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Eglise universelle : Cardinalis. La revue des cardinaux
Le N°5 de la revue Cardinalis vient de paraître. Hélène de Lauzun, sa porte-parole, en présente le projet éditorial qui est de permettre aux 228 cardinaux de faire connaissance entre eux. Ce numéro contient une présentation des cardinaux Parolin, secrétaire d’Etat, et Piacenza, à la tête de la Pénitencerie apostolique. A leur demande, les dubia adressées, sur différents sujets, au pape François à l’été 2023 par les cardinaux Zen, Brandmuller, Burke, Sandoval et Sarah, sont exposées ainsi que les réponses du pape et du cardinal Fernandez.
Eglise en France : Trouvera-t-Il encore la Foi sur la terre ?
L’abbé Barthe vient de publier, sous le titre “Trouvera-t-Il encore la Foi sur la terre ?”, un livre qui est un survol de l’histoire récente de l’Eglise avec comme nœud central le concile Vatican II. Cette histoire est traversée par l’opposition entre les catholiques dit intégraux ou intransigeants et les catholiques libéraux. Le point de litige étant constitué par la nature des relations à entretenir avec des pouvoirs politiques dont les principes sont issus de la Révolution française.
Eglise en Marche : Salon de la liberté scolaire
Depuis 2019, le Salon de la Liberté scolaire, Libsco, est le lieu de rencontre des acteurs des écoles indépendantes : directeurs d’écoles, enseignants, parents, éditeurs de manuels scolaires, etc. Anne-Françoise de Saint Albin, de la Fondation pour l’Ecole, présente le programme de cette journée qui aura lieu le samedi 6 avril à l’espace Charenton (Paris XII) : ateliers, conférences, stands et espaces de rencontre.
Il n’y a aucune contrainte, pour aucun prêtre, de concélébrer
Extrait de la communication du chanoine Stéphane Drillon, chancelier du diocèse de Nice, donnée le 25 janvier 2024, à Rome, à l’occasion du 13ème colloque du CIEL, sur l’aspect canonique de la concélébration.
[…] Je vais donc limiter cette étude au droit positif, principalement son élaboration à partir du second Concile du Vatican, son énoncé dans le C. 902 du C.I.C. de 1983, et sa portée.
• Pourquoi évoquer le C. 902 ? Parce qu’il concerne directement la loi positive actuelle régissant cette matière de la Concélébration.
Mais il serait incomplet, en droit canonique, de ne voir que ce canon du Code, et omettre les autres canons du C.I.C. qui, indirectement, sont concernés ou en relation avec le C. 902. Nous verrons que ces relations peuvent être vues comme problématiques.
I) LES SOURCES DU CANON 902.
a) Rappelons brièvement la législation antérieure, i.e. celle du Code précédent, le Code Pio-Bénédictin de 1917.
Le Canon 803 de l’époque ne permettait pas à plusieurs prêtres de concélébrer (sacramentellement) sauf dans deux cas précis :
- La Messe de l’Ordination des prêtres,
- et la Messe de Consécration des Evêques.
Pourquoi ce « Non licet » ?
Parce qu’à l’époque de sa promulgation, il était établi dans plusieurs textes du Magistère :
1. qu’il était une excellente chose que l’on multipliât le nombre de Messes pour la Gloire de Dieu, et le bien des fidèles, tenant à l’esprit le principe thomiste suivant :
« Multiplicata causa, multiplicatur effectus » i.e. « en multipliant la cause, on multiplie les effets » (cf. Sum. Theol. IIIa, Q 79, art 7, 3a)
Ce principe si simple, fera dire à St Thomas :
“in pluribus vero missis, multiplicatur sacrificii oblatio. Et ideo, multiplicatur effectus sacrificii et sacramenti ” i.e. « Dans plusieurs messes, l’oblation du sacrifice se trouve multipliée. Et par conséquent, l’effet du sacrifice et du sacrement se trouve multiplié » (cf. Sum. Theol. IIIa, Q 79, art 7, 3m)
La pensée de St Thomas est très claire et verra des applications très concrètes : l’usage des “Triduum de Messes”, des “Neuvaines de Messes”, des “Trentains grégoriens”, etc…
2. Mais remarquons qu’il était une excellente chose aussi que l’Église manifeste l’UNITÉ du Sacerdoce : unité entre le Christ et le Prêtre, unité entre le Christ et l’Évêque, unité entre les Évêques, unité entres l’Évêque et ses prêtres, unité entre les prêtres entre eux. Et chez les moines, idem !
D’où ces deux exceptions prévues par le Canon 803 du Code de 1917 : « la Messe d’Ordination des Prêtres et la Messe de Consécration des Évêques » – Bref, unité hiérarchique et théologique.
3. Remarquons ici, que ces deux exceptions autorisant la Concélébration se déroulaient toujours en présence de l’Évêque : pas de Concélébration sans l’Évêque.
4. Remarquons, aussi, qu’il était alors impossible de soutenir que le nombre des concélébrants multiplie, à lui seul, le nombre des messes lors d’une Concélébration. La causalité instrumentale ne peut être seulement du côté du ministre, mais aussi dans le geste sacramental liturgique… (cf. P. JOUNEL “La célébration et la concélébration de la messe” in “La Maison-Dieu” n° 83, 1965, page 175) (cf. aussi le Cardinal JOURNET, avec la qualité qui le caractérise, à savoir sa faculté de dire tout simplement des choses pourtant compliquées et profondes, et qui écrivait à ce sujet : “Imaginons plusieurs personnes s’unissant pour baptiser simultanément un petit enfant. Il y aura plusieurs baptisants, mais une seule action baptismale, plures baptizantes, una baptizatio. En concélébration, on aura pareillement plusieurs consacrants, plures ex quo consacrantes, mais une seule action consécratoire, una consecratio” (cf. Charles JOURNET, “le Sacrifice de la Messe “, in “Nova et Vetera ” (Fribourg) 46, 1971, 241-250.
Nous renvoyons, également, sur ce sujet au texte du Saint Office en date du 8 mars (23 mai) 1957, DS 3928 : l’obligation de prononcer les paroles de la consécration « ex institutione Christi ».
b) Rappelons maintenant l’évènement du Concile Vatican II, quant à la Concélébration.
1. La phase anté-préparatoire (17 mai 1959 – 14 sept. 1960)
– Une infime minorité de vota (des Évêques, religieux, curie romaine, universités) demandait que l’on traite de la Concélébration dans les travaux du Concile (une quarantaine de vota sur 2109, soit 1.9 %).
Un tiers de ces demandes envisageait d’étendre la Concélébration à des circonstances exceptionnelles, et pratiquement aucune ne demandait l’extension quotidienne et générale de la Concélébration.
2. La phase préparatoire (14 septembre 1960 – 11 octobre 1962)
- Rédaction d’un premier schéma par la commission de liturgie où l’on trouve : la liberté pour chaque prêtre de célébrer la Messe individuellement, le désir (non prouvé !) “général” que cette Concélébration soit étendue plus largement ;
- Ce premier schéma omettait de rappeler la condamnation du Pseudo Concile de PISTOIE, dans ses articles sur la Concélébration, par le Pape Pie VI en 1794, et aussi le grand nombre d’Églises orientales qui refusent la Concélébration.
Ce schéma se voulait promouvoir l’unité de l’Église manifestée dans l’unité du sacerdoce, mai en oubliant la nature sacrificielle de la Messe pour n’évoquer que « l’utilité des fidèles », c’est-à-dire une raison subjective.
Enfin, selon ce schéma, cette discipline de la Concélébration devait être régit par l’Ordinaire du lieu où l’Évêque, jugé apte à évaluer la commodité pratique de la Concélébration dans certains cas et certains lieux (cela concernait aussi les Messes conventuelles).
Bref, il ne s’agissait pas de traiter de la Concélébration dans son principe théologique et canonique, (fait acquis) mais uniquement dans son application, i.e. la fréquence des Concélébrations autorisées.
3. La Constitution sur la liturgie dans le Concile Vatican II.
Deux schémas furent proposés aux Pères, l’un après l’autre.
Plusieurs arguments furent évoqués dans les discussions.
A noter : la disparition de l’Évêque au centre de la Concélébration, la disparition, comme modérateur de l’usage de la Concélébration, de l’Ordinaire DU LIEU, pour ne pas parler que de l’Ordinaire tout court, ceci, évidemment intéressait en premier lieu les religieux « exempts » …
A noter aussi :
- une tendance à une plus grande ouverture ;
- l’apparition de deux catégories de cas :
- un premier cas où le Concile donnera une faculté générale de concélébrer,
- et un deuxième cas où cette faculté de concélébrer sera accordée par l’Ordinaire.
Bref, oui à la Concélébration mais dans des cas limités.
Une dernière mouture fut proposée au vote des Pères qui ne donna que 1417 “placet” et beaucoup de modi particulièrement sur le rôle de l’Évêque dans l’application disciplinaire de la Concélébration. Modi qui n’ont pas été discutés, faute de temps.
Finalement : voici le texte qui fut approuvé par les Pères, le 4 décembre 63, à savoir le n° 57 de la Constitution sur la Ste Liturgie :
« (la Concélébration)
§ 1. La concélébration, qui manifeste heureusement l’unité du sacerdoce, est restée en usage jusqu’à maintenant dans l’Église, en Occident comme en Orient. Aussi le Concile a-t-il décidé d’étendre la faculté de concélébrer aux cas suivants :
1.
a) le Jeudi-Saint, tant à la messe chrismale qu’à la messe du soir ;
b) aux messes célébrées dans les Conciles, les assemblées épiscopales et les synodes ;
c) à la messe de la bénédiction d’un abbé.
2. En outre, avec la permission de l’Ordinaire, à qui il appartient d’apprécier l’opportunité de la concélébration :
a) à la messe conventuelle et à la messe principale des églises, lorsque l’utilité des fidèles ne requiert pas que tous les prêtres présents célèbrent individuellement ;
b) aux messes des assemblées de prêtres de tout genre, aussi bien séculiers que religieux.
§ 2.
1. Il appartient à l’évêque de diriger et de régler la concélébration dans son diocèse.
2. Cependant, on réservera toujours à chaque prêtre la liberté de célébrer la messe individuellement, mais non pas au même moment dans la même église, ni le Jeudi Saint.
Par souci de brièveté, nous ne verrons pas, ici, les autres textes conciliaires qui évoquent aussi la Concélébration : le décret sur l’Œcuménisme, (pour les Églises orientales), le décret sur le ministère et la vie des prêtres, (Presbyterorum Ordinis) qui mentionnera explicitement la célèbre formule liturgique : « car chaque fois qu’est célébré ce rite, c’est l’œuvre même de notre Rédemption qui s’accomplit » : (cf. Missale Romanum, IIème Dimanche per Annum, offertoire).
Par contre, le décret sur les Églises orientales catholiques, reste totalement muet sur la Concélébration, comme celui sur la charge pastorale des Évêques, et aussi comme celui sur la Vie religieuse, lui aussi totalement muet sur la question !!!
* * *
Finalement, concluons cette partie sur la Concélébration dans le Concile Vatican II :
1. aucune contrainte, pour aucun prêtre, de concélébrer. La liberté de chaque prêtre de célébrer seul la Messe doit être sauvegardée.
2. l’usage de la concélébration et sa pratique doivent être limités et réglementés de deux façons :
a) en la prévoyant pour des cas précis (n°57§1, 1 de “Sacrosanctum Concilium”) ;
b) en la rendant possible pour d’autres cas, permis et réglementés par l’Ordinaire et l’Évêque du Lieu. (n° 57, §1, 2 et §2,1 de “Sacrosanctum Concilium”).
3. La pratique de la concélébration ne pourra jamais porter atteinte à la valeur des messes privées (S.C., n° 57 §2 et P.O. n° 13).
On peut dès à présent remarquer que le Code du Droit Canon promulgué en 1983 qui se veut être, une mise en acte de l’esprit du Concile :
- respecte, dans son Canon 902, la liberté pour chaque prêtre de célébrer individuellement (“POSSUNT” et pas “DEBUNT” quant à la Concélébration) ;
- respecte, dans son Canon 902, la possibilité de concélébration de l’Eucharistie ;
- respecte, dans son Canon 904, l’exhortation faite à chaque prêtre de célébrer quotidiennement la Messe, même en l’absence de fidèles, et donc, la valeur des messes dites “privées”. (cf. aussi le Canon 246 §1 sur la formation des séminaristes, le Canon 276 §2, 2° sur les obligations et les droits des clercs).
- Mais n’applique pas, par des dispositions législatives, la double limitation à la pratique de la concélébration ; on doit noter qu’aucun Canon n’existe pour cela.
- Et semble ne pas appliquer, puisque le Canon 902 prévoit une possibilité générale et illimitée de concélébrer (hormis l’utilité des fidèles), la théologie sur la concélébration enseignée par Vatican II et la pratique que ce même Concile a voulu instaurer, et qui était étendue mais toujours limitée.
C) Le Magistère après le Concile Vatican II jusqu’au Code de 1983.
Les deux tendances présentes lors des discussions conciliaires à propos de la Concélébration perdurèrent :
- un encouragement d’étendre la Concélébration d’une part ;
- d’autre part, trois textes magistériels reprenant la théologie sacramentaire traditionnelle et qui professaient l’unicité du Sacrifice eucharistique offert à Dieu dans la Concélébration (un seul sacrifice), et donc, dans cette perspective, la multiplication des messes devenant souhaitable, l’usage de la Concélébration étant alors limité.
Ces trois textes sont :
- Le décret général “Ecclesiæ Semper” du 7 mars 1965, qui rappelle que la Concélébration est un unique acte sacramentel, une unique cause instrumentale sacramentelle. (autrement dit quel que soit le nombre de prêtres présents à la Concélébration).
- Le second texte, c’est le n° 47 de l’Instruction “de Cultu mysterii eucharistici” du 25 mai 1967, qui attire notre attention sur le caractère subjectif de la Concélébration (le nombre de prêtres unis dans un unique Sacrifice).
- Le troisième texte est celui de la “Declaratio de Concelebratione” du 7 août 1972, dont un paragraphe mérite d’être cité :
« Bien que la Concélébration doive être considérée comme une manière excellente de célébrer l’Eucharistie dans les communautés, la célébration sans participation des fidèles “demeure cependant le centre de la vie de toute l’Eglise et le cœur de l’existence sacerdotale”. C’est pourquoi il faut que soit laissée, à chaque prêtre, la faculté de célébrer la messe individuellement : pour favoriser cette liberté, on assurera tout ce qui peut faciliter cette célébration : temps, lieu, aide d’un servant et autres éléments de la célébration » (les soulignés sont nôtres).
On notera, ici, que ce passage est le seul cas, à notre connaissance, où l’exercice de la liberté de célébrer individuellement est décrit sous une forme CONCRÈTE et “RÉALISTE”.
Le Canon 902, comme nous le verrons, affirme cette liberté, certes, mais sans préciser les conditions juridiques et concrètes permettant son exercice. Or, nous savons bien que dans certaines situations locales, cette liberté peut-être “entravée” par telles ou telles conditions “in concreto” (par exemple, à cause des horaires, du manque d’autels ou de chapelles, d’une pression des supérieurs sur les consciences et les comportements, etc.).
Enfin, quant à “l’Institutio Generalis Missalis Romani” (n° 153 à 159), son numéro 153 réaffirme que la Concélébration « manifeste heureusement l’Unité du Sacerdoce, du Sacrifice, et “du peuple chrétien”, et reprend, ensuite, presque mot à mot le n° 57 de la Constitution sur la Liturgie de Vatican II :
- certains cas de Concélébration sont prévus par le rituel ;
- certains cas où l’usage de celle-ci est possible, mais qui sont limitativement énumérés (par exemple, la Messe Chrismale).
- D’autres cas, encore, mais avec “la permission de l’Ordinaire” qui est juge de l’opportunité de concélébrer.
Le n° 155 précise qu’il appartient “à l’Évêque”, conformément au droit, de régler la discipline de la Concélébration dans son diocèse, même dans les églises des exempts…
II – Le Canon 902 du C.I.C. 1983 pris en lui-même.
Faute de temps, nous ne parlerons pas de son élaboration ; nous disposons d’une seule page des “Communicationes” qui reproduise les ACTA COMMISSIONIS (COMM. Vol XV, 1983, n° 2, p 191) à ce propos, et qui résume la discussion entre les membres de cette commission quant à la rédaction du C. 855 qui deviendra notre C. 902.
Voyons tout de suite les différents éléments qui composent ce canon 902.
A) “Nisi utilitas christifidelium aliud requirat aut suadæt”
C’est là, la seule limite que la loi positive prévoit à la faculté de concélébrer : la sollicitude pastorale doit toujours l’emporter. Tous les commentateurs font, ici, allusion au “bien des fidèles”. Cette notion était, déjà, présente dans les textes qui ont étendu la faculté de concélébrer, au cours de la période post-conciliaire. Mais on remarque l’abandon de toutes les limitations prévus par le texte conciliaire. (S.C. n°57), le canon se basant sur les documents postérieurs que nous avons déjà mentionnés. Le commentaire de Navarre précise que “la nécessité ou l’opportunité de faciliter aux fidèles la possibilité d’assister à la Sainte Messe dans des lieux et heures divers, ou pour d’autres sollicitudes pastorales” peuvent rendre obligatoire la célébration individuelle.
B) “Sacerdotes Eucharistiam concelebrare possunt”
Les prêtres peuvent concélébrer. Aucun caractère obligatoire. Aucun encouragement, n’est envisagé par la lettre du texte, qui semble donc, objectivement, être en retrait par rapport au projet initial (le canon 855, initial, recommandait la concélébration), et en retrait aussi par rapport à “Eucharisticum Mysterium n° 47, mais beaucoup plus fidèle au contenu de la Constitution Conciliaire sur la liturgie (n°57), qui prévoyait une extension limitée de la faculté de concélébrer, sans la recommander.
Ainsi le latin “possunt” du canon exprime une souplesse, une possibilité, mais pas une recommandation qu’aurait pu exprimer l’emploi d’un verbe au subjonctif. C’est donc outrepasser le sens du canon que d’affirmer, comme le fait le R.P. MAZANARES dans le commentaire de Salamanque, qu’”en principe, la concélébration devrait-être le mode recommandé (72) quand il n’y a pas de nécessité de célébrer individuellement pour le bien des fidèles”. Le canon ne dit rien de tout cela, et n’établit en aucune façon une “hiérarchie” des modes de célébration de l’Eucharistie, ni une préférence pour la concélébration par rapport à la messe privée. “POSSUNT” et rien d’autre.
Le R.P. MAZANARES justifie sa position par deux renvois : le premier à “Eucharisticum Mysterium” n°47, et le second au canon 837.
1) S’il est tout à fait exact que le premier texte (Eucharisticum Mysterium n° 47) “recommande” et “encourage” la pratique de la Concélébration, le Concile Œcuménique Vatican II la limite. Considérer l’Instruction comme un développement harmonieux de SC n°57 est on ne peut plus contestable et interpréter le “possunt” par l’emploi de E.M. n°47 et le rejet du SC n° 57 est bien hasardeux.
Si le législateur avait voulu faire de la Concélébration le mode normal et “recommandé”, il aurait utilisé un verbe bien plus fort que notre “possunt” en collant bien plus au texte d’E.M. n° 47 (73).
Enfin, le “POSSUNT” se veut objectivement en retrait par rapport à la discipline et au texte de E.M. n° 47.
2) Quant à la référence au Canon 837, elle ne nous parait pas justifiée : le fait que “les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église elle-même et qu’elles “comportent une célébration communautaire (…) avec l’assistance et la participation active des fidèles là où cela est possible” ne signifie pas qu’en l’absence des fidèles, une concélébration doit être préférée à plusieurs messes individuelles. D’abord, parce que le Magistère a maintes fois montré qu’une célébration individuelle de la messe est une action éminemment communautaire et publique.
C’est l’action, toujours, de TOUTE l’Église. Le canon 904 le rappelle d’ailleurs fortement. Ensuite, parce que l’Église n’est jamais revenue sur son enseignement à propos du bienfait de la multiplication des messes, parce que “actes du Christ” et “œuvres de Rédemption”. Il est bien évident qu’il faille favoriser la participation active des fidèles… Le fait de donner plusieurs possibilités d’horaires, pour se rendre à la messe (plutôt que de réduire le nombre de messes proposés dans la journée par une Concélébration) n’est-il pas une meilleurs façon d’appliquer le canon 837 ? Enfin, remarquons que les autres commentaires, en particulier ceux de l’Urbaniana et de Navarre, ne déduisent pas du canon 902 qu’en l’absence de fidèle, le mode recommandé soit la concélébration de la messe. Si les prêtres “PEUVENT” concélébrer, il ne s’agit absolument pas d’un principe, mais d’une faculté.
C) “integra tamen pro singulis libertate manente Eucharistiam individuali celebrandi, non vero eo tempore, quo in eadem ecclesia aut oratorio concelebratio habetur.”
La liberté de célébrer individuellement est ici clairement affirmée et non limitée, si ce n’est par une prescription liturgique.
Notons tout d’abord deux faiblesses de la traduction française :
1. le “tamen” latin n’est pas rendu en français. (ni même traduit). L’italien, par exemple, traduit par “tuttavia”. On aurait pu dire en français “cependant, étant respectée la liberté….”, ce qui accentuait la force de la proposition qui suit.
2. le “eo tempore, quo (…) concelebratio habetur ” est traduit par “quand il y a une concélébration”. On aurait pu traduire plus précisément, pour mieux signifier les deux éléments exigés et cumulatifs : un même moment et un même lieu, (exprimés par le quo relatif).
Le commentaire de Salamanque est muet à propos de cette liberté. Il préfère exposer les facultés supplémentaires de concélébrer au bénéfice de celui qui a déjà célébré ou qui va célébrer une autre Messe (pour le bien des fidèles), en rappelant les prescriptions du n°158 de la Présentation Générale du Missel romain, et la Déclaration du 7 août 1972 et en précisant la règle du non cumul d’honoraires, édictée par le canon 951 §2.
Le commentaire de Navarre a le mérite de développer un peu cette notion de liberté, en reprenant la même déclaration du 7 août 1972, qui, d’une façon réaliste, demandait à ce que cette liberté soit vérifiée et rendue vraiment possible par la mise en œuvre de toutes les facilités nécessaires, concrètement.
Ainsi, précise E. TEJERO, la piété personnelle du prêtre sera de cette façon alimentée par ce qui constitue le “cœur de la vie sacerdotale”, c’est-à-dire la célébration des Saints Mystères (cf. Synode des Evêques de1971, “De Sacerdotio ministeriali”, pars altera, n°41, AAS 63, 1971, p 914). Cette exigence de “piété sacerdotale” semble être à l’origine du respect de la liberté individuelle en matière de mode de célébration, consacré par le canon 902. La “Declaratio de concelebratione” se référait déjà au texte du Synode des Évêques pour donner un fondement à cette liberté. Une généralisation imposée de la concélébration pourrait aboutir à une altération de la piété personnelle de chaque prêtre, car, comme le remarque très opportunément les Pères RAHNER, s.j., et HAUSSLING : “sa coopération (du Prêtre) à l’action liturgique ne va pratiquement guère au-delà de la prononciation en commun de quelques paroles”. En réalité, la liberté posée par le canon 902 est un prolongement de la question fondamentale à propos de la “spiritualité” et de la “piété” sacerdotales : de quelle manière le prêtre se sanctifie-t-il le mieux ? En célébrant seul à l’autel ou en concélébrant ? La concélébration renforce incontestablement, sur le moment même, le sentiment d’appartenir à une communauté, elle n’en prive pas moins le prêtre d’une quantité de gestes et de paroles qui lui reviennent en propre et qui le configure d’une façon sensible au Christ-Prêtre. Au lieu de quoi, lorsqu’il concélèbre, il répond à beaucoup de prières du premier célébrant, reçoit la communion et la bénédiction, etc…. Le Prêtre a besoin “de se sentir prêtre” et d’exprimer concrètement, autrement que par relativement peu de paroles, son “identité sacerdotale”. D’où la prudence de l’Église, qui instaure cette liberté d’être seul à l’Autel.
Dans la réalité, dans la vie quotidienne, cette liberté est-elle respectée ? On peut, nous semble-t-il, légitimement se poser la question. Le viol juridique, l’absence de normes concrètes qui auraient pu être dictées par le Code, à propos de l’exercice pratique de cette liberté, favorisant les “pressions” psychologiques de la part de beaucoup de supérieurs à l’égard des prêtres, surtout des jeunes. La généralisation, partout, toujours et pour tous, de la concélébration rend, de fait, les prêtres qui désirent célébrer seuls à l’autel, étrangers et coupés de la “communauté” et du “presbyterium”. Dans les petites communautés de prêtres séculiers ou religieux, pour sauvegarder les relations fraternelles et la vie en commun, on est bien souvent “obligé” de se plier à la concélébration.
En outre, le pluralisme théologique ne facilite pas la compréhension entre ceux qui concélèbrent journellement et ceux qui ne concélèbrent qu’à certaines occasions.
Enfin, en ce qui concerne l’interdiction que nous qualifions de “liturgique”, à savoir l’impossibilité de célébrer individuellement, si au même moment et dans un même lieu il y a concélébration, nous pouvons remarquer que le canon ne porte pas sur le cas de plusieurs messes individuelles célébrées dans un même lieu, au même moment sur des autels différents. D’ailleurs Pie XII avait, dans l’Encyclique “MEDIATOR DEI”, condamné l’opinion de ceux qui “affirment que les prêtres ne peuvent en même temps offrir la divine hostie sur plusieurs autels parce que par cette manière de faire, ils divisent la communauté et mettent son unité en péril”.
CONCLUSION
Que conclure sur l’aspect canonique de la Concélébration actuellement ?
1. Le Canon 902, toujours en vigueur, légifère sur la discipline (l’usage) de la Concélébration sans faire allusion à la théologie et à la justification de cette pratique.
2. L’élément qui, depuis l’époque préconcilaire, est constant (sauf chez de rares auteurs dans la Doctrine canonique) est celui de la LIBERTÉ, pour les prêtres, de célébrer individuellement (sauf la restriction “liturgique” quand il y a une concélébration en même temps et dans un même lieu).
Ce respect de la liberté doit pouvoir être mis en œuvre “in concreto”, sinon, en fait, ce respect disparaît. D’où un grand nombre d’abus possibles, (nombre restreint d’autels, horaires mal aménagés, chapelles trop peu nombreuses, pressions idéologiques, etc.). Et donc, dans ce contexte, apparaît une carence législative et disciplinaire, carence incontestable et qu’il faudrait combler.
3. Quant à la possibilité de concélébrer, le C. 902 élimine et se tait sur la présence traditionnelle de l’Évêque dans une Concélébration, et aussi sur le rôle qui lui était dévolu, à savoir, d’être “régulateur” de la pratique de la Concélébration.
Le même canon parle de la POSSIBILITÉ de concélébrer (“Possunt”) et NON PAS de l’obligation de concélébrer (“debunt”). Là encore, dans la pratique, est-ce respecté ? On peut légitimement en douter !!!
Reconnaissons aussi que les recours administratifs sont un peu “les parents pauvres” du Code actuel, et qu’il est donc, en pratique, très difficile de faire appliquer “in concreto” les dispositions du Canon 902….
Reconnaissons dans cette même perspective, que d’invoquer le Canon 1378 sur les abus de pouvoir qui les qualifie de délits (et qui pourraient être, par conséquent, mis en œuvre dans des procès pénaux) est “oublié” et non mis en œuvre. Une jurisprudence sur le sujet, à notre connaissance, n’existe pas…. Quel prêtre, contraint de concélébrer, a-t-il attaqué son Évêque dans un procès pénal ? Quel Promoteur de Justice a-t-il été saisi d’un abus de pouvoir à ce sujet ?
4. Il faudrait donc, nous semble-t-il, légiférer davantage sur la pratique de la Concélébration, où s’exprime d’une part l’unité hiérarchique de l’Église, l’unité du Sacerdoce, et d’autre part celle de la célébration individuelle de la Messe, qui permet des offrandes et des immolations sacramentelles de l’unique Sacrifice rédempteur du Christ.
Légiférer davantage par la prise en compte de ces deux réalités complémentaires à traduire canoniquement permettrait d’être plus fidèle au texte conciliaire qui est censé être “traduit” juridiquement par notre C. 902.
Lequel C.902 consacre —et c’est indéniable— beaucoup plus un soit disant “esprit du Concile” et une pratique spontanée pas forcément dans la ligne de la Doctrine Catholique traditionnelle, qu’un véritable respect du Texte Conciliaire…
5. Il faudrait également davantage préciser les FRUITS du Sacrifice de la Messe : chaque Messe est le Sacrifice du Christ, elle a une valeur infinie, mais les dispositions des hommes pour en recevoir les fruits sont toujours imparfaites, et en ce sens, limitées. D’où l’importance du nombre des Messes célébrées.
6. Il serait, aussi, souhaitable qu’un approfondissement du régime canonique des “offrandes” de messes, c’est à dires des honoraires versés et acceptés, soit réalisé, surtout dans le cas d’une Concélébration. Il s’agit là d’une « obligation de Justice ». Cette recherche est à conjuguer avec celle de la nature des intentions de Messe, et des fruits particuliers obtenus par la célébration des Saints Mystères.
De telles perspectives me semblent urgentes !
La situation actuelle de l’Église et du monde suffit à le dire, si l’on a l’honnêteté et la lucidité de regarder la situation « in concreto ». Il suffit de penser, par exemple, à tous ces défunts (en France particulièrement) que l’on prive de Messe de funérailles, au bénéfice d’une “bénédiction”, d’une simple absoute, ou bien d’une « liturgie de la Parole »…
L’Église de Dieu possède un trésor : la Rédemption, qui permet à chaque Messe de faire couler sur l’Église et sur le monde entier, le Sang du Christ Jésus.
« quoties hujus Hostiæ commemoratio celebratur, opus nostræ redemptionis exercetur”. (Dominica II per Annum Missale Romanum)
Ce que disait déjà, d’une autre manière, St Augustin : « Semel immolatus in semetipso Christus, et tamen quotidie immolatur in sacramento »
“immolé une fois pour toute en lui-même, le Christ est cependant immolé chaque jour dans le Sacrement” (Ept. 98, PL 33, p 363)
Can. Stéphane DRILLON
Quatrième dimanche de Carême, Lætare
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Ce quatrième dimanche de Carême est appelé du premier mot de son Introït Lætare : réjouis-toi. C’est en effet un dimanche de joie au milieu du Carême. C’était jeudi exactement le jour de la mi-carême, mais c’est en ce dimanche que la liturgie marque une pause dans les austérités de ce temps de pénitence en nous faisant entrevoir le but final, la joie de la résurrection, mais en nous rappelant que pour y parvenir il faudra passer par la croix. C’est par le bois de la croix que la joie est venue dans le monde entier, ainsi que le chante une antienne de l’adoration de la croix du Vendredi Saint.
En ce jour on ne chante toujours pas l’Alleluia, ni le Gloria in excelsis Deo, mais on peut jouer de l’orgue et orner l’autel de fleurs, ce qui est interdit les autres dimanches de Carême, et les ornements violets peuvent être remplacés par des ornements roses, si l’église en possède, comme au troisième dimanche de l’Avent.
Ce rose n’est pas seulement une couleur aimable et gaie, c’est celle d’une fleur, la plus belle et la plus odorante de toutes, mais qui a la propriété de pousser sur des épines : encore un rappel de la joie qui nous vient par la croix. Pour marquer l’importance de la croix dans la joie de ce dimanche, la station à Rome se faisait dans la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem au temps où le pape allait, tous les jours de Carême, célébrer la messe dans une des nombreuses églises de Rome. On y vénérait la relique de la vraie Croix apportée par sainte Hélène, et cette basilique était un peu comme une enclave romaine de Jérusalem.
Nous allons voir justement qu’il est beaucoup question de Jérusalem dans les chants de cette messe, et Jérusalem, on le sait, c’est la figure de l’Église. A l’époque où le répertoire grégorien s’est constitué, de nombreux païens recevaient le baptême dans la nuit de Pâques, et en ce dimanche de Lætare l’Église tressaillait de joie à la pensée de tous ces nouveaux enfants qu’elle allait appeler à la vie.
Introït : Lætare
C’est la joie de la Jérusalem nouvelle qu’annonçait le prophète Isaïe dans le passage qui forme le texte de l’Introït.
Lætare Jérusalem, et conventum facite, omnes qui diligitis eam ; gaudete cum lætitia, qui in tristitia fuistis, ut exsultetis, et satiemini ab uberibus consolationis vestræ.
Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez. Soyez dans la joie et l’allégresse, vous qui étiez dans la tristesse, afin d’exulter et d’être rassasiés aux mamelles de votre consolation.
La mélodie est évidemment joyeuse et bondissante. Elle se nuance tout juste d’un petit voile pour évoquer la tristesse passée, la croix avant la joie. A la fin elle est empreinte de douceur pour parler de la consolation, avec la belle image des petits enfants rassasiés au sein de leur mère qu’Isaïe développe d’ailleurs un peu plus loin dans un passage célèbre du même chapitre. Le verset de cet Introït est le début du psaume 121, psaume à la gloire de Jérusalem que nous allons retrouver au Graduel et à la Communion.
Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.
Graduel : Lætatus sum
Le texte du Graduel du quatrième dimanche de Carême est tiré du psaume 121, que l’on retrouve à trois reprises dans cette messe, et en particulier la première partie de ce Graduel est formée du premier verset de ce psaume, celui qui accompagnait l’Introït :
Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi: in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : nous irons dans la maison du Seigneur.
La deuxième partie est formée d’un verset de la fin du psaume :
Fiat pax in virtute tua, et abundantia in turribus tuis.
Que la paix vienne dans tes remparts et l’abondance dans tes greniers.
Ce psaume est un des cantiques des ” Montées ” que les Hébreux chantaient en montant à Jérusalem, et ils l’entonnaient en découvrant le Temple, la maison de Dieu. Jérusalem c’est comme toujours la figure de l’Église vers laquelle montent tous ceux qui se préparent au baptême, et nous tous qui nous préparons à renouveler les promesses. C’est la maison de Dieu où nous trouvons la paix et l’abondance. Ce Graduel commence par le même verbe que l’Introït Lætare, se réjouir, et la mélodie est très évidemment très joyeuse. Elle s’élève dès le début dans les hauteurs avec de grands élans enthousiastes puis elle redescend en s’inclinant profondément pour vénérer le nom du Seigneur. La deuxième partie est tout entière une acclamation enthousiaste.
Trait : Qui confidunt
Le Trait du quatrième dimanche de Carême est assez court puisqu’il n’a que deux versets. Ce sont les deux premiers versets du psaume 124, qui est encore un cantique des ” Montées “, et fait encore l’éloge de Jérusalem, figure de l’Église, chantant particulièrement la sécurité qu’on y trouve.
Qui confidunt in Domino, sicut mons Sion : non commovebitur in æternum qui habitat in Jerusalem. Montes in circuitu ejus et Dominus in circuitu populi sui, ex hoc nunc et usque in sæculum.
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur sont comme la montagne de Sion. Il ne sera jamais ébranlé celui qui habite à Jérusalem. Des montagnes l’entourent : ainsi le Seigneur se tient autour de son peuple, dès maintenant et à jamais.
La mélodie est faite de formules psalmodiques ornées habituelles aux Traits que nous avons déjà rencontrées, notamment dimanche dernier. Mais, au début du deuxième verset, le mot montes, les montagnes, est revêtu d’une mélodie assez particulière avec de grands intervalles qui lui donnent un certain caractère descriptif.
Offertoire : Laudate Dominum
Comme ceux des deux dimanches précédents, l’Offertoire du quatrième dimanche de Carême est un chant de méditation, intérieur et contemplatif, qui est un peu à part dans les chants de cette messe, puisque, c’est le seul où il ne soit pas question de Jérusalem. Il est tiré du psaume 134, cantique de louange au Seigneur pour sa bonté et sa toute puissance, qui se manifesteront particulièrement dans le grand bienfait de la Rédemption.
Laudate Dominum, quia benignus est, psallite nomini ejus, quoniam suavis est : omnia quæcumque voluit fecit in cælo et in terra.
Louez le Seigneur, car il est bon ; chantez un psaume à son nom car il est doux : tout ce qu’il veut il le fait au ciel et sur la terre.
La mélodie est douce et calme, sans grands écarts. Elle prend un caractère plus affirmatif au début de la troisième phrase qui chante la toute-puissance divine.
Communion : Jerusalem quæ ædificatur
Pour la troisième fois au cours de cette messe du quatrième dimanche de Carême, nous trouvons à la Communion le psaume 121, le cantique que les pèlerins d’Israël chantaient en montant vers Jérusalem, et plus précisément dans le verset qui est chanté ici le cri d’admiration de tout le peuple en découvrant les murailles du temple après une longue marche :
Jerusalem, quæ ædificatur ut civitas, cujus particpatio ejus in idipsum : illuc enim ascenderunt tribus, tribus Domini, ad confitendum nomini tuo, Domine.
Jérusalem qui est bâtie comme une cité dont les parties se tiennent entre elles, c’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, pour proclamer votre nom, Seigneur.
On remarquera une fois encore le passage de la troisième à la deuxième personne. Les tribus du Seigneur qui montent vers Jérusalem, ce sont tous les peuples que l’Église voit avec un tressaillement de joie monter vers elle pour y recevoir le baptême. Ils y seront tous unis dans la communion des Saints comme les pierres parfaitement ajustées de la cité sainte. Cette joie de l’Église se traduit par une mélodie ample et enthousiaste mais avec des cadences en demi-ton qui lui donnent en même temps un caractère mystique et contemplatif.
“On peut se demander à quoi servent aujourd’hui les diplomates”
Haut fonctionnaire, diplomate, ambassadeur en Malaisie puis à deux reprises à Alger, Xavier Driencourt a été interrogé dans la revue Conflits. Extrait :
Entre 1945 et 2023, y a-t-il eu des évolutions majeures de la diplomatie française ?
Il y a eu deux changements majeurs. Ce sont d’une part l’hyperprésidentialisation, et d’autre part les moyens de communication immédiats. Du temps du général de Gaulle, le principe était le domaine réservé, alors qu’aujourd’hui le président gère tout. Les ambassadeurs n’ont évidemment plus le monopole de l’information qu’ils avaient jusqu’aux années 1970. L’immédiateté de l’information alimente aussi l’hyprésidentialisation. La « diplomatie du tweet » change tout. Le 7 octobre, Emmanuel Macron a immédiatement annoncé sur « X » qu’il allait lancer une coalition anti-Hamas, sur le modèle de la coalition anti-Daesh. Le Quai d’Orsay a dû préciser que ce n’était pas son point de vue. Les effets de ce type d’annonces impulsives peuvent être désastreux.
On peut se demander à quoi servent aujourd’hui les diplomates. Le président de la République nomme les ambassadeurs en conseil des ministres sur proposition du ministre des Affaires étrangères. Les diplomates traitent de plus en plus directement avec l’Élysée. Ce n’était pas le cas lorsque j’étais ambassadeur en Malaisie, il y a 25 ans. J’ai découvert le changement en Algérie, sous Sarkozy, et la tendance s’est accélérée pendant le mandat d’Emmanuel Macron. Le président négocie, s’appuie sur sa cellule diplomatique. Le Quai d’Orsay alimente en information l’Élysée, mais j’ai l’impression que cela tourne un peu dans le vide. Les ministres des AE sont des hommes ou des femmes auxquels on demande d’être aligné uniquement sur la parole présidentielle. Maurice Couve de Murville avait, dans un contexte proche, davantage de poids me semble-t-il.
Si le quai d’Orsay est de plus en plus écarté, il y a aussi de nombreuses autres voix qui influencent la diplomatie française. Les ONG, par exemple, et les acteurs non étatiques en général ont-ils profondément changé la diplomatie ?
Les ONG influencent fortement la diplomatie. C’est aussi le cas de personnages satellites, comme Bernard-Henri Lévy, qui se prend j’ai l’impression, pour un second ministre des Affaires étrangères. Alain Juppé le raconte très bien dans son livre de mémoires, c’est au cours d’une réunion à Bruxelles qu’il a appris la décision du Président Sarkozy de bombarder la Libye, sur le conseil de BHL. Les ONG, les satellites comme BHL, et l’opinion influencent la diplomatie française comme jamais auparavant et la rendent beaucoup plus compassionnelle. […]
Question plus personnelle, comment jugeriez-vous la diplomatie française actuellement ?
Nous sommes encore dans cette ère des concepts. La France lance des idées, mais elle est de moins en moins crédible. D’abord parce que les idées ne sont pas concrétisées, et puis parce qu’il est difficile d’être diplomatiquement crédible lorsqu’on traîne une dette de 3 mille milliards d’euros. Comment prétendre faire la leçon au monde ? Les États d’Europe ne prennent pas vraiment au sérieux les grands plans que proposent les Français. On voit que même les pays comme le Sénégal, les États du Sahel, etc, nous lâchent à l’ONU, nous sommes de plus en plus isolés.
On dit souvent que le ministère des Affaires étrangères est le ministère de la parole. Les mots en effet, comptent. Quand madame Alliot-Marie en 2011, alors ministre des Affaires étrangères, avait dit que les premiers évènements au début des printemps arabes n’étaient pas graves et que la France allait envoyer des policiers pour montrer comment réprimer les manifestations, il y a eu un tollé. Ces mots malheureux ont conduit à sa chute. Lorsque monsieur Séjourné a dit, à propos des deux humanitaires français morts dans une attaque de drones, « la Russie devra répondre de ses crimes », ce n’est pas dans l’esprit de la diplomatie. Il faut faire attention aux mots prononcés. Bismarck avait parfaitement choisi les termes de la dépêche d’Ems pour provoquer la France. Le « ministère de la parole » ne peut pas résumer une pensée profonde dans un tweet parce que justement la parole et le choix des mots sont importants. En diplomatie, il faut dire les choses, clairement et de manière pédagogique. […]
On a pu voir au moment de la crise migratoire entre la Grèce et la Turquie, les Loups Gris descendre dans la rue en France et mettre la pression aux autorités. On pense également à la guerre entre Israël et le Hamas, où la prise de position de la France lui coûte des manifestations et des attentats. La France a-t-elle encore les moyens de mener une politique étrangère ?
Bien sûr, les choix politiques concernant l’immigration ont un effet sur la politique extérieure. Le refus de la France à dénoncer l’accord avec l’Algérie de 1968 repose aussi sur des considérations de politique intérieure. Paris craint de provoquer la communauté algérienne de France. L’immédiateté de l’information a aussi beaucoup changé les choses. Si la France défend une position internationale défavorable à tel ou tel pays, la diaspora, aussitôt au courant, réagit.
En 2022, le corps diplomatique a subi une réforme radicale puisqu’il a été tout bonnement supprimé. Quelles seront les conséquences de cette réforme ?
La suppression du corps diplomatique va rendre le quai d’Orsay moins attractif et surtout risque de provoquer trois effets :
1/ une politisation des diplomates, comme aux États-Unis ;
2/ un copinage entre les réseaux politiques ou autres dans les nominations, « copinage ou cooptation à la française » qui avait été combattu avec la création de l’ENA en 1945. Il y a encore aujourd’hui une professionnalisation des nominations, mais l’effet de la réforme de 2022 se fera sentir dans les années à venir.
3/ Enfin, troisième conséquence, un manque d’expertise sur certaines régions ou thématiques, dans les langues et les civilisations rares. L’objectif de cette soi-disant réforme de la fonction publique était de mettre « tout le monde dans la même boîte », partant de l’idée que tous sont interchangeables. Chacun peut s’improviser directeur d’hôpital, préfet, directeur des finances publiques, ambassadeur Ces idées valaient, à une époque qui demandait moins de spécialistes, mais les temps ont changé. Emmanuel Macron n’apprécie peut-être pas les diplomates, mais il aurait sans doute dû réformer la magistrature en priorité. C’est la vieille rengaine de Bercy envers les diplomates, qu’ils considèrent comme un corps de privilégiés. Il y avait sûrement des choses plus urgentes à faire que supprimer le corps préfectoral et le corps diplomatique.
XVIIème Mission Rosa Mystica aux Philippines
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Cette année ce sont 38 volontaires venus du monde entier qui ont encore une fois répondu à l’appel d’ACIM-Asia pour participer à la 17ème mission médicale Rosa Mystica, du 3 au 10 mars 2024.
Qu’ils soient Français, Suisses, Espagnols, Portugais, Américains, Singapouriens ou Australiens, ils ont tous traversé les océans et, après plus de 48 heures de voyage pour certains, ils ont rejoint Alabel, aux pieds de montagnes de Sarangani, dans le sud de l’île de Mindanao, la plus méridionale de l’archipel philippin. Située à l’est de la grande ville de General Santos, où nos volontaires ont atterri au petit matin ce dimanche 3 mars, la municipalité d’Alabel recouvre un immense territoire montagneux où la nombreuse population tribale des Blaan’s vit encore sur ses terres ancestrales. L’an dernier, la mission avait visité six de ces villages, officiellement accueillie et soutenue matériellement par le maire d’Alabel. Lors du traditionnel dîner d’action de grâces de fin de mission, il l’avait instamment invitée à revenir en 2024 afin de visiter les villages qu’elle n’avait pu atteindre, faute de conditions météorologiques favorables qui ne permirent pas d’atteindre les villages les plus reculés, uniquement accessibles par des pistes impraticables par temps de pluie.
Cette année ce seront encore six de ces villages montagnards qui seront visités en six jours par la Mission. Ce choix s’explique par la sous médicalisation, effectivement constatée l’an dernier par les médecins qui avaient vus des pathologies très avancées (90 % de la population philippine meurt sans avoir jamais rencontré un médecin). Et les 7 médecins (Français, portugais, suisse, allemand, espagnol, croate) présents cette année diagnostiquent des cas que l’on ne rencontre presque plus dans nos contrées : une fente palatine chez un enfant de 9 ans, de nombreux goitres très volumineux (10 à 15 fois plus fréquents qu’en Europe), des arthroses évoluées (les Blaan’s sont pour la plupart agriculteurs et exercent leur métier dans des conditions très archaïques), une tuméfaction maxillaire chez une femme d’une quarantaine d’années évoluant depuis 7 ans, des cataractes qui ne seront pas opérées, des ptérygion très invasifs, des cas de pathologies rhumatismales à des stades que nous ne connaissons plus, des cas de leishmaniose, des gales très évoluées… Notre dentiste allemand n’est pas de trop pour épauler notre fidèle dentiste philippine : des avulsions dentaires (seul « soin »possible ) sont effectuées par centaine chaque jour, chez les adultes comme chez les enfants qui malheureusement souffrent d’un apport en sucre excessif. La sucette est moins chère que la mangue !
Ces zones, déshéritées sur le plan sanitaire sont aussi des champs apostoliques désertés où, malheureusement, les sectes protestantes peuvent se déployer activement, et l’islam s’y maintenir, voire y prospérer. Double raison donc pour la Mission Rosa Mystica de se rendre dans ces villages afin d’y prodiguer le soin des corps mais aussi le soin des âmes selon la double vocation que lui avaient assignée ses fondateurs, l’abbé Daniel Couture, alors supérieur du district d’Asie de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et le Dr Jean-Pierre Dickès. La Providence n’est jamais étrangère au choix des lieux que la mission visite chaque année depuis 17 ans.
Pour en savoir plus :
https://fsspx.news/fr/news/mission-rosa-mystica-2024-direct-dalabel-aux-philippines-43054
https://fsspx.news/fr/news/rosa-mystica-2024-2e-jour-la-mission-43126
La collégiale de Poissy retrouvée tagguée ce matin
👉”Jésus Nique ta mère” La collégiale de Poissy retrouvée taggée ce matin. Antichristianisme ordinaire. Indignation et tristesse silencieuse d’un vendredi de carême. Un de plus, un de moins. Indifférence au tournant. @villepoissy @KARLOLIVE pic.twitter.com/XbioIHHhxV
— Christophe Dickès ن (@Ch_DICKES) March 9, 2024
La Marseillaise chantée par une ancienne actrice porno pour célébrer le sacrifice de l’enfant à naître : tout un symbole républicain
Catherine Ringer est une ancienne actrice de films pornographiques. C’est elle qui a été choisie par Emmanuel Macron pour interpréter la Marseillaise lors de la cérémonie de scellement de la Constitution révisée avec l’ajout du crime de l’enfant à naître, véritable sacrifice humain sur l’autel d’une République née dans le sang des Français.
La chanteuse a même révisé la Marseillaise, dans laquelle elle a remplacé le «sang impur» qui «abreuve nos sillons» par «une loi pure dans la Constitution». Cette Constitution qui a besoin de sang humain pour continuer à exister.
Et pour finir elle a mis un vent au président de la République :
Catherine Ringer repousse les tentatives insistantes d’Emmanuel Macron en pleine cérémonie d’inscription de l’IVG dans la Constitution #JourneeDesDroitsDesFemmes pic.twitter.com/Z3ZMlxSpLN
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) March 8, 2024
Un parfait résumé de la République dite française et de ses valeurs.
Avortement dans la Constitution : le triste spectacle d’un féminisme dévoyé
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« Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui est le crime commis contre l’innocent enfant à naître » Mère Térésa, 1988.
Une cérémonie de scellement s’est tenu ce vendredi 8 mars Place Vendôme pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, où une presse de 300 kg a scellé la loi au Ministère de la Justice.
Le pays est exsangue, les voyants sont au rouge dans à peu près tous les domaines, les femmes ne sont plus à l’abri d’un viol quel que soit leur âge, le lieu ou l’heure mais l’Etat n’avait pas d’autres urgences. Etant incapable d’obtenir des résultats concluants dans sa politique, il cherche à redorer son blason à travers des symboles.
Réclamé de longue date par les collectifs féministes, le projet de constitutionnalisation de l’avortement est donc arrivé à son terme. Le couperet était tombé le 4 mars avec 780 voix pour et 72 voix contre, de la part des députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles.
Le gouvernement et les parlementaires s’étaient félicités de cette « victoire » pour les femmes tandis que la Tour Eiffel scintillait à l’heure du vote.
« Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres… » déclarait Esaïe (5 : 20-21)
Habitué à défendre les criminels, c’est le Garde des Sceaux Eric-Dupont Moretti qui a porté cette loi. Contrairement à son prédécesseur feu Robert Badinter, qui avait mis au tapis la peine de mort pour les criminels, Dupont-Moretti a ainsi plébiscité la peine de mort pour les innocents enfants à naître.
Aujourd’hui le dispositif législatif est déjà extrêmement favorable et incitatif pour recourir à l’avortement. Mais cela n’a pas suffi pour les progressistes qui ont vu dans le précédent américain une menace pour le droit à l’IVG en France. Le contexte était pourtant bien différent.
La situation de l’avortement en France fait face à des vives réactions de la part des mouvements anti-avortement qui cherchent à minima à ouvrir le débat face à un sujet qui fait plus de 200 000 morts chaque année. 234 000 IVG rien qu’en 2022 ! Cela fait 298 meurtres sur 1000. La France peut-elle se permettre de limiter ses naissances alors que la population vieillit ? La France ne doit l’augmentation de sa population qu’à l’immigration, la forte fécondité des femmes d’origine africaine et à l’augmentation de l’espérance de vie.
C’est sans compter sur les dégâts considérables sur le plan psychologique, physique mais aussi en termes de fidélité. Selon des rapports d’études médicaux anglo-saxons, les suicides sont multipliés par 6.5 pour les femmes qui avortent par rapport aux autres, et elles augmentent le risque de se séparer de leur conjoint à 22 %. Le risque de cancer du sein, des lésions des organes et des hémorragies augmente. La mort directe est aussi possible. Le recours à l’IVG concerne surtout les femmes en situation de précarité : issues de milieux modestes ou seules. 10% des plus pauvres ont un risque d’avorter de plus de 40 % par rapport aux 10 % les plus riches.
Ne pouvant supporter que l’envers du décor de la sacro-sainte liberté soit dévoilé, les chantres de l’IVG se placent en victime et c’est pourquoi ils voudraient le sacraliser. « La Constitution n’est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux » jugeait Gérard Larcher.
Comment peut-on se proclamer défenseur acharnée des droits des femmes au travers de l’avortement, en taisant tous les dégâts collatéraux qu’elles subissent ? Il s’agirait de changer de paradigme : l’avortement ne doit pas être envisagé comme une liberté à garantir mais comme un problème social à traiter. Le problème est aussi moral dès l’origine. Le libertinage et le vagabondage sexuel tant prôné par notre société moderne depuis la révolution sexuelle, porte une lourde responsabilité. La tempérance et la prudence serait de mise. Le coût n’en serait que moindre.
Mais le pire : pas un mot pour les droits des enfants. Pourquoi ? Les fœtus ne sont pas considérés comme des êtres humains. Leur survie va dépendre des délais accordés, en proie à l’arbitrage du législateur. C’est ainsi qu’il est possible d’avorter un fœtus totalement développé entre 7 et 14 semaines et jusqu’à 9 mois en cas de « détresse psychosociale » selon un procédé chirurgical implacable : aspiration du fœtus par un tube en plastique qui le déchiquète. Les résidus sont grattés et extraits avec une pince pour faire « place nette ». Le cadavre tombe dans un seau dont le contenu est mis dans un broyeur. Le mélange est placé dans des poubelles étiquetées « déchets organiques ».
La réponse à ceux qui veulent lever l’Omerta sur le scandale de l’avortement, est le délit d’entrave. Les sites, et associations souhaitant réinformer sont accusés de faire de la désinformation et sont passibles de condamnations pour délit.
A l’inverse, pour encourager l’avortement, le législateur a permis le remboursement à 100 % de l’IVG, au détriment des services de santé indispensables.
Les forces progressistes et les féministes à l’initiative sont persuadées que l’avortement est un progrès. Incapables de réaliser la stupidité et l’horreur, elles se perdent encore plus dans ce projet de constitutionnalisation. C’est une fuite en avant. La clause de conscience inscrite dans la loi Veil risque d’être reléguée derrière la liberté garantie dans la Constitution des femmes à interrompre leur grossesse. Pour couronner le projet de loi infanticide et liberticide, Mathilde Panot, cheffe de file de LFI a annoncé que son parti déposerait une résolution pour inscrire la loi dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne.
En organisant par la loi, l’éradication du plus faible, l’Etat français avait placé le curseur de son inhumanité au plus haut. Tout crime devenait acceptable, au nom d’un idéal soumis à l’arbitraire du moment : la liberté des femmes à avorter.
En scellant cette loi dans la Constitution, l’Etat a signé sa totale déchéance.
Ton choix, mon corps
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“Tu aurais pu être mon inspiration,
Tu aurais dû être ma protection.
Tu aurais pu être ma complice,
Tu aurais dû être la justice
Mais ce fut ton choix d’abord
Ta vie s’en portera t-elle mieux
Maintenant que nous ne sommes plus deux ?
Ton instinct de mère s’est il évanoui
Que ta mémoire t’a trahi ?
En oubliant mon corps
Bébé, adolescent, adulte
J’aurais fait de toi mon culte.
En effaçant bien des peines
Je t’aurais fais Reine !
Mais ce fut ton choix d’abord
Nous aurions ri, voyagé, pleuré
Pris soin l’un de l’autre.
A tes vieux jours, maman,
Tu aurais été mon enfant
Avec toute la force de mon corps
Les pourfendeurs obscènes de la Vie
Ont donc réussi à tuer ce qu’il y a de plus beau
Heureux et idiots assassins
Portent ce coup fatal sur notre Amour beau
En t’imposant ce choix sur mon corps“
P.MAGNERON
Merci aux parlementaires d’avoir refusé l’infamie :
Thibault Bazin, Anne-Laure Blin, Xavier Breton, Hubert Brigand, Josiane Corneloup, Marie-Christine Dalloz, Philippe Gosselin, Patrick Hetzel, Marc Le Fur, Jérôme Nury, Nathalie Serre, Michèle Tabarot.
Bénédicte Auzanot, Christophe Bentz, Caroline Colombier, Grégoire de Fournas, Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Yaël Menache, Pierre Meurin, Mathilde Paris, Stéphane Rambaud, et Laurence Robert-Dehault.
Jean Bacci, Arnaud Bazin, Catherine Belrhiti, Étienne Blanc, Christine Bonfanti-Dossat, Anne Chain-Larché, Alain Chatillon, Guillaume Chevrollier, Pierre Cuypers, Dominique de Legge, Albéric de Montgolfier, Louis-Jean de Nicolaÿ, Chantal Deseyne, Catherine Di Folco, Françoise Dumont, Laurent Duplomb, Jacqueline Eustache-Brinio, Christophe-André Frassa, Laurence Garnier, Pascale Gruny, Daniel Gueret, Muriel Jourda, Khalifé Khalifé, Daniel Laurent, Christine Lavarde, Henri Leroy, Vivette Lopez, Brigitte Micouleau, Alain Milon, Sylviane Noël, Jean-Jacques Panunzi, Stéphane Piednoir, Kristina Pluchet, Frédérique Puissat, André Reichardt, Bruno Retailleau, Bruno Sido, et Philippe Tabarot.
Brigitte Devésa, Alain Duffourg, Loïc Hervé, Christine Herzog, Hervé Marseille, et Lana Tetuanui.
Jean-Baptiste Lemoyne, Stéphane Ravier, Nathalie Bassire, Véronique Besse et Emmanuelle Ménard.
Amitiés patriotes
P.MAGNERON
PLACE d’ARMES IDF (INITIATIVES POUR LA DEFENSE DE LA FRANCE)
www.place-armes-idf.fr
Fiducia Supplicans altère le dialogue oecuménique
Le saint synode de l’Eglise copte a tenu sa session plénière annuelle de lundi à mercredi sous la présidence du pape Tawadros. 110 des 133 membres étaient présents. Une déclaration a été adoptée à propos des « bénédictions » de couples de même sexe. Le communiqué final en dit ceci :
« L’Église copte orthodoxe réaffirme sa position ferme de rejeter toutes les formes de relations homosexuelles, car elles violent la Sainte Bible et la loi par laquelle Dieu a créé l’homme en tant qu’homme et femme, et considère que toute bénédiction, quelle qu’elle soit, pour de telles relations est une bénédiction du péché, ce qui est inacceptable. »
L’une des décisions du synode est la suspension du dialogue avec l’Eglise catholique :
« Après consultation des Eglises sœurs de la famille des Orthodoxes Orientaux, il a été décidé de suspendre le dialogue théologique avec l’Église catholique, de réévaluer les résultats obtenus depuis le début du dialogue, il y a vingt ans, et d’établir de nouvelles normes et de nouveaux mécanismes pour que le dialogue puisse se poursuivre. »
Philippe de Villiers répond à l’ARCOM
Suite à une dénonciation par des journalistes d’ultra-gauche, l’Arcom annonce désormais comptabiliser le temps de parole de Philippe de Villiers au titre des divers droite. Le fondateur du Puy du Fou a répondu hier lors de son émission hebdomadaire :
Objet vivant non identifié !
De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
En retenant l’« homicide involontaire » dans l’affaire Palmade (pour l’enfant à naître tué dans l’accident qu’il a provoqué le 10 février 2023), le parquet de Melun fait à nouveau gronder les gardiens du « droit » à l’avortement. Comme ils avaient grondé en 2003 lors de l’amendement Garraud (finalement rejeté) qui voulait instituer la création d’un délit d’« interruption involontaire de grossesse » (IIG) pour le responsable d’un accident de la route ayant provoqué la mort d’un enfant non né. On avait lu alors sous la plume glaciale d’Eric Fottorino :
« L’ancien magistrat [Garraud] veut répondre aux questions qui ne se posent pas. Consoler les femmes qui ont perdu non pas un enfant, mais une hypothèse d’enfant (sic) » (Le Monde du 2 décembre 2003).
Force est de constater la schizophrénie du droit pour lequel, selon la jurisprudence de la Cour de cassation, l’enfant à naître n’a pas d’existence selon le droit pénal (négationnisme), jugeant que sa mort ne peut en conséquence jamais être reprochée à quiconque. Mais qui obtient (depuis février 2008) les droits aux obsèques (révisionnisme) selon une décision de la même Cour de cassation d’autoriser l’inscription à l’état civil de tout fœtus né sans vie… Le droit en perd sa philosophie (de l’être) et sa logique (de non-contradiction) !
Les tribulations de l’arrêt Perruche et de l’amendement Garraud (les deux provisoirement neutralisés par les parlementaires : cf. Le Livre noir de la culture de mort, Renaissance catholique, 2007) ont d’ailleurs manifesté cette valse hésitation plutôt folle du droit. Tantôt la mère subirait un préjudice parce que l’on n’a pas tué volontairement son enfant, tantôt elle subirait un préjudice parce qu’on le lui a tué involontairement ! L’enfant à naître ayant bien une existence humaine quelque part comme on dit… Mais on refuse de la situer et de la protéger juridiquement comme telle devant la peur de rouvrir le débat sur l’avortement et de toucher au sacro-saint droit acquis qu’il est devenu, inscrit désormais dans la Constitution.
Par idéologie, le statut de l’embryon et du fœtus doit rester un OVNI : objet vivant non identifié ! D’où la plaidoirie de l’avocat d’un compagnon d’une telle victime tuée sur le coup avec son bébé dans le ventre par un chauffard ayant consommé du cannabis :
– Il a perdu une épouse et un enfant, Elias [prénom qu’il aurait porté], dont il avait entendu battre le cœur et senti les coups de pied… Et ça ce n’est pas la vie ? C’est un téléphone portable ? Un tabouret ?
Mais le chauffeur (affaire Germon en 2004) ne fut condamné que pour un seul homicide involontaire, la perte de l’enfant à naître n’étant pas reconnu pénalement…
Devant ce vide juridique concernant le statut du fœtus et la schizophrénie flagrante du droit à cet égard, plusieurs scientifiques tentent absurdement de répondre diversement, tout en défendant mordicus la loi Veil. Le professeur Israël Nisand :
« Jusqu’à dix semaines, la femme peut nous dire je ne veux pas de « LA grossesse » ; à partir de la onzième elle dira : « Je ne veux pas de CETTE grossesse. » A ce moment, ce n’est plus seulement un problème de droit des femmes mais dorénavant, de droit des femmes, du fœtus et des médecins. Il existe des droits du fœtus… » (Golias n° 74-75, p. 17-21).
Passant de la schizophrénie juridique à la schizophrénie ontologique, le professeur Claude Sureau propose quant à lui de donner à l’ « être prénatal » (qu’il reconnaît professionnellement comme un patient) le statut infrahumain d’animal respectable : celui « dont on envisage de faire bénéficier les animaux de compagnie » (Son nom est personne, Albin Michel) !
Une soixantaine d’évêques se sont interrogés à leur tour sur « le début de la vie humaine », lors d’une session à Rennes début février 2008, réclamant un statut juridique pour l’embryon, sans pour autant remettre en cause la loi Veil, comme l’a confirmé avec satisfaction le généticien Axel Kahn qui était leur invité en tant qu’expert (Le Figaro du 19 février).
On voit mal cependant comment on pourra sortir de cette schizophrénie du droit tant qu’on refusera de s’en prendre à ce qui en est la cause première, par la transgression assumée du cinquième commandement : « Le jour où le premier innocent fut tué légalement dans le ventre de sa mère, ce jour-là le virus qui paralyse la morale [et le droit] a infecté la société », résumait bien le professeur Jérôme Lejeune. Lequel ajoutait à l’adresse de ceux qui revendiquent le « droit » des femmes à disposer de leur corps (« Mon corps, mon choix ! ») :
« Si l’homme ne commence pas à la fécondation, il ne commence jamais. Car d’où lui viendrait une telle information ? (…) Qu’est-ce que la conception ? C’est réellement l’information inscrite dans la matière si bien que cette matière n’est plus matière, mais un homme nouveau. »
Rémi Fontaine
Mgr Luis Argüello élu à la tête de la Conférence des évêques d’Espagne
L’archevêque de Valladolid a été élu le 5 mars 2024 au premier tour de scrutin avec quarante-huit voix sur les soixante-dix-huit que compte la Conférence des évêques d’Espagne. Opposant résolu à l’avortement et à l’euthanasie, promoteur de la cause de béatification d’Isabelle la Catholique, le profil du prélat incarne l’aile droite du catholicisme espagnol sur de nombreux sujets.
A la fin du mois de novembre 2023, le Souverain Pontife a reçu tous les prélats de la péninsule. Officiellement, le Saint-Père voulait s’entretenir avec les évêques espagnols au sujet de la crise des vocations et des séminaires que traverse le pays, comme partout en Europe d’ailleurs. Mais une autre raison figure parmi les hypothèses avancées pour expliquer la convocation des évêques espagnols : la volonté du pape d’encourager l’ouverture d’une Eglise jugée trop fermée sur elle-même. Le pape serait inquiet de la nostalgie pour le passé nourrie par certains jeunes prêtres. Le pape François n’a pas hésité à nommer à des postes-clés plusieurs évêques espagnols proches de sa ligne, à l’instar du cardinal-archevêque de Madrid, Mgr Jose Cobo Cano : ce haut prélat s’est distingué il y a plusieurs mois en bloquant la venue programmée de Mgr Georg Gänswein à Madrid.
Lutter pour faire tomber les écailles de l’idéologie et promouvoir une véritable culture de vie
D’Aymeric Pourbaix dans France catholique :
Lutter pour réaffirmer les évidences. Nous en sommes là, avec le refus dans les débats médiatiques et politiques de reconnaître que le fœtus est un être vivant. La prophétie de l’écrivain Chesterton se révèle juste, qui affirmait : « On allumera des feux pour attester que deux et deux font quatre. On tirera l’épée pour prouver que les feuilles sont vertes en été. » Ces mots ont d’ailleurs été cités lors d’un récent congrès pour la famille en Italie, pour décrire la transformation en « dogme » du relativisme propre à notre époque. La preuve ? Dans les familles ou à l’école, le « Tu ne tueras pas » n’est plus un acquis.
Pierre d’angle
Mais l’idéologie n’a qu’un temps : « Un jour viendra où la lumière se fera sur cet angle mort de notre conscience collective », a affirmé ces jours-ci l’archevêque de Lyon en parlant de l’avortement. Angle mort qui pourrait devenir alors la pierre d’angle d’un renouveau de la société, sur des bases plus saines. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Simone Weil, la philosophe, chargée au sein de la France libre de réfléchir à une future Constitution, avait souhaité y introduire en préambule non plus la Déclaration des droits de l’homme (sans Dieu), mais les « besoins de l’âme ». Considérant, comme l’a montré un récent colloque de la Fondation du Pont-Neuf, que la notion de surnaturel est indispensable pour définir la condition humaine. C’est une bonne base de réflexion pour aujourd’hui.
En attendant, que faire ? Surtout ne pas se décourager, mais, comme y incitait Chesterton, se battre. Non seulement en luttant pour faire tomber les écailles de l’idéologie, mais aussi, de manière plus positive, par la promotion d’une véritable culture de vie, du début à la fin de l’existence. À commencer par les familles, c’est-à-dire par une éducation fondée sur les Dix Commandements, ainsi que par une éducation affective et sexuelle respectueuse du corps et du cœur humain, de sa grammaire et de sa beauté. Ensuite dans les écoles catholiques, par le maintien coûte que coûte de cette exigence, en résistant aux pressions sociales et mondaines…
Par une bonne formation enfin, à tout âge, car l’idéologie matraquée par les médias depuis 50 ans prospère sur le terreau de l’ignorance. Il existe désormais une littérature et des ouvrages, disponibles sur Internet, qui permettent de ne plus méconnaître l’enseignement de l’Église sur la vie et la famille, d’une richesse incommensurable. Sans compter votre hebdomadaire, dont l’ambition est d’accompagner cette formation semaine après semaine.
Il s’agit aussi d’entrer dans cette bataille en ne comptant pas seulement sur nos propres forces, mais à la suite du Christ, en s’appuyant sur sa puissance de Vie. Car « il est le Dieu des batailles de la vie », écrivait le Père Mateo Crawley-Boevey, membre de la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (Picpus), même si cela implique de passer par le désert, par des tempêtes et par la Croix, qu’il est vain de vouloir esquiver. En sachant que « les défaites apparentes préparent les victoires à venir », à commencer bien sûr par la première d’entre elles, la Résurrection de Pâques.
“Ce qui a été constitutionnalisé est à mon sens problématique et va potentiellement amener des dérives”
Le député LR Patrick Hetzel nous explique pourquoi il a voté contre la constitutionnalisation de l’avortement :
La question qui était posée au constituant n’était pas pour ou contre l’IVG mais la question de la constitutionnalisation de ce droit (et uniquement ce droit).
Permettez moi de vous donner les raisons de mon vote: elles sont bien précises.
Il ne porte pas sur l’IVG mais sur le fait que le contexte qui nous était proposé, contrairement à ce que disent certains, n’est pas une reprise de la loi Veil mais d’une seule et petite partie de cette loi. Uniquement le droit à l’IVG alors que la loi Veil est une loi d’équilibre entre trois droits: le droit des femmes à disposer de leur corps, le droit à l’objection de conscience pour les professionnels de santé et enfin la protection de la vie à naître.
D’ailleurs, dès le lendemain du vote à Versailles, des parlementaires du groupe LFI ont déclaré que le combat devait continuer et qu’il fallait désormais supprimer la clause de conscience pour les professionnels de santé dans la loi ordinaire.
Constitutionnaliser l’un des trois éléments sans les deux autres me pose un vrai problème de conscience car on a créé un déséquilibre entre les trois éléments constitutifs de la base même de la loi Veil. D’autant que je pense que l’on ne peut pas obliger un professionnel de santé à pratiquer un avortement s’il ne le souhaite pas. Un observateur attentif des débats à l’Assemblée nationale pourra constater que j’ai tenté avec d’autres collègues de mon groupe parlementaire de faire en sorte que l’on constitutionnalise toute la loi Veil, c’est à dire le triptyque d’équilibre. Constitutionnaliser le droit à l’IVG sans en faire autant pour la clause de conscience des professionnels de santé (rappelons ici que la loi Veil a prévu une clause de conscience spécifique à l’acte d’IVG) ni pour la protection de la vie à naître, c’est juridiquement créer un déséquilibre puisque le premier principe (le droit à l’IVG) étant dans la loi fondamentale, il devient supérieur aux deux autres principes qui ne sont que dans la loi ordinaire. C’est donc bien la création d’un déséquilibre juridique susceptible de fragiliser les deux principes qui sont uniquement dans la loi ordinaire par rapport à celui qui est dans la constitution. L’équilibre qui avait été créé par la loi Veil a donc bien été rompu par le texte qui nous a été proposé.
C’est donc en mon âme et conscience que j’ai rejeté le texte qui nous était proposé car ce qui a été constitutionnalisé est à mon sens problématique et va potentiellement amener des dérives comme par exemple la suppression de la clause de conscience en s’appuyant d’ailleurs sur la hiérarchie des normes juridiques pour dire que ce qui est dans la constitution doit justifier une telle modification de la loi ordinaire.
Les fanatiques de l’avortement
Emmanuel Macron promet une nouvelle fois d’ajouter l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Le Parlement européen avait déjà fait cette demande en juillet 2022. Cette vidéo explique que cette promesse de Macron est impossible à réaliser juridiquement. Elle sera sans lendemain.
Par ailleurs, le ministre de la Santé et du Travail, Catherine Vautrin, a annoncé un assouplissement des conditions de réalisation des IVG instrumentales par les sages-femmes dès la fin mars. Cette mesure doit ainsi revenir sur un décret paru en décembre, qui imposait la présence de quatre médecins superviseurs. Les syndicats avaient déploré des “garde-fous non prévus pour les autres professionnels médicaux”, qui font des femmes “les premières victimes de ces entraves”.
Rions de l’idéologie progressoïde
Malgré les tentatives de censure et les pressions politiques de la gauche parisienne, la quinzième cérémonie des Bobards d’Or 2024 a été un succès. Darmanin a été couronné pour son mensonge « Kévin et Mathéo » lors des émeutes tandis que Patrick Cohen est le champion des médias pour son récit lunaire du drame de Crépol.
Voici l’intervention d’ouverture à la cérémonie des Bobards d’Or par Jean-Yves Le Gallou :
Cette année, comme les précédentes, nous devions nous réunir au beau théâtre du Gymnase. Mais sa nouvelle direction nous a retiré la salle à la suite de pressions reçues de la maire du Xe arrondissement de Paris, de la CGT spectacle, des antifas et de Ian Brossat, adjoint d’Anne Hidalgo, et sénateur communiste de Paris. Qui est ce censeur ?
C’est un militant LGBTQ sous casaque communiste. Il a rassemblé 2 % des voix aux élections européennes de 2019 mais bénéficie d’une très grosse présence médiatique. Il a milité à la LCR dès l’âge de 5 ans en accompagnant ses parents à des manifestations. Il a publié un livre L’enfant et l’espion sur son grand père, un israélien condamné à 20 ans de prison pour espionnage au profit du KGB et de l’Union soviétique.
Ian Brossat est un petit bonhomme emblématique de l’idéologie dominante : idéologie antiraciste, idéologie LGBTQ+, idéologie de rupture avec toutes les traditions, idéologie de déni du réel, idéologie de culpabilisation des origines, du moins lorsqu’elles sont européennes. Avec lui, malheur aux hommes hétérosexuels blancs, malheur à ceux qui aiment la vie et les choses de la vie, malheur à ceux qui respectent la nature et aiment la beauté.
Et cette idéologie, les hommes du système veulent nous l’imposer par la propagande, par la censure, par la contrainte et par la délation. Cette idéologie de déconstruction, il faut lui donner un nom – retenez le – c’est l’idéologie progressoïde, c’est à dire une idéologie progressiste, de rupture avec les lois de la vie et du réel, en même temps qu’une idéologie imposée par des méthodes totalitaires, des méthodes soviétoïdes.
L’idéologie progressoïde est aujourd’hui la principale menace pour les libertés et l’identité française.
Mais ce soir nous allons essayer d’en rire. Dans l’esprit des bobards pour cette quinzième cérémonie.
Avec deux nouveautés :
- une séquence sur les pubards consacrée aux meilleures publicités racistes anti blanches ;
- une séquence sur les Darmarinades, ces mensonges à répétition des hommes politiques qui ne sont possibles que par la complaisance des médias.
Enfin, il y aura une séquence consacrée au terrible meurtre raciste anti-blanc de Crépol. Mais à voir la manière dont le jeune Thomas et ses amis ont été traités dans certains médias de service public, je me demande s’il ne faudrait pas délivrer aussi des Salopards d’Or. Ce sera au jury d’en décider.
Mais rions malgré tout,
La séance commence vers la 30e minute :
Oui, la Marche pour la vie est utile et efficace
Les lendemains de défaite donnent à certains la gueule de bois et l’envie de tout envoyer balader. S’il peut être utile de s’interroger parfois sur les méthodes du combat pour la vie, la désespérance et l’abandon de tout militantisme ne sont certainement pas des options. Dans L’Homme nouveau, Thomas Lassernat revient sur la dernière campagne des Survivants, qui a provoqué la censure de leur site internet, pour mettre en cause tout le combat pro-vie. La réflexion part d’une bonne intention :
La loi Veil date de 1975. Après presque cinquante années de combat pour la vie, une tentative de bilan de l’action en général ne semble pas illégitime.
Mais ensuite, l’auteur s’enferme dans une déclaration stérile :
Ce combat ne s’est-il pas finalement cloisonné à traiter les effets sans remonter aux causes ? La cause première de l’IVG c’est le Système lui-même. Un Système oligarchique et mondialiste, coercitif, basé sur une échelle de valeurs autoproclamée, aux mains d’apostats idéologues et individualistes. Lutter contre l’IVG sans s’attaquer directement à sa cause revient à combattre une hydre. Décapitez une tête, il en repousse deux. Loin de mourir, l’hydre augmente de férocité.
Comment l’auteur compte-t-il s’attaquer au “Système oligarchique et mondialiste” ? Nous ne le saurons pas. Il se contente d’attaquer ceux qui oeuvrent (c’est plus simple) :
Paradoxalement les luttes provie n’auront fait que renforcer le système. Le militantisme de rue en lui-même devrait poser question. N’est-ce pas un dernier créneau laissé aux citoyens dans le but de les canaliser ? N’est-ce pas un moyen de contrôle par un semblant de liberté ? Malgré la sincérité et la bonne volonté des participants, la Marche pour la Vie ne déplace plus que quelques gendarmes clairsemés. Les catholiques ne font plus peur à personne. Nous étions un million à Paris contre le « mariage pour tous » : aucun résultat. Mais nous devons pousser l’analyse plus loin. Prendre un créneau dans la rue entre une manifestation LGBT et un rassemblement syndicaliste, c’est accepter et participer à ce Système. C’est le nourrir. Par là nous acceptons le rôle qu’on nous a assigné, même s’il est à la droite de l’hémicycle, et nous entrons dans la dialectique prévue pour nous. Pensons encore au peu de temps que chacun d’entre nous possède pour vaquer au militantisme. Se faire vampiriser ce temps par de telles actions inutiles et sans effet depuis cinquante ans vaut-il davantage la peine que de se mettre réellement au travail pour changer ce Système par le haut, en prenant réellement part à la politique ?
Qu’est-ce que prendre “réellement part à la politique” ? L’auteur ne le précise pas non plus et l’article demeure désespérant pour le lecteur qui se demande ce qu’il doit faire.
Il est donc opportun de rappeler que la Marche pour la vie est une manifestation utile et que nos opposants, loin de nous “canaliser”, seraient bienheureux qu’elle disparaisse. Si nous arrêtons de manifester pendant plusieurs années, le jour où nous chercherons à manifester à nouveau, ils ne l’autoriseront pas. C’est ce qui s’est passé en 2000, pour les 25 ans de la loi Veil. Il a fallu batailler pour qu’enfin, en 2005, la Marche pour la vie regagne ce droit et cette visibilité.
Objection N°1 : “Ce serait plus utile d’aider les femmes enceintes que de manifester”
Cette objection est très commune, mais est plus souvent un sophisme qu’un argument sincère – elle est pratiquement toujours jetée par des personnes qui ne manifestent pas… mais n’aident pas non plus les femmes enceintes en difficulté.
Si la question se posait dans les termes : “vous pouvez soit manifester, soit aider les femmes enceintes“, on devrait convenir que oui, il vaut mieux aider les femmes enceintes. Mais la question ne se pose pas dans ces termes… c’est même l’inverse :
- Les personnes qui ont oeuvrent dans une association d’aide ont bien plus de chances de participer à la Marche pour la Vie que les personnes qui n’y oeuvrent pas. Et une personne qui participe à la manifestation a plus de chances, de fil en aiguille et si elle y est appelée, de s’engager dans une association d’aide qu’une personne qui n’y participerait pas.
- Mais tout le monde n’est pas appelé à s’engager dans une association d’aide. Pour la grande majorité, le choix n’est pas entre “manifester” et “aider les femmes enceintes”, mais entre “manifester” et “rester chez soi.” Non que ces manifestants soient oisifs par ailleurs : beaucoup ont des engagements associatifs légitimes et nécessaires (scoutisme, écoles hors contrat etc.), qu’ils ne doivent pas abandonner au profit d’un militantisme pro-vie exclusif. Mais tous peuvent consacrer une demi-journée par an à la cause pro-vie, et ont raison de le faire.
Manifester dynamise tout le mouvement pro-vie. La grande force du mouvement pro-vie américain est la densité de son tissu associatif : pas une ville moyenne américaine qui n’ait, par exemple, son centre d’aide aux femmes enceintes en difficulté. Il serait intéressant (mais illusoire !) de chercher à dénombrer combien de ces initiatives sont nées dans les cars qui emmenaient des sympathisants de leur petite ville à leur capitale d’Etat ou à Washington pour manifester. Le même effet peut raisonnablement être attendu de la Marche pour la Vie : dans le car qui emmène à Paris les sympathisants d’une ville de province, qui souvent ne se connaissaient pas entre eux, les contacts se nouent, les projets naissent. Et chacun, parisien ou provincial, revient de la Marche “regonflé à bloc”.
Objection N°2 : “demander l’abolition est déraisonnable, il faut d’abord convaincre les gens”
Cette objection est circulaire : il ne faudrait réclamer l’abolition que quand les gens en seront convaincus… mais ils n’en seront convaincus que si les arguments en faveur de l’abolition sont défendus publiquement ! Notamment à l’occasion de la Marche pour la Vie…
Manifester pour l’abolition, ce n’est pas être adepte du “tout ou rien”. La grande majorité des manifestants sait qu’il faudra sans doute procéder par étapes (les premières peut-être très modestes, comme le rétablissement de l’obligation d’informer les femmes enceintes des alternatives avant un avortement).
Mais la Marche pour la Vie doit indiquer le cap en défendant l’abolition de l’avortement, seule situation conforme à la Justice. Sans quoi le mouvement pro-vie s’effilochera, et n’obtiendra ni l’abolition, ni des améliorations par étapes.
Objection N°3 : “les médias sont trop hostiles, manifester fait plus de mal que de bien”
C’est une objection plus sérieuse que la première – mais qui ne nous paraît pas tenir, dans la balance, face aux avantages.
Le choix qui se présente, c’est entre un traitement médiatique hostile et une disparition complète de la scène publique. Or, contrairement à certaines idées reçues sur les Etats-Unis, c’est également face à des médias presque unanimement hostiles que s’est développé le mouvement pro-life américain – avec les succès que l’on sait.
Certes, ces dernières années, la donne médiatique a changé aux Etats-Unis, rendant les arguments pro-vie plus audibles – mais cela renforce notre conviction que, parallèlement au mouvement pro-vie, il faut développer nos contre-médias.
Manifester en nombre est le seul moyen de voir le discours pro-vie réapparaître sur la scène publique
Des causes plus médiatiques que la cause pro-vie n’ont pas besoin de manifester : elles ont en permanence “antenne ouverte” dans les médias. Pour les pro-vie, il n’y a pas de raccourci : pour exister, il faut être dans la rue, et être assez nombreux pour ne plus pouvoir être ignorés.
Beaucoup de nos concitoyens pensent que plus personne, ou presque, ne se bat contre l’avortement légal. Manifester en nombre est le seul moyen de briser ce consensus par défaut. Quelques dizaines de secondes au 20 heures tous les ans suffisent pour que la conscience collective réalise que des dizaines de milliers de personnes, souvent jeunes, réclament l’abolition de l’avortement.
Montrer que l’abolition est défendue publiquement est le premier pas pour que les arguments pour l’abolition redeviennent audibles.
Et les effets d’une telle mobilisation dépassent largement les reportages qui lui seront consacrés : tout au long de l’année, les associations pro-vie réagissent à l’actualité (bioéthique, téléthon…) en publiant des communiqués – qui seront d’autant plus cités par les médias si les pro-vie font régulièrement une “démonstration de force” dans la rue.
De même, tout au long de l’année, des associations pro-vie contactent des politiques – qui les prendront d’autant plus au sérieux si elles prouvent qu’elles représentent des dizaines de milliers de personnes motivées.
Objection N°4 : “regardez les manifestations contre le PACS ou la loi Taubira : ça n’a rien arrêté…”
Cette critique est sans doute marquée par le sentiment d’échec ressenti après l’adoption du PACS et de la loi Taubira, malgré les mobilisations pro-famille massives.
Ces mobilisations n’ont pas été des échecs : à l’époque, elles ont eu un effet palpable sur l’UMP/LR, qui n’avait connu que très peu de “défections”. Sans mobilisation pro-famille, il ne fait pas de doute que davantage auraient voté avec la gauche.
Mais une manifestation isolée ne sert pas à grand chose. Dès que la pression pro-famille retombe, des élus commencent à regretter leur vote. C’est pour cela que la Marche pour la Vie doit être annuelle, afin que le mouvement pro-vie récolte, dans la durée, des fruits.
Depuis 2005, et pour la première fois depuis la loi Veil, le mouvement pro-vie français a établi avec succès un grand rendez-vous unitaire annuel, qu’il ne tient qu’à nous de développer. L’exemple américain montre qu’il pourrait être un atout décisif dans l’évolution du combat pour le respect de la vie : signe d’unité du mouvement, arme pour percer le silence médiatique, et vecteur pour dynamiser le tissu associatif pro-vie. La réussite de la Marche pour la Vie est un signe d’espoir. Elle mérite le soutien de tous les partisans du respect de la vie – ou à tout le moins qu’ils lui accordent le bénéfice du doute.
Marcher pour la Vie, cela signifie que nous ne nous satisfaisons pas de l’état d’injustice actuel dans lequel notre pays se trouve et plus encore nous nous y opposons. La marche ne constitue pas une fin en soi mais un moyen, parmi d’autres pour parvenir à un réveil des consciences, pour réussir à lever le tabou que constitue la question de l’avortement.
Marcher pour la Vie c’est proclamer que l’avortement ne constitue jamais une solution, c’est promouvoir l’accueil de la Vie et croire que chaque être humain est unique et digne de respect.
Mgr Aillet l’exprimait ainsi :
“Je crois qu’aujourd’hui, pour sensibiliser les citoyens à tel ou tel sujet de société ou de préoccupation de société, la manifestation demeure un des moyens privilégiés (…) Je trouve qu’il y a une attitude très altruiste dans une manifestation pour la Vie (…) Là en l’occurence, il s’agit de défendre les intérêts de ceux qui n’ont pas de voix, de ceux qui ne peuvent pas s’exprimer, de ceux qui ne peuvent pas se défendre”.
Enfin, il existe encore un dernier endroit où l’avortement n’est pas banalisé, c’est dans la conscience des avorteurs. Et nous avons vu que c’est l’objectif prochain des militants de l’avortement. En effet, pour ceux qui ont côtoyé ces praticiens de la mort, il apparaît qu’ils ont encore mauvaise conscience de leurs actes, et qu’ils sont de moins en moins nombreux à pratiquer l’avortement. C’est pourquoi il importe de les maintenir dans ces remords, c’est ce que vous pouvez faire en donnant une large publicité à cette manifestation par votre présence nombreuse.
“Ces silences sont eux aussi coupables, qui ont laissé les fidèles bien seuls”
Le père Louis-Marie Guitton, prêtre du diocèse de Toulon, signe une tribune dans La Croix sur l’attitude de l’Église vis-à-vis du sujet délicat de l’avortement. Extrait :
[…] Pardon pour les silences ecclésiaux. Depuis 1975, la voix de l’Église s’est parfois faite discrète, résignée. Était-ce le temps des « chiens muets » ? Était-ce la peur de paraître dépassés par l’évolution inéluctable des mœurs ? Était-ce le souci de plaire au monde ? Ces silences sont eux aussi coupables, qui ont laissé les fidèles bien seuls. La défense de la vie par certains a été considérée comme une obsession ou une lubie, en tout cas le signe d’un repli identitaire moralisant. Le pape François, sans en faire un refrain, a eu des mots extrêmement fermes pour dénoncer « un mal absolu ». Il affirme que
« la défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains. Elle suppose la conviction qu’un être humain est toujours sacré et inviolable, dans n’importe quelle situation et en toute phase de son développement… Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine ».
Pardon pour les divisions coupables. Le dernier pardon à demander est très lié au monde catholique français. Les plus mobilisés sur la question de la vie sont aussi les plus divisés, chacun pensant que l’unité devra se faire autour de sa propre initiative. Les tenants de l’action politique ignorent parfois les associations de terrain, qui ont choisi l’engagement auprès des personnes. Celles-ci au contraire critiquent les marches ou autres démonstrations publiques, qui seraient inutiles et contre-productives.
Il y a enfin ceux qui considèrent que ce n’est jamais le moment de parler de cette question, que l’Église n’en a ni la légitimité ni les compétences. Mais s’il faut attendre d’être irréprochable pour nous exprimer, nous risquons fort de ne plus rien dire sur aucun sujet. Humblement, conscients de nos limites et de nos contre-témoignages toujours possibles, nous ne pouvons pourtant pas nous réjouir de voir l’IVG devenu une « liberté garantie » par la constitution de notre pays, liberté que certains considèrent comme un droit.
S’interroger avant de mettre un smartphone dans les mains d’enfants et d’adolescents
Priscille Kulczyk, Chercheur associé au European Centre for Law and Justice (ECLJ), signe une tribune dans La Croix sur les dangers de la pornographie. Extraits :
Les enfants et les adolescents sont trop largement exposés à la pornographie : les chiffres montrent qu’ils sont toujours plus nombreux, de plus en plus jeunes et qu’ils visionnent de tels contenus de manière de plus en plus intensive. En France, selon une étude de l’Arcom publiée en mai 2023, 2,3 millions d’enfants visitent chaque mois des sites « adultes », soit une progression de 36 % en cinq ans. […]
C’est précisément à l’aide du smartphone, dont l’usage est de plus en plus répandu chez les mineurs, que ces derniers accèdent le plus souvent aux contenus pornographiques. […]
Concernant le sexting ou textopornographie, le smartphone est là aussi très largement coupable. Cette pratique consiste à envoyer ou recevoir, notamment par texto, des messages sexuellement explicites, souvent avec des photos ou vidéos, et s’avère fréquente chez les jeunes : en Pologne, le rapport Nask précité a révélé que près du quart des adolescents de 16 ans interrogés ont reconnu avoir déjà partagé ainsi leurs propres contenus intimes. Cela génère des problèmes d’exploitation ou d’abus sexuels, ainsi que d’extorsion et de coercition sexuelle en ligne.
De telles données doivent pousser à s’interroger avant de mettre un smartphone dans les mains d’enfants et d’adolescents, peu importe que la décision soit prise par conviction ou plutôt par résignation. Elle doit impliquer à tout le moins une certaine vigilance, notamment quant aux risques d’exposition à la pornographie. En la matière, le rôle des parents, premiers éducateurs de leurs enfants, est en effet fondamental. Dès 1993, dans une résolution sur la pornographie, le Parlement européen rappelait que l’intervention des pouvoirs publics n’est que subsidiaire et que le primat de la responsabilité incombe à la famille. […]
L’avortement est un «meurtre» et les partisans de sa légalisation des «assassins»
Alors qu’Emmanuel Macron va célébrer publiquement la liberté garantie du meurtre de l’enfant à naître dans la Constitution, le président argentin Javier Milei a déclaré dans un discours mercredi 6 mars devant des collégiens et des lycéens que l’avortement est un «meurtre» et les partisans de sa légalisation des «assassins».
«Je peux vous le prouver d’un point de vue mathématique, philosophique et libéral».
En Argentine, la loi sur l’avortement a été adoptée en décembre 2020 et mise à l’œuvre en janvier 2021 après un débat agité. Elle prévoit la possibilité d’avorter jusqu’à 14 semaines de grossesse sans avoir à en expliquer les raisons.
Chauve qui peut
Le député LIOT Olivier Serva propose de co-signer une proposition de loi visant à reconnaitre et à sanctionner toute discrimination tenant à la coupe, la couleur, la longueur ou la texture des cheveux d’un individu. Inscrite en semaine de l’Assemblée, elle sera examinée en commission des lois le 20 Mars et en séance le 28 Mars.
Pour ajouter un sou dans la machine des fous, sachez que le ministre délégué chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, à savoir l’inénarrable Aurore Bergé a annoncé qu’
“une mission a été lancée pour construire les indicateurs d’un budget genré : les crédits de l’Etat seront évalués à l’aune de leur incidence sur les inégalités entre les femmes et les hommes, pour engager une réflexion sur l’impact de l’ensemble des politiques publiques en ce domaine”.
Elle a évoqué l’instauration dès le prochain projet de loi de finances de budgets dédiés à l’égalité dans chaque ministère.
Mais que vont en penser ceux qui pensent n’être ni un homme ni une femme ?
Un beau modèle de dissidente pour la Journée des femmes : Joan Andrews-Bell
De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
Pour cette sinistre Journée des femmes du 8 mars 2024 qui suit et accompagne en France l’inscription de la « liberté » d’avorter dans la Constitution, qu’il nous soit permis de rendre hommage à une femme digne de ce nom. Pour affirmer que tuer l’enfant conçu et à naître n’est pas un droit, elle n’a pas craint pour sa part de perdre sa liberté, d’aller des mois et des années en prison. C’est cette femme emblématique qui, dans les années 80-90, fut l’initiatrice des opérations-sauvetage (rescue) en Amérique : Joan Andrews. Mariée en 1991 à Christopher Bell, elle a eu depuis des enfants, dont un garçon gravement handicapé qu’ils ont adopté. Épouse et mère, elle demeure une exemplaire militante « prolife » encourant aujourd’hui encore de fortes peines d’enfermement comme une indomptable « prisonnière politique », sans doute moins médiatique que Navalny en Occident. Par son action prophétique de témoin de la vie, elle aura certainement permis outre-atlantique ce renversement des esprits jusqu’à celui de l’arrêt Roe c. Wade par la Cour suprême des États-Unis en 2022. Nous réitérons, à peu près dans les mêmes termes, le salut que nous lui adressions dans Le Livre noir de la culture de mort (Renaissance catholique, 2007) en espérant que son courage fasse école en France, en vue d’un même retournement.
Il y eut saint Jean de Mattha et les trinitaires pour le rachat des captifs. Il y eut saint Vincent de Paul et les filles de la charité pour le secours des pauvres. Il y eut saint Jean de Dieu et les hospitaliers pour nos seigneurs les malades. Et tant d’autres serviteurs de la charité (1) ! Il faudra bien que d’autres saints se lèvent et des vocations pour la défense de ceux qui peuvent aujourd’hui le moins se défendre, les plus minuscules parmi les petits, les plus vulnérables parmi les plus faibles : ces millions d’enfants à naître condamnés par la « (dé)civilisation de l’avortement ». Oui, il faudra bien aussi de sacrés boucliers pour nos frères humains trop oubliés : les embryons et les fœtus destinés à l’abominable “IVG”. Il faudra des porte-voix pour faire entendre leur cri silencieux. L’amplifier. Le faire retentir dans le monde aux oreilles des avorteurs et des prochoice de tout acabit jusqu’à leur honte et, Dieu aidant, leur repentir. Comme ce fameux docteur Nathanson et bien d’autres ouvriers de la dernière heure…
Aux États-Unis, Joan Andrews a montré la voie de cette nouvelle sorte de chevalerie si nécessaire :
« Je m’emploierai à faire cesser l’holocauste jusqu’à la fin de mes jours, à moins qu’il ne prenne fin de mon vivant. »
Il faut la saluer comme le professeur Lejeune ou le docteur Dor en France, avec tous les « sauveteurs » et les apôtres de la vie qui ont suivi. Le livre qui lui a été consacré en 1990 chez Téqui, Avortement : le cri(me) étouffé, Lettres de prison de Joan Andrews, avec une préface du cardinal Gagnon, donnait à cet égard une dimension nouvelle à tout le mouvement pour la vie.
Quels sont les faits ? En 1986, cette jeune femme catholique du Tennessee, devenue un symbole de la lutte contre l’avortement, est condamnée à cinq ans de prison pour avoir tenté de débrancher une machine à succion dans un avortoir et avoir refusé d’exprimer le moindre remords :
« Je ne pourrais pas promettre de ne pas sauver la vie d’un enfant, pour moi c’est quelque chose de scandaleux », répondit-elle au juge.
Du coup, ce dernier lui infligea le maximum de la peine, le double de ce que prévoit la jurisprudence, plus que certains grands criminels… Le cri(me) étouffé, ce sont ses lettres de prison. Un bouleversant témoignage de foi et de courage :
« Être ici en tout premier lieu à cause de l’humanité que nous partageons avec les enfants à naître, et avoir le privilège de faire pénitence pour le péché d’avortement est matière à action de grâce permanente. »
Le « cri silencieux » que Joan veut répercuter jusqu’au sacrifice de sa liberté, voire de sa vie, c’est celui de cet enfant qu’on avorte, photographié et filmé pour l’histoire, à l’heure de son supplice par Nathanson ; et de tous ceux à son image, auxquels on refuse malgré tout le droit de vivre (2). En effet, indignée par l’absence ou l’insuffisance de réactions des autorités religieuses depuis la légalisation de l’avortement, Joan Andrews a décidé de se vouer au sauvetage de ces enfants avec lesquels elle s’identifie, acceptant d’être maltraitée à l’exemple du bébé tué dans le sein de sa mère :
« Les petits êtres qui meurent aujourd’hui sont intimement liés aux souffrances, à la mort de notre Sauveur. Il y a là un lien qui ne doit pas être négligé. »
Mystère de la communion des saints.
Face au déni d’humanité, elle a ainsi adopté la stratégie de ce qu’elle appelle la « non coopération » avec la justice (jusqu’en prison), gardant la prière comme seule arme, avec le sourire :
« Nous ne nous attendons pas à ce que les tribunaux fassent justice. Bien plus, nous n’en voulons pas pour nous-mêmes alors qu’elle est refusée à nos bien-aimés frères et sœurs à naître. C’est pourquoi je plaide en faveur d’une vulnérabilité complète et totale en salle d’audience, en refusant de me défendre et d’utiliser toute argumentation légale pour protéger ma propre personne (…). Nous prenons simplement fait et cause à leur place en étant leurs suppléants, selon une logique irrésistible et douloureuse. Ils sont morts pours avoir commis le crime de devoir naître sans être désirés. Nous n’attendons aucune justice d’un système judiciaire qui décrète une telle barbarie et d’un gouvernement qui l’autorise (3). Si le fait d’être indésirable est un crime passible de la peine de mort, le fait d’aimer les indésirables et d’agir en vue de les protéger devrait peut-être être un crime passible de mort. »
Finalement graciée et libérée après deux ans et demi de prison, et une campagne de soutien, elle sera réemprisonnée peu après. Deux semaines plus tard, elle participait de nouveau à un sauvetage à Toronto au Canada. Elle sera arrêtée ensuite de nombreuses fois. Dans les années 90, Claire Fontana, en France, avec La Trève de Dieu, s’inspira de son apostolat, organisant plusieurs sauvetages avec notamment des prêtres, des religieux (Dom Gérard) et même un évêque (émérite), mais aussi des témoins malades du sida (Philippe Humbert, Dominique Morin). Sans, hélas, le même suivi et élan qu’aux USA…
« Par les “opérations-sauvetage”, écrivait Joan Andrews, nous manifestons que nous venons vraiment au secours des personnes en danger de mort. Nous risquons le tout pour le tout, car nos frères et nos sœurs sont menacés… »
Sur un plan plus religieux :
« Notre seule présence convainc souvent une mère ou un père de ne pas tuer leur enfant. Et de plus, notre présence apporte la consolation au Cœur amèrement blessé de Jésus et aux âmes des petits bébés mourants. Il se peut que nous ne puissions pas leur sauver la vie, mais ne pouvons-nous pas plaider en leur faveur ? Et s’ils viennent à mourir comme c’est souvent le cas (que Dieu nous pardonne !), élever en leur nom notre cœur vers Dieu tout-puissant… Ce sera le seul amour humain qu’ils connaîtront sur terre… Prenez l’engagement, je vous en supplie, de consacrer chaque semaine au moins une heure à la prière et au jeûne, dans un camp de la mort. Me voici Seigneur ! Envoyez-moi ! J’irai ! »
Ses lettres de prison sont véritablement un levier pour les âmes affaissées par la terrible banalisation officielle de l’“IVG” légalisée, remboursée et maintenant « sacralisée » dans la Constitution française comme un droit « garanti » pour les femmes et donc un devoir pour le personnel médical, malgré ses multiples répugnances (4) !
« Combien de fois, est-il dit en exergue, un emprisonnement n’a-t-il pas radicalement changé la direction des affaires nationales ou mondiale ? Si l’on effaçait de l’histoire les noms de tous les nobles prisonniers, il n’y aurait plus assez d’énergie spirituelle pour gouverner le monde »,
selon les mots du cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille. On songe bien sûr à Mandela sous l’apartheid, mais aussi à Jägerstäter, aux condamnés de La Rose blanche sous le nazisme, à Soljénitsyne, Ogorodnikov, Benda, Havel ou bien ces clercs asiatiques… tous ces héros dissidents des régimes communistes, dont nous parle notamment Rod Dreher dans son livre plus que jamais d’actualité : Résister au mensonge, vivre en chrétiens dissidents (Artège, 2021). Ou encore au cardinal Wyszinski préparant de sa cellule la grande neuvaine nationale qui devait aboutir à la célébration du millénaire de la Pologne catholique et à un véritable printemps spirituel d’où jaillira saint Jean-Paul II…
Puissent l’exemple, le témoignage et le sacrifice de Joan Andrews donner au combat eschatologique pour la vie quelque chose de cette conversion des cœurs qui soulève les montagnes. Il dépend de chacun de nous d’y coopérer en amplifiant comme il se doit ce cri à la fois silencieux et étouffé : « Ce cri vient de Dieu, il faut l’entendre. »
Rémi Fontaine
(1) On pense aussi au cri de détresse de l’abbé Pierre : https://lesalonbeige.fr/ivg-mes-amis-au-secours/
(4) https://lesalonbeige.fr/novembre-dernier-ivg-les-etats-dame-dun-bourreau-ou-dun-abuseur/
Chaque jour, 4 enseignants sont menacés par une arme
Un rapport issu d’une commission d’enquête lancée après l’assassinat de Samuel Paty pointe une «école de la République en danger». 38 recommandations ont été formulées par deux sénateurs.
Les deux sénateurs co-rapporteurs, François-Noël Buffet (LR) et Laurent Lafon (Union centriste) tirent la sonnette d’alarme après plusieurs mois d’enquête, 45 auditions et de nombreux déplacements. Les deux hommes ont déploré une «montée de la violence» dans les établissements scolaires privés et publics, tout en pointant un «décalage entre les chiffres de l’Éducation nationale et la réalité du terrain».
«La façon dont sont présentés les chiffres constitue une minimisation de la réalité». «Les chiffres de l’Éducation nationale nous disent que 0,2% des enseignants des collèges et lycées déclarent avoir été menacés par une arme sur une année scolaire (en 2021-2022, NDLR). Ça peut paraître très faible mais c’est près de 900 enseignants. Soit 4 par jour.»
François-Noël Buffet cite de multiples «formes de pressions et d’agressions», de l’«insulte misogyne» à l’agression physique. En sciences naturelles comme en histoire, de nombreux professeurs font le choix de l’autocensure, face à des parents et des élèves contestant leur enseignement.
«Les chefs d’établissement sont pris à partie directement par les parents, qui surgissent de manière inopinée dans leurs bureaux». «(Il y a aussi) les Conseillers principaux d’éducation (CPE) face à qui les élèves et de plus en plus leurs parents contestent le bien-fondé des sanctions – certains même viennent en rendez-vous avec leurs avocats.»
Autre point soulevé par les sénateurs, l’islam radical, qui «est en train de se banaliser». Ils ont ainsi constaté la multiplication
«de l’usage par certains élèves de la menace proférée à un enseignant de lui “faire une Paty”». «J’ai vu un professeur à la fin de sa journée, (qui s’est réjoui de) “ne pas avoir subi de Paty” aujourd’hui». «Voilà la situation telle qu’elle existe. La montée des revendications identitaires et communautaires, et la manifestation de l’islam radical et de certaines nouvelles formes de spiritualité ne doit pas être ignorée».
Les deux sénateurs ont prôné 38 recommandations, qui sont des pansements sur une jambe de bois (enseignement de la laïcité, tenues, caméras, signature d’une charte…). Il serait peut-être temps de dénoncer l’islam et l’immigration.
« On naît femme… et on le devient »
A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2024, Le Syndicat de la Famille célèbre la femme et affiche le slogan : « On naît femme… et on le devient »
Pour ce 8 mars 2024, Le Syndicat de la Famille lance une campagne de communication qu’il dédie à la femme et rappelle une vérité de base : « on naît femme… et on le devient ».
Faisant allusion et renversant avec humour la célèbre citation de Simone de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient », Le Syndicat de la Famille souligne que si la femme s’épanouit en effet au fil des années, elle est bien de sexe féminin dès avant sa naissance.
La petite fille devient femme et la société ne peut que se réjouir tant la femme, différente de l’homme, est cruciale pour son équilibre. La femme et l’homme sont égaux et différents. Une affirmation qui doit être rappelée avec insistance.
Le Syndicat de la Famille invite aussi les Français à donner leur avis en participant à la consultation publique « Qui est la femme ? ».
Etre une femme dans l’armée espagnole
Le 16 février 2023, l’Espagne a voté la “loi trans” qui consacre “l’autodétermination du genre”. Depuis, toute personne souhaitant changer de sexe sur ses papiers d’identité peut désormais le faire par simple déclaration administrative, sans avoir à fournir de rapport médical ni apporter la preuve d’un traitement hormonal.
Cette nouvelle législation a été introduite en même temps que les avantages sociaux ont été augmentés pour rendre les carrières dans les forces militaires et de sécurité plus attractives pour les femmes.
Ce qui fait que plusieurs soldats espagnols ont changé de sexe, passant d’homme à femme, pour bénéficier de certains avantages réservés aux femmes : augmentation de salaire de 15%, chambre privée dans la caserne avec une salle de bains privée.
Quel avenir pour Ursula von der Leyen ?
Jeudi à Bucarest, en Roumanie, se tenait le congrès annuel du PPE, premier groupe politique européen, auquel appartient LR. Ursula von der Leyen, seule candidate en lice, a décroché l’investiture de son groupe pour rempiler à la tête de la Commission européenne.
Sur 801 votants déclarés, le scrutin a décompté 499 votes, dont 400 pour et 89 contre, parmi lesquels les 23 élus LR. C’est à se demander pourquoi LR n’a pas présenté un candidat alternatif.
François-Xavier Bellamy a réagi :
«Ce vote est un signe clair : la parole que j’ai tenue n’est pas isolée au sein du PPE, et cela dit aussi que cette parole comptera à l’avenir. Je l’avais annoncé. Il faut savoir aussi que parmi les votes favorables exprimés aujourd’hui, beaucoup attendent de voir ce qui va se passer. Tout se jouera après l’élection européenne, en juin».
L’eurodéputé français et sa délégation de 23 membres, qui étaient la seule à ne pas se lever jeudi à la fin du discours d’Ursula von der Leyen, se considère comme le porte-voix des membres du PPE sceptiques à l’égard de la présidente de la Commission. Néanmoins on voit mal les élus LR soutenir un autre candidat à la tête de la Commission en juin prochain.
Par conséquent le scrutin des européennes en juin pèsera de manière déterminante sur l’avenir de la candidate allemande. Néanmoins, il ne faut pas lui donner plus d’importance qu’elle n’en a réellement : sa politique est guidée par le Conseil européen qui réunit les chefs d’État ou chefs de gouvernement des vingt-sept États membres de l’Union européenne, quatre fois par an, dont deux en juillet et décembre, à la fin de chaque présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Ces sommets entre exécutifs des États membres ont pour but de définir les grands axes de la politique de l’Union européenne. Ils servent également tous les cinq ans à la nomination, à la majorité qualifiée, du président de la Commission européenne, décision ensuite validée par un vote du Parlement européen.
