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L'Eglise : Léon XIV

Le 1er jour et la 1ère nuit du Pape Léon XIV en France

Le 1er jour et la 1ère nuit du Pape Léon XIV en France

Premier article de la Trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France 

de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Il a dessiné le « M » de Marie sur la carte de France en seulement 4 jours. De Rome à Paris, puis de Paris à Lourdes, de Lourdes à Metz, et, enfin, de Metz à Rome, « l’ange de la paix » a survolé la Fille aînée de l’Église, telle une colombe.

En cette matinée du vendredi 25 septembre 2026, sur le tarmac de l’aéroport international de Rome-Fiumicino, il est 7h53 lorsque l’avion du pape Léon XIV décolle pour la France. Il est 10h01 lorsqu’il atterrit à Orly. C’est son cinquième voyage apostolique en dehors de l’Italie. D’emblée une première question se pose : Léon XIV est-il le fils spirituel du pape saint Jean-Paul II qui embrassait pour la première fois la terre de France en 1980 ? Ce qui est certain, c’est que, pour Claudie, 82 ans, qui a rencontré le pape saint Jean-Paul II en 1976, « il me fait penser à lui ».

Ce pape aux origines française (normande et béarnaise) et américaine lui ressemble. Par moment, d’ailleurs, sa voix chevrotante et certaines de ses intonations rappellent le pape venu de l’Est.

Reportage historique en trois temps.

Un programme, une pérégrination

À l’Élysée, Léon XIV ose parler au président Macron et lui dire de « choisir la vie ». Les mains presque jointes, le sourire aux lèvres et la tête penchée des mystiques, le défenseur de « la mort programmée », de l’euthanasie, écoute l’apôtre de la vie. Au palais présidentiel, la lumière et l’ombre se croisent et se décroisent, dans un face-à-face aimable qui ressemble plus à une joute qu’à une danse. Au fil des jours, cependant, la lumière va l’emporter sur les ténèbres qui se sont abattues sur la France depuis plusieurs années. Le contraste est net, mais les deux hommes s’écoutent et se respectent.

Après l’Elysée, le pape monte dans sa papamobile en direction de l’Unesco, puis, ce sera Notre-Dame de Paris, sécurisée à fond, les tireurs d’élite et les chasseurs de drones en position sur les toits. En fin de journée, le pape a rendez-vous au stade de France (SDF) avec la jeunesse. Une soirée-spectacle marquée par les envolées chevaleresques, lyriques et mystiques qui ont déplu à de rares médias et aux laïcards corsetés, « bouffeurs de curés » appartenant aux siècles passés révolutionnaires.

Le lendemain matin, alors que les « ça ira, ça ira, les aristocrates on les pendra » s’éloignent, comme des légions de démons fuyant la venue du Christ et de son vicaire, Léon XIV avance lentement, et, au ralenti pose ses pieds l’un après l’autre sur les quelques marches récipiendaires et témoins du massacre des 3 évêques, 181 prêtres, 2 diacres, 1 clerc et 4 laïcs, assassinés, martyrs de la folie meurtrière des révolutionnaires assoiffés du sang des justes. Ils sont morts en septembre 1792, parce qu’ils sont restés fidèles au Siège Apostolique, au Vatican.

Oui, « l’homme en blanc » vient défier les forces de mort, « pour que le monde ait la vie ». Et la vie, le monde l’a en abondance à Lourdes, où se rendra le béarnais d’origine. Et, là, quelle leçon : le pape passe d’un « P » à l’autre et devient Pèlerin, le chapelet à la main, une bougie lumineuse dans l’autre. Lentement, il boit sa gorgée d’eau miraculeuse que sainte Bernadette avait eu du mal à trouver en ce 25 février 1858. Enfin, à Metz, le pape Léon XIV avec sa rencontre interreligieuse et sa dernière Messe en la cathédrale Saint-Etienne opérera un miracle : il choisit la vie, transforme l’eau et le vin en sang du Christ, et prophétise la paix en Europe et dans le reste du monde.

4 jours et 3 nuits hauts en couleur, aux couleurs du bleu-blanc-rouge, du jaune et du blanc.

Le premier jour : quel discours !

Ce vendredi matin 25 septembre, le pape Léon XIV, drapé de blanc et de rouge, est accueilli par les Macron. Le soleil est jaune, la joie se lit sur les visages, des enfants sont là, symboles de l’espérance et de l’innocence. Après l’accueil protocolaire, civil, militaire et religieux, l’escorte papale quitte l’aéroport et file en direction de Paris et du palais de l’Élysée, où le pape va prononcer son discours historique face aux élus de la République, à sa gauche, et aux autorités religieuses de France, à sa droite. Toute la France est derrière un écran. Le monde regarde la France qui se réconcilie avec son histoire, avec le souffle de son passé religieux, avec ses racines culturelles et religieuses.

Les premiers mots prononcés par le pape sont sans équivoque, clairs, précis et simples. Leur vérité tonne comme une incroyable et paisible envolée de bourdons, une pluie douce et symphonique de cloches qui carillonnent en plein soleil, sous les ors du faste élyséen. Lisez : « ce pays au vaste patrimoine culturel et religieux… un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique et enrichir l’art de vivre ensemble. » Le pape parle de Paris, de « la Ville lumière». Il rappelle à mots feutrés sa vocation, celle de la France qui « brille comme un phare culturel, artistique et spirituel, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde. Forte de ses Écoles cathédrales, de ses Universités, de ses Académies, lieux essentiels de recherche de la vérité, la France a contribué à forger l’intelligence des populations, bien au-delà de ses frontières. L’illumination d’esprits d’exception français, qui étaient en même temps de grands catholiques, souligne combien les sciences, les arts, la littérature, la philosophie peuvent concourir au bien de l’humanité dès lors qu’ils sont orientés vers la recherche du beau, du bien et du vrai, afin que le monde ait la vie. »

Il souligne « le savoir-faire français » et son « excellence », pour mettre en lumière les « riches racines chrétiennes » de notre pays.

De Clovis à saint Jean-Paul II, en passant par saint Augustin

Puis, dans un propos où l’on reconnaît à la fois l’intelligence, la hauteur, la largeur et la profondeur, Léon XIV cite « saint Irénée, le baptême de Clovis, le XVIe siècle, saint Jean-Paul II ». Il plonge dans la « Déclaration universelle des droits de l’homme » pour s’envoler vers sa première Lettre Encyclique, Magnifica Humanitas. Là, il invite l’homme à se réconcilier avec lui-même en respectant « la dignité humaine », en respectant tous « les droits humains ».

Intelligence artificielle oblige, il ne pouvait pas ne pas citer Georges Bernanos et le fameux « Paradis des Machines ».

Puis, après un détour vers le « progrès technique », devant un parterre fleuri de 500 personnalités civiles et religieuses, il s’envole vers saint Vincent de Paul et le « renouveau caritatif du XVIIe siècle », pour tonner une nouvelle fois : « je réaffirme “ avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ” (Discours au Corps Diplomatique, 9 janvier 2026) ». Il dénonce avec un doux courage et une force souriante « les dérives actuelles des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée. »

Enfin, il saupoudre tout son discours de références provenant de son maître à penser : le grand saint Augustin. Au sujet de la laïcité, il choisit de dépeindre la Cité de Dieu (De civitate Dei), en résumant ses 22 livres, ses quatre longues années d’écritures entre 412 et 426, après la chute de Rome : « Le chrétien impliqué dans la vie publique, et agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi, ne peut être considéré comme un prosélyte ou une menace à l’unité de la patrie. En effet, “ la véritable laïcité n’exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative ” (Discours aux participants à la réunion nationale des enseignants de religion catholique, 25 avril 2026). »

« Je vous exhorte… »

Avant de filer pour le Stade de France (SDF), il termine son discours en se tournant vers l’Orient, vers les chrétiens d’Orient, se souvenant de sa visitation au Liban en décembre 2025. Il élargit son discours et salue « l’action éducative, sociale, culturelle et humanitaire menée dans les pays du Moyen-Orient, en lien avec diverses associations telles que l’Aide à l’Église en Détresse ou l’Œuvre d’Orient, est une précieuse contribution au dialogue entre les peuples et au soutien des droits de toute personne ».

Il termine en évoquant les conflits, les guerres : « Je vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d’une guerre en la considérant comme “inévitable”, mais à promouvoir sans relâche le dialogue et la diplomatie, afin de préserver des sociétés pacifiques, respectueuses de la dignité et des droits de la personne et des peuples. Face aux bruits de bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de demeurer un artisan infatigable de paix et de multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. Puisse la France, dans la fidélité à ses valeurs, creuser le sillon d’une paix désarmée et désarmante, et offrir avec responsabilité sa contribution irremplaçable en faveur de la paix. Que votre liberté grandisse sans cesse dans le souci du bien commun. Que votre fraternité embrasse l’humanité tout entière. Et que l’égalité à laquelle vous aspirez s’établisse toujours sur les fondements de la justice et de la charité, sans supprimer les différences entre les personnes, mais en les faisant fructifier harmonieusement au profit de la société tout entière. »

A l’UNESCO : le prophète de la justice, de la paix et du vivre ensemble

Comment résumer un tel discours ? S’inscrivant dans la continuité de ses prédécesseurs, Léon XIV insiste sur la vocation de l’homme, de tout homme. Insistance voulue en ces temps qui s’assombrissent de plus en plus et où la barbarie se répand comme une traînée de poudre, avec des bruits de botte que l’Europe n’avait plus entendus depuis 2001, depuis les guerres dans l’ex-Yougoslavie.

Tel un patriarche, il convoque l’UNESCO, cette « assemblée des Nations, où les langues et les cultures se rencontrent pour coopérer à un projet qui concerne l’ensemble de la famille humaine ». Il leur demande de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». Il privilégie la conversation, le dialogue entre les nations, et prophétise en mettant l’éducation au 1er plan : « promouvoir l’éducation, les sciences et la culture est en effet impossible sans promouvoir la vie de l’homme et de la femme, qui en sont les protagonistes ».

« Être humain, c’est d’abord être un enfant »

Il rappelle la vocation de l’UNESCO et remet au coeur de ses missions la dignité de la personne humaine. Tel un professeur, il pose la question suivante devant un parterre de représentants d’États, d’organisations internationales, universitaires et de personnalités de la société civile et religieuse : « qu’est-ce que cela signifie d’être humain ? » Sa réponse ne se fait pas attendre : « Être humain, c’est d’abord être un enfant ». Voilà, tout est dit dans cette phrase. Le pape appelle ses interlocuteurs à (re)prendre le chemin de l’enfance, celui de l’innocence, celui de la paix.

Et de continuer en parlant de la guerre, de la corruption de la loi, de l’intelligence artificielle qui vient remettre en cause les fondements mêmes de notre humanité. Son propos devient biblique lorsqu’il évoque la folie des hommes qui ont voulu construire la tour de Babel, détournant l’humanité de son unité. Remplie d’orgueil, l’humanité se perd. Alors que sous le souffle de l’Esprit Saint, lors de la Pentecôte réapparaît la communion. Il faut, donc, choisir entre la « domination de Babel » et « la paix de la Pentecôte, qui rend possible une telle communion entre tous les peuples ». C’est ce qu’est venu apporter le pape Léon XIV à la France : la communion !

La première nuit des saints de France !

Drôle d’acronyme pour dénommer le stade de France : SDF. Les saints de France sont-ils aussi des SDF ?

Ce qui est certain, c’est que ces « sans domicile fixe » d’un soir, d’une nuit, de quelques heures, sont nombreux, très nombreux. Lisez : plus de 80 000 ! Une foule innombrable qui chante, qui loue, qui prie, qui fait silence, qui écoute. Un peuple de jeunes de France, des jeunes venus principalement de l’Ile-de-France. Ils viennent rencontrer « leur pape », l’homme en rouge et blanc.

Au programme de cette soirée historique qui transforme un stade en temple de la chrétienté, dans une ville – Saint-Denis – qui a viré à l’extrême gauche et dont le maire, trois jours plus tard, haranguera la foule d’une jeunesse différente et manipulée – celle de lycéens manifestant contre un ordre républicain qui se perd – en leur disant « la violence peut être légitime », alors que cette même jeunesse en colère vient de mettre le feu à des poubelles devant l’entrée d’un lycée. Ombres et lumières, lumières et ténèbres sont omniprésentes. Mais, là, dans cette nuit de la jeunesse éternelle, celle des saintes et des saints, une lumière jamais vue auparavant brille : celle de l’espérance, celle de la foi, celle de… Dieu.

Une nouvelle litanie…

Entre 17h30 et 22h39, un programme historique inédit, à couper le souffle, va animer la rencontre entre un pape et son jeune peuple de France : de la musique, des chants, des louanges, des sketchs, des vidéos, des cloches de France qui sonnent, des mots d’accueil, de bienvenue de personnalités civile et religieuse.

Puis, un petit peu avant 21h00, l’homme en rouge et blanc, arrive dans sa papamobile, c’est une holà, une ovation générale qui l’acclame. Elle déborde… Alors comme dans les spectacles du Puy-du-Fou, l’histoire de France est projetée sous la forme de scènes costumées jouées par les acteurs d’un soir. « Vous êtes les saints de France », ne cessera de répéter le pape, alors que défilent sainte Marie-Madeleine et son frère saint Lazare à bord d’une barque partie de Palestine ; puis, ce sont des soldats romains qui jaillissent en courant des tunnels du stade et traversent l’allée centrale sous les applaudissements d’un public conquis. On entend, ensuite, tonner comme des louanges les noms des premiers martyrs de France, de sainte Blandine enchaînée à des colonnades romaines, et de saints évêques, comme saint Irénée.

La litanie scénique des saints de France

passant par sainte Geneviève qui rassure les Parisiens face à Attila, et les saints Bernard, Louis, Vincent de Paul, etc., va durer une demi-heure. L’arrivée de Jeanne d’Arc à cheval, entourée de ses 9 chevaliers, fait redoubler la jeunesse de France debout dans les gradins qui hurlent : « Vive Jeanne ! ». Saint Jean-Marie Vianney, sainte Catherine Labouré, sainte Bernadette et les voyants des apparitions de la Vierge Marie à Pontmain, la Salette, et l’Isle-Bouchard font leur entrée…

Le spectacle est sublime, les ténèbres ont disparu ou presque. Dans le ciel étoilé d’une nuit pleinement lunaire, c’est le feu d’artifice qui domine.

Un évènement critiqué par des journalistes

Ce spectacle époustouflant est critiqué dans la nuit même par certains noms du journalisme, comme Bernadette Sauvaget, Estelle Denis (RMC) et Julian Bugier (France 2). La première est spécialiste des sujets de religion chez Libération. J’ai été en première ligne de sa fervente et forte critique, qui, il est vrai, m’a désarçonné au milieu des petits-fours et de l’incroyable ambiance. J’en suis témoin, alors que je me trouve avec elle dans le carré média du SDF. « C’est affolant cette soirée, me dit-elle. C’est bas de gamme, on se croirait au Puy-du-Fou. » Puis, elle rajoute : « C’est un retour en arrière. C’est un spectacle politique. C’est du catholicisme de droite, voire d’extrême droite ».Qui n’aime pas le Puy-du-Fou ?

Les critiques d’Estelle Denis sont, elles, moins vociférantes. Car après avoir tapé sur l’évènement en disant qu’on « en faisait trop », elle a admis qu’elle s’était « lourdement trompée ».

Quant à Julian Bugier, la critique n’est pas sur le fond, elle est juste technique et liée à un bafouillage inhabituel, en direct, alors que son équipe technique, en régie, à un temps de retard. Problème d’oreillette, tempo différent, agacement avec un geste de la main, et finalement ses phrases qui ont fait le tour des réseaux sociaux : « C’est parfois un peu insupportable quand on vous dit “ À toi ” et que vous êtes déjà à l’antenne en train de parler. » Puis, il termine cette séquence avec humour et dérision : « J’ai retrouvé ce que je voulais dire ». Pas grave.

La question de Chloé et la réponse de Léon (extraits)

Pendant ce temps-là, le stade de France s’est transformé en grand auditorium où des jeunes interrogent le pape. La première question, c’est Chloé, une jeune étudiante de 25 ans engagée au sein du mouvement La Cité Céleste, qui va la poser. Elle témoigne d’abord de son engagement dans les quartiers populaires d’Ile-de-France : « À travers mes différents engagements, j’ai à cœur de mettre mon énergie et mes compétences au service des autres en créant du lien entre la foi, la jeunesse et les réalités vécues au quotidien dans nos quartiers. »

Puis, elle pose sa question du pape : « Comme le dit saint Paul “pour nous, vivre, c’est le Christ ”. Pourtant, la société dans lequel nous vivons se construit sur d’autres fondements et semble parfois même être étrangère à la question de Dieu. Nous désirons annoncer le Christ autour de nous avec force et persévérance mais aussi, bien sûr, avec respect et délicatesse vis-à-vis de ceux que nous rencontrons. Comment pouvons-nous conjuguer la force de notre élan missionnaire avec l’authenticité d’une vie fraternelle avec ceux qui ne partagent pas notre foi ? »

Le pape tout sourire aux lèvres se lèvent et salue Chloé, la remercie et lui offre un chapelet. Puis, en levant son bras droit, il dit : « Chers amis, la première chose que je voudrais dire est très simple : merci ! Merci à Dieu, merci à vous, merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France ! Et merci Chloé pour ta demande. La phrase de saint Paul que tu as citée, n’est pas une simple affirmation. Elle est une véritable synthèse de sa vie. En quelques mots, brefs mais décisifs, il prononce une prière de louange, un acte de foi, et indique un chemin de sainteté jusqu’au martyre. « Pour moi, vivre, c’est le Christ » (cf. Ph 1, 21). En répétant cette déclaration d’amour, nous essayons de partager l’expérience de l’Apôtre. Celui-ci témoigne, en effet, que Dieu n’est jamais étranger à sa vie, mais que, au contraire, Il vient à sa rencontre : Il l’appelle auprès de lui, le transforme intérieurement, l’envoie dans le monde.

Nous sommes tous concernés par cette dynamique spirituelle, aujourd’hui encore. Il est vrai, comme tu le dis, que la société dans laquelle nous vivons semble indifférente à Dieu. Mais le Seigneur n’est pas indifférent à nous ! Voilà ce qui compte… et ce qui nous donne toujours de l’espérance ! »

De l’égarement de l’homme à la rencontre avec le Christ

Interrompu par les applaudissements et les cris enthousiastes des jeunes, l’homme en rouge et blanc continue :

« Que beaucoup soient étrangers à la question de Dieu est, en effet, un problème ; mais que beaucoup soient étrangers à la question de l’homme l’est tout autant. Combien de personnes, malheureusement, se désintéressent de leur prochain, menant une vie égoïste, ou bien méprisent les pauvres en gaspillant leurs biens dans des choses futiles. Combien rejettent les personnes simples ou malades, pensant que chacun ne vaut que par ce qu’il produit. Je pense en particulier à ton engagement dans les quartiers populaires d’Île-de-France avec La Cité Céleste : c’est là, dans le concret du quotidien, et parfois des difficultés, que ta foi devient un vibrant témoignage d’espérance.

L’homme s’égare lorsqu’il affirme que Dieu est mort. Si Dieu n’est pas avec lui, l’homme n’a plus de salut et perd le sens de son existence, qui se réduit à une impasse ou au néant. En revanche, celui qui dit : Pour moi, vivre, c’est le Christ !, fait exactement l’expérience du contraire. Dans le Christ, en effet, nous savons que Dieu n’est jamais indifférent à l’homme ! Par Jésus, crucifié et ressuscité, Il donne sa propre vie pour que nous en vivions. Voilà donc la manière d’annoncer le Christ qui allie courage et respect : l’annoncer comme Évangile de salut ; comme parole de vérité et de vie. Cet Évangile est une bonne nouvelle pour tous, une annonce libératrice et une règle de vie nouvelle.

L’Évangile de Jésus, en effet, ne conduit pas au conflit, mais invite toujours au pardon : tandis qu’il éclaire le drame de l’histoire, il nous forme à la sollicitude fraternelle. La rencontre avec le Christ ouvre au dialogue et prépare à sa paix, car elle offre à chaque homme et à chaque femme la promesse la plus grande, qui comble tous les désirs : la promesse de la vie éternelle. »

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier, France TV et Unesco

Deuxième article de notre trilogie à suivre :

Léon XIV : le pape-pèlerin de Lourdes à la source d’eau vive

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