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Le respect de la vie ne se ringardisera jamais

Communiqué de Mgr Rougé, évêque de Nanterre, après le vote d’hier:

Les sénateurs ont voté mercredi dernier dans les mêmes termes que les députés un projet de constitutionnalisation du droit à l’interruption volontaire de grossesse, ouvrant ainsi la voie à un vote définitif du Congrès dès lundi prochain. Ce vote est une source de grande tristesse et de profonde inquiétude.

Rien ne justifiait cette disposition, comme l’affirmait d’ailleurs, clairement et fermement, le rapport de la sénatrice chargée de préparer le débat du Sénat. Quoi que l’on pense de la loi de 1975, il est frappant de voir comment une loi affirmant ouvrir une possibilité d’urgence a conduit à instaurer un prétendu droit fondamental, le verrou devenant cliquet, dans une dangereuse inversion des valeurs. Il faudra se rappeler cela au moment du débat sur la fin de vie.

Beaucoup de parlementaires plutôt interrogatifs voire réservés sur cette constitutionnalisation n’ont pas réussi à résister aux pressions du politiquement ou médiatiquement correct. Il faut du coup saluer le courage de ceux qui ont tenu bon, en hommes et femmes de liberté et de vérité. Que d’autres n’aient pas peur de les rejoindre au Congrès de lundi prochain : un vote massif en faveur de la constitutionnalisation de l’IVG ne serait vraiment pas à l’honneur du Parlement français.

Un risque de cette constitutionnalisation est de fragiliser le droit des médecins à l’objection de conscience. Un amendement visant à le protéger a également été repoussé au Sénat. Il faudra donc être particulièrement vigilant sur ce point dans l’avenir, à propos de l’IVG mais aussi de l’euthanasie.

Une Constitution est faite pour fixer le socle de la vie commune d’une société. Une société qui constitutionnalise la culture de mort, qu’elle en ait conscience ou non, se fragilise elle-même en profondeur.

La plupart des parlementaires, prisonniers de l’air du temps, ont craint de se « ringardiser » par leur vote. C’est plutôt l’absence d’enracinement qui démode rapidement : le discrédit de beaucoup de nos politiques le manifeste amplement.Notre espérance et notre engagement, notre certitude, c’est que le respect aimant de la vie, en paroles et en actes, lui, ne se ringardisera jamais !

Un tribunal califormien valide le rejet du wokisme par une école

Un tribunal californien a statué en faveur du droit d’un district scolaire du sud de la Californie de maintenir sa politique de notification aux parents et d’exclure la très wokiste théorie critique de la race (CRT) et des cours sur la “transition de genre” de ses salles de classe. L’équipe juridique de Temecula Valley Unified School District (TVUSD) d’Advocates for Faith and Freedom a annoncé la décision de la Cour, le président d’Advocates for Faith and Freedom, Robert Tyler, la qualifiant de “victoire pour le bon sens, les parents et la sécurité des élèves”. Le syndicat des enseignants de Temecula Valley et un groupe de militants politiques ont intenté un procès contre le district scolaire l’année dernière, considérant que ce refus du wokisme par  la TVSUD portait préjudice à “tous les élèves”, mais en particulier aux “enfants de couleur et aux enfants LGBTQ, stigmatisant leurs identités, leurs histoires et leurs cultures”.

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Encore un poncif LGBT infirmé par la science

Une nouvelle étude finlandaise contredit le discours central en faveur de la communauté LGBTQ selon lequel faire subir aux enfants des “soins de confirmation de genre” réduit les taux de suicide. L’étude, publiée le 17 février, conclut que “la dysphorie de genre clinique ne semble pas être prédictive de la mortalité toutes causes confondues, ni de la mortalité par suicide, lorsque l’historique des traitements psychiatriques est pris en compte”.

Benjamin Ryan écrit dans le New York Post que le mouvement en faveur du traitement de transition de genre chez les enfants repose sur l’affirmation selon laquelle les interventions médicales pédiatriques sont non seulement “médicalement nécessaires”, mais aussi “vraiment salvatrices”. Ryan note que jusqu’à très récemment, “aucun chercheur n’avait jamais essayé de déterminer si cette affirmation était vraie”. Il rapporte également que “une étude majeure menée en Finlande a révélé que l’administration d’hormones de l’autre sexe et de chirurgies de transition de genre chez les adolescents et les jeunes adultes ne semblait pas avoir d’effet significatif sur les décès par suicide”.

Le Dr Riittakerttu Kaltiala, l’un des principaux chercheurs de l’étude, a déclaré qu’il était “très peu éthique” que les prétendues “cliniques de genre” évoquent la possibilité de suicide lorsqu’elles parlent aux parents qui envisagent des procédures “transgenres”. “Ce n’est pas basé sur des faits”, a-t-elle déclaré, faisant référence à la question apparemment couramment posée par les cliniciens aux parents : “Préférez-vous avoir un fils vivant ou une fille morte ?” Les chercheurs finlandais ont conclu que les décès par suicide étaient environ quatre fois plus élevés, mais encore rares, chez les jeunes en détresse de genre. Leur taux de suicide plus élevé était lié à leur taux beaucoup plus élevé de problèmes psychiatriques graves, et non à leur détresse de genre. Le Dr Kaltiala, qui était lui-même autrefois favorable au traitement de transition de genre chez les adolescents et qui a même ouvert l’une des premières cliniques pédiatriques de genre en Finlande en 2011, se trouve maintenant contredire un vaste et puissant mouvement en faveur de ces traitements pour les jeunes. En février 2023, la psychiatre a remis en question ce récit (“transition de genre ou suicide”) en le qualifiant de “désinformation délibérée” et en déclarant qu’il était “irresponsable de le propager”. Plus tard dans l’année 2023, Kaltiala a publié un article dans The Free Press intitulé “Les soins conformes au genre sont dangereux. Je le sais parce que j’ai été pionnière dans ce domaine”.

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Accélération de la dérive eugéniste de notre société

Communiqué de la fondation Lejeune après le vote d’hier au sénat:

Au lendemain du vote du Sénat sur le projet de loi constitutionnel sur l’IVG, la Fondation Jérôme Lejeune exprime son désaveu total et sa vive inquiétude.

De lourdes conséquences pour la liberté de conscience et d’expression.

Rien ne menace aujourd’hui la liberté de recourir à l’IVG en France, rien ne justifie donc son inscription dans la constitution. En revanche, les conséquences sur la liberté de conscience des médecins peuvent être désastreuses. Avec  sa constitutionnalisation, l’avortement devient de fait exigible, la clause de conscience n’a plus sa place.

Au-delà de la liberté de conscience des médecins, la Fondation Jérôme Lejeune s’inquiète des conséquences de la loi sur la liberté d’expression. En effet, pourquoi sanctuariser un droit qui n’est pas menacé, si ce n’est pour interdire l’existence même d’un débat ? L’exemple récent des attaques contre CNews, après le débat télévisé sur En quête d’esprit du 25 février, en est un exemple frappant. C’est pourquoi la Fondation tient à féliciter pour leur courage les sénateurs et députés qui ont osé s’opposer à ce projet de loi.

Par ailleurs, le délit d’entrave psychologique à l’IVG, inscrit dans la loi en 2017, peut induire des peines allant jusqu’à l’emprisonnement. S’il n’a aujourd’hui reçu que peu d’applications pratiques, la Fondation s’inquiète de recours accrus, si le droit à l’avortement devient constitutionnel.

Un symbolisme de mort

La constitutionnalisation de l’IVG est un geste qui nie la dignité inconditionnelle de la personne humaine. La liberté d’avorter est la liberté de donner la mort à un être humain. Nul ne peut le nier. C’est une aberration de l’inscrire dans la Constitution quelques années après y avoir inscrit l’interdiction de la peine de mort.

Une dérive eugéniste

La constitutionnalisation de l’IVG accélère la dérive eugéniste de notre société qui trie déjà les fœtus sur des critères génétiques. Aujourd’hui, 96% des enfants à naître trisomiques sont ainsi victimes de l’avortement. Dans une société qui prône l’inclusion et la fraternité, peut-on accepter que certains n’aient pas le droit de vivre à cause de leur génome ?

Pour Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune, « la respectabilité et le caractère sacré de chaque vie humaine n’ont jamais été aussi menacés ».

La Fondation met à disposition des citoyens un outil d’interpellation des élus afin de les enjoindre à s’opposer à ce projet de loi constitutionnelle : ivgconstitution.fondationlejeune.org

Ecriture Inclusive à l’UCO

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’Université Catholique de l’Ouest, qui n’a de catholique qu’une lettre dans son acronyme, emploie des enseignants qui n’hésitent pas à corrompre les esprits des étudiants qui leur sont confiés, en usant de leur position hiérarchique pour diffuser des documents wokistes. Comme cet extrait écrit en écriture dite inclusive… Avec des “iel” et des “.e”, qui, non seulement, rendent illisible ledit texte, mais qui en plus s’avère être en totale opposition avec les règles élémentaires de la grammaire française. Un peu de ménage serait le bienvenu…

Aider les élèves à construire leur liberté

Vincent Badré, professeur d’histoire-géographie au collège Stanislas, signe une tribune dans La Croix à propos de l’action pédagogique adaptée à des adolescents :

Des élèves seraient victimes de sexisme et d’homophobie à Stanislas, lycée sélectif parisien et catholique. Après des alertes médiatiques et un rapport d’enquête administrative, une réflexion plus large est possible. En prenant un peu de distance, l’action pédagogique peut tenir compte de l’adolescence comme temps des questions, qui méritent une information sur les choix possibles de futurs citoyens.

Partir du point de vue des élèves peut nourrir cette démarche. Le rapport administratif sur Stanislas révèle une attitude adolescente méconnue, mais réelle. Ne pas dire grand-chose, mais écouter, vouloir des informations, et ne pas encore choisir entre les valeurs qui leur sont proposées. « La plupart des élèves auditionnés » ont dit avoir été intéressés par l’instruction religieuse et avoir aimé pouvoir dire ce qu’ils ou elles « en pensent ».

On peut aussi retrouver ce désir de savoir sans conclure dans les témoignages négatifs du même rapport, quand des élèves ou des parents ont été blessés ou mis mal à l’aise par les mêmes formations de « catéchèse » ou de « vie affective ». Les uns et les autres témoignent d’une demande d’ajustement des attitudes qui peut concerner tous les éducateurs et passer par une pédagogie de la distance.

Une pudeur pédagogique

Les éducateurs peuvent s’inspirer d’Hergé. Avec Tintin, il décalait dans l’imaginaire les questions les plus actuelles, du trafic d’esclaves à la dictature ou à l’amitié dans l’éloignement et les épreuves. Par ces détours, il pouvait rejoindre la quête d’autonomie des enfants qui grandissent et leur faire toucher les questions du monde des adultes.

Un même mouvement de mise à distance et d’évocation peut se retrouver en classe. Le pédagogue s’y inscrit dans un principe généalogique de continuité avec les intentions des parents pour aborder les questions essentielles, mais il le fait en passant par le détour de l’étude, en particulier à propos de la nature, de l’histoire ou de la littérature. Et son travail peut s’accompagner d’une certaine pudeur pédagogique à propos de ses propres idées. Laurence de Cock, très engagée par ailleurs, l’exprime juste après les attentats de 2015. Elle veut « écouter les questions, ne pas traquer les “dérapages”… aider à comprendre et à poser des mots sur le drame ».

Exposer sans imposer

Pour trouver la juste distance, l’enseignant se fait aussi explorateur du réel et praticien de la prudence scientifique. Il désigne les choses d’une main qui ressemble à celle de saint Jean Baptiste dans le tableau du retable d’Issenheim de Colmar. Celle-ci est tournée vers la réalité du corps de Jésus, mort, qu’elle désigne, mais elle ne peut le toucher directement. Cette image symbolise le mouvement de la connaissance scientifique, qui observe, produit des hypothèses plus ou moins assurées et des théories explicatives.

En montrant ainsi le réel dans la distance, l’enseignant construit le savoir comme un troisième lieu, celui de la référence dont parlait Pierre Legendre. Il présente les travaux des sciences et rend possible une représentation intérieure de l’altérité, qui distingue les points de vue et permet leur dialogue. Il montre que les connaissances humaines sont une représentation, qu’on peut déconstruire mais qui n’existe pas sans recherche de la vérité.

Les connaissances ainsi partagées nous font rentrer dans la vie en société. Elles sont en effet une éducation à la démocratie. Selon Jürgen Habermas, la liberté politique naît de la confrontation des idées et des argumentations des hommes à propos de leurs valeurs. Elle a besoin des faits et de leurs interprétations, des théories, des catéchismes et des idées politiques. Et cela ne réduit pas la liberté de conscience si l’enseignant a le courage de faire savoir sans vouloir faire croire et quand l’élève sait qu’il peut comprendre une idée sans être obligé de l’approuver.

Éduquer au pluralisme

L’éducation au pluralisme des idées peut cependant produire une inquiétude : celle de voir les élèves choisir une lecture du monde et refuser des principes communs. Des « paniques morales » opposées imaginent aussi que les jeunes pourraient ne pas assez aimer la République, la France ou le « vivre ensemble ». Elles oublient cependant que la jeunesse « désireuse des lois » est un âge pré-politique. Collégiens et lycéens ne sont pas au temps des conclusions mais à celui des questions. Secrètement curieux, ils cherchent, peuvent se taire, critiquer ou admettre ce qu’ils reçoivent.

Les élèves vivent le temps où les professeurs les aident à construire leurs réponses futures par les pratiques de l’argumentation puis de la dissertation ; en élaborant des conclusions, y compris sur des sujets politiques. L’éducation au commun passe aussi par les bornes qui construisent la vie sociale. Elle fait respecter des codes vestimentaires d’école qui annoncent ceux des métiers. Elle ne nie pas la liberté intérieure des élèves, mais leur montre les espaces où il est possible de porter le manteau de fourrure rose ou l’uniforme de ses rêves.

Une culture du respect des uns envers les autres peut alors naître de l’éducation au civisme. Placée à la bonne distance des connaissances et des normes sociales, elle peut apprendre à associer la liberté de l’individu et le droit d’avoir une famille, un métier et un pays, dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. En acceptant les détours des connaissances et le pluralisme des analyses, elle renonce aux illusions de la manipulation et peut aider les élèves à construire leur liberté.

On a l’impression que le président français est sous certaines substances

Intervention du député RN Pascale Bordes suite à l’annonce par Macron de la possibilité d’envoyer des troupes combattre en Ukraine (ce qui a provoqué un désaveu de la plupart des dirigeants) :

 

L’histoire politique des colonnes infernales (2)

Suite de l’entretien avec Jacques Villemain sur son livre : ‘Histoire politique des colonnes infernales” (pour lire le premier voler de cet entretien, cliquez ici):

Vous insistez beaucoup sur le caractère de “guerre de religions” de cette histoire terrible. On peut le comprendre du côté des Vendéens très attachés à la foi de leurs pères, mais comment l’expliquez-vous du côté des révolutionnaires qui semblent n’avoir pas eu de convictions religieuses bien solides?

Il n’y a pas de religions que transcendantes. Il y a aussi tout ce qu’avec Raymond Aron on peut appeler les « religions séculières », celles qui promettent le paradis sur terre. Aron donnait l’exemple du communisme, mais la Révolution française portait le même rêve de « régénération »de la France voire du monde entier. Le fanatisme droits-de-l’hommiste que j’évoquais à l’instant avec les paroles de Saint-Just est clairement une forme de « religion séculière ». L’historienne Mona Ozouf qui a beaucoup travaillé le sujet avec François Furet sur l’histoire révolutionnaire, évoque  un « transfert de sacralité » recherché par la Révolution. Au début c’est précisément pour se sacraliser que la Révolution exige un serment religieux de fidélité à son bénéfice, y compris si cela exige de rompre l’unité catholique. C’est le refus de ce serment qui fera les prêtres réfractaires et c’est la défense de ces « bons prêtres » qui fera la Vendée. Ensuite, voyant qu’elle ne peut  pas utiliser le catholicisme pour sacraliser son œuvre, la Révolution ne va pas cesser de tenter de créer ses propres cultes et son propre « sacré » : déesse Raison, Etre Suprême, culte décadaire, théophilanthropie se succèdent. Pensez au premier couplet de « La Marseillaise » : « Amour sacré de la patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs ». La Vendée a été livrée à cette « vengeance nationale » sans cesse invoquée dans le discours anti-vendéen de 1793-1794. Le département de Vendée sera même rebaptisé « Vengé ». Il a bien existé un « sacré révolutionnaire », ce sacré qui est ce pourquoi on est prêt à « se sacrifier » comme à « sacrifier » autrui. Il n’est pas besoin d’avoir lu René Girard pour savoir que « la violence et le sacré » sont étroitement en relations : tout sacré peut engendrer la violence, et plus la violence est extrême plus elle tend à invoquer une forme de sacré pour se justifier. La Révolution n’y a pas manqué.

Comment expliquez-vous que le gros des massacres (et notamment les colonnes infernales elles-mêmes) débute alors que les Vendéens sont militairement vaincus?

Un soulèvement populaire contre la Révolution équivalait à la dénonciation de l’imposture des révolutionnaires qui prétendent agir au nom du peuple. C’est insupportable pour eux, c’est le blasphème absolu à leurs yeux. Il est rapporté que les Représentants en Mission ont dit au général Haxo (un des sous-ordres de Turreau) « “Il faut que la Vendée soit anéantie parce quelleosé douterdes bienfaits de la liberté. Ce langage d’anathème religieux sera celui de tous les totalitarismes révolutionnaires et François Furet n’avait pas tort de voir dans 1793 la « matrice des totalitarismes modernes ». Mais surtout c’est précisément parce que les Vendéens ‘n’ont plus d’armée en janvier 1794 (leur armée a été totalement détruite, sauf les troupes de Charrette qui n’y participaient pas, à Savenay en décembre 1793) que le massacre général devient possible. En fait ce massacre était déjà envisagé par la loi du 1er août 1793 (le fameux « Détruisez la Vendée !» répété alors six fois dans le discours de Barère à la Convention) et avait connu une première réalisation avec le massacre de quelques 40.000 Vendéens durant la « Virée de Galerne » qui se termine à Savenay : l’expédition des colonnes infernales n’est au fond que la répétition au sud du fleuve de ce qu’on venait de faire au nord et fera sans doute encore 40.000 morts.

En sens inverse, comment expliquez-vous que tant d’historiens banalisent ces atrocités en les décrivant comme une malencontreuse conséquence de la guerre civile?

Francois Furet disait que la Révolution reste « La grande déesse- mère » de la France moderne,. L’histoire révolutionnaire, c’est effectivement le mythe fondateur, voire l’histoire sainte d’une certaine vision de la République. C’est aussi ce qui fonde la légitimité du recours à la violence pour améliorer les choses, qui fut le fonds de commerce du marxisme (la « violence accoucheuse de l’Histoire » selon Marx) et qui reste aujourd’hui  l’horizon de la gauche radicale. Admettre que la Révolution aurait pu être le cadre politique de crimes de masse, jusqu’au génocide, tient du blasphème aux yeux de la gauche, et pas seulement de la gauche radicale. Robespierre reste le héros de J-L Mélenchon et de LFI, mais il était aussi celui de Jaurès ou d’un socialiste mondain de l’époque Mitterrand comme Max Gallo. Il faut sauver le soldat Robespierre, et pour cela il faut euphémiser, banaliser, faire passer pour de malheureux accidents les crimes commis en 1793-1794, notamment en Vendée. Parler de « guerre civile » est un tour de passe-passe sémantique  : tant en ex-Yougoslavie qu’au Rwanda les génocides ont eu lieu dans un contexte de guerre civile. La guerre civile n’est pas une explication, c’est un contexte.

Pouvez-vous nous donner quelques indications sur le bilan des guerres de Vendée?

Les historiens semblent aujourd’hui s’accorder sur un bilan de 170.000 morts Vendéens, essentiellement des femmes, enfants et vieillards, auxquels il faudrait ajouter 30.000 « Bleus » (républicains), essentiellement des soldats des armées de la Convention. 170.000 morts, cela représente, par rapport à la population de la région insurgée en 1788, une proportion de 21 à 23%. C’est un ordre de grandeur comparable aux massacres des Khmers Rouges du Cambodge entre 1975 et 1979. Encore faut-il ajouter qu’il existe des raisons de penser que ce bilan est sous-estimé, peut-être encore d’un tiers en sorte qu’on ne peut pas exclure que le bilan soit plutôt de 250.000 morts vendéens, voire encore un peu plus.

Vous dites que ne pas qualifier correctement les colonnes infernales comme un crime contre l’humanité conduit à laisser pourrir le cadavre dans le placard. Comment les pouvoirs publics pourraient-ils aujourd’hui travailler à l’apaisement et à la justice?

Pour que la mémoire soit purifiée, il faut que le mal soit nommé. Il faut que le crime soit reconnu. Il n’y a aucune raison d’imputer à la Vème République les crimes commis à l’époque de la Ière, encore faudrait-il qu’elle s’en désolidarise clairement au lieu de la célébrer sans nuance, ce qui était le projet initial du Bicentenaire de 1989. En 1987, lors de sa préparation l’historien Claude Langlois avait fait sensation avec un article intitulé « La Révolution malade de la Vendée» : l’historien Reynald Secher venait de publier la première thèse de doctorat (sous la direction de P. Chaunu et J. Tulard entre autres) sur ce qu’il appelait déjà un « génocide franco-français ». Cette thèse non seulement n’a pas disparu comme le souhaitaient les « célébrants » de 1989, mais elle s’installe de plus en plus dans le débat historique sur la période révolutionnaire, n’en déplaise aux historiens robespierristes qui depuis le Front Populaire tiennent le haut du pavé du secteur universitaire consacré aux recherches sur l’histoire révolutionnaire. Il faut qu’il soit reconnu que ce qui s’est alors passé en Vendée fut une abominable série de crimes, jusqu’au génocide. L’énorme succès du « Puy-du-Fou » irrite énormément notre gauche robespierriste, apparemment incapable de comprendre qu’en Vendée, où toutes les familles ont eu un ou plusieurs ancêtres massacrés en 1793-1794, la mémoire reste vive et que la mobilisation populaire au service de cette mémoire a été immédiate lorsqu’un projet comme celui de Philippe de Villiers a été mis sur la table. Plus généralement c’est partout en France que le film  « Vaincre ou Mourir » a été un succès l’an dernier, aux cris rageurs et désespérés de « Libération » et consorts. Notre mémoire historique est blessée. La réconciliation des mémoires ne peut se faire que sur la base de la vérité des faits, et donc sur la reconnaissance de la nature criminelle de la politique menée en Vendée en 1793-1794,  y compris avec les mots qui fâchent : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide. Je suis persuadé qu’on finira par y venir.

Histoire politique des colonnes infernales – Avant et après le 9 Thermidor

 

Toxique ?

Le célèbre film Mary Poppins de 1964 vient d’être déclaré toxique pour les jeunes enfants et sorti de la catégorie «tout public» au Royaume-Uni. L’organisme de censure britannique a estimé que l’œuvre contenait des «propos discriminatoires».

On trouverait dans Mary Poppins un dialogue « discriminatoire ». Une première fois, l’amiral Boom demande à un enfant Banks s’ils vont « combattre les Hottentots ». Une autre fois, l’amiral s’exclame : « Nous sommes attaqués par des Hottentots ».

Peuple d’Afrique australe, c’est sans doute en raison des clics (claquements de langue) caractéristiques de leur langue que les Afrikaners, qui parlaient néerlandais, ont affublé les Khoïkhoï du sobriquet de « Hottentots », terme évoquant ce qui était perçu comme un bégaiement.

VO :

VF :

c’est grave docteur ?

Les faux postulats de la guerre d’Ukraine

D’Eric Denécé pour le Centre Français de Recherche sur le Renseignement :

Lorsqu’ils considèrent la guerre d’Ukraine, la plupart des analystes[1] partent, me semble-t-il, de postulats erronés – délibérément ou par méconnaissance – que je crois instillés par les États-Unis et l’Ukraine, et qu’il convient de signaler, car ils sont à l’origine d’une vision qui s’affirme de plus en plus fausse des origines et des réalités de ce conflit et donc de son issue probable.

Il ne s’agit pas, répétons-le une nouvelle fois, de défendre les positions de la Russie, mais de rappeler certains faits et de faire prendre conscience du narratif élaboré par les Américains pour justifier le bien-fondé de cette guerre aussi horrible qu’inutile, et de la désinformation majeure dont nous sommes victimes en Europe, et en particulier en France, depuis maintenant deux années.

QUATRE POSTULATS (DÉLIBÉRÉMENT) ERRONÉS

1. LA RUSSIE VOULAIT ENVAHIR L’UKRAINE.

Nous savons aujourd’hui que le corps de bataille russe massé à la frontière ukrainienne début 2022 comptait entre 120 000 et 150 000 hommes selon les sources et que la première vague d’assaut ne comprenait que 60 000 hommes environ. Le simple bon sens voudrait que des analystes sérieux aient eu l’objectivité de reconnaitre qu’il s’agissait bien d’une opération miliaire « spéciale » – qu’ils étaient en droit de dénoncer – au lieu d’abonder dans le sens de la propagande diffusée par Kiev, Londres, Washington et Varsovie s’attachant à faire croire à une invasion menaçant toute l’Europe occidentale. Les effectifs russes engagés étaient clairement ceux d’une action limitée, donc notoirement insuffisants pour une opération d’ampleur contre un État de 603 000 km2 et de 43 millions d’habitants. Rappelons pour mémoire que lors de leur invasion de l’Irak – 438 000 km2, 27 millions d’habitants et des forces armées non soutenues par – en 2003[2], les Américains ont engagé une armée de 150 000 hommes assistée de 45 000 Britanniques et de 70 000 Kurdes[3]. Ce premier postulat ne résiste donc pas à l’analyse militaire élémentaire.

2. LA RUSSIE DISPOSAIT D’UNE ARMÉE PUISSANTE QUI AURAIT DÛ BALAYER LES UKRAINIENS EN QUELQUES SEMAINES. CELA N’A PAS EU LIEU, CE QUI RÉVÈLE SA MÉDIOCRITÉ ET CELLES DE SES CHEFS.

Les forces russes qui ont attaqué l’Ukraine l’ont fait avec un rapport de forces très défavorable de 1 contre 3. Elles ne pouvaient donc submerger ni écraser l’armée ukrainienne, très supérieure en nombre. Leur objectif était de la paralyser et de contraindre Kiev à la négociation.

De plus, on oublie ce que de nombreux experts militaires observaient déjà pendant la Guerre froide et jusqu’au début des années 2000 : les forces soviétiques (malgré leur importance), étaient d’abord des forces préparées pour la défense et non pour les opérations extérieures, à la différence des forces occidentales. Nous savons donc depuis longtemps que la logistique, surtout pour la projection de forces, n’est pas leur point fort, ce qui a été confirmé par les observations de nombreux officiers s’étant rendus en Russie après la dissolution de l’URSS… et par les premières semaines de « l’Opération militaire spéciale ».

Ces défauts, ne se sont pas améliorés après la chute du mur de Berlin, tant l’armée russe a connu de coupes sombres, tant en matière de budget, de ressources humaines que d’unités. Il a fallu attendre le début des années 2000 pour observer le début d’un redressement. Néanmoins, l’armée russe d’aujourd’hui n’est pas l’Armée rouge d’hier, bien qu’elle en soit l’héritière.

Aussi, nous nous permettons de penser que cette surestimation de la force russe, largement relayée par les médias occidentaux, n’avait pour but que de glorifier la résistance ukrainienne et d’humilier Moscou, dans le but possible de provoquer une fronde contre Poutine et son état-major.

3. LES FORCES RUSSES VOULAIENT PRENDRE KIEV, MAIS ELLES ONT ÉCHOUÉ.

Autre ineptie. Seule une fraction des forces de l’Opération militaire spéciale a été affectée à l’offensive visant la capitale ukrainienne, non dans le but de la conquérir, mais de fixer les forces de Kiev (manœuvre opérative). Il est totalement délirant de croire que les Russes envisageaient de conquérir une agglomération couvrant 12 300 km² – au cœur d’une aire urbaine de28 900 km² –, regroupant au total 4,6 millions d’âmes[4], et encore une fois face à des forces supérieures en nombre et installées sur un territoire qu’elles connaissaient parfaitement. Ceux qui savent les extrêmes difficultés de la guerre urbaine n’ont cessé de dénoncer cette affirmation des Ukrainiens et de leurs mentors occidentaux comme totalement fantaisiste.

À titre de comparaison, il convient de rappeler que pour son opération de nettoyage de la bande de Gaza (360 km2, 2,6 millions d’habitants), l’armée israélienne a engagé plus de 180 000 hommes, dispose d’un contrôle du ciel total et d’une assistance américaine et britannique en matière de collecte de renseignements et de fourniture de munitions. Néanmoins, quatre mois après le début de son offensive, Tsahal n’est toujours pas parvenu à en prendre le contrôle total alors même que les combattants du Hamas (20 000 hommes) ne sont pas des adversaires comparables à l’armée ukrainienne formée par l’OTAN.

4. LA RÉSISTANCE HÉROÏQUE DES FORCES UKRAINIENNES A SURPRIS LE MONDE COMME LA RUSSIE ET MONTRE LA SOLIDITÉ ET LA DÉTERMINATION DE CETTE NATION.

Cette affirmation nous semble relever d’une sous-estimation délibérée de l’armée ukrainienne afin d’atteindre le but psychologique évoqué au point n°2 ci-dessus. Encore une fois, revenons-en aux chiffres. Début 2022, les forces armées ukrainiennes comptaient 250 000 hommes, soit les deuxièmes les plus importantes en volume en Europe orientale, après l’armée russe. Elles étaient de plus complétées par les gardes-frontières (53 000 hommes), la nouvelle Garde nationale d’Ukraine (60 000) et les divers services de sécurité intérieure. Surtout, ces forces avaient bénéficié, depuis 2014 d’une assistance majeure de plusieurs pays de l’OTAN (États-Unis, Royaume-Uni, Canada), en matière de formation et de livraisons d’armes, et recevaient aussi de très nombreux renseignements sur la Russie dont ces pays disposaient[5]. C’étaient donc des forces professionnelles, bien équipées et disposant, pour certaines d’entre elles, d’une expérience du combat pour avoir participé depuis 2014, aux opérations militaires contre les régions autonomistes du Donbass. Rien à voir donc avec « la petite armée » ukrainienne que nous ont vendue l’OTAN et les médias.

Ajoutons à cela que l’armée ukrainienne avait établi, principalement autour du Donbass, de très solides positions défensives, qu’elle combattait sur un terrain qu’elle connaissait, qu’elle était trois fois plus nombreuse que les forces d’attaque russes, et que si celles-ci avaient l’initiative, leur offensive était largement attendue.

Ces quatre postulats – dont l’analyse rapide permet de mesurer qu’ils ne résistent pas aux faits – relèvent donc de la mauvaise foi, si ce n’est d’une désinformation délibérée, afin de fausser la perception du conflit et de décrédibiliser l’adversaire russe, manœuvre en soi de bonne guerre.

À côté de ses fausses affirmations, il convient également de se pencher sur d’autres faits, qui s’ils n’ont pas été déformés par le narratif otano-ukrainien, ont été passés sous silence, car ils contribuent également à éclairer les réalités de ce conflit d’un jour nouveau. […]

Européennes : la numéro 2 LR prône la régularisation des clandestins

Céline Imart, numéro 2 sur la liste LR aux élections européennes, est favorable à la régularisation des clandestins pour l’agriculture :

 

Le combat suivant des pro-avortements : la clause de conscience des médecins

Emmanuel Macron convoque le Parlement en congrès dès lundi 4 mars pour inscrire l’avortement dans la Constitution, rejoignant ainsi le dictateur communiste Tito, seul chef d’Etat à avoir inscrit l’avortement dans sa Constitution. Mais les militants de l’avortement sont déjà orientés vers le combat suivant : faire tomber la clause de conscience des médecins. Il leur suffira pour cela d’invoquer le droit constitutionnel et les juges forceront les médecins récalcitrants à pratiquer des avortements :

Mgr Aupetit : “La France a touché le fond. Elle est devenue un état totalitaire”

Florilège de réactions :

 

Au Sénat, le RN a voté contre la garantie de la clause de conscience pour les médecins concernant l’avortement

Non seulement les 3 sénateurs RN (Aymeric Durox, Joshua Hochart, Christopher Szczurek) ont voté en faveur du texte constitutionnalisant l’avortement, mais en outre, lors de la discussion, ils ont voté contre l’amendement du sénateur Alain Milon visant à ajouter dans le texte :

et aux professionnels de santé de ne pas être tenus de la pratiquer ou d’y concourir

Il expliquait cet amendement :

En effet, si la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse, il est indispensable d’y associer le fait que les professionnels de santé habilités à pratiquer ces interruptions volontaires de grossesse disposent d’une clause de conscience ; clause spécifique à l’IVG qui fut instaurée par la loi Veil, qui a légalisé l’avortement en France en 1975.

Ainsi, à l’instar de ceux qui pourraient contester le droit à l’IVG, certains pourraient également un jour contester la clause de conscience des professionnels de santé.

Le projet de loi vise à inscrire dans le Constitution la liberté des femmes à recourir à l’IVG, cet amendement prévoit d’y inscrire également cette clause de conscience.

50 sénateurs votent contre le projet de loi constitutionnelle sur l’avortement

Le Sénat a adopté ce soir le projet de loi constitutionnelle.

Voici les sénateurs qui ont voté contre :

LR : MM. Jean Bacci, Arnaud Bazin, Mme Catherine Belrhiti, M. Étienne Blanc, Mmes Christine Bonfanti-Dossat, Valérie Boyer, Anne Chain-Larché, MM. Alain Chatillon, Guillaume Chevrollier, Pierre Cuypers, Mmes Chantal Deseyne, Catherine Di Folco, Françoise Dumont, M. Laurent Duplomb, Mme Jacqueline Eustache-Brinio, M. Christophe-André Frassa, Mmes Laurence Garnier, Pascale Gruny, M. Daniel Gueret, Mmes Corinne Imbert, Micheline Jacques, Muriel Jourda, MM. Khalifé Khalifé, Daniel Laurent, Mme Christine Lavarde, MM. Dominique de Legge, Henri Leroy, Mmes Vivette Lopez, Brigitte Micouleau, MM. Alain Milon, Albéric de Montgolfier, Louis-Jean de Nicolaÿ, Mme Sylviane Noël, MM. Jean-Jacques Panunzi, Stéphane Piednoir, Mmes Kristina Pluchet, Frédérique Puissat, MM. André Reichardt, Bruno Retailleau, Bruno Sido, Philippe Tabarot

Union centriste : M. Michel Canévet, Mme Brigitte Devésa, MM. Alain Duffourg, Loïc Hervé, Mme Christine Herzog, M. Hervé Marseille, Mme Lana Tetuanui

Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants : M. Jean-Baptiste Lemoyne

Non-inscrit : M. Stéphane Ravier

Détail des votes

Les 3 sénateurs RN ont voté pour…

Mgr de Germay sur l’avortement : “le jour viendra où la lumière se fera sur cet angle mort de notre conscience collective”

Communiqué de Mgr de Germay, archevêque de Lyon :

Le 30 janvier dernier, l’Assemblée nationale a donc voté en faveur du projet de loi visant à inscrire dans la Constitution la liberté de la femme à recourir à l’IVG.

En 1975, Simone Veil obtenait que l’avortement soit dépénalisé, tout en reconnaissant qu’il demeurerait toujours un drame. Depuis, tout semble avoir été fait pour faciliter et banaliser l’IVG. Les résultats sont là : 2023 vient d’établir le triste record de 234 300 IVG en France alors que la tendance est à la baisse partout ailleurs en Europe.

Si la loi était adoptée, la France mettrait au même niveau l’égale dignité de toute vie humaine – principe à valeur constitutionnelle – et la liberté d’accès à l’avortement. Comment expliquer une telle contradiction ?

Une des explications est liée, selon moi, à la succession des lois dites sociétales votées en France depuis quelques dizaines d’années. Celles-ci, en effet, se focalisent sur des droits individuels en oubliant ou en sous-estimant leurs portées sociales. Or la cohésion sociale ne peut que se dégrader – n’est-ce pas ce à quoi nous assistons aujourd’hui ? – si on se contente de définir des droits individuels sans resituer la personne dans le jeu des relations qui la constituent.

Est-il juste de faire peser sur les seules épaules des femmes enceintes une question aussi grave ? Comment pouvons-nous reléguer à la seule sphère privée une option touchant au respect du plus fragile ? Cette option définit en effet, pour une part, le modèle de société que nous souhaitons, et engage notre avenir.

N’est-ce pas également la société tout entière qui devrait porter le souci des femmes enceintes dans des conditions difficiles, de celles qui ont besoin d’être soutenues dans leur maternité, ou encore de celles se retrouvant dans une douloureuse solitude après avoir fait le choix d’une IVG ?

Nous sommes en réalité tous concernés par la question de l’IVG. Mais le débat est-il encore possible ? Il devient difficile aujourd’hui de s’exprimer sur ce sujet sans prendre le risque de devenir une cible médiatique. Beaucoup de personnalités publiques ont d’ailleurs déserté le débat. Que deviendra ce dernier si la loi venait à être adoptée ? La liberté d’expression sera-t-elle garantie ? Et la liberté de conscience ?

Certains craignent que l’opinion publique sur l’avortement ne change. Verrouiller définitivement les choses pour anticiper une telle hypothèse, n’est-ce pas un déni de démocratie ?

J’ose croire, quant à moi, que le jour viendra où la lumière se fera sur cet angle mort de notre conscience collective. Telle est mon humble espérance !

Les résistants pour la vie

Tandis que les sénateurs viennent de rejeter l’amendement du sénateur Bas, la manifestation bâillonnée est en place près de Port-Royal contre l’inscription de l’avortement dans la constitution.

Pourquoi constitutionnaliser l’avortement ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’aliénation de la liberté des futurs législateurs

L’enjeu n’est pas du tout celui annoncé d’une protection de ce droit qui pourrait être à l’avenir menacé.

Au passage, cette constitutionnalisation à quelque chose de profondément anticonstitutionnel. Elle prive en effet les générations futures du droit d’exercer leur liberté fondamentale de faire la loi. Or faire la loi, c’est avoir la liberté d’instituer ce qui était interdit précédemment ou bien l’inverse. Les nationalisations et privatisations illustrent parfaitement ce droit fondamental du législateur de décider en toute liberté. La constitutionnalisation d’un droit ôte donc toute initiative future en la matière. Pour des progressistes qui ne cessent de vanter le droit de remettre en cause les lois du passé ; c’est étonnant, voire très conservateur. Ces derniers oublient que ce droit passera peut-être pour une loi païenne et rétrograde dans quelques décennies. N’oublions pas que les Romains acceptaient l’avortement et l’infanticide ; que la chrétienté détruisit ces droits au nom de la dignité et de la sacralité de la vie humaine. Ceci fut perçu pendant des siècles comme un progrès contre la barbarie païenne. Aujourd’hui, on congédie le christianisme au profit d’une nouvelle version d’un paganisme revisité. Le balancier de l’histoire peut encore bouger. C’est bien ce que craignent ces progressistes figés dans leur certitude.

La négation de la clause de conscience du médecin

Mais le sujet n’est pas là. Les médecins acceptant de pratiquer l’avortement se font de plus en plus rares. Des départements manquent de médecins acceptant de le pratiquer. Or, inscrire ce droit dans la constitution et prétendre le garantir, c’est en fait créer les conditions d’une obligation faîtes à des médecins de pratiquer contre leur conscience. C’est en fait préparer un coup de force contre la liberté de conscience du médecin. Et cela est très grave. Car l’Etat et les élus s’arrogent le droit d’imposer une pratique qui n’a de médicale que la contrainte technique, afin d’obliger des médecins, alors assujettis à ce droit constitutionnalisé, qui viendrait, au nom de la hiérarchie des normes, tenter de renverser l’ordre des choses, la liberté de conscience étant alors secondaire.

La liberté de conscience en question ?

De quoi s’agit-il ? La clause de conscience, c’est la faculté de refuser de pratiquer un acte médical ou de concourir à un acte qui, bien qu’autorisé par la loi, est contraire à leurs convictions personnelles ou professionnelles. La notion est introduite dans la loi “Veil” du 17 janvier 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse, envisageant la possibilité pour un médecin de refuser de réaliser une IVG.

Le code de la santé publique (CSP), en son article R4127-47 (pose le principe où tout médecin peut refuser de prendre en charge un patient, sans avoir en donner les motifs. C’est un rapport du CNOM du 16 décembre 2011 qui décrit bien la clause de conscience :

« C’est, sauf urgence pour le médecin, le droit de refuser la réalisation d’un acte médical pourtant autorisé par la loi mais qu’il estimerait contraire à ses propres convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».

L’Observatoire de la laïcité reprend cette définition en 2016 dans son guide Laïcité et gestion du fait religieux dans les établissements publics de santé. La clause de conscience est un aspect de la liberté de conscience qui est un droit pour tout médecin de refuser, sauf urgence vitale, de pratiquer un acte demandé ou nécessité par des conditions particulières qu’il estimerait contraire à ses propres convictions personnelles ou professionnelles.

L’IVG n’est pas une thérapeutique, mais une décision personnelle qui se constitue en un droit. C’est bien la raison d’une législation, prouvant par son existence même, qu’il ne s’agit pas d’un acte médical à proprement parlé. D’où l’importance de la clause de conscience qui s’applique toute particulièrement aux actes médicaux non thérapeutiques. Et le médecin est apte et libre d’apprécier les effets susceptibles d’entraîner une atteinte à l’intégrité ou à la dignité humaine.

Le code de la santé publique est très clair à cet égard. Le médecin peut refuser :

une demande de stérilisation, qui au passage est considéré à une échelle collective comme une tentative de génocide d’une population par stérilisation, essentiellement des femmes d’ailleurs :

« Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer cet acte à visée contraceptive mais il doit informer l’intéressée de son refus dès la première consultation. »

(Article L2123-1 CSP)

une interruption volontaire de grossesse (IVG)

« Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention selon les modalités prévues à l’article L2212-2. ».

(Article L2212-8 CSP)

A cet égard, des députés ont déjà imaginé contester cette liberté, oubliant que le CNOM et le Collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF) se sont opposés à la suppression de cette clause.  Ils négligent aussi le fait que personne ne peut agir sous contrainte pour effectuer une tâche qu’il réprouve. Le caractère totalitaire et intrusif du législateur est à cet égard très inquiétante.

la recherche sur l’embryon qui pose des questions éthiques majeures :

« Aucun médecin ou auxiliaire médical n’est tenu de participer à quelque titre que ce soit aux recherches sur des embryons ou sur des cellules souches embryonnaires autorisées en application de l’article L2151-5. »

(Article L2151-7-1 CSP)

En dehors de ces trois refus, les médecins ont liberté d’agir selon leur conscience dans de nombreux domaines : réaliser des soins jugés inappropriés ou risqués et en matière de fin de vie

L’enjeu de l’accès à l’avortement

Or, la situation se dégrade pour accéder à un avortement.  Dès 2010, le Conseil de l’Europe s’est penché sur cette question où s’oppose le refus d’une pratique par la clause de conscience et la revendication de l’accès à une intervention du fait de l’exercice d’un droit. La clause est remise en cause au nom de la liberté des femmes, avec pour effet d’aliéner la liberté des médecins ! Au lieu de s’interroger sur le bienfondé de la demande, de l’âge des personnes, des motivations parfois discutables du fait de la pression de l’environnement, sans réel assentiment de la femme demandant l’accès à l’IVG, le Conseil de l’Europe a imaginé pouvoir imposer l’accomplissement d’un acte non-thérapeutique à des praticiens.

En réaction, le CNOM a immédiatement réagi, dès le 7 octobre 2010 en s’inquiétant d’une menace pesant sur la clause de conscience, au passage, héritée d’Hippocrate. A cette époque, le Conseil de l’Europe cède sous la pression en réaffirmant l’autorité de la clause de conscience dans une résolution 1763 intitulée : Le droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux. Le texte dit :

« Nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l’objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d’aucune sorte pour son refus de réaliser, d’accueillir ou d’assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie, ou de s’y soumettre, ni pour son refus d’accomplir toute intervention visant à provoquer la mort d’un fœtus ou d’un embryon humain, quelles qu’en soient les raisons. »

Les praticiens éprouvent peu d’intérêt à l’accomplissement de cet acte, voire ils en mesurent aujourd’hui, plus qu’hier, les risques psychologiques et reproductifs futurs pour les personnes, dont la stérilité du fait de plusieurs avortements. Les associations de leur côté défendent le droit des femmes, mais ce droit peut-il contraindre le médecin sans briser un pilier constitutionnel : la liberté de conscience, la clause de conscience et l’objection ?

A l’évidence, le législateur cherche à contraindre ; mais comment imagine-t-il le faire ? Il y a là une intrusion du politique dans le champ médical inédit dans une société démocratique. Le droit des uns ne peut enfreindre la liberté des autres. Le législateur pourrait utilement interroger la dérive de l’usage à une époque où tant d’autres solutions existent. L’échec n’est-il pas là ?

Pierre-Antoine Pontoizeau

Il est encore temps d’écrire aux sénateurs

Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est encore possible d’écrire aux sénateurs (qui débattent aujourd’hui en séance publique de la constitutionnalisation de l’avortement). C’est d’autant plus important que l’on ignore encore comment va pencher la majorité sénatoriale (dont nombre de ténors s’inquiètent à juste titre des dangers pour la clause des conscience des soignants). Vous pouvez, pour cela, utiliser les éléments mis en ligne par nos amis de la Fondation Lejeune. Comme ceux le disent:

CONSTITUTIONNALISER L’AVORTEMENT:

– UNE MESURE INUTILE

Inscrire l’IVG dans la Constitution est hors sujet parce que la Constitution n’est pas un catalogue de libertés individuelles. Elle est la Loi fondamentale qui fixe les normes institutionnelles organisant la société française : souveraineté du peuple, séparation des pouvoirs, rôle du président de la République….

– QUI MODIFIE DES ÉQUILIBRES IMPORTANTS

La constitutionalisation de l’IVG crée une hiérarchie entre des principes : la liberté de la femme d’avorter serait, de fait, érigée en un principe supérieur car inscrit dans le texte de la Constitution de 1958 tandis que la liberté de conscience des soignants et le respect de l’être humain en gestation, ne le sont pas. Ces derniers s’en trouveront fragilisés.

L’histoire politique des colonnes infernales (1)

Nous avons interrogé Jacques Villemain, à propos de son livre sur “L’histoire politique des colonnes infernales“:

Vous venez de publier une “Histoire politique des colonnes infernales”. Pourquoi parler de politique là où il semble n’exister que les exactions de soudards?

L’expédition des colonnes infernales c’est, sur le papier, une armée d’un peu plus de 100.000 hommes. En fait Turreau, général en chef de l’armée de l’Ouest, n’a que 40.000 hommes réellement armés et équipés, mais cela fait tout de même l’équivalent de 40 régiments d’infanterie. La nomination de Turreau comme général de cette armée est signée de Robespierre, Carnot, Billaud-Varenne et Collot d’Herbois. Aucun pouvoir politique, et surtout pas le gouvernement révolutionnaire dont le pouvoir repose plus que d’autres sur l’appareil répressif et donc sur l’armée, ne confie une telle masse humaine à un général sans lui donner d’instructions. On sait que ces instructions ont existé…mais on ne les retrouve pas :  le dossier du procès Turreau (1795) avait déjà été détruit en 1797et cela prouve seulement qu’on avait de bonnes raisons de les faire disparaître : Turreau n’en sera pas moins acquitté de ses crimes pour avoir obéi à ces instructions qui ont disparu. Cependant le Comité de salut public fait surveiller ses généraux par des « Représentants en Mission », commissaires politiques avant la lettre, qui sont des membres de la Convention sélectionnés par le Comité et mandatés par la Convention elle-même, pour vérifier qu’ils remplissent bien la mission pour laquelle on les a nommés. Le général Turreau est ainsi flanqué de Carrier, Hentz,, Garrau, Francastel et …..Louis Turreau qui est son propre cousin. Ces Représentants produisent une foule de correspondances et de rapports au Comité de salut public et à la Convention qui n’ignorent ainsi rien de ce qui se passent, et qui n’empêchent rien parce que ce qu’on fait, c’est ce qu’ils ont ordonné.

Comment peut-on être sûr que le massacre a bien été décidé par les autorités politiques alors qu’il n’en reste plus guère de preuves documentaires?

Si vous voulez parler d’un ordre écrit direct et général du gouvernement révolutionnaire, il est vrai qu’on n’en a pas. Mais que dirait-on d’un historien qui prétendrait que la Shoah n’est pas imputable à Hitler au motif qu’on n’a pas d’ordre écrit et signé de lui (et de fait on n’en a pas) ordonnant rafles, camps d’extermination etc ? En revanche on a une masse de documents qui mis bout à bout prouvent l’intention génocidaire. Mon ouvrage est en deux volumes, le second reproduisant sur plus de 300 pages les documents qui nous restent, et qui sont déjà très éloquents : il faut seulement relier les points qu’établissent ces documents pour voir se dessiner les contours des crimes de masse commis en Vendée. Les plus éclairants ne sont pas les plus solennels. Je ne vous en citerai qu’un, un simple arrêté du Représentant en Mission Laplanche pour la réquisition des charrettes qui doivent enlever toutes les récoltes et subsistances de la Vendée, à la fois pour y causer une famine et pour approvisionner Paris : « La Vendée va être traversée par douze colonnes formidables de républicains. Il faut en exterminer les infâmes habitants, en arracher toutes les subsistances, &  c’est par vos charrettes quelles doivent nous être apportées ».  Ainsi au détour d’un banal arrêté (qui a force de loi dès lors qu’il est pris par un Représentant en Mission, dépositaire en tant que tel de la totalité des pouvoirs de la Convention) de réquisition de charrettes  un représentant du gouvernement révolutionnaire dit crûment ce que Carnot et d’autres après lui essaieront de dissimuler ou de nier : le but était bien d’« exterminer les infâmes habitants » de la Vendée. Rien de moins. Et on a ainsi nombre d’autres documents parfaitement explicites  témoignent, obliquement mais incontestablement, de cette volonté génocidaire des autorités révolutionnaires parisiennes.

Vous parlez de crime contre l’humanité et de génocide, qualifications qui sont souvent refusées aux guerres de Vendée par les historiens. Comment justifiez-vous votre choix?

Ma démarche est une démarche de juriste en droit pénal international que j’ai dû pratiquer à haute doses pendant plusieurs années à titre professionnel. Crimes de guerre, crime contre l’humanité et génocide sont des infractions pénales définies internationalement seulement au XXème siècle, mais à partir d’une tradition juridique fondée sur le « droit des gens », le droit international coutumier, ainsi que les « lois et coutumes de la guerre », ce qui fait qu’on peut appliquer ces notions sans anachronisme à la période 1793-1794. J’y ai déjà consacré deux ouvrages, en 2017 et 2020, celui-ci est le troisième. La jurisprudence du XXème siècle, très abondante sur les crimes de masse, a permis de résoudre tout un tas de questions pratiques que les définitions théoriques laissaient dans l’ombre, en sorte que nous disposons à présent de tout un arsenal de raisonnement analytiques tout à fait performants. En appliquant ces définitions et ces raisonnements, toutes choses égales d’ailleurs bien sûr, on ne peut que conclure que les crimes de masse commis en Vendée en 1793-1794 s’encadrent dans ces définitions et que les responsabilités peuvent être déterminées de manière tout à fait raisonnable à partir des jurisprudences développées depuis 1945, à Nuremberg et Tokyo, mais aussi à propos des crimes commis au Rwanda, en ex-Yougoslavie ou par les Khmers Rouges au Cambodge en particulier.

Vous récusez l’idée que la Révolution soit un “bloc”, selon le mot de Clemenceau – et il semble assez évident que les horreurs perpétrées en Vendée sont uniques dans l’histoire de la Révolution. Mais ne peut-on pas, aussi, considérer que c’est au nom d’une certaine conception des droits de l’homme que le Comité de Salut public tenta de détruire la Vendée et d’exterminer tous ses habitants et qu’ainsi il pourrait y avoir une forme de continuité entre 1789 et 1793?

Les deux choses ne sont nullement contradictoires. La Révolution est une période qui commence avec Louis XVI, roi encore absolu au 14 juillet 1789, et qui se termine au 18 brumaire (9 novembre 1799) avec le coup d’Etat de Bonaparte contre le Directoire. Entre les deux on est passé par la monarchie limitée, la monarchie constitutionnelle, le gouvernement révolutionnaire, la Convention dite thermidorienne et le Directoire. Autant dire que la période n’est pas tout d’un bloc. Quant aux droits de l’homme, il y en a plus d’une interprétation : nous vivons en 2024 dans un régime politique qui se réclame de cette fameuse déclaration de 1789 : admettons que nous n’en tirons pas les conclusions qu’en tirait Robespierre ! Mais comme vous le dites, c’est bien d’« une certaine conception » des droits de l’homme qu’est née et la Terreur et qu’ont été commis ces crimes de masse en Vendée, et il s’agit d’une conception totalisante et même totalitaire de ces droits. Que Robespierre participe à l’élimination des Girondins, que plus tard il envoie à l’échafaud les hébertistes et les dantonistes, ou qu’il fasse massacrer les Vendéens, c’est toujours la même logique. « Vous n’avez plus rien à ménager contre les ennemis du nouvel ordre de choses et la liberté doit vaincre à tel prix que ce soit. » selon les mots de Saint-Just qui sera un des plus proches acolytes de Robespierre, exécuté avec lui. La Vendée, et pas seulement elle, mais elle plus que n’importe qui d’autre en France, a été victime de ce « quoi qu’il en coûte » révolutionnaire.

Histoire politique des colonnes infernales – Avant et après le 9 Thermidor

 

« J’ai eu l’impression de me rendre à l’abattoir »

Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ)a lancé une initiative. Du 27 au 29 février, l’organisation permet à douze femmes ayant subi un avortement de porter leur témoignage devant des parlementaires, afin de mettre en lumière les angles morts du débat sur l’avortement que sont le sort des enfants à naître, les causes et les circonstances sociales de l’IVG, ainsi que les conséquences de l’avortement sur les femmes elles-mêmes.

« J’ai été traumatisée par mon avortement, j’ai remis toute ma vie en question », confie Ophélie, 30 ans, cinq ans après avoir subi une IVG.

« J’ai beaucoup et peu de souvenirs à la fois de ce traumatisme ». « Je n’ai pas vécu l’IVG comme une liberté. Mon compagnon ne voulait pas de cet enfant et on ne m’a pas dit qu’il existait d’autres solutions. J’avais 25 ans et je ne me connaissais pas assez. Et puis, comme j’avais été attouchée plus jeune, j’avais l’habitude de n’être considérée que comme un corps-objet. »

« J’aurais aimé qu’on m’aide à garder cet enfant, ou au moins, entendre qu’une autre voie était possible. ». « j’ai dit que je n’avais pas les moyens de le garder. Alors que c’était faux, j’étais enseignante titulaire et j’avais un appartement, mais le psy n’a pas cherché à creuser. J’ai donc avorté à contre-coeur. J’ai eu l’impression de me rendre à l’abattoir ».

Virginie avait 19 ans quand elle s’est résolue à avorter. Elle était encore étudiante et décidée à assumer cette maternité. Mais son compagnon lui fait rapidement comprendre que c’est hors de question. Isolée, déboussolée et sous la pression de son compagnon, Virginie prend la pilule abortive le 5 septembre 2005.

« J’étais seule, sur les toilettes de l’hôpital pendant des heures. C’était horrible ».

« Comment peut-on parler de libération de la femme ? Ou même de droit fondamental ? Pour quelque chose qui cause une telle douleur… »

Depuis son avortement, Virginie reconnaît avoir souffert de dépression et de pensées suicidaires.

Sylvie avait 22 ans et était encore étudiante quand elle s’est résignée à l’IVG. Elle avait alors « un très gros emprunt étudiant et des parents absents ». Là encore, elle ressent l’envie de garder cet enfant mais le père n’est pas du même avis.

« J’ai vécu l’IVG par aspiration comme un viol ».

L’euthanasie, encore en hausse en Belgique

Le suicide se poursuit : 3423 euthanasies ont été recensées en 2023, selon les données de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie. Un chiffre en hausse de 15% par rapport à l’année précédente.

Passé de 2.699 en 2021 à 2.966 en 2022, le nombre d’euthanasies pratiquées en Belgique ne cesse d’augmenter, année après année.

L’année 2023 a été marquée par l’euthanasie d’une mineure de 16 ans atteinte d’une tumeur au cerveau.

Les affections psychiatriques sont « de plus en plus souvent avancées ». Elles ont représenté 1,4 % des euthanasies en 2023, soit 48 personnes.

La Commission fédérale de Contrôle et d’Évaluation de l’Euthanasie indique que 110 personnes ne résidant pas en Belgique ont été euthanasiées en 2023, dont 101 Français.

La Diocèse de Allentown empêche la tenue d’un spectacle de drag queen sur sa propriété

La Diocèse de Allentown en Pennsylvanie a empêché la tenue d’un spectacle de drag queen (A Night at Disney All Age Drag Show) sur l’une de ses anciennes propriétés après avoir menacé d’engager des poursuites légales contre les organisateurs de l’événement. Le lieu appartenait à l’ancienne église catholique Saint Pierre et Saint Paul, avant sa vente au Kelsey Theater. La diocèse a invoqué une condition qui avait été attachée à la vente du bâtiment en 2019, interdisant son utilisation pour des causes contraires à l’enseignement de l’Église.

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La Cour suprême et la censure des opinions conservatrices

La Cour suprême a entendu lundi des arguments oraux dans deux affaires où des géants de la “Big Tech” défient les lois anti-censure au Texas et en Floride. Le Texas et la Floride ont adopté ces lois pour protéger les droits à la liberté d’expression des conservateurs et des modérés après une intensification sans précédent de la censure en ligne par les grandes entreprises en début d’année. CBS a rapporté que dans ces deux affaires, le Texas et la Floride “soutiennent que les plateformes de médias sociaux devraient être traitées comme n’importe quelle entreprise et être restreintes dans leur capacité à supprimer des publications ou à bannir des utilisateurs de leurs plateformes en fonction de leurs opinions”. “Mais les géants des médias sociaux rétorquent que les lois empiètent sur leur discrétion éditoriale, affirmant qu’ils devraient être traités davantage comme des organes d’information”, ajoute CBS :

Alors que Trump a déposé un mémoire en faveur des lois de l’État, arguant que la “décision d’une plateforme de discriminer un utilisateur” n’est pas protégée par la Constitution, l’administration Biden a déposé un mémoire en soutien aux groupes technologiques.

Selon le journaliste Charlie Savage du Times, Paul Clement, l’un des avocats représentant les grandes entreprises de la technologie dans cette affaire, a soutenu que ses clients ne censuraient pas les utilisateurs ayant des opinions divergentes. Au contraire, Clement a affirmé que en bannissant des utilisateurs et en supprimant du contenu, les plateformes exerçaient leur “jugement éditorial”.

En novembre dernier, les républicains de la Chambre des représentants ont publié un rapport qui exposait l’ampleur présumée de la censure anti-conservatrice dans la période précédant l’élection présidentielle de 2020. “Le gouvernement fédéral et les universités ont exercé des pressions sur les entreprises de médias sociaux pour censurer des informations vraies, des plaisanteries et des opinions politiques, indique le rapport. Cette pression a été largement dirigée de manière à favoriser un camp politique : les informations vraies publiées par les républicains et les conservateurs étaient étiquetées comme “désinformation”, tandis que les informations fausses publiées par les démocrates et les libéraux étaient largement ignorées par les censeurs”.
Source

Mgr Pascal Delannoy nommé archevêque de Strasbourg.

Il était jusqu’à présent évêque de Saint-Denis.

Pays-Bas : vers une légalisation de l’euthanasie pour les plus de 75 ans

Un nouveau projet de loi aux Pays-Bas pourrait permettre aux personnes de plus de 75 ans de recourir à l’euthanasie, à condition qu’elles estiment que « leur vie est accomplie ». Proposée par le parti D66, et la députée Anne-Marijke Podt, cette loi est une version amendée d’un texte préalablement remanié par le Conseil d’État.

Le projet de loi introduit également un nouveau métier de “conseiller en fin de vie” (sic!). Cette profession implique d’évaluer si le souhait de la personne de mourir est “réfléchi, volontaire et durable”. Pour ce faire, le conseiller devra avoir au moins trois entretiens avec la personne concernée sur une période de six mois. Le conseiller aura également la responsabilité de se procurer les produits létaux en pharmacie et de les remettre à la personne concernée, qui devra elle-même les administrer.
Source

“Les prêtres et les fidéles attachés à la Tradition de l’Église ne sont ni des chiens, ni des rebelles, ni des mendiants, ni des « demeurés »”

De Jean-Pierre Maugendre :

L’article 1 du motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021 avait le mérite de la clarté : « Les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II conformément aux décrets du Concile Vatican II sont la seule expression de la lex orandi du Rite romain. »  En d’autres termes : la célébration de la messe romaine traditionnelle a vocation à disparaître, les célébrations existantes pouvant perdurer en dehors des églises paroissiales et l’autorisation de nouvelles créations de lieux de culte traditionnels étant interdite. Cette mesure s’appliquait également à l’administration des sacrements selon le rituel antérieur au Concile Vatican II. Immédiatement une dérogation fut cependant accordée à la Fraternité Saint-Pierre par un décret du pape François en date du 11 février 2022.

Des applications très variables de Traditionis custodes

En fonction des situations locales et des convictions personnelles de chaque évêque diocésain ce motu proprio a été appliqué de manières extrêmement variables en France.

Le cas général semble être celui d’un gel de la situation antérieure particulièrement identifié dans les diocèses de Toulon, Bayonne ou Vannes. On note également l’ouverture d’un nouveau lieu de culte, le 19 mars 2023, desservi par un prêtre diocésain, à Saint-Germain-en-Laye (diocèse de Versailles) après près de 30 mois d’une messe dominicale célébrée, en plein air, devant la chapelle de l’ancien hôpital et une mobilisation de nombreux fidèles.

Dans plusieurs diocèses l’ordinaire du lieu, sans interdire la célébration de la messe traditionnelle dans les lieux déjà utilisés, y empêche cependant l’usage des rituels anciens pour la célébration des sacrements de confirmation, baptême ou mariage. (Rouen, Tours, Avignon, Paris, Pontoise, Chartres). Autre variante : selon une logique s’apparentant à la marginalisation d’une réserve d’Indiens, ne permettre la célébration des baptêmes ou des mariages selon l’usus antiquior que dans les lieux où se célèbre déjà la messe traditionnelle (Rennes, Dax, Limoges). Ce qui a valu les scènes pathétiques de jeunes fiancées demandant à leur évêque que la messe qui a été celle de leur jeunesse ou de leur conversion puisse aussi être celle de leur mariage dans une église de leur choix et pas à l’autre bout du département. Vous avez dit « accueil de l’autre » ?

Solution plus radicale, la suppression de messes comme à Paris ou à Belley-Ars. Ou plus subtil le remplacement de communautés ex-Ecclesia Dei par des prêtres diocésains avec exfiltration du lieu de culte en périphérie des grandes villes (Quimper, Grenoble). Dans ce cas les pédagogies traditionnelles de transmission de la foi sont radicalement remises en cause alors que comme le constate Jean-Marie Guénois, chroniqueur religieux du Figaro, dans son livre Pape François. La Révolution : « Le bilan est objectivement catastrophique : le catéchisme (moderne) conduit les enfants hors de l’Église ».

Tout cela crée un climat général de méfiance, de pressions et de conflits permanents certainement très préjudiciable à la sanctification de tous et au témoignage évangélique. Il convient également de ne pas négliger la pression sur certains évêques de leur presbyterium. Le développement, en particulier en ville, des apostolats traditionnels fait bien des envieux et des jaloux parmi leurs confrères ecclésiastiques plus démunis. Comme l’écrit un observateur averti de la vie de l’Église : « On ne comprend rien au monde ecclésiastique si on passe sous silence les ressentiments inexpiables que l’on y nourrit, pour la plus grande gloire de Dieu, bien entendu. » (C. Barthe in Trouvera-t-il encore la foi sur la terre ?)

Un incompréhensible ostracisme

L’observateur impartial ne peut qu’être frappé par la nature et la violence de l’ensemble de ces mesures restrictives, en cherchant la justification, alors que dans un récent entretien à Famille chrétienne (12/02/2024) le sociologue des religions Guillaume Cuchet observait d’une part à propos de la pastorale moderne : « Passer de 25% de pratiquants au début des années 60 à 1,5% (aujourd’hui) ce n’est pas un succès » ; et d’autre part à propos des traditionalistes : « Il est certain que le catholicisme d’affirmation a le vent en poupe. » Taquin, il aurait pu s’interroger sur la pertinence de la déclaration de Jean-Paul II dans Vicesimus quintus annus (4 décembre 1988) pour le 25e anniversaire de la constitution conciliaire sur la liturgie Sacrosanctum concilium : « Les pasteurs et le peuple chrétien, dans leur immense majorité, ont accueilli la réforme liturgique dans un esprit d’obéissance et même de ferveur joyeuse »Pieuse reconstitution historique n’ayant qu’un lien ténu avec la réalité, ce dont a témoigné la suite des événements.

L’avenir nous appartient

Au lieu de s’interroger sur les raisons du développement de ces lieux de culte traditionnels, trop d’évêques, dans un stupéfiant déni de réalité, restent arc-boutés sur des principes idéologiques au demeurant parfaitement incohérents. Dans le même article Guillaume Cuchet note : « On a beaucoup parlé d’œcuménisme à la suite du concile Vatican II. Avec les protestants, les orthodoxes… c’est une très bonne chose mais je pense qu’il faut aussi pratiquer cet œcuménisme en interne. » Cela d’autant plus que la dynamique traditionnelle semble irrésistible, ce dont témoigne le succès du pèlerinage de Pentecôte à Chartres ou l’afflux de nouvelles personnes dans les lieux de culte – toutes « familles » traditionalistes confondues – où la beauté de la liturgie, la transcendance, le surnaturel, l’exigence, le silence, l’adoration, etc. sont les maîtres-mots. Sans oublier la part chaque année croissante dans l’ensemble des ordinations en France des séminaristes ordonnés pour la célébration de la messe romaine traditionnelle. À cela s’ajoute la cohérence avec un enseignement catholique authentique dans des établissements scolaires dans lesquels la transmission de la foi n’est pas une option mais au cœur du projet pédagogique. Comme le note Paul Airiau, historien des religions, dans un article paru dans Ouest-France, « premier quotidien francophone au monde » par le tirage, les 27 et 28 janvier à l’occasion d’une enquête en trois volets sur le traditionalisme : « Certes si on compare avec le nombre total de catholiques les traditionalistes restent clairement minoritaires. Mais on ne peut contester une hausse spectaculaire de fidèles ces cinq dernières années. Et cette tendance n’est pas près de s’interrompre. »

Les prêtres et les fidéles attachés à la Tradition de l’Église ne sont ni des chiens, ni des rebelles, ni des mendiants, ni des « demeurés ». Ce sont des baptisés qui ont conscience que le salut, pour eux et pour leurs enfants, n’est pas d’abord un acquis mais un enjeu. Ils ne peuvent que regretter de n’être jamais entendus ni même écoutés, paradoxe à l’heure de la prétendue synodalité. Ainsi une rencontre le 21 février 2023 entre des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle et NNSS Lebrun, archevêque de Rouen, et Jordy, archevêque de Tours, mandatés à cet effet par la CEF, a donné lieu à la remise d’un mémorandum destiné à Mgr de Moulins-Beaufort comportant cinq demandes : la messe et tous les sacrements pour les fidèles qui le demandent, l’autorisation des mariages et des obsèques dans tous les diocèses, la liberté d’enseignement du catéchisme traditionnel, le respect de l’apostolat des prêtres des instituts traditionnels, la reconnaissance des écoles indépendantes fondées par des familles catholiques. Un an plus tard, ce mémorandum n’a toujours pas reçu d’accusé de réception !

Ainsi se fait chaque jour plus judicieuse la réflexion de Dom Gérard Calvet, futur abbé du Barroux, dans une lettre à son frère Hubert le 11 juin 1969 au cœur des débats sur la promulgation du nouvel ordo de la messe :

« Le fond du problème c’est qu’on est en Révolution. Et en Révolution on ne fait pas de réforme. On tient les positions. Toute réforme entre dans le processus révolutionnaire. En accueillant la réforme tu fais marcher la Révolution. »

Avortement : Manifestation silencieuse à Port Royal 

Mercredi 28 février, à l’occasion du vote au Sénat sur la constitutionnalisation de l’IVG, la Marche pour la Vie organise une manifestation silencieuse à Port Royal, de 18 heures à 20 heures, pour défendre la liberté de conscience, la protection des enfants à naître et encourager les sénateurs à voter contre ce projet de loi constitutionnelle.

37 écoles candidates pour le Prix Étincelle de la Fondation pour l’Ecole

Voici les deux films réalisés par des élèves du Cours Saint-Martial, qui concourt à la 1ère édition du Prix Etincelle de La Fondation pour l’école. Le thème de ce concours était : « La place de l’oral et de l’art oratoire ». 84 écoles indépendantes ont candidaté à ce projet et le Cours Saint-Martial fait partie des 37 écoles en France à avoir rendu un dossier complet.

La prochaine étape aura lieu le 29 février, jour où le jury se réunira pour choisir les 10 nominés qui participeront à l’étape finale !

Le Cours Saint-Martial a choisi, pour correspondre à son thème d’année “Le Grand Siècle”, de s’inspirer d’écrivains et orateurs fameux du XVIIème siècle. Ainsi, les filles ont écrit puis déclamé une lettre à leur Bonne-Maman décrivant leur joie d’aller au collège et ce qui leur plaît le plus dans leur établissement, travail épistolaire à la manière de la Marquise de Sévigné.

Les garçons ont, pour leur part, suivi le bel exemple de Bossuet, à travers un exercice d’éloquence illustrant les bienfaits d’une bonne et saine éducation : ils sont pour cela montés en chaire !

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