Abbé Raffray : « Il faut ouvrir les yeux et se rendre compte que la foi chrétienne disparaît de jour en jour »
Prêtre à l’Institut du Bon Pasteur, l’Abbé Matthieu Raffray revient sur les dissensions que connaît actuellement l’Eglise catholique et interroge l’avenir spirituel du pays.
La prière des parents : pourquoi, comment ?
Pourquoi prier pour ses enfants ? Nous avons déjà beaucoup d’injonctions, de choses que nous nous sentons obligés de faire pour être un bon parent, pour offrir à nos enfants le meilleur. La prière des parents n’est pas là pour alourdir notre journée mais, au contraire, pour l’alléger ; elle ne fera pas de nous un parent parfait, mais nous permettra d’accepter joyeusement de ne pas l’être.
Nous avons la chance d’avoir un Dieu qui est un Père et dont les enfants ne sont pas tous – encore ? – des saints. Qui mieux que lui peut accueillir nos soucis, nos joies, nos questions, nos émerveillements, nos colères de mère et de père ?
- Prier pour partager. Ne pas rester seul avec nos difficultés, face à nos défis de parents. La prière permet d’exprimer, ne serait-ce que dans le secret de notre cœur, ce que l’on vit. En se confiant au Seigneur – seul ou en groupe (par exemple, avec les groupes de prières des mères ou des pères présents dans de nombreuses paroisses), nous nous ouvrons à la grâce.
- Prier pour déléguer. Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. En tant que chrétien, nous avons de la chance : nous avons tout un Ciel pour accompagner les nôtres. Laissons nous guider par l’Esprit-Saint, demandons à la Sainte Vierge de dénouer les nœuds, laissons saint Joseph et les saints patrons de nos enfants nous aider, et demandons à nos anges gardiens de veiller sur nos enfants.
- Prier pour se ressourcer : pour donner beaucoup d’amour, il faut nous même en être emplis. N’oublions pas, tout parent que nous sommes, de nous placer régulièrement en enfant de Dieu et de nous laisser toucher par l’amour infini et miséricordieux du Père. Pourquoi pas en nous tournant simplement vers Lui, en l’appelant “Abba, Père”, quand nous avons besoin de regonfler notre coeur de parent ?
Alice Ollivier pour Hozana.org
Cinquième dimanche après la Pentecôte
Tous les chants du propre de la messe du cinquième dimanche après la Pentecôte sont extraits des psaumes, et nous allons y trouver à deux reprises, à l’Introït et à la Communion, le psaume 26, qui était déjà celui de l’Introït du quatrième dimanche, et dont nous avions dit qu’il était par excellence le psaume de la confiance en Dieu. Mais ce psaume comporte deux parties ; la première est l’affirmation de cette confiance, la seconde est la prière qui en résulte pour demander à Dieu sa protection…
Le texte de l’Introït du cinquième dimanche après la Pentecôte se situe au début de cette deuxième partie du psaume 26.
Exaudi Domine vocem meam qua clamavi ad te : adjutor meus esto, ne derelinquas me, neque despicias me, Deus salutaris meus.
Seigneur écoutez ma voix qui crie vers vous, soyez mon secours, ne m’abandonnez pas, ne me repoussez pas, Dieu qui êtes mon salut.
On pourra remarquer que la première phrase était déjà celle de l’Introït du dimanche dans l’octave de l’Ascension ; mais c’était surtout à cause de la phrase suivante : ” Seigneur je cherche votre visage “, qui exprimait la prière des apôtres quelque peu désemparés après le départ de leur maître. Ici on ne retrouve pas cette deuxième phrase, et on passe directement au verset suivant du psaume, qui est un appel au secours, mais plein de confiance.
La mélodie de cette prière est dans l’ensemble calme et douce mais très expressive avec des accents bien soulignés, une montée suppliante sur l’appel au secours qui débute la deuxième phrase et un bel élan de confiance à la fin sur les mots salutaris meus.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 26, par lequel débutait l’Introït du quatrième dimanche :
Dominus illuminatio mea, et salus mea : quem timebo ?
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurai-je peur ?
C’est en France
Se faire réveiller à 6h10 un samedi matin sans avoir été prévenu… ça fait plus d’une heure que ça dure… #villecommuniste #Aid #AidElKebir pic.twitter.com/27eSeiA2nY
— Marjo ⓩ 🌿🇫🇷 (@marjo_beb) July 9, 2022
https://twitter.com/gilbertcollard/status/1545812880997638144?s=21&t=BTwXpxbnSaiLGYlTMQjajQ
Joyeuse fête de l’Aïd al-Adha à nos compatriotes de confession musulmane.
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) July 9, 2022
Mgr Turini nommé à Montpellier
Pour succéder à Mgr Pierre-Marie Carré à la tête du diocèse de l’Hérault, le pape François a nommé Mgr Norbert Turini archevêque de Montpellier.
Mgr Norbert Turini, 67 ans, évêque du diocèse de Perpignan-Elne depuis 2014, prendra ses fonctions fin octobre.
L’avortement dans la Charte des droits fondamentaux ?
Jeudi 7 juillet 2022, le Parlement européen a adopté une nouvelle résolution, « condamnant fermement » le jugement de la Cour suprême des États-Unis et appelant à créer un nouveau « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Cette résolution a été médiatisée, bien plus que de raison car elle n’a rien d’exceptionnel. Elle est inutile, sans lendemain, et hors-sol. Enfin et surtout, elle est très éloignée des réalités douloureuses correspondant à l’avortement.
Décryptage de Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ.
Une épidémie banale
Laurent Toubiana, épidémiologiste, chercheur à l’INSERM et spécialiste des épidémies de maladies infectieuses, a fondé l’IRSAN, institut de recherche pour la valorisation des données de santé qui recueille des données provenant de diverses sources et les analyse. Il suit depuis longtemps et en détail les épidémies de gastro-entérite, de bronchiolite et de grippe. Il vient de publier Covid 19 une autre vision de l’épidémie, dans lequel il explique le décalage entre les analyses présentées par les médias et les gouvernants, en France comme à l’étranger, et la réalité chiffrée de la maladie. Il fait le récit dans ce livre de toutes les incohérences dans la gestion de cette épidémie ainsi que des contradictions et erreurs de nombreux responsables.
A rebours du discours officiel, il n’hésite pas à écrire, chiffres à l’appui, en comparaison des épidémies annuelles de grippe et des chiffres de la mortalité, que cette épidémie fut banale :
Par rapport aux épidémies saisonnières habituelles, en nombre total de malades, l’épidémie de Covid s’apparente à une épidémie mineure qui aurait pu passer inaperçue si l’ensemble du dispositif de santé (médecins généralistes et hôpitaux) avait été normalement utilisé. […]
Nous prenons conscience, après deux ans de crise, que les autorités de santé ont dramatisé au-delà de toute limite l’importance de l’épidémie. Nous le voyons aujourd’hui pour l’épidémie de Covid, mais c’était déjà le cas pour les épidémies de grippe. Le choix des autorités de santé dans la gestion de l’épidémie de Covid a été la mise en place de mesures disproportionnées à tout point de vue, sacrifiant l’immense majorité de la population au lieu de protéger les individus vulnérables. Ce faisant, elles ont généré une crise extraordinaire alors qu’elles ne pouvaient pas ignorer que cette épidémie était ordinaire.
Cantiques « Pour le beau nom de Marie »
Magnifique projet d’enregistrement de cantiques. Ce répertoire est aussi considérable que méconnu. Le Chœur de Saint Michel prépare un CD et un livret de cantiques dédiés à la Vierge Marie pour aider les chorales et les familles à s’approprier ces cantiques. Ils sont interprétés par des voix d’enfants accompagnés d’adultes et de plusieurs instruments de musique selon des arrangements de maîtres contemporains.
Au programme : cantiques de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Ave Maria, Magnificat, Stabat Mater, Regina Cœli…
Enregistrement prévu en juillet et diffusion pour le mois du Rosaire, en octobre 2022.
“L’ombre de Vincent Bolloré”…
Le Monde joue à faire peur aux gauchistes suite à la Une de Paris Match :
Le jeune retraité Vincent Bolloré, censé avoir cessé toute activité le 17 février, aurait-il pris le contrôle de Paris Match ? La question taraude la rédaction depuis que la décision a été prise de mettre en « une » un prélat très peu connu du grand public, le cardinal Robert Sarah. […] Le groupe est actuellement sous le coup d’une OPA de Vivendi, dont la famille Bolloré est le premier actionnaire. […]
L’entretien a été réalisé par Philippe Labro :
Le choix même du journaliste octogénaire, notoirement proche de Vincent Bolloré, catholique revendiqué, pour interviewer le prélat interroge : l’hebdomadaire emploie de longue date la grande spécialiste du catholicisme Caroline Pigozzi. « La direction de la rédaction m’a proposé de faire le portrait de cet homme, je n’ai pas été associé au choix de la “une”, précise au Monde Philippe Labro, qui préfère relativiser la polémique. Dans quelque journal que ce soit, les SDJ se posent des questions sur les capitalistes qui possèdent des journaux. C’est un déroulé de vie normal. »
Caroline Pigozzi, elle, a découvert ce portrait dans le journal. La journaliste, qui ne prend pas très au sérieux Robert Sarah, n’avait pas jugé bon de chroniquer son dernier ouvrage, Catéchisme de la vie spirituelle, sorti, en mai, chez Fayard (336 pages, 22,90 euros) et écrit, comme les trois précédents, avec Nicolas Diat – l’éditeur, en novembre 2021, de Trois jours et trois nuits, un recueil de textes d’une quinzaine d’auteurs (Frédéric Beigbeder, Sylvain Tesson, Jean-Paul Enthoven…) immergés dans le quotidien des chanoines conservateurs de l’abbaye de Lagrasse (Aude).
Robert Sarah est un habitué des médias de Vivendi. Sonia Mabrouk l’a reçu dans l’interview politique du matin, sur Europe 1, en novembre 2021, et, un mois plus tard, dans « Le Grand Rendez-vous » du dimanche, codiffusé sur CNews. Le 28 novembre 2021, il était l’invité d’Aymeric Pourbaix, le directeur de l’hebdomadaire France catholique et animateur d’« En quête d’esprit », l’émission religieuse de CNews. […]
En conférence de rédaction, vendredi 1er juillet, la direction de la rédaction aurait d’ailleurs reconnu, du bout des lèvres, que le choix du cardinal Sarah lui avait été imposé. Pour le titre, c’est une deuxième alerte, même si la première est passée inaperçue. De manière inédite, l’hebdomadaire a décidé de ne pas consacrer sa « une », fin avril, au vainqueur du second tour de l’élection présidentielle, sous prétexte qu’il ne disposait pas de photo exclusive. Une excuse « bidon », selon une source interne. Est-ce seulement le hasard ? Vincent Bolloré entretient des rapports exécrables avec Emmanuel Macron.
Ce numéro de Paris Match connaîtra-t-il des succès de vente, comme les ouvrages du cardinal ?
Nous ne vous dirons pas comment nous sommes en train d’infiltrer Le Monde
Vous le découvrirez dans un prochain article du quotidien du soir :
Le marronnier du Monde ;) pic.twitter.com/5uS74Eu3db
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) July 8, 2022
Le christianisme a-t-il « divinisé » Jésus ? Débat académique et implications
Du P. Edouard-Marie Gallez:
Jésus a-t-il été « divinisé » par les chrétiens ? Ce débat, assez récurrent en milieu académique, est essentiellement conditionné par un regard porté extérieurement sur ce que les chrétiens sont présumés croire. L’idée est de comparer la dimension divine de Jésus telle qu’elle est exprimée dans le Nouveau-Testament avec la divinisation des Empereurs romains après Auguste ‒ ou éventuellement avec des formes de divinisations dans telle ou telle autre civilisation antique. Or de la comparaison, on passe parfois rapidement à l’amalgame.
Abordons la question de front : le Nouveau-Testament « divinise-t-il » Jésus de quelque manière que ce soit, ou bien s’agit-il d’autre chose ? Ce débat n’est pas accessoire, il entraîne de graves conséquences, les six qui sont définies et analysées ci-après, même si tout le monde ne les reconnaîtra pas volontiers comme telles. Il est important de signaler dès l’abord à quel point elles s’impliquent les unes les autres en une cascade logique, de « B » à « G » si nous nommons « proposition A » l’idée de la divinisation de Jésus.
Commençons par reformuler cette proposition « A » :
- A : L’idée présumée chrétienne de diviniser un homme vient de ou correspond à une tendance du monde gréco-romain, ou plus largement païen ‒ on la retrouve aussi sous des formes diverses dans les gnosticismes orientaux, la question demeurant ouverte de situer l’origine de ces derniers dans l’histoire réelle.
Sur « A » s’est construite une cascade d’implications logiques :
- B : On déduit ceci de la proposition « A » précédente :
vu que cette « divinisation » présumée ne peut en aucun cas être le fait de juifs, elle a donc été le fait de non-juifs, à savoir de païens « christianisés » (de l’Empire romain). - C : On déduit ceci de la proposition « B » précédente :
ce sont donc ces païens qui ont composé les évangiles, donc tardivement (après l’an 70, le temps de fabriquer la « divinisation ») ; et, bien sûr, ils ne peuvent avoir composé les évangiles qu’en grec.[1] Conséquence annexe « C’ » : ainsi, avant ces compositions en grec, les communautés chrétiennes juives n’ont donc rien produit (ou presque), et les traces de ce presque rien dans les évangiles grecs suggèreraient qu’elles voyaient Jésus simplement comme un homme. - D : On déduit ceci de la proposition « C » précédente :
– D1 : c’est Paul, dont on connaît la période de ses écrits (entre 51 et 64), qui, le premier, a divinisé Jésus[2] ;
– D2 : sous l’impulsion de l’Empereur Constantin, le concile de Nicée (325) y a contribué de manière déterminante en fabricant le dogme de la « Trinité », en réponse à l’arianisme qui fait de Jésus simplement une sorte de surhomme. - E : On déduit ceci de la proposition « D » précédente :
puisqu’il existe des communautés chrétiennes parlant l’araméen (langue des juifs du 1er siècle) et professant la divinité de Jésus, et cela aujourd’hui encore, elles ne peuvent avoir commencé à exister qu’en dépendance du christianisme grec, donc pas avant la fin du 3e siècle : elles doivent n’être qu’une excroissance de ce christianisme grec dans l’est syriaque de l’Empire romain, ou la suite de la déportation de quelques populations gréco-romaines dans l’Empire parthe. - F : On déduit ceci de la proposition « F » précédente :
les textes araméens (ou syriaques) du Nouveau-Testament ou Peshitta NT [3] ont donc été traduits du grec. Ainsi, ces textes ne doivent pas avoir d’intérêt ; pour un exégète, il est donc impensable (et dangereux pour sa carrière) de passer du temps à comparer systématiquement les versions en ces deux langues en vue de savoir quelle est la plus originelle. On ne fait pas une recherche dont on connaît déjà la réponse. - G : On déduit ceci de la proposition « G » précédente :
les groupes de langue sémitique qui tiennent Jésus pour un homme (et non un Dieu) selon la recherche seraient les vrais chrétiens ayant conservé le christianisme des apôtres ‒ ces groupes, appelés parfois « sectes judéo-chrétiennes », sont qualifiés au choix de pré-pauliniens ou de pré-nicéens. Leur trace se retrouverait dans le Coran (ce qui est argumenté de manière convaincante, mais s’agit-il de groupes pré-pauliniens ou postérieurs ?).
La logique de cet enchaînement des sept propositions de A à G est imparable. Elle repose fondamentalement sur la proposition « A » : il faut que parler de divinité du Christ, ce soit parler de sa « divinisation ». Nous allons donc regarder avec attention ce postulat, et ensuite, plus brièvement, regarder ses six implications successives, notamment pour voir si elles correspondent à ce qu’on connaît de la réalité historique.
LA PROPOSITION « A »
Que croient les chrétiens ? La proposition « A » constitue-t-elle une interprétation légitime ou non de leur foi ?
Dans le cadre de cette analyse, on pourrait présenter ainsi le postulat de « A » : “les chrétiens croient que Dieu est présent en un homme (Jésus)” signifie : “les chrétiens ont divinisé un homme (Jésus)”. Une telle compréhension de la foi chrétienne serait légitime s’il n’existait pas une compréhension totalement autre que celle de « A ». En effet, la proposition “Dieu est présent en un homme (Jésus)” est clairement à comprendre comme signifiant “Dieu s’est rendu présent en un homme (Jésus)”, la totalité des écrits chrétiens l’indiquant. Est-ce rationnel que de vouloir imposer arbitrairement une compréhension autre ?
Si l’on analyse le problème plus avant, on perçoit que les deux compréhensions s’opposent radicalement : la foi chrétienne fait état indubitablement d’un mouvement descendant (de la part de Dieu, plus précisément ce qui a été appelé « incarnation »), tandis que la proposition « A » suppose un mouvement ascendant (élever un homme à devenir « dieu ») : elle confond manifestement un mouvement « descendant » avec un mouvement « ascendant ».
On peut donc parler d’une mécompréhension grave, mais il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. Déjà la foi des Hébreux était la victime de beaucoup d’incompréhensions de la part des peuples aux alentours. Pour les païens enclins à « diviniser » des humains, que pouvait signifier l’attente juive (et biblique) d’un Dieu qui vient visiter son peuple ? Quelle valeur avait à leurs yeux le Temple de Jérusalem qui était le lieu d’une présence invisible et impalpable, suite à l’initiative d’un Dieu de « descendre » ? Et que pouvaient-ils penser de l’idée ‒ ou plutôt de l’espérance ‒ que ce Dieu vienne vraiment visiter son peuple, selon des prophéties où le comment ne ressort pas clairement du tout ? De plus, étaient-ils contents de voir les juifs considérer comme une abomination leur habitude d’introduire une statue dans un temple puis de la déclarer « dieu » ? Au long de l’histoire, des Hébreux ont été tentés de concilier ces positions inconciliables ‒ on pourrait dire ainsi que cette tentation d’amalgamer les cultes juifs et païens est l’ancêtre de la proposition « A ».
On peut le dire d’autant plus que la réponse à cet amalgame a été donnée dans l’Antiquité déjà, par un juif. Au début des années 40 de notre ère, le philosophe juif alexandrin Philon (†45) nota dans un passage de sa Legatio ad Caïum, après être venu à Rome et y avoir vu l’empereur Caïus Caligula s’exhiber publiquement déguisé en Jupiter :
“Dieu se changerait plutôt en homme que l’homme en Dieu” [4].
Comme juif, il fut choqué par cette mascarade (il l’écrit après 41, une fois que Caïus est décédé). Ce philosophe d’Alexandrie a parfaitement compris et exprimé l’opposition radicale existant entre la vision religieuse juive et celle des païens. Il a pu la formuler tout seul, mais il est possible aussi qu’il ait entendu parler de la foi chrétienne : à Alexandrie, il pouvait rencontrer de nombreux juifs disciples des apôtres[5]. Son expression « se changer en homme » correspond en effet à la manière de parler des premiers milieux juifs chrétiens ‒ on la trouve dans des apocryphes[6].
Sous une forme amplifiée et précisée, on la trouve dans le Nouveau-Testament notamment dans ce passage de Paul, où il parle de la « descente » de Dieu dans la nature humaine : “Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, …” (Lettre aux Philippiens 2,6-7).
Aucun parallélisme ne devrait donc être intellectuellement possible entre la foi chrétienne et les cultes païens. C’est en vertu d’une logique interne étrangère au christianisme qu’un système de pensée peut produire cette confusion. Pour illustrer le problème, prenons l’exemple du discours islamique.
Pour l’Islam, le texte coranique est littéralement révélé par Dieu via la parole d’un ange dictant le texte au messager (rasul) Mahomet. Or, un de ses versets se lit ainsi :
“Quand Dieu dira : ‘Îsa (Jésus), fils de Mariam, as-tu dit aux gens :
Prenez-moi et ma mère pour deux divinités, à côté de Dieu ?” (sourate 5 verset 116)
La logique interne du discours islamique exige donc que les chrétiens aient pour Trinité Jésus, Marie et Dieu ‒ c’est écrit dans le Coran, donc Dieu l’a dit littéralement. C’est ce qui est enseigné partout en islam, du moins là où les chrétiens ont peu d’influence de sorte que cette assertion ne soit pas immédiatement tournée en ridicule. Et si un chrétien conteste, la réponse à lui rétorquer est déjà toute prête dans le Coran : “Regarde comme ils mentent contre eux-mêmes” (sour. 6, v.24).
En fait, les commentateurs musulmans anciens[7] savaient encore que l’expression « mère de Jésus » (ici : « ma mère ») désigne là l’Esprit Saint, selon une manière de parler propre à la tradition de l’Eglise araméenne (aujourd’hui encore), les plus anciens écrits spirituels syro-araméens en témoignent[8]. L’ironie du verset 5,116 porte sur la situation de juge des chrétiens attribuée à Jésus, et non pas sur une formulation trinitaire classique en contexte syro-araméen. Mais un grave problème de logique interne islamique et islamologique se pose alors. En effet, si ce contexte constitue l’explication obligée d’un verset du Coran, il détermine aussi le cadre de la naissance de l’islam : on est donc amené à envisager pour l’islam un lieu originel dans le nord de l’Arabie. Ce qui est inacceptable pour l’islam. L’islamologie non plus, du moins durant cent cinquante ans, ne voulait pas un lieu autre que La Mecque, vu qu’elle prenait pour point de départ le discours islamique. En fait, des islamologues ont même inventé l’existence de « Mariamites » pour justifier la compréhension islamique littérale de ce verset 5,116. Cette invention, fondée sur une erreur, a été reprise par la propagande islamique actuelle pour commenter ce verset en se moquant de la foi des chrétiens[9]. Il a fallu attendre l’an 2005 pour que cette erreur grossière soit dénoncée[10], alors qu’il suffisait à tout chercheur d’aller interroger n’importe quel chrétien araméen (chaldéen ou assyrien) pour être détrompé.
On voit donc que la logique interne peut prévaloir sur la connaissance ou sur la simple information, même dans un milieu de chercheurs. Tel est aussi le cas de la confusion entre la foi chrétienne et des conceptions païennes, qui nous occupe ici. Il est possible que la commodité y soit pour quelque chose : on ramène toujours ce qu’on connaît mal à ce qu’on connaît déjà. En entendant parler, souvent sommairement, de groupes d’ascendance juive ayant nié très tôt la divinité du Christ, des chercheurs ont conclu que leur conception purement humaine de Jésus serait le vrai christianisme originel, et donc que parler de la présence de Dieu en Jésus serait une croyance postérieure, influencée par la pensée païenne grecque. C’est logique mais erroné : les groupes dits « judéochrétiens » auxquels ils se réfèrent dans cette discussion sont en réalité « ex-judéochrétiens » au sens où il s’agit de juifs ex-chrétiens ; lisons ce qu’écrit l’apôtre Jean dans sa première lettre à propos de ces ex-judéochrétiens qui “nient le Père et le Fils” :
“Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste qu’eux tous ne sont pas des nôtres” (1Jn 2,19).
Ce qui échappe généralement dans la discussion, c’est que ces chrétiens juifs qui ont d’abord adhéré au message des apôtres puis l’ont retourné pour en faire autre chose créaient ainsi un phénomène religieux nouveau, qui sera même à l’origine de beaucoup d’avatars par la suite. L’opposition ne se situe donc pas entre un monothéisme juif et une influence païenne polythéiste, mais entre le christianisme des apôtres à fondement juif et les doctrines opposées à celle des apôtres, à fondement juif aussi, et qui méritent la qualification de « post-chrétiennes » (voir note 24).
En fait, la confusion inhérente à la proposition « A » a créé un flou occultant tout un pan de la recherche sur la formation des oppositions aux apôtres. Le Contra Haereses de saint Irénée de Lyon, à notre disposition depuis le milieu du 16e siècle (ce livre ainsi que la Démonstration de la prédication apostolique étaient inconnus auparavant), ne semble toujours pas être pris comme livre de référence pour l’étude du christianisme des origines et des groupes qui en dérivent.
Il apparaît donc que la proposition « A » ne présente pas la foi des apôtres, mais en présente une sorte d’inversion. C’est regrettable au point de vue scientifique, ou même rationnel. Et les conséquences successives qui en découlent et qui forment un ensemble de convictions assez répandues en milieu académique sont graves.
Passons en revue ces conséquences B à G.
LA PROPOSITION « B »
Cette proposition découle de « A » : la « divinisation » de Jésus a dû être le fait de non-juifs, à savoir de païens « christianisés » (de l’Empire romain).
S’il n’y a pas eu de « divinisation » de Jésus, la question de ses auteurs présumés est réglée. Il convient cependant de dire un mot du cadre historique dont la méconnaissance favorise l’adhésion à la proposition « B ».
Les apôtres étaient juifs, tout comme les premiers Papes ainsi que la grosse majorité des chrétiens durant au moins un siècle. Comme l’explique Paul, les non-juifs sont venus se greffer sur l’olivier hébréo-araméen solide ‒ et il fallait que cet olivier soit solide car, dès le début, les apôtres et leurs disciples sont partis évangéliser toutes les parties du monde alors accessibles, jusqu’en Inde et en Chine[11]. Il en résulta très vite une diversité de communautés ; « l’olivier » commun hébréo-araméen biblique et cultuel assurait l’unité, en particulier l’unité liturgique (les Indiens de Saint Thomas célèbrent aujourd’hui encore en araméen). Quand on découvre l’ampleur du christianisme hébréo-araméen des apôtres dans le monde de ce temps, l’idée d’une influence de « païens christianisés » laisse songeur…
LA PROPOSITION « C »
Découlant de la précédente, cette proposition suppose que ce sont donc ces païens christianisés qui ont composé les évangiles, donc tardivement (après l’an 70, le temps de fabriquer la « divinisation ») ; et, bien sûr, ils ne peuvent avoir composé les évangiles qu’en grec. En conséquence, les communautés chrétiennes juives n’ont rien produit (ou presque) avant ces textes en grec, et les traces de ce presque rien dans les évangiles grecs doivent suggérer qu’elles voyaient Jésus simplement comme un homme.
Ici, nous abordons le problème de fond de l’exégèse occidentale, posé par les Protestants allemands à partir de la fin du 16e siècle. Par anti-romanisme, ces derniers se sont tournés exclusivement vers les manuscrits grecs, les estimant a priori meilleurs que les textes latins de l’Eglise catholique. Certes, on n’oubliait pas les autres langues ‒ dans Pantagruel, Rabelais indique encore qu’il faut apprendre l’araméen (le chaldéen écrit-il) ‒, mais, en pratique, les manuscrits en ces langues faisaient grandement défaut. Ceux-ci n’ont été disponibles qu’à partir de la fin du 19e siècle, du fait de la rareté des contacts avec les chrétientés de l’Orient auparavant ; et au 20e siècle, à la suite des immigrations massives de chrétiens d’Orient persécutés, des liens plus nombreux ont pu se nouer.
Néanmoins, aujourd’hui encore, aucune place sérieuse n’est faite à ces chrétiens dans le monde académique parmi les enseignants, et les évangiles sont toujours présentés comme le fruit de rédacteurs grecs ‒ même si on commence à se demander s’ils ne sont pas faits originellement de compositions narratives plutôt que de rédactions. En tout cas, presque personne encore n’entreprend de comparer systématiquement d’un côté les meilleurs textes manuscrits grecs (répartis en sept ou huit familles irréductibles entre elles, ce qui pose un sérieux problème), et de l’autre, les manuscrits syro-araméens (qui forment une seule famille). Et on continue à affirmer de manière dogmatique que les textes araméens ont été traduits du grec[12]. Ceux qui ont des doutes et veulent comparer les textes, comme le Protestant Jan Joosten, risquent gros[13].
Rationnellement, il est pourtant très difficile de croire que les juifs chrétiens n’aient pas composé de récits en araméen qui était leur langue (et celle de Jésus), alors qu’ils évangélisaient dans toutes les directions du monde et que l’araméen (et non le grec) était la lingua franca, l’anglais de l’époque[14]. Et ce n’est pas tout. Les juifs faisaient partie des civilisations orales, même si tous les hommes devaient être plus ou moins capables de lire les écrits sacrés lors du culte synagogal. Ainsi, pour les juifs chrétiens, si l’important était la transmission de bouche à oreille et de cœur à cœur, la mise par écrit comme aide-mémoire répondait à une nécessité originelle. Ce qui est une transmission sacrée doit être gravée sur la pierre ‒ sur des parchemins en l’occurrence ‒ à l’exemple des Ecritures. L’Evangile au sens premier d’Annonce faite de divers récitatifs évangéliques (cf. Ga 2,2 ; Rm 2,16 etc.) reçoit ce rang d’Ecriture, comme en témoigne la Première lettre à Timothée, datant probablement de l’an 57.
En effet, Paul cite là une parole de Jésus parallèlement à une citation de la Torah : “L’Ecriture dit : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain (cf. Dt 25,4 ; 24,15), et encore : l’ouvrier est digne de son salaire” (1Tm 5,18). Or la seconde citation n’existe qu’en Mt 10,10 et en Lc 10,7 ![15] Aux yeux d’un juif chrétien en l’an 57, quel texte pouvait avoir une autorité d’Ecriture sacrée, sinon un aide-mémoire tel que l’évangile selon Mt qui était alors utilisé (prioritairement) dans la liturgie comme l’était la Torah ?
Au reste, la conviction que les évangiles existaient sous forme écrite bien avant la première « guerre juive » (66-70) n’est pas rare chez les exégètes travaillant sur le grec ‒ le cas de Jean étant à part, cet évangile ayant été composé en deux temps[16]. Mais peu encore perçoivent que l’aide-mémoire de récitation publique en araméen est la source des traductions en grec (et en d’autres langues), directement ou à l’occasion de traductions simultanées mises par écrit : c’est systématiquement en araméen que les apôtres et autres témoins de la résurrection donnaient leur témoignage qui, si nécessaire, était traduit en grec ou en latin par des interprètes, par exemple Marc pour ce que disait Pierre[17]. Il est possible que les premières mises par écrit en grec ou latin aient été privées, les gens de ces langues n’étant plus de culture orale (mais écrite) et retenant moins bien par cœur que les araméophones. En tout cas, le besoin de diffuser des mises par écrit officielles se fit tôt sentir, aussi à cause de la dispersion vers 37 de la communauté de Jérusalem menacée par des troubles, elle qui donnait le ton liturgique aux autres communautés chrétiennes : en urgence, Matthieu dut fixer un écrit de référence pour la liturgie[18].
Le défi de l’exégèse serait de retrouver le jeu de l’oralité araméenne, à partir des témoignages répétés rigoureusement par les témoins eux-mêmes puis par leurs disciples dès les années 30. S’il existe une difficulté à discerner ces témoignages-récitatifs dans nos évangiles, c’est parce qu’ils y sont fréquemment enchevêtrés ; ceci tient à la nature même des évangiles : ils sont organisés à l’usage liturgique, donc en fonction du calendrier. Ce sont des lectionnaires[19] ‒ à l’exception de Jean qui est organisé selon un autre objectif[20]. Cette découverte majeure, permise par les études orales araméennes, éclaire définitivement des tâtonnements qui ont commencé il y a près de quatre siècles et qui conduisent chaque exégète travaillant sur le grec à imaginer ses propres plans pour rendre compte des évangiles ‒ et il n’y en a pas deux qui sont d’accord. Et bien sûr, l’idée que les chrétiens araméens d’Asie (et de l’est de l’empire romain) ont perdu leurs textes à la suite du Diatessaron de Tatien, puis qu’ils ont dû les retraduire du grec au 5e siècle avec l’Evêque Raboula d’Edesse relève d’un mythe académique ‒ un mythe commode pour ne pas avoir à s’intéresser sérieusement aux textes araméens.
LA PROPOSITION « D »
La proposition « D » tendait à préciser comment la divinisation de Jésus aurait été inventée ‒ par Paul d’abord puis par la définition trinitaire du concile de Nicée (325).
Peu importe ici que des définitions trinitaires aient existé auparavant. Le problème porte en fait sur une mécompréhension des discussions dites christologiques : certains chercheurs en effet ont cru qu’elles portaient sur la divinité du Christ elle-même, alors qu’elles portaient sur la manière d’exprimer celle-ci. Il est vrai en revanche que « l’arianisme » niait la divinité du Christ, mais aucun arien n’a été convié au Concile de Nicée qui s’est précisément réuni contre cette négation.
A l’époque, les responsables chrétiens étaient confrontés à la difficulté de s’accorder sur des formules de foi leur permettant de faire face. Ayant lieu en grec, les discussions de Nicée et des conciles postérieurs furent marquées par des manières de voir et de raisonner propres aux Byzantins, lesquels voulaient donner des définitions conceptuelles à tout. Or il arrive qu’on crée ainsi davantage de problèmes qu’on en résout. Prenons l’exemple du terme araméen de qnoma, employé par Jésus et qui se trouve plusieurs fois dans le Nouveau Testament araméen : il fut au cœur de certaines divergences, car il ne correspond ni au concept grec d’ουσια (« nature »), ni à celui d’υποστασιϛ (« hypostase »). Le Concile de Nicée ne tint pas suffisamment compte des différences de culture et de langue, ce qui conduisit finalement, lors du concile de Chalcédoine (451), à l’exclusion des Eglises apostoliques qui ne parlent pas grec et qui seront dites « préchalcédoniennes ».
On peut comprendre alors les confusions faites par un certain nombre d’académiciens de l’interreligieux et d’islamologues : ils ont cru que ces Eglises mises à l’écart (les Araméens de l’Eglise de l’Orient désormais désignés sous le sobriquet de « nestoriens », les Coptes, les Arméniens) défendaient des christologies comparables à celles de groupes opposés à la foi des apôtres c’est-à-dire catalogués comme hérétiques. Et, dans le passé (et on peut remonter à des universitaires du Moyen-Âge), sous l’influence des légendes islamiques[21], certains ont même imaginé que la christologie de l’Islam (qui nie violemment la divinité du Christ) s’inspirerait de celle de l’Eglise araméenne de l’Orient… alors que, vers 735, Jean de Damas compare l’islam avec l’arianisme et en aucun cas avec la pensée l’Eglise de l’Orient.
En fait, l’idée était de rattacher à tout prix la christologie islamique aux discussions christologiques de ou après Nicée, faute de comprendre mais aussi faute de recherches sérieuses sur les origines de l’islam. On lisait encore il y a peu : “Le Coran… appartiendrait lui-même, à l’origine, à une mouvance de chrétiens restés prénicéens, c’est-à-dire des Eglises ou des communautés chrétiennes qui n’ont pas accepté le dogme de la Trinité défini au concile de Nicée”[22]. En fin de compte, seules des confusions assez grossières cherchent à justifier la « christologie » islamique par des débats théologiques chrétiens, alors qu’elle s’enracine dans un phénomène bien antérieur, postchrétien juif, qui remonte en fait à la fin du temps apostolique.[23]
Il est vrai qu’une question, subtile pour l’historien, se profile derrière ces confusions : quel critère peut distinguer ce qui est chrétien de ce qui ne l’est pas ? Est-ce l’adhésion à des définitions, mais en quelle langue alors ? Avant les définitions des Conciles ne régnait-il qu’un vaste flou ? Le fait de croire, est-ce adhérer à des définitions ‒ à supposer que l’on comprenne quelque chose, ce qui nécessite des explications qui ne sont pas toujours plus claires non plus ? Ou est-ce autre chose ? En d’autres termes, les définitions sont-elles fondamentalement éclairantes ‒ c’était ce qu’espérait la pensée des Byzantins ‒ ou sont-elles seulement des poteaux indicateurs ?
Si le christianisme est d’abord une vie, on ne peut pas le mettre en concepts et en définitions. Dans les évangiles en grec, on lit par six fois “Ta foi t’a sauvé” ou alors comme en Mt 1,21 : « il sauvera le peuple de ses péchés », là où l’araméen signifie “Ta foi t’a vivifié” et que Jésus rend la vie au peuple sur les péchés. Certes, le verbe grec sôzô a un rapport avec guérir ; mais sortie de son contexte, l’affirmation “la foi sauve” pourrait être comprise en rapport avec un salut éternel conceptuel ou déconnecté de la vie concrète, alors qu’il s’agit d’abord de vie (re)donnée dès ici-bas par Jésus.
Aussi, s’il existe un critère de christianisme, il ne peut qu’être celui-ci : le chrétien, qu’il soit hébréo-araméen ou d’une autre aire culturelle ou linguistique, est celui qui croit que Jésus détient en lui-même le pouvoir de vivifier. Ceux qui croient que Jésus est sous le pouvoir d’un Autre c’est-à-dire qu’il ne sauve pas par lui-même mais intervient simplement comme un surhomme, ou alors croient qu’il est simplement un modèle à suivre c’est-à-dire que chacun doit se sauver lui-même en suivant ce modèle, ne partagent pas la foi des apôtres mais une autre foi. Ils adhèrent à des dénaturations de la Révélation chrétienne, que celles-ci soient du premier ou du second type.
Ces dénaturations, on les a globalement nommées hérésies, en créant ainsi un fourre-tout peu clair (le mot grec ‘aïresis qui a donné hérésie signifie d’ailleurs simplement opinion). Ce flou ne facilite pas la distinction entre ce qui est chrétien et ce qui ne l’est pas, et focalise souvent l’attention sur des aspects secondaires. Ce qui détermine la foi chrétienne, c’est que si Jésus sauve par lui-même, alors le Dieu révélé dans l’Ancien Testament est présent en lui, car Dieu seul peut sauver-vivifier. Quant à savoir la manière dont se dira cette présence, c’est certes déjà un objet du Nouveau-Testament et ce sera ensuite l’objet de nombreux débats théologiques, mais c’est secondaire. Hélas, ces débats ont souvent opposé entre elles des perceptions et expressions culturelles différentes du mystère du Christ, mais légitimes. Au demeurant, toutes les Communautés chrétiennes apostoliques du monde se reconnaissent de nos jours pleinement et mutuellement dans leur foi, exprimée en des langues diverses (souvent non transposables de l’une à l’autre, c’est la difficulté).
La proposition « D » conduit aussi à qualifier de « chrétiens » des écrits qui ne le sont pas, soit qu’ils présentent Jésus comme un messie en qui Dieu agit comme moteur ou inspirateur extérieur (selon la perspective arienne-messianiste), soit qu’ils le présentent comme un guide qui, par compassion, montre comment se sauver soi-même (tel est le cœur de tous les systèmes gnostiques). De tels écrits ne sont pas chrétiens, et les groupes qui en sont les auteurs ne peuvent pas être qualifiés de « chrétiens » ‒ ils ne peuvent pas non plus être qualifiés de « juifs hétérodoxes » : ils sont en effet en opposition également au judaïsme rabbinique (qui le leur rend bien par la malédiction journalière contre les minim). C’est pourquoi, au lieu d’employer pour eux le qualificatif illégitime de « chrétiens », la recherche sérieuse conduit à qualifier ces groupes postérieurs au christianisme apostolique, de « postchrétiens » : ils n’existent historiquement et logiquement que par rapport à celui-ci dont ils tirent des doctrines qui ne tiendraient autrement pas par elles-mêmes.
Les confusions liées aux propositions A, B et C entraînent celles qui sont liées à la proposition D, c’est assez logique.
LA PROPOSITION « E »
Si la foi en la divinité du Christ est une invention tardive, les communautés chrétiennes parlant l’araméen doivent être tardives également et elles ne peuvent avoir existé qu’en dépendance du christianisme grec, donc pas avant la fin du 3esiècle ‒ c’est une nécessité logique. On dira qu’elles n’ont été qu’une excroissance de ce christianisme grec dans l’est syriaque de l’Empire romain, ou la suite de la déportation de quelques populations gréco-romaines dans l’Empire parthe.
On trouve une expression de ce négationnisme de l’ancienneté apostolique des chrétiens d’Orient sous de nombreuses plumes, par exemple sous celle de Françoise Briquel-Chatonnet dans le livre au titre évocateur Après Jésus, l’invention du christianisme (voir note 1) ; elle y évoque une “mise en scène”, par les chrétiens d’Orient, d’une “conversion au christianisme” remontant à l’apôtre Thomas (p. 570). Et sous la plume de Paul-Hubert Poirier, on lit que “l’expansion du christianisme” au-delà des frontières de l’Empire daterait du 3e siècle, “les chrétiens ayant commencé à utiliser” le latin à la fin du 2e siècle, le syriaque au début du 3e siècle seulement, et le copte à la fin du même siècle, l’arménien au 5e siècle et d’autres langues plus tard encore (p.53) ; n’existaient-ils pas auparavant ?
Ce qui est occulté ainsi, c’est que, depuis le 1er siècle jusqu’aux grands massacres de Tamerlan, l’Asie comptait davantage de chrétiens que l’Europe. Sur les douze apôtres, seuls trois (Jacques frère de Jean, André et Pierre) sont allés vers l’Occident, les autres sont allés ailleurs, à l’exception de Jacques le Juste qui, lui, est resté à Jérusalem, considérée comme le centre du monde. Penser qu’il n’existait de chrétiens que dans l’Empire romain jusqu’à la fin du 3e siècle est simplement le résultat d’un postulat, et ce postulat négationniste s’enracine fondamentalement dans la proposition « A ».
LA PROPOSITION « F »
Puisque les Eglises syro-araméennes sont présumées n’avoir existé que tardivement, leurs textes du Nouveau-Testament ont donc été traduits des textes déjà existant ‒ donc du grec.
Mais si l’inverse est vrai, c’est-à-dire si le christianisme des origines n’est pas davantage à l’ouest de Jérusalem (dans l’empire romain grec) qu’à l’est (dans l’empire parthe), il devient indispensable de comparer les meilleurs manuscrits grecs et syro-araméens. Et alors, les textes araméens s’avèrent refléter un état du texte bien antérieur aux meilleurs manuscrits grecs, qui apparaissent être l’œuvre de traducteurs (divers au demeurant et dans divers dialectes grecs, telle est la raison principale de l’existence de sept ou huit familles irréconciliables de manuscrits grecs). Ces textes araméens peuvent éclairer notamment la plupart des obscurités des textes grecs ou latins, même s’il y a lieu de penser que les traducteurs ont fait de leur mieux dans le contexte qui était le leur.
LA PROPOSITION « G »
Puisqu’il existait des groupes de langue sémitique tenant Jésus seulement pour un homme, on imagine qu’ils ont précédé les Eglises de mêmes langues (araméenne, copte,…) et que ce sont ce sont eux qui conservaient le christianisme véritable des apôtres (les chrétiens grecs ayant inventé la divinité de Jésus). On les désigne souvent sous le vocable flou de « sectes judéo-chrétiennes », ou encore de groupes pré-pauliniens ou pré-nicéens. Nous avons vu plus haut en quoi ces qualificatifs sont trompeurs. Si des groupes de langue sémitique ou même autres parlent de Jésus en opposition à la foi des apôtres qui nous est réellement connue par le Nouveau-Testament (ce que nous pouvons comprendre à travers les textes araméens mieux encore que ceux en grec ou en latin), il s’agit de groupes postchrétiens[24].
CONCLUSION
Les propositions de A à G forment un système logique. Pour cette raison, il suffit qu’une seule de ces sept propositions s’avère être contraire aux données de la recherche sérieuse pour que l’ensemble soit invalidé. Or, les raisons ne manquent pas de mettre en cause chacune de ces propositions, en commençant par la première qui est la plus importante ‒ et qui est même la clef des autres. Il n’y a jamais eu de « divinisation » de Jésus mais la prise en compte du plan d’un Dieu qui s’est révélé en vue de venir sauver l’humanité, ce que Lui seul peut faire. La question est d’ailleurs ouverte de ce que Dieu va faire encore, une seconde venue du Christ étant annoncée. Il s’agit là d’une autre question, qui n’est pas simple non plus puisque les musulmans attendent eux aussi une seconde venue de Jésus, mais ce n’est pas la même. On peut comprendre que certains esprits trouvent tout cela bien compliqué et cherchent à ramener leur perception du christianisme à leurs schémas logiques et idéologiques… de A à G.
C’est donc une nouvelle approche cohérente et logique des origines chrétiennes qu’il faut promouvoir et creuser, conformément à la Révélation et aux données historiques et anthropologiques non censurées ou déformées par des postulats. De telles orientations nouvelles n’iront pas sans opposition, les chercheurs de vérité sont rares ; mais ceci est une caractéristique de notre temps à peu près dans tous les domaines, hélas.
[1] Une impressionnante et luxueuse publication de plus de 700 pages, subventionnée par le Ministère français de la Culture, Après Jésus, l’invention du christianisme (sous la direction de Roselyne Dupont-Roc et Antoine Guggenheim, Albin Michel, 2020), défend globalement cette thèse de la fabrication tardive d’un christianisme qui ne devrait pas grand-chose à Jésus, “hormis un repas en mémoire de lui, et une prière, le Notre Père”, lit-on sur la page IV de couverture ; le reste a été « inventé », ce qui demande du temps : aux pages 21-22 l’évangile de Marc est daté de 71, ceux de Matthieu et Luc entre 80 et 85, et celui de Jean en 98. Beaucoup d’exégètes ne sont pas d’accord.
[2] Parmi les nombreuses discussions à ce sujet, celle-ci est assez synthétique : https://larevuereformee.net/articlerr/n200/jesus-ou-paul-qui-et-le-fondateur-du-christianisme.
[3] Peshitta signifie tel quel, simple, sans glose.
[4] Philon d’Alexandrie, Légation à Caïus, trad. Delaunay, Paris, Didier, 1870, p.310 (§ 118).
[5] Si l’on en croit les Actes des apôtres (18,24-25), un ancien disciple de Jean le Baptiste, Apollos, originaire d’Alexandrie, parcourait l’Asie mineure autour des années 44 pour parler du Christ – Paul, à Antioche, lui parla du baptême dans l’Esprit Saint dont il n’avait pas entendu parler. Cet Apollos n’avait donc encore rencontré aucun des apôtres ni aucun de leurs disciples mais, dit cependant le texte, “il avait été instruit de la voie du Seigneur” ; à Alexandrie ?
[6] Dans quelques « apocryphes », on peut lire des formulations très proches. Celles qui sont données ci-après sont essentiellement tirées des Testaments des Douze Patriarches. Pour cette question très complexe, voir Le messie et son prophète, tome I, 2005 – section 1.4.2.1 Thématique de la venue de Dieu et double Visite, p. 166s.
[7] Tabarî, al-Baydawî, al-Zamahšarî, al-Jalâlayn ou d’autres encore moins connus : tous indiquent à propos de ce verset 5,116 qu’il s’agit de l’Esprit-Saint et non pas de la Vierge Marie – cf. Azzi Joseph, Le prêtre et le prophète : aux sources du Coran, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001, p.169.
[8] Par exemple chez Saint Aphrahate (dit le Sage de Perse). La dimension « maternelle » de l’Esprit est tellement habituelle dans la théologie de l’Eglise de l’Orient, qu’il l’applique au chrétien : il existe un danger, écrit-il, que celui qui se marie oublie “son Père et l’Esprit Saint sa mère” (Les exposés [écrits entre 336 et 345], trad. Marie-Joseph Pierre, Sources Chrétiennes n° 359, Paris, Cerf, 1989, t.2 p.791).
[9] Cf. l’intervention d’Hichem Djaït dans Jésus et l’islam : youtube.com/watch?v=qO-d-L8agH0&feature=youtu.be&t=2m14s. Il arrive en effet qu’en banlieue et vivant entre eux, les musulmans ne voient jamais un seul chrétien, de sorte qu’ils croient n’importe quoi au sujet de la foi chrétienne.
[10] Voir http://lemessieetsonprophete.com/annexes/marie-dans-la-trinite.htm .
[11] Voir par exemple https://www.eecho.fr/?s=Inde+Chine.
[12] Au hasard, voici un exemple de ce dogmatisme : Muriel Dubié affirme péremptoirement que « dès 170, on traduisit les évangiles du grec en syriaque » (Après Jésus, l’invention du christianisme, Albin Michel, 2020, p. 576).
[13] https://www.eecho.fr/evangiles-primaute-de-larameen-exemples/
[14] Cf. Marion Duvauchel, https://www.eecho.fr/larameen-langue-du-monde-ancien/ .
[15] Il existe une petite différence quant à ce quoi l’ouvrier est digne : en Mt 10,10 il est digne de saybbārā/grec trofè, nourriture, tandis qu’en Lc 10,7 il est digne de ‘agreh/grec misthos, salaire. En araméen, le mot-clef est le verbe šâw’é exprimant l’idée de convenance (rendue en grec par axios, digne, faute de mieux) : “l’ouvrier est šâw’é (il lui convient, il mérite) sa nourriture” (Mt 10,10 – traduction commentée de la Peshitta par Mgr Francis Alichoran). Mais en grec, ce dont on est digne ne devrait pas être la nourriture mais l’honneur ou une récompense-salaire (comme en Mt 20) ; axios estin o ergastès tès trofès autou est clairement un aramaïsme qui indique une traduction.
[16] Cf. Breynaert Françoise, Jean, un « filet d’oralité », éd. Parole et Silence, 2020, 495 p., préface Mgr Thomas Yousif Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk et Sulaimanyah (Irak) ‒ surtout les pages 69-77.
[17] “Paul avait Tite comme traducteur-interprète, comme le bienheureux Pierre avait Marc dont l’évangile a été composé, Pierre disant et lui écrivant” (Saint Jérôme, P.L. 22, col 1002).
[18] Les sources qui placent Mt en araméen avant Mc en grec permettent de situer le premier vers 37-38, en vertu du fameux passage du troisième livre du Contre les hérésies d’Irénée de Lyon, où il est question de la publication de Mc. Ce passage présente cependant une difficulté puisqu’il semble dire que la communauté de Rome a été fondée par Pierre et Paul : cette donnée est inexacte car en 42, Pierre y a fondé seul cette communauté, et comme elle existe déjà, Paul n’a aucune intention d’y aller, écrit-il en Rm 15,22. L’explication la plus probable est que la mention « et Paul » a été ajoutée par un copiste latin en l’honneur de la fête romaine des Sts Pierre et Paul. Voici le texte amendé : “Ainsi, Matthieu publia-t-il chez les Hébreux dans leur propre langue une forme écrite d’évangile vers l’époque où Pierre [et Paul] évangélisait Rome [jusqu’en 42] et y fondait l’Église. Après son départ [exodos, sortie, qui ne signifie jamais décès], Marc, le traducteur de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, compagnon de Paul, publia lui aussi l’évangile tandis qu’il séjournait à Ephèse en Asie” (Irénée, Adv. Haer., III 1,1).
Pour justifier une datation tardive de Mc, certains exégètes ont attribué au mot exodos le sens de décès, de sorte que la publication de Mc soit postérieure aux martyres de Pierre et de Paul, donc après 64. Mais ils sont alors en opposition à Eusèbe de Césarée qui, citant Clément d’Alexandrie († 215) et Papias († ±230), indique clairement par deux fois que Pierre est bien vivant au moment de cette publication-traduction en grec : “Ils [les auditeurs de Pierre] firent toutes sortes d’instances auprès de Marc, l’auteur de l’évangile qui nous est parvenu et le compagnon de Pierre, pour qu’il leur laissât un livre qui leur fût un mémorial de l’enseignement donné de vive voix par l’apôtre, et ils ne cessèrent leurs demandes qu’après avoir été exaucés… Pierre … se réjouit d’un pareil zèle : il autorisa l’usage de ce livre pour la lecture dans les églises. Clément rapporte ceci dans sa sixième Hypotypose et l’évêque d’Hiérapolis, Papias, le confirme de son propre témoignage” (Hist. Eccl. II,15 parall. VI,14 6).
[19] Hormis les exégètes travaillant sur l’araméen et connaissant l’oralité, quelques-uns tout de même se sont posé la question des évangiles synoptiques comme lectionnaires, ainsi Gordon W. Lathrop, de l’United Lutheran Seminary of Pennsylvania (in Après Jésus, l’invention du christianisme, Albin Michel, 2020, p.160). D’autres ont perçu la nécessité d’une « exégèse narrative », ce qui est déjà un premier pas dans la bonne direction.
[20] L’évangile de Jean est organisé selon des structures orales complexes de méditation (dites « en filet »), il n’est pas fait pour « l’évangélisation ». Cf. www.eecho.fr/?s=liturgique et www.eecho.fr/?s=%22en+filet%22 .
[21] Il s’agit en particulier de la légende du moine nestorien Serge Bahira qui aurait reconnu le « prophète Muḥammad » encore enfant et lui aurait transmis sa christologie.
[22] Gnilka Joachim, Qui sont les chrétiens du Coran ?, Paris, Cerf, septembre 2008 (traduit de l’allemand Die Nazarener und der Koran, 2005), p.9.
[23] Voir par exemple https://legrandsecretdelislam.com.
[24] Le concept de « post-christianisme » a été inventé pour désigner le phénomène de « sortie du christianisme » marquant les 19e et 20e siècles au point de vue des institutions (on parle aussi de « sécularisation ») ; mais il n’y a pas de raison de ne prendre en compte que l’aspect institutionnel. Si l’on considère l’aspect théologique (ou en d’autres termes celui de la foi apostolique), on peut et on doit regarder le phénomène qui commence vers la fin de l’époque apostolique, celui de groupes de judéo-chrétiens qui remettent en question la foi qu’ils tiennent des apôtres, et qui vont s’organiser en groupes et en doctrines opposés aux apôtres (tout en gardant de nombreux traits du christianisme originel).
Ces groupes et doctrines qu’on appellera plus tard sous le vague nom « d’hérésies » sont strictement parlant des contrefaçons (au sens où une contrefaçon est faite pour ressembler au modèle, mais ce n’est plus l’original). Ces contrefaçons, qui constituent exactement les post-christianismes, sont fondamentalement et historiquement de deux types, correspondant aux deux axes du christianisme (et donc aux deux façons possibles de le contrefaire) :
Pour plus de détails, voir www.eecho.fr/deux-derives-de-la-foi-chretienne.
Burkina Faso : des chrétiens tués devant la cathédrale de Nouna
Au cours de la nuit du 3 au 4 juillet, au moins 22 personnes – selon un premier bilan officiel provisoire – ont perdu la vie dans une attaque perpétrée dans le village de Bourasso, situé dans le diocèse de Nouna, au nord-ouest du Burkina Faso. Parmi les victimes, 14 ont été tuées alors qu’elles se trouvaient devant la cathédrale située à vingt kilomètres du village.
« Les terroristes sont venus en motos dans le village de Bourasso le dimanche 3 juillet vers 17 heures, puis ils sont repartis sans rien faire. Mais ils sont revenus pendant la nuit, menaçant les villageois dans la cour devant l’église. »
Parmi les victimes tuées dans le village, figuraient de nombreux chrétiens.
« Ils sont venus chez moi et ont fait sortir deux membres de ma famille. Ils les ont égorgés avant de partir. La psychose était énorme. Je n’arrêtais pas de penser qu’ils allaient revenir chercher le reste de ma famille. »
Quelques heures avant l’attaque, le diocèse de Nouna célébrait une messe d’action de grâce pour l’ordination de deux de ses prêtres, qui s’était déroulée la veille.
« Malgré tout, nous gardons espoir. Nous gardons le courage de vivre les jours que Dieu nous donne. Ici, quand on se lève, on sait qu’on est vivant, mais on ne sait pas si on [le] sera encore le soir. »
Les missionnaires de la Charité expulsées du Nicaragua
Les missionnaires de la Charité ont été contraintes mercredi 6 juillet par le gouvernement du Nicaragua de quitter le pays. Le Parlement reproche à la congrégation, comme à des centaines d’ONG, de ne pas communiquer leurs revenus financiers et la source de leurs dons. D’autre part, le ministère de l’Intérieur n’avait pas accrédité leurs activités sociales.
En mars, le nonce apostolique, Mgr Sommertag, avait été expulsé du pays, suscitant l’incompréhension du Saint-Siège.
L’Occident a dégénéré en totalitarisme, voulant imposer un libéralisme totalitaire, comprenant la fameuse cancel culture
Vladimir Poutine a prononcé hier une allocution devant les responsables de la Douma et les chefs des partis politiques représentés à la Douma. Extrait :
[…] Ce qu’on appelle l’Occident collectif dirigé par les États-Unis est extrêmement agressif envers la Russie depuis des décennies. Nos propositions visant à créer un système de sécurité égalitaire en Europe ont été rejetées. Les initiatives de coopération sur la question de la défense antimissile ont été rejetées. Les avertissements concernant le caractère inacceptable de l’expansion de l’OTAN, notamment aux dépens des anciennes républiques de l’Union soviétique, ont été ignorés. Même l’idée d’une éventuelle intégration de la Russie dans cette alliance de l’Atlantique Nord au stade de nos relations sans nuage avec l’OTAN, comme cela semblait être le cas à l’époque, a semblé absurde à ses membres.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils n’ont pas besoin d’un pays comme la Russie, voilà pourquoi. C’est pourquoi ils ont soutenu le terrorisme et le séparatisme en Russie, ainsi que les forces destructrices internes et une “cinquième colonne” dans notre pays. Toutes ces forces reçoivent encore le soutien inconditionnel de l’Occident collectif.
On nous dit, on entend certaines personnes dire que nous avons commencé la guerre dans le Donbass, en Ukraine. Non, la guerre a été déclenchée par l’Occident collectif, qui a organisé et soutenu le coup d’État armé anticonstitutionnel en Ukraine en 2014, puis a encouragé et justifié le génocide contre le peuple du Donbass. L’Occident collectif est l’instigateur direct et le coupable de ce qui se passe aujourd’hui.
Si l’Occident voulait provoquer un conflit afin de passer à une nouvelle étape dans la lutte contre la Russie et à une nouvelle étape dans le confinement de notre pays, nous pouvons dire qu’il a réussi dans une certaine mesure. Une guerre a été déclenchée, et les sanctions ont été imposées. Dans des circonstances normales, il serait probablement difficile de surmonter cela.
Mais voici ce que je voudrais vous faire comprendre. Ils auraient dû se rendre compte qu’ils allaient perdre dès le début de notre opération militaire spéciale, car cette opération signifie aussi le début d’une rupture radicale de l’ordre mondial de type américain. C’est le début de la transition de l’égocentrisme américain libéral-mondialiste vers un monde véritablement multipolaire fondé non pas sur des règles intéressées, inventées par quelqu’un pour ses propres besoins, derrière lesquelles il n’y a rien d’autre que la recherche de l’hégémonie, non pas sur des deux poids deux mesures hypocrites, mais sur le droit international et la véritable souveraineté des nations et des civilisations, sur leur volonté de vivre leur destin historique, avec leurs propres valeurs et traditions, et d’aligner la coopération sur la base de la démocratie, de la justice et de l’égalité.
Chacun doit comprendre que ce processus ne peut être arrêté. Le cours de l’histoire est inexorable, et les tentatives collectives de l’Occident d’imposer son nouvel ordre mondial au reste du monde sont vouées à l’échec.
En même temps, je veux dire et souligner que nous avons de nombreux partisans, y compris aux États-Unis et en Europe, et encore plus sur d’autres continents et dans d’autres pays. Et il y en aura d’autres, cela ne fait aucun doute.
Je le répète, même dans les pays qui sont encore des satellites des États-Unis, on comprend de plus en plus que l’obéissance aveugle de leurs élites dirigeantes à leur suzerain, en règle générale, ne coïncide pas nécessairement avec leurs intérêts nationaux, et le plus souvent les contredit simplement, voire radicalement. Un jour ou l’autre, chacun devra faire face à ce sentiment croissant dans la société.
Aujourd’hui, ces élites dirigeantes augmentent le degré de manipulation de la conscience publique sous nos yeux. Les classes dirigeantes des pays occidentaux, qui sont supranationales et mondialistes par nature, ont réalisé que leurs politiques sont de plus en plus détachées de la réalité, du bon sens et de la vérité, et elles ont commencé à recourir à des méthodes ouvertement despotiques.
L’Occident, qui affichait autrefois des principes de démocratie tels que la liberté d’expression, le pluralisme et le respect des opinions dissidentes, a désormais dégénéré en son contraire : le totalitarisme. Cela inclut la censure, l’interdiction de médias et le traitement arbitraire de journalistes et de personnalités publiques.
Ces types d’interdictions ont été étendus non seulement à l’espace d’information, mais aussi à la politique, à la culture, à l’éducation et à l’art – à toutes les sphères de la vie publique dans les pays occidentaux. Et ils imposent cela au monde entier ; ils essaient d’imposer ce modèle, un modèle de libéralisme totalitaire, y compris la fameuse cancel culture d’interdictions généralisées.
Cependant, la vérité et la réalité est que les populations de la plupart de ces pays ne veulent pas de cette vie ou de cet avenir, et ne veulent vraiment pas d’un semblant de souveraineté formelle, elles veulent une souveraineté substantielle, réelle, et sont simplement fatiguées de s’agenouiller, de s’humilier devant ceux qui se considèrent comme exceptionnels, et de servir leurs intérêts à leur propre détriment.
Aujourd’hui, nous entendons dire qu’ils veulent nous vaincre sur le champ de bataille. Eh bien, que puis-je dire ? Qu’ils essaient. Nous avons déjà beaucoup entendu dire que l’Occident voulait nous combattre “jusqu’au dernier Ukrainien”. C’est une tragédie pour le peuple ukrainien, mais cela semble aller dans ce sens. Mais chacun doit savoir que, dans l’ensemble, nous n’avons encore rien commencé sérieusement.
Dans le même temps, nous ne rejetons pas les pourparlers de paix, mais ceux qui les rejettent doivent savoir que plus cela dure, plus il sera difficile pour eux de négocier avec nous. […]
Un juge ordonne la “suspension immédiate” de la vaccination des enfants, dans l’attente de la publication des contrats entre le gouvernement et Pfizer
Un juge a ordonné cette nuit la “suspension immédiate” en Uruguay de la vaccination des enfants contre le Covid-19, dans l’attente de la publication des contrats passés entre le gouvernement et le laboratoire Pfizer, ainsi que de la “composition des substances” contenue dans le produit.
La suspension, qui concerne les enfants de moins de 13 ans, sera en vigueur jusqu’à ce que “tous les contrats d’achat de ces vaccins” et les documents “détaillant la composition des substances à administrer” soient publiés dans leur intégralité, indique dans sa décision le juge Alejandro Recarey.
Ce dernier, qui officie en tant que juge suppléant d’un tribunal administratif, a fait suite à un “recours en protection” déposé par un avocat, visant à suspendre l’administration du vaccin aux enfants.
Cette vaccination est autorisée dans le pays sur une base volontaire à partir de l’âge de cinq ans. Le gouvernement du président conservateur Luis Lacalle Pou a annoncé qu’il allait faire appel de la décision.
Selon le juge, il faut “fournir aux responsables des mineurs qui se vaccinent” un document “qui les informe pleinement et clairement” sur le contenu des injections, leurs bénéfices, les risques qu’elles comportent “en précisant leur nature, leur probabilité, leur ampleur”, et les “effets indésirables déjà détectés, dans leur intégralité”.
Auriez-vous 15 millions d’euros ?
Certains internautes se plaignent parfois des appels redondants du Salon beige pour financer nos développements. Mais ce n’est rien par rapport à ce que demande Libération, qui cherche 15 millions d’euros pour couvrir ses pertes sur les trois prochaines années avant d’espérer atteindre la rentabilité en 2026.
Patrick Drahi a déjà mis 100 millions d’euros dans Libération depuis qu’il y est rentré en 2014.
L’islamisme est entré depuis 2015 dans une phase hyperactive
Normalien, agrégé et docteur en histoire, Pierre Vermeren, spécialiste des sociétés berbères et arabes contemporaines, estime que l’islam politique continue de progresser. Il écrit dans Le Figaro :
[…] Au plan international, le salafo-djihadisme a remporté deux grandes victoires stratégiques en six mois avec les retraits successifs des Américains d’Afghanistan puis des Français du Mali (retraits pour autant nécessaires). Dans les pays du front du djihad – comme il y a des fronts pionniers en Amazonie -, les nouvelles sont désastreuses. Au Nigeria, pas une semaine sans enlèvements de jeunes chrétiennes, assassinat de prêtres, de fidèles ou destruction d’églises : on y déplore 900 chrétiens tués ces trois derniers mois. À l’autre bout du monde musulman, au Pakistan, les islamistes s’emploient à harceler les communautés chrétiennes subsistantes, par enlèvement de jeunes chrétiennes, violées, converties et mariées de force, comme cela se fait depuis des siècles. En Inde, les islamistes répondent frontalement aux hindous pour ne tolérer aucune atteinte à la sacralité coranique (le meurtre d’un tailleur hindou ce 28 juin a déclenché une tempête). En Europe, pas un mois ne passe sans un attentat ou un assassinat attribué à une personne plus ou moins liée à la mouvance de l’islam radical.
Qu’en est-il sur le territoire de la France ? Dans ces colonnes, j’avais écrit après les grands attentats de 2015 qu’au regard de leurs objectifs communautaristes, les attentats étaient un succès pour les salafistes : si le pays a tenu, ils ont néanmoins renforcé le communautarisme islamique des jeunes musulmans – ainsi qu’en attestent de nombreuses études -, rendu visible par le voilement des jeunes musulmanes. Chez elles, le voile, qui se limitait, il y a dix ans, à quelques villes du nord et de l’est du pays, est devenu la norme dans de nombreux quartiers (cités d’Île-de-France) ou villes (comme à Lille), et s’est même implanté à Bordeaux et en Bretagne.
Cet islamisme en action est piloté de concert et en rivalité par les salafistes et par les Frères musulmans, auprès desquels rivalisent leurs soutiens et bailleurs étrangers (États du Maghreb et du Golfe). Par ailleurs, la Commission européenne et les autorités américaines, aussi surprenant que cela paraisse, le considèrent avec bienveillance : la promotion du hidjab est à Bruxelles et à Strasbourg l’objet d’une intense communication. Or, dans une Europe ouverte où circulent les valises de billets des milliards d’euros du cannabis – le continuum entre réseaux mafieux et djihadisme armé ayant été démontré lors des attentats de Paris et Bruxelles -, l’islamisme est entré depuis 2015 dans une phase hyperactive. Encore faut-il accorder une intelligence collective et une détermination à ses concepteurs, à ses agents et à ses militants.
L’objectif le plus visible est que l’on parle chaque jour, dans chaque média français, de l’islam, de l’islamisme et des musulmans, que ce soit en bien ou en mal ; cela n’a aucune importance au regard des principes de base du marketing. L’espace public est saturé par la querelle à rebond sur le burkini, le voile à l’école (avec épreuves de force et invectives de fonctionnaires à la clef), la conversion de Diams, le feuilletonnage de l’affaire Abdeslam, la diffusion mystérieuse, générale et simultanée, ce printemps, du jelbab – alias la djellaba – dans les lycées de France, la fréquentation de piscines publiques par des groupes d’une dizaine de femmes en burkini, le déploiement de groupes d’une quinzaine de jeunes filles en jelbab immaculé – sous bonne garde – dans Paris pour distribuer de la nourriture aux SDF, la circulation quotidienne de femmes voilées autour des grandes universités parisiennes – au demeurant tout à fait légale, mais d’autant plus surprenante que nombre d’entre elles semblent étrangères à ces institutions. Autant de signaux dits faibles.
À cela, il faut ajouter des choses indicibles dans notre société médiatique pleine de scrupules et bien élevée. Ainsi a-t-on « pudiquement » tu, cette année, trois assassinats terribles qui ont endeuillé deux familles juives et une famille de médecin militaire (à Sarcelles, Lyon et Marseille), commis au nom de l’islam dans au moins deux cas, mais que l’on a préféré psychiatriser et occulter. Rappelons que sous François Mitterrand, la « seule » profanation du cimetière juif de Carpentras avait ému et mobilisé la France entière. Désormais, rares sont ceux qui s’étonnent de la quasi-disparition des croix et plaques chrétiennes dans tant de cimetières de banlieues – brisées puis jetées -, sans parler des départs de feu et profanations d’églises hebdomadaires qui, dans certains cas, peuvent avoir un mobile islamiste (mais dans d’autres cas relèvent d’individus ou de groupes n’ayant rien à voir avec l’islam).
Nombre de faits identifiés doivent être relevés et interrogés. Ainsi en est-il de la disparition des charcuteries et boucheries non-halal dans nombre de villes de banlieues ou de petites villes possédant une « cité » : à force de crachats ou de gestes malveillants, l’artisan quitte en silence le terrain et va s’installer dans un quartier bourgeois ou une petite ville où son activité recherchée fait à nouveau florès. L’exemple est reproductible à bien des professions, y compris de médecin. Et qui envoie et filme des militantes voilées dans des restaurants pour y provoquer un scandale en cas de problème ? L’application du droit d’aller et venir est une chose. L’instrumentalisation de femmes pieuses et pudiques mises en scène en est une autre.
Dans cette offensive soutenue, la symbolique de l’État est au centre de micro-agressions comme de méga-agressions. Ainsi, quand le président se déplace à la rencontre des Français, il est désormais fréquent d’observer une femme voilée à la mode islamiste dans sa proximité immédiate, question de visibilisation. Méga-agression à l’inverse, quand des centaines de jeunes de la banlieue nord (nationaux ou étrangers, notamment « mineurs non accompagnés » issus du Maghreb et non déférés) détroussent les touristes-spectateurs, humilient les forces de l’ordre et l’État au Stade de France devant des centaines de millions de téléspectateurs. La puissance publique en est restée sans voix. Cet affrontement multiforme, que d’aucuns jugent fantasmatique ou inexistant, répond objectivement aux considérations guerrières théorisées dans la mouvance salafo-djihadiste : faire la guerre par tous les moyens à ces « sales Français » , dans la logorrhée de Daech.
Évoquons enfin l’attitude repérée dans tant d’établissements scolaires, qui consiste, dès le plus jeune âge des élèves, à refuser les cours de musique, de natation, l’enseignement de faits historiques capitaux (Shoah, génocide arménien, histoire religieuse), la théorie de l’évolution, l’éducation sexuelle, etc. Pour les salafistes, le refus de l’école laïque n’est pas une coquetterie : Boko Haram ( « livre interdit » ) dit tout haut ce qu’ils pensent. Pour eux, le Coran est le seul livre légitime, surtout s’il est enseigné en arabe sans nécessité de le comprendre – Allah n’a pas à être compris à leurs yeux – ; au Sahel et en Afghanistan, des centaines d’écoles sont détruites ou boycottées ; en Tunisie, le pouvoir islamiste (tombé le 25 juillet 2021) a déscolarisé 1 million d’enfants en dix ans, rendus à l’analphabétisme et à l’exploitation économique.
Quand l’objectif n’est pas d’émanciper mais d’enfermer dans l’ignorance pour gouverner les âmes à coups d’oukases et de normes simplistes imposées, l’école à la française est (encore) une entrave. Faire taire les professeurs est une chose, mais plus efficace est de les faire fuir. Dans les académies de Créteil et de Versailles, constatons que des milliers de professeurs manquent à l’appel dans les REP (ex-ZEP) : les remplaçants abandonnent, de jeunes professeurs démissionnent, laissant place à des non-diplômés issus des quartiers faisant fonction d’enseignants, vulnérables aux pressions d’idéologues locaux, voire soumis à ceux-ci. Le cas Lemaire a dévoilé la stratégie qui consiste à faire fuir les républicains. Fin juin, l’État a cru calmer les tensions en signant une convention d’enseignement de l’arabe avec Alger, pays dans lequel les cours d’arabe sont en réalité très souvent des cours d’islamisation. Enseigner l’arabe à des élèves berbérophones ou darijaphones (langue du Maghreb) en famille est une prise de pouvoir. L’apprentissage du français et de l’anglais dans nos classes est déjà souvent en échec, ce qui ne laisse aucune chance à l’arabe, langue difficile que les étudiants du Maghreb eux-mêmes maîtrisent mal après quinze ans d’études. Le recrutement de professeurs mal payés, peu soutenus, non titulaires et de bas niveau, alliés à l’absentéisme d’élèves et à la colère des parents aboutissent chez certains élèves à une sous-culture de 1 000 mots, ce qui correspond à l’objectif tacite d’ignorance chez les idéologues salafistes.
Au regard de ces maux, le soulagement éprouvé par les Français et leurs dirigeants devant la disparition des grands attentats n’est pas dépourvu de lâcheté. On ne tue pas sans objectifs précis des centaines de personnes avec la quasi-certitude de mourir dans ces attentats. En près de huit ans, la France a beaucoup changé, et le seuil de tolérance à l’inacceptable monte un peu plus chaque année. Les études d’opinion indiquent que nombre de jeunes Français acceptent étrangement cette situation, tandis que nos gouvernants regardent ailleurs. Mais il est des combats jamais assouvis.
Le sujet le plus tabou des 50 dernières années
Abordé sans fard par Jacques Bompard, médecin, ancien maire d’Orange et ancien député :
Partenariat entre Nespresso et Café Joyeux
Nespresso France, géant des capsules de café, a annoncé une collaboration avec l’entreprise sociale Café Joyeux, qui emploie des personnes atteintes de trisomie ou d’autisme dans ses restaurants. Yann Bucaille-Lanrezac, créateur de l’enseigne Café Joyeux (une dizaine en France), qui vient de remporter le prix de l’entrepreneur social de l’année 2021 du BCG (Boston Consulting Group), indique au Figaro :
« Depuis le départ, notre raison d’être, c’est l’inclusion. Par le travail, mais aussi par la rencontre, pour changer le regard de notre société sur la fragilité. Nous n’avons pas la prétention de changer le monde, mais nous essayons de montrer que c’est possible d’agir. »
750 000 personnes sont en situation de handicap mental en France, et seulement 0,5 % d’entre elles ont un travail dans une entreprise dite ordinaire. Il est temps que les entreprises prennent cette réalité en compte.
Nespresso, qui vend pour 6,27 milliards d’euros de capsules tous les ans, reste très discret sur les volumes produits et espérés concernant cet accord. Les capsules jaunes seront présentes dans ses 50 boutiques en France ainsi que sur son site internet. Hélène Gemähling, la DRH de Nespresso en France, précise :
« Nous lançons régulièrement des éditions limitées sur des crus de café, mais c’est la première fois que nous assemblons et torréfions pour quelqu’un d’autre avec un café créé spécifiquement pour Café Joyeux ».
Après une année de travail, le nectar – mélange d’arabica et de café d’Ouganda -, rond et à l’intensité moyenne, est prêt. Il sera disponible pendant un an sur le marché français au prix de 4,80 euros l’étui de 10 capsules. C’est dans la fourchette basse des éditions limitées du roi de la capsule, mais 12 à 18 % plus cher que ses gammes historiques. Nespresso emploie depuis vingt-cinq ans, à Alfortville, dans le Val-de-Marne, 50 personnes en situation de handicap pour préparer ses commandes. À Étampes, en Essonne, il soutient l’emploi de 70 travailleurs handicapés, qui réparent et reconditionnent ses machines.
Pour Café Joyeux la visibilité sera massive. L’entreprise percevra un pourcentage sur les ventes de chaque étui.
Pour mémoire, le clip de Cilou en partenariat avec les Cafés Joyeux :
On ne choisit pas son sexe et il n’y en a que deux
Après l’appel de 99 personnalités allemandes du monde scientifique contre l’idéologie du genre, 140 scientifiques et intellectuels publient dans la presse européenne un manifeste « pour une approche objective du “changement de genre” des mineurs dans les médias ».
Parmi les signataires français, on trouve notamment des personnalités de gauche comme Elisabeth Badinter, René Frydman, Israël Nisand (en plus de personnalités comme Rémi Brague, Chantal Delsol…), qui refusent d’aller jusqu’à la négation de la création de l’être humain homme et femme.
Nous, scientifiques, médecins et universitaires des sciences humaines et sociales, appelons les médias du service public et les médias privés de France, de Belgique, d’Allemagne, du Royaume Uni, de Suisse et d’autres pays d’Europe à présenter fidèlement les études sérieuses et les faits scientifiquement établis concernant le “changement de sexe/genre” des enfants dans les émissions destinées à un large public. Concernant l’éducation à la sexualité, nous appelons au respect du rythme des enfants et des adolescents dans les préconisations des écoles et des plateformes éducatives.
A l’heure actuelle, trop d’émissions et de reportages véhiculent de manière univoque les revendications infondées des militants transaffirmatifs, souvent sans objectivité. Des enfants et des adolescents sont exhibés sur des plateaux télé avec leurs parents afin de montrer à quel point le changement de genre (euphémisation pour parler de sexe) est bénéfique, sans que jamais personne n’émette la moindre réserve, ni ne donne les données scientifiques relativisant les bienfaits de ces transformations à moyen et long terme, ou les risques des traitements. Les scientifiques qui seraient critiques n’ont aucune place, ou pire encore se font insulter avant tout débat. Ces émissions répétitives peuvent avoir un effet d’endoctrinement sur les jeunes, amplifié par les réseaux sociaux.
Ces pressions médiatiques sans nuance relayés par une certaine presse écrite, normalisent et banalisent l’idéologie qui prétend que l’on pourrait choisir son genre à tout âge, au nom de l’« autodétermination », si l’on ne se sent pas en accord avec le prétendu « sexe assigné à la naissance ». Le changement de genre est souvent présenté comme une solution miracle pour régler les troubles de l’adolescence. Avec pour effet l’augmentation du nombre de jeunes qui s’auto-diagnostiquent « trans » alors qu’on peut douter qu’ils le soient lorsque les demandes ont été multipliées par vingt-cinq en moins de dix ans. En parallèle, se développe, dès le primaire dans les écoles, une « éducation à la sexualité » qui ne tient aucunement compte de l’immaturité psychique des enfants en les exposant à des contenus intrusifs et contraignants.
Cette vision lénifiante oublie que ces jeunes vont entrer dans un processus de médicalisation dont on parle peu.
La rationalité et l’objectivité scientifiques sont absentes de ces présentations. La médicalisation s’étend alors que le nombre de jeunes détransitionneurs ne cesse de croître et ces jeunes très meurtris et portant des séquelles physiques de leur transition témoignent de la légèreté avec laquelle ils ont été traités par des médecins, des psychiatres et d’autres professions de santé.
En tant que scientifiques, professionnels de l’enfance et universitaires, nous nous opposons fermement à l’assertion selon laquelle les femmes et les hommes ne seraient que des constructions sociales ou des identités ressenties.
On ne choisit pas son sexe et il n’y en a que deux. On naît fille ou garçon. Le sexe est constaté à la naissance et inscrit à l’état-civil et chacun construit une identité jamais figée et qui évolue dans le temps, ce qui est trop souvent oublié. On peut changer l’apparence de son corps mais jamais son inscription chromosomiale. Il est urgent de rompre avec des discours usant d’un vocabulaire créé de toutes pièces pour s’imposer à tous, alors qu’il repose sur des croyances et met sur le même plan des vérités scientifiques et des opinions. Il y a un risque de confusion chez les jeunes.
Nous appelons les directeurs de chaînes de télévision et de radio mais aussi la presse écrite à représenter non seulement la diversité des points de vue, mais également les connaissances avérées concernant la « dysphorie de genre » chez les mineurs. Actuellement, quand les professionnels soutiennent une prise en charge psychologique qui tient compte de la temporalité psychique des enfants et des adolescents en souffrance, ils sont notoirement disqualifiés ou absents des débats.
Dans l’intérêt de tous et principalement des plus jeunes, nous demandons également aux institutions publiques de veiller à l’exigence d’impartialité dans la présentation et la transmission des connaissances sur un sujet aussi important.
L’affirmation selon laquelle l’avortement est un droit repose sur le mensonge
De Grégor Puppinck dans Valeurs Actuelles :
L’affirmation selon laquelle l’avortement est un droit repose sur le mensonge. Il y a d’abord le mensonge suivant lequel l’avortement serait un « soin de santé », qu’il serait « sans risque », que sa légalisation réduirait la mortalité maternelle, ou encore que les femmes seraient victimes de « grossesses forcées », comme si la grossesse était une fatalité. Il y a aussi le mensonge suivant lequel il serait impossible de prévenir ni de réduire le recours à l’avortement, ou que l’avortement serait une condition de l’égalité entre les hommes et les femmes. Tous ces mensonges peuvent être aisément dénoncés.
Mais le plus gros mensonge sur l’avortement consiste à dénier jusqu’à l’existence de l’enfant victime de l’avortement. C’est sur ce mensonge que repose le prétendu droit à l’avortement. C’est l’ignorance de l’enfant qui permet de présenter l’avortement comme un droit de la femme sur son propre corps ; c’est ce que fit la Cour suprême dans l’arrêt Roe v Wade de 1973, et c’était faux, hier comme aujourd’hui. C’est un mensonge grossier car l’avortement est évidemment pratiqué sur un enfant ! C’est lui qui est avorté et non sa mère.
Ce mensonge va même plus loin puisque les promoteurs de l’avortement prennent toujours soin d’éviter d’en parler ouvertement : ils utilisent des périphrases telles que « procédure », « régulation menstruelle », « droit reproductif » ou « droit des femmes » pour ne pas dire « avortement ». Ils n’assument pas la réalité sanglante de ce qu’ils promeuvent. Ce mensonge se diffuse depuis les lobbys internationaux de l’avortement et les Nations unies ; il est une condition du droit à l’avortement.
La grossesse et l’avortement dépassent le cadre de la vie privée de la mère
C’est sur ce mensonge que reposait l’arrêt Roe v Wade ; et c’est ce mensonge que la Cour suprême a enfin rejeté dans son récent jugement Dobbs. Il faut le reconnaître, elle a suivi en cela la Cour européenne des droits de l’homme qui avait déjà déclaré que la grossesse et l’avortement ne concernent pas seulement la vie privée de la mère, mais aussi « l’enfant à naître » qu’elle porte, ainsi que le « père potentiel » de l’enfant, et la société (affaires Brüggemann et Boso). C’est parce que l’enfant existe, même s’il n’est qualifié que d’être humain potentiel, que la grossesse et l’avortement dépassent le cadre de la vie privée de la mère.
Plus encore, dans plusieurs affaires importantes, la Cour européenne a fait application de la Convention européenne à l’enfant dès avant sa naissance, en matière de droit à la vie, de respect de la vie privée, et même d’interdiction de la torture concernant la souffrance subie par le fœtus durant l’avortement. Dans plusieurs affaires la CEDH a jugé que la protection accordée par l’État au fœtus est justifiée par égard pour les « droits et libertés d’autrui » (affaires Costa et Pavan et Parrillo c Italie). Il en résulte, comme le souligne justement le Juge Pinto de Albuquerque, que « l’embryon est un “autrui”, un sujet doté d’un statut juridique ».
C’est cela la raison fondamentale pour laquelle l’avortement ne pourra jamais être un “droit” subjectif : car nul ne peut avoir de droit arbitraire sur l’existence d’autrui. C’est aussi ce que déclare la Cour suprême lorsqu’elle affirme que, « l’avortement est différent [d’autres pratiques] parce qu’il détruit ce que Roe appelle une “vie potentielle” et ce que la loi [du Mississippi] appelle un “être humain à naître” ».
Déguiser l’avortement en droit ne change rien à la nature de l’acte
Il en résulte, comme la Cour européenne l’a dit clairement à plusieurs reprises, que le droit au respect de la vie privée « ne saurait […] s’interpréter comme consacrant un droit à l’avortement » (affaires A, B et C c. Irlande et P. et S. c. Pologne). D’ailleurs, au fil de sa jurisprudence, la Cour européenne a précisé que la Convention ne garantit aucun droit à subir un avortement, ni de le pratiquer, ni même de concourir impunément à sa réalisation à l’étranger. Elle a aussi jugé que l’interdiction de l’avortement ne viole pas, en soi, la Convention européenne. (affaires Silva Monteiro Martins Ribeiro c. Portugal, Jean-Jacques Amy c. Belgique, Jerzy Tokarczyk c. Pologne, A, B et C c. Irlande)
Ainsi, il n’existe pas de droit à l’avortement au titre de la Convention européenne des droits de l’homme, pas plus qu’au titre de la Constitution américaine. Cela est certain. D’ailleurs, les nombreux engagements internationaux pris par les États de réduire et de prévenir le recours à l’avortement prouvent que l’avortement n’est pas un droit, car s’il était réellement un droit fondamental, il serait absurde et injuste d’en prévenir l’usage. Déguiser l’avortement en droit ne change rien à la nature de l’acte.
Il faut comprendre que les droits de l’homme ne sont pas créés par les juges et les parlements : ils préexistent. Les peuples les proclament, les déclarent et les reconnaissent, mais ne les créent pas. Qu’est-ce qu’un droit de l’homme ? C’est la garantie offerte par l’État à chaque personne de respecter sa faculté d’accomplir les potentialités de la nature humaine : penser, s’instruire, s’exprimer, prier, s’associer, fonder une famille. Les droits de l’homme ne garantissent pas n’importe quoi, mais protègent l’exercice des facultés humaines par lesquelles nous nous accomplissons en tant qu’êtres humains. Les droits de l’homme sont déduits de la nature humaine et la protègent.
L’avortement ne pourra jamais être un “droit fondamental”
Mais peut-on dire qu’une femme s’accomplit et s’humanise en avortant l’enfant qu’elle porte ? Certainement pas, les souffrances causées par l’avortement sont là pour le démontrer. Si l’avortement était un droit, il ne ferait pas souffrir. Entre un droit fondamental et l’avortement, la différence de nature est patente. L’avortement ne pourra jamais être un “droit fondamental”, car son objet premier, directe, est un mal : la destruction d’une vie humaine innocente, quelle que soit l’intention ou les raisons de cette destruction. Il ne sert à rien de hurler que l’avortement est un droit pour en faire un droit, ni même de l’inscrire dans la Constitution ou dans la Charte des droits fondamentaux. Cela ne change rien à la réalité de l’acte.
Alors oui, il n’existe pas de droit à l’avortement au titre de la Convention européenne, ni de la Constitution américaine. Mais, en revanche, il existe bien le droit à la vie qui est parfois défini comme garanti dès la conception. Ainsi, la Convention américaine des droits de l’homme dispose que « toute personne a droit au respect de sa vie. Ce droit doit être protégé par la loi, et en général à partir de la conception. Nul ne peut être privé arbitrairement de la vie ».
À cet égard, la Cour européenne reconnaît que les États peuvent « légitimement choisir de considérer l’enfant à naître comme une personne et protéger sa vie ». Comme la Cour suprême, la Cour de Strasbourg laisse les États libres de déterminer « le point de départ du droit à la vie » et par conséquent, d’autoriser, ou non, l’avortement (Affaire Vo c France).
Il s’agit là d’une concession faite par le juge pour tolérer juridiquement l’avortement, et elle repose sur un autre mensonge : savoir la distinction fallacieuse entre la réalité de « l’enfant à naître » et la notion juridique de« personne ». Pour permettre l’avortement, la CEDH se déclare incapable « de savoir si l’enfant à naître est une “personne” » alors même qu’elle reconnaît son appartenance « à l’espèce humaine » (affaire Vo c. France). C’est ce mensonge qui permet aux juges de fermer les yeux sur l’avortement, et de laisser chaque État décider en la matière.
La situation est sensiblement la même, à présent, aux États-Unis où chaque État fédéré peut réguler ou interdire l’avortement. C’est un progrès par rapport à la situation antérieure, mais ce n’est pas suffisant car la Cour suprême n’accorde pas encore de protection juridique à l’être humain avant la naissance. Il le faudra pourtant, notamment pour interdire les avortements tardifs, que la Cour suprême qualifie de « pratique barbare ».
La réalité sanglante de l’avortement
La route est encore longue pour que la société occidentale reprenne conscience de la valeur de chaque vie humaine, même des plus faibles. Mais déjà, de plus en plus de médecins et de sages-femmes refusent de pratiquer l’avortement. Il est de plus en plus évident qu’aspirer et broyer un fœtus, écraser son crâne et le démembrer pour l’extraire, ou lui faire une piqure de poison dans le cœur est un crime. C’est cela la réalité sanglante de l’avortement.
C’est parce que l’avortement est, en soi, un crime que ses promoteurs sont en panique morale depuis l’arrêt de la Cour suprême ; parce que ce crime apparaît au grand jour ; il n’est plus caché derrière le prétendu droit constitutionnel à l’avortement qui leur offrait une caution morale factice.
Ils sont en panique, même en France et en Europe, où la pratique de l’avortement est pourtant très loin d’être menacée. Leur panique révèle leur propre faiblesse, leur insécurité morale. Ils n’ont pas d’arguments autres que l’invective et l’apologie de l’avortement. Ils peuvent voter des résolutions à répétition, consacrer l’avortement comme un droit suprême, censurer les défenseurs de la vie humaine : tout cela ne changera rien. L’avortement restera un acte sanglant, un dogme tabou qui repose sur le sable du mensonge, et qui finira par s’effondrer, car à chaque génération nouvelle, les consciences pures de jeunes gens se révoltent contre ce crime qui demande justice.
Qui pour incarner la France ?
Nota : cet article est une contribution d’un lecteur. Depuis quelques jours, une nouvelle fonctionnalité est apparue dans la barre supérieure de votre blogue : vous pouvez désormais proposer un article rédigé. Michel Janva
« God save the Queen… »
Dans une tribune du 4 juin sur le site Boulevard Voltaire, Stéphane Buffetaut, à l’occasion du jubilé des 70 ans de règne, soulignait avec beaucoup de justesse l’immense avantage du peuple britannique qui possède « sa » reine, « sa » famille royale. C’est-à-dire sa représentation d’une continuité historique, qui personnifie en quelque sorte l’unité et la destinée de tout un peuple, quelles que soient ses origines. Élisabeth II « incarne le devoir dans un monde où l’on veut nous faire croire que seuls importent le choix individuel immédiat, le caprice du consommateur, le confort de l’égoïsme… Et, malgré tout, ce sens du devoir étonne et force l’admiration des blasés et des cyniques ».
Bien sûr en Grande-Bretagne la reine règne mais ne gouverne pas, ce qui peut choquer notre esprit monarchique français. De plus les Iles Britanniques ne sont pas à l’abri des tourments idéologiques délétères qui éloignent le peuple de la loi naturelle, destructeurs des corps sociaux, notamment la famille. La maison royale n’est pas des plus exemplaires.
Cependant notre auteur continue, en partant de la devise royale : « Never explain, never complain… Dans une époque qui dégouline d’émotion poisseuse et sélective, ce sens de la retenue, de la dignité surprend. Et, là encore, conduit au respect ». La reine représente la fonction première du supérieur, explicitée par le maître dominicain, Saint Thomas d’Aquin : le chef de tout corps constitué est d’abord le responsable, le garant du maintien de l’esprit de ce corps tel que voulu par sa constitution, par ses origines. C’est le premier devoir de la reine, elle est redevable devant son peuple de cette mission essentielle. Cette retenue et cette dignité viennent de ce que la reine ne représente pas sa personne, Élisabeth Windsor, mais tout ce qui la dépasse, et dépasse d’ailleurs chaque britannique en particulier : plus de 1000 ans d’histoire d’un peuple chrétien, avec son génie propre qui s’est exprimé dans de nombreux domaines, la science, les arts, les explorations sur tous les continents, l’industrie…
L’auteur poursuit : « Il existe de nombreuses monarchies, en Europe. Parmi elles, la Couronne britannique impressionne plus que toute autre. Peut-être le faste y est-il pour quelque chose ? Mais il y a plus profond. Élisabeth II est la seule souveraine à être réellement sacrée, ointe du saint chrême. C’est devant Dieu et de par Dieu qu’elle tient son autorité et que pèse sur ses épaules le poids de ses devoirs. Cette verticalité est d’une bien autre nature que les combines politiciennes ou les faveurs électorales ».
En quelque sorte pour la reine une nature particulière, due à sa préparation depuis l’enfance au sein de la famille royale, aux exemples de ses aïeux, véritable poids de l’histoire entraînant des devoirs. Et des grâces particulières, on peut l’espérer. Le premier ministre gouverne en rendant compte chaque semaine à la reine de sa mission. Un épisode de « The Crown » saison 1, publié par l’éditeur Netflix, présente admirablement la reine Elisabeth à ses débuts recevant le premier ministre Winston Churchill, qui, malgré son prestige de vainqueur de la guerre, marque toute la déférence et le respect pour l’autorité morale qui le dépasse. Subtil mécanisme très anglais, qui certes ne transforme pas les hommes en anges, mais représente un certain garde-fou.
Une chose me frappe avec le Brexit de 2020, voulu par le peuple, et mené à bien à l’encontre de toutes les élites nationales et internationales si puissantes. Je vois là en particulier le simple fait que ce peuple, dans son sentiment le plus profond, sait ce que veut dire le mot « souverain » grâce justement à sa souveraine qui l’incarne, symbole autant que réalité. Des fonctionnaires bruxeliens quelconques, « vulgum pecus », de plus sans patrie et sans religion, au-dessus de la reine ? My God ! Shocking ! Seul Dieu est au-dessus de la reine !
On est bien sûr là très loin des logorrhées de notre président réélu, pour qui le mot « souverain » tant répété n’est qu’un pernicieux argument électoral, propos de bateleur de foire, mêlant à dessein souveraineté nationale et souveraineté européenne en créant une confusion permettant de mieux enterrer cette souveraineté ancestrale tangible, auprès d’un peuple globalement anesthésié, qui est passé du roi souverain au peuple souverain, pour ensuite mieux se faire déposséder de toute souveraineté.
Qui pour incarner la France ?
Alors qui pour incarner la France, qui pour représenter son âme profonde. Marianne ? En 1792, il fallait bien adopter un symbole de la République naissante, et de la « Liberté » mère de ce régime : une femme coiffée d’un bonnet phrygien. On y voit là plutôt une quelconque harpie dépoitraillée, issue des barricades telle que l’a représentée le peintre Eugène Delacroix. Dans tous les cas la pauvre ne vaut guère plus que 15kg de plâtre accrochés au mur des mairies, on fait mieux comme incarnation.
La République doit alors se trouver des succédanés, représentant au moins ce qui pourrait unir un peuple dans sa diversité, qui puisse faire sa fierté. Ce sera suivant les humeurs du temps une équipe nationale de football, qui gagne parfois, rarement, mais dans laquelle, même avec la meilleure volonté, on a du mal à trouver un soupçon de représentation de l’âme française. Il y a aussi les fameuses « Valeurs de la République », mais là comme incarnation on peut difficilement faire pire, personne n’ayant jamais trouvé le commencement du début de leur définition. Peut-être « l’Universalisme », concept défendu par quelques philosophes ou politiques éthérés, qui en exprimant l’idée qu’ils vont remplir le monde entier de bons sentiments, ne font que montrer le néant d’une pensée concrète et utile pour le quotidien de notre patrie.
Dans les périodes à venir, certainement délicates tant les difficultés non résolues s’amoncellent, bien des pays de notre vieille Europe ont au moins cet avantage d’avoir conservé une monarchie donnant un chef qui, même avec des pouvoirs très limités, constitue un facteur d’unité tangible. Héritage de l’histoire qui dépasse les représentants même de cet héritage, ils n’y sont pour rien. Principe qui permet dans un pays à chacun, à chaque partie, à chaque corps social ou politique, d’y voir n’ont pas un compétiteur qui gagne contre les autres, mais un fédérateur qui accompagne tout un peuple.
Et qui pour désigner ce fédérateur?
La question pose d’abord un préalable, peut-on en France encore croire à l’instauration d’une monarchie ?
La visite du palais impérial de la Hofburg, à Vienne, nous laisse une impression très nostalgique. Tout est resté présent dans les enfilades imposantes de salles, le bureau de l’empereur portant son encrier et ses photos personnelles, les salons et les chambres avec leur mobilier, sans oublier les monumentales poêles en faïence. Un peu comme dans le château de la Belle au Bois Dormant, tout semble assoupi, et prêt à se réveiller. Il est vrai que la continuité dynastique en Autriche est simple et bien assurée. De plus à peine un siècle les sépare de cette période, des anciens peuvent raconter qu’ils ont connu dans leur jeunesse d’autres anciens ayant vécu sous l’empereur, le bienheureux Charles. Son épouse, Zita, décédée il y a tout juste 40 ans, reste dans les mémoires de nombreux Autrichiens.
Nous, Français, sommes évidemment bien loin de cela. Toutefois un espoir doit rester en nous si nous sommes convaincus que, comme chaque homme a une destinée particulière sur terre, voulue par la Providence, chaque nation a aussi sa vocation particulière. Cette mission, affirmée par l’évêque fondateur de la première dynastie mérovingienne, Saint Rémi, et confirmée par de nombreux évêques et papes au cours de l’histoire, notamment par Saint Pie X (cf. bulletin ARLV N°33), et par le pape Jean Paul II en 1980 au Bourget et en 1996 à Reims, est la défense de la foi authentique ainsi que la propagation de cette foi dans le monde entier. De ce point de vue l’exemple récent de nos terres, magistralement démontré par le père Argouarc’h dans son livre « Passion de la Vendée », est édifiant. Après la saignée de la tempête révolutionnaire, censée effacer toute trace de religion sur ces terres, l’auteur présente la floraison des séminaires, et recense 161 prêtres vendéens nés au XIXème siècle, partis évangéliser le monde entier.
On peut noter que si la Grande-Bretagne a conservé sa monarchie, bienfait certain, elle a par contre, depuis Henri VIII en 1531, sombré officiellement dans le schisme et l’hérésie anglicane. La France malgré tout, malgré ses « philosophes », esprits forts du siècle des Lumières, ses révolutionnaires sans-culottes autant que sans-Dieu, ses républicains laïcards et francs-maçons, a conservée dans son âme, si ce n’est dans ses institutions et dans son peuple, l’attachement à l’authentique foi catholique et au trône de Pierre. Bien sûr tout cela semble aujourd’hui bien dévoyé, et même un peu utopique tant l’Eglise elle-même semble tanguer, soumise aux mauvais vents du siècle, acquise pour une grande part à la religion horizontale des Droits de l’Homme, de l’homme fait Dieu et non plus du Dieu fait homme.
Toutefois, si les générations du concile Vatican II et de la nouvelle liturgie de 1969 ont pu vivre ces événements comme une rupture avec un passé révolu, pleine d’espérance, il faut bien reconnaître qu’on en attend toujours les merveilleux fruits promis. Et que cet esprit là, s’il reste encore présent chez bien des plus âgés, ne s’est pas transmis aux jeunes générations qui s’engagent, non pour rejeter la tradition bimillénaire, mais bien souvent à la recherche de cette tradition. Le grand succès du pèlerinage de Pentecôte à Chartres proposant la liturgie traditionnelle, réunissant 300 prêtres et plus de 15 000 jeunes, en est la manifestation éclatante. La loi des générations se renouvelant fait son effet, les réalités finissent par s’imposer. Avec plusieurs évêques présents, les lignes bougent même dans la hiérarchie de l’Eglise. Alors pourquoi la France ne pourrait-elle pas un jour revivre aussi plus en accord avec les lois naturelles, et retrouver des institutions mieux garantes de ces lois ? Aujourd’hui et près de chez nous, la Hongrie, avec son premier ministre Viktor Orban largement réélu à chaque fois, progresse dans cette direction.
« La contre-révolution ne sera pas une révolution contraire mais le contraire de la révolution » (Joseph de Maistre). Il ne s’agit pas pour nous de détruire l’autorité existante, si faible et malfaisante soit-elle, mais de penser à un avenir, au jour où cette autorité s’effondrera. Depuis 1500 ans l’Eglise n’a pas réagi autrement. Face à la disparition du cadre politique de l’Empire romain au Ve siècle, et aux hérésies, le grand saint Rémi, évêque de Reims, suscite en 496 une nouvelle dynastie avec le baptême de Clovis. En 751 le pape Zacharie adoube Pépin le Bref, premier roi de la dynastie des carolingiens. En 987, le duc des Francs Hugues Capet est élu roi grâce au soutien actif d’Adalbéron, l’archevêque de Reims.
Pour chacune de ces périodes des graves troubles, en particulier des invasions, et un pouvoir central défaillant entraînant un grand danger pour la Chrétienté. Et si les chefs fondateurs de dynasties ont d’abord fait personnellement leurs preuves, affirmé leur autorité, leur compétence naturelle, leur sens du devoir au service du bien commun, c’est bien l’Eglise qui a adoubé ce pouvoir. Mieux encore, en 1429 c’est le Ciel lui-même, malgré une partie de l’Eglise acquise à la cause anglaise, qui par les voix des saints suscite le départ de la jeune Jeanne d’Arc afin de restaurer l’autorité légitime défaillante. Nous avons là d’un point de vue naturel une belle raison d’espérer. Sans parler de l’Espérance surnaturelle.
Pascal Théry – président Association Royaliste Légitimiste de Vendée
André Figueras, un grand pamphlétaire doublé d’un homme d’action
Anne Brassié reçoit Olivier Figueras qui évoque le destin et l’oeuvre de son père: le talentueux André Figuéras. Deux principaux livres sont évoqués : “Onze amiraux dans la tourmente” et ses “Mémoires intempestifs ».
Engagé dans la résistance en 1941, à l’âge de 17 ans, il n’en demeure pas moins un défenseur de Philippe Pétain. Il termine la guerre dans les commando-parachutistes de l’Armée d’Afrique ; à ce double titre, il a reçu la croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.
Après guerre, il commence une carrière dans la presse dans le journal L’Essor. La guerre d’Algérie et l’abandon de l’Algérie française par Charles de Gaulle vont contribuer à faire de lui un adversaire très résolu du gaullisme. Il publie un grand nombre d’ouvrages pamphlétaires, dont plusieurs seront interdits par la censure, notamment Le Général mourra ou Charles le Dérisoire. Il est également l’auteur d’un roman sur la France de la Seconde Guerre mondiale, assez cynique et subversif, Pas de champagne pour les vaincus.
Le délire complotiste de Soros, qui voit “un plan soigneusement élaboré pour transformer les États-Unis en un régime répressif”
Dans une tribune délirante publiée sur Project Syndicate, une organisation médiatique internationale dont le siège est à Prague, George Soros se livre à une diatribe contre la Cour Suprême des Etats-Unis :
Les États-Unis sont une démocratie en constante évolution depuis leur fondation en 1776, mais leur survie en tant que démocratie est aujourd’hui gravement menacée. Un ensemble de développements vaguement interconnectés, à l’intérieur du pays et à l’étranger, est responsable de cette crise. À l’étranger, les États-Unis sont menacés par des régimes répressifs dirigés par Xi Jinping en Chine et la Russie de Vladimir Poutine, qui veulent imposer une forme de gouvernement autocratique dans le monde.
Mais la menace que représentent pour les États-Unis les ennemis intérieurs de la démocratie est encore plus grande. Il s’agit notamment de l’actuelle Cour suprême, qui est dominée par des extrémistes d’extrême droite, et du parti républicain de Donald Trump, qui a placé ces extrémistes à la Cour.
Qu’est-ce qui qualifie la majorité de la Cour d’extrémistes ? Ce n’est pas seulement leur décision d’annuler Roe v. Wade, l’affaire historique de 1973 qui a reconnu le droit d’une femme à choisir d’accoucher ou non. Ce qui les qualifie d’extrémistes, ce sont les arguments qu’ils ont utilisés pour justifier leur décision et les indications qu’ils ont données quant à la portée qu’ils pourraient être prêts à donner à ces arguments.
Le juge Samuel Alito, auteur de l’opinion majoritaire, a fondé sa décision sur l’affirmation que le quatorzième amendement ne protège que les droits qui étaient généralement reconnus en 1868, lorsque l’amendement a été ratifié. Mais cet argument met en danger de nombreux autres droits qui ont été reconnus depuis lors, parmi lesquels le droit à la contraception, le mariage homosexuel et les droits LGBTQ.
Poussé à sa conclusion logique, ce raisonnement pourrait même permettre aux États d’interdire le mariage interracial, comme certains l’ont fait jusqu’en 1967. Il est également clair que la Cour a l’intention de lancer une attaque frontale contre le pouvoir exécutif. L’un des arrêts les plus importants de la dernière session de la Cour a privé l’Agence de protection de l’environnement de l’autorité d’édicter les réglementations nécessaires à la lutte contre le changement climatique.
Il ne faut pas longtemps pour trouver le dénominateur commun des récentes décisions de la Cour : soutenir les causes défendues par le parti républicain de Trump et affaiblir ou interdire les causes favorisées par le parti démocrate. […]
Heureusement, je ne suis pas le seul à affirmer que la survie de la démocratie aux États-Unis est gravement menacée. L’opinion publique américaine a été réveillée par la décision annulant l’arrêt Roe. Mais les gens doivent reconnaître cette décision pour ce qu’elle est : une partie d’un plan soigneusement élaboré pour transformer les États-Unis en un régime répressif, ciblant particulièrement les femmes, quelles que soient les conséquences dévastatrices.
Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher cela. Ce combat devrait inclure de nombreuses personnes qui ont voté pour Trump par le passé. Je suis un partisan du parti démocrate, mais ce n’est pas une question partisane. Il s’agit de rétablir un système politique bipartite fonctionnel qui est au cœur de la démocratie américaine.
La République des copains
Il faut bien que ces messieurs vivent (sur nos impôts) :
Le Président de la République envisage, sur proposition de la Première ministre, de nommer M. Jean CASTEX en qualité de président du conseil d’administration de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France.
La Présidente de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat sont saisis de ce projet de nomination, afin que la commission intéressée de chacune des assemblées se prononce dans les conditions prévues par le cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution.
Je découvre l’existence de cette agence…
Enfant non conforme à la commande : deux homosexuels intentent un procès
En Californie, deux hommes viennent d’intenter un procès envers une clinique de fertilité. Ils voulaient acheter un garçon au moyen d’une GPA (300 000 dollars), mais la mère porteuse s’est retrouvée enceinte d’une fille. Elle a accouché en 2021.
Ils accusent la clinique de « rupture de contrat, faute médicale, négligence, dissimulation frauduleuse », mais aussi de « violation de la loi sur la concurrence déloyale et du droit des consommateurs ». Ils demandent des dommages et intérêts, leurs projets devant désormais inclure un troisième enfant, qui représente un « impact financier vertigineux ».
Qu’en pense Caroline Mecary ?
L’oral pour évaluer les motivations des futurs professeurs et leur maîtrise des «valeurs de la République»
Pas simple, voire éliminatoire :
Cette épreuve orale, nouveauté 2022 de l’éducation nationale, Axel l’avait consciencieusement bûchée. Le candidat au Capes d’Histoire-Géo avait épluché le « vademecum » sur la laïcité, celui contre l’homophobie et la transphobie, un troisième contre le racisme, sans oublier le condensé sur les « valeurs de la République ». Fort de dix ans d’expérience dans l’enseignement, d’une thèse à Sciences Po Bordeaux et d’un post-doctorat, Axel, 38 ans, se sentait prêt à exposer ses motivations au jury, et répondre aux deux mises en situation autour de la vie scolaire. Quel ne fut son étonnement, le 1er juillet, en découvrant son résultat : 7/20. Sans la performance du 15 à l’épreuve disciplinaire, il était éliminé.
Le jour J, le candidat était tombé sur le sujet suivant :
« Lors d’un cours sur la liberté d’expression, un élève, apparemment sincère, vous demande pourquoi les caricatures de Charlie Hebdo sont autorisées alors que Dieudonné est condamné ».
Le jury lui a alors demandé de citer l’article de loi qui sanctionne l’incitation à la haine raciale.
« J’ai répondu que je n’étais pas juriste, et que cela relevait du Code pénal. Est-ce cela qui m’a valu une note quasi éliminatoire ? Cette question m’a paru déplacée, voire malveillante, car elle ne présume ni de ma réaction à une situation, ni de ma connaissance du devoir du fonctionnaire. C’était clairement pour me coincer ».
Depuis début juillet et la parution des résultats des Capes (concours pour l’enseignement public secondaire), Cafep (privé) et CRPE (professeur des écoles), les témoignages abondent sur les réseaux sociaux de candidats déçus, frustrés ou écœurés par cette épreuve sur la « connaissance du système éducatif ». Dans l’esprit de la «loi sur l’école de la confiance» de juillet 2019 dite «loi Blanquer», cet oral à fort coefficient (3 sur 8) est devenu commun à toutes les disciplines. L’objectif, évaluer les candidats sur leur motivation et leur parcours, et juger de leur aptitude à « s’approprier les valeurs de la République ». Les sujets varient autour du racisme, de l’homophobie, de la laïcité.
« En classe de moyenne section, vous remarquez que les garçons jouent à la voiture et les filles s’orientent vers le coin dînette. Comment résolvez-vous ce problème ? ».
Ou encore :
« Un élève déplacé car trop bavard, proteste parce qu’il ne veut pas s’asseoir à côté d’une fille, que faites-vous ? ».
Des sujets souvent tortueux, estime Céline, 48 ans, qui, avec 15 ans d’enseignement derrière elle, s’est sentie prise au piège sur la question du blasphème.
« J’ai commencé par mettre en avant la liberté d’expression, ses limites, en m’appuyant sur des textes très précis. Mais le jury s’est focalisé sur les caricatures de Charlie Hebdo, me demandant si je serais prête à les montrer aux élèves. J’ai expliqué que j’agirais certainement comme Samuel Paty, en proposant aux élèves musulmans de quitter la classe. J’ai senti que cela ne leur plaisait pas. Ils allaient toujours plus loin, me demandant si j’en ferais autant pour des caricatures sur l’homophobie, par exemple »
, raconte l’enseignante grenobloise, qui a été saquée d’un 4/20. La liberté d’expression, elle pensait pourtant connaître, cette Grenobloise enseignant dans le lycée qui a accueilli la jeune Mila.
[…]
Les valeurs de la République ont encore fait des victimes…
L’Europe de la culture de mort
Le Parlement européen a adopté par 324 voix contre 155 et 38 abstentions une résolution qui demande que soit inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l’UE que
« toute personne a le droit de bénéficier d’un avortement sûr et légal ».
La liste des votants est à consulter ici page 109.
Dans le détail, les élus RN, pourtant bien présents, se sont abstenus. Chez Reconquête, Jérôme Rivière et Gilbert Collard étaient absent (en déplacement à l’étranger) et Nicolas Bay et Maxette Pirbakas ont voté contre. Côté LR, François-Xavier Bellamy a voté contre tandis que Brice Hortefeux s’est abstenu, mais les autres LR ont voté pour :
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Le gouvernement irlandais a décidé qu’à partir du mois d’août les femmes de 17 à 25 ans pourront se procurer gratuitement divers moyens de contraception y compris des moyens « réversibles à longue durée d’action » comme les injections contraceptives ou les implants. Le financement de ce programme est prévu dans le budget de « santé des femmes » voté en octobre.
A contrario, outre-Atlantique, le seul avortoir du Mississippi, la sinistre « maison rose », a fermé ses portes hier. C’est le 50e avortoir qui ferme depuis l’annulation de l’arrêt Roe contre Wade. Mais celui-ci était emblématique : c’est lui qui est à l’origine de la décision de la Cour suprême : il avait porté plainte contre une loi du Mississippi limitant l’avortement, et de procédure en procédure c’est cette plainte qui a fini par provoquer la révolution que l’on sait. Le record de fermetures d’avortoirs est détenu par le Texas : 14, suivi par l’Ohio : 10. Dix Etats n’ont plus d’avortoir (dont trois n’en avaient déjà plus lors de l’arrêt de la Cour suprême) : Alabama, Arkansas, Kentucky, Missouri, Mississippi, Wisconsin, Wyoming – (Oklahoma, Dakota du Sud, Virginie Occidentale).
Un sénateur australien demande l’interdiction des avortements “tardifs”
Suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis renversant le jugement Roe v. Wade, Matt Canavan, père de cinq enfants et sénateur du Parti national libéral (LNP) de l’État du Queensland en Australie, demande au minimum, l’interdiction des avortements volontaires dits “tardifs”, c’est-à-dire pratiqués après la 20e semaine, qui sont autorisés dans toutes les juridictions qui composent l’Australie, à l’exception de la Tasmanie, du Territoire de la capitale australienne (ACT) et de l’État d’Australie occidentale. Au contraire, tous les autres États et territoires extérieurs la reconnaissent comme un “droit”, jusqu’à 22 ou 24 semaines.
Dans une vidéo diffusée par la chaîne de télévision Sky News en direct de Brisbane, M. Canavan qualifie de barbarie les avortements volontaires “tardifs” et affirme que
“la science a évolué massivement, nous disposons désormais d’échographies en 3D et de davantage de preuves de ce qui arrive à un bébé”. “Ces dernières semaines, il existe un consensus scientifique sur le fait que les bébés peuvent ressentir la douleur. […] Nous pouvons voir et observer dans les avortements tardifs que les enfants essaient d’éviter les instruments de la procédure. […] Je pense que cela a changé l’opinion de beaucoup de gens”.
En France, l’Interruption Médicale de Grossesse permet de tuer un bébé dans le ventre de sa mère jusqu’à 9 mois.
Le sénateur Canavan a également cité les cas encore plus affligeants de bébés ayant survécu à des avortements tardifs et laissés à l’abandon après leur expulsion, faisant référence aux données fournies au parlement du Queensland en 2016 par le ministre de la Santé de l’époque, Cameron Dick, qui ont révélé que 200 bébés étaient nés vivants après des avortements pratiqués dans cet État depuis 2005.
“L’ Australie est isolée dans le contexte mondial”
Le rapport de 2014 de l’Institut Charlotte Lozier indique que seul un nombre limité d’États autorise les avortements après 20 semaines : le Canada, la Chine, les Pays-Bas, la Corée du Nord, Singapour, le Vietnam et, jusqu’au 24 juin, les États-Unis d’Amérique.

