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Qui a dit que la droite avait gagné la bataille des idées ?

Eugénie Bastié conteste l’idée selon laquelle la droite est en train de gagner la bataille des idées :

[…] la victoire idéologique de la droite est devenue le lieu commun de l’éditocratie de gauche qui confond la fissuration d’un monopole intellectuel avec un retournement d’hégémonie, à moins qu’elle ne fasse semblant de croire à la victoire imminente du fascisme pour se draper dans les oripeaux de la Résistance. Bien souvent, la droite y a cru, elle aussi, épousant avec la fièvre du converti les impératifs de la « reconquête de l’hégémonie culturelle » . Ses militants ne juraient plus que par Gramsci, sans avoir lu une ligne du penseur italien, prédisant le triomphe dans les urnes après leur victoire dans les coeurs. Des rangs de la Manif pour tous aux foules du Trocadéro soufflait l’ivresse des lendemains qui chantent. Il y avait bien eu une douzaine d’années entre mai 68 et la victoire de Mitterrand : il suffisait d’être patient.

Pourtant, un plateau de télévision ne fait pas le printemps électoral. Le retour d’un certain pluralisme dans la vie médiatique – des voix autrefois marginalisées, réduites au silence, pouvant désormais s’exprimer – n’est pas synonyme de basculement idéologique. À force de se mirer dans les yeux apeurés de la gauche, la droite s’est vue plus grosse qu’elle n’était.

Certes, la multiplication des attentats, notamment envers un journal à l’ADN de gauche comme Charlie Hebdo, a contribué à réveiller la gauche de sa naïveté envers l’islam radical. La pensée dominante est passée du multiculturalisme naïf sauce SOS-Racisme à un universalisme républicain plus affirmé ; en témoigne la trajectoire du président de la République lui-même. Mais la question des limites à apporter à l’immigration reste encore taboue. Ainsi, Éric Zemmour a cru qu’un sondage donnant la crainte du grand remplacement comme ultra-majoritaire dans l’opinion était un blanc-seing pour en faire un axe unique de campagne. Majoritaire ne veut pas dire prioritaire. Le conservatisme sociétal, quant à lui, reste ultra-minoritaire dans l’opinion. Quant au libéralisme économique, il a été balayé par la crise du Covid, occasionnant un retour sans précédent de l’État dans l’économie.

Aussi, la dénonciation hypocrite de l’hégémonie culturelle de la droite a masqué la montée en puissance continue de la gauche radicale depuis le milieu des années 1990, qui a fini par dévorer la social-démocratie. Lionel Jospin, incarnation s’il en est de la gauche de gouvernement, a reconnu que La France insoumise était la « nouvelle force dominante » , Sciences Po vote Mélenchon et la jeunesse du Quartier latin ne jure plus que par la théorie du genre et les penseurs décoloniaux. […]

Election présidentielle : et après ?

Dans cet entretien, Claire-Emmanuelle Gauer, conseillère régionale de la Normandie, membre du parti Reconquête, analyse avec Victor Aubert, président d’Academia Christiana, les résultats des élections présidentielles 2022. Ce décryptage porte en grande partie sur une analyse sociologique de notre pays et une analyse stratégique des forces politiques en présence. Dans la seconde partie il vous sera proposé de réfléchir sur des formes d’engagements concrets en dehors des périodes électorales pour retrouver du sens à un combat politique constructif qui porte du fruit.

Chapitres :

Première partie :

  • décryptage – 02:08
  • sociologie – 03:25
  • médias – 12:56
  • forces politiques en présence – 18:07

Deuxième partie :

  • propositions – 28:20
  • sécession mentale – 28:43
  • enracinement local et rayonnement – 32:17
  • redonner du sens au quotidien – 34:30
  • retisser un réseau économique – 35:30
  • transmettre – 36:28
  • rebâtir des communautés –44:04
  • guerre culturelle – 47:20

Pierre Manent : Marine Le Pen représente la protestation impuissante contre l’impuissance politique

Interrogé par Eugénie Bastié dans Le Figaro, Pierre Manent analyse l’élection présidentielle. Extrait :

Les résultats de l’élection présidentielle confirment la dépolitisation de notre vie commune. Ils donnent à voir un pays devenu incapable de se connaître lui-même. Le second tour a mis en présence un sortant qui ne courait aucun risque de perdre l’élection et une candidate qui n’avait aucune chance de la gagner. Le premier ne représentait pas une option proprement politique, il incarnait une classe sociale, la classe « en possession d’état » , celle qui par son âge, son épargne, ses compétences, possède l’essentiel des biens collectifs. Cette classe reçoit les intérêts composés de décennies d’enrichissement collectif, bien sûr inégalement partagé, d’une rente immobilière qui est devenue un facteur majeur de la division sociale, et aussi d’une éducation de qualité qui n’est plus guère disponible pour la masse des nouveaux entrants. Elle a bien sûr éminemment contribué par ses talents à la vie nationale, mais elle a assisté avec une indifférence difficile à comprendre à la liquidation d’une bonne partie de l’appareil industriel français, à la dégradation de la sociabilité, à l’affaissement du niveau des études, à la dépréciation de la langue française. Elle a refusé de mesurer le déclin des performances du véhicule collectif dans lequel elle tient une place éminente, ou, en tout cas, n’a pas fait grand effort pour y remédier.

En face d’Emmanuel Macron, que représente Marine Le Pen ? Elle représente la protestation impuissante contre l’impuissance politique dans laquelle s’enfonce la République. Je souligne, la protestation impuissante. Depuis trente ans ou à peu près, les partis « respectables » et les populistes « déplorables » mettent en scène leur confrontation titanesque, tous volontaires pour faire croire que l’extrême droite est aux portes du pouvoir… Ni le RN ni Marine Le Pen ne parviendront jamais au pouvoir. Leurs succès électoraux, d’ailleurs limités à un seul type de scrutin, ne font pas une véritable force politique. Depuis trente ans, le mouvement de la « droite nationale » a été incapable de créer le moindre syndicat, le moindre réseau associatif, la moindre maison d’édition, d’acquérir la moindre base d’influence sociale ou de prestige, que ce soit dans les médias ou les universités… Ce parti qui prétend parvenir au pinacle du pouvoir est incapable d’obtenir que ceux qui votent pour lui se déclarent pour lui. Au contraire, quiconque a la moindre position dans la société s’empresse de déclarer qu’il tient absolument à lui « faire barrage ». Le RN veut croire qu’il dit tout haut ce que les Français pensent tout bas. Lors du débat du second tour, Marine Le Pen elle-même a omis de dire tout haut ce qu’elle pensait – peut-être – tout bas. […]

Le mystère Poutine [Addendum]

Du général Paitier dans Renaissance catholique. Extrait :

Vous pouvez commander ou vous abonner à Renaissance catholique ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

Addendum : lire la réaction du général Paitier en commentaire, suite aux premiers commentaires.

Nomination de Monseigneur Ulrich à l’Archevêché de Paris : les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle attendent d’être reçus

Communiqué de l’Union Lex Orandi à propos de la nomination de Mgr Ulrich à Paris :

Le Saint Siège vient d’annoncer la nomination de Monseigneur Ulrich, Archevêque de Lille, au siège de l’archevêché de Paris, qui était vacant depuis la démission de Monseigneur Aupetit. L’Union Lex Orandi, et les mouvements parisiens qui lui sont affiliés, présentent leurs vœux au nouvel archevêque, et souhaitent qu’il apporte très rapidement des solutions aux difficultés que rencontrent à Paris les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.

Rappelons que Monseigneur Aupetit s’est illustré dans son application du Motu Proprio Traditionis Custodes par la suppression de plusieurs lieux de cultes. Il a également refusé de recevoir les représentants des groupes de fidèles de la capitale, comme il avait refusé depuis son installation de recevoir les supérieurs des instituts Ecclesia Dei, dont l’apostolat ne peut s’exercer que dans une quasi clandestinité dans le diocèse. Il a en outre pris des mesures contestables suite à la polémique provoquée par une certaine presse visant la célébration des cérémonies de Pâques à l’église Saint Eugène-Sainte Cécile en 2021.

Les fidèles parisiens attachés à la liturgie traditionnelle, de même que des prêtres du diocèse qui souhaitent pouvoir la célébrer, espèrent vivement que Monseigneur Ulrich se montrera pour eux un pasteur plus attentif et bienveillant. Ils souhaitent en particulier ne pas être considérés comme des catholiques de seconde zone, mais au contraire apporter à la vie du diocèse toute la force de leur attachement à l’Eglise.

L’Union Lex Orandi souhaite recevoir du nouvel archevêque de Paris l’assurance que l’usage de la liturgie traditionnelle sera garanti aux fidèles qui y sont attachés, par des mesures respectueuses de leur conscience et sans aucune restriction quant au bénéfice de la liturgie de 1962 pour tous les sacrements sans exception. Sur cette base, l’Union encourage les organisations de fidèles de Paris à entamer avec leur nouvel archevêque un dialogue qu’elle espère fructueux, car il va de soi que les fidèles ne peuvent pas dialoguer sous la menace d’être privés de tout ce qui fait leur bien spirituel.

Soirée de levée de fonds au Grand Rex avec Valeurs Actuelles

Valeurs Actuelles organise une grande soirée de levée de dons au Grand Rex le 30 mai, au profit de 9 associations. Chaque association présentera son projet sur scène. Une levée de dons aura ensuite lieu en direct pour soutenir le projet présenté.

« La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien », assurait le philosophe irlandais Edmond Burke. Corollairement, si ce monde tient sur ses bases, malgré tous les problèmes, les drames, les crises qui le traversent et le souillent, c’est précisément grâce aux actions de personnes formidables, c’est-à-dire de personnes normales qui ont choisi de s’impliquer pour une cause qui les dépasse.

Comme le Bien commun doit dépasser les clivages partisans, chaque association viendra expliquer en quatre minutes le pourquoi de leur engagement, le but de leur travail. A l’issue de chaque présentation, le public sera amené à proposer un don visant à soutenir telle ou telle association pour lui permettre de pérenniser son action ou de la développer. Les associations sont :

  • Les Eveilleurs,
  • L’Institut de formation politique,
  • Arcade,
  • SOS Calvaires,
  • Stop au porno
  • L’Oeuvre salésienne
  • Lejeune Académie
  • La Fondation pour l’Ecole
  • SOS Chrétiens d’Orient

L’inscription est obligatoire sur le site https://nosvaleurs.org/. Inscription gratuite avec engagement de dons au cours de l’événement.

Rien ne peut être organisé dans un lieu de culte sans l’accord explicite et préalable du curé

La justice a condamné Benjamin Ledig, qui s’était filmé sur les réseaux sociaux en train de danser lascivement dans une église de Paris. Il a été reconnu coupable de préjudice moral par une ordonnance de référé rendue le 22 avril. Le curé de la paroisse à laquelle appartient l’église Saint-Paul-Saint-Louis, dans laquelle les faits ont eu lieu, a indiqué que sa décision de porter l’affaire devant la justice ne reposait pas sur la vidéo à proprement parler (une danse provocante en crop-top dans la chapelle), mais sur le lieu où elle a été faite, sans autorisation.

Le tribunal judiciaire de Paris s’est référé à la loi 1905 garantissant la séparation des Eglises et de l’Etat, qui affirme que «toute activité autre que cultuelle doit être autorisée par le curé» ayant en charge le fonctionnement d’un édifice religieux.

De plus, il a été retenu contre le jeune homme que celui-ci a refusé de retirer les vidéos de son compte TikTok (il en a réalisé une seconde, au même endroit). Considérant cela, la justice a estimé qu’il a «manifestement porté atteinte à l’affectation cultuelle des lieux» et «a nécessairement causé un préjudice moral» au curé.

Le père Vivarès a tenu à rappeler que tous les lieux de culte en France sont des sanctuaires «et que rien ne peut y être organisé sans l’accord explicite et préalable de (leurs) responsables». «Respectons ces lieux et cette paix qui nous sont offerts et dont notre pays et ses habitants ont tant besoin».

Jean-Marie le Pen à propos d’un accord RN/Reconquête! : “J’ai toujours souhaité le rassemblement des droites”

Interrogé sur CNews, Jean-Marie le Pen a clairement pris position pour un accord ou une entente pour les législatives entre le RN et reconquête! :

«J’ai toujours souhaité le rassemblement des droites. Ce sont des gens qui sont jeunes en politique. Quand ils auront plus d’expérience, ils sauront qu’il faut oublier le passé, même immédiat, pour ne penser qu’à l’avenir»

Gilles Platret (LR) veut continuer à discuter avec Eric Zemmour, “seule bouffée d’oxygène de cette campagne”

Interrogé sur Sud-Radio, Gilles Platret, vice-président de LR, a déclaré qu’il avait été sensible “à une partie du discours” d’Éric Zemmour et estime que LR devrait continuer à discuter avec Eric Zemmour sans pour autant aller vers un accord avec Reconquête!

Et à propos de Marine Le Pen et de Robert Ménard :

S’ils n’en ont pas marre de soutenir quelqu’un qui n’a pas envie de gagner. Marine Le Pen, c’est le plus grand fake de l’histoire politique (…) Cette femme ne veut pas gagner l’élection. Elle est contente de son résultat (…)

Il faut que Ménard arrête de faire son acte de contrition tous les deux jours. Il est pitoyable. Il se contredit. Pendant huit ans, il a dit des choses et aujourd’hui il va sur tous les plateaux de télévision pour dire le contraire. Moi je veux travailler avec des gens qui ont des convictions. J’ai l’impression que Ménard en manque cruellement en ce moment”

Concernant LR :

On sentait la catastrophe arriver !” explique-t-il. Pour lui, Valérie Pécresse était “très mal entourée. Par des gens qui, immédiatement arrivés, ont essayé de doubler LR plutôt que faire confiance à ceux qui étaient sur le terrain“. Le maire de Chalon-sur-Saône soulève également un “problème programmatique. On n’a pas abordé de front le problème de l’islamisme dans cette campagne. Elle l’a mis sous le boisseau, au nom du respect de la laïcité. Or, ça ne suffit pas à régler ce problème de l’islamisme“.

Valérie Pécresse étaitune candidate dont n’émanait pas l’envie de gagnerdéplore par ailleurs Gilles Platret. Quand on a connu des bêtes politiques comme Chirac et Sarkozy, qu’on les aime ou pas, ça suintait l’envie de gagner ! Là c’était mou, artificiel ! Valérie Pécresse est une très bonne présidente de région, mais il y avait quelque chose qui manquait“. C’est pour lui “un problème d’incarnation. Aujourd’hui, nous n’avons pas l’incarnation de nos idées. Qu’on aime Monsieur Macron ou pas, il incarne quelque chose“. Il précise quand même : “Je le combats, ce n’est pas un ralliement” (…)

Les Républicains peuvent mourir demain“. “Oui, il y a une question de survie. Soit on essaie de survivre dans le cadre des législatives en restant indépendants. Soit on se fond dans le macronisme pour essayer de surnager, comme le propose Nicolas Sarkozy. La question est déjà tranchée affirme Gilles Platret. Le bureau politique a annoncé n’être fongible ni dans le macronisme, ni dans le lepénisme.

Les Républicains ne se rallieront pas à Emmanuel Macron, mais il peut y avoir des ralliements individuels“. Gilles Platret “appelle tout le monde. Par respect pour les électeurs, qu’on reste fidèle au combat qu’on a mené. Qu’on n’aille pas manger dans la gamelle de l’adversaire !” “Peut-être qu’on perdra, mais il vaut mieux perdre dans l’honneur que gagner avec la trahison !” Gilles Platret annonce : “dans les années qui viennent, je participerai à la refondation de la droite républicaine. Peut-être que je vais arrêter de travailler pour les autres et me mettre à mon propre compte“.

 

La Voie romaine arrive à Rome

Après avoir traversé la France de Paris à Nice et le nord de l’Italie, après s’être recueillies à Vézelay, à Paray-le-Monial, à Ars, à la Sainte-Baume et à Cotignac, avoir été reçues à l’abbaye Notre-Dame de Triors, à l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux et au séminaire de Gricigliano, après tant de rencontres, de prières et de grâces reçues, les marcheuses de la Voie romaine arrivent à Rome. Les mères de prêtres entreront en effet dans la Ville éternelle ce samedi 30 avril.

Vous pourrez les retrouver à 12h30 Piazzale della Villa Borghese d’où elles repartiront pour rejoindre la place Saint-Pierre (arrivée prévue vers 16h) avant d’assister à une messe d’action de grâce qui sera célébrée à l’église de la Trinité des Pèlerins à 17h30.

Nous proposons à tous les catholiques défendant la liberté du rite tridentin dans l’Église de s’associer au chapelet qui sera récité à cette intention par La Voie romaine sur la place Saint-Pierre à 17h ce dimanche 1er mai, en la fête du Bon Pasteur.

Nos marcheuses et nous tous, fidèles attachés au rite tridentin, sommes bénis dans notre projet, car le pape François a accordé à ces mères un baciamano à l’issue de l’audience générale du 4 mai. Les pèlerines seront ainsi invitées à se tenir au premier rang sur le parvis de Saint-Pierre, de part et d’autre de l’estrade où sera placé le trône du Souverain Pontife qui viendra les saluer et s’entretenir avec elles à la fin de l’audience.

C’est une belle victoire pour La Voie romaine qui pourra alors remettre au Saint-Père le coffre chargé des milliers de lettres et témoignages des catholiques qui ont été blessés par le Motu Proprio Traditionis Custodes.

Notre Espérance est grande et nous savons que cet acte de foi posé par ces mères de prêtres portera du fruit, pour la liberté du rite traditionnel et l’unité de l’Église.

 

Vivre-ensemble

Lors de la rupture du jeûne lundi 25 avril, la mosquée turque de Saint-Chamond dans la Loire a relayé des images de sa soirée. Sur l’une d’entre elles, les hommes y apparaissent d’un côté et les femmes de l’autre, séparés par une grande palissade en bois.

La colère, qui n’a pas pu s’exprimer par le vote, s’exprimera différemment

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Comme il était prévisible, le fameux « barrage à l’extrême droite » a fort bien fonctionné et la victoire d’Emmanuel Macron est nette: 58,5 % des voix. Bien sûr, il est aussi possible de regarder le « verre à moitié plein » et de constater que Marine Le Pen a réuni un nombre record de suffrages (13,3 millions, loin devant les 10,6 millions qu’elle avait réunis au deuxième tour de 2017).

On peut aussi constater que la victoire d’Emmanuel Macron est une victoire par défaut. D’abord parce que moins de 18,2 % des inscrits l’ont choisi au premier tour. Ensuite, et peut-être surtout, parce que, malgré le « front républicain», seuls 43,6% des inscrits ont voté pour lui au deuxième tour, plus de 16 millions d’électeurs refusant de choisir. C’est dire que la colère est profonde dans le pays. Les atteintes sans précédent aux libertés et la crise des gilets jaunes, sans parler des « petites phrases » insultantes, ont fait leur œuvre.

La campagne, quant à elle, n’a rien résolu, puisque ni le bilan, ni le projet n’ont été sérieusement discutés. Par conséquent, tout laisse à craindre que cette colère, qui n’a pas pu s’exprimer par le vote, s’exprime différemment. Pour le moment, je vois deux possibilités et aucune n’est vraiment réjouissante.

La première possibilité serait que cette colère s’exprime aux législatives. C’est ce que tous les opposants espèrent. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que l’histoire électorale ne leur laisse guère de raison de l’espérer. Il n’y a, à ma connaissance, pas un seul exemple, depuis 1965 et la première élection présidentielle au suffrage universel direct, d’élections législatives effectuées après une élection présidentielle qui aurait permis « d’équilibrer les pouvoirs ». Au demeurant, c’est assez logique: cela n’aurait guère de sens d’élire un président et, dans la foulée, une majorité parlementaire qui lui soit opposée. Mais, à supposer que cela soit possible, je ne crois pas que ce serait une bonne nouvelle: la seule opposition qui serait en mesure de profiter de ce vote de
rejet serait l’extrême gauche. Selon toute vraisemblance, il y aura en effet une assez large union de la gauche – alors que les droites seront divisées. Rappelons qu’en 2017, au premier tour des législatives, le RN avait recueilli un peu moins de 3 millions de voix, soit moins de 39 % de ce qu’avait réuni Marine Le Pen à la présidentielle. La seule façon pour résister au courant est d’être implanté localement et d’être uni, ce qui sera le cas d’une bonne partie des candidats de gauche et de très peu de candidats de droite.

L’autre possibilité, ce sont les émeutes «anti-fascistes» à la première occasion (probablement la réforme des retraites). Dans les deux cas, le plus vraisemblable est donc que l’extrême gauche constitue l’opposition la plus forte et la plus cohérente de ce quinquennat. Et, sans même s’interroger sur la suite des événements, les déclarations d’Emmanuel Macron, dans l’entre-deux tours et dès sa réélection, sont parfaitement explicites: il va mener une politique de gauche.

Peut-être serait-il salutaire que la droite cesse de rêver à l’homme providentiel, s’enracine localement, abandonne les anathèmes contre le voisin le plus proche. Faute de quoi, en 2027, les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans une France encore plus ensauvagée, encore plus islamisée, encore plus endettée, encore plus désindustrialisée, nous aurons de nouveau la victoire du candidat social-démocrate, voire celle de l’extrême gauche. En attendant la ruine et la disparition de notre civilisation que méprisent nos oligarques et que haïssent les envahisseurs.

De l’été 1988 à l’été 2021

Alors que le mouvement traditionaliste traverse une nouvelle période d’épreuves, le Père de Blignières livre une série d’entretiens sur Claves rappelant l’importance de cette ligne de crête, exigeante comme l’est la vérité : fidélité à la tradition et fidélité au Saint Siège. Extrait :

[…] Le traditionalisme est né en réaction à la crise dans l’Église. Les causes de cette crise se préparent dès l’après-guerre, mais la crise elle-même se manifeste de façon aiguë après le concile Vatican II, notamment dans le domaine de la doctrine de la foi, de la catéchèse et de la liturgie. L’existence de cette crise est un fait bien documenté, qui n’est aujourd’hui plus guère remis en question, à la différence du déni qui a marqué les années 60 et 70[3]. Il faut noter d’ailleurs que bien des catholiques (et même certains non-catholiques) ont réagi contre la diminution des vérités de la foi, contre le primat de la pastorale sur la doctrine, et contre la décadence de la liturgie. On pourra se reporter, à titre d’exemples parmi beaucoup d’autres, aux livres de Jacques Maritain[4] ou d’Étienne Gilson[5], et à la pétition présentée à Paul VI par des artistes et écrivains de haut niveau pour le maintien de la liturgie traditionnelle (qui a abouti en 1971 à l’indult dit « Agatha Christie[6]»).

Le traditionalisme se dessine dans les années 50, avec notamment la lutte contre les nouvelles méthodes catéchétiques, l’opposition à la résurgence d’une théologie imprégnée de modernisme, le combat contre les influences marxistes au sein de l’Église. On peut dire qu’il se concrétise en deux temps :

  • À l’issue du concile, par la position exprimée dans la revue Itinéraires (position qui était aussi celle de l’abbé V.-A. Berto, qui fut au concile le théologien de Mgr Lefebvre), énonçant le principe de recevoir les actes du concile « en les interprétant dans l’esprit et à la lumière des enseignements antérieurs du magistère »[7] ;
  • En 1969 et 1970, lorsque la nouvelle messe est introduite de façon à supprimer l’ancienne, avec les réactions dont le Bref Examen critique du Nouvel Ordo Missæ, présenté par les cardinaux Ottaviani et Bacci, est le plus connu.

Depuis cette date, la question de la possibilité de la réception du concile à la lumière de la tradition, et le jugement critique sur la réforme liturgique, ont constitué (avec de nombreuses et importantes nuances) les deux pôles du positionnement traditionaliste.

Quel était le rôle de Mgr Lefebvre durant cette période ?

Il importe de relever que, contrairement à ce que beaucoup croient aujourd’hui, le traditionalisme n’a pas été fondé par Mgr Marcel Lefebvre, et qu’il ne se réduit pas à la FSSPX. Nombreux sont (surtout en France, pays qu’un évêque qualifiait récemment de « réacteur nucléaire du traditionalisme ») les revues, les personnalités laïques et les prêtres[8] qui, dès avant le concile et dans les années qui le suivent, militent pour le maintien des pédagogies traditionnelles. Ils s’opposent à un esprit nouveau ruineux pour la foi et qui sape la vitalité de l’Église, notamment en vidant les séminaires et les instituts religieux. Toute une résistance traditionnelle aux déviations modernes se développe. La pensée catholique classique qui s’exprime dans cette résistance est variée et elle est loin de se réduire à une réaction aux abus. Mais la hiérarchie ne la prend pas en considération (et elle y répond souvent par des mises en garde ou des condamnations). Les intellectuels progressistes, à de rares exceptions près[9], ne cherchent pas le dialogue. Madiran rappelle en 1989 ce que les collaborateurs de sa revue ont accompli, en toute indépendance (même si existaient des liens personnels amicaux) par rapport à Mgr Lefebvre et à son œuvre.

 Il est d’autres prêtres, il est d’autres laïcs, et surtout il est un courant de pensée militante, le nôtre, constitué en lui-même, antérieur à Écône et non pas disciple d’Écône ; absolument distinct d’une institution éconienne et d’un mouvement lefebvriste dont je ne souhaite, ni qu’ils soient traités comme un schisme, ni qu’ils le deviennent, mais qui assument évidemment ce double risque.  […] Contre l’esprit nouveau, contre la nouvelle religion, nous professons ce que l’Église a toujours professé, et déjà (en partie) la philosophie naturelle : la primauté de la contemplation sur l’action, de la dogmatique sur la pastorale, de la tradition sur l’innovation. Dans cette ligne, à cette condition, nous ne croyons pas impossible de recevoir et d’interpréter le concile Vatican II à la lumière de la tradition[10].

Pour la crise liturgique, qui commence avec les premières réformes de 1964, relevons un élément important, qui se situe aussi en dehors de l’influence de Mgr Lefebvre. C’est cette résistance de prêtres et de laïcs, qui prolonge sur le terrain les prises de positions des théologiens traditionnels. J’ai connu personnellement plusieurs de ces « résistants de la base ». Dans son enquête historique, Yves Chiron relève qu’il y eut, à l’initiative de laïcs, de nombreuses créations d’« Associations Saint-Pie-V », à la suite de la promulgation du nouvel Ordo, et lorsque les condamnations de Mgr Lefebvre donnèrent un énorme écho médiatique à la question traditionnaliste.

 Dans les faits [en 1969-1970], c’est la « résistance » de la base qui a permis que la messe traditionnelle perdure malgré les interdits de Rome, des Conférences épiscopales ou des diocèses. […] [À] partir de l’été 1976, de nombreuses associations de catholiques attachés à la liturgie traditionnelle furent créées dans toute la France, s’ajoutant aux dizaines qui existaient déjà. Ces associations locales, au nom souvent identique, ne furent pas suscitées par la Fraternité Saint-Pie-X, dont l’implantation était encore très faible. […] Les associations traditionalistes qui se créèrent étaient dues à l’initiative de fidèles qui voulaient soutenir le prêtre de leur paroisse encore attaché à cette liturgie ou un prêtre qui avait été marginalisé par les autorités diocésaines à cause de cet attachement et qui célébrait la messe dans un lieu de culte improvisé[11].

Conformément à son charisme épiscopal, Mgr Lefebvre jouera évidemment, à partir de la fondation de la FSSPX à Fribourg en 1970, et encore plus à partir de ce que Jean Madiran appellera à bon droit sa « condamnation sauvage » en 1975[12], un rôle très important dans le développement et l’évolution de ce courant religieux. Ce serait cependant une grave erreur que de réduire l’opposition d’inspiration traditionnelle à la crise dans l’Église à sa personne et à son œuvre. Citons de nouveau Jean Madiran :

[Dans le domaine où s’exerce l’activité de la revue], Itinéraires n’a jamais suivi Mgr Lefebvre, elle n’a jamais eu à le suivre pour la simple raison qu’elle l’a précédé. Les refus majeurs opposés à l’évolution conciliaire : le refus publiquement motivé du nouveau catéchisme en 1968, celui de la nouvelle messe en 1969-1970 ont été prononcés par d’autres que Mgr Lefebvre et sans qu’il s’en soit mêlé ; pour sa part, il travaillait dans le silence, sans participer aux controverses et aux débats ; ce sont les attaques contre son séminaire d’Écône qui l’ont amené, peu à peu et tardivement, à énoncer et défendre publiquement les principes et positions qui inspiraient son œuvre de formation sacerdotale, œuvre initialement discrète, quasiment monacale[13].

Propagande LGBT : Facebook condamné par la Russie

La justice russe a condamné mardi 26 avril le groupe américain Meta, maison-mère de Facebook, à quatre millions de roubles d’amende, soit 50.200 euros, pour n’avoir pas supprimé des publications LGBT.

La Russie a adopté en 2013 une loi contre la propagande homosexuelle auprès des mineurs, qui a permis d’interdire les horribles marches LGBT.

Mgr Ulrich nommé archevêque de Paris

Mgr Laurent Ulrich a été nommé archevêque de Paris par le Pape François.

Monseigneur Laurent Ulrich est né à Dijon le 7 septembre 1951. Il a été ordonné prêtre pour le diocèse de Dijon le 2 décembre 1979. Il  a été nommé archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et de Tarentaise le 6 juin 2000. Il a été transféré au siège de Lille le 1er février 2008.

Il est actuellement Président du Conseil des évêques de France pour l’Enseignement Catholique.

L’installation de Monseigneur Laurent Ulrich aura lieu le lundi 23 mai, à 18h30, en l’église Saint-Sulpice.

Une nouvelle méthode scientifique date le linceul de Turin de 2000 ans

Une nouvelle technique de datation par rayons X confirme que le Saint-Suaire de Turin daterait de l’époque de la mort et de la résurrection du Christ. C’est ce qui ressort de l’étude « X-ray dating of a linen sample from the Shroud of Turin » (Datation par rayons X d’un échantillon de lin provenant du Linceul de Turin) dirigée par un spécialiste du Linceul de Turin, le scientifique du CNR italien Liberato De Caro, et dont les conclusions ont été publiées le 11 avril.

Accompagné d’une équipe de chercheurs et en collaboration avec le professeur Fanti de l’Université de Padoue, Liberato De Caro a utilisé une méthode de « diffusion des rayons X aux grands angles » pour examiner le vieillissement naturel de la cellulose se trouvant dans un échantillon du linceul de Turin. Et il est formel : le Saint-Suaire est bien plus vieux que les sept siècles que lui avaient accordés les scientifiques qui avaient procédé en 1988 à une datation au carbone 14. Il aurait en réalité bien 2.000 ans.

Liberato De Caro détaille sa démarche scientifique :

« Nous avons mis au point une méthode permettant de mesurer le vieillissement naturel de la cellulose de lin à l’aide de rayons X, puis de le convertir en temps écoulé depuis la fabrication. Cette nouvelle méthode de datation, basée sur une technique appelée Wide Angle X-ray Scattering (WAXS), a d’abord été testée sur des échantillons de lin déjà datés par d’autres techniques, sur des échantillons n’ayant rien à voir avec le Linceul, puis appliquée à un échantillon prélevé sur le Linceul de Turin. Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue internationale Heritage après un mois de préparation et d’examen par ses pairs et ont également été mis en évidence sur le site web du Conseil national italien de la recherche.

Qui peut accepter une présence militaire à sa frontière ?

Certains ont le droit mais pas d’autres :

Les Etats-Unis ont prévenu les îles Salomon qu’ils riposteraient « en conséquence » si la Chine installait une « présence militaire permanente » dans l’archipel, après la signature d’un accord de sécurité, mardi dernier, entre les deux pays.

Les Etats-Unis ne pourraient pas supporter une présence militaire chinoise à 10.000 km de leur côte pacifique.

Mais les Russes devaient accepter une présence militaire américaine à leur propre frontière…

Délicatesse publicitaire

Je n’avais pas réagi à cette campagne odieuse, diffusée en pleine Semaine Sainte, pour ne pas ajouter du scandale.

Mais il n’est pas trop tard pour demander des explications à cette société, qui éprouve le besoin de choquer les catholiques lors des jours les plus sacrés de l’année liturgique, en écrivant à [email protected]

Pour vendre des steaks végétaux, ils sont obligés d’habiller la sœur en habit traditionnel pour permettre de l’identifier.

“Le prêtre n’est pas là pour faire mais pour être”

Entretien avec le cardinal Robert Sarah, de passage ce week-end à Nancy :

Société de propagande : le rôle des médias dans la réélection de Macron

Analyse de Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia et soutien politique d’Éric Zemmour, à propos du rôle des médias dans la campagne :

1- Le duel Macron-Le Pen tu installeras

Dès le printemps 2021, le scénario de l’élection présidentielle de 2022 a été mis en place. Sur fond de gauche explosée et de LR divisé, les premiers sondages ont annoncé un duel Macron/Le Pen pour le second tour. Or les sondages ne sont pas des simples photographies, ce sont aussi des prophéties auto réalisatrices : si deux postulants sortent en tête on en parle, et en parlant on les conforte dans leur position dominante, et ainsi de suite. C’est le cercle vertueux de la notoriété. Et au cas particulier le schéma idéal pour la réélection de Macron… .

2- Les limites du politiquement correct tu imposeras

En principe les débats sont libres en France. En réalité il est seulement permis de débattre tranquillement à l’intérieur du cercle des convenances politiquement correctes. Si vous êtes pour la « transition énergétique », le progressisme sociétal, l’ouverture des frontières et le « vivre ensemble », tout ira bien pour vous : vous obtiendrez facilement la parole et vous serez interrogés courtoisement. Mais attention ! Toute tentation transgressive vous voudra invisibilisation ou diabolisation. Toute prise de parole dissidente ne pourra se faire que sur un fond d’hostilité dans le but de vous faire passer pour agressif. Avec le risque permanent d’être accusé de « dérapage ». Comme l’exprime François Bousquet : « Le vrai pouvoir, c’est la production de la parole autorisée. Il n’y en a pas d’autre. Cela s’appelle la fenêtre d’Overton. »

3- Du Covid tu parleras un peu, beaucoup, passionnément…

2000 morts (le nombre de décès journaliers en hiver), c’est de la statistique ! Mais cent morts dû au ou avec le Covid, cela émeut à coup de déclarations ministérielles, de Une du JT de 20 heures et de bandeau défilant sur les chaines en continu. Une vraie technique d’ahurissement monopolisant les conversations, soudant derrière le « chef de guerre » et marginalisant tout vrai discours politique. Avec la complicité des médias l’exécutif a calé les mesures sanitaires sur ses intérêts électoraux, en sidérant et en enfermant d’abord, en libérant ensuite à deux mois de l’échéance électorale.

4- Zemmour tu diaboliseras

A l’automne, Eric Zemmour est entré dans ce dispositif comme un chien dans un jeu de quilles. Avec la ferme volonté d’inviter dans la campagne les thèmes de la survie de la France et des mesures à prendre face au Grand Remplacement et au Grand Déclassement. Après une entrée en fanfare et en seulement quelques semaines les médias sont passés du léchage au lâchage puis au lynchage. A chaque fois qu’il approchait les 15% dans les sondages, Zemmour était victime d’un intense bombardement médiatique : en octobre/ novembre pour sa prétendue misogynie et son pétainisme supposé, en janvier pour une cabale autour du handicap, fin février pour un procès en poutinophilie et en inhumanité.

5- Marine Le Pen tu ménageras (provisoirement…)

La présence de Zemmour a servi à Marine Le Pen de paratonnerre : puisqu’il y avait plus méchant qu’elle on pouvait expliquer qu’elle avait changé, de style, d’idées, de comportement (y compris en « Une » de VSD) et lui permettre de faire campagne tranquillement pendant que les milices violentes d’extrême gauche s’acharnaient sur Zemmour, sous l’œil attentif de la caste journalistique.

6- Le thème du pouvoir d’achat tu imposeras

Très vite, il est apparu nécessaire d’évacuer les thèmes civilisationnels et identitaires de même que celui du Grand Déclassement (industriel, éducatif, stratégique) : trop dangereux, pire trop politique. Et c’est ainsi qu’avec l’aide des sondeurs, le thème du pouvoir d’achat a été imposé dans la campagne. Facile pour le pouvoir d’achat de sortir en tête des préoccupations des Français : ce n’est pas clivant (cela ne mange pas de pain, si l’on peut dire…) et cela concerne tout le monde, depuis le gilet jaune qui doit renoncer à un plein d’essence jusqu’au communicant qui doit se priver de sa deuxième Rolex. C’est ainsi qu’à partir de janvier tous les débats électoraux tournent autour de cette question : les trois M – Macron, Mélenchon et Marine – sortant le chéquier plus vite que leur ombre. Sans que jamais un journaliste ( ?) ne s’avise de poser la question suivante : « comment financez-vous cela ? » Alors que quiconque s’aventure à parler de protectionnisme, de contrôle de l’immigration ou de vraies mesures sécuritaires se heurte à une rafale d’objections.

7- Macron tu ne questionneras pas

Après 5 ans de pouvoir les Français étaient en droit d’attendre un débat sur le bilan d’Emmanuel Macron. Mais le candidat sortant a choisi une stratégie d’évitement en utilisant le Covid jusqu’à mi-février puis la guerre russo-ukrainienne lorsqu’elle survint. Les médias se sont prêtés à ce sujet en étant monothématiques, sinon obsessionnels. Et en se gardant d’aborder les sujets qui fâchent : la dette, le déficit commercial astronomique, les scandales (Mac Kinsey, Alstom, etc.), l’insécurité, l’immigration hors de contrôle. Et le moins qu’on puisse dire c’est que lors des rares fois où Macron fut face à des journalistes ceux-ci se gardèrent bien d’être incisifs.

8- Macron tu protègeras

Les médias sont même allés plus loin. Ils ont considéré toute attaque un peu vive de Macron comme un « dérapage ». A l’issue de son meeting de Villepinte (novembre), Éric Zemmour fut accusé « d’attaques d’une rare violence » ‪pour avoir qualifié, Macron de « mannequin de plastique », de « masque sans visage », d’ »automate dans un labyrinthe sans fin » et d’ »adolescent qui se cherche » ». Et le succès de son rassemblement au Trocadéro (mars) fut médiatiquement occulté par quelques cris de « Macron assassin » lancés par des militants (légitimement) indignés par sa politique sécuritaire.

9- La guerre d’Ukraine tu exploiteras

Le 24 février, la Russie envahit l’Ukraine et l’épidémie de Covid disparaît des écrans. La guerre russo-ukrainienne porte le « chef de guerre » Macron au pinacle et place la campagne entre parenthèses. On n’en parle plus et quand un candidat est invité dans un média c’est pour être interrogé sur l’Ukraine sachant qu’une seule position est permise: la reprise du point de vue de l’OTAN et des éléments de langage du gouvernement ukrainien. A ce petit jeu le maintien d’un peu de dignité gaulliste coûtera cher à Éric Zemmour qui décrochera dans les sondages avant d’être frappé par le « vote utile ». Bien sûr, la guerre est un grand malheur mais pas pour ses grands profiteurs, y compris électoraux.

10- Marine Le Pen tu rediaboliseras

Si l’on pouvait encore nourrir un doute sur l’existence d’une véritable stratégie de campagne de la part des médias, ce qui s’est passé pour le second tour le dissiperait. Avant le 10 avril Marine Le Pen est une «  candidate qui a changé », « sensible aux préoccupations des Français et à la question de leur pouvoir d’achat », «  qui mène une belle campagne » et pour laquelle somme toute on peut voter. Tout change au soir du 10 avril. La diabolisation revient : au petit trot d’abord, au galop ensuite. La seule nouveauté c’est que l’élément diabolisateur n’est pas Pétain mais Poutine, le «  nouvel Hitler », il est vrai. Oubliés avant le premier tour le prêt russe accordé au Rassemblement national et la poignée de main de la candidate avec le président russe sont à la une. Dès lors rien n’est épargné à la «  candidate d’extrême droite » dont les propositions sont désormais disséquées. Lors du débat du 20 avril des armées de «  fact checkers » traquent la moindre imprécision de Marine Le Pen tandis que les gros bobards (sur les travailleurs frontaliers par exemple) et les gros nanards du président sortant passent chrême. Les médias sont univoques. Au fait comment appelle-t-on un pays où lors d’une élection TOUS les journaux donnent la même consigne de vote?

Conclusion : post démocratie et société de propagande

Bien sûr cette description sombre de la pensée unique médiatique n’exclut pas de petits coins de ciel bleu : des journalistes s’efforçant à un minimum d’objectivité et des débats parfois ouverts sur certaines chaînes d’info en continu. Mais pour une élection présidentielle à forte participation électorale l’essentiel se joue ailleurs : sur les grands médias, les médias de grand chemin, TF1, France2, France3, M6, dont l’ensemble des JT touchent 16 millions de spectateurs. Des spectateurs-électeurs par ailleurs conditionnés par des publicités, des feuilletons et des séries d’inspiration progressiste, sinon wokiste…

Nous vivons en post-démocratie, dans une société de propagande où l’appareil de contrôle sur les esprits n’a jamais été aussi puissant. On peut douter dans ces conditions de la possibilité d’un quelconque réel changement par les urnes tant il y a une maîtrise du calendrier et des sujets de l’élection, par les grands médias et les organes de communication. Comme l’a exprimé, le 2 avril 2022, l’hespérialiste David Engels au IXe colloque de l’Institut Iliade :

« Ne nous trompons pas : ce n’est pas par le biais de processus démocratiques conventionnels que nous obtiendrons la victoire […] parce que l’ensemble du système politique actuel, malgré le pluralisme formel, est si unilatéralement dominé par le libéral-gauchisme qu’il rend une victoire électorale globale de la “droite” impossible dans les faits et ne peut donc être qualifié de démocratique que dans une mesure limitée. Qu’il s’agisse de l’orientation gauchiste des médias, de l’école, de l’université, du monde professionnel, des institutions de l’État ou des fonctions politiques : partout, la synchronisation idéologique est telle que seules des infimes nuances de gauchisme semblent être tolérées, tandis que tout mouvement patriotique culturel est soit étouffé, soit désintégré de l’intérieur, soit discrédité ou éradiqué. »

Le Messie, l’islam et l’Antichrist

En ce temps pascal où nous célébrons la victoire du Messie, l’abbé Pagès évoque l’islam :

Le mot Messie vient de l’araméen meshi’ha, qui, traduit en grec, a donné Christos, d’où le mot Christ, en sorte qu’en français on dit équivalemment de Jésus qu’Il est le Christ ou le Messie. Mais qui donc est le Messie ?

Si nous interrogeons le peuple juif, créé tout exprès par Dieu pour donner au monde le Messie, nous apprenons que le Messie, qu’ils attendaient et attendent toujours (Jn 8.31-47), est le Sauveur du monde (Gn 49.10 ; Dt 18.15-20 ; Is 9.6-7 ; 42.1-4 ; 49.6 ; 66.18+ ; Jr 31.31 ; Ez 36.36 ; Dn 2.39-45 ; 7.13-14 ; 9.24-26 ; Jonas).

Si nous interrogeons les chrétiens qui ont reconnu, eux, en Jésus de Nazareth, le Christ, nous apprenons que le Messie apporte au monde non pas un salut matériel et temporel ― comme en ont toujours rêvé et en rêvent les Juifs ―, mais le vrai salut, éternel parce que spirituel, le Royaume même de Dieu (Jn 18.37), qui est Esprit … Notons que si la foi chrétienne donne le salut, cela ne l’a pas empêché de fructifier aussi en ce monde par toutes sortes de bonnes œuvres ayant rendu la vie plus humaine et donc plus heureuse, ce dont nous continuons à bénéficier malgré les criminelles attaques de l’Antichrist s’efforçant de les détruire.

Si nous interrogeons les musulmans, nous apprenons que le Coran, gardant la trace de la foi chrétienne, affirme, lui-aussi, que Jésus est le Christ, le Messie (Coran 4.157,171,172 ; 5.17,71,72 ; 9.31) … qui ne peut être réduit à un simple prophète (Coran 4.171 ; 5.75), aussi vrai qu’il y a plusieurs prophètes, mais un seul Messie. Puisque même pour le Coran Jésus est le Messie, quelle peut être alors la raison d’être de l’islam, sinon celle de l’Antichrist (1 Jn 2.22), venant APRES le Christ pour détourner les gens du salut donné seulement par le Messie, vrai Dieu et vrai homme (Coran 3.55) ? Il suffit de voir les musulmans s’en remettre au destin (« Inch’Allah ! ») ou s’efforcer de plaire à Allah par des pratiques aussi nombreuses que pointilleuses pour comprendre que l’islam tente de cacher ainsi à leurs yeux la perte du salut par le simulacre d’une vie religieuse : ne pas manger de porc, ne pas boire d’alcool, ne pas porter de vêtement plus bas que les chevilles, se voiler, entrer dans les toilettes du pied gauche, etc. Cette apparence de soumission à la Volonté de Dieu, cette chimère de vie religieuse, permettent de leur faire accepter n’importe quoi, au motif qu’Allah, qui ne se montre jamais, le demande …

Aussi vrai que la parole révèle le cœur (Mt 12.34), et que la Parole de Dieu révèle Dieu, rejeter le Messie qui est la Parole éternelle de Dieu (Coran 3.45 ; 4.171 ; 19.34) prive de la connaissance de Dieu et voue donc à la perdition. Les musulmans passent leur vie sous le regard menaçant d’un dieu incompréhensible, arbitraire, cruel, terrorisés à la pensée d’aller en Enfer… car Allah égare qui il veut (Coran 7.178,186 ; 10.108 ; 13.27 ; 14.4 ; 17.97 ; 18.17 ; 30.29 ; 35.8 ; 39.23,36 ; 40.33 ; 42.44,46 ; 74.31) !

Alors que le Chrétien vit dans la foi et la joie d’être déjà sauvé (1 Jn 5.13) ― à condition de garder fidèlement jusqu’à la mort la vie éternelle reçue lors du baptême ―, le musulman vit dans la peur constante de l’Enfer. Autrement dit, le musulman vit comme si le Christ n’était pas venu ! Et c’est pourquoi l’islam est un Antichrist, qui n’a de cesse de détruire l’œuvre du Christ (Ap 12.3) en ramenant les âmes au temps d’avant la venue du Christ, au temps du judaïsme … Comme si le Christ n’était pas venu !

A propos du prêtre poignardé à Nice

Quelques détails sur l’agresseur interpellé dimanche :

Interpellé par la police en possession d’un couteau qu’il aurait acheté récemment, l’agresseur, un certain Kevin R. a spontanément déclaré qu’il était « de confession juive » et qu’en ce jour d’élections, il voulait « tuer Macron », mais qu’il s’était finalement rabattu sur une église, indique l’AFP en citant une source policière. Manifestement bipolaire, ce français d’une trentaine d’années inconnu des services de police avait plusieurs fois séjourné à l’hôpital Sainte-Marie de Nice pour des troubles psychiatriques. « Les mobiles du passage à l’acte sont difficiles à établir, a affirmé quant à lui le procureur de la République Xavier Bonhomme. L’enquête a été confiée à la police judiciaire et le parquet national antiterroriste a été informé ».

Une religion incarnée

Lu sur Claves à propos des grandes processions des litanies majeures et des Rogations:

[…] Bien loin de se réduire à un hypothétique marchandage avec le Ciel, la prière de demande est donc porteuse d’une forte dimension religieuse, en tant qu’elle exprime la révérence envers Dieu. Les prières publiques en vue de l’obtention de biens temporels, telles les processions des litanies majeures et des Rogations, permettent d’« incarner » cette dimension religieuse, conformément à la nature tout à la fois spirituelle et corporelle de l’homme. Il s’agit en effet de sanctifier le temps, l’espace et l’activité humaine, de les rendre sacrés. Lorsque l’on bénit un troupeau, que l’on parcourt les champs en chantant des litanies ou que l’on invoque la protection divine sur les moissons à venir, les biens demandés à Dieu lui sont en même temps consacrés. Avec eux, c’est toute l’activité humaine qui lui est consacrée et qui, par le fait même, reçoit sa plus profonde signification. Par contraste, l’effacement de ces rites va de pair avec la perte de signification de l’activité humaine :

Le travail agricole dans une société désacralisée […] est devenu un acte profane, justifié uniquement par le profit économique. On laboure la terre pour l’exploiter, on poursuit la nourriture et le gain. Vidé de symbolisme religieux, le travail agricole devient à la fois “opaque” et exténuant : il ne révèle aucune signification, ne ménage aucune “ouverture” vers l’universel, vers le monde de l’esprit.

L’existence de rites similaires dans les religions païennes, loin de jeter la suspicion sur les processions des litanies majeures et des Rogations, indique que le christianisme a su assumer sans complexes ce qui, dans le paganisme, répondait aux aspirations profondes de l’homo religiosus.

Réforme des retraites : du référendum au 49.3 en 2 semaines

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. On connaît la musique.

Avec Macron, et non pas avec vous, les promesses sont abandonnées plus rapidement qu’avec ses prédécesseurs.

On peut aussi supprimer les élections.

Elon Musk rachète Twitter

L’oiseau bleu change de propriétaire. Le conseil d’administration de Twitter a annoncé avoir accepté l’offre de rachat déposée il y a à peine deux semaines par le patron de Tesla et de SpaceX. Elon Musk n’a pas dévié de son prix, «définitif et le meilleur» qu’il puisse proposer, de 54,20 dollars l’action soit une valeur totale de 44 milliards de dollars.

Verra-t-on le retour de la liberté d’expression sur ce réseau, où il est interdit de critiquer l’islam, ce qui m’a valu d’en être exclu ?

Reconquête doit présenter des candidats dans les 577 circonscriptions

Eric Zemmour a proposé un accord à la candidate du Rassemblement national mais le RN a écarté toute alliance avec lui. Dans la psychologie des Le Pen, une main tendue est un signe de faiblesse. Jordan Bardella a assuré ne pas avoir l’intention de « s’enfermer dans une alliance avec Reconquête ! ». Louis Aliot a réagi à son tour :

« Éric Zemmour a été un homme du système toute sa vie. Je pense qu’il faut qu’il dégonfle sa tête, qui est énorme, et qu’il arrête d’insulter les gens. Pour une première, lui, on ne peut pas dire qu’il ait brillé. »

Sébastien Chenu a ajouté :

« On n’est pas du tout sur l’idée de l’union des droites. Nous, on est pour une grande union des patriotes. [Éric Zemmour] a fait 7 %, il devrait se rappeler que la politique, c’est l’école de l’humilité. »

Selon certaines projections, une union permettrait d’envoyer plus de députés que si chacun présentait ses candidats. Mais ces estimations sans sans doute surestimées pour le RN, comme en 2017 :

Mais Marine Le Pen a une boutique à faire tourner et c’est à cela que sert son parti, qui refuse systématiquement toute alliance et préfère les ralliés aux alliés. Chaque voix rapporte en moyenne 1,42 euro. Il faut avoir obtenu au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions et afficher une parité absolue.

Quant à Jordan Bardella, il ne sait pas compter : Marine Le Pen a pris 8 points en 5 ans et non 10, donc non la prochaine fois ne sera pas la bonne. Ce sera encore moins la bonne, qu’Emmanuel Macron sera alors remplacé par un nouveau candidat, sans bilan, qui fera régresser la candidate RN…

Après avoir tué LR, Reconquête doit désormais tuer le RN et pour cela, présenter des candidats partout.

Il y a de l’UE dans le gaz

Quand l’UE fâchée, elle toujours faire ainsi :

source

Portraits à l’acide

Frère du commandant Jacques-Yves Cousteau, Pierre-Antoine Cousteau (1906-1958) fut un journaliste et écrivain politiquement incorrect. Les éditions Via Romana publient une série de portraits et entretiens, souvent inventés, de personnalités françaises et étrangères. Pierre-Antoine Cousteau, dernier rédacteur en chef de Je suis Partout, condamné à mort en 1946, libéré en 1953, est mort en décembre 1958 à 52 ans. Humour noir, ironie et second degré ne sont plus vraiment prisés par nos journalistes, lesquels se sentent aujourd’hui investis d’une mission de moralistes.

Son portrait de Charles de Gaulle est à lire en intégralité. En voici un aperçu :

Entendons-nous : pendant tout l’entre-deux-guerres, la politique russe a été limpide. Elle a consisté […] à éloigner des frontières de l’Union une menace d’invasion et à tout faire pour que le conflit éclatât le plus loin possible : à l’ouest et non à l’est de l’Europe, pour que les capitalistes s’épuisassent en boucheries fratricides. Ensuite, les bolchéviques n’auraient plus qu’à ramasser les morceaux.

Le pacte Ribbentrop-Molotov n’a pas d’autre sens. Seulement, ce calcul a été déjoué par la rapide défaite de la France. L’Allemagne ne s’est pas usée de Sedan à Bidassoa. Ses forces se sont accrues. Les Russes en ressentent tout le poids et s’en épouvantent. Leur intérêt vital est que les armées allemandes soient retenues à l’Ouest. Pour inefficace qu’il soit, l’appel du 18 juin sert ce dessein. […] Or les appels quotidiens de la BBC ont créé en France un climat de guerre civile. […] Or que fait le général du 18 juin ? Il s’acharne, derrière son micro surélevé de la BBC, à décerner des brevets de patriotisme français aux patriotes russes de langue française qui luttent pour l’Union soviétique.

[…] lorsque le général français du 18 juin blanchit le déserteur Maurice Thorez, lorsqu’il en fait son vice-président du Conseil, est-ce l’intérêt de la France ou l’intérêt de l’URSS ?

Lorsque le général du 18 juin se précipite à Moscou en 45 pour signer avec Staline un pacte qui n’apporte rien à la France, mais qui brise la solidarité des Occidentaux (espoir suprême du Kremlin), à qui cela sert-il ? […]

En matière coloniale, c’est tout aussi net. Le discours de Brazzaville et l’abandon de la Syrie préfigurent la liquidation de l’Empire.

En pleine guerre d’Indochine, le général du 18 juin n’a-t-il d’ailleurs pas tenu à affirmer devant la presse parisienne qu’il ne considérait pas comme une “agression” l’action des communistes (Russes, Chinois ou Français) contre nos soldats du Corps expéditionnaire ? Aucune hargne contre l’URSS. Toute la hargne contre les Américains “trop nombreux en Europe”. L’Huma ne parle pas autrement : “US go home !”

Ce bref rappel de l’action politique de l’homme du 18 juin ne laisse place à aucune équivoque. Cet individu a servi plus utilement, plus constamment l’Union soviétique que n’aurait jamais pu le faire M. Thorez ou M. Duclos.

« Le virus woke rend Netflix irregardable »

Le 19 avril, sur Twitter, Netflix a annoncé avoir perdu des abonnés pour la première fois depuis dix ans. L’action a chuté de 20 %.

Elon Musk a évoqué ce qui, selon lui, pourrait expliquer la situation. « Le virus woke rend Netflix irregardable », a estimé le fondateur de Tesla et SpaceX.

Hier, Elon Musk a demandé le retour du compte Twitter de Donald Trump :

Après avoir acquis 9,2 % du capital de Twitter, le PDG de Tesla et SpaceX a annoncé son intention de racheter Twitter pour 43 milliards de dollars réglés en cash. Elon Musk affirme que racheter Twitter permettrait d’en faire une plateforme « inclusive pour la liberté d’expression », ce qui est « extrêmement important pour l’avenir de la civilisation ». Le réseau social a rejeté la première offre d’achat. D’après The Wall Street Journal, des sources proches de l’affaire ont affirmé que Twitter reconsidère la proposition d’achat. Des responsables de la plateforme auraient même rencontré Elon Musk pour en discuter. Ce retournement de veste fait suite à l’annonce d’Elon Musk la semaine dernière. Il a confirmé avoir sécurisé la somme de 46,5 milliards de dollars de la part de banques et d’autres entités pour racheter Twitter.

“Scrutin après scrutin, la question du poids électoral des retraités devient centrale, car nous sommes dans une société qui vieillit”

De Jérôme Fourquet interrogé par Eugénie Bastié dans Le Figaro :

Le centre de gravité de la vie politique française est-il passé à gauche ?

Pas vraiment. Si on le fait total Zemmour, Le Pen et Dupont-Aignan, cela représente plus de 30 % en faveur de la droite nationale. Parallèlement, Emmanuel Macron avec ses près de 28 %, affiche un positionnement idéologique nettement plus à droite qu’en 2017. Il a d’ailleurs perdu une partie de son électorat de gauche cette année, qui a été plus que remplacé par l’apport d’électeurs de droite. Ainsi, 45 % de l’électorat de Sarkozy du premier tour de 2012 ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour cette année. Alors certes, Mélenchon a fait un assez gros score, mais il a été porté par une mécanique de vote utile, qui a quasiment tout siphonné à gauche. Et ce bloc mélenchoniste est aujourd’hui minoritaire face aux deux blocs macroniste et de la droite nationale.

Au clivage sociologique et géographique s’est ajouté un nouveau clivage, le clivage générationnel, avec des retraités votant à une écrasante majorité pour le président sortant. Ce clivage est-il appelé à se creuser ?

Historiquement, il y a toujours eu des différences très marquées, l’électorat âgé a toujours été l’apanage de la droite classique, tandis que le monde du travail votait plutôt à gauche. La vieille gauche et la vieille droite ayant disparu, ce clivage se recompose autrement. Au premier tour, Macron fait 39 % chez les plus de 65 ans, quand Le Pen est à 18 % et Mélenchon à seulement 13 %. Macron a mené une véritable OPA sur ces seniors, qui demeuraient le dernier carré fidèle de la droite depuis 2017. Les 65 ans et plus se sont ralliés à lui par légitimisme (vote en faveur du président sortant dans un contexte de crise) mais ont aussi été séduits par une proposition catégorielle majeure, les retraités étant la seule catégorie de la population acquise à l’allongement de l’âge de départ à la retraite. L’annonce de la réforme des retraites, quasiment seule mesure mémorisée avant le premier tour, lui a fait gagner au premier tour 13 points chez les retraités par rapport à 2017 et deux tiers des seniors ont voté pour lui au second tour, alors que le rapport de force s’établissait autour du 50 %-50 % auprès des 25-50 ans. Marine Le Pen, elle, s’adresse principalement à la France en âge de travailler. Scrutin après scrutin, la question du poids électoral des retraités devient centrale, car nous sommes dans une société qui vieillit. De la même manière que les seniors constituent une cible stratégique sur le marché automobile (un véhicule neuf sur deux est acheté par un retraité), ils sont devenus un électorat incontournable pour espérer l’emporter. La défaite de Marine Le Pen s’explique ainsi par son incapacité à réduire son écart avec Emmanuel Macron dans ce secteur stratégique, véritable armée de réserve macroniste. Ce fort soutien émanant des seniors explique par ailleurs le caractère relativement homogène de la géographie du vote Macron. Au premier tour, il disposait en effet partout d’un matelas minimum de 15-20 % de voix, lié à la présence sur le territoire des retraités, répartis de manière nettement plus homogène que les cadres ou les ouvriers.

L’ abstention importante qui caractérise ce second tour de présidentielle. Cela présage-t-il d’un quinquennat difficile, avec une perpétuelle remise en question dans la rue de la moindre réforme du président élu ?

L’abstention, et les bulletins blancs et nuls (il y en avait déjà eu 4 millions en 2017, soit 10 % des votants) ont battu des records. Une part importante de la population n’a donc pas voulu donner de blanc-seing au président face à Marine Le Pen. Parallèlement, cette dernière parvient à un niveau plus élevé qu’en 2017, en raison de sa stratégie de dédiabolisation, mais aussi en ayant capté un antimacronisme qui n’était qu’embryonnaire en 2017. Au premier tour, le total des partis contestataires a atteint un niveau inégalé de plus de 50 %. La fracture sociale et géographique ne cesse de se creuser. À Paris intra-muros, Macron fait 35 %, au premier tour, Marine Le Pen est à 5,5 %. L’un des candidats finalistes est quasiment inexistant dans la capitale, preuve d’une coupure abyssale entre les milieux décideurs et le reste de la population française. Le lieu où s’élabore la politique est profondément déconnecté du reste du pays. On a observé le même phénomène aux États-Unis, où Trump ne recueillait que 8 % à Washington DC. Par ailleurs, l’assemblée de 2017 n’avait jamais été aussi socialement peu représentative des Français. On s’achemine vers le même schéma en juin prochain, avec une Assemblée nationale qui ne permettra sans doute pas de faire émerger une représentation politique correcte du rapport de force qui existe dans la société française.

De surcroît, la campagne électorale ayant été assez évanescente, elle n’a pas servi de soupape ou de purge cathartique des tensions traversant le pays. Il est donc à craindre que celles-ci ne trouvent pas de débouchés dans l’Hémicycle mais dans la rue. […]

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