C’est arrivé un 25 octobre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
- le 25 octobre 304 : martyre du pape saint Marcellin.
Elu le 30 juin 296 comme 29ème pape, c’est sous son pontificat que commence la dernière persécution, celle de Dioclétien.
- le 25 octobre 625 : mort du pape Boniface V.
- le 17 ou le 25 octobre 732 : Charles Martel arrête les arabes à Poitiers.
En 711, soit à peine 80 ans après la mort de Mahomet, les musulmans atteignent l’Espagne, qu’ils traversent en 8 ans, et occupent en 719 le Languedoc actuel. Cette province, entre les Pyrénées et le Rhône, s’appelle alors Gothie, en souvenir des Wisigoths, ou Septimanie, d’après ses sept villes principales (sa capitale Narbonne, Agde, Béziers, Nîmes, Maguelone, Lodève et Elne).Arrêtés à Toulouse, en 721, par le duc Eudes d’Aquitaine, ils tournent alors leurs regards vers l’est et prennent Nîmes, Arles et Autun en 725.
En 732, ils s’approchent de Tours la ville de Saint Martin qu’ils pillent entièrement. A la demande de l’Eglise, le Duc des Francs, Charles Martel, vient au secours d’Eudes, Duc d’Aquitaine. Après avoir rassemblé une armée à la hâte, Charles Martel rejoint les troupes musulmanes, à Moussais, à proximité d’une voie romaine reliant Châtellerault à Poitiers. Le samedi 25 octobre 732, 1er jour du ramadan, les envahisseurs musulmans se décident à engager la bataille, au nord de Poitiers. Leur chef, Abd al-Rahman, est tué pendant la bataille. Sa cavalerie, légère et désordonnée, se heurte au «mur infranchissable» que forment les guerriers francs, à pied, mais disciplinés et bardés de fer. De son côté, Charles Martel attribue sa victoire à l’intercession de la Vierge Marie et parle des anges combattant aux côtés des Francs.
C’est son fils, le Roi Pépin le Bref, qui va libérer Narbonne et chasser définitivement les musulmans de Septimanie en 759, trois ou quatre décennies après leur arrivée.
- le 25 octobre 1131 : Louis VII est sacré Roi par le pape Innocent II, à Reims.
A l’issue du sacre, les Rois vont se recueillir à Corbeny sur le tombeau de saint Marcouf, où ils touchent les malades pour les guérir. Ce don de guérison des Roi de France remonte à l’évangélisation du pays et manifeste bien le lien religieux qu’il y a entre la personne royale française, « lieu-tenant » du Christ en France et la Foi catholique.
Saint Marcouf est fêté le 1er Mai. Marculphe ou Marcouf, premier moine dont le nom porte l’empreinte franque, est né à Bayeux de parents nobles et riches. Tout jeune il recherche la solitude par la prière, désire entendre parler de choses divines, pratique la charité pour les pauvres, mène une vie studieuse et obéissante.
Prêtre à trente ans, il évangélise le Cotentin, part en mission dans le diocèse de Coutances, d’Avranches désirant introduire ceux qui l’écoutent dans le mystère d’Amour de la Trinité, et insistant sur la nécessité de croire et de pratiquer les bonnes œuvres, la nécessité « d’adorer en esprit et en vérité ». Il exhorte avec force au mépris des richesses et des faux honneurs. Plein de douceur, il guérit aveugles, sourds, muets, boiteux, paralytiques. Après sa mort, les miracles sont nombreux et durent jusqu’à nos jours. Il part aussi en Bretagne y établir la vraie foi et fonder des monastères. Il meurt à Nanteuil, le 1er mai 558, assisté de saint Lô.
Un ange en songe lui demande d’aller voir le Roi Childebert pour obtenir la concession de Nanteuil, l’actuel Saint Marcouf, afin d’y installer un monastère où l’on prierait pour le Roi, la nation des Francs et la Sainte Eglise.
Marcouf, pour remercier le Roi du don de la terre de Nanteuil, a entrepris les pénitences les plus austères afin d’obtenir de Dieu la grâce, pour les Rois de France, de guérir les écrouelles. Après leur sacre, les Rois viennent à Corbeny prier devant les reliques de Saint Marcouf, déposées en ce lieu après les invasions normandes. Ils entendent une messe, commencent une neuvaine, passent devant les malades, les bénissant du signe de la croix en disant : « le Roi te touche, Dieu te guérit. »
Cet usage est maintenu jusqu’à Charles X ; Jeanne d’Arc y accompagne Charles VII. Pour le sacre de Louis XV, Louis XVI, Charles X, les reliques du saint sont portées à Reims et placées à côté de l’Evangile.
« Le privilège des Rois de France de guérir les écrouelles est une grâce donnée gratuitement » affirme Benoît XIV. Ce don disparaît avec Philippe 1er (1060-1108) excommunié pour désordres moraux et réapparaît avec son fils Louis VI.
« Autant la France a eu des monarques sacrés, autant saint Marcouf a vu des couronnes prosternées à ses pieds pour y honorer le glorieux protecteur de leur sceptres ».
Voir aussi la chronique du 21 mars.
- le 25 octobre 1241 : élection du pape Célestin IV.
- le 25 octobre 1360 : Jean II le Bon est libéré par les Anglais, à Calais.
Et ceci contre une rançon de 3 millions d’écus d’or. Le royaume manquera longtemps de métaux précieux et devra frapper la monnaie sur du cuir. Voir la chronique de la veille.
- le 25 octobre 1415 : bataille d’Azincourt, la «fleur de la chevalerie française» est tuée.
L’armée française est écrasée par les troupes anglaises du roi Henri V à Azincourt, au nord de la Somme. Embourbés, les chevaux de la noblesse française ne parviennent pas à vaincre les archers anglais, malgré la supériorité numérique (50 000 contre 15 000 anglais). De nombreux chevaliers sont faits prisonniers. Suite à cette victoire, Henri V s’empare de la Normandie. 7000 Français ont péri pendant la bataille. 1500 ont été faits prisonniers.
- le 25 octobre 1440 : Gilles de Rais est déclaré par le tribunal ecclésiastique nantais hérétique, apostat, invocateur de démons, sodomite et sacrilège.
A l’issue le tribunal civil le condamne à mort.
- le 25 octobre 1586 : Marie Stuart condamnée à mort.
Au terme de 18 ans de prison, la reine d’Ecosse est reconnue coupable de conspiration contre la reine d’Angleterre, Elizabeth Ière et condamnée à mort. La reine Marie Stuart met plusieurs mois avant de signer son acte d’exécution, qui a finalement lieu le 8 février 1587. Epouse du Roi de France, François II, Marie Stuart est rentrée en Ecosse à la mort de son mari en 1560. Profondément catholique, elle ne peut accepter que le protestantisme devienne la religion d’Etat en Ecosse.
- le 25 octobre 1653 : mort de Théophraste Renaudot.
Théophraste Renaudot meurt le 25 octobre 1653 à Paris. Médecin et journaliste, il est célèbre pour avoir développé la presse en France, en créant notamment le périodique “La Gazette” en 1631. En 1628, il crée le « bureau d’adresse » où sont déposées les offres et les demandes d’emploi, devenant ainsi le pionnier des petites annonces. Il s’investit également dans l’aide aux miséreux en tant que « commissaire aux pauvres du Royaume ». Le prix littéraire Renaudot porte son nom depuis 1925.
- le 25 octobre 1722 : sacre de Louis XV à treize ans.
La cérémonie du sacre témoigne par son faste de l’attachement d’un peuple qui a donné à son Roi le surnom de ” Bien-Aimé “. Voir les chroniques du 15 février et du 1er septembre.
- le 25 octobre 1743 : deuxième Pacte de famille entre l’Espagne et la France.
Dix ans après le premier Pacte de famille, les Bourbons signent le Traité de l’Escurial. Il vise à relier par un accord d’union et d’alliance perpétuelle, l’Espagne et la France, et ainsi à contrer l’influence de George II de Grande-Bretagne. En 1761, les Bourbons d’Italie y sont inclus ave le duc de Parme.
- 25 octobre 1795 : fondation de l’Institut de France.
Toutes les institutions de la Monarchie ayant été officiellement dissoutes en 1793, le pouvoir révolutionnaire met deux ans à comprendre que beaucoup de choses avaient un sens et correspondaient à un besoin.
- le 25 octobre 1836 : érection de l’Obélisque du Louxor.
C’est devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs que l’Obélisque du Louxor est placé au milieu de la place de la Concorde. Il faut quatre heures pour dresser les 230 tonnes de granit. En 1832, le Pacha Muhammad Ali offre à Louis-Philippe un des deux obélisques du temple de Thèbes, vieux de trois mille ans et dédié à Ramsès II. L’ingénieur Philippe Le Bas est chargé de le ramener à Paris, par un itinéraire de 12000 kilomètres.
Conçue en 1763 par l’architecte Anne-Jacques Gabriel dans le prolongement du Louvre et des Tuileries, la place Louis XV a d’abord servi d’écrin à la statue du Roi. Rebaptisée place de la révolution sous la Convention en 1792, elle accueille la guillotine et voit l’exécution du Roi Louis XVI. Les journaux de l’époque décrivent un sol uniformément rouge, où les pavés ont disparus sous l’abondance de sang coagulé s’écoulant vers la Seine. Après la Terreur, elle prend son nom actuel, plus consensuel, de place de la Concorde.
- le 25 octobre 1839 : mort d’Aimé Casimir Marie Picquet, chevalier du Boisguy.
Né en 1776 à Fougères, Aimé Casimir Marie Picquet, chevalier du Boisguy est surnommé «le petit général ». Il s’engage dans les rangs royalistes durant la révolution française, alors qu’il n’a que 15 ans. Deux ans plus tard, il commande les chouans d’Ille-et-Vilaine et devient général en 1795. Il est l’un des derniers généraux chouans à se rendre. Réformé durant la Monarchie de Juillet, il perd sa femme en 1837 et meurt de la goutte le 25 octobre 1839, à Paris.
- le 25 octobre 1906 : Georges Clemenceau devient président du Conseil.
Il forme alors un cabinet qui regroupe René Viviani au ministère du Travail et le général Picquart, qui s’est illustré dans l’affaire Dreyfus, au ministère de la Guerre. Georges Clemenceau conserve quant à lui le ministère de l’Intérieur. Sur le plan international, il s’illustre notamment en maintenant la paix avec l’Allemagne tout en réformant l’armée afin de préparer à affronter une guerre.
Viktor Orban : « Bruxelles ferait bien de comprendre que même les communistes n’ont pas réussi à nous avoir »
Le Premier ministre hongrois, lors d’un rassemblement à Budapest à l’occasion de la fête nationale qui commémore le soulèvement de la Hongrie contre l’URSS en 1956, a dénoncé samedi 23 octobre l’attitude de l’Union européenne envers son pays et la Pologne, digne de l’URSS :
“L’Union européenne nous parle et se comporte avec nous et les Polonais comme des ennemis”. “Bruxelles ferait bien de comprendre que même les communistes n’ont pas réussi à nous avoir. Nous sommes le David que Goliath ferait mieux d’éviter”.
Abroger la loi sur la dénaturation du mariage ? “On verra”, répond Éric Zemmour
“Le mariage pour tous a été une erreur“, estime Éric Zemmour, dans l’émission déjà citée hier. Le polémiste indique que cette loi a “ouvert la boîte de Pandore”.
Éric Zemmour assure qu’il ne compte pas “démarier les gens” sans pour autant préciser s’il maintiendrait ou non la loi. Il finit par répondre : “On verra”. Il souhaite par ailleurs revenir sur l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA).
Belgique : 10% des bébés qui meurent sont tués par des médecins
C’est ce qu’on appelle l’avortement post-natal :
“L’avortement post-natal devrait être autorisé dans tous les pays qui acceptent l’avortement comme une pratique légale et éthique“. Dès 2012, deux chercheurs italiens installés en Australie ont affirmé sans ambages qu’il n’y a aucune différence entre le statut moral d’un fœtus et celui d’un nouveau-né. Ce n’est pas le passage par le canal de la naissance qui donne au fœtus la dignité d’une personne. Très vrai. Mais cette situation est malheureusement exploitée de manière flagrante par la Nouvelle-Zélande, qui a dépénalisé l’avortement avec l’une des lois les plus extrêmes au monde, à savoir qu’elle exige qu’on laisse mourir sans aide médicale, les enfants qui survivent à des avortements tardifs.
Tuer un bébé est donc éthiquement acceptable dans tous les cas où l’avortement l’estpuisque “le statut moral du nourrisson est le même que celui de l’enfant à naître ; et si aucun des deux n’a de valeur morale du fait qu’il n’est qu’une personne potentielle, alors la même raison devrait justifier le meurtre d’une personne potentielle lorsqu’elle vient de naître”.
Aucune différence entre les fœtus et les nouveau-nés
Pourtant, malgré l ‘horreur de la loi néo-zélandaise qui autorise la mort des bébés nés vivants mais “non désirés”, des choses pires encore se produisent déjà en Europe. L’enquête publiée dans le périodique Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica l’avait anticipé : médecins et autres professionnels de santé des régions flamandes de Belgique sont prêtes à pratiquer des avortements tardif et sont également favorables à la légalisation de l’infanticide. Ils conviennent que “dans le cas d’une maladie grave (non mortelle) du nouveau-né, l’administration de médicaments dans l’intention expresse de mettre fin à la vie de ce dernier est acceptable”.
Il devrait donc être possible de “supprimer légalement” la vie des enfants attendus, désirés et nés vivants s’ils sont handicapés ou souffrent de maladies graves. Malheureusement, ce n’est pas la seule hypothèse.
Meurtres d’enfants
«Je pense que de nombreuses personnes en sont venues à considérer l’euthanasie comme une partie normale des fonctions d’un médecin, au même titre que l’accouchement ou la chirurgie. Mais j’ai l’impression qu’une minorité importante et croissante se pose une question inquiétante : “Où cela va-t-il finir ?””. C’est ainsi que le professeur Theo Boer, professeur d’éthique des soins de santé, grand partisan de l’euthanasie aux Pays-Bas puis grand repenti, s’est exprimé sur les pages d’iFamNews face aux dérives dramatiques atteintes par les pratiques d’euthanasie. Or, dans son pays, bien que cela n’ait pas été formellement étendu aux enfants, les directives émises par le gouvernement ordonnent au procureur de ne pas poursuivre les médecins qui euthanasient des enfants de moins de 12 ans, selon certains critères.
La réalité cependant est encore pire : une publication médicale spécialisée et faisant autorité, l’Archives of Disease in Childhood. Fetal and Neonatal Edition rapporte que pas moins de 10 % de tous les enfants décédés en Flandre entre 2016 et 2017 avant l’âge d’un an, ont reçu des médicaments de la part de leurs médecins avec “l’intention explicite d’abréger leur vie”. C’est-à-dire qu’ils ont été tués : c’est un infanticide.
L’étude, intitulée End-of-life decisions in infants and young children : a population-based mortality follow-up study (Décisions de fin de vie chez les nouveau-nés et les nourrissons : une étude de suivi de la mortalité au niveau de la population ), couvre les décisions de fin de vie (ELD), y compris le non-traitement ou la médication pour soulager la douleur et/ou les symptômes. Le questionnaire anonyme soumis aux médecins traitants montre que dans 61% des cas de décès d’enfants en Flandre pendant la période couverte par la recherche, une ELD a précédé le décès. Si “seulement” 10 % des cas ont reçu des médicaments dans l’intention explicite d’abréger la vie, il y a aussi des cas (jusqu’à 37 %), de non-administration ou de suspension des traitements. Cela signifie que ces enfants sont morts parce qu’on ne leur a pas offert les soins dont ils avaient besoin : on les a laissés mourir.
Ensuite, il y a un autre énorme 14% de cas dans lesquels des médicaments ont été administrés avec des conséquences possibles, bien que non explicites, de raccourcissement de la vie.
Cela signifie que plus de la moitié des bébés et des nourrissons qui sont décédés en Flandre entre 2016 et 2017 sont morts à la suite d’un acte délibéré, ou d’une omission de la part des médecins traitants ayant l’intention – plus ou moins explicite – de mettre fin à l’existence de ces petits.
Il n’existe pas de “petite euthanasie”.
Loin de dénoncer la situation actuelle, les auteurs de la recherche, constatant le statu quo, suggèrent que des réglementations soient élaborées pour permettre l’infanticide dans des conditions plus contrôlées, au risque toutefois de “limiter les néonatologistes dans la prise de décisions qu’ils estiment justifiées dans l’intérêt supérieur de l’enfant”. La crainte serait donc qu’une plus grande surveillance et une meilleure évaluation de la pratique (c’est-à-dire de l’infanticide) ne limitent l’action des médecins. Le tout, bien sûr, au nom de “l’intérêt supérieur” qui est devenu une formule magique aux Pays-Bas, mais pas seulement dans ce pays, pour rendre acceptable tout acte répréhensible.
L’infanticide, en revanche, n’est pas une pratique médicale éthique. Le simple fait qu’elle soit envisagée montre que “donner aux médecins (et de plus en plus aux infirmières) un permis de tuer finit par corrompre la médecine, du début à la fin de la vie“.
Un sondage en eaux troubles
Le Père Viot revient sur les méthodes critiquable du rapport Sauvé ainsi que sur le profil partisan de certains des rédacteurs du rapport.
Erick et Sylvie Pétard : “Nous avons perdu nos deux filles sous les balles des terroristes”
Le 13 novembre 2015, la vie de la famille Pétard a basculé. Anna et Marion, 24 et 27 ans, les deux filles d’Erick et Sylvie, se trouvent avec une amie à la terrasse du Carillon dans le Xème arrondissement de la Capitale. A 21h25 environ, une demi-heure avant la prise d’otages au Bataclan, une voiture s’arrête. Trois hommes armés descendent et tirent à vue. Anna et Marion seront tuées sur le coup.
Commence alors pour les parents une interminable attente, rythmée de mauvais pressentiments et de bribes d’informations. Le verdict aussi injuste qu’inqualifiable tombera seulement samedi soir, avec un appel froid du ministère de l’Intérieur : “Je suis désolée, vos filles font partie des victimes des attentats”.
Cette phrase fait basculer pour toujours la vie de Sylvie et Erick Pétard. Une vie de parents aimants dont la plus grande joie était d’offrir une belle vie à leurs deux chères filles à force de travail. Après l’indicible, ils racontent l’attitude des autorités qu’ils tiennent responsables d’avoir laissé commettre de tels attentats meurtriers. Ils expliquent pourquoi ils se tiennent éloignés des hommages nationaux comme du procès des attentats du 13 novembre.
Sylvie et Erick Pétard racontent aussi comment ils survivent à la disparition de leurs deux filles, en vivant avec elles par la prière, avec l’espérance de les retrouver un jour. Un entretien bouleversant de pudeur.
Conflit au Haut-Karabagh : Un an après, le bilan des actions menés par SOS Chrétiens d’Orient
Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :
Le 27 septembre 2020, le Haut-Karabagh (ou Artsakh) était envahi par l’Azerbaïdjan. Cette enclave est peuplée entièrement d’Arméniens, qui se sont vus chassés de leurs terres lors de la guerre des 44 jours. On déplore la perte de 3 773 soldats et civils et le nombre de disparus est porté à 243, sans compter les milliers de blessés. Aujourd’hui amputé d’une grande partie de son territoire, le Haut-Karabagh continue de subir les exactions répétées des forces armées azerbaïdjanaises. En septembre 2020, SOS Chrétiens d’Orient a ouvert son bureau permanent et a pu porter un secours immédiat aux déplacés et réfugiés de l’Artsakh.
Du 27 septembre 2020 au 27 septembre 2021, grâce à la mobilisation exceptionnelle de ses donateurs, SOS Chrétiens d’Orient a envoyé 65 volontaires sur le terrain, venant en aide à plus de 10 000 bénéficiaires.
Après l’aide d’urgence, SOS Chrétiens d’Orient a lancé plusieurs projets de développement : reconstruction ou rénovation de maisons, d’églises ou de routes détruites par la guerre ; aide au développement économique par l’élevage et l’agriculture ; soutien médical.
Au-delà des séquelles physiques laissées par la guerre, l’urgence médicale est grande dans les villes et villages excentrés d’Erevan, la capitale du pays. SOS Chrétiens d’Orient participe au financement d’un scanner à la pointe de la technologie, à Goris, dans le Sud de l’Arménie, estimé à 370 000€. Ce projet, en partenariat avec le Centre Cardiovasculaire Franco-Arménien (CCFA), répond à la demande toujours plus pressante de 2 300 bénéficiaires.
SOS Chrétiens d’Orient appelle non seulement à une mobilisation humanitaire, mais aussi à une action politique et diplomatique conjointe de la France, des pays européens et de la Russie. L’Arménie ne doit pas être abandonné face à l’expansionnisme turco-azerbaïdjanais.
Les équipes de SOS Chrétiens d’Orient sont présentes en première ligne pour venir en aide aux Arméniens, et sont à disposition des journalistes pour témoigner, à l’occasion de l’anniversaire tragique du conflit au Haut- Karabagh.
Choisir entre le mondialisme et une culture nationale
Jean-Frédéric Poisson est interrogé dans Monde & Vie sur son soutien à une éventuelle candidature d’Eric Zemmour; Extrait :

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Chanter pour embellir le monde avec Patrice Martineau
Vous rêvez d’une soirée privée en famille, avec des amis et des amis d’amis sur invitation autour d’un buffet convivial et d’un récital de chansons à peu de frais dans une grange, une salle ou en plein air…
Un récital où toutes les générations se retrouvent autour d’un même répertoire qui fait rêver, pleurer, sourire et s’interroger sur l’actualité…
Un récital fait de chansons nouvelles (Réfractaire !), inédites, ou extraites de ses albums solo, quelques succès empruntés au répertoire du duo (Le scapulaire, La vie de Famille, O Marie, Reine de France, De vos entrailles), des chansons d’Amour bien sûr, adaptées des Troubadours (Rudel, Ventadour, G. de Poitiers…), et pourquoi pas des chansons suggérées par vous, bref, tout un univers artistique qui nourrit Patrice depuis toujours, qui ne cesse de s’enrichir et dans lequel vous retrouvez vos rêves, votre espérance et vos combats…
Patrice Martineau est à votre disposition pour vous aider à réaliser ce rêve.
Abus d’autorité et cléricalisme : L’AFSAN face à une situation de blocage dans le diocèse de Grenoble-Vienne
L’association AFSAN (Association des fidèles de Saint André et Notre Dame en l’isle) communique :
Alors que l’AFSAN a rencontré Monseigneur de Kerimel dans un entretien en apparence cordial, l’association se trouve dans l’obligation de manifester une nouvelle fois son mécontentement et sa tristesse face à une situation de blocage sans issue apparente. En effet, l’évêque de Grenoble-Vienne reste campé sur une position qu’il ne justifie pas autrement que par un argument d’autorité – un abus d’autorité ?
OBEISSANCE : DRAPE DERRIERE L’ARGUMENT D’OBEISSANCE, L’EVEQUE REFUSE LE STATU QUO
« On ne se trompe jamais à obéir ». C’est à cet argument sans appel que Monseigneur de Kerimel est revenu sans relâche, éludant questions, objections et discussions de fond. Tout porte à croire que l’évêque a une notion d’obéissance aux antipodes de ce qu’enseigne l’Église, en cohérence manifeste avec celle qu’il a de l’autorité : celui qui a l’autorité parle, les autres doivent obéir sans discussion. Dans le jargon, on appelle ça cléricalisme. Depuis le rapport Sauvé, on sait mieux hélas à quels abus ce genre de positionnement a mené.
L’AFSAN est cependant sûre d’être dans l’obéissance, ayant lu, écouté, travaillé les propos du Saint-Père, qui a explicité les tenants et aboutissants de son Motu proprio. François a ainsi affirmé aux évêques français en visite à Rome qu’il ne souhaitait pas la destruction de tous les groupes utilisant la messe traditionnelle. Il leur a demandé de veiller à ce que l’utilisation de cette liturgie ne soit pas le paravent d’une idéologie de refus du concile Vatican II. Il leur a demandé d’être paternel avec les autres groupes qui utilisent cette liturgie dans un esprit ecclésial et apaisé.
Fidèles au magistère, nous ne sommes pas concernés par l’idéologie désignée et donc par le Motu Proprio, nous n’avons pas à subir une attitude qui s’apparente à une sanction. Le pape l’a dit : les évêques doivent être les pasteurs qui sortent de la rigidité des lois. Ne serait-ce pas justement cela, obéir ?
“Au jugé de ce qui se passe dans son diocèse, l’évêque peut appliquer le statu quo”. Les mots propres de l’évêque résonnent alors comme une sentence : à notre demande de statu quo, accompagné d’une proposition de groupes de travail pour réfléchir à une meilleure intégration dans le diocèse et à des ponts avec la paroisse, l’évêque a répondu “il n’en est pas question”. Nous ne sommes donc pas dignes, cantonnés par notre évêque dans une prétendue désobéissance et une “communion à l’Eglise incomplète”.
TRANSITION EN DOUCEUR OU PASSAGE EN FORCE ?
Particulièrement attentif à la place des laïcs dans l’Eglise, comme le montre le Synode sur la synodalité inauguré le dimanche 10 octobre, le pape François demande bien à ses pasteurs d’être « à l’écoute des demandes, des angoisses, des espérances de chaque Église, de chaque peuple et nation » ? La décision de Mgr de Kerimel n’est-elle pas en totale incohérence avec ces propos ?
Derrière une prétendue transition en douceur, l’évêque annonce dans les prochaines semaines un décret décisif, qui limitera peu à peu la messe dite selon le missel de Jean XXIII. Déjà, les prêtres sont contraints dans leurs apostolats : interdiction de baptiser des adultes, d’être aumônier scout, … Non pas parce que nous “représentons un danger”, mais parce qu’ “il y a un danger en nous”. Supprimer ce qui pourrait être source de danger, comme une euthanasie spirituelle… Saint-André, Notre-Dame-de-l’Isle, #Mychurchtoo…
Est-ce vraiment la priorité d’un évêque aujourd’hui, d’entraver le bon fonctionnement de deux églises remplies et rayonnantes, alors qu’il y a tant de défis plus urgents : manques de prêtres, églises vides et/ou à vendre, crise financière, abus sexuels. L’évêque de Grenoble peut-il se permettre dans le contexte actuel de relancer une guerre intestine ancienne, qui a déjà tant blessé, alors que la situation était justement paisible et stable depuis une dizaine d’années, avec des apostolats florissants ? Une pétition circule d’ailleurs pour appeler Mgr de Kerimel à ne pas relancer cette guerre liturgique qui a tant fait de mal.
OU EN EST L’AFSAN?
L’association prend acte que le positionnement inflexible de l’évêque conduit à une situation de blocage qu’elle déplore. En conscience, elle ne peut se résoudre à ne pas défendre une position légitime, autorisée, pastoralement féconde.
Ses suppliques repoussées d’un revers de main, l’AFSAN a décidé de se tourner vers l’archevêque métropolitain de Lyon, ainsi que vers le Président de la Conférence des évêques de France, sollicitant de leur part une rencontre, un retour, un regard actif et apaisant.
Nous réaffirmons notre volonté d’être pleinement intégrés à la vie diocésaine ainsi qu’à ses œuvres, dans la préservation de notre charisme propre. Nous redemandons officiellement le maintien du fonctionnement actuel de ces deux communautés desservies par la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, non seulement dans l’immédiat mais sur le long terme.
Premier calendrier catholique breton pour 2022
Des Bretons lancent un nouveau calendrier bilingue breton/français pour 2022, avec notamment :
- Le calendrier des saints bretons
- Chaque mois un nouveau cantique
- Chaque mois de nouvelles chapelles, calvaires, églises et cathédrales à découvrir
- Les prières en breton
A précommander au prix de 5€ au lieu de 7€ pour toute commande avant fin octobre.

C’est arrivé un 24 octobre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
- le 24 octobre 996 : mort du Roi Hugues 1er, dit Hugues Capet
Le Roi Hugues Capet meurt de la variole près de l’abbaye de St-Martin-de-Tours.
- le 24 octobre 1360 : Jean II le Bon ratifie le traité de Brétigny, à Calais.
Si elle avait duré, la paix conclue en 1360 à Brétigny, puis confirmée la même année, à Calais entre Jean II le Bon, Roi de France, et Édouard III, roi d’Angleterre, aurait été pour la France une amputation sans précédent. Car depuis le traité de Verdun de 843, non seulement le royaume a conservé ses limites, mais il s’est agrandi.
Édouard III renonce au titre de Roi de France mais, outre la rançon de trois millions d’écus, il obtient, en toute souveraineté, la Guyenne, la Saintonge, l’Agenais, le Limousin, le Périgord, le Quercy et l’Angoumois : plus d’un tiers de sa superficie et de ses sujets. Mais le fils de Jean II, devenu Charles V, en 1369, rompt cet accord inique et humiliant et entame avec succès la reconquête des provinces perdues.
- le 24 octobre 1428 : Guerre de Cent ans, la bataille d’Orléans.
Les Anglais prennent le fort des Tournelles devant Orléans. La situation de la ville va très vite devenir critique. Dernière grande place fidèle au « roi de Bourges », le Dauphin, si Orléans tombe, la monarchie française aura vécu. Mais Dieu veille et suscite l’intervention de Jeanne d’Arc.
- le 24 octobre 1648 : les traités de Westphalie.
L’ordre « Westphalien » encore appelé le « Concert Européen » va régir les relations entre Etats jusqu’à la révolution.
Le 24 octobre 1648 sont publiés les traités de paix signés en Westphalie, à Osnabrück et Münster. Ils mettent fin à la guerre de Trente Ans. Ils sont signés en trois étapes. Le 30 janvier 1648, l’Espagne et les Provinces Unies signent un premier Traité à Münster pour mettre fin à la Guerre de Quatre-vingt-ans. Le 24 octobre, la France et le Saint-Empire signent l’autre Traité de Münster. La Suède fait de même avec l’Empire des Habsbourg à Osnabrück. Les traités ont été habilement négociés par le cardinal Mazarin, représentant la France. C’est en effet la première fois que se retrouvent autour d’une table de négociation les grands États d’Europe et que sont définies les relations entre les États dans le respect de la souveraineté de chacun.
La France est confirmée dans la possession des Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun, ainsi que de la plus grande partie de l’Alsace, à l’exception notable de Strasbourg que Louis XIV va annexer quelques années plus tard. L’équilibre politique qui en sort en réorganisant l’Europe centrale perdure jusqu’à la Révolution française, 150 ans plus tard. C’est la folie révolutionnaire et impériale qui remet tout en cause en créant les conditions de l’unification de l’Allemagne absente de tout rôle politique en Europe jusqu’à l’arrivée de Bismarck.
Pour le Roi Louis XIV, les principes de Westphalie sont : « le Repos de la Chrétienté».
- le 24 octobre 1681 : le Roi Louis XIV fait son entrée à Strasbourg.
Après avoir réussi, le 30 septembre, à investir Strasbourg sans avoir eu à combattre, le 24 octobre, le Roi-Soleil, âgé de 43 ans et à l’apogée de sa gloire, entre dans la ville. Les privilèges et les institutions de la ville sont confirmés. La liberté de culte est garantie, mais la cathédrale rendue aux catholiques.
On fait frapper une médaille qui commémore l’événement. Elle a pour légende «Clausa Germanis Gallia» (la Gaule fermée aux Germains)…
- le 24 octobre 1690 : victoire française à la bataille de Québec.
Grace à l’action du Marquis de Frontenac, les Anglais échouent à conquérir Québec. Frontenac repousse l’offre de reddition de l’émissaire anglais par cette réplique célèbre :
« La seule réponse que je ferai à votre général viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on envoie sommer un homme comme moi ; qu’il fasse du mieux qu’il pourra de son côté, comme je ferai du mien »
Voir la chronique du 16 octobre.
Le 18 octobre 1690, et pendant deux jours, les 2000 Anglo-américains bombardent la ville. Les 23 et 24 octobre 1690, les Anglais négocient l’échange de prisonniers et lèvent l’ancre. Québec se souvient: ce jour est la fête annuelle de Notre-Dame-des-Victoires
- le 24 octobre 1902 : Bertillon inventeur de la police scientifique.
Ce jour là, Alphonse Bertillon démontre pour la première fois l’utilité des empreintes digitales en criminologie… Il utilise le premier cette technique dactyloscopique, de comparaison des empreintes digitales pour confondre Henri-Léon Scheffer, assassin d’un domestique au cours d’un cambriolage.
- le 24 octobre 1916 : avancée française décisive à Verdun.
Les Français, bénéficiant de l’initiative depuis le mois d’août, lancent une vaste offensive pour reprendre les forts de Vaux et de Douaumont. Le front s’étend sur sept kilomètres et l’effort s’avère efficace. Les troupes françaises du groupement Mangin reprennent, en 4h, le fort de Douaumont.
- le 24 octobre 1929 : « Jeudi noir » à Wall Street.
Ce jour est un « Jeudi noir » à la bourse de Wall Street, à New York. La crise boursière, due à une spéculation sur les titres, débouche sur une crise du crédit et entraîne le monde entier dans une crise économique sans précédent. Les actions perdent en quelques jours 43% de leur valeur. Les experts se veulent confiants. Ils assurent qu’un effondrement de la Bourse ne peut pas affecter «l’économie réelle». Le président des États-Unis proclame quant à lui que «la prospérité est au coin de la rue».
- le 24 octobre 1945 : création de l’ONU, ratification et entrée en vigueur de la Charte.
- le 24 octobre 1945 : création de la G.L.F.F sous l’appellation de « Union maçonnique féminine»
- le 24 octobre 1994 : Edouard Balladur assiste à une tenue blanche fermée au Grand Orient de France.
Cela se passe au siège de l’obédience, 16 rue Cadet à Paris, sous la présidence du grand maître Patrick Kessel, lequel déclare avant de laisser son siège à son successeur :
« Nous n’avons pas pris la défaite de la gauche pour la défaite du GoF ! Aujourd’hui ? Eh bien nous avons toujours un gouvernement républicain. Cette droite là ne nous gène pas au contraire ! »
Le même jour a lieu l’occupation d’une centre d’avortement à Grenoble avec, pour la première fois, la participation d’un abbé mitré, Dom Gérard Calvet.
Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et des mœurs (Editions de Chiré pages 418)
(Voir les chroniques du 10 novembre, du 6 décembre, du 10 juin et du 4 juillet.)
Il dénonce les fraudes et fait l’objet d’une enquête
Charles Prats dénonce les milliards de fraude sociale liée à l’immigration.
Résultat : il est visé par une enquête administrative pour… d’éventuels manquements au «devoir de réserve».
Le juge, connu pour ses travaux sur la fraude sociale et fiscale en France, dénonce une pression d’ordre politique.
Selon une source proche du dossier au Figaro, «les prises de position publiques, les tweets» du juge sont en cause, ces éléments illustrant parfois «des positions politiques». «La question se pose de l’impartialité, du devoir de réserve d’un magistrat» poursuit la source, citant également les mots «engagés» utilisés par le juge, qui dénonce parfois publiquement ceux qu’il qualifie de «nervis d’extrême-gauche, antifas, black blocs».
Interrogé par Le Figaro, Charles Prats dénonce une pression d’ordre politique :
«Si les gens veulent savoir pourquoi le gouvernement lance cette enquête administrative, ils n’ont qu’à lire le tome 2 de mes livres sur les fraudes en France. Ils vont comprendre».
Charles Prats publie régulièrement des travaux sur l’ampleur, sous-estimée selon lui, de la fraude sociale et fiscale en France. Son premier livre, «Le cartel des fraudes», avait été publié en 2020, et le deuxième tome est paru le 14 octobre.
Les belles figures de l’Histoire : saint Benoît
Aymeric Pourbaix et ses invités Véronique Jacquier et le Père Jean-François Thomas, jésuite nous font (re)découvrir les grandes figures qui ont façonné la civilisation judéo-chrétienne. Aujourd’hui saint Benoît :
Mais qui connaît Michel Barnier ?
Le Monde constate que les Français ne connaissent pas cet européiste fanatique :
Sa voix, douce et monocorde, est étouffée par le masque. Le patron de la Licorne a beau tendre l’oreille, il n’entend pas bien Michel Barnier venu visiter sa brasserie vendredi 22 octobre à Saverne (Bas-Rhin).Silhouette élancée, costume impeccable et cheveux argentés, le candidat à l’investiture du parti Les Républicains écoute, appliqué, ce « brasseur de père en fils » lui parler amidon et céréales. En partant, il croise deux salariés. « J’ai visité votre entreprise, les hèle le Savoyard, sympa et pro !
– Vous avez goûté nos bières, alors ?, gloussent-ils.
– Oh, il ne faut pas que je boive trop…, vous savez ! », sourit Barnier.
Les salariés lui lancent un regard interdit. L’invité comprend qu’il doit se présenter : « Michel Barnier, candidat à la présidence de la République. » Ses interlocuteurs écarquillent les yeux, puis s’esclaffent : « Ah bon ? Ce n’est pas Zemmour, le candidat ? »
Peu connu en France, l’ancien négociateur du Brexit a du chemin à faire avant le congrès de LR qui désignera son candidat le 4 décembre. Il a installé son QG juste derrière l’Elysée, et confié la direction de sa campagne à l’ancienne conseillère de Jacques Chirac, Marie-Claire Carrère-Gée, secondée par un noyau de parlementaires, dont Brigitte Kuster, Arnaud Danjean, Patrick Hetzel, François Cornut-Gentille, Olivier Marleix, ou encore le trésorier du parti, Daniel Fasquelle. Le maire de Meaux Jean-François Copé pourrait annoncer son soutien, lui aussi. […]
L’accord du Brexit a pesé lourd dans sa décision de se présenter à la présidentielle en France, qu’il a pourtant quittée quinze ans au profit de la technostructure bruxelloise. […]
Lui affiche cette méthode concertation et sens du collectif pour se démarquer sur la forme d’Emmanuel Macron dont il n’a jamais été très éloigné sur le fond, quoi qu’il en dise aujourd’hui. « Vous ne pouvez pas diriger la France sans mettre tout le monde dans le mouvement » , répète Barnier, qui dénonce une présidence « verticale, arrogante et solitaire » . A l’Elysée, on ironise sur cette soudaine ambition présidentielle, alors que l’ex- « M. Brexit » avait surtout rêvé de prendre la tête de la Commission européenne. Convaincu que Macron ne l’a pas soutenu en 2019, Barnier en garde une amertume. « Je ne suis jamais dans le fatalisme ou le regret, assure-t-il, j’ai appris ça de ma mère, qui disait : “Il ne faut jamais se retourner”. » Mais ses détracteurs à LR continuent de le faire passer pour un « macroniste déçu » , rappelant qu’il a été approché pour Matignon, quand Edouard Philippe est parti. Une condition était posée par l’émissaire de l’Elysée : quitter LR, ce qu’il a refusé.
[…] Il n’a pas hésité, en revanche, à changer de pied, en appelant sur les questions migratoires à « retrouver une souveraineté juridique pour ne plus être soumis aux arrêts de la Cour de justice de l’UE ou de la Cour européenne des droits de l’Homme ». Destinés à plaire à LR, ces propos ont suscité l’incompréhension à Bruxelles, où l’ancien commissaire s’est vu accusé de cynisme et de démagogie. […]
« Je n’adapte ni mon discours ni ma campagne sur Eric Zemmour, ne lui en déplaise. Il a le sentiment que tout tourne autour de lui. »
En marge de son déplacement à la foire agricole de Poussay dans les Vosges, Marine Le Pen s’est confiée à Livre Noir, sans filtre. Un début de campagne présidentielle bousculé par la percée d’Éric Zemmour dans les sondages. Un phénomène qui ne semble pas pour autant déstabiliser la candidate “habituée à la violence en politique”. Âpreté de la vie politique, équilibre avec sa vie personnelle, confidences sur Éric Zemmour, Jordan Bardella et Marion Maréchal et l’après-Le Pen, Marine dit tout.
Eric Zemmour élu ? « De la politique-fiction ! » pour Marine Le Pen, qui ne croit « pas du tout en sa possibilité d’être élu », ni d’accéder au second tour. « Il n’est pas assez rassembleur. »
C’est déjà ce que l’on disait d’Emmanuel Macron en octobre 2016, ou de Donald Trump…
« Je n’adapte ni mon discours ni ma campagne sur Eric Zemmour, ne lui en déplaise. Il a le sentiment que tout tourne autour de lui. »
« Valeurs Actuelles me traite plus mal que Libération (…) Geoffroy Lejeune a une forme d’hostilité récurrente à mon égard. »
Sur l’avenir de Jordan Bardella : « Il a le talent pour imaginer un jour la présidentielle. » Un choix au détriment de Marion Marechal ? « Les adhérents ont choisi ma ligne. Marion a une autre sensibilité, qui n’est pas celle choisie. »
La dictature Blanquer : transmettre les “valeurs de la République”… sauf la liberté
De Claude Meunier-Berthelot pour Le Salon beige :
C’était couru d’avance !
Pour qui s’était penché sur le cas Blanquer dès sa nomination au poste de ministre de l’Education nationale et même en deçà et ne s’était pas laissé prendre à son enfumage permanent, il était clair que la dictature était en marche au sein même de l’Education Nationale.
C’est ainsi que ce 19 octobre 2021, il a déclaré sans ambages :
« les enseignants doivent transmetre les ‘valeurs de la république’ ou ‘ sortir de ce métier ‘ » !
Pas moins !
A cet effet, il prévoit un « vaste plan de formation sur 4 ans des personnels, à la laïcité et aux valeurs de la république », prenant appui sur les hommages rendus à Samuel Paty assassiné pour avoir illustré la liberté d’expression – au programme – par la présentation d’une caricature de Mahomet et c’est précisément pour avoir appliqué la politique du gouvernement qu’il a été assassiné.
C’est ce qui explique que, pour masquer leur responsabilité, non seulement ceux qui nous gouvernent lui rendent un hommage retentissant mais JM Blanquer prend abusivement appui sur cette tragédie pour imposer une politique dictatoriale, qui plus est, non pas aux fauteurs de troubles mais aux victimes réelles ou potentielles.
Quid des valeurs dites de la république ?
La république est un mode de gouvernement – la rex publica – et non un catalogue de valeurs. Néanmoins, celles dont se recommandent ceux qui nous gouvernent pourraient être louables – liberté, égalité, fraternité – si elles n’étaient outrageusement interprétées et mises en œuvre.
Dans les faits…
Quelles sont-elles ?
Vincent Peillon nous dit :
« La laïcité consiste à placer le bien commun,l’égalité des droits et le respect de la personne humaine au-dessus des coutumes et des traditions… il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel… »
Autrement dit, il faut le dépouiller de toute attache pour en faire un zombie sans défense afin d’ anéantir notre civilisation et faire un homme nouveau.
Par ailleurs, Dominique Schnapper, à la tête d’un prétendu « Comité des sages » (sic) affirme la « nécessaire défense des valeurs républicaines pour dépasser les sentiments d’identification à des identités particulières » (notons au passage que notre « identité particulière » n’est qu’un sentiment !)
L’homme n’ayant plus d’attaches, tous les hommes sont égaux .
L’égalité est donc la « valeur phare » de la république de ceux qui nous gouvernent avec toutes les dérives que nous connaissons : idéologie du genre déversée aux enfants sans état d’âme, éducation sexuelle dès la maternelle « sans finalité normative de telle sorte que l’élève puisse construire son choix », lutte contre le racisme avec son corollaire, l’ouverture des frontières sans réserve, lutte contre l’antisémitisme, contre le colonialisme assassin, les traites négrières…bref ! tous les délires mondialistes déversés à haute dose par des associations type LGBT, LICRA, SOS racisme et autres imams qui ont leur entrée pleine et entière dans les établissements dits encore scolaires, lieux où « les intervenants extérieurs ont le droit de manifester ostensiblement leurs convictions philosophiques ou religieuses » en vertu du vademecum de la laïcité produit pat JM Blanquer en 2017 et auquel tout établissement doit se référer, quand dans le même temps, les enseignants qui n’enseignent plus sont condamnés au silence par le fameux « devoir dit de réserve » qui leur est imposé.
Exit le savoir…
mais uniquement pour nos enfants !
Pour nos enfants, il n’est donc plus question de transmettre des savoirs – exit le français, la littérature française, l’histoire de nos rois, la géographie de la France et du monde… tout cela est révolu ! nous sommes aux antipodes des recommandations de Jean-Jaurès aux instituteurs dans laquelle il soulignait l’importance de connaître la géographie et l’histoire de la France, « son corps et son âme » disait-il.
Mais cette éradication des savoirs concerne uniquement nos enfants car, dans le même temps, des structures d’excellence se développent dans les banlieues depuis plus de vingt ans, du primaire à l’université incluse, bénéficiant à plusieurs centaines de milliers d’immigrés répartis dans 1200 réseaux d’éducation prioritaire, en métropole et outre-mer, banlieues où JM Blanquer a couronné le système par la création de 126 « cités de haute qualité éducative » bénéficiant à 700 000 enfants et jeunes de 0 à 25 ans, et également par la création de 13000 nouvelles places d’internats d’excellence réservées aux élèves « issus de milieu modeste résidant en zone sensible » (sic) qui viennent s’ajouter aux 20 000 places créées par JM Blanquer soi-même en 2007 lorsqu’il était recteur de l’académie de Créteil et aux 6000 créées par Vincent Peillon en 2013 dans une implacable continuité politique, afin de procéder au grand remplacement des élites et accompagner le grand remplacement de population.
Se soumettre ou se démettre…
C’est le programme de JM Blanquer à l’égard des enseignants qui éprouvent la volonté coupable de transmettre des connaissances et d’assurer en même temps une formation intellectuelle aux enfants qui leur sont confiés dans le cadre de leur métier dans la soi-disant « Ecole de la république » qui n’a plus rien d’une Ecole, à l’égard de ceux qui ne se résignent pas à la dénaturation de leur métier et de leur mission auprès des enfants et des jeunes qui leur sont confiés.
Il faut « transmettre les valeurs de la république ou sortir de ce métier ».
Parfait ! Monsieur le ministre !
Seulement voilà ! faut-il vous rappeler qu’au fronton des mairies, trônent trois « valeurs – dites – de la république » dont la première affichée est la LIBERTE.
Alors, nous sommes d’accord !
Appliquez, appliquons les « valeurs de la république » : rendez aux professeurs et aux parents la liberté d’éduquer, d’instruire comme ils l’entendent, rendez la liberté à ceux qui veulent réellement enseigner et qui souffrent de l’effondrement du système dit encore scolaire refusant d’y apporter leur caution !
Allez jusqu’au bout de la mise en œuvre des « valeurs de la république » : donnez à ces enseignants la liberté d’enseigner dans des écoles indépendantes, donnez à chaque famille la liberté de choisir l’école de leurs enfants, la liberté leur est dûe : ce sont des républicains, ce principe doit leur être appliqué.
Or vous, qu’avez-vous fait ? vous avez fait voter en 2018, la loi Gatel dans le but d’assujettir les écoles libres, les écoles indépendantes dites « écoles hors-contrat » aux contenus et méthodes de l’Education nationale autrement dit vous voulez leur faire perdre leur liberté et leur spécificité, c’est-à-dire la marque de leur excellence car c’est ce que vous combattez plus que tout : l’excellence pour nos enfants.
Si vous ne consentez pas à cette liberté par l’attribution du « chèque éducation », par la liberté des programmes et des méthodes, alors, Monsieur le ministre, nous sommes en droit de vous dire, nous aussi :
« Laissez transmettre le savoir à nos enfants
ou
sortez de ce métier ! »
Dieu et la science : amis ou ennemis ?
Aymeric Pourbaix reçoit Olivier Bonnassies, Florian Laguens, philosophe de sciences enseignant, Yves Dupont, docteur en physique des particules et Véronique Jacquier :
La France – comme le reste du monde occidental – est attaquée par une kyrielle de minorités tyranniques
Aram Mardirossian, professeur agrégé des facultés de droit de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et directeur d’études à l’École pratique des hautes études, écrit dans Valeurs Actuelles :
Confrontée à un bouleversement démographique inédit qui va jusqu’à mettre en péril son existence même, la France – comme le reste du monde occidental – est concomitamment attaquée par une kyrielle de minorités tyranniques. Depuis des décennies, l’oligarchie protège et encourage divers courants qui se considèrent comme le “camp du bien”. Ainsi, la dictature des minorités terrorise et bafoue la majorité de la population qui est tétanisée par la virulence de ces groupes sectaires. Réduits au rang de pousseurs de caddie ou d’“e-acheteurs” interchangeables, dépourvus de tout idéal qui dépasserait leur horizon personnel, un grand nombre de Français sont aisément anesthésiés par la propagande officielle qui les incite à ne jamais relever la tête pour toujours subir plus.
Le spectre couvert par ces minorités véhémentes apparaît comme une gigantesque salade de fruits empoisonnés souvent originaires d’Amérique du Nord : inter alios “pensée woke ”, “ intersectionnalité”, “cancel culture”, “créolisation”, “décoloniaux”, “racisés”, “inclusivité” et plus généralement tous les “anti-ismes” et “anti-phobes”. Ces prêcheurs de moraline friands d’autodafés, qui usent d’un sabir délirant, imposent violemment un catéchisme qui somme leurs contradicteurs de se soumettre ou de disparaître y compris physiquement. Nonobstant leur extrême diversité, ces professionnels de la victimisation qui se rêvent en bourreaux impitoyables ont pour premier dénominateur commun une haine viscérale de la France et plus encore de ses racines chrétiennes. À leurs yeux, « le christianisme réussit donc, quant au progrès comme ailleurs, cette prouesse d’avoir tout faux. Il est coupable de tout, mais aussi de son contraire » (Rémi Brague).
Osons une métaphore. La France est semblable à une fleur qui depuis la Révolution de 1789 a été arrachée à son terreau chrétien. Conséquemment, en dépit de sa vitalité, au fil du temps, la plante finit par dépérir. L’unique remède pour la revigorer consisterait à la replacer dans sa terre nourricière. À ce stade, il ne s’agit pas de refaire du christianisme, et plus spécifiquement du catholicisme – n’appartenant pas à cette confession, nous sommes d’autant plus à l’aise pour évoquer la chose -, la religion officielle de la France. Il n’est pas plus question d’empiéter sur les droits que la législation actuelle accorde aux autres religions présentes dans le pays. Mais les symboles comptent et c’est pourquoi nous proposons ici deux mesures destinées à revitaliser les racines chrétiennes de la France.
Tout en préservant le principe de la séparation des “Églises” et de l’État, il conviendrait de reconnaître explicitement les racines chrétiennes de la France dans la Constitution. Ainsi, l’article 1 de celle du 4 octobre 1958 serait complété par l’ajout d’un troisième paragraphe rédigé en ces termes : « La République française reconnaît la place exceptionnelle du christianisme dans la vie spirituelle, le développement de la culture nationale et la préservation de l’identité du peuple français. »
Marie et Marianne. Nous suggérerons, par ailleurs, d’instaurer, en plus du 14 juillet, un second jour de fête nationale qui tomberait le 15 août. Le choix de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie se justifie par la consécration du royaume de France à celle-ci opérée par Louis XIII en 1638. Rappelons au passage – même si cela ne représente aucunement le fondement de notre réforme – que Napoléon Bonaparte avait déjà fixé le 15 août comme fête nationale en référence, certes, à l’Assomption de la Vierge mais aussi à la Saint- Napoléon et éventuellement à son propre anniversaire ! Ainsi, l’article 1 de la loi du 6 juillet 1880 qui a institué le 14 juillet comme jour de la fête nationale est réécrit comme suit : « La République adopte les dates du 14 juillet et du 15 août comme jours de fête nationale annuelle. »
Bien entendu, les juristes de service souffrant de juridisme aigu ne manqueront pas, en l’espèce, d’élever des protestations d’ordre juridique. À ceux-là, nous rappellerons que si Dieu n’est peut-être pas encore mort, il a été expulsé de l’Occident chrétien à partir de l’époque moderne. L’homme a pris sa place pour devenir l’alpha et l’oméga de toutes choses. Ce changement inédit de paradigme a aussi affecté le droit. Ainsi, durant des millénaires, les normes venaient des cieux, essentiellement sous forme révélée ou inspirée. Mais l’homme s’étant autoproclamé unique source du droit, un champ juridique sans borne et mutable à l’infini s’est dessiné sous nos yeux.
Dès lors, le droit positif constitue plus que jamais un moyen et non une fin, un instrument certes indispensable, parfois retors, qui permet de concrétiser – souvent au terme de rapports de force – mais aussi de légitimer des choix politiques, sociaux, économiques… ou religieux. Par conséquent, ni la Constitution du 4 octobre 1958 ni accessoirement la loi du 9 décembre 1905 ne représentent des normes immuables et intouchables. Tout ce que des hommes ont fait par le passé, d’autres hommes, à l’avenir, pourront le modifier. Soulignons au passage que chacun de ces deux textes a déjà été retouché des dizaines de fois.
En réalité, notre double proposition soulève avant tout un problème d’ordre politico-religieux et plus généralement civilisationnel et non juridique. À l’heure où un sondage (publié par l’Ifop le 23 septembre 2021) annonce que 51 % des Français ne croiraient pas en Dieu, l’État doit rappeler avec force que la France est historiquement la « fille aînée de l’Église » et que c’est d’abord en renouant avec ses racines chrétiennes, pour cesser d’être uniquement un supermarché des droits de l’homme, qu’elle ne disparaîtra pas. Le Christ avait prévenu : « Je suis le cep, et vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit : car vous ne pouvez rien faire sans moi. » (Évangile selon saint Jean 15, 5).
Eric Zemmour n’est pas pro-vie
Invité de l’émission Le Grand Jury, sur LCI et RTL, Eric Zemmour a été interrogé sur l’avortement. Réponse :
L’avortement est un drame pour chaque femme qui y a recours. Mais c’est un droit. Et je ne tiens absolument pas à revenir dessus.#LeGrandJury
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) October 24, 2021
Je ne veux absolument pas revenir sur le droit à l’avortement des femmes !#LeGrandJury pic.twitter.com/7ZqHz5QbHd
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) October 24, 2021
L’émission est à revoir ici :
Terres de Mission : Rapport Sauvé et agression contre l’Eglise
« Terres de mission » reçoit le P. Lionel Dalle, vicaire général du diocèse de Toulon, et contributeur d’un livre collectif, intitulé « Changer » (Ed. Emmanuel), qui vise à mettre davantage les paroisses au service de la mission.
Puis, l’abbé Michel Viot, prêtre du diocèse de Blois, et fin connaisseur de la franc-maçonnerie (puisqu’il fut lui-même un haut dignitaire maçonnique), revient sur les manipulations qui entourent le rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Eglise.
Enfin, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lecture.
15e manifestation devant la nonciature
Nous étions de nombreux catholiques pour cette quinzième manifestation pieuse devant la nonciature apostolique, ce samedi 23 octobre,
On note un frémissement à Saint-François-X
Debout devant les fenêtres du représentant du pape argentin, nous nous souvenons des manifestations hebdomadaires que faisaient les Mères de la Place de Mai (la Asociación Madres de la Plaza de Mayo), à Buneos Aires, tous les jeudis, pour faire condamner les responsables de la mort de leurs fils. Elles étaient 14 au début, bien plus nombreuses ensuite. De même, pour une autre cause…
ATTENTION IL N’Y AURA PAS DE MANIFESTATION LE 30 OCTOBRE
NOTRE PROCHAINE PRIERE DEVANT LA NONCIATURE
AURA LIEU LE SAMEDI 6 NOVEMBRE




C’est arrivé un 23 octobre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
- le 23 octobre 1295 : Phillippe le Bel et Jean de Balliol signent la Grand Auld Alliance.
Ce traité d’alliance qui a marqué les relations franco-écossaises durant l’Époque Médiévale. Conçue pour encastrer l’Angleterre entre deux royaumes qui lui sont hostiles, la Grand Auld Alliance devait être scellée par le mariage de Jehanne de Valois (nièce de Philippe le Bel) et d’Edouard de Bailliol, fils du Roi Jean. Ce projet n’aboutit pas après la mort de Jean en 1296. Mais l’alliance franco écossaise est plus ancienne ; elle date de 1165, quand Guillaume le Lion adresse une ambassade à Louis VII de France. On trouve ensuite le traité signé à Paris du 23 octobre 1295. Le traité prévoit que si l’un des États subit une attaque de l’Angleterre, l’autre État envahira l’Angleterre, comme c’est le cas à la bataille de Flodden Field en 1513. Aux XIVe et XVe siècles, le traité est appliqué à six reprises. Le 6 juillet 1560, le traité d’Édimbourg supprime officiellement l’alliance datant de plus de 250 ans.
- le 23 octobre 1668 : conversion de Turenne au catholicisme.
François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et de mœurs note, page 58 :
«Le protestant pourtant convaincu qu’est le vicomte de Turenne 81611-1675), Henri de la Tour d’Auvergne, abjure et devient catholique. L’unité doctrinale (que lui a enseignée Bossuet à travers son livre L’exposition) de l’Eglise de Rome l’a beaucoup frappé. Par ailleurs, il y eut l’incendie dans les appartements du Louvre. Le feu est arrêté par le Saint-Sacrement. Turenne témoigne de ce miracle en disant : «Je l’ai vu, je ne saurais en douter, je l’ai vu. »
La présence réelle de Jésus Christ dans l’hostie est aussi patente, comme tant de fois depuis la Cène et la Résurrection de Notre-Seigneur. »
Turenne, que Bossuet vient de convertir à la religion catholique, fait sa profession de foi en abandonnant ainsi son protestantisme. Petit-fils de Guillaume d’Orange et deuxième fils du duc de Bouillon, Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, né à Sedan le 11 septembre 1611, est élevé dans un calvinisme austère. Jugé trop faible pour embrasser la carrière des armes, il obtient cependant de servir en Hollande sous les ordres de ses oncles, Maurice et Henri de Nassau 1625-1629. Il entre ensuite au service de la France et se fait remarquer en Lorraine, aux Pays-Bas et en Italie. En dépit de sa qualité de protestant et de la révolte de son frère, le duc de Bouillon, il commande en 1642 l’armée qui pénètre en Roussillon. Fait maréchal de France par Mazarin, Turenne jouit alors d’une grande célébrité et passe déjà pour un des meilleurs chefs de guerre de l’époque, tout en présentant un contraste absolu avec le prince de Condé. D’un abord bourru, mais adulé de ses soldats, il n’est pas l’homme des grandes inspirations sur le champ de bataille. Mais c’est par la sûreté du raisonnement, la prévision, qu’il prépare ses campagnes. Il mène, de 1645 à 1648, une brillante campagne en Allemagne du Sud avec les victoires de Nôrdlingen, et de Zusmarshausen qui hâtent la conclusion des traités de Westphalie 1648.
- le 23 octobre 1812 : Napoléon Ier commence à évacuer Moscou.
En traversant le Niémen le 24 juin 1812, Napoléon a scellé son destin et celui du pays. Le refus d’une bataille par les Russes provoque un étirement très dangereux de ses lignes d’approvisionnement. Le 14 septembre, Napoléon arrive devant Moscou et s’installe au Kremlin, convaincu que le tsar Alexandre allait demander la paix. Il doit fuir la ville ravagée par l’incendie provoqué par les Russes ; le gouverneur Rostopchine avait fait enlever les pompes. Quand il donne l’ordre de la retraite le froid chaque jour plus rigoureux, le manque de vivres et le harcèlement des Cosaques déciment les colonnes d’une Grande Armée qui ne ressemble plus à rien. Arrivé en France Napoléon a perdu plus de 400 000 hommes, et plus de 100 000 sont prisonniers en Russie.
- le 23 octobre 1909 : Blériot vole à Vienne devant l’empereur François-Joseph.
Pendant ce temps La baronne de La Roche obtient son brevet à Châlons-sur-Marne à bord d’un Voisin ; c’est la première femme pilote au monde.
- le 23 octobre 1942 : début de la seconde bataille d’El-Alamein.
L’Afrikakorps du maréchal Rommel recule à El-Alamein devant la VIIIe armée britannique du général Montgomery. C’est le premier coup d’arrêt infligé à l’armée allemande après une guerre éclair qui lui a valu d’occuper la plus grande partie de l’Europe continentale et du bassin méditerranéen. Il a été rendu possible par l’héroïque résistance d’une brigade française à Bir Hakeim, au sud du dispositif britannique… Ces 5.000 hommes placés sous les ordres de Pierre Koenig (44 ans) constituent la première Brigade Française Libre (BFL). Ils ont offert à la VIIIe armée les deux semaines indispensables à son regroupement sur sa seconde ligne de défense, devant l’oasis égyptienne d’El-Alamein. À Londres, Winston Churchill exulte :
«Ce n’est pas la fin, ni même le commencement de la fin ; mais c’est la fin du commencement».
- le 23octobre 1954 : accords de Paris.
Ils sont signés entre la France et la République fédérale d’Allemagne, la RFA, et mettent fin à l’occupation de la Sarre ; par ailleurs ils autorisent la RFA et l’Italie à accéder à l’OTAN.
- le 23 octobre 1958 : la « paix des braves » en Algérie.
De Gaulle, dans une conférence de presse à Matignon, propose au FLN “la paix des braves” et les appelle à se rendre “en hissant des drapeaux blancs”.
- le 23 octobre 1983 : 58 militaires français sont tués à Beyrouth.
Un attentat terroriste frappe le QG américain et fait 241 morts. Quatre minutes plus tard, à quelques dizaines de mètres, l’immeuble « Drakkar » où sont les soldats Français explose ! On compte 58 victimes parmi les parachutistes français, des 1er et 9ème RCP, basés à Pamiers. C’est le début de cette guerre de civilisation qui se développe aujourd’hui : guerre urbaine, terrorisme des « Fous de Dieu » islamistes, soutenus par la Syrie et l’Iran hier, par l’Arabie, le Qatar et les pays sunnites aujourd’hui.
Grandes figures du scoutisme
A travers son nouveau livre paru aux Éditions Artège, l’historien angevin Christophe Carichon, spécialiste du mouvement scout, nous entraine dans une galerie de portraits de fondateurs, connus ou oubliés, d’un mouvement qui attire encore aujourd’hui plus de 150 000 jeunes Français.
Créé officiellement en 1921 dans notre pays, il a fallu tout d’abord convaincre l’épiscopat français de son bien-fondé. Certains évêques voyaient ce mouvement d’un mauvais œil, l’accusant de franc-maçonnerie, d’ésotérisme et d’indianisme. Le Père Sevin dut même se déplacer jusqu’à Rome pour plaider la cause du scoutisme devant le pape lui-même.
L’auteur dresse également le portrait de Jeannine Chabrol, première cheftaine de louveteaux et fondatrice de ce courant qui, on l’apprend à travers ce livre, n’est pas un « scoutisme » adapté aux enfants, mais bien une pédagogie différente.
S’en suit le portrait de trois généraux, tous héros de la grande guerre Louis de Maud’huy, Arthur de Salins et Joseph Lafont, qui tous les trois, contribuèrent fortement à asseoir le mouvement dans la société française.
Puis vient la crise des années 60 et 70, Christophe Carichon nous raconte la réforme au sein des Scouts et Guides de France, amenant à la création des Guides et Scouts d’Europe (AGSE) par ce couple breton Pierre et Lucienne Géraud-Keraod ainsi que celle du mouvement des Scouts Unitaires de France (SUF) par Pierre de Montmajon.
Anecdotes, détails d’archives, photos inédites, ce livre est une mine pour ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, à cette aventure unique qui conquiert encore aujourd’hui plus de 150 000 jeunes Français.
Rencontre sur RCF :
La majorité sénatoriale renonce à défendre la famille
Pourtant classé à droite, le Sénat vote à gauche pour l’adoption d’enfants par des couples pacsés et concubins. La majorité sénatoriale abandonne la défense de l’orphelin et laisse passer le détournement de l’adoption au profit des commanditaires d’enfants par GPA. La Manif Pour Tous s’indigne :
Permettre à des couples non mariés d’adopter est contraire à la finalité même de l’adoption qui implique d’une part un engagement pour la vie, et qui d’autre part s’appuie nécessairement sur l’existence de dispositions prévues en cas de séparation du couple. Or ce n’est le cas ni dans le contexte du PACS, ni dans celui du concubinage. Alors même que le nombre de couples agréés pour adopter est nettement plus important que le nombre d’enfant à adopter, il faut chercher ailleurs l’objectif de cette proposition de loi. Comme l’ont clairement dit Olivier Véran et Coralie Dubost, ce texte permettra à la compagne ou au compagnon du père biologique d’un enfant né de GPA à l’étranger d’adopter l’enfant. Certes, cette possibilité existe déjà pour les couples mariés, mais l’ouvrir aux couples non mariés ne peut que favoriser le développement de l’exploitation des mères porteuses.
Comme tout le marketing des agences de GPA en atteste, le fait de pouvoir faire établir sa filiation est un enjeu majeur pour les candidats à la commande d’enfants : dès lors que tous les couples pourront se faire reconnaître comme parents – l’un comme père, l’autre comme adoptant – le nombre de GPA pratiquées, et donc l’exploitation des femmes et le trafic international d’enfants, sera exponentiel.
Ludovine de La Rochère dénonce :
« Hélas, malgré nos alertes répétées, aucun amendement de suppression ou d’amélioration du texte n’a été déposé en vue de la séance publique. La majorité sénatoriale a laissé passer une mesure portant gravement atteinte au besoin de sécurité et de stabilité des enfants, plus encore lorsqu’ils sont déjà blessés par la vie. C’est plus que regrettable ; c’est une faute politique. Ce décalage entre les tambouilles politiciennes et la réalité ne peut qu’accentuer la fracture démocratique et la défiance entre les 18 millions de familles et ceux qui prétendent les défendre ». « Ils en paient aujourd’hui le prix fort dans l’opinion. Ils doivent se ressaisir. Et vite ! » poursuit-elle.
« Supprimer une messe, c’est supprimer un apostolat, des confessions, du catéchisme… »
Valeurs Actuelles enquête sur la résistance des catholiques attachés à la messe traditionnelle face aux mesures épiscopales incompréhensibles :
Je vous salue Marie, pleine de grâce… Les voix d’une petite centaine d’étudiants et jeunes professionnels s’élèvent dans les rues du XVe arrondissement de Paris. Avec ferveur, chapelet à la main, ils prient pour le pape, le diocèse de Paris et la paix liturgique. Il est 19 heures passées, les cloches du quartier sonnent les vêpres alors que ces jeunes se rendent en procession à la chapelle Notre-Dame-du-Lys (Paris XVe ). Après un mois de résistance et de prières, ils ont finalement obtenu le rétablissement de leur traditionnelle messe du mercredi soir selon le missel de saint Pie V. Mais celle-ci sera dorénavant célébrée dans la chapelle d’un patronage parisien par un prêtre diocésain.
La Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), qui en avait la charge depuis plus de treize ans, est mise sur le banc de touche. Malgré la joie d’avoir retrouvé leur messe, les jeunes ne comprennent toujours pas la politique de Mgr Aupetit. Le 8 septembre dernier, l’archevêque de Paris décidait unilatéralement de diviser par cinq le nombre d’églises où pourront dorénavant être célébrées des messes selon le rite ancien. « Supprimer une messe, c’est supprimer un apostolat, des confessions, du catéchisme… », s’indigne un fidèle pour qui ce choix reste incompréhensible.
Et Paris ne fait pas figure d’exception. Au Havre, Mgr Jean-Luc Brunin réduit, lui aussi, fortement les prérogatives des communautés Ecclesia Dei – communautés attachées à la célébration de la messe selon le rite ancien. Désormais, « les sacrements de l’initiation chrétienne ainsi que le sacrement de mariage seront préparés et célébrés dans la communauté paroissiale, selon les rituels en vigueur suite à la réforme liturgique ». Il en va de même pour la catéchèse.
À 800 kilomètres de là, à Grenoble, un communiqué de Mgr de Kérimel suscite l’ire de la communauté traditionnelle. Il l’accuse, entre autres, de « préférer manquer la messe dominicale plutôt que de participer à une liturgie approuvée par les saints Paul VI et Jean-Paul II [messe en français, NDLR] ». Si aucune mesure n’a pour le moment été prise, les paroissiens craignent de voir leurs messes supprimées et leurs prêtres contraints de partir. À Limoges, pas de communiqué ou d’annonce officielle. Mais les fidèles s’inquiètent que l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) n’ait pas obtenu l’église en centre-ville un temps promise par leur évêque.
« J’ai l’impression qu’on retourne à la guerre liturgique des années 1970 », s’alarme une jeune Grenobloise. […] « Officiellement, les évêques prônent l’apaisement, mais ils nous dépouillent de toutes nos prérogatives », regrette un prêtre d’une communauté Ecclesia Dei. « Ils font du zèle et agissent sans concertation », dénonce un autre ecclésiastique. « J’ai peur que tout cela ravive de vieux combats », conclut un prêtre proche des catholiques traditionalistes.
[…] Contacté, le diocèse de Paris n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Partout, les fidèles regrettent l’absence de dialogue. […]
Chez les gauchistes, les catholiques constituent une cible
Le Figaro Magazine a consacré un dossier au service public, vérolé par le gauchisme. Extraits :

[…]

Rapport Sauvé. Deux interrogations sur les nombres
Le Rapport Sauvé est consacré aux « violences sexuelles dans l’Église catholique France 1950-2020 » qui, comme le Rapport le dit,
« sont en effet intolérables par elles-mêmes, par leur nombre considérable et par leur absolue incompatibilité non seulement avec le droit et le respect des personnes, mais encore avec la mission de l’Église catholique et le message de l’Évangile ».
Les informations du Rapport Sauvé ont été immédiatement acceptées de façon quasi unanime, une sorte de parole d’Evangile en particulier pour le nombre des cas estimés de ces violences faites aux enfants (216 000 cas entre 1950 et 2020 attribuables à certains membres du clergé et de congrégations catholiques). Le Salon beige a déjà rapporté quelques nuances dans un article tout récent.
La première interrogation quant aux nombres tient à la relecture d’un article datant du 2 mars 2021 publié par Famille chrétienne : « Pédocriminalité dans l’Eglise : il pourrait y avoir jusqu’à 10 000 victimes ». Début de l’article :
« Le chiffre n’est encore qu’une estimation mais il fait froid dans le dos. « Au moins 10 000 » personnes pourraient avoir été victimes d’agressions sexuelles commises par des prêtres ou des religieux en France depuis 1950, selon une estimation avancée avec prudence le 2 mars par Jean-Marc Sauvé, président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (CIASE). Interrogé sur ce chiffre, Jean-Marc Sauvé ne l’a ni contredit ni confirmé. « Est-ce que le chiffre de 10 000 victimes est le définitif ? Je suis dans l’incapacité de le dire », a-t-il affirmé mardi matin lors d’une conférence de presse. « Nous l’affinerons dans les prochains mois ». »
L’article indiquait que 6500 appels avaient été reçus pour un total de 3000 victimes.
« Reste que ces 3000 victimes ne sont que la face émergée de l’iceberg : « quel pourcentage de victimes [cet appel à témoignages] a-t-il touché ? Est-ce que c’est 25 % ? 10 %, 5 % ou moins ? ».
La publication du rapport était attendue pour fin septembre 2021. Et « c’est sur la base de ces travaux en cours que le nombre de 10 000 victimes a pu être avancé comme une estimation provisoire ».
Le 21 septembre 2021 encore, La Vie rappelait dans un article « Rapport Sauvé : ce rendez-vous que nous n’avons pas le droit de manquer » cette estimation de 10000 donnée par M.Sauvé en mars dernier.
Comment expliquer, alors que la Commission a travaillé selon ses dires 2,5 ans (30 mois) c’est-à-dire un début effectif en mars 2019 ; alors que lors de l’intervention de M.Sauvé, 24 mois de travail avaient déjà été réalisés sur un total de 30 ; alors que selon le Rapport l’appel à témoignages a été lancé le 3 juin 2019 et clos le 31 octobre 2020 soit quatre mois avant l’intervention de M.Sauvé (appel à témoignages ayant permis de nouer 6 471 contacts à l’occasion desquels était proposé, en ligne, un questionnaire anonyme administré par l’IFOP, destiné à nourrir les analyses de l’Inserm ; 1628 questionnaires ayant été complétés dans ce cadre) ; alors que l’enquête en population générale faite par l’Inserm a été menée en ligne entre le 25 novembre 2020 et le 28 janvier 2021 et donc –pour la collecte d’informations- terminée depuis un mois au moment de l’intervention de M.Sauvé ; comment expliquer disions-nous que M.Sauvé ait pu avancer avec prudence cette estimation de 10 000 cas avant « affinage » pour aboutir à 216 000 cas ?
Franchement, cela a donné envie d’aller se plonger dans le rapport lui-même pour essayer de comprendre. Deux versions sont directement accessibles sur le site internet de la Ciase : un résumé et le rapport complet de 548 pages subdivisé en paragraphes (§) à l’instar des publications vaticanes… sans compter le tome des annexes.
Mais a surgi alors une deuxième interrogation provenant de ce qui ressemble à une incohérence dans le ratio entre l’estimation du nombre des victimes et le recensement du nombre des clercs et religieux criminels.
Pour le nombre des victimes [L’Inserm a réalisé « une enquête en population générale menée auprès de 28010 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française selon la méthode des quotas » ; voir détails au § 0564], le rapport précise :
« L’exploitation des archives de l’Église catholique et de la justice, ainsi que des réponses aux questionnaires envoyés aux diocèses, ordres et congrégations, donne à connaître directement l’identité de 4 832 personnes victimes. Ce nombre est celui des victimes connues de l’Église ou de la justice, parfois des deux ».
Mais pour les rapporteurs,
« le fait que les personnes victimes individuellement dénombrées dans le cadre de l’appel à témoignages ou des investigations dans les archives soit nettement moins nombreuses n’invalide pas ces estimations : d’une part, de nombreux témoignages ainsi recueillis font état d’autres victimes ne s’étant pas déclarées ; d’autre part et surtout, le caractère massif des sous-déclarations d’agressions sexuelles est bien établi dans la littérature scientifique, et il est ici corroboré ».
Et d’ajouter :
« l’estimation du nombre de victimes de clercs et de religieux ou religieuses (216 000) est située avec une probabilité de 95 % dans un intervalle compris entre 165 000 et 270 000 ».
On notera que le « nettement moins nombreuses », c’est quand même un rapport de 1 (5000) à 43 (216000).
Le nombre des clercs et religieux criminels avancé par le rapport (entre 2900 et 3200) provient d’enquêtes faites à partir de plusieurs sources et croisement de leurs données :
« Plus délicate est l’estimation du nombre des clercs et religieux agresseurs sur l’ensemble de la période considérée. Les recherches archivistiques dans les fonds de l’Église, de la justice et de la presse, qui ont été menées par l’EPHE avec rigueur et un grand souci d’exhaustivité et complétées par les données de l’appel à témoignages, permettent d’estimer entre 2 900 et 3 200 le nombre des agresseurs ».
D’où un ratio de « 2,5 % à 2,8 % de l’effectif des clercs et des religieux de 1950 à nos jours (115 000 clercs et religieux environ) ». Pour plus de précisions méthodologiques, voir le §0586.
Une incidente pour comparaison
« le nombre de cas de prêtres abuseurs sexuels sur mineurs de 2018 à 2020 publié par la Conférence des évêques a été de 35 cas, par année, sur plus de 13.000 prêtres en exercice. Ce qui porte le pourcentage actuel à 0,26%. Soit cinq fois moins que cette moyenne des années 1950-2020 ».
Le nombre calculé par le Rapport peut donc être effectivement considéré comme élevé.
C’est là qu’est mise en lumière par le Rapport lui-même une sorte d’incohérence dans le ratio entre le nombre de victimes et celui des clercs et religieux criminels (nombre statistiquement moyen de victimes par criminels, entre 68 et 75 selon le nombre de criminels retenus) par l’introduction de la notion de « grands prédateurs » au §0588 :
« Ce nombre [entre 68 et 75] serait sans commune mesure avec le ratio de trois victimes par agresseur, qui ressort des réponses aux questionnaires adressés aux diocèses et congrégations et de l’exploitation des archives… Au seuil de cette recherche, la commission tient à souligner qu’elle se garde de se prononcer sur le point de savoir quel est, pour l’Église catholique, le plus grave des constats : un pourcentage élevé de prêtres et de religieux ayant commis de manière occasionnelle un petit nombre d’agressions ou un pourcentage réduit de grands prédateurs qu’elle aurait, par absence de vigilance, laissé porter atteinte à un très grand nombre de victimes, par exemple plus de 100 au cours d’une carrière ecclésiastique ou religieuse ».
Si un grand prédateur, c’est 100 victimes, comment expliquer ce ratio moyen de 68 à 75 qui ferait pratiquement rentrer tous les coupables dans cette catégorie ?
De plus, aux §0603/0604, le Rapport précise encore pour démontrer le caractère anormalement élevé de ce ratio :
« de son côté, Mme la professeure Florence Thibaut, membre de la CIASE, dans une étude en cours et non encore publiée, portant sur 350 auteurs d’abus, identifie quant à elle 2,8 victimes en moyenne par auteur, avec des valeurs extrêmes s’étageant entre 1 et 30 victimes. 10 auteurs seulement ont fait plus de 5 victimes. Dans le travail d’analyse qu’elle a dirigé à partir du dépouillement de dossiers judiciaires de clercs agresseurs sexuels, Mme Florence Thibaut aboutit à une moyenne d’environ 7 victimes par agresseur ».
Face à ce qui ressemble à une incohérence, la commission a décidé au §0608 de faire deux hypothèses pour diminuer ce ratio et le rendre plus vraisemblable en augmentant le pourcentage d’agresseurs parmi la population des prêtres et religieux :
« Trois hypothèses sont présentées correspondant à 2,8 %, 5 %, et 7 % d’agresseurs parmi la population des prêtres et religieux, ce qui donnerait respectivement 3 200, 5 800 et 8 100 auteurs environ. À chacune de ces hypothèses correspond un nombre de victimes moyen par agresseur de 63, 35 et 25 ».
Mais finalement, le Rapport abandonne ces deux hypothèses irréalistes et garde son estimation du nombre de criminels.
Curieusement, le Rapport ne fait pas mention d’une autre hypothèse qui aurait pu amener à résoudre aussi pour partie l’incohérence constatée : diminuer l’estimation sondagière du nombre de victimes.
