Novembre 2000 / octobre 2020, deux débats à l’Assemblée nationale pour accroître de deux semaines le délai d’avortement
L’Assemblée nationale à majorité macronienne a voté le 8 octobre 2020, en première lecture, une proposition de loi « collective et transpartisane », avec forte représentation des députés du groupe éphémère Ecologie-Démocratie-Solidarités (EDS, créé au printemps 2020 pour disparaître à l’automne de cette même année) et modifiant la législation sur l’avortement sur deux points majeurs :
- l’allongement du délai légal de 12 à 14 semaines ;
- la suppression de la clause d’objection de conscience spécifiquement adossée à cet acte. Cette discussion a occupé deux séances, le matin et l’après-midi de ce 8 octobre.
Le contexte est celui d’un nombre toujours incroyablement élevé des avortements en France (232 000 en 2019) et d’un lamento obligatoire de la part des soutiens de ce texte sur la triste réalité des « droits des femmes » en France enveloppé dans un pathos universaliste parfaitement interprété par le rapporteur du texte, Mme Albane Gaillot (EDS, ex-LaRem) :
« Rien n’est plus précaire que les droits des femmes… En France, le recours à l’interruption volontaire de grossesse est de plus en plus difficile… Nous le savons, nous ne parviendrons pas à faire taire les obscurantismes les plus sombres… Le travail collectif et transpartisan que nous avons mené sur ce texte est un signal important. En dépit de nos appartenances politiques et de nos convictions personnelles, nous nous sommes réunis autour d’un même objectif : faire progresser les droits des femmes et adresser un message fort au monde entier ».
Il se trouve que, au fur et à mesure de la disparition des dispositions de la loi dite « Veil » au profit de la mise en place d’un droit à l’avortement, l’Assemblée nationale avait, les 29 et 30 novembre 2000, déjà discuté des modalités de l’avortement et adopté le passage du délai légal de 10 semaines (celui de la loi de 1975) à douze semaines. Il a paru intéressant de relever quelques ressemblances et différences entre les deux débats.
Une différence évidente : le processus législatif et ses acteurs
En 2020, c’est donc une proposition de loi (PPL) pour le renforcement du droit à l’avortement, présentée par un groupe parlementaire qui a été discutée puis votée. La suite du processus parlementaire de cette PPL est très aléatoire. En 2000, c’est un projet de loi (relatif à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception) qui était examiné, présenté par le gouvernement Jospin représenté par Mme Guigou, alors ministre de l’emploi et de la solidarité. Ce projet de loi a été adopté et le délai légal actuellement est effectivement de 12 semaines.
Le personnel politique est bien sûr différent. 2000, c’était l’époque de M. de Villiers (non-inscrit) et M.Mattei (Démocratie libérale et indépendants) ; c’était aussi celle de Mme Y. Roudy (PS) et de Mme Roselyne Bachelot-Narquin (RPR) déjà très… macronienne :
« Le bilan d’application du texte de 1975 est positif. Ceux qui avaient craint une banalisation de l’avortement se sont trompés : l’IVG n’est pas devenue un moyen de contraception, ni l’expression d’un caprice de femme oisive désireuse de ne pas gâcher ses vacances, encore moins de supprimer un embryon d’un sexe non désiré. Assurer l’accès à l’IVG passe, bien entendu, par les trois mesures principales du projet : l’allongement du délai légal de dix à douze semaines, l’aménagement de l’autorisation parentale pour les mineures, et la dépénalisation de l’information sur l’IVG. Je suis favorable à ces dispositions, même si je considère qu’il eût été possible d’aller plus loin ».
Par contre, les ministres engagés dans les discussions sont identiquement méprisants : d’un côté, Mme Guigou qui disputait à Mme Martine Aubry le titre de ministre le plus méprisant du gouvernement Jospin dans un match de très haut niveau (Mme Elisabeth Guigou : « Les propos de M. de Villiers étaient insultants pour les femmes, ainsi que pour les médecins. On ne peut donc que les traiter par le mépris, et je n’y répondrai pas »), de l’autre, M.Véran qui –on le sait– s’illustre avec brio à peu près chaque jour dans cette même catégorie.
Dans les interventions, les références à de grandes figures tutélaires sont plus contrastées
Au top, bien sûr, Simone Veil, citée à 45 reprises (Mme Gaillot : « Il est difficile d’être réunis ce matin sans penser à ce jour de novembre 1974 où Simone Veil est montée à cette même tribune pour défendre son projet de loi. Il y a quarante-cinq ans, la France a reconnu à toutes les femmes le droit de disposer librement de leur corps ».) ; la « loi Veil » est elle évoquée 86 fois, au cours des deux débats.
Le professeur Nisand est lui aussi fréquemment cité (21 fois) et aussi au cours des deux débats. En 2000, à la fois par le ministre Guigou (« Les décisions prises en 1999 visaient à résoudre les difficultés soulignées par le rapport du professeur Nisand sur les inégalités d’accès à l’IVG dans le secteur public ») et par l’opposition comme Mme Marie-Thérèse Boisseau (tendance UDF) : « Rappelez-vous ce que disait le docteur Nisand : « Quand j’ai évité un avortement, j’ai gagné le salaire d’une année ». En 2020 par M.Hetzel (LR) :
« Aujourd’hui, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, présidé par le professeur Nisand, nous met en garde : en allongeant ce délai, nous allons franchir une ligne rouge ».
Enfin, une grande référence en 2000, Lucien Neuwirth, ancien député et rapporteur de la loi de 1967 sur la contraception, et sa loi qui sont cités 19 fois (Mme Yvette Roudy (PS) : Nous sommes réunis pour adapter au monde nouveau des lois qui, en 1967 et 1975, ont été des textes courageux et audacieux, qui ont conclu un chapitre héroïque de l’histoire des femmes, lorsque celles de ma génération devaient défier l’ordre moral établi ») sont passés aux oubliettes en 2020, remplacés dans le nouveau bestiaire par l’avocate Gisèle Halimi, citée 8 fois lors de ce dernier débat.
Chacun de ces textes a eu pour objectif d’allonger de deux semaines le délai légal d’avortement. Avec, pour chacun d’entre eux, exactement le même argument :
En 2000 : Mme Elisabeth Guigou :
« L’allongement du délai légal a pour objectif premier d’éviter que des femmes ayant pris la décision d’une IVG soient contraintes, parce qu’elles sont hors délai, de partir à l’étranger ou d’avoir recours à une interruption médicale de grossesse. Selon nos estimations, l’allongement à 12 semaines du délai légal associé aux mesures visant à faciliter l’accès à l’IVG devrait permettre de réduire de plus de 80 % le nombre de femmes hors délai ».
Et, lui faisant écho, en 2020, Mme Albane Gaillot :
« Nous entendons d’abord agir sur le délai d’IVG, en le portant de douze à quatorze semaines de grossesse ; tel est l’objet de l’article 1er. Chaque année, 3 000 à 5 000 femmes de notre pays sont contraintes de partir avorter à l’étranger du fait du dépassement des délais légaux ».
La question est ensuite débattue de savoir combien de femmes seraient concernées. En 2000, il y avait un semblant d’unanimité autour du chiffre de 5000 : Mme Martine Lignières-Cassou (PS), rapporteure de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales :
« Pourquoi réviser la loi Veil ? Cinq mille Françaises partent chaque année à l’étranger parce qu’elles ne trouvent pas en France de réponse à leur détresse ».
Et Mme Danielle Bousquet (PS), au nom de la délégation aux droits des femmes :
« Force est de constater aussi que quelque 5 000 femmes, et sans doute davantage, sont dans l’obligation d’aller pratiquer l’IVG dans un pays voisin parce qu’en France elles sont « hors délai ».
C’est, de façon intéressante, le même nombre qui est avancé par les soutiens du texte de 2020, comme Mme Gaillot :
« Je reprends donc mon propos. Pourquoi allonger les délais ? Comme je l’ai dit lors de ma présentation du texte, entre 3 000 et 5 000 femmes se rendent chaque année à l’étranger pour avorter, car les délais légaux sont dépassés en France ».
Ce nombre de 5000 est cependant contesté par M.Véran :
« J’ai entendu certains gynécologues me dire « super ! » : étendre de douze à quatorze semaines le délai au cours duquel il est possible de se faire avorter va éviter à 400 ou 500 femmes d’avoir à se rendre en Espagne ou aux Pays-Bas pour avoir accès à une IVG plus tardive. Le chiffre de 1 000 à 2 000 pour le nombre de femmes qui pourraient être concernées par la mesure m’apparaît très contestable. Par définition, nous n’en avons pas la moindre idée. D’après ce qui m’est remonté des territoires, on parlerait ici plutôt de quelques centaines de femmes, même si l’enjeu est de taille quel que soit le nombre de femmes concernées ».
Alors, les soutiens du texte sont obligés d’en rabattre, commme Mme Battistel (PS) :
« Comme en France, il est vrai que les données ne sont pas très identifiées. Néanmoins, aux Pays-Bas, il nous a été dit que 800 Françaises étaient venues en 2018. S’agissant de la Belgique ou du Royaume-Uni, nous ne disposons pas de chiffres mais en Espagne, le planning familial estime que le nombre dépasse 1 000. Avec une simple addition, ont atteint assez vite les 3 000 femmes évoquées. Non, nous ne pouvons pas annoncer un chiffre avec certitude, mais quand bien même seules 500 femmes seraient concernées, il relèverait de notre responsabilité d’agir pour rendre leur droit effectif ».
Quelque soit le nombre exact, il apparaît qu’il y aura toujours des hors-délai. L’allongement du délai légal est donc une course sans fin. Intervention prémonitoire de Mme Aurillac (RPR) en 2000 :
« En réalité, vous légiférez pour « résoudre » le cas des 5 000 femmes qui interrompent leur grossesse au-delà de dix semaines. 2 000 de celles-ci avortent entre dix et douze semaines, 3 000 au-delà, souvent parmi les plus démunies, qui n’ont pas bénéficié d’informations suffisantes. Faudra-t-il dans deux ans porter le délai à quinze ou vingt semaines pour suivre la triste réalité ».
Mme Bachelot l’annonçait aussi d’une certaine manière :
« En effet, on ne réglera pas toutes les difficultés et je trouve Mme la ministre de l’emploi bien optimiste quand elle estime que 80 % des femmes aujourd’hui contraintes d’aller à l’étranger seront prises en charge. Le chiffre devrait être plus près de 40 %. Mais il serait incohérent de s’opposer au texte au motif qu’il n’apporte qu’une réponse partielle, puisqu’il constitue malgré tout un progrès ».
Soulignons enfin la plasticité de la pensée de Mme Battistel, partie de 5000, acceptant ensuite l’idée de 500, et finalement s’arrêtant à quelques dizaines de cas :
« Quant à la bataille de chiffres – 2 000 femmes concernées, 3 000, ou encore 5 000 ? – chacun a son idée et nous ne serons sans doute jamais d’accord, d’autant que nous dépendons de la bonne volonté de nos voisins européens pour obtenir des données. Mais ne seraient-elles que quelques dizaines, cela suffirait ».
Chaque fois, des intervenants soulignent que l’allongement du délai change la pratique de l’acte d’avortement :
En 2000, Jean-François Mattei (actuellement membre de l’Académie nationale de médecine) :
« L’allongement du délai de 15 jours soulève-t-il des problèmes médicaux spécifiques ? Cette question est très controversée dans le milieu médical et beaucoup dépend de la façon dont elle est abordée. En ce qui concerne les dangers encourus par la femme, la réponse est non… En revanche, l’acte opératoire après la 10e semaine est différent parce que l’embryon est devenu foetus. Je ne cherche pas à jouer sur la corde sensible, mais ce changement de nature a des conséquences. Je dirige un centre de diagnostic prénatal depuis 1984 et ces problèmes se posent plusieurs fois par semaine. Si une aspiration simple par canule fine peut être réalisée avant dix semaines parce que l’embryon a une consistance liquide ou gélatineuse, après dix semaines le foetus s’ossifie et il faut une intervention chirurgicale avec anesthésie générale et fragmentation foetale avant aspiration par une canule plus grosse. La compétence requise est différente car le geste peut avoir des conséquences plus graves et la femme doit en être informée ».
Citons la réponse pleine de tact de Mme Dominique Gillot (PS ; secrétaire d’Etat à la santé et aux handicapés) :
« M. Mattei, avec force détails, a voulu démontrer qu’une IVG à douze semaines, ce n’était pas la même chose qu’à dix semaines. J’ai été troublée par ses propos et, n’étant pas médecin, je me suis informée auprès de praticiens expérimentés. Cessons donc d’évoquer des images qui font peur (Interruptions sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF). Bien sûr, il y a fractionnement, mais ce n’est pas un découpage ».
En 2020, M.Joachim Son-Forget (Union démocrates radicaux libéraux, et également médecin) :
“Je ne sais pas pourquoi nous ne parvenons pas, dans notre pays, lorsque nous débattons de bioéthique, à comprendre ce qu’on ne voit pas. En l’occurrence, que l’embryon devient fœtus à une période charnière, douze semaines de grossesse. Ce palier n’a pas été déterminé par hasard. On peut se demander si l’embryon est déjà une vie humaine ; certains le pensent, d’autres non. La question devient plus compliquée quand le fœtus mesure plus de dix centimètres et se meut si bien, qu’après quelques semaines, la mère ressent ses mouvements ; et que ce fœtus a un crâne, qu’il faudra écraser pour l’extraire de l’utérus de la femme qui demande une IVG tardive ».
Enfin, M.Hetzel d’ajouter :
« Interrogez aussi le professeur Israël Nisand, qui est rien de moins que le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Il dit clairement ne pas vouloir aller dans ce sens, comme la quasi-totalité des professionnels. Il y a un changement de nature profond entre douze et quatorze semaines : à quatorze semaines, « la tête du fœtus est ossifiée et il faut l’écraser. Le geste lui-même est donc terrible pour celui qui le fait et pour la patiente ». « Au sein du Collège, j’ai soumis quatre fois au vote cette mesure d’allongement des délais de deux semaines, et elle a chaque fois été refusée à 100 % des votants. » ».
De fait, et paradoxalement pour des gens qui cherchent à accroître le droit à l’avortement, l’allongement de la durée légale de l’IVG à 14 semaines va raréfier le nombre de professionnels de santé susceptibles d’accepter de pratiquer des avortements. C’était déjà souligné en 2000 par Mme Jacqueline Mathieu-Obadia (RPR) :
« J’ai interrogé certains de mes confrères médecins qui pratiquent des IVG. Ils considèrent que l’allongement du délai va à ce point changer les conditions dans lesquelles ils travaillent que certains médecins ne vont plus accepter longtemps de pratiquer des IVG »),
et d’ailleurs, il a été constaté par le Collège national des gynécologues obstétriciens français que 30% des gynécologues avaient alors cessé de participer aux IVG.
Ce sera plus important avec un délai porté à 14 semaines. Même le ministre Véran le souligne :
« D’autres gynécologues m’ont dit que s’ils réalisent actuellement des avortements jusqu’à douze semaines de grossesse, ils ne le feront pas à quatorze semaines. C’est leur droit, leur clause de conscience le leur permet. Et des gynécologues m’ont expliqué que la difficulté qui existe aujourd’hui est de recruter des gynécologues-obstétriciens capables de réaliser des avortements par aspiration entre dix et douze semaines de grossesse. En allongeant le délai de douze à quatorze semaines, nous craignons de susciter une démotivation et qu’il soit plus difficile, demain, de faire en sorte que ces médecins continuent de pratiquer des IVG. Un certain nombre d’entre eux pourraient jeter l’éponge ».
Dans les deux débats, la nature de l’embryon et le sujet du début de la vie sont évoqués :
En 2000, M. Jean-François Mattei :
« Le projet de loi qui nous est soumis aujourd’hui propose de porter de dix à douze semaines le délai légal de l’IVG. Première question, la prolongation de 15 jours de délai de l’IVG pose-t-elle des problèmes moraux supplémentaires concernant l’avortement lui-même ? Pour moi, la réponse est non. Le problème moral posé par l’avortement a été largement débattu et réglé par notre société lors du vote de la loi de 1975, puis de sa rediscussion fin 1979. Dès lors que la loi de 1975 a posé le principe d’une possibilité d’IVG dans certaines conditions, je ne vois pas de différence, soit sur le plan strictement moral, entre un avortement à 8, 10 ou 12 semaines. La vie est un processus continu de la conception à la mort et son interruption revêt la même signification à n’importe quel moment ».
En 2020, après une intervention de Mme Ménard, M.Mélenchon fait dans l’abscons :
« Madame Ménard, vous défendez le droit à la vie : je le comprends, je le respecte. Vous ne pouvez pas prouver davantage que vous avez raison que je ne pourrais prouver que c’est moi qui ai raison. Je pourrais dire pourquoi il est préférable de faire les choix que nous faisons sans jamais me réclamer d’une vérité qui s’imposerait à vous et à moi, sinon que de notre point de vue, celui de l’humanisme qui fait de l’être humain le créateur de lui-même. Ce que nous confrontons, ce sont des points de vue philosophiques. Si vous dites que la vie est un droit sacré dès l’apparition du fœtus, alors il faut interdire tout délai. Si vous dites que vous n’en savez rien, alors vous devez vous reposer sur la liberté de l’être humain de se créer lui-même, celle de la femme en l’occurrence, à laquelle il revient d’apprécier elle-même les limites de sa liberté ».
Cela rappelle un peu l’intervention de M.Jean Rouger (PS) :
« Il s’agit avec ce texte, de favoriser l’exercice d’une des libertés les plus nobles de la personne : celle de la création. C’est la femme qui porte cet honneur et cette responsabilité. ».
Sauf que là, on parle de tuer les fœtus.
Mme C.Autain (LFI) quant à elle pourrait presque être touchée par la grâce, allez savoir :
« Si vous commencez à évoquer un bébé mettant son doigt dans la bouche et à expliquer que l’IVG touche à la vie, alors on peut considérer que la vie existe dès la première minute d’existence du fœtus ».
Autre sujet d’importance: la clause de conscience spécifique incluse dans la loi Veil lors de son adoption
Le sujet n’est en fait pas vraiment un sujet en 2000, même s’il a été évoqué. C’était juste pour préciser que le médecin qui refuse de pratiquer une IVG devra en informer immédiatement l’intéressée et lui communiquer la liste des praticiens susceptibles de réaliser cette intervention.
En 2020 au contraire, la demande de suppression de cette clause en 2020 fait l’objet d’un tir groupé :
Mme Gaillot :
« La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG va également dans ce sens. Entendons-nous bien, mes chers collègues : nous ne touchons pas à la clause de conscience générale des médecins et des sages-femmes ; en revanche, nous mettons un terme au traitement juridique anachronique dont l’IVG fait encore l’objet ».
Mme Delphine Bagarry (LaRem) :
« La clause de conscience spécifique permet de ranger l’IVG comme un soin à part. Elle permet de garder une vision surannée de l’irresponsabilité féminine face à la sexualité et de ranger l’IVG comme un soin accessoire ou de confort, ou pire, un soin culpabilisant, un soin honteux, un soin que l’on doit cacher ou taire même à sa famille la plus proche. Elle est un témoin législatif du peu de considération que l’on a pour les femmes. Supprimer cette clause, c’est mettre fin à un archaïsme ».
Pour Mme Battistel, la clause de conscience
« est spécifique à l’IVG et ne concerne aucun autre acte médical. De ce fait, non seulement l’IVG n’est pas encore pleinement un droit dans notre pays, mais elle demeure également un acte médical à part, différent de tous les autres. Elle n’a pourtant qu’une seule raison d’être : elle fut inscrite dans le marbre de la loi en guise d’accord politique, afin de faciliter l’adoption de la loi Veil. Elle n’a plus aucune justification aujourd’hui puisque l’IVG est désormais un droit ».
Enfin, Mme Caroline Fiat (LFI) :
« Nous soutiendrons également la suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG. Cette possibilité, surannée et stigmatisante, qu’ont les médecins de refuser à une femme l’avortement sans justification, n’est pas digne de la République. Elle crée une rupture d’égalité, en plus d’une rupture dans la continuité des soins aux conséquences parfois dramatiques. Le corps médical n’a pas à contester la loi au nom de convictions personnelles ».
Anachronisme, archaïsme, vision surannée, stigmatisation : on apprécie la profondeur de l’argumentation. Mais qu’en est-il du doublonnage avec la clause de conscience générale des médecins et sages-femmes évoquée par le rapporteur ? Le diable est dans le détail et l’argument est mensonger pour trois raisons, chacune importante :
Bazin évoque une première différence majeure :
« la clause générale du médecin est de portée plus restreinte que la clause spécifique. Elle commence par le principe suivant : « Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée. » Ce principe limite le pouvoir d’appréciation du médecin dans au moins deux circonstances citées dans le texte : « le cas d’urgence » et « celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité ». Vous le voyez bien, mes chers collègues : ce cadre juridique est plus restrictif et plus contraignant que l’affirmation solennelle selon laquelle « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse».
M.Hetzel souligne à son tour deux autres différences : tout d’abord, le fait que
« la clause de conscience ne sera plus que réglementaire [i.e. cela signifie qu’il suffit d’un arrêté ministériel pour la modifier], alors qu’elle est pour le moment législative. Or vous connaissez la hiérarchie des normes ». Enfin, « actuellement, la clause de conscience relative à l’IVG s’étend à tous les auxiliaires médicaux, alors que ce n’est pas le cas de la clause générale. Vous allez donc les mettre en difficulté ».
Lors des deux débats, l’union se fait pour organiser les informations à transmettre à la femme voulant avorter toujours à sens unique.
En 2000, il y a une dépénalisation des actions liées « à la propagande et à la publicité pour l’IVG » (Mme Elisabeth Guigou). Il y a aussi une suppression de l’obligation d’entretien préalable, remplacée par une possibilité (à la discrétion de la femme) d’un entretien psycho-social. Pourtant, M. Jean-François Mattei avertissait :
« En tant que généticien, j’ai à reconstruire l’histoire familiale de couples stériles ou ayant donné naissance à un handicapé. Que de fois resurgit dans la mémoire un avortement, apparemment assumé, mais dont le couple saisit alors toutes les implications… dont il saisit toute la portée dans son histoire personnelle. Parfois s’expriment alors des sentiments de regret et de culpabilité mais aussi un reproche : « On ne nous a pas avertis… Si j’avais su ! » ».
En 2020, le levier de l’information est aussi traité par la proposition de loi. Mme Gaillot :
« Le troisième et dernier levier que j’identifierai est celui de l’information. Nous le savons, l’information à propos de l’IVG est fondamentale, et nous entendons contribuer à la renforcer, en prévoyant, d’une part, que les agences régionales de santé publieront un annuaire recensant les professionnels et, d’autre part, que le Gouvernement remettra au Parlement un rapport sur l’application de la législation relative au délit d’entrave ».
L’opposition essaie de proposer une approche moins partiale, comme M.Hetzel.
« Notre objectif à ce stade est que l’information circule et qu’elle soit équilibrée, raison pour laquelle cet amendement vise à compléter le deuxième alinéa de l’article L. 2212-3 du code de la santé publique par la phrase suivante : « Ce dossier guide contient également l’énumération des droits, aides et avantages garantis par la loi aux familles, aux mères, célibataires ou non, et à leurs enfants, ainsi que des possibilités offertes par l’adoption d’un enfant à naître. ». Nous discutions tout à l’heure de la notion de « détresse » : il faut s’assurer que toutes les possibilités ouvertes dans ce cas soient connues, par exemple l’accouchement sous X (Exclamations sur les bancs du groupe FI), qu’il ne convient pas d’écarter complètement. Ne nous enfermons pas dans une vision unilatérale des choses ! »
mais totalement inaudible par une assemblée progressiste.
Equilibre refusé aussi par le ministre M.Véran :
« Si vous posez une question, il est normal que la réponse qu’on vous donne soit en relation avec la question, sans quoi vous allez ailleurs. Du reste, cet ailleurs existe : le site ivg.gouv.fr est très bien fait et un numéro vert national sur la sexualité, la contraception et l’IVG, très bien fait également, a été mis en place par le Planning familial avec le soutien de l’État et traite chaque année 24 000 appels. Ces ressources permettent surtout de fournir de la bonne information »)
et d’autres députés, comme Mme Bagarry :
« Le guide pratique remis aux femmes qui viennent demander une IVG est très bien fait, le ministre nous l’a dit ce matin. Ce document donne en particulier des informations sur la possibilité du choix de pratiquer un IVG, sur les différentes méthodes, sur les méthodes instrumentale ou médicamenteuse, et sur les conditions de remboursement ».
On sait au surplus qu’en Macronie, tout problème est soluble dans un numéro vert.
Information à sens unique, et suppression de tout délai de réflexion : déjà, l’obligation d’un délai de réflexion n’existe plus depuis une révision de 2016. Mais il restait un délai de réflexion après l’entretien psychosocial préalable (lui-même facultatif et actionné uniquement par la femme). C’est encore trop pour M.Guillaume Gouffier-Cha (LaRem) :
« À travers l’article 1er ter, nous proposons la suppression du délai de réflexion après l’entretien psychosocial qui peut être demandé par chaque femme lors d’un parcours d’IVG. Il est entendu que le groupe La République en marche votera pour. Au cours des dernières années ont été supprimés progressivement différents délais qui étaient imposés aux femmes et qui n’avaient au fond qu’un seul objectif : les infantiliser, les contraindre, les culpabiliser en alourdissant la procédure de l’IVG »
et pour Mme Marie-Pierre Rixain (LaRem) :
« C’est une infantilisation. Encore une fois, les femmes, si elles le souhaitent, peuvent réfléchir le temps qu’elles veulent, jusqu’à l’issue du délai légal. L’entretien dont il est question est facultatif. Revenons clairement sur les différentes étapes qui composent la procédure d’IVG et cessons de faire croire aux Français que les délais imposés aux femmes sont des libertés, quand il s’agit uniquement de moyens de les infantiliser ! ».
Certains députés essaient sans succès d’opposer des arguments de bon sens, comme Mme Ménard :
« Puisque la comparaison avec l’achat d’un aspirateur, faite par notre collègue Julien Aubert, ne vous plaît pas, je vous en propose une autre, qui illustre le problème de proportionnalité que poserait la suppression de ce délai : la loi impose deux semaines de réflexion pour un acte de chirurgie esthétique qui, lui, n’engage que vous-même et votre corps, personne d’autre. Mon amendement vise non seulement bien sûr au maintien du délai de deux jours mais aussi au rétablissement du délai de sept jours, comme c’était le cas avant 2016. Du point de vue de la proportionnalité, cela me semble le minimum, sachant que le moindre acte de chirurgie esthétique nécessite un délai de réflexion de quinze jours ».
Au total, d’une loi d’exception, la loi Veil -lors du débat en 2000, Mme Boisseau :
« Je m’inscris en faux contre Mme Aubry comme Mme Guigou, quand elles affirment que nous avons décidé par voie législative de faire de l’avortement un droit. Cette interprétation de la loi Veil est totalement abusive. Nulle part, que ce soit dans les attendus de la loi, dans le débat ou dans l’argumentation de Mme Veil, il n’a été question de droit à l’avortement. Au contraire, le premier article réaffirmait d’entrée de jeu, le droit à la vie dès la conception : « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie ». La disposition législative proposée était présentée comme une mesure d’exception à un droit fondamental, pas du tout comme un droit universel qu’il faudrait ensuite reconnaître. Il s’agissait, dans un but bien précis de santé publique, d’éviter les avortements clandestins, qui avaient parfois des conséquences dramatiques sur la santé des femmes »,
-la législation sur l’avortement est devenue la légalisation d’un droit et devient, la dérive continuant, la légalisation d’un soin.
En 2000 est votée la dépénalisation de la pratique de l’IVG hors délai par une personne non qualifiée ou ailleurs que dans un centre agréé (article 223-11)) qui est transférée du code pénal au code de la santé publique. La notion de détresse, essentielle dans la loi Veil, est ensuite supprimée en 2014. L’avortement est dorénavant considéré comme un droit ; il devient aussi considéré comme un soin.
Florilège en 2020 :
Mme Muschotti (LaRem) :
« Le parcours d’accès à l’IVG est encore semé de trop nombreux obstacles, qui pourraient pourtant être facilement levés. L’offre de soins est variable ».
Mme Rixain :
« Une femme sur trois avorte en France ; il est temps d’inclure cet acte dans leur parcours de santé, et d’arrêter de les culpabiliser alors que les professionnels de santé sont dédouanés ».
Mme Gaillot :
« J’essaierai d’être brève mais claire. Vous souhaitez à tout prix maintenir le statut à part de l’IVG. Pourtant une femme sur trois y a recours au cours de sa vie ;… c’est un acte de soin comme un autre et, à ce titre, il mérite un traitement identique ».
Et enfin Mme Bagarry :
« Les femmes ne demandent aucun traitement spécifique ; elles demandent simplement l’égalité devant les soins ».
Devenu un soin, l’avortement doit alors bénéficier d’une politique de l’offre élargie au maximum, comme le décrit Mme Bourguignon, ministre délégué :
« A propos des sages-femmes : « À ce titre, elles peuvent, depuis 2016, réaliser des IVG médicamenteuses. Ouvrir une pleine compétence en orthogénie à ces professionnels de santé, qui pratiquent déjà des gestes endo-utérins, peut représenter une vraie opportunité pour renforcer l’accès à l’IVG. Il s’agit de garantir une offre de proximité,en tout point du territoire, quel que soit le terme gestationnel, et de répondre à tous les besoins ».
En clair, malgré les références constantes à son nom soit pour faire consensus soit pour se cacher la réalité, il y a belle lurette que la loi Veil n’est plus qu’un lointain souvenir
D’autant plus qu’entre 2000 et 2020, il y a eu d’autres débats : IVG gratuite en 2013, suppression de la mention de détresse en 2014 déjà évoquée, suppression du délai minimal de réflexion en 2016.
Certains le comprennent, comme en 2000, P. de Villiers :
« Le troisième problème que pose ce texte est d’ordre juridique. Vous opérez en effet, un renversement complet de notre droit en faisant de l’exception une règle. Ce qui, d’après les attendus de la loi Veil, devrait être le dernier recours devient un acte de convenance acceptable en toute circonstance. Dans la pensée dominante, on est passé d’un moindre mal à un droit absolu. Pourtant, il est indiqué dans la législation actuelle que l’avortement ne constitue pas un droit des femmes. Le principe demeure le respect de la vie. L’avortement ne devrait être qu’une exception, dans des situations de détresse particulière. Non seulement cet objectif de la loi Veil n’est pas atteint, mais votre texte va aggraver la situation ».
Mais la marque Veil est porteuse, on continue donc de l’utiliser, comme Mme Gillot, secrétaire d’Etat, en 2000 :
« en portant le délai légal de dix à douze semaines, nous n’avons trahi en rien l’esprit de la loi de 1975 : nous n’avons fait que la moderniser, la rendre plus efficace et plus humaine, et l’adapter au progrès de la médecine et de la pharmacologie » ;
comme Mme Agnès Firmin Le Bodo (LaRem) en 2020, qui ne soutient pas la suppression de la clause de conscience :
« Dans cette proposition de loi, il nous est demandé d’approuver l’abolition de la double clause de conscience médicale. Pour ma part, je n’y suis pas favorable. En effet, je pense que cette clause de conscience contribue au juste équilibre établi par la loi Veil ».
Certains dans l’opposition se laissent entraîner : M. Thibault Bazin (LR) arrive encore à dire : « Nous avons cherché, au cours des débats, à préserver l’équilibre de la loi Veil » quand, clairement, il n’y a plus rien à préserver. D’autres sont moins aveuglés, comme M.Nicolas Meizonnet (non-inscrit) :
« Parce que l’avortement, « c’est toujours un drame et cela restera toujours un drame » disait, à juste titre, Simone Veil dans son discours de 1974 à cette même tribune. Elle nous mettait déjà en garde : « l’interruption de grossesse ne peut être que précoce, parce que ses risques physiques et psychiques, qui ne sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine. » (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.). Depuis, c’est vrai, le délai légal a été porté à douze semaines. Vous voulez, par ce texte, l’allonger à quatorze semaines, mais de nombreux spécialistes vous le disent : plus l’avortement est tardif, plus il est un geste lourd et dangereux, sur le plan tant physique que psychique. Vraiment, je m’interroge : comment peut-on célébrer Simone Veil pour sa loi et, en même temps, trahir tout ce qui la sous-tend ? ».
Et même M.Bourlanges, orateur rare et talentueux du Modem :
« Nous sommes parvenus au terme de cet important débat et je vais vous dire quelque chose qui me tient à coeur. Ceux parmi vous qui me connaissent savent que j’ai passé le meilleur de ma vie politique dans le sillage de Mme Simone Veil. Loin de moi l’idée de dire quelle serait sa position dans ce débat si elle était en vie. Certains peuvent penser qu’elle voterait pour le texte, d’autres qu’elle voterait contre. Ce que je sais, et ce au nom de quoi je parle, c’est qu’un grand nombre de ceux qui se sont alors engagés dans son combat n’approuveraient pas ce texte. C’est mon cas. Le texte défendu par Simone Veil était un texte de nécessité : il fallait permettre aux femmes d’interrompre leur grossesse, leur en donner le droit. C’était nécessaire pour faire cesser des agissements absolument criminels. La loi Veil était une loi d’équilibre : elle disait bien que l’avortement, l’interruption volontaire de grossesse était la pire des solutions à l’exception des autres, la vraie solution étant la contraception. C’était une loi de respect, avec des clauses de conscience qui sont remises en cause aujourd’hui. Je le dis, la loi que vous proposez n’est pas nécessaire, car les femmes jouissent librement du droit d’interrompre leur grossesse. (« Non ! » sur les bancs des groupes EDS et FI.) La loi que vous proposez n’est pas une loi d’équilibre, elle ne favorise pas la contraception, la banalisation de l’interruption volontaire de grossesse y est la règle. Au bout du compte, elle ne respecte pas la conscience puisqu’elle supprime la clause qui y est attachée. Alors non, une grande partie de ceux qui voteront contre ce texte n’ont pas le sentiment d’être infidèles à l’engagement qui était le leur aux côtés de Simone Veil. (Vifs applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, LR et UDI-I. ».
Avant de conclure, quelques réflexions supplémentaires. L’avortement est-il ou non un acte traumatique pour la femme ? En effet, si l’avortement est un soin, une étape dans un parcours de santé, pourquoi le considérer alors comme quelque chose d’exceptionnel ? C’est par exemple cette interruption quasiment réflexe dans la discussion de 2020 :
Di Filippo (LR) : « Nous pouvons semble-t-il tous nous accorder sur un point : pour le couple ou la femme qui y est confronté, l’avortement est un traumatisme». Il est immédiatement interrompu par un chœur (Mme Bergé (LaRem), Mme Muschotti et Mme Rixain) : « Mais non !»
Pourtant, en 2000, c’est Mme Guigou qui disait :
« Quand il n’y a pas d’autre choix, le recours à l’IVG doit être amélioré. Quelles qu’en soient les raisons, l’IVG est reçue comme une épreuve douloureuse pour les femmes » ;
et Mme Clergeau (PS) :
« L’IVG n’est en rien une solution de facilité ou de confort. C’est un libre choix, mais qui reste toujours douloureux pour les femmes qui doivent s’y résoudre »,
ainsi que Mme Jacquaint (PCF) :
« J’ai écouté Mme la ministre, mais je désire soutenir cet amendement, qui lève les interrogations suscitées par la suppression des deux derniers alinéas de l’article L. 2212-8 du code de la santé publique. L’IVG n’est pas un acte médical anodin. Elle touche à la psychologie, à l’éthique et à la philosophie, et nécessite donc un accompagnement personnalisé et respectueux de la dignité et de la liberté de chaque femme ».
En 2020, M.Breton indique :
« Les 30 septembre et 1er octobre, l’institut de sondage IFOP a posé la question suivante à un panel de Français : « pensez-vous qu’un avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes ? ». 92 % de nos compatriotes répondent positivement ».
Et Mme Bazin-Malgras (LR, favorable à la proposition de loi) :
« Je crois que ce n’est pas la peine d’en rajouter : lorsqu’une femme décide d’avorter, c’est déjà pour elle un acte terrible et elle doit prendre une décision incroyable ».
Quels sont les prochains objectifs des partisans de l’avortement comme droit de la femme ?
Il n’y a guère de limite à la question du délai (on l’a vu par le vote d’un amendement à la loi de révision de la loi de bioéthique permettant l’IMG pour raison psycho-sociale, donc jusqu’au terme de la grossesse. Ces partisans seront obligés de passer par l’IMG parce que le délai de l’IVG finirait par percuter le seuil de viabilité des bébés (« seuil de viabilité sans cesse repoussé en deçà des 180 jours grâce aux progrès de la médecine et de la prise en charge des prématurissimes » souligné par M.Mattei en 2000).
Le combat sur la clause de conscience spécifique est à suivre de près car fondamental malgré l’argument apparemment simple du doublonnage. Et encore plus au fur et à mesure que l’avortement sera présenté comme un soin, et donc comme un dû.
Il y aura enfin une prochaine étape déjà amorcée : la constitutionnalisation du droit à l’IVG. Lors du débat en 2020, Mme Fiat, a demandé par amendement
« la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse, une mesure qui nous tient vraiment à cœur, au groupe de La France insoumise. Je demande donc qu’un rapport gouvernemental soit rendu sur la constitutionnalisation de l’IVG pour que, lors de la prochaine révision constitutionnelle, notre Assemblée soit éclairée ».
Comme le souligne M.Xavier Breton (LR) :
« L’amendement de Mme Fiat qui évoque la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse est très intéressant car il est le révélateur d’une logique. Pour l’instant, Mme la rapporteure lui donne un avis défavorable, mais la mesure est en préparation : c’est la prochaine étape ».
Tout ceci est logique. Après tout, le ministre dit de la Santé, M.Véran, n’a-t-il pas affirmé dans la discussion :
« Le covid-19 n’a pas remis en cause nos valeurs les plus fondamentales et, à ma demande, le ministère s’est pleinement mobilisé pour faciliter l’accès à l’IVG dans les délais ».
Accès à l’IVG donc plus important pour la Macronie que l’accès aux messes, aux réunions familiales, aux livres, aux activités sportives et à autres babioles considérées par l’Etat, en lieu et place des individus, comme non-essentielles.
En 2020, après le vote sur l’ensemble de la proposition de loi modifiant l’équilibre de la loi sur l’avortement, la présidente de l’Assemblée nationale annonce l’ordre du jour de la séance suivant :
« Prochaine séance, ce soir, à vingt-deux heures : Examen de la proposition de loi relative à des premières mesures d’interdiction de certaines pratiques génératrices de souffrances chez les animaux et d’amélioration des conditions de vie de ces derniers ».
Tout est dit quant aux priorités des progressistes.
Nous avons deux mémoires…
De Marion Duvauchel, Professeur de lettres et de philosophie :
Autrefois, du temps où on enseignait encore un peu l’histoire ancienne (en classe de 6ème la séquence sur les grandes civilisations), nos enfants apprenaient le poids de l’Égypte et de la Babylonie dans l’histoire de l’aventure humaine. La Grèce antique pesait lourd dans ces programmes. Dame, nous lui devons beaucoup, pas tout, mais beaucoup. On ignorait à peu près tout de la civilisation indienne. Ce fouillis de dieux, il est vrai, eût sans doute affolé les collégiens : les enseignants plus encore. Au demeurant, rien qu’avec les deux grandes terres aïeules, il y avait de quoi faire, même avant qu’on n’exalte Sumer et l’épopée de Gilgamesh. Surtout, que ce soit conscient ou pas importe peu, cet enseignement autour de ces divinités variées s’accompagnait d’un questionnement sur l’origine des civilisations : comment elles naissent, comment elles meurent.
Avec l’Inde, il faut ajouter : comment elles durent.
Émergée et élaborée en même temps que les vieilles terres aïeules de Mésopotamie et d’Égypte, cette antique civilisation n’appartient pas comme elles à un passé révolu : l’aventure indienne se poursuit sous nos yeux. Cette pérennité, elle la doit à la tradition. Les textes littéraires sur lesquels se fonde l’ensemble des conceptions indiennes ont été composés à une époque fort ancienne, et transmis oralement pendant une période étonnamment longue avant d’être rédigés. Si des altérations ont pu se produire, elles se manifestaient très lentement, déformant un thème initial par des fioritures, mais conservant pendant des millénaires la trace du thème initial. Les textes bouddhiques participent eux aussi de cette étrange manie d’un motif indéfiniment modulé, ce qui explique une littérature d’une abondance à tomber à la renverse, terriblement répétitive et, avouons-le, d’un ennui mortel.
Nos civilisations marquées par l’écrit ont oublié qu’avant d’écrire, on parle. Les philosophes diraient dans leur langage savant (ou cuistre) qu’il y a prédécession ontologique de la parole sur l’écriture. Que ce soit au niveau du petit d’homme comme au niveau d’une société émergente toute civilisation dispose d’abord d’une langue orale, qu’elle peut fixer par écrit (ou choisir de ne pas fixer), grammaire et tutti quanti. La naissance de l’écriture, on le sait grâce à Jean Bottero, c’est trivial et comptable : on a besoin de calculer, d’enregistrer les stocks, de rédiger un contrat, c’est de l’enregistrement commercial… Et puis vient la poésie, l’ardent désir de constituer un roman du peuple, de la terre, des rois. Un ardent désir de durer, donc de transmettre. Car nous avons deux mémoires comme disait le généticien Pierre Grasset : la culture doit se reprogrammer, d’où l’importance de cette mémoire culturelle, de plus en plus tributaire de l’écrit.
Mais la part écrite de la transmission, c’est analogiquement comme au théâtre le texte. On transmet par des pratiques, des usages, des faires et des savoir-faire, et puis aussi, avec la part écrite, comme par surcroît. Elle compte, ne nous méprenons pas. Mais elle n’est pas l’essentiel.
Nous avons eu une grande tradition universitaire orientaliste et en particulier indianiste qui a fait entrer l’Inde dans notre épistémè (avec un paquet de myopies et quelques mirages) ; nous avons eu une tradition anthropologique d’africanistes qui ont fait connaître la geste des Dogons du Mali et les techniques d’oralité, de cette palabre africaine dont il faut se garder de médire : c’est une dimension de la langue « phatique » tout autant qu’instrumentale.
Comment se fait-il qu’il nous soit si difficile d’admettre que les Évangiles aient pu faire l’objet d’une oralisation et d’une récitation ? Comment se fait-il qu’il nous soit si difficile d’admettre que les Évangiles ont parfaitement pu être composés en araméen par des Araméens, alors même qu’on prétend qu’ils sont des gens frustres à l’exception de Jean ? Des gens simples ne parlent pas la langue de culture, ils ne parlent ni grec ni latin. Comment se fait-il qu’il nous soit impossible de revenir sur la question de ces évangiles prétendument écrits en grec, malgré les travaux de Jean Carmignac, de Claude Tresmontant, et plus récemment, ceux de Pierre Perrier, de Joseph Alichoran et de Jean-François Froger ? Le travail de Pierre Perrier en particulier a permis d’exhumer cette tradition d’oralité qui nous vient du premier christianisme. Cela remet en cause évidemment quelques dogmes qui viennent de siècles d’exégèse protestante, de cet historicisme critique qui n’est qu’une apostasie enveloppée de scientificité universitaire.
Issu d’une religion juive, né en terre orientale où l’on parle l’araméen depuis des siècles, et où l’on parle sans doute encore l’hébreu, le Christ ne s’est pas incarné comme une sorte d’Araméen inculte parmi des Araméens plus incultes encore qu’il aurait choisi précisément pour leur ignorance, garante supposée d’une humilité tout aussi supposée, comme certains prêtres ignorantins nous le racontent le dimanche pendant leurs ahurissantes homélies.
Le langage n’est pas là d’abord parce que les hommes veulent se parler et signer des contrats de mariage ou de vente, le langage est là parce qu’il y a la parole, c’est-à-dire le fait humain par excellence. Le langage est là pour que l’homme entre dans le monde de la signifiance et de la connaissance, à commencer par la connaissance de sa propre nature.
Les Apôtres étaient des hommes sans aucun doute imparfaits, et leur première imperfection, c’est qu’ils ne comprenaient pas toujours bien ce que le Rabbi Yechouah leur expliquait, ce qui de temps en temps l’a rendu nerveux ou du moins insistant : « comprenez-vous ce que je vous dis » ? Selon toute apparence, ils ne comprenaient pas bien ces histoires de temple qui est mon corps, du moins pas jusqu’à ce qu’arrive l’Auxiliaire chargé du reste de la formation.
L’Inde védique a transmis pendant des millénaires des textes qu’elle tenait pour sacré, les Védas. Une caste de brahmanes (des gens spécialisés dans la gestion de la parole sacrée), a assumé ou s’est arrogée la charge de la transmission de cette lettre révélée, transmise oralement, puis fixée par écrit, en sanscrit disent les spécialistes. Sur ce point, on peut les croire.
Ainsi, la transmission orale constituerait une sorte de monopole des civilisations indiennes et africaines tandis que le monde européen christianisé aurait été incapable de toute éternité de toute mémorisation de textes jugés importants, tellement importants que nous avons nous aussi des spécialistes qui ont la charge de ce dépôt sacré et dont la transmission vient des Apôtres. Oui, nous avons nous aussi, une certain sens de la Transmission.
Les chrétiens d’Orient ont l’évangile dans le cœur, mémorisé depuis l’enfance en se soutenant de techniques tonico-posturales et de gestes liés à la bi-latéralisation du corps humain. Toute la Bible est d’ailleurs rédigée dans un style oral destiné à soutenir cet effort de mémorisation, ce dont les traductions modernes ne rendent pas compte et même qu’elles expurgent avec soin. En son temps, Marcel Jousse avait eu l’intuition de ces gestes mémoriels et avait tenté une anthropologie nouvelle. Si elle n’a pas eu le retentissement qu’elle méritait, ce n’est pas seulement à cause d’une formulation inutilement complexe de ces intuitions pourtant géniales. C’est parce que l’Himalaya de préjugés sur nos textes sacrés à nous, héritage de deux siècles d’exégèse historiciste largement protestante n’a cessé ses ravages.
Les chrétiens d’Orient ont l’Évangile au cœur, enraciné dans leur corporéité même, avec la langue qui y est associé, la langue du Christ. La haine féroce qui s’acharne contre ce peuple héroïque, dernier vestige de la divine Présence incarnée, à travers la langue parlée et les traditions gardées, nous invite à prendre au sérieux la question du Prince de ce monde. Et leur héroïsme rend d’autant plus pathétique la pauvreté de notre christianisme vécu et intériorisé.
Nos enfants chrétiens, eux, – les quelques rares qui vont encore au catéchisme – ont des livres de catéchisme qui s’ouvrent avec le grand cycle de l’évolution depuis le cousin primate jusqu’à l’homme actuel, avec les différentes étapes qui montrent comment il se redresse progressivement. Comment on a pu imprimer en première page ce schéma lamentable, voilà qui devrait nous laisser pantois. Et furieux.
La question de l’évolution est évidemment une affaire intrigante. Et c’est sans doute une des questions les plus redoutables que celle de l’abîme entre le texte de la Genèse et la fiction scientifique qui rend compte de notre évolution supposée. De fictions scientifiques, les cimetières respectifs de l’histoire des sciences et celle de la philosophie en sont pleins.
Il faut dire aux enfants que devant la question de l’origine « historique » de l’homme, nous n’avons et n’aurons sans doute jamais de réponse claire, et qu’il importe peu de savoir qu’il y a un très ancien squelette qu’une presse stupide s’empresse de proclamer « le premier homme ». Viendra un jour où on trouvera un squelette encore plus ancien qu’on prétendra être le prototype de l’humanité.
La réponse que donne la Genèse, ce sont les principes d’intelligibilité de notre nature humaine, qui ne dépend pas du temps, puisqu’elle vient d’un Dieu créateur. Ou qui ne dépend pas seulement du temps. Notre horizon n’est pas le covid 19, ni la mort biologique qu’on agite devant nos yeux à grand renforts de discours anxiogènes, notre horizon c’est l’Éternité participée : lorsque histoire et création seront entrées dans la plénitude de ce qu’on appelle les « temps ». Alors nous verrons l’histoire telle qu’elle est vraiment, non pas une interminable marche des empires, une effrayante succession de guerres, de royautés, de dynasties, de destructions, d’économies concurrentes, d’histoires des pandémies, des techniques, des grands hommes et des peuples oubliés, mais comme la marche de l’Amour, silencieuse et pourtant royale.
Thomas d’Aquin rappelait que le temps est coextensif à l’Éternité. C’est un mot difficile.
Autrefois, certains propos, certaines formules étaient donnés à méditer dans la nuit de l’intelligence, là où scintille une lumière nouvelle, celle de cet Auxiliaire qui attend que nous voulions bien y pénétrer, dans cette nuit obscure de notre âme immortelle, pour y écouter et y voir ce que le langage humain ne peut nous enseigner quand il est devenu trop pauvre ou trop arrogant. Et que peut-être bien, il n’est pas fait pour nous enseigner.
Nous avons deux mémoires, la mémoire culturelle et la mémoire de l’Éternité. Celle-là, singularisée dans une ou plusieurs langues, dans un pays ou un terroir, dans une généalogie. Elle est précieuse et elle est fragile ; celle-ci, portée par l’histoire d’Israël prolongée de 2000 ans de christianisme et d’histoire ecclésiale, dans une Révélation qu’il revient aux chrétiens de transmettre, par toute leur chair vivante, dans toutes les langues du monde, parce que Celui qui en est l’objet est la Parole vivante, source de toute parole vivante.
Violents combats au Haut-Karabakh où les Arméniens reculent
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Les combats se poursuivent au Haut-Karabakh et l’armée azerbaïdjanaise poursuit sa progression, malgré une farouche résistance arménienne. Sa supériorité en hommes et en matériel lui a permis de pénétrer dans le territoire proprement dit du Haut-Karabakh et de menacer la ville clé de Chouchi (appelée aussi Shushi).
Au début de l’offensive, déclenchée par le sud, le 27 septembre dernier, la progression des agresseurs n’était pas encore trop inquiétante. Elle se déroulait en plaine et dans les territoires annexés par l’Arménie après la fin de la guerre en 1994. Le Haut-Karabakh, stricto sensu, ne semblait pas menacé et l’on se demandait même si c’était vraiment un objectif de l’Azerbaïdjan de le reconquérir alors que cette enclave est presque exclusivement peuplée d’Arméniens.
Mais, galvanisé par le très actif soutien turc, le président Aliev semble maintenant décidé à aller jusqu’au bout. Une double offensive se déploie donc depuis plusieurs jours : tout d’abord vers le corridor de Lachine afin de couper l’enclave de son voisin l’Arménie. La route stratégique n’a pas encore été reprise mais les Azerbaïdjanais sont tout près et elle n’est, en tout cas, plus praticable. Le ravitaillement sera donc plus difficile et s’il reste une autre route au nord, celle-ci est extrêmement dangereuse. Quant aux blessés, ils ne pourront plus être évacués vers Erevan, la capitale de l’Arménie, mais à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh.
La seconde offensive est plus importante encore : elle vise la ville historique de Chouchi. Située sur les hauteurs, sa chute mettrait la capitale Stepanakert sous le feu de l’artillerie azérie et des redoutables drones généreusement fournis par la Turquie. L’envoyé spécial du Monde décrit des combats violents sur les pentes qui mènent à Chouchi, d’où les fantassins azerbaïdjanais ont pour l’instant été repoussés. Mais pour combien de temps ?
L’écart en matériel est trop important pour être comblé en quelques semaines. Israéliens et Turcs fournissent des armes sophistiquées à l’Azerbaïdjan depuis plusieurs années, tandis que l’Arménie a des armes russes plus anciennes. « Une guerre de retard », commentaient des officiers arméniens inquiets. L’écart en effectifs est essentiel, lui aussi : si tous les hommes du Haut-Karabakh (et de tous âges) sont au front, l’armée arménienne est restée en Arménie, le pays ne pouvant pas déclencher une guerre ouverte avec l’Azerbaïdjan. Il y a 10 millions d’habitants en Azerbaïdjan, tandis que 150.000 Arméniens peuplent le Haut-Karabakh, et si de nombreux volontaires arméniens sont venus prêter main-forte à leurs frères (certains sont même venus de France), cela ne peut évidemment rétablir l’équilibre.
Dans ce contexte, l’attentisme russe laisse perplexe. Certes, un camp de volontaires islamistes syriens en partance pour l’Azerbaïdjan a été anéanti par l’aviation russe dans la province d’Idleb, mais c’est tout (la source syrienne s’est d’ailleurs tarie, ensuite). Poutine et Lavrov (le ministre des Affaires étrangères) privilégient la voie diplomatique, mais les trois cessez-le-feu annoncés depuis un mois sont restés lettre morte.
On comprend bien que Moscou ne veuille pas couper les ponts avec Bakou, ce qui jetterait définitivement l’Azerbaïdjan dans les bras d’Ankara. Peut-être, aussi, que la Russie fait payer aux Arméniens leur intransigeance, puisque depuis 1994, ils refusent de rendre les territoires azéris conquis autour du Haut-Karabakh.
Quoi qu’il en soit, le temps presse et Erdoğan se frotte les mains.
Benoît XVI se porte bien
Mgr Gänswein a accordé un entretien à l’hebdomadaire people Oggi pour démentir certaines rumeurs qui ont circulé sur internet le mois dernier. Traduction par Benoît-et-moi :
« Il y a eu des fake news sur sa santé. Benoît XVI est une personne de 93 ans. Il a la fragilité du corps, sa voix est très faible, mais son esprit est lucide. Chaque jour, il concélèbre la messe, prie, reçoit encore quelques visites, lit, étudie, écoute de la musique et fait sa correspondance. Certainement avec un rythme très paisible ».
« Il se repose plus souvent car ses forces ont diminué, mais il est de bonne humeur et serein. Pour reprendre une image automobile : il est passé de la troisième à la première vitesse. Cependant, après une pause de près de trois mois, il a repris ses promenades avec l’aide du déambulateur dans les jardins du Vatican, lorsque le temps le permet ».
« Et il s’est remis de la fatigue du voyage en Allemagne, à Ratisbonne, où il était en juin dernier pour rendre visite à son frère Georg, décédé ensuite, et du zona, un virus qui a causé de grandes douleurs et qui l’a frappé au tout début du voyage à Ratisbonne »
Le Conseil d’Etat a demandé au Gouvernement de mener sans tarder une concertation avec les représentants des cultes
Les AFC y seront vigilants :
Lundi 2 novembre, avec des évêques, des associations et des particuliers, les Associations Familiales Catholiques ont déposé une requête en référé-liberté devant le Conseil d’Etat pour demander au Gouvernement de permettre aux fidèles de participer aux célébrations publiques du culte.
Jeudi 5 novembre, devant le juge des référés, nous avons plaidé la cause des familles afin qu’elles puissent exercer leur culte, une liberté fondamentale dans notre pays, et y trouver le soutien spirituel dont elles ont plus que jamais besoin.
L’ordonnance rendue ce samedi par le juge des référés du Conseil d’État ne nous donne pas satisfaction, tant les considérations qui la motivent apparaissent juridiquement et factuellement fragiles. Même si le Conseil d’État clarifie les modalités dérogatoires*, notamment pour permettre aux fidèles de se rendre dans un lieu de culte éloigné de plus de 1 km de leur domicile, permettre aux ministres du culte de se rendre au domicile de leurs fidèles et autorise les mariages religieux, il n’autorise toujours pas la reprise des rassemblements communautaires.
Les besoins essentiels ne se limitent pas aux besoins biologiques car ” l’Homme ne vit pas seulement de pain”. Les AFC seront très vigilantes à la demande pressante faite au Gouvernement par le Conseil d’État de mener sans tarder une concertation avec les représentants des cultes, ce qu’il n’avait pas fait à l’occasion de ce second confinement, et que cette concertation permettra de trouver des solutions pour que la liberté de culte soit pleinement respectée.
* Des instructions ont été données pour que les fidèles puissent se déplacer dans le lieu de culte le plus proche de leur domicile ou situé dans un périmètre raisonnable autour de celui-ci en cochant, la case “motif familial impérieux”.
Fausse nouvelle : The Hill, CNN et Slate affirment que les cloches des églises de Paris ont sonné pour célebrer la victoire de Biden
Ces médias américains ne doutent de rien…
Le diocèse de Nanterre a diffusé un communiqué pour expliquer :

Recomptage des voix en Géorgie
Environ 7200 votes séparent Biden et Trump dans l’Etat de Géorgie.
Le plus haut responsable des élections géorgiennes a dépêché hier une équipe d’enquêteurs après la découverte d’un problème de vote dans le comté de Fulton, qui semble avoir fait pencher la balance en faveur de Biden…
Des observateurs des deux partis politiques sont également présents. Brendan Keefe, enquêteur en chef, a déclaré que le problème «pourrait affecter de manière significative les résultats du vote actuellement en faveur de Biden en Géorgie».
Jeanne Smits a traduit un article de Steve Mosher, publié dans LifeSiteNews, où il dénonce l’utilisation d’escroqueries propres aux « Révolutions de couleur » dans l’actuelle élection présidentielle américaine. Steve Mosher est le premier sociologue américain à avoir pu se rendre en Chine pour constater l’œuvre de la révolution culturelle : il était alors athée et pro-avortement. L’assistance à un avortement forcé l’avait bouleversé ; il s’est converti à la religion catholique et, toujours spécialiste de la Chine, a également fondé le Population Research Institute qui lutte contre les entreprises malthusiennes de contrôle de la population à travers le monde. Extrait de la traduction :
[…] Cela signifie que ce qui vient de se passer n’était pas une élection « normale ». Il s’agissait plutôt d’une escroquerie planifiée à l’avance, utilisée par les révolutionnaires pour déterminer le nombre de voix dont ils avaient besoin pour faire pencher la balance en leur faveur. Ce nombre étant désormais connu – dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie – des bulletins de vote tardifs ont été « découverts » pour mettre leur candidat en tête. C’est ainsi que la gauche fonctionne dans des endroits comme le Venezuela. Il ne faut pas qu’elle puisse y réussir ici.
Les forces qui s’opposent à nous sont redoutables. Je ne parle pas seulement du parti démocrate. Bien qu’il ait été vidé de sa substance par les socialistes, s’il n’y avait que lui on pourrait s’en occuper. Non : je parle aussi des mondialistes et de leurs institutions, y compris Wall Street et les principaux médias américains. Et, bien sûr, je parle des communistes chinois et de leurs nombreuses organisations de façade et de leurs larbins aux États-Unis. Joe Biden est le candidat de compromis de tous ces groupes.
De la même manière, le chaos ne concerne pas seulement le président Trump ; il s’agit de vaincre et de désarmer jusqu’au dernier d’entre nous qui croit en la promesse de l’Amérique en tant que nation souveraine qui défend la vie, protège la liberté et préserve une justice égale devant la loi. Comme l’a dit le Président, « Ils en ont après vous en réalité. Je ne fais que les gêner sur le chemin. » […]
Des évêques encouragent les manifestations de catholiques
Dans un tweet, l’évêque de Bayonne salue les différentes manifestations qui ont eu lieu dimanche :
Beau sursaut des fidèles qui, conformément au droit de manifester sur la voie publique après déclaration à la Préfecture, font connaître de manière paisible et priante, leur désir de l’Eucharistie et la conscience qu’ils ont de son importance vitale.
— Mgr Marc Aillet (@MgrMAillet) November 8, 2020
Mgr Valentin, évêque auxiliaire de Versailles, également :
La peine de ne pas pouvoir participer à la messe ne peut s’exprimer que dans le respect des règles posées par les pouvoirs publics. C’est ainsi qu’elle pourra être entendue, et plus encore transformée en engagement pour le bien commun:https://t.co/YEnMXidPLz
— Bruno VALENTIN (@AbValentin78) November 8, 2020
Une nouvelle manifestation est déjà annoncée pour dimanche 15 novembre à Bois-Colombes (92) :

Les fausses nouvelles volent en escadrille
Toute la presse relaie une “fake news” de CNN, selon qui Mélania Trump tenterait en privé de convaincre Donald de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle.
Celle-ci a publié un tweet de démenti, mais la presse continue de répandre l’intox.
The American people deserve fair elections. Every legal – not illegal – vote should be counted. We must protect our democracy with complete transparency.
— Melania Trump (@FLOTUS) November 8, 2020
fake
La saturation des hôpitaux n’a rien à voir avec la crise de la COVID
C’est même TF1 qui le dit :
Tiens tiens tiens, TF1 qui dit la vérité… pic.twitter.com/AxFOU1oQz8
— Stalec (@Stalec_) November 8, 2020
Bernard Lugan : “A l’unanimité, les députés français bradent le patrimoine inaliénable de nos musées”
Le 6 octobre 2020, après avoir été présenté en Conseil des ministres et approuvé à l’unanimité par les commissions de la culture et des affaires étrangères, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité des présents (où étaient les députés du RN et ceux de la « droite de conviction » ?), le scandaleux projet de loi n°3221 sur rapport de M. Yannick Kerlogot, dérogeant au principe d’inaliénabilité du patrimoine national.Composée de deux articles, cette loi stipule qu’à compter de l’entrée vigueur du texte, 26 œuvres d’art provenant du trésor du grand chef esclavagiste Béhanzin, roi d’Abomey (…) conservés au musée du quai Branly, cesseront de faire partie des Collections nationales.
Or, il faut savoir que ce texte a été présenté en procédure accélérée, en loi d’exception, et non en loi de portée générale, ce qui signifie qu’il ne passera qu’une seule fois devant les deux chambres. Où était donc l’urgence en ces « temps de guerre » contre le terrorisme islamiste et le Covid ?
Cette loi qui déshonore ceux qui l’ont votée mais également ceux qui, par leur absence se sont rendus complices du vote alors qu’ils n’ignoraient pas que sa discussion allait venir en séance, concrétise une promesse unilatérale faite par Emmanuel Macron le 28 novembre 2017 quand, lors d’une visite d’Etat au Burkina Faso, il déclara : « D’ici à cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain à l’Afrique ».
Allant vite en besogne, et en violation flagrante du principe d’inaliénabilité des biens inscrits aux Inventaires nationaux, le 17 novembre 2019, à Dakar, le « sabre d’el-Hadj Omar » fut remis au président sénégalais Macky Sall – d’ethnie toucouleur comme el-Hadj Omar -, par le Premier ministre français Edouard Philippe. Or, cette arme qui, soit dit en passant, n’a rien d’africain puisqu’il s’agit d’un sabre d’infanterie de l’armée française modèle 1821 forgé à Kligenthal, en Alsace, honore la mémoire d’un conquérant « sénégalais » qui mit en coupe réglée et vendit comme esclaves les ancêtres de 90% de la population de l’actuel Mali…et d’une partie de celle du Burkina Faso…Un beau geste de paix dans l’actuel contexte de jihadisme…
Dans la foulée de sa visite au Burkina Faso, le président Macron demanda un rapport sur les « restitutions » à Felwine Sarr de l’Université de St-Louis du Sénégal et à Bénédicte Savoy, historienne de l’Art et militante engagée que la sénatrice Catherine Morin-Desailly qui fut présidente de la commission de la culture au Sénat qualifie d’ « activiste ».
Rendu le 23 novembre 2018, le rapport proprement surréaliste tant il est caricatural par son aveuglement idéologique et son ignorance historique, recense 46.000 (!!!) œuvres africaines qui devraient être « restituées » sur les 90.000 conservées dans les musées français ….
Dans ce rapport, l’on peut lire que « les collections africaines conservées dans les musées occidentaux (sont) une frustration née de la colonisation (… et) une sorte de totem de cette souffrance ». Pour Bénédicte Savoy, toute œuvre d’art africaine conservée en France et plus généralement en Europe est en effet postulée être le produit d’un pillage…
Une telle impudence a entraîné la vive réponse d’Hermann Parzingzer, président de la Fondation du patrimoine prussien qui gère de très nombreuses collections africaines et qui a qualifié le rapport « de jargon dominé par une idéologie d’expiation et de pénitence ».
Cette présomption de « pillage » va donc contraindre les musées français à démontrer le caractère « légal » des acquisitions. Mais comment établir la traçabilité des achats, des échanges, des commandes datant parfois de plusieurs siècles, et des dons de collectionneurs, ces derniers constituant plus de 50% des collections ?
Alors que l’on attendait une vive réaction du Sénat, le 4 novembre 2020, ce dernier, tout en protestant, a lui aussi voté à l’unanimité (où étaient les sénateurs RN et ceux de la « droite de conviction ?), se contentant d’amender le texte en changeant simplement le mot « restitution » signifiant « rendre quelque chose que l’on possède indûment » par « retour »… Une grande marque de « virilité » qui constitue une garantie pour l’avenir de nos musées…
La boite de pandore ayant été imprudemment et idéologiquement ouverte par Emmanuel Macron, cinq pays africains se sont immédiatement engouffrés dans la brèche offerte par la loi, en réclamant dès à présent 13.000 objets qui sont pourtant autant de biens inaliénables du patrimoine français.
Mais plus encore, de nuit, en catimini, quasi clandestinement, la couronne du dais de la reine Ranavalona conservée au musée de l’Armée depuis 1910 et qui n’est pas une prise de guerre, mais le don d’un particulier, a été « restituée » à Madagascar. Qui avait autorité pour autoriser une telle sortie d’un bien inaliénable inscrit aux Inventaires nationaux ? Qui a donné l’ordre de cette inadmissible spoliation ?
Quelle association habilitée osera porter l’affaire devant les tribunaux afin que toute la lumière soit faite sur ce scandale ? D’autant plus que la convention de l’UNESCO de 1970 concernant les œuvres d’art conservées dans les musées n’est pas rétroactive.
Précision ne manquant pas de « sel », la couronne de la reine Ranavalona, une superbe pièce en vermeil ornée de sept fers de lance représentant les sept maisons princières et surmontée d’un aigle était conservée dans le palais d’Andafiavaratra à Antananarivo… où elle a été volée en 2011…
La « restitution » des œuvres d’art à l’Afrique est donc un gage de pérennité… Nous l’avons d’ailleurs observé avec les manuscrits de Tombouctou détruits par les jihadistes ou avec le pillage des collections du musée de Butare au Rwanda au moment du génocide… Si toutes ces collections avaient été abritées dans des musées européens, elles existeraient encore…
A Versailles, des catholiques se rassemblent devant la cathédrale pour demander la messe

Des familles et de jeunes catholiques privés de #Messe dominicale chantent et prient sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis de #Versailles pic.twitter.com/mJk2Yakpbd
— Gabrielle Cluzel (@gabriellecluzel) November 8, 2020
#Versailles les catholiques veulent pouvoir avoir la messe dans leurs églises. pic.twitter.com/kYFmvpxtAL
— NicolasTardy-Joubert (@N_TardyJoubert) November 8, 2020


Mgr Valentin, évêque auxiliaire de Versailles, a été aperçu par plusieurs personnes.
Comment aller à la messe…
Une bonne synthèse reçue d’une lectrice :
1. Le juge des référés a précisé que […] toute personne puisse se rendre dans une église proche de son domicile sans condition de distance et en cochant, dans l’attestation de déplacement, la case « motif familial impérieux ».
2. Mgr Aillet :
« Rien n’empêche les prêtres de célébrer la messe dans les lieux de culte qui restent ouvertes et rien n’empêche les fidèles d’entrer dans les églises individuellement. C’est l’organisation de cérémonies religieuses qui est suspendue… »
3. Rien n’empêche les prêtres de célébrer la messe dans des lieux privés. Le décret du 29 octobre ne concerne que les “établissements de culte” (art. 47) et les “lieux ouverts au public” (art. 3).
4. Rien n’empêche non plus les prêtres référents de célébrer la messe dans les chapelles des établissements scolaires catholiques – aussi longtemps que mesures de distanciation et gestes barrières y sont respectés, et que seule la communauté éducative et les élèves y ont accès.
5. Du reste, il est possible de déclarer l’organisation d’un culte sur la voie publique. Si des mesures concrètes telles que masques et distances sont prises, il n’y a aucun moyen légal d’empêcher la célébration de la Sainte messe… La manifestation ce matin à Nantes avait été déclarée en préfecture.
Le cycle féminin est aujourd’hui récupéré par la culture de mort
Suite à mon article sur le mélange des genres entre culture de vie et culture de mort dans un colloque sur la femme, Gabrielle Vialla dénonce :
Un marketing agressif. Une fausse gratuité. La récupération de vos coordonnées. Plus c’est gros, plus ça passe. « Kiffe ton cycle », très présent sur les réseaux sociaux, promeut dorénavant pour la jeunesse des intervenants féministes, pro-IVG, pro-genre… Dans son dernier événement « sommet du cycle menstruel », les deux intervenants phares sont féministes, auteurs pour le premier d’un livre « Ceci est mon corps » et pour la seconde de « Ceci est mon sang » (sic) ; signataires d’une tribune du planning familial pour l’abrogation de la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les personnels soignants. On y trouve aussi de nombreux partisans de toutes sortes de relations sexuelles précoces, avec la contraception. Une minorité d’intervenantes désire y porter une parole de vérité, avec cette incohérence et confusion qu’elles contribuent à la publicité pour les plus durs idéologues, auprès d’un public qui leur fait confiance.
Tout observateur lucide fait ce triste constat : le cycle est aujourd’hui récupéré par la culture de mort.
L’idéologie de 68 résumée par le slogan « c’est mon corps » est si bien assimilée par nos contemporains que les partisans de l’avortement peuvent se payer le luxe de récupérer le cycle. Si dans un premier temps, ils ont œuvré à détruire le cycle par la pilule, à la faveur du retour écologique, ils s’adaptent maintenant au rejet toujours plus grand des hormones artificielles par le grand public féminin. Qu’à cela ne tienne. On a vu la promotion et la croissance du marché du stérilet en cuivre. En ce moment, les laboratoires pharmaceutiques travaillent sur des contraceptions qui sont de plus en plus abortives tout en évitant d’altérer trop le cycle, afin que les femmes aient le moins d’effets secondaires possibles. Leur libido ne doit pas être diminuée. Il faut jouir. Rien de vaut une belle ovulation pour se sentir attirante. Quand à la PMA, y compris pour les personnes homosexuelles, elle utilise depuis longtemps la connaissance du cycle.
Que faire ? Nous devons prendre conscience puis refuser toute approche naturalistedu cycle qui refuse la transcendance et vante le relativisme. Derrière de nombreuses présentations, figure un athéisme pratique dans lequel le corps n’est qu’un instrument matérialiste, qu’on ne doit à personne, qui n’a, à répondre, de rien de ses activités génitales. Dans tout cela, il reste l’innocent. Toujours le même : l’enfant à naître. Lui il est prié de se taire, le plus souvent à jamais…
Quel avenir pour les promoteurs des méthodes naturelles qui instruisent de la connaissance du cycle ? Choisir la vie. Le cycle féminin est au service de la vie, dans sa complémentarité avec le masculin. C’est en fonction de ce respect inaliénable, que les admirateurs du cycle ne s’abuseront pas eux-mêmes, qu’ils ne se perdront pas dans les méandres des mensonges féministes qui doivent sans cesse se renouveler pour survivre. Toutefois, ne discréditons pas les moniteurs de régulation naturelle des naissances. Au contraire. Ce sont eux aujourd’hui les véritables soldats dans ce combat. Ces foyers témoignent et répètent inlassablement à tout-un-chacun ce lien indissociable entre la sexualité et la vie. Ils rappellent fondamentalement à tous la responsabilité humaine face à la transmission de la vie. Celle-ci est d’abord confiée aux futurs parents, mais tout-un-chacun, personnel soignant, éducateur, chercheur, pasteur doit mesurer sa responsabilité. Que ceux qui aujourd’hui dans un tel climat de confusion choisissent de rester fermes dans ce service de la vie, puissent être encouragés et remerciés.
L’illustration, très évocatrice, de Pauline Nitsch, provient de mon livre Bien vivre le cycle féminin, éd. Artège, destiné aux mères de famille et à tous à partir de la puberté. Cette image fait contempler que chaque personne est entrée dans la vie par le cycle.

Gabrielle Vialla (dernier ouvrage : La Chasteté, un don qui rend sa beauté à la sexualité)
La liberté de culte au programme de CNEWS
Aymeric Pourbaix et ses invités Jean-Frédéric Poisson, président de VIA, Thibault Collin, philosophe, l’Abbé Philippe de Maistre, curé de Saint-André de l’Europe à Paris, Mgr Ginoux (par Skype) et Véronique Jacquier s’interrogent sur la liberté de culte :
Joe Biden connaîtra-t-il le sort d’Al Gore ?
Le Washington Post du 8 novembre 2000 annonçait la victoire d’Al Gore. Le 12 décembre 2000, George W. Bush était officiellement proclamé vainqueur de la présidentielle, après avoir contesté certains résultats…
Sur Twitter, certains montrent que les preuves de fraude ont été accumulées par la Maison Blanche :
1/8 Selon Tom Graham @tom2badcat, ancien militaire de haut-rang, le soir de l’élection, Trump et son équipe de campagne se sont réunis dans le bâtiment Eisenhower, juste à l’ouest de la Maison Blanche, pour suivre les résultats. pic.twitter.com/tQNOFfwBPg
— 𝗯𝗿𝘂𝗻𝗼lp (@brunolp30) November 8, 2020
This is going to drag on quite a while. Let me cover the basics:
— CulturalHusbandry (@APhilosophae) November 7, 2020
Donald Trump a évoqué sur Twitter le grand nombre de fraudes, notamment en Pennsylvanie.
“We should look at the votes. We’re just beginning the tabulation stage. We should look at these allegations. We’re seeing a number of affidavits that there has been voter fraud. We have a history in this country of election problems. In Pennsylvania you had an order by a…
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) November 8, 2020
Nous croyons que ces gens sont des voleurs. Les machines des grandes villes sont corrompues. C’était une élection volée. Le meilleur sondeur de Grande-Bretagne a écrit ce matin qu’il s’agissait clairement d’une élection volée, qu’il était impossible d’imaginer que Biden devançait Obama dans certains de ces États. Là où ça comptait, ils ont volé ce qu’ils avaient à voler
“We believe these people are thieves. The big city machines are corrupt. This was a stolen election. Best pollster in Britain wrote this morning that this clearly was a stolen election, that it’s impossible to imagine that Biden outran Obama in some of these states.
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) November 8, 2020
Si Joe Biden a annoncé sa victoire soudainement, et toute la presse avec lui, c’est peut-être pour couper court aux moult accusations de fraudes qui remontaient…
Pour l’heure, l’élection du Président des Etats-Unis n’a pas été actée par le collège des Grands Electeurs et on ne connaît pas encore l’issue du recours direct de Donald Trump à la Cour Suprême lancé dans la nuit du 3 au 4 novembre :
Mais, d’ores et déjà , cette élection américaine nous en dit beaucoup sur l’état de la vie démocratique en Occident. L’élection de 2020 a été marquée par des fraudes quasiment manifestes, tant sur le vote par correspondance que sur le décompte des voix lui-même. Le décompte chaotique des résultats met un voile d’incertitude et de défiance désastreux sur la démocratie américaine et sur la démocratie en général. Le peuple s’exprime mais l’idéologie mondialiste et l’Etat profond sont si prégnants qu’il est désormais impossible d’avoir une transparence parfaite entre l’expression du peuple et le résultat électoral. Le fonctionnement électoral aux Etats-Unis peut – c’est la règle du jeu – faire élire un Président avec un nombre de voix inférieur à son adversaire, c’est un fait. Mais la carte des résultats par comtés fait apparaître une Amérique « rouge » en dehors des métropoles mondialisées, de la côte Ouest et de la côte Est.
Plusieurs réflexions affleurent à la lecture de ce résultat provisoire.
Ce sont les médias qui déclarent l’élection du Président des Etats-Unis. CNN dixit. Fox News de même. L’élection est faite. Le mouvement « populaire » festif qui en découle et les déclarations plus ou moins hâtives des chefs d’Etat entérinent le résultat. On se retrouve dans un mode plébiscitaire, qui est du reste l’essence de la démocratie américaine. Mais c’est un plébiscite faussé, théâtral, surjoué par l’Etat profond et par des masses manipulées par l’idéologie mondialiste et atlantiste.
Le déroulement de cette élection ne laisse de surprendre. Généralement – si je puis dire – dans la conception machiavélienne du pouvoir, c’est le chef d’Etat qui, voulant « durer », utilise tous les moyens en son pouvoir pour se maintenir. Or, ici, de manière inédite, c’est l’impétrant qui a utilisé l’arme de la fraude, du trucage électoral comme si le vrai pouvoir était ailleurs, à son service. Avec l’élection de Joe Biden, c’est l’Etat profond qui remonte à la surface, vient fermer une parenthèse de quatre ans qui a bien des égards entravait le déroulement du Great Reset prévu pour 2021. Le retour aux fondamentaux isolationnistes de l’Amérique, l’attention portée à l’Amérique blanche, le contrat social nouveau de Trump qui lui a attiré d’ailleurs les voix de certaines minorités souhaitant un capitaine qui assume, sa tentative de chinese containment, sa diplomatie récente au Moyen-Orient, son refus de l’impérialisme démocratique ignorant des spécificités civilisationnelles. Tout cela, était trop peu coopératif et peu soluble dans l’ingénierie économique, sociale et internationale pensée dans le cadre du Great Reset.
Biden lui est parfaitement davocompatible. Le retour dans les Accords de Paris joue le jeu d’un écologisme qui entre pleinement dans la stratégie du Great Reset. La relance économique par l’endettement déjà colossal aux Etats-Unis crée la prison de demain pour les ménages et pour l’Etat. Well done. Ses réformes sur la justice tendent à trouver des alternatives à l’incarcération, une idéologie judiciaire désastreuse qui conduit les pays occidentaux dans le chaos insécuritaire. L’assouplissement de l’immigration qu’il a promis dans sa campagne va encore mettre à mal la cohésion nationale et fragmenter le pays. Amazing. L’élection de Joe Biden, c’est l’assurance d’un Great Reset tranquille, le retour à l’Occident faible, dans son ensemble.
Donald Trump a été un très bon Président des Etats-Unis et un piètre président européen, précisément parce que l’Europe doit assumer son destin. Donald Trump était le kairos de l’Europe pour faire sécession avec l’atlantisme.
Biden sera à n’en pas douter, s’il est par malheur élu, un piètre Président des Etats-Unis et de l’Europe. Il est un occidental atlantique, acquis à l’idéologie mondialiste, celle des hubs, des métropoles mondialisées, celle de la sécession des élites. Mais l’UE l’adulera, les Européens se laisseront prendre au piège d’un lien régénéré avec l’Amérique alors que notre vocation historique est de nous en distancier.
C’est un démocrate sans Demos, sans vertus démocratiques. Son élection va entraîner l’Occident dans la décadence tant redoutée par les peuples historiques et tant attendue par Davos, par les instigateurs publiquement connus du Great Reset qui attendent un nouveau contrat social, un nouvel homme, l’effacement des nations occidentales.
Attendons le résultat du recours mais n’espérons pas trop.
Election présidentielle US : pourquoi il faudrait mieux rester prudent
Même s’il existe une forte probabilité que le 46ème président des Etats-Unis soit Joe Biden, voici trois raisons de rester prudent.
L’élection du président des Etats-Unis se joue officiellement début décembre et non début novembre.
Il reste donc un mois à attendre. Ce n’est pas aux médias d’annoncer la victoire de Joe Biden, c’est à Donald Trump de reconnaître sa défaite. C’est ainsi. C’est un usage, une coutume de la vie démocratique américaine. Les médias devraient faire preuve de prudence, eux qui en 2000 s’étaient empressés d’annoncer à tort la victoire d’Al Gore. D’ailleurs, certains dirigeants, comme le président du Mexique, préfèrent attendre avant de féliciter Biden (« it’s too soon to congratulate Biden”). Mais aussi la Russie, le Brésil, la Slovénie, la Pologne et la Hongrie refusent, pour l’instant, de reconnaître Joe Biden comme président élu...
Aucun état Américain n’a donc encore certifié ses résultats. Seuls CNN et AP ont annoncé la victoire de Biden.
Voici les réflexions d’Henri Védas, bien connu pour les lecteurs les plus anciens du Salon beige :
Biden est devant grâce à une marge qui est sans doute inférieure à la “marge de fraude” – similaire à Kennedy vs Nixon en 1960. Oui, Trump est sans doute devant sur les bulletins légaux. Pour autant, cette “marge de fraude” est indémontrable : il faudrait un audit titanesque du vote à Philadelphie, Atlanta, Milwaukee, avec un volet racial explosif.
Le mieux serait donc pour Trump de déclarer sa défaite – non parce qu’il a légitimement perdu, mais, comme Nixon en 1960, parce qu’il n’y a pas de voie pour obtenir justice. Mais le processus US légal passe par la certification des résultats Etat par Etat, jusqu’au vote des grands électeurs début décembre, avant validation nationale des résultats par le Congrès. Il a été usuel de “court-circuiter” ce processus, par commodité – le moment déclencheur de la désignation de facto du nouveau président étant la reconnaissance de sa défaite par l’un des deux candidats. Y compris en 2000, quand Bush, les médias, la communauté internationale, etc, ont attendu 3 semaines que Gore soit prêt à concéder sa défaite. Ce que l’on voit ce soir – la déclaration coordonnée de la victoire de Biden, avec l’appui de la communauté internationale, de l’establishment, de plusieurs personnalités du GOP – s’apparente à un vrai coup de force. En 2000, les médias soutenaient la démarche d’Al Gore et dénonçait une fraude, peut-être réelle, de Bush fils en Floride (…)
Non, Biden n’est pas “Président-Elect”. On assiste à un coup de force. Bravo à ceux qui ont voté Biden parce qu’ils voulaient un “retour aux normes”. Respecter les “normes » : attendre que Trump concède ou que les résultats en sa faveur soient validés par les Etats, après que des recours éventuels auront été tranchés par les tribunaux. Rien ne l’empêchait dans l’intervalle de préparer sa transition, etc, sans pour autant créer ce coup de force. Le refus de Trump de concéder ne créerait aucun vrai blocage.
Mais le pire, c’est que Biden bloque la voie à une concession en bonne et due forme de Trump (qui n’était peut-être qu’une question de jours), alors que cette concession est une étape importante de l’acceptation des résultats par la moitié du pays. Biden (ou le système derrière lui) ne veut pas d’une transition normale : par son mépris des normes, il crée délibérément une transition de rupture, et une répudiation “institutionnelle” de Trump qu’il n’a pas obtenue par les urnes.
De 2016 à 2018, les médias ont contesté la victoire de Donald Trump en dénonçant une soi-disant ingérence russe. Pourquoi serait-ce complotiste de contester légalement aujourd’hui un résultat ? Pourquoi, en 2016, les élections présidentielles US auraient été manipulées par la Russie et Poutine et qu’en 2020, elles seraient un exemple parfait de transparence et de régularité.
De nombreux recours ont été déposés par les équipes de Donal Trump
Il faut donc attendre leur dénouement, notamment au regard des doutes qui existent sur la sincérité du scrutin dans de nombreux états, notamment ceux où les résultats sont les plus serrés et où Joe Biden a rattrapé, de manière improbable, un retard énorme. Si Donal Trump concède aujourd’hui sa défaite, il renonce de fait renoncer aux recours. C’est pourquoi, il aura fallu attendre début décembre 2000 la décision de la Cour suprême pour qu’Al Gore concède sa défaite.
Inutile de donner ici les multiples témoignages de fraudes tellement il est impossible de faire la part des choses entre fake news, fausse vidéos et faits incontestables. Toutefois, le président de l’Assemblée du Wisconsin, Robin Vos (R), a demandé à la commission des campagnes et des élections d’examiner les votes dans tout l’État, en raison des inquiétudes suscitées par le dépôt massif de bulletins au milieu de la nuit pour Biden [source]. Il y a rarement de la fumée sans feu.
Voici un résumé d’Edouard Husson sur le scénario de la fraude, qui vaut ce qu’il vaut, mais qui devrait intéresser les journalistes :
Quelles certitudes avons-nous concernant l’élection présidentielle américaine 2020 ?
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Les Démocrates ont vu COVID 19 comme occasion de fausser les résultats grâce au vote par correspondance. Trump a prévenu dès le mois de mai.
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Les Républicains étaient sur leurs gardes. Cependant les Etats-Unis vivent dans un état de droit. La constitution prévoyant que les Etats sont responsables de l’organisation de l’élection, le président s’est contenté d’avertir et de mobiliser le parti républicain sur le terrain. Ce n’est qu’en cas d’échec patent de l’organisation locale que la Fédération peut intervenir. Ce qui se passe depuis mercredi matin.
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Les Démocrates ont une vieille expérience de trucage électoral. Tous les historiens savent que John Kennedy, en 1960, n’aurait pas été élu si les résultats n’avaient pas été falsifiés en sa faveur dans l’Illinois et au Texas. Et oubliant le renvoi d’ascenseur à ceux qui l’avaient aidé à gagner, il fut assassiné par des mafieux. Il y a, en particulier dans le Nord-Est des USA, une vieille tradition de tricherie démocrate. Les Républicains ont bien entendu aussi versé dans le trucage à certaines époques. Mais la supériorité démocrate dans ce domaine est suffisamment établie pour que Donald Trump, lors de son débat avec Joe Biden, ait évoqué le cas de Philadelphie !
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La soirée électorale du 3 au 4 novembre s’est d’abord déroulée normalement. Le dépouillement avançait au rythme classique. Cependant, à partir de 3-4h du matin heure européenne (21/22h sur la côte Est), stupeur de tout l’establishment démocrate, avec ses alliés médiatiques et dans les GAFA, Donald Trump est en train, malgré la mobilisation massive de l’électorat démocrate, de rééditer l’exploit de 2016. Il devient même probable qu’il l’emporte plus largement car il accuse un retard de moins de deux points au plan national. La stupeur se transforme en panique lorsqu’il se confirme qu’il a gagné le Texas et la Floride.
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Les Démocrates et leurs alliés dans le Léviathan (le « Deep State ») ont bien dressé des scénarios en cas de victoire de Trump ou de résultat indécis. C’est le « Transition Integrity Project », dirigé par l’ancien Chief of Staff d’Obama, John Podesta, qui fut aussi le directeur de campagne d’Hillary Clinton. Ce « war game » en 4 scénarios a fuité début août. Il n’a jamais été démenti. Ni commenté dans les médias alors qu’on y voit le projet d’empêcher Trump de rester à la Maison Blanche même en cas de victoire. Depuis août, les Démocrates se sont faits plus discrets mais ce qui se déroule à partir de 4h du matin donne à penser qu’ils avaient continué à « répéter ». On saura un jour la séquence exacte et je me contente de donner les quelques pièces du puzzle déjà évidentes. D’abord les médias, démocrates de cœur, contre toutes les habitudes, suspendent le « call » des Etats où l’avance de Trump est apparemment irrattrapable : Géorgie, Caroline du Nord, Pennsylvanie. Fox News qui, depuis longtemps n’est plus la chaîne objective qu’elle avait été durant la campagne de 2016, attribue l’Arizona à Biden alors que son avance n’est pas décisive. Les médias établis, pris de panique, essaient d’arrêter la « déferlante rouge ». Ensuite démarche concertée cette fois, l’establishment démocrate décide de lancer un véritable coup de force. On annonce un discours de Joe Biden, contre tous les usages d’une soirée électorale américaine. Tant que le résultat n’est pas certain et tant que le perdant n’a pas concédé la défaite à son adversaire par un échange téléphonique, aucun des deux ne prend la parole. C’était l’usage. Biden le rompt. Pourquoi ?
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Au même moment, le comptage des voix a été suspendu en Pennsylvanie, dans le Michigan et dans le Wisconsin. Pourquoi ?
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1h1/2 après Biden, Trump se présente devant la presse. Il dénonce le « coup » qui est en train de se passer. Et il verrouille le scénario : si l’on veut voler sa décision au peuple américain, explique-t-il, cela se terminera devant la Cour Suprême.
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Dans les heures qui suivent, la fraude se déploie massivement. A Milwaukee, à Detroit, à Philadelphie, on voit apparaître des bulletins Biden en nombre invraisemblable – même en tenant compte du fait que les Démocrates auraient plus voté par correspondance.
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Les Démocrates ont lancé une machine infernale. Apparemment, au moment où j’écris ce thread, ils ont gagné : grâce à la fraude et, sans attendre que les plaintes déposées par la campagne de Trump soient jugées, Biden s’auto-proclame vainqueur après avoir dépassé son rival dans les Etats dont il a été décidé, à l’état-major démocrate, mercredi vers 5h du matin heure européenne, que Trump ne devait pas les gagner et qu’il fallait concentrer sur ces Etats l’inflation et le trucage du vote par correspondance. Mais c’est piétiner le vote de 70 millions d’Américains. C’est entacher son éventuel mandat d’illégitimité dès le départ. C’est détruire l’état de droit. C’est envoyer aux dictateurs du monde entier, à commencer par Xi Jiping, le message que la constitution américaine ne serait plus qu’un chiffon de papier Personne ne sait comment cette histoire finira. L’état de droit américain reste solide pour l’instant. Les électeurs républicains sont plus pacifiques et démocrates que les désormais bien mal nommés « Démocrates ». Mais, s’il réussissait, avec la complicité des médias des GAFA, des milices antifa et des ingérences étrangères – Boris Johnson, avec beaucoup d’imprudence, vient de féliciter Biden – ce serait une terrible bombe à retardement, menaçant de faire exploser tous les principes sur lesquels repose la liberté.
Alors que la séquence électorale s’achève, l’avocat @olivierpiton appelle à «l’extrême prudence» car une «victoire au bout de @realDonaldTrump est absolument possible car même les États octroyés à @JoeBiden font l’objet d’un recours sur trois domaines»⤵️#GivebackTrumpvotes pic.twitter.com/yzfdDw1WYd
— Strategieduchoc 🇫🇷 (@strategieduchoc) November 7, 2020
Les questions que ne se posent pas les journalistes
Joe Biden perd les 3 États clefs où le vote est le plus sécurisé : Texas, Floride et Ohio. Il gagne les 3 États clefs où le vote est le plus « fraudable » : Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin.
Il réunit à peine 20 personnes dans ses meetings alors que Donal Trump réunit des foules plusieurs fois par jour.

Les Démocrates ne gagneraient même pas le Sénat qui va probablement rester républicain après les deux derniers résultats attendu en janvier 2021 suite à des deuxièmes tours. Bizarre pour un candidat qui obtient plus de voix que Barack Obama…
Les résultats des votes par correspondance dans les Etats clefs donnent un résultat favorable à Biden situé entre 80 et 98%. La peur de la COVID 19 semble suffisante comme explication pour nos journalistes que l’on a connus plus investigateurs en d’autre occasions…Parmi les électeurs de Trump (70 millions), il n’y a pas que des “inconscients” face à la COVID 19 : quasiment aucun d’entre eux n’auraient donc voté par correspondance ?



La vidéo ci-dessous montre la joie des électeurs de Joe Biden. La peur de la COVID semble donc s’être miraculeusement éloignée :
I’m told these people were too afraid to go to the polls because of the coronavirus. pic.twitter.com/B2MZ5PqHdE
— Ian Miles Cheong (@stillgray) November 7, 2020
Voici ce que dit Gérald Ollivier, journaliste et spécialiste de la politique américain :
« Les démocrates ne voulaient pas seulement “gagner”, ils voulaient une vague bleue pour humilier Trump. Mais la fraude fut si massive, qu’ils en ont perdu le contrôle, et c’est eux qui seront humiliés quand la justice fera son œuvre. La victoire de Trump n’en sera que plus belle »
Manifestation devant la cathédrale de Nantes
Les catholiques nantais sont actuellement en train de prier devant leur cathédrale, avec une attestation de déplacement pour motif familial impérieux en y ajoutant “manifestation déclarée en préfecture”

« Voici l’Époux, sortez à sa rencontre »
Suite à l’ordonnance du Conseil d’Etat, la fronde monte au sein des catholiques, qui ne souhaitent pas revenir à une pratique dominicale uniquement par écran interposé… D’autant plus que l’ordonnance rappelle un certain nombre de libertés encore possible : les églises sont ouvertes et les prêtres peuvent se rendre chez les particuliers…
Un prêtre nous propose de publier le courrier qu’il a envoyé à ses paroissiens :
Presbytère de N.
Samedi 07 novembre 2020
X
Frères et Sœurs,
« Voici l’Époux, sortez à sa rencontre »
(Mt 25, 1-13 : Évangile du dimanche 08 novembre 2020…)
Par ce message, avec mes frères prêtres, Messieurs les Abbés N. et N., nous venons vous saluer très cordialement dans le Seigneur, et vous partager ce que nous inspire, pour demain dimanche 08 novembre, le rejet [1], ce soir, par le Conseil d’État des recours que la Conférence des Évêques de France, plusieurs Évêques et associations avaient déposés, demandant l’autorisation de la célébration publique des cultes pendant le confinement.
Ce matin même, le Premier Ministre déclarait, lors de l’hommage aux victimes niçoises tuées par un islamiste – parce que chrétiennes – dans la Basilique Notre-Dame de Nice :
« Aucune célébration religieuse n’est une offense dans une République laïque qui respecte la religion pour ce qu’elle est ; l’expression d’une conviction intime, et qui en garantit la pratique pour ce qu’elle est : l’exercice d’une liberté fondamentale. »
Cette quasi-simultanéité de déclarations contradictoires nourrit certainement l’incompréhension, et sans doute aussi, chez plusieurs d’entre vous, une triste colère.
Sans autres commentaires, nous partageons l’une comme l’autre.
Nous pourrions bien évidemment nous soustraire à la décision inique du Gouvernement, cautionnée par cette ordonnance du Conseil d’État, d’interdire la célébration de la Sainte Messe – parce qu’une injustice ne peut fondamentalement jamais nous obliger, en notre âme et conscience –, et nous gardons la possibilité de le faire.
Nous pourrions ainsi choisir de célébrer des Messes dites « privées » chez des particuliers, dans des maisons individuelles [2]…
Mais en priant et en échangeant entre nous, nous sommes plutôt arrivés à la conclusion qu’il valait mieux, dans un premier temps, utiliser l’absurde contradiction des Autorités civiles (pour ne pas dire, leur schizophrénie)…
Juste avant de vous exposer ce pour quoi nous avons opté, nous voudrions attirer votre attention sur une clarification positive qu’apporte cette fameuse Ordonnance, qui stipule qu’il faut, pour se rendre dans un lieu de culte, cocher sur les attestations de déplacement dérogatoire la case : « motif familial impérieux ». Et ce n’est pas une blague !
« Il résulte, par ailleurs, des déclarations faites lors de l’audience par l’administration, que des instructions ont été données pour que les Fidèles puissent se déplacer dans le lieu de culte le plus proche de leur domicile ou situé dans un périmètre raisonnable autour de celui-ci en cochant, en l’état du modèle-type de justificatif qui gagnerait à être explicité, la case « motif familial impérieux » » [3].
Vous savez donc désormais que cocher sur votre feuille d’attestation…
« [Les personnes] peuvent aussi se rendre dans ces établissements [de culte] à l’occasion de l’un quelconque de leurs déplacements autorisés hors de leur domicile, sans se munir d’un autre justificatif, pour y exercer, à titre individuel, le culte en évitant tout regroupement avec des personnes ne partageant pas leur domicile. »
Rappelons également que les lieux de culte restent légalement ouverts, et que les fidèles sont autorisés à s’y rendre, dans le respect des normes sanitaires en vigueur, gestes barrières, distanciation, la dose adéquate de gel hydroalcoolique, masques, et tout le tralala habituel [4].
De plus, puisque « les ministres du culte peuvent continuer à recevoir individuellement les fidèles dans les établissements précités […] », voilà concrètement ce que nous vous proposons, au moins pour demain, dimanche 8 novembre :
Nous vous invitons tout d’abord, en matinée, à vous nourrir de la Parole de Dieu, en prenant le temps de La lire, et de La méditer.
Vous pouvez le faire chez vous, à partir des lectures du 32ème Dimanche du Temps Ordinaire [5], ou en suivant un office retransmis à la télévision, ou par Internet.
Nous vous recommandons, si vous en avez la possibilité, de suivre la Messe que présidera notre Évêque, Monseigneur N., demain, et que vous pourrez suivre à partir de 11h (sur le site du Diocèse) :
Dans l’après-midi, à partir de 14 h et jusqu’à 18 h 30, nous, vos prêtres, serons présents dans la Basilique pour vous permettre de recevoir le Corps du Christ, en vous donnant la Communion sacramentelle [6].
Nous vous invitons à venir le plus nombreux possible, pour témoigner, précisément, que pour vous, la Communion est réellement une nécessité impérieuse dont vous ne pourriez vous passer (alors qu’il n’est pas exclu d’envisager que l’on cherche à reléguer les Catholiques dans une bulle strictement privée de plus en plus minoritaire, en nous poussant dans des catacombes de mépris et d’oubli).
Cependant, pour que l’affluence soit régulée, et qu’il n’y ait pas trop de Fidèles à se retrouver au même moment à la Basilique, nous vous demandons – dans la mesure de votre possible – d’essayer de répartir votre venue tout au long de l’après-midi.
À titre indicatif, nous nous permettons de vous suggérer un critère alphabétique :
- de 14 h à 15 h, les personnes dont le nom de famille commence par A jusqu’à F,
- de 15 h à 16 h, ceux dont le nom commence par G jusqu’à L,
- de 16 h à 17 h, ceux dont le nom de famille commence par M jusqu’à R,
- après 17 h, les suivants.
Lors de votre venue à la Basilique pour y recevoir la Sainte Communion, nous vous exhortons à prendre un temps individuel de prière préalable, et à rester également pour un temps d’action de grâce, devant le Très Saint-Sacrement qui sera exposé tout l’après-midi, pour unir votre prière à celle de toute l’Église, dont la « Source et le Sommet » est l’Eucharistie.
Nous restons bien sûr également à votre disposition pour vous entendre en confession et vous administrer le Sacrement du Pardon.
Merci de bien vouloir diffuser le plus largement autour de vous, à tous les paroissiens de notre secteur, cette information qui est adressée à tous !
Merci également d’avoir le souci de nous signaler les personnes de votre voisinage, et/ou connaissance qui ne pourraient pas se rendre physiquement à la Basilique, mais qui seraient désireuses que leur soit portée la Sainte Communion.
Nous vous redisons notre communion de prière avec vous tous, spécialement par l’intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l’Église, et demandons à Dieu de vous bénir et de protéger vos familles,
+ Abbés N., Curé,
N et N.
En résumé :
- Dimanche matin : lecture et méditation de la Parole de Dieu (selon la Liturgie de l’Église, du 32ème dimanche du Temps Ordinaire)
- Après-midi, à la Basilique : de 14 h à 18 h 30
- Exposition du Saint-Sacrement (et confessions possibles)
- Communion sacramentelle (par ordre alphabétique !)
[1] Ordonnance du Juge des Référés du Conseil d’État, du 07 novembre 2020 (n°s 445825, 445827, 445852, 445853, 445856, 445858, 445865, 445878, 445879, 445887, 445889, 445890, 445895, 445911, 445933, 445934, 445938, 445939, 445942, 445948, 445955) : « Les requérants ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que l’atteinte que les dispositions contestées portent à la liberté de culte ainsi qu’au droit au respect de leur liberté personnelle, à la liberté d’aller et venir et à la liberté de réunion, serait manifestement illégale. Il résulte de tout ce qui précède […], que les requêtes doivent être rejetées […] »
[2] Du reste, l’ordonnance du Conseil d’État sus-citée laisse entr’ouverte cette possibilité : « Les ministres du culte peuvent continuer […] à se rendre, au titre de leur activité professionnelle, au domicile des [fidèles] ou dans les établissements dont ils sont les aumôniers »…
[3] Notons, au passage, que cette ordonnance valide l’idée que se rendre dans un lieu de culte relève d’une nécessité impérieuse, et qu’il confirme que l’Église est bien une famille !
[4] « […] dans le respect des mesures dites barrières et notamment du port d’un masque, lequel peut être momentanément retiré pour l’accomplissement des rites qui le nécessitent. » (Ibid.)
[5] 1ère Lecture : Sg 6, 12-16 / Psaume 62 / 2ème Lecture : 1 Th 4, 13-18 / Évangile : Mt 25, 1-13.
[6] Selon le rite dit « abrégé » : rite pénitentiel / Prière du Notre Père et rituel jusqu’à la Communion / bénédiction et invocation à la Très Sainte Vierge Marie.
Engelszell en Autriche : bienvenue à l’abbaye (et à sa brasserie)
Bienvenue en Autriche, chez les moines de l’abbaye d’Engelszell ! Ici, au bord du Danube, une communauté de moines trappistes vit encore dans le silence de la prière et du travail, et sont notamment connus pour leurs nouvelles bières trappistes. Mais qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Comment se passe leur vie ? Allez, en avant, Divine Box vous raconte tout ça en 3 mn !

L’abbaye d’Engelszell est son style baroque – © Engelszell abbaye
Une histoire qui remonte à bien longtemps !
L’abbaye d’Engelszell n’est pas toute jeune ! Fondée en 1293 par Bernhard de Pramsbach (évêque de Passau), elle rejoint deux ans plus tard l’ordre cistercien. L’abbaye rayonne alors, mais seulement pour une bien courte durée. Elle est victime des épidémies et des incendies et se retrouve bien mal en point. Jusqu’au coup de grâce donné en 1786 par Joseph II, qui la ferme définitivement. Pour lui, un ordre contemplatif était inutile…
Pendant plus d’un siècle, Engelszell sert alors de manufacture de porcelaine ou encore de lieux de vacances pour de riches familles. Bref, on est bien loin de la vocation initiale (de prière !) du lieu.
Mais l’arrivée en 1925 de moines de l’abbaye d’Oelenberg, trappistes (c’est-à-dire de l’ordre cistercien de la stricte observance), redonne heureusement vie à Engelszell. Et hop, c’est reparti ! Six ans plus tard, le nouveau monastère d’Engelszell est érigé en abbaye, et devient ainsi la seule abbaye trappiste d’Autriche. Beau travail !

L’abbaye d’Engelszell est situé dans une écrin de verdure – © Radtour-Passau-Wien
Et l’abbaye d’Engelszell aujourd’hui ?
Aujourd’hui, une petite dizaine de moines suivent la règle de saint Benoît, “ora et labora” (“prie et travaille”) à l’abbaye d’Engelszell. Le premier des six offices est à 5h30 du matin ! Le reste du temps, les moines lisent, étudient, et se consacrent au travail manuel. Eh oui, chacun prend sa part aux tâches ménagères, et puis surtout, il faut des petites mains pour fabriquer les liqueurs et la bière que vend l’abbaye !
D’authentiques bières trappistes !
Les bière d’Engelszell sont parmi les dernières arrivées sur le marché des bières trappistes, car la première date de 2012. Les bières arborent bien sûr fièrement le logo ATP (« Authentic Trappist Product ») qui garantit les trois critères d’une vraie bière trappiste :
– La bière doit être brassée au sein de l’abbaye
– La bière doit être brassée par les frères ou sous leur contrôle
– Les bénéfices générés par les ventes de la bière doivent servir à entretenir l’abbaye ou à aider des œuvres caritatives.

Trois bières pour trois abbés !
Les trois bières brassées à l’abbaye d’Engelszell se distinguent par… leurs petits noms ! Et oui, Gregorius, Benno et Nivard correspondent aux noms des trois premiers abbés de l’abbaye. Chouette non ?
- La Gregorius est une bière brune de style “Quadrupel”, se caractérisant par une robe foncée, des arômes de miel, de caramel et de sucre, et des saveurs de cacao, de malt grillé et de fruits confits. Gregorius est nom du 1e abbé de la communauté !
- La Benno, quant à elle, est une bière ambrée. Au nez, on y décèle des arômes de miel, de fleurs et de fruits. Et en bouche, le malt grillé et les notes fumées prennent le dessus. Cette bière (Benno) doit son nom au deuxième abbé de la communauté !
- Et enfin la Nivard ! Une blonde plutôt légère (5,5% d’alcool) qui a des arômes de pêche et d’agrumes au nez et des saveurs fruitées en bouche. Et sans surprise, c’est le troisième abbé de l’abbaye d’Engelszell qui lui a donné son nom !

La Sainte Famille à Cotignac continue à répandre ses « dons »
Un article d’Antoine Bordier pour Le Salon beige :
Alors que la seconde vague du Covid-19 frappe la France, l’Europe et le reste du monde, à Cotignac, dans le Var, là où est apparue la Sainte Famille aux 16è et 17è siècles, « les dons » continuent à se répandre sur toutes les personnes qui s’y rendent. Sur place, le reconfinement, annoncé par le Président Macron à quelques heures de la Toussaint, a permis la venue de pèlerins. Reportage sur un lieu unique au monde.

A quelques heures de la fête de la Toussaint, le recteur du sanctuaire de Notre-Dame de Grâces s’affaire. Il espère que les pèlerins seront au rendez-vous. Arrivé à Cotignac il y a 8 ans, le frère Hubert-Marie est devenu le recteur du sanctuaire en 2018. Membre de la communauté des Frères de Saint-Jean, à l’occasion des 500 ans de Cotignac (1519-2019), il s’est particulièrement investi dans l’année jubilaire, qui s’est clôturée en janvier 2020. Ce jubilé a donné lieu à des changements au sein même de la vie des frères, avec deux départs et trois arrivées. Plus personnellement, il relie sa vocation à ce lieu : « je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai reçu depuis ma tendre enfance. Je suis l’aîné d’une famille de 5 enfants. Je dois beaucoup à ma famille au sens large. En vivant ici aux sanctuaires de la Sainte Famille, au pluriel, car il y a celui de Notre-Dame de Grâces, dont nous nous occupons, et, celui de Saint-Joseph du Bessillon, dont s’occupe les sœurs de Mater Dei, je rends grâce tous les jours. » L’histoire de cette communauté des frères est fortement liée à Cotignac. Elle a été fondée dans les années 70, à Lérins. « Les frères ont d’abord été oblats de l’abbaye cistercienne de Lérins, explique-t-il. Puis, quand nous sommes devenus plus nombreux, Mgr Barthe, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, dont dépend Lérins, a permis que nous devenions une congrégation de droit diocésain. Et, notre premier prieuré a été fondé il y a 39 ans, ici. » Le frère connaît par coeur l’histoire de Cotignac.
« Venez recevoir les dons que je veux répandre ici »

C’est sur le Mont Verdaille, qui culmine à 700 m, à une heure au nord de Toulon, que Notre-Dame de Grâces apparaît le 10 août 1519, à un simple bûcheron, Jean de La Baume. « Jean vivait dans une grotte, raconte le frère. La baume en provençal veut dire « grotte ». La Vierge Marie portait l’Enfant Jésus. C’est important de le souligner car elle est venue rappeler, ici, qu’elle est médiatrice de toute grâce. A cette époque, c’est l’avènement du protestantisme. Il y a une grande crise dans l’Eglise. Deux ans avant, en 1517, Luther placardait ses thèses à l’origine du protestantisme. » En 1519, Marie, lors de son apparition, s’adresse à Jean de la Baume : « Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. » Saint Bernard et saint Michel apparaissent aussi, entourant Marie et Jésus. Plus d’un siècle plus tard, le 7 juin 1660, vers 13h00, c’est au tour de saint Joseph, l’époux de Marie et le père adoptif de Jésus, de venir sur cette terre de Provence, au Mont Bessillon, à 3 km du Mont Verdaille. Il apparaît à Gaspard Ricard, un berger assoiffé. Il lui dit : « Je suis Joseph, soulève ce rocher et tu boiras. » Gaspard obéit, soulève le rocher, que 9 hommes en seront incapables, et une source d’eau se met à jaillir. Les habitants de Cotignac construisent, par la suite, une chapelle sur le lieu de l’apparition et protège la source.
Le vœu de Louis XIII, d’hier à aujourd’hui

Ces apparitions uniques au monde ne s’arrêtent pas là. Une troisième est à prendre en compte : celle du 3 novembre 1637. A Notre-Dame des Victoires, à Paris, la Vierge Marie apparaît à un religieux augustin, le frère Fiacre. Elle lui dit : « N’ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu, et l’enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veut donner à la France. Pour marquer que je veux qu’on avertisse la Reine de faire trois neuvaines en mon honneur, voilà la même image qui est à Notre-Dame de Grâces, en Provence et la façon de l’église. » Frère Fiacre se rend à Cotignac et trouve, sous la forme d’un tableau roulé dans une cave, l’image présentée par la Vierge. Il prie ces neuvaines : à Notre-Dame de Grâces, à Notre-Dame de Paris, et, à Notre-Dame des Victoires. Le 5 septembre 1638, alors que Louis XIII et Anne d’Autriche n’arrivaient pas à avoir de descendant, nait Louis-Dieudonné, le futur Louis XIV. 7 mois auparavant, en février, le roi Louis XIII avait présenté un texte au Parlement de Paris pour consacrer son royaume à Notre Dame « en laquelle nous mettons particulièrement nostre Personne, nostre Etat, nostre Couronne, et tous nos Sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Saincte Trinité, par son intercession, et de toute la Cours céleste, par son auctorité et exemple ». C’est le fameux « vœu de Louis XIII ». Il instaure, aussi, les fêtes de l’Assomption, du 15 août. Il décédera en 1643. Le 21 février 1660, accompagné de sa mère, le Roi-Soleil vient à Cotignac rendre grâce de sa naissance. Le chemin qu’il a emprunté à cheval existe encore aujourd’hui.
La France est aimée de Marie
500 ans plus tard, le 14 août 2020, le pèlerinage du M de Marie, qui était parti le 1er juin de Notre-Dame de La Salette, est à Paris. Lors d’une célébration, à quelques mètres de la cathédrale, en présence de l’archevêque Mgr Michel Aupetit, de Mgr Chauvet, recteur, et, de plusieurs milliers de pèlerins, le « vœu de Louis XIII » est de nouveau prononcé. On lui doit le maître-autel qui a été miraculeusement préservé lors de l’incendie du 15 avril 2019. Le 15 août, au Sacré-Cœur de Montmartre, Mgr Aupetit consacre la capitale aux Cœurs Unis de Jésus et de Marie. A Cotignac, le frère Marie-Jean est chapelain à Notre-Dame de Grâces et curé de la paroisse. Il est arrivé en août 2018, après avoir vécu 31 ans en Afrique, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Il pose un regard critique sur la France qu’il retrouve, et, regrette de ne pas y avoir retrouvé l’accueil chaleureux, tel qu’il l’a vécu, dernièrement, au Sénégal. « En Afrique, on ne peut pas passer à côté de quelqu’un sans le saluer et sans lui demander de ses nouvelles, ici on est intrusif, dit-il en rigolant ». Il aime beaucoup la France. A Cotignac, il est marqué par la Vierge Marie. A la question, pourquoi Marie aime autant ce coin de France ? il répond : « Tout de suite après la mort et la résurrection du Christ, il y a eu deux grandes routes d’évangélisation, celle de la Vierge Marie et de saint Jean qui sont partis en Turquie. Et, celle de Marie-Madeleine et de Lazare qui sont venus dans la région. Vers 45 et 46, l’évangélisation de la Gaule a commencé aux Saintes Maries de la Mer. La France a reçu une mission : elle est éducatrice des peuples. » Il cite Jean-Paul II, Benoît XVI, le pape François, il parle de la sainteté. Pour le jubilé, un parcours des saints a été conçu tout autour du sanctuaire, sous la forme de 7 petits oratoires et d’un espace dédié à la Vierge Marie.
Le parcours des Saints et de Notre Dame

Le parcours commence avec le Credo, puis, le pèlerin descend lentement l’escalier de pierrailles vers le premier oratoire. Chacun est introduit par une béatitude : « Bienheureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux. », pour le premier. Puis, une phrase du pape François : « Les richesses ne te garantissent rien. Qui plus est, quand le cœur se sent riche, il est tellement satisfait de lui-même, qu’il n’y a plus de place pour la Parole de Dieu, pour aimer les frères, ni pour jouir des choses les plus importantes de la vie. Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté. » L’oratoire est un triptyque en bois ouvert surmonté par une petite croix. Chaque panneau présente la vie d’un saint. Parmi les saints, on peut citer le bienheureux Charles de Foucauld, dont la canonisation a été annoncée par le pape François en mai dernier. Cet aristocrate, riche héritier, devient orphelin à l’âge de 6 ans. Après avoir mené une carrière militaire et une vie de patachon, il se convertit. Après la Terre Sainte, il part vivre au milieu des Touaregs dans le Sahara algérien. Il meurt assassiné en 1916, devant son ermitage, à l’Assekrem, dans le Hoggar, à 1900 km au sud d’Alger. Pour faire ce parcours, il faut compter une heure. Une petite heure pour se familiariser avec les 22 saints, dont le bienheureux Pier Giorgio Frassati, sainte Gianna Beretta Molla, saint Pio de Pietrelcina (padre Pio), saint José Luis Sanchez del Rio, sainte Joséphine Bakhita, sainte Faustine, Sainte Teresa de Calcutta. Un couple y est représenté, les époux Martin, saint Louis et Zélie. Et, un pape : saint Jean-Paul II.
Des pèlerins viennent rendre grâce

C’est la première fois que Pauline et Benoît viennent à Cotignac. En vacances dans la région, ils se sont arrêtés avec leurs trois garçons, et, vont faire le parcours des saints. Ils viennent remercier pour la naissance de leur 3è enfant : un petit Louis.

« Il est arrivé en 2019, explique Pauline. En plus, c’était les 500 ans des apparitions. Nous sommes très heureux, car nous l’attendions depuis quelques temps. Nous avons prié pour qu’il arrive enfin. » Dans la chapelle de saint Joseph, à l’intérieur du sanctuaire, toute la famille a prié un « Je vous salue ô saint Joseph ». De leur côté, Alain et Joëlle n’ont pas encore fait le parcours des saints, mais ils ont décidé de venir vivre leur retraite à côté du sanctuaire de Notre-Dame de Grâces. Ils viennent de faire le pèlerinage des grands-pères de famille. Depuis 1976, et, le lancement du premier pèlerinage des pères de famille, le sanctuaire vit au rythme des pèlerinages : celui des pères de famille, celui des mères de famille, celui des grands-parents, celui des célibataires. Après une neuvaine de prières à saint Joseph, le couple, qui fêtera bientôt ses 50 ans de mariage, a trouvé exactement la maison qu’il recherchait. Ils ont quitté Grasse pour Cotignac. « Nous sommes heureux, c’est un cadeau d’être ici depuis 3 ans. Nous sommes venus pour la sainte Vierge et saint Joseph. Nous sommes émerveillés par la beauté des deux sanctuaires. » Heureux, avec leurs quatre enfants, dont un prêtre et leurs onze petits-enfants. Pour couronner le tout, Joëlle est une artiste à part entière. Elle met ses talents de chanteuse, de musicienne et de peintre au service de la Sainte Famille.
Frère Fiacre et l’association des pèlerins

Albéric et Marie-Caroline sont des globe-trotters. Après une carrière internationale en Asie, ils ont décidé de s’installer dans la région. En 2013 ils rachètent le Château Carpe Diem, domaine viticole Bio, qui se situe à 5 mn en voiture du sanctuaire. Albéric renoue, en même temps, avec son histoire familiale d’exploitants agricoles. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’il est lié à Cotignac par le frère Fiacre. « Fiacre est mon 3è prénom, mais je ne savais pas que cela avait un lien avec Cotignac. Je suis venu pour la première fois à Cotignac en 2012. Je me suis senti poussé pour venir à Cotignac. » Le frère Fiacre fait partie de la même famille qu’Albéric. Il s’est engagé, par la suite, au sein de l’association des pèlerins. Il y a 5 ans, il a lancé la cuvée de la Sainte Famille, à destination des pèlerins. « Cueille le jour présent ou Carpe Diem est une recherche quotidienne de l’excellence sans se soucier du lendemain. Saint Augustin a écrit en ce sens. Il faut le lire pour bien comprendre le sens. C’est la confiance que nous donnons et que nous recherchons. » Mystérieusement, ils ont un point commun avec Perrine et Gaëtan : Cotignac fait partie, aussi, de leur histoire familiale. Gaëtan est le président de l’association Les Pèlerins de Notre-Dame de Grâces. Ils sont présents à Cotignac depuis 22 ans. 3 de leurs 6 enfants vivent à Cotignac. Eux aussi sont émerveillés par le lieu : « Ici, la nature dit Dieu. Elle est belle, généreuse. La grâce de Cotignac, le don de Cotignac : donner la vie et réunir les familles. Beaucoup de pèlerins, de couples, de familles viennent ici pour cela. Beaucoup d’hommes, de papa, viennent pour saint Joseph. ». L’arbre généalogique de Perrine remonte à Cyprien Fabre et à la famille Régis, qui a organisé la venue du roi Louis XIV avec Anne d’Autriche, en 1660.

« La Sainte Famille s’occupe de nous »

A Cotignac, le grand message qu’il faut retenir, c’est, certainement, celui de Marie : « Venez recevoir les dons que je veux répandre ici » C’est en tout cas ce qu’ont expérimenté Constance et Xavier qui se sont mariés en 2011. Ingénieur, expatrié à Dubaï, Xavier rentrera dans la région en 2009. En 2010, il rencontre Constance lors d’un pèlerinage à Turin. Ils se marient l’année d’après. « Nous nous sommes mariés civilement le 19 mars, jour de la saint Joseph, et, religieusement le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont Carmel. » Très uni, le couple raconte comment il a été touché par la grâce de Cotignac.
Avant de se marier, Constance avait une vie donnée au Seigneur, dans la Communauté des Béatitudes. « A l’époque, j’aimais, déjà, saint Joseph. Et, je me souviens qu’il est intervenu lors des besoins pressants de nourriture dans la communauté. Le lendemain, une livraison providentielle nous arrivait. » Xavier se souvient avoir eu à plusieurs reprises la certitude, en venant à Cotignac en 2008 et 2009 que la Vierge Marie lui donnait des grâces. « En mai 2007, j’étais expatrié à Dubaï, je suis allé pour la première fois à Medjugorje. Puis, l’année d’après à Cotignac, lors d’un pèlerinage des célibataires. J’ai eu une grâce familiale qui concernait des sujets tabous qui remontaient à mon grand-père. Je recherchais aussi mon âme sœur. » Xavier et Constance en sont convaincus : « La Sainte Famille s’occupe de nous. Marie nous accompagne tous les jours. Et, saint Joseph agit dans l’ombre. Si on n’a pas les yeux de la foi, on peut passer à côté. Nous nous consacrons tous les jours à Dieu par Marie et saint Joseph ». Fruit de leur amour, et, des « dons » de Cotignac, ils ont adopté il y a 4 ans un petit Rayan.
Des pèlerinages pour défendre la vie

Helen a 85 ans, elle vit à Cotignac depuis les années 80. Anglaise, elle est tombée amoureuse, avec son mari, de la région. Aujourd’hui veuve, avec ses 6 enfants, ses 20 petits-enfants, et, ses 3 arrière-petits-enfants, elle s’est engagée pendant plus de 30 ans pour faire célébrer des messes pour défendre la vie. L’actualité législative des mois de juillet et d’août dernier l’ont à la fois rendu malheureuse et plus forte. Elle demande que l’on continue de célébrer des messes le 29 septembre, fête des saints archanges, et, le 28 décembre, fête des saints Innocents. Malgré son âge, elle ne lâche rien : « je continue mon combat de la bénédiction de la vie contre la malédiction de la mort, pour tous ces enfants non-nés, avortés. Ici, quand Marie dit qu’elle veut répandre les dons, elle parle du don de la vie. Cette mission de célébrer des messes a démarré à Cotignac. Tout passe par l’Eucharistie et le désir d’offrir tous ces millions d’enfants avortés dans le Cœur de Dieu ». Elle parle de saint Jean-Paul II, de Mgr Rey, de Mgr Aillet. Elle aimerait que soit célébrée une fois par mois la messe pour tous ces innocents. Elle parle de clonage, d’eugénisme, de « crime contre l’humanité ». Elle termine en disant son vœu le plus cher de voir partout en France des pèlerinages pour la vie. Il y a 34 ans, elle lançait celui de Cotignac.

Texte et photos réalisés par Antoine BORDIER
6 saints pour nous accompagner dans nos défis du quotidien
Les saints peuvent intercéder pour nous auprès de Dieu. Martyrs, thaumaturges, mystiques, ils peuvent nous paraître parfois bien loin de notre vie métro-boulot-enfants-courses-dodo. Et pourtant, nous pouvons leur confier nos problèmes de tous les jours. Découvrez six saints, vrais compagnons de notre quotidien, prêts à nous montrer qu’aucun de nos soucis – petits ou grands – n’est indifférent à Dieu.
- Des problèmes de travail ? Demandons de l’aide à saint Joseph, patron des travailleurs. Le père nourricier de Jésus trouva dans son travail de charpentier, réalisé avec courage et humilité, la voie de la sainteté. C’est pourquoi nous pouvons le prier pour trouver un emploi, apaiser des tensions au travail, nous protéger dans notre métier. Il connut les inquiétudes de tout père de famille, notamment celles de nourrir et de loger Marie et Jésus. Son intercession est très efficace pour les problèmes de logement également.
- La vie de famille n’est pas un long fleuve tranquille et les défis des parents sont nombreux. Les parents de sainte Thérèse de Lisieux, Louis et Zélie Martin en savent quelque chose avec leurs neuf enfants. En se laissant guider par Dieu dans leur tâche de parents, ils ont atteint la sainteté (et permis à leur fille de s’épanouir pour en devenir une !). A notre tour, laissons-nous guider par ce couple de saints pour savoir répondre aux besoins de nos enfants. Avec eux, permettons à nos enfants de devenir pleinement eux-mêmes, des hommes et des femmes merveilleux, tels que Dieu les a voulus.
- Dans nos vies très remplies, une (grande !) partie de notre temps se passe sur la route. La route du travail, la route de l’école, la route des vacances … Saint Christophe est le saint patron des voyageurs et est prié par les automobilistes. Avant un trajet, nous pouvons lui demander de nous garder vigilant, prudent, attentif aux autres et ouvert à ce que cette route peut nous apporter.
- Face à des situations conflictuelles dans le cercle familial, professionnel, amical, et même dans des procès, saint Expedit pourra être un médiateur efficace et bienveillant. Ce saint, connu pour la promptitude de ses décisions, est sollicité dans les situations d’urgence. Nous pouvons lui demander de prier l’Esprit-Saint afin qu’il nous éclaire et insuffle à tous le désir de vérité, de miséricorde et de charité.
- Perte de clefs, complicité perdue dans le couple, ami un peu trop oublié, sentiment de s’être égaré … saint Antoine de Padoue peut être appelé à la rescousse de nos pertes et égarements ! Ce doux saint franciscain éclaire nos recherches qu’elles soient d’ordre matérielle, affective, spirituelle. Connu pour ses miracles et son attention sans limites aux autres, prions-le avec confiance.
Les églises sont ouvertes
Rien n’empêche les prêtres de célébrer la messe dans les lieux de culte qui restent ouvertes et rien n’empêche les fidèles d’entrer dans les églises individuellement. C’est l’organisation de cérémonies religieuses qui est suspendue…
— Mgr Marc Aillet (@MgrMAillet) November 7, 2020
Levons-nous, allons !
De Guillaume d’Alançon :
En ces temps si difficiles et si troublés, tant dans l’Eglise que dans le monde, outre Atlantique, chez nous et pour ainsi dire partout, il est un lieu où nous sommes véritablement dans la paix profonde, c’est au pied de la Croix de Jésus-Christ.
Alors que les institutions qui régissent la France ont décidé d’interdire chaque personne d’adorer le Christ-Eucharistique, l’unique Sauveur du monde, d’offrir avec Lui notre vie au Père, que nous reste-t-il si ce n’est le devoir de refuser de sacrifier aux empereurs de notre temps ?. “Rendez à César ce qui est à César” nous dit Jésus. D’accord. Nous rendons aussi à Dieu ce qui est à Dieu, au nom même de l’ordre qui nous est donné par le Sauveur dans l’Evangile. Oui, rendons à Dieu ce qui est à Dieu. Rendons-lui le culte véritable auquel il a droit. Rendons-lui le culte que notre pauvre humanité peut lui rendre dans l’humilité de nos vies, de nos épreuves et de nos souffrances. Offrons-lui nos peurs, y compris celle des virus en tous genres. N’a-t-il pas le pouvoir sur toutes choses, au Ciel et sur la Terre ? N’est-il pas le Seigneur des seigneurs ?
Un seul Dieu tu adoreras nous commande le Créateur.
N’ayons pas peur ! N’ayons pas peur !
Oui, n’ayons pas peur. Prions les uns pour les autres, pour qu’aucun d’entre nous n’ayons peur de ceux qui ne peuvent nous ravir notre âme.
Notre âme est à Dieu. Nous avons besoin de sa grâce, de son corps, de sa vie. Sans la messe nous ne pouvons vivre.
Demandons avec insistance à nos évêques le courage de lutter jusqu’au bout pour défendre ce droit. Comment a-t-on fait pendant les 20 derniers siècles ? Les maladies étaient bien plus terribles que maintenant… Et à Lourdes, qui était un repère de microbes, de virus, de maladies aussi pires les unes que les autres… A Ars, aux conférences de Don Bosco, dans les mouroirs de Mère Teresa, les pires infections côtoyaient les plus incroyables guérisons. Oserons-nous manquer de foi à ce point en renonçant à la Sainte Messe ?
Et rappelons-nous que l’heure est proche où le Christ nous demandera : “Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux Cieux” Il est écrit ensuite :
“Celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu… Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire.” (Lc 12, 8-12)
Quant à nos évêques, invoquons Notre-Dame de France, et non la parodie de marianne, afin qu’ils redisent en âme et conscience que tout dans leur vie est pour Dieu, uniquement pour lui. Comme nous d’ailleurs. N’hésitons pas à leur envoyer la neuvaine à “Marie qui fortifie les évêques” (pour se la procurer c’est ici) Elle seule écrase la tête du serpent.
Oui, une fois encore, l’heure est proche où nous devrons rendre des comptes à Dieu sur nos choix profonds: aurons-nous aimé davantage notre vie corporelle que la vie de notre âme ? Aurons-nous choisi le confort de ne pas avoir d’ennuis, de ne pas avoir eu de problème avec ceux qui pensent selon la prudence du monde et non selon la Sagesse de Dieu ?
Oui Seigneur, vous avez les paroles de la Vie éternelle.
Rien sur la terre ne pourra nous séparer de votre amour.
Que votre règne arrive !
Maranatha, venez, Seigneur Jésus !
Donald Trump conteste la victoire attribuée à Joe Biden
Les médias américains ont soudainement proclamé la victoire de Joe Biden. Donald Trump a contesté cette précipitation:

Le Conseil d’Etat confirme l’interdiction des messes publiques
Le Conseil d’Etat rejette les recours des associations et des évêques demandant l’autorisation de la célébration publique des cultes pendant le confinement. Lire l’ordonnance
Par l’ordonnance de ce jour, le juge des référés précise les règles applicables:
- l’ensemble des lieux de culte demeurent ouverts ;
- les fidèles peuvent y participer aux enterrements et aux mariages dans la limite respective de 30 et 6 personnes, mais également s’y rendre pour y exercer le culte à titre individuel, en particulier à l’occasion de leurs autres déplacements autorisés ;
- les ministres du culte peuvent librement y participer à des cérémonies religieuses, notamment pour en assurer la retransmission, et y recevoir individuellement les fidèles, de même qu’ils peuvent se rendre au domicile de ceux-ci.
Le juge relève, à cet égard, que les dispositions relatives aux mariages et aux justificatifs de déplacement gagneraient à être explicitées.
S’agissant des lieux de culte en particulier, le juge des référés constate que le risque de contamination n’y est pas écarté et que les mesures de restriction, qui doivent faire l’objet d’un prochain réexamen, prendront fin, au plus tard, au terme de l’état d’urgence sanitaire, fixé à ce jour au 16 novembre. Sauf que les députés ont entamé ce même samedi l’ultime lecture du projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire, avant son adoption définitive par le Parlement, qui doit proroger l’état d’urgence jusqu’au 16 février 2021.
Réaction de l’Institut du Bon Pasteur :
L’Institut du Bon Pasteur, en lien avec d’autres communautés et associations, a déposé le 30 octobre une requête en référé-liberté auprès du Conseil d’État contre les mesures d’interdiction du culte public. L’Institut du Bon Pasteur considérait en effet que les mesures prises par le gouvernement dans son décret du 29 octobre n’étaient pas justifiées.
La requête a été examinée, en même temps que celles de la Conférence des Évêques de France et de divers groupes et associations catholiques, ce jeudi 5 novembre. Malheureusement, nous apprenons aujourd’hui que le Conseil d’État a refusé nos demandes, et considère à présent que l’exercice public du culte n’est pas une activité « essentielle » dans notre pays. Les différents échanges avec les personnes présentes lors de l’audience ont montré que la défense du gouvernement était faible, sans arguments et mal assurée. Cependant, malgré la force de notre demande, et le grand nombre d’associations, de communautés et de groupes requérants, au premier rang desquels, la Conférence des Évêques de France, le Conseil d’État a soutenu la décision du gouvernement de priver les fidèles de l’exercice d’un droit et d’un devoir pourtant fondamentaux.
L’Institut du Bon Pasteur prend acte de cette décision inique, qui relève d’un abus de pouvoir et la regrette vivement. Il est évident que l’Institut continuera, dans la mesure de ses moyens, à assurer la mission qu’il a reçu lors de sa fondation, à savoir la sanctification des fidèles chrétiens par le don des sacrements et la formation.
Nous remercions Maître Jérôme Triomphe, avocat au barreau de Paris, qui a présenté notre requête, et nous vous invitons à entrer en contact avec nos prêtres dans nos divers apostolats.
Prions pour que l’exercice libre du culte catholique nous soit rapidement rendu, afin que nous puissions célébrer comme il se doit la Naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Communiqué de Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon :
Nous prenons acte de la décision du Conseil d’Etat. Elle peut engendrer chez beaucoup incompréhension et souffrance. Face à la mise en cause de la liberté de culte, les catholiques ne peuvent se rendre à la célébration eucharistique qui est source et sommet de la vie chrétienne. Nous prenons note de cette décision en nous engageant dans toutes les mesures de recours. Plus que jamais notre société a besoin de Dieu pour affronter les craintes et les incertitudes qui pèsent sur notre époque.
Mélange des genres
Demain commence un “Sommet de la puberté” organisé par “Kiffe ton cycle” dans lequel on retrouve
- en tête d’affiche le médecin Martin Winckler et l’essayiste Elise Thiebaut, des promoteurs de l’avortement signataires d’une tribune du Planning familial pour “libérer l’avortement” en “abrogeant la clause de conscience spécifique à l’IVG“.
- Arnaud Alessandrin, activiste LGBT, auteur d’une thèse « Du ‘transsexualisme’ aux devenirs trans ».
- Nadia Richard, “la Youtubeuse qui parle à l’oreille des jeunes” en trouvant normale les relations sexuelles précoces…
“Kiffe ton cycle” avait commencé doucement il y a 2 ans à organiser des “sommets du cycle” auxquels se sont associés des catholiques enseignant les méthodes naturelles (ex. Fertilitycare, Cycloshow, Billings Life/ Woomb France…). Mais petit à petit, on a vu s’affirmer la ligne de sa fondatrice Gaëlle Baldassari, qui associe dans sa plateforme des promoteurs de la contraception, des relations sexuelles précoces, de la masturbation, de l’avortement, PMA…
Les parents qui comptaient participer à ce “sommet” en ligne, sur la foi d’une intervenante enseignant les méthodes naturelles, doivent savoir qu’il y aura très certainement de la propagande sur l’avortement, la contraception, les relations sexuelles précoces, les relations LGBT…
Jean Castex : la pratique de la religion est une liberté fondamentale, sur laquelle la République ne transige pas
Le Premier ministre anticipe-t-il l’ordonnance du Conseil d’Etat, que tout le monde attend, suite à l’interdiction des messes publiques ?
Voici un extrait du discours du Premier ministre, ce matin, lors de l’hommage aux victimes niçoises du terrorisme islamiste :
Jean Castex: “Aucune célébration religieuse n’est une offense dans une République laïque” pic.twitter.com/CY8wJ7QTWa
— BFMTV (@BFMTV) November 7, 2020
Avec le verbatim :
Aucune célébration religieuse n’est une offense dans une République laïque qui respecte la religion pour ce qu’elle est ; l’expression d’une conviction intime, et qui en garantit la pratique pour ce qu’elle est : l’exercice d’une liberté fondamentale.
— Jean Castex (@JeanCASTEX) November 7, 2020
Sur cette liberté, la République ne transige pas. https://t.co/RcYzaHEth5
— Jean Castex (@JeanCASTEX) November 7, 2020

