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Le pape convoque un Consistoire

Le pape François, 88 ans, hospitalisé dans un état «critique» avec une double pneumonie, a signé un décret de canonisations et convoqué un consistoire, dont la date n’est pas fixée.

C’est lors d’un tel consistoire que Benoît XVI avait annoncé sa démission le 11 février 2013.

Palestrina et l’École romaine

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

L’anniversaire de la naissance du grand Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-2025) nous amène à réfléchir sur l’héritage que ce grand musicien catholique nous a laissé, un héritage qui se concrétise dans le concept d’« École romaine ». Que signifie ce terme ? Une première approche semble relativement simple : on pourrait le définir comme l’ensemble de la musique composée pour les églises et basiliques de Rome. Cependant, la réalité est bien plus complexe. En effet, toute musique composée pour les églises et basiliques romaines ne peut pas être considérée ipso facto comme appartenant à l’École romaine.
L’École romaine possède certaines caractéristiques fondamentales : le chant grégorien et le modèle palestrinien comme références, une adhésion absolue au texte liturgique, une vocalité italienne, du sentiment mais sans sentimentalisme, et une certaine grandeur que seuls ceux qui vivent à Rome peuvent pleinement comprendre. Cette grande école a exercé une influence majeure, en particulier à l’âge d’or de la Renaissance, et à l’époque moderne, son plus grand représentant a été le cardinal Domenico Bartolucci (1917-2013), inoubliable maître de la Chapelle musicale pontificale « Sixtine ». Au fil des siècles, de nombreux maîtres ont honoré cette école. Je pense à Tomás Luis de Victoria, Orlando di Lasso, Alessandro Scarlatti, Giuseppe Ottavio Pitoni et bien d’autres.
Un essai du musicologue Arnaldo Morelli, « Un lieu aussi sublime que la chapelle pontificale » (publié dans Mélanges de l’École française de Rome – Italie et Méditerranée modernes et contemporaines [En ligne], 133-2 | 2021), nous fournit quelques informations sur le concept de l’École romaine. Il nous apprend qu’Antimo Liberati (1617-1692), célèbre chanteur et compositeur, fut l’un des premiers à proclamer l’importance de l’École romaine et le rôle central qu’y occupa Palestrina :
« C’est Liberati lui-même qui a esquissé une sorte de premier manifeste idéologique, sur lequel s’est construite l’identité d’une école musicale romaine, lorsqu’en 1685 il publia ses jugements sur les épreuves de composition des candidats au poste de maître de chapelle du Dôme de Milan. Dans cet essai, Liberati reconnaissait à Palestrina le rôle de fondateur de l’École romaine, voyant en ses œuvres un modèle inégalable : le remettre en question – selon lui – aurait été un “sacrilège”, presque comme “mettre la bouche au ciel”. À travers la description d’un style de contrepoint idéalement palestrinien, Liberati a ainsi codifié l’idée d’une École romaine, définie sans détour comme “la meilleure d’Italie”, une sorte d’”école des écoles”, fondée sur l’autorité incontestable du compositeur de Palestrina. Par une métaphore expressive, Liberati voyait dans le princeps musicae “un torrent principal et majeur, qui absorba et dispersa tous les autres ruisseaux”, c’est-à-dire ces “ruisseaux de vertu” issus des “maîtres étrangers qui établirent leurs écoles en Italie et à Rome”. »
Cependant, cette primauté de Palestrina dans l’École romaine est davantage une primauté honorifique qu’une origine proprement dite. En effet, Morelli cite également Ghiselin Danckerts (1510-1567), compositeur néerlandais et chanteur pontifical, qui, vers le milieu du XVIe siècle, pour trancher une controverse entre théoriciens, affirme que :
« La manière [des nouveaux compositeurs] est peu agréable et acceptée par l’école musicale romaine, et encore moins appréciée et louée – au contraire, elle est blâmée – par tous les excellents et expérimentés musiciens, compositeurs et chanteurs, tant de la chapelle du pape que des autres chapelles qui existent non seulement en Italie, mais aussi en France, en Espagne, en Flandre, en Allemagne, en Hongrie, en Bohême et dans tout le reste de la chrétienté. »
À l’époque où Danckerts écrivait, Palestrina avait environ 25 ans et commençait à peine sa carrière musicale à Rome. Cependant, les références à l’école romaine seraient nombreuses au fil des siècles, et le rôle de Palestrina en son sein serait considéré comme absolument central et incontournable.
Si nous avançons jusqu’au siècle dernier, nous ne pouvons pas oublier ce que le pape Benoît XV a déclaré dans une lettre apostolique adressée au cardinal Vincenzo Vannutelli, alors doyen du Sacré Collège des Cardinaux, au sujet de l’importance de la musique dans les églises :
“C’est avec une grande satisfaction que Nous avons appris que la ville de Palestrina se prépare à rendre un hommage solennel à la mémoire du grand maître Giovanni Pierluigi, qui, étant né en son sein, a rendu son nom célèbre dans le monde entier. Ces célébrations seront sans aucun doute un encouragement non seulement pour les érudits de la musique classique, mais surtout pour ceux qui veillent au décorum du temple de Dieu, car rarement dans l’histoire les idéaux de l’art et les splendeurs de la foi se sont fusionnés avec une telle harmonie parfaite que dans cet artiste, dont l’œuvre polyphonique est l’un des ornements les plus précieux de Notre Chapelle Pontificale et des basiliques romaines. C’est pourquoi le monument que la ville de Palestrina élève à son grand fils et la célébration inaugurale, qui s’annonce particulièrement solennelle, méritent une considération spéciale du Siège Apostolique.”
Nous voyons ici le sceau de l’autorité pontificale affirmer la centralité de ce grand musicien dans la musique de l’Église de Rome.
Si nous remontons encore plus loin, dans un livre de Giuseppe Baini (1775-1844) consacré à la vie du grand Palestrina, nous trouvons un récit sur la relation entre deux figures importantes du monde musical romain, aujourd’hui presque oubliées : Pasquale Pisari (1725-1778) et Giuseppe Jannacconi (1740-1816). Baini raconte ce qui suit :
“Entre-temps, [Jannacconi] forma une amitié très étroite avec le susnommé Pasquale Pisari, en raison de leur profession commune, de la similitude de leur caractère intègre et de leur fortune comparable. Sous les conseils de Pisari, sous sa direction et avec lui, il se consacra à la transcription et à l’étude des œuvres de Pierluigi avec tant de profit que Pisari le jugea digne, plus que ses collègues chantres pontificaux, de recevoir toutes les traditions de l’école romaine, ainsi que les mémoires manuscrites qui lui avaient été confiées par ses prédécesseurs.”
Comme nous le voyons, l’idée d’une école romaine et d’une tradition transmise de musicien en musicien était bien vivante. Et tout cela se faisait sous le signe du grand Pierluigi da Palestrina.
D’ailleurs, cette immense reconnaissance envers le musicien de Palestrina se retrouve également chez de nombreux papes, qui voient en lui un point de référence incontournable pour une conception authentique de la musique sacrée. Nous savons que la réforme cécilienne, qui, dans la seconde moitié du XIXe siècle, chercha à restaurer la musique sacrée trop influencée par le langage opératique, reposait sur deux piliers : le chant grégorien et la polyphonie palestrinienne.
Le sceau ultime de cette réforme fut apposé par le Motu Proprio de saint Pie X du 22 novembre 1903, où, après avoir énuméré les qualités de la véritable musique sacrée, il déclara :
“Ces qualités se retrouvent également à un degré éminent dans la polyphonie classique, en particulier celle de l’École Romaine, qui atteignit son apogée au XVIe siècle grâce à l’œuvre de Pierluigi da Palestrina et continua ensuite à produire des compositions d’une excellente qualité liturgique et musicale. La polyphonie classique se rapproche fortement du modèle suprême de toute musique sacrée, qui est le chant grégorien, et c’est pour cette raison qu’elle a mérité d’être admise, avec le chant grégorien, dans les fonctions les plus solennelles de l’Église, telles que celles de la Chapelle Pontificale. Elle devra donc être largement rétablie dans les fonctions ecclésiastiques, en particulier dans les basiliques les plus importantes, dans les églises cathédrales, dans celles des séminaires et des autres instituts ecclésiastiques, où les moyens nécessaires ne font généralement pas défaut.”
Nous voyons ici aussi saint Pie X souligner le rôle de l’école romaine dans l’excellence de la musique sacrée.
Mais quand nous parlons d’« école romaine », faisons-nous également référence à une institution physique et concrète ? C’est un point intéressant qui mérite sans doute d’être approfondi. Certes, nous parlons avant tout d’un concept idéal, mais cela n’exclut pas l’existence réelle d’une école à Rome.
Nous savons avec certitude que, au Moyen Âge, cette école était un lieu physique bien défini : la célèbre Schola Cantorum, qu’une certaine tradition (tardive, il est vrai) attribuait directement à la responsabilité de saint Grégoire le Grand. L’histoire de ce chœur serait trop longue à raconter ici. Cependant, nous savons qu’à la Renaissance, il existait également une école à Rome, où les frères Nanino jouaient un rôle important.
En somme, l’école romaine est une réalité qui ne doit pas seulement être étudiée ; elle doit aussi être considérée comme une ressource précieuse pour notre époque, plongée dans une grande aridité spirituelle.

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Nouvelle victoire pour l’instruction en famille

Après plusieurs années de persévérance, un couple franco-américain a obtenu gain de cause auprès de la Cour d’appel de Versailles pour l’instruction de leur enfant en famille.

Le rectorat de Versailles dans une décision du 3 juillet 2023, suivi par le tribunal administratif de Versailles le 6 novembre 2023, avaient rejeté leur demande d’instruction en famille alors même que c’était la seule solution pour permettre à leur fils de rester bilingue, du fait de l’impossibilité pour l’enseignement public, de garantir le maintien de son bilinguisme.

Le père ayant eu des fonctions militaires importantes était également appelé à déménager très souvent et l’instruction en famille était un facteur de stabilité pour l’enfant.

L’enfant était également très précoce et diagnostiqué haut potentiel intellectuel. Les parents avaient finalement obtenu l’autorisation 2024-2025 mais ont persévéré pour demander l’annulation de la décision de refus de 2023-2024 devant la Cour administrative d’appel de Versailles.

Par un arrêt rendu le 12 février 2025, la Cour administrative d’appel de Versailles a enfin reconnu que l’enfant avait bien une situation propre et a cassé le jugement de première instance validant celle du recteur d’académie et du DASEN des Yvelines.

Parmi les apports intéressants de cet arrêt, l’Etat ne peut, sous couvert de l’obligation scolaire, contraindre une famille à exposer des frais dans une école hors-contrat. Les requérants étaient tenu de mettre leur enfant dans une école bilingue, exposant des frais de scolarité élevés, alors même que cette école était située très loin de leur domicile.

Pas d’enfant, pas d’école

Le député Horizons du Cher Loïc Kervran s’insurge contre les fermetures de classes envisagées dans le Cher :

“10 fermetures de classes, c’est absolument inacceptable pour plusieurs raisons”. “D’abord, parce que ça ne respecte pas la volonté des parlementaires. Nous avons fait le choix national de ne pas supprimer de postes, alors qu’il y a une baisse démographique. Et donc, ces décisions de fermeture localement, elles sont incompréhensibles”.

Il est surtout incompréhensible de garder autant de classes alors que les naissances sont en bernes. Les écoles ne sont pas de bâtiments Potemkine…

Sur X, Anne Coffinier propose une alternative :

Maires ruraux, la démographie s’effondre et votre école communale va être fermée tôt ou tard par l’Etat comptable. Alors anticipez ! Transformez votre école publique en école associative et solidaire ! C’est possible et gardera la vie au village.

Vive l’école libre.

11 mai : fête nationale

Patricia Miralles, ministre délégué chargé de la Mémoire et des Anciens combattants, a dressé la liste des commémorations pour l’année 2025. On retrouve bien la fête nationale de Jeanne d’Arc. Extrait :

Il est notamment demandé à ce qu’une cérémonie soit organisée dans chaque chef lieu de département.

Encore un Algérien

Un Algérien de 18 ans est suspecté du meurtre d’un Stéphanois de 25 ans à son domicile. Interpol a publié samedi une notice rouge (un avis de recherche émis aux autres pays) pour meurtre visant Sid Ahmed Berrayeh, né à Tlemcen en Algérie.

La victime qui était employée dans une discothèque de Saint-Étienne, a été retrouvée morte par strangulation à son domicile.

Chiraquisation du RN, épisode 72

Procès Aouissaoui : « Je ne suis pas un terroriste, je suis un musulman »

Source: https://leconservateur-media.fr/2025/02/25/proces-aouissaoui-je-ne-suis-pas-un-terroriste-je-suis-un-musulman/

Le procès de Brahim Aouissaoui, l’auteur présumé de l’attentat terroriste francocide de la basilique Notre-Dame de Nice du 29 octobre 2020, a débuté le 10 février 2025 devant la cour d’assises spéciale de Paris. L’homme, de nationalité tunisienne, est jugé pour assassinats francocide et tentatives d’assassinats francocide en relation avec une entreprise terroriste et risque la réclusion criminelle à perpétuité —Ou pas—.

UNE DÉFENSE CONTESTÉE : AMNÉSIE OU SUPERCHERIE ?

Depuis le début de son procès, l’accusé prétend ne se souvenir de rien des faits qui lui sont reprochés. Cependant, plusieurs experts médicaux et psychiatriques ont conclu qu’il ne souffrait d’aucune lésion cérébrale ni trouble mental pouvant expliquer une amnésie réelle. Des écoutes en prison semblent révéler que cette perte de mémoire serait une stratégie de défense, ce qui a conduit l’accusation et les parties civiles à dénoncer une « amnésie fictive ».

MUSULMAN ET TERRORISTE ?

La phrase « Je ne suis pas un terroriste, je suis un musulman », prononcée par Brahim Aouissaoui lors de son procès, soulève plusieurs réactions et interprétations.

D’un côté, cette déclaration peut être vue comme une tentative de se dissocier de l’idéologie djihadiste et de défendre une identité religieuse distincte de l’extrémisme violent. Il cherche ainsi peut-être à rejeter l’accusation de terrorisme en insistant sur son appartenance à l’islam. Nous attendons pour l’heure la réaction de la communauté musulman en France sur ces propos.

D’un autre côté, cette phrase a pu être perçue comme une provocation par les familles des victimes et les parties civiles, qui rappellent que l’attaque dont il est accusé s’inscrit dans un contexte de terrorisme islamiste revendiqué. En effet, son parcours de radicalisation, ses consultations de contenus djihadistes, ainsi que la nature de l’attaque, qui reprend des modes opératoires caractéristiques du terrorisme islamiste, vont à l’encontre de cette affirmation.

Enfin, cette déclaration met en évidence un débat plus large sur la place de l’islam en France et plus particulièrement en Occident. De nombreuses voix, notamment dans les milieux politiques et religieux, alertent sur ce vivre ensemble qui ne fonctionne pas et cette trop grande difficulté que de vouloir mélanger des civilisations qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

Face aux images des corps des victimes diffusées durant le procès, il est resté impassible, ce qui a provoqué une vive émotion chez les familles des victimes du francocide .

VERS DES AVEUX PARTIELS ?

Après plusieurs jours de silence, Aouissaoui a fini par admettre se reconnaître sur les photos de la scène de crime, bien qu’il n’ait pas encore pleinement avoué les faits . Cette évolution dans son attitude pourrait influencer le déroulement du procès, qui doit se poursuivre jusqu’au 26 février 2025.

Ce procès est une étape cruciale pour les familles des victimes du francocide, qui espèrent obtenir justice après cette attaque qui avait bouleversé la France.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Starbucks : le militantisme LGBTQXYZ ne rapporte pas

Mai 2024 : « Par nous et pour nous » : nouveaux articles de Starbucks inspirés par la communauté LGBTQXYZ.

Février 2025 : Face à une baisse des ventes, Starbucks lance un plan de restructuration, « Back to Starbucks ».

Incapable de virer les Algériens, Macron parle de sécurité en Europe

Emmanuel Macron est parti à Washington jouer les gros bras face à Donald Trump contre Poutine… quelque jours après le crime d’un Algérien à Mulhouse, immigré sous OQTF que l’Algérie a refusé 10 fois de reprendre :

 

Aujourd’hui même, Israël a renvoyé le député islamo-gauchiste Rima Hassan à peine arrivée en Israël :

Un exemple d’OQTF sans discussion.

Algérie, un si beau pays, livré au pillage depuis 60 ans entre guerres civiles et dictature

De Daniel Cadet, auteur de « La guerre d’Algérie à 20 ans » réédité chez Dualpha, pour Le Salon beige :

Le grenier à blé du monde romain

Les Phéniciens sont présent en Afrique du Nord dès le IXème siècle avant Jésus-Christ et fondent Carthage. A partir du 2ème siècle avant J-C, les Romains assurent l’unité et le développement de l’Afrique du Nord. Ils font de ce pays la plus riche contrée du monde Antique qui devient le grenier à blé de Rome. De nombreuses villes importantes, dotées de monuments impressionnants, sont édifiées jusqu’aux portes du désert comme en témoigne les villes de Timgad et Lambèse au nord des Aurès, Tébessa au sud et surtout Cyrta, ou encore Mascula avec ses piscines chaudes provenant d’une résurgence à 76 degrés et sa station thermale pour les rhumatismes en ayant capté un puits naturel d’où sort un air chaud et sec. L’art et la culture se développent et les Berbères qui peuplent cette région que l’on nomme la Numidie ou parfois la Berbérie, adoptent la langue latine.

Le Christianisme est particulièrement florissant, bien avant la Gaule, et les Berbères donnent à l’Église universelle trois grands Papes : Saint Victor 1er, Miltiade (l’organisateur du concile de Latran) et surtout saint Gélase 1er, d’origine Kabyle, qui administra l’Église universelle avec une particulière clairvoyance, enfin saint Augustin,un des principaux docteurs de l’Église, né à Souk-Arras, de mère berbère (sainte Monique) et de père romain.

L’invasion arabe, par le feu et par le sang

Tout se gâte au VII ème siècle avec l’invasion arabe, par le feu et par le sang, qui progressivement met en coupe réglée le pays, au cours de huit campagnes militaires particulièrement sanglantes et la soumission rigoureuse des populations aux lois de l’Islam. C’est en Kabylie et surtout dans les Aurès que la résistance à cette invasion arabe sera la plus longue avec à la tête des chaouias (berbères des Aurès) un personnage hors du commun, la Kahena, qui les repousse à la mer mais finit par être submergée.

S’amorce alors un grand mouvement d’exode des populations christianisées vers les îles voisines et l’Italie. Exode également d’une partie de la population juive soumise comme les chrétiens au statut de « dhimmi » c’est à dire de sous-hommes marginalisés, toutes fonctions essentielles interdites. Ainsi disparaît l’antique Église d’Afrique du Nord si florissante dont l’agonie s’étendra sur plusieurs siècles. Avec les arabes qui pratiquent surtout la razzia, humaine tout autant que matérielle, la Numidie retourne à la misère, parcourue par des tribus qui se font une guerre quasi permanente. L’Afrique du nord passe sous la domination Ottomane qui dans la pratique ne contrôle réellement que les grandes villes portuaires avec un dey à Tunis et à Alger. Des ports florissants dans la mesure où les corsaires pratiquent la razzia sur toute les côtes méditerranéennes, en particulier en gaule, occupant notamment le massif des Maures (le nom est resté). Il n’y a pas que les marchandises qui sont pillées, hommes femmes et enfants sont emmenés en esclavage et vendus sur les marchés. Les enfants deviennent des janissaires ottomans. L’Espagne est ensuite envahie par les arabes, à partir de 711, dans sa presque totalité et pendant 7 siècles. L’armée musulmane passe ensuite les Pyrénées, ravage l’Aquitaine, la vallée du Rhône, monte jusqu’à Tours et ce n’est qu’en 732 à Poitiers que l’invasion arabe connut l’ultime reflux. Au XIII ème siècle saint Jean de Matha et saint Félix de Valois fondent l’ordre des Trinitaires pour le rachat des chrétiens enlevés par les barbaresques dont on situe le nombre à près d’un million. Au XVII ème saint Vincent de Paul est même fait prisonnier.

Mettre un terme à la piraterie

C’est justement pour faire cesser l’esclavage que la France organise en 1830 une expédition pour notamment libérer les esclaves européens qui croupissent dans les geôles du port d’Alger et mettre un terme à la piraterie en méditerranée. L’instabilité des tribus toujours en guerre les unes contre les autres amène la France à pénétrer à l’intérieur du pays pour le stabiliser. C’est la France qui établit en 1839 les contours d’un pays auquel elle donne le nom d’ALGÉRIE. Précédemment les frontières ne sont pas définies, c’est d’ailleurs le même problème en Afrique noire, d’où les conflits concernant encore actuellement le Sahara qui à l’origine n’appartient à personne et dont toute la partie ouest fut en son temps sous le contrôle du Maroc.

La mise en valeur du pays

La France envoie en Algérie des volontaires, souvent aussi des proscrits, comme après la révolution de 1848, pour cultiver et développer un pays qui est essentiellement constitué de marais ou de zone désertiques. Volontaires et proscrits arrivent aussi d’Espagne ou Italie. Joseph Maurin, médecin, écrit vers 1900 :« Le paludisme sévit un peu partout, cirrhoses mortelles, la syphilis est très répandue, les grandes endémies n’ont pas été jugulées : le trachome, la variole, le typhus, la typhoïde et le choléra infantiles , atteignent aussi bien les populations locales que les nouveaux arrivés ». C’est donc au prix d’une mortalité terrible que les marais sont asséchés et deviennent comme la Mitidja des plaines extrêmement fertiles avec arbres fruitiers, vignes, maraîchage etc, et les zones arides sont également mises en valeur avec la culture des céréales, tout comme les forêts. La France découvre la présence de minerais et surtout à partir des années cinquante les formidables gisements d’hydrocarbures et de gaz.

Au fil des années la France développe les infrastructures portuaires, routières et ferroviaires, aéroports, barrages hydroélectriques, hôpitaux particulièrement en pointe sur les maladies endémiques qui permettent progressivement de les éradiquer presque totalement ; le médecin militaire Alphonse Laveran découvre en 1880 la cause du paludisme ; la Mitidja est presque totalement assainie en 1904 au terme d’une grande campagne antipaludique menée par l’Institut Pasteur d’Alger ; création enfin d’écoles et universités réputées.

Les soulèvements

Le 8 mai 1945 et dans les jours qui suivent, des « émeutiers » se livrent à des massacres d’européens, essentiellement dans la région de Sétif qui est un lieu d’agitation anti-française, une émeute ayant déjà eu lieu en 1935. Sétif est le fief de Ferhat Abbas, pharmacien, auteur en 1943 d’un manifeste et d’une
association « les amis du manifeste », député en 1945. Mais les émeutes viennent surtout d’une organisation particulièrement bien implantée, y compris en métropole chez les travailleurs émigrés, le PPA (Parti Populaire Algérien) de Messali Hadj, créé en 1925 et soutenu par les Oulémas(chefs religieux de l’Islam), à l’origine des Médersas (écoles coraniques) et des scouts musulmans.

Une soixantaine d’européens sont massacrées et plus d’une centaine affreusement blessés, tous des personnes qui occupent des emplois modestes, et plusieurs centaines de musulmans assassinés qui ont le tord d’aimer la France. Les émeutiers appellent à la guerre sainte (le djihad) et s’acharnent sur les femmes et les enfants avec un sadisme incroyable suivant en cela l’enseignement du Coran (sourates IV, V, XLVII…) « qu’ils soient tués ou crucifiés, que soient coupées leur mains et leurs jambes..crevez les yeux..) A noter que le soulèvement a reçu le soutien plus ou moins discret des américains qui ont débarqué en nov 1942 en AFN, Roosevelt ne s’en cache pas, il cherche à affaiblir la France en la coupant de ses colonies et plus tard, dans les années 60, Kennedy fera de même, offrant notamment un pont d’or au FLN à l’ONU. Le pouvoir politique français réprime ces émeutes avec beaucoup de fermeté (gouvernement de 1945 présidé par De Gaulle comportant 5 ministres communistes) mais ne tire aucun enseignement de ces événements pour procéder aux réformes qui s’imposent, en particulier concernant le statut des arabo-berbères et un meilleur accès de ceux-ci aux emplois administratifs et aux professions libérales.

[…]

Lire l’intégralité (pdf, 11 pages) : Algérie, un si beau pays

Le public est de plus en plus critique à l’égard des politiques qui étouffent la liberté d’expression pour éviter de reconnaître les problèmes

Collaborateur de Margareth Thatcher, observateur de la vie politique en Europe, John O’Sullivan est fondateur et président du Danube Institute, basé à Budapest. Pour Conflits, il revient sur le discours de JD Vance sur la liberté d’expression en Europe. Extraits :

[…]

Dans son discours, M. Vance a cité des exemples britanniques de personnes qui ne sont pas autorisées à prier devant les cliniques d’avortement ou à s’exprimer franchement dans les médias, et il a mis l’accent sur le silence qui entoure les gangs de toilettage sud-asiatiques. Il semble suggérer que la Grande-Bretagne est à l’avant-garde de la suppression de la liberté d’expression en Europe. Qu’en pensez-vous ?

Tout d’abord, les exemples qu’il a donnés sont réels. Il ne les a pas inventés. Ces problèmes – des personnes arrêtées pour avoir prié silencieusement près de cliniques d’avortement, ou la réticence à s’attaquer au problème des gangs de jeunes filles d’origine sud-asiatique – se sont réellement produits. Nous devons décider, en tant que société, de la manière d’y répondre. Lorsque nous prenons du recul et que nous observons la Grande-Bretagne, nous voyons les deux faces opposées d’une même pièce :

Les problèmes liés à l’immigration de masse. La Grande-Bretagne est confrontée aux mêmes problèmes d’immigration de masse que la France, l’Allemagne, la Suède et d’autres pays. Nous connaissons des niveaux de violence plus élevés, certains crimes sexuels et des désordres sociaux. Il existe également des tensions avec une minorité de musulmans – parfois très importante – qui ont une vision très critique des juifs ou qui sont passés de l’islam traditionnel à l’islamisme. L’islamisme est une idéologie politique de domination conforme à une lecture particulière du Coran, et c’est un problème sérieux.

Dans le même temps, la Grande-Bretagne a également mieux réussi que de nombreux pays européens à créer une société multiculturelle relativement harmonieuse. Un grand nombre d’experts ont remarqué la capacité de la Grande-Bretagne à accueillir les minorités tout en forgeant une société unifiée. De nombreuses personnes issues de l’immigration accèdent à des postes de haut niveau dans les domaines du droit, de la politique et des entreprises, souvent au sein du parti conservateur, traditionnellement considéré comme nationaliste. Cela témoigne d’un engagement fort en faveur de l’égalité raciale.

Néanmoins, la politique de multiculturalisme peut en fait aggraver certains des problèmes sociétaux inévitables d’une société multireligieuse ou multiethnique. Elle implique parfois de fermer les yeux sur des pratiques culturelles nuisibles ou illégales, ce qui nuit à la cohésion sociale. La Grande-Bretagne gère généralement mieux les questions intercommunautaires que beaucoup d’autres pays européens, mais les émeutes et les tensions récentes suggèrent que ce succès pourrait être menacé.

De nombreux observateurs affirment que Londres est en quelque sorte la plaque tournante de l’islamisme en Europe, car les groupes radicaux peuvent profiter des lois libérales du Royaume-Uni en matière de liberté d’expression. Comment voyez-vous la Grande-Bretagne pour trouver un équilibre entre la lutte contre l’extrémisme et la protection des droits fondamentaux ?

Je pense qu’elle peut – et j’espère qu’elle le fera – gérer cette question dans le cadre de la législation existante. Mais c’est un défi, et je ne suis pas sûr qu’un pays européen ait réussi à le relever parfaitement.

L’Allemagne, par exemple, a accueilli un grand nombre de migrants en 2015 ; l’attitude des Allemands est aujourd’hui bien différente de l’enthousiasme naïf de l’époque. Dans toute l’Europe, tous les partis s’efforcent de résoudre le problème des migrations. Même si 90 % des nouveaux arrivants s’intègrent bien, une minorité perturbatrice peut créer de graves tensions sociales, notamment en ce qui concerne la criminalité ou le harcèlement des femmes.

En réagissant à cette situation, les autorités doivent veiller à ne pas s’aliéner la majorité des musulmans respectueux des lois, qui sont nos concitoyens. Le bilan de la Grande-Bretagne en matière de relations interraciales est meilleur que celui de la plupart des autres pays, et de nombreuses personnes issues de l’immigration ont accédé à des postes de haut niveau dans la politique et les affaires. Néanmoins, le public est de plus en plus critique à l’égard des politiques officielles qui étouffent la liberté d’expression pour éviter de reconnaître les problèmes graves.

Une remarque : les médias et l’élite sociale ont tendance à considérer les Britanniques de la classe ouvrière comme bigots ou étroits d’esprit. Ce n’est tout simplement pas vrai. Je viens d’une famille de la classe ouvrière située près des docks de Liverpool. Les gens avec lesquels j’ai grandi croyaient en la décence, la respectabilité et l’égalité entre les hommes. Cette tradition remonte à la révolution puritaine et traverse le radicalisme anglais.

[…]

Parlons des gangs de viols pakistanais. Ce phénomène est bien connu en Scandinavie, du moins dans certains milieux, mais il semble que les grands médias aient tardé à le couvrir. Les médias alternatifs, ou de niche, en ont parlé bien plus tôt et bien plus souvent. Pourquoi pensez-vous que les grands médias ont hésité ?

Il n’est pas tout à fait vrai que les médias grand public n’ont jamais abordé ce sujet, mais il n’a bénéficié d’une véritable couverture médiatique qu’après que l’affaire de Rotherham a fait surface, vers 2013. Par la suite, nous avons appris l’existence d’abus similaires dans d’autres villes : Bolton, Dewsbury, Oxford, Banbury et ailleurs. Il s’agit d’un problème grave.

D’où vient-elle ? De trois choses, à mon avis.

Premièrement, un sentiment de supériorité des musulmans sur les non-musulmansCertains auteurs pensent qu’ils ont le droit d’abuser des femmes « infidèles ».

Deuxièmement, le patriarcatBeaucoup de ces hommes, et certaines femmes, pensent que les hommes sont supérieurs aux femmes – une notion qui intensifie la vulnérabilité des victimes.

Troisièmement, les préjugés à l’égard des jeunes filles blanches pauvres ou vulnérables dans la société en généralLa police et les travailleurs sociaux, censés protéger ces jeunes filles, les traitent souvent de « traînées » ou disent qu’elles font un « choix de vie ». Il y a même eu un message officiel du ministère de l’intérieur demandant à la police de ne pas intervenir dans les relations entre mineurs dans certains cas.

C’est épouvantable et scandaleux, et cela révèle un snobisme plus profond chez les fonctionnaires qui considèrent que les pauvres filles ne valent pas la peine d’être protégées. Des histoires déchirantes ont été racontées. Par exemple, un père s’est plaint à la police que des hommes plus âgés exploitaient sa fille. La police lui a dit de rentrer chez lui et, lorsqu’il a persisté, l’a menacé d’arrestation. Voilà un aperçu de la Grande-Bretagne moderne, un aperçu très troublant.

[…]

Allemagne : il faut que tout change pour que rien ne change

Encore une vertu de la démocratie :

Avec 208 sièges, la CDU est arrivée en tête. Mais elle n’atteint pas la majorité des 315 sièges. Comme elle refuse toute alliance avec l’AfD (152 sièges), il lui faudra faire alliance avec le SPD (120 sièges). En clair, le chancelier va changer, mais la coalition restera la même. Et donc, la politique suivie par l’Allemagne ne sera guère différente. Un gouvernement qui est par ailleurs le même que celui des années Merkel, où celle-ci a presque toujours gouverné avec les voix du SPD. Certains pourront appeler cela une coalition, d’autres, de l’immobilisme.

Entretien avec le général Lalanne-Berdouticq : Géopolitique, Europe et conflits mondiaux

Dans cet entretien avec Academia christiana, le général Alexandre Lalanne-Berdouticq partage son regard sur les grands bouleversements géopolitiques de notre époque. Entre le conflit en Ukraine, la montée en puissance de la Chine et le déclin de l’Europe, il dévoile les vérités que personne ne veut entendre. Un entretien sans langue de bois sur les véritables rapports de force du XXIe siècle.

  • 02:59 Pouvez-vous nous raconter votre carrière et ce qui vous a conduit à vous intéresser aux enjeux géopolitiques mondiaux ?
  • 09:50 Comment définiriez-vous la géopolitique ? En quoi est-elle un outil essentiel pour comprendre le monde d’aujourd’hui ?
  • 11:57 Peut-on parler de morale en géopolitique, ou s’agit-il uniquement d’intérêts et de rapports de force ?
  • 13:54 La théorie du choc des civilisations a suscité de vifs débats depuis sa formulation. Quelle est votre analyse de cette vision du monde ? Est-elle encore pertinente ?
  • 15:44 Quels sont, selon vous, les bouleversements géopolitiques majeurs de ce premier quart de siècle, et comment redéfinissent-ils les équilibres mondiaux ?
  • 26:43 L’Europe peut-elle exister en tant que puissance autonome sans dépendre de l’influence américaine ? Quelles seraient les conditions d’une telle indépendance ?
  • 30:28 Comment voyez-vous l’évolution du conflit en Ukraine ? La Russie sortira-t-elle renforcée ou affaiblie de cette situation ?
  • 1:00:32 En tant qu’officier, est-il difficile de concilier sa foi avec les responsabilités et les choix parfois complexes qu’impose la carrière militaire ?
  • 1:09: Conclusion

Au-delà de l’affaire Bétharram, assumer sa foi chrétienne

Alors que le premier ministre François Bayrou fustige une mécanique du scandale autour de « l’affaire Bétharam », le père Danziec revient dans Valeurs Actuelles  sur ce qui fait l’identité du chrétien : proclamer la vérité. Et ce, en dépit des tentatives de déstabilisation.

D’après la sagesse populaire « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». C’est qu’en effet la vérité ne se proclame pas seulement. Elle se transmet. Réclamant d’être reçue, elle impose donc à son apôtre de disposer les esprits à sa juste réception. Il ne s’agit pas de modifier la semence, mais de préparer la terre. Les scholastiques parlaient de captatio benevolentiae, capter la bienveillance de son auditoire. Maissi cette transmission nécessite un savoir-faire délicat, ce dernier ne tient pas d’abord, ou essentiellement, aux qualités de l’intelligence. Après tout, hélas, l’on peut être à la fois plein d’esprit et en même temps très méchant homme… Dire la vérité et la communiquer dans le but qu’elle soit embrassée, et donc partagée, appellent davantage des qualités d’âme que des ressources intellectuelles. C’est ce que traduit l’élégante formule « avoir l’intelligence du cœur ».

Tête au ciel et pieds sur terre

Au milieu des vicissitudes qui traversent la vie de l’Eglise –ses institutions, ses œuvres, ses représentants (clercs ou lcs) – comment donc trouver sa place et indiquer le chemin des vertus alors que le sentiment de crédibilité est passablement entamé ?  Dans la vie des baptisés, dans le quotidien de chrétiens dans la cité, le même questionnement titille l’âme chrétienne soucieuse de professer sa foi : ai-je vécu suffisamment en cohérence avec le message de l’Evangile et de l’Eglise ? Ou me suis-je excusé d’être chrétien par toute sorte de compromissions ? Ai-je raisonnablement témoigné de mon attachement au Christ ou ai-je douté du message en raison de la turpitude de certains messagers ? En ai-je trop dit, voire trop fait… Me suis-je écouté parler ou bien me suis-je mis convenablement à l’écoute de mon prochain pour le comprendre, et donc mieux encore l’arraisonner ?

Proclamer et diffuser les vérités de la Foi n’est pas affaire de théorèmes ou de méthodologie d’instagrameurs. On ne civilise pas les cœurs par l’Evangile comme on enseigne les tables de multiplication. Les audiences cathos sur les réseaux ont leurs atouts propres mais la mentalité postmoderne peut-elle seulement comprendre que l’essentiel se joue ailleurs ? Là où pour le professeur de mathématiques les us pédagogiques peuvent relever d’un choix personnel, où pour le chrétien youtubeur l’incarnation visuelle peut créer une véritable communauté d’abonnés, la manière de transmettre la Vérité, elle, se trouve, chez les catholiques,indiquée avec précision dans les écrits de la Bible. Aux chrétiens de s’y tenir pour garantir à ses pauvres paroles pertinence et justesse. L’apôtre saint Paul écrivait déjà à son ami Timothée, au tout début du christianisme, ces conseils qui encore aujourd’hui ont valeur de trésor pour qui a soif de proclamer les richesses de Dieu : « Prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, censure, exhorte… avec une entière patience et souci d’instruction » (II Tim IV,2). Ce que résume Paul dans une autre épitre, cette fois-ci aux Ephésiens : « Dire la vérité dans la charité » (Eph IV, 15). Ainsi, si la (re)conquête des âmes nécessite pour un chrétiend’avoir « la tête au Ciel » (connaître et aimer la vérité), elle ne saurait faire l’économie d’avoir « les pieds sur terre » (partir de la réalité, parfois complexe, qui nous entoure).

Se taire ? Dire trop ? Ne pas dire assez ? Comme toujours quand il s’agit de recherche de perfection, tout est une question de mesure. Il en va de même pour le chrétien en action. Appelé à devenir la lumière du monde et le sel de la terre, chaque baptisé doit s’efforcer de trouver le bon équilibre. L’obscurité comme une lumière trop vive, un plat fade comme une assiette trop épicée, la conséquence reste la même… Les deux premières nous rendent aveugles, les deux autres insatisfaits.

Trois phares pour résister aux tempêtes médiatiques

Les catholiques de conviction se sentent souvent seuls face aux tempêtes qui secouent la société et parfois tétanisés devant les désordres qui secouent l’Eglise. Reste que pour ouvrir sa bouche et clamer la vérité sur les toits, trois pharesviennent guider la réflexion du chrétien, quelle que soit l’époque où il vit.

Le premier phare, c’est celui de l’humilité. Ce qu’Hélie de Saint-Marc résumait ainsi dans sa lettre Que dire à un jeune de vingt ans : « Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère. »

Le deuxième représente l’équilibre. Selon l’enseignement de François de Sales, évêque au début du XVIIe siècle et modèle de mesure (il est le saint patron des journalistes), « Dans le régime des âmes, il faut une tasse de science, un baril de prudence et un océan de patience. » Cet équilibre invite justement à ne « rien faire par force mais tout par amour ». Dit autremet : l’art de la rondeur et de la nuance.

Le dernier phare, la prière, reste le plus mystérieux pour les générations élevées sans transcendance et sans conscience de l’au-delà ou des « forces de l’esprit ». La prière donne à« contempler la Vérité pour mieux la transmettre » selon la jolie devise des dominicains. A l’image de la prière du Munda cor que récite tout bas le prêtre ou le diacre avant de proclamer l’évangile lors de la messe. Une prière qui demande : « Viens purifier mon cœur et mes lèvres pour merendre capable de proclamer dignement ton saint message de Vie. »

Ne pas avoir peur pour mieux chasser les inquiétudes et soigner les blessures qui frappent notre monde : et si c’était cela assumer sa foi ? En dépit des raccourcis ou des falsifications du message de l’Evangile, la préservation de l’identité chrétienne de la France a ses vertus. Elle a aussi une fonction médicinale. Il s’agirait de ne point l’oublier.

Guillaume Bigot et le scandale de l’aide publique au développement

Nous avons parlé (voir ici et ) du scandale de l’Agence française du développement dénoncé sur Cnews par Sarah Knafo, député européen Reconquête. Le député RN Guillaume Bigot, auteur d’un rapport sur l’aide publique au développement, renchérit dans une vidéo où il énumère d’invraisemblables gabegies (de l’achat de chameaux en Mauritanie à la lutte contre les “inégalités de genre” dans le secteur de l’électricité éthiopien!):

Élections législatives allemandes : résultats et conséquences

source: https://leconservateur-media.fr/2025/02/24/elections-legislatives-allemandes-2025-resultats-et-impact/

Les élections législatives allemandes du 23 février 2025 ont marqué un moment clé pour l’avenir du pays, avec des résultats qui redéfinissent le paysage politique national et européen.

Le bloc conservateur CDU/CSU a remporté ces élections avec 28,5 à 29 % des voix, confirmant son retour en tant que force dominante. L’Alternative für Deutschland (AfD), parti nationaliste, a réalisé un score record de 19,5 à 20 %, une progression qui témoigne d’un mécontentement croissant au sein de l’électorat. À l’inverse, le Parti social-démocrate (SPD), actuellement au pouvoir, a chuté à 16 %, reflétant une désillusion face à la coalition menée par Olaf Scholz.

Source : ⁦Bundeswahlleiterin⁩ via ⁦dpa-infocom⁩

UN PAYSAGE POLITIQUE FRAGMENTÉ ET DES COALITIONS INCERTAINES

L’ascension de l’AfD pose un défi pour la formation d’une coalition gouvernementale stable. Aucun des partis traditionnels n’envisage pour l’instant une alliance avec l’AfD, ce qui risque de prolonger les négociations pour former un gouvernement viable. Cette fragmentation pourrait également entraîner une instabilité politique accrue au sein du Bundestag, rendant plus difficile l’adoption de réformes .

IMPACT SUR L’UNION EUROPÉENNE ET LES RELATIONS INTERNATIONALES

La montée des forces patriotiques et nationalistes en Allemagne inquiète les partenaires européens fédéralistes ayant peur de voir leurs aspirations mondialistes mises à mal, comme un sentiment que leurs rêves et pouvoirs pourraient être terminés. Une politique plus centrée sur les intérêts nationaux venant d’un des pays les plus contributeur et moteur de l’union européen pourrait changer le tempo sur les dossiers clés comme la politique migratoire ou la transition énergétique.

De plus, ce bouleversement pourrait modifier les relations franco-allemandes, pilier de l’Union Européenne. Un gouvernement conservateur, potentiellement influencé par la montée de l’AfD, pourrait adopter une posture plus réticente aux compromis avec la France sur des sujets économiques et stratégiques . NDLR « Ne serait-ce pas là une nouvelle tape derrière la tête qu’un étranger nous mettrait pour nous dire de ne pas nous réveiller ? »

CONSÉQUENCES POUR L’ALLEMAGNE ET L’AVENIR POLITIQUE

Ce scrutin met en lumière une fracture politique grandissante entre un électorat en quête de stabilité et des forces nationalistes qui captent un mécontentement grandissant. L’avenir du pays dépendra désormais de la capacité des partis traditionnels à former un gouvernement solide et à répondre aux préoccupations des citoyens, notamment sur les questions économiques et migratoires .

L’Allemagne entre donc dans une période d’incertitude politique, dont les répercussions pourraient s’étendre bien au-delà de ses frontières.

QUELS CHANGEMENTS POUR L’ALLEMAGNE AVEC LE CDU/CSU

Le bloc conservateur CDU/CSU, mené par Friedrich Merz et Markus Söder, propose un programme électoral marqué par un retour à des politiques plus traditionnelles et économiques de droite. Leur vision repose sur plusieurs axes clés :

Relance économique et baisses d’impôts : La CDU/CSU veut réduire la charge fiscale en baissant les impôts sur les sociétés, la TVA pour le secteur de l’hôtellerie et les taux d’imposition sur le revenu. Cependant, elle reste attachée au « frein à l’endettement » (Schuldenbremse), ce qui signifie que ces baisses d’impôts devront être compensées par des coupes budgétaires, notamment dans les aides sociales et l’assistance aux réfugiés .
Durcissement des politiques migratoires : Le programme propose des mesures strictes comme des refoulements aux frontières, des expulsions vers des pays comme l’Afghanistan et la Syrie, la suppression de la double nationalité pour les criminels, ainsi que le remplacement des aides financières pour les migrants par des prestations en nature .

Sécurité et politique étrangère : La CDU/CSU met l’accent sur une défense forte, avec un soutien continu à l’Ukraine et une réforme de l’armée allemande. Le parti veut également créer un Conseil de sécurité nationale et limiter la dépendance économique de l’Allemagne vis-à-vis de la Chine, tout en maintenant des relations commerciales avec ce pays.

Social et retraites : Contrairement à certains partis qui veulent réformer l’âge de la retraite, la CDU/CSU assure qu’il n’y aura ni augmentation de l’âge de départ ni baisse des pensions. Elle veut cependant réformer l’aide sociale pour inciter davantage de bénéficiaires à travailler.

Énergie et climat : Bien que le programme affirme viser la neutralité carbone d’ici 2045, il s’oppose à certaines politiques écologiques en annulant des mesures comme l’interdiction progressive des moteurs à combustion et la taxe sur le diesel agricole. Il laisse aussi la porte ouverte à un retour du nucléaire .

Avec CDU/CSU qui remporte de large sièges aux élections et appliquera peut être ces mesures, l’Allemagne pourrait connaître une baisse de la fiscalité favorable aux entreprises, avec une réduction des dépenses publiques, notamment dans les aides sociales et l’immigration. Un durcissement des politiques migratoires pourrait également modifier la dynamique démographique et sociale du pays afin de redonner plus de place aux allemands. Sur le plan international, un alignement plus marqué avec l’OTAN et les États-Unis, ainsi qu’un contrôle renforcé de la dépendance économique vis-à-vis de la Chine, façonneraient la politique étrangère allemande dans les années à venir .

Cette orientation contraste avec la politique actuelle du gouvernement SPD-Verts-FDP, qui privilégie des investissements publics accrus et une politique migratoire plus ouverte. La suite des élections sera donc déterminante pour l’avenir économique et social de l’Allemagne.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Un scandale d’Etat ou de la gauche ?

Trois ou quatre cents personnes mises au chômage. Et la CGT ne dit rien… Il s’agit de C8. D’habitude la cessation d’une activité, d’une entreprise intervient quand ces salauds de capitalistes l’ont plantée ou pillée. Et que le modèle économique a échoué. Ici, il n’en est rien. L’arrêt de C8 ne vient que de son succès et du fait du prince.
Première incongruité.

Il me revient qu’en 1981, c’est la gauche qui ouvrit le champ aux « Radios libres ». Qu’aurait-elle dit si la droite était revenue sur cette avancée ? Qu’aurait-elle dit si Radio Libertaire avait été interdite ? Mais elle se tait devant l’interdiction de C8. Mieux… ou pire : elle s’en réjouit.
Deuxième incongruité.

Nous voyons l’Arcom infliger une triple peine : Hanouna a été condamné à 4000 € d’amende par la justice suite à la plainte de Louis Boyard. Or l’organe de régulation ajoute à celle-ci une amende de 3 ou 4 M€. En l’espèce un même fait est jugé deux fois. On pourrait imaginer une troisième ou une quatrième juridiction de surveillance, et multiplier les sanctions à l’envi… Par exemple contrôler la tenue vestimentaire des invités de C8 ou la qualité linguistique de leurs propos ou je ne sais quoi… Je galèje, mais c’est tout de même une :
Troisième incongruité.

Celle-ci, l’amende de plusieurs millions d’euros, ne suffit pas à l’Arcom : après les multiples sanctions financières qui se montent à près de 8M€, cette autorité énonce benoîtement l’interdiction de diffusion sur la TNT. Plainte au tribunal contre Hanouna, sanctions financières contre C8, interdiction d’antenne… cela constitue bel et bien une triple peine et une…
Quatrième incongruité.

Nous voyons en tout cela le retour du principe « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », ou (si vous préférez) le retour d’une censure que la France connut pendant l’Occupation. Ces références gênent certains ? Leur font-elles honte ? Même pas, je le crains.

Car si notre animateur est condamné pour des propos trop vifs ou des insultes… que dire de ceux tenus sur les chaînes publiques :
– Quand France 2 présente dans une émission de prime-time et annoncée longtemps à l’avance Gérard Depardieu sous les traits d’un pédophile… au prix d’un montage digne de la Pravda ou la Propaganda Staffel qui lui faisait commenter grivoisement l’arrière-train d’une jeune cavalière… qu’est-ce ? Un simple fake puéril à passer sous silence… ou une intention directe de se servir de l’audience d’une chaîne TV très puissante pour nuire à un acteur aimé des Français mais qui déplaît à la caste médiatique… laquelle n’aime pas le bonhomme ni les hommes non-déconstruits ? L’Arcom sanctionna-t-elle le fait… le fake ? Que nenni.
– Quand Charline Vanhoenacker traite Elon Musk de « gros connard » sur le plateau de Léa Salamé (France 2), est-ce une insulte directe qui devrait valoir 3,5M€ selon l’Arcom ou un simple propos théâtral et un peu vif ? Selon que vous serez puissant ou misérable, selon que vous vous appellerez Cyril ou bien Charline…
– Quand France 2 annonce les morts gazaouis après le pogrom du 7 octobre sans indiquer que leurs chiffres viennent du Hamas, est-ce un moyen honnête, sincère et loyal de diffuser des informations… ou une attitude comparable à celle qui faisait chantonner les Français pendant l’occupation : « Radio-Paris ment… Radio-Paris est Allemand » ?

On conclura de cette sinistre farce que la gauche reste égale à elle-même, jalouse, mesquine, destructrice de ce qui ne vient pas d’elle ou ne la représente pas. On conclura aussi que le silence des grandes figures de la droite est tout autant peccamineux. Wauquiez, Retailleau, Pécresse et consorts ignoreraient-ils à ce point le courage et le péché par omission ?

Bertrand du Boullay

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Proportionnelle : quel intérêt ?

Lu dans Les 4 Vérités :

Percée de l’AFD en Allemagne. Silence du RN en France

Les conservateurs des partis CDU/CSU emmenés par Friedrich Merz recueillent entre 28,5% et 29% selon des sondages sortis des urnes, tandis que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) obtient 19,5 à 20%.

Ce coup de barre à droite intervient à un moment charnière pour l’Allemagne, confrontée à une série de crimes commis par des immigrés.

L’AFD obtient  le double d’il y a quatre ans et un score historique pour cette formation née en 2013. Alice Weidel a salué le «résultat historique» de son parti. «Nous n’avons jamais été aussi forts au niveau national», a-t-elle déclaré. Le camp conservateur exclut toutefois toute une alliance avec l’AfD malgré un accord parlementaire sur les questions d’immigration et de sécurité durant la campagne électorale.

Le chancelier sortant Olaf Scholz n’a pas su convaincre les nombreux indécis de soutenir son parti social-démocrate (SPD), qui récolte seulement entre 16% et 16,5%. C’est une débâcle sans précédent pour le plus vieux parti d’Allemagne depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Autre perdant de ce scrutin, les Verts, alliés au gouvernement Scholz, dans une fourchette de 12-13,5 %.

Friedrich Merz devrait se tourner vers le SPD pour former une alliance baptisée «grande coalition» ou «Groko» entre les deux formations qui ont dominé le paysage politique de l’après-guerre.

En France, ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella n’ont réagi. Marine Le Pen, qui a rompu avec l’AFD lors des dernières élections européennes, poursuit sa politique de centralisation ou de chiraquisation, dans un esprit de soumission aux idéologues de gauche.

De son côté Éric Zemmour est à Berlin aux côtés d’Alice Weidel la patronne de l’AFD.

Missionnaires : des aventuriers de Dieu ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :

  • Don Jean-Yves URVOY, missionnaire à Cuba
  • Père Jean-François THOMAS, jésuite
  • Blandine DE FOUGEROUX, responsable d’un groupe « Famissio »

La messe traditionnelle est interdite à la cathédrale de Chartres en clôture d’un pèlerinage !

Communiqué de l’Union Lex Orandi :

Il ne s’agit pas de la messe de clôture du pèlerinage de Pentecôte organisé par Notre-Dame de Chrétienté, mais de la récente interdiction de la messe de clôture d’un pèlerinage nocturne le 8 février au matin.

Depuis dix ans, un pèlerinage nocturne a lieu de Gazeran dans la Beauce jusqu’à Chartres, au milieu de l’hiver, quand les nuits sont les plus longues. Créé par des fidèles et des prêtres de la Fraternité Saint Pierre pour implorer la Sainte Vierge alors que l’Abbé Coiffet, un de leurs fondateurs, était au plus mal, il s’est poursuivi dans la fidélité à sa mémoire après son décès intervenu le 3 juillet 2015. Depuis dix ans, ce pèlerinage se clôturait par une messe à 7 heures du matin dans la crypte de la cathédrale de Chartres avec l’autorisation de l’ordinaire du lieu.

Mais cette année, l’édition du dixième anniversaire ne s’est pas terminée comme prévue, malgré le jubilé proclamé par l’Evêque de Chartres pour le millénaire de la crypte de sa cathédrale. Alors qu’une soixantaine de pèlerins de Versailles, Rambouillet, Chartres ou du Plessis-Robinson marchaient toute la nuit du 7 au 8 février 2025, Monseigneur Christory, Evêque de Chartres, signifiait que la messe à la crypte, sollicitée et acceptée dans les règles depuis des mois, n’était plus autorisée. Les pèlerins ont été orientés vers l’église Saint Aignan, dépendant de la paroisse cathédrale et desservie par la Fraternité Saint Pierre, après que le chapelain de la cathédrale les ait guidés jusqu’à la Porte Sainte pour leur démarche jubilaire.

Comment interpréter ce revirement ?

En octobre, les fidèles de la paroisse personnelle Notre-Dame des Armées de Versailles ont pu effectuer leur pèlerinage de rentrée à Chartres, où la messe traditionnelle fut célébrée à la cathédrale sans obstruction.

En décembre, la rumeur d’une possible interdiction de la célébration de la messe en rite traditionnel à la cathédrale de Chartres a agité le monde médiatique. Elle est partie d’un article du quotidien La Croix intitulé : « Les messes en latin du pèlerinage de Chartres sous surveillance du Vatican » publié le 4 décembre 2024. Un mois plus tard, le 4 janvier 2025, le quotidien de l’Eure-et-Loir L’Echo Républicain titrait à son tour : « Des pèlerins interdits de cathédrale ? ». A chaque fois, Monseigneur Christory proclamait toute absence d’intention hostile de sa part. Interrogé par La Croix le 4 décembre, il avait insisté sur les « nombreux fruits » du pèlerinage. Concernant une quelconque interdiction de la messe, il avait répondu : « Si quelqu’un doit décider de quelque chose, c’est le Pape ». De même, dans l’Echo Républicain, l’Evêque affirmait : « Nous avons près de 400 pèlerinages qui s’annoncent chaque année, et c’est cela qui est merveilleux à Chartres avec leurs diversités et leur foi. J’apprécie chaque groupe, les jeunes des quartiers populaires et des écoles de banlieue parisienne autant que ceux qui viennent avec le Sacré Cœur imprimé sur le drapeau français. »

Il semble pourtant qu’un de ces groupes de pèlerins n’ait pas été autant apprécié que les autres… Une messe dans le rite traditionnel à 7h du matin dans la crypte de la cathédrale de Chartres pour moins de 100 pèlerins nécessite-t-elle une autorisation du Pape ? Selon Traditionis Custodes, c’est l’évêque diocésain qui est chargé d’attribuer un lieu de culte à la célébration de la messe selon l’usage antique. Comment expliquer que l’autorisation donnée ait été reprise, alors qu’un usage s’est établi depuis dix ans ? L’Evêque de Chartres n’a fourni aucune explication aux organisateurs.

En l’absence de raisons objectives, toutes les hypothèses peuvent être faites, ravivant la menace qui plane sur la célébration de la messe de clôture du pèlerinage de Chartres, bien que l’association Notre-Dame de Chrétienté ait régulièrement réaffirmé que rien ne permet de penser à une interdiction.

La seule conclusion permise est en forme de constat : depuis de nombreux diocèses, il remonte à l’Union Lex Orandi des informations précises et factuelles d’interdictions de célébrations. Ici c’est une messe de mariage, là un baptême, dans beaucoup de diocèses une confirmation et parfois des obsèques, et maintenant, à Chartres, une messe de clôture d’un pèlerinage… Il semblerait que de plus en plus d’évêques pratiquent un apartheid mesquin : mettre des obstacles en pratique à ce qu’ils ne peuvent pas empêcher en réalité. On sait pourtant ce qui est advenu du régime d’apartheid en Afrique du Sud : le Prix Nobel de la Paix fut attribué aux deux hommes politiques qui le démantelèrent, un noir et un blanc. Il en sera ainsi dans l’Eglise : comme elle l’a toujours fait, elle conservera la mémoire de ceux qui, comme Jean-Paul II ou Benoît XVI, ont œuvré à la paix et à la réconciliation. Les autres sombreront dans l’oubli…

Réclamer des comptes aux dirigeants comédiens

Lu dans le JDNews du 19 février, un article de Vincent Hervouët, journaliste spécialisé en matière de politique étrangère, qui, évoquant la disparition de l’Europe et la négociation directe de Donald Trump avec Vladimir Poutine pour la paix en Ukraine, se conclut ainsi:

Un proverbe du Far West dit que la guerre fait les voleurs et que la paix les fait pendre. On devrait en dire autant des menteurs. Après cette étrange défaite, il faudrait limoger les généraux de plateau TV, couvrir de goudron et de plumes les prédicateurs va-t-en-guerre, les reporters en peau de lapin qui ânonnent depuis trois ans les mensonges de la propagande et les chaînes qui les illustrent avec les images fournies par les GoPro des combattants et les drones, toute cette pornographie kaki. Et surtout, réclamer des comptes aux dirigeants qui ont fait semblant de faire la guerre et qui sont incapables de faire la paix. Qui ont tenu des poses viriles et des discours martiaux, mais c’était pour rire. Qui ont rendu la guerre ridicule. La guerre est une chose trop sérieuse pour être laissée aux comédiens, aux médias, aux somnambules.

Militant LGBTQXYZ le jour, pédocriminel la nuit

À Oudon, près de Nantes, les habitants sont estomaqués par les dernières révélations sur les agissements de cet assistant familial, engagé en politique chez LFI et dans le milieu LGBTXYZ, suspecté d’avoir mis des enfants en très bas âge dont il avait la responsabilité à la disposition de pédocriminels.

Jusqu’au mois de septembre dernier, ce père séparé était connu dans les milieux de Nantes en tant que président de l’association Esprit Arc-en-ciel. Sous cette casquette, il participait au militantisme  LGBT et avait organisé la première Gay Pride du pays d’Ancenis en 2022. Il était également engagé dans la lutte contre les violences familiales et s’était présenté aux élections départementales de 2021 sous l’étiquette de la France Insoumise (LFI). Fin 2023, cet aide-soignant à domicile, ex-secouriste bénévole pour la Croix Rouge, avait obtenu l’agrément du centre départemental enfances familles (CDEF) de Loire-Atlantique, structure chargée de l’accueil d’urgence des enfants de 0 à 18 ans…

Terres de Mission -La gratitude : une vertu à cultiver

Terres de Mission reçoit, par Skype, Jeanne Delenda qui présente le “parcours gratitude” lancé par l’application Meditatio avec le Père Lionel Dalle.

Puis, le Père Louis-Marie, dominicain, évoque la revue “Le Sel de la terre“, éditée par le couvent d’Avrillé à la demande de Mgr Lefebvre – et défendant des positions proches de celles de la Fraternité St Pie X.

Enfin, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lectures aux téléspectateurs.

Contre le ralliement de l’Eglise au monde

Un lecteur nous signale cet article de Tracey Rowland, théologienne australienne (et lauréate du Prix Ratzinger de théologie), publié sur le site What we need now, consacré à la réforme de l’Eglise. Le titre dit l’essentiel: Making Christianity weird again (rendre le christianisme à nouveau étrange) et, de fait, tout l’article est une charge contre l’alignement du christianisme sur la culture actuelle que l’auteur appelle le “corrélationnisme”:

Le « corrélationnisme » était une stratégie pastorale visant à associer la foi à la culture de la modernité. Dans les années 1970, cette stratégie prenait des formes banales, comme celle de décorer les salles de classe catholiques d’affiches représentant des animaux mignons déclarant « Jésus est cool ».

 

En outre, des départements universitaires entiers se sont engagés dans des projets visant à traduire les enseignements catholiques dans les idiomes de la culture moderne. Même l’opposition catholique à l’avortement a été défendue sur le terrain laïc selon lequel l’enfant en développement avait droit à la vie – et non sur le terrain théologique selon lequel toute vie humaine est sacrée. Le domaine du sacré a dû être mis de côté, car aucun terrain d’entente n’a pu être trouvé dans ce domaine. La tradition du droit naturel s’est trouvée transposée dans le langage des « droits » politiques.

 

Ironiquement, le projet corrélationniste avait précisément pour but de transformer les catholiques en conformistes bourgeois, en phase avec les mouvements du Zeitgeist. Son objectif principal était de combler le fossé entre la culture catholique et la culture laïque. Karl Rahner a fait valoir que les catholiques attachés émotionnellement aux éléments pré-modernes de la culture ecclésiale devraient être laissés de côté dans l’Église du futur. Ils seraient, en fait, les victimes collatérales du projet de modernisation.

 

Néanmoins, conformément au tournant post-moderne, les stratèges pastoraux qui ont passé des décennies à promouvoir la musique sacro-pop et les liturgies folkloriques et à moderniser les livres de prières et les manuels de comportement éthique dépourvus de toute référence à Dieu, à la grâce ou à la sacralité, juste des « principes », se sont réveillés et se sont retrouvés entourés d’une génération qui veut étudier la scolastique, assister à des liturgies en latin et, dans le contexte de l’éthique, veut savoir comment tel ou tel acte impacte leur relation avec Dieu.

Manuel Valls a décidément un problème avec le peuple !

Nous connaissions Manuel Valls comme ce ministre de l’Intérieur qui avait gazé de nombreux manifestants pacifiques refusant la dénaturation du mariage. Désormais ministre “des outre-mer”, il montre qu’il n’a pas beaucoup progressé dans l’écoute du peuple français: après avoir affirmé que les accords de Matignon devaient conduire à une “souveraineté pleine et entière” de la Nouvelle-Calédonie (malgré l’évidence des textes et surtout trois référendums successifs qui ont tous demandé que l’île demeure sous souveraineté française), il a eu un échange musclé avec des manifestants loyalistes et notamment le député Nicolas Metzdorf, comme on le voit sur ce tweet repris de La dépêche de Nouméa:

https://x.com/L_exile988/status/1893265904454017070

Un prêtre tabassé à Auxerre

Un prêtre catholique a été agressé dans la rue par deux individus, qui l’ont insulté, l’ont fait tomber et l’ont frappé au sol, à proximité de l’église Saint-Eusèbe, à Auxerre, samedi 22 février, vers 8h45 du matin, selon Valeurs Actuelles.

Alors qu’il était en train d’ouvrir l’église, place Saint-Eusèbe, le prêtre a été pris à partie verbalement par un homme qui a ouvert le volet de son appartement avant de l’invectiver.

Se plaignant visiblement du bruit généré par l’église, l’homme aurait proféré « religion de merde » et « connard », ce à quoi le prêtre aurait protesté « ça va pas ? » Peu après, alors que ce dernier ressortait de l’allée menant à l’église, le premier individu accompagné d’un autre l’ont pris à partie physiquement.

Ouvert à la discussion et s’enquérant de leurs problèmes auprès de ses interlocuteurs, le prêtre a alors entendu : « Je viens me défouler sur toi. » Il a été renversé au sol par un des individus, l’un le maintenant tandis que l’autre le frappait au visage de plusieurs coups de poing.

Les auteurs en fuite sont activement recherchés. Une enquête a été ouverte.

Dimanche de la Sexagésime : parabole du semeur

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut piétinée, et les oiseaux du ciel la mangèrent. … (Saint Luc 8)

Ce dimanche est le deuxième du temps de la Septuagésime, et l’on y retrouve les sentiments de ce temps : conscience de la gravité de nos péchés et du besoin que nous avons du Rédempteur. Mais les chants de ce dimanche de la Sexagésime expriment notre misère d’une façon intense, presque angoissée, particulièrement les trois premiers chants : Introït, Graduel et Trait, qui sont de grandes supplications collectives.

► Introït : Exsúrge

Le texte de l’Introït de ce dimanche de la sexagésime est extrait du psaume 44, dans lequel le peuple d’Israël commence par rappeler tous les bienfaits dont le Seigneur l’a comblé dans le passé, puis il y oppose la triste situation dans laquelle il se trouve présentement, se demandant si Dieu a oublié son peuple ou l’a rejeté à cause de ses fautes, et il se termine par cet appel suppliant :

Exsúrge, quare obdórmis Dómine
Levez-vous, pourquoi dormez-vous Seigneur ?

Exsúrge, et ne repéllas in finem.
Levez-vous, et ne nous repoussez pas à jamais.

L’on songe bien sûr à l’Évangile de la tempête apaisée. Dieu semble dormir quand sa providence permet pour quelque temps que ses ennemis triomphent.

Puis le texte du psaume poursuit :

Quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ?
Pourquoi détourner votre visage ? Oubliez-vous notre détresse ?

Adhǽsit in terra venter noster exsúrge.
Notre ventre est collé à terre.

Dómine, adjúva nos, et líbera nos.
Levez-vous Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous.

La première phrase fait évidemment penser à l’Évangile de la tempête apaisée et à l’appel angoissé des apôtres à Notre Seigneur dormant dans la barque.

Il n’est pas besoin de souligner à quel point ce texte est d’actualité. La mélodie le suit pas à pas, en exprimant toutes les inflexions avec sobriété mais intensité. La première phrase monte progressivement du premier encore timide jusqu’au deuxième, plus appuyé, avant de redescendre avec une sorte d’accablement. Même courbe dans la deuxième phrase qui s’achève au grave avec le sombre : Nous sommes prostrés et ne pouvons nous relever. Puis le dernier s’élève, très dépouillé mais suppliant. Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.

Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.

Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
Ô Dieu nous l’avons entendu de nos oreilles, nos pères nous l’ont raconté.

► Graduel : Sciant gentes

Comme celui de l’Introït, le texte du Graduel du dimanche de la Sexagésime est encore une prière collective. Il est tiré, ici, du psaume 82, dans lequel le peuple d’Israël lance un appel à la toute puissance divine pour qu’elle le délivre de ses ennemis, ceux qui refusent de reconnaître le seul vrai Dieu et de se soumettre à lui, ceux que le texte appelle, les nations païennes.

Sciant gentes quóniam nomen tibi Deus : tu solus Altíssimus super omnem terram.
Que les nations sachent que votre nom est Dieu, vous seul êtes le Très-Haut sur toute la terre

Deus meus, pone illos ut rotam, et sicut stípulam ante fáciem venti.
Mon Dieu, faites-les tourner comme une roue, qu’ils soient emportés par le vent comme un fétu de paille.

Ces paroles s’appliquent particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et s’opposer à sa loi. Mais en ce temps de la Septuagésime, elles s’appliquent aussi aux ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs du péché. Nous demandons au souffle de l’Esprit Saint de les balayer et de les emporter au loin. La mélodie est ample et solennelle avec de grandes vocalises. On remarquera surtout dans la deuxième partie, celle du mot qui s’élève dans l’aigu d’une façon exceptionnelle.

► Trait :Commovísti

Comme dimanche dernier, et comme il en sera ainsi jusqu’à Pâques, le Graduel du dimanche de la Sexagésime n’est pas suivi d’un Alléluia, mais d’un Trait, composé de plusieurs versets sur une psalmodie très ornée. Celui de ce dimanche comporte trois versets tirés du psaume 59. Comme ceux de l’Introït et du Graduel c’est une prière suppliante du peuple d’Israël envahi et persécuté par ses ennemis.

Commovísti, Dómine, terram, et conturbásti eam.
Seigneur, vous avez ébranlé la terre et vous l’avez bouleversée.

Sana contritiónes ejus, quia mota est.
Guérissez ses blessures car elle est ébranlée.

Ut fugiant a facie arcus, ut liberéntur elécti tui.
Que vos élus échappent aux traits de l’arc qu’ils soient délivrés !

Lorsque le texte de ce psaume parle de la terre, il s’agit du pays d’Israël et surtout de ses habitants. On peut dire de cette prière, comme de celle du Graduel, qu’elle s’applique tout à fait à la situation de l’Église et de notre pays, mais elle s’applique aussi à notre âme blessée par le péché dont nous supplions le Seigneur de nous délivrer. La mélodie est faite de formules habituelles aux Traits ; on en retrouve quelques-unes unes qui figuraient déjà dans celui de dimanche dernier, mais d’autres ont été choisies les plus développées et aussi, spécialement dans le deuxième verset, parmi les plus tourmentées.

► Offertoire : Pérfice

Les deux derniers chants du propre de la messe du dimanche de la Sexagésime, l’Offertoire et l’antienne de Communion, sont nettement différents des trois premiers. Nous n’y retrouverons plus les appels suppliants du peuple de Dieu dans sa détresse, ce sont au contraire des prières personnelles pleines de confiance.

Le texte de l’Offertoire est tiré du psaume 16, prière du juste, celui qui accomplit fidèlement la volonté de Dieu et fait valoir cette qualité pour obtenir d’être exaucé. En ce temps de la Septuagésime, même si nous nous efforçons d’être fidèles, nous prenons conscience de la fragilité de notre démarche et demandons au Seigneur qu’il nous soutienne dans cette voie.

Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea
Affermissez mes pas dans vos sentiers afin que ma démarche ne soit pas ébranlée.

Inclína aurem tuam, et exáudi verba mea : mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te, Dómine.

Cette demande s’exprime par une mélodie très calme et contemplative, comme c’est souvent le cas des Offertoires, avec de nombreuses notes longues qui lui donnent un certain caractère d’immobilité marquant l’assurance du juste dans l’observation de la Loi de Dieu, mais elle est en même temps très expressive avec des accents bien soulignés.

► Communion : Introíbo

Comme l’Offertoire, l’antienne de Communion du dimanche de la Sexagésime est une prière personnelle, et non seulement on n’y retrouve pas la supplication et l’angoisse des premières pièces de la messe, mais cette petite antienne est même plutôt joyeuse. Le texte est bien connu puisqu’il est tiré du psaume 42 que le prêtre récite au début de la messe.

Introíbo ad altáre Dei, ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Je m’avancerai vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit ma jeunesse.

Cependant, il ne faut pas s’y tromper, ce psaume 42, qui n’est d’ailleurs que la suite du psaume 41, est la prière d’un malheureux exilé au milieu d’un peuple impie. Il se souvient de Jérusalem et des magnifiques cérémonies du Temple qui faisaient sa joie dans sa jeunesse, et il aspire à les retrouver. De même en ce temps de la Septuagésime, et de façon générale au milieu du monde impie où nous nous trouvons, et du péché qui nous enserre, nous aspirons à retrouver la jeunesse spirituelle dans la patrie céleste. C’est cet espoir qu’exprime la mélodie de cette antienne, joyeuse et affirmative. Ainsi s’achève la belle progression des chants de ce dimanche, depuis les appels angoissés de l’Introït jusqu’à la confiance et l’espérance finale.

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