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Tribune libre

« « Nous réclamons la messe en latin » : Déclaration de la CIC 2026 au Vatican »

« « Nous réclamons la messe en latin » : Déclaration de la CIC 2026 au Vatican »

Traduction de l’article de Michael J. Matt paru le 11 octobre 2026 sur The Remnant sous le titre : « “We Demand the Latin Mass” : CIC 2026 Statement to the Vatican »
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« Rendez-nous la messe de nos pères ! » Michael Matt prononce l’extraordinaire discours de clôture de la Conférence sur l’Identité Catholique de 2026 : un appel direct au pape Léon XIV, une mise en garde contre la suppression persistante de la Tradition et la déclaration que les catholiques fidèles ne se laisseront ni réduire au silence ni chasser de l’Église. Le message est clair : rétablissez la messe en latin, ou affrontez la résistance de catholiques déterminés à défendre la foi.

Votre Sainteté,

Nous nous adressons à notre Saint-Père en fils fidèles de notre Sainte Mère l’Église, animés d’une « vive inquiétude » pour le salut de l’âme de nos enfants.

Notre Seigneur et Sauveur Jésus‑Christ a ordonné à Pierre de prier pour que sa foi ne défaille pas à l’heure de l’épreuve. Nous prions nous aussi pour Pierre aujourd’hui, afin que sa foi ne défaille pas en ce temps de grande épreuve.

Nous prions pour vous, Saint-Père, et nous nous souvenons qu’au fil des siècles de foi, nombre de saints — dans l’esprit de saint Paul — ont prié pour Pierre lors des grandes épreuves et ont même résisté à Pierre en face, par amour pour lui et par charité filiale envers l’Église souffrante ici-bas.

Au XIVe siècle, sainte Catherine de Sienne rappelait au pape Grégoire son devoir, le suppliant de « faire preuve de virilité » devant Dieu, d’user de la « puissance et de la force qui sont les vôtres »… faute de quoi il serait « plus à l’honneur de Dieu et au bien de votre âme de démissionner ».

Bien avant cela, au IVe siècle, saint Athanase fut excommunié pour avoir insisté, dans la prière, pour que Pierre prie afin que sa foi ne défaille pas durant la grande épreuve. Tout comme, de nos jours, l’Église s’est endormie catholique pour se réveiller moderniste, de même, à l’époque d’Athanase, l’Église s’est endormie catholique pour se réveiller arienne. Ainsi Athanase, à l’instar de saint Paul avant lui, a résisté à Pierre en face — non par défi ou en agissant dans son dos, mais honorablement et ouvertement, par amour.

Nous ne prétendons pas nous placer au même rang que les saints d’autrefois qui considéraient comme un devoir envers Dieu d’adresser des remontrances au pape. Néanmoins, nous adressons aujourd’hui des remontrances à Pierre, non pas en tant que saints, mais en tant que pécheurs ; non pas en tant que critiques arrogants, mais en tant que brebis délaissées, scandalisées par des pasteurs qui prêchent un Évangile différent de celui que nous avons appris dans les écoles catholiques — des écoles fondées par des évêques catholiques, approuvées par des papes catholiques et animées par des prêtres et des religieuses catholiques.

Nous avons bien retenu leurs leçons. Nous avons appris leurs catéchismes par cœur. Nous avons appris à aimer et à servir la messe en latin qu’ils nous ont enseignée, et nous avons promis, lors de notre confirmation, de garder la foi catholique et d’être prêts à mourir plutôt que de la renier.

Saint-Père, l’Église de notre enfance est devenue méconnaissable. Elle est secouée par les scandales. Ses sanctuaires ont été rasés au bulldozer. Ses autels brisés. Ses tables de communion retirées. Ses enseignements et ses dogmes rejetés ; ses édifices sont fermés à clé ou vendus pour payer les frais de justice de prêtres accusés.

Mais nous sommes toujours là. Malgré les scandales, nous n’avons pas quitté l’Église de notre enfance. Chaque jour, nous la cherchons, fouillant les ruines de cette forteresse catholique autrefois puissante qui protégeait tous les hommes sur terre contre le monde, la chair et le diable. Nous recherchons les petites chapelles qui tiennent encore debout, où les prêtres dont nous gardons le souvenir enseignent toujours la foi qui a fait de nous ce que nous sommes.

Saint-Père, vous êtes un prêtre missionnaire. Vous pouvez certainement imaginer ce que ressentent des brebis dispersées lorsqu’elles se sentent abandonnées par leurs bergers, trahies à ce point. Nous assistons avec incrédulité à la fermeture, sur ordre du Vatican, de nos paroisses florissantes célébrant la messe en latin — véritables oasis spirituelles dans le désert du relativisme — pour des raisons que seul Dieu connaît.

Quel est notre crime ? Pourquoi sommes-nous persécutés pour croire et adorer ce que les écoles catholiques de notre enfance nous ont appris à croire et à adorer ?

C’est un scandale même aux yeux du monde, qui observe lui aussi avec une incrédulité totale une Église catholique sous assistance respiratoire supprimer les quelques communautés catholiques florissantes qui subsistent dans le monde.

S’il doit y avoir une chance de réparer ce qui a si gravement déraillé, nous devons savoir quels péchés nous avons commis qui contribuent à la division évoquée par le pape François dans Traditionis Custodes. Comment le pape peut-il affirmer que la messe en latin de toujours est source de division, alors même que son propre prédécesseur a rétabli cette même messe comme un droit de naissance inaliénable pour tous les catholiques, de tous les temps ? Vous avez jugé bon de poursuivre la démarche synodale de votre prédécesseur, laquelle inclut une volonté ecclésiale explicite d’écouter les brebis. S’il en est ainsi, alors écoutez-nous.

Nous sommes en première ligne, Saint‑Père. Nous constatons chaque jour, et directement, que la dimension humaine de l’Église du Christ traverse une crise sans précédent dans son histoire. Le Vatican lui‑même a récemment publié les signes vitaux d’une Église agonisante en France. La « fille aînée » est sous assistance vitale. À l’instar du reste de l’Église en Europe, elle se trouve dans un état critique.

Pourquoi, alors, des centres florissants de messe en latin sont‑ils fermés en France par décret papal, alors même que le site officiel du Vatican indique qu’entre 1980 et 2024, le nombre de prêtres en France s’est effondré, passant de 39 000 à 12 000 — soit une chute de 70 % ?

Pourquoi, alors, des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal, alors que le nombre de paroisses catholiques dans le pays a diminué de 72 % ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que trois paroisses sur quatre ont disparu ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que le nombre de religieuses a chuté de 87 000 à 17 000 ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que le nombre de baptêmes est passé de 513 000 à 186 000 ?

Que le nombre de mariages est passé de 217 000 à 40 000 et continue de chuter rapidement ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que l’Église catholique en France est en train de disparaître ?

Comment ne pas conclure que le Vatican se moque éperdument de nous et de nos enfants, puisqu’il nous expulse délibérément de nos propres églises et refuse de protéger nos enfants face aux loups laïcistes qui rôdent ?

Alors que l’Église de France demeure plongée dans un coma qu’elle s’est elle-même infligé, le gouvernement français transforme la « fille aînée de l’Église » en une terre désolée, stérile et dangereuse.

D’abord, ils ont légalisé le mariage entre personnes de même sexe. Puis, le 4 mars 2024, le Parlement français [réuni en Congrés] a voté, par 780 voix contre 72, la modification de l’article 34 de la Constitution, faisant de la France catholique le premier pays au monde à inscrire l’avortement comme une liberté constitutionnelle garantie.

En août 2026, la nouvelle loi sur l’aide à mourir est entrée en vigueur en France, après avoir reçu l’aval complet du Conseil constitutionnel.

À l’exception notable d’un mouvement catholique vigoureux attaché à la messe en latin en France, la dimension humaine de l’Église connaît un déclin irréversible. Hélas, le Vatican est en train d’euthanasier ce renouveau catholique.

La Fraternité Saint-Pie X, en France, regorge également de jeunes familles et de nombreuses vocations ; pourtant, Votre Sainteté a jugé bon de la déclarer excommuniée.

Et quel était son crime ?

À l’été 2026, lors d’une conférence de presse à Castel Gandolfo, Votre Sainteté a déclaré aux médias que la Fraternité Saint-Pie X refusait d’accepter « certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du concile Vatican II ».

Mais de quels « points de Vatican II » s’agit‑il, Saint-Père ? N’avons‑nous pas le droit de savoir quels éléments de Vatican II, revêtant une autorité doctrinale contraignante, nous devons, nous aussi, accepter sous peine de mettre notre âme en péril ? Sinon, comment nous prémunir contre une erreur identique, assez grave pour entraîner une excommunication ?

Qu’est-ce qui, dans Vatican II, revêt un caractère doctrinal contraignant et doit donc être accepté par tous les catholiques sous peine de mettre leur âme en péril ? Dites‑le‑nous, Saint‑Père : quel est ce nouveau dogme issu de Vatican II, et dans quel Credo figure‑t‑il ? Dites-le-nous, car nous acceptons pleinement tout dogme défini antérieurement qui est réaffirmé dans les documents de Vatican II.

D’ailleurs, Saint-Père, de quel Vatican II parlez-vous ? Car, selon votre prédécesseur, le pape Benoît XVI, il y en avait deux.

Le 14 février 2013, Sa Sainteté Benoît XVI, s’adressant pour la dernière fois à la Curie romaine, a expliqué que le véritable Concile ne s’était pas encore concrétisé :

« Nous savons combien ce Concile des media fut accessible à tous. Donc, c’était celui qui dominait, le plus efficace, et il a créé tant de calamités, tant de problèmes, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée… et le vrai Concile a eu de la difficulté à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. »
De quel Concile, alors, Saint‑Père, la Fraternité Saint Pie X « refuse-t-elle d’accepter » l’autorité ? Le vrai, qui ne s’est jamais réellement concrétisé, ou le concile des media — le seul que le monde ait connu — qui a vidé les séminaires et banalisé la liturgie ?

Et puis, il y a la question de savoir quelle est la véritable religion.

Lors d’une rencontre interreligieuse de jeunes à Singapour, le 13 septembre 2024, le pape François a déclaré que « toutes les religions sont un chemin pour atteindre Dieu ». Il existe « des langages différents pour parvenir à Dieu… certains sont sikhs, d’autres musulmans, hindous, chrétiens. Et ce sont TOUS des chemins vers Dieu. »

Est-ce là l’enseignement officiel du Vatican ? Comment cela pourrait-il l’être alors que cela contredit l’enseignement constant de vos prédécesseurs, et tout récemment celui du pape Pie XI dans Mortalium Animos ?

« Seule… l’Église catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu ; qui n’y entre pas, ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. »

Alors, lequel de ces deux enseignements pontificaux contradictoires devons-nous accepter, sous peine de perdre nos âmes ?

Le Vatican a-t-il modifié l’enseignement catholique sur le caractère intrinsèquement mauvais des actes homosexuels ? En 1994, le pape Jean‑Paul II affirmait que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi morale naturelle ». Est-ce toujours l’enseignement de l’Église catholique et, si oui, pourquoi y a‑t‑il plus de vingt ans que le Vatican n’a pas communiqué cet enseignement aux couples de même sexe, que le pape François a demandé aux prêtres catholiques de bénir dans Fiducia Supplicans ?

Est-il toujours nécessaire pour les couples de même sexe de se repentir d’actes « intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi morale naturelle », selon le Catéchisme de l’Église catholique ? Si tel est le cas, pourquoi le Vatican ne le dit‑il pas haut et fort, à la face du monde ? L’exhortation de Jésus‑Christ dans l’Évangile selon saint Jean (8,11) reste‑t‑elle valable : « Va, désormais ne pèche plus » ?

Que devons‑nous, en tant que parents, enseigner à nos enfants au sujet des sixième et neuvième commandements ? Que même Dieu a changé d’avis ?

Si la Synodalité poursuit dans cette voie, Saint‑Père, comment l’histoire pourrait‑elle ne pas la décrire comme l’infirmier en soins palliatifs appelé au chevet d’une Église catholique agonisante ?

Saint‑Père, comment se fait‑il que NOUS soyons le problème, simplement parce que nous sommes consternés par de tels écarts radicaux par rapport aux enseignements définis comme infaillibles de l’Église de notre enfance ?

Devant Dieu, nous avons le droit de connaître la vérité. Et tant que Votre Sainteté ne reconnaîtra pas ce droit, nous n’aurons d’autre choix que de rester fermement attachés à la Tradition et d’agir comme le Bienheureux Fulton Sheen l’a préconisé aux débuts de la crise moderniste : être l’esprit, les yeux et les oreilles qui aideront à sauver l’Église.

Veillez à ce que nos prêtres agissent en prêtres, nos évêques en évêques, nos religieux en religieux et — puisque vous êtes, Saint‑Père, l’évêque de Rome — à ce que nos papes agissent en papes.

Saint‑Père, vous savez certainement que, telle Rachel pleurant ses enfants, nos épouses et nos mères pleurent aujourd’hui nos enfants, perdus dans le désert du modernisme et dans un nouvel ordre mondial sans Dieu.

La messe en latin est la seule messe que nos enfants aient jamais connue. Elle a maintenu nos familles unies dans la foi catholique. Elle nous a permis d’accomplir notre premier devoir de pères envers nos enfants : sauver leurs âmes.

Alors que tant de scandales ecclésiaux s’étalent à la une des journaux du monde entier, je ne sais pas combien nos enfants pourront encore en supporter. Ils ont entendu parler de choses dont saint Paul nous dit qu’il ne faut même pas prononcer le nom – les abus sexuels sur des enfants, les abus homosexuels sur des séminaristes, le blasphème contre Dieu, et maintenant Traditionis Custodes – apprenant que la plus belle chose qui soit ici‑bas est, selon leur Saint‑Père à Rome, source de division et doit être supprimée.

Saint‑Père, nous ne sommes pas vos ennemis mais plutôt vos fils les plus fidèles ; nous veillons et prions pour que la foi de Pierre ne défaille pas. Si elle venait à faillir, nous n’aurions d’autre choix que de vous résister, tout comme Paul a résisté à Pierre, Athanase à Libère et Catherine à Grégoire. Si votre foi ne défaille pas, vous n’aurez pas de plus grands défenseurs que nous — les traditionalistes.

Quoi qu’il en advienne, tant que nous n’aurons pas reçu de réponses de notre pasteur en cette période de crise, nous ne permettrons ni au Vatican ni à quiconque d’autre de nous diviser pour mieux régner, que ce soit par l’excommunication ou par l’exclusion.

Les catholiques traditionalistes du monde entier font bloc, AU SEIN DE L’ÉGLISE, unis par la foi de nos pères et par la sainte messe en latin — que NOUS CONTINUERONS À RECHERCHER, quelle que soit la distance ou le temps nécessaires — et fidèles au Christ‑Roi, qui sera avec nous jusqu’à la fin des temps.

Votre Sainteté, nous demandons respectueusement que vous respectiez nos aspirations liturgiques légitimes, telles que garanties par saint Pie V dans la bulle Quo Primum, et rétablies par le pape Jean‑Paul II dans Ecclesia Dei ainsi que par le pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum.

Je vous en prie, Saint‑Père, écoutez-nous ; si la messe en latin n’est pas rétablie, alors, dans l’esprit de saint Paul résistant face à face à saint Pierre, nous, catholiques traditionalistes — dont la responsabilité première est le salut de l’âme de nos enfants —, nous n’aurons pas d’autre choix que d’agir de même.

Rendez‑nous la messe de nos pères. Nous prions Dieu pour que la foi de Pierre ne défaille pas et pour qu’il agisse avec droiture, comme le réclamait sainte Catherine. Que Dieu bénisse Votre Sainteté et que Marie protège notre Église bien‑aimée, actuellement assiégée.

En le Christ‑Roi,
Michael J. Matt et Eric Frankovitch
Catholic Identity Conference

Fête de saint François, 4 octobre 2026

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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