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Coupures d’électricité : merci Macron

2018:

2022 :

Interrogé ce vendredi dans la Matinale de CNEWS sur le projet de plan de sobriété énergétique voulu par Emmanuel Macron, Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques, n’a pas exclu des coupures de gaz et d’électricité cet hiver en France.

I-Média Ce que les médias n’ont pas montré cet été

L’image de la semaine est celle du retrait définitif, et en catimini, des dernières troupes françaises du sol malien. Pourquoi ne parle-t-on quasiment plus de ce désaveu dans la presse nationale ?

Le premier sujet est consacré à l’Ukraine. Pourquoi les médias s’efforcent-ils encore de dissimuler les détournements de l’armement de l’ouest ? Pourquoi la mort de Daria Douguine n’émeut-elle pas notre presse ? Qu’en est-il des derniers mensonges de France Télévisions ?

Revue de presse avant le dernier sujet : en France, les racailles n’ont pas pris de vacances.

Quand Moussa Darmanin dînait avec Hassan Iquioussen

En s’acharnant à expulser l’imam islamiste Hassan Iquioussen, Gérald Darmanin n’a pas cessé de multiplier les invectives à l’égard du prêcheur. Particulièrement, le ministre de l’Intérieur n’a jamais manqué de rappeler que les antécédents de l’imam remontent à près de vingt ans, et sont depuis longtemps bien connus des services de l’État. Une longue carrière islamiste qui n’a pourtant pas empêché Gérald Darmanin de dîner avec Hassan Iquioussen, en 2014, révèle Mediapart.

 

Alors député UMP, il ambitionnait de conquérir la mairie de Tourcoing à la gauche. Pour ce faire, Gérald Darmanin avait conçu le projet de se rapprocher de l’électorat musulman.

Gérald Darmanin avait alors tenu à rencontrer la communauté musulmane du Nord. C’est à cette occasion que, selon Mediapart, il aurait partagé un dîner de deux heures avec l’imam Iquioussen. L’intéressé confirme d’ailleurs l’information, sans difficulté :

« On a passé une très belle soirée. C’était très positif, on s’est mis d’accord sur 99,9 % des sujets de conversation ».

 

« Darmanin mettait un point d’honneur à rappeler qu’il portait comme deuxième prénom Moussa, que ça venait de son grand-père », ajoute un autre convive.

L’imam Hassan Iquioussen avait aussi acheté en 2003 sa propriété de Lourches dans le Nord à un oncle de Gérald Darmanin.

Arrêtons le martyre des Ukrainiens – l’urgence d’une conférence pour la paix en Europe

De Pierre-Antoine Pontoizeau, pour le Salon beige:

Il y a des esprits va-t’en guerre qui veulent encore la guerre par haine, vengeance, pour faire rendre gorge à l’ennemi. Seulement, depuis 1990, le peuple ukrainien vit une descente aux enfers, un véritable martyre qui s’accélère sous les effets d’une guerre que les puissances occidentales encouragent, en toute inhumanité.

Je me contrefiche de savoir si Poutine est un féodal ou si Zelensky est un sinistre manipulateur – à mon avis les deux. Je me contrefiche de savoir si l’Empire russe en profite ou si l’OTAN et les USA rêvent de mettre à genou l’ours russe. Ce débat est sordide et irresponsable, voire inhumain. La seule réalité, c’est la descente aux enfers d’un peuple qu’il faut arrêter pour que le développement, la coopération et la paix retrouvent naturellement leurs droits.

Les enfants martyrs de l’Ukraine contemporaine

L’indice de concrétisation des droits de l’enfant conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont l’Ukraine est signataire est très moyenne, même avant la guerre. Les ONG, dont Humanium signalent une situation très difficile. Quelques points.  Ils sont les premières victimes de la pauvreté qui touche près de 35 % de la population. Le taux de mortalité infantile est un des plus élevé de la région. La transmission du SIDA des mères à leurs enfants est toujours bien présente et n’a pas diminué. La violence contre les enfants est très préoccupante. Des mineurs sont par exemple victimes des services de police : violence physique, tortures. Cela n’a rien à voir avec la guerre. Les enfants handicapés sont victimes de discriminations et les ONG dont Humanium soulignent bien les discriminations racistes à l’encontre des enfants des minorités dont les Roms. Ils sont victimes de violences organisées. Le martyr des enfants tient aussi au fait que 8 à 10% travaillent, voire subissent les traites clandestines : prostitutions, esclavages, réseaux pornographiques, etc. Le phénomène des enfants des rues est jugé grave, sans accès aux soins, à l’école, exposés aux maladies, à la drogue et aux trafics. La population enfantine est aussi victime des conséquences de Tchernobyl : malformation, vieillissement prématuré, pneumonie. Et cette situation s’aggrave avec la guerre. L’enfant ukrainien est déjà martyr dans de nombreux cas et cette guerre en accroit les effets délétères.

La misère et la pauvreté d’un peuple martyrisé au quotidien

La population est de plus en plus pauvre. LE PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) alerte sur l’extrême pauvreté qui est en train de dévaster l’Ukraine. Déjà, 35% de la population était dans la misère avant la guerre. Un des pays le plus pauvres de la région. Le PNUD craint qu’une guerre de plusieurs trimestres entraine jusqu’à 90% de la population ukrainienne dans l’extrême pauvreté. Un cauchemar. L’estimation a aujourd’hui est de plus de 60%. Toute l’Ukraine bascule dans la misère dit le PNUD.

L’analyse vient des organismes ukrainiens eux-mêmes. L’Institut de démographie annonce un taux de pauvreté de 50% en ce moment même. C’est Ella Libanova, directrice, qui décrit cette tendance. De même, la Commissaire aux droits de l’homme de l’Ukraine Lyudmila Denisova annonçait qu’un quart des Ukrainiens sont en état de misère. Et la guerre précipite le mouvement avec pour cet hiver un risque alimentaire, de manque d’énergie et une mortalité liée à la malnutrition et au froid. Une tragédie se dessine.

L’émigration massive, la fuite de l’enfer ukrainien

Toute la presse, de toutes les obédiences, de La Croix à Lutte Ouvrière, du Monde au Figaro en France partage le constat terrible d’un pays qui a perdu un quart de sa population en trente ans. Et la guerre accroit ce phénomène de dépopulation. Des 41 millions annoncés avant la guerre, le pays compterait moins de 37 millions d’habitants. Ils étaient 51 millions au moment de l’indépendance. Cet effondrement est donc imputable aux politiques ukrainiennes pour une immense partie et au fait de la guerre depuis six mois. Seulement de nombreuses décisions politiques ont accéléré cette émigration massive. Quelques exemples. Lutte Ouvrière note bien le chômage de masse, la désindustrialisation massive, la recherche d’un travail en Pologne, en Russie ou en Europe de l’Ouest. Zelensky déclarait que 10 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, occasionnant cette émigration économique. On oublie de dire que Zelensky a détruit les restes de la protection des travailleurs de l’époque soviétique au nom du libéralisme. Il a autorisé la cession des terres aux étrangers, réclamée par les puissances étrangères. Qui a dit qu’il y avait des colonisateurs pour s’approprier les terres ? La guerre des terres fertiles a commencé, là aussi, avec l’exploitation des travailleurs, la confiscation des terres, la spoliation et la perte des revenus de subsistance d’une économie grégaire. L’ONU alerte sur les conséquences de cette dépopulation massive. Le facteur démographique étant déterminant pour le développement économique : investissement, main d’œuvre, consommation, la dépopulation accélère l’effondrement économique d’où la certitude d’une faillite décrite par tous les observateurs économiques internationaux.

La certitude d’une faillite cataclysmique

Déjà très fragile, la Banque Mondiale, le FMI, la COFACE, Fitch, Standard & Poors, Moody’s ont tous publié des notes avec des prévisions de faillite à court terme. Le PIB sera divisé par deux à fin 2022 ; la guerre étant une pure folie destructrice. L’Ukraine vit sous perfusion des aides internationales estimées à environ 85 milliards actuellement. Mais qu’en est-il de la situation économique ? Le financement courant est estimé à 5 milliards par mois que l’économie ukrainienne ne produit plus. Même les économistes locaux, Volodymyr Vakhitov, économiste à la Kyiv School of Economics explique que l’aide étrangère permet d’éviter la faillite. Le plus délirant, ce sont des pays dont les économies sont elles aussi très endettées et ou une part croissante de la population bascule dans la pauvreté qui viennent supporter un Etat ukrainien dévasté. Les USA donnent 43 milliards, la France aurait donné 2 milliards, etc. La géopoliticienne Ana Pouvreau abonde en ce sens dans La Croix : « La guerre a actuellement pour effet d’amplifier le fléau de la corruption en Ukraine car elle a contribué à renforcer les réseaux criminels et l’économie grise et à déstabiliser les structures de lutte contre la criminalité. » A quoi jouons-nous, si ce n’est a engendrer de la misère en Ukraine et bientôt chez nous ?

Les institutions financières décrivent un pays ruiné, sans activité, incapable de produire les recettes fiscales indispensables, parasité par une corruption massive et endémique qui date de bien avant la guerre. La dette extérieure explose, atteignant 130 milliards. L’inflation sera de 20 % a minima sur l’année de guerre, insoutenable pour les populations. Les notes de ces organismes financiers mentionnent par exemple un environnement des affaires sous l’emprise de la corruption incluant le système judiciaire, des monopoles oligarchiques néfastes, des services publics inopérants. Et la guerre accroit le pouvoir de ces corrupteurs dans un Etat encore moins organisé.  Aujourd’hui, les détenteurs d’obligations ukrainiennes reportent le paiement des intérêts de la dette. Mais pour combien de temps ? Car les notes économiques soulignent qu’il n’y a aucun espoir, surtout si la guerre dure. Le pays est donc objectivement en faillite. Chaque mois de guerre est un désastre humain et économique. Ce sont-là les analyses conjointes des trois institutions : Moody’s, Fitch et Standard & Poors.

Un parti politique gouvernemental en perdition, avant même la guerre

On oublie trop d’analyser les « trahisons » successives du gouvernement Zelensky, entre ses promesses électorales et la réalité des décisions qui ont provoqué une érosion massive de la confiance des Ukrainiens. La guerre est alors une fuite en avant cynique dont il n’est pas impossible d’imaginer qu’elle serve, à très court terme, les ambitions politiques d’un parti très largement rejeté dans l’opinion. Alors qu’il s’était engagé à lutter contre la corruption, rien n’a été fait. L’agence internationale Transparency International, spécialiste de la corruption, classe l’Ukraine au 117e rang sur 180 pays, avec 33 points sur une échelle de 0 à 100. Notons que le 0 indique que la corruption remplace le gouvernement de droit. Avec 33, le score est éloquent. Guerre ou pas guerre, le pays est martyrisé par quelques dizaines de familles oligarchiques qui vampirisent toute l’économie à leur profit.

L’urgence d’une conférence internationale pour la paix en Europe

Il faut arrêter la guerre, car le peuple ukrainien et ses enfants vivent un martyre depuis trente ans qui ne fait que s’accentuer. Il est du devoir des hommes de paix d’exiger l’arrêt de la guerre, et Zelensky en a le pouvoir avec l’aide des pays européens. Sauf à être dans cette surenchère de haine, dans cette folie destructrice contre les Russes, nous devons tous demander la paix. Et il appartient aux populations de décider librement d’être russophones ou ukrainophones, d’être russes ou ukrainiennes, polonaises ou hongroises même. Ce sont les peuples qui sont libres, pas des représentants qui prétendent imposer leurs vues. Que les nationalistes ukrainiens, d’ailleurs minoritaires dans le pays acceptent le verdict de la liberté des urnes pour savoir si la nation ukrainienne est une fiction ou une réalité vécue et souhaitée par les populations. Nous devons soutenir l’arrêt des combats, demander des référendums d’autodétermination des populations dans leurs Oblasts, sous l’égide des institutions internationales et en accepter tous loyalement le verdict. Le temps des féodaux qui décident que celui-là est à moi est révolu. Soyons vraiment digne des valeurs occidentales de liberté et de souveraineté des populations.

Il faut donc soutenir l’appel à la paix de l’Administrateur du PNUD, Achim Steiner, lorsqu’il dit que : « La guerre en Ukraine entraîne des souffrances humaines inimaginables, avec la perte tragique de vies humaines et le déplacement de millions de personnes. » Et il est indispensable : « Pour éviter d’autres souffrances, de plus amples destructions et un appauvrissement accru, la paix est nécessaire maintenant ». Je partage pour ma part son diagnostic qui vient rendre coupable nos dirigeants qui cachent la situation pour nous enfermer dans une logique de guerre mortifère : « Un déclin économique alarmant, ainsi que les souffrances et les difficultés qu’il entraînera pour une population déjà traumatisée, doivent maintenant être mis en évidence. Il est encore temps de rectifier cette sombre trajectoire ».

Voilà pourquoi je suis en total désaccord avec le Président Macron et que notre Parlement a un devoir de paix et de rappel à l’ordre que la Nation française ne veut pas la guerre. Sans consultation du parlement, le président Macron devient très personnellement, jour après jour, co-responsable du martyre des Ukrainiens, par fanatisme anti-russe, par intérêt économique peut-être, car de sordides manœuvres succéderont à la faillite inéluctable de ce pays où les prédateurs ne manqueront pas de se partager la dépouille. Oui, nos valeurs sont bafouées quand on promeut et entretient ici la guerre en Europe. Ce cynisme est indigne, et malheureusement, beaucoup de nos contemporains en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie ne sont pas dupes de cette déshérence morale de l’Occident et de la France, qui explique aussi le rejet actuel des pays africains au passage. Oui, nos dirigeants deviennent les bourreaux de l’Ukraine en perpétuant une guerre absurde dont les responsables sont là : des dirigeants occidentaux, les oligarchies ukrainiennes et les Russes.

Les références :

Quelques esprits chagrins reprochent toujours le manque de sources, alors qu’elles sont le plus souvent indiquées dans mes articles. Pour attester des sources et des preuves de toutes les informations qui démontrent mes propos et que tout cela n’est pas le fruit du délire d’un complotiste pro-russe, merci de consulter l’ensemble de ces documents, parmi de très nombreux, et de cesser de polluer les fils de discussion d’invectives indignes d’une situation où se jouent sous nos yeux le destin de millions de nos contemporains :

Journal La Croix : L’Ukraine, une économie sous perfusion étrangère (la-croix.com)

Journal La Presse : Moody’s abaisse la note de l’Ukraine et signale une perspective négative | La Presse

Journal Ukriform : En Ukraine, le taux de pauvreté dépasse les 50% (ukrinform.fr)

Journal Le Monde : Entre guerre et pauvreté, l’Ukraine se vide (lemonde.fr)

Journal Lutte Ouvrière : Ukraine : la démographie s’effondre, comme le reste | Le Journal Lutte Ouvrière (lutte-ouvriere.org)

ArabNews : S&P abaisse la notation de l’Ukraine, défaut «quasi-certain» | Arabnews fr

Association Humanium – ONG internationale pour la protection des enfants : Enfants d’Ukraine – Humanium

ONU : L’Ukraine pourrait sombrer dans la pauvreté si la guerre continue, alerte le PNUD | ONU Info (un.org)

Note COFACE : Ukraine / Etudes économiques – Coface

Forte contestation de la réforme de l’Ordre de Malte [add.]

Dans deux courriers adressés au pape François, plusieurs hauts responsables de l’Ordre de Malte et treize des quarante-huit associations nationales qui lui sont affiliées, dénoncent les réformes en cours voulues par Rome, et pointent du doigt le rôle joué par le délégué spécial du Saint-Père auprès de l’Ordre, le cardinal Silvano Tomasi.

Les signataires décrivent au pontife romain un scénario apocalyptique en cas de mise en œuvre du projet, annonçant ni plus ni moins une mise en danger des activités humanitaires réalisées par l’Ordre.Ces dernières péripéties illustrent le bras de fer qui oppose Rome à l’aile allemande des chevaliers, représentée par l’actuel Grand Chancelier, Albrecht von Boeselager : ceux-ci voient d’un mauvais œil la réforme de l’Ordre pilotée directement depuis Sainte-Marthe.

Et pour cause, en remettant les chevaliers profès au cœur de la gouvernance de l’Ordre, au prétexte de retrouver l’identité religieuse de l’Ordre, la réforme pilotée par le cardinal Tomasi au nom du souverain pontife, si elle était promulguée, diminuerait l’influence des chevaliers allemands, une influence aussi prépondérante que discrète, depuis une vingtaine d’années déjà.

De son côté, l’aile allemande défend un autre projet de réforme visant à marginaliser le rôle des profès dans le gouvernement de l’Ordre, au profit d’une méthode de représentation fondée sur la base du budget alloué aux associations : en résumé, plus une association nationale est riche, plus son pouvoir serait grand. Or, l’association allemande est – de loin – la mieux pourvue en ce domaine.

Addendum: Un bon connaisseur du dossier nous fait remarquer que les associations signataires sont loin d’être majoritaires en termes de membres car, sur le chiffre cité par la lettre de 13400 membres de l’ordre de Malter au niveau mondial, les associations signataires n’en représentent que 3100 et on ne sait pas encore si, dans tous les cas, le fait de signer a été une décision collective formelle ou une initiative des seuls présidents.

L’épiscopat allemand poursuit sa descente aux enfers

L’Assemblée synodale allemande se réunira pour la quatrième fois du 8 au 10 septembre à Francfort. Les textes à adopter ont été envoyés aux membres synodaux pour leur préparation et ont été publiés sur le site Internet de du Chemin synodal.

Loin de se ranger à l’avertissement du Dicastère pour la doctrine de la foi, les membres traiteront essentiellement de sujets qui sont hors de leur compétence.

Un projet de “conseil synodal” sera discuté. Il devrait garantir une poursuite quasi permanente du Chemin synodal et signifierait une modification de la structure de l’Eglise : Il est proposé que les évêques démissionnent de leur fonction et remettent leur responsabilité à un conseil.

L’objectif de nombreux membres synodaux est d’élire eux-mêmes leur évêque, d’établir un droit de décision pour les laïcs dans l’Eglise, de leur permettre d’administrer le baptême et l’extrême-onction, ainsi que d’apporter leur aide lors du mariage.

Le texte propose qu’un auto-engagement des évêques rende « obligatoire l’interaction entre la responsabilité commune et la fonction de direction » et qu’une « instance de contrôle judiciaire supérieur » soit mise en place, ce qui nécessiterait un « auto-engagement du pape ».

Le droit canonique doit être développé pour que

« les droits fondamentaux de tous les croyants y revête une importance centrale et fondamentale – par analogie avec les droits fondamentaux du droit étatique ».

Parmi ces droits, le texte pose des exigences dans le sens de la transsexualité et de l’homosexualité : ouverture à tous les sexes non-binaires possibles selon le genre (transsexualité et intersexualité). Par analogie avec le droit allemand, l’inscription du sexe « divers » ou des modifications du sexe et du nom dans le registre des baptêmes doivent être possibles.

La gestion de l’homosexualité au sein de l’Eglise doit être ouverte et les erreurs du passé abolies. Les évêques non-hétérosexuels doivent pouvoir faire leur coming-out, afin que

« la diversité dans l’épiscopat soit également visible ».

De plus, les évêques et les responsables de la formation des prêtres doivent s’engager

« pour que l’interdiction de former et d’ordonner des hommes non-hétérosexuels soit levée au niveau de l’Eglise universelle et que toutes les déclarations négatives concernant leur orientation sexuelle soient supprimées dans les documents officiels de l’Eglise ».

Des postes de direction pour les femmes ainsi que leur ordination est réclamée avec véhémence – en tant que

« correction de l’inégalité de pouvoir et des structures ».

L’ouverture des ministères ordonnés tend aussi dans le sens du genre, lorsqu’il est dit que l’Assemblée synodale s’engage à

« émettre des votes qualifiés afin que les croyants qui sont appelés et habilités aient accès à tous les services et ministères de l’Eglise – y compris tous les ministères ordonnés – indépendamment de leur sexe et de leur état de vie ».

De l’ingérence à la subversion

Nous poursuivons la publication des conférences prononcées au colloque “Narratifs religieux alternatifs et formes de déviation sociale” .

Après L’Ordre du Temple Solaire ou la nostalgie des chevaliers sans croisade

et Personal Growth and Psychological Issues in Questionable Religious Organizations,

voici la conférence de Maxime PERROTIN, journaliste spécialiste des questions géopolitiques: De l’ingérence à la subversion : le cas d’école des sectes asiatiques

Maxime PERROTIN

De l’ingérence à la subversion : le cas d’école des sectes asiatiques

Pour ma part, à l’inverse de mon prédécesseur [Roman Silantiev, note du SB], je vais m’arrêter sur des organisations religieuses qui ont pignon sur rue, qui comptent des millions de membres et qui disposent d’une force de frappe financière et politique à laquelle nous ne sommes pas vraiment accoutumés en Europe, ou plutôt que nous ne semblons plus reconnaître. Il y a un détail qui m’a toujours intrigué, c’est la manière dont on perçoit en France les mouvements sectaires, ou plutôt la manière dont leur image s’est construite. Pour beaucoup, il s’agit, on va dire pour résumer, d’illuminés, d’individus crédules, victimes d’un mégalomane qui cherchent à vivre en marge de la société. On pense aux raéliens, qui prêtent même presque plus à sourire qu’ils n’inquiètent, avec leurs ambassades pour les extraterrestres ou encore leur méditation sensuelle. De manière beaucoup plus sinistre, on pense aussi à l’Ordre du Temple Solaire et ses suicides collectifs sur lesquels, Raphaëlle Auclert, vous reviendrez tout à l’heure. Ou encore aux Davidiens, qui se sont notamment mondialement fait connaître lorsque, au printemps 1993, le Bureau de l’alcool, du tabac et des armes à feu ainsi que le FBI avaient assiégé leur résidence à Mount Carmel, près de Waco. Et voilà, pendant près d’une cinquantaine de jours, plus de 80 personnes avaient trouvé la mort – adeptes et agents fédéraux inclus. Des cas médiatiques plus ou moins marquants qui tiennent plutôt de l’épiphénomène, d’une infinitésimale partie émergée de l’iceberg.

A Mount Carmel, par exemple, il s’agissait d’une congrégation d’une centaine d’individus installés depuis les années 30 au fin fond du Texas et où ils attendaient la venue de l’Apocalypse et prêchaient la rédemption au peuple. On est fort loin, on va dire, des temples et des buildings rutilants que des mouvements religieux qui ont émergé aux États-Unis ou dans les pays d’Asie ont disséminé tout autour de la planète : les pays d’Asie en question, il s’agit du Japon et de la Corée du Sud. Ces deux pays où les mouvements religieux foisonnent, deux pays dont les constitutions, dirons-nous, étaient inspirées par les Américains. On y retrouve d’ailleurs une interdiction pour l’État de se mêler des affaires des institutions religieuses. Et sans parler de ce petit coup de pouce financier qui aiguise d’ailleurs bien des appétits à travers les exonérations d’impôts. Mais, là encore, l’image des sectes japonaises en France était fortement influencée par un événement singulier et dramatique, par la manière dont l’opinion publique en France avait fait connaissance avec ce phénomène, c’était l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, donc via la secte Aum Shinri Kyo qui n’en était pas d’ailleurs à son premier attentat du genre. Une secte de quelques milliers d’adeptes, mais une parmi 230 000 organisations religieuses que comptait alors le Japon. Les Français connaissent l’Église de la Scientologie et les Témoins de Jéhovah.

Connaissent-ils la secte coréenne Moon avec ses mariages de masse? Connaissent-ils, parmi les nouveaux mouvements, ceux du Japon, le Reiyukai, le Sukyo Makikari et évidemment l’incontournable Soka Gakkai, plus communément appelée « Société pour la création de valeurs ». Bon, il faut dire que cette dernière n’est pas aussi prosélyte que ses équivalentes américaines. Mais cela ne l’a pas empêchée de devenir quand même la plus puissante secte du monde, revendiquant 12 millions d’adeptes, trois fois plus que les Témoins de Jéhovah. Et ces adeptes ne permettent pas uniquement au mouvement de s’offrir le troisième quotidien du pays, mais également de s’ériger comme la troisième force politique du pays dans le milieu des années 1960, puis même d’intégrer les gouvernements libéraux à partir de la fin des années 1990. Mais même avant de prendre part à des coalitions de gouvernement, ils avaient même réussi à savonner la planche au gouvernement qui voulait justement accentuer la transparence sur les organisations religieuses en soudoyant des ministres, dont le ministre de la Justice dans les années 1995-96. Alors il n’y a pas qu’à la diète et au cabinet que la Soka demande – pour rester sur cette secte pour le moment. Alors, en tout cas pour ce mouvement religieux, au Congrès des États-Unis également, lorsqu’en 2007 c’était le démocrate Hank Johnson qui prend son siège à la Chambre des représentants – il est membre de la Soka depuis plus de 30 ans. Un média comme le Washington Post y avait vu justement l’expression de la nouvelle diversité religieuse aux États-Unis.

A cette époque cette mouvance bouddhiste revendiquait donc 6000 nouveaux membres par an. 100 000 membres à peu près aux États-Unis, 90 centres. Elle est loin d’être la seule. Pour revenir sur Moon, que j’ai évoquée un petit peu plus tôt, c’est comme la Soka. Elle dispose d’un quotidien d’ailleurs aux États-Unis, avec le Washington Times qu’elle a fondé, ainsi qu’une université, du moins jusqu’en 2019. Elle aurait donc coupé les ponts. C’était la Bridgeport qui est cette université aux portes de New York et où elle avait investi plus de 100 millions de dollars. Avec ces chiffres, on est quand même dans une certaine démesure de ces organisations-là par rapport à ce qu’on a l’habitude de connaître ou aux chiffres qu’on a l’habitude de manier en France. Sachant qu’en plus, leur influence ne va pas nécessairement pas dans le sens du pouvoir en place dans les pays où elles émergent. Pour l’anecdote, la Soka, lorsque le Japon était en difficulté face aux troupes russes en Mongolie, l’empereur avait appelé à l’unité derrière le shintoïsme d’État et évidemment, seul la Soka, ou du moins son leader de l’époque, avait refusé cet appel à l’unité, notamment par défiance de la figure de l’empereur, ce qui paraissait inconcevable à l’époque au Japon. Et finalement, sans la victoire américaine et l’instauration de cette liberté religieuse dans l’archipel, la Soka n’aurait pas pu renaître.

Et il y a quelques temps, le numéro deux du mouvement a même accusé le leader de nourrir aussi cette ambition de devenir le personnage numéro un du pays. Elle fait aussi des émules sur le Vieux Continent. Pour prendre un exemple assez parlant, on citera l’Italie, qui est quand-même le pays des Papes et où elle est devenue la quatrième religion de l’Italie. Alors ses 70 membres revendiqués ? Cela peut paraître peu, mais pour dresser une comparaison, c’est deux fois plus que la Corée a de citoyens de confession musulmane. Si bien qu’en mars 2013, la représentante de la Soka en Italie avait été conviée au Vatican par le tout nouveau Pape François. Ce qui était finalement une consécration pour le mouvement. Alors l’accueil avait été plus réservé en France. Il faut dire que la Soka avait été éclaboussée par des soupçons d’espionnage industriel. Mais la Mission interministérielle de lutte contre les sectes, créée en 1998, l’avait à l’œil, celle même qui, d’ailleurs, dans son premier rapport, avait dépeint les actions de la Scientologie, je cite : « comme semblant être commandées depuis le quartier général de la secte aux États-Unis et pouvant être qualifiées d’activités clandestines menées à partir d’une nation étrangère », donc clairement dans de soupçons d’ingérence. Et c’est là que ça devient intéressant parce qu’aujourd’hui, et c’est le journaliste qui parle, à mes yeux, la documentation, les articles dans la presse générale, en tout cas, sur ces nouvelles pratiques religieuses, se sont, on va dire, raréfiées depuis les années 1990.

Aussi pour de bonnes raisons, mais aussi parce qu’on a le sentiment, la perception que l’on a de ces grands mouvements religieux, de ces grandes organisations, a changé. La perception qu’on a semble s’être lissée. Il faut dire que leur statut a évolué à la recherche de légitimité. On évoquait justement ce cas au Vatican. L’Église de Scientologie est, depuis 1999, justement qualifiée de religion en France et même au-delà de l’État français. La Soka, encore elle, avait été reconnue dans les années 1980 comme une ONG à statut consultatif aux Nations Unies. Donc c’est finalement lorsqu’on s’intéresse à ces sujets, on a le même sentiment que lorsqu’on traite par exemple de thématiques telles que l’imperium juridique américain. À savoir cette extraterritorialité du droit américain. Donc, au service de la prédation des entreprises américaines. Il y a 20 ans, les responsables français semblaient justement beaucoup plus au fait des menaces qui planaient au-dessus de nos têtes et n’hésitaient pas à les pointer du doigt. Aujourd’hui, avec l’affaire Alstom, on a l’impression qu’on redécouvre totalement le phénomène comme s’il était tout nouveau, qu’il n’avait jamais existé. Et finalement c’est ça qui est étonnant. Des pays ont reconnu, pour rester sur ce statut d’ONG évoqué il y a un moment plus tôt, ont reconnu justement le potentiel d’ingérence que peuvent représenter les ONG et n’ont plus le levier de puissance, le levier qu’elle peut octroyer à des puissances étrangères.

Et on semble totalement minimiser celui des mouvements religieux qui pourtant vont toucher au plus profond de nous-mêmes, donc aux croyances des gens. On va dire que cela ne cesse de me surprendre. Parce que justement, l’une des forces, on va dire, des grands mouvements venus d’Asie, c’est que, paradoxalement, au regard de leur taille, ils ne sont justement pas connus. Les futurs membres se laissent progressivement entraîner dans ces mouvements au travers des différentes associations qui gravitent autour d’elles. Ce sera ma conclusion finale sur une question et une interrogation : est-ce qu’il n’y aurait pas justement une carence ? Pas forcément en matière de prévention à proprement parler. Finalement, celle-ci va être limitée par le droit, comme c’était évoqué plus tôt durant notre conférence. Difficile de pointer nommément une organisation, de la dénoncer publiquement, surtout si elle n’a pas fauté à proprement parler, mais il faudra plutôt se concentrer sur l’information. Il suffira justement de montrer de manière pragmatique qui sont ces organisations sans forcément les décrier, de montrer leurs ramifications, de faire preuve d’une plus grande transparence, justement, parce que ces organisations tentent de limiter leur visibilité dans leurs pays d’origine, plutôt que d’aller sur le terrain de la sémantique pour savoir si elles rentrent, on va dire, dans la catégorie des sectes, des religions, des ONG culturelles et autres. Voilà. Merci de votre attention.

Raphaëlle Auclert : Merci, monsieur Perrotin. C’était très intéressant et justement cela nous a permis aussi de lever le voile sur des secte qui, comme vous l’introduisiez au début, n’ont pas du tout les formats ni les apparences classiques des groupes d’illuminés qui restent à une échelle assez réduite, mais sont au contraire des organisations qui ont des airs tentaculaires et mènent une action clandestine, en sous-main. Et justement, je voulais rebondir sur votre conclusion parce que vous disiez au cours de votre présentation que l’information sur ces sectes s’était raréfiée ces derniers temps et, au contraire, vers la fin, vous appeliez à plus de transparence pour mieux connaître ces mouvements et justement mieux éviter leurs dangers. Mais justement, je me posais la question : est-ce que, à votre avis justement, cette opacité autour de ces mouvements, est-ce que ce ne serait pas voulu ? Justement, est-ce qu’il n’y aurait pas tout un travail d’influence ? Et peut-être que comme ces organisations ont de plus en plus de pouvoir et de prise dans les Etats où elles sont, est-ce qu’elles ne font pas tout un travail justement pour rester dans l’ombre, pour qu’on ne parle pas d’elles et pour être mieux cachées, plus efficaces ? Est-ce que ce serait possible ? Ou est-ce que c’est parce que c’est tellement compliqué que les gens n’arrivent simplement pas à saisir ? Parce que ce que vous avez ébauché, c’est vrai que ça a l’air quand-même très complexe, avec beaucoup de ramifications, etc. Est-ce que c’est le problème de la complexité ou bien est-ce qu’il y a une volonté délibérée de se dissimuler pour mieux agir dans l’ombre ?

Maxime Perrotin : Je dirais les deux. Il doit y avoir une grille de lecture, on va dire du côté du public français. On a vu comment ça se passait, on va dire, ou comment elles étaient perçues dans d’autres pays. Mais voilà, on était dans les années 1990. On parlait justement de la manière dont était perçue l’Église de la Scientologie en France à l’époque où les Allemands se sont aussi intéressés de près, on va dire, à l’Église de Scientologie. Mais effectivement, il y a, au niveau de l’approche qu’on va en avoir, dans l’opinion, on va dire, une forme d’incompatibilité avec le fait que les sectes ou les mouvements religieux puissent justement avancer, puissent être des cols blancs. On octroie généralement aux mouvements sectaires une forme de charlatanisme qui tient parfois presque de la bienveillance. On se dit que tant que ça ne nous tombe pas dessus, ça ne nous concerne pas, qu’ils font finalement ce qu’ils font de leur côté. Il est vrai aussi que ces grosses organisations n’ont pas toutes les mêmes méthodes. La Scientologie et les Témoins de Jéhovah sont quand-même assez réputés pour leur prosélytisme. Ce qui n’est pas vraiment le cas justement des organisations asiatiques qui misent plus sur le bouche-à-oreille mais qui sont tout aussi efficaces.

Le nombre de leurs membres a explosé dans les années 1950 au Japon, ils ont évolué aussi de manière assez exponentielle en Italie. Et tout cela effectivement est couplé avec, on va dire, une volonté de ces organisations de faire profil bas dans des pays comme les nôtres, où il faut généralement miser sur une bonne image, et surtout sur la discrétion. Il n’y a pas eu de scandales comme il y en a eu là-bas. Médiatiquement, ils ont tendance à passer sous les radars. Sur le Net, on a surtout trouvé leurs propres publications, pas forcément celles des médias. Et il y a effectivement dans leur pays d’origine une forte proportion à aller toucher à tous les domaines, on va dire, de la société. Ils investissent dans les médias, ils investissent beaucoup dans l’éducation qui leur tient particulièrement à cœur. Il y a des universités Soka, il y a des alliances et des universités aux États-Unis, du côté de l’Église de l’Unification. Et il y a effectivement des tentatives de minimiser, d’empêcher justement que des législations puissent venir les contraindre à rendre plus de comptes ou à faire preuve de plus de transparence.

Ces organisations communiquent généralement peu sur elles-mêmes. Alors, elles peuvent revendiquer et parler mais, pour la Scientologie, c’est très difficile, par exemple, de savoir avec exactitude le nombre de leurs membres. On le retrouve, par exemple, aux États-Unis. Mais c’est vrai que, en tout cas du côté du Japon, oui, il y a eu une véritable volonté, en tout cas dans la fin des années 1990, de faire taire les critiques, d’empêcher justement qu’on s’intéresse un peu de trop près à leurs affaires. Après, il y a toujours eu des accusations entre leur leader de l’époque et leur clergé sur des dérives qui sont celles d’un homme et qui ne sont pas en accord avec celles du mouvement. Mais, de manière générale, on peut dire qu’ils s’appuient effectivement sur une influence discrète mais extrêmement présente, des ramifications très diverses, très variées, qui remontent jusqu’au sommet de l’État. Et c’est vrai que c’est particulièrement étonnant. Ce ne sont effectivement pas du tout des configurations qu’on voit chez nous, du moins on ne les imagine pas.

Raphaëlle Auclert : Très bien, merci pour ces précisions. Je crois qu’il y a beaucoup de questions. Alors Olivier Rouot, si vous voulez, vous pouvez prendre la parole.

Olivier Rouot : Merci, bonjour, Maxime Perrotin, merci pour cette conférence très intéressante. Vous avez évoqué un point qui m’intéresse énormément, que je développerai tout à l’heure dans mon propos et sur lequels j’aimerais que vous vous exprimiez peut-être un peu plus si vous en avez le temps et l’envie. Vous avez évoqué rapidement l’influence ou en tout cas le soutien, du moins la bienveillance des instances américaines. Effectivement, il m’apparaît que pour beaucoup de situations sectaires mondiales, les grandes sectes très puissantes bénéficient non seulement d’une bienveillance, au moins aux États-Unis, mais parfois même sont un peu télécommandés par les États-Unis pour renseigner ou mettre le bazar dans des pays où elles sont installées. Est-ce que c’est ce que vous avez voulu dire ou est-ce que vous avez des informations sur ce sujet ?

Maxime Perrotin : C’est à peu près ce que j’ai voulu dire. Je savais que vous réagiriez certainement sur ce point et, effectivement, c’est aussi votre sujet qui va suivre. Mais c’est vrai que ça attire l’attention parce qu’effectivement ces pays où foisonne ce terreau, cet environnement religieux très riche sont souvent sous influence américaine. Alors évidemment, on pourrait dire qu’il y avait déjà un terreau qui était très fertile. Mais on a quand-même effectivement l’impression que les États-Unis, je ne sais pas justement si c’est à dessein, mais ont quand même arrosé d’une certaine manière. Il est clair qu’ils ont co-rédigé, on va dire, les constitutions de ces pays-là, et ont mis en place (surtout pour le Japon à la fin de la guerre) les conditions pour défaire ce qui avait fait l’empire. Voilà, la Soka qui existait déjà avant. Mais c’est vrai qu’il y a eu une explosion, à partir de ce moment-là, à partir de la fin des années 1940, du nombre d’organisations religieuses dans ce pays et on retrouve exactement la même chose du côté coréen.

Raphaëlle Auclert : Comme par hasard.

Maxime Perrotin : En Corée, c’est quand même assez différent. Enfin, c’est assez particulier, on va dire, religieusement parlant. Ça reste aussi deux cultures qui sont marquées par le shinto, le bouddhisme et beaucoup de courants qui viennent de là. Mais c’est vrai et finalement les États-Unis ont vu revenir ces mouvements chez eux. Alors vous me direz que ce n’est pas forcément la première fois que les Américains font cela, j’allais dire le mot réforme. En tout cas à l’heure actuelle, c’est difficile pour moi de juger si c’était forcément voulu. Est ce qu’il y avait une volonté justement aussi de de satisfaire ces pays ? Je veux dire, la Corée, était plus pauvre à la fin de la guerre, le Japon était complètement détruit. Est ce qu’il n’y a pas aussi une volonté de contenter les gens en leur donnant justement la possibilité de croire en ce qu’ils voulaient, notamment pour contrer l’influence du communisme qui grandissait dans ces pays ? Alors là, c’est un avis personnel. Je m’en remets justement à l’analyse que vous allez faire sur ce sujet qui, effectivement, mérite d’être creusé.

Raphaëlle Auclert : Très bien. Merci beaucoup. Il y a encore une question.

Un intervenant : Florence Lacroix avait fait sa thèse de doctorat sur la Soka Gakkai en sociologie. Et elle faisait le parallèle entre justement cet organisme de la Soka Gakkai et la mafia. Vous en pensez quoi ? Vous êtes d’accord avec ça ?

Maxime Perrotin : C’est une vaste question. Il y a eu des accusations comme quoi l’intégrité de la société nippone était affectée par la Soka, ce qui offrait une certaine impunité à son leader historique, en tout cas celui qui est toujours vivant. Et je ne saurais pas dire plus, c’est difficile. Les yakuzas sont un peu un État dans l’État. Ils sont assez discrets. Ils sont aussi un peu, notamment chez nous, l’objet de certains fantasmes.

Raphaëlle Auclert : Ce que vous décrivez, c’est à dire une implication à la fois sociale, politique, économique. Ça ressemble quand-même beaucoup à une mafia. En tout cas, ça en a les traits.

Maxime Perrotin : Mais oui.

Raphaëlle Auclert : Avec la dimension religieuse.

Maxime Perrotin : Chacun a son opinion, mais c’est le levier d’influence qui est intéressant. En fait, que ce soient de petits groupes dont je parlais au tout début, comme les raëliens et autres, ou d’autres, finalement il n’y a pas beaucoup de différence, si ce n’est la taille des organisations. Généralement, leur leader semble nourrir une certaine appétence pour le pouvoir, pour l’influence. Elles se revendiquent toutes d’être vectrices d’un message universaliste. Elles veulent toutes non pas conquérir le monde, mais elles aspirent tous à une forme d’universalité qui va de pair avec justement cette recherche d’influence par goût du pouvoir ou simplement par volonté d’expansion.

Raphaëlle Auclert : Très bien, merci.

 

Une écrasante majorité de Français pour l’euthanasie, vraiment?

On nous serine depuis des années que 95% des Français sont favorables à l’euthanasie. “Le Point”, qui ne passe pas vraiment pour un journal pro-vie, interroge son lectorat aujourd’hui. Nous sommes loin du raz-de-marée (et l’avance du “oui” diminue d’heure en heure…).

Addendum:

Une heure après notre article, le “oui” était minoritaire. Décidément, cette propagande pour la culture de mort repose sur du vent!

La “croissance personnelle” et les sectes

Nous poursuivons la publication des conférences prononcées au colloque “Narratifs religieux alternatifs et formes de déviation sociale” .

Après L’Ordre du Temple Solaire ou la nostalgie des chevaliers sans croisade, voici la conférence (en anglais) de Constantine POPKOV, consultant politique et porte-parole du fond Shimon PERES: “Personal Growth and Psychological Issues in Questionable Religious Organizations”

Constantine POPKOV

Personal Growth and Psychological Issues in Questionable Religious Organizations

Good morning, my colleagues. Thank you for having me here. And let me share some of my thoughts on the matter that we are discussing. So, this is the matter of utmost importance, and it’s much more complicated than it seems to be. So, clearly people are driven by their beliefs. And if those beliefs are dangerous or destructive or self-destructive, then such people turn themselves into a weapon of destruction and they are a threat to society. This is very clear. My profession is very interesting. I work with leaders and help them prepare for public speaking. I’m a speechwriter, an advisor for strategic communications. I work with the minds and thoughts and words of leaders. And I’m always paying attention to the values and beliefs that people express verbally. Let me put it in a context. There’re stages of personal growth and spiritual growth. And on every stage, there are different values and beliefs that people adhered. And as a human being evolves mentally, psychologically, and spiritually, then those beliefs change. And if we refer to, let’s say, Jane Loevinger, an American psychologist, or Scott Peck, another American psychologist, they describe the stages. And so let me just briefly mention those stages, because they’re important for us to assess those religious beliefs that we are dealing with. The first stage is called chaotic or antisocial. On this stage, a human being is basically driven by emotions and impulses and is not capable of dealing with other people and society in a civilized way.

So this is basically a destructive stage. Little children and then adults who are dependent, who are not capable of living in society, they live in this stage, so called chaotic, antisocial. Then the second stage, as we grow up, is called conformist. It’s conformist. So, basically, we conform to the rules of the group. We learn to live by the rules that other people will basically impose on us. And this is basically the level of family education or traditional religious education or school education. And as we progress in our personal growth, we go to another stage, which is called in psychology individualistic. Basically, we move beyond the conformist level, and we start developing our independent opinions and views. And this is the stage where people are basically independent. They rely on their own opinions, and they don’t trust basically anyone except themselves. And then the fourth stage is called integrating stage, where people learn how to integrate with others, how to integrate with people who have different opinions and different beliefs, people of different nationality or race or political views. And basically this is the line along which we evolve as human beings, but not everybody grows up, in fact. A lot of people just get stuck on a chaotic and antisocial stage. And this is what we need to pay attention to, because if somebody has chaotic or anti-social or destructive beliefs, they’re very likely to end up in a certain group and they will conform to destructive views, or beliefs, or values of that of that group.

And this is what we need to pay attention to. If we talk about questionable religions, we need to pay attention to what beliefs they build their group around, and if they are clearly destructive and dangerous to society. We absolutely need to deal with these issues. Because if we have, let’s say, religious extremism, or child abuse, or human rights violation, or a religious group professes a government change in a violent way, they violate the law, this is very clear. And they need to be dealt with, but they need to be dealt with according to what laws or regulations they violate. And this is not as easy as it seems, because once we start fighting against some people that we believe are dangerous, we need to ask ourselves, how do we diagnose how dangerous or evil those people are? Do we assess them according to our own personal, subjective opinion? Or there’s a more objective framework that helps us assess which level of personal or spiritual growth they are and what level of values and beliefs this group represents. I have mentioned that if they are clearly chaotic and antisocial, this is very easy. But what if those people are not doing anything harmful to others and they just profess the views that are different from ours? Can we still call them a sect? Can we call them a dangerous religious group? And I bring up this point because this is very important, because it is very easy to fall into a trap of hatred. It is very easy to fall into a trap of religious persecution. And we need to be very careful with this because if we, let’s say, stand against somebody because they violate human rights, if they do something clearly and obviously dangerous to health, or mental health, or security, or stability of the State, this is very clear. If somebody goes after somebody, just because they are different and they hold different beliefs, different from ours, or they’re different from us in terms of race, or political views or nationality, this is a very slippery and dangerous path and we really need to be very careful about that. And then there are a lot of people who might be much more advanced in their views, their beliefs and their values, and they can be hated or persecuted by others because they are different. This is not an easy matter. We really need to look into what drives people, what they believe in. But much more important is what they actually do. Because the actions show their true beliefs and true values. And in this context, I think that we need to bring this discussion to a level of why do people join such groups? What motivates them? What are they seeking? Why are they joining alternative or questionable religious organizations instead of going to established and traditional religions? And this is a very, very important issue.

Clearly such people are frustrated, so they are unhappy, and they are looking for answers. And what makes me wonder is why do they turn for answers to questionable religions? Why aren’t they satisfied with those answers that are already there? What makes those questionable organizations attractive to people who are frustrated or in search of meaning or in search of answers? I think that the real danger is not the existence of such organizations. Well, I will give you an analogy, because I work a lot with youth, with students giving a lot of lectures. And one of the issues that I bring up is the issue of addictions. Some people believe that if, by miracle, we eradicate drugs, alcohol or cigarettes out of this world, then people will just stop being addicted. But will they? They won’t, because if you take away the source of addiction from them, they will turn to another thing they will get addicted to. Because addiction is a state of mind, a state of underdeveloped, dependent mind, which, in the beginning of my speech, I called the chaotic and anti-social state. And therefore, the only way to beat addiction, to win addiction is not by taking the source of addiction away from the person addicted to it, but by motivating this person to grow as a person, to motivate, to inspire, to go to another stage and outgrow this addiction.

And I would say that totalitarian sects are a form of addiction, something similar to drug addiction or alcohol addiction. And if you destroy or ban these organizations, these people who are in search of this kind of emotional addiction, they will turn to some other form of addiction and maybe even more harmful and more dangerous. It’s my opinion that we absolutely need to fight with any forms of felony or illegal activities. We absolutely need to protect human rights. But if we look into the root cause of what we are discussing, it’s not the questionable religions, as I say, but the underdeveloped state of mind of our society, of people who need answers, but they don’t get those answers. And it is the responsibility of those people who understand things like spiritual growth, personal development, education and values, beliefs. I believe, this is the responsibility of such people, as the Bible says, to be the light to this world. We need to be the light to this world, so that those people turn for answers to us and not to those strange and questionable and doubtful religious organizations. That means that we need to be on the front line and share our values and be role models that especially young people will want to emulate. And there’s one more thing that I wanted to mention.

My message is this. I think we should rather focus on how to be the light to this world rather than fighting those people who, for some reason, are off track. And here there’s a danger, because we need to also ask ourselves – what motivates me and what beliefs do I profess personally? And if I’m doing this for my faith and my love for God or am I driven by intolerance and hatred to other people? This is a very dangerous path, and I think that we need to orient ourselves properly so that we really follow our beliefs and be an example for others. And then more and more people will join the right organizations and then, all these questionable organizations will basically lose the meaningful existence. So basically, this is what I wanted to share with you.

Raphaëlle Auclert: Thank you very much, Mr. Popkov, for your insightful look. It was very interesting, and it was right to get interested in the roots of the problem. Of course, just to fight against evil is not enough. We have to defend the good and the good values. So, thank you very much. I switched to French language again. Merci beaucoup, Monsieur Popkov, pour votre exposé extrêmement intéressant et qui est très complémentaire avecles autres intervenants.

Le Monde ne veut pas informer sur le viol des femmes par des immigrés

On croit rêver quand Le Monde écrit :

Cet horrible fait divers aurait pu en rester là et faire l’objet de quelques lignes dans la presse.

Selon Le Monde, l’élection de Meloni est plus grave que le viol d’une pauvre ukrainienne :

Dimanche 21 août, une femme ukrainienne de 55 ans a été violée par un demandeur d’asile en plein centre-ville de Plaisance, en Emilie-Romagne (Nord). Cet horrible fait divers aurait pu en rester là et faire l’objet de quelques lignes dans la presse. Mais la scène, insoutenable, a été filmée par un témoin et publiée sur les réseaux sociaux. Une vidéo sitôt reprise par plusieurs quotidiens de la Péninsule, mais aussi, et surtout, par l’équipe de campagne de Giorgia Meloni, la candidate d’extrême droite aux élections législatives anticipées du 25 septembre, cheffe de file de Fratelli d’Italia (FDI, postfasciste), qui y a vu un moyen d’exploiter son thème favori, « rétablir la sécurité dans nos villes ».

Crise démographique avant la fin du siècle

Le nombre d’être humains en passe d’atteindre les 8 milliards à l’automne prochain, selon les dernières prévisions des Nations unies, risque de s’effondrer avant la fin du siècle. C’est la thèse défendue par James Pomeroy, économiste chez HSBC, dans une étude parue le 22 août.

« La probabilité que la taille de la population mondiale commence à se réduire dans les vingt prochaines années est bien plus élevée que ce que nous avions prévu initialement ».

En juillet, l’ONU constatait qu’en 2021, la fécondité moyenne de la population mondiale était de 2,3 naissances par femme au cours de la vie. Elle était de 5 dans les années 1950. Pour l’ONU, elle devrait encore baisser d’ici à 2050 pour atteindre 2,1, soit le taux qui permet de stabiliser la population. Mais selon la tendance récente observée, le recul pourrait être plus important et plus rapide.

Le vieillissement et la faible fécondité entraîneraient des changements massifs dans la population humaine, et plus tôt que nous ne le pensons. La population mondiale pourrait comptabiliser seulement un peu plus de 4 milliards d’êtres humains d’ici à la fin du siècle.

« Le recul du taux de fécondité est global mais pour certains pays, à l’instar de ceux d’Afrique subsaharienne et d’Asie, le niveau, bien qu’en recul, permet une poursuite de la croissance de la population ».

La part de l’Afrique dans la population mondiale va se renforcer avec un nombre élevé de jeunes qu’il va falloir intégrer dans le monde du travail, sur place ou dans les pays développés ou émergents en manque de main-d’oeuvre. A Hong Kong, à Singapour, en Corée du Sud et à Taïwan, l’actuel taux de fécondité permet de prédire une division par deux de leur population d’ici à la fin du siècle. La Chine n’est pas loin de les rejoindre.

En Europe, « au rythme où vont les choses, la population aura diminué de moitié avant 2070, le continent risquant de perdre 400 millions d’habitants d’ici à 2100 ». De même, en prolongeant la tendance actuelle, la population indienne grimperait à 1,54 milliard d’habitants en 2050 tandis que la Chine verrait la sienne reculer à 1,17 milliard. La France compterait alors 62,3 millions d’habitants et l’Allemagne 70,3 millions.

Il paraît que c’est la fin de l’abondance

Selon Macron :

 

Comprendre le processus de dédramatisation d’une guerre nucléaire.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La dissuasion nucléaire qui a commencé entre les deux blocs (le monde dit « libre » d’un côté et la sphère soviétique de l’autre) juste après la deuxième guerre mondiale, a fait office, à juste titre, d’épouvantail absolu. Cette menace de l’apocalypse par l’atome, au-delà des analyses géopolitiques avancées par les uns et les autres, est même la seule vraie raison qui a maintenu l’occident en paix (forcée) depuis maintenant près de 80 ans. Le principe de la dissuasion atomique est à la fois simple et redoutable. Rappelons-le brièvement: «Si tu me tues, je te tue, donc tu ne me tues pas», ou encore «celui qui tire en premier, meurt en deuxième, mais meurt quand même» (le temps, environ 20 minutes, que les missiles intercontinentaux de l’adversaire arrivent à destination).

Or, depuis quelque temps, nous assistons à ce que je nommerais une sorte «d’érosion de la peur» face à la guerre atomique. Pourquoi ce soudain changement dans la perception d’un évènement qui pourrait pourtant éradiquer un tiers (voire plus) de la population planétaire? Est-ce à dire que nous nous serions au cours du temps tellement habitués à cette effroyable possibilité, que finalement nous ne nous en inquiéterions moins? Ou bien, serait-ce peut-être parce que les apparatchiks mondialistes, en cas de conflit atomique, atteindraient enfin l’un de leurs objectifs qui est de réduire drastiquement la population planétaire, et ainsi sans que nous nous en rendions compte, s’emploieraient avec succès par des messages subliminaux médiatiques, à nous faire accepter l’idée de l’inacceptable?

Non, en réalité, et quand bien même ces éléments d’explication jouent sans doute un rôle, les vraies causes de cette dédramatisation de l’horreur absolue que représente la guerre nucléaire, trouvent leurs racines avant tout dans la corruption morale de l’humanité par les lois d’infamie « contre Dieu et nature » (légalisation de l’avortement, mariage homosexuel, PMA pour toutes etc.) que nous avons acceptées ces dernières décennies sans vraiment nous battre. C’est qu’à partir du moment où nous savons que nos lois permettent d’assassiner l’innocent absolu qui est l’enfant-à-naître, nous savons aussi, au fond de nous-mêmes et dans le secret de nos cœurs, que tout l’échafaudage de l’éthique devient une sinistre farce.

Dans une certaine mesure, puisque nous acceptons la légalisation de la mort «des autres» (c’est-à-dire la mort des «innocents à naître»), nous acceptons aussi, par une sorte de phénomène de ricochet éthique vers le bas, «la nôtre». Oui, accepter l’extermination des autres, c’est approuver en puissance notre propre extermination. Dans un tel contexte de mépris de la vie quant aux plus faibles, le principe de l’universalisation du mépris de la vie « tout court », c’est-à-dire le mépris de la vie aussi pour nous-mêmes, devient logique.

En ayant approuvé l’écrasement des uns, nous avons approuvé, ipso facto, notre propre écrasement. La légalisation de l’avortement (extermination des plus faibles) aura signé une sorte «chèque en blanc» à la mort « pour tous ». Cette humanité qui cautionne l’écrasement de l’innocent absolu (embryon) ne croit plus en elle-même, et commence à penser (consciemment ou pas mais au fond peu importe) qu’elle ne mérite pas de vivre.

Cela est la vraie raison qui nous amène maintenant, nous qui avons piétiné la valeur intrinsèque de la vie créée par Dieu, à accepter l’idée de notre propre disparition, y compris par le feu nucléaire.
C’est sans doute dans cet esprit qu’il faut comprendre la phrase de Mère Teresa : « l’avortement est responsable de toutes les guerres »
Jean-Pierre Aussant

L’Ordre du Temple Solaire

Nous avons le plaisir de commencer aujourd’hui la publication de plusieurs conférences tenues lors d’un colloque sur “Narratifs religieux alternatifs et formes de déviation sociale” (14 juillet 2022). Ce colloque était la première manifestation scientifique du RFR, équipe internationale de spécialistes qui travaille sur la résurgence du fait religieux. Au total, 5 conférences ont été données dans ce cadre (3 en français et 2 en anglais).

Nous commencerons par la conférence du Dr Raphaëlle Auclert, organisatrice de ce colloque et enseignante-chercheuse à l’ICES: L’Ordre du Temple Solaire ou la nostalgie des chevaliers sans croisade

Transcription:

Raphaëlle AUCLERT

L’Ordre du Temple Solaire ou la nostalgie des chevaliers sans croisade

Je me rends compte qu’il y a un certain nombre de parallèles avec beaucoup des interventions que nous avons entendues. J’y reviendrai donc. L’Ordre du Temple solaire s’est fait tragiquement connaître dans la décennie 1990, avec cinq suicides collectifs ou supposés tels, nous y reviendrons, survenus au Canada, en Suisse et en France. Comme souvent dans ces cas-là, les journalistes déplorent la folie furieuse d’une secte d’illuminés dont les croyances ésotériques les ont menés à une issue fatale. Cela est certain. À cet égard, il est intéressant de relever les traits caractéristiques de ce groupuscule qui sont communs aux autres sectes, à savoir un gourou, une doctrine ésotérique, la soustraction des adeptes à leurs liens sociaux, des pressions psychologiques, des manipulations et l’extorsion d’importantes sommes d’argent. Néanmoins, l’OTS se distingue d’autres sectes en ce qu’elle est un ordre dit de chevalerie initiatique qui renvoie à un univers imaginaire singulier, révélateur d’une certaine demande dans cette foire aux spiritualités que nous connaissons aujourd’hui. Dans cette communication, nous nous pencherons donc sur l’historique et les protagonistes de l’OTS. Mais il sera aussi intéressant de le replacer dans le phénomène plus large des sectes de nos sociétés postmodernes. Ces dernières sont marquées par un vide religieux. C’est un aspect qui était évoqué par Konstantine Popkov, c’est à dire la quête de sens et également un désespoir profond qui poussent certains à se jeter à corps perdu, c’est le cas de le dire, dans des aventures parfois funestes. Nous interrogerons ce qu’elles nous disent des mentalités contemporaines, de notre rapport aux idéologies, de notre rejet de celles-ci suite aux catastrophes qu’elles ont causées au XXᵉ siècle, mais aussi de notre besoin social et vital d’adhérer à un projet commun, toujours nécessairement un peu utopique, de notre besoin de croire et d’être reliés par les mêmes croyances. Voilà les questions que nous soulèverons et auxquelles nous tenterons d’apporter une réponse.

Historique de l’OTS

La secte a été fondée en 1984 par Joseph Di Mambro. Cet ancien bijoutier a été condamné pour escroquerie et il s’intéresse à partir des années 1950 au spiritisme. Il a fréquenté un groupement gaulliste et proche de Charles Pasqua. Le deuxième fondateur est Luc Jouret, né en 1947, médecin belge spécialisé dans l’homéopathie. Un an avant, en 1983, ce dernier avait pris la succession de Julien Origas, grand maître de l’Ordre rénové du Temple, ou ORT, créé par d’anciens rosicruciens. Mais il en est rapidement expulsé, ce qui l’amène donc à fonder l’Ordre du Temple solaire avec Joseph Di Mambro et également un autre protagoniste qui s’appelle Michel Tabachnik, né en 1942, qui lui-même est compositeur et chef d’orchestre suisse et qui sera le théoricien du mouvement. Di Mambro et Jouret en seront les deux chefs. Di Mambro s’occupant plus spécialement des finances et de l’organisation et Jouret du recrutement, notamment à l’occasion des conférences qu’il donnait dans de nombreuses villes en Europe et au Canada sur les médecines douces, l’harmonie du corps et de l’esprit, la place de l’homme dans l’univers, et c.

Là le problème évoqué par un intervenant précédent de la frontière souvent floue entre les centres d’intérêts, les activités de loisirs et le bien-être et les dérives sectaires. Et là, la frontière était extrêmement floue et malheureusement beaucoup de gens sont tombés dans ce piège. Donc, concernant le fonctionnement de l’Ordre du Temple solaire, il a compté plus de 600 adeptes instruits et influents. Donc oui, ce qui est intéressant, c’est que c’est une secte qui recrute souvent dans des classes socioprofessionnelles assez élevées. Elle recrutait parmi des notables et des personnes fortunées. Luc Jouret serait parvenu à noyauter Hydro-Québec et à recruter un maire québécois ainsi que des membres de la famille Vuarnet, qui était un champion de ski très en vue dans le monde du sport et de la mode. Concernant le corpus doctrinal de la secte, il est exposé dans Les Archées, un texte établi par Michel Tabachnik. Le but était de former une chaîne de fraternité dans le monde, de reconnaître et rassembler une élite spirituelle pour perpétuer la Conscience avec un grand C, la Conscience unique et la vie dans le temps et l’espace, et édifier également des centres de vie appuyés par des mises en scène, des hologrammes assez primitifs mais qui faisaient forte impression sur les adeptes, par exemple des mises en scène avec Excalibur, le Saint-Graal ou le Christ. Il était question aussi de grands maîtres résidant sur l’étoile Sirius, qui communiquaient avec le gourou Joseph Di Mambro. Ils devaient guider l’humanité vers l’éveil spirituel et lui indiquer le moment du départ vers Sirius. On note les spécificités de cette doctrine : c’est un discours apocalyptique et millénariste offrant un projet collectif et la défense d’un idéal chevaleresque et de noblesse spirituelle requérant un parcours initiatique des adeptes. Nous y reviendrons. Effectivement, on reconnaît tous ces aspects de quête de sens évoqués par Constantine Popkov dans les exigences, les besoins formulés par les adeptes. Mais on reste quand même à échelle artisanale. On n’est pas dans des ramifications internationales. Néanmoins, les profits étaient assez importants. Mais malheureusement, les choses ont tourné rapidement au vinaigre puisqu’au début des années 1990 a eu lieu l’arrestation de Luc Jouret car il voulait se procurer des armes à feu. On l’a même soupçonné d’être lié à des trafics d’armes avec l’Afrique, notamment avec Charles Pasqua. Cet événement suscita la panique dans l’Ordre et une contestation interne, certains membres reprochant aux gourous leur comportement tyrannique et extrêmement avide à demander constamment plus d’argent.

Les massacres

Les gourous prennent alors la décision d’effectuer le transit vers Sirius, , et ce transit s’effectuait en se donnant la mort. Cela se produisit le 30 septembre 1994. Cinq personnes se donnèrent la mort dans un chalet de Morin-Heights, au Québec. C’était encore à une petite échelle. Puis, le 5 octobre, une semaine plus tard, 25 personnes sont retrouvées mortes par injection à Salvan, en Suisse. 23 autres, au même moment sont retrouvées mortes à Cheiry, dans un chalet incendié par un système de mise à feu. Ensuite, un an après, à la veille de Noël, le 23 décembre 1995, seize personnes périssent dans l’incendie d’une clairière du Vercors et plus tard à Saint-Casimir, dans le sud de la France aussi, cinq personnes se donnent la mort, ce qui fait un total de 74 victimes. Certains membres ont même été convoqués à la veille du massacre de Salvan pour atteindre un chiffre dit symbolique, en référence aux 54 chevaliers de l’Ordre du Temple exécutés sur le bûcher le 18 mars 1314. Mais ils auraient pressenti un danger et auraient décliné la demande des gourous de se rendre sur place. Alors, en ce qui concerne les causes, plusieurs pistes sont étudiées. On évoque donc ces dissensions internes ou bien celle d’une mafia liée au réseau Pasqua qui pratiquait des trafics d’armes. Des témoins affirment que certains coupables auraient échappé à la justice. Après les massacres savamment mis en scène, et notamment donc, le gourou Michel Tabachnik a finalement été relaxé, aucune preuve n’ayant été retenue contre lui. Bien qu’il ait composé la doctrine, on ne peut pas le tenir responsable des massacres. Donc beaucoup de questions se posent sur les recettes. En fait, on ne sait pas. Beaucoup sont morts, mais on ne sait pas où est passé l’argent de la secte.

L’OTS et les sectes

Si on remet un petit peu l’OTS dans une perspective plus large des sectes, comme le souligne M. Chéry dans son ouvrage « L’offensive des sectes » datée de 1959, les sectes se sont multipliées dans la seconde moitié du XXᵉ siècle dans le contexte d’une diversité culturelle et religieuse apparue dans les années 1960. Jean Vernette, un autre auteur spécialiste du sujet, se penche, quant à lui, dans son livre de la collection « Que sais je? » consacré aux sectes, sur ce qu’il appelle une rupture de la filiation. Je m’explique. Selon lui, je cite : « l’obéissance ne structure plus la vie sociale et religieuse. En revanche, la disparition de l’obéissance dans la sphère sociale est compensée, même des fois démultipliée dans le cadre rigide et contraignant de la secte ». Jean Vernette explique que, je cite : « La vérité religieuse n’est plus le fruit d’un don mais d’une quête personnelle », fin de citation. Et c’est ce qu’on retrouve par des voyages, que ce soit des voyages physiques avec des gens qui partent souvent en Inde ou dans les pays d’Orient, ou bien des voyages intérieurs par la recherche de nouvelles spiritualités, par l’étude de textes rosicruciens ou martinistes, parfois au moyen de substances hallucinogènes. Ce qui lui fait poser le diagnostic de l’existence d’une « fracture de l’écorce culturelle de la planète occidentale », c’est-à-dire, effectivement, le lien de filiation est rompu et on se trouve avec des sujets qui sont en quête de sens et qui essaient de s’imprégner de diverses doctrines sans les hériter de leurs ancêtres. Dans son article « La dissociété » daté de 1938, Marcel de Corte oppose la société traditionnelle structurée en trois ordres, donc ceux qui contemplent, ceux qui agissent et ceux qui font. C’est-à-dire, ceux qui contemplent – c’est le clergé, l’aristocratie sont ceux qui agissent, et ceux qui font soit ceux qui produisent, c’est le Tiers Etat. Et donc il oppose cet ordre, cette structuration traditionnelle à la société moderne, marquée par un individualisme dissociateur où l’homme est réduit de l’état d’animal politique à celui de bête de troupeau. Dans son court essai, il expose donc sa philosophie de la crise de la société moderne et de son issue. Ainsi, les sectes sembleraient le remède à cette société fragmentée et en quête de sens qui a perdu sa cohésion et son harmonie originelle. Dans cette perspective, l’OTS serait donc un exemple tragique de cette aspiration à des narratifs communs, à des épopées chevaleresques semblables à celles des croisades, capables d’élever l’humanité au-dessus de sa condition matérielle et plus généralement du matérialisme dominant dans un monde globalisé et soumis à la marchandisation de tout et de tous. En outre, il est révélateur que les membres aient été des notables et des personnes fortunées, que visiblement la richesse et la renommée n’avait pas rendus heureux ni satisfaits de leur vie.

Conclusion

Pour terminer, je pourrais remémorer l’adage pascalien : « L’homme n’est ni ange ni bête et qui veut faire l’ange fait la bête. » La société marchande postmoderne, à force de vouloir tuer les religions et le religieux au sens large sous la forme des idéologies, n’a-t-elle pas ignoré inconsidérément cet adage en voulant faire des hommes une sorte de bétail, de consommateurs privés d’aspirations spirituelles ? Et les sectes, à l’inverse, ne tendent-t-elle pas à égarer leurs adeptes dans des illusions éthérées et coupées de la société organique et vivante, au risque de mener finalement à des carnages sanglants comme celui de l’OTS ? Les sectes semblent donc jouer le rôle de cellules intermédiaires de nos sociétés contemporaines qui résument et questionnent à la fois leurs failles et leurs contradictions. A l’avenir, est-ce que cette tendance à l’éclosion de sectes, ces mini-idéologies ou idéologies de chambre amorcées dans le second XXᵉ siècle, persistera-t-elle au XXᵉ siècle ? Et si oui, sous quelle forme ? Par exemple, les réseaux sociaux, qui sont bien souvent, surtout en ces temps de confinement, le seul lien des individus avec le monde extérieur, avec leur structuration en groupes, leurs valeurs, leurs leaders d’opinion et leurs rituels de bannissement, ou ce qu’il est convenu d’appeler les « enfreintes aux règles de la communauté», ne sont-ils pas les nouveaux avatars des sectes ? Les décennies prochaines nous le diront. Je vous remercie de votre attention.

 

Anton Kozlov : [00:13:40] Merci,est-ce qu’il y a des questions pour Raphaëlle Auclert ?

Un intervenant : Moi, j’en aurai une. Ma question, Raphaëlle, votre intervention sur l’Ordre du Temple solaire avec, comment dire, des signes annonciateurs des catastrophes, au Canada et en Suisse en particulier me fait penser que c’est un échec énorme au point de vue de la prévention du risque sectaire, c’est même un cas d’école. Qu’est ce qui nous manque ? Qu’est-ce qu’il aurait fallu faire ? Qu’est-ce qui n’a pas été fait pour qu’on en soit arrivé là ? Je pense que vous avez dû y penser en travaillant sur ce mouvement-là. On est obligé de se poser la question parce que là, c’est presqu’une caricature.

Raphaëlle Auclert : Oui, c’est vrai. Mais peut-être que les organisations telles que la vôtre n’étaient pas encore assez développées et il n’y avait pas encore assez d’informations sur les sectes. Mais c’est vrai que c’est un échec cuisant, je suis bien d’accord avec vous. C’est la défaillance de la société elle-même. Pourquoi leurs proches n’ont-ils pas réussi à pressentir la gravité de la situation ? C’est surprenant aussi.

Anton Kozlov : Et du côté institutionnel surtout, parce que là, on est plus au niveau des associations. Là, ce sont des moyens de police qui sont nécessaires pour traiter ce genre de situation.

Raphaëlle Auclert : Je pense que, par exemple, la police et la gendarmerie n’étaient pas prêtes à ce genre de tragédies. C’était inédit, en fait, ces massacres, ils n’étaient pas prêts à ce que ça arrive. Je pense qu’il y a aussi ça. Il y avait un manque de structures. Mais c’est vrai que tant que cela n’était pas arrivé, ce n’était pas imaginable. C’est un petit peu comme les massacres de masse dans les écoles aux États-Unis. Dieu merci, pour l’instant on en est épargné en France. Mais c’est vrai que si cela se produisait un jour en France, effectivement, il faudrait mettre en place les structures adaptées. A ma connaissance, il n’y a pas eu de nouveaux massacres de masse de sectes en France. Donc, j’ai l’impression quand-même que des mesures ont été prises pour éviter ces carnages. Oui. Olivier Rouot, vous avez une question ?

Olivier Rouot : Je vais vous faire part d’un commentaire. Il me semble que le problème est très largement en amont de la protection de la population contre les sectes ou de l’étude préventive du phénomène sectaire. La prévention, elle aurait dû se faire déjà à l’école. Notre société  se déchristianise, ce que nous vivons maintenant, de nombreux interlocuteurs d’aujourd’hui l’ont dit sous une forme ou sous une autre. La nature a horreur du vide et des gens déséquilibrés et mal informés remplacent, remplissent ce vide comme ils le peuvent. En réalité, lutter contre les sectes, c’est remettre en ordre notre société.

Raphaëlle Auclert : [00:17:16] Oui, tout à fait. C’est ce que préconisait Constantine Popkov, c’est à dire que cela n’arriverait pas s’il existait de véritables valeurs fiables dans notre société et pratiquées par tout le monde. Voilà, ça couperait l’herbe sous le pied des sectes. Alors, pour ceux qui sont catholiques, effectivement, ils sont plus favorables au retour du catholicisme en France.

Anton Kozlov : Je dirais même des chrétiens en fait, oui, même des chrétiens.

Un intervenant : J’ai tout de même l’impression qu’ils ne sont pas loin de devenir minoritaires, si j’en crois les quelques chiffres ou sondages que j’ai vu apparaître çà et là. Ce qui veut dire que les valeurs, je dirais, ont le risque d’avoir beaucoup changé depuis 50 ans. Sauf que là, nous sommes confrontés à un monde nouveau, un monde à la fois de liberté et la liberté a son prix. La liberté, elle peut amener jusqu’aux excès qu’on peut voir dans les groupes sectaires. Ou même, je dirais au radicalisme, qui semble être en forte hausse non seulement dans le monde religieux, mais aussi dans le monde politique. Je dirais il y a une tendance à la radicalité actuellement.

Raphaëlle Auclert : Oui, tout à fait.

Anton Kozlov : D’autres questions. Bon, s’il n’y a plus de questions, je pense que nous avons fait un tour de nos participants. Tout le monde a pu s’exprimer, donc je pense que notre conférence est terminée. Vous voulez ajouter quelque chose ?

Raphaëlle Auclert : Oui, on pourrait conclure effectivement sur cette tendance à la radicalisation, qui peut paraître paradoxale quand on voit une baisse des pratiques religieuses, des religions traditionnelles en Europe. Mais malgré tout, sans doute, cette baisse crée un appel d’air et la nature humaine crée aussi un appel d’air qui nécessite le fleurissement de toutes ces sectes. Et, pour conclure, moi je dirais qu’effectivement la seule solution pour lutter contre les sectes, ce n’est pas de lutter contre elle finalement, c’est de construire une société plus harmonieuse en essayant de renforcer la société. Ce serait, je pense le meilleur remède en fait, puisque la secte n’est que le miroir des défaillances de notre société. Après, cette situation est exploitée par tous les groupuscules possibles qui veulent en tirer un bénéfice matériel, un prestige, un capital symbolique. Mais également, comme nous l’a montré Maxime Perrotin, des avantages extrêmement matériels et extrêmement sonnants et trébuchants, économiques. Effectivement, je pense que le meilleur combat contre cela est d’abord un combat spirituel. Oui, je vois, Gilbert, vous voulez poser une question ? Allez-y.

Un autre intervenant : Oui. Bonjour. Je suis le Président du Réseau parental Europe.

Raphaëlle Auclert : Merci de nous avoir rejoints.

L’intervenant : Pour avoir travaillé dans plusieurs pays de l’Union européenne sur cette problématique depuis 1999, je tiens à dire que la France est légèrement, voire complètement en retard par rapport à d’autres pays en matière de lutte et de prévention sur la radicalisation. Mais pas seulement la radicalisation de l’islam. Nous allons avoir de plus en plus de problèmes. À l’instar d’Anders Breivik, le terroriste norvégien qui mélange aussi bien pseudo-spiritualité chrétienne avec ésotérisme et maçonnerie puisque Anders Breivik faisait partie du rite Memphis Misraïm. Ce genre de syncrétisme est peut-être la raison pour laquelle nos autorités n’ont pas réellement ni voulu ni pu lutter contre les dérives sectaires en France. Voilà.

Raphaëlle Auclert : Merci beaucoup pour cet éclaircissement. Est-ce que quelqu’un veut ajouter quelque chose ?

Un intervenant : Moi je dirais quand-même que c’est un peu abusif de dire que les autorités françaises n’ont pas voulu ou pu lutter contre les sectes. C’est sûr que personne n’a jamais fait tout ce qu’il fallait, mais quand-même, regardez ce qui se passe ailleurs, on est pas si mal que ça, même si on est loin d’être parfaits.

L’intervenant précédent : La semaine dernière, il y a eu un raid de la Guardia Civil sur une secte soupçonnée, uniquement soupçonné d’abus sexuels sur mineurs. Il y a eu quinze arrestations et la Guardia civil est descendue en force en France. Où est-ce que tu as entendu parler d’une affaire similaire à Paris depuis quinze ans ? C’est sûr, mais faut tomber sur de bons flags. Bon alors je tire mon chapeau à la Guardia Civil espagnole quand même.

Raphaëlle Auclert : Entendu, merci et merci à tous pour ces riches débats.

 

L’argument couteau suisse

Police LGBT

Des intentions aux Cœurs unis de Jésus et Marie pour la Troménie de Marie

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Une calèche tirée par un cheval et portant une statue de Notre-Dame de France fait le tour de Bretagne cet été depuis le 18 juin et durant 12 semaines sur le modèle du M de Marie. C’est la Troménie de Marie. Celle-ci s’inscrit dans les 100 étoiles de Marie qui fêtent par divers évènements le centenaire de la proclamation par Pie XI de Marie comme patronne principale de France sous le vocable de l’Assomption, et de Jeanne d’Arc comme patronne secondaire, et qui appelle à se consacrer aux Cœurs unis de Jésus et Marie.

La Troménie s’achèvera au sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray les 10 et 11 septembre. Marie ira rencontrer sa maman, sainte Anne, qui y est apparue au XVIIème siècle à Yvon Nicolazic. Un évènement unique !

Pour cette occasion, vous pouvez donner ici des intentions aux Cœurs unis de Jésus et Marie.

Les intentions déposées là ont déjà été apportées à Paray-le-Monial le 22 août à la chapelle des apparitions. Elles seront également apportées au pied de Marie sur la calèche pour la dernière semaine de la Troménie et elles se joindront le 10 septembre au matin à l’arrivée au sanctuaire à une procession où seront aussi présentes des intentions venues de tous les clochers volontaires de Bretagne avec leurs bannières (cf ci-dessous). Ces intentions seront ensuite priées à la veillée du samedi soir, et présentées au Seigneur à la messe du dimanche.

Que vous soyez de Bretagne, de France ou d’ailleurs, donnez vos intentions pour cette occasion. Elles iront aux pieds de Jésus, Marie et sainte Anne.

ET SI VOUS HABITEZ EN BRETAGNE ?
VOULEZ-VOUS ÊTRE L’AMBASSADEUR DE VOTRE CLOCHER
AU FINAL DE LA TROMÉNIE DE MARIE À SAINTE-ANNE D’AURAY
LE SAMEDI 10 SEPTEMBRE 2022 ?

À son arrivée à Sainte-Anne d’Auray, la Troménie de Marie organise une grande procession des bannières des saints bretons pendant que sera chantée une litanie pour demander leur intercession pour le relèvement spirituel et temporel de la Bretagne et de la France.

Il est proposé à chaque clocher breton d’envoyer un représentant avec la bannière du saint local et une corbeille d’intentions de prières des habitants du clocher.

Ces intentions seront déposées au pied de Marie Notre Mère, priées au cours de la veillée du samedi 10 septembre à 20h30 et présentées à Notre Seigneur à l’offertoire de la messe pontificale du dimanche 11 septembre à 11h.

Rendez-vous est donné le samedi 10 septembre à 9h15 à l’entrée ouest du sanctuaire (près du presbytère) pour les porte-bannières et porteurs d’intentions. Ils peuvent signaler leur présence avec leurs coordonnées par courriel à [email protected]

France 2 confond une cheminée et un missile

Ne croyez pas la télévision d’Etat :

Dans le journal télévisé de 20 heures de France 2 du 10 août, un reportage consacré à la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine a confondu une cheminée endommagée par une frappe avec un missile. 12 jours après, la chaîne a fait amende honorable. En espérant que cette rectification passera aussi au 20h.

Le reportage démarrait avec un plan sur le toit de la centrale.

“Ce missile planté dans le toit qui n’a pas explosé est tombé à seulement quelques mètres d’un réacteur nucléaire ici dans ce bâtiment rouge”.

Mais ces images ont suscité l’interrogation de certains internautes, qui ont mis en doute ce qui était montré à l’écran, arguant qu’il ne s’agissait vraisemblablement pas d’un missile.

Les journalistes de France 2 ont confondu un missile avec… une cheminée. Ils devaient se faire ramoner le cerveau.

L’ère du monde unipolaire est en train de devenir une chose du passé

Le 16 août s’est ouverte dans la capitale russe la dixième Conférence de Moscou sur la sécurité internationale. Voici le discours prononcé par Vladimir Poutine :

Mesdames et Messieurs,

Chers invités étrangers,

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à l’anniversaire de la 10ème Conférence de Moscou sur la sécurité internationale. Au cours de la dernière décennie, votre forum représentatif est devenu un lieu important pour discuter des problèmes militaro-politiques les plus pressants.

Aujourd’hui, une discussion aussi ouverte est particulièrement pertinente. La situation mondiale évolue de manière dynamique et les contours d’un ordre mondial multipolaire se dessinent. Un nombre croissant de pays et de peuples choisissent la voie d’un développement libre et souverain fondé sur leur propre identité, leurs traditions et leurs valeurs distinctes.

Ces processus objectifs sont combattus par les élites mondialistes occidentales, qui provoquent le chaos, attisent les conflits anciens et nouveaux et poursuivent la politique dite d’endiguement, qui revient en fait à la subversion de toute option alternative et souveraine de développement. Ainsi, ils font tout ce qu’ils peuvent pour conserver l’hégémonie et le pouvoir qui leur échappent ; ils tentent de maintenir les pays et les peuples sous l’emprise de ce qui est essentiellement un ordre néocolonial. Leur hégémonie signifie stagnation pour le reste du monde et pour toute la civilisation ; cela signifie obscurantisme, annulation de la culture et totalitarisme néolibéral.

Ils utilisent tous les expédients. Les États-Unis et leurs vassaux s’ingèrent grossièrement dans les affaires intérieures d’États souverains en organisant des provocations, en organisant des coups d’État ou en incitant à des guerres civiles. Par des menaces, des chantages et des pressions, ils tentent d’obliger des États indépendants à se soumettre à leur volonté et à suivre des règles qui leur sont étrangères. Cela se fait dans un seul but, qui est de préserver leur domination, le modèle séculaire qui leur permet de tout s’approprier dans le monde. Mais un tel modèle ne peut être retenu que par la force.

C’est pourquoi l’Occident collectif – le soi-disant Occident collectif – sape délibérément le système de sécurité européen et noue de nouvelles alliances militaires. L’OTAN rampe vers l’est et renforce son infrastructure militaire. Entre autres choses, il déploie des systèmes de défense antimissile et renforce les capacités de frappe de ses forces offensives. Ceci est hypocritement attribué à la nécessité de renforcer la sécurité en Europe, mais c’est en fait tout le contraire qui se produit. De plus, les propositions sur les mesures de sécurité mutuelle, que la Russie a présentées en décembre dernier, ont une fois de plus été ignorées.

Ils ont besoin de conflits pour conserver leur hégémonie. C’est pour cette raison qu’ils ont destiné le peuple ukrainien à servir de chair à canon. Ils ont mis en œuvre le projet anti-Russie et ont été complices de la diffusion de l’idéologie néo-nazie. Ils ont fermé les yeux lorsque les habitants du Donbass ont été tués par milliers et ont continué à déverser des armes, y compris des armes lourdes, à l’usage du régime de Kiev, ce qu’ils persistent à faire maintenant.

Dans ces circonstances, nous avons pris la décision de mener une opération militaire spéciale en Ukraine, décision qui est pleinement conforme à la Charte des Nations unies. Il a été clairement précisé que les objectifs de cette opération sont d’assurer la sécurité de la Russie et de ses citoyens et de protéger les habitants du Donbass contre le génocide.

La situation en Ukraine montre que les États-Unis tentent d’étirer ce conflit. Ils agissent de la même manière ailleurs, fomentant le potentiel de conflit en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Comme on le sait, les États-Unis ont récemment fait une autre tentative délibérée d’attiser les flammes et de semer le trouble en Asie-Pacifique. L’escapade américaine vers Taïwan n’est pas seulement le voyage d’un politicien irresponsable, mais fait partie de la stratégie américaine délibérée et ciblée visant à déstabiliser la situation et à semer le chaos dans la région et dans le monde. C’est une démonstration éhontée d’irrespect envers les autres pays et leurs propres engagements internationaux. Nous considérons cela comme une provocation minutieusement planifiée.

Il est clair qu’en prenant ces mesures, les élites mondialistes occidentales tentent, entre autres, de détourner l’attention de leurs propres citoyens des problèmes socio-économiques urgents, tels que la chute du niveau de vie, le chômage, la pauvreté et la désindustrialisation. Ils veulent rejeter la responsabilité de leurs propres échecs sur d’autres pays, à savoir la Russie et la Chine, qui défendent leur point de vue et conçoivent une politique de développement souveraine sans se soumettre au diktat des élites supranationales.

Nous voyons également que l’Occident collectif s’efforce d’étendre son système basé sur les blocs à la région Asie-Pacifique, comme il l’a fait avec l’OTAN en Europe. À cette fin, ils créent des syndicats militaro-politiques agressifs tels que AUKUS et d’autres.

Il est évident qu’il n’est possible de réduire les tensions dans le monde, de surmonter les menaces et les risques militaro-politiques, d’améliorer la confiance entre les pays et d’assurer leur développement durable que par un renforcement radical du système contemporain d’un monde multipolaire.

Je répète que l’ère du monde unipolaire est en train de devenir une chose du passé. Peu importe la force avec laquelle les bénéficiaires du modèle mondialiste actuel s’accrochent à la situation familière, il est voué à l’échec. Les changements géopolitiques historiques vont dans une direction totalement différente.

Et, bien sûr, votre conférence est une autre preuve importante des processus objectifs formant un monde multipolaire, réunissant des représentants de nombreux pays qui souhaitent discuter des questions de sécurité sur un pied d’égalité et mener un dialogue qui tienne compte des intérêts de toutes les parties, sans exception.

Je tiens à souligner que le monde multipolaire, fondé sur le droit international et des relations plus justes, ouvre de nouvelles opportunités pour contrer les menaces communes, telles que les conflits régionaux et la prolifération des armes de destruction massive, le terrorisme et la cybercriminalité. Tous ces défis sont mondiaux et il serait donc impossible de les surmonter sans combiner les efforts et les potentiels de tous les États.

Comme auparavant, la Russie participera activement et résolument à ces efforts conjoints coordonnés ; avec ses alliés, ses partenaires et ses collègues penseurs, il améliorera les mécanismes existants de sécurité internationale et en créera de nouveaux, ainsi que renforcera systématiquement les forces armées nationales et les autres structures de sécurité en leur fournissant des armes et des équipements militaires de pointe. La Russie assurera ses intérêts nationaux, ainsi que la protection de ses alliés, et prendra d’autres mesures vers la construction d’un monde plus démocratique où les droits de tous les peuples et la diversité culturelle et civilisationnelle sont garantis.

Nous devons rétablir le respect du droit international, de ses normes et principes fondamentaux. Et, bien sûr, il est important de promouvoir des agences universelles et communément reconnues comme l’ONU et d’autres plateformes de dialogue international. Le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Assemblée générale, comme prévu initialement, sont censés servir d’outils efficaces pour réduire les tensions internationales et prévenir les conflits, ainsi que pour faciliter la fourniture d’une sécurité et d’un bien-être fiables aux pays et aux peuples.

En conclusion, je tiens à remercier les organisateurs de la conférence pour leur important travail préparatoire et je souhaite à tous les participants des discussions approfondies.

Je suis sûr que le forum continuera d’apporter une contribution significative au renforcement de la paix et de la stabilité sur notre planète et facilitera le développement d’un dialogue et d’un partenariat constructifs.

Merci pour votre attention.
Vladimir Poutine, Président de la Russie

Italie : aux portes du pouvoir, Meloni ne cède rien sur l’avortement

Contrairement à la  France, où, pour être élus, certains trahissent leurs convictions (?) passées, Giorgia Meloni ne cède rien :

En tête des intentions de vote pour les élections législatives, Giorgia Meloni défend un rôle de la femme centré sur la famille et la procréation et juge que le droit à l’avortement est une « défaite ».

Dans les Marches en Italie centrale, le parti de Giorgia Meloni, la députée d’extrême droite qui pourrait devenir présidente du Conseil italien après les législatives fin septembre, est arrivé au pouvoir en septembre 2020. Depuis, le mouvement souverainiste et postfasciste Fratelli d’Italia (FdI) (Frères d’Italie en français), multiplie les efforts pour restreindre l’accès à l’avortement.

A peine quatre mois après son élection, en janvier 2021, le parti a fait la Une des journaux italiens car il s’opposait aux directives du ministère de la Santé et refusait d’autoriser les cliniques à fournir la pilule abortive, selon « il Fatto quotidiano ». D’après le quotidien « The Guardian », le mouvement – à tendance néofasciste –, a ensuite proposé d’autoriser des militants anti-avortements à travailler dans les centres de planification familiale.

Dans plusieurs régions italiennes, le nombre de gynécologues objecteurs de conscience met en difficulté l’accès à l’avortement. Selon le quotidien italien « La Reppublica », le taux d’objecteurs parmi le personnel médical s’élève à 80 % dans les Marches. À Jesi et Fermo, deux des principaux pôles hospitaliers de la région, ce taux monte à 100 %.

Le Planning familial, ce sont les Monty Python qui en parlent le mieux

Le ministre délégué chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Rome, a apporté lundi son soutien au Planning familial, critiqué pour avoir utilisé, dans une campagne de communication, l’image d’un homme transgenre enceint.

“Le Planning familial est une association historique essentielle pour les droits des femmes et l’accès à la contraception et à l’IVG. J’en soutiens pleinement l’action”.

“Ne laissons pas l’extrême droite attiser les haines en instrumentalisant une campagne de communication dont je peux comprendre qu’elle ne fasse pas consensus”.

Une affiche du Planning familial, portant le slogan “Au Planning, les hommes aussi peuvent être enceints”,  montre un homme transgenre (né biologiquement femme) pendant sa grossesse.

Le bon sens étant devenu d’extrême-droite dans ce monde orwellien, il n’y a plus que l’humour qui permet de traiter ce genre de délire.

L’inimaginable forêt de socles en béton d’éoliennes

France 3 a diffusé une enquête terrifiante sur l’inimaginable forêt de 70 socles en béton d’éoliennes que le Président Emmanuel Macron s’apprête à faire installer dans la mer Normande à quelques kilomètres au large de Fécamp.

Cette enquête montre un visage terrible de la transition écologique telle que l’envisage la Première Ministre Elisabeth Borne et sa Ministre de l’Energie Agnes Pannier Runachier. Pour continuer cette politique funeste elles souhaitent faire promulguer une loi qui accélere les installations d’éoliennes en mer dans l’objectif d’installer pas moins de 5.000 éoliennes au bord du littoral Français telles que celles prévues au large de Fécamp.

Les chiffres énumérés par France 3 sont édifiants :

  • Le socles en béton d’éoliennes pèsent 5.000 tonnes au sol et 10.000 tonnes une fois remplis en mer
  • Le béton total utilisé pèse donc plus de 350.000 tonnes
  • Chaque socle mesure plus de 50 mètres de haut et 26 mètres de diamètre
  • Le seul chantiers des éoliennes représente 27 hectares

Fabien Bouglé ajoute les calculs suivants :

  • Les émissions de gaz à effet de serre des seuls socles représentent plus de 100 millions de kg de CO2
  • La surface marine mobilisée par les 70 éoliennes représentera entre 70 et 80 km2
  • Ces 70 éoliennes ne produiront que 13% de ce que produisait la centrale nucléaire de Fessenheim avant son arrêt (Facteur de charge de référence Windeurope 38%)

Bref ces éoliennes en mer vont polluer les fonds marins, stériliser une surface de pêche considérable, et ne produire qu’une quantité infime d’électricité. Il a été calculé que pour une surface de 1km2 mobilisé pour une centrale nucléaire (surface de Fessenheim par exemple) il fallait installer des éoliennes en mer sur 500 km 2 de surface maritime.

Le projet d’Emmanuel Macron est donc avec sa loi d’exception d’installer 5.000 éoliennes en mer qui stériliseront prêt de 6.000 km2 de surface maritime ce qui correspond à environ 10 km2 de surface mobilisée pour des réacteurs nucléaires.

Rendez-vous donc à la rentrée pour la discussion de cette loi d’exception visant :

  • à supprimer les voies de recours des citoyens victimes des éoliennes,
  • à augmenter la possibilité d’atteinte aux espèces protégées
  • à outrepasser la loi littorale pour installer au bord de nos beaux littoraux préservés des unités industrielles d’entretiens des potentielles éoliennes en mer.

Il sera passionnant pour l’histoire d’observer si les Députés et Sénateurs Macronistes, du MODEM ou de la NUPES souhaiteront collaborer à ce projet funeste pour la France, ses paysages et son patrimoine culturel et énergétique.

Espagne : les médecins objecteurs de conscience pour protéger la vie

Dans Madrid et sa région, tout comme en Aragon, en Estrémadure, en Castille-la Manche ou à Murcie, aucun hôpital public ne réalise d’avortement.

Aussi le gouvernement espagnol a présenté, en mai, un projet de loi, qui doit être soumis au Parlement. Il prévoit notamment de créer un registre des objecteurs de conscience pour « identifier les besoins dans chaque aire sanitaire, afin que puisse être garanti le droit [à l’IVG] dans tous les cas » , a défendu la ministre de l’égalité, Irene Montero, du parti Podemos (gauche radicale). La création de listes, sur le modèle de ce qui a été prévu pour l’application de la loi autorisant l’euthanasie, a cependant mis le corps médical sur le pied de guerre.

« Il s’agirait du premier registre idéologique de la démocratie » , prévient Guillermo Miguel Ruano, médecin anesthésiste de 33 ans à la Clinica Universidad de Navarra de Madrid, et membre de l’Association nationale pour la défense du droit à l’objection de conscience.

« D’un point de vue scientifique, je ne vois pas en quoi un avortement ne consiste pas à mettre fin à une vie ».

Il est convaincu que les objecteurs constituent « la grande majorité » du corps médical. Et de mentionner comme preuve l’élection d’un médecin provie, le cardiologue Manuel Martinez-Sellés, à la tête de l’ordre des médecins de la région de Madrid, en 2020.

Selon le ministère de la santé espagnol, moins de 15 % des avortements sont réalisés dans des établissements publics au niveau national.

José Ignacio Sanchez Mendez, gynécologue et oncologue dans un des principaux hôpitaux publics de Madrid, est provie et, face à une patiente enceinte malade d’un cancer, il insiste sur le fait qu’il est possible de mener de front la grossesse et la chimiothérapie.

« Si elle veut tout de même avorter, nous la réorientons vers son centre de santé. Professionnellement, pratiquer des avortements est dur et extrêmement désagréable, et ce n’est pas la fonction d’un médecin. Dans de nombreux hôpitaux publics, les avortements pour malformations graves sont tout de même réalisés : on provoque l’accouchement, l’enfant naît et meurt. Ce n’est agréable pour personne. Le reste, c’est de l’euthanasie intra-utérine.»

Dans onze provinces espagnoles, non seulement les hôpitaux publics n’effectuent pas d’avortement, mais les cliniques privées non plus. Dans la région d’Avila, plus de 450  médecins se sont déclarés objecteurs de conscience après l’approbation de la loi de 2010, un seul hôpital public pratique des avortements.

Jérôme Lejeune, signe de contradiction pour notre temps

De Jacques Tremolet de Villers dans Valeurs Actuelles :

Les vrais prophètes n’ont pas toujours une allure de prophète. Les yeux très bleus et le sourire sous la fine moustache tôt blanchie de Jérôme Lejeune n’annonçaient aucun message à la turbulence orientale. Les mots coulaient doucement au long des phrases qui semblaient une eau claire et l’auditeur se sentait devenir intelligent.

Dans les modestes pièces de la rue des Saints-Pères, quand il vous décrivait le jeu des chromosomes et comment il avait deviné l’anomalie de la trisomie 21 en surprenant une rupture d’harmonie dans la perfection de leur courbe, on se sentait capable d’enseigner, en sortant, la génétique fondamentale. Les trésors les plus mystérieux de la science étaient mis à notre portée avec l’intelligente simplicité qui devait caractériser les apôtres quand ils dévoilaient aux foules les merveilles de Dieu.

Deux mots définissent le Pr Jérôme Lejeune : intelligence et douceur. Il faut en ajouter un troisième, humour, ou plutôt sourire. Car cette intelligence était souriante autant que bienveillante. Ainsi avait-il le don de voir l’invisible et d’annoncer calmement l’inéluctable. Je me souviens. Dès le début des campagnes pour la légalisation de l’avortement, projet de loi Peiret 1970-1971, il était certain que nous perdrions cette bataille car c’est à l’échelle du monde qu’il analysait le rapport des forces et il savait qu’il nous serait défavorable. Cela ne l’empêchait pas de mener ce combat avec une énergie qui n’était pas celle du désespoir, mais, au contraire, un fruit de l’espérance.

Bien avant l’adoption de la loi Giscard-Chirac-Veil, il avait prédit : l’avortement toléré deviendra l’avortement obligatoire. La mise à mort de l’enfant dit anormal est au bout de cette logique. Nous y sommes avec la possibilité qui est désormais donnée aux femmes de pouvoir avorter jusqu’au terme de leur grossesse dès lors que leur enfant est handicapé.

« Puisque nous ne pouvons pas les empêcher de les tuer, il nous reste à les guérir. » Telle fut la décision de cet Hippocrate des temps modernes. Jérôme Lejeune est à Hippocrate ce que saint Thomas est à Aristote et Bossuet à Cicéron : la transfiguration chrétienne des héros de l’ancien temps païen. « Je hais mon époque de toutes mes forces », disait Antoine de Saint-Exupéry. Quand on voit que cette époque nous a donné Jérôme Lejeune, on se dit que la nature (ou la providence) a placé le remède à côté du mal.

La dernière lettre qu’il m’ait écrite, une dizaine de jours avant sa mort, se terminait ainsi : « Devant l’immensité de la tâche, la petite fille espérance est le guide toujours. Ut semper . »

À toujours, cher ami, et maintenant que votre épouse Birthe vous a rejoint « au balcon d’or du paradis », daignez tous les deux veiller sur ceux à qui vous disiez, avec un ton de voix si délicat, « cher ami ».

Liquidation judiciaire de la SARL Présent

Le site societe.com nous apprend que la SARL Présent a été mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Paris le jeudi
4 août 2022.

L’effectif était compris entre 6 et 9 salariés. Sur l’année 2020, Présent a réalisé un chiffre d’affaires de 779 400€. Le total du bilan a diminué de 24,20 % entre 2019 et 2020.

Le quotidien catholique a prévu de poursuivre à la rentrée sous forme d’un hebdomadaire.

Énigme…

Interrogé par le JDD sur le lien entre immigration et délinquance, le ministre de l’Intérieur a communiqué quelques statistiques sur la surreprésentation des étrangers dans les statistiques de la police et de la justice. Et il a pondu une jolie énigme, fille de la politique du « en même temps » :

Il n’y a pas de lien mais il y a un problème de délinquance étrangère…

Si la surreprésentation des étrangers parmi les détenus en France est bien renseignée, et depuis longtemps, par les services du ministère de la Justice, il est plus rare en revanche que Beauvau communique de telles statistiques concernant la nationalité des personnes interpellées par les forces de l’ordre.

Le criminologue Xavier Raufer avait par exemple évoqué un document interne de la préfecture de police de Paris selon lequel 70 % des individus fréquemment interpellés par les forces de l’ordre en région parisienne auraient des noms «à consonance étrangère non-européenne».

Rodney Stark, RIP

Rodney Stark, éminent sociologue des religions, est décédé le 21 juillet. En tant qu’agnostique, il a fait voler en éclats de nombreux lieux communs et préjugés, notamment anticatholiques. Selon Stark, la religion n’est en aucun cas “l’opium du peuple” et la société du troisième millénaire sera encore une société religieuse, malgré les prophéties positivistes.

Dans son livre, Le triomphe de la raison. Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Rodney Stark soutient que le christianisme est directement responsable des percées intellectuelles, politiques, scientifiques et économiques les plus significatives du dernier millénaire.

Il démontre que la théologie chrétienne en est la source même. Les autres grandes religions ont mis l’accent sur le mystère, l’obéissance et l’introspection. Seul le christianisme s’est ouvert à la logique et à la pensée déductive comme moyens d’accès aux lumières, à la liberté et au progrès. Au Ve siècle déjà, saint Augustin célébrait le progrès théologique et “l’invention exubérante”. Rodney Stark démontre avec vigueur que les valeurs qui nous sont les plus chères aujourd’hui – le progrès scientifique, le règne de la démocratie, la liberté des échanges et de la circulation des hommes et des idées – doivent largement leur universalité au christianisme vu comme une tradition grandiose dont nous sommes tous les héritiers.

Dans Faux témoignages, il dénonce le protestantisme comme source de la légende noire contre l’Eglise : l’Inquisition fut l’un des chapitres les plus terribles et sanglants de l’histoire occidentale ;  l’obscurantisme a freiné la science jusqu’à l’arrivée des Lumières ; les croisades furent le premier exemple de l’avidité occidentale…

Dans cet ouvrage, Faux témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Rodney Stark démontre que certaines idées fermement établies sont en réalité des mythes. Et il écrit justement à propos de ces légendes :

Tout a débuté avec les guerres déclenchées en Europe à la suite de la Réforme qui a opposé protestants et catholiques et fait des millions de morts. A la même époque, l’Espagne apparaissait comme la principale puissance catholique. Par réaction, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont alors déclenché d’intenses campagnes de propagande qui décrivaient les Espagnols comme de fanatiques barbares assoiffés de sang. Jeffrey Burton Russel, éminent historien du Moyen Age, écrit :

D’innombrables livres et pamphlets furent édités par les presses du Nord accusant l’empire espagnol de dépravation inhumaine et d’horribles atrocités. […] L’Espagne était décrite comme un lieu de ténèbres, d’ignorance et de mal.

[…] Mais les protestants en colère n’étaient pas les seuls à inventer ces histoires ou à y acquiescer. De nombreux mensonges analysés dans les chapitres qui vont suivre étaient soutenus par des auteurs antireligieux, notamment à l’époque des “Lumières”.

L’inhumanité

L’Humanité s’inquiète car l’estreme drouate italienne est en position de force.

Pour rappel, l’Humanité s’était réjouie du pacte germano-sovétique signé entre Staline et Hitler, qui avait permis à Hitler d’envahir la Pologne, puis la France.

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