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Tribune libre

“Vous valez mieux que les flammes” : lettre ouverte aux lycéens en colère.

“Vous valez mieux que les flammes” :  lettre ouverte aux lycéens en colère.

Chers lycéens,
À chaque incendie, à chaque dégradation, on entend les mêmes explications : la colère, la contestation, le ras-le-bol…

Je sors d’un après-midi entier de cours avec mes Terminales. Comme souvent, nous avons parlé de l’actualité. J’ai entendu beaucoup d’excitation, mais peu de réflexion sur les causes défendues.

Les images circulent vite, les vidéos impressionnent, les réseaux sociaux amplifient… .Le bruit, les fumigènes et les flammes attirent les regards. Pourtant, lorsqu’un établissement est incendié, ce sont des salles de classe détruites, du matériel perdu, des enseignants, des agents et des élèves mis en danger. Ce sont aussi des policiers, des pompiers et des personnels de secours blessés par centaines, et mobilisés par milliers alors qu’ils pourraient être plus utiles ailleurs. Derrière quelques minutes d’excitation, il y a souvent des semaines, parfois des mois, pour réparer les dégâts.

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans l’enseignement : vous avez le droit de vous exprimer. La contestation a sa place dans une démocratie. Les enseignants eux-mêmes connaissent les difficultés, les déceptions et les injustices de la vie : ils sont souvent passés par des combats encore plus douloureux que les vôtres.
Mais contester ne veut pas dire casser, une idée n’est pas meilleure parce qu’on l’accompagne de violence.
Ces derniers jours, des centaines de milliers de chrétiens se sont retrouvés dans les rues de France. Ils étaient nombreux, visibles et déterminés. Eux aussi sont souvent malmenés. Pourtant, ils n’ont rien cassé et n’ont rien brûlé. Ils ont montré qu’il est possible de se rassembler, d’affirmer ses convictions joyeusement et de faire entendre sa voix sans détruire ce qui appartient à tous. Vous en êtes capables aussi.
Mettre le feu à son lycée, c’est risquer de voir son propre avenir partir en fumée. Sur un CV, un bon diplôme fera toujours meilleur effet qu’une mauvaise casse.

La colère passe et les flammes s’éteignent. Mais les conséquences, elles, restent.
Le monde a besoin de jeunes qui construisent. J’espère sincèrement que vous choisirez d’en faire partie.

Signé : Un enseignant qui croit en vous

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