Le diocèse de Milan a décidé de construire un monastère dans le quartier de Minde, près de l’ancien site de l’Expo. Il s’appellera le Monastère Ambrosien, mais oubliez toute atmosphère contemplative et transcendante. Le projet, présenté le 11 mai, a été conçu par l’architecte de renom Stefano Boeri et ressemble à un centre commercial surmonté d’un tremplin de saut à ski. Le futur monastère, qui accueillera une communauté permanente, probablement religieuse, s’étendra sur 2 700 mètres carrés, dont 1 100 seront consacrés à des espaces ouverts. Une église triangulaire est prévue car, pour éviter la banalité, on préfère parfois sombrer dans l’absurde. L’architecte Boeri explique que l’église aura également une vocation culturelle. En bref, une église multifonctionnelle, à l’image des centres commerciaux mentionnés précédemment. Le cloître sera lui aussi triangulaire.
Face à un investissement colossal (on ignore si le projet sera entièrement financé par le diocèse), il a été décidé de l’utiliser non pas à des fins catholiques, mais pour créer une homogénéisation religieuse. Un espace pour tous où Dieu, catholique, sera aussi musulman, juif, et un personnage de fiction pour les athées. C’est ainsi que le diocèse explique ce projet, à l’architecture futuriste mais au contenu digne d’un musée : l’objectif est de créer « un espace de spiritualité, de discussion et de réflexion, pour faire dialoguer les croyances, les cultures et les savoirs au XXIe siècle ». Et en effet, il y aura une Bibliothèque des Religions, un Cloître des Religions et un Jardin des Religions. Dans ce jardin, fidèle aux tendances écologiques les plus actuelles, chaque religion monothéiste sera représentée par une plante. On se demande bien quelles plantes les théologiens et les paysagistes ont décidé de nous imposer.
L’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, explique le sens de ce projet, où
« le savoir, la recherche, le talent, les affaires, les loisirs, la nature et la vie, l’Italie et le monde se rencontrent. Au cœur de la ville de l’innovation, se pose la question du sens de tout cela, la raison de cet engagement et de cet investissement. Cette question appelle à la rencontre entre science et sagesse, entre innovation et éthique, entre technologie et humanisme, entre profit et solidarité. C’est ainsi que se dessine l’histoire de Milan : la ville vit et grandit sous l’égide de la Madonnina, car il n’y a pas de vie humaine sans transcendance. Ainsi Milan écrit son avenir : il n’y a ni coexistence, ni paix, ni bien commun sans Dieu. »
Les catholiques offrent un plateau d’argent aux athées et aux représentants d’autres religions pour catéchiser les catholiques du dimanche selon leurs croyances. Si cela se produit, ce sera une victoire pour la hiérarchie milanaise, car l’œcuménisme est désormais mort, et à sa place se dessine la tentative de construire une religion universelle – désirée seulement par des gens comme Soros et certains catholiques, certainement pas par les juifs et les musulmans – où les différences sont gommées et où tout le monde est regroupé sous le mot « Dieu », un mot désormais censé être vidé de toute identité et conçu pour être vague et englobant, séduisant ainsi tous les goûts. De même, la croix qui se dresse au bout du tremplin de saut à ski ne fait plus référence au Christ ; ce n’est plus qu’une marque ou un logo, et non plus le Logos. Un symbole qui, dans la conscience collective, exprime la paix, la solidarité, l’inclusion, le respect inconditionnel et autres stéréotypes similaires.
