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Culture de mort : Euthanasie / L'Eglise : Foi

“Soyons des missionnaires auprès des malades, des sans-espérance autour de nous”

“Soyons des missionnaires auprès des malades, des sans-espérance autour de nous”

Dans La Nef, un moine de Sainte-Marie de La Garde propose de résister à l’euthanasie avec les armes de vie de la foi. Extrait :

[…] Quelle sera donc notre arme suprême pour affronter maladie, vieillesse, perte d’autonomie et mort ? La grâce intérieure que le Christ, vrai Dieu et vrai homme, nous a méritée par sa mort, et que son exemple nous rend visible extérieurement. Pas de plus beau modèle, de plus bel exemple à suivre, que celui du Christ, spécialement face à la souffrance du corps, de l’esprit et de l’âme, face à la plus terrible cruauté des hommes, face à la solitude de la mort sur la croix. Il nous a tous aimés, individuellement, et il nous a aimés… jusque-là ! Et « Il s’est livré lui-même pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice, victime d’agréable d’odeur » pour nous racheter, et que nous soyons rendus à nouveau dignes d’avoir part à cet héritage dans son propre royaume, qui est aussi celui de Dieu. Ce n’est pas une « arme d’auto-délivrance », une arme qui cause la mort, mais une arme de vie, d’union au Christ Rédempteur et Sauveur, une arme de communion qui fait de nous, non plus seulement des bénéficiaires, mais aussi des coopérateurs à notre propre rédemption, aux dires de saint Thomas d’Aquin, et pas seulement de notre rédemption personnelle, mais de la rédemption du monde, de tous les souffrants, de tous les désespérés de la terre. Affirmation reprise par le Catéchisme de l’Église Catholique au n. 618.

Obéissance amoureuse

Jésus, fils de Dieu et fils de l’homme, a affronté et embrassé librement, volontairement la mort, propre de la condition humaine. Malgré son effroi face à elle, lui, le Prince de la Vie, il l’assuma à bras-le-corps… et le cœur, dans un acte de soumission totale et empreinte du plus grand amour, envers le dessein rédempteur de son Père envers toute l’humanité. Son obéissance jusqu’à la mort a transformé la malédiction de la mort en une bénédiction pour tous les hommes. À sa suite, notre propre mort et les souffrances qui la précéderont peut-être, seront transformées en un acte d’obéissance amoureuse envers le Père.

Comment nous y préparer ? Accueillons les « petites morts » de chaque jour, en disant : « Puisque tu le veux Jésus, je le veux aussi avec toi, et joyeusement ! » Soyons des missionnaires auprès des malades, des sans-espérance autour de nous, leur rappelant au creux de l’oreille, tout en mêlant douceur et prière, leur immense dignité, leur participation à l’action rédemptrice et salvatrice du Christ, leur disant, selon ces mots d’une carmélite, Sœur Marie du Saint-Esprit, morte de leucémie en 1967, qu’un grand amour nous attend tous : « Si je meurs, ne pleurez pas, c’est un amour qui me prend. Si j’ai peur – et pourquoi pas ? Rappelez-moi simplement qu’un amour, un amour m’attend. Il va m’ouvrir tout entière à sa joie, à sa lumière. »

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