Le 26 juin, le prince héritier du Liechtenstein, Alois, a annoncé dans une interview accordée au quotidien Vaterland qu’il opposerait son veto si les habitants de la principauté venait à approuver l’avortement par référendum suite à l’initiative populaire lancée par le comité Fristenlösung für Liechtenstein[1].
« Nous militons en faveur d’une interruption de grossesse non punissable jusqu’au troisième mois, de la levée de l’interdiction d’information et de la prise en charge des frais par l’assurance maladie » explique sur son site le comité. Depuis le 19 juin, le recueil de signatures est en cours. 1 000 signatures valides doivent en principe être récoltées en six semaines pour qu’un référendum puisse avoir lieu. Celui-ci pourrait ensuite être organisé en novembre.
Lors des référendums, le Prince a le dernier mot, et il peut les invalider de sa propre autorité. De plus, pour entrer en vigueur, la loi doit avoir été adoptée par le Parlement et approuvée par l’héritier du trône.
Le prince héritier, qui conduit depuis 2004 les affaires du pays en tant que représentant de son père, le prince Hans-Adam II, considère que le projet mené par le comité ne protège pas assez « le bien juridique fondamental que constitue la protection de la vie ». Il pourrait cependant faire des concessions sur l’interdiction d’information.
Le comité reproche au prince héritier de manipuler le scrutin avec l’annonce de son veto. « Nous continuons comme avant. Il est désormais d’autant plus important de recueillir l’avis du peuple » déclarent sur leur site les initiateurs de l’initiative populaire.
« La population liechtensteinoise doit pouvoir exprimer son opinion sur ce sujet. Et si une majorité se prononce en faveur de l’initiative, cela pourra être l’occasion de reconsidérer les positions adoptées. »
La principauté du Liechtenstein a l’une des législations les plus restrictives d’Europe en matière d’avortement. L’interruption volontaire de grossesse y est interdite, et les médecins n’ont pas le droit d’informer les femmes enceintes à ce sujet.
En 2011, une initiative concernant l’avortement avait déjà eu lieu dans le pays. Alors que le taux de participation était particulièrement faible, 52 % des habitants de la principauté avaient voté contre le projet. Un mois avant le scrutin, le prince héritier avait annoncé son veto.
Source : Gènéthique
