Sous le règne de l’apostasie immanente, il faut dérober le prêtre aux sicaires du meurtre canonique
Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, réagit au texte diffusé par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements le 18 décembre :
Faire disparaître la messe tridentine, restreindre la réception des sacrements et supprimer les traditionalistes par la même occasion, est devenu la priorité d’un pontificat qui se voulait avant tout miséricordieux.
… Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
En 1970, Jean Madiran avait rappelé dans le numéro de mars de la revue Itinéraires les cinq lignes directrices inspirant l’action catholique, texte d’une grande actualité.
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La confusion et l’anarchie généralisée qui ont accompagné et suivi Vatican II relèvent de l’autorité suprême de l’Eglise : quelles que soient les raisons de sa temporisation, de son abstention, de son absence ou de son collapsus, aucune initiative particulière n’est en mesure d’y suppléer ou n’a qualité pour le faire. Rien ni personne ne peut remplacer la succession apostolique et la primauté du Siège romain, ni s’y substituer.
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Les détenteurs de cette succession et de cette primauté ont pu déjà, comme le montre l’histoire de l’Eglise, connaître toutes sortes de faiblesses et commettre plusieurs sortes de crimes, brûler Jeanne d’Arc, hésiter et louvoyer inutilement devant la Réforme protestante et devant la Révolution française, mais ce qui relève spécifiquement de leur charge, personne ne peut le faire à leur place, personne qu’eux-mêmes aujourd’hui ou demain leurs successeurs.
Aujourd’hui et demain comme hier et toujours, nous nous en remettons pour le jugement souverain à la succession apostolique et à la primauté du Siège romain.
- Nous n’avons besoin de rien ni de personne, sauf de la grâce de Dieu qui ne fait pas défaut, nous n’avons besoin d’aucune autorisation préalable pour rejeter tout ce qui nous est proposé ou imposé, par qui que ce soit, de contraire à la loi naturelle et à la doctrine révélée telles qu’elles ont été définies par l’Eglise.
Ce second point n’enlève rien au point précédent ; le premier point n’atténue en rien celui-ci.
Nous refusons de nous séparer de l’Eglise, de nous en laisser séparer, de suivre ceux qui s’en séparent, quel que soit leur rang hiérarchique : leurs personnes ne relèvent pas de notre jugement, mais nous ne sommes plus soumis à une autorité quelle qu’elle soit dans la mesure où elle déclare son intention de se séparer, et où elle prouve son intention par ses actes.
- Nous engageons instamment ceux qui sont en communion avec nous sur le point 1 et sur le point 2 ci-dessus à s’organiser temporellement pour ne pas demeurer isolés dans le malheur, dans la contradiction et dans la lutte : c’est-à-dire que nous les engageons à concerter et coordonner leur entr’aide réciproque et leur défense mutuelle.
Cette organisation temporelle n’a pas d’autorité pour édicter ou rédiger un catéchisme, elle n’y prétend pas, elle s’arme de catéchismes certainement catholiques et les fait connaître, elle encourage et elle aide leur étude ; son premier but et son activité essentielle étant l’entr’aide réciproque, l’auto-défense mutuelle des familles et des écoles.
- Le clergé catholique est administrativement pris à la gorge par toutes sortes de mesures plus ou moins arbitraires.
N’allons pas, dans cette situation, demander à nos prêtres des initiatives publiques qui les désigneraient sans nécessité à la persécution : nous arriverions ainsi à les faire déplacer, suspendre, interdire les uns après les autres.
Pour qu’ils puissent continuer leur ministère sacerdotal, c’est à nous de les couvrir, de les protéger, bientôt peut-être de les cacher. Ne les mettons pas en avant, mais autant que possible à l’abri.
Nous avons besoin du prêtre : il faut donc éviter que ses pouvoirs lui soient canoniquement retirés ; il ne faut pas l’exposer imprudemment à cet assassinat spirituel. Sous la Révolution française, il fallait dissimuler le prêtre aux pourvoyeurs de la guillotine. Sous le règne de l’apostasie immanente, il faut le dérober aux sicaires du meurtre canonique.
- Le devoir de chaque chrétien est de refuser l’apostasie, d’en combattre les idées et les entreprises, à la condition de le faire à sa place et sans en sortir.
Les moines prient et travaillent.
Les prêtres prêchent et donnent les sacrements.
Les familles élèvent leurs enfants.
Les professeurs enseignent.
Les écrivains écrivent et publient.
Chacun déterminé à vivre et mourir en chrétien quoi qu’il arrive. Chacun mobilisé sur place par son devoir d’état : la défense de la foi étant aujourd’hui le premier devoir d’état dans tous les états de vie.
Beaucoup, et surtout des prêtres, subissant déjà une sorte de martyre : avec la grâce de Dieu, sans haine pour les persécuteurs.
Mais, dans le combat de la foi, sans faire de cadeaux aux suppôts du mensonge.
Et hardiment, à la française, sous la bannière de sainte Jeanne d’Arc.
Jean Madiran écrivait ces lignes peu de temps après la promulgation le 3 avril 1969 du nouveau rite de la messe par la Consitution Missale Romanum. Dans ce même numéro Jean Madiran commentait le Bref Examen critique de la nouvelle messe, toujours d’actualité dans nos temps troublés. Rappelons que le 3 septembre 1969, deux cardinaux, Alfred Ottaviani (ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi) et Antonio Bacci, adressaient au pape Paul VI un bref examen critique au sujet des graves déviations du nouveau rite de la messe qui, alertaient-t-ils, « s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe ».
Plus de cinquante années ont passé, en dépit des efforts de Jean-Paul II et Benoît XVI pour ramener la paix dans les cœurs et les esprits, les persécutions à nouveau recommencent.
Laissons à la hiérarchie actuelle la responsabilité d’avoir rallumé cette guerre et troublé les consciences. Espérons et prions pour que nos évêques trouvent le courage de la charité et la prudence dans l’exécution de ces instructions.
Le pèlerinage traditionnel de chrétienté a traversé bien des épreuves ces dernières décennies. Il traversera avec la grâce de Dieu cette nouvelle épreuve. Nous n’avons pas peur, nous sommes prêts à transformer notre engagement en combat.
Nous attendons avec impatience de comprendre ce que nous faisons de mal à vouloir transmettre la foi à nos enfants dans une Eglise qui connaît un dramatique problème de transmission. En quoi ne sommes-nous plus en communion parce que nous voulons rester fidèles aux promesses de notre baptême ?
Ne perdons pas espoir, nous sommes des pèlerins de chrétienté. Nous savons marcher dans le vent et la pluie en chantant et priant pour le salut de nos âmes, nos familles, nos patries et pour l’Eglise bien sûr, avec au premier rang le Saint Père.
Chers amis pèlerins, peut-être vous demandez-vous comment nous aider aujourd’hui ?
Nous vous encourageons à écrire une lettre au Saint Père dans le cadre de la belle initiative de La Voie Romaine (voir le site lavoieromaine.com) .
Le moyen le plus efficace et le plus simple pour aider Notre-Dame de chrétienté est d’être très nombreux au prochain pèlerinage, les 4, 5 et 6 juin 2022. Pour notre quarantième anniversaire, venez prier Notre-Dame, venez entourer les prêtres, séminaristes, religieux qui ont donné leur vie pour le Seigneur et nous accompagnent depuis si longtemps. Si vous ne pouvez venir physiquement, inscrivez-vous dans le chapitre des Anges gardiens. Que pas un ami de Notre-Dame de chrétienté ne manque à la Pentecôte de l’année prochaine !
Joyeux Noël à tous !
Sainte et heureuse année 2022 !
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !
Jean de Tauriers
Biden nomme un musulman ambassadeur de la liberté religieuse
Rashad Hussain a été nommé par Joe Biden le 30 juillet ambassadeur de la liberté religieuse. Sa nomination a été approuvée au Sénat, par 85 voix contre 5. Il succède au catholique Sam Brownback, nommé par Donald Trump.
D’origine indo-américaine, Rashad Hussain est connu pour avoir été membre du cabinet d’Obama et envoyé spécial des États-Unis à l’Organisation de la coopération islamique. Ses compétences religieuses et linguistiques – il connaît le Coran par cœur, et parle couramment l’arabe et l’ourdou – lui ayant permis d’œuvrer en faveur de la protection des minorités religieuses dans les pays musulmans.
La liberté religieuse en islam, cela dit quelque chose à quelqu’un ?
Haine de nos racines chrétiennes
La carte de vœux de la Ville de Marseille montre un dessin de Notre-Dame de la Garde, amputée de sa croix. Valérie Boyer a interpellé la municipalité sur Twitter :
« Merci à la municipalité d’être si attachée à nos traditions, à nos racines et à notre identité. Après la disparition du Joyeux Noël (remplacé par Bonnes Fêtes) nous apprenons que Notre-Dame-de-la-Garde n’a pas de croix. La Vierge Marie pourrait être la prochaine ? »
Dans son agenda 2022, Sud Ouest mentionne le début du Ramadan mais ne dit pas un mot sur Noël, Pâques ou sur le début du Carême…

Les anges sont-ils de retour ?
Aymeric Pourbaix reçoit, avec Véronique Jacquier, l’abbé Duloisy et Anne Bernet :
Le coup d’Etat de droit
Docteur en droit public, avocat et philosophe, enseignant à l’Université de Strasbourg, Ghislain Benhessa vient de publier un essai sur Le Totem de l’Etat de droit. Concept flou, conséquences claires.
Cet “Etat de droit”, objet juridique non identifié, permet de justifier l’omnipotence de l’Etat… et de l’Union européenne. Ainsi, face aux décisions du tribunal constitutionnel polonais, « Bruxelles ne peut plus tergiverser pour défendre les valeurs de l’Union et l’Etat de droit » affirme le journal Le Monde dans un éditorial solennel. Il ne se passe plus une journée sans que responsables politiques, journalistes ou magistrats n’invoquent l’Etat de droit comme pierre angulaire de toute vie démocratique. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et pourquoi le soudain surgissement de cette notion, alors qu’on n’a jamais entendu le général de Gaulle, Georges Pompidou ou même Valéry Giscard d’Estaing lui accorder la moindre considération ?
Dans cette étude détaillée, appuyée sur les principaux arrêts et décisions des tribunaux nationaux et européens, Ghislain Benhessa retrace l’histoire juridique du concept d’Etat de droit et montre comment on est passé pour l’essentiel du « droit de l’Etat » à la prévalence du droit sur l’Etat. Une fois les mécanismes juridiques mis en lumière, le lecteur comprend pourquoi la France ne pourra pas affronter sérieusement les nombreux périls qui approchent (sécuritaires, industriels, géopolitiques ou culturels) dans une configuration où l’Etat est empêché par le Droit et où l’émancipation de l’individu a pris place, de fait, au sommet de la hiérarchie des normes.
L’auteur aborde longuement le problème de l’Union européenne : est-elle réformable de l’intérieur, dans le but de faire respecter les souverainetés nationales, ou faut-il en sortir comme l’ont fait les Anglais ?
Si tout le monde – ou presque – voit l’Europe rouler à contresens, un coup de volant suffirait à rétablir sa trajectoire pour l’embrancher sur l’autoroute du succès. Reste à fixer l’amplitude du virage. Or, et c’est tout l’enjeu, la malédiction européenne ne vient pas seulement de ses égarements ou de l’aveuglement coupable de ses élites. L’Union n’est pas à bout de souffle parce qu’elle s’est peu à peu fourvoyée, mais parce qu’elle est dénuée de fondations. A claironner que “L’Europe, c’est la paix”, refrain répété dans tous les programmes scolaires au risque de gavage, tous ont oublié que des hommes de guerre ont extirpé le continent du bourbier totalitaire pour lui permettre de se tenir sur ses pieds.
Remise en cause de l’histoire des débuts de l’islam
Hela Ouardi, universitaire tunisienne, publie une œuvre importante qui démythifie l’histoire des débuts de l’islam. Elle est interrogée par Annie Laurent sur Clarifier. Extrait :
L’ensemble de votre œuvre remet en cause l’histoire des débuts de l’islam telle qu’elle est généralement transmise. Vous qui enseignez la littérature française à l’Université de Tunis, comment avez-vous décidé de vous plonger dans ce travail d’historienne à la fois iconoclaste et titanesque ?
Il y a deux points importants dans votre question. Le premier concerne « la remise en cause » : je pense que je fais exactement l’inverse dans la mesure où je tente de restaurer la véritable histoire des débuts de l’islam et de mettre en évidence le caractère mythique et mystificateur de la version « généralement transmise » comme vous dites. Au début de mon investigation, je me suis posé cette double question : où se trouve cette version authentique ? Qui est chargé de la transmettre ? La réponse aux deux questions c’est : nulle part et personne. Tout ce que le musulman connaît de la genèse de sa religion, ce sont des bribes de récits légendaires et incohérents. Donc j’estime que mon projet se fonde sur deux gestes majeurs qui n’ont rien à voir avec une quelconque attitude subversive : mettre de l’ordre dans cette histoire et la rendre intelligible. Le parti pris narratif dans mes livres me permet d’atteindre ce double objectif.
Quant au rapport avec ma spécialité académique, il va de soi. Ma formation littéraire, loin de me rendre étrangère au travail d’investigation historique sur la Tradition musulmane, m’y a très bien préparée. Le corpus de cette tradition est un corpus littéraire par excellence (et nous n’avons que cela pour nous renseigner sur les débuts de l’islam – il n’y a aucune trace archéologique datant de la période du Prophète et même de ses premiers successeurs). L’historien de l’islam est donc condamné à analyser une tradition littéraire. Et là je dois reconnaître que je suis un peu « comme un poisson dans l’eau » car ma grande familiarité avec l’analyse des textes me met dans de très bonnes prédispositions en la matière. Le seul changement notable par rapport à mes recherches précédentes (littérature et civilisation françaises) c’est celui de la langue ; or, comme je suis bilingue, l’étude des textes en arabe et leur restitution en français ne me pose pas de problèmes particuliers.
Vos enquêtes se réfèrent à une multitude de sources islamiques, sunnites et chiites, dont certaines sont très anciennes. Par quel moyen concret avez-vous pu y accéder alors que beaucoup d’entre elles semblent, sinon occultées, du moins non transmises, comme si on voulait les rendre suspectes pour ne pas gêner l’approche hagiographique de l’histoire ?
Comme je vous l’ai dit, il n’existe pas de « version officielle » de l’histoire de l’islam. Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’idée de suspicion que vous évoquez : les musulmans vénèrent les sources de la Tradition sans les lire et sans les connaître ; et tout mon travail consiste à révéler le contenu de ces livres pour les rendre accessibles en brisant un peu la cage en verre dans laquelle on les a emprisonnés pendant des siècles.
Vous soulignez qu’aucun texte écrit par Mahomet ou dicté par lui à ses secrétaires n’a été conservé alors que, contrairement à la légende, il n’était pas illettré, ce que confirment des savants occidentaux. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ?
L’illettrisme présumé de Mahomet est une ruse théologique destinée à appuyer le dogme du miracle coranique. Pour montrer que le Coran est une œuvre divine et non humaine, on a véhiculé l’idée qu’un analphabète n’était pas capable de produire un livre aussi érudit et bien écrit. Dans mes ouvrages, je donne des preuves irréfutables tirées de la tradition musulmane qui anéantissent la légende de l’illettrisme du prophète de l’islam. Cette légende s’est d’ailleurs imposée à la faveur du flou sémantique qui entoure l’adjectif arabe « ummî » dont Mahomet est souvent flanqué : ce mot désigne à la fois l’analphabète, l’adepte d’une religion sans Livre (au début, les détracteurs de Mahomet ont refusé de reconnaître sa prophétie parce qu’il n’a pas apporté de livre sacré) ; enfin, le mot « ummî » peut également désigner un homme originaire de La Mecque qui était surnommée « Umm al-qurâ » (ce surnom figure dans le Coran). Donc vous voyez, le flou autour de l’illettrisme de Mahomet est le pur produit d’une polysémie lexicale ! […]
Noël : la surprise de Dieu
Aymeric Pourbaix reçoit avec Véronique Jacquier, le Père Jean-François Thomas, jésuite, et Roland Hureaux, essayiste, haut fonctionnaire :
Quelle France donne-t-on à aimer aux musulmans ?
L’association Clarifier et Mission Ismérie portent ensemble un pôle d’études sur l’islam pour le comprendre, éclairer sur ses réalités selon une approche pédagogique et respectueuse des personnes qui s’y référent, et apporter à la société des éléments de connaissance objective, de réflexion et de décision. Ils ont organisé un grand colloque le 18 novembre 2021 , intitulé « Islam-Occident : où va-t-on ? ».
Manifestement, l’intégration de l’islam dans la société française se révèle plus compliquée que ne l’annonçaient nombre de ses promoteurs. L’objectif de ce colloque est de travailler à en comprendre les raisons, alors que se dissipent peu à peu chez certains les idées reçues et illusions occidentales quant à l’islam, du point de vue de sa doctrine et de sa dynamique profonde :
Dieu et l’Homme, statut de la personne, État et religion… Des différences, des incompatibilités et des incompréhensions existent entre islam et Occident. Peuvent-elles être surmontées alors que l’Occident doute de lui-même, traverse une crise existentielle, et tandis que l’islam semble connaître une dynamique nouvelle ?
Pour réfléchir à ces questions, le colloque a mobilisé des intervenants et des témoins, intellectuels, observateurs, acteurs engagés, musulmans et non musulmans. Les vidéos sont en ligne ici.
Annie Laurent, déléguée générale de l’association Clarifier, a présenté les « différences, incompatibilités et incompréhensions » entre islam et Occident : anthropologies et sociologies très éloignées, statut de la personne, citoyenneté, liberté, relations homme-femme… En ce sens, la présence et l’enracinement de l’islam en Europe constituent « un des plus grands défis auquel elle est confrontée ».
Alexandre Del Valle, géopolitogue, a montré l’évolution considérable que vit l’islam mondial depuis plus d’un siècle vers le rigorisme, le littéralisme et une application de plus en plus dure de ses textes, doctrines et principes. Un « islam standard », « d’obédience fréro-salafiste », s’est imposé dans le monde musulman, et infiltre l’Europe, « subvertissant » ses structures et ses principes, jouant de ses failles idéologiques et de la naïveté ou de l’aveuglement coupable de ses élites.
Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, a expliqué combien l’islam place l’Occident issu des Lumières dans le « piège de ses contradictions ». En particulier celles de son principe d’égalité et « d’égalité des religions, constituant un aspect fondamental de notre vie politique ». Grâce à lui, l’islam peut « faire entrer en contrebande, au nom de la liberté de conscience et de religion, tout un ensemble qui n’a rien à voir avec cela mais qui relève de la construction d’un ordre social et politique refusant la liberté, l’égalité et la fraternité ».
Xavier Lemoine, maire de Montfermeil (93) depuis 20 ans, territoire où « 40% des habitants sont de culture ou de confession musulmane, et 60 à 90% des enfants des écoles », a illustré par son expérience d’élu de terrain qu’il est possible de donner la France à aimer à tous si l’on agit selon des principes de bon sens, de réalité et de respect des personnes. C’est-à-dire en travaillant avec les populations dans des « relations de personne à personne », voire de « cœur à cœur », et surtout pas dans des rapports de « système à système » ou de « communauté à communauté » qui les y enfermeraient.
La table ronde finale a réuni trois personnalités d’arrière-plan musulman, françaises, devenues chrétiennes. A la question posée « proposer la France aux musulmans ? », ils ont répondu combien la conversion à la foi catholique peut se révéler décisive pour développer l’amour de la France, mais qu’il fallait agir à l’échelle de tous les Français et non des seuls musulmans. Décomplexés, ils nous interpellent tous : quelle France donne-t-on à aimer aux musulmans ? Est-elle vraiment estimable ? Et vous catholiques, osez-vous témoigner de votre foi ? En témoignez-vous tout spécialement auprès des Français ignorants de leurs racines chrétiennes ? Votre foi fait-elle de vous des serviteurs du Bien Commun, et par là, de votre pays ? Car de fait, il ne s’agit pas tant de « proposer la France aux musulmans » que de « proposer la France aux Français, et ensuite les musulmans suivront ».
Le Syndicat de la médecine générale souligne que les tensions hospitalières actuelles sont le résultat de politiques
Le Syndicat de la médecine générale a fait part de son opposition au projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres le 27 décembre. Car, si le passe vaccinal est mis en œuvre,
« les non-vaccinés ayant besoin d’une consultation dans un établissement de santé seront bientôt refoulés ».
Le syndicat s’était déjà opposé au passe sanitaire et il souligne que les tensions hospitalières actuelles, la fermeture de lits et les nombreux départs de soignants en plein cœur de l’épidémie, sont le résultat de politiques basées sur des impératifs de « rentabilité sans lien avec les besoins de la population » depuis plusieurs années.
Les difficultés d’accès aux soins qui en découlent ne relèvent donc pas de la responsabilité des individus, notamment celle des personnes non vaccinées, mais de nos gouvernements successifs, poursuit le syndicat.
Une pétition contre le passeport vaccinal, adressée aux députés et sénateurs, a recueilli pas loin de 500 000 signatures.
Mgr Rey : “Le premier droit de quelqu’un c’est de vivre dans son pays”
Interrogé dans Var Matin, Mgr Rey évoque l’immigration puis la proposition de loi Gaillot sur l’avortement :
Devant les migrants sur l’île de Lesbos, le pape François a appelé à mettre fin au “naufrage des civilisations”. Et l’immigration est au cœur de la campagne électorale en France. Qu’en pensez-vous?
La première chose est d’aider les gens à rester sur place, s’organiser au niveau international pour aider ces pays parfois en difficulté, en guerre, en crise économique, politique, à résoudre ces problèmes. Le premier droit de quelqu’un c’est de vivre dans son pays. La deuxième chose, dans les populations qui viennent, c’est de distinguer les situations d’urgence extrême – quand quelqu’un est en train de se noyer, on ne peut pas le refouler, c’est un principe d’humanité – et l’organisation par des bandes plus ou moins mafieuses, qui ont des intérêts économiques et mercantiles, de ces migrations. Il faut lutter efficacement contre ces réseaux.
Sur l’immigration, il y a un devoir de charité, de justice, ils partent parce qu’ils ont faim, pas d’avenir. Et ensuite, faire le discernement entre des populations qui peuvent s’intégrer – l’histoire de notre pays a toujours connu des flux migratoires continuels — et l’accueil ou l’installation de populations qui pourraient déstabiliser aussi notre propre système. La difficulté c’est le caractère massif des populations: jusqu’où une population comme la nôtre peut, pour maintenir une cohérence interne, intégrer, assimiler, accueillir? C’est une question qu’il faut se poser.
[…]
Les députés ont voté l’allongement de la durée légale pour avorter de 12 à 14 semaines, le texte doit passer au Sénat. Est-ce un progrès?
C’est quelque chose pour moi d’affligeant, d’extrêmement offensant de refuser l’existence à ce petit être, qui n’est qu’un fœtus. À quel moment je peux décider que c’est un être vivant qu’on doit respecter, ou un déchet qu’on doit éliminer? C’est le même être. Depuis la conception, il y a une continuité génétique dans la germination de la vie à l’intérieur des seins de la mère. On mesure l’humanité de la société à sa capacité de prendre en compte la fragilité et le respect de la vie.
C’est arrivé un 26 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 26 décembre 268: mort du 25ème pape, saint Denys.
La persécution de l’empereur Valérien avait entraîné une vacance d’un an, qui s’arrête avec son élection. Il meurt le 26 décembre 268 et est le premier pape à ne pas être martyr.
- le 26 décembre 418: mort du pape, saint Zosime.
- le 26 décembre 795: élection du pape, saint Léon III.
Saint Léon III est connu pour deux faits notables : le couronnement de Charlemagne comme Empereur d’Occident à la Noël 800 (voir la chronique du 25 décembre) et pour le miracle dont il est l’objet suite à son agression physique par des nobles romains le 25 avril 799 (voir la chronique du jour). Il meurt le 12 juin 816 (voir la chronique du jour).
- le 26 décembre 1458 : décès d’Arthur III, duc de Bretagne.
Arthur III de Bretagne, aussi appelé « le Connétable de Richemont » ou encore « le Justicier », s’éteint le 26 décembre 1458 à Nantes. Fils de Jean IV, duc de Bretagne, Arthur III n’aura été à la tête du duché de Bretagne que très peu de temps, à peine treize mois entre 1457 et 1458. D’autre part, sa vie nous est connue grâce au récit apologétique que rédigea son écuyer Guillaume Gruel dans les années 1460. C’est lui qui mènera l’armée royale de victoires en victoires pour libérer la France des Anglais qui honnie avec les conquêtes de Paris Meaux, Montereau et Pontoise. Il est considéré comme le père du premier modèle d’armée permanente en France avec les Compagnies d’Ordonnance qu’il crée en 1445. Richemont reprend la guerre contre les Anglais en 1449 et cette fois, avec l’appui complet de son neveu François Ier de Bretagne (le fils du Duc Jehan V disparu en 1442) qui déclare la guerre Henri VI de Lancastre après la prise de Fougères par le routier Surienne l’Aragonais. Arthur de Richemont devient Duc de Bretagne et prend le nom d’Arthur III en 1457. Arthur III ne reste pas longtemps Duc de Bretagne puisqu’il disparaît le 26 décembre 1458. Il reste incontestablement l’une des plus grandes figures militaires de la Guerre de Cent Ans.
- le 26 décembre 1559 : élection du pape Pie IV.
Dans la nuit du 25 au 26 décembre 1559, Jean-Ange de Médicis est élu suite à un conclave assez long, sous le nom de Pie IV. Pie IV est né à Milan en 1499. Son pontificat, de six ans, démarre avec le procès de la famille de son prédécesseur, Paul IV. Ce dernier avait favorisé l’accession de membres de sa famille à des postes clés de façon outrancière. Pie IV est le fondateur des archives du Vatican. Il meurt en 1565, des suites d’une mauvaise fièvre.
- le 26 décembre 1574 : Louis II de Guise, le futur cardinal, est nommé Archevêque-Duc de Reims, et le restera jusqu’à sa mort en 1588.
- le 26 décembre 1662 : Molière crée “L’Ecole des Femmes”.
Jean-Baptiste Poquelin achève la création de sa dernière comédie en 5 actes au Palais-Royal à Paris : “L’Ecole des femmes“. Elle remporte un succès immense. Cependant, la morale et le comique de la pièce agacent ses rivaux tels que Corneille. Molière doit faire face à de très nombreuses critiques.
- le 26 décembre 1754 : envoyé en Inde comme administrateur pour remplacer Joseph François Dupleix, Charles Godeheu signe un traité par lequel la France s’engage à se retirer des territoires qu’elle a conquis.
Cet accord marque le recul de l’influence française dans le sous-continent indien. Alors qu’arrivé en 1741 en Inde, le gouverneur Joseph François Dupleix crée un empire territorial à la France, en dépit de l’opposition de la métropole craintive devant les Britanniques. Sous le commandement du marquis Bussy-Castelnau, l’armée de Dupleix contrôle la région entre Hyderabad et le cap Comorin. La jalousie devant les succès de Dupleix le fera rappeler en France en 1754. Cela n’empêche pas les Français d’étendre leur influence à la cour du nawab du Bengale et d’augmenter leur volume de commerce au Bengale.
- le 26 décembre 1789 : Claude-Pierre Dellay d’Agier, député de la noblesse de la province du Dauphiné, demande la publication de la liste des déclarants et des sommes déclarées pour la contribution patriotique.
- le 26 décembre 1790 : ratification par Louis XVI de la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790.
Pie VI tarde à conseiller Louis XVI, qui ratifie le 26 décembre 1790. Le Pape se prononce en mars, avril 1791 : il déclare nulles les élections d’évêques et curés. Les ravages de la laïcisation de la société commencent :
- laïcisme officiel : ressources du clergé disparaissent (vente des « biens nationaux »), et avec elles les œuvres d’assistance et d’enseignement, puisque l’Eglise assurait par les dons des fidèles les rôles aujourd’hui joué par la sécurité sociale et l’éducation nationale;
- la révolution désorganise les structures sociales par la constitution civile du clergé;
- suppression des réguliers;
- diminution des séculiers;
- serment à la constitution des prêtres réfractaires;
- révoltes dans l’ouest (Vendée, Bretagne), Lyon, Toulon…
- des élections par les citoyens remplacent les nominations des curés et des évêques. L’investiture canonique n’est plus donnée par le St Père, mais par le métropolitain, plus ancien évêque du département. Il en résulte :
- la rupture avec le Pape : rupture du Concordat de 1516 (serment à la constitution);
- la division du clergé: 55% de réfractaires / 7 évêques jureurs sur 128. Seul Talleyrand accepte de sacrer des évêques (celui dont Napoléon dira : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie ».)
- le 26 décembre 1792 : plaidoirie de Romain de Sèze, défenseur de Louis XVI à son procès.
Raymond, ou Romain de Sèze est franc-maçon, il appartient à la loge les Neuf-Sœurs, qui est également celle de Voltaire. Il faut reconnaître qu’il argumente en contestant la compétence de la Convention, soulignant l’inviolabilité de la personne du Roi, tirée des lois fondamentales du Royaume et rejette l’accusation de trahison.
- le 26 décembre 1793 : l’armée française remporte une victoire à la bataille de Wissenbourg sur les troupes des Alliés, qui sont refoulées au-delà du Rhin.
- le 26 décembre 1793 : Madame Royale est utilisée comme monnaie d’échange.
Surnommée Madame Royale, Marie-Thérèse Charlotte, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est rendue aux Autrichiens à Bâle après avoir été détenue par les révolutionnaires du Directoire. En échange, l’Autriche libère Camus, Beurnonville, Lamarque, Quinette, Bancal et Drouet, tous capturés par l’armée autrichienne en octobre 1793 lors de la bataille de Maubeuge. Madame Royale rejoint sa famille. En 1799 elle épouse celui qui sera le dernier « Dauphin » de France, Louis-Antoine de Bourbon, fils de Charles X.
Madame Royale passera sa vie à chercher son frère dont elle était certaine qu’il n’était pas mort au Temple, comme le raconte très bien Xavier de Roche dans son monumental Louis XVII publié aux éditions de Paris.
- le 26 décembre 1805 : la France signe la paix de Presbourg avec l’Autriche, suite à la victoire d’Austerlitz.
La campagne d’Autriche a vu l’écrasante victoire française d’Austerlitz, les Autrichiens signent la paix de Presbourg avec la France, et lui cèdent la Vénétie, l’Istrie et la Dalmatie à l’Italie. L’Autriche doit également céder ses possessions allemandes à la Bavière et au Wurtemberg et payer une indemnité de guerre de 50 millions de florins. Une clause secrète stipule que l’empereur autrichien, François II, renonce à son titre d’empereur du Saint Empire romain germanique.
- le 26 décembre 1894 : dans “La Dépêche de Toulouse”, Jaurès écrit à propos de Dreyfus :
“On a surpris un prodigieux déploiement de la puissance juive pour sauver l’un des siens”.
- le 26 décembre 1898 : les savants français Pierre et Marie Curie annoncent à l’Académie des sciences la découverte du radium et du polonium et proposent le vocable « radioactivité ».
Devant l’auditoire de l’Académie des Sciences, Pierre et Marie Curie, annoncent qu’ils ont réussi à extraire un élément radioactif dans une pechblende : le radium. Ils soulignent que la radioactivité dégagée par le radium est nettement supérieure à celle du polonium, découvert en juillet. Ils démontrent que le thorium produit des rayonnements et recevront le Prix Nobel de physique avec Henri Becquerel en 1903 pour leurs études sur les rayonnements émis par les sels d’uranium et pour la découverte des minéraux actifs.
- le 26 décembre 1900 : adoption définitive de la loi d’amnistie concernant l’affaire Dreyfus.
- le 26 décembre 1929 : le régime soviétique décide d’abolir la fête de Noël.
- le 26 décembre 1942 : l’assassin de Darlan, le monarchiste Bonnier, est jugé de manière expéditive et exécuté.
- le 26 décembre 1945 : le franc CFA est créé.
Après la signature par la France des accords de Bretton Woods, ce même jour, le franc est dévalué ; le franc CFA créé. Il signifie franc des colonies françaises d’Afrique. En 1945, 1 franc CFA vaut 1,70 franc métropolitain. À partir de 1948, 100 francs CFA valent 200 francs français. La création du franc CFA a pour but de restaurer l’autorité monétaire de la France dans les colonies, qui ont été éloignées du franc lors de la Seconde Guerre mondiale
- le 26 décembre 1964 : la loi qui rend imprescriptible les crimes contre l’humanité, est votée par le Parlement à l’unanimité.
Aucune mention n’est faite des crimes de la révolution; visiblement les catholiques, les Chouans et les Vendéens ne font pas partis de l’Humanité pour la république.
- le 26 décembre 1978 : départ de la première édition du Paris-Dakar.
Thierry Sabine s’étant perdu l’année précédente dans le désert et décide que c’est un excellent endroit pour organiser un rallye.
- le 26 décembre 1994 : quatre religieux catholiques, trois Français et un Belge, Jean Chevillard, Christian Cheissel, Alain Dieukangard et Charles Deckers, appartenant à l’ordre des Pères blancs, sont assassinés à Tizi-Ouzou, capitale de la Kabylie.
L’attentat est revendiqué par le GIA.
- le 26 décembre 1999 : une tempête, connue sous le nom d’ouragan Lothar, traverse le Nord de la France et l’Europe.
Une tempête d’une extrême violence déferle sur la France, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse, avec des vents atteignant 173 km/h dans le sud de Paris et plus de 200 km/h par endroits. Des milliers d’arbres sont détruits dans la capitale française et dans le parc du château de Versailles. La tempête aussitôt terminée fera place à une seconde causant d’autres ravages. Plusieurs édifices historiques, notamment la cathédrale Notre-Dame de Paris, subissent d’importants dégâts, et les victimes un peu partout en Europe se chiffrent à environ 130, dont 88 en France. 500000 ha de forêts sont détruites, et trois millions et demi de foyers privés d’électricité ou de chauffage.
Les “voeux” d’Omicron
Service minimum du chef de l’Etat :

Et son Premier sinistre :

Nous préférons, de loin, les voeux d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen.
Cardinal Sarah : “L’Europe, la France, son socle religieux fondateur c’est le christianisme.”
Europe 1 a diffusé ce 26 décembre une entretien de près d’une heure avec le cardinal Sarah :
Les pays arabes se rapprochent de la Syrie
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Isolée depuis des années, hormis ses soutiens russe et iranien, la Syrie verrait-elle la fin de son ostracisme ? Plusieurs pays arabes ont en effet manifesté le souhait de la réintégrer dans certaines instances.
Le geste le plus spectaculaire concerne L’OPAEP, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole. Elle a voté à l’unanimité, il y a quelques jours, la tenue du sommet de 2024 à Damas. Celui de 2023 aura lieu au Qatar : c’est tout un symbole de voir l’émirat, qui a tant soutenu les islamistes pendant la guerre, passer le témoin à son ennemi. L’unanimité n’est probablement que de façade, et il est certain que ni le Qatar ni l’Arabie saoudite ne sont très enthousiastes à l’idée d’une normalisation complète avec le pays de Bachar el-Assad, cet alaouite honni par le sunnisme rigoriste. Plus encore, c’est le gouvernement syrien qui va présider le Conseil des ministres de l’organisation à partir de 2022.
Le mouvement vers la normalisation est puissant, et il sera difficile de le bloquer. D’ailleurs, la présence de la Syrie dans l’OPAEP est en soi un symbole puisqu’elle n’exporte plus de pétrole, celui-ci ayant été confisqué par les Américains qui occupent toujours le nord-est de la Syrie.
Ce sont les Émirats arabes unis qui sont moteurs. Le prince héritier Mohammed ben Zayed (surnommé MBZ, à ne pas confondre avec le MBS d’Arabie saoudite) est bien décidé à ne plus laisser l’Occident décider à la place du monde arabe. Il est, de toute façon, en position de force après avoir accepté de pacifier officiellement ses relations avec Israël, à la grande satisfaction des Américains qui n’ont plus grand-chose à lui refuser.
MBZ n’est, d’ailleurs, pas le seul à œuvrer pour une normalisation de la Syrie. L’Égypte a emprunté la même voie et a ainsi pu organiser l’approvisionnement partiel du Liban en gaz en passant par la Syrie. L’Occident, ne voulant pas être accusé de refuser d’aider le Liban, a regardé ailleurs. Le poids de l’Égypte est important car ses relations sont très étroites avec l’Arabie saoudite qui la soutient financièrement. Les deux pays partagent la même haine des Frères musulmans qui furent, un temps, au pouvoir en Égypte avec Mohamed Morsi avant qu’un coup d’État de l’armée ne mette fin à un gouvernement catastrophique. Signalons, en passant, que l’Occident, toujours donneur de leçons, condamne régulièrement les atteintes aux droits de l’homme en Égypte, ce qui est un comble alors que le pays se dirigeait vers le gouffre islamiste.
La Jordanie a également repris contact avec la Syrie et l’Irak pousse à sa réintégration dans la Ligue arabe. Exclue de cette organisation en 2012, sous la pression de l’Arabie saoudite et du Qatar, la Syrie pourrait y revenir. Le prochain sommet de 2022 aura lieu à Alger et, sans une réadhésion formelle, la Syrie pourrait y être invitée comme observateur.
C’est évidemment d’Occident que viennent les plus grands obstacles. Les Américains ont encore annoncé de nouvelles sanctions contre plusieurs Syriens, notamment des directeurs de prison… On ne voit pas bien ce que cela changera à leur vie car ils n’avaient probablement pas prévu de passer leurs prochaines vacances à New York.
En attendant, c’est le peuple syrien qui souffre. Son niveau de vie s’est effondré et sa monnaie n’en finit plus de sombrer, ruinant le pouvoir d’achat de toute la population.
La haine des Américains et des Européens contre la Syrie est accablante, mais on lui fera payer cher de n’avoir pas voulu devenir islamiste.
Terres de mission : la liberté de culte devant la Cour européenne des droits de l’homme
Nicolas Bauer, chercheur à l’ECLJ (European Center for Law and Justice), revient sur les débats à propos de la liberté de culte devant la Cour européenne de justice.
Récentes mesures romaines à propos de la liturgie traditionnelle : une forêt de paradoxes
Analyse du canoniste et théologien le père Laurent-Marie Pocquet du Haut-Jussé parue dans Paix Liturgique :
Les réponses faites par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ainsi que la crise liturgique provoquée par le motu proprio Traditionis custodes mettent à jour un certain nombre de paradoxes très instructifs pour les pasteurs, les théologiens et les canonistes.
Paradoxe moral : l’Église depuis 1988 a reconnu par la voix de son pasteur suprême l’existence et la légitimité de l’attachement de très nombreux fidèles à la liturgie tridentine et des mesures ont été prises pour faciliter la communion de ces fidèles. En mettant fin brutalement à ces dispositions bienveillantes (mais aussi justes et logiques), l’autorité rompt cette confiance et manifeste qu’il devient donc moral de ne pas respecter la parole donnée.
Paradoxe théologique : à quelques années de distance le Magistère affirme deux choses contradictoires. Benoit XVI affirme avec autorité un principe théologique fondamental et indiscutable au regard de la Tradition : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église, et de leur donner leur juste place ». Or on peut inférer des mesures disciplinaires le principe doctrinal qui apparait comme parfaitement contradictoire avec celui qu’a énoncé le pape émérite : doit être considéré aujourd’hui comme dangereux ou nuisible ce qui a contribué à sanctifier une foule innombrable de baptisés et à édifier l’Église. Cette volteface magistérielle à quelques années de distance témoigne d’un inquiétant désarrimage entre théologie, histoire de la doctrine et discipline.
Paradoxe canonique : selon une conception spontanée du droit, celui-ci existe pour protéger les droits des personnes, et d’abord des catholiques. Sans revenir sur les mesures disciplinaires prises par le pape St Pie V, mesures jamais abrogées, sans arguer du droit de la coutume qui s’applique à tout baptisé, laïc ou ministre, il est évident qu’un droit a été reconnu aux fidèles attachés à la forme pérenne de la liturgie. Or ce droit vient d’être bafoué, aux mépris de la dignité des baptisés. L’Église synodale, tout au service de la communion ecclésiale, perd du coup toute crédibilité.
Paradoxe ecclésial : les pasteurs sont invités à développer une pastorale d’accompagnement, ouverte à toutes les situations morales et psychologiques. Ils doivent pratiquer un accueil inconditionnel, mais il existe une partie du peuple de Dieu à qui on refuse obstinément ce bienveillant accueil. La mise en place d’un véritable apartheid liturgique (pas de messes traditionnelles dans les églises paroissiales, sans doute par peur de la contagion ou du mauvais exemple !) manifeste le visage d’une Église soupçonneuse, marâtre, à qui il faut présenter ses papiers sous peine d’être exclu et de devoir chercher une grotte, puisqu’il n’y a pas de place pour les fidèles traditionnels dans la salle commune… Bref, de quoi passer un joyeux Noël.
Paradoxe psychologique : on peut se demander si les autorités liturgiques ne font pas tout pour rendre odieuse la réforme liturgique ! Cet autoritarisme, cette ignorance des principes du développement homogène des règles et traditions liturgiques, cette crispation à imposer ce qui n’est qu’une étape de ce développement, étape qui se voulait en phase avec les aspirations sociétales des années 60, ce refus du dialogue, cette incapacité à faire un bilan missionnaire des réformes réalisées depuis près de soixante ans, cet aveuglement sur l’effondrement de la foi en Occident (faut-il rappeler qu’on n’a jamais connu dans nos contrées une telle crise de vocations sur une aussi longue période ?) rendent incompréhensible, voire carrément suspect (car manifestant la mauvaise conscience de ceux qui ont échoué), cet acharnement contre un courant ecclésial minoritaire, certes, mais fervent et missionnaire, courant qui ne conteste aucune vérité révélée et enseignée par le Magistère infaillible de l’Église, et qui cherche à vivre toutes les exigences de l’enseignement spirituel et moral de l’Église.
Sortir de la crise ? Dernier paradoxe : il est sans doute possible grâce à l’enseignement et à la praxis du pape François de sortir de la crise. En juillet 2015, le Saint-Père invitait les jeunes latino-américains à mettre le bazar, mais ce message vaut pour la jeunesse catholique du monde entier. Ce qui caractérise la mouvance traditionnelle dans l’Église est bien la jeunesse de beaucoup de ses membres. À elle de montrer de l’audace et de l’impertinence, contre le conformisme de la bien-pensance véhiculée en beaucoup d’endroits par les nouvelles formes liturgiques, et pour le droit qu’elles ont de promouvoir leur identité. « Seule la Tradition est révolutionnaire » écrivait Charles Péguy. De même le pape actuel ne cesse de fustiger le juridisme, la fascination pour les normes, la peur de l’aventure et du risque de ceux qui se cachent toujours derrière des réglementations et des structures de gouvernement. Voilà qui jette une lumière crue sur l’avalanche de normes paralysantes qui cherchent à neutraliser, voire à faire disparaître une réalité à la fois neuve et ancienne dans l’Église. Il faudra donc juger de ces normes à la lumière de la théologie morale, du droit des personnes et du bien véritable des fidèles. Enfin, dernier apport du Souverain Pontife, il a rappelé en juin 2019 la nécessaire liberté des théologiens. Certes il n’est pas question de remettre en cause l’Évangile, la Tradition et le donné révélé. En revanche, les mesures disciplinaires prises à l’encontre de la liturgie doivent maintenant faire l’objet d’un véritable examen, à partir du bilan indispensable dont je viens de parler.
Fr. Laurent-Marie sjm
L’institut d’Argentré Sainte Anne a grand besoin de vous
L’Institut d’Argentré, dans l’Orne, a besoin de soutien pour la rénovation de l’internat :
Depuis la création de notre école il y a 4 ans, nos effectifs n’ont cessé de croître, passant de 20 élèves en 2018 à 70 cette année. Nous nous félicitons de ce développement dû à la qualité de notre équipe enseignante et au magnifique cadre de travail que nous proposons aux élèves.
Notre croissance rapide se heurte aujourd’hui à un défi de taille : le dortoir que nous louons pour l’internat devient trop petit pour accueillir toutes nos élèves.
Pour y remédier, nous avons acquis, à quelques pas de l’école, l’ancien couvent de la Sainte-Famille qui nous permettra d’assurer le développement de notre école dans les années à venir. Cependant, d’importants frais de remise aux normes sont à prévoir (installation de sanitaires, modification de tuyauteries, mise aux normes des systèmes de sécurité incendie,etc.).
En vue de ce chantier, nous nous permettons de solliciter votre aide à hauteur de 120 000 €. Les écoles hors contrat ne reçoivent aucune subvention publique : vous êtes les bienfaiteurs sans lesquels nous ne pourrions pas exister.

Pour faire un don par chèque (à l’ordre de l’Association éducative du Palais d’Argentré), merci d’adresser vos courriers à l’Institut d’Argentré, 1, rue d’Argentré, 61500 Sées. Si vous souhaitez un reçu fiscal, merci d’y joindre vos coordonnées (nom, prénom, adresse postale).
Pour faire un don par virement : Rib: FR76 1548 9048 5900 0947 0230 188 – BIC: CMCIFR2A
L’Union Lex Orandi pour coordonner les réactions face aux geôliers de la Tradition
Nous avons posé 3 question aux personnes qui ont créé l’Union Lex Orandi :
Vous venez de créer l’Union Lex Orandi. Qui êtes-vous et quelles sont les personnes qui œuvrent au sein de cette nouvelle structure ? Etes-vous liés aux Instituts auparavant rattachés à la Commission Ecclesia Dei ?
L’Union Lex Orandi a été créée par des laïcs engagés au sein de plusieurs associations de fidèles attachés à la Tradition, en plusieurs points de France. Après le choc du 16 juillet et la publication de Traditionis Custodes, des échanges informels ont eu lieu pendant l’été. Le 14 septembre, une initiative forte a été prise par de grandes associations comme Notre-Dame de Chrétienté ou Renaissance Catholique, avec la publication de la Lettre aux catholiques du monde entier et le lancement du site « stoptraditioniscustodes.org ». Il a pu sembler, à ce moment, que les évêques français cherchaient l’apaisement. Dans la plupart des diocèses, le discours était : « On ne change rien ».
Dans la réalité, il en allait autrement. L’Evêque de Grenoble a été le premier à renier les engagements pris avec la Fraternité Saint Pierre, en voulant imposer le changement liturgique. Il s’est heurté à une vive résistance de la part des fidèles. En Loire-Atlantique, l’Evêque a strictement cantonné l’usage du rite traditionnel à une seule église du centre de Nantes. A Tours, où la communauté traditionnelle a vu ses effectifs augmenter de 30% pendant le confinement, alors que les autres églises étaient fermées ou désertées, le diocèse a voulu imposer des restrictions drastiques, allant bien au-delà de Traditionis Custodes puisque même le catéchisme était remis en cause. La situation a, heureusement, bien évolué depuis. En revanche, à Paris, dès la rentrée de septembre, l’archevêque a supprimé plusieurs messes célébrées dans la forme extraordinaire. Il a fallu la mobilisation pendant plusieurs semaines du collectif Juventis Traditionis pour que la « messe du mercredi » soit rétablie. Depuis, rien ne bouge.
Il était donc urgent de réagir, et plus encore de coordonner les réactions. C’est ainsi qu’est née l’Union Lex Orandi.
Les mouvements fondateurs en sont l’AFSAN (Association des Fidèles de Saint André et Notre-Dame de l’Isle, Grenoble), l’Association Foi et Tradition (Nantes) et le Collectif Juventus Traditionis (Paris).
Cette initiative a été portée à la connaissance des supérieurs français des principaux instituts séculiers ou religieux autrefois rattachés à la Commission Ecclesia Dei, mais aussi aux Abbés ou Supérieurs de plusieurs communautés contemplatives, pour demander leurs prières.
Les Responsa de la Congrégation pour le culte divin du 18 décembre ont donné une accélération au mouvement, avec la mise en ligne de notre site internet le même jour. Nous avons immédiatement enregistré plus d’une dizaine de demandes d’affiliation.
Pourquoi cette confédération d’associations ? Quels types d’associations peuvent vous rejoindre ?
Plus qu’une confédération, nous voulons proposer une union. Les premières batailles menées dans plusieurs diocèses depuis septembre ont montré la nécessité de partager entre les mouvements de fidèles. Il est important pour ceux qui sont, à un moment donné, les plus exposés, de se savoir soutenus, voire relayés au plan national. Il est tout aussi important de respecter le principe de subsidiarité, et de préserver aux associations affiliées leur objet propre et leur autonomie.
L’Union Lex Orandi se veut donc à la fois un lieu de partage d’expérience et de veille coordonnée, et une caisse de résonnance pour les débats qui s’amorcent. l’Union est ouverte aux associations constituées sous le régime de la Loi de 1901 ou sous le régime local en Alsace et Moselle, mais aussi aux associations de fait, issues d’un mouvement de spiritualité conjugale, d’un chapitre de pèlerinage ou encore réunissant les membres d’une même famille. L’objet des mouvements affiliés peut être spécifique : œuvre scolaire, groupe d’entraide, cercle de prière. Il peut être aussi de représenter les fidèles attachés à un lieu de culte local ou à l’échelon départemental.
Enfin, nous avons commencé la traduction de nos textes fondateurs pour encourager les laïcs dans d’autres pays à se constituer également en union d’associations. Si Dieu le veut, dans quelques mois, l’Union Lex Orandi pourra être présente dans le monde entier.
Que proposez-vous concrètement ? Quel intérêt a une association locale de rejoindre Lex Orandi ?
Concrètement, l’Union Lex Orandi travaille à développer un socle argumentaire pour exposer la position des fidèles attachés à la tradition. Il s’agit d’expliquer que nous ne voulons attaquer personne, mais que toute initiative visant à nous priver des trésors de la tradition liturgique sera considérée comme une attaque, et entrainera partout une réaction. Il est important que les autorités le sachent…
Nous préparons également pour le début 2022 un colloque destiné à aborder tous les points éclairant notre position, sous l’angle du droit canon, de la doctrine catholique de l’obéissance, de la spiritualité et de la vie sacramentelle, mais aussi de la communication et du lobbying.
L’intérêt pour une association locale de rejoindre l’Union Lex Orandi est double. Il s’agit d’abord de permettre aux laïcs d’adresser un message fort aux autorités de l’Eglise. La voix de plusieurs dizaines d’associations représentant des milliers de fidèles permet d’appuyer les réclamations exprimées localement à l’ordinaire du lieu. Il s’agit également d’être disponible pour soutenir les membres du clergé qui, autrement, pourraient se voir priver un par un de leurs apostolats. N’oublions pas qu’une partie des lieux de culte où est célébrée la forme extraordinaire est desservie par des prêtres diocésains, qui pourront difficilement résister aux ordres de leur évêque si celui-ci leur demande de mettre en œuvre Traditionis Custodes. Les fidèles laïcs doivent constituer la première ligne de défense de la tradition. C’est l’objectif de l’Union Lex Orandi.
C’est arrivé un 25 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 25 décembre 01 ( ?): naissance de Notre Seigneur Jésus Christ.
Date établie par l’Église Catholique pour commémorer la naissance du Christ, à Bethléem en Palestine. Cependant la date du 25 décembre n’a pas été choisie par hasard et les récentes publications scientifiques le démontrent. Le savant israélien Shermanyahu Talmon a publié une étude sur le calendrier de la secte juive de Qumran, où l’on retrouve le calendrier des services au Temple, que les prêtres assumaient à tour de rôle, au temps de la naissance de Jésus.
La famille d’Abias, à laquelle appartenait le prêtre Zacharie, père de St. Jean Baptiste (Lc 1,5) devait entrer en service deux fois l’an : du 8 au 14 du 3ème mois et du 24 au 30 du 8ème mois. Cette dernière date tombait à la fin de septembre. Il est donc logique que le calendrier byzantin fête la conception de Jean-Baptiste le 23 septembre, neuf mois avant sa naissance, le 24 juin. Les “six mois” dont il est question lors de l’annonce de l’ange coïncide bien avec la fête liturgique du 25 mars, trois mois avant la naissance du Baptiste, le 24 juin, et neuf mois avant le 25 décembre. Voilà qui donne une valeur historique au choix du 25 décembre pour la fête de Noël ! (revue “La Terre Sainte“, nov-déc 1999).
Benoit XVI, dans son livre l’enfance de Jésus, est moins affirmatif et souligne que la seule chose certaine est que la date est définitivement fixée au IV siècle de notre ère.
- le 25 décembre 496 : baptême de Clovis, Roi des Francs et de ses 3000 guerriers à Reims par Saint Rémi.
Afin de graver plus profondément l’importance d’un jour si sacré dans la mémoire des peuples chrétiens d’Occident, le Souverain Maître des événements a voulu que le royaume des Francs naquît le jour de Noël, quand, dans le Baptistère de Reims, au milieu des pompes de cette solennité divine, Clovis, le fier Sicambre, devenu doux comme l’agneau, fut plongé par saint Rémi dans le baptistère du salut, d’où il sortit pour inaugurer la première monarchie catholique parmi les monarchies naissantes sur les ruines de l’empire romain, ce royaume de France, le plus beau après celui du ciel, selon Sainte Jeanne d’Arc.
Les Israélites, ce Peuple à “la nuque raide”, comme les nomma YAHVE à Moise n’ont pas reconnu Jésus, le Fils de Dieu et le clouèrent sur une croix en disant : “Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! “
Dieu va alors faire alliance avec un autre peuple. Franc veut dire “Homme libre”. C’est le peuple Francs qui est désigné, mais qui ne paraissait pas destiné à cette vocation. Les Francs n’avaient qu’un mince territoire à l’embouchure du Rhin. Leur chef était Clovis.
“O Dieu que Clotilde adore, j’implore ta protection si tu me donnes la victoire, je croirai en Toi et je me ferai baptiser”.
Levant son glaive vers le ciel Clovis fait ce pacte avec Dieu, alors qu’il repousse les Alamans à Tolbiac. La cause de la victoire du passé doit être aussi la condition de la victoire de l’avenir. Clotilde a prié pour sa conversion dans sa Chapelle au Frankenberg en Alsace durant la bataille de Tolbiac. C’est de ce haut lieu que ses prières, si ferventes, percent la voûte des Cieux et que Dieu l’entent. Clovis fait à Tolbiac un premier pas vers sa conversion, mais il est tenté de se faire arien. Celle-ci ne sera définitive que sur le Tombeau de St Martin à Tours. Ce grand évêque devient alors le patron de la France.
“Courbe la tète fier Sicambre : Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré! “
Clovis, sa famille et ses 3000 soldats sont baptisés en la Nuit de Noël 496 par l’évêque Rémi de Reims. Une colombe, envoyée du Ciel, amène, dans son bec, une Ampoule de Saint Chrême, que le Seigneur avait “ratifié” pour l’onction royale. Tous les Rois de France ont été oint de cette huile bénie de ciel. Lorsque l’Eglise voit Clovis et ses Leudes dans la cuve baptismale et entend retentir la clameur immense des Francs, saluant “ROI” le CHRIST, Ses Entrailles tressaillent et Elle s’écrie : « VOILA MA FILLE AINEE ».
Clovis et Clotilde vont être sacrés Roi et Reine de France. Ce sont nos premiers Rois francs chrétiens. Le sacre est le lien qui unit le Roi à Dieu et le canal par lequel la puissance, l’assistance et le rayonnement de la Majesté divine se communiquent au Souverain, au moment où il devient l’Oint du Seigneur”.
Le Roi appartient à la France et la France appartient à son Roi, dont la royauté n’est autre ce celle du Christ Roi. Le Sacre fait du Prince un homme Ecclésiastique, Sa souveraineté apparaît comme une Fonction Sainte.
La main sur l’Evangile le Roi prête serment:
– Il promet avec le secours de Dieu de protéger l’Eglise, qui est commise à ses oins.
– de lui faire conserver la paix par le peuple chrétien.
– d’expulser du sol de France les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise.
– de faire observer La Justice et la Miséricorde dans ses jugements.
Comme avec Moise sur la Sinaï, Dieu va faire alliance avec la nouvelle nation qu’il vient de choisir et dont le Roi sera son lieutenant. Clovis a fait un pacte avec Dieu à Tolbiac. Voici que le Seigneur vient lui répondre dans cette nouvelle Alliance qu’Il vient lui donner le jour même de son sacre.
C’est ce qu’on appelle le Pacte de Reims résumé ci-dessous dans cette phrase de St Rémi:
“Votre postérité gouvernera ce royaume : elle glorifiera la sainte Eglise et héritera de l’empire des Romains. »
Elle ne cessera de prospérer tant qu’elle suivra la voie de la vérité et de la vertu, mais la décadence viendra par l’invasion des vices et des mauvaises mœurs. C’est là en effet ce qui précipite la ruine des royaumes et des nations. Afin de le différencier des rois des autres nations, Dieu accorde un autre privilège au Roi de France, fils aîné de son Eglise. Celui de guérir les écrouelles. Cette maladie personne d’autre que le Roi de France ne pouvait la guérir.
Ce privilège se manifeste dès la cérémonie du sacre terminée. Le Roi touche alors chaque malade et dit :”LE ROI TE TOUCHE, DIEU TE GUERISSE”.
Les historiens racontent que Louis XIV a guéri plus de 2000 malades. On saisit mieux ainsi que les ennemis jurés de la religion aient tout fait pour détrôner la Royauté en France. Ils savaient que les liens étroits l’unissaient à l’Eglise, dont Elle était le soutien.
Il y a donc bien eut en cette nuit de Noël 496 un pacte conclu entre le Christ les Francs. Il ne s’agit pas moins, en l’occurrence, que de l’avènement du Règne du Christ-Roi sur la France, et par elle, sur les autres nations. Mais n’oublions pas qu’avant Reims tout a commencé grâce aux prières ferventes de sainte Clotilde au Frankenberg château des Francs. Cette montagne des Francs est donc bien le berceau de la mission de la France que Dieu choisit après le Mont Sinaï. Clovis meurt à l’âge de 45 ans, le 27 novembre 511. Sainte Clotilde devient par la suite le modèle des veuves chrétiennes. Elle finit ses jours dans sa dernière fondation près de saint martin à Tours. Elle meurt à l’âge de 70 ans. C’est le 3 juin 545 que sonne l’heure de la délivrance pour Clotilde.
Tiré du site SurlespasdesSaints :
http://surlespasdessaints.over-blog.com/article-32736526.html
- le 25 décembre 604 : bataille d’Étampes, Clotaire II vaincu par Thierry.
- le 25 décembre 795 : décès du pape Adrien Ier.
- le 25 décembre 800 : couronnement de Charlemagne, empereur d’Occident.
Charlemagne, Roi des Francs, est sacré empereur d’Occident, au cours de la messe de Noël de l’an 800, dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, par le Pape Léon III, puis acclamé par la foule. Le Pape s’agenouille devant le nouvel empereur. Charles, fils aîné de Charlemagne, est couronné le même jour roi de Neustrie. Charlemagne reste à Rome jusqu’aux Pâques 801, affirmant clairement sa souveraineté sur la Ville Eternelle. A 53 ans le Roi des Francs et des Lombards devient empereur d’Occident sur un empire qui s’étend de la mer du nord à l’Italie et de l’Atlantique aux Carpates. C’est à ce jour que Charles ajoute à son prénom magnus: le grand, le magnifique.
- le 25 décembre 875 :Charles le Chauve est couronné empereur d’Occident à Rome par le pape Jean VIII.
Charles II dit le Chauve est le petit-fils de Charlemagne, il est le fils de l’empereur Louis le Pieux Il est surnommé le Chauve, non en raison d’une calvitie, mais parce que le 5 mai 877, il se serait fait raser le crâne en signe de soumission à l’Église, et ce, malgré la coutume franque exigeant qu’un Roi ait les cheveux longs.
Voir les chroniques des 6 et 13juin, du 6 octobre 877.
En remerciement des services rendus à la papauté et notamment de l’élimination des Lombards, il reçoit du souverain pontife le titre inédit d’«Empereur des Romains».
- le 25 décembre 987 :Hugues Capet associe son fils Robert au trône de France.
Robert II le Pieux est sacré Roi de France à Orléans du vivant de son père comme le veut la tradition d’alors. Voir les chroniques du 27 mars et du 20 juillet.
- le 25 décembre 1003:élection du pape Clément II.
- le 25 décembre 1046:élection du pape Jean XVIII.
- le 25 décembre 1066 :couronnement de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre, roi et reine d’Angleterre, à l’abbaye de Westminster,
Après avoir défait Harold à la bataille de Hastings, le 14 octobre, et s’être emparé du trône, Guillaume de Normandie se fait couronner dans l’abbaye de Westminster (le jour de Noël 1066), ce que continuent de faire tous les souverains anglais depuis. Cependant, le nouveau royaume anglo-normand doit encore faire face à des difficultés : la conquête de l’Angleterre ne sera achevée qu’en 1070. Guillaume n’en reste pas moins un vassal du Roi de France pour les territoires normands.
- le 25 décembre 1100 :couronnement de Baudouin de Boulogne, premier roi de Jérusalem.
- le 25 décembre 1169 : mariage de Constance de Bretagne, avec le troisième fils du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt.
Constance de Bretagne, héritière du duc de Bretagne, Conan IV le Petit, est forcée d’épouser Geoffroy II, troisième fils du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, âgé de 9 ans. La Bretagne passe ainsi sous la coupe de l’Angleterre.
- le 25 décembre 1559 :Jean Ange de Médicis est élu pape sous le nom de Pie IV.
- le 25 décembre 1582 :adoption du calendrier grégorien par les Pays-Bas espagnols, le Danemark et la Norvège.
- le 25 décembre 1635 : Samuel de Champlain meurt à Québec, assisté par le jésuite Lalemant.
On lui doit la fondation de la très belle ville de Québec ; les Québécois le surnomme depuis le milieu du XIXe siècle, le surnom de « Père de la Nouvelle-France ».
- le 25 décembre 1683 : l’Espagne déclare la guerre à la France.
- le 25 décembre 1688 :le roi d’Angleterre Jacques II se réfugie en France.
- le 25 décembre 1757 :les Prussiens battent les Français à Leuthen.
- le 25 décembre 1792 : Louis XVI rédige son testament (en double), à la tour du Temple et en remet 1 exemplaire à Malesherbes, son avocat.
« Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre. Moi, Louis XVIe du nom, Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père pour nous autres hommes, quels qu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église catholique et les commandements de Dieu et de l’Église, les sacrements et les mystères tels que l’Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la sainte Église catholique donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, car je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence. Ne pouvant me servir du ministère d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fût contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés et recevoir le sacrement de pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la charité d’unir leurs prières aux miennes pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je ne leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle ou par un zèle mal entendu m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme ; je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux. Je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les lois, mais en même temps qu’un roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici toute ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté, si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux ou à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuits que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements. Dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue que leur véritable attachement pour moi avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi. Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait en double, à la Tour du Temple, le 25 décembre 1792, »
- 25 décembre 1793 : le général Westermann déclare à la Convention :
« Il n’y a plus de Vendée, citoyen républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m’aviez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. »
(Histoire de la perversion de l’intelligence et des mœurs de François Marie Algoud, Editions de Chiré page 83)
- le 25 décembre 1916 :journée nationale en faveur du poilu. Joffre, le vainqueur de la Marne, est nommé maréchal de France.
- le 25 décembre 1991 :Mikhaïl Gorbatchev démissionne de son poste de «président » de l’Union Soviétique.
Le drapeau rouge est descendu du Kremlin. Le triomphe de la Vierge Marie est total, comme elle l’avait annoncé aux bergers de Fatima en 1917.
- le 25 décembre 2005 : le Pape Benoît XVI signe l’encyclique “Deus caritas est” (Dieu est amour).
L’encyclique est entièrement consultable ici :
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est_fr.html
« Il n’y avait pas de place pour eux… »
A St-Germain-en-Laye des catholiques ont fêté Noël à la porte fermée d’une église par la volonté du pape François.
Baptisés sans droit, ils offrent ces petites vexations pour l’Église et le monde si bouleversés.
Puer natus est nobis !


De l’espoir à l’Espérance
De Stéphane Buffetaut, élu vendéen et ancien député européen, pour le Salon beige:
Beaucoup sont effarés par l’accélération de la dilution des sociétés occidentales : apostasie, négationnisme au sujet de tout ce qui fit la grandeur de notre civilisation, destruction de la langue, repentance, culpabilisation, honte de soi, effacement de la masculinité, refus de l’identité sexuée des êtres humains, négation de la différence ente l’être humain et les animaux, ruine de la Nation. Une sorte de folie nihiliste semble s’être emparée du monde occidental. Tous les repères, tout ce qui fait que l’homme est homme, enraciné dans son être, sa famille, sa culture et sa civilisation, son histoire, tout doit être détruit, absolument tout. Pour laisser la place à quoi ? Au néant, à l’individu aussi seul que totalitaire, à la guerre de tous contre tous, au rejet de ce qui nous est commun, de ce qui nous relie et nous uni. Un monde atomisé de pions anonymes n’ayant pour boussole que l’affirmation de leur moi et oubliant le nous. Le choix avait été posé par Paul Morand : « s’élever à la condition d’homme ou satisfaire ses instincts ». Les campus américains, dans un délire de déconstruction, ont donné le la et l’ouest du vieux continent, gavé et fatigué, suit le mouvement – Union européenne en tête, elle qui veut bannir jusqu’au nom de Noël ! Pourtant, l’homme est un animal religieux. Retirez-lui Dieu, reste l’animal. Et ses instincts. Ses instincts seuls. Dominateurs. Totalitaires.
En février 1968, André Malraux, lors de l’inauguration de la maison de la culture de Grenoble avait déclaré : « Or voici l’un des faits décisifs de notre siècle : la civilisation des machines et de la science, la plus puissante civilisation que le monde ait connue, n’a été capable de créer un temple, ni un tombeau. Ni, ce qui est plus étrange, son propre imaginaire. » Vrai hier, ce constat navrant se prolonge aujourd’hui dans une des plus effrayantes barbaries techniciennes jamais vue. On veut nous faire croire qu’il n’ y a plus ni hommes, ni femmes mais des individus indéterminés sans passé, sans culture propre, voués à un avenir incertain, condamnés à consommer et éventuellement produire, comme les vaches broutent l’herbe des prés et produisent du lait. Avenir radieux s’il en est. Certes pour le plus grand profit de certains qui rêvent de voir leur humanité augmenter ! S’ils en ont les moyens. Voici le temps de l’homme nouveau, affranchi des limites de la nature, passionné d’égalité mathématique, débarrassé de toute identité, entre le clone et le robot, pisté, contrôlé. Et qui, dérision suprême, se prend pour Dieu. Le grand illusionniste l’avait dit au commencement des choses : « vous serez comme des dieux ». Or qui se veut Dieu se retrouve monstre.
Alors, devant ce tourbillon de folies, de déraison et aussi de haine de soi et des autres, le courage peut fléchir, le découragement nous saisir. Tournons-nous alors vers une figure belle comme le jour, courageuse comme l’aube qui chasse les ténèbres. Jeanne. Jeanne qui nous dit : « Les hommes d’armes combattront et Dieu donnera la victoire. » Jeanne qui fait ainsi le pont entre l’espoir des hommes et l’Espérance de Dieu. C’est tout, sauf le renoncement. Mais c’est tout, avec l’abandon à la volonté de Dieu.
Et l’abandon, c’est cette famille qui cherche un abri car il n’y a plus de place à l’auberge. L’abandon, c’est cet enfant couché dans la paille dans une grotte à Bethléem. Mais c’est l’abandon à la douceur de Dieu. L’espoir de trouver un refuge s’est mué en Espérance car « une grande lumière s’est levée ». Levons-nous, nous aussi. Passons du désespoir à l’espoir, de l’espoir à l’Espérance. Bon et beau et saint Noël !
Tant qu’il y aura des personnes pour s’agenouiller dans la crèche, la chrétienté et la France n’auront pas dit leur dernier mot
De l’abbé Danziec dans Valeurs Actuelles :
Jésus, Marie, Joseph. L’image, par excellence, du foyer ardent et uni. Cette sainte famille – rejetée de tous, méprisée par la bien-pensance, pointée du doigt par les conformistes et réduite à l’isolement à l’extérieur de Bethléem – se trouve en mesure, une fois encore en ce Noël 2021, de réchauffer les cœurs abattus et de réconforter les âmes qui désespèrent. Telle a toujours été l’inattendue pédagogie de Dieu : laisser la liberté aux hommes de tomber bas, très bas même, jusqu’à ce qu’ils s’avilissent et fassent le mal, pour finalement confondre les superbes et les puissants par la médiation des petits et des sans grades. Goliath vaincu par David. Le roi Hérode déconfit par le Divin Messie. Les hordes anglaises stoppées par une jeune fille en armure. Les lubies soixante-huitardes pleines de condescendance rattrapées par la patrouille de la réalité au point de ne plus faire florès.
Tant qu’il y aura des personnes pour s’agenouiller dans la crèche, prier le petit Jésus et puiser dans la mangeoire des forces pour mener un combat à la fois spirituel et culturel, la chrétienté et la France n’auront pas dit leur dernier mot.
A l’heure où notre socle civilisationnel craque de toute part, la célébration de la naissance du Christ fourbit des armes de lumière. La crèche représente une citadelle d’espérance pour notre civilisation en danger. En son sein réside une chaleur communicative propre à allumer les contre-feux nécessaires face à la décadence. Du coup d’état démographique aux réductions dramatiques de nos libertés, de la destruction de la famille à l’effondrement de l’école, de la remise en cause de nos traditions au wokisme qui cherche à revisiter nos coutumes, oui nos permanences ont fait leur lit dans la paille de Bethléem. Revenir à la source n’est pas seulement une œuvre de piété, elle est une condition de notre continuité.
Qui pourtant, il y a plus de 2000 ans, aurait parié sur cette pauvre étable misérable, ouverte aux quatre vents ? Dans cette crèche, c’est la fidélité qui domine et la confiance qui maintient. La transcendance, les miracles, les vertus. L’union de tous, des CSP+ et des classes populaires, la farandole des mages et des bergers, qui savent que quelque chose de plus grand qu’eux domine leur existence : Jésus-Christ, le Sauveur tant attendu. Celui qui nous sauve de nos ennemis et nous préserve des faux-frères. Celui qui nous garde des dangers ou nous donne l’énergie pour les surmonter. Celui qui a vaincu la mort et qui nous rejoint dans nos pauvretés. Jésus, celui qui n’usait pas de cette maudite langue de buis qui étouffe l’authenticité de la Foi et aseptise le message de l’évangile.
Les progressistes de tout poil, aux périphéries du monde comme dans l’intérieur même de l’Eglise, voudraient nous voler notre joie. Noël ne serait pas assez inclusif. Le sapin avec ses guirlandes ? Un terrible danger pour l’avenir de la planète. Le foie gras ? Un crime contre la bienveillance animale. La crèche dans nos mairies ou nos magasins ? Une insulte à l’endroit de ceux qui ne croient pas. Les liturgies latines et grégoriennes, la messe traditionnelle de Saint Pie V ? Un affreux retour en arrière. Pourtant Noël, c’est tout cela et bien plus encore. L’allégresse du 25 décembre se décline aussi dans le chant de l’Adeste Fideles ou celui des Anges dans nos campagnes. La messe de minuit à minuit pile et la procession à la crèche. Le bonheur qui contamine la nef lorsque le prêtre dépose l’enfant Jésus dans la mangeoire. La compassion pour les jeunes enfants de chœur qui s’endorment sur leurs bancs. L’éclairage du sanctuaire à la bougie. Le chocolat chaud partagé sur le parvis. Les “ Joyeux Noël ! ” distribués comme autant de tendresses dont tout le monde est assoiffé.
Noël nous invite, tous et chacun, à revisiter nos racines et chanter la gloire de ce Jésus qui a mis le feu aux poudres de notre Rédemption. L’étoile des bergers a véritablement inauguré un monde nouveau. Un écosystème qui nous rappelle qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, que la noblesse vaut mieux que la jouissance et que seul le pardon est capable de transfigurer nos désirs de vengeance. Un cadre évangélique enseignant que les choses ne valent que ce qu’elles coûtent, affirmant que si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu et soulignant que Jésus, dès sa naissance, a mis sa peau au bout de son exemple.
Noël, dans ses scintillements et ses recueillements, fait prendre conscience, à ceux qui savent encore s’émerveiller, que le divin Enfant a marqué le début d’une civilisation formidable et indépassable. Faite de héros et de saints. De courage et d’abnégation. De sacrifices et de prières. Une civilisation menacée qui reste à défendre, envers et contre tout. Pour nous-même et notre avenir. Et, surtout, celui de nos enfants.
Puer natus est nobis
Introït de la messe du jour de Noël chanté par les moines de l’abbaye de Ligugé.
Puer natus est nobis
Un enfant nous est né
Et Filius datus est nobis
Et un Fils nous est donné
Cuius imperium super humerum Eius
L’insigne de Son pouvoir est sur Ses épaules
Et vocabitur nomen Eius
Et on lui donnera pour nom
Magni consilii Angelus
Ange du Grand conseil
Cantate Domino canticum novum
Chantez au Seigneur un chant nouveau
Quia mirabilia fecit
Car Il a fait des merveilles !
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto
Sicut erat in principio, et nunc, et semper,
in secula seculorum. Amen.
Puer natus in Bethleem
Puer natus in Bethleem,
Unde gaudet Jerusalem,
alleluia.
Refrain:
In cordis jubilo,
Christum natum adoremus
Cum novo cantico.
Assumpsit carnem Filius,
Dei Patris altissimus,
alleluia.
Per Gabrielem nuntium,
Virgo concepit Filium,
alleluia.
Tamquam sponsus de thalamo,
Processit Matris utero,
alleluia.
Hic iacet in praesepio,
Qui regnat sine termino,
alleluia.
Cognovit bos et asinus,
Quod puer erat Dominus.
alleluia.
Et Angelus pastoribus,
Revelat quod sit Dominus,
alleluia.
Reges de Saba Veniunt,
Aurum thus myrrham offerunt,
alleluia.
Intrantes domum invicem,
Novum salutant Principem,
alleluia.
De Matre natus Virgine,
Sine virili semine,
alleluia.
Sine serpentis vulnere,
De nostro venit sanguine,
alleluia.
In carne nobis similis,
Peccato sed dissimilis,
alleluia.
Ut redderet nos homines,
Deo et sibi similes,
alleluia.
In hoc natali gaudio,
Benedicamus Domino,
alleluia.
Laudetur sancta Trinitas,
Deo dicamus gratias,
alleluia.
C’est arrivé un 24 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 24 décembre : saints du jour français ou en France.
- St Delphin, évêque de Bordeaux († 403)
Saint Delphin, évêque, qui fut lié d’une grande amitié avec saint Paulin de Nole qu’il avait baptisé, et travailla énergiquement à arrêter les erreurs de Priscillien.Il meurt à Bordeaux, en 403.
- le 24 décembre 496 : prédiction de Saint Remi à Clovis faite la veille de son sacre à Reims.
La voici :
« Apprenez mon fils que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine, qui est la seule véritable Eglise du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre ; il embrassera toutes les limites de l’Empire romain et soumettra tous les autres royaumes à son sceptre. Il durera jusqu’à la fin des temps. Il sera victorieux et prospère tant qu’il restera à la foi romaine et ne commettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations. Mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à son vocation. Vers la fin des temps un descendant des rois de France règnera sur tout l’Empire Romain. Il sera le plus grand des rois de France et le dernier de sa race.
Après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le Mont des oliviers où il déposera son sceptre et sa couronne, et c’est ainsi que finira le Saint Empire romain et Chrétien. »
Sacré sur la tête, comme un évêque, avec un baume venu du ciel pour oindre Clovis, le Roi Très Chrétien était bien le premier souverain de l’univers ; il était d’ailleurs thaumaturge : on venait de toute l’Europe pour se faire guérir des écrouelles ou adénites tuberculeuses (dernier toucher est fait par Charles X le 31 mai 1825).
Telle était cette « religion de Reims » (Ernest Renan) qui remplissait les nations d’admiration. Après les divers évènements qui ont ponctué les deux derniers siècles, la cathédrale Notre-Dame et l’église Saint-Rémi, privée de son abbaye, ont beaucoup souffert. L’Etat a restauré au mieux ces bâtiments (allant jusqu’à rétablir la crête de fleurs de lys sur le toit de la cathédrale), ainsi que l’ancien palais archiépiscopal ou Palais du Tau (appelé ainsi dans un acte de Louis VII, en 1138). C’est dans la grande salle de ce palais qu’avait lieu le festin qui suivait le sacre. Ce palais contient un musée de la statuaire de la cathédrale et de son trésor, ainsi qu’un musée des sacres.
Pour ceux qui veulent poursuivre sur la question, voir sur
http://surlespasdessaints.over-blog.com/
Ce jour est aussi celui de la naissance de la France comme Nation, et comme Nation catholique.
- le 24 décembre 562 : consécration de la basilique Sainte Sophie.
L’empereur d’Orient Justinien, octogénaire, préside à la nouvelle consécration du chef-d’œuvre de sa vie, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople. La coupole, qui s’est écroulée le 7 mai 558, vient d’être rebâtie.
- le 24 décembre 640 : élection du pape Jean IV.
- le 24 décembre 1294 : élection de Benedetto Caetani comme pape, il prend le nom de Boniface VIII.
Boniface VIII est d’abord avocat et notaire du pape à Rome. Il obtient le chapeau de cardinal en 1281, et est élu pape le 24 décembre 1294 après la démission de Célestin V. Bien que son élection soit régulière, on l’accuse d’avoir poussé son prédécesseur, qu’il fait emprisonner pour éviter le risque de schisme, à se retirer. De même que Grégoire VII, ce pontife veut élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle, et prétend disposer des trônes ; il a de vifs démêlés avec l’empereur d’Allemagne, mais surtout avec Philippe le Bel en France. Le Roi fait appel au Concile et lui envoie une armée qui le fait prisonnier à Anagni. Il est arrêté en 1303, d’après les ordres de Philippe IV, qui voulait l’amener en France et le faire juger par un concile. Face à cette agression, le vieux pape se couvre de sa tiare, prend en main sa crosse et les clefs, et dit:
« Je suis pape, je mourrai pape ».
Tiré des mains des Français le 9 septembre par une révolte de la population d’Anagni, il tombe malade suite aux mauvais traitements qu’il a subis, et meurt au bout d’un mois à Rome le 11 octobre 1303. Il avait déclaré l’année 1300 jubilaire.
- le 24 décembre 1491 : naissance d’Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites.
Ce noble militaire espagnol blessé au siège de Pampelune en 1521, passe sa convalescence à lire la vie des saints. Cette lecture le touche au point qu’il abandonne la carrière militaire et part en pèlerinage à Jérusalem. Suite à une apparition de la Sainte Vierge, qui dure une semaine, près de Manrèse il fonde en 1534, la compagnie de Jésus ou l’Ordre des Jésuites.
Pour tous ceux que l’ascétisme de ce saint rebute je conseille de lire un petit livre bibliographique sur Saint Ignace où la vie de se dernier est racontée de façon très vivante : Inigo de François Sureau, aux éditions Gallimard. Le caractère enflammé et fier de l’Espagnol est très bien décrit, ainsi que ses nombreux défauts. Cet exemple nous montre combien la sainteté est à la portée de tous.
- le 24 décembre 1539 : séjour de l’empereur Charles Quint au château de Fontainebleau.
Au cours de son voyage en France, qui dure jusqu’au 30 décembre, l’empereur s’arrête au château de Fontainebleau.
- le 24 décembre 1588 : assassinat, au château de Blois, de Louis II, Cardinal de Guise, archevêque-duc de Reims de 1574 à 1588, sur ordre du Roi de France Henri III.
Cet assassinat a lieu au lendemain de celui de son frère le duc Henri de Lorraine, chef de la sainte Ligue, au même endroit.
- le 24 décembre 1642 : Paul de Chomedey de Maisonneuve plante une croix sur le Mont Royal.
En décembre la petite colonie française est en grand danger. Les eaux du fleuve Saint-Laurent gonflent et la menace d’une inondation devient de plus en plus évidente. Maisonneuve promet que, si les eaux se retirent sans causer de dommages, il portera une croix sur ses épaules et ira la planter sur le Mont Royal. Comme, le niveau du fleuve baisse rapidement et Maisonneuve tient sa promesse. Voilà l’origine de cette croix qui domine le sommet du Mont Royal, sommet qui donne son nom à la ville Montréal.
- le 24 décembre 1770 : par un laconique billet, Louis XV ordonne au duc de Choiseul de se démettre de toutes ses charges et de se retirer sur ses terres tourangelles de Chanteloup.
Voir les chroniques du 21 juillet, du 6 août, du 18 novembre,
- le 24 décembre 1798 : la Grande-Bretagne et la Russie font alliance contre la France.
- le 24 décembre 1800 : le Premier Consul Bonaparte échappe à un attentat rue Saint-Nicaise à Paris.
Une machine infernale explose au passage de la voiture de Napoléon Bonaparte, rue Saint-Nicaise à Paris (par Cadoudal?).
- le 24 décembre 1802 : un arrêt organise la création des chambres de commerce dans vingt-deux villes.
Si l’Eglise catholique a avec le temps maillé notre territoire par les nombreuses églises et abbayes qui y furent construites ; la maçonnerie fait de même avec ces chambres de commerce et d’industrie qui permettent un discret contrôle de l’économie locale.
- le 24 décembre 1851 : naissance Édouard de Castelnau, général français.
Edouard de Castelnau entre à Saint-Cyr, puis rejoint le 31e régiment d’infanterie. Il participe à la guerre franco-prussienne en tant que sous-lieutenant. Petit à petit, il monte les échelons et en 1911, il est nommé premier sous-chef d’état-major général sur ordre du maréchal Joffre. Il s’illustre durant la Première Guerre mondiale en remportant des grandes batailles. Il devient ensuite député de l’Aveyron et préside la Fédération nationale catholique jusqu’à sa mort en 1944.
Voir la chronique du 04 novembre 2013, où sont décrits l’affaire des fiches et le rôle joué par le général de Castelnau pendant la Grande guerre et dans l’entre-deux-guerres.
- le 24 décembre 1898 : Louis Renault reçoit ses premières commandes.
En 1898, âgé de 21 ans, il construit sa première voiturette en ajoutant à un tricycle de Dion une quatrième roue, une transmission par cardan, et une boîte à 3 vitesses dont la troisième en ” prise directe ” selon sa propre invention. Le véhicule peut atteindre la vitesse de 50 km/h.
Lors du réveillon de Noël, il empoche ses 12 premières commandes fermes assorties d’un acompte de soixante louis d’or et décide alors de devenir constructeur d’automobiles. Quelques mois plus tard, il dépose le brevet de sa boite de vitesse à ” prise directe ” à l’origine de sa fortune et adoptée par tous les constructeurs automobiles de l’époque.
- le 24 décembre 1903 : la Commission de révision décide à l’unanimité qu’il y a lieu à révision du procès de Dreyfus à Rennes.
- le 24 décembre 1941 : les Forces françaises libres (FFL), prennent les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon.
- le 24 décembre 1942 : assassinat à Alger, de l’amiral François Darlan, dauphin de Philippe Pétain, par Fernand Bonnier de La Chapelle.
Dans un livre cynique et vantard, les assassins de Darlan n’ont pas caché que l’ordre de tuer et l’argent nécessaire au crime étaient venus de De Gaulle lui-même, transmis aux exécutants par le comte de Paris (Mario Faivre, Nous avons tué Darlan, La Table ronde, 1975). Les conséquences dramatiques de cet assassinat ne vont pas tarder à se manifester, notamment par une affreuse escalade dans la guerre civile franco-française.
Suivent quelques témoignages de personnages au dessus de tous soupçons :
Voici le témoignage du général Chrétien (lettre reproduite dans la biographie de l’historien américain George E. Melton, Darlan (Éditions Pygmalion, Paris, 2002, p.281) :
« Ma conviction [de l’implication du Général De Gaulle dans l’assassinat de l’amiral] fut spécialement renforcée par le long entretien que j’eus avec de Gaulle en 1943, peu après son arrivée à Alger. Son accueil fut aimable, car nous avions eu d’agréables relations à la Défense nationale avant la guerre, j’y partageais ses idées et il savait que j’avais été un ardent partisan de la guerre au côté des Alliés.
Mais les banalités mondaines terminées, il en fut tout autrement quand nous abordâmes les problèmes du moment ; en particulier la mort de Darlan. Comme je dis : « L’Amiral a été assassiné par … », il m’interrompit brutalement : « Pas assassiné, exécuté ! » Puis il se livra à une diatribe furieuse contre Roosevelt, Murphy, les Américains « qui se sont jetés au cou de Vichy, qui m’ont traîné dans la boue, qui ont voulu m’écarter ».
Son exaltation ne faisait que croître, et, les bras en croix, les yeux exorbités, hagard, il traversait la pièce proclamant : « Je suis la France, je suis la France, et ceux qui ne sont pas avec moi sont contre la France ».
Muet, je subis une longue diatribe, au cours de laquelle il exhala une haine féroce pour tous ceux qui ne l’avaient pas rallié à Londres, officiers, fonctionnaires, bourgeoisie ; il avait à ce moment repris un ton normal bien que passionné ; mais lorsqu’il déambulait les bras en croix, j’ai cru avoir affaire à un fou, et je pense qu’il l’était par moments. »
Le témoignage de l’amiral Auphan (L’Honneur de servir, pp.427-428) :
« Pauvre cher Darlan ! Il avait des trous, notamment d’ordre spirituel ; mais il s’était fait progressivement à sa tâche politique, se grandissant lui-même à la mesure de ses responsabilités. Sans ses qualités de clairvoyance et de décision, jamais l’Afrique française ne serait repartie en guerre avec un tel élan. La Marine et la France lui devaient beaucoup […]. Moysset, qui était encore à Vichy, m’a raconté plus tard que le maréchal Pétain l’avait fait venir le lendemain, jour de Noël, et que, en tête à tête dans son bureau, il lui avait longuement pris les deux mains entre les siennes, sans rien pouvoir lui dire tant il était ému… »
Le témoignage de l’Amiral Leahy, ambassadeur des États-Unis à Vichy jusqu’en mai 1942 (Diary, VIII, p.67) :
« En ce lugubre jour de Noël pour moi, j’ai été incapable d’écarter de mes pensées la tristesse que doit éprouver Madame Darlan, dont le fils unique a été récemment victime de paralysie infantile, et qui vient maintenant de perdre son éminent mari, assassiné. Je crois que si nous, les Alliés, réussissons à écraser l’Allemagne, l’amiral Darlan ira rejoindre les cohortes des héros de l’histoire de France. »
Le témoignage de Robert Murphy, représentant personnel de Roosevelt – avec rang de ministre – en Afrique du nord française (Diplomat among warriors, Doubleday, 1964, p.140) :
« Je l’ai probablement mieux connu que les autres Américains, et de façon étrange, je me suis mis à l’aimer. J’ai été tout particulièrement frappé de l’habileté avec laquelle Darlan défendait les intérêts français. Bien qu’il fût en position de faiblesse […], aucun négociateur n’aurait pu obtenir plus de concessions pour la France. »
La tombe de l’Amiral dans le cimetière marin de Mers-el-Kébir, avant qu’elle ne soit martelée. Le cimetière a été systématiquement profané dans les années 90 : croix brisées, sépultures fracassées… En guise de remise en état, bien de loin de donner à nos marins une sépulture digne de leur sacrifice, le gouvernement français a fait disparaître tous les crucifix, a rasé les tombes pour les remplacer par des parallélépipèdes anonymes en béton…
- le 24 décembre 1942 : dans son discours de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque “des centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nation ou de leur race, ont été vouées à la mort”.
- le 24 décembre 1979 : premier lancement de la fusée européenne Ariane.
François : Chaque fois que nous confondons communion et uniformité, nous affaiblissons et réduisons au silence la force vivifiante de l’Esprit Saint
Christophe Dickès, historien du catholicisme, publie une tribune dans La Croix, dans laquelle il exprime sa tristesse devant la sévérité dont fait preuve Rome à l’encontre des communautés traditionalistes. Extraits :
Léon le Grand écrivait à propos de la fête de Noël :
« Il n’est pas permis de donner place à la tristesse aujourd’hui (…). Personne n’est exclu de la participation à ce bonheur. »
En cette veille de la fête de l’Incarnation, la Congrégation pour le culte divin vient pourtant de plonger les communautés dites traditionalistes dans une grande tristesse et une incompréhension renouvelée.
Pire, ces dernières ont le sentiment d’être exclues de la communauté ecclésiale qu’ils chérissent par leur fidélité au siège romain, ceci depuis plus d’une génération et les fameux sacres de Mgr Lefebvre de 1988. Depuis le pontificat de Jean-Paul II et plus encore celui de Benoît XVI, les communautés attachées à l’ancienne messe bénéficiaient au sein de l’Église d’une hôtellerie. Après la publication par la Congrégation du culte divin d’un document sur l’application du Motu proprio Traditionis custodes, elles ne sont même plus sûres de bénéficier d’une étable…
[…]
Alors qu’on aurait pu s’attendre à une volonté d’apaisement, Rome s’engouffre dans un juridisme tatillon qui amène de nouvelles questions auxquelles les canonistes, que l’auteur de ces lignes a contactés, n’ont pas de réponses… De leur côté, les traditionalistes se posent légitimement des questions sur cet esprit romain qui privilégie la lettre et la loi plutôt que l’esprit.
N’est-ce pas le pape François lui-même qui fustige ceux qui n’ont d’yeux que pour la loi au détriment de la seule loi d’amour et de charité ? N’est-ce pas le Saint-Père lui-même qui disait à propos de l’enfant prodigue :
« Les circonstances qui peuvent nourrir la division et la confrontation sont nombreuses ; les situations qui peuvent nous conduire à nous affronter et à nous diviser sont indiscutables. (…) Le chrétien sait que dans la maison du Père, il y a beaucoup de demeures, seuls restent dehors ceux qui ne veulent pas prendre part à sa joie » (Rabat, 31 mars 2019) ?
En cette veille de Noël, les catholiques de tradition attachés au siège de Pierre souhaitent simplement participer à cette joie dans l’union plutôt que dans la division. […]
Mgr Roche, préfet de la Congrégation pour le culte divin, qui, dans un entretien récent, ne laisse aucune ambiguïté sur sa volonté de supprimer toute liturgie traditionnelle, ferait bien de lire le discours donné par le pape François hier à la Curie romaine :
La perspective de la communion implique, en même temps, de reconnaître la diversité qui nous habite comme un don de l’Esprit Saint. Chaque fois que nous nous écartons de cette voie et que nous confondons communion et uniformité, nous affaiblissons et réduisons au silence la force vivifiante de l’Esprit Saint au milieu de nous. L’attitude de service nous demande, je dirais même exige, la magnanimité et la générosité de reconnaître et de vivre joyeusement la richesse multiforme du peuple de Dieu ; et sans humilité, ce n’est pas possible.
Le fossé d’une méfiance déjà existante à l’égard du Saint-Siège se creuse de la part des Églises orthodoxes
Dans son entretien déjà mentionné, Mgr Schneider souligne que les mesures du Saint-Siège à l’encontre des traditionalistes constitue un terrible manquement à la parole donnée et diminue la crédibilité et l’intégrité du Saint-Siège, ce qui porte atteinte à l’oecuménisme :
Le document publié par la Congrégation pour le Culte Divin ne mentionne pas explicitement les Instituts ex-Ecclesia Dei. Or, il n’est pas certain que ces instituts et communautés puissent continuer à utiliser l’ancien Pontificale Romanum pour les ordinations mineures et majeures, et pour la célébration du sacrement de la confirmation selon le même Pontificale, dans leurs paroisses personnelles et dans les autres lieux où ils exercent leur apostolat. Le Saint-Siège doit tenir compte du fait que le même Saint-Siège, en érigeant ces Instituts, leur a donné la garantie qu’ils pourraient utiliser tous les livres liturgiques valides avant Vatican II. Le point névralgique à cet égard est la question des rites d’ordination. Si le Saint-Siège refusait à ces instituts et communautés les anciens rites d’ordination, il donnerait un exemple terrible de manquement à sa parole solennelle et diminuerait la crédibilité et l’intégrité du Saint-Siège également dans les relations œcuméniques avec les communautés non catholiques. Les communautés non catholiques observent et voient clairement que le Saint-Siège manque à sa parole envers un groupe de catholiques avec lesquels il était parvenu à une solution pacifique et réconciliatrice. Le traitement violent et perfide des catholiques attachés à l’ancienne tradition liturgique n’incitera certainement pas les communautés ecclésiales orthodoxes à se réconcilier avec le Siège apostolique.
Et il ajoute un peu plus loin :
De telles mesures de la part du Saint-Siège, qui témoignent clairement d’un mépris pour l’ancienne tradition liturgique, ne manqueront pas de creuser le fossé d’une méfiance déjà existante à l’égard du Saint-Siège de la part des Églises orthodoxes, en particulier des Russes-orthodoxes. Je me souviens avec émotion que, lorsque le pape Benoît XVI a publié le Motu Proprio Summorum Pontificum, qui a fait date et qui était magnanime, plusieurs prêtres et évêques russes-orthodoxes m’ont félicité. Un évêque orthodoxe a même proposé qu’une messe traditionnelle en latin soit célébrée régulièrement le dimanche dans notre cathédrale.
On ne sait pas si c’est lié, mais le 12 décembre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a réagi aux propos tenus le 6 décembre par le pape François, dans l’avion qui le ramenait de son voyage en Grèce. Le souverain pontife avait alors déclaré : « je suis disposé à me rendre à Moscou. (…) Ma rencontre avec le patriarche Cyrille est à un horizon proche. » Le métropolite Hilarion a souligné :
« Personne ne parle de réunion des deux Eglises, car nos divisions sont très anciennes, les contradictions se sont accumulées ; les deux Eglises vivent leur propre vie depuis près de neuf siècles ». « L’unité est hors de question, mais ce qui serait envisageable, c’est que nous mettions fin à la situation de rivalité, de concurrence, d’inimitié, qui existe depuis de nombreux siècles ».

