UE : scission du groupe parlementaire ID où siègent les élus RN
Selon Der Spiegel, l’AfD (Allemagne) constituerait la semaine prochaine un groupe au Parlement européen avec les partis suivants dont Sarah Knafo :
- AfD (15)
- Konfederacja (6 Polonais)
- SALF (3 Espagnols)
- Vazrazhdane (3 Bulgares)
- S.O.S. România (2 Roumains)
- Republika (2 Slovaques)
- Reconquête! (1)
- Νiki (1 Grec)
- Mi Házank Mozgalom (1 Hongrois)
Pour former un groupe parlementaire, il est nécessaire de rassembler au moins 23 députés de sept Etats membres différents. Avec 34 élus issus de 9 Etats, ce nouveau groupe parlementaire peut être constitué.
Giorgia Meloni avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), où siègent les 4 élus Reconquête, pourrait former une grande alliance avec le reste du groupe ID de Marine Le Pen. Pour le moment ECR rassemble 83 députés, ce qui en fait le 3e groupe au Parlement derrière le PPE (où siège François-Xavier Bellamy) et la gauche. Le groupe macronistes Renew n’arrive qu’en 4e position avec 76 élus.
Le RN réhabilite Joseph Martin, son candidat accusé à tort par Libération
Nous nous étions étonnés de l’absence de réaction du RN face à la fake news de Libération relayée de manière honteuse par la totalité des “journalistes” des grands médias, n’ayant fait aucun effort de vérification. C’était la moindre des choses de la part du RN et c’est une honte une fois de plus pour le journalisme français dont le conformisme et le militantisme n’ont d’équivalent que la nullité professionelle de ses journalistes :
Une réhabilitation sans tambour ni trompette. « Joseph Martin reste le candidat du Rassemblement national ». C’est par cette phrase laconique que la déléguée départementale par intérim du parti pour le Morbihan, Nathalie Guihot-Vieira, a confirmé, ce dimanche, la réhabilitation du candidat aux législatives dans la première circonscription, celle de Vannes. [source]
Tibo InShape : “Il faut être fier d’être Français”
Avec plus de 20 millions d’abonnés sur Youtube, Tibo InShape, passionné de fitness et de musculation, s’était notamment fait remarquer avec des créations autour de la vie religieuse et des personnes porteuses de la trisomie 21.
En cette période électorale, durant laquelle les influenceurs, sportifs, chanteurs, sont invités à prendre position, il a publié un tweet qui donne des sueurs froides aux castors adpetes des barrages républicains :
Depuis plusieurs jours, je vois des gens et même des gens qui s’aiment se déchirer à cause d’opinions politiques.
Ce n’est pas en s’insultant les uns les autres, respectivement de « fachos » ou de « gauchiasses », que cela va faire bouger les choses.
Apprenons à nous parler et…
— Tibo InShape (@TiboInShape) June 14, 2024
Il a aussi donné un entretien à Brut publié samedi 22 juin. Il y déclare :
«En toute honnêteté, je pense être plus de droite. Déjà, je suis chef d’entreprise donc, forcément, moi dans l’isoloir, je pense à mon intérêt propre et celui de mes proches donc effectivement, je peux me considérer plus de droite».
«Il faut être fier d’être Français. Mais non, être fier d’être Français, ça veut forcément dire qu’on appartient à l’extrême droite ou qu’on est raciste (…) Il y a un problème en France, les gens ne sont pas assez patriotes»
Interrogé sur un possible poste de ministre des Sports, Tibo InShape ne s’est pas montré fermé :
«Que ce soit extrême gauche, extrême droite, à conditions que je ne sois pas bloqué dans mes prises de décisions».
Ordinations : le mystère du prêtre
Dans l’émission En Quête d’esprit, Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent
- Abbé Christian MÉTAIS, prêtre
- Abbé Cyril FARWERCK, curé de Villeneuve-lès-Avignon
- Abbé Michel GITTON, chroniqueur à France catholique
Une messe perturbée à Bourg-en-Bresse
Samedi 22 juin, vers 19 heures, un homme en état d’ivresse avancée était endormi dans la cathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse, où était célébrée la messe dominicale anticipée.
L’homme se serait mis à vociférer, notamment que ce n‘était « pas sa religion ». Il aurait également crié « Allah akbar » à plusieurs reprises.
Une paroissienne a tenté de le ramener à la raison et lui a demandé de quitter les lieux. Mais elle aurait été giflée et elle aurait chuté au sol. Le SDF l’aurait brutalisée. L’homme a été interpellé par la police municipale avant d’être remis à la police nationale. Il a été placé en garde à vue pour « apologie du terrorisme » et « violences aggravées ». La victime a annoncé son intention de porter plainte, ainsi que le prêtre.
Terres de Mission : La Fraternité Saint-Pierre expulsée de Quimper
Eglise universelle : Jean Racine, un dramaturge chrétien
Ancien maître de conférences à l’université de Paris-Sorbonne, Alain Lanavère a été un des contributeurs du hors-série de L’Homme Nouveau N°56 : “Jean Racine -Un dramaturge chrétien”. Il nous présente l’œuvre et la conception du christianisme qu’avait l’auteur de Britannicus et Athalie. Et nous explicite le constat de La Bruyère : “Corneille peint les hommes tels qu’ils devraient être. Racine les peint tels qu’ils sont”.
Eglise en France : Rendez-nous les sacrements, le catéchisme et nos prêtres !
Porte-parole de l’association l’Union Lex Orandi, Philippe Darantière, présente la situation de la célébration de la messe romaine traditionnelle en France, trois ans après la publication du motu proprio Traditionis custodes qui en ordonnait la disparition. Il revient, en particulier, sur la situation confuse du diocèse de Quimper dans lequel l’évêque Mgr Dognin vient de procéder à l’expulsion de la Fraternité Saint-Pierre.
Eglise en Marche : Bâtisseurs d’espérance à Cressia
Installées depuis 1985 au château de Cressia dans le Jura, les dominicaines enseignantes de Fanjeaux ont lancé un ambitieux programme de construction d’une église. Edouard Vieilfaut, directeur associé de Credo Lending, présente ce projet et les moyens d’y contribuer par un investissement qui ait du sens.
Joe Biden pourrait jeter l’éponge lors de la convention démocrate qui se tiendra à Chicago du 19 au 24 août
Lu dans le JDD :
Joe Biden est peut-être en train de vivre ses dernières semaines comme candidat à sa réélection. Il ne le sait pas encore, ne veut pas encore l’admettre, mais le président américain serait poussé discrètement vers la sortie par ses prestigieux prédécesseurs, Barack Obama et Bill Clinton, ainsi que par quelques caciques du Parti démocrate, Chuck Schumer, chef de la majorité au Sénat, et Nancy Pelosi, ancienne speaker de la Chambre des représentants. Au plus mal dans les sondages de popularité (avec seulement 36 % de taux d’approbation selon le dernier baromètre Ipsos, le plus bas depuis 1948, date de création d’un tel indice), multipliant les moments d’absence intellectuelle, de difficultés physiques, le président des États-Unis ne peut compter que sur le débat face à Donald Trump, le 27 juin sur CNN, pour démontrer qu’il est capable de l’emporter. Des gaffes, des troubles cognitifs trop visibles pourraient vite sceller le sort du locataire de la Maison Blanche, âgé de 81 ans, obligé de renoncer à ses ambitions. Une éventualité jamais admise publiquement mais qui, ces derniers jours, à force d’indiscrétions dans la presse anglo-saxonne, tend à prendre forme. Le Daily Mail s’est essayé à esquisser un scénario de remplacement dans lequel Joe Biden ne jetterait l’éponge qu’au moment de la convention démocrate qui se tiendra à Chicago du 19 au 24 août.
Dans ce grand show destiné à faire valider sa candidature auprès de 4 972 délégués, un « sauveur ferait un discours rassemblant démocrates désabusés et indépendants modérés », à la façon de Barack Obama en 2004, lors de la convention de Boston qui consacra John Kerry. Une opération parfois qualifiée de « ninja move » (pour son côté rapide et imprévisible) ou d’« august surprise ». Selon le quotidien britannique, Barack Obama et son épouse Michelle, pourtant Washingtoniens, se tiendraient désormais à l’écart de la Maison-Blanche. Il est loin le temps où la presse américaine qualifiait les relations entre les deux hommes de « bromance » (cette amitié solide qui confine à l’amour fraternel). Sans être exécrables, les liens personnels entre l’ancien président et celui qui fut son vice-président se sont distendus. La semaine dernière, une séquence effroyable en matière d’images montrait Obama saisissant le poignet de Joe Biden pour le guider hors de la scène alors que ce dernier restait immobile, comme paralysé, lors d’une soirée de levée de fonds organisée au Peacock Center de Los Angeles.
De retour d’Europe, Joe Biden a fait les frais d’une presse conservatrice et d’un Parti républicain déchaînés, exploitant des images (parfois tronquées) du président cherchant, lors des commémorations du Débarquement, à s’asseoir sur une chaise invisible ou, en Italie, pour le G7, se tenant à l’écart de ses homologues à l’occasion d’un spectacle de parachutistes avant d’être rattrapé par la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni. Les journalistes américains, même les plus libéraux, n’affichent plus la pudeur du début de mandat et osent désormais poser des questions sur son état de santé. Karine Jean-Pierre, la porte-parole de la Maison-Blanche, a beau évoquer de « fausses vidéos au rabais », rien n’y fait. Les clips illustrant la sénilité du chef d’État s’accumulent alors même que son âge est, de loin, la première préoccupation des électeurs démocrates. À 73 ans, Jill Biden, la First Lady, ne manque plus une occasion de monter au créneau, comme la semaine dernière, pendant un petit meeting dans le Wisconsin, un État clé du Midwest. « Joe et l’autre mec [Trump qui vient de fêter ses 78 ans, NDLR] ont à peu près le même âge. Il est en bonne forme, c’est un sage de 81 ans, prêt à travailler tous les jours pour rendre votre avenir meilleur… Il n’est pas l’un des présidents les plus efficaces de l’histoire en dépit de son âge, mais grâce à son âge ! » martelle-t-elle, bien seule.
Un débranchement du candidat désigné par les primaires serait une première. Obama, Schumer et Pelosi aideraient ainsi un possible impétrant à le remplacer directement à la convention. Mais qui dans le rôle du deus ex machina (ou du traître) ? Kamala Harris, encore plus impopulaire que Biden, n’est pas intéressée. La figure modérée du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, ancien maire de San Francisco, aurait les faveurs des délégués, mais pas celles des électeurs : l’image de la Californie ultra-taxée et de ses grandes villes abandonnées à l’insécurité et à la drogue n’aide pas. La gouverneur du Michigan, Gretchen Whitmer, est peut-être la mieux placée. À la tête d’un État qui pourrait voter pour Trump, elle s’est spécialisée dans la critique ouverte de la campagne de Biden, qu’elle juge pas assez pugnace, notamment sur les questions relatives aux droits des femmes. Dans l’histoire des conventions, des tentatives de remplacement d’un président candidat à sa réélection se sont produites par deux fois. En 1976, Ronald Reagan, alors ex-gouverneur de Californie, s’était présenté contre Gerald Ford. En 1980, le démocrate Ted Kennedy avait donné du fil à retordre à Jimmy Carter, plombé par l’inflation et la crise des otages. Mais tous deux étaient passés par la case des primaires. Autre hypothèse, plus sombre : la mort prématurée de Biden. En théorie, Kamala Harris deviendrait la candidate. Mais les délégués resteraient encore libres de désigner la personnalité de leur choix.
Joe Biden une nouvelle fois perdu avant la photo de groupe lors du sommet du G7 avant de se faire rattraper par Meloni pic.twitter.com/UmyqhZG0HD
— Réalité Actuelle (@ReaActuelle) June 13, 2024
🇫🇷🇺🇸 Joe #Biden qui tente de s’asseoir sur une chaise lors des commémorations des 80 ans du Débarquement en #Normandie. pic.twitter.com/hI7twT7Hqz
— Cerfia (@CerfiaFR) June 6, 2024
Jordan Bardella vers un gouvernement d’union nationale
Extraits de l’entretien donné par Jordan Bardella dans le JDD :

[…]

[…]

Le féminisme woke ne rapporte pas
Selon l‘Observatoire du journalisme, les médias woke Causette et Madmoizelle sont en crise :
Le webzine Madmoizelle fondé en 2005 par Fabrice Florent était le cinquième site féminin préféré des français en 2020 lorsque le groupe Humanoid a annoncé son rachat. Le site, conçu à destination de la tranche d’âge 18–30 ans, répondait aux préoccupations et aux interrogations existentielles de la jeunesse moderne : Instagram, TikTok, harcèlement de rue, Polanski, tendances beauté et mode… le tout parsemé de politique féministe militante et de philosophie politiquement correcte de comptoir.
C’est en 2022 que le groupe EBRA du Crédit mutuel a repris le site en espérant surfer sur une vague plus jeune que les lecteurs de ses quotidiens régionaux. La revue, comme tous les autres avatars du genre, s’appliquait avec brio à un grand écart quotidien entre féminisme militant et poncifs beauté et sexe des magazines féminins : les articles sur les meilleurs autobronzants de l’été 2020 ou sur la mode du moment jouxtent sans complexes les articles de vulgarisation des concepts féministes en vogue. Les jeunes lectrices sont ainsi invitées par le site à s’informer sur le « slut-shaming », la « culture du viol », le « mansplaining », ou encore le mouvement « body positive ». Le webzine a même ouvert dans son espace privé réservé aux abonnées au forum une fresque d’images de seins, la Seinte Fresque, destinée à aider les jeunes filles à accepter leur corps. Une initiative qui a mal tourné lorsque certaines de ces photos ont été volées et republiées ailleurs sur la toile.
Deux ans plus tard rien ne va plus. Selon La Lettre, la société éditrice a perdu près de 600K€ pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros. Le site emploie une dizaine de journalistes qui vont être licenciés sans projet de reprise du titre.
Causette au tribunal de commerce
« Plus féminine du cerveau que du capiton », c’était la devise du magazine féministe Causette, créé en 2009 par Grégory Lassus-Débat. Seulement, ça ne suffit pas, déjà en redressement judiciaire en 2015 puis au bord du dépôt de bilan en 2017, le magazine en était réduit à faire appel à la générosité de ses lecteurs.
À partir de 2013 le magazine a connu des problèmes internes très forts. À l’automne 2014 il y avait 8 arrêts maladies, quatre départs, quatre procédures en cours et une enquête de l’Inspection du Travail, sans oublier une motion de défiance contre la rédactrice en chef et une grève de 10 jours en novembre pour 15 salariés titulaires.
Le patron en prend pour son grade : gestion à l’affect, « méfiant, parano, mégalo », grosses colères, les bouclages sont épiques, le patron appelle les salariés à toute heure, change les titres et les angles des papiers, veut tout voir. Une « ambiance absolument exécrable, à couteaux tirés : c’est à qui dira le plus de mal des autres ». Un dossier sur la prostitution, paru en novembre 2013 et ponctué de blagues salaces, a particulièrement alimenté le conflit.
Le magazine avait abandonné son édition papier en septembre 2023 pour devenir 100% numérique. La société éditrice (le groupe Hildegarde qui publie notamment Première) avait déposé le bilan fin mai en espérant un redressement judiciaire qui a été refusé. Le titre cherche un repreneur pour faire face à « l’extrême droite » qui « réalise des scores historiques aux élections et s’impose toujours plus dans le champ médiatique ». On leur souhaite bien du plaisir, féministe woke bien entendu.
Debout la France présente 107 candidats aux élections législatives
Nicolas Dupont-Aignan indique :
Dans un esprit responsable, pour éviter la victoire de l’islamo-gauchisme et la folie de Macron, Debout la France a choisi de retirer 470 candidats pour donner toutes ses chances à la coalition d’union nationale.
Dans des circonscriptions sans danger pour la coalition, DLF a maintenu 107 candidats de valeur pour exprimer au premier tour une voix gaulliste sociale et souverainiste.
La liste est ici.
Un spectacle historique “son et lumière” pour vivifier nos campagnes
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Deuxième édition des Nuits d’Aldéarde à AIRVAULT : 2, 3, 9 et 10 août : un plongeon dans un passé tourbillonnant et joyeux pour petits et grands!
C’est début août que se tiendra la deuxième édition du spectacle Son et Lumière, Les Nuits D’Aldéarde, à AIRVAULT, petite cité de caractère des Deux Sèvres: vendredi 2 samedi 3 , vendredi 9 et samedi 10 août.
Deux caractéristiques principales :
– Le caractère totalement bénévole de tous ceux qui réalisent ce spectacle: les figurants, les costumières et décoratrice, les personnes de la sécurité, de l’accueil, de la Buvette , comme la régie… En effet 70 personnes du village d’AIRVAULT ont trouvé suffisamment motivant le riche passé de leur village pour donner de leur temps pour préparer et réaliser ce spectacle.
– Ce spectacle est une promenade dans le temps, et à travers le village : en effet, le spectateur, après avoir passé la fameuse porte blanche, pénètrera dans les coulisses du temps où il pourra assister à trois spectacles son et lumière joués par nos bénévoles, devant trois monuments emblématiques de notre petite cité de caractère. Au cours de cette promenade, le spectateur pourra admirer non seulement l’abbaye, mais aussi l’église d’Airvault et le château, propriété privée.
De magnifiques costumes colorés, des figurants de 4 à 80 ans, le dynamisme qui déborde des spectacles et l’énergie enthousiaste qui emporte le spectateur, l’entraîneront dans un tourbillon de joie dont il se souviendra longtemps!
Renseignements : https://www.lesnuitsdaldearde.com/
Réservation obligatoire sur le site
Cinquième dimanche après la Pentecôte et Vigile de la Nativité de saint Jean-Baptiste
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Comme dimanche dernier, tous les chants du propre de la messe du cinquième dimanche après la Pentecôte sont extraits des psaumes, et nous allons y trouver à deux reprises, à l’Introït et à la Communion, le psaume 26, qui était déjà celui de l’Introït du quatrième dimanche, et dont nous avions dit qu’il était par excellence le psaume de la confiance en Dieu. Mais ce psaume comporte deux parties ; la première est l’affirmation de cette confiance, la seconde est la prière qui en résulte pour demander à Dieu sa protection…
Introït : Exaudi Domine… adjutor
Le texte de l’Introït du cinquième dimanche après la Pentecôte se situe au début de cette deuxième partie du psaume 26.
Exaudi Domine vocem meam qua clamavi ad te : adjutor meus esto, ne derelinquas me, neque despicias me, Deus salutaris meus.
Seigneur écoutez ma voix qui crie vers vous, soyez mon secours, ne m’abandonnez pas, ne me repoussez pas, Dieu qui êtes mon salut.
On pourra remarquer que la première phrase était déjà celle de l’Introït du dimanche dans l’octave de l’Ascension ; mais c’était surtout à cause de la phrase suivante : ” Seigneur je cherche votre visage “, qui exprimait la prière des apôtres quelque peu désemparés après le départ de leur maître. Ici on ne retrouve pas cette deuxième phrase, et on passe directement au verset suivant du psaume, qui est un appel au secours, mais plein de confiance.
La mélodie de cette prière est dans l’ensemble calme et douce mais très expressive avec des accents bien soulignés, une montée suppliante sur l’appel au secours qui débute la deuxième phrase et un bel élan de confiance à la fin sur les mots salutaris meus.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 26, par lequel débutait l’Introït du quatrième dimanche :
Dominus illuminatio mea, et salus mea : quem timebo ?
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurai-je peur ?
Graduel : Protector noster
Le texte du Graduel du cinquième dimanche après la Pentecôte est encore une prière adressée à Dieu pour lui demander sa protection. Il est extrait du psaume 83 Quam dilecta tabernacula tua, dans lequel le peuple d’Israël, exilé loin de Jérusalem et du Temple, exprimait son ardent désir de revoir la maison de Dieu.
Protector noster aspice, Deus, et respice super servos tuos. Domine Deus virtutum, exaudi preces servorum tuorum.
Dieu notre protecteur, regardez et jetez les yeux sur vos serviteurs. Seigneur, Dieu des armées célestes, exaucez les prières de vos serviteurs.
Il faut remarquer que les derniers mots de la première partie super servos tuos ne figurent pas dans le psaume, qui dit : respice in faciem Christi tui, jetez les yeux sur le visage de votre oint. L’oint du Seigneur c’était le roi d’Israël, qui adressait cette supplication. On trouve d’ailleurs ce texte exact à l’Introït du quatorzième dimanche après la Pentecôte. Quant aux mots super servos tuos ils sont repris identiquement, texte et mélodie, au Graduel du sixième dimanche, où ils sont bien à leur place dans le psaume. Il semble qu’il y ait eu ici une volonté d’insister sur ce mot de ” serviteur ” car à la fin du Graduel également on chante : ” exaucez les prières de vos serviteurs “, alors que le psaume dit seulement : ” Exaucez ma prière “. Les serviteurs de Dieu ce sont ceux qui sont à son service, c’est nous tous en un certain sens, mais ce sont plus spécialement les âmes qui lui sont consacrées, à la prière desquelles nous nous unissons, pour le peuple de Dieu c’est-à-dire l’Eglise qui en a plus que jamais besoin. Non seulement les mots super servos tuos ont exactement la même mélodie que dans le Graduel de dimanche prochain, mais d’une façon générale nous nous trouvons dans une série de dimanches où les Graduels se ressemblent beaucoup, et les mêmes formules reviennent, notamment quelques grandes vocalises, ce qui n’empêche pas chaque mélodie d’être parfaitement adaptée au texte correspondant.
Alléluia : Domine in virtute tua
Le texte de l’Alléluia de cinquième dimanche après la Pentecôte est formé du premier verset du psaume 20, et on peut noter qu’à partir de ce dimanche et jusqu’à la fin du temps après la Pentecôte, tous les versets d’Alléluia, sauf de rares exceptions, ont pour texte le début d’un psaume. Celui-ci est un chant d’action de grâces de David, roi d’Israël, pour une grande victoire que Dieu lui a accordée sur ses ennemis.
Domine, in virtute tua lætabitur rex : et super salutare tuum exsultabit vehementer.
Seigneur le roi se réjouit de votre puissance. Il exulte avec force pour le salut que vous lui avez accordé.
C’est donc un chant de reconnaissance et de louange à la toute puissance divine pour toutes les grâces et les bienfaits dont elle nous a comblés.
La mélodie de cet Alléluia est assez extraordinaire et même unique dans le répertoire. Notons d’abord pour les connaisseurs que c’est le seul Alléluia du sixième mode, et encore s’agit-il ici d’un sixième mode assez particulier qui ressemble beaucoup au mode majeur moderne, et pourtant cette pièce n’est pas récente ; on la trouve dans les plus anciens manuscrits. Cette mélodie ample, solennelle et enthousiaste dont les larges vocalises balayent toute l’octave et même au delà, convient parfaitement pour exprimer les sentiments de louange et de reconnaissance du texte.
Offertoire : Benedicam Dominum
Le texte de l’Offertoire du cinquième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 15, prière du juste exprimant sa confiance en Dieu. Il sait que s’il s’appuie sur le Seigneur, il sera en sécurité. Saint Pierre a cité ce psaume dans son discours du jour de la Pentecôte en le mettant dans la bouche du Christ dont il prophétise la résurrection, et les versets qui sont chantés aujourd’hui se trouvent au début de la citation de saint Pierre, avant cette prophétie.
Benedicam Dominum, qui mihi tribuit intellectum : providebam Deum in conspectu meo semper : quoniam a dextris est mihi, ne commovear.
Je bénis le Seigneur qui me donne l’intelligence ; je vois toujours Dieu devant moi en ma présence, car il se tient à ma droite pour que je ne trébuche pas.
L’intelligence signifie que le Seigneur nous éclaire pour que nous sachions ce que nous devons faire. En ce temps après la Pentecôte qui figure le long cheminement de l’Église sur cette terre au milieu de bien des embûches, chacun de nous peut faire sienne cette prière, demandant au Seigneur son assistance et la lumière pour y voir clair. Illumina oculos meos chantions-nous déjà dans l’Offertoire du quatrième dimanche. La mélodie est très fervente et pleine de grands élans. On ne compte pas moins de sept montées successives, mais à la fin au contraire elle s’apaise et devient presque immobile sur les mots ne commovear en une longue contemplation pleine d’assurance.
Communion : Unam petii
Nous retrouvons dans la Communion du cinquième dimanche après la Pentecôte le même psaume qu’à l’Introït, le psaume 26, qui est très utilisé dans ces premiers dimanches après la Pentecôte ; ce sera encore celui de la Communion de dimanche prochain, ce qui montre bien que la confiance en Dieu qu’exprime ce psaume est le sentiment dominant de cette période de l’année liturgique. L’antienne de Communion de ce jour est tirée de la première partie du psaume, à la suite de l’Introït de dimanche dernier ; elle exprime la sécurité que l’on éprouve lorsqu’on est auprès du Seigneur dans sa maison, objet des désirs de David quand il a composé ce psaume.
Unam petii a Domino, hanc requiram : ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitæ meæ.
La seule chose que j’ai demandée au Seigneur, celle que je recherche, c’est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.
La maison du Seigneur, on le sait, c’est l’église de pierre avec un petit ” é “, c’est l’Église des âmes avec un grand “É”, et c’est aussi le ciel, objet de nos désirs.
Sainte Lucie : la lumière de la foi
Aymeric Pourbaix et Véroniques Jacquier reçoivent dans son émission Les Belles figures de l’Histoire le père Jean-François Thomas :
Les raisons de notre attachement à la pédagogie traditionnelle de la Foi
Cette conférence, organisée par les fidèles du Finistère, a été donnée par Jean-Pierre Maugendre le 15 juin 2024 dans le cadre de la mobilisation bretonne pour le maintien de la Fraternité Saint Pierre et de la Tradition à Quimper : « Rendez-nous les sacrements, le catéchisme et nos prêtres ! »
Il évoque notamment ses parents, son père né et mort catholique et breton et sa mère, née luthérienne, puis rebaptisée et confirmée sous conditions par sa paroisse catholique, a été bien déçue quand le Concile est arrivé qu’on lui fasse faire tout ce parcours de Foi pour la faire revenir à la case départ, avec une messe moderne qu’on voyait au temple.
Vers davantage de contrôles pour les établissements privés sous contrat
Le Comité consultatif ministériel des maîtres du privé (CCMMEP) du 14 juin acte la croissance des contrôles des établissements scolaires privés sous contrat : utilisation des fonds publics, respect du contrat d’association et des valeurs de la République, comme la laïcité ou la liberté de conscience… Récemment, dans un établissement versaillais, la déléguée syndicale s’est offusquée qu’une photo du pape soit affichée en salle des professeurs.
- Le contrôle du contrat d’association vérifiera le respect des programmes, la durée des heures de cours, la place du caractère propre et son articulation avec les programmes et les valeurs de la République, la cohérence des effectifs…
- Le contrôle financier vérifiera que les fonds publics sont correctement utilisés, notamment les forfaits. Il s’assurera également de la bonne gestion des pactes et des IMP (Indemnités pour missions particulières), des heures d’enseignement et des investissements…
En cas de manquements, des sanctions seront envisagées comme la décontractualisation d’une ou de plusieurs classes et, dans les cas extrêmes, la rupture du contrat d’association.
La liberté scolaire risque de subir un nouveau coup de boutoir : après l’interdiction de l’école en famille, les restrictions posées aux établissements hors-contrat, voici que l’Etat s’attaque aux établissements sous contrat. Certains vont peut-être ouvrir les yeux…
Menace d’interdiction totale de la liturgie traditionnelle : la clarté du professeur Grillo dans la confusion du pontificat finissant
De Cyril Farret d’Astiès :
Les bruits d’une interdiction « stricte, radicale et définitive » de la messe traditionnelle se répandent à nouveau depuis quelques jours. Rappelons tout d’abord que le programme est affiché depuis 2021. Le pape François et ses spadassins n’ont jamais caché que l’objectif est l’éradication de la liturgie latine traditionnelle :
Répondant à vos demandes (quelle vaste blague), je prends la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures à ce Motu Proprio, et de conserver les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, comme la seule expression de la lex orandi du Rite Romain. (Lettre explicative du pape François aux évêques concernant le motu proprio Traditionis custodes).
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Entre la volonté affichée initialement en 2021 et la réalité de l’application, il existe un écart important qui tient à plusieurs facteurs : impotence et âge des progressistes les plus convaincus ; incompréhension généralisée ; bienveillance pastorale de très nombreux prêtres diocésains et évêques ; lassitude pour cette politique incompréhensible au regard de la situation générale… sans oublier le facteur essentiel : la Providence divine qui veille depuis 1969 sur les livres liturgiques qui ont été et qui demeurent une expression admirable de la louange qui Lui est due.
La poursuite rabique de l’éradication n’en demeure pas moins dans quelques têtes. D’autant plus que ces quelques têtes ont probablement bien analysé qu’il y a urgence à parvenir à leur fin. Le temps joue contre elles. Le temps et surtout la Providence, mais ces quelques têtes ne veulent pas voir la Providence, ce n’est plus vraiment leur vocabulaire, ce n’est plus vraiment leur foi. L’épisode dont on ne peut savoir sur quelle décision il débouchera (tout est effectivement possible) est intéressant : il est apocalyptique, il révèle la nature bilieuse et révolutionnaire de cette prétention inouïe de faire disparaître ce qui demeurera éternellement le trésor de l’Église latine.
L’entretien (traduit ici) accordé par le professeur Grillo pour le blog Messa in latino est parfaitement révélateur du coup de force liturgique qui se joue ces dernières années dans un contexte plus vaste de coup d’État religieux.
Docteur en théologie de l’Institut de liturgie de Padoue, professeur de théologie sacramentaire à l’Université pontificale Saint-Anselme, le professeur Grillo n’est pas n’importe qui. Paix liturgique avait publié une lettre très instructive sur ce personnage clé du pontificat. Laïc italien et très en cour, il a à la fois les coudées très franches et l’entregent nécessaire pour concevoir et promouvoir cette politique d’éradication auprès du pape et de sa garde rapprochée au nombre desquels figure évidemment pour ce dossier le cardinal Roche.
Son entretien est sidérant de morgue et de certitudes. Mais le plus saisissant c’est de sentir aussi son autorité, les lignes transparaissent d’une forme de messianisme, il énonce des vérités fondamentales et fondamentalement nouvelles avec un ascendant extrêmement fort, comme s’il était missionné et protégé par la plus haute autorité. Compte tenu de ses positions anciennes et de l’influence qu’elles ont déjà eues, on ne peut douter de son empire et des protections dont il bénéficie.
Révolutionnaire et progressiste il l’est absolument. Non sans quelques contradictions mais avec ferveur. Pour lui il n’existe de salut qu’en Vatican II qui serait le méta-évangile d’où découlerait l’ecclésiologie que le pontificat en cours mettrait enfin en œuvre ; il n’hésite d’ailleurs pas à balayer d’un revers de main et avec un jugement déconcertant les pontifes Jean-Paul II et Benoît XVI qu’il semble profondément mépriser. Sa définition de la Tradition est emblématique de cet esprit : pour lui ce qui qualifie le mieux la tradition est « son aptitude au changement ». Et ceux qui ne gobent pas ses sornettes (c’est-à-dire vous et moi amis lecteurs), sont rien moins qu’hérétiques et sédévacantistes. Comme dans les procès staliniens, les dénégations en la matière n’ont d’autre effet pour le professeur Grillo que de prouver la déviance. Il est notable d’ailleurs, une fois de plus, que seuls sont frappés de jugement ceux qui entendent transmettre, bien modestement et simplement, ce qu’ils tiennent de leurs devanciers, qui le tiennent eux-mêmes des temps apostoliques. C’est ainsi à l’heure périphérique inclusive, nous n’en sommes plus très émus. Le professeur est persuadé que notre attachement inconditionnel et définitif pour la liturgie immémoriale relève de « passions esthétiques » et « d’émotion nostalgique » jaillies dans l’imagination de privilégiés, une « haute société » regardant l’Église comme « le plus célèbre musée » et parlant le latin par snobisme ou désœuvrement. Comme quelques machins bureaucratiques du type COMECE, CCEE, CEF, il pointe du doigt nos positions « morales, politiques et coutumières tout à fait préoccupantes » sans nous dire, lui non plus, en quoi ces positions auraient disparu du catéchisme et des saintes écritures. Soit… Il est inutile de vouloir lui faire ouvrir les yeux sur la réalité sociologique et spirituelle de nos pèlerinages, de nos assemblées, de nos séminaires. Les jugements du professeur Grillo, comme au bon vieux temps de la Convention, sont rendus sans recours.
Ses manières pontifiantes sont très caractéristiques des coteries qui bénéficient d’une position sociale dominante permettant, grâce à la structure sur laquelle ils ont fait main basse et à la respectabilité que confèrent diplômes et prébendes dont ils jouissent de mener à bien leur propre idée sur toute chose. Tout n’est pas faux cependant dans les réflexions du professeur : la question des deux formes du rit romain est une question qu’il n’est pas illégitime de poser ; les réalités pastorales numériques ne peuvent pas être le critère d’appréciation de réalités supérieures ; la tradition n’est pas le traditionalisme ; la crise n’a pas surgi ex nihilo au cours du concile Vatican II…
Pour le professeur Grillo existe donc une nouvelle ecclésiologie, comme pour le cardinal Roche existe une nouvelle théologie de la messe. Ces nouveautés seraient seules légitimes parce que d’une part leurs promoteurs sont les héritiers adoubés de Vatican II et qu’ils sont au pouvoir et d’autre part parce que c’est le progrès, ou le sens de l’histoire. Tout ce qui découle de cette nouvelle ecclésiologie constituerait la foi enfin sincère. Foi dont on ne nous dit pas grand-chose, probablement parce qu’il n’y a en réalité rien à contempler. Et c’est donc très logiquement au nom de la pureté de cette nouvelle foi qui s’exprime dans un nouveau rit qu’il faut éradiquer ceux qui s’interrogent, ou qui s’opposent. Comme dans tout processus révolutionnaire la seule solution pour imposer une nouvelle réalité idéologique, c’est l’élimination physique.
Peut-être allons-nous vivre à nouveau des moments difficiles si ces terroristes parviennent à leur fin. Mais c’est une fin toute provisoire et qui ne doit pas trop nous impressionner. Quoi qu’il en soit, que le professeur Grillo, le cardinal Roche et les quelques évêques tapis dans l’ombre de leurs palais hypothéqués espérant la curée prennent bien des forces et se reposent avant que ne débute la bagarre parce que nous ne laisserons pas le Bon Dieu dépouillé de la vénérable et antique liturgie qui Lui rend gloire et qui nous sanctifie. Un dernier mot en cette veillée d’armes car la guerre n’est jamais bonne et elle n’est jamais sûre :
« Et maintenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu » (Actes 5:38-39).
Irlande du Nord : les avortements en hausse de 23,53 %
Lu sur Gènéthique:
Selon les statistiques du ministère de la Santé d’Irlande du Nord, 2 168 avortements ont été pratiqués entre le 1er avril 2022 et le 31 mars 2023, soit une augmentation de 23,53 % par rapport à l’année précédente où il y avait eu 1 755 avortements. Entre 2020 et 2021, après la modification de la loi, il y en avait eu 1 574.
Les chiffres révèlent que les avortements à 20 semaines de grossesse et plus ont augmenté de 26,32 %. Il y a eu 24 avortements à ce stade de grossesse, contre 19 l’année précédente.
Concernant les avortements pour des « handicaps non mortels » du fœtus, ils ont augmenté de 68,75 %, avec 27 avortements contre 16 l’année précédente. En vertu du point E du règlement sur l’avortement d’Irlande du Nord de 2020, les fœtus porteurs de trisomie 21, d’une fente labiale ou d’un pied bot peuvent être avortés jusqu’à la naissance.
Les chiffres révèlent aussi une augmentation de 11,11 % des avortements chez des jeunes filles de moins de 18 ans, avec 60 avortements entre 2022 et 2023 contre 54 l’année précédente. Les autres cas d’avortements se répartissent entre les femmes de 18 à 34 ans, avec environ 1663 avortements, et les femmes de plus de 35 ans avec 409 avortements.
Sur le plan régional, c’est le Belfast Trust qui a pratiqué le plus d’avortements, soit 667 avortements, suivis du Northern Trust avec 527 avortements.
Jersey a par ailleurs également enregistré une hausse du nombre d’avortements. Selon un rapport de Public Health Intelligence, environ 260 avortements ont été pratiqués en 2023, contre 240 en 2022, soit une augmentation de 8% du nombre d’avortements. Parmi ces avortements, 93 % étaient des avortements médicamenteux.
Prise de pouvoir gauchiste au Conseil de l’Europe ?
Pendant que la France se focalise sur ses élections législatives, deux élections cette semaine au sein du Conseil de l’Europe détermineront l’orientation à venir de l’institution. Nicolas Bauer, chercheur associé au European Centre for Law and Justice (ECLJ), pointe un risque de prise de pouvoir gauchiste à la tête de cette institution :
Mardi 25 juin, le futur secrétaire général du Conseil de l’Europe sera élu pour un mandat de cinq ans. Mercredi 26, trois nouveaux juges de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) seront élus pour neuf ans. C’est l’Assemblée du Conseil de l’Europe qui votera, parmi des candidats proposés par les gouvernements. Cette Assemblée est composée de parlementaires des 46 États membres et se réunit cette semaine en session plénière. Les résultats de ces deux élections auront un impact sur l’orientation globale du Conseil de l’Europe et sur la jurisprudence de la CEDH pour les dix prochaines années. Explications.
Depuis 2019, la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, Marija Pejcinovic Buric, était une femme politique croate de droite. Elle sera remplacée par l’un de trois candidats qui ont été proposés par les gouvernements du Conseil de l’Europe. Ils ont pour point commun d’être progressistes : Alain Berset, ancien président socialiste de la Confédération suisse (2018-2023), Indrek Saar, ancien président du Parti social-démocrate estonien (2019-2022), et Didier Reynders, homme politique belge ancien président du Mouvement réformateur, de centre droit et appartenant au groupe Renew Europe, et commissaire européen à la Justice dans la commission von der Leyen (2019-2024).
Le commissaire aux Droits de l’homme, autre personnage clé du Conseil de l’Europe, est lui aussi depuis peu une personnalité de gauche. Michael O’Flaherty, universitaire irlandais, a été élu en avril 2024 par l’Assemblée du Conseil de l’Europe, pour un mandat de six ans. Cette élection était passée inaperçue. Ordonné prêtre en 1987, M. O’Flaherty a été réduit à l’état laïque et est devenu un militant anticlérical. Il se présente aujourd’hui comme ayant été gay depuis le moment de son entrée au séminaire et engage le Conseil de l’Europe dans une stratégie pro-LGBT.
Cela fait déjà près d’un an qu’un nouveau juge serbe aurait dû être élu à la CEDH. L’Assemblée du Conseil de l’Europe avait rejeté une candidature à l’automne dernier, celle d’une juriste qui avait collaboré avec deux organisations du réseau de l’Open society Foundations (OSF), fondé par le milliardaire progressiste George Soros. La Serbie a maintenu deux candidatures similaires, celle de Natasa Plavsic, magistrate ayant collaboré avec deux associations de l’OSF (Aire Centre et Civil Rights Defenders), et celle de Mateja Durovic, professeur.
Ce dernier, qui a voulu rester discret, n’a pas hésité pour l’occasion à supprimer une lettre de son nom de famille sur son CV de candidat à la CEDH. Des parlementaires de droite du Conseil de l’Europe se sont mépris sur son identité et ont l’intention de voter pour lui, puisqu’il n’a aucun engagement politique apparent. Or, avec le nom de “Djurovic”, sous lequel il est connu, il a travaillé avec l’European Policy Center, organisation directement financée par l’OSF de Soros. Il apparaît toujours sur le site de cette organisation comme l’un de ses collaborateurs, information qu’il a omise sur son CV de candidat (cinq pages).
Le futur juge de la CEDH au titre de l’Autriche sera aussi probablement un progressiste. Le gouvernement autrichien actuel est formé par un accord de coalition entre l’ÖVP et les Verts, prévoyant que la sélection des candidats pour la CEDH est effectuée par les Verts. Le gouvernement a proposé comme candidat un professeur hongrois, András Jakab, qui multiplie les interventions médiatiques pour s’opposer au Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. Ses recherches sont financées notamment par des fonds de l’Union européenne et de l’OSF. Une autre candidate pour l’Autriche, l’universitaire Ursula Kriebaum, a été engagée à Amnesty International.
Enfin, l’Assemblée du Conseil de l’Europe votera aussi pour le futur juge finlandais de la CEDH. Aux côtés de deux magistrats, la Finlande a aussi proposé un professeur de gauche, Juga Lavapuro. Ce dernier plaide pour l’interdiction des mouvements anti-immigration en Finlande, estimant que ceux-ci violaient les droits de l’homme du fait de leur supposé “racisme”. M. Lavapuro a par ailleurs mené une campagne médiatique contre Timo Soini, ancien ministre des Affaires étrangères de Finlande (2015-2019), après que celui-ci a assisté, dans sa vie privée, à une veillée de prière sur le thème de l’avortement.
Il serait logique et cohérent que les juges à la CEDH soient magistrats de profession. C’est d’ailleurs le cas de la moitié d’entre eux. La minorité des juges qui est issue d’un militantisme de gauche manque cruellement de déontologie. Parmi eux, Yonko Grozev a été juge entre 2015 et janvier 2024. Avant d’être juge, il avait fondé et dirigé pendant vingt ans le Comité Helsinki en Bulgarie ; pendant son mandat à la CEDH, il a siégé dans des délibérations d’affaires introduites par ce même Comité, c’est-à-dire en situation de conflits d’intérêts.
Le pire des juges de gauche de la CEDH est Darian Pavli, cousin du Premier ministre socialiste d’Albanie. Avant d’être élu juge au titre de l’Albanie en 2019, M. Pavli a travaillé pour Human Rights Watch (2001-2003) et pour l’Open Society Justice Initiative (2003-2017), financés par l’OSF. Il s’était présenté comme avocat sur son CV officiel du Conseil de l’Europe, alors que c’est apparemment un mensonge, et a siégé à la CEDH en situation de conflits d’intérêts à de nombreuses reprises. M. Pavli est pourtant encore juge à la CEDH, et ce jusqu’en 2028.
Grand remplacement bruxellois
Si Macron obtient une majorité, l’examen du projet de loi sur l’euthanasie aura lieu en juillet
Juste avant les Jeux Olympiques. C’est en toute lettre dans le programme de gouvernement du parti Renaissance (ou Ensemble, ça change toute le temps) :

Il faut faire barrage à ce projet de l’extrême-centre (porté également par l’extrême-gauche).
L’immigrationnisme : une forme de fondamentalisme chrétien
Guillaume de Prémare, Rédacteur en chef de la revue Permanences, éditée par Ichtus, réagit à la tribune des “6 000 chrétiens” mobilisés, publiée dans La Croix :
[…] Que des chrétiens jugent personnellement et expriment publiquement que le vote RN leur est impossible en conscience, c’est une chose. C’en est une autre d’affirmer que l’Évangile écarte absolument un vote particulier pour tous les chrétiens et que cela doit être affirmé explicitement par les responsables religieux. Or, ces derniers sont fondés à condamner de grandes idéologies telles que le communisme et le nazisme, mais pas à intervenir directement dans des choix électoraux.
Je désapprouve cette manière de mettre l’Évangile au service de ses propres opinions : cela conduit à exercer sur les autres fidèles une pression morale, et sur la hiérarchie ecclésiastique une pression politique. Le vote est un choix personnel qui, pour être libre et éclairé, doit être, autant que possible, à l’abri de telles contraintes. D’autre part, disqualifier par principe un vote conduit à écarter sans examen les idées susceptibles de le motiver.
Or, de mon point de vue, la nécessité d’une politique migratoire plus ferme et restrictive fait partie des options qui ne méritent pas une réprobation religieuse via l’agitation de l’épouvantail RN. Au contraire, cela demande un examen politique sérieux au lieu de culpabiliser des chrétiens qui ont des inquiétudes légitimes pour l’avenir de leur pays et de leurs enfants.
J’estime plus fructueux de débattre en se fondant d’abord sur la raison politique et en acceptant des options divergentes plutôt que d’ériger en absolu ce qui est jugé « catholiquement correct » ou non. Par ailleurs, je me méfie du littéralisme appliqué aux textes sacrés, notamment : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » Le chapitre XXV de Matthieu est un sommet de l’Évangile mais ne constitue pas une politique migratoire.
Le fait de voir des chrétiens invoquer leur livre sacré, pour qualifier ou disqualifier de manière irréfragable une option politique, ne me convient pas. Cependant, je ne veux pas dire que l’Évangile n’ait rien à nous dire en matière de choix politiques. Il est nécessaire, en effet, de passer ses propres opinions au tamis de la foi ou de la loi naturelle. Mais j’affirme, en ce domaine, le primat de la conscience et le refus de la pression sur celle-ci.
Je suis catholique et cela ne heurte pas ma conscience d’envisager une politique migratoire qui conduirait à une reprise en main de nos frontières, à l’expulsion des immigrés clandestins et des délinquants étrangers, à la redéfinition de notre politique de visas ou encore des conditions d’accès à la nationalité française, dans le cadre d’un État de droit et dans le respect de la dignité humaine. Il n’y a, selon moi, pas de trahison de l’Évangile dans le fait de penser que, si notre pays ne met pas un terme au désordre migratoire actuel, notre sécurité intérieure et notre cohésion nationale, déjà largement affectées, plongeront dans l’abîme.
En revanche, cela heurterait ma conscience que la France aille au-delà des nécessités politiques pour abandonner absolument toute possibilité d’asile, pour refuser de secourir des migrants sur un bateau en Méditerranée et/ou pour organiser un mouvement de « remigration », c’est-à-dire des expulsions visant des personnes qui n’ont fait aucun mal et des mouvements de populations inhumains. De tels projets ne sont heureusement pas portés par le RN. Je reconnais ainsi bien volontiers que la froide rationalité politique n’est pas seule en cause dans un choix.
D’une certaine manière, il y a un double mouvement dans une délibération personnelle, au moment de choisir son bulletin de vote : d’une part, évaluer la pertinence de mesures précises, leur faisabilité concrète, mais aussi la capacité personnelle et collective de ceux qui les proposent à les mettre en œuvre, ou encore le contexte et les rapports de forces politiques du moment ; d’autre part passer ces mesures précises au crible de la loi naturelle et de nos principes de civilisation qui doivent tant à l’Évangile du Christ.
Au cœur de ce débat, il me semble nécessaire d’évoquer le défi brûlant du paradigme ethnique. L’ethnicisme est à la fois étranger à la tradition française – la France n’est pas une nation-ethnie – et contraire à la vision chrétienne universelle de l’égale dignité de tous les hommes. Il est vrai que l’ethnicisme peut faire son nid de manière glissante dans les questions migratoires. Mais j’observe qu’il se loge aujourd’hui dans la dialectique des luttes de la gauche radicale, opposant en quelque sorte « blancs » et « racisés ».
Jean-Luc Mélenchon l’affirme : « Il faut tout conflictualiser ! » Jusqu’à conflictualiser la race ? Monsieur Mélenchon a théorisé le concept de « créolisation » comme moyen d’aboutir à ce qu’il nomme « un nouveau peuple », allant jusqu’à affirmer que « ceux qui s’appellent Français de souche posent un problème à la cohésion nationale ». Voici comment il conflictualise clairement l’enjeu ethnique…
Enfin, il faut souligner que les signaux d’alerte concernant une fracturation grave de la nation française vont bien au-delà de l’immigration : fracture sociogéographique, fracture entre le peuple et les élites, fractures religieuses, etc. Probablement les chrétiens ont-ils une spécificité à apporter – comme artisans de paix.
Mais il ne me semble pas qu’il suffise d’appeler à lutter contre tel « diable », comme si un seul « démon » menaçait la concorde et la fraternité, ou encore d’appeler à « rejeter les extrêmes », comme le fait le bloc central pour garder la main. Il faut surtout traiter les enjeux sur le fond : déclassement social, sentiment de dépossession, insécurité culturelle, violence endémique dans nos rues, précarité grandissante, injustices sociales, faillite éducative, absence de projet commun, etc. Alors, in fine, pour qui voter, dans ce marasme politique, face à la crainte des radicalités et de la violence et compte tenu de la maigre confiance que nous accordons aux partis ? À chacun de se déterminer… en conscience.
Instruction en famille : État des lieux des restrictions et saisine de la CEDH
À l’occasion des élections législatives, les associations Liberté éducation et le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), attirent l’attention des candidats sur la disparition programmée de “l’école à la maison”, suite à l’adoption de la loi contre le séparatisme.
79 questions écrites ont été posées au cours de la 16e législature (depuis 2022) par des députés de tous les groupes politiques.
Il y a eu une Proposition de loi pour une école de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité de M. Max Brisson et plusieurs de ses collègues, déposé au Sénat le 8 février 2023 – exposé des motifs adopté le 11 avril 2023. Cette proposition prévoit que la demande d’instruction en famille puisse être faite en cours d’année et que « l’autorisation prévue au premier alinéa du présent article est accordée de plein droit aux enfants régulièrement instruits dans la famille au cours de l’année scolaire précédente et pour lesquels les résultats du contrôle organisé en application du troisième alinéa de l’article L. 131-10 ont été jugés suffisants.»
Le Rapport d’information sénatorial n° 383 (2023-2024), intitulé « Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : tout reste à faire » déposé le 6 mars 2024, n’intègre pas même l’instruction en famille dans le rapport lui-même et ne démontre à aucun moment en quoi la restriction serait efficace dans le cadre de la lutte contre le séparatisme.
26 députés Les Républicains ont déposé au Bureau de l’Assemblée nationale une Proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur les nouvelles règles appliquées à l’instruction en famille (n°2445, 5 avril 2024).
Au 1er février 2023, sur les 60 638 demandes d’autorisation instruites pour l’année scolaire 2022-2023, seules 6 144 ont donné lieu à un refus d’autorisation, soit 10,1 % des demandes.
- Sur les 6 329 demandes instruites effectuées au titre du motif 1°[maladie ou handicap], 992 ont donné lieu à un refus, soit 15,7% des demandes.
- Sur les 697 demandes instruites effectuées au titre du motif 2°[sportif de haut niveau], 126 ont donné lieu à un refus, soit 18,1% des demandes.
- Sur les 4 484 demandes instruites effectuées au titre du motif 3°[itinérance familiale], 1447 ont donné lieu à un refus, soit 32,3% des demandes.
- Sur les 5 304 demandes instruites effectuées au titre du motif 4° [motif propre à l’enfant], 1 993 ont donné lieu à un refus, soit 37,6 % des demandes.
- Sur les 43 824 demandes d’autorisation de plein droit instruites, 1 586 ont donné lieu à un refus, soit 3,6% des demandes.
Pour l’année scolaire 2023-2024, sur les 13 813 demandes d’autorisation faites pour les motifs 1, 2, 3 et 4, il y a eu 8 386 acceptations et 5 427 refus, soit un taux de refus de 39,3 %.
Les associations annoncent le dépôt d’une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg contre le refus injustifié de l’Éducation nationale d’autoriser l’instruction en famille d’une petite fille de 3 ans (lors de la demande initiale) et plus largement contre le nouveau système d’autorisation pour pratiquer l’école à la maison.
Eric Ciotti : “Nous avons percé le mur de Berlin, la citadelle de la bien-pensance”
Extraits d’un entretien donné par Eric Ciotti dans Valeurs Actuelles :

Pakistan : Un homme accusé d’avoir brûlé un Coran lynché à mort et brûlé
Un Pakistanais accusé d’avoir profané un Coran a été lynché à mort et son corps brûlé jeudi par une foule qui l’a sorti d’un commissariat où la police l’avait amené pour assurer sa protection.
La police a procédé à des tirs de sommation en l’air mais la foule est parvenue à appréhender l’homme avant de le lyncher à mort. Des gens ont ensuite versé de l’essence sur son corps avant d’y mettre le feu. Les violences ont forcé les policiers à abandonner leur poste.
Fin mai, un chrétien accusé d’avoir brûlé des pages du Coran avait également été lynché par une foule dans le Pendjab (est) avant de succomber à ses blessures début juin.
Toujours dans le Pendjab, en février 2023, une foule avait battu à mort un musulman accusé d’avoir profané le Coran.
En décembre 2021, un directeur d’usine sri-lankais avait été battu à mort et brûlé par une foule en colère à la suite d’accusations de blasphème.
En 2017, un étudiant avait été lynché après des rumeurs l’accusant d’avoir posté des commentaires blasphématoires en ligne.
Un couple de chrétiens avait été lynché dans le Pendjab en 2014 et leurs restes avaient été retrouvés brûlés dans un four après de fausses accusations de profanation du Coran.
Le suicide assisté n’est pas un droit, selon la CEDH
De Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) dans Valeurs Actuelles :
La Cour européenne des droits de l’homme a rendu un jugement très attendu en matière de fin de vie dans l’importante affaire Karsai contre Hongrie. Elle y confirme l’absence de droit au suicide assisté, sous réserve d’évolution future des sociétés européennes en la matière, et promeut pour la première fois les soins palliatifs.
Les partisans de l’euthanasie seront certainement déçus par le jugement rendu ce 13 juin 2024 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans une affaire très sensible dans laquelle un ancien juriste de la Cour européenne atteint d’une maladie neurodégénérative était venu plaider lui-même devant les juges de Strasbourg. Ils espéraient que la CEDH, au terme d’une longue évolution jurisprudentielle, franchirait “enfin” le pas de la reconnaissance d’un droit au suicide assisté au titre de la Convention européenne des droits de l’homme. Les précédents de la Cour depuis une quinzaine d’années devaient en effet l’y conduire.
Prudemment, la Cour ne l’a pas fait, mais a indiqué, obiter dictum, qu’elle pourrait franchir ce pas plus tard, dans l’hypothèse où cette pratique deviendrait légalisée par une proportion significative des États européens et acceptée dans les normes éthiques internationales. Cette ouverture constitue l’un des principaux apports de cette décision. La Cour avait déjà eu recours à de telles ouvertures s’agissant de la reconnaissance future d’un droit à la PMA sans père et du sexe neutre. En d’autres termes, la CEDH considère qu’il est trop tôt pour créer un droit au suicide assisté ; cela reviendrait à obliger les 46 États membres du Conseil de l’Europe à légaliser cette pratique. La marche aurait été trop haute.
La Cour a tout de même confirmé les étapes qu’elle a déjà parcourues précédemment dans cette direction. Elle a réaffirmé que l’euthanasie et le suicide assisté ne violeraient pas l’interdiction d’infliger la mort intentionnellement énoncée dès l’article 2 de la Convention européenne. Elle a ensuite rappelé que ces pratiques entraient, selon elle, dans le champ de la vie privée garanti à l’article 8, et que les États peuvent les autoriser, mais à condition que des « garanties appropriées et suffisantes » soient adoptées pour prévenir les abus.
Quant à la principale question posée en l’espèce, portant sur l’éventuelle obligation des États de légaliser ces pratiques au titre du droit au respect de la vie privée, la Cour y a répondu par la négative. Elle a observé, au soutien de l’interdiction du suicide assisté, que « les implications sociales plus larges et les risques d’abus et d’erreurs que comporte la fourniture du suicide assisté pèsent lourdement dans la balance ». Elle a en outre estimé que les États disposent en la matière d’une « marge d’appréciation considérable » en raison du caractère extrêmement sensible de la question au point de vue moral et éthique, et compte tenu du fait que la majorité des États membres continuent d’interdire pénalement cette pratique.
Les États peuvent donc continuer d’interdire pénalement l’euthanasie et le suicide assisté dans leur pays, et même poursuivre les personnes qui auraient participé à ces pratiques à l’étranger sur leurs nationaux. La Cour conclut en indiquant que la question doit cependant rester ouverte, « compte tenu de l’évolution des sociétés européennes et des normes internationales en matière d’éthique médicale dans ce domaine sensible ».
Seul l’un des sept juges ayant tranché cette affaire a estimé à l’inverse, citant le philosophe Ronald Dworkin, que la Cour aurait dû créer un tel droit sans plus attendre, en vertu d’une « très nécessaire interprétation progressiste de la Convention ». Il s’est appuyé pour cela sur l’affirmation souvent répétée selon laquelle ladite convention serait un « instrument vivant » et non pas un texte figé.
Enfin, de façon novatrice et intéressante, plutôt que de créer un droit au suicide assisté, la Cour a préféré insister très clairement sur l’importance et la nécessité des « soins palliatifs de qualité, y compris l’accès à un traitement efficace de la douleur », lesquels sont qualifiés d’« essentiels pour assurer une fin de vie dans la dignité » (§ 154). C’est la première fois que la Cour insiste ainsi sur les soins palliatifs dans sa jurisprudence sur la fin de vie, et les présente comme relevant des obligations positives des États. C’est là un second apport significatif de ce jugement.
Cette décision peut paraître prudente, car la Cour indique ne pas vouloir aller plus vite que la société en imposant brutalement un nouveau droit de l’homme à la mort volontaire. Elle illustre toutefois la tendance de la Cour européenne à se détacher du texte de la Convention pour juger en fonction de l’évolution des législations, c’est-à-dire des mœurs.
Il y a en effet un danger pour les droits de l’homme à faire dépendre leur contenu et leur protection des changements des mentalités et des législations. Cela les rend variables et relatifs. Cette approche évolutive est même à l’opposé du rôle imparti aux droits de l’homme, qui ont été institués après la Seconde Guerre mondiale pour fixer des principes intangibles, à la lumière desquels juger de l’acceptabilité des diverses pratiques et législations. Les droits de l’homme ont pour rôle de poser une limite à des pratiques et évolutions, même majoritaires, et non de s’y conformer pour les consacrer. L’approche évolutive retenue par la Cour conduit à l’idée selon laquelle le suicide assisté serait un droit de l’homme en fonction du nombre de pays qui l’ont légalisé, ce qui est absurde philosophiquement. Cela revient à faire dépendre le contenu des droits de l’homme de la vie politique.
Certes, le juge doit interpréter la Convention pour l’appliquer à une réalité changeante, mais ce pouvoir n’est pas sans limite, tant par respect pour les droits et libertés définis dans le texte de la Convention que pour les États qui ont adopté ce traité et institué la Cour.
Il n’appartient pas au juge de s’écarter du texte de la Convention et de l’intention de ses rédacteurs : il n’y est pas légitime. Or, comment ne pas constater que la pratique de l’euthanasie est contraire au principe posé en tête de la Convention selon lequel « La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement » ? Des exceptions, comme la légitime défense, sont listées avec exhaustivité, mais aucune exception d’euthanasie n’est prévue dans la Convention, pas même l’éventuelle demande de mort de l’intéressé. C’est ce que soutient d’ailleurs le juge Serghides, auquel fait référence le juge Wojtyczek dans la présente affaire, lorsque celui-là écrit que « toute forme d’euthanasie ou de cadre législatif entourant pareille pratique non seulement serait dépourvue de base légale au regard de la Convention, mais aussi serait contraire au droit fondamental de la Convention que constitue le droit à la vie ».
Grégor Puppinck est directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ)
Les sanctions internationales sont-elles utiles ?
Voici un article intéressant d’une revue canadienne qui souligne que les sanctions commerciales touchent essentiellement la population d’un pays et non ses dirigeants. Par ailleurs elles entraînent souvent des surcoûts pour les pays qui les émettent. Finalement les sanctions commerciales sont une lubie de riches.
Extraits :

[…]

[…]

[…]

Quels diocèses français sont sans ordinations sacerdotales depuis au moins 10 ans ?
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Chaque mois de juin est celui des ordinations, et est couronné par le traditionnel communiqué de la Conférence épiscopale française qui a depuis 2011 la transparence de lister les ordinations sacerdotales par diocèse. Ce que ces communiqués ne disent pas ouvertement, c’est quels diocèses n’ont pas d’ordinations, et encore moins depuis combien de temps. Car, oui, il existe des diocèses sans ordination sacerdotale depuis, non pas deux ou trois ans, mais bien dix ans (ou plus) sans interruption…
Voici la triste liste de ces diocèses, le premier étant le celui dans la pire situation :
- Carcassonne et Narbonne : la dernière ordination date de 2006, des propres mots de son nouvel évêque depuis 2023, Mgr Bruno Valentin, qui a le mérite de pointer ouvertement le sujet de la viabilité du diocèse.
- Pamiers, Couserans et Mirepoix : il est difficile de dater la dernière ordination, qui est semble-t-il antérieure à au moins 2011. Il est vrai qu’il eut une ordination en 2023 mais le prêtre est en service au Diocèse aux Armées. De 2014 à 2022, l’évêque de Pamiers était Mgr Eychenne, actuel évêque de Grenoble-Vienne.
- Aire-et-Dax : la dernière ordination date de 2012. Souhaitons que la dynamique missionnaire impulsée par Mgr Souchu, évêque depuis 2017, soit fructueuse.
- Le Puy-en-Velay : les deux dernières ordinations datent de 2013. Mgr Baumgarten, évêque du Puy depuis 2022, déclarait l’an dernier à Famille Chrétienne « Le Seigneur ne nous met pas dans des situations impossibles ».
- Le Havre : la dernière ordination date de 2014. L’actuel évêque, que Nicolas Hulot qualifiait en 2017 d’ « ultra-progressiste » en lui remettant les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur, se réjouissait il y a quelques mois sur KTO du « sursaut vocationnel » de son diocèse. Rendons grâce pour le courage de ces quelques jeunes hommes.
Le diocèse de Nevers, qui manquait d’ordinations depuis au moins 2010, a eu la grâce d’avoir un nouveau prêtre en 2024. Précisons que ces analyses sont réalisées avec les communiqués de juin de la Conférence des Evêques de France, complétées de recherches pour les rares ordinations survenues postérieurement. Cette recension ne détaille pas d’autres diocèses dans une grave situation : ceux ayant très peu d’ordinations par rapport à leur population, comme les diocèses de Saint-Denis ou d’Evry. Ou bien ceux avec une unique ordination en dix ans, comme Annecy ou Rodez-et-Vabres. Ou encore de nombreux diocèses principalement ruraux dont la situation vocationnelle n’est en réalité pas beaucoup plus enviable.
Avec une telle durée de 10 années continues sans ordination sacerdotale, il est difficile d’imaginer que ces territoires n’aient suscité aucune vocation. Il convient de se demander pourquoi ces quelques irréductibles jeunes hommes ont choisi un autre diocèse ou une communauté spécifique.
De manière plus générale, il est intéressant de consulter les analyses fouillées et précises du site trop peu connu “La vérité des chiffres” qui analyse au moins une fois par an les ordinations et les tendances dans un dossier d’une dizaine de pages. Comparant les diocèses entre eux, chiffres à l’appui, il propose plusieurs actions pour redresser la situation des diocèses en danger vocationnel : avancement de l’âge de la confirmation, accompagnement du scoutisme catholique, et ouverture à la messe tridentine. A bon entendeur…
