème national en Russie au début du XIXe siècle » (1978). (2) « Feuillets d’Hypnos » , fragment 138 (Gallimard, 1946)

A propos du décès d’Eric Angier de Lohéac

De Cécile Edel, présidente de Choisir la vie :

Il y a quelques mois, notre présidente Odile Guinnepain, décédait brutalement à l’âge de 47 ans, après avoir offert sa vie au service des plus fragiles. Aujourd’hui, avec une profonde tristesse, nous vous faisons part du décès d’Eric Angier de Lohéac, fondateur et président des veillées pour la Vie, qui a remis son âme à Dieu dans la soirée du 17 au 18 mai, jour de la saint Éric, après avoir reçu les derniers sacrements, à l’âge de 37 ans.

Jusqu’au bout et depuis 12 ans, et ce malgré la rechute de son cancer à l’automne dernier, il a tenu bon et a persévéré dans son apostolat en ne cessant de porter les veillées pour la Vie et de faire croître ce grand mouvement de veilleurs. Sa foi était profonde et ancrée. C’est dans l’eucharistie et dans son chapelet quotidien qu’il puisait sa force et le courage dans l’adversité.

À nos côtés pour la Marche pour la Vie, et également pour l’organisation de la Journée pour la Vie, nous ne pouvons que témoigner de sa grande humilité dans sa remarquable fidélité à sa vocation. Nous venons de perdre sur cette terre un ardent défenseur de la Vie mais sans nul doute, nous gagnons au Ciel un remarquable intercesseur auprès de Dieu. Nous ne pouvons que rendre grâce pour cette vie offerte. Qu’elle soit pour chacun de nous un exemple de vie féconde, engagée et donnée au service d’une cause qui nous dépasse.

Nous pouvons rendre hommage à Eric et à toutes les si belles âmes qui l’ont précédé en continuant d’oeuvrer et de prier sans relâche pour la Vie, dans la communion des Saints.

Puisses-tu cher Eric, toi qui a tant veillé pour la Vie ici-bas, aux côtés du Père où tu te tiens désormais, veiller dorénavant sur nous et sur tous ces petits.

En 2018, sur le plateau d’Un Coeur qui écoute, sur KTO, Eric partageait avec bonne humeur les raisons et les circonstances de son engagement dans les Veillées pour la Vie dont il est président. Le trentenaire, joueur de cornemuse, ingénieur géomètre et hydrographe, nous parle aussi de son cancer qui lui a permis de mieux comprendre de l’intérieur l’urgence de ce combat pour la vie, “de sa conception à sa fin naturelle”.

En octobre 2018, Terres de Mission recevait Eric Angier de Lohéac :

A l’été 2021, Éric Angier de Lohéac et son équipage, alertés par un article publié sur Voiles et voiliers, avaient sauvé un catamaran à la dérive dans le Golfe de Gascogne. Ils avaient filmé leur exploit :

Terrorisme LGBT

Dans un communiqué au vitriol publié jeudi soir, la Fédération Sénégalaise de Football prend fait et cause pour le milieu international sénégalais du Paris Saint-Germain, sous le feu de la critique depuis samedi dernier :

Quand l’éthique se base sur l’hypothétique et le diktat, la liberté individuelle est en péril.

C’est avec une grande surprise (et une grande inquiétude sur le traitement de certains joueurs essentiellement d’origine africaine, disons le clairement) que la Fédération Sénégalaise de Football a pris connaissance de la lettre du 17 mai 2022 portant en-tête de la FFF(Fédération Française de Football) et censée venir de son Conseil National de l’Ethique.

S’il est difficile de trouver les bases légales, statutaires ou réglementaires d’une telle démarche dans les textes du Football ou du sport en général , sa finalité est par contre claire : contraindre le joueur à faire ce que son libre arbitre ne l’incline à faire.

Est-on vraiment dans cette France que l’on nous avait contée et racontée dans nos écoles, celle qui a comme devise la liberté, la fraternité et de l’égalité pour tous ?

Comment une instance qui prétend promouvoir l’éthique dans le Football peut se fonder sur des supputations pour s’adresser à une personne pour lui enjoindre de s’exprimer et pire encore de s’afficher avec le maillot aux couleurs LGBTQI+ pour mettre fin aux dites supputations ?

Cela ne rappelle-t-il pas ces pratiques d’un autre temps dans les salles de classes des écoles où pour punir l’élève « insoumis », le maître ou le professeur le mettait au supplice de l’humiliation devant ses autres camarades de classe pour la sanction comme pour l’exemple ?

Il est un principe élémentaire en droit qui dit que nul ne peut être tenu à apporter la preuve d’un fait négatif.

Pourquoi le dit Conseil national d’éthique n’a-t-il pas commencé par demander aux médias français qui ont porté l’accusation d’apporter la preuve de leurs allégations ?

Mieux, pourquoi ne s’est-elle pas adressée au club du joueur qui a communiqué sur les raisons de la non participation d’Idrissa Gana Guéye au match de la polémique ?

La tournure de la correspondance est d’autant plus inquiétante en ce qui concerne le respect des droits élémentaires du joueur Idrissa Gana Guéye qu’on y lit cette phrase qui sonne comme une sentence comminatoire sans jugement préalable : « en ne participant pas à cette opération, vous validez le comportement discriminatoire, le refus de l’autre et pas seulement de la communauté LGBTQI+. »

La suite est sans commentaire car elle traduit en elle-même toute la dimension des préjugés de l’auteur de cette lettre éthique :  »Nous devons tous nous sentir concernés par toutes les discriminations et pas seulement celles qui nous touchent personnellement. »

Manifestement et inconsciemment, au moment d’écrire sa lettre, le sieur Patrick Anton n’a pas pu s’empêcher de mettre en lien la situation qu’il décrit ou déplore avec la couleur (ou la religion) de Mr Idrissa Gana Guéye.

Ce faisant, s’est-il rendu compte qu’il est en train de stigmatiser le dit joueur en le classant d’emblée et sans son avis dans la catégorie des personnes discriminées ?

Ainsi se présente toute la problématique des libertés de nos jours, elles ne sont plus universelles : il y a celles que l’ont promeut voire impose, même au forceps s’il le faut, d’autres pour lesquels on détourne la tête et qui ne bénéficieront jamais d’une journée de championnat dédiée malheureusement.

S’il ya quelqu’un qui doit clarifier sa situation ou faire amende honorable, ce n’est point Idrissa Gana Guéye mais bien Mr Patrice Anton du Conseil National d’éthique de la FFF qui non content de chercher de la fumée là il n ya point de feu est pris en flagrant délit de menaces voilées et de propos discriminatoires à l’encontre d’un joueur professionnel dont le seul tort est de ne pas avoir joué un match de championnat, ce qui au demeurant jusqu’à plus ample informer est un fait courant et ne concerne que les relations entre ce dernier et son club employeur.

La Fédération Sénégalaise de Football se voit obligée dans de telles circonstances et sans préjudicier en aucune manière aux règles qui régissent le Football dans une association sœur, d’exprimer toute sa solidarité au Joueur Idrissa Gana Guéye, membre de l’équipe nationale du Sénégal et dont elle peut témoigner des qualités humaines exceptionnelles et de son sens poussé du respect de l’autre sans concession sur le respect qu’on lui doit lui-même en tant personne jouissant d’une totale liberté de conscience.

Elle se réserve également le droit de saisir les instances internationales compétentes dans le domaine du sport ou en matière de droits de l’homme pour que ce qui ressemble à un harcèlement institutionnalisé cesse.

L’Oklahoma vote une loi qui interdit l’avortement dès la conception

Les députés de l’Oklahoma ont adopté hier par 73 voix contre 16 (seulement !) une loi qui interdit l’avortement dès la conception. Le texte avait été adopté par les sénateurs le 28 février par 35 voix contre 10. Le gouverneur s’était engagé à signer tout texte limitant l’avortement afin que son Etat « devienne le plus pro-vie du pays ».

Planned Parenthood a annoncé vouloir « assigner l’Oklahoma en justice ». Dans le contexte de la remise en cause par la Cour suprême de l’arrêt libéralisant l’avortement, l’Oklahoma a toutes les chances de gagner.

Un remaniement pour ne rien changer

Voici la liste du gouvernement :

  • Bruno Le Maire reste à Bercy, au poste de ministre de l’économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique.
  • Gérald Darmanin reste ministre de l’intérieur.
  • Catherine Colonna remplace Le Drian en tant que ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
  • Eric Dupond-Moretti reste au ministère de la justice.
  • L’historien Pap Ndiaye est nommé ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.
  • Sébastien Lecornu remplace Florence Parly et est nommé ministre des armées
  • Brigitte Bourguignon est nommée ministre de la santé et de la prévention.
  • Olivier Dussopt est nommé ministre du travail, du plein-emploi et de l’insertion.
  • Damien Abad est nommé ministre des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées.
  • Marc Fesneau est nommé ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.
  • Stanislas Guerini est nommé ministre de la fonction publique
  • Yaël Braun-Pivet est nommée ministre des outre-mer
  • Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
  • Agnès Pannier-Runacher est nommée aussi ministre de la transition énergétique.
  • Amélie Oudéa-Castéra est nommée ministre des sports et des Jeux olympiques.
  • Olivier Véran est nommé secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement et de la vie démocratique
  • Gabriel Attal est nommé ministre délégué chargé des comptes publics.
  • Franck Riester est nommé ministre chargé du commerce extérieur.
  • Olivia Grégoire remplace G. Attal et est nommée porte-parole du gouvernement
  • Clément Beaune est nommé secrétaire d’état chargé de l’Europe.
  • Rima Abdul Malak prend la place de R. Bachelot et est nommée ministre de la culture. C’est une ancienne conseillère culture de Bertrand Delanoë à Paris et de Macron à l’Elysée.
  • Isabelle Rome, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances.

Pap Ndiaye, jusqu’ici Directeur du Musée de l’histoire de l’immigration, est donc le nouveau ministre de l’Education nationale. En mars 2021, il déclarait

« Notre mission, c’est faire de l’immigration un élément central de l’histoire nationale »

Eric Zemmour dénonçait le grand remplacement. Le nouveau gouvernement veut l’accentuer.

Quant à Damien Abad, qui passe de LR à EM, son nom vient d’apparaître dans une histoire sordide de barbouzerie. Au meilleur moment…

“Quand Dieu efface, c’est qu’Il veut écrire” : quand Patrick Buisson commente Bossuet

Conférence de Patrick Buisson à la Fête du Livre 2021 de Renaissance catholique à Villepreux :

Saint Charles de Foucauld, une chance pour la France

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles

Macron a démontré tout au long de la crise du Covid son absence de respect des droits fondamentaux

Jorge Buxadé est vice-président du parti libéral-conservateur espagnol Vox, président de la délégation de Vox au Parlement européen (groupe Conservateurs et Réformistes européens). Il a été interrogé par Olivier Bault dans Présent. Extrait :

La réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française est-elle selon vous une bonne nouvelle pour l’Europe, par rapport à une éventuelle victoire de Marine Le Pen ?

Je ne pense pas que ce soit une bonne nouvelle pour l’Europe. Emmanuel Macron s’est caractérisé par des déclarations comme celle sur sa volonté d’inclure le faux droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux, et c’est un dirigeant qui rejoint ces élites, ces oligarchies de Bruxelles contre les intérêts des travailleurs et des classes populaires. Nous pensons chez Vox que Macron a également démontré tout au long de la crise du Covid son absence de respect des droits fondamentaux, tout comme en Espagne Pedro Sánchez quand il a déclaré deux mois d’état d’alerte que notre Cour constitutionnelle a jugés contraires à notre constitution. Nous voulons une Europe qui respecte les droits des individus et les droits des familles et qui travaille pour les entreprises européennes et les travailleurs de nos nations. Nous ne voyons pas en Macron quelqu’un prêt à défendre la souveraineté des Etats membres.

Ne trouvez-vous pas dommage que Marine Le Pen et Eric Zemmour ne puissent pas s’allier pour les élections législatives en France et que seule la gauche le fasse, ce qui en fera probablement la principale opposition à Macron dans le prochain parlement après les élections de juin ?

Chez Vox, nous ne voulons pas dire aux Français comment ils doivent s’organiser. Nous avons un maximum de respect pour nos amis français. Marine Le Pen a montré qu’elle était capable de rassembler plus de 40 % des électeurs français lors d’un second tour et le projet de Zemmour a introduit dans la politique française des débats qui n’étaient peut-être pas au premier plan. C’est une bonne chose. Et donc nous aimerions qu’ils puissent se développer au mieux de leurs capacités, mais je le répète : Vox est très respectueux des décisions de ces organisations politiques.

En France, il y a une forte diabolisation de Le Pen et de Zemmour à droite, tandis que la gauche, bien que regroupée autour de l’islamo-gauchiste radical Mélenchon, y compris avec les communistes comme en Espagne, n’est pas présentée comme une menace pour la démocratie. Est-ce la même chose chez vous ?

Oui, il se passe la même chose en Espagne et c’est fondamentalement parce que, pendant plus de cinquante ans, la droite n’a pas mené le combat. La droite politique partout en Europe, ou du moins en Espagne et en France, et aussi en Italie, n’a eu de cesse de céder du terrain à la gauche. Or, dans des mouvements comme Vox, nous sommes prêts à nous battre sur tous les fronts : pour défendre la personne, la famille, la nation, la liberté, le droit de propriété, l’ordre, les frontières… Du fait des renoncements de la droite traditionnelle, la gauche se croit aujourd’hui en position de supériorité, mais nous sommes en train de renverser la situation. Dans toute l’Europe, il y a un renouveau des mouvements qui revendiquent le respect de la nation, de ses droits, de ses compétences, et aussi une renaissance des sentiments en faveur de l’individu et de la famille face à la politique communautariste de la gauche qui veut diviser les nations et nous opposer les uns aux autres. Pour nous, ce qui constitue notre identité, c’est d’être Espagnols. La gauche met en avant d’autres caractéristiques telles que le fait d’être un homme ou une femme, la sexualité ou d’autres identités qui divisent la nation. Ils nous divisent depuis des années, en se faisant les alliés des partis séparatistes et mondialistes qui veulent briser l’unité de l’Espagne, alors que cette unité est pour nous quelque chose d’extrêmement précieux.

La communion ecclésiale est objective

Suite et fin des articles sur la communion, par l’abbé de Massia (FSSP) et que vous pouvez retrouver en intégralité au format pdf.

1 – Peut-il y avoir unité de culte s’il y a des rites différents ?

Avant de conclure cette première étude, disons un mot de cette objection étonnante qui est revenue plusieurs fois ces derniers mois : le fait de célébrer une liturgie différente, au sein de l’Église latine, constituerait un risque pour la communion de culte. On a pu ainsi lire, récemment :

Revendiquer un autre rite que le rite commun contredit le sens même de l’eucharistie parce que celle-ci requiert le rassemblement dans l’unité […] L’unité du rite n’est sans doute pas une condition suffisante pour que l’Église vive dans l’unité, mais elle est nécessaire[1]

Ou bien :

[Les traditionalistes] oublient un élément, essentiel : le “ensemble”. Si l’on a chacun son rite particulier, défini en fonction de ses options politiques ou théologiques, la liturgie devient le moyen de marquer sa différence, et donc d’exclure. […] Quid de la communion de tous que permet la foi, à travers la liturgie[2] ?

Sur le fond, nous avons déjà répondu dans l’article précédent : la communion sacramentelle ne requiert en aucun cas, de célébrer « ensemble », ou « de la même manière » : l’unité de culte n’est pas réalisée par un effort humain, mais par le Christ qui est partout le même et s’offre une seule fois dans toutes les messes valides du monde célébrées par des prêtres unis au pape.

En guise de confirmation, cette objection – qui s’appuyait sans doute sur une interprétation trop stricte du Motu Proprio Traditionis Custodes – est désormais invalidée par le décret du pape François confirmant la Fraternité Saint-Pierre dans son droit propre. On voit mal comment, depuis 1988, trois papes successifs aient pu autoriser la liturgie traditionnelle, si sa simple existence constituait une rupture de communion.

Il existe ainsi dans l’Église catholique vingt-deux Églises rituelles sui juris : l’Église latine (qui conserve plusieurs rites liturgiques autres que le rite romain, comme le rite dominicain et le rite ambrosien par exemple) et vingt-et-une Églises catholiques orientales dotées de rites liturgiques propres. Le concile Vatican II lui-même reconnaît expressément, dans sa constitution sur la liturgie, que la diversité des rites n’est pas une menace pour l’unité de l’Église[3].

On pourrait nous objecter que la diversité des rites est légitime dans l’Église universelle, mais que le rite romain lui-même doit être unifié. Mais cela non plus ne tient pas. Le pape François lui-même n’a pas considéré cette uniformité du rite romain comme une condition nécessaire de communion, puisqu’il existe au sein même du rite romain au moins trois missels différents (sans compter le missel de 1962). Outre le missel romain :

un missel à l’usage des ex-Anglicans (Divine Worship) a été promulgué en 2015 par le pape François. Il était souhaité par Benoit XVI qui conférait en 2009 au nouvel ordinariat

« la faculté de célébrer l’Eucharistie […] selon les livres liturgiques propres à la tradition anglicane qui auront été approuvés par le Saint-Siège, de manière à ce que soient maintenues au sein de l’Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la communion anglicane[4]. »

Ce missel est présenté comme étant clairement une expression du rite romain[5], et on y notera d’ailleurs la présence de l’offertoire ancien.

– Donnons un deuxième exemple : le Missel Romain pour les diocèses du Zaïre, approuvé en 1988 par la Congrégation pour le Culte divin. Dans la préface d’un livre présentant ce missel[6], qui a pour sous-titre « un rite prometteur pour d’autres cultures », le Pape François, écrit que

« le cas du rite zaïrois suggère une voie prometteuse également pour l’élaboration éventuelle d’un rite amazonien, dans la mesure où les besoins culturels d’une zone spécifique du contexte africain sont pris en compte, sans bouleverser la nature du Missel romain, comme garantie de continuité avec la tradition ancienne et universelle de l’Église ».

On le voit, sur le simple plan du droit liturgique, le Missel romain n’a pas, de fait, la rigidité que certains voudraient aujourd’hui lui prêter.

« À moins de confondre unité de culte et unité de rite, on ne saurait faire de la célébration d’un rite ou d’une forme rituelle un critère nécessaire de la communion catholique

2 – Conclusion générale

Koinonia est au cœur de toutes les ecclésiologies contemporaines. Et pourtant, jamais auparavant l’Église, du moins en Europe occidentale, n’avait offert aussi peu de véritable communion. Nous parlons le langage de la communion, mais nous la vivons rarement. Le langage et la réalité sont séparés[8].

Dans notre civilisation médiatique, qui cultive l’instantané et l’émotionnel, « le signe paraît occuper tout l’espace mental, au détriment de ce qu’il doit signifier. […] Même dans l’Église, le geste et le verbe peuvent inconsciemment prendre le pas sur la réalité[9]. » C’est pourquoi il était si important de définir clairement la notion de communion ecclésiale, et les signes requis pour l’exprimer. La tentation est grande, en effet, d’appliquer à l’Église les codes de la communion mondaine, et de transformer la communion ecclésiale en un sentiment de communion, qui se construit humainement par une addition de « temps forts », de « moments de qualité », « d’expériences communes ». Ces réalités ne sont pas en soi mauvaises, mais elles sont vraiment insuffisantes si elles ne sont pas ancrées sur l’essentiel : une communion de foi, de sacrements, de hiérarchie. Et lorsque l’essentiel manque, on se complaît dans l’invention de signes toujours nouveaux, toujours humains, toujours insuffisants, et l’on s’enfonce dans une boucle sans fin dans laquelle la réalité s’efface au profit de la seule apparence : c’est l’hypertrophie du signe.

La communion ecclésiale est objective : elle a des critères précis, et la sagesse de l’Église, consciente des différences légitimes qu’elle ne veut ni abolir ni contraindre, a toujours su se montrer prudente dans les signes de communion qu’elle demandait aux chrétiens ; le Christ, rien que le Christ, pas plus que le Christ.

À propos de l’unité à rechercher avec les Orientaux séparés, le concile Vatican II s’était appuyé sur une belle parole de l’Écriture :

Tout cela étant bien examiné, le saint Concile renouvelle ce qui a été déclaré par les saints Conciles antérieurs, ainsi que par les Pontifes romains : pour rétablir ou garder la communion et l’unité, il ne faut “rien imposer qui ne soit nécessaire”(Ac 15, 28) [10].

Les points nécessaires, ce sont ces fameux trois liens, les tria vincula : professer la même foi, vivre des mêmes sacrements, reconnaître la même hiérarchie. Quant aux points libres, en voici quelques-uns que le Concile énumère, toujours en vue de la communion à rechercher avec les Orientaux séparés :

Conservant l’unité dans ce qui est nécessaire, que tous, dans l’Église, chacun selon la charge qui lui est confiée, gardent la liberté qui leur est due, qu’il s’agisse des formes diverses de la vie spirituelle et de la discipline, de la variété des rites liturgiques, et même de l’élaboration théologique de la vérité révélée ; et qu’en tout ils pratiquent la charité. De la sorte, ils manifesteront toujours plus pleinement la véritable catholicité et apostolicité de l’Église[11].

On aura reconnu, comme en filigrane, la belle sentence souvent attribuée à saint Augustin : « In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas[12] ». Cet équilibre entre le nécessaire et le libre, éclairé en permanence par la charité et l’amour des âmes, voilà qui résume au mieux la notion de communion dans l’Église. Dom Gérard la décrivait en parlant de « la grande respiration catholique ». Tout ce dont le chrétien a besoin, c’est de pouvoir respirer dans l’Église.

3 – Questions en suspens

Le lecteur attentif parvenu à la fin de ce travail aura bien remarqué que tout n’est pas résolu, loin de là. Deux questions, en particulier, se posent encore :

– Première question : « Vous acceptez le Concile, vous dites que la Messe de Paul VI est valide, et que l’autorité qui a édicté ce missel est légitime. Pourquoi alors ne jamais la célébrer » ? Nous avons juste cherché, dans le présent article, à déterminer ce qui est nécessaire pour la communion ecclésiale, et ce qui est libre. Notre conclusion est celle-ci : on peut ne pas célébrer la messe de Paul VI, on peut ne pas concélébrer, tout en étant parfaitement en communion avec l’Église. Admettre cela est déjà faire un grand pas : un pas nécessaire pour aborder plus sereinement, entre catholiques unis par la communion ecclésiale, la deuxième étape. Celle-ci consistera à expliquer pourquoi, de fait, certains prêtres catholiques décident de ne pas célébrer selon le missel réformé tout en le reconnaissant valide, et donc sanctifiant. Ce sera l’objet d’une autre étude, en raison de son ampleur, de son importance à nos yeux, et des difficultés qu’elle soulève.

– Deuxième question : « Vous vous réfugiez derrière le fait que la messe traditionnelle est autorisée par l’Église. Mais que se passera-t-il lorsque le pape François interdira complètement la liturgie traditionnelle ? Ne faudra-t-il pas choisir, alors, entre votre attachement à la liturgie traditionnelle et votre obéissance au pape ? » Nous ferons remarquer à notre aimable objectant que cela n’est pas arrivé. La « théologie-fiction » n’a jamais été une bonne méthode pour éclairer les esprits et nourrir les cœurs : tout au plus est-elle utile pour inquiéter et troubler les âmes. Tous annonçaient l’interdiction définitive de la liturgie traditionnelle. Or, il semble bien que, pour l’heure, la Providence a toujours proposé un chemin à ceux qui voulaient tenir fidèlement et honnêtement ce double attachement à la liturgie traditionnelle et au Saint Père, au cœur même des deux crises de 1988 et de 2022. Et comme la grâce n’agit que dans le présent, il est bien périlleux de vouloir savoir à l’avance ce que Dieu nous inspirera de faire dans une situation future, et totalement hypothétique. Peut-être sommes-nous bien naïfs. Mais peut-être aussi y a-t-il une bonne raison pour laquelle la liturgie traditionnelle a encore, aujourd’hui, droit de cité dans l’Église. Peut-être est-il impossible qu’elle disparaisse, parce que l’Église ne peut se couper de ses racines, et que pour être en communion (diachronique) avec elle-même, avec son passé, autrement dit pour rester l’Église, il faut qu’elle accueille en son sein, d’une manière ou d’une autre et selon les voies impénétrables de l’Esprit Saint, la liturgie de tous les temps. J. Ratzinger s’est longuement penché sur ce thème, lui qui écrivait :

Pour souligner qu’il n’y a pas de rupture essentielle, que la continuité et l’identité de l’Église existent, il me semble indispensable de maintenir la possibilité de célébrer selon l’ancien Missel comme signe de l’identité permanente de l’Église. C’est pour moi la raison fondamentale : ce qui était jusqu’en 1969 la liturgie de l’Église, la chose la plus sacrée pour nous tous, ne peut pas devenir après 1969 – avec un positivisme incroyable – la chose la plus inacceptable […]. Il n’y a pas de doute qu’un rite vénérable comme le rite romain en vigueur jusqu’en 69 est un rite de l’Église, un bien de l’Église, un trésor de l’Église, et donc à conserver dans l’Église[13]. »

Nous espérons, dans cette seconde étude, approfondir un jour ce point.

Le pape doit démettre les évêques coupables d’hérésie

Selon le cardinal Raymond Burke, le pape François doit démettre les évêques allemands de leur fonction s’ils ne se distancient pas des erreurs du Chemin synodal qu’ils ont initié en 2019 et qui ne cesse d’attaquer la doctrine catholique. En effet, un certain nombre d’évêques se sont prononcés en faveur de changements dans la doctrine de l’Eglise (homosexualité, célibat des prêtres ou l’ordination des femmes), tandis que d’autres ne se sont pas opposés explicitement à de telles propositions. Dans un entretien publié le 11 mai par Catholic Action for Faith and Family, le cardinal Burke déclare que François

« doit interpeller ces évêques et leur demander d’abjurer les hérésies et même les positions qui vont à l’encontre de la discipline de l’Eglise ». « Et s’ils n’abjurent pas leurs erreurs et ne se corrigent pas, alors il doit les démettre de leurs fonctions. C’est la situation dans laquelle nous sommes arrivés. »

« Le pontife romain, successeur de Pierre, est par définition le principe de l’unité dans l’Eglise ». « C’est à lui de corriger ces évêques. Et s’ils n’acceptent pas la correction fraternelle, s’ils n’acceptent pas sa correction hiérarchique en tant qu’évêque de l’église universelle, alors des mesures appropriées doivent être appliquées pour que les fidèles sachent que ces évêques ne les guident pas dans la foi catholique ».

« Malheureusement, la confusion est provoquée et poussée par ceux qui sont appelés à être des enseignants de la foi et des bergers du troupeau avec clarté et courage ».

Ces évêques

« abandonnent le troupeau et ne se révèlent pas être des bergers, mais des mercenaires qui tentent d’adapter la doctrine de l’Eglise à la vision du monde, à une vision du monde séculière, une vision du monde sans Dieu ».

Le compositeur Vangelis est décédé, RIP

Le compositeur grec, de son vrai nom Evangelos Odysseas Papathanassiou, est mort mardi 17 mai dans un hôpital français, à l’âge de 79 ans. Compositeur de musiques de films, il est célèbre pour les bandes originales des films Les Chariots de feu et Christophe Colomb :

Chantilly : un individu tente d’égorger une femme en criant « Allah Akbar »

Une jeune femme a été attaquée au couteau dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 mai un individu de type africain.

Pris en stop par un couple pour l’emmener à l’hôtel, la situation a dégénéré. Le parquet indique :

« Faute de pouvoir présenter une pièce d’identité auprès du personnel d’accueil, il n’y était pas accueilli. Pour des raisons qui restent à éclaircir, ce même individu s’en serait alors physiquement pris à la jeune femme, en portant un couteau au niveau de son cou ».

Le compagnon de la victime est alors intervenu et il aurait été frappé à de multiples reprises. Les victimes et les gendarmes ont indiqué qu’il semblait réciter des prières en arabe lors des faits et au moment de son interpellation.

Le burkini, une pièce dans une stratégie de conquête : la France est en état d’auto-dhimmitude

Annie Laurent, spécialiste de l’islam, est interrogée par Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire à propos du burkini. Extrait :

On a coutume d’entendre que le burkini n’est pas une prescription islamique et que la mesure d’autorisation dans les piscines grenobloises ne concernera que très peu de femmes. Pourtant, un sondage IFOP récent montre que 72 % des musulmans y sont favorables (à rebours du reste de la population). Comment expliquez-vous cette contradiction ?

Il est exact que le Coran ne prescrit pas le port du burkini, qui est d’ailleurs une invention récente, tout comme il ne prescrit pas la dissimulation des cheveux et du visage des femmes. Il se contente de leur recommander de cacher leurs atours, sans préciser de quelle partie du corps il s’agit. Malgré tout, ce type de vêtement féminin s’est imposé comme inséparable de la religion. Lors de mes premiers voyages au Proche-Orient, au début des années 1980, je ne voyais aucune femme voilée, et peu à peu le voilement s’est répandu partout. Il est le signe de la réislamisation des sociétés musulmanes et, à cet égard, il revêt une dimension politique et même géopolitique. Il s’inscrit donc dans une stratégie de conquête.

Il en va de même pour le burkini. Il est exact que la mixité entre adultes de sexes différents, et n’ayant pas de liens familiaux entre eux, est interdite en islam, mais jusqu’à présent, les musulmanes en France se contentaient d’horaires séparés dans les piscines lorsque cela leur était concédé. Avec l’autorisation du burkini, on franchit un seuil supplémentaire dans l’islamisation des mœurs et, donc, dans la conquête. Je note d’ailleurs que ce vêtement couvrant est légal dans plusieurs autres pays d’Europe. Cela permet de comprendre qu’une majorité de musulmans interrogés par le sondage que vous citez se prononcent en sa faveur. Ils y voient une nouvelle étape dans l’affirmation identitaire.

Personnellement, je suis très choquée par une autre disposition contenue dans l’arrêté de la municipalité de Grenoble, à savoir l’autorisation accordée aux femmes de se baigner les seins nus dans les piscines publiques ! Avec une telle mesure, comment veut-on persuader les musulmans, hommes et femmes, de la supériorité de la civilisation européenne et leur donner envie d’y adhérer ?

Comment qualifieriez-vous cette autorisation ? Anecdotique, préoccupante, dramatique… ?

Certainement pas anecdotique puisqu’elle s’inscrit dans un long processus comme je viens de le montrer, mais préoccupante, oui, absolument.

Il y a longtemps que je le dis : la France est en état d’auto-dhimmitude. La complaisance envers le burkini en est une nouvelle marque après tant d’autres. Qu’est-ce que la dhimmitude ? Il s’agit d’un statut juridico-politique applicable aux ressortissants non musulmans dans un État gouverné par l’islam selon une prescription du Coran (9, 29). Ceux-ci ne bénéficient pas de l’égalité citoyenne avec les « vrais croyants » que sont les musulmans. Les dhimmis peuvent conserver leur identité religieuse mais ils doivent se soumettre à une série de mesures discriminatoires qui peuvent affecter tous les aspects de la vie, publique, sociale et privée. Aujourd’hui l’ensemble des Etats musulmans n’appliquent pas l’intégralité de ces dispositions mais elles sont en vigueur dans certains pays. Quoi qu’il en soit, le principe demeure puisqu’il repose sur un ordre « divin ».

Les musulmans traduisent « dhimmitude » par protection, ce qui tend à nous rassurer, mais la traduction la plus appropriée est « protection-assujettissement » : en contrepartie des libertés de culte ou autres qui leur sont plus ou moins consenties, ils peuvent être soumis à dispositions spéciales, voire à la charia, l’objectif étant de leur faire prendre conscience de leur infériorité.

Si je parle d’auto-dhimmitude, c’est pour exprimer l’idée que la France, par complexe et culpabilité coloniale, anticipe une situation juridique et politique qui ne lui est pas (encore) imposée mais qui pourrait l’être le jour où l’islam sera majoritaire et donc en mesure de gouverner notre pays. Il convient, d’ailleurs, d’observer que l’islam prospère sur la faiblesse des sociétés dans lesquelles il s’installe. L’Histoire illustre amplement cette réalité. La journaliste Zineb El-Rhazoui a donc raison de voir dans la décision de Grenoble « une avancée majeure de l’idéologie islamiste » (Le Figaro, 19 mai 2022).

Jusqu’où irons-nous ? Je l’ignore, bien sûr, mais la situation est vraiment préoccupante. Avant qu’elle ne devienne dramatique, il est urgent d’en finir avec les concessions que nous multiplions à l’islamisme en nous cachant derrière nos valeurs. Car ce faisant, nous effaçons du même coup notre propre civilisation.

Le système libanais ébranlé par les élections législatives

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

Les élections législatives du 15 mai ont été riches d’enseignement dans un Liban ravagé par la crise et les blocages institutionnels et communautaristes.

Les observateurs craignaient tout d’abord une abstention massive. Avec près de 50 % de participation, la participation est finalement conforme à ses scores habituels. Mais c’est surtout la poursuite de l’immobilisme qui suscitait les plus grandes inquiétudes.

Or, d’importantes évolutions se sont produites au cours de ce scrutin. Tout d’abord, et c’est le plus spectaculaire, 13 sièges (sur 128) sont allés à de nouveaux venus issus de la contestation populaire d’octobre 2019. On se rappelle que pour protester contre l’incurie des pouvoirs publics et sa corruption généralisée, un grand mouvement populaire avait secoué tout le pays. Sa manifestation la plus spectaculaire avait été la constitution d’une chaîne humaine ininterrompue du nord au sud du pays. Toutes communautés confondues, les Libanais s’étaient donné la main pour qu’enfin les choses changent.

Mais le système, s’il est incapable de remplir ses missions de service public les plus élémentaires, sait se défendre et rien n’avait bougé.

Puis il y eut la terrible explosion du 4 août 2020 et, enfin, la crise financière suivie d’une crise économique qui semble tout emporter sur son passage.

On pouvait craindre que le découragement empêche le succès de ces listes hors partis et en rupture avec le communautarisme. Ces 13 sièges constituent une surprise et sont peut-être (mais peut-être seulement) l’amorce d’une évolution plus profonde.

L’autre enseignement important est le recul du Hezbollah (13 sièges) et de ses alliés, ce qui va l’empêcher d’avoir la majorité au Parlement. L’autre mouvement chiite, Amal, obtient 15 sièges et la question est de savoir si son chef, Nabih Berri, va conserver son poste de président de la Chambre des députés qu’il occupe depuis 1992. Il est à lui seul le symbole de l’immobilisme sclérosant qui détruit le Liban.

Dans le camp chrétien, on assiste également à une recomposition. Le CPL (Courant patriotique libre), dirigé par Gebran Bassil, recule légèrement et n’a plus que 17 sièges. Il laisse la première place aux Forces libanaises (FL) de Samir Geagea, qui obtiennent 19 sièges.

Il s’agit là d’un changement important. Tout d’abord, cela remet en cause l’ambition présidentielle de Bassil, qui rêve de succéder à son beau-père, le général Aoun, dont le mandat, très décevant, s’achève cette année.

Surtout, cela met les FL en première ligne face au Hezbollah. On sait que la milice chiite est la seule à avoir conservé ses armes à l’issue de la guerre qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990. Or, Samir Geagea a fait de ce sujet son cheval de bataille et exige le désarmement de la milice chiite. Il veut également contrer l’influence iranienne, ce qui promet de belles empoignades.

En octobre dernier, un épisode sanglant s’était produit à Beyrouth, dans le quartier de Tayouné. Une manifestation organisée par le Hezbollah et Amal, avec de nombreux militants armés, se dirigeait vers le palais de justice pour protester contre l’enquête du juge Bitar sur l’explosion du 4 août. Des hommes armés les en ont empêchés et ont ouvert le feu, tuant six miliciens chiites. Les FL ont été accusées par le Hezbollah et ont démenti, mais toute la communauté chrétienne est convaincue que ce sont bien les FL qui ont défendu le palais de justice et les quartiers chrétiens que la manifestation devait traverser.

Le mouvement des Forces libanaises est aujourd’hui perçu comme le protecteur de la communauté chrétienne et de l’indépendance du Liban. Le clan Aoun est en perte de vitesse et une recomposition est en cours.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services