Compost humain : le soin des morts, un marqueur de civilisation
L’État de New York est devenu samedi 31 décembre le sixième État américain à légaliser le compostage humain, après autorisation du gouverneur démocrate Kathy Hochul.
Le corps est placé dans un conteneur semi-ouvert. Il est entouré de copeaux de bois, de luzerne ou de paille, ce qui favorise l’action des microbes. La boîte dans lequel se situe le corps est reliée à un système de chauffage, de ventilation et de climatisation, permettant aux bactéries de «travailler» dans les meilleures conditions. Trente jours après, le contenu de la boîte est analysé et les os restant brisés. Encore trente jours plus tard, les restes se trouvant dans le conteneur sont rendus à la famille. Cela peut être utilisé pour planter des fleurs, des légumes ou des arbres.
En France, ce procédé reste interdit.
Marie d’Armagnac commente sur Boulevard Voltaire :
Ne reste à l’homme que sa dimension purement matérielle : la personne que l’on a chérie est ravalée et réduite à un matériau bon pour le compost. Le matérialisme est ici poussé à l’extrême : la dépouille n’a plus qu’une fonction purement utilitariste – Marx y verrait l’achèvement de son idéologie -, elle est démonétisée. Avec cette pratique disparait, évidemment, toute la grandeur d’une civilisation qui sait rendre hommage aux morts, qui connaît l’importance d’une sépulture digne et pour qui toute personne est unique, donc précieuse. Depuis les origines, la grandeur et le raffinement d’une civilisation se mesurent à l’aune du soin apporté aux petits, aux anciens, aux morts. Avec ce « compost humain », exit la piété filiale : où se recueillir, maintenant ? Devant son potager ? Exit, aussi, le fil qui relie les morts et les vivants, la mémoire vive des premiers entretenue par les seconds.
Incroyable : des Camerounais mentent sur leur âge
La Fédération camerounaise de football a fait le ménage dans son équipe U17, en écartant plus des deux tiers de son effectif, suite à des problèmes d’âge. Les Lions Indomptables ont décidé de surveiller l’âge des joueurs de leurs équipes nationales, dans les sélections de jeunes, à l’aide de tests scientifiques (détermination de l’âge osseux au niveau du poignet via IRM). Et le résultat est sans appel :
« La Fédération camerounaise de football informe l’opinion publique que dans le cadre des préparatifs du tournoi UNIFFAC Limbe 2023, qualificatif au prochain championnat d’Afrique des nations des U17, 21 joueurs sur les 30 actuellement en stage ont été recalés à l’issue des tests de l’IRM. Ils ont aussitôt été sortis du groupe. Des mesures ont immédiatement été prises pour leur remplacement numérique. »
La lutte contre la fraude sur l’âge des footballeurs est un combat que Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise, a décidé de mener.
« Cette action est la résultante des instructions rigoureuses données par le Président de la FECAFOOT agissant sous mandat du COMEX, aux fins de mettre un terme aux tripatouillages sur les états civils qui ont, par le passé, terni l’image de l’instance faîtière du football camerounais, ajoute le communiqué. La FECAFOOT exhorte tous les acteurs, en particulier les éducateurs, à veiller au respect des âges par catégorie. »
La police française devrait pouvoir faire ces tests pour déterminer l’âge des migrants mineurs isolés…
Rapport sur la christianophobie en France en décembre 2021
Nos confrères de l‘Observatoire de la christianophobie ont repris la publication des rapports mensuels qu’avait commencée notre regretté ami Daniel Hamiche et ils rattrapent peu à peu le retard: ils viennent de mettre en ligne le rapport sur la christianophobie en France en décembre 2021.
Vous pouvez le consulter ici.
Rappel à Dieu de Marie-Brigitte Lemaire, auteur de la pédagogie Jean Qui Rit
Vu sur le site de l’association :
L’association Jean Qui Rit vous fait part du rappel à Dieu de Marie-Brigitte Lemaire, auteur de la pédagogie, le vendredi 30 décembre 2022 à l’âge de 91 ans.
La cérémonie religieuse suivie de l’inhumation auront lieu à Solesmes le 2 janvier 2023 à 15h.
Une messe sera célébrée à Paris courant janvier suivie d’un temps convivial.
En attendant, nous nous associons à sa famille et sommes fiers de poursuivre la belle oeuvre éducative élaborée par Marie-Brigitte.
RIP
Retrouvez ici un entretien donné en 2015 dans lequel elle évoque cette pédagogie.
Toujours aucun lien avéré entre séparatisme et école à la maison : les contrôles d’académie sont très satisfaisants
Le ministère a communiqué fin novembre les rapports biannuels de la Dgesco sur l’instruction en famille (IEF) pour les années 2019/2020 et 2021/2022. Ils arrivent à la fin d’une procédure judiciaire en cours avec le ministère de l’Education nationale.
Dans un contexte où le gouvernement prétend que l’IEF représente une menace pour l’intégrité de la République, au point d’avoir mobilisé un temps, une énergie, et des moyens financiers considérables énormes sur le projet de loi, sur les différents recours, et sur la poursuite des familles, pour y porter la plus grande atteinte possible, l’association Les enfants d’abord se montre très étonnée que les rapports 2021/22 soient réduits à un document de 2 pages, ridiculement – et de plus en plus – pauvre en informations. La logique aurait voulu au contraire qu’il se donne les moyens d’une enquête approfondie. Mais le ministère sait pertinemment que ses allégations ne seraient pas confirmées par de telles enquêtes, comme elles ne l’ont jamais été par le passé. Cette réticence à la délivrance d’informations confirme une fois de plus son hypocrisie quant aux inquiétudes avancées.
Les rapports se suivent et se ressemblent depuis des années, voici les éléments que nous pouvons toutefois relever :
- la courbe suit, depuis plusieurs années maintenant, une augmentation constante. Pour 2021/22, on note une hausse de 50% du nombre d’enfants en IEF après le confinement.
- au niveau sociologique, pour 2019/20 et comme par le passé, il y a toujours plus de garçons que de filles instruits en famille.
- le nombre de jeunes hors CNED est toujours en croissance.
- des contrôles pédagogiques réalisés en très grande partie et toujours aussi satisfaisants.
- des mises en demeure et saisine du procureur à la marge et une administration qui a les moyens de faire le suivi de toutes les situations.
- des chiffres absents en 21/22 sur les raisons ou motivations de l’IEF et le sexe des jeunes.
- aucun chiffre ne vient étayer la thèse de séparatisme ou radicalisation en IEF.
En 2019/20, 48 008 jeunes étaient déclarés en IEF, on passe à 72 369 jeunes en 2021/22. En France, comme dans le monde, le nombre d’enfants instruits en famille est en croissance régulière chaque année mais reste toutefois très minoritaire (de l’ordre de 0,5% des jeunes en âge d’être scolarisés) et de courte durée (50% des enfants sont en IEF une année ou moins et 2/3 ne le sont plus au bout de deux ans.
Cette augmentation serait-elle le signe de la montée des “séparatismes”? Il est à noter que la crise sanitaire est la raison majoritaire de cette augmentation. Cependant, elle ne peut à elle seule l’expliquer totalement. Les enquêtes indiquent également que de plus en plus d’enfants (2/3) sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.
Les contrôles sont toujours aussi satisfaisants, rien ne justifiait donc les préoccupations quant au droit à l’instruction qui ont été émises par le Gouvernement afin de légitimer les importantes restrictions. Ainsi, en 2019/20 : 92% des 1ers contrôles sont satisfaisants et 90,4% en 2021/22. En cas d’insatisfaction au premier contrôle, un second contrôle doit être réalisé.
Le rapport de 2019/20 permet de constater le nombre d’enfants concernés par les motifs prévus dans le questionnaire de l’administration :
- Pour les familles inscrites au CNED réglementé :
- 60,5% des enfants sont itinérants
- 26,9% des enfants suivent des soins médicaux en famille
- 6,8% des enfants suivent des activités artistiques ou sportives
- le handicap ne représente que 1,9% et l’éloignement géographique d’un établissement scolaire 0,8%.
- Pour les familles hors CNED réglementé dont les raisons invoquées sont prévues par l’administration (20,8%) on trouve notamment :
- 5,9% : inadaptation au système scolaire
- 2,9% : des problèmes de santé
- 2,1% : itinérance des parents en France
- 1,8% la phobie scolaire.
- Le motif religieux ne représente que 0,6%.
Tout cela montre que les exigences apparues progressivement au fil de cette attaque législative, puis réglementaire, puis judiciaire contre l’IEF n’ont jamais eu la vocation de préserver cette liberté pour les familles mais bien au contraire de réduire toutes les possibilités leur permettant d’y recourir.
Les fins dernières, un sujet en souffrance
En ce début d’année civile, il est opportun d’évoquer les fins dernières. Dans Res Novae, l’abbé Barthe souligne que :
l’intégration des fins dernières dans la prédication au sens plus large du terme – enseignement parlé, prêché, écrit – est aussi importante du point de vue de la pastorale concrète, du fait de la théologie qui la sous-tend, qu’est le retournement de l’autel en liturgie. À cette inflexion de la pastorale sont liés entre autres le sens du péché, le respect de la morale du mariage, la perception de la nécessité d’appartenir à l’Église, de la nécessité des « œuvres » (messes pour les défunts, indulgences), du baptême des petits enfants. Ce qui sera une réhabilitation de la pastorale, au sens authentique du terme, d’une pastorale catholique.
Et Mgr Christophe J. Kruijen, auteur d’une thèse de doctorat à l’Université de l’Angelicum publiée sous le titre : Peut-on espérer un salut universel ?, écrit :
1. Un sujet négligé et mal transmis depuis longtemps
Depuis des décennies, l’enseignement des fins dernières est négligé dans l’Église. Ainsi, Paul VI constatait-il en 1971 : « On parle rarement et peu des fins dernières[1]. » S’appuyant sur une analyse de 280 homélies sur les fins dernières publiées entre 1860 et 1990, Michael Ebertz a mis en évidence l’érosion, puis la dissolution progressive du code eschatologique traditionnel, en sorte que de la tripartition ciel / purgatoire / enfer, il ne reste pratiquement que le ciel[2]. Ebertz relevait en particulier le lien entre cette mutilation des fins dernières et l’abandon d’une image de Dieu contrastée au profit d’une représentation d’un Dieu mou qui a pitié de tout, aimant et doux[3].
2. Typologie des déficits majeurs dans la présentation des fins dernières
Les graves négligences sur le plan de la présentation des fins dernières dans la catéchèse, la théologie et la prédication ont contribué à la diffusion de nombreuses opinions erronées parmi les fidèles. Le P. Philippe-Marie Margelidon, o.p., a relevé les quatre points problématiques suivants[4] : en premier lieu, les discours sur l’âme, son immortalité et sa distinction d’avec le corps sont évacués ou minorés. En second lieu, la disparition ou la négation de la crainte de Dieu, du jugement et des peines éternelles de l’enfer, conséquence de l’abandon ou de la relativisation de la notion de péché mortel. En troisième lieu, l’oubli de la relation entre le péché et la peine, de même que celui de la nécessité de la réparation et de la pénitence, ce qui rend incompréhensible l’idée de purgatoire. En quatrième lieu, l’universalisme eschatologique, sur lequel nous reviendrons : on pense qu’il n’y a pas d’enfer ou que l’enfer est vide ; les damnés et les démons, s’ils existent, seront sauvés à la fin (apocatastase).
Ajoutons deux autres erreurs. La première concerne la résurrection qui est parfois située immédiatement après la mort, faute d’une juste anthropologie chrétienne comprenant la permanence de l’âme au cours du temps intermédiaire entre la mort et la résurrection à la fin des temps (cf. CEC, no 1001). Ainsi le P. Gregory Gay, Supérieur général de la Congrégation de la mission, annonçait-il en 2009 la célébration de « l’anniversaire de la mort et de la résurrection de nos fondateurs saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac[5] ». Les corps de ces deux saints étant encore présents sur terre, ces propos aberrants présupposent qu’il n’existe aucun lien d’identité entre le corps historique et le corps ressuscité. Or, ceci est contraire à la définition dogmatique du concile de Latran IV (1215), selon laquelle « tous ressusciteront avec leur propre corps qu’ils ont maintenant, pour recevoir […], les uns un châtiment sans fin avec le diable, les autres une gloire éternelle avec le Christ » (chap. 1 : DzH, no 801).
La seconde erreur consiste à penser que l’homme pourrait encore opter pour ou contre Dieu après la mort. Contre cette option finale[6] qui relativise les choix posés ici-bas, il faut affirmer que « la mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce » (CEC, no 1021). De fait, chacun est jugé sur les œuvres accomplies « pendant qu’il était dans son corps » (2 Co 5, 10). Sachant qu’« avec la mort, le choix de vie fait par l’homme devient définitif[7] », « c’est […] pendant sa vie qu’il faut se repentir. Le faire après ne sert à rien[8] ». Cette doctrine implique que le purgatoire ne doit pas être conçu comme une sorte de seconde chance pour passer de la perdition au salut : « L’état de purification n’est pas un prolongement de la situation terrestre, comme si, après la mort, était donnée une autre possibilité de changer son propre destin[9]. »
3. Le problème de l’automatisme du salut
Toutefois, aujourd’hui le problème majeur menaçant la doctrine catholique des fins dernières est la présomption du salut. Par le passé, il était admis comme une évidence que tous les hommes ne seront pas sauvés, sans que soit ignoré ou nié pour cela que Dieu veut le salut de tous. Le Docteur commun écrivait ainsi lapidairement : « “Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.” [1 Tm 2, 4] Mais cela ne se passe pas ainsi[10]. » Les débats ne portaient donc pas sur le fait de la réprobation, mais sur le nombre qui en ferait l’objet, ou plutôt sur la proportion entre les élus et les réprouvés. Ainsi, ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que la position du petit nombre (relatif) des élus, jusque-là prépondérante parmi les théologiens, vint à décliner[11].
Remarquons que la doctrine d’un salut seulement partiel se trouve également dans des textes du magistère. Le concile de Trente déclare ainsi : « Bien que lui [le Christ] soit “mort pour tous” [2 Co 5, 15], tous cependant ne reçoivent pas le bienfait de sa mort, mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué[12]. » De son côté, le Catéchisme romain de 1566 affirmait : « Si nous en considérons la vertu, nous sommes obligés d’avouer que le sang du Seigneur a été répandu pour le salut de tous. Mais si nous examinons le fruit que les hommes en retirent, nous comprenons facilement que beaucoup seulement, et non pas tous, en ont profité[13]. » Un catéchisme célèbre publié en 1905 enseignait à son tour : « Jésus-Christ est mort pour le salut de tous, mais tous ne sont pas sauvés parce que tous ne veulent pas le reconnaître, tous n’observent pas sa loi, tous ne se servent pas des moyens de sanctification qu’il nous a laissés[14]. »
Le consensus autour d’un salut partiel s’est effrité à partir du milieu du XXe siècle. Trois jésuites peuvent figurer ici comme précurseurs de la position qui réduit la damnation à une hypothèse : Teilhard de Chardin (vers 1926-1927), Otto Karrer (en 1934) et Henri Rondet qui demandait en 1943 : « Il y a des démons en enfer, mais y a-t-il des hommes[15] ? » Depuis lors, notamment Karl Rahner et Hans Urs von Balthasar – là encore des jésuites – ont diffusé l’opinion dite de « l’espérance pour tous », d’après laquelle il serait non seulement permis, mais il faudrait espérer le salut de tous les hommes, sans pouvoir l’affirmer. Cette position a été qualifiée de « largement dominante chez les plus grands théologiens d’aujourd’hui[16] », encore que des auteurs importants tels les cardinaux Charles Journet et Leo Scheffczyk, le dominicain Jean-Hervé Nicolas ou le jésuite Cándido Pozo ont maintenu que, de fait, des hommes se damnent.
En réalité, la position de « l’espérance pour tous », qui sert au moins tendanciellement à contourner la doctrine de l’enfer, même si elle maintient verbalement la possibilité de la damnation, est dépassée chez nombre de théologiens – sans parler des prêtres et des fidèles du rang – en direction d’une exclusion de la damnation (les groupes conservateurs ou traditionalistes, sans parler de l’islam, dérogent toutefois à cette tendance). Le théologien Bernhard Lang concluait ainsi : « Celui qui prend au sérieux le message du pardon ne peut croire à aucun enfer[17]. » Le salut devient par là un acquis pour tous, avec pour corollaire la négation théorique ou pratique de l’enfer comme, de fait, chez Yves Congar[18]. Pour le moins, l’hyper-accentuation contemporaine de la miséricorde divine au détriment de la justice réduit à l’extrême la probabilité de la perdition, comme chez Gustave Martelet écrivant : « Jamais l’Évangile ne nous présente un pareil refus [du salut] comme une virtualité plausible et dont Jésus pourrait se montrer satisfait. […] Celle-ci nous semble relever […] de ce qu’on peut appeler l’impensable ou l’absurde[19]. »
4. Conséquences de cette position
Il est évident que la présomption du salut a des conséquences désastreuses sur la totalité du christianisme, dégradé de ce fait en une religion sans enjeu, donc inutile. On songe, entre autres, à la suppression d’un frein puissant au péché grave, la ruine de la notion d’état de grâce, l’inutilité de la conversion et de la pénitence, le naufrage de la discipline sacramentelle, la diminution du zèle et des vocations pour la mission et la conversion des âmes, etc. Cette problématique a été reconnue depuis longtemps au plus haut niveau, sans que les pasteurs y apportent malheureusement de réponse adéquate. Ainsi, Paul VI observait-il déjà : « Aujourd’hui, la sécularisation nous fait perdre la conscience du terrible risque dont notre sort futur est l’enjeu[20] », tandis que Benoît XVI déplorait que « beaucoup de nos frères vivent comme s’il n’y avait pas d’au-delà, sans se préoccuper de leur salut éternel[21] ».
5. Brève esquisse de quelques remèdes
Contre l’automatisme du salut et du pardon divin, il convient tout d’abord de rappeler que ceux-ci sont liés à des conditions, notamment la fidélité aux commandements (cf. Mt 6, 14-15 ; 7, 21 ; 19, 16-17). Alors que l’idée d’un Dieu ‟automate du pardonˮ le fait ressembler à « un chat qui ronronne sur le radiateur[22] », il serait ensuite urgent de retrouver une image de Dieu plus équilibrée, alliant bonté et sévérité (cf. Rm 11, 22), comme le prônait déjà le concile de Trente : « Parce que “nous péchons tous en bien des choses” [Jc 3, 2 ; can. 23], chacun doit avoir devant les yeux non seulement la miséricorde et la bonté, mais aussi la sévérité et le jugement[23]. »
En outre, il faut faire savoir que la séparation entre sauvés et damnés, opérée par le jugement, est une vérité révélée. La thèse de l’espérance d’un salut universel peut et doit donc être réfutée, tandis qu’il est possible de répondre aux objections majeures contre l’existence de la damnation[24].
Pour terminer, il est indispensable de restaurer enfin l’orthodoxie doctrinale de la prédication à l’occasion des funérailles, aujourd’hui affligeante, en mettant notamment fin à la ‟canonisationˮ quasi systématique des défunts.
Mensuram bonam : pour les investisseurs catholiques
Rome a rendu public début décembre un texte de l’Académie pontificale des sciences sociales sur l’investissement dans une perspective de foi : Mensuram bonam (pdf 52 pages). Dans La Nef, Pierre de Lauzun analyse ce texte. Extrait :
[…] Visant plus particulièrement les institutions d’Église qui ont des fonds à gérer, afin de les aider dans la recherche de la stratégie la plus cohérente avec leur foi, il s’adresse aussi à tous les catholiques – et plus incidemment à toute personne. Mais on notera que ce nouveau texte, qui était prévu pour paraître sous l’égide du dicastère, sort finalement comme document de l’Académie Pontificale des sciences sociales, dont le cardinal [Turkson] est devenu chancelier. Ce n’est donc plus un texte magistériel, mais le lancement d’une réflexion et action collectives. Mais si plusieurs conférences épiscopales avaient abordé la question, c’est le premier document venant du Vatican à en traiter. Sans doute perfectible, c’est néanmoins une étape importante. […]
Plus précisément, le texte fait référence aux principes posés dans la Doctrine sociale de l’Église, selon le Compendium de la DSE : la personne et sa dignité (droits de l’homme compris), le bien commun, la subsidiarité et la participation, la destination universelle des biens de la terre, en y ajoutant la durabilité et le souci de la création, à la suite de Benoît XVI et de François. Le texte décrit ensuite la variété des voies qui peuvent être suivies: gestion directe des actifs, gestion collective (SICAV), investissement d’impact ou plus ciblés, etc. Il insiste en détail sur la nécessité d’un engagement actif dans le dialogue avec les entreprises comme avec les professionnels de la finance; ainsi que sur la coopération entre catholiques sur ces différents sujets. Quant au choix des méthodes de sélection, il admet plusieurs voies: l’investissement à impact (impact investing), ou le choix des meilleurs dans leur catégorie (best in class), évalués selon une série de critères et notamment les rapports de l’entreprise considérée avec ses parties prenantes. Le terme dominant dans la littérature profane sur le sujet, ESG (environnement, social, gouvernance), est évoqué plutôt positivement, mais sans être mis au rang de référence, la perspective de l’Église étant plus large et parfois différente.
Des développements appréciables sont alloués à l’approche par exclusion, favorite dans le monde anglo-saxon – tout en admettant la complexité de la question dans le cas des entreprises à activités multiples. Si dans certains cas l’exclusion demandée est totale comme pour l’avortement, dans d’autres la rédaction est moins nette et laisse une place appréciable à l’interprétation. Mais l’annexe qui les précise est quelque peu condensée et parfois expéditive. On peut comprendre par exemple que l’alcool (y compris le vin de la messe), l’armement et le nucléaire sont à éviter – ce qui est pour le moins contestable sous cette forme abrupte. […]
Que se cache-t-il derrière la méditation “New Age” ?
Extrait d’un article d’IFamNews :
La première chose à distinguer est que la prière et la méditation ne sont pas la même chose.
La méditation est une façon de penser à quelque chose, une situation, des événements ou notre vie en général. C’est un moyen de se trouver soi-même. C’est très nécessaire de nos jours, alors que nous sommes plongés dans un rythme accéléré et avec beaucoup de bruit autour de nous qui nous empêche de réfléchir. Mais parallèlement à la méditation, nous ne devons pas oublier la prière.
La prière est une rencontre avec l’Autre qui n’est pas moi, c’est une sortie de moi-même pour avoir une relation directe avec Dieu. Les chrétiens, sachant que Dieu est notre Père, se tournent vers lui par la prière, ce qui nous fait transcender ce monde matériel. De cette manière, nous pouvons non seulement faire l’expérience d’un grand calme et d’une paix intérieure, mais aussi discerner la volonté de Dieu dans nos vies.
La méditation de la Parole de Dieu est une autre façon pour les chrétiens de s’enrichir et d’accroître leur foi.
Cependant, la méditation New Age n’a rien à voir avec notre relation avec Dieu. Les différentes techniques vous introduisent dans le monde du bouddhisme ou de l’hindouisme, qui, loin de ce qui est apparemment montré avec un moine au visage comme s’il n’avait jamais cassé une assiette de sa vie, nous trouvons des pratiques spirituelles qui peuvent nous introduire dans le monde de l’occultisme, de l’ésotérisme et du satanisme. Ses racines sont liées aux pratiques obscures de la franc-maçonnerie à la fin du XIXe siècle. Cela peut sembler tiré par les cheveux, mais de plus en plus de témoignages et d’études montrent cette dure réalité. L’augmentation de l’anxiété et de la dépression chez ceux qui l’ont pratiquée assidûment en est la preuve.
Le but de la méditation New Age est d’atteindre le Nirvana, c’est-à-dire de lâcher notre moi, notre être, pour fusionner avec un autre être de l’au-delà, une sorte d’énergie. On nous apprend à mépriser notre corps, ce qui est totalement contraire à notre religion chrétienne, car nous sommes le temple du Saint-Esprit. Cette méditation vous éloigne de Dieu car elle vous fait vous concentrer sur vous-même, dans un individualisme égoïste, recherchant la détente et le bien-être loin de la paix que l’Esprit Saint nous donne. Mais cela vous éloigne aussi de l’acceptation de la souffrance, c’est-à-dire de la Croix. Et un chrétien ne peut exister sans la croix, elle est notre signe et ce qui nous ouvre la porte de la vie éternelle.
Un bouddhiste, en revanche, tentera toujours d’échapper à la souffrance en recherchant la vie terrestre agréable, ignorant ainsi le péché et, surtout, Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu qui nous sauve et nous délivre de cet esclavage. Ce n’est pas nous, par nos propres forces, qui pouvons purifier ce mal. Nous ne sommes pas les seuls à pouvoir atteindre une relaxation totale. Seuls, nous ne pouvons pas, nous avons besoin de Dieu, notre Père, dans nos vies, et la méditation New Age nous empêche de l’atteindre.
Le corps de Benoît XVI exposé jusqu’à mercredi soir
Le pape émérite repose devant l’autel de la basilique Saint Pierre jusqu’à mercredi soir. L’accès des fidèles a été ouvert à 9h00 ce lundi matin. Les autorités estiment qu’environ 30 à 35000 personnes se rendront chaque jour à son chevet.

Jeudi matin, la messe des funérailles aura lieu à 9h30 place Saint-Pierre. Les Français qui souhaitent s’y rendre avec des drapeaux veilleront à ne pas emporter de hampe.
Voici le communiqué de l’Elysée :
Le pape émérite Benoît XVI nous a quittés, après avoir marqué l’Église du sceau de son érudition théologique et œuvré inlassablement pour un monde plus fraternel.
Né Joseph Ratzinger en 1927, il grandit au sein d’une famille bavaroise modeste qui lui apprit l’amour du piano, des lettres, de l’histoire, et le rejet farouche de toute forme de fascisme. Ses parents lui transmirent aussi leur piété profonde, si bien qu’à 7 ans, le petit Joseph demandait comme cadeau de Noël un missel et une chasuble de prêtre. Mais alors que son esprit se tournait vers le sacerdoce, celui de ses contemporains se laissait gangrener par le nazisme. Comme toute sa génération, il dut se plier à quatorze ans aux Jeunesses hitlériennes, puis à seize au service militaire. Ulcéré par le fanatisme ambiant, le jeune homme refusa d’intégrer la Waffen-SS, déserta son régiment à la faveur de la débâcle, mais fut repris, et passa six semaines en prison avant que la capitulation allemande ne le délivre.
L’effervescence intellectuelle de ses années de séminaire lui fit comprendre que sa vocation de prêtre était inséparable d’une destinée de théologien et d’universitaire. Car il ne dissocia jamais la religion de la raison. Il avait foi en Dieu, et foi en l’esprit humain, en sa capacité à défricher, inlassablement, les chemins de la transcendance.
La puissance de ses écrits lui valut d’être choisi pour participer au concile de Vatican II. Il y était alors considéré comme un réformiste, réputation paradoxale pour un pape si souvent qualifié plus tard de conservateur. Sans doute méritait-il les deux étiquettes à la fois : son réformisme avait une visée conservatrice, retourner aux sources passées pour revitaliser le présent. Peu lui importait de ne pas suivre le vent de libéralisation de mai 68, car l’Église avait à ses yeux une mission de contradiction prophétique qu’elle devait assumer avec courage. Nommé archevêque puis cardinal par Paul VI, il fut choisi cinq ans plus tard par Jean-Paul II pour diriger la Congrégation pour la doctrine de la foi, fer de lance de la réflexion doctrinale de l’Église. Durant les 24 ans qu’il passa à sa tête, puis pendant ses huit années de pontificat, il ne cessa d’approfondir le mystère de la foi chrétienne, bâtit des digues face aux courants progressistes et consolida la tradition de l’Église en matière de liturgie, de célibat des prêtres ou de bioéthique. Il œuvra aussi au rapprochement interreligieux et œcuménique en jetant des ponts fraternels entre les croyants, en particulier entre catholiques et orthodoxes.
Loin de rechercher la fusion de l’État et de l’Église, il rappela l’importance d’une distinction du religieux et du politique, dont l’indépendance mutuelle n’implique pas indifférence, mais dialogue. Aussi invitait-il les chrétiens à s’investir comme citoyens. Ses encycliques appellent à une mondialisation respectueuse qui redistribue les ressources entre riches et pauvres, à une économie humaine qui garde le sens du don et du partage, à une écologie intégrale qui respecte la planète comme la dignité de l’Homme.
Son affection pour la France lui valut d’être nommé membre étranger de notre Académie des Sciences morales et politiques. Les années de séminaire lui avaient permis d’imprégner sa pensée des écrits de Bergson, Sartre ou Camus, de se prendre de passion pour Claudel, Bernanos, Mauriac ou Maritain. Ces affinités intellectuelles s’étaient enrichies d’amitiés humaines, tissées au fil de ses échanges de ses voyages à Paris et de ses échanges avec les prélats et théologiens français qui exercèrent une forte influence sur le concile de Vatican II, notamment les futurs cardinaux Daniélou, de Lubac et Congar. Alors qu’il n’était encore que le cardinal Ratzinger, il fut le délégué du pape Jean-Paul II pour le soixantième anniversaire du débarquement de Normandie, et, devenu Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, il parcourut la France en septembre 2008, impressionnant ses auditeurs par la finesse de sa culture et l’élégance de son français.
Son exigence envers lui-même était aussi haute que son acception de sa mission. C’est pourquoi, face au déclin de ses forces physiques, il prit une décision inédite depuis des siècles, celle de renoncer à la chaire de Pierre. Devenu dès lors pape émérite, il mena dans l’ombre d’un monastère une vie de silence et de prière.
Le Président de la République salue un interlocuteur éclairé de la France dans sa construction d’une « laïcité positive », qui sut faire entrer l’Église meurtrie par les tempêtes du XXe siècle dans son troisième millénaire. Il adresse aux catholiques de France et du monde ses condoléances sincères.
L’idéologie des « droits reproductifs » crée un nouveau rapport avec la vie humaine
Le Dr Vladimir Dimitrijević, serbe orthodoxe, évoque les problèmes causés par les méthodes de reproduction assistée :
Toute la vision éthique des méthodes de procréation assistée part de quatre problèmes fondamentaux :
1 ) La conception humaine à l’aide de techniques modernes est asexuée, dans le sens où une telle conception n’a rien de la sainteté, de la sûreté et de la sécurité fournies par les rapports physiques intimes conjugaux. Une personne ne peut déjà pas naître physiologiquement, c’est-à-dire selon les lois de la physiologie qui lui sont innées, mais peut être “produite” artificiellement.
Le moment du début de la conception de l’homme physique et mental sans sexualité prive l’atmosphère de l’amour conjugal intense et la plénitude de leur union mentale et physique. La loi de Dieu détermine que tout être humain est né de l’éruption de l’amour, et non de l’union mécanique des cellules sexuelles (gamètes).
La technologie moderne nous amène déjà à accepter la logique des relations physiques conjugales sans reproduction et de la reproduction sans relations physiques.
La présence de la technologie prend le début de la vie hors de l’espace sacré du corps de la mère et le place dans le froid du laboratoire. Elle le prive du mystère de l’instant inconnu du commencement de la vie, remplaçant le mystère naturel par un instant de commencement précisément déterminé. Elle le prive de l’unicité de la présence du conjoint pour remplacer leur présence par la présence du personnel médical. Au moment sacré du commencement de l’homme, les deux parents ne sont pas ensemble, ni même présents. L’enfant est “produit” par des médecins et des techniciens médicaux. Il n’est pas “aguerri” par ses parents. De plus, le matériel génétique peut ne pas provenir de ses parents. Un tiers, le « donateur », peut intervenir parmi eux.
Créature extraordinaire, l’homme, en tant que sommet de la création de Dieu, n’a plus rien d’exceptionnel. L’homme peut se trouver dans une situation où il renonce à un… commencement auquel Dieu lui-même, dans le langage de sa nature, donne son consentement. Cependant, lorsque les époux s’unissent, ils peuvent se retirer ou s’efforcer de déclencher un événement unique, de créer un début qui n’a pas de fin : le début d’une nouvelle icône de Dieu qui ne se répète pas.
2 ) Contrairement aux embryons et aux spermatozoïdes, les ovules sont très difficiles à congeler. Par conséquent, la pratique courante recommande l’extraction d’un grand nombre d’ovules, et leur fécondation conduit à la création du problème d’embryons trop nombreux et congelés.
La conséquence immédiate de la FIV est la création “d’embryons surnuméraires”. L’Église rejette ce terme parce qu’elle ne peut même pas accepter la possibilité même de l’existence de personnes licenciées, dont le sort est déterminé par des tiers. Chaque être humain – et par conséquent aussi l’embryon – possède l’unicité de la personnalité, le caractère sacré de l’inimitabilité de l’icône de Dieu et la nécessité de la communion avec elle.
Les “embryons surnuméraires” malheureusement nommés sont conservés à l’état congelé, ou pour une utilisation future par les parents naturels, dans le but d’être donnés à d’autres “parents”, dans le but de mener des expériences, ou pour servir dans des laboratoires pour le développement de certains organes en cas de nécessité de transplantation ou, éventuellement, de destruction. L’Église, bien sûr, ne devrait pas bénir tout cela. Chaque embryon représente une icône de Dieu qui devrait avoir la possibilité de se conformer à Lui.
Cependant, la congélation d’embryons est également liée à d’autres problèmes insolubles. Par exemple, combien de temps est-il permis de conserver des embryons à l’état congelé et que se passera-t-il si, en raison d’un divorce, d’un décès ou d’une autre raison, les parents ne les réclament pas ? Vaut-il mieux les détruire ou les donner à un autre couple ? Et qui est compétent pour choisir le moindre de ces deux maux ?
3 ) Le fait que la fécondation ait lieu hors du corps de la mère et en l’absence des parents crée des possibilités illimitées de choisir des fécondations non naturelles et éthiquement discutables, ainsi que tous les problèmes qui y sont étroitement liés. Ainsi, pour la première fois, des idées sur le don de sperme et d’embryons, comme permettre la reproduction à une troisième femme, ce qui est pratiquement possible, apparaissent sur la scène. Une telle situation peut conduire à l’affaiblissement, voire à la remise en cause de la relation parent-enfant, ou à une relation inégale entre les parents et l’enfant, voire à l’ingérence de la mère, qui ne porte que le fœtus, dans la relation des parents génétiques avec l’enfant, conduisant à la création de frères et sœurs qui ne se connaissent pas, au danger d’inceste par ignorance, etc. Toute forme d’insémination avec un gamète donné provoque essentiellement la dégradation de l’essence de la maternité et de la paternité et représente l’insertion d’une tierce personne dans le processus sacré de la naissance humaine – et par conséquent dans le sacrement du mariage.
Dans les cas où, afin d’augmenter la probabilité de succès, l’introduction d’un plus grand nombre d’embryons est effectuée, des grossesses multiples se produisent souvent. Si dans de tels cas, pour réussir une grossesse, il est proposé de “réduire le nombre d’embryons en faisant une sélection”, il s’agit essentiellement de la destruction d’embryons vivants, ce qui est de toute façon éthiquement inacceptable.
La possibilité qu’une autre femme (empruntée, louée ou mère porteuse) porte la grossesse peut avoir un côté positif dans la mesure où la grossesse commence en amour, mais puisque le développement du lien avec l’embryon pendant la grossesse est essentiel et inséparable, non seulement de la maternité, mais aussi du développement embryonnaire, la poursuite de la grossesse dans le corps de la mère empruntée et le développement d’une nouvelle relation mère-enfant causent une injustice aux parents génétiques, la rupture de cette relation cause une injustice à la mère empruntée , mais tout cela cause surtout une injustice envers l’enfant. De telles situations ébranlent fondamentalement l’unité de la famille et représentent une déviation du chemin naturel.
Lorsqu’un seul des parents participe biologiquement à la naissance de l’enfant, il s’agit d’un cas similaire à l’adoption, qui diffère en ce que l’un des parents est le parent naturel, et l’autre assume le rôle de père ou de mère. Le cas du don d’embryon semble s’apparenter à l’adoption classique. Elle diffère en ce que l’adoption classique est quelque chose qui vient de l’amour et doit être considérée avec amour, tandis que la grossesse avec l’aide d’un embryon donné est quelque chose d’anormal que nous provoquons nous-mêmes pour des raisons égoïstes.
La fécondation in vitro donne la possibilité de donner naissance à des mères non mariées. Cela doit certainement être rejeté, d’une part, car cela conduit à encourager la naissance d’enfants hors mariage, et d’autre part, cela cause une injustice à l’enfant parce que son développement est déjà planifié sans père.
Dans la même catégorie, selon la même logique, on pourrait classer les cas de fécondation avec le sperme d’un conjoint mourant, ou de grossesse à l’aide d’un embryon congelé d’un mari décédé.
Il en va de même pour la procréation artificielle chez les femmes âgées. Les conceptions de ce type sont basées sur le désir amoureux de la mère d’avoir un enfant, bien que les conditions préalables pour être avec lui pendant le développement soient limitées par la nature elle-même. Cet enfant apportera de la joie à ses parents par sa naissance, mais il n’aura que des occasions très limitées de se réjouir de la présence physique, et aucune occasion de se réjouir de la pleine force de ses parents. Les lois naturelles déterminent les paramètres du développement humain. Donner naissance à des mères très âgées représente un désir égoïste à courte vue et est une injustice pour le nouveau-né.
L’insémination artificielle donne également aux couples homosexuels la possibilité d’avoir des enfants, ce qui représente non seulement une anomalie naturelle, mais aussi une perversion éthique avec des conséquences psychologiques désastreuses pour l’enfant et des conséquences imprévisibles pour la société.
La microinsémination est une méthode qui améliore le succès de l’insémination artificielle, mais limite encore le rôle de la sélection naturelle – qui a souvent un rôle protecteur – puisque la fécondation de l’ovule ne se fait pas dans le liquide séminal avec de nombreux spermatozoïdes, mais la fécondation est réalisée par un seul spermatozoïde présélectionné.
Le fait que l’on ne puisse pour l’instant pas déterminer à l’avance d’éventuelles anomalies génétiques sur les spermatozoïdes – dont la sélection se fait naturellement selon des critères biologiques – a pour effet de se substituer à la nature dans la responsabilité de créer des embryons génétiquement pathologiques, et c’est une raison de plus pour réserves éthiques sur la microfertilisation.
De même, le passage de l’idée de don à la pratique de l’achat et de la vente, si facile et essentiellement incontrôlable, crée le danger d’une dégradation complète du caractère sacré de l’accouchement. Cela deviendrait un échange économique, et l’amour deviendrait un contrat.
4 ) Réaliser l’union des gamètes, c’est-à-dire la conception, en dehors du corps de la mère, ouvre d’énormes possibilités d’interventions et de traitements avant l’implantation (embryons), qui peuvent modifier irrémédiablement la forme humaine tant au sens biologique que social, ce qui est dangereusement incontrôlable. L’impossibilité d’établir des mécanismes de contrôle, en conjonction avec les grandes possibilités d’interventions génétiques, peut s’avérer désastreuse pour l’humanité.
De tout cela, on peut conclure que les techniques modernes de fécondation in vitro ont des dimensions éthiques et spirituelles, et telles qu’elles demandent à l’Église d’être bien informée, sage et prudente.
Tout commence par un examen préimplantatoire. Lorsque cet examen implique une intervention à visée thérapeutique ou préventive, puis une implantation, alors il est conforme à l’approche médicale classique. Mais de tels cas sont, d’une part, très peu nombreux à ce jour, et d’autre part, ils n’excluent pas toutes les autres conséquences de la fécondation in vitro. De plus, lorsque les tests sont positifs (c’est-à-dire lorsque l’existence de malformations génétiques est déterminée), la décision des parents d’interrompre la grossesse est presque certaine.
De plus, un tel examen pourrait conduire à la possibilité d’une sélection (sexe, couleur des cheveux ou des yeux, etc.), voire à la destruction d’embryons aux caractéristiques indésirables, et servirait par conséquent des conceptions eugéniques de la vie.
La reproduction par clonage abolit le processus physiologique de conception. En substance, elle dégrade le sexe masculin (parce qu’elle abolit sa participation et son rôle dans la reproduction), nuit à la participation de la mère (parce qu’elle n’introduit pas son matériel génétique), perturbe l’équilibre entre les sexes, car elle accentue l’égoïsme dans la premier plan et représente le “blasphème” plutôt que l’accomplissement. .
Toutes ces techniques, si elles ne sont pas toujours clairement eugéniques dans leur expression, sont eugéniques dans leur compréhension. Ils ne parviennent pas à éliminer le danger d’invalidité, mais éloignent généralement la personne handicapée. Si la maladie n’est pas séparée du patient, la seule façon d’y faire face semble être la mort du patient dans la phase la plus impuissante et la plus sensible de sa vie. La destruction de l’embryon déformé apparaît comme la seule “thérapie” proposée.
5 ) Il y a un autre, cinquième, point focal du problème. Elle se cache dans le fait que les nouvelles techniques de procréation assistée, au bénéfice économique des médecins, des cliniques et des entreprises (par exemple le prix élevé de la gonadotrophine est probablement l’une des principales raisons pour lesquelles l’ovule, au lieu de pendant le cycle naturel, est pris après avoir été préalablement artificiellement, avec des préparations hormonales, causes de l’ovulation) confondent souvent le pur désir des parents d’avoir des enfants. Pour cette raison, il serait bon que ces techniques ne soient pas utilisées à la hâte, ou sous l’influence de la pression psychologique de personnes qui en tirent probablement des avantages matériels.
Aussi, ces techniques sont largement appliquées, sans que nous puissions, bien entendu, connaître à l’avance les éventuels problèmes psychologiques des embryons ainsi conçus. Les besoins psychologiques des parents sont pris en compte, mais pas les conséquences psychologiques négatives probables pour les enfants. Cela représente une sous-estimation de la valeur de la vie embryonnaire. Les orphelins, les enfants adoptés, les enfants de parents divorcés, ont généralement des problèmes d’adaptation et d’équilibre et d’harmonie psychologiques. Un autre facteur défavorable à l’acceptation négligente de la fécondation in vitro est la possibilité que diverses applications de la fécondation in vitro, en particulier lorsqu’elle implique la fécondation avec des gamètes étrangers ou donnés, créent chez les personnes des complications insurmontables dans la formation de la personnalité (au sens psychologique) et avec une instabilité psychologique congénitale ou acquise. .
Ceci est immédiatement suivi par la question de savoir quel effet psychologique le fait qu’avec l’avancement des technologies génétiques, pourrait avoir, les enfants pourraient déjà savoir comment ils ont été conçus, ou s’ils proviennent d’un don de sperme ou d’ovule.
Il est très probable qu’un tel enfant sera confronté à une grave crise d’identité, puis de socialisation, ce qui est très grave, surtout s’il apprend qu’il n’est pas porteur des caractéristiques génétiques de ses parents et ne connaît pas ses parents génétiques. , ou se rend compte que le degré de parenté avec ses deux parents est différent, ou qu’il a deux ou trois mères potentielles, etc. Les problèmes de ce type s’intensifient lorsque la paix et l’unité familiales sont rompues et que des enchevêtrements juridiques s’en mêlent. Des problèmes d’ordre psychologique peuvent également survenir chez les parents, notamment en cas de conception avec don de sperme, car les droits et relations de parenté ne sont pas définis, ou en raison d’un échec en cas de tentatives répétées d’insémination artificielle.
Des problèmes similaires se posent dans le domaine du droit. Il ne suffit pas d’édicter des lois ou des règlements appropriés, qui réglementeront dans les moindres détails les problèmes qui peuvent survenir au cas par cas, à la fois parce que la science et la technologie évoluent à un rythme beaucoup plus rapide que toute prédiction légale et parce que les diverses formes de problèmes de ce genre, ils ne peuvent pas être prédits à temps et résolus avec succès./…/
Parallèlement, l’impossibilité de déterminer légalement précisément quel est le droit héréditaire et la perspective biologique de l’embryon avant l’implantation en cas de décès de ses parents, ou la difficulté de déterminer la juridiction et les droits sur les embryons congelés en cas de un divorce, sont des indicateurs de la complexité et de la gravité des problèmes mentionnés, qui se terminent finalement par la destruction de l’embryon.
Puisque dans la procréation assistée la cause principale est le conflit d’intérêts entre les parents et les embryons, et que les embryons ne peuvent faire valoir leurs droits, ni exprimer leur volonté, la probabilité de légaliser l’injustice est si grande qu’elle nécessite une extrême prudence.”
C’est ce que dit le métropolite Nikolay. Il serait grand temps que l’Église orthodoxe serbe développe une position claire basée sur la Sainte Tradition sur ce sujet. Il obligerait, bien sûr, les Serbes qui croient en tant que chrétiens orthodoxes, mais il serait un avertissement et un guide en Christ pour tous.
Benoît XVI avait adressé une lettre privée d’encouragement au Supérieur de la Fraternité Saint-Pierre suite au Motu Proprio Traditiones Custodes
Communiqué de la Fraternité Saint-Pierre :
C’est avec peine que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre a appris aujourd’hui, 31 décembre 2022, le décès du Pape émérite Benoît XVI, qui fut à plusieurs reprises un soutien providentiel pour notre communauté. Alors Cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il joua un rôle déterminant dans la fondation de la Fraternité et vint même visiter son séminaire de Wigratzbad pour la Semaine Sainte en 1990. Après son élection sur le trône de Pierre, les contacts se poursuivirent, notamment avec l’audience privée qu’il accorda à ses fondateurs ainsi qu’au Supérieur Général le 6 juillet 2009 : ce fut alors pour nous l’occasion de le remercier pour le Motu Proprio Summorum Pontificum. Il y a quelques mois encore, depuis sa retraite au monastère Mater Ecclesiæ du Vatican, il avait adressé une lettre privée d’encouragement au Supérieur de la Fraternité Saint-Pierre suite au Motu Proprio Traditiones Custodes.
Les prêtres de la Fraternité, unis aux fidèles qui lui sont proches, ont à cœur de prier pour le repos de son âme. Des messes de Requiem avec absoute seront ainsi célébrées dans les apostolats confiés à la Fraternité afin de « prier Dieu que par le Sacrifice offert pour l’âme de son serviteur, le Souverain Pontife Benoît XVI, et après l’avoir élevé en ce monde à la dignité pontificale, il ordonne qu’il soit admis dans le royaume céleste en compagnie de tous les saints. » (secrète de la messe de Requiem pour un Souverain Pontife)
Le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, M. l’abbé Pagliarani, a invité tous les membres de la Fraternité à prier pour le repos de l’âme de Benoît XVI, et à le confier à la miséricorde de Dieu.
Euthanasie : changer les mots pour orienter le « débat »
Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé, a demandé à Erik Orsenna de rédiger un lexique des mots de la fin de vie.
« Nous avions besoin de définitions de certains mots accessibles et compréhensibles de tous les Français »
Un peu comme « Interruption Volontaire de Grossesse », IVG, en lieu et place d’Immolation d’une Vie Gênante ?
Le ministre a demandé de se pencher sur « le sens d’expressions telles que “suicide assisté”, “aide active à mourir”, “sédation profonde et continue” ».
L’académicien a accepté, tout en s’entourant de neuf autres personnalités :
- l’écrivain et sociologue Noëlle Châtelet, auteur de « La Dernière Leçon »,
- la psychologue et psychanalyste Françoise Ellien, spécialiste des soins palliatifs,
- le sociologue Philippe Bataille, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales,
- Elsa Walter, auteur du livre « A vous, je peux le dire. Ecouter les mots de la fin ».
Le groupe sera aussi constitué de scientifiques :
- Franck Chauvin, professeur de santé publique et président du Haut Conseil de la santé publique,
- Alexandra Fourcade, médecin, élue municipale et départementale des Hauts-de-Seine,
- Marc Magnet, ancien chef de service d’une unité de soins palliatifs.
Il comptera enfin deux juristes :
- François Stasse, conseiller d’Etat et spécialiste du sujet de la fin de vie,
- Martine Lombard, professeur émérite de droit public et auteur de « L’Ultime Demande. L’aide à mourir paisiblement, une liberté à notre portée ».
Elsa Walter, bénévole auprès de malades en fin de vie, sera porte-parole du groupe.
Martine Lombard et Noëlle Châtelet sont connues pour leur position en faveur de la légalisation de l’euthanasie.
Outre l’étude du sens des mots, le groupe va aussi réfléchir au poids de certains termes qui suscitent « la peur » ou « le rejet ».
« L’objectif affiché est d’abord et avant tout, de travailler sur la peur de la mort en apprivoisant les mots qui l’entourent ».
Fin octobre, Emmanuel Macron avait confié après son entretien avec le Pape ne pas aimer « le mot d’euthanasie ». De même, Olivier Véran avait, lui aussi, indiqué au cours d’une émission que « le mot “euthanasie” n’est pas un joli mot. C’est un mot qui est connoté dans la langue française ».
« Le livrable sera rendu en février », avant la fin de la convention citoyenne sur la fin de vie, précise Agnès Firmin Le Bodo.
Adolf Hitler avait redéfini l’euthanasie avec les termes « mort miséricordieuse ». Nos gouvernants trouveront-ils mieux ?
Que serait une nuit du nouvel an avec des incidents notables ?
La nuit du nouvel an a été marquée, comme chaque année, par des violences. Une caserne de gendarmerie a été attaquée dans la Drôme, un foyer d’hébergement pour enfants incendié, un couple de retraités et des familles sauvés des flammes en Isère, 690 véhicules ont été incendiés, 490 personnes interpellées…
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a souligné qu’avec 90 000 forces de l’ordre mobilisées, « il n’y a pas eu d’incident notable » cette nuit…
Mantes-la-Jolie (78) : un Marocain sous OQTF effectuait de bruyantes prières islamiques dans l’église Saint-Jean-Baptiste
L’affaire remonte au 26 octobre et l’individu avait été interpellé par la police et placé dans un Centre de rétention administrative (CRA). Le 30 décembre, après 60 jours dans ce CRA, ce clandestin n’a toujours pas été renvoyé dans son pays.
Les autorités françaises attendent toujours que les autorités marocaines leur délivrent un laissez-passer consulaire pour permettre son expulsion vers le Maroc. Faute de laissez-passer consulaire, cet homme sera relâché dans une vingtaine de jours.
Une crèche vandalisée dans une église
La sainte Famille n’est toujours pas la bienvenue. La crèche de Noël installée pour les fêtes de la Nativité dans l’église Notre-Dame de La Charité-sur-Loire a été vandalisée. Les trois statuettes de la Sainte Famille ont été dégradées, l’enfant Jésus avec un bras cassé, le visage de Marie et son voile abimés, la main de Joseph brisée.
Les faits se seraient déroulés dans l’après-midi du jour de Noël.
Pour le moment, l’église reste fermée et sera ouverte seulement pour les offices. Le curé de la paroisse entend porter plainte.
En quête d’esprit : émission spéciale consacrée au pape émérite Benoit XVI
Aymeric Pourbaix reçoit
- Christophe Dickès, historien spécialiste de la papauté
- l’abbé Grosjean, curé du diocèse de Versailles
- Jean-Marie Guénois, journaliste au Figaro
François : « invoquons l’intercession de la Sainte Vierge Marie pour le Pape émérite Benoît XVI »
La dépouille du Pape émérite Benoît XVI repose en la chapelle du monastère Mater Ecclesiae au Vatican. Il sera exposé dès lundi 9h00 en la basilique Saint-Pierre.

Du pape François à l’Angelus :
En ces heures, nous invoquons l’intercession de la Sainte Vierge Marie pour le Pape émérite Benoît XVI. Nous nous unissons tous, d’un seul cœur et d’une seule âme, pour rendre grâce à Dieu pour le don de ce fidèle serviteur de l’Évangile et de l’Église.
Hommage aux martyrs coptes de l’Etat islamique – Terres de Mission
Terres de Mission reçoit Samuel Armanius, jeune chrétien d’origine égyptienne, qui prépare un film sur les 21 coptes martyrisés en Libye par l’Etat islamique en 2015.
Puis, Max Guazzini, ancien président de NRJ et du Stade français, présente le CD de chants chrétiens qu’il a produit avec la Schola Regina.
Enfin, Pierre de Lauzun, essayiste et ancien directeur de la Fédération Française des Banques, évoque le livre qu’il vient de publier chez Téqui : « Dieu, le mal, l’histoire ».
Trois résolutions tirées du Livres des Proverbes
Une nouvelle année commence. Quelle(s) bonne(s) résolution(s) pouvons-nous prendre pour les prochains douze mois ?
Le livre des Proverbes, dans l’Ancien Testament, peut être une source d’inspiration pour nous aider à trouver une bonne habitude à adopter et à cultiver. Ce livre est attribué au roi Salomon qui reçut sa sagesse de Dieu. Le fils du roi David préféra la sagesse à l’argent ; Dieu lui fit alors don des deux. Inspiré par l’Esprit Saint, suivons les conseils du Roi Salomon, en adoptant un de ses versets pour cette année, et recherchons la sagesse de Dieu.
- “Qui surveille ses lèvres garde son âme, qui ouvre trop le bec court au désastre.” (Proverbes 13, 3)” Moins parler pour être plus à l’écoute, pour laisser les pensées mûrir, pour accueillir le silence et tout ce qu’il porte. Comme Marie qui gardait tout en son cœur. Savoir aussi ne rien dire est un beau défi à l’heure où l’on nous demande notre avis et nos commentaires sur toute chose.
- “Le naïf croit tout ce qu’on lui dit, l’homme avisé regarde où il met les pieds.” (Proverbes 14, 15) Discerner, prendre un peu de recul, voilà une belle résolution pour avancer de façon plus sûre, notamment dans les périodes agitées que nous pouvons traverser. Prendre l’habitude de confier à Dieu nos interrogations et nos doutes, demander son Esprit au moment de prendre des décisions, c’est bien là le début de la sagesse !
- “À cœur joyeux, santé florissante ! L’esprit chagrin dessèche jusqu’à l’os.” (Proverbes 17,22) Se réjouir, s’émerveiller, même quand les choses ne vont pas forcément dans notre sens, même quand les temps sont difficiles. Nous savons que le Seigneur est là. Exerçons-nous chaque jour à ouvrir les yeux à chacune de ses grâces.
Bonne année toute en joie et en sagesse !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Et si Jésus était bien né le 25 décembre de l’an I
Suite aux deux articles parus sur le Salon Beige quant à la date de la naissance du Christ (ici et là), on me signale un article paru dans Science et foi en avril 2018. Henriette Horovitz y faisait part de ses recherches :
[…] Ces recherches assidues ont révélé des éléments cohérents et incontournables qui me permettent d’oser affirmer que Jésus est né le dimanche 25 décembre de l’an I, soit l’année 754 auc. ou encore l’an 3761-3762 du calendrier hébraïque.
Vous avez donc reconstitué les calendriers de 44 AC à 70 du Christ. Comment avez-vous procédé pour joindre tant d’éléments.
Eh bien, nous avions déjà quelques textes de références : les évangélistes en particulier. Saint Matthieu évoque la Nativité et le retour d’Egypte, saint Luc est plus disert sur la conception, la naissance et la circoncision de Jean le Baptiste et sur la naissance de Jésus, offrant l’un et l’autre quelques détails spatio-temporels épars. Luc en particulier précise la garde de la famille Abiah au Temple, le recensement et le gouvernorat de Sulpicius Quirinius en Syrie. Nous savons par ailleurs que ce dernier remplace Lollius, destitué sur le champ pour collusion avec les Parthes, fin 754 auc. La date de la disgrâce de Lollius est un repère choisi pour fixer la présence de Quirinius en Syrie et le début du recensement, début en 755 auc. année quinquennale. D’autre part, les manuscrits de la mer Morte nous offrent des notes calendaires très précieuses. La rigueur scrupuleuse des Juifs en matière de service liturgique nous réservait d’inattendues précisions. En effet, le fragment 4Q321.1.1 retrace le calendrier des gardes sacerdotales du Temple, réparties sur six ans, et permet de savoir que le service de la famille Abiah, à laquelle appartenait Zacharie, avait lieu deux fois l’an, soit du 8 au 14 du troisième mois et du 24 au 30 du huitième mois solaire, en l’année I sur 6. Tout pouvait désormais s’enchaîner… Il me fallait encore confronter ces données à l’astronomie et les replacer dans l’ensemble des calendriers en vigueur. Notons bien que la compréhension du calendrier hébraïque passe nécessairement par la connaissance de notions élémentaires d’astronomie3 et que celui-ci est à la fois fondé sur le soleil et sur la lune, des mois lunaires et des années solaires.
De plus, le doc. 4Q321 frag.I, col.I, nous apprend que la famille Abiah, la huitième famille sacerdotale, assumait sa semaine de garde en une année 1 sur 6 du cycle des gardes au Temple de Jérusalem ayant un profil astronomique tel que :
- le 2ème jour (lundi) de cette même semaine, il y avait pleine lune,
- ce lundi était le 25ème jour du 8ème mois solaire,
- le mardi, 12ème jour de ce 8ème mois, pendant la garde de la famille Myamin, se présentait le duqah.
Le sens de ce terme ‘duqah’ est encore débattu entre les spécialistes. L’indication de pleine lune dans le Ms 4Q321.1.1, en revanche, pose problème. Pleine lune ou nouvelle lune ? J’ai donc recherché une année avec nouvelle lune qui pouvait correspondre aux autres données du document, et j’ai trouvé une seule année répondant à l’ensemble des éléments : l’an 39 avant JC (-38 des astronomes) / 3722 des hébreux / 715 de Rome, avec l’agréable surprise qu’il s’agissait bien d’une année I sur 6 du cycle des gardes au Temple. Ceci était extrêmement important ! En poursuivant avec ce cycle sexennal, nous pouvons rétrograder de +4 de JC / 757 de Rome (année I/6) vers 1 av JC / 753 de Rome (année 3/6), nous retrouvons alors la garde de la famille Abiah du samedi 18 septembre au samedi 25 septembre, tombant justement cette année-là le Yom Kippour. Cette découverte m’était une perle précieuse ! Pour moi qui recherchais l’année de naissance de Jésus, je trouvais enfin une clé, celle de l’annonce de l’Ange à Zacharie, à l’issue de sa semaine de garde, et donc de la naissance de Jean-Baptiste au solstice de juin.
En résumé, ces deux années, -38 et +4 JC. étant chacune une année I sur 6 du cycle des gardes, permettaient de certifier que l’an 3760 des Hébreux, soit 1 AC ou 753 de Rome, était une année 3 sur 6 du cycle des gardes selon la liste retrouvée à Qumran. Or, en cet an 3, nous sommes sûrs qu’un représentant de la famille Abiah (Zacharie sans doute) assumait la semaine de garde du samedi 18 septembre au samedi 25 septembre, an I AC (an 0 des astronomes) ou 753 de Rome ou encore du s. 3 Tichri 3761 hébr. au s. 10 Tichri. Notons également que c’était également le Yom Kippour depuis la veille en fin d’après-midi. Cette fête marque le début de l’an 3761 hébr.
Bientôt 50 ans de recherches et un résultat fantastique, un peu complexe au premier abord ! Pouvez-vous nous expliquer simplement le point central de votre recherche ?
Alors faisons un petit test…
Si la date donnée pour la naissance de Jésus de Nazareth n’est pas précédée, quinze mois plus tôt, par la conception de Jean-Baptiste, alors cette date n’est pas historiquement recevable.
L’annonce à Zacharie s’est produite pendant sa semaine de garde sacerdotale au Temple de Jérusalem en l’an 3 sur 6 des gardes, selon la liste des gardes retrouvée dans les Rouleaux de Qumram. La date de l’annonce à Zacharie se situe en la semaine de sa garde du samedi 18 septembre au samedi 25 septembre 753 auc. (1 AC). Si Jean-Baptiste est conçu suite à cette semaine de garde, en tenant compte du temps de retour de Zacharie pour retrouver Elisabeth au début des Tabernacles (14 Tichri), alors sa naissance se situe fin juin 754 auc. / +1 JC, soit neuf mois après.
Donc, l’Annonce à Marie fut faite en fin mars (équinoxe de printemps) 754 / +1 JC, au sixième mois de grossesse d’Elisabeth. La naissance de notre Seigneur Jésus-Christ tombe alors nécessairement fin décembre 754 auc. / +1 JC.
Notons qu’une garde de la famille Abiah eût lieu aussi en une année 3 sur 6, 6 ans plus tôt, en 747 auc., mais cette donnée est irrecevable car elle est inconciliable avec la note de saint Luc concernant 15 Tibère. Si nous avions été dans cette configuration, alors saint Luc aurait écrit 9 Tibère, et non 15.
A propos du ‘15 Tibère’, y a-t-il des recoupements intéressants qui permettent de vérifier et conforter vos assertions ?
Reprenons saint Luc (III 1-3) : ‘L’an 15 du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée; Hérode, tétrarque de Galilée; Philippe, son frère, tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias, tétrarque d’Abilène sous le pontificat d’Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert…’. Notons en passant que l’étude des Manuscrits de la mer Morte montre que Luc s’appuie sur des données rigoureuses. Or, d’une part, César Auguste meurt le 19 août 14 JC. Le mois de deuil terminé, Tibère accède au pouvoir en septembre 14 JC ou 767 auc. (cf Suétone). D’autre part, Jean Baptiste entame son ministère prophétique dans sa trentième année, âge légal pour prendre la parole en public chez les Juifs, donc logiquement à partir de juin 30 JC. Saint Luc qui n’est pas avare en détails, donne, pour l’apostolat de Jean, l’an 15 de Tibère, soit la 16ème année de règne, c’est-à-dire entre le 19 septembre 29 JC et le 18 septembre 30 JC. Il parcourt alors toute la vallée du Jourdain. En accordant à celui-ci un minimum d’une année de ministère avant que Jésus ne vienne à lui, nous arrivons aux trente ans de Jésus pour son baptême et le début de sa vie publique. Seules ces dates, confortées par Flavius Josèphe, Suétone, et même, par exemple, par les études numismatiques d’Agostino Sferazza, sont compatibles avec l’ensemble des calendriers. Et si l’on considérait, comme certains, que Jésus était né en 6 AC, qu’il avait été crucifié après 30 JC, alors il aurait vécu au moins 36 ans, ce qui est invraisemblable…
Vous avez aussi étudié les années sabbatiques, post-sabbatiques et jubilaires. On peut désormais dater d’autres événements…
Toujours dans saint Luc (IV, 16), Jésus annonce une année jubilaire. Il est donc intéressant de repérer les années jubilaires ou sabbatiques de la vie de Notre Seigneur. L’année sabbatique, ou Chemita, est la 7ème année d’un cycle septennal où il est prescrit de laisser la terre en repos. Année de componction, de réconciliation, de remise de dettes, etc… pendant laquelle on se nourrit de ce que la terre produit spontanément, conformément aux prescriptions du Lévitique. Elle commence au mois de Tichri. L’année post-sabbatique, ou Haqhel, prend la suite immédiate de la Chemita ; en ce début d’année, le Sanhedrin et le peuple assemblés promettent fidélité à Dieu. L’année jubilaire, également appelée An de Grâce ou Yovel, se présente après sept années sabbatiques, soit sept cycles septennaux. C’est donc la « cinquantième » année (ou, plus exactement, la première des 49 années suivantes), celle du renouveau, du Retour à Dieu, de la libération, remise des dettes… Elle est marquée par les mêmes règles sociales et de travail de la terre que la Chemita. Ces trois années pouvaient ne pas contenir d’embolisme selon la décision du Sanhédrin (chef du calendrier). Or, sachant que le Yovel 5510 hébr. tombe en 1750 sous le pontificat de Benoît XIV, j’ai établi la liste des années jubilaires par cycles de 49 ans (7×7) conformément aux notes des Manuscrits de la mer Morte. Par exemple, nous retrouvons ainsi 3305 hébr. / 456 AC, date de l’édit d’Artaxerxés pour la reconstruction de Jérusalem, 3746 hébr. / 15 AC, année de naissance de Marie, selon Marie d’Agréda, etc… Et le seul Yovel de la vie de Jésus tombe en 35 JC, soit l’année de la Rédemption et le dernier jubilé avant la destruction du Temple.
Et les auteurs anciens ?
Les auteurs romains nous apportent des éléments intéressants quant à la datation de la hiérarchie romaine, en particulier César, Tibère, Lollius, Quirinius, etc… Flavius Josèphe nous renseigne sur nombre d’éléments bien qu’il faille parfois contrôler ses dires. Il parle en particulier de l’âge d’Hérode à sa nomination, à sa mort, de l’éclipse qui eut lieu quand il destitua Matthias de son pontificat et fit brûler vif les séditieux. S’appuyant dès lors sur la NASA, on peut constater qu’une éclipse de lune partielle, le 3 mars 6 JC/ 13-14 Adar 3766 hébr., fête de Pourim, concorde parfaitement avec ces écrits et qu’elle est bien visible à Jérusalem. La chronologie de la vie d’Hérode peut donc être établie précisément. Ensuite des auteurs chrétiens se sont penchés sur les questions de chronologie. Eusèbe de Césarée, dans son Chronikon, et le Père Denis Petau (S.J.) donnent des éléments de comparaison pour les années sabbatiques et jubilaires.
Et Denys le Petit ?
Cette question est fort intéressante, d’autant plus que ce moine érudit et minutieux du VIème siècle est au centre de toutes les discussions… Denys le Petit, ou Minor, a travaillé sur le comput pascal à la demande du pape Jean I, en 525. Il a déduit de ses recherches que l’an de l’Incarnation était bien l’année romaine 754 auc. /1 JC. Il a ensuite constaté que le calendrier chrétien devait débuter le 25 mars 754 auc. / 1 JC (Anno Incarnationis I). Dans le Liber Paschate ou les Argumenta, il se réfère une douzaine de fois à l’Année de l’Incarnation, comment peut-on dès lors déduire des travaux de Denys Minor que Jésus Christ est né le 25 décembre 753 auc., … 3 mois avant sa conception ??
Permettez-moi de vous demander si vous avez été en contact avec des spécialistes actuels de ces questions ? Que vous ont-ils répondu ?
Chers amis, bien sûr ! J’ai échangé sur ces sujets avec un certain nombre de spécialistes des manuscrits de la mer Morte, philosophes, prêtres, astronomes… Citons dans le désordre quelques-uns de ces contacts : les Professeurs Talmon Shemaryhaou, Florentino Garcia Martinez, Emmanuel Tov, le philosophe Claude Gagnon, Roger Stioui l’un des spécialiste du calendrier hébraïque, Thierry Castex pour la mention de restitution inscrite sur le Linceul de Turin qui correspond bien à mes observations calendaires, les observatoires de Bruxelles, Grimbergen et Paris, Fred Espenak de la NASA, Jozef Denoyelle et le Dr Cuypers, le Pr Biémont et bien d’autres encore. Rassurez-vous, je n’ai pas travaillé seule !
Regardez, les lunaisons et éclipses, répertoriées par la NASA ou Jean Meeus, sont vitales pour certains points d’histoire, car chaque année calendaire a son profil personnel. Prenons l’exemple de la mort d’Hérode le Grand. Mes constatations (je ne parle pas d’hypothèses, mais de constats) me permettent d’adhérer fermement à l’éclipse de lune de +6 JC comme étant celle de Flavius Josèphe qui précède la mort d’Hérode le Grand. Elle n’est visible qu’à 50% ? Tant mieux, car si elle avait été totale elle aurait pu être masquée par une mauvaise météo, mais le fait qu’elle soit notée par Nicolas de Damas, même comme éclipse partielle, prouve un ciel dégagé. Les trois éclipses lunaires vers Nissan des années précédentes étaient peu ou pas visibles selon les renseignements reçus des observatoires de la NASA et d’Uccle. S’astreindre à ces observations pourrait obliger certains historiens à reconsidérer l’histoire judéo-chrétienne…
Par ailleurs, l’étude de Charles Perrot confirme la date de Yom Kippour (10 Tichri) que j’ai retrouvée, selon les données du cycle lunaire de la NASA, en 1 AC / 0 des astronomes / 753 auc. Dès lors, l’annonce de l’Ange à Marie se situe au moment où Elisabeth est enceinte de six mois, la naissance de Jésus neuf mois plus tard, le dimanche 25 décembre I JC / 754 auc. / 3761-3762 hébr. ou même le 28 Choïac (en calendrier syro-macédonien).
Et puis, nous fêtons Pâques ces jours-ci, pouvez-vous nous donner quelques précisions sur la date de la Pâque au cours de laquelle Notre Seigneur souffrit la Passion ?
Durant la vie publique de Jésus, il n’y a qu’une année sabbatique ; elle commence le 14 septembre 33 JC. De même, pendant toute sa vie terrestre, il n’y a qu’une année jubilaire. Elle commence le 1er Tishri 3795 hébr., fête de Roch Hachana, ou 2 septembre 34 JC, et fait donc suite à cette année sabbatique. Or, cinq jours auparavant, le dernier shabbat qui précède cette date, Jésus annonce ce Yovel, à la synagogue, quand il lit le chapitre LXI, 2 d’Isaïe non seulement pour en confirmer la prophétie, mais encore pour annoncer son accomplissement. Si Jésus annonce cet An de Grâce, c’est qu’il n’est donc pas mort… comme le laisseraient penser tant de dates évoquées aujourd’hui. Eusèbe de Césarée et le Père Petau confirment cette année jubilaire qui se termine le 1er Tishri 3796 hébr. / 22 septembre 35 JC. Cette année sabbatique est également confirmée par Flavius Josèphe.
Ceci ne nous donne toujours pas la date de crucifixion de Jésus… Continuons donc. On s’étonnera, à bon droit, de ne pas trouver une pleine lune le 24/25 mars 35 JC, ce qui voudrait dire que Pessah (la Pâque juive) n’a pas eu lieu, cette année, le 14 Nissan. Or, la stricte régularité du calendrier hébraïque débute seulement sous Hillel II, au IVème siècle. Auparavant, le Sanhédrin avait tous les pouvoirs décisionnels sur le calendrier pour y ajouter ou non un embolisme. Rappelons que pour fixer Pessah, deux règles devaient être strictement observées : la pleine lune du 15 du mois de Nissan et l’équinoxe de printemps. Or, l’an 33-34 JC aurait dû être une année embolismique pour rattraper l’équinoxe de printemps, mais c’était une année sabbatique. Habituellement, on ajoutait, dans ce cas d’interdiction formelle, un embolisme pendant l’année qui précédait ou suivait. Mais l’année suivante est jubilaire. Cette année sans Veadar amène la pleine lune de printemps le 15 Nissan, soit treize jours avant l’équinoxe de printemps… Impossible ! Il fallut donc postposer les cérémonies de Pessah au Temple à l’équinoxe du 24-25 mars, soit les 26-27 Nissan 3795 hébr. (vendredi 25 – samedi 26 mars 35 JC). Selon le Talmud, seule la fête de Pessah peut être postposée en cas de nécessité. Le Seder familial fut donc célébré le soir du jeudi 24 mars 35 JC, les célébrations commençant dès le soir du jour qui précède Pessah. La crucifixion de Jésus ne put donc avoir lieu qu’entre le Seder familial du jeudi et le soir très solennel du vendredi au Temple, qui ouvrait le décompte de l’Omer de Pessah à Chavouot, soit cinquante jours.
Il est encore intéressant de souligner que Pessah ne tombe un jour de Shabbat qu’en 33 de JC – mais cette date ne concorde pas avec le 15 Tibère – et en 35 JC en raison d’un Pessah postposé. Ce samedi 26 mars 35 JC fut donc Pessah. Je voudrais ajouter que sur le Linceul, des inscriptions en araméen ancien ont été découvertes et traduites par Barbara Frale. Cette inscription indique probablement la date prévue et limite pour la restitution du corps à la famille, douze mois lunaires après le décès. Or cette inscription АΔАU ou UАΔА, selon le sens de lecture, semble correspondre – le U signifiant deux ou ש – à רדאשי ou ve adar (Adar II). Or, si Jésus a bien été enseveli le 27 Nissan / 25 mars 35, si l’on ajoute douze mois lunaires, on obtient le 13 mars 36 ou 26 Adar II, sachant qu’il s’agit d’une année bissextile et embolismique. Si Jésus était mort sur la Croix le 16 Nissan 3790/ 7 avril 30, alors la date de restitution aurait été le 15 Nissan 3791 : pas de Veadar… Si la mise au tombeau avait eu lieu en 32, la date de restitution aurait été 14 Nissan : pas de Veadar non plus… L’année 35 proposée pour la Passion de Notre Seigneur est donc tout à fait probante et cohérente avec l’inscription du Saint Suaire.
Un petit coup de cœur au cours de ces recherches ?
Je voudrais vous raconter tant de choses… Bien que nous fêtions Pâques ces jours-ci, je voudrais souligner ce beau symbole de Noël. Le 25 décembre I JC/ 754 auc. tombe le 25 Kislev 3761 hébr., soit le dimanche de Hanoukah. Ce soir-là, dans la veillée du 24 décembre donc, alors que Marie s’apprêtait à mettre au monde Jésus, les Juifs allumaient la première lampe de la Hanoukia et priaient ardemment… et devinez pour quoi… A quoi correspond cette première lampe ? Elle est dédiée à l’attente du Messie ! N’est-ce pas là aussi un symbole magnifique ? Alléluia !
Saint-Cyr inaugure une stèle de saint Charles de Foucauld
L’ermite du Sahara fut Saint-Cyrien de la promotion de Plewna (1876-1878). Buste en bronze de l’artiste D. Lafontaine de-Baysser :

Octave de la Nativité de Notre-Seigneur : premier janvier
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Le texte de l’Introït est extrait de l’une des grandes prophéties d’Isaïe annonçant le mystère de l’Incarnation, comme nous en avons entendu plusieurs au temps de l’Avent.
Puer natus est nobis, et filius datus est nobis : cujus imperium super humerum ejus : et vocabitur nomen ejus magni consilii Angelus.
Un enfant nous est né, un fils nous est donné ; la souveraineté est sur son épaule. On l’appellera du nom d’envoyé du Grand Conseil.
La souveraineté sur son épaule évoque l’instrument par lequel il régnera, c’est-à-dire la Croix. Quant au Grand Conseil dont il est l’envoyé, c’est le grand dessein de la Sainte Trinité de sauver tous les hommes. Le texte d’Isaïe continue d’ailleurs par d’autres qualificatifs que l’on retrouve à d’autres moments de la liturgie de Noël, notamment à l’Introït de la messe de l’aurore. Il contraste singulièrement avec la faiblesse et la modestie de ce tout petit enfant : ” Conseiller admirable, Dieu fort, Prince de la Paix, Père du siècle à venir. “
La mélodie exprime à merveille la joie légère de Noël. Elle s’élance dès le début en un grand élan enthousiaste, puis elle s’apaise en une contemplation amoureuse, se nuançant d’un brin de mélancolie à l’évocation de la Croix, et elle s’achève par l’affirmation solennelle de la qualité de celui qui nous est envoyé. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 97 que nous allons retrouver au Graduel et à la Communion :
Cantate Domino canticum novum quia mirabilia fecit
Chantez au Seigneur un cantique nouveau car il a fait des merveilles.
Graduel : Viderunt omnes
Le texte du Graduel de la messe du jour de Noël est tiré du psaume 97 dont nous avons entendu le premier verset à l’Introït : c’est un cantique de louange à la gloire du Seigneur tout puissant qui y est présenté à la fois comme sauveur et comme juge. Les versets retenus ici sont ceux qui affirment l’universalité du salut qui s’étend à tous les peuples.
Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri : jubilate Deo omnis terra.
Tous les confins de la terre ont vu le salut donné par notre Dieu. Poussez des cris de joie, terre entière ;
Notum fecit Dominus salutare suum : ante conspectum gentium revelavit justitiam suam.
Le Seigneur a fait connaître son salut, il a révélé sa justice devant tous les peuples.
C’est donc à tous les hommes sans exception que le petit enfant de la crèche vient apporter le salut. Cette perspective est chantée ici avec une mélodie très joyeuse, pleine de ferveur et d’enthousiasme. On y trouve de grandes vocalises comme c’est toujours le cas dans les Graduels, mais aussi des notes répétées avec insistance comme une sonnerie de trompette.
► Alléluia : Multifárie olim Deus
Comme nous l’avons précisé supra, l’alléluia est la seule pièce qui soit propre à cette messe de l’octave de la Nativité. Elle possède néanmoins un rapport avec la messe du jour de Noël puisque le texte du verset est le début de l’Épître aux Hébreux qui est lu à cette messe.
Multi fárie olim Deus loquens in prophétis, novíssime die bus istis locútus est nobis in Fílio suo.
Après nous avoir autrefois parlé à de nombreuses reprises par les prophètes, Dieu en ces derniers jours nous a parlé par son propre fils !
Le Fils de Dieu est le Verbe, parole de Dieu, deuxième personne de la Sainte Trinité, qui s’est fait homme et que nous adorons aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant.
L’Apôtre site ensuite pour les Hébreux un grand nombre de textes prouvant la divinité du Christ et nous y trouvons en particulier le verset du psaume qui est chanté à l’offertoire du jour de Noël repris en ce 1e janvier.
La mélodie de cet alléluia est assez exceptionnelle en cette période de l’année liturgique, Avent et Temps de Noël, où la plupart des alléluias utilisent des mélodies types assez peu développées. Celle-ci fait plutôt penser aux grands alléluias du Temps pascal. Elle est ample, enthousiaste et exultante, s’élevant à plusieurs reprises à l’extrême aigu du mode. Comme les magnifiques antiennes des vêpres de cette fête (pleines de poésie, de référence bibliques, de symboles) son origine est manifestement orientale.
► Offertoire : Tui sunt cæli
Comme celui de la messe de minuit, cet Offertoire est assez différent des autres chants de cette messe, qui expriment une joie légère et enthousiaste. Il s’agit ici d’une longue contemplation intérieure et méditative des attributs divins du petit enfant qui vient de naître, et qui est le maître absolu et le roi incontesté de toute la création. Le texte est tiré du psaume 88, un des grands psaumes messianiques.
Tui sunt cæli, et tua est terra : orbem terrarum, et plenitudinem ejus tu fundasti : justitia et judicium præparatio sedis tuæ.
À Vous sont les cieux et à Vous est la terre ; le globe terrestre c’est Vous qui l’avez créé. La justice (c’est-à-dire la perfection divine) et l’équité sont les fondements de votre trône.
La mélodie calme et douce exprime parfaitement cette contemplation émerveillée.
► Communion : Viderunt omnes
Comme à la messe de minuit, la Communion de la messe de l’Octave de la Nativité qui est celle du jour de Noël reprend le texte de la première phrase du Graduel, tiré du psaume 97 :
Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri.
Tous les confins de la Terre ont vu le salut donné par notre Dieu.
On y trouve la même ferveur joyeuse et enthousiaste, mais ici dans les limites restreintes d’une petite antienne, où cependant la mélodie monte et redescend à deux reprises toute l’octave dans un grand élan de reconnaissance pour le grand bienfait dont le Seigneur vient de nous combler.
Christianophobie en 2022
Famille Chrétienne a dressé un bilan des attaques survenues en France contre l’Eglise depuis janvier dernier, particulièrement dense. FDesouche a complété la liste déjà impressionnante.
Sur Le Salon beige, ce sont près de 150 articles qui recensent la christianophobie, tous pays confondus en 2022.
Quis ut Deus ?
Guy Barrey, ancien magistrat, a déjà publié un ouvrage sur les différentes apparitions de la Vierge Marie, Publie ma gloire, et un autre sur Marie dans la mission de Jeanne d’Arc. Il poursuit dans cette voie avec un ouvrage consacré au prince des milices célestes, Saint Michel, ange de la France et de l’Italie.
Sur près de 300 pages, il énonce les manifestations de l’archange en France et dans la péninsule italienne. Dans la foulée de la chute de l’Empire romain d’Occident, saint Michel apparaît, par trois fois, à l’évêque de Siponto, pour faire du mont Gargan un sanctuaire qui lui soit dédié. Puis, au temps des invasions omeyyades dans la péninsule ibérique, en Septimanie et en Aquitaine, ce même archange apparaît, par trois fois, à l’évêque d’Avranches, saint Aubert, pour lui demander la construction d’un sanctuaire au mont Saint-Michel.
Durant la guerre de Cent ans, saint Michel visite longuement Jeanne la Pucelle pour l’instruire et lui confier la mission de sauver la France de sa fusion-absorption par la Couronne anglaise, préservant par là « le saint royaume » d’un passage à l’hérésie protestante au siècle suivant.
Aujourd’hui, alors que la France, l’Italie, l’Europe et le monde sont en grands dangers, alors que règnent apostasie, désordres et guerres, Dieu se manifeste à nouveau, par la voix de la Vierge Marie, de ses prophètes et de l’archange saint Michel, contre les forces du Mal déchaînées.
Veni Creator Spiritus
Le Salon beige vous souhaite une belle et sainte année 2023 et le paradis à la fin de vos jours !
mentes tuorum visita
imple superna gratia
quae tu creasti pectora.
Viens éclairer l’âme de tes fils;
Emplis nos coeurs de grâce et de lumière,
Toi qui créas toute chose avec amour
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu t’es fait pour nous le Défenseur;
Tu es l’Amour le Feu la source vive,
Force et douceur de la grâce du Seigneur
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Toi le doigt qui oeuvres au Nom du Père;
Toi dont il nous promit le règne et la venue,
Toi qui inspires nos langues pour chanter
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
En nos coeurs, répand l’amour du Père;
Viens fortifier nos corps dans leur faiblesse,
Et donne-nous ta vigueur éternelle.
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Hâte-toi de nous donner la paix;
Afin que nous marchions sous ta conduite,
Et que nos vies soient lavées de tout péché.
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Et révèle-nous celui du Fils;
Et toi l’Esprit commun qui les rassemble,
Viens en nos coeurs, qu’à jamais nous croyions en toi.
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula. Amen
Gloire au Fils qui monte des Enfers;
Gloire à l’Esprit de Force et de Sagesse,
Dans tous les siècles des siècles. Amen.
Testament spirituel du pape Benoît XVI : « Restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! »
Le Bureau de presse du Saint-Siège a publié dans la soirée du 31 décembre le testament spirituel du pape Benoît XVI. I.MEDIA propose une traduction en français in extenso de ce texte rédigé en langue allemande :
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29 août 2006
Mon testament spirituel
Si, à cette heure tardive de ma vie, je jette un regard en arrière sur les décennies que j’ai traversées, je vois tout d’abord combien j’ai de raisons de remercier. Je remercie avant tout Dieu lui-même, le dispensateur de tous les bons dons, qui m’a donné la vie et m’a guidé à travers de nombreuses tribulations, qui m’a toujours relevé lorsque je commençais à glisser, qui m’a toujours offert la lumière de son visage. En regardant en arrière, je vois et je comprends que même les parties sombres et pénibles de ce chemin ont été pour mon Salut et que c’est justement là qu’Il m’a bien guidé.
Je remercie mes parents qui m’ont donné la vie à une époque difficile et qui, au prix de grands renoncements, m’ont préparé par leur amour un merveilleux foyer qui comme une lumière claire illuminent tous mes jours jusqu’à aujourd’hui. La foi clairvoyante de mon père nous a appris à croire, à nous frères et sœurs, et elle a tenu bon comme guide au milieu de toutes mes connaissances scientifiques ; la piété chaleureuse et la grande bonté de ma mère restent un héritage pour lequel je ne pourrai jamais assez rendre grâce. Ma sœur m’a servi de manière désintéressée et pleine de sollicitude pendant des décennies ; mon frère m’a toujours ouvert la voie par la clairvoyance de ses jugements, avec sa puissante détermination et avec la sérénité de son cœur ; sans cette présence continue qui me précède et m’accompagne, je n’aurais pas pu trouver le bon chemin.
Je remercie Dieu du fond du cœur pour les nombreux amis, hommes et femmes, qu’Il a toujours mis à mes côtés ; pour les collaborateurs à toutes les étapes de mon chemin ; pour les enseignants et les élèves qu’il m’a donnés. Je les confie tous avec reconnaissance à sa bonté. Et je voudrais remercier le Seigneur pour ma belle patrie des Préalpes bavaroises, dans laquelle j’ai toujours pu voir transparaître la splendeur du Créateur Lui-même. Je remercie les habitants de ma patrie de m’avoir toujours permis de faire l’expérience de la beauté de la foi. Je prie pour cela, pour que notre pays reste une terre de foi et vous prie : chers compatriotes, ne vous laisser pas détourner de la foi. Enfin, je remercie Dieu pour toutes les belles choses que j’ai pu expérimenter aux différentes étapes de mon parcours, mais surtout à Rome et en Italie, qui est devenue ma deuxième patrie.
À tous ceux à qui j’ai fait du tort d’une manière ou d’une autre, je demande pardon du fond du cœur.
Ce que j’ai dit tout à l’heure de mes compatriotes, je le dis maintenant à tous ceux qui ont été confiés à mon ministère dans l’Église : Restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! Il semble souvent que la science – d’une part les sciences naturelles, d’autre part la recherche historique (en particulier l’exégèse des Saintes Écritures) – ait des vues irréfutables qui s’opposent à la foi catholique. J’ai assisté de loin aux transformations des sciences naturelles et j’ai pu voir comment des certitudes apparentes fondées contre la foi, ne se révélaient pas être des sciences, mais des interprétations philosophiques appartenant seulement en apparence à la science – tout comme la foi a appris, dans le dialogue avec les sciences naturelles, la limite de la portée de ses affirmations et ainsi à mieux comprendre ce qu’elle est.
Depuis soixante ans, j’accompagne le chemin de la théologie, en particulier celui des études bibliques, et j’ai vu s’effondrer, au fil des générations, des thèses qui semblaient inébranlables et qui se sont révélées n’être que de simples hypothèses : la génération libérale (Harnack, Jülicher, etc.), la génération existentialiste (Bultmann, etc.), la génération marxiste. J’ai vu et je vois comment, dans l’enchevêtrement des hypothèses, la raison de la foi a émergé et émerge à nouveau. Jésus-Christ est vraiment le chemin, la vérité et la vie – et l’Église, dans toutes ses imperfections, est vraiment Son corps.
Enfin, je demande humblement : priez pour moi, afin que le Seigneur me laisse entrer dans les demeures éternelles malgré tous mes péchés et mes insuffisances. À tous ceux qui me sont confiés, j’adresse jour après jour ma prière qui vient du cœur.
Te Deum laudamus
Te Deum laudamus
Te Dominum confitemur.
Nous vous louons, ô Dieu !
Nous vous bénissons, Seigneur.
Te aeternum patrem omnis terra veneratur.
Tibi omnes angeli
tibi caeli et universae potestates.
Tibi cherubin et seraphin
incessabili voce proclamant:
sanctus, sanctus, sanctus
Dominus Deus Sabaoth.
Pleni sunt caeli et terra
maiestatis gloriae tuae.
Toute la terre vous adore, ô Père éternel !
Tous les Anges,
les Cieux et toutes les Puissances.
Les Chérubins et les Séraphins
s’écrient sans cesse devant vous :
Saint, Saint, Saint
est le Seigneur, le Dieu des armées.
Les cieux et la terre sont plein
de la majesté de votre gloire.
Te gloriosus Apostolorum chorus.
Te prophetarum laudabilis numerus:
te martyrum candidatus laudat exercitus.
Te per orbem terrarum
sancta confitetur Ecclesia :
patrem immensae maiestatis :
venerandum tuum verum et unicum Filium :
sanctum quoque Paraclitum Spiritum.
L’illustre choeur des Apôtres,
la vénérable multitude des Prophètes,
l’éclatante armée des Martyrs célèbrent vos louanges.
l’Église sainte publie vos grandeurs
dans toute l’étendue de l’univers,
ô Père dont la majesté est infinie !
elle adore également votre Fils unique et véritable ;
Et le Saint-Esprit consolateur.
Tu rex gloriae, Christe.
Tu Patris sempiternus es Filius.
Tu, ad liberandum suscepturus hominem,
non horruisti Virginis uterum.
Ô Christ ! Vous êtes le Roi de gloire.
Vous êtes le Fils éternel du Père.
Pour sauver les hommes et revêtir notre nature,
vous n’avez pas dédaigné le sein d’une Vierge.
Tu, devicto mortis aculeo,
aperuisti credentibus regna caelorum.
Tu ad dexteram Dei sedes,
in gloria Dei Patris.
Iudex crederis esse venturus.
Te ergo quaesumus,
tuis famulis subveni,
quos pretioso sanguine redemisti.
Vous avez brisé l’aiguillon de la mort,
Vous avez ouvert aux fidèles le royaume des cieux.
Vous êtes assis à la droite de Dieu.
Dans la gloire du Père.
Nous croyons que vous viendrez juger le monde.
Nous vous supplions donc
de secourir vos serviteurs,
rachetés de votre Sang précieux.
Aeterna fac cum sanctis tuis
in gloria numerari.
Salvum fac populum tuum, Domine,
et benedic hereditati tuae
et rege eos,
et extolle illos usque in aeternum.
Mettez-nous au nombre de vos Saints,
Pour jouir avec eux de la gloire éternelle.
Sauvez votre peuple, Seigneur,
Et versez vos bénédictions sur votre héritage.
Conduisez vos enfants
Et élevez-les jusque dans l’éternité bienheureuse.
Per singulos dies benedicimus te
et laudamus nomen tuum in saeculum,
et in saeculum saeculi.
Chaque jour nous vous bénissons ;
Nous louons votre nom à jamais,
Et nous le louerons dans les siècles des siècles.
Dignare Domine die isto
sine peccato nos custodire.
Daignez, Seigneur, en ce jour,
Nous préserver du péché.
Miserere nostri Domine, miserere nostri.
Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
Fiat misericordia tua, Domine, super nos,
quemadmodum speravimus in te.
Que votre miséricorde, Seigneur, se répande sur nous :
selon l’espérance que nous avons mise en vous.
In te, Domine, speravi :
non confundar in aeternum.
En vous, Seigneur, j’ai mis mon espérance :
je ne serai pas confondu à jamais.
