Toussaint – Fête de tous les saints
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La Toussaint, c’est la fête du Ciel. L’Église honore en ce jour tous les hommes qui nous ont précédés et qui ont déjà mérité la récompense éternelle. Parmi eux il y a les saints canonisés que l’on connaît mais aussi tous les autres que l’on ne connaît pas, cette foule immense que personne ne peut dénombrer, dont parle l’Apocalypse.
► Introït
Nous nous réjouissons en leur compagnie de la victoire qu’ils ont remportée. C’est ce que chante l’introït de la fête, le célèbre Gaudeámus.
Son texte n’est pas tiré de la Sainte Écriture. Il a été composé pour la fête de sainte Agathe, le 5 février, puis il a été repris pour d’autres fêtes, notamment certaines fêtes de la Sainte Vierge. Sa mélodie très joyeuse et pleine de grands élans convient tout à fait pour nous unir à la joie des anges et de tous les saints du paradis.
Cet introït est le même que celui de la fête de Notre Dame du Très Saint Rosaire que nous vous avons passé le 7 octobre. Il suffit de remplacer les mots « Maríæ Vírginis » par « Sanctórum ómnium », c’est-à-dire « tous les saints » et le 1er verset du psaume 44 par celui du psaume 32.
Exsultáte justi in Dómino : rectos decet collaudátio.
Justes, exultez dans le Seigneur, la louange convient aux cœurs droits.
► Graduel :
C’est le seul chant de la messe de cette fête qui soit tiré d’un psaume, le psaume 33, chant de louange envers la bonté du Seigneur, un des plus utilisés dans la liturgie.
Timéte Dóminum omnes sancti ejus quóniam nihil deest timéntibus eum. Craignez le Seigneur, tous les saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent
Et le verset :
Inquiréntes autem Dóminum non defícient omni bono. Ceux qui cherchent le Seigneur ne manqueront d’aucun bien.
Il ne s’agit pas ici de crainte au sens moderne de peur, mais d’un adoration pleine de soumission à la volonté divine. D’ailleurs le verset précédent du psaume, que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises, disait : Goûtez et voyez comme le Seigneur est doux ! Quant aux saints, il s’agit dans le psaume des fidèles du peuple élu, qui observent cette soumission pleine de respect, et ne manquent de rien au sens spirituel. Cela s’applique à plus forte raison aux élus du ciel qui sont en possession du bien infini ; ils l’ont obtenu grâce à cette parfaite soumission toute leur vie, quoi qu’il en coûte.
La mélodie est ample et solennelle, déroulant des formules que l’on rencontre dans d’autres graduels avec de belles vocalises, en particulier celle qui termine de façon identique la première et la deuxième partie, descendant dans le grave pour une cadence paisible et majestueuse convenant parfaitement à l’évocation de la bienheureuse éternité.
► Alléluia :
Les textes de l’alléluia et de la communion de la Toussaint sont tirés de passages de l’Évangile où notre Seigneur nous apprend à supporter les épreuves par lesquelles nous devons passer sur cette terre pour mériter le bonheur éternel dont jouissent les élus ; le verset alléluiatique est pris en saint Mathieu au chapitre XI. C’est donc notre Seigneur qui parle ici, après avoir rappelé sa divinité :
Veníte ad me, omnes qui laborátis, et oneráti estis, et ego refíciam vos.
Venez à moi, vous tous qui peinez et êtes accablés, et moi je vous soulagerai.
Non seulement les élus dans le ciel ne manquent de rien et sont comblés par la possession du bien infini, mais ils reçoivent la récompense de toutes les peines et des souffrances de cette vie. Notre Seigneur lui-même est là pour les accueillir et la leur accorder.
Cette invitation pleine de douceur est accompagnée ici d’une mélodie très riche et très ornée dans une ambiance joyeuse et affirmative évocatrice du bonheur du ciel. On remarquera particulièrement la grande vocalise du mot laborátis qui commence et s’achève par deux envolées à l’aigu identiques, entre lesquelles se déroule un passage plus grave reprenant un des thèmes du júbilus de l’alléluia que l’on retrouve à la fin du verset.
►Offertoire :
L’antienne d’offertoire est empruntée au commun des martyrs. En effet la fête de tous les saints fut à l’origine, à Rome, une fête de tous les martyrs, et on sait que dans les premiers siècles de l’Église tous les saints auxquels on rendait un culte étaient des martyrs. Le texte est tiré du livre de la Sagesse ; s’il s’applique en premier lieu aux martyrs, il convient à tous les saints, qui ont tous eu à souffrir sur cette terre pour être fidèles à la volonté divine.
Justórum ánimæ in manu Dei sunt, et non tanget illos torméntum malítiæ
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu et le tourment du mal ne les atteindra pas.Visi sunt óculis insipiéntium mori : illi autem sunt in pace.
Aux yeux des insensés ils ont paru mourir, mais eux, ils sont dans la paix.
La mélodie empruntée à un ancien offertoire de la fête de l’Ascension exprime de façon saisissante le contraste entre les souffrances de la terre et le bonheur et la paix du ciel. Toute la première partie se tient de plus en plus dans le grave jusqu’à rester presque immobile à ras de terre. Puis soudain elle s’élance dans l’aigu en une immense et somptueuse vocalise chantant éperdument la récompense éternelle.
►Communion :
Comme celui de l’alléluia, le texte de la communion de la Toussaint est tiré de l’Évangile, et il s’agit cette fois de l’évangile du jour, celui des béatitudes. Ceux qui sont maintenant dans le ciel, et qui sont les bienheureux, beáti comme l’Évangile les appelle à huit reprises, sont ceux qui ont conformé leur vie à ces exigences. Ce sont les trois dernières des huit béatitudes qui sont reprises ici :
Beáti mundo corde, quóniam ipsi Deum vidébunt
Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.Beáti pacífici quóniam fílii Dei, vocabúntur
Bienheureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.Beáti qui persecutiónem patiúntur propter justítiam, quóniam ipsórum est regnum cælórum.
Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux.
Ce texte est assez long pour une antienne de communion, et il est chanté simplement dans un style de récitatif en partie syllabique. La première phrase commence légèrement à l’aigu, avant de redescendre tranquillement. La deuxième au contraire commence dans le grave en s’y attardant un peu, avant de monter en un bel élan vers les mots fílii Dei. La troisième enfin, la plus longue, débute hardiment par une grande montée enthousiaste, sommet de toute la pièce, suivie d’un récitatif dépouillé s’achevant par une cadence en demi-ton un peu douloureuse pour évoquer les persécutions, avant de retrouver le calme et la paix du début
“Il n’y a pas de vie chrétienne authentique en dehors de la Croix de Jésus-Christ”
Le pèlerinage organisé à Lourdes par la Fraternité Saint-Pie X du 28 au 30 octobre 2023 a connu un fort succès avec la présence d’environ 7000 fidèles. Les messes se sont déroulées dans la basilique souterraine Saint-Pie X, bondée pour l’occasion, avec de nombreux malades, des élèves des différentes écoles de la Fraternité, des séminaristes, des religieuses, des familles, des scouts et même un député français…

Plusieurs chemins de croix se sont succédés samedi après-midi :

La procession aux flambeaux du samedi soir n’a pas pu avoir lieu en raison de celle organisée en même temps par le pèlerinage des Gardians, venus à cheval et costumés.
Dimanche après-midi, le salut du Saint-Sacrement, la procession sur l’esplanade et les vêpres ont été suivies d’une bénédiction personnelle de chaque malade par l’abbé de Jorna, supérieur du district de France de la FSSPX :


Dans son homélie de la messe du samedi, en la fête des saints apôtres Simon et Jude, l’abbé Louis-Marie Berthe, prieur de Fabrègues, a rappelé l’importance de la croix dans notre vie spirituelle :
[…] Voilà quelle fut la pédagogie de la Vierge Marie à l’égard de Bernadette âgée seulement de 14 ans. Voilà comment la Reine du Ciel forme et élève ses enfants – dans le creuset de la souffrance. Pédagogie toute surnaturelle, éducation profondément chrétienne, qui s’appuie sur le seul fondement solide de toute vie de foi et de charité : la Croix de Jésus-Christ : comment ne pas apercevoir, en effet, derrière les gesticulations apparemment insensées de la jeune voyante, l’humiliation et l’anéantissement du Sauveur lui-même, méprisé et compté pour rien ; comment ne pas percevoir derrière le visage tout barbouillé de Bernadette une pâle mais authentique image de la sainte Face de Jésus-Christ défigurée par nos péchés, sans apparence, ni beauté ? Comment ne pas deviner derrière les herbes amères que la Vierge lui demande de manger l’amertume du Calice, que Jésus boit jusqu’à la lie dans son agonie à Gethsémani ?
Et pour donner à Bernadette l’intelligence de la Croix, et le sens de la souffrance chrétienne ; pour soutenir la jeune fille dans l’opposition et la contradiction, dans le mépris et les moqueries, qu’elle connaît immanquablement ; la Vierge Marie lui donne un mot d’explication ; un mot, pas plus : « pénitence ». « Sais-tu qu’on te croit folle de faire des choses pareilles », dit-on à Bernadette sur le ton du reproche ? « Pour les pécheurs » répond-elle simplement. Un leitmotiv qui revient sans cesse sur ses lèvres lorsqu’on lui demande de justifier sa conduite : « En pénitence, pour moi d’abord ; pour les autres ensuite », dit-elle une autre fois. Le péché est-il donc si grave, qu’il faille en arriver là pour en faire pénitence ? Bernadette l’a vite compris : qu’il n’y a de souffrance sur la terre que parce qu’il y a le péché, c’est-à-dire la révolte de l’homme contre Dieu. Oui, la souffrance est le prix à payer un jour ou l’autre, le prix du péché, du nôtre, mais aussi, de celui des autres. Oui, ce jour-là, Bernadette a compris que la Croix était la réparation, le seul remède au péché, au nôtre, mais aussi à celui des autres.

Bien chers pèlerins, sommes-nous venus à Lourdes pour entendre autre chose ? Aurions-nous la faiblesse de penser que la Vierge, depuis, a changé d’avis ? Quel que soit notre âge, notre condition et nos difficultés, la Vierge Marie est là pour nous encourager à porter notre Croix, celles que nous venons aujourd’hui déposer à ses pieds ; elle est là pour nous rassurer et pour nous dire qu’en l’embrassant, cette croix, nous marchons dans la bonne direction ; elle est là pour pousser, ceux qui hésitent encore, à la prendre à pleines mains et de bon gré. Parce que nous sommes pécheurs – nous rappelle-t-elle avec douceur – nous devons payer le prix de nos péchés, de nos révoltes, et de notre infidélité à Dieu. Souffrir chrétiennement, n’est-ce pas sentir dans sa chair la grave subversion du péché ? N’est-ce pas revivre au-dedans de nous, le désordre qu’on a mis au-dehors par notre péché ? Porter sa croix avec Jésus, n’est-ce pas assumer le péché qu’on a commis pour le détruire et le réparer ? Et quand bien même nous aurions consumé tout notre péché, comment ne porterions-nous pas, dans notre corps et dans notre âme, avec Jésus en agonie, le péché du monde ? Oui, il n’y a pas de vie chrétienne authentique, semble nous redire la Vierge immaculée de tout péché, il n’y a pas de vie chrétienne authentique en dehors de la Croix de Jésus-Christ ; en dehors donc de la reconnaissance du péché de l’homme. […]
Lundi 30 octobre, M. l’abbé Vaillant, Directeur de l’Ecole Sainte-Marie, a prêché sur la Sainte Vierge, avant un chapelet à la grotte sous une pluie battante.

Source des photos : La Porte Latine
Qui lira le rapport du synode sur la synodalité ?
Le rapport des 344 participants au synode sur la synodalité est en ligne ici, en anglais, en italien et en polonais… Dans Le Figaro, Jean-Marie Guénois nous en livre son analyse :
Rejet de la bénédiction de couples homosexuels, report à long terme d’une éventuelle abolition du célibat sacerdotal, remise en cause du pouvoir exclusif de l’évêque au profit d’une «coresponsabilité» du gouvernement ecclésial avec les laïcs, large ouverture pour donner des responsabilités aux femmes, mais dont le statut reste à définir, sont les quatre propositions majeures du «rapport de synthèse» de la première étape du synode sur l’avenir de l’Église, présentées samedi 28 octobre dans la soirée à Rome.
Une seconde session synodale aura lieu en octobre 2024. Néanmoins le synode reste un organe consultatif pour le pape qui seul décidera début 2025 ce qu’il appliquera pour l’Église. Le pape a déjà déclaré qu’il ne touchera pas au célibat sacerdotal et que l’ordination des femmes reste impossible, même si 20 % des votants, 66 sur 277, se sont opposés à l’article qui faisait état des différents points de vue «concernant l’accès des femmes au ministère diaconal». Mais le rapport souligne que
«il est urgent de garantir que les femmes puissent participer aux processus décisionnels et assumer des rôles de responsabilité dans la pastorale et dans le ministère».
Y compris en passant par une «adaptation du droit canonique». Des femmes pourraient être nommées «juges» dans les procès canoniques des tribunaux ecclésiastiques.
Le terme de propagande «LGBTQ+» qui apparaissait dans «l’instrumetum laboris», le document de travail initial du synode, n’a pas été retenu dans le rapport final. Le texte parle de
«personnes qui se sentent marginalisées ou exclues de l’Église en raison de leur situation matrimoniale, de leur identité et de leur sexualité et qui demandent également à être entendues et accompagnées, et à ce que leur dignité soit défendue».
«Si nous utilisons la doctrine avec dureté, dans une attitude de jugement, nous trahissons l’Évangile. Mais si nous pratiquons une miséricorde à bon marché, nous ne transmettons pas l’amour de Dieu».
Le synode noie le sujet des personnes homosexuelles dans ce qu’il appelle des «questions nouvelles» : «la fin de vie», «les situations matrimoniales difficiles», «l’intelligence artificielle» mais aussi «l’identité de genre, l’orientation sexuelle». Comme l’a précisé le cardinal Müller, ils changent ainsi la définition des péchés :
Il n’y a pas de péchés. Ce ne sont que des personnes blessées. Ce ne sont pas des pécheurs. Ce sont des personnes blessées, blessées par l’Église – par la doctrine de l’Église. Ils ne croient pas au péché originel, ni au péché en tant qu’acte. Ils ne le nient pas théoriquement, mais pratiquement. Pour eux, l’Église est l’agresseur, et c’est donc l’Église qui doit changer – l’Église est responsable. Mais qu’est-ce que l’Église pour eux ? En réalité, ils parlent d’eux-mêmes. Ils disent : “Nous sommes l’Église”. Mais s’ils parlent négativement de l’Église Catholique, ils parlent de l’Église comme d’un objet. L’article 11 de la constitution Lumen Gentium du concile Vatican II dit que l’Église est le Corps Saint du Christ et que nous pouvons blesser le corps du Christ avec nos péchés. Mais pour certains participants au synode, c’est le Christ qui nous blesse. Si je vole votre argent et que vous me traitez de voleur, pour eux, c’est vous qui me blessez.
Le sujet sans doute principal de cette première session synodale est la place donnée aux laïcs dans l’Église en vue d’une gouvernance en «coresponsabilité» avec les évêques et les prêtres. Cela peut passer par la création d’un «véritable ministère de la Parole de Dieu» pouvant aller jusqu’à la «prédication» pendant la messe, ouvert donc aux hommes et aux femmes non ordonnés prêtres ou diacres. Des «couples mariés» pourraient également recevoir un «ministère» pour «soutenir la vie familiale» et «accompagner les personnes qui se préparent au sacrement du mariage». Face aux laïcs, les prêtres sont loués pour leur service : le synode leur «exprime avant tout une profonde gratitude». Mais il les met en garde contre «le cléricalisme» qui est un «obstacle au ministère et à la mission» que le synode se propose d’éradiquer dès le séminaire et même avant l’entrée en formation des candidats au sacerdoce. Encore faut-il qu’il y ait des candidats…
Le pouvoir épiscopal, celui des évêques, mais aussi celui de «l’évêque de Rome», le pape, est le point le plus profondément remis en question par cette première étape du synode. Avec cette idée nouvelle : «la culture de ‘rendre des comptes’ (la ’cultura del rendiconto’ en italien, langue du rapport) est une partie intégrante d’une Église Synodale qui promeut la coresponsabilité». Ainsi l’évêque ne doit plus être isolé dans ses prises de décision en tout domaine de sa compétence. Il faut rendre «obligatoire» un «conseil épiscopal» qui existe déjà dans beaucoup de diocèses mais en soumettant les évêques à une forme régulière de contrôle de leur activité et décisions sous l’œil de prêtres et de laïcs. Car les évêques traversent «une crise de leur autorité» étant à la fois pris en contradiction entre leur rôle de «Père» et celui de «juge» dans leurs diocèses.
Le cardinal Müller dénonce cette image d’une “pyramide inversée” de la gouvernance :
Certains orateurs avaient une idée sociologique de l’Église, une compréhension naturaliste de l’Église, mais ils n’avaient pas la compréhension théologique. Ils parlent toujours de l’Esprit, mais l’Esprit n’est pas un fluide. L’Esprit dans l’Église est la Troisième Personne de la Trinité. C’est une Personne. Et nous ne pouvons jamais parler de l’Esprit-Saint sans le Fils et le Père. Nous parlons toujours et en tout temps de l’Esprit du Père et du Fils. Jésus-Christ n’est pratiquement jamais mentionné – uniquement de manière pédagogique, de manière à transformer les paraboles et leur signification. Jésus n’a pas condamné la femme adultère, par exemple. Les interventions parlaient de notre relation à Jésus, mais pas de Jésus en tant que Parole de Dieu, qui nous a été donnée une fois pour toutes.
L’Assemblée synodale appelle aussi «à une révision des critères de sélection des candidats à l’épiscopat, en équilibrant l’autorité du nonce apostolique et la participation de la conférence épiscopale». Au vu de la médiocrité d’un certain nombre de nomination épiscopale, il est certain que les critères, notamment de cooptation, sont à revoir. Néanmoins, ce n’est pas en affaiblissant le rôle de l’évêque que l’Eglise en sortira grandie. Le Synode plaide pour une consultation plus large pour le choix des évêques
«en écoutant un plus grand nombre de laïcs, hommes et femmes, consacrés et non consacrés, et en veillant à éviter les pressions inappropriées».
Le document reconnaît que le synode n’a pas engendré la mobilisation espérée parmi les catholiques mais aussi chez de nombreux prêtres et évêques. C’est un peu l’échec du dialogue et donc de la synodalité synodalisante… Et pour cause : la manipulation autour de ce synode a été éventée par de nombreuses interventions avant cette assemblée. Et c’est ainsi que, alors qu’il était annoncé que la structure de la synthèse finale intégrerait les points de «divergences», ce terme a disparu du texte. Ne reste que celui de «convergences» et de «questions à affronter» pour aboutir à terme à une «harmonie»… Autant dire que nous en sommes loin.
Le Club des géants : un club d’entrepreneurs autour du Puy du Fou
Le Puy du Fou a lancé son Club des géants, une sorte de club d’entrepreneurs, samedi 28 octobre, devant un parterre de plusieurs centaines d’invités. Les professionnels venaient de Vendée, des départements limitrophes et de la région parisienne, et représentaient des sociétés avec lesquelles travaille le parc à thème. Nicolas de Villiers, président du Parc, souligne :
« De nombreux entrepreneurs et chefs d’entreprise sollicitent régulièrement le Puy du Fou pour pouvoir y emmener leurs clients, prospects, partenaires et tout simplement leurs équipes, pour favoriser et renforcer des relations professionnelles ».
L’initiative se matérialise par une offre commerciale avec accès illimité au Puy du Fou durant la saison estivale, à des espaces privatifs de détente et de travail. Les adhérents disposeront d’un service de réservation, d’accueil et de parking dédié, d’entrées gratuites pour leurs invités, de tarifs privilégiés, etc.
Le Club des géants se réunira quatre fois par an lors de réceptions où seront accueillies des personnalités des milieux économique, artistique, politique et médiatique.
Par ailleurs, le Puy du Fou fête la Toussaint :
Au Puy du Fou, on fête la Toussaint !
👑 Pendant toutes les vacances de la #Toussaint, jusqu’au 4 novembre, accueillez le cortège du roi François Ier à la tombée du jour !
Accompagné de musiciens et de danseurs, il vous convie à une grande fête dans la cour du château de… pic.twitter.com/mFBJOlFn70— Puy du Fou (@PuyduFou) October 26, 2023
Une décision arbitraire et idéologique proche de la censure
Tribune de Laurence Trochu, Présidente du Mouvement conservateur :
Le spectacle Bernadette de Lourdes, comédie musicale créée en 2019 et reconnue internationalement, a été exclu du Pass culture collectif par le Rectorat de Versailles. Les enseignants se trouvent donc devant l’interdiction d’y emmener leurs élèves dans le cadre des activités culturelles, qui sont pour certains élèves les seules occasions d’accéder au spectacle musical vivant. Pourtant, le caractère artistique de ce spectacle est incontesté, et salué par les plus grands critiques. La presse le relève :
« Un public éduqué pour l’opéra subjugué » (L’Obs), « des décors et costumes stupéfiants de réalisme, la mise en scène pleine d’invention, les chansons calibrées pour devenir autant de tubes, les chœurs puissants, les solos émouvants, et le public qui joue des mains, pieds, briquets et téléphones pour quémander un rappel… » (Le Monde).
En tant que Présidente du Mouvement Conservateur, je dénonce une décision arbitraire et idéologique proche de la censure, prise en invoquant un non-respect de la Charte de la laïcité. Cette même charte affirme pourtant que « la laïcité assure aux élèves l’accès à une culture commune et partagée ». La culture commune de la France que nous sommes appelés à partager est précisément faite de cathédrales et de clochers, de peintures, de sculptures et d’œuvres littéraires qui disent la place du christianisme dans notre histoire et notre culture communes. Si nous le nions, ce sont nos musées et nos bibliothèques qu’il faut vider ! Ce sont les mots et les proverbes même de notre langue qu’il faut censurer !
Ce leg culturel s’est transmis dans nos valeurs. Si, en France, la vie d’une femme a autant de valeur que celle d’un homme, c’est parce que dans le christianisme, ils ont une égale dignité. Si, en France, on ne travaille pas le dimanche, c’est parce que la tradition judéo-chrétienne a instauré un jour de repos. Si, en France, nous distinguons le pouvoir de l’Etat de celui de l’Eglise et refusons la charia, c’est parce que le christianisme nous dit de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et rendre à César ce qui est à César ».
Affirmer que le spectacle Bernadette de Lourdes contrevient au principe de laïcité, c’est nier l’existence d’une culture française. C’est une erreur historique et une grave faute professionnelle pour une institution qui devrait être garante de la transmission de la culture.
Cette faute est d’autant plus grave à l’heure où la culture est gravement menacée. Selon une enquête de l’Ifop publiée en janvier 2023, 50 % de la population estime qu’aujourd’hui les Français ont moins de culture générale qu’il y a 50 ans. En 10 ans, cette proportion a augmenté de 17%.
Le secteur des spectacles musicaux n’est pas préservé. Selon une enquête Harris d’octobre 2022, 32 % des spectateurs prévoient de réduire ce type de sorties à l’avenir, un recul qui touche plus particulièrement les plus jeunes (44% parmi les 15-24 ans). Enfin seuls 16 % des Français s’intéresseraient à l’opéra et à la musique classique, une proportion en baisse si l’on en juge par les difficultés que rencontre ce secteur qui doit multiplier les déprogrammations.
Cette décision injuste intervient alors même qu’une contre-culture offensive se développe dans notre pays, qui ne s’embarrasse pas de la laïcité. Le rappeur Médine, connu pour son clip Don’t Laïk dans lequel il développe une critique radicale de la laïcité au nom de l’islam : « je scie l’arbre de la laïcité avant qu’on le mette en terre (…) je mets des fatwa sur la tête des cons (…) à la journée des femmes je porte un burkini, islamo-caillera, c’est l’appel du muezzin » a, lui, bénéficié de la prise en charge pour le pass Culture pour son spectacle du 23 septembre 2023 à Lyon. Est-il vraiment compatible avec la laïcité ? Comment ne pas voir dans la décision du rectorat de Versailles une inutile offense ? Est-ce réellement cette culture de subversion islamique que nous voulons transmettre à nos enfants et à nos jeunes ? est-ce ce conditionnement des esprits, cet avenir de la France que nous voulons préparer ?
Présidente du Mouvement conservateur, j’en appelle au Ministre de l’Education nationale et au Ministre de la Culture, chargé de la conservation, de la transmission et du rayonnement du patrimoine culturel français. Face à une laïcité trop souvent synonyme de censure pour ce qui s’apparente à la religion catholique, et de complaisance pour tout ce qui a trait à l’islam, il est de leur devoir de réaffirmer la place du patrimoine chrétien dans l’offre culturelle proposée à nos enfants.
Les femmes n’avortent pas “librement et par choix”
Réaction d’Alliance Vita à l’annonce du président de la République :

La Marche pour la vie se déroulera le dimanche 21 janvier à Paris.
Avortement : Une modification constitutionnelle qui menace la liberté de conscience du personnel médical
De l’ECLJ :
Par Twitter dimanche, Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi constitutionnelle inscrivant dans la Constitution «la liberté des femmes de recourir à l’IVG». Il s’agirait d’ajouter à l’article 34 de la Constitution que «la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme, qui lui est garantie, d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse». Dans la Constitution, dont le rôle est de doter notre pays d’institutions, l’avortement arriverait comme un cheveu sur la soupe.
Une telle modification constitutionnelle aurait une grave conséquence : elle aurait pour effet direct de menacer la liberté de conscience du personnel médical. En effet, en engageant l’État à garantir l’accès à l’IVG, elle fait obligation au législateur et à l’administration de supprimer les obstacles faisant entrave à l’IVG. Or, l’objection de conscience est présentée, par les promoteurs de l’avortement, comme le principal de ces obstacles en France. Une fois reconnu le droit constitutionnel à l’accès effectif à l’IVG, que deviendrait la clause de conscience ? Le Conseil constitutionnel sera amené au moins à restreindre son exercice, sinon à la supprimer.
De même, la liberté d’expression sur l’IVG est en danger. Elle était déjà fortement attaquée par le délit d’entrave à l’IVG, étendu en 2014. «Consacrer» l’IVG dans la Constitution en ferait une valeur, un «dogme» qui la place au-dessus du doute et de la discussion démocratique. Critiquer l’avortement reviendrait alors à s’opposer à une valeur de la République. La liberté de débattre sur l’IVG s’en trouverait considérablement réduite. C’est d’ailleurs l’objectif affiché de M. Macron: faire de l’accès à l’IVG une liberté «irréversible».
Voir les vidéos du colloque au Sénat sur l’insertion d’un droit à l’avortement dans la Constitution
La majorité présidentielle affirme que la France serait le premier pays à constitutionnaliser ainsi l’IVG. C’est faux. Il existe au moins deux précédents. En 1974, dans la Yougoslavie socialiste de Tito, l’IVG a été ajoutée comme un «droit» dans la Constitution. Après la dislocation de la Yougoslavie, les pays qui la composaient ont supprimé ou modifié ce droit constitutionnel. Un an auparavant, en 1973, la jurisprudence Roe vs. Wade a créé une liberté constitutionnelle d’avorter aux États-Unis. Cette liberté a été supprimée en 2022, par la décision Dobbs vs. Jackson de la Cour suprême.
Ainsi, les précédentes constitutionnalisations de l’IVG n’ont pas été «irréversibles». Comme toute norme juridique, les Constitutions et les jurisprudences constitutionnelles peuvent devenir obsolètes. Cela a bien sûr été le cas en Yougoslavie avec la fin du socialisme, mais également pour Roe vs. Wade en raison de progrès scientifiques.
Si «la liberté de recourir à l’IVG» sera toujours «réversible», c’est parce qu’elle est fondée sur un mensonge. La réalité sociale montre que l’avortement n’est pas une liberté. Le plus souvent, l’avortement est subi, et non choisi. En effet, selon l’Institut Guttmacher, 75% des femmes qui ont eu recours à l’avortement indiquent y avoir été poussées par des contraintes sociales ou économiques. La même femme placée dans des circonstances plus favorables n’aurait pas recours à l’avortement. Ce sont ces circonstances, ces contraintes sociales ou économiques qui déterminent la décision d’avorter.
Les statistiques démontrent le déterminisme social de l’avortement : plus une femme est pauvre et isolée, plus elle a de risques de subir un avortement et d’en souffrir psychiquement. Les femmes seules ont un risque supérieur de 37% à celui des femmes en couple de subir un avortement. De même, les femmes faisant partie des 10% les plus pauvres ont un risque supérieur de 40% de subir un avortement par rapport aux 10% les plus riches, à groupe d’âge et situations conjugales identiques (selon la DREES).
Comment Emmanuel Macron en est-il arrivé à un tel projet d’insérer l’IVG dans la Constitution? Il dit avoir travaillé avec des parlementaires: il a en effet repris des propositions de loi d’extrême-gauche, en particulier celle de Mathilde Panot (La France insoumise). Il affirme également avoir consulté des associations, comme le Planning familial. Pourtant, celui-ci est loin d’être la référence en matière de «liberté» d’avorter, ce dont de nombreux témoignages attestent.
Dans un reportage récent, diffusé à la télévision, Charlène (37 ans) témoigne sur l’IVG subie dans sa jeunesse : son compagnon voulait qu’elle avorte et l’a emmenée au Planning familial. Charlène raconte, concernant la représentante du Planning familial :
«elle est allée dans le sens de mon compagnon de l’époque. Quand je lui parlais de mon bébé, elle disait «ce n’est pas un bébé» (…) Je lui disais que je ne voulais pas avorter, elle a répondu «on va prendre un rendez-vous quand même avec l’anesthésiste, puis avec le gynécologue» (…) J’ai avancé comme sur un tapis roulant (…), on ne m’a jamais parlé de solutions alternatives, d’aides financières, d’associations d’aide aux jeunes mamans en difficulté (…). J’ai l’impression que mon consentement a été extorqué. Je m’en veux (…) de ne pas avoir défendu mon bébé».
Charlène souffre d’avoir été si mal prise en charge par le Planning familial. Emmanuel Macron aurait mieux fait d’écouter au contraire les associations qui aident les femmes à «défendre leur bébé». C’est la voix de ces femmes et de ces bébés que l’ECLJ veut porter au niveau institutionnel et médiatique. Il est temps de cesser de l’ignorer. Nous vous invitons à soutenir cette démarche en signant cette pétition.
Les hérésies chrétiennes dans le Coran : ni rédemption ni grâce
D’Annie Laurent dans La Petite Feuille Verte :
La déformation islamique du mot « Messie » n’est pas anodine, comme nous l’avons déjà vu (cf. PFV n° 98). Elle illustre l’absence totale de rédemption dans la perspective musulmane et donc la contestation de ses manifestations telles qu’elles sont rapportées par les auteurs du Nouveau Testament et confirmées par le magistère de l’Église. Cela concerne surtout la Crucifixion et la Résurrection du Christ, donc la réalisation du plan salvifique de Dieu. Deux hérésies apparues dans les débuts de l’histoire chrétienne, le docétisme et le pélagianisme, semblent avoir inspiré certains enseignements du Coran sur ces réalités.
LE DOCÉTISME
« La relation coranique de la crucifixion relève de la plus pure tradition docétique, bien qu’il reste difficile d’en déterminer le contenu doctrinal précis », remarque Jan M.F. Van Reeth (« La Christologie du Coran », Communio, n° XXXII, 5-6 septembre-décembre 2007, p. 4).
Provenant du grec dokein (« paraître »), cette hérésie christologique est apparue dans un milieu de gnostiques dualistes (cf. PFV n° 95). L’un de ses promoteurs, Marcion(90-165), originaire du Pont (nord de la Turquie actuelle), considéré comme le premier hérésiarque identifiable dans l’histoire chrétienne, fut excommunié à ce titre. Associant la matière au mal, les docètes « pensaient donc que Dieu ne se serait pas incarné dans un corps matériel ». Cette croyance remettait en cause le dogme de l’Incarnation et a fortiori la réalité de la crucifixion, considérée comme une illusion. « Certains docètes affirmaient qu’un des disciples se serait substitué à son maître sur la croix » (Bernard Ardura, « Docétisme », dans Dictionnaire d’histoire de l’Église, Cerf, 2022, p. 339).
Combattu par saint Ignace, évêque d’Antioche (35-107), puis par saint Irénée, évêque de Lyon et docteur de l’Église (130-202), le docétisme fut condamné lors du 1erconcile œcuménique de Constantinople (381), qui précisa les modalités de l’Incarnation du Fils de Dieu : « Il s’est incarné de l’Esprit Saint et de la Vierge Marie » ; et « il a été crucifié pour nous par Ponce Pilate » (Yves Chiron, Histoire des conciles, Perrin, 2011, p. 24).
Retenons ici deux versets significatifs du Coran.
- Les fils d’Israël rusèrent contre Jésus. Dieu ruse aussi ; Dieu est le meilleur de ceux qui rusent. Dieu dit : “O Jésus ! Je vais, en vérité, te rappeler à moi, t’élever vers moi ; te délivrer des incrédules” (3, 54-55).
- Nous les avons punis [les Juifs] parce qu’ils ont dit : “Oui, nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu”. Mais ils ne l’ont pas tué ; ils ne l’ont pas crucifié, cela leur est seulement apparu ainsi […]. Mais Dieu l’a élevé vers lui (4, 157-158).
Joachim Gnilka, spécialiste allemand en exégèse et herméneutique bibliques, propose un commentaire de ces citations. La première
« signifierait que Dieu a déjoué leurs plans. La suite indique comment il faut le comprendre. […] Comment Mahomet en est-il venu à l’idée que dans cette situation Dieu a élevé Jésus au moment du danger extrême ? Dieu l’aurait ravi auprès de lui au ciel. La représentation d’un enlèvement par Dieu est biblique et nous la rencontrons aussi à propos d’Hénoch et d’Élie (Gn 5, 23-24 ; 2 R 2, 9-12). Selon Mahomet l’action de tous les prophètes, y compris la sienne, est caractérisée par le fait que, finalement, Dieu les sauve. Cela n’exclut pas qu’ils soient persécutés mais, à la fin, il y a leur libération » (Qui sont les chrétiens du Coran ?, Cerf, 2008, p. 120).
Quant à la seconde, Gnilka signale deux explications dépendant des traductions du Coran.
« Suivant l’une, c’est un autre qui a été crucifié à la place de Jésus. […] Selon l’autre, « la crucifixion de Jésus n’était qu’une illusion. […] C’était seulement une apparence qui les a trompés ». D’après lui, « la majorité des commentateurs du Coran, y compris les musulmans, optent pour la première conception (théorie de la substitution). La deuxième, qui suppose des influences gnosticisantes, est la théorie de l’illusion » (ibid., p. 121).
En définitive, poursuit cet auteur, selon le Coran, Jésus était voué à une mort naturelle et à la résurrection qui attend chacun lors du jugement dernier. C’est ainsi qu’il faut comprendre, estime-t-il, le verset suivant extrait du récit (apocryphe) dans lequel le Jésus nouveau-né se présente à sa parenté juive.
- Que la paix soit sur moi, le jour où je naquis ; le jour où je mourrai ; le jour où je serai ressuscité (19, 33).
La résurrection du Christ, dans les conditions surnaturelles dont témoigne l’Évangile, est donc absente du texte coranique. Pour Gnilka, « la croix et la résurrection de Jésus n’ont pas de signification de salut » (ibid., p. 121).
L’allusion au gnosticisme permet à cet auteur de rappeler, parmi les courants de l’époque, que « dans le judéo-christianisme aussi la signification de la crucifixion de Jésus passe à l’arrière-plan. Les controverses judéo-chrétiennes n’abordent pas la thématique sotériologique » (ibid., p. 121-122). De fait, l’islam ne se présente pas comme une religion du salut (cf. infra, « Le pélagianisme »).
D’après Michel Hayek, prêtre et savant libanais maronite (1928-2005), l’hérésie docète, répandue en Orient,
« était connue en Arabie du Nord et du Sud, à Najran notamment, où elle eut l’audience d’un nombre considérable de chrétiens […]. Il reste à déterminer dans quelle mesure Mahomet, qui eut des rapports certains avec la communauté najranite, se fait l’écho de ce docétisme ». (Le Christ de l’islam, éd. du Seuil, 1959, p. 218).
De fait, selon la Sîra (biographie officielle de Mahomet), une délégation de chrétiens de Najran (Yémen actuel), conduite par son évêque, serait venue à Médine en 631 pour rencontrer le « Messager de Dieu ». Au cours d’une controverse doctrinale, ces chrétiens (vraisemblablement des monophysites de tendance jacobite, cf. PFV n° 97 et 98) refusèrent le choix que Mahomet leur proposait : la conversion à l’islam ou, à défaut, la mobâhela (forme d’ordalie). Ils purent repartir mais en versant un tribut et en acceptant un statut de subordination appelé le « Pacte de Najran », qui est à la base de la dhimmitude.
Sur cet épisode, cf. Mahmoud Hussein, Al-Sîra, Grasset, 2007, t. 2, p. 68-71 ; Edmond Rabbath, L’Orient chrétien à la veille de l’islam, Publications de l’Université Libanaise, 1989, p. 172 et 176 ; Alfred Havenith, Les Arabes chrétiens nomades au temps de Mohammed, op. cit. p. 72.
Sur la dhimmitude, cf. A. Laurent, Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ?, Salvator, 2017, p. 96-177.
LE PÉLAGIANISME
« Pour Pélage, il n’y a pas de péché originel, la mort étant un sort naturel et pas une punition ; il relève de la seule responsabilité de chaque individu, par ses propres efforts spirituels, de se libérer du mal et du péché », explique Jan Van Reeth (Histoire du Coran, op. cit., p. 457).
Le moine anglais, Pélage (v. 350-430), qui fut à l’origine de cette doctrine dans l’Occident latin au IVème siècle, donc avant l’apparition de l’islam, « minimisait l’importance de la grâce et exagérait la force de la nature humaine ». Pour réfuter cette théorie, saint Augustin, ayant obtenu l’accord du pape Innocent 1er (+ 417), « mit en exergue le dommage produit par “la chute d’Adam et Ève” et le fait que l’homme était nécessairement dépendant de la grâce divine. Ces écrits anti-pélagiens eurent une forte influence sur la pensée concernant la prédestination » (David d’Avray, « Hérésie, hérésiarque, hérétique », dans B. Ardura, Dictionnaire d’histoire de l’Église, op. cit., p. 452-453).
La prédication de Pélage, lors de ses missions en Asie Mineure (Turquie actuelle) et en Palestine, a reçu un accueil favorable, surtout parmi les nestoriens et les monophysites (cf. PFV n° 97 et 98) qui s’y sont ralliés. Elle a donc « profondément marqué le milieu dans lequel est né l’islam » (Van Reeth, op. cit., p. 458).
Le pélagianisme pose les problèmes de la conscience, du sens du péché et de la contrition. Cela explique sans doute l’omission, dans les récits coraniques de la création, du péché originel et de ses retombées sur l’humanité, mais aussi l’absence de la grâce et l’insistance du livre sacré de l’islam sur la prédestination.
- Dis : “Il ne nous adviendra que ce que Dieu a déterminé pour nous” (9, 51).
- Aucune calamité ne se produit sur la terre ou chez vous sans qu’elle n’ait été auparavant consignée dans un Livre (57, 22).
- Dieu égare qui Il veut et guide qui Il veut (74, 31).
C’est surtout parce qu’elle ruine le mystère de la Rédemption que l’hérésie de Pélage a diffusé son influence partout dans l’islam.
L’absence de rédemption est clairement assumée par les musulmans comme en témoigne l’étude réalisée par Ali Mérad (1925-1960), professeur à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Lyon.
« La négation de la mort du Christ est parfaitement conforme à la logique du Coran et aux constantes de son enseignement […]. En effet, tout dans le Coran vise à convaincre le croyant qu’il connaîtra la victoire sur les forces du mal qui l’assaillent, le tourmentent et semblent momentanément avoir raison de sa force d’âme et de son espérance. Dans cette perspective, la mort du Christ eût été un démenti de la doctrine constante du Coran […]. Jésus mort sur la Croix, cela aurait signifié le triomphe de ses bourreaux. Or le Coran affirme indubitablement leur échec » (« Le Christ selon le Coran », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, Aix-en-Provence, n° 5, 1968, p. 90-91).
L’auteur cite ensuite les versets 4, 157-158 et 3, 54-55 (cf. supra), auxquels il ajoute celui-ci.
- Ô vous les croyants ! Soyez les auxiliaires de Dieu, comme au temps où Jésus, fils de Marie, dit aux apôtres : “Qui seront mes auxiliaires dans la voie de Dieu ?” Les apôtres dirent : “Nous sommes les auxiliaires de Dieu !” (61, 14).
Puis, Mérad livre ce commentaire :
« La conviction du musulman se trouve donc fortifiée par tout ce qu’il peut lire dans le Coran, à savoir que Dieu n’abandonne pas les siens. Comment aurait-il pu abandonner Jésus ? […] Cette image tragique de la Passion, l’islam la refuse. Non seulement parce qu’il ne connaît pas le dogme de la Rédemption, mais parce que la Passion signifierait pour lui l’échec même de Dieu […]. L’échec de la délivrance du Christ, avant sa mise sur la Croix, la négation de son élévation à Dieu, signifieraient une chute terrible, et comme l’effondrement de l’espérance » (ibid.).
Enfin, héritiers de l’hérésie arienne (cf. PFV n° 96), les musulmans ne reconnaissent pas Jésus comme Sauveur des hommes, ainsi que l’a rappelé récemment Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris. « Le salut est une conception chrétienne. En islam, le péché originel n’existe pas. Le salut y est lié au mérite et non à la grâce rédemptrice » (Le Figaro Magazine, 1er juillet 2006).
C’est bien l’ignorance de la Rédemption dans l’islam, et donc de la nécessité d’un Sauveur, qui justifient l’inutilité – et donc aussi l’absence – de la grâce divine et des moyens offerts par Dieu pour l’obtenir, à savoir les sacrements et le sacerdoce.
POUR CONCLURE
« Les oppositions, les rivalités, les divisions parmi les disciples du Christ déchiraient la chrétienté et il semble bien que, tout compte fait, c’est cette multiplicité de sectes qui s’anathématisaient, plus que les dogmes qu’elles professaient, qui a frappé le Prophète de l’islam quand il eut pris contact avec les milieux chrétiens. Et, pour parler comme les musulmans, Dieu lui confirmera son impression en lui révélant dans le Coran non seulement l’hostilité réciproque des juifs et des chrétiens, mais celle qui dressait les chrétiens les uns contre les autres. […] Ainsi, quand on se demande ce que Mahomet a pu savoir du christianisme, on voit que les sources d’information ne lui manquaient pas. Elles étaient même trop nombreuses et discordantes, et on admettra facilement que l’expérience qu’il a pu en tirer lui ait inspiré, tout convaincu qu’il ait été de la valeur du monothéisme, l’idéal d’une religion plus simple, moins livrée par ses dogmes à la spéculation des hommes, celle que précisément l’ange Gabriel allait lui révéler » (À la croisée des trois monothéismes, Albin Michel, 1993, p. 49 et 53).
Au terme de la série que nous avons consacrée aux traces d’hérésies chrétiennes décelables dans le Coran, dont la plupart sont radicalement contraires, voire hostiles, à la Révélation de l’Évangile (PFV n° 94 à 99), une réflexion s’impose : il semble que l’islam se soit désintéressé du contenu proprement dogmatique des hérésies dont il assumait l’influence. Telle est la conclusion qu’en tire l’académicien Roger Arnaldez, dont les remarques nous paraissent pertinentes.
Dans son dernier essai, le philosophe Rémi Brague fait lui aussi allusion aux divers emprunts extérieurs que l’on trouve dans le Coran.
« L’islam effectif est celui qui garde la trace de l’effet produit sur lui par mille instances extérieures avec lesquelles il a dû composer au long de son histoire. Cependant, l’islam a fait preuve d’un réel talent pour emprunter, tout en dissimulant l’origine de ce qu’il emprunte. Cela commence avec le Coran lui-même. Les thèmes bibliques, hellénistiques, voire patristiques, etc., qui y abondent ne sauraient avoir influencé le Prophète, qui aurait tout reçu directement de Dieu. D’où l’interprétation courante de l’adjectif ummî(Coran 2, 78 ; 7, 158) comme « illettré ». Mahomet ne sachant pas lire, il n’aurait pu consulter les livres antérieurs. Mais était-il sourd ? » (Sur l’Islam, Gallimard, 2023, p. 90).
Terminons par une remarque de Jan M.F. Van Reeth, qui conclut ainsi son étude sur « Les courants “judéo-chrétiens” et chrétiens orientaux de l’Antiquité tardive » :
« Nombreux ont dû être les gens du peuple et les croyants ordinaires qui ne suivaient pas les subtilités des discussions théologiques abstraites. Telle est, croyons-nous, la situation religieuse en Mésopotamie et en Arabie à la veille de l’islam, de sorte que la théologie chrétienne contenue dans le Coran et qui constituera le fondement de l’islam est plutôt confuse et trop souvent, hélas, quasiment indéfinissable » (Histoire du Coran, Cerf, 2022, p. 458).
À l’évidence, bien des énigmes demeurent quant à l’ensemble des facteurs si épars qui ont abouti à la réalisation d’un texte, le Coran, tel qu’il nous est présenté depuis dix-sept siècles. En revanche, il faut bien constater que le résultat en est la destruction systématique de toute l’intelligence que nous avons du mystère chrétien.
Annie LAURENT, déléguée générale de CLARIFIER
Le rit « pie-paul-cha : un peu de saint Pie V, un peu de Paul VI et beaucoup de Chanut »
Dans le nouveau numéro de l’Appel de Chartres, l’abbé Quentin Sauvonnet rend hommage à l’abbé Christian-Philippe Chanut, curé de Saulx-les-Chartreux, brillant historien et orateur, aumônier de la maison de Bourbon de 1979 à sa mort en 2013. Extrait :
[…] Certains s’étonnaient des libertés qu’il prenait avec le missel. Les initiés au chant grégorien se rendaient vite compte que ce qu’il chantait n’avait rien à voir avec la partition. Il était le premier à le reconnaître, admettant qu’il était incapable de déchiffrer la musique. Cependant, c’est avec une assurance déconcertante qu’il se lançait dans des mélopées à chaque fois originales. Il n’y a guère que les kyries les plus populaires et la messe des morts qu’il connaissait par cœur. Il confiait, l’air amusé, qu’on était venu le complimenter, après une messe à Saint-Denis où sa préface était, une fois de plus, une belle improvisation : « Monsieur l’abbé, ce ton carolingien était sublime ».
Mais c’est dans l’observance des rubriques, qu’il était le plus libre, surtout avec la célébration du missel de Paul VI. Cela allait toujours dans le sens d’un enrichissement ou d’une explicitation. Ainsi, très vite, il substitua l’offertoire du rit tridentin à l’offertoire prévu par le missel réformé. Il n’avait pas agi de la sorte pour des raisons d’esthétisme mais bien pour des raisons doctrinales. Il ne s’en cachait pas : à ses yeux, le nouvel offertoire était grandement déficient. D’ailleurs, il confiait s’être retrouvé, dans le début des années 80, membre d’un groupe de réflexion, réuni autour du cardinal Ratzinger à Rome, pour réfléchir à ce que pouvait être la fameuse « réforme de la réforme ». Il y avait là des personnes de tous horizons, religieux ou diocésains. Quand l’abbé Chanut avait fait part des aménagements effectués dans sa paroisse – à savoir, messe de Paul VI avec systématiquement le kyriale grégorien, le canon romain, le numéro 1, et l’offertoire tridentin – le cardinal lui avait répondu : « Voilà ce que sera la réforme de la réforme ». À force d’explications sur le sens des rites de la messe, l’abbé avait au début des années 90 « reconstruit » la liturgie à Saulx-les-Chartreux, l’autel face au peuple ayant même été enlevé.Cela paraît aujourd’hui d’une banalité consommée, mais dans le contexte des années 80 et surtout dans le diocèse d’Evry, cela avait des allures de révolution. Conscient de ses originalités, l’abbé Chanut appelait son produit fini le rit « pie-paul-cha : un peu de saint Pie V, un peu de Paul VI et beaucoup de Chanut ». […]
Mourir n’est pas tuer : un reportage sur C8
La réalité de la fin de vie, des soins palliatifs, de la situation en Belgique… dans un reportage de Bernard de la Villardiere, débat animé par Christine Kelly, sur C8, le 7 novembre à 21h20.
La réalité de la fin de vie, des soins palliatifs, de la situation en Belgique… dans un reportage de Bernard de la Villardiere, débat animé par Christine Kelly.
C8, le 7 novembre à 21h20
➡️ A voir pour comprendre les enjeux actuels. pic.twitter.com/fFFYd9LTFA— Pascale Morinière (@pascalemorinie1) October 30, 2023
Le pape François aime-t-il les prêtres ?
Le père Danziec pose la question dans Valeurs Actuelles :
Depuis son accession au trône de Pierre en 2013, dans le contexte tout à fait particulier de la renonciation de Benoît XVI, le pape François mène l’Eglise universelle à sa manière. Singulière. Inattendue. Et transgressive. A tout le moins, en dehors des sentiers habituellement lisses de la communication vaticane.
Si l’on devait donner la coloration du pontificat actuel, trois couleurs domineraient la palette bergoglienne. Le vert d’abord, en lien avec son combat en faveur de l’écologie, l’encyclique Laudato si’ et sa dernière lettre apostolique Laudate Deum en témoigent. Le pape accorde une telle place aux questions environnementales que ses positions sur le sujet ont pu donner le sentiment d’être un simple supplément aux propos de Greta Thunberg ou de l’ONU.
Le rouge ensuite, eu égard au combat de François pour les migrants qu’il considère comme les premières victimes de la « mondialisation de l’indifférence ». Le 8 juillet 2013, en se rendant sur l’île de Lampedusa pour son premier voyage officiel, le message est explicite. Son objectif ? Affirmer que la mer Méditerranée est devenue le grand cimetière d’Europe.
Comme troisième et dernière couleur, nous trouvons enfin le noir, en rapport avec son combat contre le cléricalisme. Le terme « cléricalisme » pourrait se définir comme le mauvais usage, dans le clergé, d’une responsabilité, l’ecclésiastique la vivant non comme un service mais comme un pouvoir. Si l’on comprend l’idée et si l’on ne doute aucunement que les prêtres soient des pécheurs comme tout le monde – et donc qu’ils aient besoin de se réformer – on peine cependant à comprendre et à suivre la méthode des sorties de François sur la question. Ses propos récurrents contre le cléricalisme laissent en effet parfois perplexe. L’impression gênante qu’il a dans le viseur la constitution hiérarchique de l’Eglise s’ajoute à son parti-pris contre l’orientation classique du jeune clergé occidental. A l’heure où les entrées au séminaire se tarissent, quand des âmes généreuses ne demandent qu’à servir le Christ dans la fidélité à la tradition de l’Eglise, un peu d’encouragement serait pourtant appréciable.
Lors de son premier Jeudi Saint en tant que pape, il critiquait durant son homélie « les prêtres tristes » devenus amers devant la sécularisation et « convertis en collectionneurs d’antiquité ». En septembre 2019, lors de son voyage au Mozambique, au cours d’une rencontre avec des jésuites il se confie :
« Le cléricalisme a une conséquence directe sur la rigidité. N’avez-vous jamais vu de jeunes prêtres tout raides en soutane noire et chapeau en forme de planète saturne sur la tête ? Derrière tout ce cléricalisme rigide, il y a de sérieux problèmes ».
En juin 2022, le rédacteur en chef chargé des religions au Figaro, Jean-Marie Guénois, dressait le portrait de catholiques de France désemparés par la défiance du pape vis-à-vis de tout ce qui est « conservateur » ou « tradi ». François venait alors d’effectuer une visite en Sicile et de reprocher au clergé local son goût pour les vieux ornements et les dentelles sur leurs aubes : « Mais où sommes-nous ?… Soixante ans après le concile ! » fustigeait-il.
Tout récemment, le mercredi 25 octobre dernier, le pape argentin se laissait aller à une improvisation publique devant les 400 personnes participant au fameux synode sur la synodalité (synode qui ambitionne de revoir la gouvernance de l’Eglise, et notamment le rôle des évêques et des prêtres) :
« Il suffit d’aller chez les tailleurs ecclésiastiques de Rome pour voir le scandale des jeunes prêtres imposant des soutanes et des chapeaux ou des aubes avec dentelle ! Le cléricalisme, c’est un fléau, c’est une forme de mondanité qui salit et abîme le monde ».
Sans même chercher à jouer sur les contrastes, comme il semble loin le temps où le pape Jean-Paul II adressait chaque Jeudi Saint une lettre à ses frères prêtres. Benoît XVI de son côté avait fait de 2009 une « année sacerdotale » et délivrait à cette occasion un enseignement de haute volée sur l’identité du prêtre et la vocation presbytérale. C’était il y a seulement 15 ans.
A écouter la parole du pape François sur les prêtres, il est pourtant difficile de déceler le point d’équilibre. Quel est « son » modèle type de prêtre ? Don Camillo portait la soutane et un chapeau romain sans que cela l’empêche de sentir l’odeur de ses brebis, sans que cela l’empêche d’être proche des habitants de sa paroisse, des habitués de la messe dominicale jusqu’au conseil municipal dirigé par Peppone en personne. Le saint Curé d’Ars, prêtre lyonnais de la fin du XIXe, immensément célèbre dans l’Eglise pour son zèle et son exemplarité, dépensait toutes ses économies dans les plus précieux tissus de Lyon et les plus belles dentelles de Tulle afin d’embellir les cérémonies dans son église. Ami et serviteur des pauvres, il ne cherchait pas pour autant à faire misérable en matière liturgique.
Dans un monde sécularisé où la mentalité postmoderne relègue la question de la vie éternelle à la marge, les prêtres de 2023 vivent habituellement leur ministère dans une solitude héroïque : souvent incompris dans leurs aspirations, parfois suspectés par leurs contemporains, généralement trop peu soutenus par leur hiérarchie. La sortie récente au cinéma du documentaire Sacerdoce redore leur blason. Et c’est heureux ! A juste titre, l’évêque de Chalons, Monseigneur Touvet, se réjouissait sur le réseau social « X » de la sortie de ce film réalisé par un évangélique, présentant « des prêtres jeunes, heureux, des hommes normaux qui ont tout donné pour donner le Christ aux autres. Des prêtres qui vivent au milieu de leur peuple et partagent la vie des gens, tout en étant toujours prêts à élever les cœurs vers le Ciel ». Et d’ajouter : « Montrez-le aux jeunes ! Il nous fait aller à l’essentiel ». Pour cette raison, et pour tant d’autres, on peut espérer que ce documentaire change en effet le regard de nombreux jeunes sur le sacerdoce. Mais aussi, pourquoi pas, celui de François sur ses prêtres.
Langue française : l’hostilité de la France à l’égard de la francophonie, sous Macron l’anglo-saxon
D’lyes Zouari, Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le Monde francophone) :
Ce lundi 30 octobre a lieu l’inauguration de la Cité internationale de la langue française, au château de Villers-Cotterêts, dans le nord de la France. Mais les beaux discours habituels qui accompagneront cet événement, dont l’utilité est discutable, ne devront pas faire oublier l’hostilité désormais incontestable des autorités françaises à l’égard du français et de la francophonie mondiale. Les 12 faits suivants, ayant tous eu lieu sous la présidence d’Emmanuel Macron, en sont la preuve irréfutable, et s’inscrivent dans un contexte marqué par la prise de pouvoir des milieux européistes et atlantistes (… comme vient aussi de le démontrer le soutien désormais quasi inconditionnel à Israël, en dépit de l’oppression meurtrière et multidécennale des chrétiens et musulmans de Palestine occupée).
Alors que :
- le français n’a jamais été autant parlé et appris à travers le monde (deuxième langue étrangère la plus enseignée, après l’anglais) ;
- la population du monde francophone, dans sa définition géographique la plus stricte, a récemment dépassé celles de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni et de l’espace hispanophone (555 millions d’habitants début 2023, contre 515 et 471 millions, respectivement, et avec le dépassement de la barre des 100 millions par la République démocratique du Congo) ;
- la France est l’une des trois plus grandes puissances mondiales, tous critères de puissance confondus (économie, multinationales, capacités militaires, industrie spatiale, influence diplomatique et culturelle, ou encore la géographie, avec son immense territoire maritime, faisant d’elle un pays 26 fois plus vaste au total que l’Allemagne, par exemple) ;
- l’Afrique francophone subsaharienne est le moteur de la croissance économique africaine (championne de la croissance continentale en 2022 pour la neuvième année consécutive et la dixième fois en onze ans), tout en étant la partie du continent la moins endettée, les moins touchée par l’inflation, la moins inégalitaire, la plus stable et la moins frappée par la violence et les conflits ethniques ou politiques ;
- le Québec et la partie la plus dynamique, la moins inégalitaire et la plus sûre du Canada (affichant régulièrement les taux de chômage et de criminalité les plus faibles, ainsi que la meilleure qualité de vie) ;
- les pays anglophones ont souvent des niveaux d’inégalités et de criminalité plus élevés, se traduisant par un surcroît global de mortalité de plusieurs milliers de personnes par année ;
et alors que la Chine, la Russie et le Québec ont récemment pris d’importantes mesures pour interdire ou limiter l’usage de l’anglais dans un certain nombre de domaines, la France de ces dernières années, gouvernée par des européistes et des atlantistes depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007, se livre à une intense politique d’éradication de la langue française en France et dans les institutions internationales, et encore plus depuis l’accession aux plus hautes responsabilités d’Emmanuel Macron. Du jamais vu dans l’histoire du vaste monde francophone (deux ou trois fois plus étendu que ne l’indiquent la plupart des cartes géographiques en circulation, qui déforment considérablement la réalité… et les esprits), dont les peuples, s’ils ne s’y opposent pas clairement ou la suivent naïvement, ne peuvent qu’être affaiblis par cette attitude contraire à leurs propres intérêts supérieurs, mais aussi à ceux de la France elle-même.
L’ampleur de l’hostilité à l’égard de la langue française et de la francophonie peut notamment être constatée à travers les douze points suivants, véridiques, plus incroyables les uns que les autres, et observés sous la présidence française actuelle :
1) Le « One Ocean Summit » (Brest, février 2022) :
Non seulement Emmanuel Macron a choisi et imposé un titre en anglais, au demeurant assez ridicule, à cet événement international créé à l’initiative de la France, et contrairement à ce qui se fait dans de nombreux pays francophones accueillant de telles manifestations, le français a été totalement interdit de l’affichage et des traductions. En effet, et comme le démontre la longue vidéo de 4 h 6 min, « fièrement » mise en ligne sur le site de l’Élysée, la langue française a été entièrement éradiquée de l’affichage mural, des pupitres, des textes et vidéos projetés, et même des traductions écrites des interventions de chefs d’État et de gouvernement étrangers s’exprimant dans leur langue nationale, et qui ont été exclusivement traduits en anglais. Hallucinant !
Par ailleurs, et peu après cet événement, Emmanuel Macron a décidé de créer un nouveau rendez-vous international, et pour lequel il a aussi choisi un titre uniquement en anglais : le « One Forest Summit ». Un sommet coorganisé avec le Gabon, et auquel fut imposé par la France ce titre en langue anglaise.
2) Le Forum de Paris sur la Paix (Paris, novembre 2022) :
Lors de cet événement international coorganisé par l’Élysée, en présence de nombreux chefs d’État et de gouvernement, dont Emmanuel Macron lui-même, et contrairement à ce qui se fait dans bien d’autres pays francophones organisant d’aussi importants évènements, l’usage du français a totalement été interdit dans l’affichage et dans les présentations orales. Et ce, comme le prouve la vidéo d’1 h 3 min relative à la session d’ouverture de cette cinquième édition, fièrement mise en ligne par le Ministère français des Affaires étrangères.
En effet, l’intégralité des présentations écrites et orales ont été exclusivement réalisées en anglais. Même les animateurs français s’exprimaient uniquement en anglais. Et lorsque deux animateurs français se parlaient, ils le faisaient également en anglais, avec la bénédiction d’Emmanuel Macron ! Pourtant, les outils de traduction ne manquaient pas… mais il a été décidé d’interdire toute traduction en français.
3) Le site gouvernemental « Make our Planet great gain » (juin 2017) :
Non seulement Emmanuel Macron a lui-même donné à cette initiative un nom en langue anglaise, mais il est même allé jusqu’à interdire pendant huit longs mois toute mise en ligne d’une version en langue française de ce site gouvernemental, malgré les nombreuses protestations qui lui avaient être transmises. Pourtant, et compte tenu des incroyables moyens financiers et techniques de l’État français, cela aurait pu être fait en moins d’une demi-journée…
Ce refus de la présidence française d’accorder la moindre place à la langue française, première dans l’histoire de France et du monde francophone, suffit à lui seul à mettre en évidence la politique d’éradication de la langue française menée par Emmanuel Macron… et qui se confirmera dans les années suivantes de son double mandat présidentiel, comme indiqué dans les exemples précédents et suivants.
4) La création d’un Parquet européen unilingue anglais (octobre 2021) :
Avec le soutien constant d’Emmanuel Macron, et bien que la langue française soit la principale langue de travail de la Cour de justice de l’Union européenne, que le Royaume-Uni a d’ailleurs quittée, l’Union européenne (UE) a récemment crée un Parquet ayant l’anglais pour seule et unique langue de travail, écartant ainsi totalement la langue française. Pourtant, si le Président français n’avait pas soutenu cette initiative, un simple claquement de doigts aurait suffi à empêcher cette dérive anti-francophone et anti-française.
5) La Cour des comptes de l’Union européenne désormais anglophone (octobre 2021) :
Dans la foulée de la création d’un Parquet européen exclusivement anglophone, et avec le soutien constant d’Emmanuel Macron, la Cour des comptes de l’UE a décidé d’éradiquer totalement la langue française pour ne travailler désormais plus qu’en anglais. Pourtant, force est de constater que l’utilisation du français n’avait jusqu’ici, bien évidemment, jamais entravé le bon fonctionnement de cette prestigieuse institution…
6) Les correspondances en anglais entre le gouvernement français et l’UE :
Emmanuel Macron pousse à la généralisation de l’usage de l’anglais dans les correspondances entre l’État français et les institutions de l’UE. Désormais, les ministres et hauts fonctionnaires français non plus l’obligation de communiquer en français avec l’Union européenne. Ceux-ci reçoivent donc de plus en plus de documents rédigés uniquement en anglais, et y répondent à leur tour uniquement en anglais…
Pourtant, les hauts responsables français pourraient très bien mettre directement aux ordures toute correspondance reçue en anglais, en attendant d’en recevoir une version en langue française. Ce qui ne poserait d’ailleurs aucun problème, puisque les francophones ne manquent guère au sein des institutions de l’UE…
7) L’usage croissant de l’anglais dans les relations entre la France et … l’Afrique francophone :
De plus en plus de projets et d’événements mis en place par la France à destination de l’Afrique portent une dénomination exclusivement en anglais. Alors que rien n’empêche de leur donner une appellation uniquement en français, même lorsqu’ils concernent des pays non francophones (comme le font les Anglo-Saxons en imposant l’anglais, ou encore les Chinois en affichant toujours leur langue en grand, bien qu’elle soit dépourvue du statut de langue internationale), les autorités françaises décident de plus en plus souvent, non pas d’ajouter une traduction en anglais, elle-même injustifiée, mais d’éradiquer purement et simplement toute présence de la langue française.
À titre d’exemple, les autorités françaises utilisent désormais les termes « Meet Africa » lorsqu’elles organisent en événement consacré aux diasporas africaines, la dénomination « Digital Challenge » lorsqu’elles lancent un appel à projets pour les entrepreneurs du numérique, ou encore « Africa creative » pour désigner la nouvelle politique en direction des artistes du continent. Et lorsque l’Agence française de développement (AFD) organisait sa fête en février 2023, elle brandissait « fièrement » le slogan « Let’s Start Together – The Party ! ».
Le phénomène est si grave, que les autorités françaises obligent même de plus en plus les francophones du reste du monde à communiquer uniquement en langue anglaise, sans que cela ne soit justifié. Ainsi, et lors de la 15e Conférence internationale organisée par l’AFD sur le thème de la « Sustainability », en décembre 2022, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne a été contraint de traduire en anglais sa communication qu’il avait rédigée en français. Une communication qui a ensuite été retraduite en français par les services de traduction simultanée pendant la conférence. Incroyable mais vrai !
8) Les interventions du Président français à l’étranger :
Contrairement à ses homologues chinois ou russe, qui s’expriment uniquement dans leur langue lors des différents sommets et événements internationaux auxquels ils sont conviés, et bien qu’elle ne bénéficie pas du statut de langue internationale, Emmanuel Macron est le seul et unique dirigeant d’une grande puissance non anglophone à s’exprimer régulièrement en anglais. Une attitude qui ne lui a pourtant jamais conféré le moindre avantage sur ses homologues chinois, russe, ou encore turque et brésilien.
9) La Coupe du monde de football féminin (France, juin-juillet 2019) :
Lors de cet événement sportif international, la dénomination retenue était exclusivement en langue anglaise (FIFA Women’s World Cup), alors que l’événement était organisé en France, et que la langue française est, de surcroît, une des langues officielles de la FIFA (statut qui n’est d’ailleurs nullement nécessaire pour que le pays hôte puisse également ajouter à ce genre d’événement un nom dans sa propre langue officielle). De même, les tenues des agents de sécurité présents à l’intérieur et aux abords des stades portaient des inscriptions en anglais. Par ailleurs, les inscriptions se trouvant sur les panneaux directionnels aux abords des stades étaient toutes d’abord rédigées en anglais, le français n’arrivant qu’en seconde position, et en plus, de manière à peine visible…
Ces nombreuses marques de mépris à l’égard des francophones, également observées au cours d’autres compétitions internationales, démontrent bien que la France ne mérite plus d’organiser des événements internationaux, qui devraient plutôt être confiés à d’autres pays, plus responsables, du vaste monde francophone.
10) L’intervention du Président brésilien Lula au « Concert pour la planète » (Paris, juin 2023) :
Lors de cet évènement organisé au pied de la Tour Eiffel, en présence d’environ 20 000 spectateurs, le discours adressé au public, et en portugais, par le président Lula a été traduit uniquement en anglais. Aucune traduction en français n’a donc été proposée pour ce discours en plein Paris, au pied de la Tour Eiffel. Incroyable mais vrai !
11) « Le French gut » (septembre 2022) :
Les deux organismes publics que sont l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) ont récemment lancé un vaste programme destiné à étudier le microbiote intestinal de la population française, en faisant appel à des dizaines de milliers de volontaires. Or, ce programme a été baptisé en anglais par des termes signifiant, littéralement, « l’intestin français ». Une appellation, là aussi, assez ridicule, comme le sont souvent d’ailleurs les noms donnés en anglais, cachant un cruel manque d’imagination et de créativité (intelligence désormais surtout présente en Afrique francophone et au Québec).
Ainsi, de plus en plus d’organismes publics, et avec le soutien constant d’Emmanuel Macron, suivent la même voie. Comme, par exemple, la Poste française qui a lancé, en toute illégalité, une banque en ligne intitulée « Ma french bank » (qui signifie, ridiculement, « Ma banque française »).
12) Une justice « bananière » qui refuse d’appliquer la loi :
Alors que la France ne cesse de donner des leçons à de nombreux pays à travers le monde, et notamment en Afrique et dans le monde arabe, l’État français se permet d’exercer une pression constante sur la justice française afin d’empêcher l’application d’un certain nombre de textes de loi, et notamment ceux relatifs à l’usage de la langue française.
Ainsi, plus de 90 % des plaintes déposées par les associations de défense de la langue française, pleinement justifiées et documentées, sont classées sans suite par des magistrats qui refusent d’appliquer la loi. Et lorsque de rares plaintes parviennent à être prises en compte, la justice française déforme bien souvent les textes de loi afin d’en empêcher l’application. Et ce, comme il a encore été possible de le constater en octobre 2022, lorsque la justice a refusé de condamner l’État français pour les marques « Choose France » et « French Impact », en avançant comme motif que les termes « choose » et « french » n’avaient pas d’équivalent en langue française !
Ce dernier point, très révélateur de la réalité de la justice française, souvent aux ordres du pouvoir politique, mérite une certaine explication : depuis la loi Toubon de 1994, les organismes publics français ont l’obligation de n’utiliser que des termes en langue française dans les marques et appellations qu’ils utilisent, sauf s’il s’agit de termes étrangers n’ayant aucun équivalent en français, selon la Commission d’enrichissement de la langue française. Cette commission est justement une structure publique ayant été créée afin de créer un équivalent en français pour de nouveaux termes récemment apparus dans des langues étrangères.
Cette commission n’a donc, par conséquent, nullement pour mission de traduire tous les mots étrangers, puisque des dictionnaires spécialisés s’en chargent déjà depuis des générations. Cependant, et vu l’instrumentalisation de la justice par les autorités françaises, les juges et tribunaux français oublient volontairement le rôle initial de cette Commission, se contentant de considérer que les termes qu’elle n’a pas traduits n’ont donc pas d’équivalent en français (comme le dit le passage de la loi Toubon, indiqué plus haut, si on le lit de manière volontairement « idiote » …). Par conséquent, et vu que les termes « french » et « choose » n’ont pas été traduits par la Commission (qui n’a pas à le faire, puisque des dictionnaires le font déjà), la « justice » française considère que ces termes n’ont pas d’équivalent français. Là encore, incroyable mais vrai !
Angliciser la France et la couper du monde francophone
Ces 12 points démontrent la gravité de la situation en France. Ces marques de mépris répétées et désormais quasi systématiques à l’égard des francophones et de la francophonie mondiale, qui choquent souvent les francophones du reste du monde, démontrent l’incontestable politique d’affaiblissement de la langue française et d’anglicisation de la France, menée tambour battant par les autorités françaises, et entrant dans le cadre d’une vaste politique visant notamment à dévaloriser la France aux yeux de la population française, et menée avec acharnement par les européistes et atlantistes qui dirigent le pays depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007.
Une politique ayant pour but de faire accepter à la population française le maintien du pays au sein de l’Union européenne et de l’alliance Atlantique (l’Otan, que la France avait pleinement réintégrée à l’époque du président Sarkozy, qui avait ainsi effacé l’héritage du Général de Gaulle, dont les défenseurs ont été écartés des plus hautes responsabilités et du corps diplomatique). Deux ensembles présentés alors comme nécessaires, et même vitaux, pour une « pauvre France » qui ne pourrait rien faire “seule”. Une France qui est pourtant, en réalité, globalement bien plus puissante que la Russie, à tous les niveaux… et qui est même 26 fois plus vaste que l’Allemagne, en tenant compte de son gigantesque espace maritime, le deuxième plus grand au monde.
Cette politique menée par les anglomanes, européistes et atlantistes, consiste donc notamment à couper le peuple français du monde francophone, en lui faisant oublier son appartenance à un très vaste espace linguistique, dont elle ne sait désormais pratiquement rien. Et en particulier en ce qui concerne les pays francophones du Sud, au sujet desquels les médias français n’alimentent qu’une image terriblement négative (avec l’appui, au passage, des associations de défense des immigrés et des clandestins…).
La population française n’a ainsi jamais droit à des images montrant le dynamisme économique de ces pays, la modernité de grandes métropoles francophones africaines, les grandes infrastructures réalisées et celles en cours… Aujourd’hui, la quasi-totalité des Français ignore jusqu’à l’existence même de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, le plus grand édifice chrétien au monde. Une incroyable ignorance qui concerne même l’écrasante majorité des plus fervents catholiques, et en particulier au sein de la nouvelle génération, constamment tenue à l’écart du monde francophone par les médias et l’Éducation nationale française.
Une des dernières illustrations les plus marquantes de cette désormais incontestable politique visant à couper le peuple français du monde francophone, fut la censure totale des derniers Jeux de la Francophonie, tenus à Kinshasa au cours de l’été dernier. En effet, et contrairement aux Jeux du Commonwealth, largement relayés par les médias britanniques, et comme pour leur édition de 2019 à Abidjan, les Jeux de la Francophonie 2023 ont fait l’objet d’une censure totale des grands médias hexagonaux destinés à la population française, qui se sont même démarqués de ceux des autres pays francophones du Nord, y compris outre-Atlantique.
Ainsi, et pendant toute la durée de ce grand événement, inauguré le 28 juillet dans un stade réunissant près de 80 mille spectateurs dans la désormais plus grande ville francophone du monde, avec ses plus de 15 millions d’habitants, aucune couverture médiatique n’a été assurée de la part de l’ensemble des grands médias nationaux français de la télévision (TF1, France 2, France 3, M6…), de la presse écrite (Le Figaro, Le Monde, Libération, Ouest-France…) et de la radio. Des médias à ne pas confondre avec ceux essentiellement destinés à l’étranger, comme France 24, TV5, RFI ou encore le Monde Afrique, dont le contenu diffère parfois considérablement de celui destiné à la population française, victime de nombreuses censures (Jeux de la Francophonie, Sommets de la Francophonie, agression et pillage rwandais de l’est de la RDC, manœuvres militaires russes en Algérie, visite de chefs d’États africains en Russie, conflit israélo-palestinien, part écrasante des pays d’Europe de l’Est dans les aides françaises au développement…).
En d’autres termes, sur les dizaines d’heures de journaux télévisés accumulés pendant les dix jours de compétition, et sur les centaines d’articles publiés par les grands quotidiens nationaux, aucune seconde ni aucune ligne n’a été consacrée à ce grand événement sportif francophone international, même pour les médailles remportées par des Français. Une censure qui est donc également appliquée par les chaînes de télévision publiques et les nombreuses chaînes de radio du groupe public Radio France. Ainsi, et au lieu de couvrir le lancement des Jeux, le 28 juillet dernier, le journal de 20h00 de France 2 a préféré consacrer un long reportage de 4 minutes et 18 secondes à la très « intéressante » migration des sardines en Afrique du Sud. Incroyable mais vrai. Autre exemple : deux jours plus tard, la très ancienne et célèbre émission hebdomadaire sportive, Stade 2, diffusée sur France 3, n’a daigné accorder aucune seconde à ce grand évènement francophone sur les 52 minutes et 54 secondes d’antenne !
Pour finir, seuls quelques rarissimes articles, rédigés par une petite poignée de médias (dont aucune chaîne de télévision), ont été timidement publiés… à l’occasion de la cérémonie de clôture ! Et probablement suite à un certain nombre de protestations…
Mais cette hostilité politico-médiatique à l’égard de la francophonie se manifeste également à travers la répartition des aides publiques françaises au développement, qui ne bénéficient que marginalement au Monde francophone, et ce au profit des pays d’Europe de l’Est membres de l’Union européenne, qui récoltent constamment la part du lion. En effet, et à partir des dernières données disponibles, la part du monde francophone n’a été que de 15,4 % du total des aides françaises au développement versées en 2021 (soit 3,5 milliards d’euros, aides bilatérales et multilatérales confondues), contre non moins de 43,3 % pour l’UE (9,9 milliards), presque intégralement destinés aux 13 petits pays d’Europe de l’Est et orientale, qui ne totalisent que 114 millions d’habitants, soit quatre fois moins que l’ensemble des 27 pays francophones du Sud (près de 450 millions début de 2021).
La situation est si absurde, qu’il n’y a qu’un seul et unique pays francophone parmi les 10 premiers pays bénéficiaires des aides françaises au développement (la Côte d’Ivoire, 8e). La Pologne, premier pays bénéficiaire, a reçu 9,3 fois plus d’aides que le Maroc, à la population quasi égale et grand allié de la France (2,565 milliards d’euros, contre 0,277 milliard). Et la minuscule Estonie, peuplée de seulement 1,3 million d’habitants, a reçu davantage d’aides que la vaste RDC, plus grand pays francophone du monde et qui vient de dépasser les 100 millions d’habitants (156 millions d’euros contre 147 millions). Là aussi, incroyable mais vrai… et totalement occulté par les médias.
Pourtant, cette politique d’aide au développement est contraire à toute logique économique ou géopolitique, et aux intérêts supérieurs de la France. Ainsi, et à partir du moment que la doctrine de la politique étrangère de la France semble être désormais de travailler et de s’épuiser financièrement au service des intérêts économiques allemands et des intérêts géopolitico-militaires des États-Unis (les pays d’Europe de l’Est étant avant tout, et de loin, un débouché pour les exportations allemandes, et des alliés géopolitiques inconditionnels des États-Unis, au détriment de la France et de l’Europe), il ne faut donc guère s’étonner de la voir perdre de son prestige et de son influence à l’international, et notamment dans les pays francophones du continent africain, au profit de diverses puissances étrangères, bien heureuses de profiter d’une si absurde politique étrangère.
Enfin, l’actualité internationale récente nous démontre une nouvelle fois les conséquences de cette anglicisation planifiée de la France, qui s’accompagne d’un alignement de plus en plus aveugle sur les positions américaines et européennes, dans un monde pourtant redevenu multipolaire, et en rupture totale avec la tradition gaulliste qui fit de la France une nation souveraine, respectée et admirée dans le monde entier. Ainsi, et lors de ses différentes interventions après le déclenchent de l’offensive palestinienne contre Israël, le Président Emmanuel Macon a toujours refusé de condamner l’occupation israélienne de la Palestine, préférant plutôt marteler sans cesse le « droit d’Israël à se défendre » (droit qui ne semble pas être accordé au peuple palestinien…).
Une attitude assez étrange au regard du droit international, et qui surgit dans un contexte où la Chine et la Russie ont clairement fait porter à l’occupation israélienne la responsabilité du drame actuel (contrairement à l’Ukraine…), où le Président russe a même comparé le siège de la bande de Gaza au siège nazi de Leningrad, où l’ANC de Nelson Mandela vient une nouvelle fois d’utiliser le terme « Apartheid » pour décrire la vie quotidienne de peuple palestinien (tout en soutenant explicitement le Hamas), où le gouvernement sud-africain a lui aussi fait porter l’entière responsabilité de la guerre actuelle à Israël (en citant notamment « la profanation des lieux saints musulmans et chrétiens », et sans ne jamais mentionner le Hamas, en dépit de ses actions meurtrières et condamnables menées contre des civils, mais qui demeurent inférieures en nombre à celles commises par Israël au cours des dernières années), où le Président du Venezuela a qualifié de « génocide » la politique israélienne menée de longue date à l’égard du peuple palestinien (dans le but de le faire disparaître progressivement, d’une manière ou d’une autre), et où le Président colombien a qualifié de « nazis » les propos tenus par certains hauts responsables israéliens, provoquant une grave crise diplomatique entre les deux pays . Des prises de position notables de pays « non musulmans » sur la scène internationale, qui n’ont d’ailleurs nullement été relayées par aucune des chaînes de télévision françaises destinées à la population française, ni même par les chaînes d’information en continu… censure atlantiste et européiste oblige (et qui frappe même les Français juifs opposés à l’occupation israélienne…).
Victime d’un environnement politico-médiatique incontestablement hostile en France, la francophonie mondiale, du Québec au Pacifique, ne doit plus suivre la France dans ses errements, planifiés par certains milieux, ou résultant de la naïveté d’autres. Au nom de leurs propres intérêts, nos frères francophones du reste du monde gagneraient même à se faire davantage entendre, à se décomplexer et à ne plus hésiter à exiger de claires explications à leurs confrères et homologues français, en cas d’attitude jugée hostile et néfaste à la langue française, et donc aux intérêts du monde francophone et de l’ensemble des pays et peuples qui le composent (dont le peuple français lui-même…).
La Foi est ici-bas le bien le plus précieux
Lu sur le site des Bénédictins de l’Immaculée :
La Foi est ici-bas le bien le plus précieux sans lequel nous ne pouvons être sauvés.
Rappelons-nous ce que nous avons appris dans notre catéchisme traditionnel : la foi catholique est une adhésion de l’intelligence aux vérités révélées par Dieu et enseignées par l’Eglise fondée par Jésus-Christ à laquelle Il a donné autorité et infaillibilité. C’est l’Église qui nous certifie que les vérités auxquelles nous croyons sont bien les vérités révélées. La foi exige l’adhésion à la totalité des vérités qu’elle nous enseigne. Douter, diminuer ou même nier volontairement une seule de ces vérités détruit la vertu de foi, car c’est rejeter la capacité de l’Église à enseigner la foi des Apôtres. Supprimez l’une des colonnes d’une cathédrale et tout l’édifice s’écroule.
Ceci est a fortiori le cas des fausses religions, où ne subsistent que quelques lambeaux de vérités. Malheureusement, le concile Vatican II laisse à penser, par son ambiguïté, que ces “vérités” seraient affectées en elles-mêmes d’un dynamisme qui conduirait à la vérité plénière et au salut. Le Père Garrigou-Lagrange enseignait au contraire que “les vérités contenues dans les fausses religions n’y sont pas comme l’âme de la doctrine mais comme les servantes de l’erreur”. Autrement dit, pour tromper quelqu’un il suffit de mélanger vérité et erreur. Et Pie XII enseignait clairement que s’il est vrai que, par exception, le salut peut se réaliser en dehors des limites visibles de l’Église, cela ne peut se produire que de manière strictement individuelle par une grâce spéciale de Dieu, et toujours à travers la véritable Église et non par la médiation des fausses religions. Celles-ci, en effet, par leurs erreurs, éloignent les hommes plutôt qu’elles ne les rapproche de la voie de la justification.
Aujourd’hui plus encore que jamais, un mouvement de contestation au sein de l’Église amoindrit la foi en tendant insidieusement à saper la base même de sa constitution : le principe hiérarchique dont la conséquence est l’inégalité des membres parmi lesquels on distingue :
- L’Église enseignante, c’est-à-dire le Pape, les évêques soumis à sa juridiction, et les prêtres par délégation de leur évêque.
- L’Église enseignée, c’est-à-dire les fidèles qui “n’ont aucune part à l’autorité ecclésiastique ; ils sont enseignés, gouvernés et sanctifiés par leurs pasteurs. Cependant ils peuvent, surtout à notre époque, les seconder puissamment en les aidant à distribuer l’instruction chrétienne aux enfants, en les soutenant de leurs ressources et en les défendant contre les attaques et les violences de l’impiété”. (La doctrine Catholique, Chanoine Boulenger). Et si des fidèles reçoivent des lumières du Saint-Esprit ils ne peuvent s’en prévaloir pour enseigner au sens propre. Car ce n’est pas à ces derniers qu’a été confiée la fonction d’enseignement mais bien aux seuls Apôtres et à leurs successeurs auxquels Jésus a dit: “allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit”.
Cependant, cela ne diminue pas la valeur du sensus fidei qui par la lumière du Saint-Esprit fait reconnaître la vérité aux fidèles, leur fait discerner les erreurs doctrinales ou morales qui mettent en péril leur foi, et leur donne la force de défendre avec vigueur la Tradition doctrinale et liturgique de l’Eglise.
Cette affirmation de sa constitution hiérarchique, a déjà été édulcorée par l’introduction d’une fausse conception du collège des évêques à la faveur du Concile Vatican II : la “collégialité” où le collège des évêques en communion avec le Pape est devenue un second pouvoir suprême dans l’Eglise, alors que le Pape seul possède “l’autorité suprême” qu’il exerce seul, même en s’adjoignant le collège. Le Concile Vatican II par son innovation élève ainsi le collège des évêques en une sorte de parlement démocratique, et la conséquence immédiate a été le pouvoir de fait, exhorbitant et contraire à l’ordre hiérarchique, donné aux Conférences épiscopales. “Les conférences épiscopales n’obéissent pas, mais tyrannisent les évêques qui n’osent pas protester contre des décisions collectives, de sorte que leur autorité est comme confisquée (cf. Mgr lefebvre, Lettre ouverte aux catholiques perplexes, ch. 13).” (voir l’article de l’abbé Nicolas Cadiet, FSSPX). Le synode sur la synodalité agrave davantage le bouleversement de la constitution hiérarchique de l’Église. Les préambules de ce synode font apparaître que des laïcs, hommes et femmes, se trouvent avoir un pouvoir hiérarchique de fait, par leur participation avec droit de vote à une assemblée de l’Église enseignante, ce qui est contraire à la Tradition de l’Église. De plus il apparaît que bon nombre d’entre eux ont des revendications contraires à la foi et à la morale : bénédiction des couples de même sexe, droit à la communion de divorcés remariés, diaconat ou même sacerdoce pour les femmes, remise en question de dogmes, etc. Quant à l’exercice du pouvoir, le danger existe déjà, mutatis mutandis, dans la plupart des diocèses, par le biais d’un appareil de direction et de responsabilités pastorales confiées à des laïcs, hommes et femmes, qui ont ainsi pouvoir de fait sur tout le clergé du diocèse, ce qui bouleverse l’organisation hiérarchique. Sans parler de la nouvelle organisation des dicastères romains avec des laïcs et des religieuses nommés à de hauts postes de direction. Par extention, l’introduction de filles au service de l’autel n’est pas anodine. Elle fait fi de l’ordre hiérarchique exprimé dans la liturgie. L’acolytat est un Ordre mineur, troisième degré vers le sacerdoce, et ne doit être accompli par substitution que par des garçons appelés d’ailleurs petits ou grands clercs.
Le péril est donc grand de voir de nouvelles réformes tenter de détruire ce qui reste de la Tradition. Mgr Marcel Lefebvre avait déjà dénoncé, dans sa déclaration du 21 novembre 1974, combien “Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.
Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.
« S’il arrivait, dit saint Paul, que NOUS-MÊME ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » Gal. 1, 8. (Mgr Lefebvre 21 novembre 1974).
En ce mois consacré au Saint Rosaire, tournons-nous vers le Cœur Immaculé de Marie pour obtenir de Celle qui est “forte comme une armée rangée en bataille”, de protéger l’Église de ses ennemis tant de l’intérieur que de l’extérieur, et que l’Épouse du Christ rayonne de nouveau à la face du monde, qu’elle redevienne la lumière des nations et l’arche du salut pour tous les hommes.
Ajoutons ce témoignage frappant du Cardinal Ratzinger, qui vient à point au moment d’invoquer la Très Sainte Vierge :
“Quand j’étais jeune théologien, écrit-il, avant et même pendant les sessions du Concile, j’avais … du mal à comprendre le vrai sens d’une … expression fameuse …, à savoir l’expression qui veut que Marie soit “victorieuse de toutes les hérésies”. Aujourd’hui seulement —en cette période de confusion où toutes sortes de déviations hérétiques semblent venir frapper à la porte de la foi authentique—, aujourd’hui je comprends qu’il ne s’agissait pas d’une exagération de dévots, mais de vérités plus que jamais valables”(Entretiens sur la Foi, Fayard 1985).
Et pourtant, malheureusement, le Cardinal, même devenu Pape, adhérait à des propositions du Concile Vatican II en contradiction avec le magistère antérieur.
Que la prière toute puissante de Marie, Mère de l’Église, nous obtienne auprès de Jésus la victoire sur l’hérésie anti-hiérarchique!
Mgr Benoît Gschwind nommé évêque de Pamiers
Le pape François a nommé le père Benoît Gschwind évêque de Pamiers le 28 octobre 2023. Ce Franco-Suisse ordonné au sein de la congrégation des Augustins de l’Assomption était depuis 2017 curé d’une paroisse du diocèse de Montpellier.
À 60 ans, il sera ordonné évêque le 26 novembre dans ce diocèse dont siège était resté vacant depuis le transfert l’an passé de Mgr Jean-Marc Eychenne dans le diocèse de Grenoble-Vienne.
Né le 30 septembre 1963 à Bâle (Suisse), Benoît Gschwind a réalisé une première année de médecine et un service civil en tant qu’objecteur de conscience avant d’entrer en 1984 au noviciat des assomptionnistes, congrégation de religieux fondée à Nîmes par le Père Emmanuel d’Alzon en 1845.
Ordonné prêtre en 1991, il est accompagnateur de l’aumônerie diocésaine de l’enseignement public dans le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes durant 6 ans. Il œuvre aussi au secteur pastoral de la ville nouvelle d’Évry.
De 1997 à 2001, il s’investit dans l’aumônerie régionale étudiante de la région parisienne (École Polytechnique féminine de Sceaux et ENS Cachan). Puis il devient rédacteur en chef de Prions en Église, titre appartenant au groupe Bayard, propriété des Assomptionnistes. Il occupera aussi le poste de directeur des rédactions des revues liturgiques.
Investi en parallèle dans le scoutisme, il est aumônier national des Scouts de France – branche Scouts – de 2002 à 2004, puis aumônier de la branche 11-15 ans des Scouts et guides de France jusqu’en 2008, année durant laquelle il devient aumônier général adjoint du mouvement.
En 2011, le Père Gschwind est choisi comme provincial de France des Augustins de l’Assomption puis, en 2014, provincial d’Europe, et ce jusqu’en 2017. Il est alors choisi comme curé de la paroisse Saint-Augustin de l’Aqueduc, dans le diocèse de Montpellier.
Plus jamais la guerre aux enfants à naître
Les amis de Jean Bernard Grenouilleau (1929-2011), fondateur de Laissez-Les-Vivre SOS Futures Mères et inventeur du nom, vous invitent à commémorer la 37ème cérémonie ” Plus jamais la guerre aux enfants à naître”, le samedi 11 novembre 2023 à 11 heures, place du Trocadéro, Paris (16 ème).
Pèlerinage Ad Petri Sedem: retour sur trois riches journées
D’un lecteur présent à Rome :
Le pèlerinage pour la liturgie traditionnelle à Rome en était à sa douzième édition. Malgré le contexte compliqué dans l’Église et les actuelles tensions, on pouvait constater la présence grandissante des fidèles. Malgré l’absence de messe à la basilique Saint-Pierre de Rome, les pèlerins ont été bien accueillis et ont pu prier dans cette église-mère. Comme si la vigueur de la crise n’en rappelait pas moins l’attachement au Siège de Pierre. La procession qui mena à la basilique Saint-Pierre, comprenant des fidèles encore plus nombreux que l’année dernière, fut même remarquée de l’extérieur. C’était le signe d’une Église, synodale, mais d’une synodalité de la prière.
Tout d’abord, la rencontre de Pax Liturgica organisée le premier jour faisait aussi bien apparaître le passé que le présent et l’avenir de la messe traditionnelle. Le passé, c’est d’abord le rappel d’un bouleversement qui ne pouvait laisser les esprits les plus honnêtes. Ainsi, au cours des années 1960 et 1970, dans ces différents manifestes et pétitions, il y eut non seulement des catholiques, mais mêmes des gens éloignés de l’Église catholique, qui ne comprirent pas l’effondrement de la liturgie et du rituel catholiques : ils pouvaient être de gauche, avoir frayé avec les républicains espagnols ou même être excentriques, ils ne pouvaient se résoudre à cet écroulement de la prière de l’Église. Le présent, c’est cette messe qui attire au-delà du milieu traditionnel, comme peuvent le rappeler ces conversions d’esprits éloignés de toute pratique religieuse. C’est aussi toute la floraison de ces initiatives pour défendre la Tradition, notamment sur internet et les réseaux sociaux, et qui rappelle que le contexte actuel n’est plus celui du verrouillage des années 1970. Enfin, le futur, ce sont ces perspectives encourageantes. L’Afrique est ainsi un vivier pour les vocations et les célébrations. La messe traditionnelle n’est pas vue comme la liturgie des « blancs ». Elle parle aussi à l’africain. Si le Motu proprio Traditionis Custodes a freiné certaines initiatives, il n’a pas entamé cet intérêt grandissant des fidèles et même des prêtres. Mieux : il a fait de la publicité à une messe peut-être interdite, mais qu’il est de plus en plus difficile d’ignorer. Les vêpres célébrées sous la présidence de Mgr Schneider à la basilique Sainte-Marie-des-martyrs (Panthéon) ont été le premier moment liturgique du pèlerinage romain. On pouvait constater encore plus de monde par rapport aux deux années précédentes.
Il n’y eut pas de messe à Saint-pierre de Rome le deuxième jour, mais le cœur y était. Partis de la basilique Saint Celse et Saint-Julien pour arriver dans ce centre de la catholicité romaine, les pèlerins ont vénéré les reliques de Saint-Pierre, puis participé à l’office de sexte à la Chaire de Saint-Pierre. La procession dans les rues de Rome, continuée sur la Via della Conciliazione, a été la première manifestation de la visibilité ecclésiale du pèlerinage. Il y avait de nombreux prêtres – certains connus de nos lecteurs – venus du monde entier, qu’ils soient des instituts traditionnels ou des différents diocèses. La messe traditionnelle est en effet une réalité ecclésiale transversale. Le samedi soir, lors du pot amical, Monseigneur Marco Agostini, cérémoniaire du Pape dont il est proche, était même présent pour échanger avec les prêtres et les laïcs.
Le lendemain, la messe célébrée à la Trinité-des-Pèlerins – église tenue par la Fraternité Saint-Pierre – qui a clos le pèlerinage, a été un adieu émouvant, comme un envoi en mission (ce qu’est la fin de la messe). La messe était célébrée par Monseigneur Pozzo, ancien responsable de la commission Ecclesia Dei, toujours à la Curie, et qui était de bonne humeur, avec une homélie tonique rappelant que les portes de l’enfer ne pouvaient prévaloir contre l’Église. Le pèlerinage est en effet suivi de près. Dans le monde entier. Mais aussi dans les sphères romaines. C’était peut-être l’autre message d’espérance de ces trois journées, notamment dans ce contexte d’achèvement du synode sur la synodalité.


De l’avortement à l’euthanasie, Macron devant la secte maçonnique
Le président de la République Emmanuel Macron interviendra le 28 octobre devant le Grand Orient de France, qui célèbrera son 250e anniversaire, l’occasion d’évoquer son projet de loi criminel sur la fin de vie.
Il déposera aussi cette semaine au Conseil d’Etat un projet de loi visant à inscrire dans la Constitution l’interruption volontaire de grossesse.
Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres “d’ici à la fin de l’année”, a confirmé le chef de l’Etat. Et examiné au Parlement au cours des “premières semaines” de 2024.
Ce projet de loi, contrairement à la proposition de loi sur le sujet actuellement en navette parlementaire, permet d’éviter la délicate étape d’un référendum. Et donc “de donner aux opposants au texte, qui seraient en réalité des opposants à l’IVG, une tribune totalement disproportionnée par rapport à ce qu’ils représentent en réalité”, justifiait l’Elysée.
Sur France 3, Marine Le Pen a jugé l’initiative “complètement à contretemps […] de ce que vivent les Français”. Pour elle, “ça ne sert à rien, puisqu’aucun mouvement politique […] ne demande la remise en cause de l’IVG”. Sic.
Reste à savoir si la rédaction retenue par le chef de l’Etat séduira au moins trois parlementaires sur cinq lors du Congrès — la réunion du Sénat et de l’Assemblée nationale, indispensable étape pour modifier la Constitution.
Entre le “droit” à l’IVG, retenu par l’Assemblée nationale, et la “liberté” préférée par le Sénat, Emmanuel Macron tente le “en même temps”. Dans sa proposition, l’article 34 consacrerait “la liberté” d’une femme à avoir recours à l’avortement, “qui lui est garantie”.
Alors que la France a battu en 2022 son record du nombre d’enfants massacrés, avec plus de 234000, les partisans de ce génocide en veulent encore plus.
Psaume 138
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Psaume 138
01 Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! +
02 Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées.
03 Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers.
04 Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, tu le sais.
05 Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres, tu as mis la main sur moi.
06 Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre !
07 Où donc aller, loin de ton souffle ? où m’enfuir, loin de ta face ?
08 Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici.
09 Je prends les ailes de l’aurore et me pose au-delà des mers :
10 même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit.
11 J’avais dit : « Les ténèbres m’écrasent ! » mais la nuit devient lumière autour de moi.
12 Même la ténèbre pour toi n’est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière !
13 C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
14 Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : * étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait.
15 Mes os n’étaient pas cachés pour toi * quand j’étais façonné dans le secret, modelé aux entrailles de la terre.
16 J’étais encore inachevé, tu me voyais ; * sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu’un seul ne soit !
17 Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante !
18 Je les compte : plus nombreuses que le sable ! Je m’éveille : je suis encore avec toi.
Une seule chair
Le film documentaire UNE SEULE CHAIR, de Steven et Sabrina Gunnell sera disponible en VOD sur la plateforme SAJE+ et en DVD dans toutes les librairies religieuses à partir du 31 octobre. Il fait intervenir de nombreux spécialistes de la vie conjugale et affective comme Yves Semen, le père Vincent de Mello, le père François Potez, Rachelle et Eric Dufour, Nathalie Loevenbruck,Tanguy Lafforgue, Maud et Alex Lauriot Prévost.
D’une durée de 2H20, ce documentaire livre le témoignage de plusieurs couples sur leur rencontre, leur vie conjugale, leurs difficultés, leur apprentissage de l’amour blessé par le péché et la culture de mort (pornographie, divorce, masturbation, contraception, avortement, relations extra-conjugales, homosexualité…). Ils témoignent que seule l’Eglise possède les clés de l’amour humain. Car dès la Genèse, nous découvrons que l’oeuvre de chair est voulue par Dieu
“C’est pourquoi, l’homme quittera son père et sa mère et il s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair”.
Et Notre-Seigneur le rappelle dans l’Evangile selon saint Marc (10,6-9):
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !
Quel est donc le dessein de Dieu pour la sexualité du couple ? Inspiré de la vision chrétienne de la sexualité développée par saint Jean-Paul II, et illustré par de nombreuses expériences pastorales concrètes et des témoignages conjugaux, ce film souhaite faire découvrir l’ampleur de « cet immense trésor confié par Dieu à l’humanité » (Benoît XVI), en vue de réjouir les époux et de guérir et restaurer notre sexualité blessée par le péché.
Pour tout savoir sur les apôtres
Dans quelques jours nous fêterons la Toussaint ! En plus d’un article sur cette belle solennité, le magazine Gloria, à partir de 10 ans, présente ce mois-ci douze saints (et même plus !) dans un dossier thématique consacré aux apôtres. Le dossier présente les douze apôtres, leurs années aux côtés du Christ et leur mission.
Qu’est-ce que la Toussaint ? Célébrée le 1er novembre, cette fête célèbre tous les saints. L’article vous raconte l’histoire de la Toussaint et vous explique la différence avec la commémoration de tous les fidèles défunts.
À l’occasion de la saint Martin, le 11 novembre, vous apprendrez à reconnaître ce saint au premier coup d’œil. L’article présente la vie de saint Martin sans oublier le célèbre épisode de « la charité de saint Martin ».
L’article retrace l’histoire de la médaille miraculeuse. Elle commence en 1830, quand la sainte Vierge demande qu’on fasse frapper une médaille et assure que ceux qui la porteront recevront de grandes grâces.
En quête d’esprit : Face à la mort
Alors que la macabre fête d’Halloween vient polluer la Toussaint et la fête des fidèles défunts, Aymeric Pourbaix reçoit :
Mgr François BUSTILLO, évêque d’Ajaccio et auteur de Le cœur ne se divise pas
Don Paul DENIZOT, recteur sanctuaire de Montligeon
Terres de Mission: Les questions embarrassantes des cardinaux conservateurs
Terres de Mission reçoit l’abbé Barthe pour parler du synode sur la synodalité et notamment des dubia, ces questions que cinq cardinaux “conservateurs” ont adressés au pape pour tenter d’éviter que le synode n’attaque la théologie traditionnelle de l’Eglise.
Puis, l’abbé Michel Viot présente son dernier livre sur les papes et la France. Au cours de cette émission, il évoque principalement les relations à la fois étroites et tourmentées entre Rome et les rois de France sous l’Ancien Régime.
Puis le P. Jean-François Thomas parle de son dernier livre sur les “Vertus méditées”.
Monseigneur Marc Aillet : Face à la crise de l’Eglise, le temps des saints
La crise qui ravage l’Eglise depuis des décennies est d’abord une crise de la foi et de la morale. Face à cela, les vrais réformateurs de l’Eglise ne sont pas ceux qui remettent en cause des vérités tant de fois énoncées mais les saints. Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar, Oloron témoigne de cette réalité : “Toute crise de l’Eglise est d’abord crise de la sainteté de ses membres”. Il porte ici une parole d’autorité pour fortifier la foi des fidèles.
Fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La fête du Christ-Roi a été instituée par le Pape Pie XI, le 11 décembre 1925, à l’occasion de la clôture de l’année jubilaire.
Il faut bien dire que le laïcisme contre lequel s’élevait le pape à l’époque est désormais devenu plus arrogant que jamais. La religion serait une affaire strictement individuelle. La société pourrait donc se passer de Dieu. On constate que ce n’est nullement le cas et que ces conquêtes laïques ont entraîné défaites morales, décadence des mœurs.
Dans le nouvel Ordo, cette fête a été renvoyée à la fin de novembre, au dernier dimanche de l’année liturgique, après celui où on lit l’Évangile de la fin du monde. M. Gire, ancien Secrétaire général d’Una Voce et fin grégorianiste, contestait à juste titre ce déplacement qui semble reporter ce règne après le jugement dernier et dénature ainsi le sens de la fête. Le nouvel Ordo Missae assume cet esprit qui se veut plus eschatologique. Il suffit de lire les changements que les réformateurs ont effectués dans les oraisons (Collecte, Super Oblata ou postcommunion) pour s’en convaincre. Ou de constater que deux strophes de la splendide hymne Te saeculorum des vêpres de la fête ont été purement supprimées dans le Liturgia Horarum de 2002. Voici ces deux strophes :
Te nationum Præsides
Honore tollant publico,
Colant magistri, judices,
Leges et artes exprimant.
Que les chefs des nations
Vous glorifient par des honneurs publics;
Que les maîtres et les juges vous confessent,
Que les lois et les arts portent votre marque.
Submissa regum fulgeant
Tibi dicata insignia:
Mitique sceptro patriam
Domosque subde civium.
Que les étendards des rois vous soient consacrés
Et resplendissent de vous être soumis,
Que votre douce autorité
Régente la patrie et les foyers.
Commentaires supplémentaires superflus !
Introït : Dignus est Agnus
Le texte de l’introït est tiré de l’Apocalypse de saint Jean au chapitre V. C’est la grande vision de l’Agneau immolé qui est seul digne d’ouvrir le livre aux sept sceaux, ayant mérité la royauté universelle par son sacrifice. Il reçoit les louanges et les acclamations de multitudes d’anges auxquels s’unit toute la création.
Dignus est Agnus, qui occísus est, accípere virtútem, et divinitátem et sapiéntiam, et fortitúdinem, et honórem, Ipsi glória et impérium in sǽcula sæculórum.
Il est digne l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l’honneur. À lui la gloire et l’empire pour les siècles des siècles.
Cette dernière phrase est prise dans un autre passage de l’Apocalypse, au début du livre. La mélodie de cet introït est originale, mais on y retrouve des formules habituelles à bon nombre d’autres pièces. Elle est très noble et solennelle.
Cet introït est accompagné du 1er verset du psaume 71, grand psaume messianique que nous allons retrouver au graduel.
Deus judícium tuum Regi da : et justítiam tuam Fílio Regis.
Ô Dieu, donnez au Roi votre jugement et au Fils du Roi votre justice.
Les cinq chants du propre de cette messe sont modernes puisqu’ils furent composés à l’occasion de l’institution de la fête en 1925. Ils n’en demeurent pas moins de l’authentique grégorien. Il est vrai qu’ils sont des adaptations de types anciens. Cet introït est par exemple calqué sur l’introït Dum Sanctificátus du samedi de la Vigile de la Pentecôte.
Graduel : Dominábitur
Le texte est issu du psaume 71, un des grands psaumes messianiques.
Dominábitur a mari usque ad mare, et a flúmine usque ad términos orbis terrárum.
Son pouvoir s’étendra d’une mer à l’autre et depuis le fleuve jusqu’aux extrémités de la terre.Et adorábunt eum omnes reges terræ : omnes gentes sérvient ei.
Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations le serviront.
C’est bien le Christ-roi, dont l’empire s’étend d’une mer à l’autre et à partir du fleuve, peut-être l’Euphrate, ou le Jourdain, jusqu’aux extrémités de la terre. C’est lui que tous les puissants de la terre doivent adorer et servir en se soumettant à sa loi. Ce texte nous rappelle évidemment la fête de l’Épiphanie où l’on retrouve à plusieurs reprises le psaume 71, et l’on ne s’étonnera donc pas que l’on ait repris pour ce graduel la mélodie de celui de l’Épiphanie qui s’adapte très bien au texte de ce jour.
Dom Gajard commente ainsi la mélodie sur la pochette d’un ancien disque 33T non réédité :
« Elle vaut surtout par sa beauté propre, sa ligne, d’abord ample, puissante puis, dans les enthousiastes envolées du verset, extraordinairement souple et balancée parcourant par deux fois toute l’étendue de la gamme modale pour aussitôt s’apaiser et se reposer dans un grand regard de complaisance ».
Alléluia : Potéstas ejus
Le texte provient du prophète Daniel qui eut, la 1re année du règne de Balthazar, roi de Babylone, une vision qui ressemble à celle que rapporte saint Jean au chapitre XIII et XIV de l’Apocalypse.
C’est la proclamation de la royauté éternelle du Fils de l’homme.
Potéstas ejus, potéstas ætérna, quæ non auferétur : et regnum ejus, quod non corrumpétur.
Sa puissance est une puissance éternelle qui ne sera pas emportée, et son règne est un règne qui ne sera point bouleversé.
Le Fils de l’homme, bien entendu, c’est le Christ ; il s’est lui-même à de nombreuses reprises attribué ce titre, notamment devant Caïphe. La mélodie est celle de l’alléluia du IVe dimanche après Pâques, Christus resúrgens : le Christ ressuscité ne meurt plus, la mort ne l’emportera plus sur lui. Le rapprochement entre les deux textes est évident. Cette mélodie est une magnifique acclamation ample et solennelle au Christ victorieux de la mort et de ses ennemis.
Offertoire : Póstula a me
Nous retrouvons un psaume messianique, le psaume 2.
Póstula a me, et dabo tibi gentes hereditátem tuam, et possessiónem tuam, términos terræ.
Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage, et pour domaine les extrémités de la terre.
Dans le psaume, il s’agit du roi d’Israël, dont par l’onction sacrée Dieu a fait son fils, c’est-à-dire son représentant sur terre pour gouverner les nations en son nom, mais il est là aussi la figure du Messie, véritable fils de Dieu à qui toutes les nations doivent être soumises. La mélodie de cet offertoire emprunte ses formules à celles des offertoires de la messe de minuit et de la messe du jour.
Communion : Sedébit Dóminus
Nous terminons les chants du propre de la messe du Christ-roi avec l’antienne de communion Sedébit dont le texte est extrait du psaume 28, un chant de louange à Dieu pour sa majesté et sa toute puissance. Ce verset a été choisi à cause du mot Roi qui y figure et qui s’applique aujourd’hui au Christ. En outre, il évoque la paix qui est un des bienfaits de la royauté de Notre Seigneur.
Sedébit Dóminus Rex in ætérnum.
Le Seigneur siège sur son trône, Roi pour l’éternité.Dóminus benedícet pópulo suo in pace.
Le Seigneur bénira son peuple dans la paix.
La mélodie est pleine de simplicité, et de cette paix dont parle le texte.
Témoignage du fils d’un leader du Hamas
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Extraits des entretiens donnés par Yusef fils d’un leader du Hamas à des journeaux américains (CNN et Fox News)
https://youtu.be/jwvsrybklf8si=_BigComcQVvZCvVN
https://youtu.be/TdPc4iqLjk8si=9CuLnqsYAaEWDkfu
Yusef est le fils d’un père fondateur du Hamas et est devenu par la suite l’un des principaux informateurs d’Israël.
« Quand j’étais enfant, je me suis toujours plaint des abus de pouvoir du Hamas. »
« Nous avons été témoins de leur brutalité lorsque j’étais en prison, lorsqu’ils ont torturé tant de Palestiniens. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’interroger sur le mouvement Hamas, sur la barbarie et la cruauté de ce que le Hamas a fait subir à des civils innocents le mois d’octobre.
Vous savez, en 1996, ils ont tué tant de gens, ils ont torturé tant de gens. »
Vous êtes devenu chrétien.
« Je ne suis pas devenu chrétien. Je suis fasciné par la conscience du Christ, l’amour de l’ennemi, le pardon, la compassion. Le pouvoir d’être crucifié et de supporter tout cela et toutes les erreurs de jugement, cela est le signe d’un grand pouvoir. »
« Ils sont très religieux, ce sont des fanatiques, mais je ne pensais pas qu’à un moment donné, ils allaient causer tout ce chaos mondial »
« Le Hamas endoctrine les enfants dès leur plus jeune âge. »
Que veulent-ils ?
« Eh bien, c’est un mouvement religieux, et c’est ce que tout le monde a peur de dire.
Si le Hamas était un mouvement politique alors nous pourrions satisfaire leur ambition politique. »
« Le Hamas est beaucoup plus dangereux que l’ISI. Le Hamas est un mouvement religieux, pas un mouvement politique. »
« Il veut anéantir Israël parce que c’est un État juif. Il veut établir un État islamique sur les décombres d’Israël. Ils ne sont pas un mouvement national, mais religieux. Ils ne croient même pas aux frontières. Ils sont animés par une haine noire envers une race, une nation. »
« Le Hamas est un mouvement religieux qui ne croit pas aux frontières politiques, ils veulent établir un État islamique par étapes sur les décombres de l’État d’Israël. Ils veulent y mettre fin. Ils veulent tuer tous ceux qui soutiennent Israël puis établir un État islamique. »
« Mais ce n’est pas la fin car leur ambition est mondiale Ils veulent établir à terme un État islamique, un État mondial. »
« Et plus nous leur donnons de pouvoir, vous savez, plus ils seront agressifs. Nous ne pouvons donc pas donner au Hamas ce qu’il veut. Nous ne devons pas leur donner ce qu’ils demandent, quoi qu’il en coûte. »
« Vous savez, en temps de guerre, des gens meurent et nous devons préparer le public. Je dis qu’il s’agit d’une guerre. Israël n’a pas commencé, mais Israël y mettra fin. »
Stratégies et solutions
« Leur stratégie consiste à se cacher derrière des enfants et des civils. Ils se cachent très rapidement derrière des boucliers humains et creusent des tunnels sous le sol. »
Ils sont toujours là et se préparent. Israël doit attendre et recueillir des renseignements. Nous avons besoin d’un siège très strict et infranchissable pour vaincre l’ennemi. Israël doit détruire les infrastructures du Hamas. Il faut couper la tête du serpent. Les Etats-Unis doivent donner à Israël la couverture nécessaire pour déraciner le Hamas. Israël se bat au nom du peuple palestinien et au nom du monde libre. Je sais que vous pensez que le Hamas est l’ennemi non seulement d’Israël mais aussi du peuple palestinien.
Et cette guerre, Israël ne l’a pas déclenchée. C’est le Hamas qui l’a déclenchée. »
« Ils déclenchent une guerre tous les deux ans lorsqu’ils veulent de l’argent c’est sur le sang de leurs enfants. »
« En fait, je plains Israël de devoir aller à Gaza où il y a des pièges partout et des tunnels partout.
Je ne sais pas combien de soldats israéliens doivent mourir pour détruire le Hamas. »
« Maintenant, ce que je suggère, vous savez, aux Israéliens, c’est d’attendre, qu’ils prennent leur temps, qu’ils recueillent des renseignements. »
« Nous devons libérer les Palestiniens et libérer Gaza du Hamas »
Croyez-vous que que l’aide n’ira pas au Hamas ? Croyez-vous que l’aide ira aux Palestiniens innocents ?
Vous savez, ce n’est pas le cas. Les États membres et l’Europe ont été très généreux avec le peuple palestinien. Tant d’aide est arrivée à Gaza. Le Hamas a utilisé toute cette aide pour construire des tunnels sous le sol. Et maintenant, regardez le chaos qu’ils créent.
Je suggère que nous ouvrions la frontière pour les Palestiniens innocents y compris les femmes, les enfants et les personnes âgées, de quitter la bande de Gaza ou de se rendre dans une zone sûre.
En attendant, nous devons imposer un siège infranchissable à Hamas. Sinon, nous ne pourrons pas les épuiser. Ils sont sous terre. Ils ont des otages. Nous devons couper l’électricité. Nous ne pouvons pas leur donner de nourriture. Nous ne pouvons pas leur donner de l’eau. Et nous devons les épuiser pendant de longues semaines, sinon nous ne pourrons pas gagner cette guerre contre cet ennemi brutal, ennemi de l’humanité.
Jean Madiran et Jérôme Lejeune : « coopérateurs de la vérité » comme Benoît XVI
De Rémi Fontaine :
En lisant la nouvelle et belle biographie d’Yves Chiron sur Jean Madiran (1), j’ai aussitôt pensé à celle d’Aude Dugast (ou d’Anne Bernet) sur Jérôme Lejeune (2). Il y a chez ces deux seigneurs de l’intelligence, que j’ai eu la chance de pouvoir côtoyer, tant de similitudes malgré leurs vies, leurs métiers et leurs tempéraments si différents. Ces similitudes conduisent à un troisième gentilhomme de la pensée, plus éminent encore, qui nous donne la raison de ces ressemblances par sa propre devise : « coopérateurs de la vérité » !
Sur le cardinal Ratzinger (puisqu’il s’agit de lui), avec qui il collaborera, Jérôme Lejeune pourra écrire justement :
« Je l’ai vu et entendu lors d’une séance de travail subir il n’y a pas d’autre mot des attaques personnelles très acerbes et des raisonnements théologiques démentiels sans se départir un instant de son calme et de sa bonté ! Il a ensuite repris tout le sujet traité en quelques minutes, a remis à l’endroit tout ce qui était cul par-dessus tête, avec à chaque instant un respect des personnes que ses interlocuteurs n’avaient guère manifesté. Dans la discussion c’est l’esprit le plus clair et le plus charitable que j’aie jamais rencontré. Il ne s’incline que devant la vérité. Mais il sait la chercher. »
Avec des nuances et malgré certaines apparences trompeuses, ce portrait du « Mozart de la théologie » pourrait s’appliquer aussi bien au docteur scientifique de la vie (que fut Lejeune) qu’au docteur philosophique de la loi naturelle (que fut Madiran), les trois restant des apôtres de la piété filiale, doux et humbles de cœur.
Yves Chiron définit ainsi la personnalité de sa biographie comme un « homme de dialogue » :
« L’expression peut surprendre tant le nom de Madiran est attaché à la controverse ou à la polémique. Or, tout au long de sa vie Madiran a voulu engager un dialogue intellectuel avec ses adversaires ou supposés tels. Il aimait la confrontation des idées… Il reste une figure majeure du catholicisme français contemporain, non pas marginale mais sous-estimée ou caricaturée par ses adversaires et parfois méconnue par ceux-là même qui le lisaient. »
J’ai témoigné par ailleurs – L’Action familiale et scolaire, avril 2022 (3) – avec quelques souvenirs personnels, de l’extraordinaire délicatesse et humilité du Pr. Lejeune. Attaqué de toutes parts pour son combat scientifique, prophétique et eschatologique en faveur du respect inconditionnel de la vie humaine et innocente, il demeura toujours d’une charité remarquable, soucieux du salut de l’âme de tous. Lâché par les politiciens, par ses pairs (qui trahissaient leur vocation), il ne se consola jamais de l’avoir été par les évêques eux-mêmes. La parenthèse lumineuse que lui offrit son ami le pape Jean-Paul II à la fin de sa vie (avec la fondation de l’Académie pontificale pour la vie) ne l’empêcha pas d’avoir été un humble mais incomparable soldat de la Vie sous les horions, cela presque jusqu’à un certain martyr : « Et si fefelitur, de genu pugnat » ! Et s’il vient à tomber, c’est à genoux qu’il combat !
Dans Itinéraires de chrétienté avec Jean Madiran (Presses de la délivrance, 2018), j’ai pu saluer également le veilleur debout que fut celui-ci dans la crise de l’Eglise : « Le grand Veilleur debout sur la tranchée. » Placé par sa formation et sa vocation de publiciste en un lieu d’observation particulièrement bien situé, au carrefour entre la philosophie réaliste et la théologie révélée, à la jointure du religieux et du politico-religieux, il aura été non seulement un guetteur mais un « cibleur », un tireur d’élite, apte à réaliser des tirs de précision à l’aide d’un matériel adapté et de munitions choisies. Des tirs de légitime défense contre les indigentes démonstrations humaines des ennemis de l’Église, mais aussi et surtout contre certains membres de la hiérarchie catholique, docteurs douteux ou distraits, prévaricateurs ou apostats, commissaires de tout acabit. Selon « le devoir de charité qui est celui du soldat contre le barbare », l’argumentation et la réfutation étant ses « seules armes de simple soldat ».
Sans doute y eut-il parfois certains excès ou certaines susceptibilités. Sans juger les reins et les cœurs, l’on n’imagine pas aujourd’hui la cause de béatification de Jean Madiran s’ouvrir comme on a pu le faire pour Jérôme Lejeune ou comme on le fera peut-être un jour pour Benoît XVI. Mais même les saints ont leurs défauts ! Je me rappelle notamment d’une rare colère – sainte colère sans doute ! – du professeur à l’endroit d’un intervenant trop intrusif lors du symposium de Rome sur le linceul de Turin. Reste visiblement et sûrement une certaine héroïcité des vertus intellectuelles communes à ces deux sages laïcs : la passion pour la vérité et l’honnêteté intellectuelle ont aujourd’hui un prix à payer qui est la caricature, la stigmatisation et la relégation sociologique.
Que dire enfin de Joseph Ratzinger, devenu Benoît XVI, surnommé calomnieusement le rottweiler de Dieu ou le Panzer cardinal ? Sinon qu’il demeurera plutôt dans l’histoire ce docteur melliflu, pour qui, à l’instar de saint Bernard :
« La science n’est pas un but dernier, mais plutôt un chemin qui conduit à Dieu ; ce n’est pas une chose froide sur laquelle s’attarde vainement l’esprit… mais c’est une chose mue par l’amour, poussée et dirigée par lui. » (Pie XII).
La formule johannique « coopérateurs de la vérité » exprime bien l’intention de ces trois chercheurs de Dieu, dont l’intelligence se voulait ordonnée à Celui qui s’est présenté à nous comme la Vérité, la Voie et la Vie. Qui dit coopération dit bien commun. Cette coopération, ils la proposent à tous, fidèles et « infidèles », à différents niveaux (scientifique, philosophique, théologique), afin précisément d’ordonner le bien commun temporel au Bien commun surnaturel qui est le Dieu de l’Évangile. Ils savent aussi, chacun à leur rang si différent, qu’il ne leur appartient pas de faire triompher la vérité mais de la confesser jusqu’à la mort.
Même dans l’obscurité qui recouvre aujourd’hui notre monde, « opera Christi non deficiunt, sed proficiunt » (les œuvres du Christ ne reculent pas mais elles progressent). Merci et honneur à ces veilleurs dans la nuit, en attente de l’aube qu’ils nous désignent, à ces artisans de paix par les œuvres de miséricorde spirituelle qu’ils ont produites !
Rémi Fontaine
(1) Jean Madiran, 1920-2003 par Yves Chiron, DMM, 2023.
(2) Jérôme Lejeune, la liberté du savant par Aude Dugast, Artège, 2019.
Jérôme Lejeune, biographie par Anne Bernet, Presses de la Renaissance, 2004.
La longue tradition de violences de l’extrême-gauche
De Benoît Dumoulin dans France catholique :

La crise arienne : L’univers gémissant fut étonné de se réveiller arien
Conférence d’une heure donnée le 14 juillet par Côme de Prévigny lors de l’Université d’été 2023 de Renaissance Catholique, sur la crise arienne :
“Quand le Président de la République part en Israël, il est lesté par les arrières-pensées qu’il laisse dans les banlieues”
Geoffroy Lejeune face à Philippe de Villiers :

