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Une cagnotte pour protéger une église

L’église Notre-Dame-de-l’Annonciation de La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône) a été victime de deux incendies en moins d’une semaine.

Des actes non accidentels pour le curé, Michel Bert, qui s’explique :

« Les gendarmes sont convaincus, comme moi, que c’est volontaire. Qui ? Aucune idée. J’ai de bons rapports avec les gens et, que je sache, je n’ai aucun ennemi, ici. Donc c’est un acte de malveillance, mais pourquoi ? »

Une enquête a été ouverte.

Les dégâts sont estimés à plusieurs milliers d’euros. Un appel à l’aide a été lancé pour la reconstruction de l’église. Et une cagnotte a été créée dont une partie des fonds récoltés permettront de financer l’installation d’une alarme pour l’église. Le coût est estimé à 4.000 euros.

Apartheid en France

En phase d’instauration, avec Olivier Véran à la manoeuvre :

“À compter du 15 janvier il sera nécessaire, dès 12 ans, de présenter un justificatif vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants, débits de boisson, foires, séminaires, salons professionnels et transports interrégionaux”.

Le passeport vaccinal est comparable aux politiques de ségrégation des heures les plus sombres etc. René Chiche, Professeur de philosophie et Vice-président Action et Démocratie/CFE-CGC au Conseil supérieur de l’éducation, l’écrit simplement :

les députés qui voteront le Passe Vaccinal sont à mes yeux les dignes héritiers de ceux qui votèrent le statut des juifs. D’insignes lâches.

Monsieur le ministre est trop bon

Admirez l’immense magnanimité du ministre délégué au tourisme, Monsieur Jean-Baptise Lemoyne, qui, dans un élan de compassion et de bienveillance envers la bas peuple, a considéré que, concernant la consommation de nourriture ou de boissons dans les trains :

“Il y aura peut-être des assouplissements ici ou là, pour les enfants, ou pour boire de l’eau”

Peut-être…

On vit dans un pays où il appartiendra au gouvernement de nous autoriser à boire dans le train.

Tout ceci permet de renforcer l’infantilisation du peuple et le jacobinisme de l’Etat, dont le rôle premier est désormais de “changer les comportements” des citoyens.

Nouvelle filière d’immigration ouverte par Darmanin et Schiappa

Désormais, les clandestins qui se déclarent victimes de violences conjugales ne pourront plus être expulsés.

En revanche, les Français qui se déclarent victimes de violences commises par des immigrés n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Bienvenus chez les fous

Après avoir vanté le vaccin qui ne fonctionne pas :

La préfecture de police de Paris réinstaure la muselière en extérieur :

Et bientôt, ces affiches dans les bars ?

Avoir des enfants pour sauver la planète

Voilà qui nous change de la doxa malthusienne :

L’appel de Rémy Verlyck, PDG du centre de recherche français Familles Durables, renverse le paradigme d’un certain environnementalisme radical. Si certains néo-malthusiens continuent de prétendre que “les enfants sont la pire chose que l’on puisse faire pour l’environnement”, il y a heureusement aussi ceux qui font confiance à la vie.

Renverser un paradigme

“Dans une phase d”éco-anxiété’ et de pessimisme, de plus en plus de personnes perdent le goût de la vie et renoncent ou hésitent à procréer”, note Verlyck dans le journal français Le Figaro. Pourtant, poursuit-il, “il semble que le fait de donner naissance à moins d’enfants n’aurait pratiquement aucun effet sur l’environnement”. Au contraire, la dénatalité pourrait “ralentir le rythme de l’innovation nécessaire à la transition écologique”.

Qu’est-ce que l’”éco-anxiété” ?

Dans l’article, Verlyck cite une étude de l’Université Catholique de Louvain menée en 2021 auprès de 2 080 participants de huit pays d’Europe et d’Afrique. Le résultat est que 12 % d’entre eux souffrent d’”éco-anxiété”, c’est-à-dire d’une préoccupation obsessionnelle pour la pollution de l’environnement. Sans établir de lien avec le niveau d’éducation, on constate que les femmes et les moins de 40 ans sont plus touchés, précisément les deux catégories qui pourraient représenter un moteur démographique.

Une autre étude réalisée en 2021 par l’université de Bath a porté sur 10 000 jeunes dans 10 pays et a révélé que 84 % d’entre eux étaient préoccupés par le réchauffement de la planète, 59 % étaient extrêmement préoccupés et 40 % étaient tellement préoccupés qu’ils hésitaient à procréer. En bref, près d’un jeune sur deux ne veut pas d’enfants à cause des avertissements climatiques. Ces deux études, souligne Verlyck, montrent que les changements environnementaux affectent non seulement notre habitat, mais aussi le psychisme de nombre d’entre nous.

Sans enfants, pas de transition écologique

Un fort impact psychologique est assumé par les différents prophètes de la dénaturation comme forme de protection de l’environnement. Selon eux, la procréation est mauvaise pour la planète, car les enfants sont sources d’énormes émissions de carbone dans l’air. M. Verlick note toutefois que la population mondiale est déjà appelée à diminuer au cours des prochaines décennies. À cet égard, le chroniqueur français cite une étude publiée dans The Lancet en 2020 : le pic serait atteint en 2064 avec environ 9,7 milliards d’êtres humains, puis diminuerait à 8,8 milliards à la fin du siècle.

L’Italie réduite de moitié

Pour se faire une idée des déséquilibres démographiques possibles, il est toutefois nécessaire de déplacer le centre de l’analyse du tableau général vers le tableau spécifique : 23 pays verraient même leur population réduite de moitié. Il s’agit notamment de l’Espagne, du Japon et de l’Italie. L’étude note que le vieillissement et la diminution de la population en âge de travailler entraveront la croissance économique mondiale et, par conséquent, la capacité à financer l’innovation nécessaire à la transition écologique.

Sterile Europe

Mais la situation est préoccupante dans toute l’Europe. L’article du Figaro rapporte les prédictions 2018 de la Fondation Robert Schuman avec le titre éloquent : Europe 2050 : suicide démographique. Le Vieux Continent pourrait perdre 49 millions de personnes en âge de travailler en 20 ans. “Avec un taux de fécondité total proche de 1,5, l’Europe comptera demain un tiers de générations de jeunes travailleurs de moins qu’aujourd’hui”, indique le rapport. “Une diminution du nombre de naissances est, pour un pays, l’équivalent d’une diminution des investissements pour une entreprise ; cela lui permet de bénéficier, pour un temps, d’une trésorerie plus confortable, au prix de graves problèmes ultérieurs”.

Répercussions

Verlick en arrive ensuite à la conclusion suivante : “Non seulement se priver de procréer n’a pratiquement aucun impact sur le changement climatique, mais le vieillissement de la population aura de profondes répercussions économiques, sociales et géopolitiques en réduisant la capacité de réaction”. Le risque, cependant, est que lorsque nous nous en rendrons compte, il sera trop tard.

Je rêverais de vivre dans un village Monasphère

Contribuer à l’essor et au déploiement d’écosystèmes chrétiens au XXIe siècle : voilà la raison d’être de l’entreprise Monasphère, convaincue de la force prophétique de petites oasis où tous pourront venir goûter une vie imprégnée par la foi.

Monasphère développe en ce moment un projet inédit de 17 maisons à L’île-Bouchard, Sanctuaire Marial et Angélique situé en Touraine. Le lancement est prévu le 17 janvier prochain.

Contact : contact@monasphere.fr

L’essayiste américain Rod Dreher a répondu aux questions de Monasphère.

  • Quel regard portez-vous sur Monasphère en tant qu’Américain ?

Pour moi, c’est comme un rêve. Lorsque j’ai écrit “Le pari bénédictin”, mon plus grand espoir était que des chrétiens, quelque part, seraient suffisamment inspirés par mon livre pour tenter de le mettre en œuvre. Et c’est ce que vous faites ! Les catholiques européens évoluent dans un environnement bien plus propice pour ce type de projet que nous, Américains, avec tous les monastères qui couvrent votre continent. Il m’apparaît également que les chrétiens d’Europe perçoivent plus clairement l’urgence que ceux d’Outre-Atlantique, parce que cela fait trois générations ou plus que vous vivez la déchristianisation. En Amérique, ce n’est que maintenant que cette tendance s’amorce à grande échelle. Beaucoup d’entre nous ne veulent pas croire que c’est en train d’arriver, tandis que vous les européens, vous l’avez bien compris.

  • Quelle est la juste attitude pour l’édification d’une oasis chrétienne ?

Je dirais, faites en sorte que les gens comprennent qu’il s’agit de poursuivre un bien, plutôt que de fuir un mal. Il est vrai que beaucoup de personnes vont souhaiter s’affranchir des aspects négatifs de la vie en ville et il n’y a rien de mal à ça. Mais si un jour les “villages” Monasphère voient le jour et se déploient, il faudra qu’ils soient avant tout tournés vers la recherche du bien, du beau et de la vérité par le mode de vie qui y prévaudra.

 

  • Et qu’aimeriez-vous dire aux personnes qui tenteront l’aventure Monasphère ?

 

Soyez patients. Les choses ne seront pas simples, et vont exiger de vous patience et oubli de vous-mêmes. Ne vous attendez pas à des résultats immédiats. Construisez votre communauté en pensant le temps long, pour des générations. Par ailleurs, ne pensez pas que vos “villages Monasphère” seront des lieux paradisiaques hermétiques au mal et à l’esprit du monde. C’est une idée fausse, qui ne peut qu’engendrer de vains espoirs. Enfin, je ne saurais trop vous exhorter à mettre en place un règlement commun concernant l’usage que vos enfants pourront faire d’internet et des smartphones. C’est d’une importance capitale.

  • Avez-vous eu vent d’autres initiatives du même type, aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde ?

Oui, à quelques endroits. L’abbaye de Clear Creek, dans les profondeurs rurales de l’Oklahoma (Etats-Unis) a initié une dynamique analogue il y a plusieurs années. Quelques familles orthodoxes sont en train de s’installer autour d’un monastère grec situé dans le désert d’Arizona. Mais je n’ai pas entendu parler d’initiatives de même ampleur que Monasphère. Et je dois dire que j’apprécie beaucoup le fait que vous meniez ce projet en y apportant de solides compétences entrepreneuriales. Beaucoup de ceux qui aspirent à franchir ce cap sont, comme moi, pétris de belles idées et de grands espoirs, mais dépourvus de l’expertise qui permet de concrétiser leur aspiration. 

  • Auriez-vous une parole d’encouragement pour nous ?

Je crois que vous agissez comme ces minorités créatives que Benoît XVI appelait de ses vœux pour rayonner dans la société post-chrétienne. Ni vous ni moi ne savons comment Dieu fera fructifier vos efforts, mais rappelons-nous que Saint Benoît de Nursie n’a jamais prévu de sauver la civilisation occidentale. Tout ce qu’il voulait, c’était créer de petites communautés au sein desquelles des chrétiens engagés pourraient vivre l’Evangile de façon radicale. Bien sûr, vous n’êtes pas en train de construire des monastères, mais cette logique peut être transposée aux familles que vous voulez aider à s’implanter. Je suis convaincu que Dieu bénira votre action.

C’est arrivé un 29 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit, avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 29 décembre: saints du jour français ou en France.
    • St Trophime, Ier évêque d’Arles († 250)

À Arles en Provence, peut-être au IIIe siècle, saint Trophime, considéré comme le premier évêque de la cité.

St Évroul, abbé d’Ouche, en Normandie († 596)

Au pays d’Exmes en Gaule, l’an 596, saint Évroul, abbé d’Ouche, au temps du roi de Neustrie Childebert. Il fut célèbre pour son amour de la solitude, ses austérités et sa bonté envers les pauvres.

  • le 29 décembre 716 : le roi Childéric II confirme les privilèges d’immunité accordés par ses ancêtres à l’abbaye de Saint-Denis.
  • le 29 décembre 1170 : Assassinat de Thomas Becket.

« Sur ordre » du roi Henri II d’Angleterre, qui l’accuse de félonie, l’archevêque Thomas Becket est assassiné sur les marches de l’autel de la cathédrale de Cantorbéry, par quatre chevaliers anglo-normands du roi. Ceux-ci agissent sans ordre officiel, l’histoire veut qu’ils aient pris cette initiative a près qu’Henri II ait prononcé de colère la phrase : « N’y aura-t-il donc personne pour me débarrasser de ce clerc outrecuidant ? ». Ancien ami du roi, Thomas Becket se l’aliène, quand il commence à opposer une résistance intransigeante aux Constitutions de Clarendon, lesquelles prévoient, en fait, de réduire le pouvoir de l’Eglise et de la faire dépendre du pouvoir royal. Après un exil en France et une série d’excommunications contre les prêtres qui ne le soutenaient pas, Thomas Becket est revenu en Angleterre. Cet assassinat provoque la colère de l’Eglise, ce qui oblige Henri II à faire pénitence publiquement. Thomas Becket est canonisé trois ans plus tard.

  • le 29 décembre 1594 : exécution de Jean Chatel et expulsion des Jésuites de France, suite à l’attentat manqué contre le Roi Henri IV.

Suite à l’attentat de Chastel, voir la chronique du 27 décembre, la Parlement décide d’expulser les Jésuite de France. Les 37 Jésuites du collège parisien sont arrêtés : Guéret (professeur de philosophie au collège) est soumis à la question et bannis, Guignard (bibliothécaire) pendu et brûlé en place de Grève voir la chronique du 7 janvier, Chastel est écartelé ce jour.

Qu’en dit Jean Guiraud ?

« Qui veut perdre son chien l’accuse de la rage ». C’est un procédé analogue qu’ont, à maintes reprises, employé les ennemis de la Compagnie pour la perdre dans l’esprit des rois et des gouvernants : ils l’ont accusée de conspirer sans cesse leur assassinat. Jacques Clément a tué Henri III : dans l’ombre, les Jésuites lui avaient mis en mains le poignard ! Jean Châtel, Barrière ont attenté à la vie de Henri IV : cherchez toujours dans l’ombre le Jésuite ! Ravaillac a assassiné cet excellent roi pour le plus grand malheur de la France : cherchez toujours le Jésuite ! Damiens a tenté d’assassiner Louis XV ; encore les Jésuites ! Il est étrange qu’on ne leur ait pas encore attribué le crime qui mit à mort Rossi, le ministre de Pie IX, l’assassinat de Carnot par l’anarchiste Caserio, ou bien encore la tentative qui fut dirigée contre le plus illustre des leurs, sous les règnes de Henri IV et Louis XIII, le P. Coton, confesseur ordinaire de Henri IV ! Il nous reste donc à examiner s’ils ont eu la moindre part aux attentats dirigés contre Henri III, Henri IV et Louis XV. »

[…] C’était le moment où, ralliés à Henri IV, les universitaires de Paris, voulaient faire du zèle et rejeter sur les Jésuites, dont, depuis longtemps, ils poursuivaient la ruine, les sentiments ligueurs et les opinions régicides qu’ils avaient manifestées jusqu’alors. Ils crurent le moyen tout indiqué de faire leur cour au nouveau roi et de perdre leurs ennemis dans son esprit, en faisant de Barrière l’instrument des Jésuites.

[…] Une constatation qui doit dominer tout ce procès c’est que, du commencement de l’instruction à son dernier soupir, du moment où lui furent posées les premières questions jusqu’à celui où, déjà attaché aux quatre chevaux qui allaient l’écarteler, il fut interrogé une dernière fois, après avoir subi les horribles tortures de la question ordinaire et extraordinaire, Châtel mit toujours hors de cause les Jésuites.

Dans un premier interrogatoire, il affirma avoir eu seul l’idée du régicide et n’en avoir parlé qu’à son père.

Le lendemain, 29 décembre, Chastel, subit un second interrogatoire. Les juges essayèrent de toutes manières de lui faire mettre en cause les Jésuites. Tout d’abord, ils lui firent remarquer que, s’il persistait à déclarer que seul son père avait été mis au courant de son projet, il serait cause de sa mort, puisqu’il serait condamné comme seul et unique complice. On lui suggérait ainsi de perdre les Jésuites pour sauver son père. Il résista à cette insinuation. Voici d’ailleurs le procès-verbal de son interrogatoire, tel qu’il est conservé dans les Registres du Parlement :

« Interrogé qui lui a fait prendre cette malheureuse résolution et par le conseil de qui il l’a entrepris, qui sont ceux qui l’ont persuadé à ce faire, — A dit qu’il l’a déjà dit par ses interrogatoires et que c’est par un désespoir auquel il est entré, n’ayant été à ce faire incité par aucune personne.

« Remontré qu’il n’est vraisemblable qu’il ait été persuadé et poussé de lui-même à faire ce très cruel parricide et a chargé son père par ses confessions et sera cause de sa mort pour décharger ceux qui l’ont persuadé à ce faire, qu’il est temps qu’il pense à lui et avise à sauver son âme et de dire la vérité ; et enquis qui sont ceux qui l’ont persuadé et poussé à faire ce déloyal acte, qu’il ait à les déclarer et nommer, — A dit : c’est la ratiocination (raisonnement) et le désespoir auquel il est entré jour et nuit.

«Remontré que Guéret a demandé à parler à lui lorsqu’il a été prêt d’exécuter ce malheureux acte et enquis s’il n’a pas été par lui persuadé de le commettre, — A dit qu’il ne lui en a jamais parlé.

«Si Guéret voulant parler à lui, il ne le voulait pas confirmer en cette méchante résolution, — A dit que Guéret n’en savait rien.

«Remontré qu’il doit dire la vérité et conjuré, par la figure de Jésus-Christ qui lui est représentée au tableau, qu’il ait à dire la vérité et admonesté de reconnaître et nommer ceux qui l’on induit et persuadé à commettre ce malheureux acte, — a dit qu’il a dit tout ce qu’il en a sur la conscience et qu’il n’y a personne qui lui en ait parlé ».

Le même jour, Châtel fut mis à la question ; on lui posa les mêmes questions, après lui avoir appliqué successivement un premier coin, puis un second. Au milieu des tourments affreux qu’il endura se succédèrent ces questions et ces réponses :

«A qui il a communiqué ce fait ? — A dit que ce n’a été qu’à son père qu’il l’a dit.

«S’il n’y en a pas d’autres qui aient cette volonté de tuer le roi ? — A dit qu’il n’en sait d’autres.

«Qui sont ceux qui lui ont fait faire ou donné conseil à ce faire ou persuadé ? — A dit que personne ne lui en a parlé.

«A lui remontré qu’il sera cause de la mort de son père s’il ne déclare ceux qui l’ont persuadé de le faire, —A dit que personne ne lui en a parlé.

«Lui a été appliqué un troisième coin, n’en a voulu dire autre chose, demandant si on le voulait faire damner ».

Après l’arrêt, on renouvela la torture en lui remettant successivement les trois coins, un moment enlevés et on lui posa, une fois de plus, les mêmes questions, sans plus de résultats.

Avant de le mener au supplice, on lui fit, une quatrième et une cinquième fois, les mêmes interrogations au sujet de ses prétendus complices, après qu’à la chapelle, il se fut confessé pour la dernière fois.

« A été enquis si, avant de mourir, il ne voulait pas décharger sa conscience et reconnaître la vérité en déclarant ceux qui l’ont persuadé de vouloir faire ce méchant et détestable parricide ; — A dit que ne peut dire autre chose que ce qu’il a dit devant messieurs et a demandé si on le voulait faire damner et charger quelques-uns.

« Lui a été remontré qu’il a mis ses père et mère au hasard de leur vie (en danger de mort) et qu’il les peut garantir par la déclaration qu’il fera de ceux qui l’ont persuadé à faire ce méchant acte ; — A dit que personne ne lui en a parlé ».

On le conduit à Notre-Dame pour faire, sur le parvis, amende honorable et à la place de Grève pour être supplicié ; au moment de monter sur l’échafaud, toujours la même question lui est posée :

« A été ledit Chastel derechef administré de dire vérité et de relever à justice ceux qui ont participé au conseil du méchant acte et qui l’ont induit à ce faire, — A dit qu’il n’y en a eu autre que lui ».

Sur l’échafaud, on lui coupe le poing, on le couche, on le lie de cordes, on lui tenaille les chairs avec des fers rouges ; puis, avant d’attacher ses jambes et ses bras aux chevaux qui, tirant en sens contraire, vont l’écarteler, encore la même question lui est posée :

« A été interrogé de la vérité de ses complices et qui étaient ceux qui l’avaient incité à ce faire ; — A dit, en levant la tête et d’une parole ferme, que il n’y a eu autre chose que le désespoir qui l’a poussé à ce faire.

« Derechef sur ce enquis, après qu’il lui a été remontré qu’il était proche de la perte de son âme s’il ne révélait à la justice ceux qui l’avaient incité et persuadé à ce faire, — a dit que ce n’est autre que le diable et qu’il ne se veut damner pour accuser autrui ».

Après cette dénégation solennelle, il fut écartelé.

Nous n’avons rien voulu ajouter à ce récit ni rien en retrancher, car, malgré sa sécheresse de procès-verbal judiciaire, il est du plus poignant intérêt. Voilà un jeune homme de 19 ans qui, par suite d’une aberration de son esprit déséquilibré et tourmenté, a commis un attentat. Il est pressé de toute manière, par une dizaine de juges expérimentés, de dénoncer les Jésuites. On lui promet qu’à ce prix, ses parents seront mis hors de cause, tandis que son silence leur vaudra la mort. Il est soumis à la question ordinaire et extraordinaire ; à plusieurs reprises, ses membres sont brisés par les coins qui les écrasent ; il voit les quatre chevaux qui vont l’écarteler, il a le poing coupé et les chairs tenaillées ; son corps subit les pires tourments et il va mourir… Un mot peut arrêter le supplice et peut-être lui attirer la grâce du roi. Il n’a qu’à accuser les Jésuites, dire tout simplement qu’il a mis le P. Guéret au courant de son projet ! Et il aime mieux tout endurer et mourir de la plus cruelle mort plutôt que de le dire ; et cette fermeté ne lui est pas inspirée par une intimité fort grande entre lui et ses anciens maîtres ; il y a sept mois qu’il les a quittés et si dernièrement il les a vus, ce n’est pas de lui-même, c’est parce que son père l’a amené chez eux. Il dit d’ailleurs la raison qui retient sur ses lèvres l’accusation que juges et tortionnaires voudraient lui arracher : il ne veut pas diminuer son crime par un mensonge ! C’est assez qu’il soit coupable d’une tentative de meurtre ; il ne veut pas, pour se sauver, envoyer des innocents à la mort ; et s’il doit mourir, il ne veut pas paraître devant Dieu chargé du sang de ceux qu’il aurait lâchement calomniés.

Quel témoignage plus probant pourrait-on alléguer en faveur des Jésuites que ce silence héroïque d’un jeune homme de 19 ans qui, coupable d’un crime, est bien résolu à ne pas en commettre un second ! »

Tiré de Histoire Partiale – Histoire Vraie, tome 4_volume 2 page 68 à 77 de Jean Guiraud aux Edition Beau Chêne Croît.

Voir les chroniques du 27 décembre et du 7 janvier.

  • le 29 décembre 1720 : l’incendie de Rennes est vaincu.

Il a débuté le 23 décembre, voir la chronique du jour. Il est vaincu par l’abattage de maisons près de la cathédrale et du palais ordonné par l’intendant, le centre-ville est dévasté.

  • le 29 décembre 1721 : occupation de l’Île Maurice par les Français, qu’ils baptisent Île de France.
  • le 29 décembre 1796 : échec de la tentative de débarquement des troupes révolutionnaires françaises en Irlande.

Les maigres troupes du général Hoche ne peuvent pas tenir. Les survivants rembarquent.

  • le 29 décembre 1796 : proclamation du premier ministre Pitt au Parlement :

“Jamais l’Angleterre ne consentira à la réunion de la Belgique à la France. Nous ferons la guerre tant que la France ne sera pas rentrée dans ses frontières de 1789”.

  • le 29 décembre 1797 : les Français s’emparent de Mayence.
  • le 29 décembre 1840 : le général Bugeaud est nommé gouverneur général de l’Algérie.

Le général Thomas Robert Bugeaud est nommé gouverneur général de l’Algérie et prend de nouvelles mesures pour soumettre les Algériens. Il adapte l’armée à une guerre de contre-guérilla. Malgré la soumission d’Abd el-Kader en 1847, il est remplacé par le duc d’Aumale.

  • le 29 décembre 1857 : occupation de Canton par un corps expéditionnaire franco-britannique.
  • le 29 décembre 1920 : le Parti communiste français est créé.
  • le 29 décembre 1933 : révélation de l’affaire Stavisky.

L’affaire Stavisky, une crise politique et économique, survient après le décès suspicieux d’Alexandre Stavisky, escroc naturalisé français en 1910, juif d’origine polonaise. Quatre jours plus tôt, ce dernier a été arrêté pour fraude, on s’aperçoit qu’il a joui de la complicité de dignitaires municipaux. S’il semblait avoir été assassiné, le suicide est retenu. Tout le régime politique est alors soupçonné de corruption, des émeutes antiparlementaires ont lieu le 6 février de l’année suivante.

  • le 29 décembre 1989 : la République populaire (communiste) de Pologne redevient la République de Pologne.
  • le 29 décembre 2001 : obsèques de l’ancien président Sédar Senghor.

Les obsèques de l’ancien président Sédar Senghor ont lieu, à Dakar en présence de chefs d’Etat africains, mais sans représentation française de haut rang.

  • le 29 décembre 2003 : assassinat au Burundi du nonce apostolique, Mgr Michael Courtney.

Mgr Michael Courtney, ambassadeur du Vatican au Burundi, est mortellement blessé dans une embuscade près du village de Minago.

La paradoxale tyrannie de l’Etat-néant

D’Alliance pour la France :

Si la période que nous traversons est, à bien des égards, désespérante, elle n’en demeure pas moins riche d’enseignements politiques. Le numéro effectué hier par le Premier ministre Castex et le ministre de la Santé et des Solidarités Véran a révélé et exprimé avec netteté la transformation politique que nous sommes en train de vivre. Cette allocution avait pour objectif d’informer les Français sur les dispositions qui ont été prises en Conseil de défense suivi par un Conseil des ministres extraordinaire. Ces dispositions concernent notamment la transformation du Pass sanitaire en Pass vaccinal, le raccourcissement du délai de rappel à trois mois, un isolement réduit pour les cas contacts vaccinés, le renforcement du télétravail sur 3 semaines, le retour des jauges pour les rassemblements en extérieur et en intérieur, et les conditions de consommation dans les cafés et restaurants.

Le premier enseignement concerne le fonctionnement des pouvoirs publics. Le processus décisionnel est désormais formalisé, ritualisé même. C’est le Conseil de défense sanitaire, une émanation du Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) créé en 2009, qui prend les décisions, « éclairé » par un conseil scientifique créé le 11 mars 2020, présidé par Jean-François Delfraissy, se réunissant quotidiennement pour apporter une aide à la décision publique. C’est donc l’Etat profond, un Etat profond sanitaire désormais, constitué d’experts non élus, généralement nommés par l’exécutif, qui se trouve à l’origine des décisions de politiques publiques. Le Parlement se retrouve, lui, en bout de chaîne décisionnelle, et en raison du fait majoritaire, ne vient qu’apposer un visa à un projet de loi souvent préparé et finalisé en amont. C’est un régime de concentration des pouvoirs, où la séparation chère à Montesquieu, n’est plus qu’un lointain souvenir politique et institutionnel. L’Etat n’est plus qu’exécutif parce qu’il est exécutant. Toute instance délibérative et démocratique vient introduire de l’aléatoire, de l’imprévisible dans un narratif politique, la Grande Réinitialisation (le Great Narrative de Klaus Schwab), déjà écrit et appliqué méticuleusement à peu près simultanément par tous les pays occidentaux. La délibération, qui, théoriquement, est le creuset de la décision politique dans un régime républicain, exécutée ensuite par … l’exécutif, devient l’intrus, le miasme politique dont il convient de se débarrasser.

Le deuxième enseignement est la transformation du temps politique. La situation d’exception a été rendue possible par la loi du 23 mars 2020 qui crée un état d’urgence dit sanitaire en cas de catastrophe. Mesure d’exception, elle n’a cessé de faire l’objet de prolongations ou de régimes transitoires de sortie, jusqu’au 31 juillet 2022 aujourd’hui (loi n°2021-1465 du 10 novembre 2021). Les pouvoirs publics ont veillé à entretenir et administrer la pénurie de lits d’hôpitaux (5700 lits fermés en 2021 !), de traitements que les médecins ne peuvent prescrire, et à maintenir un état d’anxiété collective, tout cela justifiant le maintien dans un état d’urgence. L’urgence est en effet devenu le modus operandi d’un Etat qui est désormais post-démocratique. L’urgence est en définitive la fameuse « maîtrise des horloges » tant souhaitée par Macron. Il a compris qu’il fallait séquencer le temps politique, en réduire le temps délibératif pour instaurer une tyrannie dans les formes mêmes de la démocratie libérale. L’occultation scandaleuse du temps de la délibération démocratique s’est malheureusement vérifiée dans l’inanité du Conseil d’Etat, du Conseil constitutionnel, incapables de jouer le moindre rôle dans cette suspension patente et orchestrée des libertés publiques. Le régime se retourne contre lui-même, devient, dans le respect formel des institutions, le contraire de lui-même. Pire, le temps instauré entre les deux doses de rappel (puisque la 4ème dose est selon Véran désormais envisageable) est proprement irrationnel : médicalement absurde, politiquement aberrant, ce raccourcissement du temps de rappel est une insulte au bon sens du peuple français. Le calendrier politique, la vie même des gens sont directement remplacés par un calendrier sanitaire. On a vu hier deux ministres, produits de cette technocratie tyrannique, devant justifier l’injustifiable, défendre l’indéfendable, expliquer l’inexplicable. On sentait du reste un malaise dans les mots, l’attitude, les visages. Tour à tour, l’autorité était surjouée, le scepticisme et la gêne transparaissaient.

Le troisième enseignement est la transformation de l’action politique. Les mesures concernant l’interdiction de consommer debout dans les bars a beaucoup amusé sur les réseaux sociaux. Une telle mesure est emblématique de ce que deviennent l’action politique et les politiques publiques. La tyrannie sanitaire a deux faces : une face tragique évidente avec la transformation du Pass sanitaire en Pass vaccinal qui nous rapproche d’une obligation vaccinale sans la moindre responsabilité incombant à l’Etat (nécessaire puisque les vaccins sont encore en phase III et en AMM conditionnelle) ; une face comique, avec une sorte de bullshit policy, une politique de l’insignifiance, allant jusqu’à des détails défiant de surcroît le bon sens. Comme le dit Johann Chapoutot dans son récent ouvrage Le Grand Récit : « C’est absolument décisif, car le bullshiter, celui qui profère n’importe quoi, se situe dans un tout autre univers mental : « Cette absence de tout souci de vérité, cette indifférence à l’égard de la réalité des choses constituent l’essence même du baratin » (citation de Harry Frankfurt, De l’art de dire des conneries, Paris, 10/18, 2006). Plus loin, il résume ce qui s’applique parfaitement à la technocratie délirante du covidisme, si nettement et ouvertement exprimée par cette mesure absurde : « Le bullshitisme est consubstantiellement lié au managérialisme, ce langage du vide, cette nouvelle langue de bois emphatique, voire enthousiaste et parfaitement vaine qui est aussi une conception de l’homme et du groupe humain, de la cité, donc de la politique, qui conçoit le réel en termes de calculs optimisateurs, de kits, de process et de nudge ». La mesure énoncée hier est l’illustration, à la fois tragique et comique, d’une forme de triomphe de la déraison qui paraît emporter toute cette période. C’est « du mécanique plaqué sur du vivant », la définition même du rire selon Bergson, exactement du reste l’objectif anthropologique de la Grande Réinitialisation. Le paradoxe est que cette séquence sanitaire aurait dû être le temps de la science, de la médecine, de la mesure, de la raison raisonnante éclairée par la raison raisonnable. Or, elle en est l’exact inverse : l’ère du soupçon scientifique, celle du discrédit porté sur la parole rationnelle. C’est le temps des sophistes, des injonctions paradoxales, des mesures dérisoires, de la disproportion.

Je ne sais comment l’Occident sortira de cette période. La blessure infligée à la science, à la politique, à la civilisation dans son ensemble risque d’être profonde et les cicatrices durables. Cette intervention a jeté non seulement une lumière crue sur le chemin qui nous est imposé – la Grande Réinitialisation – mais a aussi montré la transformation de l’Etat en Etat néant, tyrannique précisément parce que la raison l’a déserté et que nous devenons nous-mêmes, suprême humiliation, les marionnettes de marionnettes…

Odile Guinnepain, présidente de Choisir la vie, RIP

Communiqué de Choisir la vie :

Chers amis,

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort de notre chère présidente Odile Guinnepain, survenue des suites d’un COVID sévère dans la nuit du 27 au 28 décembre.

Odile était une femme extraordinaire et une “sœur de combat” au sein de la grande famille des défenseurs de la Vie.

Infirmière, Odile était entièrement dévouée à la cause de la Vie, de la vie naissante où elle osait dénoncer avec force la réalité de l’avortement,  à la fin de Vie où elle accompagnait avec tant de douceur et d’Espérance ses patients en fin de vie à travers les soins palliatifs.

Animée d’une grande Foi et d’une grande pureté, Odile offrait sa vie pour la  défense de la Vie.

Cela faisait juste un an qu’elle avait accepté de succéder à Cécile Edel en tant que Présidente de Choisir la Vie et qu’elle s’attachait à poursuivre et à développer les actions de l’association avec ardeur.

En dépit du choc et de la tristesse de son décès , nous ne pouvons que méditer ce beau mystère par lequel le Seigneur l’a rappelée à Lui en ce 28 décembre, jour de la fête des Saints innocents,. l’unissant ainsi au martyr de ceux qu’elle a tant défendus.

Puisse Odile désormais intercéder pour la cause du respect de la Vie et nous donner à tous force et espérance pour poursuivre le combat.

Les obsèques dOdile Guinnepain auront lieu à l’église Notre Dame de Châteauroux, vendredi à 14h30

16 janvier : marche pour la vie contre l’avortement

En 2022, la Marche pour la vie s’inscrit dans un contexte très politique. Après les différents confinements et les attaques contre le droit à la vie, elle n’a peut-être jamais été aussi attendue. Elle aura lieu le dimanche 16 janvier 2022 à Paris (départ proche de la gare Montparnasse).

Son thème est imposé par l’actualité, principalement l’extension du délai légal d’avortement à 14 semaines. Les marcheurs ne manqueront toutefois pas de rappeler qu’une vie n’en est pas moins humaine à sa conception, qu’à 14 semaines : il n’y a pas de hiérarchie des valeurs dans la biologie.

Contre quoi manifester ?

La proposition de loi « visant à renforcer le droit à l’avortement », portée par la députée Albane Gaillot (non inscrite, ex-LREM), a été réinscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale après le refus du Sénat de l’examiner. Elle comporte des dispositions accélérant gravement les atteintes à la vie humaine. Les mesures phares sont bien connues : l’extension du délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse, l’extension de la compétence des sages-femmes en matière d’IVG, la suppression du délai de 48h suivant l’entretien psycho-social. Les mesures de « suppression » (de la conscience) se succèdent aux « extensions », ce qui rend l’acte de plus en plus banal et permissif.

Un temps opposé à l’allongement du délai d’avortement, le président de la république Emmanuel Macron, a changé d’avis et s’en est finalement remis à la « sagesse des députés ». Mardi 30 novembre au soir, le texte a été adopté en seconde lecture par 79 voix contre 36 et 8 abstentions. Ils étaient 123 présents, sur 577 élus, pour voter le texte final. Mais si les députés ont voté en faveur de toutes les mesures – y compris l’extension du délai légal de l’IVG – ils ont cependant refusé de supprimer la clause de conscience spécifique permettant aux médecins de refuser de pratiquer un avortement.

La Marche pour la vie était présente devant l’Assemblée nationale pour animer une conférence de presse unitaire avec les Associations Familiales Catholiques (AFC) et la Fondation Jérôme Lejeune pour dénoncer ce texte.

Le combat continue. Le seul espoir de ne pas aggraver l’atteinte à la vie des enfants in utero repose désormais entre les mains des sénateurs. La fin de la session parlementaire est fixée au 28 février 2022. Ils n’ont que trois mois pour inscrire le texte à l’ordre du jour du Sénat. Si le texte est inscrit pour discussion au Sénat, nul doute que le combat sera âpre.

Ce que contient la loi Gaillot

  • L’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de douze à quatorze semaines,
  • La suppression de la clause de conscience des professionnels de santé,
  • L’allongement des délais légaux d’IVG à domicile de 5 à 7 semaines de grossesse,
  • La pratique de l’IVG chirurgicale par les sages-femmes jusqu’à 10 semaines de grossesse,
  • La suppression du dernier délai de réflexion de 48 heures entre les deux consultations d’IVG pour les mineures.

Nos revendications

  1. Faire réaliser une étude sur l’IVG par les pouvoirs publics, pour mieux comprendre les causes et les conséquences de l’avortement, comme le souhaitent 88% des Français (sondage IFOP octobre 2020).
  2. Mettre en place une politique familiale pour combattre la précarité et accompagner tous les parents pour que l’IVG ne soit jamais un choix réalisé pour des raisons économiques.
  3. Proposer l’abrogation de la loi Gaillot, prévoyant notamment l’extension de la durée légale d’avortement à 14 semaines, si celle-ci était votée.
  4. Permettre le remboursement à 100% des actes liés à une maternité, alors qu’une prise en charge à 100% est déjà prévue pour une IVG.
  5. Rendre obligatoire, dès la sixième semaine de grossesse, une échographie qui permette d’entendre battre le cœur du fœtus.
  6. Rétablir un délai de réflexion de trois jours minima, avant toute IVG.
  7. Encourager l’accouchement sous X pour permettre aux jeunes femmes en difficulté de mener leur grossesse à terme et de permettre ainsi l’adoption.
  8. Défendre le droit absolu à l’objection de conscience des personnels de santé et protéger la clause de conscience spécifique.
  9. Rejeter toute légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie
  10. Déployer un grand plan pour que les soins palliatifs soient accessibles à tout Français qui en aurait besoin.

Légalisation du meurtre d’enfants à 14 semaines

Aliette Espieux, porte-parole de la Marche Pour La Vie, décrypte la loi d’Albane Gaillot sur l’avortement :

Victime de censure sanitaire ? Professeur Christian Perronne

Vidéo censurée par Youtube.

Retrouvez ici l’article de Valeurs Actuelles sur ce sujet.

Quelques réflexions sur la proposition de loi pour étendre le délai légal de l’avortement

Le chichiteur de l’Elysée, celui qui s’auto-émerveille télévisuellement d’avoir « toujours donné le meilleur de lui-même », avait prévenu dans un entretien avec le magazine Elle en juillet 2021 : reprenant l’avis de tous les gynécologues disant qu’un avortement était plus traumatisant à 14 semaines qu’à 12 (le délai actuel), il ne se déclarait pas favorable à une proposition de loi  dite sur le « renforcement du droit à l’avortement » et qui propose essentiellement de porter ce délai légal de 12 à 14 semaines. Justification de ce texte ? il existe un nombre annuel indéterminé mais faible (1000 ? 2000 ?) de femmes allant avorter à l’étranger parce que le délai légal de 12 semaines est dépassé. C’était déjà exactement l’argument qui avait été avancé quand le délai légal avait été porté de 10 à 12 semaines en mai 2001. Avec les mêmes nombres.

Cette proposition de loi avait été présentée en première lecture par le groupe « Ecologie démocratie solidarité » en octobre 2020 et avait alors été adoptée.

Mais le circuit d’une proposition de loi, qui ne peut pas suivre une procédure d’urgence permettant de sauter des étapes entre Assemblée nationale et Sénat et qui doit aussi s’intégrer dans les niches d’ordre du jour octroyées aux différents groupes parlementaires, est parfois compliqué.

Cette proposition de loi, après un premier passage (et rejet) au Sénat en janvier 2021, a à nouveau été inscrite en février 2021 à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale en deuxième lecture, cette fois-ci lors de la journée réservée au groupe Socialistes et apparentés puisque le groupe Ecologie démocratie solidarité n’avait plus de créneau disponible.

Mais l’opposition (LR et des non-inscrits) avait alors déposé 400 amendements dont le temps prévisible de discussion dépassait la durée de la niche parlementaire. Cette manœuvre a donc abouti à son retrait de l’ordre du jour. Il n’y avait dès lors plus de possibilité calendaire pour ces groupes d’opposition de replanifier l’examen de cette proposition de loi avant la fin de la législature : elle paraissait donc enterrée.

Et la République en Marche vint ! Mais si, vous savez, ce mouvement qui se réclame du même chichiteur élyséen Bon, après sans doute s’être tortillé ses petits bras, ce dernier a sans doute confié à M.Castaner, son fidèle canin, le soin de faire don de sa niche parlementaire pour reprendre la proposition de loi à son compte.

Et la voilà donc, la proposition de loi, discutée à l’Assemblée nationale les 29 et 30 novembre 2021.

Et M.Castaner de pérorer sans vergogne : « Aujourd’hui, nous devons franchir une nouvelle étape pour garantir aux femmes le passage d’un droit formel à un droit réel »,  à propos d’un acte pratiqué quand même annuellement en France 230 000 fois… C’est gens n’ont aucune vertu. M.Véran, lui, se fait le héraut des luttes féministes, tout en indiquant que le gouvernement s’en remettra, au moment des votes, à la sagesse de l’Assemblée (une sorte de vote blanc) :

« Nous reprenons les débats sur le sujet majeur qu’est le renforcement du droit à l’avortement, lequel représente l’un des sommets de l’histoire de cet hémicycle…. Je fais mienne l’exigence de renforcer sans cesse l’accès à l’offre d’interruption volontaire de grossesse (IVG) en tout point du territoire pour ne laisser aucune femme sans possibilité d’exercer son droit ».

Mme Albane Gaillot (député Europe Ecologie Les Verts), auteur principal du texte et son rapporteur au nom de la commission des Affaires sociales présente le contenu de la proposition de loi :

«  L’avortement n’est pas une exception, une erreur de parcours ou un échec ; c’est une solution [sic !] pour toutes les femmes qui souhaitent mettre fin à une grossesse ».

L’article 1er vise à allonger le délai légal de l’IVG de douze à quatorze semaines de grossesse. L’article 1er  bis  quant à lui, vise à étendre le champ de compétences des sages-femmes à la pratique de l’IVG par voie instrumentale « ce qui permettra de renforcer le maillage territorial des professionnels habilités à pratiquer une IVG ». L’article 1ter supprime le délai de deux jours de réflexion pour confirmer une demande d’IVG, actuellement imposé aux femmes qui effectuent une consultation psychosociale préalable.

Notons simplement que lors de la discussion de ce point, Mme Ménard (non-inscrite) rappelle :

« le moindre achat sur internet, par téléphone ou par voie postale, est soumis à un délai de rétractation. La loi impose également un délai de deux semaines de réflexion avant de recourir à une chirurgie esthétique. Expliquez-moi pourquoi il ne serait pas possible de bénéficier de deux jours de réflexion dans le cadre d’une IVG»,

et Mme Clémentine Autain (LFI) a cette parole audacieuse :

« Vous faites des comparaisons pour le moins troublantes. Non seulement vous l’écrivez, mais vous le répétez dans l’hémicycle : vous comparez un avortement à l’achat d’une voiture. C’est tout de même particulier ! Vous le banalisez…Ne comparons pas l’avortement à l’achat d’une voiture ».

C’est donc Mme Ménard qui banalise l’avortement !.

Enfin, l’article 2 supprime la clause de conscience spécifique à l’IVG.

Mme Geneviève Levy, député LR, précise les vrais enjeux :

« Deux semaines de délai supplémentaires constituent-elles la solution qui évitera à 2 000 femmes de partir chaque année à l’étranger pour avorter ? Pour 70 % d’entre elles, la cause de l’avortement tardif est la méconnaissance de leur état de grossesse. Le Comité consultatif national d’éthique, compilant les données du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de l’Espagne, qui accueillent ces Françaises, établit que la prise en charge médiane de ces femmes intervient à dix-neuf semaines de grossesse. Le CCNE souligne aussi que les femmes concernées prennent contact avec ces pays en moyenne trois semaines avant l’IVG, soit autour de seize semaines de grossesse. Ce sont là des faits : ce délai est nettement supérieur aux quatorze semaines prévues par la proposition de loi. La grande majorité des Françaises qui ont recours à un avortement tardif continueront donc de se rendre à l’étranger ».

Propos confirmé par l’intervention de M Patrick Hetzel :

« Selon le professeur Florence Bretelles, gynécologue obstétricienne de l’AP-HM (assistance publique-hôpitaux de Marseille), ce texte ne règlera rien. Je la cite : « la plupart des patientes hors délai que nous voyons sont généralement plutôt à dix-sept ou dix-huit semaines de grossesse. ».

Autrement dit, un texte hors-sujet, mais nous le savions bien sûr.

Au-delà des échanges d’arguments habituels, quatre éléments de la discussion nous ont plus particulièrement intéressés.

Le premier concerne le rappel des positions prises par les instances professionnelles, presque toutes défavorables au contenu de la proposition de loi.

L’Académie de médecine est opposée à l’allongement du délai :

«En portant ce délai à 16 semaines d’aménorrhée [14 semaines de gestation, ndlr], on augmente le recours à des manœuvres chirurgicales qui peuvent être dangereuses pour les femmes et à une dilatation du col plus importante susceptible de provoquer des complications à long terme comme un accouchement prématuré.»

Le Conseil national de l’Ordre des médecins s’est prononcé contre la suppression de la clause de conscience.

Le CCNE n’est pas opposé pour des raisons éthiques à l’allongement de la durée du délai légal (et c’est vrai que, éthiquement parlant, l’opération de suppression d’une vie humaine est la même) :

« En résumé, la réalisation des IVG comporte des risques qui sont faibles, augmentent avec l’âge gestationnel, mais différent peu entre 12 et 14 semaines de grossesse ».

En revanche, il ajoute que « les gynécologues-obstétriciens sont en majorité opposés à l’allongement du délai d’accès à l’IVG ». Ce qui est aussi rappelé par Mme Ménard :

« [Le principal syndicat de ces professionnels] a déclaré envisager ce changement de législation « avec effroi » – ce sont ses termes. Selon son président Bertrand de Rochambeau, cette mesure risque d’avoir l’effet inverse de celui escompté, de moins en moins de professionnels acceptant de pratiquer l’acte, et il explique avec des détails certes un peu crus, mais qui expriment simplement la réalité, ce que signifie concrètement une IVG à quatorze semaines : à ce stade de développement, le fœtus a l’aspect d’un être humain que l’opérateur doit broyer avec une pince avant d’extraire de l’utérus des morceaux de bras, de jambes, de tête ».

Enfin, le CCNE « considère que la clause de conscience spécifique souligne la singularité de l’acte médical que représente l’IVG ; en conséquence, le CCNE est favorable au maintien de la clause de conscience spécifique prévue par l’article L. 2212-8 du Code de la santé publique ».

Le deuxième point concerne le débat sur l’article 2 (la demande de suppression de la clause de conscience spécifique qui avait été introduite dans la loi de 1975). Il existe en effet une clause de conscience générale pour les médecins. Cette clause spécifique serait donc à la fois inutile dans sa redondance et par là même une terrible stigmatisation des femmes voulant avorter. Mme Marie-Noëlle Battistel (PS) : « Le maintien de la double clause de conscience ne sert donc qu’à stigmatiser l’IVG ».  Ou encore Mme Caroline Fiat (LFI) :

« Cette double clause de conscience, désormais anachronique, est terriblement stigmatisante et culpabilisante pour les femmes, en plus de créer une rupture d’égalité dans l’accès aux soins ».

Cette clause de conscience spécifique est en réalité l’objet de bien des mensonges de la part des partisans de sa suppression. Mme Marie-Noëlle Battistel encore à la manoeuvre :

« cette double clause de conscience maintient l’IVG dans un cadre médical distinct de tous les autres actes liés à la santé reproductive de la femme et n’apporte, en réalité, aucune protection supplémentaire aux professionnels de santé par rapport à leur clause de conscience générale ».

Il est en effet totalement faux de dire que cette clause est simplement redondante comme l’explique M.Hetzel (LR) :

« Je m’appuie ici sur le travail du professeur agrégé de droit Nicolas Kermabon, qui indique que « la clause spécifique à l’IVG et la clause de conscience générale ne profitent pas exactement aux mêmes bénéficiaires : alors que la clause générale protège les médecins, les sages-femmes et les infirmiers, la clause spécifique bénéficie quant à elle à l’ensemble du personnel médical ». Il ajoute que « ces deux clauses ne couvrent pas le même champ : la clause spécifique pose un principe absolu – les praticiens ne sont jamais tenus de pratiquer une IVG –, tandis que la clause générale prévoit une exception, en ce qu’elle ne peut pas être invoquée en “cas d’urgence” ». Enfin, « elles n’ont pas la même valeur juridique : la clause spécifique a été consacrée par la loi, tandis que la clause générale n’a qu’une valeur réglementaire qui est juridiquement inférieure. La suppression de la clause spécifique aurait ainsi pour résultat d’abaisser la valeur juridique de la protection des personnels soignants. »

Et Mme Ménard rappelle un élément différenciateur supplémentaire :

« La clause de conscience que vous venez de remettre en cause……était bien une condition essentielle de la dépénalisation de l’avortement, à tel point que le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 15 janvier 1975, lui reconnut une valeur constitutionnelle. Considérant que la loi Veil « respecte la liberté des personnes appelées à recourir ou à participer à une interruption de grossesse, qu’il s’agisse d’une situation de détresse ou d’un motif thérapeutique », il a estimé que « dès lors, elle ne port[ait] pas atteinte au principe de liberté posé à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Les termes « dès lors » indiquent que la garantie de la liberté de conscience est une condition de la constitutionnalité de la loi – avis que le Conseil constitutionnel confirmera dans sa décision du 27 juin 2001 ».

Enfin, comment concilier l’affirmation selon laquelle la suppression de cette clause serait sans effet pratique et en même temps souligner à de nombreuses reprises, comme le fait Mme Albane Gaillot, que l’article 2 (qui prévoit la suppression de cette clause) est

« une disposition centrale par rapport à l’objectif de cette proposition de loi qui vise, comme vous l’avez compris, à améliorer l’accès à l’avortement en s’appuyant sur plusieurs éléments » et plus loin « Or la clause de conscience est un des leviers qui peuvent être actionnés pour améliorer l’accès à l’avortement ».

Cette incohérence est encore soulignée par la même Mme Gaillot, dans son commentaire désappointé quand, après vote des députés, la suppression de la clause de conscience spécifique a été refusée :

« Je ne peux que regretter le manque de la suppression de la clause de conscience spécifique. Nous savons en effet que c’est un frein à l’avortement ».

Petit plaisir de gourmet, voilà lors du débat concernant la suppression de cette clause, la position enchevêtrée du pôvre M. Olivier Véran. En effet, il est certainement personnellement favorable à sa suppression. Il sait néanmoins que le corps médical la refuse. Et il se voit obligé de ménager la chèvre et le chou pour ne pas désespérer le Billancourt féministe:

« Factuellement, si vous votez cet article 2 en l’état et que la loi est promulguée, il n’y aura plus de clause de conscience spécifique à l’IVG. Mais c’est bien un débat sémantique : tant que le règlement ne change pas, les médecins ne verront pas leur exercice perturbé au quotidien. Je comprends que la sémantique puisse être une bataille, mais je considère aussi que vous menez beaucoup de batailles – et vous allez les gagner, pour ce qui est de cette proposition de loi. Vous connaissez mon engagement personnel à vos côtés.
Pour être tout à fait franc, il peut arriver aussi qu’un mot soit une crise. En l’occurrence, il n’est pas exclu qu’une mauvaise interprétation de la suppression de la clause de conscience sème le trouble au sein de la communauté médicale. La partie de celle-ci qui n’est pas favorable au droit à l’avortement en général et moins encore à l’allongement du délai de douze à quatorze semaines reste aujourd’hui en retrait, considérant que cette proposition de loi ne la regarde pas ; elle pourrait demain considérer qu’on serait sur le chemin d’une forme de contrainte, même si ce n’est pas le cas factuellement. Vous connaissez cela par cœur, vous êtes parlementaires, vous faites de la politique.
Je tiens simplement à appeler votre attention sur ce point. Je ne suis certainement pas là pour distribuer des bons ou des mauvais points. Le débat avance bien, me semble-t-il, dans une ambiance respectueuse, sans obstruction. Vous êtes sur le point, mesdames et messieurs les parlementaires de la majorité – une majorité en l’occurrence élargie –, d’emporter des batailles qui vous honorent. Attention aux basculements possibles.
Encore une fois, je suis très tranquille vis-à-vis du droit à l’IVG et de l’ensemble de cette proposition de loi. On ne peut pas me reprocher le moindre conservatisme en la matière, mais je vous incite à la vigilance. J’en ai parlé avec des gynécologues obstétriciens qui pratiquent l’IVG : certains de ces médecins engagés craignent que la suppression de la clause spécifique de conscience ne soit comprise comme le début d’une contrainte, ou que des praticiens ne se sentent contraints d’accueillir des femmes dans un parcours d’IVG. Celles-ci, alors, seraient mal accueillies. À leur sens, il vaut mieux s’assurer qu’elles soient prises en charge par des médecins engagés, et même militants, que de prendre le risque qu’elles soient mal orientées.
Je partage ces propos en toute transparence, parce que c’est mon rôle. Je confirme l’avis de sagesse du Gouvernement sur cet article 2 comme sur l’ensemble du texte, mais je souligne cette sensibilité particulière du sujet : parfois, en voulant bien faire, on peut glisser de l’autre côté ».

Le troisième aspect que nous voulons citer, plus anecdotique mais néanmoins révélateur de la fabrique de la loi en Macronie, est apparu lors de l’examen de l’article étendant la pratique des IVG par voie instrumentale aux sages-femmes.

Patrick Hetzel rappelle :

« L’article 1erbis vise à autoriser les sages-femmes à pratiquer des IVG par voie chirurgicale jusqu’à la fin de la dixième semaine de grossesse. Après d’autres orateurs, je me permets d’insister sur le fait que l’article 70 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 – on parle d’un article qui a été voté il y a moins d’un an – a validé une expérimentation de trois ans de la pratique de l’IVG instrumentale par les sages-femmes, autrement dit jusqu’en 2024. Monsieur le ministre, quelle est votre position sur cette question, sachant que nous avons eu un débat ici même, il y a moins d’un an, et que le Gouvernement considérait qu’il fallait pouvoir expérimenter, que les expérimentations étaient importantes, et que, bien entendu, il attendrait les résultats d’une telle expérimentation avant de légiférer et d’étendre de manière plus générale. Comment se fait-il que sur un tel sujet, il y ait, en moins d’un an, un revirement à 180 degrés par rapport à l’argumentation développée à la fois dans le bleu budgétaire et par les représentants du Gouvernement, ici même, ainsi qu’au Sénat ?» 

Et voilà la réponse à peine croyable du ministre : M. Olivier Véran :

« Faut-il en rester à l’expérimentation ou faut-il généraliser ? Je suis convaincu que l’expérimentation est une bonne façon d’avancer. Pour vous dire ce qui se passe de façon pratique : un peu plus d’un an après l’adoption du PLFSS pour 2021, l’expérimentation n’a pas formellement commencé. C’est un travail qui se met en place lentement. ».

En clair, d’une part l’expérimentation qui devait commencer n’a pas débuté. Et l’expérimentation qui était considérée comme indispensable avant généralisation devient tout d’un coup totalement inutile. On se croirait ramené en pleine mesure de gestion sanitaire de l’épidémie de covid…

Le dernier point que nous voulions souligner est une interrogation sur la qualification de l’avortement comme acte. L’avortement est présenté par les zélateurs de la proposition de loi tantôt comme une solution, tantôt comme un soin mais toujours comme un droit. Mais, en même temps, quasi tout le monde est d’accord pour souligner que c’est un acte a minima douloureux : Mme Agnès Firmin Le Bodo (Modem) :

« Toutefois, au-delà des statistiques, il s’agit d’histoires humaines jamais anodines. « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement, il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame », disait Simone Veil à cette tribune ».

Mme Caroline Fiat :

« Permettez-moi de rappeler, premièrement, qu’à quatre, cinq, six, sept, huit, douze ou peut-être bientôt quatorze semaines, une IVG est toujours traumatisante. Personne ne la fait de gaîté de cœur ».

Mme Aurore Bergé (LaREM) :

«  Décider d’avorter n’est pas une partie de plaisir. Ce n’est pas anodin ».

Mme Sylvia Pinel (LT) :

« L’avortement est toujours un acte douloureux pour les femmes ».

Même Mme Clémentine Autain y va de sa remarque :

« Qui dira ici que l’avortement n’est pas souvent un traumatisme ? C’est l’évidence, nous le savons ».

Alors, connaissez-vous beaucoup de droit pour lesquels les gens se battent et dont l’exercice, la plupart du temps et à des degrés variables, se révèle être traumatisant ? Curieuse terminologie. Comme dirait M.Véran, « il peut arriver qu’un mot soit une crise »…

La poursuite du parcours parlementaire de cette proposition de loi, pour permettre son aboutissement avant la fin de la législature, requérait à nouveau le soutien fort des macronistes au Sénat, toujours pour y trouver la niche adéquate. C’est fait : sa discussion en deuxième lecture est planifiée le 19 janvier 2022. Ce qui devrait permettre – sauf hasard ou accident- son adoption en dernière lecture à l’Assemblée nationale avant la fin normale de la session prévue le 28 février 2022. Le chichiteur de l’Elysée, aux dernières nouvelles, n’a pas moufté. Le Père Noël est décidément parfois une ordure.

Le passe vaccinal comme le passe sanitaire ne sont pas des mesures sanitaires

De François-Xavier Bellamy dans Le Figaro :

Nous y voilà donc: alors que le «passe sanitaire» est désormais nécessaire pour les actes les plus quotidiens comme les plus essentiels, il devrait devenir bientôt un «passe vaccinal». Avec un peu de recul, le spectacle des reniements gouvernementaux donne le vertige: en février, Emmanuel Macron garantissait qu’il «ne conditionnerait pas l’accès à certains lieux à la vaccination». En mai, cette condition était imposée, mais seulement pour les «grands rassemblements» de plus de 1000 personnes. En juillet, le passe sanitaire était exigé dans les trains ou les cafés – mais Olivier Véran jurait qu’il aurait disparu «au plus tard en novembre». En décembre, la restriction est renforcée.

[…]

Mais tout cela est en fait très logique ; car ce que révèle ce nouveau revirement, c’est que le passe vaccinal comme le passe sanitaire depuis le début ne sont pas des mesures sanitaires. Ce que nous disions dès juillet est aujourd’hui rendu incontestable par le fait que le gouvernement refuse désormais de prendre en compte un test négatif pour établir ce passe. Si l’objectif était de limiter la circulation du virus dans des lieux précis, un test négatif est pourtant bien plus efficace pour cela qu’une preuve de vaccination, puisque ni deux ni trois doses – ni même quatre ou cinq demain… – n’empêchent d’être contaminé et contagieux. Il est donc totalement irrationnel que le premier ministre ose accuser les Français non vaccinés de «non-assistance à personne en danger», comme si eux seuls diffusaient le virus… De fait, en réduisant le passe sanitaire au vaccin, le gouvernement ne réduit en rien le risque de contamination là où il est exigé ; il ne fait que contraindre les Français à une vaccination que la loi n’a pourtant jamais rendue obligatoire. Sur ce point, une mention spéciale doit d’ailleurs être réservée au Conseil d’État, qui a sombré dans l’indignité en se reniant lui-même avec une servilité littéralement pitoyable. En juillet, il avait admis le principe du passe sanitaire à la condition expresse qu’un test négatif permettrait son obtention – sans quoi, écrivait-il, il ne s’agirait plus d’une mesure de protection, mais d’une incitation vaccinale dissimulée. Ne pas délivrer ce passe à des personnes prouvant pourtant qu’elles sont indemnes du Covid constituerait, écrivaient les magistrats, «une atteinte disproportionnée à la liberté d’aller et venir, au droit au respect de la vie privée et familiale». Quelques mois plus tard, les mêmes magistrats viennent d’approuver la mesure précise qu’ils interdisaient, et de bénir ainsi l’enterrement de ces principes fondamentaux…

Ce qui disparaît, c’est une règle essentielle pour l’État de droit, résumée ainsi par notre Constitution: «Nul ne peut être contraint de faire ce que la loi n’ordonne pas.» Avec le passe vaccinal, le gouvernement tombe dans une contradiction désastreuse pour les libertés publiques, l’égalité en droit et l’amitié civique. Il s’agit en effet de dire que la vaccination n’est pas obligatoire, mais que ceux qui ne s’y plient pas sont quand même coupables, et qu’il devient par conséquent légitime d’accuser, de blâmer, de brimer, de punir, de priver même de droits absolument fondamentaux des concitoyens qui ne se sont pourtant soustraits à aucune obligation légale. Le gouvernement pense-t-il pouvoir arrêter l’épidémie par la vaccination généralisée, en dépit des préconisations de l’OMS,des expériences acquises ailleurs dans le monde, et de la survenue de cette cinquième vague dans un pays déjà massivement vacciné? S’il le pensait, il assumerait de rendre cette vaccination obligatoire par la loi. S’il ne le fait pas, c’est qu’il se contente de désigner des boucs émissaires pour justifier une crise hospitalière dont il est, en réalité,l’un des premiers responsables, avec ses prédécesseurs. La situation ne serait pas si dramatique pour les soignants héroïques qui affrontent cette épidémie si ce gouvernement n’avait pas fermé des lits et laissé l’hôpital perdre encore de nombreux personnels formés, au milieu même de la crise.

En attendant, la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal trahit la folie de la logique dans laquelle nous entrons, qui se vérifie à ses conséquences déjà manifestes sur notre droit: alors que le scrupule du droit à la vie privée justifiait jusque-là d’interdire aux policiers municipaux tout contrôle d’identité, le serveur d’un bistro demandera maintenant votre passeport pour vous servir une limonade… […]

Covid-19 : quand l’Assemblée interdit les députés de l’opposition de voter

De Marie-France Lorho, député du Vaucluse :

Au détour d’une allocution dans la presse, le gouvernement a annoncé la semaine dernière l’accélération des dispositifs de renforcement de l’état d’urgence sanitaire. Rappeler la Chambre à voter dans l’octave de Noël ne constituait guère une preuve de loyauté dans le combat politique, comme le passage en force des mesures sanitaires à l’été dernier. Bien décidée à m’opposer à cette nouvelle ineptie, j’entendais me rendre à l’Assemblée nationale pour débattre et voter ce texte particulièrement inique dès mercredi, en Commission des lois.

Atteinte du Covid-19 (et vaccinée), je suis pourtant en cette fin d’année retenue à l’isolement. Et alors même que la Commission des lois examinera le 29 décembre le renforcement des outils de gestion de la crise sanitaire, il m’a été spécifié que mon vote et la défense de mes amendements ne pourraient pas être pris en compte. L’Assemblée nationale assumerait-elle désormais d’interdire les députés de l’opposition de voter ? Alors même que le président de l’Assemblée nationale expliquait il y a quelques mois à raison, qu’il était contestable, constitutionnellement parlant, de prévoir l’obligation vaccinale pour les députés car cela engendrerait l’impossibilité aux députés non vaccinés de voter, la prise en compte de mon vote est proscrite parce que je respecte la loi qui prévoit mon isolement !

Le projet de loi que nous nous apprêtons à voter est grave : il engendre une déchéance de citoyenneté, comme le soulignait l’essayiste Mathieu Slama dans la presse, pour les personnes non vaccinées ; il force la vaccination des 12-18 ans alors même que le seul bénéfice de cette vaccination (selon la HAS) serait le ralentissement de cette propagation du virus que le vaccin n’empêche pas ; il annihile les dernières libertés des Français et met un terme définitif à notre État de droit. Ayant adopté une ligne constante à l’encontre du passe sanitaire, l’Assemblée nationale ne peut ignorer que ma position sur le passe vaccinal sera cohérente et que cette proscription de mon vote s’assimilera au musellement d’une voix de l’opposition. Au service des Vauclusiens, je ne peux concevoir de devoir leur dire que je n’ai pas pu voter ce texte inique parce que les services de l’Assemblée nationale en ont décidé ainsi.

Un autoritarisme impressionnant, en contradiction flagrante avec d’autres aspects du discours officiel (dialogue, synodalité…)

Le père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, est interrogé par Anne Le Pape dans Présent. Extrait :

Les instituts comme Chémeré sont-ils directement concernés par ces interdictions ?

Selon l’avis de canonistes compétents, non, du moins pas directement. Car ils sont régis par un droit propre, formulé par les décrets d’érection et les constitutions approuvées par l’Eglise. Ce droit comporte l’usage des quatre livres traditionnels : missel, bréviaire, rituel et pontifical. Mais, oui, indirectement ces Responsa ont une incidence pour nos instituts ! D’une part, les évêques risquent d’hésiter à utiliser pour nos ordinations le Pontifical ancien. D’autre part, l’apostolat des instituts auprès des fidèles sera fortement impacté, notamment par l’interdiction de la confirmation dans la forme ancienne.

Qu’est-ce qui vous pousse à célébrer exclusivement dans le rite traditionnel ?

Nous sommes liés à notre rite propre, à la richesse du rite dominicain ancien que l’Eglise nous a confié. Et si nous sommes heureux d’y être voués, c’est aussi que la réforme liturgique de Paul VI souligne peu la réalité de la présence réelle, la différence de nature entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce hiérarchique, et le caractère de sacrifice propitiatoire de la messe. On peut ne pas partager notre analyse ! Mais on ne saurait revenir sur le fait que l’Eglise, en nous érigeant sur la base des accords de 1988, nous a laissé la pleine liberté de célébrer selon le rite traditionnel.

En refusant d’adopter la célébration de la messe et des sacrements selon le missel et les rituels réformés par Paul VI, avez-vous le sentiment de désobéir à une règle essentielle de l’Eglise ?

En aucun cas ! L’obéissance est une vertu qui a une nature et des limites bien précises. Pas plus que l’on ne saurait demander à un jésuite de mener la vie dominicaine, on ne peut demander aux membres de nos instituts de renier le charisme sur lequel ils ont fait vœu. Je vous invite à vous abonner à notre revue Sedes Sapientiæ, qui comportera dans son prochain numéro un article éclairant cette question.

On vous a promis, comme aux autres instituts Ecclesia Dei, que « toutes les mesures seront prises pour garantir leur identité dans la pleine communion de l’Eglise catholique ». Avez-vous le sentiment d’être trahis ?

Je crains que l’on marche dans cette direction… Plus que le sentiment de trahison, ce qui prédomine, c’est la joie de souffrir pour une belle et grande chose, c’est l’honneur de combattre pour l’un des plus grands biens que le Seigneur ait laissés à son Eglise. Même si la potion est amère, nous continuerons à porter le témoignage de la fidélité.

Quelles ressources avez-vous pour vous opposer à l’abandon que l’on vous demande de la forme traditionnelle du rite ?

Le droit naturel qui oblige à respecter les engagements pris. La nature de la tradition dans l’Eglise qui fait que les rites anciens sont un patrimoine indisponible. Notre droit propre approuvé par l’Eglise. Enfin la détermination inébranlable d’une double fidélité. Ne jamais sortir de la communion hiérarchique avec le pape et les évêques. Ne jamais abandonner un patrimoine sacré qui fait notre joie et procure le salut de tant de fidèles.

Quelles sont les similitudes et les différences entre l’actualité et les années 70 ?

Similitudes : on assiste à une tentative de suppression des formes liturgiques traditionnelles, tentative qui vient de la hiérarchie elle-même. Avec dans les deux cas, nombre d’équivoques doctrinales et d’irrégularités canoniques. Avec, surtout, un autoritarisme impressionnant, en contradiction flagrante avec d’autres aspects du discours officiel (dialogue, synodalité…).

Différences : les réformes que l’on a imposées dans les années 70 n’ont guère apporté (litote !) les fruits qu’en espéraient et annonçaient leurs auteurs. Les diocèses se sont vidés en grande partie de leurs pratiquants et de leurs finances. L’enthousiasme réformiste a disparu. Et, en parallèle, les pédagogies traditionnelles de la foi ont porté des fruits notables. Bien plus nombreux que les « intégristes » (ainsi les appelait-on…) des années 70, les traditionalistes de 2021 sont organisés, expérimentés dans l’action et plus unis qu’autrefois. Nombre d’évêques ont appris à connaître leur côté positif. Ces évêques appréciaient la paix relative obtenue par les mesures de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Souvent, ils ne relaient plus que mollement les pressions romaines ; ce qui n’était pas le cas il y a 40 ans.

Quels conseils pourriez-vous donner aux fidèles du rang dans la situation présente ?

Le primat de la contemplation et la défiance vis-à-vis du pragmatisme (bien moderne) qui viserait un résultat (avoir ma messe tradi… et c’est tout !) en perdant de vue l’ensemble des données du catholicisme. Faire oraison. Se former sur la messe et la nature de l’Eglise sous ses divers aspects : la liturgie mais aussi la communion hiérarchique comme issue du droit divin. Se regrouper (L’union Lex orandi), se manifester (La voie romaine) présenter des réclamations aux évêques et au Saint-Siège, soutenir les instituts Ecclesia Dei et les prêtres diocésains qui veulent célébrer la messe traditionnelle. Un dernier mot. Certains de ceux qui ne nous veulent pas du bien stigmatisent régulièrement le combat traditionnel en disant qu’il n’est qu’un attachement identitaire (avec, en prime, l’image du repli, du racornissement et de l’enfermement) ou que la bannière d’un combat culturel de portée essentiellement politique.

Notre action, celle des fidèles qui œuvrent pour la pérennité des « pédagogies traditionnelles de la foi », doit faire mentir ce biais interprétatif. D’abord, en rectifiant la compréhension du rapport entre nature et grâce, du charnel et du spirituel, comme eût dit Péguy. Il est légitime d’être attaché à un héritage de famille, surtout si celui-ci vient d’une famille spirituelle, en l’occurrence l’Eglise. Ensuite, en faisant de ce combat une œuvre essentiellement théologale. Les pédagogies traditionnelles, par leur richesse de signes, édifient la foi. Elles soulèvent l’espérance par leur manière de nous prêcher sans hésitation les fins dernières. Elles constituent une substantielle œuvre de charité apostolique par leur indéniable caractère évangélisateur. Nous en avons, depuis 2007 en particulier, de nombreux témoignages dans les conversions opérées par la liturgie traditionnelle et dans le zèle apostolique de ces convertis ou « reconvertis ».

C’est arrivé un 28 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 28 décembre : saints du jour français ou en France.
    • St Antoine, moine au monastère de Lérins († v. 520)

Commémoraison de saint Antoine, moine vers 520. Né à Valéria en Pannonie, près du Danube, il mena en divers endroits une vie solitaire et, déjà âgé, se retira au monastère de Lérins, où il se montra gentil avec les jeunes, grave avec les anciens, docte avec les savants.

  • St François de Sales, évêque († 1622)

À Lyon, en 1622, la naissance au ciel de saint François de Sales, évêque de Genève, dont la mémoire est célébrée au jour de sa mise au tombeau à Annecy le 24 janvier.

  • le 28 décembre 418 : Saint Boniface Ier devient pape.

À la mort du pape Zosime, le 26 décembre 418, le parti des diacres élit pour lui succéder l’archidiacre Eulalien, le 27 décembre. Or, le 28, les prêtres choisissent l’un des leurs, qui devient Boniface Ier. Il en résulte que, le 29 décembre les deux hommes sont sacrés chacun de leur côté.

Pour trancher la question, l’empereur Honorius convoque un synode à Ravenne le 8 février 419 et interdit aux deux prétendants d’entrer dans la ville de Rome. En fait, le synode hésitant laisse la décision à l’empereur. Comme celui-ci semble prendre son temps, Eulalien s’impatiente et pénètre dans la cité de Rome pour y célébrer les cérémonies de Pâques. Les troupes d’Honorius interviennent alors pour installer Boniface, tandis qu’Eulalien se console avec un évêché en Campanie (il y meurt sans histoires en 423). Pour éviter le renouvellement du problème, Honorius promulgue une ordonnance disposant qu’en cas de double élection, aucun des deux élus ne soit pape, mais que l’on procéderait à l’élection d’un troisième.

  • le 28 décembre 856 : raid des Vikings sur Paris qui incendient la ville.
  • le 28 décembre 1337 : révolution dans le Comté de Flandre.

Le comté de Flandre est alors une principauté du Royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits opposant la France et l’Angleterre, lors de la guerre de Cent Ans. Le roi d’Angleterre, jouant de l’arme économique, pousse les habitants de Gand, capitale du comté, à la révolution contre les Français. Le 28 décembre 1337, menés par Jacob van Artevelde, ils prônent la neutralité dans le conflit franco-anglais, et s’administrent eux-mêmes jusqu’en 1345.

  • le 28 décembre 1355 : réunion des Etats généraux à Paris.

Les États généraux réunis à Paris à la demande du Roi Jean II le Bon votent la Grande ordonnance (sur le modèle de la Grande Charte anglaise de 1215), limitant les pouvoirs royaux et marquant un renforcement du Parlement. Le prévôt des marchands Étienne Marcel et Robert Le Coq sont les chefs bourgeois de l’opposition.

  • le 28 décembre 1503 : le chevalier Bayard repousse l’ennemi, seul contre tous, au pont de Garigliano

Tandis que la France et l’Aragon se disputent le Milanais, dans la nuit du 27 au 28 décembre, 2 000 Espagnols franchissent le Garigliano. Les 300 arbalétriers français en garnison à Suio ne remarquent pas ces mouvements et Gonzalve de Cordoue fait donc traverser 2 000 hommes de plus, dont 200 cavaliers commandés par Prospero Colonna, avant de donner l’ordre d’attaquer le pont occupé par les Français. Le capitaine français en poste au pont du Garigliano décide-t-il de le détruire et de battre en retraite sur Gaète, abandonnant les malades ainsi que neuf canons. Informé de cette retraite, Gonzalve de Cordoue décide de les poursuivre, et la cavalerie de Colonna rattrape les Français. Néanmoins, grâce aux exploits du chevalier Bayard qui tient seul le pont en obligeant les Espagnols à l’affronter un contre un, les Français arrivent à s’échapper.

  • le 28 décembre 1537 : édit de Montpellier.

Par l’ordonnance de Montpellier, François 1er introduit le dépôt légal en France. Il constitue l’obligation légale faite aux producteurs et diffuseurs de documents, de les déposer auprès des organismes dépositaires qui sont tenus de les conserver et de les signaler. Auparavant, il n’était possible de faire un dépôt légal que dans la bibliothèque du Roi, située à Blois. Le dépôt légal est, aujourd’hui, régi par le titre III du livre 1er du Code du patrimoine.

  • le 28 décembre 1622 : décès de François de Sales à Lyon, à l’âge de 55 ans.

Evêque, homme de lettres et saint, François de Sales, né le 21 août 1567 en Savoie, a été ordonné prêtre en 1593 et consacré évêque en 1602. En pleine Réforme, il a sillonné son diocèse de Genève pour présenter la foi catholique. Avec Sainte Jeanne de Chantal, il a fondé l’ordre de La Visitation Sainte-Marie en 1610. Il est le saint patron des journalistes et des écrivains et docteur de l’Église. Il a écrit Introduction à la vie dévote et le Traité de l’amour de Dieu. Il a été canonisé en 1665.

  • le 28 décembre 1799 : un décret autorise l’ouverture des églises le dimanche.

Ce décret n’aurait jamais été signé sans les milliers de martyrs de Vendée, de Bretagne, du Lyonnais et de tous ceux qui ont sacrifiés leur vie pour affirmer leur foi catholique aux yeux des hommes et de Dieu. Notre « liberté » religieuse d’aujourd’hui, nous la devons à ces ancêtres anonymes.

  • le 28 décembre 1857 : des troupes Franco-Britanniques bombardent Canton.
  • le 28 décembre 1895 : séance publique du cinématographe.

Les frères Lumière, dans un café de Paris réalisent la première projection publique payante de cinéma. Le programme est composé de 10 films ou « vues », comme on les appelle à l’époque, de 50 secondes. Il comprend la fameuse “Sortie des usines Lumière“, le premier film tourné par les frères Lumière le 19 mars précédent, “La Voltige“, une leçon de cavalerie filmée et mise en scène par Louis Lumière, “Les Forgerons“, “Le Jardinier” (plus connu sous le nom de “L’Arroseur arrosé“), “La Place des Cordeliers à Lyon”, et “La Mer”, filmé durant l’été 1895. Trente-trois spectateurs sont présents dans la salle.

  • le 28 décembre 1897 : Edmond Rostand triomphe avec Cyrano de Bergerac.

Edmond Rostand triomphe au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris lors de la première représentation de sa comédie en 5 actes, “Cyrano de Bergerac“. Le public apprécie tout particulièrement le romantisme de la pièce qui contraste avec le réalisme l’époque.

  • le 28 décembre 1944 : défaite allemande dans les Ardennes.
  • le 28 décembre 1945 : les cartes de pain sont rétablies à cause d’une forte augmentation de la consommation.
  • le 28 décembre 1967 : légalisation de la contraception avec le vote de la loi Neuwirth.

Ce député franc-maçon et gaulliste fait voter une loi élaborée en loge dix ans auparavant. En ce jour le Martyrologe romain fête les Saints Innocents, des enfants de moins de 2 ans massacrés pour le Christ par Hérode à Bethléem (1er s.).

C’étaient des tout-petits enfants, ils avaient à peine 2 ans pour les plus âgés. L’âge de la crèche, pas même de la maternelle. Pour leurs pères et leurs mères, ils étaient des merveilles, des enfançons qu’on élève encore contre sa joue. Voulant atteindre le roi d’Israël, ce sont les petits qu’Hérode fait tuer, les premiers accueillis par le Dieu d’Amour qui vient sauver les hommes. Ils sont incapables de parler. Mais aux yeux du Christ, c’est l’existence et non l’âge qui offre la liberté d’entrer dans l’Église.

Petits enfants qui furent massacrés à Bethléem de Judée sur l’ordre du roi impie Hérode, pour que périsse avec eux l’enfant Jésus. Dès les premiers siècles de l’Église, ils ont été honorés comme martyrs, car ils sont les prémices de tous ceux qui devaient verser leur sang pour Dieu et pour l’Agneau de Dieu.

Il faut toujours avoir présent à l’esprit la foule innombrable des enfants, qui vivant encore dans le sein de leurs mères sont tués avant même de voir le jour, à cause des lois qui autorisent l’avortement, ce crime abominable.

le 28 décembre 1973 : L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne est publié.

Vols des santons de la crèche à Locronan (29)

Le santon du Petit Jésus, installé la veille au soir dans la crèche, a été volé, ainsi que d’autres santons de la crèche de Locronan.

Trans vs féministes

On n’arrête pas le ‘progrès’ :

Sur le front de l’identité de genre, un pas en avant à la fois surprenant et inquiétant a été fait en Nouvelle-Zélande. Dans le pays insulaire, l’auto-certification du changement de sexe est déjà possible depuis 2018, mais avec une contrainte très claire : vous devez prouver que vous avez reçu les traitements de santé hormonaux et chirurgicaux appropriés. Toutefois, après seulement trois ans, le Parlement néo-zélandais a fait un nouveau saut qualitatif : indépendamment de toute intervention sur son corps, toute personne qui le souhaite peut se présenter à l’état civil et changer son sexe d’homme en femme et vice versa. Le projet de loi a été adopté à l’unanimité, dans ce qui est peut-être le pays le plus ouvertement LGBT+ du monde.

L’innovation a été fortement défendue par le Ministre de l’Intérieur Jan Tinetti qui a parlé d’un “jour dont on peut être fier” dans l’histoire du pays. Un changement qui “fera vraiment la différence pour les Néo-Zélandais transgenres, non binaires, LGBT et intersexes”, et qui, selon le ministre, soutiendra les jeunes en leur donnant “l’autorité sur leur propre identité”, tout en favorisant leur “santé mentale” et un “sentiment de bien-être”.

Elizabeth Kerekere, députée du parti des Verts et représentante déclarée des questions LGBT+, a également accueilli le vote favorable avec des larmes d’émotion, mais s’est dite déçue que la loi ne prévoie pas la possibilité d’une application aux immigrants, aux réfugiés ou aux demandeurs d’asile. Une autre catégorie exclue, du moins pour le moment, est celle des Néo-Zélandais nés à l’étranger, mais le Ministre Tinetti s’est engagé à supprimer cet obstacle également.

Alors qu’il n’y a pas eu d’agitation au Parlement, certains troubles ont été enregistrés en dehors de l’arène politique. Et ils viennent des féministes.

Par exemple, le groupe féministe Speak Up for Women s’est toujours opposé au projet de loi depuis son introduction en 2018. Cette hostilité a coûté cher aux féministes, qui ont été qualifiées d’anti-transgenres et empêchées d’organiser des événements dans divers lieux, dont la bibliothèque municipale de Christchurch. En outre, Nicola Grigg, porte-parole du Parti National des Femmes, s’est inquiétée de “l’impact social” sur les personnes qui “ont le sentiment de ne plus pouvoir exprimer leurs opinions”. Le Ministre Tinetti a répliqué une fois de plus, en faisant court :” La misogynie trans est toujours de la misogynie”, a déclaré le Ministre, mettant ainsi sur le même plan la question féminine et la question homosexuelle.

Toutefois, la nouvelle loi néo-zélandaise n’entrera pas en vigueur immédiatement. Dix-huit mois devront s’écouler, au cours desquels le gouvernement consultera les communautés “arc-en-ciel” pour s’assurer que la législation soutient ceux qui en bénéficient. Il faudra également identifier les personnes aptes à adresser les questionnaires aux jeunes, veiller à ce que les certificats de naissance incluent les options non-binaires, déterminer les exigences pour toute personne cherchant à changer de sexe plus d’une fois.

Cette innovation, qui a été saluée par la population, se distingue avant tout par un paradoxe très évident. Adoptée pour contourner la bureaucratie médicale et judiciaire, la nouvelle loi risque de reproduire de nouvelles complications juridiques lors de la délivrance de nouveaux certificats. De plus, comme il n’y a pas de limite au changement de sexe dans un sens ou dans l’autre – puisqu’on peut le faire plusieurs fois dans sa vie – les bureaux publics et les tribunaux se trouveront plus occupés et plus encombrés qu’auparavant. Si, en vertu du principe d’auto-identification, chacun se voit épargner l’épreuve de la transition hormonale et chirurgicale, combien d’escroqueries peuvent se produire en vertu de cette prétendue liberté supplémentaire ? Combien d’hommes poilus et barbus pourront se déclarer femmes, s’introduire arbitrairement dans les toilettes et les vestiaires des femmes, ou participer à des compétitions féminines, qu’ils gagneront d’ailleurs facilement ?

En bref, la réforme pro-genre en Nouvelle-Zélande représente le fer de lance d’un débat qui est désormais mondial. Le Royaume-Uni est l’épicentre d’un choc anthropologique et d’une opinion publique divisée en deux, surtout après un énième jugement sur l’affaire Tavistock. Au Mexique, pays très catholique et macho, c’est la Cour Suprême qui a sanctionné le droit des mineurs à changer de sexe à la naissance. Si cependant d’un côté, la psychiatrie commence à faire marche arrière sur la transition de genre alors que les témoignages de personnes dites ” dé-transitionnistes continuent d’augmenter de façon exponentielle, la plupart des législatures et des systèmes judiciaires nationaux semblent tous aller dans la même direction : celle d’un être humain fluide, insubstantiel et indéfini au niveau psycho-social et sexuel mais, précisément parce qu’il est fragile et manipulable, réductible à une chose ou à un esclave, donc extrêmement “rentable”.

Aidez les Accueils Louis et Zélie

En ces temps si troublés, il est urgent de soutenir les Accueils Louis et Zélie, lieux d’écoute et d’aide pour sortir d’une situation affective ou familiale difficile.

Les Accueils Louis & Zélie, en référence aux saints époux Martin, sont des lieux accueillants et missionnaires, ouverts à tous, portés par des bénévoles catholiques compétents, pour aider les personnes à faire le choix de la vie et de l’amour véritable.
Ces lieux aident toute personne, jeune ou âgée, en couple ou célibataire, à sortir d’une situation affective ou familiale difficile. En soutenant chaque accueilli dans son intégralité, nos accompagnateurs proposent :

✔️ Une écoute qui considère la finalité de chaque personne par rapport au Bien, au Beau et au Vrai
✔️ Un accompagnement dans le respect total de la liberté de chaque personne

En développement continu en raison des détresses personnelles et familiales qui se multiplient en ces temps si troublés à bien des égards, les 34 Accueils mobilisent aujourd’hui 136 accompagnateurs bénévoles. Depuis leur création en 2015, plus de 2500 personnes ont déjà été concrètement accompagnées ou orientées.

Comme les Accueils Louis et Zélie ne vivent que de dons, nous sollicitons la générosité de nos lecteurs pour cette œuvre de salut :

Merci de votre soutient généreux sur www.credofunding.fr/fr/nouveaux-accueils-louis-zelie

Ou directement sur le site des Accueils Louis et Zélie www.accueillouisetzelie.fr

Soutenir les maisons d’accueil de la vie

L’association des Oeuvres de Vie, qui permet chaque année  que soit porté un témoignage ecclésial commun à travers des veillées de prières pour la Vie appel à  votre générosité !  Vos dons sont essentiels au développement de l’association ! Et parce que PRIER va de paire avec AGIR , l’association organise également chaque année une collecte pour soutenir les maisons d’accueil, cette année les bénéfices seront reversés à la “maison de Rosalie” , pour son ouverture prochaine.

Nouvelles mesures en Absurdie

L’inénarrable Castex a déballé une nouvelle série de mesures pour lutter contre la nouvelle grippe micronesque… parmi lesquelles :

  • Le délai de rappel vaccinal ramené à trois mois après la dernière dose (après avoir évoqué, 6, puis 5 et 4 mois… ). Bientôt le rappel vaccinal tous les mois ?
  • La quatrième dose «est une possibilité». Autant dire qu’elle deviendra obligatoire, en attendant les suivantes. Pfizer se frotte les mains.
  • Retour du masque «dans tous les centre-villes» où préfets et maires le jugent utile
  • Rassemblements extérieurs limités à 5000 personnes, contre 2000 en intérieur (sauf pour les meetings politiques et cultes)
  • Plus possible de manger dans les salles de sport, lieux de culture et transports
  • Bars et cafés restent ouverts, à condition d’y consommer assis et non plus debout. Sera-t-il possible de faire pipi debout ?
  • Fin des «concerts debout» dès lundi, et pour au moins trois semaines
  • Transformation du passe sanitaire en passe vaccinal. Les non-vaccinés sont soumis à un régime d’apartheid.

Aucune mesure renforçant les moyens hospitaliers n’a été annoncée…

Marine Le Pen a réagi sur Twitter :

Emmanuel Macron et le gouvernement n’ont cessé de mentir en connaissance de cause pour imposer leur stratégie perdante du tout vaccinal. Le vaccin n’empêchant ni de contracter ni de transmettre le virus, j’appelle à renoncer au pass sanitaire/vaccinal. Les Français, notamment les jeunes et les seniors, ont été floués. On leur a promis un retour à la vie normale avec le vaccin. Aujourd’hui, ils vivent sous la menace permanente de nouvelles restrictions. Il est temps de s’engager vers un retour à la vie normale. En multipliant les mesures punitives qui n’ont aucun sens, le gouvernement s’agite au lieu d’agir. Comment accepter des mesures aussi ridicules que l’interdiction de danser, boire debout, manger dans un train ou l’obligation de porter un masque dans la rue ? Au lieu de restreindre les libertés, prenons des mesures de bon sens : rappeler les soignants suspendus, rouvrir les lits fermés en pleine crise, rendre aux médecins la liberté de prescription et surtout… réhabiliter l’hôpital public saccagé depuis des années.

Jean-Frédéric Poisson :

Dans une obstination coupable, le gouvernement s’entête dans sa stratégie du tout vaccinal et de la mise au ban des non-vaccinés malgré son échec évident. En y ajoutant l’inacceptable passe-vaccinal, et une série de mesures plus totalitaires que sanitaires.

Selon Martin Mosebach, François s’est vengé de Benoît XVI

L’écrivain Martin Mosebach, auteur de l’ouvrage Hérésie de l’informe. La liturgie romaine et son ennemi, accuse le pape François de se venger personnellement de son prédécesseur Benoît XVI avec Traditionis Custodes. François n’a pas pardonné à Benoît, a poursuivi Mosebach, “que son livre sur le sacerdoce au début de 2020 a influencé l’issue du synode amazonien et a ruiné l’abolition du célibat qui était en fait souhaitée“. Cela a mis le Pape très en colère :

Maintenant, il lui a rendu la pareille en prenant des mesures contre l’ancienne messe, la liturgie, qui était une affaire qui tenait à cœur à Benoît et qu’il avait expressément réhabilitée.

Si le pape François porte la main sur la tradition, il ne peut plus obliger les croyants à obéir. Surtout, il attaque le fondement sur lequel repose la papauté. Le rite tridentin n’est pas tombé du ciel, mais a grandi historiquement.

De Lagrasse à Solignac, la haine recuite du Monde

Le 22 décembre, Le Monde a consacré un reportage à l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude, sous le titre :

A ­l’abbaye de Lagrasse, la querelle des deux chapelles

Depuis 2004, une communauté religieuse conservatrice a investi l’édifice déjà occupé pour partie par une association littéraire marquée à gauche. Après un premier incident en 2007, la paix fragile de ce village de l’Aude a été troublée par la publication de « Trois jours, trois nuits », signé par quatorze écrivains qui ont partagé le quotidien des chanoines.

Le 27 décembre, le même canard s’en prend cette fois à l’abbaye de Solignac, près de Limoges, avec ce titre :

« Ils ont réussi le tour de force de diviser le village » : à Solignac, les moines de la discorde

L’abbaye de cette commune de 1 500 âmes, située à 10 kilomètres de Limoges, n’avait plus hébergé de religieux depuis 1789. Mais la réinstallation d’une communauté de dix frères d’obédience traditionaliste passe mal auprès d’une partie de la population.

Même accusation, même procédé, même désinformation.

Quand l’abbaye de Pontigny a été rachetée par la Fondation Schneider, Le Monde n’a rien trouvé à dire.

Quand une mosquée se construit en France, Le Monde n’est pas là pour constater une division, une discorde locale ou autre querelle.

Journalisme anticlérical de bas-étage.

C’est arrivé un 27 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 27 décembre 537 : l’empereur Justinien inaugure la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, chef-d’œuvre.

Chef d’œuvre de l’architecture byzantine, réalisé par les architectes Anthémios de Tralles et Isidore de Milet, elle est élaborée avec des matériaux précieux et des éléments pris aux temples de Grèce ou d’Egypte. Sainte-Sophie est transformée une mosquée à la conquête de la ville par les Ottomans du sultan Mehmet II en 1453. Elle est ensuite transformée en musée par Atatürk.

  • le 27 décembre 1146 : prédication de la deuxième croisade, à Spire par Saint Bernard, devant l’empereur Conrad III.

L’empereur, séduit par l’homme et son discours, se croise aussitôt.

  • le 27 décembre 1373 : Jean de Vienne, nommé amiral de France par le Roi Charles V, prête serment.

Fils de Guillaume et Claudine de Chaudeney, il commence sa carrière militaire à l’âge de 9 ans et est fait chevalier à 21 ans. En 1373, Charles V le nomme amiral de France. Il réorganise alors la marine, met en place un important programme de construction, crée les gardes-côtes, organise des surveillances sur les côtes et délivre des licences pour construire et vendre des bateaux.

Jean de Vienne est le premier à comprendre que les opérations navales peuvent porter atteinte à l’Angleterre et il conduit plusieurs expéditions contre les côtes sud anglaises de Plymouth en passant par l’île de Wight jusqu’à Rye.

De 1381 à 1385, il se bat contre les flamands, notamment à la bataille de Rosbec. En 1385, sur sa demande, il débarque en Écosse, avec 180 navires, afin d’envahir l’Angleterre mais, son expédition finit en désastre, son armée étant abandonnée par les Écossais.

Charles VI succédant à son père Charles V, sur le trône de France, la marine décline car le Roi ne partage pas l’intérêt qu’y portait son père. Jean de Vienne rejoint alors la croisade du roi Sigismond de Hongrie contre l’empire ottoman. Il est tué lors de la bataille de Nicopolis en Bulgarie.

Jean de Vienne est le premier marin français à avoir conçu et mis en œuvre une véritable stratégie navale. De nombreux bâtiments de la marine française ont porté son nom.

  • le 27 décembre 1556 : naissance de Jeanne de Lestonnac, religieuse française, fondatrice de la Compagnie de Marie Notre-Dame.

Sainte Jeanne de Lestonnac, née le 27 décembre 1556 à Bordeaux et décédée le 2 février 1640, est une religieuse française du XVIIe siècle. Mère de famille nombreuse, devenue très tôt veuve, elle se consacre à l’éducation des jeunes filles et fonde une congrégation religieuse féminine de spiritualité ignacienne, la Compagnie de Marie-Notre-Dame.

Béatifiée en 1900 par le pape Léon XIII et canonisée le 15 mai 1949 par le pape Pie XII, elle est liturgiquement commémorée le 2 février.

Elle est la nièce de l’écrivain français Montaigne, qui parle d’elle en ces termes :

“Très pieuse, d’humeur joyeuse, intelligente et belle, la nature en avait fait un chef d’œuvre, alliant une si belle âme à un si beau corps et logeant une princesse en un magnifique palais.”

  • le 27 décembre 1585mort de Pierre de Ronsard, poète fondateur du groupe de la Pléiade.

« Prince des poètes et poète des princes », Pierre de Ronsard, est une figure majeure de la littérature poétique de la Renaissance. En plus de trente ans, son œuvre comporte des poésies officielles avec Les Hymnes et les Discoursl’épopée avec La Franciade ; la poésie lyrique avec des recueils tels que Les Odes. De sa rencontre avec Jean Dorat, naît la Pléiade. En 1552, il publie les Amours de Cassandre qui provoquent alors une vive polémique littéraire.

Il a été page du Dauphin François III, duc de Bretagne, puis à la mort de celui-ci en août 1536, de son frère Charles, duc d’Orléans troisième fils de François 1er . Voir la chronique du 10 septembre.

  • le 27 décembre 1594 : assassinat manqué sur Henri IV.

« Le 27 décembre 1594, une nouvelle tentative d’assassinat fut dirigée contre Henri IV. De retour d’un voyage en Picardie, le Roi rentrait au Louvre lorsqu’un jeune homme de 19 ans, nommé Jean Châtel, qui le servait depuis quelque temps, lui porta un coup de couteau qui ayant été détourné, le blessa aux lèvres. Dès qu’on apprit que le meurtrier avait été élève des Jésuites au collège de Clermont, on fit courir le bruit qu’il avait été l’instrument de ses anciens maîtres, les vrais auteurs et instigateurs de l’attentat. Le Parlement fit faire aussitôt au collège de Clermont une perquisition qui amena l’arrestation du P. Guéret, ancien professeur de Châtel, du P. Guignard, chez lequel on avait trouvé des manuscrits et des livres sur la question du tyrannicide, et la saisie de ces livres. Dès lors, on impliqua dans le procès le P. Guéret et le P. Guignard ; le premier fut remis en liberté, après avoir été cruellement torturé ; le second fut condamné à mort et brûlé le 10 janvier 1595. Cette exécution ne suffit pas à la haine du Parlement ; rendant la Compagnie tout entière responsable de l’attentat, il prononça contre elle un arrêt ordonnant la confiscation de ses biens, la dispersion et l’exil de ses membres. Enfin, on éleva sur l’emplacement de la maison détruite de Châtel, une pyramide mentionnant l’attentat, sa répression et la complicité de la Compagnie. Depuis, la pyramide a été détruite, le Parlement a été convaincu d’irrégularité et d’injustice ; mais on continue à enseigner que Châtel ne fut que l’instrument des Jésuites et on répète les diatribes d’Arnauld et de tous ceux qui mirent sur pied, contre les Jésuites, ce formidable procès plus odieux encore que ceux de Calas, de Sirven et de Labarre. »

Tiré de Histoire Partiale – Histoire Vraie, tome 4_volume 2 page 74 de Jean Guiraud aux Edition Beau Chêne Croît

Voir les chroniques du 29 décembre et du 7 janvier.

  • le 27 décembre 1707 : décès de Jean Mabillon, moine bénédictin, paléographe et diplomate français.

Dom Jean Mabillon, naît le 23 novembre 1632 à Saint-Pierremont, dans les Ardennes et meurt le 27 décembre 1707 à Saint-Germain-des-Prés. Membre de l’abbaye bénédictine réformée (revenue à la règle de saint Benoit) de Saint-Maur, Jean Mabillon a eu un rôle déterminant dans la transmission des savoirs au XVIIe siècle par ses méthodes d’analyse de documents. Son livre discours de la méthode est une référence. Jean Mabillon est considéré comme le fondateur de la diplomatique, science définissant les règles pour établir la date, la provenance, la nature, l’authenticité et les versions successives d’un document écrit. Il a grandement aidé à développer la critique historique.

Il est aussi très connu pour son livre De Re Diplomatica. Ce livre propose des règles permettant d’établir la date, la provenance, la nature et l’authenticité d’un document écrit, d’en analyser le style, d’en repérer les transcriptions successives, d’en d’identifier les institutions qui le créent puis le diffusent, de s’intéresser au support de l’écrit. Ces règles ont été universellement adoptées. Elles sont enseignées à l’École des chartes dès sa création.

Devenu le protégé de Colbert, il effectue pour lui deux voyages, en Bourgogne en 1682, puis en Suisse et en Allemagne en 1683, pour rechercher des renseignements et authentifier des documents sur l’histoire de la couronne de France, et sur l’histoire de l’Église en France. Le Roi l’envoie ensuite visiter les principales bibliothèques d’Italie pour y acquérir des livres et des manuscrits pour la Bibliothèque royale.

En 1701, il est nommé membre de l’Académie royale des Inscriptions et Médailles par le Roi. A partir de, 1703 il rédige 5 volumes consacrés à l’histoire de son ordre, les Annales de l’Ordre de Saint-Benoît. Le dernier est publié après sa mort.

Il meurt en 1707 à Saint-Germain-des-Prés. Une station de métro porte son nom depuis 1925.

  • le 27 décembre 1774 : la Grande-Loge prend le titre de “seul et unique Grand-Orient de France”.
  • le 27 décembre 1792 : Salles dépose une motion demandant que ce soit le peuple qui rende le jugement du Roi.

Saint-Just prononce un discours devant la Convention, pour s’y opposer.

  • le 27 décembre 1822 : naissance de Louis Pasteur, chimiste et biologiste français, inventeur de la pasteurisation et du vaccin contre la rage.

Louis Pasteur naît le 27 décembre 1822 à Dole. Il est très célèbre pour ses activités de scientifique, de chimiste, de physicien mais aussi de microbiologiste. Détenteur de deux baccalauréats, un en lettres et un second en sciences mathématiques, il est reçu quatrième à l’Ecole normale. Il poursuit ses études au Conservatoire national des arts et métiers. En 1856, il prend la direction des études de l’Ecole normale supérieure. En 1878, il est nommé grand-officier de la Légion d’honneur. En 1881, il fabrique le premier vaccin contre la maladie du charbon pour le mouton, puis un vaccin pour lutter contre la rage. Ce n’est qu’en 1885 qu’il débute ses premiers tests sur des êtres humains. Après une carrière très célèbre, Louis Pasteur meurt le 28 septembre 1895, à l’âge de 72 ans.

  • le 27 décembre 1893 : à Saint-Pétersbourg, la convention militaire secrète qui avait été signée au mois d’août 1892 par la France et la Russie est enfin ratifiée par le Tsar Alexandre III.
    • le 27 décembre 1893 : la France et la Russie signent une alliance.
    • le 27 décembre 1911 : la France achète le palais Farnèse à Rome, à la Maison Bourbon des Deux-Siciles, et en fait son ambassade.
    • le 27 décembre 1923 : décès de Gustave Eiffel.
    • le 27 décembre 1958 : naissance du nouveau franc valant cent anciens francs et dévaluation de la monnaie de 17,5%.

Le Conseil des ministres adopte le Plan Rueff-Pinay qui prévoit la création du nouveau franc. L’ancien franc est divisé par 100. Cette mesure vise à assainir le budget. Le nouveau franc est mis en circulation à partir du 1er janvier 1960.

  • le 27 décembre 1983 : Jean-Paul II visite le terroriste turc Agca, dans sa prison de Rebibbia, à Rome.

C’est l’homme qui l’avait grièvement blessé en 1981.

  • le 27 décembre 1991 : l’Unesco classe sur sa Liste du patrimoine mondial les quais de la Seine à Paris et la cathédrale de Reims.

le 27 décembre 1995 : cinquième essai nucléaire français à Moruroa.

L’idéologie du genre règne à Hanovre

Lu sur IFamNews :

La ville de Hanovre a demandé un avis juridique qui prévoit l’obligation pour l’État d’adopter la théorie du genre.

L’expertise de 123 pages a été rédigée par Ulrike Lembke, professeur de droit public et d’études de genre à l’université Humboldt de Berlin. Lembke écrit dans l’expertise que les services publics doivent utiliser le langage du genre et renoncer aux salutations sexuées comme “Mesdames et Messieurs”. Cette obligation découle du troisième article de la Loi Fondamentale, qui garantit l’égalité des droits entre les femmes et les hommes :

“L’obligation de non-discrimination linguistique existe de par la Constitution et peut être concrétisée par des dispositions légales ou par des dispositions administratives, des décrets et des instructions”.

Il en résulte l’ordre de “dé-privilégier en retard” les hommes, désignés comme oppresseurs :

“Le droit fondamental à l’égalité est une interdiction anti-patriarcale, agissant en faveur des femmes, qui sont opprimées par le groupe socialement dominant des hommes”.

On peut se demander si le texte rédigé par Lembke peut encore être considéré comme un avis juridique, car il manque la liberté de jugement de valeur requise sur un autre point. Ainsi, dans une note de bas de page, elle voit les groupes parlementaires de la CDU, du FDP et de l’AfD s’engager dans une “lutte héroïque” contre le langage du genre.

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