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“Toutes nos misères actuelles trouvent leur source en ce matin froid, gris, terrifiant, du 21 janvier 1793”

Voici le texte lu dimanche place de la Concorde par le R.P. Jean-François Thomas s.j, sur la Place Louis XV (« de la Concorde ») :

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

Souvenons-nous, avec émotion et non sans frayeur, des mots de Louis XVI à son valet de chambre Cléry le 20 janvier : « Je voudrais que ma mort fît le bonheur des Français et pût écarter les malheurs que je prévois. » Et ceux, plus terribles encore, prononcés alors qu’il était lié à la planche de la guillotine, ici-même, et rapportés par le bourreau Sanson : « Je voudrais que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français. » Le sang du roi ne semble pas avoir fait beaucoup réfléchir les Français sur leur destinée, semblables à cela aux juifs condamnant le Messie lorsque Pilate déclara, se lavant les mains, qu’il était innocent du sang de ce juste : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants » répondit tout le peuple, comme le rapporte l’évangéliste saint Matthieu (XXVII. 24-25).

Dieu ne peut pas inverser le cours de la malédiction qu’un peuple choisit volontairement. Tel est le mystère de la liberté dont Il nous a revêtus, liberté totalement étrangère à celle prônée par la république athée. Prudhomme le girondin écrit dans un numéro des Révolutions de Paris ( n° 185) :

« Un citoyen monta sur la guillotine et, plongeant son bras nu dans le sang de Capet qui s’était amassé en grande abondance, il en prit des caillots plein la main et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient au pied de l’échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front. – Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes ; eh bien ! qu’il y retombe. »

Horrible geste profanateur et blasphématoire qui se perpétue. Il est rapporté que quelques voix eurent le courage de s’élever contre ce crime :

« Un brave citoyen, voulant retenir la foule, lui adresse ces paroles : – Que faisons-nous, amis ? Les journaux de demain raconteront tout et l’étranger qui les lira nous prendra pour des bêtes féroces altérées de sang. – Du sang d’un despote, nous avons soif ! réplique un autre, le sang de Louis Capet est de l’eau bénite. – Et la foule bat des mains. » (Lettres de volontaires du Maine et Loire, tome III)

Le soir du 21 janvier, la Commune de Paris organisa un bal populaire à l’endroit où le sang du roi avait coulé : il fallait que le peuple fût diaboliquement baptisé en piétinant le sang de cette victime innocente.

Une telle délectation dans le mal ne peut cesser ses effets, à moins d’un repentir et d’une pénitence semblables à ceux des anciens habitants de Ninive à l’appel de Jonas. Il n’en fut rien, il n’en est rien pour la France qui persiste et signe avec une plume trempée dans le sang du roi, depuis plus de deux cents ans. Toutes nos misères actuelles trouvent leur source en ce matin froid, gris, terrifiant, du 21 janvier 1793. Nous sommes garrottés alors que Louis XVI, prisonnier, lié, condamné, était libre car tourné vers le ciel et soucieux du bien de ces sujets infidèles.

Quelques mois plus tard, le P. Pierre de Clorivière – cet ancien et ce futur jésuite, puisqu’il connut la suppression de son Ordre sous Louis XV et fut la cheville ouvrière de sa renaissance sous la Restauration – écrivit un ouvrage prophétique sur l’Apocalypse, jamais publié d’ailleurs. Il y analyse les causes de la Révolution et il y propose des remèdes susceptibles de nous laver du sang que nous avons versé. Il définit la Révolution française comme possédant trois caractères : elle a été subite, elle est grande, elle sera générale.

« Grande dans l’ordre politique, grande dans l’ordre moral, grande surtout dans l’ordre religieux. Par son objet, elle s’étend à tout ; rien n’est respecté, pas même les premiers principes de la loi naturelle ; les idées les plus universelles sont comptées pour rien, et les droits les plus imprescriptibles violés pour en forger de nouveaux. Ces droits nouveaux tendent à la suppression de toute espèce de joug naturel, religieux, divin même, comme à l’abolition de tout pouvoir légitime. Il ne suffira pas d’en avoir prévu la portée, mais lorsqu’elle aura prévalu et que la multitude s’y laissera entraîner, il faudra beaucoup de prudence, de force et de constance. La prudence sera nécessaire pour décliner sagement le danger, la force pour résister à des assauts répétés, la constance pour supporter patiemment les maux dont on doit s’attendre à être envahi de tous côtés. » (Études sur la Révolution)

Ceci fut rédigé en 1793-1794, alors que cette Révolution n’avait pas encore entraîné tous ses effets mauvais.

Le conseil du P. de Clorivière est plus que jamais d’actualité, puisque la république actuelle poursuit l’œuvre de son aïeule, celle qui a dansé ici dans le sang du roi, et de tant d’autres avec et après lui : prudence, force et constance. Appliquer à soi-même ces vertus très chrétiennes afin de se laver des souillures qui nous ont tous éclaboussés. Le mouvement de terreur déclenché en 1789 ne sera terrassé que par la conversion des mœurs et par l’agenouillement.

Dans son Testament, Louis XVI déclare qu’il laisse son âme à Dieu son créateur, et il répéta ces paroles, ultimes, lorsqu’il plaça sa tête sous le couperet : « Je remets mon âme à Dieu », comme l’entendirent les spectateurs les plus rapprochés. Comme le centurion regardant vers la Croix fut saisi par le Christ, homme juste et Fils de Dieu, certains – y compris parmi ses ennemis les plus haineux – reconnurent la sainteté de la mort de Louis XVI. L’ancien procureur-syndic de la Commune, Pierre Manuel, repenti, s’écriera, le 19 janvier : « La mort de Louis XVI sera la mort d’un saint. » (La Révolution de 92, n° 19 janvier 1793) Et Prudhomme, pourtant hostile, ne peut s’empêcher de noter, plein de regret : « Les prêtres et les dévotes qui déjà cherchent sur le calendrier une place à Louis XVI parmi les martyrs, ont fait un rapprochement de son exécution et de la Passion de leur Christ. » (Les Révolutions de Paris, n° 185) Quant au sanguinaire Hébert, il rugit dans Le Père Duchesne (n° 212) : « Le pape va en faire un nouveau saint ; déjà les prêtres achètent ses dépouilles et en font des reliques ; déjà les vieilles dévotes racontent des miracles de ce nouveau saint. » Hélas, les hommes d’Église ont été, eux aussi, gagnés par les idées révolutionnaires et ils ne se soucient guère du sang qui est retombé sur nos têtes. Contemplons ce ciel vers lequel Louis a tourné son dernier regard terrestre et implorons Dieu de nous purifier et de faire renaître notre pays bien-aimé.

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

P. Jean-François Thomas s.j.

La Fraternité Saint-Pierre vous accompagne pendant le carême

Un bon carême, ça s’organise ! Comme nos anciens ou nos frères orientaux, la liturgie nous invite à entrer dès maintenant dans un « grand carême » : la préparation pour Pâques commence maintenant !

« Virtus » est un parcours de progrès spirituel et de développement des vertus, du dimanche de la Septuagésime (troisième dimanche avant le début du carême) au Triduum Pascal (les offices de la Semaine Sainte), en deux temps :

  • Un « pré-carême » pour installer dans son quotidien les bonnes habitudes qui deviendront des vertus.
  • Le carême, temps de combat et de persévérance pour se laisser renouveler par la grâce et enraciner les dispositions vertueuses.

Et 3 axes :

  • Prière : réaliser qu’il est possible de consacrer une heure par jour au Seigneur, entre le chapelet (20 min), l’entrée dans la vie d’oraison (20 min) et la formation (20 min de lecture, de podcast…).
  • Vertu et équilibre de vie (ce qu’il faut enraciner et installer dans toute notre vie) : une vigilance accrue dans nos rapports aux écrans, au sommeil, à l’alcool, à l’activité manuelle ou physique.
  • Pénitence : jeûne du vendredi, un engagement au choix (par exemple, pas de sucres / chocolat / fromage / viandes / café / cigarette, pas d’achat non nécessaire, ne pas manger entre les repas) ; restant sauve la charité.

En s’abonnant à la chaîne Whatsapp ou Telegram de Claves, vous lancerez chaque matin votre journée avec l’exhortation audio d’un prêtre ; chaque semaine un ensemble de thèmes de formation seront proposés pour nourrir la prière ; à partir du mercredi des cendres, vous rejoindrez le « chemin de carême » avec une méditation de 5 min chaque matin sur un texte de la liturgie.

Suivez la chaîne Claves.org sur WhatsApp ou Telegram

Des solutions pour faire croître la colonne de pèlerins de Chartres

Jean de Tauriers, président de l’association Notre-Dame de Chrétienté, écrit dans l’Appel de Chartres :

[…] Après les intempéries de 2022 nous avons été en 2023 submergés par le nombre des inscrits. Nos bivouacs étaient trop petits, nos colonnes trop longues, les haltes exigües, les arrivées tardives etc. Comment faire face et développer notre pèlerinage ? Comment répondre à toutes ces demandes de France et de l’étranger ? Comment rester missionnaire en sachant répondre aux demandes des pèlerins ?

La première bonne nouvelle de cette année 2024 est que nous avons trouvé des solutions techniques pour accueillir davantage de pèlerins. Il y aura certes une limite à cette croissance mais nous pourrons augmenter significativement le nombre des inscrits. Notre grand chantier en 2024 sera la formation de nos cadres. Nous touchons désormais des pèlerins retrouvant une pratique religieuse ou venant simplement pour rencontrer un prêtre pendant les 3 jours et parfois même des non catholiques. Cette affluence s’explique par la notoriété du pèlerinage, l’effet « réseaux » mais aussi par la ferveur de catholiques qui ne manqueraient pour rien au monde le pèlerinage de Chartres, sans oublier évidemment le plus important : la grâce de Dieu.

Le rendez-vous annuel de nos récollections sera donc essentiel pour la formation de nos cadres (chefs de chapitre, responsables d’équipes, adjoints) afin de leur permettre de s’adapter à la nouvelle situation. La mobilisation lors de ces récollections doit être à la hauteur des enjeux de transmission, nous comptons sur une large participation. J’aimerais également en 2024 que la croissance des Anges gardiens soit très significative. Le développement des pèlerinages de chrétienté dans de nombreux pays doit permettre de consolider cette chaîne de prières qui montre notre unité spirituelle. Aidez-nous à inscrire des pèlerins non marcheurs, en groupe ou en individuel, en France et à l’étranger ([email protected]). Vous avez peut-être remarqué que notre boutique de vente de polos « Gardien de la Tradition » avait été dévalisée pendant les trois jours. Nous réfléchissons à une nouvelle gamme de produits. Nos meilleurs créatifs y travaillent et vous présenteront des innovations. Vous pouvez participer si vous le souhaitez : toutes les idées sont les bienvenues. Qu’aimeriez-vous lire sur les polos 2024 de NDC ? N’hésitez pas à nous écrire ([email protected]). […]

Enfin, 2024 sera une année importante : nous aurons le grand honneur d’accueillir à Gas dès le dimanche soir le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il célébrera la messe du lundi de Pentecôte dans la cathédrale de Chartres. J’ai rencontré très récemment à Rome le cardinal Müller avec l’abbé de Massia, il se fait une joie de découvrir notre pèlerinage. Je remercie en votre nom Monseigneur Christory de nous accueillir dans sa cathédrale. A Paris, Mgr Ulrich a accepté que la messe de départ soit célébrée à Saint Sulpice par l’abbé de Labarre (fssp), Monseigneur Tois donnant l’homélie. Mgr Ulrich a également accepté que la messe d’action de grâce soit célébrée par notre aumônier à sainte Odile le 30 mai 2024. Nous le remercions chaleureusement.

Les autres célébrants du samedi seront :

  • le père Chalufour (osb) à Igny pour les Pastoureaux, Familles, Enfants,
  • l’abbé Le Coq (fssp) le soir à Choisel (nouvelle messe en raison de la deuxième colonne).

et du dimanche :

  • le TRP Augustin-Marie Aubry (fsvf) aux Courlis,
  • le Chanoine Valadier (icrsp) pour le Salut du Saint Sacrement Adultes à Gas,
  • l’abbé Pierre Rineau (fstb) pour le Salut du Saint Sacrement Pastoureaux, Familles, Enfants à Gas.

L’activité de Notre-Dame de Chrétienté continue tout au long de l’année ; nous sommes souvent interrogés sur le monde traditionaliste (ex Ecclelsia Dei), tout particulièrement depuis Traditionis Custodes. Le pèlerinage intrigue par son ampleur, son histoire, son rayonnement. Récemment, contrairement à nos habitudes, nous avons réagi par un courrier adressé à la Conférence des évêques de France aux déclarations tenues lors de la réunion des séminaristes français critiquant une soi-disant « fausse théologie politique » de NDC nuisant, je reprends les termes, à « l’évangélisation ». L’argument choc présenté était le suivant : « Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Eglise ». Ces mots mettaient brutalement en cause notre formation qui s’appuie classiquement sur le Magistère de l’Eglise. Certains séminaristes connaissant bien notre pèlerinage se sont étonnés du ton et du fond.

Le sujet (la chrétienté) est d’une grande importance pour NDC car il est au fondement de notre création. Nous avons voulu répondre à l’appel de saint Jean-Paul II au Bourget en 1980 pour rechristianiser notre pays. Ce qui nous est reproché est notre attachement à la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus Christ qui est pourtant un élément de la foi catholique rappelé au Catéchisme de l’Eglise Catholique (articles 2014-2019). Pour mieux comprendre ce sujet, je vous renvoie à un article de Claves sur « la royauté sociale du Christ » et bien sûr aux documents de formation sur notre site (41 années d’archives). Le sujet est si important que nous avons choisi de célébrer en 2025 les 100 ans de l’encyclique Quas Primas de Pie XI. Nous voulons ainsi nous opposer à la stratégie de l’enfouissement des catholiques libéraux, stratégie dont chacun peut apprécier les résultats dans notre société sans Dieu.

Marche pour la vie : le combat commence

Communiqué de la Marche pour la vie, 22 janvier :

Hier, dimanche 21 janvier, près de 15.000 marcheurs ont défilé de la place Saint-Sulpice à la place Denfert-Rochereau pour l’édition 2024 de la Marche pour la vie. Comme chaque année, les jeunes étaient au RDV avec 500 bénévoles et une moyenne d’âge proche de 20 ans. Une Marche joyeuse malgré la gravité des sujets, car nous témoignons de la beauté de la vie humaine qui mérite d’être défendue !

« Avec toutes nos associations partenaires, notre objectif est de prendre soin des plus vulnérables, des enfants à naitre, des femmes enceintes en difficulté, des personnes en fin de vie. Nous ne les abandonnerons pas ! » Discours de Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie, pour lancer la manifestation.

Face au projet de constitutionnalisation de l’avortement, qui sera débattu en séance à l’Assemblée Nationale le mercredi 24 janvier, nous avons rappelé hier l’urgence de protéger la vie de l’enfant à naître, et de mettre en place des mesures de prévention et une vraie politique familiale. Notre slogan « IVG = cœurs brisés » inscrit sur les pancartes rappelait également que l’avortement est un acte qui fait souffrir les femmes qui le pratiquent, et que nous devons leur proposer d’autres solutions.

« Accompagner vers la mort pas la donner », « soigner n’est pas tuer »

Nous nous sommes également opposés au projet de légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté. « Accompagner la mort plutôt que la provoquer, éliminer les souffrances, plutôt qu’éliminer le souffrant, là est notre vraie vocation » affirmait le Docteur Geneviève Bourgeois, médecin gériatre et porte-parole de la Marche pour la vie.

« Ne désespérez pas, engagez-vous ! Engagez-vous à l’année auprès des structures qui aident les femmes enceintes, engagez-vous auprès des personnes âgées, engagez-vous quotidiennement au service du Bien Commun, afin de montrer au monde entier que oui, administrer la mort ne sera jamais la bonne solution, au contraire ! » Discours d’Aliette Espieux, porte-parole de la Marche pour la vie.

« Ne repartez pas sans vous dire qu’il faut continuer. Car à quoi servirait la Marche pour la vie si vous vous arrêtiez là ? C’est grâce à vous, grâce à votre exemple, votre cohérence de vie, grâce à votre douceur et à votre fermeté, que nos concitoyens retrouveront le sens du respect de la vie. »

C’est sur ces mots que s’est clôturée notre manifestation, qui fut suivie d’un concert pour célébrer la beauté de la vie et encourager ceux qui la défendent.

La Marche pour la vie

La riposte des agriculteurs contre les politiques anti-agricoles de l’UE prend de l’ampleur

Après les formidables manifestations des agriculteurs allemands à Berlin, les agriculteurs français manifesteront à Bruxelles le mercredi 24 janvier. Menée par la Coordination Rurale, une manifestation débutera place du Luxembourg à 15h00.

Ces derniers mois, les agriculteurs de toute l’Europe ont manifesté. Aujourd’hui, c’est au tour des agriculteurs français de se rendre au Parlement européen le mercredi 24 janvier pour protester contre les hausses de taxes et l’augmentation des coûts du carburant et de l’alimentation animale. Leur riposte contre la guerre de l’Union européenne contre l’agriculture fait suite aux manifestations massives des agriculteurs allemands au cours des dernières semaines. Ces manifestations, qui ont culminé devant la porte de Brandebourg à Berlin, ont été retransmises dans le monde entier. Plus de 5 000 tracteurs et 30 000 personnes – dont des transporteurs, des restaurateurs, des chasseurs et des milliers d’Allemands ordinaires – ont participé à la manifestation contre l’attaque permanente contre l’agriculture et le mode de vie rural des Allemands. Un sondage réalisé par l’un des principaux journaux berlinois a révélé que 65 % des personnes interrogées se rangeaient du côté des agriculteurs.

Les manifestations allemandes font suite à des manifestations similaires en Irlande, aux Pays-Bas et en Belgique, pour n’en citer que quelques-unes. Mardi, les agriculteurs français se sont de nouveau mobilisés : plus de 1 000 tracteurs se sont rassemblés à Toulouse pour protester contre les hausses de taxes et l’augmentation des coûts du carburant et de l’alimentation animale.

Les agriculteurs européens se rendent compte que, malgré d’importantes différences entre les pays, leur sort souffre d’un problème commun : l’excès de zèle de l’UE en matière de politiques vertes et son manque d’intérêt, voire son mépris, pour les agriculteurs et les personnes ordinaires qui vivent dans les communautés rurales. Les décrets de l’UE détruisent le mode de vie rural, qu’il s’agisse des restrictions sans cesse croissantes sur l’utilisation des engrais et des pesticides, des exigences insensées de consacrer des terres agricoles à des zones non productives ou de l’énorme fardeau administratif que représente la nécessité de prouver le respect des réglementations environnementales.

Etats-Unis : Ron DeSantis renonce à la primaire et rallie Donald Trump

Ron DeSantis, gouverneur de Floride, a décidé, dimanche 21 janvier, de renoncer à sa candidature à la primaire républicaine, en vue de l’élection présidentielle américaine de novembre 2024, au profit de Donald Trump. Deux jours avant la primaire du New Hampshire, le candidat a apporté son soutien à Donald Trump :

« Il est clair pour moi qu’une majorité d’électeurs des primaires républicaines veulent donner une nouvelle chance à Donald Trump ».

S’il admet avoir eu « des désaccords » avec l’ancien président des Etats-Unis, « notamment lors de la pandémie de coronavirus », le gouverneur de Floride a jugé que Donald Trump était « supérieur à l’actuel titulaire du poste, Joe Biden ». « J’ai signé une promesse de soutien au candidat républicain et je l’honorerai ».

Ron DeSantis laisse Nikki Haley seule rivale de Donald Trump :

« Nous ne pouvons pas revenir à la vieille garde républicaine d’antan, ou à une version reconditionnée et réchauffée d’un capitalisme institutionnel que représente Nikki Haley. »

Nommée par Trump ambassadrice à l’ONU, lors du mandat précédent, Nikki Haley fit preuve de pugnacité. Sikh convertie au christianisme, sa russophobie obsessionnelle la range dans le camp des néoconservateurs.

Un coup d’état démographique se déroule sous nos yeux

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

80 ans. Quasi un siècle. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, jamais le nombre de naissance n’avait été aussi bas. Suite au détricotage de la politique familiale sous le quinquennat de François Hollande, le récent bilan publié par l’Insee confirme une tendance démographique lourde. En cette fin janvier, l’hiver n’est pas seulement à nos balcons, il est démographique. Après le film Trois hommes et un couffin en 1985, doit-on craindre Un enfant et trois sépultures en 2035 ? Selon la formule du démographe Gérard-François Dumont, la France aura bientôt besoin de plus de « cercueils que de berceaux ». Quelle refroidissante perspective.

Pourtant le désir exprimé d’enfants des Françaises se situe bien au-dessus de l’indice de fécondité (2,3 contre 1,6). En 2023, le nombre des naissances sera pourtant passé sous la barre symbolique des 700.000 naissances. « Au-delà de la donnée brute, ce chiffre, bien en deçà du seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femme), est lourd de sens pour notre économie » soulignait une tribune publiée dans Les Echos.

Si la chute des naissance entraîne d’inévitables répercussions sur la vie économique d’un pays, la mise en place d’une politique familiale courageuse se justifie pour trois autres motifs selon Pascale Morinière, présidente des Associations Familiales Catholiques (AFC) : le désir d’enfants des jeunes familles, notre système social fondé sur la solidarité intergénérationnelle et notre capacité à espérer collectivement en l’avenir.

Ce dernier point, capital, mérite un éclairage spécifique. Aux lecteurs du Figaro, Nicolas Pouvreau-Conti, en tant que cofondateur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, offrait une analyse remarquable des chiffres de la natalité en 2023. Selon lui, la question du « combien » gagnerait à ne pas occulter la question du « qui ». En effet, à regarder plus précisément les chiffres de la natalité en France, on observe que près d’un tiers des enfants nés sur le territoire ont désormais au moins un parent né hors de l’Union Européenne. Depuis l’an 2000, le nombre annuel d’enfants nés sur le sol français et issus de deux parents eux-mêmes nés en France a diminué de 22%. Dans le même temps, les naissances issues d’au moins un parent né hors de l’Union Européenne ont augmenté de 40% et celles issues de deux parents nés hors-UE ont augmenté de 72%.

Cette particularité toute française, si elle n’est pas une surprise, laisse tout de même sans voix par sa dimension massive. Cela signifie surtout que la France se trouve aujourd’hui confrontée à des dynamiques de fécondité contradictoires sur son propre sol : « la natalité “native” se contracte fortement, tandis que la natalité issue de l’immigration extra-européenne augmente de manière très significative » explique Nicolas Pouvreau-Conti. Et d’avertir, face à ce diagnostic incontestable :

« Il doit être permis à chacun de s’interroger sur les conséquences d’un tel basculement à long terme, en particulier pour la cohésion de notre société, et d’en tirer les conclusions qui s’imposent en matière de politiques publiques. »

Or en guise de réponse au défi du moment, Philippe de Villiers le soulignera sur CNews, la macronie se pare d’une double ambition mortifère : « Le raccourcissement de la vie par les deux bouts : l’avortement constitutionnel et l’euthanasie ». S’il fallait, suite au bilan de l’Insee, résumer l’irresponsabilité indigente des élus, les tergiversations politiques en pas de canard sur une thématique pourtant cruciale et l’impensé de la question familiale ces dernières années, il n’y aurait qu’à mettre en parallèle deux réactions exprimées par Sandrine Rousseau en moins de 48 heures.

La première, postée sur X le mardi16 janvier, jour de la publication des chiffres de la natalité : « Parce que nous sentons tous et toutes que nous avons un énorme problème d’avenir et que personne au gouvernement ne semble en prendre la mesure ». La deuxième sur la matinale info de TF1, le jeudi 18 janvier : « Nos utérus ne sont pas une affaire d’Etat. Il n’y a pas d’enjeu national à faire des enfants. Les femmes font absolument ce qu’elles veulent ».

« Pour la paix et l’harmonie de demain, peut-on raisonnablement rester aveugle, ou angélique, devant une partition en marche ? »

« Faire ce que l’on veut », donner le primat à l’individu au mépris du bien commun : voilà les tares dont souffre précisément la société postmoderne. Or l’on ne peut rester indifférents devant la réalité factuelle de la chute de la natalité si l’on est habité par le souci authentique de la paix civile et de la sociabilité. Ce bouleversement démographique en cours devrait alerter chacun, notamment les hommes d’Eglise ! Voulons-nous devenir des artisans de paix en favorisant l’harmonie nationale (une unité culturelle autour de mœurs, d’une langue, d’une histoire, de coutumes et de repères partagés) ou nous moquer du réel en vantant les charmes mensongers du multiculturalisme ?

Un trajet en RER D, depuis Paris pour s’enfoncer dans la banlieue, vaut mieux que tous les grands discours. Comment « vivre ensemble » sans bénéficier d’un socle commun permettant de « prendre plaisir à vivre ensemble » se demandait le professeur Pierre Chaunu. Pour la paix et l’harmonie de demain, peut-on raisonnablement rester aveugle, ou angélique, devant une partition en marche ? Aspirons-nous à l’harmonie ou au chaos ? Ces statistiques brutes annoncent de grands déséquilibres.

Un coup d’état démographique se déroule sous nos yeux et il s’agirait de garder le silence ? Jean Anouilh, qui s’est opposé avec force aux folies de l’épuration, écrivait en 1964 que « l’indifférence et la frousse sont les deux maladies qui conduisent aux guerres civiles ». La peur de mettre le doigt sur le sujet préoccupant d’une politique migratoire débridée. L’indifférence à prendre en juste considération le sujet des banlieues et leurs conséquences pratiques (incivilité, violence, islamisation, dédain des devoirs à l’endroit du pays hôte… etc.) qui, contrairement à ce qu’a pu évoquer le Président de la République, ne relèvent pas du simple concours Tik-Tok…

Pour que le corps continue, s’épanouisse et exprime toute sa plénitude, chaque membre est appelé à se sentir responsable du corps tout entier. « Une nation est une âme, un principe spirituel » a pu dire Ernest Renan dans sa fameuse conférence Qu’est-ce qu’une nation ? donnée à la Sorbonne en 1882. Selon lui, cette âme et ce principe spirituel ne font qu’un.

L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs, l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage reçu par chacun.

« Une nation est donc une grande solidarité constituée par le sentiment de sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé. Elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune ».

Dans les psaumes, on trouve ce verset saisissant :« Ah ! qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter ensemble ! » (psaume 152, 1). L’expression du Psalmiste « habiter ensemble » ne signifie pas “habiter sous le même toit” ou “se retrouver ensemble à tels moments de la semaine” ou encore “honorer durant l’année, de façon commune, des festivités ou des événements particuliers”. Ce « Habiter ensemble » correspond au socle même de l’unité d’une nation. Il plonge ses racines dans une réalité plus ultime et plus profonde. Disons-le : le bonheur d’une fraternité de sang, d’une fraternité d’arme, de conviction ou de destinée ne réside pas tant dans la durée du temps passé ensemble que dans les dispositions intérieures de ses membres.

En effet, l’union la plus forte qui puisse exister entre les hommes relève de l’intime. Elle est une union intérieure : celle des intelligences, des volontés et des cœurs. Elle est une unité d’âme, celle qui permet de sentir instinctivement ce qu’il faut défendre, transmettre ou entreprendre quand le danger la menace.

Purges au sein du lobby LGBT

Philippe Dubreuil, ex-président du Forum gay et lesbien (FGL) de Lyon, a dû quitter le Centre LGBT, qui fédère plusieurs associations, où il souhaitait être bénévole. La crise entre militants LGBT s’aggrave : exclusions d’associations, fichage de « présumés agresseurs », sanctions pour critique du « wokisme », « mégenrage » ou « utilisation d’un deadname », c’est-à-dire l’utilisation du mauvais pronom ou du prénom de naissance d’une personne trans. Philippe Dubreuil témoigne :

« J’en viens à avoir peur d’être agressé dans les rues de Lyon, c’est terrible. J’ai sombré dans une dépression après mon exclusion. J’étais impliqué depuis tellement d’années dans la vie du Centre et, d’un coup, je me suis retrouvé tout seul. Alors même que je n’ai jamais été violent, insultant ou même dangereux ».

La marche annuelle des fiertés de Lyon se fait désormais en « non-mixité choisie », avec des cortèges réservés uniquement aux personnes « queer racisées », ce qui revient à exclure les personnes blanches. Il y a aussi eu l’exclusion de l’association Flag, lobby LGBT au sein des forces de l’ordre et de la justice. Création d’une « liste noire des connards ».

Depuis que l’association Fiertés en lutte a mis la main sur la gouvernance du Centre LGBT, la machine à purger tourne à plein régime. L’association Body Design a été virée sans préavis. Les allégations de « racisme » ou « d’extrême droite » fleurissent.

Héloïse Collin, coprésidente non-binaire du Centre LGBT et membre de Fiertés en lutte, justifie :

« Les associations membres ainsi que les bureaux du Centre ont, pendant les cinq dernières années, eu des remontées de propos et comportements à caractère transphobe et raciste lors des permanences et événements de ces associations ».

La mairie, dirigée par Grégory Doucet (Europe Écologie-Les Verts), semble embarrassée par ces discordes. En 2022, elle avait proposé d’attribuer au Centre LGBT et à l’association à sa tête le Collectif Fiertés en Luttes les sommes respectives de 15 000 et 2 000 euros.

Effet Macron…

Deux jeunes femmes présentes derrière le président de la République ont dû être évacuées de la scène où Emmanuel Macron s’exprimait lors de ses voeux aux Armées :

Gabriel Attal annonce des séances d’éducation sexuelle à l’école

Plutôt que d’apprendre aux enfants à lire, écrire, compter…

 

Le Premier ministre souhaite que les séances dédiées à cet enseignement aient lieu. A la fin de son intervention devant 150 personnes dans le Rhône, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé samedi 20 janvier qu’un nouveau programme d’éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle s’appliquera dans les établissements scolaires à la rentrée 2024. Il a indiqué avoir mandaté le Conseil supérieur des programmes, qui lui a remis une proposition de programme sur ce sujet avant qu’il quitte le ministère de l’Education nationale. Il va “s’appliquer pour la rentrée”, a-t-il annoncé.

Où est passé le Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique ?

Un ancien chef d’établissement nous propose cet article :

Le silence du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique est assourdissant. Des milliers d’oreilles dans les établissements attendent le son de sa voix depuis quelques jours ! Le temps presse. « Demain pourra toujours causer » comme dit la formule.

Dans l’acharnement médiatique contre le collège parisien dans la tourmente, bon nombre des propos tenus sur les médias ont étalé une parfaite méprise et un parfait mépris de la loi Debré. S’il ne revient pas systématiquement au SGEC de défendre un établissement (et encore..), il lui revient en revanche de défendre le cadre des libertés éducatives qui sont actuellement attaquées et qui regardent les libertés fondamentales de tous les citoyens : liberté scolaire, liberté associative, liberté d’enseignement, liberté religieuse.

On n’a pas entendu le SGEC lorsque le ministère Blanquer a communiqué sa circulaire relative aux élèves dits « transgenres » selon l’abus de langage désormais consacré alors que :

  • Cette circulaire n’a pas rang de contrainte et son caractère facultatif exigeait d’être souligné.
  • Elle ne s’applique pas aux établissements privés qui n’y sont pas cités et cela doit être proclamé.
  • Elle remet en cause l’anthropologie chrétienne au cœur des Projets Éducatifs des établissements.
  • Elle méprise l’intérêt supérieur de l’enfant dont le SGEC se doit d’être le défenseur.

Pire, le SGEC a décidé l’an passé de communiquer cette circulaire en toute schizophrénie dans son guide national sur le sujet. Que votre oui soit oui et votre non, soit non.

On n’a pas entendu non plus le Secrétariat Général lorsque le Conseil à l’Évaluation des Établissements a décidé d’étendre cette évaluation aux établissements privés alors que :

  • Les établissements privés ne sont pas en contrat avec l’état, ce sont leurs classes (art 4 – Loi de 59). Comment peuvent-ils dès lors faire l’objet d’une évaluation par l’État en qualité d’établissement ?
  • Le SGEC a ouvert volontairement le champ éducatif et pastoral pourtant hors contrat au domaine de l’évaluation rendant inintelligibles les limites contractuelles.

Où est la défense des prérogatives de l’autorité de tutelle ecclésiale sur le champ hors contrat de l’établissement ?

On n’a pas entendu non plus le SGEC, lors des attaques sur l’IPS (Indice de Position Sociale) des établissements Catholiques, défendre les élèves et familles ainsi déconsidérées. Méprisant les OGEC et le principe de subsidiarité, le Secrétariat Général a engagé l’Enseignement Catholique (qui n’existe pas comme instance au regard de la loi de 59) dans un protocole, sans consultation des établissements, et sans garantir leur volontariat. Anticiper la baisse démographique en se portant vers les familles les moins aisées ne fait pas un projet éducatif.

On n’entend pas actuellement le SGEC défendre la non mixité, la culture chrétienne obligatoire comme statutaire du Projet éducatif pour tous, la liberté de présenter la pensée chrétienne sur les sujets de bioéthique et rappeler que tout cela est parfaitement légal dans le cadre du statut juridique des Établissements Catholiques. Dès lors, les exhortations à la première annonce, l’évangélisation, la pastorale infusant toutes les dimensions de l’établissement sont des mots creux.

Monsieur Delorme, le compte n’y est pas !

Le SGEC doit rendre des comptes à la Conférence des Évêques de France ! Mais avant tout à l’ensemble des acteurs des communautés éducatives qu’il représente dans les médias.

La loi Debré est une loi d’équilibre. Encore faut-il peser !

Que le SGEC retrouve sa conscience et le courage d’une parole à contre temps. C’est l’heure !

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. »

Un chef d’établissement fraichement à la retraite et qui ne voit pas les choses d’un bon œil.

Ancien délégué académique d’une organisation professionnelle.

Prier pour la conversion d’un proche

A l’occasion de la fête de la conversion de St Paul sur le chemin de Damas le 25 janvier, nous vous proposons de confier vos intentions de prière pour la conversion d’un proche sur cette page Hozana.
Elles seront ensuite toutes déposées à Damas, par l’association SOS Chrétiens d’Orient !
Les personnes qui le souhaitent ont donc jusqu’au 25 janvier pour confier leur intention.

Persécutions antichrétiennes : une année noire

Dans l’émission En Quête d’esprit, Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier recevaient

  • Guillaume GUENNEC, directeur du plaidoyer de Portes Ouvertes
  • Frédéric Pons, géopolitologue
  • Charles de Meyer, président de l’association SOS Chrétiens d’Orient

La Marche pour la vie dans les médias

Ouest-France, BFM (et ), Le Parisien (et ici), Slate, La Croix (et ), CNews, Le Figaro (avec AFP), France Bleu20 Minutes, France Info, Sud Ouest et même Voici ont évoqué La Marche pour la vie de ce jour.

Cette manifestation, toujours aussi dynamique et joyeuse malgré la gravité du sujet, a vu comme chaque année de nombreux jeunes. Parmi les manifestants, nous avons pu voir aussi de nombreuses soutanes. En revanche, les manifestants ont regretté l’absence des évêques de France. Toutefois le compte Twitter de la Conférence des évêques de France avait publié ce matin un appel à prier pour le respect de la vie :

De même il n’y avait aucun parlementaire. Aucun représentant du RN, de LR ni de Reconquête ne s’est manifesté. Il y avait bien Laurence Trochu, présidente du mouvement Conservateur, ainsi que le maire de Montfermeil Xavier Lemoine. Il ne faudra pas se plaindre ensuite si l’électorat catholique et pro-vie ne se mobilise pas.

Le Monde a évoqué la pénurie de médecins en Italie pour pratiquer des avortements.

En Suisse, RTS a cité les propos de Vladimir Poutine, selon qui l’avortement est un problème grave en raison de la crise de la natalité.

TV5 Monde et RFI évoquent la Marche pour la vie à Washington, qui a eu lieu le 19 janvier :

 

 

https://x.com/MarchePourLaVie/status/1749071214558040149?s=20

https://x.com/MarchePourLaVie/status/1749073432434672079?s=20

https://x.com/MarchePourLaVie/status/1749075402998333925?s=20

Bruno Le Maire bientôt favorable à la GPA?

Le Figaro de samedi 20 et dimanche 21 janvier comprend un petit entrefilet intitulé: GPA : Bruno Le Maire poursuit sa «réflexion»

Sic. Remplacez GPA par esclavage et essayez d’imaginer la bronca que cela susciterait. Mais le plus cocasse (ou tristement banal à la veille d’un retournement de veste) est “l’argument” avancé par le sémillant ministre – avant de vanter sa formidable ouverture d’esprit (on n’est jamais mieux servi que par soi-même):

Le patron de Bercy aurait revu sa position, après avoir été « touché » par l’histoire d’« un couple d’amis très proche » qui « viennent d’avoir un enfant par GPA ». « J’en discute avec eux, je regarde, j’observe, et on évolue », a-t-il raconté.

Pour ceux qui auraient du mal à suivre, M. Le Maire, songeant à la présidentielle de 2027, a besoin du lobby LGBT, dont on connaît le poids notamment dans les médias. Mais je peux d’ores et déjà lui prédire deux choses:

  1. Tout ce qu’il fera pour ledit lobby ne sera jamais suffisant et annoncer dès 2024 son probable prochain ralliement à la GPA l’obligera à en rajouter d’ici 2027.
  2. Si sa “réflexion” l’amenait effectivement – comme il est probable – à défendre la fameuse “GPA éthique”, il aura peut-être gagné des soutiens parmi les activistes LGBT, mais il perdra deux autres électorats: les féministes d’abord (qui ne sont pas beaucoup moins puissantes que les LGBT dans les médias) et les catholiques. A vous de voir, Monsieur le Ministre, mais il ne sera pas possible de gagner sur tous les tableaux.

Terres de Mission : Une Bible de référence, celle du chanoine Crampon

Terres de Mission reçoit Tristan de Carné, directeur des éditions Téqui, qui viennent de rééditer une version révisée de la traduction de la Bible par le chanoine Crampon – qui fut l’une des plus diffusées en France, à la fois du fait de la qualité scientifique de cette traduction, et du fait qu’elle proposait de nombreuses notes permettant aux fidèles d’entrer dans la Sainte Ecriture.

Puis, Rogatien Despaigne, chef du chœur Ephata (regroupant une trentaine de jeunes gens), présente l’ambitieux projet du chœur pour 2024 : chanter la Passion selon Saint Jean de Bach, illustrée par des tableaux d’un artiste contemporain.

Enfin, Guillaume de Thieulloy recense quelques ouvrages : “Au bord des fleuves de Babylone”, roman de Michael O’Brien (Salvator), “La révolution liturgique” de Jean Vaquié (Chiré), “Ils ont besoin d’être dérangés”, recueil d’articles de Dorothy Day réunis par Baudouin de Guillebon (Artège), et “Le bienfait des controverses doctrinales dans l’Eglise” du père Edouard Divry (Artège).

Ubi Petrus, ibi Ecclesia

Traduction d’un article du p. Rodrigo Menendez Piñar, prêtre du diocèse de Tolede, sur la communion avec le Pape :

Ubi Petrus, ibi Ecclesia. C’est ainsi que dit le célèbre adage latin, qui signifie généralement que la communion avec l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique passe par la communion avec Rome : Là où est Pierre, là est l’Église.

Le contexte de son origine est intéressant. Il est tiré de quelques paroles de saint Ambroise commentant le verset 10 du Psaume 40 : Même mon ami, en qui j’avais confiance, qui partageait mon pain, est le premier à me trahir. Ce psaume tout entier est interprété par le saint évêque de Milan comme une prophétie de la Passion de Jésus-Christ. Dans sa belle exposition, recueillie dans l’ouvrage Explanatio psalmorum XII,  Ambroise soutient que Judas, figure du peuple juif qui rejette le Christ, participe à la prophétie de l’antéchrist en Dan, le fils de Jacob, qui est un serpent qui se tient sur la route et le chemin, pour mordre le talon du cheval, dont la conséquence est que le cavalier qui attend le salut du Seigneur tombera à la renverse (Gn 49, 17). Judas, avec son baiser, mord comme un serpent le cheval -la chair du Christ, soumis à la Passion- et le cavalier -le Christ-, choisissant volontairement une telle descente, tombe vers ceux qui sont derrière lui pour les dominer et les sanctifier. Ainsi, les Juifs, en essayant de tomber sur le Seigneur, reculent et tombent à terre (cf. Jn 18, 6) -qui est la mort et l’enfer- quand ils le rencontrent ; tandis que le Seigneur tombe sur Pierre, et avec Pierre – puisqu’ici il est une figure d’elle – sur l’Église, puisque Pierre s’était placé derrière son Maître (cf. Mt 16, 23 ; Mc 8, 33) et qu’il le suivait derrière dans sa Passion (cf. Mt 26, 58). Ce double mouvement, l’un de salut et l’autre de damnation, Ambroise le voit prophétisé dans un autre discours de notre Seigneur : quiconque tombera sur cette pierre s’écrasera ; mais celui sur qui cela tombera sera purifié/pulvérisé (Lc 20, 18 ; Mt 21, 44)[1]. En justifiant la façon dont le Christ tombe sur l’Église pour la sanctifier, il introduit ses paroles célèbres : Ubi ergo Petrus, ibi Ecclesia : ubi Ecclesia, ibi nulla mors, sed vita æterna, c’est-à-dire là où Pierre est, là est l’Église : là où l’Église est, là il n’y a pas de mort, mais la vie éternelle.

Au-delà de son sens originel chez le saint docteur de Trèves, Ubi Petrus, ibi Ecclesia est toujours argumenté pour rappeler qu’on ne peut pas ne pas être en communion avec le Pontife Romain si l’on veut rester dans l’Église catholique. Cependant, à notre époque de confusion et de difficultés particulières, beaucoup commencent à avoir des problèmes de conscience pour observer cette sentence latine. Je crois qu’elle est parfaitement et durablement valable, à condition que nous en ayons une compréhension correcte, en comprenant en quoi consiste la communion avec l’Église et avec le Pape.

Même si un traitement académique de la question nous mènerait trop loin, on peut dire de manière simple que les liens qui nous unissent à l’Église sont à la fois invisibles et visibles. Les premiers peuvent être réduits aux dons surnaturels de grâce et aux vertus théologales par lesquels nous avons une union mystique avec le Corps mystique du Christ. Mais l’Église est aussi une société visible qui, à son tour, exige des liens sociaux qui nous mettent en communion juridique avec Elle. La tradition théologique a toujours souligné trois principes d’unité qui ne peuvent manquer pour la pleine communion avec l’Église : l’unité de foi, l’unité de culte et l’unité de régime. Ces trois principes sont liés au triple pouvoir de l’Église, qui dérive à son tour du triple munus de Jésus-Christ comme Prophète, Prêtre et Roi : le munus docendi ou la mission d’enseigner ; le munus sanctificandi ou la mission de sanctifier ; et le munus regendi ou la mission de gouverner.

Tout d’abord, il est nécessaire que tout catholique professe la doctrine de la Foi dans son intégralité. L’adhésion à la Parole de Dieu et au Christ lui-même passe par la profession de Foi. Cette doctrine a été conservée et exposée par le Magistère de l’Église, le siège de Rome ayant une importance très particulière, car c’est lui qui a le pouvoir suprême de déterminer et de confirmer les affirmations appartenant à la Révélation, comme cela s’est produit au long des siècles. Ainsi, là où est la Foi de Pierre, qui a reçu le soutien du Seigneur pour ne pas y faillir (cf. Lc 22, 32), il y a la doctrine de l’Église. Donc : Ubi Petrus, ibi Ecclesia. Mais que se passe-t-il si un pape tombe dans l’hérésie ou enseigne des doctrines non conformes à la Révélation, même si elles n’ont pas été explicitement condamnées ? C’est une question largement posée par les grands théologiens de la scolastique post-tridentine. Pour donner deux exemples d’écoles diverses mais très représentatives, Melchior Cano et saint Robert Bellarmin ont clairement indiqué que le privilège de toujours conserver la Foi était un privilège de Pierre, mais qu’il n’était pas transmis à ses successeurs, les évêques de Rome. Pour cette raison, ils ont distingué que seuls les éléments suivants entraient dans la promesse d’indéfectibilité envers Pierre : un Souverain Pontife ne pourra jamais imposer une doctrine erronée comme dogme de foi à l’Église universelle tout entière. Ils n’excluaient cependant pas qu’il puisse être un hérétique et un promoteur d’hérésies et d’erreurs. Les conditions qui, des siècles plus tard, sont entrés dans la définition de l’infaillibilité au Concile Vatican I sont similaires. Que se passe-t-il alors si un pape s’écarte de la Foi catholique ? Logiquement, les fidèles catholiques – même s’il s’agit d’une situation douloureuse qui pose de graves problèmes que les théologiens peuvent étudier – ne perdent pas leur unité et leur communion avec l’Église. Ils gardent l’unité et la communion aussi longtemps qu’ils gardent la Foi de Pierre, mais pas la foi de ce pape. La communion à l’Église est conservée par l’adhésion à la Foi que l’Église a toujours professée, l’adhésion au dépôt de la Révélation, telle qu’elle a été définie par le Magistère de l’Église. En d’autres termes : Ubi Petrus, non ubi Machin (permettez-moi l’inconvenance macaronique, où Machin serait le pape régnant à un moment donné de l’histoire), ibi Ecclesia.

Deuxièmement, il est nécessaire que chaque fidèle catholique participe à l’unité de culte. Cela commence par la réception valide du sacrement du baptême, par lequel le nouveau chrétien est incorporé au corps de l’Église et est en mesure de rendre un culte vraiment agréable à Dieu. Dans cette nouvelle situation, il a le droit de participer au culte catholique, ce qui implique une union cultuel avec d’autres catholiques, bien qu’il puisse y avoir différents rites liturgiques – dont le romain -, selon les différentes traditions assumées comme légitimes par l’autorité de l’Église au cours du temps. Mais cette diversité ne réside que dans les formes rituelles, puisque c’est toujours la même Sainte Messe et les mêmes sacrements que tout catholique célèbre et reçoit. En ce sens : Ubi Petrus, ibi Ecclesia. Mais que se passerait-il dans le cas supposé où un pape ne voudrait pas se soumettre aux rubriques ou inventerait des prières ou des formes contraires à la liturgie catholique ? Prenons un exemple un peu bizarre. Si un pape demandait à un laïc de prononcer les paroles de la consécration pendant la célébration de la messe parce qu’il ne voulait pas les prononcer afin de mieux montrer que le peuple célèbre aussi la messe, que se passerait-il ? Non seulement il n’y aurait pas de confection du sacrement, mais ce laïc, par fidélité à l’Église, ne consentirait pas à faire une telle chose. Il refuserait de suivre les instructions d’un pape, mais sa communion avec l’Église et avec Rome n’en serait pas affectée à cause de ce refus vertueux. Au contraire, s’il acceptait, en allant contre les normes liturgiques, même s’il le fait pour obéir instructions d’un successeur de Pierre, il porterait attente à l’unité du culte catholique. Encore une fois, dans un cas comme celui-ci – et dans d’autres cas pas très différentes que beaucoup de fidèles doivent endurer à cause des mauvais prêtres autorisés par l’autorité ecclésiastique compétente -, Ubi Petrus, non ubi Machin, ibi Ecclesia.

Troisièmement et enfin, il est nécessaire que chaque fidèle catholique garde des liens de communion juridique qui sont les vecteurs de l’ordre et de la charité dans l’Église considérée comme société. Cela implique la reconnaissance et la soumission à une juridiction qui, comme dans la société civile, est législative, exécutive et judiciaire. Une telle juridiction n’a d’autre but que d’ordonner la vie chrétienne de telle sorte que les œuvres des fidèles contribuent au bien commun de la société ecclésiastique et à leur propre salut. Le Pontife romain est titulaire de la juridiction suprême – qui n’est pas la seule – dans l’Église, son pouvoir étant ordinaire, plein, universel et immédiat pour tout catholique. Par là, on entend, peut-être beaucoup plus communément ici, que Ubi Petrus, ibi Ecclesia et bien d’autres phrases classiques telles que Roma locuta, causa finita. En effet, le pouvoir du pape est suprême, mais cela ne veut pas dire absolu. Seul Dieu est absolu et précisément Dieu, sa Révélation ou la juste raison qu’Il a inscrite dans l’ordre naturel, sont la règle première de l’activité de l’Église. La plus grande autorité de l’Église – qui n’est pas la seule autorité, insistons-nous – est subordonnée à cette première règle, étant elle-même une seconde règle. Ainsi, les fidèles chrétiens doivent reconnaître le Pape comme pasteur suprême de l’Église, sujet de cette plus haute juridiction, pour maintenir la communion avec l’Église : Ubi Petrus, ibi Ecclesia. En conséquence, le chrétien doit s’efforcer de respecter et d’obéir aux lois, décisions et jugements que, conformément à la loi de Dieu et à la vie de l’Église elle-même – qui ne commence pas avec chaque pape – le Pontife romain peut imposer. Cependant, il peut arriver qu’un pape méchant ou poussé par la confusion doctrinale veuille imposer des lois, prendre des décisions ou juger des affaires d’une manière contraire au dépôt de la Foi. Ici, il y a beaucoup de place pour exercer légitimement l’autorité, même s’il ne s’agit pas des meilleures opinions (par exemple, le fait que l’élection d’un pasteur indigne comme évêque soit mauvaise ne rend pas cette élection invalide). Mais s’il s’agit de dispositions directement contraires au Christ et à sa volonté – comme la permission de bénir des couples de sodomites ou simplement irrégulières, quelque chose qui est contraire à la Parole de Dieu – alors le fidèle catholique doit rester fidèle au Christ et rejeter de telles dispositions. Sa fidélité au Christ se canalise par la fidélité à l’enseignement de Pierre et des Apôtres, à toute la tradition de l’Église qui a déterminé un corps de doctrine incompatible avec la nouvelle disposition et, par conséquent, dans ces cas Ubi Petrus, non ubi Machin , ibi Ecclesia.

Cela dit, il est clair que lorsqu’un fidèle catholique est contraint, dans ces circonstances particulières, de ne pas suivre l’enseignement ou les dispositions romaines, cela ne brise ni ne porte atteinte en aucun cas à l’unité ou à la communion avec l’Église catholique ou avec le Siège de Pierre. Et c’est parce qu’une telle communion n’est pas basée sur les idées farfelues, les opinions, les actions, les lumières ou les ombres, les lignes d’action, les inspirations bizarres… que peut avoir le pape régnant- en fait, lorsqu’un pape meurt et que le siège romain devient vacant, notre communion avec l’Église et avec le siège romain n’est pas rompue ou diminuée, preuve qu’elle ne repose pas sur l’adhésion aux particularités de chaque pape-. La communion avec le Pape et l’Église est basée sur la Foi, le Culte et le Régime.

«Nous sommes toujours avec Pierre!», entend-on à certains endroits pour souligner que nous devons nous aligner en tout sur la personne et les intentions du pape au pouvoir à un moment donné de l’histoire. Et si le pape Machin se détourne de Pierre, alors quoi ? Qui suivez-vous ? D’autres s’inquiètent beaucoup d’une éventuelle désaffection à l’égard du pape, comme si cela pouvait conduire à un manque d’unité. Si l’affection ou la désaffection sont prises au sens propre, il est clair que tout catholique qui ne ressent pas dans ses affections – sa sensibilité, ses émotions, ses sentiments – un revers dans des situations similaires a un sérieux problème. En d’autres termes, le sentiment de désaffection sera un signe de santé spirituelle chez les fidèles catholiques, qui, bien entendu, devront veiller à que celui-ci les conduise à la prière, à la pénitence et à la recherche d’une formation plus profonde et plus solide et non à la simple disqualification d’un tel ou tel autre pape.

La conclusion est claire : si le pape Machin s’écarte de Pierre, alors Ubi Petrus, non ubi Machin, Ibi Ecclesia.

Rodrigo Menéndez Piñar

Diocèse de Tolède

[1] Curieusement ou, mieux, scandaleusement, ce verset a été éliminé des lectures liturgiques du deuxième vendredi du Carême, dans une censure notoire Notre-Seigneur et de sa Parole lorsqu’il discute avec les grands prêtres et les anciens du peuple.

Les conflits entre clercs témoignent d’une vitalité

Prêtre du diocèse de Bourges et canoniste, l’abbé Hervé Benoît est recteur de la basilique Notre-Dame-des-Enfants à Châteauneuf-sur-Cher depuis 2019. Il a déjà publié Peut-on annuler son mariage ? (Artège, 2010), Le chouan du Tanganyika (Presses de la Délivrance, 2015), et Théologie spirituelle (Éditions de L’Homme nouveau, 2018). Il participe régulièrement au Club des Hommes en noir. Il vient de publier une biographie de saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, sous-titrée “un coeur chaste et violent”. L’auteur s’attache à mettre en lumière la vie de cet espagnol, dans son contexte historique. L’ouvrage, écrit avec une pointe d’humour, entraîne le lecteur sur les pas d’un homme d’élite car homme de Dieu plongé dans les tribulations d’une époque flamboyante d’âge d’or du catholicisme. Il en restitue la vérité des enjeux intellectuels, artistiques, spirituels et doctrinaux : humanisme, inquisition, contre-réforme, direction spirituelle, enseignement, théâtre et rhétorique jésuites.

Revenant notamment sur les hostilités, parfois très violentes, à l’encontre des Jésuites, y compris par des catholiques de renom, l’auteur en tire certaines leçons pour notre époque :

Nos époques amollies répugnent à ces frottements virils entre chrétiens et, a fortiori, entre clercs. S’il s’y étale souvent une part non négligeable d’humanité pécheresse, ils témoignent aussi d’une vitalité qui ne craint ni la confrontation des idées, ni la saine concurrence, à condition qu’elles soient “ad majorem Dei gloriam”, celles dont les débats entre Paul et Pierre, dans le Livre des Actes, témoignent ouvertement.

Prions urgemment pour la vie

La vie est menacée en France, nous le savons depuis longtemps, mais le combat devient de plus en plus critique.

Après la promulgation de la loi Veil sur la dépénalisation de l’IVG, les députés de la commission des lois ont approuvé le mercredi 17 janvier dernier l’inscription dans la Constitution française de « la liberté garantie » pour une femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG).

Les députés doivent débattre du texte en séance publique le 24 janvier 2024.

LE TEMPS EST À LA PRIERE !

Rejoignez la grande chaîne de chapelets priés pour la vie, sur Rosario, en vous engageant à prier 1 dizaine par jour pendant 1 mois, en cliquant ici.

Avec le code VIE2024, vous serez inséré à un groupe de 5 personnes pour prier ensemble un chapelet quotidien pour la VIE.

Seulement 5 petites minutes quotidiennes pour chacun

Et pourtant, ces chapelets récités chaque jour par des milliers de chrétiens peuvent absolument TOUT CHANGER !

N’oublions pas les paroles de Notre-Dame de Pontmain que nous fêtions il y a quelques jours :

« Mais, priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps »

Avec la constitutionnalisation, « on pourrait craindre qu’il devienne alors possible d’exiger une IVG jusqu’à son terme ou en raison du sexe », a expliqué Patrick Hetzel (LR). Rendez-vous compte !

La vie doit être respectée…PRIONS !

PS : Si ce message vous a convaincu et que vous jugez cette cause importante, partagez ce lien autour de vous : https://rosario.page.link/le_salon_belge_vie2024

Troisième dimanche après l’Épiphanie

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Nous sommes maintenant dans le temps après l’Épiphanie qui est le prolongement dans le cycle temporal du temps de Noël. Ce dernier se poursuit d’ailleurs dans le cycle sanctoral jusqu’au 2 février. Ainsi, tout en continuant à contempler et adorer dans la crèche le Sauveur qui vient de naître, nous méditons déjà sur les enseignements de sa vie publique. Ce temps après l’Épiphanie peut comporter entre trois et six dimanches, suivant la date de Pâques, mais les chants du propre de la messe restent les mêmes à partir du troisième dimanche. Ils continuent à proclamer et glorifier la divinité et la royauté universelle de Notre Seigneur.

► Introït : Adorate Deum

L’Introït est tiré du psaume 96 Dominus regnavit : Le Seigneur est Roi, dont nous retrouverons le début à l’Alléluia. Il chante la souveraineté du seul vrai Dieu sur toute la création et sur toutes les divinités et idoles païennes. Comme dans la messe de dimanche dernier, ce sont toutes les créatures de la terre qui sont invitées L’adorer.

Adorate Deum omnes Angeli ejus : audivit et lætata est Sion : et exsultaverunt filiæ Judæ.
Adorez Dieu tous ses anges ; Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Judas ont exulté.

Sion, c’est-à-dire Jérusalem, les filles de Juda, c’est-à-dire toutes les cités d’Israël, c’est le peuple élu, et c’est comme toujours la figure de l’Église. Qu’a-t-elle donc entendu qui la mette ainsi dans la joie ? C’est la proclamation de cette souveraineté universelle de Dieu : ici, dans la liturgie du temps après l’Épiphanie, c’est la manifestation de la divinité et de la royauté du Messie que nous acclamons.

La mélodie commence par un grand élan d’adoration et monte dans les hauteurs pour invoquer les Anges. Puis elle s’apaise et exprime une joie contenue mais bien affirmée. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 96, celui que nous retrouverons dans l’Alléluia.

Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.

► Graduel : Timebunt gentes

Le chant du Graduel du troisième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 101, qui est, dans son ensemble, une grande supplication douloureuse du peuple d’Israël en butte aux persécutions des ses ennemis, emmené en captivité loin de la ville sainte de Jérusalem et du temple détruit ; mais il contient aussi une partie pleine d’espérance, prophétisant la victoire du Seigneur sur ses ennemis et la reconstruction du temple.

Timebunt gentes nomen tuum, Domine, et omnes reges terræ gloriam tuam. Quoniam ædificavit Dominus Sion, et videbitur in majestate sua.
Les nations craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre craindront votre gloire, car le Seigneur a rebâti Sion, et Il y paraîtra dans Sa majesté.

On retrouve ici Sion déjà mentionnée à l’Introït, la cité sainte de Jérusalem, une fois encore figure de l’Église dont Isaïe déjà, le jour de l’Épiphanie, avait annoncé le triomphe et la gloire quand tous les peuples et les rois de la terre, qu’ils le veuillent ou non, devront se soumettre au règne du Christ Roi. La mélodie reprend encore des formules connues que nous avons déjà entendues les deux précédents dimanches mais qui s’adaptent parfaitement bien au texte du jour dans une tonalité de joie très affirmée.

► Alléluia : Dominus regnavit, exsultet

Nous retrouvons à l’Alléluia du troisième dimanche après l’Épiphanie le début du psaume 96 qui figurait déjà comme verset de l’Introït.

Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.

C’est donc encore la divinité et la royauté de notre Seigneur qui provoquent la joie de tous les hommes, ceux qui habitent le continent et ceux qui habitent dans les îles, c’est à dire tout l’univers connu.

La mélodie légère, fluide, aux grandes vocalises, exprime à merveille cette joie. C’est encore, comme les deux derniers dimanches, une mélodie type que nous avons déjà entendue, notamment celle-ci à la messe de minuit de Noël.

► Offertoire : Dextera Domini

L’Offertoire du troisième dimanche après l’Épiphanie est un magnifique chant d’action de grâce.

Dextera Domini fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me : non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
La droite du Seigneur a exercé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé, je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.

On retrouvera ce chant pendant la Semaine sainte où il sera placé alors dans la bouche du Christ. D’ailleurs le psaume 117 d’où il est tiré est par excellence un psaume pascal qui est largement utilisé dans la liturgie de Pâques. C’est un des grands psaumes qui commencent par : ” Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle “, comme celui que nous avons trouvé au Graduel de dimanche dernier. Et ici encore c’est l’œuvre de la Rédemption pour laquelle l’âme fidèle remercie et glorifie le Seigneur. Cette action de grâce se termine comme celle de l’Offertoire de dimanche dernier avec le même mot narrabo, je raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour moi : mais la mélodie est très différente de celle de ce dernier qui était tout à fait exceptionnelle par son ampleur et son enthousiasme. Celle-ci est assez solennelle mais dans une ambiance contemplative. Elle exprime admirablement les sentiments du texte. Les mots dextera Domini, qui désignent la main droite du Seigneur symbole de sa puissance, reviennent deux fois, la première fois d’une façon très solennelle, la deuxième fois avec une insistance joyeuse et pleine d’assurance. L’affirmation non moriar : je ne mourrai pas, est lancée avec une inébranlable certitude, tandis que la finale narrabo opera Domini : je raconterai les œuvres du Seigneur, s’épanouit en un épanchement mystique et assez doux.

► Communion : Mirabantur

Le texte de la Communion du troisième dimanche après l’Épiphanie est un passage de l’Évangile, mais il ne s’agit pas de l’Évangile du jour. Il est pris ici en saint Luc au chapitre IV.

Mirabantur omnes de his quæ procedebant de ore Dei.
Tous étaient stupéfaits des paroles qui sortaient de la bouche de Dieu.

Bien entendu saint Luc n’a pas écrit ” de la bouche de Dieu ” mais simplement ” de sa bouche “, celle du fils de Joseph qui venait de prendre la parole pour la première fois dans la synagogue de Nazareth, laissant entendre nettement, après avoir lu un passage d’Isaïe, que le Messie annoncé par le prophète c’était lui. On comprend la stupéfaction des auditeurs. La liturgie a modifié le texte pour affirmer, en ce temps après l’Épiphanie, que nous croyons à la divinité de Jésus. Nous qui savons qu’Il est Dieu, nos sentiments ne sont plus de stupéfaction comme ceux des habitants de Nazareth, mais d’admiration, d’adoration et de louange. C’est ce qu’exprime la mélodie ce cette petite antienne, qui bien que courte, est très ornée et chargée de neumes.

Charlotte d’Ornellas évoque la guerre scolaire

Très bonne mise au point de Charlotte d’Ornellas sur les attaques contre Stanislas:

Les Belles figures de l’Histoire : Madame Elisabeth

Aymeric Pourbaix reçoit Dominique SABOURDIN PERRIN, historienne de la famille royale

Davos, temple du globalisme, est un laboratoire planétaire de la déconstruction

«On a cette année le record de la dénatalité depuis la guerre. Au moment où on constate tout ça, qu’est-ce qu’on nous propose ? Le raccourcissement de la vie par les deux bouts : l’avortement constitutionnel et l’euthanasie»

A propos de Stéphane Séjourné :

« Pour faire un bon diplomate, il faut 25 ans »

“Davos est le temple du globalisme dirigé par Klaus Schwab, dont le fils spirituel est Emmanuel Macron. La gouvernance ne peut être que mondiale”

A propos de Davos, Yves Daoudal souligne qu’une chamane nommée Raimunda Putani, de la tribu Yawanawa, est apparue sur la scène du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse. Au cours d’une table ronde sur le thème “Climat et nature”, Raimunda a déclaré au public que son message était de donner aux participants “la voix de la nature, la voix des forêts” et que “la guérison se trouve en nous-mêmes, dans notre spiritualité, dans l’union, l’unité de nos pensées”. Raimunda a demandé au public de comprendre que “la forêt est notre vie” et que nous devons être unis : “Si nous sommes tous unis dans nos cœurs et dans nos pensées, notre mère la Terre nous écoutera”. Le WEF, dont les membres mettent en garde contre le “fondamentalisme chrétien”, s’est alors arrêté pour une “bénédiction” païenne. Raimunda s’est approchée des panélistes et a soufflé sur le front de chacun d’entre eux. Elle a reçu une ovation.

Parmi les participants qui ont reçu avec révérence le “souffle” de la chamane, on peut citer Hilda Schwab, épouse de Klaus Schwab, fondateur du WEF ; Catherine Hayhoe, scientifique canadienne spécialiste de l’atmosphère et chrétienne évangélique ; Ajay Banga, président du groupe de la Banque mondiale à Washington ; Kristalina Georgievna, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) ; Jesper Brodin, PDG du groupe Ingka ; le milliardaire suisse Andre Hoffmann, héritier de Roche Holding (une société pharmaceutique).”

Suspension de la subvention à Stanislas : l’UNI attaque en justice la ville de Paris

Pourquoi Hidalgo n’est-elle pas mise en demeure avant suspension pour son acte manifestement illégal ? Ce financement s’élève à un peu plus de 1,3 million d’euros. l’UNI a donc décidé de porter plainte

Quelques informations pratiques avant la Marche pour la vie

Le rendez-vous est à 14h place Saint-Sulpice.

Nous marcherons ensuite jusqu’à la place Denfert-Rochereau où nous écouterons quelques intervenants venus spécialement pour l’occasion, ainsi qu’un concert !

Si vous ne pouvez pas nous rejoindre, vous pourrez malgré tout suivre les interventions en direct via le live Youtube

Un stage catholique d’acteur de cinéma : les fruits

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Mission accomplie pour les stages catholiques d’acteurs de 2023 organisés par l’association Legenda.

« Notre fille est revenue enchantée et ne demande qu’à recommencer. Nous étions réservés mais Dieu nous a guidés vers cet atelier. » Myriam F.
Les apprentis acteurs ont envoyés leurs appréciations et les inscriptions aux stages de 2024 sont désormais ouvertes.
De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une formation d’acteur de cinéma dans un cadre spirituel Catholique. La formation est donnée par le réalisateur Daniel Rabourdin (La Rébellion cachée et PROMESSE) qui fut directeur pendant 18 ans dans la plus grande télévision religieuse au monde, EWTN de Mère Angelica aux Etats-Unis.

Pourquoi suivre un tel stage à l’été 2024 ? Pour être acteur, bien sûr, mais pour bien plus encore. Au quotidien, c’est afin d’être à l’aise en public, libéré de la timidité. Cela sert à tous ceux qui parlent ou agissent en public : enseignants, dirigeants, politiciens, lecteurs des Écritures Saintes ou pour les prêtres dans leurs homélies. C’est une profonde formation personnelle.
Pour les stagiaires, cela se vit dans la confiance : « Daniel nous a tout de suite mis à l’aise. Il a conduit le stage avec la plus grande bienveillance, en mettant l’accent sur le positif. » Kathy B., Assistante de direction.

La formation est à l’opposé du mythe. « Imaginez un petit enfant qui entre dans une pièce où se trouvent des adultes… immédiatement, l’enfant capture l’attention. Certes, il est mignon. Mais il est surtout spontané et sincère. Cela captive. Eh bien retrouver ce naturel, avec un texte qui n’est pas le sien, est l’une des capacités les plus importantes de l’acteur de cinéma. Cette capacité s’acquiert et se cultive. Le bon acteur peut alors faire oublier au spectateur pendant 2 heures sa vie quotidienne pour rêver. » Daniel Rabourdin.

Où se trouve la foi dans le stage ? Dans l’exemple des grands communicants de la Bible : les prophètes. Une revue de leurs vies par courtes réflexions de 15 minutes inspire les exercices. Daniel Rabourdin : « Les prophètes sont invités à ne pas se soucier de leur personne et surtout pas de leurs faiblesses. Par contre, Dieu leur donne une mission. Il leur dit de se fixer sur son message et sur le sort du peuple dans l’éternel. L’audace des prophètes vient en grande partie du fait qu’ils ne se soucient plus d’eux-mêmes. Ils sont libérés d’un grand poids. Enfin, Dieu promet et donne sa Grâce. »

Lors d’ateliers d’un weekend, d’un jour ou de 2 heures, les apprentis sont d’abord immergés dans un bain de jeux qui réveillent la spontanéité, la créativité et l’attention à l’autre. A ce rythme, les amitiés se nouent vite.

En fin du weekend, les élèves peuvent être filmés jouant le personnage d’une scène de film récent. « Ce tournage est fascinant parce que soudain, notre personnage devient vivant. » Kathy B. « La vidéo va faire partie de ma page internet pour mes candidatures. » Stéphanie T., infirmière libérale.

Enfin, certains viennent simplement pour changer d’air dans un cadre Chrétien, pour s’essayer à quelque chose de diffèrent et constructif. « Le stage est une parenthèse bien appréciée et dans un très beau cadre. Comme il y a aussi la messe, c’est un peu comme une retraite. » Estelle M., agent de mairie.

Les stages qui ne forment pas plus de 12 stagiaires à la fois se font en parallèle avec la production du film d’aventure PROMESSE. « Lorsque nous embaucherons nos acteurs, nous choisirons, bien sûr, les meilleurs candidats pour chaque personnage. Mais à qualité égale, nous préférerons ceux avec qui nous savons déjà que nous pouvons bien travailler. »
Les lieux prévus en 2024 sont Marseille, Paris et Notre Dame de Valcluse près de Grasse. Les individus et paroisses intéressés peuvent s’informer à : https://www.promessefilm.com/stage-d-acting ou envoyer un courriel à : [email protected] .

Economie : “Ne cédez pas à l’avancée de l’État. L’État n’est pas la solution. L’État est le problème lui-même”

Dans son discours de Davos, Javier Milei, le nouveau président argentin, a présenté un concentré de sa doctrine économioque : rôle des entrepreneurs, fonctionnement du marché, conditions de la prospérité. Il revisite l’histoire de l’Argentine, ses succès et ses échecs. Il revient sur le rôle de l’entrepreneur, le fonctionnement du marché, les causes de la prospérité et les tentations collectivistes. Conflits propose une traduction. En voici des extraits :

[…] je suis ici aujourd’hui pour vous dire que l’Occident est en danger, il est en danger parce que ceux qui sont censés défendre les valeurs de l’Occident sont cooptés par une vision du monde qui – inexorablement – conduit au socialisme, et par conséquent à la pauvreté.

Malheureusement, au cours des dernières décennies, motivés par certains désirs bienveillants d’aider les autres et d’autres par le désir d’appartenir à une caste privilégiée, les principaux dirigeants du monde occidental ont abandonné le modèle de la liberté pour diverses versions de ce que nous appelons le collectivisme.

Nous sommes ici pour vous dire que les expériences collectivistes ne sont jamais la solution aux problèmes qui affligent les citoyens du monde, mais au contraire leur cause. […]

Ils disent que le capitalisme est mauvais parce qu’il est individualiste et que le collectivisme est bon parce qu’il est altruiste, avec les autres. Par conséquent, ils aspirent à la justice sociale, mais ce concept, qui est devenu à la mode ces derniers temps dans le premier monde, est une constante dans le discours politique de mon pays depuis plus de 80 ans. Le problème est que la justice sociale n’est pas juste, elle ne contribue pas au bien-être général ; au contraire, c’est une idée intrinsèquement injuste parce qu’elle est violente ; elle est injuste parce que l’État est financé par les impôts et que les impôts sont perçus de manière coercitive. L’un d’entre nous peut-il dire qu’il paie des impôts volontairement ? Cela signifie que l’État est financé par la coercition, et plus la charge fiscale est élevée, plus la coercition est grande, moins la liberté est grande.

Ceux qui promeuvent la justice sociale partent de l’idée que toute l’économie est un gâteau qui peut être distribué différemment, mais ce gâteau n’est pas donné, c’est la richesse qui est générée, dans ce que – par exemple – Israël Kirzner appelle un processus de découverte du marché. Si le bien ou le service offert par une entreprise n’est pas désiré, cette entreprise fait faillite, à moins qu’elle ne s’adapte à la demande du marché. Si elle fabrique un produit de bonne qualité à un prix intéressant, elle se portera bien et produira davantage.

Le marché est donc un processus de découverte, dans lequel le capitaliste trouve la bonne voie au fur et à mesure, mais si l’État punit le capitaliste pour sa réussite et le bloque dans ce processus de découverte, il détruit ses incitations et les conséquences en sont qu’il produira moins et que le gâteau sera plus petit, ce qui est préjudiciable à la société dans son ensemble.

Le collectivisme – en inhibant ces processus de découverte et en empêchant l’appropriation de ce qui a été découvert – lie les mains de l’entrepreneur et l’empêche de produire de meilleurs biens et d’offrir de meilleurs services à un meilleur prix. Comment se fait-il alors que le monde universitaire, les organisations internationales, la politique et la théorie économique diabolisent un système économique qui a non seulement sorti 90 % de la population mondiale de la pauvreté la plus extrême, et qui le fait de plus en plus vite, mais qui est également juste et moralement supérieur.

Grâce au capitalisme de libre entreprise, le monde est aujourd’hui au mieux de sa forme. Jamais, dans toute l’histoire de l’humanité, il n’y a eu de période de plus grande prospérité qu’aujourd’hui. Le monde d’aujourd’hui est plus libre, plus riche, plus pacifique et plus prospère qu’à n’importe quel autre moment de notre histoire. C’est vrai pour tous, mais en particulier pour les pays libres, qui respectent la liberté économique et les droits de propriété des individus. En effet, les pays libres sont 12 fois plus riches que les pays répressifs. Le décile inférieur de la distribution dans les pays libres vit mieux que 90 % de la population des pays répressifs, compte 25 fois moins de pauvres dans le format standard et 50 fois moins dans le format extrême. Et comme si cela ne suffisait pas, les citoyens des pays libres vivent 25 % plus longtemps que les citoyens des pays répressifs. […]

Car il ne faut jamais oublier que le socialisme est toujours et partout un phénomène appauvrissant qui a échoué dans tous les pays où il a été tenté. C’est un échec économique. Un échec social. Un échec culturel. Et il a tué plus de 100 millions d’êtres humains.

Le problème essentiel pour l’Occident aujourd’hui est que nous devons non seulement affronter ceux qui, même après la chute du mur [de Berlin, NDLR] et les preuves empiriques accablantes, continuent à lutter pour un socialisme appauvrissant, mais aussi nos propres dirigeants, penseurs et universitaires qui, en vertu d’un cadre théorique erroné, sapent les fondements du système qui nous a donné la plus grande expansion de la richesse et de la prospérité de notre histoire.

Le cadre théorique auquel je fais référence est celui de la théorie économique néoclassique, qui conçoit une boîte à outils qui, sans le vouloir, finit par être fonctionnelle à l’ingérence de l’État, au socialisme et à la dégradation de la société. Le problème des néoclassiques est que, puisque le modèle dont ils sont tombés amoureux ne correspond pas à la réalité, ils attribuent l’erreur à de prétendues défaillances du marché au lieu de réviser les prémisses de leur modèle.

Sous prétexte d’une prétendue défaillance du marché, on met en place des réglementations qui ne font que générer des distorsions dans le système des prix, ce qui entrave le calcul économique, et donc l’épargne, l’investissement et la croissance.

Le problème réside essentiellement dans le fait que même les économistes prétendument libertaires ne comprennent pas ce qu’est le marché, car s’ils le comprenaient, il deviendrait vite évident qu’il est impossible qu’il y ait une telle défaillance du marché.

Le marché n’est pas une courbe d’offre et de demande sur un graphique. Le marché est un mécanisme de coopération sociale où les gens échangent volontairement. Par conséquent, compte tenu de cette définition, la défaillance du marché est un oxymore. Il n’y a pas de défaillance du marché.

Si les transactions sont volontaires, le seul contexte dans lequel il peut y avoir une défaillance du marché est celui de la coercition. Et le seul à pouvoir exercer une coercition généralisée est l’État, qui a le monopole de la violence. Par conséquent, si quelqu’un considère qu’il y a une défaillance du marché, je lui recommande de vérifier s’il y a une intervention de l’État au milieu. Et s’il constate qu’il n’y a pas d’intervention de l’État au milieu, je lui suggère de refaire l’analyse parce qu’elle est définitivement erronée. La défaillance du marché n’existe pas. […]

Par exemple, réglementer les monopoles, détruire les profits, détruire les rendements croissants, c’est automatiquement détruire la croissance économique.

En d’autres termes, chaque fois que l’on veut corriger une supposée défaillance du marché, inexorablement, parce que l’on ne sait pas ce qu’est le marché ou parce que l’on est tombé amoureux d’un modèle qui a échoué, on ouvre la porte au socialisme et on condamne les gens à la pauvreté.

Cependant, face à la démonstration théorique que l’intervention de l’État est néfaste et à la preuve empirique qu’elle a échoué – parce qu’il ne pouvait en être autrement – la solution que les collectivistes proposeront n’est pas plus de liberté mais plus de réglementation, générant une spirale descendante de réglementation jusqu’à ce que nous soyons tous plus pauvres et que la vie de chacun d’entre nous dépende d’un bureaucrate assis dans un bureau luxueux.

Face à l’échec retentissant des modèles collectivistes et aux progrès indéniables du monde libre, les socialistes ont été contraints de modifier leur programme. Ils abandonnent la lutte des classes fondée sur le système économique et la remplacent par d’autres conflits sociaux supposés, tout aussi nuisibles à la vie collective et à la croissance économique.

La première de ces nouvelles batailles fut la lutte ridicule et contre nature entre les hommes et les femmes.

Le libertarianisme a déjà établi l’égalité entre les sexes. La pierre angulaire de notre credo dit que tous les hommes sont créés égaux, que nous avons tous les mêmes droits inaliénables donnés par le Créateur, parmi lesquels la vie, la liberté et la propriété.

La seule chose que cet agenda du féminisme radical a engendrée, c’est une plus grande intervention de l’État pour entraver le processus économique, en donnant des emplois à des bureaucrates qui ne contribuent en rien à la société, que ce soit sous la forme de ministères de la femme ou d’organisations internationales dédiées à la promotion de cet agenda.

Un autre conflit soulevé par les socialistes est celui de l’homme contre la nature. Ils affirment que les humains endommagent la planète et qu’elle doit être protégée à tout prix, allant même jusqu’à préconiser des mécanismes de contrôle de la population ou l’agenda sanglant de l’avortement. […]

Qu’elles se réclament ouvertement du communisme, du socialisme, de la social-démocratie, de la démocratie chrétienne, du néo-keynésianisme, du progressisme, du populisme, du nationalisme ou du mondialisme.

Sur le fond, il n’y a pas de différences substantielles : tous considèrent que l’État doit diriger tous les aspects de la vie des individus. Tous défendent un modèle contraire à celui qui a conduit l’humanité aux progrès les plus spectaculaires de son histoire.

Nous sommes venus ici aujourd’hui pour inviter les autres pays occidentaux à retrouver le chemin de la prospérité. La liberté économique, un gouvernement limité et le respect sans restriction de la propriété privée sont des éléments essentiels à la croissance économique. […]

Ne vous laissez pas intimider ni par la caste politique ni par les parasites qui vivent de l’État. Ne vous soumettez pas à une classe politique qui ne cherche qu’à se perpétuer au pouvoir et à maintenir ses privilèges.

Vous êtes des bienfaiteurs sociaux. Vous êtes des héros. Vous êtes les créateurs de la période de prospérité la plus extraordinaire que nous ayons jamais connue. Que personne ne vous dise que votre ambition est immorale. Si vous gagnez de l’argent, c’est parce que vous offrez un meilleur produit à un meilleur prix, contribuant ainsi au bien-être général.

Ne cédez pas à l’avancée de l’État. L’État n’est pas la solution. L’État est le problème lui-même.

Les catholiques qui prennent Michel Onfray pour un ennemi n’ont rien compris

Dans Théorie de Jésus, Michel Onfray entreprend de réfuter l’existence historique de Jésus, alors qu’il y a plus de preuve de l’existence du Christ que de celles de Platon, Socrate ou Jules César. Dans Patience dans les ruines, il livre un éloge profond du monastère de Lagrasse, de la messe traditionnelle, du sacré. Dans Le Figaro, Eugénie Bastié souligne ce paradoxe et écrit :

[…] Les catholiques qui le prennent pour un ennemi n’ont rien compris. Il a plus lu la patristique que la plupart de nos évêques. Il est un adversaire qui, par ses doutes, ses piques, son esprit critique acéré, réveille les chrétiens de leur « cela va de soi » conformiste, de leurs agenouillements mécaniques. Il faut toujours, quand on est catholique, préférer Jean Barois, le héros athée et libre penseur de Roger Martin du Gard, à l’abbé de Cénabre qui fait semblant de croire, héros de Bernanos dans L’Imposture. « La question de la grâce… la seule qui soit pour moi », écrit Onfray dans Patience dans les ruines, ajoutant encore dans les dernières pages… « la véritable question est celle de la grâce ». Sont-ce là les mots d’un ennemi ?

« Quaerens me, sedisti lassus » : « Parti à ma recherche, tu t’es assis fatigué. » Simone Weil tenait ce vers du Dies iræ, la prière des morts, comme l’un des plus beaux jamais écrits. Elle trouvait magnifique de songer que ce n’est pasl’homme qui cherche Dieu, mais Dieu qui cherche l’homme, jusqu’à s’en fatiguer. Et quand on lit bien Michel Onfray, on se dit qu’il a semé ces pages comme un Petit Poucet, pour que Dieu le retrouve.

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