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Xavier Moreau : « Pour moi, la Russie a déjà gagné la guerre ! »

Xavier Moreau, analyste politico-stratégique porte un regard peu commun sur le conflit entre l’Ukraine et les Russie. Installé à Moscou depuis plus de vingt ans, Xavier Moreau revient sur les raisons de la guerre et les nombreux événements qui ont ponctué ces derniers mois. Il souhaite apporter des réponses sans langue de bois et sans le prisme du politiquement correct aux questions de TVLibertés. Opération spéciale ou guerre, souffrance des civils ukrainiens, crise énergétique, moral du peuple russe, situation au Donbass et perspectives de paix sont passés en revue. Un discours et des arguments qui peuvent surprendre mais doivent être entendus pour comprendre les véritables enjeux pour ces deux pays mais aussi pour l’Europe et la France.

Mgr Luc Meyer nommé évêque de Rodez

Le pape a nommé Mgr Luc Meyer évêque de Rodez, suite au déplacement de Mgr Fonlupt à Avignon en juillet 2021.

Né en 1968, ordonné prêtre en 2000, ancien supérieur du séminaire de Nantes, le père Luc Meyer était vicaire général du diocèse de Laval.

En macronie, il vaut mieux être djihadiste que soignant non-vacciné

La France réintègre des djihadistes de Syrie, mais refuse de réintégrer les 15 000 soignants non vaccinés.

La France a en effet rapatrié des femmes de Syrie, parmi lesquelles Emilie König, djihadiste placée en détention provisoire après avoir été mise en examen par un juge antiterroriste. Cette femme de 37 ans, accusée d’avoir recruté pour le groupe État islamique et appelé à commettre des attaques en Occident, était visée par un mandat d’arrêt et a été mise en examen à son arrivée à Paris pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Originaire de Lorient, elle était partie en Syrie en 2012. Régulièrement apparue dans des vidéos de propagande, elle avait été placée par l’ONU sur sa liste noire des combattants les plus dangereux. Elle est mère de cinq enfants, dont trois nés en Syrie, qui ont été rapatriés en France début 2021.

Trente-cinq mineurs et 16 mères présents dans des camps de prisonniers jihadistes en Syrie depuis la chute de l’EI ont été rapatriés mardi. Huit mères ont été placées en garde à vue «en exécution d’un mandat de recherche» et «huit font l’objet d’un mandat d’arrêt.

De son côté, le nouveau ministre de la Santé, François Braun, a affirmé mardi que la réintégration des 15 000 membres du personnel non-vaccinés, suspendus depuis 2021, n’était « pas d’actualité », malgré les demandes de médecins et d’élus.

Augmentation du nombre d’avortements en Corée du Sud

La Conférence épiscopale sud-coréenne a fait part de ses inquiétudes face à une augmentation du nombre d’avortements en Corée du Sud. Une enquête de l’institut KIHASA (Korea Institute for Health and Social Affairs) indique que 32 000 meurtres d’enfants à naître ont été pratiqués dans le pays en 2020, contre 4 800 en 2017.

Des observateurs ont fait le lien entre cette hausse et la décriminalisation de l’avortement en 2020.

Le père Park Jung-woo, secrétaire de la Commission pour la Vie de l’archidiocèse de Séoul, remarque :

« Les gens doivent prendre conscience de leur fertilité et être plus responsables. Nous devons les sensibiliser davantage dans ce sens, pour qu’ils ne séparent plus la vie, le sexe et l’amour les uns des autres ».

« Les relations sexuelles, sans un objectif de procréation et de maintien de la vie, perdent de leur essence, et la sexualité hors mariage, en particulier, ne prétend pas assumer ses responsabilités vis-à-vis de la vie »

Une loi visant à légaliser l’avortement jusqu’à 14 semaines serait en préparation et pourrait être votée au cours des prochaines semaines. La nouvelle loi autoriserait également les avortements entre la 15e et la 24e semaine pour des cas de viol ou d’inceste.

En 2018, les évêques sud-coréens avaient lancé une pétition anti-avortement qui a rassemblé près d’un million de signatures. L’Église a également organisé des Marches pour la Vie, une campagne pro-vie qui a lieu tous les ans dans plusieurs régions du pays.

L’appel aux scouts de 20 Minutes

20 Minutes recherche des témoignages de camps scouts :

Joyeux louveteaux et louvettes, en route vers le camp. Avec leurs foulards, leurs chants et leurs gros sacs à dos, ils sont facilement reconnaissables. Et cet été, les troupes de scouts et d’éclaireurs vont à nouveau se réunir dans les quatre coins de la France. A la mer, la campagne, en montagne ou en forêt, les enfants prennent la route des vacances vers la liberté, la collectivité et les responsabilités autour des feux de camp, des randonnées et autres activités.

Sous l’égide de leurs chefs et cheftaines, ils vont se créer des souvenirs immuables, entre amitié et solidarité. Anciens ou actuels scouts et éclaireurs, quels souvenirs gardez-vous de vos étés ? Qu’y avez-vous appris ? Avez-vous vécu des moments marquants ou rencontré des amis pour la vie ? Parents, anciens scouts ou éclaireurs, avez-vous transmis le flambeau à vos enfants ? Racontez-nous !

C’est ici

Emmanuel Macron, qui avait tous les pouvoirs, se voit aujourd’hui contraint d’entendre les Français

Réponse de Marine Le Pen au discours de politique générale d’Elisabeth Borne :

 

Le maire souhaite installer une médiathèque dans l‘église en échange de sa restauration

Nous avions évoqué le sujet en mai 2021. Le conseil municipal de Beaupréau-en-Mauges (49) a voté jeudi 30 juin 2022 pour installer la médiathèque dans l’église tout en y ajoutant une petite extension sur le côté, afin de marquer visuellement son changement d’affectation. Franck Aubin, maire de Beaupréau-en Mauges, souligne :

« Une des demandes des habitants, parmi ceux qui ont répondu à la consultation, était la désaffectation de l’édifice et donc sa désacralisation ». « Le bâtiment devenant un bâtiment « public », il semble plus opportun que le bâtiment soit désaffecté et désacralisé en raison du fait que les gens ont des relations différentes avec les religions ou avec la religion catholique en particulier. Ce serait une façon de faire que ce bâtiment soit le plus accessible à la grande majorité de la population ».

La communauté paroissiale n’est pas favorable à une désacralisation tout en ne refusant pas l’implantation de la médiathèque. Le curé de la paroisse dont dépend l’église propose :

« Puisque la commune n’a besoin que d’une partie de l’église, nous serions favorable à une convention qui libérerait la nef des représentations religieuses afin que la commune puisse réaliser la médiathèque. Celle-ci serait séparée du reste de l’église où nous pourrions encore répondre à certaines sollicitations cultuelles ».

Une position qui est en accord avec celle du diocèse, plutôt favorable à une utilisation partagée.

Le maire de Beaupréau-en Mauges a envoyé sa demande de désacralisation au préfet qui la transmettra ensuite à Mgr Emmanuel Delmas, évêque du diocèse d’Angers, seul à pouvoir l’autoriser.

Le choc de la photo du cardinal Sarah

Paris Match fait sa Une sur le cardinal Sarah, ce qui choque les journalistes du journal (parce qu’il est noir ou parce qu’il est catholique ?):

Celle-là elle choque sans doute moins les journalistes ?

Reconquête va (enfin) consulter ses adhérents

Éric Zemmour va adresser un questionnaire de 15 pages par courriel, jeudi 7 juillet, aux quelques 130 000 militants de Reconquête, pour faire le bilan de la présidentielle et des législatives, déceler les attentes des militants pour les mois et les années à venir et connaître leur point de vue.

Les adhérents vont pouvoir revenir sur cinq points qui ont marqué la campagne présidentielle et déterminer s’il s’agit de polémiques « injustes » ou «méritées »: pointage d’un fusil sur un journaliste au salon Milipol le 20 octobre 2021, doigt d’honneur à Marseille, accueil des élèves handicapés dans des établissements spécialisés.

Onze des mesures d’Éric Zemmour sont passées au crible, comme prénoms français, ministère de la « Remigration », suspension des aides non contributives aux étrangers.

Sur la stratégie, les militants seront interrogés sur « L’identité et l’immigration doivent-elles rester les thèmes principaux du programme ? »

Les militants devront retourner leurs réponses d’ici le 15 août. Ce sondage devrait être abordé lors de l’université d’été les 10 et 11 septembre à Vinon-sur-Verdon, dans le Var.

Les sanctions contre la Russie sont terriblement efficaces : comme un boomerang

Tandis que les Russes envisagent de prendre des mesures contre la hausse du rouble (devenu la plus forte monnaie mondiale), qui handicape désormais leurs exportations, l’euro continue de dégringoler et a atteint hier son plus bas niveau depuis 20 ans, sous 1,02 dollar. Près de la moitié des produits importés dans la zone euro sont facturés en dollars contre moins de 40 % en euros, selon l’office européen des statistiques Eurostat. C’est par exemple le cas de beaucoup de matières premières, à commencer par le pétrole et le gaz, dont les cours ont déjà grimpé ces derniers mois dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Cela contribue à accélérer l’inflation et menace le pouvoir d’achat des ménages. L’effet de la baisse de l’euro varie selon la dépendance des entreprises au commerce extérieur et à l’énergie. Pour les entreprises dépendantes des matières premières et de l’énergie et qui exportent peu, comme les artisans locaux, les coûts explosent.

Pourtant, on nous vante que la monnaie unique améliore les résultats de l’économie.

La croissance dans la zone euro est au plus bas depuis 16 mois. « La récession semble inévitable », et « l’euro est dans une situation désespérée », dit un analyste.

« Les fortes hausses des prix du gaz et de l’électricité font courir un risque important que l’économie de l’UE entre en récession plus tôt que prévu », dit un autre.

Depuis le début de l’année, le prix du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, a grimpé de près de 150%.

Nos prêtres sont des types solides qui subissent des assauts sans pitié, du monde mais aussi de cette Eglise intramondaine, bavarde, inculte, murmurante

De Marion Duvauchel, professeur de Lettres et de philosophie :

Le 4 juillet dernier, le journal la Vie faisait paraître un article intitulé : Crise de l’autorité dans l’Église : cette lame de fond qui vient.

Ce n’est pas une lame de fond qui vient mais un effondrement programmé et généralisé dont la ruine financière prévisible n’est que la forme visible d’une défaite spirituelle, morale et intellectuelle. Une défaite de la pensée et de la foi qui s’est initiée dans la moitié du XIXe siècle avec Renan, Loisy et toute la recherche historiciste allemande, essentiellement protestante, que l’on s’est empressé de copier en France. On a appelé ce moment « la crise moderniste ». Tout cela a fait l’objet d’une condamnation solennelle par Pie IX et Vatican I : quelques pages solides et documentées à lire ou relire.

Ce que va faire Vatican II, c’est porter dans la pastorale, la catéchèse, dans l’esprit même, la fracture qu’annonçait le modernisme mais qui concernait surtout la sphère intellectuelle. Seuls deux laïcs ont assisté aux débats de Vatican II : Jean Guitton et Jacques Maritain, tous deux philosophes. L’obédience (et aujourd’hui les obédiences) dite Tradie est née de ce pan d’histoire.

Un prêtre vient de se suicider. C’est un drame qui ne frappe pas seulement ses paroissiens mais aussi ses proches. Car un prêtre a une famille, des frères, des sœurs, des parents peut-être encore vivants, des neveux et des nièces, des cousins avec lesquels il a pu grandir. Mais il existe un attachement profond et un lien singulier entre un prêtre et ceux qu’il guide, enseigne et soutient spirituellement. Et à qui il pardonne beaucoup, beaucoup, beaucoup…

C’est peut-être l’occasion de rappeler que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Il y a une vingtaine d’années, dans l’un de ses emportements inspirés, Pierre Chaunu rappelait qu’on comptait 11 000 suicides de jeunes par an. J’ai cherché les chiffres d’aujourd’hui, je n’ai rien trouvé. Aujourd’hui grâce aux efforts de notre médecine et de nos politiques avisés, ce sont les enfants que ce fléau touche. Les enfants !

Le terme de « gouvernance » est récent. C’est un concept qu’on est allé chercher pour éviter de poser les problèmes de la seule manière qui permette un début de solution : clairement voire crument.

Le pape ne gouverne pas les évêques. Le Vatican, fruit de la contingence de l’histoire est un territoire et il est bon que le pape ait un territoire. Le saint Siège est un organe temporel, médiateur entre le spirituel et le temporel. Il représente l’Église du Christ devant les Institutions, donc le message du Christ dans un monde pour lequel il est devenu inaudible, même présenté dans une langue intelligible. L’intervention récente du pape qui a suspendu des ordinations dans le diocèse de Toulon traduit une ingérence regrettable. Mais il y a sans doute sous cette affaire l’hostilité d’évêques qui n’ont pas de vocations dans leur diocèse et qui ne pardonnent pas la liberté dont Mgr Rey a pu faire preuve dans les questions d’éthique.

Le problème des Évêques de France n’est pas un problème de gouvernance. Ils ont perdu toute capacité d’expression, donc de liberté depuis qu’ils parlent tous d’une seule voix à travers leur fameuse Conférence (la CEF). Les positions prises sur des questions centrales ces dernières années témoignent simplement de leur lâcheté. J’ai raconté il y a quelque temps l’histoire de cette CEF. Au moment où j’écrivais, leur site se présentait comme le site officiel de l’Église catholique et j’y avais relevé des propos littéralement hérétiques. Le site a été fermé trois jours après la parution de cet article sur le Salon beige, que je remercie.

L’article de la Vie évoque la fragilité de nos prêtres, études à l’appui. C’est une plaisanterie ?!!

On se doute de ce qui est sous-entendu : le mariage résoudrait tous ces problèmes de fragilité. Soyons sérieux, si le mariage avait une quelconque puissance thérapeutique, on n’aurait pas tous ces divorces, tous ces adultères, toutes ces familles recomposées, tous ces drames violents rapportés dans les rubriques de faits divers.

Il y a autant de profils de prêtres qu’il y a de prêtres. Ils viennent d’univers familiaux, de milieux, de terroirs différents – il y a les Creusois peu démonstratifs et les Méridionaux expansifs ; ils ont eu des parcours de conversions et des expériences spirituelles différenciées : certains en parlent volontiers, d’autre pas ; ils ont un mode de prédication, une façon d’être au monde qui leur est propre, comme chacun de nous, du moins quand ils sont eux-mêmes et non pas une sorte de modèle de perfection imaginaire et imaginé.

Nos prêtres sont forts, ils ont de la force parce que cette force s’appelle le « souffle de force », l’un des dons du Saint Esprit qui vient dans une psyché humaine pour l’éclairer et la pacifier. Ils ont des moments de doute, de lassitude, de solitude, comme chacun d’entre nous, marié ou pas quand il a un peu de profondeur et d’épaisseur dans la vie intérieure, pour ne pas dire spirituelle ; ils sont ligotés par leur hiérarchie et ont fait vœu d’obéissance, ils ne peuvent donc pas se soustraire à une demande, qu’on espère raisonnable, rationnelle et avisée. Ils sont tenus par la charité ou l’idée qu’ils en ont d’écouter tout un tas de geignards, de vaniteux, de gloseurs qui viennent même parfois leur expliquer leur travail.

Nos prêtres ne sont pas fragiles, ils sont fragilisés par des paroissiens qui n’ont pas la foi, qui ne s’aiment pas, par des instructions contradictoires, par une charge de travail lourde et par l’état de l’Église et des paroisses. Et aussi par une presse hostile, inculte et mensongère qui ne comprend absolument rien non seulement à la grandeur du sacerdoce mais à sa spécificité et à sa nature ; qui continue de relayer l’idée que le rapport Sauvé donne une idée juste des errances et infamies de certains prêtres et que toute l’Église n’est qu’un repère de névrosés dangereux.

Nos prêtres ne sont pas fragiles, ils sont fatigués. Certains sont des gestionnaires de paroisses moribondes. On les envoie là comme du temps de la Sollac, ce grand site sidérurgique de Lorraine, quand le responsable formation me disait qu’il en gérait la fermeture. D’autres ont des paroisses verrouillées par les punaises de sacristie qui officient depuis 40 ans, inamovibles donc (les Vestales comme les appelle joliment un prêtre plus charitable que je ne le suis). D’autres ont des paroisses dites « vivantes » : ils délèguent et sont débordés, ils n’accueillent plus, les autres non plus, laïcs en responsabilité ou laïcs tout court, on joue à guichet fermé.

Surtout, nos prêtres sont des hommes qui ont suivi sept ans de formation. Pas seulement intellectuelle ou spirituelle, mais aussi ascétique. Ils mènent pendant sept ans une vie qui les prépare à leur futur ministère : ils prient, ils psalmodient, ils ont des « habitus » que seuls ont encore les moines contemplatifs. Ils ont réfléchi à leur ministère, à leur foi, à leur choix, à l’appel qu’ils ont entendu et auquel ils ont répondu. D’où l’importance des communautés de prière, qui constituent un contrepoids, pas toujours suffisant, imparfait mais réel.

S’ils sont fragilisés, c’est à cause de tous les coups qui ont été portés depuis des décennies contre l’Église, donc contre eux au premier chef, puisqu’ils lui ont donné leur vie, en tant qu’elle est le corps du Seigneur, dont le Christ est la Tête. S’ils sont fragilisés, c’est aussi parce que le cœur de leur sacerdoce n’est non seulement pas compris mais il est oublié, comme en témoigne l’auteur de l’article en question.

La vocation du prêtre n’est pas en effet de porter l’espérance chrétienne au monde, cela c’est d’abord le rôle du laïc, qui de ce côté là ne brille ni pas son action, ni par son efficacité. La première vocation du prêtre c’est de célébrer l’eucharistie, parce que chaque fois que ce sacrifice est opéré, il est efficient et donc il enlève vraiment le péché du monde, péché toujours actuel et si l’on en croit saint Augustin, et dont le poids augmente avec l’histoire. Le péché du monde : cette somme d’infamies, de turpitudes, d’horreurs, de crimes, d’actes d’une effroyable laideur qui dénaturent la nature humaine et qui décrée le monde créé, confié à l’homme par le Créateur. L’Eucharistie on l’oublie trop souvent a une efficacité vraie, elle enlève le péché du monde, incessamment, jusqu’au dernier jour, pourvu que l’Église continue de célébrer ce sacrifice, donc pourvu qu’elle ait des prêtres. L’Église est une matrice à générer de la sainteté, et au sein de ce corps, de faire surgir ces vocations singulières à la prêtrise ou à la vie consacrée.

Contrairement à ce que dit l’article de La Vie, il y a des quantités de gens dans l’Église qui se portent on ne peut mieux : ils écrivent des billets d’humeur dans les diaconies, président aux associations diaconales, ils se pavanent dans les structures diocésaines, ils sont aux premiers rang des réunions synodales, tous lieux qui sont des enjeux de pouvoir pour tout ce personnel de l’Église, prêtres y compris.

Nos prêtres sont des types solides qui subissent des assauts sans pitié, assauts qui viennent du monde mais aussi de cette église intramondaine, bavarde, inculte, murmurante, vaniteuse et qui parfois vient même leur dire ce qu’ils doivent dire et la durée de leur homélie (pas plus de 7 mn ai-je entendu un jour une paroissienne dire le plus sérieusement du monde) ; assauts qui viennent aussi de celui qui hait l’Église : le démon. Car n’en déplaise aux sceptiques de toute obédience, dont ceux qui ont oublié les paroles du baptême, il n’y a pas que les pompes et les œuvres de Satan, il y aussi sa fausse lumière et ses assauts.

Amen, (formule d’insistance araméenne) nos prêtres sont des types d’une grande solidité pour endurer tout cela et pardonner inlassablement.

Et puis, il y a ceux qui un jour n’ont plus la force.

Que Dieu pardonne à tous ceux qui ont contribué, de quelque manière que ce soit, à conduire un homme de Dieu sur le versant du désespoir.

Sans la Miséricorde du Christ, qu’adviendrait-il de nous ?

Du Covid à la guerre en Ukraine : les mêmes techniques de manipulation

De Pierre-Antoine Pontoizeau, consultant, pour le Salon beige:

Plusieurs pratiques de manipulation de masse utilisées lors de la crise sanitaire se reproduisent à l’identique en ce moment même en Occident concernant la guerre en Ukraine. Cet inventaire suffit à montrer que cela ne peut pas être le fruit du hasard.

  1. Le monopole de l’information

La crise sanitaire a vu l’ensemble des médias répéter à l’unisson les mêmes mantras, invitant les mêmes savants, depuis reconnus incompétents dans les domaines où ils s’exprimaient par Fabien Namias, directeur général délégué de LCI dans un élan d’honnêteté intellectuelle : « on a beaucoup donné la parole à des experts, des journalistes ou des éditorialistes qui n’avaient pas plus de compétences médicales que vous et moi. » sur France Inter, le 9 mai, dans l’émission Instant M.

Tout le monde l’a observé : aucun pluralisme, mais une élimination systématique des opposants, un discrédit et l’opprobre sur les savants réfractaires. L’alignement des grands médias et leur promotion des thèses des gouvernements en sont une preuve éclatante, partout en Occident. Pas d’objection, pas de critique, pas de question. C’est la pratique de l’abus d’autorité inhérente au monopole de l’information. Cette pratique s’inspire de la célèbre expérience de Milgram où le psychologue fait jouer à la science le rôle de cette autorité qui conduit chacun à torturer gratuitement autrui par des impulsions électriques de plus en plus dangereuses. Même si certains résistent, malheureusement, trop nombreux sont ceux qui cèdent à l’abus d’autorité. Ce monopole est essentiel à l’influence.

Pour la guerre en Ukraine, la stratégie a été encore plus radicale. L’U.E. et les U.S.A. ont décidé d’éliminer des organes de presse, au motif que leurs actionnaires étaient russes. En France, Sputnik news et RT (Russia Television) ont été censurés à la demande de l’U.E. Les libertés de pensée et de la presse ont été bafouées sans aucun scrupule. A cet égard, le sociologue américain, spécialiste des médias, Chomsky, précise que les médias réputés pro-russes ont aussi disparu aux USA.

Selon la doctrine de la lutte contre la subversion exercée par l’ennemi sur son opinion en période de conflit, les Occidentaux ont donc imposé une presse aux ordres. Ces sanctions ont bien sûr dissuadé les médias de faire un écart à la doxa. La preuve en est l’unanimisme des intervenants et des récits propagés dans nos grands médias. On observe ce même schéma que pour la crise sanitaire : monopole du discours, exclusion des avis divergents, stigmatisation des opposants potentiels, manipulations et propagandes sur un registre émotionnel et tragique, construction d’un récit monolithique sans esprit critique, victimisation émotionnelle pour certains, culpabilisation des réfractaires et opposants.

Premier enseignement, le pluralisme est essentiel à la compréhension des phénomènes dans leur complexité. Il est très inquiétant de constater cette radicalité, cette censure affichée et cette doctrine imposée à tous.

  1. La manipulation de l’information, le déni des faits, la construction de la doxa

Dans les deux cas, plus aucun raisonnement n’est possible. Les liens logiques entre les décisions, leurs effets, les faits et leur évaluation deviennent impossibles. Il y a des slogans. Dans les deux cas, on compte les morts, on entretient la peur de l’apocalypse : pandémie d’abord ou peur de la guerre nucléaire. Il faut aussi choquer par des images spectaculaires : personnes intubées, blessés de guerre, victimes décédées dans leur « sac » dans les deux cas. On impose aussi une vérité sur les origines : origine animale du virus (aujourd’hui très contestée), origine russe de la guerre (très débattue hors d’Occident au profit de la thèse de l’agression provocatrice de l’OTAN), précipiter les décisions sans débat démocratique : achat des vaccins sans contrôle de leur innocuité ou livraison arbitraires des armes sans aucune sécurité sur leur destination. La décision politique est autoritaire, arbitraire, pas débattue devant les parlements, sans débats publiques ou partisan, sans aucun contre-pouvoir libre.

Trois techniques de manipulation sont très présentes dans les deux cas :

La projection d’une fiction

La crise Covid a été orchestrée autour de l’hypothèse fantaisiste de millions de décès, soit le récit d’une prévision fallacieuse présentée comme une prédiction scientifique sûre et certaine ; ce qu’elle n’est pas. La crise ukrainienne l’a été autour du risque d’une guerre totale et de la disparition de l’Ukraine annoncées par des experts, prévision elle aussi indémontrable. Dans les deux cas, une telle projection d’une fiction légitime des actions d’endiguement pour lutter contre la réalisation de cette prévision.

De quoi s’agit-il ?  Le manipulateur s’appuie sur l’invention de sa fausse prédiction. Il s’y réfère ensuite indéfiniment comme à une vérité établie : supercherie et usurpation scientifique. En effet, il confond allègrement les prédictions certaines résultant de lois scientifiques s’appuyant sur des modèles éprouvés dans une équation de physique par exemple, et ces simples prévisions aléatoires invérifiables à l’instar des prévisions météorologiques toujours très imprécises au-delà de quelques heures, un jour ou deux au mieux. La prévision est aléatoire et incertaine. Elle n’est jamais une prédiction scientifique qui est certaine et exacte dans de très nombreux domaines.

Dans un deuxième temps, le manipulateur justifiera la qualité de toutes ces décisions, parce que sa prévision sera toujours fausse. Le tour de magie consiste à ne pas interroger la qualité de la prévision, mais à justifier les actions qui ont rendu fausse la prévision. Exemple. Le vacciné est moins malade que s’il n’était pas vacciné, ce qui est par construction invérifiable. L’Ukrainien a gagné puisque le Russe n’a pas envahi toute l’Ukraine comme prévu initialement par l’expert, là encore invérifiable. Nous sommes dans la pensée magique car aucune corrélation confirmée par des expériences ne permet de prouver le lien entre les actions, la prévision initiale et son inflexion.

La dénonciation haineuse

C’est la deuxième technique qui élimine et condamne les parias. Les adversaires de la politique sanitaire ont été montré du doigt, les non-vaccinés traités d’idiots jusqu’à se donner le droit de les emmerder. De même, les Russes ont été stigmatisés, spoliés mêmes sans vergogne, parce qu’ils sont russes. Les sportifs russes sont interdits de compétition, comme les non-vaccinés interdits d’activité. Les procédés d’exclusion et de ghettoïsation des « ennemis » sont totalement semblables.

Cette dénonciation procède d’abord par un acte d’accusation. Le non-vacciné est une menace comme le russe est un soutien économique de la guerre odieuse de Poutine. Le plus terrible, est que cette première phase est celle pratiquée dans l’histoire à propos des minorités promises à la destruction dont les Juifs, les Arméniens par exemple. Le deuxième acte est que de dangereux, ils deviennent une menace à éliminer et persécuter pour notre bien.

C’est là le basculement pervers dans le jouissif appel au bouc émissaire. Il faut lui interdire de participer à une compétition, le chef d’orchestre doit trahir sa patrie, dénoncer son Président, sinon, il ne doit plus diriger d’orchestre et disparaître. Le riche russe, on lui confisquera son bateau, sa maison, comme on confisquait les œuvres d’art des familles juives. Mais ces vols n’en sont pas, ils sont légitimés. De même des non-vaccinés, ils sont à éloigner, à isoler, mais aussi à vacciner de force. Ils constituent une menace. Cette manipulation est très inquiétante car elle cautionne l’enfermement, la confiscation des biens, l’atteinte à l’intégrité physique de la personne. Rappelons que les journalistes et la rédaction de RT ont été menacés de mort, nécessitant leur protection !

René Girard étudie bien ce phénomène du bouc émissaire. Cette fabrique de la violence contre l’innocent est tragique et fruit d’une manipulation perverse des esprits. Elle procède toujours selon les mêmes temps. Le rituel est inavoué et affublé d’une légitimité : le méchant russe ou le méchant vacciné sont dénoncés. La violence est sélective et concentrée sur ces seules coupables et pourtant victimes. D’ailleurs, la population a été convaincue de la culpabilité de ces victimes : le russe et le non-vacciné sont coupables et ils doivent renoncer à être ce qu’ils sont. C’est l’appel au reniement, à la trahison par humiliation, jusqu’où ?

Le déni des faits

C’est la troisième technique. Malheureusement pour les manipulateurs, il existe toujours quelques résistants, des rebelles et des dissidents. Leurs propos font l’objet d’un rejet violent et massif, mais ils témoignent de faits qui contredisent le récit de la doxa. C’est le rappel des faits contre leur déni. Pour la vaccination, la protection de quelques semaines constatées et exposées par le laboratoire Pfizer est passée sous silence. L’existence d’effets indésirables est niée jusqu’à la courageuse commission sénatoriale où l’on constate les dégâts sous la pression de multiples initiatives d’irrésistibles opposants à la doxa du Covid bien décrite dans l’ouvrage de Laurent Mucchielli. Le nombre de décès est revu à la baisse sous la pression de chercheurs rigoureux, dont les derniers brillants travaux de Mucchielli sur les décès enregistrés par l’INSEE.

Pour la guerre en Ukraine, c’est le dénigrement des armées russes, leurs faiblesses techniques et stratégiques affirmés par des militaires de salon, comme avant les professeurs de plateaux. Ils nient les faits d’une entrée en guerre fracassante. Chaque victoire russe est minorée, chaque abandon tactique de territoire est un succès héroïque des Ukrainiens. Ils reculent mais c’est une victoire. Le déni porte sur la réalité de la dynamique du champ de bataille. Qui perd du terrain ? Qui recule jours après jour ? Quelles troupes se rendent ? Qui perd des villes ? Le déni des faits est permanent, noyé par de multiples procès d’intention qui détournent l’attention dans une submersion émotionnelles incessante, avec des propos toujours excessifs : génocides, terrorisme, etc. qui dispensent surtout d’examiner les faits militaires.

Nous sommes donc en présence d’une construction de la doxa par : « l’orchestration des catégories de perception du monde social qui, étant ajustées aux divisions de l’ordre établi (et par là, aux intérêts de ceux qui le dominent) et communes à tous les esprits structurés conformément à ces structures, s’imposent avec toutes les apparences de la nécessité objective. » (Bourdieu). Il s’agit de construire une mythologie à la place de l’examen des faits.

Deuxième enseignement : fiction, dénonciation et déni sont les traits manifestes d’une manipulation des populations. A l’inverse, la mise à disposition des données et des faits, la présentation des alternatives et des avis existants, le respect de la liberté d’information et celle de se construire son point de vue sont piétinées par des médias serviles, voire complices, tant ils ne respectent plus les bases de la déontologie de leur profession.

  1. L’entêtement forcené

La politique sanitaire dure depuis maintenant presque trois ans avec des résultats dérisoires pour une dépense de 600 milliards en France incluant le confinement, les vaccins et les tests. Malgré de très nombreux enseignements factuels : protection très temporaire, pic de contaminations en période de vaccination, faible protection des vaccinés, effets indésirables nombreux, voire graves, effets délétères des mesures d’isolement ou du port du masque, inutilité des passes ; les politique s’entêtent dans leur politique. Voir notre article : La COVID repart, échec absolu d’une folie à 600 milliards.

La politique en Ukraine s’avère catastrophique sur plusieurs plans. Le sacrifice inutile de dizaine de milliers de jeunes ukrainiens et de russes, la perte de près de 25 % du territoire à date, l’impact faible des sanctions économiques sur la Russie, apte à redéployer ses exportations vers ses alliés asiatiques, l’effet indésirable des mesures en retour des Russes sur les économies occidentales : prix des énergies, effets inflationnistes, coût du don des matériels militaires et du soutien inconditionnel à l’Etat ukrainien estimé à 6 à 8 milliards d’€uros par mois, mais aussi prétexte à des stratégies d’accapareurs opportunistes qui haussent les prix sans raison comme le soupçonne à juste titre Miche-Edouard Leclerc. Malgré ces effets et ces échecs, aucun répit ni d’ouverture vers la diplomatie. L’entêtement aveugle, là encore. Il suffit d’écouter encore les autorités britanniques affichant leur désir de faire durer la guerre jusqu’à l’hypothétique victoire totale des Ukrainiens.

  1. Des techniques de manipulation identiques qui interpellent

Ces manipulations déploient beaucoup de violence verbale et visuelle, de l’intolérance, une peur créée et entretenue, un refus de laisser librement penser. Il est très étonnant que ces mêmes techniques se renouvellent sur des sujets aussi différents : faire peur jusqu’à la panique paralysante, émouvoir jusqu’à perdre la raison et le bon sens, matraquer des données partielles jusqu’à l’épuisement. Bref, ces pratiques ne sont pas responsables, elles ne sont pas éthiques.

Or, comment expliquer dans des sociétés démocratiques que les médias ne pratiquent plus le pluralisme ? Comment expliquer cette manipulation ? Il y a trois pistes.

Le mimétisme paresseux des médias qui se copient et répètent tous la même chose parce qu’ils n’enquêtent plus, ne vont plus sur le terrain, oublient leur devoir constitutionnel d’informer au lieu d’influencer, et de faire de l’audience facile.

La deuxième piste, la corruption et le détournement massif de l’argent publique des pays occidentaux au profit de véritables mafias capitalistes des géants de la santé et de l’armement qui ont ce point commun de s’enrichir du malheur des autres, voire des politiques eux-mêmes.

Enfin, troisième piste, celle d’institutions internationales et de leurs réseaux qui veulent mettre le monde sous leur influence, signe d’une crispation autoritaire des sociétés démocratiques dont l’OMS reconnaissant son usage des techniques de propagandes.

Que faire ? La résistance à la manipulation passe par la promotion de la pluralité des points de vue, l’instauration d’un dialogue raisonnable, l’invitation à partager et discuter sur des faits, le refus des pratiques violentes et haineuses que sèment à loisir ces manipulations comme s’il s’agissait de nous faire la guerre entre nous. Soyons calmes, lucides, factuels, critiques et plus encore libres. Evitons l’emprise de ces émotions construites dont la seule mission est de nous priver de notre libre arbitre. Ce manichéisme constitue une folle régression mentale et le préambule à des œuvres de destructions. Il nous faut être pleinement humain.

Un Gouvernement sans-famille

De Pascale Morinière, Présidente nationale des AFC :

Comme dans le Gouvernement « Borne 1 », la famille ne figure pas dans l’intitulé des fonctions du nouveau gouvernement.

La famille ne fait résolument pas partie des priorités du gouvernement.

Au sortir d’une pandémie mondiale qui a révélé ou rappelé à tous que la famille était le pilier de la société. Il est injustifiable que la famille ne soit pas considérée à sa juste place de cellule vitale de la société, lieu de la solidarité immédiate, de la protection, de l’espérance.

79% des Français vivent en famille. Qu’il s’agisse de travail, de pouvoir d’achat, de logement, d’éducation, de solidarité intergénérationnelle, de sécurité, des retraites, de santé… ce sont chacune de nos 18 millions de familles qui sont concernées et préoccupées par les politiques menées. Elles ne vont pouvoir compter que sur elles-mêmes et sur les associations familiales pour les défendre.

Si vous adhérez déjà, faites-un don aux AFC pour que :

  • Que la représentation des familles auprès du gouvernement soit plus que jamais renforcée,
  • Que la promotion de la famille dans l‘espace public soit manifeste
  • Et que le soutien des familles (qui vont en avoir grandement besoin dans les prochains mois) soit réel.

J’ai besoin de votre aide pour que les familles soient entendues, quoi qu’il en coûte, par ce Gouvernement-sans-famille.

Pascale Morinière,
Présidente nationale des AFC

Un clandestin, qui avait agressé au couteau des policiers, puis remis en liberté, a de nouveau agressé des policiers dont un a eu le nez fracturé

 

Remplacement d’un imposant calvaire à Persac (86)

SOS calvaires, le Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, et les paroissiens et habitants de Persac (86320) vont remplacer un majestueux calvaire qui domine et protège le village depuis 147 ans. Installé en grande pompe en 1875 par l’ardent curé de l’époque surnommé « Le barde poitevin », béni par le cardinal Pie, évêque de Poitiers, il a déjà été remplacé par deux fois, accompagné de fêtes magnifiques. L’association n’a jamais restauré de calvaire aussi grand : 12 mètres et 1 tonne.

Ce 23 juillet est venu le temps de le remplacer à nouveau. Une grande procession sur 2 Km avec portage de la croix et du Christ partira du parvis de l’église de Persac et sera suivie de l’installation et de la bénédiction solennelle du calvaire.

 

Aucun consensus sur l’avortement : 92% des sondés estiment que l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles

En France, près d’une femme sur trois a recours à l’avortement au cours de sa vie. Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, a été interrogé dans Atlantico, suite à la décision américaine d’annuler l’arrêt Roe vs. Wade.

Vendredi 24 juin, la Cour suprême a révoqué le célèbre arrêt Roe contre Wade de 1973 qui garantissait la possibilité d’avorter dans les 50 Etats des Etats-Unis. Peu après, Emmanuel Macron a déploré la “remise en cause” des “libertés” des femmes. LREM a annoncé vouloir inscrire ce droit dans la Constitution française, avec le soutien d’Elisabeth Borne. Pour vous Jean Marie Le Mené, qui êtes président de la fondation Lejeune et ouvertement opposé à l’avortement, à quel point cette proposition est-elle le signe d’une panique morale ?

Cette panique est d’abord due à une ignorance du droit américain. Aux Etats Unis, ce sont les Etats fédérés qui font la loi. La Cour suprême a révoqué une jurisprudence ancienne – Roe v. Wade – qui garantissait la possibilité d’avorter (jusqu’à 24 semaines de grossesse) en se fondant sur une interprétation erronée de la Constitution américaine. En révisant cette interprétation, la Cour suprême a rendu aux citoyens des Etats fédérés le choix d’autoriser, de limiter ou d’interdire l’accès à l’avortement.

Par ailleurs, on semble oublier que la situation est comparable dans l’Union européenne qui laisse toute liberté aux Etats membres d’interdire l’avortement sur leur sol, comme c’est maintenant le cas aux Etats-Unis. Le peuple américain décide désormais. Et dans de nombreux Etats américains, le peuple choisira majoritairement de protéger la vie de l’enfant en gestation.

Quant à la proposition française de loi intégrant un prétendu “droit à l’avortement” dans la Constitution – “Nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse” – elle serait une aberration sur le plan juridique. Car la Constitution ne contient pas de droits subjectifs. En France, comme aux Etats-Unis, ce sont les parlementaires qui font la loi, pas les juges.

Un sondage Kantar mené pour la Fondation des femmes et la Mutuelle générale de l’Education nationale indiquait en 2021 que 93% des Français se disent attachés au droit à l’avortement. Pour 81% de la population, il faut même progresser en la matière. Est-ce le signe d’un consensus sur le sujet ?

Il n’est pas raisonnable de faire le constat d’un quasi consensus sur la base d’un seul sondage. En réponse, il faut rappeler qu’en 2020, l’IFOP avait déjà interrogé les Français sur leur perception de l’avortement. Les principaux résultats de ce sondage sont les suivants :

« Les Français se montrent très partagés face à l’avortement et au nombre d’interventions pratiquées en France, moins de la moitié (49%) jugeant que les 230 000 avortements en France par année relèvent d’une “situation normale car avorter est un acte auquel les femmes peuvent être exposées au cours de leur vie”. Les 51% autres estiment qu’une telle “situation est préoccupante car avorter reste un acte que l’on préférerait éviter”, une opinion partagée par 52% des femmes.

Suite au constat partagé par 92% des répondants sur l’idée que “l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes “, près de trois quart (73%) des répondants jugent que “la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse”, une opinion qui croît avec l’âge – 64% des jeunes âgés de 18 à 24 ans la partagent contre 80% des personnes âgées de 65 ans et plus. »

Il n’y a donc aucun consensus sur le sujet.

Contrairement à l’opinion répandue, l’avortement n’est pas un droit. Il demeure une dérogation au respect de la vie – dès son commencement – protégée par l’article 16 du Code civil. Le principe, c’est l’interdit de tuer, pénalement sanctionné. Si la suppression des enfants en gestation conformément aux conditions posées par la loi est permise, c’est à titre d’exception. Car les atteintes à la vie sont par principe réprimées en droit français. Parler de droit à l’avortement est un abus de langage. Il n’existe que la dépénalisation, une tolérance qui demeure une transgression.

La procédure pour intégrer le droit à l’avortement dans la Constitution serait nécessairement longue. A quel point cela risquerait-il de polariser le débat public et la population ?

Si débat il devait y avoir, dans la situation politique d’aujourd’hui, il serait nécessairement biaisé. Sauf à ce que les promoteurs de l’avortement acceptent que soient décrites exactement la nature, les causes et les conséquences de l’avortement et qu’ils conviennent de la nécessité de mettre en place une politique de prévention. Mais dire ce qu’est l’avortement en réalité présente un grand risque que ses promoteurs ne sont pas prêts à courir.

Cela n’a pas été possible lors des débats en 2021 sur l’allongement du délai d’avortement de 12 à 14 semaines puisque la loi a été votée en dépit même de l’avis défavorable de la grande majorité du corps médical et de la population française. A la différence des Etats-Unis, les protecteurs de la vie humaine en France n’ont pas voix au chapitre. Avec l’instrumentalisation du revirement de la Cour suprême américaine, le ton est donné. Le débat sera univoque.

En France, les députés ont voté une loi pour l’extension de l’IMG pour détresse psychosociale jusqu’à 9 mois de grossesse dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2020. Quel est véritablement l’intérêt d’inscrire ce droit dans la Constitution ? Peut-on y voir une part de calcul électoral de la part d’Emmanuel Macron ? 

Le calcul est effectivement politique. Cela n’a d’ailleurs échappé à personne. Mais il est à courte vue.

Paradoxalement, cette inscription dans la Constitution ne favorisera pas l’accès à l’avortement. Car si l’on entend dire parfois que l’accès à l’IVG peut paraître difficile, cela s’explique par le manque de professionnels de santé acceptant d’effectuer un acte qui porte atteinte à la vie humaine. Cette désertification de la profession ira inéluctablement en s’intensifiant car aucune norme, fût-elle constitutionnelle, n’obligera jamais les soignants à pratiquer des actes contraires à leur conscience. C’est ainsi, par exemple, qu’en Italie 80 % des gynécologues-obstétriciens ne pratiquent pas d’avortement.

Symboliquement, donner la même valeur à la naissance et à l’avortement, à la vie et à la mort, est un non-sens. Le monde médical est sensible à cette dérive insensée. L’effet d’éviction est inévitable.

Vouloir mettre le droit à l’avortement dans la Constitution est-ce une manière de préempter le débat et de privilégier une forme de coercition plutôt que de conviction ?

Même si l’avortement entrait dans la Constitution, cela ne changerait strictement rien à la nature de l’acte et à ses conséquences. La Constitution, comme la loi, sont des normes humaines qui ne sont jamais gravées définitivement dans le marbre et qui peuvent toujours être changées. En revanche, les seules normes indéracinables, contre lesquelles personne ne peut rien, sont celles qui sont inscrites au cœur de l’homme. Elles sont peu nombreuses et l’interdit de tuer en est une.

Le pape espère le renouvellement de l’accord avec la Chine

Le pape François a déclaré que si l’accord secret et contesté entre le Vatican et la Chine sur la nomination des évêques catholiques romains n’est pas idéal, il espère qu’il pourra être renouvelé en octobre, car l’Église a une vision à long terme.

Cet accord, dont le contenu reste secret, a été conclu pour la première fois en 2018 et doit être renouvelé tous les deux ans. Cet accord permet à la Chine communiste de proposer elle-même des candidats à l’épiscopat, que le Saint-Siège n’a plus qu’à choisir (et non l’inverse). Cet accord a été fortement critiqué, notamment par le cardinal Zen. Le pape François a défendu l’accord comme étant de la diplomatie d’Etat consistant à travailler avec le peu disponible et à essayer de l’améliorer. Il l’a comparé à la politique du Saint-Siège des années 1960 et 1970 avec les nations communistes d’Europe de l’Est, dont l’échec a pourtant été patent.

“La diplomatie est comme ça. Lorsque vous êtes confronté à une situation bloquée, vous devez trouver la voie possible, et non la voie idéale, pour en sortir”. “La diplomatie est l’art du possible et de faire des choses pour que le possible devienne une réalité”.

Six nouveaux évêques ont été nommés depuis l’accord. En outre, l’accord a régularisé la position de sept évêques qui avaient été ordonnés avant 2018 sans l’approbation du Vatican. Parmi ces derniers, l’évêque de Leshan (Sichuan), Paul Lei Shiyin, vient d’utiliser la fête des saints Pierre et Paul pour célébrer en sa cathédrale du Sacré-Cœur l’anniversaire de la fondation du parti communiste chinois. L’anniversaire est officiellement le 1er juillet, mais l’évêque n’a pas pu attendre plus longtemps pour inviter les fidèles à, selon le mot d’ordre, « écouter la parole du Parti, sentir la grâce du Parti, et suivre le Parti » (sic). Mgr Paul Lei Shiyin, qui a concubine et enfants, fut sacré sans mandat pontifical en 2011. François a levé son excommunication en application de l’accord secret entre le Saint-Siège et la Chine communiste.

Le cardinal Joseph Zen, 90 ans, ancien archevêque de Hong Kong, a été brièvement arrêté en mai dans une affaire de sécurité nationale. Il accuse le Vatican de fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme en Chine.

Grand remplacement : Un tiers de la population de moins de 60 ans a des origines immigrées

Une fois les élections passées, le journal Le Monde peut enfin valider les propos d’Eric Zemmour :

Mardi 5 juillet, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et l’Institut national d’études démographiques (INED) ont rendu publics les premiers résultats de la seconde enquête Trajectoires et Origines (TeO). Les données statistiques dévoilées datent de 2019 et 2020 – contre 2008 et 2009 pour la première édition – et sont basées sur un échantillon représentatif de 27 200 personnes. Elles permettent notamment de détailler l’origine migratoire de la population sur trois générations. On y apprend que 32 % de la population de moins de 60 ans a des origines immigrées.

Evidemment, pour éviter de voir la réalité du grand remplacement, Le Monde indique que “ces origines se diluent dans le temps” :

« La moitié des enfants d’immigrés [un immigré est une personne née étrangère à l’étranger] ont un parent qui n’est pas immigré », souligne Patrick Simon, sociodémographe à l’INED et coauteur de l’enquête TeO. C’est encore plus vrai pour la troisième génération : neuf petits-enfants d’immigrés sur dix n’ont qu’un ou deux grands-parents immigrés. « Ces petits-enfants d’immigrés ont un rapport de plus en plus lointain à l’immigration », observe M. Simon.

Ou pas. Le parent qui n’est pas immigré est bien souvent un enfant d’immigré. Un Français de papier par le droit du sol.

L’étude est à consulter ici.

Propagande islamiste de l’Union européenne

Sans complexe et avec nos impôts, pour évoquer l’année européenne de la jeunesse ainsi que nos valeurs, l’UE utilise une femme voilée. Notre avenir s’appelle soumission… :

Quand il s’agit d’avortement, ils mentent comme ils respirent

L’intox bat son plein :

50 ans de prison pour une fausse couche : qui peut croire ces médias ? Pas un ne s’est renseigné. Tous ont le même titre. Certains poussent même le vice jusqu’à faire payer leurs « articles ».

La réalité : la jeune femme a caché sa grossesse à sa famille et a accouché hors de l’hôpital d’une petite fille vivante. Le rapport médico-légal a estimé que le bébé était né entre 37 et 40 semaines de gestation. Selon l’accusation du procureur, la mère lui a infligé plusieurs coups de couteau à la naissance. 6 coups. Six.

 

Il y a pire que d’avoir la foi, c’est d’en être de mauvaise

Dans Valeurs Actuelles, le père Danziec revient sur le témoignage de foi de Christine Kelly, qui a indisposé quelques laïcards :

« Connecté au réel ». Les meilleures publicités, comme les plus pertinentes homélies, sont celles qui se vérifient dans le quotidien des personnes auxquelles elles s’adressent. Une communication frappe fort lorsqu’elle parle juste. Ce n’est donc pas par hasard que Valeurs Actuelles a choisi de floquer ces trois mots sur ses produits dérivés : « Connecté au réel ». Quitte à le devancer et prévoir, tel un bon marin scrutant le ciel et ses nuages, les tempêtes de l’actualité ? Jeudi dernier, Christine Kelly faisait la une de notre précédent numéro. En couverture, sous la photo de la présentatrice de Face à l’info, on pouvait lire comme gros titre : « Liberté d’expression en péril ».

Deux jours plus tard, tandis que, sur l’autoroute du Sud, la France insouciante partait en vacances, une polémique comme notre monde postmoderne en a le secret, gonflait irrésistiblement sur les réseaux. Entendez ! Une vidéo est exhumée. On y voit Christine Kelly parler du début de l’aventure de l’émission phare de CNews.

La puissance de Dieu

Invitée à un événement organisé par l’église Pentecôtiste à Créteil, elle évoque, avec transparence et simplicité – avec cœur et émotion aussi – combien sa foi chrétienne l’a aidée à tenir le gouvernail de Face à l’info. « Première émission. Des manifestations devant. Je ne connais pas Éric Zemmour. Je ne sais même pas à quoi ressemblera l’émission. Mes deux genoux à terre dans les toilettes, je ne sais pas où je vais. Mais je sais que “l’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien”. » Applaudissements nourris des 1000 personnes sur place. « Je ne suis pas venue par gentillesse. Je suis venue pour témoigner de la puissance de Dieu », appuie-t-elle.

Il n’y a pas si longtemps, tous les petits écoliers apprenaient que Clovis s’était converti à la suite de sa victoire à Tolbiac en invoquant le « Dieu de Clotilde ». Sur les pages des cahiers jaunis, la geste de Jeanne d’Arc, aussi mystique qu’héroïque, rappelait que, grâce à ses voix, une jeune bergère sut préserver le royaume des Lys des Léopards bourguignons. Cotignac dans le Var, seul lieu d’apparition de saint Joseph reconnu dans l’Eglise, est devenu un sanctuaire prisé des pères de famille, suite à la réalisation du vœu de Louis XIII qui attendait désespérément un fils. Après quasi vingt-trois ans de mariage, enfin le futur Louis XIV naissait et ses parents le nommèrent Louis-Dieudonné. La Sainte Vierge elle-même, de Pontmain à l’Île Bouchard, n’a pas hésité à s’insérer dans le maillage de la France charnelle pour la préserver des tracas de son histoire…

Un témoignage courageux de foi et d’humilité

Alors, oui, beaucoup d’hommes peuvent nier le surnaturel chrétien, s’en moquer, voire le suspecter de véhiculer des idées d’extrême-droite. Cela n’a pas empêché un Bernard Tapie de confier à Vanity Fair qu’il portait toujours un crucifix dans sa poche ou un François Mitterrand de laisser apparaître dans ses ultimes vœux présidentiels un semblant de foi avec son laïus sur les « forces de l’esprit », formule sibylline mais suffisante pour faire bondir ses proches et amis francs-maçons.

« J’ai laissé Dieu tout piloter ». Dans cette sentence de Christine Kelly, les bienveillants verront un témoignage courageux de foi et d’humilité d’une journaliste habile, tant à conduire Zemmour sur son plateau qu’à gérer son départ. D’autres pointeront un aveu scandaleux de retour au divin quand ils pensaient acté le divorce de la raison avec l’obscurantisme catholique.

La polémique autour des convictions chrétiennes de Christine Kelly relève d’une double malhonnêteté intellectuelle. La première consiste à lui faire dire ce qu’elle n’a pas dit. Pour le socialiste rallié à la NUPES Olivier Faure, les propos de la journaliste sont « hallucinants » : « Il y a une journaliste qui pense être la médiatrice entre Dieu et les hommes pour les guider vers l’extrême-droite ? ». S’il voulait le prouver, le député réalise avec talent qu’il y a pire que d’avoir la foi, c’est d’en être de mauvaise…

La deuxième malhonnêteté intellectuelle est d’affirmer que si Christine Kelly s’était revendiquée de l’Islam, elle aurait eu droit à une levée de boucliers de la part de la droite des valeurs. On avait vu en effet la gauche ou Libération moins prompt à l’indignation lorsque la chanteuse Diam’s expliquait sur Brut TV combien le voile et l’islam l’avaient épanouie. Opération de communication bisounours qui cochait alors toutes les cases de l’islamogauchisme friendly.

On y reviendra toujours : quel problème fondamental y a-t-il à parler de sa foi chrétienne ? Notre monde, qui ne s’inquiète plus spirituellement, est-il si pleinement heureux et souverainement dilaté pour imposer une telle tyrannie areligieuse ? Quel problème se pose-t-il avec le Christ ? Qu’est-ce donc que l’Evangile ? Jésus – qui ne fut ni pilleur de caravanes, ni marié à une jeune enfant – a proclamé un message exigeant, fait d’amour et d’ascèse, d’orientation à Dieu et de sollicitude pour son prochain, de verticalité spirituelle et de fraternité d’âme.

Or l’une des prérogatives de ses disciples, c’est d’être ce sel qui donne du goût, cette lumière  qui éclaire et qui rassure en ayant la charité de dire, toujours avec délicatesse, mais avec droiture aussi, la vérité. Le Seigneur nous invite même à la clamer sur les toits (Mt X, 27). Le chrétien ne peut donc se permettre de garder la bouche fermée et de verrouiller son cœur.

Parce qu’un cœur vaillant et baptisé, c’est un cœur appelé à déborder de l’amour du Christ, il ne peut rester muet. La partition jouée par Christine Kelly lors de cette soirée n’a rien d’extraordinaire. La violence avec laquelle ses propos ont été fustigés montre combien les temps à venir risquent d’être compliqués en même temps que prodigieusement stimulants pour les croyants. Il appartient à ceux qui veulent poursuivre la civilisation de l’Evangile de ne pas voir peur. Et de l’ouvrir proprement.

Dom Geoffroy Kemlin, nouvel abbé de Solesmes

Dom Geoffroy Kemlin, 43 ans, vient d’être élu abbé de Solesmes, c’est-à-dire aussi abbé de toute la Congrégation de Solesmes présente à travers le monde (France, Espagne, Hollande, Angleterre, Etats-Unis, Sénégal, Lituanie). Comme Prieur, il avait accueilli l’équipe de KTO lors des tournages de l’émission Une Nuit au Monastère ; il lui a accordé aujourd’hui un entretien, à la veille de sa bénédiction abbatiale du jeudi 14 juillet :

Victoire pour le Salon beige!

Chers amis,

Je suis heureux de vous annoncer que le tribunal m’a relaxé des poursuites du Grand Orient (dans l’affaire résumée ici).

Naturellement, ce dernier peut encore faire appel mais, en attendant, je savoure volontiers cette reconnaissance du droit à critiquer l’assassinat de l’innocent à naître.

Je dois une reconnaissance spéciale à Me Jérôme Triomphe qui a plaidé ma cause avec le talent et la fougue que nous lui connaissons.

Mais, plus surnaturellement, je vous remercie tous de vos prières: cette culture de mort proprement satanique ne peut se combattre efficacement que par le jeûne et la prière et je sais qu’en ces deux domaines, bon nombre d’entre vous, y compris dans l’obscurité de certains cloîtres amis, n’ont pas lésiné!

Un grand merci à tous.

Guillaume de Thieulloy

Un an après le Motu proprio Traditionis custodes : une position à la lumière de Jean Madiran

Voici réunis les 3 textes de Rémi Fontaine, parus sur Le Salon beige les 5 novembre 2021, 31 mars et 1er juin 2022 :

Le Motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021 a été ressenti comme un soufflet :

une claque donnée au pape émérite Benoît XVI, dont la lettre et l’esprit du Motu proprio Summorum pontificum de 2007 enseignaient et décrétaient quasiment le contraire de ce texte injuste et accusateur ;

une gifle assénée à ce qu’on a pu appeler le peuple « Ecclesia Dei », à l’encontre duquel il adresse d’emblée et globalement un jugement téméraire et avec qui il rompt la parole donnée ;

une humiliation infligée à l’Église elle-même, « Jésus-Christ répandu et communiqué » (Bossuet), par l’offense ainsi apportée au principe de non-contradiction, incompatible avec une « herméneutique de rupture », ainsi qu’au droit naturel et canonique relatif à la messe.

De telle sorte qu’on pourrait justement réagir en reprenant la parole de Notre Seigneur devant le Grand-Prêtre, lorsqu’un serviteur le souffleta : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal. Si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

On peut relire à ce propos ce qu’écrivait Jean Madiran (mort en juillet 2013) juste après le Motu proprio de Benoît XVI mais qui vaut a posteriori pour le Motu proprio du pape François : « Avec la bienveillance, tout devient possible et vivable, même les désaccords éventuels. Avec la malveillance tout est fragilisé, tout est contaminé, même les accords éventuels. »

Certes, dira-t-on, il y a les deux phrases de Benoît XVI dans sa Lettre aux évêques accompagnant son Motu Proprio (dont l’équivalent ne figure pas néanmoins parmi les normes obligatoires qui y sont édictées) : « Évidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté. »

Là encore, Madiran répond par anticipation : « Il y a deux manières licites de s’en tenir à la messe traditionnelle en excluant l’autre messe, sans que ce soit une exclusion “par principe” [ou totale]. Premièrement, on peut exclure l’autre messe en vertu de la règle propre d’une communauté ou d’un institut. Secondement, il faut bien comprendre qu’exclure l’autre messe par principe, ce serait l’exclure comme hérétique, schismatique ou blasphématoire. Or les opposants à l’autre messe les plus représentatifs [y compris dans la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mais à plus forte raison et sans exception dans la mouvance dite « Summorum pontificum »] n’ont point contesté, ils ont même explicitement reconnu sa licéité et sa validité quand elle est célébrée conformément à son texte officiel. Même dans ce cas, on peut la refuser si ce n’est point par principe mais par exemple pour des raisons pastorales. »

Une symétrie trompeuse

Le Motu proprio de Benoît XVI et sa Lettre aux évêques nous confirmaient bien que la messe traditionnelle n’avait été « jamais juridiquement abrogée » (car elle ne pouvait l’être) et que toute interdiction avait été (ou serait) un abus de pouvoir qui ne contraignait pas en conscience. Mais, inversement, ils n’obligeaient pas à célébrer aussi la messe de Paul VI selon une fausse symétrie, commode mais trompeuse. On pouvait (ou non) s’en tenir à la messe traditionnelle comme d’autres s’en tiennent (exclusivement) à la nouvelle messe sans exclure par principe l’autre forme du rite romain. Telle est la substance et du reste l’application « plurielle » du Motu proprio de Benoît XVI dans un armistice et une paix liturgique à construire dans le temps.

C’est analogiquement la différence que fait l’Église entre un commandement (impératif) et un conseil (facultatif). Le précepte évangélique de tendre la joue gauche dépend des circonstances (Jésus lui-même ne l’a pas toujours suivi), à la différence de celui de ne pas tuer l’innocent. Ne pas poursuivre une obstination thérapeutique est par exemple un conseil : un non relatif, matière à choix prudentiel, au contraire du non absolu à l’euthanasie qui est doctrinal. Si l’on peut interrompre légitimement un traitement jugé déraisonnable, on doitproscrire absolument l’euthanasie. Semblablement si l’on ne pouvait absolument pas prohiber la messe traditionnelle, l’on ne devrait pas obliger absolument à (con)célébrer la nouvelle messe, d’autant plus que celle-ci fait l’objet, en dépit de sa reconnaissance indéniable, de reproches contingents non négligeables (selon Benoît XVI lui-même et de nombreux théologiens). Rappelons aussi le Bref examen critique du nouvel ordo missae,cosigné par les cardinaux Ottaviani et Bacci, pointant la promotion d’une autre conception de la messe passant d’une réalité essentiellement sacrificielle à un rassemblement communautaire.

Les raisons pastorales des uns et des autres (connexes à des raisons doctrinales) méritent écoute, considération ou respect : elles appartiennent à la deuxième option de la maxime attribuée à saint Augustin : « Unité sur les choses nécessaires, liberté sur les choses qui ne le sont pas, charité en toutes choses. » Puisse la hiérarchie méditer cette distinction capitale, en rendant ses choix pastoraux et disciplinaires moins arbitraires ! Peut-être pourrait-on revenir alors à la sagesse et à la bienveillance du pape Benoît XVI, serviteur éminent du bien commun de l’Eglise : il y a plusieurs itinéraires et demeures dans la Maison de la Tradition, l’unité n’étant pas l’uniformité.

A la lumière de Jean Madiran mais aussi de Gustave Thibon

Comme l’a revendiqué hier Jean Madiran à l’égard des falsifications de l’Ecriture, de l’interdiction inouïe du catéchisme et de la messe catholiques présumés traditionnels, ce que nous opposons aujourd’hui à la brutalité du Motu proprio Traditionis custodes (de ses restrictions ordonnées à une même prohibition injustifiée) n’est pas un non possumus (nous ne pouvons pas) mais un non licet (il n’est pas permis) ! Cela relève non pas d’une sensibilité en raison des circonstances mais d’une impossibilité intrinsèque au droit (sur)naturel et canonique, intrinsèque à la continuité organique de la tradition ecclésiale :

« Un non possumus provoque un désordre dans l’Eglise, un désordre apparent ou réel, il soulève une exception de fait en face d’un commandement qui n’est pas intrinsèquement légitime. Ce désordre peut être un moindre mal quand le non possumus est fondé : si fondé soit-il, l’étendue et l’inconvénient du désordre qui en résulte sont eux aussi à prendre en considération.

Au contraire un non licet, s’il est fondé, n’est pas facteur de désordre, mais d’ordre : il est l’ordre lui-même, en tant qu’il a besoin d’être proclamé, défendu ou rétabli. » (1) Telle Antigone face à Créon. Tel Thomas More face à Henri VIII…

Benoît XVI l’avait reconnu : la nouvelle messe rompant outre mesure avec la messe traditionnelle, cette dernière n’avait été « jamais abrogée » et ne pouvait l’être. Quoiqu’on pense de la validité indubitable de cette nouvelle messe et de ses liens avec l’ancienne, sa fabrication artificielle et son institution ambigüe tranch(ai)ent trop avec l’héritage de l’ancienne transmis de génération en génération pour légitimer une abrogation, voire une obrogation de cet héritage. On peut laisser une coutume séculaire devenue obsolète s’éteindre d’elle-même mais on n’a pas le droit de l’interdire (saint Pie V a conservé tous les rites au moins bicentenaires : milanais, mozarabe, lyonnais, dominicain, cartusien…). Sauf à démontrer que cette coutume qui a été celle de l’Eglise latine, sanctifiant ses fidèles pendant des siècles, était mauvaise : – Non licet !

Sans doute les traditions ont-elles aussi leurs dangers qu’avait au reste considéré le pape Pie V (délivrant le rite romain de certaines surcharges récentes, jugées inutiles), comme a imaginé sans doute le faire aussi le pape Paul VI (décodifianten réalité ce que son prédécesseur avait justement voulu protéger, purifier, unifier dans la tradition du rite romain). Gustave Thibon le dit à sa manière imagée et générique : « Il y a la tradition-source et la tradition-gel, la seconde en général succédant à la première dès que se refroidit l’inspiration originelle et que la lettre étouffe l’esprit : on voit alors se figer les rites en formalismes, la vertu en moralisme, l’art en académisme… Ce qui incline à renier la source alors qu’il suffit de briser la glace. » (2) En croyant briser la glace, la réforme liturgique de Paul VI n’a-t-elle pas dévoyé sinon renié la source elle-même ? Au point de renouveler la lettre sans adéquation flagrante avec l’esprit qui vivifie… Sous couvert de retour aux sources et d’archéologisme n’a-t-on pas « multiplié les travaux d’adduction et de répartition de l’eau sans prendre garde au tarissement de la source » pour reprendre une autre image de Thibon ? Lequel aime aussi rappeler l’avertissement que donnait déjà Chateaubriand aux novateurs écervelés de son temps : « Gardons-nous d’ébranler les colonnes du temple : on peut abattre sur soi l’avenir ! » La tradition vivante est davantage dans un recours que dans un retour aux sources.

« Non licet » !

Au constat des fruits actuels du vetus ordo (redécouvert peu à peu par une population rajeunie et croissante aux vocations multiples) et ceux du novus ordo (pratiqué par une population vieillissante s’amenuisant et dont les vocations se tarissent), on peut du moins réfléchir à la pertinence de ces propos généraux du philosophe paysan sur la tradition vivante : « Seules les fleurs artificielles se passent de racines… » L’irruption, par réflexe de survie, de multiples expériences de tradition, imprévues mais salutaires, qui ne se laissaient pas toujours incorporer dans les formes d’organisation rituelle et paroissiale imposées par la réforme, a vérifié que « ce qui est organique est plus important que qui est organisé » [organisé aussi artificiellement par des experts et des clercs, fussent-ils les mieux intentionnés du monde !], selon les mots de Benoît XVI adressés en décembre 2009 au cardinal Cordes à propos des communautés nouvelles attachées à la transmission de la foi. Concernant ces communautés charismatiques, le pape ajoutait ce qui peut aussi s’appliquer aux traditionalistes : « Certes, ces mouvements doivent être ordonnés et ramenés au sein de l’ensemble ; ils doivent apprendre à reconnaître leurs limites et à devenir partie de la réalité communautaire de l’Eglise. » Il n’empêche qu’en cas de crise majeure, la société parfaite (au sens philosophique et théologique) qu’est l’Eglise a vraiment besoin de ces micro-sociétés imparfaites mais organiques, capables de la régénérer comme des anticorps dans un organisme malade. C’est ce qu’a compris et voulu Benoît XVI.

Fut-ce un pis-aller, la cohabitation des deux formes du rite romain décrétée par son motu proprio Summorum pontificum s’avérait être assurément la bonne voie politique (au sens noble du terme : conforme au bien commun) et théologique : acte de justice et de charité capable de réconcilier les catholiques après des décennies de mauvaise déchirure et d’abus liturgiques. Sous réserve de certaines normes pastorales, on pouvait et devait avoir le loisir de choisir la forme du rite latin. Loisir : « état dans lequel il est permis de faire ce qu’on veut » (selon le Littré). Du latin précisément : « licere », avoir la permission de. C’est en ce sens que le loisir se distingue du travail soumis à une contrainte, tandis que, dans le loisir, on est libre de choisir son activité. Raison pour laquelle le Motu proprio de Benoît XVI n’obligeait pas absolument à (con)céléber la messe de Paul VI (et inversement).

On peut donc redire avec Jean Madiran à propos de « la messe interdite » (celle de nos aïeux mais aussi de nos enfants) à nouveau stigmatisée sans motif légitime : – Non licet ! « Nous refusons de nous séparer de l’Eglise, de nous en laisser séparer, de suivre ceux qui s’en séparent, quel que soit leur rang hiérarchique : leurs personnes ne relèvent pas de notre jugement, mais nous ne sommes plus soumis à une autorité quelle qu’elle soit dans la mesure où elle déclare son intention de se séparer… »  Tout en ajoutant que « rien ni personne ne peut remplacer la succession apostolique et la primauté du siège romain », ni s’y substituer en dépit de leurs faiblesses voire de leurs crimes, faire à leur place ce qui relève spécifiquement de leur charge : « Aujourd’hui et demain comme hier et toujours, nous nous en remettons pour le jugement souverain à la succession apostolique et à la primauté du siège romain. »

La communion dans ce qu’elle a de nécessaire

Ce n’est pas contester la succession apostolique ni la primauté du siège romain, si maltraitées par ailleurs, que d’opposer respectueusement un « non licet » (« ce n’est pas permis ! ») au Motu proprio du 16 juillet 2021 du pape François. Nous ne péchons pas en cela contre la nécessité de la communion ecclésiale (3), si malmenée par ailleurs. Mais c’est connu : « Plus l’autorité hiérarchique devient “laxiste”, comme on dit, voire évanescente en matière de fidélité dogmatique, et plus augmente son caporalisme dans les questions pratiques ou subsidiaires. »(4) Or la communion catholique, qui est d’abord la communion des saints que nous professons dans le Credo et que nous explique le catéchisme, n’est pas une union ni une obéissance qui ne comporteraient ni conditions ni limites.

Face à une soumission exigée brutalement et arbitrairement comme signe secondaire et contingent (« cléricaliste » ?) de cette communion, les catholiques traditionnels pratiquent simplement une objection de conscience. Dans cette objection légitime de fils de l’Eglise, n’étant pas membres (sauf exceptions) de l’Eglise enseignante, ils peuvent avoir plus ou moins tort, plus ou moins raison, la communion et l’unité ecclésiales n’en sont pas pour autant rompues : « Des clercs, des laïcs, des catholiques ordinaires et même des saints se sont trouvés en discussion, en contestation, en querelle avec leur évêque ; avec le saint-siège ; avec le pape. Ils n’ont pas été excommuniés pour autant… Voyez par exemple : quand le saint-siège dissout et supprime l’Ordre des Jésuites, il ne les déclare point excommuniés ; les Jésuites qui malgré le saint-siège désirent, organisent et finalement obtiennent du saint-siège la reconstitution de la Compagnie de Jésus, aucun [XXX] ne leur a fulminé qu’ils n’étaient “pas en communion avec le saint-siège”. » (4) Sans même parler du cas de Jeanne d’Arc, les louvoiements des détenteurs de la succession apostolique et de la primauté du siège romain devant la Réforme protestante et devant la Révolution française ont eu aussi leurs heures malheureuses raccourcies par les éclaireurs de la Contre-réforme et de la Contre-Révolution…

Au demeurant, les « tradis », comme on les appelle, n’ont pas d’unité proprement dite, sans autre autorité de commandement justement que celle de l’Eglise (aujourd’hui bien défaillante), à laquelle ils consentent et se soumettent pour ainsi dire autant que… pas plus que… Avec des variations, des interprétations différentes et sous réserve du jugement définitif de l’Eglise (qui vient toujours après les malfaçons objectives de son histoire) : « Depuis qu’a commencé la crise de la messe, ils ont été à son sujet toujours profondément divisés quant aux attitudes à tenir et aux initiatives à prendre, selon la diversité des opinions particulières, des sensibilités, des arguments, des tactiques… Les “traditionalistes”, ce n’est pas, ce ne peut être ni un parti, ni une armée ni une Eglise ; c’est un état d’esprit. Et, bien sûr, un comportement. Une professio et une devotio. » (5)

Le rôle des laïcs (à l’exemple du Pèlerinage de chrétienté)

Si, dans l’histoire, ce sont les prêtres qui prêchent la croisade, ce ne sont pas eux qui la dirigent. Par leur état, les fidèles laïcs sont sans doute plus à même que les clercs, selon cette métaphore, d’exprimer et de mener ostensiblement l’espèce d’insurrection morale que représente aujourd’hui ce comportement pluriel in medio Ecclesiae et plus encore in corde Ecclesiae. Afin d’organiser temporellement cette légitime objection de conscience, cette auto-défense du peuple de Dieu, en des lieux où peuvent se retrouver assurément les diverses options prudentielles et religieuses de la mouvance traditionaliste, sans hiérarchie parallèle ni aucune substitution au pouvoir religieux. Les fidèles qui rejoignent les lieux où se célèbre la liturgie traditionnelle y sont conduits par ce que Jean-Pierre Maugendre appelle le triptyque « cohérence, exigence, transcendance » : ils veulent d’abord qu’on leur parle de Dieu, qu’on les enseigne et qu’on les aide à prier sur de la beauté. Le reste apparaît accessoire…

En témoignent notamment l’histoire, la devotio et la professio du Pèlerinage de chrétienté : « Les pouvoirs temporels du laïcat chrétien demeurent ce qu’ils sont, en fait et en droit, quelles que soient les défaillances, les manœuvres ou les impostures de divers représentants de l’Eglise hiérarchique. » (1) Avec leurs institutions et autorités temporelles propres, rien n’empêche les laïcs, pour mieux remplir spirituellement leurs tâches temporelles, survivre en familles dans la crise religieuse en gardant les point fixes du peuple chrétien, de faire appel aux clercs traditionalistes non comme chefs mais comme aumôniers ou conseillers religieux (comme ont fait les scouts non réformés, le MJCF, les écoles hors-contrat… avec l’esprit missionnaire et les vocations que l’on sait). Pour les assister spirituellement, distribuer les sacrements, éclairer, instruire et réconforter spirituellement selon une autorité morale de conseil, de suppléance. Laquelle ne peut prétendre évidemment à une autorité de décision ou de juridiction religieuses. La Tradition, en tant que source constitutive de l’Eglise, oblige la résistance traditionaliste à respecter la structure de l’Eglise visible et à composer avec elle malgré ses déficiences.

Jean Madiran parlait de caporalisme où le pape actuel dirait aujourd’hui cléricalisme : « Le caporalisme religieux est peut-être le plus insupportable de tous. Il consiste présentement à tenir toute objection pour un blasphème, toute discussion pour une désobéissance, toute désobéissance (légitime on non) pour un schisme. Les distinctions les plus nécessaires sont passées au bulldozer de l’inintelligence. Cela ne favorise pas l’unité. Au contraire. Voyez : elle est en miettes. » (4)N’en déplaise aux puissants du jour dans l’Eglise, aux Créon ecclésiaux, après les Responsa administratives de Mgr Roche et les louvoiements du pape François, nous pouvons néanmoins persister et signer comme le regretté fondateur de la revue Itinéraires : « En communion, mais oui, avec le saint-siège » ! « Catholiques traditionnels par conviction (et par pléonasme) nous communions dans la foi en la succession apostolique et en la primauté du siège romain. A cette succession, à cette primauté, nous nous efforçons d’apporter une obéissance chrétienne et non pas servile… » (6)

(1) Itinéraires de juillet-août 1969.

(2) Au secours des évidences, Mame, 2022.

(3) Cf. sur le site Claves.org de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre la série de l’abbé Jean de Massia « Messe traditionnelle et communion dans l’Eglise ».

(4) Itinéraires de mars 1987.

(5) Itinéraires de janvier 1987. Extrait de la postface de l’enquête « Comment va la messe » menée par Yves Daoudal et Rémi Fontaine dans le quotidien Présent et reproduite dans Itinéraires de mai 1985. Cité par Yves Chiron dans Histoire des traditionalistes, Tallandier, 2022.

(6) Préface à Eglise interdite, le livre blanc de Port-Marly, par Rémi Fontaine et Alain Sanders, aux éditions de L’Orme Rond, 1987.

Pour Isabelle Chevalier, RIP

Nous relayons régulièrement les créations de Jean-Joseph Chevalier. Ce dernier vient de perdre son épouse d’une crise cardiaque, à 42 ans, et lance un appel:

Nous osons vous demander, par cette cagnotte, votre aide matérielle pour pouvoir offrir à Isabelle une sépulture digne. Comme lors de notre mariage, nous vivons toujours avec Dame pauvreté et n’avons pas d’économie.

Isabelle a toujours tout donné pour sa famille et ceux qui l’entourent, don allant jusqu’à la mort. Aujourd’hui elle a besoin de votre aide pour soulager sa famille de 6 enfants du souci de son enterrement.

Jean-Joseph Chevalier

Une cagnotte est en ligne.

Mgr Christian Delarbre nommé archevêque d’Aix

Le Pape François a nommé ce jour Mgr Christian Delarbre, archevêque d’Aix. Il succède à Mgr Christophe Dufour qui aura 75 ans en décembre prochain.

Mgr Christian Delarbre était jusqu’à présent prêtre de l’archidiocèse d’Auch et, depuis 2018, Recteur de l’Institut catholique de Toulouse.

2 000 à 3 000 lieux de culte ne font l’objet que d’une fréquentation très sporadique, voire inexistante

La Mission d’information sur l’état du patrimoine religieux en France du Sénat a auditionné Stéphane Bern, chargé par le Président de la République depuis 2017 d’une mission sur le patrimoine en péril, sur la situation matérielle des lieux de culte français. Extrait du compte-rendu :

Stéphane Bern : Quelque 30 % des dossiers qui sont adressés à la mission Bern concernent le patrimoine religieux, qu’il soit classé ou non, protégé ou non, sacralisé ou désacralisé. En vue de la sélection que nous annoncerons à la fin de l’été, je me suis penché sur ces dossiers cette semaine et j’ai été choqué par le nombre de petites églises de nos campagnes qui se trouvent dans un état de déréliction avancé. C’est là une conséquence de la déchristianisation de notre pays : lorsque les églises ne sont plus fréquentées, elles ne sont plus entretenues.

De fait, dans les budgets des communes, la ligne « entretien du patrimoine » sert souvent à financer autre chose. Or si on n’entretient pas le patrimoine, celui-ci se dégrade peu à peu, et les coûts de restauration augmentent. Dans les petites communes, les maires se font réélire en s’engageant, non pas à sauver l’église, mais à construire un stade.

Les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) aident les municipalités à hauteur de 30 % ou 40 %, mais bien souvent, les 20 % qui restent à la charge des communes ne sont pas financés.

Pourtant, dans bien des villages, l’église de campagne est le seul élément culturel qui reste. C’est de l’art et de la culture de proximité, ouverts à tous.

Les maires sont aussi confrontés à un manque de ressources en matière d’ingénierie administrative. J’avais proposé que l’on mette à leur disposition une assistance à la maîtrise d’ouvrage, mais cette proposition est restée lettre morte.

Nous devons faire cesser ce cercle vicieux de toute urgence, car nous sommes en état d’alerte.

Les présidents de communautés de communes, qui ont parfois sept ou dix églises à restaurer, m’expliquent qu’ils n’ont d’autre choix que d’en sacrifier certaines. Je me bats contre ce genre de discours, que l’on entend parfois au sein des plus hautes sphères de l’État, car j’estime qu’il y va du respect de notre histoire et de nos racines. Mais c’est aussi un non-sens économique, car l’église est le premier lieu où l’on se rend lorsqu’on visite un village.

On a tant attendu qu’aujourd’hui nous devons répondre à l’état de catastrophe dans lequel se trouvent de très nombreuses églises de campagne, si bien que sur sept ou huit typologies de patrimoines, 30 % des crédits de la mission Bern sont consacrés au patrimoine religieux.

Je précise d’ailleurs qu’aucune religion n’est mise de côté, puisque nous finançons la rénovation d’églises protestantes, de synagogues, notamment en Alsace, ou encore de temples tamouls et hindous sur l’île de La Réunion.

M. Pierre Ouzoulias, co-rapporteur de la mission d’information sur l’état du patrimoine religieux : Je m’exprimerai en mon nom et en celui d’Anne Ventalon, qui ne peut pas assister à notre réunion. Nous partageons l’essentiel de votre constat. Le patrimoine français compte 100 000 édifices religieux, dont 40 000 sont encore utilisés. Parmi ces derniers, seulement 15 000 sont protégés. Je parlerai pour ma part, non pas de déchristianisation, mais plutôt de baisse d’une certaine pratique religieuse. On observe aujourd’hui, notamment depuis le covid, des formes de pratique qui ne passent pas forcément par le culte dans un édifice. Le ministère de la culture a abandonné tout travail dans ce domaine, mais on estime que 2 000 à 3 000 lieux de culte ne font l’objet que d’une fréquentation très sporadique, voire inexistante. Nous constatons qu’il existe aujourd’hui un consensus général, y compris du clergé, pour resocialiser ces édifices, c’est-à-dire pour y développer des activités qui permettent de justifier que l’on finance leur restauration. Nous constatons aussi que la restauration de ces édifices ne relève plus de l’État. Les DRAC nous ont clairement indiqué qu’elles ne pouvaient plus apporter d’aide à la maîtrise d’ouvrage aux collectivités pour la restauration du patrimoine non protégé. Nous espérons pouvoir démontrer qu’il peut toutefois exister des solutions reposant sur la coopération des communes et des départements, et quelques ressources budgétaires. Le moment n’est-il pas venu de retirer la compétence relative à l’entretien du patrimoine à l’État, qui ne l’exerce plus, et de la transférer aux départements et aux communes ? Les départements pourraient notamment apporter une aide administrative aux communes pour solliciter des subventions, car elles existent. […]

M. Stéphane Bern : Vous avez raison sur la répartition des compétences. À Thiron-Gardais, l’église abbatiale est en travaux depuis dix ans, et les habitants, ne voyant pas les travaux avancer, s’en sont désintéressés. Avec notre association œuvrant à la préservation de ce lieu, nous avons donc décidé de la nettoyer. La DRAC dont nous dépendons, laquelle, depuis la création des grandes régions, se trouve à deux heures et demie de route, s’est contentée de nous donner des recommandations sur le type de chiffons que nous devions utiliser. Autrement dit, elle est totalement déconnectée de la réalité du terrain.

Dans cette église qui est spectaculaire, la messe n’est dite qu’une fois toutes les huit semaines et pour une vingtaine de personnes. Que l’on parle de déchristianisation ou de baisse du culte, il reste que, lorsque plus personne n’entre dans un édifice, plus personne ne voit les dégradations qui s’y produisent. C’est aussi le cas des palais archiépiscopaux, qui ne sont plus ouverts que pour les journées du patrimoine, et même des couvents et monastères, qui sont parfois vides.

Chaque année, les sœurs de Tréguier déposent un dossier de restauration auprès de la mission. Nous ne pouvons pas les aider tous les ans, mais nous l’avons fait en 2018, car elles avaient un projet de valorisation. Le patrimoine religieux pourrait être transformé en centres d’aide sociale ou de prise en charge de personnes autistes, handicapées ou dépendantes, par exemple. La restauration doit toujours permettre de redonner du sens au lieu.

Je pense comme vous que les compétences doivent être exercées par les départements et les communes, sous réserve toutefois que des experts y soient nommés, comme cela a été fait par le président de la région Normandie. Cela permettrait d’évaluer le patrimoine de manière pérenne et d’éviter que des erreurs dramatiques ne soient commises.

Lorsque la Catho de Lille a voulu détruire la chapelle Saint-Joseph pour construire des logements, j’ai alerté à la fois le Président de la République et le ministère de la culture. Cet édifice a pourtant été démoli, ce qui a provoqué un choc immense. Les Français ne fréquentent peut-être pas les églises, mais ils sont choqués quand on détruit le patrimoine religieux, car c’est un outrage à notre mémoire collective. Les synagogues d’Alsace et les églises protestantes en sont constitutives au même titre.

Il faut trouver des solutions ; nous sommes nombreux à nous mobiliser. En 2018, le maire de La Baussaine a jugé décevante la subvention qu’il a reçue dans le cadre du Loto du patrimoine, mais comme je l’avais alors expliqué à la télévision, j’avais voulu soutenir cette année-là non pas 100, mais 250 projets. François Pinault m’a appelé, et il a payé la différence. […]

Ce patrimoine religieux est notre histoire, que l’on soit croyant ou qu’on ne le soit pas. Aujourd’hui, 45 000 emplois sont directement liés aux métiers d’art. Le chantier de Notre-Dame aurait dû être une occasion de nous permettre de valoriser ces savoir-faire et de donner envie à des jeunes de se former à ces métiers. […]

Je pense qu’il est urgent de faire un inventaire complet du patrimoine : du patrimoine paysager, des zones auxquelles il n’est pas possible de toucher – pas d’éoliennes, pas de choses immondes qui dénatureraient nos paysages de carte postale –, du patrimoine bâti, religieux, castral, industriel et ouvrier. Je revendique le fait de défendre la mémoire ouvrière de notre pays. Je suis contre le fait de détruire du patrimoine industriel, où nos parents ou grands-parents ont trimé. C’est bien de revaloriser ce patrimoine, de le transformer en espace de coworking ou en écomusée.

Il faut aussi défendre toutes les bibliothèques. Des fonds entiers du patrimoine écrit de notre mémoire collective sont en train de partir à l’encan. Personne n’en parle jamais !

Par ailleurs, il faut créer une police du patrimoine. Au XIXe siècle, Victor Hugo a écrit Guerre aux démolisseurs parce qu’il était choqué que l’on fasse du passé table rase, sans se préoccuper de l’histoire et de la sédimentation des siècles. Ce n’est plus possible aujourd’hui, d’abord parce qu’on est désormais conscient de l’importance du patrimoine pour notre histoire et notre identité, mais aussi pour notre portefeuille. Le patrimoine est parfois ce qui permet de faire vivre un village, dont le seul trésor est souvent le patrimoine religieux ou le château. C’est ce qui fait qu’il y ait encore un commerce, une auberge, qu’on puisse encore y acheter des cartes postales. C’est un non-sens de laisser détruire ce patrimoine. Une police du patrimoine devrait pouvoir édicter des règles. […]

Pour conclure, permettez-moi d’adresser une petite pique au clergé, qui n’est pas toujours notre allié. L’église est affectataire, mais elle doit respecter les règles du patrimoine. Je veux bien secourir le patrimoine religieux, mais il faut aussi que ceux qui en ont la gestion au quotidien le défendent.

[…]

Le retour du Carrousel de Saumur avec un grand spectacle nocturne

Pour sa 172e édition, le Carrousel de Saumur se renouvelle avec un grand spectacle nocturne inédit et monumental produit par la société Amaclio, qui réalise déjà La Nuit aux Invalides, les Chroniques du Mont-Saint-Michel…

En soirée, le 13, le 15 et le 16 juillet, découvrez L’Esprit cavalier ! Au cœur de l’école de cavalerie, dans la cour Iéna, vivez une nuit inoubliable grâce à la féérie de la vidéoprojection monumentale, écrin d’un show grand format mêlant spectacle vivant, parades équestres et défilés de chars blindés, accompagnés par la fanfare militaire. Avec la participation exceptionnelle du mythique Cadre noir. Laissez-vous conter l’histoire de l’arme blindée cavalerie, une histoire de métal et de feu, d’hommes et de chevaux, d’héroïsme et d’honneur…

Le spectacle débute à 22h00, sous les étoiles ; ouverture des portes à 20h30.

Le Grand Sacre d’Angers, une tradition multi-séculaire retrouvée

Nota : cet article est une contribution d’un lecteur. Depuis quelques jours, une nouvelle fonctionnalité est apparue dans la barre supérieure de votre blogue : vous pouvez désormais proposer un article rédigé. Michel Janva

Dimanche 26 juin 2022, les fidèles des chapelles angevines de la Fraternité St Pie X, regroupées sous la bannière du Prieuré de Gastines se sont réunies pour fêter dignement Notre-Seigneur Jésus-Christ. Que la Providence soit remerciée, le soleil est au rendez-vous pour la reprise de cette belle procession du Grand Sacre, interrompue pendant deux années pour d’obscures raisons sanitaires… !

Héritier d’une tradition de près de huit siècles, institué en réparation de l’hérésie de Béranger qui niait la présence réelle de Notre Seigneur, le Grand Sacre réunissait chaque année des dizaines de milliers de croyants, fidèles, clercs ou politiques, marchant en procession dans les rues d’Angers pour adorer Notre Seigneur dans le Très Saint Sacrement, jusqu’à ce que la tempête du concile Vatican II ne jette cette antique tradition aux oubliettes. La Fraternité Saint Pie X s’est attachée à la restaurer en 2013 pour que le Roi des Cœurs et des Nations soit à nouveau vénéré comme il se doit dans les rues de la cité angevine.

Quelques 600 fidèles, les Sœurs de la Fraternité St Pie X, l’orchestre des cuivres et la chorale ont processionné entre le Parc Saint Nicolas et le Tertre Saint Laurent (restauré par Jack Lang !) pour perpétuer cette belle tradition, escortant triomphalement le dais abritant l’ostensoir porté par le prêtre et encadré des servants, thuriféraires et maître des cérémonies. Communiants jonchant le sol de pétales, jeunes filles costumées et bannières déployées, la procession avait fière allure, aux yeux des passants étonnés.

Après la vénération devant les deux reposoirs, la fête s’est terminée par un sympathique verre de l’amitié, bienvenu dans cette période de morosité ambiante. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine !

La crise que nous traversons touche principalement la foi

Dans l’éditorial de L’Homme Nouveau, Philippe Maxence revient sur la consultation effectuée auprès des paroisses en vue du synode romain sur la synodalité

[…] Il faudrait certainement pouvoir étudier comment la consultation a été menée, qui a pris part à la rédaction des résumés diocésains, comment furent nommés les rapporteurs. Mutatis mutandis, il y a fort à parier que nous sommes ici face à un processus, parfaitement mis en évidence par Augustin Cochin à propos des cahiers de doléances, à travers l’action de groupes réducteurs et de noyaux dirigeants, censés exprimer les désirs de la masse. À ce sujet est très révélateur le constat établi par Mgr Joly, « responsable de l’équipe Synode 2023 » : « toutes les sensibilités ne se sont pas exprimées et il nous manque une génération, les 25-45 ans ». En gros, celle qui se retrouve sur les routes de Chartres à la Pentecôte. Autre aveu de taille, celui de la démission de l’autorité, comme l’admet implicitement le même Mgr Joly :

« nous n’avons pas choisi de réajuster théologiquement le contenu du document issu des réunions synodales dans les diocèses, par souci d’écoute et de transparence et pour que les gens ne disent pas qu’ils n’auraient pas été entendus. Cela nous bouscule mais rien n’a été occulté par respect de la démarche synodale. »

À l’heure même où la démocratie moderne cogne contre le mur de sa faillite (révélée par les énormes taux d’abstention aux élections), l’Église s’enfonce encore plus dans ce processus qui ne peut que ruiner son assise, et pourrait la réduire, nonobstant sa constitution divine, à n’être plus que l’équivalent de la confession anglicane à l’échelle universelle.

Sensus fidei !

Face à cette situation, la solution ne réside certainement pas dans un simple processus de réaction ou dans le retour à un statu quo ante. La crise que nous traversons touche principalement la foi. Il faut en rétablir les conditions, et ce devoir appartient au magistère. Pour ce qui nous concerne comme fidèles, nous devons plus que jamais nous appuyer sur le sensus fidei, non comme expression de l’opinion majoritaire, mais comme une sorte d’instinct qui incline le croyant à poser des actes d’adhésion à la vérité révélée. Dans un document publié en 2014, la Commission théologique internationale (CTI) rappelait que « dans l’histoire du peuple de Dieu, ce fut souvent non pas la majorité, mais bien plutôt une minorité qui a vraiment vécu la foi et qui lui a rendu témoignage ». Notre route est ici clairement tracée.

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