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Quel est l’interêt de nommer des hérétiques au Synode ?

Le Vatican a annoncé  que le pape a fixé les dates de la 2e session de la 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, c’est-à-dire le « Synode sur la synodalité », du 2 au 27 octobre 2024. Elle sera précédée du 2 jours de retraite, du 30 septembre au 1er octobre.

Le pape a nommé plusieurs nouveaux consultants auprès du synode, parmi lesquels la religieuse allemande, Sr Birgit Weiler, professeur de théologie au Pérou, qui a déclaré dans une interview en avril 2023 :

Je crois qu’il doit être possible pour les femmes qui se sentent appelées de faire donc pour être admis au sacerdoce.

Sr Birgit Weiler a également plaidé en faveur d’un diaconat féminin :

Cela pourrait en fait arriver très bientôt. Il n’y a aucun obstacle théologique si le diaconat est considéré comme une fonction indépendante dans l’Église.

Le pape a également nommé le professeur brésilien de théologie, Maria Clara Lucchetti Bingemer. Partisane de la « théologie féministe », elle a aussi plaidé en faveur de l’ordination des femmes au sacerdoce. En 2017, Maria Clara Lucchetti Bingemer soutenait qu’une femme est la matière appropriée pour le sacrement de l’Ordre sacré, qu’elle peut agir en tant qu’« Alter Christus » et « in persona Christi », et que la restriction de l’ordination aux hommes est discriminatoire et dévalorise les femmes.

La grande confusion se poursuit

Le Vatican a rappelé le 13 novembre dernier que les catholiques ne peuvent pas adhérer à la franc-maçonnerie.

Le 16 février a eu lieu à l’archevêché de Milan une « rencontre historique » entre les trois grands maîtres de la Maçonnerie italienne (Grand Orient, Grand Loge, Grande Loge régulière), et l’archevêque de Milan Mgr Mario Delpini, le cardinal Coccopalmerio ancien président de dicastère, le théologien franciscain Zbigniew Suchecki, et Mgr Antonio Staglianò, président de l’Académie pontificale de théologie.

Mgr Staglianò a utilisé la scandaleuse déclaration Fiducia Supplicans pour plaider en faveur d’une plus grande ouverture à la franc-maçonnerie.

Semaine portes ouvertes de Notre-Dame-de-Fatima (Lille)

Comme chaque année, profitez d’une semaine complète pour venir visiter l’école et le collège Notre-Dame-de-Fatima (à 15 minutes du centre de Lille). Si vous recherchez de petits effectifs, une pédagogie traditionnelle, un aumônier à plein temps ou encore un bel esprit d’enfance de la maternelle à la 3e, n’hésitez pas à nous contacter : secretariat@ndfatima.org

Pour découvrir le site Internet : ndfatima.org

Reporters sans frontière vit de l’argent public

Selon le JDD :

Par ailleurs, Emmanuel Macron a nommé Christophe Deloire (RSF) à la tête des États généraux de l’information, dont un des buts est de «protéger l’information face aux ingérences»…

Anne Coffinier et la défense de la liberté scolaire

Entretien avec Anne Coffinier, énarque, ancienne diplomate, fondatrice de l’association Créer son école. Depuis plus de 20 ans, elle défend la liberté scolaire et accompagne les créateurs d’écoles indépendantes en France, ainsi que les parents qui pratiquent l’instruction en famille (IEF).

  • 00:44 : Présentation de Créer son école
  • 02:48 : Ecole libre, indépendante, hors contrat ?
  • 04:20 : Historique de l’école privée
  • 07:10 : Le cas du lycée Averroès
  • 09:30 : Les Français sont attachés au privé
  • 11:08 : Le séparatisme islamiste passe-t-il par l’école ?
  • 15:00 : Hors contrat, hors contrôle ?
  • 18:05 : Revoir les relations entre le public et le privé
  • 21:40 : L’interdiction de l’école à la maison (IEF)
  • 25:20 : Le succès trompeur du privé sous contrat
  • 28:40 : L’éducation, domaine régalien ?
  • 30:30 : Comment nos élites font sécession par l’école
  • 38:50 : L’ascenseur social bloqué
  • 41:01 : Peut-on réformer l’Education nationale ?
  • 49:05 : La scolarisation à 3 ans et IEF
  • 55:01 : La place des parents d’élèves
  • 1:01:31 : Faire payer l’école publique ?
  • 1:03:45 : Les élèves perturbateurs
  • 1:12:20 : 15 ans pour tout changer
  • 1:14:40 : L’autonomie des établissements

“L’arc républicain”

Dans un entretien accordé au journal L’Humanité, quotidien marxiste gavé aux subventions publiques, dimanche 18 février, le président de la République Emmanuel Macron assure qu’il n’a

« jamais considéré que le RN ou Reconquête s’inscrivaient dans l’arc républicain ».

Il indique également que

« certaines personnalités de la France insoumise combattent les valeurs de la République. Même si je ne pose pas d’équivalence entre les deux extrêmes. »

Le chef de l’Etat explique qu’on « ne peut pas en faire abstraction » des députés RN qui ont été élus par les Français puisqu’ils « votent les lois et l’Assemblée nationale leur a confié des responsabilités ». Toutefois, il confie avoir

« toujours considéré, comme avec la loi immigration, que les textes importants ne devaient pas passer grâce à leurs voix. »

Pour faire partie de l’arc républicain, il faut sans doute adhérer sans réserve à la culture de mort, au grand remplacement, aux théories rousseauistes sur l’éducation, bref, à l’esprit révolutionnaire. Ce qu’est effectivement L’Humanité.

Pour légaliser l’eugénisme, ils nous sortent le député Berta

Le député MODEM Philippe Berta a interrogé le gouvernement mercredi dernier, à propos de la PMA. Au nom de l’efficacité des PMA, il souhaite éliminer les embryons porteurs d’anomalie. Cela porte un nom : eugénisme.

Philippe Berta : De l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution à la procréation médicalement assistée – ou PMA –, les choix des femmes doivent être protégés et assurés pour toutes. Par exemple, les spermogrammes démontrent l’impact négatif de la santé environnementale sur la santé humaine et ses conséquences sur la baisse de la fertilité. Le développement de la recherche sur les maladies génétiques accroît les connaissances scientifiques sur les anomalies et les pathologies qui entravent la reproduction. Dans les années 1980, la recherche française fut parmi les premières à permettre l’accès à la procréation médicalement assistée mais nous sommes aussi l’une des dernières nations à pratiquer cette technique au moyen d’une médecine hasardeuse. La recherche d’anomalies de l’embryon est déjà proposée sous consentement à toutes les femmes en fin de premier trimestre, conduisant à autant d’interruptions de grossesse, mais reste prohibée pour les femmes en parcours de PMA avant implantation : une logique ubuesque. Or les données sont sans appel : selon l’âge des patientes, 40 à 90 % des embryons sont porteurs de telles anomalies, réduisant de facto les chances de donner naissance à un enfant. Dans la grande majorité des cas, elles conduiront à des avortements spontanés ou à de multiples interruptions médicales de grossesse. Le parcours proposé aux femmes françaises, composé trop souvent des quatre tentatives autorisées, avec les souffrances et les risques associés, est indigne de notre pays. Enfin, seules les plus favorisées d’entre elles pourront accéder à ces techniques biomédicales à l’étranger, renforçant malgré elles les délocalisations de la reproduction et le tourisme médical. Une telle recherche d’anomalies limiterait le transfert embryonnaire à un seul embryon, éviterait la congélation d’embryons anormaux, bref multiplierait de façon considérable les chances de succès de la PMA. Le coût humain est terrible bien sûr mais c’est aussi un coût sanitaire et financier. Dès lors, monsieur le ministre, quand autoriserez-vous la recherche d’anomalies chromosomiques avant l’implantation de l’embryon dans le cadre d’une PMA ?

Réponse du ministre délégué chargé de la santé et de la prévention, Frédéric Valletoux :

Vous m’interrogez sur l’autorisation de la recherche d’anomalies chromosomiques avant l’implantation de l’embryon, et ce dans le cadre de la procréation médicalement assistée – on parle également de DPI-A, soit le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies. Aujourd’hui, il n’est pas pratiqué systématiquement en population générale mais seulement lorsqu’un risque a pu être identifié chez les parents – vous l’avez rappelé. L’ouverture du DPI-A à l’ensemble des personnes inscrites dans un parcours de fécondation in vitro, ou FIV, a fait l’objet – vous vous en souvenez – de débats parlementaires nourris lors du dernier projet de loi sur la bioethique, il n’y a pas si longtemps, en 2021.

Je partage pleinement la ligne défendue alors par le Gouvernement sur cette question. Il ne faut pas limiter nos capacités de dépistage de maladies pouvant avoir des conséquences sanitaires terribles sur les enfants qui viennent de naître ou sur les enfants à naître. Il faut aussi donner au patient en parcours de FIV le maximum de chances d’aboutir à une naissance. C’est à la science de faire son chemin et de formuler des propositions.

Avant d’autoriser par la loi la technique DPI-A, celle-ci doit être validée, à la fois sur le plan médical et scientifique mais aussi d’un point de vue médico-économique ainsi qu’éthique. C’est pour cette raison qu’une étude clinique sur le sujet a été lancée, comme vous le savez. Actuellement en cours, elle devrait aboutir à des conclusions en 2026 ou en 2027. Sur la base de ces travaux, nous pourrons rouvrir le débat parlementaire – il le faudra – sur l’autorisation du DPI-A pour l’ensemble des patients ayant recours à une FIV.

Joseph de Nazareth – À paraître le 6 mars aux éditions Artège

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le dernier ouvrage du Père Joseph-Marie Verlinde sur saint Joseph : une belle lecture pour le mois de mars !

Pour grandir dans la fidélité à ses origines, l’Église doit sans cesse revenir à ses racines, qui s’enfoncent profondément dans la terre de Nazareth, où le Verbe de Dieu fait chair a voulu demeurer durant trente années, dont un grand nombre sous l’autorité de saint Joseph.

Si le culte de saint Joseph ne connut qu’une éclosion progressive, la dévotion du peuple de Dieu a son égard est attestée dès les premiers siècles. Cette piété populaire spontanée envers saint Joseph confirme une fois de plus que le sensus fidei fidelium – le sens de la foi des fidèles – ne peut se tromper, car il est mû par l’Esprit Saint. Pourtant nous ne sommes sans doute qu’au tout début de la révélation de la figure de saint Joseph.

Cet ouvrage entend rassembler et enraciner dans les Écritures des méditations qui, tout au long de l’histoire de la spiritualité, ont nourri la dévotion à l’égard de l’époux de la Vierge et père de Jésus. Ces méditations nous aideront à redécouvrir la fraîcheur de ce personnage et nous introduiront dans l’intimité de celle qui lui fut donnée pour épouse, et du Fruit divin de leur chaste amour.

Le père Joseph-Marie Verlinde est le fondateur et prieur émérite de la Famille de Saint-Joseph. Titulaire d’un doctorat en philosophie et d’un DEA en théologie, il a enseigné l’épistémologie et la philosophie de la nature à la faculté de philosophie de Lyon, ainsi que la théologie fondamentale au séminaire interdiocésain d’Ars et au studium intermonastique de France.

https://fsj.boutique/produit/joseph-nazareth/

(Dans ce livre est inclus en première partie “Avec toi Joseph, de Nazareth à Nazareth”)

L’enseignement catholique à Paris a besoin de nous

Un lecteur nous fait suivre un appel de la direction diocésaine de Paris et de l’APEL. Nous avons déjà évoqué la volonté de la très gauchiste maire de Paris, Anne Hidalgo, d’utiliser son “PLU bioclimatique” pour pourrir la vie de 7 établissements catholiques sous contrat (en attendant plus?):

  • Saint-Jean-Gabriel
  • Saint-Éloi
  • Sainte-Clotilde
  • Saint-Michel de Picpus
  • Saint-Vincent de Paul
  • Notre-Dame de France
  • Saint-Michel des Batignolles

La direction diocésaine invite à participer à l’enquête publique pour défendre ces établissements (et précise ce qui menace chaque établissement). Pour participer, c’est ici. Et il faut le faire avant le 29 février.

La décision du Conseil d’Etat ne concerne pas seulement CNews, mais l’ensemble des médias audiovisuels, publics ou privés

Le président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique revient sur la décision du Conseil d’État relative à CNews et confirme qu’il ne l’appliquera pas en l’état :

La décision du Conseil d’État offre une lecture renouvelée de la loi de 1986. Il indique que le pluralisme de l’information ne se résume pas au seul pluralisme politique, c’est-à-dire au temps de parole des personnalités politiques, mais qu’il faut désormais l’apprécier en prenant en compte l’ensemble des participants. Notamment les chroniqueurs, animateurs et invités. Mais soyons très clairs : il ne nous est pas demandé de comptabiliser chacun des intervenants. Il n’y aura pas de catalogage des journalistes et invités. Il s’agira d’une appréciation globale sur l’ensemble des programmes diffusés. L’Arcom n’est ni la police de la pensée ni un tribunal d’opinion. La loi de 1986 est d’abord une loi de liberté, qui consacre la liberté de communication et la liberté éditoriale.

Mais, même si l’appréciation est « globale », cela risque d’être un casse-tête pour vous en pratique. Comment savoir qui est de gauche ou de droite ?

Cette décision vient tout juste d’être rendue. Nos services ont entamé un travail de réflexion et nous serons amenés à préciser les règles de sa mise en œuvre, dans le respect de la liberté éditoriale des chaînes. Par ailleurs, il est important de souligner que cette décision ne concerne pas seulement CNews, mais l’ensemble des médias audiovisuels, qu’ils soient publics ou privés.

Ce qui est bien c’est qu’avec toutes les pétitions qu’ont signé les artistes, on va pouvoir exiger de l’Arcom de tous les décomptabiliser du temps de la gauche, film y compris.Toutes les personnalités qui ont signé des pétitions contre la strème droâte seront décomptabilisées du temps de parole de la gauche. Et tous ceux qui ont appelé à voter Macron, décomptés du temps de la Macronnie.

L’ancien directeur de Frontex, 3e sur la liste RN aux européennes

Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, l’agence de l’UE chargée du contrôle des frontières, annonce dans un entretien au JDD rejoindre le Rassemblement national pour les élections européennes de juin. Fabrice Leggeri figurera en troisième place sur la liste de Jordan Bardella :

Mon objectif est de mettre mon expérience et mon expertise au service des Français. Ayant dirigé Frontex près de sept ans et travaillé pour l’État pendant environ trente ans, notamment dans les domaines de la sécurité et de la gestion de l’immigration, cette décision est très cohérente. Les élections européennes du 9 juin représentent une opportunité unique de remettre la France et l’Europe sur le droit chemin. C’est pourquoi je me joins à la liste menée par Jordan Bardella. Je suis persuadé que c’est l’option politique qui donnera aux Français la possibilité de reprendre le contrôle de leur avenir.

Pourquoi le RN serait-il le mieux placé en la matière ?

Le Rassemblement national se distingue par son courage et sa lucidité à identifier correctement les problèmes tout en proposant des solutions adaptées. Opter pour le RN et la liste de Jordan Bardella, c’est choisir l’efficacité et l’utilité dans l’intérêt des Français. Notre objectif est de reprendre le contrôle des frontières, tant celles de l’Union européenne que celles de la France. Le RN possède un plan concret et la capacité de le réaliser. Nous sommes déterminés à combattre la submersion migratoire, que la Commission européenne et les eurocrates ne considèrent pas comme un problème, mais plutôt comme un projet : je peux en témoigner.

Quelle est la raison de votre passage à la politique après avoir consacré trente ans à la haute administration ?

En tant que haut fonctionnaire, j’ai eu l’honneur de servir l’État et d’accéder à des postes à hautes responsabilités. Cependant, j’ai aussi constaté les limites de cette position, surtout quand les décisions politiques semblent nous diriger vers l’échec. Face à cela, on peut soit se résigner et se taire, soit quitter l’administration pour chercher d’autres voies, soit rester fidèle à son engagement envers l’intérêt public et l’intérêt de la France, ce qui a toujours été ma priorité.

Quand avez-vous réalisé les limites de votre poste de fonctionnaire et décidé de vous lancer en politique ?

Cela fait deux ans que cette idée a germé en moi. En avril 2022, j’ai quitté ma fonction de directeur de Frontex, réalisant que je n’avais plus les moyens politiques nécessaires pour mener à bien la mission qui m’était confiée. Cette mission consistait depuis 2015 à établir le corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes pour protéger la France et l’Europe du déferlement migratoire. Toutefois, dès octobre 2019, lors de mes premiers échanges avec la nouvelle commissaire européenne, Madame Johansson, j’ai perçu un changement dans les directives. Ce changement est devenu évident pour moi lorsque la commissaire m’a indiqué la chose suivante : « Votre job, c’est de faire rentrer les migrants et de les accueillir parce qu’ils viennent par amour. Et que ça vous plaise ou non, nous sommes un continent vieillissant et donc vous devez les laisser rentrer. » Face à cette nouvelle orientation, aux attaques et intimidations subies, j’ai réalisé que pour défendre mes convictions et le continent de la submersion migratoire, je devais m’engager moi-même en politique. […]

Les buts pastoraux du concile Vatican II n’ont pas été atteints 

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

Les temps changent. Et le climat aussi. Le maire d’une station des Alpes du Sud a décidé de modifier le nom de sa commune. Gréolières-les-Neiges, faute de flocons, s’appelle désormais Gréolières 1400. Le manque d’enneigement devenant récurrent, l’élu a souhaité préparer un avenir pour sa commune et lui offrir un nom qui corresponde mieux à la réalité.

Mais alors ? En matière de climat spirituel, qu’en sera-t-il d’une ville comme Sainte-Mère-Église dans la Manche ou de La Trinité-sur-Mer dans le Morbihan ? La baisse continuelle de la pratique religieuse catholique chez les Français, semblable à un consternant courant de jusant qui n’en finit pas, laisse à penser qu’un désert se prépare.

Dans une récente interview donnée à l’hebdomadaire Famille chrétienne, l’universitaire Guillaume Cuchet, historien spécialiste du catholicisme contemporain, constatait que les buts pastoraux du concile Vatican II n’avaient pas été atteints : « Passer de 25 % de pratiquants au début des années 60 à 1,5 % n’est pas un succès ! » C’est peu de le dire.

Au sein d’une société déchristianisée, les rangs de l’Église de France continuent de se clairsemer. « Il y a une espèce d’hémorragie qui finit par produire un effondrement », commente-t-il. Les faits et les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon Famille chrétienne, une enquête de l’Institut national d’études démographiques (Ined) de 2023 établissait que le taux de déclaration de catholicisme chez les 18-59 ans avait été divisé par deux en seulement douze ans. En 2008, s’ils étaient 48 % à se dire catholiques, le chiffre chute à 25 % en 2020.

Il n’en reste pas moins qu’au milieu des ténèbres les plus sombres, la plus petite des étincelles brille d’autant plus de mille feux. Un catholicisme en partie sociologique a fait place à un catholicisme de conviction exigeant et missionnaire. La foi catholique, quoique minoritaire, n’a pas dit son dernier mot. Pour les croyants convaincus, il a même « les paroles de la vie éternelle ». La stratégie de l’adaptation au monde en vogue durant l’après-Concile, force est de le constater, ne s’est pas traduite en conquête des âmes. Pour de multiples raisons sans doute, mais l’une d’elles, capitale, doit nous interroger : l’Évangile n’a pas pour ambition première de s’adapter au monde mais de configurer les cœurs au Christ.

Cette conviction intime, les catholiques “d’affirmation” l’ont chevillée à l’âme. Leur nombre croissant au sein du catholicisme français — à l’image du pèlerinage de Chartres ou des vocations dans les séminaires traditionnels ou classiques — témoigne d’une vitalité certaine. Ils restent aujourd’hui minoritaires dans l’appareil ecclésiastique et les instances diocésaines, mais le début du carême permet de mesurer leur rayonnement au sein de l’Église en France.

En effet, cette période de quarante jours, au cours de laquelle les baptisés sont invités à redoubler d’efforts dans la prière, la mortification et l’aumône, a pu être minimisée en pratique par tout un courant progressiste dans l’Église. Ce dernier répétait à l’envi que le jeûne qui compte est celui du cœur et de l’esprit au point de… finir par négliger le jeûne du corps qui est le soutien du jeûne du cœur.

Dans son livre Pour l’éternité (Fayard), le cardinal Sarah livrait son analyse avec la liberté de ton qui est la sienne :

« On prend parfois le risque de falsifier la Parole de Dieu, de s’éloigner de Celui qui a dit : “Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie” et de trahir la Révélation et l’enseignement pérenne de l’Église. Certains écrits ou certaines déclarations ne semblent pas se préoccuper d’aider les fidèles chrétiens à rencontrer Jésus-Christ, à accueillir intégralement les exigences radicales de son Évangile et à consolider leur foi, en vue de nous laisser réellement configurer à Lui. Nous avons tendance à “spiritualiser”, au mauvais sens du terme, les réalités chrétiennes. Nous en faisons en fait des fantômes. »

Loin de cette tendance, différentes publications, associations et communautés proposent aux chrétiens soucieux de leur âme de véritables canevas pour vivre un carême authentique. Les Éditions de l’Homme nouveau ont récemment publié un Carnet d’oraison pour méditer chaque jour les Saintes Écritures en lien avec le temps liturgique. La Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, via son site et son application Claves, et ses messageries WhatsApp, Telegram ou Signal, entraîne ses abonnés dans une aventure ascétique et spirituelle appelée Virtus. Les religieux du couvent de Chémeré, au moyen d’un mailing de qualité, ont su fédérer, ces dernières années, nombre de baptisés grâce à leurs vidéos quotidiennes Carême40.  C’est à un challenge biblique qu’ils invitent en 2024.

Le mouvement des Scouts d’Europe organise, quant à lui, grâce à son association d’anciens, Le Rasso, des conférences de carême en ligne. Le site Web Hozana, dont l’élan missionnaire n’est plus à prouver, soutient déjà depuis longtemps la piété des visiteurs de leurs contenus. De même, les livres de l’abbé Troadec, de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, sur la pratique du chemin de croix ou le Carême au jour le jour (Via Romana) se vendent comme des petits pains tant leur forme concise et les idées claires qui s’y trouvent font mouche auprès des catholiques du rang.

Dans une société qui se regarde souvent elle-même, l’observateur honnête peut se réjouir que le carême retrouve des lettres de noblesse. Le besoin de défis qui décentrent ne relève pas aujourd’hui du luxe. Devant les turpitudes du consumérisme, le service de réalités transcendantes devient même une urgence. Si l’on croit en une résurrection possible.

Le carême : un temps de réveil spirituel ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent

  • Marie FOURNET, metteur en scène « L’hôtel des sept »
  • Don Louis-Hervé GUINY, auteur et prêtre de la communauté Saint-Martin
  • Père Max HUOT de Longchamp

Terres de Mission : Les origines ténébreuses du lobby pro-euthanasie

Terres de Mission reçoit Gregor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, à propos de la plaquette qu’il a récemment publiée sur “La promotion de l’euthanasie au XXème siècle”. Ce retour historique permet de mieux identifier les permanences et les évolutions du discours pro-euthanasie.

Puis Guillaume d’Alançon, directeur de l’Institut pour la famille en Europe, évoque le 350eème anniversaire des apparitions du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial, en lien avec le centenaire, l’année prochaine, de l’encyclique Quas Primas sur la Royauté sociale du Christ – ces événements étant tous deux liés à l’idée que la sainteté personnelle n’est pas une réalité purement privée, mais doit avoir des conséquences dans la vie des familles et des nations.

 

Premier dimanche de Carême

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

En ce premier dimanche du Carême, toute la liturgie nous rappelle que ce Carême est un combat que nous allons avoir à mener pendant ces quarante jours pour parvenir à la victoire finale de Pâques. Dans ce combat nous avons des adversaires qui sont les mauvais anges ou démons, et des alliés qui sont les bons anges, nos anges gardiens. Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons Notre Seigneur s’enfoncer dans le désert pendant quarante jours pour lutter contre Satan, chef des démons et nous voyons les anges s’approcher de Lui pour le servir.

Les chants du propre de la messe de ce Dimanche présentent une particularité unique dans la liturgie, c’est qu’ils sont tous tirés du même psaume, le psaume 90 Qui hábitat in adjutório Altíssimi ; il chante la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat, et la certitude de la victoire grâce à cette protection si nous sommes fidèles. Les anges gardiens que le Seigneur nous envoie pour nous aider y sont explicitement mentionnés, nous le verrons au Graduel.

Le chant de l’Introït est emprunté aux derniers versets du psaume, dans lesquels Dieu lui-même prend la parole pour promettre la victoire, qu’il accordera à ceux qui se confient en lui, et la vie éternelle. Il est assez rare dans les Introïts que ce soit Dieu qui parle. Cela ne se produit que deux ou trois fois dans l’année.

Invocábit me, et ego exáudiam eum : erípiam eum, et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum.
Il m’invoquera et je l’exaucerai, je le délivrerai et je le glorifierai, je le comblerai d’une longue suite de jours.

On remarquera l’insistance sur le mot eum, qui revient après chaque verbe, ce qui montre bien l’attention que le Seigneur porte à chacun de nous. Comme il convient pour la parole de Dieu, la mélodie de cet Introït est très affirmative et pleine d’une calme assurance. Il est accompagné, bien entendu, par le premier verset du psaume 90 que nous retrouverons tout à l’heure au Trait :

Qui habitat in adjutorio Altíssimi, in protectione Dei cæli commorabitur.
Celui qui demeure avec le secours du Très-Haut restera sous la protection du Dieu du ciel.

Lisons un très beau commentaire de l’abbé Portier dans la revue Una Voce au sujet de ce chant d’entrée :

« Commencez votre Carême avec ardeur, continuez-le dans la ferveur, et si vous êtes inquiets, moroses, chantez de nouveau cet introït ; il vous mettre dans la joie profonde et vous acheminera sûrement à celle de Pâques, à cette glorification qui commence pour ne plus jamais cesser ».

Graduel : Ángelis suis….

Le texte du Graduel du premier dimanche de carême est tiré du psaume 90. Comme tous les autres chants de cette messe, et nous allons y trouver les versets de ce psaume qui parlent explicitement des anges Gardiens.

Ángelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.
Dieu a donné ordre à ses anges de te garder dans toutes tes voies.

Et le verset :

In mánibus portábunt te, ne únquam offéndas ad lápidem pedem tuum.
Ils te porteront dans leurs mains afin que ton pied ne heurte pas la pierre.

Bien entendu il faut entendre ce texte au sens spirituel ; les pierres que nos pieds peuvent heurter ce sont les tentations et toutes les embûches que l’ennemi diabolique sème sous nos pas. Le rôle des anges gardiens est essentiellement spirituel, comme notre combat de Carême dans lequel nous pouvons compter sur leur aide. La mélodie de ce Graduel est une mélodie type, c’est à dire qu’elle n’est pas seulement composée de diverses formules que l’on retrouverait ailleurs, mais qu’elle est la même d’un bout à l’autre dans un certain nombre de Graduels du répertoire. Elle est en particulier identique note pour note à celle du Graduel Requiem de la messe des défunts, et on remarquera comment ses vocalises s’adaptent avec une grande souplesse à des textes différents et à l’expression de sentiments divers, ici la tranquille sécurité que nous ressentons sous la protection des bons anges.

Trait : Qui hábitat…

Pendant le Carême, comme au temps de la Septuagésime, le Graduel est suivi d’un Trait. Celui de ce dimanche présente une particularité, c’est qu’il est d’une longueur tout à fait inhabituelle. Rares sont les chorales qui le chantent car son exécution intégrale dure près d’un quart d’heure. Il reprend la plus grande partie du psaume 90, treize versets sur seize, longue méditation sur la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat contre les esprits infernaux et leurs tentations. C’est le psaume dont tous les chants de cette messe sont tirés, mais il est aussi connu comme étant un des psaumes des complies du dimanche, car il convient tout à fait d’invoquer la protection du Seigneur et le secours des anges gardiens avant de s’endormir.

Les premiers versets chantent sous forme d’un dialogue la protection que le Seigneur accorde à ceux qui mettent leur confiance en Lui. Les versets suivants expriment cette protection divine avec de belles images que nous allons retrouver à l’Offertoire et à la Communion. Puis ils mentionnent les attaques perfides du démon qui est explicitement nommé et ses ténébreuses manœuvres auxquelles échappe celui qui met sa confiance en Dieu alors que les autres tombent à ses côtés.

V/. Qui hábitat in adjutório Altíssimi, in protectióne Dei cæli commorántur.
Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.

V/. Dicet Dómino : Suscéptor meus es tu et refúgium meum : Deus meus, sperábo in eum.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon défenseur et mon refuge. Il est mon Dieu ; j’espérerai en lui.

V/. Quóniam ipse liberávit me de láqueo venántium et a verbo áspero.
Car c’est lui qui m’a délivré du piège du chasseur, et de la parole âpre et piquante.

V/. Scápulis suis obumbrábit tibi, et sub pennis eius sperábis.
Il te mettra à l’ombre sous ses épaules et sous ses ailes tu seras plein d’espoir.

V/. Scuto circúmdabit te véritas eius : non timébis a timóre noctúrno.
Sa vérité t’environnera comme un bouclier ; tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.

V/. A sagítta volánte per diem, a negótio perambulánte in ténebris, a ruína et dæmónio meridiáno.
Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les maux qui s’avancent dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi.

V/. Cadent a látere tuo mille, et decem mília a dextris tuis : tibi autem non appropinquábit.
Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; mais la mort n’approchera pas de toi.

V/. Quóniam Angelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.
Car le Seigneur a commandé pour toi à ses anges de te garder dans toutes leurs voies.

V/. In mánibus portábunt te, ne umquam offéndas ad lápidem pedem tuum.
Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.

V/. Super áspidem et basilíscum ambulábis, et conculcábis leónem et dracónem.
Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, et tu fouleras au pied le lion et le dragon.

V/. Quóniam in me sperávit, liberábo eum : prótegam eum, quóniam cognóvit nomen meum.
Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai ; je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.

V/. Invocábit me, et ego exáudiam eum : cum ipso sum in tribulatióne.
Il criera vers moi, et je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation.

V/. Erípiam eum et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum, et osténdam illi salutáre meum.
Je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut.

Offertoire : Scápulis suis…

Les deux derniers chants du propre de la messe du premier dimanche de Carême, l’Offertoire et la Communion, ont exactement le même texte, ce qui est encore une autre particularité de ce dimanche, unique dans la liturgie, mais la mélodie grégorienne peut donner à un même texte deux expressions différentes. Il s’agit des versets du psaume 90 qui traduisent la protection divine par de belles images :

Scápulis suis obumbrábit tibi Dóminus, et sub pennis ejus sperábis : scuto circúmdabit te véritas ejus.
Le Seigneur te mettra à l’ombre de ses épaules et sous ses ailes tu espéreras, sa fidélité t’entourera d’un bouclier.

La mélodie de l’Offertoire s’apparente à celle de l’Introït. Elle est pleine de calme et d’assurance paisible. C’est vraiment le sentiment de sécurité sous la protection du Seigneur qui domine.

Communion : Scápulis suis

Le texte de l’antienne de Communion du premier Dimanche de Carême est identique à celui de l’Offertoire. Scápulis suis obumbrábit tibi …

Mais alors que la mélodie de l’Offertoire était assez statique, pleine de calme assurance, celle-ci est plus dynamique ; on y sent passer un grand élan mystique, nécessaire pour triompher dans le combat qui est engagé.

La porte parole du gouvernement très mal à l’aise pour répondre sur le sabotage de Nordstream

Au moment où le président Macron engage la France sur le chemin de la guerre en octroyant 3 milliards d’euros à l’Ukraine dans le cadre d’un accord de défense (aide sur 10 ans jusqu’à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN!), en plus des 8 milliards au titre de la dotation européenne (sur 50 milliards), un journaliste indépendant (comme in aimerait en voir face à Emmanuel Macron lors de ses shows médiatiques) pose de vraies questions sur le sabotage du gazoduc Nordstream II qui a surtout mis à mal l’économie européenne et allemande en particulier :

Dans l’accord bilatéral de sécurité que viennent de signer Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, la France s’engage de débloquer “jusqu’à 3 milliards d’euros” d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine en 2024.

Paris chiffre son soutien à 1,7 milliard en 2022 et 2,1 milliards en 2023.

 

La chasse au Raoult (et à la liberté d’expression) continue pour les macronistes

Dans la Macronie, la liberté d’expression et d’opinion aura été continuellement attaquée. De façon coordonnée ou non avec les dispositions prises par la Commission européenne (« en européens »). Au-delà, pour le plus récent, de la décision du Conseil d’Etat d’étendre le domaine de la loi de 1986 sur l’audiovisuel public en demandant le fichage des opinions et le contrôle des expressions de tous les intervenants diffusés sur les ondes, nous retiendrons comme petite gourmandise introductive l’annonce solennelle par l’impressionnant ministre français des Affaires étrangères de la fermeture de comptes internet accusé de propagander pour la Russie. Cela nous a permis de faire connaissance de l’organisme VIGINUM (service technique et opérationnel de l’État chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères).

Cet organisme a réalisé un travail certainement formidable apparemment un peu aidé par ces niais de propagandistes puisque

« les sources étant systématiquement affichées en pied d’article, VIGINUM a ainsi pu déterminer avec précision la nature des contenus diffusés par le site pravda-fr[.]com. »

Et VIGINUM de préciser dans son rapport que

« les articles diffusés servent principalement à la couverture du conflit en Ukraine en présentant d’une part positivement l’invasion russe aux populations occidentales et, en dénigrant d’autre part, l’Ukraine et ses dirigeants, régulièrement présentés comme « corrompus », « nazis » ou « incompétents ». Ces chaînes, publient également sur d’autres thématiques proches des sphères complotistes francophones, qui tendent à remettre en cause la parole politique, les médias ou encore les différentes décisions prises au sein des organisations internationales comme l’OTAN, l’ONU ou l’UE par exemple. ».

Bien sûr, si les Russes se mettent à diffuser des critiques concernant l’OTAN, l’ONU ou l’Union européenne, où va-t-on ? Le plus caractéristique de la Macronie est que cette fermeture a été annoncée par M.Séjourné dans un tweet du 13 février dans lequel il affirme :

« Nous sommes un pays libre, et la liberté en ligne est un principe essentiel. La censure n’a pas sa place chez nous. C’est donc à nous tous de s’informer » [sic !].

Un exemple d’une autre nature a été donné à l’Assemblée nationale les 13 et 14 février 2024  lors de l’examen du projet de loi visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires et à améliorer l’accompagnement des victimes.

C’est l’article 4 de ce projet de loi qui a été l’objet de toutes les attentions. Il avait pour objet de créer de nouvelles infractions de provocation à l’abandon ou à l’abstention de soins, ou à l’adoption de pratiques dont il est manifeste qu’elles exposent la personne à un risque grave pour sa santé. Et il faut être précis car il a été réécrit à l’occasion des débats.

La rédaction initiale était : Après l’article 223‑1-1 du code pénal, il est inséré un article 223‑1-2 ainsi rédigé :

« Art. 223‑1-2. – Est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende la provocation à abandonner ou à s’abstenir de suivre un traitement médical thérapeutique ou prophylactique, lorsque cet abandon ou cette abstention est présenté comme bénéfique pour la santé des personnes visées alors qu’il est, en l’état des connaissances médicales, manifestement susceptible d’entraîner pour elles, compte tenu de la pathologie dont elles sont atteintes, des conséquences graves pour leur santé physique ou psychique.

« Est punie des mêmes peines la provocation à adopter des pratiques présentées comme ayant une finalité thérapeutique ou prophylactique pour les personnes visées alors qu’il est, en l’état des connaissances médicales, manifeste que ces pratiques les exposent à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.

« Lorsque la provocation prévue aux deux premiers alinéas a été suivie d’effets, les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

« Lorsque ces délits sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. »

Le Conseil d’Etat, dans son avis sur le projet a tout d’abord remarqué que

« en dépit du titre choisi par le Gouvernement, visant seulement les phénomènes sectaires, le projet de loi appréhende en réalité des menaces et agissements très hétérogènes, dont la plupart de ceux qui émergent ne se réfèrent plus à des croyances ou des idéologies et tirent une large part de leur dangerosité du recours aux réseaux sociaux. Le Conseil d’Etat suggère de ce fait de modifier le titre du projet, en y ajoutant la « lutte contre les emprises gravement dommageables ».

Et plus particulièrement concernant l’article 4, il a estimé « ni la nécessité, ni la proportionnalité de ces nouvelles incriminations ne sont avérées ».

Et il a ajouté un paragraphe un peu long mais néanmoins intéressant :

« Le Conseil d’Etat rappelle en deuxième lieu que lorsque les faits incriminés résultent d’un discours général et impersonnel, par exemple tenus sur un blog ou un réseau social, si l’objectif de protection de la santé, découlant du onzième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, peut justifier des limitations à la liberté d’expression, il convient de garantir un équilibre entre ces droits constitutionnels, afin, notamment, de ne pas remettre en cause, par une incrimination de contestations de l’état actuel des pratiques thérapeutiques, la liberté des débats scientifiques et le rôle des lanceurs d’alerte. Il estime qu’en tant qu’elles viseraient à empêcher la promotion de pratiques de soins dites « non conventionnelles » dans la presse, sur internet et les réseaux sociaux, de telles dispositions constituent une atteinte portée à l’exercice de la liberté d’expression, protégée par l’article 11 de la Déclaration de 1789. Or une telle atteinte doit être nécessaire, adaptée et proportionnée à l’objectif poursuivi, y compris s’agissant de la libre communication des pensées et des opinions au moyen de services de communication au public en …/… Alors même que la légitimité de l’objectif poursuivi par le projet de loi est incontestable, le Conseil d’Etat constate qu’il ne lui a pas été loisible, dans le délai imparti pour l’examen du texte, d’élaborer une rédaction tenant compte de ces critiques. Il propose donc de ne pas retenir les dispositions en cause ».

Le projet de loi est porté par Mme Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d’État chargée de la ville et de la citoyenneté et par la rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, Mme Brigitte Liso ; dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a pas véritablement crevé l’écran. En tout cas, dans sa présentation liminaire, Mme Liso a déclaré explicitement viser les charlatans, les pseudo-praticiens et les gourous.

Le 13 février, lors de la discussion de cet amendement de rétablissement de l’article, M.Coulomme, député LFI, a assez bien résumé la position d’une partie de l’opposition :

« les commissaires aux lois de La France insoumise ont voté contre la réintroduction de l’article 4, dont l’objet, trop vague, menace nos libertés, la liberté d’expression, la liberté de chacun de choisir la thérapie qu’il souhaite, et le droit impérieux de critiquer les dérives pharmaceutiques pour les lanceurs d’alerte ».

Et, de façon inattendue, à la faveur de circonstances favorables liées aux présences et absences de députés des divers groupes, il se trouve que l’amendement présenté par la Commission des lois pour le rétablissement de l’article (voulu par le gouvernement) a été rejeté par 116 voix contre 108, provoquant, dit le compte-rendu sténographique :

« Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et LR dont de nombreux députés se lèvent pour applaudir ».

Mais les procédures parlementaires diverses et interprétables ont permis au président de la Commission des lois, M.Sacha Houlié de demander une deuxième délibération sur l’article 4. Entretemps, la rédaction de cet article a été modifiée par Mme Liso. En voilà la nouvelle rédaction supposée prendre en compte les objections des oppositions :

Article 4 Après l’article 223-1-1 du code pénal, il est inséré un article 223-1-2 ainsi rédigé :

« Art. 223-1-2. – Est punie d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende la provocation, au moyen de pressions ou de manœuvres réitérées, de toute personne atteinte d’une pathologie à abandonner ou à s’abstenir de suivre un traitement médical thérapeutique ou prophylactique, lorsque cet abandon ou cette abstention est présenté comme bénéfique pour la santé de la personne visée alors qu’il est, en l’état des connaissances médicales, manifestement susceptible d’entraîner pour elle, compte tenu de la pathologie dont elle est atteinte, des conséquences particulièrement graves pour sa santé physique ou psychique.

« Est punie des mêmes peines la provocation à adopter des pratiques présentées comme ayant une finalité thérapeutique ou prophylactique alors qu’il est manifeste, en l’état des connaissances médicales, que ces pratiques exposent à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.

« Lorsque la provocation prévue aux deux premiers alinéas a été suivie d’effets, les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

« Lorsque la provocation s’accompagne d’une information claire et complète quant aux conséquences pour la santé et que les conditions dans lesquelles cette provocation a été faite ne remettent pas en cause la volonté libre et éclairée de la personne, les délits définis au présent article peuvent ne pas être constitués.

 « Pour l’application du quatrième alinéa, lorsque la personne est placée ou maintenue dans un état de sujétion psychologique ou physique, l’information donnée est présumée ne pas permettre de garantir la volonté libre et éclairée de la personne.

 « L’information signalée ou divulguée par le lanceur d’alerte dans les conditions prévues à l’article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique ne constitue pas une provocation au sens du présent article.

« Lorsque ces délits sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. »

On remarquera l’ajout (mis en gras) de trois alinéas supposés restreindre les risques d’atteinte aux différentes libertés. On aura compris tout d’abord  que la formulation « les délits peuvent ne pas être constitués » est juste une intention qui n’engage que ceux qui veulent y croire, et que d’autre part, la particularité des lanceurs d’alerte, c’est, au départ, de pouvoir ne pas être considérés comme des lanceurs d’alerte. Bref, tout reste possible dans l’univers macronien.

Et on a eu la démonstration de ces craintes par les références explicites et violentes faites au Professeur Raoult. A deux reprises.

La première, lors de la séance du 13 février, par M.Sacha Houlié. Deux fois, ce trentenaire juvénile, une sorte de frère de M.Attal, accuse M.Raoult d’avoir provoqué 17 000 morts en France par son traitement à l’hydroxychloroquine (et démontre aussi qu’il n’a pas abandonné la fantasmagorie du « Tous vaccinés, tous protégés » !). Verbatim :

Sacha Houlié:

Ce débat est presque amusant parce que nous revenons quelques mois en arrière, aux plus belles heures de l’examen des textes relatifs au covid. Certains d’entre vous n’étaient pas encore députés, mais ceux qui étaient présents dans cet hémicycle s’en souviennent avec une vive émotion. Monsieur Dupont-Aignan, vous avez dit qu’il n’y avait pas de science d’État. Il y a en revanche un mensonge politique que vous ne faites qu’entretenir année après année, mois après mois : vous étiez de ceux qui nous expliquaient qu’il fallait promouvoir l’hydroxychloroquine dont on sait depuis le début du mois qu’elle a causé peut-être 17 000 morts dans notre pays. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe RE.)

Emeric Salmon :

Qui est allé rencontrer le professeur Raoult à Marseille ?

Sacha Houlié:

Si des gens incitent à abandonner des traitements ou à recourir à des traitements de charlatan, vous en êtes ici le fidèle relais. C’est peut-être pour cela que cet article vous gêne autant. Ce que dit cette nouvelle rédaction, c’est qu’il y aura des sanctions pénales fortes à l’encontre de ceux qui incitent à abandonner un traitement et mettent ainsi en danger la vie d’autrui.

…/… M. Marc Le Fur : Pasteur était minoritaire !

Sacha Houlié :

C’est ce que vous avez dit, monsieur Le Fur ! Je suis ravi que vous vous ralliiez au fait que le vaccin soit la meilleure façon de protéger nos concitoyens contre les maladies. Et peut-être étions-nous minoritaires au moment où il a fallu protéger les Français ; nous aurions bien aimé avoir votre soutien à ce moment-là, mais vous ne nous l’avez apporté que du bout des lèvres ! Voilà pourquoi nous avons besoin de dispositions législatives exigeantes, difficiles à faire adopter ; il faut un certain courage.

…/… La parole est à M. Nicolas Dupont-Aignan, pour un rappel au règlement.

Nicolas Dupont-Aignan :

M. le président de la commission des lois s’est livré à une caricature me visant, donc à une attaque personnelle. Et précisément, monsieur le président de la commission des lois, si vous aviez un peu de mémoire, vous vous souviendriez que j’avais dit, ici même, que le vaccin n’empêchait pas la transmission et qu’il ne justifiait donc pas un passe sanitaire. Or c’est le professeur Delfraissy qui, deux ans et demi après, a reconnu dans une grande émission de télévision qu’il avait, dès mars 2021, alerté M. Véran sur le fait qu’il était mensonger de dire que le vaccin empêchait la transmission. Cela prouve bien, monsieur le président de la commission des lois, que la vérité d’un moment peut devenir un gros mensonge. Alors c’est un peu facile ! Et votre admonestation prouve aussi que vous traitez de charlatans ceux qui ne pensent pas comme vous. Luttons contre les charlatans, oui, grâce à des diplômes et à des contrôles empêchant l’exercice illégal de la médecine.

Sacha Houlié: Dix-sept mille morts !

Nicolas Dupont-Aignan :

Mais ce que vous faites, ce n’est pas ça, et vous l’avez prouvé par votre attaque : ceux qui ne pensent pas comme vous sont immédiatement traités comme les membres d’une secte ou comme des charlatans. C’est honteux !

La deuxième fois  le 14 février, c’est M.Véran qui se distingue et démontre parfaitement les objectifs de l’article. Nouveau verbatim :

Olivier Véran : La France, c’est le pays des Lumières, de l’excellence scientifique, de la rigueur intellectuelle.

Philippe Lottiaux : Ça ne vaut pas pour vous !

Olivier Véran :

En France, la loi doit protéger les plus fragiles et condamner tous ceux qui prospèrent sur la peur, la misère et la mort. Avant de venir, j’ai tapé les mots « gourou » et « Raoult » sur Google. J’ai obtenu davantage de réponses qu’en tapant les mots « science » et « Le Pen ».

Jocelyn Dessigny : Quelle bassesse !

Olivier Véran :

Pendant la pandémie, il y a eu d’un côté les blouses blanches, au chevet des malades et dans les laboratoires, et, de l’autre, il y a eu Didier Raoult. Les premiers ont gagné notre estime et notre respect : le second a gagné de l’argent et des disciples. Les critères d’une dérive sectaire sont-ils ici réunis ? À tout le moins, il y a matière à débat. Nous avons assisté aux délires quasi messianiques d’un homme qui porte la blouse comme Raël porte la tunique, et dont le talent exceptionnel l’emporterait sur l’ensemble de la communauté scientifique internationale. Rappelons-nous des files ininterrompues de malades devant l’institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, en quête du précieux élixir. Combien de malades, en France, auront-ils refusé un vaccin protecteur, enfermés dans de fausses croyances en raison des propos ambigus du charlatan de la Canebière ? L’hydroxychloroquine mal utilisée a ôté bien plus de vies qu’elle n’en a sauvé, et Didier Raoult a vendu des dizaines de milliers de livres.

Mesdames et messieurs les députés, notre pays connaîtra d’autres crises sanitaires et d’autres gourous.

Bien sûr, cette fois-ci, l’amendement réintégrant l’article 4 dans sa nouvelle rédaction a été adopté (par 182 voix contre 137) et le projet de loi complet voté en première lecture.

Ajoutons quelques éléments de contextualisation comme disent les sachants

Le ministre en charge du projet et l’ayant défendu, Mme Agresti-Roubache, qui se trouve être marseillaise, non seulement a été soignée par le docteur Raoult contre le covid mais s’en est félicitée, a vanté à la télévision le traitement et, usant de ses relations, en aurait chaudement vanté les mérites auprès Mme Macron.

Puisque M.Véran a parlé de recherches sur internet, voilà le tableau associé au nom du Professeur Raoult sur le site research.com :

Et voilà celui associé au docteur Véran :

Il n’y a pas à dire, la Macronie, c’est une aristocratie : le gouvernement des meilleurs.

La France, ce nouveau pays du Tiers-Monde

À Guingamp vendredi 16 février, l’ambassadeur de Cuba en France, Otto Vaillant, a confirmé la capacité de son pays à envoyer des médecins cubains à Guingamp et notamment dans son hôpital où des services sont en difficulté. Le manque de personnel dans les professions médicales et les fermetures de services hospitaliers sévissent dans les Côtes-d’Armor.

Les hôpitaux de plein exercice restant se retrouvent ainsi en sous-effectif. Face aux fermetures de services et au manque de personnel, les patients sont obligés d’aller plus loin recevoir leurs soins ou subissent des conditions peu optimales. Le centre hospitalier de Lannion va fermer ses portes la nuit dès le mois de mars.

Selon les premières estimations, pour réduire la tension dans le secteur médical, un besoin de 3000 soignants est estimé à l’échelle nationale. En Bretagne, 75 médecins urgentistes sont nécessaires, soit environ un quart des postes.

L’Arcom demande l’aide de la droite pour pourrir la décision du Conseil d’Etat

Suite à la décision hallucinante du Conseil d’Etat contre CNews, un cadre de l’Arcom confie à Valeurs Actuelles :

“Chaque fois j’ai l’impression qu’ils creusent plus profondément dans la bêtise. Cette injonction, c’est ouvrir la boîte de Pandore”. “Maintenant, prenons notre pop corn et regardons comment ils vont se débrouiller avec des plaintes sur le pluralisme journalistique des chaînes publiques.”

“J’invite tous ceux qui défendent la liberté d’expression à réclamer l’application du principe de parallélisme. Ce qui est bon pour CNews devrait l’être pour les autres chaînes”. “Saisissez en masse l’Arcom sur son site quand une idéologie de gauche ou woke est portée par un chroniqueur sur une chaîne concurrente et n’hésitez pas à demander des comptes et des réponses rapides.”

“Il faudra beaucoup de ressources humaines pour assurer le classement et le fichage et ‘défrichage’ des chroniqueurs du PAF. L’Arcom ferait sûrement appel à l’IA qui nous le savons tous peut être orientée politiquement. Les Duhamel, Saint Cricq, Salamé, etc. devraient être en sueur. L’Arcom va devoir étiqueter tout le monde, quid du fichier vis à vis du droit. L’affaire Jean Messiha est édifiante. Il se plie à toutes les remarques de l’institution et reste néanmoins dans une liste divers droite. C’est quand même inquiétant et là c’est un traitement humain.”

Les Belles figures de l’Histoire : Saint Antoine, un géant de la sainteté

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le Père Jean-François Thomas :

 

En presque cinq ans de ministère, Robert Badinter aura transformé profondément le système judiciaire

De Nicolas Kinosky dans La Nef à propos de Robert Badinter :

[…] La peine de mort est la peine capitale, car elle est au sommet de la pyramide des peines. De celle-là se déclinent toutes les sanctions possibles en réponse à des crimes ou des méfaits. L’abolition de la peine capitale a ébranlé la pyramide des peines et des sanctions au point de désordonner l’ensemble, et de conduire à un tohu bohu dans la société où pour caricaturer, comme le chantait Jean Ferrat dans Tout Berzingue : « vole une pomme et tu es cuit, descend un homme, t’as du sursis ». Tous ces arguments : « la peine de mort n’est pas dissuasive », » elle ne fait pas réfléchir », « elle ajoute du sang sur du sang », ont leur part de vérité, si seulement le débat ne se situait pas là. Si l’on croit que la justice est une réparation par équivalence, il est normal qu’au meurtre de l’innocent, la justice se donne les moyens du monopole de la vengeance légitime pour empêcher toute haine et toute vengeance personnelle, pour réparer un crime et équilibrer la perte d’une vie face à un criminel dont l’enfermement lui assurerait, par moment, certains moments de bonheur alors qu’il a volé une vie. Et au de-là, n’y-a-t-il pas pire faillite de la justice et des beaux idéaux de monsieur Badinter quand un criminel réinséré replonge dans le crime, qu’un meurtrier prend à nouveau une vie, brise une famille qui ne s’en remettra pas, que la prison ne terrifie plus les mauvaises âmes habitées ? C’est à désespérer de la naïveté qui ne voit pas que l’homme est sur la pente glissante du mal. La justice de monsieur Badinter a causé de la souffrance et du mal chez les gens ; la société a été traumatisée par les affaires, victime de l’insécurité, démoralisée par les injustices, écœurée par la faillite de la justice. Cet idéal naïf et généreux a permis à des magistrats furieux et idéologues de laisser libre cours à leurs lubies et à des intellectuels dégénérés de se pignoler sur des criminels. La peine de mort avait son esthétique chez Montherlant, de Maistre et Baudelaire ; la crapule est devenue une idole de la contre-culture ; le théâtre interlope de ces années-là avait son Cid avec Roberto Succo.

« Le système est simple : nous avons une justice de liberté ». En presque cinq ans de ministère, Robert Badinter aura transformé profondément le système judiciaire : suppression de la cour de sûreté de l’état, la fin du texte « Sécurité et liberté », réforme du code pénal napoléonien ; il a œuvré pour la réinsertion des criminels, a supprimé les Quartiers de haute sécurité, tout en se conformant au droit européen. A la fin de sa vie, il en est venu à penser que la prison était une torture. L’homme comme concept n’est pas coupable, si l’on pense volontiers que la liberté définit l’homme, alors, on ne peut pas non plus l’enfermer. A l’insécabilité de ce dernier succède son « inclosubilité ». Abolissons les prisons ! Vaste programme !

« De toute les épreuves qu’un avocat puisse connaître, on avait quarante-cinq minutes pour sauver la vie d’un homme, c’est le plus effrayant vertige qu’un être humain puisse avoir ». Soit. Mais alors, pourquoi n’avoir jamais écrit une ligne, ne s’être jamais arrêté sur le sort, juste ou injuste, là n’est pas la question, de Bastien-Thiry, Degueldre et Claude Piegt ? Jean Dutourd, bête noire du monde germanopratin, a un début de réponse :  la peine de mort ne serait jamais supprimée pour les ennemis politiques. Ce même Badinter, alors qu’on lui demandait s’il aurait voté la mort du roi, a répondu qu’« il fallait que la tête du roi tombe pour que le peuple soit souverain ». Voilà. S’il fallait trouver encore une incohérence dans l’ensemble de son œuvre, on vient de la trouver.

L’Union européenne est incapable de mettre un terme à son « élargissement »

De Pierre Manent dans La Nef :

[…] Ce qui est le plus délétère dans ce double mouvement que j’essaie de cerner, c’est que, vers l’extérieur comme vers l’intérieur, il obéit à un principe d’illimitation. On n’aura jamais fini d’abolir les frontières, comme on n’aura jamais fini d’émanciper les minorités. On n’aura jamais fini de déconstruire ce que l’animal politique a construit, de défaire ce qu’il a à grand-peine ordonné.

Nous ne nous serions peut-être jamais engagés dans une aventure aussi stérile si nous n’avions pas cru que l’effacement des frontières nationales promettait une « nouvelle frontière », la « frontière extérieure » de l’Europe, ou que l’effacement du « commun » national promettait le « commun » nouveau de l’Union européenne. La preuve que cette promesse était illusoire, c’est que l’Union européenne est incapable de mettre un terme à son « élargissement ». Or chaque progrès en ce sens a signifié un affaiblissement politique de l’Europe, à la fois en accroissant son hétérogénéité intérieure et en diminuant sa capacité de se rapporter judicieusement à l’extérieur. Cette compulsion d’élargissement ignore que plus on s’étend, plus on entre en contact avec des contextes nouveaux et des difficultés inédites, réclamant toujours plus de capacité de délibérer, de décider et d’agir – ce qui manque à l’Europe depuis les commencements. Ainsi, l’Union européenne, loin de substituer sa force à la faiblesse des nations qui la constituent, ne fait que confirmer et rendre irréversible l’abandon de la république représentative, qui fut le régime dans lequel nos pays, la France particulièrement, ont trouvé à l’époque moderne cette alliance de la force et de la justice qui est la finalité même de l’existence politique.

Un calvaire en Dordogne tagué par l’inscription « islam » et un croissant de lune

Dans le petit village de Saint-Pantaly-d’Excideuil en Dordogne, un calvaire affiche le tag «Islam», écrit avec une bombe noire le long de sa croix, depuis le 24 décembre, ainsi qu’un croissant de lune. Le propriétaire du terrain où a été élevé ce calvaire dans les années 1800 déplore :

«C’est méprisable, écœurant, puéril… Et c’est le reflet de la société d’aujourd’hui. Tout le monde se moque de tout. Je passe outre le sacrilège et je ne vais pas entrer dans des discours haineux, mais ceux qui ont écrit ça sont des imbéciles qui ne respectent pas la religion de nos aïeux»

Pour restaurer ce calvaire sans en abîmer ni la pierre ni son calcin, il faudrait utiliser un produit spécial et onéreux. Un chantier que l’association S.O.S Calvaires envisage d’endosser si le propriétaire l’accepte.

Fiducias Supplicans : les interprétations ne font qu’élargir la confusion

Dans un entretien accordé au Register, le 29 janvier à Rome, le cardinal Müller a réagi aux retombées de la déclaration du 18 décembre autorisant les bénédictions non liturgiques “pastorales” et “spontanées” des personnes ayant des relations homosexuelles ou d’autres “relations irrégulières”.

Votre Éminence, lors d’une récente séance plénière du Dicastère pour la doctrine de la foi, le pape a réitéré que les bénédictions de relations irrégulières devraient être spontanées, non liturgiques et ne pas exiger de perfection morale, qu’il s’agit de la bénédiction d’individus, et non de l’union. Mais si tel est le cas, un tel document était-il nécessaire, puisque de telles bénédictions individuelles sont déjà autorisées ?

Ce document n’était pas nécessaire, mais maintenant les interprétations ultérieures se relativisent elles-mêmes et ne font qu’approfondir, élargir la confusion. Elles ne peuvent pas expliquer quelle est la différence entre une bénédiction liturgique et une bénédiction privée. Elles avancent une idée floue au lieu de dire ce qui est absolument clair dans l’Évangile, la parole de Jésus-Christ, qui nous est transmise dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Comment oserions-nous, en tant que serviteurs de Jésus-Christ, rendre cet enseignement divin flou par de simples artifices humains ?

Certains commentateurs affirment que ce document était nécessaire pour empêcher l’Église allemande, en particulier, de procéder à des bénédictions liturgiques à grande échelle de personnes de même sexe, et qu’il contribuera à empêcher qu’une telle chose ne se produise. Que répondez-vous à cela ?

Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes des évêques allemands par ces manœuvres diplomatiques. Nous devons dire la vérité : que c’est un blasphème, que c’est un péché. On peut se trahir soi-même, on peut trahir les autres, mais personne ne peut trahir Dieu. Nous devons dire la vérité, non pas parce que nous sommes des saints et que les autres sont des pécheurs. Si je prêche l’Évangile, je suis sous le jugement de l’Évangile. Le prédicateur lui-même doit être un modèle pour tous. Il doit faire de grands efforts pour donner de bons exemples, pour souligner la foi avec la crédibilité des prédicateurs. Mais il doit dire la parole de Dieu, qui nous rend libres, et ne pas se présenter comme plus libéral et plus tolérant que Dieu, qui a offert son propre Fils pour le salut du monde.

Que répondez-vous à l’opinion selon laquelle, dans notre culture sexualisée à outrance, où beaucoup sont blessés par les conséquences tragiques de la soi-disant révolution sexuelle, un tel document était nécessaire parce qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’atteindre ces personnes, de les ramener à l’Église ?

Ce n’est pas en relativisant la vérité et en dépréciant la grâce que l’on ramène ces personnes à l’Église, mais par l’Évangile pur du Christ. Compte tenu de la faiblesse de l’homme, en particulier dans le domaine de la sexualité, Jésus n’a pas montré de sympathie pour l’adultère, mais a dit que quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère dans son cœur, c’est-à-dire qu’il a déjà transgressé le sixième commandement de Dieu dans le Décalogue et a donc rejeté la vie de Dieu et sa vérité (Matthieu 5:28).

Une autre critique du document porte non seulement sur son contenu, mais aussi sur ce qu’il ne contient pas. Il ne mentionne pas, par exemple, le péché des relations sexuelles hors mariage ou des actes homosexuels, l’importance de la repentance et l’objectif ferme de l’amendement, ou l’exhortation de la personne à revenir au Christ.

Ils l’évitent. Pour eux, ces personnes ne se trouvent dans des situations difficiles qu’en raison de leur faiblesse, et ils nient donc l’existence du péché en tant que volonté de faire le mal et d’agir à l’encontre de la sainte volonté de Dieu : Ce ne sont que des pauvres, et nous devons les aider. Mais qu’est-ce que l’aide de Jésus-Christ ? C’est l’aide de la grâce ; c’est le renouveau de la vie. Tout le monde est appelé au royaume de Dieu. Oui, tout le monde est appelé. Mais le salut, c’est la vie nouvelle en Jésus-Christ, c’est être libéré du péché, et non pas seulement respecter une norme morale comme un idéal fixé par une élite, ou des règles établies par la société, mais le faire selon la sainte volonté de Jésus. C’est le sens de la sanctification, et c’est un vrai bonheur qui va dans le sens de Dieu. C’est cela le vrai bonheur – et non pas la répétition systématique des péchés.

Et cela n’est pas mentionné dans le document.

Non. Jamais mentionné. Il n’y a pas d’anthropologie claire, de doctrine claire : Qu’est-ce que la grâce ? Qu’est-ce que le péché ? Qu’est-ce que le péché originel ? Quels sont les péchés personnels ? Que faire de sa propre volonté et de la coopération de son libre arbitre avec la grâce ? Le Concile de Trente contient un grand document sur la justification et le péché originel. Il y est dit : “Si quelqu’un affirme que, même avec l’aide de la grâce, il n’est pas capable d’éviter le péché, il est anathème et exclu de la pleine communion de l’Église”. Ce qu’il faut, c’est se détourner réellement du péché et se convertir pleinement au Seigneur.

Pensez-vous donc, compte tenu de ces faiblesses et de ces erreurs qui, selon vous, se trouvent dans Fiducia Supplicans, que ce document devrait être retiré et, comme certains l’ont demandé, que le cardinal Fernández devrait démissionner ?

C’est une question qui relève du pape et de sa responsabilité. Mais je pense qu’avec toutes ces interviews et ces interprétations de l’interprétation des interprétations, les choses ne s’améliorent pas. Il faut revenir à la clarté de la parole de Dieu et à ce qui est dit dans le Catéchisme de L’Eglise Catholique, et ne pas s’incliner devant cette idéologie LGBT et “woke” absolument erronée. Ce n’est pas moderne, c’est un retour à l’ancien paganisme. On le voit dans le vieux monde païen grec, romain et perse : Tout le monde, partout, autorisait les actes homosexuels et les relations sexuelles avec des mineurs, et ils n’avaient pas ce haut niveau de moralité donné dans les Dix Commandements. Mais d’un autre côté, St Paul dit que même les païens sont capables, à la lumière de leur raison et de leur conscience, de comprendre ce qui est écrit dans leur cœur (c’est-à-dire la loi morale naturelle).

“Le Conseil d’État viole la loi dont il se réclame”

Emission Face à Philippe de Villiers sur CNews, hier soir, largement consacrée à la liberté d’expression :

Inhumation des fœtus décédés avant 6 mois de grossesse

Le 15 février, le gouvernement wallon a adopté, en dernière lecture, une modification du décret « funérailles et sépultures » permettant de faire inhumer dans un caveau familial, ou de faire incinérer, les fœtus décédés avant 6 mois de grossesse, et de récupérer une urne avec les cendres afin de les mettre au columbarium ou chez soi.

Jusque-là, les fœtus sans vie, entre le 106e jour et le 180e jour de grossesse, ne pouvaient être inhumés que dans les « parcelles des étoiles » créées dans certains cimetières. Les parents pouvaient aussi y disperser les cendres sur la pelouse.

Ces changements n’ont pas d’incidence sur les critères nécessaire pour pouvoir enregistrer le fœtus à l’état civil. Les parents peuvent demander une inscription au registre à partir de 140 jours de grossesse. À partir de 180 jours, cela devient une obligation.

Source : Gènéthique

« Le droit à l’avortement est supérieur à la liberté de conscience »

C’est ce que déclare Mathieu Lefèvre, député Renaissance de la 5e circonscription du Val de Marne :

 

A bon entendeur…

Meylan (Isère) : le maire voulait illégalement fermer l’école libre

Le maire divers gauche de Meylan, en Isère, a pris un arrêté municipal le 12 février pour fermer l’école hors contrat Saint-Pierre-Julien-Eymard, qui existe depuis 1992. L’édile justifie cela par un manquement à la sécurité du public et une absence de réponse de la part de la direction depuis la mise en demeure délivrée en janvier dernier.

Un arrêté « gravement illégal », répond l’avocat de l’établissement. Dans un courrier envoyé le 13 février, Me Hugues de Lacoste-Lareymondie dénonce une décision « prématurée », décrétée avant les trente jours impartis pour répondre à la mise en demeure reçue le 13 janvier et prise sans avoir réuni une commission de sécurité. « On a répondu dans les temps à la mairie, signifiant que les travaux étaient réalisés », confie à Valeurs actuelles l’abbé Jean-Marie Salaün (FSSPX), le directeur de l’école. L’école a diffusé une lettre de l’avocat concernant les abus commis par le maire.

Philippe Cardin est finalement revenu sur sa position en milieu de matinée. Un équipage de la police municipale s’est rendu à l’école Saint-Pierre-Julien-Eymard pour y remettre un nouvel arrêté, abrogeant le précédent.

Par ailleurs, le maire tente de s’opposer au projet de construction d’une église pour la FSSPX, sur le terrain jouxtant l’école. En 2023, la cour d’appel de Lyon a rejeté un recours en annulation du permis de construire.

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