Conversion à l’islam : “voilà ce que nous souhaitons tous pour notre pays”
Ben voyons :
A la Grande mosquée de Paris, Darmanin prend l'exemple de la conversion à l'islam d'un général de Bonaparte pour épouser une musulmane : "voilà ce que nous souhaitons tous pour notre pays" pic.twitter.com/9ha7rfT7lX
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) April 19, 2022
La mosquée de Paris organise un iftar de soutien à Emmanuel Macron ce soir à la mosquée de Paris. L’équipe de campagne assure que «Les dépenses seront réintégrées dans les comptes de campagne» du candidat…
La victoire idéologique de l’extrême-gauche
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
J’évoquais la semaine dernière la claque électorale subie par la droite française dans son ensemble et, en contrepoint, le remarquable succès de l’extrême gauche.
Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à ce que Jean-Luc Mélenchon soit à ce point au centre de toutes les attentions politiciennes, son électorat étant à la fois l’objet des tentatives de séduction d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. À vrai dire, j’aurais dû m’en douter : le « troisième homme » de la présidentielle, loin d’être le premier recalé, est devenu dans notre régime décadent de démocratie sans peuple, le centre la vie politique, son appel plus ou moins discret à rejoindre l’un des deux finalistes étant d’un poids considérable. Inutile de préciser que ces « dragues » un peu lourdes sont d’une efficacité assez faible. D’abord parce que le candidat ne contrôle pas les voix de ses électeurs. Et aussi parce que les électorats ont des atavismes qui les rendent assez insensibles aux sirènes politiciennes.
Dans le cas qui nous occupe, je doute fort que les électeurs d’extrême gauche votent Macron en masse pour « sauver la république » ou Le Pen pour battre le « candidat des riches ». Le plus vraisemblable est que l’abstention soit considérable. Ce qui, soit dit en passant, favorise Emmanuel Macron. Naturellement, plus la participation est élevée, plus la légitimité du président élu sera importante. Mais, pour un président aussi peu concerné par le sort des Français et la survie de la France qu’Emmanuel Macron, cela n’a guère d’influence.
En attendant, pour l’élection, l’unique chance de Marine Le Pen est de réunir le plus grand nombre possible d’opposants à Emmanuel Macron. Ce qui implique une forte mobilisation électorale et un sursaut de participation. Je n’y crois guère : cela ne s’est jamais vu sous la Ve République. Et l’absurde diabolisation a repris son train d’enfer.
Pour le moment, les idées de l’extrême gauche sont centrales dans le débat public. Emmanuel Macron est déjà en train d’abandonner les rares réformes libérant l’économie qu’il avait dans son programme (pour ne garder qu’un « libéralisme sociétal » de nature à réjouir l’électorat LFI). Jean-Luc Mélenchon a admirablement appliqué la stratégie de Gramsci: il a gagné la bataille des idées (avec des idées pourtant aussi archaïques que le marxisme!) et, à la prochaine présidentielle, comme il aura constitué la seule opposition digne de ce nom, il a toutes les chances de l’emporter.
Il est urgent de créer enfin une force de résistance (culturelle avant d’être politique et politique avant d’être électorale) au nihilisme macronien si nous voulons éviter ce désastre. D’ici là, bien sûr, faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que « Jupiter » soit le plus bas possible et avec la majorité la plus faible possible pour réduire sa capacité de nuire à la France.
Suède : des islamistes organisent des émeutes
Vingt-six personnes ont été arrêtées après de violents affrontements, dimanche 18 avril en Suède.
Jeudi, les manifestants avaient protesté contre un rassemblement du groupe anti-immigration et anti-islam “Ligne dure”, dirigé par le Dano-Suédois Rasmus Paludan.
La situation en Suède est terrifiante. Ce paradis se transforme en Pakistan. pic.twitter.com/rp2RSXnzD4
— Damien Rieu (@DamienRieu) April 16, 2022
Dimanche, ils ont à nouveau manifesté pour protester contre de nouveaux rassemblements annoncés.
La police a été totalement prise par surprise et forcée à fuir. Plusieurs policiers ont été contraints d’abandonner leurs véhicules sur place, les émeutiers pillant et incendiant les véhicules abandonnés. Sur les vidéos, on distingue un jeune se promenant avec un uniforme volé.
Des vidéos montrent comment des immigrés en colère montant sur les toits de plusieurs voitures de police en scandant “Allahu akbar”.
La présence de nazis en Ukraine est-elle négligeable ?
Yves Daoudal a rassemblé un certain nombre d’éléments concernant Stepan Bandera, en mémoire duquel de nombreux monuments ont été érigés à Lvov (devant une arche de 30 mètres de haut, inauguré en 2007), à Ternopil, à Ivano-Frankivsk. Pour son centenaire il y eut un timbre spécial. En 2016 on a donné son nom à l’une des principales avenues de Kiev. Mais qui était Stepan Bandera ?
En 1933 Stepan Bandera devint chef de l’OUN, organisation des nationalistes ukrainiens, lors du congrès tenu à Berlin. Dès l’année suivante Bandera était agent de renseignement de la Gestapo, qui va entraîner ses troupes au sabotage et à la guérilla. Sous sa direction l’OUN assassine une soixantaine de personnalités politiques, dont les ministres polonais de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Le 19 avril 1940, Bandera et ses fidèles font allégeance à Hans Frank, gouverneur général nazi de la Pologne, « le bourreau de la Pologne », l’un des principaux accusés du procès de Nuremberg. Bandera, fils de prêtre grec-catholique, lui offre 38 cloches volées aux églises catholiques pour les fonderies allemandes. En 1941, il reçoit 2,5 millions de marks de l’armée allemande pour constituer sa propre armée. Quelques mois plus tard l’OUN proclame la déclaration d’indépendance de l’Ukraine, dont le troisième point stipule :
« L’État ukrainien restauré travaillera sous l’appui de la Grande Allemagne national-socialiste qui, sous Adolf Hitler, crée un nouvel ordre en Europe et dans le monde et aide le peuple ukrainien à se libérer de l’occupation de Moscou. »
En octobre 1942 est formée l’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), au fameux drapeau rouge et noir aujourd’hui omniprésent en Ukraine. L’historien Norman Davies écrit :
« Les Juifs de la région avaient disparu assassinés par les Allemands (entre 1941 et 1942), (…) en 1943-44 la haine de l’UPA tomba sur les Polonais sans défense (…). Les villages furent brûlés. Les prêtres catholiques taillés en pièces ou crucifiés. Les églises brûlées avec tous les fidèles qui s’y étaient réfugiés. Les fermes isolées, attaquées par des bandes d’hommes armés de fourches et de couteaux de cuisine. Les victimes égorgées, les femmes enceintes transpercées par la baïonnette, les enfants tranchés en deux (…). Les auteurs ne pouvaient pas déterminer l’avenir de la province mais pouvaient envisager que son futur serait sans les Polonais. »
Stepan Bandera est élevé à la dignité de « Héros de l’Ukraine » par un décret signé le 22 janvier 2010 par le président Viktor Iouchtchenko « pour l’invincibilité de l’esprit dans la poursuite de l’idée nationale, l’héroïsme et le sacrifice dans le combat pour l’indépendance de l’État ukrainien ». Depuis le 1er janvier 2014 est organisée tous les ans une marche aux flambeaux à Kiev pour célébrer l’anniversaire de Stepan Bandera.
Orest Vaskul, mort en juin 2021 à 94 ans, a eu les honneurs rendus par un détachement de la Garde présidentielle, en la cathédrale de l’Eglise autocéphale de Kiev. Ancien membre de la division Waffen SS Galicia, Orest Vaskul était le président de la Fraternité des vétérans de l’armée nazie de Stepan Bandera pour la région de Kiev.
En mai 2020, Vasil Nakonechny, 95 ans, vétéran de la division Waffen SS Galicia, a reçu la « croix de chevalier » de la division SS des mains de Vasil Bichko, vice-président de la Fraternité des anciens soldats de la division Galicia. Vasil Nakonechny a été nommé citoyen d’honneur de sa ville de Kalush (où plus de 7.000 juifs ont été tués pendant qu’il était chez les SS).
D’autres monuments ont été récemment érigés, notamment en l’honneur de Roman Choukhevych, officier de la police auxiliaire du Reich en Ukraine, de Dmytro Negrych, chef de cette police, responsable de la mort de 20.000 juifs à Kolomya, puis participant du massacre des Polonais. Les autorités ont célébré le 100e anniversaire de Roman Riznyak, commandant de la police auxiliaire nazie, responsable de la mort de milliers de Polonais et de juifs.
En 2020 le Parlement ukrainien a voté une résolution demandant au président Zelensky de conférer le titre de Héros de l’Ukraine à Myroslav Symchych pour son 98e anniversaire. Symchych, officier de l’UPA, condamné deux fois pour crimes de guerre, est le responsable de l’assassinat de 150 Polonais. Il a reçu l’Ordre de la Liberté en 2015 (ordre qui a été conféré aussi notamment à George Soros, John McCain, François Hollande, Joe Biden…).
En décembre 2021, le Parlement ukrainien a adopté la résolution n°6406 “Sur la célébration des commémorations et des dates anniversaires en 2022-2023”:
- Le 80e anniversaire de la création de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA);
- Le 130e anniversaire de la naissance de Iouri Polyanski, maire pro-nazi de Lvov, partisan de Stepan Bandera;
- Le 100e anniversaire de la naissance de Fedor Vorobets, militant et bourreau de l’UPA (connu notamment pour son implication dans le meurtre d’enfants juifs en Ukraine soviétique);
- Le 110e anniversaire de la naissance de Iaroslav Stetsko, le plus proche collaborateur de Bandera;
- Le 130e anniversaire de la naissance de Porfiri Silenko-Kravets, Hauptsturmführer, membre de la division SS Galicia ;
- Le 130e anniversaire de la naissance d’Amet Ozenbachly, qui voulait la constitution d’un Etat tatar sous la protection de l’Allemagne nazie.
Paris : l’église orthodoxe Saint Séraphin de Sarov ravagée par un incendie
Incendie criminel, en représailles contre la Russie ?
Un incendie a totalement ravagé une église orthodoxe du XVe arrondissement de Paris ce dimanche 17 avril 2022. Les Sapeurs-Pompiers de Paris ont été alertés vers 16h20, et ce dimanche en fin de journée une soixantaine d’entre eux étaient toujours sur place.
L’incendie a démarré vers 16 heures dans la petite église Saint Séraphin de Sarov, rue Lecourbe dans le XVe arrondissement de Paris. L’incendie s’est rapidement propagé, et pour cause, l’édifice de 250 mètres carrés est entièrement en bois explique-t-on du côté des Sapeurs-Pompiers de Paris. Fort heureusement, il n’y avait pas d’office en cours, trois personnes ont pu sortir et être mises à l’abri avant même l’arrivée des pompiers.
En revanche les dégâts sont conséquents. Tout a brûlé à l’intérieur. Quatre ou cinq tableaux ont pu être sortis mais ils sont fortement dégradés indique les pompiers. Il était impossible de pénétrer dans l’édifice à leur arrivée précisent-ils. […]
Grenoble : Prêtres bannis, fidèles en colère !
Communiqué de l’AFSAN :

Une fumée jaune s’échappe du clocher de la collégiale. La musique résonne, des voix scandent des slogans. Des silhouettes en sweat jaune apparaissent entre les gargouilles de pierre… Qui sont ces jeunes, qui, renonçant aux loisirs de leur jour férié, ont choisi de s’enfermer pour quarante heures dans le clocher de leur église ?
Ils sont six, et ils sont en colère. Parce que depuis 9 mois, eux, et toute leur communauté avec eux, sont piétinés, injuriés, blessés dans leur foi et dans leur manière de la pratiquer. Parce qu’on n’écoute pas leur juste réclamation. Parce qu’on bannit leurs prêtres. C’est le message de la banderole qui flotte depuis samedi sur le mur de la collégiale.
En ce soir de la fête de Pâques, fête de la résurrection du Christ, de sa sortie du tombeau, ils décident au contraire de s’enfermer, et d’exprimer ainsi un mécontentement profond.
Leur message est clair :
“on veut nous supprimer deux prêtres, les remplacer par un seul et encore à temps partiel. On ne se laissera pas faire. C’est injuste et totalement dénué de bon sens. On assiste à une vraie persécution”.
“Nous suivons le message du pape aux jeunes : “mettez le bazar […] un bazar qui nous donne un coeur libre, un bazar qui nous donne la solidarité, un bazar qui nous donne de l’espoir. […] Nous voulons des jeunes avec de l’espoir et de la force.””
Les cloches de Pâques résonneront de manière bien particulière cette année, dans le coeur de 500 paroissiens bien décidés à passer à l’action. Car aujourd’hui ils ne sont que six… et leur installation n’est que temporaire…

Rappel des faits :
Le 12 novembre dernier, en dénonçant la convention de partenariat avec la Fraternité Saint Pierre, Mgr de Kerimel choisit de bannir du diocèse nos deux prêtres, quelques jours avant l’annonce de sa promotion à l’archevêché de Toulouse. Attitude d’autant plus lâche qu’il n’aura pas à l’assumer.
Cette décision, dépourvue de tout sens pastoral, dénote une mentalité cléricaliste et une vision du management technocratique.
- Elle vise à remplacer deux prêtres par un seul et encore pas un plein temps.
- Elle supprime un lieu de culte à Vienne.
- Elle passe de 60 messes à 3 ou 4 par mois.
- Elle rend impossible le maintien de toutes les activités: messes, sacrements, catéchismes, soutien des 500 paroissiens, accompagnement spirituel de groupes de lycéens , d’étudiants, de jeunes pro, de foyers, de scouts , d’écoles, accueil des recommençants et des futurs baptisés, mission et présence auprès de tous…
- Elle vise à supprimer à terme la messe dans sa forme traditionnelle dans le diocèse : c’était le message clair de Kerimel.
- Elle pointe du doigt et discrimine deux communautés solides, unies et qui ne demandent qu’à rayonner dans le diocèse.
- Elle s’inscrit dans une dynamique de destruction (par jalousie ?) au lieu de promouvoir l’encouragement et l’unité dans la diversité des sensibilités.
- Elle fait fi du décret du Pape qui, en février dernier, confortait les prêtres de la FSSP dans leur droit de ne célébrer que la liturgie traditionnelle de L’Eglise.
L’administrateur Diocésain, le père Loïc Lagadec, a eu le courage de venir le 2 avril à la collégiale, ce que Mgr de Kerimel n’avait pas fait. Malheureusement, le message est toujours le même : j’appliquerai ce décret, obéissez. Cela a créé un énorme mécontentement parmi les fidèles de Saint-André et de Notre-Dame de l’Ile à Vienne, faisant de cette situation un casus belli. La tension est très forte et les fidèles sont prêts à résister pendant de longues années s’il le faut. Or, le père Lagadec, contrairement à ce qu’il dit, a le pouvoir d’établir un moratoire, et de créer un statu quo.
Nous n’avons rien contre lui mais nous lui demandons d’avoir du courage pour sortir de cette impasse et de conflit dont il n’est pas à l’origine. Nous avons senti qu’il souhaitait trouver des solutions différentes et nous attendons donc une réponse à la hauteur de la situation explosive et sur la base de ce que nous lui avons proposé. Nous lui demandons donc, avec une grande détermination :
- Qu’il prenne soin de nos besoins en laissant les choses en l’état
- Qu’il trouve une solution quelle qu’elle soit, et fasse preuve d’inventivité et d’audace pour maintenir cette présence de deux prêtres au service des deux communautés et du diocèse
- Que par conséquent il ne dépouille pas davantage un diocèse dont le nombre de prêtres diminue chaque année.
- qu’il applique Vatican II qui donne aux Laïcs “la faculté et même parfois le devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église». (LG 37)
Le père Lagadec vous dira certainement :
- “Je ne peux rien faire” : c’est faux, il administre un diocèse et quand il y a une crise il a le pouvoir de décider. Il ne peut pas innover mais peut s’inscrire dans la continuité car le Pape François a désavoué Mgr de Kerimel en reconnaissant la spécificité de la liturgie de la fraternité Saint Pierre. Le droit canon dit au Canon 427 §1. « L’Administrateur diocésain est tenu aux obligations de l’Évêque diocésain et en possède le pouvoir, sauf les exceptions provenant de la nature des choses ou du droit lui-même » et au Canon 428 : §2. «Il est interdit à ceux qui ont la charge de gouverner provisoirement le diocèse de rien faire qui puisse apporter quelque préjudice au diocèse… »
- Rien ne va changer : c’est faux, 2 prêtres ne valent pas 1⁄2 prêtre
- Le supérieur de la fraternité Saint Pierre a accepté le départ des prêtres : c’est faux, il a été contraint, car Mgr de Kerimel a résilié la convention qui le liait au diocèse. Il n’a donc pas le choix et c’est contre son gré.
Les actions de l’AFSAN :
Nous sommes très déterminés car nous n’avons rien obtenu, pas un signe de changement depuis 9 mois.
- Nous voulons que cesse ce cléricalisme dénoncé par le pape François, et que l’administrateur et son conseil apprennent à travailler avec toutes les périphéries sans en discriminer aucune
- Nous voulons que l’on maintienne nos prêtres dans un esprit de charité : ils subissent depuis 10 mois une pression psychologique terrible.
- Nous voulons que l’administrateur revienne sur les divisions générées par Mgr de Kerimel et qu’il travaille à unir le diocèse plutôt que de discriminer deux communautés.
- Nous ne lâcherons rien : eu égard à la baisse de la pratique, à la crise morale de l’Église, à la crise financière et aux besoins spirituels de notre société, l’administrateur et son conseil n’ont-il que cela à faire.
Actions :
- Un recours direct au pape
- Des recours canoniques de laïcs
- Beaucoup d’actions surprises à attendre dans les prochains mois …
Poutine est-il tombé dans le piège américain ?
D’Antoine de Lacoste :
Tous les galonnés en retraite qui se succèdent sur les plateaux de télévision tiennent le même discours : les opérations militaires ne se passent pas comme prévu, l’armée russe est en difficulté, ses pertes sont énormes, Poutine a sous-estimé l’armée ukrainienne, etc.
Passons sur le côté comique de répétition et rappelons juste que ces « vérités » assénées sont actuellement tout à fait invérifiables. D’autant que seules les sources ukrainiennes sont reprises en boucle. Les « héros » de l’île aux serpents ou les « 1000 morts » du théâtre de Marioupol annoncés par Zelenski lui-même devraient pourtant inciter à plus de prudence. Mais nous sommes dans la dictature de l’émotion, dans un manichéisme typiquement occidental qui nous rappelle les grandes heures de la Syrie ou du Kosovo. Faut-il rappeler que c’est à la fin d’une guerre que l’on sait qui l’a gagnée ?
Il y aurait cependant plusieurs débats stratégiques à tenir et rares sont ceux qui s’y engagent mais il y en a.
Certains pensent ainsi que les Américains ont en quelque sorte attiré la Russie dans le piège ukrainien non seulement pour l’affaiblir mais aussi pour raffermir l’OTAN et ressouder l’Europe derrière elle.
Il est vrai que depuis des années (2007 et le discours de Munich de Poutine par exemple), la Russie attire l’attention des occidentaux sur sa préoccupation concernant l’Ukraine et la Géorgie. Bien des dirigeants russes ont rappelé que l’adhésion à l’OTAN de ces pays serait une ligne rouge inacceptable. Contrairement à ce que l’on peut penser aujourd’hui, les Européens étaient parfaitement conscients de ce problème et souhaitaient le résoudre à l’amiable.
Dans le Figaro du 26 mars, Maurice Gourdault-Montagne, ancien conseiller diplomatique de Jacques Chirac, raconte :
« Des occasions ont été manquées. Par exemple fin 2006 Jacques Chirac m’avait envoyé à Moscou pour présenter l’esquisse d’un plan consistant en une protection croisée de l’Ukraine par la Russie et l’OTAN. Cela aurait été une manière de faire de l’Ukraine un pays neutre garanti dans ses frontières. Le conseiller diplomatique de Poutine s’était montré très intéressé, y voyant le règlement de la situation de la flotte de Sébastopol, basée en Crimée ukrainienne, garantissant à la Russie un accès aux mers chaudes. Condoleeza Rice, secrétaire d’Etat du président Bush à qui j’en parlais un peu plus tard me répliqua sans ambages que « la France n’avait pas à bloquer l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie ».
La France pourtant, dès l’année suivante et aidée de l’Allemagne, bloquera cette adhésion lors du sommet de Bucarest.
Les Etats-Unis se sont acharnés dans cette voie, malgré les multiples avertissements russes. Comme si, au fond, ils souhaitaient le déroulement du scénario actuel. Il est d’ailleurs symptomatique que durant tout l’automne, alors que les Européens ne croyaient pas à l’invasion russe, les Américains répétaient que la Russie envahirait l’Ukraine. Certitude ou intox se demandait-on à l’époque ? Et pour bien enfoncer le clou, de rappeler à plusieurs reprises que ce n’est pas à la Russie de « décider qui adhère ou non à l’OTAN ».
Lorsqu’en septembre 2020 le président Zelenski affirme que la stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine prévoit l’adhésion de son pays à l’OTAN, confirmant d’ailleurs un vote du parlement de juin 2017, que croit-on qu’il puisse se passer ?
« Poutine n’est pas fou » rappelle Gourdault-Montagne. Il a en réalité estimé que les intérêts vitaux de son pays étaient menacés, ce que savaient bien les Américains.
Est-ce un piège pour autant ? L’avenir le dira et c’est loin d’être certain mais en attendant l’Amérique livre de plus en plus d’armes à l’Ukraine, comme pour faire durer le plaisir.
Biden a encore annoncé de nouvelles livraisons, notamment d’armes lourdes. Et les Russes ont averti « des conséquences imprévisibles » que cela pourrait avoir.
L’Amérique cherche la guerre et l’Europe ferait mieux de chercher la paix au lieu de courir derrière son maître.
Frère Paul Adrien : Pâques, fin de la chrétienté et élections
Frère Paul-Adrien, frère dominicain et youtubeur parle de la fête de Pâques, de la fin de la chrétienté, du combat culturel et civilisationnel, des élections et de l’espérance chrétienne.
La pénalisation de la vie sociale, résurgence de la sinistre “loi des suspects”
Les éditions Téqui ont publié les actes du XXVIIIe colloque national de la Confédération des Juristes catholiques de France sur la réforme de la justice pénale, serpent de mer des gouvernements français qui se sont succédé depuis une vingtaine d’années. Pourtant, les rapports et propositions n’ont pas manqué aux différents ministres de la Justice dont chacun a voulu prendre date pour inscrire son nom dans les annales de la Chancellerie, avant d’être rapidement supplanté par son successeur…
Il est vrai que la tâche est immense et multiforme, de l’exécution des peines à la politique pénitentiaire, de la délinquance des mineurs au traitement des actes terroristes, du nécessaire effort budgétaire à l’indispensable augmentation des effectifs judiciaires, de la difficulté des relations entre la Justice et la police comme entre magistrats et avocats. À quoi s’ajoute l’éternelle controverse, artificiellement entretenue, entre prévention et répression qui n’épargne pas le droit pénal canonique dont le chantier de recomposition est évoqué ici à titre comparatif.
Autant de thèmes abordés dans cet ouvrage par des professionnels du droit et de la justice qui ne manquent pas non plus d’élever leur réflexion au niveau éthique et spirituel.
Joël-Benoît d’Onorio dénonce notamment l’activisme des associations et groupuscules pour traquer les déclarations politiquement incorrectes :
Toujours à l’affût du moindre soupçon de prétendu “dérapage” verbal ou comportemental, ils viennent encombrer les prétoires pour y traîner ceux de leurs concitoyens qui sont visés – parfois piégés – par cette résurgence de la sinistre “loi des suspects” de la Terreur révolutionnaire. Cette pénalisation de la vie sociale, où le moindre manquement peut être désormais porté devant le juge, est génératrice d’un climat malsain de pression psychologique, souvent dénoncé mais sous cape.Le philosophe et académicien Alain Finkelkraut a décelé un “populisme pénal” sous cet ersatz contemporain de police des moeurs et du langage qui, outre la menace qu’elle fait peser sur les libertés publiques et privées fondamentales, peut être ressentie comme une forme d’instrumentalisation idéologique de la Justice en la détournant de sa mission première.
Faire des films en famille pour ne pas rendre les enfants passifs devant les écrans
A l’occasion de la sortie du deuxième épisode des aventures de Jean et Henri, nous avons interrogé le réalisateur, Grégory Soodts :

Vous diffusez un deuxième épisode des Aventures de Jean et Henri. Pourquoi vous être lancé dans cette aventure vidéo ?
En premier lieu, j’ai toujours eu le goût du cinéma, en particulier des techniques cinématographiques car ces dernières intensifient la rencontre avec le spectateur.
Ensuite mes enfants grandissant (j’ai 7 enfants de 4 mois à 10 ans et demi), je ne voulais pas les voir passifs face à cet écran, eux qui sont si plein de vie ! L’idée de faire des films en famille est venue grâce à mon aîné Louis qui raffole de la mise en scène : nous avions trouvé le moyen de les familiariser avec le cinéma tout en étant actifs !
Mais nous ne voulions pas pour autant que leur aventures conduisent les autres petits spectateurs à la passivité : c’est pour cela que nous avons choisi de donner la place principale aux enfants, afin que les héros soient accessibles et puissent devenir des exemples.
Enfin nous ne voulions pas regarder tristement un cinéma pour enfants être de plus en plus conduit par l’idéologie : les enfants méritent mieux que de rentrer dans des plans de transformation de la société. Ils méritent de grandes aventures, de grandes épopées. Ainsi ils réaliseront que leurs propres vies sont autant de magnifiques aventures à vivre pleinement.
Et c’est à ce moment là qu’on se retrousse les manches pour agir !
Ces aventures s’incarnent dans le Beaujolais. Pourquoi cette région particulièrement ?
Dans notre famille, nous avons une grande admiration et gratitude pour nos ancêtres sans lesquels nous ne serions pas là ! De mon côté, on les trouve essentiellement dans les environs de Lille, et du côté de mon épouse en Savoie et dans le Beaujolais.
Depuis longtemps nous voulions relater l’histoire de Louis de Monspey, un ancêtre de mon épouse, un héros de la guerre 14-18, vivant dans le Beaujolais debut XIXe. Il a eu deux fils Jean et Henri dont on connaît les caractéristiques enfants grâce aux écrits de leur grand-mère Alix.
Louis et Martin, nos aînés, ont voulu prendre les prénoms de leurs ancêtres lorsque l’idée d’un film s’est présentée. Alors tout est devenu simple : les personnages, l’époque, le lieu, on avait tout !
De plus le Beaujolais, comme beaucoup d’endroits en France, a une histoire très belle et très riche, qui s’incarne dans une multitude de lieux splendides très peu connus : nous avons une raison supplémentaire de valoriser ce magnifique territoire, terre de nos pères !
Jean et Henri sont deux enfants du XXe siècle qui se retrouvent, en rêve, au Moyen-Age. Que trouvez-vous à cette période, souvent décrite comme obscurantiste, sombre et angoissante ?
Sans entrer dans les détails (que je ne maîtrise pas) du travail politique de sape du Moyen-Age allant d’écrits de Plutarque au “roman national” très orienté de Jules Michelet, il est intéressant de voir l’attrait des enfants pour cette période mais également plus largement son attrait populaire (par exemple les évènements locaux de type “fêtes médiévales” sont toujours des succès). On a l’impression qu’un inconscient populaire recherche un âge d’or refoulé institutionnellement mais que le réel met en permanence face à nos yeux à travers les vestiges médiévaux et la magnificence des cathédrales.
Nos enfants ne dérogent pas à la règle : le désir de “naviguer” au Moyen-Age était très présent ! D’ailleurs, nos aventures nous ont déjà amené à rencontrer des médiévistes et très clairement, avec des argumentaires construits et très sourcés, ils sont très loin de définir cette période comme obscure, bien au contraire !
Comment peut-on vous aider ?
Cette aventure peut sembler aussi folle que ses perspectives : un cycle petit à petit s’écrit, où l’intrigue s’affine et se complexifie et où la technique se professionalise. Nous projetons par exemple encore 1 ou 2 court-métrages cette année et travaillons à un long métrage. Puisque le projet semble fou aux yeux du monde, nous savons que la première et plus précieuse aide nécessaire est la prière !
Ensuite, nous avons besoin de relais : si cela plaît, partagez, partagez, partagez ! Ce sera pour en faire profiter à d’autres, mais également car il faut que notre monde réalise que lorsqu’on propose de belles choses à la jeunesse cela marche.
Ensuite, concrètement nous aimerions pouvoir projeter dans les cinémas locaux, donc il nous faudrait du matériel professionnel. Pour cela nous sommes prêts à accueillir des dons de matériel (caméra et micros) qui pourrait dormir dans un coin, et nous avons également créé un compte tipeee pour récolter des dons dans cette perspective.
Et en fonction des moyens que nous aurons grâce à tipeee, nous prendrons un meilleur logiciel de montage et investirons dans quelques équipements pour faire des effets spéciaux. En effet, comme nous souhaitons faire du grand spectacle, nous voulons créer grâce à des effets spéciaux des personnages… impressionnants ! (j’essaye de ne pas vous en dire trop !).
Mais soyez rassurés, dans tous les cas, on ira jusqu’au bout car, pour reprendre les mots de Socrate “rien n’est trop difficile pour la jeunesse”!
Voeux officiels
C’est tout ce que j’ai trouvé en cette fête de Pâques
Je vous adresse mes vœux de joyeuse fête de Pâques.
Qu’ils soient pour tous les français l’occasion d’espérer et d’aimer et pour chaque chrétien, l’Esperance retrouvée dans le Christ qui a sauvé le monde.
Gardons dans nos prières les chrétiens persécutés du monde entier.— Louis de Bourbon, Duc d’Anjou (@louisducdanjou) April 17, 2022
Joyeuses Pâques à tous !
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) April 17, 2022
Que ce dimanche de Pâques soit pour vous tous celui du magnifique retour de l'Espérance.
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) April 17, 2022
Bonnes Fêtes de Pâques à tous les catholiques et les protestants. Dans un monde si violent et instable, qu’elles leur apportent la sérénité et l’espérance. pic.twitter.com/WZgPljhHOb
— Valérie Pécresse (@vpecresse) April 17, 2022
L’annonce du salut par la petite minorité créative des catholiques pratiquants
“Terres de mission” reçoit Stanislas de Larminat, agronome et voix “dissidente” sur les questions écologiques : il remet en cause l’origine exclusivement anthropique du réchauffement. Il explique sa démarche de pèlerinage : depuis 3 ans, il a parcouru 3 000 km pour aller visiter de nombreux sanctuaires mariaux et évêchés et inviter ses interlocuteurs à ne pas relayer la “propagande de la peur”, mais au contraire annoncer le salut.
Puis, Samuel Pruvost, rédacteur en chef de la revue “Mission”, parle en ce jour de Pâques de l’annonce du salut par la petite minorité créative des catholiques pratiquants.
Aujourd’hui s’avance le Roi de gloire
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 17 avril 2022)
Concede nobis… cælestibus desideriis inflammari. Accordez-nous… d’être enflammés de célestes désirs. (Oraison d’ouverture de la Vigile pascale)
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
De façon inaccoutumée et abrupte, alors que le célébrant en chape violette porte encore les vêtements aux couleurs de la pénitence, la grande et sainte Vigile pascale s’ouvre par une oraison prononcée sur le feu nouveau :
Dieu, qui, par votre Fils qui est la pierre d’angle, avez apporté à vos fidèles le feu de votre splendeur ; sanctifiez ce feu nouveau tiré de la pierre pour notre usage ; et accordez-nous durant ces fêtes pascales d’être enflammés d’un si grand désir du ciel, que nous puissions parvenir l’âme pure aux fêtes de l’éternelle lumière.
Vivre en vérité le mystère pascal, c’est vivre un « passage » ; le passage de la mort à une vie en cohérence avec la foi que nous professons ; le passage d’une vie de foi toujours trop superficielle à une vie plus profonde de communion avec le Seigneur.
Mais pour vivre en vérité, il faut désirer. Celui qui ne désire pas, au mieux campe sur place, au pire, il recule. L’Église est donc fort lucide quand elle nous fait implorer de Dieu un cœur brûlant de désir. Déjà saint Benoît, au début du carême, avait invité ses frères « à attendre la sainte Pâque avec l’allégresse
d’un désir tout spirituel. » (Règle de saint Benoît, c.49, De l’observance du Carême).
Il serait d’ailleurs bien pusillanime de n’espérer ce feu intérieur que durant les fêtes pascales. S’il est un lieu où il faut voir grand et ne pas ménager sa peine, s’il est un défi qu’il ne faut pas manquer, c’est bien celui de la rencontre face à face avec le Seigneur au jour de notre ultime passage, et qui sera pour tous, comme nous l’espérons, l’aube de la vraie vie, la vie qui n’aura pas de fin, la vie éternelle. Cette vie éternelle, saint Benoît recommande aussi à ses moines de la désirer de toute l’ardeur de leur âme (Cf. ibid., c.4, 46e instrument des bonnes œuvres).
Par la célébration du mystère pascal, nous communions à la mort et la résurrection du Christ. Le Christ, obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix, répand sur tout homme de bonne volonté l’eau qui lave et qui purifie, comme saint Paul l’enseigne aux Romains :
Si, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute- puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne (Rm 6,4-5).
Durant le temps de la Passion, nous avons cheminé aux accents du Vexilla Regis :
Aujourd’hui du grand Roi l’ étendard va marchant, Où l’Auteur de la chair vient sa chair attachant. Aujourd’hui de la Croix resplendit le mystère,
Où Dieu souffre la mort aux mortels salutaire.Je te salue, ô Croix, seul espoir des vivants ! En ces jours douloureux de larmes s’ abreuvant, Augmente aux cœurs des bons l’immortelle justice, Et pardonne aux pécheurs leur mortelle malice…
L’étendard du Roi vainqueur s’avance encore. Qu’adviendrait- il s’il n’était pas suivi ? La Croix se dresse au sommet du Calvaire, le Christ Ressuscité s’élève triomphant du tombeau… Qui se prosternera devant lui et devant sa croix ?
Pour beaucoup d’hommes et de femmes, Dieu est devenu l’étranger. Seuls quelques souvenirs d’un passé lointain occupent les recoins d’un cœur qui demeure assoiffé. Le pressentiment de le rencontrer un jour face à face ne les effleure pourtant plus. Dieu est absent de leur présent, et ce présent qui reçoit sa noblesse de sa présence est devenu profondément désespérant. Sans lui, la vie n’a plus de sens.
L’Église en cette sainte nuit nous rappelle à l’urgence de préparer notre propre rencontre. L’histoire de l’humanité, l’histoire aussi de chacune de nos vies, sont appelées à rencontrer le
Christ vainqueur de la mort et du tombeau. Nous le chanterons demain : « La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut : vivant, il règne. » (Séquence de Pâques : Victimae paschali).
Le Christ est vivant. Il règne. Telle est la clameur de victoire qui retentit. Elle ne se taira plus désormais. Les temps les plus sombres de l’histoire de l’humanité, de l’histoire aussi de nos vies, vibrent de son écho. Le présent du Dieu vainqueur vient à notre rencontre. Il est vivant. Il règne.
Au cœur du chaos primordial, la parole de Dieu a été prononcée : « Que la lumière soit. Et la lumière fut » (Gn 1,3). A nouveau, le jour de notre baptême, Dieu a prononcé sur notre vie une parole. Enfants d’une nature rebelle, nous portions le nom de fils de colère. Dieu nous a offert la réconciliation.
Aujourd’hui encore, Dieu veut faire briller sa lumière, lui donner une intensité plus vive et nous renouveler dans la foi. Ce que Dieu a créé sans nous, il veut le recréer avec nous. Si la parole de nos parents auprès des fonts baptismaux a demandé pour nous la grâce de la foi, il nous revient de demeurer fidèle à la parole de nos aïeux. Aujourd’hui en renouvelant les promesses de notre baptême, nous nous sommes placés derrière l’étendard du Christ pour rajeunir en chacun de nos cœurs un dialogue d’amour.
La parole de Dieu ne s’est pas épuisée. Dieu a encore beaucoup à nous dire, beaucoup à nous apprendre, pourvu que nous lui laissions la parole. L’élan si petit, si ténu, d’un être si faible, si pauvre, un murmure né au plus secret du cœur humain déchaînera des flots d’amour divin qui bousculeront, renverseront, purifieront. La sécheresse des cœurs rabougris s’évanouira au torrent du mystère.
Aujourd’hui s’avance le Roi de gloire, le Vainqueur du tombeau. Il s’avance vers son Père. Il s’avance vers les hommes, posant son regard sur chacune de nos vies. Auprès du tombeau de Lazare, le Seigneur s’est écrié : « Lazare, viens dehors. » En cette nuit, le Christ nous invite à quitter nos propres tombeaux ; ceux que nous nous sommes construits et où nous avons l’illusion d’être bien, ceux qui nous oppriment et dont nous voudrions être débarrassés. Quels qu’ils soient, ils sont notre prison. Mourons à nos tombeaux pour ressusciter au Christ.
Aujourd’hui s’avance le Roi de Gloire vers sa Mère. Cette Mère qui, au soir du cruel vendredi, était toute douloureuse ; cette Mère à qui l’espérance n’a jamais manqué ; cette Mère qui se réjouit et qui prie pour nous. Qu’elle nous obtienne des cœurs enflammés de célestes désirs.
Regina cæli, laetare. Amen, Alléluia.
Je suis ressuscité, et je suis encore avec vous, Alléluia
Introït de la messe de Pâques, chantée par les moines de l’abbaye de Triors :
Resurréxi, et adhuc tecum sum, allelúia : posuísti super me manum tuam, allelúia : mirábilis facta est sciéntia tua, allelúia, allelúia.
Je suis ressuscité, et je suis encore avec Vous, Alléluia : Vous avez posé votre main sur moi, alléluia ; Votre sagesse a fait des merveilles, alléluia, alléluia.
Commentaire sur Una Voce :
C’est par la parole du Ressuscité même que s’ouvre la messe. Resurréxi. Je suis ressuscité. L’introït modifie légèrement le texte de ce verset pour rendre plus évidente la portée prophétique de ce psaume 138 et son accomplissement par le Christ. Là où les Pères de l’Église lisaient exurréxi au v. 18 et lisaient dans ce réveil la résurrection du Christ, l’introït chante plus explicitement resurréxi et on connaît ces manuscrits musicaux qui ouvrent le dimanche de Pâques par de grands R solennellement enluminés.
Mais la phrase ne s’arrête pas là ; la mélodie nous porte jusqu’à la fin du verset 18, ponctué par un premier allelúia. C’est le début de ces pièces ponctuées d’allelúia que nous retrouverons tout au long du temps de Pâques. Pendant quarante jours nous n’avons pas prononcé d’allelúia. À la vigile pascale nous l’avons retrouvé comme l’acclamation par excellence de l’évangile, puis comme antienne de communion[1]. Mais là il valait pour lui-même. Ici il est une ponctuation, il est la louange qui devient notre respiration, notre souffle, tout au long du temps pascal.
Mais revenons à notre introït. Sa première phrase se clôt de manière forte pour ce mode, par une cadence fa mi. Elle reste dans un ambitus modeste, ré-sol, là où dans la suite de la pièce il s’étend du do au la. Cela permet de la lire comme le premier volet de ce que les allelúia ponctuent comme un triptyque. Cette première phrase s’amorce avec l’affirmation resurréxi dans l’intimité de la tierce ré–fa, puis s’ouvre à la quarte sur sol en s’adressant à quelqu’un : et adhuc tecum sum. Qui connaît le psaume 138 sait que c’est une parole adressée par le croyant à Dieu. Celui qui a vécu la nuit de Pâques sait que c’est la parole que le Christ adresse au Père, dans l’intimité filiale dont le jeu caractéristique du 4e mode sur le demi-ton mi-fa rend si bien compte. Car le Verbe est venu parmi nous sans quitter la droite du Père, comme nous le chantons dans l’hymne de la fête du Corpus Christi : Verbum supérnum pródiens / nec Patris linquens déxteram…
La deuxième phrase reprend sur le fa et étend l’ambitus d’un ton en s’élevant au la[2] sur le mot posuísti qu’il accentue de ce fait : posuísti super me manum tuam. Cette main est celle qui crée, qui donne, qui venge, aussi[3]. Ici, manifestement, elle ne punit pas, mais est celle qui a libéré de la geôle de la mort, bienfaisante, comme elle s’est posée sur Moïse et les prophètes. La phrase se clôt par un allelúia qui nous laisse suspendus au fa et ouvre au dernier volet du triptyque.
Cette troisième phrase étend d’un ton supplémentaire l’ambitus, vers le bas cette fois, vers le do qui souligne la première partie de cette phrase, d’autant plus que la cadence intermédiaire en ré-do de cette phrase est appuyée par une clivis épisémée. Mirábilis facta est est la partie la plus basse de la pièce, alors que le sujet de cette phrase (postposé comme le permet le latin), sciéntia tua en est la partie la plus haute, dont les deux mots sont accentués par le la. Plus basse, plus haute : aucune descente ou montée extraordinaire, mais un dépassement de l’intimité si serrée dans laquelle cette pièce nous maintenait jusque là. Car c’est pour nous qu’il est mort et ressuscité. C’est pour nous que d’abord il s’est incarné. De la crèche à la croix il n’y a qu’un pas. C’est parce que d’abord le Fils homo factus est, qu’aujourd’hui nous pouvons chanter mirabilis facta est avec lui. Cette fraction de phrase descend, comme il est venu parmi nous, comme il est descendu aux enfers. Et comme le chant s’élevait sur posuísti, il s’élève encore sur sciéntia tua : c’est le Père qui a posé sa main sur son Fils, c’est le Père dont la science est merveilleuse. Cette élévation de sa science n’est pas une gnose mais une éducation (ex-dúcere comme ex-súrgere > exurréxi), celle du Père qui pose sa main sur moi, m’élève et me fait reposer dans la paix ; paix que chante le double allelúia final dans la tierce modale mi-sol.
“Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans l’allégresse et dans la joie” (Ps 117)
De Dom Guéranger :
La nuit du Samedi au Dimanche voit enfin s’épuiser ses longues heures ; et le lever du jour est proche. Marie, le cœur oppressé, attend avec une courageuse patience le moment fortuné qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veillé toute la nuit, et ne tarderont pas à se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l’âme du divin Rédempteur s’apprête à donner le signal du départ à ces myriades d’âmes justes si longtemps captives, qui l’entourent de leur respect et de leur amour. La mort plane en silence sur le sépulcre où elle retient sa victime. Depuis le jour où elle dévora Abel, elle a englouti d’innombrables générations ; mais jamais elle n’a tenu dans ses liens une si noble proie. Jamais la sentence terrible du jardin n’a reçu un si effrayant accomplissement ; mais aussi jamais la tombe n’aura vu ses espérances déjouées par un si cruel démenti. Plus d’une fois, la puissance divine lui a dérobé ses victimes : le fils de la veuve de Naïm, la fille du chef de la synagogue, le frère de Marthe et de Madeleine lui ont été ravis ; mais elle les attend à la seconde mort. Il en est un autre cependant, au sujet duquel il est écrit : « O mort, je sciai ta mort ; tombeau, je serai ta ruine. » (OSÉE. XIII, 14.). Encore quelques instants : les deux adversaires vont se livrer combat.
De même que l’honneur de la divine Majesté ne pouvait permettre que le corps uni à un Dieu attendit dans la poussière, comme celui des pécheurs, le moment où la trompette de l’Ange nous doit tous appeler au jugement suprême ; de même il convenait que les heures durant lesquelles la mort devait prévaloir fussent abrégées. « Cette génération perverse demande un prodige, avait dit le Rédempteur; il ne lui en sera accorde1 qu’un seul : celui du prophète Jonas. » (MATTH. XII, 39.) Trois jours de sépulture : la fin de la journée du Vendredi, la nuit suivante, le Samedi tout entier avec sa nuit, et les premières heures du Dimanche ; c’est assez : assez pour la justice divine désormais satisfaite : assez pour certifier la mort de l’auguste victime. et pour assurer le plus éclatant des triomphes : assez pour le cœur désolé de la plus aimante des mères.
« Personne ne m’ôte la vie ; c’est moi-même qui la dépose ; j’ai le pouvoir de la quitter, et j’ai aussi celui de la reprendre. » (JOHAN. X, 18.) Ainsi parlait aux Juifs le Rédempteur avant sa Passion : la mort sentira tout à l’heure la force de cette parole de maître. Le Dimanche, jour de la Lumière, commence à poindre ; les premières lueurs de l’aurore combattent déjà les ténèbres. Aussitôt l’âme divine du Rédempteur s’élance de la prison des limbes, suivie de toute la foule des âmes saintes qui l’environnaient. Elle traverse en un clin d’œil l’espace, et pénétrant dans le sépulcre, elle rentre dans ce corps qu’elle avait quitté trois jours auparavant au milieu des angoisses de l’agonie. Le corps sacré se ranime, se relève, et se dégage des linceuls, des aromates et des bandelettes dont il était entouré. Les meurtrissures ont disparu, le sang est revenu dans les veines ; et de ces membres lacérés par les fouets, de cette tète déchirée parles épines, de ces pieds et de ces mains perces par les clous, s’échappe une lumière éclatante qui remplit la caverne. Les saints Anges, qui adorèrent avec attendrissement l’enfant de Bethléhem, adorent avec tremblement le vainqueur du tombeau. Ils plient avec respect et déposent sur la pierre où le corps immobile reposait tout à l’heure, les linceuls dont la piété des deux disciples et des saintes femmes l’avait enveloppé.
Mais le Roi des siècles ne doit pas s’arrêter davantage sous cette voûte funèbre ; plus prompt que la lumière qui pénètre le cristal, il franchit l’obstacle que lui opposait la pierre qui fermait l’entrée de la caverne, et que la puissance publique avait scellée et entourée de soldats armés qui faisaient la garde. Tout est resté intact ; et il est libre, le triomphateur du trépas ; ainsi, nous disent unanimement les saints Docteurs, parut-il aux yeux de Marie dans l’étable, sans avoir fait ressentir aucune violence au sein maternel. Ces deux mystères de notre foi s’unissent, et proclament le premier et le dernier terme de la mission du Fils de Dieu : au début, une Vierge-Mère ; au dénoûment, un tombeau scellé rendant son captif.
Le silence le plus profond règne encore, à ce moment où l’Homme-Dieu vient de briser le sceptre de la mort. Son affranchissement et le nôtre ne lui ont coûté aucun effort. O Mort ! que reste-t-il maintenant de ton empire ? Le péché nous avait livrés à toi ; tu te reposais sur ta conquête ; et voici que ta défaite est au comble. Jésus, que tu étais si fière de tenir sous ta cruelle loi, t’a échappé ;et nous tous, après que tu nous auras possédés, nous t’échapperons aussi. Le tombeau que tu nous creuses deviendra notre berceau pour une vie nouvelle ; carton vainqueur est le premier-né entre les morts (Apoc. I, 5) ; et c’est aujourd’hui la Pâque, le Passage, la délivrance, pour Jésus et pour tous ses frères. La route qu’il a frayée, nous la suivrons tous ; et le jour viendra où toi qui détruis tout, toi l’ennemie, tu seras anéantie à ton tour par le règne de l’immortalité. (I Cor. XV, 26.) Mais dès ce moment nous contemplons ta défaite, et nous répétons, pour ta honte, ce cri du grand Apôtre: « O Mort, qu’est devenue ta victoire? Qu’as-tu fait de ton glaive ? Un moment tu as triomphé, et te voilà engloutie dans ton triomphe. » (Ibid. 55.)
Mais le sépulcre ne doit pas rester toujours scellé ; il faut qu’il s’ouvre, et qu’il témoigne au grand jour que celui dont le corps inanimé l’habita quelques heures l’a quitté pour jamais. Soudain la terre tremble, comme au moment où Jésus expirait sur la croix . mais ce tressaillement du globe n’indique plus l’horreur ; il exprime l’allégresse. L’Ange du Seigneur descend du ciel ; il arrache la pierre d’entrée, et s’assied dessus avec majesté; une robe éblouissante de blancheur est son vêtement, et ses regards lancent des éclairs. A son aspect, les gardes tombent par terre épouvantés; ils sont là comme morts, jusqu’à ce que la bonté divine apaisant leur terreur, ils se relèvent, et, quittant ce lieu redoutable, se dirigent vers la ville, pour rendre compte de ce qu’ils ont vu.
Cependant Jésus ressuscité, et dont nulle créature mortelle n’a encore contemplé la gloire, a franchi l’espace, et en un moment il s’est réuni à sa très sainte Mère. Il est le Fils de Dieu, il est le vainqueur de la mort; mais il est aussi le fils de Marie. Marie a assisté près de lui jusqu’à la fin de son agonie; elle a uni le sacrifice de son cœur de mère à celui qu’il offrait lui-même sur la croix ; il est donc juste que les premières joies de la résurrection soient pour elle. Le saint Evangile ne raconte pas l’apparition du Sauveur à sa Mère, tandis qu’il s’étend sur toutes les autres ; la raison en est aisée à saisir. Les autres apparitions avaient pour but de promulguer le fait de la résurrection ; celle-ci était réclamée parle cœur d’un fils, et d’un fils tel que Jésus. La nature et la grâce exigeaient à la fois cette entrevue première, dont le touchant mystère fait les délices des âmes chrétiennes. Elle n’avait pas besoin d’être consignée dans le livre sacré; la tradition des Pères, à commencer par saint Ambroise, suffisait à nous la transmettre, quand bien même nos cœurs ne l’auraient pas pressentie ; et lorsque nous en venons à nous demander pour quelle raison le Sauveur, qui devait sortir du tombeau le jour du Dimanche, voulut le faire dès les premières heures de ce jour, avant même que le soleil eût éclairé l’univers, nous adhérons sans peine au sentiment des pieux et savants auteurs qui ont attribué cette hâte du Fils de Dieu à l’empressement qu’éprouvait son cœur, de mettre un terme à la douloureuse attente de la plus tendre et de la plus affligée des mères.
Quelle langue humaine oserait essayer de traduire les épanchements du Fils et de la Mère, à cette heure tant désirée ? Les yeux de Marie, épuisés de pleurs et d’insomnie, s’ouvrant tout à coup à la douce et vive lumière qui lui annonce l’approche de son bien-aimé ; la voix de Jésus retentissant à ses oreilles, non plus avec l’accent douloureux qui naguère descendait de la croix et transperçait comme d’un glaive son cœur maternel, mais joyeuse et tendre, comme il convient à un Bis qui vient raconter ses triomphes à celle qui lui adonne le jour; l’aspect de ce corps qu’elle recevait dans ses bras, il y a trois jours, sanglant et inanimé. maintenant radieux et plein de vie, lançant comme les reflets de la divinité à laquelle il est uni; les caresses d’un tel fils, ses paroles de tendresse, ses embrassements qui sont ceux d’un Dieu; pour rendre cette scène sublime, nous n’avons que le mot du pieux abbé Rupert, qui nous dépeint l’effusion de joie dont le cœur de Marie se trouve alors rempli, comme un torrent de bonheur qui l’enivre et lui enlève le sentiment des douleurs si poignantes qu’elle a ressenties (1).
Toutefois cette invasion des délices que le Fils divin avait préparées à sa mère ne fut pas aussi subite que les paroles de ce dévot auteur du XII° siècle nous donneraient à l’entendre . Notre Seigneur a bien voulu décrire lui-même cette ineffable scène dans une révélation qu’il fit à la séraphique vierge sainte Thérèse. Il daigna lui confier que l’accablement de la divine M ère était si profond, qu’elle n’eût pas tardé à succomber à son martyre, et que lorsqu’il se montra à elle au moment où il venait de sortir du tombeau, elle eut besoin de quelques moments pour revenir à elle-même avant d’être en état de goûter une telle joie; et le Seigneur ajoute qu’il resta longtemps auprès d’elle, parce que cette présence prolongée lui était nécessaire (2).
Nous, chrétiens, qui aimons notre Mère, qui l’avons vue sacrifier pour nous son propre fils sur le Calvaire, partageons d’un cœur filial la félicité dont Jésus se plaît à la combler en ce moment, et apprenons en même temps a compatir aux douleurs de son cœur maternel. C’est ici la première manifestation de Jésus ressuscité : récompense de la foi qui veilla toujours au cœur de Marie, pendant même la sombre éclipse qui avait duré trois jours. Mais il est temps que le Christ se montre à d’autres, et que la gloire de sa résurrection commence a briller sur le monde. Il s’est fait voir d’abord â celle de toutes les créatures qui lui était la plus chère, et qui seule était digne d’un tel bonheur; maintenant, dans sa bonté, il va récompenser, par sa vue pleine de consolation, les âmes dévouées qui sont demeurées fidèles à son amour, dans un deuil trop humain peut-être, mais inspiré par une reconnaissance que ni la mort, ni le tombeau n’avaient découragée.
Hier, Madeleine et ses compagnes, lorsque le coucher du soleil vint annoncer que, selon l’usage des Juifs, le grand Samedi faisait place au Dimanche, sont allées par la ville acheter des parfums, pour embaumer de nouveau le corps de leur cher maître, aussitôt que la lumière du jour leur permettra d’aller lui rendre ce pieux devoir. La nuit s’est passée sans sommeil ; et les ombres ne sont pas encore totalement dissipées, que Madeleine, avec Marie, mère de Jacques, et Salomé,est déjà sur le chemin qui conduit au Calvaire, près duquel est le sépulcre où repose Jésus. Dans leur préoccupation, elles ne s’étaient pas même demandé quels bras elles emploieraient pour déranger la pierre qui ferme l’entrée de la grotte ; moins encore ont-elles songé au sceau de la puissance publique qu’il faudrait auparavant briser, et aux gardes qu’elles vont rencontrer près du tombeau. Aux premiers rayons du jour, elles arrivent au terme de leur pieux voyage ; et la première chose qui frappe leurs regards, c’est la pierre qui fermait l’entrée, ôtée de sa place, et laissant pénétrer le regard dans les profondeurs de la chambre sépulcrale. L’Ange du Seigneur, qui avait eu mission de déranger cette pierre et qui s’était assis dessus comme sur un trône, ne les laisse pas longtemps dans la stupeur qui les a saisies : « Ne craignez pas, leur dit-il ; je sais que vous cherchez Jésus ; il n’est plus ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit ; pénétrez vous-mêmes dans le tombeau, et reconnaissez la place où il a reposé. »
C’était trop pour ces âmes que l’amour de leur maître transportait, mais qui ne le connaissaient pas encore par l’esprit. Elles demeurent «consternées », nous dit le saint Evangile. C’est un mort qu’elles cherchent, un mort chéri ; on leur dit qu’il est ressuscité; et cette parole ne réveille chez elles aucun souvenir. Deux autres Anges se présentent à elles dans la grotte tout illuminée de l’éclat qu’ils répandent. Éblouies de cette lumière inattendue, Madeleine et ses compagnes, nous dit saint Luc, abaissent vers la terre leurs regards mornes et étonnés. « Pourquoi cherchez-vous chez les morts, leur disent les Anges, celui qui est vivant ? Rappelez-vous donc ce qu’il vous disait en Galilée : qu’il serait crucifié, et que, le troisième jour, il ressusciterait. » Ces paroles font quelque impression sur les saintes femmes; et au milieu de leur émotion, un léger souvenir du passé semble renaître dans leur mémoire. « Allez donc, continuent les Anges ; dites aux disciples et à Pierre qu’il est ressuscité, et qu’il les devancera en Galilée. »
Elles sortent en hâte du tombeau et se dirigent vers la ville, partagées entre la terreur et un sentiment de joie intérieure qui les pénètre comme malgré elles. Cependant elles n’ont vu que les Anges, et un sépulcre ouvert et vide. A leur récit, les Apôtres, loin de se laisser aller à la confiance, attribuent, nous dit encore saint Luc, à l’exaltation d’un sexe faible tout ce merveilleux qu’elles s’accordent à raconter. La résurrection prédite si clairement, et à plusieurs reprises, par leur maître, ne leur revient pas non plus en mémoire. Madeleine s’adresse en particulier à Pierre et à Jean ; mais que sa foi à elle est faible encore ! Elle est partie pour embaumer le corps de son cher maître, et elle ne l’a pas trouvé; sa déception douloureuse s’épanche encore devant les deux Apôtres : « Ils ont enlevé, dit-elle, le Seigneur du tombeau ; et nous ne savons pas où ils l’ont mis. »
Pierre et Jean se déterminent à se rendre sur le lieu. Ils pénètrent dans la grotte ; ils voient les linceuls disposés en ordre sur la table de pierre qui a reçu le corps de leur maître; mais les Esprits célestes qui font la garde ne se montrent point à eux. Jean cependant, et c’est lui-même qui nous en rend témoignage, reçoit en ce moment la foi : désormais il croit à la résurrection de Jésus. Nous ne faisons que passer rapidement sur des récits que nous aurons occasion de méditer plus tard, lorsque la sainte Liturgie les ramènera sous nos yeux. En ce moment, il s’agit seulement de suivre dans leur ensemble les événements de ce jour, le plus grand des jours.
Jusqu’à cette heure, Jésus n’a encore apparu qu’à sa Mère : les femmes n’ont vu que des Anges qui leur ont parlé. Ces bienheureux Esprits leur ont commandé d’aller annoncer la résurrection de leur maître aux disciples et à Pierre. Elles ne reçoivent pas cette commission pour Marie ; il est aise d’en saisir la raison : le fils s’est déjà réuni a sa mère ; et la mystérieuse et touchante entrevue se poursuit encore durant ces préludes. Mais déjà le soleil brille de tous ses feux, et les heures de la matinée avancent : c’est l’Homme-Dieu qui va proclamer lui-même le triomphe que le genre humain vient de remporter en lui sur la mort. Suivons avec un saint respect l’ordre de ces manifestations, et efforçons-nous respectueusement d’en découvrir les mystères.
Madeleine, après le retour des deux Apôtres, n’a pu résister au de:sir de visiter de nouveau la tombe de son maître. La pensée de ce corps qui a disparu, et qui, peut-être, devenu le jouet des ennemis de Jésus, git sans honneurs et sans sépulture, tourmente son âme ardente et bouleversée. Elle est repartie, et bientôt elle arrive à la porte du sépulcre. Là, dans son inconsolable douleur, elle se livre a ses sanglots; puis bientôt, se penchant vers l’intérieur de la grotte, elle aperçoit les deux Anges assis chacun à une des extrémités de la table de pierre sur laquelle le corps de Jésus fut étendu sous ses veux. Elle ne les interroge pas; ce sont eux qui lui parlent : « Femme, disent-ils, pourquoi pleures-tu ? » — « Ils ont enlevé mon maître, et je ne sais où ils l’ont mis. » Et après ces paroles, elle sort brusquement du sépulcre, sans attendre la réponse des Anges. Tout à coup, à l’entrée de la grotte, elle se voit en face d’un homme, et cet homme est Jésus. Madeleine ne le reconnaît pas ; elle est à la recherche du corps mort de son maître ; elle veut l’ensevelir de nouveau. L’amour la transporte, mais la foi n’éclaire pas cet amour ; elle ne sent pas que celui dont elle cherche la dépouille inanimée est là, vivant, près d’elle. Jésus, dans son ineffable condescendance, daigne lui faire entendre sa voix: «Femme, lui dit-il, pourquoi pleures-tu ? que cherches-tu ? » Madeleine n’a pas reconnu cette voix ; son cœur est comme engourdi par une excessive et aveugle sensibilité ; elle ne connaît pas encore Jésus par l’esprit. Ses veux se sont pourtant arrêtés sur lui ; mais son imagination qui l’entraîne lui fait voir dans cet homme le jardinier chargé de cultiver le jardin qui entoure le sépulcre. Peut-être, se dit-elle, est-ce lui qui a dérobé le trésor que je cherche ; et sans réfléchir plus longtemps, elle s’adresse à lui-même sous cette impression : « Seigneur, dit-elle humblement à l’inconnu, si c’est vous qui l’avez enlevé, dites-moi où vous l’avez mis, et je vais l’emporter. » C’était trop pour le cœur du Rédempteur des hommes, pour celui qui daigna louer hautement chez le Pharisien l’amour de la pauvre pécheresse ; il ne peut plus tarder à récompenser cette naïve tendresse ; il va l’éclairer. Alors, avec cet accent qui rappelle à Madeleine tant de souvenirs de divine familiarité, il parle ; mais il ne dit que ce seul mot : « Marie ! » — « Cher maître ! » répond avec effusion l’heureuse et humble femme, illuminée tout à coup des splendeurs du mystère.
Elle s’élance, et voudrait coller ses lèvres à ces pieds sacrés, dans l’embrassement desquels elle reçut autrefois son pardon. Jésus l’arrête ; le moment n’est pas venu de se livrer à de tels épanchements. Il faut que Madeleine, premier témoin de la résurrection de l’Homme-Dieu, soit élevée, pour prix de son amour, au plus haut degré de l’honneur. Il ne convient pas que Marie révèle à d’autres les secrets sublimes de son cœur maternel; c’est à Madeleine de témoigner de ce qu’elle a vu, de ce qu’elle a entendu dans le jardin. C’est elle qui sera, comme disent les saints Docteurs, l’Apôtre des Apôtres eux-mêmes. Jésus lui dit : «Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et le leur, vers mon Dieu et le leur. »
Telle est la seconde apparition de Jésus ressuscite, l’apparition à Marie-Madeleine, la première dans l’ordre du témoignage. Nous la méditerons de nouveau, le jour où la sainte Eglise nous donnera à lire le passage de saint Jean où elle est rapportée. Mais adorons dès ce moment l’infinie bonté du Seigneur, qui, avant de songer à établir la foi de sa résurrection dans ceux qui devaient la prêcher jusqu’aux extrémités du monde, daigne d’abord récompenser l’amour de cette femme qui l’a suivi jusqu’à la croix, jusqu’au-delà du tombeau, et qui , étant plus redevable que les autres, a su aussi aimer plus que les autres. En se montrant d”abord à Madeleine, Jésus a voulu satisfaire avant tout l’amour de son cœur divin pour la créature, et nous apprendre que le soin de sa gloire ne vient qu’après.
Madeleine, empressée de remplir l’ordre de son maître, se dirige vers la ville et ne tarde pas à se trouver en présence des disciples. « J’ai vu le Seigneur, leur dit-elle, et il m’a dit ceci. » Mais la foi n’est pas encore entrée dans leurs âmes ; le seul Jean a reçu ce don au sépulcre, bien que ses yeux n’aient vu que le tombeau désert. Souvenons-nous qu’après avoir fui comme les autres, il s’est retrouvé au Calvaire pour recevoir le dernier soupir de Jésus, et que là il est devenu le fils adoptif de Marie.
Cependant les compagnes de Madeleine, Marie mère de Jacques, et Salomé, qui l’ont suivie de loin sur la route du saint tombeau, reviennent seules à Jérusalem. Soudain Jésus se présente à leurs regards, et arrête leur marche lente et silencieuse. « Je vous salue » , leur dit-il. A cette parole leur cœur se fond de tendresse et d’admiration elles se précipitent avec ardeur à ses pieds sacrés, elles les embrassent, et lui prodiguent leurs adorations. C’est la troisième apparition du Sauveur ressuscité, moins intime mais plus familière que celle dont Madeleine fut favorisée. Jésus n’achèvera pas la journée sans se manifester à ceux qui son appelés à devenir les hérauts de sa gloire : mais il veut, avant tout, honorer aux yeux de tous les siècles à venir ces généreuses femmes qui, bravant le péril et triomphant de la faiblesse de leur sexe, l’ont consolé sur la croix par une fidélité qu’il ne rencontra pas dans ceux qu’il avait choisis et comblés de ses faveurs. Autour de la crèche où il se montrait pour la première fois aux hommes, il convoqua de pauvres bergers par la voix des Anges, avant d’appeler les rois par le ministère d’un astre matériel ; aujourd’hui qu’il est arrivé au comble de sa gloire, qu’il a mis par sa résurrection le sceau à toutes ses œuvres et rendu certaine sa divine origine, en assurant notre foi par le plus irréfragable de tous les prodiges, il attend, avant d’instruire et d’éclairer ses Apôtre que d’humbles femmes aient été par lui instruites, consolées, comblées enfin des marques de son amour. Quelle grandeur dans cette conduite si suave et si forte du Seigneur notre Dieu, et qu’il a raison de nous dire par le Prophète: « Mes pensée ne sont pas vos pensées ! » (Isaie, LV, 8.)
S’il eût été à notre disposition d’ordonner les circonstances de sa venue en ce monde, quel bruit n’eussions-nous pas fait pour appeler le genre humain tout entier, rois et peuples, autour de son berceau?Avec quel fracas eussions-nous promulgue devant toutes les nations le miracle des miracles, la Résurrection du crucifie, la mort vaincue et l’immortalité1 reconquise ? Le Fils de Dieu, qui est « la Force et la Sagesse du Père » (I Cor. 1, 24), s’y est pris autrement. Au moment de sa naissance, il n’a voulu pour premiers adorateurs que des hommes simples et rustiques, dont les récits ne devaient pas retentir au-delà des confins de Bethléhem ; et voilà qu’aujourd’hui la date de cette naissance est l’ère de tous les peuples civilisée. Pour premiers témoins de sa Résurrection, il n’a voulu que de faibles femmes ; et voilà qu’en ce jour même, à l’heure où nous sommes, la terre entière célèbre l’anniversaire de cette Résurrection ; tout est remué, un élan inconnu le reste de l’année se fait sentir aux plus indifférents ; l’incrédule qui coudoie le croyant sait du moins que c’est aujourd’hui Pâques; et du sein même des nations infidèles, d’innombrables voix chrétiennes s’unissent aux nôtres, afin que s’élève de tous les points du globe vers notre divin ressuscite l’acclamation joyeuse qui nous réunit tous en un seul peuple, le divin Alleluia. « O Seigneur » , devons-nous nous écrier avec Moïse, quand le peuple élu célébra la première Pâque et traversa à pied sec la mer Rouge, « ô Seigneur, qui d’entre les forts est semblable à vous ? » (Exode, XV, 11.)
Suspendons le récit des événements de cette solennelle journée, et n’anticipons pas sur les heures. Il est temps de s’unir à la sainte Eglise qui, après avoir consacré la plus grande partie de la nuit à l’enfantement du nouveau peuple qui lui est né, s’apprête à rendre au Seigneur le tribut accoutumé de sa louange.
Les belles figures de l’Histoire : sainte Marie-Madeleine
Aymeric Pourbaix, Véronique Jacquier et le père Jean-François Thomas évoque sainte Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres :
“La stratégie du front républicain est largement dépassée”
Stéphane Le Rudulier, sénateur LR des Bouches-du-Rhône, ne votera pas Macron :
On a déconstruit l’idée qu’Emmanuel Macron et Valérie Pécresse c’était la même chose pendant des semaines et des semaines. Je ne vais pas à titre personnel me jeter dans les bras d’Emmanuel Macron au lendemain du premier tour.
La stratégie du front républicain est largement dépassée. Les électeurs sont assez grands pour choisir eux-mêmes la personne qu’ils considèrent la plus à même pour diriger les destinées de notre beau pays sur cinq ans.
A propos du passeport sanitaire
Voilà ce que déclare Marine Le Pen à propos du passeport sanitaire :
Marine Le Pen nous dit ce qu'elle pense du pass vaccinal. pic.twitter.com/bp9OelphC8
— LauraTheWay (@LauraTheWay) April 15, 2022
Transcription de la réponse de Marine Le Pen par un lecteur :
Question.
Que pensez-vous faire contre le pass vaccinal et le pass sanitaire ?
Est-ce-que vous les abrogez ou est-ce-que vous les maintenez ?
Réponse de Marine Le Pen
Alors clairement, je les abroge!
j’ai toujours été contre le pass sanitaire. J’ai voté contre, à l’assemblée.
À fortiori j’étais contre le pass vaccinal. J’ai voté contre à l’assemblée.
Ces pass en réalité ont été décidés pour des raisons politiques et pas pour des raisons sanitaires.
Cela a mis en place une vraie différence d’accès au Droit entre les Français alors même que sur le plan sanitaire cela n’était pas justifié.
Non seulement je suis pour l’abrogation du pass, mais je suis, je le dis, je le redis, pour la réintégration des personnels soignants, mais aussi des pompiers, mais aussi des militaires, qui ont été suspendus parce qu’ils avaient refusé de se faire vacciner, et qui sont aujourd’hui encore sans salaire, malgré un certain nombre de décisions judiciaires.Donc je suis, évidement, pour leur ré-intégration immédiate.
Au moment où nous manquons de soignants, et où Emmanuel Macron vient nous dire qu’il va embaucher 50 000 soignants, la première des choses, c’est évidemment de commencer par rétablir dans leurs droits et dans leur emploi, les 17 000 soignants qui ont été suspendus.
La fin de la France, dissoute dans l’UE
Macron, encore président français, a fait disparaître le drapeau français de son profil Twitter.
Un symbole de ce qu’il soutient: la fin de la France pic.twitter.com/ami9pmzG9D— Philippe Murer 🇫🇷 (@PhilippeMurer) April 15, 2022
L’UE est sur le point d’adopter un embargo sur le gaz et le pétrole russe. Mais
“pas avant la fin de la présidentielle française, afin que la hausse du prix à la pompe qui s’ensuivrait ne favorise pas la populiste Marine Le Pen au détriment d’Emmanuel Macron”.
Que faites-vous à la Pentecôte ?
Avant le 15 mai, les tarifs sont réduits. Ne tardez pas. Inscriptions et tarifs en ligne ici. Pour s’inscrire dans les équipes Soutiens, choisir “pèlerins marcheurs” chapitre “Soutiens”.
Crucifixion : méditations du père Louis-Marie de Blignières
Dans le cadre de “Carême 40”, méditations de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier proposées pour chaque jour de carême, voici 3 méditations du prieur de la communauté sur la crucifixion de Notre-Seigneur. La dernière méditation sera disponible Samedi Saint.
Bossuet :
Toute la science du chrétien est renfermée dans la croix… En effet, il est véritable que la sagesse divine ne s’est jamais montrée plus à découvert, à ceux à qui la foi a donné des yeux, que dans le mystère de la croix. C’est là que Jésus-Christ étendant les bras nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l’ordre des conseils de Dieu, toute l’économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos jugements, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs, enfin un mystérieux abrégé de toute la doctrine de l’évangile et de toute la théologie chrétienne.
P. Réginald Garrigou-Lagrange, o. p. :
Sans doute, n’ayant pas reçu le caractère sacerdotal, elle ne pourrait pas consacrer comme le fait le prêtre à l’autel, mais la dignité éminente de Mère de Dieu est pourtant supérieure au sacerdoce et à l’épiscopat, car elle est d’ordre hypostatique ; c’est ainsi que Marie nous a donné la sainte Victime offerte sur la croix et sur l’autel ; elle nous a donné aussi le Prêtre principal du sacrifice de la messe, et elle lui a été associée plus intimement que personne, plus que les stigmatisés et les martyrs, au pied de la croix. De ce point de vue, l’ordination sacerdotale, si elle la recevait (ce qui ne conviendrait pas à sa mission), lui donnerait quelque chose d’inférieur à ce qu’exprime le titre de Mère de Dieu.
Obsèques de Jean-Marie Molitor le 19 avril
Les obsèques de Jean-Marie Molitor, décédé le 12 avril, auront lieu mardi de Pâques 19 avril à 15h en l’église Notre-Dame de Montreuil-en-Bellay (49260).
Lettre ouverte à Emmanuel Macron
Plusieurs personnes ont signé cette lettre ouverte au président de la république, que vous pouvez signer et faire signer à votre tour, grâce au formulaire ci-dessous:
Monsieur le Président,
Si grande est la force de séduction du pouvoir qu’elle entraîne même les plus imparfaits à avoir l’audace et l’outrecuidance de le convoiter et de s’en emparer, s’ils le peuvent. Enivrés de leur succès inespéré lorsqu’ils y sont parvenus, ceux-ci usent alors de tous les moyens pour le conserver. Mais plus d’un ce faisant a été entraîné vers l’abîme et s’en est repenti par la suite. On ne se moque pas indéfiniment des peuples, et l’on ne saurait jouer sans fin un rôle qui n’est pas le sien.
Monsieur le Président, voici déjà longtemps que la France souffre. Elle le doit avant tout à son manque de sagesse, incapable qu’elle a été au sortir de la guerre de continuer à tracer sa propre voie dans un monde alors dominé chaque jour davantage par les Anglo-Saxons, qu’elle avait si longtemps combattus et dont elle s’était toujours défiée. Le peuple français, c’est indéniable, s’est laissé entraîner par les charmes du matérialisme sans frein qu’a alors permis la technique. Mais il a surtout été trahi par ses élites, politiques comme, dans beaucoup de cas hélas, religieuses. Des « générations de vauriens » successives se sont levées, qui ont séduit beaucoup de monde en disant qu’il fallait renoncer à nos modes de vie et à nos mœurs et adopter les nouvelles coutumes dominantes, figures alors du progrès. Le reste a progressivement suivi, au fil des générations. A commencé alors cette longue culture du mépris qui signe irrémédiablement la mort des peuples si l’on n’y met pas fin, car elle signifie que nous avons perdu le sens de l’honneur, notre honneur lui-même et le désir de nous battre pour le restaurer et le défendre aux yeux des autres nations.
Oui, voici longtemps, Monsieur le Président, que la France souffre du fait avant tout de ses dirigeants. Mais elle ne l’a jamais fait autant que depuis cinq ans, sous votre férule.
Jamais en effet, à travers toute son histoire, elle n’a été autant humiliée sur la scène internationale sans avoir été défaite militairement, et cela elle ne le doit qu’à vous, qui n’avez eu de cesse de la rabaisser par votre veulerie intéressée comme par votre incompétence. Dès la précédente élection, encore simple prétendant à l’exercice du pouvoir suprême, vous avez osé nier qu’il y eût une culture française, et ce devant les dirigeants d’un pays qui se considère comme notre ennemi – et tout dernièrement, quelle surprise !, des médias se sont interrogés sur une possible contrepartie financière à ces déclarations. Mais avec quelle promesse de votre part ? Vous avez ensuite, tout au long de votre mandat, été méprisé comme aucun de vos prédécesseurs par les dirigeants étrangers, depuis Mme Merkel jusqu’à tout dernièrement M. Poutine. Personne ne vous a pris au sérieux. Vous étiez et vous restez, et vous resterez, comme un gamin dans la cour des grands.
Jamais, par ailleurs, depuis les révolutions des siècles passés et les dictatures de Louis Eugène Cavaignac et d’Adolphe Thiers, n’avait été utilisée contre le peuple la violence dont vous avez fait usage envers les « gilets jaunes » qui protestaient bien légitimement contre votre politique sociale et contre votre morgue à leur égard. Ce furent, chose inédite en temps de paix, des dizaines de mutilés par vos forces de l’ordre, rendues dociles par un savant dosage de flatterie et de menace de votre part.
Profitant ensuite de l’état d’hébétude morale et de faiblesse psychologique de la majorité des Français, vous avez cyniquement exploité comme jamais leur crédulité lors de la crise du coronavirus, en maniant sans vergogne le mensonge et en attisant et entretenant la peur, afin de mieux les diviser pour mieux les soumettre. Vous avez interdit de travailler à des milliers de personnes que vous aviez fait encenser quelques mois plus tôt, révélant votre mépris sans borne. Vous avez pour ce faire piétiné allègrement toutes les règles de droit en gouvernant par un cabinet secret, et en inscrivant toujours plus dans la législation ordinaire ce qui relève de l’état d’urgence. Vous avez transformé le régime en régime d’exception.
Vous avez encore livré l’Etat aux officines étrangères, comme il apparaît chaque jour plus clairement, et vous avez ainsi trahi votre mandat, dont la mission première est de garantir l’indépendance du pays.
A vrai dire, Monsieur le Président, la liste de vos forfaitures est trop longue pour être rappelée en intégralité. Aussi bien est-ce inutile. Portée par une notoriété fabriquée, votre accession au pouvoir fut une imposture ; votre maintien une anomalie. Et vous avez l’arrogance de prétendre y être reconduit ! Il y a dans les actes de votre mandat plus de dix raisons qui auraient dû vous amener à démissionner, ou à être chassé honteusement du pouvoir. Seules la répression et la perte de sens politique de beaucoup de Français vous ont permis d’y échapper. Plus que tout, vous bénéficiez de la mansuétude corrompue du véritable pouvoir dans un système fondé sur la captation de l’opinion, des médias aux mains des puissances d’argent dont vous n’êtes que l’agent en France, la marionnette sans âme. Ces médias vous lâcheraient-ils ne serait-ce qu’un jour et vous retourneriez aussitôt au néant politique dont vous n’auriez jamais dû sortir. Vous n’êtes qu’un artefact politique, un ectoplasme sans consistance. Tout est faux, et jusque dans les moindres détails, dans votre personnage public. Il est vrai qu’à ce titre vous constituez une curiosité, de celles qui font les mauvaises fictions, et qui laissent songeurs lorsqu’elles se rencontrent dans la vraie vie.
Mais ne vous y trompez pas, Monsieur le Président : vous n’abuserez pas toujours votre monde. Vous avez profité de l’abattement du peuple français, produit par des décennies de démoralisation systématique. Il n’en sera pas toujours ainsi. Vous n’abuserez pas toujours de sa patience. Comptez sur lui pour se réveiller, et surgir formidablement comme il a su le faire à travers sa longue histoire. Ce jour-là, peut-être aurez-vous le courage de comprendre.
Franck Bouscau, professeur de droit
Guilhem Golfin, docteur en philosophie
Frédéric Lozère, Alliance pour la France
Sébastien Meurant, sénateur
Guillaume de Thieulloy, éditeur de presse
Ludovic Trolle, expert en éthique politique
« Est-ce qu’on peut voter pour un parti d’extrême-droite ? »
Question posée dans Famille chrétienne :
« Est-ce qu’on peut voter pour un parti d’extrême-droite, raciste, sachant que la Conférence des Evêques de France nous demande d’éviter des votes extrémistes ? »
Le dominicain et youtubeur frère Paul-Adrien répond :
« Voter pour un parti qui serait explicitement raciste, c’est non, c’est archi non, et c’est même archi non pour un catholique. »
« Les évêques ne nous donnent pas de consigne de vote, ils ne disent pas ‘‘ne votez pas pour Marine Le Pen car elle est raciste’’, car ils n’en sont pas certains ! Donc si vous êtes certains en votre âme et conscience que Marine Le Pen est raciste, à ce moment-là je pense qu’il ne faut pas voter pour elle. En revanche en qualité de journaliste et d’informateur, je n’ai pas le droit de vous dire que Marine Le Pen est raciste, car la chose est un peu plus subtile et plus compliquée. »
« C’est à vous de regarder exactement ce que dit Marine Le Pen et de juger sur pièce. […] Être raciste, c’est quelque chose de grave. Donc si vous dites que quelqu’un est raciste sans le justifier, ce n’est plus une accusation, c’est une insulte ».
Est-ce que cette réponse rassure Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de La Croix ?

