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2024 est en Russie « l’année de la famille »

Extrait du discours de Poutine devant le Forum de la famille :

“Aujourd’hui, dans certains pays, comme vous le savez, l’institution de la famille, les valeurs humaines normales, simplement normales, sont cyniquement détruites et remplacées par de pseudo-valeurs. Dans ces pays, les valeurs familiales traditionnelles sont également oubliées. Mais nous, au contraire, nous les préserverons, nous les renforcerons, nous les transmettrons aux générations futures. C’est un choix irrévocable de notre pays. Et nous croyons que les valeurs traditionnelles, ainsi que les aspirations des peuples à la vraie liberté, à la justice et à la souveraineté, serviront de pilier au monde multipolaire, dont les processus de formation sont en cours et dont la dynamique est croissante.”

“Emmanuel Macron, qui n’a pas eu d’enfant, est manifestement incapable de se mettre à la place des parents”

Sabine de Villeroché a interrogé pour Boulevard Voltaire Ludovine de La Rochère sur le nouveau gouvernement. Extraits :

Instauration d’un nouveau congé parental et lutte contre l’infertilité : ces mesures annoncées par Emmanuel Macron sont-elles à la hauteur de l’enjeu démographique ?

Non seulement ces propositions, qui s’apparentent à des trouvailles de dernière minute, ne sont pas à la hauteur, mais, pire, le « congé de naissance » irait à l’encontre du but recherché.

L’idée d’Emmanuel Macron est de remplacer le congé parental actuel, qui peut aller jusqu’à trois ans, par un « congé de naissance », qui serait certes mieux indemnisé, mais qui serait de seulement six mois pour chaque parent, cette durée incluant le congé de maternité et de paternité. Imaginer que les mères – car ce sont elles, dans 99 % des cas, qui prennent un congé parental – ne puissent plus rester plus de six mois auprès de leur tout petit alors qu’elles le souhaiteraient serait infiniment désolant, aussi bien pour les parents que pour les enfants. Car il est évidemment plus confortable et apaisant pour un nourrisson d’être à la maison auprès de sa mère plutôt que d’être en collectivité. Je rappelle, au passage, qu’en crèche, un adulte s’occupe à lui tout seul de 5 à 8 tout-petits (suivant leur âge). L’attention donnée à chacun est donc bien différente de la maison !

Et, naturellement, cela ne favoriserait en rien la natalité, bien au contraire. Déjà, les places en crèche et chez les assistantes maternelles sont largement insuffisantes. Cela signifie que les parents seront très angoissés à l’idée de ne pas trouver de moyen de faire garder leur enfant au bout de ces six mois, ou douze si le père prend aussi ce congé de naissance. Ce serait la meilleure manière, en fait, de dissuader d’avoir un enfant. D’ailleurs, les témoignages en ce sens fleurissent sur les réseaux sociaux depuis la conférence de presse présidentielle.

Certes, Emmanuel Macron promettra de nouvelles places de crèche, mais ce sera de la poudre aux yeux. Créer des places est très difficile – et aucun gouvernement n’a tenu ses promesses en la matière depuis bien longtemps –, notamment parce qu’il y a un problème majeur de recrutement.

Mais le comble, c’est que ces places de crèches représentent un budget beaucoup plus important pour les finances publiques que le congé parental : la crèche coûte 2.000 € par mois par enfant à la collectivité, contre 429 € par mois pour l’allocation PreParE versée aux parents pour le congé parental. Il serait donc tout à fait possible de revaloriser le congé parental – largement insuffisant à ce jour – tout en maintenant sa durée actuelle.

En outre, il faut absolument supprimer les conditions imposées depuis 2015 pour le congé parental : les parents ont en effet l’obligation de se répartir ce congé. La mère ne peut plus prendre que deux années, et si le père ne prend pas la troisième année, celle-ci est perdue. Or, les pères ne le prennent pas plus qu’avant 2015, ce qui signifie que les parents doivent trouver un moyen de faire garder leur enfant de ses 2 ans jusqu’à l’entrée à l’école. Et, précisément, c’est l’une des raisons du décrochement de la natalité en 2015.

Emmanuel Macron, qui n’a pas eu d’enfant, est manifestement incapable de se mettre à la place des parents et de comprendre quelque chose aux problématiques de l’accueil de l’enfant !

[…]

Bruno Le Maire, pourtant initialement hostile à la GPA, déclare, lui, « poursuivre sa réflexion sur le sujet » et semble prêt à changer d’avis au nom de « l’esprit d’ouverture ». Y voyez-vous le signe d’une probable légalisation à venir de la GPA ?

C’est une mauvaise nouvelle parce que tout avis positif, tout signe en faveur de cette pratique est un scandale au regard de ce qu’elle est, à savoir une exploitation de la femme, une chosification de l’enfant, un trafic international d’êtres humains. Comme pour la loi Taubira, sur laquelle il s’était abstenu en 2013, on peut penser que Bruno Le Maire souhaite avant tout se donner une image de modernité, d’ouverture. Mais la GPA n’a rien de moderne ni de sympathique. Il fait une lourde erreur. Une grande part des féministes y est d’ailleurs farouchement opposée. Et je crois vraiment que tôt ou tard, tous ceux qui se seront déclarés favorables à cette pratique et l’auront facilitée seront condamnés par les générations à venir.

Quant à son argumentation (il a déclaré avoir été touché par l’histoire d’un couple d’amis qui a obtenu un enfant par GPA), elle est indigne d’un politique, qui plus est de son niveau. La politique doit reposer sur la raison et non sur l’affect. Elle implique impérativement de savoir prendre du recul, de réfléchir à la portée des décisions pour l’ensemble de la société, d’analyser les implications et conséquences. Or, sur la gestation pour autrui, celles-ci sont insupportables et indéfendables.

Mais je ne pense pas que cela annonce un projet de légalisation d’ici 2027. Cela me semble plutôt correspondre aux ambitions présidentielles de Bruno Le Maire, à sa stratégie pour 2027 ou 2032, car il est de notoriété publique que c’est son obsession. Comme Emmanuel Macron et d’autres, il veut payer son écot à la gauche progressiste. Mais la GPA est un sujet atypique qui divise profondément à gauche et qu’une grande part de l’électorat de droite n’admettra pas. La GPA, c’est tout, sauf un pari gagnant !

Immigration : la tyrannie des juges

Le Conseil constitutionnel a censuré plus du tiers des articles. 32 sont jugés sans lien suffisant avec le texte, dont le durcissement de l’accès au regroupement familial. 35 des 86 articles du projet de loi ont été totalement ou partiellement censurés par l’institution présidée par l’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius.

Le même jour, nous apprenons que plus de 323 000 premiers titres de séjour ont été délivrés en France l’an dernier, selon le ministère de l’Intérieur . Un nombre record et une hausse par rapport à l’année précédente. Les régularisations de personnes sans-papiers ont été quasi-stables (+0,3 %) à un peu plus de 34 000. Les expulsions ont augmenté de 10 % l’an dernier pour dépasser la barre de 17 000. Une paille.

En revanche, « nous avons une augmentation très importante des expulsions », s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Celles-ci ont augmenté de 10 % pour dépasser la barre de 17 000, selon le rapport.

« Les chiffres de l’immigration 2023 reflètent nos priorités politiques », a réagi le ministre sur X.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé «un coup de force des juges, avec le soutien du président de la République lui-même».

“La loi immigration est mort-née. La seule solution, c’est le référendum sur l’immigration”

Dans Le Figaro, Vincent Trémolet estime :

«3 Français sur 4 veulent drastiquement renforcer la maîtrise de nos frontières. La volonté majoritaire doit-elle s’arrêter là où commence celle des juges? De Gaulle a répondu: “en France, la meilleure cour suprême, c’est le peuple”»

Eric Zemmour a déclaré :

Comme je l’annonçais, il ne restera rien d’autre dans cette loi que la régularisation de 10 000 clandestins de plus par an, sans compter le regroupement familial. Merci Macron, merci Darmanin, merci Marine Le Pen et merci Eric Ciotti.

En 1997, il dénonçait déjà :

I-Média : Ils nous insultent avec nos impôts

Cette semaine dans “I-Média”, Jean-Yves Le Gallou et Lucas Chancerelle reviennent dans l’image de la semaine sur le traitement médiatique de la révolte des agriculteurs et le drame de la mort de l’agricultrice et de sa fille, tuées par une voiture bélier.

Le dossier du jour est consacré au service public audiovisuel comme relais de la propagande d’Etat qui s’est récemment illustré par le “Complément d’Enquête” sur Jordan Bardella et l’affaire du Lycée Stanislas.

Enfin, les pastilles de l’info :
1) Décryptage : le domicile de Anne-Sophie Lapix cambriolée
2) Le super bobard : Affaire Théo
3) Propagande propagande : Duhamel encense Jupiter !
4) Grande occultation dans l’affaire Beltrame

Pour conclure, le portrait piquant du jour en partenariat avec l’OJIM consacré à Frédéric Taddeï, à la croisée des chemins entre les médias “mainstream” et alternatifs.

Contre l’avortement dans la Constitution, écrivez aux élus

Communiqué de la Marche pour la vie (que vous pouvez soutenir ici) :

Avec plus de 10 millions d’avortements en France depuis 1975, ce qui est menacé dans notre pays, ce n’est pas l’avortement, c’est le droit de naitre.

Or, sur proposition du gouvernement, l’Assemblée Nationale a examiné le 24 janvier le projet de loi de constitutionnalisation de l’avortement pour que la liberté des femmes de recourir à l’IVG soit « irréversible ». Les débats ont été vifs et nous remercions les députés courageux qui se sont opposés à ce texte. Dans la nuit, au moment du vote, 13 députés se sont prononcés contre, 99 pour.

Le vote solennel doit intervenir à l’Assemblée Nationale, mardi 30 janvier 2024. Si nous pouvons nous attendre qu’une forte majorité des députés vote ce texte, le président du Sénat, M. Gérard Larcher « est opposé à ce que l’IVG soit inscrite dans la Constitution. Il ne pense pas que l’IVG soit menacée en France et considère que la Constitution n’est pas un catalogue de droit sociaux et sociétaux ». Nous appelons tous les « sages » de la République à rejeter ce texte.

Cela rejoint les convictions des milliers de marcheurs pour la vie qui se sont retrouvés à Paris le 21 janvier, pour demander le déploiement de politiques de prévention de l’avortement, et dire non à l’inscription dans la Constitution.

Vous pouvez écrire à vos sénateurs dès maintenant et les encourager en utilisant le site des AFC, l’une de nos associations partenaires, qui propose différents formats de lettres.

J’ÉCRIS À MES ÉLUS

Il devient essentiel de créer une mission d’étude parlementaire pour mieux comprendre les causes et les conséquences de l’avortement, comme le souhaitent 88% des Français (sondage IFOP Octobre 2020), afin de réduire le drame qu’est l’avortement et d’entrer dans un cercle vertueux pour des raisons de santé publique, démographiques et économiques.

Procès Beltrame : les étranges liens entre la Préfecture et un caïd des cités

Jugé pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un crime d’atteinte aux personnes » au procès de l’attentat de Trèbes et de Carcassonne, qui s’est ouvert lundi 22 janvier, Reda El Yaakoubi entretenait des liens avec un délégué du préfet de l’Aube et bénéficiait de « traitements de faveur ».

Reda El Yaakoubi, le « parrain » de la cité d’Ozanam à Carcassonne, connu pour trafic de drogue, serait très proche de Radouane Lakdim (il est suspecté de lui avoir fourni de l’argent et des armes), te terroriste qui a tué Arnaud Beltrame, et semble adepte d’un islam radical. Lors d’une garde à vue, l’individu, qui a le droit de contacter un proche, a appelé le délégué du préfet. Ce dernier était chargé de négocier « des mises hors de cause ou des reports d’audition par la police dans des affaires où il paraît impliqué », tandis que le caïd devait obtenir « des informations relatives aux incidents dans le quartier et un retour au calme (dans la cité) ».

Reda El Yaakoubi avait ainsi pu « bénéficier d’informations couvertes par le secret professionnel », de « traitements de faveur » et « d’une forme d’impunité », relate Le Point. Le délégué lui aurait par exemple soufflé « une version à fournir à la police » lors de ses auditions.

Concernant le délégué, aucune procédure n’a été ouverte à son encontre. Il exerce désormais dans une mairie du sud de la France.

La non-mixité à l’école, un sujet tabou en France

Suite à la polémique Oudéa-Castéra, qui a mis ses fils dans des classes non-mixtes, Le Parisien publie un article pertinent sur le sujet, interrogeant notamment Michel Valadier, président de la Fondation pour l’école. Extraits :

Dans le privé sous contrat, quelques établissements – comme le collège Stanislas – pratiquent la non-mixité dans certaines classes. Cela concernerait environ 1 % des près de 7500 établissements privés sous contrat. Dans le public, seule l’école de la Légion d’honneur est exclusivement réservée aux filles. En France, la pratique est autorisée pour les établissements sous contrat depuis 2008, quand un texte de loi passé relativement inaperçu a modifié la législation de 1975 qui imposait la mixité à tous les établissements.

« La non-mixité n’est pas choisie par des mormons qui ne veulent pas que des garçons voient des filles ! ». « Les filles ont souvent un niveau de maturité plus élevé que les garçons à partir du début du collège. Cela permet d’adapter la façon d’enseigner ».

Séparer les sexes à l’âge de la puberté permet aussi de « faciliter la concentration des garçons et des filles pendant les cours ».

Aucune étude n’a été menée en France sur cette option pédagogique. Mais ce n’est pas le cas à l’étranger.

« Ce ne sont pas des résultats spectaculaires mais ils montrent qu’en moyenne, les élèves réussissent mieux en non-mixité dans les matières « sexuées ».

« Dans les classes mixtes, les filles sont souvent meilleures donc les garçons pour se démarquer et se faire remarquer ne vont pas travailler, vont brocarder les filles qui travaillent… Les classes non-mixtes permettent de les emmener plus loin ».

Fiducia supplicans : “L’impression que l’on trafique le thermomètre moral pour bénir des actes désordonnés ne peut que rendre le sensus fidei suspicieux”

La Revue Thomiste propose à son tour une première analyse de la déclaration “Fiducia supplicans”. En voici quelques extraits :

[…] En rappelant l’origine et la fin de toute bénédiction, il apparaît alors clairement quelle est la grâce que l’on demande lorsqu’on bénit : elle doit apporter la vie divine pour être « saints et immaculés dans sa présence ». Il n’y a donc de bénédiction qu’en vue de la sanctification et de la libération du péché, servant ainsi à la louange de Celui qui a fait toutes choses (Ep 1, 12).

Déroger à cet ordre divin de la bénédiction pour le salut est impossible à l’Église. Tout propos de bénir sans que cette bénédiction soit explicitement ordonnée à être « saints et immaculés », même pour des motifs par ailleurs louables, heurte donc immédiatement le sensus fidei.

[…] Il n’est dès lors pas étonnant que le sensus fidei soit troublé lorsqu’il est enseigné qu’un prêtre, requis comme ministre du Christ, pourrait bénir sans que cette bénédiction soit une action sacrée de l’Église, simplement parce qu’aucun rituel n’a été établi. Cela revient à dire soit que l’Église n’agit pas toujours comme l’Épouse du Christ, soit qu’elle n’assume pas d’agir toujours comme l’Épouse du Christ.

[…] Il est donc compréhensible que le sensus fidei soit troublé lorsque les bénédictions sont présentées de telle sorte que leur portée morale devient confuse. En effet, l’instinct de la foi ne s’attache pas seulement aux vérités révélées mais il s’étend à la mise en pratique de ces vérités dans la conformité aux mœurs de l’Évangile et de la Loi divine (cf. par ex. Jc 2, 14s.). C’est pourquoi le sensus fidei répugne à voir la boussole morale des bénédictions neutralisée ou faussée. — Ainsi lorsqu’on met en exergue une condition de la bénédiction au détriment des autres. Par exemple la miséricorde de Dieu et son amour inconditionnel pour le pécheur n’empêchent pas la finalité de cette miséricorde et de cet amour inconditionnel, et n’annulent pas les conditions du côté du bénéficiaire ni l’ordre des bienfaits. — De même, lorsque l’on évoque les effets plaisants (le réconfort, la force, la tendresse) en taisant les effets déplaisants alors qu’ils sont les chemins nécessaires de la libération (la conversion, le rejet du péché, la lutte contre les vices, le combat spirituel). — Enfin, lorsqu’on s’en tient à des termes généraux (la charité, la vie) sans indiquer les conséquences concrètes qui sont la raison même d’une bénédiction particulière.

[…] L’impression que l’on trafique le thermomètre moral pour bénir des actes désordonnés ne peut que rendre le sensus fidei suspicieux. Certes, cette suspicion a besoin d’être purifiée de toute projection dans une moralité idéale ou d’une rigidité morale valable seulement pour les autres. Mais il reste que le sensus fidei touche juste lorsqu’il s’alarme de ce qu’on pourrait attribuer à Dieu de bénir le mal. Quel pécheur ne serait pas bouleversé si une voix autorisée lui apprenait que, finalement, la miséricorde divine bénit sans délivrer, et qu’il sera désormais accompagné dans sa misère mais aussi abandonné à sa misère ?

[…] L’incohérence et le manque de responsabilité du Magistère sont incontestablement une cause de grand trouble du sensus fidei. D’abord parce qu’ils introduisent l’incertitude quant aux vérités réellement enseignées par le Magistère ordinaire. Plus grave, ils ébranlent la confiance dans l’assistance divine du Magistère et l’autorité du successeur de Pierre qui, elles, appartiennent au dépôt sacré de la parole de Dieu.

[…] Fiducia supplicans a eu lieu. Même en remontant plusieurs siècles en arrière, ce document ne connaît pas d’équivalent. Le trouble dans le peuple de Dieu est arrivé et cela ne peut être défait. Il faut maintenant œuvrer pour réparer les dommages, et pour que leurs causes, dont celles que nous avons relevées, soient résorbées avant que la déflagration ne s’étende. Cela ne sera possible qu’en restant unis autour du Saint-Père et en priant pour l’unité de l’Église.

Le gouvernement allemand tente de restreindre le militantisme pro-vie devant les centres d’avortement

Le 24 janvier, le cabinet du gouvernement allemand a accepté la proposition de loi restreignant l’activisme pro-vie devant les cliniques d’avortement. Le ministre de la famille, Lisa Paus, a déclaré qu’elle espérait que le projet de loi serait adopté cet été par le Parlement allemand.

Selon le journal allemand Der Spiegel, le ministère de la justice et le ministère de la famille se sont mis d’accord sur un projet de loi visant à interdire ce que l’on appelle le “harcèlement de trottoir” des femmes devant les cliniques d’avortement. Selon la loi, aucun obstacle ne pourra être érigé devant les cliniques d’avortement à l’avenir, et les femmes enceintes ne pourront être “approchées, harcelées ou intimidées contre leur volonté”, rapporte Der Spiegel. Il sera également interdit de diffuser des informations sur la grossesse et l’avortement qui sont “fausses ou qui visent à causer une forte détresse émotionnelle aux femmes enceintes”. Une violation de la nouvelle loi serait considérée comme une infraction administrative.

Lisa Paus a déclaré que “la liberté d’expression des soi-disant pro-vie a ses limites”. En 2022 déjà, Mme Paus avait le projet de forcer les étudiants en médecine en Allemagne à participer à des avortements pour obtenir le titre de médecin. Le gouvernement a également aboli l’interdiction de la publicité pour les avortements, ce qui permet aux avorteurs d’utiliser le marketing pour leurs “services” consistant à tuer des enfants à naître.

Cette loi fait partie d’une campagne médiatique et tente de faire passer le message que les veillées de prière devant les cliniques d’avortement seront illégales. Il s’agit plutôt d’une “guerre psychologique” contre les pro-vie. Le mouvement des 40 jours pour la vie a déjà gagné plusieurs procès lorsque les autorités locales ont tenté d’interdire leurs veillées de prière, par exemple à Francfort et à Pfortzheim.

Bien sûr, personne n’est harcelé, et il n’y a jamais eu d’incidents ni de plaintes sérieuses, pas plus qu’il n’y a eu de rapports ou de preuves que quelque chose de ce genre s’est produit. Tout cela relève du domaine de l’insinuation, notamment de la part de l’organisation pro-avortement “pro familia”, la branche allemande de la Fédération internationale du planning familial. Cette loi s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’intimidation à l’encontre des défenseurs de la vie.

Avortement : il reste quelques députés courageux

Hier l’Assemblée nationale examinait le projet de loi visant à constitutionnaliser l’avortement.

Les députés LR Xavier Breton, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Véronique Besse, Marc Le Fur, Anne-Laure Blin, ainsi qu’Emmanuelle Ménard avaient déposé des amendements de suppression de l’article. Seuls 27 députés ont voté pour (sur 230 parlementaires présents). Voici ces courageux députés :

RN :

  • Christophe Barthès
  • Christophe Bentz
  • Frédéric Boccaletti
  • Pascale Bordes
  • Frédéric Cabrolier
  • Caroline Colombier
  • Hervé de Lépinau
  • Sandrine Dogor-Such
  • Marine Hamelet
  • Marie-France Lorho
  • Philippe Lottiaux
  • Nicolas Meizonnet
  • Pierre Meurin
  • Mathilde Paris
  • Lisette Pollet
  • Angélique Ranc
  • Julien Rancoule
  • Laurence Robert-Dehault
  • Béatrice Roullaud

LR :

  • Thibault Bazin
  • Anne-Laure Blin
  • Xavier Breton
  • Annie Genevard
  • Philippe Gosselin
  • Patrick Hetzel
  • Marc Le Fur

NI : Emmanuelle Ménard

Puis l’article unique a été voté avec, cette fois, seulement 114 votants dont 13 contre. Voici les courageux députés qui se sont opposés à la constitutionnalisation de l’avortement :

RN :

  • Christophe Bentz
  • Frédéric Boccaletti
  • Hervé de Lépinau
  • Nicolas Meizonnet
  • Pierre Meurin
  • Mathilde Paris
  • Julien Rancoule
  • Béatrice Roullaud

LR :

  • Xavier Breton
  • Philippe Gosselin
  • Patrick Hetzel
  • Marc Le Fur

NI : Emmanuelle Ménard

N’hésitez pas à les féliciter.

Un nouveau vote solennel aura lieu le mardi 30 janvier, puis le texte partira au Sénat.

L’émission En Quête d’esprit sera codiffusée sur CNews et Europe 1

Europe 1 annonce la co-diffusion, à partir du dimanche 28 janvier, 13h, de l’émission de CNews “En quête d’esprit” d’Aymeric Pourbaix, qui aborde l’actualité d’un point de vue spirituel et philosophique.

Dimanche 28 janvier, l’émission aura pour thème les musulmans convertis : pourquoi ont-ils choisi le Christ ?

Depuis le lundi 8 janvier, la station co-diffuse également de 9 heures à 9h30 la première partie de « L’Heure des pros » de Pascal Praud, l’émission matinale sur CNews.

Chaque jour à 8h10, l’interview politique de Sonia Mabrouk est présente simultanément sur les deux antennes, tout comme l’est la deuxième heure (18h-19h) de “Punchline” de Laurence Ferrari sur CNews.

Enfin, depuis le samedi 20 janvier, Europe 1 co-diffuse en différé, entre 10h et 11h, l’émission de CNEWS incarnée par Philippe de Villiers et présentée Eliot Deval.

Entendu à l’Assemblée, le Collectif pour le Respect de la Médecine redit son opposition à l’euthanasie

Mercredi 24 janvier, à l’Assemblée nationale, le CORM (Collectif pour le Respect de la Médecine) a été auditionné par le groupe de travail sur la fin de vie, présidé par Olivier Falorni.

Lors de cet échange avec la représentation nationale, le CORM a rappelé son opposition à l’élargissement des lois sur la fin de vie, pour inclure « l’aide active à mourir » (euthanasie et suicide assisté).

La responsabilité de tous professionnels de santé est d’apporter des soins à la personne qui souffre, c’est-à-dire de chercher ce qui est bon pour elle. Ces dernières années, les soins palliatifs se sont positionnés comme des soins essentiels pour les personnes en fin de vie. La médecine progresse chaque jour sur la gestion de la souffrance et l’accompagnement global de la personne humaine. Le CORM déplore aussi l’absence de chance donnée à la loi Claeys-Leonetti. Il est paradoxal de vouloir proposer une nouvelle loi alors que la loi existante n’est pas appliquée équitablement sur le territoire national, en particulier pour ce qui concerne les soins palliatifs.

D’un point de vue scientifique, le CORM s’inquiète d’une des conséquences possibles de la légalisation de l’euthanasie : l’arrêt des recherches de traitement pour des maladies aujourd’hui incurables. La médecine a toujours su se dépasser pour trouver des réponses à la souffrance des patients.

Sur le plan de l’éthique médicale, le CORM a tenu à rappeler que la dignité de la personne ne varie pas selon son état de santé ou de dépendance. Il est nécessaire de sortir de la dialectique d’une mort « digne » à condition qu’elle soit choisie. La mise en place de l’euthanasie créera un malaise profond pour de nombreuses personnes en fin de vie ou malade. Avec cette évolution, la société enverrait un message fort et choquant à toutes les personnes vulnérables, faisant penser qu’une vie malade ne vaudrait pas la peine d’être poursuivie.

Le Collectif pour le Respect de la Médecine rappelle que ce qui fonde la relation patient/ médecin est la confiance. Cette confiance synonyme de solidarité et d’inclusion, qui signifie que toute la société se tient au chevet des personnes malades et fragiles.

Cette audition a été l’occasion pour le CORM de partager le résultat d’un nouveau sondage IFOP réalisé la semaine du 15 janvier 2024. Seulement 59 % de la population souhaite la légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide assisté. Moins de 50 % des jeunes de 18 à 35 ans sont favorables à cette évolution.

En mars 2023, dans un sondage IFOP pour le JDD, 70% des Français se disaient favorables à la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. En octobre 2022, dans un sondage précédent de l’IFOP pour l’ADMD, ce chiffre était de 78%.

En 16 mois, l’opinion favorable à « l’aide active à mourir » a perdu 19 points. Une chute considérable qui montre que plus nous parlons de la fin de vie et des soins palliatifs, moins les Français adhérent à ce projet.

Enfin, en s’adressant à la représentation nationale, le CORM a rappelé que voter pour l’ouverture de « l’aide à mourir » revient à voter pour toutes les futures évolutions en matière d’euthanasie et de suicide assisté. Il est impossible de vouloir légaliser cette pratique au nom de la libre détermination, et en même temps de conditionner cette liberté à des critères, médicaux ou autres. La légalisation de l’euthanasie, même conditionnée, créera des situations d’inégalités, qui seront, par la suite, le fruit d’évolution, comme nous pouvons le constater dans tous les pays qui ont ouvert cette pratique. En la matière, le seul garde-fou possible est de ne pas ouvrir cette possibilité.

À ce titre, le CORM a redit son opposition à lever l’interdit de donner la mort par la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.

Le Collectif pour le Respect de la Médecine se tient à disposition des parlementaires sur ce sujet de « l’aide active à mourir ».

Les papes et la France : le conflit entre Boniface VIII et Philippe le Bel

Cet épisode aborde le premier vrai conflit entre la papauté et la royauté française qui oppose le pape Boniface VIII et le roi Philippe IV le Bel.

Pendant que les agriculteurs souffrent, les députés s’empiffrent

L’Assemblée nationale a décidé mercredi d’augmenter d’un peu plus de 300 euros par mois l’avance de frais de mandat (AFM) des députés, en invoquant l’inflation.

La décision de porter l’AFM de 5.645 euros à 5.950 euros (+5,4%) par mois a été prise par le bureau, la plus haute instance de l’Assemblée nationale, avec le soutien de tous les groupes politiques, sauf de LFI qui s’est abstenu.

Les députés ont aussi élargi l’avance de frais de mandat à la prise en charge de la garde d’enfants, à condition que les députés ne sollicitent pas de déductions d’impôts dans le même temps.

L’avance de frais de mandat permet la location d’une permanence, de financer des déplacements, de couvrir certaines dépenses d’hébergement, des frais de réception et de représentation. Ces dépenses sont contrôlées depuis 2018 et les sommes non utilisées doivent être restituées à la trésorerie de l’Assemblée nationale.

Cette avance s’ajoute à la rémunération des élus (7.637 euros brut par mois).

Du FLN au Hamas, la stratégie de la terreur

Intéressante analyse parue dans Conflits :

L’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas rappelle la stratégie suivie par le FLN durant la guerre d’Algérie. La « guerre d’insurrection », qui vise à semer l’effroi et la terreur afin d’obliger un État à s’engager dans la guerre, cherche aussi à accaparer le monopole du combat en éliminant les concurrents à la rébellion. Le parallèle avec la guerre d’Algérie est criant pour Israël, mais aussi pour la France contemporaine.

Le 7 octobre 2023, le Hamas ne s’est pas contenté de tuer des populations civiles : il les a mutilées. Les exactions menées sur les victimes ont défiguré les corps par démembrements, mutilations génitales, amputation, etc. Il ne s’agissait pas uniquement de tuer, mais de semer une terreur indicible, un effroi gravé dans les mémoires. Une opération qui fut notamment permise par les renseignements transmis au Hamas par des Gazaouis travaillant dans les kibboutz : lieu des stocks d’armes, horaires de travail, fonctionnement de la sécurité. Des ennemis de l’intérieur qui avaient pourtant bénéficié de passeports spéciaux pour travailler en Israël.

28 mai 1957, Melouza, 200 km au sud d’Alger. Dans ce village de près de 350 habitants, une partie de la population soutient Messali Hadj, président du Mouvement national algérien (MNA) et opposant au FLN. Au matin du 28 mai, des troupes du FLN prennent le village d’assaut, assassinant la population à coups de fusils, de pelles et de pioches. Les femmes sont violées, les hommes abattus, les corps mutilés. Dans les fermes environnantes, tenues par des Français, ce sont les ouvriers agricoles, acquis aux idées du FLN, qui ont conduit les massacres. Ceux qui partageaient les labeurs et la vie quotidienne des Européens se sont retournés contre eux : bébés fracassés contre les murs, femmes enceintes éventrées, hommes abattus et émasculés. À son arrivée sur les lieux, l’armée française découvre plus de 300 cadavres abandonnés et souillés. Les photos prises comme preuves des massacres, insoutenables, sont interdites de diffusion. Plus tard, le FLN fera croire que la responsabilité du massacre revient à l’armée française. La stratégie de l’insurrection est habile : semer la terreur parmi les sympathisants du MNA pour les forcer à rejoindre le FLN qui veut apparaître comme le seul mouvement de la résistance algérienne, créer un massacre tel que l’armée française soit obligée de réagir, avec violence, afin de démontrer à l’opinion qu’elle tient le pays, créer un traumatisme parmi les Français d’Algérie pour leur faire comprendre qu’ils ne seront en sécurité nulle part, traumatisme d’autant plus grand que ce sont souvent des ouvriers agricoles connus de tous qui ont tué et non pas des combattants anonymes du FLN. Peu importe le nombre de morts, ce qui compte ce sont les images et la terreur.

Melouza n’est pas un cas isolé. Tout au long de la guerre d’Algérie, de 1945 à 1962, les massacres des populations civiles ont été la norme. À Sétif, à partir du 8 mai 1945, ce sont cinq jours de massacres des Européens, qui se solde par un total de 103 morts. L’objectif visé est atteint : terreur des nationalistes et répression de l’armée qui contribue à séparer les deux populations et à renforcer le mouvement indépendantiste. […]

Charlotte d’Ornellas : «Le véritable enjeu de ce sujet est la liberté des adversaires de l’avortement»

D’autres photos de la Marche pour la vie

A retrouver ici

Martial Bild

Aliette Espieux, Jean-Marie Le Méné et Nicolas Tardy-Joubert

Paul-Marie Couteaux et Nicolas Miguet

Christine Boutin et Grégoire François-Dainville, directeur général de la Fondation Lejeune

le chanoine Trauchessec, le père Argouarc’h et Jean-Pierre Maugendre

Frigide Barjot

Merci à Jean-Luc Boulard

Avortement dans la Constitution : « La liberté de contester la loi Veil s’en verra un peu plus diminuée »

Les députés débattent ce mercredi de l’inscription dans la constitution française de « la liberté d’avoir recours à l’IVG ». Pour l’historien des institutions et des idées politiques Guillaume Bernard, cela démontre la volonté de ses partisans « de violer les consciences ». C’est-à-dire de « forcer les Français à adhérer à l’avortement et non plus seulement permettre une liberté d’y accéder ». Entretien sur RCF:

“Fraîchement convertie au tout début de l’épidémie de Covid, il a été difficile pour moi de pratiquer ma foi”

Claire Koç, convertie au catholicisme, a été interrogée dans L’Appel de Chartres. Extraits :

[…] Tout comme j’observe un rejet de l’identité française, je note également un rejet de la foi chrétienne et catholique en particulier. J’ai l’impression que c’est mal d’être Français et catholique aujourd’hui en France. Je l’ai d’abord vécu personnellement lorsque j’ai annoncé ma conversion à une amie après le Covid. Celle-ci m’a répondu que c’était une mauvaise idée, comme si se convertir était une simple idée qui vous traverse la tête. Puis, lorsque le sujet du christianisme est évoqué sur les réseaux sociaux, il n’est traité quasi exclusivement que sous des aspects négatifs. Tout cela contribue à l’amalgame et à la diabolisation. C’est terrifiant dans une société qui se dit progressiste, tolérante et ouverte à l’autre. C’est une tolérance à géométrie variable. Je mesure à quel point la liberté de conscience est fragilisée.

[…] Je suis une autodidacte de la foi catholique. Lorsque j’entre dans une église, je regarde tout, j’observe énormément ce qu’il se passe. J’aime retrouver ce lieu que j’ai quitté la semaine précédente avec l’odeur d’encens et les vitraux colorés qui racontent la vie de Jésus. La communion si forte des fidèles rassemblés m’a frappé au tout début. C’est quelque chose qui n’existe pas derrière son écran d’ordinateur ou à travers la télévision. Fraîchement convertie au tout début de l’épidémie de Covid, il a été difficile pour moi de pratiquer ma foi et de vivre ces moments importants de la vie d’un croyant car les messes étaient interdites. Avant d’aller à la messe en famille, on met notre poulet au four, on assiste à la messe et au retour on passe par la pâtisserie chercher un dessert pour notre fils. On déguste notre poulet du dimanche en famille. C’est notre rituel, il est précieux.

Pouvez-vous nous partager votre regard sur l’Eglise aujourd’hui ? Comment découvre-t-on profonde diversité qui la constitue ?

Je suis comblée par la foi que mon cœur a choisi il y a maintenant 34 ans. C’est une joie indescriptible, le mystère de la foi c’est de l’ordre de l’irrationnel. Et surtout, pour moi dont les ancêtres n’ont pas labourés cette terre, c’est tout un pan de culture générale que m’apporte la foi catholique. La société française s’est faite en lien très étroit avec la foi chrétienne, de nombreuses expressions sont tirées de la Bible ou de l’Ancien Testament comme : capharnaüm, trouver son chemin de Damas, porter sa croix, périr par l’épée, ne pas changer d’un iota etc. Si on ne comprend pas la subtilité de la culture française, de sa langue et de son Histoire, il est très difficile de trouver sa place dans notre société et de s’épanouir pleinement. Je trouve qu’il y a peut-être quelques progrès à faire du côté de l’accessibilité à la conversion et au baptême.

Le Credo du ‘catholique’ Biden

Ceci est un titre du quotidien 20 minutes. Un titre qui serait blasphématoire si les journalistes savaient de quoi ils parlent. Peut-être aussi s’agit-il de faire allusion au fait que Biden se pose en catholique pratiquant…

Quoi qu’il en soit, le fait est que Jobidon a lancé une campagne de propagande de la culture de mort par une réunion de sa « Task Force d’accès aux soins de santé reproductifs ». Selon la Maison Blanche, de nouvelles mesures sur l’avortement et la contraception seraient même la clé de la victoire pour la prochaine élection présidentielle : directives pour faciliter l’accès aux contraceptifs gratuits, accès à la contraception élargi pour les employés fédéraux, rappel aux assureurs de leur obligation de rembourser toute substance abortive ou contraceptive légale, affirmation que la loi sur les traitements médicaux d’urgence oblige tous les hôpitaux à pratiquer les avortements d’urgence, y compris dans les 21 Etats où la procédure est limitée ou interdite, projet d’une loi garantissant un « droit national à l’avortement ».

Et Kamala Harris va entamer une tournée électorale centrée sur ces questions.

Source : Yves Daoudal

La Cour des comptes va enfin enquêter sur les retraites versées à l’étranger

Victoire des Contribuables associés :

La Cour des comptes, par la voix de son président Pierre Moscovici, a communiqué le 18 janvier 2024 les 25 thèmes retenus pour la deuxième campagne de mobilisation citoyenne. Parmi les propositions les plus plébiscitées par les Français, celle de Contribuables Associés sur “Les fraudes aux retraites versées à l’étranger “.

C’est une grande victoire pour notre association !

La plateforme citoyenne de la Cour des comptes et des Chambres régionales et territoriales des comptes permet aux Français de proposer des thèmes de contrôle et d’enquête pour les juridictions financières.

Cet automne, nous avons demandé à la Cour des comptes d’enquêter sur les fraudes liées au versement de retraites à des résidents à l’étranger et cela dans la perspective d’un renforcement des outils de lutte contre la fraude.

Si la Cour des comptes a retenu cette proposition, ce n’est pas pour nos beaux yeux mais parce que vous avez été très nombreux à voter pour celle-ci sur le site de la Cour des comptes.

Il n’y a pas de secret : quand les contribuables se mobilisent en masse, le pouvoir est obligé d’en tenir compte et les choses avancent.

La Cour des comptes s’est engagée à lancer dans le courant de cette année une enquête sur ce scandaleux détournement des pensions par des retraités fantômes à l’étranger. 

Les magistrats financiers évaluaient, en 2017, à 200 millions d’euros le montant de cette fraude.

Le 30 mai 2023, Gabriel Attal, alors ministre des Comptes publics, dévoilait sur le plateau de BFM TV son plan de lutte contre la fraude sociale.

Le ministre révélait qu’en septembre 2023 “deux agents de la caisse nationale d’assurance vieillesse [avaient] été envoyés au consulat français d’Alger. Ils y [avaient] convoqué 1 000 retraités quasi-centenaires ou [s’étaient] déplacés pour les rencontrer si les personnes concernées ne pouvaient pas le faire. (…) Dans 30% des cas, donc environ 300 dossiers, il y avait une non-conformité”.

Cela fait des années et des années que nous nous battons à Contribuables Associés contre cette fraude aux prestations retraites.

Notre objectif est que cette enquête (qui s’annonce explosive) de la Cour des comptes oblige les politiques à enfin agir pour mette un terme définitif à ces pratiques des plus choquantes.

Nous allons suivre cela de très près et veiller au grain pour que la Cour des comptes tienne ses engagements. Nous vous tiendrons au courant de la suite des événements.

Merci à tous ceux d’entre vous qui ont soutenu nos 5 propositions sur la plateforme. Ceci prouve à nouveau que notre combat n’est pas vain.

Ensemble, nous pouvons faire entendre notre voix, la voix du contribuable.

Conflits d’intérêts entre juges et ONG : Nouvelle victoire de l’ECLJ

Communiqué de l’ECLJ :

Cela peut paraître évident ; il aura pourtant fallu quatre années et de rudes débats pour que la Cour européenne des droits de l’homme accepte d’instituer une procédure de récusation de ses juges en cas de conflit d’intérêts. Elle l’a enfin fait, le 22 janvier 2024.

Cette nécessaire modification du Règlement de la Cour fait directement suite à la publication de deux rapports de l’ECLJ.

Le premier, intitulé Les ONG et les Juges de la CEDH publié en 2020, a fait le tour du monde et exposé l’ECLJ à de multiples représailles. Il a révélé qu’au moins 22 des 100 juges permanents de la CEDH sont issus de sept ONG actives à la CEDH, et ont jugé à plus d’une centaine de reprises des affaires introduites par leur propre ONG, se plaçant ainsi en situation manifeste de conflit d’intérêts. Ce rapport a particulièrement fait scandale en ce qu’il révélait que parmi ces ONG, l’Open Society de George Soros est particulièrement présente car pas moins de 12 juges en sont issus, et elle finance en outre les 6 autres ONG dont sont issus les 10 autres juges.

Trois années plus tard, l’ECLJ approfondissait l’étude des dysfonctionnements internes de la CEDH dans un nouveau rapport intitulé L’impartialité de la CEDH – Problèmes et recommandations. Il contient, comme son nom l’indique, une série de recommandations adressées aux États et à la Cour pour renforcer son impartialité. En tête de ces recommandations : l’adoption d’une procédure de récusation. C’est enfin chose faite dans l’article 28 du Règlement de la Cour à présent intitulé « Empêchement et récusation ».

La Cour a en outre adopté une « instruction pratique » de quatre pages sur la récusation des juges, annexée à son Règlement, qui précise la procédure de récusation. Elle a adopté ce faisant deux recommandations supplémentaires de l’ECLJ, l’une visant à permettre aux requérants de connaître à l’avance l’identité des juges susceptibles de trancher leur cause, et l’autre explicitant formellement la possibilité de demander la réouverture d’une affaire après une décision d’irrecevabilité. Une telle possibilité est nécessaire dans le cas notamment où le requérant constaterait qu’un juge ayant prononcé la décision d’irrecevabilité était en situation de conflits d’intérêts. Ce sont là des améliorations sensibles du fonctionnement de la Cour.

L’adoption de ces réformes internes est l’aboutissement d’un long processus accompagnant la publication des rapports et initié notamment par la remise d’une pétition de 60.000 signataires à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Grâce à notre initiative, plusieurs États membres du Conseil de l’Europe ont demandé et obtenu l’institution d’un comité d’experts intergouvernemental chargé, de rédiger un projet de rapport sur les moyens de renforcer l’indépendance et l’impartialité des juges[1]. Grégor Puppinck a participé à ce groupe d’experts.

C’est cette double pression, exercée via l’Assemblée parlementaire et les Gouvernements, qui a convaincu la Cour européenne d’adopter ces réformes. Tout l’enjeu pour le système de la CEDH était de résoudre ce grave problème de conflits d’intérêts sans en reconnaître publiquement l’existence, pour ne pas trop porter atteinte à la crédibilité de la Cour.

L’adoption de cette procédure de récusation en ce mois de janvier 2024 est le changement le plus important obtenu grâce aux rapports de l’ECLJ. Les années précédentes, deux autres réformes avaient été adoptées par la CEDH et faisaient suite elles-aussi à nos recommandations.

Le 2 septembre 2021, la Cour avait adopté une nouvelle « Résolution sur l’éthique judiciaire » renforçant les obligations déontologiques des juges, en particulier leurs obligations d’intégrité, d’indépendance et d’impartialité. En écho au rapport de l’ECLJ, cette résolution fait obligation aux juges d’être indépendants de toute institution, y compris de toute « organisation » et « de toute entité privée », en référence aux ONG et autres fondations. Sur l’impartialité, le texte ajoute l’interdiction explicite de « participer à aucune affaire qui pourrait présenter un intérêt personnel pour eux », renforçant ainsi la prévention des conflits d’intérêts. Les juges doivent en outre s’abstenir « de toute activité, de tout commentaire et de toute association pouvant être interprétés comme étant de nature à nuire à la confiance que le public se doit d’avoir en leur impartialité ».

Le 20 mars 2023, une autre réponse avait été apportée par la CEDH aux rapports de l’ECLJ par la publication d’une « Instruction pratique » sur les tierces interventions. Celle-ci vise à renforcer la transparence de l’action des ONG à la Cour. L’ECLJ avait en effet révélé que des ONG agissent souvent de façon dissimulée, à la fois comme requérante et intervenante dans la même affaire, et cachant leurs liens avec des parties ou avec des juges.

L’ECLJ prend note avec satisfaction de ces réformes internes à la CEDH, et se réjouit que son travail d’alerte porte ainsi des fruits. L’ECLJ rappelle que son intention, dans ce travail d’alerte, a toujours été de servir la justice, et donc le bon fonctionnement de la Cour.

L’ECLJ va poursuivre ce travail d’évaluation du fonctionnement de la CEDH.

En ce sens, l’ECLJ recommande à la Cour de poursuivre ses réformes internes, en imposant notamment la publication par les juges d’une déclaration d’intérêts, et surtout en garantissant enfin la transparence du greffe de la Cour et l’impartialité de ses membres. Cela implique de publier la liste de ses membres, à l’instar de la Cour de Justice de l’Union européenne ou de la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

L’ECLJ recommande aussi aux Etats de ne plus proposer de militants issus d’ONG comme juges à la CEDH, mais seulement des magistrats ayant une expérience judiciaire de très haut niveau, et d’appliquer les mêmes règles de sélection à la nomination des juges « ad hoc », c’est-à-dire remplaçants.

Au-delà de ces aspects institutionnels, l’ECLJ va également continuer à agir auprès de la Cour pour que sa jurisprudence soit respectueuse d’une juste interprétation des droits de l’homme et de l’intérêt des peuples.

Nouveau report pour le projet de loi sur l’euthanasie ?

Le projet de loi sur la fin de vie sera-t-il présenté lors du premier semestre 2024 ? Les responsables des principales religions de France ont décidé de mettre le thème à l’ordre du jour d’une conférence de presse qui a eu lieu ce matin à l’université Paris Cité.

Si le sujet a été abordé lors des vœux d’Emmanuel Macron aux autorités religieuses le 8 janvier, le flou persiste : alors que le projet de loi devait être présenté en février, un ministre ne tablait pas sur un examen avant juillet 2024.

Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, a déclaré :

“Nous sommes très prudents sur la nécessité d’une loi. La loi Claeys-Leonetti répondait à beaucoup de nécessités, l’enjeu est de la faire vivre davantage”.

Le Grand rabbin Haïm Korsia a ajouté :

“On a une loi très bien faite, avec un seul défaut: les soins palliatifs ne sont pas assez développés. Mettons-les enfin en place partout et ensuite on verra. On ne peut pas décider que, même dans un cas exceptionnel, on peut donner la mort”.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a souligné que

“Dieu nous a donné la vie, c’est lui qui décide à quel moment il doit la reprendre”.

Le président de la fédération protestante de France, Christian Krieger, a plaidé pour des “réponses plus fines” en s’inquiétant de la portée de l’aide active à mourir: il ne faudrait pas

“que ce qui est un droit pour les uns devienne presque un devoir de partir pour les autres”.

Au mois de décembre, Mgr Jordy, vice-président de la CEF, avait publié une tribune dans Le Figaro :

La constitutionnalisation de l’avortement ne sera pas votée si facilement

Deux jours après la Marche pour la vie, le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré qu’il ne souhaitait pas que l’avortement soit inscrit dans la Constitution, alors que le texte sera débattu mercredi 24 janvier à l’Assemblée nationale.

L’IVG n’est pas menacé dans notre pays (…) Je pense que la Constitution n’est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux

En vue d’une éventuelle adoption par le Congrès du Parlement début mars, le projet de révision constitutionnelle doit être voté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Politico précise que le président du Sénat n’apprécie pas de se voir imposer un calendrier serré pour l’examen du projet de loi visant à inscrire dans la Constitution la “liberté” de recours à l’avortement. Ainsi une ministre anticipait-elle : “Je sens que cette histoire de date va devenir un problème”.

Invité d’honneur de la cérémonie des voeux du président de la Fédération protestante de France Christian Krieger, hier, Gérard Larcher a fait état de sa “réserve”.

Alors que les députés doivent commencer à examiner le texte demain à l’Assemblée, il est prévu que les sénateurs s’en emparent fin février. Soit très peu de temps avant le 5 mars, date prévue du Congrès, réunion des deux assemblées, nécessaire à l’adoption d’un projet de loi constitutionnel. Gérard Larcher est contrarié. Il veut qu’on respecte le Sénat. Il a l’impression qu’on le met devant le fait accompli.

Bruno Retailleau abonde :

“Ce calendrier suppose que le Sénat adopte docilement la version de l’Assemblée nationale, ce qui a peu de chances d’être le cas.”

Le président du groupe LR au Palais du Luxembourg est opposé à titre personnel à la constitutionnalisation de l’avortement.

Hervé Marseille, patron des sénateurs centristes, juge aussi “idiot” le choix d’annoncer “imprudemment” une date pour réunir le Congrès, “en ayant l’air de dire ‘bon, bah, tout est réglé’”  :

“Je pense que j’ai des amis chez LR qui vont essayer de démontrer qu’il ne faut jamais préjuger de rien.”

La partie priante de la marche pour la vie a enregistré une nouvelle progression

Communiqué de Renaissance catholique :

Dans un contexte dramatique pour la défense de la vie humaine innocente avec les projets de constitutionnalisation de l’avortement et de légalisation du suicide assisté, la Marche pour la Viedu 21 janvier 2024 a été un nouveau succès numérique avec 15 000 participants.

La partie priante de cette marche, en fin de cortège, a enregistré une nouvelle progression du nombre de ses membres.

Le chapelet organisé par SOS Tout-Petits et Renaissance Catholique, dirigé par le père Argouarc’h (Sainte-Croix de Riaumont) et l’abbé Rabany (Fraternité Saint-Pierre) a été récité aux diverses intentions de prière de cette marche :

  • les bébés avortés et donc tués
  • les femmes toujours blessées par ce drame
  • les pères souvent écartés d’une décision qui les concerne directement
  • la France enfin, en état de péché public, et qui, heurtée de plein fouet par un déficit démographique brutal, voit tout simplement remise en cause son existence.

C’est en tremblant que nous pensons au constat de George Orwell, qui n’est pas un père de l’Église : « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice. »

Signe du terrorisme intellectuel qui règne sur notre pays, pas un seul député, sénateur ou dirigeant politique de premier plan n’était présent à cette marche. Pas plus d’ailleurs qu’un seul évêque de France, plusieurs ayant cependant assuré les organisateurs de leurs prières.

Après la veillée de prières pour la vie organisée le samedi 20 janvier à l’église Saint-Roch, il est apparu important qu’une prière publique de réparation soit menée face au scandale public que constituent les lois qui depuis des décennies s’attaquent à la vie humaine innocente.

Les disciples de celui qui est la « Voie, la Vérité et la Vie » ont chaque jour plus conscience de la dimension eschatologique de ce combat. Est-il insignifiant et anodin que le Président de la République et le Premier ministre, soit les plus hautes autorités de l’État, aient fait le choix public de ne pas être pères (« le poisson pourrit par la tête ») et que la famille ne soit pas même mentionnée parmi les attributions du nouveau gouvernement ?

Alors que les ténèbres recouvrent le monde, la prière publique de réparation et d’intercession n’est pas un refuge : elle est l’arme ultime !

Documentaire sur St Thomas d’Aquin, la sainteté de l’intelligence

Première Diffusion du documentaire : Samedi 28 Janvier à 22h20 sur KTO

Dans le cadre des trois années jubilaires Saint Thomas d’Aquin  – naissance (1225), mort (1274) et canonisation (1323) – et à l’occasion de la fête du Docteur de l’église, samedi 28 janvier, KTO diffusera le premier documentaire réalisé sur sa vie : St Thomas d’Aquin, la sainteté de l’intelligence, réalisé par Jean-Yves Fischbach, en coproduction de Cerigo Films et KTO

De Toulouse à Naples, de Paris à Cologne, en passant par Orvieto et le Monte Cassino, le réalisateur nous invite à suivre les pas de Thomas d’Aquin et découvrir son histoire et sa pensée… En 1244, Thomas entrait, contre l’avis de sa famille, dans l’ordre des prêcheurs de Saint Dominique. Entre Naples, Bologne, Paris, par obéissance pour ses supérieurs, il enseigne dans différentes chairs d’Universités. Son oeuvre majeure, la Somme Théologique qu’il commence en 1268, servira à fonder la pensée théologique de la seconde partie du Moyen Age et lui vaudra le titre de Docteur Commun de l’Eglise. S’il est surtout connu pour ses écrits notamment sur les anges ou l’eucharistie, le documentaire s’intéresse à d’avantage à l’homme et à sa recherche personnelle de Dieu. Qui était-il ? Quelle était son aspiration ultime ? « Grâce à la sagesse de Thomas, j’apprends à aimer Dieu », par petites touches, le réalisateur montre un saint Thomas très personnel, celui qui lui a permis « de passer de l’athéisme à la foi chrétienne. »

DIFFUSIONS :

  • Samedi 28 Janvier à 22h20
  • le lundi 29 janvier à 10:50
  • le mardi 30 janvier à 14:35
  • le mardi 30 janvier à 23:15
  • le dimanche 28 janvier à 22:20
  • le mercredi 31 janvier à 13:12
  • le jeudi 1 février à 12:20
  • le vendredi 2 février à 16:02
  • le samedi 3 février à 8:31

PROCHAINS RDV DES CÉLÉBRATIONS DU CENTENAIRE:

  • A l’Université Toulouse Capitole,

Jeudi 25 et vendredi 26 janvier 2024 (9h-17h30) : Colloque Thomisme et droit, Huit siècles d’histoire. Renseignements et programme : https://www.ut-capitole.fr/accueil/recherche/equipes-et-structures

  • Aux Bernardins à Paris,

Samedi 16 mars 2024 : Journée d’études aux Bernardins : Personne et nature chez saint Thomas d’Aquin (Théologie trinitaire, christologie, anthropologie et éthique) de 9h-18h

  • A Barcelone,

du vendredi 10 au dimanche 12 mai 2024 : Journées d’études Écriture et théologie chez saint Thomas (en partenariat avec l’Institut-Saint-Thomas-d’Aquin de Barcelone).

Conférence de presse et discours à Davos : désordres et dangers de la pensée macronienne

Le 16 janvier 2024, M.Macron a donné une conférence de presse (référencée CP). Décor léché, avec estrade placée très haut (cette estrade qui fut chassée des salles de classe) et siège confortable ayant permis à M.Macron de déployer tout son savoir-faire de mimiques et modulations théâtrales. Il a commencé par un speech introductif puis a répondu à des questions de journalistes, le total pour une durée de 2h20. Le lendemain 17 janvier 2024, M.Macron a délivré un message (référencé DD –discours Davos) aux participants du Forum économique de Davos pendant une vingtaine de minutes (l’échange qui a suivi de questions/réponses en anglais avec superposition de la traduction est quasi-inaudible). Message truffé d’anglicismes : 5 fois le mot cleantech qui sonne tellement mieux que éco-innovations ou technologies vertes ; 16 fois le mot agenda –non pas au sens français de petit carnet prédaté ou d’emploi du temps, mais au sens anglais de programme (« un agenda de soutenabilité », « nous portons un agenda paix et sécurité pour tous »….), d’ordre du jour ; et dans lequel, si les mots France/français sont cités 20 fois, les mots Europe/européens sont cités près de cinquante fois. Le must étant bien sûr de « pousser un agenda européen ». On pourra noter d’ailleurs que sur le site internet élyséen qui rend compte de la présentation de M.Macron à Davos, il est indiqué qu’ensuite le Président est intervenu dans un autre événement appelé « Make it Iconic », organisé par Business France. C’est cool…

Les deux discours sont finalement assez proches : après 6 ans d’activité, M.Macron vient rendre des comptes sur ce qu’il appelle l’exécution de ses engagements. Et, de façon notoirement plus exubérante à Davos qu’à Paris, il admet qu’il a à peu près tout réussi. En particulier au niveau européen. Comme il le dit à Davos en rappelant son engagement à faire beaucoup en Europe pour qu’elle soit plus unie, plus souveraine, plus efficace : « Nous l’avons fait ». En plus, il souligne qu’il est venu pour « vous dire très clairement que non seulement ce qu’on a dit, on l’a fait, mais que ça marche » (DD, 4’10). Dans la conférence de presse, cela devient : « Ce qui fait qu’au moment où je vous parle, oui, nous sommes mieux armés qu’il y a six ans et demi. » Et en particulier, qu’est-ce qu’a ainsi démontré M.Macron ? Il a démontré qu’ « on peut avoir une stratégie de croissance, d’innovation, de création d’emploi, de plus grande souveraineté et de décarbonation, et ça tombe bien parce que, à [ses] yeux, il n’y a pas d’autre modèle pour les grands pays européens » (DD, 6’10). Résumons : « ambition, réforme, investissements et résultats sont donc là » (DD, 6’50). Tout ça dans une ambiance que nous qualifierons de brésilienne. On sait que la devise qui figure sur le drapeau du Brésil est Ordem e Progresso (Ordre et Progrès). Voilà ce que nous a servi M.Macron : dans la conférence de presse (discours préliminaire) : « et c’est vrai depuis le début de notre Troisième République, l’ordre va avec le progrès, ». Et pendant la conférence de presse (réponse à la question de BFM TV sur le RN. CP 1h29) : « Ce qui a fait notre pays, c’est l’ordre et le progrès ». Ou encore : « Je crois très profondément que le progrès va avec une forme d’ordre républicain » (CP, 1h44)

Dans ces presque trois heures de propos, nous n’avons rien eu sur la paix (à l’opposé de la guerre), rien sur l’insécurité quotidienne en France, rien ou quasi rien sur l’islam (hormis deux lignes convenues d’un propos liminaire sur l’islam radical), rien sur les déficits, rien sur la situation de l’agriculture et des agriculteurs ou si peu, juste le temps peut-être d’expliquer que finalement ils sont trop stupides pour se débrouiller sans aide (« l’accompagnement de nos agriculteurs pour les aider justement à améliorer leurs pratique»).

Nous avons par contre –et c’est tout naturel- eu droit à notre quota d’aphorismes comme M.Macron aime les égrener dans ses discours : « Grâce à la planification que nous avons mise en place qui va décarboner beaucoup de secteurs » (DD 6. Une petite planification et hop, on décarbone) ; « nos alliés [sic. Il s’agit sans doute des colonies] africains nous ont aidé pour le débarquement de Provence » (DD, 7’40. M.Macron aime toujours bien insister sur la part africaine de la France) ; « Au moment où les prix reviennent dans la norme, il est légitime qu’il y ait en effet des augmentations » (CP, 30’. A propos de la future augmentation du prix de l’électricité) ; « On va intensifier nos efforts pour pomper » (CP, 1h24, à propos des risques de submersion suite aux inondations dans le Pas-de-Calais) ; « C’est pour ça que moi j’assume de continuer à présider au réel avec un certain sens de l’idéal » (CP, 1h34, à propos du Rassemblement national) ; « C’est comme ça qu’on pourra créer une nation qui se connaît elle-même » (CP, 1h40. Id.) ; « Nous allons tout faire pour essayer de tenir le monde ensemble » (DD, 9’50).

Nous avons bien sûr eu quelques mensonges. A propos du SMIC et de son pouvoir d’achat : « Sur les cinq dernières années, le SMIC a augmenté de 20%. Les smicards ont gagné du pouvoir d’achat…  Un travailleur au SMIC à temps complet a gagné depuis 2017 9% de pouvoir d’achat » (CP, question LCI, 30’). La consultation des données de l’INSEE montre que le SMIC horaire brut est passé de 10,03€ du 1/01/2019 à 11,65 au 1/01/2024, soit 16% d’augmentation. Dans le même temps (toujours l’INSEE), le niveau de prix 100 en début 2019 est passé à 114 en fin 2023, soit une augmentation de 14%. Et l’on sait en plus que le modèle d’évolution de prix utilisé par l’INSEE est largement défavorable à ce qu’est le modèle de dépenses d’une personne au SMIC.

Autre mensonge, de belle facture, à propos de la gestion de la crise covid (CP, 49’. Question sur les déserts médicaux) : [il faut] « faire beaucoup plus travailler ensemble la ville et l’hôpital, comme on l’a fait en période covi». Nous rappelons au lecteur distrait que, justement, la gestion de la crise covid a été caractérisée par le refus de la puissance publique de laisser la médecine de ville travailler comme elle en avait les compétences et l’expérience, et avait concentré les appels directement sur les urgences et les hôpitaux contribuant ainsi à leur désorganisation.

Et au final ? Au final reste le sentiment d’un grand nombre de désordres de la pensée et au-delà de dangers.

Le premier aspect, consubstantiel à tous les discours macroniens, est le danger de dissolution de la France dans une Europe souveraine, c’est sans doute la vraie ligne de force de la pensée macronienne.

Le deuxième désordre de la pensée macronienne tient à des dualités toujours confusément entretenues : la dualité France/République, ou Nation/République (cf dans son propos en conférence de presse : « La famille et l’école, au fond, pour faire des républicains en même temps que pour transmettre des savoirs. »). Les commentateurs ont ainsi relevé l’usage par .Macron du slogan zemmourien « Pour que la France reste la France ». Mais, en même temps, il y a un appel à la Nation focalisé sur l’histoire contemporaine (Résistance et Lumières) : « Voilà pourquoi démocrates, écologistes et républicains se rassemblent autour d’un même projet pour agir au service des Français, et, au fond, avec une ligne simple pour que la France reste la France, pour que la France demeure cette Nation de bon sens, de résistance et des Lumières. » Un peu faiblard comme profondeur historique.

Dans le même ordre de constatation, toujours en réponse à la question sur le RN, M.Macron décrivant ce qui fait voter pour ce parti évoque une « forme de sentiment de dépossession », La Dépossession étant le titre de la dernière œuvre majeure de M. Renaud Camus. Nous prenons plaisir à citer un extrait de sa quatrième de couverture :

« Vertueuse synthèse des grands totalitarismes modernes, le remplacisme global, du producteur devenu consommateur de la Terre, fait gratuitement un produit. Pour garantir son interchangeabilité, il procède à sa liquéfaction avant liquidation. Il n’y faut que sa dépossession : de la race (c’est fait), du sexe (c’est en cours), de la conscience (l’école, la culture et la drogue y pourvoient), de son pays (le Grand Remplacement l’assure). »

La même incohérence caractérise le balancement de M.Macron entre intégration et assimilation. On sait que le Code civil parle d’assimilation. On sait aussi que M.Macron a toujours expliqué que le concept d’assimilation lui déplaisait et qu’il ne pensait qu’intégration. On se rappelle aussi que M. Abdallah Zekri (quand même secrétaire général du Conseil français du culte musulman en juin 2017 avait affirmé à la chaîne de télévision tunisienne Al Janoubia :

« L’intégration, c’est s’intégrer dans un domaine dans un pays dans lequel vous vivez afin que vous puissiez travailler. C’est une intégration sociale. Par conséquent, ça ne pose pas de problème… L’assimilation, c’est la négation de soi, de sa culture, sa civilisation,  ses origines, c’est-à-dire je deviens rien du tout. Je deviens dans le moule, je deviens français. ».

Le journaliste: « Abdallah, là on est dans, dans, dans, même un crime contre l’humanité. On amène quelqu’un à nier… ». Le journaliste est alors interrompu par M.Zekri :

« Voilà. C’est ça l’assimilation, c’est-à-dire vous êtes plus rien, votre passé vous devez l’effacer, vous devez pas être [NDLR : incompréhensible]. Je l’ai dit et je leur ai dit à des employés [NDLR : incompréhensible] : je ne suis pas assimilable. Je suis un poison musulman. Si on veut m’assimiler, celui qui veut m’assimiler, si il me mange, il meurt ».

Or, voilà ce que répond M.Macron à une question de France Télévisions concernant les changements à apporter à l’école pour un « réarmement civique » (CP, 36’). Il fait référence à la différence qu’il lui est déjà arrivé d’évoquer entre société et nation :

« Une société, ce sont des individus libres qui coopèrent, qui s’organisent et caetera. Mais on est plus que ça. On a un supplément d’âme, on a une langue, une histoire, des choses intemporelles qui nous lient et un mystérieux projet commun qui fait que face à l’adversité, on se rassemble pour affronter les événements. Au fond, une nation, ça a quelque chose de spirituel qui nous dépasse et ça s’apprend à travers cette histoire et ces choses symboliques. Il faut retrouver le sens du symbolique ».

On pourrait assez facilement associer nation et assimilation d’un côté, société et intégration de l’autre. Rappelons par exemple que M.Hafiz, grand recteur de la Grande mosquée de Paris, apparaît parfaitement bien intégré, quoique légèrement algérien. De même que le jeune imam M.Nadhir. Ou encore M.Hedji, imam de la mosquée de Nancy. Même M.Iquioussen était parfaitement bien intégré. On ne croira pas ici une seconde que M.Macron s’est converti à l’assimilation.

Et dans cette réflexion sur la nation encore (le mot patrie n’a lui pas été prononcé), le désarroi s’accroit encore quand on constate que, après avoir évoqué « La France sera plus forte dans ce monde de bouleversements si nous sommes d’abord plus unis si nous réapprenons à partager des valeurs, une culture commune », M.Macron décrit alors les premiers moyens en vue d’arriver à cette culture commune : « … le sens du respect dans les salles de classe, dans la rue, dans les transports comme dans les commerces » pour conclure par : … « sur la base de recommandations que feront les experts que j’ai réunis la semaine dernière, nous déterminerons le bon usage des écrans pour nos enfants ». Evidemment la dépressurisation est un peu brutale.

Troisième aspect, troisième désordre de la pensée macronienne : l’indifférence aux déficits et aux dettes. Les discours de M Macron sont pourtant truffés d’investissements mirobolants et toujours à augmenter Mais rien sur les déficits et les dettes : rien sur le déficit du budget (200 milliards d’euros de janvier à novembre 2023 ; rien sur le déficit de la balance commerciale (record de 164 milliards d’euros en 2022 ; sans doute encore plus de 100 milliards d’euros en 2023) ; rien sur la dette publique (de l’ordre de 3100 milliards d’euros). Or, ces dettes sont synonymes de limitations de souveraineté. Bien au contraire, M.Macron continue de plaider pour l’accroissement du mécanisme européen d’endettement : « On a besoin d’avoir une Europe de l’investissement beaucoup plus forte. Tout ce que je vous dis, c’est beaucoup d’argent [sic] ». Et il indique ensuite qu’il faut « peut-être oser des eurobonds sur des priorités » (DD, 16’20). Et c’est vrai qu’aucune question lors de la conférence de presse n’a porté sur ces questions essentielles.

Quatrième désordre de la pensée macronienne : deux erreurs volontaires de diagnostic. La première –et cela a été abondamment relevé- concerne les émeutes urbaines de 2023.

Interrogé par le Figaro (1h06) sur les émeutes, M.Macron fournit son diagnostic :

« J’essaie de qualifier les émeutes qu’on a eu [sic] l’an dernier. Elles ont eu une réponse implacable de l’Etat. La réponse a été implacable [re-sic]. On a voulu dire tout de suite, c’est un problème d’immigration…. Est-ce que c’est un problème d’immigration ? Est-ce que c’est la réalité de ce qu’on a vu sur le terrain ? Non. C’était des jeunes de nationalité française pour une quasi-totalité nés en France. Est-ce qu’il y a un problème d’intégration derrière ? Oui. Pas besoin des émeutes pour le savoir. Oui. Et qui va des deux côtés. Parce qu’on a encore trop d’assignation à résidence et parce qu’on n’a pas été assez rigoureux sur certains points. Et ce qu’on mène en matière de rénovation urbaine, en matière d’éducation, en matière d’accès à la culture, de sport et en matière aussi justement d’opportunités économiques pour moi doit y contribuer. Les émeutes sont intervenues fin juin. C’était beaucoup de très jeunes qui étaient dans les rues. Et c’étaient des jeunes –c’est une erreur qu’on a commise- qui étaient souvent sans école depuis le mois d’avril. Réforme du brevet, réforme du baccalauréat, l’organisation commune, le système tel qu’il marche : plus de classes, l’oisiveté C’étaient des jeunes qui n’avait pas la chance d’avoir des familles qui les emmenaient à la mer, à la montagne, qui justement n’ont pas assez accès à la culture et au sport. Ils s’ennuyaient ».

Ajoutons pour faire bonne mesure que juste après, évoquant des solutions, M.Macron rappelle que la réponse réside dans « on doit réengager avec les familles. Ce qu’on a commencé avec les 1000 premiers jours », ces 1000 premiers jours étant le programme macronien qui court de la grossesse aux deux ans révolus de l’enfant « Parce que c’est une période clef pour le développement de l’enfant, sa santé et celle de l’adulte qu’il deviendra, le Gouvernement a décidé d’en faire une politique prioritaire ». Pas sûr que cela suffise pour les prochaines émeutes urbaines, surtout s’il y a application d’un droit à l’avortement qui serait constitutionnalisé…

Deuxième ordonnance bizarre : pour une relance de la natalité, M.Macron prône la lutte contre l’infertilité. Non pas que le sujet ne soit pas sérieux. On serait d’ailleurs preneur de quelque étude de santé publique à ce sujet et qui intégrerait l’étude des éventuels effets secondaires des vaccins contre le covid. Mais c’est tellement caractéristique d’une part du même attrait de M.Macron pour des projets technologiques et d’autre part de l’étroitesse de sa pensée.

Cinquième aspect : il en faut toujours plus, toujours plus accélérer. C’est en fait la frénésie perpétuelle.

« L’Europe doit avoir un agenda environnemental qui soit plus ambitieux » (DD, 17’10) ; « Nous avons beaucoup fait ces dernières années pour une Europe de la santé, une Europe de la défense, une Europe des technologies et des grands programmes, avec des vrais résultats. Et on pourra y revenir si vous le souhaitez. Nous devons encore aller plus loin sur ce sujet. » (propos liminaire de la conférence de presse).

Et M.Macron de pointer le « risque que l’agenda européen ne va pas suffisamment vite » (DD, 6’), ce qui rend l’année 2024 « décisive ». La tête nous tourne un peu effectivement.

Le sixième désordre est comme un condensé des précédents. Si tout a été bien défini, si tout a été bien exécuté, si les résultats sont là, alors, pourquoi la montée du Rassemblement national ? Pourquoi cette étrange appel à l’aide lancé à Davos (DD, 19’30) :

« Aidez-nous à donner de l’espoir aux classes moyennes Pourquoi toutes les démocraties en Europe vivent des crises ? Parce que les classes moyennes ne sont plus heureuses avec ce qu’on fait. C’est pas que le problème des dirigeants. C’est aussi et surtout le problème de tous les corps constitués et en particulier des entreprises. On doit changer aussi de modèle dans cette révolution complète où nous vivons. Et donc, il faut un agenda de bons emplois, de good jobs [sic] bien payés, c’est la clé de cette Europe sociale ».

Précisons que M.Macron avait aussi dit juste avant aux participants de Davos censés l’écouter et qui devaient bien se marrer : « Il faut que vous nous aidiez à créer plus de good jobs » !

Alors, nous l’avons dit, M.Macron trouve qu’il a déjà tout réussi (sauf peut-être l’oisiveté enfantine). Il le dit encore : « Moi, j’ai beaucoup fait pour qu’on soit plus fort, nous Français en Europe, depuis cinq ans et que notre Europe a beaucoup avancé ». Même en matière de démocratie directe (question France Info, CP 1h49), M.Macron est satisfait de lui-même : « on a beaucoup innové : un grand débat, des conventions citoyennes, une réforme du CESE ». Et le RN continue de progresser dans les intentions de vote ! C’est à n’y plus rien comprendre. D’autant plus que M.Macron ajoute dans son propos liminaire de conférence de presse :

« Au fond, nous devons avoir la force, l’énergie dans ce moment, d’envisager ce que nous n’envisagions plus, d’oser ce que nous n’osons même plus penser, mais retrouver de l’audace. Vous l’avez compris, il s’agit de faire preuve d’efficacité, de briser même certains tabous, de ne pas avoir peur de soulever certains mécontentements au service des Français. »

Même si ces Français votent RN ? Donc, ça va empirer ? Mais comment alors affirmer qu’on va lutter contre le RN jusqu’au dernier quart d’heure comme il l’a bien précisé ? Comment ne pas comprendre qu’il y a peut-être un rapport entre la politique définie et que l’on veut continuer d’accélérer et ces classes moyennes qui ne sont plus heureuses avec ce qui est fait ? Il y a là une aporie qui n’est pas près d’être résolue.

Enfin, le septième désordre tient au conflit en Ukraine. Il s’agit du danger de la guerre. Mais avant de parler de la guerre, parlons de l’armée française. M.Macron en dit : « Il faut une armée forte. C’est notre cas » (CP, 2h05). Et puis, pour démontrer cette capacité et en réponse à une question de TF1-LCI sur le « réarmement des armées » (CP, 2h17),  il fait référence à un déploiement en Roumanie après l’attaque russe en Ukraine et qui doit semble-t-il servir de démonstration sur le fait que « nous n’avons pas de faiblesse ». Quelques informations glanées par-ci, par-là nous apprennent qu’en juillet 2023 « le déploiement français en Roumanie n’a pas encore achevé sa montée en puissance : un millier de soldats y sont installés dans le cadre de sa mission de réassurance ». Est-ce vraiment démonstratif ?

A part cela, M.Macron ne dit rien sur l’efficacité des douze trains de sanctions prises à l’encontre de la Russie par l’Union Européenne, devenue une véritable entreprise ferroviaire. Il ne dit rien sur le sabotage de Nordstream 1 et 2. Au contraire, il fait remonter l’action hostile de la Russie à 2014 : « Vous avez des membres du conseil de sécurité qui ont décidé de ne plus respecter la Charte des Nations Unies. La Russie. Et ça c’est un fait nouveau dans les dix dernières années. Il a commencé en février 2014 » (CP, 2h03. Question BFM TV sur la principale menace pour la France aujourd’hui dans le monde ?). Mais sans évoquer la révolution ukrainienne de février 2014 qui a entraîné le renversement d’un gouvernement pro-russe au profit d’un gouvernement intérimaire et dont les USA se sont vantés d’avoir été les organisateurs ; et sans bien sûr évoquer les Accords de Minsk de 2015, dont M.Hollande et Mme Merkel étaient les garants et dont Mme Merkel a dit ensuite en décembre 2022 (confirmé par M.Hollande) : « Les accords de Minsk ont servi à donner du temps à l’Ukraine. Un temps qu’elle a utilisé pour se renforcer comme on peut le constater aujourd’hui… Et je doute fort qu’à l’époque l’Otan aurait été en capacité d’aider l’Ukraine comme elle le fait aujourd’hui », ce qui était contraire au contenu de ces accords.

M.Macron a une deuxième constante à propos de ce conflit en Ukraine : il ne parle jamais d’effort pour la paix. Il ne parle que de guerre et de battre la Russie. Et cela culmine de façon inquiétante à la fin de sa conférence de presse en réponse à une question de The Economist (2h08) à propos de la signature récente d’un accord bilatéral de sécurité entre le Royaume-Uni et l’Ukraine. Réponse de M.Macron : « Nous sommes en train de finaliser un accord de ce type d’ici quelques semaines, bilatéral ». Il y ajoute « nous allons procéder à des livraisons nouvelles d’armes et de bombes ». Et il finit : « Nous avons très clairement, nous Français et nous Européens, à prendre des décisions nouvelles dans les semaines qui viennent pour ne pas laisser la Russie gagner » (CP, 2h10) et nous ne nous sommes pas sentis rassurés.

Au final, Union européenne sublimée ; confusion volontairement entretenue entre France et République, intégration et assimilation ; croyance continue en l’argent magique ; émeutes urbaines expliquées par l’ennui de jeunes adolescents désoeuvrés ; appel anxiogène pour du « toujours plus toujours plus vite » ; incapacité à articuler une réflexion sur la politique et sur ses effets dévastateurs (sauf à jouer la défausse sur les corps constitués) ; appel continu à la guerre par un M.Macron agissant dans ce domaine en véritable autocrate : tout cela inquiète.

Recevoir pour servir

De Jean-François Chemain pour Le Salon beige :

Si le désespoir nous envahit au spectacle des temps que nous vivons, impuissants que nous nous sentons à empêcher le déferlement de calamités qui, tel un tsunami, paraît balayer ce qui reste de la civilisation à laquelle nous sommes attachés, la lecture deux ouvrages de Rod Dreher, Le Pari bénédictin et Résister au mensonge, peut nous apporter quelque réconfort. La thèse de cet auteur américain d’origine hongroise est en effet que, à l’exemple des bénédictins de l’Ordre clunisien, aux Xe et XIe siècles, un humble et discret travail de collecte et de transmission peut redresser une civilisation. Et que c’est exactement ainsi que, dans les pays de l’Est, les chrétiens ont résisté au communisme. Ora et labora, prie et travaille, telle est la devise des bénédictins.

Se réunir par petits groupes, pour recevoir et transmettre. Les moines par un patient travail de copistes (travail de bénédictin) ont porté aux générations suivantes, et jusqu’à nos jours, les textes des premiers auteurs chrétiens, mais aussi des grands auteurs païens, fondement de ces Humanités dont notre civilisation s’est nourrie. Pas besoin pour cela d’occuper le devant de la scène, ni de se voir « déjà en haut de l’affiche » ! Cluny a donné les grands papes de la renaissance de l’Église, Grégoire VII, l’auteur de la Réforme grégorienne, et Urbain II, qui prêcha la première croisade.

Quant aux « dissidents » de l’ère soviétique, ils se réunissaient clandestinement, en réseaux amicaux et familiaux, pour rédiger et transmettre leurs samizdats. Avec le résultat qu’on connaît quand le travail, fécondé par la prière, permet à un pape comme Jean-Paul II de contribuer à l’effondrement brutal d’un système qu’on croyait invincible.

Recevoir et transmettre, humblement, inlassablement, en espérant contre toute espérance, telle est la leçon que l’Histoire, ancienne et récente, nous donne à nous, croyants chrétiens. Telle est aussi la simple et belle ambition du Lycée Saint-Augustin. Dans la prière et le travail, tous s’y attachent à un devoir de transmission, des enseignants aux élèves, mais aussi des élèves, plus tard, quand ils seront face à leurs responsabilités d’adultes, partout où ils seront placés, à commencer par leur famille, et leur cité.

Merci de nous aider à relever ce défi.

Jean-François Chemain,

Professeur d’Actualité/Géopolitique au Lycée Saint-Augustin (Lyon)

www.lycee-saintaugustin.fr

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