Interrogée dans le JDD, Sarah Knafo déclare :
La droite européenne arrive désormais à se réunir. C’est une excellente nouvelle. Quand nous votons ensemble, nous obtenons des victoires : nous venons de faciliter les expulsions de clandestins en durcissant la directive « Retour ». Nous avons allégé les normes qui pesaient sur les entreprises avec la directive CSRD. Si nous savons nous retrouver au Parlement européen, alors nous devrions en finir, en France, avec le théâtre du cordon sanitaire, la fable du front républicain et la manipulation qui consiste à insulter et accuser d’être « d’extrême droite » toute personne plus déterminée que Xavier Bertrand, (ça fait du monde !) Alors, nous réussirons à constituer des coalitions pour diriger des collectivités et bâtir une majorité à l’Assemblée nationale sur un programme commun.
Dans ce contexte, le RN et Reconquête restent-ils irréconciliables ?
Il n’y a pas besoin de réconciliation dès lors qu’il n’y a pas de fâcherie. Si c’était le cas, ce serait bien médiocre au regard des enjeux. Victor Hugo nous prévient : « Ayons des cris de douleur pour les plaies de la France, et non pour nos égratignures. » Les choses sont bien plus simples. Nous avons des différences réelles de programme, de méthode, de convictions, et c’est très bien ainsi. Nous sommes, en revanche, proches de leurs électeurs et de nombre de leurs cadres qui se reconnaissent dans notre ligne : la fin des gabegies, le refus de l’islamisation, la liberté économique, la baisse des impôts, le droit de propriété, le travail, la défense de la civilisation française.
Quels sont les principaux obstacles ou écueils à la formalisation d’un rapprochement ?
Comme vous l’avez vu, il est difficile de faire l’union des droites avec un parti qui refuse l’union et qui refuse la droite. Marine Le Pen répète inlassablement qu’elle n’est pas, qu’elle ne veut pas être et qu’elle ne sera jamais de droite. Il faut la croire. Malheureusement, fort de ses sondages, le RN en veut quand même à toute formation de droite qui se présente aux élections. Ils réclament le monopole. Je ne crois pas aux vertus du parti unique. L’absence de concurrence, c’est l’arnaque : moins de choix, moins de qualité. En politique, la concurrence, c’est la démocratie : elle profite aux électeurs et révèle les candidats. Regardez Balladur et Chirac : ils s’opposaient, se concurrençaient, et cette rivalité n’a pas empêché la droite de gagner. Regardez Meloni et Salvini en Italie : deux formations proches, une concurrence saine ; aujourd’hui, c’est Meloni qui gouverne et Salvini qui est dans sa majorité. Notez d’ailleurs que, dans les deux cas, ce n’est pas celui qui part favori qui gagne ! Et pour ceux qui trouvent l’objectif trop ambitieux, regardez le scrutin parisien : le candidat du RN était à 9 % dans les sondages, quand j’étais à 4 %. Après une campagne de huit semaines à peine, j’ai obtenu 10,5 % des voix, et lui 1,5 %. Tout est possible, parce que les Français reconsidèrent leurs choix pendant les élections. […]
