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Les écoles indépendantes sont une réalité connue et prise en compte que le gouvernement doit reconnaître

Communiqué de la Fondation pour l’école :

Nous avons eu hier, 3 janvier, un rendez-vous important au ministère de l’Éducation nationale.

Nous avons obtenu les avancées suivantes à propos du calendrier des épreuves : la DGESCO a donné des consignes claires aux rectorats, mais ceux-ci continueront d’avoir la main sur les dates pour des raisons évidentes d’organisation. Certains rectorats ont déjà modifié leur calendrier. Nos interlocuteurs sont conscients de certaines difficultés d’organisation des épreuves en 2022 et ont une vraie volonté de les régler. Il faut admettre qu’organiser des épreuves tout en maintenant le maximum de cours jusque fin juin est une gageure. Les lycées hors-contrat qui en auraient la capacité pourraient peut-être proposer leurs locaux pour que certaines épreuves du bac s’y tiennent. Sait-on jamais ?

Par ailleurs, ils ont promis d’examiner avec attention les sujets suivants : la dématérialisation du livret scolaire, l’uniformisation de la dénomination de nos élèves-candidats pour faire apparaître partout qu’ils sont bien scolarisés dans un établissement, la réduction de l’épreuve ponctuelle d’EMC à 20’ au lieu de 30’.

Nous avons soulevé d’autres points qu’ils n’envisagent pas de remettre en cause : les épreuves ponctuelles, dont fait partie l’épreuve de spécialité abandonnée en fin de Première, continueront d’être proposées selon le format actuel : en deux ans ou tout en fin de Terminale, sans panachage possible.

Par ailleurs, le contrôle continu ne saurait être accordé aux lycées hors-contrat qui le souhaiteraient. De plus, il n’a pas été possible d’obtenir que les épreuves ponctuelles soit désignées comme telles sur Parcoursup et sur les relevés de notes du bac. Le bénéfice du « contrôle continu » nous est refusé, mais son nom nous reste imposé !

Pour finir, nous avons constaté que les écoles indépendantes sont une réalité connue et prise en compte. Nous nous en félicitons mais ne voulons pas en rester là. Nous souhaitons obtenir une véritable reconnaissance.

Pierre Le Morvan, RIP

Cadre historique du MJCF, membre fondateur et premier secrétaire général du Centre Charlier et de Chrétienté-Solidarité, soutien depuis l’origine du pèlerinage de Chrétienté, voix inimitable du Choeur Montjoie Saint Denis, Pierre Le Morvan a été rappelé à Dieu cette nuit.

Bande annonce du film Vaincre ou mourir

L’incroyable épopée de Charette, réalisée par Le Puy du Fou, sort sur les écrans le 25 janvier !

1793. Voilà trois ans que Charette, ancien officier de la Marine Royale, s’est retiré chez lui en Vendée. Dans le pays, la colère des paysans gronde : ils font appel au jeune retraité pour prendre le commandement de la rébellion. En quelques mois, le marin désœuvré devient un chef charismatique et un fin stratège, entraînant à sa suite paysans, déserteurs, femmes, vieillards et enfants, dont il fait une armée redoutable car insaisissable. Le combat pour la liberté ne fait que commencer…

Francophonie : l’Acadie ne parlera plus français

Ilyes Zouari, président du Centre d’Etude et de Réflexion sur le monde francophone, est un expert de la francophonie et un défenseur inlassable de la langue française. Après avoir fait un état des lieux du monde francophone en 2022 et de l’utilisation de la langue française, Ilyes Zouari souhaite lancer un cri d’alarme sur la disparition du peuple d’Acadie. Dans la carte du monde francophone, l’Acadie du Nouveau Brunswick est appelée à s’effacer. L’analyse du spécialiste est particulièrement surprenante. Pour lui, l’Acadie souffre d’un déficit d’immigration de personnes « qui vivent en Français » ! La disparition du peuple acadien est une certitude sauf il y a un apport de 40% d’immigration francophone ou une imposante politique nataliste. L’objectif étant d’atteindre un taux de fécondité de 2,7 enfants par femme, soit le double du niveau actuel. Ilyes Zouari évoque les politiques des pouvoirs publics dans la région et ne met pas de côté les graves questions d’identité que posent la proposition de politiques volontaristes. Acadie, un cas d‘école ?

Crise démographique

Pour le gouvernement qui prétend vouloir sauver le système de retraite par répartition, la démographie devrait être la priorité.

La baisse de la natalité aura, sur le long terme, de graves conséquences sur le financement de notre protection sociale et pèsera lourd sur notre croissance économique, alerte le haut fonctionnaire Tristan Claret-Trentelivres. La France est entrée en crise démographique. En octobre 2022, le nombre des naissances a été inférieur de 10 % à celui d’octobre 2021. Depuis 2015, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF), qui mesure le nombre d’enfants moyen par femme, ne cesse de diminuer, lentement mais sûrement. De 2,0 en 2015, il était de 1,83 en 2021, désormais loin du taux de remplacement de 2,1, permettant de stabiliser la population hors flux migratoires.

Cette crise ne se limite pas à l’Europe. L’Asie, où vit près de 60 % de la population mondiale, est en train de vieillir. L’Inde va devenir le pays le plus peuplé de la planète avec 1,43 milliard d’habitants, dépassant la Chine et ses 1,42 milliard. Mais cette progression ne doit pas faire illusion, car le ralentissement démographique est bien réel. Selon l’économiste James Pomeroy, dans une étude publiée en août par le groupe bancaire HSBC :

«La baisse du taux de fécondité mondial signifie qu’entre 2022 et 2025, il y aura plus de 14 millions de bébés en moins dans le monde par rapport aux prévisions de l’ONU. L’impact pourrait être beaucoup plus marqué à l’avenir et la baisse du taux de fécondité pourrait entraîner la réduction de moitié de nombreuses populations pendant le reste du siècle.»

«l’effondrement des taux de natalité pendant la pandémie est l’une des choses les plus importantes qui soit arrivée à l’économie mondiale de notre vivant».

Avec un taux de fécondité de 0,81 en 2021, la Corée du Sud est le premier pays de l’OCDE à être passé sous le seuil d’un enfant par femme en 2018. C’est désormais le cas également de Taiwan (0,97), suivi par la Chine avec 1,15 et le Japon avec 1,34. Très loin du renouvellement des générations établi à 2,1 enfants par femme.

Les projections de l’Institut national d’études démographiques pour 2050 mettent en avant des baisses significatives de population dans cette région du monde : moins 110 millions en Chine, moins 20 millions au Japon, moins 6 en Corée et moins 2 à Taiwan.

La Chine sera affectée par des changements colossaux. Il y a deux ans et demi, une vingtaine d’experts de l’université de Chicago publiaient une étude dans The Lancet indiquant que le pays pourrait perdre la moitié de sa population à la fin du XXIe siècle.

Jadis, quand l’Etat français était attaqué, il savait se défendre!

Gilles Hustaix, auteur de la saga « Officiers perdus », répond au Salon beige après la publication du tome 2:

Vous publiez le Tome 2 D’Officiers Perdus, suite au succès du premier (plus de 1500 exemplaires), qui s’arrêtait au putsch d’Alger en 1961.

Oui, le tome 1 finissait sur l’échec du putsch après avoir couvert la fin de l’Indochine avec Dien Bien Phu, puis l’Algérie et le putsch présenté comme aussi inévitable que voué à l’échec. Le tome 2 commence par les condamnations qui entrainèrent les uns en prison et les autres en exil forcé en Patagonie pour mon roman !

Vous dites que les condamnations contre les membres de l’OAS ont été très sévères ?

Bien sûr ! Pas moins de 14 condamnations à mort !  Et 4 exécutions, c’est simplement énorme ! Plusieurs condamnations à mort l’ont été sans crime mais intention de crime : la plus célèbre étant celle de Jean Bastien-Thiry condamné à mort et exécuté pour avoir tenté de tuer de Gaulle sans y parvenir ! Quand on regarde les sentences actuelles pour des crimes au moins égaux, si ce n’est pire, cela laisse rêveur ! D’accord, c’était il y a 60 ans et la peine de mort existait mais c’était surtout à une époque où quand l’Etat français était attaqué, il savait se défendre et il n’a pas hésité à le faire ! On aimerait bien que, face à l’attaque du terrorisme islamique ou d’autres, comme les actions communautaires dans les cités de nos banlieues, il fasse preuve de la même détermination !

Etes-vous en train de comparer les membres de l’OAS avec les islamistes ou djihadistes de tous poils ?

Non je ne les compare évidemment pas, mais disons qu’ils ont un point commun celui de s’attaquer à l’Etat Français ! L’OAS s’est attaqué à l’Etat français. Celui-ci s’est défendu avec des polices parallèles, des disparitions, de arrestations arbitraires, des enlèvements, des passages à tabac sévères pour ne pas dire plus, une juridiction d’exception dans l’urgence, des condamnations brutales, exemplaires. L’Etat français a brisé l’OAS en deux ans, mi 61-mi 63. Pour cela, pour briser l’OAS, l’Etat français est sorti du droit, on l’a vu. Aujourd’hui, le terrorisme islamique, bras armé d’un islam politique conquérant qui nous hait et a juré notre perte, présent à l’extérieur de nos frontières comme hélas à l’intérieur, nous mène une guerre sans merci depuis des années, une guerre que nous ne faisons pas, de notre côté. Pourquoi ? Si nous utilisions contre le terrorisme islamique les mêmes moyens que ceux qu’on a utilisés contre l’OAS, il est probable que le problème serait vite réglé. L’OAS a duré deux ans, les islamistes ne dureraient pas plus ! Mais le veut-on ?

Officiers Perdus Tome 2: Rebond en Patagonie

Offre spéciale: les deux tomes pour 43 euros seulement, port compris.

Les bons vœux du frotteur de l’Elysée

Après avoir beaucoup fréquenté les vestiaires de football, y compris marocain, M.Macron a présenté ses vœux aux Français.

Il a cité tous les combats à mener, soigneusement hiérarchisés comme nous l’avons constaté : contre les discriminations, pour l’unité de la Nation, contre la hausse des prix de l’énergie, contre l’évasion fiscale, contre l’émission de gaz à effet de serre, pour l’application des gestes barrière, contre l’esprit de défaite, contre l’immigration illégale, pour la transition écologique, pour la biodiversité, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour la réindustrialisation du pays, pour la réforme du lycée professionnel, pour des carrières d’avenir, contre le déterminisme familial, pour une politique d’innovation, pour un meilleur fonctionnement des pouvoirs, pour notre indépendance énergétique, économique, sociale, industrielle, financière, stratégique [sic !], pour renforcer notre force d’âme [ re-sic !], pour former un espace de paix et de liberté, de prospérité, de solidarité, de droit  et de puissance [re-re-sic !], pour permettre à la France tout à  la fois de réduire le carbone et le chômage [toujours sic !]… Il a oublié le combat pour la gratuité du préservatif et la réduction des déchets mais c’est tout juste et cela a été rappelé opportunément par sa supplétive Mme Borne.

Au final, on comprend que devant tant de combats, en particulier pour essayer de rebâtir tout ce qu’il a amplement contribué à détruire, M.Macron ait eu, au Qatar, besoin de prendre un peu de réconfort.

Santo Subito !

De Gabrielle Vialla :

Recevoir le féminin est une expression de Joseph Ratzinger avant d’être le titre d’un de mes ouvrages. Benoît XVI est mort samedi matin à l’heure de la messe, en la veille de la Solennité de Marie, Mère de Dieu, et ce n’est pas un hasard mais bien un signe de la Providence.

Le regard que Benoît XVI porte sur Notre-Dame est tout monastique. Ce regard est d’abord distant et respectueux. Ces termes vous paraîtront peut-être froids. En réalité cette distance et ce respect sont l’écrin de la sensibilité afin d’envelopper dans le silence un amour ardent. Il ne s’agit jamais chez Ratzinger, de projeter sur la femme une image idéalisée, désincarnée, forcément réductrice et déformée, susceptible de faire perdre ses lettres de noblesse à la mariologie. Bien au contraire, il convient d’y mettre toute notre intelligence, au service de la foi.

Il ne s’agit pas pour Ratzinger de savoir ce que fait ou doit faire la femme, mais de ce qu’elle est pour Dieu. C’est en contemplant la foi de Marie, ce que Dieu nous donne par elle, que nous mesurons la profondeur de l’amour trinitaire. Les femmes de l’Ancien ou du Nouveau testament, comme les grandes figures féminines de l’histoire de l’Eglise, à l’instar d’Hildegarde de Bingen qu’il nous donna comme docteur ne sont pas éclipsées, ni réduites à de tristes copies. Au contraire, leurs personnalités riches et généreuses deviennent avec le pape Benoît XVI une source intarrissable pour la théologie de la femme. Recevoir le féminin n’est pas une mince affaire. C’est vers le Christ-Époux que nous devons nous tourner pour en saisir toute l’exigence.

Si par la biologie nous tenons du père d’être homme ou femme, avec le pape Benoît XVI, nous pouvons saisir comment la paternité spirituelle, respectueuse et distante, rappelle à ses enfants que nous recevons notre être de notre Père du Ciel et qu’après avoir bien travaillé à Le connaître et à L’aimer, nous devons tout Lui remettre.

Gabrielle Vialla

Après l’effroyable incendie à Vaulx-en-Velin, l’enfer est de retour

Mais qu’attend Darmanin ?

Près de trois semaines après l’incendie qui a tué dix personnes à Vaulx-en-Velin, le 16 décembre, certains sinistrés ne veulent pas être relogés dans le quartier.

L’enquête se poursuit mais il se trouve que le hall était squatté par des dealers qui n’ont pas tardé à reprendre leurs activités un peu plus loin. Laetitia fait partie du collectif des habitants sinistrés de l’incendie. Aujourd’hui, elle ne veut pas être relogée dans le quartier car selon elle, le trafic a déjà repris dans les immeubles des alentours.

« Quand on est arrivé, ils étaient déjà deux dans le hall, avec pétards à la bouche. À l’entrée du quartier, vous avez des carcasses de voitures complètement désossées. On a vécu un enfer et ce n’est pas pour en trouver un autre« .

Sébastien Gendraud, du syndicat SGP Unité Police, confirme que les dealers se sont juste déplacés à proximité de l’immeuble qui a brûlé.

« Le trafic de stupéfiants est très sectorisé, donc ils ne peuvent pas se permettre d’aller sur un autre secteur qui serait détenu par un autre trafiquant. Si vraiment on veut s’attacher à mettre fin au trafic de stupéfiants, il faut s’attaquer aux têtes de réseau ».

La Lituanie légalise l’avortement médicamenteux

Jusqu’à la neuvième semaine de grossesse. Une mesure critiquée par Virgilijus Rudzinskas, membre du conseil d’administration de la Fédération mondiale des médecins.

Avant d’y avoir recours, les femmes devront consulter un gynécologue-obstétricien. Ce dernier doit fournir les informations sur la procédure et proposer l’aide d’un assistant social ou d’un psychologue avant de prescrire le produit à la femme qui souhaite avorter. Inscrits sur « la liste des médicaments essentiels » de l’OMS, ils seront disponibles en pharmacie. Le pharmacien ne pourra pas refuser de délivrer la substance prescrite.

Plus de 2 700 avortements ont été pratiqués en Lituanie en 2021.

Si les musulmans étaient soucieux d’incarner la miséricorde, ils examineraient les propos de Michel Houellebecq

Suite à la plainte de la Grande Mosquée de Paris contre Michel Houellebecq pour «provocation à la haine contre les musulmans», en raison de propos tenus dans la revue Front populaire, lors d’un dialogue avec Michel Onfray, ce dernier déclare au Figarovox :

Les propos incriminés procèdent d’une citation et plus précisément d’une citation sortie de son contexte avec une subtilisation d’une partie de la phrase sans aucun signe typographique la signalant. On sait qu’une convention typographique permet de dire qu’on cite une phrase, c’est donc l’auteur qui parle : on ouvre des guillemets et on suspend sa citation avec une parenthèse ouverte, trois points de suspension, puis une parenthèse fermée, afin de signifier qu’on a volontairement ôté un propos. Cette omission a lieu mais elle se double de l’omission du signe disant qu’elle a lieu ! C’est dire si cette phrase ne saurait être incriminée telle quelle à Michel Houellebecq. Chacun convient qu’avec l’orthographe, la grammaire, la syntaxe, la ponctuation, on peut tout dire et tout faire dire. Jadis, à l’école primaire, on nous apprenait la différence entre : «le maître, dit l’élève, est un âne» et «le maître dit : l’élève est un âne». Où l’on voit qu’une virgule peut envoyer un homme à la guillotine.

Ajoutons à cela que cette phrase est la retranscription d’un dialogue, que cet échange a duré six heures, que nous avons pris le parti de ne rien corriger d’autre que ce qui était grammaticalement fautif, et ce afin d’éviter une réécriture totale de l’entretien. C’est de l’oral écrit dont nous avons souhaité qu’il ne soit pas de l’oral réécrit. Comme dans une conversation, une certaine imprécision s’en suit, c’est inévitable.

« Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent », explique Michel Houellebecq. Ces propos ne sont-ils pas injustement globalisants ? Comprenez-vous l’émotion que ces derniers peuvent susciter chez une partie des musulmans ?

Vous avez raison, une globalisation ou, comme on dit aussi, une essentialisation est toujours fautive. Vous avez toujours une exception qui vous permet d’invalider la règle : si quelqu’un dit «les trèfles ont trois feuilles», il y aura toujours une personne judicieuse qui vous rétorquera qu’il existe aussi des trèfles à quatre feuilles, ce qui est vrai. On a toujours tort de généraliser et j’ai aussi, ici, tort de généraliser !

Mais aucune pensée, aucun échange, aucune réflexion ne sont possibles si l’on ne généralise pas pour les besoins de la conversation, du débat et du dialogue qui, justement, jouent de ces approximations dues aux généralisations.

Je comprends qu’une partie des musulmans puisse être blessée si elle n’a pas le souhait de dialoguer, d’échanger, de débattre, de s’installer dans les jointures de ces approximations inévitablement dues aux généralisations, aux essentialisations, et qu’elle préfère juger, sinon condamner, plutôt que d’échanger ou même : avant que d’échanger.

Dans un monde idéal où les musulmans seraient soucieux d’incarner la miséricorde chère à Mahomet, une vertu si souvent invoquée dans leur saint Livre, Michel Houellebecq serait moins renvoyé devant un tribunal laïc et républicain que devant un aréopage de docteurs de l’Islam qui se ferait fort d’examiner les propos de l’écrivain, de le critiquer, de le contrer sur le terrain intellectuel, de lui montrer qu’il se trompe, qu’il a tort, et d’argumenter contre lui pour que la vérité se dégage. […]

L’OQTF du jour

Lors de la nuit du nouvel an (sans incident notable), un Algérien multirécidiviste a été interpellé pour deux vols avec dégradation. Visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), l’homme n’a jamais pu être expulsé, faute de document diplomatique délivré par l’Algérie.

Condamné lundi 2 janvier à six mois de prison pour deux vols avec dégradations, l’individu n’a jamais été expulsé malgré sa condamnation à cinq reprises.

Arrivée en France il y a six ans, cet Algérien de 29 ans a vu ses demandes d’asile refusées dans plusieurs pays européens tels que l’Allemagne, la Suisse ou encore le Pays-Bas. En juin 2020, l’individu est passé pour la première fois devant la justice français. À l’époque, il était visé par des jours d’amendes et un premier OQTF pour vol avec dégradation. S’ensuivront trois autres condamnations à Paris ou encore à Nantes pour des outrages, violences légères et vols avec dégradation. En 2021, l’Algérien a été condamné à huit mois de prison avec sursis et une interdiction du territoire. Mais cette dernière condamnation n’a jamais été exécutée. En octobre dernier, l’homme a été placé en centre de rétention, pour une durée d’un mois, après avoir été arrêté lors d’un contrôle. Il a finalement été relâché et placé en résidence surveillée sur ordre préfectoral.

Alexandre Devecchio prend la tête du service Débats du Figaro

Les pages Débats du Figaro et leur déclinaison web, Le FigaroVox, changent de rédacteur en chef. Jusqu’ici Rédacteur en chef adjoint, Alexandre Devecchio est récompensé pour son travail. Le poste était occupé par Vincent Trémolet de Villers, Directeur adjoint de la rédaction. Ancien journaliste du site Atlantico, Alexandre Devecchio a reçu la médaille de la strème-droâte par Le Monde.

« Tous mes confrères médecins qui ont été touchés par le Covid19 ont TOUS pris de la chloroquine »

La christianophobie en Océanie

Nos confrères de l’Observatoire de la christianophobie viennent de rendre public un rapport sur la christianophobie en Océanie entre novembre 2021 et novembre 2022.

Vous pouvez le consulter ou le télécharger en cliquant ici.

Chronique des cinglés : « Pantin s’appellera pendant un an Pantine »

Signe de l’engagement de cette ville de Seine-Saint-Denis pour « l’égalité entre les femmes et les hommes », le maire socialiste Bertrand Kern a annoncé dans ses voeux :

« Cette année, j’ai décidé de placer les voeux de la municipalité sous l’égide de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les violences faites aux femmes ». « Nous rajouterons un E au nom de la ville parce qu’ainsi, nous voulons interpeller. Nous voulons qu’il y ait une prise de conscience sur cette égalité entre les femmes et les hommes, qui n’est pas encore parfaite même s’il y a eu des améliorations ces dernières années ».

Néanmoins, il n’y aura pas de nouveaux panneaux d’entrée de ville ni de modification dans les courriers officiels.

Le nom de la ville vient de Penthinum, datant au moins du XIe siècle.

Le maire ferait mieux de protéger réellement les femmes de sa commune :

Refus du principe de réalité

Je confesse (mais sans contrition) ne pas avoir écouté le grand manitou parler le soir du 31 décembre. Jean Rouxel, qui a fait cet effort surhumain, en a rédigé une analyse, parue dans Les 4 Vérités :

Avec Benoît XVI, le Christ au centre de l’Eglise

TVL vous propose un « Zoom » exceptionnel en compagnie de Jean-Pierre Maugendre (président de Renaissance Catholique et animateur, avec Guillaume de Thieulloy, de l’émission « Terres de Mission ») consacré à l’immense vie du pape émérite Benoît XVI dont la mort est survenue le samedi 31 décembre à l’âge de 95 ans.

Il répond à toutes les questions afin de mieux saisir l’incroyable destin de Joseph Aloïsius Ratzinger. Il évoque le parcours et l’œuvre du brillant théologien et intellectuel majeur devenu gardien du dogme et pape qui va se définir lui-même comme « le simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur ». Grand pape, homme doux et discret, Benoit XVI aura marqué l’histoire.

Il s’est éteint non sans avoir laissé un dernier message en forme de testament spirituel : « Restez ferme dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! ».

Le difficile héritage de Benoît XVI

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

La mort de Benoît XVI ne nous a certainement pas surpris, notamment parce que l’actualité de ces derniers jours avait annoncé cet épilogue. Cependant, c’est une douleur pour tous ceux – dont moi – qui ont grandi avec ses écrits et ses enseignements.

Dans des moments comme ceux-ci, on se demande ce que ces grandes personnalités ont fait dans le passé mais, pour un pape, je pense qu’il est également important de parler de l’héritage qu’ils laissent, un héritage qui, dans le cas de Benoît XVI, est certainement complexe.

Après une jeunesse certainement orientée vers les thèmes promus par le progressisme catholique, dans les années 1970, il eut des remords qui le conduisirent hors de la revue Concilium et vers une autre revue, Communio. Concilium représentait l’avant-garde du progressisme théologique auquel Ratzinger ne se sentait plus appartenir. Il a commencé à contester certains sauts en avant et il a pu faire beaucoup dans ce sens lorsque Jean-Paul II l’a appelé à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il y a eu affaire à des théologiens très à gauche, comme Leonardo Boff, Hans Küng (son ancien collègue), Jacques Dupuis et bien d’autres. Par contre, il fait face à la situation créée par Monseigneur Marcel Lefebvre. Les positions du cardinal Ratzinger acquièrent encore plus de pertinence en 1984, lorsqu’il publie avec l’écrivain Vittorio “Entretien sur la foi”, un examen lucide des tendances progressistes de l’Église catholique.

En tant que pape, il a dû naviguer en eaux troubles, avec des scandales et des querelles qui ont ponctué son pontificat, mais aussi avec des gestes très importants, comme en 2007 lorsqu’il a adressé une Lettre aux catholiques chinois et émis le motu proprio Summorum Pontificum. L’héritage de ces deux gestes envers la Chine et envers le monde traditionaliste est extrêmement complexe, étant donné les actions menées dans le pontificat suivant qui vont dans des directions très différentes.

Ensuite, il y a la question de la renonciation qui a créé de nombreux problèmes, voire une certaine confusion et une certaine désorientation même chez les canonistes. La manière dont Benoît XVI a décidé de la traiter a donné lieu à des interprétations de toutes sortes, qui n’ont fait aucun bien au peuple de Dieu.

Certes, son enseignement demeure, lui aussi contesté par certains, mais qui, sous bien de ses aspects, a constitué une barrière dans l’une des époques les plus dramatiques, sinon la plus dramatique, de l’histoire de l’Église.

Traditionis custodes a brisé le cœur du pape Benoît

Dans un entretien à la Fondation Tagespost pour le journalisme catholique, Mgr Georg Gänswein répond à la question de savoir comment Benoît XVI a accueilli le motu proprio Traditionis custodes :

« Il en a été durement touché. Je crois que cela a brisé le cœur du pape Benoît de lire le nouveau motu proprio, parce que son intention avait été d’aider ceux qui voulaient simplement trouver un foyer dans l’ancienne messe pour trouver la paix intérieure, trouver la paix liturgique, afin de les écarter de Lefebvre. Et si vous pensez comment pendant tant de siècles l’ancienne messe a été la source de vie spirituelle et a nourri tant de gens, y compris beaucoup de saints, il est impossible d’imaginer qu’elle n’a plus rien à offrir. Et n’oublions pas que beaucoup de jeunes qui sont nés longtemps après Vatican II et qui n’ont pas compris toute cette émotion autour du concile, ces jeunes, connaissant la nouvelle messe, ont cependant trouvé un foyer spirituel, un trésor spirituel dans l’ancienne messe. Enlever ce trésor aux gens… eh bien, je peux dire que je ne suis pas à l’aise avec cela. »

Chronique des cinglés

Celle-ci est carrément diabolique.

Bingo Allison, un pasteur anglican de 36 ans, se définit comme gender-queer, et raconte avoir vécu une épiphanie (sic) il y a sept ans en lisant le début du livre de la Genèse :

« Il y a de la place dans la création de Dieu pour le changement et la transformation, ce n’est pas parce que vous êtes créé d’une certaine façon que vous ne pouvez pas en vivre une autre ».

Il a donc déclaré à sa femme et à ses 3 enfants qu’il serait désormais une femme.

Je vous fait grâce des photos de la transformation du bonhomme, bien qu’elles fassent passer l’envie d’être transgenre.

Réunion de propagande islamiste : l’AGRIF saisit madame le préfet de Vaucluse

Communiqué de Bernard Antony, Président de l’AGRIF :

Ce week-end, l’AGRIF a saisi madame le Préfet du Vaucluse afin qu’elle prenne des mesures urgentes pour empêcher la tenue à Avignon, le dimanche 8 janvier prochain, d’une réunion de propagande islamiste menée par 3 individus proche de la mouvance salafiste.

Ils font partie de ces influenceurs qui pullulent sur les réseaux sociaux et y appellent à l’application de la charia et à l’expansion de l’idéologie totalitaire islamique.

En 2019, l’un d’entre eux, Nader Abou Anas, faisait parler de lui au cours d’un prêche humiliant envers les femmes, martelant notamment que « même en étant indisposée, ça veut dire que la femme a ses règles, la femme n’a pas le droit de se refuser à son époux. »

Voilà pourquoi l’AGRIF a demandé à Madame le Préfet du Vaucluse de bien vouloir mettre en œuvre les procédures prévues par la loi « Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme » (SILT) de 2017, notamment en réunissant d’urgence le Groupe d’évaluation départementale avec les professionnels de la sécurité.

L’AGRIF demande à l’Etat l’’interdiction pure et simple de cette réunion de propagande islamiste.

La loi Veil et ses conséquences jusqu’à aujourd’hui

De Philippe Pellet, chercheur à l’Institut de Recherche sur la Religion et la Société (Budapest), pour le Salon beige:

La légalisation de l’avortement est l’une des toutes premières lois que l’on qualifierait aujourd’hui de « sociétale ». A l’heure où la France envisage d’inscrire le droit à l’avortement dans sa constitution et de légaliser l’euthanasie, il est fort utile de rappeler l’esprit d’origine de la loi Veil, et d’examiner le contenu des débats conduisant à la promulgation de la loi le 17 janvier 1975.

L’esprit de la loi Veil

Depuis le Code pénal de 1810, avorter ou provoquer un avortement constituait un crime et délit passible de prison (article 317). La loi Veil n’abrogea pas l’article 317 du Code pénal, le fait d’avorter ou de faire avorter restait fondamentalement un délit. Ce n’est que plus tard, en 1994, que l’article 317 fut abrogé.

En cohérence avec la Déclaration Universelle des droits de l’homme et la Convention européenne des droits de l’homme, la loi Veil proclamait en son tout premier article que « la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie », mais ajoutait immédiatement après que « il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi. ». L’avortement ne pouvait être demandé par une femme enceinte que lorsque celle-ci se trouvait dans une situation de détresse ou pour raison thérapeutique. Ce n’est que 40 ans plus tard, en 2014, que fut supprimée la référence à l’état de détresse pour la remplacer par la seule volonté de la femme : « la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse » fut remplacé par « la femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse »[1].

Comme l’avait déclaré Simone Veil devant l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974, le but de la loi était de mettre fin à une situation dramatique et de désordre, la réalité étant que plusieurs centaines de milliers de femmes avortaient chaque année clandestinement, souvent dans des conditions sanitaires déplorables et de grande détresse humaine. L’Etat se devait de mettre fin à ce désordre, en permettant qu’une femme en situation de détresse puisse rencontrer un médecin dans un cadre légal, qui devait tenter de la dissuader, notamment en l’informant sur les moyens existants lui permettant de garder son enfant.

« L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue […]. Si le projet […] admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme »[2].

La loi fut adoptée par les deux chambres le 20 décembre 1974. Ce même jour, un groupe de 81 parlementaires saisit le Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel examina la saisine les 14 et 15 janvier 1975, et décida de déclarer la loi Veil conforme à la Constitution par sa Décision n°74-54 DC du 15 janvier 1975. A la suite de quoi la loi fut promulguée le 17 janvier 1975.

Il est très instructif d’examiner les arguments portés par le groupe des 81 parlementaires et la réponse du Conseil constitutionnel. Tout ceci reste d’une grande actualité.

Les débats

Messieurs Foyer (1921 – 2008) et Goguel (1909 – 1999) sont deux hommes qui ont joué un rôle clef mais antagoniste lors des différentes étapes conduisant à la promulgation de la loi Veil. Jean Foyer, en tant que député, a été l’adversaire le plus actif de la loi Veil. C’est sous son initiative qu’a été saisi le Conseil constitutionnel, où siégeait François Goguel depuis 1971, qui a joué au sein de cette institution le rôle principal conduisant le Conseil à déclarer la loi conforme à la Constitution. Deux rôles antagonistes, pourtant ces deux hommes avaient de nombreux points communs : tous deux étaient des chrétiens convaincus – Jean Foyer était catholique, François Goguel protestant. Tous deux étaient de grands juristes qui ont laissé leur empreinte dans la Ve République. Ils avaient tous deux une grande estime pour le Général de Gaulle : François Goguel fut le présentateur et annotateur du recueil des discours et messages de Charles de Gaulle paru en 1970, Jean Foyer présida l’Institut et la Fondation Charles de Gaulle de 1997 à 2001.

Leurs positions respectives méritent d’être analysées en détail car elles dévoilent les principes qui ont jeté les bases des bouleversements ultérieurs sur la conception des droits de l’homme, dont la légalisation de l’avortement fut le point de départ.

La position de Jean Foyer

Pourquoi Jean Foyer était-il contre la loi Veil ? Selon lui, malgré les bonnes intentions de la loi et ses apparences d’encadrement stricte, c’est en réalité « le droit d’avorter sans limite et sans cause que le texte reconnait durant les dix premières semaines de grossesse ». Car « les seules conditions posées sont de pures procédures. […] Avortement discrétionnaire sous réserve d’observer ces règles de formes, droit souverain de la mère, non pas de donner ou de ne pas donner la vie, […] mais de faire disparaitre la vie déjà commencée ! ». Et un peu plus loin : « N’ayant pu faire que ce qui est juste fût fort, vous voulez faire que ce qui est fort devienne juste ». Et il prévenait que « plus tard, […] on expliquera à nos successeurs qu’une vie diminuée ou ralentie n’est plus une véritable vie humaine. »[3]

Aujourd’hui, alors que le comité d’éthique vient d’ouvrir la voie à l’aide active à mourir et que la Convention citoyenne entame ses débats sur la fin de vie, on peut qualifier de prophétiques les propos de Jean Foyer.

Sur le plan juridique, lors de son intervention à l’Assemblée nationale et dans son mémoire accompagnant la saisine du Conseil constitutionnel, il chercha à démontrer que le projet de loi était non conforme à la Convention européenne des droits de l’homme fraichement ratifiée par la France, et à la Constitution française. Son raisonnement était le suivant :

Le droit à la vie est le premier et le plus solennellement affirmé par les législateurs internationaux et nationaux.

  • Par la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948, qui dispose dans son article 3 que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».
  • Par la Convention européenne des droits de l’homme, qui, dans son article 2, dispose que « le droit à la vie de toute personne est protégé par la loi ». Depuis sa ratification par la France le 3 mai 1974, la Convention s’impose au droit français puisque selon l’article 55 de la Constitution, elle a une autorité supérieure à celle des lois.
  • Par le Constitution, qui, dans son Préambule, réaffirme des droits et principes fondamentaux, en particulier ceux figurant dans le Préambule de la Constitution de 1946, qui dispose que « [la Nation] garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère, et aux vieux travailleurs la protection de la santé ».

Mais la question fondamentale est : l’embryon est-il une personne, et de ce fait protégé par les textes juridiques suscités ? A cette question, Jean Foyer apporte une réponse argumentée en s’appuyant sur plusieurs textes nationaux et internationaux, qui disposent que c’est dès sa conception qu’un être humain est une personne disposant du droit à la vie. En particulier :

  • La Résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies de novembre 1959 portant déclaration des droits de l’enfant, qui proclame que « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après sa naissance.»[4].
  • L’adage « infans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur» (« l’enfant conçu sera considéré comme né chaque fois qu’il pourra en tirer avantage ») reçu du droit romain, consacré en droit français par l’article 725 du Code Civil.
  • Le Code Pénal français qui classe l’avortement comme une infraction contre une personne.

La réponse de François Goguel et du Conseil constitutionnel

Les 14 et 15 janvier 1975, le Conseil constitutionnel examina la saisine des 81 députés accompagnée du mémoire rédigé par Jean Foyer. Les raisons qui ont conduit le Conseil constitutionnel à déclarer la loi conforme à la Constitution sont exposées dans le compte rendu des séances du Conseil constitutionnel disponible sur le site internet du Conseil constitutionnel[5]. Monsieur Goguel était le rapporteur de l’examen de la saisine des 81 députés. Voici un résumé des débats.

Question préjudicielle

En dehors de l’examen de la question de fond, à savoir si la loi est conforme à la Constitution, une question préjudicielle a été débattue par les membres du Conseil. Cette question était la suivante : lorsqu’il est saisi en application de l’article 61 de la Constitution, le Conseil constitutionnel est-il aussi tenu, dans le cadre de son contrôle de constitutionalité, d’examiner la conformité d’une loi aux stipulations d’un traité ou d’un accord international ? L’examen préalable de cette question était nécessaire car la saisine et le mémoire qui l’accompagnait développaient des arguments essentiellement fondés sur la Convention européenne des droits de l’homme.

A cette question, Monsieur Goguel développe un argumentaire juridique extrêmement élaboré qui le conduit à conclure qu’il n’appartient pas au Conseil constitutionnel d’effectuer le contrôle de conventionnalité, c’est-à-dire de la conformité vis-à-vis des traités ratifiés par la France. C’est à l’unanimité que le Conseil se prononce en faveur des conclusions du rapporteur Goguel. Cette décision fit jurisprudence comme on le sait. Ce ne sera que plus tard, à partir de 1989, que l’évaluation de conventionnalité des dispositions législatives de droit publique français sera placée sous le contrôle du Conseil d’État. Entre temps, la loi Veil n’a pas fait l’objet d’un contrôle de conventionnalité, et la plupart des arguments développés par Jean Foyer n’ont ainsi pas été examinés par le Conseil constitutionnel, celui-ci ne s’étant tenu qu’à l’examen de la conformité de loi à la Constitution française.

Sur la question de fond

Lors de son rapport aux membres du Conseil, Monsieur Goguel expose une analyse approfondie de la constitutionnalité de la loi. Il examine successivement toutes les dispositions de la Constitution, en particulier de la Déclaration des droits de l’homme et du Préambule de la Constitution de 1946 faisant partie du bloc de constitutionnalité, et démontre que la loi n’est pas contraire à la Constitution. Sa conclusion est la suivante :

« La Déclaration des droits de l’homme de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, le Préambule de la Constitution de 1958 et le texte de cette dernière Constitution ne comportent aucune disposition dont on puisse légitimement conclure que l’un quelconque de ces documents garantisse la protection de la vie d’un être humain avant la naissance de cet être. C’est peut-être dommage, mais c’est ainsi. »[6]

Il rejette un à un tous les arguments de Monsieur Foyer tendant à montrer que selon le droit français, l’enfant est considérée comme une personne dès sa conception. Selon François Goguel, aucun des textes à valeur constitutionnelle ne mentionne des droits humains avant la naissance. En particulier parce que la Déclaration de 1789 spécifie clairement que c’est au moment de sa naissance que l’être humain devient sujet de droit : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit »[7].

Mais en plus du passage du Préambule de la Constitution de 1946 invoqué par Monsieur Foyer, Monsieur Goguel estime qu’il convient aussi d’examiner un autre alinéa du Préambule de 1946, celui qui réaffirme les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR) intégrés au bloc de constitutionnalité. Il se pose donc la question si l’interdiction par la loi pénale de toute interruption volontaire de la grossesse devrait être considérée comme un de ces principes fondamentaux. Dans son analyse, il souligne que cette interdiction était bien antérieure à l’établissement de la République – elle date du Code pénal de 1810 – mais reconnait qu’il n’est pas douteux que la République a conservé une telle interdiction dans les lois qu’elle appliquait. L’interdiction de l’avortement est-elle un PFRLR ? Sa réponse est non, son point de vue personnel étant que les principes reconnus par la République sont ceux des lois établies par la République. Ce point de vue personnel a été contesté par un autre membre du Conseil, Monsieur Brouillet, qui « confirme qu’à son sens la loi soumise au Conseil constitutionnel est contraire aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République », ce à quoi il ajoute : « Il ne faut pas trop s’attacher à la Déclaration de 1789 si l’on veut être fidèle à l’esprit de son temps et ne pas être prisonnier de la lettre mais aller au service de l’esprit ».

En d’autres circonstances, le Conseil constitutionnel n’a pas hésité à établir de nouveaux principes constitutionnels avec une large marge d’appréciation. Mais le 15 janvier 1975, le Conseil constitutionnel a choisi de ne pas ériger l’interdiction de l’avortement en principe constitutionnel. Pourquoi ? La réponse est dans le compte rendu des séances des 14 et 15 janvier. En effet, on peut y lire que c’est avec « mélancolie » et « résignation » que plusieurs des membres se sont résolus à accepter la décision proposée par Monsieur Goguel.  Les membres du Conseil constitutionnel, malgré le titre de Sages qui leur est donné, sont des hommes et non des dieux. Ils ne pouvaient pas faire abstraction de l’impact qu’aurait eu une décision de non-conformité. Cela figure de façon à peine voilée dans les propos d’un des membres du Conseil, Monsieur Chatenet :

« Monsieur Chatenet déclare rejoindre avec beaucoup de mélancolie les conclusions du rapporteur. Il ne lui paraît pas indécent de dire que le Conseil peut faire entrer en ligne de compte le trouble profond que représenterait une déclaration de non-conformité qui, à coup sûr, ferait rebondir le débat. Ce n’est pas suffisant pour déterminer le Conseil, mais on ne peut pas ne pas y penser. »[8]

D’autres membres ont aussi exprimé leur réserve, mais finalement le Conseil a décidé de reconnaitre la loi conforme à la Constitution, décision qu’ils n’ont pas prise en toute liberté et indépendance.

Que peut-on donc conclure de la lecture des débats du Conseil ? Derrière la Décision ex cathedra du Conseil, il y a des hommes doutant de la justesse de leur décision mais qui la prennent par crainte du tumulte que génèrerait une décision contraire. On peut alors légitimement se poser la question si le Conseil constitutionnel a ici agi en conformité avec son rôle de préserver les droits fondamentaux face aux dérives de l’État, en vertu du principe de l’État de droit. La même question se pose aujourd’hui aussi pour la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), dont les décisions constituent la référence ultime en matière de conception des droits de l’homme en Europe. En particulier, lorsque dans l’une de ses décisions de 2004, celle-ci s’est abstenue de définir quand commence la vie d’une personne, et a donc refusé de déterminer qui, parmi les êtres humains, bénéficient du droit à la vie consacré par l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme.

« L’article 2 de la Convention est silencieux sur les limites temporelles du droit à la vie et, en particulier, il ne définit pas qui est la « personne » dont « la vie » est protégée par la Convention. […]. La Cour considère que faute de consensus européen sur la définition scientifique et juridique des débuts de la vie, le point de départ du droit à la vie relève de la marge d’appréciation qu’elle estime généralement devoir être reconnue aux États dans ce domaine. »[9]

Que cette institution européenne censée garantir la sauvegarde des droits de l’homme déclare ne pas être en mesure de définir qui est la personne protégée par l’un des plus importants de ces droits, à savoir le droit à la vie, pose un sérieux problème. D’autant plus que la Convention a été adoptée par le Conseil de l’Europe au lendemain de la deuxième guerre mondiale dans le but de consacrer et rendre contraignant les droits de l’homme pour les États afin d’éviter que des horreurs commises contre des individus ne puissent se reproduire en Europe.

Par ailleurs, comme en avait averti Jean Foyer, la légalisation de l’avortement a entrouvert la porte vers de nouveaux types de droits humains conduisant à un changement radical de la conception des droits de l’homme, transmutés en droit des individus d’assouvir leurs désirs.

« Alors que les droits de l’homme de 1948 reflétaient des droits naturels, l’affirmation de l’individualisme a généré de nouveaux droits antinaturels, tels que le droit à l’euthanasie ou à l’avortement, conduisant à leur tour à l’émergence de droits transhumains qui garantissent aujourd’hui le pouvoir de redéfinir la nature, tels que le droit à l’eugénisme, à l’enfant, ou au changement de sexe »[10].

Ces nouveaux types de droits entraînent la violation de droits de l’homme tels qu’ils étaient définis à l’origine : violation du droit à la vie de tout être humain, violation de la liberté d’opinion et d’expression, comme on l’a vu avec l’extension du délit d’entrave en 2017. Et si demain le droit à l’avortement est inscrit dans la Constitution française, que deviendra la liberté de conscience des médecins refusant de pratiquer un avortement ?

[1] article 2212-1 du Code de la Santé Public (souligné par nous)

[2] Déclaration de Simone Veil lors de la séance du 26 novembre 1974 – Assemblée Nationale – 1er séance du 26 novembre 1974, p. 6999- URL : https://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/1974-11-26-1.pdf

[3] Discours de Jean Foyer lors de la séance du 26 novembre 1974 – « Assemblée Nationale – 1ère séance du 26 novembre 1974 » pp. 7010 à 7012 – URL : https://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/1974-11-26-1.pdf

[4] Déclaration des Droits de l’Enfant adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1959 (c’est nous qui soulignons)

[5] Compte rendu des séances du Conseil constitutionnel des 14 et 15 janvier 1975, URL : https://www.conseil-constitutionnel.fr/sites/default/files/as/root/bank_mm/decisions/PV/pv1975-01-14-15.pdf

[6] ibid p. 16

[7] C’est nous qui soulignons

[8] Compte rendu des séances du Conseil constitutionnel des 14 et 15 janvier 1975, p. 31

[9] Guide sur l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme, publié par la Cour européenne des droits de l’homme, version du 31 août 2021, p. 19 – URL : https://www.echr.coe.int/Documents/Guide_Art_2_FRA.pdf

[10] PUPPINCK Grégor, Les droits de l’homme dénaturé, Éditions du Cerf, p. 11

Conseil d’Etat islamique

Le Conseil d’Etat a rejeté :

  • Le recours contre mosquée de Montreuil du 22 décembre 2022 : la décision du maire communiste de préempter un terrain à la moitié de son prix pour agrandir une mosquée n’est pas une atteinte au principe de laïcité
  • La fermeture de la mosquée radicale de Pessac le 26 avril 2022
  • Le recours contre la mosquée de Bagneux le 25 juillet 2022.

À chaque fois le juge était Christine Maugüé (photo), ancienne directrice de cabinet de Christiane Taubira, aujourd’hui présidente adjointe de la section du contentieux du Conseil d’Etat.

Le soi-disant dialogue interreligieux toujours entre omission et mensonge

Dans son numéro du 22 décembre 2022, Valeurs Actuelles proposait un entretien avec le  cardinal Robert Sarah en rapportant cette phrase :

« Il se présente en homme de paix mais précise qu’elle n’existe pas au détriment de la Vérité ».

Tension entre paix et vérité : c’est bien ce qui nous semble ressortir du soi-disant dialogue interreligieux auquel le Pape a encore sacrifié lors de son voyage à Bahrein à l’occasion du « Bahrain Forum for Dialogue: East and West for Human Coexistence  » (3 au 6 novembre 2022) ; comme d’habitude oserions-nous dire au bénéfice supposé de la première et au détriment de la seconde.

Remarquons d’abord que si le titre du Forum n’est pas explicitement inter-religieux (Human coexistence), sa description sur le site officiel de l’événement insiste sur cet aspect. Le « dialogue » est organisé en coopération avec le Conseil islamique des anciens et le Conseil suprême pour les affaires islamiques. Et il est souligné que le royaume de Bahrein a toujours contribué à répandre une culture de paix et de coexistence entre les religions, devenant un exemple de coexistence pacifique entre religions et sectes [NDLR : terme surtout utilisé pour les courants musulmans] et peuples de différentes religions (the Kingdom has been keen to spread a culture of peace and coexistence between religions and become a global example in embracing religious and sectarian diversity and peaceful coexistence among all sects).

Ceci étant résumé sans ambiguïté par le Père Feroldi (longtemps grand ordonnateur du dialogue avec les musulmans pour le compte de la Conférence des évêques de France) dans un tweet :

« Le Pape François au Bahrein pour approfondir le dialogue interreligieux » :

Il y a deux manières, sous couvert de rencontre, de dialogue et de recherche de la paix, d’entraver la vérité : l’omission et le mensonge.

L’omission, comme toujours dans les textes papaux lors de rencontres en terrain islamique, est le fait du Pape (sur le site du Vatican figurent les textes de trois discours prononcés par le Pape : lors d’une rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique le 3 novembre ; lors d’une rencontre avec les membres du Conseil musulman des Anciens ou « Muslim council of Elders » le 4 novembre ; lors du discours de clôture du Forum le 4 novembre aussi).

Le Pape insiste sur cette notion de rencontre, voire de vivre-ensemble :

« Dieu est Source de paix. Qu’il nous accorde d’être, partout, des canaux de sa paix ! Devant vous, je voudrais répéter que le Dieu de la paix ne conduit jamais à la guerre, n’incite jamais à la haine, ne favorise jamais la violence. Et nous, qui croyons en Lui, sommes appelés à promouvoir la paix à travers des instruments de paix, comme la rencontre, les négociations patientes et le dialogue qui est l’oxygène du vivre ensemble » (devant le Conseil islamique des anciens).

Le terme de « paix » est cité 55 fois dans les trois discours du Pape ce qui est beaucoup.

Et comme d’habitude, les présupposés du Pape ne manquent pas de bonne volonté  :

« Que la paix descende et demeure sur vous, qui souhaitez la répandre en inculquant dans les cœurs les valeurs de respect, de tolérance et de modération ; sur vous, qui cherchez à encourager les relations amicales, le respect mutuel et la confiance réciproque avec tous ceux qui, comme moi, adhèrent à une autre foi religieuse ; sur vous, frères et sœurs, qui voulez favoriser chez les jeunes une éducation morale et intellectuelle qui contrecarre toute forme de haine et d’intolérance. As-salamu alaikum ! » (devant le Conseil islamique des Anciens).

Enfin, lors du discours de clôture :

« L’homme religieux, l’homme de paix, s’oppose aussi à la course au réarmement, aux affaires de la guerre, au marché de la mort. …  il suit une seule voie, celle de la fraternité, du dialogue, de la paix. Ce sont là ses “oui”. Parcourons, chers amis, cette voie : élargissons notre cœur au frère, avançons dans le parcours de connaissance réciproque. Nouons entre nous des liens plus forts, sans duplicité et sans peur, au nom du Créateur qui nous a placés ensemble dans le monde comme gardiens des frères et des sœurs. …  la force, les armes et l’argent ne coloreront jamais l’avenir de paix. Rencontrons-nous donc pour le bien de l’homme, et au nom de Celui qui aime l’homme dont le Nom est Paix. [ ?] ».

Mais qu’en est-il de la Vérité ? La vérité, c’est que, comme d’habitude dans ce genre de situation, tout ce qui est « catholique » a été soigneusement omis par le Pape. Si le Dieu très-haut est cité 9 fois par le Pape, si le « Créateur » est cité 4 fois, le Pape ne cite jamais le Christ (alors qu’il cite 11 fois Jésus mais lors du discours prononcé le 6 novembre lors d’une rencontre avec les évêques, les prêtres, les consacrés, les séminaristes et les agents pastoraux). Le Pape cite la Genèse (la Création du monde, cela complaît à tout le monde) et des textes de Vatican II (on connaît l’inculture vis-à-vis de l’islam qui a présidé à la rédaction des textes consacrés à l’islam lors de ce Concile), il cite même « l’imam Ali » (« Laissons-nous guider par l’expression de l’Imam Ali : « Les personnes sont de deux sortes : ou bien elles sont tes frères dans la foi, ou bien elles sont tes semblables en humanité » », discours au Muslim Council of Elders), mais il ne cite aucun texte du Nouveau Testament (Evangile ou épître^). Par contre, Abraham est cité deux fois et à nouveau dans un autre tweet du Père Feroldi :

« Le Père Abraham » comme succédané de Dieu le Père, du Christ et du Saint-Esprit !

De son côté », le Docteur Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar et considéré comme un « frère » par le Pape (qui a indiqué que l’imam avait même inspiré pour partie le contenu d’une de ses encycliques) a aussi pris la parole. Il est en effet également président du conseil islamique des Anciens. Lui ne s’embarrasse pas d’un vocabulaire de synthèse. Il commence à peu près par la profession de foi musulmane :

« Toutes les louanges sont dues à Allah. Que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur notre maître, le prophète Muhammad, ses compagnons et sa famille ».

Et d’ailleurs, nul ne saurait le lui reprocher.

Puis le Docteur Al-Tayyeb cite le Coran pour expliquer que

« l’homme a été créé libre et capable de choisir sa croyance, sa religion, son idéologie et sa doctrine…. Dieu dit : « Il n’y aura aucune contrainte dans [l’adoption de] la religion. La voie droite s’est distinguée clairement de la mauvaise. » (Coran, 2:256) Dieu dit également à son prophète : « Alors, [ô Muhammad], contraindrais-tu les gens pour qu’ils deviennent croyants ? » (Coran, 10:99) » …/…   Il achève son propos de façon nette : « Mesdames et Messieurs, J’espère que vous ne vous lassez pas des affirmations constantes selon lesquelles l’Islam est une religion de paix et d’égalité. Ce qui est dit et promu de temps en temps à propos de l’institution dans l’islam de la guerre contre les infidèles est faux et constitue même un tissus de mensonges purs et simples à propos de l’Islam et de la vie de son Prophète, alors même que cela est tenu par certains adeptes de la même religion. [L’Islam] est une religion basée sur la démonstration et sur l’évidence, non pas sur l’ambiguïté et le mensonge ».

Formidable. On aimerait le croire. Mais la réalité est parfois cruelle et donne à penser que l’imam Al-Tayyeb présente l’islam comme le ministre Potemkine présentait la campagne russe à l’impératrice Catherine II.

Jugeons sur le réel (tout en admettant bien volontiers que les citations lénifiantes du Coran faites par M.Al-Tayyeb sont parfaitement réelles, de même que les décors potemkiniens étaient réels eux-aussi) :

  • le réel, c’est que certains versets du Coran vont exactement à l’envers des versets cités plus haut et appellent au meurtre.
  • Le réel, c’est que beaucoup de hadiths font de même et exaltent « l’inviolabilité du sang musulman» (hormis pour les meurtriers et les apostats, faut pas rigoler quand même) ;
  • le réel, c’est qu’une multitude de prêches et de déclarations d’imams et autres institutionnels musulmans appellent à la discrimination en droit parfois pour le pire ;
  • le réel, c’est enfin la pratique musulmane qui contredit quasi quotidiennement et totalement la version idyllique, à commencer par la situation des Coptes que l’imam Al-Tayyeb peut sans doute apercevoir depuis les fenêtres de son confortable bureau à l’université Al-Azhar. Et d’autant plus qu’on se souvient qu’en octobre 2020, le centre de recherches islamiques de l’Université Al Ahzar (celle dont Ahmad Al-Tayyeb est le recteur) a publié un communiqué faisant suite à un discours de M.Macron sur le séparatisme et expliquant que « de telles déclarations racistes sont de nature à enflammer les sentiments de 2 milliards de musulmans » ce qui sonnait plus comme une menace que comme une position paisiblement fraternelle.

N’y aurait-il pas une étude à mener sur une praxis du mensonge dans les discours musulmans (par « discours musulmans », nous entendons les discours officiels d’institutionnels musulmans divers) ? Et nous excluons la pratique déjà connue de la taqiyya : celle-ci signifiant littéralement la « prudence » ou la « crainte » pour se « protéger » et désignant le fait de devoir dissimuler sa pratique religieuse islamique par peur de représailles (Mohamed Sifaoui  TAQIYYA ! Editions de l’Observatoire 2019). Notons pour être complet que d’une part l’imam Al-Tayyeb ne nous paraît guère empli de crainte, en particulier quand il est à Bahrein ; d’autre part la pratique de la taqiyya a été utilisée au début par les  musulmans chiites qui craignaient les persécutions des musulmans sunnites (ce qui à la fois jette une ombre sur la fraternité intra-musulmane et donne à penser sur les capacités d’application de cette fraternité envers les mécréants…).

Mensonge parce que sinon, que faut-il invoquer ? Schizophrénie ? Structuration mentale insensible à l’incohérence ? On rappellera ici l’enregistrement tellement emblématique rapporté par le site Goldnadel TV consacré à des témoignages d’enfants et d’adolescents palestiniens à l’endroit des juifs et en particulier le suivant :

« Par Allah, si nous chassons les juifs de la Palestine et de Jérusalem, et s’ils ne se convertissent pas à l’islam, nous les poursuivrons jusqu’au bout de la terre et nous les tuerons. Ensuite, nous convertirons tous les chrétiens à l’islam. Pourquoi? Parce que l’islam est la seule religion de compassion ».

Au final, on aura aussi parlé de fraternité, mot cité 8 fois par le Pape sans compter ses références au document sur la Fraternité humaine co-signé entre lui et l’imam Al Tayyeb ; comme un vulgaire M.Macron dans son tweet obligé de Noël,

Mais, entre omission de la foi catholique et mensonges sur les pratiques musulmanes, qu’y a-t-il donc d’interreligieux (sans même parler d’approfondissement.. ) dans tout ça ? Et cela fait-il avancer la paix (laquelle d’ailleurs ?) d’un iota ?

Pire, et nous terminerons en citant un observateur souvent sagace (donc irritant) de nos soubassements civilisationnels :

«Les religions molles n’ont aucune chance de l’emporter dès lors qu’elles rentrent en rivalité avec les religions dures : elles achèvent de fondre, elles tournent au vinaigre, elles se dissolvent. Contre les religions crues les religions cuites partent vaincues ». (R.Camus   La Dépossession Ou du remplacisme global.  La Nouvelle Librairie, 2022 p. 353).

Peut-être des propos plus proches de la vérité que ceux des officiels du dialogue interreligieux…

Des hauts et des bas

En 6 ans, la chaîne CNews a plus que triplé son audience :

CNews reste derrière BFMTV (3,3%) et devant LCI (1,7%), toutes trois en hausse.Avec 0,9% de part d’audience, Franceinfo grappille elle aussi 0,2 point.

De son côté, TF1 a enregistré en 2022 sa plus faible part d’audience depuis sa création en 1975, à 18,7%, le succès du Mondial ne compensant pas les pertes.

Un débat ouvert avec les franc-maçons ?

C’est ce que propose Amande Pichegru, Grand Maître National de la Fédération française du Droit humain, le 4 février à Paris :

Alors que les franc-maçons ont empêché le vote des femmes, le 4 avril 1893, une loge maçonnique a rassemblé des hommes et des femmes, le DROIT HUMAIN.

Des éléments de réflexion seront présentés lors de cette conférence organisée à l’initiative d’un collectif de loges parisiennes du DROIT HUMAIN. « Ici tout est symbole. Demande et on te répondra » nous dit le rituel d’initiation du DROIT HUMAIN…Ce samedi 4 février 2023, le débat est donc ouvert avec Amande PICHEGRU ! Entrée libre – Un pot de convivialité clôturera cet évènement.

Pour rappel :

Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.

Benoît XVI a incarné l’adage traditionnel : lex orandi, lex credendi ; la prière liturgique est l’expression de la foi

Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté :

Le 31 décembre 2022, le pape Benoît XVI a remis son âme à Dieu.

Notre Dame de Chrétienté s’associe à la prière de toute l’Église pour le repos de son âme, et reçoit précieusement le vœu que formulait le pape émérite dans son testament spirituel : « restez fermes dans la foi ! Ne vous laissez pas troubler ! ».

L’engagement de ce grand théologien pour la défense de la doctrine catholique et pour sa transmission fidèle allait de pair avec son grand respect et amour de la sainte Liturgie. Benoît XVI a ainsi incarné l’adage traditionnel : lex orandi, lex credendi ; la prière liturgique est l’expression de la foi.

Nous rendons grâces à Dieu pour les multiples fruits du pontificat de Benoît XVI, et spécialement pour l’œuvre de pacification liturgique qu’il a souhaitée en promulguant le Motu Proprio Summorum Pontificum, afin de libéraliser la célébration de la messe traditionnelle, jamais abrogée. Notre Dame de Chrétienté se souvient des paroles fortes que le futur pape prononçait en 2001 à ce sujet :

« Pour souligner qu’il n’y a pas de rupture essentielle, que la continuité et l’identité de l’Église existent, il me semble indispensable de maintenir la possibilité de célébrer selon l’ancien Missel comme signe de l’identité permanente de l’Église. C’est pour moi la raison fondamentale : ce qui était jusqu’en 1969 la liturgie de l’Église, la chose la plus sacrée pour nous tous, ne peut pas devenir après 1969 – avec un positivisme incroyable – la chose la plus inacceptable […]. Il n’y a pas de doute qu’un rite vénérable comme le rite romain en vigueur jusqu’en 69 est un rite de l’Église, un bien de l’Église, un trésor de l’Église, et donc à conserver dans l’Église. »

En ces temps difficiles, où il semble que plus que jamais, « la barque de Pierre prend l’eau de toute part », il nous appartient désormais de recueillir l’héritage spirituel, théologique et liturgique de Benoît XVI, de rester fermes dans la foi, de garder l’espérance par laquelle nous serons sauvés (Spe salvi), et d’œuvrer, dans la charité de la vérité (Caritas in veritate), pour que le Christ règne et que les hommes reconnaissent que Dieu est, et qu’il est amour (Deus caritas est).

Notre-Dame de Chrétienté

Hommage du cardinal Raymond Burke « à l’occasion de la mort du pape émérite » :

C’est avec les plus profonds sentiments de tristesse et de gratitude que j’ai appris la nouvelle du décès du Pape émérite Benoît XVI. Il est triste de perdre la compagnie terrestre d’un Successeur de Saint Pierre qui, même après son abdication de la charge pétrinienne, a continué à être une source de nombreuses grâces pour l’Église, en particulier par l’offrande de ses prières et de ses souffrances pour tant de besoins de l’Église de notre temps. En même temps, je suis profondément reconnaissant à Dieu tout-puissant pour la vie de Joseph Ratzinger. Celui-ci a répondu fidèlement à la vocation à la sainte prêtrise, jusqu’à accepter le poids inimaginable de servir comme évêque de l’Église universelle, et il a mis ses talents considérables entièrement au service du Christ Bon Pasteur comme prêtre et évêque agissant en sa personne pour l’enseignement, la sanctification et le gouvernement du troupeau du Père, et finalement comme Vicaire du Christ sur terre. Il était un enseignant particulièrement doué de la foi catholique, avec une appréciation particulière de l’expression la plus élevée et la plus parfaite de la foi : le Culte divin. Son enseignement sûr, notamment en ce qui concerne la sainte Liturgie, demeure un héritage durable et vivant.

J’ai eu l’honneur de le servir en tant que Préfet du Suprême Tribunal de la Signature Apostolique. Lors de mes rencontres avec lui, alors qu’il était encore Pontife Romain et après son abdication, j’ai toujours été impressionné par son intelligence et sa connaissance extraordinaires, associées à une douceur rappelant celle du Christ. Il a vraiment servi, selon les mots inspirés de sa devise épiscopale, comme l’un des « cooperatores veritatis » [« compagnons de travail dans la vérité »] de Notre-Seigneur (3 Jn 8).

Je vous invite à prier avec moi pour le repos éternel de son âme immortelle. Qu’il repose en paix.

Raymond Leo Cardinal BURKE

Communiqué de Paix Liturgique :

Nous ne prétendons certes pas réduire les huit ans de pontificat de Benoît XVI au motu proprio Summorum Pontificum. Mais nous estimons que ce texte est une sorte de loupe qui permet de mesurer l’action qu’ a eue ce pontife à un moment décisif de l’histoire du post-Concile.

En prononçant le 22 décembre 2005 devant la Curie romaine, peu après son élection, un discours solennel pour préciser quelle devait être la juste interprétation de Vatican II, et comment devait être promue une « herméneutique de progrès dans la continuité » éclairant les textes du dernier concile en tentant de les inscrire dans la grande Tradition de l’Église, Benoit XVI avait donné une sorte de programme de son pontificat. De fait, les textes pontificaux furent paradoxalement moins nombreux et moins incisifs sous son règne que n’avaient été les textes qu’il avait écrits ou dirigés sous celui de Jean-Paul II. Mais les textes peuvent cependant être aussi des actes, et même des actes forts.

Ainsi ce discours de 2005 à la Curie, au-delà ce qu’il voulait, a fait naître, notamment en Italie, un mouvement théologique tentant de faire sauter la chape idéologique « de gauche », qui pèse toujours sur l’interprétation de Vatican II. On a compris que cela annonçait que Vatican II devait cesser d’être considéré comme le début d’une ère nouvelle, comme un « super-dogme », selon la qualification critique du cardinal Ratzinger en 1988, qui aurait rendu obsolète tout l’enseignement antérieur.

Ainsi surtout du motu proprio Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007, reconnaissant après trente ans d’interdiction de fait que la messe romaine traditionnelle (le rite de saint Pie V) n’avait jamais été légitimement interdite. Sa plus importante fécondité, selon le vœu de Benoît XVI, devrait être surtout une certaine resacralisation, par imitation de la liturgie ancienne, des formes nouvelles de la liturgie. Il n’a pas seulement permis la multiplication des célébrations de la messe traditionnelle : il a eu aussi un effet libérateur sur les prêtres (les jeunes surtout) qui voulaient pouvoir la dire en privé.

Dans le même sens, il y eut la levée des excommunications, le 21 janvier 2009, des quatre évêques ordonnés de manière autonome par Mgr Lefebvre en 1988, étaient un complément de Summorum Pontificum. Son souci pastoral envers ces « traditionalistes » avait la même visée que la libéralisation de la liturgie traditionnelle : rééquilibrer par leur réintégration officielle dans l’Église un catholicisme tiré « à gauche » depuis Vatican II en leur permettant de participer avec lui à la réévangélisation d’un monde déserté par la foi.

Il est donc incontestable qu’un esprit nouveau, et même l’ébauche d’un catholicisme propre au XXIe siècle s’est dessiné sous Benoît XVI, plus nettement encore que sous Jean-Paul II, harmonisant tradition et jeunesse, piété liturgique et esprit missionnaire. On pourrait dire en termes politiques qui ne conviennent pas, mais qui font comprendre : un catholicisme de droite décomplexée. Mais les pesanteurs de certaines aires de la Curie romaine et d’une bonne part du corps épiscopal, dues en partie à l’absence d’une nette politique de nomination du pape lui-même, ont freiné un véritable renouvellement doctrinal, catéchétique, religieux, missionnaire.

Aujourd’hui, dans ce qui est assurément la période finale du pontificat de François, en repensant à ce pontificat bénédictin de seulement huit ans, de 2005 à 2013, aux allures modestes, on constate qu’il n’aura pas conduit la transition complète vers d’autres rives, des rives non-conciliaires. Sans doute le catholicisme se dirige-t-il vers un âge néo-catacombal. Catholicisme marginal, il pourrait cependant, s’il se trouve des hommes pour le conduire, devenir un catholicisme vigoureux, au sein d’une société toujours plus hostile. Benoît XVI en a posé des bases précieuses, et ces bases sont liturgiques : celles du retour de la lex orandi très pure de la Rome éternelle.

Euthanasie : la dignité de l’individu ne découle plus de sa nature d’être humain mais de l’autonomie de sa volonté

Dans l’Homme nouveau, Philippe Pichot-Bravard dénonce le prétendu principe de laïcité : loin de garantir la séparation des pouvoirs spirituel et temporel, ce « principe » est celui d’un antichristianisme et d’une religion du « progrès humain » :

[…] les obédiences maçonniques s’emploient, depuis longtemps déjà, à légaliser l’euthanasie, voire même le suicide assisté, comme le rappelait François Hollande : « Vous êtes à la pointe des combats actuels […] pour le droit à mourir dans la dignité ». Elles « planchent » sur la question du transhumanisme, ce que soulignait là encore Hollande, montrant l’impor- tance de la franc-maçonnerie dans la réflexion normative :

« Vous avez voulu penser les mutations inouïes que les nouvelles technologies du vivant nous laissent deviner et c’est ce qu’on appelle le transhumanisme ou l’homme aug- menté. C’est une question redoutable. Jusqu’où permettre le progrès ? Car le progrès ne doit pas être suspecté, nous devons le favoriser. […] le regard de la franc-maçonnerie est une boussole ».

La franc-maçonnerie est donc « la boussole » de la République. Quelle direction indique cette « boussole » ? Celle de l’autonomie de la volonté, dogme fondamental de la modernité philosophique qui combine à la fois le volontarisme, l’individualisme et le relativisme. Chacun est maître de choisir sa voie, de déterminer ce qui, à ses yeux, est bon et juste, sans être tenu de respecter des règles qui viendraient ordonner sa volonté. Le maçon se revendique affranchi. Non serviam. Le dogme de l’autonomie de la volonté appelle la négation de toute transmission, la négation de l’autorité du droit naturel et la transgression systématique de tous les principes qui en découlent.

Dans cette perspective, la dignité de l’individu ne découle plus de sa nature d’être humain mais de l’autonomie de sa volonté propre, ce qui justifie l’élimination de ceux qui, diminués par l’âge, la maladie ou un accident, ont perdu l’autonomie de leur volonté. Il n’est qu’une limite permise à cette autonomie de la volonté : la soumission imposée aux valeurs sacro-saintes de la République. Lors de son audition, madame Kervella-Roux [Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France] s’inquiétait de l’existence de

« revendications régressives [qui] remettent en cause nos libertés individuelles, comme les actions d’opposition à l’interruption volontaire de grossesse, […] les obstacles au droit à mourir dans la dignité. […] Et le nombre d’écoles hors contrat continue de progresser sur notre territoire ».

En un mot, pas de liberté pour les ennemis de la Liberté. La Liberté abstraite, comme l’avait judicieusement relevé Edmund Burke en 1790, est dangereuse pour les libertés concrètes…

Changement dans la politique immigrationniste de l’Union européenne ?

La Suède a pris le 1er janvier la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois.

Or, le pays est dirigé par une droite qui veut en finir avec l’immigration. Lors de la crise migratoire de 2015, le pays de 10 millions d’habitants avait pris en charge 160 000 immigrés. Sept ans plus tard, dans ce Royaume où un habitant sur cinq est né à l’étranger, l’atmosphère a changé. Les Démocrates de Suède (SD) se sont imposés en deuxième position aux législatives de septembre, avec 73 députés et 20 % des suffrages (5 % en 2010). Le parti anti-immigration a échoué à intégrer la coalition formée par le Premier ministre Ulf Kristersson, un conservateur allié aux chrétiens-démocrates et libéraux. Mais le SD jouit désormais d’une influence inédite. Son chef Jimmie Akesson, 43 ans, a influencé la feuille de route du gouvernement, cosignée par son parti : un tiers des soixante pages de l’accord traitent des questions migratoires :

  • Le parti a ainsi réussi à imposer une réduction drastique des arrivées, avec un quota de 900 réfugiés par an, contre 6 400 en 2022.
  • le revenu minimal exigé pour décrocher un permis de travail en Suède devrait augmenter.
  • Le ministère de l’Immigration annonce un recensement de la population pour mieux déloger les immigrés clandestins,
  • il promet de multiplier les contrôles d’identité dans les quartiers sensibles et envisage d’autoriser les policiers à photographier, prélever les empreintes, voire l’ADN de tout individu circulant sans ses papiers.
  • Le gouvernement n’exclut pas d’imposer aux fonctionnaires de dénoncer toute personne en situation irrégulière.