J’ai depuis longtemps trouvé le mot « hétérosexuel » suspect. D’ailleurs, je me définis rarement comme tel. Non que je ne sois pas attiré par les femmes, au contraire, mais plutôt parce que je le trouve extrêmement vulgaire. Cela revient à dire : « Je me tape des personnes d’un autre sexe. » Quelle blessure et quelle réduction pour le couple.
Je doute que l’hétérosexualité soit le seul moteur du couple. Sans en nier la dimension féconde et riche, si le couple dure, c’est qu’il n’est pas seulement hétérosexuel. Ce ne sont pas les « cinq minutes, douche comprise » qui permettent de tenir une vie.
Je me suis alors demandé d’où venait le mot « hétérosexuel ». Il apparaît dans la deuxième partie du XIXe siècle sous la plume d’un Austro-Hongrois, Károly-Mária Kertbeny. Ce terme émerge donc dans un monde post-chrétien qui se construit en rupture avec la philosophie chrétienne. Dieu n’étant plus, il faut redéfinir les termes, ce qui laisse place à cette confusion entre amour et sexualité.
Ne soyons pas hétérosexuels : c’est peut-être la meilleure façon d’éviter l’idolâtrie moderne de la sexualité. Rendons à la sexualité sa place véritable, d’abord dans la sphère intime, et surtout, considérons-la pour ce qu’elle est : une belle passion, source de fécondité, mais certainement pas une divinité.
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