Le vaccin Pfizer n’a jamais été testé sur la prévention de la transmission du virus
Et pourquoi ne suis-je pas étonné par cette révélation du député européen néerlandais Rob Roos ? Cette vidéo est en train de devenir plus virale que le Covid :
🇪🇺 🇳🇱
💣 Le député européen néerlandais Rob Roos : lors d'une audience COVID au Parlement européen, une représentante de Pfizer a admis que le vaccin n'a jamais été testé sur la prévention de la transmission !
A écouter et réécouter !
A relayer et diffuser sans fin ! pic.twitter.com/H55gFjJvJW— Marc (@cramceleden74) October 11, 2022
📹 Audition mascarade de #Pfizer à Bruxelles : pas de réponse sur les prix, les effets secondaires, la science ou les sms.
Conférence exceptionnelle sur ma chaîne YouTube !
👉🏻 https://t.co/qrtgzaxTlU pic.twitter.com/IQTRLOIarl
— Virginie Joron (@v_joron) October 11, 2022
La Floride recommande aux hommes de moins de 40 ans de ne pas se faire vacciner
Il y a eu une augmentation de 84% de problèmes cardiaques pic.twitter.com/Z1CK72UhJf— Mireille Webber (@MireilleWebber) October 11, 2022
« 80% des Médias actuels fabriquent l’opinion »
Selon l’ancienne Directrice adjointe de la Rédaction de l’OBS et de Marianne, Aude Lancelin, devenue visiblement complotiste et d’extrême-gauche, puisqu’elle vote Mélenchon (comme beaucoup de journalistes).
L'ex- Directrice adjointe de la Rédaction de l'OBS et de Marianne : Aude Lancelin :
« 80% des Médias actuels fabriquent l'opinion. Toute opinion autre que la pensée néolibérale est considérée comme complotiste, extravagante …» pic.twitter.com/jElGN2Od3D— Aliénor d’Aubigné ☦️🇷🇸🇷🇺🇫🇷🇦🇲 (@AlienorAubigne) October 10, 2022
Plus de 1000 participants au salon de la Liberté Pédagogique
Communiqué de la Fondation pour l’école :
Plus de 1000 personnes ont participé au salon de la Liberté Pédagogique (Libsco), organisé par la Fondation pour l’école, le samedi 8 octobre, à Paris et en ligne.
Ce salon annuel a pour objectif principal de valoriser des initiatives pédagogiques pertinentes repérées sur le terrain, notamment dans les écoles indépendantes (privées hors-contrat) dont il est la principale vitrine.
Au cours de cette journée, sur le thème de l’apprentissage des savoirs fondamentaux, les visiteurs ont pu assister à 33 ateliers et 3 tables rondes. Une partie de la programmation était retransmise en ligne sur le site libsco.fr.
La surface, agrandie de 20% par rapport à l’édition précédente, a permis des échanges de grande qualité entre exposants et visiteurs. Par ailleurs, un carrefour de rencontres a permis de réunir plus de 50 directeurs et créateurs d’école indépendante avec des temps forts tout au long de la journée.
Maisons d’édition, cours en ligne, soutien scolaire, instituts de formation, supports pédagogiques, etc… au total 43 exposants dont 15 écoles indépendantes représentaient la diversité du paysage éducatif français.
Ce salon, qui est un des rares événements où tous les acteurs de l’éducation se retrouvent pour s’informer, dialoguer, échanger sur leurs pratiques et se former, prouve qu’il est encore possible de rénover notre école par le terrain et qu’il existe des solutions très concrètes au défi actuel de l’instruction.
Parce que notre mission d’utilité publique ne s’arrête jamais, les préparatifs de la prochaine édition, qui aura lieu au printemps 2024, ont déjà commencé.
La bombe atomique de Greta
Dans un entretien accordé mardi à la télévision allemande, Greta Thunberg, l’égérie du mouvement de lutte contre le réchauffement climatique, soutient un usage du nucléaire, énergie bas carbone, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Interrogée sur le choix de l’Allemagne de maintenir la décision d’arrêter ses centrales nucléaires et de prolonger l’activité de plusieurs centrales à charbon jusqu’au printemps 2024, même si l’objectif est d’abandonner cette énergie en 2030, elle a répondu:
« Si nous les (les centrales nucléaires) avons déjà en activité, je pense que c’est une erreur de les fermer pour se concentrer sur le charbon. »
Les déclarations de Greta Thunberg interviennent dans un contexte tendu en Allemage où la coalition au pouvoir formée des sociaux-démocrates, des Verts et des Libéraux est tiraillée sur les solutions à trouver pour affronter la crise énergétique. Initialement, l’Allemagne, dont une grande partie de la population est hostile à l’atome, comptait fermer ses trois derniers réacteurs nucléaires en activité fin 2022.
Mais le gouvernement d’Olaf Scholz a décidé de prolonger deux des trois centrales encore en activité jusqu’au printemps 2023.
« Le phénomène “Vatican II” apparaît comme un énorme spectacle de triomphalisme clérical. »
Conférence donnée par Jean-Pierre Maugendre le 24 septembre, lors du colloque sur l’avenir de la Messe traditionnelle :
Tout avait bien commencé :
« Le concile qui vient de s’ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Eglise, et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur. Tout ici respire la sainteté et porte à la joie. Nous voyons des étoiles rehausser de leur éclat la majesté de ce temple, et ces étoiles, comme l’apôtre Jean nous en donne le témoignage (Ap 1, 20), c’est vous ! ».
Ainsi s’exprimait le 11 octobre 1962 le bon pape Jean dans son discours d’ouverture du Concile !
Le programme proposé était d’une simplicité…biblique :
« L’Eglise n’a jamais cessé de s’opposer [aux] erreurs. Elle les a même souvent condamnées et très sévèrement. Mais aujourd’hui, l’Epouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité, elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine. »
La méthode proposée était parfaitement claire :
« Il faut que [l’Eglise] se tourne vers les temps présents, qui entraînent de nouvelles situations, de nouvelles formes de vie et ouvrent de nouvelles voies à l’apostolat catholique. C’est pour cette raison que l’Eglise n’est pas restée indifférente devant les admirables inventions du génie humain et les progrès de la science, dont nous profitons aujourd’hui, et qu’elle n’a pas manqué de les estimer à leur juste valeur. »
Ces intentions au demeurant sans doute fort louables sur le fond aboutirent dans la réalité à ce que Jacques Maritain, peu suspect d’intégrisme, voire même, si j’ose dire, « imam caché » du concile Vatican appelait dans le « Paysan de la Garonne » : « L’agenouillement devant le monde ». (p 85)
En quelques années un héritage multiséculaire fut jeté à bas, des habitudes millénaires oubliées, daubées, fustigées et condamnées. Mme Michu qui n’avait pas lu les Actes du concile et n’avait pas l’intention d’y consacrer dix secondes observa cependant avec stupeur, dans sa paroisse :
- La suppression de la chorale, c’était pourtant bien beau mais … plus long.
- L’élimination du latin ; elle n’y comprenait rien, mais l’objectif était que Dieu comprenne.
- L’apparition d’une table devant l’autel, c’est sa voisine qui l’avait fournie.
- La célébration de la Messe face au peuple qui faisait que le célébrant tournait le dos au tabernacle ce qui paraissait incongru à Mme Michu, pas au célébrant.
- La distribution de la communion dans la main ; Mme Michu avait vu des gamins mettre l’hostie dans leur poche.
- Le bouleversement du calendrier et la suppression du saint protecteur de la paroisse. Elle apprit que même sainte Philomène, la sainte préférée du curé d’Ars, avait disparu dans la tourmente.
- La destruction des confessionnaux,
- L’interdiction des agenouillements,
- La suppression de la Fête-Dieu,
- L’abandon de la récitation du rosaire, etc…
Mme Michu fit comme une autre voisine, elle décida de ne plus remettre les pieds à l’église, hormis pour les mariages et les enterrements. On lui avait changé sa religion. Comme le rapporte Patrick Buisson dans son ouvrage capital La fin d’un monde, citant une brave mère de famille, épouse d’un mécanicien :
« La religion, ça ne devrait pas changer, puisque ce qu’on cherche, c’est d’être sûr de quelque chose. » (p 266)
De son côté Guillaume Cuchet note, en conclusion de son précieux travail Comment notre monde a cessé d’être chrétien :
« Cette rupture au sein de la prédication catholique a créé une profonde discontinuité dans les contenus prêchés et vécus de la religion de part et d’autre des années 1960. Elle est si manifeste qu’un observateur extérieur pourrait légitimement se demander si, par-delà la continuité d’un nom et de l’appareil théorique des dogmes, il s’agit bien toujours de la même religion. » (p 266)
Tout ceci fut imposé avec une brutalité inouïe. Brutalité certes en opposition avec le discours officiel sur l’écoute, l’ouverture, le dialogue, le respect de l’autre, l’accueil des différences, mais brutalité nécessaire car tous ces bouleversements ne répondaient en aucune façon aux demandes des fidèles catholiques. Un sondage du 13 août 1976, au cœur de l’été chaud ainsi nommé en raison de la canicule de cette année-là mais aussi en référence à la messe traditionnelle célébrée par Mgr Lefebvre, devant des milliers de fidèles, à Lille, publié par l’IFOP et le Progrès de Lyon révélait l’ampleur du malaise. Si 40% des pratiquants réguliers estimaient qu’il fallait continuer les réformes initiées par Vatican II, 48% estimaient que l’Eglise était allée trop loin dans les réformes. Chiffre auquel il faut sans doute rajouter l’immense majorité de ceux qui avaient cessé de pratiquer entre 1965 et 1976. Aujourd’hui encore tous les sondages menés par l’association “Paix Liturgique” le confirment. Globalement 30% des pratiquants réguliers assisteraient à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leur paroisse.
Alors qu’il est de bon ton de dénoncer le cléricalisme, les années qui suivirent le concile furent d’abord celles d’un cléricalisme effréné dans la continuité de ce que Mgr Schneider dans son ouvrage indispensable Christus Vincit analysait :
« Le phénomène “Vatican II” apparaît comme un énorme spectacle de triomphalisme clérical. » (p 164)
Le départ de sa paroisse de Madame Michu ne contrista pas son curé ; certes c’était contrariant pour la quête mais il avait bien intégré le postulat « mille fois rabâché, que l’évangélisation de ceux qui étaient loin de pourrait se faire qu’après l’éviction de tous ceux qui n’était que faussement proches », (p 256) selon la lumineuse synthèse de Patrick Buisson. Comme l’écrivait un évêque cité par la revue “Itinéraires” de Jean Madiran :
« L’Eglise passe d’un christianisme sociologique à un christianisme authentique ».
Le traditionalisme c’est d’abord cela. Une fidélité à des croyances, des habitudes, des comportements dont les années post-conciliaires prétendaient sonner le glas. Pendant des siècles la vie des campagnes françaises avait été rythmée par l’Eglise : pensons à l’Angélus de Milet, aux processions des rogations, prières publiques pour attirer sur la terre les bienfaits de Dieu. Le monde avait changé. Citons Monseigneur Paul-Joseph Schmitt alors évêque de Metz :
« La mutation de civilisation que nous vivons entraîne des changements non seulement dans notre comportement extérieur mais dans la conception même que nous nous faisons tant de la création que du Salut apporté par Jésus-Christ ». (L’hérésie du XXème siècle, Jean Madiran, p 130)
Ce qui se manifeste dans les propos de ce rapport épiscopal de 1969 :
« Au scandale ou à la risée de l’homme moderne, une partie, à vrai dire de plus en plus réduite de notre liturgie, continue à demander à Dieu ce que le paysan demande à l’engrais, un Salut cosmique qui fait de Dieu le suppléant de nos insuffisances ». (Cité par Rémi Fontaine in Présent No 7726, 10 novembre 2012, Les 30 ans du pèlerinage de chrétienté).
N’est-ce pas là confondre et opposer la cause première et les causes secondes ?
L’Eglise n’était plus l’unique arche du Salut, elle était seulement un moyen « pour l’homme de devenir pleinement homme », « une experte en humanité », selon les mots de Paul VI. Le « drame » est que cette expérience ne semblait pas susciter l’enthousiasme des décideurs politiques.
Fort logiquement cette révolution suscita des résistances : des prêtres refusèrent de célébrer le nouvel Ordo Missae, arguant de la bulle “Quo Primum” de Saint Pie V et de son indult perpétuel, faisant part de leurs doutes théologiques dans la continuité du Bref Examen Critique du Nouvel Ordo Missae des cardinaux Ottaviani et Bacci. Partout en France des laïcs se regroupèrent, soutenant les prêtres qui continuaient de célébrer la messe selon l’ “usus antiquior”. Citons, dans ma Bretagne natale : Le docteur Pacreau à Brest, le professeur Lozachmeur à Rennes. Des salons, des salles de spectacle, des salles de sport – la salle Wagram à Paris – accueillaient un nombre grandissant de fidèles désorientés, meurtris, blessés mais désireux de rester fidèles à la liturgie qui avait sanctifié leurs pères. Des prêtres restèrent fidèles à la messe de leur ordination ou y revinrent après quelques années de pratique réformée. Citons : Monseigneur Ducaud-Bourget, le père Reynaud, le Père Calmel (o.p.), le père Marziac, le père Réveilhac, l’abbé Montgomery, l’abbé Sulmont, le chanoine Porta, le chanoine Roussel, etc.
Une résistance intellectuelle se fit jour : citons les articles du père Bruckberger (o.p.) dans l’Aurore, ceux de Louis Salleron dans Carrefour et son livre La Nouvelle Messe. Surplombant le tout, la revue Itinéraires fondée en 1956, rappelle dans le style étincelant et précis de Jean Madiran, les raisons de cette résistance :
« Les enfants chrétiens ne sont plus éduqués mais avilis par les méthodes, les pratiques, les idéologies qui prévalent le plus souvent, désormais, dans la société ecclésiastique. Les innovations qui s’y imposent en se réclamant à tort ou à raison du dernier concile – et qui consistent en résumé à sans cesse retarder et diminuer l’instruction des vérités révélées, à sans cesse avancer et augmenter la révélation de la sexualité et de ses sortilèges – font lever dans le monde entier une génération d’apostats et de sauvages, chaque jour mieux préparés à demain s’entretuer aveuglément ». (Déclaration fondamentale de la revue Itinéraires)
Ces lignes n’ont pas pris une ride. Elles sous-tendaient une Réclamation toujours d’actualité alors portée dans l’ouvrage éponyme :
« Il est clair que l’ensemble du peuple chrétien et du clergé catholique ne peuvent guère avoir spontanément le courage ou le discernement de garder l’Écriture sainte, le catéchisme romain et la messe catholique ; ils ne peuvent avoir le courage ou le discernement de les maintenir coûte que coûte au centre de l’éducation des enfants.
Pour qu’ils aient ce discernement et ce courage, il faut qu’ils y soient positivement et suffisamment incités par l’autorité spirituelle que Dieu a établie pour cela.
C’est pourquoi, tournés vers les responsables de la hiérarchie ecclésiastique, nous faisons entendre une réclamation ininterrompue :
- Rendez-nous l’Ecriture, le catéchisme et la Messe !
Nous sommes à genoux devant les successeurs des apôtres, c’est un agenouillement d’hommes libres, comme disait Péguy, les suppliant et les interpellant pour le salut de leur âme et pour le salut de leur peuple. Qu’ils rendent au peuple chrétien la Parole de Dieu, le catéchisme romain et la messe catholique. Tant qu’ils ne l’ont pas fait, ils sont comme morts.
Nous leur réclamons notre pain quotidien et ils ne cessent de nous jeter des pierres. Mais ces pierres mêmes crient contre eux jusqu’au ciel :
- Rendez-nous l’Écriture sainte, le catéchisme romain et la Messe catholique !
-
“Notre Réclamation“, quand les hommes d’Église ne veulent pas l’entendre, nous la crions à la terre et au ciel, aux anges et à Dieu. »
Si cette réclamation, dont la première version date de 1972, ne fut pas pleinement suivie d’effet, il est cependant indéniable que peu à peu, ce qu’il faut bien appeler l’interdiction de célébration de la Messe fut levée jusqu’à la publication du funeste motu proprio Traditionis Custodes le 16 juillet 2021.
Cependant, rapidement la résistance traditionaliste se cristallisa autour d’un prélat prestigieux, Monseigneur Marcel Lefebvre, ancien archevêque de Dakar, délégué apostolique pour l’Afrique française, supérieur général des Pères du Saint-Esprit, fondateur en 1970 de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et du séminaire international d’Ecône. Alors que plus aucun prêtre n’était formé pour la célébration de la Messe traditionnelle, hormis le séminaire de Monseigneur de Castro Mayer au Brésil à Campos, Monseigneur Lefebvre porta les espoirs et les espérances du monde traditionnel. Il fut ainsi, pendant des années, le seul évêque, à former et ordonner des prêtres pour la messe traditionnelle, ce qui rapidement le mit en délicatesse avec les autorités romaines, de la déclaration du 21 novembre 1974 aux sacres sans mandat pontifical de 1988, en passant par la “suspens a divinis” de 1976.
Cette déclaration de 1974 est l’un des actes fondateurs de la résistance traditionaliste :
« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.
Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo- moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le Concile Vatican II et après le Concile dans toutes les réformes qui en sont issues.
Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du sacerdoce, à l’anéantissement du sacrifice et des sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les universités, les séminaires, la catéchèse, enseignements issus du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise.
Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. »
Monseigneur Lefebvre n’était pas un homme de parti : il répondit aux demandes de prêtres que lui firent les laïcs, il soutint les communautés religieuses dont les fondateurs ou les fondatrices refusaient, en conscience, la nouvelle liturgie, le nouveau catéchisme et la “refondation” des constitutions de leur communauté dans le sens conciliaire voulu par le décret ”Perfectae Caritatis”.
Citons :
- Dom Gérard Calvet, fondateur de l’abbaye bénédictine du Barroux.
- Le père Eugène de Villeurbanne, fondateur des Capucins de stricte observance, dont la maison-mère est aujourd’hui à Morgon.
- Mère Hélène Jamet, qui avec l’aide du père Calmel (o.p.) maintient les traditions des Dominicaines du Saint-Nom de Jésus à Brignoles.
- Mère Anne-Marie Simoulin, qui, issue de la même congrégation s’installa à Fanjeaux.
- Mère Élisabeth de La Londe, fondatrice de l’abbaye bénédictine du Barroux.
- Mère Gertrude de Maissin, fondatrice de l’abbaye bénédictine sise aujourd’hui à Perdechat, etc…
Dans ce contexte émerge un mouvement d’apostolat, le MJCF, Mouvement de la jeunesse catholique de France, véritable pépinière de chefs et école des cadres de la Tradition d’où naîtront de multiples foyers chrétiens, un évêque, plusieurs Pères Abbés ou supérieurs de communautés religieuses (Le Barroux, Lagrasse, Morgon, les Missionnaires de la Miséricorde Divine), plusieurs mères abbesses ou supérieures de communautés religieuses féminines (le Barroux, Perdechat…).
De jeunes communautés émergent : la Fraternité de la Transfiguration à Mérigny (36), sous l’égide du père Bernard Lecareux, deux communautés dominicaines : la Fraternité Saint Dominique à Avrillé, constituée à l’origine de membres du MJCF, la Fraternité Saint Vincent Ferrier à Chéméré-Le-Roi avec le père de Blignières et le père Guérard des Lauriers (o.p.).
À partir de 1983, à l’initiative du Centre Henri et André Charlier, un pèlerinage draine des foules de plus en plus considérables à la Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres, sur les traces de Charles Péguy.
Le message autour duquel tous se rejoignent pourrait être résumé de la manière suivante :
« Laissez-nous pratiquer la religion de nos pères. Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition. »
D’ailleurs partout où elle peut se développer, cette expérience s’avère concluante. Guillaume Cuchet, peu suspect d’intégrisme puisqu’il est membre du comité de rédaction de la revue des Jésuites Etudes, le constate honnêtement :
« Cette sortie de la culture du devoir et de l’obligation, chemin sur lequel l’Eglise a précédé, à bien des égards, le monde civil, notamment scolaire et éducatif, est un événement fondamental sur lequel il y aurait lieu de revenir. Dans les familles et les milieux où cette culture a été à la fois maintenue et modernisée, les taux de transmission ont souvent été meilleurs. »
Aujourd’hui les communautés traditionnelles représentent de 12 à 15 % des ordinations sacerdotales en France bien au-delà du poids numérique des “tradis” dans la démographie catholique en France. Le monde traditionnel dans son ensemble est jeune et missionnaire. Jeune par les familles nombreuses qui s’y constituent “ces familles cathos avec leurs enfants blonds”, gentiment moquées par Fabrice Luchini dans le film « Alceste à bicyclette ». Jeune, car les conversions y sont nombreuses, attirées par le triptyque : « transcendance, exigence, cohérence ». Pourquoi devant de tels faits la hiérarchie ecclésiastique persiste-t-elle dans un déni de la réalité à ce point criant ?
Mystère ! Mystère que l’on peut cependant se forcer d’éclairer à la lumière de deux analyses particulièrement pénétrantes :
« Il ne s’agit pas, comme l’écrit Paul Vigneron dans Les crises du clergé français contemporain, dès 1976, de se contenter de dire, comme un empereur épouvanté par quatre ans de guerre atroce : “Nous n’avons pas voulu cela !” Il faut avoir le courage de se poser l’inévitable question : “voici 30 ans que nous faisons des “expériences”, apostoliques ou autres, que nous sommes partis, sans jamais parvenir à les trouver, à la recherche de nouvelles méthodes de prière et d’ascèse. Après tant de tentatives, oserons-nous, enfin, en risquer une dernière ? Essayer tout simplement et loyalement ces méthodes d’apostolat et de spiritualité que nous avions rejetées, peut-être avec témérité, voici une trentaine d’années ! Et si, par hasard, ces méthodes, qui ont d’ailleurs fait leurs preuves, parvenaient – sait-on jamais ! – à nous rendre la joie du cœur aujourd’hui perdu, si elles remplissaient à nouveau nos séminaires devenus presque déserts, si elles redonnaient à notre prédication et à notre vie cette force que seuls possèdent les témoins sacrifiés, oserons-nous avouer enfin que nous nous sommes trompés !”
Mais voilà, précisément, le mot le plus dur à prononcer ! Après l’arrestation du Christ, des apôtres le renièrent parce qu’ils tremblaient pour leur propre vie. Aujourd’hui, c’est bien plus que leurs vies que risquent ceux qui avaient adhéré, parfois avec enthousiasme et sans en apercevoir forcément le caractère pernicieux, aux tendances novatrices apparues vers 1945. Ils sont maintenant parvenus à l’âge où on a de l’influence et, parfois, de hautes responsabilités. C’est leur amour-propre qu’il faudrait sacrifier en disant humblement : « Oui, peut-être avons-nous fait longtemps fausse route ! ». Leur vie, des hommes courageux peuvent, comme les premiers apôtres après leurs défaillances, la sacrifier finalement à Dieu. Mais l’amour-propre ! »
Pierre Chaunu, le célèbre historien protestant, écrivait, de son côté en conclusion de son ouvrage, paru en 1975, De l’histoire à la prospective :
« Avant le tarissement quantitatif du recrutement, c’est un tarissement intellectuel et spirituel des vocations qui affecte l’Eglise en France depuis en gros 1930. La médiocrité intellectuelle et spirituelle des cadres en place des églises occidentale au début des années 1970 est affligeante. Une importante partie du clergé de France constitue aujourd’hui un sous-prolétariat social, intellectuel, moral et spirituel ; de la tradition de l’Église, cette fraction n’a souvent su garder que le cléricalisme, l’intolérance et le fanatisme. Ces hommes rejettent un héritage qui les écrase, parce qu’ils sont, intellectuellement, incapables de le comprendre et, spirituellement, incapables de le vivre. »
Cette référence à la hiérarchie ecclésiastique est une des caractéristiques majeures du mouvement traditionaliste. Les sacres de 1988 ont partagé ce monde en deux composantes unies par la même foi, la pratique des mêmes sacrements, la volonté de ne pas rompre avec sa structure hiérarchique de droit divin de l’Eglise, le même souci de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Un écosystème “tradi“ s’est bâti avec ses lieux de culte, ses publications, ses rassemblements, ses écoles, ses pèlerinages, etc.
Le risque serait alors de sombrer dans un communautarisme replié sur lui-même, oublieux des enjeux de l’Église universelle. De faire de la Tradition un astre mort, analogue à ce qu’est devenu l’orthodoxie russe dont le père Martin Jugie écrivait dans son ouvrage sur Joseph de Maistre et l’église Gréco-russe :
« Depuis de longs siècles, l’Orient s’est habitué à considérer la doctrine révélée comme un trésor que l’on garde, non comme un trésor que l’on exploite ; comment un recueil de formules immuables, non comme une vérité vivante et infiniment riche, que l’esprit du croyant cherche à toujours mieux comprendre et à mieux assimiler ».
Joseph de Maistre dans son ouvrage Du pape observait :
« Toutes ces églises séparées du Saint-Siège, au moment du XIIe siècle, peuvent-être comparées à des cadavres gelés, dont le froid a conservé les formes. »
Fécond avertissement pour ceux qui pourraient oublier que le combat pour la Tradition est d’abord une œuvre d’Eglise. Si l’Église ne commence pas avec Vatican II, elle ne se réfugie pas non plus, à partir de Vatican II, dans des structures qui seraient étrangères à l’organisation visible et voulue par Dieu de l’Eglise : le pape et les évêques.
Grand mystère. Parfois terribles dilemmes !
Appel à se laisser guider par saint Grégoire de Nysse: « Le juste milieu, c’est le chemin des crêtes.»
Rappel que selon Émile Poulat : « L’histoire de l’Église n’est pas un Reposoir de Fête-Dieu. » Si l’Église apparait occupée par une pensée mondaine qui lui est étrangère, il n’existe qu’une Eglise dont le siège est à Rome et dont le chef est le pape. Le drame majeur de notre temps est que la même Eglise nous distribue par le même canal et parfois en même temps, selon l’expression consacrée, les moyens et les paroles du Salut mais aussi des paroles insipides et insignifiantes, sentimentales et philanthropes, sans vigueur pour le bien ni contre le mal. Défigurée, parfois trop humaine ou mondaine, ni franchement catholique et anti-moderniste, ni franchement moderniste et anti-catholique, l’Eglise reste l’Eglise, unique arche du Salut.
Les difficultés du temps présent ne doivent pas être un motif de découragement, bien au contraire. Si nos anciens avaient pu craindre que le fil de notre tradition liturgique et doctrinale ne soit rompu, la situation n’est plus celle-là. Nous savons que l’avenir nous appartient car, par la Tradition, c’est aux apôtres eux-mêmes et donc au Christ que nous sommes rattachés. Les modes passent. La croix du Christ continue à nous protéger et nous éclairer de ses bras étendus. Enfin dans ce combat, car c’en est un, – toute vie chrétienne est un combat -, nous conserverons à l’esprit le si précieux conseil du père Calmel, défenseur intrépide de la messe traditionnelle :
« Soyons témoins de la foi, comme le furent nos frères les martyrs des premiers siècles en pleine persécution violente. Non seulement ils se montrèrent fort et courageux, mais encore doux et patients et cela parce que leur âme était ardente de charité. »
Jean-Pierre Maugendre
Marché de Noël de Strasbourg : les crucifix seront interdits à la vente, les loukoums autorisés mais ni la raclette, ni la tartiflette
Certains commerçants et habitants ne comprennent pas. Et nous non plus.
❌🎄 La municipalité vient d’adresser aux commerçants participant à #StrasbourgCapitaledeNoël la liste des produits interdits et autorisés pour l’édition 2022. Et la colère gronde déjà sur les réseaux sociaux. pic.twitter.com/7OM0vBNzQp
— DNA (@dnatweets) October 11, 2022
Instruction en famille : premières victoires au fond au tribunal administratif de Rennes
Communiqué de Liberté éducation :
Pour la première fois, un tribunal administratif a statué au fond sur une demande d’annulation d’un refus d’autorisation pour l’instruction en famille. Toutes les décisions du juge administratif n’avaient été jusqu’à présent que des décisions du juge des référés, par essence provisoire.
Dans ce contexte, la décision du tribunal administratif de Rennes, en date du 10 octobre 2022, revêt donc une importance particulière. Or, cette décision délivre une interprétation du motif 4 tout à fait conforme à celle que notre association Liberté éducation demandait depuis plusieurs mois.
Ainsi, ce jugement du tribunal administratif considère que pour démontrer l’existence d’une situation propre à l’enfant, il suffit que le projet éducatif comporte les éléments essentiels de l’enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d’apprentissage de l’enfant, et que la personne chargée d’instruire l’enfant dispose des capacités requises.
Pour une des deux familles défendues par notre avocat-partenaire, les parents avaient présenté un projet pédagogique reprenant de la même manière pour chacun de leurs deux enfants une organisation familiale type et une présentation de la méthode Montessori, sans l’articuler au rythme propre des deux enfants concernés. La famille avait joint au projet pédagogique un courrier exposant leur projet éducatif, la présentation des supports et ressources utilisés, ainsi qu’un emploi du temps d’une journée type.
Le juste considère qu’en estimant que le projet pédagogique proposé par les requérants n’était pas assez articulé avec le rythme de leurs enfants, ni adapté à leurs acquis, l’académie de Rennes a commis une erreur de droit.
De manière très claire, le tribunal administratif indique qu’en exigeant que les familles doivent « justifier que ce projet éducatif est conçu en fonction de la situation spécifique de leur enfant et adapté à celle-ci (…), le recteur de l’académie de Rennes connaît une erreur d’interprétation » .
De manière très claire également, le juge administratif considère qu’ « il n’appartenait pas davantage aux requérants, contrairement à ce que soutient le recteur, de démontrer que la situation de leurs enfants justifiait un projet particulier dérogatoire à ce que peuvent proposer les établissements d’enseignement public ou privé ».
C’est donc une lecture tout à fait conforme à celle que notre association Liberté éducation demandait et à celle que le Conseil constitutionnel avait exigée, à laquelle le tribunal administratif de Rennes s’est livré. Ce jugement pourra être utilisé par toutes les familles qui le souhaitent dans les procès actuellement en cours ou futurs. Nous espérons aussi que le Conseil d’Etat confirmera la lecture effectuée par le tribunal administratif de Rennes.
D’autre part, nous avons obtenu une autre victoire pour une famille ayant en principe l’autorisation de plein droit mais qui ne l’avait pas obtenue faute de contrôle : pour le tribunal administratif de Rennes, cette carence est imputable à l’académie et non à la famille, et cela permettra à d’autres familles d’autres académies dans cette même situation de saisir la justice.
Comme l’affirme notre avocat-partenaire sur son site officiel, « il s’agit de belles victoires pour les familles et un grand pas pour l’intérêt supérieur de l’enfant ! ».
La GPA en France : c’est possible pour certains juges
Communiqué des Juristes pour l’enfance :
« La décision du procureur de Saintes prive les mères porteuses de la protection de la loi française en les livrant à l’avidité de sociétés commerciales de GPA. »
L’association Juristes pour l’enfance est indignée devant la décision du procureur de la ville de Saintes qui a décidé de classer sans suite les faits révélés par l’accouchement en France d’une mère porteuse ukrainienne.
Juristes pour l’enfance déplore amèrement un nouvel aveu de faiblesse de la justice : avec cette décision, le droit recule une nouvelle fois devant le pouvoir financier des sociétés commerciales étrangères qui s’octroient avec impunité la possibilité de faire du business sur le territoire français. Et ce, au mépris du droit des femmes censé protéger ces dernières de la commercialisation de leur corps, et du droit des enfants pour qui aucune solution satisfaisante n’existe face à la GPA.
En mai dernier, Juristes pour l’enfance déposait plainte contre X auprès du procureur de la ville de Saintes dans laquelle des Français avaient fait venir une mère porteuse ukrainienne afin qu’elle accouche en France en vue de la remise de l’enfant à ses commanditaires.
A la suite du signalement par l’aide sociale à l’enfance, pour « provocation à l’abandon d’enfant », « entremise entre un couple et une personne acceptant de porter l’enfant » et « substitution volontaire, simulation ou dissimulation ayant entraîné une atteinte à l’état-civil d’un enfant », le parquet de Saintes avait ouvert une enquête, classée aujourd’hui sans suite.
Le Président de la République affirme que la GPA est la ligne rouge mais la GPA s’installe pas à pas.
Les sociétés qui mettent en relation les couples français et les mères porteuses ukrainiennes sont coupables du délit pénal d’entremise en vue de la GPA. Un délit caractérisé puisque le lien avec le territoire français dans cette affaire est évident dès lors que l’accouchement de la mère porteuse et la remise de l’enfant ont été réalisés en France.
Elles démarchent les clients français en toute impunité comme en témoigne le salon Désir d’enfant qui se tient chaque année depuis 2020 à Paris à l’espace Champerret : le parquet de Paris n’a pourtant engagé aucune poursuite contre ces délinquants qui non seulement ne se cachent en rien mais se vantent de commettre ce délit qui n’est autre que leur objet commercial.
Dans les faits et au regard du droit, les couples ayant fait venir des femmes ukrainiennes en France sont coupables du délit pénal « d’incitation à abandon d’enfant ». En réalité, ils sont surtout victimes d’un système qui n’a pour objet que le profit commercial.
« Des circonstances exceptionnelles » : la guerre déplace les faits mais les coupables restent les mêmes, les sociétés commerciales étrangères.
Le procureur de Saintes a invoqué « des circonstances exceptionnelles » relatives à la guerre en Ukraine. Or, cette GPA et les délits associés ont été commis bien avant que la guerre ne survienne.
En effet, la guerre déplace les faits, mais les coupables restent les mêmes, à savoir les sociétés étrangères, canadienne dans le cas de l’affaire de la ville de Saintes. La France cède devant le pouvoir de ces sociétés en invoquant des « circonstances exceptionnelles » pour se donner bonne conscience. Elle devient complice de la marchandisation du corps des femmes et de l’atteinte au droit de ces enfants.
Certes, la détresse de ces femmes ukrainiennes venues en France abandonner l’enfant qu’elles portent afin d’être payées choque, et à juste titre. Nul ne songe à les condamner. Leur misère est exploitée et elles sont avant tout des victimes. Mais ce n’est pourtant pas la guerre qui est la cause de ce drame. La guerre ne fait que déplacer des faits prévus, dès l’origine, par le contrat de GPA.
Après l’échec de Reconquête, quid de « l’union des droites » ?
Charles-Henri Jamin, délégué général de VIA – la voie du peuple, était l’invité politique sur RCF Anjou.
Agression contre le père Jean-Paul Argouarc’h
Bernard Antony, président de l’AGRIF, communique :
Alors qu’il attendait à une station-service de se fournir en carburant, notre ami le très dévoué père Jean-Paul Argouarc’h a été d’abord l’objet, en raison de son habit, de graves injures racistes, proférées par un individu de type maghrébin hurlant sa fierté d’être un fils de fellagha.
Après quoi, ce forcené s’en est pris physiquement au père, lui portant notamment un très violent coup de poing au bras gauche.
Après cela, le père Argouarc’h a fait l’objet d’un constat médical et a déposé plainte dans le commissariat de police le plus proche.
Naturellement l’AGRIF, saisie par le père en la personne de son avocat, se constitue partie civile pour que la plainte aboutisse.
D’après nos informations, le père Argouarc’h intervenait dans une altercation entre cet individu et une automobiliste. Aucun automobiliste de la file d’attente n’est intervenu.
Al-Andalous : l’invention d’un mythe
De Marion Duvauchel pour Le Salon beige :
Un des signes de l’inculture française comme du marquage idéologique de son intelligentsia est le silence des universitaires comme celui de la presse lors de la parution en 2017, du livre de Serafin Fanjul, Al-Andalous, l’invention d’un mythe.
Islamologue et arabisant espagnol, spécialiste de philologie sémitique, Fanjul fut directeur du centre culturel hispanique du Caire et membre de l’Académie royale d’histoire. En 2000, il publie Al-Ándalus contra España : la forja del mito (Al-Ándalous contre l’Espagne) puis en 2004, La quimera de Al-Ándalus (« La chimère d’Al-Andalus ». La fusion de ces deux ouvrages a donné la traduction française : Al-Andalus, l’invention d’un mythe, aux éditions de l’Artilleur.
La présentation de ce livre (en trois paragraphes) dans Wikipédia montre à tout le moins un indéniable manque de discernement. Le premier de ces paragraphes se veut une présentation des deux premiers ouvrages cités dans lesquels Fanjul « tente de montrer (je souligne) que cette image idéalisée d’une Espagne multiculturelle, terre de tolérance et de vie en commun entre trois cultures et trois religions monothéistes, est, pour une très large part, historiquement fausse ». Un second paragraphe passablement venimeux évoque, pour le discréditer, ses positions politiques supposées : il « est réputé pour être passé de l’extrême-gauche à l’extrême droite ». Cela s’appelle une rumeur. Et enfin le troisième paragraphe (critiques) étale les avis des idéologues à qui le travail de Fanjul donna des boutons : Mercedes Garcia-Arena en tête, qui coordonna en 2018 un projet destiné à mettre en valeur la diffusion et le rôle du Coran dans la culture religieuse européenne (le dit projet a reçu 10 millions d’euros du Conseil Européen d’Investigation). L’article de Wikipédia se garde bien de le révéler mais on peut le vérifier facilement si on est un peu curieux et si l’on comprend l’espagnol.
Que la cohabitation pacifique au sein d’Al-Andalous soit une mystification historique, cela ne fait aucun doute. « Précaire et difficile, la coexistence a été très tôt insupportable ». Fanjul compare cette époque à l’apartheid sud-africain. Le statut des juifs et celui des chrétiens y serait aujourd’hui qualifié de discriminatoire, comportant même à certaines époques, une véritable répression, voire sur la fin, ce qu’on appelle volontiers génocide ou ethnocide tant qu’il ne s’agit pas de chrétiens. Les Almohades du XIIIe siècle ont clairement eu pour objectif l’hégémonie de l’islam en Espagne comme en Afrique du Nord (où ces moines-soldats fanatisés ont causé, après les Almoravides, la disparition de ce qu’il restait de chrétienté). Dès les années qui suivirent la reconquête de 711, il y eut des massacres de chrétiens qui, ici ou là, se révoltaient. Entre deux, on autorisait les dhimmis à vivre leur propre vie tant qu’ils respectaient des règles discriminatoires, humiliantes et variables selon l’humeur du prince. Mais lorsqu’ils n’étaient plus disposés à se plier à ces normes ou à de nouvelles règles plus dures, la répression était immédiate. La persécution des chrétiens mozarabes au IXe siècle, les « martyrs de Cordoue », en est un des exemples les plus sanglants. Le grand Maïmonide que revendiquent les tenants du paradis d’Al-Andalous ne sauva sa vie qu’au prix d’une conversion apparente à l’islam. Après sa fuite en Égypte, où il pouvait cesser de paraître musulman, reconnu par un Andalousien, il fut l’objet d’un procès pour apostasie et n’échappa de nouveau à la peine de mort que parce que le cadi al-Fahil qui le jugeait était son ami.
L’ouvrage de Serafin Fanjul, documenté, argumenté, appuyé sur de nombreuses sources bien analysées, comporte tout ce qui est nécessaire pour une idée juste de l’histoire de l’Espagne musulmane et en particulier une biographie imposante et maîtrisée (française, espagnole, anglo-saxonne et arabe), exploitée avec honnêteté et une érudition toujours au service de la pensée et de l’intelligence.
« Qui partage ton métier est rarement ton allié ». Qu’a-t-on reproché à ce livre ? De briser un mythe et d’oser rappeler que les morisques (musulmans « marranes », convertis au christianisme en 1492, sans grande conviction, souvent des Berbères amenés par les Almohades qui avaient entrepris une campagne de remplacement fort similaire à celle qui se dessine aujourd’hui en Europe) formaient un groupe opposé à la société chrétienne redevenue dominante : ils aidaient les pirates nord-africains à ravager les côtes de l’Espagne, emmenant hommes, femmes et enfants en captivité et les réduisant en esclavage. Il n’y a donc rien de scandaleux à ce que les reyes catolicos les aient refoulés au XVIIe siècle, parce qu’ils représentaient un danger potentiel et que pour la plupart, ils s’avéraient inassimilables. L’idée du repeuplement de l’Espagne par des chrétiens et des Espagnols du Nord n’a rien de révoltant dans un territoire occupé et soumis pendant de longs siècles à une domination totalitaire, religieuse, économique et politique et largement sous-peuplé après 1492. Rien de révoltant non plus à souligner qu’il faut « appliquer la même rigueur, la même tolérance ou, mieux encore adopter la même distance à l’égard des crimes des chrétiens et des musulmans (p. 605)
Au-delà du mythe d’Al-Andalous et de sa genèse idéologique, on trouve dans cet ouvrage une analyse historiographique sans concession et quelques digressions intéressantes: sur le flamenco qui ne vient pas des Arabes; sur la culture populaire espagnole; sur l’opposition entre savants « maurophiles » et « chauvinistes ». Dans un ensemble cohérent, l’auteur ouvre ces chapitres comme autant de fenêtres insolites sur divers aspects de la culture espagnole et de ce qu’ils apportent de singulier à l’identité de l’Espagne. Identité dont l’auteur récuse le caractère « essentiel », non, il n’y pas d’essence de l’Espagne, mais il y a un peuple qui se reconnaît dans une histoire, des traits partagés, des manières d’être communes pétries par le temps, comme aussi dans des caractéristiques ethniques et non les Espagnols ne descendent pas des Arabes… La reconquête n’a pas seulement été une affaire de territoire mais aussi de repeuplement et de tentatives d’intégration des « minorités ». Mais pour s’intégrer, il faut que les deux parties prenantes le souhaitent. Tiens, déjà…
L’auteur lui-même conclut sur « l’originalité de ce livre » qui vise à « répondre au besoin de ne plus œuvrer dans les catacombes, loin du regard des grands médias, afin de faire connaître des réalités historiques et des faits très concrets de notre passé qui ont des échos dans notre présent. (…).
En 1932, on déposséda l’écrivain égyptien Taha Hussein de sa chaire de littérature arabe et on l’expulsa de l’université du Caire parce qu’il avait mis en doute l’authenticité de la poésie antéislamique, invention des rhapsodes des IIe et IIIesiècle après l’Hégire. Ses idées disparurent. Il serait regrettable que celles de Serafin Fanjul disparaissent aussi parce qu’une poignée d’idéologues sans envergure emboîtent le pas au collectif de chercheurs mal avisés comme ceux qui, sous la houlette de Alain de Libera, avait non seulement cherché à discréditer le livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont saint Michel, mais plus grave, avait attaqué sa personne. Fanjul, qui a lu ce livre français, en salue la qualité et dénonce la pauvreté et la déloyauté de cette attaque en règle, d’une rare violence.
« L’indépendance peut coûter cher mais les possibles conséquences d’une telle attitude ne nous ont jamais fait reculer ».
Voilà donc un homme courageux.
La lecture de cet ouvrage est un bonheur. Elle est aussi une urgence et un devoir.
Mutiler des enfants pour de l’argent
Qui sont vraiment les transgenres ? Pourquoi ce phénomène prend-il de l’ampleur ? À qui profite cette propagande ? Comment protéger nos enfants ? Thaïs d’Escufon nous parle du formidable documentaire du journaliste Matt WALSH qui traite de cette thématique.
L’école indépendante catholique l’Espérance (95) souhaite ouvrir son collège et recrute son Directeur
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Dans le cadre de son développement, l’école indépendante catholique l’Espérance (95) souhaite ouvrir son collège. Elle cherche son directeur. Il sera chargé de recruter l’équipe avec le conseil d’administration et de la coordonner, gérer les inscriptions et les relations avec les familles, veiller au respect du projet pédagogique et des programmes… Il enseignera au moins une des matières.
Il doit avoir 5 ans d’expérience d’enseignement et/ou de direction.
La fiche de poste est disponible sur http://www.ecole-lesperance.fr/nous-recrutons/
« J’ai eu le vaccin Johnson qui a failli me tuer, qui m’a déformé le cœur, j’ai eu 4 opérations depuis le 3 janvier »
Jean Lassalle, ancien député et président du mouvement Résistons, est l’invité de Ying Huang :
Deux femmes LGBT condamnées pour violences envers un enfant de 4 ans
Deux jeunes femmes de 23 et 25 ans ont comparu au palais de justice du Puy-en-Velay dans une très sombre affaire de violences sur un enfant de 4 ans, déjà privée de son père.
Le particulier ayant donné l’alerte a enregistré ce qu’il entendait, depuis le rez-de-chaussée de l’immeuble où il exerce son activité professionnelle. Les femmes vivent en couple, et la plus jeune est la maman d’une fillette née d’une précédente union avec un homme. Les extraits diffusés dans la salle d’audience glacent le sang. Une femme hurle, des bruits sourds ressemblent à un choc ou une chute. On entend tout de suite après des cris et des gémissements d’enfants, et ça recommence.
« Viens ici […] C’est quoi les règles […] T’as fini par essuyer ta petite gueule de pute […] Je vais te les couper tes putains d’oreilles, tu vas m’écouter maintenant […] La tête de ma mère, je vais te tuer un jour… »
À leur arrivée dans l’appartement, les policiers découvrent les deux femmes avec une enfant prostrée devant son assiette. Son visage est couvert de bleus et ses bras portent des marques de griffures. Des médecins de l’hôpital constateront des hématomes, des ecchymoses et des plaies sur tout le corps, ainsi qu’un épanchement dans l’abdomen qui nécessitera des investigations au scanner.
Partie civile à ce procès, le père de l’enfant réclame la garde de sa fille. Les deux jeunes femmes ont été condamnées à trois ans de prison dont une année ferme. Outre l’interdiction pour les femmes d’entrer en contact avec la fillette, la maman se voit retirer l’autorité parentale.
Gloria, un magazine pour les adolescents
Nous avons interrogé Marie-Laurentine Caëtano, qui, après 12 ans dans la presse culturelle pour la jeunesse, fonde le magazine Gloria, que nous avons récemment évoqué.
Pourquoi lancer un nouveau magazine ? Et à qui s’adresse-t-il ? Votre publicité parle des lecteurs de 10 à 110 ans : c’est large !
Cela faisait longtemps que j’avais envie de faire un magazine catholique qui allie les Écritures et les arts sacrés. Je me suis rendu compte que beaucoup d’ados avaient beau aller au KT et à la messe, ils n’avaient qu’une vague connaissance des Évangiles et que quand ils étaient face à un tableau représentant une scène des Écritures, ils ne parvenaient pas à identifier ladite scène. C’est un peu l’enjeu de Gloria : donner les clés pour comprendre l’art sacré, pour apprécier le patrimoine chrétien, tout en retournant à la source, aux textes de la Bible.
Le magazine s’adresse aux ados. Le vocabulaire est expliqué et il y a des jeux, deux caractéristiques des revues pour la jeunesse. L’objectif étant de proposer des articles accessibles qui vont en même temps nourrir le lecteur. Parmi les premiers lecteurs de Gloria il y avait des ados, qui ont testé et approuvé la formule, et aussi des adultes de leur entourage. C’est devant leur enthousiasme que j’ai fait un clin d’œil à Hergé en proposant que la revue soit pour des lecteurs de 10 à 110 ans.
Au départ, je pensais créer une revue pour les cathos et puis je m’aperçois qu’ils ne sont pas les seuls à s’intéresser à Gloria. Finalement ce que je pensais être une revue de catéchisme ouverte sur le patrimoine chrétien est aussi un moyen d’évangélisation.
Pensez-vous intéresser la jeunesse, plus focalisée sur le numérique ?
Certaines rubriques partent du quotidien des lecteurs. Par exemple, on connaît tous, au moins de nom, les villes de Saint-Malo et de Saint-Étienne, pour ne citer qu’elles, mais savons-nous qui sont ces saints ? Une rubrique, « Auréole & Métropole », leur est consacrée. Dans le même esprit, il existe de nombreuses expressions françaises inspirées par les Écritures ou la vie chrétienne. Elles font partie de notre langue maternelle, de notre quotidien, et parfois on a pourtant oublié leur origine et leur signification.
Que trouvera-t-on dans ce magazine ? Des débats ? Des analyses ?…
Des analyses, oui. Notamment des textes bibliques. Il y a au moins un extrait de la Bible expliqué dans chaque numéro. Ainsi, le thème du mois est exploré à travers les Écritures, des prières et des œuvres d’art. Les différentes rubriques permettront de présenter la vie des saints, les lieux de pèlerinage et les trésors de l’art sacré. Une rubrique mariale (apparition, prière, etc.) et une réponse à une question sur la liturgie et les traditions chrétiennes figurent également au sommaire. Pour l’instant, pas de débats, mais quand même de l’actualité avec une interview et des recensions de livres, expos, etc.
Votre demande de soutien financier a été largement dépassée. Quelle est la suite de l’opération maintenant ?
La campagne a deux objectifs : permettre de financer le premier numéro (c’est chose faite !) et faire connaître la revue. De ce côté-là, le bouche-à-oreille se met en place grâce aux « CredoFunders ». Gloria est un mensuel, donc il faut qu’il trouve suffisamment de lecteurs pour assurer son équilibre financier.
Le respect de la vie humaine n’est plus la valeur suprême des droits de l’homme : il a été détrôné par celui de la liberté ou autonomie individuelle
Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la Justice (ECLJ), revient dans Valeurs Actuelles sur les conséquences d’un jugement de la Cour européenne des Droits de l’Homme dans une affaire d’euthanasie. L’ECLJ est intervenu dans cette affaire et y est cité de nombreuses fois :
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rendu public, ce 4 octobre 2022, son jugement dans l’affaire Mortier contre Belgique, du nom d’un homme contestant l’euthanasie pratiquée à son insu sur sa mère dépressive. Si la CEDH a plusieurs fois traité du suicide assisté, c’est la première fois qu’elle se prononce sur l’euthanasie.
Cet arrêt est important, car il pose le principe nouveau que « le droit à la vie (…) ne saurait être interprété comme interdisant en soi la dépénalisation conditionnelle de l’euthanasie » (§ 138). Cela n’avait rien d’évident, car l’article 2 de la Convention européenne protégeant le droit à la vie dispose que « La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement », ce en quoi constitue précisément l’euthanasie… Ainsi, selon la Cour, l’euthanasie en soi ne viole pas les Droits de l’Homme.
L’euthanasie, un droit progressivement reconnu par la CEDH
Il était pourtant très clair, pour les rédacteurs de la Convention européenne, que l’euthanasie est une atteinte au droit à la vie. Ainsi, René Cassin, l’un des “pères” de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme signa une déclaration de l’Académie des sciences morales et politiques rejetant « formellement toutes les méthodes ayant pour dessein de provoquer la mort de sujets estimés monstrueux, malformés, déficients ou incurables », considérant que « l’euthanasie et, d’une façon générale, toutes les méthodes qui ont pour effet de provoquer par compassion, chez les moribonds, une mort “douce et tranquille”, doivent être également écartées », sans quoi, le médecin s’octroierait « une sorte de souveraineté sur la vie et la mort » (14 novembre 1949).
Pour lever l’obstacle de l’interdiction d’infliger à quiconque la mort intentionnellement, la Cour étend son acceptation antérieure du suicide assisté — dans lequel la personne se tue elle-même — à la pratique de l’euthanasie — dans laquelle la personne est tuée par un tiers.
Depuis une dizaine d’années, en effet, la Cour européenne a progressivement reconnu le « choix », puis le « droit » au suicide assisté, qu’elle définit comme le « droit d’un individu de décider de quelle manière et à quel moment sa vie doit prendre fin, à condition qu’il soit en mesure de former librement sa volonté à ce propos et d’agir en conséquence » (affaires Haas et Koch de 2011 et 2012). La Cour avait alors intégré le suicide assisté dans le champ de la Convention en estimant que cette pratique relève de la vie privée, de l’autonomie, garantie à l’article 8 de la Convention.
Quand le “droit à la vie” devient un “droit à la qualité de vie”
Ces affaires mettaient en cause le refus des autorités suisses et allemandes de fournir des poisons à des personnes suicidaires. La Cour jugea en 2012 que même si la Convention européenne n’oblige pas à légaliser le suicide assisté, elle fait obligation aux « juridictions internes d’examiner au fond la demande [de poison] » des personnes suicidaires et de justifier au cas par cas les éventuelles décisions de refus, même lorsque celles-ci résultent directement de la loi pénale (Koch contre Allemagne, § 72). C’est là une façon classique d’imposer un droit nouveau par la voie périphérique des obligations procédurales.
Dans ces affaires, la Cour avait contourné l’interdit de l’article 2 en se plaçant sur le terrain de l’article 8, procédant à un glissement du droit objectif à la vie (art. 2) à un nouveau droit subjectif à la « qualité de la vie » qu’il conviendrait de protéger à présent (art. 8). La Cour déclarait ainsi, à plusieurs reprises : « Sans nier en aucune manière le principe du caractère sacré de la vie protégé par la Convention, la Cour considère que c’est sous l’angle de l’article 8 que la notion de qualité de la vie prend toute sa signification » (affaires Pretty, Koch et Gross). Dès lors, la voie était ouverte au suicide assisté. La justification de ce droit à la « qualité de la vie », et donc à la mort, est tiré du constat que « de nombreuses personnes redoutent qu’on ne les force à se maintenir en vie jusqu’à un âge très avancé ou dans un état de grave délabrement physique ou mental aux antipodes de la perception aiguë qu’elles ont d’elles-mêmes et de leur identité personnelle » (affaires Pretty de 2002, Koch de 2012, et Gross de 2013). En d’autres termes, le délabrement physique ou mental serait une forme d’indignité. C’est précisément ce que reconnaît la Cour dans son dernier arrêt, lorsqu’elle déclare : « La dépénalisation de l’euthanasie vise (…) à donner à une personne le libre choix d’éviter ce qui constituerait, à ses yeux, une fin de vie indigne et pénible. Or, la dignité et la liberté de l’homme sont l’essence même de la Convention », ajoute-elle (§ 137). La Cour valide ainsi l’euthanasie, tout en omettant complètement le fait que cette pratique, à la différence du suicide, implique que la mort soit infligée intentionnellement par un tiers : c’est une faille de son raisonnement qu’a bien identifiée et dénoncée le juge Serghides dans sa remarquable opinion dissidente.
Liberté et dignité
Ainsi, l’un des principaux enseignements de ces jugements est que le respect de la vie humaine n’est plus la valeur suprême des droits de l’homme : il a été détrôné par celui de la liberté ou autonomie individuelle. Ce point n’est pas complètement nouveau puisqu’il était déjà à la base de l’acceptation de l’avortement (§ 132).
Un autre enseignement est la transformation de la compréhension de la dignité sur laquelle repose ces jugements. La Déclaration universelle fondait les droits de l’homme sur « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine », c’est-à-dire sur la dignité objective et absolue de la nature humaine. Cette dignité est indépendante du sexe, de la race ou de l’état de santé des personnes : nul ne peut être indigne. À l’inverse, le droit à la mort volontaire repose sur une conception subjective et relative de la dignité, dans laquelle chacun est juge de sa propre dignité et peut, en conséquence, estimer la mort préférable à la vie. Le respect de la dignité consiste alors en celui de la volonté individuelle, et cette dignité humaine serait d’autant plus honorée que l’individu serait capable, par sa volonté, de dominer sa déchéance physique ou mentale en décidant de mourir. La dignité serait finalement préservée par la mort volontaire. Nietzsche, en ce sens, déclarait dans Le Crépuscule des idoles que « le droit à la vie, devrait entraîner, de la part de la Société, un mépris profond » car il soutient « l’obstination » du malade « à végéter lâchement » alors que « la mort choisie librement »permettrait de « mourir fièrement lorsqu’il n’est plus possible de vivre fièrement ». En substituant à la dignité inhérente une dignité réflexive mesurée par le sentiment individuel, la Cour modifie radicalement le fondement ontologique de la Convention, qui, d’universel, devient individuel.
Apparaît alors un paradoxe : pourquoi réserver l’euthanasie aux seules personnes malades dès lors que le fondement du droit à la mort volontaire n’est pas tant la maladie que l’autodétermination ? Pourquoi faudrait-il être malade pour pouvoir être suicidé, dès lors que l’individu en a la ferme volonté ? Plus encore, pourquoi réserver l’euthanasie aux malades alors que bien souvent ils ne disposent plus de toutes leurs capacités de discernement, de leur autonomie ? Chez une personne dépressive, les idées suicidaires ne sont-elles pas plus un symptôme de la maladie que l’expression de l’autonomie individuelle ? Ainsi, fonder l’euthanasie sur la volonté et la dignité réflexive conduit nécessairement à l’élargissement des motifs d’accès à cette pratique, au-delà des cas de pathologies graves, comme cela a été observé d’ailleurs en Belgique et aux Pays-Bas où l’euthanasie pour « fatigue de vivre » des personnes âgées isolées se multiplie.
Eviter les abus
Finalement, la CEDH limite son rôle, ainsi que celui des autorités nationales, au « devoir de protéger les personnes vulnérables même contre des agissements par lesquels elles menacent leur propre vie » (§ 146). Il s’agit alors, en pratique, d’instituer une procédure, un « cadre législatif relatif aux actes préalables à l’euthanasie » permettant « d’assurer que la décision d’un individu de mettre fin à ses jours a été prise librement et en toute connaissance de cause » (§ 153). Encore une fois, ce n’est plus la vie qui est protégée, mais l’intégrité de la volonté. Et ce n’est là qu’une simple question de procédure.
En Belgique, entre 2002 et 2016, un seul dossier sur les 14 573 euthanasies déclarées a été transmis à la justice
Dans l’affaire Mortier, la Cour se satisfait de la procédure posée par la loi belge, alors même que les conditions d’accès à l’euthanasie y sont très larges, que le contrôle du respect de ces conditions n’est effectué qu’a posteriori, après la mort de la personne, et sur la base de la déclaration volontaire éventuelle du médecin l’ayant causée… En fait, entre 2002 et 2016, un seul dossier sur les 14 573 euthanasies déclarées a été transmis à la justice.
Ce “cadre” convient à la Cour. Elle trouve seulement à condamner un point, certes choquant, mais propre à l’affaire : le fait que le Dr Wim Distelmans ayant euthanasié la mère de M. Mortier coprésidait aussi la commission en charge de contrôler a posteriori les euthanasies, dont celle en cause dans l’affaire.
La Cour ne trouve rien à redire en revanche au fait que le dossier médical sur l’euthanasie de la mère de M. Mortier ait été largement incomplet, ni au fait que les autorités judiciaires belges ont longtemps rechigné à donner suite aux plaintes posées par M. Mortier, ni au fait que la majorité des personnes impliquées dans la procédure d’euthanasie et de son contrôle sont membres de l’ADMD ou du LEIF (son équivalent flamand), ni au fait que la mère de M. Mortier ait versé 2 500 euros au LEIF avant sa mort.
La seule condamnation, par la CEDH, du conflit d’intérêt du Dr Distelmans a trop détourné l’attention de commentateurs hâtifs qui ont vu dans cette affaire une « condamnation de la Belgique ». Pourtant, l’important dans ce jugement est bien que le cadre légal belge de l’euthanasie soit validé : il peut servir à présent de modèle, avec la bénédiction à point nommé de la CEDH, laquelle prouve, une fois encore, qu’elle a le sens de l’opportunité politique.
40 jours de prière pour la vie, en Suisse
Comme les militants pro-vie américains, des Suisses ont décidé de veiller 40 jours devant l’hôpital universitaire de Bâle afin de dissuader des femmes de supprimer leur bébé. Le mouvement existe depuis 2020.
Prières, pancartes et jeûne : par cette action, Tabitha Bender, co-organisatrice de la campagne internationale «40 jours pour la vie», espère ainsi «que moins de bébés seront tués par des avortements» et dit vouloir donner aux personnes concernées «de l’amour, de la force et de l’espoir afin qu’elles puissent dire oui à leur bébé.»
Entre-soi ou entre Dieu ?
A l’occasion de son 40e anniversaire, l’association Notre-Dame de Chrétienté publie notamment un livre riche de 300 photos retraçant 3 générations de pèlerins marcheurs, mais aussi des pèlerins « de l’ombre » : les Soutiens qui portent toute l’organisation de cette formidable aventure, et les pèlerins Anges gardiens dont l’union spirituelle aux pèlerins marcheurs permet de tisser une grande chaîne mondiale de prière. De nombreux témoignages des grâces reçues chaque année font écho à la vision de Dom Gérard : « la Tradition, c’est la jeunesse de Dieu ».
Voici le témoignage du père Danziec :

Les « scouts » wokes
Lu dans VA :
Comme tous les ans, les Scouts et Guides de France (SGDF) vendent leur calendrier entre octobre et décembre. Mais, comme le fait savoir le Parisien du 8 octobre, la version 2023 fait déjà polémique. Certains l’accusent de sombrer « dans le “wokisme”, le LGBT » à travers des visuels et citations controversés. « Les derniers flyers et prises de parole lors des rassemblements sont à vomir », a déploré un ancien scout. Un internaute a même qualifié l’agenda de « monument du “wokisme” » qui aurait « tout pour faire de parfaits militants écoféministes ». Parmi les choix éditoriaux du calendrier qui ont fait grand bruit, on retrouve des messages de la militante écologiste Greta Thunberg, de l’écrivain américaine défenseur des minorités Angela Davis ou encore de l’ex-président sud-africain Nelson Mandela. Tous militent pour l’ouverture à la différence. Chaque année, 100 000 jeunes vont frapper aux portes pour vendre plus de 360 000 calendriers, et ainsi récolter 1 million d’euros pour financer les activités des SGDF. La polémique autour de ce calendrier divise au sein de l’association. Certains regrettent un buzz qui pourrait affecter les ventes. « Dommage, car ces calendriers partent habituellement comme des petits pains », a expliqué un trésorier et chef scout. Le calendrier avait « notamment vocation à balayer les clichés sur nos jeunes, souvent vus comme des petits Blancs bourgeois et déconnectés », a tenu à rappeler une scoute. « Chacun a son point de vue, même si l’on déplore la polémique, d’autant qu’il n’y a pas de volonté de provoquer », a précisé une responsable SGDF. Avant de conclure : « Notre objectif n’est pas de provoquer [mais] d’être connecté aux jeunes d’aujourd’hui, pas à ceux d’hier. »
Disney renonce à un spectacle sataniste
Disney, qui n’en loupe décidément pas une en faveur de l’agenda LGBT, de la culture de mort, et même du satanisme, avait annoncé fin août un dessin animé intitulé « Little Demon » évoquant une femme fécondée par Satan et donc la fille est violemment anti-chrétienne. Devant la fronde des familles chrétiennes scandalisées par cette apologie du satanisme (et devant les grosses pertes financières que le boycott commençait à coûter à la chaîne FX, filiale de Disney, qui diffusait le dessin animé), Disney a finalement annoncé son retrait.
Une nouvelle preuve que la mobilisation (et notamment la mobilisation qui frappe au portefeuille), cela fonctionne!
Vous pouvez signer notre pétition contre l’activisme « woke » de Disney en cliquant ici.
Le médecin la déclare en « fin de vie », elle se réveille et le poursuit en justice
Cinq ans après les faits, le Conseil d’État vient de rejeter une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par la famille de Linage. Elle poursuit le médecin chef du service de réanimation de l’hôpital de la Roche-sur-Yon pour « faute déontologique » suite à la façon dont il a traité Amélie de Linage, mère de cinq enfants.
En 2014, Amélie de Linage fait un arrêt cardiaque après s’être étouffée avec un aliment. Elle est placée sous respiration artificielle. Son médecin juge que son cerveau est « détruit ». « Son projet de vie, c’est de mourir », estime-t-il.
Cinq jours plus tard, Amélie n’est plus alimentée du tout, et hydratée « au minimum ». Malgré les supplications de son mari, l’hôpital supprime également sa ventilation artificielle une semaine plus tard. Mais Amélie respire seule. Ce qui ne remet pas en cause le diagnostic des médecins qui jugent toujours la quadragénaire en « fin de vie ». Finalement, après être restée 15 jours sans être alimentée, Amélie parvient à dire : « j’ai faim ».
La mère de famille a retrouvé son domicile en décembre 2015. Elle souffre de « lésions » mais parle et peut marcher avec une aide. Son mari Cédric est parvenue à obtenir son dossier médical au bout de trois ans. Me Jean Paillot, avocat du couple, dénonce une « mauvaise application de la loi Leonetti ».
« On a oublié toutes les garanties, on n’a pas demandé son avis à la famille, ni obtenu l’avis d’un médecin tiers, ni écrit la décision d’arrêt des soins. »
Malgré la réponse du Conseil d’Etat, la procédure judiciaire doit poursuivre son cours.
« Il nous semble important de tirer quelques leçons déontologiques et médicales des erreurs commises, pour qu’Amélie ne soit pas une victime inutile », explique Cédric de Linage.
Squat et vol dans une église de Bretagne
Lu ici :
Quatre jeunes de 19 à 26 ans, deux garçons et deux filles, ont été interpellés par les gendarmes, dimanche, à leur descente du bateau, à Vannes, alors qu’ils revenaient de l’Île d’Arz. La veille, ils avaient pénétré dans l’église de l’île en fracturant la porte, puis ont passé la nuit dans le lieu de culte. Ils en sont repartis en volant deux nappes liturgiques. Aucun autre dégât n’a été constaté par les deux enquêteurs transportés sur l’île par des sapeurs-pompiers. L’objet du vol a été récupéré. Placés en garde à vue, les quatre jeunes ont fait l’objet d’un rappel à la loi. Le curé de l’Île d’Arz a porté plainte.
Les étudiants de Sciences Coco votent Mélenchon
Rien d’étonnant mais c’est toujours bon de le souligner. Selon une enquête du Cevipof, voici le vote des étudiants de Sciences Po :

Donnez du sens à votre épargne en investissant au profit de l’école Saint Joseph des Lys
Fondé en 2011, Saint Joseph des Lys est un établissement privé, tout en étant reconnu par l’Académie de Versailles. Situé en plein centre de Versailles, Saint Joseph des Lys est composé d’une école maternelle et primaire mixte ainsi que d’un collège de garçons et de filles : 21 classes au total, 204 familles et 439 élèves.
« L’école veut ouvrir les enfants qui lui sont confiés au Beau, au Bien et au Vrai en mettant un accent particulier sur la charité entre les enfants. »
Dans un esprit familial et avec l’éclairage de la Foi, Saint Joseph des Lys s’appuie sur des méthodes qui ont fait leurs preuves (syllabique pour la lecture, Singapour pour les mathématiques, …) et s’implique dans le choix des manuels, du recrutement (76 salariés) ou de la formation des enseignants, mais aussi celui du rythme scolaire. Sous le regard de Dieu et en continuité avec la maison, les élèves vivent chrétiennement leur journée. Un prêtre assure une présence régulière auprès des élèves. Il leur offre une formation catéchétique et spirituelle.
Parce que chaque enfant est unique, Saint Joseph des Lys s’attache à encourager, à valoriser et à approfondir les compétences individuelles de chacun en veillant à sa progression et à son épanouissement propre. L’école veille au développement de la personnalité par la prise de responsabilités, la méthode et l’autonomie dans le travail, la vie en équipe ainsi que l’esprit de service et de dévouement. L’accent est mis sur le goût du travail fini.
Son ambition générale est de permettre à chacun de se construire harmonieusement et intégralement pour devenir un homme équilibré, solide et droit, rayonnant, soucieux de répondre au mieux à sa vocation et d’apporter son témoignage de chrétien dans le monde d’aujourd’hui.
Le fort développement de l’école amène à cette présente levée de fonds (650 000 €) qui consiste à co-financer un nouveau bien immobilier et sa reconfiguration afin d’y déménager 4 classes du collège dès novembre puis 4 autres classes en septembre 2023 pour permettre d’y localiser à moyen terme l’ensemble du collège (200 élèves). Ce prêt obligataire ouvert désormais à la souscription sera remboursé par les ressources financières de l’école (frais de scolarité principalement).
Il est à noter que le développement de l’école et sa gestion en bon père de famille ont permis de dégager à l’établissement chaque année un résultat excédentaire depuis son lancement en 2011.
Souhaitez-vous contribuer au développement de Saint Joseph des Lys en donnant du sens à votre épargne ?
Pour toute information et contribuer à cette œuvre éducative, cliquez ici.
La Croix-LGBT
C’est une première en France, votée le 20 septembre à l’unanimité, et sous les applaudissements du conseil municipal de Lyon, majorité et oppositions comprises. Une maison de retraite destinée aux seniors LGBT+ (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, intersexe) va être construite dans le 4e arrondissement.
Lancée et gérée par une association, construite par la Croix-Rouge, cette maison de retraite d’un genre nouveau doit ouvrir ses portes en décembre 2024. […]
La jeunesse catholique est en colère et c’est compréhensible
Homélie de Dom Louis-Marie, père abbé du Barroux, samedi 8 octobre en la paroisse Saint-Roch de Paris :
Révérends Pères Abbés,
Monsieur l’Aumônier,
Monsieur le Président,
Chers Amis de Notre-Dame de Chrétienté,
La Providence a bien voulu qu’un père abbé bénédictin célèbre la sainte messe pour solenniser les quarante ans de l’association Notre-Dame de Chrétienté. Permettez-moi donc de saluer, de loin par la distance mais de très près par le cœur, son Éminence le cardinal Robert Sarah, qui a préféré renoncer à célébrer cette messe pour des raisons diplomatiques.
C’est donc un bénédictin qui est là, à double titre : comme supérieur d’une communauté fondée, il y a un demi-siècle, sur la célébration de la sainte liturgie selon les livres liturgiques anciens, et comme successeur de Dom Gérard qui vous salue du haut du Ciel. Le fondateur de l’abbaye de Sainte-Madeleine a été dès le début un ardent soutien du pèlerinage, encourageant les laïques qui furent à l’origine de cette œuvre audacieuse, et, il faut le dire, en réaction contre l’apostasie généralisée d’une société devenue folle.
Après quarante années de fidélité, de combat, d’épreuves, de déchirures, quarante ans de générosité admirable de la part de tant de catholiques, de tant de laïques et de prêtres, après quarante années de labeur, de croix, mais aussi de joie et d’espérance, quel bilan pouvons-nous faire ?
Permettez-moi, en tant que moine bénédictin, de vous transmettre quelques exhortations de saint Benoît à l’adresse du père abbé.
Pourquoi le père abbé ? Parce que tous, ici, qui avez une certaine responsabilité dans le pèlerinage, vous prenez une part à la grâce du Christ Tête.
Oui, vous, Monsieur le Président, et vous tous, ses collaborateurs, jusqu’aux chefs de chapitres et à tous les “officiers”[1], comme les appelle saint Benoît. Oui, vous tous, chacun à sa place, sans cléricalisme et sans aucun anticléricalisme, vous êtes partie prenante de cette grande œuvre au service de la gloire de Dieu et du salut des âmes.
La première exhortation est de vous souvenir du nom que vous portez.[2]
Pour saint Benoît, c’est très important. Parce que pour cet homme imbibé d’écriture sainte, le nom, c’est une identité claire. Le nom c’est aussi un mission. “Notre-Dame de Chrétienté” : voilà quel est votre nom. Notre-Dame, celle qui fut choisie par Dieu. Un nom, c’est une vocation, un appel, un amour de préférence. Oui ! Soyez assurés que Dieu a pointé son doigt sur vous, et il a dit : « Toi ! Viens et suis-moi sur ce chemin. Viens après moi dans une proximité intérieure faite de grâce, de don du Saint-Esprit et d’habitation intérieure. »
Notre-Dame de Chrétienté : voilà votre mission. Mission qui peut apparaître au-delà de tout espoir humain et qui dans une certaine mesure est vouée à l’échec tant le rapport de force est inégal. Mais que puis-je vous dire ? Sinon que c’est votre nom, c’est votre mission, c’est donc votre raison d’être : travailler à instaurer de lit temporel du fleuve spirituel. N’ayez pas peur et surtout ne vous découragez jamais. Il a fallu six siècles à saint Benoît pour couvrir l’Europe d’un blanc manteau de monastères de moines et de moniales. Ce n’était d’ailleurs pas son projet. Mais, en cherchant réellement Dieu, il a “initié un processus”, comme dit le pape François.
Notre-Dame de Chrétienté, c’est un nom, c’est une mission, c’est un début. Après 40 ans d’existence, votre mission ne fait que commencer.
La deuxième exhortation de saint Benoît à l’abbé que je vous transmets, est d’enseigner ses fils par la saine doctrine et l’exemple[3]. Plus par l’exemple encore que par la doctrine, certes, mais jamais sans elle.
Cette exhortation, vous la recevez avec fierté, parce que depuis 40 ans, quels que soient les présidents, les aumôniers, ce souci doctrinal a toujours été crucial. Avec un souci évident d’adaptation mais sans atténuation ni faiblesse.
Certains ont pu se demander si un pèlerinage est le lieu idéal d’un enseignement. L’abbé Coiffet s’était posé la question et la réponse était tombée naturellement : oui, et surtout à notre époque qui voit une crise majeure de la foi. Et ce qui est en jeu, particulièrement aujourd’hui, ce n’est pas seulement les connaissances. Il est vrai que les chrétiens eux-mêmes sont ignorants des mystères les plus basiques de la foi ; la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, la présence réelle dans l’hostie, la nature sacrificielle de la sainte messe.
Mais le mal n’est-il pas plus profond ? Sainte Bernadette de Lourdes ignorait beaucoup de points de doctrine, mais elle avait la foi, elle avait cette vertu surnaturelle de l’obéissance de l’intelligence à une révélation, à une vérité transcendante, qui vient de Dieu et qui est transmise par Dieu à travers l’Église. Le drame va jusque là car, non seulement les âmes ne savent plus où trouver la lumière, mais elles vont jusqu’à penser qu’il n’y a pas de lumière authentique qui vienne d’en-haut. Le monde moderne n’est pas seulement une apostasie de la vie intérieure, c’est aussi un refus de la transcendance. Les synthèses synodales montrent à quel point même des chrétiens engagés ont perdu, non seulement la foi, mais le sens de la foi.
Alors, oui, il est important et urgent de donner, lors de ces rassemblements de jeunes, le goût de la doctrine, le sens de la foi. Oui, il est de la plus haute importance de leur donner une chance d’élever les yeux vers la vérité et – pardonnez-moi l’expression – de leur fourrer le museau dans le vrai. Compelle intrare, « poussez-les à entrer »[4]. Il suffit parfois d’une expérience, d’un choc ressenti grâce à la splendeur de la vérité pour ouvrir à l’âme un chemin de conversion et d’engagement au service du Seigneur.
Saint Benoît ajoute que le bon exemple est décisif, et je tiens à saluer aujourd’hui tous les laïques qui ont montré une générosité édifiante pour préparer, organiser, accompagner, parfois adapter, le déroulement du pèlerinage. Et je tiens à saluer tous les prêtres qui, courageusement, marchent chaque année au milieu du troupeau pour confesser, enseigner, éclairer, adapter à chaque situation. Mais je tiens surtout à vous encourager, si cela est nécessaire, à soigner la sainte liturgie. Car, quel est le meilleur exemple, le signe le plus parlant de la splendeur de la vérité qu’une sainte liturgie. Si nous aimons la liturgie célébrée selon le missel de saint Pie V, c’est surtout en raison de son sens du sacré et du respect dû à Dieu.
C’est indéniable que de nombreux jeunes ont découvert cet univers qui, pour eux, n’est pas une vieillerie mais une totale nouveauté. La liturgie traditionnelle n’est pas une nostalgie du passé, c’est l’entrée dans un nouveau monde. Mais j’arrête là parce que je sens que je suis en train de prêcher à des convertis.
Il me reste une troisième consigne à vous transmettre de la part de saint Benoît, et que je relis deux fois par an au chapitre du matin avec tremblement.
Saint Benoît exhorte l’abbé à se souvenir souvent qu’il aura des comptes à rendre au Seigneur au jour du jugement, non seulement de ses propres actions, mais aussi de celles de son troupeau.[5]
Oui, le Seigneur nous confie des âmes. Et si chacun a la responsabilité ultime de ses mérites et de ses fautes, nous avons aussi la mission de porter les fardeaux les uns des autres[6]. Nous avons donc une part de responsabilité sur le salut des âmes. C’est d’ailleurs une mission générale que tout chrétien reçoit au baptême : celle de participer, de prendre part à la gloire de Dieu et au salut des âmes.
Saint Benoît parle très souvent des fins dernières et des comptes que chacun devra rendre au Seigneur de ce qu’il a fait et de ce qu’il n’a pas fait. C’est un appel à la responsabilité et, pour nous, de prendre conscience que ce royaume de Dieu pour lequel nous œuvrons n’est pas de ce monde. Notre-Dame de Chrétienté, si elle a été fondée pour travailler à l’enracinement des vérités chrétiennes dans la société, ne doit jamais oublier l’horizon éternel qui est le sommet de l’histoire.
Saint Benoît précise deux points particuliers sur lesquels le père abbé sera jugé quant à son ministère : la doctrine de ses frères et leur obéissance.[7]
J’ai déjà parlé de la doctrine.
Et c’est avec quelques pincettes que j’aborde celui de l’obéissance.
Pincettes parce que la jeunesse catholique en général est en colère. Certains évêques s’en émeuvent et s’en étonnent. Eh bien, je veux dire à la jeunesse catholique, à cette jeunesse qui reste fidèle à la foi, à la liturgie traditionnelle et à l’Église catholique, que cette colère est compréhensible. Parce que la colère est cette passion que Dieu a créée pour nous aider à affronter le mal. Et Dieu sait combien vous êtes agressés.
Mais accrochez-vous à l’appel du Seigneur : « Mettez-vous en colère mais ne péchez pas. Irascimini et nolite peccare. »[8] Aidons la jeunesse à tenir la ligne de crête. J’ai encore, dans l’oreille et le cœur, le grand cri de l’abbé Alexis Garnier : « double fidélité ». Je le fais mien aujourd’hui. C’est un défi. Mais le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté ne porte-t-il pas le nom de “Pèlerinage de Pentecôte”, et donc du Saint-Esprit, et donc des dons du Saint-Esprit qui nous donnent la force de garder le droit chemin dans des conditions extrêmes ?
Il me faut achever cette homélie et je le ferai en vous glissant à l’oreille un dernier conseil bénédictin. Saint Benoît dit à l’abbé : « Ne t’inquiète pas trop, mon bonhomme, sinon tu n’auras jamais de repos. »[9]
Non, ne t’inquiète pas trop car tu es trop petit pour être responsable de tout. Ne t’inquiète pas trop parce que le Seigneur est plus grand que toi, et qu’il est le vrai Roi des nations, et qu’il sait.
Ne t’inquiète pas trop car Marie est là, elle qui a mis au monde le Sauveur dans une crèche misérable, elle qui a vu le vrai Roi mourir sur une croix, elle qui l’a vu ressuscité, elle qui a vu de pauvres hommes partir prêcher aux nations.
Elle est encore là.
Elle est toujours là.
Amen.
[1] Cf. Règle, ch. 21.
[2] Cf Règle, ch. 2, 1-2.
[3] Règle, ch. 2, 11-12.
[4] Lc 14, 23.
[5] Règle, ch. 2 et 64.
[6] Gal 6, 2.
[7] Règle, ch. 2, 6.
[8] Eph 4, 26, citant Ps 4, 5.
[9] Règle, ch. 64, 16.
La Russie contre l’Occident?
D’Olivier Pichon, historien, pour le Salon beige:
Huntington contre Fukuyama ?Les choses sont plus compliquées mais le discours de Vladimir Poutine à l’occasion de l’annexion des 4 régions orientales de l’Ukraine a été moins géopolitique que culturel, sa violente diatribe contre l’Occident est d’ordre civilisationnel.
La question est: Qu’est- ce que l’Occident ? Le mot est équivoque car, dans son extension maximale, il désigne aussi la Russie et les USA, deux pays de « Manifest Destiny », calviniste pour les USA, avec la première formulation de John O ’Sullivan en 1845, et, orthodoxe et slavophile, pour la Russie. Moscou serait la troisième Rome après l’effacement de Constantinople. Tout cela issu de la matrice chrétienne.
Au milieu, l’Europe, entre ces deux messianismes, dans ses institutions, refuse ses racines chrétiennes, et se divise entre l’Est et l’Ouest, entre illibéralisme et libertarisme. L’Est refuse la culture LGBT, woke, et autres forgeries idéologiques des USA, mais ne rêve que de la protection militaire de ces derniers. L’Europe occidentale entre ces deux messianismes penche plutôt du côté atlantique comme résidu de la guerre froide, mais ne sait plus où elle est et ne s’aime plus, ne se connaît plus.
L’Antiquité nous fournit, en la matière, d’abondantes réflexions. Thucydide l’historien grec sur la guerre du Péloponnèse, a vécu l’affrontement entre Athènes et Sparte. Selon lui, cette guerre du Péloponnèse (431) signifie la fin d’une civilisation. Comme celle de 1914-1918, scellant la chute de la civilisation européenne. Il faut lire aussi L’Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain rédigée par l’historien britannique Edward Gibbon (XVIIIe siècle). Les analogies sont flagrantes. Esclaves barbares remplaçant la plèbe, celle-ci gratifiée du pain et des jeux, traduisez ubérisation, football, télévision et RSA, enrôlement des envahisseurs dans les armées, incertitudes sur le Limes et impuissance de l’espace Schengen, la déclinaison est longue…
Pour l’heure, la Russie a choisi, poussée largement par l’Etat profond américain, le camp des puissances montantes et rejoint donc le camp anti-occidental. Celui-ci ne représente pas une adhésion idéologique commune.Qu’y- a-t-il de commun entre la Russie, l’Inde ,l’Iran et la Chine, hormis le rejet de l’Occident ? Mais cette adhésion se fait en termes de rapports de force. Ils s’expriment par la montée en puissance (les BRICS et d’autres qui s’y agrègeront fatalement), par le rejet de la mondialisation en ce qu’elle est américaine. L’histoire est déjà écrite en termes de puissance économique. Les BRICS pèsent 45 % de la population de la planète, près du quart de sa richesse et les deux tiers de sa croissance.
Mais une guerre peut en cacher une autre, et l’on peut s’interroger sur l’acharnement de l’Etat profond américain à combattre la Russie. C’est, potentiellement, le piège de Thucydide qui est pourtant pertinent. Ce concept polémologique théorisé par Graham Allison (2010) fait encore référence à la Guerre du Péloponnèse, Sparte contre Athènes, causée, selon lui, par la perception de la montée en puissance de la cité-État rivale. Dans cette guerre, l’île de Melos qui voulut rester neutre fut anéantie par Athènes – une leçon à retenir ?
Allison considère que les États-Unis et la Chine, du fait du développement de cette dernière, sont engagés dans une pente presque inéluctable qui les mènera à se mesurer militairement. Que fera alors la Russie? (La Chine et l’Amérique dans le piège de Thucydide 2019)
Couper internet pour faire des économies d’énergie
C’est ce que propose Jean-Noël Barrot, ministre de la Transition numérique (sic: la transition vers l’écran noir!), sur Europe 1 – naturellement pour notre bien et pour nous éviter des efforts! Gageons que, dans quelques semaines, le gouvernement que le monde entier nous envie « proposera » de couper internet à ceux qui auront été trop souvent sur des sites « mal pensants », sous prétexte de « sobriété énergétique ». Quand on vous dit que l’on peut être « en même temps » libertaire et liberticide!
Comment a-t-on pu laisser le pouvoir rogner aussi frontalement les libertés individuelles ? Quand est-ce que cela s'arrêtera ? https://t.co/J6m2dra1s2
— Vivien Hoch (@vivien_hoch) October 10, 2022

