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A la Santé, Catherine Vautrin fait allégeance à la culture de mort

Lors de son arrivée au ministère du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin a déclaré :

“En entrant ici, je veux immédiatement rendre hommage à l’une de mes prédécesseures (…), Simone VEIL”, au moment “où son texte fondateur doit être gravé dans le marbre de notre Constitution”.

Le projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse est attendu à l’Assemblée nationale dès mercredi en commission des Lois et le 24 janvier dans l’hémicycle.

Et ce n’est pas tout :

“Je n’oublie pas ce grand sujet de la fin de vie”.

Rendez-vous dimanche à 14 à Saint-Sulpice à Paris pour la Marche pour la vie.

“La fidélité n’est pas seulement question de morale, elle est affaire de sécurité”

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles à propos du débauchage de Rachida Dati par la macronie :

« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. » Cet argument facile, décoché en cour de récréation, finit toujours par perdre de sa superbe. En grandissant, la maturité aidant, on réalise que la sentence ne cherche qu’à masquer le mal-être de ceux-là même qui se comportent en girouettes. “Rester fidèle” ne signifie pas tant, cependant, de “rester figé”, au sens de “camper sur ses positions”. La fidélité n’a rien de statique, au contraire sa vocation est de transporter l’âme. “Vivre fidèlement” signifie avancer en cohérence avec ses principes.

Très vite les commentateurs, en évoquant le casting du dernier gouvernement avec notamment la prise remarquée de Rachida Dati à droite, ont parlé d’un “joli coup”. Voilà la réalité spectacle de la politique lorsqu’elle perd en noblesse et en profondeur. François-Xavier Bellamy voit juste lorsqu’au micro de France Inter, il affirme :

« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de savoir d’où viennent les ministres nommés par Emmanuel Macron mais de voir où ils vont et où ils emmènent le pays. C’est cela qui compte. »

La cause finale, « première dans l’intention et dernière dans la réalisation » selon la formule d’Aristote, possède en effet toute son importance. Elle est capitale. Or la finalité d’une politique se trouve étroitement liée à la fidélité aux principes qui la dirigent. Pour l’élu philosophe, ce qui s’avère terriblement désolant, c’est justement

« la confusion permanente que tout cela crée. L’écœurement que les citoyens doivent ressentir quand ils entendent les responsables publiques faire le contraire de ce qu’ils ont dit pendant des années. »

Assurément, la fidélité n’est pas seulement question de morale, elle est affaire de sécurité. Elle garantit la tenue d’un cap. Parce que la vertu de fidélité confronte chacun aux aléas du temps et de la durée, elle est gage d’assurance. Pour saint Thomas d’Aquin, elle est la vertu de la mémoire et ses deux petites sœurs sont la constance et la persévérance. A propos de mémoire, celle des réseaux sociaux est implacable. Peu après sa nomination, les archives d’interview politique de Rachida Dati livraient leur pesant d’ironie. En juin 2021, elle déclarait notamment : « En Marche, c’est quoi ? Des traîtres de gauche et des traîtres de droite. » Ce à quoi Bellamy répondra

: « Moi, je pense du macronisme la même chose que Rachida Dati avant qu’elle ne reçoive un coup de fil hier. C’est-à-dire que le macronisme, c’est la contradiction permanente qui se dissimule derrière le “en même temps” et qui emmène la France dans le mur. »

Si le ridicule ne tue plus, l’inélégance de l’infidélité continue d’abîmer le commun des mortels. « Moi c’est moralement que j’ai mes élégances », clamait Cyrano avant son duel. L’enseignement socratique a pris quant à lui toute son épaisseur lorsque le maître de la maïeutique a préféré boire la ciguë plutôt que de renoncer à ses convictions. « Prenez garde à ceci que le difficile n’est pas d’éviter la mort mais bien d’éviter de mal faire. Le mal, voyez-vous, court après nous plus vite que la mort », dira-t-il à ses juges.

Emphases inutiles, punchlines faciles, buzz immédiat pour ensuite se contredire ? A quoi tout cela nous mène ? La société actuelle a pris l’habitude de se moquer de la fidélité comme de sa première chemise. C’est pourtant l’une des vertus qui permet à chacun de se construire. Mur porteur qui empêche de déserter son idéal comme le soulignait le Général Mac Arthur dans son texte fameux Etre jeune :

« On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme. »

Deux ans avant son rappel à Dieu, fin novembre 2011, Hélie de Saint-Marc était fait Grand-Croix de la Légion d’honneur à l’âge de 89 ans par le président de la République Nicolas Sarkozy. Avec la hauteur de vue que lui donnait la sagesse d’une vie cabossée et fidèle, il commentera ainsi ce geste non sans humour : « La Légion d’honneur, on me l’a donnée, on me l’a reprise, on me l’a rendue… » La mystique de la fidélité finit toujours par payer. Dans ce monde ou dans l’autre. Tout comme la trahison. Mais les traîtres l’oublient souvent. Hélas.

Pilule et dépression

Selon un sondage IFOP, six femmes sur dix (60%) s’accordent à dire que la pilule est un moyen de contraception contraignant et près de huit sur dix (79%) reconnaissent qu’elle n’est pas sans danger et peut provoquer de graves problèmes de santé.

Une étude menée en Suède et mentionnée par le New York Post, basée sur des données recueillies auprès de 264 000 femmes, les équipes de recherche ont pu établir un lien entre la pilule et les risques de dépression. Ainsi, les personnes qui ont commencé à prendre la pilule dès l’adolescence présentent un taux de dépression de 130 % plus grand que la normale.

Ces nouvelles données viennent renforcer des travaux dans le même sens qui avaient déjà montré une corrélation entre l’usage de la pilule contraceptive et celui de médicaments anti-dépresseurs. De plus, les adolescentes qui prennent la pilule seraient plus susceptibles à des troubles de l’humeur et du sommeil que d’autres femmes du même âge.

L’affiche du 42e pèlerinage de Chartres

Le thème du prochaine pèlerinage de Pentecôte, les 18, 19 et 20 mai prochains, est “Je veux voir Dieu. Les fins dernières, de la cité terrestre à la cité céleste”.

Et pour ceux qui veulent s’engager auprès du millier de bénévoles de ce pèlerinage, il suffit de contacter rh@nd-chretiente.com

 

Après une absence de plus de 700 ans, des moines catholiques sont revenus à Munkeby, en Norvège

En Norvège, comme dans tous les pays nordiques, le Moyen Âge est considéré comme une période catholique. Alors que le pays figure aujourd’hui parmi les nations les moins religieuses du monde, les nombreuses ruines d’abbayes et de monastères catholiques détruits lors de la Réforme protestante continuent de témoigner silencieusement du riche héritage et de l’histoire catholiques du pays. Les ruines de l’abbaye de Munkeby ne font pas exception. Situées au nord du sanctuaire de Saint-Olav à Trondheim, où repose la dépouille de Saint-Olav, saint patron de la Norvège, les pierres usées de l’ancien monastère cistercien ont résisté aux rigueurs du climat nordique et continuent de raconter une histoire que la nature a refusé de laisser s’effacer.

Selon les archives, l’abbaye de Munkeby a été fondée entre 1150 et 1180, alors que la christianisation de la Norvège était sur le point de s’achever. “Alors que la Suède a été principalement évangélisée par l’Allemagne et la France, nous savons que la chrétienté est arrivée en Norvège par l’Angleterre et l’Irlande”, explique l’évêque Varden.

“Ce qui s’est probablement passé à Munkeby, c’est que les moines anglais de l’abbaye de Lyse se sont rendus à Trondheim, probablement en tant que pèlerins de la cathédrale de Nidaros, pour prier sur la tombe de saint Olav, et ont décidé de fonder une autre abbaye près de Stiklestad, le lieu de la mort de saint Olav.

Avec sa création, l’abbaye de Munkeby est devenue la fondation cistercienne la plus septentrionale du monde.

En 1999, plus de 500 ans après la dissolution de cette abbaye norvégienne, les moniales trappistines de l’abbaye Notre-Dame du Mississippi dans l’Iowa ont décidé de créer une fondation-fille près des ruines de l’abbaye de Tautra. La première pierre du premier établissement cistercien permanent en Norvège depuis la Réforme a été posée par la reine Sonja de Norvège le 23 mai 2003.

De la même manière, l’abbaye trappiste de Cîteaux en France a décidé en 2007 d’établir un nouveau monastère trappiste à Munkeby (connu localement sous le nom de Munkeby Mariakloster), près des ruines de l’ancienne abbaye, ce qui en fait la première nouvelle fondation issue directement de la toute première maison de l’ordre en 500 ans. En 2009, l’abbaye a envoyé quatre moines à Munkeby, dont ses deux frères les plus jeunes et les plus récemment profès.

Bien que le nouveau monastère ne puisse pas être reconstruit sur les ruines de l’ancienne abbaye pour des raisons pratiques et de préservation historique, les moines ont rapidement trouvé un emplacement adéquat à quelques pas de celles-ci. L’église du monastère a été consacrée le 5 décembre.

Le travail, c’est la santé !

De Christian Baeckeroot , ancien député, pour le Salon beige:

J’étais en retard dans la lecture de la presse , mais tant pis, je découvre – avec retard donc – la nomination de Catherine Vautrin au gouvernement

Je reprends à mon tour le titre de la chanson de Henri Salvador , en espérant que Catherine Vautrin, ministre de la Santé et du Travail, rétablira aussi le plein emploi – en oubliant la suite de la chanson de l’humoriste: « ne rien faire , c’est la conserver » .

Pour l’heure , sa première sortie avec le nouveau Premier  ministre Gabriel Attal ne peut que nous inquiéter. Naguère, sans remonter au « toucher royal » qui guérissait les écrouelles avec la formule  «  le Roi te touche , Dieu te guérit » mais avait disparu avec les « Lumières », la Révolution française et la société sans Dieu, nos Eminences se penchaient au chevet des malades quand elles s’aventuraient  dans le monde de l’hôpital.

Aujourd’hui,  le  Premier ministre et le Ministre de la Santé  se penchent au chevet de l’hôpital.

C’est plutôt inquiétant pour notre système de santé qui était, paraît-il, le meilleur du monde… et  tout aussi inquiétant pour les patients !

“Il faut enfin avoir le courage de briser le monopole du ministère de l’Éducation en s’inspirant de la réussite du privé”

Lisa Kamen-Hirsig, professeur et auteur de « La Grande garderie », réagit dans le JDD à la polémique sur la scolarisation des enfants du ministre de l’Éducation dans le privé :

Ces ministres se présentent comme des ministres de l’école publique et non pas de toutes les écoles. L’argent public est monopolisé par l’Éducation nationale – un ministère qui entretient uniquement les écoles publiques ou privées sous contrat –, mais ne finance pas les initiatives privées et ne donne pas aux Français la possibilité d’inscrire leurs enfants là où ils le souhaitent. Pourtant, entre 50 et 60 % des Français souhaiteraient mettre leurs enfants dans une école privée s’ils le pouvaient. La ministre fait un choix qu’une majorité de Français aimeraient pouvoir faire. Hélas, beaucoup ne peuvent se permettre un tel sacrifice financier.

Pour se justifier, Mme Oudéa-Castéra a invoqué le non-remplacement des professeurs absents dans le public. Est-ce une réalité ?

Emmanuel Macron et le gouvernement avaient promis la présence d’enseignants devant chaque classe lors de cette rentrée 2023-2024. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Le non-remplacement des enseignants s’explique par le manque d’attractivité du métier lié au statut de fonctionnaire. On ne peut pas négocier son salaire ni sa localisation géographique et il n’existe pas de passerelles du public au privé ni de l’école primaire au secondaire. L’autonomie doit être totale et concerner aussi bien la gestion des établissements scolaires, les personnels éducatifs et la pédagogie qu’ils souhaitent mettre en place dans le respect de l’hygiène, de la sécurité et de l’ordre public.

Pourquoi oppose-t-on toujours en France l’autonomie des établissements scolaires à l’idéal républicain, selon lequel « uniformité » signifie « égalité » ?

Depuis le début du XXe siècle, l’État estime que c’est à lui d’éduquer les enfants pour fabriquer de bons petits républicains et non pas pour former des individus libres. On a commencé par interdire aux ordres religieux d’enseigner. Puis, récemment, on a abaissé l’âge de la scolarité obligatoire à trois ans et interdit de fait l’instruction en famille. Plus le temps passe, plus l’État met la main sur l’éducation des petits Français avec cette idée que seul l’État est capable d’instruire. Or, j’estime que le rôle de l’État n’est pas de transmettre les « valeurs républicaines », mais de former l’intelligence en inculquant les savoirs fondamentaux.

Justement, Amélie Oudéa-Castéra a indiqué vouloir poursuivre le travail de son prédécesseur, qui a tenu une position ferme sur la question de la maîtrise des savoirs fondamentaux…

Certes, mais cela ne fonctionnera pas tant que l’on fera du jacobinisme et de la centralisation la seule réponse à nos problèmes. Il faut enfin avoir le courage de briser le monopole du ministère
de l’Éducation en s’inspirant de la réussite du privé : supprimer la carte scolaire, mettre en concurrence les établissements et ouvrir les écoles libres aux plus modestes par un financement public type chèque scolarité ou défiscalisation.

Vocations : remettre le prêtre au centre du village ?

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • Ingrid D’USSEL, essayiste
  • Père Thierry-Dominique HUMBRECHT, dominicain
  • Père Luc de BELLESCIZE, prêtre de Paris

 

Comment vivre en chrétien dans un monde qui ne l’est plus – Terres de Mission

Eglise universelle : Après la chrétienté

Les Actes de la XXIIème Université d’été de Renaissance catholique ici présentés par Jean-Pierre Maugendre, interrogé par Martial Bild, s’efforcent de répondre, en particulier, aux questions suivantes : Qu’est-ce que la chrétienté ? La fin de la chrétienté est-elle un bienfait ou un méfait ? Comment rester chrétien dans un monde qui ne l’est plus ? Conférences et tables rondes portent les contributions de : François-Xavier Bellamy, Aymeric Chauprade, Michel De Jaeghere, et bien d’autres.

Eglise en Marche : Les Petits Chanteurs de Saint Joseph

Directeur du chœur des Petits Chanteurs de Saint Joseph, l’abbé Eric Péron présente l’histoire, les activités et le répertoire du chœur dont il a la responsabilité dans le cadre de l’école de garçons de Saint Joseph des Carmes. Cela à l’occasion de la sortie d’un nouveau CD de chants de Noël : “Hodie”, aujourd’hui, premier mot de l’antienne de “Magnificat” des vêpres de Noël.

Projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’IVG : 7 députés courageux

Le projet de loi visant à ajouter l’avortement dans la constitution de la Ve République est actuellement en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. 110 amendements ont été déposés pour l’examen prévu mercredi 17 janvier à partir de 9h.

4 députés ont déposé des amendements de suppression de l’article unique : Emmanuelle Ménard (non inscrite), et les LR Xavier Breton, Thibault Bazin et Patrick Hetzel.

Par ailleurs les députés LR Philippe Gosselin, Anne-Laure Blin et Fabien Di Filippo se mouillent aussi avec des amendements visant à réduire la portée du texte.

Le RN brille par son absence.

20 janvier : veillée de prière pour la vie à la paroisse Saint-Roch à Paris

Cette année encore, à la veille de la grande marche nationale pour la vie, la Marche pour la Vie organise une veillée pour la vie qui aura lieu le samedi 20 janvier à 20h en l’église Saint Roch, à Paris.

Nous y confierons toutes les personnes impliquées dans notre combat, les enfants, les malades et les personnes âgées victimes de la culture de mort.

Nous confierons également les médecins, les mamans, les papas, tous ceux confrontés de près ou de loin à des acceptations parfois douloureuses.

La Marche Pour La Vie débutera le 21 Janvier à 14h Place St Sulpice à Paris. Nous marcherons jusqu’à la Place Denfert Rochereau. Plusieurs personnes viendront sur l’estrade témoigner et s’exprimer sur les sujets de l’avortement et de l’euthanasie. La fin de l’évènement est prévue vers 18h.

La culture du rejet imprègne certains choix politiques, qui ne mettent pas au centre la dignité de la personne humaine

Message du Pape pour la Journée Mondiale du Malade 11 février 2024 :

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2, 18). Dès le début, Dieu, qui est amour, a créé l’être humain pour la communion, en inscrivant dans son être la dimension des relations. Ainsi, notre vie, modelée à l’image de la Trinité, est appelée à se réaliser pleinement dans le dynamisme des relations, de l’amitié et de l’amour réciproque. Nous sommes créés pour être ensemble, et non pour être seuls. Et c’est justement parce que ce projet de communion est inscrit si profondément dans le cœur de l’homme que l’expérience de l’abandon et de la solitude nous effraie et est douloureuse, voire inhumaine. Elle l’est encore plus dans les moments de fragilité, d’incertitude et d’insécurité, souvent provoqués par l’apparition d’une maladie grave.

Je pense, par exemple, à ceux qui se sont retrouvés terriblement seuls durant le Covid-19 : les patients qui ne pouvaient pas recevoir de visites, mais aussi les infirmiers, les médecins et le personnel de soutien, tous débordés et enfermés dans des salles d’isolement. Et bien sûr, n’oublions pas ceux qui ont dû affronter l’heure de la mort tout seuls, soignés par le personnel de santé mais loin de leurs familles.

En même temps, je partage avec douleur la détresse et la solitude de ceux qui, à cause de la guerre et de ses conséquences tragiques, se retrouvent sans soutien ni assistance : la guerre est la plus terrible des maladies sociales et les personnes les plus fragiles en paient le prix le plus élevé.

Il faut cependant souligner que même dans les pays qui jouissent de la paix et de ressources plus importantes, le temps de la vieillesse et de la maladie est souvent vécu dans la solitude et parfois même dans l’abandon. Cette triste réalité est avant tout une conséquence de la culture de l’individualisme, qui exalte la performance à tout prix et cultive le mythe de l’efficacité, devenant indifférente et même impitoyable lorsque les personnes n’ont plus la force nécessaire pour suivre le rythme. Elle devient alors une culture du rejet, dans laquelle

« les personnes ne sont plus perçues comme une valeur fondamentale à respecter et à protéger, surtout celles qui sont pauvres ou avec un handicap, si elles “ne servent pas encore” – comme les enfants à naître –, ou “ne servent plus” – comme les personnes âgées » (Enc. Fratelli tutti, n. 18).

Malheureusement, cette logique imprègne également certains choix politiques, qui ne mettent pas au centre la dignité de la personne humaine et ses besoins, et ne favorisent pas toujours les stratégies et les ressources nécessaires pour garantir à chaque être humain le droit fondamental à la santé et à l’accès aux soins. Dans le même temps, l’abandon des personnes fragiles et leur solitude sont également favorisés par la réduction des soins aux seuls services de santé, sans que ceux-ci soient judicieusement accompagnés d’une “alliance thérapeutique” entre médecin, patient et membre de la famille.

Cela nous fait du bien de réentendre cette parole biblique : il n’est pas bon que l’homme soit seul ! Dieu la prononce au tout début de la création et nous révèle ainsi le sens profond de son projet pour l’humanité mais, en même temps, la blessure mortelle du péché, qui s’introduit en générant soupçons, fractures, divisions et, donc, isolement. Il affecte la personne dans toutes ses relations : avec Dieu, avec elle-même, avec les autres, avec la création. Cet isolement nous fait perdre le sens de l’existence, nous prive de la joie de l’amour et nous fait éprouver un sentiment oppressant de solitude dans tous les passages cruciaux de la vie.

Frères et sœurs, le premier soin dont nous avons besoin dans la maladie est une proximité pleine de compassion et de tendresse. Prendre soin de la personne malade signifie donc avant tout prendre soin de ses relations, de toutes ses relations : avec Dieu, avec les autres – famille, amis, personnel soignant –, avec la création, avec soi-même. Est-ce possible ? Oui, c’est possible et nous sommes tous appelés à nous engager pour que cela devienne réalité. Regardons l’icône du Bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37), sa capacité à ralentir son rythme et à se faire proche, la tendresse avec laquelle il soulage les blessures de son frère souffrant.

Rappelons-nous cette vérité centrale de notre vie : nous sommes venus au monde parce que quelqu’un nous a accueillis, nous sommes faits pour l’amour, nous sommes appelés à la communion et à la fraternité. Cette dimension de notre être nous soutient particulièrement dans les moments de maladie et de fragilité, et c’est la première thérapie que nous devons adopter tous ensemble pour guérir les maladies de la société dans laquelle nous vivons.

À vous qui vivez la maladie, qu’elle soit passagère ou chronique, je voudrais dire : n’ayez pas honte de votre désir de proximité et de tendresse ! Ne le cachez pas et ne pensez jamais que vous êtes un fardeau pour les autres. La condition des malades nous invite tous à freiner les rythmes exaspérés dans lesquels nous sommes plongés et à nous redécouvrir.

Dans ce changement d’époque que nous vivons, nous, chrétiens, sommes particulièrement appelés à adopter le regard compatissant de Jésus. Prenons soin de ceux qui souffrent et qui sont seuls, peut-être marginalisés et rejetés. Avec l’amour mutuel, que le Christ Seigneur nous donne dans la prière, en particulier dans l’Eucharistie, guérissons les blessures de la solitude et de l’isolement. Et ainsi, coopérons pour contrer la culture de l’individualisme, de l’indifférence, du rejet, et pour faire grandir la culture de la tendresse et de la compassion.

Les malades, les fragiles, les pauvres sont au cœur de l’Église et doivent aussi être au centre de nos attentions humaines et de nos sollicitudes pastorales. Ne l’oublions pas ! Et confions-nous à la Très Sainte Vierge Marie, Santé des malades, pour qu’elle intercède pour nous et nous aide à être des artisans de proximité et de relations fraternelles.

Rome, Saint-Jean-de-Latran, 10 janvier 2024

Ces “différentes raisons” qui les obligent à mettre leurs enfants dans l’enseignement privé

Le député PS Jérôme Guedj fustige le ministre de l’Education Oudéa-Castera, qui a mis ses enfants dans une école privée, avant de justifier “pour différentes raisons” qu’il a mis son fils également dans le privé… :

 

De quelles origines sont ces “différentes raisons” ?… C’est comme la raison avancée par Madame Oudéa-Castera pour mettre ses enfants dans le privé.

Nous avons vu des paquets d’heures pas sérieusement remplacées, on en a eu marre

Pourquoi les heures d’éducation ne sont pas remplacées ? Parce qu’il manque des professeurs. Pourquoi manque-t-il des professeurs? Parce que les étudiants se détournent du métier de professeur par crainte d’être affectés dans les cités de l’immigration.

Immigration : la Corse se rebelle

A Bastia, plusieurs centaines de personnes rassemblées hier pour une mobilisation intitulée “Racailles fora”. Le frère du jeune homme victime d’une agression de la part d’une bande d’individus dans une zone commerciale de la région bastiaise a pris la parole :

“Nous sommes très en colère car nous n’aurions jamais pensé nous retrouver en insécurité dans notre propre ville. Il faut que ça s’arrête. Ça commence à devenir très anxiogène. On ne se sent plus en sécurité. Cette histoire pourrait arriver à chacun d’entre vous.”

L’association identitaire Palatinu, représentée par Nicolas Battini et une grande partie de ses membres, a déployé une banderole. Nicolas Battini a pris la parole pour décrire

“l’expression du peuple corse, pas celle de fascistes. Il s’agit principalement de défendre la famille et la victime. Nous sommes là pour les accompagner. Mais il ne s’agit pas seulement de ça. Il s’agit de parler sans stigmatiser la population d’un quartier. Les familles qui viennent de témoigner de leur solidarité, ce ne sont pas eux, les violents. Il s’agit de dénoncer ces comportements. Nous voulons pointer un certain nombre de responsabilités politiques. Le discours public de la majorité territoriale a décidé d’évacuer les questions et les réalités politiques qui nous touchent tous ici. Nous voulons être les porte-parole de ces gens, ces ouvriers et travailleurs, qui pâtissent des conséquences de ces réalités. Nous avons le droit d’être attachés à notre peuple. Les questions migratoires et sécuritaires doivent trouver des solutions pour protéger notre peuple.”

Nicolas Battini déclarait au mois de novembre :

“Il est évident que la communauté de destin peut apparaître comme un concept tout à fait pertinent dès lors que 95% de la réalité démographique de la Corse est une réalité autochtone, c’est-à-dire que la Corse est peuplée essentiellement par des Corses (…) Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je pense que la plupart des acteurs politiques du nationalisme, mais pas seulement, s’accordent sur le fait que les Corses sont en passe de devenir minoritaires, et dès lors qu’on est minoritaires, nous n’intégrons plus, pire on tend à s’intégrer à ce que les dynamiques démographiques nous imposent”.

Un musulman ne peut pas devenir un Corse ?

 “Je pense que les individus peuvent devenir ce qu’ils veulent. En revanche, dès lors qu’on parle de communauté et de grands mouvements de masse, c’est plus délicat. Dites-moi s’il est possible pour des masses issues d’autres logiciels civilisationnels de chanter le Dio Vi Salvi Regina ou de partager avec vous un bout de figatellu ?”

“Quelle société voulons-nous vraiment construire ? J’illustre mon propos par un certain nombre d’autonomistes qui se servent de l’autonomie pour faire passer la théorie du genre, l’écriture inclusive et la volonté d’installer des réfugiés en Corse (…) Exemple : les parrainages de Jean-Luc Mélenchon par un certain nombre de conseillers territoriaux, dont le député Jean-Félix Acquaviva, le vote à la mairie de Bastia, le 5 mars 2021 du rapport numéro 16 qui entérine l’établissement d’une politique faisant la promotion, dans le cadre de la politique municipale de la ville, de la théorie du genre et de l’écriture inclusive (…) C’est d’autant plus révoltant  que cela n’a jamais été validé  par le suffrage universel. C’est bien finalement la grande raison de notre rupture, nous décelons au sein de l’autonomisme, sous prétexte d’établir des partenariats qui permettront d’obtenir l’autonomie, un certain nombre de de glissements vers le wokisme et vers l’islamo gauchisme.”

Les Belles figures de l’Histoire : saint Rémi

Aymeric Pourbaix reçoit le père Jean-François Thomas pour évoquer l’évêque de Reims :

 

Deuxième dimanche après l’Épiphanie – Les noces de Cana

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Dans le missel de 1962, les dimanches per annum situés après l’Épiphanie et avant la Septuagésime sont appelés dimanches après l’Épiphanie. Après les deux grandes fêtes de Noël et de l’Épiphanie, nos livres liturgiques comptent six dimanches dits « après l’Épiphanie » et qui constituent une sorte de transition entre les fêtes de Noël et le Carême. Le célébrant revêt des ornements verts. Ce IIe dimanche prolonge néanmoins la grande fête de l’Épiphanie puisque avec le 1er miracle de Notre Seigneur, aux noces de Cana, lu à l’Évangile, l’Église veut mettre encore en lumière devant le monde son « Épiphanie ».

► Introït : Omnis terra

Tous les chants du propre de la messe de ce deuxième dimanche après l’Épiphanie sont donc encore consacrés à l’adoration, la louange et la jubilation, acclamant la divinité et la royauté de Notre Sauveur, que nous contemplons encore petit enfant dans la crèche et qu’en même temps nous suivons déjà dans sa mission rédemptrice.

L’Introït est tiré du psaume 65, Jubilate Deo, qui est un grand cantique d’action de grâce du peuple d’Israël pour la délivrance d’Égypte et de la Mer Rouge, figure par excellence de la Rédemption, et pour tous les bienfaits dont Dieu l’a comblé. Après les bergers de Bethléem et les mages d’Orient, c’est toute la terre, c’est à dire tous ses habitants, qui est invitée à se prosterner devant l’enfant et à proclamer sa reconnaissance.

Omnis terra adoret te, Deus, et psallat tibi : psalmum dicat nomini tuo, Altissime.
Que toute la terre Vous adore, O Dieu, et qu’elle Vous chante, qu’elle dise un psaume à votre nom, O Très Haut.

On s’attendrait à une mélodie enthousiaste et triomphale ; nous la trouverons tout à l’heure dans l’Offertoire qui est tiré du même psaume. Celle-ci est, certes, solennelle mais assez calme et retenue avec un certain caractère contemplatif : c’est vraiment une adoration. Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 65 que nous retrouverons tout à l’heure à l’Offertoire :

Jubilate Deo omnis terra, psalmum dicite nomini ejus : date gloriam laudi ejus.
Poussez des cris de joie pour Dieu, toute la terre, chantez un psaume à son nom, donnez gloire à sa louange.


► Graduel : Misit Dominus

Le texte du Graduel du deuxième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 106, un des grands psaumes qui commencent par ” Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle “. Il relate en plusieurs épisodes les malheurs que les hommes se sont attirés par leurs infidélités, puis comment ils se sont tournés vers le Seigneur et comment dans sa bonté Celui-ci les a sauvés. Le verset qu’on trouve ici se rapporte à la guérison d’une grave épidémie, et il est suivi d’une acclamation de reconnaissance qui revient comme un refrain à la fin de chaque épisode :

Misit Dominus verbum suum, et sanavit eos : et eripuit eos de interitu eorum. Confiteantur Domino misericordiæ ejus : et mirabilia ejus filiis hominum.
Le Seigneur a envoyé sa Parole et Il les a guéris, et Il les a arrachés à la mort. Qu’ils proclament sa miséricorde et ses merveilles en faveur des fils d’Israël.

Le peuple d’Israël de l’Ancien Testament ne savait pas encore que cette parole toute puissante et agissante du Seigneur qu’ils célébraient était une personne, le Verbe, Fils de Dieu, deuxième personne de la Sainte Trinité, notre Rédempteur. C’est Lui qui est venu sur la terre pour nous sauver, et que nous adorons aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant.

Nous retrouvons les mélodies habituelles des Graduels très voisines de celles de Noël et de l’Épiphanie, mais on remarquera particulièrement dans la deuxième partie des grandes vocalises des mots confiteantur et misericordiæ avec des motifs répétés qui indiquent une insistance très marquée.

► Alléluia : Laudate Deum

Les deux premiers chants du propre du deuxième dimanche après l’Épiphanie invitaient toute la terre et les hommes qui l’habitaient à louer le Seigneur. Dans l’Alléluia qui suit, ce sont les anges et toutes les puissances des cieux qui y sont invités à leur tour.

Laudate Deum omnes Angeli ejus : Laudate eum omnes virtutes ejus.
Louez Dieu tous ses Anges, louez Le toutes ses armées célestes.

C’est le début du psaume 148, un des derniers du psautier, qui passe en revue toutes les créatures, depuis les plus élevées dans les Cieux jusqu’aux plus humbles sur la terre, pour les inviter à cette louange du Créateur et Sauveur. La mélodie est encore une fois une mélodie type que l’on retrouve dans plusieurs Alléluias et que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent. Elle est douce et contemplative, pleine d’une joie légère comme il convient pour s’adresser à de purs esprits.

► Offertoire : Jubilate Deo

Nous retrouvons dans l’Offertoire du deuxième dimanche après l’Épiphanie le même psaume qu’à l’Introït, le psaume 65 Jubilate Deo, mais ce sera vraiment cette fois une jubilation éclatante et triomphale et non pas, comme c’est souvent le cas à l’Offertoire, une méditation intérieure et contemplative. Cette pièce dépasse d’ailleurs par ses proportions et son amplitude les limites habituelles du répertoire : c’est vraiment un enthousiasme qui ne peut plus se contenir.
La première partie reprend le début du psaume :

Jubilate Deo universa terra : psalmum dicite nomini ejus.
Jubilez pour Dieu, terre entière, chantez un psaume à son nom.

La première phrase est répétée deux fois, et la reprise contient une vocalise assez extraordinaire qui s’élève en un immense crescendo du Do grave au Fa aigu. La deuxième partie reprend des versets de la fin du psaume, qui ont un caractère plus intime et plus personnel.

Venite et audite, et narrabo vobis, omnes qui timetis Deum, quanta fecit Dominus animæ meæ,
Venez, écoutez, et je vous raconterai à vous tous qui craignez Dieu ce que le Seigneur a fait pour mon âme.

La mélodie commence encore dans l’enthousiasme puis à partir du mot narrabo, elle s’apaise et s’adoucit progressivement pour se terminer dans une ambiance plus calme et détendue.

 Communion : Dicit Dominus

Le chant de Communion du deuxième dimanche après l’Épiphanie est tiré de l’Évangile du jour qui relate, rappelons le, le miracle des noces de Cana, la troisième des manifestations de la divinité de Notre Seigneur qui constituent son Épiphanie. Le texte est un résumé de cette page de l’Évangile.

Dicit Dominus : implete hydrias aqua et ferte architriclino. Cum gustasset architriclinus aquam vinum factam, dicit sponso : Servasti vinum bonum usque adhuc. Hoc signum fecit Jesus primum coram discipulis suis.
Le Seigneur dit : emplissez les urnes d’eau et portez-en au maître d’hôtel. Quand le maître d’hôtel eut goûté l’eau changée en vin, il dit à l’époux : Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. Tel fut le premier miracle que fit Jésus en présence de ses disciples.

La mélodie est un véritable petit tableau contrasté qui exprime à merveille les différents épisodes du récit. La parole du Seigneur au début est grave et souveraine. Puis l’étonnement du maître d’hôtel se traduit par une mélodie contournée jusqu’à ce qu’il éclate sur les mots servasti vinum bonum. La conclusion, on pourrait dire la morale de l’histoire, se traduit par une mélodie simple et dépouillée presque syllabique qui se termine d’une façon un peu abrupte.

Deuxième dimanche après l’Épiphanie – Les noces de Cana

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Dans le missel de 1962, les dimanches per annum situés après l’Épiphanie et avant la Septuagésime sont appelés dimanches après l’Épiphanie. Après les deux grandes fêtes de Noël et de l’Épiphanie, nos livres liturgiques comptent six dimanches dits « après l’Épiphanie » et qui constituent une sorte de transition entre les fêtes de Noël et le Carême. Le célébrant revêt des ornements verts. Ce IIe dimanche prolonge néanmoins la grande fête de l’Épiphanie puisque avec le 1er miracle de Notre Seigneur, aux noces de Cana, lu à l’Évangile, l’Église veut mettre encore en lumière devant le monde son « Épiphanie ».

► Introït : Omnis terra

Tous les chants du propre de la messe de ce deuxième dimanche après l’Épiphanie sont donc encore consacrés à l’adoration, la louange et la jubilation, acclamant la divinité et la royauté de Notre Sauveur, que nous contemplons encore petit enfant dans la crèche et qu’en même temps nous suivons déjà dans sa mission rédemptrice.

L’Introït est tiré du psaume 65, Jubilate Deo, qui est un grand cantique d’action de grâce du peuple d’Israël pour la délivrance d’Égypte et de la Mer Rouge, figure par excellence de la Rédemption, et pour tous les bienfaits dont Dieu l’a comblé. Après les bergers de Bethléem et les mages d’Orient, c’est toute la terre, c’est à dire tous ses habitants, qui est invitée à se prosterner devant l’enfant et à proclamer sa reconnaissance.

Omnis terra adoret te, Deus, et psallat tibi : psalmum dicat nomini tuo, Altissime.
Que toute la terre Vous adore, O Dieu, et qu’elle Vous chante, qu’elle dise un psaume à votre nom, O Très Haut.

On s’attendrait à une mélodie enthousiaste et triomphale ; nous la trouverons tout à l’heure dans l’Offertoire qui est tiré du même psaume. Celle-ci est, certes, solennelle mais assez calme et retenue avec un certain caractère contemplatif : c’est vraiment une adoration. Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 65 que nous retrouverons tout à l’heure à l’Offertoire :

Jubilate Deo omnis terra, psalmum dicite nomini ejus : date gloriam laudi ejus.
Poussez des cris de joie pour Dieu, toute la terre, chantez un psaume à son nom, donnez gloire à sa louange.


► Graduel : Misit Dominus

Le texte du Graduel du deuxième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 106, un des grands psaumes qui commencent par ” Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle “. Il relate en plusieurs épisodes les malheurs que les hommes se sont attirés par leurs infidélités, puis comment ils se sont tournés vers le Seigneur et comment dans sa bonté Celui-ci les a sauvés. Le verset qu’on trouve ici se rapporte à la guérison d’une grave épidémie, et il est suivi d’une acclamation de reconnaissance qui revient comme un refrain à la fin de chaque épisode :

Misit Dominus verbum suum, et sanavit eos : et eripuit eos de interitu eorum. Confiteantur Domino misericordiæ ejus : et mirabilia ejus filiis hominum.
Le Seigneur a envoyé sa Parole et Il les a guéris, et Il les a arrachés à la mort. Qu’ils proclament sa miséricorde et ses merveilles en faveur des fils d’Israël.

Le peuple d’Israël de l’Ancien Testament ne savait pas encore que cette parole toute puissante et agissante du Seigneur qu’ils célébraient était une personne, le Verbe, Fils de Dieu, deuxième personne de la Sainte Trinité, notre Rédempteur. C’est Lui qui est venu sur la terre pour nous sauver, et que nous adorons aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant.

Nous retrouvons les mélodies habituelles des Graduels très voisines de celles de Noël et de l’Épiphanie, mais on remarquera particulièrement dans la deuxième partie des grandes vocalises des mots confiteantur et misericordiæ avec des motifs répétés qui indiquent une insistance très marquée.

► Alléluia : Laudate Deum

Les deux premiers chants du propre du deuxième dimanche après l’Épiphanie invitaient toute la terre et les hommes qui l’habitaient à louer le Seigneur. Dans l’Alléluia qui suit, ce sont les anges et toutes les puissances des cieux qui y sont invités à leur tour.

Laudate Deum omnes Angeli ejus : Laudate eum omnes virtutes ejus.
Louez Dieu tous ses Anges, louez Le toutes ses armées célestes.

C’est le début du psaume 148, un des derniers du psautier, qui passe en revue toutes les créatures, depuis les plus élevées dans les Cieux jusqu’aux plus humbles sur la terre, pour les inviter à cette louange du Créateur et Sauveur. La mélodie est encore une fois une mélodie type que l’on retrouve dans plusieurs Alléluias et que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent. Elle est douce et contemplative, pleine d’une joie légère comme il convient pour s’adresser à de purs esprits.

► Offertoire : Jubilate Deo

Nous retrouvons dans l’Offertoire du deuxième dimanche après l’Épiphanie le même psaume qu’à l’Introït, le psaume 65 Jubilate Deo, mais ce sera vraiment cette fois une jubilation éclatante et triomphale et non pas, comme c’est souvent le cas à l’Offertoire, une méditation intérieure et contemplative. Cette pièce dépasse d’ailleurs par ses proportions et son amplitude les limites habituelles du répertoire : c’est vraiment un enthousiasme qui ne peut plus se contenir.
La première partie reprend le début du psaume :

Jubilate Deo universa terra : psalmum dicite nomini ejus.
Jubilez pour Dieu, terre entière, chantez un psaume à son nom.

La première phrase est répétée deux fois, et la reprise contient une vocalise assez extraordinaire qui s’élève en un immense crescendo du Do grave au Fa aigu. La deuxième partie reprend des versets de la fin du psaume, qui ont un caractère plus intime et plus personnel.

Venite et audite, et narrabo vobis, omnes qui timetis Deum, quanta fecit Dominus animæ meæ,
Venez, écoutez, et je vous raconterai à vous tous qui craignez Dieu ce que le Seigneur a fait pour mon âme.

La mélodie commence encore dans l’enthousiasme puis à partir du mot narrabo, elle s’apaise et s’adoucit progressivement pour se terminer dans une ambiance plus calme et détendue.

 Communion : Dicit Dominus

Le chant de Communion du deuxième dimanche après l’Épiphanie est tiré de l’Évangile du jour qui relate, rappelons le, le miracle des noces de Cana, la troisième des manifestations de la divinité de Notre Seigneur qui constituent son Épiphanie. Le texte est un résumé de cette page de l’Évangile.

Dicit Dominus : implete hydrias aqua et ferte architriclino. Cum gustasset architriclinus aquam vinum factam, dicit sponso : Servasti vinum bonum usque adhuc. Hoc signum fecit Jesus primum coram discipulis suis.
Le Seigneur dit : emplissez les urnes d’eau et portez-en au maître d’hôtel. Quand le maître d’hôtel eut goûté l’eau changée en vin, il dit à l’époux : Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. Tel fut le premier miracle que fit Jésus en présence de ses disciples.

La mélodie est un véritable petit tableau contrasté qui exprime à merveille les différents épisodes du récit. La parole du Seigneur au début est grave et souveraine. Puis l’étonnement du maître d’hôtel se traduit par une mélodie contournée jusqu’à ce qu’il éclate sur les mots servasti vinum bonum. La conclusion, on pourrait dire la morale de l’histoire, se traduit par une mélodie simple et dépouillée presque syllabique qui se termine d’une façon un peu abrupte.

Deuxième dimanche après l’Épiphanie – Les noces de Cana

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Dans le missel de 1962, les dimanches per annum situés après l’Épiphanie et avant la Septuagésime sont appelés dimanches après l’Épiphanie. Après les deux grandes fêtes de Noël et de l’Épiphanie, nos livres liturgiques comptent six dimanches dits « après l’Épiphanie » et qui constituent une sorte de transition entre les fêtes de Noël et le Carême. Le célébrant revêt des ornements verts. Ce IIe dimanche prolonge néanmoins la grande fête de l’Épiphanie puisque avec le 1er miracle de Notre Seigneur, aux noces de Cana, lu à l’Évangile, l’Église veut mettre encore en lumière devant le monde son « Épiphanie ».

► Introït : Omnis terra

Tous les chants du propre de la messe de ce deuxième dimanche après l’Épiphanie sont donc encore consacrés à l’adoration, la louange et la jubilation, acclamant la divinité et la royauté de Notre Sauveur, que nous contemplons encore petit enfant dans la crèche et qu’en même temps nous suivons déjà dans sa mission rédemptrice.

L’Introït est tiré du psaume 65, Jubilate Deo, qui est un grand cantique d’action de grâce du peuple d’Israël pour la délivrance d’Égypte et de la Mer Rouge, figure par excellence de la Rédemption, et pour tous les bienfaits dont Dieu l’a comblé. Après les bergers de Bethléem et les mages d’Orient, c’est toute la terre, c’est à dire tous ses habitants, qui est invitée à se prosterner devant l’enfant et à proclamer sa reconnaissance.

Omnis terra adoret te, Deus, et psallat tibi : psalmum dicat nomini tuo, Altissime.
Que toute la terre Vous adore, O Dieu, et qu’elle Vous chante, qu’elle dise un psaume à votre nom, O Très Haut.

On s’attendrait à une mélodie enthousiaste et triomphale ; nous la trouverons tout à l’heure dans l’Offertoire qui est tiré du même psaume. Celle-ci est, certes, solennelle mais assez calme et retenue avec un certain caractère contemplatif : c’est vraiment une adoration. Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 65 que nous retrouverons tout à l’heure à l’Offertoire :

Jubilate Deo omnis terra, psalmum dicite nomini ejus : date gloriam laudi ejus.
Poussez des cris de joie pour Dieu, toute la terre, chantez un psaume à son nom, donnez gloire à sa louange.


► Graduel : Misit Dominus

Le texte du Graduel du deuxième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 106, un des grands psaumes qui commencent par ” Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle “. Il relate en plusieurs épisodes les malheurs que les hommes se sont attirés par leurs infidélités, puis comment ils se sont tournés vers le Seigneur et comment dans sa bonté Celui-ci les a sauvés. Le verset qu’on trouve ici se rapporte à la guérison d’une grave épidémie, et il est suivi d’une acclamation de reconnaissance qui revient comme un refrain à la fin de chaque épisode :

Misit Dominus verbum suum, et sanavit eos : et eripuit eos de interitu eorum. Confiteantur Domino misericordiæ ejus : et mirabilia ejus filiis hominum.
Le Seigneur a envoyé sa Parole et Il les a guéris, et Il les a arrachés à la mort. Qu’ils proclament sa miséricorde et ses merveilles en faveur des fils d’Israël.

Le peuple d’Israël de l’Ancien Testament ne savait pas encore que cette parole toute puissante et agissante du Seigneur qu’ils célébraient était une personne, le Verbe, Fils de Dieu, deuxième personne de la Sainte Trinité, notre Rédempteur. C’est Lui qui est venu sur la terre pour nous sauver, et que nous adorons aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant.

Nous retrouvons les mélodies habituelles des Graduels très voisines de celles de Noël et de l’Épiphanie, mais on remarquera particulièrement dans la deuxième partie des grandes vocalises des mots confiteantur et misericordiæ avec des motifs répétés qui indiquent une insistance très marquée.

► Alléluia : Laudate Deum

Les deux premiers chants du propre du deuxième dimanche après l’Épiphanie invitaient toute la terre et les hommes qui l’habitaient à louer le Seigneur. Dans l’Alléluia qui suit, ce sont les anges et toutes les puissances des cieux qui y sont invités à leur tour.

Laudate Deum omnes Angeli ejus : Laudate eum omnes virtutes ejus.
Louez Dieu tous ses Anges, louez Le toutes ses armées célestes.

C’est le début du psaume 148, un des derniers du psautier, qui passe en revue toutes les créatures, depuis les plus élevées dans les Cieux jusqu’aux plus humbles sur la terre, pour les inviter à cette louange du Créateur et Sauveur. La mélodie est encore une fois une mélodie type que l’on retrouve dans plusieurs Alléluias et que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent. Elle est douce et contemplative, pleine d’une joie légère comme il convient pour s’adresser à de purs esprits.

► Offertoire : Jubilate Deo

Nous retrouvons dans l’Offertoire du deuxième dimanche après l’Épiphanie le même psaume qu’à l’Introït, le psaume 65 Jubilate Deo, mais ce sera vraiment cette fois une jubilation éclatante et triomphale et non pas, comme c’est souvent le cas à l’Offertoire, une méditation intérieure et contemplative. Cette pièce dépasse d’ailleurs par ses proportions et son amplitude les limites habituelles du répertoire : c’est vraiment un enthousiasme qui ne peut plus se contenir.
La première partie reprend le début du psaume :

Jubilate Deo universa terra : psalmum dicite nomini ejus.
Jubilez pour Dieu, terre entière, chantez un psaume à son nom.

La première phrase est répétée deux fois, et la reprise contient une vocalise assez extraordinaire qui s’élève en un immense crescendo du Do grave au Fa aigu. La deuxième partie reprend des versets de la fin du psaume, qui ont un caractère plus intime et plus personnel.

Venite et audite, et narrabo vobis, omnes qui timetis Deum, quanta fecit Dominus animæ meæ,
Venez, écoutez, et je vous raconterai à vous tous qui craignez Dieu ce que le Seigneur a fait pour mon âme.

La mélodie commence encore dans l’enthousiasme puis à partir du mot narrabo, elle s’apaise et s’adoucit progressivement pour se terminer dans une ambiance plus calme et détendue.

 Communion : Dicit Dominus

Le chant de Communion du deuxième dimanche après l’Épiphanie est tiré de l’Évangile du jour qui relate, rappelons le, le miracle des noces de Cana, la troisième des manifestations de la divinité de Notre Seigneur qui constituent son Épiphanie. Le texte est un résumé de cette page de l’Évangile.

Dicit Dominus : implete hydrias aqua et ferte architriclino. Cum gustasset architriclinus aquam vinum factam, dicit sponso : Servasti vinum bonum usque adhuc. Hoc signum fecit Jesus primum coram discipulis suis.
Le Seigneur dit : emplissez les urnes d’eau et portez-en au maître d’hôtel. Quand le maître d’hôtel eut goûté l’eau changée en vin, il dit à l’époux : Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. Tel fut le premier miracle que fit Jésus en présence de ses disciples.

La mélodie est un véritable petit tableau contrasté qui exprime à merveille les différents épisodes du récit. La parole du Seigneur au début est grave et souveraine. Puis l’étonnement du maître d’hôtel se traduit par une mélodie contournée jusqu’à ce qu’il éclate sur les mots servasti vinum bonum. La conclusion, on pourrait dire la morale de l’histoire, se traduit par une mélodie simple et dépouillée presque syllabique qui se termine d’une façon un peu abrupte.

Réédition de la Bible Crampon

Après 20 ans de travail, Téqui vient de publier… La Bible ! Avec de nombreuses notes explicatives.

Il s’agit de la révision prudente et fidèle de la fameuse traduction 1923 du Chanoine Crampon (qui fut longtemps la plus répandue en France), révision devenue nécessaire pour prendre en compte les évolutions de la langue française et des recherches bibliques (Découverte de Qumrân, etc.). Elle garde ses qualités qui en font une bible grand public, scientifique et complète :

  • Langue simple,
  • Traduction très littérale, donc fiable et fidèle au texte biblique originel hébreu, araméen ou grec, que le chanoine Crampon fut l’un des premiers à traduire directement en français à la fin du XIXe siècle.
  • Mention dans les notes des principales variantes des versions anciennes (Septante, Vulgate, Peshitta, etc.).
  • Notes explicatives nombreuses et éclairantes, à la fois scientifiques, spirituelles et accessibles. Elles ont toutes été revues et complétées. Elles font que la Crampon est connue comme « la Bible qui répond aux questions que ses lecteurs se posent ».

La révision a été menée par Bernard-Marie, ofs, docteur en philosophie et théologie et spécialiste de la Bible, diplômé d’hébreu, d’araméen et de grec bibliques à l’École des Langues Orientales Anciennes de l’Institut Catholique de Paris. Il a achevé le Nouveau Testament en 2004 (l’édition luxe est toujours disponible : reliée toilée rouge avec fer à dorer, tranchefile, signet et tranche dorée, cf ci-dessous), les psaumes en 2007 et l’Ancien Testament en juin 2023 (pour le centenaire), avec l’Imprimatur de la Conférence des évêques de France.

Mise en page par les bénédictins de Flavigny. Impression et reliure en Italie.

1 920 pages, format 11 x 17 cm, reliée cartonnée avec tranchefile et signet, 39,90 €.

La Bible (intégrale): Crampon 1923 – 2023

 

 

Philippines : près de deux millions de personnes ont participé à procession du « Nazaréen noir »

Lu sur Eglises d’Asie :

Le mercredi 9 janvier à Manille, près de deux millions de pèlerins et visiteurs ont participé à la « translation », la procession du « Nazaréen noir ». Cette statue du Christ en bois sombre, apportée aux Philippines depuis le Mexique au XVIe siècle par des missionnaires espagnols, est considérée comme miraculeuse, notamment pour avoir survécu à deux incendies, deux séismes et un bombardement, et pour ses vertus réputées de guérison. Habituellement, elle est organisée tous les ans après trois jours de festival. Les pèlerins accompagnent la statue depuis l’église de Quiapo. Mais c’est la première année que la grande procession a lieu depuis le début de la pandémie, d’où une participation massive après des célébrations plus discrètes l’an dernier.

Le nouveau ministre de l’Éducation nationale scolarise ses enfants dans le lycée privé catholique Stanislas

Les quatre derniers ministres de l’Éducation nationale :

    • Jean-Michel Blanquer, ancien élève de Stanislas
    • Pap Ndiaye, scolarise ses enfants à l’alsacienne
    • Gabriel Attal, ancien élève de l’alsacienne
    • Amélie Oudéa-Castéra, scolarise ses enfants à Stanislas

Amélie Castéra est la nièce des journalistes Alain et Patrice Duhamel et Nathalie Saint-Cricq et la cousine de Benjamin Duhamel, journaliste de BFMTV.

Fort de cette expérience, le nouveau ministre de l’Education nationale devrait, par souci de cohérence, s’employer à abroger la carte scolaire, à réformer l’enseignement public et à donner plus de libertés à l’enseignement privé.

Dire du bien de ce qui est mal ?

Thibaud Collin décrypte les sophismes du cardinal Fernandez :

Josef Ratzinger n’a cessé de rappeler que l’Eglise primitive a fait le choix d’une part de la raison en quête de sagesse contre le mythe et, d’autre part, de la nature, objet du questionnement de la raison contre la coutume dominant à une époque. Ce choix originel a scellé le devenir de l’intelligence de la foi et fondé les liens étroits qui unissent la théologie et la philosophie.

La lecture de “Fiducia supplicans” suscite des questions dans l’esprit du lecteur philosophe. Comme le dit Boileau dans “L’Art poétique” (1674) « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Or les lectures attentives de la déclaration du 18 décembre et du communiqué du 4 janvier 2024 ne permettent pas de lever quelques confusions. Les propos qui suivent n’ont d’autre but que de contribuer à l’intelligence de ce texte.

La question centrale nous semble être : à qui Dieu est-il censé donner sa bénédiction quand le prêtre l’invoque sur les personnes qui lui en font la demande ?

Jusqu’au § 30 inclus, la déclaration, après avoir distingué différents types de bénédiction, envisage comme sujet récepteur de la bénédiction les individus. Puis soudainement au § 31 elle affirme que ces distinctions fondent la possibilité de « bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe. » Ce passage d’individu à couple n’est pas justifié alors qu’il est le cœur du texte, tout le monde admettant que Dieu peut bénir une personne humaine en tant que telle.

La déclaration affirme donc que le sujet récepteur d’une bénédiction, fut-elle informelle et effectuée en dix secondes, peut être « un couple irrégulier » ou « un couple de même sexe ».  Or bénir un couple, est-ce la même chose que bénir deux individus ? Ce qui amène à poser la question : qu’est-ce qui fait qu’un couple est un couple ?

Un couple est un tout qui est plus que la somme de ses parties, à savoir les deux individus. C’est une entité ayant sa consistance propre, un être relationnel distinct des deux termes en relation. Quel est le fondement de cet être si ce n’est le choix réciproque par lequel ces deux individus consentent ensemble à un même lien qui les oblige ? Bref, en droit naturel ce qui constitue un couple est le mariage.

Le mariage est une institution irréductible à une simple relation d’intersubjectivité car les deux conjoints assument un lien objectif que la nature humaine, la société et ultimement Dieu leur proposent. Les deux individus s’engagent l’un envers l’autre en tant qu’homme et femme et leur alliance est potentiellement le lieu de l’advenue à l’être d’un tiers, l’enfant. La notion de couple connote donc en elle-même la conjugalité qui, rappelons-le, a pour racine le joug, instrument distinct des deux bœufs qu’il relie. Dès lors, parler de « couple irrégulier » ou de « couple de même sexe » est lourd de sens car un tel usage reconnaît, au moins implicitement, que la relation entre ces deux individus participe analogiquement à l’ordre de la conjugalité. Telle est la logique laïque de certaines législations civiles qui considèrent le mariage comme dissoluble et sexuellement indifférencié. Telle n’est pas la logique catholique réaffirmée dans les § 4 et 11 de la déclaration.

Mais comment lire de manière logique le § 31 après les énoncés des § 4 et 11 ? Utiliser la notion de couple pour désigner la relation entre deux individus n’étant pas mariés signifierait-il que l’Eglise reconnaît désormais que la relation sexuelle est par elle-même suffisante pour que ces deux individus forment une entité à part entière, susceptible d’être le sujet récepteur d’une bénédiction de Dieu ? Et Dieu peut-il bénir une relation formant un « couple » dont l’élément constitutif est en contradiction avec son dessein de sagesse et d’amour envers les êtres humains ?

A cette question le § 31 semble répondre en disant que Dieu bénit « tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations ». Mais qui ne voit que bénir ce qui est bon dans une relation n’est pas bénir la relation elle-même ? Or la déclaration affirme bien que c’est le couple lui-même qui est censé être béni par Dieu. Le texte passe d’individu à couple comme sujet récepteur grâce à l’argument des éléments positifs qui sont engagés dans la relation. Dieu ne bénirait pas leurs relations sexuelles contraire à sa sage volonté mais les biens authentiques qui sont vécus et partagés ; Dieu bénirait alors leur relation en tant qu’elle est une amitié, relation dans laquelle chaque ami est affirmé par l’autre dans sa valeur même de personne et jamais réduit à ses valeurs sexuelles.

Faut-il en conclure que par cette déclaration, l’Eglise enseigne désormais que toute amitié crée un couple, alors que jusqu’à maintenant « être en couple » était une expression renvoyant à un lien exclusif contrairement aux liens d’amitié ? Cela paraît peu probable. Le sens des mots résiste donc à notre questionnement et nous conduit à formuler une hypothèse interprétative afin de saisir l’intelligence du texte.

De même que l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe a modifié la nature même du mariage, de même la possibilité de bénir des « couples irrégulier ou de même sexe » change la nature de la bénédiction. De quoi cette nouvelle bénédiction serait-elle alors le nom ? Notre hypothèse est qu’elle devient synonyme de reconnaissance, en entendant dans ce terme toute la charge sémantique que les « minorités discriminées et éveillées » ont investi dans ce que l’on appelle « la politique de la reconnaissance ». En offrant la possibilité d’être béni en tant que « couple », “Fiducia supplicans” veut manifester à ces personnes en souffrance qu’elles sont aimées de Dieu. En qualifiant leur relation de « couple », elle autorise les prêtres à user de leur médiation sacerdotale pour attribuer de facto une certaine légitimité à leur situation relationnelle.

Si tel n’était pas le cas, il aurait suffi de dire que le prêtre peut bénir chaque individu et il n’y aurait pas eu besoin d’inventer un nouveau type de bénédiction. Le texte affirme qu’alors la bénédiction liturgique exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu (§ 9), la « simple bénédiction » n’exige pas de « conditions morales » préalables. Pourtant il est manifeste que le Rituel romain propose déjà de nombreuses bénédictions n’exigeant pas les mêmes dispositions individuelles que pour la réception des sacrements. Il faut donc envisager que l’expression « conditions morales » désigne ici des situations relationnelles (et non individuelles) contraires à la volonté de Dieu. Le nouveau type de bénédiction est pensé comme un geste pastoral censé signifier « la force inconditionnelle de l’amour de Dieu » (§ 12).

Posons dès lors la question sur ce que présuppose ici le texte. Quel est le type de bénédiction qui manifeste le plus l’amour inconditionnel de Dieu : la bénédiction conditionnelle (liturgique) ou la bénédiction inconditionnelle (spontanée) ? La réponse est dans la question ! La bénédiction liturgique discrimine-t-elle ? Oui, mais ce ne sont pas les personnes qui sont discriminées mais les situations relationnelles, certaines pouvant être bénies pas Dieu car étant conformes à sa volonté et d’autres ne le pouvant pas puisqu’elles lui sont opposées. Donc le critère de distinction entre les deux types de bénédiction est que la bénédiction liturgique discrimine les « couples irréguliers » et les « couples de même sexe » alors que la nouvelle bénédiction ne les discrimine pas.

Elle est donc la manifestation d’une volonté ecclésiale d’ « inclusion » (§ 19) que le texte justifie comme manifestant la miséricorde infinie de Dieu. Ainsi Dieu serait « inclusif » quand il bénit spontanément et non liturgiquement tous les « couples », et ceux qui refuseraient de bénir certains « couples » seraient des « juges qui ne font que refuser, rejeter, exclure » (§ 13) La logique inclusive refusant de différencier promeut une indifférenciation sémantique du terme couple. La logique liturgique et dogmatique, elle, distingue ; et à ce titre, elle est présentée dans le texte comme manifestant moins la bonté de Dieu. Mais alors que Dieu veut-il ? Peut-il vouloir d’une main ce qu’il refuse de l’autre ? Dieu peut-il dire du bien de ce qui contredit son sage et bienveillant dessein ?

Comment sortir de cette contradiction ? Soit en niant que Dieu puisse vouloir bénir des « couples irréguliers et des couples de même sexe » en tant que tels. Soit en remettant en cause le fondement sur lequel l’Eglise s’est appuyée jusqu’alors pour affirmer que Dieu ne peut pas vouloir bénir de tels « couples ».

D’où la question centrale : dans quelle mesure la déclaration “Fiducia supplicans” ne déconstruit-elle pas implicitement la doctrine morale et anthropologique fondant la pratique des bénédictions ? Si c’est le cas, elle ferait sienne une autre logique, celle de l’inclusion, justifiée au nom d’une pastorale présentée comme plus adéquate à la miséricorde divine.

Cette nouvelle pastorale serait la forme ecclésiale du “wokisme”, car elle engendrerait de facto une déconstruction de ce qui s’y oppose, l’ordre humain naturel jusqu’alors assumé par la doctrine catholique et jugé aujourd’hui par l’esprit du monde comme discriminatoire.

L’acteur américain Shia Labeouf s’est converti

Lu dans France catholique :

L’acteur, né juif, affirme avoir « trouvé Dieu » alors qu’il jouait le rôle d’un chrétien pieux dans le film de guerre Fury, en 2014. Il choisit le catholicisme lors des préparations dans un monastère pour le tournage d’un film consacré à saint Padre Pio (sorti en 2022). Il explique que c’est la forme tridentine de la messe qui l’a attiré vers le catholicisme.

Projection de “Remissio” à Angers – le 20 janvier à 17 h et 20 h

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’association Ermonia est heureuse de vous convier à la projection de Remissio qui aura lieu à Angers, au centre St Jean, le 20 janvier prochain, à 17h et à 20h. Ce sera l’occasion de rencontrer quelques membres de l’équipe et acteurs.

Lieu: Centre diocésain saint Jean, 36 Rue Barra, 49045 Angers

Remissio est un moyen métrage de 45 minutes qui relate une histoire vraie qui s’est déroulée au XIXe siècle : au cœur du 19e siècle, le monde militaire brille de faste et de superficialité. Entrant dans une église pour la première fois depuis longtemps, Joseph de Frénilly, jeune saint-cyrien plein d’ambition, fait le pari d’aller se confesser. Déjoué par le prêtre, il fait une promesse d’honneur qui ne sera pas sans conséquence…

Bande-annonce : https://youtu.be/N9_J0qJXvNc?si=2PTOLmtNAHO77w6v

Avec de faibles moyens et sans subventions, Remissio a déjà réuni 1000 spectateurs en salles et 17 000 en une semaine de projection sur TV Libertés sur YouTube.

Voici le lien de réservation (gratuite) : https://linktr.ee/Ermonia

Vous pouvez aussi aider Ermonia à atteindre son objectif sur Credofunding pour la distribution de son prochain film, “Magnificat”, ici : https://www.credofunding.fr/fr/ermonia

Fiducia Supplicans : bénédictions ou révolution ?

Plus que jamais, l’actualité de l’Église et la confusion qui s’installe en son sein nécessitent un regard ou des regards éclairés, comme nous le constatons dans notre émission de cette semaine consacrée à Fiducia supplicans, la déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi sur les bénédictions des couples de même sexe et des couples en situation irrégulière.

Ce texte ambigu est analysé au micro du Club des Hommes en noir par l’abbé Grégoire Célier, l’abbé Claude Barthe, le Père Danziec et Jeanne Smits. Une émission de rentrée roborative, sans langue de buis ou de bois.

Disparition du ministère de la famille

Le ministère des Solidarités et des Familles a disparu du nouveau gouvernement. Aurore Bergé devient “chargée de l’Egalité femmes-hommes et de la lutte contre les Discriminations.” 

Pour le lobby LGBT, un Premier ministre homosexuel ne suffit pas !

Il n’y a jamais eu autant de ministres homosexuels ces dernières années (Olivier Dussopt, Sarah El Haïry, Franck Riester, Stéphane Séjourné, Gabriel Attal) sans compter ceux qui n’ont pas fait leur coming-out… Et même avec un premier ministre ouvertement homosexuel et la suppression du ministère de la Famille, le lobby LGBT s’inquiète de la résurrection de la Manif pour Tous à cause de la nomination de Catherine Vautrin, nouvelle ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, qui a pourtant renié ses anciennes convictions :

Pour les associations LGBT, le profil de Catherine Vautrin est particulièrement problématique, au regard de ses actions et positions passées sur le mariage pour tous. Car cette dernière avait voté contre la loi, finalement promulguée le 17 mai 2013. Et Catherine Vautrin ne s’était pas contentée de marquer son opposition aux urnes, puisqu’elle avait participé à la “Manif pour tous”, fort élan d’opposition au projet porté par Christiane Taubira, indique BFMTV.

La nomination de Catherine Vautrin a donc alarmé plusieurs associations LGBT, qui ont exprimé leurs inquiétudes par le biais de leurs représentants. “Ce n’est pas un signal positif, ça pose question”, a déclaré Maxime Haes, porte-parole de Stop Homophobie, rapporte BFMTV. De son côté, Joël Deumier, co-président de SOS homophobie, parle de “douche froide” en évoquant “l’entrée de figures ouvertement hostiles aux droits LGBT”. “On n’est pas dans un gouvernement où le combat contre les LGBTphobies et contre les discriminations est quelque chose d’important”, a-t-il également souligné.

“On pensait finie la manif pour tous. Et bien non, Macron a réussi à la ressusciter…”, a quant à lui regretté David Belliard, adjoint à la mairie de Paris. De son côté, Catherine Vautrin avait, en avril dernier, exprimé ses regrets sur sa position passée. “Il y a 10 ans, en ne votant pas le mariage pour tous, j’ai raté ce rendez-vous qui est aujourd’hui devenu une évidence”, expliquait-elle alors.

Les revendications du lobby LGBT ne cesseront jamais…

Handicap : Syndicats, professeurs et parents d’élèves s’opposent à l’école inclusive à tout prix

Comme sur de nombreux sujets (nucléaire, collège unique, uniforme à l’école, LPM), Eric Zemmour avait vu juste sur l’obsession pour l’école inclusive et le manque de places pour les enfants handicapés en structure spécialisée (IME, ITEP, foyers de vie). Pendant la campagne présidentielle, il avait été accusé de vouloir exclure et même déporter les enfants handicapés par toute la classe politique, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen alors même que le milieu du handicap, les professeurs et les parents concernés avaient multiplié les témoignages allant dans son sens (voir nos articles sur ce sujet ici, ici, ici, ici, ici, ici et ici).

Une manifestation nationale aura lieu le 25 janvier 2024 à Paris à l’appel de syndicats, de parents d’élève et du milieu éducatif qui constatent que la politique de l’inclusion à tout prix ne fonctionne pas et, pire que cela, cause du tort à tous les enfants, handicapés et non handicapés. Situation détaillée dans un journal d’Indre-et-Loire :

L’exemple de Mathilde résume assez bien ce qui se passe dans presque tous les établissements. Enseignante en moyenne section à Tours, elle raconte : « Depuis la rentrée, je dois accueillir un enfant porteur de handicap dans ma classe. Parce qu’il a été décidé qu’il devait rejoindre une école “ normale ”. Cet enfant de 6 ans, qui marche, a été retiré de là où il était parce qu’il pouvait présenter un risque pour les autres enfants. Ce petit a le niveau d’un enfant de 18 mois. Il n’est pas propre et n’est pas capable de dire quand il a fait sur lui. Il est incontrôlable, sort tout le temps par la porte ou par la fenêtre. Malgré tous les efforts et la bonne volonté de son AESH, il est impossible de gérer cet enfant et le reste de la classe, qui compte également d’autres enfants ayant des besoins particuliers. À part faire chien de garde… »

Un exemple très représentatif de ce que dénoncent les syndicats confrontés aux effets de l’école inclusive à tout prix, déplore Jérôme Thébaud, secrétaire départemental du Snudi FO. « Ça fait des années qu’on dénonce la maltraitance. La maltraitance vis-à-vis de l’enfant porteur de handicap, la maltraitante envers ses camarades, la maltraitance envers les AESH, les enseignants. Aujourd’hui, peu de collègues sont épargnés. C’est le chaos. Et avec les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement, ça ne fera qu’empirer ! »

L’article précise la volonté du gouvernement de supprimer les établissements spécialisés comme nous l’avions indiqué en 2022, sous pression de l’ONU :

Et le secrétaire départemental d’enfoncer le clou. « Ils veulent supprimer les IME (Instituts médico-éducatifs), les Itep (Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique). Les collègues n’en peuvent plus. L’acte 2 de l’école inclusive, c’est la catastrophe », prévient-il, indiquant que « la grande majorité des arrêts de travail d’enseignants, ce sont des burn-out ».

L’union locale FO de Saumur et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Saumur soulignent que 23 000 enfants attendent une place en établissement spécialisé. En attendant, ces enfants sont scolarisés avec les autres ou restent sans solution chez leurs parents :

“Ce sont encore 1 709 postes de l’Éducation nationale qui vont disparaître à la rentrée 2024, écrivent FO et la FCPE dans un communiqué. Qui peut encore croire, dans ce contexte où les écoles n’ont même plus les moyens de prendre en charge les difficultés ordinaires, que l’école dite « inclusive » va intégrer correctement les 23 000 élèves qui attendent une place dans un établissement spécialisé ?

Et de poursuivre :  Comme si cela ne suffisait pas, avec l’acte 2 de l’École inclusive, le gouvernement prévoit d’aller plus loin dans l’inclusion scolaire systématique, maintenant des milliers d’élèves et de familles dans le désarroi, laissant tous les salariés en charge de la gestion de l’enfance dans des situations extrêmement compliquées et précaires, et faisant craindre le pire pour l’avenir de toutes les structures spécialisées et adaptées

En 2022, suite à la polémique Zemmour, Fatiha Agag-Boudjahlat dénonçait cette politique en disant que : “L’inclusion est un piège à cons car elle sert aux hauts-fonctionnaires à réduire les coûts”, analyse partagée alors par Céline Pina qui déclarait que “le discours sur l’accueil inclusif a été un attrape-gogo et a servi à tous les gouvernements à se donner bonne conscience tout en laissant tomber la problématique du handicap“.

On pourra également relire la tribune d’Agnès Marion, mère d’un enfant handicapée (Reconquête!) dans Valeurs actuelles :

Les enseignants qui s’élèvent contre l’inclusion forcée d’élèves lourdement handicapés, dans des conditions parfois scandaleuses, ne sont pas des monstres sans cœur, ni des incapables. Ce sont des professionnels qui refusent, au nom de beaux principes, de nier la réalité du terrain et de promettre ce qu’ils ne peuvent tenir.  

La réalité du terrain, ce sont des professeurs abandonnés face à des élèves ingérables dans leur classe, des élèves qui nécessitent des soins, une attention de tous les instants, et des structures adaptées.  

Dans certains cas, l’inclusion à marche forcée peut être d’une violence inouïe pour tout le monde : l’élève en situation de handicap, l’enseignant dans sa classe, les autres élèves, les parents d’élèves. 

Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, la véritable bienveillance n’est pas d’accueillir en « milieu ordinaire » tout le monde à tout prix mais bien d’accueillir dans de bonnes conditions. Quand elles ne sont pas réunies, l’inclusion relève de la maltraitance, maltraitance envers l’élève concerné mais également envers l’enseignant qui en a la charge, envers ses collègues ainsi qu’envers les autres élèves de la classe, voire de l’école.  

Il faut avoir le courage de le dire : l’insertion d’un seul élève revient parfois à sacrifier la scolarité de toute une classe. En l’absence de la qualification adéquate, et souvent des moyens matériels correspondants au handicap de l’élève, l’école devient alors une garderie et abandonne sa mission première, sa raison d’être : l’enseignement.  

Face à un égalitarisme impossible, qui a déjà conduit notre école au désastre avec son dogme du collège unique, Éric Zemmour défend le principe de l’inclusion des élèves en situation de handicap dès lors qu’il peut être mis en œuvre dans des conditions satisfaisantes pour les élèves inclus, pour les autres élèves de la classe et pour les enseignants. 

Dans le cas contraire, il faut reconnaître la réalité de la situation de handicap lourd de certains élèves, et les scolariser dans des structures spécialisées, au sein de l’école publique, afin de leur faire bénéficier d’un enseignement adapté à leurs besoins, et de l’assistance de professionnels spécialisés – orthophonistes, psychomotriciens, éducateurs spécialisés, neuropsychologues, soignants – pour lesquels de trop nombreux parents, désarmés face à la détresse de leur enfant, dépensent aujourd’hui des fortunes.  

L’idéologie égalitariste détourne l’égalité pour nier les cas particuliers, et refuse de comprendre que chaque enfant est unique et qu’il faut lui apporter la solution qui lui correspond. Contre la tyrannie de la normalité, il faut au contraire adapter les parcours des élèves en situation de handicap pour que l’école soit véritablement bienveillante, et bienfaisante. 

 

L’Allemagne politique est dans un cul-de-sac et elle s’enfonce dans la crise

Manifestations monstres à Berlin et en Allemagne, crise de l’énergie, fragilité de l’industrie, menaces de fermeture, de multiples crises touchent l’Allemagne. Quelle en est l’origine et comment le pays peut-il en sortir ? Samuel Furfari, professeur en politique et géopolitique de l’énergie à l’École Supérieure de Commerce de Paris, ancien haut fonctionnaire à la Direction générale énergie de la Commission européenne, a été interrogé dans Conflits :

Pourquoi la première puissance de l’Europe est-elle frappée par une telle crise ?

L’Allemagne a succombé à l’idéologie. Il ne faut pas oublier que les Allemands sont d’abord des pacifiques du fait de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont associé guerre et nucléaire. Les pacifistes allemands sont donc antinucléaires aussi concernant la production d’énergie. Le deuxième élément est que les soviétiques d’Allemagne de l’Est ont convaincu les Allemands de l’Ouest que le nucléaire n’était pas nécessaire. L’URSS voyait que l’occident prenait un trop grand avantage avec le développement du nucléaire, il fallait stopper cet élan. Ces causes ont convaincu l’Allemagne d’être majoritairement antinucléaire. À partir de ce moment-là, il a fallu trouver autre chose pour produire de l’électricité.

Le pays a toujours beaucoup consommé de charbon, il possède la septième réserve mondiale de charbon essentiellement sous forme de lignite. Pour le maintenir tout en prenant une ligne écologique, les Allemands ont donc souhaité développer l’énergie renouvelable. Et après tout, pourquoi pas ? C’était logique d’essayer, l’Union européenne ayant développé ces technologies depuis les chocs pétroliers des années 1970. Mais, c’est un échec, le renouvelable ne produit pas assez d’énergie et coûte très cher pour un impact minime sur la planète. La grosse partie de l’énergie éolienne en Allemagne est produite en terre. Le pays doit maintenant développer celle en mer, car les espaces sur terre sont presque saturés. Or, si les éoliennes en terre sont délicates, en mer, elles le sont encore plus. Elles tombent souvent en panne à cause des embruns. Et les coûts de maintenance et de réparations sont énormes. Plus l’Allemagne construit d’éoliennes en mer, plus l’énergie coûte cher. C’est l’une des causes de l’augmentation du prix de l’énergie. Mais aujourd’hui, le gouvernement a fait passer l’augmentation de ces prix au travers de subsides directs c’est-à-dire que ce sont les taxes des Allemands qui payent le surcoût de l’électricité renouvelable.

Devant les échecs, il faut ouvrir les yeux, mais l’Allemagne politique ne veut pas admettre qu’elle est dans un cul-de-sac, et elle s’enfonce dans la crise.

Quand a commencé cette politique du renouvelable ?

L’idée existe depuis les années 1970-1980. Ce n’est pas à cause du changement climatique que l’on a privilégié les énergies renouvelables, mais pour répondre aux chocs pétroliers. Mais c’est surtout à partir des années 2000 que les Allemands ont commencé à croire fermement au renouvelable avec une stratégie appelée EnergieWende que nous avons traduit par transition énergétique. En 2005, Mme Merkel a demandé au président de la Commission européenne de développer une feuille de route pour imposer les énergies renouvelables, pour obliger tous les pays européens de s’y mettre. J’ai personnellement travaillé sur ce dossier. L’UE avait proposé un paquet climat-énergie, avec la promotion des énergies renouvelables et la réduction des émissions de CO₂ que la France a interprété comme « nucléaire ».

L’adoption politique de la directive date de décembre 2008, sous Nicolas Sarkozy, qui a lui-même négocié cette directive. Il défendait une politique fondée sur le nucléaire alors que les Allemands misaient sur le renouvelable. Ce fut un grand marchandage. Sarkozy a été abusé, car les Allemands ont maintenu leur opposition au nucléaire. L’Allemagne a entraîné toute l’Europe dans sa voie.

Face à la crise de l’énergie, comment le gouvernement Scholz réagit-il ?

Le gouvernement est complètement coincé dans sa politique. Dans son analyse « Besoins de financement pour la production d’électricité jusqu’en 2030 », l’Institut pour l’économie de l’énergie de l’université de Cologne estime les investissements nécessaires pour l’énergie éolienne à environ 75 milliards d’euros et pour l’énergie solaire à 50 milliards d’euros. À cela s’ajoute le coût du remplacement et de la maintenance des éoliennes et des panneaux solaires existants, qui devront être remplacés au cours des prochaines années. Personnellement, je n’accorde que peu d’attention aux prévisions chiffrées, car je sais comment elles sont établies. Beaucoup plus importante est l’affirmation des auteurs selon laquelle il ne faut pas s’attendre à ce que ces nouvelles centrales puissent financer leurs coûts d’investissement sur le marché de l’électricité. Ils ne le disent pas, mais c’est parce que le prix de l’électricité en Allemagne est déjà trop élevé par rapport au reste de l’UE. Le gouvernement va accorder des subventions, c’est-à-dire qu’il va taxer !

Une taxe sur le CO₂ de 30 € la tonne existait déjà, à partir de début janvier, elle passe à 45 €. Pour les familles, cela fait une augmentation de 100 € par an, ce qui est peu, mais à l’échelle d’un pays c’est beaucoup.

Si c’est généralement surmontable pour un foyer, tout l’enjeu est à l’échelle macroéconomique. Multiplié par plusieurs dizaines de millions de foyers et d’entreprises, l’impact représente un poids énorme pour l’économie du pays. On annonce des chiffres qui concernent les particuliers, omettant toujours de parler des coûts pour l’ensemble du pays. Le pire, c’est que tout cela est inutile. Si, en payant un peu plus leur énergie, les Allemands avaient un impact sur le climat, cela pourrait avoir un sens. Mais, le résultat est dérisoire, et les gens commencent à comprendre qu’on les a trompés. Depuis que l’Allemagne s’est lancée dans l’EnergieWende, les émissions mondiales de CO₂ ont augmenté de 61 %. C’est grâce à cette prise de conscience que 2023 est un tournant, un vrai pas comme le Wende de l’énergie. Quand on se rend compte que les belles paroles n’ont aucun effet réel sur planète, et qu’elles rendent la vie plus dure, les gens finissent par bouger.

Les fermiers ont dernièrement exprimé leur mécontentement. Le gouvernement allemand, dans son budget 2024, avait décidé d’augmenter les taxes sur le carburant des agriculteurs. Ces derniers se sont rassemblés dans de grandes manifestations (7 000 tracteurs à Berlin), car la conséquence sur leur portefeuille est très importante. Le gouvernement a eu peur et vient d’annoncer qu’il renonce à une des mesures décidées :  « Contrairement à ce qui était prévu, l’avantage fiscal sur les véhicules pour la sylviculture et l’agriculture est maintenu« , indique un communiqué de presse du gouvernement.

Mais les agriculteurs ne décolèrent pas et veulent l’abandon de toutes les mesures décidées à leur encontre. Le 8 janvier, une manifestation d’envergure contre le prix de l’énergie aura lieu en Allemagne, et une grosse partie de la classe ouvrière compte s’y joindre, ce qui va embêter le chancelier Scholz dont le parti SPD est proche des syndicats. Et une autre est annoncée pour le 15 janvier.

Le gouvernement est en grande difficulté, car le 15 novembre 2023, la Cour constitutionnelle a annulé le « fonds de transition énergétique » de 60 milliards d’euros, destiné à subventionner les énergies renouvelables. Berlin devra trouver cette somme supplémentaire, tout en respectant l’obligation de « frein à l’endettement » inscrite dans la Constitution. […]

Quel sera l’impact de la crise énergétique sur l’industrie allemande ?

L’industrie allemande, surtout l’industrie chimique, a bénéficié durant des années d’un prix de l’énergie relativement bas grâce au gaz russe fourni par Gazprom. N’oublions pas que les hydrocarbures ne sont pas uniquement une source d’énergie, mais également la matière première de l’industrie chimique, industrie si importante en Allemagne. Les hauts salaires allemands étaient compensés par le bas prix du gaz. Ce gaz n’étant plus disponible, l’avantage a été perdu. Il en découle une crise économique d’envergure. L’industrie chimique allemande est la plus touchée et s’organise pour délocaliser. Le gouvernement allemand a finalement choisi de réagir et vient de signer un accord d’approvisionnement en gaz avec la Norvège pour 50 milliards d’euros. C’est une entreprise allemande d’État, la SEFE (ex-Gazprom Allemagne nationalisée), qui a passé le marché parce que l’Allemagne a besoin de stabilité. Les Allemands commencent donc à comprendre que le pays a besoin de gaz et de charbon pour fonctionner, et que le tout renouvelable qu’ils financent abondamment est une utopie. On leur a menti en disant que tout allait être renouvelable, propre et bon marché, mais à présent le gouvernement court comme une poule sans tête pour trouver du gaz là où il peut, quel que soit le prix. Les Allemands ont compris.

Si les entreprises commencent à délocaliser à cause du prix de l’énergie, le taux de chômage va bondir, et le mécontentement sera encore plus fort. Comme toujours en économie, tout se tient. […]

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